Blog

A CŒUR OUVERT : le libre arbitre

Résultat de recherche d'images pour "coeur artificiel"

Paul Laskin vit avec un coeur artificiel à la suite d'un infarctus. L'impact sur sa vie va bien-delà de l'aspect médical. 

Chapitre 5

"Une matinée pour trouver de la lecture. Il reprenait son train en début d’après-midi. L’hôpital avait appelé. Rien à signaler.

Il errait piteusement dans les allées de la librairie sans savoir même ce qu’il cherchait. Il avait bien inspecté les têtes de gondoles mais il n’était tombé que sur des romans grand public, des histoires d’amour ou de truands ou d’assassins, des noms d’auteurs célèbres qu’il avait vaguement entendus parfois à la radio. Il avait regardé discrètement ce que les clients achetaient et s’était demandé à quoi servaient toutes ces étagères qui restaient oubliées. L’impression que le marché se limitait à ces fameuses têtes de gondoles. Il aurait dû demander de l’aide à un vendeur mais il ne savait même pas comment l’aborder.

« Bonjour, je cherche un livre qui me dirait pourquoi j’ai l’impression de n’être plus moi. »

Sûr que le vendeur le dirigerait vers le rayon psychiatrie.

Il continua à s’enfoncer vers les profondeurs du magasin. Cuisine, bricolage, voyages, politique, sport, histoire du monde, philosophie.

La catégorie l’interpella. C’était peut-être là. Il sortit un exemplaire au hasard.

« Les grands philosophes »

Il lut un passage. Un désastre. Dix termes inconnus en cinq lignes. Des tournures de phrases qui lui étaient incompréhensibles. Il reposa l’exemplaire et continua à avancer.

« Religions. »

Non, la religion ne répondrait pas à ses questions. Il en était persuadé. La religion apportait des réponses avant même d’écouter les questions. Il avait détesté les messes que ses parents lui avaient imposées jusqu’à son adolescence, jusqu’à ce qu’il parvienne à se rebeller.

Il continua à s’enfoncer en terre inconnue.

Une étiquette placée sur le devant d’un rayon l’arrêta.

« Développement personnel. »

Il fut surpris par l’existence d’un tel registre, il pencha la tête et lut les différents titres. Un panel de mots se constitua peu à peu.

Conscience, éveil, quête spirituelle, esprit, soi et moi, peur, souffrance, conditionnements, âme, ego, mental…

Il finit par sortir certains ouvrages, enflammé par la découverte.

Il sentait les battements de son cœur, un emballement qui le ravissait. Une machinerie qui s’affole quand le cerveau pense à la spiritualité. Il s’en amusa quelques secondes.

Il posa certains livres sur l’extrémité du présentoir et continua sa progression dans la file. Il ne connaissait aucun auteur et ne s’en étonnait pas. Il prit un peu de recul et s’aperçut que le registre qu’il consultait s’étendait sur dix bons mètres et six étagères. Il retourna rapidement à l’entrée du magasin et inspecta les livres présentés. Il ne décela aucun ouvrage susceptible d’entrer dans la catégorie du développement personnel. Une incompréhension. La cuisine, les thrillers du moment, du bricolage, les stars people qui racontaient leurs vies, les politiciens qui arrondissaient des fins de mois déjà copieuses, les derniers prix littéraires… Mais que faisait-on du cheminement intérieur ? S’il existait une telle profusion d’essais, de romans, d’autobiographies, de comptes rendus de conférences, de dialogues entre chercheurs de sens, il devait bien exister une clientèle ? Qu’y avait-il donc de plus important que cette exploration personnelle ? L’art devait-il constituer un soutien à la futilité ou aux dérives égotiques ? Lui savait où ça l’avait mené. Devait-il le crier dans le magasin ? Une colère qui gonflait, comme un gâchis à dénoncer.

Il sortit un ouvrage conséquent.

« Inconnaissance de Soi » Diane Constance, éditions du soleil levant.

Sur la quatrième de couverture, une photographie en couleur. Il hésita quelques secondes tant la surprise était de taille. Il scruta attentivement le visage. C’était bien elle.

L’épicière de la Godivelle.

Il rangea tous les livres qu’il avait sortis, fonça vers la caisse, paya et se retrouva dans la rue. Il héla un taxi et se fit ramener à l’hôtel.

Ordinateur portable, moteur de recherche : Diane Constance. Journaliste, écrivain, conférencière, de multiples participations à des revues diverses, le développement spirituel comme ligne de conduite. A vécu à Paris. Trois ouvrages :

« Inconnaissance de Soi »

« Plénitude de l’unité »

« Le voyage intérieur »

Pas d’autres informations, une photographie datant d’une dizaine d’années. Il reconnaissait un quartier de Notre Dame. Aucune explication sur son départ de Paris, ni depuis combien de temps. Il revint sur la page d’accueil du moteur de recherche et tomba sur un site personnel. « Nudité de l'âme. »

Une musique démarra. Johann Johansson. Il ne connaissait pas. Très doux, cristallin, des violons mélodieux, synthétiseur. Il ignorait tout de la musique en dehors des tubes qu’il pouvait entendre parfois à la radio.

Le poids de toutes ses ignorances culturelles devenait insupportable et il en venait à se dire qu’il n’aurait pas le temps de les combler.

Il s’appliqua à lire quelques articles.

Une sensation de chaleur intérieure.

Il observa le phénomène. Le cardiologue lui avait expliqué que les effets des émotions, les rougeurs du visage, la transpiration, les mains moites et tous les troubles associés, il en était débarrassé, et pourtant cette lecture semblait l’atteindre d’une façon profondément humaine. Il abandonna toute tentative d’explication.

Comme cette chaleur devant l'épicière. Ce désir de l'enlacer, c’était absurde, inconvenant, incompréhensible. Il bougea la tête pour sortir de sa catalepsie intérieure. Il se leva pour se servir un verre d’eau puis il reprit sa lecture. Un article paru dans une revue à visées philosophiques et qu’elle avait mis en ligne sur son site.

LE LIBRE ARBITRE

« Dans le déroulement de vie d’une personne, on peut considérer que l’éducation favorise l’émergence de trois paramètres : la culture s’impose en premier lieu, elle se renforcera dans certains domaines pour devenir une connaissance stable. Puis, dans certains cas et pour certaines personnes, viendront prendre place les convictions. D’autres individus resteront engagés dans des voies fluctuantes, au hasard des expériences et des rencontres. Ni conviction, ni connaissance mais juste un vernis culturel.

Un petit enfant africain, un petit enfant européen ou un petit enfant asiatique n’auront pas le même bagage culturel, leurs connaissances et leurs convictions seront influencées par cet environnement culturel.

Dès lors se pose le problème du libre arbitre…

   «La notion de libre arbitre, synonyme de liberté, désigne le pouvoir de choisir de façon absolue, c’est à dire d’être à l’origine de ses actes. »

Mais si nous gardons à l’esprit les influences environnementales, est-ce qu’il est possible d’envisager ce libre arbitre ?

Ne sommes-nous pas plutôt fondamentalement « enfermés » dans des fonctionnements qui nous échappent ?

Le libre arbitre ne nous est-il pas retiré au fur et à mesure de notre avancée, au fil des expériences de vie ?

Ne s’agirait-il pas davantage d’une liberté originelle à ne pas perdre ?

Un sujet qui se voudrait libre est sensé pouvoir choisir de lui-même, sans être poussé à l’avance d’un côté ou d’un autre par quelque influence ou cause que ce soit.

Si l’individu « choisit », c’est qu’il dispose de plusieurs options et surtout qu’il bénéficie d’un complet contrôle de lui-même. Il se doit d’être « vierge » de toutes influences.

Mais est-ce que c’est possible ? Ne devrait-on pas apprendre à identifier clairement la totalité de ces influences afin de s’en détacher et de pouvoir assumer dès lors l’intégralité du choix ?

La complexité des conditions de vie, les relations sociales, le poids du passé, l’intégration professionnelle, le formatage intellectuel, cette culture imposée ou cette inculture propagée ne maintiennent-ils pas, tous imbriqués, insidieusement ou intentionnellement, un détournement de l’esprit, une direction donnée ?

Les conditions objectives n’enferment-elles pas l’esprit dans un conditionnement subjectif ?

Sur quoi repose la notion de libre arbitre ? N’est-il pas simplement une certaine forme de prétention, un déni de l’enfermement ?

Est-il si évident, par exemple, que nous ayons un contrôle sur nos pensées et nos émotions ?

La plupart de nos supposées « actions », ne sont-elles pas en réalité des réactions mécaniques qui répondent à autant de facteurs intérieurs (émotions, préjugés, culture, histoire personnelle…) et extérieurs (les circonstances) que nous ne contrôlons pas ?

Et ces supposées pensées ne sont-elles pas toujours la résultante de pensées antérieures, juste la croissance entretenue des entraves ?

Le mental est fondamentalement boulimique. Comme on nous a appris à faire de lui le seul élément capable de trouver les solutions et que l’ego est sans cesse en recherche de sécurité et de maintien de son pouvoir, les pensées deviennent l’unique point de repère.

On est couché, prêt à passer une bonne nuit de sommeil, on éteint la lumière et la ronde des idées commence. L’un après l’autre, tous les soucis vont se présenter et le mental va vouloir traiter, penser, échafauder des hypothèses. Alors, on tourne, on vire, on cherche une position pour s’endormir et plus on cherche, moins on trouve. Il n’y a pas d’interrupteur interne. On va lutter contre ces pensées et simultanément en créer d’autres.

Prenons l’exemple d’un arbre au milieu d’une forêt. Bien sûr qu’il continue à pousser et à se dresser vers la lumière mais son environnement influe sur cette croissance. La proximité des autres arbres, les aléas climatiques, l’impact humain. Il n’existe pas de croissance libre mais une capacité d'adaptation plus ou moins grande.

La multitude des expériences de vie et mon environnement immédiat et même planétaire conditionnent mon évolution. Et l’ensemble de mes pensées n’est qu’un courant agité par cet environnement lui-même. Il est intéressant, par exemple, de lister les activités quotidiennes tout autant que les pensées et d'en identifier les sources. Le résultat est consternant. Nous sommes fondamentalement conditionnés.

Si je remonte encore plus loin vers la source ou vers la graine, je n’ai même pas choisi ce que je suis. Je n’ai pas choisi délibérément ma naissance. Est-il envisageable de parler de liberté innée ou d'une liberté à conquérir ?

Il ne peut s’agir à mes yeux que d’une liberté qui s’acquiert. Ou plutôt de la désintégration progressive de tout ce qui peut porter atteinte à la liberté désirée … Il n'y a pas de liberté unique ou universelle : il n'est question que de la liberté choisie de chacun, même si ces diverses libertés peuvent sembler carcérales à d'autres.

Disons qu’il n’y a aucune liberté. Mais qu’il est envisageable au fil du temps de s'en inventer une dès lors que chacun des actes et chacune des pensées les plus essentielles sont nourris par la pleine conscience. Rien de rapportée ne doit influer de façon inconsciente.

Est-ce que c'est possible ? Il convient de se poser la question.

Le fait de s'engager dans la quête de cette liberté n'est-il pas déjà en soi un acte libérateur ? Ne s'agit-il pas dès lors de s'astreindre à cette quête, sans se projeter vers un objectif final ? Le chemin n'est-il pas le but ? »

Marée noire et bénévoles

Si vous êtes par là-bas et disponible. Et le cœur bien accroché...Je l'ai fait en Bretagne et voir les oiseaux mazoutés, c'est ...

PARTAGES

  •  

Chacune des trois organisations a posté un message sur leur page Facebook : elles indiquent vouloir s'unir "pour prévenir cette catastrophe." Sea Shepherd, le Biome et Darwin Coalitions "préparent un plan d’action pour sauver le vivant" et attendent les bénévoles. 

Par Hélène Chauwin 

Leurs posts relayés ce jeudi rappellent qu'  "en feu depuis dimanche, le Grande America a sombré mardi à 4600 métres de profondeur. A bord, "365 conteneurs, dont 45 répertoriés comme contenant des matières dangereuses et 2 200 tonnes de fuel lourd dans ses soutes", d'après le préfet maritime de l'Atlantique".

Les trois organisations redoutent une marée noire plus tôt qu'annoncée par la préfecture maritime de l'Atlantique et qui toucherait  les côtes girondines voire landaises 
Elles précisent : "une nappe de 10 km² se déplace vers les côtes girondines poussée par des vents de Nord-Ouest.

Joint par téléphone, Philippe Barre, fondateur  de Darwin, explique que Sea Shepherd, le Biome et Darwin Coalitions travaillaient déjà ensemble à la mise en place d'une unité d'intervention en cas de marée noire.  Le naufrage du Grande América les oblige à accélérer leur calendrier 

Il ne faudrait pas qu'on se dit, on n'est pas prêt !

Les trois organisations écologiques veulent donc mettre à disposition des autorités leurs logistiques et leur savoir-faire. Sous le contrôle de spécialistes, ils se proposent de centraliser les besoins. 

Elles concluent d'ailleurs leur post Facebook pour cette recommandation : "Restez connectés, dans les prochaines heures nous vous tiendrons informés de nos besoins.

Philipe Barre anticipe. Selon lui, les besoins devraient surtout être humains. Il faudra des bénévoles munis d'imperméables, de bottes, de gants et de cartons et papiers journaux pour transporter les oiseaux mazoutés. 

350 kilomètres de côte pourraient être touchés. Des milliers d'oiseaux impactés. On a besoin de se préparer le plus tôt possible et de préparer le plus de bénévoles possibles. 



Des tutos à destination des bénévoles pourraient être mis en ligne. Une unité mobile de soins pour oiseaux mazoutés installée au plus près de la côte girondine et des zones d'accès rapides idéalement entre la dune du Pyla et Biganos. Une demande d'autorisation a déjà été envoyée à la préfecture. 


La LPO, la 
Ligue de Protection des Oiseaux est déjà en alerte et suit la situation de très près afin de pouvoir intervenir au plus vite.

LPO France@LPOFrance

Les équipes de la LPO sont en alerte et suivent de très près l'évolution de la situation afin d'intervenir au plus vite en cas d'impact sur le littoral atlantique et la faune sauvage, notamment les oiseaux de mer.

Premar Atlantique@premaratlant

#GrandeAmerica] Présence d’une nappe d’hydrocarbures à la verticale du lieu de naufrage du #GrandeAmerica. Plus d'information : https://bit.ly/2TB43HN 

Voir l'image sur Twitter

Voir l'image sur Twitter

338

 

311 personnes parlent à ce sujet

Philippe Barre devrait essayer de la joindre. 

"Le but, ce n'est pas de leur faire concurrence, le but est de faire le maximum. La LPO a déjà le centre d'Audenge. Il pourrait être débordé. Le but, c'est de pouvoir les épauler"


Ceux et celles qui souhaitent se porter comme volontaires pourront le faire via un groupe Facebook en cours de constitution. 

Les dernières informations ce jeudi après-midi sont fournies par la préfecture maritime de Brest compétente sur la zone. Les nappes d'hydrocarbures "se déplacent vers l'Est d'environ 30 kilomètres par jour", explique le directeur du Cedre, qui estime qu'elles devraient atteindre les côtes françaises d'"ici une semaine environ". Il s'est exprimsé lors de la conférence de presse dédiée au naufrage. 

Le biome, basé à  Pouydesseaux dans les Landes et ouevre pour la conservation des espèces était déjà intervenu lors des marées noires provoquées par le naufrage d'Erika et du Prestige. 
Sea Sheperd une une organisation internationale connue pour ses actions directes menées pour préserver les Océans. 
Enfin, installée dans l'ancienne friche de la caserne Niel, 
Darwin se définit comme une "initiative entrepreneuriale de transition écologique de l'économie". 

  •  

Le paradoxe de Fermi

Passionnant, comme à chaque fois.

J'adore.

McDonald's et les déchets

Le rêve serait que plus personne n'aille dans ces "restaurants" mais on peut également imposer à la société de respecter les lois.

