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Thierry LEDRU
Le 10/05/2026
Plus le vivant se raréfie, plus "l'intelligence" de l'homme lui donne des idées pour piller encore davantage. C'est une fuite en avant et c'est "légal". Si les gouvernements et l'union européenne laissent faire, c'est bien que l'argent est plus puissant que tout. Car il ne s'agit bien que de ça.
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112 mètres de long et 400 tonnes de poissons pêchées par jour : un nouveau «navire de l’enfer» mis à l’eau en mer du Nord
https://vert.eco/articles/112-metres-de-long-et-400-tonnes-de-poissons-pechees-par-jour-un-nouveau-navire-de-lenfer-mis-a-leau-en-mer-du-nord
Chalute des classes. Inauguré ce vendredi à IJmuiden (Pays-Bas) par le géant de la pêche Parlevliet & van der Plas, l'Annie Hillina risque d'aggraver la surpêche dans les eaux européennes. L'association de défense de l'océan Bloom a prévu une manifestation sur place.
08/05/2026
Par Esteban Grépinet
Sur la côte d’Opale, dans le nord de la France, un bateau de pêche artisanale remonte en moyenne 30 à 40 tonnes par an. Bientôt, ces petites embarcations pourraient voir arriver un nouveau mastodonte dans leurs eaux : l’Annie Hillina, capable de capturer 400 tonnes… en l’espace d’une journée. «Ils vont faire en un jour ce que nous débarquons sur dix ans», déplore Stéphane Pinto, ancien fileyeur et vice-président du Comité régional des pêches des Hauts-de-France.

Inauguré le 8 mai aux Pays-Bas, l’Annie Hillina peut remonter 400 tonnes de poissons par jour. © DR
Ce gigantesque chalutier est inauguré ce vendredi à IJmuiden (Pays-Bas, à une quarantaine de kilomètres d’Amsterdam) par le groupe Parlevliet & van der Plas, l’un des cinq géants néerlandais qui dominent la pêche industrielle en Europe (notre article). Avec 111,5 mètres de long et 21 mètres de large, ce navire-usine fait frémir depuis plusieurs jours pêcheur·ses et organisations de protection de l’environnement.
«Fuite en avant technologique»
Prévu pour remonter 60 000 tonnes de poissons à l’année, l’Annie Hillina égale un autre géant des mers, jusque là connu comme le plus grand chalutier au monde : l’Annelies Ilena. En service depuis les années 2000, ce dernier est lui-aussi possédé par la société Parlevliet & van der Plas.
Le tout nouveau bateau de l’entreprise néerlandaise «incarne une fuite en avant technologique mise au service de la destruction de l’océan et de la pêche artisanale», dénonce l’association de défense de l’océan Bloom. Ce «navire de l’enfer», comme le surnomme l’ONG, «s’est déjà vu octroyer des autorisations de pêche pour toute une batterie d’espèces déjà surexploitées».
L’Annie Hillina doit pêcher des poissons fourrages, ces petites espèces en bas de la chaîne alimentaire marine : maquereau, sardine, hareng, chinchard, ou encore merlan bleu. Plusieurs de ces animaux sont pourtant surpêchés dans les eaux européennes (notre article). Les scientifiques appellent par exemple à diviser par quatre les prises de maquereaux dans l’Atlantique nord – une recommandation que n’a finalement pas suivi l’Union européenne, qui a acté en mars dernier une baisse de seulement 48% des captures.
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«Il y a quelque chose qui m’échappe» dans la stratégie de Parlevliet & van der Plas, témoigne Laëtitia Bisiaux, responsable de la campagne pêche industrielle à Bloom. Je ne comprends pas comment ils peuvent investir 80 millions d’euros dans un système contraint par des quotas en baisse avec l’effondrement des poissons, et avec des prix du carburant qui explosent.»
La militante n’hésite pas à soupçonner le groupe de «fraudes», rappelant par exemple que l’un des chalutiers géants dont il a la gestion avait été condamné en 2012 à 595 000 euros d’amende en France pour avoir pêché illégalement plus d’un millier de tonnes de poissons.
Bientôt dans les eaux françaises ?
Bien que sous pavillon des Pays-Bas, l’Annie Hillina dispose de droits pour pêcher dans les eaux françaises, au large de la Normandie et des Hauts-de-France. «En novembre-décembre, ces chalutiers aspirent la zone et mettent à blanc toute la zone côtière, c’est un vraie concurrence déloyale pour les petits pêcheurs», dénonce Laëtitia Bisiaux. «Il y a une répercussion sur la ressource, mais aussi sur la cohabitation entre les métiers, complète Stéphane Pinto. Nous subissons aussi les interdictions de pêche dans les zones anglaises, et on réduit l’espace maritime tout en augmentant la pression sur la ressource avec des navires de plus en plus gros.»
L’annonce de la mise à l’eau de ce nouveau chalutier géant est accueillie froidement par le monde de la pêche française. «N’importe quel pêcheur ne veut plus de ces bateaux usines qui pêchent beaucoup trop, a par exemple réagi Olivier Leprêtre, président du Comité régional des pêches des Hauts-de-France, dans Ouest France. La pêche artisanale fait vivre beaucoup de monde à terre, ces chalutiers épuisent la mer.»
