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Le chemin de la nature : l'ortie

 

On en consomme beaucoup.

 

Le chemin de la Nature

 

La grande ortie (Urtica dioica L.) fait partie de la famille des Urticaceae.

On peut tout utiliser dans cette belle plante : les racines, les tiges, les feuilles et les graines.

L’ortie dioïque est une plante urticante. C’est une plante dioïque* herbacée vivace*, mesurant de 1,5 à 2 m, qui pousse en parterres et possède deux modes de reproduction : végétative* et sexuée*. 

La tige est carrée et velue. • Les feuilles sont opposées*, cordiformes*, dentées* et au pétiole stipulé*. • Les racines sont de deux types : en rhizomes* et pivotantes*

En cuisine, on récolte les jeunes pousses printanières et automnales ou les 6 dernières feuilles (qui sont les plus tendres). L’ortie se prépare de multiples façons, crue ou cuite. Elle entre dans la composition de très nombreuses recettes tel que le pesto, les quiches, les salades, les soupes, les jus etc...

Elle est l’une des plantes sauvages les plus consommées ce qui est une très bonne chose puisqu’elle est très nutritive. En effet, elle est très riche en protéines (8 g pour 100 g de feuilles fraîches et jusqu’à 40 g pour 100 g de feuilles sèches).

Le taux change en fonction du mois de l’année considéré : il atteindrait sa valeur maximale en avril et diminuerait jusqu’à atteindre 20 g pour 100 g en décembre avant d’augmenter à nouveau en janvier.

L’ortie contient des protéines “complètes”, c’est-à-dire constituées de tous les acides aminés essentiels au bon fonctionnement de l’organisme.

Concernant les feuilles fraîches, leur teneur est importante en provitamine A (5 mg pour 100 g soit 6 fois les AJR*), en vitamine C (238 mg pour 100 g soit 3 à 4 fois les AJR*) et en vitamine E (4,4 mg pour 100 g soit 100% des AJR*). Elles sont également très riches en minéraux et oligo-éléments comme le fer (8 mg pour 100 g soit 60% des AJR*), le calcium (630 mg pour 100 g soit 80% des AJR*), le potassium (410 mg pour 100 g soit 20% des AJR*) et le magnésium (71 mg pour 100 g soit 20% des AJR*)…

Cette composition leur confère des propriétés reminéralisantes, anti-anémiantes et anti-fatigue. Dans les feuilles sèches, le taux de minéraux varie également en fonction de la période, de l’exposition et du sol mais reste compris autour des proportions indiquées pour les feuilles fraîches.

Parties de la plante utilisées : sommités fleuries et racines Il n’y aurait pas assez de place ici pour décrire toutes les qualités de cette plante. En effet, ses propriétés sont riches et multiples .

• Les feuilles sont utilisées comme anti-inflammatoires* et diurétiques* notamment pour les divers problèmes cartilagineux tels que les rhumatismes*, la goutte* ou l’arthrose* mais aussi pour prévenir les lithiases* rénales. Les feuilles sont également considérées comme immunomodulatrices* et peuvent être utilisées en cas de rhinites allergiques. • La racine est indiquée en cas d’adénome* bénin de la prostate pour améliorer les troubles de la miction*. Les orties sont reconnues dans leur usage traditionnel pour de nombreux autres maux en externe comme en interne, tels que la chute de cheveux, l’acné, l’eczéma, les diarrhées ou les saignements.

> Alcoolature de racines

Préparation

Prélever les racines du début de l’automne à la fin de l’hiver. Les laver à grande eau pour enlever les résidus de terre. Préparer une alcoolature à partir de 50 g de racines fraîches d’ortie (finement tronçonnées en morceaux de 0,5 à 1 cm) pour 100 mL d’alcool à 45% vol.

Laisser macérer à l’abri de la lumière pendant au minimum 3 semaines dans un contenant hermétiquement fermé (privilégier le verre) en agitant tous les 2-3 jours.

Filtrer et conditionner en flacon compte-gouttes en verre ambré.

Stocker dans un endroit frais à l’abri de la lumière.

Utilisation : Pour un adulte, consommer 20 à 30 gouttes 3 fois par jour diluées dans un peu d’eau ou de jus de fruit dans le cas de troubles de la miction* d’origine prostatique (hypertrophie* bénigne de la prostate). Dans ce cas, la consultation préalable d’un médecin est importante afin d’écarter un trouble prostatique d’origine cancéreuse.

 

 

Le survivaliste

Je découvre ce blog aujourd'hui et j'adhère intégralement à la présentation qui est faite du survivaliste. C'est ainsi que je le vis et Nathalie aussi. 

 

http://lesurvivaliste.blogspot.com/p/presentation.html

lesurvivaliste

 

Tendre a une autonomie intelligente et durable, travailler et affirmer une indépendance des plus résolue…le survivaliste influence pragmatiquement et simplement les possibilités de son centre d'influence immédiat.

La tribu des Nez Percés du nord ouest Américain, était une des seule tribu qui ne mourrait pas régulièrement de faim pendant l'hiver. Les Nez Percés sont aujourd'hui plus connus pour l'élevage et la sélection du cheval Appaloosa, mais ce que je retiens principalement de leur mode de vie, est qu'il était fondé sur la prévoyance et la préparation.

Un survivaliste, est tout simplement une personne qui, comme le Nez Percé, est d'abord prévoyant.

Aujourd'hui, cette prévoyance n'est plus seulement liée a l'hiver ou toutes autres contraintes environnementales…aujourd'hui, le survivaliste doit prendre en compte la totalité de notre univers…univers devenu extrêmement complexe.

Cette complexité, est inévitablement source de dépendance.

Ce sont nos réseaux électriques, nos systèmes de distribution, nos énergies, nos économies, la production de notre nourriture…bref, tout ce qui, tel un ventilateur de soins intensifs, maintient la vie telle que nous la connaissons aujourd'hui.

Admettons-le, nos vies "civilisées" sont un labyrinthe de dépendances plus ou moins évidentes, plus ou moins importantes.

Le comportement d'un survivaliste est souvent interprété comme étant opposé a une vie simple et harmonieuse…comment pourrait il en être autrement ? Après tout, cet individu ne cesse de se nourrir de sphères qui tendent a la survie, au risque, a la catastrophe, a la préparation, a l'anticipation, a la négociation, a la gestion, a un matériel spécialisé, au manque et que sais-je encore…

Le fait est, que le mot "survivaliste" est sans aucun doute chargé et lourd d'une émanation médiatique, qui la plupart du temps se borne a un sensationnalisme déplacé.

Ces dernières années, d'autres termes moins controversés comme "prepper" (individu se préparant a…) ou "self-sufficient" (autosuffisant - autonome) ont fait leur apparition dans le milieu de la préparation, sans doute dans un effort de trouver un terme pouvant décrire une position sociale plus abordable et acceptable par le collectif que celle de survivaliste.

Même si ces termes plus "doux" ont réussit a nous distancer d'un héritage lourd d'extrémisme, ils n'ont, a mon avis, fait que perpétuer notre avarice quand a la propagation de termes toujours plus politiquement corrects les uns que les autres, véhiculant ainsi le désir d'adoucir tout et n'importe quoi dans l'idée d'être accepté et donc d'assouplir notre champ d'action social.

A la construction mentale de ce blog, son titre m'a pourtant parut évident, et quand bien même redéfinir le survivalisme n'est pas son but premier, il est inévitable de constater l'évolution pertinente du survivalisme au sein de nos cultures.

Un survivaliste, est avant tout un individu qui travaille et entretient son indépendance, et donc une certaine liberté.

Cette "désobéissance" n'a rien a voir avec du fanatisme religieux, un extrémisme politique quelconque ou une paranoïa sans fin…mais tout a voir avec une responsabilisation et un devoir que notre monde moderne refuse et condamne.

Quand mes grands-parents se préparaient a l'invasion de Paris par l'armée Allemande durant la seconde guerre mondiale, quand ils se préparaient a l'hiver, quand ils avaient un stock de nourriture, quand ils réparaient leurs outils, quand ils faisaient de la cueillette et de la chasse pour complimenter leur jardin et qu'ils étaient financièrement conservateurs…ils étaient des survivalistes.

Ils travaillaient a optimiser et stabiliser leur indépendance et leur liberté. Ils n'étaient pas des victimes de leur environnement, ou dépendant a 100% de nos systèmes de support…ils étaient des adultes responsables.

Personne a cette époque n'aurait eu l'idée de pointer du doigt leur manière de vivre et d'appréhender ce monde…parce que tous vivaient plus ou moins ainsi.

Avoir quelques mois de réserves de nourriture était normal, avoir une arme a feu était normal, et anticiper l'hiver et le manque était…normal, pour ne pas dire logique.

La définition même du mot "survivaliste" qui s'inscrit dans nos dictionnaires, est une définition qui renforce l'idée que le terrain psychologique du survivaliste est bancale, et que son intention n'est centrée qu'autour d'un événement catastrophique particulier. Il est plus ou moins ici gouverné par une peur irrationnel d'un événement qui est peu probable et dramatique.

Survivaliste :

Adjectif singulier invariant en genre.

1-Relatif a un mouvement américain préparant la survie après un éventuel holocauste nucléaire.

Nom singulier invariant en genre.

2-Adepte d'un mouvement américain préparant la survie après un éventuel holocauste nucléaire.

Je comprends des lors en lisant cette définition simpliste et obsolète, que nous soyons ici dans l'effort d'adopter de nouveaux termes pour designer un rapport au monde qui n'est pas d'un conformisme aveugle, mais d'une conscience qui s'organise et se responsabilise.

Le fait est, que le survivalisme a énormément évolué depuis son apparition aux USA durant la guerre froide. Le survivalisme n'est plus un mouvement américain, mais un mouvement mondial…et les survivalistes ne se préparent plus a la survie après un éventuel holocauste nucléaire, mais travaillent a prévenir, réduire et éliminer des tensions toujours plus complexes.

Quand bien même l'événement dramatique était la cible d'une attention particulière il y a 30/40/50 ans, et le reflet d'un certain univers politique, social et culturel, le survivaliste "moderne" est d'une indépendance catégorique quand a nos systèmes de support, et donc beaucoup plus large dans son anticipation et son raisonnement.

La définition du survivaliste ci-dessus est donc la représentation du survivaliste d'hier, et n'a rien a voir avec l'engagement intellectuel et physique que nous rencontrons aujourd'hui, ou qui s'applique sur les pages de ce blog.

Rares sont d'ailleurs les survivalistes "moderne" qui s'abandonnent a la construction d'un abri anti-atomique, et répondent a la définition que nous connaissons.

Aujourd'hui, le survivaliste est cet individu qui s'investit dans la permaculture, il est cet individu qui prépare sa voiture pour l'hiver, qui installe des panneaux solaire sur son toit, qui refuse de participer a un endettement financier systématique. Il est ce citoyen qui se responsabilise, et qui anticipe une rupture des systèmes de supports pour minimiser son impact sur les services d'urgence, il est ce citoyen qui se demande ce qu'il peut faire pour son pays, et non ce que son pays peut faire pour lui.

Le survivaliste moderne est aussi cet individu qui refuse intelligemment de perpétuer une attitude et un rapport au monde qui est du pillage des ressources naturelles, d'une pollution a outrance, d'une dépendance aveugle de nos systèmes juste-a-temps, d'un consumérisme conséquent et non-soutenable, et d'un future bancale pour nos enfants.

Nous sommes bien loin d'un survivaliste individualiste et anxieux, qui creuse un trou dans son jardin pour peut être survivre une guerre atomique. Nous sommes bien loin d'une organisation "placentique", ou le trou en question est remplit de nourriture et d'armes, et ou l'individu cesse tout rapport direct avec le monde pour s'engloutir dans la peur du lendemain.

La manière de vivre du survivaliste "moderne" germe de la raison. Le survivaliste est avide d'indépendance et refuse de se voir être la victime d'un événement lié a la rupture momentanée ou permanente de nos systèmes de support par exemple. En ce sens, il nous rappel une génération moins prête a reléguer certaines responsabilités quant a son rôle au sein de nos sociétés, et d'un rapport au monde qui n'est pas de l'adoucissement systématique de tout et de rien, ou d'un laisser aller paralysant.

Cette manière de vivre le monde, influencée par un rapport a l'énergie du plus haut rendement, pousse invariablement le survivaliste a adopter des systèmes soutenables, et donc a s'écarter d'une relation au monde qui ne prend pas en compte les générations future.

Le terme "survivaliste" reste cependant férocement complexe, tant nos projets internes sont énormes, et tant le voyage de notre conscience est particulier.      

L'éventail de gestes et de pensées au sein du survivalisme est donc ici sans limites, et le survivaliste en évolution constante.

De ma fenêtre, la démarche du survivaliste n'est pas la promesse d'une catastrophe, ou l'espoir inconscient d'une implosion de la fabrique pour pouvoir enfin revêtir nos parades camouflées et sortir le calibre 12 tacticool, mais bien la construction d'un mode de vie qui nous invite a matérialiser toujours un peu plus d'indépendance, d'autonomie, de résilience et de liberté.

Le survivalisme est le reflet physique, presque symbolique, d'une prise de conscience particulière, qui exprime non pas l'idée de s'affranchir du système par la destruction de celui-ci, comme un enfant frustré et ne pouvant pas briller ou s'assumer devant les règles de jeu en place, mais bien par la construction, en parallèle, d'une manière de vivre que nous pouvons comprendre et qui nous est utile au quotidien.

Je ne m'intéresse pas a la Permaculture pour survivre a la faim dans le cadre d'un effondrement total et systémique du monde tel que nous le connaissons. Je m'intéresse a la Permaculture pour contribuer a la construction d'une vie locale stable et cohérente avec mon environnement, pour pouvoir manger des aliments sains, pour limiter le trajet de certains produits, et m'affranchir (c'est a dire avoir la liberté de choisir de participer ou non) de l'agri-business, de la monoculture et plus largement de l'agriculture intensive. 

Je ne m'intéresse pas a la chasse pour le plaisir de tuer un animal, ou pour pouvoir me nourrir de viande tous les jours, je m'y intéresse pour m'affranchir de la manière dont nous concevons aujourd'hui l'élevage, et plus largement notre rapport a la nourriture.

Je ne m'intéresse pas a des énergies alternatives pour pouvoir continuer d'utiliser mon frigo quand la troisième guerre mondiale éclate, je m'y intéresse pour réduire l'impact de mes factures mensuelles sur mes finances, pour ne pas être dépendant du système pour mon électricité en cas de pannes, pour m'affranchir du monopole énergétique de compagnies douteuses et de certains enjeux écologiques que devrons subir nos enfants…

Je ne m'intéresse pas a l'hygiène et la santé pour pouvoir me faire des points de sutures après une fusillade quand l'effondrement de l'économie globale nous aura plongée au 18eme siècle…je le fais pour pouvoir intelligemment porter assistance a une personne victime d'un accident et blessée, a mon voisin, pour pouvoir fabriquer mon propre savon bio sans tests sur les animaux, pour pouvoir éviter de tomber malade et m'interdire la productivité, pour faire des économies, pour peut être réduire l'impact sur le monde hospitalier du pouvoir des grandes compagnies pharmaceutiques…

Je ne fais pas de la récupération des eaux de pluie pour pouvoir continuer de boire durant la prochaine pandémie, je le fais pour réduire le gaspillage ambiant d'une ressource critique, pour réduire mes factures, pour arroser mes légumes, pour ne pas être dépendant du système si il y a une coupure d'eau, parce que c'est facile et que ça a du sens.

Je ne m'intéresse pas aux armes a feu pour tuer quelques pilleurs de riz durant une guerre civile, je m'y intéresse pour avoir un moyen adapté de défendre la vie de mes proches dans un cadre extrêmement précis et stricte, pour pouvoir récolter ma propre viande, aussi dans un cadre extrêmement précis et stricte, pour contribuer a un certain équilibre de la force, et finalement pour le plaisir que me procure le tir le dimanche entre amis.


Je ne fais pas des réserves de nourriture pour pouvoir bouffer quand tout le monde a faim, je le fais pour m'affranchir d'un système de distribution "juste-a-temps", pour faire des économies, pour mitiger les fluctuations de prix causées par la spéculation sur les produits de base, pour ne pas avoir a prendre la voiture le dimanche matin quand je m'aperçois que je n'ai plus de sucre ou de sel, et donc payer plus de taxes, utiliser plus d'essence…

N'hésitez pas a vous abonner, a commenter, a m'envoyer vos questions et a faire vivre ce blog !

Merci

 

Sécheresse.

Nos 5000 litres d'eau de pluie sont quasiment épuisés. Soit on laisse le potager mourir, soit on l'arrose avec l'eau du réseau. On récupère l'eau de vaisselle, l'eau de la douche, l'eau du lavabo pour retarder l'échéance. On sait qu'on va perdre une quantité importante de la production qui nous nourrit. On a mis en place un arrosage automatique de nuit sur le réseau de la maison, un goutte à goutte minimaliste...

