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  • Ecouter la nature

    Ici, dans la Creuse, il nous arrive très souvent de nous arrêter de marcher ou de courir et d'écouter. Et très souvent, il n'y aucun bruit humain, absolument aucun. À croire que même les lignes aériennes ne survolent pas le département. De la même façon, il nous arrive, lorsque nous arrivons dans un endroit surplombant de ne voir aucune trace humaine, ni maisons, ni routes, ni lignes électriques. Rien que de la forêt, c'est à dire l'inverse de "rien". Une des raisons pour laquelle nous avons quitté la Savoie. Le silence n'y existe quasiment plus, même sur les sommets, la rumeur des vallées empoisonne les lieux et les lignes aériennes y pullulent. 

      

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    Éco-acoustique : enregistrer les sons de la forêt pour y étudier la biodiversité

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    ENVIRONNEMENT

    Éco-acoustique : enregistrer les sons de la forêt pour y étudier la biodiversité

    Jérôme Sueur, enseignant-chercheur au Muséum national d'Histoire naturelle à Paris

    ©Frederic Sebe

    15/03/2020 - Mise à jour 22/05/2020

    Connaissez-vous l’éco-acoustique ? Cette méthode d’écoute de la nature a pour objectif de tirer des informations sur l’écologie des espèces animales via des enregistrements. Jérôme Sueur, enseignant-chercheur au Muséum national d’Histoire naturelle à Paris, nous éclaire sur cette discipline.  

    L'éco-acoustique est un travail d'étude à partir d’enregistrements sonores : pouvez-vous m'expliquer en quoi cela consiste ? 

    Nous enregistrons de manière globale les environnements sonores naturels avec des équipements automatiques que nous plaçons dans une forêt, un désert ou en milieu marin. Nous obtenons alors des enregistrements compliqués, avec beaucoup de sons qui s’entremêlent, et nous essayons de tirer des informations, notamment sur la présence des espèces grâce à la reconnaissance automatique sonore. Nous avons une autre stratégie qui est de ne pas forcément chercher à savoir quelles sont les espèces présentes, mais juste de compter le nombre de sons différents dans un enregistrement. Nous essayons de mesurer la quantité de son dans les enregistrements en supposant que plus nous avons de sons, plus nous allons avoir un milieu riche en termes de biodiversité. Notre troisième stratégie est encore plus globale : nous essayons d’attribuer une valeur mathématique à un enregistrement via un indice acoustique qui représente la complexité et l’hétérogénéité sonore de l’enregistrement. Plus les valeurs vont monter, plus elles vont refléter une complexité sonore et potentiellement une complexité biologique et écologique. 

    Nous essayons de rechercher des sons rares, dus à des animaux de passage très discrets comme le lynx, le loup ou encore, dans le Jura, le grand tétra qui est un oiseau emblématique difficile à observer.

    En quoi le son est un outil efficace voire plus efficace que d’autres médiums pour étudier cette biodiversité ? 

    Le son possède pas mal d’avantages, nous pouvons enregistrer de manière assez facile sans être là. Nous installons des magnétophones dans des milieux et nous nous en allons. Les enregistreurs peuvent fonctionner de manière automatique comme nous le désirons, de manière continue, irrégulière, uniquement la nuit ou le jour... Ce qui crée un pouvoir d'échantillonnage assez important. Pendant que je vous parle, nous avons des enregistrements qui se font en forêt tropicale et dans le Jura : nous acquérons énormément d’observations sans être présents. Cela nous permet aussi d'étudier les échanges gazeux dans l’eau, la respiration des plantes par exemple… 

    Qu’est-ce que la respiration des plantes ?

    Les plantes ont une fonction de respiration et dégagent des bulles qui remontent à la surface et font des petits sons assez jolis avec des modulations de fréquence. Potentiellement, nous pouvons enregistrer ces sons et en sortir des informations sur la physiologie des plantes.

    Avez-vous fait des découvertes remarquables, insolites, surprenantes grâce à cette nouvelle science ? 

    L’idée est que nous arrivons à inscrire des données qui permettent de suivre les milieux, quels qu’ils soient. Nous n’avons pas découvert de sons extraordinaires pour le moment. Nous essayons de rechercher des sons rares, dus à des animaux de passage très discrets comme le lynx, le loup, ou encore, dans le Jura, le grand tétra qui est un oiseau emblématique difficile à observer, que nous ne devons pas déranger. Grâce à ces magnétophones et aux techniques de reconnaissances automatiques, nous espérons pouvoir suivre les populations de grands tétras que nous pourrons espionner. 

    Avez-vous une photographie globale de ce que fait le Muséum en matière d’éco-acoustique ? Combien êtes-vous à travailler sur le sujet, où sont vos spots d’enregistrement ? 

    Au Muséum, nous travaillons en éco-acoustique depuis une dizaine d’années. Nous avons développé une petite équipe de recherche avec quelques permanents et des doctorants, des post-doctorants et des étudiants en master. Nous menons plusieurs projets dans deux gros sites de référence : le Haut-Jura avec le parc naturel dans une forêt froide, la forêt du Risoux, qui est à la frontière avec la Suisse, et un autre site en parallèle en Guyane, complètement différent car c’est une forêt chaude. Dans ces deux projets, nous avons pour objectif de suivre les modifications possibles du paysage sonore au cours du temps, sur une quinzaine d’années. Des projets à long terme difficiles à mettre en place, car il faut prévoir le vieillissement du matériel des équipes de recherche et toutes les données cumulées sur le long terme qu’il va falloir étudier. 

    Tous ces environnements sonores sont fortement pollués par les activités humaines, notamment les transports...

    Il y a t-il un volet pédagogique pour les citoyens ? Entendre la nature peut-il être un levier d’engagement pour la transition écologique ?

