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Thierry LEDRU
Le 31/03/2026
En lisant l'article suivant, je me suis dit qu'il serait temps de créer une page "Thème" sur l'école et donc je suis allé voir dans les archives.
Il y a une cinquantaine d'articles. Alors, non, je ne vais pas créer de thème sur l'école. C'est très long de sélectionner et d'enregistrer les articles sur une nouvelle page. Peut-être un jour, quand je serai vraiment vieux et que l'école publique n'existera plus ^^ J'ai quand même reposté un des premiers textes du blog sous cet article. En 2010, déjà, je voyais mal la suite.
"Ils n'ont pas encore eu une leçon d'histoire de l'année", une "classe de rue" pour alerter sur le manque de professeur remplaçant
Publié le31/03/2026 à 16h53
Temps de lecture : 4 min
Depuis trois mois, les élèves de CM1 de l’école Jeanne d’Arc subissent l’absence de leur professeur titulaire, remplacé de manière aléatoire. Parents et enfants ont organisé une "classe de rue" devant l’Inspection académique pour dénoncer le manque criant de remplaçants. Une situation loin d'être unique en Île-de-France.
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Munis de chaises d'école, des parents d'élèves et leurs enfants âgés de 8 à 9 ans se sont donné rendez-vous ce mardi matin devant l'école élémentaire Jeanne d'Arc avant de prendre la direction de l'Inspection académique pour y organiser une manifestation symbolique et insolite. Une "classe de rue" pour dénoncer le manque de professeurs remplaçants dans l'une des classes de leur école.
Voilà trois mois que ces élèves de CM1 subissent une situation scolaire jugée "chaotique" par ces parents mobilisés. Le professeur titulaire de leur classe est absent et il n’est remplacé que de manière épisodique et aléatoire.
"Les enfants voient des têtes différentes, doivent se réadapter, ont des professeurs qui n’ont pas du tout les mêmes méthodes. Et ça contribue finalement à un déséquilibre. Il n'y a aucune continuité pédagogique", déplore Claudia Guichard, mère d'un élève. "Dernièrement, on a eu un remplacement pendant trois semaines. Brutalement il a dû être affecté à une autre école et on ne connaît pas la raison", s'indigne-t-elle.
Devant les portes closes de l'Inspection académique dans le 5e arrondissement, la "classe de rue" improvisée prend forme sur le trottoir. Sous le regard attentif de leurs parents, une douzaine d'élèves, assis sur leurs chaises disposées en rangées, brandissent sagement des ardoises scolaires. "On veut un remplaçant !" peut-on y lire. "On n'a plus de maître et c'est plus possible. On est très déjà trop en retard dans notre programme", explique Camille, élève de CM1. "On s'ennuie et quand on est dispersé dans les classes, on est jamais avec nos copains", souligne amèrement Liliana.
"On sollicite l'Inspection académique depuis le mois de janvier et en fait, on n'a jamais de réponse. On voit nos enfants comme ça s'enfoncer et qui se sentent de plus en plus mal", regrette ce parent d'élève.
"Sur les bases actuelles de leur programme, ils n'ont fait qu'une moitié d'année scolaire. Ils n'ont pas encore eu une leçon d'histoire de l'année. C'est dire la vacuité pédagogique dans laquelle on les laisse et ça c'est insupportable. Pas une seule leçon d'histoire. On est dans une démocratie et c'est central pour comprendre le monde. Pour nous parents, c'est insupportable", dénonce-t-il.
Sollicitée, l'Inspection académique n'a pas pour l'instant répondu à notre demande d'entretien.
"Je ne peux pas me substituer à l'Education nationale"
En l'absence d'un enseignant attitré, les élèves de CM1 de l'école Jeanne sont répartis par groupe dans d'autres classes les surchargeant un peu plus. À l'école Elémentaire Clémenceau A au Perreux-sur-Marne dans le Val-de-Marne, un scénario similaire se joue.
Depuis le 16 janvier, une maîtresse titulaire de la classe de CE2 est absente pour maladie. Après trois semaines de remplacement avant les vacances d’hiver, les 27 élèves de cette classe se retrouvent sans encadrement pédagogique. Un remplacement de trois jours est bien prévu cette semaine, mais au-delà, les parents sont encore dans l'incertitude.
Des enfants commencent à être déjà tous démotivés d'aller à l'école
Cheida André, parent d'élève
"Il n'y a pas de cours, pas de pédagogie. Moi, j’habite au Perreux-sur-Marne et je travaille à Paris. Je ne peux pas consacrer deux heures le soir pour faire bosser mon enfant et le faire avancer sur son programme. Je ne peux pas me substituer à l'Education nationale", explique Cheida André, mère d'un élève.
"On leur a dit : 'mais donnez-nous des cahiers d'activités à leur niveau pour les faire bosser". On nous dit : 'mais on n'a pas le budget photocopies'. À un moment donné, il y a quand même un problème !", s'offusque-t-elle.
Ce 31 mars, les syndicats de l'Éducation nationale ont appelé à une grève générale contre les suppressions de postes, pour la revalorisation des salaires, et contre les fermetures de classes. Une classe de l'École Jeanne d'Arc du 13e arrondissement comme 151 autres à Paris pourraient être fermées dans la capitale à la rentrée prochaine d'après le rectorat.
