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Articles de la-haut

"Printemps silencieux" de Rachel Carson

Par Le 25/04/2026

 

Des printemps silencieux, année après année. Quant à ceux et celles qui clameraient que "si, si, on entend encore des oiseaux", je les renvoie à l'article précédent.

Ici, j'ai installé des nichoirs (huit), de différentes tailles, pour différentes espèces : mésanges charbonnières, mésanges à tête bleue, sitelles, pinsons, bouvreuils. Deux sont habités...Et ça n'est pas une question de dimension ou d'emplacement, je sais ce dont ils ont besoin. C'est juste qu'il n'y a quasiment pas d'oiseaux. On habite dans ce qui s'appelle "l'Ardèche verte"... Oui, c'est vert mais c'est vide. 

 

Culture

https://reporterre.net/Printemps-silencieux-comment-un-livre-a-bouleverse-la-lutte-ecolo

« Printemps silencieux » : comment un livre a bouleversé la lutte écolo

«<small class="fine d-inline"> </small>Printemps silencieux<small class="fine d-inline"> </small>» : comment un livre a bouleversé la lutte écolo

En 1962, la parution du livre de la biologiste Rachel Carson fit l’effet d’un coup de tonnerre. Son alerte sur les pesticides a conduit à l’interdiction du DDT, et est devenue une référence incontournable de l’écologie politique.

Pionnière de l’écologie, Rachel Carson publiait Printemps silencieux le 27 septembre 1962. Reporterre revient en 3 articles sur l’histoire et les travaux de cette femme visionnaire. Le 1ᵉʳ est ici et le 3ᵉ .

« Il y avait un étrange silence dans l’air. Les oiseaux par exemple — où étaient-ils passés ? On se le demandait, avec surprise et inquiétude. Ils ne venaient plus picorer dans les cours. Les quelques survivants paraissaient moribonds ; ils tremblaient, sans plus pouvoir voler. Ce fut un printemps sans voix. » En très peu de mots, Rachel Carson a tout dit : la beauté de la nature, le déchirement intime lié à sa destruction, le calme avant la fin du monde.

Nous étions le 27 septembre 1962 quand la biologiste américaine a publié Printemps silencieux (Silent spring en version originale), premier livre consacré aux effets désastreux des pesticides et du productivisme agricole sur le vivant. Ces 300 pages mêlant descriptions sensibles des campagnes américaines, témoignages d’habitants et références scientifiques pointues se sont particulièrement intéressées aux dégâts causés par un insecticide : le « dichloro-diphényl-trichloroéthane », mieux connu sous le nom de « DDT ». Extinction de la biodiversité, développement insidieux de cancers chez les humains… L’autrice a raconté comment ce « biocide », promu cyniquement par les dirigeants américains et l’industrie agrochimique à partir des Trente glorieuses, a tout anéanti sur son passage.

C’est que, « dans la nature, tout est lié » : Rachel Carson a décrit un monde, notre monde, où, sous l’effet des pesticides, « la puce meurt d’avoir mordu le chien, l’insecte est asphyxié par l’arôme de la plante, l’abeille rapporte à sa ruche un nectar empoisonné, et fabrique du miel vénéneux ».

Rachel Carson a été parmi les premières à voir dans la disparition des oiseaux un indicateur du déclin de la biodiversité, souligne le président de la Ligue de protection des oiseaux. © P-O. C./ Reporterre

Cet essai, vendu depuis à plus de 2 millions d’exemplaires et traduit en 30 langues, a eu l’effet d’une bombe : en 1972, l’agence de protection de l’environnement des États-Unis, créée deux ans plus tôt, a interdit l’usage agricole du DDT sur le continent. En France, cette décision a été prise en 1971. De quoi donner très vite à Printemps silencieux le statut de boussole et de référence incontournable dans les milieux écolos.

« Sans ce livre, [qui] a changé le cours de l’histoire, le mouvement écologiste aurait pu être largement retardé — ou tout simplement ne jamais voir le jour », écrit même l’ex-vice-président américain Al Gore dans l’introduction d’une réédition française proposée par Wildproject, en 2009. Mais quelle a été son influence en France, où il fut disponible aux éditions Plon à partir de 1963 ?

Un chevalier à pattes jaunes, dans la Réserve nationale de vie sauvage Rachel Carson, aux États-Unis. Domaine public / U.S. Fish and Wildlife Service Northeast Region

« C’est vraiment un livre qui est fondateur de l’écologie moderne : Rachel Carson a fait faire un bond de géant à l’écologie en ce qui concerne la compréhension de la nature et le fait que tout est interdépendant », explique François Veillerette, directeur de Générations futures, association de défense de l’environnement. Co-auteur de Pesticides : révélations sur un scandale français (Fayard, 2007, avec Fabrice Nicolino), le militant évoque auprès de Reporterre « un bouquin absolument visionnaire », tant au niveau de son contenu que de la méthodologie employée par l’autrice. « Ce livre a inspiré beaucoup de personnes sur leur façon d’écrire et de travailler : Rachel Carson avait compris avant tout le monde qu’il est essentiel pour le public de pouvoir lire et étudier la science. »

Un avis partagé par la philosophe Catherine Larrère, autrice de Penser et agir avec la nature : une enquête philosophique (La Découverte, 2015) : « À l’époque, elle a fait le travail que fait le Giec aujourd’hui : elle a réuni et rendu publiques de nombreuses publications scientifiques qui avaient été publiées avant la guerre, et qui étaient très peu connues jusqu’ici. » Pour cette spécialiste des questions éthiques et politiques liées à la crise environnementale, Rachel Carson était en fait une « lanceuse d’alerte » : « Avec ce livre, c’est la première fois qu’il est aussi clairement dit que les applications techniques de la science dans des buts productivistes sont dangereux pour la nature et pour l’homme. Et puis, elle met également en avant un autre enjeu extrêmement important, toujours d’actualité aujourd’hui : le droit au savoir des personnes qui subissent les conséquences de cette pollution. »

La disparition des oiseaux, une « peine personnelle »

Catherine Larrère loue ainsi un essai « scientifiquement impeccable », qui réussit en outre le prodige d’être agréable à lire. Dans ce livre où l’on croise des rouges-gorges et des pélicans, des ratons-laveurs et des poissons, des herbes folles et des rivières, de nombreux passages sont en effet déchirants de beauté… et de tristesse. « Elle est un véritable écrivain, qui transmet son amour de la nature : elle parle du monde vécu, et de la nature qu’il y a autour d’elle aux États-Unis. Par exemple, elle raconte à quel point la disparition des oiseaux provoque chez les gens une peine personnelle, ce qui est extrêmement important », dit la philosophe. 

D’autant que pour Allain Bougrain Dubourg, président de la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO) depuis 1986, la biologiste a été l’une des premières à alerter sur « le fait que le déclin de l’oiseau pouvait conduire au déclin de l’humanité » : « De nos jours, les oiseaux sont considérés scientifiquement comme les indicateurs de l’état de la biodiversité au niveau européen, et son travail y a grandement contribué. Elle a été précurseure sur cette question de façon admirable. »

Pour le militant, Printemps silencieux s’inscrit ainsi pleinement dans l’histoire de la LPO : « On s’envoyait des références utiles pour le combat que nous avions à mener, et ce livre en faisait partie. Il a éclairé et continue à éclairer nos consciences d’ornithologues. » Allain Bougrain Dubourg souligne aussi comment Rachel Carson « a prouvé que l’engagement peut être utile et fertile ». « Après la sortie de son livre, le DDT a été interdit. Elle nous montre l’exemple, en invitant chacun d’entre nous à s’engager à sa mesure », s’enthousiasme-t-il.

Fleurs, insectes, oiseaux : l’effacement de certaines espèces entraîne celui des autres. En montrant que dans la nature tout est interdépendant, Rachel Carson a fait faire «  un bond de géant  » à l’écologie. © P-O. C./ Reporterre

Arnaud Swchartz, président de France nature environnement (FNE), est un peu plus mesuré : « Il est certain que ce livre a eu un effet de détonateur, tant aux États-Unis qu’en Europe, où l’agriculture fortement mécanisée et utilisatrice d’intrants chimiques était en train de se déployer. En outre, il a permis que, dans la société, le sujet des pesticides soit abordé au-delà des milieux associatifs et militants. Mais il ne faut pas non plus surestimer son influence : par exemple, sur la décennie 2008-2018, au lieu de diminuer de 50 % son usage des pesticides, la France l’a augmenté de 25 %… »

Le militant souligne également tout le travail effectué par de nombreuses associations de protection de la nature avant la publication de l’ouvrage : « Ce livre n’arrive pas comme un ovni ou par hasard, son autrice faisait déjà partie d’une communauté de pensée et d’action dans son pays. À l’époque, il y avait déjà beaucoup de choses qui se passaient, avec notamment des personnes engagées dans tout un tas d’alternatives, notamment en agriculture biologique. »  Catherine Larrère, elle, cite Notre environnement synthétique, livre du philosophe américain Murray Bookchin sorti quelques mois avant Printemps silencieux — sans connaître le même succès.

« Elle a largement participé à la prise de conscience »

Martine Laplante, engagée de longue date chez les Amis de la Terre — elle en fut la présidente de 2009 à 2013 —, évoque de son côté Ivan Illich, ou encore Jacques Ellul : « Il y avait plein de mouvements qui s’élevaient derrière elle, avec d’autres auteurs qui ont travaillé sur le productivisme et la technique au début des années 70. Mais elle a largement participé à la prise de conscience sur les méfaits de l’agriculture intensive et chimique, tout en ayant la spécificité d’avoir montré l’interdépendance des enjeux. »

Selon elle, Rachel Carson fait ainsi partie des autrices qui ont largement influencé René Dumont, premier candidat écologiste à l’élection présidentielle, en 1974. « À la base, il était productiviste, avant de devenir un écologiste assez remarquable. Ce livre a pu inspirer un certain nombre de militants, dont des personnes engagées au sein des Amis de la Terre : Printemps silencieux est un livre ressource pour notre association », note Martine Laplante. Pour la militante, cet essai reste ainsi une lecture féconde en 2022 : « Tout ce qu’elle écrit est encore valable aujourd’hui. En fait, lire Printemps silencieux fait du bien et du mal à la fois. Du bien, car elle avait raison sur absolument tout. Du mal, car on voit que cela fait 60 ans que les problèmes sont mis sur la table, et que l’on en est pourtant toujours au même point. »

J'ajoute plutôt que c'est bien pire car justement, maintenant, on sait, on a le recul, les connaissances scientifiques, les alertes ont été lancées. Et rien n'y fait. Les oiseaux meurent par milliers, par centaines de milliers, par millions. Où sont passés les vanneaux qui emplissaient de leur murmuration le ciel de mon enfance ? 

Le syndrome de la ligne de base fluctuante dans la nature

Par Le 25/04/2026

J'ai connu des zones humides en Bretagne où j'ai passé mon enfance, des marais où foisonnait une diversité de faune et de flore dont je n'avais pas conscience et une fois adulte, j'ai voulu montrer ces lieux à nos enfants et à la place, j'ai découvert des lotissements et des zones commerciales, des périphériques et des ronds-points, des stations essence et des Mc Do.

Au printemps, dès les premières lumières du jour, le chant des oiseaux envahissaient l'espace, il était impossible de dormir avec une fenêtre ouverte. Aujourd'hui, c'est le silence qui m'empêche de dormir.

Lorsque je faisais le parcours Quimper-Chamonix en voiture, c'était toujours de nuit et je me souviens de cette "bouillie" d'insectes sur le pare-brise. Aujourd'hui, quand je vois un insecte écrasé, je me dis que je participe à une espèce en voie d'extinction et ça me ronge.

J'ai connu des côtes rocheuses où je pouvais courir sur des sentiers pendant des kilomètres et aujourd'hui, ils sont découpés en portions par des parkings immenses et des voies goudronnées pour accéder à la mer.

J'ai connu des vallées de montagne alors qu'elles n'étaient pas encore devenues des spots touristiques surpeuplés.

Ici, on a acheté un hectare de terrain, on est complètement isolé, des champs et des bois partout et pourtant, mes caméras infrarouge de nuit n'ont encore jamais photographié de hérissons ou de blaireaux, juste un renard et un chevreuil. Où sont passés les hérissons qu'on voyait si nombreux il y a dix ans ?  

Je vais toujours en montagne et je cherche intensément les lieux préservés mais je n'en mets ici aucun récit ou description. J'ai lu un article qui annonçait une restriction des bivouacs en montagne, au bord des lacs, parce que les impacts sur la faune et la flore sont dramatiques.

Je ne m'habitue aucunement à ces désastres et je sais parfaitement que la situation actuelle n'est pas normale.

La disparition progressive de cette vie foisonnante que j'ai connue est un drame.

C'est pour moi d'une infinie tristesse.

 

A lire également ces deux anciens articles sur "l'amnésie environnementale"

L'amnésie environnementale

L'amnésie environnementale (2)

 

Le syndrome de la ligne de base fluctuante dans la nature

 

Le syndrome de la ligne de base changeante décrit comment les communautés oublient les changements environnementaux passés, faisant passer un environnement dégradé pour naturel pour les générations futures.

 

1. Définition

 

Le syndrome de la ligne de base fluctuante désigne la tendance des individus et des sociétés à percevoir comme « normal » l’état actuel d’un écosystème, en oubliant ou en sous‑estimant les conditions passées. Chaque génération accepte comme référence les niveaux de biodiversité, de pollution ou de ressources qu’elle observe durant son enfance, ce qui conduit à une dégradation progressive masquée par l’impression que l’état actuel est naturel.

2. Origine du concept

Pierre Pauly (1995) : premier à formuler le terme shifting baseline syndrome dans le contexte de la pêche, en montrant que les pêcheurs jugent les stocks actuels comme normaux alors qu’ils sont déjà fortement réduits.

Depuis, le concept s’est étendu à la biologie de la conservation, à l’écologie marine, à la gestion des forêts, à la qualité de l’air et à d’autres domaines environnementaux.

3. Mécanismes psychologiques et sociologiques

 

Mémoire sélective : Les souvenirs d’environnements riches en biodiversité s’estompent avec le temps.

Normalisation : Les changements graduels sont perçus comme des variations naturelles.

Transmission culturelle : Les connaissances écologiques sont transmises de génération en génération sans référence historique précise.

Biais de disponibilité : Les informations les plus récentes sont les plus accessibles et influencent les jugements.

4. Exemples concrets

 

Pêche : Diminution des tailles moyennes de poissons; les jeunes pêcheurs considèrent les stocks actuels comme normaux.

Forêts : Réduction de la surface des forêts anciennes; les habitants des zones rurales voient les forêts fragmentées comme le paysage habituel.

Coraux : Dégradation des récifs coralliens; les touristes jugent les récifs blanchis comme « naturel ».

Qualité de l’air : Augmentation progressive des particules fines en milieu urbain; les citadins acceptent un niveau de pollution plus élevé comme la norme.

5. Conséquences

Sous‑estimation de la perte de biodiversité : les politiques de conservation peuvent viser des objectifs déjà dégradés.

Mauvaise allocation des ressources : les budgets sont alloués à la « gestion » d’un état déjà altéré, au lieu de viser la restauration.

Perte de résilience : les écosystèmes sont moins capables de résister aux chocs (climat, invasions biologiques) lorsqu’ils sont déjà affaiblis.

