"Les héros sont tous morts" est publié aux éditions du 38, une maison basée dans la région toulousaine. Anita Berchenko en est la fondatrice.
Je travaille actuellement à l'écriture de la suite : "Tous, sauf elle "
La première partie est en place avec un nombre important de personnages, un jeu de pièces de puzzle qui s'emboîteront le moment venu.
Puis, je prévois un troisième tome : " Le désert des Barbares" mais plus j'avance dans l'idée de ce troisième tome et plus je réalise qu'il en faudra un quatrième, probablement intitulé "Terre sans hommes".
Pour ces deux premiers tomes, je ne compte plus les heures de lecture de tous les articles que je compile depuis des mois (plus de 200 à ce jour) sur le thème des "crises", qu'elles soient écologiques, militaires, financières, économiques, sanitaires, ou sous la forme de catastrophes naturelles.
Et je suis effaré par la puissance dévastatrice de tout ce qui plane au-dessus de l'humanité.
À un tel point que je ne suis pas persuadé de parvenir à synthétiser tous ces paramètres dans une même histoire tellement cela relève du cauchemar absolu.
Il faudra beaucoup d'amour pour que quelques-uns s'en sortent.
Non pas uniquement de l'amour entre humains mais prioritairement un amour tenace, obstiné, opiniâtre pour la vie elle-même.
La vie de la planète peut se passer de notre amour, d'autant plus que l'hypocrisie qui caractérise cet amour, contribue à sa dévastation.
Je parle de notre amour envers la planète car, nous par contre, nous ne pouvons pas vivre sans elle. La planète n'aurait aucune raison de nous aimer mais nous ne saurions survivre si nous oublions de l'aimer. Et cela, cette vérité toute simple et si évidente, cet amour inconditionnel, cette bénédiction quotidienne, beaucoup trop d'humains n'en éprouvent pas le besoin, ni même le désir, beaucoup trop d'humains désirent uniquement exploiter cette passivité de la planète envers cette humanité qui la consume. Se plaindre ou s'attrister parfois pour la disparition d'une espèce, l'effacement d'une nature urbanisée, la pollution des lieux autrefois adorés, se mettre en colère contre d'éventuels responsables... Mais qui change réellement, profondément, sa façon de vivre, qui entre dans cet état de conscience d'une vie supérieure à la nôtre, d'une création jusqu'ici seule à être connue dans l'Univers, qui accepte de briser des habitudes ancrées, ne serait-ce qu'alimentaires, pour oeuvrer à sa mesure au maintien en l'état de ce miracle ? Juste le maintenir en l'état, tenter de sauver ce qui peut l'être.
Quant à ceux et celles qui pensent que tout cela relève du pur délire, je les invite à lire, lire, encore et encore, à croiser les sources et les informations, à dépasser aussi le cadre limitant des informations quotidiennes pour explorer tout ce qui relève de l'anticipation... C'est là qu'est notre présent en fait. Il faut se projeter là-bas, dans ces décennies à venir, les éprouver dans notre chair et notre intellect, réaliser enfin ce vers quoi nous allons. Puisque si rien n'est fait, à l'échelle planétaire, il arrivera un temps où il n'y aura plus d'avenir pour nous, humains.
Quand on connaît l'existence des fascias, on ne pratique plus le massage de la même façon : la pleine conscience en est encore renforcée dès lors que l'existence de ces réseaux de tissus est reconnue et que leur "proximité" est évidente. Même les fascias profonds sont atteints par le massage.
Une à deux fois par semaine, nous pratiquons le massage et c'est impressionnant les ressentis qui se sont affinés avec le temps.
On a réalisé il y a quelques temps que le massage des orteils ou de la plante des pieds ou le massage des aisselles ne provoquait absolument plus de réflexes "défensifs" suite à une sensation de chatouillis comme cela arrivait dans les premiers temps.
Il y a des zones de notre propre corps qui ne sont pas "habituées" aux contacts. Elles ont besoin d'être "parcourues" longuement pour pouvoir bénéficier enfin des bienfaits du massage. On peut imaginer des fascias qui s'adoucissent, découvrent le plaisir des contacts, s'abandonnent et se réjouissent.
Il est évident, en tout cas, que le massage a un effet bien plus puissant que celui attribué par le "grand public".
Il ne s'agit pas d'un massage érotique occasionnel ou d'un massage thérapeutique chez un professionnel mais bien d'un massage hebdomadaire, de plus d'une heure, intégral, et sans autre intention que l'attention accordée à la vie en l'autre et en soi.
Quant aux effets bénéfiques du yoga sur ces fascias, comme sur tout le reste, ils sont évidents.
Fascias (fasciathérapie et fasciapulsologie) - Les thérapies des fascias
Les gens qui travaillent avec les fascias disent que, sans ceux-ci, notre corps ne serait qu'un amas informe de chair et d'os. Les fascias sont de minces membranes fibreuses et malléables qui enveloppent toutes les structures du corps (muscles et groupes musculaires, os, artères, organes, glandes, etc.). Ils forment un réseau qui supporte et relie toutes ces structures - comme un filet bien ajusté. D'où l'appellation qu'on leur donne parfois de « deuxième squelette », ou encore de « structure subtile ». De plus, les fascias sont innervés et, grâce aux fibres tubulaires qui les composent, ils servent aussi de voie de circulation au liquide lymphatique. Ils l’acheminent aux vaisseaux lymphatiques, puis aux ganglions.
Même si le fait n'est pas encore de notoriété publique, les fascias joueraient un rôle non négligeable dans l'équilibre physiologique et, par conséquent, dans le bien-être psychique. Or, comme tous les tissus vivants, ils peuvent être blessés ou malades. Quelques approches thérapeutiques manuelles ont donc été conçues expressément pour les soigner et les entretenir. Les plus connues sont le Rolfing et le Hellerwork ainsi que la fasciathérapie et la fasciapulsologie. C’est de ces deux approches dont il sera plus particulièrement question dans cette fiche.
