Blog

  • Communication du pouvoir

    Juste pour remettre la vérité sur son socle.

    Je ne peux que conseiller la chaîne "Le vent se lève". C'est pour ma part un site incontournable. 

    https://www.youtube.com/channel/UCNsyUg9n7TB365g4n13UOIg

  • Autopsie de l'économie.

    Une autopsie, c'est sur un corps mort. J'utilise donc le terme volontairement.

    Le Média

    https://www.youtube.com/watch?v=nXZyzb3xJa4&ab_channel=LeM%C3%A9dia

    Le Média

    463 k abonnés

    S'ABONNER

    Un entretien réalisé par Salomé Saqué. Presque chaque jour depuis plusieurs mois, le ministre de l’économie Bruno Lemaire se félicite d’un plan de relance à 100 milliards d’euros mis en place pour faire face à la crise du coronavirus : il s’agit de France Relance. Mais ce plan relance-t-il vraiment l’économie ? Pour en discuter nous accueillons sur notre plateau Gilles Raveaud, économiste et Maître de conférences à l’Institut d’études européennes, auteur de « Economie, on n’a pas tout essayé » aux éditions du Seuil. Son constat est sans appel : la crise économique qui arrive sera bien plus catastrophique que celle annoncée par le gouvernement. Pendant plus de vingt minutes, l’économiste démonte un par un les arguments avancés par les responsables politiques, et dresse un tableau très pessimiste, mais réaliste selon lui, des mois à venir. Entre explosion de la pauvreté, plongée d’une partie des étudiants dans la précarité et augmentation des inégalités, l’avenir proche semble bien sombre. Gilles Raveaud propose cependant une panoplie de solutions, qui impliqueraient un changement radical de doctrine économique, pour prévenir cette crise historique.

  • John Seymour et l'autosuffisance

    S'il y a des lecteurs, lectrices que ça intéresse, ce livre culte est édité en français et de nouveau disponible.

     

    Le guide de l'auto-suffisance par Seymour
    AJOUTER À MES LIVRES

    EAN : 9782501124799
    2 pages
    Éditeur : 
    MARABOUT (11/09/2019)


    Note moyenne : 5/5 (sur 1 notes)

    Résumé :

    John Seymour était chef de file du mouvement d'autosuffisance dans les années 1970 en Grande-Bretagne. Très engagé contre la société de consommation, l'industrialisation, les OGM. Il se faisait le porte-parole des valeurs du jardinage, d'autosuffisance, d'écologie.
    Ce livre est une référence (700 000 exemplaires vendus dans le monde) et il est enfin disponible dans son intégralité en français.
    Ce manuel visionnaire offre aux jardiniers et à toutes les personnes qui visent l'autosuffisance des principes clairs pour multiplier les rendements, récolter des fruits et légumes de qualité, élever des animaux, conserver et stocker des animaux, travailler la pierre et le bois, limiter sa consommation en énergie...

    A propos de cet ouvrage, dans une interview au journal Libération, Perrine Hervé-Gruyer, fondatrice de la ferme du Bec-Hellouin dit : « On était tombés sur des livres de John Seymour, tenant d'un mouvement dans les années 1970 sur l'autosuffisance, qui ont été notre bible. On y apprend aussi bien à fabriquer sa bière que ses détergents. C'est bien plus tard qu'on a découvert le principe de permacultur
    e. »

     

     

    John Seymour (12 juin 1914 - 14 septembre 2004) est un auteur britannique, pionnier du mouvement pour l'autosuffisance. En 1976, il a publié avec Dorling Kindersley le livre The Complete Book of Self-sufficiency, avec sa préface d'Ernst Friedrich Schumacher, est devenu une référence pour l'autonomie alimentaire.

     

    Biographie

    Il est né dans l'Essex en Angleterre et fut scolarisé en Suisse puis étudia au Wye agricultural College (Kent) ensuite il partit en Afrique vers 20 ans. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il rejoint les King's African Rifles et s'est battu en Ethiopie et en Birmanie. Il rentra en Angleterre et écrivit des livres de voyage sur l'Afrique et l'Inde ainsi que d'autres comme un article sur la navigation à voile. Il fit des émissions a la BBC.