"Il pleut des pesticides"

Par Le 24/04/2026

J'en ai déjà parlé iciDes pluies de pesticides

 

Les études s'enchaînent, les scientifiques alertent. Et ils dépriment. Tout autant que les pollinisateurs qui disparaissent.

Effrayant. 

 

EntretienAgriculture

https://reporterre.net/Il-pleut-litteralement-des-pesticides-18-scientifiques-alertent-sur-les-dangers-de-la-loi

« Il pleut littéralement des pesticides » : 18 scientifiques alertent sur les dangers de la loi Duplomb pour les pollinisateurs

«<small class="fine d-inline"> </small>Il pleut littéralement des pesticides<small class="fine d-inline"> </small>» : 18 scientifiques alertent sur les dangers de la loi Duplomb pour les pollinisateurs

Dans une tribune, 18 scientifiques appellent à protéger les pollinisateurs, menacés par les pesticides. À l’origine de cette initiative, Bertrand Schatz revient sur le fossé qui se creuse entre science et décisions politiques.

« La France doit privilégier la protection des pollinisateurs plutôt que l’utilisation des pesticides. » Tel est le titre d’une lettre signée par dix-huit scientifiques français et publiée le 23 avril dans la revue Science. Les chercheurs y rappellent les données scientifiques alarmantes : les populations d’insectes pollinisateurs, essentiels dans les écosystèmes, s’effondrent, et ce déclin est en grande partie dû aux pesticides.

Dans ce contexte, la tentative de réintroduire deux insecticides néonicotinoïdes dangereux en France, via la loi Duplomb, est pour eux un non-sens total. Ces réintroductions, d’abord censurées par le Conseil constitutionnel, sont en passe de revenir en force via le vote d’une loi Duplomb 2, au mépris des faits.

Alors que l’on sait que des alternatives aux pesticides existent, les scientifiques appellent les législateurs français et européens à — enfin — mener « des politiques conformes au consensus scientifique ».

Bertrand Schatz, directeur de recherche au CNRS, dirige le groupement de recherche Pollinéco, qui fédère plus de 250 scientifiques français, belges et suisses spécialistes en écologie des pollinisateurs. Il est à l’initiative de cette lettre et explique à Reporterre les dangers du fossé qui ne cesse de se creuser entre la science et les décisions politiques.

Reporterre — De nombreux scientifiques se sont déjà exprimés contre la loi Duplomb ces derniers mois. Qu’est-ce qui vous a poussé à publier cette nouvelle lettre dans Science ?

Bertrand Schatz — L’impression de vivre en pleine dystopie. Nous étions en pleine semaine d’évaluation de la situation des abeilles sauvages, pour établir la prochaine liste rouge des espèces d’abeilles sauvages menacées avec les critères de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Et la même semaine, on voit surgir cette nouvelle loi Duplomb qui insiste pour réintroduire deux néonicotinoïdes. C’est juste l’inverse de ce qu’il faut faire.

On constate que de nombreuses espèces d’abeilles sauvages sont menacées, que leurs populations diminuent. Et on travaille à trouver des solutions pour restaurer leurs milieux, mais tous ces efforts sont balayés tant qu’on continue d’appliquer des pesticides.

C’est très frustrant en tant que chercheur : on n’a jamais disposé d’autant de données, de rapports internationaux et nationaux, de l’IPBES par exemple, et de listes rouges qui nous disent tous que les espèces sont de plus en plus menacées, notamment les pollinisateurs. Et les pesticides sont une des principales menaces pour ces pollinisateurs. On est là pour éclairer les décisions publiques et on a l’impression que les décideurs ne tiennent pas compte de nos travaux.

Le message d’alerte lancé par la science est brouillé par la propagande de l’agro-industrie et de ses relais, qui prétendent que les néonicotinoïdes réintroduits sont beaucoup moins dangereux que d’autres. Comment contrer ces discours relativistes, qui s’appuient notamment sur l’expertise de l’Autorité européenne de sécurité des aliments, l’Efsa, qui pointe des incertitudes mais ne s’oppose pas à l’utilisation de ces produits ?

Il y a de nombreux trous dans la raquette de l’évaluation de l’Efsa. Elle mesure le taux de létalité des abeilles après quarante-huit heures d’exposition à un pesticide. Mais quid après des mois, voire après des années d’exposition de générations d’abeilles ? De plus, l’évaluation est faite uniquement sur l’abeille domestique, qui est une espèce hyper résistante, et sociale, donc en capacité d’être aidée par ses congénères en cas de faiblesse. À l’inverse, avec une espèce d’abeille sauvage solitaire plus fragile, si on perd un mâle ou une femelle, c’est toute une microcolonie qui est menacée.

« Dans un verger, une abeille peut être exposée des dizaines de fois au même pesticide »

Autre grosse limite : chaque pesticide est testé sur les abeilles en les exposant une seule fois. Alors que dans un verger, une abeille peut être exposée des dizaines de fois au même pesticide. Sur les pommiers, un traitement peut être passé une trentaine de fois, jusqu’à une fois par semaine lorsque les arbres sont en fleurs. Quel est l’effet de ces expositions répétées sur les pollinisateurs ? On n’en a aucune idée.

Sans parler de l’effet cocktail : l’Efsa ne teste même pas les effets que peuvent avoir deux pesticides associés sur une abeille, alors que les insectes sont exposés à des dizaines de substances dans l’environnement, dont on ne connaît pas non plus l’effet cumulé.

C’est toute la difficulté : la compréhension des interactions dans des milieux aussi complexes laisse nécessairement des incertitudes. Comment éviter le piège de ceux qui exigent des « preuves absolues » avant d’agir ?

Des preuves, sur le terrain, on en constate partout, tout le temps. On a des milliers de cas d’apiculteurs qui ont mis leurs ruches sur des vergers et dont les colonies sont mortes juste après le passage de pesticides. Ceux qui contestent ces effets ne sont jamais venus sur le terrain ou refusent de constater la réalité.

Et puis, il ne faut pas oublier l’approche « une seule santé », de plus en plus intégrée notamment par l’Organisation mondiale de la santé. La santé des espèces, celle des écosystèmes (communautés d’espèces, eau, sols) et la santé des humains sont toutes liées entre elles. Et on sait que les pesticides contaminent massivement tous les milieux.

« L’argument sur l’absence d’alternatives aux pesticides est simplement faux »

Il pleut littéralement des pesticides comme le montre le dernier rapport de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) sur le sujet. Le lien entre de nombreuses maladies humaines (cancers, maladies neurodégénératives) et les pesticides est de plus en plus direct, comme le montrent les rapports de l’Inserm.

Il y a d’autant moins de raisons de ne pas agir que l’on connaît des solutions. L’argument sur l’absence d’alternatives aux pesticides est simplement faux. De nombreux chercheurs travaillent au développement d’alternatives, à l’agroécologie. Les agriculteurs ont juste besoin de moyens financiers et d’accompagnement. On n’a aucune politique volontariste sur le sujet.

Outre la perte de leur valeur intrinsèque, quelles seraient les conséquences de la disparition des principaux insectes pollinisateurs ?

Les abeilles sauvages et les syrphes sont les deux contributeurs majeurs à la pollinisation, avec les abeilles domestiques bien sûr. Mais on trouve aussi de nombreux autres pollinisateurs, papillons, coléoptères, hyménoptères ou diptères. Tous sont essentiels si l’on veut conserver des écosystèmes et des paysages fleuris : 87 % des plantes dépendent, de manière plus ou moins importante, des pollinisateurs à l’échelle européenne. L’agriculture en a aussi besoin : 35 % des espèces cultivées dépendent de ces insectes pollinisateurs.

Lire aussi : Ces militants sèment des fleurs résistantes aux pesticides dans un énorme champ de tulipes

La bonne nouvelle, c’est que bien que beaucoup de ces espèces sont en régression (en abondance par espèce), elles n’ont pas encore disparu. Il y a donc encore un espoir, si l’on change radicalement de pratiques agricoles, de les voir à nouveau abondantes.

En mode "pro"

Par Le 24/04/2026

Depuis une semaine, je ne pouvais plus poster de nouvel article.

J'avais un message de l'hébergeur "e-monsite" qui m'indiquait que j'avais atteint le "plafond" en nombre de pages et en nombre d'articles et que je devais passer sur un abonnement "professionnel" pour pouvoir continuer à utiliser le site.

De 45 euros par an, je devais passer à 66 euros.

Et comme je suis attaché à ce site au regard de tout ce qu'il contient de personnel et du nombre de gens qui viennent le lire quotidiennement, je suis donc passé en mode "professionnel" ^^

De toute façon, après avoir regardé d'autres offres sur des sites concurrents, celui-ci est à un tarif tout à fait honorable et je maîtrise quand même pas trop mal son usage. L'aide en ligne est de qualité dès lors que les responsables prennent en compte le fait que je suis à des années lumière d'un passionné de l'informatique. 

Donc, l'histoire de ce blog continue.

Et si vous y trouvez un quelconque intérêt, ne vous privez pas de le partager à vos connaissances. Merci.

"Le mythe de Sisyphe"

Par Le 11/04/2026

 

 

A écouter, à lire et bien évidemment ne pas oublier le livre de Camus.

J'étais en Terminale littérature-philo quand je l'ai lu et l'association de ces deux phrases m'est restée, à tout jamais.

« Il faut imaginer Sisyphe heureux » car « la lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir un coeur d'homme. »

L'été de mes 17 ans, j'étais monté au sommet du Mont-Blanc, j'avais cette phrase en tête et le livre "Les conquérant de l'inutile" de Lionel Terray ne me quittait pas.

Le Sens du Sacré (2) (15/03/2013)

Oui, c'était inutile, absurde même puisque le sommet atteint, je devais redescendre. Mais je l'avais choisi, j'en étais conscient et ce que je découvrais de moi, là-haut, rien d'autre ne pouvait me l'enseigner. Je poussais consciemment ce rocher et je redescendais le chercher pour remonter ensuite. Et j'en étais infiniment heureux. Je le suis toujours.

J'ai retrouvé cet ancien article. Je n'en changerai pas un mot aujourd'hui :

"Il faut imaginer Sisyphe heureux. " (12/10/2011)

 

Le mythe de Sisyphe

"Il faut imaginer Sisyphe heureux"

 

Vendredi 3 avril 2026

France Inter

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Provenant du podcast

Les punchlines de la philo (cliquer)

Par Thibaut de Saint Maurice

 

 

 

Si l’on cherche un vrai paradoxe, en voilà un, dans cette citation d'Albert Camus.

Sisyphe est un roi de l’Antiquité grecque qui a eu l’audace de tromper les dieux à deux reprises : il a enchaîné la Mort elle-même, puis s’est échappé des Enfers. Sa punition est à la mesure de son insolence : il est condamné par les dieux à rouler éternellement un rocher jusqu’au sommet d’une montagne. Et une fois arrivé en haut, il le voit redescendre de l’autre côté. Et doit donc recommencer. Tous les jours, éternellement et sans aucune raison. C’est l’image même de l’absurde, c’est-à-dire de ce qui n’a strictement aucun sens.

L’absurdité de notre vie humaine

Et c’est l’image dont Camus se sert pour penser toute l’absurdité de notre vie humaine. C’est ce qu’il développe dans son livre intitulé Le Mythe de Sisyphe , publié en 1942. Pourtant, la dernière phrase de ces 150 pages qui expliquent que la vie n’a pas de sens donné, que le monde reste silencieux face à nos questions et que l’espoir est une illusion, c’est : "Il faut imaginer Sisyphe heureux".

Alors moi je veux bien essayer. On peut tous essayer. Mais je ne vois pas bien comment, si nos vies sont absurdes, si nous ne faisons que pousser un rocher qui finit toujours par redescendre, je ne vois pas bien comment nous pourrions être heureux. Et surtout pourquoi il faudrait absolument nous imaginer que nous sommes heureux…

De la pensée positive ?

Ça ressemble à de la pensée positive un peu forcée : "Je vais bien, tout va bien". Ça en a l’odeur et le goût, mais ce n’est pas de la pensée positive. C’est même exactement l’inverse. Parce que Camus ne dit pas qu’il faut imaginer Sisyphe heureux comme une consolation. Il dénonce même nos tentatives de consolation comme des illusions. Pour lui, résoudre l’absurde par un saut vers la foi religieuse ou vers l’espoir d’un sens caché, c’est un "suicide philosophique". Il faut renoncer à l’espoir, refuser de se mentir sur sa condition. C'est justement depuis cette vérité-là que la joie devient possible. Facile à dire, me direz-vous, mais pas facile à comprendre.

Alors voilà comment ça marche. Dans son livre, Camus attire notre attention sur le moment de la descente : "C’est pendant ce retour, cette pause, que Sisyphe m’intéresse", dit-il. Après que le rocher a roulé en bas, Sisyphe redescend à son tour, les mains vides, conscient de ce qui l’attend. Il le voit, il le pense, et il y retourne quand même. Et c’est dans cette descente lucide que quelque chose bascule : en acceptant pleinement l’absurdité de sa tâche, Sisyphe la domine. Il cesse d’en être la victime passive. Les dieux ont voulu le punir par un supplice absurde ; il retourne cette absurdité contre eux en la regardant en face.

Le choix de la lucidité

Voilà, c’est pour cela qu’il faut imaginer Sisyphe heureux. Parce qu’au cœur de l’absurdité de sa vie, il lui reste cette lucidité comme une lumière dans la nuit. Et à notre tour, même quand nous n’y comprenons plus rien et que nous sommes submergés par l’absurdité de nos vies, même quand nous poussons, toutes et tous, les rochers de nos vies, nous pouvons faire le choix de la lucidité. C’est ce travail pénible qui recommence chaque lundi, cette douleur chronique qui bouffe les articulations, ces incompréhensions qui rongent nos relations ou, tout simplement, ces tomates qui n’ont plus de goût au cœur de l’été.

Dans ces combats dont nous ne voyons pas le bout, dans ces routines qui contaminent tout, Camus ne nous promet pas le grand soir d’un changement qui renverserait tout. Il nous dit seulement que la conscience que nous apportons à notre effort nous appartient, et que personne ne peut nous l’enlever. Imaginer Sisyphe heureux, c’est se rappeler que le bonheur n’attend pas que les choses s’arrangent. Il commence au moment où l’on cesse d’en être la victime et que l’on entre en résistance intérieure. Ou comme le disait le poète René Char : "La lucidité est la blessure la plus proche du soleil".

À écouter

L’espoir fait-il vivre ? Camus, "Il faut imaginer Sisyphe heureux"

Les Chemins de la philosophie

France Culture

 

 

 

 

 

Albert Camus

 

 

Philosophie

 

 

 

 

 

 

Huit voix

Par Le 10/04/2026

 Depuis que j'ai découvert cette vidéo, je l'écoute tous les soirs et je suis toujours aussi fasciné. Jamais, je n'aurais imaginé que cette oeuvre musicale puisse être interprétée par huit voix, juste huit voix, avec une telle puissance, une telle justesse, une telle perfection, comme si l'intégralité d'un orchestre symphonique était là.

Je n'aime pas les religions mais il m'arrive d'aimer les chants religieux, tout autant que je suis fasciné par la beauté des églises et des cathédrales. Dans nos périples à pied, si on passe à côté d'une église, on entre, toujours et on écoute le silence. Parfois, si on est seul, on chante. Et toujours, je pense à ces hommes qui ont bâti ces monuments puis à tous ces êtres qui sont venus s'y recueillir. Il y a tant de vies qui sont passés dans ces lieux. 

