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Euphorie de la violence

Par Le 02/06/2026

 

Victoire du PSG.

Certains et certaines ont vécu leur plus belle soirée de l'année.

C'est dire...

Et dans cette euphorie survient la violence.

Elle est larvée, sous-jacente, n'importe quel événement suffit à la libérer. La masse a une propension bien connue à devenir folle.

Je poste ça parce que si jour, les trois tomes qui suivent "Les héros sont tous morts" sont publiés, si quelqu'un vient me dire que mes écrits sont exagérés, qu'ils dépassent la réalité, je rappellerai qu'un simple match de foot suffit à libérer les casseurs, que ce goût de la destruction, du pillage, de la violence envers tout le monde et n'importe qui, pas uniquement les forces de l'ordre et donc l'Etat, c'est un phénomène connu, déjà vu mille fois. Et qui se reproduira. 

Je laisse à chacun imaginer ce qu'il en serait si, un jour, pour X raisons, et ces raisons s'amplifient inéluctablement, le contrôle venait à échapper à l'Etat et que les masses devenues folles laissaient exploser cette violence. La question essentielle est simple : que deviendront les individus qui ne veulent pas de cette violence en eux ?

La dystopie en cours explore la violence, tout autant que l'amour. 

Les héros sont tous morts

Tous, sauf elle

Le désert des barbares

Terre sans hommes

Ces quatre romans décrivent une trajectoire.

Le premier explore les noirceurs humaines.

Le deuxième désigne ce qui survient quand les noirceurs nourrissent le chaos.

Le troisième montre ce qui apparaît quand les structures s'effondrent et comment s'organisent les survivants.

Le quatrième pose la question ultime : que devient le monde lorsque l'homme n'en est plus le centre ?

 

LE DESERT DES BARBARES

« Le silence. Tu n’imagines pas à quel point, j’ai rêvé de ce silence. Je l’ai même espéré. Mais je ne pensais pas que ça pourrait arriver en aussi peu de temps. L’humanité est une entité fragile, ça fait longtemps que j’en suis convaincu. Elle est fragile parce qu’elle porte en elle une puissance destructrice qu’elle n’imagine même pas. L’humanité s’est étendue depuis des millénaires avec une réussite totale, elle a tout conquis, elle s’est tout attribué mais il y a un élément qu’elle ne maîtrise pas, c’est sa folie. La folie de chaque humain, elle est en nous, en toi, en moi, n’importe qui. Nous la contenons, individuellement. Non pas juste par respect des lois, par peur des sanctions, par peur des représailles mais parce que l’amour de la vie reste le maître. Lorsque tout va bien. Mais maintenant, que la contamination est lâchée, les premiers fous libèrent les autres. Et la peur de la folie des autres réveille la folie de ceux qui ont peur. Rien ne peut arrêter ça. »

Elle ne trouva rien à répondre parce qu’elle avait connu la folie, il y a longtemps déjà, dans une autre vie, dans un aéroport, puis la folie d’un homme au volant d’une voiture, juste pour un sac de billets, pour le pouvoir de l’argent, jusqu’à décider de tuer ses propres équipiers et une femme qu’il ne connaissait pas, qui ne lui avait rien fait. La folie cachée en chacun et qui parfois prend les rênes. Est-ce qu’elle risquait un jour de basculer ? Est-ce qu’elle pourrait perdre le contrôle ? Est-ce que ce monde de chaos pourrait l’envahir au point de devenir folle à son tour ?

« Théo, il n’y a qu’une solution.

- Oui, Laure, je sais ce que tu vas me dire. Enfin, je pense le savoir. L’amour, c’est ça ?

- Oui, Théo, l’amour. Il faudra beaucoup d’amour.

- Mais je pourrais tuer mille hommes pour te sauver. Est-ce que je serais fou pour autant ? »

Elle se libéra de ses bras et se retourna. Elle devinait dans la clarté céleste l’intensité de ses yeux.

«  Il serait préférable de n’être jamais confronté à cette question.

- Nous le serons, probablement, toi comme moi. Un jour prochain, nous pourrons être obligés de tuer quelqu’un. Alors, je repose ma question. Serons-nous fous de le faire ? Et une autre question s’impose aussi. Est-ce que tu es prête à tuer quelqu’un pour me sauver, c’est à dire sauver l’amour que tu as pour moi ? »

Elle posa la tête contre sa poitrine.

« Oui. »

Il posa les mains sur ses joues et leva son visage.

« Et nous ne serons pas fous lorsque ça arrivera. Parce que c’est l’amour qui nous guidera. »

Un homme en colère

Par Le 26/05/2026

Arthur KELLER

Un homme en colère.

En colère parce que ça fait très longtemps qu'il explique les mêmes choses et que rien ne change, fondamentalement.

