http://www.ipagination.com/
Je me suis inscrit sur Ipagination en octobre 2012. Je ne sais plus comment j’ai découvert ce royaume des écrits, cet espace habité par des individus passionnés. Je me souviens par contre du bonheur que j’ai éprouvé à lire, lire, lire, des pages et des pages, à découvrir les élans, les réflexions, les mondes imaginaires, les douleurs relatées, les espoirs déçus et les drames, les euphories, les amours et les joies partagées, toutes ces âmes nourries par les mêmes soleils, des mots flamboyants, des mots adorés, des explorations profondes en territoires inconnus, des quêtes intérieures, des désirs de passerelles, des passages tracés par des lignes tendues sur des pages et des pages, des âmes reliées par des amours communs. Les écrits que l’on crie, les paroles qui tanguent sur des mélodies secrètes, les muses qui inspirent et les auteurs qui expirent tous les mots réveillés.
J’ai très vite sombré dans l’addiction.
Je n’ai pas osé au début poster des commentaires et puis je me suis dit que je ne pouvais pas profiter ainsi du bonheur de lire des compatriotes en restant dans le silence. Voir s’afficher le compteur des lectures sans que n’augmente celui des commentaires laisse à penser que le lecteur s’est enfui…Je ne voulais pas salir la beauté du lieu en brisant les bonheurs du partage. Alors, j’ai écrit ce que je ressentais et je me suis réjoui d’apprendre que mes paroles pouvaient servir à nourrir l’euphorie de l’écriture, que mon bonheur pouvait se transmuter en puissance dans l’âme des auteurs que je croisais.
Puis, j’ai décidé de déposer un premier texte… Et à guetter le message annonçant un commentaire…Les pensées moites et les mains affolées…
« Ataraxie »
C’est Marcel Faure qui a été le premier à commenter. Il disait avoir envie de lire la suite…
Et voilà, j’étais ferré et c’était délicieux, un goût de miel dans la bouche, des chaleurs dans les fibres, des scintillements d’étoiles dans les yeux ou des perles de larmes, peut-être…
Je n’ai pas délaissé les bonheurs de lecture pour autant. J’ai vu se créer une relation respectueuse de liseur et de lu, un échange de procédés humanistes puisque l’humanité se regarde quand l’humain l’écrit, l’opportunité d’apprendre aussi. Et j’ai beaucoup appris.
Et puis, peu à peu, j’ai davantage parcouru le site, découvert des antres et des trésors, j’ai affiné mes recherches, suivi les recommandations, je me suis délecté sans cesse de nouvelles plumes, j’ai vu se remplir jour après jour des pages et des pages, des blancheurs de papier numérique couverts d’histoires fabuleuses, de poèmes si beaux qu’on en aimerait l’enfer, cette capacité fabuleuse à sublimer les pires effrois, les plus terribles douleurs ou à rire de tout, même de l’angoisse de la page blanche, j’ai vu des âmes qui ruisselaient de mots, des mains tendues à travers les écrans, des tristesses camouflées au creux des virgules, des apothéoses dans les trois points suspendus, j’ai vu les sourires se dessiner à la lecture des commentaires reçus, comme des bonheurs propagés, j’ai senti ce goût lumineux des nourritures spirituelles.
La communion des âmes qui écrivent. J’avais trouvé le refuge espéré.
Je n’aurais osé imaginer la suite.
J’avais mis déjà quelques textes lorsque j’ai été contacté par une éditrice. Elle avait lu mes textes et souhaitait en lire l’intégralité.
Une éditrice qui me contactait par le biais d’un site de littérature ?
Depuis vingt ans que je les coursais et qu’ils se débrouillaient toujours pour me renvoyer au fin fond des jungles du doute et de la désespérance, je n’y croyais pas...
J’ai pensé à une embrouille. Elles foisonnent et se nourrissent de cette fameuse désespérance, contre vastes monnaies discordantes, des compliments somptueux jusqu’à l’émergence de l’espoir halluciné.
J’ai glané quelques informations et je me suis lancé. Une personne qui m’inspirait confiance, un parcours professionnel qui ne pouvait qu’être nourri par l’amour des histoires.
Une publication numérique, je n’y avais jamais songé…Mais, finalement, c’est l’acte de lire qui importe et pas le support. Il me plaît aussi de pouvoir proposer des romans à des tarifs décents au regard de la crise. Lire n’est pas vital organiquement mais il l’est spirituellement. Autant que ça soit possible. Et puis, les éditeurs papier ne voulaient pas de mes textes, je n’allais pas me montrer délicat en restant ancré dans des traditions ancestrales. J’ai appris à lire sur le papier, j’ai aimé tourner les pages, sentir leur odeur, voir les feuilles jaunir. Et bien, désormais, je ferai glisser les pages sur mon écran, je rangerai ma liseuse dans une jolie pochette colorée et je la gaverai jusqu’à plus soif de tous les auteurs que j’aime. Il m’amuse d’imaginer Saint-Exupéry s’entretenir avec Sartre, London, Conrad, Le Clézio ou Tournier dans les méandres des microprocesseurs. Parfois, je sens le boîtier qui vibre étrangement et je pose l’oreille sur l’écran. Comme dans un coquillage, j’entends la houle des mots qui prend le large…
Dans cette histoire, Ipagination a joué un rôle inattendu. Avec le contrat d’édition signé, j’aurais pu succomber à l’appel de l’euphorie, des illusions ranimées, imaginer des succès planétaires, des milliers de courriers reçus, des invitations littéraires. Non, rien de tout ça parce que je lisais mes compatriotes et qu’ils étaient mes garde-fous, le maintien de mes pensées dans l’écrin de la lucidité, le goût immodéré du partage et de l’accompagnement bienveillant, fasciné, enthousiaste, ému jusqu’à en rêver la nuit.
Cet instant où la souris clique du museau sur l’étiquette « commentaires » et que la page s’ouvre. Je m’applique à dénouer la ficelle, à ouvrir délicatement les lignes, à parcourir des yeux l’ensemble du présent puis je plonge corps et âme dans le texte reçu. C’est parfois un flash tonitruant, une lumière qui jaillit à l’intérieur comme si les mots appuyaient soudainement sur l’interrupteur du bonheur, c’est parfois un rappel à l’ordre qui vient nourrir le goût immodéré du travail et je reprends l’ouvrage, j’affûte mes outils, je me pose devant la page, je retourne et triture dans tous les sens les suggestions proposées puis je cisèle, je découpe, je dissèque, je polis.
Il est émouvant de réaliser que ces textes sont désormais habités par des visiteurs attentionnés, que les portes du lieu restent grandes ouvertes, que les horizons s’élargissent sans cesse par les regards rapportés.
Que puis-je accomplir pour restituer ce bonheur sinon continuer à lire et à commenter, à proposer mes écrits et à m’enflammer quand je me perfuse aux histoires et que mon cœur semble grandir sous le flux sanguin des mots salvateurs.
Mille mercis.
Un ami auteur, fils spirituel de Raymond Devos :) L'absurde en étendard !
http://short-edition.com/oeuvre/tres-tres-court/mon-chat-est-mon-chien
Le lien pour voter ! Mille mercis pour lui.