Le panthéisme

Par Le 09/04/2026

Pour en revenir au texte précédent et que les choses soient claires, je n'adhère à aucune religion monothéiste et ce ne sont pas les événements en cours, musulmans, juifs, chétiens (créationnisme) qui vont me faire changer d'avis. Pour ceux et celles qui auraient lu "Là-haut (le roman), vous avez eu un aperçu de ce que que je pense des religions.

Un ancien article : 

Religion/Spiritualité

 

 Par Le 29/06/2020 

J'ai déjà tenté ici de décrire ce que représente pour moi ces deux aspects de la psyché humaine.


Je viens de lire ceci et ça me convient intégralement. Aucun jugement de ma part envers qui que ce soit. (Je tiens à le préciser vu deux commentaires reçus dernièrement). Quand je parle de comportements humains, je ne "juge" pas les humains mais leurs actes. Et le mot "jugement" n'a aucune connotation agressive. Je parle de faits. C'est tout. Je ne suis pas juge. Ce que je pense et écrit ne change rien à rien. 

 

" La religion est pour ceux qui ont peur d'aller en enfer, la spiritualité pour ceux qui y sont allés. "

- Proverbe Sioux -

 

Pour ce qui est de mes croyances ou plutôt de mes certitudes, je résumerai en une phrase : tout est conscience. Ce qui me place dans la sphère du panthéisme, bien que je n'aime aucune catégorie d'aucune sorte, dès lors qu'elles deviennent des identifications.

Pour ceux et celles qui voudraient  aller plus loin, je vous invite sur la page wikipedia sur le panthéisme :

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Panth%C3%A9isme

"Le panthéisme est une doctrine philosophique selon laquelle « Dieu est tout ». Elle se distingue du monothéisme en considérant que Dieu n'est pas un être personnel distinct du monde, mais qu'il est l'intégralité du monde ; cette conception est appelée l'immanence par opposition au principe de transcendance du Dieu créateur monothéiste.

 

Ou vers cet ancien article sur Spinoza et le panthéisme:

Spinoza et le panthéisme

 

Oui, la lecture de Spinoza est ardue et j'ai mis bien des années avant de commencer à prendre conscience de la portée de ses textes. Je ne le regrette pas. 

 

 

Anthropique : pour ou contre ?

Par Le 06/04/2026

Il y a quelques éléments qui m'amènent à aimer encore l'être humain.

Il est capable de créer des musiques qui m'émeuvent au plus haut point.

et il réfléchit à des questions qui me fascinent et me passionnent.

L'univers aurait été intentionnellement créé pour nous accueillir (d’où le terme « anthropique »). Bien évidemment, on voit poindre l'idée d'une "intelligence, d'une intention" et par conséquent d'un être créateur, Dieu. C'est donc une hypothèse sur laquelle de esprits éminents ont travaillé. Et puis, il y a les autres qui considèrent que l'univers n'a pas besoin de nous. Franchement, quand je vois le désastre en cours, je serais enclin à adhérer au deuxième groupe ^^. Comment pourrait-on considérer que ce Dieu serait doté d'une très grande intelligence si c'est pour avoir créé une espèce aussi déglinguée :) 

 

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3650

 

« L’univers est suffisamment bienveillant pour que, une fois que l’intelligence a pu s’y développer, les lois de la physique permettent qu’elle continue à s’y exercer à jamais. »

Jean Staune :

« L’hypothèse d’un créateur est scientifique. »

« Tout commence avec un principe appelé anthropique (d’anthropos, l’« homme » en grec). Les scientifiques se sont rendu compte que si l’on change quoi que ce soit dans les constantes fondamentales de l’Univers, aucune forme de vie et encore moins de conscience ne peut s’y développer. Face à cette découverte, que personne ne conteste, il n’y a que les trois solutions que je vous ai décrites avec mon histoire. Première solution, il existe des milliards d’univers parallèles et statistiquement l’un d’entre eux a pu « gagner au loto », créer la vie en ayant juste la bonne vitesse d’expansion, la bonne gravitation, la bonne masse du proton, etc. La deuxième solution, c’est celle du complot où l’on a payé un à un les tireurs pour qu’ils ratent leur cible : un principe créateur a effectué un réglage fin de toutes les constantes fondamentales de notre Univers pour qu’il soit ce qu’il est. Enfin, la troisième solution, c’est qu’il existe une théorie d’unification expliquant la valeur de toutes les constantes fondamentales de l’Univers (ce qui correspond à l’hypothèse des balles à blanc : il y a une cause commune à l’échec des tireurs)... Stephen Hawking défend les première et troisième options. Dans Une brève histoire du temps, Stephen Hawking reconnaissait que s’il existait une théorie du Tout, le problème se poserait de savoir « ce qui a insufflé le feu aux équations », c’est-à-dire qui a mis les balles à blanc dans l’armurerie ? L’existence éventuelle d’une théorie de grande unification ne suffit pas à éliminer la question d’un créateur. Par contre, s’il y a une infinité d’univers parallèles, alors oui, l’hypothèse d’un créateur n’est plus utile. Il y a une autre contradiction chez Hawking : il dit qu’une théorie scientifique doit être confrontée à la réalité, or, l’existence d’univers parallèles, qu’il soutient, ne peut jamais être testée puisque nous ne voyons, par définition, que notre univers. Stephen Hawking évoque une création spontanée de ces univers. Mais sans en apporter la moindre preuve. De plus, la théorie d’unification qu’il défend (la M-Théorie) est très, très loin d’être vérifiée. Lee Smolin a écrit un livre à ce sujet, Rien ne va plus en physique ! (Editions Dunod). Pour lui, la M-Théorie n’existe pas encore vraiment. Et si elle existe un jour, rien ne dit que nous pourrons la tester. Ces réponses sont donc à la fois contradictoires et insuffisantes. C’est la science elle-même et non la théologie qui pose la question de l’existence d’un créateur. Comme elle n’impose aucune des trois réponses que nous avons décrites ici, il est antiscientifique d’affirmer que la science permet de se passer d’un créateur. »

George Coyne :

« Je crois que le principe anthropique a non seulement constitué un stimulant à la recherche en cosmologie, mais qu’il fournit aussi un point de rencontre passionnant entre la théologie et les sciences et qu’il a certainement servi à réintégrer le facteur "être humain" qui, pendant des siècles, a été exclu des sciences physiques. »

Trinh Xuan Thuan :

« On s’est aperçu que si l’on variait un tant soit peu ces conditions physiques, l’Univers ne pourrait pas fabriquer d’étoiles. Sans étoiles, pas d’éléments lourds, parce que le big-bang ne fabrique que l’hydrogène et l’hélium - éléments trop simples pour construire la chimie nécessaire aux chaînes d’ADN qui portent nos gènes, ou pour former les neurones qui sont le support de notre conscience. L’Univers a été réglé de façon extrêmement précise pour que nous soyons ici. Tout se joue sur un équilibre très délicat. La densité initiale de l’Univers doit être réglée avec une précision de 1060, comparable à celle dont devrait être capable un archer pour planter une flèche dans une cible carrée d’un centimètre de côté qui serait placée aux confins de l’Univers, à une distance de 15 milliards d’années-lumière ! Un changement infime entraînerait la stérilité de l’Univers. Nous voici donc intimement liés au cosmos. Et nous sommes là pour lui donner du sens. »

« L’univers a été réglé avec une précision infinie pour que la vie apparaisse. ... On s’est aperçu que les constantes physiques ont été réglées d’une façon extrêmement précise pour que la vie apparaisse. ... Sur la probabilité que la vie apparaisse. La densité de l’univers par exemple, doit être réglée à une précision de 10 puissance moins 60, donc qui est égale à la précision qu’un archer doit exercer s’il voulait planter une flèche dans une cible de 1 cm carré, mais qui serait placé au bord de l’univers à 14 milliards d’années. Une précision extrême. D’où la question, est-ce qu’il y a un principe créateur, quelque chose qui règle les choses dès le début, ou, c’est le pur hasard ? Mais le pur hasard quand il y a une probabilité si faible pour que cela aboutisse il faut faire l’hypothèse qu’il y a une infinité d’univers. ... Donc, j’appelle ça mon pari pascalien, et bien sûr je pense qu’il y a un principe créateur qui a réglé tout cela dès le début, et je pense qu’il y a un univers unique, c’est mon intuition. ... C’est difficile de croire quand je vois toute cette beauté, cette harmonie, cette organisation, de croire que tout est hasard, que rien n’a de sens, que nous sommes là par hasard, que toute cette architecture cosmique est faite par hasard. »

Stephen Hawking :

« A la question : ‘‘pourquoi l’univers est-il tel que nous le voyons ?’’, la réponse est simple : s’il avait été différent nous ne serions pas là. Les lois de la Physique, nous le savons aujourd’hui, contiennent beaucoup de nombres fondamentaux, comme la taille de la charge électrique de l’électron et le rapport des masses du proton et de l’électron. (...) Le fait remarquable est que la valeur de ces nombres semble avoir été finement ajustée pour rendre possible le développement de la vie. (...) Si le stade initial n’avait été choisi avec le plus de soin possible pour en arriver à ce que nous voyons autour de nous, l’univers n’aurait que peu de chance de contenir quelque région dans laquelle la vie pourrait apparaître. (...) Il serait très difficile d’expliquer que l’univers n’aurait dû commencer que de cette façon, à moins que ce ne soit l’acte d’un Dieu désireux de créer des êtres comme nous. »

R. Morris dans « Comment l’univers finira et pourquoi ? » :

« Pour être favorable à la vie, l’univers doit être très particulier. La véritable question que nous posons est la suivante : « Pourquoi l’univers est-il si particulier ? […]
C’est comme si l’univers avait été consciemment modelé de manière à ce que la vie soit inévitable. Les scientifiques des époques précédentes n’auraient pas hésité à conclure que ces considérations prouvaient l’existence du Créateur […]
Un moyen très évident de contourner la difficulté consiste à imaginer qu’il y a un nombre infini d’univers. Les univers qui ne possèdent pas le caractère particulier du nôtre existent aussi, mais ils n’abritent aucune vie. La raison pour laquelle notre univers à certaines propriétés spéciales est que, s’il ne les avait pas il n’y aurait personne pour s’en rendre compte.
Il faut bien préciser que l’hypothèse selon laquelle il existerait un nombre infini d’univers n’est absolument pas une théorie scientifique reconnue. Cependant, je ne vois pas comment on pourrait éviter cette conclusion. Il n’y a tout simplement pas d’autres solutions raisonnables. »

Favorables au principe anthropique faible mais non fort :

Martin Rees :

« Le principe anthropique ne peut manifestement pas fournir d’explication scientifique au sens propre. Au mieux, il peut fournir une satisfaction de type ’’bouche-trou’’ à notre curiosité relative aux phénomènes pour lesquels nous n’avons pas encore obtenu d’explications scientifiques authentiques. »

Malcolm Sim Longair :

« Je déteste profondément la théorie du principe anthropique et la considère comme un dernier recours absolu au cas où tous les arguments physiques échoueraient.. »

Christian Magnan :

« On connaît encore l’argument repris par nombre de vulgarisateurs relatif aux prétendus « choix » concernant les conditions prévalant à l’origine de l’Univers, et notamment le choix relatif à la vitesse intiale d’expansion : trop rapide, et l’Univers sera ouvert, trop faible, et il sera fermé. On avance souvent à ce propos l’exemple du lancement d’une sonde spatiale, laquelle doit posséder une vitesse suffisante pour ne pas retomber sur Terre. Et de se gargariser autour de la précision inimaginable (donc inexplicable, sinon après coup par argument anthropique !) avec laquelle « il a fallu » ajuster la vitesse d’expansion pour en arriver à l’état actuel. Or cet ajustement d’apparence extraordinaire existe en réalité dans tous les modèles d’univers que nous fabriquons avec nos équations, et non pas exclusivement dans celui qui nous concerne. Les équations d’univers d’Einstein contiennent en effet un terme de « courbure spatiale » qui devient asymptotiquement négligeable devant les autres lorsqu’on se rapproche du temps zéro. Du même coup, les termes qui « comptent vraiment » se compensent de plus en plus exactement. Faire croire que cet écart infime est exceptionnel pour notre Univers relève de la tricherie. Il s’agit ici de la même confusion dénoncée plus haut entre les effets et les causes. Ce n’est pas la vitesse d’expansion qui détermine le type d’univers (ouvert ou fermé), mais l’inverse. La véritable condition aux limites (à l’origine) concerne en effet le type d’univers, de sorte que, si choix il y a, c’est entre un univers fermé ou ouvert. Mais, dès lors que ce « genre » est fixé, toute possibilité de choix ultérieur disparaît : une fois l’univers choisi, la vitesse d’expansion est elle-même fixée sans ambiguïté à chaque instant. Ainsi, contrairement à ce que voudrait faire croire une vulgarisation tapageuse, on ne « lance » pas un univers comme un simple satellite artificiel ! Enfin et surtout, parler de « choix » en ce qui concerne l’univers relève, en l’état de nos connaissances, de la fantaisie, et ce pour au moins deux raisons. La première est une question de principe. Notre Univers est unique et nous ne pouvons donc pas le comparer à d’autres univers. Considérer comme des objets physiques réels des univers hypothétiques existant « au-delà » du nôtre mais avec lesquels, par définition même (autres univers), nous ne pouvons pas établir le moindre contact est pure mystification. Car le champ de la physique se limite au domaine de l’expérience et qu’au-delà, il s’agit, à proprement parler, de « métaphysique ». La seconde est que, si nos modèles comportent bien des paramètres, nul n’en connaît le statut. Supposer avec les partisans du principe anthropique que tous les choix sont possibles sans la moindre discrimination est une hypothèse « sauvage » constituant en réalité un aveu inacceptable d’impuissance. Tant que nous ne possèderons pas de théorie sérieuse de création des univers, toutes ces questions de « choix » relèveront de la fiction et ne mériteront pas la caution de la science. »

Leonard Susskind dans « Le paysage anthropique de la théorie des cordes » :

« A partir de travaux récents d’un certain nombre d’auteurs, il paraît probable que le paysage est si vaste et diversifié qu’on ne peut même pas en avoir un aperçu. Que cela nous plaise ou non, ce type de comportement justifie le principe anthropique… Mais, en théorie anthropique… le seul critère pour choisir un état du vide est son utilité, s’il possède ou non les éléments nécessaires à la vie, à la formation des galaxies et à la chimie complexe. »

Steven Weinberg dans « Vivre dans le multivers » :

« Plus élevé est le nombre de valeurs possibles de paramètres physiques fournies par le paysage des cordes, plus la théorie des cordes rend légitime le raisonnement anthropique comme le nouveau fondement des théories physiques : tout scientifique qui étudie la nature doit vivre dans une partie du paysage où les paramètres physiques ont les valeurs permettant l’apparition de la vie et des scientifiques. »

Joseph Polchinski :

« Le raisonnement va tellement à l’encontre des buts historiques de la physique théorique que je lui ai résisté longtemps après avoir compris qu’il était probablement nécessaire. Mais maintenant j’ai fait mon coming-out. »

Andrei Linde :

« Ceux qui n’aiment pas le principe anthropique nient simplement l’évidence. »

George Coyne :

« Je crois que le principe anthropique a non seulement constitué un stimulant à la recherche en cosmologie, mais qu’il fournit aussi un point de rencontre passionnant entre la théologie et les sciences et qu’il a certainement servi à réintégrer le facteur "être humain" qui, pendant des siècles, a été exclu des sciences physiques. »