    Nous n’avons pas vraiment d’activité de sensibilisation, même si nous le faisons en communiquant sur notre recherche. J’ai un étudiant en Guyane qui travaille sur la sensibilisation des jeunes à la diversité des paysages sonores. Il est certain qu’il est facile de sensibiliser le grand public en faisant découvrir ces paysages sonores, en titillant leurs tympans et en leur faisant prendre conscience de la diversité des sons que nous pouvons percevoir dans des milieux finalement accessibles. Il y a toute une diversité que nous essayons de rendre accessible, celle que nous retrouvons sous l’eau par exemple. Nous sommes parfois surpris lorsque nous mettons un hydrophone dans des zones humides même en région parisienne, il y a toute une diversité sonore qui est très peu décrite et connue, qui reste donc à analyser et à comprendre.

    Pouvons-nous, en ligne ou au Muséum, effectuer des voyages acoustiques pour se plonger en Guyane ou ailleurs ?

    Oui tout à fait. Le Muséum propose une sonothèque, des sondes de la nature avec un site en ligne où nous pouvons avoir accès à des dizaines de milliers d’enregistrements réalisés dans le monde entier où toutes les espèces chantent en même temps. Il y a aussi une très forte activité d’audio-naturalistes, des personnes qui vont enregistrer dans la nature sans avoir forcément de questionnements scientifiques mais plutôt un souci d’ordre esthétique. Nombreux sont les blogs où nous pouvons écouter leurs réalisations. Beaucoup d’artistes se saisissent aussi de ces matériaux qu’ils vont enregistrer eux-même directement et qui produisent des installations et créations sonores autour de la nature. 

    Avez-vous étudié la pollution sonore ?

    Tous ces environnements sonores sont fortement pollués par les activités humaines, notamment les transports, et participent au déséquilibre que nous pouvons observer dans la composition de ces paysages sonores. Il est très difficile d’enregistrer en métropole plus d’une minute sans avoir un bruit d’avion, c’était notamment le cas dans le Haut-Jura. Nous avons fait une analyse sur 1 an : sur les 140 000 fichiers que nous avons obtenus, il y en avait 75 % avec des bruits d’avion. Tous ces bruits impactent le comportement des animaux, le paysage sonore. Malheureusement, même les espaces naturels protégés sont impactés par des bruits d’origine humaine, notamment par le trafic aérien. 

    Une interview réalisée en partenariat avec France Inter : pour écouter la chronique Social Lab, c'est par ici :

     

     

  • "Terre des hommes" Saint-Exupéry

     

    La foi en la technologie.

    Autant, il est indéniable qu'elle a considérablement amélioré nos conditions d'existence, autant, il me semble que nous arrivons à une époque charnière.

    Qu'en est-il de l'éthique et du principe de précaution ? 

    La fuite en avant n'est jamais autre chose qu'une fuite et il se pourrait que nous devenions des "barbares". 

     

    « Nous sommes tous de jeunes barbares que nos jouets neufs émerveillent encore »

      

    SOCIÉTÉ

    Avatar photoLa Rédaction

     20 novembre 2019

    https://www.dirigeant.fr/societe/nous-sommes-tous-de-jeunes-barbares-que-nos-jouets-neufs-emerveillent-encore/

    Poster issu de la Don Thomas Collection – San Diego Air and Space Museum Archive

    Dans ce texte devenu un classique, Antoine de Saint-Exupéry raconte son rapport à la technique, à l’outil. Une confiance en l’avenir qui s’est perdue depuis…

    « L’usage d’un instrument savant n’a pas fait de toi un technicien sec. Il me semble qu’ils confondent but et moyen ceux qui s’effraient par trop de nos progrès techniques. Quiconque lutte dans l’unique espoir de biens matériels, en effet, ne récolte rien qui vaille de vivre. Mais la machine n’est pas un but. L’avion n’est pas un but : c’est un outil. Un outil comme la charrue.

    Pour saisir le monde d’aujourd’hui, nous usons d’un langage qui fut établi pour le monde d’hier.

    Si nous croyons que la machine abîme l’homme c’est que, peut-être, nous manquons un peu de recul pour juger les effets de transformations aussi rapides que celles que nous avons subies. Que sont les cent années de l’histoire de la machine en regard des deux cent mille années de l’histoire de l’homme ? C’est à peine si nous nous installons dans ce paysage de mines et de centrales électriques. C’est à peine si nous commençons d’habiter cette maison nouvelle, que nous n’avons même pas achevé de bâtir. Tout a changé si vite autour de nous : rapports humains, conditions de travail, coutumes. Notre psychologie elle-même a été bousculée dans ses bases les plus intimes. Les notions de séparation, d’absence, de distance, de retour, si les mots sont demeurés les mêmes, ne contiennent plus les mêmes réalités. Pour saisir le monde d’aujourd’hui, nous usons d’un langage qui fut établi pour le monde d’hier. Et la vie du passé nous semble mieux répondre à notre nature, pour la seule raison qu’elle répond mieux à notre langage.

    Chaque progrès nous a chassés un peu plus loin hors d’habitudes que nous avions à peine acquises, et nous sommes véritablement des émigrants qui n’ont pas fondé encore leur patrie.

    Nous sommes tous de jeunes barbares que nos jouets neufs émerveillent encore.

    Il semble que la perfection soit atteinte non quand il n’y a plus rien à ajouter, mais quand il n’y a plus rien à retrancher.