Note. Le relâchement myofascial (myofascial release ou trigger point release), qui n'est pas une approche complète, mais une technique conçue dans le cadre de l'ostéopathie, est maintenant pratiqué par divers intervenants, dont les massothérapeutes. Il vise surtout à dégager certaines contractions à partir de points de tension très localisés appelées « points gâchettes ».
Fasciathérapie et fasciapulsologie : des approches extrêmement douces
Tandis que le Rolfing et le Hellerwork sont des approches assez vigoureuses où le praticien manipule énergiquement les fascias profonds, on peut affirmer que la fasciathérapie et la fasciapulsologie font partie de la catégorie des « techniques douces ». La première a été conçue par Danis Bois, et la seconde par Christian Carini. Malheureusement, les deux hommes, kinésithérapeutes de formation, réclament chacun la paternité de la découverte, qui se serait faite vers 1980. Comme il n'est pas question ici de trancher le débat, et que les deux approches se ressemblent beaucoup sur le fond, nous parlons dans cette fiche DES thérapies des fascias.
Les thérapies des fascias sont des thérapies manuelles qui s’adressent à la personne dans sa totalité - physique et psychique - et sollicitent les forces d’autorégulation de l’organisme. Les thérapeutes posent les mains sur le corps du sujet et se mettent « à l'écoute » du mouvement naturel des fascias - mouvement extrêmement subtil que l'on peut comparer à une respiration. À partir de l'information perçue par les fascias superficiels, ils pourront évaluer la vitalité des tissus et les blocages qui s'y logent. En raison de la structure en réseau des fascias, ce toucher très sensible est réputé pouvoir déceler des traumatismes partout dans le système fascial, jusque dans les zones que les doigts ne peuvent atteindre.
L'intervention des thérapeutes est aussi délicate que leur mode de diagnostic : avec de très légères pressions, ils cherchent simplement à rétablir le mouvement naturel des fascias, ce qui permettrait de réactiver les forces d'autoguérison. Dans le réseau des fascias, une crispation dans la région du coeur, par exemple, peut créer des douleurs dorsales ou des troubles digestifs. Pour une solution durable à une douleur, même ponctuelle, il est donc nécessaire de rétablir l'équilibre du corps dans son entier. Selon les praticiens, l'écoute et l'étude de cette vie dans le corps offrent un accès aux causes profondes de la maladie et une nouvelle définition de la santé globale.
Originaires de France, les thérapies des fascias sont également bien implantées au Québec.
Les fascias : des tissus méconnus
La biologie ne s'intéresse aux fascias que depuis peu de temps. Officiellement, les premières descriptions anatomiques auraient eu lieu dans les années 1930, en France. Toutefois, on reconnaît généralement à la biochimiste américaine Ida Rolf d'avoir été, vers la même époque, la première à étudier leurs propriétés, dont leur aspect « plastique » (qui peut garder des empreintes). Cette recherche l'a d'ailleurs menée à mettre au point le Rolfing.
Les fascias, ainsi que les tendons et les ligaments, font partie de ce qu'on appelle globalement les tissus conjonctifs. Ceux-ci sont constitués en grande partie de collagène, une protéine complexe qui, à l'état sain, possède une consistance gélatineuse. Les fascias qui se retrouvent directement sous la peau sont dits « superficiels ». Lorsqu'ils sont sains, ceux-ci sont lâches et la peau peut y glisser aisément, sauf à certains endroits comme les paumes et les voûtes plantaires. On rencontre ensuite les fascias moyens et profonds, plus denses et coriaces; le diaphragme, par exemple, est un fascia.
Mentionnons aussi que chaque fascia, ou plutôt chaque « portion » de fascia porte un nom spécifique et que, dans certains cas, la biologie préfère le terme aponévrose. Quant au terme « myofascial », surtout utilisé en anglais, il englobe l'ensemble fascia/muscle.
Les fascias : des tissus qui peuvent souffrir
Les fascias peuvent parfois être atteints de troubles aigus comme la fasciite nécrosante (infection à bactérie mangeuse de chair) ou, dans un registre moins grave, la douloureuse fasciite plantaire. Cependant, les problèmes sont généralement plutôt d'ordre chronique. Il s'agit de crispations et de durcissements ou, quand les fascias perdent leur viscosité, « d'adhérences ». Dans ce cas, les différents muscles ou parties de muscles n'arrivent plus à glisser aisément les uns sur les autres (une adhérence ressemble à une cicatrice, elle aussi faite de tissu conjonctif). Ces problèmes surgissent à la suite de stress, de mauvaises habitudes posturales, de traumatismes (physiques ou psychologiques) ou encore du vieillissement.
Des fascias qui ont perdu leurs propriétés peuvent engendrer divers problèmes comme de la douleur, des spasmes ou des tensions musculaires chroniques, une perturbation du métabolisme du muscle, une gêne articulaire, une mauvaise circulation de la lymphe, ou encore un déséquilibre dans les alignements corporels. Ces problèmes peuvent alors entraîner d’autres conséquences, comme des troubles digestifs, des névralgies, des difficultés respiratoires ou une fatigue générale.
Selon Philip E. Greenman, professeur d'ostéopathie à l’Université du Michigan, un petit changement dans le myofascia peut causer un important stress physiologique dans le corps. Ainsi, une restriction dans une articulation d’une jambe peut faire que la marche exige 40 % plus d'énergie; et si deux articulations sont contraintes dans la même jambe, l'effort peut aller jusqu'à 300 %1.
"Le monde extérieur est un reflet de votre monde intérieur.
Vous ne pourrez rien trouver à l’extérieur de vous que vous n’ayez trouvé en vous. Car même ce que vous trouvez extérieurement, si vous ne l’avez pas déjà trouvé intérieurement, vous passerez sans le voir.
Plus vous aurez découvert l’amour, la sagesse, la beauté intérieurement, plus vous les découvrirez autour de vous. C’est une loi.
Vous pensez que si vous ne voyez pas certaines choses, c’est qu’elles n’y sont pas. Si, elles y sont, et si vous ne les voyez pas, c’est parce qu’il faut les développer encore plus en vous.
