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Ecriture : fin

J'arrête l'écriture de romans. 

Je ne finirai pas le tome 3 de ma trilogie en cours. 

"Tous, sauf elle" est terminé mais je ne souhaite pas qu'il soit publié étant donné que je n'achèverai pas la suite.

 "Il faudra beaucoup d'amour", restera en l'état, soixante-dix pages.

 

Je ne veux pas tromper les lecteurs éventuels qui resteraient à attendre la fin de l'histoire avec ce tome 3 sans jamais l'obtenir.

 

J'ai supprimé du blog les deux pages de présentation de ces deux romans.

J'ai supprimé également "Les Eveillés". Il aurait fallu que je le travaille une nouvelle fois. Il ne me satisfaisait pas en l'état. Et je ne le ferai pas.

 

Le silence nécessaire dont j'ai besoin passe aussi par cet arrêt.

J'ai prévenu mon éditrice. Elle tient à publier "A coeur ouvert" en 2020. Il ne reste qu'à réaliser la couverture.

Il sera le dernier. 

 

J'ai passé des milliers d'heures à écrire. J'ai aimé ces moments. Infiniment. 

Mais le désir n'est plus là. 

Il est évident que le résultat négligeable des ventes et bien plus encore des retours peu nombreux de lecteurs contribuent à cette décision mais tout cela tient avant tout dans le choix de me tourner vers d'autres priorités.

Celui de notre projet de maison avant tout. Et c'est une tâche compliquée au regard des critères qui nous sont incontournables. 

Celui du temps que je veux consacrer à Nathalie, à nos enfants et aux quelques personnes que j'aime.

Celui du temps que je veux m'accorder sans être tenu par une exigence de qualité dans le partage écrit.

Peut-être aussi qu'il est temps que j'entre réellement dans ce silence que j'aime tant.

Les écrits ont fini par devenir trop bruyants. Ils prennent trop de place. Ils prennent trop de temps et d'énergie.

Cette décision de ne pas tenter la publication d'un roman sur lequel j'ai travaillé des centaines d'heures ne m'affecte aucunement et c'est une preuve, à mes yeux, de l'insignifiance de la chose, désormais. 

Il est temps que je m'attelle à des actes utiles. Utiles pour ceux que j'aime et pour moi. Je sais ce que signifie la "bulle de l'auteur" et le temps est venu de m'en extraire.

Pour les mêmes raisons, ce blog n'aura donc plus autant d'articles. Je le laisse en l'état. 

 

 

Silence nécessaire

Je n'écris plus grand-chose ici et je ne poste plus d'articles pris sur la Toile.

Je n'en ai plus l'envie.

J'entre dans un silence nécessaire.

Il y aurait tellement de choses à écrire sur l'état de ce monde et ça serait tellement inutile.

Je ne crois en aucune évolution positive. 

Et je ne suis nullement pessimiste.

Juste factuel. 

"Quand tu les acceptes, les choses sont ce qu'elles sont ; quand tu ne les acceptes pas, les choses sont ce qu'elles sont."

Très bien. Puisqu'il en est ainsi, il est inutile de s'y attarder.

Je vais continuer à écrire mes romans. Pour moi principalement puisque de toute façon, ils n'existent que pour un nombre très limité de lecteurs. Je tiendrai au courant ici ceux ou celles qui s'y intéressent.

Mes textes n'existent pas dans cette masse d'écrits qui se déverse continuellement dans la sphère médiatique. Et pourquoi existeraient-ils d'ailleurs puisque je ne sais pas les vendre ?

Non, je ne suis pas commerçant, je n'irai pas dans des salons, je ne quémanderai pas des articles, ni des commentaires.

Moi, j'écris. Le reste n'est pas de mon ressort. 

Si personne ne souhaite en parler, c'est que l'impact de mes écrits n'est pas suffisamment intense. C'est ce que j'en retiens.

Il n'y a là aucune désespérance. C'est juste factuel, encore une fois. 

J'ai commencé ce blog en 2009. Il y a à ce jour 3927 articles avec celui-ci. 

Je les laisse en ligne. 

S'ils peuvent intéresser encore quelques personnes, il n'y a aucune raison que je ferme ce site.

Mais j'entre dans un silence nécessaire.

 

 

 

JUSQU'AU BOUT : Ni Dieu, ni maître

 

 

Image 3

"

Les jours suivants, il fut frappé par la célérité avec laquelle tout s’enchaîna. Comme un dénouement en accéléré. Une barque dans un courant puissant, sans rame, sans gouvernail, juste emportée dans une direction inconnue. Il avait descendu l’embarcation jusqu’à l’eau, croyant dès lors être maître du parcours à venir. Incroyable cette prétention humaine. Il se promit d’être plus vigilant, plus honnête avec lui-même. Il sentait bien, lorsque la clairvoyance l’envahissait, que rien ne lui appartenait vraiment. La vie n’était qu’une succession de réactions en chaîne et comme une boule de flipper constamment renvoyée aux quatre coins du jeu, l’individu, pour ne pas sombrer dans la folie se persuadait que le chemin était choisi. Espérant simplement que le maître de la partie aurait suffisamment de classe et d’adresse pour que les coups s’éternisent. Que ce maître s’assoupisse un instant et c’était la catastrophe. Tilt, game over et le tour était passé. Au suivant. Quelle dérision ! Naître dans un beau jeu, bien décoré, offrant de multiples épreuves, vibrer follement à chaque accélération, s’efforcer de toute son énergie à éviter la sortie, voilà les seuls bonheurs de cette existence. Il trouva qu’il avait eu la chance d’être tombé dans une belle partie, que son parcours jusqu’ici lui avait offert quelques satisfactions, puis la grande découverte, le grand amour et qu’il lui restait à sortir le grand jeu, usant pleinement de ses expériences pour atteindre le jackpot ! Il n’en était pas loin. Tout s’accélérait. Il faudrait rester lucide. Le meneur de jeu ne supporterait aucune faiblesse. Mais est-ce qu’il y avait réellement un meneur de jeu ? Ce n’était pas lui en tout cas, trop de paramètres lui échappaient. Alors qui ? Dieu ? Il n’y croyait pas. Celui-là n’avait été inventé que pour combler l’absence d’explication et permettre surtout aux instigateurs du mensonge de s’enrichir. Il suffisait de regarder le Vatican. Le hasard alors ? Oui, peut-être, juste le hasard. À chaque décision, plusieurs directions se dessinaient et selon la météo, l’humeur du moment, les rencontres sur le chemin, autant de circonstances incontrôlées, l’une ou l’autre de ces possibilités seraient mises en avant et les autres délaissées. Cette solution appellerait d’autres dénouements, d’autres options à venir et dans ce perpétuel imbroglio, l’individu s’efforcerait de se rassurer en affirmant jour après jour, que telle décision était la bonne ! Vaste supercherie. Rien ne nous appartenait et rien n’était écrit. Dieu n’y était pour rien et l’homme non plus. L’homme peut-être un peu plus, tout de même. Parfois, ne prenait-il pas certaines décisions, totalement inattendues, bousculant l’ordre logique des choses en cours, des décisions laissant les proches ou même la communauté entière totalement abasourdis ? Il chercha un exemple et pensa à Bernard Moitessier dans la course en solitaire autour du monde, qui décide de continuer, alors qu’il était en tête, et de ne pas rentrer au port, « pour sauver son âme ». Ça, c’était grand ! Il ne devait cette décision à personne d’autre que lui. Il n’y avait pas eu de hasard. C’était un acte pleinement volontaire, au-delà de la raison, quelque chose qu’il avait construit en réaction à une vie en société qu’il rejetait, à des valeurs qu’il ne reconnaissait pas. Oui, mais alors, il n’avait fait que réagir à une situation qui ne lui convenait pas. Tous ses actes avaient été déterminés par une mise en scène extrêmement compliquée dans laquelle il avait essayé de glisser une petite part de volonté, sa décision n’était pas neutre, elle lui avait été imposée, ses actes avaient été déterminés par la lutte qu’il avait engagée contre des concepts qu’il haïssait.

C’était effrayant.

Il se sentit comme une plume aux vents. Les réflexions s’enchaînaient à une vitesse étourdissante.

Notre vie ne nous appartenait pas et elle n’appartenait d’ailleurs à personne, l’essentiel, finalement, étant d’en être conscient et de gérer ce drame du mieux possible. Ni dieu, ni maître, ni rien du tout. Qu’une boule de flipper lancée, par hasard, dans une partie que personne ne contrôle, et où chaque péripétie entraînera d’autres péripéties, nullement choisies, justes subies, et dont la boule essayera de se sortir du mieux possible ou plutôt, avec le moins de mal possible, et avec parfois le sentiment prétentieux d’avoir pris une décision supérieure, d’avoir atteint le plus haut degré de conscience. Non, c’était affreux, un cauchemar. Il devait essayer de contrôler le jeu ! Au moins une fois, dans une circonstance, juste une, quelles qu’en soient les conséquences, mais qu’il puisse se dire, avant la fin, « ça c’est à moi. » Même s’il ne s’agissait que d’une réaction contre un système, qu’une révolte contre la dictature permanente des jours qui défilent hors de toute maîtrise, il devait au moins une fois montrer son opposition. Ce serait certainement dérisoire par rapport à toutes les années de soumission mais ce serait enfin un acte relativement personnel.

Il songea à sa rencontre avec Birgitt et Yolanda. Tout était du hasard. Depuis son départ de l’école, le passage au lac Charpal, l’arrivée dans les Landes. Pourquoi là et pas un peu plus loin ? Seul l’instant où il était parvenu à leur adresser la parole, à leur donner envie de s’arrêter, avait marqué le sceau de sa volonté. Quelques secondes. Il lui avait fallu pratiquement un an de dérives pour y parvenir."

KUNDALINI : au-delà de l'enseignement.

 

Kundalini web
 

L’union sexuelle ne peut pas se limiter à une répétition mécanique et appliquée des enseignements, des expériences communes, des apprentissages achevés.
Il ne s’agirait sinon que d’une machinerie organique.
Et aussi performante soit-elle, elle ne peut soutenir l’extension de l’amour.

Le Kâma-Sûtra est une gymnastique s’il n’est que postures.
Le Tantra n’est qu’une philosophie exotique quand il n’est que récitations.
Le Tao n’est qu’une excroissance intellectuelle quand il n’est qu’adoration des enseignements.

Hors de l’amour, rien de bon ne peut advenir.
Il s’agira immanquablement d’une course poursuite à travers le temps, une alternance de leçons apprises et d’objectifs à atteindre.
Du passé au futur en croyant jouir du présent.

Greta Thunberg, encore.

Greta Thunberg - la personne, le message et la haine

Par Alexis Toulet, jeudi 3 octobre 2019. Lien permanent Essais 

http://www.noeud-gordien.fr/index.php?post%2F2019%2F10%2F03%2FGreta-Thunberg-la-personne%2C-le-message-et-la-haine&fbclid=IwAR3OD_jI2FLkfNYlFXa1KlDqjNDSnww7EFLB6Vflond7NBQi6LFsoUL8eO8

 

Le phénomène Greta Thunberg suscite une avalanche de déclarations haineuses, qui ne peut qu’interroger.

Où l’on se demande qui est cette personne, ce qu’elle dit, quelle en l’est l’importance - et les raisons de la haine.

Le président des Amis du Palais de Tokyo Bernard Chenebault a sur Facebook – ce qui revient à dire : sur la place publique – appelé au meurtre de Greta Thunberg

"J’espère qu’un désaxé va l’abattre"

Il va être remplacé dans ses fonctions, ce qui se comprend étant donné que les amis du Palais de Tokyo s’intéressent a priori davantage à l’art moderne qu’à faire émerger une nouvelle violence moderne.

Il est intéressant de se rapporter aux accusations de Chenebault, comme quoi Greta Thunberg serait une « folle » qui « rajoute une couche de haine dans notre société ». C’est d’autant plus intéressant que s’il semble être pour l’instant le seul – espérons le dernier – à avoir carrément appelé à la tuer, ce ne sont pas les déclarations brutales qui ont manqué en réaction à l’action de la jeune Suédoise, et surtout à son discours devant l’ONU le 23 septembre dernier. Si certains critiques restent dans une expression modérée, accusant Greta Thunberg d’être « outrancière » comme la secrétaire d’Etat à la Transition écologique Emmanuelle Wargon ou s’opposant à telle action ponctuelle comme la plainte déposée contre plusieurs Etats au nom des droits des enfants, d’autres vont beaucoup plus loin (1)

  • Il y a ceux qui prétendent – contre le consensus scientifique ! – que l’argumentation de Greta Thunberg serait de la « non-science » venant d’une « tête creuse » et oublierait la rationalité
  • D’aucuns vont plus loin et attaquent la jeune fille sur son âge, l’accusant de souffrir d’« infantilisme », de geindre, d’être « puérile », ou accusant ceux qui l’écoutent d’être « au garde à vous » devant un « tyran de 16 ans »
  • Le stade suivant, ce sont des attaques contre le physique de Mademoiselle Thunberg. Son visage « angoissant » et son corps seraient ceux d’un « cyborg », qui mettrait « mal à l’aise »
  • Encore plus loin, elle serait une « illuminée » répandant une « idéologie totalitaire ». Sa parole « fanatisée » et « sadique » viserait à susciter des « gardes verts » comme il y eut jadis des gardes rouges et des « jeunesses hitlériennes ».

Le stade immédiatement après, c’est l’appel au meurtre en effet. Chenebault a du moins présenté ses excuses, mais si la vague de réactions brutales, allant bien au-delà de la circonspection ou de critiques construites, jusqu’à déboucher sur une haine qu’il faut bien interroger, ne faiblit pas, sera-t-il le dernier à formuler un appel à la violence ?

Il faut se poser quatre questions :

  1. Qui est Greta Thunberg ?
  2. Que dit-elle ?
  3. Est-ce important ?
  4. Pourquoi tant de haine contre elle ?

I) Qui est Greta Thunberg ?

Si vous regardez les gazettes, même d’un œil un peu distrait, vous saurez tout de suite le principal et ce qu’il faut retenir de son discours passionné à l’ONU : Greta Thunberg est quelqu’un qui a fait la grimace.

Rien d’étonnant à cela bien sûr : mettons au défi quiconque de faire un discours devant caméras sans que parmi les 25 images par seconde pendant plusieurs minutes ne se trouvent au moins quelques-unes où il grimacera ! Images qu’il sera ensuite loisible de sélectionner pour le décrier.

Soyons un peu plus sérieux : Greta Thunberg est une jeune Suédoise de 16 ans.

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Greta Thunberg

Depuis une année, elle appelle l’ensemble des dirigeants mondiaux à s’attaquer en priorité au problème climatique, dénonçant leur négligence. Elle engage tous ceux de sa génération à réclamer avec insistance que les moyens de parer à ce danger soient recherchés et appliqués, étant donné que ceux qui verront la deuxième moitié du XXIème siècle sont bien les premiers concernés.