Ici, j'ai vu deux agriculteurs qui arrosaient leurs champs de maïs en milieu de journée; en pleine canicule, en puisant dans un cours d'eau déjà très fragilisé...Du maïs pour lé bétail, pour la consommation de viande...Parce que les consommateurs continuent à en acheter. (...L'Homme utilise le maïs de plusieurs façons : pour son alimentation, mais aussi comme fourrage (pour les animaux, donc).

Le maïs peut être utilisé comme une céréale, dont on récolte seulement le grain, celui-ci étant alors à destination :

  • de l'alimentation pour le bétail (70 % du tonnage produit en Europe) ;...)
  •  

Parfois, j'ai envie de m'arrêter, de prendre mon couteau et d'aller taillader les tuyaux.

CARTE. Sécheresse : 67 départements sont concernés par des restrictions d'eau, dont 22 en "situation de crise"

Parmi ces départements, les plus touchés doivent prendre des mesures d'économies d'eau importantes demandées aux particuliers et aux professionnels.

Des champs de blé dans le Beaujolais, sur la commune de Saint Germain-Nuelles (Rhône), le 9 juillet 2019.
Des champs de blé dans le Beaujolais, sur la commune de Saint Germain-Nuelles (Rhône), le 9 juillet 2019. (NICOLAS LIPONNE / NURPHOTO / AFP)

La sécheresse continue de s'étendre en France. 67 départements français sont concernés par des restrictions d'eau ce jeudi matin, selon le site gouvernemental Propluvia (dernière mise à jour ce mercredi à minuit). 22 départements sont toujours en situation de "crise", entraînant l'arrêt total des prélèvements d'eau non prioritaires, y compris à des fins agricoles.

Restrictions d\'eau par niveaux et par départements
Restrictions d'eau par niveaux et par départements (PROPLUVIA)

Les 21 départements concernés (en rouge sur la carte) sont l'Allier, la Charente, le Cher, la Côte-d'Or, la Creuse, les Deux-Sèvres, la Dordogne, l'Eure-et-Loir, le Gers, la Haute-Garonne, l'Indre, l'Indre-et-Loire, le Loir-et-Cher, la Loire-Atlantique, le Loiret, le Lot, le Maine-et-Loire, le Puy-de-Dôme, le Tarn, le Tarn-et-Garonne, la Vendée et la Vienne.

17 départements sont placés en alerte renforcée (en orange sur la carte), c'est-à-dire avec une réduction des prélèvements à des fins agricoles et une limitation plus forte des prélèvements pour l'arrosage des jardins et espaces verts. Il s'agit de l'Ain, l'Ardèche, l'Aveyron, l'Aude, la Charente, la Charente-Maritime, le Gard, la Haute-Vienne, l'Hérault, l'Isère, la Loire, le Lot-et-Garonne, la Mayenne, les Pyrénées-Orientales, le Rhône, la Sarthe, la Seine-et-Marne et le Val-d'Oise.

Il y a par ailleurs 28 départements en alerte (en jaune sur la cartte), avec des mesures moins restrictives pour les particuliers et professionnels. Il s'agit de l'Aube, le Cantal, le Doubs, la Drôme, l'Eure, le Haut-Rhin, la Haute-Loire, la Haute-Saône, la Haute-Savoie, l'Ille-et-Vilaine, le Jura, les Landes, la Lozère, la Marne, la Meurthe-et-Moselle, la Nièvre, le Nord, l'Oise, l'Orne, le Pas-de-Calais, les Pyrénées-Atlantiques, la Saône-et-Loire, a Seine-Maritime, le Territoire de Belfort, le Val-de-Marne, le Vaucluse, les Vosges, et l'Yonne.

Restrictions d\'eau par zones d\'alerte
Restrictions d'eau par zones d'alerte (PROPLUVIA)

Enfin, neuf départements sont eux placés en vigilance (en gris sur la carte). Les professionnels et particuliers sont incités à faire des économies d'eau. En tout, 118 arrêtés ont été pris et sont en cours pour inciter ou obliger les professionnels et particuliers à économiser l'eau. Ces départements sont : la Corrèze, la Corse-du-Sud, la Haute-Corse, le Var, la Savoie, la Somme, les Yvelines et la Manche.

 

Il faut ajouter à l'exploitation agricole, l'utilisation de l'eau par le secteur industriel: 

accueil du siteplan du sitemode d'emploi du siteMOTEUR DE RECHERCHEaccueil dossier eauglossaire

 Découvrir l'eau 

 
     Usages
  Consommations industrielles



Quantité moyenne d’eau, exprimée en litres, nécessaire pour fabriquer un litre de :
bière 25
alcool 100











Quantité moyenne d’eau, exprimée en litres, nécessaire pour fabriquer un kilogramme de :

 
rayonne de 400 à 11 000
acier de 300 à 600

papier

environ 500
sucre de 300 à 400
carton de 60 à 400
ciment environ 35
savon de 1 à 35
matière plastique de 1 à 2



 
 

L’industrie utilise de grosses quantités d’eau. Mais toute l’eau utilisée par l’industrie n’est pas forcément consommée.
Les centrales hydroélectriques par exemple ne prélèvent pas d’eau au milieu, ni a fortiori n’en consomment : elles se contentent d’en extraire l’énergie qu’elle contient potentiellement.
L’industrie nucléaire, quant à elle, prélève l’eau en masse pour le refroidissement, mais la totalité de cette eau est ensuite rendue à la nature : il n’y a donc pas consommation. En France notamment, où l’industrie nucléaire est très développée, environ 60 % des prélèvements d’eau, en volume, servent au refroidissement des centrales nucléaires, au Canada 55 % et aux États-Unis 40 %.
Les industries les plus gourmandes en eau sont les industries de transformation. En France, les quatre secteurs d’activité que sont la chimie de base et de production de fils/fibres synthétiques, l’industrie du papier et du carton, la métallurgie, et la parachimie et l’industrie pharmaceutique, totalisent à eux seuls les deux tiers de toutes les consommations industrielles.

La qualité requise pour cette eau industrielle dépend de son usage : les industries agroalimentaires par exemple ont besoin d’eau potable ; l’industrie électronique requiert quant à elle une eau très pure pour la réalisation de ses puces. Dans d’autres cas, une eau même usée peut être suffisante.

La consommation d’eau industrielle est extrêmement variable d’un pays à l’autre car elle dépend évidemment beaucoup du niveau de développement de chaque nation. Dans certains pays, presque toute l’eau consommée est utilisée pour l’agriculture : c’est le cas par exemple, de l’Inde ou du Mexique, qui utilisent 90 % de toute leur eau à des fins d’irrigation. Dans les pays industrialisés, en revanche, la consommation d’eau industrielle n’a fait que croître depuis la révolution industrielle du XIXe siècle. Elle aurait été multipliée par 20 en France entre 1900 et 1975. Elle est aujourd’hui en moyenne équivalente à la consommation d’eau agricole.

Le terme rayonne, outre la conjugaison du verbe rayonner, peut désigner : la viscose, fibre artificielle (dérivé de cellulose), également appelée soie artificielle ; France-Rayonne, entreprise textile française fondée en 1940 et spécialisée dans ce type de tissu synthétique.

 

http://sagascience.cnrs.fr/doseau/accueil.html

Starbucks et le mensonge écologique

Et pourtant, des milliers de Français vont y aller aujourd'hui et des millions dans le monde et ça continuera comme ça encore et encore parce que c'est "cool" de se retrouver dans un lieu à la mode...

https://lareleveetlapeste.fr/un-million-darbres-abattus-pour-produire-les-gobelets-starbucks/?fbclid=IwAR2JQyQ0YVDhsMF_k4Rq4vRcOxqiWLTiB0IyLt0Xhdlazc5SlAgVXfUL-rc

Un million d’arbres abattus pour produire les gobelets Starbucks

 

« 99 % de notre café provient de sources éthiques » clame l’entreprise. Un résultat impressionnant… Mais ces sources sont accréditées par Conservation International, une organisation américaine qui a créé un label sur-mesure pour Starbucks. Autrement dit « Starbucks crée son propre label, qu’il contrôle lui-même. » explique Bryant Simon, professeur à Temple University.

3 septembre 2018 - Marine Wolf

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C’est une multinationale qui possède aujourd’hui près de 28 000 enseignes dans plus de 75 pays, en n’ayant recours à presque aucune campagne publicitaire. Les meilleurs ambassadeurs de Starbucks sont les consommateurs. Affichant le logo-sirène sur leurs gobelets, la plupart sont convaincus d’adhérer à une marque qui s’engage pour ses employés, ses clients et ses producteurs de café.

Le documentaire « Starbucks sans filtre » (signé Luc Hermann et Gilles Bovon, diffusé le 28 août sur Arte) vient égratigner l’image que la marque avait réussi à entretenir.

« Le meilleur café au monde »

« Notre métier ce n’est pas la restauration rapide. Nous voulons améliorer la vie des gens en proposant le meilleur café au monde. »

Ce sont les mots d’Howard Shultz, qui en rachetant la petite enseigne en 1987, l’a métamorphosée en gigantesque multinationale.

Crédit Photo : Takahiro Sakamoto

En réalité, les boissons vendues aujourd’hui sont des produits standardisés, qui se rapprochent dangereusement de la nourriture des fast food. « 35% d’entre elles contiennent autant voire plus de sucre qu’une canette de Coca », révèle Kawther Hashem, nutritioniste de l’association Action on Sugar. Une boisson Starbucks peut contenir à elle seule 99g de sucre.

Les « partenaires »

De plus, la firme présente ses employés comme des baristas, des experts du café qui préparent les boissons avec un soin méticuleux. En pratique, ce sont des « presseurs de boutons » : la machine fait le travail du barista. « Tu peux pas être experte dans un truc où c’est du fast food » témoigne une employée.

Ces « partenaires », comme les appelle Starbucks touchent d’ailleurs le salaire minimum pour un travail éprouvant, alors que l’entreprise a enregistré un bénéfice net de 2,88 milliards de dollars en 2017.

« Aucun bénéfice »

15 millions de cafés distribués par jour, des boutiques à tous les coins de rue et des promotions accordées régulièrement à ses dirigeants. Cependant, dans plusieurs pays, l’entreprise clame qu’elle ne fait « aucun bénéfice ». Comme en France, où depuis son implantation il y a 14 ans, elle n’a payé aucun impôt sur les bénéfices. La firme française affiche pourtant un chiffre d’affaire de près de 100 millions d’euros… Une telle invraisemblance est possible grâce à un tour de passe-passe : l’argent gagné dans les différents pays part directement aux Pays-Bas, où la marque a négocié un avantage fiscal.

Crédit Photo : Nadine Shaabana

« Notre café provient de sources éthiques »

« 99 % de notre café provient de sources éthiques » clame l’entreprise. Un résultat impressionnant… Mais ces sources sont accréditées par Conservation International, une organisation américaine qui a créé un label sur-mesure pour Starbucks. Autrement dit « Starbucks crée son propre label, qu’il contrôle lui-même. » explique Bryant Simon, professeur à Temple University.

Le café n’est pas réellement issu du commerce équitable. En pratique, pour acheter le café en grosse quantité, le géant américain impose aux petits producteurs un intermédiaire qui fixe les prix et dicte ses conditions. Une entorse à l’esprit du commerce équitable. « Mais ce n’est pas l’histoire que raconte Starbucks. » conclut Bryant Simon.

Crédit Photo : Saveliy Bobov

« Nous travaillons pour respecter la planète »

Enfin, le plus gros mensonge est sûrement la réputation « écolo » dont jouit Starbucks. Les actions pour la planète qui sont mises en avant cachent un problème majeur : les gobelets distribués ne sont pas recyclables. Ils sont en papier, mais leur surface intérieure est recouverte d’une fine couche de plastique qui les rend impossible à recycler.

« Plus d’un million d’arbres sont coupés chaque année pour produire ces gobelets qui partent à la poubelle. Ça en fait plus de 8 000 chaque minute », dénonce Todd Paglia, de l’ONG Stand.earth. Sans parler des gobelets entièrement en plastique.

Starbucks ne cesse de s’étendre – écrasant au passage toute concurrence – comme en Chine où une nouvelle boutique ouvre toutes les 15 heures. Plutôt qu’une chaîne de café tendance et responsable, c’est aujourd’hui une gigantesque multinationale qui envoie chaque année 4 milliards de gobelets non recyclables à la poubelle.

 

Les hommes du président

 

 

 

Woodward et Bernstein.

On ne peut pas les oublier. 

Qui aurait idée aujourd'hui de les accuser de lynchage médiatique, de harcèlement, qui aurait idée de les critiquer pour leur engagement, dans leur recherche de la vérité ? Qui aurait idée de ne pas leur rendre hommage ? 

François de Rugy, assurément.

Je suis consterné de tout ce que je lis sur cette nouvelle affaire. Je n'entrerai pas dans les détails.

J'y vois juste une totale insolence envers le peuple, un mépris absolu de toute morale, de toute conscience, de toute fierté même.

Il n'y aucune différence entre des voyous et ces gens-là, sinon le fait qu'ils considèrent que leur statut les protègera et qu'ils ne risquent rien.

Je me suis souvent demandé quelle pouvait être l'éducation qu'ils ont reçue. Comment est-il possible d'atteindre un tel niveau de duplicité, tout en gardant intact la certitude d'être inattaquable ? Comment est-il possible de repousser aussi loin la probité dont devrait faire preuve toute personne vivant aux crochets de la société publique ? Comment est-il possible qu'une "démocratie" se perde à ce point dans les méandres législatifs les plus tortueux  afin que toutes les malversations possibles et imaginables soient offertes aux élus ? 

Il y a un roman à écrire, celui d'un enfant qui reçoit une éducation politicienne et devient président. L'apprentissage de la duplicité. 

Comment est-il possible également que de Rugy, après avoir démissionné, retrouve son poste de député et le salaire qui va avec ? Il existerait donc une légilsation envers le gouvernement mais pas envers l'assemblée ? S'il a triché, s'il a menti, s'il a usé de l'argent public, pourquoi lui laisse-t-on le droit de continuer son petit bonhomme de chemin sur les bancs de l'Assemblée ? Ce lieu, hautement symbolique, peut donc s'ouvrir aux personnes coupables ? 

Comment dès lors demander à la population de croire encore à cette sphère politicienne qui pousse des cris d'orfraies, qui use à outrance de la victimisation, comme si rien de tout ça n'était mérité, comme si les journalistes n'étaient que des hyènes, comme si la populace n'était qu'une masse crétine, un ramassis d'abrutis qui hurlent avec les meutes assoiffées de sang...

Le président l'a affirmé. "« Il y a encore dans notre pays le respect de la personne individuelle, des droits de la défense et de la possibilité de répondre, sinon ça devient la République de la délation. Il suffit que je sorte une photographie, dise des choses sur vous, sur n’importe qui, ça devient les Dix petits nègres".

Donc, dès lors qu'un journalisme d'investigation met à jour une affaire qui n'aurait jamais dû exister, il s'agit de délation ? La quête de vérité est un appel au lynchage ? Il conviendrait donc de ne rien dire, de ne rien dévoiler ? C'est cela le souhait du président ? 

Mais lorsque des braqueurs sont pris, ils ne parlent pas de lynchage ? Braquer l'argent public n'est pas condamnable ? Il faut laisser la déontologie de chacun jouer son rôle ? Mais quelle déontologie ? Je ne rappelerai pas Cahuzac et consorts. Je n'ai pas trois heures à consacrer à la liste que cela donnerait.

Il n'y a que la dénonciation qui puisse mettre un frein aux braquages politiques et ce sont les politiciens les responsables et le pays entier la victime. 

Pas l'inverse. 

J'ajoute à cela le texte d'Aurélien Barreau, texte auquel j'adhère intégralement sur le fond du problème, au-delà de l'affaire de Rugy et qui met en avant le phénomène de déliquescence total dans lequel le pays est tombé. Nous finissons par nous habituer à l'impensable et par souffrir de la lumière des projecteurs médiatiques qui plongent dans l'ombre ce qui ne devrait pas l'être. Le "spectacle" médiatique entraîne le phénomène de pare-feu et les incendies les plus virulents ne sont pas ceux qu'on nous présente. 

 

Aurélien Barrau

11 h

Je trouve quand-même l’affaire de Rugy bien triste. Ce n’est pas pour son (in)action écologique qu’il est tombé. Ça, ça passait très bien. C’est pour une histoire de menu … (et à ce compte là, tout le monde est dézingable pour une raison ou une autre - ça relève d'un emballement arbitraire, voire du meurtre symbolique rituel, et non pas d'une critique de fond.) Ça n’a aucun sens. 
Les violences policières avérées ne mettent pas en danger le ministre de l’intérieur. Les procédés ahurissants utilisés pour les notes du bac ne mettent pas en danger le ministre de l’éducation nationale. Le soutien aux pesticides ne met pas en danger le ministre de l’agriculture. Les 3000 SDF morts chaque année dans nos rues ne mettent pas en danger le ministre des solidarités. La baisse sans précédent des postes au CNRS ne met pas en danger le ministre de la recherche. La situation catastrophique de l'hôpital - sa gestion managériale qui obère le coeur même de la mission - ne met pas en danger le ministre de la santé. L’indifférence manifeste aux réfugiés agonisants ne met pas en danger le premier ministre. Les éditoriaux du monde entier qui expriment leur sidération face à l’autoritarisme de la France ne mettent pas en danger le président de la république. 
Finalement, ce qui a vraiment fait des remous ces derniers temps ce sont les menus d’un ministre mondain et les SMS échangés avec un garde du corps brutal … Ça n'a aucun sens. 
Si ce sont là nos profondes indignations, alors que la violence alentours est extrême et que le monde se meurt, nous avons vraiment les dirigeants que nous méritons.