Le monde extérieur n’est fait que des reflets du monde intérieur, donc ne vous faites pas d’illusion, vous ne trouverez jamais la richesse, la paix, le bonheur extérieurement si vous n’avez pas d’abord fait le travail de les trouver intérieurement."
Omraam
Etonnant comme ce texte fait écho à ce que je lis dans les ouvrages de Spinoza ou ceux des quelques philosophes qui analysent ses écrits.
J'ai lu trois fois de suite un remarquable et passionnant article de Baptiste Morizot à ce propos. Un grand bonheur. Le genre de texte qui vient implanter de façon claire tout ce qui tourbillonne à la sortie d'un ouvrage de Spinoza.
Il analyse la notion d'éthique diplomatique de Spinoza et développe l'idée que l'intérieur du soi est constitué d'affects qui s'opposent. La joie et la tristesse en sont les extrêmes.
Il n'est de possibilité d'améliorer le monde extérieur qu'en visant la vertu en soi, vertu qui consiste non pas à nier ou à brider les affects les plus néfastes mais à développer et à se concentrer sur les affects les plus lumineux.
De la même façon, il est vain de nier ou de vouloir combattre les réalités les plus sombres de l'humanité sans avoir cherché à développer au préalable l'homme lumineux.
Dans l'écriture de "JUSQU'AU BOUT", c'est ce que j'ai cherché à développer. Combattre le mal par le mal est un mal supplémentaire, nullement l'émergence certaine d'un bien. Il faut ériger l'amour en soi pour s'élever au-dessus du mal et c'est l'abandon de la lutte contre le mal qui y mettra fin.
Un conte amérindien a mis cela en image :
"En tout homme, il y a deux loups, dit le vieux sachem : un noir et un blanc. Le noir est sûr de son dû, effrayé de tout, donc colérique, plein de ressentiment, égoïste et cupide, parce qu'il n'a plus rien à donner. Le blanc est fort et tranquille, lucide et juste, disponible, donc généreux car il est assez solide pour ne pas se sentir agressé par les événements.
Un enfant qui écoute l'histoire demande :
- Mais lequel suis-je, alors ?
-Celui que tu nourris."
Il est clairement néfaste, selon Spinoza, de vouloir lutter, brider, apprivoiser, soumettre le loup noir en soi. Il existe, c'est un fait et la pire des choses est de s'en trouver coupable. La culpabilité envers des passions, des désirs, des excès n'aboutit qu'au renforcement de ces différents affects. Par l'énergie qui leur est accordée et qui n'est pas transmise à l'émergence du loup blanc.
Il n'est donc de salut qu'à travers l'exploitation joyeuse et humble des affects les plus sains, pour soi et les autres. C'est là que se trouve la vertu et elle réclame des efforts. Non pas dans une lutte bipolaire contre des forces sombres qu'on voudrait arracher mais des efforts dans l'application à saisir et nourrir le loup blanc en soi.
Il existera dès lors un lieu lumineux où il sera toujours possible de venir s'apaiser après des moments troublés. Sans aucune honte, ni regret, ni culpabilité, rien qui ne viendrait empêcher le loup blanc de se dresser.
Le loup blanc ne peut exister qu'à travers les épreuves générées par le loup noir. Il ne serait donc pas juste de renier ce loup noir, de vouloir le taire et même de l'oublier sans avoir compris l'enseignement qu'il propose.
Et une fois, cet enseignement validé, il conviendra de toujours remercier l'épreuve, de ne pas oublier d'où on vient.
La discipline exigeante de l'éthique diplomatique de Spinoza libère l'humain de la morale du cocher, cette morale qui voudrait que l'homme raisonné de Descartes conduise l'attelage en soumettant l'homme passionné.
Pour Spinoza, il faut bâtir par une raison contenue et non par une raison carcérale, l'expérience d'une vie si intense que les passions alliénantes et morbides perdent leur intérêt.
"La liberté existe : c'est l'art d'aménager les systèmes d'irrigation en soi qui font émerger des désirs émancipateurs et nourrissent nos fauves les plus nobles. L'éthique ne consiste pas à s'élever fièrement au-dessus de l'animal en soi mais dans une certaine manière d'être l'animal que nous sommes. C'est le statut de la raison elle-même qui se transforme à travers Spinoza. Elle n'est plus un pur esprit qui contrôle les passions, mais une certaine figure du désir lucide, le désir de bien vivre, selon sa nature, de cohabiter avec les désirs-fauves bien vivants qui sont sa véritable essence. Elle devient un art de la diplomatie; un art de vivre en bonne intelligence avec ce qui, en nous et hors de nous, ne veut pas être domestiqué. " Baptiste Morizot
"Avant de songer à réformer le monde, à faire des révolutions, à méditer de nouvelles constitutions, à établir un ordre nouveau, descendez dans votre cœur, faites-y régner l'ordre, l'harmonie, la paix. Ensuite seulement, cherchez autour de vous des âmes qui vous ressemblent et passez à l'action."
Platon
La suite de l'histoire "LES HÉROS SONT TOUS MORTS."
Une suite qui aura elle-même une suite. Je suis donc parti dans une trilogie.
D'un simple thriller-polar, je bascule dans un roman d'anticipation pour ce tome et dans un roman apocalyptique pour le final qui s'appelle pour l'instant "LE DESERT DES BARBARES".
J'ai lu énormément depuis trois ans tout ce qui concerne le survivalisme et la collapsologie.
Je sais que beaucoup de personnes voient dans cette idée de fin de civilisation un certain sectarisme.
Pour ma part, je le considère comme une voie d'anticipation et je pense que la montagne m'a beaucoup enseigné dans ce domaine. On ne part pas en montagne sur un coup de tête quand on a dans l'idée d'escalader une paroi et donc de s'engager dans une "aventure" incertaine.
Il faut tout anticiper de ce qui relève de la responsabilité de l'individu et anticiper sur la réaction à avoir dans le cadre de ce qui ne peut pas être anticipé mais qui peut néanmoins survenir.
La première fois que nous avons pris un ferry en famille, j'ai commencé par chercher l'emplacement des gilets de sauvetage. Ensuite, nous avons profité du voyage.
