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Un message qui remonte le Temps...

"Bonjour
La vie nous réserve parfois de drôle de surprise.
Tout d'abord je suis heureuse de voir qu'il y a une amélioration pour ta jambe et surtout une grande volonté et confiance de guérison et c'est la clé de la réussite.
Ensuite je me présente : Je suis Pascale la mère de Morgane dont tu as été le premier instituteur à Coëtlogon. Philippe et Monika ont fait le lien.
Je te souhaite ainsi qu'à ceux que tu aimes pleins de bonnes aventures
Pascale"

Un message reçu ce matin dans ma boîte privée sur Facebook. Et j'en suis profondément ému...

J'avais 20 ans. C'était mon premier poste. J'en ai écrit un roman. Une "fiction réelle...." L'histoire d'un instituteur totalement novice, une alternance frénétique entre l'angoisse et le bonheur, entre la joie des enfants et les nuits sans sommeil, la puissance des convictions et les doutes insoumis...

Dans "Kaamelott", le roi Arthur dit un jour aux chevaliers de la table ronde : "Je ne veux pas qu'on dise que je n'ai rien fait pour trouver le Graal. J'ai fait tout ce que je pouvais".

Le bonheur des enfants, c'était mon Graal. Le bonheur d'apprendre et de jouer, le bonheur de travailler et de rire, le bonheur de découvrir le monde et la force en soi, la détermination, la volonté, les valeurs essentielles, le groupe humain, même s'ils n'étaient que huit enfants de tous les âges. 
J'ai longtemps gardé en moi une profonde culpabilité devant mon inexpérience, la certitude que ce que je leur apportais était insuffisant, la peur que les années suivantes soient rendues difficiles par les manques scolaires, tout ce que je n'avais pas réussi à leur apprendre...
"JUSQU'AU BOUT" Le prochain roman publié... C'est comme une boucle qui se referme. Des centaines d'enfants. Et Morgane que je revois encore dans la classe. Et les autres enfants. Mon logement de fonction dans l'école, tous les bois que je parcourais pendant des heures, la nuit comme le jour...Ces angoisses fulgurantes qui me paralysaient..."Comment je vais faire ? " La solitude effrayante d'un jeune homme perdu à qui on confie la vie de jeunes enfants.

Je les aimais. Infiniment. Et cet amour me dépassait. Il n'y avait que dix ans d'écart entre les plus âgés et moi. Je n'étais qu'un "enfant-enseignant". J'ai grandi à chaque année, à chaque enfant rencontré. Ils m'ont beaucoup, beaucoup appris...
Morgane et tous les autres. Je leur dois aussi d'être ce que je suis aujourd'hui. 
J'espère juste ne pas avoir commis d'erreurs trop profondes, de ne pas avoir fait de mal, rien qui ne puisse être oublié, rien qui ne puisse être cicatrisé. 
Je suis allé jusqu'au bout de ce que je pouvais accomplir. Quelques mois encore. C'est comme un accouchement. Plus le moment de la délivrance approche, plus les contractions s'intensifient...

Boutwhite web 1

Yuka, enseignant.

Je n'arrive pas à courir. La jambe gauche ne réagit pas assez vite, elle ne tient pas l'appui. Un reste de la sciatique paralysante et la compression du nerf sciatique, toujours présente. Mais je marche. Je sais que le reste suivra. Un jour. J'ai deux histoires en tête. La mienne d'abord. J'ai déjà connu ça. deux fois. Et puis Yuka. J'avais roulé sur son arrière-train avec le camion. Le premier vétérinaire qu'on a vu a dit qu'il valait mieux l'euthanasier. On a refusé. Un autre chirurgien a accepté de l'opérer. Une fois, puis une autre...Et on l'a pris avec nous à la maison. Marine ne le quittait pas un seul instant. Je l'ai massé, massé, massé, tous les jours. Et jamais Yuka ne m'a montré le moindre ressentiment. Juste son amour, sa patience, son acceptation de l'instant...L'acceptation. Ce que j'ai si longtemps été incapable de valider. C'est Yuka qui me l'a enseigné. C'est à lui aussi que j'ai pensé quand la sciatique est revenue en septembre. N'avoir aucune révolte, aucune colère, aucun déni, aucun refus. Ce qui est là est là. 
Yuka court, nage, saute, joue, vit. Pleinement. Là où un chirurgien voulait l'euthanasier. 
Je courrais de nouveau un jour, là-haut.

 

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L’œil de Yuka. La force et l'amour de la vie, la joie et l'intelligence, comme une âme en attente, sur le seuil entre le monde animal et celui des humains. Un jour, il partira. Puis, il reviendra. Pour une nouvelle avancée. Il sera une femme, emplie d'amour et de liberté sauvage. Je l'aime maintenant et jusqu'à son dernier souffle et j'aimerai toujours cette âme. Où qu'elle soit, qui qu'elle soit.

 

Yuka. Le jour où...

Yuka...Une semaine après...

Yuka. Un mois après...

Yuka et Marine

Yuka, un an après.

Yuka...Noël 2015

Yuka et moi.

Martin Beaupré : peintures Zen

Un travail magnifique.

http://www.martinbeaupre.com/toile.php?CAT=2

 

Je tente d'apprendre le coloriage à mes élèves. Beaucoup en sont toujours à prendre leurs crayons comme un rouleau de peinture et à tartiner allègrement...Je remarque également un manque de patience chronique chez beaucoup d'entre eux. Imaginer qu'un travail artistique puisse prendre plus d'une heure relève pour eux de l'impensable. Jeudi, j'ai lancé la reproduction d'un paysage de montagne. J'ai travaillé environ quatre heures sur le mien avant de considérer qu'il était présentable. Certains enfants avaient terminé en trente minutes...
Ça me désole au plus haut point. Ils ne ressentent pas le bonheur du travail soigné. Tout doit aller vite. 
Un monde de zapping.

Demain, je vais leur présenter ce peintre et on va retravailler. Je mettrai de la musique, j'imposerai le silence, l'immobilité, juste la main qui travaille. Et l'esprit qui entre dans le tableau. 
Le Zen.

Martin Beaupré artiste peintre || Simplement s ouvrir, accueillir, se fondre à l intant

Martin Beaupré artiste peintre || Quand les lumières du ciel éclairent notre chemin

Martin Beaupré artiste peintre || La lune au-dessus des rêves

Martin Beaupré artiste peintre || Chaque jour est une grâce

Martin Beaupré artiste peintre || The chance to live

Martin Beaupré artiste peintre || Catch the light, feel the joy

Martin Beaupré artiste peintre || When the horizon reaches my heart

Martin Beaupré artiste peintre || Road elevation

Martin Beaupré artiste peintre || Transformation, evolution

Martin Beaupré artiste peintre ||

Martin Beaupré artiste peintre ||

Martin Beaupré artiste peintre ||

 
le 14 novembre 2018 | 

Martin Beaupré - Artiste peintre au Québec CANADA

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INFORMATION SUR CETTE TOILE
Galerie d'Art Beauchamp
69, rue Saint-Pierre
Québec (Québec) CANADA
(418) 694-2274

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© 2018 Martin Beaupré, artiste peintre Québec - CANADA
   Conception : Innova-Web Internet Quebec

Simplement s'ouvrir, accueillir, se fondre à l'intant

"Tantralliance"

 

J'aime beaucoup ce texte sur le Tantra. On y trouve l'essentiel. 

 

Thierry

https://www.facebook.com/notes/tantralliance/le-tantra-un-socle-exp%C3%A9rientiel-pour-transformer-sa-vie/1913031122121523/

 

https://www.facebook.com/tantralliance/?eid=ARDjcB81JmoysynNS5dDuFj_GAymNGMeCvnYm8yYNp6d24NBkuhNsGVKK-bGeuUy_ioWphuVf2ZH4365

 

Le tantra : un socle expérientiel … pour transformer sa vie

TANTRALLIANCE·JEUDI 13 SEPTEMBRE 2018

 

Le féminin & le masculin sacrés

Selon le tantra, le principe féminin (« shakti ») est le symbole de la sagesse. Il n’est effectif que par l’union, et plus précisément par l’acte de cette union, provoqué par l’élément masculin (« shiva »). Les pratiques tantriques invitent à expérimenter en soi cette union du féminin avec le masculin. C’est un chemin de connaissance de soi. Il s’agit déjà, dans un premier temps, d’identifier sa part féminine et sa part masculine. Certains exercices proposés dans un stage de tantra le permettent. Des moments où les femmes se retrouvent entre elles, de même pour les hommes, permettent à chacun de se reconnecter à son énergie « sexuée ». Certains jeux de rôle invitent également à incarner pour les femmes leur part masculine, et pour les hommes leur part féminine.

Pour un homme : qu’est-ce que cela signifie, d’avoir du féminin en soi? Peut-être bien qu’accueillir sa vulnérabilité et se sentir sensible et tendre n’est pas « perdre sa virilité » ?! Peut-être bien même que c’est le contraire ! Quoi de plus rassurant et attirant pour une femme en chemin, que de rencontrer un homme en paix, dans sa vulnérabilité et sa puissance, qui assume ses forces … comme ses faiblesses … qui deviennent alors une force !

Pour une femme, avoir du masculin en soi est peut-être plus facile à identifier : dans notre société occidentale, avec le rythme qui s'accélère de plus en plus, où le "faire" laisse peu de place à "l'être", la place pour le féminin semble étroite. Rester "femme" dans son quotidien n’est pas une mince affaire, quand on doit assurer sur tous les plans : au travail, à la maison, en tant que compagne, mère, amante, aimante, working-girl etc ... Comment ne pas se laisser submerger par cette part de "tenir", "agir", "contrôler" ... cette "surcharge mentale" dont on commence à parler.

Artiste : Nadine Debay

Le tantra invite à revisiter et réveiller nos parts féminines et masculines vertueuses, essentielles, sacrées ! Pour un féminin de l’être, doux, sensible, intuitif & un masculin protecteur et tendre... telle est l’équation en Je(u).

Selon l’approche tantrique, réconcilier en soi ces deux principes fondateurs permet d’harmoniser corps, émotions, pensées, pour exister au rythme de son cœur pacifié. Cet agencement harmonieux favorise aussi une reliance plus authentique aux autres, dans la bienveillance et l’émerveillement. C’est la relation « par le cœur ».

“ On ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux” - le Petit Prince

Il s’agit ainsi de « faire couple » d’abord avec soi-même et de révéler symboliquement son propre cercle, plein, entier, nourri, autonome… pour mieux rencontrer ensuite le cercle de l’autre, forcément différent et complémentaire.

Cette approche en conscience permet la synergie de deux cercles. C’est l’Alliance - pour une dimension sacrée de la relation. En cela, changer le monde commence d’abord par sa propre transformation : il s’agit de « changer son monde ».

Le retour « chez Soi »

Le tantra permet à chacun, peu à peu, de revenir « chez soi » : de se reconnecter à ses sensations, ses émotions, à son être profond. Certains exercices proposés permettent de prendre conscience de ses limites, et de savoir dire « non » de manière bienveillante, en toute intégrité, en lâchant cette peur de faire du mal à l’autre. Si par exemple, l’autre se sent blessé par ce « non », cela lui appartient. C’est un chemin d’autonomie. Car : savoir dire “non” à l’autre ... est un vrai “oui” à soi.

D’autres exercices proposent un échange énergétique du regard. Le simple fait d’être vu, yeux dans les yeux, pendant 3 - 4 minutes, dans l’immobilité, est souvent vécu comme une révélation. J’ai souvent vu des participants se sentir émus, voir pleurer d’avoir été « vus ». Dans notre vie quotidienne, prend-t-on le temps de « voir » l’autre vraiment ? Les yeux sont le prolongement de l’âme, dit-on. C’est « le lien ». Un lien vers de nouvelles frontières de l’Être.

Le corps … lieu du Soi …

Le corps humain est au centre de la philosophie tantrique : c’est un univers en soi, il contient l’universalité. Dieu - ou l’énergie universelle - est en soi et non à l’extérieur. C’est à cet endroit que réside notre vitalité existentielle. Et c'est en se reliant le plus souvent possible à ce centre, ce noyau divin qui est en chacun de nous, que nous pouvons nous sentir réconciliés. C'est une voie de libération.

Cela semble évident mais il est intéressant de le souligner : à quelques exceptions près, nous sommes tous issus d’un coït, et du plaisir. Dans la philosophie tantrique, le plaisir n’est pas condamné ou combattu. Ceci à contrario de notre monde occidental, dans lequel la grande difficulté est d’accepter que nous sommes majoritairement des êtres de désir, et d’assumer le plaisir.

La libido, le plaisir est un chemin vers la libération. C’est une nécessité ! Le tantrika (celui qui pratique le tantra) proclame la chance que nous avons d’être incarnés dans un corps. Nous oublions trop souvent la complexité du corps humain et ce cadeau qu’est la vie créée par la rencontre d’un spermatozoïde et d’un ovule ! C’est une chance. L’humanité toute entière contient cette sagesse de l’union du corps et de l’esprit, et cette sagesse est en chacun de nous.