 

©8th.creator/Shutterstock

En un mois et demi, la pétition "Zéro déchet au McDo" a rassemblé plus de 112 000 signataires. Cette initiative citoyenne entend inciter le géant de la restauration rapide à réduire drastiquement ses emballages et s'engager dans une démarche "zéro déchet". 

"Les restaurants McDonald’s produisent plus d’un kg de déchets chaque seconde en France, du fait d’un modèle basé sur le tout-jetable pour la restauration à emporter comme pour les repas servis sur place"dénonçait l'association Zero Waste France en 2017. Cette année, une pétition citoyenne souhaite inciter la chaîne de fast-food à supprimer ses emballages superflus et à réduire drastiquement ses déchets. Lancée par Marine, une jeune fille de 24 ans, la pétition en ligne, appelée "Zéro déchet au MacDo", a recueilli plus de 112 000 signatures en un mois et demi. 

Parmi les propositions avancées, "utiliser de la vaisselle (comme dans la restauration classique), reconsidérer les emballages vers des réutilisables, les consigner, ou opter pour des emballages biodégradables". Les signataires réclament à la firme de supprimer ses déchets superflus (les pailles, les sets en papier sur les plateaux...), d'opter pour des alternatives, et surtout, de s'engager dans une démarche "zéro déchet". 

 

Marine_La_ReCreation@Marine_La_ReCre

http://www.change.org/p/zéro-déchet-à-mc-do …

McDonald's déjà mis en cause pour le mauvais tri de ses déchets

Leader du marché de la restauration rapide, le géant américain McDonald's a déjà été épinglé à de nombreuses reprises quant à la pollution qu'il génère. En octobre dernier, Zero Waste France déposait plainte contre l'un des restaurants parisiens de l'enseigne pour non-respect de leurs obligations en matière de gestion des déchets. Dans la foulée, Envoyé Spécial avait fait un test au sein du centre de tri de Dreux, révélant qu'aucun des emballages présents sur un plateau McDo n'étaient recyclés.

Enfin, à la fin du mois de janvier dernier, Brune Poirson est montée au créneau : la secrétaire d'Etat auprès du ministère de la Transition écologique a intimé l'ordre aux patrons de fast-food de respecter le décret du 10 mars 2016 en triant leurs déchets, sous peine d'amendes ou de "sanctions pénales pouvant aller jusqu'à des peines de prison".

Belledonne

Trente ans qu'on vit au pied de la chaîne de Belledonne. Un écrin de montagnes, des lacs, des sommets, des forêts, des chemins peu fréquentés, encore moins en hiver. 

Après quarante-huit heures de neige et de vent, on a décidé de profiter du retour du soleil pour monter avec les raquettes à neige. Le manteau neigeux était trop instable pour les pentes de ski de randonnée. On a donc choisi un parcours en forêt puis une longue crête vers le sommet du Grand chat.

Il n'y avait aucune trace, hormis celles des animaux. 

Le silence. Le ciel bleu, le soleil, la neige, les chapelets de sommets, les pas qui se succèdent., la recherche de l'itinéraire. 

Puis la sortie de la forêt et la remontée des crêtes vers le sommet. Des structures de glace autour des arbustes et des herbes.

Magique. 

L’image contient peut-être : ciel, arbre, nuage, plein air et nature

L’image contient peut-être : ciel, montagne, neige, plein air et nature

L’image contient peut-être : arbre, ciel, neige, plein air et nature

Les panneaux indicateurs ont juste la tête au-dessus de la neige :) 

L’image contient peut-être : ciel, neige, arbre, nuage, plein air et nature

Le nappage neigeux sur les aiguilles de la Lauzière.

L’image contient peut-être : ciel, nature et plein air

L’image contient peut-être : ciel, neige, arbre, plein air et nature

L’image contient peut-être : ciel, plein air et nature

L’image contient peut-être : ciel, montagne, plein air et nature

L’image contient peut-être : ciel, montagne, nature et plein air

L’image contient peut-être : ciel, neige, arbre, plein air et nature

L’image contient peut-être : ciel, montagne, neige, nature et plein air

L’image contient peut-être : neige, ciel, plein air et nature

L’image contient peut-être : nuage, ciel, neige, montagne, nature et plein air

L’image contient peut-être : nuage, ciel, nature et plein air

L’image contient peut-être : neige, ciel, plein air et nature

L’image contient peut-être : plein air

L’image contient peut-être : Thierry Ledru, ciel, montagne, plein air et nature

Températures printanières...

L’image contient peut-être : ciel, montagne, neige, nuage, nature et plein air

L’image contient peut-être : ciel, plein air et nature

L’image contient peut-être : ciel, montagne, neige, plein air et nature

Autonomie

Le cauchemar.

Au-delà de toute prise de position dont je suis incapable et qui serait absurde, vu d'ici.

Ce qui "m'intéresse", c'est le chaos que génère une panne électrique générale sur un pays entier. Cette dépendance est totalement folle.

Le projet qu'on a en tête, avec Nathalie, pour les mois à venir sera principalement de régler ce problème.

Eau, électricité, autonomie alimentaire...L'essentiel.

Vente de la maison de Savoie.

Achat d'un très grand terrain dans le Massif central (plusieurs hectares), dans le coin le plus désert possible, avec source reliée à la maison pour l'approvisionnement, panneaux solaires avec batteries à décharge lente, très grand potager et verger pour l'alimentation. Pour le reste, on fera avec les moyens du bord. 

J'aurai le temps à la retraite  :) 

 


https://www.lemonde.fr/international/article/2019/03/12/panne-de-courant-geante-au-venezuela-a-caracas-c-est-le-chaos_5435054_3210.html?fbclid=IwAR3Pb43At6QIwHR55N89pFbdCNse42In6loBIFOi6dc-cKIPYdvXndcTD04

Propos recueillis par Faustine Vincent Publié hier à 18h54, mis à jour hier à 19h26

 

Le Venezuela était toujours confronté, mardi 12 mars, à cette gigantesque panne de courant qui paralyse le pays depuis cinq jours. Face à la situation « calamiteuse » sur le plan alimentaire et sanitaire après cent heures sans électricité, le Parlement a décrété, la veille, l’état d’alerte, à la demande de l’opposant Juan Guaido, président par intérim autoproclamé et reconnu par une cinquantaine de pays.

Le courant a commencé à revenir partiellement dans plusieurs quartiers de la capitale, Caracas, mais l’intérieur du pays reste privé d’électricité. Selon une ONG qui se consacre aux questions de santé, la Coalition des organisations pour le droit à la santé et à la vie (Codevida), la panne a déjà provoqué la mort d’au moins quinze malades dans les hôpitaux, ces derniers étant très peu équipés de générateurs en état de marche. Il est toutefois extrêmement difficile de savoir ce qui se passe dans le pays, faute de moyens de communication.

Lire aussi  Juan Guaido visé par une enquête pour « sabotage » après la panne de courant qui touche le Venezuela

Catalina Vargas, coordinatrice de la réponse humanitaire en Amérique latine au sein de l’ONG Care, basée en Equateur, a pu entrer en contact avec les partenaires locaux avec lesquels elle travaille au Venezuela depuis un an. Selon elle, « les gens ont très peur de ce qu’il va se passer à la fin de la semaine, car ils ont épuisé leurs réserves d’eau et de nourriture ».

Quelle est la situation sur place ?

Les gens restent calfeutrés chez eux. Ils ont peur de sortir dans la rue, car beaucoup d’émeutes ont eu lieu ces derniers jours. Des habitants des quartiers défavorisés viennent à la nuit tombée pour piller les supermarchés. A Caracas c’est le chaos. La police elle-même est débordée. Face à cette insécurité, Nicolas Maduro a décrété trois jours fériés jusqu’à mercredi et a recommandé aux Vénézuéliens de ne pas sortir.

Un employé de Corpoelec, la société d’électricité d’Etat, vérifie un câble, à Caracas, le 11 mars. Un employé de Corpoelec, la société d’électricité d’Etat, vérifie un câble, à Caracas, le 11 mars. STRINGER / REUTERS

Les gens parviennent-ils à se nourrir ?

C’est extrêmement difficile. A Caracas, les supermarchés sont fermés. Comme la monnaie nationale n’a plus aucune valeur, les gens ne payent que par carte bleue. Or sans électricité, les terminaux de CB ne fonctionnent plus. Seuls 10 % des supermarchés sont ouverts, lorsqu’ils ont la chance d’avoir un générateur. Mais ils n’acceptent, en espèces, que les dollars, ce que personne n’a.

Lire aussi  Au Venezuela, cinq jours de panne d’électricité et un nouvel appel à manifester

Les gens avec qui on a pu entrer en contact à Caracas ne mangent plus que des fruits secs. Tout ce qui était au frigo est perdu. Ils avaient aussi stocké de la viande et du poulet au congélateur, mais avec la panne électrique, ils ont dû tout jeter.

Les habitants n’ont plus d’eau potable non plus, car les pompes sont activées par l’électricité. Il y a déjà eu des coupures de courant auparavant, mais ça ne durait que quelques heures. Ca n’est jamais arrivé qu’il manque d’eau et d’électricité aussi longtemps. Les gens ont très peur de ce qu’il va se passer à la fin de la semaine, car ils ont épuisé leurs réserves d’eau et de nourriture.

Je n’ai pas encore pu joindre nos équipes déployées dans les quartiers ruraux, mais je redoute que ce soit encore plus difficile qu’à Caracas, car il y a encore moins d’infrastructures et de supermarchés.

Des habitants collectent des eaux usées d’un canal à Caracas, le 11 mars. Des habitants collectent des eaux usées d’un canal à Caracas, le 11 mars. CRISTIAN HERNANDEZ / AFP

Comment les habitants font-ils face à ces pénuries ?

Ce qui marche c’est le réseau familial, car les habitants ont peur que la nourriture soit empoisonnée si elle vient de personnes qu’ils ne connaissent pas. Il y a eu beaucoup de rumeurs et de mensonges sur l’aide humanitaire que Juan Guaido voulait faire entrer dans le pays [à laquelle M. Maduro s’est farouchement opposé]. Les gens les ont crus, et se méfient donc beaucoup de l’aide alimentaire, même quand ils en ont besoin.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi  « Une intervention militaire contre le Venezuela serait déclenchée hors de toute légalité internationale »

Votre ONG parvient-elle à travailler dans ces conditions ?

Non. Nos équipes ne peuvent pas sortir de chez elles, donc nos actions sont suspendues – on devait notamment distribuer de la nourriture. Comme il n’y a plus d’électricité, il n’y a ni Internet ni téléphone, donc nous avons aussi beaucoup de mal à communiquer avec elles. L’incertitude est totale, pour les habitants comme pour nous, car la situation change dramatiquement tous les jours. On ne sait pas vraiment comment faire.

Une petite fille dans un tonneau en plastique tandis que sa famille attend pour collecter de l’eau, dans une rue de Caracas, le 11 mars. Une petite fille dans un tonneau en plastique tandis que sa famille attend pour collecter de l’eau, dans une rue de Caracas, le 11 mars. Ariana Cubillos / AP

Très peu d’ONG sont présentes dans le pays, où le président Maduro répète qu’il n’y a « pas de crise humanitaire ». Etes-vous entravés dans votre travail ?

Non, mais nous essayons de rester assez discrets. Le plus important pour nous est de ne pas mettre en difficulté les personnes à qui nous venons en aide.

---

Mise à jour du 13 mars 2019 à 9h30 : pour ne pas mettre en difficulté le travail de l’ONG, nous avons légèrement modifié à sa demande une de ses réponses.

Faustine Vincent

 

Juste pour information, on sait de longue date que les relations entre le Venezuela et les USA sont très tendues...

Rappel : Année 2017

 

Le Venezuela envisage d'arrêter de vendre du pétrole aux États-Unis

 

  •  

Maduro

Maduro se dit prêt à cesser de vendre du pétrole aux Etats-Unis. - Federico Parra - AFP

Le Venezuela livre 750.000 barils par jour aux États-Unis. Face aux tensions entre les deux pays, Nicolas Maduro, président vénézuélien s'est dit prêt à cesser ces transactions.

Nicolas Maduro s'est déclaré prêt à cesser de vendre du pétrole aux États-Unis, en pleine tension avec ce pays auquel le Venezuela livre quelque 750.000 barils par jour. "Le jour où ils ne veulent plus qu'on leur vende notre pétrole, on prend notre truc et (...) on vend tout notre pétrole en Asie, pas de problème", a affirmé le président vénézuélien à la prise de fonction du général Manuel Quevedo à la tête du groupe pétrolier public PDVSA.   

Caracas accuse Washington de mener une "persécution financière" contre le Venezuela, auquel le président américain Donald Trump a imposé des sanctions économiques fin août. Washington a notamment interdit à ses banques et à ses citoyens d'acheter de nouvelles obligations ou de négocier des accords avec le gouvernement vénézuélien au moment où le pays et PDVSA ont été déclarés en défaut partiel de paiement par des agences de notation.       

Renégociation de la dette extérieure

Nicolas Maduro est en pleine renégociation de la dette extérieure du pays, estimée à environ 150 milliards de dollars, dont 30% seraient dus à PDVSA.      

"Monsieur le président Donald Trump: vous décidez, mon ami. Si vous voulez que nous continuions à vendre du pétrole, nous vendons. Si un jour vous vous laissez chauffer les oreilles par les fous extrémistes de droite, le Venezuela prend ses bateaux et envoie son pétrole dans le monde et on le vend de la même manière", a insisté le dirigeant vénézuélien sous les acclamations de centaines de salariés du groupe public présents lors de la cérémonie.

S'unir conte Amazon

Amazon a révolutionné notre façon d’acheter des livres. Pour le meilleur… mais aussi pour le pire. Certes, le catalogue est gigantesque, le service ultra rapide et le coût, économique. Mais Amazon, c’est surtout une mutinationale championne de l’optimisation fiscale qui écrase les libraires, le tout, sans grande considération pour l’écologie. Alors, pour riposter, 2 500 libraires indépendants ont décidé d’unir leurs forces au sein de lalibrairie.com, une alternative pratique et précieuse qui gagne à être connue.

Source : Efired / Shutterstock

Le 3 mars dernier, France Inter a consacré une chronique à cette librairie en ligne bien décidée à concurrence Amazon (qui pèse déjà 50% des ventes de livres en ligne…). Créée en 2009, lalibrairie.com, compte désormais 350 000 ouvrages référencés qu’on peut soit récupérer dans la librairie partenaire la plus proche de chez soi, soit se faire livrer à domicile en 24 à 72 heures pour des frais de port variant entre 50 centimes et 4€.

Mais alors, si on choisit la livraison à domicile, pourquoi préférer lalibrairie.com plutôt qu’Amazon chez qui les frais de porte sont offerts ? Pour avoir la réponse à cette question, il suffit lire l’interview de Georges-Marc Habib, président de la Général Librest, société propriétaire de lalibrairie.com sur ID L’Info durable. Extrait :

« Nous sommes installés sur le territoire français, nous payons nos salariés qui sont tous en CDI à temps complet et nous leur versons des primes en fonction de nos résultats. Nous sommes inscrits dans une vision sociale de ce que doit être une entreprise responsable vis-à-vis des gens avec qui elle travaille. De plus, nous travaillons avec une réseau de 2 500 points libraires, des sociétés elles-mêmes installées de manière locale, qui paient correctement leurs salariés et leurs impôts. »

Autrement dit, choisir lalibrairie.com, c’est défendre une certaine idée de la justice fiscale, c’est préserver les acteurs économiques existants et c’est encourager la vitalité du commerce local tout en profitant d’un service efficace et moderne. Alors certes, ce genre de choses a un léger coût, mais nous aurions vraiment tort de nous en priver.

Pour en savoir plus, lire l’article d’Info Durable ici ou écouter la chronique de France Inter .