Greta Thunberg est très jeune, et elle a un discours très construit, ce dont témoigne par exemple l’ancien vice-président du GIEC Jean-Pascal Van Ypersele

Elle comprend les enjeux de la crise climatique bien mieux que la plupart des dirigeants politiques ou économiques

Plusieurs ont émis le soupçon que tout cela devait être un montage ou une manipulation. On ne pourrait pas avoir une telle maturité à seize ans. Cette jeune Suédoise serait donc forcément une marionnette, et le jouet de tels ou tels intérêts. D’autant plus sûrement qu’elle est handicapée, souffrant d’autisme. A ce sujet :

  • Greta Thunberg dialogue non seulement avec des dirigeants ou des animateurs médias, mais encore avec un public, en répondant spontanément, sans fiches, sans notes, et en s’appuyant sur « une sérieuse connaissance des mécanismes à l’œuvre et des causes de la crise climatique ». Une pauvre marionnette manipulée serait incapable d’en faire le dixième. Pour en faire autant, en direct, sans personne qui vous souffle de réponse, il faut être autonome, déterminé, et encore savoir de quoi l’on parle
  • Les surdoués, ça existe. Il n’y a d’ailleurs pas de contradiction entre être autiste – type Asperger c’est-à-dire sans diminution des facultés mentales – et être surdoué, un autiste est quelqu’un qui a des difficultés pour communiquer, ce qui est tout à fait compatible avec une intelligence supérieure à la moyenne. Voir encore cette description sur le site français consacré à l’autisme
  • Les autistes sont souvent "étonnants de par leur culture générale" avec notamment un domaine d’intérêt particulier dans lequel ils excellent, parce qu’ils s’y sont intéressés vraiment à fond. La réflexion très développée de Greta Thunberg sur la crise écologique, tout particulièrement impressionnante vu son âge, s’explique simplement du fait que son domaine d’intérêt particulier à elle, c’est justement cette crise. Et elle y est allée à fond, en effet !
  • On peut faire un parallèle avec les aveugles, qui ont souvent une ouïe très développée, par compensation en quelque sorte de leur handicap. La compensation qu’a réalisée Greta Thunberg, c’est sur un domaine qui est effectivement très pertinent pour l’avenir de l’humanité, non dans des domaines sans doute intéressants mais moins immédiatement nécessaires comme l’Egypte antique, les moisissures et la fossilisation comme un Josef Schovanec au même âge. Bien sûr, beaucoup d’autistes ne sont malheureusement pas des personnes extrêmement cultivées comme un Schovanec ou une Thunberg. Mais ce genre de personnes impressionnantes existe effectivement parmi eux.

Certes, Greta Thunberg n’est pas la pierre angulaire sur laquelle la reprise de contrôle par l’humanité de son impact sur son environnement pourra être fondée, comme certains de ses détracteurs font semblant de croire qu’elle se présenterait. Non seulement elle n’est pas un Messie, elle ne prétend pas l’être !

C’est quelqu’un qui veut faire passer un message. Et il est temps, comme nous y appelle le proverbe chinois lorsqu’on nous montre la Lune du doigt (2) de bien regarder l’astre, et non pas le doigt qui nous l’indique – même si ce doigt est celui d’une jeune fille !

II) Que dit-elle ?

Voici le texte intégral de l’adresse de Greta Thunberg à l’ONU le 23 septembre 2019.

Le message, qui est plus important que le messager, c’est que nous devons nous employer, sérieusement, comme si l’avenir de nos enfants en dépendait, à trouver des solutions pour reprendre le contrôle de notre impact sur le reste de la biosphère, impact désastreux en matière climatique comme dans d’autres domaines. Pourquoi ? Eh bien, parce que l’avenir de nos enfants en dépend, en effet !

Est-ce vrai ? Eh bien oui, le réchauffement du climat de la planète, qui a déjà commencé, menace si l’humanité continue sur sa lancée actuelle non seulement de canicules plus fréquentes, mais surtout de provoquer des effondrements d’écosystèmes à une échelle de plus en plus grande, et cela aussi a commencé. Or, nous autres êtres humains dépendons des écosystèmes c’est-à-dire de l’ensemble du vivant sur cette planète pour notre existence et notre prospérité. Des effondrements de parties de plus en plus étendues de la biosphère finiraient par menacer la vie d’une grande partie d’entre nous, tandis que les survivants mèneraient une existence certainement plus fruste et consacrée justement à la survie. Si nous continuions « comme jusqu’ici », il ne suffirait malheureusement pas pour s’adapter d’acheter une clim pour l’été… Des adaptations de surface ne peuvent suffire que face à de petites perturbations, et c’est de bien autre chose qu’il s’agit.

Certes, ce danger n’est pas nécessairement pour demain matin. Mais il n’est pas une invention de quelques catastrophistes.

a) Que l’on se rapporte par exemple au rapport établi en 2017 par 15 000 scientifiques concernant l’état de la planète dont la traduction intégrale en français est ici.

b) Citons encore l’appel d’un groupe d’anciens militaires de haut rang et officiels de la défense au président Trump afin qu’il établisse un plan d’ensemble pour parer ce qu’ils identifient à raison comme « la plus grande menace sur la sécurité nationale » des Etats-Unis :

"Un groupe d’anciens hauts responsables militaires et de la sécurité nationale a demandé mardi au président Donald Trump d’établir un plan global qui considère les changements climatiques comme une menace majeure pour la sécurité nationale.

(...) Il est approuvé par 64 anciens hauts responsables militaires, de la sécurité nationale et du renseignement.

(...) " Le Plan de sécurité climatique pour l’Amérique est un appel aux dirigeants présidentiels à donner la priorité à ce défi et à prendre des mesures pour protéger notre sécurité nationale face à la tempête à venir ", a déclaré John Conger, directeur du Center for Climate and Security, dans une déclaration."

Le plus intéressant dans cette démarche, c’est l’affirmation que la menace climatique et écologique est la plus grande menace de sécurité nationale pour les Etats-Unis. Et les autres pays peuvent en dire autant à l’évidence, sauf peut-être à la limite Russie et Canada.

c) Citons encore ce rapport établi sous la direction de l’ancien chef des armées australiennes l’amiral Chris Barrie, qui avertit que si les dirigeants mondiaux ne s’entendent pas pour aller bien au-delà des engagements pris à Paris en 2015 il faut s’attendre aux environs du milieu du siècle à « des événements sociétaux non-linéaires massifs », c’est-à-dire l’effondrement de nations entières et un chaos généralisé, et appelle à « un plan Marshall (…) d’échelle semblable à la mobilisation de la Seconde Guerre Mondiale »

Sommes-nous donc en train de faire face ? Avons-nous commencé à agir pour parer le danger ?

S’agissant du réchauffement climatique – sans doute le premier des impacts potentiellement catastrophiques sur la biosphère mais pas le seul – voici un rappel qui peut apporter quelques précisions : l’évolution des émissions mondiales de CO2 de 1990 à 2018

Emissions_CO2_1990-2018.png

Emissions de CO2 mondiales, 1990 -2018

En l’espace de 28 ans, on constate :

  • Augmentation de plus de moitié des émissions de CO2, de 21 à 33 milliards de tonnes par an. Et il faudrait encore tenir compte des émissions d’autres gaz à effet de serre, en premier lieu le méthane, qui augmentent également
  • La seule inflexion dans le bon sens, c’est le creux de 2008-2009, conséquence évidente de la récession mondiale provoquée par la crise financière... et de courte durée puisque la croissance a très rapidement repris

Nous en sommes là. Nous ne sommes pas seulement en train d’aller vers un déséquilibre climatique propre à provoquer des phénomènes d’emballement – émissions de CO2 supérieures à la capacité d’absorption de la planète – nous sommes en train d’accélérer. Et la seule "solution" que nous sachions aujourd’hui appliquer c’est la crise économique et la récession.

III) Est-ce important ?

Alors quelle est l’importance du message de Greta Thunberg ? Puisqu’elle n’est à l’évidence pas la seule à le dire, ni la plus savante – malgré ses connaissances impressionnantes pour son âge – n’est-il pas superflu qu’une enfant de seize ans prétende s’en mêler ?

Il pourrait être très important au contraire, car les alertes lancées par les scientifiques depuis plus de 30 ans – et la communauté scientifique n’en est plus exactement au lancer d’alertes, ils sont en train de sonner le tocsin, et des militaires les rejoignent ! – n’ont pas convaincu les décideurs mondiaux – qu’ils soient politiques et économiques, qu’ils soient américains, chinois, européens, indiens ou autres – de réagir comme le danger l’impose.

Les résultats obtenus le prouvent, c’est-à-dire aucun : voir le graphe des émissions de CO2 plus haut.

Et on est encore très loin parmi les dirigeants mondiaux d’être conscients de la gravité des risques et de l’urgence d’y parer. Il suffit d’écouter Emmanuel Macron, qui n’est pourtant pas le dirigeant national le moins sensible à la question environnementale, ni celui du pays ayant le plus fort impact climatique compte tenu de son économie, déclarer avec agacement « Qu’ils aillent manifester en Pologne ! »

« Je préfère que tous les vendredis on fasse de grandes opérations de ramassage sur les rivières ou les plages corses »

« La vérité, c’est qu’il y en a un qui bloque tout, c’est la Pologne. Mon objectif, c’est de convaincre les autres pays de bouger »

« Qu’ils aillent manifester en Pologne ! Qu’on vienne m’aider à faire bouger ceux que je n’arrive pas à faire évoluer » (au sujet de l’objectif de « neutralité carbone » en 2050 proposé pour l’UE et bloqué par Varsovie)

C’est dire que même Emmanuel Macron n’a pas compris grand-chose à la menace écologique – pour ne rien dire d’un Donald Trump, d’un Xi Jinping ou d’un Jair Bolsonaro.

FRANCE-PARIS PEACE FORUM-DIPLOMACY-POLITICS

Emmanuel Macron : la Pologne, voilà l’ennemi ?

Ce que le président de la République n’a visiblement pas encore compris, c’est que le danger du réchauffement climatique tendant vers un seuil de non-retour catastrophique ne sera certainement pas paré juste parce que quelqu’un aura convaincu les Polonais de lever leur objection à une déclaration politique en faveur de la « neutralité carbone » de l’UE en 2050 - une déclaration qui ne mange pas de pain, soit dit en passant. Il s’en faut de beaucoup !

Il rappelle que la France est l’un des pays en tête en Europe pour ce qui est d’avoir de faibles émissions de gaz à effet de serre pour un niveau de prospérité donné, et c’est parfaitement exact. Ceci essentiellement grâce à nos centrales électronucléaires, un peu aussi grâce à l’hydroélectricité, un peu grâce aux taxes sur l’essence qui incitent à choisir des véhicules plus économes. C’est appréciable, mais cela ne suffit pas, loin de là.

Il ne s’agit pas d’une fuite de pique-niqueurs surpris par un ours, où il s’agit juste de ne pas être le dernier, celui que l’ours rattrapera. Non, cet ours-là ne se contentera pas d’une victime sacrificielle. Et il s’agit bien de faire beaucoup mieux que les pays aujourd’hui les plus efficaces en termes de rapport émissions de gaz à effet de serre / prospérité !

Or, si quelqu’un en France est aujourd’hui en position de lancer une R&D volontariste et massive pour tenter de trouver des manières de produire de l’énergie d’une part beaucoup moins polluantes en gaz carbonique, d’autre part qu’on puisse mettre à la bonne échelle massive – ce qui est impossible avec les renouvelables actuellement existant – qui d’autre, sinon le président de la République ? Et si quelqu’un peut étendre de tels programmes de R&D à l’échelle encore supérieure celle de l’UE, ce qui suppose de convaincre les Allemands que le « Schwarz null » le déficit public zéro n’est pas forcément la meilleure politique quand comme le disait Jacques Chirac « la maison brûle », qui est le mieux placé, sinon encore une fois Emmanuel Macron ?

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Non, il ne suffit pas de ne pas être le dernier, celui que l’ours rattrapera
Nous partageons tous la même planète

D’une manière générale, dans les pays démocratiques qui de l’Europe aux Amériques en passant par Inde, Japon, Corée du Sud, Asie du Sud-Est et Australie représentent la majorité de l’activité économique humaine et des émissions de CO2 – avec la Chine comme seule exception d’importance – les dirigeants peuvent être motivés à agir par une demande forte de leur société. Et peut-être ne peuvent-ils être motivés que de cette manière, que l’on songe à l’ensemble des pressions qui s’exercent sur eux.

Or cette demande sociale forte qui pourrait tout changer, qui pourrait décider de la mobilisation d’échelle semblable à celle de la Seconde Guerre Mondiale qu’appellent ceux qui s’inquiètent de la sécurité à long terme de leur pays et de l’humanité, cette demande sociale forte n’existe pas aujourd’hui. C’est la prise de conscience par la majorité de la population qui manque.

« Passer d’une minorité intéressée car intellectuellement en partie au courant à une majorité mobilisée car ayant perçu au moins par l’esprit et la sensibilité si ce n’est par le corps la totalité de la menace et ne pouvant donc se satisfaire de croyances rassurantes comme « construisons des panneaux solaires et des éoliennes, mangeons bio et tout ira bien » sans parler de distractions pour les inquiétudes et les colères comme de faire la guerre ici ou là ou de se choisir tel bouc émissaire… voilà l’ordre du jour ! Voilà le véritable facteur bloquant ! »

C’est ici que le mouvement commencé par Greta Thunberg pourrait s’avérer salutaire. Car cette enfant, comme dans le conte d’Andersen, énonce que le roi est nu. Elle a déjà un impact, et le mouvement dont elle est à l’origine, qui pourrait devenir générationnel, peut prolonger et approfondir cet impact, donnant une chance de parvenir à cette prise de conscience majoritaire par les peuples qui changerait tout. Greta Thunberg n’est pas simplement un visage et une voix, elle pense aussi. Et écrit.

« Nous ne pouvons plus nous concentrer uniquement sur des questions individuelles et séparées comme les voitures électriques, l’énergie nucléaire, la viande, l’aviation, les biocarburants, etc. Nous avons un besoin urgent d’une vision holistique pour faire face à la crise de la durabilité et à la catastrophe écologique en cours. »

En somme, s’y mettre tous ensemble, en se rappelant que c’est d’un système d’ensemble qu’il s’agit donc en n’oubliant pas de penser le niveau global. Puis appliquer les voies et solutions que nous aurons trouvées.

IV) Pourquoi tant de haine contre elle ?