Voilà ce que j'appelle l'anticipation. Il ne s'agit pas de se faire peur et de se priver de la beauté de la vie mais bien au contraire de faciliter la sérénité parce que l'imprévisible est géré au mieux.
J'entends parfois dire que c'est une vision pessimiste de l'humain et même de la vie.
Je ne me considère ni pessimiste, ni optimiste. Mais réaliste.
Si je recherchais tous les liens éparpillés sur ce blog et qui traite de l'état de la planète et des risques d'effondrement du "monde moderne, il me faudrait des heures de recherches...
Non seulement, je ne veux pas vivre béatement en imaginant que le vaisseau est insubmersible ou que le capitaine et ses hommes méritent toute ma confiance mais je tiens même à participer à ma mesure au maintien à flot du vaisseau. Non pas pour ma simple petite existence mais parce que je fais partie du groupe humain et que j'ai donc une responsabilité sur le délabrement du navire.
Dans le cas de panique liée à une catastrophe, des scientifiques ont étudié ces états de stress intense et les ont rapprochés de ce qu'on appelle la sidération. Les gens frappés par cet état invalidant sont des personnes qui n'ont jamais, absolument jamais accepté d'entrevoir une situation d'urgence. Bien souvent par éducation et parfois par simple ignorance ou déni du danger.
Elles sont donc dans une incapacité totale à gérer leur stress et elles font partie tout "naturellement" des premières victimes.
Il y a une deuxième catégorie de personnes. Celles-là combattent la sidération en basculant dans un état de déraison complet. Elles peuvent prendre des décisions contraires au bon sens ou même devenir violentes et potentiellement dangereuses pour tous. Ce sont celles qui par exemple vont user d'une arme à feu...
Le seul moyen d'éviter ce genre de "dérapages" particulièrement dévastateurs, c'est d'amener les individus à anticiper. Dans leurs pensées mais également dans leurs actes.
C'est là que nous sommes heureux d'avoir emmené nos trois enfants en montagne dès qu'ils ont su marcher, à leur avoir fait vivre des situations particulières, engagées, parfois stressantes. Leur gestion émotionnelle et leur connaissance d'eux-mêmes sont des atouts indéniables.
Qu'en sera-t-il des individus "confortablement protégés" de tout, n'ayant jamais eu l'expérience de la peur, de l'urgence, du stress, de la nécessité de prendre des décisions vitales ?...
Ce roman explore ces questions.
Le dernier tome de la trilogie doit mettre en scène les quelques survivants...
« Toutes les horreurs que les romanciers croient inventer sont toujours au-dessous de la vérité. »
Balzac
CHAPITRE 1
Tariq n'oublierait jamais le mois de mars à Mossoul. Ni les mois précédents. Ni sa rage quand il avait quitté l'Irak.
Mossoul et ses combats.
Il était allongé sur le lit de son hôte, un fidèle à la cause.
Istanbul. Daesh y avait de multiples antennes.
Les mains posées sur le ventre, les doigts croisés, il avait retiré ses chaussures.
Le brouhaha de la rue ne pénétrait pas son cerveau. Les souvenirs occupaient toute la place.
Les images étaient toujours là. Il refusait qu'elles s'effacent. Elles nourrissaient sa haine et sa force, elles entretenaient le brasier. L'enfer qu'il voulait déverser désormais sur les Occidentaux.
Même le bruit des combats, il refusait qu'il s'éteigne. Chaque soir, il le ranimait. Et l'odeur du sang et les cris des mourants.
Un séisme sans fin, un chaos sans limites. Aucun bâtiment n’était épargné, aucune rue n’était praticable. Il ne restait que des débris, des ruines noircies par les incendies, des façades perforées, éventrées, suspendues dans des équilibres précaires, des murs criblés d’impacts de balles, des trous d’obus, de missiles, de roquettes, des gravats ou des pans entiers de maisons jonchant le sol, des lacis de lignes électriques sectionnées ou entremêlées comme des faisceaux de nerfs dans un corps désossé, des voitures calcinées, retournées, projetées dans les airs, des trottoirs éventrés, des tombes ouvertes, des fenêtres béantes comme des orbites de moribonds.
La ville entière était un cadavre puant.
Un cataclysme guerrier, un déluge de feu et de sang, des mois de luttes acharnées, sans pitié.
Tariq se revoyait, scrutant la rue par un trou dans le mur. L’obus n’avait pas explosé. Il avait traversé l’intégralité de l’appartement, cloison après cloison, et il avait disparu.
Il avait aimé le frisson de plaisir quand la mort l’avait frôlé. Comme une maîtresse perverse qui vous effleure ou vous frappe. Impossible de connaître à l’avance son humeur, ni l’intérêt ou l’indifférence qu’elle vous portera. À chaque fois qu’il avait eu ce frisson particulier, il s’était démené pour tuer un ennemi. Avec le maximum de risques, comme mu par une force insatiable. Le même spasme en lui, à chaque succès. Le baiser de la mort. Une excitation si puissante que l’orgasme du sang devenait vital.
Dans les silences prolongés, il pouvait imaginer la déflagration de la prochaine explosion, le prochain missile antichar, la prochaine rafale d’AK-47, la prochaine grenade, le prochain cri, le râle plaintif d’un mourant. L'agonie d'un de ses frères nourrissait sa haine, l'agonie d'un ennemi nourrissait sa furie.
Walid était mort dans ses bras, crachant le sang de son poumon perforé. Hassan avait été écrasé par une dalle de béton pulvérisée par un tir de char, sa tête dépassant de la chape, les yeux exorbités, ses entrailles vomies maculant son visage. Zina avait déclenché sa ceinture d’explosifs quand les mécréants l’avaient encerclée.
Il y avait des frères de lutte gisant dans tous les quartiers, des corps abandonnés à la pourriture, des blessés agonisant pendant des heures, des hurlements qui déchiraient les rares accalmies, des tirs de mortiers qui visaient les mourants, leurs cris comme des appels à la délivrance finale, des silences insupportables dans l’attente des combats, le danger permanent des snipers, l’odeur âcre de la poudre qui se mêlait à celui de viande brûlée, les chenilles des chars qui déchiquetaient les blessés, la folie de la mort quand elle tient les rênes, des haines viscérales qui servaient de guide suprême.