Un des premiers articles sur l'école, c'était en 2010..
De l'école.
Par Thierry LEDRU Le 17/03/2010 0
Une réflexion que je me faisais sur mon rôle en tant qu'instituteur.
Il me suffit de regarder 20 ans en arrière pour voir déjà une dégradation. Dans les acquis mais également dans l'image associée à l'école. Cette institution a perdu de son aura. La faute aux enseignants, aux gouvernements, aux syndicats, à toutes les têtes dirigeantes de tous bords. Les parents dans tout ça ne font que subir et cherchent à sauver leur progéniture. Par le conflit, l'adhésion ou l'indifférence. Les enfants de leur côté s'adaptent ou tombent dans le fossé.
Personnellement, je pense que tout ça ne vaut plus grand-chose. Et que l'avenir de l'école publique est très sombre. C'est volontaire d'ailleurs. Une école privée majoritaire coûtera beaucoup moins cher à un gouvernement. On fera le point dans dix ans.
Quant aux enseignants, j'en connais d'extraordinaires. Il y en a même beaucoup. Et puis il y les autres. Ceux-là ont brisé le sanctuaire. Et je les hais.
Doit-on s'en tenir à l'instruction ou doit-on prendre en charge également l'éducation?
Pour ma part, la réponse est évidente. Sans éducation l'instruction est impossible. Il ne s'agirait que d'un intérêt pour le contenu et pas le contenant. J'entends par "éducation" non pas l'adhésion à une morale mais l'ouverture de l'humain à des notions spirituelles. L'instruction se limite à l'instruction d'un savoir. Pas nécessairement d'un savoir être. On peut être instruit et totalement inapte à la vie. L'éducation suppose une connaissance de soi, une conscience de la vie dans ce qu'elle a de plus profond. L'éducation doit promouvoir le développement de l'individu, un être sensible, intelligent, cultivé, respectueux, ouvert, critique et auto critique, responsable, aimant, contemplatif et déterminé. Un être engagé et non passif. Celui qui reçoit de l'instruction est un être passif que l'on remplit. Mais dont le vide intérieur est un gouffre gigantesque quand son mental se complaît dans le gavage.
Je n'aime pas ce que l'école propose aux enfants. S'il ne s'agit que d'instruction, je ne suis qu'un subordonné aux mains d'un despote. Je ne veux pas formater, je ne veux pas de statistiques, pas de graphiques, pas de remédiations dès lors qu'on laisse croire que cela suffit à éveiller l'individu.
Je pense que l'enseignant est avant tout un éducateur, "un passeur de sens", comme le dit René Barbier. L'éducateur est en premier lieu celui qui "est" ce qu'il propose de transmettre. Il ne s'agit pas de leurrer l'auditoire, ça serait un mensonge inacceptable. L'enseignant est celui qui met toute sa passion, son énergie, son enthousiasme, sa joie de connaître et de "vivre" ses connaissances au service des enfants. Il est impossible de délivrer un message, quel qu'il soit, s'il n'y a pas de messager. Et il ne s'agit pas d'être simplement un facteur. Mais un éveilleur. La meilleure évaluation se trouve au fond des yeux des enfants. Qu'ils soient brillants d'ardeur et la mission est menée. Le reste suivra. Peu importe le temps que ça prendra. Il convient de respecter les rythmes de chacun. Ce qui compte, c'est que le brasier soit allumé. Chaque individu y apportera le combustible nécessaire en fonction de ses désirs, de ses forces. Il n'y a pas de technique, il n'y a que l'énergie. Et l'Amour.
Selon l'étymologie, l'éducation signifie "nourrir" par le latin "educare" et également "conduire hors de" par une seconde version, "educere".
Il n'est pas difficile de comprendre qu'il ne s'agit pas de gaver mais bien d'apporter les éléments et les ressources favorables à une auto-suffisance..."Donne-moi un poisson et j'aurai à manger aujourd'hui. Apprends-moi à pêcher et j'aurai à manger toute ma vie." Il ne faut pas oublier d'apprendre à connaître et à aimer le poisson. Ca évite le pillage...
Dans l'idée de conduire l'individu "hors de", j'entends par là la nécessité d'extraire l'individu de son petit moi, de sa suffisance ou de son hébétude, de sa léthargie, de sa complaisance envers lui-même, de ses conditionnements, de ses formatages, de ses abandons, de ses hallucinations...Si l'instruction scolaire entretient, développe, favorise cet embrigadement, elle va à l'encontre de l'homme pour ne s'occuper que du citoyen...Mais le citoyen est manipulable, il croit et se satisfait des "nourritures " qu'il reçoit. Juste des farines animales dont il se délecte au point de jalouser celles du voisin...Consternant. Et magistralement entretenu par les masses opaques du pouvoir. Pas les politiciens, ceux-là ne sont que des marionnettes infatuées. Le pouvoir est aux mains de ceux qui ne se montrent pas, ceux qui possèdent les richesses, ceux qui manipulent les marionnettes. Toutes les marionnettes...
Si l'instruction est destinée à forger des esprits martelés et cadenassés afin que ces individus s'engagent dans une vie sociale légiférée, réglementée et qu'ils s'en satisfassent, alors c'est que l'éducation est morte. Car l'éducation est sans fin. Elle est toujours ce brasier qui ne s'éteindra qu'à la mort. Cette idée répétée aux enfants qu'ils doivent aller à l'école pour avoir un bon métier est une abomination.