[ FANTAISISTE, ABSURDE ]
— Docteur, je vous amène Mon Chien.
— Je ne comprends pas, c'est un chat.
— Oui, c'est un chat.
— Et ?
— Je n’aime pas les chats.
— C'est pour ça que vous venez ?
— Non, bien sûr que non. Je viens parce que Mon Chien écoute aux portes.
— Et vous venez avec votre chat ?
— Oui, je vous ai dit, Mon Chien est un chat.
— Il retombe toujours sur ses pattes ?
— Pardon ?
— Non, laissez tomber ! Ecoutez-moi ! Comment dire, votre chien...
Le véto cherchait ses mots.
— Mon Chien ?
— Pourquoi ne pas l'avoir amené ?
— Mais vous faites exprès de ne pas comprendre, docteur ? Mon chat s'appelle Mon Chien.
— Ah ! Donc ce chat est votre chat et votre chat est Mon Chien ?
— Vous voyez quand vous faites un effort !
— Et vous avez un chat alors que vous n’aimez pas les chats...
— Ecoutez docteur, c'est une histoire assez compliquée comme ça, n'en rajoutez pas je vous prie !
— Ce sont des questions d'usage pour savoir vers quel spécialiste vous orienter, enfin orienter votre chat, Mon Chien.
— D'accord.
— Bien, reprenons. Pourquoi l'avoir appelé Mon Chien ?
— Vous avez déjà vu un chat rappliquer quand vous l'appelez ? On s'est dit avec ma femme que ce serait plus simple. Une façon de l'apprivoiser. « Au pied Mon Chien », et hop, le chat se pointe.
— Et ça fonctionne ?
— Non, justement !
— Justement quoi ?
— C'est pour ça qu'on est là
— Vous me disiez qu'il écoutait aux portes, je ne vois pas le rapport.
— Il a compris notre stratagème. Alors que mon chat n'était encore que Mon Chat, il est passé un soir devant notre chambre, pourtant fermée à double tour. Il a entendu qu'on voulait le baptiser Mon Chien. Aidez-moi docteur, aidez-moi !
— Vous savez, vous avez pris des risques. Si les murs ont des oreilles, ça s'arrête là. Une porte, même verrouillée, c'est fourbe. Ce qu'elle entend, ça rentre dans un trou de serrure et ça ressort de l'autre côté.
— Une solution ?
— Vous en débarrasser !
— Ah non, pas question !
— Je croyais que vous n'aimiez pas les chats ?
— Oui mais Mon Chien est un peu comme mon chien !
— ...
— Et j'adore les chiens !
La peur est juste un manque d'entraînement.
C'est flagrant chez les enfants.
Si on les entraîne à observer en eux, non pas la peur mais celui qui a peur, les effets de cette peur ne sont plus paralysants mais euphorisants. Les adultes qui sont toujours dans des peurs invalidantes sont à mon sens des individus qui ont toujours fui la peur comme un ennemi ou à qui toutes situations engendrant des peurs ont été bannies. Finalement, ils ont atteint l'âge adulte en ayant peur d'avoir peur. Le mal est ancré.
La peur de la mort, la peur du vide, la peur de l'eau, la peur de ne pas être aimé...Je parle de peurs "irraisonnées" ou qui en tout cas n'ont aucune cause ancienne, aucun traumatisme profond...Celui qui a manqué de se noyer, on peut facilement comprendre par exemple. Mais le travail reste possible malgré tout. Je rencontre des enfants qui ont "des peurs sans source", par exemple, celle de plonger dans la piscine alors qu'ils savent nager ou de rater une évaluation alors qu'ils effectuent parfaitement les exercices préparatoires... De quoi ont-ils peur ? De l'inconnu souvent, de conséquences qu'ils imaginent, une pression qu'il s'impose, des errances intérieures. Leur imagination fait le reste. C'est là qu'il faut leur apprendre à observer en eux. Sinon, au fil du temps, les peurs se seront accumulées, elles auront tracé des sillons émotionnels, l'individu fera tout son possible pour ne jamais y retomber. Il aura peur de ses peurs. Un empoisonnement. Il n'en mourra pas mais il en souffrira et il finira par avoir peur de souffrir encore davantage...
Le projet de loi de programmation sur l’école dévoilé ces derniers jours se signale surtout par le flou des principes affichés, remettant à plus tard les choix décisifs.
Il est néanmoins un domaine où le ministre de l’Education nationale n’a pas attendu les futures circulaires pour imposer ses options personnelles, en accordant une place démesurée, dans la formation des élèves, à la symbolique nationale, renforçant la sollicitude dont elle fait l’objet ces dernières années.
La mission attribuée à l’école primaire, dans son article 26, est ainsi définie :
« [L’école] assure conjointement avec la famille l’éducation morale et civique qui comprend obligatoirement, pour permettre l’exercice de la citoyenneté, l’apprentissage des valeurs et symboles de la République, de l’hymne national et de son histoire. »
Sous la figure tutélaire de Déroulède, Peillon revendique l’héritage de ses proches prédécesseurs, Darcos, avec l’instruction civique et morale, et Chatel, l’instigateur des inénarrables leçons de morale à destination des écoliers.
Il confirme au passage qu’on a tout à craindre de la future morale laïque dont il avait d’ailleurs annoncé la couleur, avec des accents qui sentent la blouse grise et les bataillons scolaires : « Nous devons aimer notre patrie […] Apprendre notre hymne national me semble une chose évidente. » (Journal du dmanche du 1er septembre)
L’emploi de ce possessif – « notre » patrie, « notre » hymne – comme « chose évidente » montre au passage le peu de cas que fait le ministre de la liberté de conscience, celle des élèves, des familles, des enseignants et de l’exercice de l’esprit critique quand il s’agit d’un concept – la nation – qui pourtant ne va pourtant pas de soi et se révèle d’ailleurs à l’usage tellement brumeux et inconstant que ses thuriféraires se sentent tenus de le protéger par la force.
Depuis 2003 en effet, la mise en cause des symboles nationaux est érigée en « outrage » et passible de six mois de prison et de 7 500 euros d’amende. Avec ce qui ressemble à un délit de blasphème, la République, si fière de sa laïcité, n’a guère de leçons à faire aux Musulmans blessés par les caricatures de Mahomet …
Si c’est une des justifications de l’école que d’intégrer un enfant à un groupe, à une collectivité, on ne voit pas pourquoi cette intégration devrait s’accomplir, se limiter, trouver son achèvement dans le cadre étroitement borné et jamais défini d’une nation qui n’est jamais qu’un pointillé sur une carte et construction intellectuelle arbitraire.
Lorsqu’un enfant sort du ventre de sa mère, il est garçon ou fille et c’est déjà bien, pourquoi voudrait-on absolument qu’il devienne un « Français », plutôt que, tout bêtement, un homme ou une femme ?
