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Par
Thierry LEDRU
Le 19/05/2021
Pétition : Stop au déterrage du blaireau
Le blaireau, une victime innocente !
Alors que le blaireau est protégé dans de nombreux pays européens (Belgique, Irlande, Pays-Bas, Danemark, Portugal, Espagne, Italie…) car sa présence est le gage d’une nature préservée, il est chassable en France – alors que personne ne le mange – et chassé sans répit neuf mois et demi par an. Le pire étant le déterrage, ou vènerie sous terre.
Les blaireaux endurent des heures de stress, terrorisés au fond de leur terrier, mordus par les chiens – parfois même déchiquetés vivants pour les petits – pendant que les chasseurs creusent pour les atteindre. Ils les extraient brutalement du terrier avec des pinces métalliques qui leur infligent d’atroces blessures. Les blaireaux sont alors exécutés avec un fusil ou une arme blanche.
C’est une pratique cruelle incompatible avec la reconnaissance des animaux comme êtres sensibles.
Le déterrage, barbarie d’un autre âge
À partir de l’ouverture générale de la chasse en septembre, le blaireau est chassé par tir jusqu’à fin février, et déterré jusqu’à mi-janvier. Le déterrage peut être prolongé sur simple volonté du préfet et une période complémentaire de chasse peut être autorisée par arrêté préfectoral dès le 15 mai, période où les blairelles s’occupent encore de leurs petits, incapables de se nourrir seuls et extrêmement vulnérables.
> Consulter la carte de France 2020 du déterrage
> Les arguments de l’ASPAS pour demander l’interdiction du déterrage
Stop au déterrage des blaireaux !
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L’ASPAS en action
Luttant depuis presque 40 ans pour la protection des animaux sauvages, l’ASPAS :
s’oppose fermement à la pratique brutale et injustifiée du déterrage ou vénerie sous terre.
sensibilise l’opinion publique sur l’utilité écologique du blaireau et à l’aberration du déterrage à travers ses brochures, ses communiqués de presse et son magazine trimestriel Goupil.
demande au ministère de l’Écologie l’abolition du déterrage et le classement du blaireau en espèce protégée.
Vous pouvez en savoir plus sur le déterrage en consultant le dépliant « Stop au déterrage des blaireaux ».
Si vous souhaitez en apprendre davantage sur la biologie du blaireau et sur son statut en France, commandez la brochure ASPAS Vive le blaireau !
L’ASPAS soutient l’action d’autres associations
MELES
Créée par Virginie Boyaval en 2005, l’association MELES est à la fois un centre de soins et un centre d’études en faveur du blaireau européen. Dans sa dernière vidéo publiée le 9 mai 2020, Virginie explique comment elle réhabilite les blaireautins orphelins, recueillis après un acte de déterrage de chasseurs ou d’une collision routière.
BLAIREAU & SAUVAGE
Jeune association créée en 2018, Blaireau & Sauvage s’est donnée pour mission d’étudier, de sensibiliser, et de protéger le blaireau. Une campagne de recensement des terriers a notamment été lancée en 2019. >> En savoir plus
LPO ALSACE ET GEPMA : intervenir sans massacrer !
L’initiative est assez unique en France. Le pôle Médiation Faune Sauvage (pôle MFS) de la LPO Alsace et du GEPMA (Groupe d’Etude et de Protection des Mammifères d’Alsace) œuvre depuis 2008 en faveur d’une meilleure cohabitation entre la faune sauvage et les humains. Il intervient entre autres dans les situations impliquant le blaireau d’Europe, que ce soit au sein d’exploitations agricoles, au pied d’infrastructures de transports ou de digues, dans des terrains publics communaux et même chez des particuliers. Le pôle MFS s’efforce de systématiquement trouver des solutions adaptées à chaque situation, dans la durée, permettant de limiter ou neutraliser les gênes occasionnées en préservant la vie de ces animaux mal connus. >> En savoir plus
La pratique barbare de la chasse au blaireau doit cesser
https://lareleveetlapeste.fr/la-pratique-barbare-de-la-chasse-au-blaireau-doit-cesser/
Bien souvent, les chasseurs détruisent bien plus les cultures en traquant les blaireaux que les blaireaux eux-mêmes ! Quant à la tuberculose bovine, ce sont les pratiques de déterrage qui sont les plus susceptibles de la disséminer

20 mai 2020 - Augustin Langlade

Envie d’une vraie déconnexion ? Évadez-vous avec notre bande dessinée !
- Thème : effondrement de la société, abordé de manière douce et positive
- Format : 128 pages
- Impression : France
La polémique de la « vénerie sous terre », plus connue comme la chasse annuelle au blaireau, vient d’atteindre l’Assemblée nationale. Vendredi 15 mai, un groupe de vingt-deux parlementaires, sous l’impulsion du député LREM des Alpes-Maritimes Loïc Dombreval, a écrit une lettre à la ministre de la Transition écologique et solidaire pour lui demander de « mettre fin à ce mode de chasse totalement contraire à la reconnaissance des animaux comme êtres sensibles ». L’Aspas a pour sa part mis en ligne une pétition.
La vénérie, une pratique de chasse cruelle
La vénerie sous terre est une pratique de chasse traditionnelle qui consiste à massacrer des familles entières de blaireaux directement dans leurs terriers.
Au petit matin, les chasseurs répartis en équipes traquent les tanières de ces animaux nocturnes. Quand ils en découvrent une, au creux da la forêt, ils commencent par effrayer les bêtes à l’aide de scies ou de pelles, en faisait un boucan du tonnerre qui ne manquera pas de jeter la terreur sur le bocage. Puis ils lâchent les chiens, qui se jettent la tête la première au fond du terrier et tentent de mordre les blaireaux qui s’y recroquevillent, pendant que d’autres chasseurs de l’équipe bouchent les sorties et creusent des trous pour les déterrer.
Au bout d’un moment, lorsque les chiens n’ont pas déchiqueté vivants les petits, les puits sont achevés et les blaireaux sont débusqués à l’aide de pinces métalliques qui leur infligent des blessures dignes d’instruments de torture. Enfin, les blaireaux sont exécutés par un tir de carabine ou avec des armes blanches, dagues, couteaux, barres à mine…
Voilà la réalité de cette chasse qu’on prétend traditionnelle pour la défendre, alors qu’elle tout bonnement dépassée. Une enquête vidéo de l’association de défense des animaux One Voice, publiée le 28 avril 2020, a montré que les chasseurs se permettent toutes les cruautés envers les animaux, même les plus inutiles.
Pendant des heures, les blaireaux — et ceci s’applique également pour les renards — sont harcelés, violentés, blessés, les chasseurs allant jusqu’à ensanglanter leurs propres chiens quand ils refusent d’obéir.

Terrier de blaireau, Bois de la Fontaine, Pagny-le-Château (Côte d’Or, Bourgogne, France) – Bertrand GRONDIN
Le blaireau, une espèce protégée en Europe
Dans la plupart des pays d’Europe, le blaireau est une espèce protégée et le loisir du déterrage une pratique formellement interdite. Mais en France, au contraire, les 40 000 adeptes de cette barbarie sont autorisés tous les ans à chasser 12 000 blaireaux sous terre et à en tirer 10 000, du 15 septembre au 15 janvier pour la vénerie et jusqu’à fin février pour la chasse à tir.
Chaque année, ce sont donc 22 000 bêtes en moyenne qui périssent en pure perte, puisque personne ou presque ne mange de blaireau et que nous n’avons guère besoin de sa fourrure pour nous vêtir. Depuis 1988, le blaireau n’est plus classé comme « nuisible » mais demeure considéré comme « gibier » ; de ce fait, on peut le chasser.
En sus de ces périodes de chasse fixes, au printemps, les préfectures publient des projets d’arrêtés autorisant des périodes complémentaires de déterrage des blaireaux, qui peuvent différer d’un département à l’autre, mais étendent en général l’autorisation de chasse du 15 mai au 15 septembre, le plus gros mustélidé ne disposant plus que de deux mois et demi de répit dans l’année.
