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  • Jarwal : littérature jeunesse

    C'est étrange ce personnage. Je l'ai créé pour raconter ses aventures à nos trois enfants quand nous allions en montagne c'est à dire très souvent.

    Je ne sais pas combien d'histoires j'ai inventées. 

    Lorsque j'ai commencé à écrire son histoire, j'y ai donc associé nos trois enfants. 

    La réalité se mêlait à la fiction. J'écrivais ce que j'avais raconté.

    J'ai pensé que les éditeurs en littérature jeunesse pourraient s'y intéresser mais lorsque je relis au hasard quelques passages des quatre tomes qui sont achevés, je me dis que tout ça ne répond pas aux critères de la littérature jeunesse et que ça ne correspond pas non plus à la littérature adulte. Le tome 1 était le plus "accessible" pour de jeunes lecteurs mais au fil des tomes, j'ai quelque peu approfondi les propos. Il faudrait que je déniche un éditeur de littérature jeunesse à visées philosophiques ou un éditeur de littérature adulte à visées enfantines :)

     

    Jarwal : L'irréalité des formes.

     

    JARWAL ET LES KOGIS

    TOME 2

    « Je sais que tu avais raison Gwendoline. Il faut rejoindre les Kogis et voir ce qu’ils peuvent faire pour moi. Je ne dois pas abandonner et partir. C’est comme si je laissais ce Jarwal sur place et ne rentrait qu’avec un fantôme. Mon histoire est ici et c’est ici que je dois la retrouver. »

     

    Elle l’embrassa sur le front. Juste un baiser plein de tendresse.  

    Léontine bourdonnait de bonheur autour d’eux.

     

    C’est là qu’ils virent certaines fougères bouger étrangement. Comme un roulis, une houle de frissons, un frémissement continu. Ils se levèrent et reculèrent de quelques pas. Les sens aux aguets.

    Sous leurs yeux ébahis, des formes s’agitèrent, une myriade de petits êtres couverts de feuillages, des fougères qui n’en étaient pas, une apparition stupéfiante. La troupe se plaça devant eux. Des corps envahis de végétation mais pourtant une forme bien identifiable. Pas plus haut que le chapeau pointu de Jarwal. Des branchages pour membres, des tiges garnis de jeunes pousses, des feuilles, des plantes, des mousses, un amalgame hétéroclite, comme un collage anarchique, mais un visage souriant et des yeux lumineux, parfaitement visibles dans l’imbroglio végétal, des prunelles luisantes comme des soleils.

     

    « Ah ! L’amour, on ne peut y résister, annonça en sautillant un des petits êtres.

    -C’est vrai, c’est tellement bouleversant, enchaîna un deuxième.

    -Le seul phénomène qui puisse nous pousser à nous montrer, renchérit un troisième. »

     

    Des bonds qui accompagnaient chaque parole, une frénésie joyeuse, une danse pétillante.

     

    « Qui êtes-vous ? demanda Gwendoline qui ne lâchait pas la main de son lutin hagard.

    -Nous sommes la Vie, comme toi ! » lança le plus impétueux.

    Des éclats de rires dans l’assemblée, des cabrioles et des roulades, des individus qui se trémoussaient en mêlant leur verdure, des galipettes et des embrassades, une agitation paroxystique. 

    « La Vie, nous sommes la Vie, la Vie, nous sommes la Vie, répétaient-ils tous, en chœur.

     

    Jarwal, Gwendoline et Léontine n’avaient jamais vu de tels êtres. Ils connaissaient pourtant bon nombre d’individus curieux et magiques, elfes et gnomes, farfadets et korrigans mais des êtres végétaux dansant des sarabandes endiablées, ils ne l’auraient même jamais imaginé.

    Léontine se posa sur l’épaule de Gwendoline.

     

    « Nous vous regardons depuis longtemps, mais l’amour était parti du cœur de celui-ci ! lança l’un d’eux en désignant Jarwal 

    -Non, pas parti, cher ami, mais submergé de tristesse, reprit un voisin.

    -Oui, la tristesse est un étouffoir de l’Amour mais l’Amour n’est jamais triste. C’est juste des feuilles mortes qui le couvrent. Laisse passer l’hiver et tu verras la pourriture des feuilles nourrir la Vie.»

     

    Des  éclats de rire encore, cristallins. Des carillons de notes aigües. Les feuilles agitées de leurs corps sautillants.

     

    « Vous voulez dire que vous ne vouliez pas vous montrer à cause de moi ? demanda Jarwal.

    -Pas à cause de toi, répliqua un petit être ébouriffé comme un buisson juvénile. Tu n’es pas ce que tu penses. Ne te trompe pas. Ce que tu penses n’est qu’une dérive de l’Amour de la Vie.

    -Nous attendions que la pourriture des feuilles soit consommée, ajouta son compagnon. Et que l’Amour remonte à la surface.

    -Vous n’apparaissez qu’aux êtres qui s’aiment alors, c’est ça ? interrogea Gwendoline.

    -Tous les êtres sont dans l’Amour. L’Amour, c’est la Vie, mais les pensées de votre tête vous font aimer le désordre de vos pensées. Rien à voir avec l’Amour de votre âme. Vous parvenez même parfois à aimer ce qui vous enferme. Ce sont vos pensées. Et votre tête finit par aimer ce qui la ronge. C’est incroyable ça. L’Amour de la Vie n’est pas un guerrier. Il aime la sérénité. Alors, il se retire et il attend que vous arrêtiez de vous mentir. »

     

    Des réflexions secrètes, silencieuses, une analyse minutieuse.

     

    « Et voilà, vous vous remettez à penser ! lança joyeusement une boule de feuilles agitée. Vous êtes tout de même incorrigibles ! Laissez donc rayonner votre Amour de la Vie.

    -Nous avons un grave problème, annonça Gwendoline.

    -Mais non, il n’y a pas de graves problèmes, il n’y a que ce que ce vous en pensez. Sinon, cela voudrait dire que la Vie est un grave problème et quand vous pensez cela, la Vie se retire dans son coin et vous laisse exister à travers vos pensées. La Vie ne lutte pas, elle aime la sérénité, je vous l’ai dit.

    -Et bien, chers amis, intervint Jarwal, je pense que mes pensées sont un grave problème. Je pense sans cesse à ma mémoire qui a disparu.

    -Mais non, elle n’a pas disparu. Elle s’est retirée dans un coin. Et comme tu étais en colère, elle avait peur. On ne réconforte pas un petit animal traumatisé avec de la colère ou de la peur. 

    -Tu veux dire que je peux retrouver ma mémoire ?

    -Tu ne vas pas la retrouver, c’est elle qui reviendra. Vous êtes vraiment prétentieux, vous autres, à croire que tout dépend de vos pensées et de votre volonté. C’est comme si vous étiez en Vie parce que vous l’avez voulu ! Ridicule. La Vie n’a pas eu besoin que vous pensiez à elle pour s’installer. Et vous, vous pensez que vous pouvez imposer votre volonté à la Vie. C’est incroyable ça !

    -Regardez ces grands arbres ! proposa un petit arbrisseau. Vous croyez que c’est la volonté de la graine qui a donné ce superbe ouvrage ? Et la Vie alors ? Elle se serait installée une fois que la volonté aurait pris forme ? Ridicule. Vous observez tout à l’envers. »

     

    Des leçons proclamées par une troupe de joyeux lurons.

    Gwendoline les observait avec fascination. Une multitude de visages dans une diversité hétéroclite. Des bouilles rondelettes ou triangulaires, des faces plates comme des assiettes, un mélange inexplicable de feuilles assemblées mais toujours ce pétillement dans leurs prunelles, deux soleils ardents qui irradiaient de bonheur.

     

    « Vous voulez dire que nos pensées sont des œillères à la réalité de la Vie ? demanda Jarwal.

    -La réalité ? Mais qu’est-ce que c’est cette réalité ? Ce que vous voyez ?  Ridicule. »

     

    L’ensemble de la troupe, dans un synchronisme parfait, s’évapora. Une multitude d’oiseaux colorés s’égailla au-dessus de leurs têtes, une nuée de piaillements dans des arabesques maîtrisées, des zébrures de corps fuselés, comme des flèches jouant un ballet de plumes. Et toujours ces yeux aussi brillants que des astres naissants, une énergie condensée, une concentration d’univers.

    Le ballet cessa d’un coup, les oiseaux disparurent et un champ de pierres inertes s’étendit à leurs pieds. Des roches lisses et immobiles, éparpillées devant les trois amis. Au même instant, sur chaque caillou, des paires d’yeux s’ouvrirent et les observèrent, des prunelles étincelantes d’où jaillissaient des rires de lumières. Des battements de paupières aussi stupéfiants que des naissances d’étoiles.

    Puis, avec la même célérité, dans une simultanéité parfaite, un florilège de papillons les entoura, plus de pierres sur le sol mais une farandole radieuse, des élucubrations étourdissantes, des figures imprévisibles, toute la magie délicieuse des vols de papillons. Et sur les corps délicats rayonnaient d’une intensité éblouissante des yeux aussi perçants que des fusions de soleils.

     

    Comme un souffle tonitruant balayant tout sur son passage, la nuée de papillons s’évanouit. Rien d’autre n’apparut.

    Les trois amis restèrent statufiés.

    « Où êtes-vous ?  demanda Jarwal.

     -Chut, coupa Léontine. Les hommes. »

     

    Des bruits dans la forêt, des voix qui portaient par-delà les arbres. La troupe des Portugais avait quitté le camp des Kogis et reprenait sa progression.  

     

    Jarwal se coucha sous le parterre de fougères en se demandant s’il ne manquait pas d’écraser un de leurs étranges visiteurs. Gwendoline s’allongea à ses côtés.

     

    « Ils ne peuvent pas nous voir. Ne bouge pas, » murmura-t-il, en posant délicatement une main sur son bras.

    Gwendoline frissonna de bonheur à cette parole protectrice, à cette attention inespérée. Jarwal veillait sur elle. Jarwal reprenait vie.

     

    Ils n’aperçurent même pas les soldats à travers l’épaisseur végétale. Ils suivirent attentivement l’extinction des voix et se relevèrent prudemment. Ils regardèrent minutieusement autour d’eux. Des plantes, des oiseaux, des papillons, des pierres…Quelles formes avaient-ils pris ? Où pouvaient-ils bien être ?

    La réalité n’était pas ce qu’ils voyaient…

     

    Au pied d’un tronc colossal, ils virent un tapis de mousse s’agiter, des ondulations de nuages, des formes timides qui tentaient une croissance, des pousses opiniâtres qui se dressaient, des silhouettes redessinant l’esquisse des corps puis peu à peu tout un petit peuple de bonhommes moussus, habillés de feuilles disparates. Enfin, les yeux flamboyants s’ouvrirent dans un seul mouvement et la troupe reconstituée, s’avança précautionneusement et les rejoignit.

     

    « Bouh, toute cette méchanceté chez ces individus, c’est insupportable. Il nous est impossible de rester visibles dans cette ambiance morbide. Même les plantes en subissent les effets polluants mais moins tout de même que les autres formes vivantes. Chez elles, les pensées sombres s’évaporent rapidement. C’est l’Amour de la lumière qui permet ce nettoyage. Chez les humains, tout reste enfermé. Quand les ego sont les maîtres, la conscience de la réalité s’efface.

    -Vous n’avez donc aucune forme définitive ? interrogea Gwendoline.

    -Une forme ? Mais pour quoi faire ? C’est absurde, se moqua un individu hirsute.

    -Tout aussi absurde que cette idée que nous devons avoir un nom, enchaîna son voisin. Vous avez vraiment une idée bien curieuse de la réalité. Vous pensez que parce que vous vous êtes identifiés à votre forme et que vous vous reconnaissez à travers votre nom, vous avez fait le tour de la Vie ? Mais c’est consternant tout ça ! Vous avez conscience de l’insignifiance de votre développement ? »

     

    Un ton nullement arrogant, juste un total ébahissement.

    Les trois amis sentaient que dans les paroles de ces petits êtres, il n’y avait aucune moquerie. Mais une absolue incompréhension.

     

    « Un jour, vous allez mourir, vous allez perdre ce nom et cette forme. Vous aurez quitté la Vie mais la Vie, elle, n’aura rien quitté du tout. Elle n’aura pas disparu, vous comprenez ? C’est vous qui partez, c’est vous qui sortez du flux vital. La Vie continuera sa tâche créatrice, votre tour est passé. C’est ridicule dès lors de s’attacher de la sorte à cette image que la Vie vous a procurée. Il serait bien plus judicieux de saisir cette conscience de la Vie et non d’entretenir la conscience de votre forme. Cette forme n’est rien d’autre qu’une enveloppe. C’est comme si vous décidiez de vénérer votre outre et de délaisser l’eau qu’elle contient. C’est absurde.

    -Les deux sont indispensables, intervint Jarwal.

    -Bien entendu. Une outre vide ne sert à rien et de l’eau sans outre est intransportable. Mais par contre, elle a déjà une existence cette eau, vous n’êtes pas obligés de devoir la transporter, vous pouvez déjà en profiter. L’outre est secondaire si vous décidez de rester là où se trouve l’eau. Dans votre cas, c’est l’enveloppe qui compte avant ce qu’elle contient. Vous observez à l’envers.

    -Vous voulez dire que vous pouvez changer de formes parce que vous êtes reliés à la Vie avant de l’être à votre forme ?