C’est la grande différence d’avec les traditions monothéistes judéo-chrétiennes et musulmanes, pour lesquelles le plaisir est quelque chose contre lequel il faut lutter. Pratiquer le tantra dans des stages permet ainsi de se connecter à son corps, à ses sensations. Il nous invite à aimer notre corps, au-delà des défauts ou des projections que l’on lui donne (souvent véhiculées par l’éducation ou le bouillon de culture colporté par les stéréotypes imposés par médias et la publicité). Entendre de la part d’un autre « je te trouve beau » ou « comme tu es belle » est source d’une grande libération. Par ailleurs, un stage de tantra peut ouvrir la parole à la sexualité : il s’agit dédramatiser ce sujet encore « tabou » pour « crever les abcès » et libérer le poids de l’interdit. Après tout, notre sexe fait partie de notre corps, au même titre qu’une main ou un doigt de pied ! L’approche du tantra permet de voir, considérer, accepter son sexe tel qu’il est, dans la bienveillance et le sacré.

Libido et désir

Le tantra, par certains exercices, permet de se connecter au désir. Via des jeux de rôle par exemple, dans lesquels l’un va jouer à séduire l’autre : le fait d’être simplement « vu » et éventuellement désiré par l’autre est une invitation à se désirer soi, à se connecter à son énergie vitale. Certaines structures tantriques invitent à faire circuler son énergie vitale, au travers de ses chakras. Cela peut être via des exercices de méditations dynamiques d’Osho par exemple, à l’occasion desquels le souffle est accéléré, le corps est en mouvement saccadé, de manière à ce que le mental lâche le contrôle, et que l’énergie circule de manière plus fluide. Ces pratiques permettent de se connecter de plus en plus à ses désirs, et d’être plus en paix dans son rapport à eux : « je suis comme je suis » ; « j’accepte mon désir » ; « je pose mon désir » ; « je prends plaisir à être comme cela ». Désirer devient un plaisir sans exigence de devoir quelque chose envers l’autre, ou de passage à l'acte sexuel.

A suivre ...

*Ong Namo Guru Dev Namo : « Je m'incline face à la l'énergie première et créatrice, je m'incline face à la sagesse subtile et divine »

Il est là...

Thierry Ledru

39 min · 

Il est là, je le tiens dans mes mains...Il est réel et non plus seulement dans ma tête et dans mon corps.

Je souhaite cet instant à tous les auteurs, à tous les gens qui écrivent et qui se livrent, corps et âme.

Ce que nous écrivons est comme une matière en nous, un organe supplémentaire, une boule lumineuse et qui parfois s'éteint, comme entrée dans le repos, comme une plongée nécessaire dans la source des mots. La lumière revient toujours, les mots remontent des profondeurs. Tant qu'on les aime.

L'histoire, à ses premiers instants, n'est qu'une boule de glaise. Il faut s'asseoir et la prendre dans ses mains, la modeler, en sentir la matière, en extraire la lumière, ne rien forcer, juste se réjouir de cette vie qui rayonne et de l'hommage que les mots nous font en nous accordant leur confiance, aimer les personnages, les regarder vivre, écouter leurs tourments, rire avec eux et accompagner leur éveil... Et s'éveiller avec eux.

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"C'est honteux..."

"C'est honteux, vous salissez le Tantrisme."....

Voilà une des phrases écrites par une professionnelle du tantrisme qui vient de m'écrire par MP sur Facebook, après avoir vu la compilation de photographies associées à mon roman "KUNDALINI". 


Pour elle, il est inadmissible de vouloir vendre des livres et s'enrichir (lol) en salissant une philosophie millénaire et en la limitant à des images de nudité et de sexualité alors que le Tantrisme est bien autre chose que ça. C'est de la vulgarisation vulgaire.

Bon....Cette personne a arrêté son jugement sans avoir rien lu du roman, bien entendu. Il ne s'agissait que de photographies.

Je suis un peu surpris de la part d'une personne œuvrant à "l'éveil des consciences." Qu'elle vienne me dire que ça lui déplaît après l'avoir lu, je veux bien l'entendre, évidemment, mais sur la base de quelques images, je trouve ça éminemment péremptoire. 
 

J'ai lu de très nombreux ouvrages sur le Tantrisme et je sais pertinemment que la sexualité n'en est qu'une infime partie. 
Il ne m'est pas venu à l'idée, une seule seconde, d'écrire un livre technique sur l'enseignement du Tantrisme. Je n'en ai ni les compétences, ni la légitimité. 

 

Par contre, il m'intéressait à travers l'histoire de deux personnages d'amener des réflexions sur l'amour. Et le Tantrisme parle d'amour. Et donc aussi de sexualité. Le roman n'en est pas pour autant un livre érotique. 
 

Je suis surpris également par le fait qu'ne professionnelle considère que la vulgarisation est nécessairement avilissante et que l'enseignement du Tantra ne peut être confié à des néophytes qui n'auraient pas suivi "les centaines d'heures de formation que tout vrai thérapeute se doit de suivre." Oui, mais moi, je tente juste d'être écrivain. Pas thérapeute.

Est-ce donc que le droit de parler du Tantra ne m'est plus accordé ? Oui, je suis ignorant au regard des professionnels mais mon propos n'est nullement de prendre leur place ou de donner une fausse image au grand public de leurs pratiques. 
 

KUNDALINI n'est pas un roman érotique. C'est pour moi un roman sur la spiritualité. 
 

Il y a quelques jours, une personne avec laquelle j'ai un peu échangé sur le livre m'a proposé une interview dans le cadre d'échanges avec des "experts". J'ai refusé car je n'en suis pas un. En quoi que ce soit d'ailleurs. Je fais ce que je peux avec ce que j'ai. Parfois, ça ne va pas bien loin et parfois un peu plus. Mais je ne suis pas "expert en Tantrisme". J'ai juste tenté d'écrire un roman. Rien d'autre. 
 

J'espère que d'autres personnes œuvrant dans cette profession viendront me donner leur avis sur le livre...
Et d'autres personnes n'y connaissant rien. 

 

L'intention de départ, de mon côté, était justement de présenter de façon romancée une philosophie particulière à des gens qui n'y connaissent rien. La plus belle satisfaction serait d'apprendre qu'après cette lecture, des néophytes chercheraient à en savoir davantage.
C'est tout le but de la vulgarisation...

 

Est-ce que le fait d'utiliser le terme "verge", "seins", "lèvres" "fesses", "pénétration" fait de ce roman un livre uniquement érotique ne pouvant pas se référer du Tantrisme ou bien contient-il autre chose ? 

EXTRAIT:

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"L’Indien était debout, face à elle. Elle se voyait dans ses regards. Des lumières qui tremblaient et diffusaient des parfums de clarté éphémères. Elle sentait dans son corps des frissons tièdes, des caresses intérieures, des aurores de désirs. Une bulle d’amour qui les enveloppait, un cristal lumineux, comme au cœur d’une étoile cotonneuse.

Les cheveux noirs de l’Indien tombaient sur ses épaules. Des muscles saillants aussi tendus que sa verge. Son ventre portait des reliefs figés de vagues, des sangles noueuses comme des cordes étirées. Ses jambes le soutenaient avec l’assise des montagnes. Des coulées d’huile scintillantes amplifiaient les reliefs.

C’est elle qui initia l’invitation, les bras ouverts, les mains tendues, les seins érigés, le dos cambré. L’Indien avança lentement. Il buvait son corps. L’éclat jaune de ses yeux fouillait en elle. Elle sentait déjà son sexe, une lumière qui irradiait dans son ventre et se répandait comme une vague, une reptation de serpent autour de sa colonne, la pression de ses mains sur sa poitrine et sur ses fesses, des caresses appliquées qui l’enflammaient.

Elle vit sur le sol des pierres rondes couvertes de dessins.

Elle ouvrit les yeux comme on repousse des volets. Des nuées laiteuses de lune pâle embaumaient la chambre.

Elle sentit sur ses doigts l’humidité chaude de son sexe. Les mains en coquille sur sa vulve, le bout des doigts légèrement glissés entre les plis luisants des lèvres. Les tétons irradiés.

Une sidération délicieuse, l’envie de rester immobile et de ne rien perdre de cette extase.

Comment était-ce possible ? Jamais, elle n’avait connu de rêves érotiques de cette ampleur, avec de tels ressentis, avec un impact aussi puissant, jamais elle ne s’était réveillée dans un tel état.

L’Indien.

Un manque douloureux, comme une déchirure, comme si l’étreinte perdue s’était changée en torture. Ce désir d’être comblée, d’être emplie, de s’abandonner. Et soudainement, ce vide insupportable.

Cette impression étrange qu’elle était l’initiatrice. Que l’Indien apprenait, qu’il était à son écoute.

Pourquoi est-ce que tout s’arrêtait ainsi ? Pourquoi ne pouvait-elle voyager plus loin ? Il l’avait déjà pénétrée et elle rêvait de le revivre.

Qu’avait-elle vu juste avant de se réveiller ? Elle ne savait plus. Et déjà s’effaçaient des détails, des sensations, comme des ondes circulaires sur une surface liquide, ces risées qui s’évanouissent lorsque le calme revient. Elle imaginait le rêve réintégrer les profondeurs du lac.

Elle ouvrit légèrement les cuisses et libéra ses mains. Avec un soupir de dépit.

Elle n’avait jamais rêvé de Laurent. Ni de Romain, ni d’aucun homme. Jamais au point de s’en souvenir. Elle avait pourtant bien eu quelques fantasmes d’étreintes, des scénarios qui lui plaisaient. Elle n’en avait jamais parlé. Ou si peut-être mais sans que rien ne se produise. Elle ne savait plus. Sinon que ses rêves n’étaient pas ceux de Laurent.

Et de réaliser qu’autant de souvenirs avaient déjà disparu, elle sentit monter une vague de honte, comme si elle-même s’étiolait dans le puits sombre de la mémoire, comme si cette femme trompée n’avait plus aucune raison d’être, que d’avoir été brisée, les morceaux épars tombaient en poussière.

Elle se leva. Un verre d’eau fraîche, manger une pomme. Sentir son corps pour réintégrer le réel.

Le réel.

Vivait-elle dans la réalité ou dans une interprétation constante ? Vivait-elle dans une illusion quotidienne ? Et ce rêve exprimait-il une réalité vécue ou des fantasmes inconnus ?

Le chaos des questions reprenait la main.

Elle était venue se reposer, retrouver la paix intérieure. Elle n’imaginait pas s’être trompée. Peut-être que cette paix qu’elle envisageait n’était qu’une illusion supplémentaire, un refuge carcéral enluminé de belles images collées sur les murs.

Peut-être que l’obtention de la paix passait par l’élimination définitive des carapaces, l’acceptation intégrale des ressentis les plus irrationnels, l’accueil bienveillant des intuitions, de l’abandon, de l’acceptation.

Qui était-elle ?

Jamais, elle ne s’était posé cette question.

Elle sortit sur la terrasse et contempla le ciel. Bleu d’océan, aucun nuage, aucune risée, pas le moindre souffle d’air, rien, le silence. La lumière s’étendait sur les horizons immobiles comme un regard aimant.

Elle imagina un nouveau-né contre les seins de sa mère, repu, protégé, aimé, câliné, contemplé. Nous étions tous des nouveau-nés, à chaque lever du jour mais nous avions oublié d’en goûter les délices dans l’effervescence matérielle des existences. Cette conscience qui s’éveillait, elle ne voulait pas la couvrir de dépit. Elle ressentait une urgence à saisir les mots qui jaillissaient en elle, l’impression d’une source libérée. Un barrage rompu.

Sat.

Elle allait le retrouver. L’échéance l’électrisa et elle accueillit les frissons avec un délice prolongé, comme si soudainement tout l’amour du monde coulait en elle, comme si cette paix qui l’environnait la nourrissait d’une euphorie joyeuse et libre.

La réalité. Qu’était-ce donc sinon l’accumulation de nos connaissances. Mais de quelles connaissances s’agissait-il ? Celles qui offrent le bonheur d’être ce que nous pouvons devenir et qui est en nous ou celles qui consistent à abandonner ce qu’elles dévorent de nous-mêmes ? Se remplir d’éléments néfastes au point de se vider de l’essentiel, comme une invasion programmée qui repousserait hors des frontières l’individu impuissant, soumis, abandonné, démuni. Jusqu’à se réfugier dans le soutien dérisoire d’individus tout aussi égarés et se contenter follement des nuisances adorées... Elle vit les humains, arrachés à eux-mêmes, tous ces individus amputés qui cherchaient fébrilement à combler le vide en eux par des attachements extérieurs. Elle appartenait à cette masse et elle en découvrait l’abominable dépendance.

D’où venaient ces réflexions ? Comme un puits vertical qui s’élançait vers le haut, un canal qui l’absorbait et l’emportait dans des cieux inexplorés.

Dans quelle dimension était-elle donc entrée ? Et comment prolonger un cheminement quand on a l’impression de ne pas savoir marcher ?