On voit très bien que si l’école joue parfaitement son rôle lorsqu’elle travaille à intégrer des enfants à un groupe, une classe, un établissement, lorsqu’elle favorise l’entraide, la coopération entre les élèves – préoccupations que, d’ailleurs, elle ignore le plus souvent – au-delà, elle investit le champ de la conscience individuelle, du libre-choix personnel, domaines sur lesquels son intervention n’est plus légitime.
A-t-on encore le droit de considérer que les nations et leurs symboles n’ont jamais apporté rien d’autre aux siècles passés, et au nôtre encore, que des peurs, des haines, des guerres et de ruineux budgets militaires ? A l’école, manifestement, le libre-arbitre n’est pas le bienvenu.
Naïve, cette obsession française pour les symboles nationaux et leur enseignement l’est certainement, comme s’il suffisait de faire s’époumoner des enfants sur le sang impur qui abreuve les sillons, pour former des citoyens.
Naïve certes, mais pas seulement, car l’apprentissage règlementaire de la Marseillaise obéit à une autre préoccupation peu avouable pour un responsable politique mais non moins évidente : mettre l’accent, à l’école, sur le côté formel des symboles de la République permet d’éviter tout questionnement, plus hasardeux, sur la justice sociale, un concept sur lequel la République n’est probablement pas irréprochable.
Pas davantage qu’elle ne l’est sur le caractère démocratique de ses institutions ou sur son respect des droits de l’homme, en dépit de l’étiquette de « patrie des droits de l’homme » qu’elle s’est abusivement attribuée.
Un abus de langage qui renvoie à la sempiternelle confusion entre nation, république, démocratie, trois notions qui ne se recoupent pas. L’attachement aux symboles de la République plutôt qu’à l’exercice effectif de ses principes : quelle signification peut avoir la devise républicaine – « liberté, égalité, fraternité » – aux yeux des enfants roms brutalement jetés à la rue la veille de la rentrée, leurs jouets, leur cartable éparpillés sur le trottoir ?
La Marseillaise permet également d’occulter que l’école reste l’un des plus redoutables outils de reproduction des inégalités, ce dont tous les gouvernements de droite comme de gauche s’accommodent. La Marseillaise est une escroquerie.
Il était un temps où la Marseillaise à l’école se faisait discrète. On ne s’en portait pas plus mal. C’est au milieu des années 80, avec les programmes officiels de 1985, rédigés sous la houlette du ministre de l’Education nationale de l’époque (un certain Chevènement) qu’elle a retrouvé son aura et son pouvoir de nuisance.
Presque trente ans plus tard, le paysage politique et intellectuel de la France a beaucoup changé : la xénophobie et le racisme s’expriment librement, la peur de l’étranger est un sentiment largement répandu, l’égoïsme national gangrène l’action politique et l’arrivée au pouvoir de l’extrême-droite fait désormais partie du possible.
Et la Marseillaise, en créant de toutes pièces des réflexes identitaires dans les consciences enfantines, en favorisant le développement de représentations mentales erronées et potentiellement nocives, ne serait pour rien dans cet état de fait ?
Les prochains programmes scolaires sont en cours de rédaction : ce que l’on sait déjà des intentions officielles en matière de civisme, avec un ministre dont les références idéologiques semblent incurablement calées sur la IIIe république, laisse dubitatif sur les proclamations affichées de rénovation du système éducatif.
http://blogs.rue89.com/journal.histoire/2012/12/09/la-marseillaise-obligatoire-lecole-une-escroquerie-229148
Menace de plainte contre moi de la part d'un parent d'élève parce que j'ai appris aux élèves de ma classe la Marseillaise remaniée de Graeme Allwright. "C'est une position politique anti patriotique inacceptable, une honte pour la France"...
On n'est pas près de sortir des conditionnements...

Quand la beauté nous sauve, Charles Pépin
Éditions Robert Laffont (Février 2013 ; 234 pages)
Les politiciens, les financiers, les marchands du Temple. Ils ont brisé leur jouet.
La confiance est ruinée, les perspectives d'avenir dans un schéma identique n'existent plus. Il n'est même plus possible d'établir la liste de tous les noms connus ayant trempés dans des affaires de corruption. C'est fini. Les masques sont tombés.
Rien ne les sauvera.
Et je m'en réjouis infiniment.
S'il faut pour cela passer par des périodes de troubles sociaux, des révoltes, des combats, le jeu en vaut la chandelle.
Il ne s'agit pas de sauver notre génération mais les suivantes.
Le monde actuel est fini mais ne veut pas se l'avouer. Rendez-vous dans dix mille ans.
Poursuite du questionnement précédent...
L'autre est-il l'Autre ? L'Autre conscience, un espace inconnu qui s'est révélé.
La souffrance comme une issue. La dernière clé. Le moi est une connaissance directe, immédiate, une identification historique.
Il se construit bien entendu, du premier jour au dernier. Il n’est pas figé, fixe, constant. Il évolue, en bien ou en mal. Cette perception est fondamentalement « expérientielle. » Toutes les situations, tous les évènements, des plus anodins aux plus traumatisants concourent à cette construction et à sa progression dans le temps. Mais je vois une distinction profonde entre cette « existence » perçue par ce moi et la « vie » perçue par bien autre chose.
L’existence est constituée par tout ce que le moi accumule. La vie n’a pas besoin d’accumuler quoique ce soit. Elle est. Constante et immuable.
Est-ce que le moi peut réellement la saisir, est-ce que le moi, dans le chaos de ses pensées, dans le fatras incommensurable de son existence peut réellement percevoir cette conscience du soi et de la vie. Le Soi. Qu’en est-il ? Le moi est une entité individuelle modelée par d’autres entités individuelles, par d’innombrables imbrications dans lequel le moi s’identifie.
On peut clairement se demander si la notion de Soi et la conscience de la vie lui sont accessibles. Que peut-il saisir dans son fonctionnement, sinon, une idée mentalisée ? La vision d’un Tout et l’appartenance du Soi à ce Tout sont-ils de pures hallucinations d’un mental qui se gargarise d’un cheminement spirituel, comme un piédestal à sa magnificence ?
Il serait bien plus profitable et honnête que ce soit le Soi qui conçoive le moi, que ce soit lui qui observe les agitations frénétiques de ce petit individu mais dans cette soumission de l’individu à son identification, c’est le moi qui part à la recherche d’un Soi dont il a entendu parler et qui comblerait son désir de séduction. Car il se dit que celui-là qui est au cœur de son Soi est beau et sage…Vaste mystification. Que peut saisir une entité centrée sur elle-même quand elle se dit être en quête du Tout. La fourmi a t-elle conscience de la forêt dans laquelle elle travaille, de la planète sur laquelle elle existe, de l’Univers ? Possédons-nous une conscience plus élaborée que celle de la fourmi ? Oui, bien évidemment ou alors c’est que la fourmi cache bien son jeu…
Bien, et alors ? Dès lors que le moi part à la recherche d’un Graal qui dépasse son entendement, que peut-il trouver d’autre qu’une entité à sa dimension, c'est-à-dire bien autre chose que le Soi ? Alors, il nous faut chercher sur le chemin des religions… Mais les religions sont issues du mental. Aucune religion ne peut être un tremplin. Elles ne sont qu’une boucle qui ramène le moi vers lui-même. Puisqu’il en est l’instigateur. De toute façon, tant que le raisonnement, la linguistique, la dialectique, la logique, la rhétorique entrent en action, c’est le moi qui cherche ce qui ne lui est pas accessible.