Le système

L’image contient peut-être : texte

C'est étrange mais j'y vois également ce que devrait être un enseignant : répondre à une demande et accompagner. Sauf que l'enseignement en France se fiche de la demande : il impose ses choix. Du coup, l'enseignant n'accompagne pas : il marche devant et exige qu'on le suive. Inévitablement, la troupe s'étire et les retardataires réfractaires seront invités à quitter la trace principale. Ils ne sont aucunement inaptes à apprendre : c'est juste qu'ils freinent le groupe parce qu'on leur impose des apprentissages qui ne leur correspondent pas. Ils pourraient développer d'autres connaissances et vivre différemment mais le système va les convaincre de servir ceux qui après avoir suivis le chef de clan auront accédé à un poste d'envergure. Ils seront donc leurs "employés". 
Et le système réclamera bien entendu aux "élites" d'entretenir le système qui les a rendus "heureux"...
Et aux "employés" de remercier les élites de leur permettre, malgré leur "ignorance", de trouver une place. 
On a tout faux.

C'est certainement l'approche du départ à la retraite mais je m'interroge grandement sur ce que j'ai fait pendant 37 ans dans ma classe.

 

Hier soir, je travaillais sur un roman et j'écrivais ça :

"« La mondialisation, c’est l’intrusion du monde dans ton esprit. Attends ! non, c’est même pire que ça. C’est le don de ton esprit au monde. Un don d’organe inconscient. Tu te rends compte ? C'est toi qui poses la tête sur le bûcher. Même pas besoin d'un bourreau pour te maintenir. Tu laisses le monde entrer. Et là, tu es mort. »"

"Je suis le climat"

Théorie de l’effondrement : « Le système actuel de représentation démocratique opère un rétrécissement de la pensée »

JE SUIS LE CLIMAT - OFFICIEL·LUNDI 10 DÉCEMBRE 2018

Entretien avec Corinne Morel Darleux Par Pierre Gilbert

Corinne Morel Darleux est conseillère régionale d’Auvergne-Rhône-Alpes pour le Parti de gauche. Elle écrit tous les mois pour Reporterre, divers blogs et tient une chronique mensuelle à Là-bas si j’y suis. Elle est notamment l’auteur de L’écologie, un combat pour l’émancipation (Bruno Leprince, 2009) et a coordonné la rédaction du manifeste des 18 thèses pour l’écosocialisme qui marque l’apparition du terme écosocialisme en France. Elle fait partie de ces nouveaux penseurs de l’écologie politique et c’est à ce titre que nous avons voulu l’interroger.

LVSL – On voulait revenir sur l’article que vous avez écrit pour Reporterre, qui a été publié le 19 juillet et qui est intitulé « face à l’effondrement formons des alliances terrestres » où vous évoquiez votre rapprochement avec la collapsologie. C’est une théorie qui avait plutôt le vent en poupe, notamment dans les milieux libertaires et les milieux écologistes. En ce qui vous concerne, vous citez Asimov et semblez évoquer la justesse ontologique du personnage-clé de la saga Fondation, Hari Seldon, qui consiste à tout faire pour réduire la période de transition post-effondrement, caractérisée par le chaos. Cependant, vouloir relativiser l’impact de l’effondrement ce n’est pas d’une certaine façon l’accepter ? Et est-ce qu’on peut moralement accepter la fatalité du dépérissement d’une partie de la population, quand on est responsable politique ?

Corinne Morel Darleux – J’ai toujours pensé que quand on était dans une situation trop compliquée pour l’évaluer finement et savoir comment il convient d’en parler, le plus simple était de dire les choses avec honnêteté. Je ne sais pas si on va vers un « collapse », c’est-à-dire un effondrement systémique, global, de la civilisation humaine à l’échelle mondiale. En revanche, on l’a souvent dit, mais cette fois je crois qu’on y est : le monde tel que nous le connaissons est en train de foutre le camp. Pardon de l’expression, mais c’est la plus illustrée qui me vient à l’esprit. Je parle du climat, de la raréfaction des ressources naturelles, de la destruction des écosystèmes et du rythme effarant d’extinction des espèces, naturellement, mais pas seulement : le système de croyances sur lequel s’appuie notre société est lui aussi en train de s’effondrer. La croissance n’apporte plus la prospérité, les forces de l’ordre ne sont plus gage de sécurité. Il va bientôt falloir plus d’énergie pour extraire un baril d’hydrocarbures que d’énergie produite par ce même baril. L’Union européenne qui devait nous protéger ne le fait de toute évidence pas. L’impôt est détourné des services publics et du patrimoine de ceux qui n’en ont pas. On ne croit plus les informations qu’on lit sur les réseaux et même Le Gorafi ne trouve plus les mots. Les écrans sont omniprésents et refaçonnent le « vivre ensemble ». L’égalité se heurte aux délits de faciès. La solidarité devient un délit. Les élus représentants du peuple se font agents des lobbies. Bref : la solidarité, le progrès, la démocratie apparaissent aujourd’hui à la plupart des gens comme autant de mythes dont la valeur est en train de dévisser.

Simultanément, d’autres ontologies, d’autres visions et manières d’être au monde, émergent ou réapparaissent : des mouvements, groupes, médias et réseaux alternatifs ; des ZAD au Rojava, dans les squats et les réseaux d’entraide, mais aussi dans les mouvements climat et les milieux universitaires, on réinvente l’autogestion, l’action directe ou le municipalisme libertaire. Un peu partout, des gens réfléchissent et expérimentent le dépassement du dualisme nature-culture, du capitalisme, de la foi en la technologie et du progrès infini qui ont jusqu’ici conditionné une grande partie de notre civilisation dite « thermo-industrielle ». On assiste il me semble à ce qui pourrait bien être un regain de l’anarchisme et au retour d’intellectuels, d’artistes, de scientifiques et d’universitaires engagés.

LVSL – Ce que vous dites est assez contre-intuitif, on a plutôt l’impression que les choses ne bougent pas beaucoup. Quelles sont vos sources, où allez-vous chercher ces signaux faibles ?

CMD – Je n’ai pas besoin d’aller très loin en réalité. Juste de garder les yeux ouverts. Je me suis intéressée par exemple cet été aux travaux d’un explorateur contemporain, Christian Clot, qui vient de publier un bouquin sur la première étape de son projet. Il a passé 4 fois un mois dans les milieux les plus extrêmes de la planète (plus chauds, plus froids, plus secs, plus humides…) avec une équipe de scientifiques. Ils ont évalué les modifications physiologiques et les capacités, à la fois du corps humain et du cerveau, à s’adapter à des conditions climatiques extrêmes et très variables. Voilà par exemple le type de travaux utiles sur lesquels se pencher pour anticiper des conditions de vie sur terre qui ne seront plus du tout les mêmes.

Je suis avec beaucoup d’intérêt ce qui se passe du côté de Bizi, Alternatiba et Attac, qui sont en pleine mutation il me semble. Cela indique qu’il se passe des choses du côté de cette fameuse « société civile » dont on désespérait de comprendre un jour qui elle désigne. Je ressens aussi pas mal de complicité intellectuelle avec des gens comme Pablo Servigne, Nico Haeringer de 350.org ou François Ruffin. En fait c’est assez éclectique : je suis avec beaucoup de curiosité ce qui se passe du côté de Lundi matin, des réseaux de luttes des ZAD aux migrants ou de certaines maisons d’édition. Je m’informe auprès de Reporterre ou Mediapart. Sur le terrain des idées et des entretiens je lis Ballast, Uzbek et Rica, l’excellente nouvelle revue Terrestres. J’essaye de garder le fil de ce que racontent Damasio ou Lordon, je me suis remise à lire en anglais pour The Guardian notamment. Et je n’oublie pas de discuter de tout ça avec mes amis peu politisés ou mes voisins de ruralité. Voilà, ce n’est pas exhaustif ni systématique, sinon il me faudrait un plein temps et deux vies : pour ça Internet et son pouvoir de propagation sont autant un bienfait qu’une malédiction !

LVSL – Et tout ça vous dit que ça bouge, réellement ? N’est-ce pas un effet d’optique ?

CMD – Je n’en sais rien, c’est difficile d’embrasser tout le paysage pour pouvoir l’affirmer, mais il se passe des choses, c’est indéniable : des percussions certes marginales, mais fondamentales. C’est le cas en France, mais aussi en Allemagne avec le blocage de cette mine de charbon, aux États-Unis autour de 350 et de Bill Mc Kibben ou Naomi Klein, en Angleterre comme en témoigne l’opération de désobéissance civique de masse « Extinction Rebellion » lancée ce mois-ci à Londres avec le soutien de nombreux académiques, de la jeune Suédoise Greta Thunberg ou du journaliste du Guardian George Monbiot, et 500 activistes formés et prêts à aller en prison : ce n’est pas rien.

LVSL – Est-ce que voir toute cette activité vous rend plus optimiste vis-à-vis d’un possible « effondrement » ?

CMD – Je ne dirais pas ça ! Mais peu importe : il ne s’agit pas ici d’optimisme ou d’espoir, mais de lucidité. Ces éléments forgent une conscience éclairée et viennent bousculer pas mal d’habitudes, dans la pratique comme dans le discours politique : celle par exemple de parler d’un « peuple » qui en réalité n’est pas constitué, ou de « transition écologique » alors que c’est une véritable révolution qu’il faudrait. De même que je me refuse à induire l’idée qu’on pourrait encore rester sous les fameux +1,5°C ou changer le système par une stratégie de conquête du pouvoir ou de révolution citoyenne. Soyons clairs, je ne dénigre pas celles et ceux qui continuent ce combat : je l’ai porté, j’ai défendu ces positions et j’y ai cru sincèrement. Mais il me semble aujourd’hui que ce système électoral est faussé, plus ou moins gangrené selon les pays, manipulé par les réseaux sociaux, les médias ou les lobbies – et même désormais la justice : regardez le « lawfare » au Brésil, où le juge Moro, celui qui a organisé l’empêchement de Lula, est désormais Ministre de Bolsonaro ! J’espère sincèrement me tromper, mais partout c’est de plus en plus clair, il me semble : ils ne nous laisseront jamais gagner.

Et quand bien même ce serait le cas, serions-nous préservés de l’attrait de la monarchie présidentielle ? Saurions-nous sortir des griffes des traités européens, éviter la faillite morale et politique qu’a connue Tsipras en Grèce ? Contourner les médias d’actionnaires ? Eviter les coups de corne des lobbies planétaires ? Mettre en place une fiscalité révolutionnaire et sortir du capitalisme tout en conservant notre capacité à financer les investissements nécessaires ? J’en suis moins certaine aujourd’hui. Peu importe mes doutes, vous allez me dire, et c’est vrai : ça vaudrait le coup d’essayer, c’est certain… Si on en avait le temps. Or je me sens de plus en plus inconséquente – mais une fois encore, c’est très personnel – à dire à la fois que la situation est grave et la riposte urgente, et « en même temps » à jouer le jeu lent et pipé du changement par les élections.

Enfin, il faut dire une chose clairement, du moins en être conscient : le processus électoral nous coupe les ailes. Certes, une campagne est un accélérateur de conscience. Mais je doute, après en avoir vécu sept, que cette conscience fraîchement acquise, principalement à l’occasion du spectacle qu’est la présidentielle, soit toujours durable. Elle touche moins massivement et rapidement les consciences en tout cas que le rythme et l’ampleur auxquelles les conditions matérielles d’existence les étouffent. Autre point rarement évoqué et pourtant crucial : le système de désignation de candidats, quel qu’il soit, provoque des dégâts énormes, détourne les énergies et exacerbe la compétition interne. La recherche de suffrages mobilise une énergie folle, or je voudrais rappeler que le mythe réconfortant de David contre Goliath sort de la Bible… Tout ça nous coûte extrêmement cher en fraternité humaine et en temps. Et puis insidieusement, pour gagner des voix, la tactique prend le pas sur le projet, l’élargissement des bases électorales nécessite de « s’allier » ou de « fédérer » plus largement. Et tout le monde a bien compris qu’on ne sort de l’ambiguïté qu’à ses dépens.

Bref, je ne suis pas loin de reprendre à mon compte le cri libertaire d’« élections, piège à cons » . Je vais continuer à militer, et à voter, mais je veux attirer l’attention sur le fait que tout miser sur les élections c’est autant de forces que nous ne mettons pas à changer radicalement les choses ici et maintenant. Je ne jette pas la pierre à ceux qui s’y consacrent, mais pour moi aujourd’hui ce n’est plus la priorité où placer mes énergies, je n’en ai plus envie et je crois réellement que nous n’avons plus le temps.

LVSL – Mais alors si le système électoral est pipé et trop lent face à l’urgence, il faudrait arrêter de militer au sein des partis selon vous ?

CMD – Pas du tout. Mais il faut le faire lucidement, là où on se sent accueilli, nourri et surtout utile, avec une discipline personnelle qui pour moi consiste à se réinterroger régulièrement pour vérifier qu’on est toujours en phase et qu’on y prend toujours du plaisir, car c’est déjà suffisamment ingrat comme ça de militer en ce moment. Franchement, continuer à faire des choses juste par la force de l’inertie, parce que c’est ce qu’on a toujours fait, c’est la mort. Et puis parfois, faire un pas de côté est le meilleur moyen de ne pas se décourager.

Ce que je veux dire c’est simplement qu’il faut garder les yeux ouverts sur les mutations du monde actuel, les signaux faibles qui nous parviennent du futur, les tectoniques de la société, même dans les interstices, car c’est parfois des marges que viennent les changements les plus profonds. Ne pas regarder tout ça avec beaucoup d’attention et de sérieux, c’est se mettre hors-jeu, et faire de la politique hors-sol. Je ne dis pas que les thématiques « classiques » sociales ne devraient plus requérir notre énergie militante bien sûr. Tout au contraire, et c’est d’ailleurs tout l’objet de l’écosocialisme de faire ce lien entre exploitation sociale et destruction des écosystèmes, de montrer que les deux relèvent des mêmes mécanismes de prédation capitaliste. En sorte que la réponse doit donc être elle aussi systémique – et anticapitaliste. La validité de l’écosocialisme est renforcée aujourd’hui par les questions climatiques qui heurtent de plein fouet les inégalités sociales et les rendent plus critiques que jamais.

LVSL – En quoi « l’effondrement » vient-il valider l’importance d’une justice sociale ?

CMD – Non seulement les plus pauvres sont les premiers à prendre de plein fouet les aléas climatiques qui se multiplient et gagnent en intensité. Mais surtout, on risque fort au fur et à mesure de l’aggravation des pénuries d’aller non pas vers un effondrement global, mais vers une société à deux vitesses. C’est une hypothèse probable : l’effondrement n’est pas à l’abri de la lutte des classes, et je doute fort que tout le monde, à la surface de la Terre, soit touché de la même manière. Naomi Klein a dit dans une conférence à laquelle j’assistais que le climat était la traduction atmosphérique de la lutte des classes, j’adhère totalement à cette jolie formulation.

On ne peut pas dissocier les deux. Une étude financée par la NASA est revenue il y a 4 ans sur les différents effondrements qui ont déjà eu lieu par le passé. Elle pointe le fait que de manière systématique dans l’histoire, les sociétés « craquent » au moment où deux critères sont réunis : le premier, c’est la surexploitation des ressources naturelles et le deuxième, c’est l’explosion des inégalités sociales. Ce que confirme la collapsologie (l’examen transversal pluridisciplinaire de différents aspects annonciateurs d’un effondrement civilisationnel), en d’autres termes, c’est qu’on est arrivé au moment où ces deux ingrédients sont réunis. Or ces derniers nous intéressent directement : ce sont quand même les deux piliers de nos combats politiques sur le terrain. Il faut l’entendre et commencer à se préparer à la possibilité de cet effondrement. Donc pour moi, si on ne se laisse pas littéralement affecter par la possibilité de l’effondrement, en tant que responsables politiques, en tant que militants et même en tant que citoyens, on est hors-sol par rapport à la manière dont le monde est en train d’évoluer autour de nous.

Donc, il ne s’agit pas d’abandonner ce terrain, moins que jamais ! Je dis juste : attention, le monde est en train de changer, à une vitesse stupéfiante et nous devons d’urgence accepter de questionner nos certitudes et nos habitudes, d’ouvrir notre pensée à ce qui se passe dehors et adapter nos pratiques politiques en conséquence, sous peine sinon d’être fossilisés.