Je pourrais ajouter d'ailleurs que rien ne changera volontairement, fondamentalement. C'est fini. Il faut arrêter de croire qu'on va guérir la maladie. Nous sommes la maladie et nous n'avons aucunement l'intention de nous guérir parce que cela voudrait dire que nous sommes prêts à changer, radicalement, de mode de vie. Non, ça n'arrivera, pas, pas volontairement mais ça se fera par nécessité et ça ne sera pas agréable.

C'est tout le fond de l'écriture de ma quadrilogie, le tome 4 en cours. Et je n'écris pas ça par goût, par curiosité malsaine, empli d'une tendance morbide, amusé par les descriptions de l'effondrement des civilisations. Non, vraiment pas. Je n'ai aucun plaisir à décrire une humanité dévastée. Et d'ailleurs, parfois, quand j'écris, me vient à l'esprit le visage de nos trois-petits enfants. Et là, j'arrête d'écrire, j'éteins l'ordinateur et je vais lire Krishnamurti, Prajnanpad, Desjardins, Di Mello, Eckart Tolle ou un album de "Martine à la montagne"

 

 vues 26 mai 2026 #Keller #climat #Systémique

Dans cet extrait issu de l'Université Bretagne Sud, Arthur Keller, spécialiste renommé des vulnérabilités systémiques et des stratégies de résilience, livre un diagnostic implacable sur la crise écologique actuelle. Il démontre avec méthode pourquoi la transition énergétique et l'énergie décarbonée restent dérisoires si l'on refuse de traiter la véritable maladie de notre civilisation, à savoir une machine globale qui convertit la nature en déchets. Un décryptage systémique indispensable pour comprendre les limites des solutions médiatiques et faire la distinction cruciale entre les simples symptômes environnementaux et le dérèglement global de notre biosphère.

 

Départ : 4 heures du matin

Par Le 24/05/2026

Cinq jours de rando dans le Vercors, des coins perdus, des sentiers très peu parcourus. On dort dans le fourgon, en forêt.

J'ai des nuits parfois compliquées... Des crampes dans les deux jambes (sténose canalaire lombaire), des fourmillements constants, des douleurs dans les hanches (arthrose), bref, des nuits de m... et quand on est dans le fourgon, Nathalie en subit les conséquences. Alors, cette fois, devant l'impossibilité de dormir, on s'est fait un café et on est parti sur la rando du jour. 

4 h du matin.

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Montée de nuit avec la frontale, silence, le faisceau limité des lampes et puis quand on levait les yeux, l'apparition lente de la lumière, juste un voile et peu à peu l'envahissement du ciel, le retrait de la nuit, le passage lent vers l'apparition du soleil. On a remonté un long couloir rocheux et on est arrivé au col avant que le soleil n'émerge. On a suivi les crêtes vers le point haut du jour. 

Bien évidemment, on était les premiers au sommet et là, trois bouquetins nous regardaient, surpris sans doute, de voir du monde aussi tôt dans la journée; Ils sont partis tranquillement dans les pentes. 

Une belle journée. 

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Yuka dans un roman.

Par Le 17/05/2026

Celles et ceux qui lisent ce blog depuis plusieurs années déjà se souviendront de l'épisode douloureux de Yuka, le chien de notre fille. J'avais roulé sur lui avec le fourgon. 

Yuka. Le jour où...

 

Yuka est toujours vivant et toujours empli de la joie de vivre. Je sais tout ce qu'il m'a enseigné. J'avais l'occasion ici d'en faire part, de le raconter dans un roman.

 

TERRE SANS HOMMES

CHAPITRE 28

« Le Cap Horn, Francis. »

Une immense pointe rocheuse, des falaises gigantesques plongeant dans les flots, un sommet comme un promontoire en bout de terre, découpant le ciel bleu. L’impression d’une île flottante résistant aux courants, juste posée sur la mouvance. Soleil rasant qui effleurait l’immensité et la peignait d’un vert sombre, des vaguelettes couraient dans le sens du voilier comme des animaux jouant avec un inconnu, curieux, amusés ou incrédules. De contempler la terre et les roches, de deviner la végétation rase, d’imaginer les arbustes recroquevillés, ils en humaient les effluves, les parfums mêlés de l’iode et de l’humus, de l’écume et de l’herbe mouillée. Des oiseaux marins les suivaient en bandes, comme des enfants attirés par un spectacle imprévu.

« On passe le Cap Horn comme on ferait une petite balade tranquille, petite risée, vent arrière, pique-nique au soleil. »

Ils avaient enfilé les vestes chaudes davantage par respect pour le lieu que par nécessité.

« Oui, Tim, je sais, ça n’existe pas. Mais en fait, tout ce qui se passe depuis des mois n’était pas censé exister, même si les gens comme toi pensaient en avoir imaginé l’exact déroulement. Finalement, ce beau temps n’est jamais qu’un élément supplémentaire.