Dès lors qu’il y a un observateur et une quête, l’objet observé, l’individu reste dans un cheminement mentalisé et par conséquent le moi…Il a conscience de sa recherche et s’en glorifie et imagine dès lors être sur la voie. C’est juste celle qui le ramène à lui-même. Mais par des chemins enluminés de métaphysique, ce qui donne un aspect valorisant à la quête…Vaste mystification. La métaphysique est lucide quand elle est capable de juger de son insuffisance. C’est le moi qui se regarde par des fenêtres plus larges. Mais il n’y a pas de nouvel horizon. Pas celui du Soi. Faut-il donc passer par un autre canal que le moi pour saisir le Soi ? Mais s’il n’y a plus de moi, on pourrait penser qu’il n’y a plus de conscience, de vigilance, qu’il n’y a plus rien qui puisse saisir puisque tout a disparu… Ça serait considérer que seul le mental a la capacité de saisir… Je ne pense pas que ça soit le cas. Là, il s’agit juste d’un formatage. On a appris à penser pour saisir. « Je pense donc je suis. » Sacrée catastrophe que cette affirmation.
« Je pense donc je fuis. » Je fuis la possibilité d’entrer dans une dimension qui m’échappe dès lors que je pense. Ça ne nous donne pas de piste quant à la quête de ce Soi. Pour l’instant, il reste insaisissable. Mais n’est-ce pas justement la solution à l’énigme ?
Puisque le moi ne peut pas saisir un Soi, autre qu’une enveloppe grossie de son propre moi, puisque le Soi ne peut pas être conscience de lui-même puisque cela reviendrait à concevoir un Soi détaché du Tout, c'est-à-dire immanquablement une individualité, ce qui serait antinomique dans l’idée du Tout, il n’est dès lors pas possible de saisir le Soi par le moi. Tout simplement. Le Soi aperçu par le moi est nécessairement une entité séparée du Tout et par conséquent autre chose que le Soi. Le Soi est Conscience et non conscience. Il ne peut pas être conscientisé car il faudrait qu’il s’individualise et qu’il s’identifie à l’observateur.
Le ciel ne peut pas voir le ciel. Il faudrait qu’il prenne de la hauteur !! L’Univers ne peut pas s’observer. Le Soi ne peut pas se connaître. Ni par lui-même puisqu’il ne serait plus le Soi mais une entité séparée du Soi, ni par le moi qui ne peut pas connaître ce qui le contient. Bon, ça semble à peu près se tenir tout ce charabia. Mais alors qu’en est-il des expériences mystiques ? Des révélations qui font basculer parfois en quelques instants, des individus « basiques » à des êtres éveillés ?
Qu’ont-ils aperçu, ressenti, perçu, « compris » (pas de façon rationnelle bien entendu…), que leur est-il arrivé ? Est-ce que le moi peut basculer dans une dimension qui ne serait pas le Soi mais un « simple » état de conscience modifiée ? Comment considérer que ces gens puissent évoluer dans un monde mentalisé en ayant eu accès à une vision unifiée de la vie ? Comment gérer ce genre d’antagonismes ? Comment passer du haut en bas, de l’intériorité mentalisée à l’universalité dés-identifiée ? Les voyageurs des NDE ? Les guérisons « spontanées » et inexpliquées ? Que s’est-il passé ?
Le moi, dans ces expériences extrêmes, n’a rien à voir. Il est bien trop futile et insignifiant pour s’engager dans des voies aussi radicales.
Écoutons les paroles des « expérimentateurs»…
C’est stupéfiant. Tellement éloigné de notre vision mécaniste et rigoriste de la vie. Le Tout s’est-il laissé découvrir, le Soi s’est-il révélé ?
Mais alors, tout ce que j’ai écrit au-dessus ne tient pas. Tout ça ne serait donc bel et bien que du charabia métaphysique. C’est sans doute qu’il faut chercher ailleurs. Et se passer même du langage.
La souffrance devient-elle la clé pour ouvrir l’enceinte ? Lorsque plus rien ne permet au geôlier de prendre conscience qu’il fabrique lui-même la prison qu’il s’obstine à ignorer, la souffrance réelle, physique, psychologique, existentielle, ne devient-elle pas l’ultime accès à la liberté ?
Cette rupture, totale, incompréhensible, imprévisible, comme si parvenu à une altitude inconnue, le mental n’avait plus d’oxygène, que les pensées et les résistances ne pouvaient plus prendre forme, n’avaient plus de nourriture, une perte d’identification. La douleur a tout rongé, jusqu’à la dernière image, les rôles les plus essentiels, ni mari, ni père, rien, il ne reste rien que cette douleur insoutenable jusqu’à ce qu’elle disparaisse à son tour. Cette rupture, ce vide. Cette absence de tout, plus rien, aucune sensation, plus de corps, plus de peur, aucune pensée, le néant sans rien pour le voir, rien…
Comment expliquer qu’il n’y a rien. Ni même rien pour s’en rendre compte. Toute la difficulté pour l’exprimer vient du fait qu’il n’en reste rien. Puisqu’il n’y a plus rien pour s’en souvenir, pour que ça se grave. Rien ne s’est gravé dans ce rien.
Et pourtant, j’ai entendu cette phrase, soudaine, au milieu d’auras bleutées.
« Tu n’es pas au fil des âges un amalgame agité de verbes d’actions conjugués à tous les temps humains mais simplement le verbe être nourri par la vie divine de l’instant présent. »
Ça n’était pas moi. Ça venait d’ailleurs. C’était trop long pour que je l’élabore moi-même dans cet état d’hébétude. Qu’est-ce que c’était ? « Qui » était-ce ? Des nuits entières à me poser cette question, de mois, des années, des heures à y penser en marchant, sur mon vélo, assis dehors, sous les étoiles, à tenter de retrouver dans ce vide environnant une source, un point de départ, un noyau de clarté, un point lumineux d’où aurait jailli cette fulgurance. Dans ce vide intersidéral que la douleur avait engendré, dans cette incapacité à être moi, à penser même, comment une telle complexité pouvait-elle se concevoir ?
Il existerait donc un autre émetteur ?...Et je pourrais recevoir ces émissions inconnues ?...Le Soi ? Ce vide, était-ce cela « la vacuité ? »
S'éveiller à la vacuité est-ce voir que personne ne souffre ici, qu’il y a une sensation mais personne pour en prendre livraison. La douleur porte-t-elle un enseignement salvateur?
Pointe-t-elle vers ce qui est au-delà de la douleur ?
« Les quatre nobles vérités qui sont à l'origine du bouddhisme sont: la vérité de la souffrance ou de l'insatisfaction inhérente, la vérité de l'origine de la souffrance engendrée par le désir et l'attachement, la vérité de la possibilité de la cessation de la souffrance par le détachement, entre autres, et finalement la vérité du chemin menant à la cessation de la souffrance, qui est la voie médiane du noble sentier octuple. »
Je ne sais pas ce qu’est ce sentier octuple. Je comprends par contre cet attachement à la douleur, comme à tout le reste. Toutes les identifications qui s’opposent au Soi, qui le couvrent comme autant de salissures. La douleur est un purificateur forcené. Elle brise la coquille et libère le noyau.