Des philosophes l’ont soutenue :

Sébastien Giguère :

« Si l’apparence d’une connexion profonde entre la possibilité de la conscience humaine et les paramètres physiques fondamentaux de l’Univers étonne aujourd’hui plusieurs hommes de science, c’est en grande partie parce que le mode de connaissance propre à la rationalité physiciste moderne a habitué le scientifique à considérer le monde physique "objectivement", comme s’il lui était extérieur, et à y faire abstraction de la présence de l’esprit. (…) Le dualisme de I’esprit philosophique moderne, problème auquel tant de penseurs se sont consacrés depuis quatre siècles, plonge ses racines au coeur de cette rationalité physiciste qui, aspirant à mathématiser la totalité du réel, a dû se résoudre, pour le dire simplement, soit à apercevoir dans la vie ou l’esprit des phénomènes dont l’essence diffère radicalement de celle du monde physique, soit à tenter de réduire ces phénomènes au niveau des régularités physiques mathématisables. Ainsi, lorsqu’elle envisage la diversité des lois mathématiques qui régissent le monde physique, la pensée scientifique moderne le fait habituellement sans tenir compte de la présence de l’esprit au sein de cette totalité objectivée. C’est donc pour elle un fait déconcertant de découvrir aujourd’hui que sa propre existence dépende si étroitement de l’ajustement de l’ensemble de ces lois physiques. (…) Dans une telle perspective, il parait s’installer une continuité inattendue entre la matière, la vie et l’esprit. (…) Dans un tel tableau, comme nous l’évoquions, la matière, la vie et l’esprit paraissent s’inscrire dans une étonnante continuité. Tous apparaissent réunis dans une même trame et semblent participer du même mouvement. (…) Les versions les plus controversées du principe anthropique aspirent justement à apporter une solution au problème de la valeur des constantes et des lois. Cette solution consiste à animer que les présences de l’être humain, de la vie et, plus généralement, de la complexité dans l’univers, par l’ampleur des contraintes qu’elles imposent à I’évolution et à la structure du cosmos, permettent d’expliquer la valeur de ces paramètres et de leur donner un sens. C’est là bien sûr opérer un renversement de la logique scientifique traditionnelle et faire appel à un processus téléologique. C’est dire : "c’est en vue de permettre l’évolution de la complexité, de la vie ou de l’être humain que les lois sont ce qu’elles sont". (…) Ensuite, puisque les différentes positions dans cette discussion se définissent selon l’attitude adoptée envers 1"’ajustement précis" des paramètres fondamentaux, nous progresserons à partir de ce premier point selon un schéma arborescent correspondant aux diverses attitudes possibles face à lui. (…) Mais habituellement, dans les discussions sur le principe anthropique, l’ensemble des paramètres fondamentaux est envisagé dans sa relation à la possibilité de l’émergence de la vie. Ainsi, dans les pages qui suivent, lorsqu’il sera question de la vie ou de l’intelligence, ce sera la plupart du temps en les envisageant à partir du plus lointain passé de l’Univers, alors que ni elles ni les étoiles et les atomes qui leur sont nécessaires n’existaient encore. De ce point de vue, ce sont bien les paramètres fondamentaux de l’univers qui sont adaptés à la vie telle que nous la connaissons. »

Nicola Dallaporta :

« La reconnaissance du principe anthropique devrait être considérée comme un moment décisif dans le développement de la science, ouvrant de nouvelles voies vers des aspects inconnus de l’Univers. »

Quelques physiciens l’ont combattue :

Heinz Pagels :

« Contrairement aux principes de la physique conventionnelle, le principe anthropique n’est sujet à aucune vérification expérimentale - le signe sûr qu’il ne s’agit pas d’un principe scientifique. L’influence du principe anthropique sur le développement des modèles cosmologiques contemporains a été stérile... »

George Smoot :

« Stephen Hawking apporte malheureusement sa caution à ce « principe anthropique », d’autant plus principiel qu’il n’est pas scientifique, dans « Une brève histoire du temps », affirmant : « Ce que l’on connaît comme le principe anthropique peut être résumé par la phrase : « c’est parce que nous existons que nous voyons l’univers tel qu’il est. » (...) Le principe anthropique faible pose que dans un univers qui est grand et infini dans l’espace et/ou dans le temps, les conditions nécessaires au développement de la vie intelligente ne se rencontreront que dans certaines régions limitées dans l’espace et dans le temps. Les êtres intelligents de ces régions devraient donc ne pas être étonnés que leur voisinage dans l’univers remplisse les conditions qui sont nécessaires pour leur existence. Un peu comme une personne riche vivant dans un environnement riche sans jamais voir de pauvreté. Un exemple, de l’utilisation de ce principe anthropique faible est d’ « expliquer » pourquoi le Big bang est apparu il y a dix milliards d’années de cela : il a fallu tout ce temps aux êtres intelligents pour évoluer. (...) Peu de personnes devraient contester la validité ou l’utilité du principe anthropique faible. (...) A la question : ‘‘pourquoi l’univers est-il tel que nous le voyons ?’’, la réponse est simple : s’il avait été différent nous ne serions pas là. Les lois de la Physique, nous le savons aujourd’hui, contiennent beaucoup de nombres fondamentaux, comme la taille de la charge électrique de l’électron et le rapport des masses du proton et de l’électron. (...) Le fait remarquable est que la valeur de ces nombres semble avoir été finement ajustée pour rendre possible le développement de la vie. (...) Si le stade initial n’avait été choisi avec le plus de soin possible pour en arriver à ce que nous voyons autour de nous, l’univers n’aurait que peu de chance de contenir quelque région dans laquelle la vie pourrait apparaître. (...) Il serait très difficile d’expliquer que l’univers n’aurait dû commencer que de cette façon, à moins que ce ne soit l’acte d’un Dieu désireux de créer des êtres comme nous. »

André Brahic :

« Certains n’hésitent pas à introduire dans leurs modèles des idées anthropiques : l’Homme serait le symbole, voire la finalité de cette réussite et notre existence de toute façon déterminerait le « bon » modèle cosmologique. En replaçant l’Homme au centre de l’Univers, ils ne sont apparemment pas guéris des folies du géocentrisme. »

Bernard D’Espagnat :

« Supposons (ce qui est peut-être vrai, je n’en sais rien : je dis donc « supposons ») que l’existence de cristaux de neige aussi étonnants — en variété, en complexité, en beauté etc. — que ceux qui se forment sous nos yeux ne soit concevable que moyennant un réglage extrêmement fin, donc, à première vue, fort improbable, des constantes, niveaux d’énergie etc. qui interviennent dans la structure de l’eau. Si la chose était prouvée, dirions-nous pour autant qu’il y a un « principe cristallique » ? Émettrions-nous la conjecture que l’Univers a été créé peu ou prou dans le but que les cristaux de neige soient aussi complexes et beaux qu’ils le sont ? « 

Hervé Zwirn :

« L’argument consistant à envisager qu’une très faible différence entre la charge électrique de l’électron et celle du proton conduirait les objets qui nous entourent à exploser, n’est pas réellement recevable. En effet, qu’est ce que la physique ? C’est une explication plus ou moins précise du réel matériel qui nous entoure. Les lois, élaborées par les physiciens, qui fondent notre modèle explicatif de cette réalité, sont admises lorsque tout au moins, leurs prédictions théoriques sont en accord avec les mesures objectives, expérimentales ou observationnelles, que nous sommes capables de réaliser. Une fois que les lois physiques sont établies, si un désaccord évident apparaît entre la réalité expérimentale ou observationnelle et les prédictions théoriques, comme la non-stabilité des objets environnants, cela signifie, que c’est la loi qui est en cause et qui doit être corrigée, et non que la réalité physique est particulièrement singulière. Dans l’exemple qui nous intéresse, ce n’est pas la différence éventuelle entre la charge de l’électron et du proton qu’il faudrait questionner, mais notre capacité, le cas échéant si cette différence existait, à expliquer alors la stabilité des objets qui nous entoure. Nous aboutirions dans ce cas, fort probablement à de tout autres lois physiques que celles que nous connaissons aujourd’hui. De plus, les lois physiques sont élaborées de façon cohérente, non seulement avec la réalité expérimentale et observationnelle, mais également entre-elles. C’est pourquoi l’observation d’un évènement aussi “ étrange ” qu’une différence entre la charge de l’électron et celle du proton mettrait en difficulté non pas une loi physique particulière ayant trait à cet événement mais des pans entiers de notre compréhension physique du monde. »

« J’ai dit mon scepticisme sur les raisonnements du type : " si telle constante n’avait pas exactement telle valeur, il se passerait ceci". En fait, un tel raisonnement est ce qu’on appelle un contre factuel. On se dit si les choses avaient été comme ceci, alors aujourd’hui il se passerait cela. Or, il ne se passe pas cela, on le constate, donc c’est qu’il ne s’est pas passé ceci avant. Ce type de raisonnement est la base même du principe anthropique, au moins le principe faible. Il consiste à dire que si telle ou telle constante avait été différente, en utilisant les lois de la physique on en conclurait que les choses devraient être différentes de celles qu’on observe. Un raisonnement par l’absurde permet alors d’en conclure que l’hypothèse (à savoir la valeur différente de telle ou telle constante) est fausse. Mais dans ce cas, on raisonne toutes choses égales par ailleurs, c’est-à-dire qu’on fait des simulations numériques qui permettent de prédire ce qu’on observerait si la seule chose qui changeait, était, par exemple, la valeur de la masse du proton ou le rapport entre la charge du proton et la charge de l’électron mais que tout le reste (par exemple les lois physiques) ne changeait pas. Or ceci me paraît contestable car on pourrait penser que si la masse du proton change alors telle ou telle loi de la nature pourrait changer aussi et permettre ainsi de rétablir ce qu’on observe. Si en changeant à la fois la masse du proton et une loi physique on peut rétablir la concordance avec ce qu’on observe alors rien ne nous permet de déduire que la masse du proton doit nécessairement avoir sa valeur constatée pour que l’univers soit tel que nous l’observons. »

Jean-Pierre Petit :

« On pourrait dire que la nature, en donnant une telle valeur à la longueur de réabsorption du neutron par l’uranium, avait en quelque sorte programmé l’autodestruction de cette humanité au bout de quelques milliards d’années de cette pénible évolution. Si la vie avait été une chose nécessaire, inévitable, incluse dans le programme de l’Univers sur certaines planètes, il se pourrait que la mort le fût aussi. »

Maccolm Sim Longair :

« Je déteste profondément la théorie du principe anthropique et la considère comme un dernier recours absolu au cas où tous les arguments physiques échoueraient... »

Notre point de vue sur le principe anthropique

Une discussion sur le principe anthropique

Une défense de la thèse anthropique

Pour combattre l’anthropocentrisme par rapport à l’évolution des espèces

Messages

1. L’Histoire à l’envers - Le « Principe Anthropique », celui d’un monde conçu d’avance pour produire la matière des galaxies de façon à rendre possibles la vie, l’homme et sa conscience…, 7 mai 2015, 15:44, par Robert Paris

Charles Darwin :

"Le vieil argument du dessein dans la nature, tel que le donnait Paley, me paraissait autrefois des plus concluants, il tombe aujourd’hui après qu’a été découverte la loi de sélection naturelle. Nous ne pouvons plus soutenir que, par exemple, l’admirable charnière d’une coquille bivalve a dû être faite par un être intelligent, comme la charnière d’une porte par l’homme. Il semble qu’il n’y a pas plus de dessein dans la variabilité des êtres organiques et dans l’action de la sélection naturelle, que dans la façon dont le vent souffle. Tout dans la nature est le résultat de lois fixées à l’avance."

2. L’Histoire à l’envers - Le « Principe Anthropique », celui d’un monde conçu d’avance pour produire la matière des galaxies de façon à rendre possibles la vie, l’homme et sa conscience…, 19 juin 2015, 06:42

Je ne sais pas par qui la densité de l’univers peut être « choisie », mais ce que je sais c’est que dans les modèles d’univers la densité n’est pas un paramètre libre, ce qui veut dire que l’on ne peut pas lui donner une valeur arbitraire. En particulier il est stupide (que l’on me pardonne le qualificatif mais c’est le « mot juste ») de penser que l’on peut changer de type d’univers en changeant de densité. C’est le type d’univers, fini ou infini, qui détermine la densité (et notamment son rapport à la densité critique) ; ce n’est pas la densité qui détermine le type d’univers. Par conséquent dire que la densité de notre Univers a été choisie de façon à lui donner telle structure est un nouveau mensonge.

Si on considère un univers fini, alors sa densité, donnée par les équations classiques, sera forcément supérieure à tout instant à la densité critique. C’est la situation inverse (densité inférieure à la densité critique) qui prévaut pour un modèle infini. Mais il serait absurde de prétendre que la donnée de la densité fixe l’univers, pour la bonne raison que les équations d’un univers fini ne sont pas les mêmes que celles d’un univers infini et que par conséquent, tant qu’on n’a pas fait son choix entre les deux systèmes, on ne peut conduire aucun calcul. Conclusion : n’étant pas optionnelle, la densité de matière de notre Univers n’a pas pu être choisie pour quelque motif de convenance que ce soit.

La question de la précision du réglage (impossible) recouvre une autre escroquerie. En accord avec notre théorème du jardin, la courbure de l’espace n’est pas décelable au big bang ni dans les premiers stades évolutifs de l’univers. Il en résulte que la distinction ne peut pas se faire au départ entre univers fini et univers infini, et que pareillement dans les équations la densité est « presque strictement », pourrait-on dire, égale à la densité critique. Mathématiquement parlant, l’égalité n’est pas exactement réalisée, évidemment, puisque dans un cas (fini) le rapport est supérieur à l’unité, ne serait-ce que d’une quantité infime, et dans l’autre il est inférieur, ne serait-ce que d’une quantité infime.

L’entourloupette consiste à faire croire que c’est ce terme « infime », celui qui fait la différence entre univers fini et univers infini, ce terme qui contient en germe la courbure future, qui précisément pourrait être choisi par ajustement du rapport de la densité réelle à la densité critique (ce rapport est souvent baptisé Oméga, comme le savent les amateurs éclairés en matière de big bang). Or nous venons de voir qu’il est faux de penser que ce terme (et notamment son signe) pourrait être ajusté.

3. L’Histoire à l’envers - Le « Principe Anthropique », celui d’un monde conçu d’avance pour produire la matière des galaxies de façon à rendre possibles la vie, l’homme et sa conscience…, 28 décembre 2016, 09:21

Le physicien Brandon Carter a calculé en 1974 que si l’intensité de l’interaction entre charges électriques était plus petite de quelques pour cent, aucune planète ne se serait jamais formée et les seuls objets denses dans l’univers seraient les étoiles ; et que si elle était de quelques pour cent supérieure, alors aucune étoile n’aurait jamais explosé, et par conséquent aucun élément autre que l’hydrogène et l’hélium n’existerait en dehors des étoiles. Dans un cas comme dans l’autre, il n’y aurait pas de chimie complexe et donc probablement pas de vie.

Un autre exemple : si le taux d’expansion initial de l’univers au moment du Big Bang avait été un peu plus élevé, aucune étoile ne se serait formée et il n’y aurait dans l’univers rien d’autre que de l’hydrogène – à une densité extrêmement basse et sans cesse décroissante. Si ce taux avait été un peu plus petit, l’univers se serait recontracté peu après le Big Bang. Des résultats similaires ont été obtenus depuis pour d’autres constantes de la physique qui ne sont déterminées par aucune théorie connue. Pour la plupart, sinon pour toutes, il semble que si elles avaient eu des valeurs légèrement différentes, il n’y aurait pas eu de possibilité que la vie existe.