Sat.

Il avait parlé d’amour. Il avait dit que c’était la clé pour accéder …

Elle ne savait plus. Il avait utilisé des termes insolites.

La dimension céleste ou quelque chose du même ordre. Incompréhensible. Elle n’en avait aucune image."

 

KUNDALINI en images et en musique.

J'ai compilé beaucoup d'images pour l'écriture de ce roman, non pas que j'ai du mal à imaginer les scènes mais lorsque je me lançais dans l'écriture, tous les soirs ou presque, je commençais systématiquement par laisser défiler toutes ces images en écoutant les musiques que j'aime, comme une sorte d'épuration mentale, l'effacement des pensées du jour et des situations passées, une plongée totale dans le territoire de l'amour.

 

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Pour les musiques, elles sont toutes là : 

Playlist : Là-Haut de Thierry Ledru.

FR

 

Là-Haut

180 vidéos 3 760 vues Mise à jour il y a 4 jours

PLUS

Thierry Ledru

Ils sont tous là.

TOUS, SAUF ELLE
Laure, Théo, Francis, Figueras, Walter Zorn, Fabien, Tim, Fabiola, Tariq, Tian, Louna, Sélim Karmaz, Akram, Terence, Alfonso, Helmutt, Fernando, Nacer, Docteur Flaurent, Hans, Raymond et Yolande...


Je ne peux pas présager de la suite de leur existence mais, quoi qu'il arrive, ils sont en moi. 
J'ai passé quelques minutes à les remercier, un par un pour leur présence, leur patience aussi lorsque leur tour ne revenait pas assez vite dans les pages et qu'ils attendaient dans la marge...

 

Entre "Vertiges", "Noirceur des cimes", "Là-Haut", " Les héros sont tous morts", "Kundalini", "Jusqu'au bout", "A cœur ouvert", "Les Éveillés", les quatre tomes de "Jarwal le lutin" et maintenant "Tous, sauf elle", il y a un monde de fous à l'intérieur :) C'est un comble finalement pour quelqu'un qui ne voit quasiment personne.

Ecriture et vie professionnelle.

Cette fois, c'est terminé pour "TOUS, SAUF ELLE." En dehors des demandes éventuelles de mon éditrice ;) 

Le manuscrit part en lecture...

J'ai écrit la première phrase en décembre 2017. Il ne s'est sans doute jamais écoulé plus d'une semaine sans que je travaille sur le texte. Et même si je n'étais pas en "écriture", je restais en réflexion. C'est très envahissant l'écriture. Mais c'est une invasion que j'aime infiniment.

 

Mille mercis à Philippe Renaissance-neo pour son aide, un fabuleux travail de correction, un limier digne de Sherlock Holmes. J'ai été élève d'un très bon professeur pendant une quinzaine de jours.

C'est la première fois que je termine un roman par le titre du roman suivant. J'aime bien l'idée de cette "passerelle". Par contre, l'écriture du tome 3, ça sera pour fêter le premier jour de ma troisième vie : écolier, salarié, RETRAITÉ. 


Le sujet est trop complexe pour que je puisse mêler ça avec l'enseignement du français, des maths, des sciences, de l'histoire, de la géo, du sport, du dessin, du travail manuel, de l'éducation civique, de la musique, de l'anglais, de la technologie. Et les réunions du soir, les rencontres avec les parents, la formation professionnelle ( 1500 heures de ma vie qui n'auront servi absolument à rien.), les corrections de copies, les bulletins scolaires, les recherches de documents, les préparations de classe, le cahier du jour (bon, le mien tient dans un cahier de dix pages maximum) et patati et patata...Le quotidien d'un enseignant.

On peut y ajouter les milliers d'heures, hors classe, pendant lesquelles je pense à mes élèves, n'importe quand, n'importe où, juste parce qu'ils tiennent une place considérablement importante dans ma vie et que je sais à quel point ces neuf mois de vie commune peuvent les meurtrir ou les aider à éclore... Je n'arriverai pas à gérer les deux correctement et ça serait impardonnable, pour les enfants et pour les mots.

"CHAPITRE 60

Elle répéta intérieurement la supplique, comme une antienne salvatrice, avec en arrière-plan les images chaotiques de la fin d'un monde.
« Il faudra beaucoup d'amour... Il faudra beaucoup d'amour... Il faudra beaucoup d'amour... »

 

 

Commentaire : "Les héros sont tous morts"

-Les héros sont tous morts 
-Thierry Ledru 
-Éditions du 38, 2018 
-192 pages 
-Thriller, roman noir, aventure 

*Je tiens à remercier les Éditions du 38 pour ce service de presse. *

ÉDITIONS DU 38: ICI
AMAZON FRANCE: ICI AMAZON CANADA: ICI

Le commentaire de Martine : 
L’histoire tourne autour d’une mallette remplie d’argent, et l’urgence d’agir vite et de faire des choix éclairés afin de bien dépenser cet argent. Plusieurs personnages avec une narration totalement différente, des personnages hauts en couleur qui vont avoir près d’eux cette mallette qui les fait bousculer d’un côté obscur de leur personnalité. 
Thierry Ledru a un talent hors du commun pour manier le verbe, il a aussi une immense imagination pour nous créer des personnages marquants. Une intrigue captivante qui est superbement rythmée qui ne laisse pas la chance au lecteur de vouloir arrêter sa lecture. Il nous présente une fine analyse de la noirceur de l’humain pour le péché de l’avarice. 
J’ai aimé ma lecture qui fut enivrante et très attrayante. 

Résumé : 
Un lendemain de beuverie, pour s’aérer la tête et se vider des miasmes de l’alcool, Gaston, chasseur invétéré, part pister le sanglier. Des coups de feu retentissent, venant du cul-de-sac de la route forestière du Sappey. L’homme s’approche, et découvre trois corps. Une mallette est attachée au poignet d’une des victimes. Pleine de billets. Un million quatre cent mille euros. Gaston s’empare de son couteau de chasse, découpe le poignet du mort et s’enfuit avec l’argent. 
Lucas, Lucie, Thomas, Laure, Fabien, Mathieu... chacun de ceux qui vont croiser la route de la mallette maudite va sombrer du côté le plus noir de sa personnalité. Envolée l’empathie, effacée la morale, oubliés les préceptes de respect des autres. Cet argent sale semble contaminer irrémédiablement tous ceux qui le touchent. Y a-t-il une rédemption possible ? Dans un registre plus noir que d’habitude, et sur fond de polar, on retrouve l’excellente écriture de Thierry Ledru, qui nous livre une analyse en miroir de l’âme humaine, et nous pousse à nous interroger : qu’aurions-nous fait avec cette mallette ?

Tag(s) : #THRILLER#ROMAN NOIR#AVENTURE

Des hernies en montagne.

"Remaniements discaux dégénératifs étagés, prédominant sur les deux derniers étages, arthrose zygapophysaire postérieure prédominant en L4/L5, signes de souffrance radiculaire L4 et L5 gauche par des protrusions disco-ostéophysiques." IRM du 27 septembre.

 

Sommet des "grands moulins", dimanche 4 novembre.

Les massages aimants de Nathalie, les soins de Cathie Marchan, ostéopathe, les étirements quotidiens de yoga, la gestion des pensées...

L'amour.

Il me suffit de lever les yeux pour être motivé : Nathalie devant moi, les montagnes.

Je ne cours pas encore, la jambe gauche ne revient pas assez vite, le mollet est encore "ankylosé" mais les appuis sont solides, même dans la caillasse et la neige. 

Je laisse le temps à ma jambe de se remettre, je ne force rien. Mais je sais aussi que c'est Là-Haut que tout est possible. Les jours douloureux ne sont pas des peines mais un défi : juste celui de la patience et de l'amour de la vie. 

J'ai déjà perdu temporairement le bonheur des montagnes. Deux fois. Deux fois où la médecine ne présageait pas d'un retour possible avant longtemps, voire jamais. 

Je suis toujours remonté.

 

 

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Marine, intra-terrestre.

 

Thierry Ledru

"Intra-terrestre". Voilà comment je définis notre fille, Marine. On trouve aussi tous les "terrestres", les individus qui aiment la nature mais vivent dans un cadre "hors-sol", c'est à dire une maison ou un appartement et se ressourcent à l'extérieur, en forêt, en montagne, en bord de mer. Et puis, il y a les "extra-terrestres", ceux qui vivent hors sol et s'y plaisent, ceux qui ont rompu tout lien avec cette nature. 
Marine vit dans la forêt, seule avec Yuka, Petit chat et Jojo le lapin. Elle a tiré plusieurs centaines de mètres de tuyau pour capter une source dans la forêt, un panneau solaire lui apporte le minimum d'électricité et un poêle à à bois assure le chauffage. Quand elle a commencé l'aménagement de ce lieu, ça n'était qu'une "jungle" totale d'aulnes, de ronces et de divers végétaux...Un défi hallucinant à la mesure de ses rêves. 
Machette, hache et tronçonneuse en action. Des semaines de travail et quand elle finit un endroit et qu'elle lève les yeux, elle découvre la suite...Puis, la suite...Et encore la suite...

Une fois la piste nettoyée, vu la raideur de la pente et l'étroitesse des virages, le camion a été tiré par une pelleteuse, puis la caravane a suivi. Pas d'effets spéciaux pour cette réalisation mais une journée très spéciale...
"C'est quasiment infaisable, c'est pour ça qu'il faut le faire."

Puis la construction de la "cabane". La mise en place du poêle à bois, les toilettes sèches, et toujours des murets à remonter, des terrasses à dégager, le bois de chauffage à tronçonner et à ranger...
La semaine dernière, Marine et moi, on a couvert les panneaux d'agglomérés par un bardage bien épais pendant que Nathalie continuait à remonter des murets de terrasses pour les "carrés" de potager, à retrouver les anciens sentiers, tous ces aménagements qui datent de cette époque où les hommes vivaient là-haut, avant d'être attirés par les sirènes du progrès et les mines de charbon...Tout a été abandonné lentement et maintenant, c'est un territoire qui appartient surtout aux sangliers, cerfs, biches, chevreuils, renards, blaireaux, hérissons, rapaces...
Le silence, les lumières, le ciel, les nuages, les buses qui tournoient... Parfois, on s'assoit et on ne fait rien. On écoute...
En mode "intra-terrestre." Avec Marine. 

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Il y a un an. Marine avait mis le camion et la caravane en place. 

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On débroussaillait, on construisait les escaliers avant de préparer toutes les terrasses pour le potager. 

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La cabane était montée quand on est arrivé la semaine dernière. Il restait à la couvrir avec le bardage.

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Yoga nu.

   
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Le yoga nu, nouvelle tendance bien-être pour accepter son corps et se sentir libre

 

Le yoga nu est la nouvelle tendance dont tout le monde parle sur Instagram. Des clichés de jeune fille nue sur internet ? Mais encore ? On trouve de tout et souvent n’importe quoi sur les réseaux sociaux, surtout lorsqu’on parle “beauté bien-être”. Certains sont d’ailleurs très ingénieux (ou pas) pour faire parler d’eux. Alors… le yoga nu est-il une mode passagère ou un réel mouvement

Le yoga nu est une tendance “body positive” lancée et médiatisée par l’instagrameuse Nude Yoga Girl. Photographe et mannequin, cette jeune femme au physique longiligne s’expose en posture de yoga dans son plus simple appareil. Elle est grande, blonde, belle. Les postures sont maîtrisées, les photos ressemblent à des oeuvres d’art, le concept plaît déjà à plus de 700.000 personnes. Des followers qui s’intéressent à la qualité des photos et au message véhiculé. À la suite de quoi s’est créé le hashtag #NYGyoga pour recenser les clichés toujours plus nombreux des nouveaux adeptes.

Accepter son corps et le trouver beau

pour reconquérir sa paix intérieure ?

Selon l’ambassadrice, l’avantage principal du yoga nu est d’inciter les pratiquants à s’accepter tels qu’ils sont. Au magazine américain The Cut,elle explique : “Grâce à ce compte, je veux inviter les gens à se rendre compte que leur corps est beau et qu’il est capable de faire des choses incroyables.”

Le yoga m’a appris que le plus important est ce que je ressens et non ce à quoi je ressemble. NYG

La jeune femme de 25 ans, qui souhaite rester anonyme, avoue suivre un régime strict à partir d’aliments sains qui lui permettent de s’accepter (en plus de la pratique quotidienne du yoga). “Le yoga m’a appris que le plus important est ce que je ressens et non ce à quoi je ressemble.” Elle avoue également que la nudité lui procure un sentiment intense de liberté. À vous de juger.

 

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KUNDALINI

"Elle reprit son avancée et se dirigea vers l’extrémité du bassin, en amont. Elle traversa le cours d’eau à son endroit le plus étroit et rejoignit un parterre de dalles qu’elle longea sur une centaine de mètres. L’eau était d’une clarté absolue et entre les roches, là où le courant s’était éteint, il était difficile de situer la surface sans y poser la main.