Le groupe néerlandais doit cependant respecter des quotas de pêche, fixés par l’Union européenne pour chaque État membre, et répartis ensuite entre les pêcheur·ses dans chaque pays. Il dispose d’accords pour pêcher dans d’autres régions du monde, comme en Amérique du Sud ou le long des côtes africaines.
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Pour Bloom, «un tel navire n’a sa place nulle part. Ni dans la bande côtière française en conflit avec les artisans, ni au large de l’Écosse à affamer les fous de Bassan [des oiseaux marins, NDLR], ni en Afrique de l’Ouest à piller les communautés côtières parmi les plus vulnérables au monde.»
L’association organise une manifestation avec citoyen·nes et pêcheur·ses ce vendredi en début d’après-midi sur le port d’IJmuiden pour dénoncer l’inauguration de ce «navire de l’enfer». Plus globalement, elle appelle à l’interdiction des navires de plus de 25 mètres dans les eaux territoriales françaises (soit les 22 premiers kilomètres depuis la côte), ou encore à un «plan de démantèlement des navires-usines».
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Par
Thierry LEDRU
Le 10/05/2026
Tous les jours, toutes les nuits, des milliers de femmes, partout dans le monde. Dans ce monde de mâles. Jusqu'aux enfants. Qu'on ne me dise pas que cette espèce, ce genre humain, ne porte pas en lui une folie meurtrière.
Un homme soit-disant de raison, conscient, lucide, aimant, protecteur, doté d'une intelligence inégalée dans l'ensemble du Vivant. Qu'on m'explique alors...
Aucun animal ne m'a jamais suscité de dégoût.
Un policier municipal soupçonné d'avoir tué par balles son ex-compagne et leurs deux enfants, dans le Val-d'Oise, avant de se suicider
L'enquête a été confiée à la brigade de recherches de Pontoise et à la section de recherches de Versailles.
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Article rédigé par franceinfo avec AFP
France Télévisions
Publié le 10/05/2026 11:59 Mis à jour le 10/05/2026 12:20
Temps de lecture : 1min /2026/05/10/6a0056d1628e7288838904.jpg)
Photo d'illustration d'une voiture de police à Paris le 1er mai 2026. (BASTIEN OHIER / AFP)
Un homme est soupçonné d'avoir tué par balles son ex-compagne et leurs deux enfants, samedi 9 mai à Villers-en-Arthies (Val-d'Oise), avant de retourner l'arme contre lui, a-t-on appris dimanche auprès du parquet de Pontoise, confirmant une information du Parisien(Nouvelle fenêtre).
Une enquête en flagrance des chefs de "meurtres précédés ou suivi de meurtres" a été ouverte après la découverte des quatre corps, a précisé le parquet. Elle a été confiée à la brigade de recherches de Pontoise et à la section de recherches de Versailles.
La disparition signalée par le nouveau compagnon de la mère
Selon le parquet, c'est le nouveau compagnon de la femme qui a signalé, samedi après-midi, que cette dernière ne répondait plus à ses appels, alors qu'ils devaient partir en week-end. Selon lui, sa compagne, avec qui il est en couple depuis un peu plus d'un mois, s'était rendue la veille au domicile de son ex-concubin, un policier municipal qui travaillait de nuit, pour garder leurs enfants.
Arrivés sur place, les gendarmes ont remarqué la présence du véhicule de la compagne devant le domicile, dont la porte était verrouillée et les volets baissés. Un impact de balle était également visible. Une fois entrés à l'intérieur, les gendarmes ont trouvé les corps sans vie de la femme, de l'ex-conjoint et de leurs deux enfants, âgés de 9 et 13 ans. Une arme de poing a également été découverte dans le domicile.
Selon les premiers éléments de l'enquête, ce policier municipal des Hauts-de-Seine, âgé d'une quarantaine d'années, aurait conservé son arme de service. Il est suspecté d'être l'auteur des coups de feu mortels et de s'être ensuite donné la mort. Le parquet précise qu'il "n'existe aucun antécédent judiciaire de violences conjugales entre les ex-époux". Des autopsies seront réalisées, a ajouté le parquet, et les investigations se poursuivent pour confirmer les premiers éléments relevés ainsi que pour déterminer les raisons de ce triple homicide.
Hier soir, j'avais écrit ça pour la quadrilogie en cours.
TERRE SANS HOMMES
"Il faut que je te raconte quelque chose, mon amour, quelque chose qui t’aidera à comprendre que ce monde est une horreur, pour moi, depuis longtemps, le monde humain et plus particulièrement le monde des hommes, celui des mâles. On pourrait dire aussi celui du mal, lui-même. »
Une voix sombre, mesurée.
Il resserra son étreinte autour de Laure, comme s’il voulait la prévenir et la protéger.
« C’était ma deuxième année à Grenoble, j’habitais dans un immeuble au dernier étage, juste un studio. Je vivais seul. Sur le même palier, il y avait un couple avec un enfant, un jeune enfant, quatre ans, un petit garçon. Je rentrais du boulot et j’ai entendu des cris, des bruits sourds, comme des objets lourds qui tombaient, puis encore des cris, une femme, des hurlements plutôt, une dispute, sévère, celle qui peut faire des dégâts, j’avais déjà vu cette femme et son enfant, elle avait trente ans, une personne aimable, toujours souriante, un petit bonhomme, lumineux, je n’oublierai jamais son visage. »
Il s’arrête, il inspire longuement.