Cette année, alors que tout semblait normal et que les concertations locales allaient bon train, c’est un arrêté de la préfecture de Saône-et-Loire qui a mis le feu aux poudres. Le 11 mai, le préfet y a décidé de déconfiner également la chasse, en décrétant que la vénerie sous terre était autorisée à partir du 15 mai.
Manque de chance, la section locale d’Europe-Écologie-Les Verts a repéré l’arrêté et s’est indigné, dans un communiqué du 15 mai, que le blaireau puisse être « chassé sans répit neuf mois et demi par an » en France, tandis que « sa présence est le gage d’une nature préservée ».
Aucune étude scientifique ne permet de connaître la population réelle de cette espèce, dont le taux de reproduction est faible (entre deux et trois jeunes par an et par femelle) et dont les effectifs sont toujours surestimés par les chasseurs. L’extension de la vénerie sous terre est un double crime, étant donné que la période de dépendance des blaireautins n’est pas achevée avant le mois d’août.
Toujours le 15 mai, les vingt-deux députés, qui se déclarent dans cette affaire « transpartisans », ont sommé la ministre Élisabeth Borne de mettre un terme définitif au déterrage. Confiant à L’Express sa détermination à porter la question de la vénerie sous terre devant l’Assemblée, le député Loïc Dombreval a déclaré que :
« les méthodes de chasses dites traditionnelles sont toutes plus odieuses les unes que les autres. Qu’elles disparaissent, cela rendrait service aux chasseurs. C’est dégradant pour l’animal et pour ceux qui la pratiquent. On peut faire ça progressivement, mais il faut arrêter l’hypocrisie. »

Crédit : andy ballard
Des accusations infondées contre le blaireau
Les chasseurs accusent les blaireaux de saccager les récoltes, de mettre en danger les infrastructures (lorsque leur comportement terrassier leur fait construire des galeries sous les voies ferrées ou dans les digues), et d’être des réservoirs de tuberculose bovine, une maladie infectant de nombreuses espèces domestiques et transmissible à l’homme. Mais ces accusations sont infondées.
Les dégâts qu’on impute au blaireau sont en très grande partie localisés à la lisière des forêts ; en ce sens, on les confond avec ceux du sanglier, une espèce autrement plus endémique. Une clôture électrique ou un répulsif suffiraient à éloigner les blaireaux, qui apprécient certes les légumes, mais sont relativement discrets et peureux.
Pour preuve, bien souvent, les chasseurs détruisent bien plus les cultures en traquant les blaireaux que les blaireaux eux-mêmes ! Quant à la tuberculose bovine, ce sont les pratiques de déterrage qui sont les plus susceptibles de la disséminer : en témoigne un arrêté ministériel du 7 décembre 2016, interdisant dans certaines zones à risque :
« la pratique de la vénerie sous terre pour toutes les espèces dont la chasse est autorisée, en raison du risque de contamination pour les équipages de chiens ».
Selon un sondage Ipsos de 2018, 83 % des Français sont en faveur de l’interdiction pure et simple de la vénerie sous terre, presque autant que pour le piégeage des oiseaux à la glu. Qui plus est, 73 % des sondés ne savaient pas même que ce type de chasse pouvait encore exister. Ce sondage montre également qu’une écrasante majorité des personnes interrogées « estime que la chasse représente une menace pour l’environnement », ainsi qu’une pratique dangereuse et cruelle, véritable plébiscite en faveur d’une réforme radicale.
Dans la description de sa carte de France 2020 du déterrage, l’Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas) indique que près de 50 consultations publiques se terminent le 20 mai 2020 et invite tous ceux qui en ont le temps et l’énergie à y participer.
« Si nous ne pouvons pas garantir que les préfets tiendront compte de l’avis des citoyens, il est inconcevable de laisser toute la place aux arguments fallacieux des chasseurs. Sur le plan symbolique et médiatique, il est important de remporter la victoire de l’opinion ! Plus les citoyens manifesteront leur opposition à ce mode de chasse barbare, plus notre demande de réforme sera audible et légitime », affirme l’Aspas dans sa publication.
Qu’on puisse ou non y participer, il est toujours possible de signer une pétition sur internet, exigeant l’interdiction totale du déterrage. Celle-ci a déjà récolté plus de 100 000 signatures.
Par
Thierry LEDRU
Le 17/05/2021
Le drame des Cévennes : deux morts, deux familles brisées, un jeune homme qui sortira de prison dans une vingtaine d'années, sa propre famille anéantie.
J'en parlais justement avec ma femme hier. Après avoir été institutrice pendant vingt ans, elle est retournée à la FAC. Licence puis master de psychologue clinicienne et retour dans la fonction publique comme psychologue scolaire. Elle ne voulait pas ouvrir de cabinet privé mais elle voulait permettre aux enfants et aux parents de bénéficier de cette structure d'aide dans le cadre de l'école publique (et donc gratuite.)
Elle a très vite mis en place un "point écoute" dans lequel les enfants pouvaient laisser un mot dans une boîte aux lettres à la porte de son bureau.(en plus de son travail dans les classes et avec les enseignants et les parents et les différentes structures) Rapidement les enfants des écoles où elle intervenait lui ont écrit. Des mots parlant de difficultés relationnelles à l'école ou dans les familles. Elle recevait les enfants et ils discutaient.
L'effet était considérablement positif. Le constat était simple : les enfants avaient besoin d'exprimer TOUS les mal-être, tous les problèmes, toutes les inquiétudes, toutes les interrogations et même s'il n'y avait pas toujours de réponse permettant de solutionner la problématique, le fait de pouvoir simplement en parler avec une personne "neutre" allégeait profondément le trouble. Les enfants parlaient entre eux de la "psychologue" et ils attendaient avec impatience que Nathalie vienne les chercher en classe pour ce moment d'échange.
J'ai vécu une période très compliquée à mon adolescence. Mon frère, plus âgé, s'est crashé en voiture. Cliniquement mort. Je suis resté à l'hôpital, dans sa chambre, pendant deux mois et demi, toutes les vacances scolaires d'été. Service de neuro-chirurgie. A chacune des opérations qu'il a eues, je n'étais pas certain de le voir revenir. Mes parents travaillaient et me rejoignaient le soir. Une période très dure pendant laquelle, j'ai vu mon meilleur ami de classe mourir à la suite d'un accident de mobylette. La seule nuit où je ne suis pas allé le voir, il est mort. J'aurais eu besoin, considérablement besoin d'une aide psychologique. Tout comme mes parents. Mon frère a survécu et est sorti de l'hôpital. Il est mort vingt ans après d'une hémorragie cérébrale. Mes parents ne s'en sont jamais remis. Et là encore, aucune aide psychologique.
Aujourd'hui, mes parents ont 85 ans et sont tous les deux frappés par la maladie d'Alzheimer et de démence sénile. Rien, aucun accompagnement psychologique, aucune aide, aucune prise en charge émotionnelle.
Le constat est simple : nous manquons considérablement d'aide d'ordre psychologique. La solution est simple. Des cabinets de psychologues dans le cadre de la fonction publique, prise en charge par la sécu. Les enfants dont ma femme s'occupait n'avaient aucun problème à venir la voir, ils avaient juste hâte qu'elle trouve un moment pour les recevoir. Ils n'avaient aucune idée préconçue au regard de cette aide psychologique.
Mes parents, de leur côté, n'auraient jamais accepté et ils ne l'acceptent toujours pas aujourd'hui. "On n'est pas fous". C'est une question d'éducation et c'est pendant l'enfance que ça doit se mettre en place.
Il y a énormément de problèmes qui pourraient être résolus, dans les couples, dans les entreprises, dans les familles, pour de multiples situations.
Lorsqu'il y a un attentat ou une catastrophe naturelle, on voit des cellules psychologiques qui sont proposées. Il ne faudrait pas attendre ces situations de crises. Il faut anticiper...