    Notre maison se fera sans doute, peu à peu, plus humaine. La machine elle-même, plus elle se perfectionne, plus elle s’efface derrière son rôle. Il semble que tout l’effort industriel de l’homme, tous ses calculs, toutes ses nuits de veille sur les épures, n’aboutissent, comme signes visibles, qu’à la seule simplicité, comme s’il fallait l’expérience de plusieurs générations pour dégager peu à peu la courbe d’une colonne, d’une carène, ou d’un d’avion, jusqu’à leur rendre la pureté élémentaire de la courbe d’un sein ou d’une épaule. Il semble que le travail des ingénieurs, des dessinateurs, des calculateurs du bureau d’études ne soit ainsi, en apparence, que de polir et d’effacer, d’alléger ce raccord, d’équilibrer cette aile, jusqu’à ce qu’on ne la remarque plus, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus une aile accrochée à un fuselage, mais une forme parfaitement épanouie, enfin dégagée de sa gangue, une sorte d’ensemble spontané, mystérieusement lié, et de la même qualité que celle du poème. Il semble que la perfection soit atteinte non quand il n’y a plus rien à ajouter, mais quand il n’y a plus rien à retrancher. Au terme de son évolution, la machine se dissimule. »

     

    Antoine de Saint-Exupéry, Terre des Hommes, Gallimard, 1939, chapitre 3, « L’avion ».

     

  • "LE DÉSERT DES BARBARES" (5) : de l'amour à la folie

    C'est la question essentielle de cette histoire : Est-ce qu'il est fou de tuer par amour ou est-ce fou de laisser mourir l'être aimé ? 

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    CHAPITRE 26

    Théo et Laure avaient vérifié les armes, pris les sacs de survie, fermé toutes les entrées de la ferme puis ils avaient pris la route. Ils avaient rejoint la vallée de l’Isère par une piste forestière. Lorsque les arbres s’ouvraient et laissaient les regards plonger vers la vallée, ils distinguaient des incendies. Des flamboiements épars et simultanément l’absence totale de lumières électriques. Théo s’était arrêté sur un replat, il avait coupé le contact et il avait ouvert la vitre. Laure l’avait imité. Le silence. Aucun bruit, aucun moteur. Cette rumeur de l’activité humaine, ce ronflement permanent qui occupait la vallée habituellement, rien, il n’en restait rien. Théo n’avait jamais entendu ce silence. Même à la suite des plus forts enneigements, il restait toujours dans la vallée un fond sonore. Ce silence n’avait plus rien d’humain. C’était le silence d’un monde sans hommes.

    Ils traversèrent la rivière par le pont de Goncelin, le seul encore praticable. Les informations de son ami policier s’avéraient justes.

    Ils étaient sidérés par le spectacle des routes. Dans le faisceau des phares, ils apercevaient des carcasses de voitures incendiées, des maisons vandalisées, ils devinaient dans des ombres épaisses les usines calcinées, les hangars éventrés, les dépôts saccagés, des destructions généralisées, comme une armée dévastatrice qui serait passée, la terre brûlée des Barbares.

    « Je vais prendre le chemin de halage le long de l’Isère. Je ne veux pas traverser les villages, expliqua Théo.

    - Tu ne pourras pas éviter le passage à Theys, répliqua Laure.

    - Si, ne t’inquiète pas pour ça. Je connais toutes les pistes.  »

    La vallée du Grésivaudan, le versant de Chartreuse, le versant de Belledonne, la rivière de l’Isère entre les deux. Tous les villages de la vallée avaient subi les foudres des hordes sauvages, c’était une certitude. Les villages en altitude avait peut-être réussi à organiser la défense des habitants. Les pistes forestières permettaient de les éviter puis les pistes de ski les conduiraient au sommet des crêtes d’où ils basculeraient sur le versant de la vallée d’Allevard. Le 4X4 n’aurait aucun problème. Récupérer Yves et Lisette et revenir par le même itinéraire. C’est pour eux que le périple risquait d’être plus compliqué. Avec un simple fourgon, ils n’avaient pas d’autre choix que d’utiliser la départementale, traverser Allevard et les villages le long de la montée vers la station. Est-ce qu’ils passeraient ?

    Théo garda ses inquiétudes pour lui. Laure ne disait rien. Il sentait sa tension.

    Les pistes forestières étaient dégagées. Toutes praticables. Théo connaissait parfaitement la station des sept-Laux. Des heures de VTT, de trail et de ski de randonnée quand il était plus jeune. Le défouloir vital dans ses premières années de flic. Son engagement dans l’aménagement de sa base de survie l’avait éloigné des sommets.

    Les phares puissants du 4X4 ouvraient la route. Il avait replacé sur le capot, côté conducteur, un phare halogène orientable. Laure lui avait demandé pour quelle raison, il ne le laissait pas en permanence.

    « Parce qu’on me l’aurait volé à ma première descente en ville. Grenoble, c’est pas un coin fréquentable. Les journalistes qui disent que la montagne, c’est dangereux à chaque fois qu’il y a un mort en alpinisme ou à skis, franchement, je leur collerais volontiers des baffes. Qu’ils viennent passer une semaine en ville, ils auront une idée réelle de ce qui est dangereux. Il y a deux ans, j’ai demandé à une connaissance au ministère de l’intérieur de me filer toutes les statistiques sur les faits d’armes et violences. Normalement, ça ne sort pas des bureaux. Les chiffres dont on entend parfois parler sont faux. Ce sont des chiffres politiques. La réalité, personne n’en a idée. »

    Au passage du col, Théo arrêta le véhicule.

    « Dans dix minutes, on est au parking. J’avais compté une heure de marge. Mais je voudrais écouter ça encore. »

    Il coupa le moteur, éteignit les phares.

    Il ouvrit la porte et descendit.

    Elle le rejoignit et se blottit contre lui, le dos contre son ventre. Il l’enlaça.

    La nuit étoilée et les incendies dans la vallée. Des lueurs puissantes vers Grenoble.

    Et le silence. Si dense, si intense, si épais qu’il en coulait dans leurs poumons et ralentissait les respirations.