-Oui, tu as raison, c’est exactement ça, comme si maintenant, le monde que nous avons connu avait basculé dans une version irrationnelle parce que nous, les humains, nous sommes irrationnels envers la planète depuis des siècles.

-Nous sommes la Terre et la Terre est ce que nous sommes.

-On en revient toujours à ça désormais.

-Et donc, il est impossible de prévoir la suite et tout ce que toi et tes confrères survivalistes avaient anticipé tombe dans le néant. On ne sait rien de ce qui peut arriver.

-Et ça n’est pas pour me rassurer.

-Attends, Tim, tu te rends compte de ce que tu me dis ? Tu es inquiet non pas que le chaos que tu envisageais soit arrivé mais que son extension ne réponde pas à tes anticipations. Mais est-ce que c’était vraiment possible de tout prévoir, d’identifier chaque événement, de cartographier le chaos, est-ce que ça n’est pas une forme de prétention, peut-être même un défaut d’esprit cartésien de se dire que tout peut être planifié, même quand il s’agit d’un basculement planétaire ? »

Tim le fixa quelques instants.

« Là, tu me touches en plein cœur, camarade. Et je t’en remercie. Je t’ai pourri la vie à chaque fois que tu voulais connaître la suite et maintenant, c’est moi qui m’inquiète et tu as raison, c’est uniquement parce que ça ne répond plus du tout à ce que j’envisageais et tu as raison de dire que c’est complètement con de vouloir identifier la suite alors que plus rien ne ressemble à rien. On vogue sur l’inconnu.

- Ah, oui, c’est ça on vogue sur l’inconnu. »

Ils scrutèrent encore le cap, cette terre dont ils n’avaient pas vu la moindre parcelle depuis leur départ, cette terre sur laquelle ils ignoraient tout des événements passés, de ceux en cours et de ceux à venir. Franchir ce cap mythique ne les combla aucunement parce qu’ils n’étaient pas des marins, ils n’étaient pas en course, ils n’étaient pas en voyage, ils étaient deux êtres ignorant tout, n’ayant plus aucun repère, aucune référence, aucune projection fiable, ils n’étaient que deux hommes poussés par le vent, être là ou ailleurs ne changeait rien car où qu’ils puissent être, ils ne pouvaient s’en contenter, ni même s’en réjouir, rien ne serait jamais fini, tout resterait incertain, la seule chose dont ils puissent s’assurer de la réalité, c’était la vie en eux, le souffle de leurs poumons, le battement de leur cœur. Se réjouir du moment, de l’instant unique, rejeter tout le reste, le passé, demain, l’heure suivante. Être là, simplement. Il n’y avait aucune joie, aucune euphorie, aucun enthousiasme, aucune inquiétude, aucune appréhension, aucune peur, rien, juste la sérénité et l’un comme l’autre n’en avait encore jamais exploré à ce point la profondeur.

« C’est dans le chaos que le saisissement intégral de l’instant devient possible. »

Tim regarda intensément Francis, comme s’il avait besoin de temps pour réaliser ce que son compagnon révélait.

« J’ai pensé un certain temps que tu étais un brave gars un peu con. Ben, maintenant, Francis, tu vois, je suis heureux d’entendre tout ce que tu me donnes. Moi aussi, j’ai eu de la chance de tomber sur toi. »

C’est dans l’après-midi que Tim s’aperçut que la ligne qui courait derrière le bateau était agitée de soubresauts. Il sortit un cabillaud, une belle pièce qu’il s’appliqua à tuer sitôt tombée sur le pont.

« Poisson frais pour ce soir avec une boîte de petits-pois.

-Je te laisse le vider, j’en suis incapable.

-Eh bien, tu vas apprendre mon gars, » répliqua Tim. 

Il descendit dans la cabine et revint avec une planche à découper, un couteau et une paire de ciseaux.

« Passe moi la barre et suis les consignes. »

Couper les nageoires au ciseau, écailler, entailler depuis l’anus, retirer les intestins, écarter les branchies, sortir les organes, découper au couteau les filets en suivant l’arête centrale.

Francis leva la tête une fois le travail achevé, fier de lui. Tim leva un pouce.

« Maintenant, tu gardes précieusement les abats pour appâter des congénères, tu descends à la cuisine, tu les fais frire et tu m’amènes ça. »

Ils mangèrent en contemplant le coucher du soleil sur les montagnes de la terre de feu.

« Tu sais qu’on est des privilégiés ? Tu en as conscience ?