« J’ai frappé à la porte et c’est là que j’ai entendu ce cri, un cri qui s’est arrêté, net. Je n’avais aucun doute, j’ai sorti mon arme, j’ai défoncé la porte, je suis entré, un couloir, j’ai avancé pour arriver dans un salon, il y avait un homme avec un poignard à la main et au sol, la femme, égorgée et le petit garçon, lui aussi, dans une mare de sang. »
Laure s’appuie contre lui comme on le ferait contre un pilier, pour ne pas tomber, un vertige, l’horreur qui la submerge. Le crane enserré dans un étau.
« Il m’a regardé, les yeux exorbités, il avait du sang sur le visage, il a levé le poignard en hurlant et m'a foncé dessus, j’ai tiré, pleine poitrine. »
Silence.
« Il y a eu une enquête, la hiérarchie m’a laissé entendre que j’aurais pu éviter de l’abattre. Ils ont jugé que la légitime défense s’imposait mais qu’il aurait été préférable pour l’image de la police que je le blesse, qu’il y ait un procès, que la justice fasse son job. Mais, moi, Laure quand j’ai vu cette femme et ce petit garçon, égorgés, tous les deux, il n’était pas question que je le laisse en vie. Je l’ai tué, consciemment, volontairement, sans aucune hésitation. Et je n’ai jamais eu le moindre problème de conscience. Depuis trois ans que j’étais sur le poste, j’étais intervenu sur huit féminicides et sur cinq affaires d’inceste. Des enfants violés, des femmes battues, violées elles aussi, l’une d’entre elles a été défigurée avec de l’acide, défenestrées, poignardées, tabassées à mort, étranglées. Cette femme-là et ce petit garçon, je les connaissais, j’avais parlé avec eux, ils existaient dans ma vie, ils n’étaient pas que des identités, des numéros de dossiers, des affaires en plus. »
Silence.
« Je n’ai jamais voulu voir ce monde, toutes ces horreurs, ce sont des actualités que j’ai toujours rejetées.
-Des actualités, Laure, c’est bien ça le problème, ce ne sont pas des cas isolés, des événements exceptionnels, ce sont des faits quotidiens, tu m’entends, des faits quotidiens. Les informations n’en relatent que quelques-uns, il en manque des centaines.»
Elle devine la colère, la souffrance qui s’impose.
« Comment fais-tu pour supporter tout ça ?
-Je ne le supporte pas, je le combats et je savais qu’un jour, ça s’arrêterait, non pas que j’irais faire autre chose mais que le chaos s’en chargerait, que je n’aurais pas d’autre choix que de venir ici. Et en attendant, je faisais le job. Ce que j’ai appris dans ce drame, c’est que je pouvais tuer, que j’en avais la capacité et que je n’étais pas fou."
Jean-Marc GANCILLE : "Carnage"
Par
Thierry LEDRU
Le 10/05/2026
Nous sommes en situation de guerre totale envers le Vivant. Nous sommes une espèce invasive, sans aucune limite, un virus dévastateur. Coupables et complices.
Jean-Marc Gancille
Paul Watson (Autre)
9782374252421
208 pages
17/09/2020
Rue de l'échiquier / DIAGONALES
Résumé :
« L'espèce humaine tue consciemment, volontairement, chaque minute dans le monde, plus de 2 millions d'animaux. Autrement dit, elle massacre en une semaine 50 fois plus d'animaux que l'ensemble des victimes humaines de toutes les guerres de l'histoire de l'humanité. »
Dans ce nouvel essai, Jean-Marc Gancille expose un tableau sans concession de la relation que l'être humain a nouée avec le monde animal, fondée sur la domination et l'exploitation, et ce dès avant la naissance de l'agriculture.
Sacrifices religieux, collections et commerce d'animaux sauvages, domestication, utilisation des animaux à des fins militaires ou pour des expériences de laboratoires, captivité forcée dans les zoos et aquariums, chasse et pêche récréatives, élevage intensif ou surpêche… On n'en finit pas d'établir la liste des formes qu'adopte l'anthropocentrisme.
L'auteur n'en reste pas à ce triste bilan. Il démontre que ce carnage n'est pas seulement un éternel enfer pour les animaux mais aussi une tragédie pour l'espèce humaine en raison de la destruction des écosystèmes, une négation immorale de la sensibilité des animaux et une supercherie de l'industrie agroalimentaire, qui entretient auprès du public l'idée selon laquelle il serait nécessaire de consommer des protéines animales. Enfin, il dessine une voie d'action pour « en finir avec l'anthropocentrisme » sur le plan juridique, alimentaire, agricole… et décrit les méthodes pour mener cette lutte.
02 mars 2021
Il est petit, sa peau est fragile, il n'est pas très fort, pas très rapide.
Il a des fusils, des filets, des buldozers.
Il a une forme d'intelligence.
Il invente, fabrique, achète, jette.
Il communique sur la toile, jusqu'aux étoiles.
Il ne sait plus qui il est, à quoi il sert. Il s'illusionne.
Il se propage, presque aussi vite qu'un virus.
Il tue, brûle, pollue, fore, écrase, gaspille.