    « Le silence. Tu n’imagines pas à quel point, j’ai rêvé de ce silence. Je l’ai même espéré. Mais je ne pensais pas que ça pourrait arriver en aussi peu de temps. L’humanité est une entité fragile, ça fait longtemps que j’en suis convaincu. Elle est fragile parce qu’elle porte en elle une puissance destructrice qu’elle n’imagine même pas. L’humanité s’est étendue depuis des millénaires avec une réussite totale, elle a tout conquis, elle s’est tout attribué mais il y a un élément qu’elle ne maîtrise pas, c’est sa folie. La folie de chaque humain, elle est en nous, en toi, en moi, n’importe qui. Nous la contenons, individuellement. Non pas juste par respect des lois, par peur des sanctions, par peur des représailles mais parce que l’amour de la vie reste le maître. Mais maintenant, que la contamination est lâchée, les premiers fous libèrent les autres. Et la peur de la folie des autres réveille la folie de ceux qui ont peur. Rien ne peut arrêter ça. »

    Elle ne trouva rien à répondre parce qu’elle avait connu la folie, il y a longtemps déjà, dans une autre vie, dans un aéroport, puis la folie d’un homme au volant d’une voiture, juste pour un sac de billets, pour le pouvoir de l’argent, jusqu’à décider de tuer ses propres équipiers et une femme qu’il ne connaissait pas, qui ne lui avait rien fait. La folie cachée en chacun et qui parfois prend les rênes. Est-ce qu’elle risquait un jour de basculer ? Est-ce qu’elle pourrait perdre le contrôle ? Est-ce que ce monde de chaos pourrait l’envahir au point de devenir folle à son tour ?

    « Théo, il n’y a qu’une solution.

    - Oui, Laure, je sais ce que tu vas me dire. Enfin, je pense le savoir. L’amour, c’est ça ?

    - Oui, Théo, l’amour. Il faudra beaucoup d’amour.

    - Mais je pourrais tuer dix mille hommes pour te sauver. Est-ce que je serais fou pour autant ? »

    Elle se libéra de ses bras et se retourna. Elle devinait dans la clarté céleste l’intensité de ses yeux.

    «  Il serait préférable de n’être jamais confronté à cette question.

    - Nous le serons, probablement, toi comme moi. Un jour prochain, nous pourrons être obligés de tuer quelqu’un. Alors, je repose ma question. Serons-nous fous de le faire ? Et une autre question s’impose aussi. Est-ce que tu es prête à tuer quelqu’un pour me sauver, c’est à dire sauver l’amour que tu as pour moi ? »

    Elle posa la tête contre sa poitrine.

    « Oui. »

    Il posa les mains sur ses joues et leva son visage.

    « Et nous ne serons pas fous lorsque ça arrivera. Parce que c’est l’amour qui nous guidera. »

    Il l’embrassa, tendrement.

    Puis ils reprirent la piste.

  • Pénurie d'eau à venir.

    Les nappes phréatiques se trouvent à des niveaux « préoccupants » en janvier 2023 dans une grande partie de la France. (Illustration : station de Chamrousse, en Isère, en 2006, où la neige est absente)

    On est en plein hiver et les hydrologues alertent sur la sécheresse à venir. Il faudra s'en souvenir l'été prochain. Bien que ça ne changera rien au scénario. Juste pour rappeler en temps voulu à Louis XIV que tout le monde est au courant, sauf lui. 

     

    "Qui aurait pu prédire la crise climatique ?" : la petite phrase d'Emmanuel Macron agace les scientifiques

     

    Lors de ses vœux aux Français samedi soir, le chef de l'Etat a laissé entendre que le réchauffement climatique, dont les "effets spectaculaires" ont été bien visibles en France en 2022, était un événement inattendu. Le premier rapport du Giec sur le sujet date pourtant de 1990.

    https://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/crise-climatique/qui-aurait-pu-predire-la-crise-climatique-la-petite-phrase-d-emmanuel-macron-agace-les-specialistes-du-climat_

     

     

    https://www.huffingtonpost.fr/environnement/article/meteo-malgre-la-pluie-du-debut-d-annee-les-nappes-phreatiques-sont-a-sec-clx1_212907.html

    "Malgré les fortes pluies du moment, les nappes phréatiques sont à sec."

    Les pluies diluviennes apportées par les tempêtes Gérard et Fien comme les précédentes fortes précipitations de l’hiver seront insuffisantes pour combler le déficit en eau. Au point que le scénario de la sécheresse de l’été 2022 se profile déjà pour 2023.

    Des rivières à sec, de l’eau qui ne coule plus des robinets, des cultures assoiffées : les images de la sécheresse estivale en 2022 ont marqué les Français. Cet hiver, les épisodes de pluies diluviennes tombées fin décembre et depuis le début de la semaine avec les tempêtes Gérard et Fien devraient nous rassurer sur les réserves en eau pour l’été. Et pourtant…

    Malheureusement en effet, ces intempéries apparaissent bien insuffisantes pour faire remonter le niveau des nappes phréatiques, actuellement très déficitaires. « Le même scénario pour l’été 2023 qu’en 2022 est en train de se mettre en place », anticipe auprès du HuffPost David Labat, enseignant chercheur à l’Université Paul Sabatier à Toulouse.

    Des restrictions d’eau en plein hiver

    Rappelez-vous : la grande douceur de la fin d’année 2022 avait provoqué des trombes d’eau en France. Entre le 31 décembre et le 2 janvier, un mois de pluie s’était déversé sur la Bretagne par exemple. Et dans les Alpes, les pluies ininterrompues avaient fait fondre le peu de neige qui restait sur les pistes. Le début de l’année 2023 n’est pas en reste puisqu’il est tombé le 10 janvier, en seulement 24 heures, l’équivalent de trois semaines à un mois de pluie sur le massif des Pyrénées.