Lorsque des enseignants se contentent de recevoir une "formation continue" et s'imaginent dès lors évoluer favorablement parce qu'ils sont au courant des dernières techniques d'apprentissage, ils ne sont que des vaches à lait adorant leur avoine et la main condescendante du fermier qui les trait... Je hais les enseignants qui ne sont que des fonctionnaires.
L'instruction est politique.
L'éducation, quant à elle, s'intéresse à l'homme.
Si on calcule le temps que passent les enfants en face d'enseignants, je ne pense pas qu'on puisse exclure ceux-ci de la dimension éducative. Il me semble même qu'elle reste à la source et qu'une fois ce rapport humain établi il est possible d'envisager l'instruction. C'est parce que l'enfant sentira que l'enseignant le considère avant tout comme un individu et pas uniquement comme un élève qu'il acceptera pleinement ce rôle d'élève.
Il est impossible à mes yeux d'envisager des apprentissages scolaires en dehors de ce rapport humain. Quand je parle d'éducation, je ne limite pas ça à des règles de vie mais je l'étends à la dimension existentielle.
Dès lors qu'on légifère l'enseignement, on n'éduque pas. On soumet.
La loi est un garde-fou quand plus rien d'autre n'est envisageable. Il suffirait pourtant de créer des groupes de paroles dans les villes, des réunions de parents avec des gens formés, créer des postes d'éducateurs, de psychologues, d'enseignants éveillés et non de simples "techniciens de surfaces", pour aider profondément. On va me dire que ceux qui en ont besoin ne viendront pas et c'est faux, archi faux, je le vois dans mon métier, rares sont ceux qui refusent qu'on les aide, ça n'est qu'une excuse pour se dédouaner... Il faut créer des lieux de rencontres encadrés par du personnel, créer des postes, construire des salles d'accueil, des foyers sociaux éducatifs, des salles de jeux, favoriser les rencontres mais pas dans l'abri bus ou près des containers à poubelle. Il n'y a plus rien dans les villes, tout disparaît, les salles sont fermées, il n'y a plus assez d'éducateurs de rues, on travaille à l'envers.
Faire une loi, c'est ce qui coûte le moins cher à l'Etat. Et on renvoie chacun avec ses problèmes. On condamne avant même d'avoir cherché à aider.
" Je me demande si nous nous sommes jamais posé la question du sens de l'éducation. pourquoi va t-on à l'école, pourquoi étudie t-on diverses matières, pourquoi passe t-on des examens, pourquoi cette compétition pour l'obtention de meilleures notes?
Que signifie cette prétendue éducation et quels en sont les enjeux?
C'est une question capitale, non seulement pour les élèves, mais aussi pour les parents, les professeurs, et pour tous ceux qui aiment cette terre où nous vivons.
Pourquoi nous soumettons nous à cette épreuve qu'est l'éducation?...
... La fonction de l'éducation n'est-elle pas plutôt de nous préparer, tant que nous sommes jeunes, à comprendre le processus global de l'existence?
... Assurément la vie ne se résume pas à un travail, un métier; la vie est une chose extraordinaire, un grand mystère, ample et profond, un vaste royaume au sein duquel nous fonctionnons en tant qu'êtres humains..."
" C'est pourquoi il est d'une grande importance que nous soyons éduqués de façon authentique- sans être étouffés par la tradition, sans tomber dans le destin tout tracé d'un groupe racial, culturel ou familial particulier, sans de venir des êtres mécanisés en marche vers une fin déterminée.
...Celui qui comprend l'ensemble de ce processus, qui rompt avec lui et qui fait front tout seul,- cet homme là est le moteur de son propre élan..."
Krisnamurti
Le Sens du Bonheur: Chapitre I) l'Education Chap XIII) Egalité et liberté
Une liste de questions débattues en classe avec mes élèves pendant les "débats-philo"
Doit-on supprimer l’école ?
A-t-on le droit de désobéir ?
Un ami et un copain, est-ce que c’est pareil ?
Peut-on dépasser ses peurs ?
Tout le monde peut-il être courageux ?
Tout le monde peut-il être heureux ?
Doit-on toujours éviter les situations dangereuses ?
Est-ce que la peur peut être utile ?
Est-il raisonnable de risquer sa vie pour une passion ?
Est-il possible d’arrêter d’apprendre ?
Peut-on apprendre en s’amusant ?
Peut-on définir clairement l’intelligence ?
Est-il nécessaire de faire ses propres expériences pour comprendre une idée ?
Apprendre et comprendre, est-ce que c’est pareil ?
Est-ce que le progrès suffit à prouver que nous sommes intelligents ?
Est-il nécessaire de toujours progresser ?
Peut-on se contenter de vivre comme nos ancêtres ?
Est-ce que notre opinion peut changer ?
Une personne handicapée a-t-elle les mêmes droits que les personnes valides ?
Doit-on toujours respecter les idées des autres ?
Est-il possible de vivre seul ?
Sommes-nous influencés par les autres ?
Est-ce que quelqu’un d’intelligent peut être méchant ?
Est-ce qu’il suffit de vivre pour exister ?
Un enfant dans sa famille a-t-il les mêmes droits que ses parents ?