C’est un fait remarquable qui a même été pris comme preuve que ces constantes ont été ajustées finement de façon intentionnelle, c’est-à-dire choisies, par un être surnaturel. C’est une nouvelle version du créationnisme et de l’argument d’intention, aujourd’hui fondé sur l’apparence d’intention dans les lois de la physique…

A l’idée que le réglage fin requiert une explication, on peut simplement objecter que nous n’avons pas de bonne explication indiquant que les planètes, ou la chimie, sont essentielles à la formation de la vie… Nous n’avons pas la moindre idée du type d’environnement, permettant l’émergence de la vie, qui existerait sous l’effet d’autres lois. L’idée que l’on doive s’attendre à ce que des lois de la physique similaires conduisent à des environnements similaires est réfutée par l’existence même d’un réglage fin.

4. L’Histoire à l’envers - Le « Principe Anthropique », celui d’un monde conçu d’avance pour produire la matière des galaxies de façon à rendre possibles la vie, l’homme et sa conscience…, 1er mai 2018, 09:38

« Une brève histoire du temps : du Big Bang aux trous noirs » de Stephen Hawking, défendant le principe anthropique :

« Cependant, supposons qu’il n’y ait de galaxies et d’étoiles formées que dans les régions uniformes et qu’il n’y ait que là, également, que l’on rencontre de bonnes conditions pour le développement d’organismes compliqués s’autorépliquant, comme nous, capables de poser la question : Pourquoi l’univers est-il si lisse ? C’est un exemple d’application de ce que l’on connaît sous le nom de principe anthropique qui peut être résumé par la phrase : " C’est parce que nous existons que nous voyons l’univers tel qu’il est ". »

5. L’Histoire à l’envers - Le « Principe Anthropique », celui d’un monde conçu d’avance pour produire la matière des galaxies de façon à rendre possibles la vie, l’homme et sa conscience…, 13 septembre 2018, 07:35

Le principe anthropique est un vaste retour en arrière, retour vers l’ancien anthropocentrisme...

Stephen Jay Gould dans « Darwin et les grandes énigmes de la vie » :

« Toutes les sciences ont contribué à mettre en doute l’idée suivant laquelle l’homme aurait une importance cosmique. L’astronomie a montré que nous occupons une petite planète, à la frontière d’une galaxie de taille moyenne, parmi des millions d’autres. La biologie nous a retiré notre statut d’exception aux lois de la nature, créée à l’image de Dieu. La géologie, elle, nous a donné l’immensité du temps et nous a appris que notre espèce n’en avait occupé qu’une part dérisoire. »

Gould dans « L’éventail du vivant » :

« Nous pensions vivre sur le corps central d’un univers limité lorsque Copernic, Galilée et Newton révélèrent que la Terre n’est qu’un minuscule satellite d’une étoile secondaire. Nous nous étions alors rassurés en imaginant que Dieu avait néanmoins choisi ce lieu excentré pour créer un organisme unique à Son image quand Darwin vint "nous reléguer au rang de descendants du monde animal". Nous avions alors trouvé consolation dans la rationalité de notre esprit lorsque, ainsi que le note Freud dans l’une des moins modestes affirmations de l’histoire de l’intelligence, la psychologie découvrit l’inconscient. »

Le principe de proportionnalité dans la guerre

Par Le 06/04/2026

 

Il existe donc un quota acceptable de morts. Il y a des gens qui ont "réfléchi" pour savoir dans quelle mesure une armée est autorisée à tuer des civils quand l'objectif est militaire. 

Mais à part ça, il faut rester optimiste quant à la capacité des humains à user de leur raison.

Au final, ce principe de proportionnalité n'est rien d'autre que le prolongement de l'idée même de la guerre comme étant inévitable.

"Puisque nous devons faire la guerre, nous devons établir des règles pour tuer."

On en est toujours là en 2026.

 

Guerre au Moyen-Orient : frapper des sites civils, comme menace de le faire Donald Trump en Iran, peut-il être qualifié de crime de guerre ?

 

L'Iran a mis en garde lundi contre de possibles "crimes de guerre" après des menaces du président américain Donald Trump de viser prochainement des infrastructures civiles dans le pays.

Article rédigé par franceinfo

Radio France

Publié le 06/04/2026 16:47

Temps de lecture : 3min Un pont détruit à Karaj, près de Téhéran en Iran, début avril 2026. (ATTA KENARE / AFP)

Un pont détruit à Karaj, près de Téhéran en Iran, début avril 2026. (ATTA KENARE / AFP)

Donald Trump a menacé, dimanche 5 avril, de détruire les centrales électriques et les ponts en Iran si le pays ne rouvre pas le détroit d'Ormuz, et a fixé un ultimatum à mardi soir. Selon les Iraniens, ces attaques seraient des "crimes de guerre" et le droit international pourrait bien leur donner raison.

À lire aussi : Entretien

"Le fait que les Iraniens rouvrent le détroit d'Ormuz montre qu'ils ne peuvent pas s'isoler complètement", analyse l'amiral Pascal Ausseur

Selon le quatrième texte de l'une des conventions de Genève, qui font office de table de la loi du droit humanitaire international, "la destruction et l'appropriation de biens non justifiées par des nécessités militaires et exécutées sur une grande échelle de façon illicite et arbitraire" constitue un crime de guerre. Les menaces du président américain tombent donc sous ce chef d'inculpation.

Caractériser l'utilité de l'infrastructure visée

On pourrait toutefois rétorquer aux Iraniens que leurs bombardements des usines de désalinisation des pays du Golfe ou des infrastructures énergétique. Raffineries ou dépôts pétroliers au Koweit, à Bahrein, au Qatar et aux Émirats arabes unis tombent également sous le coup de cette caractérisation de "crime de guerre" puisqu'il s'agit de destruction de biens non justifiées par des nécessités militaires.

Le problème est plus difficile quand on vise des biens ou des emprises à utilisation, duale aussi bien civile que militaire. Détruire un pont peut avoir une vraie utilité militaire, pour empêcher le transit de troupes ennemies, par exemple. Mais détruire une infrastructure encore en construction, comme cela a été le cas il y a quelques jours pour le pont de Karaj en Iran - le plus grand du pays - est beaucoup plus discutable.

Calculer le "seuil" acceptable des victimes civiles

Le droit humanitaire international vise surtout à épargner les civils, estimant que des pertes ne sont légitimes qu'à partir du moment où l'objectif militaire derrière une opération meurtrière était d'une certaine valeur. C'est ce qu'on appelle le principe de proportionnalité : une armée s'autorise à entraîner des pertes civiles - les dommages collatéraux - à partir du moment où la cible visée est d'une haute valeur, militairement parlant.

Dès le début des années 2000 les Américains, et à leur suite la plupart des armées occidentales, ont mis au point un tableau de mesure très complexe de la mise en relation coût-bénéfice en termes de vies civiles sacrifiées, appelé NCV pour "non-combattant casualty cut-off value" - ou "valeur seuil des victimes non-combattantes". En clair, le nombre de civils qu'on s'autorise à tuer pour remplir un objectif militaire. Le NCV le plus haut édicté par l'armée américaine était de 30 civils, passés par pertes et profit pour un objectif très particulier : tuer Oussama ben Laden, le chef du réseau Al-Quaïda.

Dans sa guerre contre Gaza, l'armée israélienne avait fait grimper ce NCV jusqu'à 300 pour les commandants les plus aguerris du Hamas. Autrement dit, en zone urbaine dense comme à Gaza, les militaires étaient autorisés à raser tout un quartier - et les gens qui l'habitaient - pour tuer un seul commandant.

 

PDF DE LA CROIX ROUGE

/ Service DIH DROIT INTERNATIONAL HUMANITAIRE
Dossier thématique – Introduction au DIH / Principes et règles essentielles – V 15.05.2012
1
FICHE 1.6. PRINCIPES ET REGLES ESSENTIELLES DU DIH
Pour rappel, l’objectif du DIH consiste à limiter les effets néfastes des conflits armés, tout en
tenant compte des nécessités militaires. Ses principes et règles assurent donc un équilibre entre les
considérations humanitaires et les nécessités militaires.
1. Principes fondamentaux du DIH 1
Le DIH est fondé sur les principes suivants :
Principe d’humanité :
Ce principe couvre les notions de respect de l’adversaire et de protection du faible contre
l’oppression par le fort. Il a été résumé comme suit par Fyodor Martens en 1899 : « les
personnes civiles et les combattants restent sous la sauvegarde et sous l’empire des
principes du droit des gens, tels qu’ils résultent des usages établis, des principes de
l’humanité et des exigences de la conscience publique.»
Cette « Clause de Martens » qui avait déjà valeur de norme coutumière, a été reprise à
l’article 1(§2) du Protocole additionnel I de 1977 : « … les personnes civiles et les
combattants restent sous la sauvegarde et sous l’empire des principes du droit des gens,
tels qu’ils résultent des usages établis, des principes de l’humanité et des exigences de la
conscience publique. »
Principes de distinction, de nécessité militaire et d’interdiction des maux superflus :
En application de ces principes, tels que formulés dans la Déclaration de Saint-Pétersbourg
de 1868, le seul but légitime des Etats en guerre est l’affaiblissement des forces militaires
de l’ennemi et ce but serait dépassé par l’emploi d’armes qui aggraveraient inutilement les
souffrances des hommes hors combat ou rendraient leur mort inévitable.
Les Protocoles additionnels de 1977 ont réaffirmé et précisé ces principes, notamment celui
de la distinction : « … les parties au conflit doivent en tout temps faire la distinction entre
la population civile et les combattants ainsi qu’entre les biens de caractère civil et les
objectifs militaires et, par conséquent, ne diriger leurs opérations que contre des objectifs
militaires. »2
Principes de proportionnalité et de précaution :
Ces principes sous-jacents aux principes précédents visent à trouver un équilibre entre deux
intérêts divergents, l’un dicté par les considérations de nécessité militaire et l’autre par les
exigences d’humanité. Ainsi, le DIH admet que lors d’opérations militaires, des pertes
civiles sont parfois inévitables.
Toutefois, il oblige les combattants à s’abstenir de lancer une attaque dont on peut
attendre qu’elle cause incidemment des pertes en vies humaines dans la population civile,
des blessures aux personnes civiles ou des dommages aux biens civils qui seraient excessifs
par rapport à l’avantage militaire concret et direct attendu. (Principe de proportionnalité).
De plus, toutes les précautions doivent être prises en vue d’éviter et, en tout cas, de
réduire au maximum les pertes en vies humaines dans la population civile, les blessures aux
personnes civiles et les dommages aux biens de caractère civil qui pourraient être causés
incidemment. Ainsi, si une attaque est susceptible d’affecter la population civile,
l’attaquant doit donner un avertissement en temps utile et par des moyens efficaces. Les
parties au conflit doivent également prendre toutes les mesures possibles pour éloigner les
personnes et les biens civils du voisinage des objectifs militaires. (Principe de précaution).
1 CICR, Droit international humanitaire. Réponses à vos questions, Genève, février 2004.
2 PA I art.48, voir aussi PA II art.13
/ Service DIH DROIT INTERNATIONAL HUMANITAIRE
Dossier thématique – Introduction au DIH / Principes et règles essentielles – V 15.05.2012
2
2. Règles essentielles des Conventions de Genève et de leurs Protocoles additionnels3
Les parties à un conflit feront, en tout temps, la distinction entre la population civile et les
combattants, de façon à épargner la population et les biens civils. Ni la population civile en tant
que telle, ni les personnes civiles ne doivent être l’objet d’attaques. Les attaques ne seront dirigées
que contre les objectifs militaires. Les personnes mises hors de combat et celles qui ne participent
pas directement aux hostilités ont droit au respect de leur vie et de leur intégrité physique et
morale. Ces personnes seront, en toutes circonstances, protégées et traitées avec humanité, sans
aucune distinction de caractère défavorable. Il est interdit de tuer ou de blesser un adversaire qui
se rend ou qui est hors de combat.
Les parties au conflit et les membres de leurs forces armées n’ont pas un droit illimité quant au
choix des méthodes et des moyens de guerre. Il est interdit d’employer des armes ou des méthodes
de guerre de nature à causer des pertes inutiles ou des souffrances excessives.
Les blessés et les malades seront recueillis et soignés par la partie au conflit qui les aura en son
pouvoir. Le personnel, les établissements, les moyens de transport et le matériel sanitaires seront
protégés.
L’emblème de la croix rouge, du croissant rouge ou celui du cristal rouge sur fond blanc est le signe
de cette protection et doit être respecté.
Les combattants capturés et les civils qui se trouvent sous l’autorité de la partie adverse ont droit
au respect de leur vie, de leur dignité, de leurs droits personnels et de leurs convictions (politiques,
religieuses ou autres). Ils seront protégés contre tout acte de violence et de représailles. Ils auront
le droit d’échanger des nouvelles avec leur famille et de recevoir des secours. Ils bénéficieront des
garanties judiciaires fondamentales.
En résumé, les règles du DIH se concentrent autour de deux axes :
La protection des personnes qui ne participent pas ou plus aux combats (elle est régie
essentiellement par les CG de 1949 et par les PA de 1977) :
• Les personnes concernées sont : les combattants blessés ou malades, les prisonniers de
guerre, les services sanitaires, le personnel religieux, les civils, y compris certaines
catégories spécifiques : les enfants, les femmes, les journalistes, les acteurs humanitaires…
• Ces personnes doivent être épargnées des attaques. Elles ont droit au respect de leur vie,
de leur intégrité physique et de leur dignité, ainsi qu’à des soins médicaux et à des
garanties judiciaires (jugement par un tribunal indépendant et impartial, respect des droits
de la défense,…)
La limitation de l’utilisation des moyens de combat (armes) et des méthodes de combat
(tactiques militaires et comportements) (elle est régie essentiellement par les PA de 1977) : il
est interdit notamment d’utiliser de moyens et méthodes qui :
• visent les personnes civiles et les biens civils, y compris les biens culturels ;
• produisent des effets de manière indiscriminée à l’égard des combattants et civils ;
• causent des souffrances inutiles, y compris aux membres des forces armées ennemies ;
• provoquent des dommages graves et durables à l’environnement.
3 Ces règles résument l’essentiel du droit international humanitaire. Elles n’ont pas l’autorité d’un instrument
juridique et n’entendent nullement remplacer les traités en vigueur. Elles ont été rédigées par le CICR dans
le but de faciliter la diffusion du DIH et sont disponibles sur son site Internet :
http://www.icrc.org/fre/resources/documents/misc/665h8v.htm. Ces règles sont extraites des Règles
essentielles des Conventions de Genève et de leurs Protocoles additionnels (Jean de Preux), Genève, CICR,
1990 : http://www.icrc.org/fre/assets/files/other/icrc_001_0365.pdf

"Let the sunshine in" (2)

Par Le 06/04/2026

 

On pourrait me dire que les gens de ce mouvement "Make love, no war" vivait dans une illusion, l'illusion d'un monde en paix, un monde juste, équitable, aucunement engagé dans une croissance sans fin mais dans un partage et surtout dans la volonté de s'en tenir à "la simplicité volontaire", de la nourriture, un toit, des soins si nécessaires.