    Il se maria a Sally en 1953 et louèrent une maison sans eau ni électricité avec leur premier enfant dans la campagne du Suffolk, 10 ans plus tard ils partirent à l'Ouest du pays de Galles (où il est enterre) sur une propriété de 3.5 hectares puis alla à Killowen en Irlande en 1981 avec sa compagne Angela Ashe c'est la ou il s'engage pour la préservation de l'environnement.

    En 1992, il ouvrit une école de vie en autarcie avec sa compagne.

    En 1998, il était l'un des 7 militants arrêtes pour avoir détruit une partie d'un champ expérimental de bettrave sucrières (OGM) de Monsanto.

    Il participa au sommet de la Terre des Nations unies à Rio avec Will Sutherland.

    John disait que le bonheur c'était « Se mettre à table affamé et au lit fatigué ».

    John Seymour a joué de multiples rôles en tant qu'écrivainécologiste et agriculteur ; militant contre le consumérisme, l'industrialisation, les organismes génétiquement modifiés, les villes et les voitures ; défenseur de l'autonomie, de la responsabilité personnelle, de l'autosuffisance, de la convivialité, du jardinage, du soin de la Terre et du sol, il fit notamment de nombreux cours d'autarcie.

    En tout, il écrivit environ quarante livres ainsi que de nombreux films et d'émission de radio (BBC et RTE)

    Publications

    Revivre à la campagne réédité sous le titre Le grand guide Marabout de l'autosuffisance, éditions Marabout, 2019 (ISBN 9782501124799).

    Métiers oubliés, éditions du Chêne, 1985.

    Arts et traditions à la maison, éditions du Chêne, 2001.

    Le grand guide du potager, éditions Marabout, 2009.

    Notes et références

    Préface de Will Sutherland et Anne Sears, dans Le grand guide Marabout de l'autosuffisance, 2019.

    Journal Libération, 25 août 2017.

    Voir aussi

    Autosuffisance

    Jardin potager

    Resurgence

    Souveraineté alimentaire

  • Un exemple grandeur nature et grandeur humaine

    Voilà en quoi je crois.

    L'humain et non le citoyen parce que le citoyen est intégré à un système politique qui le prive de son potentiel humain. 

     

     

    Au plus grand Village Emmaüs de France, le monde d’après se construit maintenant

     

    https://lareleveetlapeste.fr/au-plus-grand-village-emmaus-de-france-le-monde-dapres-se-construit-maintenant/

     

    Aujourd’hui, le Village accueille 130 compagnons et près de 2000 visiteurs par jour. A chaque fin de confinement, les files d’attentes à la déchetterie-recyclerie ont explosé ! A tel point que le Village a décidé d’ouvrir ses portes également tous les matins.

    17 décembre 2020 - Laurie Debove

    FacebookTwitter

    Envie d’une vraie déconnexion ? Évadez-vous avec notre bande dessinée !

    - Thème : effondrement de la société, abordé de manière douce et positive
    - Format : 128 pages
    - Impression : France

     

    Commander

    Situé dans le département des Pyrénées-Atlantiques, le Village Emmaüs Lescar-Pau porte bien son nom. Ici, compagnons et bénévoles s’affairent tous les jours à la recyclerie, l’espace vente, l’épicerie, la crêperie, le restaurant, et même la Ferme ! Un véritable lieu de vie où plus d’une centaine de compagnons sont hébergés et nourris sur place. En plaçant l’humain au cœur de son projet, le village Emmaüs Lescar-Pau construit dès maintenant le monde d’après : une utopie anticapitaliste, sobre, et résiliente, pour mieux vivre ensemble en prenant soin des écosystèmes.

    Confiance et ouverture

    Au Village Emmaüs Lescar-Pau, les visiteurs qui se hasardent dans les bureaux sont accueillis avec la même facilité que les compagnons qui décident d’habiter sur le lieu : avec confiance et ouverture.