 

Je suis un obscurantiste

Je suis donc un "obscurantiste" puisque j'approuve intégralement le mouvement de pensées et les actes du mouvement collapsologue ou survivaliste. 
J'aimerais juste bien comprendre comment les collapsologues qui construisent leurs réflexions sur des données scientifiques compilées depuis plus de trente ans peuvent être accusés d'obscurantisme...
Et quel est l'intérêt d'accuser de la sorte des individus qui cherchent à établir des fonctionnements dont le seul but est de préserver la biodiversité, de pérenniser l'ensemble du vivant et de faire en sorte que l'humain y trouve une place ...?
Comment peut-on d'ailleurs considérer au regard de l'histoire récente de l'humanité et de son expansion dévastatrice que l'obscurantisme se trouve du côté des collapsologues ?

 

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J'ai donc cherché à comprendre.

J'ai compris...Il suffit de chercher un peu...Ce journal appartient à la pshère médiatique de BFMTV : Christophe Barbier, Alain Weil, tous les deux soutiens inconditionnels de Monseigneur Macron....Le journal survit grâce aux subventions de l'état (et donc, nous, par conséquent...)...

Il faut bien comprendre que le mouvement "survivaliste ou collapsologue", prône ouvertement une décroissance immédiate, une désobéissance civile quand elle est nécessaire, une autonomie la plus grande possible, le boycott de toutes les multinationales agro-industrielles, l'émergence de communautés solidaires, le rejet de tous les mouvements politiques, l'anticipation sur un chaos social et les moyens d'y survivre, la mise en lumière de toutes les malversations financières, économiques, éducatives, médiatiques, le rejet du système électoral, l'émergence d'une démocratie participative etc etc...

Rien qui ne soit acceptable par aucun gouvernement occidental. 

Je suis donc, avec tous les autres survivalistes, un complotiste, un conspirationniste, un obscurtantiste malgré les centaines de livres, documents, documentaires lus et compilés, des études menées par des scientifiques de tous bords, des économistes, des sociologues, des paléoclimatologues, des philosophes... Ils ne sont tous que des obscurantistes.

C'est effrayant.

Je n'ai aucun espoir au regard de la sphère politique.

Je n'en ai qu'envers la population elle-même. Celle qui ne veut plus vivre comme des moutons qu'on mène à l'abattoir.

Macron moutons

"En février 2019, l’hebdomadaire est repris à titre personnel par Alain Weill, le président d’Altice France et fondateur de NextRadioTV (BFM, RMC…). Sa société propre, News Participations, détiendra 51 % du capital, le solde restant dans les mains d’Altice, maison mère de l’opérateur télécoms SFR44."
"Selon un rapport de la Cour des comptes publié en février 2013, L'Express a reçu plus de 6,2 millions d'euros par an d'aides directes de l'État de 2009 à 2011, soit 23 centimes par exemplaire diffusé56. Un rapport de l'Assemblée nationale sur l'économie de la presse publié en 2012 avance lui le chiffre de 7,6 millions d'euros de subventions sur la seule année 201157.

En 2016, le magazine L'Express a bénéficié de 661 285 euros d'aides du ministère de la culture (59 331 euros d'aides au portage et 591 954 euros du Fonds stratégique pour le développement de la presse), dans un contexte où le groupe SFR Presse a bénéficié d'un total de 7 023 429 euros d'aides cumulées. A cette somme, il faut ajouter les 237 705 euros d'aides reçues de la part du Fonds pour l’innovation numérique de la presse (de fonds mis en place par l'entreprise Google pour éviter un système de rémunération de la presse pour les articles cités dans Google News)58. Au total, cela représente 898 990 euros d'aides pour un chiffre d'affaires en 2016 de 121 312 000 euros59."
"Directeur de la rédaction : Christophe Barbier, ancien directeur du service politique et directeur adjoint de la rédaction ; il a été nommé directeur de la rédaction en août 2006."

L'écoféminisme

 

https://www.femininbio.com/agir-green/actualites-nouveautes/ecofeminisme-l-alliance-nature-femmes-societe-durable-96887

Féminin sacré

S’ÉVEILLER À LA CONSCIENCE ÉCOFÉMINISTE AVEC LES SAGESSES ANCESTRALES

Publié le 22 juin 2019

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Catherine Maillard est créatrice de la collection "Rituel de femmes" et coauteure de "S'éveiller au féminin sauvage". Elle suit les enseignements chamaniques depuis 15 ans.

Face à notre monde en profonde mutation, un nouveau mouvement émerge, l’éveil du féminin de l’être, signe d’une nouvelle conscience écologique

Face à notre monde en profonde mutation, un nouveau mouvement émerge, l’éveil du féminin de l’être, signe d’une nouvelle conscience écologique

© Tamarcus Brown/Unsplash

Véritable mouvement qui connecte les femmes à la nature, l'écoféminisme connait une émergence progressive dans le monde depuis les années 70, mais peine encore à se faire connaître en France. Comment expliquer ce puissant lien entre la Terre Mère et les femmes ?

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Métamorphose : le podcast de la semaine, par Anne Ghesquière

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L’écoféminisme, un courant en vogue aujourd’hui qui retisse la trame entre les femmes et la nature, pourrait bien amorcer un changement majeur, à la fois dans l’histoire du féminisme et de la mutation en cours.  Apparu en 1974, avec Françoise d’Eaubonne, amie de Simone de Beauvoir, l’Ecoféminisme  est un mouvement protéiforme qui recouvre différents courants.

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Dans les années 80, des féministes anglo-saxonnes dénoncent le lien entre la destruction de la nature et oppression des femmes. L’écrivaine américaine et militante Starhawk, en est une des voix les plus influentes, et radicales et mobilisent des femmes pour contrer la menace de guerre nucléaire. Parmi les plus connues, on peut citer l’américaine Rachel Carson, lanceuse d’alerte sur les risques phytosanitaires pour la santé, Marie Mies, professeure émérite de sociologie, les femmes du mouvement Chipko Andolan, et le Dr Vandana Shiva devenue emblématique de la révolution écologique. Ensemble, scientifiques, juristes, paysannes se lèvent autour de valeurs dites écoféministes. C’est indéniable, entre la planète, Pacha Mama, comme l’appelle les anciens, et les femmes, de puissants liens se sont tissés. Comment l’expliquer ? Comment cette alliance va –t-elle agir sur la mutation ?

L’alliance entre les femmes et la nature

Face à notre monde en profonde mutation, un nouveau mouvement émerge, l’éveil du féminin de l’être, signe d’une nouvelle conscience écologique. "Les enseignements disent que la violence faite contre les peuples autochtones, contre la terre et une grande partie de la nature a détruit l’équilibre de la terre et dissipé l’énergie féminine. Les femmes doivent réveiller cette grande force qu’elles possèdent et ramener le monde à la paix et à l’harmonie !" rapporte Carol Schaeffer(1). Le constat est formel, impliquant à la fois la nécessité d’une profonde mutation écologique et d’un réveil de l’énergie féminine

Les Anciennes disent que lorsque les Femmes écouteront leur propre terre, en prendront soin, lorsqu’elle seront capable d’entendre leur utérus, alors elles incarneront la profonde féminité dans chaque instant de la vie et manifesteront le Grand rêve Sacré. Dans les traditions ancestrales, l’utérus des femmes ne permet pas seulement de porter un enfant, il contient les semences de nos rêves sacrés, les graines du monde de demain… Nous y voilà, la terre, le ventre des femmes, les semences libres, les graines, donner la vie, porter les rêves… autant de liens sacrés avec la Terre Mère, le Grand mystère du vivant.

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Une alliance que revendique haut et fort l’écoféministe Vandana Shiva, docteure en physique quantique et en philosophie. "Entre les femmes et la nature sont inscrits depuis toujours un héritage ancestral… ". Pour la militante indienne, la Nature, en tant que sujet vivant, tout comme l’intelligence féminine, sont tout deux essentiels à la survie de l’humanité. Si elle place les femmes comme gardienne des semences, ce n’est pas un hasard ! "C’est un fait historique commun à toutes les cultures : les femmes sont les premières agricultrices et aujourd’hui encore dans les sociétés traditionnelles, elle font le lien entre le champs et l’assiette, en passant par la protection des graines, leur reproduction, la cuisine, le gout, etc… ".

Partout dans le monde, les femmes s’assurent que leur famille et leur communauté vivent en bonne santé et que l’existence suit son cours ! Au cœur de son combat écoféministe : la promotion d’une agriculture paysanne traditionnelle et biologique, et la libération des graines, des enjeux plus complexes qu’il n’y paraît, tant sur le plan écologique, bien sûr, mais aussi symbolique.

S’éveiller à la sagesse de la Terre 

"La nature est l'enseignante dont nous avons besoin à l'heure actuelle !". Pour l’écothérapeute et féministe Marianne Grasselli Meier, nous avons besoin que la nature nous rappelle le rythme vital qui est le nôtre : "croitre, s'épanouir, mâturer, décroitre et se reposer. Tout est cycle, l’arbre perd ses feuilles, la nature se fige en hiver, libère sa sève, son énergie vitale au printemps, pour exhaler son parfum en été".

Depuis la nuit des temps, de manière intuitive, les humains ont adapté leur mode de vie en fonction des rythmes de la nature, des saisons, de la course de  la lune… Avec la modernité, nous agissons à contre-courant, et sommes de moins en moins à l’écoute de ces cycles. Ces attitudes créent des déséquilibres, nous déréglant peu à peu et nous éloignant d’une vie naturelle et épanouissante. Renouer avec les cycles est loin d’être un lubie, mais une priorité, pour notre époque exténuée, par nos rythmes frénétiques, incessants, quelle que soit la saison. D’où sans doute, l’émergence de cercles autour des Equinoxes, des Solstices, et des Pleines lunes, preuve d’un profond besoin  à s’accorder à nouveau aux cycles de la vie.

>> A lire sur FemininBio Féminin sacré : retrouver sa puissance en se connectant à la lune

En écho au sociologue et écrivain américain, Théodore Roszak affirme : "l’être humain et la planète sont inséparables ; de la bonne santé de l’un dépend celle de l’autre" , l’éventualité que ce courant écoféministe émergeant apporte des réponses en profondeur aux défis actuel, est à prendre en compte. Ainsi, renouer avec les sagesses ancestrales, et les écorituels pourraient orienter notre engagement dans les problèmes environnementaux, et participerait à poser de nouvelles bases d’une société, profondément "reliée" aux énergies de la nature, et la ronde sacrée de la vie.

(1) Les 13 Grands Mères Indigènes conseillent le monde. Ed Guy Trédaniel.
(2) Pour une désobéissance créatrice. Ed Actes Sud.
(3) Les gardiennes de la terre. Guide d’écothérapie. Ed Le Courrier du Livre

Catherine Maillard est co-auteure de Rituels de femmes pour s’éveiller au féminin sauvage

La dictature verte

Voilà LA question essentielle désormais : Où se situe la liberté dès lors que celle dont nous avons bénéficié à travers la "croissance" contribue à mettre en péril la liberté pour tous, où que ce soit, de vivre, et non d'espérer survivre...?

 

"Le problème ne se situe donc pas dans l’éventuelle menace d’un écologisme totalitaire, mais dans la difficulté, pour l’individu néolibéral contemporain, à dépasser une conception majoritairement libertarienne/libérale de la liberté pour prendre en compte les limites naturelles et sociales au déploiement de celle-ci."

 

 

La « dictature verte », cette fausse menace agitée par infantilisme individualiste

La jeune militante suédoise Greta Thunberg, un micro à la main.

L’agitation du spectre de la « dictature verte » est un contresens politique totalement injustifié. Pour autant, le succès de cette expression dit quelque chose de notre énorme difficulté à réagir aux catastrophes écologiques. C'est ce qu'affirment Guillaume Lohest, chargé d’études en éducation populaire et rédacteur pour la revue d'écologie Valériane, et Matthieu Peltier, professeur de philosophie et d’éthique à la Haute Ecole de commerce de Bruxelles EPHEC. Outrés par la dernière couverture de Valeurs actuelles, ils proposent ici une réflexion sur les significations politiques de la liberté.

« Boire beaucoup d’eau. Éviter les efforts violents. » Les récents épisodes caniculaires alimentent surtout les petits conseils santé. Il est possible qu’ils contribuent aussi à rendre palpable le réchauffement climatique auprès de certaines personnes déjà sensibles à ce concept en tant que « sujet important », mais encore très loin d’en être affectées dans leur corps, leurs valeurs, leurs visions morales. On sait, par exemple, que l’environnement constitue l’une des principales préoccupations des citoyens européens. Mais cela signifie-t-il que nous sommes prêts, collectivement, à prendre des mesures à la hauteur des recommandations, pourtant prudentes, du GIEC ?

À cet égard, un récent reportage de franceinfo s’est montré révélateur. Se basant sur une étude de B&L Evolution, une journaliste a confronté les passant.e.s à quelques mesures politiques proposées par ce bureau d’études. L’originalité de ces mesures étant d’être, pour une fois, réellement en phase avec les objectifs européens de diminution des émissions de gaz à effet de serre. Exemples ? « En 2025, couvre-feu thermique de 22h à 6h pour maintenir la température des habitations à 17°C maximum », « Interdiction immédiate de vendre des véhicules neufs pour des usages particuliers », « Interdiction de tout vol non justifié hors Europe dès 2020 », etc. Autant dire que les réactions à ce scénario n’étaient guère enthousiastes. Elles insistaient plutôt sur la nécessité d’un « juste milieu » et sur l’impossibilité de se plier à ce genre de contraintes.

Conceptions positive et négative de la liberté

De là à l’accusation de « dictature verte », il n’y a qu’un pas. L’astrophysicien Aurélien Barreau en fait régulièrement les frais, lui qui n’hésite pas à évoquer la nécessité de mesures drastiques, impopulaires et urgentes, contrairement à la plupart des écologistes qui, sur ce terrain, marchent sur des œufs. C’est que les climatosceptiques, les populistes et les anti-écolos ont réussi ce tour de force de faire passer l’écologie pour la pensée dominante, alors même que la destruction écologique n’a jamais été aussi élevée. Cette grande coalition libéral-populiste, culturellement hégémonique, parvient pourtant à faire passer la volonté de respecter les recommandations du GIEC pour un projet totalitaire menaçant. Il n’y a qu’à voir la dernière couverture de Valeurs actuelles du 27 juin 2019 pour comprendre cette posture. Comment expliquer ce renversement, qui érige la soi-disant « dictature verte » en menace plus grave que les désastres écologiques présents et à venir ? Ce hold-up philosophique, aussi fumeux soit-il, mérite un examen attentif. Il repose, avant tout, sur les ambiguïtés de nos représentations de la liberté et de la démocratie, mais aussi sur le discrédit dont souffrent les institutions du savoir.

« Il faut être ignare, ou cynique, pour mettre sur le même plan la liberté d’opinion et la liberté d’augmenter le chauffage »

Imposer certaines limites à nos comportements signifie-t-il entrer en dictature ? Certainement pas. Pouvons-nous, sur la route, dépasser par la droite ? Le port d’armes est-il autorisé ? Ai-je le droit de déverser mes poubelles dans la forêt, de construire n’importe où avec n’importe quel matériau, de donner des antidépresseurs à des enfants, de faire de la publicité mensongère ? Non, non et encore non. Les exemples de contraintes et de normes à respecter abondent, sans doute bien davantage en démocratie que dans un régime autoritaire. Aussi, ce qui différencie une dictature d’une démocratie, ce n’est pas la quantité des restrictions de liberté, mais leur nature. Dans de nombreux régimes autoritaires du monde, on peut probablement polluer sans être inquiété, mais on risque la torture si l’on critique le gouvernement, si l’on crée une association ou si l’on appelle à manifester. On a peut-être le droit de rouler à 160 km/h mais on doit payer des pots-de-vin pour être raccordé à l’électricité. Et ainsi de suite. C’est la différence entre une conception infantile de la liberté (« je fais ce que je veux ») et l’état de droit, garant des libertés fondamentales dans les sociétés plaçant la démocratie au coeur du projet collectif. Ces libertés fondamentales sont listées dans certaines constitutions. Il faut être ignare, ou cynique, pour mettre sur le même plan la liberté d’opinion et la liberté d’augmenter le chauffage, pour traiter de façon équivalente le droit à un logement décent et le plaisir (qu'on suppose indéniable) de bronzer sur une plage indonésienne. La distinction entre démocratie et dictature tient à la place accordée aux droits humains et aux libertés fondamentales, et non dans la vague impression que trop de choses risquent d'être interdites.