    -Oui, c’est cela, magnifique, tu apprends vite cher lutin ! »

     

    Une danse spontanée qui agita toute la troupe, des cris de joie et des cabrioles.

     

    Gwendoline aperçut un sourire sur le visage de son aimé. 

     

    « Quand vous êtes identifiés à votre image, vous êtes attachés aussi à la diffuser à l’extérieur, vous voulez qu’elle vous représente et vous en venez même à chercher des solutions à vos problèmes dans votre environnement et vos relations, vous pensez que le monde est responsable de votre état intérieur. Vous mélangez les conditions de vie et la Vie en vous. Mais la seule réalité qui vous concerne, elle est en vous et nulle part ailleurs. Quand vous vous acharnez à faire, vous en oubliez d’être.»

     

  • L'année la plus chaude.

    Le titre exact est incomplet parce qu'il ne sert plus à rien de préciser que l'année en cours est la plus chaude : la plus chaude sera la prochaine. C'est ça qui est gravisssime.

    Les débats entre climato-septiques et adeptes de l'apocalypse n'ont aucun intérêt. Il n'est plus vraiment important de savoir s'il s'agit d'un réchauffement essentiellement naturel ou anthropique, ça n'apporte plus rien au problème. L'urgence, maintenant, c'est de changer de modèle. A tous points de vue. Mais pour cela, il faudrait déjà s'entendre. Il est toujours intéressant, quoique parfois déprimant, de lire les commentaires qui suivent les articles de ce genre. Les conflits entre groupes de pensées relèvent parfois de la foire d'empoigne.

    Alors, faire quoi ?

    Eh bien, planter son potager, sur un terrain avec un puits ou une source, planter des arbres fruitiers, ne plus se déplacer en voiture dans la mesure du possible, économiser tout, absolument tout, récupérer, trier, recycler, refaire du neuf avec du vieux, sortir du système commercial, réduire ses besoins, éliminer les manques qui se nourrissent de désirs, s'enrichir intérieurement.

     

    2020, année la plus chaude en France : "Il va falloir diversifier les cultures, renforcer les sols et revoir la manière dont on gère l'eau"

     

    Les éleveurs ont dû "prélever dans leur stock d'aliments pour l'hiver" et "chercher de l'eau parfois jusqu'à 80 km pour abreuver les animaux" affirme Jean-François Soussana.

    Article rédigé par

    franceinfo

    Radio France

    Publié le 30/12/2020 14:44Mis à jour le 30/12/2020 15:16

     Temps de lecture : 2 min.

    Un champ de blé en Moselle avant le début des moissons. (VICTOR VASSEUR / RADIOFRANCE)

    Un champ de blé en Moselle avant le début des moissons. (VICTOR VASSEUR / RADIOFRANCE)

    L'année 2020 a été la plus chaude jamais enregistrée, selon Météo France. Conséquence : l'agriculture a souffert de ces conditions climatiques "réellement défavorables", a déclaré mercredi 30 décembre sur franceinfo Jean-François Soussana, vice-président en charge de la politique internationale à l’INRAE (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement), avec notamment "une baisse des rendements des cultures d'hiver". 

    franceinfo : Dans quelle mesure l'agriculture est-elle victime du réchauffement climatique ?

    Jean-François Soussana : Cette année, on peut dire que les conditions climatiques ont été réellement défavorables. Avec cette année 2020 chaude, mais aussi sèche pendant l'été, on a enregistré une baisse des rendements des cultures d'hiver. La production des céréales a baissé, en volume, de 18 à 19%, avec, en particulier, un recul pour le blé et l'orge. Tandis que les cultures d'été, comme le maïs, ont été peu affectées. Les prairies ont également été très affectées, avec un recul de production de 30% par rapport à la moyenne : c'est donc un problème pour les éleveurs.

    Le réchauffement, c'est plus d'eau l'hiver à cause des inondations et plus de chaleur et de sécheresse l'été ?

    C'est ça. On a eu une année très contrastée, avec des événements extrêmes, des tempêtes en début d'année, des épisodes de pluie exceptionnels à l'automne, mais aussi une sécheresse tout à fait marquée et deux épisodes de canicule. Cette sécheresse a touché en particulier des zones qui ne sont pas historiquement habituées au déficit. On peut dire que la zone allant de Cherbourg à Grenoble se trouvait à un niveau de sécheresse décennal. Les cultures ne sont pas bien adaptées, les animaux non plus. Et on a vu que les éleveurs étaient particulièrement pénalisés. Ils devaient prélever dans leur stock d'aliments pour l'hiver, chercher de l'eau parfois jusqu'à 80 km pour abreuver les animaux. Cela crée des problèmes économiques puisqu'ils doivent vendre plus tôt. L'Insee a récemment estimé que, malgré une hausse pour certains produits agricoles comme par exemple les céréales (+ 8%), la valeur ajoutée de l'agriculture, donc le revenu de l'activité agricole par actif, diminuerait de 6,5% en 2020.

    À l'avenir, y aura-t-il des produits dont il faudra se passer ?

    Je pense que ça, c'est sans doute un peu excessif. Mais lorsque l'on regarde les projections pour 2050, il y a de fait des impacts négatifs généralisés, sur la façade méditerranéenne en particulier. Pour les cultures qui ne sont pas irriguées, on a des reculs de production attendus qui sont tout de même assez marqués. Donc ça pose cette question de l'adaptation au changement climatique, mais aussi des outils économiques pour aider les agriculteurs. On peut noter que dans le plan de relance, il y a un petit budget qui figure pour l'adaptation au changement climatique. Mais il faudra probablement mettre en œuvre des mesures de transformation. C'est-à-dire qu'à court terme, on peut s'adapter aux aléas, mais à plus long terme, si les problèmes persistent, il va falloir diversifier les cultures, renforcer les sols pour leur permettre de mieux stocker l'eau et revoir la manière dont on gère l'eau.

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  • Le renforcement identitaire et ses conséquences

     

    C'est un ancien texte de 2012 que je remonte parce qu'il correspond à la péiode actuelle : les conséquences du renforcement identitaire.

     

    "Il y a désormais l'humanité comme un corps encapsulé et l'environnement comme un corps à exploiter. Jusqu'à l'outrage.   "

     

    C'est ça tout le problème actuel, de l'humanité dans sa quasi intégralité. Nous ne sommes plus en lien avec le monde du Vivant.

    Nous l'observons, nous l'analysons, nous le disséquons, nous le cataloguons dans des livres, nous le symbolisons dans les créations artistiques, nous nous rejouissons de sa beauté, nous profitons de ces bienfaits. 

    Nous profitons. 

    Voilà le résumé, brut, direct. 

    Nous profitons.

    J'ai toujours été frappé par l'étrangeté du terme "économie".

    Il existe un sens lié au fait de savoir préserver un capital, qu'il soit financier ou naturel et l'économie qui englobe tous les phénomènes marchands, qu'il s'agisse de l'industrie, de l'agriculture, de la technologie, des marchés financiers.

    Cette économie-là n'est absolument pas économe. Elle dilapide depuis des décennies. Et nous en sommes les acteurs, non pas les victimes mais les participants et nous courons après l'exploitation la plus vaste qui soit. Sans jamais nous repaître. Pour quelles raisons agissons-nous de la sorte ? Parce que nous sommes fondamentalement et uniquement des individus isolés dans notre identité et que le monde qui nous entoure n'est qu'un "environnement". Ce qui nous environne n'est pas nous puisqu'il nous faut être le point central pour que l'environnement existe. Il y a "nous", des milliards de "moi", et le monde autour.

    Dès lors, il ne peut exister cette osmose économe, ce bon sens de l'économie des choses.

    Qui donc, aujourd'hui, ressent les atteintes au monde du Vivant comme une propre atteinte sur lui-même ? Il m'est arrivé de l'éprouver et je fais tout mon possible pour que ça n'arrive plus. Parce que c'est insupportable, terriblement douloureux, dévastateur.

    Lorsque je me sens réellement inséré dans le monde, je réfute toutes les pensées qui se tournent vers l'impact humain sur ce monde. Je m'efforce de contempler. Mais donc, cela signifie, que je m'efforce de profiter. Et je retombe dans les mêmes travers. Je profite.

    Il fallait donc que j'établisse un comportement, il fallait que j'agisse, à ma mesure. 
    Je ne suis pas un porte-parole et je n'ai aucune envie de le devenir. Ca n'est pas pour moi. Il me reste donc à agir dans ma vie quotidienne, sans m'engager nulle part ailleurs que dans les actes immédiats sur lesquels j'ai un réel pouvoir. 

     

    "Que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé et le courage de changer ce qui peut l'être mais aussi la sagesse de distinguer l'un de l'autre."

    Marc-Aurèle
     

     

     

     

     

    LE RENFORCEMENT IDENTITAIRE

     

    Des étapes spitituelles

     

    Le renforcement identitaire.


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    •  Le 11/02/2012
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    Le moi dérivé qui s'est exclu de l'unicité a besoin d'interrelations pour renforcer constamment son identité. Cette existence se limite dès lors à une accumulation d'expériences nourries par les schémas mentaux. En psychologie, on appelle cela le "renforcement positif".

    On ne peut reprocher aux individus d'œuvrer ainsi à cette extension du domaine d'influence et à cette consommation effrénée d'énergie puisqu'ils ne font que reproduire avec application le formatage qu'ils ont subi.

    De la même façon, ces individus ne peuvent reprocher à l'existence de les blesser dans cette quête de reconnaissance. Dès lors qu'on attend d'autrui le renforcement psychologique inhérent à l'identité du moi dérivé, il faut en assumer les effets inverses.

    Les émotions néfastes associées à la vie amoureuse, professionnelle, familiale, sociale ne sont que des interprétations inévitables de cette "réalité" générée par le paradigme. Si j'ai besoin d'affirmer mon identité à travers les activités humaines, ces mêmes activités humaines sont à même décorner cette identité. C'est le phénomène des plateaux de la balance. Il n'y a pas de juste milieu mais une alternance conflictuelle entre ce qui est vécu de façon positive et ce qui est vécu de façon douloureuse. Lorsqu'on regarde l'existence du haut de son piédestal égotique, on court le risque d'en tomber.

     

    La vie sociétale au cœur du paradigme de la dualité génère une défense constante de l'individu sous la forme d'une justification, d'une comparaison, d'une compétition exacerbées par la confrontation permanente avec les individus qui fonctionnent dans les schémas identiques. L'école est le lieu d'apprentissage de ce moi dérivé...C'est absolument effrayant d'ailleurs que ce cadre d'évolution soit sali de la sorte par des intrusions matérialistes inhérents au paradigme.

    L'accumulation de connaissances qui est vidée de son sens spirituel participe activement et aveuglément au formatage du moi dérivé. 

    Il suffit de lancer avec de jeunes enfants une discussion touchant à la perception de la Vie pour réaliser à quel point ils sont déjà manipulés, à quel point ils ont déjà adhéré à une vision matérialiste de la Vie. Ils ne sont pas coupables mais uniquement victimes. Ces garçons qui veulent devenir footballeur pour devenir millionnaires...Ils connaissent même la couleur de la dernière voiture de luxe de leur joueur millionnaire préféré.

    Renforcement du sens du moi dérivé. Les publicitaires connaissent parfaitement les fonctionnements et les manipulations à entretenir. A ce propos, la Saint-Valentin se rapproche pour vous rappeler que vous êtes amoureux ou amoureuse... Au cas où vous auriez oublié de le montrer à chaque jour qui passe.

    Les prochaines élections présidentielles vont également pouvoir jouer leur rôle de rassembleur. Un tel appartient à ce groupe et s'oppose à celui de l'adversaire de son idole. PSG/ OM, le choc de la ligue de foot, jusqu'à se balancer des boules de pétanque à la figure. L'imagination du moi dérivé est sans limite.

    Je me demande parfois s'il y a quelque chose à attendre de ces individus. Puisqu'ils sont persuadés d'appartenir à la "bonne" société, au bon groupe politique, au bon groupe social, d'écouter la bonne musique, d'aller en vacances dans les bons endroits, d'être de bons parents, de bons amis, de bons voisins, de bons supporters, de bons amants, de posséder une bonne voiture, un bon portefeuille, une bonne femme pour certains...Le comble de l'ignominie. 

    On pourrait penser que toutes ces appartenances identitaires sont dérisoires, infantiles, immatures. Ouvrons un livre sur les deux guerres mondiales pour en voir les effets les plus fous. Ouvrons les yeux sur l'état de la planète pour en deviner les effets les plus destructeurs. Le pire est à venir. L'humanité n'est plus la seule concernée.

    Extension du domaine de la lutte. Il y a désormais l'humanité comme un corps encapsulé et l'environnement comme un corps à exploiter. Jusqu'à l'outrage.   

  • Les décodeurs et la Covid

    Ce blog, les décodeurs, est réputé dans le registre des réseaux sociaux pour son intégrité et son objectivité.

    Il est donc nécessaire d'en lire les contenus et de se faire son idée.

    Je l'ai dit maintes fois ici : il est indispensable de multiplier les sources pour pouvoir prétendre à une information fiable et rien, pourtant, ne sera jamais certain dans ce domaine.

     

     

    https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/live/2020/12/04/covid-19-que-sait-on-des-vaccins-posez-vos-questions_6062182_4355770.html

     

    Covid-19 : que sait-on des vaccins ? Les réponses à vos questions

     

    Vaccins à « ARN messager », à « virus inactivé »… les projets en cours de développement suscitent de nombreuses interrogations. Les Décodeurs ont répondu à vos questions sur ce que l’on sait et ce que l’on ignore.