    Et pourtant, les nappes phréatiques se trouvent donc à des niveaux « préoccupants » dans la majeure partie des régions françaises, comme en a alerté, dans son dernier bulletin mensuel publié 13 janvier, le Bureau des recherches géologiques et minières (BRGM).

    « Les niveaux des nappes au mois de décembre sont peu satisfaisants. En effet, les pluies infiltrées durant l’automne sont très insuffisantes pour compenser les déficits accumulés durant l’année 2022 et améliorer durablement l’état des nappes », poursuit le BRGM, considéré comme la « météo des nappes ». Une agence publique qui se dit par ailleurs « assez pessimiste » sur la disponibilité de l’eau en 2023.

    Ni Gérard, ni Fien ne permettront de recharger les nappes

    Au 16 janvier, quatre départements sont toujours placés en vigilance sécheresse (l’Ille-et-Vilaine, le Jura, la Lozère et la Savoie) et huit sont en alerte ou en alerte renforcée, des statuts qui s’accompagnent de restrictions d’eau (l’Oise, les Deux-Sèvres, l’Ain, l’Isère, le Lot, le Tarn-et-Garonne, la Haute-Garonne et les Pyrénées-Orientales), selon le site gouvernemental Propluvia.

    Mais les tempêtes Gérard, puis Fien, survenues en France ces derniers jours avec leur lot de pluies, ne peuvent-elles pas changer la donne ? Malheureusement non, répond David Labat. « Lorsque vous avez des tempêtes, il va y avoir une saturation des sols. C’est exactement comme une éponge : lorsqu’elle est saturée, elle ne peut plus absorber d’eau. »

    « Il n’y a donc pas un écoulement vertical de l’eau qui permettrait de recharger les nappes », poursuit le chercheur de l’Université Paul Sabatier. « C’est le même principe avec les orages l’été : vous pouvez avoir 300 millimètres d’eau en quelques heures sans aucun effet sur le niveau des nappes », appuie encore le professeur en hydrologie.

    En clair, lorsque surviennent de telles intempéries, au lieu de s’infiltrer, l’eau ruisselle et provoque des inondations. Mercredi 18 janvier, les Landes et les Pyrénées-Atlantiques, où de fortes précipitations étaient attendues, étaient d’ailleurs toujours placées en vigilance orange par Météo-France pour « pluie-inondation ».

    Plus que deux mois pour inverser la tendance

    En plus de ces intempéries aux effets contre-productifs, l’extrême douceur de la fin décembre-début janvier n’a pas permis de constituer un stock de neige suffisant. « Ce stock permet d’ordinaire le remplissage des barrages qui régulent les débits d’étiage (la baisse saisonnière des cours d’eau, ndlr) pendant l’été », précise le chercheur qui s’attend à des sols très secs et à des débits très bas pour juillet-août 2023.

    Le même constat alarmant a été dressé par Pierre Pannet, directeur adjoint du BRGM lors d’un point presse organisé à la mi-janvier. Si la pluie continue à être aussi rare en 2023, « on arrivera à une situation bien pire que celle qu’on a connue en fin d’été 2022 » quand quasiment tous les départements métropolitains connaissaient des restrictions d’eau.

    Si la situation de l’eau souterraine en France est aujourd’hui moins favorable qu’à la sortie de l’hiver 2021-2022, il reste encore deux mois pour inverser la tendance. Pour cela, pas de recette miracle : il faut des pluies régulières. « En février et mars, nous aurions besoin qu’il pleuve de 20 à 30 millimètres tous les quinze jours », soutient encore David Labat. Après avril, il sera déjà trop tard, car le printemps pointant le bout de son nez, les pluies seront absorbées par la végétation bourgeonnante et ne laisseront aucune goutte pour les nappes.

    Plan d’action « eau » élaboré par le gouvernement

    Concernant les cultures, la situation hydrique est d’ailleurs très préoccupante dans l’Aude et les Pyrénées-Orientales où « l’indice d’humidité des sols est proche de 0. Oui, zéro, en janvier », comme le constate l’agro-climatologue Serge Zaka, dans un message publié sur son compte Twitter. Les pluies survenues depuis les 15 et 16 janvier ne sont « pas suffisantes pour combler le déficit mais cela permettra de soulager la faune et la flore sur les premiers centimètres du sol », relativise, un peu, le chercheur.

    Face à une année 2022 qui a été la plus chaude jamais enregistrée en France avec un déficit de pluviométrie frôlant les 25 %, le gouvernement élabore actuellement un plan d’action « eau » pour 2023. Il vise à « réduire les consommations d’eau et optimiser les prélèvements, mieux réutiliser les eaux usées et accélérer la réduction des fuites sur les réseaux d’eau ». Le détail des mesures sera annoncé le 26 janvier à Rennes lors d’un Carrefour des gestions locales de l’eau.

    « Le gouvernement n’a plus le choix : on doit entrer dans une ère de la sobriété de l’eau », abonde encore David Labat. L’hydrologue rappelle qu’avec le changement climatique, les sécheresses records ne vont cesser de se multiplier. « Une année comme 2022, très déficitaire, avait une chance sur 20 de se produire dans les années 80, aujourd’hui cette probabilité passe à une sur cinq. »

    https://www.huffingtonpost.fr/.../meteo-malgre-les-fortes...