    Cette même ouverture a lancé les conférences, débats, concerts et festivals qui ont permis au Village Lescar-Pau de devenir le plus grand Emmaüs de France, ainsi qu’un acteur économique et social incontournable de la Région.

    « Quand j’ai commencé, tout ce que je voulais c’était monter une communauté. Puis les événements que nous avons organisé nous ont permis de faire des rencontres qui ont nourri notre réflexion et affiné notre approche. On a pris conscience de l’importance du bien-manger par exemple, et ça passe par la façon dont on produit la nourriture ! Un de nos derniers projets :  mettre des ruches et créer un musée de l’apiculture ! Avec le scandale sur les néonicotinoïdes, on veut sensibiliser les visiteurs à ces enjeux. » nous explique Germain, le fondateur, un sourire aux lèvres

    Aujourd’hui, le Village accueille 130 compagnons et près de 2000 visiteurs par jour. A chaque fin de confinement, les files d’attentes à la déchetterie-recyclerie ont explosé ! A tel point que le Village a décidé d’ouvrir ses portes également tous les matins.

    Un effet direct de la crise du covid que les membres du Village ont encore du mal à analyser : y a-t-il une prise de conscience d’un besoin de consommer mieux, ou le pouvoir d’achat a-t-il diminué ? Sans doute un peu des deux.

    « Nous ne sommes pas naïfs, nous avons vu comme tout le monde les files devant Zara ou McDo lorsque les restrictions de déplacement ont été levées. Mais ce premier confinement nous a conforté dans notre démarche. Dans ce grand jardin de 11 hectares, nous avons cultivé les légumes dont nous avions besoin, avons soigné les ruches et les animaux. Nous avons vécu dans notre chair les bienfaits de la sécurité alimentaire, et la vivacité du collectif. Cela nous a beaucoup soudé. » raconte Germain pour La Relève et La Peste

    Pour nourrir les animaux, humains et non-humains, le Village a fait le choix de ne plus accepter les invendus de la grande distribution pour ne plus tolérer ses dérives. Il a fallu mettre plus de cuisiniers aux fourneaux mais le résultat est là : tout le monde se régale avec une nourriture saine.

    Germain, le fondateur du Village – Crédit : Village Emmaüs Lescar-Pau

    La voie de l’autonomie pour un modèle anticapitaliste et solidaire

    Le Village ne se repose pas sur ses acquis, mais se remet régulièrement en question et reconnaît ses propres limites. Sans un seul centime d’argent public, l’essentiel de ces revenus provient de la vente des objets de la recyclerie et des vêtements de la friperie. Ces déchets valorisés comme ressources sont la face visible de notre système de production outrancier.

    Pour l’instant, les objets affluent tellement que le Village réorganise de façon drastique l’atelier vêtements afin de maximiser le tri et minimiser la manutention. Les vêtements sont revendus dans les différentes boutiques de bric-à-brac du village ou envoyés à l’entreprise locale Ouatéco qui transforme chaque année les 2000 tonnes de textiles invendus du Village en un isolant thermique nommé Filéco.

    « Notre position est paradoxale. On dépend financièrement d’une société matérialiste qu’on dénonce ! Mais cette indépendance financière nous donne une liberté d’action politique énorme, on peut accueillir qui l’on souhaite, y compris les réfugiés politiques ! » explique Germain avec malice pour La Relève et La Peste

    En novembre 2019, le Village Emmaüs Lescar-Pau a ainsi dénoncé la complicité des Etats-Unis et de la Commission Européenne dans le coup d’état de l’opposition contre le gouvernement d’Evo Morales. Pour le Village, il s’agissait de dénoncer la mainmise des puissances occidentales sur les ressources du pays. La Bolivie est la 1ère réserve mondiale de lithium, mais aussi un très important producteur de gaz, d’étain, d’antimoine, de plomb, d’argent et de zinc.