LVSL – « Ouvrir notre pensée », dans un monde où on a le sentiment de courir en permanence et de manquer de temps, comment fait-on?

CMD – Sans doute faudrait-il trouver le moyen de davantage déconnecter le fait de militer, ce qui inclut pour moi le fait de s’activer sur le terrain, mais aussi de prendre le temps de nourrir sa pensée, de l’injonction permanente de commenter l’actualité, avec des sujets « importants » qui changent chaque jour, l’obligation de se « faire un nom » et de rechercher la visibilité, objectifs qui ne sont certes pas condamnables en soi, mais qui sont de plus en plus pollués par la prime à la polémique et à l’agressivité, que ce soit sur les plateaux télévisés ou les réseaux sociaux. Peut-être faudrait-il aussi inventer d’autres stratégies d’impact que la recherche d’effets de masse lors de manifestations ou de marches. Enfin, je ne dois pas être la seule à être exaspérée de devoir toujours demander : à Emmanuel Macron, à Laurent Wauquiez, à la SNCF, au Préfet, aux députés ou à je ne sais qui, de faire ceci ou au contraire de ne pas faire cela…

En fait j’ai le sentiment que tout le système actuel de « représentation démocratique », basé sur les élections, opère un rétrécissement de la pensée, réduit trop souvent l’action au fait de pétitionner ou de réclamer, et piège l’activité politique dans le tunnel du temps court. C’est une défaite à la fois intellectuelle et militante, et pour moi un constat d’échec. J’ai essayé, pendant dix ans. Aujourd’hui je ne crois plus au fait qu’on puisse réinventer ce système politique suffisamment, assez rapidement, et encore moins avec les mêmes gens. Mais il existe plein d’autres manières de militer, et heureusement ! Depuis trois ans j’ai fait pas mal de pas de côté, je suis allée musarder ailleurs, j’ai beaucoup lu, écouté, observé et débattu. Il reste, je crois, des modes d’action et de pensée politique à (ré)inventer.

LVSL – Quels sont selon vous les objectifs prioritaires du militantisme politique dans ce contexte difficile que vous décrivez ?

CMD – Aujourd’hui, de mon point de vue – qui peut encore évoluer – ressortent deux grandes priorités : un, préserver ce qui peut et doit l’être de notre civilisation, de l’anthropocène, ou capitalocène si vous préférez. Deux, anticiper et préparer le monde d’après.

Sur le premier point, on a le constat de ce qui ne va pas, si on rassemble l’apport des mouvements anticapitalistes et de l’écologie politique depuis les années 70, on peut probablement dire qu‘on en maîtrise à peu près l’analyse et les mesures qu’il faudrait mettre en œuvre, même si ce serait à actualiser au vu des effondrements multiples qui s’opèrent et provoquent des mutations rapides. Mais globalement les racines du système restent inchangées – pour l’instant – et on en a quand même discuté un nombre incalculable de fois ; ce n’est pas ce qui m’inquiète le plus. Je me trompe peut-être, mais il me semble que si la question était correctement posée, les gens sauraient assez bien identifier ce qu’ils veulent sauver dans cette société – pour peu que la publicité et les médias leur laissent un peu de « temps de cerveau disponible » pour ça. Ce ne serait pas simple, mais disons que c’est à peu près clair.

Sur le second point en revanche, on est dans l’angle mort. C’est d’ailleurs assez déconcertant. À moins que ça m’ait échappé, aujourd’hui il n’y a guère qu’en politique qu’on ne fait pas de prospective. Les compagnies d’assurance ont des postes dédiés à cette tâche précise qui consiste à explorer ce qui s’écrit, se dit, émerge tout autour du globe et à y détecter les signaux faibles du futur. Les multinationales font des plans, l’armée, la NASA également. Nous on court derrière Macron. Bien sûr, je force un peu le trait, mais malheureusement pas tant que ça en réalité. J’ai le sentiment que le temps du débat d’idées, de la réflexion intellectuelle, de la lecture de documents de fond se perd. Ce n’est pas spécifique à la politique, et il y a certainement des raisons exogènes à ça, à commencer par la manière dont les téléphones multi-fonctions accaparent notre attention et diminuent notre capacité de concentration. Mais c’est un fait : beaucoup de politiques ne lisent pratiquement plus que des messages de 140 caractères.

Il y a pourtant beaucoup d’enseignements et de sources d’inspiration, de réflexion, à puiser dans la lecture. Et je ne parle pas uniquement des essais de sociologie, mais aussi des fictions ou de la philosophie. Ainsi du « catastrophisme éclairé » du philosophe Jean-Pierre Dupuy, qui défend la thèse selon laquelle tant que la catastrophe est possible, mais pas certaine, les êtres humains trouveront toujours plein de bonnes raisons pour ne pas agir, notamment en exagérant la possibilité des solutions techniques ou de géo-ingénierie par exemple. C’est une manière de mettre la poussière sous le tapis. Ce que professe Dupuy, c’est, à l’inverse, de partir du postulat que la catastrophe est inéluctable et de la regarder en face pour justement se remettre en capacité d’agir. C’est totalement contre-intuitif, mais précisément je trouve que c’est une réflexion très inspirante. Cela rejoint la réflexion d’Isaac Asimov dans la trilogie de science-fiction « Fondation ». Évidemment il ne s’agit pas de plaquer un récit sur le réel, nous ne sommes pas dans un empire galactique et nous ne disposons pas de psycho-historien comme Hari Seldon, mais ça vaut le coup de s’attarder deux secondes sur l’idée qui y est développée : plutôt que de mettre toute notre énergie à éviter une catastrophe qui est inévitable, attelons-nous à préparer l’après, à faire en sorte que la période de chaos ne dure pas trop longtemps, soit la moins inégalitaire possible, et qu’elle puisse ouvrir d’autres horizons possibles… ça me semble intéressant.

LVSL – « Intéressant » certes, mais aussi potentiellement démobilisateur si on considère que la catastrophe ne peut pas être évitée, non ? Dans le cas du climat, ça voudrait dire qu’on arrête les efforts pour limiter nos émissions de gaz à effet de serre…

CMD – Oui, et c’est pourquoi je n’en fais pas une bannière. Même si je pense que la bataille du +1,5°C – et probablement du +2°C – est perdue, je persiste à penser qu’il faut continuer à mener une lutte de tous les instants sur le volet « atténuation », c’est-à-dire pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre. On estime du côté de la communauté scientifique que même si tous les engagements pris à la Cop 21 étaient respectés on irait vers une hausse des températures comprise entre 3,2 et 4 degrés. Or on sait que ces engagements ne sont pas tenus. En 2017 il y a eu une augmentation de 3% des émissions de gaz à effet de serre en France alors qu’elle devrait les réduire de 2,2 % par an ! Mais une fois qu’on a dit ça on n’a rien conclu : selon que l’on sera à +2, +3 ou +4 degrés, l’impact sera drastiquement différent et chaque augmentation sera pire que la précédente, à cause des phénomènes d’emballement, des seuils de rupture qui font que le réchauffement n’est pas un phénomène linéaire, mais une courbe qui peut basculer dans l’exponentiel. Je prends souvent l’exemple de la fonte du permafrost, ce sol qui est gelé toute l’année dans certaines parties du globe. Il fond, et en fondant il libère du méthane, qui est un gaz à effet de serre très puissant, ce qui aggrave le dérèglement climatique, ce qui entraîne une augmentation du dégel du permafrost, etc. La hausse de la courbe des températures ne va pas être linéaire. Il va donc falloir aller sauver chaque dixième de degré, et ce, pas en 2020 ou en 2050, mais dès maintenant : on en est déjà, sur cette échelle, à +1,1°C.

Mais il faut aussi réfléchir à l’après, au volet « adaptation » : des choses sont en train de changer de manière irrémédiable, d’autres vont l’être et doivent être anticipées. La hausse du niveau des mers, la multiplication des épisodes de sécheresse, le changement local de climat, de végétation, l’extinction de certaines espèces, l’augmentation des risques de conflit armé et la rareté de certaines ressources naturelles qui viennent à épuisement : la question n’est pas de savoir si on a envie que ça arrive ou non. On a laissé passer la période historique durant laquelle on pouvait encore se payer le luxe de poser cette question et d’y répondre par des actes politiques forts. Désormais, on y est. Et on commence à constater que tous ces effondrements sont plus violents pour les plus fragiles : les petits, les minorités, les précaires.

C’est aussi une des choses sur lesquelles la fiction, les dystopies plus précisément, attirent notre attention : de Rollerball aux Fils de l’homme, c’est le risque de cette société à deux vitesses dont on parlait tout à l’heure. Un monde futur dans lequel ce qu’il reste de ressources, de pétrole, d’air, d’eau, de végétation est concentré entre les mains de quelques privilégiés pendant que la masse essaye de survivre avec trois fois rien. Ça vaut le coup de s’y attarder ! C’est d’ailleurs aussi ce que décrit Bruno Latour dans son livre « Où atterrir » : ce sont bien des riches qui sont en train de faire sécession et de se mettre à l’abri. Eux anticipent et font de la prospective…

Ensuite, de la même manière que je suis lasse de voir s’écharper les adeptes du petit geste individuel (qui malgré ses limites reste un premier pas nécessaire : personne ne passe directement de la prise de conscience devant sa télé au sabotage d’un chantier, ce n’est pas vrai) et les purs et durs de l’anticapitalisme (agréablement vertébrés, mais souvent surplombants et pas toujours les plus efficaces), ou encore les localistes et les jacobins, il faut dire que les efforts menés pour l’atténuation et l’adaptation ne s’opposent pas, ni ne se neutralisent. Les mesures qui vont dans le sens de la relocalisation, de l’autonomie alimentaire dans les territoires, de mobilité sans pétrole, d’économies d’énergie, de réappropriation des savoirs manuels, le fameux DIY (do it yourself) ou la démocratie directe : tout ça vaut dans tous les cas, que l’effondrement arrive ou pas. Finalement on peut presque renouveler le Pari de Pascal – laïque celui-là – : dans tous les cas de figure, on aura contribué à une société plus juste, plus épanouissante et dans laquelle il fait mieux vivre.

En tout cas pour ce qui me concerne, je pense vraiment de plus en plus qu’il faut soit arrêter de dire qu’il y a urgence, soit accepter qu’il n’y a pas une solution unique, qu’il n’y a pas de baguette magique et qu’en réalité personne ne sait à 100 % ce qu’il convient de faire tant la situation s’annonce inédite. Dès lors, toutes les alternatives qui sont en train de se construire, les changements de comportements individuels comme celles qui relèvent d’organisations collectives, qu’elles se conduisent à l’échelle locale, communale ou étatique, ne peuvent être balayées du revers de la manche – à partir du moment où elles sont sincères et dignes. C’est-à-dire à partir du moment où on n’utilise pas la question de l’effondrement, de la démocratie ou du climat, pour servir des intérêts économiques, d’ego ou électoraux. Pour moi aujourd’hui les vrais coupables à pointer du doigt c’est ceux qui savent, qui pourraient changer les choses, et ne le font pas de manière délibérée. Ça laisse largement le choix de ses cibles, et la marge pour ne pas se tromper d’ennemi.

Enfin, tout ce qu’on fait aujourd’hui en termes de militantisme, d’organisation collective, c’est autant de réseaux d’entraide et de solidarité de gagnés pour demain, car je ne crois pas à l’émergence de coopérations spontanées au plus fort de la crise, et qui plus est d’une crise durable, faite de pénuries et de privations. C’est aujourd’hui qu’il faut construire ces liens.

LVSL – Dans les scenarii qui sont mis en avant il y a aussi ces possibilités-là. Pour revenir à la fiction, vous avez d’autres exemples de la manière dont elle peut nous aider ?

CMD – Oui, personnellement cela fait 2 ou 3 ans que j’y ai de plus en plus recours, que ce soit dans mes conférences ou à travers des chroniques de l’effondrement ; je me réfère à des dystopies, des romans d’anticipation ou des films, et des histoires post-apocalyptiques il y en a eu beaucoup depuis les années 50 ! Je le fais pour plusieurs raisons. D’abord pour accrocher l’attention et être audible, il est bon de temps en temps de sortir des grands discours théoriques et de se référer à de la culture populaire. Quand on parle de Mad Max ou de Matrix, il y a des gens auxquels ça parle beaucoup plus que de parler d’écosocialisme et de théorie critique du marxisme.

L’autre chose, et je rejoins l’auteur de SF Alain Damasio sur cette question, c’est que la fiction opère comme des lunettes du réel. Elle permet de mettre à juste distance pour mieux appréhender des sujets qui sont peut-être trop durs à regarder quand ils se situent dans le réel, trop proches et trop effrayants comme le sont les épisodes climatiques extrêmes – a fortiori la perspective de l’effondrement. Paradoxalement, la fiction met à distance, mais elle porte aussi une dose d’affect qui n’est pas la même que dans le réel, et qu’on ne trouve pas dans les essais ou les rapports scientifiques. Il y a un récit, une intrigue, des personnages, des émotions, qui permettent de faire appel pas uniquement à l’aspect rationnel du cerveau, mais aussi d’incarner des idées et à tout un chacun de s’y projeter plus facilement. Pour toutes ces raisons, la fiction est un médiateur assez intéressant par rapport à ce discours très anxiogène du changement climatique et de l’effondrement. Cela permet enfin de renouveler un discours politique qui manque d’originalité et a fait son temps. Ce n’est finalement rien d’autre que du « soft power » appliqué à l’intérêt général, une bataille culturelle pour repolitiser l’imaginaire et en changer les référents…

LVSL – Restons sur cette idée d’« imaginaire ». Qu’apporte-t-il à ce que vous aviez déjà produit dans le cadre des 18 thèses pour l’écosocialisme publiées en 2013 ? Avez-vous pensé de nouveaux concepts pour l’écosocialisme depuis ?

CMD – L’écosocialisme reste un invariant, mais il a besoin de s’appuyer de nouveaux référents. Ceux qui conditionnent notre manière même de penser et d’être au monde sont aujourd’hui largement corsetés par l’injonction productiviste et consumériste. On est sans cesse bombardés de publicité, d’effets de mode, d’impératif de « réussite ». Comme si les normes sociales n’étaient pas assez pesantes. L’ère numérique et l’arrivée des réseaux sociaux ont développé une nouvelle uniformisation des désirs et des plaisirs. Je ne développerai pas, je suis déjà très longue… Toujours est-il qu’on a besoin, comme le disait Serge Latouche, de « décoloniser » notre imaginaire, ce qui implique d’abord de « désapprendre », se désaccoutumer de ces drogues dures du système que sont les énergies fossiles, le TINA (there is no alternative) ou la rentabilité du capital. Il s’agit de déconstruire notre système de pensée à la manière du pas de côté que font les personnages de l’An 01 de Gébé (« on arrête tout, on réfléchit, et ce n’est pas triste »). C’est une étape nécessaire pour se dessiller le regard et ainsi pouvoir, dans un second temps, reconstruire, avec de nouveaux mots, de nouveaux récits et figures, une vision plus adaptée au monde réel, et surtout au monde d’après tel qu’on aimerait le voir advenir.

Walter Benjamin faisait remarquer que déclin ne veut pas dire disparition. De même l’effondrement peut être une métamorphose. C’est une lecture – encore – qui m’a fait appréhender réellement cette possibilité : Dans la Forêt, de Jean Hegland. Je conseille à tous vos lecteurs de la lire…

LVSL – D’autres notions pour enrichir l’écosocialisme ?

CMD – Dans la série des petites lumières qui éclairent le chemin, j’ai été très inspirée par la thématique de « survivance des lucioles », du titre d’un livre de George Didi-Huberman qui revient sur un texte de Pier Paolo Pasolini. Plus précisément deux textes : le premier parlait de lucioles de manière joyeuse et optimiste, le deuxième, des années plus tard, au ton fataliste et défaitiste soulignait la mort de ces mêmes lucioles, avec évidement des parallèles politiques très forts. Moi-même je ne sais pas à quel moment de la vie de Pasolini je me situe par rapport à ces lucioles. Mais voilà, on a besoin de ces petits repères lumineux dans la nuit qui s’avance, et il me semble qu’il y a des notions, des idées, des concepts très inspirants qui peuvent aussi donner la force et l’espoir de s’engager sur ce chemin, pas forcément à reculons, mais de manière plus volontariste et apaisée. Walter Benjamin, encore, parlait d’ « organiser le pessimisme ». J’aime bien cette idée.