Une cascade d’une quinzaine de mètres de haut fermait les lieux, plusieurs ressauts accumulant des bassins. Un débit limité, nul vacarme liquide mais un chant de carillons qui ruisselait dans un couloir verdi par des mousses. Une imposante barrière rocheuse limitait la poursuite de l’exploration. Il aurait fallu un matériel d’escalade complet.

C’est en atteignant l’extrémité du bassin qu’elle le vit. Il était sur l’autre rive. Debout, dans une posture étrange. Un large bloc descendant jusqu’à l’eau l’avait caché jusque-là.

Un homme. Nu.

Une jambe pliée à angle droit, comme s’il était assis sur une chaise, l’autre posée sur la cuisse horizontale, les bras levés au-dessus de la tête. Elle n’aurait jamais imaginé une telle position.

Les yeux fermés semble-t-il. Parfaitement immobile. Les mains tournées vers le ciel, paumes ouvertes.

Le crâne chauve, lisse. Et pourtant un corps qui paraissait jeune. Elle devinait des muscles saillants, des reflets noueux.

Elle redescendit vers l’aval pour ne pas rester face à lui. Le bassin les séparait d’une vingtaine de mètres. Elle ne voulait pas paraître intrusive.

Séance de méditation. Une certitude. Elle ne pouvait affirmer qu’il l’avait vue.

Elle posa son sac, sans bruit et libéra ses cheveux.

Un instant d’hésitation.

Elle se déshabilla. Un adepte du naturisme, elle n’avait aucune raison de gâcher sa journée. Elle était venue là pour le soleil et l’eau sur son corps. Sur tout son corps.

Elle entra doucement dans le bain, mouilla sa nuque et ses épaules, puis avança. Elle s’allongea et fit quelques brasses. La fraîcheur la ravit, ce bonheur sensuel du contact sur sa peau. Elle ne comprenait pas les gens qui se privaient de cette étreinte.

Elle lança un regard rapide vers l’homme. Il n’avait toujours pas bougé… Elle en était fascinée. Elle connaissait pleinement la difficulté de l’épreuve. Cette immobilité totale, dans une telle posture, réclamait un effort physique redoutable.

Elle rejoignit la berge et sortit. La sensation délicieuse que sa peau s’était contractée sous l’effet du froid, comme un bain de jouvence. Elle se sécha rapidement et huila son corps avec attention. Personne pour s’occuper de son dos.

Elle ne comptait plus les situations qui lui rappelaient sa solitude. Même la plus insignifiante surgissait immanquablement. Les caresses des mains de Laurent sur son dos n’entraient pas dans le registre des choses insignifiantes mais de celles qui la faisaient désormais souffrir par leur absence. Elle sortit ses lunettes de soleil et s’allongea.

Cesser de penser à un temps fini. S’ancrer dans l’instant. Laisser la vie mener son existence.

L’expression la surprit. Ces pensées insolites qui jaillissaient depuis peu en elle, ces associations inhabituelles de mots, ces verbalisations percutantes, des observations intérieures qui ne lui ressemblaient pas.

Elle avait du mal à se les attribuer. Comme si les données émanaient de l’extérieur, qu’il ne s’agissait pas d’elle mais d’une compréhension nouvelle qui lui était proposée, comme si un élément récepteur s’était enclenché.

Elle ne comprenait même pas ce qu’elle imaginait.

Elle osa un regard discret.

L’homme avait changé de posture. En équilibre sur les mains, les jambes à la verticale. Parfaitement aligné, droit, immobilité absolue.

Les jambes descendirent doucement dans le dos et les deux pieds se posèrent sur l’arrière du crâne. Il bascula légèrement sur le côté et leva un bras.

Aucun tremblement visible, aucun vacillement. Une perfection totale dans l’exécution, une maîtrise qu’elle n’avait jamais vue. Une sculpture improbable et superbe.

Elle pensa soudainement à ce documentaire sur les moines Shaolin. Une soirée télévision pendant sa période sombre. Elle avait été subjuguée par la maîtrise physique et mentale de ses hommes. Uniquement des hommes d’ailleurs. Comme si cette perfection n’était pas accessible aux femmes.

Il lui plaisait de participer à sa mesure à une autre image de la femme mais elle devait bien admettre malgré tout que la maîtrise de son mental était dérisoire au regard de ces moines. Elle avait certainement atteint un haut niveau dans sa pratique physique mais elle ressentait maintenant un manque indéfinissable. Un vide en elle qui semblait l’aspirer.

Plusieurs jours que l’idée la tourmentait.

Sans qu’elle ne s’explique ce trouble.

Il s’était allongé. Sur le dos. Pas de serviette au sol. Il monta les jambes puis le bassin et suspendit une chandelle rectiligne. Il garda la position trois ou quatre minutes puis laissa ses jambes descendre et se replier en tailleur. Comme s’il était assis en lotus mais à l’envers. Chaque geste était exécuté avec une lenteur infinie et une précision remarquable.

Il enchaîna encore une succession de postures toutes aussi exigeantes.

Elle ne parvenait plus à le quitter des yeux sans se libérer pourtant d’une certaine gêne. Est-ce qu’il l’avait vue ? Est-ce qu’il lui reprochait de perturber sa séance ? Est-ce qu’il la trouvait incorrecte ?

Malgré les interrogations, elle ne pouvait se détacher de la beauté de ce corps et de ses arabesques. Elle aimait dans le yoga cette maîtrise physique et elle éprouvait en regardant cet homme une étrange plénitude, comme si le bien-être visuel coulait en elle, comme si une énergie invisible flottait dans les airs et la parfumait.

Il lui prit l’envie soudaine de s’asseoir en lotus et de poser les paumes sur les genoux, tournées vers le ciel, pouce et index joints.

Elle prit une longue inspiration en gonflant la poitrine et le ventre, cuisses ouvertes puis elle enchaîna plusieurs respirations abdominales, langue posée, mâchoires détendues.

Elle sentit vibrer dans son corps un flux inconnu, une source de chaleur qui la ravit, des ondes qu’elle ne reconnut pas.

Elle ne put s’empêcher d’ouvrir les yeux, persuadée de façon incompréhensible que quelqu’un effleurait sa peau.

Elle croisa son regard et devina un sourire. Il était assis comme elle, mains jointes devant son plexus. Il déplia les bras et dans un geste lent et appliqué dirigea ses paumes vers elle. Comme s’il envoyait un salut, une prise de contact.

Elle frissonna. De la tête aux pieds.

Il ramena les paumes contre sa poitrine, leva les bras au-dessus de la tête et ouvrit les mains. Un geste empli de respect, comme une offrande."

KUNDALINI : version papier

Les commandes en version papier sont ouvertes :)

https://www.editionsdu38.com/hors-collection/kundalini/

 

KUNDALINI, L'ÉTREINTE DES ÂMES

Maud, professeur de yoga, a cinquante-deux ans. Laurent, son mari, l’a quittée. Sans aucun signe précurseur. Une rupture destructrice. Des mois de détresse, de colère, de remords, d'interrogations sans fin.

Puis Maud décide de s'accorder un séjour dans une région perdue des Alpes. Besoin de nature et de paix intérieure.

Elle va rencontrer Sat, un homme plus jeune qu'elle. D'origine hindoue, il détient la clé de l'éveil de Maud. Elle va vivre avec lui une réelle métamorphose.

Naturisme, méditation, respect, silence, contemplation, libération, conscience… Sexualité sacrée vers le couple divin. Illumination.

Jusqu'à l'ultime révélation… Ce qui est au-delà du connu.

« Puisque nous pensons en fonction de nos expériences et des sensations éprouvées, qu'en est-il lorsque la sensation est irrationnelle ? À quelle objectivité peut-on prétendre ? Une émotion qui n'a pas de raison d'être et qui en vient à briser toutes les certitudes et les modèles intégrés doit-elle être rejetée ou pleinement explorée ? Quitte à prendre des risques au regard d'une vie formatée…  Je n'avais pas le choix. Il fallait que j'écrive ce roman… Je ne pouvais pas déposer simplement de telles questions dans un coin de ma tête au risque qu'elle se mette à pencher d'un côté. »

Le mot de l’éditeur : « Thierry Ledru signe ici un OVNI littéraire. Une fiction qui a des allures d’essai philosophique, et qui trace un cheminement spirituel tout en emportant le lecteur dans une histoire grandiose et poétique. Un roman qui éveille les consciences et les sens, le tout composé d’une écriture magnifique et envoûtante ».

Kundalini

Broché 152 x 229

438 pages

octobre 2018

22,00 €

  •  disponible
  •  8 à 12 jours de délai de livraison
Livre numérique Kundalini - L'étreinte des âmes
Thierry Ledru
Les éditions du 38
7,99 €

Thierry Ledru vit en Savoie. Après un BAC litté/philo, il est tout de suite entré à l’école Normale, en Bretagne. Passionné par l’escalade et l’alpinisme, il est allé vivre dans les Alpes.

« J’ai eu la chance immense d’avoir un prof de français et une prof de philo extraordinaires. J’adorais lire et écrire et peu à peu ils m’ont permis d’avoir avec eux une relation privilégiée, des échanges extrêmement enrichissants, non seulement d’un point de vue cognitif mais surtout sur le plan humain. Krishnamurti, Ouspensky, Platon, Gurdjieff, Camus, Sartre, Saint-Exupéry, Lanza del Vasto, Gandhi, Koestler, Conrad, Steinbeck, Heminghway, Prajnanpad, Vivekananda, Sri Aurobindo, London, Moitessier, Arséniev, tout ce qu’ils m’ont fait connaître ! Tout ce que je leur dois ! J’écrivais des nouvelles, ils les lisaient, les critiquaient, m’encourageaient. Ils disaient tous les deux qu’un jour je serai édité. »

Dans ses romans, Thierry Ledru pousse ses personnages à l’extrême d’eux-mêmes, il les confronte à des questionnements et à des événements qui les font avancer, leur ouvre un cheminement intérieur que le lecteur emprunte à leur suite avec un grand bonheur.

 

Son blog : Là-Haut


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Thierry Ledru

 

Sat et Maud...


On ne fait pas l'amour ; c'est l'amour qui nous fait.

 

"L'amour n'est pas une relation, l'amour est un état d'être.
Cela n'a rien à voir avec qui que soit d'autre.
On n'est pas "en amour", on est amour;
Mais c'est un résultat, un sous-produit, ce n'est pas la source..."

Osho

 

Aquarelle : Tina Maria Elena 

https://tinamariaelena.com/make-love-watercolor/

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Pour la classe

La semaine prochaine, en classe, on va parler de la guerre de 14-18 et je vais passer cette vidéo. Je tiens à montrer aux enfants que les hommes savent aussi être des humains. Ou l'inverse. Mais qu'en tout cas, dès qu'ils pensent avec leurs cœurs, ils en oublient les mots d'ordre.

Leur montrer la guerre autrement qu'avec des noms de généraux ou de batailles mais à travers l'histoire des soldats. De quelques soldats.

Augustin Trebuchon, dernier Poilu tombé au combat, quinze minutes avant la signature de l'armistice...

et leur lire des "Lettres de Verdun" pour qu'ils comprennent également à quel point les témoignages écrits sont puissants...

Lettres

Karl Fritz, caporal.

Argonne, le 16 Août 1916

Chers parents et chères soeurs,

Le 2, à Saint-Laurent, nous avons entendu le signal de l’alerte. On est venu nous chercher avec des véhicules, et on nous a amenés jusqu’à quelques kilomètres du front de Verdun. […]

Vous ne pouvez pas avoir idée de ce qu’on a vu là-bas. Nous nous trouvions à la sortie de Fleury, devant le fort de Souville. Nous avons passés trois jours couchés dans des trous d’obus à voir la mort de près, à l’attendre à chaque instant. Et cela, sans la moindre goutte d’eau à boire et dans une horrible puanteur de cadavres. Un obus recouvre les cadavres de terre, un autre les exhume à nouveau. Quand on veut se creuser un abris, on tombe tout de suite sur des morts. Je faisais partie d’un groupe de camarades, et pourtant chacun ne priait que pour soi. Le pire, c’est la relève, les allées et venues. A travers les feux de barrages continus. Puis nous avons traversé le fort de Douaumont, je n’avais encore jamais rien vu de semblable. Là, il n’y avait que des blessés graves, et ça respirait la mort de tous les côtés. En plus, nous étions continuellement sous le feu. Nous avions à peu près quarante hommes morts ou blessés. On nous a dit que c’était somme toute assez peu pour une compagnie. Tout le monde était pâle et avait le visage défait. Je ne vais pas vous en raconter davantage sur notre misère, je pense que ça suffit. Nous étions commandés par un certain adjudant Uffe. On ne l’a pas vu. Mais le Seigneur m’est venu en aide. Là-dessus, nous sommes repartis pour Spincourt où on nous a chargés sur des véhicules à destination de Grandpont, puis nous sommes revenus en deux jours à nos positions devant Chapelle, où nous sommes maintenant un peu mieux installés.