Il n’y avait plus de silence en lui.
Il avait tué tant d’infidèles qu’il en jouissait à les compter mais il avait perdu aussi la dernière femme qu’il aimait, celle qui avait pris les armes à ses côtés, les autres, il les avait abandonnées à leurs peurs, juste des chiennes sans honneur.
Il avait perdu ses amis, il avait perdu la bataille de Mossoul. Il n’en avait plus aucun doute. L’issue était déjà écrite.
Il avait failli.
Et la mort ne lui était rien.
Il avait senti dans les nuits sans sommeil cet effacement de toute limite.
Il aurait pu mourir sans aucune retenue, sans la moindre peur, le moindre regret, il n’y avait plus rien de vivant en lui, sinon la rage, la volonté de tuer encore et encore. La décapitation du capitaine de la milice. Un moment sublime. Les soubresauts du mourant. Il avait senti la mort jouir dans ses mains.
Il ne vivait plus que pour la mort. Celle des ennemis, même au prix de la sienne.
Lorsque Farid était tombé, il avait décidé de quitter la ville. Son frère, abattu par un tireur d’élite, la tête éclatée, en pleine course. Il l’avait vu s’effondrer devant lui, la chair et le sang giclant dans un éclair. Il n’avait rien pu faire.
Il aurait pu mourir à Mossoul mais la joie de ses ennemis lui aurait été insupportable.
Il avait traversé les quartiers en ruine, emprunté les réseaux souterrains creusés par les frères. Il avait une mission désormais. Une autre mission.
Tous les frères morts seront vengés.
Il était passé par l'Iran puis il avait atteint l'Afghanistan. Il avait combattu dans diverses régions montagneuses, il avait obtenu un poste élevé au sein des talibans, il avait tué des soldats de Satan. Des mois de combats et toujours ce goût délicieux de la mort des mécréants, cette jouissance extatique du sang versé. Il avait tenu un rôle important dans la défaite des Américains, dans la reprise du pouvoir, la fuite honteuse des Yankees.
Mais son désir le plus puissant n'était toujours pas assouvi. C'est d'une croisade en terre impie dont il rêvait, une guerre sainte en Occident, autant de cadavres, des ruisseaux de sang dans les villes, des torrents de feu.
Il ne voulait plus attendre. Allah le lui rappelait sans cesse. Les images de Mossoul. Tous les frères morts seront vengés.
Harcèlement à l’école : apprenons aux enfants à se défendre
La troisième Journée de lutte contre le harcèlement à l'école est organisée, jeudi en France. Nathalie Goujon, psychopraticienne et Emmanuelle Piquet, psychopraticienne décrypte une technique à enseigner aux enfants pour qu'ils fassent face à leurs harceleurs.
Des élèves effectuent leur rentrée dans une école élémentaire de Paris, le 4 septembre 2017. (MAXPPP)
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Plus personne n’ignore, aujourd’hui, que le harcèlement existe dans les cours d’école. Ni que ces humiliations, intimidations ou agressions répétées engendrent une grande souffrance chez les élèves qui les subissent. La plupart des parents s’inquiètent à l’idée que leur enfant puisse être visé. En réponse, l’Éducation nationale a annoncé à la rentrée 2017 le "renforcement de la prévention et des sanctions" avec, en point d’orgue, le 9 novembre, la troisième édition de la journée nationale de lutte contre le harcèlement scolaire.
Et si, pour une fois, on regardait le problème sous un autre angle ? Si, au lieu de convoquer les harceleurs pour les punir, on cherchait à mieux armer les harcelés pour leur donner les moyens de se défendre eux-mêmes ? Cette démarche n’est jamais le premier réflexe des adultes qui, n’écoutant que leur bon cœur, volent au secours de l’enfant harcelé – ce qu’on ne saurait leur reprocher. Cependant, en intervenant tel Zorro pour sermonner le harceleur, le responsable d’établissement ou l’enseignant renforce bien souvent, sans le vouloir, l’image de victime de l’élève harcelé. La conviction s’installe, chez lui et chez les autres élèves, qu’il est incapable de s’en sortir tout seul. Une croyance qui alimente souvent un cercle vicieux engendrant de nouvelles situations de harcèlement.
Une stratégie qui permet de résoudre 85 % des cas de harcèlement vus en consultation
L’enfant ou l’adolescent harcelé a moins besoin, en réalité, de la protection des adultes que d’apprendre à se faire respecter. Ces compétences, il peut les acquérir s’il bénéficie, au bon moment, du soutien adéquat. C’est ce que propose la thérapie « brève et stratégique », développée en France par nos équipes depuis une dizaine d’années. Cette façon inédite d’aborder les situations de souffrance scolaire fait désormais l’objet d’un diplôme universitaire, Traiter les souffrances en milieu scolaire et péri-scolaire, à l’université de Bourgogne. Nous nous appuyons sur les travaux du Mental Research Institute (MRI), à Palo Alto (Etats-Unis), héritier de "psychologue américain Gregory Bateson.
Chaque année, les thérapeutes de notre réseau Chagrin scolaire reçoivent quelque 500 enfants et adolescents. Avec chacun, nous élaborons un plan d’action adapté à la situation, une sorte de scénario que l’enfant met ensuite en œuvre dans la cour de récréation au moment où le harcèlement se produit. Dans notre échantillon des enfants venus en consultation, cette stratégie permet de résoudre le problème dans 85 % des cas environ. Ces résultats sont discutés par Emmanuelle Piquet, à l’origine du réseau, dans le livre qu’elle vient de publier, Le harcèlement scolaire en 100 questions(Éditions Tallandier).