On distingue en philosophie les conceptions négative et positive de la liberté. La première est celle des libertariens. Elle consiste à assimiler la liberté à l’absence de contraintes. Elle est dite négative car elle considère la liberté comme un « ne pas être empêché de… » Cette conception sous-entend que l’individu sera d’autant plus épanoui et heureux qu’il aura les mains libres pour réaliser son destin. À l’opposé, la vision positive de la liberté dira qu’on ne peut pas être vraiment libre sans un minimum de conditions pour jouir de cette liberté. Ainsi l’accès effectif à la santé, à l’éducation, au logement et à la nourriture seront ici considérés comme un préalable à l’exercice du choix individuel de vie. En effet, l’absence de contraintes pour un individu mal nourri, en détresse et ne disposant pas des armes culturelles pour se défendre, ne semble pas constituer un modèle de liberté enviable. La liberté peut donc aussi se considérer comme un contenu assorti de certaines contraintes. Dirait-on, par exemple, que l’obligation scolaire est une atteinte aux droits de l’individu ? Probablement que non, dans la mesure où cette obligation assure à l’enfant le bagage intellectuel minimal pour pouvoir jouir d’un avenir choisi.

Contraintes politiques vs contraintes catastrophiques

Ainsi, les contraintes envisagées dans un scénario politique « radicalement réaliste » (sic), c'est-à-dire prenant au sérieux la communauté des scientifiques spécialistes du climat et de la biodiversité, n'ont rien à voir avec une quelconque dictature. Bien au contraire, en s'appuyant sur la conception positive de la liberté, il s'agit de préserver, face aux désastres écologiques, le champ de la liberté et de la démocratie, et de l'étendre aux générations futures voire aux autres vivants. Être libre, par exemple, cela commence par l’accès à un air pur, à un climat qui ne met pas (trop) en danger nos conditions de vie, c’est bénéficier d’une gestion saine des ressources épuisables, etc.

Par ailleurs, nous sommes aux prises avec un autre immense malentendu, concernant cette fois notre représentation de la démocratie. Le « pouvoir du peuple » est spontanément perçu comme le droit de décider de tout directement. Le succès du RIC (référendum d’initiative citoyenne) est un symptôme de cette aspiration à la décision directe à la majorité. Or, s’il est nécessaire de réformer les institutions démocratiques pour réduire le poids de la technocratie et renforcer le service de l’intérêt général, c’est un fantasme de penser que la démocratie se réduit à la participation à la décision. Ce n’est là qu’une de ses dimensions. Les autres, non moins importantes (et qui sont des contraintes positives) sont l’État de droit, la séparation des pouvoirs, le respect des minorités et des libertés fondamentales.

« L’accusation de totalitarisme vert masque une difficulté à quitter des privilèges d’occidentaux aisés auxquels nous sommes attachés »

Le problème ne se situe donc pas dans l’éventuelle menace d’un écologisme totalitaire, mais dans la difficulté, pour l’individu néolibéral contemporain, à dépasser une conception majoritairement libertarienne/libérale de la liberté pour prendre en compte les limites naturelles et sociales au déploiement de celle-ci. Dans la difficulté d’articuler sa conception simplifiée et immédiate de la démocratie avec un enjeu mondial de l’ordre du commun (climat, biodiversté). L’accusation de totalitarisme vert, infondée politiquement, masque en réalité une immaturité individuelle et collective, une difficulté à quitter des représentations, des habitus et des privilèges d’occidentaux aisés auxquels nous sommes attachés, mais qui sont néanmoins incompatibles avec l’intérêt général.

Le refus de quelques contraintes politiques nécessaires aujourd’hui signifie pourtant l’imposition à l’humanité entière, en particulier aux populations les plus vulnérables, de contraintes autrement catastrophiques demain. L’alternative n’est pas entre dictature verte excessive et démocratie verte raisonnable, mais entre une démocratie conséquente et un infantilisme de facto climatosceptique. À moins, bien sûr, de s’asseoir sur le consensus scientifique à la manière de Donald Trump et de presque tous les populistes d’extrême droite - qui nous réservent, quant à eux, de véritables régressions démocratiques.

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Image à la une : La jeune militante suédoise Greta Thunberg. © Shutterstock

JUSQU'AU BOUT : prémonitoire

 

  1. AUVERGNE-RHÔNE-ALPES
  2. RHÔNE

Rhône : l'avocat des gérants du Super U de l'Arbresle met en garde les auteurs de menaces de mort

Les gérants du Super U de l'Arbresle dans le Rhône qui ont dû démissionner mardi 9 juillet, suite à la diffusion de photos de chasse en Afrique où ils posent avec des animaux, sont menacés de mort ainsi que leurs proches.

 

"JUSQU'AU BOUT" est en quelque sorte prémonitoire, dans le sens où j'imagine que viendra un temps où les actes violents surgiront contre les individus qui ne respecteront pas la nature, dans son ensemble... Dans le roman, Pierre, le personnage principal, passe à l'acte. Il tue. Ceux qui vont à l'encontre de ses valeurs les plus profondes. 

On peut bien évidemment condamner cet extrémisme.Et en même temps, si on y pense de façon "non-émotionnelle", et tout autant détachée de toute règle morale, est-ce que les animaux qui sont victimes de ces gens-là iraient nous reprocher quoi que ce soit, si on en venait à une chasse aux sorcières radicale ?

Beaucoup répondront que l'humain a une prédominance qui ne peut être contestée sur le règne animal et qu'aucune mise à mort animale par un humain ne peut appeler un retour de bâton tout aussi violent.

Eh bien, j'en doute de plus en plus fortement...Dostoïevski a écrit il y a longtemps qu'il ne voyait pas en quoi un assassinat perpétré avec une hache était plus monstrueux qu'un bombardement sur une population civile. On pourrait commencer à envisager que le fait d'égorger un cochon n'est pas moins monstrueux que d'égorger un humain.

La prédominance archaïque de l'humain sur la planète nous a conduit là où on en est. Soit on sort de ce concept foncièrement religieux tout autant que "scientifique", et on arrête d'égorger les cochons, les vaches, les poules, les poissons et tout le reste afin d'apprendre à honorer le vivant et non la viande morte, soit on continue à creuser la fosse commune de l'humanité.

Image 3

Insignifiante créature dévastatrice.

 

 

Il m'aura manqué une semaine. J'aurais aimé montrer ce documentaire à mes élèves. Comme un résumé visuel de toutes les discussions qui ont été menées en classe.

L'humain qui est capable d'analyser son impact planétaire, l'humain, insignifiant à l'échelle de l'univers, et capable de prendre conscience à la fois de cette insignifiance et de son génie, l'humain conscient de son inconscience parcellaire ou totale, conscient de son évolution et inconscient des effets dévastateurs de cette même évolution, ...

La seule espèce qui sera capable de détruire la vie en commentant simultanément le désastre. Comme un metteur en scène qui dirigerait sa troupe d'acteurs en les menant à la mort et à la sienne tout en se réjouissant de son incroyable créativité.

 

En retraite

L’image contient peut-être : table et intérieur

Voilà, c'est fait. je suis entré en retraite ce soir. Des grappes d'enfants qui pleuraient accrochées à ma taille. Des mots pleins d'amour. 


"Je ne t'oublierai jamais, Maître et je n'oublierai jamais cette année passée avec toi. Tu resteras pour toujours dans mon cœur."


Eux aussi.

Ma dernière lettre à mes élèves : 
"Vérifie toujours, à chaque instant, que tes pensées, tes paroles et tes actes sont à l’image de la personne que tu es et celle que tu as décidé d’être. C’est là que se trouve le « maître intérieur ».
Il est en toi. Cherche-le.
La personne avec laquelle tu passeras toute ta vie, c’est toi-même et rien n’est plus important que tu te connaisses réellement. Non pas à travers ce que les autres pensent de toi puisque ce sont leurs pensées, leurs jugements, leurs interprétations, mais uniquement au regard de ta propre analyse. 
Il faut de l’amour en toi pour grandir. N’attends pas uniquement que les autres t’aiment. Apprends d’abord à t’aimer vraiment, à être responsable de tes pensées et de tes actes et à en être fier. Alors, tu pourras aimer les autres puisque tu pourras leur offrir le plus beau de toi-même.
Ce monde a besoin de toi. Il a besoin de ton amour de la vie. Dans le calme intérieur, tu trouveras l’amour. Dans le calme, il n’y a jamais de colère.
Il est possible pourtant que tu sois parfois en colère contre toi-même. Apprends alors à te pardonner. Personne n’est infaillible mais si tu ne te pardonnes pas tes propres erreurs, la colère restera en toi et elle t’empêchera de grandir, comme une tempête intérieure qui ne s’arrête jamais vraiment et t’épuise. Se pardonner, c’est écouter le maître intérieur..
Le calme en soi délivre l’énergie nécessaire pour apprendre et grandir.
Il ne s’agit pas d’être le premier. Il s’agit juste de trouver la force en toi pour avancer. Ne te préoccupe pas de ce que les autres réalisent. Ne sois pas jaloux d’eux parce que cette jalousie, c’est surtout de la colère contre toi et qu’elle ne t’aidera pas. Si tu laisses la colère t’envahir, elle consumera tes forces et ces forces perdues te manqueront.
Lorsque le travail de l’école sera difficile, cherche cette force en toi, cherche la volonté, la détermination, la patience, le courage d’aller jusqu’au bout. Pas seulement pour que ce travail soit le plus performant possible, mais pour que tu sois fier de toi. C’est cela qui importe. Le seul résultat qui compte, c'est ta joie intérieure.
Lorsque tu as réfléchi, profondément, lorsque tu as analysé une situation, lorsque tu as établi tout ce qui est de ta responsabilité et qu’après ce long travail, tu es certain que ce que tu fais est juste, bon et utile, pour toi, pour les autres, pour tout ce qui existe sur cette Terre, alors n’abandonne jamais.
Quoi qu’il arrive, aussi difficile que ce soit. Si cela est juste, bon et utile, n’abandonne jamais. 
Ce que tu apprendras de toi sera plus important encore que ce que tu auras réalisé.

Souviens-toi de ce mot :clairvoyant. « Celui qui voit clair », celui qui sait, celui qui écoute la sagesse en lui.

Si quelqu’un te fait du mal, apprends à maîtriser tes émotions. L’autre deviendra alors l’opportunité pour toi de grandir, d’être plus fort encore. Si tu parviens à garder le calme en toi, l’autre n’aura plus aucun pouvoir et il ira voir ailleurs, il ira chercher une autre proie. C'est en te maîtrisant que tu parviendras à maîtriser l'autre.

Tu as un très long chemin à parcourir, une très longue vie et il tient à toi que ça soit une belle voie d’ascension.
C’est ta volonté à aller le plus haut possible qui te donnera les forces nécessaires.
Force et bonheur, ce sont deux mots essentiels.
La force d’avancer pour le bonheur d’aller au plus haut de soi.

Tu montes vers ton sommet et il faut accepter l’idée que ce sommet est très lointain. Et tant mieux. Apprends la patience et nourris-la de ta détermination. 
Tu auras besoin parfois de t’asseoir, de te reposer, de reprendre des forces. Tu en profiteras alors pour contempler les horizons gagnés, pour regarder sous tes pieds toute la distance que tu auras parcourue, pour te souvenir de tous les efforts que tu auras produits pour en arriver là. Tu pourras ressentir cette joie d’avoir été plus fort que les moments de faiblesse, les moments de découragement et de lassitude. Tu as le droit d'être fatigué, de ne pas atteindre ton objectif au premier essai, de trébucher, d'être déçu, d'être attristé. Tout ça n'est que la possibilité que la vie te donne pour apprendre encore. 
Réjouis-toi de chaque instant, sans resté accroché à des moments passés ou à vivre dans le futur. Le sommet ne s’atteint qu’en vivant pleinement chaque pas, dans une totale concentration. 
Ne regrette rien si tu ne peux plus rien y faire. N’espère rien si ça n’est qu’un espoir. C’est de l’énergie perdue. Les seuls espoirs utiles sont ceux que tu peux atteindre à travers tes actes. 
Apprends à agir dans l’instant, juste là, quand il le faut. L’instant présent est le seul endroit où tu existes. Le passé et le futur n’existent que dans tes pensées. Apprends à vivre réellement, là où tu es, en cet instant. 
Alors, tu pourras honorer ton parcours, sans prétention, juste parce qu’il est juste et bon que tu exprimes tes remerciements envers la force de vie en toi.
Et puis, tu repartiras et tu monteras encore et encore.
Tu peux toujours progresser. Tu es ta seule limite. Tout ce que tu peux devenir est déjà en toi. Rien ne viendra s’ajouter de l’extérieur. Tu dois explorer ton propre territoire et puiser avec amour tout ce qu’il contient. 
Que ta route soit belle, qu'elle soit exemplaire, qu'elle soit portée par l'amour de la vie.
Sois ton maître intérieur."

Une jouissance d'âme.

Un échange avec une lectrice sur la différence entre la sexualité génitale et la sexualité sacrée. Elle me citait ce passage qui a eu pour elle un impact très puissant. Alors qu'elle cherchait avec son compagnon à développer des "techniques", elle a pris conscience qu'il s'agissait de bien autre chose. Que la quête passait par le corps mais qu'il s'agissait par ce filtre d'atteindre l'état de grâce...Celui qui fait que la simple pensée de l'être aimé libère dans le corps, non pas une simple excitation sexuelle mais une jouissance d'âme. Les techniques relèvent dès lors de la même démarche que celle du yoga : la maîtrise du corps élève l'âme et c'est là d'ailleurs que la Kundalini prend sa source. Sans la fusion corps-âme, rien n'est possible. Sans l'effacement de cette dualité mentale que le corps est un et que l'âme est autre, rien n'est possible. L'individu est Un. Et c'est là qu'il peut devenir l'Autre. De la fusion naît cet orgasme qui est bien au-delà du corps. Les techniques sont des méthodes, nullement une fin. Et la fin orgasmique n'est qu'une étape, l'ouverture d'un autre chemin.

Hier soir, j'ai eu envie de masser Nathalie. Nous nous nous sommes douchés puis elle s'est allongée sur la table de massage. Je me suis assis sur le tabouret, à hauteur de sa tête, j'ai contemplé son corps dans la demi-pénombre puis j'ai posé mes mains sur sa nuque. Et tout s'est embrasé en moi, une vague chaude qui est partie de mon coccyx et est remontée le long de ma colonne jusqu'à irradier dans mon crâne.

J'étais relié, je pouvais commencer, l'énergie était là. 

Kundalini web

"Un auteur de philosophie bouddhiste a émis l’hypothèse de trois couples bien distincts, » commença-t-il, le regard concentré, la voix appliquée, le débit mesuré.

« Le couple carré, le couple triangle et le couple cercle. Dans le couple carré, il y a quatre entités. Une tête et un corps pour chaque partenaire. Le tout symbolisé par les quatre angles du carré. Chaque tête est séparée, existentiellement, de son corps et aucun des deux corps ne fusionnent avec l’autre puisque les deux têtes sont séparées l’une de l’autre. Les seuls points de jonction se situent au niveau génital. Et c’est évidemment désastreux à plus ou moins long terme. Dans ce couple, l’acte sexuel a une intention précise, c’est de maintenir intacte les quatre lignes qui rejoignent les angles. Bien entendu, la pression que ça génère est incompatible avec le sentiment amoureux. Si on dit que la tête est séparée du corps, c’est parce que le mental n’est présent que par pointillés et sur des plans très limités, très mécaniques, très répétitifs. Le reste du temps, il vaque à ses fantasmes ou même à ses absences. Le couple carré est enfermé dans le chacun en soi et sans même que les individus habitent consciemment leurs propres corps. Il n’y a pas de rencontre, pas de communication mais des émissions radio brouillées par des parasites continuels. Les schémas répétitifs sont basés sur la trilogie PCO : préliminaires, coït, orgasme. Il s’agit d’un orgasme à décharge énergétique. Un moyen de se libérer des tensions quotidiennes. Il n’y a pas de conscientisation mais un état de quasi absence qui tend vers le vide. De toute façon, la sexualité est au même niveau d’inconscience que l’ensemble de l’individu.

-Laurent et moi, à la fin de notre histoire.

-C’est le cas de millions de couples, Maud.

-Et les deux autres types alors ?

-Le couple triangle est appelé ainsi car il est constitué de deux partenaires qui parviennent à communier intégralement, corps et âme et à se rejoindre à la pointe du triangle. Il s’agit d’individus qui ont conscience que la sexualité est un acte sacré qui réclame une attention totale et bienveillante, un partage et une quête commune. Les deux personnes vivent dans une communication très forte, un bonheur réel mais, par amour pour leur partenaire, ils sont malgré tout obnubilés, par une certaine idée de l’amour physique et le schéma PCO, préliminaires, coït, orgasme, est toujours en vigueur. Cette recherche de l’orgasme, simultané si possible, les entrave mais ils ne le réalisent pas encore.