"Lorsqu’on ne peut attaquer le message, on attaque le messager". Il semble probable que certaines attaques ordurières contre Greta Thunberg sont le fait de gens qui veulent ne pas prendre en considération l’urgence de rendre la civilisation humaine durable, n’ont pas d’argument, donc détournent consciemment la conversation sur des sujets personnels faute de mieux.

Mais ce n’est pas la seule explication, loin de là. La raison est beaucoup plus profonde.

Les attaques contre Thunberg – encore une fois il ne s’agit pas ici des critiques construites, qui judicieuses ou non sont toujours bienvenues ne serait-ce que parce qu’elles contribuent de toute façon au débat – ne sont qu’un effet dérivé et une conséquence du véritable problème et de la véritable résistance.

Le véritable problème, c’est que la réalité de l’impact de l’humanité sur la biosphère est TERRIBLEMENT anxiogène. Ce n’est pas la faute de ceux qui le disent, bien sûr. C’est juste la réalité, et la réalité se fiche éperdument de savoir si elle nous angoisse ou pas.

Il est à craindre que les angoisses – bien naturelles si l’on commence à prendre conscience des dangers – n’aient le potentiel de nous déborder.

Et c’est bien la raison pour laquelle on entend de plus en plus de récriminations contre une écologie "anxiogène" dont certaines personnes refusent d’entendre parler, des reproches comme quoi "vous faites peur aux gens", ou des phrases comme quoi "moi je n’accepte qu’une écologie positive" – sous-entendu ne me parlez pas de risques qui m’effrayent trop. Ce ne sont pas les petitesses de quelques vedettes médiatiques à l’ego endommagé. C’est bien plus profond que ça.

Il faut le dire, en matière d’impact de l’humanité sur la biosphère, nous en sommes largement au stade de Hannibal ante portas : Hannibal est devant les portes de Rome avec son armée. La seule manière de ne pas être inquiet, c’est de ne pas être au courant - ou alors de se mettre la tête dans le sable. Le danger n’est pas littéralement une troupe d’ennemis bien sûr. Mais il est largement aussi grave que si une armée de fanatiques sanguinaires était aux frontières.

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En matière écologique, l’ennemi est aux portes et les scientifiques sonnent le tocsin
Pas de magicien blanc en vue. Il va falloir faire sans

Et il est d’autant plus anxiogène que la solution n’est absolument pas évidente. La seule chose qui est certaine c’est qu’il devrait s’agir d’une solution d’ensemble, prenant en compte l’ensemble de la réalité et des limites, et à l’échelle de l’humanité. Et une fois que l’on a dit cela, il est facile de se sentir découragé d’avance.

On peut choisir la tête dans le sable.

On peut l’en sortir, mais seulement pour s’accrocher à quelques fragments d’idée, même si à eux seuls au mieux ils peuvent aider mais sont loin de suffire, voire même ils sont nuisibles – et cela revient à ne pas vraiment la sortir du sable bien sûr :

  • Je vais faire des B.A. écologiques, trier mes déchets et éviter de prendre l’avion. C’est sûr, ça va le faire !
  • Je vais faire confiance aux politiciens dont le discours est plein de petites fleurs et qui promettent de tout repeindre en vert. C’est sûr, ils vont le faire !
  • Je vais faire confiance aux dirigeants de multinationales qui font écrire des plaquettes d’entreprise avec plein de mots verts. C’est sûr, ils vont le faire !
  • Je vais faire confiance à ceux qui veulent mettre des énergies renouvelables partout. C’est sûr, ça va le faire !
  • Je vais croire que tout est de la faute des capitalistes, ou des 1%, ou des riches. C’est sûr, ce sont eux les coupables. Qu’on s’en débarrasse, et ça va le faire !
  • Je vais croire que tout est de la faute des étrangers, qui font trop d’enfants, ou viennent prendre le pain des bonnes gens comme moi. Qu’on s’en débarrasse, et ça va le faire !
  • Perdu pour perdu, qu’au moins on s’organise en Europe / en France, on va s’adapter aux changements et que les autres aillent au diable. C’est sûr, ça va le faire !
  • Perdu pour perdu, qu’au moins on s’organise dans ma petite famille / ma petite communauté paysanne ou autre. On construira une survie depuis le bas. C’est sûr, ça va le faire !

Un homme que l’on prévient d’un danger majeur veut qu’on lui donne en même temps la solution, c’est tout à fait naturel. Greta Thunberg a d’autant plus raison qu’elle ne cache pas qu’à ce jour la solution n’existe pas encore. Et qu’il s’agit donc de la créer, tous ensemble.

Mais cela signifie d’accepter de faire face à l’angoisse, sans le secours d’une immédiate béquille sur le modèle du « On va faire telle chose, et tout s’arrangera ».

Il est nécessaire d’accepter de faire face à Hannibal et à son armée, et le regarder dans les yeux, sans avoir encore aucune arme dans les mains. Accepter de regarder en face le gouffre et l’angoisse. Et se faire confiance les uns les autres, s’entraîner les uns les autres, afin de construire nos solutions. Sachant que même dans le meilleur des cas, il se passera longtemps avant que nous puissions avoir ne serait-ce qu’une confiance modérée dans leur efficacité.

Tout cela, avec l’ennemi dans les yeux.

C’est difficile. Et c’est indispensable.



(1) - Par ordre alphabétique, on reconnaîtra des déclarations de Laurent Alexandre, Alexis Brézet, Pascal Bruckner, Raphaël Enthoven, Alain Finkielkraut, Vincent Hervouët, Benjamin Morel, Michel Onfray et Ivan Rioufol. Mention toute spéciale à Laurent Alexandre, chirurgien, essayiste et autoproclamé chevalier « Anti @gretathunberg » sur Twitter, offrant une remarquable combinaison de belles paroles pro-science couvrant un parfait mépris de ses résultats.
(2) - « Quand le sage désigne la lune, l’idiot regarde le doigt »

"La vérité sort de la bouche des enfants..."

Thierry Ledru

2 min · 

C'est hallucinant...Tout ce que j'ai lu aujourd'hui...Je pourrais en remplir des pages. Le nombre de gens qui se focalisent sur l'engagement de cette jeune fille. Comment est-il concevable qu'un monde "adulte" prenne aussi peur ? Comment est-il possible que des "dirigeants" se sentent aussi attaqués dans leur intégrité ? N'y a-t-il pas dans ces réactions exacerbées l'aveu de tout ce qu'ils cachent ? "La vérité sort de la bouche des enfants" dit le diction populaire. Comment est-il explicable que les paroles de Greta les démangent à ce point ? ... Il y a une part de honte en eux. "Une gamine même pas normale qui vient nous faire la leçon."
Il est vrai que le comportement des adultes qui ont élu des dirigeants inconscients depuis des lustres n'est pas un comportement bien glorieux. Tous les adultes qui ne veulent pas se remettre en question, qui ne veulent pas renier leurs fonctionnements archaïques, qui ne veulent pas admettre qu'ils se sont fourvoyés, comment pourraient-ils reconnaître qu'une gamine ose déchirer le voile sombre de leur conditionnement ? C'est effectivement insupportable pour beaucoup. Remettre en question la sacro-sainte croissance qui a permis d'atteindre un niveau de vie et de confort inespéré il y a seulement cent ans....Oui, c'est vrai, je vis bien mieux que mes grands-parents (paix à leur âme) MAIS j'aimerais que les humains à naître vivent encore mieux que moi. Et l'humanité n'en prend absolument pas le chemin. Greta ne réclame pas un retour à la préhistoire. Elle demande juste que la vie continue.

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Mise à mort

Mais tous ces gens qui ont été "choqués", ils pensent que ça se passe comment dans un abattoir ?

Que c'est amical et que les animaux y sont accueillis avec bienveillance et dans une joyeuse ambiance ?...

Une preuve supplémentaire que l'humain "moderne" vit dans une bulle "hors sol", totalement coupé des émotions les plus archaïques, pour son soi-disant bien-être et surtout pour qu'il reste un consommateur appliqué.

 

Un sanglier a été retrouvé gravement blessé dans l’eau au niveau de la plage du Rowing à Aix-les-Bains, dimanche 29 septembre et a dû être abattu par un louvetier.


Le sanglier était gravement blessé aux pattes. (Photo d’illustration)

La scène a été difficile à regarder pour de nombreuses personnes. Dimanche 29 septembre, aux alentours de 15 heures, un sanglier très affaibli a été retrouvé dans l’eau, à la plage du Rowing à Aix-les-Bains. Il était notamment gravement blessé au niveau des pattes et de la tête.

Un attroupement s’est rapidement fait autour de l’animal, et les autorités ont immédiatement été contactées. Un louvetier, s’est rendu sur place afin de s’occuper de l’animal. Malheureusement, une fois sur la plage, il n’a pu que constater l’état trop faible du sanglier pour être soigné, et s’est vu dans l’obligation de l’abattre.

Une scène qui aura provoqué un certain émoi chez les personnes présentes, mais également sur les réseaux sociaux. On ne sait en revanche pas comment le sanglier s’est retrouvé sur la plage du Rowing.

 

Le Clezio / Greta Thunberg

L'écrivain Jean-Marie Gustave Le Clézio.
Celui qui a écrit, entre autres chefs d'oeuvre, "L'inconnu sur la terre". Un des plus beaux livres parmi tous ceux que j'ai lus.

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Yves Lanthier

Hier, à 05:41

Greta Thunberg, la gravité de la Terre
Le Clézio, journal Libération, mars 2019
Son visage nous est devenu familier. Elle est sérieuse comme on l’est quand on n’a pas encore 17 ans, elle regarde l’objectif sans ciller, elle lit ses discours d’une voix posée, dans un anglais parfait, ses nattes sages encadrent ses joues rondes, ses yeux nous fixent sans une hésitation, elle se tient bien droit, les bras le long du corps, elle ressemble un peu à une gymnaste, ou à une déléguée d’un groupe de collégiennes. Elle est devenue la combattante la plus crédible du mouvement de défense de notre planète menacée par le gaspillage des ressources naturelles et la disparition des espèces animales. Elle est reçue par les plus grands, des présidents, des directeurs d’industrie, des éminences des banques. Elle parle à la COP 24, ce club très fermé qui reçoit dans la ville de Katowice en Pologne les politiques et les spécialistes de l’environnement, qui discutent beaucoup et ne font pas grand-chose. Son discours est facile à comprendre. Elle ne manie pas l’hyperbole, elle ne se cache pas derrière les statistiques inutiles et les promesses de Gascon. Elle ne flatte pas le public pour dénicher des électeurs. Elle dit que nous - les adultes, les responsables, les acteurs de notre monde égoïste et rapace -, nous n’avons rien fait, et que les enfants du futur nous demanderont des comptes. Elle dit même une chose plus terrible, que lorsque nous ne serons plus là, dans dix, vingt ou trente ans, elle y sera encore et que c’est à elle que les enfants demanderont des comptes. Elle nous accuse, de sa voix douce et calme, d’avoir oublié que la Terre nous est prêtée, pas donnée. Est-ce que nous pouvons l’entendre ? Nous avons si peu entendu les voix qui nous interpellaient, avant elle. Nous n’avons pas écouté la parole du chef des Indiens Lummi, le grand Seattle, lorsqu’il répondait au gouverneur qui lui proposait d’acheter les terres indiennes : «Comment pouvons-nous vendre ce qui ne nous appartient pas ?» Nous n’avons pas entendu les avertissements des hommes de science, d’Aldo Leopold, de Bertrand Russell. Nous n’avons même pas écouté Einstein quand il nous prévenait que si les abeilles venaient à disparaître, nous n’aurions que quelques mois à vivre.
Son action est simple, comme cela devrait toujours l’être quand il s’agit de choses normales. Chaque vendredi, elle appelle à la grève des enfants. Une grève des écoliers, il y a de quoi faire sourire les sceptiques. Avec un petit sourire, ils ne se privent pas de dire que c’est assez original, plutôt amusant. Et il lui faut du courage, à Greta, pour affronter le sourire ironique des adultes. Pourtant, quand elle apparaît, sur nos écrans, dans les pages de nos journaux, avec son visage grave et ses traits doux, et qu’elle dit de sa voix de colère contenue que nous devons paniquer, que nous devons réagir, nous indigner, commencer la lutte, changer notre façon d’être, notre rapport au monde et aux animaux qui l’habitent avec nous, que nous devons nous inquiéter de l’absence des saisons, de la disparition des insectes et des oiseaux, du dépeuplement des mers et du blanchissement des coraux, de cette sorte de silence assourdissant qui s’étend peu à peu sur la planète nature, au profit des vacarmes des villes, du mouvement fébrile des hommes, de l’exploitation à outrance des richesses du sol et des forêts, comment ne pas ressentir un coup au cœur, un tressaillement, comment ne pas être envahi par la nostalgie du futur, à l’idée de ce que nous n’avons pas fait, de ce que nous avons laissé se défaire, de notre regard qui s’est détourné, du grincement cynique de nos égoïsmes ? Comment ne pas l’entendre ? Comment avons-nous pu oublier à ce point nos responsabilités envers les générations à venir, comment avons-nous osé accepter que ceux qui vont pâtir le plus du changement climatique seront ceux qui n’ont pas participé à sa détérioration, ceux qui n’ont pas profité des bénéfices de la production, qu’ils mourront de faim parce que nous avons rempli nos garde-mangers à l’excès ?
Il n’est pas imaginable que tout cela ne soit qu’une crise passagère, que cela disparaisse dans le grenier encombré de nos luttes échouées, de nos approximations, de nos rêves fracassés.
Greta Thunberg, elle, n’a pas renoncé. Avec la gravité de son jeune âge, avec la science instinctive de l’enfance, elle monte à la tribune, elle dit ce que nous ne voulons pas entendre, elle brandit ses panneaux devant les Parlements, devant les politiques, les puissants de ce monde. Elle parle pour elle, pour sa génération, mais aussi pour ses enfants à naître, et au-delà des humains, pour notre Terre tout entière, dans sa précieuse et fragile beauté. Écoutons-la. Entendons-la. Il est peut-être encore temps." JMG le Clézio

Aurélien Barrau / Greta Thunberg

Aurélien Barrau (né le  à Neuilly-sur-Seine) est un astrophysicien français spécialisé en relativité générale, physique des trous noirs et cosmologie. Il travaille au Laboratoire de physique subatomique et de cosmologie de Grenoble (LPSC) sur le polygone scientifique. Il est également professeur à l'université Grenoble-Alpes.

Il a été invité en tant que visiteur à l'Institute for Advanced Study (IAS) de Princeton, à l'Institut des hautes études scientifiques (IHES) de Bures-sur-Yvette1 et à l'Institut Périmètre (PI) de physique théorique au Canada2.

Il a été membre du comité de direction du Centre de physique théorique de Grenoble-Alpes et du laboratoire d'excellence ENIGMASS, et responsable du master de physique subatomique et de cosmologie de Grenoble. Il est membre nommé du Comité national de la recherche scientifique (CoNRS), section physique théorique.