    En lien avec le gouvernement Morales depuis de nombreuses années, la place de l’Etat Plurinational de la Bolivie au Village Emmaüs Lescar-Pau a été inaugurée par Evo Morales lui-même en 2015. « L’Etat Plurinational est la reconnaissance de la richesse de tous les peuples dans leurs différences. » précise le Village

    Le Village utilise aussi la Tinda, la monnaie locale du Béarn – Crédit : Village Emmaüs Lescar-Pau

    Faire société autrement

    Conséquence d’une société en crise, les profils des bénévoles et compagnons du Village sont de plus en plus variés. De nombreux volontaires sont ainsi des personnes de 20 à 40 ans qui s’interrogent sur les dérives du capitalisme et veulent découvrir une façon de faire société autrement.

    « Ce qui me fait le plus peur en ce moment, c’est les conséquences politiques liberticides dans la gestion du virus et l’anxiété que cela génère chez les gens, confie Germain d’un air soucieux. On assiste déjà à une hausse des états dépressifs, cela risque de s’aggraver avec la crise économique et sociale. C’est difficile de risquer l’utopie, mais si des personnes ont l’envie et la curiosité de faire la démarche de voir ce qu’on construit ici, la porte est ouverte à tou.te.s. Ici, on ne fait pas de la ré-insertion sociale, mais de la reconstruction d’individus. »

    C’est un coup dur personnel qui a mené Camille, une jeune femme lumineuse de 31 ans, au Village début septembre. Après avoir quitté son métier de juriste pour mineurs isolés, elle a tenté de prendre la mer en rénovant un voilier avec son amoureux de l’époque. Le chantier a échoué et la relation s’est terminée. C’est un cherchant un nouveau chantier solidaire qu’elle a découvert par hasard le Village.

    Camille à la serre

    « Après seulement une semaine de découverte ici, j’ai repris goût à la danse. Je suis rentrée à Strasbourg pour récupérer mes affaires et je suis revenue pour devenir compagne, un moment très fort. Ici, j’ai trouvé du sens et j’ai repris goût à la vie. J’ai une tranquillité d’esprit que je n’avais plus depuis très longtemps. On est à la fois extrêmement protégés et libres, et cela s’est encore plus ressenti pendant le confinement. » raconte Camille avec chaleur pour La Relève et La Peste

    Au Village, les compagnons sont nourris, logés et ont une rémunération de 45€/semaine qui augmente au fil des mois, nommée « le pécule ». Chacun peut repartir quand il le souhaite, dès qu’il le souhaite. La seule condition : participer activement à la vie collective et aux tâches du Village.

    L’organisation prend en compte les aspirations individuelles de chacun, comme Félicien le chef cuisinier qui a valorisé le four à pain pour former des compagnons à la boulangerie. Les outils appartenant au Village, ils ne prennent aucun risque financier et n’ont pas de soucis de rentabilité.

    Le Village fabrique son propre pain – Crédit : Village Emmaüs Lescar-Pau

    Les besoins de la collectivité priment quand même, et tout le monde doit être prêt à s’adapter en fonction des circonstances. D’abord « engagée » à la friperie puis à la boutique de vêtements pour remplacer une collègue, Camille travaille à la ferme depuis un mois, où David le maraîcher lui apprend le métier. Elle y découvre le plaisir du travail en plein air… et sous la serre quand il pleut !

    Camille et David, sur le chemin de la serre

    « Je suis vraiment heureuse d’être passée sur la ferme. C’est un vrai bonheur d’apprendre avec lui, c’est un mentor calme qui a plaisir à transmettre ce qu’il sait. J’ai vraiment rencontré des personnalités incroyables ici. Après, tout n’est pas idyllique, il y a notamment le sexisme, mais ça c’est un mal de société ! Quand il y a des disputes, on en parle tous ensemble et comme dit Germain : nous ne sommes pas tous obligés de nous aimer, mais nous devons nous respecter. »

    Pour la jeune femme, sa démarche d’autonomie va de pair avec des valeurs permettant de faire société ensemble paisiblement : bienveillance, partage, et justesse. Un terme intriguant pour une ancienne juriste : justesse, pas justice ?