Je vais écrire à Guste. Je vous embrasse de tout coeur et vous recommande à Dieu.

Votre fils et frère reconnaissant.

Karl


Gaston Biron

6 septembre 1916

Mercredi soir,

Ma chère mère,

Je t’envoie quelques lignes de tranchées où nous sommes depuis dimanche soir. De la boue jusqu’à la ceinture, bombardement continuel, toutes les tranchées s’effondrent et c’est intenable, nous montons ce soir en 1 ére ligne mais je ne sais pas comment cela va se passer, c’est épouvantable. Nous avons déjà des tués et des blessés et nous avons encore deux jours à y rester. Je donnerais cher pour être loin d’ici. Enfin espérons quand même.

Adieu et une foule de baisers de ton fils qui te chérit.

Gaston


Roger B

Au front

Ce 31 décembre 1916

Cher maître,

Si vous saviez comme on s’ennuie par les jours noirs et les nuits blanches, comme au long des lignes téléphoniques la boue des boyaux colle aux semelles lourdes d’eau, si vous saviez comment est long ce troisième hiver d’interminable bataille, comme on est seul parfois, au milieu même des camarades, quand on redit toutes les paroles de la veille lorsqu’il ne faut pas dormir ou que le sommeil ne vient pas.

Si vous saviez qu’il nous manque des livres et si j’osais vous en demander ; peut-être parmi tous les chefs-d’oeuvre que vous avez écrits, trouveriez-vous, dans un coin, deux ou trois brochures fatiguées et ternies et, paternellement, me les enverriez-vous ?

S’il en est ainsi, pour moi et les amis à qui vous aurez fait oublier le fardeau de quelques heures grises, je vous remercie de tout mon coeur et vous prie d’accepter l’hommage de la lointaine poignée de main.

Roger B


Le 13 novembre 1916

Chers parents,

[…] Il y a beaucoup de poilus qui se font encore évacuer aujourd’hui pour pieds gelés. Quand aux miens, ils ne veulent pas geler malheureusement car je voudrais bien une évacuation aussi.

Il n’y fait pas bon ici en arrière : ce sont les avions qui font des ravages terribles et en avant c’est loin de marcher comme les journaux vous annoncent. Ceux-ci sont des bourreurs de crâne pour encourager la guerre d’usure en bonshommes, en tout. Je termine pour aujourd’hui en vous embrassant de grand coeur.

Votre fils dévoué.

Auxence


Dimanche 14 février 1915

Cher ami

Quand nous sommes arrivés par ici au mois de novembre, cette plaine était alors magnifique avec ses champs à perte de vue, pleins de betteraves, parsemés de riches fermes et jalonnés de meules de blé. Maintenant c’est la pays de la mort, tous ces champs sont boulversés, piétinés, les fermes sont brûlées ou en ruine et une autre végétation est née : ce sont les monticules surmontées d’une croix ou simplement d’une bouteille renversée dans laquelle on a placé les papiers de celui qui dort là. Que de fois la mort me frôle de son aile quand je galope le long des fossés ou des chemins creux pour éviter leurs « shrapnels » ou le tac-tac de leurs mitrailleuses. La nuit, j’ai couché longtemps dans un tombeau neuf, puis on n’a changé de cantonnement et je suis maintenant dans un trou que j’ai creusé après le talus. J’emporte ma couverture pendue à ma selle, ma marmite de l’autre coté et en route. J’étais l’autre jour dans les tranchées (des Joyeux). Je n’ai jamais rien vu de si horrible. Ils avaient étayé leurs tranchées avec des morts recouverts de terre, mais, avec la pluie, la terre s’éboule et tu vois sortir une main ou un pied, noirs et gonflés. Il y avait même deux grandes bottes qui sortaient dans la tranchée, la pointe en l’air, juste à hauteur, comme des portes manteaux. Et les joyeux y suspendaient leurs musettes, et on rigole de se servir d’un cadavre boche comme porte-manteau. Je ne te raconte que des choses que je vois, autrement je ne le croirais pas moi-même.

Je compte que tu m’enverras des nouvelles de là-bas et je te quitte en t’envoyant une formidable poignée de main.

Taupiac


Samedi 1er août

Mobilisation générale.
Au jour le jour!

Dimanche 2 août

Premier jour de la mobilisation générale. Hier matin j’ai pris la résolution d’agir en Français! Je rendais mes cartons à la Musique, quand. Je me suis retourné machinalement sur la ville, la cathédrale vivait, et elle disait: «Je suis belle de tout mon passé. Je suis la Gloire, je suis la Foi, je suis la France. Mes enfants qui m’ont donné la Vie, je les aime et je les garde. » Et les tours semblaient s’élever vers le ciel, soutenues seulement par un invisible aimant.
Et Meyer me dit: « Vois-tu des boulets dans la cathédrale ? » J’ai été à l’infirmerie, je serai du service armé et si on touche à la France, je me battrai. Toute la soirée, des mères, des femmes sont venues à la grille. Les malheureuses! Beaucoup pleuraient, mais beaucoup étaient fortes.
Maman sera forte, ma petite mère chérie, qui est bien française, elle aussi! J’ai reçu sa lettre ce matin, dimanche. Ici, je te confie un secret, carnet, elle contenait cette lettre, une lettre d’une jeune fille qui aurait peut-être pu remplacer Thérèse un jour. Si je pars et si je meurs, je prie ma petite mère de lui dire combien j’ai été sensible à sa lettre de Villers, combien je l’ai appréciée dans sa droiture, dans son courage, dans sa grâce; combien je la remercie des bonnes paroles que j’ai vraiment senties être d’une amie. Je suis sorti ce matin prendre du linge, poser mon violoncelle chez Barette. J’ai écrit à petite mère. Je ne peux pas écrire à tous, mais je pense pourtant à tous nos amis.

Maurice MARÉCHAL


Le 5 août 1914
Chère Sylvanie
Je suis sur le point de prendre un Pernod chez l’Espagnol à côté du marché couvert avec Berry. Je viens de voir Caliste.
Tout est très calme, on dirait qu’on part pour les manœu­vres. Ce ne sera pas la vérité, mais quand même, nous n’en sommes pas encore là.
Je ne suis pas encore habillé. Nous sommes libres. Je vais finir mon canard ce soir chez le frère de Berry. Nous avons bu le demi-litre gros dans la cour de la caserne à midi.
[…] Tout marche bien, des pancartes voyagent à Agen pour Berlin et la peau de Guillaume sera à vendre un jour. J’ai vu tous mes anciens copains, tout contents d’aller en Alle­magne.
Je reste quelques jours à Agen. Si tu reçois la lettre avant dimanche, tu pourras me faire réponse.

HUGON Léon


Neuf jours après avoir écrit cette lettre, Alphonse X a été tué
par un obus.

Mercredi 5 mai 1915
Chérie,
Voilà le baptême du feu, c’est chose tout à fait agréable, tu peux le croire, mais je préférerais être bien loin d’ici plutôt que de vivre dans un vacarme pareil. C’est un véritable enfer. L’air est sillonné d’obus, on n’en a pas peur pourtant:
nous arrivons dans un petit village, où se fait le ravitaille­ment; là, on trouve dans des casemates enfoncées dans la terre les gros canons de 155 ; il faudrait que tu les entendes cracher, ceux-là; ils sont à cinq kilomètres des lignes, ils tirent à 115 sur l’artillerie boche.
On sort du village à l’abri d’une petite crête, là commencent les boyaux de communication; ce sont de grands fossés de 1 mètre de large et de deux mètres de profondeur; nous faisons trois kilomètres dans ces fossés, après on arrive aux
tranchées qui sont assez confortables. De temps en temps, on entend siffler quelques balles, les Boches nous envoient quelques bombes peu redoutables; nous sommes à deux cents mètres des Boches, ils ne sont pas trop méchants. Je me suis promené à huit cents mètres sur une route, à peine si j’en ai entendu deux siffler; nous avons affaire à des Bavarois qui doivent en avoir assez de la guerre, ça va
changer d’ici quelques jours.
Nous faisons des préparatifs formidables en vue des pro­chaines attaques. Que se passera-t-il alors, je n’en sais rien,
mais ce sera terrible car à tout ce que nous faisons nous prévoyons une chaude affaire. J’al le cœur gros mais j’attends toujours confiant; nous prévoyons le coup prévu avant dimanche. Si tu n’avais pas de mes nouvelles après ce jour, c’est qu’il me sera arrivé quelque chose, d’ailleurs tu en seras avertie par un de mes camarades. Il ne faut pas se le dissimuler, nous sommes en danger et on peut prévoir la catastrophe; sois toujours confiante malgré cela parce que tous n’y restent pas.

Alphonse


Le 27 août 1916

Cher papa,
Dans la lettre que j’ai écrite à maman, je lui disais tout notre bonheur à nous retrouver « nous-mêmes» après s’être vus si peu de chose… à la merci d’un morceau de métal!… Pense donc que se retrouver ainsi à la vie c’est presque de la folie: être des heures sans entendre un sifflement d’obus au-dessus de sa tête… Pouvoir s’étendre tout son long, sur de la paille même… Avoir de l’eau propre à boire après s’être vus, comme des fauves, une dizaine autour d’un trou d’obus à nous disputer un quart d’eau croupie, vaseuse et sale pouvoir manger quelque chose de chaud à sa suffi­sance, quelque chose où il n’y a pas de terre dedans, quand encore nous avions quelque chose à manger…
Pou­voir se débarbouiller, pouvoir se déchausser, pouvoir dire bonjour à ceux qui restent… Comprends-tu, tout ce bon­heur d’un coup, c’est trop. J’ai été une journée complète­ment abruti. Naturellement toute relève se fait de nuit, alors comprends aussi cette impression d’avoir quitté un ancien petit bois où il ne reste pas un arbre vivant, pas un arbre qui ait encore trois branches, et le matin suivant après deux ou trois heures de repos tout enfiévré voir soudain une rangée de marronniers tout verts, pleins de vie, pleins de sève, voir enfin quelque chose qui crée au lieu de voir quelque chose qui détruit!
Pense que de chaque côté des lignes, sur une largeur de un kilomètre, il ne reste pas un brin de verdure; mais une terre grise de poudre, sans cesse retournée par les obus: des blocs de pierre cassés, émiettés, des troncs déchiquetés, des débris de maçonnerie qui laissent supposer qu’il y a eu là une construction, qu’il y a eu des «hommes »… Je croyais avoir tout vu à Neuville. Eh bien non, c’était une illusion. Là-bas, c’était encore de la guerre: on entendait des coups de fusil, des mitrailleuses, mais ici rien que des obus, des obus, rien que cela; Fuis des tranchées que l’on se bouleverse mutuellement, des lambeaux de chair qui volent en l’air, du sang qui éclabousse… Tu vas croire que j’exagère, non. C’est encore en dessous de la vérité. On se demande comment il se peut que l’on laisse se produire de pareilles choses. Je ne devrais peut-être pas décrire ces
atrocités, mais il faut qu’on sache, on ignore la vérité trop brutale. Et dire qu’il y a vingt siècles que Jésus-Christ prêchait sur la bonté des hommes! Qu’il y a des gens qui implorent la bonté divine! Mais qu’ils se rendent compte de sa puissance et qu’ils la comparent à la puissance d’un 380 boche ou d’un 270 français 1… Pauvres que nous som­mes! P.P.N.
Nous tenons cependant, c’est admirable. Mais ce qui dépasse l’imagination, c’est que les Boches attaquent encore. Il faut avouer que jamais on aura vu une pareille obstination dans le sacrifice inutile: quand par hasard ils gagnent un bout de terrain ils savent ce que ça leur coûte et encore ne le conservent-ils pas souvent.
J’espère aller bientôt vous revoir et on boira encore un beau coup de pinard à la santé de ton poilu qui t’embrasse bien fort.

René PIGEARD


24 juin 1915
Dans la tranchée, le pis, ce sont les torpilles. Le déchirement produit par ces 50 kg de mélinite en éclatant est effroyable. Quand une d’elles tombe en pleine tranchée, et ces accidents-là arrivent, elle tue carrément 15 à 20 types. L’une des nôtres étant tombée chez les Boches, des pieds de Boches ont été rejetés jusque sur nos deuxièmes lignes.

Michel LANSON


1914
Les canons et les fusils ne marchaient plus, il régnait un silence de mort. Il n’y avait que les blessés qui appelaient: Brancar­diers! Brancardiers! A moi, au secours, d’autres suppliaient qu’on les achève. C’était affreux à voir. […] le bombardement commençait et il fallait rester là, à attendre les obus, sans pou­voir bouger jusqu’au soir 8 heures où on venait nous relever. Chaque soir il y avait 100 ou 200 blessés sans compter les morts. Un jour, on y passait la journée, l’autre la nuit, avec cela coucher à la belle étoile, nous n’avions rien pour nous couvrir, je me demande comment nous avons résisté. A l’ordinaire on ne tou­chait pas grand-chose, et la viande que tu touchais, on te la donnait à 2 heures du matin, c’était l’heure de partir, il fallait la balancer, on mangeait du pain sec; il y a longtemps que nous n’avions plus de provisions de réserve.