-C’est déjà magnifique comme structure, je trouve et elle m’irait bien.

-Et pourtant, la suite est encore plus belle. Le couple cercle ne fait pas l’amour, il est dans l’amour. En permanence. Il n’y a pas de préliminaires parce qu’ils sont constamment en caresse, physiquement, mentalement, il n’y a pas de coït parce qu’ils sont unifiés dans un cocon énergétique, il n’y a pas de quête d’orgasme parce que la simple émotion qui jaillit à la pensée de cet amour suffit à diffuser en eux un plaisir intense. Ces individus aiment chez l’autre leur amour de la vie et c’est au cœur de cet amour commun qu’ils se retrouvent. Ils sont dans l’amour. Constamment. Et par conséquent, leur sexualité n’est pas incluse dans un schéma préétabli. Elle se vit à chaque instant parce que cet amour vibre en eux. Quand ils s’unissent physiquement, c’est leurs énergies qui fusionnent. Il y a dans ce couple cercle des flux magnétiques, des forces qui n’ont pas de noms précis, qui ne sont pas identifiables, des énergies qui les traversent et les absorbent jusqu’à ce qu’ils disparaissent dans une entité asexuée qui ressent intégralement l’amour généré par les deux partenaires. Ni homme, ni femme mais une énergie commune qui s’aime à travers deux âmes physiques.

-Des âmes physiques ?

-C’est comme ça que j’appelle l’état de grâce créé par cette sexualité sacrée. L’âme enveloppe le corps au contraire de ce que les gens imaginent. Lorsque cette conscience a pris forme, lorsque l’individu n’est plus assujetti à un mental dictateur, c’est l’âme qui dirige le corps, à chaque instant et par conséquent aussi dans l’acte sexuel. Mais l’âme est également le récepteur des ondes émises par l’Esprit de l’intelligence créatrice, Dieu ou la nature ou le nom que tu veux lui donner. L’âme est en contact avec Dieu et en nourrissant le corps par une spiritualité consciente et assidue, elle apporte à la sexualité sa dimension divine. Dieu est dans ma verge comme il est dans ton vagin, il est dans notre jouissance, dans mon sperme et dans ta cyprine, Dieu aime la sexualité et nous invite à jouir mais à jouir de toute notre âme en usant de tout notre corps. C’est cela la sexualité divine. Entendre et aimer Dieu en nous et jouir de sa présence et faire que Dieu jouisse en nous.»

La présence. Cette impression indéfinissable d’être visitée, là où elle imaginait une autre femme. Elle n’aurait jamais imaginé qu’il pouvait s’agir de la présence de Dieu en elle.

« Tu sais, cette nuit, j’ai eu l’impression à un moment d’être un sexe d’homme. Pas d’avoir un pénis mais d’être moi-même, intégralement, un sexe d’homme. Je ne comprends pas ce que ça signifie.

-Et j’ai eu pour ma part l’impression que tu étais en moi. C’est tout simplement un des effets de cette conscience sexuelle qu’il faut développer pour relier la dualité homme femme que nous portons tous. La vie a choisi une forme sexuée pour chaque individu mais la vie elle-même n’est pas sexuée, elle est énergie. La sexualité sacrée rétablit cette conscience de la Présence divine en nous et la Nature créatrice n’a pas de sexe. Dieu n’est ni masculin, ni féminin. Il est tout. Il use de la sexualité en nous pour expérimenter la conscience de la vie. C’est comme un marionnettiste qui déciderait de tenir le rôle des marionnettes pour affiner au mieux le jeu de théâtre qu’il a créé.

-Nous sommes des marionnettes pour toi ?

-Oui, bien sûr puisque nous n’avons aucun pouvoir décisionnel sur le début et la fin de nos existences, ni sur son fonctionnement, ni sur sa durée. Même les gens qui se suicident n’ont aucun pouvoir. Ils vont vers la mort mais ils n’ont pas créé la mort. Ils accélèrent le processus, c’est tout. On peut comprendre le système organique et les hommes de science y parviennent de mieux en mieux mais ils ne donnent pas pour autant la raison d’exister de cet organisme. Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? C’est une question célèbre.

-Et tu réponds quoi ?

-Pour moi, Dieu est une énergie et pour prendre conscience de lui-même, il s’est fragmenté dans la matière. Toutes les formes de conscience individuelle sont des registres d’expérimentations. Dieu comme énergie prend conscience de lui-même à travers la vie et il nous reste à prendre conscience de Dieu en nous. Imagine par exemple un flux électrique. Il n’est qu’un flux qui ne sait rien de lui-même. Dieu, en tant qu’énergie créatrice, s’est appliqué à diffuser ce flux dans des milliards de milliards de formes matérielles et spirituelles. Il est l’expérimentateur qui explore l’intégralité de son pouvoir créateur.

-Et donc, la sexualité sacrée est un moyen pour les humains de rencontrer Dieu ?

-C’est effectivement ce que je pense. Je sais bien que les humains sont capables d’avoir des relations sexuelles sans amour mais à mon sens, ils ne font pas l’amour, ils copulent et ça n’a rien à voir avec une quête de Dieu. Leur sexualité a donc besoin d’excitation pour pallier à l’absence d’amour. Le couple cercle n’a pas de fantasmes, n’a pas de pensées insoumises, n’utilise pas de techniques formatées, n’a besoin d’aucun expédient pour s’aimer. Leur sexualité est prioritairement énergétique. Masser le corps de l’autre, par exemple, est un moment énergétique et par là-même orgasmique. Pas un orgasme génital mais un orgasme spirituel. C’est ça, l’état de grâce. Tu vois. C’est un amour physique, émotionnel, sensoriel, intellectuel, philosophique, existentiel, un amour qui n’a aucune autre intention que de rester dans l’amour. La sexualité n’a aucunement besoin d’être alourdie par des intentions mais elle doit être nourrie d’attentions. Des attentions qui couvrent toutes les dimensions que je viens de citer.

-Je n’ai jamais connu cet état avec Laurent. Ni avec aucun autre homme. Avant toi.

-Je pensais en avoir goûté la saveur autrefois mais je sais aujourd’hui qu’il n’en était rien. Ce qui suggère d’ailleurs que l’horizon n’est jamais visible dans le territoire de l’amour.

-Un territoire ?

-Oui, c’est comme ça que je le vois en fait. Un territoire qui est toujours ouvert et dans lequel, on ne peut entrer qu’avec l’amour en soi. Les gens qui se plaignent de l’amour ne sont pas entrés dans le territoire. Ils sont à l’extérieur et ils critiquent. Ils ne se sont pas dénudés, spirituellement, ils n’ont entrepris aucun travail intérieur et ils entrent de force dans le territoire. C’est comme si je partais en montagne avec un sac énorme, des quantités d’affaires, une pléthore de matériel technique pour me rassurer ou me convaincre que c’est possible et au final, je vais me plaindre de la raideur de la pente et de la difficulté de l’épreuve et pire encore, je vais exiger des aménagements du territoire. La montagne n’y est pour rien pourtant. C’est moi qui me suis inutilement chargé. Pour entrer dans le territoire de la montagne, il y a des règles. Il en est de même avec l’amour. C’est un territoire où l’âme est à nue, légère, reliée à son cœur, portée par un corps réjoui, comblé, épanoui. Et avec toi, les horizons que je viens de découvrir m’ont ébloui au-delà de tout ce que je pensais avoir atteint et au-delà même de ce que je pouvais imaginer.

JUSQU'AU BOUT : la douleur de l'éveil

 

 

 

Image 3

"Il se réveilla heureux. Il retira rapidement le rideau et regarda le fourgon vert. Il ne vit aucun mouvement. 8h30. Ils étaient déjà partis.

L’impression de rattraper des heures de sommeil. Les deux journées de vélo ne lui avaient laissé aucune courbature. Il s’en félicita. Il enfila un short et sortit. Ciel nuageux. Une légère couverture dentelée, comme une haleine glacée. Pour le bleu du ciel, ça devait être agréable de se glisser sous des draps aussi accueillants. Nulle menace dans cette vapeur suspendue.

Il décida de marcher. L’envoûtement des pas, le retournement vers soi… Plonger à l’intérieur. Le goût d’un bonbon de son enfance. Il revenait régulièrement. Il n’aurait su le décrire mais il le ressentait pourtant. Ce n’était pas dans la bouche mais dans une mémoire profonde, diffuse, insaisissable, un abysse impossible à situer. Comme un envahissement. Qu’y avait-il d’autre dans ces endroits inexplorés ? Était-il possible de remonter plus loin dans le temps ? Une mémoire à l’échelle de l’humanité se cachait-elle en nous ? Une mémoire à l’échelle de l’univers, était-ce possible ? Portions-nous bien plus que nos simples souvenirs ?

Enflammé par les idées, il se prépara joyeusement et partit. Il délaissa les sentiers et s’enfonça sous les arbres. Une borne d’altitude placée sur la carte. C’était son objectif. Entraînement pour le Grand Nord.

Méandres sous les pinèdes, franchissements de talus, remontées de flancs rocailleux, faire le point avec la boussole, tracer un azimut, prendre des repères…

Il essaya de replonger dans la discussion de la veille. L’opposition entre l’essence et la personnalité. Où en était-il ? Un fouillis de pensées lui brouilla rapidement l’esprit. Désagréable malaise. Comme un travail titanesque, une odyssée périlleuse, sans aucune balise. En était-il capable ? Il décida de chercher parmi les écrivains ceux qui auraient pu s’intéresser à cette théorie et qui l’aurait analysée. Il n’en trouva aucun et il perdit les quelques réflexions personnelles qu’il avait réussi à extirper des méandres de son cerveau agité.

Il s’arrêta pour rectifier son cap avec la boussole. La traversée d’une zone de feuillus encombrée d’arbustes épineux et de taillis serrés l’avait écarté de son axe.

Lorsqu’il voulut reprendre le fil de ses réflexions il n’en restait qu’un capharnaüm indescriptible. L’impression de devoir tout reprendre à zéro. Il en garda une pénible sensation d’impuissance et décida finalement de ne penser à rien et de se concentrer sur la marche.

Les parfums de résine, les chants joyeux d’oiseaux invisibles, les couleurs chatoyantes des frondaisons, la découverte curieuse d’un nouveau paysage, quelques traces d’animaux dans une boue séchée, des sentes discrètes qu’il suivit silencieusement attisèrent peu à peu cet abandon.

Et pourtant ce dépit, cette déception tenace. Ce n’était pas ainsi qu’il parviendrait à progresser dans sa propre connaissance et la désillusion le rattrapait. Une lutte inéluctable, comme si les pensées ne pouvaient cesser de se combattre, de se chevaucher, de se contredire, il voulait cesser de penser et devait y penser pour y parvenir. Désirer l’apaisement et créer dès lors les conditions favorables à l’émergence du dégoût, une nasse inévitable, ce dégoût de l’impuissance en lui.

En débouchant dans une clairière, il s’aperçut que la couverture nuageuse s’était déchirée et que des taches de bleu parsemaient le tissu tendu du ciel. Une étrange similitude avec les différents états dans lesquels il évoluait depuis quelques mois. Les trouées éparses pouvaient représenter les quelques moments de clairvoyance qui parvenaient parfois à déchirer la masse compacte de son engourdissement. Les eaux boueuses du lac. La nature, quand on l’observait réellement, offrait de multiples possibilités d’analyses de l’existence. Mais cette simple observation restait insuffisante si l’on désirait parvenir à une conscience supérieure. Comme un simple jeu enfantin, une connivence imaginaire. Il en resta troublé puis l’idée jaillit brutalement comme un éclair de lucidité, une fulgurance qui faillit le renverser !

Il s’arrêta.

Le ciel, comme son esprit, procédait de la même façon, ils étaient semblables et égaux dans leurs existences ! Il ne s’agissait pas de se comparer occasionnellement à un élément de la nature mais de vivre comme cet élément, aussi fragile ou déterminé que lui, aussi troublé ou apaisé. Identique. Lui, simple être vivant, membre à part entière d’une nature vivante, il ressentait les mêmes troubles, les mêmes agitations, les mêmes apaisements qu’un ciel, qu’un lac, qu’un arbre ou qu’un insecte. Leurs effets étaient sans doute différents dans leurs matérialisations visibles mais leurs causes restaient communes. Les ouragans ou les tremblements de terre pouvaient donc représenter les conséquences d’un trouble profond de la planète, trouble assimilable à celui d’une crise de nerfs chez l’homme.

Durant quelques secondes, cette idée lui sembla totalement folle puis finalement cela lui parut évident. Les animistes l’avaient ressenti depuis longtemps. Cette terre était vivante, tout comme lui et il la percevait enfin dans sa réalité. Tous ces textes ésotériques qui prenaient, à travers cette vision, une portée considérable, ces réflexions qu’il n’avait pas su saisir, ces témoignages incompris.

Mais si cette nouvelle conscience s’avérait exacte, tout ce que l’homme infligeait à la nature devait la plonger dans une totale incompréhension vis à vis de cette humanité.

« Pourquoi cette espèce vivante me cause-t-elle autant de douleurs ? »

Cette question devait résonner à chaque instant dans l’âme de cette planète. Il en eut honte. Terriblement honte. Aucune autre espèce vivante ne se permettait un tel affront, l’idée d’une atteinte physique inconsidérée et injustifiée ne pouvant sans doute même pas s’éveiller dans l’esprit d’aucun des autres membres de cette vie. Le plus incroyable étant d’entendre ces hommes accuser la montagne meurtrière, la mer implacable, les volcans cruels d’avoir emporté quelques vies humaines. Mais pouvait-on honnêtement demander à cette planète de rester impassible juste parce que nous vivions à sa surface ? La puce qui nous sautait dessus ne nous demandait pas de rester immobile et de cesser toute activité. Elle savait bien qu’elle prenait un risque en s’aventurant sur cette surface vivante, mouvante et colérique. Elle en assumait la décision. Nous étions bien les seuls à oser nous plaindre des phénomènes inhérents à la vie de notre vaste foyer.

Il essaya de recentrer chacune de ses pensées et d’en retirer un résumé, une formule parfaite, un condensé précis qu’il pourrait facilement transmettre aux hommes qui seraient prêts à l’écouter. Il ne trouva rien de simple. Vouloir limiter de telles réflexions revenait systématiquement à en perdre un aspect et à donner à l’ensemble une impression farfelue. On ne l’écouterait même pas, on se moquerait de lui, il s’en doutait bien et entendait déjà les railleries. L’humanité s’était enfermée dans une vision restrictive mais rassurante, une hégémonie qui satisfaisait son désir narcissique. Vouloir établir une égalité d’existence, une similitude dans nos émotions avec un brin d’herbe ou une fourmi relevait de l’utopie absolue. Personne ne l’écouterait.

Il pensa à Maryse et Daniel. Un possible partage.

Le retournement vers soi. Il ne s’agissait pas de se contenter d’un regard humain mais d’instaurer un regard différent, neuf, épuré, jusqu’à l’effacement de cet humain. Qu’il ne reste qu’une forme de vie en symbiose avec d’autres formes de vie. L’oubli de soi, quand il ne s’agit que d’une forme aiguë de prétention, était la clé nécessaire à cette ouverture vers le monde. Il tenait la solution et la joie qui le gonflait aurait pu le faire voler au-dessus de la cime des arbres.

Ce fut comme une naissance et l’accession à une nouvelle lumière.

Pas, cette fois, la lumière artificielle d’une salle d’hôpital mais la lumière de l’univers. Un rayonnement d’étoile, un embrasement au cœur de ses fibres, un noyau en fusion, une âme libérée, un envol. Des vagues de frissons qui cascadent.

Un autre état de conscience, différent de celui prôné par l’esprit humain. Un état naturel. Un état de connivence avec le monde. Nous serions donc en dehors de la vie, attachés comme du bétail à tirer dans une fuite aveugle des fardeaux imposés, à nous abrutir jour et nuit de drogues licites, à nous interdire, par tous les moyens, de nous observer. Il pensa à ses journées de travail, à ses six heures en classe, à ses deux heures au bureau, à l’entretien de son logement et de son fourgon, de son vélo et de toutes ses petites affaires, aux courses, à la télévision et à la radio, à ces informations d’un monde en débâcle, aux discussions sur le mauvais temps et le prix de l’essence, et à tous les passe-temps dérisoires pour occuper les dernières minutes de cette mort camouflée dans une journée quotidienne. Toutes nos activités nous tournaient irrémédiablement vers un extérieur artificiel, à des distances considérables de nous-mêmes et du monde. De notre complicité avec ce monde. Nous étions tous dans un état de non vie.

Il s’assit au sommet d’une butte. Il dominait la cime des arbres. Le paysage devant lui s’étendait jusqu’à l’horizon. Il eut peur brutalement de ce qu’il découvrait.