    (publié par Cyrus Farhangi)

  • Le rapport Meadows (1972)

     

     

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    Il y a 50 ans, le rapport Meadows alertait sur les limites planétaires

    https://www.novethic.fr/actualite/economie/isr-rse/il-y-a-50-ans-le-rapport-meadows-alertait-sur-les-limites-planetaires-150665.html

    Publié le 20 mars 2022

    ÉCONOMIE

    IL Y A 50 ANS, LE RAPPORT MEADOWS ALERTAIT SUR LES LIMITES PLANÉTAIRES

     

    En 1972, des scientifiques du MIT publient "Les limites à la croissance", plus connu sous le nom de "rapport Meadows".

    L’ouvrage a eu a eu l’effet d’une bombe : pour la première fois, des chercheurs alertaient sur les risques d’une croissance économique infinie dans un monde aux ressources limitées. Il devient rapidement un best-seller avant de tomber aux oubliettes.

    Un demi-siècle après, le livre est devenu une référence, il est réédité dans une version augmentée.

    Denis Meadows Ok

    En 1972 le rapport Meadows a eu l'effet d'une bombe
    COO

    Le rapport Meadows fête ses 50 ans !

    Sorti en mars 1972, le livre est publié en France sous le titre "Les limites de la croissance (dans un monde fini)" coécrit avec Donella Meadows, son mari Dennis Meadows et Jorgen Randers. A l’origine, le rapport a été commandé par le Club de Rome aux trois scientifiques de la prestigieuse université américaine MIT. Le but était de s’interroger sur les limites de la croissance économique.

    La réponse est implacable : une société qui consomme et produit toujours plus, pollue aussi toujours plus et sera confrontée à la raréfaction des ressources. Ainsi, les scientifiques estiment que quels que soient les scénarios envisagés, la croissance infinie se heurtera nécessairement à des pénuries de matières premières. En 1972, ils estiment que le monde dispose de 50 ou 100 ans avant d’être confronté à un manque de ressources non renouvelables, à commencer par le pétrole, le gaz, les minerais ou même l’eau. Les auteurs de l’ouvrage conseillent donc aux dirigeants de réguler la croissance s’ils ne veulent pas assister à une multiplication des crises, des famines et même des guerres.

    En pleine 30 glorieuses, l'éphémère succès du rapport Meadows

    Lors de sa sortie, le livre fait un tabac mais le succès est éphémère.

    En pleine Trente glorieuses, les usines tournent à plein régime pour satisfaire les aspirations de la société de consommation. Dans ce contexte, une remise en question du modèle basé sur une croissance infinie du PIB est peu audible.

    "Quand j’ai fait cette étude, confie Dennis Meadows à France Culture, je n’avais que 29 ans, j’étais jeune et naïf, et je pensais que si je publiais mes recherches, on en tiendrait compte, on agirait en conséquence, comme quand on voit un iceberg en bateau et qu’on le contourne, c’était mon espoir. Mais voilà, 50 ans après, les dégâts s’empilent les uns sur les autres et nous entrons dans une ère de bascule".

    Les choses ont-elles évolué ? 

    "On compense la pénurie de ressources par de la dette, et on n'a pas fait ce deuil. Réinventer le business à l'aune des limites planétaires est inévitable", répond ainsi Fabrice Bonnifet, président du Collège des directeurs de développement durable (C3D). Certaines entreprises l'ont bien compris et "renoncent à faire du chiffre d’affaires pour ne pas polluer, elles sont entrées dans un monde de "post-croissance", souligne Geneviève Férone Creuzet, co-fondatrice de l’agence Prophil. "Il faut les encourager et faire évoluer les modèles".

    Même si l’idée d’un monde en "post croissance", plus sobre en ressources, fait son chemin, "les travaux de recherches sur ces thèmes sont plus nombreux mais ils restent encore minoritaires", indique Dominique Méda, directrice de l’Institut de Recherche Interdisciplinaire en Sciences Sociales (Iris). Les politiques sont également peu nombreux à s’emparer du sujet.

    La guerre en Ukraine pourrait faire bouger les lignes. Ce drame rappelle en effet la nécessité de réduire notre dépendance aux énergies fossiles et aux ressources naturelles. Les appels à plus de sobriété se multiplient, ils émanent de l’Etat ou encore des industriels eux-mêmes qui demandent à être rationnés.

    Il y a 50 ans, le rapport Meadows avait prédit ce scénario et conseillait aux dirigeants de ne pas courir après la croissance, reste à espérer que ces recommandations soient entendues.

    Mathilde Golla @Mathgolla


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  • "La permaculture, c'est quoi ?"

    Damien Dekarz

     

  • Permis de tuer

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    Voilà ce que représentent 428 croix.

     

    Plus de 400 personnes ont été tuées par des chasseurs en vingt ans

     

    « La parole se libère peu à peu. Les habitants paraissent de moins en moins enclins à supporter l’accaparement de l’espace par une minorité pratiquant un jeu mortel hors de toute raison. »

    14 novembre 2022 - Maïté Debove

    Forêts est le seul livre en France à faire un tour d’horizon aussi complet sur notre monde végétal. Intelligence et communication, protection des forêts, déforestation… bien d’autres sujets vous attendent pour vous émerveiller et vous donner une dose d’inspiration positive.

    - Thème : Intelligence et communication, protection des forêts, déforestation, santé…
    - Format : 300 pages
    - Impression : France

     

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    En France, 3403 accidents de chasse ont eu lieu et 428 personnes ont été tuées par des chasseurs en 20 ans. Le collectif Un jour un chasseur a rendu hommage aux victimes dans le manifeste Chasser tue (aussi) des humains, et demande des réformes rapides afin de véritablement enrayer le problème.

    Le collectif « Un jour un chasseur » est né du regroupement de plusieurs habitantes rurales, après la mort tragique de leur ami Morgane Keane. Ce jeune homme de 25 ans a été tué accidentellement par un chasseur le mercredi 2 décembre 2020, alors qu’il se trouvait à cent mètres de sa maison afin de couper du bois, dans sa propriété, dans le Lot.