Un adulte doit-il toujours répondre à la question d’un enfant ?
Peut-on ne pas avoir peur de la mort ?
Peut-on combattre l’injustice par la violence ?
Est-ce qu’il suffit d’être riche pour être heureux ?
Est-ce que nos erreurs sont utiles ?
Est-ce que le passé est utile dans le présent ?
Est-ce que le présent sert uniquement à préparer l’avenir ?
Est-il possible de définir ce qui est beau ?
Est-il possible de définir la beauté intérieure ?
Mon corps est-il à moi ?
Est-ce qu’il suffit d’être intelligent pour être sage ?
Qu’appelle-t-on la sagesse ?
Peut-on apprendre la sagesse tout seul ?
Est-ce que l’animal a conscience de lui-même ?
Nos cinq sens suffisent-ils à tout comprendre ?
Existe-t-il des formes de communication que nous ne comprenons pas ?
Tous les animaux ont-ils un langage ?
Est-ce qu’il est grave de tuer un insecte ?
Doit-on respecter un animal comme on respecte un être humain ?
Doit-on respecter une plante comme on respecte un animal ?
Est-ce que toutes les formes de vie ont une importance ?
Est-ce qu’une grande personne est toujours plus intelligente qu’un enfant ?
Les autres sont-ils indispensables à notre bonheur ?
Est-ce que les autres peuvent nous empêcher d’évoluer ?
Est-ce que les modes sont importantes ?
La télévision nous apprend-elle autant que les livres ?
Sommes-nous dépendants du progrès ?
Est-il nécessaire d’avoir des idoles ?
Est-il dangereux d’avoir des idoles ?
Est-ce que les héros d’aujourd’hui sont les mêmes qu’autrefois ?
Est-il important de se souvenir ?
Est-il important de se souvenir des morts ?
Est-ce qu’il est possible de définir l’âme ?
Est-ce qu’il est possible de définir l’esprit ?
Notre corps a-t-il une volonté ?
Est-ce que les sociétés modernes s’intéressent autant à l’esprit qu’au corps ?
Est-ce qu’il suffit de connaître son corps pour se connaître ?
Est-ce que le fait de souffrir peut être utile ?
Est-il possible de contrôler toutes ses pensées ?
Est-il possible de définir la conscience ?
Est-ce que notre conscience suffit à nous empêcher de faire du mal ?
Peut-on avoir clairement conscience de la vie ?
Est-ce que l’existence est nécessairement rattachée à un objectif ?
Peut-on affirmer que nous sommes maîtres de nous-mêmes ?
Sommes-nous réellement libres ?
Comment définir l’amour ?
Est-ce que l’amour nous rend prisonnier ?
L’amour permet-il à l’homme de progresser ?
L’amour est-il limité à quelques personnes ?
A-t-on besoin d’être aimé ?
A-t-on besoin d’aimer ?
Est-il utile de faire partie d’un groupe ?
Est-ce que la compétition est utile ?
Est-ce que les notes sont nécessaires ?
Doit-on avoir nécessairement une bonne note pour être fier de soi ?
La poésie peut-elle servir à défendre des idées ?
Peut-on vivre sans machine ?
Peut-on définir clairement la vérité ?
Peut-on perdre son temps ?
La science peut-elle tout expliquer ?
Peut-on définir clairement la morale ?
La morale est-elle toujours au bénéfice de l’homme ?
La morale est-elle partout la même ?
Doit-on s’occuper de la Terre comme d’un être vivant ?
Comment définir ce qui est vivant ?
Est-ce que nous pensons par nous-mêmes ?
Sommes-nous responsables de tous nos actes ?
Est-il important de s’interroger ?
L’état est-il ennemi de la liberté ?
Liberté et égalité sont-elles compatibles ?
Le plaisir conduit-il au bonheur ?
Peut-on être maître de son destin ?
Conscient et inconscient, qu’est-ce que ça veut dire ?
Notre éducation détermine-t-elle notre vie ?
C'est à travers ces débats que tout le reste prend forme, que le travail cognitif s'instaure de lui-même. Sans aucune réticence. Pour une simple raison : ce sont les enfants qui s'expriment et qui acceptent dès lors d'endosser la tâche d'être aussi des élèves.
L'enfant est un individu. L'élève est une fonction. Et la fonction ne doit jamais l'emporter sur l'intégrité de l'individu. Tant que l'éducation nationale et ses sbires n'admettront pas qu'il est inacceptable de nier les individus pour les enfermer dans une fonction, les écoles ne seront que des enceintes carcérales.
Par
Thierry LEDRU
Le 31/03/2026
Par
Thierry LEDRU
Le 31/03/2026
Léo, le benjamin de la famille, a un doctorat en écologie. Les vidéos qu'il produits ont pour but de présenter ce qu'est l'écologie théorique de manière ludique. Voilà la quatrième vidéo. Cette réflexion se nourrit d'études scientifiques et la modélisation permet d'en avoir une vision animée, ce qui pour des "non scientifiques" de formation, comme moi, est d'une aide précieuse.
Les précédentes vidéo sont disponibles dans la page "Ecologie théorique"
Par
Thierry LEDRU
Le 28/03/2026

Pascal Boniface
Directeur de l’IRIS
Pascal Boniface est le fondateur et directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS).