    LES FAITS

    SUIVEZ LE LIVE DE L’ÉVÉNEMENT

    Le premier ministre, Jean Castex, a détaillé jeudi soir la stratégie de la France en matière de vaccination contre le Covid-19. Une première phase doit débuter dès janvier avec la vaccination des résidents des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), avant un élargissement aux plus de 75 ans dans un deuxième temps, puis aux plus de 65 ans et aux professionnels de santé.

    On compte aujourd’hui 237 projets de vaccins contre le Covid-19 dans le monde, développés selon des techniques très différentes.

    Explications : Comment fonctionnent les futurs vaccins contre le Covid-19 ?

    Les Décodeurs font le point sur ce que l’on sait et ce que l’on ignore de ces vaccins développés dans un temps record.

    Réponses aux questions : Combien de vaccins ? Quand seront-ils disponibles ? Seront-ils obligatoires ? Peuvent-ils mettre fin à l’épidémie de Covid -19 ?

    Portrait : Alain Fischer, le nouveau « M. Vaccin » du gouvernement

    Données-clés : Visualisez l’évolution de l’épidémie en France et dans le monde

    Dans votre département : Hausse, stabilisation ou baisse : où en est l’épidémie ?

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    Envoyez votre question

    Les Décodeurs le 04 décembre à 15h45

    TCHAT

    Ce tchat touche à sa fin

    Vous avez été très nombreux à poser vos questions, souvent utiles et parfois pointues. S'il est difficile, dans l'espace d'une heure quarante, de répondre à autant d'interrogations, nous continuerons dans les semaines qui viennent à répondre à ces questions, souvent importantes, à travers nos articles.

    Merci de nous avoir suivis et de nous avoir lus.

    Les Décodeurs le 04 décembre à 15h45

    VOS QUESTIONS

    Que représentent les 90% d'efficacité des vaccins ? 90% de chances en moins de contracter la maladie dans les populations vaccinées par rapport aux non-vaccinés, ou bien plutôt une réponse immunitaire chez 90% des personnes vaccinées, sans préjuger de la protection effective apportée, ou bien encore autre chose ?

    -Polo


    Bonjour Polo,

    C'est plutôt la réponse 1), et nous vous invitons à lire l'article ci-dessous pour entrer dans le détail car il est bientôt l'heure de vous dire au revoir :

     

    Covid-19 : les 90 % d’efficacité du vaccin de Pfizer, un « résultat extraordinaire » qui pose des questions

    Le résultat provisoire avancé, lundi 9 novembre, par le laboratoire américain Pfizer et l’allemand BioNTech est spectaculaire, mais il pourrait encore évoluer et ne permet pas de déterminer la durée d’immunité apportée.

    Les Décodeurs le 04 décembre à 15h43

    VOS QUESTIONS

    Faudra-t-il envisager des campagnes de vaccination régulières dans les années à venir ou peut-on espérer qu'une fois l'immunité collective atteinte grâce à la vaccination, le virus disparaisse de lui-même une bonne fois pour toute ?

    -Jaipastoutcompris


    Bonjour,

    À vrai dire, il est encore un peu tôt pour envisager la disparition "une bonne fois pour toutes" de cette maladie. Même des maladies anciennes et pour lesquelles des vaccins existent de longue date, comme la rougeole, n'ont pas totalement disparu (la faute, notamment, à une couverture vaccinale parfois insuffisante).

    En ce qui concerne le Covid-19, une baisse importante du nombre de cas, en particulier des formes graves, permettant un assouplissement des restrictions sanitaires, serait déjà une grande étape.

    Les Décodeurs le 04 décembre à 15h38

    VOS QUESTIONS

    Bonjour Disposons-nous aujourd'hui de plus amples informations concernant les vaccins en oeuvre en Chine et en Russie, notamment sur la technique utilisée( à ARN ou à virus atténué)?

    -Orion


    Bonjour Orion,

    Concernant le vaccin russe développé par l'Institut Gamaleya, Sputnik V, il est basé sur la technologie des vecteurs viraux : deux adénovirus (Ad5 et Ad26) modifiés pour contenir le gêne codant la protéine du Sars-CoV-2 sont utilisés comme « véhicules » pour livrer, dans les cellules humaines, ce gêne codant. Cette technique est assez bien maîtrisée, et l'utilisation de deux vecteurs différents augmente les chances de succès du vaccin. Le savoir-faire de cet institut n'est plus à démontrer, mais il existe une relative opacité sur les données scientifiques communiquées, ce qui rend difficile de savoir ce que valent les résultats annoncés.

    Pour ce qui est des quatre vaccins développés en Chine et entrés en phase III, trois d'entre eux utilisent la technique du virus inactivé (tué), tandis que le dernier utilise un adénovirus comme vecteur viral. Ces quatre vaccins sont testés dans une quinzaine de pays d'Asie du sud-Est, mais de nombreuses informations et éléments manquent encore pour se faire une idée de leur efficacité.

    Les Décodeurs le 04 décembre à 15h38

    VOS QUESTIONS

    Ne craignez-vous pas un large refus de la population à se faire vacciner en entretenant la méfiance via l'emploi de conditionnel et de tournures de phrases diverses qui tendent à faire croire que tout a été fait à la va-vite, sans réels protocoles, sans expliquer le fonctionnement de ce genre de vaccin (et de virus) ? Il apparait que les vaccins sont plus que des alternatives, il n'y a jamais eu de vaccins mortels sur le marché, d'autisme provoqué... Finalement, les vaccins ont permis l'émergence d'un monde où les populations sont plus en sécurité qu'avant. la variole, le tétanos, mais aussi le ROR, et j'en passe.Je pense qu'un article dédié au fonctionnement du virus dans l'organisme, permet de mieux appréhender l'usage de l'ARNm en tant que vaccin. Les médias ont leur part à jouer dans le succès de la stratégie vaccinale des populations.merci.

    -coro


    Bonjour Coro,

    Nous nous efforçons simplement de rester factuels. Cela étant, vous soulevez plusieurs points qui, cela tombe bien, ont été largement abordés dans des articles des Décodeurs ces derniers mois. L'occasion de vous en proposer une petite sélection : 

    L'efficacité des vaccins en onze maladies ;

    Comment fonctionnent les futurs vaccins contre le Covid ;

    Antivaccins : des mensonges dans un débat légitime ;

    Nos réponses à vos questions sur les vaccins contre le Covid-19.

    Les Décodeurs le 04 décembre à 15h34

    VOS QUESTIONS

    Euh pourquoi émettre spécifiquement un doute sur le fait que les vaccins limiteraient la transmission du virus. Est ce qu'il y a un seul exemple de vaccin qui empêche les symptômes sans affecter la transmission ? Ça me paraît plus que douteux...

    -Docto

    Nous n'émettons pas de doutes particuliers sur le sujet. Simplement, à ce stade, il est difficile d'apprécier dans quelle mesure cela sera le cas. Cette donnée doit donc être prise en compte face aux chiffres d'efficacité très médiatisés des vaccins contre le Covid-19 (annoncés comme efficaces à 90 % et plus par les différents laboratoires).  

    Les Décodeurs le 04 décembre à 15h30

    VOS QUESTIONS

    Pourra t’on choisir son vaccin? Personellement je ne fais pas confiance aux vaccins américains dont les labos ne sont conduits que par intérêt financiers au dépens de la santé ( voir les opioïdes). Pourra t’on bénéficier du vaccin russe qui me parait plus fiable ?

    -Mika

    Bonjour Mika, 

    Le gouvernement n'a pas donné d'indication sur ce sujet à ce stade. Pour vous répondre, rappelons tout de même qu'il va déjà falloir avoir ne serait-ce qu'un vaccin avant d'imaginer pouvoir le choisir, en fonction de l'approvisionnement... Cela pourra peut-être faire l'objet de discussions avec votre médecin le moment venu, mais tout cela est encore très hypothétique.

    Par ailleurs, la France n'a pour l'heure pas commandé de doses du vaccin russe Spoutnik-V, et il est donc difficile de vous dire si et quand il pourrait être disponible dans le pays.

    Les Décodeurs le 04 décembre à 15h20

    VOS QUESTIONS

    Bonjour, je retente ma question : Quel est l’intérêt supplémentaire d'une vaccination si on a déjà été infecté et guéri du covid?

    -SARKOV


    Bonjour Sarkov,

    Vous êtes nombreux à poser cette question. A priori, l'intérêt de se faire vacciner est nettement plus faible pour ceux qui ont été atteints du Covid-19 ces derniers mois. Au vu des dernières études d'immunologie que nous avons pu lire et relayer dans nos colonnes l'été dernier, il est à noter que la plupart des personnes asymptomatiques ont développé des niveaux de réponses immunitaires cellulaires et humorales relativement « satisfaisantes » et protectrices.

    Il nous semble donc probable que l'intérêt à se faire vacciner soit moindre pour ces personnes, mais nous reviendrons sur ces questions dans des publications ultérieures, afin de proposer notamment une synthèse actualisée des connaissances, qui continuent d'évoluer rapidement dans ce domaine.




     

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     Outbrain

    Les Décodeurs le 04 décembre à 15h20

    VOS QUESTIONS

    Pourquoi dites vous que le questionnement est légitime ? (Or considération philosophique bien sûr)

    -Stjean


    Bonjour Stjean, 

    En ce qui concerne les onze vaccins obligatoires en France, nous disposons en 2020 d'un grand recul sur leur efficacité (question que nous abordons en détails et en chiffres ici). Il est tout à fait logique de ne pas disposer des mêmes certitudes concernant les vaccins à venir contre le Covid-19, maladie qui n'était pas connue il y a encore un an. C'est pour cela que les nombreuses questions que nous recevons pour ce tchat, notamment sur les garanties mises en œuvre pour assurer la sécurité de ces vaccins, nous semblent parfaitement légitimes. Cette campagne de vaccination devra probablement s'accompagner d'un réel effort de transparence pour convaincre.

    Les Décodeurs le 04 décembre à 15h08

    VOS QUESTIONS

    Si je comprends vos explications sur l'absence de données sur la transmission du virus par les individus vaccinés, la protection apportée par le vaccin n'est qu'individuelle. 1. J'en déduis que M. Castex se trompe lorsqu'il parle d'acte altruiste. 2. Je ne comprend pas en quoi le vaccin ralentit alors la circulation du virus. Il ne fait que protéger les vaccinés.Merci pour vos réponses.

    -peano

    En effet, on ne sait pas pour l'heure dans quelle mesure les vaccins réduiront la transmission du virus, et le ministère de la santé, Olivier Véran, l'a reconnu hier (ce qui est normal à ce stade). Cela dit, si les vaccins tiennent leurs promesses, vacciner des millions de personnes, à commencer par les plus fragiles, réduirait de facto le nombre de cas graves de Covid-19.

    Jean Castex, quant à lui, a qualifié jeudi "d'acte altruiste" le fait de "se faire vacciner, [car] c'est se protéger mais aussi protéger les autres", et qu'il s'agit donc d'un "acte altruiste". Or, effectivement, il est trop tôt pour dire que c'est directement le cas.

    A la décharge du premier ministre, on peut malgré tout retenir qu'une grande baisse du nombre de malades du Covid-19 irait de pair avec une baisse de la pression sur le système de santé et donc un probable allègement des restrictions. 

    Les Décodeurs le 04 décembre à 15h04

    VOS QUESTIONS

    Pourra-t-on se faire vacciner si l'on suit un traitement immunosuppresseur de type biothérapie pour une maladie chronique? Ce genre de traitements interdit normalement les vaccins "vivants atténués". De quel type sont les vaccins contre le Sars Cov 2?

    -Andréa


    Bonjour Andréa,

    En effet, comme expliqué plus tôt ici, les vaccins à virus atténué sont déconseillés pour les personnes fragiles ou immunodéprimées. Mais les nombreux vaccins contre le Covid-19 en développement partout dans le monde utilisent des techniques assez diverses, dont une très large majorité n'utilisent pas de virus atténué. C'est justement l'occasion de vous recommander la lecture de cet article publié ce matin, et qui fait le tour de la question.

     

    Comment fonctionnent les futurs vaccins contre le Covid-19

    On compte aujourd’hui 237 projets de vaccins contre le Covid-19 dans le monde, développés selon des techniques très différentes. Voici comment ils agissent.
    Et une fois n'est pas coutume, nous vous recommandons, si vous recherchez des informations plus précises, de consulter 
    le suivi des projets de vaccins assuré par nos confrères du New York Times.

    Les Décodeurs le 04 décembre à 14h58

    VOS QUESTIONS

    Bonjour, L'ARN messager des vaccins utilisant cette technologie peut-il muter avant son injection dans le corps humain, et si oui a t'on une idée de la conséquence d'une telle mutation sur la personne vaccinée ?

    -J.C.


    Bonjour J.C,

    Vous êtes très nombreux aujourd'hui à poser des questions sur les vaccins à ARN messager (ARNm), cette technique récente dont vous avez pu entendre parler avec les annonces concernant les vaccins de Moderna et de Pfizer/BioNTech.