-Ouais, Tim, ça fait un moment que je le sais. On ne sait rien de l’état du monde humain et on peut juste supposer que c’est un sacré merdier. Et nous, on mange du poisson frais en admirant les lieux, sans aucun risque, peinard, là où beaucoup, avant que tout parte en vrille, auraient pensé qu’on est en danger dans des endroits infréquentables. L’inversion du ressenti est impressionnant. Et d’ailleurs, on peut se dire que si on arrive un jour sur les côtes françaises, ce qu’on va découvrir pourrait nous faire regretter le Cap Horn et les océans.

-C’est possible, effectivement. Et pourtant, c’est toujours ce que je veux faire.

-Tu veux t’arrêter sur une île habitée comme tu m’avais dit ou tu laisses tomber ?

-Non, j’ai laissé tomber l’idée parce qu’on n’a aucune idée de ce qu’on va trouver, ni même si on nous laissera accoster et je n’ai pas envie de prendre de risques. On file vers la France et on verra une fois sur place. C’est là-bas que je veux voir où ça en est. Aux Malouines ou sur d’autres îles, ça ne m‘intéresse pas et on n’a aucune obligation. Pour la bouffe, ça tiendra, le dessalinisateur fonctionne à merveille, on n’a rien cassé sur le bateau. J’ai bossé les cartes et je pense que le mieux, c’est l’île de Ré et de là, si on peut rejoindre le continent, on traverse tout droit jusqu’à la Savoie.

- Et comment ? Tu imagines bien qu’il n’y a pas de bus, pas de train, pas d’avion. Une bagnole, peut-être mais faut de l’essence. Est-ce qu’il y aura de l’essence ?

-Des vélos. Des petites routes, huit cents kilomètres, une douzaine de jours, sur l’île de Ré, on trouvera deux vélos.

-T’es vraiment dingue, toi, j’adore. »

Tim avait pris le premier quart de nuit. À tourner en boucle les paroles de Francis. Est-ce que d’avoir passé un temps infini à anticiper le futur, il en avait oublié de vivre ? Est-ce que d’avoir maudit le drame de son passé, il en avait oublié d’être là ? Il pensa soudainement au chien de Taylor, un ami scientifique. En reculant avec son fourgon, Taylor avait roulé sur son chien. Un accident inexplicable. Le lien entre lui et ce chien était au-delà du vécu habituel, une sorte de couple, une fusion, une proximité de cœur ou d’âme mais en tout cas, Taylor s’en était voulu à un point que personne ne pouvait imaginer. Le chirurgien à la clinique vétérinaire avait dit qu’il fallait piquer l’animal, qu’il ne s’en sortirait pas sans séquelles et Taylor avait refusé, il avait demandé l’opération, ou plutôt les opérations, le bassin à reconstituer, la peau nue, les poils rasés, des cicatrices qu’il fallait surveiller. Le chien avait survécu. Taylor l’emmenait avec lui au travail, il avait fabriqué un chariot, le chien incapable de marcher plus de dix mètres. Un beau chien, puissant, plein de vie et là, il se souvenait d’un animal diminué, éteint, en sursis. Des semaines d’incertitudes puis des semaines de rééducation. Taylor avait peur que son chien lui en veuille. Et le chien l’aimait toujours autant. Il n’était plus aussi agile, une santé plus fragile, des effets secondaires mais le chien l’aimait toujours autant. Et un soir où Taylor l’avait invité chez lui, il lui avait donné l’explication, il avait compris. Le chien était là, présent, dans une totale captation de l’instant, aucunement désespéré des courses devenues impossibles, des jeux avec la balle, des sommets avec son maître. Aucun attachement au passé, aucune projection dans l’avenir. Prendre ce qui est et s’en réjouir. Et lui qui se croyait maître de ses pensées et de ses émotions, maître de ses choix et de ses décisions ne vivait en réalité que dans la rage pour ce passé qui avait emporté Aurore et leur enfant et la rage pour ce futur empoisonné par une humanité dévorante.

Jamais là.

Il avait vu la récupération du chien, son retour progressif à une vie de chien, les balades, les jeux avec la balle, les sorties en montagne avec son maître, le regard pétillant, les yeux brillant d’amour.

Et lui avait vécu avec la tristesse, la détresse, l’abattement et la haine pour les tueurs, il avait renié toute joie, comme un hommage pour Aurore, comme s’il devait avoir honte d’être en vie, comme s’il devait pourrir sur pied contre le corps mort de la femme de sa vie. Il avait souhaité la disparition des vivants parce que lui-même refusait de l’être.

Le chien de Taylor avait saisi chaque pas comme une victoire et s’était nourri de la joie qu’il en retirait. Et lui avait saisi chaque donnée de ses recherches, chaque information sur l’atteinte à la planète pour valider son attachement morbide au passé et son impatience à voir advenir ce futur dévastateur dont il rêvait.

Il regarda les étoiles et la teinte bleutée de la nuit. Des myriades de lumières si lointaines qu’il était impossible d’en réaliser les distances. Des privilégiés, avait dit Francis. Le privilège d’être en vie. Mais il ne suffisait pas d’en avoir conscience, encore fallait-il en user.