    « La justice est devenue trop associée à l’appareil d’Etat, et même symboliquement à une recherche de vengeance. Alors que la justesse vise l’équilibre, ce qui est juste. Et puis quand la loi est inique, ça fait du bien de lui dire « merde » ! » conclut-elle avec sourire

    17 décembre 2020 - Laurie Debove

    FacebookTwitter

  • Jeux olympiques et potager

     

     

     

    JO 2024 : les jardiniers d’Aubervilliers se battent pour sauver leurs terres du béton

     

    « La verdure, ce n’est pas un luxe pour bobos ! s’emporte Viviane. C’est nécessaire pour la santé des gens. Ce que les élus ne veulent pas voir ni comprendre, c’est que le béton et les aménagements dégradent la qualité de vie au lieu de l’améliorer. Il y a des appétits financiers dirigés vers la petite couronne, mais à terme plus personne ne voudra habiter ici s’ils continuent. »

    9 décembre 2020 - Augustin Langlade

    FacebookTwitter

    Envie d’une vraie déconnexion ? Évadez-vous avec notre bande dessinée !

    - Thème : effondrement de la société, abordé de manière douce et positive
    - Format : 128 pages
    - Impression : France

     

    Commander

    Au pied du Fort d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), une grande partie des potagers populaires des Vertus risque de disparaître au printemps sous une plaque de bitume, au nom de l’accueil des Jeux olympiques de 2024 et d’une gare du futur Grand Paris Express. Les jardiniers se mobilisent aujourd’hui pour sauver leur coin de paradis de la bétonisation.

    À seulement une trentaine de minutes à pied des portes de Paris, les jardins ouvriers des Vertus semblent un peu trop en avance sur leur temps. Au beau milieu d’une zone urbaine densément peuplée et encore très populaire, ils accueillent depuis 1935 des générations de jardiniers amateurs, qui y cultivent légumes, céréales et arbres fruitiers, en communion avec hérissons, renards, grillons, chauves-souris, ainsi que 36 espèces d’oiseaux, dont 22 jouissent d’un statut de protection.

    Et pourtant, les 26 000 m2 des Vertus sont aujourd’hui convoités par de multiples projets, qui à l’inverse des espaces de véritable verdure paraissent fédérer mairie, aménageurs du Grand Paris, promoteurs et collectivités.

    En mars prochain, 19 des 85 parcelles actuelles, soit 4 000 m2, devraient être éradiquées par les éternelles pelleteuses et bétonnières chargées de faire sortir de terre le futur centre aquatique du Fort d’Aubervilliers, l’un des cinq sites d’entraînement destinés aux compétiteurs des Jeux olympiques de 2024.

    La piscine à proprement parler sera construite sur le parking qui jouxte les jardins, remplacés quant à eux par un espace de « fitness, spa et solarium minéral », ainsi qu’un « splashpad » et un « pentagliss » de la plus belle facture, le tout dans un bâtiment « aux matériaux biosourcés » : béton bas carbone, bois d’origine française, laine de chanvre, toiture végétalisée… On le sait, le ridicule ne tue pas. L’hypocrisie non plus.

    Crédit : https://www.facebook.com/JardinsAubervilliers/photos

    David contre Goliath

    Membre du collectif « de défense des jardins des Vertus » mis sur pied pendant l’été, Viviane se rappelle avoir connu l’association qui gère les parcelles par le bouche-à-oreille. Avec son mari, elle a fait une demande, acceptée en mars, peut-être parce qu’elle possède une fille en bas âge.

    « Ma parcelle est située juste à côté du parking, elle fait donc partie des espaces qui vont bientôt être artificialisés. »

    En seulement huit mois, malgré les restrictions et avec l’aide de leurs voisins et voisines, Viviane et son mari ont réussi à cultiver carottes, poirées, betteraves, choux, tomates, poireaux « et bien sûr des blettes, qui poussent toutes seules. »

    À Aubervilliers, nous raconte-t-elle, « le confinement a provoqué de vraies ruptures d’approvisionnement de légumes de saison, donc on était content d’avoir quelques blettes à donner à notre fille. Moi je peux me contenter de patates pendant un certain temps, mais elle… » Viviane développe à présent sa parcelle en permaculture.