Il eut peur du moment où il redescendrait parmi les morts.  

Il eut envie de leur parler. Il eut pitié d’eux. Pour la première fois, il aima l’humanité. Pendant quelques secondes. Pourquoi cette humanité avait-elle abandonné ce bonheur ?

Il chercha… Et comprit qu’il ne devait pas le faire. Chercher, c’était encore faire appel à l’esprit humain pour répondre à une question qui concernait un ordre planétaire, une harmonie universelle d’où l’homme s’était retiré.

Il déposa son sac, sortit sa serviette et l’étala. Il se déshabilla et s’allongea au soleil. Les yeux fermés.

Une brise légère mais régulière coiffait le sommet dégagé et repoussait les insectes. Il pensa aux rennes de Scandinavie qui progressent sur les crêtes ventées pour se protéger des taons. Il suivit leurs longues marches. Vaste troupeau obéissant à des migrations séculaires, chaque individu posant ses pas dans les pas de ses ancêtres, acceptant la loi du groupe sans même y penser, perpétuant sereinement un ordre naturel. Un faucon survolait les troupeaux. La danse suspendue de l’oiseau le conduisit au bord de l’océan. Jonathan Livingstone l’accueillit. Le goéland avait acquis la liberté à travers le vol, il avait brisé les règles établies et choisi de développer des qualités extraordinaires pour éveiller sa propre connaissance. Mais s’il avait atteint une liberté sublime, il ne le devait qu’à une volonté farouche. Ce n’était pas un exemple accessible à tous. Le développement de cette connaissance hors du commun n’avait été rendu possible qu’à travers l’extrême perception et l’absolue maîtrise de son essence. Il avait retrouvé enfoui sous de misérables comportements quotidiens toutes les possibilités de son corps et de son esprit. De son être unifié. Aujourd’hui, le culte de la personnalité qui servait de référence ne représentait en fait que la consolidation d’un système pervers, nullement l’accession à cette connaissance supérieure. Ce n’était pas l’homme qui était promu mais sa totale participation à une vie de masse. Et les quelques individus parvenant à s’extirper de cette foule anonyme cautionnaient par cette fausse réussite un esclavage doré, totalement éloigné de toute essence. Rien ne s’éveillerait. Ce n’était pas l’homme libre qui pouvait jaillir mais juste l’homme privilégié, profitant avidement de l’opulence sordide des plaisirs offerts par ce système, l’embellissement frénétique des murs de la prison. Celui qui y parvenait apparaissait comme le plus heureux et le meilleur des hommes et la foule envieuse continuait à rêver avec le même enthousiasme aveugle, la même convoitise, se nourrissant d’espoirs de gloire et de fortune quand la paix de l’âme restait à portée de main, accessible à tous, sans distinction sociale, raciale ou d’intelligence. C’est l’esprit seul, sa sensibilité et sa capacité à goûter pleinement l’importance d’un brin d’herbe comme celle d’une étoile qui ouvrait les portes du monde.

Il s’étonna de la fluidité de son raisonnement. Il ne se souvenait pas avoir connu auparavant des éveils aussi flamboyants. Il ne pouvait certifier qu’il parviendrait à échanger de telles idées mais ce bonheur était déjà si inattendu qu’il lui suffisait amplement. Il douta d’ailleurs d’une possible transmission. N’était-ce pas à chacun de constituer sa propre théorie ? Sa propre vérité…Opposée à cette vacuité terrible qui nous étouffait. Soudainement, encore une fois, le vide de l’existence telle qu’elle était instituée, lui brûla la gorge. Physiquement. Il s’assit, prit la gourde et avala plusieurs goulées d’eau fraîche. L’angoisse disparût mais la tension dans laquelle l’esprit s’était maintenu céda d’un coup. Les larmes coulèrent, librement, sur les joues, il fallait pleurer, il le sentait, c’était une délivrance nécessaire, pas une fuite ou un abandon mais un lien avec ce monde oublié et battu. La rencontre triste de deux consciences esseulées, la complicité fabuleuse de deux esprits en sursis, deux êtres condamnés à plus ou moins brève échéance, sentant au-dessus de leurs consciences effrayées la menace permanente d’un sabre que l’espèce humaine tenait fièrement.

Il refusa de sombrer dans les noirceurs et se releva. Il reprit son sac et s’engagea sur une sente. Il força son pas durant de longues minutes, crachant des bouffées de déprime dans les souffles jaillis de ses poumons, dans les brûlures de ses muscles, les gouttes de sueur qui voilaient ses yeux. Il sentit combien la peur pouvait étouffer les plus beaux sentiments, les plus intenses émotions. Il avait entrevu son retour parmi les hommes et la terreur qui s’était dressée l’avait tétanisé. Comment supporter ce mensonge immonde ? Ça ne lui semblait plus possible.

Il marcha comme un forcené, évadé d’une prison morale et qui court, qui court, sentant dans son dos la rage haineuse des morts.

Il serpenta entre les arbres, hors de tout objectif et de toute conscience réelle. Ce fut une fuite sans but. La douleur était en lui, les terreurs l’habitaient. Et il souffrait davantage encore de ne pas maîtriser ces assauts morbides, de ne pas parvenir au contrôle de soi et de devoir, pour trouver une certaine paix, consumer ses forces dans des défis iraisonnés.

Il atteignit un nouveau sommet, simple colline déboisée, ouverte sur les horizons. Dans la dernière montée, un vertige l’avait ébloui. Il décida de manger. Espérant surtout y trouver l’absence de pensées dont il avait besoin.

Face à lui s’étendaient des pentes boisées, vastes mers de couleurs superbes sur lesquelles les rayons solaires, variant leurs inclinaisons et leurs intensités, jouaient pendant des heures. Il devina, sous le secret des frondaisons, les itinéraires répétés des animaux, leurs parcours ancestraux, incessamment agressés par des hommes envahisseurs. Il sentit l’angoisse pesante des espèces encerclées, les cris suppliants des arbres abattus, les râles étouffés d’une terre labourée, toutes ces souffrances quotidiennes qui resserraient impitoyablement sur des êtres fragiles leurs étreintes mortelles. Il aperçut au loin une brume étrange, surplombant une vallée invisible. Était-ce une vapeur échappée d’un lac ou la pollution d’une ville ? Embryon de pluie ou haleine putride. C’est de nos âmes que s’élevait ce poison. L’empreinte des hommes sur la Terre. Le cerf, au fond des bois, percevait le parfum pestilentiel des fumées d’usine, le ronflement des moteurs, le vacarme des avions, le hurlement aigu des tronçonneuses, les appels des chasseurs vers les meutes excitées des chiens. Même le parfum âcre de sa sueur agressait les narines des animaux aux abois. L’homme n’était toujours qu’une menace, que le complice cynique de la mort. Le dégoût. Il n’était qu’un humain. Les fumées de son fourgon, les routes dont il profitait, les champs sulfatés pour les récoltes forcées dont il se nourrissait, les bétails engraissés pour des populations obèses, les mers vidées par les filets dérivants, les centrales nucléaires pour des électricités gaspillées, les forêts vierges rasées pour des meubles coûteux, les fleuves agonisants sous les rejets nitratés, les décharges sauvages et les dépotoirs engorgés. On immergeait dans les fosses marines des containers de déchets radioactifs comme on jetait par les fenêtres des voitures un paquet de cigarettes. Le geste était le même. C’est la mort qu’on propageait.

Le dégoût.

Il ne voyait pas d’issue et sentait combien ses réflexions le conduisaient à une impasse. Si les animaux vivaient dans la peur permanente, la planète elle-même ressentait-elle cette angoisse ? Représentions-nous désormais le mal absolu ?

Sa simple présence éveillait dans les arbres des frissons inquiets et les gens incrédules mettaient cela sur le compte du vent. Un pigeon passa devant lui. Son vol était puissant et rapide. Était-ce une fuite, la recherche désespérée d’un dernier refuge ? On trouvait jusque dans les mers australes des traces de dérivés chimiques. Où pouvait-il aller ? Les feuilles des arbres, autour de lui, le regardaient avec des yeux terrifiés, des hordes d’insectes affolés fuyaient devant ses pas aveugles, les nuages empoisonnés pleuraient des larmes acides.

Les hommes avaient propagé la mort. Ils étaient son plus fidèle allié. L’humanité comme l’étendard de la grande faucheuse.

Le dégoût.

La violence du dégoût.

Il se leva et prit le chemin du retour. Un court instant, des désirs de suicide. Il en gardait sur les lèvres un goût sucré, presque bon, l’anéantissement salvateur de la culpabilité et l’impression d’un geste enfin à soi.

Il ne devait pas rester seul. Il en mourrait. C’était certain.

Tête baissée, il parcourut les bois, la mort aux trousses et c’est ce sentiment effroyable de la fin à venir que les hommes étouffaient sous des agitations frénétiques. Ne pas savoir, ne pas écouter ni sentir. Rien. Vivre dans l’aveuglement, juste pour se supporter. Nous étions la mort et nous le savions. Mais nous maintenions avec obstination l’interdiction de le dire.

Il finit par courir espérant que la violence de l’effort empêcherait toute intrusion raisonnée.

Arrêter de penser et ne penser qu’à cela.

C’était donc cela le rôle du sport. Juste le complice d’une dictature complexe. L’opium du peuple, un de plus.

Ne pas penser. Courir. Etouffer le dégoût sous des épuisements musculaires.

« Arrête de penser ! » cria-t-il dans le silence craintif des bois. Des sanglots échappés bloquaient ses souffles dans la gorge serrée.

« Arrête de penser, gémit-il, arrête. »

A l’orée d’une clairière, il se figea. Il ne se souvenait pas de cet espace dégagé. Il regarda autour de lui et ne reconnut rien. Au premier instant, il se dit qu’il était perdu mais l’absurdité de cette conclusion le frappa. Parmi les hommes, il était perdu. C’est ici qu’il était quelque part mais il n’y trouvait pas les repères inculqués et se sentait totalement égaré.

Avant de s’effondrer, il fonça, droit devant.

Ce n’est pas le temps qui s’égrena mais la répétition mécanique de ses foulées, la force de ses respirations, l’usure de ses muscles, le choc dans son crâne des pas retombés, les crachats de salive qui suintaient aux coins des lèvres et les larmes salées qui coulaient de son corps comme un pus honteux.

Honteux.

C’est ainsi qu’il déboucha sur une route. Il reconnut l’accès au lac. Il était descendu trop bas. Il remonta le ruban goudronné sans diminuer la longueur de ses foulées, comme poursuivi par l’horreur du monde humain et il songea à ces milliards de kilomètres balafrant la planète, cicatrices sans cesse entretenues, élargies, renforcées, reliées entre elles par des réseaux de plus en plus étendus. Il crut devenir fou et comprit qu’il découvrait la vraie raison. Les fous, de leurs côtés, traçaient de nouvelles routes pour rejoindre plus rapidement leurs semblables.

Le parking, le fourgon. Il courut encore, s’engouffra, ferma la porte et sauta fébrilement sur la boîte de cannabis. Anesthésier les flots de pensées sous des brouillards parfumés, étouffer fébrilement des consciences insupportables."

Un climat de guerre

Hallucinant....Et il se pourrait bien que le terme de "guerre" devienne effectivement le plus approprié. Pas demain matin mais plus tard... Étonnant d'ailleurs comme mon roman "Jusqu'au bout" en devient dès lors un livre prémonitoire.

CLIMAT : LA GUERRE EST DÉCLARÉE ET LA PROPAGANDE CIBLE LA SCIENCE

 

Dans sa dernière édition, l'hebdomadaire Valeurs Actuelles cloue au pilori ceux qu’il appelle les "charlatans de l’écologie" mêlant Greta Thunberg, Matthieu Orphelin, le Giec ou Novethic. Son crédo : "La science officielle" qui alerte sur le réchauffement climatique, n’est pas la "vraie science". Vidéo à l’appui, le journal cite des scientifiques dont ce n’est pas la discipline, qui prennent de vraies affirmations pour en tirer des conclusions tout à fait fausses. Ce mode de propagande est en train de se répandre. Il est dangereux parce qu’il sème le doute.

Couverture valeurs actuelles 2

La couverture de la dernière édition de Valeurs Actuelles dénonce le totalitarisme écologique.
@ValeursActuelles

Jeudi 27 juin, Valeurs Actuelles a mis en Une le visage désormais mondialement connu de Greta Thunberg. Cette jeune fille suédoise fait le tour de la planète pour alerter les grands dirigeants sur l’urgence climatique. Elle est devenue la figure de proue des manifestations de jeunes en faveur du climat mais, pour le journal, le visage de la lanceuse d’alerte est celui du "Totalitarisme vert".

L’article principal de son dossier dénonce la colonisation du débat public par "les prophètes verts du malheur", c’est-à-dire à tous ceux qui appellent à un changement radical de nos modes de vie, de travail, de consommation pour atténuer le réchauffement. Sur le banc des accusés, on retrouve bien sûr Greta Thunberg mais aussi l’astrophysicien Aurélien Barrau, les députés européens Matthieu Orphelin et Yannick Jadot ou encore votre serviteur Novethic, dénoncé comme un "think tank" aux "scénarios décroissants". Ces propos virulents pourraient faire sourire s’ils n’étaient pas accompagnés d’une charge contre des faits scientifiques prouvés. 

Ainsi, Valeurs Actuelles écrit : "La science officielle considérée comme un moyen de faire taire les contradicteurs a rendu la science véritable obsolète". Ailleurs, le journaliste évoque "ce réchauffement climatique dont on nous rebat les oreilles depuis quinze ans". Enfin il dénonce "la mort du débat, la mort de la raison", qui est selon lui bien plus à craindre qu’un "quelconque cataclysme planétaire". Le climatoscepticisme, répandu par 
les marchands de doute, montre à nouveau les dents, non seulement à la Une de cet hebdomadaire mais aussi sur des plateaux télé.

Des plateaux de télé donnant la place aux climatosceptiques

Quelques jours auparavant, Brune Poirson, secrétaire d’État à la Transition écologique, a dû batailler sur LCI contre Gilles-William Goldnadel, avocat et essayiste. Celui-ci remettait en cause le rôle de l’homme dans le dérèglement climatique. Il a conclu cette passe d’armes avec un magistral "Je ne sais pas ce que c'est que la science".

Vidéo intégrée

Brune Poirson@brunepoirson

Des années de recherches l'ont prouvé, jamais le climat ne s’est réchauffé aussi rapidement dans l’histoire.
Mais on trouve encore des personnes pour affirmer que ce n’est pas lié aux activités humaines. Avec des réflexions de ce type, nous perdons du temps, très précieux.

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Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité

Une scène similaire s’était déroulée sur CNews quelques semaines auparavant. L’écologiste et femme politique Claire Nouvian était tombée, selon son expression, dans un "guet-apens climatosceptique" face à Pascal Praudqui y anime un talk-show "L’heure des Pros". Ces débats qui n’en sont pas, sèment le doute parce qu’ils font référence à LA science pour mieux la dévoyer.

La principale cible de leurs attaques est le GIEC, coupable d’alimenter la planète de faits scientifiques documentés et affinés depuis 1988, date de sa création. Il faut sans doute leur rappeler que le groupe d’experts sur le climat de l’ONU a été créé par deux de leurs idoles : Margaret Thatcher et Ronald Reagan. Ce qu’ils prétendent dénoncer dans le camp d’en face sont en fait leurs propres méthodes : un mélange d’anathèmes qui servent à caricaturer l’ennemi pour mieux justifier qu’il faille l’abattre.

Ludovic Dupin @LudovicDupin et Anne-Catherine Husson-Traore,  @AC_HT, Directrice générale de Novethic

JUSQU'AU BOUT : un commentaire

 

Laura est une fidèle lectrice et je la remercie chaleureusement de son attachement à lire mes ouvrages.

Je me doutais que ce livre la dérangerait, que le personnage de Pierre la rebuterait. Je lui avais d'ailleurs déconseillé la lecture de "Les héros sont tous morts" où la partie sombre des individus est encore plus profonde. Dès lors, je me réjouis quelque peu de son article et de l'effet que Pierre a eu sur elle bien que j'aurais préféré que sa lecture ne lui soit pas si "douloureuse".

Je voulais décrire un "héros" perturbant, un personnage dont la détermination dépasse toutes les limites puisque le meurtre ne l'arrête pas et qu'il le justifie à chaque fois. Que ce roman dérange répond par conséquent à l'objectif que je me fixe lorsque j'écris.

J'en ai décrit les raisons ici Divertir ou bousculer ?

 

Il y a malgré tout au long de l'histoire un rapport à la nature qui apporte son lot d'apaisement, tout autant que l'histoire d'amour avec deux jeunes Hollandaises.

Il n'empêche qu'à la lecture de l'article de Laura, c'est la violence meurtrière de Pierre qui reste l'élément principal.  Sur l'ensemble du livre, les passages violents représentent pourtant 1/10 ème du roman. Il faut croire que ces scènes sont particulièrement bien décrites !