Il travaille actuellement sur la gravitation quantique à boucles.

 

Aurélien Barrau

https://www.facebook.com/aurelien.barrau?__tn__=%2CdCH-R-R&eid=ARCVj3eHCZdmC70lKnWT08ISJOqwUQwhUcFQ-hOouLmw6GFjGe7amvX07Cbpa1NTwedbCZXkMGHGZApO&hc_ref=ARRW4fI3Zg3_mkF261Kk5-YnLUGdKIMvfCqEFF__HH5N9MgPvd6eOqXwhXgM83mm_G8&fref=nf

25 septembre, 11:50

"Je vais essayer de ne plus trop m’exprimer sur ce sujet et d’ignorer le déluge de folie autour de Greta. Juste un mot à tous ceux - bien nombreux - qui se pensent malins ou subversifs en déclarant ne pas tomber dans le piège consistant à idolâtrer une gamine.
Personne ne vous demande de l’aimer ! Détestez-là si bon vous semble ! Ce n’est *pas du tout* la question. On ne demande qu’une chose : écoutez ce qu’elle dit. Car ça correspond à peu près au consensus scientifique à propos d’un truc pas totalement anodin : l’extinction massive de la vie sur Terre.
Arrêtez de nous emmerder avec l’âge, le physique ou l'intonation du messager : le message est juste. Point.
Qu’elle soit manipulée ou non, sympathique ou non, cohérente ou non, en s’en fout !!!! C’est l’occasion pour vous de comprendre qu’on en train de putain de flinguer notre monde ! Si elle vous gave, lisez les rapports du GIEC - récipiendaire du prix Nobel - le contenu est le même. C’est clair là ?"

(Photo piquée sur le web - auteur inconnu de moi)

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" « Vous avez plus peur que moi ! » "


C'est Giordano Bruno qui a lancé cette phrase à ses bourreaux de l'Inquisition avant qu'ils ne lui arrachent la langue et qu'ils ne le brûlent.
Je ne sais pas ce que va devenir Greta Thunberg dans les années à venir mais beaucoup lui souhaiteraient une fin identique. C'est une certitude.
Personnellement, le regard de cette jeune fille m'impressionne considérablement.

Effectivement, ça n'est pas elle qui devrait être là mais c'est si c'est elle, c'est bien que personne d'autre n'y est parvenu jusque-là. Et c'est bien dans ce constat qu'il faudrait chercher le point d'achoppement de nos "sociétés modernes".

Tout ce que les scientifiques écrivent depuis des décennies a été ignoré, bafoué, étouffé, ridiculisé parfois. Les quelques décideurs politiques qui ont tenté d'en faire quelque chose d'utile ont grillé leur carrière.

La société civile a considéré qu'elle n'y pouvait rien et que les changements viendraient du haut de la pyramide...Et finalement, devant cette inertie mortifère, une jeune fille a décidé de s'asseoir sur un trottoir, un jour par semaine et d'interpeller les passants.

Et maintenant, elle apparaît sur une photo, dans le dos de Trump. Et certains le lui reprochent.
N'y a-t-il pas derrière ces multiples reproches la volonté perverse de taire la culpabilité de n'avoir rien fait d'utile avant elle ?

J'entends déjà certains me répondre que Greta Thunberg ne fait rien d'utile, qu'elle ne propose pas de solutions, qu'elle n'a aucun programme. Non, effectivement, elle ne cesse de le dire. Elle répète à l'envi que tout est déjà écrit par des centaines de scientifiques depuis des décennies. Son seul désir, c'est que l'ensemble de la communauté scientifique soit réellement prise en considération. Pas dans des colloques mais dans les actes. Là, maintenant, tout de suite. Pas en vue des prochaines élections. Pas en se rejetant la faute sur les gouvernements précédents, ni dans l'attente des actes du suivant. Là, maintenant, tout le monde uni dans un seul programme politique : survivre.

Greta Thunberg et le point Godwin

Le point Godwin:
De la loi de Godwin, du nom de Mike Godwin. Cette "loi" énonce que « plus une discussion dure longtemps, plus la probabilité d'y trouver une comparaison impliquant les nazis ou Adolf Hitler s'approche de 1 ».
Mike Godwin ne parlant que de « loi » et jamais de « point », c'est le langage courant qui, de cette loi, a tiré par extension le « point » Godwin : moment où, dans un débat, les adversaires s'injurient ou caricaturent grossièrement les positions de l'autre, toute discussion constructive devenant alors impossible.


Haro sur Greta Thunberg, la démoniaque vestale hitléro-maoïste

 
Haro sur Greta Thunberg, la démoniaque vestale hitléro-maoïste

“Irrationnelle”, “illettrée”, “louche”, “ridicule”, “sadique”, “fanatisée”, “totalitaire”… Lundi et mardi, après l’intervention de Greta Thunberg à l’ONU, les éditorialistes étaient plus chauds que le climat pour insulter la militante suédoise. Tout en regrettant qu’il soit impossible de la critiquer.

« Je voulais qu’on écoute Greta Thunberg, propose Pascal Praud lundi soir sur CNews. Elle a pris à partie les chefs d’État dans un discours furieux. Ça peut mettre mal à l’aise. » « Je suis très mal à l’aise, confirme Ivan Rioufol. C’est une icône qui fait froid dans le dos. » Une figure d’épouvante, pour un éditorialiste du Figaro. « On se demande qui est derrière cette jeune fille, qui la manipule, qui l’endoctrine. » Certainement pas le groupe Dassault. « On se souvient de l’embrigadement des jeunesses dans les régimes totalitaires, les jeunesses hitlériennes, les jeunesses maoïstes… » Et un point Godwin, un ! « Son fanatisme m’inquiète. » Moi, c’est plutôt celui d’Ivan Rioufol. « Ce que veulent les écologistes les plus radicaux, c’est un changement de société. » Un retour à l’ordre nazi, à n’en pas douter.

 

« Je suis d’accord avec vous, mais j’enlèverais les comparaisons, nuance Pascal Praud. Cette jeune femme me met mal à l’aise. » « Elle me met mal à l’aise », complète Jérôme Béglé. Je n’ai jamais vu autant d’éditorialistes mal à l’aise sur un plateau. J’espère que CNews a prévu une cellule de soutien psychologique. L’éditorialiste du Point se targue de paraphraser une phrase de Cocteau : « Tous les enfants ont du génie sauf Greta Thunberg. Je la sens fanatisée. » Par les maoïstes ou par les nazis ? « À quoi ça sert d’aller chouiner devant les caméras du monde entier ? » Jérôme Béglé déplore qu’elle ait choisi de sécher l’école « en restant illettrée ou à peine lettrée ». Elle ne pourra jamais citer Cocteau. « C’est inepte, ce qu’elle fait. » Heureusement, Jérôme Béglé est là pour relever le niveau.

« Cette jeune femme est porteuse d’une idéologie universaliste, diagnostique Ivan Rioufol. Elle ne supporte pas la contradiction… Quand on se rappelle ce qu’a pu être le communisme ou le nazisme… » Le nazisme, voilà bien une idéologie universaliste. « Son idéologie est d’essence totalitaire. » « Ça peut s’entendre », convient Pascal Praud qui, en général, entend très bien les fachos. « Que madame Thunberg dise qu’une extinction de masse a commencé, c’est faux !, s’indigne Jérôme Béglé. En partant d’un postulat aussi ridicule… » « Il y a des espèces qui disparaissent », avance Pascal Praud. « Mais les dinosaures aussi ont disparu ! Des espèces ont toujours disparu. » Et l’espèce des éditocrates est toujours là.

 

Pendant ce temps, sur LCI, Vincent Hervouët invite à un salutaire recul historique. « A l’ONU, il n’y a que les tyrans qui se font remarquer : Khrouchtchev, Castro, Kadhafi… Et là, on a un tyran de 16 ans. » Hitléro-maoïste, si j’ai bien suivi. « Ce qui est extraordinaire, c’est la prévalence de l’émotion, regrette François Lenglet. Le changement climatique, c’est un problème technique… » Si c’était un problème politique, ça se saurait. « … Avec des solutions techniques qu’une jeune fille de 16 ans ne peut pas avoir. » Tant qu’à sécher l’école, elle devrait prendre des leçons de technique avec François Lenglet. « Je trouve ça désolant de voir que les adultes participent à cette espèce de contrition qui ne débouche sur rien. » Les adultes n’ont pas la maturité de l’expert de LCI. « L’autoflagellation ne débouche sur rien, l’émotion ne débouche sur rien. » C’est pourquoi les éditorialistes n’y succombent jamais. Vincent Hervouët, jugeant son collègue trop magnanime, le reprend : « Non-non-non ! D’abord, elle a tort, la vestale fiévreuse ! » La vierge exaltée par son idéologie totalitaire. « Elle a tort de geindre. » Il faudrait savoir. Tout à l’heure, elle chouinait.

 

Un peu plus tard dans la soirée, Bruce Toussaint juge opportun de demander sa réaction au bon « docteur Laurent Alexandre. Vous êtes médecin, chirurgien, créateur du site Doctissimo. On vous connaît aussi pour un activisme anti-Greta Thunberg ». Et pour avoir participé à la toute récente université d’été du Rassemblement national, mais pourquoi le préciser ? « Est-ce qu’aujourd’hui elle vous a un peu convaincu ? » « Elle m’a affolé. » Attention au malaise. « Son discours apocalyptique est de plus en plus larmoyant, elle est de plus en plus au bord de l’effondrement psychiatrique. Il faut qu’elle aille à l’école et qu’elle se soigne. » Il faudrait d’abord soigner le malaise des experts, ça paraît plus urgent. « Je ne comprends pas qu’elle soit écoutée par des adultes qu’elle sadise de cette façon. » Les adultes sont masochistes.

« Ce discours terrifiant panique les jeunes, poursuit l’expert psychiatrique. En tant que chirurgien, je vois des gamins qui me demandent comment se faire stériliser pour ne pas avoir d’enfants afin de diminuer son empreinte CO2. » Certains demandent même à se faire amputer d’un poumon pour réduire leurs rejets de CO2. « L’instrumentalisation des enfants pour faire de la politique, au XXe siècle, ça rappelle beaucoup de mauvais souvenirs, en Union soviétique par exemple. » Et en Chine maoïste, et en Allemagne nazie, et en Libye kadhafiste, entre autres.

 

« Sa famille a fait de son dossier psychiatrique un bouclier. Personne n’ose attaquer Greta Thunberg. » Non, vraiment personne. Je l’aurais remarqué. « Tout ça est profondément malsain, c’est une manipulation marketing que je trouve assez dégueulasse. » Son sens de l’éthique honore ce médecin. « Elle s’attaque aux faibles, aux masochistes. » C’est trop facile. Laurent Alexandre, lui, ne s’attaque qu’aux forts, aux sadiques. « La France est le pays au monde qui émet le moins de CO2 par unité de richesse produite. La France est le meilleur élève mondial grâce au nucléaire. » Vive le nucléaire. « Le nucléaire est aujourd’hui la seule solution sur terre pour diminuer le CO2. » Il suffirait de construire quelques milliers de réacteurs tout autour de la terre, EDF sait très bien le faire. « Merci Laurent Alexandre », salue d’un air satisfait Bruce Toussaint.

Le lendemain matin, mardi, c’est au tour de Christophe Barbier de répondre à la question vitale : « Greta Thunberg en fait-elle trop ? » « Oui ! Il y a un malaise au bout d’un moment. » Ça y est, Christophe Barbier fait aussi un malaise. « Toute l’histoire de l’humanité est émaillée de ces personnalités qui ont surgi et qui ont poussé des cris. Mais quand le cri devient une sorte de récurrence, de style, de punchline, ça sent le préfabriqué, ça sent la démarche intéressée. » Intéressée à la renaissance du nazisme. « Et là, oui, on a franchement un malaise. » Y a-t-il quelqu’un pour réanimer Christophe Barbier ? « Elle n’apporte pas vraiment de solution concrète, elle est dans la revendication permanente, dans l’imprécation, ça ne fait pas avancer le débat. » Pour ça, je compte sur l’éditorialiste de BFMTV.

 

La présentatrice évoque la plainte déposée contre la France. « Ce n’est ni habile ni justifié, assure Christophe Barbier. On se retrouve avec la Turquie et le Brésil. Pourquoi ne va-t-elle pas manifester en Chine ? » Ou en Pologne, ou nettoyer les plages corses, comme le préconise notre avisé président. « Il y a un deux poids, deux mesures qui est un peu louche. » Crypto-maoïste. « Si tout le monde se mettait comme elle à traverser l’Atlantique avec zéro trace carbone, il y a plus de tourisme, d’économie, de voyages, de biens, d’échanges… » Et tout le monde meurt. « On est dans une forme d’irréalisme. » Et de surréalisme, à la télé. « Les adultes doivent reprendre la main et arrêter d’être soumis à cette tyrannie de l’émotion. » Ça va être difficile, il paraît que les adultes sont masos.

« Elle se ridiculise », assène sur LCI un autre spécialiste du ridicule, Jean-Michel Aphatie. « Aller à pleurer à la tribune de l’ONU, c’est un peu stupide. » Puéril. « Porter plainte, c’est ridicule. La justice, il faut la laisser pour les vrais délinquants. » Par exemple, pour ceux qui décrochent les portraits de Macron, dont l’action s’apparente à des « appels au meurtre », expliquait Jean-Michel Aphatie la veille.

 

Les bandeaux de LCI mettent en garde ses spectateurs contre le risque de malaise. « Thunberg : cause noble, discours navrants ? », « Climat : Greta Thunberg fait son cinéma ? » « On va se parler franchement, propose Olivier Galzi, mort de rire. Certains disent ce matin : “Elle commence à nous énerver, celle-là.” C’est votre cas. » « Moi, elle me fait peur », tremble Alexis Brézet. Il y au Figaro une épidémie de froid dans le dos. « On a connu, à l’époque de Mao, les Gardes rouges qui dénonçaient leurs parents. Là, on a une génération de Gardes verts. » Connus pour s’être alliés aux Khmers verts.

 

Comme BFMTV, CNews pose dans son bandeau l’essentielle question : « Greta Thunberg en fait-elle trop ? » Depuis la veille, Pascal Praud est resté souffrant. « C’est vrai que sa déclaration met mal à l’aise. » « C’est malaisant, se plaint une autre victime, le politologue Benjamin Morel (celui qui défendait la légitimité des violences policières samedi dernier). Elle fait du mal à la cause écologiste. La force de l’écologie, c’est d’apporter un raisonnement rationnel, scientifique face à des croyances. Ça, ça ramène de la non-science, une sorte d’irrationnalité. » Si Greta Thunberg défendait mordicus les scientifiques du Giec, ça se saurait.