Mais ce noyau n’est pas une entité individuelle.
Il est le flux vital.
L’énergie créatrice.
Et dans l’amour inconditionnel, ineffable, incommensurable de l’énergie, il n’y a pas de mal, pas de douleur, pas de traumatisme puisqu’il n’y a plus de moi et que le moi entretient tout ce à quoi il est identifié. N’être plus rien efface jusqu’au mal tout comme il efface le bien. Il n’y a que ce qui est. Et ce qui est ne porte pas les fardeaux mentalisés du moi.
Bien et Mal ne sont que des rumeurs.
La douleur comme la libération du Tout en moi. Comment pourrais-je y voir du Mal ?
Ce Bien dans lequel je m’imaginais exister et qui m’avait brisé.
Bien et Mal, juste deux termes qui n’ont aucune réalité dans le flux vital. Cette absence de lucidité qui entretenait ces rumeurs. Et en venir à honorer la douleur lorsque le moi est éteint. Il y a autre chose. Une autre réalité, sans doute la seule. Lorsque le rêve éveillé est brisé et que toutes les rumeurs s’éteignent dans la lumière de la Conscience. Pas « ma » conscience mais l’Autre. Celle qui libère et unifie.
L’enfant lorsqu’il découvre la parole ne parle pas de lui comme une entité reconnue. Il dit « Jean a faim » mais pas encore « j’ai faim ».
Ce sont les expériences de vie et son environnement familial et social qui vont amener l’évolution vers l’ego encapsulé.
À cette époque, l’ego n’est pas encore différencié et l’enfant est très proche de tout ce qui l’entoure. Jusque-là, l’enfant se sent et ressent l’environnement, plus tard il viendra à se penser.
C’est le temps de la rupture avec l’immanence du petit animal humain. L’enfant devient une personne.
On peut supposer que cette évolution remonte au début de l’Humanité et par conséquent, je m’interroge sur les effets de cette prise de conscience dans cette existence extrêmement précaire à l’époque. La Nature était indomptée, redoutable et en même temps généreuse. Devenir une personne, c’était découvrir autour de soi un adversaire et un allié inconstant : le froid, la chaleur, le vent, les prédateurs, la faim, la nuit, l’hiver, la mort… Il est impossible de s’imaginer dans cette situation mais on peut supposer que notre cerveau limbique en porte les traces, les stigmates...
La conscience et l’ego révélé ont eu un rôle primordial dans cette lutte pour la survie. J’imagine que certains individus ont su se montrer plus forts, plus puissants, plus perspicaces, observateurs, inventifs, résistants. Les egos apeurés ou fragiles ont grandi dans l’ombre protectrice des leaders. La Nature servait de tremplins à la puissance des chefs. Elle devait être maîtrisée, conquise, explorée, dominée. Il n’était pas question de rester des proies ou des victimes. L’ego réclamait sa pitance : le pouvoir pour les uns et la vénération pour les autres.
L’Humanité a grandi avec ces résidus de conflits. La Nature a toujours été l’adversaire sur lequel les egos pouvaient construire leur hégémonie.
Nous en sommes toujours là : Monsanto en est l’exemple flagrant. Le pouvoir, l’argent, la Nature qui doit désormais être modifiée. La Nature est le moyen et même s’il faut la détruire, les Puissants parviendront à convaincre ceux qui les vénèrent que ce massacre est justifié.
Tout remonte aux origines de l’Humanité. Tout comme aux origines de chaque individu.
La conscience du Moi, l’ego, la personne, l’individu identifié, celui qui n’est plus « lui » mais « je », a usé de son pouvoir sur la Nature parce qu’elle représentait le piédestal idéal à son ascension.
Ceux qui tentent d’ailleurs d’inverser le phénomène et de montrer que la destruction de la Nature conduira à la fin de l’Humanité ne sont pas écoutés. Pas autant que ceux qui prônent le pouvoir de l’homme. C’est très simple en fait. C’est encore la question du désir et du manque. Les tenants de la domination ont une imagination sans fin pour créer des désirs là où il n’y a pas de manque. Les tenants de l’osmose espèrent que l’homme atteindra un niveau de conscience suffisant pour ne plus prendre la Nature comme le moyen d’assouvir l’infini recommencement des désirs qui ne sont pas issus de manques.
La pire erreur de l’Humanité est de finir par aimer manquer de désirs. Car dès lors, l’assouvissement d’un désir créera un manque insupportable, celui de l’absence de désir et dès lors l’amour de ce manque génèrera une excitation dont l’individu finira par être dépendant. Là, il ne s’agit pas d’amour car l’amour n’est pas destructeur. C’est l’individu qui se trompe en croyant aimer mais il n’aime pas l’amour, il aime le manque de désirs et il finit par estimer que l’amour n’est que désir…Effroyable imbroglio dont les conséquences prennent une ampleur inimaginable…
Je suis abasourdi par le nombre d'enseignants qui, comme moi, sont au bout du bout...Il est IMPOSSIBLE de mener à terme les objectifs que le ministère impose. L'impression que ces technocrates sont totalement décorrelés de la réalité du terrain. Des élèves qui ne s'intéressent pas, qui ne sont pas "disponibles", qui n'écoutent pas, ne participent pas, accumulent des retards immenses, multiplient les conflits de toutes sortes, les incivilités, vivent dans un chaos existentiel permanent... Des élèves de CP qui s'insultent, trichent, mentent, volent, se battent et des élèves de CM2 qui ont multiplié de façon exponentielle toutes ces errances.
Les enseignants, quel que soit leur engagement, leur motivation, leur FOI, se sentent impuissants, dépassés, abattus. Et le "burn out" pointe son nez...Nous sommes sur le fil du rasoir. Et je dis ça avec trente ans de carrière derrière moi.J'ai vu aujourd'hui à la piscine (oui, il faut aussi leur apprendre à nager...) un prof de sport du collège totalement dépassé, des élèves de 6ème qui répondaient avec un mépris ahurrisant dans la voix, dans le regard, un irrespect consternant. Se trouvent dans le lot des enfants qui aimeraient vivre une scolarité "normale", être juste des élèves qui s'impliquent, participent, sont heureux d'apprendre et qui finissent oubliés dans un coin, inexistants comme des ombres silencieuses. J'en avais mal pour eux...
Voilà le programme du cycle 3.
CONSTERNANT...