Des parents ou d’autres intervenants sur la question du harcèlement ont pu juger notre approche culpabilisante pour les enfants harcelés, au motif que leur proposer de l’aide reviendrait à rejeter la faute sur eux. À les considérer, en somme, comme incompétents et responsables de la situation. Il ne faut pas se tromper de camp, s’offusquent certains parents : nos enfants ne sont pas coupables de ce qui leur arrive, ce sont les victimes ! L’école de Palo Alto, en fait, nous pousse à sortir du registre moral, celui qui désigne des méchants et des gentils. Elle nous amène à réfléchir à la manière dont l’interaction fonctionne, ou plutôt dysfonctionne, entre les personnes. L’un des penseurs et thérapeutes de l’école de Palo Alto, Paul Watzlawick, le formulait ainsi : "On ne soigne pas les personnes mais les relations."
Car au fond, qu’est-ce qui est le plus accusateur : laisser entendre à un enfant harcelé, donc déjà terriblement blessé, qu’il est incapable de faire quoi que ce soit pour s’en sortir ? C’est en effet le message implicite qu’on lui envoie en cherchant à résoudre le problème à sa place. Ou bien est-ce de lui dire, comme nous le faisons, qu’il est vulnérable pour l’instant mais que nous croyons qu’il possède les ressources pour faire cesser le harcèlement ?
Notre approche s’inscrit à contre-courant sur un deuxième point. La stratégie actuelle de prévention du harcèlement inclut l’incitation à la tolérance entre élèves. Ainsi, la séquence d’enseignement moral et civique destinée à ceux de 6ᵉ précise : « À travers la connaissance des mécanismes du harcèlement scolaire et ses conséquences, les élèves appréhendent la nécessité de respecter autrui et d’accepter les différences des autres à l’école ». De même, certains chercheurs font l’hypothèse que la situation de harcèlement découle d’une différence sur le plan physique ou de la personnalité chez un individu, perçue par le groupe.
Les enfants harcelés, pas plus roux ni plus gros que les autres
Nous constatons, au contraire, que les enfants reçus dans nos consultations ne sont pas plus roux, gros ou « différents » que les autres. Ils ont même souvent une coiffure très étudiée, des dents blanches et alignées, un jean troué-mais-neuf de la marque à la mode et des Stan Smith aux pieds. Nous faisons l’hypothèse qu’un enfant est harcelé parce qu’il présente une vulnérabilité, une faille, à un instant t. Et que d’autres l’ont repérée et s’y sont engouffrés, souvent pour accroître à ses dépens leur popularité – cette forme de reconnaissance absolue à l’école primaire et, plus encore, au collège.
L’appel au « respect de la différence » entre les élèves nous paraît donc vain pour résoudre le problème de harcèlement. Ce qui fonctionne mieux, en revanche, c’est d’amener les harcelés à modifier leur réaction. Au lieu d’un timide « Arrête ! » qui laisse entendre au harceleur qu’il n’y aura aucune conséquence à ses actes, nous les amenons à envoyer le message : « Continue et tu vas t’en mordre les doigts, notamment en ce qui concerne ta popularité ».
Prenons l’exemple de Paul (le prénom a été changé), rapporté dans le livre Médecine sans souffrance ajoutée, publié par Nathalie Goujon aux éditions Enrick B.
Des brutes dans son collège
Paul m’est adressé par l’hôpital, écrit l’auteure, car l’équipe qui le suit depuis qu’on a diagnostiqué son hémophilie, est inquiète pour lui. Il vient de plus en plus souvent pour recevoir une injection suite à des coups ou des accidents divers afin d’éviter une hémorragie. Mais, régulièrement, son niveau de douleur exprimé semble au-dessus de ce que l’équipe constate au niveau clinique. En questionnant Paul, la pédiatre se rend compte qu’il n’apprécie guère ses congénères et trouve qu’il y a des brutes dans son collège.
Lorsque je rencontre Paul, il m’explique qu’il aime assez l’école, mais est très souvent absent. Très vite, nous entrons dans le vif du sujet :
" - Donc toi, tu aimes bien l’école et tu es très bon élève, si je comprends bien ?
– Oui, ça va.
– Sinon, comment ça se passe, dans la cour ? Tu as des pénibles dans ton collège, ou pas ?
– Oui, il y a un groupe de populaires qui veulent trop se donner une image.
– Qui est le chef ?
– Définitivement Yassine. Il se déplace tout le temps avec son groupe et son but est de ridiculiser ou de taper les autres pour les rabaisser. J’en ai marre de lui et mes amis aussi.
– Tu as qui comme copains, toi ?
– Alors j’ai Djibril, Tom et Philippe. On est trop pareils : on a les mêmes passions. On fait des vidéos de gaming sur YouTube et puis, on parle de pas mal de trucs de science ensemble.
– Et donc Yassine et son groupe de fidèles te pourrissent la vie, c’est ça ?
– Oui, j’aimerais bien qu’ils arrêtent de venir nous voir.
– Qu’est-ce que tu as essayé ?
– Mes amis et moi, souvent, on tente de les ignorer. En général, on se met en cercle quand ils débarquent et on leur tourne le dos.
– Ça marche ?
– Bof, moyen : on dirait plutôt que ça les excite. Quand on se tourne, souvent, ils partent en mitraillette d’insultes et parfois, ils nous bousculent en mettant des coups de coude. L’autre jour, Yassine s’est mis à nous injurier les uns après les autres : “intello, t’es moche, tu pues”, on a tous eu notre tour.
– Et pourquoi tu ne réponds pas quelque chose ? Il fait peur ?
– Oui, il est super baraqué et j’ai pas envie de me battre, moi.
– Il pourrait te frapper, tu crois, si on répondait quelque chose ?
– Ouais, carrément, c’est une grosse brute.
– Je me dis que l’idéal pour le calmer serait de faire l’inverse de ce que vous faites actuellement.
– Heu… genre ?
– Genre, vous essayez de le virer et de le faire taire, alors il se défoule encore plus sur vous, non ?
– Si, mais bon, tu veux faire quoi ?
– Je me dis que la prochaine fois qu’il vient t’attaquer alors que tu es avec tes amis, ce serait vraiment bien que tu dises haut et fort : “Attention, voilà Yassine et ses fidèles, laissez-le parler, vas-y Yassine, on t’écoute !” S’il dit : “t’es un intello de merde”, il faudra que tu continues le même mouvement en répondant : “Oui et tu as oublié que je suis con et que je pue !” Il faudrait même que vous puissiez ouvrir le cercle, avec une révérence, pour lui donner la parole.