    Concrètement, l'ARN messager ne peut pas « muter » toute seule. Il s'agit d'une molécule chimiquement plutôt instable, mais qui n'est pas sujette aux mutations spontanées dans un environnement isolé. Une fois injectée, ces brins d'ARNm sont transportés dans un liposome, terme technique désignant une membrane faite de lipides (de graisse), dont le rôle est de conserver l'ARNm en l'état jusqu'à ce qu'elle rencontre une cellule humaine. Une fois entrée dans la cellule, l'ARNm ne pénètre pas dans le noyau de la cellule où se trouvent les chromosomes dépositaires de notre code génétique. Elle est directement « prise en charge » par la cellule, et il n'en reste aucune trace une fois que la protéine virale a été synthétisée par la cellule.

    Le risque de modification de l'ADN de nos cellules est considéré comme quasi-nul (le « quasi » étant là pour rappeler que les certitudes absolues sont étrangères à la science). Nous reviendrons très bientôt, dans des articles, sur la sécurité de ces vaccins.

    CERCLE APOGÉE[Les 8 conseils de Marius] Hygiène de vie, entraînement : le mode de vie des commandos Marine adapté à votre quotidien

     Outbrain

    Les Décodeurs le 04 décembre à 14h50

    VOS QUESTIONS

    On parle beaucoup d'immunité en évaluant les niveau d'anticorps, mais je lis régulièrement que ce n'est pas le seul mécanisme protecteur (lymphocytes,...).Est ce que les études sur l'efficacité des vaccins prennent en compte ces paramètres et sont ils pertinents ?

    -Pwouet


    Bonjour Pwouet, 

    Comme nous l'expliquons ici, l'efficacité des vaccins est mesurée en comparant la part de personnes malades chez les vaccinés et les non-vaccinés. Parmi les critères observés dans les essais, il y a bien les données sur des formes graves de la maladie. On s'assure donc que les vaccins réduisent le nombre de personnes atteintes par le virus, mais aussi le nombre de personnes gravement touchées, ce qui est au fond le nerf de la guerre.

    Les Décodeurs le 04 décembre à 14h47

    VOS QUESTIONS

    Pourquoi des techniques classiques comme les virus atténués par exemple ne sont pas utilisé pour le Covid-19 ? Est-ce une question de délai de mise au point ou bien y a t'il une raison techonologique ?

    -Ulysse


    Bonjour Ulysse,

    La technique d'inoculer un virus atténué pour provoquer une réponse immunitaire protectrice est utilisée dans le cadre de la recherche de vaccins contre le Covid-19. Selon
     le recensement du think tank américain Milken Institute, quatre projets de vaccins en développement utilisent cette technique.

    Mais si elle n'est plus si utilisée, c'est parce que cette technique comporte un certain nombre de risques, dont le principal est que le virus inoculé ne soit pas suffisamment affaibli et provoque une infection réelle dans l'organisme. Cela peut arriver, spécialement chez des personnes fragiles ou immunodéprimées, dont les défenses peuvent être trop faibles pour faire face au virus, même affaibli. Il existe aussi d'autres risques, rares, mais potentiellement graves, comme celui que les anticorps produits facilitent la reproduction du virus au lieu de le neutraliser. Ces risques font l'objet de travaux de recherche, mais ont progressivement poussé les laboratoires, ces dernières décennies, à délaisser cette technique au profit d'autres, considérées comme plus sûres.

     

    Les Décodeurs le 04 décembre à 14h44

    VOS QUESTIONS

    Bonjour. Merci pour cet échange. J'ai une question concernant les liens entre immunité collective et vaccin. Le confinement et la distanciation sociale permettent de baisser le % nécessaire de personnes à vacciner pour atteindre une immunité collective ?

    -jdlery


    Bonjour Jdlery, 

    Plus la proportion de la population qui est immunisée est grande, plus la circulation du virus ralentit. Et ce quelle que soit la part acquise par la vaccination ou de manière naturelle (bien que dans les deux cas, cette immunité n'est pas éternelle, encore une fois). Les mesures qui visent à diminuer le nombre de contacts physiques, comme le confinement, contribuent elles aussi à ralentir la diffusion du virus. Mais ce n'est valable que lorsqu'elles sont en vigueur : le fait d'avoir été confiné en automne ne contribuera pas à nous protéger au printemps, si c'est ce que vous suggérez.

    Les Décodeurs le 04 décembre à 14h39

    J'ai vu qu'une étude publiée hier conclue que le vaccin de Moderna garantit au moins 3 mois d'immunité. Je comprends qu'il faudra attendre dans la pratique plusieurs mois/années pour confirmer empiriquement l'immunité que donne un vaccin, mais est-ce que les scientifiques ont déjà un avis sur la durée probable de cette immunité, ont-ils émis des hypothèses?

    -vladi


    Bonjour Vladi,

    En effet, 
    cette étude parue hier dans le New England Journal of Medicine (NEJM pour les intimes), l'une des plus grandes revues médicales, montre que le vaccin de Moderna a conféré à la modeste cohorte étudiée un bon niveau d'immunité pendant au moins 90 jours. Cependant, comme vous le soulignez, même en étudiant le niveau d'anticorps chez les personnes atteintes du Covid-19 au début de l'année, il est encore trop tôt pour tirer des conclusions sur la durée de protection qu'une infection passée ou un vaccin pourra offrir contre ce virus.

    Des six précédents coronavirus connus pour infecter les humains (le SARS-CoV-1, le MERS-CoV et quatre autres coronavirus provoquant des infections respiratoires banales), la durée de protection observée se situait entre douze et vingt-quatre mois. Il est donc relativement probable qu'une infection au SARS-CoV-2 puisse conférer une durée de protection similaire. Mais là encore, il est trop tôt pour le dire.


     

    Les Décodeurs le 04 décembre à 14h38

    VOS QUESTIONS

    Les personnes vaccinées peuvent-elles garder un risque de transmission du Covid 19 ? Même question pour les personnes ayant été malades et ayant des anticorps.

    -Claudius

    Bonjour Claudius, 

    La réponse est oui !

    Une personne malade du Covid-19 peut, semble-t-il, le contracter une deuxième fois après plusieurs mois et donc être de nouveau infectieuse pendant quelques jours. Quant aux vaccins, les premiers éléments sur lesquels les différents laboratoires travaillaient portaient sur leur efficacité avec des niveaux de protection souvent élevés (de l'ordre de 90 % dans une premier temps), mais qui n'est déjà pas absolu. On ne sait pas, pour l'heure, dans quelles proportions les personnes vaccinées pourront contaminer leur entourage ou non mais, là encore, la protection n'atteindra vraisemblablement pas les 100 %, loin de là.

    Les Décodeurs le 04 décembre à 14h29

    VOS QUESTIONS

    Bonjour, j'aimerais savoir quand le vaccin Pasteur sera disponible ??? Merci d'avance

    -Paprika


    Bonjour Paprika,

     

    Le vaccin développé par les chercheurs de l’Institut Pasteur (en coopération avec le laboratoire Merck) en est encore à la première phase des tests cliniques, lancée en août 2020. Ce vaccin utilise le virus de la rougeole atténué pour « livrer » la protéine de spicule du coronavirus, une technique que l’Institut a développé dans le passé pour un candidat-vaccin contre le Chikungunya passé en phase III. Il ne devrait donc pas être prêt rapidement.
     

    Sanofi-Pasteur (qui est indépendant de l’Institut Pasteur) développe également ses vaccins via deux technologies :
        • Un vaccin à base de protéines virales (avec adjuvants) dont la technique de culture a été testée et approuvée pour leur vaccin contre la grippe (FluBlok), et qui devrait bientôt passer en phase III après les phases I et II lancées en septembre. Il devrait être disponible à la mi-2021
        • Un vaccin à ARN messager développé avec la firme Translate Bio. Des tests sur les souris et les singes ont montré une bonne réponse immunitaire, et la phase I devrait s’ouvrir ce mois-ci.


     

    Les Décodeurs le 04 décembre à 14h29

    VOS QUESTIONS

    pourquoi commencer par les personnes les plus fragiles alors qu'on ne connait pas encore précisément les effets secondaires ?

    -jbrzo


    Bonjour Jbrzo,

    Toute campagne de vaccination repose sur une mise en perspective de ses bénéfices et de ses risques. Ici, l'idée est de vacciner d'abord les personnes fragiles car ce sont elles qui ont le plus grand risque de contracter des formes graves de Covid-19. Les données dont les autorités sanitaires disposent pour l'heure leur laissent à penser que les en protéger présente des bénéfices bien supérieurs aux risques liés aux vaccins. En pratique, ils devront faire l'objet d'une surveillance continue.

    Les Décodeurs le 04 décembre à 14h25

    VOS QUESTIONS

    Bonjour, compte tenu qu'on dit que les tests sérologiques (qui contrôlent la présence d'anticorps) ne sont pas fiables pour prédire si l'on est immunisé ou non après une infection guérie, pourquoi les anticorps créés par un vaccin seraient-ils plus efficaces que l'immunité créé "naturellement" ?

    -Philippe


    Bonjour Philippe, 

    Votre question semble mélanger plusieurs sujets. L'efficacité des vaccins est notamment mesurée en comparant la part de personnes malades chez les vaccinés avec celle des vaccinés dans les essais cliniques. Lorsque cette comparaison tourne à l'avantage de la population vaccinée, on en conclut que le vaccin confère une immunité (dont la durée reste sujette à caution).

    L'immunité naturelle, quant à elle, n'est pas en cause (même si elle n'est pas éternelle non plus, semble-t-il, concernant le Covid-19), mais elle ne s'acquiert qu'à condition de rencontrer le virus. Or la multiplication du nombre de personnes infectées, indispensables pour atteindre une hypothétique "immunité collective", s'accompagne logiquement d'une multiplication des formes graves de la maladie et des décès.

  • Vaccin : pour ou contre

    Cette étude montre à quel point l'utilisation des vaccins à grande échelle a très fortement contribué à l'affaiblissement voire la disparition de certaines maladies, autrefois redoutables en terme de létalité. 

    C'est un fait, c'est indéniable.

    Le vaccin contre la covid entrera-t-il dans ces statistiques avec la même ampleur ? Je n'en sais rien. 

    Tout comme je n'arrive pas à savoir, avec certitude, si le fait d'être vacciné protège également les autres, comme je le lis très souvent de la part des pro-vaccins. J'ai lu pas mal de données à ce sujet et il y a des points de vue divergents. 

    "Si je comprends vos explications sur l'absence de données sur la transmission du virus par les individus vaccinés, la protection apportée par le vaccin n'est qu'individuelle. 1. J'en déduis que M. Castex se trompe lorsqu'il parle d'acte altruiste. 2. Je ne comprend pas en quoi le vaccin ralentit alors la circulation du virus. Il ne fait que protéger les vaccinés.Merci pour vos réponses.

    -peano

    En effet, on ne sait pas pour l'heure dans quelle mesure les vaccins réduiront la transmission du virus, et le ministère de la santé, Olivier Véran, l'a reconnu hier (ce qui est normal à ce stade). Cela dit, si les vaccins tiennent leurs promesses, vacciner des millions de personnes, à commencer par les plus fragiles, réduirait de facto le nombre de cas graves de Covid-19.

    Jean Castex, quant à lui, a qualifié jeudi "d'acte altruiste" le fait de "se faire vacciner, [car] c'est se protéger mais aussi protéger les autres", et qu'il s'agit donc d'un "acte altruiste". Or, effectivement, il est trop tôt pour dire que c'est directement le cas.

    A la décharge du premier ministre, on peut malgré tout retenir qu'une grande baisse du nombre de malades du Covid-19 irait de pair avec une baisse de la pression sur le système de santé et donc un probable allègement des restrictions."

    https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/live/2020/12/04/covid-19-que-sait-on-des-vaccins-posez-vos-questions_6062182_4355770.html 

    J'espère que ce vaccin aura un effet très bénéfique sur toutes les personnes fortement concernées par ce virus.

    De notre côté, nous sommes tellement solitaires que nous ne représentons pas un risque pour les autres. On respecte les consignes sanitaires.

    Quant à nous, si on l'attrape, on verra bien qui aura le dernier mot. 

    L’efficacité des vaccins en onze maladies

     

    « Le Monde » détaille l’impact important qu’a eu en France la vaccination sur les pathologies ciblées par les vaccins obligatoires et recommandés, données à l’appui.

    Par Gary Dagorn

    Publié le 01 août 2017 à 14h16 - Mis à jour le 22 mai 2018 à 12h20 

    Temps deLecture 13 min.

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    Les nombreuses rumeurs et les questions adressées aux Décodeurs à propos des vaccins en attestent : une partie de la population française est défiante, voire opposée, à l’endroit de la vaccination ou de certains vaccins. Les réactions ont été vives à l’annonce, par la ministre de la santé, Agnès Buzyn, de son souhait de rendre obligatoires huit vaccins en plus des trois actuellement prescrits par la loi.

    Les professionnels de la santé restent divisés quant à la meilleure façon de faire face à l’opposition ou à la perte de confiance qui croît entre le corps médical et une partie des patients et qui entraîne souvent une chute de la couverture vaccinale sur certains vaccins, posant ainsi des problèmes de santé publique.

    Si la pertinence de l’obligation par la loi est discutée jusqu’au sein des professionnels de la santé, l’efficacité des vaccins et leur bénéfice en termes de santé publique, eux, ne souffrent aucun doute. Car si les vaccins peuvent entraîner, dans de très rares cas, des effets indésirables, ils ont également fait disparaître ou se raréfier quasiment toutes les maladies qu’ils ciblaient.