Pascal Boniface dirige également La Revue internationale et stratégique (parution trimestrielle depuis 1991) et L’Année stratégique (parution annuelle depuis 1985).
Il a écrit plus de quatre-vingt ouvrages ayant pour thème les relations internationales, les questions nucléaires et de désarmement, les rapports de force entre les puissances, la politique étrangère française, l’impact du sport dans les relations internationales (il a développé le concept de géopolitique du sport), le conflit du Proche-Orient et ses répercussions en France. Nombre d’entre eux sont devenus des classiques réédités régulièrement et traduits dans plusieurs langues.
Pascal Boniface publie de nombreux articles dans des revues internationales de géopolitique, intervient régulièrement dans les médias, nationaux ou internationaux, écrits ou audiovisuels et fait de nombreuses conférences et débats en France et à l’étranger. Il est l’un des géopolitologues les plus suivis sur les réseaux sociaux, notamment Twitter, Facebook et TikTok. Il décrypte l’actualité internationale en vidéo sur sa chaîne YouTube et son podcast hebdomadaire « Comprendre le monde » où il est suivi par plus de 450 000 abonnés, ainsi qu’à travers ses différents blogs : IRIS, Mediapart et personnel.
Pascal Boniface est consultant pour les questions géopolitiques du Musée de l’Olympisme et consultant géopolitique pour l’ONG Peace and Sport.
Pascal Boniface est Chevalier de l’Ordre national du mérite, Officier de la Légion d’honneur et Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres. Il a également reçu le prix Vauban en 2011.
L'accès barré au canal de Suez, là, on comprendrait vraiment ce qu'est un effondrement économique.
Par
Thierry LEDRU
Le 28/03/2026
C'est assurément la première fois que je poste une ITW d'un homme politique pour autre chose que de le critiquer ^^. Mais s'il y a bien un diplomate que j'aime encore écouter, c'est bien Dominique de Villepin.
"La justice sans la force est impuissante, la force sans la justice est tyrannique. La justice sans force est contredite, parce qu'il y a toujours des méchants ; la force sans la justice est accusée. Il faut donc mettre ensemble la justice et la force, et pour cela faire que ce qui est juste soit fort, ou que ce qui est fort soit juste".
Blaise Pascal
Par
Thierry LEDRU
Le 28/03/2026
Oui, je sais, le titre est quelque peu ambigu, car comment comprendre un évènement qui devrait être incompréhensible au regard de la folie qui le nourrit ? Il n'en reste pas moins que l'évènement lui-même peut passer par le filtre de l'analyse et par conséquent de la raison... Aïe, utiliser la raison pour comprendre la folie de la guerre... On est bien confronté là à la particularité de cette espèce connue sous le nom de "sapiens sapiens"...
"L'expression Homo sapiens sapiens désigne l'homme moderne, avec sapiens signifiant "sage" en latin, et le doublement de sapiens indiquant une sous-espèce de l'espèce Homo sapiens."
On doit donc chercher les personnes les plus compétentes pour l'usage de leur raison objective pour comprendre la folie de la guerre.
Julia Tomasso en fait partie.
https://www.iris-france.org/chercheurs/julia-tomasso/
"Julia Tomasso est enseignante-chercheuse au sein des Programmes Industrie de défense et de haute technologie et Moyen-Orient / Afrique du Nord à l’IRIS. Elle est spécialisée dans les politiques industrielles de défense et les cultures stratégiques en Europe et au Moyen-Orient. Julia Tomasso s’intéresse notamment à l’industrie de l’armement iranienne et turque.
Elle est diplômée d’une double Licence en science politique et islamologie à l’Université McGill de Montréal, ainsi que d’un Master spécialisé sur le Moyen-Orient à l’Université SOAS de Londres. Durant ses études, elle s’est spécialisée sur la défense iranienne, les partenaires non-étatiques de l’Iran ainsi que les questions islamiques, notamment l’instrumentalisation de concepts théologiques coraniques par les groupes terroristes. Elle maîtrise le farsi et le turc à un niveau intermédiaire.
Avant de rejoindre l’IRIS, Julia Tomasso a réalisé des stages au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés en Équateur ainsi qu’auprès du ministère des Armées sur la doctrine militaire iranienne. Elle a ensuite travaillé pour le Cambridge Middle East and North Africa Forum, un think tank londonien, en tant que rédactrice spécialisée sur les enjeux de défense en Iran et en Syrie."
51 520 vues Diffusée en direct le 24 mars 2026
Chaque mardi, je reçois un membre de l'équipe de recherche de l' @institutiris pour décrypter un fait d'actualité internationale. Aujourd'hui, échange avec Julia Tomasso, chercheuse à l’IRIS au sein des programmes Défense, Stratégie, Armement et Moyen-Orient / Afrique du Nord, autour de la stratégie iranienne dans le conflit qui l’oppose aux États-Unis et à Israël.
Par
Thierry LEDRU
Le 28/03/2026
Comme vous avez pu le constater, le blog a changé et je n'en suis pas responsable. Je n'avais aucunement envie de changer le graphisme, les couleurs, la mise en page etc...
C'est l'hébergeur qui m'a envoyé un message pour me dire que le "thème" que j'utilisais allait disparaître et que je devais en choisir un autre...