Je travaille aussi à un projet de livre sur le « refus de parvenir ». J’y parle d’un homme, le navigateur Bernard Moitessier. Il y a bientôt 50 ans, lorsqu’il était en passe de remporter la première course autour du monde en voilier, en solitaire, sans escale, et sans assistance extérieure, Moitessier refuse, à la surprise générale, de remonter vers la vieille Europe et son monde d’argent consumériste avec lequel il avait beaucoup de mal. Ce jour-là, il a catapulté avec son lance-pierres, sur le pont d’un cargo pétrolier, un message qui disait qu’il ne rentrait pas, car il était heureux en mer et peut-être, écrivait-il, pour sauver son âme. Il y a, autour de cette notion de refus de parvenir, des choses tout à fait subversives et un fil intéressant à tirer. C’est ce que je m’emploie à faire. Je tourne aussi beaucoup autour d’une formule que j’ai relevée cet été dans le manifeste politique de l’association Bizi, intitulé « Burujabe » – du basque Buru (tête, personnalité) et Jabe (maître, propriétaire). Bizi y parle de « cesser de nuire », c’est-à-dire de ne pas piétiner les conditions de vie des autres, de vivre à la hauteur de la capacité écologique, de cesser d’importer des matières pillées ou d’exporter nos déchets… Cette idée, tout comme le « refus de parvenir », s’inscrivent dans la lignée de la critique de la rivalité ostentatoire théorisée par l’économiste Thorstein Veblen par exemple. Mais elles permettent aussi d’hybrider dans mon esprit des réflexes de gauche anticapitaliste avec des notions d’inspiration plus libertaire, comme la « souveraineté individuelle » qui fait écho à la puissance d’agir de Spinoza, ou l’idée, sur laquelle je travaille beaucoup également en ce moment, de « dignité du présent ».

LVSL – « Dignité du présent »… C’est-à-dire ?

CMD – La dignité du présent, c’est ce à quoi on peut se raccrocher quand on sent qu’on est en train de perdre la course de vitesse contre l’effondrement et que nos victoires futures semblent de plus en plus hypothétiques. Elle consiste à cesser de penser qu’on n’agirait que pour gagner à la fin. C’est faux, si c’était le cas il n’y aurait plus un seul militant au NPA ou à la CNT ! Dire ça, c’est oublier la beauté du geste, l’action désintéressée du « faire sans dire » et le pouvoir de l’éthique. Le fait même que nos victoires futures soient compromises justifie plus que jamais de ne pas y sacrifier la dignité du présent et de se souvenir que la fin ne justifie pas les moyens. Voilà ce qu’il me semble indispensable aujourd’hui d’ajouter au travail que nous avons produit sur l’écosocialisme, ces notions-là le complètent de deux dimensions jusqu’ici trop absentes de notre champ politique : la dimension libertaire et une forme de spiritualité ancrée, qui n’a rien à voir avec la religion, mais davantage avec une discipline personnelle, éthique et même esthétique.

Je crois sincèrement que ce sont des choses sur lesquelles il faut que l’on réfléchisse, notamment en politique. Cette cohérence entre l’objectif révolutionnaire et les moyens mis en œuvre pour y parvenir, qui doivent déjà refléter le monde d’après (la révolution) a été superbement formulée par Emma Goldman, une figure féministe américaine qui a beaucoup compté dans mon parcours. J’ai peur parfois que dans cette espèce de dévissage culturel généralisé, on en oublie parfois le minimum décent en termes de tenue et d’élégance. Comme il existe une éthique de la révolution, une esthétique du chaos en art, il faut avant toute autre chose nous munir d’une éthique de l’effondrement. Sinon nous reproduirons les mêmes erreurs et toutes les souffrances subies par les opprimés, passées et à venir, l’auront été en vain.

Retranscription réalisée par Laetitia Labille et Marie-France Arnal.

Qui suis-je ?

1552151054-p4130002.jpg

 

Depuis bien longtemps déjà, lorsque j'enseigne à mes élèves le complément d'objet direct, les attributs du sujet, les participes passés ou tout autre terme, j'apporte une particularité dans le protocole à suivre. 

Généralement, la question "qui" est attribuée à un être humain et la question "quoi" à tout le reste. 

J'avais déjà écrit un article à ce sujet.

Au-delà de la grammaire 

 

Hier, j'ai donné une "lecture à indices". Plusieurs petits textes dans lesquels les enfants doivent parvenir à identifier ce dont on parle en utilisant des règles de français ou l'usage d'un champ lexical bien précis.

exemple :

1) "Ce matin-là, j'avais un rendez-vous médical au centre-ville. Je suis partie de la maison avec une marge de temps importante car il y a souvent des embouteillages. J'ai eu raison car ce jour-là, il y avait des travaux sur la chaussée. J'ai mis deux fois plus de temps que d'habitude à atteindre le lieu de mon rendez-vous. J'étais soulagée en entrant dans la salle d'attente. Pile à l'heure."

Qui suis-je : un homme ou une femme ? 

 

2) "Ce matin-là, la rosée avait saupoudré les alpages de perles translucides. Dès que le soleil eût franchi la crête des montagnes, les corolles accueillirent les rayons de l'astre, les sépales éclatèrent de couleurs multiples, les étamines offrirent leur délice aux butineurs. Les champs paraissaient piquetés de confettis dansant sous la brise. Des nuées de parfums embaumèrent les lieux."

Que suis-je : une fleur ou un nuage ?"

 

Plusieurs enfants m'ont fait part de leur désaccord après avoir précisé qu'il s'agissait des fleurs. 

 

"Il ne fallait pas dire "que suis-je" mais "qui suis-je" ? C'est pareil que pour la femme qui va en ville. C'est vivant. "

 

Voilà, ça, c'est fait et j'en suis très heureux. 

Pleine conscience

La pleine conscience ne consiste pas à lutter contre les émotions négatives mais à les observer pour mieux les accepter.

La pleine conscience ne consiste pas à lutter contre les émotions négatives mais à les observer pour mieux les accepter.

Getty Images/iStockphoto

La pleine conscience fait actuellement l'objet d'un véritable engouement, auprès des soignants et du grand public. Phénomène de mode ou révolution thérapeutique?

Suivie pendant près d'un an par un thérapeute adepte de la "pleine conscience" Emilie a vu ses compulsions alimentaires "quasiment disparaitre": "Quand une survient, je la laisse venir, je la vis, je l'assume, conformément à ce que j'ai appris de la pleine conscience et je parviens à ne plus me laisser gagner par l'angoisse". Cathrine, quant à elle, diagnostiquée bipolaire après des années de "montagnes russes", trouve "un vrai réconfort" dans ces séances de méditation: "cela m'a énormément aidée, pour me remonter lorsque je suis "down" mais aussi me calmer quand je suis un peu trop "up"". Les témoignages comme ceux d'Emilie et Cathrine sont légion, tant la pleine conscience semble aujourd'hui se présenter comme une alternative aux thérapies traditionnelles dans la lutte contre les troubles de l'humeur ou autres maux contemporains.  

La pleine conscience, c'est quoi? 

Cette forme de méditation vient tout droit du bouddhisme, qui la considère comme "la troisième forme de sagesse". Pour résumer, elle consiste à focaliser pleinement son attention sur le moment présent et à analyser les sensations ressenties, en se servant notamment de l'observation de la respiration pour accéder au fameux état de "pleine conscience". Une technique importée aux Etats-Unis dans les années 1950 et dont le professeur de médecine Jon Kabat-Zinn, est aujourd'hui considéré comme le chef de file. Ce chercheur en biologie moléculaire tombé dans la méditationlorsqu'il était petit a en effet mis au point une méthode de diminution et de contrôle du stress grâce à la méditation de pleine conscience baptisée Mindfulness-Based Stress Reduction. 

Aujourd'hui plus de 200 instituts dédiés à la MBCT existent aux Etats-Unis et en France nombreux sont désormais les médecins à l'avoir adoptée, qu'il s'agisse de disciples du GROS (groupe de recherche sur l'obésité et le surpoids) comme les docteurs Zermati et Apfeldorfer, qui l'utilisent dans la lutte contre les compulsions alimentaires ou le très médiatisé psychiatre Christophe André, qui forme depuis dix ans des soignants à l'hôpital Saint-Anne. 

Des effets qui peuvent être mesurés scientifiquement 

Autre ambassadeur, le rhumatologue Jean-Gérard Bloch: "Je pratiquais la méditation depuis fort longtemps et j'ai voulu en faire profiter mes patients, explique-t-il. Il s'agit entre autre simplement de développer dans la vie quotidienne nos capacités naturelles d'attention. Au travers de la méditation s'ouvre une possibilité d'aller explorer la nature de l'esprit, la nature du lien entre le corps et l'esprit, en étant soi-même le sujet qui explore et le sujet d'exploration." Les résultats lui semblent si probants qu'il crée en 2012 à l'attention des professionnels de santé un diplôme universitaire de médecine en méditation et neurosciences à Strasbourg.  

Et à ceux qui pourraient douter des effets concrets d'une telle pratique, Jean-Gérard Bloch répond que les progrès en imagerie médicale permettent aujourd'hui de les corroborer: "c'est intéressant de pouvoir observer via une IRM ce qui se passe dans le cerveau lorsqu'un patient est en pleine méditation. On peut voir très précisément des changements dans les zones gérant la douleur ou le stress". Lui même constate au quotidien des améliorations chez ses patients souffrant de douleurs chroniques: "l'objectif n'est pas forcément d'arrêter les médicaments, mais plutôt de mettre la souffrance à sa juste place. De comprendre qu'elle n'est pas obligée de tout envahir et que l'on peut trouver un espace pour d'autres sensations". 

Accepter les émotions négatives sans pour autant se résigner 

"Il ne s'agit pas de lutter contre des émotions négatives, qu'il s'agisse de compulsions alimentaires ou de pensées sombres, voire suicidaires, mais d'observer les pensées qui viennent nous tarauder, pour comprendre comment réagir face à elles", renchérit la psychiatre Christine Barois. "Une fois ces pensées ou pulsions identifiées, l'idée n'est pas de les combattre mais de les accepter", poursuit-elle, précisant que cette acceptation "n'est pas une résignation passive". "On choisit les combats que l'on peut et veut mener et l'on décide de faire avec certaines de nos émotions, même si celles-ci provoquent de l'inconfort. Parce que les émotions font partie de la vie". 

Une appli pour méditer

"De plus en plus d'applis smartphone proposent un accompagnement aux personnes intéressées par la méditation. "Respirelax", gratuite, est particulièrement bien faite", indique Christine Barois. 

"C'est un outil extraordinaire, mais pas un gadget", prévient-elle, précisant que seule une pratique régulière et assidue permet d'espérer de vraies améliorations. "Trente minutes par jour, c'est un bon rythme", suggère-t-elle. Quant au choix du thérapeute, passer par l'Association pour le développement de la mindfulness garantit d'avoir affaire à un professionnel sérieux. 

Qui dit mode dit aussi charlatans 

Attention en effet aux charlatans et programmes peu fiables qui commencent à pulluler, succès de la méthode oblige. "La pleine conscience est de plus en plus présentée comme un produit antistress prêt à consommer. C'est la rançon de la gloire et cela peut inquiéter", alerte à ce titre le psycho-praticien Alain Gourhant sur son blog "Il est indéniable que cet engouement a permis de mettre sur le devant de la scène les vertus de la méditation et c'est une bonne chose. Mais la pleine conscience doit s'inscrire dans un suivi global de la personne, elle n'exclue pas de s'intéresser à l'inconscient, ne se substitue pas à d'autres formes de thérapies et ne convient pas à tout le monde". 

Edith, suivie pour des troubles du comportement alimentaire n'a pour sa part pas été convaincue: "Je suis quelqu'un de très speed. Or la pleine conscience implique d'avoir envie de se poser, d'aimer se poser. Ca ne me ressemble pas une seconde. Et puis, je n'arrivais pas à voir ça autrement que comme une démarche nombriliste. La pleine conscience est aussi très "mode". On nous en colle partout. Et haro à qui ne serait pas en prise avec lui-même... Autant dire que me concernant, ça ne fonctionne pas, tout comme le yoga, le pilate et tout ce qui y ressemble. Moi j'aime l'action énormément, la réflexion (trop) mais pas l'introspection." 

"Il n'y a pas de formule magique pour se défaire de la dépression ou d'autres troubles du comportement", confirme Alain Gourhant recommandant à ceux qui se sentent intéressés par ces approches "de commencer par lire les grands maitres Zen, tels que Thich Nhat Hanh, "grâce auxquels on retrouvera l'essence de la pleine conscience et de la méditation".  

Journaliste, Caroline Franc est également l'auteure du blog Pensées by Caro. 

 

Slow sex

Le slow sex, ou l'amour en pleine conscience.

Le slow sex, ou l'amour en pleine conscience.

Getty Images/Hemera

Après la slow food, voici le "slow sex", autrement dit "la décélération érotique", un mouvement prôné par un sociologue italien, devenu un phénomène de société aux Etats-Unis.

Prendre son temps, déguster, savourer, s'enivrer des goûts et parfums... Vous aurez reconnu les principes défendus par les apôtres de la pleine conscience et du "slow food". Seulement voilà, ici il ne s'agit pas de nourriture mais... de sexe. Ce nouvel avatar de la "slow attitude" porté par un sociologue italien, Alberto Vitale, rencontre un succès assez phénoménal aux Etats-Unis, avec à la clé des centres de formation dédiés au "slow sex". S'inscrivant dans la lignée du best seller Eloge de la lenteur, de Carl Honoré, mais aussi dans une mouvance visant à lutter contre l'emballement de la société de consommation, le "slow sex" est une invitation à faire l'amour non seulement plus lentement, donc, mais surtout "en pleine conscience". Concrètement, en débranchant son téléphone, en s'assurant que rien ne viendra interrompre les ébats et en s'interdisant d'associer sexualité et performance.  

Un credo qui peut séduire, tant il est difficile aujourd'hui de se poser, mais qui peut aussi soulever quelques réserves: quid, dans le slow sex, de la fièvre du désir qui n'attend pas et surtout, de la spontanéité? Et si parfois, au lit surtout, l'inconscience avait aussi du bon? 

Un moyen de lutter contre la dispersion

Albert Barbaro, sexologue et thérapeuthe de couple, voit plutôt cette mode du slow sex d'un bon oeil: "Je vois tellement de patients qui se dispersent, qui ne parviennent plus à accorder le temps nécessaire à lamontée du désir, que je ne peux qu'approuver l'idée d'aller plus doucement", explique-t-il. Préférant parler "d'égo-concentration" plutôt que de pleine conscience, le sexologue souligne l'importance d'être présent à soi et à l'autre dans le rapport intime, "sans que des pensées parasitantes viennent vous déconcentrer: 'Est-ce que j'ai bien garé ma voiture, est-ce que les enfants ont fait leurs devoirs, ai-je bien envoyé ce mail, etc'". "Le slow sex, s'il est pris dans le sens "ici et maintenant" et s'il implique de se centrer sur ses propres sensations et désirs", est un bon moyen de renouer avec l'autre mais aussi avec sa propre sensualité", poursuit Albert Barbaro.  

Ralentir la cadence, c'est aussi pour les femmes avoir plus de chances de parvenir à l'orgasme. Comme le rappelle Carl Honoré, il faut en effet en moyenne 20 minutes aux femmes pour atteindre leur pic d'excitation, tandis que les hommes y parviennent en moins de 10. "Je n'ai rien contre les "quickies", les petits coups rapides entre deux rendez-vous ou pendant la micro-sieste de ma fille, confirme Sandrine, 39 ans. Mais honnêtement, il est tout de même très rare que je grimpe au plafond dans ces conditions. Sans réclamer des préliminaires de trois heures, il est évident qu'il me faut plus de temps pour jouir que mon conjoint." Sans être une afficionada du slow sex, Sandrine confie apprécier les soirs "sans enfant, où l'on se chauffe gentiment, puis un peu plus sérieusement, sans objectif absolu de performance, avec pour seul enjeu d'être l'un avec l'autre, et plus si affinités..."  