Quel serait le coût n'est pas un problème si on pense à tous les dégâts qui seraient évités, dégâts psychologiques et par contre-coup physiques. Ne serait-ce que le coût des traitements par antidépresseurs. C'est en anticipant qu'on empêche les dégradations.
Sans doute, par contre, que les laboratoires pharmaceutiques verraient d'un très mauvais oeil une prise en charge psychologique, en amont des troubles qu'ils sont censés "guérir"...
L'aide psychologique est un garde-fou et le terme est particulièrement adapté dans le drame des Cévennes et il y en a beaucoup d'autres.
Mais c'est justement cette association avec le domaine de la folie qui pose problème pour la majotité des individus. C'est pour cela qu'il faut engager ce processus dans l'enfance, lorsque les conditionnements n'ont pas encore établi leurs limites.
Encore faut-il que les parents l'acceptent...
Si on pense par exemple aux groupes de paroles pour les personnes qui souffrent d'addictions, alcool ou autres, le suivi psychologique dans le cas de drames, deuils, maladies, attentats, traumatismes de toutes sortes, on sait que cet accompagnement a un impact positif, parfois considérable, parfois même salvateur. Mais le problème, c'est que cela n'arrive qu'à la suite d'épreuves. Il n'y a pas d'anticipation. Bien évidemment qu'on ne peut pas prévoir qu'un jour, on peut être pris dans un attentat, en réchapper et en souffrir psychologiquement. Mais si l'habitude du soutien psychologique avait été prise dès l'enfance, bien des situations douloureuses, inextricables, seraient résolues ou pourraient être atténuées.
La dimension psychologique, les bienfaits de la parole partagée, les dialogues, l'écoute émanant d'un professionnel, d'une personne "neutre", sachant analyser les mots, les regards, les postures, les silences...Combien de drames seraient évités si tout cela était valorisé à sa juste valeur ?
Les Indiens Kogis organisent des cercles de paroles où chacun est invité à exprimer ses problèmes et où des "chamans" interviennent pour réguler les troubles, apporter des voies de réponses.
Prendre exemple sur des peuples "primitifs." Non, non, ça serait trop humiliant...Les laboratoires pharmaceutiques et la médecine occidentale sont là pour nous sauver. Oui, c'est certain, ça fonctionne aussi. Je ne le nie pas. Mais ça fonctionne quand le problème est déjà là.
La psychologie préventive n'oeuvrerait pas uniquement dans le constat mais principalement dans la protection. Afin que le problème meure dans l'oeuf et n'éclose pas.
L'éleveur qui aimait ses vaches
Par
Thierry LEDRU
Le 10/05/2021
Voilà ce qui est parfaitement acceptable, parfaitement recevable, qui mérite d'être reconnu, préservé, encouragé, soutenu.
Corrèze : un livre sur Régis Coudert, défenseur de la race bovine limousine
Le livre "L'enfant qui aimait les vaches", ouvrage paru aux éditions Maïade, retrace la vie de Régis Coudert, un Corrézien qui a consacré sa vie à la sauvegarde de la race limousine. Il sera disponible le 10 mai 2021.
Publié le 09/05/2021 à 20h10
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Régis Coudert (au centre) éleveur de vaches limousines avec des membres de sa famille • © Régis Coudert
Régis Coudert a quasiment voué sa vie à la vache limousine, race bovine qui a pourtant failli disparaître dans les années 50. Dans ce livre, illustré de nombreuses photographies, l’éleveur corrézien nous immerge dans sa vie quotidienne, depuis son enfance, sa famille, en passant par l’Algérie, son combat pour la sauvegarde de la race bovine et l’amour pour son “pays”, le Limousin.
Notre métier c’est de nourrir les gens et donc de faire de la viande de bonne qualité
Régis Coudert, retraité, éleveur de vaches limousines
Né en 1934 dans la campagne corrézienne, l’éleveur est décrit comme un être passionné, rebelle, généreux, créatif, bref hors du commun.
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Régis Coudert enfant • © Régis Coudert
Il affectionne la nature, les animaux et en premier les vaches dont enfant, il collectionne les miniatures avant de devenir éleveur bovin. Il va consacrer son existence à cette vache de couleur marron qui est désormais réputée dans le monde entier pour sa rusticité, ses qualités maternelles et sa viande.
Un livre hommage
Corrézien, qui naît et grandit à Saint-Pardou-le-Vieux, il parle aussi de ses racines, des traditions et de sa famille engagée pendant la guerre. En 1946, son papa sera récompensé pour ses actions pendant l'occupation par la Médaille de la Résistance, la Croix de guerre et la Légion d’honneur. Un père qui put acquérir en partie une propriété à Meilhards près de Chamberet, à 80 km de Loubeix. De retour de la guerre d’Algérie, Gilbert alors âgé de 21 ans, se retrouve à la tête de la ferme de cent hectares.
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Le château de Meilhards dans la creuse (19) • © Régis Coudert
Eleveur-sélectionneur
Une terre est propice à l’élevage des races limousines, race bovine française destinée principalement à la production de viande.
Enfant, il assiste au rituel qui consistait à tuer le cochon. Il s’agissait d’égorger, puis récupérer le sang de l’animal pour le transformer en diverses charcuteries. Une tradition qui, comme il l’explique dans le livre, le marquera pour toujours. “Voir ces bêtes souffrir, leur vie sacrifiée à ceux qui les élevaient, me faisait poser beaucoup de questions. Habituellement, les vieux meurent de vieillesse ou de maladie, les jeunes d’accidents, et l’on élève et tue des animaux que l’on aime bien pour les manger : ce paradoxe me hante toujours”.
Alors quand il devient éleveur il décide qu’il ne ferait que de la sélection. Lui qui aime tant ses bêtes rêve d’abattoirs où les animaux sont traités dignement.
Des abattoirs plus humanisés
Régis Coudert, retraité, éleveur de vaches limousines
Une Limousine qui s’éteignait
Dans les années 50 l’agriculture traverse une grave crise dans la région Limousin. Une région rurale quelque peu délaissée par la nouvelle génération. L’agriculteur va tout faire pour inverser cette tendance.
Il cherche une méthode qui pourrait garder les jeunes dans la profession et qui serait rentable pour ceux qui voudraient en vivre.
Son idée, révolutionnaire et novatrice à l’époque, sera de faire sortir les vaches de leurs étables pour les mener dans les prairies toute l’année, été comme hiver, pour les faire brouter à volonté une bonne herbe de surcroît gratuite et abondante.
A l’origine des “broutards”
Il sera le premier à faire de l’élevage de plein air intégral. “Je m’étais caché pour sortir 3 vaches pour expérimenter ma méthode” explique Régis Coudert.
Même sous la neige les bestiaux sont désormais dehors. Un véritable séisme à l’époque dans le milieu agricole local où il ne fera pas l’unanimité. Ce sera le début des "broutards”. Les vaux ainsi nommés sont ainsi nourris de lait maternel et de bonne herbe jusqu’à leur sevrage.
Il sera le premier à gagner une médaille à un concours inter régional agricole avec ses animaux élevés en plein air.
C’était une fierté, je battais soixante-dix taureaux avec Danseur, animal de plein air intégral
Régis Coudert, retraité, éleveur de vaches limousines
Des hostilités, il y en eut. Mais il est encouragé et accompagné par tout un groupe de propriétaires éleveurs dynamiques. Il s’associe donc à ceux qui partagent ses valeurs et rejoint le CETA (Centre technique agricole) de Pierre-Buffière en Haute-Vienne. Un établissement fondé par Louis De Neuville, Corrézien qui œuvra pour la sauvegarde de la race limousine et fut son ambassadeur dans le monde entier.
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Les vaches limousines de Régis Coudert ans la neiges • © Régis Coudert
Dans les pas de l'ambassadeur
Louis De Neuville c’était une locomotive, il avait un don pour la communication
Régis Coudert, retraité, éleveur de vaches limousines
C’est donc en toute logique que la préface du livre a été confiée à Christine De Neuville, maire depuis 2001 de Vicq-sur-Breuilh dans la Haute-Vienne et fille de Louis De Neuville. Né et éleveur à Vicq-sur-Breuilh, il est la figure de l’élevage limousin et de la culture, fondateur de La Borie et du pôle de Lanaud il met en place un plan de développement international de la race limousine.et en devient l'ambassadeur à l'étranger.