Il ajusta le réglage des voiles et finit de boire sa tasse de café. Il repensa à sa maison dans les bois, ce refuge qu’il avait orchestré et qui n’était finalement qu’une tombe à l’image de l’existence dans laquelle il s’était cloisonné. Le chaos était une délivrance, un envol, une renaissance et non une fin.

Lorsque Francis le rejoignit pour prendre son quart, il vit dans le regard ébahi de son compagnon le reflet des étoiles.

La chrysope aux yeux d'or

Par Le 16/05/2026

 

"Au coeur de l'Atlantique tourmentée de mon être, il m'arrive de jubiler dans un calme muet, tandis que les planètes néfastes gravitent sans fin autour de moi sans toucher la place profonde et intime où baigne l'étincelle de ma joie."

Herman MELVILLE "Moby Dick"

Quel est le lien entre cette phrase et un article sur un insecte ? 

J'en ai trouvé une ce matin contre la vitre de la véranda, je l'ai regardée longuement puis j'ai ouvert le panneau.

Et l'étincelle de ma joie rayonnait et les planètes néfastes avaient disparu.

Les larves ne vont pas tarder à éclore et les pucerons qui se régalent des fèves du potager vont avoir quelques soucis. Equilibrage naturel du rapport de forces.

 

La chrysope verte, un insecte auxiliaire à protéger

 

https://www.detentejardin.com/petite-faune/tous-les-insectes/la-chrysope-verte-un-insecte-auxiliaire-a-proteger-1047000

 

La chrysope verte est un petit insecte très utile au jardin

Très utile au jardin comme dans la véranda pour réguler les pucerons et les cochenilles - © Adobestock

Publié le 11 févr. 2024 par Armelle Robert

La chrysope verte est un petit insecte volant nocturne dont la larve fait parler d'elle dans la lutte biologique contre les parasites du jardin. Vorace, elle dévore jusqu'à 500 pucerons pendant son développement. Adulte, elle joue un rôle important dans la pollinisation.   

Portrait de la chrysope verte ou Chrysoperla carnea

La chrysope verte ou Chrysoperla carnea (anciennement Chrysopa carnea) est une espèce d'insecte faisant partie de la famille des Chrysopidae (qui signifie en grec "à œil d'or" ) et de l'ordre des Névroptères. On l'appelle communément tantôt demoiselle aux yeux d'or (ou mouche aux yeux d'or) tantôt lion des pucerons (ou loup des pucerons). 

Le mince corps de l'insecte adulte mesure entre 10 et 15 mm tandis que ses ailes translucides, irisées et finement nervurées atteignent 25 mm. La tête de la chrysope se caractérise  par des yeux globuleux à reflets dorés, de longues et fines antennes et des fortes mandibules. Nervures et corps sont d'une couleur vert vif qui vire au rose en automne rendant la chrysope plus discrète dans son abri hivernal. Cette couleur verte et la finesse des ailes évoquent une libellule miniature.    

La chrysope verte adulte évoque une libellule miniature

© Adobestock

Des œufs à l'insecte vert, le cycle de vie de la chrysope verte

Dès le mois de février/mars ou au premier redoux du printemps, les femelles des chrysopes pondent leurs œufs, une vingtaine par jour pendant près d'un mois, sur des feuilles à proximité de proies potentielles qui assureront la nourriture des futures larves. Les œufs de chrysope, d'environ 2 mm, elliptiques et verdâtres, sont curieusement positionnés à l'extrémité d'un pédoncule fin et muqueux sécrété par la femelle, les préservant ainsi des prédateurs et des larves de chrysopes. 

Les œufs de la chrysope verte à l'extrémité d'un pédoncule

© Adobestock

Une à deux semaines plus tard, les œufs devenus bruns à maturité donnent naissance aux larves de chrysope. De 7 à 10 mm de long au 3e et ultime stade larvaire, elles évoquent un crocodile brun-jaune marqué d'une bande centrale crème entourée de deux bandes rouge-brun. Les larves, très voraces, sont pourvues de mandibules acérées et proéminentes permettant d'agripper et de perforer leurs proies pour y injecter du venin et des sucs digestifs. Ces sucs liquéfient l'intérieur de la proie que la larve de chrysope vient ensuite aspirer goulument! Les larves sont bien dissimulées sous des débris végétaux et des proies consommées.       

La larve de chrysope verte a un appétit qui grandit avec son développement

© Adobestock

Après le stade larvaire, vient le stade nymphal qui dure 1 à 2 semaines. La nymphe qui patiente au sein de son cocon soyeux collé sur un rameau ou une feuille jusqu'à ce que l'insecte adulte sorte de ce cocon après lente découpe d'un opercule. Rapidement, les femelles fécondées vont assurer les premières pontes...  