Il mange, devient obèse, anorexique, déprimé, puéril.
Il affame, assoiffe, fait l'autruche.
Il est poète, philosophe, tractoriste, actionnaire, rêveur, briseur.
Il rit, il pleure. Il oublie. Recommence.
Il parque les lions, les girafes. Pour leur survie. Il paie pour les abattre entre les barbelés, se sent puissant, fait une photo le sourire en gâchette.
Il admire les dauphins, les requins, les méduses, dans leurs prisons de verre.Trop étroites, un goût de béton, aucun horizon aquatique. Il les soigne, les protège de l'océan ratissé jusqu'au corail par les grands chalutiers. Il est humain.
Il apprend aux enfants comment vivent ses cousins les chimpanzés, et aussi les éléphants, les tigres..., toute la belle faune sauvage, si loin de chez elle. Il singe la réalité. Il la soigne, la protège des chasseurs de trophées, de la sécheresse, de la déforestation.
Il multiplie cochons, moutons, veaux, poules. Et même les visons, juste pour la douceur de leur fourrure. Les abattoirs, c'est pas comme les aquariums, ils n'ont pas de vitres.
Plus de 7 milliards d'êtres humains à nourrir. Ils vont pas brouter de l'herbe, c'est pas des moutons. "La viande et le poisson c'est bon, quand-même ?"
On pourrait penser autrement la vie, notre rapport à ce qui nous entoure, tous les êtres, les plantes, les fleuves, la terre. On pourrait manger autrement, partager, préserver. On pourrait.
Juste après cet essai, j'ai lu le roman de Jørn Riel : le jour avant le lendemain.
Le peuple des Inuits savait vivre en harmonie avec les autres espèces. On ne pourrait plus vivre comme le faisaient ces tribus indigènes, ou comme le font encore quelques tribus isolées, notre culture est trop éloignée de la leur. Mais on peut réapprendre à écouter le monde, à ne plus piétiner, asphyxier, essorer la planète jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de vers de terre, d'abeilles, de krill. Peut-être bien qu'on vivrait plus heureux. Qui sait ?
Je remercie Les Éditions Rue de l'Échiquier et Babelio pour cet essai percutant. Un portrait sans concession de l'homme, ce sauvage qui ravage tout sur son passage. Un vrai carnage.
Par
Thierry LEDRU
Le 09/05/2026
J'écris les noirceurs que ce monde humain insère en moi. C'est un exutoire mais qui ne se vide jamais, un entonnoir dans lequel, jour après jour, les hommes déversent des immondices et c'est mon âme qui se remplit. Je plonge dans l'abîme et l'abîme plonge en moi.
"Noirceur des cimes" racontait la survie en haute altitude.
Des cimes de noirceurs, voilà l'image qui me vient quand je pense au monde à venir, celui des générations qui se demanderont comment nous avons pu laisser faire ça.
TERRE SANS HOMMES
"Ils avaient laissé la journée s’écouler, sans aucune activité, ils avaient dormi, dans le canapé, l’un contre l’autre, Théo avait cuisiné et le soir, ils s’étaient couchés en sachant que le sommeil risquait de les chercher longtemps.
Milieu de nuit. Ils ne dormaient pas. Laure s’était réveillée la première et elle était venue chercher le réconfort de Théo, son corps, sa chaleur, son odeur. Elle avait posé une main sur son dos et elle s’était approchée jusqu’à se coller contre lui.
« Théo, j’ai besoin de toi », avait-elle murmuré.
La voix lui était parvenue comme infiltrée jusque dans ses rêves, il avait vu Laure pleurer, au sommet d’un immense amas de pierres, si haut et si large qu’il en voilait l’horizon et Laure s’obstinait à monter encore et encore de nouvelles pierres. Elle s’était retournée vers lui et il avait entendu.
« Théo, j’ai besoin de toi. »
Il avait ouvert les yeux en sursaut.
Il l’avait enlacée, nuit noire et pourtant il devinait ses yeux, grands ouverts.
« Je suis là, mon amour, je te protégerai, toujours, personne ne te fera de mal, plus jamais. Je veillerai sur toi.
-Je le sais,Théo, je sais aussi que je ne voudrais pas vivre sans toi, que je préférerais mourir la première.Toi, tu pourras me survivre, moi, je n’y arriverai pas. »
Il ne répondit rien. Conscient que cette idée serait effectivement la moins douloureuse, pour elle, comme pour lui car s’il venait à mourir en premier, il ne serait plus là pour la protéger et que, même mort, il ne le supporterait pas.
« J’ai repensé à ce que tu m’as raconté tout à l’heure et une idée m’est venue. »
Il s’en voulut d’avoir inséré en elle des images affreuses, des violences insoutenables.
« Théo…
Il devinait la douleur, comme si les mots eux-mêmes refusaient de se dire.
-Théo…
-Oui, mon amour, parle-moi, laisse aller, je suis là, je t’écoute, je t’écouterai toujours.
- Si des hommes, des mâles, sont capables de tuer des femmes et même des enfants, -une voix si triste qu’il eut peur qu’elle s’effondre, -alors ils sont capables de tuer la Terre, de la martyriser sans jamais éprouver le moindre état d’âme. La planète est une entité féminine, Gaïa, notre mère à tous, celle qui donne la vie. On ne peut rien espérer pour la Terre tant que des femmes succomberont sous les coups des hommes, des mâles, du mal. »
Silence.