Une race adorée
Deux homme unis par la même passion. Alors dans ce recueil, le Corrézien parle longuement de ses vaches qu’il chérit tant. Il leur parle, veille sur elles et sait immédiatement repérer si l'une de ses vaches ne va pas bien. Agora figure parmi les stars de son cheptel. Il lui donne la parole dans son recueil. ”J’étais, moi, une des préférées, un caractère en or, j’ai toujours fait naître mes enfants sans assistance. A sept ans, j’avais eu sept petits, dont deux fois des jumelles”. Une complicité quotidienne avec ses bestiaux.
Collectionneur d’outils
D’ailleurs, Gilbert est passionné par la nature et les animaux depuis toujours. Enfant, il collectionne des figurines de toutes sortes mais surtout des vaches miniatures.
Mon parrain m’avait offert mes premières vaches en bois achetées dans le Cantal
Gilbert Coudert, éleveur de limousines
Un engouement qui va le suivre toute sa vie par plaisir mais aussi pour compléter les fins de mois difficiles. Il revend de vieux objets et outillages qu’il trouve en chinant dans les brocantes ou en récupérant des objets jetés
Avec mon épouse on avait pas le smic
Régis Coudert, retraité, éleveur de vaches limousines
Le temps du témoignage
Malgré les difficultés de la vie, aujourd’hui âgé de 87 ans, l’homme de la terre a toujours la même énergie. Intarissable sur son sujet. Après le décès en 2019 de sa femme Alix dont il ne tarit pas d’éloges, l'éleveur décide d’immortaliser dans un ouvrage les événements de sa vie.
C’était une perle, elle était magnifique, je lui dois tout
Régis Coudert, retraité, éleveur de vaches limousines
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Alix, l'épouse de Régis Coudert, dans les prairies avec les limousines • © Régis Coudert
Et c’est par le biais d’une maison d’édition locale, Maïade, qu’il se livre. Ce sont Claudine Evrard et Marie-France Houdart qui ont successivement recueilli ses mémoires. “Il était venu me voir il y a à peu près huit ou dix ans il m’avait raconté tellement de choses, je m’étais dit qu’il faudrait que je fasse quelque chose sur lui un jour” explique Marie-France Houdart directrice de Maïade éditions”. Une vie intense qu’elle prend le temps de retranscrire. "Cette année j’y suis allée maintes fois car il y avait toujours des choses à corriger mais maintenant que le livre est terminé il est satisfait" ajoute l’éditrice.
Régis Coudert est aussi à l’honneur en image grâce au documentaire intitulé “L’engrangeur”, l’un des films de la trilogie de Sylvain Tousselle tourné en 2019.
Un éleveur corrézien fier d’avoir fait de la viande de bonne qualité pour nourrir les gens. “Je suis le dernier des mohicans” explique-il. L’un des derniers de son groupe d'amis à transmettre ses valeurs pour sa terre natale.
Par
Thierry LEDRU
Le 10/05/2021
Du tri à l’engraissement, le supplice des veaux français

Capture d'écran de la vidéo de L214You Tube
Réalisée en Bretagne dans un centre de tri et trois élevages d’engraissement, la nouvelle enquête diffusée aujourd’hui par L214 dénonce les conditions de vie inacceptables des veaux en système intensif.
« J’ai fait plusieurs années dans le milieu de la viande, en Bretagne, principalement en tant qu’acheteur de veaux. Et ce que j’ai vu, vous ne le croiriez pas. » Ainsi débute la vidéo diffusée aujourd’hui par L214, commenté par un lanceur d’alerte qui a contacté l’association de protection animale. Les images qui suivent après ce préambule sont en effet particulièrement choquantes. Réalisées entre juillet et octobre 2019 dans le Finistère, elles nous entraînent dans les bas-fonds d’un centre de tri, où transitent des bovins à peine nés, et de 3 élevages d’engraissement. Des usines à souffrance où les hommes à l’œuvre semblent avoir perdu l’empathie.
Vidéo : attention des images peuvent heurter des personnes sensibles
Beaucoup l’oublient ou préfèrent ne pas y penser, mais la vache n’est pas une machine à « pisser » du lait : pour produire, elle doit donner naissance à un veau chaque année. L’idée en intensif, c’est donc d’en faire naître un maximum, souvent grâce à l’insémination artificielle, afin de répondre à la consommation (23,9 milliards de litres de lait ont été collectés en France en 2018 selon la filière). Poussées à l’hyperproductivité, les vaches laitières finissent à l’abattoir. Ainsi, environ 40% de la viande bovine produite en France est issue de vaches réformées. Qu’advient-il de leurs petits dont les éleveurs veulent se débarrasser pour ne pas alourdir leur quota ? Séparés de leur mère dès la naissance, ils sont collectés dans les fermes laitières et ne connaîtront jamais le pâturage. « En général on débarque tôt le matin, pendant la traite, témoigne le lanceur d’alerte. On va voir les veaux qui, des fois, n’ont pas encore été nourris. Ils sont dans des cases individuelles, sur de la paille souillée. On va les sortir, les manipuler, les observer, voir l’état général, s’ils n’ont pas de maladies ou d’infections apparentes.
On les manipulera en les prenant comme demandé : par la base de l’oreille et la base de la queue, c’est-à-dire la fin de leur colonne vertébrale, un endroit très sensible. En les prenant par la base de l’oreille, il arrivait que le bouclage s’arrache. L’animal avait l’oreille en sang jusqu’au soir, évidemment pas de désinfectant… On fait des dizaines, des vingtaines de fermes dans la journée. Les veaux sont trimballés dans le camion, sans être abreuvés, peu importe la saison. Ils seront déchargés manu militari sans forcément respecter leur bien-être ; s’ils sont en train de dormir, ils vont être réveillés rapidement. Ça peut être à coups de pied, à coups de bâton pour les faire se lever. On va leur faire comprendre par la force qu’ils vont aller par là. Même s’il ne veulent pas, ils vont y aller. Suite à ça, on va voir des dérives qui malheureusement perdurent depuis des années dans la filière : des coups sur les animaux, des coups gratuits parce que dans ce milieu-là, beaucoup de gens sont frustrés. On m’a toujours appris une phrase qui m’est restée en travers :si tu tapes sur un veau, qui va se plaindre, est-ce que tu as déjà vu un veau se plaindre ?»
A lire aussi, Plaidoyer pour les animaux
Les conditions d’hygiène sont catastrophiques
Ensuite, les animaux sont « ramenés dans un bâtiment pour arranger les lots selon ce que veulent les éleveurs engraisseurs ». Un centre de tri où les bêtes transitent durant 1 à 3 jours. Sur les images de L214, on assiste au parquement de veaux âgés d’à peine 2 semaines dans un centre de tri appartenant à la société Ouest Elevage(groupe Even), filiale de Laïta, une entreprise coopérative laitière qui propose également des veaux de boucherie. Les animaux sont frêles et dociles, ce qui n’empêche pas les employés de les malmener en leur assénant de violents coups de pieds et de poings à la tête. Puis s’opère le « tri » : les veaux malades ou ne présentant pas un bon potentiel de gain de poids sont euthanasiés par injection au niveau de la jugulaire. Il faut parfois s’y reprendre à deux fois… Les plus prometteurs, eux, sont transportés vers les élevages d’engraissement.