 

Le sociologue Raphaël Liogier décrypte : « Elle est caractéristique de l’effondrement du sens métaphysique de l’existence. » Sans parler de son effondrement psychiatrique. « Quand on n’a plus de projet métaphysique, on a des affrontements superstitieux, religieux. » Maoïstes. « On a des gens qui sont dans le culte de la nature, avec cette opposition entre pureté et impureté. On oublie l’argumentation rationnelle. » Et les travaux du Giec. « Elle a tort quand elle condamne le progrès technique et la science, juge Gérard Leclerc. On s’en sortira que par le progrès technique et la science. » Par le nucléaire, précisément.

 

« C’est terrifiant, se plaint Charlotte d’Ornellas, de Valeurs actuelles. C’est une gamine dont on se sert en instrumentalisant son autisme. » Pour que personne ne puisse la critiquer, je sais. « Quand j’entends Emmanuel Macron dire qu’il faut répondre à cette jeunesse qui a voté pour les Verts aux européennes, excusez-moi mais, pendant trente ans, le FN était le premier parti de la jeunesse… » Ah bon ? Première nouvelle. « … Et ça n’a jamais fait bouger l’ONU ! » Pour éviter les malaises d’éditorialistes, les Nations unies auraient dû inviter Marine Le Pen plutôt que Greta Thunberg. « C’est pas la même cause », observe Gérard Leclerc. « Justement, ça veut dire qu’il se sert de qui il veut quand il veut pour son projet politique, un projet mondialiste. » Je comprends mieux : Greta Thunberg est manipulée par Emmanuel Macron.

 

« On est dans une forme de religion verte avec ses dogmes anti-humanistes, soutient Laurence Trochu, de Sens Commun. Ce que ça questionne, c’est la responsabilité de l’homme, or les scientifiques ne sont pas d’accord entre eux, il n’y a pas de consensus scientifique. » Des protestations se font entendre mais Pascal Praud les fait taire avec autorité, réclamant que l’experte en humanisme climatique puisse achever sa brillante démonstration technique, comme dirait François Lenget.

Pascal Praud se réjouit : « Je vais vous faire écouter Ivan Rioufol hier soir, ce qu’il dit est assez courageux. » Revoici « les jeunesses des régimes totalitaires, les jeunesses hitlériennes, les jeunesses maoïstes »… « Le seul acte qu’ait posé cette fille, réagit Charlotte d’Ornellas, pas moins courageuse, c’est de ne plus aller à l’école et d’encourager toute la jeunesse à faire pareil. La question de l’embrigadement se pose, comme avec les embrigadements d’autres totalitarismes. »

Gérard Leclerc ose une comparaison entre Greta Thunberg et Jeanne d’Arc, Charlotte d’Ornellas s’indigne : « La différence, c’est que Greta Thunberg est proclamée sainte avant même d’être sur le bûcher. » Qu’attend-on pour la brûler ? Ça dissiperait le malaise. « Il y a une différence entre Greta Thunberg et Jeanne d’Arc, ajoute Benjamin Morel, c’est que Greta Thunberg est envoyée dans un objectif de culpabilisation. Là, on retrouve la Florence de Savonarole, on l’envoie pour dire : “Vous avez péché, vous êtes le mal, nous sommes les enfants, nous sommes la pureté.” C’est ça qui fondamentalement est malaisant. » Vite, un bûcher !

 

Le soir, sur BFMTV, Olivier Truchot s’étonne du « changement de ton observé chez Emmanuel Macron et ses ministres à propos de Greta Thunberg ». Et de poser la question qui figure sur le bandeau : « Finalement, Greta Thunberg, c’est un ange ou un démon ? » La photo géante affichée dans le studio fournit la réponse. « Est-ce qu’elle a choisi la bonne cible en attaquant des pays comme l’Allemagne, la France ?, s’interroge Eric Brunet. J’ai l’impression qu’elle a frappé par erreur, comme à la sortie d’un bistrot, quand on est un peu éméché et qu’on donne un coup de poing à son copain au lieu de taper le méchant. » Et moi, j’ai l’impression qu’Eric Brunet parle comme à la sortie d’un bistrot, quand on est un peu éméché et qu’on ne sait plus ce qu’on dit.

Certains invités ont réchappé à l’épidémie de malaise. Le publicitaire Frank Tapiro défend vigoureusement la « lanceuse d’alerte. Heureusement qu’elle est là ! La réponse politique d’aujourd’hui est complètement à côté de la plaque ». Ce n’est pas ce qui préoccupe Olivier Truchot. « Il y a un changement de ton incroyable. La secrétaire d’État Brune Poirson ne cessait de dire du bien de Greta Thunberg. Pourquoi ça a changé ? »

« Parce que Greta Thunberg a changé, explique Apolline de Malherbe. Elle était assez silencieuse, elle était une image dans le silence, l’appel quasi silencieux à se poser. » Elle était parfaite quand elle se taisait. « Elle a eu hier un visage extrêmement dur. » Malaisant. « Et des expressions très dures, elle disait : “Comment osez-vous ?” avec une virulence assez intense. » À la Goebbels. « Elle était un peu une figure de fée Clochette qui attire la sympathie et elle a changé de ton. Elle était dans une attitude plutôt pacifique, un peu à la Gandhi, et elle est devenue plus belliqueuse. » À la Rommel. « Elle passe à l’attaque donc c’est normal que le gouvernement se défende. » Et qu’Apolline de Malherbe défende le gouvernement, comme à son habitude.

 

Un autre invité vacciné contre les malaises, Pierre Jacquemain, de Regards, salue « son engagement hyper sincère. Je ne vois pas en elle une fille manipulée… » « Certains disent qu’elle est manipulée », le coupe Olivier Truchot. « Certains disent aussi qu’elle serait mieux à l’école… », tente Pierre Jacquemain. « Juste une question… », le re-coupe Olivier Truchot. « Je finis juste là-dessus… » « Non-non, Pierre ! Une question, justement, c’est important, s’impose Olivier Truchot. Pourquoi elle s’attaque à la France, à l’Allemagne et pas à la Chine, la Russie ? » Et pourquoi elle ne va pas nettoyer les plages polonaises ?

 

« Quand elle pointe la course effrénée à la croissance éternelle, soutient bientôt Pierre Jacquemain, c’est un discours politique… » Mais il est re-re-coupé par Olivier Truchot : « Elle en a profité, de la croissance. » L’hypocrite vestale consumériste. « Attention au discours qui consisterait à dire “c’est Mandela, c’est Gandhi”, avertit Éric Brunet. Je ne vais pas dire de mal d’une enfant, elle a 16 ans, donc… » « C’est tout le problème !, s’exclame Apolline de Malherbe. On ne peut pas la critiquer. » Si elle l’avait été, je m’en serais aperçu.

 

« Mais elle dit des choses qui sont assez convenues, poursuit Éric Brunet. C’est comme si une adolescente en Inde ou en Argentine disait : “Stop ! Je tape du poing sur la table parce qu’il y a trop de cancers.” » Ou comme si un adolescent en Pologne ou en Somalie disait : “Stop ! Je veux une crème glacée en dessert.” « Il faut raisonner sur le plan rationnel, scientifiquement, il faut pas se laisser emporter dans des discours passionnels où on se roule par terre ! » Mieux vaut s’en remettre au rationalisme d’éditorialistes chevronnés. « Alerter les enfants du monde entier, c’est très bien… » Pas tant que ça, rappelle Olivier Truchot : « Génération déprimée, dit Blanquer. » « Oui, c’est une génération déprimée. » Au bord de l’effondrement psychiatrique. « Mais ce qu’elle dit est convenu, c’est une offuscation sociétale comme il pourrait y en avoir des dizaines d’autres. » Pour avoir du rab de dessert.

 

Frank Tapiro désigne la photo de l’hideuse vestale. « Il y a quelque chose qui me choque derrière vous, je suis désolé. » « Qu’est-ce qui se passe derrière moi ? », se retourne Olivier Truchot. « Ce n’est pas la seule image fixe qu’on ait d’elle, note le communicant. On a l’impression que c’est un chien enragé, on en fait un démon ! Ce traitement est inadmissible » « Le problème, réplique Olivier Truchot, c’est que c’est une enfant donc inattaquable ; elle parle avec ses tripes, avec de l’émotion, donc c’est difficile de contrecarrer une émotion ; et elle parle d’écologie… Donc on ne peut rien dire ! » Et voilà, c’est toujours pareil, dans ce pays, on ne peut plus rien dire, même pas que Greta Thunberg est une vestale fascistoïde. « Y a un côté tyrannie de l’émotion », appuie Éric Brunet, incarnation de la scientificité.

 

« À 16 ans, on est dans l’urgence », plaide Frank Tapiro. « Oui, répond Olivier Truchot, mais les réponses sont longues et complexes. » Raison pour laquelle on les repousse. Le présentateur craint que la génération déprimée diagnostiquée par Jean-Michel Blanquer empêche les jeunes de voter. « En tout cas, en France, certifie Apolline de Malhere, les jeunes votent premièrement écolo et deuxièmement pour le Rassemblement national. » « Majoritairement, ils s’abstiennent », remarque Olivier Truchot dans un éclair de lucidité sans aucun effet sur celle de sa collègue. « C’est ça, la jeunesse, aujourd’hui en France. Soit ils sont écolos, soit ils sont Front national, voilà ce que sont les jeunes. » On comprend qu’ils soient séduits par une vestale écolo-facho.

« Peut-être qu’Emmanuel Macron a tort de répondre à Greta Thunberg », suggère Olivier Truchot. « Emmanuel Macron, il est piqué, et on peut le comprendre, répond Apolline de Malherbe, très compréhensive. On peut bien imaginer que, hier, dans l’avion en route vers les Etats-Unis, Emmanuel Macron se dise “Bon, il y a un moment, ça suffit.” » Il faut mettre un terme à cette idéologie totalitaire. « Emmanuel Macron est parfaitement conscient que le problème auquel il fait face, c’est le timing. Les Gilets jaunes, c’est la même chose, si c’est dans cinq ans ou dans dix ans, c’est trop tard. » Autant ne rien faire et ratifier le Ceta. « Les gens, ils disent : “C’est demain que je veux que mon frigo se remplisse.” Le problème du timing, c’est une montagne ! Les changements, en particulier sur les questions d’écologie, on sait qu’en réalité ça met un temps fou. » Pas du tout : en quelques années, le gouvernement a réussi à faire chuter spectaculairement le nombre de fonctionnaires du ministère de l’Ecologie, rapporte Bastamag.

 

« La révolution climatique, comme toutes révolutions, a besoin d’incarnation, prétend ce gauchiste de Pierre Jacquemain. Si c’est Greta Thunberg, c’est positif. » « Faut pas que ça se retourne contre elle, prévient Apolline de Malherbe. On sait que dans ce genre de combat, il y a un moment où on en fait trop. » Ça n’arriverait pas sur ce plateau. « Il faut pas que ça devienne tellement hargneux, jusqu’au-boutiste que l’opinion se détourne. » Trop tard, je crois que l’opinion des éditorialistes hargneux s’est détournée.

Lubrizol et les sites Seveso

 

 

Le monsieur n'est pas un compltiste, survivaliste, illuminé, déglingué ou autres étiquettes le condamnant à ne pas être lu sérieusement. 
Il est conseiller régional...

Ensemble, nous sommes tout !

Le blog de Gilles Houdouin, conseiller régional de Normandie. Ensemble !  

  • Après l'incendie de Lubrizol...

  • Par gilles houdouin dans politique générale le 27 Septembre 2019 à 16:52

    Après l'incendie de Lubrizol..Je ne reviendrai pas sur les circonstances de l'incendie de l'usine Lubrizol de Rouen. Tant que Jacques Chirac n'était pas encore mort, chacun et chacune d'entre vous a pu suivre les péripéties dans les média. Après, le scoop a rejeté la vie quotidienne des Rouennais, leurs questions et leurs peurs légitimes, à l'arrière-plan. Loin de moi également l'idée que le risque zéro puisse exister : c'est impossible. Néanmoins, il y a quand même quelques questions à se poser quant à la gestion de cette catastrophe, ainsi que sur certaines pratiques de la préfecture et des industriels, pratiques peut-être tout à fait légales dans la législation actuelle, mais qui demanderaient sans doute à être revues.

    La première des questions, c'est bien entendu : pourquoi la préfecture n'a t-elle déclenché les sirènes d'alarme que vers 7h30 alors que le feu s'était déclaré avant 3h00 ? Elles auraient été déclenchées dans le but de "sensibiliser les citoyens". Qu'est-ce à dire ? Il ne s'agit pas ici de sensibilisation, mais de prévenir les citoyens qu'ils doivent rester chez eux, se confiner. Il s'agissait de les prévenir de ne pas envoyer leurs enfants à l'école, de ne pas se rendre au travail, etc. Toutes les choses qui sont marquées sur tous les documents affichés partout dans les entreprises et les administrations, et qu'on nous distribue régulièrement dans les boites aux lettres. A quoi cela sert-il si la préfecture n'applique pas ses propres directives ?

    Et donc, au lieu d'avoir une gestion saine de la crise, on a pu voir des bouchons aux entrées de villes car le périmètre était bien entendu interdit à la circulation, des gens qui étaient déjà arrivés au travail et qui se sont vus obligés de repartir (dans les bouchons), une inspectrice de l'éducation nationale qui n'a pas jugé utile, sur Saint-Etienne-du-Rouvray, de fermer les écoles, alors que partout ailleurs, elles étaient fermées, jusqu'à l'université. Sans doute avait-elle décidé, au doigt mouillé, que le vent ne changerait pas de direction et que tant que ça partait au nord, on pouvait garder sans dommage des gamin-e-s dans des salles de classes. Bref, un étalage d'incompétence qui mériterait qu'on s'y attarde un peu lorsqu'il sera l'heure de faire le retour d'expérience.

    La deuxième question à se poser c'est : toutes les mesures de sécurités indispensables au fonctionnement d'un site SEVESO, avaient-elles été prises, les investissements nécessaires étaient-ils faits ? La question est permise lorsqu'on sait que lors de l'incident de 2013 (fuite de Mercaptan, dont les effets se sont ressentis jusqu'en Ile-de-France et en Grande-Bretagne, déjà "sans risque sanitaire" pour la préfecture) l'usine n'était pas dotée d'un PPRT (Plan de prévention des risques technologiques) alors que la directive Seveso le rendait obligatoire depuis 2003. Et puis le fait que la société ait été rachetée en 2016 pour 9,7 milliards de dollars par Warren Buffet, multimilliardaire américain, déjà propriétaire de Coca-Cola, Goldman Sachs, American Express, Duracell, Fruit of the loom et d'autres, peut aussi légitimement interroger : ce genre de personnage ne rachète pas une entreprise par amour du produit fabriqué, mais simplement par amour (immodéré) de l'argent. Et donc à priori, tout ce qui coûte sans rapporter peut être traité un peu par dessus la jambe. Là encore, je précise, je n'affirme rien, mais je m'interroge, et aimerait que la lumière soit faite sur les responsabilités, comme tous ceux qui ont vu leur maison, voiture, jeux d'enfants, souillés par les retombées des fumées, comme tous ceux à qui on a pu dire "restez chez vous aujourd'hui, ne venez pas travailler, mais cela devra être régularisé par une journée de congé" (véridique), et surtout comme tous ceux et celles qui vont sans doute perdre leur travail car il est peu probable que l'usine soit ré-ouverte dans ces conditions, ou au moins à cet endroit.