« Je n’en peux plus de toutes ces noirceurs qui sont en moi. »
Par
Thierry LEDRU
Le 07/05/2026
Lysistrata est l’héroïne d’une pièce de théâtre écrite par Aristophane vers 411 avant J.-C.
La Grèce est en guerre (Athènes contre Sparte.)
Lysistrata réunit les femmes des différentes cités. Elle leur propose une idée radicale : refuser toute relation sexuelle avec leurs maris tant que la guerre continue. Les femmes prêtent serment… et tiennent bon. Les hommes, frustrés et à bout, finissent par négocier la paix. Ce texte est une critique de la guerre dans lequel sont mises en exergue l'intelligence politique féminine et l'inversion des rapports de pouvoir. C'est une “grève du sexe”.
Il y a dans ce texte une idée presque intemporelle : ramener l’homme à ce qui le rend humain pour l’éloigner de ce qui le rend destructeur.
Ce qu’on appelle aujourd’hui une “grève du sexe” (ou Lysistratic action) existe vraiment : c’est une forme de protestation où l’on refuse toute relation intime pour faire pression politique. Des situations similaires ont eu lieu : au Libéria, au Kenya, en Colombie, au Togo, pour celles que je connais.
Qu’est-ce qui pourrait réellement arrêter les hommes quand ils veulent la guerre ? Est-ce qu'aujourd'hui, on pourrait concevoir un tel mouvement ?
Pour moi, la réponse est négative, assurément.
Il suffit de prendre en compte le nombre effrayant de féminicides en France et d'y ajouter les plaintes pour violences sexuelles, physiques, psychologiques et d'y ajouter toutes les femmes qui ne peuvent prendre le risque d'aller se plaindre et d'ajouter le fait que les gendarmes ne sont pas toujours dans une écoute sincère et bienveillante... La double peine...
Le mâle ou le Mal a les pleins pouvoirs. Et il ne faut pas espérer voir une logique de domination basculer dans une logique du respect du vivant. Ni envers les femmes, ni mêmes envers les enfants, ( 21 000 enfants tués à Gaza... Arrondir ce chiffre terrifiant est une abomination...) ni envers les humains en général, ni envers la nature. Car c'est bien là que je veux en venir : le rapport de l'humanité à la nature est la continuité de ce mal ancré chez les mâles.
Les femmes et les enfants sont des êtres de nature et dès lors que les mâles s'autorisent à les maltraiter, jusqu'à les tuer, que peut-on attendre d'eux au regard de la nature ? On pourra me rétorquer que les femmes aussi ne sont pas toujours respectueuses de la nature. Oui, c'est un fait. Et ça me désole. Mais il n'en reste pas moins que les guerres sont majoritairement déclenchées par des hommes et que cette violence en eux reste une caractéristique qui remonte à la préhistoire.
Cet après-midi, un homme, alcoolisé, a défénestré sa compagne. Elle est morte. Hier, un jeune homme de 21 ans a poignardé à mort une jeune fille de 14 ans. Je peux continuer comme ça pendant des milliers de lignes. Peut-être que ça semblera incomprénhensible mais je suis convaincu que cette violence masculine ne laisse aucun espoir à la planète.
Il y a en nous, les mâles, une part de violence. La Terre, dans son imagerie maternelle et donc féminine, est victime de cette violence. Soit volontaire, soit par indifférence.
Aujourd'hui, si une femme charismatique, une "personnalité médiatique" avait dans l'idée de lancer une "grève du sexe", je n'ose imaginer la réaction des mâles.
Juste un rappel, celui des propos de Michel Onfray sur l'intervention à la COP 21 de Greta Thunberg et son engagement pour la protection du vivant : « Cette jeune fille arbore un visage de cyborg qui ignore l’émotion – ni sourire ni rire, ni étonnement ni stupéfaction, ni peine ni joie. Elle a le visage, l’âge, le sexe et le corps d’un cyborg du troisième millénaire. »
Je vous laisse imaginer si Greta thunberg avait fait référence à Lysistrata.
"Tant que des hommes, mâles, saccageront la planète, nous, femmes, refuserons toutes relations sexuelles avec eux."
Personnellement, je pense que le retrait est la meilleure des solutions (non, je ne parle pas de contraception ^^)
« Quand tu regardes longtemps dans un abîme, l’abîme regarde aussi en toi. » Nietzsche
Cette phrase est pour moi essentielle. Elle ne l'était pas quand j'étais jeune. Plogoff, des cailloux contre les grenades lacrymogènes et les matraques, le tribunal de Quimper et le combat contre les CRS, les manifestations d'enseignants (j'ai quand même pulvérisé la vitre arrière de la voiture de madame Alliot-Marie et après j'ai couru très vite ^^). Oui, j'ai connu la révolte (voir le roman JUSQU'AU BOUT)
Je n'en suis plus là. J'ai vieilli et je suis désabusé. On pourra me dire que ça ne risque pas de servir toutes les causes qui ont besoin de soutien. Oui, c'est exact, je plaide coupable. Je me protège et j'agis à ma mesure. Je plante des arbres.