– Ouais, c’est pas mal. Mais bon, ça fait flipper.
– C’est pour ça que je voulais te demander : tu crois qu’il pourrait te taper où, en premier ?
– Ben, j’espère pas qu’il me tapera.
– Oui, mais moi, j’aimerais bien qu’on regarde ta peur en face, parce que si on la regarde, elle va diminuer, comme si elle se dégonflait, tu vois ?"
Ici, je choisis de lui faire imaginer le pire s’il répond quelque chose à Yassine-la-brute, car d’une part, cela peut arriver et d’autre part, tant qu’il se rassure et tergiverse, sa peur grandit. On dit souvent aux enfants que faire taire la peur revient à mettre de l’engrais dessus, contrairement à ce qu’ils croient. Pour l’instant, Paul ne dit rien à Yassine car il a trop peur. Si je parviens à lui faire baisser sa peur, alors il sera à même de réguler différemment.
"Tous d’accord pour qu’on les clashe une bonne fois"
Paul est revenu me voir, quinze jours plus tard :
« Alors, qu’as-tu décidé ? C’était dur, non ?
– Oui, c’est vrai, mais bon, le lendemain, j’ai parlé avec mes amis et ils étaient tous d’accord pour qu’on les clashe une bonne fois. Yassine est venu comme d’habitude avec sa tête du gars qui va dire des horreurs et là, j’ai dit : “Écartez-vous : Yassine et ses fidèles arrivent, il veut dire quelque chose. La semaine dernière c’était : ‘tu pues, t’es con’, alors aujourd’hui ? Vas-y !” Et j’ai ajouté, vu leurs têtes : “Attendez, ça vous gêne si je prends une photo ?”
– Excellent ! Et alors ?
– Il a dit : “Vous êtes trop bizarres, aujourd’hui !” Sa copine Juliette, qui est une vraie pourrie aussi, a dit : “Ouais, on se casse, ils sont trop chelous !” J’étais vraiment content !
– C’est super, je suis fière de toi, il fallait un sacré courage.
– L’après-midi, il a retenté une action, alors j’ai dit : “Ah, tu t’es décidé ?” Il a répondu : “Vous voulez pas coopérer, je m’en vais.”
– C’est dingue, c’est vraiment comme ça que fonctionnait la situation, en fait : tant que vous montriez que ça vous affectait, il était comme encouragé à vous insulter et là, d’un coup, ça n’a plus d’intérêt. Bravo, Paul, c’est la classe internationale ! »
Ainsi, les adolescents constatant, comme Paul, qu’ils peuvent eux-mêmes renverser la situation et mettre fin au harcèlement vivent une « expérience émotionnelle correctrice », de nature à dissiper leur sentiment d’impuissance. Les actions individualisées que nous mettons en place auprès des enfants qui souffrent les aident à restaurer leur confiance en eux et les amènent à savoir se défendre. Ils peuvent alors se faire respecter lorsqu’ils rencontrent, par la suite, des situations similaires. N’est-ce pas notre rôle d’adulte de les amener à agir par eux-mêmes, plutôt que d’intervenir à leur place ?
"Faut-il manger les animaux ?" Hugo Clément, journaliste de l'émission "Quotidien" a lu le livre de Jonathan Safran Foer. Une grande claque, qu'il résumait hier dans cette publication sur sa page Facebook.
Ce livre ("Faut-il manger les animaux ?" de Jonathan Safran Foer) est une grande claque dans la gueule. Pas de leçon de morale, simplement des faits et des chiffres sur la pêche et l'élevage industriel, exposés cliniquement.
En voici quelques-uns.
- L'élevage industriel participe + au réchauffement climatique que le secteur des transports (voitures, bateaux, avions et trains réunis).
- Un omnivore, qui mange viande et poisson, émet en moyenne 7 fois + de gaz à effet de serre qu'un végétarien.
- 99,9% des poulets de chair, 97% des poules pondeuses, 99% des dindes, 95% des porcs et 75% des bovins que nous mangeons sont issus de l'élevage industriel.
- Une poule pondeuse, qui à l'état naturel peut vivre jusqu'à 10 ans, est systématiquement tuée avant ses 1 an, car plus assez productive. L'industrie a calculé qu'il coûtait moins cher de les massacrer que de continuer à les nourrir et à les stocker puisqu'elles ne pondent plus assez.
- Un Américain mange en moyenne 21 000 animaux entiers (poulet, vache, lapin, etc.) durant son existence. 21 000.
- Le trajet moyen effectué par notre viande quotidienne est de 2500 kilomètres.
- Les scientifiques s'accordent aujourd'hui tous pour dire que les porcs sont des animaux aux capacités cognitives très développées. Ils sont capables d'empathie, d'aider d'autres porcs, d'apprendre, de jouer, de transmettre des savoirs à leur progéniture, d'ouvrir un loquet de leur enclos pour aller retrouver un mâle ou une femelle en chaleur puis de revenir dans cet enclos avant le lever du jour sans que l'éleveur ne s'en rende compte. Les porcs sont des êtres au moins aussi intelligents et sensibles que les chiens et les chats.
- Aujourd'hui, 684 000 poussins mâles de poules pondeuses vont être "détruits" aux Etats-Unis. Broyés vivants. Ou étouffés lentement dans des bacs en plastique. Pourquoi ? Parce qu'ils ne peuvent pas pondre. Aux yeux de l'industrie, ils sont "inutiles" et donc "détruits".
- 50 milliards de poulets sont abattus chaque année dans le monde. 50 000 000 000 de poulets qui "vivent" toute leur "vie" sur une surface équivalente ou inférieure à une feuille A4.
Extrait : "Sous la plupart des aspects, tous les élevages industriels de poulets, bien ou mal gérés, avec ou sans cages, sont fondamentalement identiques : tous les oiseaux proviennent de manipulation génétique à la Frankenstein, tous sont confinés, aucun ne profite de la brise ou de la chaleur du soleil, aucun n'est capable d'adopter l'ensemble (voire un seul) des comportements spécifiques à son espèce tels que construire un nid, se percher, explorer les alentours et former des unités sociales stables, la maladie est généralisée, la souffrance est toujours la règle, la mort est invariablement cruelle."