L’enquête de L214 révèle leurs conditions de (sur)vie dans trois établissements du Finistère sous contrat d’intégration avec Ouest Elevage. On découvre des bâtiments sordides, avec des veaux enfermés dans des micro-cages individuelles sur un sol nu. Le calvaire dure environ 8 semaines, selon les investigations de L214. Puis, les animaux sont entassés dans des box sur caillebotis. Leur nourriture ? « Du lait en poudre reconstitué, a constaté L214. Leur alimentation est carencée en fer pour que leur chair garde une teinte pâle afin de répondre aux attentes des consommateurs. De nombreux veaux souffrent de diarrhées ». Dans deux de ces élevages, les conditions d’hygiène sont catastrophiques. Veaux couverts de leurs déjections, locaux crasseux. Un bac d’équarrissage est rempli de cadavres en état avancé de décomposition et d’un squelette. La quantité de produits pharmaceutiques utilisés est impressionnante, certains sont stockés dans un réfrigérateur souillé. « Dans l’un des élevages, nombreux animaux sont atteints de teigne, symptomatique de la promiscuité, de l’humidité et de l’insalubrité », note L214. Après 5 mois passés dans ces taudis, ils sont envoyés comme « veaux gras » à l’abattoir.
« Dans ce milieu, j’ai vu des gens qui ne se préoccupaient que de l’argent, sans aucun respect pour les animaux, j’ai vu des petits tués à coups de marteau parce qu’ils étaient trop maigres et donc pas rentables, des gens s’amuser à jeter les veaux par-dessus les barrières », conclut, écoeuré, le lanceur d’alerte. Et d’ajouter : « Aujourd’hui, je témoigne en espérant que les consommateurs vont se réveiller. Je sais que les images sont dures, mais il faut les regarder entièrement. Merci de partager pour sortir de cette omerta qui règne dans la filière viande.»
Avec 1 268 000 veaux produits en 2018, la France est le deuxième pays producteur mondial après les Pays-Bas, et le premier consommateur. « Forte de ses 479 producteurs sur environ 2300 au niveau national, la Bretagne est la première région française de veaux de boucherie, peut-on lire sur une plaquette de la Chambre d’agriculture. Sur les 370 000 veaux laitiers mâles et veaux croisés (mâle et femelles) nés en Bretagne, 123 149 y ont été engraissés. » Sur son site, Laïta, l’entreprise coopérative laitière du Grand Ouest, 8ème au niveau européen, explique : « Laïta, via sa société Ouest Elevage, développe l’élevage et la production de veaux de boucherie. Des veaux de 8 jours sont ainsi collectés à travers toute la Bretagne. Ils transitent ensuite par le centre d’allotement (centre de tri, ndlr) de l’entreprise, puis sont placés chez des éleveurs partenaires. Laïta donne la priorité au bien-être et à la qualité des veaux produits. Pour honorer ses engagements, elle mène un suivi technique tout au long de la croissance des animaux et propose des services à la carte : aide à la création d’étable, mise aux normes des bâtiments, démarches administratives… ». Contacté par téléphone, le Groupe Even, dont dépendent Laïta et Ouest Elevage, n’a pas donné suite à nos questions et aux images que nous lui avons transmises lundi.
83% des Français sont favorables à l’interdiction de l’élevage intensif
Désormais, le bien-être animal n’est plus une option pour les consommateurs. Mais si 83% des Français sont favorables à l’interdiction de l’élevage intensif (sondage Ifop février 2019 pour 30 Millions d’Amis), peu ont accès à une viande labellisée (10% pour le veau avec un prix au kilo environ 30% plus cher). Pour répondre aux attentes citoyennes, la filière veau « travaille depuis deux ans à la mise en place d’un monitoring du bien-être animal que devront s’approprier tous les acteurs (éleveurs, transporteurs…), nous explique Jean-Louis Arquier, Président de la branche veau d’Interbev. Ce plan est en cours de test afin de vérifier sa praticité. Nous avons identifié 36 points de vigilance qui permettent de déclencher des actions correctrices. Il s’agit par exemple d’observer l’état sanitaire des veaux pour adapter la ventilation des bâtiments, de réorganiser les groupes d’animaux en cas de problèmes de compétition entre eux. Nous sommes absolument opposés aux dérives, d’autant que nous savons que nous devons répondre aux attentes de la société. Ne pas y être sensible serait contre-productif pour notre activité. Il nous est déjà arrivé de nous porter partie civile face à des situations à l’encontre de notre volonté. On ne peut pas cautionner le n’importe quoi ! Dans les élevages en groupe, les animaux sont élevés dans des espaces aérés avec une luminosité minimum bien établie, une alimentation équilibrée par rapport à leurs besoins physiologiques. L’enquête de L214, que je n’ai pas encore vue, ne peut pas être considérée comme une généralité. Le monde agricole a affaire à un bashing anti-élevage qui va conduire à sa disparition plutôt qu’à son évolution. Les mutations de ces 20 dernières années ont été considérables et sont souvent méconnues. On en parle peu, mais depuis 5 ans, nous avons réduit l’usage des antibiotiques d’environ 35- 40%. »
Suite à sa nouvelle enquête, l’association L214 réitère son Appel contre l’élevage intensif lancé le 5 septembre dernier dans les colonnes du «Monde», aujourd’hui signé par près de 100 000 personnes dont 200 personnalités.
Environ 80% des animaux subissent ce mode d’élevage. Et la majorité des mesures susceptibles d’améliorer un peu leur triste sort a été retoquée de la loi EGalim promulguée le 1er novembre 2018.
Plus d’infos sur :
A voir aussi : le témoignage complet du lanceur d’alerte
A lire : « Quand la faim ne justifie plus les moyens. En finir avec l’élevage intensif », par L214, Editions Les liens qui libèrent.
Par
Thierry LEDRU
Le 10/05/2021
Cet article date de plus de 3 ans. Le suivant date de quelques jours. Et je m'en réjouis infiniment. Que ça ferme définitivement. Et que toute la filière industrielle de la viande et la filière industrielle laitière s'écroulent, partout, ici, n'importe où. Parce que si je me mets à diffuser ici toutes les vidéos dénonçant les conditions de vie de ces animaux, je pense que plus personne ne viendra sur ce blog. Personnellement, ça me noue le ventre, ça me donne la nausée, ça me révolte et ça me désespère.
La "ferme des mille veaux" en Creuse autorisée à doubler sa capacité
Le préfet de la Creuse vient de donner son feu vert : le centre d'engraissement de Saint-Martial -le-Vieux qui pouvait accueillir 400 bovins pourra désormais en recevoir 800.
Publié le 21/02/2018 à 12h06 • Mis à jour le 12/06/2020 à 17h44

Image d'illustration • © Bruno Barlier/MaxPPP
A la suite d'un recours de l'association L-PEA (Lumière sur les pratiques d'Elevage et d'Abattage) la SAS "Ferme de Saint-Martial" ne pouvait accueillir que 400 animaux à la fois.
L'arrêté du 7 février 2018 du préfet de la Creuse va permettre aux exploitants du centre d'engraissement de Saint-Martial-le-Vieux de multiplier par deux le nombre d'animaux.
Cet arrêté précise aussi que les 7 776 tonnes de fumier produites annuellement devront être valorisées par une usine de méthanisation.
Pour l'instant cette usine n'existe pas encore et le centre d'engraissement est autorisé à épandre 3 180 tonnes sur des parcelles agricoles avoisinantes.
Dans un communiqué, l'association L-PEA indique qu'elle "reste fermement mobilisée contre la ferme-usine des 1000 veaux" ... "qui ne vise qu'à promouvoir un modèle d'élevage intensif totalement dépassé".
En décembre 2016 un incendie d'origine criminel avait détruit un bâtiment de stockage de la ferme.
Le Premier Ministre de l'époque Bernard Cazeneuve s'était rendu sur place pour soutenir le projet et lui octroyer des aides substantielles.
Pour l'instant l'enquête n'a toujours pas abouti et le bâtiment incendié n'a toujours pas été reconstruit.
Arrêté préfectoral du 07-02-18 autorisant l'extension de la "Ferme des Mille Veaux"
Creuse : la ferme des 1000 veaux va-t-elle survivre ?
Après 5 ans d’existence, la ferme des 1000 veaux n’est toujours pas rentable. Chaque année, elle perd de l’argent. Aujourd’hui, sous contrôle judiciaire, sa survie n’est qu’une question de mois.