    Elles ont décidé de s’atteler au difficile travail du ravivement de la plaie et de briser l’omerta afin de faire en sorte que ces tragédies ne se reproduisent plus. Le but est également de « libérer la parole des oubliés de la ruralité ». Les autrices rappellent que 21 millions de Français vivent actuellement à la campagne, dont une vaste majorité de personnes qui ne sont pas des chasseurs. 46 % des chasseurs vivent dans une ville de 20 000 habitants, dont 10 % à Paris.

    « Nous refusons d’accepter la banalisation de ces drames, que le terme “d’accident” vise à normaliser et à rendre supportable. Qu’ils provoquent la mort, des blessures physiques, ou entraînent des séquelles psychologiques, il est de notre devoir et de celui des autorités et du gouvernement de les dénoncer, de leur faire face et de ne surtout pas tolérer l’intolérable » expliquaient-elles dans une pétition lancée en septembre 2021

    Cette pétition demandait une meilleure sécurité et un plus grand contrôle de la chasse. En deux mois, elle avait reçu plus de 120 000 soutiens. Le collectif avait été reçu à la Haute-Assemblée en décembre.

    Lire aussi : Une pétition s’impose au Sénat pour mettre fin aux dérives meurtrières de la chasse

    Il avait alors formulé 5 propositions principales: arrêter la chasse le mercredi et le dimanche, donner une formation plus stricte aux chasseurs et renforcer les règles de sécurité, effectuer un contrôle des armes de chasse et comportements à risque, appliquer des sanctions plus dissuasives à l’encontre des chasseurs ayant provoqué des accidents mortels ou corporels, et libérer la parole et la reconnaissance des victimes de la chasse par l’Etat.

    A la suite de ça, une mission parlementaire sur la sécurisation de la chasse avait été mise en place. Le travail, rapporté par le sénateur de l’Ain LR Patrick Chaize, sous la présidence de Maryse Carrère, une sénatrice des Hautes-Pyrénées membre du groupe Rassemblement Démocratique et Social Européen, avait demandé 48h d’auditions de 70 personnes, avant d’être rendu public, ce mercredi 14 septembre 2022.

    Le rapport s’est avéré être extrêmement décevant pour le collectif. La co-fondatrice, Mila Sanchez, a estimé que le travail est loin d’être à la hauteur des préconisations des associations, alors que toutes les pistes étaient sur la table. Elle explique pour France3Régions :

    « Les deux seules choses sur lesquelles nous avons été entendus sont le seuil d’alcoolémie maximal, similaire à celui du code de la route, et l’obligation de fournir un certificat médical annuel comme pour tous les sports avec une arme. En revanche, nous n’avons pas été suivi sur l’interdiction de la chasse pour les mineurs. »

    Lire aussi : Chasser sous l’emprise d’alcool est toujours légal, une faille juridique dangereuse

    Un jour un chasseur reprend donc ses 5 revendications dans son livre, afin de promouvoir et d’avancer vers un véritable changement. Dans la préface, le naturaliste Pierre Rigaux note :

    « La parole se libère peu à peu. Les habitants paraissent de moins en moins enclins à supporter l’accaparement de l’espace par une minorité pratiquant un jeu mortel hors de toute raison. »

    Si les accidents ont diminué ces dernières années, le collectif a tout de même recensé 39 incidents depuis septembre 2022, dont 82 % ayant lieu le week-end. Outre la publication de son livre, le collectif continue ainsi son combat auprès des pouvoirs publics.

    «  Nos représentants ne répondent pas, ou n’ont pas envie de répondre aux attentes. On va contacter le ministère de l’Intérieur. Si ce n’est pas suffisant, on ira plus haut. Nous en réfèrerons à l’Union Européenne. »

    Lire aussi : En campagne, témoignages et actions se multiplient contre la tyrannie des chasseurs

  • Syndrome de Stockholm

     

     

    Syndrome de Stockholm

     

    Rémy C. Martin-Du-Pan

    https://www.revmed.ch/revue-medicale-suisse/2009/revue-medicale-suisse-201/syndrome-de-stockholm

    Il désigne la propension des otages ayant partagé longtemps la vie de leur geôlier à sympathiser avec eux et à adopter leur point de vue. L’histoire du syndrome remonte à un hold-up dans une banque commis à Stockholm en 1973 par deux évadés de prison qui prennent en otage quatre employés. Après six jours de négociation, ils libèrent les otages qui vont s’interposer entre les forces de l’ordre et leurs ravisseurs, qu’ils iront visiter par la suite en prison.

    Le syndrome est caractérisé par: 1) le développement d’un sentiment de confiance des otages vis-à-vis de leurs ravisseurs, dans la mesure où ces derniers arrivent à justifier leur acte; 2) la naissance d’un sentiment positif des ravisseurs envers leurs otages et 3) l’apparition d’une hostilité des victimes envers les forces de l’ordre.

    Il s’agit d’un phénomène paradoxal de fraternisation entre agresseurs et agressés, comme on l’a rencontré lors de la Première Guerre mondiale entre soldats français et allemands, justifiant le dicton qu’à la guerre on «devrait toujours tuer les gens avant de les connaître».

     

    Je réfléchis à quelque chose depuis quelque temps, c'est encore chaotique dans ma tête mais ça commence à prendre forme. Certains vont penser à la lecture de la suite que tout ça relève d'un pur délire mais tant pis.

    Il convient tout d'abord d'identifier les différents protagonistes.

    1) Nous sommes les otages, tous autant que nous sommes.

    2) Il n'y a pas de preneurs d'otages à proprement parler.