La violence ne tient que parce qu’on la nourrit, les uns contre les autres. Et donc la vraie rupture n’est pas dans l’affrontement mais dans le retrait. Ne pas disperser son énergie dans une lutte perdue d'avance mais s'en servir pour construire un système qui répond à ses propres valeurs. Oui, ça ne sera jamais une réussite totale. Mais d'un point de vue moral, d'un point de vue de la conscience, d'un point de vue de l'estime de soi, je suis heureux de voir grandir les arbres que j'ai sauvés d'une mort certaine. Qu'est-ce que je peux faire contre la folie des hommes de guerre ? Rien. Qu'est-ce que peux faire contre les féminicides ? Rien. Contre les infanticides ? Rien. Contre les coupes-rases partout en France ? Rien. Contre l'extermination de milliers d'espèces animales à travers le monde ? Rien. Contre la mort des coraux ? Rien. Mais je peux planter des arbres alors, je plante, je cherche tous ceux qui sont condamnés parce qu'ils poussent au bord des routes et que la DDE va les couper, sur les pistes forestières où les camions de bois vont les écraser, sur des murs de pierres, les murs des anciens où ils sont à l'étroit, tous ceux qui sont partis sur un mauvais karma, je les déterre et je les installe sur notre terrain, je les arrose, je les bichonne, je leur parle, je les aime.
Je me suis retiré et il faudrait que je le fasse encore plus parce que ce monde des mâles me fait un mal de chien.
JUSQU'AU BOUT
Pierre, le personnage central, a rencontré deux jeunes Hollandaises sur une plage naturiste.
"Tu cherches, tu cherches, c’est difficile et pourtant un jour, ça y est tout arrive et tout devient clair. Et si tu comprends bien, les gens avec toi ils vont comprendre mieux aussi. Des choses différentes mais ça sera mieux pour eux. Tu vas leur faire du bien.
- C’est ce que vous faites avec moi. Vous ne pouvez pas imaginer tout ce que je comprends depuis que je vous ai rencontrées. Et parfois ce sont des choses dont on n’a pas parlé mais qui se sont quand même révélées. Ca aussi c’est étrange. C’est comme si tout mon esprit s’ouvrait parce que vous avez poussé une porte. »
Elles se regardèrent en souriant.
« Ça nous fait très plaisir ça, tu sais, c’est très important pour nous. On veut essayer aussi d’aider le monde. C’est notre participation à cet univers qui est en nous, à cette lumière de tout le monde.
- Mais qu’est-ce que c’est que cette lumière ? Qu’est-ce que c’est exactement ?
- Impossible de répondre. Il y a beaucoup trop de réponses. Chaque peuple a sa réponse. C’est Dieu peut-être. Pour moi Dieu, c’est une sensation pour tous les êtres vivants, une espèce… de complicité ! Tu as dit ça aussi. Le dauphin il saute, l’oiseau il chante, l’enfant il rit, c’est Dieu aussi en eux, tu vois une sorte de bonheur, c’est tout le monde vivant il sent ça parfois. Nous, c’est devant un beau paysage, une jolie personne, une belle musique. C’est la lumière de Dieu, elle brille en nous et elle nous réunit avec toutes les espèces vivantes. Mais les hommes, ils appellent ça Dieu, c’est dommage, ça fait trop penser à une personne humaine. C’est pas une personne bien sûr, c’est pas une forme, c’est juste une sensation, un bonheur sans nom, c’est trop important pour lui donner un nom, il faut laisser la liberté à chacun. C’est le nom tu veux lui donner le bon. C’est tout. Mais Dieu, c’est la rencontre dans toi de toutes les lumières qui sont dehors, alors c’est le grand bonheur. Ta lumière brille plus fort et tu es heureux. Très fort. Ta lumière, elle rencontre les autres lumières de l’océan, du vent, du soleil, des étoiles, de la pluie, de la neige, d’un animal, d’une plante, d’un être humain, d’une musique, d’un paysage, d’un grain de sable. La main d’un enfant dans la tienne, c’est les deux lumières ensemble, alors elles brillent plus fortes. Elles s’ajoutent l’une à l’autre et pourtant elles restent à l’intérieur des deux. C’est formidable. Mais c’est la joie pour faire briller les lumières, pas le malheur. C’est pour ça, on dit toujours le malheur c’est noir. C’est les gens sans la lumière intérieure. C’est pas juste une image, c’est la réalité. Et c’est la vie elle cache la lumière aux gens. Alors, il faut faire un effort pour la retrouver. C’est grave pour les enfants s’ils entendent jamais ça. Nos parents avec le naturisme, c’était aussi pour nous aider à trouver. Souvent, ils nous ont parlé de ça. C’est pour ça les parents, c’est important. C’est pour envoyer les enfants sur le chemin de la lumière. Si tu passes du temps à lutter contre le mal, tu t’occupes du mal et tu lui sacrifies ton énergie. Mais ça ne fait pas remonter la quantité de bien. Il restera pareil. Tu peux même finir par tomber du côté du mal. Mais si tu t’occupes du bien, tu le développes, tu élèves un mur de plus en plus important devant le mal. Et un jour c’est le mal qui se retrouve en position inférieure. Avec les enfants, c’est pareil. Il faut les mettre toujours sur le chemin de la lumière. C’est ça ils cherchent dans leurs vies. Ici beaucoup d’hommes cherchent à obtenir tout le contraire de la lumière. La honte d’avoir gâché la vie les envoie vers le mal. Il faudra beaucoup de gens illuminés pour renverser cette direction. »
Il comprit enfin le dégoût qu’il avait si souvent éprouvé. Lutter contre le mal et devenir le mal…Il s’était laissé piéger."