    Enfin, la troisième question est : pourquoi la préfecture nous ment-elle en permanence ? Nous ne voulons pas être "rassurés", nous voulons être informés ! Pourquoi dire "toute fumée est évidemment malsaine", au lieu de dire "cette fumée, comme toutes les fumées provenant de feux d'hydrocarbures est potentiellement dangereuse car elle contient de l'hydrogène sulfuré (H2S) des gaz nitreux (NO-NOx) et du gaz carbonique". Les oiseaux retrouvés morts sur les quais de Rouen ce matin ont-ils trouvé cette fumée simplement malsaine ? Non, pour eux, elle fut mortelle. Pourquoi en serait-il autrement pour des bébés, des personnes asthmatiques et/ou âgées  ? Qui prendra en charge les pathologies liées à l'inhalation de ces fumées ? Lubrizol ? non bien sûr, car il n'y aura jamais de preuve que ce sont bien ces fumées, ce jour-là, qui a engendré telle pathologie. A Warren Buffet les profits, à la Sécu le soin de financer les conséquences de l'inconséquence.

    J'ai gardé le meilleur pour la fin : l'usine Lubrizol de Rouen, comme celle d'Oudalle, près du Havre, utilise du Chlore dans son process. On peut s'estimer heureux que le stockage de chlore n'ait pas été atteint, que le gaz n'ait pas pu s'échapper car sinon, je n'ose imaginer le désastre, à proximité immédiate de zones d'habitation. Le chlore utilisé n'est évidemment pas celui que l'on peut trouver dans les piscines, la concentration est bien plus forte, et ce gaz, plus lourd que l'air, provoque des asphyxies en moins de temps qu'il ne faut pour l'écrire.

    J'ai un peu fouillé le sujet et, avant de vous livrer la poire pour la soif, voudrais vous raconter une petite anecdote dont je tairai la source : l'usine Lubrizol d'Oudalle est à proximité directe du viaduc qui conduit au pont de Normandie. A l'époque de sa construction, le stockage de chlore a évidemment posé problème, car la législation était telle que rien ne pouvait passer à moins de 500 mètres. Dommage pour le pont. Heureusement,  un "spécialiste" a fait remarquer que la législation pour le stockage de chlore "immobile" (bacs) était beaucoup plus contraignante que la législation concernant le stockage de chlore "mobile". Ni une, ni deux : le stockage de chlore de Lubrizol est donc devenu mobile, dans des wagons, sur des rails. Qu'ils ne bougent pas n'a que peu d'importance, pourvu que la législation soit assouplie !

    J'en viens à la conclusion de cet article déjà trop long : en fouillant sur le "net", j'ai trouvé deux documents intéressants : le premier, une demande de l'usine Lubrizol Oudalle, en date du 27 mars 2019 (c'est hier) demandant à pouvoir augmenter sa capacité de stockage de chlore, pour passer de 150 à 280 tonnes, de 2 à 4 wagons. Vous pourrez lire sur le document joint (ci-dessous) certaines réponses figurant sur le Cerfa qui seraient à mourir de rire si cela n'avait pas tant de conséquences : en haut de la page 3, à la question "à quelle(s) procédure(s) administrative(s) d 'autorisation le projet a t-il ou sera t-il soumis ?", bonhomme, le directeur répond tout benoitement : "ne sait pas". Aux questions "engendre t-il des risques sanitaires ?", "engendre t-il des rejets dans l'air ?", le même répond "non". Effectivement, le projet "n'engendre pas", mais il "pourrait engendrer, en cas de problème". L'administration a l'art de poser les questions de manière à ce que ça n'embête pas trop les patrons ! Notons tout de même que 280 tonnes de chlore qui seraient "malencontreusement" libérées dans l'atmosphère occuperaient le modique volume de 350 000 mètres cubes ! De quoi asphyxier pas mal de monde !

    La cerise sur le gâteau : à cette demande d'extension des capacités de stockage, la préfecture a donné son autorisation par décret, sans passer par le  CODERST (Conseil Départemental de l'Environnement et des Risques Sanitaires et Technologiques) ni par la Commission de Suivi des Sites (CSS). Vous lirez les attendus dans le deuxième document joint, et vous vous ferez votre propre opinion sur la manière dont nous sommes protégés des accidents industriels. Ce genre de demande ne devrait-elle pas passer SYSTÉMATIQUEMENT devant de telles commissions, afin que tout le monde soit informé, et puisse prendre les décisions en connaissance de cause ?

    Bonne lecture !

    A télécharger :

    1) la demande de Lubrizol Oudalle.

    2) La décision de la préfecture.

Je suis un voleur

L’image contient peut-être : fruit et nourriture

C'est l'époque des pommes et des poires dans les prés par ici. Dans notre sortie du jour, on en a vu des quantités au sol, des fruits qui pourrissent parce qu'ils ne sont pas ramassés : invendables. Certains arbres sont en accès libre, aucune clôture, des champs ouverts. On en remplit nos sacs à dos et on y retourne. Compotes et confitures garnissent le garde-manger.
Mais il y a une interrogation qui me vient au regard de la propriété privée et de ces fruits qui sont perdus, qui pourrissent au sol, que personne ne peut ramasser.
Si je rentre, malgré la clôture, en général un simple fil électrique, je tombe sous le coup de la loi.
Mais aucune loi ne vient dire à ce propriétaire qu'il est irrespectueux de laisser cette nourriture se perdre.
N'y a-t-il pas un problème bien plus grave que celui de la violation de propriété privée quand on abandonne ce que la nature nous offre ?
Dès lors que les propriétaires ne ramassent pas ces fruits, pourquoi n'ouvrent-ils pas leurs prés, le temps de la récolte ? Parce que c'est "chez eux" ?
Mais c'est d'une stupidité effroyable et très représentatif d'ailleurs du pillage des ressources en général.
"C'est à moi, j'en fais ce que je veux. "
Donc, moi, quand je vois des fruits pourris au sol, je franchis les clôtures, je n'abîme rien, je marque mon respect pour les bienfaits de la terre, je ne laisse pas disparaître ce qui peut me nourrir.


Je suis donc un voleur.
La justice est en droit de me punir. Elle ne punira pas celui qui laisse les fruits pourrir.


Un monde étrange...

Sur l'effondrement

"Doctor maths" est un ami auteur : Bernard Afflatet.

Professeur de mathématiques et écrivain.

Ce documentaire est clair, précis, pédagogique, parfaitement compréhensible par tous.

Rien n'est extrapolé dans le mode "catastrophisme". C'est un état des lieux.

Bien entendu qu'il reste une part d'aléatoire mais les données actuelles sont suffisamment précises pour avoir une idée de la vitesse avec laquelle on se rapproche du mur... 

 

Doctor MATHS !

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J'habite un petit village du Gard (600 habitants). Je prévois d'y faire cette conférence sur le thème de l'Effondrement. D'abord en présence des élus et des acteurs locaux uniquement. J'espère qu'il y aura un retour positif parmi eux pour que je me risque à faire la conférence devant les villageois. Les vidéos incluses dans ces deux présentations (1-2 et 2-2) ont été coupées et montées pour raccourcir la durée de la présentation. Je remercie chaleureusement les auteurs de ces films et vous pouvez retrouver l'intégralité des vidéos en suivant les liens ci-dessous :

Boursorama, invité Olivier Berruyer : https://www.boursorama.com/videos/act...

Gaël Giraud sur Thinkerview : https://www.youtube.com/watch?v=2oFAR...

Court-métrage Sans Lendemain : https://www.youtube.com/watch?v=DgMXX...

Village de Correns (Var) : https://www.youtube.com/watch?v=yXLBs...

Quant à mes sources, vous les trouverez à la fin de la vidéo 2-2. Merci. PS : Quelques fautes d'orthographe ont pu se glisser dans la présentation... désolé !

Catégorie

Éducation

 

Compilation des données sur le survivalisme

 

Je cherchais un ancien article sur le survivalisme et en utilisant le moteur de l'hébergeur du site, je me suis aperçu que ça devenait conséquent...

Il y a bien d'autres thèmes d'ailleurs où il faudrait que je m'attelle au même travail de compilation : la conscience / l'amour / les pensées / les émotions / la méditation / l'ego / Le mental / le soi, le moi / l'âme, l'esprit / etc etc 

Je ne peux plus me retrancher derrière le manque de temps...

Je commence donc avec le thème du survivalisme et de la collapsologie étant donné que c'est le thème de la trilogie en cours d'écriture.

Les héros sont tous morts /

Tous, sauf elle /

Il faudra beaucoup d'amour.

Tous les articles ne seront pas là. Il faudrait tenir compte des arborescences, de tous les liens qui existent et ça ferait vraiment beaucoup...

 

Le survivalisme (1)

Le survivalisme (2)

Le survivalisme (3)

Le survivalisme (4)

Le survivalisme (5)

Le survivalisme (6)

Survivalisme

Sur le survivalisme

Entraide et survivalisme

Collapse : L'effondrement

Collapsologie : désastre, mode d'emploi

Collapsologie: Pablo Servigne

"Collapse"

"Ecologie, éthique et anarchie." (politique)

"Demain, l'effondrement" Interview de Pablo Servigne

"L'entraide, un facteur de l'évolution" de Kropotkine

"Etre humain en système capitaliste"

"Nos enfants nous accuseront" (humanité)

"L'avènement d'une humanité...inhumaine"

"Kogis, le message des derniers hommes"

"L'effondrement et la joie"

"Le mensonge dans lequel nous vivons"

"Les fin-du-mondistes"

"Les criminels du climat" (Nature)

"Si le climat était une banque..."

"Tout va s'effondrer...Alors, préparons la suite"

"Une force mondiale qui s'éveille..." Hubert Reeves

Collaborateurs ou réfractaires ? (humanisme et nature)

Changement climatique : depuis 30 ans

Climato-sceptique : arguments et objections

Anticipation du déclin.

Anticapitaliste et anarchiste (humanisme)

Anticipation du désastre

Arthur Keller : sur l'effondrement

Black out électrique

Bushcraft et preppers.

Climatiseurs et dissonance cognitive

Crime contre la planète.

Croissance intérieure, décroissance extérieure.

Face à l'urgence climatique, les "J'accuse"...

GIEC et députés

L'effet domino

L'urgence de ralentir

La forêt amazonienne brûle

Le chaos humain

Lobbies et démocratie

Mondiabolisation

Nature contre Capitalisme (spiritualité)

Noam Chomsky : manipulation des masses

Nouvel Ordre mondial : la commission trilatérale

Petit guide de collapsologie.

Peter Russel :Sur la conscience de l'unité (conscience)

Réchauffement climatique : mécanisme et évolution

Une mosaïque d'effondrements

Vers une collapsologie heureuse...

Vivre hors réseaux (simplicité volontaire)

Sur l'effondrement

 

 

Sécheresse : état des lieux

Rien de réjouissant... 

http://propluvia.developpement-durable.gouv.fr/propluvia/faces/index.jsp

 

     
 

Statistiques

 

Nombre de département ayant une restriction (au delà de vigilance) :

88

Nombre total d'arrêtés en cours :

210
     

Légende de la carte

Départements
Restrictions par département

Vigilance : Information et incitation des particuliers et des professionnels à faire des économies d'eau

Alerte : Réduction des prélèvements à des fins agricoles inférieure à 50% (ou interdiction jusqu'à 3 jours par semaine), mesures d'interdiction de manœuvre de vanne, d'activité nautique, interdiction à certaines heures d'arroser les jardins, espaces verts, golfs, de laver sa voiture, ...

Alerte renforcée : Réduction des prélèvements à des fins agricoles supérieure ou égale à 50% (ou interdiction supérieure ou égale à 3,5 jours par semaine), limitation plus forte des prélèvements pour l'arrosage des jardins, espaces verts, golfs, lavage des voitures, ..., jusqu'à l'interdiction de certains prélèvements

Crise : Arrêt des prélèvements non prioritaires y compris des prélèvements à des fins agricoles. Seuls les prélèvements permettant d'assurer l'exercice des usages prioritaires sont autorisés (santé, sécurité civile, eau potable, salubrité)

Quelles sont les origines de la sécheresse ?

La sécheresse peut résulter d'un manque de pluie. Elle survient lorsque la quantité de pluie est nettement inférieure aux normales saisonnières et cela, sur une assez longue période. Lorsque le manque de pluie survient en hiver ou au printemps, il empêche le bon remplissage des nappes phréatiques (« réserves » d'eau) qui s'effectue à cette période de l'année. Au delà du mois d'avril, l'eau de pluie est essentiellement absorbée par les plantes, en pleine croissance, ou s'évapore à cause de la chaleur. La sécheresse peut être accentuée par des températures élevées, notamment en été qui provoquent un assèchement des sols et l'évaporation plus importante de l'eau disponible. Le manque d'eau peut donc apparaître à tous moments dans l'année.

Les niveaux d'eau disponibles sont mesurés en permanence dans des stations de mesures automatisées qui alimentent les bases de données spécialisées. Lorsque des seuils préalablement définis sont dépassés, les préfets peuvent prendre des mesures de limitation ou de suspension des usages de l'eau.

Tous les mois, un « bulletin de situation hydrologique » est publié dans chaque région ou bassin par les directions régionales de l'environnement, de l'aménagement et du logement (DREAL) et au niveau national par un comité de rédaction composé des différents contributeurs du bulletin (producteurs et gestionnaires de données), animé par l'Office International de l'Eau (OIEau), en lien avec l'Agence française pour la biodiversité (AFB) et la direction de l'eau et de la biodiversité du ministère de la Transition écologique et solidaire.

 

 

Comment sont décidées les mesures de restriction ?

Les seuils entraînant des mesures de restriction sont définis au niveau local par les préfets. Ce qui facilite la réaction en situation de crise, et permet la transparence et la concertation entre les différents usagers d’un même bassin.