Est-ce que je dois le regretter ou m'en réjouir ? En tant qu'écrivain, je m'en réjouis. En tant qu'individu, je les réprouve. 

Il n'en reste pas moins que la question doit être posée : à partir de quel seuil de révolte, l'individu peut-il s'accorder le droit à la violence ? 

http://lerefugedecheyenne.hautetfort.com/?fbclid=IwAR07JqKEgq1uBzO91-Fw48rXtZ4PhqQxF5LiHTmU2GoBTBm0VY3ZTXNUqGE

« JUSQU’AU BOUT » de Thierry LEDRU aux éditions du 38

 

De Thierry LEDRU, j'ai déjà lu :

Noirceur des cimes : http://lerefugedecheyenne.hautetfort.com/archive/2016/08/16/noirceur-des-cimes-de-thierry-ledru-edite-chez-altal-editio-5836830.html

Vertiges : http://lerefugedecheyenne.hautetfort.com/archive/2016/05/16/vertiges-de-thierry-ledru-aux-editions-la-fontaine-de-siloe-5802619.html

Là haut : http://lerefugedecheyenne.hautetfort.com/archive/2015/07/05/la-haut-de-thierry-ledru-au-editions-a-o-andre-odemard-5651547.html

 Kundalini  : J’ai eu l’honneur de le lire avant qu’il ne soit édité, raison pour laquelle je n’ai pas écrit de billet sur ce livre. C’est un roman absolument magnifique et grandiose.

Le livre :

Pierre est un instituteur, jeune, son 1er poste. Avant il était éducateur.

Il a une haute opinion des enfants et de l’éducation qu’ils doivent recevoir, de ce qu’ils doivent trouver à l’école. Il possède aussi un grand respect et amour de la nature.

Il ne supporte pas les personnes qui dégradent la nature, ceux qui ne comprennent rien aux enfants et ne s’en occupent pas ou sont à la limite de la maltraitance. Nous aussi on déteste ces gens-là, mais généralement on s’arrête là. A la critique et l’incompréhension. Pas lui. Lui, va jusqu’au bout de son idée.

Même si je comprends le raisonnement de Pierre, j’ai eu du mal avec ce héros, je ne l’ai pas aimé. Il est inquiétant. Dérangeant. Souvent, j’ai eu peur de ce que Pierre allait faire.

Faut-il aller jusqu’au bout pour sauver la planète ? L’éducation des enfants ?

Les passages avec sa classe sont plus doux, apaisants, rassurants.

Ce livre est volontairement perturbant. L’écriture ciselée de Thierry LEDRU augmente chaque moment de tension et aussi chaque moment de bonheur simple.

Cette lecture a été un sacré voyage, un peu douloureux.

Tous les livres de Thierry LEDRU nous incitent à réfléchir sur des sujets sensibles et importants, à ouvrir les yeux et à être lucides, même si ce n'est pas très confortable.

 

 

 

10:59 Publié dans Le talent des autres | Lien permanent | Commentaires (0)

La désobéissance végétale

La désobéissance végétale pour reverdir nos villes grâce à des bombes à graines

 

https://lareleveetlapeste.fr/la-desobeissance-vegetale-pour-reverdir-nos-villes-grace-a-des-bombes-a-graines/?fbclid=IwAR0HeCnI8WSbrpfmIuxUpJ4mi0NRxCu4H-hQ6EiOmk_ksS4USS_S0yVig_c

 

Véritable activité politique pour ses membres, la Guerilla Green leur permet de se réapproprier l’espace public pour ne plus subir les décisions des aménageurs urbains et lutter contre la bétonisation à outrance. En France, ce sont 25m2/seconde qui sont noyés sous le béton, rien que pour les terres agricoles.

28 juin 2019 - Laurie Debove

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Les permis de végétaliser, c’est bien. Ne pas attendre d’étouffer sous le béton, c’est mieux. Voici un peu la philosophie de la Guerilla Green, mouvement de résistance urbaine qui végétalise l’espace public pour se réapproprier la ville. « Guerilla Green : le guide de survie végétale en milieu urbain » en donne les codes et les astuces, pour que chacun-e puisse se lancer.

Se réapproprier l’espace public urbain

A l’origine, le mouvement des « levellers et Diggers » protestait contre la privatisation des communs (les forêts, les terres arables). En 1607, au Sud de Londres, des milliers de paysans sans terre résistèrent contre l’accaparement des terres par la haute paysannerie riche en combattant leur milice et détruisant les clôtures pour récupérer les sols.

Crédit Illustration : Cookie Kalkair

Dans les années 1970, à New-York, cette résistance végétale est remise au goût du jour version urbaine avec le guerilla gardeningEn pleine crise économique, des propriétaires ruinés doivent céder leur terrain à la municipalité qui les laisse à l’abandon. Des citoyen-ne-s décident alors de reverdir ces terrains en les cultivant et créant de nombreux jardins et potagers.

« Il ne faut pas confondre la Guerilla Green avec l’agriculture urbaine qui a une vocation de production, dans des lieux pas forcément accessibles au public. La Guerilla Green reprend les codes de la guerilla armée et de la street-culture avec l’idée de se réapproprier un espace public devenu hostile, mais cette fois pour une cause écologique. » explique Ophélie Ta Mère Nature, Guerillera Green, à La Relève et La Peste

Armé-e-s de bombes à graines, de pelles ou de râteaux, les Guerilleros Green sont autonomes et n’ont pas de chef, ils décident librement du bout de terre dont ils vont s’occuper plutôt que d’attendre d’avoir l’autorisation municipale de végétaliser leur rue.

En effet, végétaliser la ville est considéré comme de la dégradation d’un bien public. Cet acte de désobéissance civile interroge ainsi la légitimité de certaines législations.

Lutter contre le tout-béton

Véritable activité politique pour ses membres, la Guerilla Green leur permet de se réapproprier l’espace public pour ne plus subir les décisions des aménageurs urbains et lutter contre la bétonisation à outrance. En France, ce sont 25m2/seconde qui sont noyés sous le béton, rien que pour les terres agricoles. Avec des périodes de canicule de plus en plus importantes, végétaliser permet aussi de rafraîchir la ville et d’apporter du bien-être aux habitants.

« Il ne faut plus être victime de la situation. On sait qu’il y a une crise écologique et sociale sans précédent, et que les pouvoirs publics ne sont pas dans le quotidien des gens. On ne va pas rester les bras croisés à attendre que les choses changent. On peut, avec très peu de moyens, occuper cet espace et recréer du lien social en ville. Lors de nos actions, tous les types de classe sociale s’intéressent à ce qu’on fait, et viennent échanger avec nous, et parfois y prennent part. Il y a une vraie bienveillance de la part des habitants et des passants car ils réalisent à quel point cette action altruiste est fragile. A leur tour, ils veulent protéger la rareté de la végétation, le vivant et le beau. » raconte Ophélie Ta Mère Nature, Guerillera Green, à La Relève et La Peste

Partout en France, des guerilleros green investissent ainsi l’espace public. Même si la démarche est illégale, les arrestations restent marginales. « Difficile d’arrêter quelqu’un qui plante des fleurs ou des fruits », sourit Ophélie. Quand elles sont comestibles, les plantations de la Guerilla Green permettent également de se questionner autour de l’accès à une alimentation équilibrée pour toutes les franges de la population. Les guerilleros restent très attentifs à la pollution de l’air et des sols lorsqu’ils souhaitent planter des végétaux comestibles, mais aussi à l’accès à l’eau.

« Guerilla Green : le guide de survie végétale en milieu urbain » a ainsi été pensé par Ophélie et l’illustrateur Cookie Kalkair comme un projet hybride décliné sur un compte Instagram, des reportages vidéo et une bande dessinée qui paraîtra le 21 août en librairie, pour inciter les gens à passer à l’action en quelques étapes. Seul-e ou en groupe, repérer un lieu par lequel on passe assez souvent pour pouvoir l’entretenir sans trop de contraintes, et prendre le temps de l’observation pour choisir des plantes adaptées au sol et au climat. Parfois, il faut aussi nettoyer le lieu. Puis planter !

28 juin 2019 - Laurie Debove

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La désobéissance végétale pour reverdir nos villes grâce à des bombes à graines

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Manifeste - Numéro 3Écrit par Hélène De Vestele , « L’urgence de la cohérence » est notre troisième manifeste. Le "Zéro Déchet" est ici vu comme une arme d’amélioration massive. Ce nouveau manifeste ne vous apprend pas à trier vos déchets... Il ne s’agit pas de faire un peu moins pire, il s’agit de bien faire. Nous devons radicalement changer pour construire un avenir meilleur. Hélène De Vestele vous emmène dans les coulisses du Zéro Déchet.

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Maladie de Lyme : témoignage

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Le droit de guérir

Hier, à 18:41 · 

TÉMOIGNAGE ET ESPOIR POUR LES MALADES DE LYME

Je m’appelle Christophe Ferré, 26 ans. Il y a un an, jour pour jour, je vivais mes dernières perfusions de Rocéphine. Tout commence pour moi en 2015, avec l’apparition de symptômes divers et variés : troubles de la vision, apparition de corps flottants dans les yeux, sueurs nocturnes, fatigues extrêmes inexpliquées, douleurs migrantes. À cette époque, je ne me soucie pas vraiment de ma santé et acquiesce dès qu’un médecin me dit que mes symptômes sont attribués au stress et au surmenage. Il est vrai que je travaille dur, pour réussir ma carrière professionnelle. Je viens alors d’avoir 22 ans.

La même année, je passe les fêtes de Noël et du jour de l’an à l’hôpital, en raison de troubles intestinaux là-aussi inexpliqués et de douleurs atroces. Il me faudra cette fois plusieurs semaines pour me relever de ce douloureux passage. Je ne réussi pas à m’en remettre totalement : des troubles subsistent à l’estomac et apparaissent également des troubles cardiaques. Durant plusieurs mois, je souffle d’arythmie cardiaque avec des centaines – parfois des milliers d’extrasystoles – tous les jours. Je suis contraint d’arrêter le sport. Peu à peu, mon quotidien devient de plus en plus difficile. Nous sommes alors en 2016.

Je traîne ces symptômes qui s’aggravent progressivement jusqu’à 2017. Survient alors une nouvelle morsure de tique, dans le Massif-Central. Je m’étais déjà fait mordre une dizaine de fois les années précédentes, lors de mes sorties en montagne. Ce fut celle de trop. Il se passe 48h avant que mon état ne continue de s’aggraver : apparition d’un petit érythème migrant, fièvre > 38°C, raideurs dans la nuque, fourmillements. Une semaine après, je souffre d’un syndrome méningé, avec douleurs atroces et une fièvre à 40°C. C’est le début de l’enfer pour moi. Je suis à ce moment-là obligé d’arrêter de travailler. Ma santé s’aggrave à une allure phénoménale. Étant sensibilisé à la maladie de Lyme, je vois mon ancien médecin traitant qui m’administre le traitement selon le protocole officiel en stade primaire. Il est déjà trop tard pour moi, l’infection ancienne étant réactivée par la nouvelle morsure. Les sérologies confirmeront plus tardivement une infection à la borréliose de Lyme associée à une babébiose. Un cocktail… explosif ! Puis viendra l’annonce : neuroborréliose de Lyme, stade tertiaire.

Je comprends alors que la vie va devenir un enfer. Durant les mois qui suivent, malgré des traitements antibiotiques pulsés à haute dose, ma santé s’aggrave. Une trentaine de symptômes apparaissent, d’ordre musculaire, articulaire, cardiaque et neurocognitif. Je souffre de douleurs, de troubles sévères de la vision, de vertiges, de fièvres persistantes, de paresthésies, d’apparitions cutanées, de troubles respiratoires. Les troubles neurocognitifs sont sévères : fasciculations 24/7 (tremblements musculaires), myoclonies, confusion, plus aucune mémoire courte. La liste des symptômes est bien évidemment loin d’être exhaustive… ! En 2016, je pesais près de 80 kg. Un an plus tard, je ne fais plus que 58 kg.

Durant cette période, la terreur s’installe. Ma femme et moi-même ne vivons plus que maladie. Je passe des nuits dans un bain brûlant pour essayer de trouver le sommeil. Par moments, je convulse tellement il est difficile de tenir. Je cherche, comme la plupart des malades, des témoignages de guérison. Je rencontre des médecins de tout type, aux quatre coins de la France. Mes symptômes ne régressent que très peu avec les antibiotiques, si ce n’est sur le plan des douleurs. Les perfusions de Rocéphine ne me libèrent malheureusement pas de mes troubles neurocognitifs. Mes veines ne supportent plus les piqûres, je développe également une candidose sévère liée à une antibiothérapie très prolongée. D’un naturel hyperactif et joyeux, je tombe peu à peu en dépression. Je vois le nombre de témoignages de personnes qui vivent dans les mêmes souffrances depuis très longtemps et qui n’arrivent pas à s’en sortir. Je vois également que des malades se suicident. Pour autant, appuyé par ma femme et des thérapeutes en or, je trouve chaque jour la force de me battre et de croire en la vie.

Je teste au cours de cette épreuve de nombreux traitements : les antibiotiques, les huiles essentielles, les vibrations, jusqu’au jour où je rencontre un naturopathe qui a lui-même vécu la maladie de Lyme. Je suis à cette époque en état d’urgence, désespéré par la situation. Alors que je m’apprête moi aussi à abandonner… Les plantes que je prends à haute dose viennent peu à peu à bout de la plupart des symptômes. Je retrouve mon énergie, je n’ai plus de douleurs, mes fasciculations s’effacent peu à peu, je n’ai plus d’arythmie cardiaque. Subsistent alors certains troubles cognitifs, notamment sur la mémoire courte. La dépression s’en va également. Globalement, ma santé s’améliore et c’était déjà inespéré. Durant ce traitement, je me rends également en Allemagne dans un centre de traitements naturels. Hydrothérapie du colon, massages lymphatiques, traitements IV. Le séjour est pénible, mais m’apporte également un confort supplémentaire.

En parallèle de mes traitements, j’ai une hygiène de vie irréprochable : sauna quasiment tous les jours (un achat qui a été obligé pour résister aux herxs), arrêt du gluten, arrêt du lactose, arrêt total de l’alcool, arrêt du sucre… Toutes sources pouvant aggraver ma situation disparaît progressivement de ma vie. Je suis convaincu que ces sacrifices, ces privations, à un âge où l’on doit croquer la vie à pleines dents, m’ont aidé à avancer.

Aujourd’hui… Je suis là, en vie, plus heureux que jamais. Il me faudrait écrire un roman pour raconter tout ce que ma femme et moi avons dû traverser pour cheminer vers la vie. J’ai connu, comme vous tous, des moments de colère, des moments de douleur atroce, des moments où je voulais en finir. L’espoir de vivre a toujours été plus fort car OUI, on peut se remettre d’un stade tertiaire de la maladie de Lyme. OUI, on peut vivre normalement après une telle épreuve. Lorsque j’étais au plus mal, je postais sur les forums de « malades de Lyme ». Lorsque ma santé s’est améliorée, j’ai totalement déserté les forums. Vous ne voyez pas beaucoup de témoignages de guérison, car le choc est tellement important qu’il faut après plusieurs mois ou années pour « digérer » ce que l’on vient de vivre. Je connais pour ma part de nombreuses personnes en rémission totale et/ou asymptomatique de cette maladie. Il n’y a pas de traitement miracle. Une pilule ne vous libèrera pas de cet enfer. La maladie de Lyme, multi-systémique, est complexe et propre à chacun dans ses interactions avec le corps. Le combat contre cette maladie est tout aussi complexe : il faut varier les approches et surtout, ne jamais abandonner ! N’abandonnez jamais, la vie est précieuse.

Il y a un an, je vivais mes dernières perfusions. Aujourd’hui, je viens d’atteindre le sommet du Pic Carlit dans les Pyrénées à près de 3000 m d’altitude. J’ai repris près de 10 kg ces derniers mois. Je n’ai pas la force que j’avais avant de m’effondrer, mais je sais que je la récupèrerai dans les mois à venir. Cette ascension a pour moi un sens particulier : me couper totalement de cette maladie après des années de souffrance et donner un espoir à tous les malades de Lyme. Vous pouvez y arriver, n’abandonnez jamais.

Je remercie également l’association le Droit de Guérir pour son aide précieuse lorsqu’il m’a fallu trouver un médecin à un moment où ma santé s’est effondrée. Vous faites un travail formidable, que l’on doit à tout prix soutenir. Ces prochains mois, je continuerai de nouvelles ascensions en France dans le but de sensibiliser la population sur la maladie de Lyme et surtout d’apporter un espoir à toutes les personnes en souffrance. Objectif Mont-Blanc d’ici l’été prochain ou en 2021. Merci également à tous les thérapeutes qui m’ont suivi ces dernières années, pour votre bienveillance à l’égard des malades.