    Maladie par maladie, nous avons collecté, avec l’aide de l’organisme public Santé publique France, toutes les données épidémiologiques existantes sur l’impact de la vaccination sur onze pathologies (les trois actuellement obligatoires et les huit recommandés).

    Sommaire

    Diphtérie

    Tétanos

    Poliomyélite

    Coqueluche

    Rougeole

    Rubéole

    Oreillons

    Hépatite B

    Haemophilus influenzae B

    Pneumocoque

    Méningocoque C

    Diphtérie

    Vaccin obligatoire inscrit au calendrier vaccinal en 1938.

    Couverture vaccinale :

    Proportion de vaccinés en 2015 parmi les sujets âgés de :

       

    24 mois

    6 ans

    11 ans

    15 ans

    98,9 %

    La diphtérie, maladie provoquée par la toxine de la bactérie Corynebacterium diphteriae, peut être mortelle, notamment pour les enfants. Responsable de plus de 3 000 décès en 1945, l’incidence de la maladie a très fortement chuté après la généralisation de la vaccination la même année. Aujourd’hui, la diphtérie a quasiment disparu de l’Hexagone et les rares cas déclarés sont importés (d’un autre pays) chez des sujets non ou mal vaccinés (c’est-à-dire n’ayant pas reçu toutes les doses).

    Impact épidémiologique : chute de 99,98 % des cas en soixante-dix ans

    Nombre de cas de diphtérie entre 1945 et 2016 (corynebacterium diphtheriae + corynebacterium ulcerans)

    0100002000030000400005000019381950196219741986199820101942194619541958196619701978198219901994200220062014◀ Vaccin rendu obligatoire en 1938

    Source : Santé Publique France (déclarations obligatoires)

    Tétanos

    Vaccin obligatoire introduit en 1938, inscrit au calendrier vaccinal en 1940, obligatoire pour les nourrissons depuis 1952.

    Couverture vaccinale :

    Proportion de vaccinés en 2015 parmi les sujets âgés de :

       

    24 mois

    6 ans

    11 ans

    15 ans

    98,9 %

    Comme la diphtérie, le tétanos est une infection devenue extrêmement rare en France grâce à la vaccination. A la différence que la maladie n’est pas éradicable car due à la toxine produite par une bactérie naturellement présente dans la terre. La couverture vaccinale très haute a permis de réduire radicalement le nombre de personnes infectées, mais ne protège pas toute la vie. L’immunisation ne dure qu’une vingtaine d’années et le manque de rappels chez les adultes affaiblit la protection (en 2012, un Français sur deux se disait à jour de ses rappels). Sur les 111 cas déclarés entre 2004 et 2013, 83 % concernaient des personnes âgées de plus de 70 ans. Vingt-neuf d’entre elles sont mortes de la maladie.

    L’infection survient principalement après des blessures minimes (dues entre autres à des travaux de jardinage) lorsque la plaie est en contact avec la terre, du matériel contaminé ou des animaux (griffures, morsure).

    Impact épidémiologique : chute de 97 % des cas depuis 1946

    Nombre de cas de tétanos entre 1946 et 2015.

    0100200300400500600194619491952195519581961196419671970197319761979198219851988199119941997200020032006200920122015◀ Vaccin rendu obligatoire en 1940

    Source : Santé Publique France (déclarations obligatoires) & Agence national de service à la personne

    Poliomyélite

    Vaccin obligatoire introduit en France en 1958, inscrit au calendrier vaccinal en 1964.

    Couverture vaccinale :

    Proportion de vaccinés en 2015 parmi les sujets âgés de :

       

    24 mois

    6 ans

    11 ans

    15 ans

    98,9 %

    La poliomyélite a disparu de France depuis 1989, date du dernier cas autochtone diagnostiqué (à l’exception du cas importé de 1995), grâce à la vaccination (rendue obligatoire en 1964). La maladie est considérée comme éradiquée en Europe depuis 2012 et fait l’objet d’un programme d’éradication mondiale de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) depuis 1988. Elle ne persiste durablement que dans deux pays (le Pakistan et l’Afghanistan) et l’OMS espère l’éradiquer d’ici à 2018.

    Dans les dix ans qui ont précédé l’introduction du premier vaccin contre la poliomyétile en 1958, la maladie a tué plus de 2 200 personnes (selon les déclarations obligatoires qui ne sont pas exhaustives).

    Impact épidémiologique : plus aucun cas en France depuis 1995

    Nombre de cas de poliomyélite entre 1949 et 2015.

    07001400210028003500420019491952195519581961196419671970197319761979198219851988199119941997200020032006200920122015◀ Vaccin introduit en 1958

    Source : Santé Publique France (déclarations obligatoires)

    Coqueluche

    Vaccin introduit en France en 1959, inscrit au calendrier vaccinal en 1966.

    Couverture vaccinale :

    Proportion de vaccinés en 2015 parmi les sujets âgés de :

       

    24 mois

    6 ans

    11 ans

    15 ans

    98,6 %

    La coqueluche étant une maladie mortelle seulement pendant les premiers mois de vie, la vaccination contre cette maladie respiratoire a pour objectif principal de protéger les nourrissons (bien que des formes sévères puissent survenir aussi chez l’adulte). L’incidence de la coqueluche, qui est provoquée par la bactérie Bordetella pertussis, a baissé suite à l’introduction du premier vaccin, le Vaxicoq, en 1959, mais c’est suite à l’inscription au calendrier vaccinal du nourrisson et à l’arrivée du vaccin Tétracoq en 1966 que l’incidence va réellement plonger jusqu’au milieu des années 1980, époque à laquelle la déclaration obligatoire fut levée.

    Les données plus récentes collectées par le réseau Rénacoq depuis 1996 montrent que le vaccin actuel, dont la durée de protection est faible (entre deux et quatre ans), ne permet plus de continuer à réduire drastiquement l’incidence de la coqueluche, car, comme beaucoup de maladies très contagieuses, la coqueluche connaît des cycles que la vaccination ne peut briser entièrement que lorsque l’immunité de groupe est suffisante pour empêcher sa transmission. Or, si les nourrissons sont aujourd’hui bien protégés (avec 98,6 % de couverture à 2 ans), la bactérie continue de circuler chez les adolescents et chez les adultes, qui ne sont, eux, plus protégés. C’est un problème pour les nourrissons de moins de 2 mois qui ne sont pas vaccinés et qui ne peuvent être protégés qu’indirectement par la protection des adultes de leur entourage (dont les parents). C’est pourquoi la France a adopté une stratégie dite de « cocooning » destinée à vacciner les jeunes adultes et futurs parents, principaux contaminateurs des nourrissons.

    Malgré cela, la couverture vaccinale chez les adultes reste insuffisante et n’a pas permis de briser lesdits cycles (bien qu’en 2015, l’incidence chez les nourrissons ait atteint un minimum historique en dépit de l’amélioration conséquence du diagnostic depuis quinze ans).

    En février 2016, une étude a estimé qu’une couverture vaccinale à 75 % chez les adolescents et les adultes aurait pu éviter au moins 429 cas de coqueluche chez les moins de 3 mois entre 2004 et 2012 (et au plus 617, selon la fourchette haute), ce qui correspond à une fourchette de dix à quinze morts de nourrissons évitées.

    Impact épidémiologique : chute de 99,3 % des cas entre 1959 et 1985

    Nombre de cas de coqueluche entre 1945 et 1985.

    02000400060008000194519471949195119531955195719591961196319651967196919711973197519771979198119831985◀ Vaccin introduit en 1959

    Source : Santé Publique France (déclarations obligatoires)

    Nombre de cas graves de coqueluche chez l'enfant entre 1996 et 2015.

    010020030040050019961997199819992000200120022003200420052006200720082009201020112012201320142015

    Source : réseau Rénacoq

    Rougeole

    Vaccin introduit en France en 1968, inscrit au calendrier vaccinal en 1983.

    Couverture vaccinale (2 doses) :

    Proportion de vaccinés en 2015 parmi les sujets âgés de :

       

    24 mois

    6 ans

    11 ans

    15 ans

    78,8 %

    La rougeole est une infection virale éruptive qui fait l’objet d’un programme d’éradication en France et en Europe sous l’égide de l’OMS depuis 2005. Cette maladie hautement contagieuse touche principalement les nourrissons et peut entraîner chez eux des complications rares mais sévères, voire mortelles (encéphalite, pneumopathie, etc.). Surveillée depuis 1985 par le réseau Sentinelles (créé en 1984) pour observer les effets de la vaccination généralisée débutée en 1983, l’incidence de la maladie a très largement chuté, passant de plusieurs centaines de milliers de cas annuels à seulement quelques centaines en 2015, au fur et à mesure que la couverture vaccinale augmentait.

    En 2008, la maladie fut considérée suffisamment rare pour rendre obligatoire sa déclaration par n’importe quel médecin, permettant de suivre sa progression de manière plus précise qu’avec le réseau Sentinelles. Malheureusement, la couverture vaccinale insuffisante pour les deux doses nécessaires du vaccin a provoqué une épidémie de rougeole inédite en France entre 2008 et 2012.

    Depuis 2008, 43 000 cas de rougeole ont été déclarés dans l’Hexagone (en prenant en compte la sous-déclaration), entraînant 6 655 hospitalisations (selon le programme de médicalisation des systèmes d’information – PMSI), près de 1 500 pneumopathies graves, 31 encéphalites, une myélite et deux syndromes de Guillain-Barré. Au moins dix personnes sont mortes de la rougeole lors de l’épidémie : trois sujets vaccinables mais non vaccinés et sept ayant des contre-indications (immuno-dépressives, c’est-à-dire que leurs défenses immunitaires étaient largement affaiblies ou inexistantes, rendant leur protection dépendante de la vaccination des autres).

    La contagiosité de la maladie est telle qu’en l’absence d’une très haute couverture vaccinale des deux doses requises (estimée suffisante vers 95 %), le risque de nouvelles épidémies n’est pas écarté. En 2015, la maladie a atteint 364 nouveaux cas (dûs à un foyer épidémique en Alsace) et en 2017, entre le 1er janvier et le 15 juin, ce sont 295 cas qui ont été signalés (un autre foyer épidémique en Lorraine a été détecté). A la date du 30 avril, deux cas d’encéphalite et 18 pneumopathies graves ont été recensés. Le 27 juin, une jeune fille de 16 ans qui n’était pas vaccinée est décédée de la rougeole.

    La couverture vaccinale insuffisante peut notamment s’expliquer par la controverse provoquée par une étude parue en 1998 dans la revue The Lancet par le britannique Andrew Wakefield, faisant le lien entre le vaccin ROR et l’autisme. Alors même que l’étude en question a été strictement contredite par tous les travaux de recherche ultérieurs, que la revue l’ayant publiée s’est rétractée, qu’elle était gravement entachée de manquements méthodologiques et motivée par un financement de son auteur, l’impact médiatique qu’elle a eu sur l’opinion occidentale a alimenté une méfiance qui perdure.

    Impact épidémiologique : chute de 99,8 % des infections depuis 1985

    Nombre de cas de rougeole entre 1985 et 2015.

    0600001200001800002400003000003600004200004800005400001985198719891991199319951997199920012003200520072009201120132015◀ Vaccin introduit en 1968

    Source : Santé Publique France (déclarations obligatoires) & réseau Sentinelles

    Rubéole

    Vaccin introduit en France en 1976, inscrit au calendrier vaccinal en 1983.

    Couverture vaccinale (2 doses) :

    Proportion de vaccinés en 2015 parmi les sujets âgés de :

       

    24 mois

    6 ans

    11 ans

    15 ans

    78,8 %

    La rubéole est une maladie infectieuse virale bénigne touchant principalement les enfants de moins de 3 ans, mais pouvant provoquer de graves malformations congénitales à un nouveau-né (voire la mort du fœtus) lorsque la mère est atteinte dans le premier trimestre de sa grossesse.

    Après quelques années de variations entre l’introduction du vaccin (1976) et son inscription au calendrier vaccinal (1983), l’incidence des infections rubéoleuses en cours de grossesse et des malformations congénitales a durablement baissé et touche désormais environ une naissance sur cent mille. Santé publique France, sous la plume du docteur Daniel Lévy-Bruhl, responsable de la vaccination, estimait en 2016 que les 58 infections en cours de grossesse (dont six rubéoles malformatives) déclarées entre 2004 et 2013 « auraient pu être évitées si le calendrier vaccinal avait été respecté » (c’est-à-dire si la couverture vaccinale avait atteint 95 %).

    Impact épidémiologique : chute de 97,1 % de l'incidence des infections et malformations depuis 1983

    Taux d'incidence des infections rubéoleuses en cours de grossesse et des rubéoles congénitales malformatives par 100 000 naissances entre 1976 et 2014.

    010203040506019761978198019821984198619881990199219941996199820002002200420062008201020122014◀ Vaccin introduit en 1976

    Source : réseau Rénarub

    Oreillons

    Vaccin introduit en France et inscrit au calendrier vaccinal en 1986.

    Couverture vaccinale (2 doses) :

    Proportion de vaccinés en 2015 parmi les sujets âgés de :

      

    24 mois

    6 ans

    15 ans

    78,8 %

    Les oreillons, maladie contagieuse virale affectant les glandes salivaires proches des oreilles, se sont largement raréfiés depuis l’introduction de la vaccination en 1986, passant de 475 000 cas annuels à moins de 9 000 en 2015. La maladie est bénigne la plupart du temps mais, à l’instar de la rougeole et de la rubéole, peut entraîner des complications graves (méningites, surdité temporaire ou définitive, inflammation des testicules), spécialement chez les adolescents et jeunes adultes (beaucoup plus rarement chez les enfants). Bien qu’un rappel soit recommandé à l’âge de 11 ans (et mieux suivi que la moyenne des rappels avec 93,2 % de couverture vaccinale à cet âge), la maladie est plus difficile à éliminer complètement en raison de la durée limitée de protection immunitaire qu’offre le vaccin actuel, moins efficace que les souches de rougeole et de rubéole présentes dans le même vaccin.