"Walden ou la vie dans les bois" de Thoreau aurait pu leur servir de référence.

"Ah oui, mais le progrès, bon sang, c'est magnifique le progrès, tout ce qui existe aujourd'hui et qui n'existait pas il y a dix, vingt, trente ans ! Ces jeunes auraient voulu rester au Moyen Age, c'est pitoyable."

L'argument habituel des "progressistes", autrement appelés "les exploiteurs".

Faut-til donc rappeler encore et encore ce que ce fameux progrès a créé ? Faut-il donc rappeler encore et encore l'état de la planète et l'avenir très sombre dans lequel elle s'enfonce ? Est-ce que les "progressistes" ont une solution ?

"Oui, celle des prochaines inventions qui sauveront l'humanité."

La géo-ingénérie et autres projets dont les retombées financières dépassent l'entendement pour leurs concepteurs. Car c'est bien là l'objectif de toutes les idées qui fleurissent : l'argent. Non pas celui dépensé mais celui que ça peut rapporter. Les exploiteurs ne cherchent pas à préserver la planète mais bien, uniquement, l'humanité puisqu'elle est la source des croissances économiques. L'objectif des exploiteurs ne tient pas dans un changement de paradigme, une prise de conscience réelle, elle ne cherche pas la reconnaissance vitale que sans la vie de la Terre, la nôtre n'est plus rien.

Il faut préserver la croissance.

Aujourd'hui, des états sont en guerre, des gens meurent, des milliards sont dépensés, des destructions qui impactent la planète par des pollutions effroyables, des puits de pétrole, des usines chimiques, des marées noires, rien n'arrête les belligérants, celle en Ukraine n'est toujours pas finie et d'autres peuvent survenir. Les puissants, les gouvernants, les égos, rien ne les arrête. Trump a été élu, deux fois, un peuple met à sa tête un individu mentalement atteint, la plus grande puissance militaire alors que d'autres sont déjà assez armés pour réduire la planète à un désert irradié. Et il faudrait rester optimiste, croire en l'humain ? Les Américains devraient renverser Trump, le destituer, l'envoyer devant un tribunal. Et rien ne se passe, des gens le soutiennent encore. L'impact écologique des Américains est bien plus élevé que celui des Chinois et tout ce dont rêvent les Américains, c'est que leur pouvoir d'achat se maintienne. On ne parle pas du Bouthan, des îles Féroé, du Costa Rica mais des USA. "Le rêve américain." On sait tous que la quête du pétrole, la main-mise sur les exploitations, tout comme au Vénézuéla, c'est l'objectif suprême pour Trump et les "faucons". Pour Israël, et les extrémistes qui sont au pouvoir, c'est leur paranoïa qui est à la source de tout. Benyamin "Nettoimoitout" est un assassin et ceux qui me répliqueront qu'il ne faut pas oublier les assassinats orchestrés par le Hamas et le Hezbollah, je leur répondrai que depuis le temps que le conflit entre Israël et la Palestine dure, il est clair que les violences commises des deux côtés n'ont jamais été et ne seront jamais la voie vers une résolution. Je me souviens quand j'étais enfant que j'entendais parler des attentats et des périodes de guerre.

Rien ne changera jamais.

L'homme est un prédateur et le pouvoir rend fou.

Alors, oui, j'aurais aimé voir ce que l'humanité serait devenue si les jeunes de Woodstock avaient réussi à changer le monde.

"Let the sunshine in"

Par Le 05/04/2026

Les années Woodstock, la guerre du Vietnam, la contestation de cette frange anticapitaliste, la libération sexuelle, l'usage des drogues, le livre de Jerry Rubin "Do it", les mouvements de masse qui regroupaient toutes les couleurs de peau...

Et puis tout est parti à vau-l'au et un grand nombre des leaders (il ne devrait jamais y avoir de leaders) a fini trader, chef d'entreprise, capitaliste jusqu'au bout des ongles.

Et pourtant, il y avait moyen, là, de construire un autre monde. Ceux et celles qui y ont cru ont et n'ont pas supporté l'échec de ce mouvement ont bien souvent fini par overdose. J'en ai lu des bouquins là-dessus et c'est juste d'une tristesse infinie.

Et pourtant, ce chant, cette foi, cet amour, cette puissance de vie, ce lien entre humains, n'est-il pas ce qu'il y a de plus beau dans l'humanité ?

Et c'est bien à travers tous les échecs de ce type que je n'ai plus aucune confiance dans le moindre changement VOLONTAIRE de paradigme.

 

Hair est une comédie musicale rock de James Rado (en) et Gerome Ragni (en) (paroles) et de Galt MacDermot (musique) créée « off-Broadway », dans une cave de Greenwich village, en octobre 1967 puis jouée à Broadway au Public Theater à partir d'avril 1968 pendant quatre ans sans interruption[1]. Le New York Times en dit : « C'est enfin la première comédie musicale qui parle d'aujourd'hui. »[2]

Produit de la contre-culture hippie et de la révolution sexuelle des années 1960, certaines de ses chansons, inspirées de la théorie du New Age, sont devenues des hymnes des mouvements pacifistes contre la guerre du Viêt Nam. Une adaptation cinématographique est réalisée par Milos Forman en 1979.

Après une première exportation à Londres, la version française est créée à Paris au théâtre de la Porte-Saint-Martin le 30 mai 1969[3].

Elle rompt avec le spectacle traditionnel et révolutionne le genre[4].

Hair est remonté à Broadway en 2009[5] et à Paris en 2011.

Argument

Hair raconte l'histoire d'un groupe de hippies qui s'initient aux substances hallucinogènes et à la vie en communauté dans les rues de New York.

Claude Bukowski, jeune fermier dans l'Oklahoma, doit quitter son ranch pour combattre au Viêt Nam. Avant de se présenter aux services de l'armée, le futur soldat décide de visiter New-York. Il y rencontre un groupe de jeunes contestataires qui protestent contre la guerre au Vietnam, avec qui il participe à la révolution sexuelle et à la lutte contre la société conservatrice américaine[3].

Une comédie controversée

En 1969, l'adaptation française surprend le public par ses scènes dénudées[6] et provoque en décembre une protestation de l'Armée du salut, qui fait irruption dans la salle pour arrêter le spectacle[7],[8],[9]. Pourtant, le New York Times écrit que la version de Paris « est sans doute la meilleure, la plus hippie et la plus festive[10] ».

La même année, le gouvernement mexicain interdit la comédie musicale à la suite de la première représentation à Acapulco[11].

À Londres, les producteurs attendent un allègement des lois sur la censure pour ouvrir la comédie dans le West End[11].

En 2019, la chaine américaine NBC déprogramme une émission consacrée à la comédie musicale suggérant que celle-ci, en raison des thèmes abordés, n'est pas adaptée à une heure de grande écoute[12],[13].

Succès mondial

La comédie musicale se joue dans le monde entier à guichet fermé[6],[14]. Les producteurs comprennent vite que les préoccupations de la jeunesse de Tokyo ou de Berlin sont semblables à celles des jeunes américains. Le spectacle est un triomphe aux quatre coins du globe : São Paulo, Sydney, Hambourg, Amsterdam, Tel-Aviv, Londres et Belgrade[15].

Dès sa sortie, l'adaptation française connaît un immense succès[16]. Elle attire un million de spectateurs[17].

le lézard vert à tête bleue

Par Le 04/04/2026

Sur notre terrain, on a de nombreux murets en pierrres sèches, des anciennes constructions typiques des fermes. Notre maison, autrefois, était une grange. Comme en plus, je laisse de nombreux tas de bois morts pour les hérissons et autres animaux, pour leur hibernation, on commence à voir quelques animaux apparaître.

L'été dernier, c'était les mantes religieuses ou les couleuvres.

Aujourd'hui, alors qu'on travaillait au pied d'un muret, on a vu sortir ce magnifique lézard vert. Il faisait beau, plus ce pénible vent du nord qui nous a assommés pendant deux semaines, un plein soleil. Le lézard était à deux mètres de nous, comme s'il nous regardait travailler^^ 

Ce lézard est un indicateur important de la santé des écosystèmes. Sa présence témoigne d’un environnement sain et équilibré.

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Le Lézard Vert à Tête Bleue : Le Secret Mieux Gardé de la Nature !

Introduction

Un Lézard Pas Comme les Autres

Habitat et Répartition

Comportement et Mode de Vie

Reproduction et Cycle de Vie

Menaces et Conservation

Pourquoi le Lézard Vert à Tête Bleue Est-il si Fascinant ?

Comment Observer le Lézard Vert à Tête Bleue ?

Conclusion

Introduction

Vous pensez tout savoir sur les reptiles ? Détrompez-vous ! Le lézard vert à tête bleue est un animal qui va vous surprendre. Ce reptile, aussi mystérieux que fascinant, cache des secrets que peu de gens connaissent. Préparez-vous à plonger dans un monde où la nature révèle ses merveilles les plus cachées.

Un Lézard Pas Comme les Autres

Le lézard vert à tête bleue, connu scientifiquement sous le nom de Lacerta bilineata, est une espèce qui attire immédiatement l’attention grâce à ses couleurs vives et contrastées. Imaginez un corps vert éclatant surmonté d’une tête d’un bleu profond. Ce contraste saisissant n’est pas seulement esthétique, il joue un rôle crucial dans la survie de l’espèce.

Habitat et Répartition

Où peut-on trouver ce lézard extraordinaire ? Le lézard vert à tête bleue est principalement présent en Europe, notamment dans les régions méditerranéennes. Il affectionne les zones ensoleillées, les prairies, les forêts claires et les jardins. Si vous avez la chance de vivre dans ces régions, ouvrez l’œil, car vous pourriez bien croiser ce reptile étonnant lors de vos promenades.

Comportement et Mode de Vie

Le lézard vert à tête bleue est un animal diurne, ce qui signifie qu’il est actif pendant la journée. Il passe la majeure partie de son temps à se prélasser au soleil pour réguler sa température corporelle. Mais ne vous y trompez pas, ce lézard est aussi un chasseur redoutable. Il se nourrit principalement d’insectes, de petits invertébrés et parfois de fruits.

Reproduction et Cycle de Vie

La saison des amours est un moment crucial pour le lézard vert à tête bleue. Les mâles arborent des couleurs encore plus vives pour attirer les femelles. Après l’accouplement, la femelle pond ses œufs dans un endroit bien caché. Les petits lézards éclosent après quelques semaines et sont immédiatement autonomes. Ils doivent rapidement apprendre à se débrouiller seuls dans un environnement où les prédateurs ne manquent pas.

Menaces et Conservation

Comme beaucoup d’espèces, le lézard vert à tête bleue est menacé par la destruction de son habitat naturel. L’urbanisation, l’agriculture intensive et les pesticides sont autant de dangers qui pèsent sur cette espèce. Heureusement, des mesures de conservation sont mises en place pour protéger ce joyau de la biodiversité. La sensibilisation du public et la protection des habitats naturels sont essentielles pour assurer la survie de ce lézard unique.

Pourquoi le Lézard Vert à Tête Bleue Est-il si Fascinant ?

Ce qui rend le lézard vert à tête bleue si fascinant, c’est sa capacité à s’adapter et à survivre dans des environnements variés. Sa coloration unique n’est pas seulement un atout esthétique, elle joue un rôle crucial dans la communication et la reproduction. De plus, ce lézard est un indicateur important de la santé des écosystèmes. Sa présence témoigne d’un environnement sain et équilibré.

Comment Observer le Lézard Vert à Tête Bleue ?

Si vous souhaitez observer ce lézard dans son habitat naturel, il y a quelques astuces à connaître. Tout d’abord, soyez patient et discret. Le lézard vert à tête bleue est très sensible aux mouvements et aux bruits. Choisissez des moments de la journée où il est le plus actif, généralement le matin et en fin d’après-midi. Munissez-vous de jumelles pour ne pas le déranger et profitez du spectacle.

Conclusion

Le lézard vert à tête bleue est sans aucun doute l’un des reptiles les plus fascinants de notre planète. Sa beauté, son comportement et son rôle écologique en font un sujet d’étude passionnant. En apprenant à mieux connaître cet animal, nous pouvons mieux le protéger et préserver la richesse de notre biodiversité. Alors, la prochaine fois que vous vous promènerez dans la nature, ouvrez l’œil et laissez-vous émerveiller par ce joyau de la faune.

"Samuel" film d'animation d'Emilie Tronche

Par Le 02/04/2026

Une merveille, un bijou de poésie, l'enfance qui est si loin maintenant et pourtant toujours là, dans un coin du coeur. 

 

898 027 vues 15 mai 2025

Samuel a 10 ans. Il tient un journal et il a un problème : Basile a dit à la grande Julie que Samuel l'aimait. C'est faux, il s'en fiche de Julie. C'est juste qu'elle a rigolé à l'une de ses blagues et qu'il a trouvé ça sympa de sa part. Bon, en fait Samuel aime Julie mais personne ne doit savoir...

L'intégrale de l’irrésistible série d’animation d’Émilie Tronche, qui déroule le journal intime d'un préado, entre CM2 et collège, premières amours et angoisses inconnues. 

Est-il encore besoin de présenter le préado qui a fait chavirer cœur et âme, avec sa classe de CM2, puis de sixième, de millions de fans de toutes les générations ?

Petit bijou de justesse, de simplicité et de grâce, cette série animée en noir et blanc est à (re)découvrir en intégralité.

Porté par la voix irrésistible d’un garçon qui écrit son journal intime – en fait, celle de l’autrice-réalisatrice Émilie Tronche –, il déroule une intrigue aussi ténue qu’essentielle (Samuel réussira-t-il à se faire aimer de la grande Julie ?) pour raconter l’écume des jours et de l’enfance qui passe.

Samuel, série d'animation d'Émilie Tronche (2024, 1h33mn) disponible en intégrale jusqu'au 07/02/2027

 

Cocktail mortel

Par Le 02/04/2026

L'abus d'alcool est dangereux et l'abus de mélange d'alcool est très dangereux.

Il en est de même avec les pesticides.

Je trouve effrayant que des scientifiques soient encore obligés de faire des études pendant des années pour prouver la toxicité de produits qui sont déversés sur le sol. Comment pourrait-on imaginer que tout ça ne se retrouve pas dans l'alimentation ? Les plantes trient ce qui est bon et pas bon ? Mais, oui, bien sûr...Nos premières années de potager, on n'utilisait pas de paille, de broyat et de compost et on en était même encore à retourner le sol. Bien évidemment les récoltes étaient faibles. Et puis, on a appris, on a expérimenté et maintenant on en arrive à donner aux voisins une partie de ce qu'on récolte. Et donc, le crottin de cheval, le compost et ses kilos de végétaux décomposés n'apporteraient rien du tout aux plantes ? Elles ne s'en nourriraient pas ? Rien ne se transmettrait ? Donc, les plantes n'absorbent rien et poussent uniquement avec la lumière. Ou alors, elles sont capables de trier les éléments nutritifs et les produits chimiques,

"Oh les copines, ça c'est bien et ça c'est mauvais, faut pas vous tromper."

Juste pour information, BAYER en 2024 a un chiffre d'affaires de plus de 50 milliards. Donc, d'un côté, il participe à l'empoisonnement des sols et donc des humains et de l'autre, il fabrique des médicaments pour les soigner. Jackpot. 