Selon la température et la lumière du jour, il faut entre 3 semaines et deux mois pour que la chrysope verte effectue son cycle complet de développement. La vie des dernières chrysopes vertes de la saison est toutefois plus longue car elles passent l'hiver à l'état adulte, tandis que de nombreuses espèces de chrysopes passent l'hiver au stade nymphal. Selon les années, il peut se succéder 2 à 3 générations de chrysopes vertes (jusqu''à 4 en climat doux).  

Où vit la chrysope verte ? Le point sur son habitat

L'habitat de la chrysope verte varie selon le moment de l'année. A la belle saison, œufs, larves et adultes apprécient la végétation sèche et exposée aux rayons du soleil : herbes hautes, arbustes, arbres ...Pendant l'hiver, la chrysope cherche des lieux sombres et préservés des précipitations: abris de jardin, tas de bois et de feuilles mortes, greniers, hangars. 

Les larves de chrysope vertes se cachent au revers des feuilles

© Adobestock

 

Insecte nocturne, la chrysope échappe à la prédation de nombreux oiseaux et araignées, mais elle est la proie de son ennemi naturel, la chauve-souris, surtout si un lampadaire l'attire dans son halo lumineux. Heureusement pour elle, elle est dotée d'un système émetteur/récepteur d'ultra-sons à la base des ailes lui permettant d'esquiver le plus souvent son attaque.   

Est-ce que la demoiselle aux yeux d'or se repère à ses piqûres ?

La chrysope verte est du genre discret. On ne la repère pas à ses piqûres car elle est totalement inoffensive pour l'humain. Si sa larve est carnassière, l'insecte se nourrit de pollen, nectar et miellat. Il est visible de mai à septembre au crépuscule ou la nuit.  Son vol est maladroit malgré ses ailes élégantes. Si on touche une chrysope, on peut constater qu'elle diffuse une odeur désagréable grâce à des glandes sécrétrices activées par la menace. 

D'autres chrysopes

Il existe de nombreuses espèces de chrysopes qui appartiennent au genre Chrysopa et non Chrysoperla comme notre chrysope verte. Elles s'en distinguent par une apparence légèrement différente selon l'espèce et un régime alimentaire à l'âge adulte composé de proies comme au stade larvaire. Caractéristique qui les rend également intéressantes pour la lutte biologique. La chrysope verte représente dans notre pays plus d'un tiers de la population des chrysopes observées. 

Chrysopa perla

Assez rarement observée en France ( < 1% des chrysopes sur le terrain), elle est aussi nommée lion des pucerons comme sa cousine la chrysope verte. Elle s'en distingue par des ailes nervurées de noir et des taches noires sur le corps. Sa larve est brun ocre. 

Chrysopa perla, un des chrysopes communes en France

Chrysopa perla © Adobestock

Chrysopa pallens

Plutôt rare également (5% des chrysopes observées), Chrysopa pallens, la chrysope pâle ou chrysope des haies se reconnaît à sa grande taille > 30 mm et sa tête marquée de plusieurs taches noires (après observation minutieuse). 

Chrysopa pallens, une chrysope commune en France

Chrysopa pallens © Adobestock

Quel est le rôle de la chrysope verte au jardin ?

La chrysope verte a un rôle d'auxiliaire du jardinier car sa larve se nourrit de nombreux parasites. Ainsi, elle régule les populations de ravageurs, permettant de se passer de produits phytosanitaires même bio ou des méthodes de grands-mères aux effets pas toujours maîtrisés. A l'âge adulte, la chrysope verte participe à la pollinisation quand elle butine en quête de pollen et de nectar. Elle augmente la production de fruits et de légumes au potager et au verger.

Lutte contre la cochenille, le puceron, la pyrale...

La larve de chrysope verte (et des autres chrysopes) est friande des œufs, des larves et des adultes d'arthropodes, un vaste embranchement comprenant des animaux au corps segmenté, couvert d'une cuticule ou d'une carapace. Elle dévore ainsi pucerons, cochenilles farineuses, chenilles dont celles de la redoutable pyrale, acariens ( araignées rouges),  aleurodes, thrips... Elle peut dévorer plusieurs centaines de pucerons au cours de son évolution.     

La larve de chrysope verte est vorace

© Adobestock

La chrysope verte est notamment utilisée dans la lutte biologique contre la cochenille noire de l'olivier.  

Chrysope ou coccinelle, meilleur auxiliaire ?

La chrysope verte est l'auxiliaire complémentaire de la coccinelle. Même si elle consomme moins de pucerons que la coccinelle qui en consomme sous forme larvaire et adulte, elle démarre son activité plus tôt dans la saison. En effet, les chrysopes supportent mieux la fraîcheur printanière et permettent de limiter les population de ravageurs et ainsi de prévenir leur infestation. Elles ont un beau rôle à jouer dans les cultures maraîchères précoces en champ ou sous abri. 