Les arrêtés sécheresse ne peuvent être prescrits que pour une durée limitée pour un périmètre déterminé. Ils doivent assurer l’exercice des usages prioritaires, plus particulièrement la santé, la sécurité civile, l’approvisionnement en eau potable et la préservation des écosystèmes aquatiques. Ceci tout en respectant l’égalité entre usagers des différents départements et la nécessaire solidarité amont - aval des bassins versants.

Quels sont les différents seuils et conséquences pour les différents acteurs ? Quatre niveaux ont été définis : vigilance, alerte, alerte renforcée, crise

Les mesures de limitation des prélèvements sont progressives (fonction des seuils définis : vigilance, alerte, alerte renforcée, crise) et adaptées aux différents usagers.

  • Usages domestiques : sensibilisation, puis limitation de plus en plus fortes des prélèvements pour l’arrosage des pelouses, des espaces verts, le lavage des voitures, le remplissage des piscines jusqu’à l’interdiction totale de ce type d’utilisation (hors usage eau potable).
  • Agriculture : (80% des prélèvements entre juin et août) : interdiction d’irriguer 1 jour par semaine, plusieurs jours par semaine ou à certaines heures jusqu’à l’interdiction totale de l’irrigation.
  • Industrie : Des mesures spécifiques ont été prises sur les unités les plus consommatrices : mesures imposant une réduction progressive d’activité, le recyclage de certaines eaux de nettoyage, la modification de certains modes opératoires.

La fronde des communes

J'ai toujours rêvé d'une prise du pouvoir par les communes envers l'Etat et sa subordination aux lobbies.

On en prend le chemin et je m'en réjouis grandement.

 

https://lareleveetlapeste.fr/paris-grenoble-clermont-ferrand-lille-et-nantes-interdisent-les-pesticides-sur-leur-territoire/?fbclid=IwAR1umfWiDDCucCEcVSG3g3JrS2mS81WmgjcdD-6k9gE26uKYu0SE0g6WZUY

La décision des 5 grandes villes est avant tout symbolique mais concerne tout de même les copropriétés et les terrains gérés par les entreprises, comme la SNCF qui utilise du glyphosate pour désherber les voies ferrées. Pénélope Komitès, adjointe à la maire de Paris, a ainsi estimé que cette nouvelle interdiction concernerait environ 600 hectares dans la capitale, tandis qu’elle atteindrait 1 800 hectares à Grenoble.

14 septembre 2019 - Laurie Debove

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Par solidarité avec les communes dissidentes, les villes de Paris, Lille, Nantes, Clermont-Ferrand et Grenoble ont décidé d’élargir l’interdiction de l’emploi des pesticides sur tout leur territoire, y compris les zones privées. Le bras de fer entre Etat et communes s’intensifie.

Une mesure symbolique en soutien

Depuis 2017, la loi interdit l’utilisation de produits phytosanitaires chimiques par les collectivités pour l’entretien des espaces verts et de la voirie. Les particuliers sont soumis à la même interdiction pour leur jardin par une loi de janvier 2019. Restent donc les espaces verts privés, appartenant à des entreprises par exemple, jusqu’à ce jeudi 12 septembre, où les 5 villes ont annoncé leur décision dans un communiqué de presse commun. 

« Aujourd’hui, en application du principe de précaution, nous avons décidé collectivement d’élargir par un arrêté municipal pris conjointement, le champ de cette interdiction : l’usage des produits phytosanitaires chimiques sera désormais interdit sur l’ensemble des territoires de nos villes. (…) Nous connaissons le statut juridique de tels arrêtés mais il s’agit pour nous d’engager une démarche concertée pour faire changer la loi et concourir à la sauvegarde du patrimoine inestimable de la biodiversité sur nos territoires et de la santé de nos concitoyens. » peut-on lire dans le communiqué de presse commun

Cette décision intervient alors que le mouvement « Nous voulons des coquelicots » prend de l’ampleur au sein de l’opinion publique, et que les communes s’engagent dans un combat juridique avec l’Etat pour faire interdire les pesticides et autres intrants chimiques sur leur territoire, à l’image du Maire de Langouët dont l’arrêté a été récemment suspendu par la justice.

La décision des 5 grandes villes est avant tout symbolique mais concerne tout de même les copropriétés et les terrains gérés par les entreprises, comme la SNCF qui utilise du glyphosate pour désherber les voies ferrées. Pénélope Komitès, adjointe à la maire de Paris, a ainsi estimé que cette nouvelle interdiction concernerait environ 600 hectares dans la capitale, tandis qu’elle atteindrait 1 800 hectares à Grenoble.

Une législation à deux vitesses

La Ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne a raillé la décision des cinq villes en les accusant de vouloir faire un simple « coup de com’ ». Pourtant, cette annonce refait la lumière sur un sujet souvent occulté dans les nombreuses polémiques sur les produits phytosanitaires : celle d’une législation à deux vitesses.

En effet, pourquoi interdire l’utilisation de produits phytosanitaires pour la voirie et les espaces verts publics en ville, mais l’autoriser pour les espaces privés ? Pourquoi l’interdire dans le jardin des particuliers, mais pas à côté de l’école des enfants ? En commençant à interdire l’usage de ces produits, l’Etat reconnaît qu’il existe un risque sanitaire important, que ce soit pour les humains ou les insectes dont l’hécatombe menace toute la chaîne du vivant et de nos systèmes alimentaires.

Devant la polémique, le gouvernement français a lancé une consultation publique, ouverte jusqu’au 1er octobre, pour fixer une distance minimale entre les épandages d’intrants chimiques et les habitations. S’il déclare s’appuyer sur les recommandations de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), de nombreuses voix se sont élevées pour protester contre la distance proposée de 5 à 10 mètres, pour exiger une distance de 150 mètres.

On peut également noter, comme détaillé dans la consultation, que le gouvernement s’appuie sur les distances minimums fixées, et ne prend pas de marge supplémentaire. Quid de l’infiltration de ces produits dans les nappes phréatiques ?

Enfin, pour être vraiment efficace et juste, l’interdiction législative de produits phytosanitaires devrait être menée avec un accompagnement technique et financier des agriculteurs, ainsi que de tous les acteurs concernés, dans leurs changements de pratiqueBien plus qu’un débat autour d’une limite maximale, c’est tout un pan du fonctionnement de notre société qui est critiqué à travers la fronde des communes.

 


 

VIDEO. Le message de Christian Favier, le premier président d'un département à vouloir interdire le glyphosate

 

https://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/metiers/agriculture/video-le-message-de-christian-favier-le-premier-president-d-un-departement-a-vouloir-interdire-le-glyphosate_3615227.html

C'est la première fois en France qu'un département interdit l'utilisation du glyphosate. Christian Favier, président du Val-de-Marne, explique pourquoi il a décidé de prendre cet arrêté.

BRUT

 

Une dimension éminemment symbolique

D'une part, sa décision est d'abord motivée par des raisons sanitaires. Christian Flavier est conscient de l'impact négatif des pesticides sur la santé. "On sait que ces produits, malheureusement, entraînent bien souvent des cas de cancer qui peuvent toucher aussi bien des habitants que des agriculteurs eux-mêmes", rappelle le président PCF du Val-de-Marne.

D'autres part, cet arrêté a aussi une portée symbolique. Christian Favier a d'ailleurs conscience qu'il sera très certainement retoqué par le tribunal administratif. "Demain, on pourrait nous dire : 'vous avez été avertis, vous n'avez rien fait'."

Des mesures insuffisantes

Des dizaines de maires ont déjà pris des arrêtés anti-pesticides à l'échelle de leur commune. Mais pour le président PCF du Val-de-Marne, "en portant cela à l'échelle du département, on donne aussi un signe plus fort." De plus, Christian Favier estime que le ministre de l'Agriculture a un rôle important à jouer. Mais, "aujourd'hui, je trouve qu'il a tendance à plus écouter, d'une certaine manière, les lobbies qui continuent d'agir pour le maintien de l'usage de ces produits chimiques dans l'agriculture plutôt que d'entendre aujourd'hui les citoyens qui disent : 'Ça suffit maintenant, on veut des produits sains, on ne peut pas prendre de risques pour notre santé dans notre consommation quotidienne.'" Et selon lui, la bande de protection de 5 à 10 mètres autour des champs est une mesure insuffisante.

Enfin, Christian Favier trouverait très fort de sens que la France fasse une sortie anticipée du glyphosate bien que l'Union européenne l'ait autorisé jusqu'en 2022.

"On ne peut pas faire des déclarations en permanence sur la protection de la planète, sur la lutte contre le réchauffement climatique, la condamnation justifiée de ce qu'il se passe au Brésil par exemple et puis de l'autre, là où on est en responsabilité, où on peut prendre des mesures, ne pas les prendre réellement", conclut-t-il.

L'amour familial et la chasse.

J'en suis resté bouche bée en lisant ça...

 

https://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/biodiversite/chasse-le-permis-national-coute-deux-fois-moins-cher_3608437.html?fbclid=IwAR1rhcm0RA4dD-am1n4C_Bo9yZ-hhxHJTEMtxJEdOfDZlLVG2p5aoPJtYAE

 

Alors, donc la chasse est un vecteur de lien social entre les générations. Le permis de tuer, c'est bien parce que ça renoue les familles...Ben, purée, celle-là, il fallait oser quand même...C'est du lourd...

"C'est une volonté du président de la République de rendre la chasse un peu plus démocratique, et de permettre, notamment dans les jeunes générations, les échanges. Puisque les jeunes chasseurs ont de la famille un peu partout, ça va leur permettre de pouvoir aller chasser en famille", explique Jean-Bernard de Larquier, vice-président de la Fédération des chasseurs de la Charente-Maritime. "


 

Puisque le Sieur Macron veut aider les familles à vivre ensemble en baissant le prix du permis de chasse, il devrait plutôt aider toutes les mères qui souhaitent passer du temps avec leur enfant et l'aimer tendrement... Quand je vois des femmes devoir reprendre le travail et déposer leur enfant chez une nounou...Mais, bon, c'est du sexisme ça, c'est contraire à l'égalitarisme prôné aujourd'hui, c'est archaïque et rétrograde.
Mais, oui, bien sûr...
Les mâles crèvent au boulot avec des rythmes de vie de fous et l'égalité, c'est de promouvoir le travail des femmes. Et de créer des emplois avec des nounous.
Les femmes sont tellement heureuses et épanouies dans le travail...
Et puis, la crèche et l'école maternelle, c'est tellement bien pour les enfants..."Ça les socialise"..."
Ce qui se passe dans leur cerveau, on s'en fout. On leur apprendra à aimer l'école...En 37 ans d'enseignement, je ne les comptais plus les enfants malheureux, les petits qui dormaient debout à 7h30 à la garderie de l'école, qui pleuraient à la cantine, qui pleuraient à la garderie du soir... En attendant Maman..

L'égalitarisme qui consiste à proposer aux femmes le même droit au travail que les hommes, c'est pour moi, une aberration. 


Monde de dingues.

 

« Le monde a soif d’amour, tu viendras l’apaiser.» Arthur Rimbaud

Première IRM au monde d'une mère et son enfant : La maman, Rebecca Saxe, neuroscientifique embrasse son fils de 2 mois.
Le baiser provoque une réaction chimique dans les 2 cerveaux, une explosion de l'hormone de l'amour, l'ocytocine.

Câlins, baisers, tendresse activent notre cerveau !
La dopamine, hormone du bien-être, la vasopressine qui lie les partenaires entre eux (parent/enfant, couple,...), et la sérotonine, hormone qui régule l'humeur y sont libérées.

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Imaginez comme ils doivent être heureux ces chers petits dans les bras aimants de l'école de la République : 

A Saint-Jean-de-Maurienne, seulement deux classes sont disponibles pour répartir les 63 élèves de l'école maternelle Les Clapeys. Les parents d'élèves n'en peuvent plus et s'inquiètent pour leurs enfants.

https://www.francebleu.fr/infos/education/plus-de-30-eleves-par-classes-a-la-maternelle-les-clapeys-de-saint-jean-de-maurienne-1568052154?fbclid=IwAR1Sg3cUEC07NuTBMtUbDDLUo4HsKsfR6E1tx3ft1uOD3-p4DwDeTw0X7hA

Les parents d'élèves ont affiché des pancartes sur les grilles de l'école Les parents d'élèves ont affiché des pancartes sur les grilles de l'école © Radio France - Xavier Grumeau

Saint-Jean-de-Maurienne, France

"Nous ne fermerons pas notre Clapeys". C'est le slogan des parents d'élèves qui veulent le retour d'une troisième classe à l'école maternelle des... Clapeys.

Depuis la rentrée, les 63 élèves de maternelle sont répartis dans seulement deux classes. L'une avec 31 enfants et l'autre avec 32 enfants. Un surnombre que dénoncent les parents à travers un collectif.

Une situation compliquée car pour ouvrir cette classe, il faut l'aval de la Direction Académique des Services de l'Éducation Nationale (DASEN) qui gère l'embauche des enseignants. Or, selon le collectif, si une classe compte moins de 26 élèves, elle est fermée.

"S'il faut bloquer l'école, on bloquera l'école" - Collectif de parents d'élèves

Selon le syndicat SNUIPP, la moyenne d'élèves par classe de maternelle est de 25.5 - Radio France
Selon le syndicat SNUIPP, la moyenne d'élèves par classe de maternelle est de 25.5 © Radio France - Xavier Grumeau

Le maire de Saint Jean de Maurienne, Pierre-Marie Charvoz dénonce un système ubuesque et promet de ne rien lâcher avant la réouverture de la classe.

Une réunion d'urgence avec des parents d'élèves et le DASEN est prévue ce jeudi 12 septembre.

 

L'entraînement et tout le reste.

Départ de la maison à 8 heures, altitude 450 mètres.

Arrivée au sommet de la pointe du Rognier à 11h15, altitude 2341 mètres.

Presque 2000 mètres de dénivelée en un peu plus de 3 heures. Comme quoi, l'entraînement ça paye...Mais il y a beaucoup d'autres choses. 

1) La perte de poids. Lorsque j'ai fermé ma classe en juillet, je pesais 65 kilos. Ce matin, j'en pesais 57. Huit kilos de moins à monter. 

2) L'alimentation végétarienne issue du potager de la maison. Il n'y a plus aucun produit toxique dans notre assiette. L'équilibre alimentaire ne peut pas se faire dans un régime carné. Le corps n'a absolument pas besoin de viande. Je ne vais pas détailler ici. On peut tout trouver sur internet.

3) La pratique du jeûne et donc l'élimination des cellules dégradées. Là aussi, tout a été décrit sur l'autophagie et l'hormèse.

4) La conscience de son corps, une connaissance la plus pointue possible. L'habitude de la pratique de sports d'endurance et l'analyse des phénomènes associés. 

5) La bienveillance et l'amour de soi. Je sais si je peux pousser la machine et je ne le fais que lorsque tous les ressentis sont présents. Sinon, je m'adapte. J'ai passé l'âge des "performances extrêmes."