Par
Thierry LEDRU
Le 06/05/2026
J'écris ce que je suis ou l'inverse.
Ce que je suis nourrit mes écrits.
De "Vertiges" à la quadrilogie, je sais que j'ai changé et mes écrits m'accompagnent.
"Là-Haut" et à "A coeur ouvert", c'est l'amour de la vie.
"Jusqu'au bout", c'est la révolte mais la nature apaise et l'amour réjouit.
"Kundalini", c'est l'amour dans son entièreté. Physique, existentiel, émotionnel, intellectuel et au-delà de la raison.
"Les héros sont tous morts", c'est la violence des hommes.
Et maintenant, les trois tomes qui suivent, c'est la violence de l'humanité toute entière. Et l'histoire des quelques individus qui résistent à cette folie.
Je sais que mes lectures ou les vidéos que je visionne contribuent à renforcer cette conscience que nous tous, humains, sommes devenus des prédateurs, fondamentalement des prédateurs. D'exister suffit à porter atteinte à la vie, à divers degrés bien entendu, mais c'est inévitable.
Je n'aime pas l'humanité, non pas a priori mais par vieillesse. Ce qui exlique pourquoi je vois aussi peu de monde. Je ne veux pas venir nourrir ce désamour par des rencontres néfastes.
« Quand tu regardes longtemps dans un abîme, l’abîme regarde aussi en toi. » Nietzsche.
La profondeur de cet abîme, on ne l'imagine pas en fait. On s'y habitue, au fil des ans et puis, un jour, on réalise que cette impression était fausse. C'était du dégoût qu'on ne voulait pas laisser remonter.
Et donc, j'écris le tome 4, tout s'est effondré, l'humanité est en lambeaux et la nature embellit jour après jour.
Par
Thierry LEDRU
Le 03/05/2026
La Nausée est un roman fondateur de l’existentialisme, dans lequel Jean-Paul Sartre met en scène Antoine Roquentin, un homme confronté à l’absurdité de l’existence. À travers son journal intime, Roquentin décrit un malaise profond face au monde qui l’entoure.
"C'est venu à la façon d'une maladie, pas comme une certitude ordinaire, pas comme une évidence. Ça s'est installé sournoiseusement, peu à peu."
C'est étrange de voir à quel point nos lectures peuvent être le reflet de ce que nous sommes.
Je ne cesse de tomber sur des phrases qui s'allument comme des panneaux d'affichage, des écrans gigantesques qui ferment tous les horizons, des phrases que je ne peux éviter, qui sont comme des phares sur l'océan, des alertes sur les dangers.
"L'essentiel est sans cesse menacé par l'insignifiant." René CHAR
Voilà la raison de ma nausée.
Je n'ai pourtant pas cherché ses phrases, je lisais le livre de Sorj Chalendon " Le livre de Kells".
"Ce n’est pas seulement son récit personnel qu’il retrace ; c’est celui d’une jeunesse en quête d’idéaux, opposée aux injustices, et d’une époque qui pourrait paraître surannée désormais, où l’on rêvait encore de révolution et d’égalité sociale. Et comme ses titres précédents, c’est le genre de livre qui ébranle et qu’on n’oublie pas."
Lire la critique sur le site : LaPresse
Révolution et égalité sociale, des thèmes récurrents dans les années 1970. Est-ce que ces mouvements de contestation, parfois violents, ont abouti ? Non, rien, le néant. Que celui ou celle qui pense qu'aujourd'hui, l'égalité est plus profonde qu'il y a trente, quarante ou cinquante ans vienne m'en donner les raisons.
Cette révolte, aujourd'hui, quelle forme devrait-elle prendre ? Pour quelle cause ? Celle de la planète, celle du Vivant. Mais les 17 000 jeunes qui se sont regroupés dans le Cher pour une rave party, pour danser, fumer, boire, être dans l'absence, dans la fuite ont-ils une idée de l'absurdité de leurs actes, sont-ils si égarés que la nausée les a totalement submergés et que le nihilisme soit devenu leur ligne de conduite ?
Ici, dans la commune, pendant le week end, les jeunes passent dans les rues en gueulant dans un mégaphone et en demandant une pièce pour financer leur prochaine soirée, c'est comme ça une fois par an. Ils ne sont pas venus jusque chez moi, trop loin des routes principales, trop isolé. Je savais pourtant bien ce que j'allais leur dire.
Quel est le sens de vos actes ?
Quelle reconnaissance espérez-vous ?
Quelle image acceptez-vous de donner de vous-mêmes ?