Bon, pourquoi changer quelque chose qui convient, je n'en sais rien. Cette mode du changement me déplaît fortement.
D'autant plus que je ne suis pas informaticien, que ça me saoule, que je n'aime pas passer des plombes à chercher comment faire ci, comment faire ça pour au final ne rien réussir.
Donc, je suis désolé pour ce changement soudain. Personnellement, je n'aime pas du tout cette présentation.
J'ai demandé aux personnes responsables du site d'hébergement de m'aider mais la dernière fois que j'ai eu besoin d'une intervention, je n'ai rien compris à leur réponse... C'est pénible, et même très pénible, ces gens très compétents dans leur domaine et qui pensent que quand un néophyte comme moi a besoin d'aide, on peut lui répondre avec des termes et des phrases incompréhensibles.
Je viens de passer une bonne partie de la matinée (qui du coup était une mauvaise partie) à essayer d'améliorer les choses mais sans succès.
A voir la semaine prochaine quand j'aurai eu une réponse (si tant est qu'elle soit compréhensible et applicable...)
Par
Thierry LEDRU
Le 27/03/2026
Je partage parce que j'aime les gens passionnés, habités par la détermination, la foi dans leur travail et parce qu'en plus, il s'agit des livres, de la littérature, de cette création des esprits qui sans les maisons d'édition ne pourrait être partagé.
En Ardèche, une maison indépendante entre artisanat du livre et pari sur les auteurs
https://actualitte.com/article/130174/edition/en-ardeche-une-maison-independante-entre-artisanat-du-livre-et-pari-sur-les-auteurs
Aux Vans, en Ardèche méridionale, LEAP | Les éditions au pluriel avance à rebours des logiques industrielles du livre. Peu de titres chaque année, un catalogue hétérogène, des paris éditoriaux, une imprimerie à l’origine de l’aventure, et un ancrage local qui ne se confond pas avec une ligne de terroir. La maison dirigée par Fabienne De Dyn s’est construite au fil des rencontres, des manuscrits inattendus et d’un rapport très concret à l’objet imprimé.
Publié le :
26/03/2026 à 12:06
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Fabienne De Dyn ne vient pas du sérail éditorial au sens classique. Son entrée dans le métier procède d’un désir ancien, longtemps différé, puis réactivé par une opportunité entrepreneuriale. « J’ai toujours eu une passion pour le livre et si j’avais pu choisir mes études, à l’époque j’aurais pu devenir prof en littérature, en lycée, ou à la fac. Voilà. C’est des rêves qui ne sont pas arrivés. »
De l’imprimerie à l’édition indépendante
Avant de créer sa propre structure, elle a travaillé dans des univers très différents, des mairies au privé, de la comptabilité à d’autres fonctions administratives. Puis, en 2014, la reprise d’une petite imprimerie lui ouvre enfin une porte vers ce qu’elle voulait faire depuis longtemps : « Quand j'ai la possibilité de reprendre une petite imprimerie, je me suis dit que c’était l’occasion de commencer ce boulot d’éditeur que j’avais touché auparavant en travaillant pour une autre maison d’édition, La Fontaine de Siloé. »
Cette reprise n’a pas seulement représenté un changement professionnel. Elle a constitué le point de départ d’une activité qui articule très étroitement indépendance, technique et goût du contact. « C’était à la fois l’envie d’être indépendante et de m’ancrer dans un univers qui me correspond : le papier, la création. Un travail très enrichissant, qui mêle le contact humain, une dimension créative forte, mais aussi un savoir-faire manuel et technique qui me plaît énormément. »
Dans cette configuration, la maison d’édition naît moins d’un « business plan » que d’une extension naturelle de l’atelier. Le premier livre ne sortira qu’en 2017, mais la logique est déjà là : faire du lieu de fabrication un espace de circulation des textes, des auteurs et des projets.
Une maison façonnée par l’atelier
La particularité de LEAP | Les éditions au pluriel tient d’abord à leur lien organique avec l’Atelier Pluriel. Cette proximité ne relève pas seulement de l’image, mais détermine une manière de penser le livre depuis sa matérialité, ses contraintes et ses possibilités. Connaissance des papiers, des finitions, des coûts, des limites de fabrication : pour Fabienne De Dyn, cette compétence change la relation au texte comme au projet éditorial.
L’atelier reçoit ainsi des particuliers venus avec des projets intimes, parfois destinés à rester dans un cercle familial ou amical. Il peut s’agir d’autobiographies, de témoignages ou de recueils personnels qui ne relèvent pas nécessairement du catalogue de la maison, mais qui bénéficient d’une véritable expertise.
« C’est un véritable travail d’édition, mais appliqué à des projets personnels, à plus petite échelle et avec une finalité différente. » Ce travail passe par la relecture, la mise en page, la présentation, parfois par un accompagnement plus substantiel sur le texte lui-même, afin d’éviter aux auteurs de se contenter d’un objet bricolé ou impersonnel.