Bayer AG figure parmi les leaders mondiaux de la conception, de la production et de la commercialisation de produits pharmaceutiques et agrochimiques. Le CA par famille de produits se répartit comme suit :

- produits agrochimiques (47,5%) : herbicides, fongicides, insecticides, etc. ;

- produits pharmaceutiques (39,1%) : destinés à la prévention et au traitement des maladies cardio-vasculaires et respiratoires, du diabète, des disfonctionnements du système nerveux, etc. ;

Et bien évidemment, les états prennent leur part avec la TVA et les impôts sur les sociétés. (moins tout ce qui aura été détourné "légalement"). Les avocats fiscalistes sont très performants dans leur domaine...

 

Le lien entre exposition aux pesticides et cancers établi par des chercheurs français et péruviens

 

Aucun des 31 pesticides étudiés dans leurs recherches n'était classé comme cancérogène avéré par l'OMS. Pourtant, au terme de six années de recherches, ils ont constaté que "le risque de développer un cancer était en moyenne 150% plus élevé" dans les zones où les habitants étaient plus exposés à leur dispersion.

Article rédigé par franceinfo

Radio France

Publié le 01/04/2026 11:00

Temps de lecture : 4min Un agriculteur répand des pesticides sur un champs d'oignons au Pérou. (Milton Rodriguez / Moment Unreleased RF / VIA GETTY)

Un agriculteur répand des pesticides sur un champs d'oignons au Pérou. (Milton Rodriguez / Moment Unreleased RF / VIA GETTY)

Une nouvelle étude scientifique, publiée mercredi 1er avril dans la revue Nature Health(Nouvelle fenêtre) et que franceinfo a pu consulter, révèle "un lien solide entre l’exposition aux pesticides agricoles présents dans l’environnement et le risque d’apparition de cancers".

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Cette étude est le fruit d'années de travail de chercheurs français et péruviens. Ils ont d'abord choisi un terrain d'étude, le Pérou, un pays "marqué par une agriculture intensive dans certaines régions, une grande diversité de climats et d’écosystèmes, ainsi que de fortes inégalités sociales et territoriales", expliquent les auteurs de cette étude. "Le cancer y est devenu une priorité de santé publique et les niveaux de contamination corporelle par les pesticides sont préoccupants."

Les chercheurs ont modélisé la dispersion de 31 pesticides dans l'environnement pendant six ans, ce qui permet d'avoir une cartographie particulièrement précise des risques d'exposition à ces substances. Ils ont ensuite croisé cette carte avec les données de 150 000 patients atteints de cancer et "diagnostiqués entre 2007 et 2020". Les scientifiques ont pu identifier des zones "où les populations sont à la fois plus susceptibles d’être exposées aux pesticides dans l’environnement et davantage touchées par certains cancers". "Dans ces territoires, le risque de développer un cancer était en moyenne 150% plus élevé", atteste l'étude.

"L'effet cocktail" des mélanges de pesticides

"C’est la première fois que l’on peut relier, à l’échelle nationale, l’exposition aux pesticides et des perturbations biologiques suggérant un risque accru de cancer", explique Stéphane Bertani, directeur de recherche en biologie moléculaire à l’Institut de recherche pour le développement (IRD), au sein du laboratoire Pharma-Dev (Université de Toulouse). C'est la première étude à montrer un tel lien en conditions réelles.

En général, on examine chaque pesticide, un à un séparément, afin de fixer des seuils de dangerosité et les risques sur la santé. Or, cette étude prend en compte les différentes substances auxquelles nous pouvons être exposées dans notre environnement, ce qui représente une nouveauté. Les résultats remettent donc en question "les approches toxicologiques classiques, basées sur l’évaluation de substances isolées et la fixation de seuils considérés comme sûrs. Ils montrent l’importance de prendre en compte les mélanges de pesticides, l’exposition environnementale et les contextes socio-écologiques réels", insistent les chercheurs. Cette méthodologie permet de prendre en compte ce qu'on appelle "l'effet cocktail" ou comment plusieurs substances peuvent interagir entre elles et provoquer des effets nocifs supplémentaires.

Une altération "silencieuse" des cellules

Aucun des 31 pesticides étudiés dans ces recherches n'est classé comme cancérogène avéré par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), mais les résultats montrent pourtant bien un lien avec l'apparition de cancers. Les résultats de cette étude doivent amener la communauté scientifique et les autorités sanitaires à réévaluer la manière dont nous évaluons les risques de nos jours. Les auteurs appellent à revoir les politiques publiques sur les pesticides au Pérou. Mais cela peut aussi s'appliquer en France, parce que cet effet cocktail n'est pas aujourd'hui suffisamment pris en compte.

Les analyses à l'échelle moléculaire menées chez des Péruviens montrent que les pesticides perturbent le fonctionnement des cellules, la manière dont s'expriment nos gênes (notre ADN), et donc la manière dont la cellule fait son travail. Les scientifiques parlent "d'altérations biologiques" qui apparaissent avant le développement d'un cancer, une altération "silencieuse" selon leur mot, ce qui rend les cellules plus vulnérables.

Ecole : un énième article

Par Le 31/03/2026

En lisant l'article suivant, je me suis dit qu'il serait temps de créer une page "Thème" sur l'école et donc je suis allé voir dans les archives.

Il y a une cinquantaine d'articles. Alors, non, je ne vais pas créer de thème sur l'école. C'est très long de sélectionner et d'enregistrer les articles sur une nouvelle page. Peut-être un jour, quand je serai vraiment vieux et que l'école publique n'existera plus ^^ J'ai quand même reposté un des premiers textes du blog sous cet article. En 2010, déjà, je voyais mal la suite.

 

"Ils n'ont pas encore eu une leçon d'histoire de l'année", une "classe de rue" pour alerter sur le manque de professeur remplaçant

Des élèves et des parents de l'Ecole Jeanne d'Arc organisent une "classe de rue" pour protester contre l'absence d'un enseignant.

Des élèves et des parents de l'Ecole Jeanne d'Arc organisent une "classe de rue" pour protester contre l'absence d'un enseignant. • © Jean Forneris France TV

Jean Forneris

Publié le31/03/2026 à 16h53

Temps de lecture : 4 min

Paris Ile-de-France

Depuis trois mois, les élèves de CM1 de l’école Jeanne d’Arc subissent l’absence de leur professeur titulaire, remplacé de manière aléatoire. Parents et enfants ont organisé une "classe de rue" devant l’Inspection académique pour dénoncer le manque criant de remplaçants. Une situation loin d'être unique en Île-de-France.

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Munis de chaises d'école, des parents d'élèves et leurs enfants âgés de 8 à 9 ans se sont donné rendez-vous ce mardi matin devant l'école élémentaire Jeanne d'Arc avant de prendre la direction de l'Inspection académique pour y organiser une manifestation symbolique et insolite. Une "classe de rue" pour dénoncer le manque de professeurs remplaçants dans l'une des classes de leur école.

Voilà trois mois que ces élèves de CM1 subissent une situation scolaire jugée "chaotique" par ces parents mobilisés. Le professeur titulaire de leur classe est absent et il n’est remplacé que de manière épisodique et aléatoire.

"Les enfants voient des têtes différentes, doivent se réadapter, ont des professeurs qui n’ont pas du tout les mêmes méthodes. Et ça contribue finalement à un déséquilibre. Il n'y a aucune continuité pédagogique", déplore Claudia Guichard, mère d'un élève. "Dernièrement, on a eu un remplacement pendant trois semaines. Brutalement il a dû être affecté à une autre école et on ne connaît pas la raison", s'indigne-t-elle.

Les parents d'élèves devant l'Inspection académique dans le 5e arrondissement.

Les parents d'élèves devant l'Inspection académique dans le 5e arrondissement. • © Jean Forneris France TV

Devant les portes closes de l'Inspection académique dans le 5e arrondissement, la "classe de rue" improvisée prend forme sur le trottoir. Sous le regard attentif de leurs parents, une douzaine d'élèves, assis sur leurs chaises disposées en rangées, brandissent sagement des ardoises scolaires. "On veut un remplaçant !" peut-on y lire. "On n'a plus de maître et c'est plus possible. On est très déjà trop en retard dans notre programme", explique Camille, élève de CM1. "On s'ennuie et quand on est dispersé dans les classes, on est jamais avec nos copains", souligne amèrement Liliana.

"On sollicite l'Inspection académique depuis le mois de janvier et en fait, on n'a jamais de réponse. On voit nos enfants comme ça s'enfoncer et qui se sentent de plus en plus mal", regrette ce parent d'élève.

"Sur les bases actuelles de leur programme, ils n'ont fait qu'une moitié d'année scolaire. Ils n'ont pas encore eu une leçon d'histoire de l'année. C'est dire la vacuité pédagogique dans laquelle on les laisse et ça c'est insupportable. Pas une seule leçon d'histoire. On est dans une démocratie et c'est central pour comprendre le monde. Pour nous parents, c'est insupportable", dénonce-t-il.

Sollicitée, l'Inspection académique n'a pas pour l'instant répondu à notre demande d'entretien.

"Je ne peux pas me substituer à l'Education nationale"

En l'absence d'un enseignant attitré, les élèves de CM1 de l'école Jeanne sont répartis par groupe dans d'autres classes les surchargeant un peu plus. À l'école Elémentaire Clémenceau A au Perreux-sur-Marne dans le Val-de-Marne, un scénario similaire se joue.

Depuis le 16 janvier, une maîtresse titulaire de la classe de CE2 est absente pour maladie. Après trois semaines de remplacement avant les vacances d’hiver, les 27 élèves de cette classe se retrouvent sans encadrement pédagogique. Un remplacement de trois jours est bien prévu cette semaine, mais au-delà, les parents sont encore dans l'incertitude.

Des enfants commencent à être déjà tous démotivés d'aller à l'école

Cheida André, parent d'élève

"Il n'y a pas de cours, pas de pédagogie. Moi, j’habite au Perreux-sur-Marne et je travaille à Paris. Je ne peux pas consacrer deux heures le soir pour faire bosser mon enfant et le faire avancer sur son programme. Je ne peux pas me substituer à l'Education nationale", explique Cheida André, mère d'un élève.

"On leur a dit : 'mais donnez-nous des cahiers d'activités à leur niveau pour les faire bosser". On nous dit : 'mais on n'a pas le budget photocopies'. À un moment donné, il y a quand même un problème !", s'offusque-t-elle.

Ce 31 mars, les syndicats de l'Éducation nationale ont appelé à une grève générale contre les suppressions de postes, pour la revalorisation des salaires, et contre les fermetures de classes. Une classe de l'École Jeanne d'Arc du 13e arrondissement comme 151 autres à Paris pourraient être fermées dans la capitale à la rentrée prochaine d'après le rectorat.

 

Un des premiers articles sur l'école, c'était en 2010..

De l'école.

Thierry LEDRU Par Le 17/03/2010 0

Une réflexion que je me faisais sur mon rôle en tant qu'instituteur.


Il me suffit de regarder 20 ans en arrière pour voir déjà une dégradation. Dans les acquis mais également dans l'image associée à l'école. Cette institution a perdu de son aura. La faute aux enseignants, aux gouvernements, aux syndicats, à toutes les têtes dirigeantes de tous bords. Les parents dans tout ça ne font que subir et cherchent à sauver leur progéniture. Par le conflit, l'adhésion ou l'indifférence. Les enfants de leur côté s'adaptent ou tombent dans le fossé.
Personnellement, je pense que tout ça ne vaut plus grand-chose. Et que l'avenir de l'école publique est très sombre. C'est volontaire d'ailleurs. Une école privée majoritaire coûtera beaucoup moins cher à un gouvernement. On fera le point dans dix ans.
Quant aux enseignants, j'en connais d'extraordinaires. Il y en a même beaucoup. Et puis il y les autres. Ceux-là ont brisé le sanctuaire. Et je les hais.


Doit-on s'en tenir à l'instruction ou doit-on prendre en charge également l'éducation?

Pour ma part, la réponse est évidente. Sans éducation l'instruction est impossible. Il ne s'agirait que d'un intérêt pour le contenu et pas le contenant. J'entends par "éducation" non pas l'adhésion à une morale mais l'ouverture de l'humain à des notions spirituelles. L'instruction se limite à l'instruction d'un savoir. Pas nécessairement d'un savoir être. On peut être instruit et totalement inapte à la vie. L'éducation suppose une connaissance de soi, une conscience de la vie dans ce qu'elle a de plus profond. L'éducation doit promouvoir le développement de l'individu, un être sensible, intelligent, cultivé, respectueux, ouvert, critique et auto critique, responsable, aimant, contemplatif et déterminé. Un être engagé et non passif. Celui qui reçoit de l'instruction est un être passif que l'on remplit. Mais dont le vide intérieur est un gouffre gigantesque quand son mental se complaît dans le gavage.

Je n'aime pas ce que l'école propose aux enfants. S'il ne s'agit que d'instruction, je ne suis qu'un subordonné aux mains d'un despote. Je ne veux pas formater, je ne veux pas de statistiques, pas de graphiques, pas de remédiations dès lors qu'on laisse croire que cela suffit à éveiller l'individu.

Je pense que l'enseignant est avant tout un éducateur, "un passeur de sens", comme le dit René Barbier. L'éducateur est en premier lieu celui qui "est" ce qu'il propose de transmettre. Il ne s'agit pas de leurrer l'auditoire, ça serait un mensonge inacceptable. L'enseignant est celui qui met toute sa passion, son énergie, son enthousiasme, sa joie de connaître et de "vivre" ses connaissances au service des enfants. Il est impossible de délivrer un message, quel qu'il soit, s'il n'y a pas de messager. Et il ne s'agit pas d'être simplement un facteur. Mais un éveilleur. La meilleure évaluation se trouve au fond des yeux des enfants. Qu'ils soient brillants d'ardeur et la mission est menée. Le reste suivra. Peu importe le temps que ça prendra. Il convient de respecter les rythmes de chacun. Ce qui compte, c'est que le brasier soit allumé. Chaque individu y apportera le combustible nécessaire en fonction de ses désirs, de ses forces. Il n'y a pas de technique, il n'y a que l'énergie. Et l'Amour.

Selon l'étymologie, l'éducation signifie "nourrir" par le latin "educare" et également "conduire hors de" par une seconde version, "educere".

Il n'est pas difficile de comprendre qu'il ne s'agit pas de gaver mais bien d'apporter les éléments et les ressources favorables à une auto-suffisance..."Donne-moi un poisson et j'aurai à manger aujourd'hui. Apprends-moi à pêcher et j'aurai à manger toute ma vie." Il ne faut pas oublier d'apprendre à connaître et à aimer le poisson. Ca évite le pillage...

Dans l'idée de conduire l'individu "hors de", j'entends par là la nécessité d'extraire l'individu de son petit moi, de sa suffisance ou de son hébétude, de sa léthargie, de sa complaisance envers lui-même, de ses conditionnements, de ses formatages, de ses abandons, de ses hallucinations...Si l'instruction scolaire entretient, développe, favorise cet embrigadement, elle va à l'encontre de l'homme pour ne s'occuper que du citoyen...Mais le citoyen est manipulable, il croit et se satisfait des "nourritures " qu'il reçoit. Juste des farines animales dont il se délecte au point de jalouser celles du voisin...Consternant. Et magistralement entretenu par les masses opaques du pouvoir. Pas les politiciens, ceux-là ne sont que des marionnettes infatuées. Le pouvoir est aux mains de ceux qui ne se montrent pas, ceux qui possèdent les richesses, ceux qui manipulent les marionnettes. Toutes les marionnettes...