    Santé publique France notait en 2016 qu’« il n’est pas certain que l’atteinte d’une couverture vaccinale de 95 % avec le vaccin triple ROR permette d’éliminer définitivement les oreillons ». Plusieurs cas groupés d’oreillons ont ainsi été attestés parmi des jeunes adultes vaccinés en tant que nourrissons.

    Impact épidémiologique : chute de 98,4 % des infections depuis 1986

    Taux d'incidence des oreillons entre 1986 et 2015.

    025050075010001250198619881990199219941996199820002002200420062008201020122014◀ Vaccin introduit en 1986

    Source : réseau Sentinelles

    Hépatite B

    Vaccin introduit en France en 1982, inscrit au calendrier vaccinal en 1994.

    Couverture vaccinale :

    Proportion de vaccinés en 2015 parmi les sujets âgés de :

       

    24 mois

    6 ans

    11 ans

    15 ans

    88,1 %

    L’hépatite B est une infection du foie d’origine virale qui, sous sa forme aiguë, se guérit en quelques semaines, mais qui, sous ses formes chronique ou fulminante, entraîne des complications sévères létales (respectivement des lésions du foie provoquant une cirrhose ou un cancer et une atteinte du foie nécessitant une greffe).

    Recommandé pour les nourrissons depuis 1994 par les autorités et objet d’une grande campagne dans le milieu des années 1990, le vaccin contre l’hépatite B a contribué à réduire grandement le nombre d’hépatites B fulminantes et aiguës, malgré une couverture vaccinale insuffisante, spécialement chez les adolescents, où elle stagne à environ 45 % seulement. La couverture chez les nourrissons, au départ très faible (27,5 % en 1998 à 2 ans) a progressivement augmenté et frôle désormais les 90 % (88,1 % en 2015).

    Reste que, depuis 2003-2004, la maladie n’a que peu reculé en raison de l’insuffisance de la couverture vaccinale des adolescents et jeunes adultes, et que les gains récents de couverture vaccinale chez les nourrissons n’auront d’impact que d’ici au moins quinze ans (l’hépatite B se transmet par le sang ou d’autres fluides, mais la transmission sexuelle reste le facteur de risque le plus élevé). Sur les 969 cas déclarés entre 2006 et 2013, 489 sont survenus chez des sujets ayant reçu uniquement la première dose du vaccin mais pas la seconde, pourtant requise pour assurer une protection contre la maladie.

    En prenant en compte la sous-déclaration (on estime que seulement un cas sur cinq d’hépatite B est déclaré), le respect du calendrier vaccinal pourrait éviter entre 260 et 300 infections aiguës symptomatiques addittionnelles chaque année.

    La faible couverture vaccinale s’explique notamment par la polémique qui a entouré le vaccin contre l’hépatite B, accusé de provoquer des scléroses en plaques (SEP). Pourtant, après plusieurs années de recherche sur la question, aucun lien entre le vaccin et cette affection n’a jamais pu être démontré. Si tous les doutes ne sont pas écartés en raison des difficultés à démontrer l’absence de lien entre le vaccin contre l’hépatite B et la survenue d’une SEP, la communauté scientifique est confiante et estime « hautement probable » l’apparition de maladies préexistantes concomitante à la vaccination à l’hépatite B, étant donné le très grand nombre de Français vaccinés en quelques années (25 millions de personnes entre 1994 et 2000).

    Sur la dizaine d’études menées sur la question, neuf ont conclu à une absence de lien de causalité et une seule a conclu à une augmentation significative du risque de développer une SEP.

    Dans le cas où un lien existerait, deux études ont tenté de modéliser le rapport bénéfice/risque. Une étude française montre que la vaccination de 800 000 préadolescents de 10 ans à 12 ans exposerait à 1,1 cas supplémentaire de sclérose en plaques tout en évitant jusqu’à 21 cas d’hépatite fulminante et 49 cirrhoses. L’étude italienne montre que la vaccination de 100 000 adolescents de 12 ans entraînerait 0,4 à 1 cas supplémentaire de sclérose tout en évitant 1 063 nouvelles hépatites et 51 cirrhoses. Ces études sont faites sous l’hypothèse d’un lien entre cette maladie et le vaccin, hypothèse qui n’est pour l’heure pas démontrée.

    Impact épidémiologique : chute de 90 % des greffes en treize ans

    Nombre de tranplantations pour hépatite B fulminante entre 1990 et 2003.

    051015202519901991199219931994199519961997199819992000200120022003◀ Vaccin introduit en 1982

    Source : registre européen des greffes hépatiques (ELTR), Pr D. Samuel

    Chute de l'incidence entre 2000 et 2008

    Taux d'incidence de l'hépatite B aigüe entre 2000 et 2008.

    07142128354249200020012002200320042005200620072008◀ Vaccin introduit en 1982

    Source : réseau Sentinelles

    Précision : les données du réseau Sentinelles étant approximatives du fait de la rareté de la maladie et de la difficulté d'établir des chiffres nationaux, seule la tendance est pertinente.

    Nombre de cas estimés d'hépatite B symptomatiques entre 2003 et 2015.

    0501001502002502003200420052006200720082009201020112012201320142015◀ Inscrit au calendrier vaccinal en 2004

    Source : Santé Publique France (déclarations obligatoires)

    Haemophilus Influenzae B

    Vaccin introduit en France et inscrit au calendrier vaccinal en 1992.

    Couverture vaccinale :

    Proportion de vaccinés en 2015 parmi les sujets âgés de :

      

    9 mois

    24 mois

    11 ans

    96,6 %

    Le vaccin contre Haemophilus influenzae a permis de réduire drastiquement les infections invasives (principalement des méningites) que cette bactérie provoque. De cinquante cas pour cent mille personnes, l’incidence a chuté à moins d’un cas pour cent mille personnes en moins de dix ans de vaccination. Lors de l’introduction de celle-ci en 1992, cette bactérie était responsable de plus de mille cas chez l’enfant, provoquant près de 600 méningites, une trentaine de décès et une centaine de cas avec séquelles définitives.

    Depuis, aucune infection invasive due à cette bactérie n’a été diagnostiquée chez un enfant ayant reçu la série vaccinale complète, et l’immunité de groupe engendrée par la haute couverture vaccinale a pu également réduire les risques chez les nourrissons de moins de 3 mois, trop jeunes pour être vaccinés. Entre 1996 et 2012, 43 cas de méningite ont été diagnostiqués chez des enfants non vaccinés (29) ou partiellement vaccinés (14), dont une grande partie était évitable par la vaccination.

    Impact épidémiologique : chute de 98 % de l'incidence chez les enfants en treize ans

    Taux d'incidence des méningites à Haemophilus influenzae chez les enfants de moins de cinq ans entre 1991 et 2015.

    01020304050601991199219931994199519961997199819992000200120022003200420052006200720082009201020112012201320142015◀ Vaccin introduit en 1992

    Source : réseau Epibac

    Pneumocoque

    Vaccin introduit en France et inscrit au calendrier vaccinal en 2003.

    Couverture vaccinale :

    Proportion de vaccinés en 2015 parmi les sujets âgés de :

    9 mois

    24 mois

    92,4 %

    Le pneumocoque est une bactérie provoquant des infections invasives sources de complications graves, telles que des méningites, septicémies ou des pneumonies, et peut occasionner des séquelles sévères (épilepsie, surdité, etc.), dont le taux de mortalité est très haut (10 % à 30 % chez l’adulte, 10 % chez l’enfant).

    La vaccination débutée en 2003 a permis un recul certain mais limité des infections invasives dues à la bactérie. Les baisses sont de 48 % et 38,5 % pour, respectivement, les plus jeunes (moins 1 an) et les seniors (plus de 65 ans). La baisse de l’incidence chez les plus âgés étant un bénéfice indirect de l’immunité de groupe obtenue par la vaccination des plus jeunes. Cette réduction limitée s’explique notamment par l’inefficacité du premier vaccin à combattre tous les pneumocoques (le Prévenar-7), celui-ci ne contenant que sept sérotypes (sept variantes de la bactérie) alors qu’il existe 94 souches recensées en circulation.

    Le Prévenar-13, un vaccin contenant treize sérotypes responsables en 2008 de 67,8 % des infections chez les enfants de 0 à 23 mois et de 77,6 % des infections pour les 1 à 3 ans l’a remplacé en 2010 et permet de protéger plus efficacement les nourrissons. Malgré cela, le vaccin actuel à treize sérotypes est jugé peu apte à éliminer totalement les infections par pneumocoque, car les sérotypes non ciblés par le vaccin ont tendance à émerger et à « remplacer » ceux qui déclinent. Le phénomène est plus léger que lorsque le premier vaccin à sept sérotypes était utilisé, mais persiste.

    Entre 2003 et 2007, on estime qu’une meilleure couverture vaccinale aurait pu éviter entre 45 et 121 cas d’infections invasives dues au pneumocoque, correspondant à une fourchette de cinq à douze morts évitables et quatorze à trente-six enfants atteints de séquelles elles aussi évitables.

    Impact épidémiologique : chute de 48 % des cas d'infections invasives chez les moins d'un an depuis 2003

    Nombre de cas par 100 000 personnes d'infections invasives à pneumocoque de 1998 à 2015.

    010203040Moins d'un anPlus de 65 ansTous âges199819992000200120022003200420052006200720082009201020112012201320142015◀ Prévenar-7◀ Prévenar-13

    Source : réseau Epibac, Santé Publique France & Centre National de référence des pneumocoques

    Méningocoque C

    Vaccin introduit en France en 2002 et inscrit au calendrier vaccinal en 2010.

    Couverture vaccinale :

    Proportion de vaccinés en 2016 parmi les sujets âgés de :

        

    2 ans

    3-9 ans

    10-14 ans

    15-19 ans

    20-25 ans

    70,9 %

    Les infections à méningocoque C sont dues à Neisseria meningitidis (une bactérie présente dans la gorge de 30 % des adolescents et 10 % des adultes) et provoquent des méningites et des septicémies redoutables (mortelles dans 20 % à 30 % des cas). Les infections invasives touchent surtout les nourrissons, les jeunes enfants et les jeunes adultes de 15 ans à 24 ans.

    Malheureusement, la couverture vaccinale est largement insuffisante pour espérer faire reculer durablement et efficacement ces infections potentiellement mortelles ou causes de séquelles définitives. L’incidence a nettement baissé dès 2002 pendant huit ans, avant de croître à nouveau, commençant un nouveau cycle que la faible couverture vaccinale n’a pas permis d’enrayer.

    Entre 2011 et 2015, 569 cas de ces infections ont été déclarés, dont 255 sont survenus chez des sujets non vaccinés ciblés par le vaccin (de 1 an à 24 ans). Les vingt-cinq décès qui en ont résulté ont été estimés quasiment tous évitables par une haute couverture vaccinale. Chez nos voisins européens (Royaume-Uni, Pays-Bas) ayant atteint une couverture vaccinale élevée (supérieure à 85 %), le vaccin a permis une réduction de plus de 80 % des cas.

    Impact épidémiologique : chute de 46,8 % des infections invasives à méningocoque C

    Nombre de cas d'infections invasives à méningocoque C entre 1995 et 2016.

    0501001502002503001995199619971998199920002001200220032004200520062007200820092010201120122013201420152016

    2005
    ● Nombre de cas: 159 cas

    ◀ Vaccin introduit en 2002

    Source : Santé Publique France (déclarations obligatoires)

    A propos des données

    Les données utilisées en Open Data

  • Castoriadis et la démocratie

    A écouter ou à lire pour avoir une vision claire de la démocratie. 

  • Politique et paradis fiscaux

    « Si nos politiciens étaient honnêtes, le système égotique actuel ne tiendrait pas longtemps. »

     

    Ces grands possédants n’ont jamais eu de peine à s’entendre pour conserver leurs intérêts, et ils décident d’utiliser les paradis fiscaux pour faire de l'évasion fiscale, mais surtout rendre intraçables des transactions, illégales la plupart du temps.

     

     

    https://lareleveetlapeste.fr/si-nos-politiciens-etaient-honnetes-le-systeme-egotique-actuel-ne-tiendrait-pas-longtemps/?

    3 novembre 2020 - Matthieu Delaunay

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    Envie d’une vraie déconnexion ? Évadez-vous avec notre bande dessinée !

    - Thème : effondrement de la société, abordé de manière douce et positive
    - Format : 128 pages
    - Impression : France

     

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    Avec « Là où est l’argent », Maxime Renahy signe un témoignage personnel saisissant et rare ainsi qu’un cours magistral sur son travail dans les services secrets contre la fraude et les paradis fiscaux. Entretien autour de l’éthique, de l’intégrité et de l’intérêt général.

    Propos recueillis par Matthieu Delaunay – @Delaunaymatth

    LR&LP : Qu’est-ce qui vous a amené, alors que vous étiez administrateur de fonds à Jersey, à proposer votre collaboration à la direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE) ?