Le point de départ d’une aventure
C’est aussi dans cet espace, à la frontière entre service, conseil et écoute, que surgissent certains livres publiés ensuite par la maison. Le premier titre édité est né de cette manière. Un homme arrive avec un classeur rempli de poèmes manuscrits, sans projet défini, sinon celui de ne pas laisser ces feuilles volantes se perdre. « Pendant des années, il avait accumulé des poèmes, sans vraiment savoir qu’en faire. Des feuilles volantes, éparses, qui risquaient de se perdre. Il voulait simplement leur donner une forme, en faire quelque chose. »
À mesure que les textes sont saisis à l’ordinateur, Fabienne De Dyn découvre une véritable qualité poétique. « On a découvert des textes d’une grande profondeur, d’une vraie beauté, avec une force poétique évidente - alors même que leur auteur menait une vie très précaire. Là, je me suis dit qu’on ne pouvait pas passer à côté : ces textes méritaient d’exister. »
Le livre ne fait plus partie du catalogue aujourd’hui, mais l’éditrice continue d’y voir un moment fondateur. « C’était un très beau livre qui a d’ailleurs bénéficié d’une préface de Hugues Aufray. C’est quand même un petit gage de qualité. »

Le coin Des livres dans notre atelier.
Des rencontres qui deviennent des livres
Cette manière d’éditer par rencontre, plutôt que par construction de collection en chambre, se retrouve dans d’autres histoires de la maison. Le cas de Rémy Belhomme est emblématique. Devenu l’un des auteurs importants du catalogue, il s’est d’abord présenté à l’atelier avec une vingtaine de pages « de La maman de casa, une autobiographie. Il m’a dit : “On m’a parlé de toi comme d’une grande lectrice, d’une éditrice — je viens avoir ton regard”. »
La réponse de Fabienne De Dyn : « Oui, c’est très bien que tu écrives. Il m’a dit : “Je peux continuer ?” Tu peux continuer, tu dois continuer. »
Le manuscrit reviendra deux ans plus tard, retravaillé, puis retravaillé encore avec l’éditrice. Sorti pendant le Covid, le livre n’a pas bénéficié de l’exposition qu’elle espérait. « Dans d’autres conditions, le livre aurait sans doute rencontré un écho plus large : nous aurions pu l’accompagner en salons, lui donner une visibilité que le contexte ne permettait pas. »
Cette remarque dit aussi quelque chose du modèle des petites maisons : un livre ne vit pas seulement par sa publication, mais par la possibilité d’être porté, défendu, montré, mis en circulation dans des salons, des rencontres, des librairies et des médias.
Une ligne ouverte, mais pas sans boussole
Le catalogue de la maison est large : romans, imaginaire, essais, cuisine, poésie, art et voyage, polar avec la collection Ultra Violet. « Au départ, on avance forcément à tâtons : on a des envies, des intuitions, sans toujours savoir où elles vont nous mener. Certains projets séduisent, mais on ignore s’ils trouveront leur public. Alors j’ai choisi d’explorer, d’ouvrir plusieurs pistes plutôt que de me limiter d’emblée. »
Certaines expériences restent ponctuelles. Une bande dessinée locale a été publiée à petit tirage, sans ambition de diffusion large. Un livre de cuisine, né lui aussi d’une rencontre, a au contraire trouvé son public, avec 800 exemplaires écoulés, ce qui représente un très bon résultat pour une petite structure. D’autres voies ont été refermées. C’est le cas de la poésie, non par désintérêt, mais faute de moyens suffisants pour entrer dans les bons réseaux de librairies et de festivals.
À l’inverse, la collection Ultra Violet est aujourd’hui clairement identifiée comme un axe fort. Son identité visuelle a été conçue par Florence Vandenbrouck, fille de l’éditrice et graphiste de la maison. Le choix du nom ? « Je ne voulais pas d’une collection “noire” », explique Fabienne De Dyn. « Ce n’est pas un univers qui me correspond. Alors on a cherché autre chose — quelque chose d’encore plus radical. Et on s’est dit : finalement, ce qui est plus noir que le noir, c’est l’ultraviolet. »
Et pourquoi les éditions « au pluriel » ? Le nom prolonge d’abord celui de l’atelier d’origine et reflète une structure aux activités multiples, tournée vers différentes manières d’accompagner les textes. Mais Fabienne De Dyn reconnaît ses limites, évoquant un nom difficile à mémoriser, d’où la mise en avant progressive du sigle LEAP. Au-delà de cette question d’identité, la maison se définit surtout par son approche humaine du métier, évoquant « les découvertes et les partages avec les auteurs » comme véritable cœur de son projet éditorial.

Florence Vandenbrouck et Fabienne de Dyn.
Une ruralité revendiquée, mais pas folklorisée
L’ancrage cévenol et ardéchois de la maison est réel. Il se traduit par la localisation, par la vie quotidienne de l’équipe - composée de Fabienne De Dyn et Florence Vandenbrouck, mais aussi de Stéphanie Geel, correctrice et traductrice, et d’Agnès Catet, commerciale - par les événements organisés sur place, par la relation avec les acteurs culturels des Vans.
Mais cet ancrage ne définit pas une ligne « locale » au sens où l’entendent beaucoup de petites structures régionales. Fabienne De Dyn insiste sur ce point : « J’aime profondément cette région, mais la maison n’a pas vocation à publier uniquement des auteurs locaux ni des textes ancrés dans le territoire. Ce n’est pas l’orientation que nous avons choisie. » Elle revendique néanmoins une implantation hors des centres culturels dominants, en valorisant ce que les territoires offrent de diversité et de liberté.