- 80 à 90% des animaux marins ramenés à bord d'un navire pendant un chalutage de crevettes sont rejetés morts ou agonisants à la mer.
- Pour 500 grammes de crevettes, 13 kilos d'autres animaux marins sont tués inutilement et rejetés à la mer.
- Pour pêcher le thon, 145 autres espèces sont tuées et rejetées à la mer.
Je pourrais continuer toute la journée. Que vous mangiez de la viande, du poisson, beaucoup ou peu, que vous soyez végétarien ou vegan, lisez ce bouquin. C'est glaçant.
L'élevage industriel est une aberration écologique, éthique, sociale, et économique. Presque tout le monde le sait, mais beaucoup cherchent à l'oublier.
Une pratique véritablement enrichissante, pour soi et pour la vie du couple. Depuis six ans maintenant que nous partageons ces moments, chaque semaine, nous avons pu voir une étonnante évolution dans la qualité d'émission et de réception.
La Pleine Conscience est le point crucial du massage.
Le bénéficiaire du massage : Il ou elle aura pour tâche de visualiser assidûment les mouvements des mains et chaque zone parcourue, de s'extraire des tourments ou des simples pensées intrusives. Il s'agira d'établir un lien sensoriel constant entre les perceptions et leur saisissement. Ce "travail", peu à peu, au fil des semaines, des mois, des années...améliore considérablement la conscience de soi, corporellement mais également spirituellement. L'observation maintenue est un excercice qui deviendra un élément fondamental de l'individu, un besoin, une nourriture, une forme de vie entière. C'est bien évidemment également un lien émotionnel très puissant avec le partenaire de par les échanges d'énergies.
Cette quête de la Pleine Conscience durant le massage s'étend peu à peu à la vie quotidienne. C'est cela le plus émouvant. Comme si cet état de plénitude et d'absorption, de calme intérieur et de réceptivité parvenait à un certain niveau et devait s'étendre par manque de place ou qu'il finissait par s'infiltrer dans les carapaces de l'individu identifié. Dans le massage, il se crée un effacement profond de l'identité. C'est l'osmose entre le corps et l'esprit qui devient la "norme".
Le dispensateur du massage : Il peut paraître étrange de considérer que le masseur bénéficie lui aussi des bienfaits du massage et c'est pourtant éminemment le cas. Les énergies se "soignent" mutuellement et le masseur, qui a pour intention de prodiguer des bienfaits, se trouve par conséquent dans une "posture émotionnelle amoureuse", dans le sens où il œuvre au bonheur de l'être aimé. Cette énergie qu'il diffuse, par ses mains, s'installe dans un système commun, une boucle, un circuit interne qui relie les deux individus.
Le masseur est simultanément massé, non pas dans un contact matériel mais par l'entité éthérique créée par le massage conscient. Comme si l'énergie délivrée par le massage revenait en écho dans le corps du masseur. C'est de délivrer le corps de l'être aimé de toutes ses tensions quotidiennes qui génère le flux aimant qui enveloppe les deux partenaires.
Il nous arrive parfois, le lendemain d'un massage, de ne plus savoir qui a été massé et qui a été masseur...
On a vu se développer également une sensibilité profonde de chaque zone du corps : les articulations, le creux poplité, les chevilles, les oreilles, le crâne, les doigts, les aisselles… L’exploration par le massage implique une attention immédiate, non pas dans l’attente d’un soulagement mais juste dans le saisissement des contacts.
C’est là, bien évidemment, que cet enseignement de l’instant présent, vient s’adjoindre à la sexualité.
Tout comme dans le massage, il ne s’agit pas d’avoir une intention mais d’être dans l’attention. L’intention viserait l’orgasme et priverait l’individu du saisissement de chaque instant. L’attention, au contraire, reste impliquée dans cet instant et entraîne les deux individus dans un plaisir constant, un orgasme continu, non pas sur un plan génital mais bien davantage holistique. Un orgasme énergétiquement spirituel avant de devenir physique.
Là aussi, d’ailleurs, tout comme dans le massage où il arrive de ne plus savoir qui est masseur ou massé, les ressentis physiques dans les étreintes longues ne sont plus constamment sexués sur un plan organique, homme-femme mais s’étendent dans une dimension principalement énergétique. Les sensations de l’un et de l’autre s’échangent, comme dans une osmose du féminin et du masculin, une complétude retrouvée, une enveloppe dans une dimension de polarité magnétique, générant une aimantation parfaitement équilibrée.
Le massage intégral engendre bien évidemment une auscultation intérieure de son propre corps mais également de celui de l’autre. De masseur à massé, chaque individu part à l’aventure de territoires inconnus ou délaissés.
La sexualité se nourrira de cette cartographie sensorielle.
Cela ne signifie pas pour autant que les séances de massage doivent être conduites avec une intention érotique. Elles sont essentiellement un lien énergétique, un bien être à vivre pour soi, en soi, sans rien d’autre en tête.
L’attention est toujours le but et l’intention son adversaire.
Le plaisir du massage n’a pas besoin d’être sexualisé pour combler les individus. Le massage des zones érogènes ne sera rien d’autre qu’un massage. Les deux individus, tout entier, corps et âme, sensations et pensées, décideront de la suite.
Il viendra d’ailleurs un temps pour ceux et celles qui sauront se montrer assidus où le massage sera sexuel et la sexualité un massage puisque la corporéité grandissante des individus à travers la pleine conscience de l’attention englobera dans une entité nouvelle les corps et les âmes.
Il arrivera donc un moment où donner ou recevoir un massage deviendra aussi intense qu’une relation sexuée puisque tout ce qui s’éveillera dans ce flux puissant du partage sera nourri par l’amour : l’amour de l’autre, de soi et de la vie en soi et dans l’autre.
C’est un tout, un organisme énergétique, un placenta qui favorise la croissance commune des êtres.