Pierre CHAUSSON


Le 26 juillet 1915
J’ai vu de beaux spectacles! D’abord les tranchées de Boches défoncées par notre artillerie malgré le ciment et les centaines de sacs de terre empilés les uns au-dessus des autres; ça c’est intéressant.
Mais ce qui l’est moins, ce sont les cadavres à moitié enterrés montrant, qui un pied, qui une tête; d’autres, enterrés, sont découverts en creusant les boyaux. Que c’est intéressant la guerre! On peut être fier de la civilisation!

Pierre RULLIER


2 novembre 1914

[Mes hommes] trouvent mille petits moyens ingénieux pour se distraire; actuellement, la fabrication des bagues en aluminium fait fureur: ils les taillent dans des fusées d’obus, les Boches fournissant ainsi la matière première  » à l’œil  » Certains sont devenus très habiles et je porte moi-même une jolie bague par­faitement ciselée et gravée par un légionnaire.

Marcel PLANQUETIE


Juillet 1915
L’attaque du 9 a coûté (c’est le chiffre donné par les officiers) quatre-vingt-cinq mille hommes et un milliard cinq cents mil­lions de francs en munitions. Et à ce prix, on a gagné quatre kilomètres pour retrouver devant soi d’autres tranchées et d’autres redoutes.
Si nous voulons prolonger la guerre, il faudra renoncer à ces offensives partielles et coûteuses, et reprendre l’immobilité de cet hiver. Je crois que dans l’état de fatigue où sont les deux infanteries, c’est celle qui attaquera la première qui sera la pre­mière par ‘terre.
En effet, partout on se heurte aux machines. Ce n’est pas homme contre homme qu’on lutte, c’est homme contre machine. Un tir de barrage aux gaz asphyxiants et douze mitrailleuses, en voilà assez pour anéantir le régiment qui attaque. C’est comme cela qu’avec des effectifs réduits les Boches nous tiennent, somme toute, en échec. Car enfin nous n’obtenons pas le résultat désiré, qui est de percer. On enlève une, deux, trois tranchées, et on en trouve autant derrière.

Michel LANSON


D’origine auvergnate Marin Guillaumont était instituteur avant La guerre. IL y fut blessé et gazé et mourut huit ans après la guerre en 1926. Sa femme Marguerite venait de donner naissance à leur fille Lucie lorsqu’il lui écrivit cette lettre.

14 décembre 1914 8 heures du soir
Ma bien chérie
J’ai reçu ton télégramme. Que je suis content et inquiet!
Comment vas-tu, chérie, comment va notre fillette?
As-tu bien souffert ?
As-tu pu avoir un médecin?
Avais-tu trouvé une nourrice? Le télégramme est bien bref…
Que j’attends des détails
Je crains tant de choses. L’état d’esprit dans lequel tu vis depuis quatre mois et demi a pu avoir une influence malheureuse. Le souci peut lui nuire. Reste courageuse, ma chérie. Pense à notre fillette.
Comment l’appelles-tu?
Fais-moi vite savoir son nom. Qu’il me tarde de la voir, que je suis impatient de revenir. Mais mon retour est encore bien loin, plusieurs mois certaine­ment…
Cause-moi longuement d’elle dès que tu pourras le faire. Dis-moi tout. J’espère la voir. Je veux la voir. Que je regrette gu’elle ne soit pas née un an plus tôt! Fais-moi envoyer beaucoup de papier à lettres pour que je puisse t’écrire longuement.
Toutes les fois que la chose ne sera pas possible, embrasse-la pour moi. Je ne dormirai sans doute pas de cette nuit. Mais sois tranquille, je ne serai pas malheureux, pourtant je suis inquiet: s’il y avait des complications, il ne t’est pas commode d’avoir un médecin et il n’y a guère de pharmaciens.

Ce soir j’ai reçu deux lettres de toi, une carte, une lettre d’Yvonne et une carte de Jean. J’ai tout brouillé et ne m’y reconnais plus. Il me sera une distraction de les relire demain; elles me sembleront encore fraîches.
Dis-moi que notre enfant vivra, il me tarde de savoir.
C’est si frêle, ces pauvres petits. Il faut si peu. J’espère.
De quelle couleur sont ses yeux?
Comment sont ses menottes?
Sera-t-elle jolie?
Que je voudrais qu’elle te ressemble. Hélas, je ne pourrai pas la voir toute petite. Je l’aime, vois-tu, je l’aime autant gue je t’aime. Dis-moi, fais-moi dire beaucoup de choses d’elle.
Pleure-t-elle beaucoup?
Toi, tu souffres, chérie?
As-tu pu rédiger le télégramme toi-même; non, sans doute on l’a signé de toi pour me rassurer.
Mais pourquoi cela irait-il?
N’avons-nous pas assez d’épreuves sans cela?
Tout va bien, n’est-ce pas?
Tu me donneras de bonnes nouvelles. Dès que tu pourras m’écrire, tu le feras longuement.
Où serai-je alors? quelquepart sur le front; il y a loin de la Suisse à la mer du Nord. Chacun n’est qu’un atome. Mais si tout va bien je vivrai, j’ai confiance. Je garde tou­jours mon sang-froid; nous serons bien heureux, va, plus tard; dans quelques mois, nous en achetons bien le droit. Je n’ai pas vu notre enfant, je veux le voir et j’ai l’intime conviction que je le verrai. Il le faut bien, n’est-ce pas?
Garde mes lettres, si je ne revenais pas, elle pourra les lire plus tard, elle saura que son papa l’a bien aimée.
Fais que notre enfant soit digne de toi et de ses grands­ parents: elle n’aura pas à rougir de son nom, dis-lui bien que si j’ai pu tirer dans ces affreux moments c’était par nécessité mais que je n’ai jamais sacrifié une vie inutilement, que je réprouve ces meurtres collectifs, que je les considère comme pires que des assassinats, que je n’ai haï que ceux qui les ont voulus.
Enseigne-lui à être bonne et simple. Au fur et à mesure qu’elle grandira et pourra te comprendre, instruis-la en tout, ne crains pas de lui parler des laideurs de la vie, qu’elle ne soit pas désarmée et qu’elle ne fasse souffrir personne. Ne tolère jamais chez elle la médisance. Je voudrais qu’elle puisse faire de la musique et des langues étrangères, sans cela on n’est que des êtres incomplets. Mais pourquoi te dire tout cela, tu le sais aussi bien que moi et puis nous serons bien là tous les deux. En attendant mon retour, aime-la beaucoup, doublement pour toi et pour moi et fais­ moi vite savoir son nom. J’aimerais bien une Lucienne, Yvonne, Marguerite, Marcelle, Germaine…
Que sais-je, ou bien donne-lui un prénom anglais, il y en a de gentils.
Mais c’est déjà fait, je l’aime sous n’importe quel nom. Il me tarde de le savoir, c’est tout.
Que je voudrais être près de toi pour te soigner moi-même, pour la dorloter et dire qu’après mon retour il me faudra encore vivre loin d’elle, mais l’espoir de la conserver sera plus ferme. Je suis fou. Je m’arrête d’écrire pour dire que j’ai une fIlle. « J’ai une fille. » Que c’est bon à dire: je la
vois déjà grandelette, il me semble la voir lorsqu’elle revien­dra de classe avec toi.
Vois-tu, si je ne reviens pas, j’aurai vécu toute sa vie. Il me semble déjà la suivre dans la vie. Mais lorsque cette lettre t’arrivera, que sera-t-elle?
Si tu étais à Paris je me ferais porter pour la voir.
S’il était possible d’en avoir une photo…
Que je voudrais la voir toute, toute petite! Si tout va bien, tu dois être bienheureuse: donne-toi tout entière à elle;
c’est à elle que tu te dois désormais, si je te manquais, tu n’aurais plus qu’elle pour adoucir ta vie: une mère et sa
fIlle lorsqu’elles s’aiment ne doivent et ne peuvent jamais être malheureuses.    ,
Vous causerez de moi, mais je serai avec vous. Elle a bien besoin d’un petit frère pour la taquiner un .Reu. Je suis content que ce soit une fillette. Il est plus difficile de lui faire une situation; mais au moins elle n’est pas appelée à voir les horreurs qu’un homme peut voir. Je doute que les
nations soient assez sages pour aller après cette guerre, résolument au désarmement et à une paix durable. La pau­
vre enfant est née en des heures bien tragiques.
N’es-tu pas née à peu près à cette époque de l’année?
Quel jour est-elle née, ton télégramme ne le dit pas.
Que l’on m’écrive longuement, J’attends vois-tu…..
Va, si je reviens, tu ne manqueras de rien, toi et notre enfant. Devrais-je pour cela me priver de tout et me faire terrassier en dehors des heures de classe. Si la fatalité vou­lait que je meure sans te revoir, sans la voir, sois ferme: toutes les forces ont un fruit.
Tu n’y as jamais songé n’est-ce pas, mais lorsque je pense à tout ce que j’aurais pu faire pour toi et que je n’ai pas fait!
Ne parlons plus de cela, tu me tirerais la langue coquine… Tu as toujours la robe que tu as brodée l’hiver dernier: il te faudra la mettre l’été prochain.

Je te causerai encore longuement demain. Tu ne liras pas toute ma lettre à la fois, cela te fatiguerait. Jet’ écris allongé dans du foin, à la lumière d’une bougie. Je l’ai dit à Ferry, je l’ai dit au lieutenant. Joffre passerait je crois que je l’arrêterais pour le lui dire, mais il est loin quelque part vers le front, plus près des Boches que nous en ce moment.
Le 15 décembre.
Que devenez-vous à Laire ? Je n’ai pas dormi de la nuit, passant des plus vives inquiétudes aux espoirs les plus fous. Qu’il me tarde d’être à quelques jours d’ici pour avoir d’autres nouvelles, des détails. Je voudrais me figurer ce que vous faites en ce moment; je ne peux y arriver.
N’es-tu pas trop fatiguée? ne te laisse pas décourager.
Chez M… ont dû aller te voir; ne cause pas trop, éloigne les commè­res, on doit t’observer…
Fais-toi lire mes lettres, c’est trop pénible pour toi de les déchiffrer. J’écris mal, je suis mal installé pour cela.
Que je voudrais te faire de longues lettres si mes idées ne se brouillaient pas. Vois-tu, je vis en ce moment dans le même état d’esprit qu’en juillet, août et septembre 1910. Impossibilité de croire à un bonheur certain. Je t’ aimais bien à ce moment-là, je vous aime bien toutes les deux mais je suis loin de vous, je m’inquiète de vous deux. Je t’envie que tu aies pu la voir toi au moins… Je t’en veux presque. Il me faut fermer ma lettre. Embrasse notre chérie, embrasse nos familles pour moi.
Espère en mon retour.
A toi ma chérie, tout ce qu’un mari peut désirer de meilleur pour sa petite femme.

Marin GUILLAUMONT

Mourir à tous les niveaux...

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J'aurais pu mettre ce texte en préface de Kundalini...Parfaitement adapté.

 

"""Mourir, à tous les niveaux, c'est tout simplement abandonner de plein gré ce qui, en fait, ne nous appartient pas... le déguisement d'une fonction pétrifiante, les pouvoirs sur autrui, les peurs empruntées à une société, une culture, les croyances héritées ainsi que toutes les robotisations de l'âme et du corps.
La lumière vient plus souvent visiter ceux qui acceptent de mourir régulièrement à quelque chose que ceux qui se cachent dans le moule prédéfini et mécanique d'une existence. 
A chaque fois qu'un verrou tombe, une fleur s'épanouit quelque part... """

Daniel Meurois-Anne Givaudan

Création littéraire

 

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Rien ne nous appartient dans la création littéraire. Ni l’inspiration, ni le talent, ni la maîtrise, ni l’euphorie, ni le moindre mot. Il n’y a pas de liberté quand on s’aventure dans ce territoire. C’est lui qui dicte ses lois. Nous sommes les jouets de son humeur et de son immensité.
Qu’il devienne indifférent à notre présence et nous nous égarerons, comme des âmes littéraires en peine, qu’il devienne attentionné et nous nous envolerons dans les hautes sphères.

J’ai longtemps cogné contre les murs de la geôle quand « l’encrier » s’asséchait. Je ne le fais plus. Maintenant, je sais que les mots continuent à manigancer des histoires en secret, dans ma tête, sans se faire entendre, je sais qu’ils attendent d’être prêts pour jaillir. Je les laisse monter leur spectacle. J’attends que le rideau s’ouvre. Il finit toujours par s’ouvrir. L'inconscient est un faiseur d'histoires, un ajusteur de mots, c'est dans ce gouffre insondable que tout se crée. L'écrivain prend forme lorsque son humilité laisse l'inconscient remonter à la surface. On ne doit pas "vouloir écrire" mais juste "aimer écrire". La volonté est un étouffoir de l'inconscient littéraire. L'amour en est le tuteur. Quand on aime vraiment, on ne s'octroie pas la liberté de l'être aimé. Il en est de même avec les mots. Ils ne nous appartiennent pas. Ils sont comme ces chats de la maison qui passent près de vous sans vous accorder le moindre intérêt et qui parfois viendront se blottir sur vos genoux. On n'oblige pas un chat à s'asseoir sur ses genoux. On n'oblige pas les mots à se coucher sur une feuille. Ils n'auraient rien de beau à dire.