Abandonner l'idée de performance sexuelle et se concentrer sur l'instant

Une façon de voir les choses qui correspond en tous points aux idées défendues par Carl Honoré et Alberto Vitale, lesquels déplorent cette quête d'efficacité que l'on applique aujourd'hui à tous les pans de nos activités, sexecompris. Autrement dit, dénonce Carl Honoré, nous privilégions plus souvent la destination (ici l'orgasme), que le voyage. Or parfois, le voyage peut être plus enrichissant que l'instant finalement très bref de l'arrivée. "Pour nous il est clair que quand les couples abordent la relation sexuelle d'une manière plus tranquille en savourant et dégustant chaque moment lentement, en conscience, ils font l'expérience de plus de sensibilité, plus de sensualité et plus de satisfaction. 

Après l'acte sexuel ils se sentent nourris par l'amour en profondeur, réinvestis de leur force en tant que couple et réinvestis de leur force en tant qu'individus", écrit quant à elle Diana Richardson, auteur de Slow sex, faire l'amour en conscience. Défendant l'idée d'une "sexualité douce", cette thérapeute de couple invite elle aussi à abandonner tout but à atteindre, et à mettre l'accent "sur l'écoute subtile de nos sensations, sur le 'non sensationnel', sur la présence à soi-même et à l'autre, par l'échange verbal, le contact visuel, la lenteur qui permet de goûter l'instant." 

Ne pas tomber dans le dogmatisme et conserver de la spontanéité

De belles phrases qui laissent Alice relativement perplexe, voire agacée, de "devoir aussi être en pleine conscienceau lit": "Il est quand même difficile de rester maître de soi dans ces moments là, non?" "Il faut garder à l'esprit que sur un plan purement anatomique, le rapport sexuelrepose sur une certaine dynamique, un rythme qui s'accélère nécessairement à un certain point", abonde Albert Barbaro. La lenteur ne peut donc être une constante jusqu'au bout et ne doit pas empêcher qu'à un moment les corps s'échauffent et "oublient" de prendre leur temps. "D'une manière générale, ajoute-t-il, mieux vaut éviter de tomber dans le dogmatisme. Le plus dangereux pour le désir, c'est avant tout la routine". On peut donc alterner entre des soirées "bougies, massages tantriques et marathon des préliminaires" et des "cinq à sept" précipités et spontanés. Le tout étant bien au final de suivre ses envies. 

Journaliste, Caroline Franc est également l'auteur du blog Pensées by Caro 

"Rituels de femmes..." Maeva Poornima

 

 

1551904535-p3020002.jpg

Maeva Poornima(cliquez sur cette image pour arriver sur le site de Maeva Poornima)

« COACHING INTIME & HOLISTIQUE – STAGES EN ÉPANOUISSEMENT SENSUEL »

 

 

J'aime beaucoup l'écriture, le ton, l'ambiance : très douce, bienveillante, aimante, respectueuse. Il s'agit « d'une invitation » et non simplement d'une liste de protocoles rigoureux. Ils le sont dans le déroulement mais pas sous la forme d'une injonction. C'est totalement différent.

J'aime par conséquent cette invitation « guidée » dans le cheminement qu'elle propose. Une exploration libre et simultanément orchestrée. A chacune et chacun d'adopter ou d'adapter les rituels et tous les accompagnements extérieurs qui sont proposés, l'essentiel étant d'être en phase avec soi tout en acceptant l'exploration et par conséquent le dépassement de la « zone de confort ». A sa vitesse, à sa mesure, avec douceur et enthousiasme. Ou de la patience. 

C'est véritablement à une « aventure intérieure » que convie cet ouvrage et comme pour tout voyage initiatique, une préparation minutieuse est nécessaire. A chaque étreinte, à chaque expérimentation, à chaque découverte.

Il s'agit de déposer les rituels anciens, les préliminaires répétés, les habitudes ronronnantes et d'instaurer à la place une attention totale envers l'étreinte amoureuse au lieu de la vivre « mécaniquement ».

Il est parfois impossible d'imaginer les horizons invisibles si personne ne nous invite à franchir la crête qui nous les voile. Maeva Poornima propose une ascension vers cette crête. Celle de la sexualité. Elle est la guide qui trace une voie tout en expliquant que c'est à chaque individu de poser ses pas où il le souhaite, sur le rythme qui le réjouit et qui jamais ne le stresse.

C'est cette douceur que j'ai vraiment aimée.

Ce sont des pages qui respirent l'amour de l'autre et de soi.

Avec une joie libre et maîtrisée à la fois, maîtrisée dans ses protocoles et libre dans son extension, dans sa puissance.

Il n'y a rien à atteindre d'autre que la sérénité bienheureuse de l'extase. Non pas "une" sérénité universelle qui servirait d'objectif ultime mais juste sa propre sérénité, sa propre extase, sa propre jouissance, sans aucune comparaison ni hiérarchie. 

C'est un profond respect de l'humain. 

Les méditations, les rappels mythologiques avec les « Déesses » antiques, l'observation de soi dans les expérimentations et la proposition très judicieuse d'en écrire les étapes, les réflexions très justes sur la sexualité et l'amour, tout cela constitue un ensemble très riche, de grande qualité, un réel plaisir à en étudier toutes les facettes.

Et à en goûter les saveurs.

1551904534-p3060001.jpg

C'est tellement écœurant...

Comment pourrait-on avoir confiance ? Comment pourrait-on être serein ? 

C'est effrayant. 

Ministère de l'écologie, celui de l'économie, celui de la justice, celui de l'intérieur...Tous complices. 

Un commissaire-enquêteur radié pour avoir voulu trop bien faire

Gabriel Ullmann était chargé de mener les enquêtes publiques sur des grands projets tels que des autoroutes ou des zones d’activités. Pour avoir donné l’avis défavorable de trop, il a été radié par le préfet de l’Isère de la liste des commissaires-enquêteurs. Son cas illustre les menaces qui pèsent sur l’enquête publique.

Il a été remercié après 25 ans de service. Gabriel Ullmann, docteur en droit de l’environnement, était aussi depuis 1994 commissaire-enquêteur. Aéroport, autoroute, usine, grosse ferme, grand entrepôt, zone commerciale ou d’activités… pour de nombreux projets, la loi prévoit que, avant d’obtenir l’autorisation du préfet, une enquête publique soit réalisée par un commissaire-enquêteur. Celui-là examine le dossier du porteur de projet, recueille les avis du public, puis rédige un rapport et émet un avis, favorable ou défavorable, au projet — un avis uniquement consultatif.

Mais voilà : Gabriel Ullmann a voulu trop bien faire, a jugé la préfecture à l’issue de sa dernière enquête. Il a donc été radié en décembre 2018 de la liste des commissaires-enquêteurs de la préfecture de l’Isère. M. Ullmann « conçoit les enquêtes publiques dont il est chargé comme des missions d’expertise, indique la décision préfectorale. Cela le conduit à mener des investigations et à rédiger des développements sortant du cadre d’une exécution complète et diligente de l’enquête. »

Pourquoi, après que M. Ullmann a mené près d’une soixantaine d’enquêtes publiques, la préfecture de l’Isère a-t-elle soudainement jugé qu’il ne faisait plus l’affaire ? Gabriel Ullmann fait un lien direct avec sa dernière enquête publique en date, qui portait sur l’ambitieux projet Inspira. Il s’agit d’agrandir de 300 hectares la zone industrielle en bordure du Rhône, au sud de Lyon, afin d’y accueillir de nouvelles entreprises. Le projet est porté, notamment, par le département de l’Isère… Qui très vite, n’a pas apprécié le profil de M. Ullmann.

« Il m’a été reproché d’avoir rendu 10 % d’avis défavorables ces dernières années »

Ainsi, début mai, le président du département, Jean-Pierre Barbier, a demandé la mise à l’écart de l’enquête publique du juriste. « On estimait que M. Ullmann manquait d’impartialité car il est très proche des milieux écologistes, ce qui risquait de biaiser sa vision dans le dossier », nous explique-t-on au service presse du département de l’Isère. Il lui était plus particulièrement reproché la publication d’articles sur le droit de l’environnement et son appartenance, il y a quelques années, au conseil d’administration de France Nature Environnement. Le président du tribunal administratif de Grenoble avait rejeté la demande de M. Barbier, rappelant d’ailleurs que la connaissance des questions d’environnement est un critère de sélection des commissaires-enquêteurs. « Ce n’était pas la première fois que cela m’arrivait », commente Gabriel Ullmann, qui a alors passé outre et poursuivit son enquête avec les deux autres commissaires. Ils ont rendu fin juillet leur rapport et ont émis un avis défavorable.

L’été s’est passé puis, fin septembre, M. Ullmann a reçu un mémoire du préfet demandant sa radiation. Début décembre, elle a été confirmée par une commission de neuf membres dont six sont nommés… par le préfet. « Ce jour-là, il m’a été reproché d’avoir rendu 10 % d’avis défavorables ces dernières années. C’est peu, mais c’est bien plus que la moyenne, qui est plutôt autour de 1 % », rapporte Gabriel Ullmann. « Le préfet a agit à la demande du président de département, qui a ainsi contourné le refus du tribunal », dénonce-t-il. « J’avais également présidé la commission d’enquête pour le projet de Center Parcs de Roybon, en 2014, ce qui m’avait déjà valu les foudres de M. Barbier. C’est la deuxième fois que je rends un avis défavorable sur un projet qu’il souhaite. »

Gabriel Ullmann.

Le service presse de M. Barbier nie qu’il ait pu faire une telle demande au préfet. À la préfecture, on nous répond que « c’est la commission chargée d’établir la liste d’aptitude aux fonctions de commissaire-enquêteur qui a décidé, à la suite d’un vote, la radiation de M. Gabriel Ullmann. Il n’appartient pas au préfet de s’exprimer sur la décision de cette commission indépendante. »

Dans le milieu des juristes de l’environnement, la nouvelle de l’affaire s’est diffusée, et des soutiens ont organisé une conférence de presse, qui doit se tenir ce mercredi matin. Parmi eux, la députée écologiste Michèle Rivasi ou encore Corinne Lepage. « Je suis scandalisée, réagit l’ex-ministre de l’Environnement et avocate, jointe par ReporterreJe ne comprends pas qu’un commissaire-enquêteur qui exerce depuis de très longues années puisse être radié parce qu’il a déplu au promoteur d’un projet. »

« La méthode de radiation de M. Ullmann est indigne d’un État de droit, dit Gilles Martin, professeur émérite en droit de l’environnement à l’université Côte d’Azur, également joint par ReporterreCela bafoue les principes d’indépendance et d’impartialité des commissaires-enquêteurs, ainsi que le droit à l’information des citoyens en matière d’environnement. »

Le nombre d’enquêtes publiques fond aussi vite que la banquise : d’un peu plus de 9.000 enquêtes publiques en 2013, on est passés à moins de 6.000 en 2017 

Ainsi, bien qu’exceptionnelle, l’affaire questionne les conditions dans lesquelles sont réalisées les enquêtes publiques. Les commissaires-enquêteurs, souvent des retraités de la fonction publique ayant travaillé dans l’équipement, ne sont pas forcément un modèle d’indépendance. « Ils ont fréquemment bétonné toute leur vie », estime Corinne Lepage. « Et ils peuvent être soumis à des pressions indirectes », souligne Gabriel Ullmann, qui a reçu plusieurs appels de ses collègues depuis sa radiation. Ainsi, les commissaires-enquêteurs sont payés par le maître d’ouvrage. Donc, quand l’avis est défavorable, « il arrive qu’il refuse de payer », rapporte-t-il. C’est d’ailleurs ce qui lui arrive pour le dossier Inspira. Il faut alors faire des recours auprès du tribunal afin d’être enfin rémunéré, ce qui peut durer un certain temps. « Sur un autre dossier, où l’avis formulait un certain nombre de réserves, le commissaire a eu droit à un contrôle fiscal et d’autres mesures telles qu’il a décidé de ne plus être commissaire-enquêteur », poursuit-il. Ou encore, sur le projet de « grand contournement ouest » de Strasbourg, « la pression était très forte car le gouvernement avait déjà annoncé qu’il ferait le projet. Le préfet a refusé de prolonger l’enquête publique malgré le très grand nombre d’observations reçues de la part de citoyens ».

Par ailleurs, le principe même de l’enquête publique a du plomb dans l’aile. Reporterre vous le rapportait mardi 5 mars, il est désormais possible, dans certains cas, de les remplacer par des consultations sur internet. La loi Essoc d’août 2018, « pour un État au service d’une société de confiance », a mis en place une expérimentation de trois ans dans les régions Bretagne et Hauts-de-France. « Cela est dangereux pour le droit à l’information des citoyens », souligne Gilles Martin. Selon les chiffres assemblés par Gabriel Ullmann, et confirmés par le Canard enchaîné, le nombre d’enquêtes publiques fond aussi vite que la banquise : d’un peu plus de 9.000 enquêtes publiques en 2013, on est passés à moins de 6.000 en 2017.

Malgré toutes les imperfections de l’outil, nos interlocuteurs tiennent cependant à défendre l’enquête publique. « Quand il y a un avis défavorable, il est plus facile d’obtenir une suspension du projet en urgence devant le tribunal, souligne Corinne Lepage. C’est un élément de démocratie locale non négligeable. L’avis du commissaire-enquêteur est le plus médiatisé, et le préfet peut reprendre des prescriptions », ajoute M. Ullmann.

Reste que dans le cas du projet Inspira, cela n’a pas été le cas. Le préfet a autorisé la zone d’aménagement malgré l’avis défavorable des commissaires-enquêteurs. Gabriel Ullmann, de son côté, a déposé des recours contre sa radiation et la composition de la commission qui a pris la décision.


Puisque vous êtes ici…

… nous avons une petite faveur à vous demander. Dans une période où les questions environnementales sont sous-représentées dans les médias malgré leur importance,Reporterre contribue à faire émerger ces sujets auprès du grand public. Le journal, sans propriétaires ni actionnaires, est géré par une association à but non lucratif. Nous sommes ainsi totalement indépendants. Personne ne dicte notre opinion. Cela nous permet de couvrir des évènements et thèmes délaissés par les autres médias, de donner une voix à ceux qui ne sont pas audibles, et de questionner les puissants en les mettant face à leurs responsabilités.

Il n’y a jamais eu autant de monde à lire Reporterre, mais nos revenus ne sont pourtant pas assurés. Contrairement à une majorité de médias, nous n’affichons aucune publicité, et laissons tous nos articles en libre accès. Vous comprenez sans doute pourquoi nous avons besoin de demander votre aide. Reporterre emploie une équipe de journalistes professionnels, qui produit quotidiennement des informations, enquêtes et reportages. Nous le faisons car nous pensons que notre vision, celle de la préservation de l'environnement comme sujet majeur de société, compte — car cette vision est peut-être aussi la vôtre.

Si toutes les personnes qui lisent et apprécient nos articles contribuent financièrement, la vie du journal sera pérennisée. Même pour 1 €, vous pouvez soutenir Reporterre— et cela ne prend qu’une minute. Merci.

SOUTENIR REPORTERRE

Sur l'antisionisme.

Pour les 400 signataires de ce texte, l’antisionisme est une pensée légitime contre la logique colonisatrice pratiquée par Israël. Le fait qu’il serve d’alibi aux antisémites ne justifie pas son interdiction.