Le trio de choc des auxiliaires indigènes du jardin: coccinelle, chrysope et syrphe ceinturé ( Episyrphus balteatus)

Comment attirer les chrysopes ?

En laissant pousser des herbes folles parsemées de fleurs mellifères et nectarifères choisies aux quatre saisons, pour assurer des sources de nourritures aux adultes qui viendront pondre. La chrysope verte apprécie les ombellifères (carotte sauvage, aneth, fenouil, achillée) mais aussi la bourrache, l'échinacée, le chèvrefeuille, le lierre, le framboisier, le pissenlit. 

En plantant une haie mélangée qui assurera un abri au sec en hiver aux adultes et de la nourriture à la belle saison.

Les chrysopes sont sensibles aux produits phytosanitaires même bio, préservez-les en proscrivant leur emploi. 

Abri à chrysopes

il en existe des tout prêts dans le commerce mais il est possible d'aménager aux chrysopes adultes un logis pour l'hiver avec une simple boîte en bois bien sec, percé de quelques trous de 15 mm faits à la perceuse. Remplissez-le de paille ou de fins rameaux issus des tailles faites en automne. Suspendez ce nichoir en fin d'été dans un arbre en positionnant les ouvertures plein sud.  

Acheter des chrysopes

Les larves de chrysopes vertes ont une action curative sur les premières colonies de parasites. Elles sont commercialisées à leur tout premier stade larvaire (elles sont alors moins voraces). Elles ont été élevées dans des insectariums et nourries avec des œufs de teigne de farine. La période optimale pour un lâcher au jardin est d'avril à juin même si c'est encore possible jusqu'en fin d'été. Cette période s'étend à toute l'année sous serre chauffée, dans la véranda ou la maison. 

Comment utiliser les larves de chrysopes ?

Prévoyez 50 larves par m² parasité, un deuxième lâcher 15 jours après en cas de forte infestation et des boîtes de lâcher pour les plantes les plus hautes. La commande est généralement expédiée la semaine suivante. Si vous ne pouvez lâcher les larves tout de suite pour cause de précipitations, placez-les au frigo dans le bac à légumes au maximum 2 jours. N'essayez pas de voir les larves, elles sont camouflés dans de la cosse de sarrasin ou du carton alvéolé. Saupoudrez-les ou placez le carton sur les plantes parasitées mais sans présence de fourmis. Ces dernières les empêcheraient de nuire aux pucerons qui les nourrissent de leur miellat. Attention, si les sources de nourriture manquent, la larve de chrysope passe au mode cannibale. 

 

"Your life is your life"

Par Le 15/05/2026

 

L'autre texte musical que j'écoute de temps en temps. Je sais quand j'en ai besoin.

Pour la musique, la voix, les paroles de Bukowski.

Parfois, quand je me couche le soir et que je ne trouve pas l'interrupteur des pensées, je me récite la première phrase et je m'endors, paisiblement.

Death poems 3

 

Artiste : Charles Bukowski

 

The Laughing Heart

Your life is your life      Ta vie c'est ta vie

don't let it be clubbed into dank submission.         Ne la laisse pas se faire matraquer par une froide soumission.

Be on the watch.       Sois sur tes gardes.

There are ways out.       Il y a des issues.

There is a light somewhere.       Il y a une lumière quelque part.

It may not be much light,       Peut-être qu'elle éclaire peu

but it beats the darkness.      Mais elle bat l'obscurité.

Be on the watch.      Sois sur tes gardes.

The gods will offer you chances.      Les dieux vont t'offrir une chance.

Know them.       Rencontre-les

Take them.       Prends-les.

You can't beat death, but       Tu ne peux pas battre la mort, mais

you can beat death in life, sometimes.        tu peux battre la mort dans ta vie, parfois.

And the more often you learn to do it,        Et plus tu apprends à le faire,

the more light there will be.        Plus il y aura de la lumière.

Your life is your life.        Ta vie c'est ta vie.

Know it while you have it.       Sache-le tant que tu es en vie.

You are marvelous.      Tu es merveilleux.

The gods wait to delight       Les dieux attendent de se délecter

in you.      en toi.

 

Il reste une braise

Par Le 14/05/2026

Revenir vers l'intimité, vers le coeur, l'âme, l'intérieur, abandonner les visions qui abîment, méditer, retrouver la braise sous les cendres, souffler dessus et se réjouir de son éternité. 