Pour sauver sa peau

Ils sont très nombreux aujourd'hui ces enseignants qui quittent l'enseignement. Pour sauver leur peau. 

Ce témoignage est un très bon état des lieux...Un de plus. 

Il arrivera dans quelques temps où l'éducation nationale n'aura plus assez de candidats pour pourvoir les postes, pas uniquement dans quelques matières délaissées mais dans l'ensemble du parcours scolaire, de la maternelle à l'université. 

Les structures privées ont de beaux jours devant elles. Je n'ai rien contre elles.

C'est juste le constat amer d'un instituteur de campagne qui voit mourir à petits feux l'école publique qu'il aimait.

 

CHARENTE

"POURQUOI JE VEUX QUITTER L'ÉCOLE": LE TÉMOIGNAGE POIGNANT D'UNE INSTIT AU BOUT DU ROULEAU

   

photo d'illustration

Majid Bouzzit

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Par charentelibre.fr, publié le .

Elle a 31 ans, elle est enseignante en Charente depuis huit ans, essentiellement dans des classes composées d'enfants souffrant de troubles de l'apprentissage. Elle nous a adressé son témoignage, qui raconte son quotidien dans une classe spécialisée, où elle côtoie des élèves violents qui n'ont pas dix ans. Elle explique également pourquoi elle a l'intention de quitter l’Éducation Nationale  La vague de témoignages et de dénonciations qui est née depuis quelques jours avec le #pasdevague l'encourage à parler à son tour.

Un rêve de gamine

 Après avoir passé presque 20 ans côté élèves, je suis passée en 2010 côté bureau. C’est moi qui écris désormais au tableau.

Depuis toute petite, je voulais être maîtresse (ou écrivain, ou pâtissière). Je faisais la classe à mes peluches ou à ma soeur, je faisais exprès d’écrire des exercices, et de me tromper, de faire des fautes, pour pouvoir corriger en rouge. Au cours de ma scolarité et de mes études, j’ai parfois envisagé de faire autre chose (notamment historienne), mais d’une part quand on est littéraire on ne nous suggère pas beaucoup d’autres débouchés que l’enseignement, et d’autre part je suis toujours revenue à l’idée que je voulais être maîtresse.

En tant que fille de prof (de français et latin au collège), entourée des amis de mes parents dont beaucoup étaient profs aussi, je pensais avoir une vision assez précise de la réalité de ce métier. De fait, je ne m’imaginais pas la classe comme un lieu tout beau, tout rose, où l’enseignant sort son savoir et le déverse passionnément dans la tête de ces petites têtes blondes avides d’apprendre, pleines de révérence et de gratitude (et l’enseignant, une fois sa classe terminée, ne rentrait pas tranquillement chez lui dès 16h30)… J’ai vu ma mère préparer ses cours, corriger ses copies, évoquer les difficultés du travail entre collègues, les relations parfois difficiles avec la hiérarchie, et les « cas » d’élèves difficiles qu’on ne sait pas comment toucher ou intéresser. Je n’étais donc pas complètement ignorante.
 Mais après presque 9 ans d’exercice (en primaire essentiellement), je sais que je ne veux surtout pas faire ce métier toute ma vie.

"Une première année en CLIS que j'ai adorée"


 Au début, malgré des moments difficiles, forcément, j’étais motivée et persuadée que je pouvais m’épanouir dans cette voie et aider des élèves. Je voulais « être utile », apporter ma pierre à la préparation de l’avenir et à l’éducation des futures générations, pouvoir tendre la main à ces enfants qui vivaient parfois des situations compliquées et essayer de leur offrir la possibilité d’une vie meilleure. Peut-on parler de vocation ? Peut-être, c’est un grand, beau et vaste mot pour désigner beaucoup de choses.
 Dès ma première année en tant que titulaire, j’ai été envoyée en remplacement en CLIS (des classes spécialisées pour des enfants présentant des troubles des apprentissages ; ces classes sont implantées au sein des écoles dites ordinaires car – en théorie – le handicap des enfants ne les empêche pas d’être mêlés aux autres élèves) pour plusieurs semaines, sans préparation particulière. J’étais terrifiée – rien dans ma formation ne m’avait préparée à ça ! Qu’est-ce que j’allais bien pouvoir leur dire ?
 Heureusement, ce remplacement de deux mois s’est très, très bien passé. Je suis revenue dans cette classe à plusieurs reprises cette année-là, et j’ai adoré. A tel point que j’ai demandé, à la fin de cette première année, à partir en formation pour me spécialiser et pouvoir enseigner en CLIS « pour de vrai ». Mais l’inspectrice de l’époque a estimé qu’il était préférable que j’apprenne d’abord à enseigner dans les classes ordinaires avant de me spécialiser. Et même si j’étais un peu déçue, je ne pouvais pas lui donner tort.

En Segpa: "j'ai fait de mon mieux"


Sauf que, grâce à la logique de l’administration, j’ai été envoyée l’année suivante en SEGPA dans un collège classé en ZEP (ou REP, ou…) – bref, des classes difficiles, avec des élèves en grande difficulté, proches du décrochage scolaire, à un âge où la parole de l’adulte doit surtout être rejetée, avec une majorité de garçons dont l’éducation et la culture ont tendance à valoriser le pouvoir masculin. Alors âgée de 24 ans, je n’étais pas tellement plus vieille qu’eux, je n’étais pas davantage formée que l’année précédente, j’étais à une heure de route de chez moi, et j’ai été prévenue trois jours avant la rentrée.
J’y ai passé un an, je ne sais pas trop ce que j’ai pu leur apprendre, mais j’ai fait de mon mieux. Tant que j’avais la tête dans le guidon, je n’étais pas trop sujette à l’angoisse ou au stress. Mais maintenant, avec le recul, quand je repense à cette période, j’ai un sentiment d’angoisse, la boule au ventre, je me sens oppressée… et je pense bien vite à autre chose.

Retour en Clis: "Nous faisions un très bon travail"

L’année suivante, j’ai enfin pu partir en formation pour enseigner en CLIS – il eût été malvenu de la part de ma hiérarchie de me refuser cette formation, de toute façon ! Cette année-là j’étais donc en poste dans une CLIS près de chez moi, dans une école que j’avais choisie, et je suis partie en formation par séries de plusieurs semaines. C’est aussi cette année-là que je suis tombée enceinte de mon premier enfant. J’ai passé l’examen final avec succès, et j’ai été titularisée sur ce poste. J’avais une super AVS, avec laquelle je m’entendais très bien, et nous faisions un très bon travail. Bien sûr il y avait des difficultés parfois, des élèves avec un comportement plus ou moins problématique, mais dans l’ensemble j’étais contente, motivée, heureuse de me lever le matin pour venir travailler.

Le premier gros incident


 L’année suivante, à mon retour de congé maternité, il y a eu un incident avec un de mes élèves : très violent, il a frappé, mordu, insulté, craché sur plusieurs de mes collègues et moi-même. Comme il était grand et costaud, nous devions nous mettre à quatre pour l’immobiliser à terre. L’inspecteur a fini par réagir seulement lorsque nous lui avons montré les photos de nos bleus et des marques de morsures, et que nous avons évoqué la possibilité de diffuser ces infos vers une audience plus large. L’élève en question a été orienté vers une structure plus adaptée et plus à même de l’aider – clairement dans un cas comme celui-ci, le scolaire n’est pas le point essentiel, il y a un gros travail éducatif et psychologique à faire avant, et ce n’est pas en CLIS que nous pouvons y arriver.


Un élève ingérable

L’année suivante, un autre élève est revenu dans ma classe. Je l’avais eu lors de ma première année, et je l’aimais bien. Mais là, il avait grandi, il était plus proche de l’adolescence, il était passé par un foyer pour jeunes, et il est apparu très vite que ce n’était plus le même enfant. Au bout de quelques semaines, il m’a donné des coups de pied, insultée, craché dessus. Il terrorisait les autres élèves (et en était très content). Il est arrivé que nous fermions la porte à clé pour l’empêcher de rentrer dans la classe alors qu’il avait décidé de semer la terreur chez les enfants. Heureusement que mon AVS et moi étions soudées, et que le reste de mes collègues était vigilant et prêt à intervenir. Lors d’une réunion, il a été convenu que cet élève ne serait scolarisé que le matin. Mais au cours de cette même réunion, alors que j’évoquais la difficulté que j’avais à gérer la classe lorsqu’il était là, et le fait qu’il y avait les autres élèves à accompagner, que je ne pouvais pas utiliser tout mon temps et toute mon énergie pour lui, l’inspectrice m’a fait comprendre, en gros, que je n’en avais que 12 et que j’étais formée pour ça, donc que je ne devais pas me plaindre (je schématise, mais c’est l’idée).
Je précise qu’il n’y a pas de cours d’arts martiaux dans la formation que j’ai suivie, qu’à aucun moment on ne nous a expliqué quoi faire face aux insultes et aux crachats, et qu’en CLIS les élèves ont des troubles des apprentissages – pas comportementaux.
 J’ai donc poursuivi l’année, la boule au ventre chaque matin lorsque je le voyais arriver, ne commençant à respirer que le midi lorsqu’il rentrait chez lui. Je redécouvrais ma classe et le plaisir de travailler avec mes élèves l’après-midi, et les élèves eux aussi étaient plus détendus et plus heureux lorsqu’il n’était pas là.

Menacée par un enfant de 7 ans

Il y a deux ans, c’est son petit frère qui est arrivé. Et qui semblait suivre le chemin de son grand frère, même s’il n’était pas encore violent. Provocateur, irrespectueux, perturbateur… Il regardait l’adulte (et en particulier la femme) avec mépris, il passait près de moi quotidiennement, plusieurs fois par jour, en me lançant « j’te tappe ! » avec un grand sourire, il m’a une fois tiré les cheveux… Il aurait eu les capacités d’être un très bon élève de CLIS, et aurait même pu suivre dans une classe ordinaire, mais le travail éducatif à faire avec lui était tellement important que le scolaire ne pouvait passer qu’après. Et en parallèle, un autre élève très difficile nous a été confié, dont la famille ne veut rien entendre quant à son comportement et ses difficultés sociales. Et bien sûr, ces deux élèves s’entendaient très bien.
 L’année dernière, un troisième est arrivé, dans la même lignée: 7 ans, mais déjà très violent, il vous regardait dans les yeux et levait son poing, prêt à vous frapper, et avec un grand sourire qui vous défiait et vous disait « alors, qu’est-ce que tu vas faire ? ». Sauf que cette année-là j’étais à nouveau enceinte, et qu’entre cet enfant prêt à frapper et moi il y avait mon ventre, avec mon bébé à l’intérieur. Lors d’une équipe de suivi pour évoquer la situation de ce garçon, la psychologue scolaire et les autres partenaires ont bien entendu la détresse de la maman, à la maison. Des propositions lui ont été faites pour lui venir en aide, à la maison. Pour l’école, par contre… Si, on m’a conseillé de lui donner moins de devoirs, ou pas du tout, parce que c’est une charge supplémentaire pour lui, une fatigue en plus (ce que je peux comprendre), et qu’à la maison la maman n’a pas à subir la colère de son fils contre l’école (ou quelque chose comme ça). On ne m’a en revanche pas dit quoi faire lorsqu’il frappe un adulte ou un autre enfant…

Une inspection difficile

Lors de mon inspection en 2017, l’inspectrice n’a pas aimé ma manière de travailler : je fonctionne énormément à l’intuition, à l’improvisation, j’ai très peu de documents de travail, j’ai tout dans la tête, et c’est vrai que du coup je n’avais pas grand chose à lui montrer. Or, dans l’Éducation Nationale, on est très paperasse. Vraiment beaucoup. Mais pas moi. Elle m’a donc reproché, si je raccourcis, de ne pas travailler assez. Le fait que mes élèves progressent, que deux d’entre eux réintègrent un cursus ordinaire (chose quand même plutôt rare), que des parents me disent avec un grand sourire que leur enfant aime venir à l’école et adore la maîtresse (alors qu’à cause de son handicap il était auparavant en souffrance), n’est pas suffisant. Il faudrait que je rédige des projets, des documents, des plans, des programmes, etc. alors même que ça ne me serait pas utile. Cette inspectrice m’a demandé ça, alors qu’elle n’avait pas su me soutenir face à un élève qui m’avait traitée de sale pute et m’avait dit d’aller me faire enculer avant de me cracher dessus.