    Maxime Renahy : Mon grand-père paternel et mon père ont été des piliers de mon éducation. En 1941, mon grand-père s’est engagé dans la résistance. Il a notamment sauvé des rafles de nombreux juifs, puis a été capturé par les Allemands. Il s’est ensuite échappé, a pris la direction du Maghreb où il a rejoint les FFL (Forces françaises libres, ndlr) où il est devenu goumier (membre d’unités d’infanteries légères composées de troupes marocaines, ndlr).

    Vingt ans plus tard, pendant la guerre d’Algérie, il a aidé pendant deux ans une trentaine d’Algériens en les cachant dans une chapelle au fond de son jardin. Il a répondu à l’appel d’un curé réputé de Besançon qui cherchait quelqu’un pour protéger les Algériens des ratonnades qui avaient cours à cette période.

    Mon grand-père était quelqu’un de taiseux, très catholique, droit et austère, mais auprès de qui j’ai ressenti beaucoup de choses. C’était un homme qui, à 19 ans, a mis sa vie en jeu contre l’avis de son père pour rentrer dans l’illégalité afin de servir l’intérêt collectif.

    Mon père, lui, a été un établi (militant politique établi dans une usine pour y partager la condition de vie ouvrière et y diffuser ses idées, ndlr) dans les années 70, pendant 10 ans sous une fausse identité. C’était le n°3 d’un parti maoïste interdit par Valéry Giscard d’Estaing. Dans ma famille, y a donc toujours eu cet aspect de servir jusqu’au bout et à l’excès.

    Nous vivions dans la pauvreté, mais, pour mon père, il n’y avait rien de plus beau que de se dédier à l’intérêt général.

    Ces personnes-là m’ont forgées et c’est sans doute pour cela que j’ai toujours été à la recherche d’une vie d’aventure au service du collectif. Après mon bac, je me suis mis à travailler dans l’hôtellerie de luxe pour vivre. Arrivés à Paris avec mon frère, plutôt que d’aller visiter la tour Eiffel, je lui ai demandé de me prendre en photo dans le 20ème arrondissement, devant la caserne de la Direction générale des services extérieurs (DGSE, ndlr).

    La vie offre toujours une porte dérobée pour arriver dans un endroit dans lequel on ne nous attend pas à l’origine. Je suis rentré dans le journalisme sans la formation, dans la finance sans la formation, à la DGSE sans la formation, et j’ai écrit un livre sans formation non plus. Cette prédétermination, c’est à chacun de la dépasser pour laisser libre court à sa créativité. Le désir et le travail font que les opportunités s’ouvrent.

    Votre plongée dans le monde des paradis fiscaux commence alors que vous travaillez en Angleterre.

    Quand une amie anglaise, rencontrée alors que je travaillais dans un hôtel de luxe, me propose d’aller travailler à Jersey, je ne savais rien sur les paradis fiscaux, rien sur les lanceurs d’alertes. Nous sommes en 2007, et peu de médias traitaient ces sujets. Le monde de l’information a beaucoup changé en 15 ans.

    J’ai accepté cette proposition sans hésiter, car j’ai eu l’intuition que c’était l’opportunité de travailler avec la DGSE. Je me suis dit que cela pourrait être le moyen de faire advenir mes rêves. Dans une société basée sur la raison, parler d’intuition peut sembler un peu naïf, mais j’ai toujours fonctionné comme ça.

    Vous arrivez donc à Jersey.

    En quelques semaines, je comprends que je suis dans le « Saint des saints ». Il m’a d’abord fallu beaucoup travailler pour bien comprendre ce que je faisais et avec qui. J’ai eu la chance de travailler sous la direction d’un mentor qui m’a appris toutes les ficelles du métier d’administrateur de fonds et au bout de quatre mois, je me suis dit que j’avais l’opportunité de contacter la DGSE.

    Après une première tentative ingénue de prise de contact sur le site web de l’armée, je tente plus tard, par un appel téléphonique, d’en savoir plus. Puis, je fais la rencontre de celui qui deviendra mon officier traitant, qui donnera suite à d’autres rencontres qui s’étalent sur un peu moins d’un an. Ensuite, tout est allé très vite. J’ai travaillé pour la DGSE pendant 5 ans en tant qu’agent secret.

    Beaucoup ne comprennent pas vraiment les termes qui ont trait à la haute finance. Selon ma compréhension, un fonds d’investissement est un organisme qui permet à un collectif de détenir et gérer des actifs financiers pour bénéficier d’une gestion professionnelle et profitable. Pourriez-vous en détailler les origines et les pratiques ?

    Dans mon portefeuille de gestion, à Jersey puis au Luxembourg, il y avait une immense majorité de Fonds Private equity (Fonds d’investissement en capital dans des entreprises non cotées, ndlr), qui n’est pas du capital risque. Il s’agit d’un titre de fonds spécifique de rachat de sociétés non cotées en bourse, ce qui ne veut pas dire qu’elles ne puissent pas le devenir par la suite.

    Les membres de ces fonds jouent sur toutes les paramètres pour s’enrichir : en sur endettant les entreprises qu’ils rachètent, en remontant des profits via très souvent un remboursement de dette fictive vers des paradis fiscaux, en désossant les entreprises pour les revendre plus facilement, etc.

    Je fais un petit rappel historique : le système de finance offshore vient de la Suisse, de la Grande-Bretagne et des États-Unis et apparait à la fin du 19ème siècle. Dès les années 1920, d’énormes fortunes américaines s’organisent en fonds d’investissement pour s’associer et être plus fortes et profitables (le livre de Christian Chavagneux à ce sujet est une référence).

    Ces grands possédants n’ont jamais eu de peine à s’entendre pour conserver leurs intérêts, et ils décident d’utiliser les paradis fiscaux pour faire de l’évasion fiscale, mais surtout rendre intraçables des transactions, illégales la plupart du temps.

    Pour cela ils usent de la création de monopoles, d’abus de bien sociaux, d’abus de confiance, de délits d’initiés, du blanchiment d’argent, etc. Cette pratique s’est accélérée avec l’explosion de l’industrialisation et de la mondialisation et le développement de l’informatique.

    La richesse a augmenté de façon exponentielle, les pratiques d’évasion fiscale se sont accrues et complexifiées avec les Hedges Funds par exemple, qui sont peu réglementés et réservés à la catégorie des investisseurs institutionnels ou aux grandes fortunes. Il y a aussi les fonds en immobilier, capital-risque, fonds souverains.

    Tous fonctionnent de façon opaque et je témoigne que les groupes dits « respectables » en utilisent et que les multinationales utilisent également d’autres moyens pour transférer leurs profits. Je n’avais pas une grande connaissance en dehors des multinationales bancaires et des assurances de par mon parcours à Jersey et au Luxembourg.

    Mais c’est grâce au groupe que j’ai monté en 2013, constitué aujourd’hui d’une cinquantaine de personnes qui travaillent avec moi sur ces sujets, que je me suis formé sur les fraudes des multinationales et des prix de transfert.

    Capture d’écran d’un entretien à Thinkerview

    C’est donc avec cette masse d’argent mise en commun que les détenteurs de fonds s’enrichissent, et ce, par des moyens légaux, illégaux et amoraux ?

    Exactement. Le côté légal n’est qu’un vernis. Ces pratiques sont tout le temps illégales et immorales en permanence, mais ne parlons même pas de ce dernier point.

    Vous parlez de vernis légal. Mais pourquoi son existence ? Qui fait ces lois ? Pour quels intérêts ?

    Je vais donner un exemple. Je viens de terminer une Investigation sur le groupe Verallia, leader mondial de l’emballage en verre. Cette entreprise va licencier 200 personnes dans le Sud-ouest de la France, à Cognac. Mon ami Fabien Roussel, député et secrétaire national du Parti communiste français, m’a demandé de regarder ça, car les salariés et lui trouvent que cette histoire est louche.

    J’ai donné un premier coup de sonde et constaté qu’effectivement, il y avait des choses bizarres. J’ai donc investigué en urgence, et voilà ce que j’ai découvert. En décembre 2019, Verallia a transféré 559 millions d’euros de sa holding basée au Luxembourg vers les iles Caïmans, qui est sur la liste noire des paradis fiscaux.

    Pendant ce temps, la BPI (Banque publique d’investissement, ndlr) est investie aux côtés du fonds d’investissement Apollo, dans Verallia. En plus de ce transfert, ils ont remonté des profits de plusieurs centaines de millions d’euros sur cinq ans, via une dette à un taux usurier de remboursement, de 8 %, interdit par les directives européennes.

    Le fonds se prête à lui-même au niveau des structures européennes pour remonter les profits de façon déguisée.

    Or, nous sommes dans une période où les taux d’intérêt n’ont jamais été aussi bas, pour ne pas dire négatifs parfois, pour les entreprises. En plus de cela, le management de Verallia touchait des actions gratuitement du groupe, s’il respectait des objectifs de restructuration.

    Dans le même temps, se pose la question des salariés qui n’ont pas touché la part due de leur participation et de leur intéressement, auxquels ils avaient légalement droit. Pour expliquer cela, on leur a fait croire qu’il n’y avait pas suffisamment d’argent dans l’entreprise, alors qu’on a fait remonter des profits faramineux vers les paradis fiscaux.

    Suite à cette enquête, j’ai été contacté par le FISC qui a déclenché deux contrôles sur Verallia. Au cours d’un appel téléphonique, ils m’ont proposé de nous rencontrer à la DVNI (Direction des vérifications nationales et internationales qui contrôle tous les impôts, droits et taxes dus par les entreprises réalisant un chiffre d’affaires supérieur à 150 millions d’euros, ou dont l’actif brut est supérieur à 400 millions d’euros, ndlr). J’ai accepté avec plaisir cette invitation et j’attends maintenant une proposition de date.

    Réunion de la CGT devant un des sites de Verallia

    Mais ce vernis légal ne sort pas de nulle part ?

    Non. Toutes ces façons de faire en France, ne pourraient continuer sans des réseaux, des connivences, des amitiés au plus haut niveau de l’Etat, avec des hauts fonctionnaires et certains politiques qui permettent d’organiser ça depuis 50 ans.

    On peut dire que l’adversaire, c’est « le monde de la finance, les Chinois et les Américains qui nous pillent », ce qui est vrai ; mais si en face nous avions des gens qui défendaient l’intérêt collectif, qu’ils croient ou pas en l’indépendance de la Nation, ou en une forme de souveraineté, les choses se passeraient différemment.

    Ce qui se passe, c’est que, en plus d’être incompétents, ces gens vivent avant tout en vendant la souveraineté de la France, du collectif, au plus offrant. Je ne peux pas faire grand-chose de plus que de semer des graines pour ce qui va se passer dans le futur, s’il se passe quelque chose, ce qui est aussi loin d’être sûr.

    Pensez-vous que la population, dans son ensemble, souhaite que ces états de fait changent ?

    Je pense que, pour la majorité, les gens s’en fichent encore. Ils ne changeront pas leur façon de vivre, de penser et de s’entre-aider avec la crise écologique qui couve. Pour eux, ça n’est pas suffisant pour bouger.

    Mais si une crise économique majeure met une partie du système à terre, quelques-uns se réveilleront et se demanderont : « comment tourne cette machine ? Qui fait marcher l’Etat ? ».

    Selon moi, tant qu’il y aura une couche moyenne aisée en France, qui représente à peu près 30 % de la population, tant que ces personnes resteront confortablement installées à leur place, il n’y aura pas de changement.

    Et les lanceurs d’alertes, les syndicalistes et les activistes n’y changeront rien. Nous faisons donc notre travail, heureux de le faire, et conscients que ce travail est limité du fait du pouvoir d’inertie.

    L’impunité financière en France est donc simplement due à la corruption de certains de nos dirigeants ?

    C’est presque aussi simple que ça. Il a aussi le laisser faire d’une partie de la population. Si nous avions une équipe au pouvoir, aussi imparfaite soit-elle car nous ne sommes que des mortels, qui soit honnête et qui comprenne le concept de l’intérêt général et le serve, le système égotique dans lequel nous vivons à l’heure actuelle ne tiendrait pas longtemps. Beaucoup de cartes seraient redistribuées et des choses basiques seraient changées rapidement.

    Il y aura bien sûr une forme de violence et de résistance en face, de la part de certaines personnes qui ne voudront rien lâcher, mais je crois que les choses peuvent encore bouger. C’est dans cette perspective que nous semons.

    Aujourd’hui, il y a la COVID, les Gilets jaunes, mais ces évènements importants n’ont pas encore fait suffisamment vaciller l’Etat. A un moment donné, la vague sera plus importante et nous aurons quelque chose à jouer pour que ça évolue dans le bon sens.

    Vous y croyez ?

    Oui, presque contre mon gré. Même si j’essaie de me raisonner, j’ai la foi en fait. Physiquement je sens qu’il y a quelque chose, que nous sommes aux prémices de quelque chose de neuf. Si un jour cette sensation disparaissait, je retournerais faire mon jardin et écrire des livres. Mais tant que je ressens cette force et cette foi, je continuerai un peu plus chaque jour.

    Quelle est votre définition de l’intérêt général ?

    Ma conception englobe déjà la nature et le respect qu’on doit lui porter. L’intérêt général, pour moi, est quelque chose de frugal. C’est un endroit où tout le monde a ses chances, dans lequel chacun est capable de s’autolimiter pour n’écraser, ni la nature ni les autres. Il y a aussi la notion d’entraide qui y est fondamentale. C’est le ciment nécessaire à notre tissu collectif.