6) La patience et la confiance... L'an passé, à la même époque, je me suis rebloqué le dos. Les trois hernies discales sont toujours là et elles se sont "fossilisées" jusqu'à réduire le canal lombaire.

"Sténose du canal lombaire" : voilà le diagnostic qu'on m'a donné. Le vieillissement en est la cause première. S'y ajoutent dans mon cas deux opérations manquées ( à 24 ans, puis à 37 ans) et une troisième hernie apparue à 44 ans.. 

«Le signe typique de la sténose du canal lombaire, c’est la claudication : après quelques minutes de marche, une douleur des jambes apparaît et impose l’arrêt».

C’est l’une des causes les plus fréquentes des douleurs lombaires après 50 ans.

Alors que chez l’adulte jeune, c’est surtout la sciatique par hernie discale qui provoque des douleurs lombaires et des membres inférieurs, passé 50 ans, la sténose du canal lombaire en devient une des causes les plus fréquentes. Avec le vieillissement, la colonne vertébrale subit un processus dégénératif plus ou moins rapide qui se manifeste en particulier par de l’arthrose, principale responsable du rétrécissement - ou sténose - du canal lombaire.

Entourée du fourreau étanche de la dure-mère, baignant dans le liquide céphalo-rachidien, la moelle épinière descend dans le canal rachidien formé par l’empilement des vertèbres. Comme elle se termine à la première vertèbre lombaire, la sténose du canal lombaire ne peut pas l’abîmer. Mais elle peut comprimer plus ou moins le faisceau des nerfs qui cheminent dans ce canal avant d’aller innerver les membres inférieurs et le bassin."

 

Les projections, sur une récupération possible, n'étaient guère positives.

J'ai recommencé à marcher "normalement" en mai / juin...Les sorties étaient courtes et souvent génératrices de douleurs. Encore aujourd'hui, j'ai des crampes dans les mollets, la nuit. Mais je n'ai pas de douleurs quand je marche en montagne. Alors, je marche...

L'ostéoptahie a été très bénéfique. Le yoga aussi. Le massage tout autant.

Et le fait d'y croire, toujours, de rester dans la pensée positive. J'avais l'expérience des opérations passées et de la difficulté des rééducations. 

J'ai toujours fini par reprendre le sport.

Je sais aussi combien l'amour de Nathalie est déterminant.

Et j'ai le bonheur immense de vivre au pied des montagnes. Elles sont là, elles m'attirent. Je veux continuer à les découvrir. 

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Sur l'autophagie, je rappelle que c'est une étude validée par un prix Nobel de médecine :

 

Le prix Nobel de médecine 2016 récompense les travaux sur l’autophagie

 

Le prix Nobel de médecine 2016 a été attribué au Japonais Yoshinori Ohsumi pour ses travaux sur l’autophagie, le mécanisme par lequel une cellule s’autodigère, voire s’autodétruit, pour protéger l'organisme.

BÉNÉDICTE SALTHUN-LASSALLE|  |  

    

L’autophagie est un processus qui permet à une cellule de consommer et de recycler ses propres composants quand les conditions extérieures sont néfastes, voire de se détruire quand elle est malade. Le prix Nobel 2016 vient d’être attribué au Japonais Yoshinori Ohsumi, de l’Institut de technologie à Tokyo, qui en a étudié les mécanismes.

Quand une cellule eucaryote – avec un noyau, comme celles des animaux, des plantes ou des levures – vient à manquer de nutriments, elle s’adapte en dégradant des éléments intracellulaires afin de produire ceux nécessaires à ses fonctions vitales. Et quand elle est infectée ou cancéreuse, elle peut de la même manière éliminer ses constituants défectueux ou potentiellement toxiques, voire s’autodétruire, afin de protéger l’organisme entier. Pour ce faire, elle « s’autodigère » par un processus nommé autophagie. Ce mécanisme est impliqué dans plusieurs pathologies : cancers, maladies neurologiques et infectieuses. 

Une cellule comprend de nombreux compartiments cellulaires spécialisés, parmi lesquels les lysosomes. Dans ces vésicules acides, des enzymes digestives découpent et détruisent toutes sortes de molécules : protéines, lipides, sucres, constituants du matériel génétique, etc. Les lysosomes sont ainsi un des éléments essentiels à l’autophagie. Leur découverte a valu au Belge Christian de Duve le prix Nobel de médecine en 1974.

Mais dans les années 1960, d’autres scientifiques observent dans les cellules la présence de vésicules dont le contenu est dégradé suite à leur fusion avec le lysosome. Ce sont les transporteurs des éléments cellulaires à détruire, ou autophagosomes. L’autophagie se déroule ainsi en deux étapes : quand un autophagosome se forme dans la cellule, il enferme des éléments à détruire ou toxiques, puis fusionne avec le lysosome qui les digère. Les molécules obtenues sont ensuite libérées dans la cellule pour être éventuellement réutilisées. La cellule s’autoentretient et se régénère de cette façon, notamment si elle manque momentanément d’énergie ou de nutriments.

Quand un autophagosome se forme dans la cellule, il enferme des éléments à détruire, puis fusionne avec le lysosome qui les digère.

Quand il a ouvert son laboratoire en 1988, Yoshinori Ohsumi s’est surtout intéressé à la dégradation des protéines dans les vacuoles de levures, qui correspondent aux lysosomes des cellules humaines. La levure est un des modèles expérimentaux les plus utilisés pour identifier les gènes impliqués dans le fonctionnement des cellules eucaryotes. Mais à l’époque, on ignorait si l’autophagie existait chez la levure, cette cellule étant si petite qu’il était impossible de distinguer ses constituants au microscope.

Ohsumi a alors raisonné « à l’envers » : il a décidé de stopper le processus d’élimination des autophagosomes par les lysosomes. Pour ce faire, il a créé des levures mutantes dont les vacuoles sont dépourvues d’enzymes digestives, et il les a privées de nourriture afin qu’elles déclenchent l’autophagie pour recycler leurs composants et survivre. Ainsi, en quelques heures, dans les levures affamées, il a observé des dizaines d’autophagosomes s’accumulant dans les lysosomes devenus de plus en plus gros. Ohsumi venait de prouver l’existence de l’autophagie dans les levures, et surtout, il pouvait maintenant étudier les gènes impliqués dans ce mécanisme.

Quand des mutations sont introduites aléatoirement dans les gènes de la levure (à l'aide d'une substance chimique qualifiée de mutagène), si l'un des gènes de l’autophagie est affecté, les autophagosomes ne s’accumulent plus dans les lysosomes, qui ne sont alors plus visibles au microscope. Avec cette méthode, Ohsumi a pu identifier 15 gènes essentiels à l’autophagie. Il a ensuite caractérisé les protéines correspondantes : toutes participent à la naissance et à la croissance de l’autophagosome. Le chercheur japonais a publié ces résultats en 1992. Depuis, plusieurs équipes ont montré que les mêmes acteurs interviennent dans les cellules humaines.

Quel est l’intérêt d’un tel mécanisme de recyclage ? On sait désormais que l’autophagie participe à de nombreuses fonctions cellulaires. En cas de stress ou de privation de nourriture, elle permet à la cellule de récupérer rapidement du carburant en attendant de meilleures conditions. En cas d’infection par une bactérie ou un virus, l’autophagosome peut « attraper » l’agent étranger, alors détruit dans les lysosomes. De même, lorsqu’un élément de la cellule devient délétère, toxique, ou arrive en fin de vie (comme les protéines qui ne sont fonctionnelles que quelques heures ou quelques jours), l’autophagie permet de faire le ménage. Elle jouerait ainsi un rôle dans le vieillissement cellulaire, et deviendrait moins efficace avec l’âge.

Ce processus participe également au développement embryonnaire. On a montré qu’il est essentiel à la survie des souriceaux juste après leur naissance. En effet, les bébés ne reçoivent plus de nutriments de leur mère dès que le placenta se détache, de sorte que l’autophagie est nécessaire dans différents organes, comme le cœur, le poumon ou la peau.

La liste est encore longue… On sait aussi que l’absence d’autophagie entraîne l’accumulation d’agrégats protéiques dans les cellules, notamment celles qui ne se divisent pas ou peu, comme les neurones et les cellules du foie. Par ailleurs, la prolifération d’autophagosomes non dégradés par les lysosomes est une caractéristique commune à différentes pathologies : les maladies d’Alzheimer, de Parkinson et de Creutzfeldt-Jakob et la chorée de Huntington. Dans les neurones des malades, l’autophagie pourrait être moins efficace. On a aussi lié ce processus à différents types de cancers.

Depuis 50 ans et surtout depuis les résultats de Ohsumi, qui ont permis de mieux comprendre le mécanisme de l’autophagie, on cherche de nouvelles molécules thérapeutiques qui moduleraient ce processus cellulaire, commun à toutes les cellules. L’autodigestion, pour survivre ou mourir, est aujourd’hui mise à l’honneur et les chercheurs n’ont pas fini de l’explorer."

L'Amazonie et le spécisme

 

J'avais écrit un petit texte sur les incendies.

La forêt amazonienne brûle


Je m'attendais bien évidemment à ce que cette actualité disparaisse rapidement. C'est le cas, une fois de plus.

En 2014 : Amazonie : "Un effort de guerre"

C'est un problème ancien qui revient au devant de la scène de temps en temps et puis rentre dans l'oubli.

 

J'avais évoqué également la responsabilité planétaire de ces incendies au regard de l'élevage intensif et de la culture du soja.

La forêt amazonienne, le soja et la viande de bétail.

 

En 2018, j'avais écrit ce texte-là :

Le Bien et le Mal (4)

 

 

En voici un nouveau :

 

La dernière affiche de campagne de la

PETA

La dernière affiche de campagne de la PETA.

Alors que les militants animalistes du monde entier ont marqué la semaine dernière la cinquième journée mondiale de la lutte contre le spécisme, des incendies ont continué à ravager l’Amazonie. À première vue, ces deux faits peuvent sembler n’avoir aucun rapport, mais une simple réalité les rapproche: l’Amazonie brûle pour faire de la place à des centaines de milliers de vaches, afin que des humains puissent se nourrir de leur chair.

Une vision spéciste des animaux au cœur des flammes

Le monde entier a versé des larmes face aux images d’animaux sauvages s’enfuyant, paniqués, forcés de quitter leurs habitats perdus aux flammes. Mais ces personnes attristées se rendent elle compte que la forêt est détruite pour faire de la place aux bovins voués à l’abattage? S’ils mangent de la viande leurs choix alimentaires contribuent directement au problème, et par ailleurs, leurs repas carnés font plus d’une catégorie de victimes – les animaux sauvages chassés pour les flammes et les animaux tués pour leur chair.

Ce n’est pas une responsabilité qui se limite au Brésil, puisque les terres sont utilisées pour faire paître (selon Greenpeace, un peu plus de 65% des terres déboisées en Amazonie sont aujourd’hui occupées par des pâturages) des animaux dont la chair est exportée et consommée dans d’autres pays – le Brésil est le plus grand exportateur au monde de viande bovine, en fournissant à 182 pays dans le monde. Y poussent également des cultures de soja dont l’immense majorité sert à engraisser les animaux dans les élevages partout dans le monde, avant que ceux-ci finissent morts dans nos assiettes.

Pourquoi tant de gens se focalisent-ils uniquement sur le sort des animaux “exotiques” sur place tout en plantant leur fourchette dans un morceau de viande, dont la production est à l’origine du problème?

Il s’agit du spécisme, une vision du monde préjudiciable qui créé des distinctions illogiques entre la valeur que nous accordons à la vie d’un animal par rapport à un autre, tout simplement à cause de l’espèce à laquelle chacun appartient. L’humain spéciste se présume également supérieur aux autres animaux, pour justifier de les exploiter et de contribuer à leurs souffrances.

Une récente affiche de PETA met ce paradoxe en image: elle représente un bovin tuant un ara rouge, illustrant le lien entre la consommation de viande et la mort des animaux qui habitent l’Amazonie. 

Force est de constater que nos choix alimentaires sont littéralement en train de mettre le feu à la planète.

Notre part de responsabilité

S’il est facile de condamner les éleveurs qui ont allumé ces feux, il serait beaucoup plus productif d’examiner comment notre comportement, motivé par des préjugés que nous prenons pour acquis – en particulier notre vision spéciste du monde – joue un rôle majeur. Si vous continuez de manger de la viande pendant que cette catastrophe enflamme la toile, autant vous rendre au Brésil et allumer vous-même les feux…

Le moment est venu de remettre en question notre conviction erronée qui stipule que nous pouvons élever, massacrer et manger des milliards d’êtres sans impunité. Nos intérêts ne sont pas supérieurs à ceux des autres animaux, il s’agit d’un mensonge que nous devons cesser d’avaler, puisqu’il justifie la souffrance de milliards d’individus et la destruction de notre planète.

Les solutions pour étouffer les flammes

Les images déchirantes de l’incendie en Amazonie ont été rapidement suivies d’appels publics pour que les dirigeants mondiaux prennent des mesures, mais assumons notre part de responsabilité. Au cœur de la crise climatique se trouve notre volonté d’accepter le mensonge selon lequel certains individus peuvent être étiquetés comme “aliments”.

Mais les rapports scientifiques sont incontestables: nous devons modifier notre alimentation pour survivre. Et cela commence par notre propre assiette. Chacune et chacun de nous peut, sur le plan personnel, aider à noyer l’incendie. Il nous suffit de réajuster notre rapport aux animaux et d’arrêter de les manger.

À voir également sur Le HuffPost:

 

"L'illusion verte"


 

Evidemment que c'est une illusion.

Il n'y a pas de "croissance verte".

Il peut juste y avoir une croissance verte un peu moins dévastatrice.

Mais la croissance ne sera jamais protectrice de la nature. Elle continuera à l'exploiter, tout comme elle exploitera ceux et celles qui penseront agir à bon escient. L'écologie est aux mains des marchands et nous continuons à en être les proies.

Il n'y a qu'une solution, radicale : la simplicité volontaire. D'ailleurs, prendre l'avion pour aller filmer un endroit et dénoncer les effets de la croissance, c'est participer à la dévastation. Et quand je lis cette annonce et que je visionne le film, j'utilise un ordinateur avec des terres rares et de l'électricité nucléaire.

Pas le choix : il faut dénoncer ce que nous faisons tous : croître...Pour moins le faire.

Ce film est nécessaire. Il y en a peu en fait...

Mais si une fois, son visionnage achevé, rien ne se passe dans la tête des spectateurs, si aucune action n'est engagée dans leur vie quotidienne, alors il sera inutile. Non pas en lui-même mais par la faute des consommateurs. 

Nous sommes le monde dans lequel nous vivons. 

L’image contient peut-être : texte