 

Traduction des paroles de la chanson  : Sit Around The Fire -

Jon Hopkins, Ram Dass, East Forest

Sit Around The Fire - Jon Hopkins, Ram Dass, East Forest

 

Date de sortie :11.11.2021

 

 

Sit Around The Fire (original)Sit Around The Fire (traduction)

Beyond all polarities / Au-delà de toutes les polarités

I am / Je suis

Let the judgments and opinions of the mind / Laissez les jugements et les opinions de l'esprit

Be judgments and and opinions of the mind / Soyez des jugements et des opinions de l'esprit

And you exist behind that / Et tu existes derrière ça

Ah so / Ah donc

Ah so / Ah donc

It’s really time for you to see through the absurdity of your own predicament / Il est vraiment temps pour vous de voir à travers l'absurdité de votre propre situation

You aren’t who you thought you were / Vous n'êtes pas celui que vous pensiez être

You just aren’t that person / Tu n'es juste pas cette personne

And in this very lifetime / Et dans cette vie même

You can know it / Tu peux le savoir

Right now / Tout de suite

The real work you have to do / Le vrai travail que vous avez à faire

Is in the privacy of your own heart / Est dans l'intimité de votre propre cœur

All of the external forms are lovely / Toutes les formes externes sont ravissantes

But the real work / Mais le vrai travail

Is your inner connectionEst-ce votre connexion intérieure

If you’re quiet when you meditat / Si vous êtes silencieux lorsque vous méditez

If you truly open your heart / Si vous ouvrez vraiment votre cœur

Just quiet your mind / Calme juste ton esprit

Opn your heart / Ouvre ton coeur

Quit the mind, open the heart / Quitte l'esprit, ouvre le coeur

How do you quiet the mind? / Comment apaiser l'esprit ?

You meditate / Vous méditez

How do you open the heart? / Comment ouvrez-vous le cœur ?

You start to love that which you can love / Vous commencez à aimer ce que vous pouvez aimer

And just keep expanding it / Et continuez simplement à l'étendre

You love a tree / Vous aimez un arbre

You love a river / Vous aimez une rivière

You love a leaf / Vous aimez une feuille

You love a flower / Vous aimez une fleur

You love a cat / Vous aimez un chat

You love a human / Vous aimez un humain

But go deeper and deeper / Mais allez de plus en plus profondément

Into that love / Dans cet amour

Til you love that / Jusqu'à ce que tu aimes ça

Which is the source of the light behind all of it / Quelle est la source de la lumière derrière tout cela

Behind all of it / Derrière tout ça

You don’t worship the gate / Vous n'adorez pas la porte

You go into the inner temple / Tu vas dans le temple intérieur

Everything in you / Tout en toi

That you don’t need / Dont tu n'as pas besoin

You can let go of / Vous pouvez lâcher prise

You don’t need loneliness / Tu n'as pas besoin de solitude

For you couldn’t possibly be alone / Car tu ne peux pas être seul

You don’t need greed / Vous n'avez pas besoin de cupidité

Because you already have it all / Parce que vous avez déjà tout

You don’t need doubt / Vous n'avez pas besoin de douter

Because you already know / Parce que tu sais déjà

The confusion is saying / La confusion dit

«I don’t know»" / Je ne sais pas"

But the minute you are quiet / Mais à la minute où tu es calme

You find out that in truth / Vous découvrez qu'en vérité

You do know / Vous savez

For in you / Car en toi

You know / Tu sais

Plane after plane will open to you / Avion après avion s'ouvrira à vous

I want to know who I really am / Je veux savoir qui je suis vraiment

As if in each of us / Comme si en chacun de nous

There once was a fire / Il était une fois un incendie

And for some of us / Et pour certains d'entre nous

There seem as if there are only ashes now / Il semble qu'il n'y ait que des cendres maintenant

But when we dig in the ashes / Mais quand nous creusons dans les cendres

We find one ember / Nous trouvons une braise

And very gently we fan that ember / Et très doucement nous attisons cette braise

… blow on it… / souffler dessus

… it gets brighter… / elle devient plus lumineuse

And from that ember we rebuild the fire / Et à partir de cette braise, nous reconstruisons le feu

Only thing that’s important is that ember / La seule chose qui compte, c'est cette braise

That’s what you and I are here to celebrate / C'est ce que vous et moi sommes ici pour célébrer

That though we’ve lived our life totally involved in the world / Que même si nous avons vécu notre vie totalement impliqué dans le monde

We know / Nous savons

We know that we’re of the spirit / Nous savons que nous sommes de l'esprit

The ember gets stronger /La braise devient plus forte

Flame starts to flicker a bit / La flamme commence à vaciller un peu

And pretty soon you realize that all we’re going to do for eternity / Et très vite tu réalises que tout ce que nous allons faire pour l'éternité

Is sit around the fire / C'est s'asseoir autour du feu.

La nuit.

Par Le 12/05/2026

Voilà ce dont nous rêvions comme lieu de vie.

Un très grand terrain, isolé.

La nuit noire, l'absence de lumières artificielles, le silence et le chant des oiseaux.