Semer la désobéissance

Désobéissance : un collectif sauve les semences des Alpes Maritimes

 

« Ce qui intéresse le gouvernement, c’est de contrôler le marché capitaliste global qui fonctionne sans contact humain. Nous on fonctionne en collectif qui se donne les semences de main à main. On prône la désobéissance s’il le faut. C’est pour nous un droit fondamental de vivre en symbiose avec la Nature, d’accompagner le vivant et d’évoluer avec lui. Ce droit va bien au-delà de toutes les lois capitalistes qui cherchent à privatiser le vivant. » conclut Maxime, fondateur et coordinateur de la MSPM, pour La Relève et La Peste

24 juin 2019 - Laurie Debove

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Face à l’accaparement du vivant par de grands groupes privés, un collectif de paysans, jardiniers, chercheurs et chefs-cuisiniers s’est regroupé pour constituer la « Maison des Semences Paysannes Maralpines ». Ensemble, ils récupèrent, cultivent et diffusent les semences paysannes de la bio-région des Alpes-Maritimes.

Préserver un patrimoine local, vivant et gustatif

Lancé officiellement depuis septembre 2018, la Maison des Semences Paysannes Maralpines (MSPM) réunit une cinquantaine de personnes : paysans, jardiniers, chefs cuisiniers, ou distributeurs comme 21 paysans, un petit magasin de producteurs.

Porté par l’association SOL, qui milite pour des alternatives agroécologiques et solidaires, la Maison des Semences Paysannes Maralpines les collecte, redistribue et propage les savoirs nécessaires pour les cultiver et les multiplier. Maxime, oléiculteur, co-fondateur et coordinateur de la MSPM, sillonne régulièrement les Alpes-Maritimes pour préserver le patrimoine territorial et proposer des fruits et légumes issus de semences paysannes, avec une meilleure qualité nutritive.

« Lundi dernier, j’étais avec une mamie de 80 ans qui me donnait des graines de l’oignon rose doux de Menton. Elle est issue de 4 générations de paysans, et c’était incroyable de voir son savoir-faire, comment sa famille a obtenu un oignon bien plus vigoureux et résistant aux maladies, bien plus productif que tous ceux qu’on peut trouver sur le marché, mais seulement pour le territoire et le climat du coin. Elle a pris 3 heures pour m’expliquer tout son processus : l’ensemble du parcours agronomique, la sélection et multiplication des semences, mais aussi comment on le cuisine. Son grand-père l’a sélectionné pour que ce soit un oignon doux qu’on puisse manger cru. C’est le patrimoine immatériel qui va avec le patrimoine matériel génétique de cette semence. »  raconte Maxime, fondateur et coordinateur de la MSPM, à La Relève et La Peste

La MSPM veut développer les semences paysannes dans tout leur parcours, de la graine à l’assiette. Ainsi, un agriculteur a fait appel au collectif pour retrouver la semence du poivron carré de Nice. Après un an et demi de recherches, la MSPM a retrouvé une souche locale. Ce poivron typique a été développé exprès pour faire les petits farcis, une spécialité gastronomique locale. Pour la MSPM, il s’agit de valoriser toute la graine dans son contexte culinaire, historique, gustatif, géographique… tout en s’assurant qu’elle soit productive pour trouver sa place dans le système alimentaire actuel.

La sélection paysanne

Tomate prune de Nice, mascarade de Breil sur Roya (haricot), pelandron (haricot vert), chou-brocoli de Nice, lagramua (haricot), et de nombreuses courges comme la longue de Nice ou la courge de Moulinet sont autant de variétés qui ont été réparties parmi les paysan.ne.s du collectif. Pour cette première année, une vingtaine de paysan.ne.s a recueilli deux variétés différentes pour réapprendre à les connaître et les cultiver, et faire des graines en quantité de qualité professionnelle.

« L’industrie semencière, avec la technique dite des hybrides F1, choisit des plantes adaptées à l’agriculture mécanisée, aux intrants chimiques et aux longs transports pour la distribution, au détriment de leur valeur nutritive et gustative. Surtout, les paysan.ne.s deviennent complètement dépendants des semenciers et du catalogue du GNIS. Cette méthode seulement réalisable en laboratoire, et complètement hors-sol, enlève au paysan l’autonomie et la possibilité de faire lui-même ses propres semences. A la MSPM, on utilise des techniques de sélection à la portée du paysan et du cultivateur. »explique Maxime, fondateur et coordinateur de la MSPM, à La Relève et La Peste

En réalisant leurs propres semences, les paysan.ne.s peuvent bénéficier d’un modèle économique plus rentable. Ils ne dépensent pas d’argent pour acheter des semences à l’extérieur et cultivent des variétés adaptées aux conditions climatiques locales et à leurs sols, qui sont tout aussi productives que des semences développées en laboratoire.

« On va approcher les Biocoop, des structures un peu plus grandes de distribution, mais on attend d’être prêts, d’avoir la quantité suffisante pour les approvisionner. Au lieu de dire « on arrête les choux hybrides », on propose directement un chou paysan avec une meilleure qualité nutritive, qui rémunère bien le paysan, tout en restant financièrement accessible. » détaille Maxime, fondateur et coordinateur de la MSPM, à La Relève et La Peste

La désobéissance par les semences

La Maison des Semences des Alpes Maritimes s’inscrit dans la lutte contre l’accaparement du vivant par de grands groupes privés. Mis en avant par le dernier numéro de Cash Investigationla législation française interdit toujours de donner, échanger ou vendre une semence de variété non-inscrite au catalogue officiel des semences à une personne qui en fera un usage commercial. Et c’est cette dernière subtilité sur laquelle joue la MSPM, ainsi qu’avec d’autres fenêtres législatives.

En effet, rien n’interdit aux agriculteurs de sélectionner et de multiplier eux-mêmes leurs semences de variétés non-inscrites au catalogue, de les cultiver et de vendre les récoltes qui en sont issues.

« Avec l’entraide agricole, légiféré dans un article du code rural, un paysan peut échanger un service avec un autre paysan, comme des semences contre un coup de main à la ferme. De la même façon, si je donne des semences à un paysan avec un certificat pour faire de la recherche, là c’est autorisé même si elles ne sont pas inscrites au catalogue. Et dès que j’ai donné les semences à un paysan qui les multiplie, l’année d’après elles deviennent ses graines qu’il aura produites lui-même. Et il pourra donc les utiliser comme il veut. » sourit Maxime, fondateur et coordinateur de la MSPM, à La Relève et La Peste

A la MSPM, la chercheuse du GRAB Chloé Gaspari travaille ainsi sur la reproduction technique des semences, et accompagne les membres du collectif dans la sélection participative en proposant des critères qui correspondent à l’ensemble des acteurs la chaîne alimentaire. L’agronome Clémentine Antier travaille sur les aspects sociologiques et les freins à l’utilisation des semences paysannes par les paysans, pour changer de paradigme de façon plus globale et ne pas s’adresser aux seuls militants.

« Ce qui intéresse le gouvernement, c’est de contrôler le marché capitaliste global qui fonctionne sans contact humain. Nous on fonctionne en collectif qui se donne les semences de main à main. On prône la désobéissance s’il le faut. C’est pour nous un droit fondamental de vivre en symbiose avec la Nature, d’accompagner le vivant et d’évoluer avec lui. Ce droit va bien au-delà de toutes les lois capitalistes qui cherchent à privatiser le vivant. » conclut Maxime, fondateur et coordinateur de la MSPM, pour La Relève et La Peste

24 juin 2019 - Laurie Debove

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Désobéissance : un collectif sauve les semences des Alpes Maritimes

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Manifeste - Numéro 3Écrit par Hélène De Vestele , « L’urgence de la cohérence » est notre troisième manifeste. Le "Zéro Déchet" est ici vu comme une arme d’amélioration massive. Ce nouveau manifeste ne vous apprend pas à trier vos déchets... Il ne s’agit pas de faire un peu moins pire, il s’agit de bien faire. Nous devons radicalement changer pour construire un avenir meilleur. Hélène De Vestele vous emmène dans les coulisses du Zéro Déchet.

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Météo-Alpes sur Facebook

J'aime beaucoup cette page. Thomas Blanchard en est le créateur et responsable.

Les skieurs suivent attentivement ses prévisions, les montagnards, les agriculteurs, tous les gens qui doivent s'adater aux aléas météo.

J'apprécie grandement la qualité des prévisions, la pédagogie aussi pour mieux comprendre les phénomènes météorologiques. 

Depuis le milieu de semaine, ce site alerte fortement sur le phénomène caniculaire de la semaine à venir. 

Je n'ai jamais lu sur ce site des propos aussi révélateurs de l'ampleur et de la gravité du phénomène, de son intensité à cette période de l'année. 

Il s'agit pourtant bien d'un scientifique et non d'un hurluberlu "catastrophiste". 

Ces dernières semaines, j'ai suivi les prévisions de Thomas sur les alertes de grêle et elles étaient d'une précision indéniable malgré la complexité de la chose... 

Nous avons protégé notre potager en tendant des bâches sur des piquets.

Maintenant, nous allons les remettre pour maintenir de l'ombre...

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Meteo-Alpes

59 min · 

MISE AU POINT : 
"Comme souvent, les traditionnels commentaires du genre « bah ouais c’est l’été il fait chaud NORMAL », ou « tssss on a déjà connu ça et on en faisait pas tout un foin » fleurissent sur les réseaux sociaux.
Que les choses soient dites ( encore hélas ... ) une bonne fois pour toutes : nous nous apprêtons à vivre un événement météorologique exceptionnel, jamais vu au mois de juin auparavant, et probablement jamais vu tout court en terme d’intensité.

Les chiffres ( archives meteo comparées aux prévisions ) sont là et renvoient au néant tous les commentaires de type PMU du coin que l’on peut lire partout.

Cet épisode de fortes chaleurs, bien qu’évidemment du à un contexte météorologique particulier, doit être mis en relation avec les tendances climatologiques émises depuis plusieurs décennies maintenant qui nous annonçaient « Des canicules globalement plus fréquentes et plus violentes ». Depuis 2015, il ne se passe plus un été sans épisode de très fortes chaleurs ... et celui à venir rentrera dans les mémoires en France, soyez-en sur.

Bon dimanche à tous, profitez bien de cette journée estivale "

 

Prévisions - Services & Informations


 

Prévisionniste professionnel indépendant ; notamment sur votre page Facebook Météo-Alpes qui assure un suivi constant gratuit des phénomènes météo sur les Alpes du Nord, mais aussi pour des organismes dans le milieu du ski, des courses en montagne et des entreprises ;

Thomas Blanchard vous propose le site web Météo Alpes afin de vous offrir un bulletin quotidien et des articles météorologiques.

Vous trouverez sur votre site un traditionnel bulletin quotidien donnant un aperçu du temps pour les 6 prochains jours dans les Alpes du Nord ainsi que des articles lorsque la situation météorologique l'exige. En compléments, des services sont mis en place. 
Que vous soyez un particulier, un professionnel, une commune, une entreprise dans l’événementiel ... Ces prestations sont faites pour vous.

 

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Bulletin Météo Alpes

Des prestations météo pour Professionnels


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  • Meteo-Alpes Thierry Ledru Paillez au maximum, n’hésitez pas à mettre une grosse épaisseur ( 10 cm ) 

  • Thierry Ledru On est en permaculture depuis cinq ans ;) Il y a de la paille partout, c'est rempli de vie là-dessous. 6000 litres de citernes d'eau de pluie mais on sait que ça ne suffira pas...Je prends ma retraite dans quinze jours. On va vendre cette maison pour partir s'installer ailleurs : une source permanente, un ruisseau, des arbres fruitiers, deux ou trois hectares totalement isolés, panneaux solaires, centrale hydroélectrique individuelle, une serre la plus grande possible. L'autonomie sera la priorité...Il reste à trouver le lieu mais quand j'étudie les cartes de pluviométrie, les réseaux hydrologiques, le niveau des nappes phréatiques, les statistiques de durée de canicule, les phénomènes climatiques dévastateurs (grêle, vents, sécheresse...), je n'arrive plus à trouver de lieux réunissant tous les paramètres...Peut-être le Cantal...

Le pergélisol

De quoi pourrais-je avoir envie de parler ici quand je lis l'ensemble des données scientifiques sur les années à venir ? 

De rien. 

Ni de mes romans, ni de philosophie ou de spiritualité.


Plus rien n'a d'importance, en dehors de ces faits. 

Je vais partir à la retraite dans deux semaines.

L'objectif sera de trouver un lieu plus favorable pour traverser au mieux les prochaines années. 

Juste ça.

 

Le pergélisol, ces immenses étendues de terres gelées, ont déjà fondu dans une région canadienne observée par des chercheurs, qui pensaient jusque là que la glace y tiendrait encore jusqu’en… 2090. Une accélération inquiétante d’un processus lui-même susceptible de relâcher énormément de gaz à effet de serre et d’accélérer encore le réchauffement.

« Ce que nous avons vu était incroyable. » En se confiant à l’agence Reuters, les chercheurs n’en revenaient toujours pas. Une équipe de l’université de l’Alaska de Fairbanks qui a étudié le sol gelé de l’Arctique canadien entre 2003 et 2016 s’attendait à ce que le réchauffement climatique fasse fondre la zone d’ici 2090. Lors de leur dernier passage, ils n’ont pu que constater que la fonte avait déjà eu lieu.

« C’est une indication que le climat est maintenant plus chaud qu’à n’importe quel moment au cours des derniers 5 000 ans ou plus », explique à Reuters Vladimir E. Romanovsky, professeur de géophysique et co-auteur de l’étude qui rapporte cette évolution, publiée le 10 juin dans la revue Geophysical Research Letters. Les chercheurs s’étaient pourtant basés sur les données du GIEC et leur scénario « modéré » (RCP 4.5) pour calculer que les températures censées faire fondre le terrain ne seraient atteintes que dans plus de 70 ans.

Jusqu’à 600 000 km2 vulnérables

Ces terres gelées en permanence sont ce qu’on appelle le pergélisol, ou permafrost. Autour du cercle polaire, ils recouvrent une surface considérable, jusqu’à 25 % des terres émergées de l’hémisphère nord. Et ce pergélisol inquiète les climatologues : en dégelant, il pourrait libérer d’énormes quantités de gaz à effet de serre, du carbone mais aussi du protoxyde d’azote, à l’effet dans l’atmosphère 300 fois plus puissant que le CO2. Cette fonte pourrait donc à son tour accélérer le réchauffement climatique. Le genre de rétroactions qui font craindre un risque d’emballement climatique incontrôlable à 4 voire 5°C.

« Le pergélisol est comme un réfrigérateur géant contenant plein de matières végétales et organiques délicieuses qui ne sont pas décomposées par les microbes », explique à Live Science la chercheuse Louise Farquharson, du laboratoire sur le pergélisol de l’université de l’Alaska de Fairbanks. « La décongélation ouvre la porte du réfrigérateur », dit-elle, permettant aux microbes de convertir ces matières organiques en dioxyde de carbone et en méthane.

« Cette fonte prématurée est un autre signal clair que nous devons décarboner nos économies, et tout de suite »

Dans la région canadienne observée par les chercheurs, ce processus s’est traduit par la transformation des terres en gruyère : une succession de dépressions et d’affaissements de terrains caractéristiques du thermokarst, le paysage classique résultant du recul du pergélisol. L’objectif des scientifiques est maintenant de déterminer quelle est l’étendue de cette nouvelle terre de thermokarst. Une estimation globale du problème est complexe mais Louise Farquharson et ses collègues estiment que 600 000 km2 de pergélisol seraient vulnérables à une décongélation rapide, soit 5,5 % des surfaces normalement gelées en permanence.

« Cette fonte prématurée est un autre signal clair que nous devons décarboner nos économies, et tout de suite », a réagi l’ONG Greenpeace auprès de Reuters. La bonne nouvelle, c’est qu’après plusieurs années de hausse, l’Union européenne a diminué ses émissions de CO2 en 2018 par rapport à 2017 (- 2,5 %), tout comme la France (- 3,5 %). La mauvaise, c’est que ces efforts sont encore largement insuffisants pour respecter l’accord de Paris et maintenir le réchauffement climatique sous les 1,5°C et éviter ainsi les risques d’un emballement catastrophique. Il faudrait pour cela atteindre la neutralité carbone à l’échelle mondiale en 2050. Les émissions planétaires ont pourtant encore augmenté de 1,7 % en 2018.

Écouter les cris d’alarme des scientifiques et leurs conseils de contenir le réchauffement à 1,5°C impliquerait un tel virage rapide et radical par rapport à notre trajectoire actuelle que cela ne pourra sans doute pas se faire sans efforts conséquents sur notre mode de vie. La société de conseil B&L évolutions avait dressé une liste éloquente des changements de consommation majeurs que cela impliquerait. « Viser plus de croissance semble, avec les moyens à disposition actuellement, incompatible avec la volonté de diminuer fortement les émissions de gaz à effet de serre », estimait en outre leur étude. Un point de vue que ne partage pas Édouard Philippe. Dans son discours de politique générale prononcé le 12 juin, le Premier ministre a fait l’éloge de « la force de la croissance » tout en prônant une « accélération écologique ».

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