Si l'instruction est destinée à forger des esprits martelés et cadenassés afin que ces individus s'engagent dans une vie sociale légiférée, réglementée et qu'ils s'en satisfassent, alors c'est que l'éducation est morte. Car l'éducation est sans fin. Elle est toujours ce brasier qui ne s'éteindra qu'à la mort. Cette idée répétée aux enfants qu'ils doivent aller à l'école pour avoir un bon métier est une abomination.

Lorsque des enseignants se contentent de recevoir une "formation continue" et s'imaginent dès lors évoluer favorablement parce qu'ils sont au courant des dernières techniques d'apprentissage, ils ne sont que des vaches à lait adorant leur avoine et la main condescendante du fermier qui les trait... Je hais les enseignants qui ne sont que des fonctionnaires. 


L'instruction est politique.

L'éducation, quant à elle, s'intéresse à l'homme.


Si on calcule le temps que passent les enfants en face d'enseignants, je ne pense pas qu'on puisse exclure ceux-ci de la dimension éducative. Il me semble même qu'elle reste à la source et qu'une fois ce rapport humain établi il est possible d'envisager l'instruction. C'est parce que l'enfant sentira que l'enseignant le considère avant tout comme un individu et pas uniquement comme un élève qu'il acceptera pleinement ce rôle d'élève.
Il est impossible à mes yeux d'envisager des apprentissages scolaires en dehors de ce rapport humain. Quand je parle d'éducation, je ne limite pas ça à des règles de vie mais je l'étends à la dimension existentielle.



Dès lors qu'on légifère l'enseignement, on n'éduque pas. On soumet.
La loi est un garde-fou quand plus rien d'autre n'est envisageable. Il suffirait pourtant de créer des groupes de paroles dans les villes, des réunions de parents avec des gens formés, créer des postes d'éducateurs, de psychologues, d'enseignants éveillés et non de simples "techniciens de surfaces", pour aider profondément. On va me dire que ceux qui en ont besoin ne viendront pas et c'est faux, archi faux, je le vois dans mon métier, rares sont ceux qui refusent qu'on les aide, ça n'est qu'une excuse pour se dédouaner... Il faut créer des lieux de rencontres encadrés par du personnel, créer des postes, construire des salles d'accueil, des foyers sociaux éducatifs, des salles de jeux, favoriser les rencontres mais pas dans l'abri bus ou près des containers à poubelle. Il n'y a plus rien dans les villes, tout disparaît, les salles sont fermées, il n'y a plus assez d'éducateurs de rues, on travaille à l'envers.
Faire une loi, c'est ce qui coûte le moins cher à l'Etat. Et on renvoie chacun avec ses problèmes. On condamne avant même d'avoir cherché à aider.



" Je me demande si nous nous sommes jamais posé la question du sens de l'éducation. pourquoi va t-on à l'école, pourquoi étudie t-on diverses matières, pourquoi passe t-on des examens, pourquoi cette compétition pour l'obtention de meilleures notes?
Que signifie cette prétendue éducation et quels en sont les enjeux?
C'est une question capitale, non seulement pour les élèves, mais aussi pour les parents, les professeurs, et pour tous ceux qui aiment cette terre où nous vivons.
Pourquoi nous soumettons nous à cette épreuve qu'est l'éducation?...

... La fonction de l'éducation n'est-elle pas plutôt de nous préparer, tant que nous sommes jeunes, à comprendre le processus global de l'existence?

... Assurément la vie ne se résume pas à un travail, un métier; la vie est une chose extraordinaire, un grand mystère, ample et profond, un vaste royaume au sein duquel nous fonctionnons en tant qu'êtres humains..."

" C'est pourquoi il est d'une grande importance que nous soyons éduqués de façon authentique- sans être étouffés par la tradition, sans tomber dans le destin tout tracé d'un groupe racial, culturel ou familial particulier, sans de venir des êtres mécanisés en marche vers une fin déterminée.
...Celui qui comprend l'ensemble de ce processus, qui rompt avec lui et qui fait front tout seul,- cet homme là est le moteur de son propre élan..."


Krisnamurti
Le Sens du Bonheur: Chapitre I) l'Education Chap XIII) Egalité et liberté


Une liste de questions débattues en classe avec mes élèves pendant les "débats-philo"

Doit-on supprimer l’école ?
A-t-on le droit de désobéir ?
Un ami et un copain, est-ce que c’est pareil ?
Peut-on dépasser ses peurs ?
Tout le monde peut-il être courageux ?
Tout le monde peut-il être heureux ?
Doit-on toujours éviter les situations dangereuses ?
Est-ce que la peur peut être utile ?
Est-il raisonnable de risquer sa vie pour une passion ?
Est-il possible d’arrêter d’apprendre ?
Peut-on apprendre en s’amusant ?
Peut-on définir clairement l’intelligence ?
Est-il nécessaire de faire ses propres expériences pour comprendre une idée ?
Apprendre et comprendre, est-ce que c’est pareil ?
Est-ce que le progrès suffit à prouver que nous sommes intelligents ?
Est-il nécessaire de toujours progresser ?
Peut-on se contenter de vivre comme nos ancêtres ?
Est-ce que notre opinion peut changer ?
Une personne handicapée a-t-elle les mêmes droits que les personnes valides ?
Doit-on toujours respecter les idées des autres ?
Est-il possible de vivre seul ?
Sommes-nous influencés par les autres ?
Est-ce que quelqu’un d’intelligent peut être méchant ?
Est-ce qu’il suffit de vivre pour exister ?
Un enfant dans sa famille a-t-il les mêmes droits que ses parents ?
Un adulte doit-il toujours répondre à la question d’un enfant ?
Peut-on ne pas avoir peur de la mort ?
Peut-on combattre l’injustice par la violence ?
Est-ce qu’il suffit d’être riche pour être heureux ?
Est-ce que nos erreurs sont utiles ?
Est-ce que le passé est utile dans le présent ?
Est-ce que le présent sert uniquement à préparer l’avenir ?
Est-il possible de définir ce qui est beau ?
Est-il possible de définir la beauté intérieure ?
Mon corps est-il à moi ?
Est-ce qu’il suffit d’être intelligent pour être sage ?
Qu’appelle-t-on la sagesse ?
Peut-on apprendre la sagesse tout seul ?
Est-ce que l’animal a conscience de lui-même ?
Nos cinq sens suffisent-ils à tout comprendre ?
Existe-t-il des formes de communication que nous ne comprenons pas ?
Tous les animaux ont-ils un langage ?
Est-ce qu’il est grave de tuer un insecte ?
Doit-on respecter un animal comme on respecte un être humain ?
Doit-on respecter une plante comme on respecte un animal ?
Est-ce que toutes les formes de vie ont une importance ?
Est-ce qu’une grande personne est toujours plus intelligente qu’un enfant ?
Les autres sont-ils indispensables à notre bonheur ?
Est-ce que les autres peuvent nous empêcher d’évoluer ?
Est-ce que les modes sont importantes ?
La télévision nous apprend-elle autant que les livres ?
Sommes-nous dépendants du progrès ?
Est-il nécessaire d’avoir des idoles ?
Est-il dangereux d’avoir des idoles ?
Est-ce que les héros d’aujourd’hui sont les mêmes qu’autrefois ?
Est-il important de se souvenir ?
Est-il important de se souvenir des morts ?
Est-ce qu’il est possible de définir l’âme ?
Est-ce qu’il est possible de définir l’esprit ?
Notre corps a-t-il une volonté ?
Est-ce que les sociétés modernes s’intéressent autant à l’esprit qu’au corps ?
Est-ce qu’il suffit de connaître son corps pour se connaître ?
Est-ce que le fait de souffrir peut être utile ?
Est-il possible de contrôler toutes ses pensées ?
Est-il possible de définir la conscience ?
Est-ce que notre conscience suffit à nous empêcher de faire du mal ?
Peut-on avoir clairement conscience de la vie ?
Est-ce que l’existence est nécessairement rattachée à un objectif ?
Peut-on affirmer que nous sommes maîtres de nous-mêmes ?
Sommes-nous réellement libres ?
Comment définir l’amour ?
Est-ce que l’amour nous rend prisonnier ?
L’amour permet-il à l’homme de progresser ?
L’amour est-il limité à quelques personnes ?
A-t-on besoin d’être aimé ?
A-t-on besoin d’aimer ?
Est-il utile de faire partie d’un groupe ?
Est-ce que la compétition est utile ?
Est-ce que les notes sont nécessaires ?
Doit-on avoir nécessairement une bonne note pour être fier de soi ?
La poésie peut-elle servir à défendre des idées ?
Peut-on vivre sans machine ?
Peut-on définir clairement la vérité ?
Peut-on perdre son temps ?
La science peut-elle tout expliquer ?
Peut-on définir clairement la morale ?
La morale est-elle toujours au bénéfice de l’homme ?
La morale est-elle partout la même ?
Doit-on s’occuper de la Terre comme d’un être vivant ?
Comment définir ce qui est vivant ?
Est-ce que nous pensons par nous-mêmes ?
Sommes-nous responsables de tous nos actes ?
Est-il important de s’interroger ?
L’état est-il ennemi de la liberté ?
Liberté et égalité sont-elles compatibles ?
Le plaisir conduit-il au bonheur ?
Peut-on être maître de son destin ?
Conscient et inconscient, qu’est-ce que ça veut dire ?
Notre éducation détermine-t-elle notre vie ?

C'est à travers ces débats que tout le reste prend forme, que le travail cognitif s'instaure de lui-même. Sans aucune réticence. Pour une simple raison : ce sont les enfants qui s'expriment et qui acceptent dès lors d'endosser la tâche d'être aussi des élèves.

L'enfant est un individu. L'élève est une fonction. Et la fonction ne doit jamais l'emporter sur l'intégrité de l'individu. Tant que l'éducation nationale et ses sbires n'admettront pas qu'il est inacceptable de nier les individus pour les enfermer dans une fonction, les écoles ne seront que des enceintes carcérales.  

Ecologie théorique (2)

Par Le 31/03/2026

Léo, le benjamin de la famille, a un doctorat en écologie. Les vidéos qu'il produits ont pour but de présenter ce qu'est l'écologie théorique de manière ludique. Voilà la quatrième vidéo. Cette réflexion se nourrit d'études scientifiques et la modélisation permet d'en avoir une vision animée, ce qui pour des "non scientifiques" de formation, comme moi, est d'une aide précieuse.

Les précédentes vidéo sont disponibles dans la page "Ecologie théorique" 

Pascal Boniface

Par Le 28/03/2026

Pascal Boniface

Pascal Boniface

Directeur de l’IRIS

 

Pascal Boniface est le fondateur et directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS).

 

Pascal Boniface dirige également La Revue internationale et stratégique (parution trimestrielle depuis 1991) et L’Année stratégique (parution annuelle depuis 1985).

Il a écrit plus de quatre-vingt ouvrages ayant pour thème les relations internationales, les questions nucléaires et de désarmement, les rapports de force entre les puissances, la politique étrangère française, l’impact du sport dans les relations internationales (il a développé le concept de géopolitique du sport), le conflit du Proche-Orient et ses répercussions en France. Nombre d’entre eux sont devenus des classiques réédités régulièrement et traduits dans plusieurs langues.

Pascal Boniface publie de nombreux articles dans des revues internationales de géopolitique, intervient régulièrement dans les médias, nationaux ou internationaux, écrits ou audiovisuels et fait de nombreuses conférences et débats en France et à l’étranger. Il est l’un des géopolitologues les plus suivis sur les réseaux sociaux, notamment Twitter, Facebook et TikTok. Il décrypte l’actualité internationale en vidéo sur sa chaîne YouTube et son podcast hebdomadaire « Comprendre le monde » où il est suivi par plus de 450 000 abonnés, ainsi qu’à travers ses différents blogs : IRIS, Mediapart et personnel.

Pascal Boniface est consultant pour les questions géopolitiques du Musée de l’Olympisme et consultant géopolitique pour l’ONG Peace and Sport.

Pascal Boniface est Chevalier de l’Ordre national du mérite, Officier de la Légion d’honneur et Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres. Il a également reçu le prix Vauban en 2011.

 

 

L'accès barré au canal de Suez, là, on comprendrait vraiment ce qu'est un effondrement économique.

La force et la justice

Par Le 28/03/2026

 

C'est assurément la première fois que je poste une ITW d'un homme politique pour autre chose que de le critiquer ^^. Mais s'il y a bien un diplomate que j'aime encore écouter, c'est bien Dominique de Villepin.

"La justice sans la force est impuissante, la force sans la justice est tyrannique. La justice sans force est contredite, parce qu'il y a toujours des méchants ; la force sans la justice est accusée. Il faut donc mettre ensemble la justice et la force, et pour cela faire que ce qui est juste soit fort, ou que ce qui est fort soit juste".

Blaise Pascal

Comprendre la guerre

Par Le 28/03/2026

Oui, je sais, le titre est quelque peu ambigu, car comment comprendre un évènement qui devrait être incompréhensible au regard de la folie qui le nourrit ? Il n'en reste pas moins que l'évènement lui-même peut passer par le filtre de l'analyse et par conséquent de la raison... Aïe, utiliser la raison pour comprendre la folie de la guerre... On est bien confronté là à la particularité de cette espèce connue sous le nom de "sapiens sapiens"...

"L'expression Homo sapiens sapiens désigne l'homme moderne, avec sapiens signifiant "sage" en latin, et le doublement de sapiens indiquant une sous-espèce de l'espèce Homo sapiens."

On doit donc chercher les personnes les plus compétentes pour l'usage de leur raison objective pour comprendre la folie de la guerre.

Julia Tomasso en fait partie. 

https://www.iris-france.org/chercheurs/julia-tomasso/

"Julia Tomasso est enseignante-chercheuse au sein des Programmes Industrie de défense et de haute technologie et Moyen-Orient / Afrique du Nord à l’IRIS. Elle est spécialisée dans les politiques industrielles de défense et les cultures stratégiques en Europe et au Moyen-Orient. Julia Tomasso s’intéresse notamment à l’industrie de l’armement iranienne et turque.

Elle est diplômée d’une double Licence en science politique et islamologie à l’Université McGill de Montréal, ainsi que d’un Master spécialisé sur le Moyen-Orient à l’Université SOAS de Londres. Durant ses études, elle s’est spécialisée sur la défense iranienne, les partenaires non-étatiques de l’Iran ainsi que les questions islamiques, notamment l’instrumentalisation de concepts théologiques coraniques par les groupes terroristes. Elle maîtrise le farsi et le turc à un niveau intermédiaire.

Avant de rejoindre l’IRIS, Julia Tomasso a réalisé des stages au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés en Équateur ainsi qu’auprès du ministère des Armées sur la doctrine militaire iranienne. Elle a ensuite travaillé pour le Cambridge Middle East and North Africa Forum, un think tank londonien, en tant que rédactrice spécialisée sur les enjeux de défense en Iran et en Syrie."

 

51 520 vues Diffusée en direct le 24 mars 2026

Chaque mardi, je reçois un membre de l'équipe de recherche de l'‪‪ @institutiris  pour décrypter un fait d'actualité internationale. Aujourd'hui, échange avec Julia Tomasso, chercheuse à l’IRIS au sein des programmes Défense, Stratégie, Armement et Moyen-Orient / Afrique du Nord, autour de la stratégie iranienne dans le conflit qui l’oppose aux États-Unis et à Israël.