Une agression très violente

Il y a quelques mois, alors que mon congé maternité s’approchait de la fin, j’ai vu réapparaître cette boule au ventre, cette angoisse, cette oppression dès que je pensais à ma classe. Ce qui est dommage, c’est que la plupart de mes élèves sont adorables. Mais à cause de trois d’entre eux, je ne voulais pas y retourner.

J’avais envie de pleurer rien que d’y penser. Dès que je passais devant mon école j’avais l’impression de ne plus pouvoir respirer. Lorsque je suis allée présenter ma fille à mes collègues, j’ai dû m’obliger à y aller, à me garer devant, à passer la porte. Je n’avais pas envie de rentrer dans mon école, et encore moins d’y amener mon bébé.
 En juin, soit deux mois après ma reprise, l’enfant de 7 ans (8 à ce moment-là) a « explosé » dans ma classe. Il y avait eu plusieurs crises auparavant, au cours desquelles nous devions nous mettre à deux pour l’emmener hors du groupe. Cette fois, il s’est mis à balancer ses affaires, à retourner sa table, à taper partout… Il m’a ensuite frappée avec une règle. A ce moment-là mon collègue et moi avons saisi chacun un bras, mais nous avons reçu de nombreux coups de pieds et griffures, dont je garde encore les marques plusieurs mois après. Puis l’élève m’a craché au visage à deux reprises. Mon réflexe de défense a été de le gifler. Je ne m’en suis pas cachée lorsque nous avons relaté l’incident à l’inspecteur et aux parents. Les parents ont compris, et l’inspecteur m’a conseillé de bien insister sur le fait que je ne fonctionnais pas comme ça d’habitude, que c’était un réflexe, etc. A la limite, j’aurais dû m’excuser. A quel moment a-t-on demandé à cet élève de s’excuser pour m’avoir craché dessus et frappée avec une règle ?


L'escalade

Cette année, et malgré le fait que l’un des trois élèves soit parti, nous étions arrivés à saturation à peine trois semaines après la rentrée. L’enfant de 8 ans, dès la première semaine, a fait de nouvelles crises. Mais il fallait attendre, que les aides demandées soient mises en place, que les réunions se fassent, que… Pendant ce temps, l’école se débrouille. Mes collègues ont la gentillesse de l’accueillir à certains moments dans la semaine. Il est déscolarisé à d’autres moments.

Mais cela ne suffit pas. En plus de sa violence, cet enfant semble avoir une obsession pour le domaine sexuel. Il n’hésite pas à toucher les fesses des adultes, il embrasse mon image sur la photo de classe, évoque quotidiennement la maîtresse en maillot de bain, le fait que je fasse des bisous avec mon mari, que nous dormions dans le même lit… Il m’a proposé de lui « sucer la bite ». Il a essayé de m’embrasser en me tenant les mains, a suggéré que nous allions faire l’amour dans les toilettes, et lorsque j’ai essayé de le repousser il a menacé de me frapper. Le même soir, je me faisais agresser par un parent d’élève – cet élève particulièrement perturbateur et épuisant, mais dont la famille ne veut rien entendre.


De moins en moins de moyens

Nous faisons des écrits, des rapports. Mais pour que la machine administrative se mette en route, il faut attendre. Les psychologues scolaires sont complètement débordés. Un autre poste a été supprimé sur notre secteur. Dans notre école une classe a été fermée, et les collègues peinent à accompagner tous les élèves comme ils en auraient besoin. Certains de mes élèves ne devraient pas être dans ma classe. Ils devraient être orientés vers les IME ou les ITEP – sauf qu’il n’y a pas assez de places, et qu’on en ferme encore. Du coup ces élèves restent chez moi, et ceux que je pourrais accueillir doivent rester en classes ordinaires. Tout le monde souffre, élèves et enseignants.

Car, soyons clairs, les enfants qui agissent comme cet élève violent sont en souffrance. Ils ne sont pas accompagnés comme ils en auraient besoin. Ils sont mal dans leur peau, ils ne se sentent pas à leur place, même dans une classe spécialisée comme la mienne. Mais sous prétexte d’inclure le handicap et de faire des économies, on détruit des structures (IME, ITEP, etc.) essentielles au développement de certains enfants. Et de fil en aiguille, cela met en péril la scolarisation de tous les élèves, même dans les classes ordinaires.


Des collègues débordés et sans soutien

Mon mari me dit que, plutôt que de quitter l’Éducation Nationale, je pourrais changer de poste, retourner dans les classes ordinaires ou en maternelle. Mais je n’en ai pas envie non plus. Mon dégoût de l’enseignement ne concerne pas seulement ma classe spécialisée.

Je les vois, mes collègues d’ordinaire, avec 25 ou 30 gamins par classe, à gérer du multi-niveaux, des élèves difficiles, des parents compliqués, des dossiers, des projets, des demandes de la hiérarchie qui ne fait rien pour les soutenir, des évaluations à n’en plus finir, des livrets, des réunions inutiles, des pseudo-formations qui font juste perdre du temps, des animations pédagogiques tellement éloignées de la réalité des classes, des programmes de plus en plus lourds, alors que les élèves ont de plus en plus de difficultés, des parcours et des éducations à… à mettre en place par-dessus, des réformes tous les 3 ans imposées par des personnes qui n’ont jamais mis les pieds dans les classes d’aujourd’hui, mais présentent la chose comme révolutionnaire et permettant de régler tous les maux de l’Éducation Nationale (ont-ils seulement consulté les premiers concernés?…

Je vois leur teint pâle et leurs yeux cernés dans les semaines avant les vacances (vacances que l’opinion publique nous reproche si souvent, tout comme nos horaires indécents, la stabilité de notre emploi de fonctionnaire, et notre salaire confortable qui tombe tous les mois ; mais vraiment, ces enseignants qui font tout le temps grève, de quoi se plaignent-ils ?)… Je les entends parler de mercredi, de samedi ou de dimanche matin, quand ils sont revenus travailler ; de la deuxième semaine des vacances où ils ont mis à jour leurs progressions, refait leurs séquences, mais quand même ils ont bien profité de la première semaine pour se reposer ; de lundi soir quand ils ont préparé le projet de littérature avec la collègue de CE1, et qu’ils ont quitté l’école à 20h, alors que le collègue de CM2 était encore là. Et je lis aussi ces témoignages, de plus en plus nombreux, de profs agressés, de profs en dépression, d’enseignants en burn-out…

Et je me dis que non, je ne veux pas retourner en ordinaire. Je veux me protéger, quelque part aussi protéger ma famille et mes enfants. Il vaut mieux que je parte tant que l’école ne m’a pas complètement rendue malade (j’éprouve déjà très souvent des angoisses inexplicables, que je n’avais jamais éprouvées auparavant), et tant que je suis encore convaincue que je peux faire autre chose de ma vie.

"J'admire ceux qui gardent la foi"

Beaucoup d’enseignants sont persuadés de ne rien savoir/pouvoir faire d’autre. C’est complètement faux, bien sûr, dans notre métier on a tellement de casquettes différentes, qu’on développe énormément de compétences qui nous seraient utiles dans d’autres voies. Mais nous sommes formatés, conditionnés à penser que lorsqu’on rentre dans « la grande famille de l’Education Nationale », c’est pour la vie. Et c’est vrai aussi que quitter le statut de fonctionnaire, c’est prendre un risque. Mais finalement, le risque pris en partant est-il plus grand que celui qu’on prend en restant ?
J’admire ceux qui gardent la foi, qui croient en l’avenir de l’Education Nationale. Quelque part, j’ai l’impression de déserter le front, de laisser les autres patauger seuls et faire ce qu’ils peuvent pour les générations futures, d’abandonner mes collègues et ces élèves que je pourrais aider. Je trouve aussi regrettable d’avoir laissé s’échapper ma motivation, je culpabilise pour tous ces enfants que je ne pourrai pas aider, parce que le système éducatif tel qu’il est ne m’en donne pas les moyens.

Je suis frustrée, de ne pas avoir réussi à aider ces élèves si difficiles, mais si mal dans leur peau. J’ai un sentiment d’échec et de lâcheté. Après tout, je suis bien contente que des enseignants fassent classe à mes propres enfants. Même si je me demande de plus en plus si je ne devrais pas chercher une alternative. Ai-je envie qu’elles suivent un système éducatif dans lequel moi-même je n’ai plus confiance ? Ai-je envie qu’elles soient confrontées à des élèves comme les miens ?
Mais je vis ma vie pour moi, aussi. C’est de ma santé mentale et physique qu’il s’agit. Je ne suis pas une sainte, ni une martyre, je ne recevrai pas de médaille pour mon sacrifice. Je ne veux pas continuer à assister au sabordage de l’École, et encore moins de risquer de sombrer avec elle.

CHARENTE EDUCATION NATIONALE ACTUALITÉ

KUNDALINI dans un concours.

Thierry Ledru a partagé une publication.

1 h · 

De retour d'une semaine en Lozère, je découvre les résultats du concours et je suis impressionné et comblé par le nombre de participants, le nombre de partages et de "like". 
Encore plus heureux quand "SpiriVie" me transfère le commentaire de la première lectrice sur ma boîte mail :

 

 

"Bonjour Gaëlle

Merci pour ce fabuleux cadeau !
J'ai téléchargé le logiciel pour la lecture de cet ouvrage ce matin et j'ai commencé à lire ce livre quelques pages.
Thierry LEDRU est extraordinaire.
Je suis totalement connectée à son âme qui exprime sa puissance divine.
Son récit me prend les tripes. La préface de Nathalie VIEYRA est exceptionnelle et d'une grande profondeur. Elle invite le lecteur à entrer dans ce récit bouleversant qui nous embarque tel un tsumani dans nos blessures d'âmes ! 
J'ai eu un très fort ressenti au niveau du plexus solaire et de la gorge qui se sont noués.
Ca ne m'étais jamais arrivé de manière aussi consciente et surprenante en une fraction de seconde.
Cela fait 40 ans que je n'ai pas lu de romans tellement ils ne correspondaient pas à ce que je pouvais ressentir.
Ce livre sera un best-seller à ne point en douter et je l'espère vivement.
Je l’achèterai en plusieurs exemplaires pour l'offrir pour Noël, c'est certains !
Encore un très très grand merci à vous et à Thierry LEDRU !
Merci pour ce magnifique partage et pour m'avoir sélectionnée !
Gratitude à la Vie, à l'Amour, à l'Univers, à Thierry LEDRU et à Vous !

L’image contient peut-être : texte

SpiriVie - les rendez-vous de la Vie Spirituelle

26 octobre, 16:00 · 

RÉSULTATS DU JEU CONCOURS
Merci à tous et toutes d'avoir été si nombreux à participer pour gagner l'ebook du nouveau roman de Thierry Ledru "Kundalini, l'étreinte des âmes". Nous aurions aimé pouvoir vous offrir à tous le livre mais ce n'est pas possible mais vous pouvez le commander en suivant ce lien : 
https://www.editionsdu38.com/hors-collection/kundalini/

VOICI LES 10 GAGNANTS ! 

...

"Au cœur de la Kundalini"

 

 

Ce documentaire a été mis en ligne le 10 octobre. Je le découvre ce soir.

Etrange coïncidence. 

Je suis heureux d'entendre certains témoignages en pensant à certains passages de "Kundalini"... Je pense que l'écrit est assez  proche de la réalité. Même si cette réalité dépasse l'entendement.

 

 

 

 

Yoann TV Conscience

10 octobre, 16:51 · 

AU COEUR DE LA KUNDALINI

C'est avec une grande joie que je vous présente le documentaire très attendu "Au cœur de la Kundalini" sur lequel je travaille depuis un an.

Face à cette manifestation particulièrement puissante, je me souviens avoir regretté le manque d'explications et de témoignages sur le sujet, rassemblés au cœur d'une même vidéo.

C'est à partir de ce constat que l'idée a émergé de me charger de la création du support que j'aurais voulu avoir à disposition pour m'éclairer. J'espère de tout cœur qu'il saura répondre au mieux à vos interrogations.

Le tournage et le montage ont été entièrement financés par mes fonds personnels. Il était néanmoins très important pour moi de vous le maintenir totalement gratuit, afin que chacun d'entre vous puisse y accéder, sans exception.

Il a simplement été décidé de mettre à disposition un espace pour ceux qui souhaiteraient exprimer leur gratitude :

https://www.paypal.me/ytvconscience

Votre soutien permet de maintenir le libre accès et la gratuité de ce type de documentaire.

Chaque don est une véritable bénédiction.

Un grand merci à tous.

Yoann

Avec la participation de :

- François Breton : http://holosynergie.com/
Holosynergie

- Caroline Gauthier : https://aunomducorps.fr/
Au Nom du Corps - Vivre sa Nature

- Diane Bellego : https://tantradianebellego.com/
Tantra Diane Bellego

- Jean-Luc Jeantieu : https://www.lavoieducoeur.fr/
Jean Luc Jeantieu

- Tiphaine Bonnet : tiphaine.bonnet45@gmail.com
Tiphaine Bonnet

- Yoann Chaulet : www.conscience-je-suis.com
Yoann Chaulet Yoann TV Conscience