    3) Il convient de s'intéresser à la notion d'égrégore pour identifier « le preneur d'otages. »


     

    Wikipedia : Un égrégore (ou eggrégore) est un concept désignant un esprit de groupe constitué par l'agrégation des intentions, des énergies et des désirs de plusieurs individus unis dans un but bien défini.

    Dans le management, l'égrégore d'équipe est perceptible dans l'atmosphère d'équipe (ou la dynamique de groupe), qui peut être pesante ou enthousiasmante, étouffante ou inspirante. Il est affecté par l'état des relations et par l'adhésion profonde ou non de chacun dans le projet commun. Il résulte des moments vécus et constitue une dimension de la dynamique de groupe dont l'équipe peut prendre soin1,2.

    Dans l'ésotérisme, il s'agirait d'une force qui aurait besoin d'être constamment alimentée par ses membres au travers de rituels établis et définis.

    Le terme, apparu dans la tradition hermétiste, a été repris par les métaphysiciens, qui l'ont chargé d'un fort potentiel subversif.


     

    Autant cet égrégore peut avoir un effet positif lorsqu'il est associé à une élévation spirituelle, autant il peut devenir la source d'un conditionnement lorsque des intentions perverses le sous-tendent.

    Voilà le « preneur d'otages »

    Gurdjieff l'avait évoqué. « La plus dangereuse mécanisation consiste à être soi-même une machine. »
     

    Il me semble que la cassure entre l'humain et la nature est absolue, qu'il existe désormais une négation complète de l'univers du vivant et je ne vois pas la nature comme responsable de quoi que ce soit.

    C'est la mécanisation de l'existence qui porte en elle les causes de ce désastre. Une certaine forme de folie, d'aveuglement qui consiste à penser que l'homme est au-dessus de tout, qu'il possède le pouvoir, jusqu'à en oublier les lois naturelles.

    Les individus ( et j'en fais partie) sont mécanisés, extraits de leur lien avec la nature, ignorant des réalités, envoûtés par une idée de croissance agissant comme un aimant. Non seulement, la nature est ignorée mais la vie humaine elle-même est bafouée. Rien ne compte en dehors de cette course à la croissance.

    On joue avec des allumettes parce qu'on a construit des camions de pompiers. 

    Les humains sont donc de véritables machines travaillant seulement sous la pression d'influences extérieures.

    Les gouvernants, eux-mêmes, sont des machines. Ils ne sont pas des conducteurs de machines. Ils vivent eux aussi sous les influences d'égrégores qui les dépassent.
     

    Les connaissances qui sont développées depuis la révolution industrielle ne sont pas attachées à une voie spirituelle mais à une mécanisation des individus. La croissance est l'intention première.

    La médecine, par exemple, est de la mécanique. L'aspect holistique de l'homme est ignoré.

    La psychologie qui ne fonctionnerait pas en systémique est de la mécanique.

    L'environnement est d'ailleurs un mot très révélateur dans l'usage qu'on en fait actuellement. On considère à travers ce terme que la nature nous environne, ce qui revient à dire que nous n'en faisons pas partie, que nous nous en sommes extraits, que nous sommes des entités à part. L'environnement est ce qui est extérieur à nous. Consternant.

    Nous sommes d'ailleurs devenus nous-mêmes notre environnement étant donné que nous sommes autour de nous-mêmes et non dans une exploration de l'intérieur. Nous vivons hors de nous comme nous vivons hors sol, hors de la nature, hors de la réalité de la vie. 

    Nous sommes notre propre environnement parce que nous vivons dans une agitation mécaniste qui nous a privé de notre propre centre. Nous ignorons jusqu'à l'existence du noyau.


    Là où l'expression écologiste est encore plus absurde, c'est lorsque nous prenons en considération le fait que chacun de nos actes a un effet sur nous-mêmes en portant atteinte à cet "environnement".  Lorsque nous comprendrons que la disparition des orangs-outans est une atteinte à nous-mêmes, nous comprendrons qu'il n'y a pas d'environnement mais une unité absolue.

     

    Les scientifiques dénoncent l'acidité de plus en plus forte des océans et des dangers immenses que cela fait courir à toute la chaîne alimentaire. Comment est-il possible que les humains en viennent à ignorer la source de toute la vie ? 

    Sommes-nous donc condamnés à être des assassins jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien ?

    Oui, c'est bien de cela dont il s'agit. Nous sommes devenus des machines assassines parce que nous sommes les otages d'un égrégore que nous adorons.

    Le syndrome de Stockholm est d'une puissance redoutable. Il n'y a pas de rébellion mais une adhésion séculaire qui se transmet de génération en génération. La plus grande partie des otages refuse de rejeter l'égrégore. D'autant plus que la conscience d'être un otage n'existe pas. Tout le problème est là. Et lorsque cette conscience émerge, la puissance de la machine engendrée par l'égrégore réduit considérablement la possibilité de s'échapper. Les rebelles risquent même d'être confrontés à la vindicte des autres otages qui considèrent que cette rébellion est absurde, injustifiée, voire même qu'elle risque de les mettre en danger. Chaque otage est un rouage et ne doit pas s'extraire de la machine.


     

    Il me suffit de lire les commentaires d'articles concernant l'état de la planète sur les réseaux sociaux pour voir à quel point l'adhésion à l'égrégore archaïque est d'une puissance infernale.

    « En ce monde, nous marchons sur le toit et nous regardons les fleurs. » Kobayashi Issa.

    La coupe du monde de football est un élément de l'égrégore. Tous otages, tous complices, des rouages de la machine.

    Tout ce qui contribue à renforcer l'hégémonie de l'égrégore, sa pérennité, l'adhésion des petits d'hommes, l'éducation scolaire, la futilité et l'ignorance, le transfert de savoirs mécanistes, les désirs matériels, la puissance de l'avoir, tout cela relève de l'égrégore.

    Nous sommes des otages consentants.