Publié le 07/05/2021 à 16h31

Crée il y a cinq ans, la ferme des 1000 veaux perd 100 000 euros chaque année. • © Tania Gomes
Sur le plateau de Millevaches, à Saint-Martial-le-Vieux, en Creuse, sise "la ferme des 1000 veaux". Un centre d’engraissement bovin d'une capacité de 1000 bêtes, porté par 45 exploitations agricoles de Creuse et de Corrèze. Le projet dont le coût s’élève à 1,8 millions d’euros, subventionné par l’Etat et les collectivités locales, a vu le jour à l’été 2016. L’ambition de cette structure : relocaliser l’engraissement des veaux en France pour arrêter de les envoyer en Italie. Un projet nécessaire selon les éleveurs pour s’adapter aux nouvelles conditions du marché européen.
Sauf que depuis 5 ans, la ferme n’en finit pas de perdre de l’argent. A la tête de la SAS Alliance Millevaches, Claude Bauvy, s’acharne chaque jour pour négocier les prix et traquer la dépense. C’est une question de survie.
On perd 100 000 euros par an, on a 500 000 euros de dettes.
Claude Bauvy, président de la SAS Alliance Millevaches.
Aujourd’hui, 658 animaux sont présents sur le site. Les veaux arrivent des 45 exploitations voisines, à l’âge de huit mois et après avoir vécu auprès de leur mère en pâturage. A Saint-Martial-le-Vieux, les bêtes suivent un régime alimentaire intensif pour doubler leurs poids en six ou huit mois. Le but, passer d’environ 350 kilos à 700 kg à leur sortie. Sur le papier, la volonté d’engraisser sur place des veaux nés ici plutôt qu’en Italie a du sens mais sur le terrain, la rentabilité n’a jamais été là.
Sous contrôle judiciaire
Depuis 5 mois, la structure est placée sous contrôle d’un administrateur judiciaire et le propriétaire des murs, Haute Corrèze Communauté, va racheter les abreuvoirs, les barrières, les pompes, pour espérer garantir la continuité. "[Cela] nous permettrait demain, si l’éventualité arrivait que la SAS ne reprenne pas son activité, de pouvoir louer le site à toutes autres structures" explique Pierre Chevalier, président de Haute-Corrèze Communauté.
L’ex-président de la fédération bovine tente de les aider coûte que coûte car la ferme enchaîne les coups durs. Son unique client a mis un terme à son contrat au mois de juin. Pierre Chevalier active son carnet d’adresse pour tenter de trouver un nouveau partenaire à la structure. La Celmar, coopérative d’éleveurs pourrait être le prochain.
"Y avait urgence aujourd’hui dans les négociations que nous conduisons. Nous avons déjà sécurisé une reprise. D’autres candidats, avec des potentiels financiers très importants, sont sur les rangs donc nous n’avons aucune inquiétude pour l’avenir des partenariats avec la ferme de Saint-Martial.
Pierre Chevalier, président de Haute-Corrèze Communauté
Le groupe d’agriculteurs veut y croire, le propriétaire des lieux est optimiste. Reste les opposants au projet, qui ne s’étonnent pas de la situation de cette ferme qu’ils considèrent toujours comme inadaptée aux conditions du plateau.
Monter un projet d’engraissement sur le plateau de Millevaches là où il faut importer tout un tas de produits (de la paille…) pour nourrir ces animaux… nous savions dès le départ que c’était un projet voué à l’échec.
Joël Sarlat, membre de la Confédération Paysanne.
Claude Bauvy, le président de la SAS Alliance Millevaches se veut confiant. Les 300 000 euros de la communauté de communes vont permettre d’alléger la dette.
"Je pense qu’on va se relever mais ça va être dur. On fait un business plan dans l’urgence pour réussir à sortir la tête de l’eau".
Il faut attendre quelques mois pour savoir si cet atelier d’engraissage arrivera à survivre ou non.
Que va devenir la ferme des 1000 veaux ?
Les veaux et l'industrie laitière
Par
Thierry LEDRU
Le 10/05/2021
Chaque année, 1 million de veaux sont les victimes de l’industrie laitière en France
https://lareleveetlapeste.fr/chaque-annee-1-million-de-veaux-sont-les-victimes-de-lindustrie-laitiere-en-france/?
« Pour continuer à manger de la viande et boire du lait, on trouve des excuses. Ils ne sont pas sensibles, ils ne ressentent pas la même douleur, ils ne sont pas conscients…On est obligés de s’auto-convaincre, car sinon on est face à une grande contradiction : les tuer alors qu’on pourrait ne pas le faire ».

27 avril 2021 - Marine Wolf
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En France, la consommation de lait implique de faire naître des veaux, dont il faut ensuite revendre la viande à tout prix. Considérés comme des sous-produits de l’industrie du lait, leurs conditions de vie sont souvent catastrophiques. Entretien avec Brigitte Gothière, cofondatrice de l’association L214.
La France, deuxième producteur de veaux
« On a une production de lait très importante en Europe », commence Brigitte Gothière. « Et pour produire du lait il faut faire naître des veaux. C’est ainsi qu’en France on doit gérer un peu plus d’un million de veaux par an. Notre pays est le 2e producteur et le 1er consommateur de viande de veau à l’échelle mondiale ».
Sur l’ensemble de ces veaux, 85% des veaux sont des mâles, puisque les femelles sont destinées à renouveler le cheptel et produire du lait, et ceux-ci ont une faible valeur marchande.
« La viande de bœuf est de la viande de vache laitière », explique Brigitte Gothière. « En France, on a assez de viande de bœuf pour satisfaire la demande. Donc on ne sait pas quoi faire des veaux. Ils partent ailleurs en Europe, parfois jusqu’en en Turquie ».
Or, cette faible valeur marchande induit des conditions de vie catastrophiques pour la plupart d’entre eux. Ces veaux nés de l’industrie du lait passent en effet les premières semaines de leur vie dans des cases individuelles, souvent à peine plus grandes que leur corps.
Ils sont ensuite envoyés dans des élevages d’engraissement spécialisés, où ils restent généralement quelques semaines en box individuels, avant d’être parqués en groupes de plusieurs veaux – le logement en groupe étant obligatoire à partir de 8 semaines selon la réglementation en vigueur.
D’après les études de L214, les veaux sont élevés en bâtiments fermés sur caillebotis – c’est-à-dire sur un sol dur sans litière, en bois ou en béton – dans 91 % des cas.


Veaux entassés – Crédit : L214
Les veaux, « sous-produits » de l’industrie laitière
Séparés de leur mère, ils sont principalement nourris d’un lait en poudre de substitution, constitué notamment des déchets de l’industrie laitière, d’huile de palme et d’additifs.
« Ces veaux devraient être élevés à l’extérieur, dans des conditions radicalement différentes », soutient Brigitte Gothière. « Ce sont des animaux pour lesquels la relation mère-petit est très forte. Les isoler dès le plus jeune âge constitue une véritable violence psychologique ».
Les habitudes de consommation affectent encore davantage les conditions de vie des veaux.
« Aujourd’hui en France, les consommateurs s’attendent à de la viande blanche lorsqu’il mangent du veau » note la cofondatrice de L214 . À cause de cette attente, « les veaux peuvent donc être volontairement anémiés pour que leur chair soit claire ».
Le minimum légal d’apport en fer dans leur alimentation se trouve en effet largement en dessous des recommandations de l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments).

Veau assoiffé – Crédit : L214
Depuis quelques années, de nombreux experts alertent la Commission Européenne sur les conséquences des conditions d’élevage.
« On a des connaissances scientifiques très importantes », souligne Brigitte Gothière. « Des ouvrages comme Les cerveaux de la ferme montrent clairement que les animaux sont doués de sensibilité, sont conscients, ont des formes d’intelligence ».
Les veaux laitiers sont généralement envoyés à l’abattoir à l’âge de 5 à 6 mois en France, et jusqu’à 8 mois en Europe pour l’appellation « veau de boucherie ». D’après les observations en refuges, ils peuvent vivre jusqu’à environ 20 ans.