  •  

    https://www.liberation.fr/debats/2019/02/28/l-antisionisme-est-une-opinion-pas-un-crime_1712216?fbclid=IwAR3lpQwaQNzU4j0NIMIJSZWmfYbIDjRWr0K4_daPiG4g9O79iG8ZGbxgJqM

     L’antisionisme est une opinion, pas un crime

Tribune. Monsieur le Président, vous avez récemment déclaré votre intention de criminaliser l’antisionisme. Vous avez fait cette déclaration après en avoir discuté au téléphone avec Benyamin Nétanyahou, juste avant de vous rendre au dîner du Crif.

Monsieur le Président, vous n’êtes pas sans savoir que la Constitution de la République énonce en son article 4 que «la loi garantit les expressions pluralistes des opinions.» Or, l’antisionisme est une opinion, un courant de pensée né parmi les juifs européens au moment où le nationalisme juif prenait son essor. Il s’oppose à l’idéologie sioniste qui préconisait (et préconise toujours) l’installation des juifs du monde en Palestine, aujourd’hui Israël.

L’argument essentiel de l’antisionisme était (et est toujours) que la Palestine n’a jamais été une terre vide d’habitants qu’un «peuple sans terre» serait libre de coloniser du fait de la promesse divine qui lui en aurait été donnée, mais un pays peuplé par des habitants bien réels pour lesquels le sionisme allait bientôt être synonyme d’exode, de spoliation et de négation de tous leurs droits. Les antisionistes étaient, et sont toujours, des anticolonialistes. Leur interdire de s’exprimer en prenant prétexte du fait que des racistes se servent de cette appellation pour camoufler leur antisémitisme, est absurde.

Monsieur le Président, nous tenons à ce que les Français juifs puissent rester en France, qu’ils s’y sentent en sécurité, et que leur liberté d’expression et de pensée y soit respectée dans sa pluralité. L’ignominie des actes antisémites qui se multiplient ravive le traumatisme et l’effroi de la violence inouïe dont leurs parents ont eu à souffrir de la part d’un Etat français et d’une société française qui ont largement collaboré avec leurs bourreaux. Nous attendons donc de vous que vous déployiez d’importants moyens d’éducation, et que les auteurs de ces actes soient sévèrement punis. Mais nous ne voulons certainement pas que vous livriez les juifs de France et leur mémoire à l’extrême droite israélienne, comme vous le faites en affichant ostensiblement votre proximité avec le sinistre «Bibi» et ses amis français.

C’est pourquoi nous tenons à vous faire savoir que nous sommes antisionistes, ou que certains de nos meilleurs amis se déclarent comme tels. Nous éprouvons du respect et de l’admiration pour ces militants des droits humains et du droit international qui, en France, en Israël et partout dans le monde, luttent courageusement et dénoncent les exactions intolérables que les sionistes les plus acharnés font subir aux Palestiniens. Beaucoup de ces militants se disent antisionistes car le sionisme a prouvé que lorsque sa logique colonisatrice est poussée à l’extrême, comme c’est le cas aujourd’hui, il n’est bon ni pour les juifs du monde, ni pour les Israéliens, ni pour les Palestiniens.

Monsieur le Président, nous sommes des citoyens français respectueux des lois de la République, mais si vous faites adopter une loi contre l’antisionisme, ou si vous adoptez officiellement une définition erronée de l’antisionisme qui permettrait de légiférer contre lui, sachez que nous enfreindrons cette loi inique par nos propos, par nos écrits, par nos œuvres artistiques et par nos actes de solidarité. Et si vous tenez à nous poursuivre, à nous faire taire, ou même à nous embastiller pour cela, eh bien, vous pourrez venir nous chercher."

s://bit.ly/2BTE43k

Face à l'urgence climatique, les "J'accuse"...

Photo de la Terre vue de l'espace

Citoyens contre industriels, bobos contre gilets jaunes, capitalisme vert contre collapsologues... La menace écologique existentielle qui pèse sur notre espèce impose de dépasser les oppositions stériles pour développer une conscience planétaire. C'est en tout cas ce que prône dans cette tribune Mathieu Brand, directeur des communautés chez Usbek & Rica.

Je ne vais accuser personne dans les lignes qui suivent. Opposer, c’est ce que nous faisons depuis des décennies face à la catastrophe climatique annoncée : industriels vs citoyens, bobos vs gilets jaunes vs bourgeois, vieux vs jeunes… Récemment, Greta Thunberg, collégienne suédoise de 15 ans et figure de proue du mouvement des jeunes défenseurs du climat a été accusée par certains écolos - et en premier lieu par les collapsologues - d’être la défenseure du « Green New Deal » réclamé aux États-Unis notamment par le mouvement Sunrise : autrement dit, un « capitalisme vert », porté notamment par Al Gore. Vous ne comprenez pas pourquoi ces deux camps s’opposent ? C’est pourtant aussi clair que les oppositions entre Jadot-Batho-Hamon-Glucksmann à gauche…

Face à l’urgence, tout le monde est coupable, personne n’est innocent. Sans compter que le bon vieux clivage gauche-droite devrait, dit-on, laisser bientôt sa place à une bataille entre transhumanistes et bioconservateurs. Les premiers veulent augmenter notre corps pour résister au changement climatique et à l’intelligence des machines, quand les seconds se refusent à modifier l’espèce humaine. À chaque époque ses controverses. On ne cesse d’accuser l’autre, avec pour seul résultat la perte d’un temps que nous n’avons plus.

Sectarisme ou sauvetage de la planète

Nous sommes des millions à sentir peser sur nous le poids des jours qui passent et nous rapprochent de l’impossibilité d’enrayer le réchauffement climatique. La question de la bascule vers un monde plus respectueux et plus juste devient alors une obsession.

Une fois la prise de conscience acquise, c’est notre rapport au monde qui change. Le traitement des médias traditionnels semble incroyablement à côté de la plaque : on se félicite que les gens se baignent en plein mois de février… Les métiers des potes qui travaillent pour des grands groupes industriels ou financiers nous sont insupportables, et on en vient à se demander si ces mêmes potes qui enchaînent les vols low-cost pour des week-ends en Europe ou qui ont la flemme de faire le tri chez eux doivent encore être nos potes. On se sent devenir aigri. Et c’est impossible de vivre correctement comme ça. D’ailleurs, qui sommes-nous pour juger une manière de vivre ou d’être ?

Une seule question devrait nous agiter : comment créer une conscience planétaire pour nous sauver ?

Le meilleur appui du moment pour quiconque souhaite démontrer qu’il est ancré-dans-la-réalité étant les gilets jaunes, prenons-les en exemple. Au sentiment d’injustice réelle qu’ils manifestent, il faut ajouter notre mépris devant certaines de leurs revendications. Tout ce qui concerne la voiture en tête. Nous trouvons le débat sur les 80 km/h ridicule, la taxe sur le gasoil nécessaire. Bien sûr qu’ils ne sont pas assez écolos, mais ceux qui les critiquent sont-ils plus exemplaires ? Sûrement pas. Même chose avec la génération de nos parents et grands-parents : nous pourrions les accuser d’avoir fermé les yeux pour pouvoir s’enrichir, d’avoir toute leur vie utilisé des herbicides bourrés de glyphosate au lieu de prendre la peine de se baisser pour ramasser les mauvaises herbes. Ce conflit intergénérationnel n'aura encore qu'une seule conséquence : la perte de temps. Même constat avec les industriels qui, ne pensant qu’au trimestre prochain, doivent détruire pour gagner toujours plus. Là, c’est plus compliqué…

Une seule question devrait nous agiter : comment créer une conscience planétaire pour nous sauver ? Cette question, personne n’a encore réussi à y répondre. Et pour cause, la division et l’individualisme nous en empêchent. Que les actions viennent des industriels, des citoyens via les mobilisations et pétitions, ou des élus via des lois, les avancées sont minimes. Pire, elles renforcent souvent les divisions. La seule fois où celles-ci disparaissent, c’est lorsqu’une prise de conscience toute bête mais pourtant essentielle se crée : nous sommes tous des Terriens. « Fin du monde, fin du mois, même combat » : la formule ne pourra devenir réalité que lorsque nous nous comporterons en Terriens. Alors, comment on fait ?

La blessure narcissique comme solution

Trois fois dans l’histoire, les humains ont été confrontés à ce qu’on appelle des blessures narcissiques : avec Copernic, nous découvrons que la Terre n'est pas au centre de l’Univers, avec Darwin que nous descendons du singe, puis avec Freud que l’inconscient nous empêche d’être totalement maître de nous-mêmes. Certains évoquent désormais l’avènement d’une quatrième blessure narcissique. Pour l’écrivain Pierre Ducrozet, c’est « la nouvelle, scandaleuse que l’humanité a participé à sa propre destruction et à celle de tout ce qui l’entoure ».

Dans le superbe roman Siècle Bleu de Jean-Pierre Goux, l’auteur rappelle l'impact des premières photos, prises par les missions Apollo, de la Terre apparaissant comme une sphère dans le vide spatial. Le 24 décembre 1968, William Anders, à bord de la mission Apollo 8, prend un cliché resté célèbre sous le nom Lever de Terre, dévoilant notre planète partiellement dans l'ombre, un paysage lunaire au premier plan. Avec cette image, l’humanité prend alors conscience d’être liée par une responsabilité collective pour préserver la Terre. Un an avant le premier pas sur la Lune, l’identité terrienne est née. L’histoire montrera que Neil Armstrong aura eu plus d’impact que la photo de la Terre, mais l’époque a changé : c’est la première fois que notre espèce est en danger et la seule manière de s’en sortir désormais est de se retrouver derrière une mission commune et un intérêt commun : sauver la planète pour se sauver.

Sans cette conscience planétaire, pas de transition et surtout toujours autant d’oppositions stériles

Cette quatrième blessure est donc beaucoup plus simple que les trois premières : on a merdé, et on est tous dans le même bateau. Sans cette conscience planétaire, pas de transition et surtout toujours autant d’oppositions stériles. Ce n’est pas une guerre, ce n’est pas un effondrement, c’est moins spectaculaire qu’un pugilat mais cette évidence, si elle est matraquée, sera à l’origine de la bascule tant attendue.

SUR LE MÊME SUJET :

Le facteur humain peut-il insuffler l'espoir face au changement climatique ?

5 solutions simples pour faire reculer le « jour du dépassement »

5 solutions pour sortir de la crise climatique

« Avec Siècle Bleu, j'ai voulu écrire une utopie réaliste »

Fin du monde, fin de mois, même combat ?

Image à la une : « The Blue Marble », première photo de la Terre complètement éclairée, prise par l'équipage d'Apollo 17, le 7 décembre 1972.

Mathieu Brand

Mathieu Brand est depuis septembre 2016 directeur des communautés d'Usbek & Rica. Il est notamment à l'origine des tentatives de vannes sur Facebook et de la newsletter hebdomadaire.

Non assistance gouvernementale

Il faut que ça se sache ça, il faut que ça soit partagé, il faut que la population prenne conscience que la santé n'est plus une priorité gouvernementale, que la vie des bébés et des mamans n'est plus une priorité...Comment est-il possible d'écrire cette phrase quand elle concerne la France ? Comment est-il possible que l'état nous affirme qu'il n'y a pas d'argent pour ça ? Et même pire que tout, que ça n'est pas "nécessaire" ? Comment est-il possible que des médecins cautionnent les propos de la ministre ? (pas de majuscule à "ministre", ça serait irrespectueux pour la majuscule) 

Je suis effaré de lire ça. Consterné, révolté. 

Là, on ne parle pas de pouvoir d'achat, du coût de l'essence et de la vie, des retraites dramatiquement insuffisantes, on ne parle pas de ces choses qui sont déjà inacceptables, là, on parle de la vie des bébés et des mamans. 

Y a -t-il quelque chose de plus sacré que ça ?

La maternité de Die a fermé et le petit Aimé est mort

Samedi 2 mars, une marche blanche était organisée à Die, dans la Drôme. Les habitants se sont rassemblés pour Aimé, mort in utero lors du transfert de sa mère vers la maternité de Montélimar. Les services de maternité et de chirurgie d’urgence de l’hôpital de Die sont fermés depuis le 31 décembre 2017.

Corinne Morel Darleux est conseillère régionale Auvergne - Rhône-Alpes.

Corinne Morel Darleux

Le 1er janvier 2018, au lendemain de la fermeture de la maternité à Die (Drôme), une femme enceinte qui souffrait d’un décollement du placenta est arrivée de justesse à la maternité de Valence. Elle habitait à Vercheny, dans la vallée. Le président du Collectif de défense de l’hôpital de Die, Philippe Leeuwenberg, avait alors déclaré : « Une femme du Haut-Diois n’aurait peut-être pas eu cette chance. »

Ce 18 février 2019, Céline Guillemot et Fabrice Martinez n’ont en effet pas eu cette chance. Leur troisième enfant est mort in utero. De Châtillon-en-Diois, il aura fallu trois heures avant qu’ils n’arrivent à la maternité de Montélimar. Et ce, malgré le protocole auquel s’étaient engagées l’Agence régionale de santé (ARS) et la ministre de la Santé et des Solidarités, Agnès Buzyn. Ce soir-là, rien n’a fonctionné : des pompiers démunis, pas de médecin correspondant Samu de garde, pas de matériel spécifique aux urgences de Die (qui, par ailleurs, n’ont pas la clé du centre périnatal), jusqu’à l’hélicoptère, qui n’était pas disponible et qu’il a fallu attendre [1]. Il aura fallu trois heures. Montélimar est distante de 1 h 40 par la route depuis Châtillon-en-Diois. Mais les parents, eux, ont respecté le protocole. Leur enfant est mort-né. Ils l’ont appelé Aimé.

Il est particulièrement pénible et odieux d’entendre Agnès Buzyn expliquer aux micros que la sécurité n’est pas la proximité 

Une semaine avant la marche blanche, le 24 février, une jeune mère avait accouché dans l’ambulance entre Vercheny et la maternité de Valence. Quelques jours plus tôt, une petite fille, Lou, était née sur le bord de la départementale, dans la voiture de ses parents — qui l’ont mise au monde seuls. Dans le Diois, Lou et Aimé ne sont pas des statistiques anonymes. Chaque mois, de tels incidents ont lieu, de futurs parents s’inquiètent et des femmes enceintes vivent leur grossesse dans l’angoisse, à se demander comment cela va se passer. S’il y aura un médecin urgentiste de garde cette nuit-là. Si les pompiers ne seront pas occupés en montagne. Si l’hélicoptère ne sera pas déjà mobilisé par un accident de la route. Si le fameux protocole censé garantir la sécurité sans proximité va, ou non, dérailler.

C’est pourquoi, depuis deux semaines, il est particulièrement pénible et odieux d’entendre Agnès Buzyn expliquer aux micros que la sécurité n’est pas la proximité. De lire des témoignages de médecins expliquant que nous nous tromperions de combat et que les petites maternités sont dangereuses. C’est comme si le garagiste nous expliquait que prendre la route avec des pneus lisses est risqué et qu’il vaut mieux rouler sans pneus.

C’est pour sortir des formules toutes faites, des tableurs des ministères et des condoléances de convenance qu’il a été décidé, lors de cette marche blanche du 2 mars, à Die, de lire le récit de cette mère. Un récit dur, des mots crus que nous avons hésité à lire à haute voix devant la foule rassemblée. Et que nous avons finalement décidé de partager, à la demande de la mère. Parce que ce ne sont pas ses mots qui sont durs, mais ce qu’elle a vécu. Parce qu’il faut en finir avec les hypocrisies du jargon technocratique, les formules aseptisées, « l’immense tristesse et la douleur ressenties »par la députée. Enfin, pour témoigner, à tous ceux qui semblent trouver que c’est une bonne solution, de ce que veut dire concrètement un transfert par hélicoptère, sanglée, seule, le corps transpercé de contractions.