    Elle consiste en un dévouement aux autres avant soi, en une égalité entre tous et une amitié, une camaraderie, qui offre une entente sur laquelle l’entraide peut naitre. Pour résumer l’intérêt général c’est : entraide, égalité, liberté, et autolimitation dans une planète finie.

    Toutes les questions que vous soulevez pourraient se résumer ainsi : plus de contrôle, moins de passe-droit. Il faudrait simplement que nos dirigeants soient intègres ?

    Voilà. Le temps est venu que le peuple devienne souverain et que soit constituée une structure pour accompagner ce changement dans lequel il vivra dans un état démocratique, plus développé que l’embryon qui existe en Suisse. Le peuple sera l’Etat.

    Il aura la possibilité de mesurer l’impact des actions menées par les dirigeants par le biais d’associations citoyennes, de systèmes différents, flexibles, qui seront en mesure de demander des comptes concernant des grands sujets comme celui de la pollution, de l’industrie, ou la possibilité de battre à nouveau monnaie.

    Je pense qu’on n’aura pas d’autre choix que de rebattre monnaie et de ne plus laisser cette prérogative aux banques privées. Un point de rupture est en train d’arriver. De notre côté, il nous faut rester tranquilles et créatifs pour transformer ce monde basé sur la domination.

    Les garderies Babilou ont été financées par le fonds Alpha private equity en passant par Jersey, les plateformes de pétition comme Change.org sont basées au Delaware, un des plus gros paradis fiscaux au monde. C’est désespérant. Comment arriver à faire les choses de façon éthique et intègre ?

    Il y a là un côté que je trouve très encourageant : quel que soit le domaine de lutte, nous sommes de plus en plus conscients de ce qui se passe dans le monde. Je m’en réjouis. Il faut toujours, sans être paranoïaque, veiller à être vigilant. À qui est-ce que je confie ma signature ? À qui, pourquoi je donne mon argent ?

    Grâce à internet, on peut aujourd’hui donner quelques coups de sondes pour se faire un premier avis, puis creuser en s’informant précisément. Il y a aussi beaucoup de choses alternatives qui existent, qui permettent de consommer différemment, y compris même de signer des pétitions. Il faut simplement prendre le temps de les chercher et de les utiliser.

    Je crois aux choses toutes simples, qui s’inscrivent dans le local. Je vis très simplement en regardant comment je peux être le plus vigilant possible. Rien ne sera parfait, mais il me semble que c’est la seule façon de réduire nos impacts négatifs dans nos vies, notre système et sur la planète.

    crédit photo couv : Capture d’écran d’un entretien à Thinkerview

    3 novembre 2020 - Matthieu Delaunay

  • Passeport vert

    Bon, comment dire ? Je n'aime pas ça du tout.

    Premièrement, cette députée raconte n'importe quoi quand elle dit que le vaccin permet de se protéger ET de protéger les autres. Il faudrait qu'elle écoute les scientifiques compétents. Le vaccin est censé empêcher la personne vaccinée de tomber malade mais cette personne pourrait très bien porter le virus et contaminer les autres, d'autant plus que le vaccin empêchera l'émergence de symptômes significatifs. Une personne vaccinée pourrait donc très bien porter le virus et le propager. Un vaccin ne "tue" pas un virus, il empêche la maladie de se propager dans l'individu parce que le système immunitaire a appris à se défendre contre elle. 

    "On ne sait toutefois pas précisément combien de temps dure la protection même si Moderna avance que son vaccin produit des anticorps persistant trois mois après la vaccination. Précisons que cette conclusion repose sur une étude limitée à 34 participants. On ne sait pas non plus si les personnes vaccinées pourront transmettre ou non le virus. C'est un point crucial sur lequel il est impossible de répondre clairement. "

    https://www.rtl.fr/actu/bien-etre/coronavirus-michel-cymes-explique-ce-qu-est-un-vaccin-a-arn-messager-7800940958

     

     

    Il existe des pages très claires sur les vaccins. En voici une :

    https://www.vaccination-info.be/la-vaccination-c-est-quoi/

     

     

     

    Une députée UDI suggère la mise en place d'un “passeport vert” pour les personnes vaccinées

    Par 

    Auteur

    valeursactuelles.com

     / Jeudi 17 décembre 2020 à 15:3923

    Photo d'illustration © Valery Sharifulin/TASS/Sipa USA/SIPA

    Afin d’encourager les Français à se vacciner contre le Covid-19, la députée UDI Valérie Six, est favorable au “passeport vert” pour “retrouver” au plus vite “une vie normale”.

    Selon un sondage Ifop-Fiducial pour CNews et Sud Radio, une majorité de Français (61%) sont encore réticents à l’idée de recevoir une injection et 28% sont catégoriques. Les 33% restants n’iront « probablement pas » se faire vacciner. Face à de tels chiffres, le groupe UDI à l'Assemblée nationale a mis en avant une proposition pour «inciter» à se protéger du Covid-19. Comme le rapporte en effet Le Figaro, la députée de centre droit (UDI) Valérie Six a proposé de mettre en place un « passeport vert » pour toute personne qui aura été vaccinée. « Nous pourrions prendre exemple sur Israël qui octroie à chaque personne vaccinée un passeport vert, permettant de se rendre dans des lieux de culture, de restaurant... En définitive, de retrouver une vie normale», a-t-elle expliqué au Figaro.

    « La vaccination permet de se protéger soi-même, mais également autrui… »

    Et la députée du Nord d’ajouter : « Notre groupe considère qu'une telle mesure serait de nature à inciter les Français à se faire vacciner et à faire prendre conscience que la vaccination permet de se protéger soi-même, mais également autrui». Valérie Six espère ainsi que la prise de conscience des Français va permettre de retrouver « une vie sociale, une vie culturelle».

     

    Mais ce qui m'inquiète encore plus, c'est ce projet de loi, sorti aujourd'hui. Là, on entre très clairement dans la mise en place d'injonctions faites aux citoyens et ces injonctions pourraient aller jusqu'à la vaccination obligatoire ou à tout le moins à l'élaboration d'un passeport vert, un signe de reconnaissance en quelque sorte, un permis de séjourner aux pays des vaccinés. Quelles seront les rétorsions imposées aux non-vaccinés ? Telle est la question ? 

    Affaire à suivre de près. 

     

    Extrait du texte. L'ensemble est très long et laborieux à lire. Evidemment...

    https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/textes/l15b3714_projet-loi

    N° 3714

    _____

    ASSEMBLÉE  NATIONALE

    CONSTITUTION DU 4 OCTOBRE 1958

    QUINZIÈME LÉGISLATURE

    Enregistré à la Présidence de l’Assemblée nationale le 21 décembre 2020.

    PROJET  DE  LOI

    instituant un régime pérenne de gestion des urgences sanitaires,

    (Procédure accélérée)

    (Renvoyé à la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale
    de la République, à défaut de constitution d’une commission spéciale
    dans les délais prévus par les articles 30 et 31 du Règlement.)

    PRÉSENTÉ

    par M. Jean CASTEX,

    Premier ministre

    – 1 –

    EXPOSÉ DES MOTIFS

    L’épidémie de covid‑19 a imposé l’élaboration en extrême urgence, en mars dernier, d’un cadre législatif permettant de faire face à la crise qu’elle a provoquée. Soucieux de réexaminer ce cadre dans un contexte moins contraint, le législateur a prévu dès l’origine sa caducité au 1er avril 2021. Bien que ce régime ait fait ses preuves, cette échéance n’a été remise en cause par aucune des trois lois de prorogation intervenues depuis lors. Elle a même été étendue aux systèmes d’information institués pour gérer la crise sanitaire par la loi du 11 mai 2020.

    L’ambition du présent projet de loi est ainsi de substituer à ces dispositions, conçues dans des circonstances particulièrement contraintes et pour faire spécifiquement face à l’épidémie de covid‑19, un dispositif pérenne dotant les pouvoirs publics des moyens adaptés pour répondre à l’ensemble des situations sanitaires exceptionnelles.

    Il s’agit donc de bâtir un cadre robuste et cohérent à partir des dispositions qui préexistaient à la crise et de celles mises en place à cette occasion, qui forment aujourd’hui un ensemble de trois régimes d’urgence imparfaitement articulés : celui des menaces sanitaires graves (art. L. 3131‑1 à L. 3131‑11 du code de la santé publique), celui de l’état d’urgence sanitaire (art. L. 3131‑12 à L. 3131‑ 20) et celui de la sortie de l’état d’urgence sanitaire (article 1er de la loi du 9 juillet 2020), auxquels s’ajoutent des dispositions particulières en matière de systèmes d’information.

    La refonte prévue par le présent projet de loi distingue deux niveaux d’intervention selon la gravité de la situation et la nature des mesures à prendre pour y faire face : l’état de crise sanitaire, d’une part, et l’état d’urgence sanitaire, d’autre part. Ces deux régimes pourront rester parfaitement autonomes mais ils pourront également s’inscrire dans le prolongement l’un de l’autre, car l’état de crise sanitaire pourra être déclenché avant comme après l’état d’urgence sanitaire, soit pour juguler une crise naissante qui n’a pas encore l’ampleur d’une catastrophe sanitaire, soit pour mettre un terme durable aux effets d’une catastrophe qui n’aura pu être empêchée. Pendant la catastrophe sanitaire elle‑même, c’est le régime de l’état d’urgence sanitaire qui s’appliquera avec ses prérogatives propres auxquelles s’ajouteront celles de l’état de crise sanitaire, applicables de plein droit.

     Il est en outre proposé de bâtir un cadre pérenne des systèmes d’information de crise, une disposition législative étant nécessaire pour autoriser, dans la stricte limite nécessaire à leur objet, des dérogations au secret médical, comme c’est actuellement le cas pour les systèmes créés pour la crise de la covid‑19.

    L’article 1er crée ainsi trois nouvelles sections au sein du chapitre Ier du titre III du livre Ier de la troisième partie du code de la santé publique.

    La section 1 prévoit la création d’un état de crise sanitaire ayant vocation à fixer un cadre pour l’exercice de plusieurs prérogatives qui, à l’heure actuelle, ne relèvent pas de l’état d’urgence sanitaire et peuvent directement être mises en œuvre par l’autorité compétente, sans que l’entrée dans le dispositif ne dépende d’un critère unique, ni ne soit formalisé ou limité dans le temps. Le déclenchement de ce régime a donc été conçu par symétrie avec l’état d’urgence sanitaire, tout en assouplissant les exigences procédurales qui prévalent pour ce dernier : déclaré par décret simple en vue de répondre à une menace ou une situation sanitaire grave, l’état de crise sanitaire est prorogé, tous les deux mois, par décret en conseil des ministres pris après avis public du Haut Conseil de la santé publique dont le rôle est étendu par symétrie avec celui du comité de scientifiques en état d’urgence sanitaire. L’information du Parlement sera renforcée par la remise d’un rapport en cas de mise en œuvre de l’état de crise sanitaire pendant plus de six mois.

    La mise en œuvre de ce régime donne compétence au ministre chargé de la santé, comme c’est déjà le cas aujourd’hui en vertu de dispositions éparses, pour ordonner des mesures de mise en quarantaine et de placement à l’isolement, autoriser la mise à disposition de produits de santé et prescrire toute autre mesure relative à l’organisation et au fonctionnement du dispositif de santé. Le Premier ministre reste quant à lui compétent pour prendre des mesures de contrôle des prix et ordonner des mesures de réquisition.

    Les deux principales évolutions introduites à cette occasion consistent, d’une part, à unifier la compétence en matière de produits de santé au profit du ministre chargé de la santé et, d’autre part, à étendre le champ d’application des mesures de mise en quarantaine et de placement à l’isolement à des personnes déjà présentes sur le territoire et qui présenteraient un risque élevé de développer une maladie infectieuse.

    La section 2, relative à l’état d’urgence sanitaire, reprend pour l’essentiel les dispositions déjà applicables tant du point de vue des modalités de déclaration, prorogation et cessation que des pouvoirs qui y sont attachés.

    En sus des facultés associées à l’état de crise sanitaire, qui sont mobilisables sous l’état d’urgence sanitaire, le Premier ministre pourra recourir à des prérogatives de police administrative extérieures au domaine strictement sanitaire, comme le prévoit la loi actuelle : réglementation de la circulation des personnes, interdiction de la sortie du domicile, réglementation de l’ouverture des établissements recevant du public, limitation des rassemblements dans les lieux publics ainsi que toute autre mesure limitant la liberté d’entreprendre. La pérennisation de ce cadre législatif est l’occasion de confirmer l’exclusion de toute possibilité de réglementation des locaux à usage d’habitation et, d’autre part, de prévoir la possibilité de conditionner l’accès à certains lieux et l’exercice de certaines activités à la réalisation d’un dépistage ou à la prise d’un traitement préventif ou curatif, comme c’est le cas aujourd’hui par exemple pour les tests obligatoires avant un déplacement par transport aérien ou maritime.

    La section 3 comprend les dispositions communes aux deux régimes, pour l’essentiel à droit constant. La dispense des consultations préalables obligatoires normalement applicables pour l’ensemble des mesures prises en application de l’état de crise ou d’urgence sanitaire est confirmée. Aucune modification n’est apportée en termes d’information du Parlement et d’exercice des recours contentieux à l’encontre des décisions prises qui ont fait preuve de leur efficacité depuis plusieurs mois.

    etc etc etc etc etc