Veau isolé – Crédit : L214
« Pour continuer à manger de la viande et boire du lait, on trouve des excuses. Ils ne sont pas sensibles, ils ne ressentent pas la même douleur, ils ne sont pas conscients…On est obligés de s’auto-convaincre, car sinon on est face à une grande contradiction : les tuer alors qu’on pourrait ne pas le faire ».
L’ambition de l’association est ainsi de défendre un modèle de société les animaux ne seraient plus considérés comme des ressources.
« On n’a aucun respect pour les autres formes de vie, malgré les preuves scientifiques qui montrent qu’elles sont à considérer », conclut Brigitte Gothière. « Pythagore interrogeait déjà ses compatriotes sur la nécessité de tuer les animaux. Est-il légitime de continuer à les manger alors qu’on en a pas besoin ? Et de les traiter de cette façon ? On n’a jamais maltraité les animaux aussi massivement qu’à notre époque ».
27 avril 2021 - Marine Wolf
"Le plus souvent, les gens renoncent à leur pouvoir car ils pensent qu'il n'en ont pas"
Votre soutien compte plus que tout
Par
Thierry LEDRU
Le 10/05/2021
Je n'en parle plus beaucoup ici mais je continue bien évidemment à suivre l'évolution.
La personne qui m'intéresse le plus actuellement, c'est le docteur Louis Fouché.
Nos autres sites :
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Accueil » Toute l’équipe de Reinfocovid…
L'édito de la semaine
7 avril 2021
Toute l’équipe de Reinfocovid…
Toute l’équipe de Reinfocovid adresse un grand merci
à tous ses contradicteurs et au Coronavirus.
Tout d’abord chapeau bas à tous ceux qui ont réussi à transformer le Coronavirus en « crise sanitaire mondiale », en « pandémie globale. Merci aux médias alarmistes, merci aux politiques dictatoriaux, merci aux scientifiques corrompus ou dogmatiques.
Nous tenons par cet article à leur exprimer toute notre gratitude. Gratitude qui vient du mot « grâce ». Oui nous avons été touchés par la grâce, grâce à vous.
Cette crise est une révélation, un dévoilement, une apocalypse. Et après l’apocalypse vient un autre monde. Nous ne reviendrons jamais au monde d’avant, n’en déplaise à ceux qui s’y accrochent encore.
Depuis plusieurs années, nous sentions bien que plusieurs choses « clochaient » dans ce monde. Pris par la vie de tous les jours avec ce sentiment confus d’un « quelque chose » qui n’allait pas, nous errions sans vraiment comprendre, nous raccrochant à ce monde vicié pour éviter la douleur de s’en détacher. Heureusement, le virus et son narratif burlesque envahissant la surface du globe est arrivé, nous arrachant nos oeillères, nous laissant contempler le désastre.
D’abord, nous avons essayé de comprendre. Je peux vous le dire, nous n’avons jamais autant travaillé. Et je vais vous faire mal : nous sommes tous bénévoles ! Nous avons épluché tous les articles de sciences, toutes les informations, lois, décrets, ordonnances. Nous avons lu toutes les informations, celles des médias mainstream comme celles des « complotistes ». Nous avons appris à maîtriser internet, les réseaux sociaux, la communication, le graphisme, la communication non violente... Nous avons écrit, filmé, publié, coordonné, dessiné, chanté, dansé créé des œuvres d’art. Nous nous levons aux aurores et nous couchons lorsque nos yeux se ferment.
Vous vouliez nous appauvrir, vous nous avez tant enrichis : nos connaissances sont plus grandes, nous nous sommes découverts de nouveaux talents. Nous avons repoussé nos limites : plus que jamais nous sommes emplis d’espoir, de courage et d’allégresse.
Vous vouliez notre mort mais nous nous sentons plus vivants et rayonnants que jamais.
Vous vouliez nous désespérer, nous n’avons plus besoin d’espoir pour entreprendre.
Grâce à vous, nous avons pu cerner ce que nous ne voulions pas.
Nous ne voulons pas vivre masqués.
Nous ne voulons pas vivre en nous méfiant les uns des autres.
Nous ne voulons pas vivre dans la culpabilité hypothétique de « donner la mort » à nos proches en transmettant un virus.
Nous ne voulons pas vivre vaccinés de force tous les mois pour tous les virus qui sont ou viendront.
Nous ne voulons pas de passeport sanitaire, de reconnaissance faciale, nous ne voulons pas vivre fichés.
Nous ne voulons pas être incarcérés dans nos domiciles.
Vous vouliez nous séparer. «Attention, distanciation sociale: 1m, puis 1m50, puis 2m avec les nouveaux variants ».
Vous nous avez rassemblés.
Vous vouliez nous faire peur, nous sommes sortis de la caverne. Jouez tous seuls avec vos ombres.
Vous vouliez nous abrutir devant la télévision, nous l’avons éteinte et demain nous jetterons devant nos seuils tous vos biens de consommation à l’obsolescence programmée.
Vous vouliez nous imposer le passeport sanitaire, nous surveiller, nous reconnaître facialement, nous pucer peut-être ? Nous avons faim de liberté.
Vous vouliez nous vendre des médicaments couteux à l’efficacité et à la sécurité douteuse ? Nous arpentons d’autres chemins de santé.
Vous vouliez nous imposer votre vision du monde, marchande et basée sur la dette éternelle, la dépossession intégrale, jusqu’à celle de nos propres vies ? Nous posons les premières pierres d’un autre monde enthousiasmant basé sur la gratitude, la joie et la présence à l’autre.
Alors un immense merci à vous pour tous ces bienfaits.
"L'éolien, une énergie nocive"
Par
Thierry LEDRU
Le 09/05/2021
De plus en plus de détracteurs et à juste raison. Il y a dans cette frénésie éolienne une illusion qui coûte très cher et ne résoud en rien le problème énergétique.
De toute façon, comme le dit d'ailleurs l'auteur de l'article, la solution énergétique doit passer prioritairement par l'économie de l'énergie disponible et non par le renforcement des moyens de production.
« L’éolien est une énergie nocive »
Patrice Cahart publie « La Peste éolienne », un livre à charge contre les éoliennes et le gouvernement, qui à ses yeux les soutient en dépit du bon sens.

Parc d'éoliennes à Guigneville, dans le centre de la France. Selon Patrice Cahart, il faudra investir 145 milliards d'euros dans l'éolien et le solaire pour atteindre les objectifs fixés en 2035.© JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP
Par Michel Revol
Publié le 08/05/2021 à 14h00 - Modifié le 09/05/2021 à 10h12
Patrice Cahart a fait toute sa carrière dans la haute administration, plus précisément à Bercy, où il était inspecteur général des Finances. Parcourant lors de ses moments libres les campagnes de France, il s'est heurté, abstraitement, aux éoliennes qui piquettent un peu partout les paysages. À la retraite, Patrice Cahart s'est attelé à l'écriture d'un livre incisif mais pédagogique et étayé, dont le titre annonce la couleur : La Peste éolienne (Hugo Publishing) est une attaque sévère contre les mâts géants que le gouvernement plante un peu partout. « Une de mes principales fonctions était de traquer partout le gaspillage de l'argent public, explique Patrice Cahart. Avec les éoliennes, je reste dans la tradition et le sillon de l'inspection des finances ! »
Le Point : Encore un livre qui dénonce les éoliennes ! Pourquoi un ancien inspecteur des finances s'intéresse-t-il à son tour à ce sujet ?
Patrice Cahart : Je suis Parisien par ma profession, mais aussi un homme de la campagne, en particulier du Perche. Je suis très attaché aux paysages, et je suis vice-président d'une association, La demeure historique, qui lutte contre les atteintes aux demeures et aux paysages. Or, ces derniers sont très abîmés par les éoliennes. Le Perche est à peu près épargné, mais ça cogne de plus en plus ! Au début de mon livre, je cite le cas d'un homme d'affaires retranché dans le canton de Zoug, en Suisse, l'un des endroits les plus secrets au monde. Personne ne le connaît, mais il est en train d'implanter des éoliennes à 10 kilomètres de chez moi !