Notre seul camp à nous, c’est le droit à vivre dignement

J’étais sanglée sur le brancard, un casque anti-bruit sur les oreilles, dans une froide solitude. À chaque contraction, je cherchais une position pour me soulager et accompagner la progression de mon bébé. Je souffrais, je me tortillais, j’avais commencé à pousser. J’ai failli accoucher dans le ciel… »

Ce dont nous avons besoin n’est pas d’un hélicoptère. Ce que nous réclamons n’est pas un hôpital flambant neuf comme nous le promet l’ARS. Les 12 millions d’euros mis sur la table ne remplaceront jamais une maternité et un bloc opératoire. Ils ne nous feront pas oublier les fausses rumeurs sur le manque de sang à la maternité, démenties depuis par l’Établissement français du sang. Ni les promesses non tenues. L’ARS peut publier tous les communiqués qu’elle veut pour dire que le protocole fonctionne parfaitement, ils n’abuseront que ceux qui ont déjà choisi leur camp. Notre seul camp à nous, c’est le droit à vivre dignement.

Lors de la marche blanche du 2 mars 2019, à Die (Drôme).

Le 22 février, la députée La République en marche (LREM) de notre circonscription a écrit sur Facebook : « L’ARS a d’ailleurs diligenté une enquête à laquelle je serai très attentive, y compris sur son indépendance et son impartialité, car il est de mon devoir de vous défendre et vous représenter. » Madame de Lavergne, si vous nous lisez : l’ARSest l’agence qui a décidé de la fermeture de la maternité et des urgences. Qui a mis au point le protocole. Qui est chargée de sa mise en œuvre et de son bon fonctionnement. Pensez-vous sincèrement que les mots indépendance et impartialité soient appropriés ?

À la marche blanche, il n’y avait pas beaucoup d’écharpes tricolores 

Quant aux élus locaux à qui prendrait l’envie de nous dire eux aussi que leur devoir est de nous défendre et de nous représenter, je voudrais juste dire qu’il est un peu tard. Et leur rappeler que lors de l’ultime manifestation avant la fermeture de la maternité, peu étaient là, aux côtés de la population. Les mêmes qui, quelques mois plus tôt, se pressaient derrière la banderole pour être sur la photo. Ce samedi 2 mars, ont-ils eu peur d’être mal accueillis ? À la marche blanche, il n’y avait pas beaucoup d’écharpes tricolores. En fait, il n’y en avait qu’une. Et elle tremblait de rage.

Mesdames, messieurs, nous ne voulons plus de courriers polis, de posts apaisants sur les réseaux sociaux, d’assurances que tout sera fait ni de formules de politesse. Nous voulons que cela ne se reproduise jamais. Bien sûr, nous ne sommes pas idiots. Nous savons qu’il peut y avoir des accidents, que certains décès arrivent, tout simplement. Mais nous ne sommes pas idiots, je me permets d’insister. Nous savons aussi que certains drames peuvent être évités.

En décembre 2014, la maternité de Die avait pris en charge et mis au monde Célestin, le deuxième enfant de Céline et de Fabrice, en 45 minutes. Une naissance par césarienne due à un décollement du placenta. Exactement le même cas.

Nous ne saurons probablement jamais si Aimé aurait pu être sauvé.

Il est en revanche certain que Célestin aujourd’hui ne serait pas là s’il n’y avait pas eu de maternité."

Lucchini et les enseignants.

 

https://positivr.fr/hommage-instituteurs-fabrice-luchini/?fbclid=IwAR0SPRCCLzba5tZ6--7TIaJNaIRT75NMv5p9MM4pCjh_bCMLS9LXuomM2RI

 

 

 

"Alors que les instituteurs et les professeurs sont trop souvent critiqués et rendus coupables de tous les maux, Fabrice Lucchini vole à leur rescousse avec une déclaration d’amour qui fait beaucoup de bien."

Invité au 20 heures de France 2 ce dimanche 24 février, l’acteur a profité de la présence du ministre de l’Éducation nationale pour citer le passage d’un livre de Charles Peguy. Son objectif ? Rendre hommage aux enseignants. Un cri du cœur. Regardez :

« On ne parle aujourd’hui que de l’égalité et nous vivons dans la plus monstrueuse inégalité économique que l’on ait jamais vue dans l’histoire du monde. On vivait alors, on avait des enfants. Ils n’avaient aucunement cette impression que nous avons d’être au bagne. De tout ce peuple les meilleurs étaient peut-être encore ces bons citoyens qu’étaient nos instituteurs. Il est vrai que ce n’était point pour nous des instituteurs, ou à peine. C’étaient des maîtres d’école. Nos jeunes maîtres étaient beaux comme des hussards noirs « .
-Charles Péguy, extrait de « L’Argent »

Fabrice Luchini :

« On doit les admirer, les aimer. On doit aimer nos profs, on doit aimer nos instits. »


 

Je ne suis pas d'accord avec lui. On ne "doit" pas aimer les profs et les instits. Ils n'en ont pas besoin. Ou plutôt ils ne devraient pas en avoir besoin. Si la question se pose et que Fabrice Lucchini lance cet appel fort honorable, c'est bien qu'il y a un problème.

Et le problème vient de l'institution et de ses employés.

Je ne dis pas à mes élèves qu'ils "doivent" m'aimer mais j'agis de façon à ce qu'ils aiment venir apprendre avec moi. C'est tout.

Etre aimé, ça n'est pas quelque chose que les autres vous doivent a priori, de façon systématique au regard de votre statut. 

Etre aimé, ça se gagne, ça se mérite, ça se travaille. 

Etre aimé en imposant un travail quotidien à des enfants et parvenir malgré tout à ce que ce travail imposé soit perçu comme une chance à saisir, une exploration enthousiasmante, un défi personnel, un tremplin, c'est cela le métier d'enseignant. 

Soit on s'y applique et on sera aimé, soit on ne le fait pas et le bonheur d'être aimé n'en deviendra pas pour autant un dû. 

Si je découvrais que mes élèves n'avaient aucune envie de venir en classe, je ne leur reprocherais rien. 

Ils ne me doivent rien. 

Moi, je dois par contre les inviter à "grandir" au mieux. C'est de cette façon que je les aime. 

Il ne s'agit pas pour autant d'imposer  "ma" façon de grandir mais de leur apprendre à s'observer. Car c'est par la connaissance de soi que l'individu grandit. Les connaissances intellectuelles sont des moyens d'y parvenir. Pas une finalité.   

Einstein et le végétarisme

https://itinerariesoftaste.sanpellegrino.com/be/how-we-were/pourquoi-einstein-%C3%A9tait-relativement-v%C3%A9g%C3%A9tarien?language=fr

Pourquoi Einstein était relativement végétarien

POURQUOI EINSTEIN ÉTAIT RELATIVEMENT VÉGÉTARIEN

Avec ses cheveux indisciplinés et ses yeux pétillants, le physicien théoricien, l’auteur de l’équation la plus célèbre du monde – E=mc2 – est devenu l’archétype des savants fous mais géniaux et des professeurs excentriques du monde entier.

Si l’on considère le génie d’Einstein, nombreux sont ceux qui s’interrogent sur l’origine du génie. Beaucoup de végétariens soulignent son régime alimentaire, en affirmant que le savant allemand était un des leurs. Après tout, si l’on est ce que l’on mange, et si Einstein était un génie, vous voudriez un peu de ce qu’il a eu, n’est-ce pas ? En fait, la relation d’Einstein avec la nourriture était assez compliquée, influencée à la fois par sa vie personnelle – il se déplaça entre divers pays avant de s’établir finalement aux États-Unis en 1933 – et par les forces politiques et sociales en jeu en Europe au cours des années 20-30.

Le végétarisme, la pratique de s’abstenir de manger toute forme de viande, remonte au moins aux Grecs antiques, et probablement jusqu’au VIIème siècle avant Jésus-Christ. Le grand mathématicien Pythagore est censé avoir été végétarien (peut-être même avoir été membre d’une école végétarienne), et la partie finale des Métamorphoses d’Ovide, une plaidoirie passionnée pour que l’humanité se transforme en une meilleure race, respectueuse de la vie des gens et des animaux, est donnée par le personnage de Pythagore.

C’est une thèse à laquelle on pourrait imaginer qu’Einstein, un pacifiste en paroles, adhèrerait. Dans une lettre datée du 27 décembre 1930, il a exposé sa propre vue de cette philosophie et de ce qui l’attirait : « Bien que des circonstances extérieures m’aient empêché d’observer strictement un régime végétarien, j’adhère depuis longtemps à cette cause par principe. Outre le fait que je suis d’accord avec les buts du végétarisme pour des raisons esthétiques et morales, j’estime que le mode de vie végétarien, par son effet purement physique sur le tempérament humain, aurait une influence des plus bénéfiques pour le sort de l’humanité ».

Cependant pendant les années 20 et 30, Einstein n’était pas en position de choisir soigneusement son régime. En 1917, on lui avait diagnostiqué une grave maladie de l’estomac – pas aidée par les pénuries alimentaires de cette période-là – qui se reproduisit à nouveau tout au cours de sa vie. Un docteur lui ordonna alors un régime de quatre semaines de riz, pâtes macaroni et pain zwieback, le pain croustillant sucré cuit deux fois que l’on mange dans toute l’Europe septentrionale et centrale. Einstein, qui était né à Ulm, en Allemagne, en 1879, vivait alors en Suisse. Son père avait déménagé toute la famille au milieu des années 1890, et c’est à Zurich qu’Einstein se stabilisa formellement dans ses études et commença à développer ses théories novatrices.

Bien que son cœur fût toujours enclin au végétarisme, il mangeait de la viande, et les saucisses avec la soupe de lentilles étaient un de ses plats favoris. Une histoire raconte qu’Einstein, retournant d’un café voisin à son laboratoire, décida d’acheter du foie de veau pour que la femme de son collègue n’ait pas besoin d’aller faire les courses. De retour au laboratoire, elle commença à faire cuire le foie sur un bec Bunsen.

« Qu’est-ce que tu fais ? » demanda Einstein. « Tu fais bouillir le foie dans de l’eau ? ». Quand elle reconnut que c’était ce qu’elle était en train de faire, Einstein déclara : « Le point d’ébullition de l’eau est trop bas. Tu dois utiliser une substance avec le point d’ébullition supérieur, comme le beurre ou la graisse ». À partir d’alors, ses amis indiquèrent le besoin de faire frire le foie plutôt que de le faire bouillir comme le voulait la « théorie d’Einstein ». Au cours des années 30, Einstein entama une amitié plutôt surprenante avec le roi Albert et la reine Élisabeth de Belgique pendant qu’il voyageait pour une conférence. Einstein et la reine partageaient l’amour de la musique – il jouait du Mozart pour elle sur son violon – et essayait de lui expliquer sa théorie de la relativité.

En octobre 1930, il était à Bruxelles pour un congrès et il passa chez le roi et la reine, dans leur palais de Laeken. Ils jouèrent de la musique et ensuite prirent ensemble le dîner.

« J’étais seul avec le roi et la reine pour le dîner » rapporta plus tard Einstein, « pas de serviteurs, de la nourriture végétarienne, des épinards avec des œufs au plat et des pommes de terre, c’est tout. J’ai aimé ce repas énormément ».

Les plats simples attiraient Einstein – un homme qui pouvait être si absorbé par son travail qu’il en oubliait de prendre le déjeuner. Sa femme Elsa lui rappelait de manger, en lui disant : « Les gens ont des siècles pour découvrir ces choses, mais ton estomac, non, il n’attendra pas pendant des siècles ».

Einstein et ses amis Maurice Solovine et Conrad Habicht, fondateurs en 1902 de l’Olympia Academy – un groupe qui se retrouvait dans l’appartement d’Einstein à Berne pour y discuter de philosophie et de physique - vivaient de saucisses, de Gruyère et de fruits. Mais pour marquer l’anniversaire d’Einstein, ses amis lui firent la surprise de mettre trois plats de caviar sur la table. Il était tellement absorbé dans la discussion du principe d’inertie de Galileo, dit-on, qu’il mangea une grosse bouchée après l’autre de ce plat raffiné jusqu’à ce que Solovine lui demande enfin : « Sais-tu ce que tu viens de manger ? ».

« Pour l’amour du Ciel », répliqua Einstein, « C’était donc le fameux caviar ! Eh bien, si vous offrez de la haute cuisine à des paysans comme moi, sachez qu’ils ne vont pas l’apprécier ».

Seulement alors que la fin de sa vie approchait, Einstein arriva enfin à adopter un régime végétarien plus strict. Il avait alors soixante-dix ans passés et vivait à Princeton USA depuis plus de vingt ans. Il était devenu un savant au niveau mondial, avait reçu le Prix Nobel pour la physique en 1921, ainsi que d’autres prix, récompenses et doctorats. Mais il avait encore des problèmes d’estomac et, en 1948, sa santé commença à décliner.

Une chirurgie exploratoire révéla un anévrisme dans l’aorte abdominale que l’on ne pouvait pas enlever.

 « J’ai toujours mangé de la viande avec la conscience un peu coupable », écrivit-il dans une lettre à un ami. Pour mitiger la douleur et la gêne qu’il ressentait dans son estomac, il maintenait alors un régime végétarien simple et strict. Il ne buvait pas non plus d’alcool.

En mars 1955, presqu’un an exactement avant sa mort à Princeton à l’âge de 76 ans, Einstein écrivit une lettre qui montre l’importance du régime qu’il suivait à la fin. « Donc je vis sans matières grasses, sans viande, sans poisson, mais je me trouve très bien ainsi », écrivit-il. « Il me semble presque que l’homme n’est pas né pour être carnivore. »

Il s’agit de l’une des rares théories d’Einstein qui restent encore à prouver.

  

  •  
  •  
  •  

Photographies animalières

 

Magnifique. Pour le talent du photographe mais bien plus encore pour cette nature si belle, si magique, si créative, émouvante, drôle, étonnante....


https://www.demotivateur.fr/article/il-photographie-la-vie-des-ecureuils-hamsters-et-renards-et-en-tire-des-cliches-hilarants-15687

Un photographe autrichien s’amuse à photographier de écureuils et des hamsters mais aussi des renards dans des positions pour le moins insolites. Et le résultat vaut le coup d’oeil !

Amoureux des écureuils, hamsters et autres renards, nous avons ce qu’il vous faut.

Vous allez adorez ces jolies photos aussi amusantes que réussies, lesquelles mettent en scène ces adorables petites boules de poil, dans des postures parfois hilarantes.

Ces clichés qui nous redonnent illico le sourire, nous les devons au photographe autrichien Julian Rad, qui a en effet pris l’habitude de photographier la vie sauvage des trois animaux pour lesquels il s’est pris de passion.

Un fantastique travail qui lui a d’ailleurs permis de remporter le premier prix du « Comedy Wildlife Photography Awards » en 2015 avec le cliché intitulé « rush our », que vous pouvez découvrir ci-dessous.

Crédit photo : Instagram julianradwildlife

En regardant ce dernier, difficile de donner tort au jury du concours tant la scène capturée par le photographe s’avère belle et comique à la fois.

Cette photographie est en tout ça l’illustration parfaite des instants magiques que Julian Rad s’amuse à immortaliser pour notre plus grand plaisir.

Du renard hilare au hamster botaniste, en passant par l’écureuil bondissant, difficile de ne pas fondre devant ces jolies petites frimousses.

Découvrez le travail de Julian Rad à travers une série de clichés amusants qui nous mettent instantanément de bonne humeur. Si vous voulez en apprendre davantage sur l’oeuvre du photographe, n’hésitez pas à visiter son compte Instagram.

Crédit photo : Instagram julianradwildlife

Crédit photo : Instagram julianradwildlife

Crédit photo : Instagram julianradwildlife

Crédit photo : Instagram julianradwildlife

Crédit photo : Instagram julianradwildlife

Crédit photo : Instagram julianradwildlife

Crédit photo : Instagram julianradwildlife

Crédit photo : Instagram julianradwildlife

Crédit photo : Instagram julianradwildlife

Crédit photo : Instagram julianradwildlife

Crédit photo : Instagram julianradwildlife

Crédit photo : Instagram julianradwildlife

Crédit photo : Instagram julianradwildlife

Crédit photo : Instagram julianradwildlife

Crédit photo : Instagram julianradwildlife

Crédit photo : Instagram julianradwildlife

Crédit photo : Instagram julianradwildlife

Crédit photo : Instagram julianradwildlife

Crédit photo : Instagram julianradwildlife

Crédit photo : Instagram julianradwildlife