    La parcelle de Viviane

    En 1963, les jardins des Vertus occupaient encore plus de 62 000 m2, grignotés peu à peu par l’urbanisation : prolongement de la ligne 7 du métro, création du parking d’intérêt régional, gare routière…

    Propriété de l’État, les parcelles ne sont exploitées par l’association des jardins ouvriers des Vertus qu’à titre précaire et révocable, en contrepartie d’une maigre compensation financière.

    Portant très bien leur nom, les Vertus sont aussi convoitées par l’établissement public Grand Paris Aménagement (GPA), le propriétaire effectif des jardins, qui prévoit d’y implanter une gare de la ligne 15 du Grand Paris Express « à l’horizon 2030 ». Les travaux devraient aussi commencer en 2021. Quelque 6 000 m2 supplémentaires seront ratiboisés, excavés, bétonnés, « aménagés ».

    Un ver de terre des Jardins d’Aubervilliers

    Convaincre la population

    Mais pour le moment, de crainte de se disperser, le collectif se concentre sur l’extension spa-solarium-sauna de la piscine.

    « Nous n’avons rien contre la construction des bassins sur le parking, nous dit Viviane, mais pourquoi venir empiéter sur les jardins ? Pourquoi nous déloger pour ça ? »

    Un architecte ayant rejoint le collectif a étudié les plans et démontré que les extensions pourraient tenir sur le toit, avec un petit effort de volonté. Impossible, compliqué, trop coûteux, répondent les promoteurs, qui ne veulent aucun compromis et nulle concertation. À défaut de sensibiliser leurs prédateurs, le collectif se tourne vers la population.

    « Le grand public n’est au courant de rien, c’est important de l’impliquer. On a donc fait du porte-à-porte le long de la N2, dans toutes les boutiques de pièces automobiles. On s’est aussi installé place de la Mairie pour une opération « marché gratuit » où l’on distribuait des tomates, des graines et des tracts. »

    Les Jardiniers au Marché pour sensibiliser la population

    Le collectif a aussi fabriqué des « kits de sensibilisation parents-enfants » qu’il diffuse dans les AMAP « pour que chacun puisse s’informer de la réalité du projet » : on y trouve un coloriage, un découpage « de la plus belle piscine », des sachets (décorés) de graines des plantes des jardiniers, un jeu de vrai ou faux, une lettre que les gens peuvent signer, dater et envoyer à la maire d’Aubervilliers.

    Le collectif demande simplement que l’intégrité des jardins soit préservée.

    Le propriétaire des terrains, GPA, propose de « compenser » (encore un mot de promoteurs) les espaces bientôt perdus en offrant aux habitants de cultiver un ancien terrain de football de la gendarmerie et certaines parcelles à l’abandon dans les jardins de Pantin.

    « On nous fait miroiter qu’il y aura l’électricité dans nos cabanes, c’est absurde ! Ils essaient d’acheter les gens. Mais on ne veut pas regarder la télé, on veut avoir les mains dans la terre. Et puis, un écosystème, ça ne se transpose pas. »

    Certains ont même évoqué la possibilité de déraciner les arbres et de les replanter un peu plus loin, preuve que ce ne sont pas des génies de la botanique qui sont aux commandes.

    L’un des derniers poumons verts de la ville

    Arbres et climatiseurs

    Viviane nous raconte que pendant son porte-à-porte à la recherche de soutien, commerçants et habitants affirmaient à l’unisson souffrir de la chaleur, du manque d’air, de l’omniprésence du béton.

    « Sans parler d’écologie, les gens disaient massivement qu’il y avait besoin d’arbres, qu’il ne fallait pas avoir fait d’études pour le comprendre. Même les adolescents m’ont répété que l’été dans les barres avait été horrible, qu’ils n’en peuvent plus. »

    À Aubervilliers, il y a seulement 1,42 mètre carré de verdure par habitant. L’été dernier, il faisait plus de 30 degrés en permanence dans l’appartement de Viviane, qui a dû quitté plusieurs fois Aubervilliers pour protéger sa petite fille.