Malgré l'afflux massif de manuscrits, la sélection repose sur une lecture approfondie, loin des jugements expéditifs. Fabienne De Dyn se méfie des premières impressions : « Il y a des auteurs qui sont très mauvais en début, même des bons auteurs. Il faut 50 à 80 pages pour se rendre compte, et s’il y a quelque chose, on a envie de continuer. » La maison publie entre trois et huit titres par an. Ce rythme reste modeste, mais s'appuie uniquement sur des nouveautés.
Le nerf de la guerre : libraires, médias, temps long
Les livres sont accompagnés par la maison elle-même, avec le soutien d’une commerciale, mais Fabienne De Dyn juge cet accompagnement encore insuffisant. La place laissée aux petites structures dans les librairies s’est réduite, notamment sous l’effet des grands diffuseurs et de la multiplication d’ouvrages issus de l’autoédition, parfois déguisée.
Dans cette masse, une maison sérieuse doit d’abord convaincre de son sérieux. Une fois ce cap franchi, la relation peut devenir durable. « Dès qu’on a un libraire qui nous suit, ils nous suivent. Une fois qu’ils ont lu deux ou trois livres de la maison, là, c’est bon. On sait qu’on aura une place et ils vendent très bien. »
Même diagnostic pour les médias. Sans relais, le livre existe mal. Sans événement, il circule peu. « Pour exister, un livre a besoin de visibilité médiatique. Une simple mention à la radio peut suffire : immédiatement, les commandes suivent. » Les dédicaces, les festivals, les lectures, les salons demeurent par ailleurs des outils décisifs.
À la question de l’équilibre financier, Fabienne De Dyn répond sans détour qu’une petite maison ne se juge pas à l’année. « Une telle initiative se construit dans la durée : son équilibre ne se mesure pas à court terme, ni en quelques années, mais dans une vision de long cours. » Dans cette temporalité longue, l’atelier joue un rôle décisif pour le financement global de la structure.

Agnès Catet et l'auteur Frank Andriat.
Le salon comme vitrine, mais pas comme simple outil maison
L’autre grand chantier de LEAP | éditions au pluriel est le salon « Les livres & Les Vans », dont la troisième édition est annoncée du 24 février au 1er mars 2026. La manifestation est née d’un constat simple : malgré une forte demande culturelle locale, la région manque de salons généralistes hors des grandes villes. Les Vans, petite ville dotée de deux librairies, d’un bouquiniste, d’une médiathèque et d’un cinéma, offrait un terrain propice.
« Il y a un peu plus de 2500 habitants mais ça draine une population d’environ 15.000 habitants. » À partir de là, l’idée du salon s’impose comme une réponse à un manque, appuyée par la volonté de la municipalité et de la communauté de communes. « On s’est dit : nous sommes là, avec une maison d’édition, des librairies, un bouquiniste, et le soutien de la municipalité comme de la communauté de communes. Il fallait tenter. Et le succès a largement dépassé nos attentes. »
Aujourd’hui, l’événement occupe une place importante dans la vie de la maison. Il sert de vitrine, crée une échéance de publication, permet de mettre en avant certains auteurs, mais garde une vocation plus large, malgré l'absence de soutien au niveau régional.
Pour 2026, des animations ont été portées par différents acteurs culturels du village, et la présence annoncée de Laura Vazquez comme marraine, ainsi que celle d’invités comme Frank Andriat, Rémy Belhomme, Olivier Bertrand, Denis Infante, Gaëlle Perrin-Guillet ou Nelly Pons, marquent une montée en ambition.
Reste la contrainte majeure du lieu : faire venir jusqu’aux Vans. « Parce que c’est à deux heures de la première gare, du premier aéroport, de l’autoroute. » Mais l’éditrice le dit avec un sourire : ceux qui y viennent une fois reviennent.

Avec Laura Vasquez sur le stand des éditions au pluriel au Salon Les Livres & Les Vans.
Les livres du moment et la suite
Après le dernier salon, la maison a enchaîné plusieurs sorties marquantes. Fabienne De Dyn cite notamment Le musée de monsieur Marteau de Rémy Belhomme, qu’elle décrit comme « une farce électorale jubilatoire », L’Île aux fous de Jean-Marc Gibert, dans la collection Ultra Violet, ou encore Une vie sous le vent de Fabrice Sluys, roman d’aventure traversé par des questions d’insularité, d’écologie et de bifurcation intime.
Elle met aussi en avant Transhumance, un beau livre de photographies de Pierre Merle, accompagné de textes recueillis par Tassadite Favrie auprès de bergers.
Cette diversité résume assez bien la ligne de la maison : peu de titres, beaucoup de confiance dans les singularités, une attention constante à l’objet livre, et une capacité à accueillir des textes très différents dès lors qu’ils suscitent un véritable engagement.
À LIRE - Blitz et Blast ensemble pour reprendre le livre à l’extrême droite
Dans un paysage éditorial saturé, LEAP | Les éditions au pluriel avance sans recette ni accélération forcée. Ici, les livres prennent le temps de se faire - souvent à partir d’une voix, d’un texte, ou d’un classeur posé sur une table. Et c’est peut-être là que tout commence.

Quelques auteurs de la maison, en 2022.
Crédits photo : Anniversaire des 10 ans de LEAP | Les éditions au pluriel, avec Fabienne De Dyn et Florence Vandenbrouck