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CYCLE DES APPROFONDISSEMENTS - PROGRAMME DU CE2, DU CM1 ET DU CM2 Dans la continuité des premières années de l’école primaire, la maîtrise de la langue française ainsi que celle des principaux éléments de mathématiques sont les objectifs prioritaires du CE2 et du CM. Cependant, tous les enseignements contribuent à l’acquisition du socle commun de connaissances et de compétences. FRANÇAIS Faire accéder tous les élèves à la maîtrise de la langue française, à une expression précise et claire à l’oral comme à l’écrit, relève d’abord de l’enseignement du français mais aussi de toutes les disciplines : les sciences, les mathématiques, l’histoire, la géographie, l’éducation physique et les arts. 1 - Langage oral L’élève est capable d’écouter le maître, de poser des questions, d’exprimer son point de vue, ses sentiments. Il s’entraîne à prendre la parole devant d’autres élèves pour reformuler, résumer, raconter, décrire, expliciter un raisonnement, présenter des arguments. 2 - Lecture, écriture La lecture et l’écriture sont systématiquement liées : elles font l’objet d’exercices quotidiens, non seulement en français, mais aussi dans le cadre de tous les enseignements. 3 - Étude de la langue française Vocabulaire MATHÉMATIQUES La pratique des mathématiques développe le goût de la recherche et du raisonnement, l’imagination et les capacités d’abstraction, la rigueur et la précision. 1 - Nombres et calcul L’étude organisée des nombres est poursuivie jusqu’au milliard, mais des nombres plus grands peuvent être rencontrés. 2 - Géométrie L’objectif principal de l’enseignement de la géométrie du CE2 au CM2 est de permettre aux élèves de passer progressivement d’une reconnaissance perceptive des objets à une étude fondée sur le recours aux instruments de tracé et de mesure. 3 - Grandeurs et mesures Les longueurs, les masses, les volumes : mesure, estimation, unités légales du système métrique, calcul sur les grandeurs, conversions, périmètre d’un polygone, formule du périmètre du carré et du rectangle, de la longueur du cercle, du volume du pavé droit. 4 - Organisation et gestion de données Les capacités d’organisation et de gestion des données se développent par la résolution de problèmes de la vie courante ou tirés d’autres enseignements. Il s’agit d’apprendre progressivement à trier des données, à les classer, à lire ou à produire des tableaux, des graphiques et à les analyser. ÉDUCATION PHYSIQUE ET SPORTIVE L’éducation physique et sportive vise le développement des capacités motrices et la pratique d’activités physiques, sportives et artistiques. Elle contribue à l’éducation à la santé en permettant aux élèves de mieux connaître leur corps, et à l’éducation à la sécurité, par des prises de risques contrôlées. Elle éduque à la responsabilité et à l’autonomie, en faisant accéder les élèves à des valeurs morales et sociales (respect de règles, respect de soi-même et d’autrui). LANGUE VIVANTE En fin de CM2, les élèves doivent avoir acquis les compétences nécessaires à la communication élémentaire définie par le niveau A1 du Cadre européen commun de référence pour les langues qui constitue par ailleurs la référence fondamentale pour l’enseignement, les apprentissages et l’évaluation des acquis en langues vivantes. SCIENCES EXPÉRIMENTALES ET TECHNOLOGIE Les sciences expérimentales et les technologies ont pour objectif de comprendre et de décrire le monde réel, celui de la nature et celui construit par l’Homme, d’agir sur lui, et de maîtriser les changements induits par l’activité humaine. Leur étude contribue à faire saisir aux élèves la distinction entre faits et hypothèses vérifiables d’une part, opinions et croyances d’autre part. CULTURE HUMANISTE La culture humaniste des élèves dans ses dimensions historiques, géographiques, artistiques et civiques se nourrit aussi des premiers éléments d’une initiation à l’histoire des arts. La culture humaniste ouvre l’esprit des élèves à la diversité et à l’évolution des civilisations, des sociétés, des territoires, des faits religieux et des arts ; elle leur permet d’acquérir des repères temporels, spatiaux, culturels et civiques. Avec la fréquentation des œuvres littéraires, elle contribue donc à la formation de la personne et du citoyen. HISTOIRE ET GÉOGRAPHIE Histoire L’étude des questions suivantes permet aux élèves d’identifier et de caractériser simplement les grandes périodes qui seront étudiées au collège. Elle s’effectue dans l’ordre chronologique par l’usage du récit et l’observation de quelques documents patrimoniaux. Il ne s’agit donc, en aucune façon, de traiter dans tous leurs aspects les thèmes du programme mais seulement de s’assurer que les élèves connaîtront les personnages ou événements représentatifs de chacune de ces périodes. Les événements et les personnages indiqués ci-dessous en italique constituent une liste de repères indispensables que le maître pourra compléter en fonction de ses choix pédagogiques. Jalons de l’histoire nationale, ils forment la base d’une culture commune. Ces repères s’articuleront avec ceux de l’histoire des arts. Géographie Le programme de géographie a pour objectifs de décrire et de comprendre comment les hommes vivent et aménagent leurs territoires. Les sujets étudiés se situent en premier lieu à l’échelle locale et nationale ; ils visent à identifier, et connaître les principales caractéristiques de la géographie de la France dans un cadre européen et mondial. La fréquentation régulière du globe, de cartes, de paysages est nécessaire. PRATIQUES ARTISTIQUES ET HISTOIRE DES ARTS Pratiques artistiques La sensibilité artistique et les capacités d’expression des élèves sont développées par les pratiques artistiques, mais également par la rencontre et l’étude d’œuvres diversifiées relevant des différentes composantes esthétiques, temporelles et géographiques de l’histoire des arts. 1 - Arts visuels Conjuguant pratiques diversifiées et fréquentation d’œuvres de plus en plus complexes et variées, l’enseignement des arts visuels (arts plastiques, cinéma, photographie, design, arts numériques) approfondit le programme commencé en cycle 2. Cet enseignement favorise l’expression et la création. Il conduit à l’acquisition de savoirs et de techniques spécifiques et amène progressivement l’enfant à cerner la notion d’œuvre d’art et à distinguer la valeur d’usage de la valeur esthétique des objets étudiés. Pratiques régulières et diversifiées et références aux œuvres contribuent ainsi à l’enseignement de l’histoire des arts.2 - Éducation musicale L’éducation musicale s’appuie sur des pratiques concernant la voix et l’écoute : jeux vocaux, chants divers, en canon et à deux voix, en petits groupes ou en formation chorale. Ces pratiques vocales peuvent s’enrichir de jeux rythmiques sur des formules simples joués sur des objets sonores appropriés. Grâce à des activités d’écoute, les élèves s’exercent à comparer des œuvres musicales, découvrent la variété des genres et des styles selon les époques et les cultures. La perception et l’identification d’éléments musicaux caractéristiques de la musique écoutée prolonge le travail engagé au CP et au CE1. Pratiques vocales et pratiques d’écoute contribuent à l’enseignement de l’histoire des arts. HISTOIRE DES ARTS L’histoire des arts porte à la connaissance des élèves des œuvres de référence qui appartiennent au patrimoine ou à l’art contemporain ; ces œuvres leur sont présentées en relation avec une époque, une aire géographique (sur la base des repères chronologiques et spatiaux acquis en histoire et en géographie), une forme d’expression (dessin, peinture, sculpture, architecture, arts appliqués, musique, danse, cinéma), et le cas échéant une technique (huile sur toile, gravure...), un artisanat ou une activité créatrice vivante. TECHNIQUES USUELLES DE L’INFORMATION ET DE LA COMMUNICATION La culture numérique impose l’usage raisonné de l’informatique, du multimédia et de l’internet. Dès l’école primaire, une attitude de responsabilité dans l’utilisation de ces outils interactifs doit être visée. Le programme du cycle des approfondissements est organisé selon cinq domaines déclinés dans les textes règlementaires définissant le B2i : INSTRUCTION CIVIQUE ET MORALE L’instruction civique et l’enseignement de la morale permettent à chaque élève de mieux s’intégrer à la collectivité de la classe et de l’école au moment où son caractère et son indépendance s’affirment. DEUXIÈME PALIER POUR LA MAÎTRISE DU SOCLE COMMUN : COMPÉTENCES ATTENDUES À LA FIN DU CM2 Compétence 1 : Compétence 2 : Désabusé, désenchanté.