Le titre de votre livre est très agressif. Est-ce qu'il ne risque pas de desservir votre propos ?
Je m'intéresse à l'éolien depuis une dizaine d'années. Depuis ce temps, j'apporte des chiffres et des raisonnements, j'écris des articles. L'effet sur les responsables politiques est quasi nul. Vient donc un moment où il faut élever la voix. D'ailleurs, d'après mon analyse, la poursuite de l'expansion éolienne, en France, ne comporte aucun avantage. Elle n'a que des inconvénients. Je n'ai donc pas de raison de ménager ses auteurs.
En quoi est-ce un problème politique ?
Le sujet des éoliennes est appréhendé selon ce seul point de vue. On n'y intègre aucune considération économique ni environnementale. Regardez Emmanuel Macron. Au fond de lui, je doute fort qu'il soit pro-éoliennes. N'a-t-il pas refusé l'implantation d'un parc éolien au large du Touquet (où son épouse possède une maison de vacances, NDLR) ? Le chef de l'État a aussi prononcé un discours à Pau, au début de l'année dernière, où il a reconnu que les éoliennes sont mal acceptées en France. Deux mois après cette déclaration, le gouvernement annonce une hausse massive du nombre d'éoliennes aussi bien à terre qu'en mer. On est en pleine contradiction ! Notre président a peur d'être incendié par les Verts s'il retire son soutien aux projets éoliens. Les écologistes crient très fort, si on abandonne ces projets ils vont crier encore plus fort ! Mais voilà, ils sont influents, ils peuvent chambouler le paysage politique.
À LIRE AUSSIKervasdoué – Éoliennes : du rififi en baie de Saint-Brieuc
L'éolien ne sert à rien, selon vous. N'est-ce pas un peu exagéré ?
On nous dit qu'il sert à faire baisser nos émissions de CO2, mais on ne peut guère les baisser plus en France. Nos sources d'énergie sont le nucléaire, l'hydroélectricité, le charbon et le fuel, ces deux dernières étant condamnées. Reste le gaz naturel, qui en année normale représente environ 5 % de l'alimentation électrique du pays. Le problème, avec l'éolien mais aussi avec le solaire, c'est qu'on est obligé d'avoir un minimum d'énergie de complément pour pallier leur intermittence. Je rappelle que les éoliennes ne délivrent que 24 % de leur puissance en moyenne dans une année. Si on poursuit l'essor des éoliennes, comme le gouvernement le veut, il faudra de plus en plus d'énergie de complément, et la seule qu'on peut développer en France s'appelle le gaz naturel. Or c'est une énergie fossile (elle émet deux fois moins de CO2 que le charbon, mais quarante fois plus que le nucléaire, NDLR), importée de façon croissante de Russie, ce qui pose des problèmes de dépendance. En résumé, l'éolien a besoin d'énergie fossile pour se développer. C'est une énergie nocive.
Renouvelable ne veut pas dire proprePatrice Cahart
Vous évoquez beaucoup les coûts, exagérés selon vous, qu'engendre cette énergie
L'éolien a un effet pervers. Les besoins financiers sont énormes. J'ai évalué dans mon livre les sommes nécessaires à son développement programmé à 145 milliards d'euros de 2020 à 2035, en incluant le photovoltaïque. Les investisseurs se précipitent, parce que l'État leur garantit, pendant vingt ans, une recette à peu près égale au double de ce que leur courant vaudra sur les marchés de l'électricité. Aucun autre secteur de l'économie ne bénéficie d'un tel avantage. Le problème de ce système, c'est que les sommes investies pourraient être plus utiles au climat ailleurs, comme dans l'isolation des bâtiments ou les véhicules électriques. J'ajoute les masses d'argent qu'il faut investir pour aménager des routes à chaque nouveau projet, l'achat à l'étranger des engins, les réseaux de lignes à édifier, etc.
À LIRE AUSSI100 % d'électricité renouvelable en 2050 : la fin d'une illusion
L'un des principaux problèmes de l'éolien est son intermittence. Elle pourrait toutefois être palliée par un stockage efficace de l'électricité. Vous ne faites pas confiance aux chercheurs pour mettre au point un tel procédé dans les prochaines années ?
Aujourd'hui, aucun système de stockage à grande échelle et fiable n'existe. Par exemple, si on transforme les excédents d'électricité éolienne en hydrogène pour les rendre ensuite au réseau électrique, on perd au passage 70 % de l'énergie : c'est prohibitif. Il y aura sans doute des progrès, mais il faudra du temps. Or la durée de vie d'une éolienne est de vingt ans. Les engins qu'on installe aujourd'hui seront donc périmés avant qu'on trouve un procédé de stockage correct. Au lieu de se précipiter en implantant autant d'éoliennes, il faudrait plutôt patienter. Mon souhait est d'arrêter les projets éoliens et de revoir l'affaire dans quinze ou vingt ans. D'ici là, les réacteurs en place pourront fournir sans problème.
Les nuisances, surtout sonores, sont évidemment un des aspects négatifs que vous soulevez. Il existe pourtant tout un tas de normes visant à les limiter.
Je suis allé dans plusieurs maisons situées à 500 mètres d'éoliennes, qui est la distance minimale imposée, et je vous assure que c'est affreux. Cette distance est trop courte. En Bavière et en Pologne, on prend la hauteur totale de l'engin, pales comprises, et on multiplie ce chiffre par 10. Avec une éolienne de 180 mètres, on obtient donc presque deux kilomètres de distance minimale entre une éolienne et les premières habitations. Les gouvernements précédents ont refusé cette solution pour la France. Peut-être pourrait-on s'entendre sur une solution médiane, à savoir la hauteur multipliée par 7 ?
Je pense qu'il faut aussi imposer la procédure d'appel d'offres pour tous les projets. C'est le gage d'une saine concurrence, qui ferait baisser les prix, et permettrait à l'autorité publique de déterminer les emplacements pour les éoliennes, alors que ce sont les promoteurs qui les choisissent. Aujourd'hui, il n'y a pas de procédure d'appel d'offres pour les projets comprenant moins de sept éoliennes, au motif que ces petits opérateurs n'auraient pas les moyens d'y répondre. C'est une rigolade : ils sont tous filiales de grands groupes ! En l'absence de procédure encadrée, ces opérateurs vont donc voir les préfets pour obtenir un permis d'implanter un parc éolien, et le préfet signe toujours !
À LIRE AUSSIComment l'éolien veut rattraper son retard
L'éolien en mer n'est pas non plus une solution à vos yeux ?
Ce n'est guère mieux. La côte française ne dispose pas de fonds de faible profondeur, ce qui entraîne des coûts élevés pour implanter des éoliennes. Les fonds sont d'environ 30 mètres en France, contre 5 au Royaume-Uni et au Danemark, les champions de l'éolien off-shore. En moyenne, les éoliennes en mer produisent donc une électricité en France à un prix deux fois supérieur à celui des éoliennes terrestres, qui est lui-même deux fois supérieur au prix du marché ! Et je ne parle pas des inconvénients des parcs éolien off-shore pour les marins-pêcheurs, le tourisme ou les fonds sous-marins. Ce que je viens de dire concerne les éoliennes fixées au fond. Peut-être les performances des éoliennes flottantes seront-elles meilleures, mais nous n'avons pas encore de retour d'expérience.
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Le renouvelable n'est donc pas propre, écrivez-vous…
Les deux notions ne sont pas équivalentes. Le nucléaire est propre si l'on considère les émissions très faibles de CO2, mais il n'est pas encore renouvelable (il pourra l'être si on met au point les supergénérateurs). L'éolien a besoin d'un complément d'énergie, qui ne peut être que le gaz naturel. Or ce gaz n'est ni propre ni renouvelable. L'éolien qui lui est lié est donc une fausse énergie propre, une fausse énergie renouvelable. On trompe le bon peuple avec des termes illusoires.