"Si vous ne savez pas quoi faire, si vous n'avez aucune idée de ce qui pourrait avoir du sens, je vous emmène dans les gorges de la Daronne pour reconstruire le gué qui a été emporté par les crues de l'automne dernier et qui coupe le chemin de randonnée et oblige les randonneurs à se déchausser pour traverser le cours d'eau. Et puis ensuite, vous venez avec des machettes et on va débroussailler le chemin de Maurins qui disparaît sous la végétation, tronçonner les arbres qui sont tombés en travers, refaire le balisage, rénover les panneaux et puis ensuite on ira désherber le terrain de boules du hameau et poncer et repeindre les tables et les bancs et on organisera un tournoi avec les Anciens et puis ensuite, on ira nettoyer les abords du cimetière où des abrutis ont pris l'habitude de venir jeter leurs déchets et on mettra un panneau pour prévenir les connards que le premier qui nous tombe sous la main, on videra tous les sacs poubelle dans sa bagnole et puis ensuite on organisera une journée parcours d'orientation pour les enfants de l'école primaire et puis ensuite on demandera à la mairie de faire passer le message que si des Anciens ont besoin d'un coup de main pour leur potager ou débroussailler leur terrain, on est volontaires.
Et là, quand vous verrez le regard reconnaissant des gens, vous n'aurez plus la nausée et vous arrêterez de vous perdre dans l'insignifiant."
L'essentiel n'est pas illusoire, il n'est pas insaisissable, il n'est pas réservé à des élites pensantes, il est dans les actes qui ont du sens.
Nous voyons ce que nous sommes
Par
Thierry LEDRU
Le 02/05/2026
"Nous ne voyons jamais les choses telles qu'elles sont; nous les voyons telles que nous sommes." Anaïs NIN
Une évidence pour moi.
Les individus qui se désintéressent totalement de l'état de la planète sont-ils fondamentalement des gens insousciants ?
Les individus, comme moi, qui ne s'intéressent quasiment plus qu'à ça sont-ils fondamentalement des gens angoisssés ?
Pour ma part, je répondrais que je n'éprouve aucune angoisse au regard de l'avenir mais essentiellement de la tristesse. La conscience d'un épouvantable gâchis.
Je rappelle juste un fait :
Comparatif de la biomasse : humains, animaux d’élevage et animaux sauvages
Répartition globale de la biomasse des mammifères terrestres
Humains32 % : L’être humain représente un tiers de la masse totale des mammifères.
Animaux d’élevage 65 % : Les bovins, chevaux, porcs, poulets, etc. constituent la majorité de la biomasse animale.
Animaux sauvages 3 % : La biomasse des mammifères non domestiques ne représente qu’une petite fraction.
Les humains et les animaux d’élevage combinés représentent 97 % de la biomasse totale des mammifères, tandis que les animaux sauvages ne représentent que 3 %
.
Tendances historiques (2 derniers siècles)
La biomasse du bétail a augmenté de 400 % depuis 1850, reflétant l’expansion de l’élevage industriel.
La biomasse des mammifères sauvages a diminution de 70 % sur la même période, indiquant une perte massive de la faune sauvage.
Cette évolution montre que la domination humaine sur la nature s’est traduite par une augmentation massive de la biomasse domestique au détriment de la biomasse sauvage
.
Implications
La supériorité numérique de la biomasse domestique (humains + élevage) sur la biomasse sauvage souligne l’impact profond de l’activité humaine sur les écosystèmes.
La forte croissance de la biomasse du bétail, combinée à la diminution de la biomasse sauvage, accentue les pressions sur les habitats naturels et la biodiversité.
Les chiffres montrent que la plupart de la masse animale sur Terre est désormais liée à l’élevage et à l’activité humaine, tandis que la faune sauvage constitue une fraction marginale.
En résumé, les humains et les animaux d’élevage dominent la biomasse des mammifères terrestres, représentant ensemble 97 % de la masse totale, alors que les animaux sauvages ne représentent que 3 %. La biomasse du bétail a explosé de 400 % tandis que celle des mammifères sauvages a chuté de 70 % au cours des deux derniers siècles.
L'humanité a fait de cette planète un garde-manger.
Ce qui n'empêche pas une partie de la population mondiale de souffrir de faim, ce qui rend le constat encore plus effrayant.
Cette réalité que je constate, j'en prends note parce qu'elle atteint ce que je suis.
Si les individus qui en connaissent la réalité ne changent rien à leur mode de vie et continuent à participer à cet état de fait, sans qu'aucun problème de conscience ne vienne les questionner, c'est que "l'égo encapsulé" a davantage d'importance que tout le reste.
Quant à ceux ou celles qui viendraient évoquer le fait "qu'ils ne savaient pas que c'était si grave", je dirais juste que c'est désolant.
Quant à ceux et celles qui argumenteraient leur indifférence en arguant que "de toute façon, c'est trop tard", je leur dirais juste de s'imaginer expliquer aux espèces en voie d'extinction, faune et flore, à chaque individu, qu'on ne peut plus rien pour eux.
Personnellement, quand je pense aux vanneaux qui ont disparu, j'ai juste envie de pleurer. Et si je me mets à penser à la liste des espèces intégralement disparues, j'ai juste envie de me saouler.
Menaces - protection
♂ adulte plum. nuptial
Quasi
menacé
Le Vanneau huppé a souffert par le passé de l'intensification de la pression humaine sur les espaces sauvages "améliorables" et du drainage des terres humides. Cette pression reste un problème de nos jours, particulièrement le retournement des prairies au profit de la culture, l'élevage étant moins rentable. L'amélioration des prairies restantes par roulage, drainage, application d'engrais inorganiques est un autre problème.