Interview du président du club de rugby de Toulon. Très marqué après la défaite de ses ouailles face à Castres hier (19-14) en finale du Top 14, le président du RC Toulon Mourad Boudejllal a confié ses difficultés à gérer la dimension émotionnelle de son rôle. « Ce boulot, il me ronge un peu, il me ronge de l’intérieur, c’est vachement dur. Je vais rester parce que j’ai commencé un boulot et j’aimerais le terminer mais je ne tiendrai pas longtemps comme ça, a ainsi glissé Boudjellal. Il te ronge dans les défaites, il te ronge dans les victoires. Dans les victoires et les défaites, tu perds toute notion de la réalité de la vie. Qu’est-ce que c’est dans ta vie d’avoir perdu un match, quand tu penses à ce qui t’attend demain ? Tu te dis ‘ qu’est-ce que j’ai été con ‘ ! Tu es con et pourtant tu as mal. Et c’est ça qui te ronge. Quand tu vis et que tu n’es plus dans la réalité des choses, tu passes à côté de ta vie. Ou alors c’est simplement une drogue pour éviter la lucidité mais cette drogue, elle fait du mal. » Désabusé et désenchanté. La connotation négative de ses deux termes me surprend. Être désabusé est une victoire étant donné que le terme signifie que l'individu n'est plus abusé, ni par lui-même, ni par les évènements. C'est là que surgit la lucidité dont parle Boudejllal. Être désenchanté est une libération, la fin d'un "enchantement", ou d'un sortilège. Être abusé est une condamnation à errer dans les affres des émotions insoumises. Qui est responsable ? La réponse est à chercher en soi. Les évènements ne sont que des phénomènes dont la réalité dépendra de la lucidité. S'ils deviennent un fardeau, c'est que l'individu s'était projeté au-delà des évènements eux-mêmes. La tournure prise par les évènements n'implique pas que l'individu s'y abandonne. La lucidité. C'est étrange de constater que les individus désabusés sont considérés comme des gens abattus, sans espoir, sans énergie, sans intention alors qu'ils ont justement atteint cette plénitude des émotions. Il n'est pas question pour autant de ne rien éprouver. Il s'agit juste de ne pas s'identifier à ces émotions. Je ne suis pas ce que je ressens et j'observe le cheminement des émotions en moi. Je les laisse s'étendre sans qu'elles ne me rongent parce que je sais rester le maître intérieur. Je suis désabusé au regard de mon travail avec les enfants. Il ne s'agit pas d'une déception mais d'une désillusion. J'en suis responsable étant donné que je faisais porter aux enfants le poids de mes exigences envers moi-même. Une erreur monumentale. J'ai vécu dans les illusions de mon pouvoir, de mon influence, de mes intentions. Que les effets espérés ne soient pas à la mesure de l'énergie dépensée est une désillusion profitable. Il me reste à apprendre le détachement. Être là sans aucune attente, juste montrer comment je m'enseigne moi-même, comment je m'éduque, comment je m'observe. Il ne dépend pas de moi que les enfants s'en servent. Les influences qu'ils subissent sont bien plus puissantes que tout ce que je pourrais proposer. Il n'est pas question pour autant d'abandonner ma façon d'être. Je dois apprendre à ne rien attendre, à ne rien espérer. C'est l'espoir qui conduit à la déception. Être désabusé a un avantage immense, c'est celui du marcheur qui ne s'intéresse pas au but à atteindre mais au pas à faire. Le désenchantement, je le comprends non pas dans la détresse des illusions perdues mais dans la beauté de l'acte pur. Je fais ce que je suis, je pense ce que je dis, j'accomplis ce qui me construit. Que les autres autour de moi y trouvent un quelconque intérêt ou qu'ils en soient totalement indifférents ne change rien à la donne. Je suis non pas ce que je veux être mais juste cet être désabusé qui n'attend rien et qui agit au mieux, libéré de toute pression. C'est pour cela d'ailleurs que je ne veux pas écrire avec une intention éditoriale, comme si le contrat de publication représentait l'objectif suprême. Je ne ferai que m'abuser et m'enchanter si je me soumettais à cette intention. Je sais ce que j'ai appris de moi en écrivant pour moi. Je sais ce que je n'aurais jamais découvert si j'avais écrit pour les autres. Et c'est parce que ce travail-là, aujourd'hui, me comble que je peux le proposer aux autres. "Je suis enchanté de cette publication." Cette phrase représente finalement une abomination si on considère que l'enchantement est un sortilège dont les émotions se nourrissent. Être enchanté est un abus et il est effroyable de s'abuser soi-même. Je suis heureux qu'une éditrice s'intéresse aujourd'hui à mes textes, non pas comme une reconnaissance mais parce que des passerelles vont se créer. Rien n'aurait été possible si j'avais écrit avec un cadre prérequis, avec une trame à la mode, dans un registre reconnu. Les déceptions et les colères ressassées envers les éditeurs qui refusaient mes textes n'existaient que par rapport à cet enchantement dans lequel j'évoluais et que j'avais moi-même érigé. J'aurais dû arrêter d'écrire d'ailleurs, depuis le temps. Mais l'écriture est plus importante que l'enchantement et maintenant que je suis désabusé, je peux m'abandonner à l'émotion d'être publié. Je suis responsable de la réalité, je suis responsable de ce qui me ronge ou m'apaise. Être désabusé est le chemin indispensable pour parvenir à la lucidité et déposer enfin ce qui ronge ou ce qui apaise, ce qui éloigne du réel et construit une réalité inconstante. Commentaire (2)
Une deuxième recommandation pour un de mes romans sur le site IPAGINATION. Jusqu'au bout (12)Sélectionné en mail 2013. Texte écrit par Thierry Ledru Un assassin si sympathique! Je découvre le roman de Thierry Ledru, un peu en retad donc. Mais ce douzième chapitre m'a aussitôt donné l'envie de lire depuis le début, ce qui est une pratique assez... pratique. Thierry a un don pour nous décrire des horreurs sur un ton jubilatoire, comme si dépecer un cadavre était la chose la plus naturelle qui soit. Et dans cette macabre comédie, l'auteur trouve le moyen de glisser quelques passages de cette sagesse que l'on retrouve assez régulièrement dans ses textes. Le tout forme un coktail des plus agréables que je ne peux que vous inviter à goûter. Un commentaire
Sélectionné en mail 2013. Texte écrit par Thierry Ledru Les Eveillés. http://www.ipagination.com/textes-a-lire/selections/neo/les-eveilles-17-par-thierry-ledru "En mai, Thierry Ledru nous emporte dans le torrent insondable de la souffrance. J'ai lu ce texte en avril, et je vous le propose en mai. On ne peut pas tout sélectionner d'un coup... De la littérature comme je l'aime. La facture est impeccable, des mots jaillissent les émotions... savamment dosées. Thierry parle de la douleur, de l'hôpital et quelque part de l'enfermement dans son propre corps. Je n'ai pas pu m'empêcher de penser à l'euthanasie et à son cortège d'interrogations, de doutes... Une plume efficace, qui ne sombre pas dans le pathos, écueil pourtant difficile à éviter dans ce contexte. Bravo M. Ledru, ce roman devrait pouvoir s'administrer en intraveineuse, si par malchance, il ne se trouvait pas disponible à la vente !" Néo pour Ipagination. Le pouvoir
« Tout homme qui a du pouvoir est amené à en abuser, il va jusqu'à ce qu'il trouve des limites. » Littérature
Sur un site de littérature auquel je participe, un auteur présentait son travail d'écriture comme la possibilité pour ses lecteurs de "s'évader", de couper avec la vie quotidienne, de se changer les idées, d'oublier les soucis et les contingences quotidiennes. Je rejette totalement cette vision de l'écriture, c'est même pour moi une trahison absolue. "Contingences : évènements qui peuvent se produire ou non, qui échappent à toutes prévisions. " Alors, il faudrait que l'écriture participe à cette errance intérieure, au maintien des illusions, à l'inconnaissance de Soi. Un désastre absolu. A mon sens, l'écriture est un révélateur, un outil d'exploration et de compréhension, une mise à jour des noirceurs et la possibilité qu'elles deviennent des lumières. Si l'écriture n'est rien d'autre qu'une drogue douce, un hallucinogène, un alcool douceâtre, l'écrivain devient un collaborateur du désastre existentiel. Je ne veux pas être un dealer. Je veux que mes mots soient des scalpels, je veux disséquer l'âme, éviscérer les émotions quand elles ne sont que des souillures fossilisées, des ancrages qui empêchent l'accession à la lumière. Si la lecture est un passe-temps, le lecteur laissera passer sa vie et l'écrivain ne sera qu'un animateur de télé-réalité, de cette fange nauséeuse où s'enfoncent les âmes égarées. Est-ce là le sens de l'écriture ? Faut-il se soumettre à cette dégénérescence conditionnée à l'audimat, aux chiffres des ventes, au buzz médiatique ? Je veux que mes écrits soient des cris. J'ai ressenti viscéralement les textes de Saint-Exupéry, de Camus, de London, de Conrad, de Hémingway, de Steinbeck, de tous ceux et celles qui criaient, qui disséquaient les échos en eux et que j'essayais de comprendre. Ils sont restés en moi. J'écris dans leur ombre et j'y trouve ma lumière. Gueules cassées, coeurs vaillants
MONTAGNE Gueules cassées, cœurs vaillantsOutils
Pour super Jamie, amputé des mains et des jambes, les sentiers ont remplacé les grandes parois. Ici en juin 2010 au Ben Nevis. DR De la rancune, le Grenoblois Nathanaël Schaeffer n’en a pas une once à l’égard de l’injuste destin. « La montagne n’est qu’un tas de cailloux. Je suis seul responsable ». Pourtant, ce 15 mai 2005, dans la montée du couloir du Diable (Écrins), les versants étaient secs et le risque d’avalanche infinitésimal. Il a suffi d’une mince plaque de neige pour déstabiliser l’amateur de pente raide, le propulsant au-dessus d’une barre de sérac. Le voilà paraplégique. « Au début je me suis raccroché à l’espoir de remarcher. Ma foi m’a aidé dans une quête tout autre que matérielle. » À l’origine de son retour en pentes, il y a le lien des copains qu’il ne veut pas lâcher. Et pour l’orchestrer, toute une communauté a impulsé un vaste élan. L’association Nat’n’co lui a permis d’acheter son équipement de ski assis et l’adapter au hors-piste et à la rando. À la montée, à la manière d’un attelage de chiens de traîneaux, ses potes le tractent. L’amitié, sacrée moteur. « À ma sortie de rééducation le handi-vélo m’allait bien. Ils m’ont convaincu d’aller plus loin. » Avec eux, il a dévalé le Grand Paradis et quelque 4 000 du Valais. Certes, il ne skiera plus les Courtes et les grands couloirs de Vanoise. Mais est-ce bien l’essentiel ? « Tu verras, je reviendrai »Ce 31 janvier 1999, à 4000 m d’altitude, sur la banquette minuscule et gelée de la brèche des Droites, il y a deux Jamie, deux amis. L’un, Jamie Fischer, est mort. Le cœur de l’autre, Jamie Andrew n’en a plus pour longtemps à battre. « Mes doigts sont gelés comme des bouts de viande. Un des sacs de bivouac disparaît dans les ténèbres. J’attends la fin. Mais la mort ne vient pas », écrira-t-il plus tard. Après 5 nuits par -50, se dénoue un sauvetage épique à l’épilogue saumâtre. In extremis, Jamie Andrew sera arraché aux griffes de l’altitude. Les larmes coulent sur les joues de son ange gardien et pendant ce temps, à l’hôpital de Chamonix, s’enclenche le compte à rebours pour sauver l’alpiniste écossais. « Il a failli mourir », se souvient le docteur Emmanuel Cauchy. Placé en coma artificiel, ses gelures se surinfectent. On lui coupe les pieds, puis les mains. « Il avait gardé une température centrale à 33 degrés. Ce qui l’a sauvé ». Cauchy qui se souvient de ses mots après 13 jours d’hôpital : « Tu verras, je reviendrai ». Trois mois après, Jamie s’habille seul et conduit. Muni de prothèses comparables à celles de Pistorius, il court le 100m en 16”. Trois ans après, sous la houlette de ceux-là mêmes qui l’ont sauvé, il grimpe l’arête des Cosmiques. Puis, vint le mont Blanc. Mais le vent s’est levé. Jamie a dit : « Non, pas deux fois ». Sous le sommet, l’homme de fer et de chair au courage d’airain a fait demi-tour. En 2004, il gravit le Kilimandjaro (5 895m) et aujourd’hui arpente les sentiers du monde en trekkeur. Avec son association, Jamie répand la bonne parole. Aux cabossés de l’Alpe ou d’ailleurs, ce père de trois enfants le dit : « La vie est le bien le plus précieux qui nous ait été donné, plus que ces pieds et ces mains sans lesquels j’ai réappris à vivre. » La vieillesse
La vieillesse, je ne la vois exister qu'au jour où l'individu cesse de se questionner et où tout reste figé dans une complète apathie existentielle. Étant donné que la mort est une interrogation continuelle, je la bénis par conséquent de m'amener à rester jeune.
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