    « Ma gamine ne dormait plus, la soif la réveillait, les plantes crevaient. Un jour, je suis allée au parc de la Courneuve pour être un peu à l’ombre, mais en une demi-heure de bus, ma fille qui avait à peine six mois a fait un gros stress hydrique. »

    En ville, la présence d’un arbre mature équivaut à cinq climatiseurs. Une comparaison bien moderne. Mais nous en sommes arrivés là.

    « La verdure, ce n’est pas un luxe pour bobos ! s’emporte Viviane. C’est nécessaire pour la santé des gens. Ce que les élus ne veulent pas voir ni comprendre, c’est que le béton et les aménagements dégradent la qualité de vie au lieu de l’améliorer. Il y a des appétits financiers dirigés vers la petite couronne, mais à terme plus personne ne voudra habiter ici s’ils continuent. »

    C’est la faute à…

    Samedi dernier, des membres du collectif ont été reçus par Karine Franclet, maire d’Aubervilliers fraîchement élue, issue du courant centre-droit UDI. C’était peine perdue.

    « La maire nous a fait valoir que le projet avait été monté par la précédente majorité municipale, qu’elle était liée par des clauses, que l’abandon du projet entraînerait de lourdes pénalités financières, du type 2,5 millions d’euros. »

    Toujours la même histoire : pour l’aménageur, c’est la faute de la mairie ; pour la mairie, c’est la faute du prédécesseur ; pour le prédécesseur, c’est la faute de l’aménageur. Tout cela a un petit air de déjà vu…

    Pourtant, l’équipe de la maire précédente, Meriem Derkaoui (communiste, eh oui), avait promis aux jardiniers et aux habitants impliqués dans les espaces partagés que les projets futurs n’empiéteraient jamais sur leur havre de paix. En sortant, elle semble donc s’être débarrassée d’un lourd fardeau, comme le raconte le journal Libération. Quoi qu’il en soit, la nouvelle édile refuse d’assumer la responsabilité du dossier et se dédouane comme il se doit.

    Confronté à la sourde oreille traditionnelle des pouvoirs publics, le collectif envisage désormais un recours en justice.

    L’affaire est la suivante : le Plan local d’urbanisme (PLU) aurait été modifié en mars 2020 pour rendre constructible une partie des jardins, contre toutes les déclarations officielles des élus (qui auraient donc menti) et en parfaite contradiction avec les conclusions de l’enquête publique, qui prévoyait de protéger les jardins.

    De plus, le schéma directeur de la région Île-de-France (2013 – 2030), une planification ayant valeur d’engagement, envisage de protéger et de développer les espaces vivriers (pages 111-112 de ce document) tels que les jardins ouvriers ou familiaux, les friches, les mails plantés… À première vue, le PLU de la mairie se situe ainsi à l’encontre de cette norme.

    Derniers éléments normatifs contre lesquels pourrait se briser le PLU : la circulaire ministérielle du 8 février 1973, répondant à une exigence de l’Organisation mondiale de la santé, qui affichait l’ambition d’octroyer un minimum de 10 mètres carrés d’espaces verts par Francilien, une norme censée orienter les politiques des collectivités publiques.

    « Et puis le gouvernement a annoncé son objectif de parvenir à zéro artificialisation nette d’ici 2030, alors on est dans les clous, même si la mairie peut toujours gruger grâce à l’absurdité de la compensation », conclut Viviane.

    Espérons que les oreilles de la justice seront plus impartiales.

    Une pétition a été publiée par le collectif de défense des jardins des Vertus.

    9 décembre 2020 - Augustin Langlade

  • Montagnes de l'hiver

     

    La magie des montagnes. Il fait grand beau temps, on sort au soleil.

    Il pleut en bas, on sort quand même puisque là-haut il neige :) 

    IMG-20210101-120458-510.jpg

    IMG-20210101-120221-689.jpg

     

    IMG-20210101-115326-986.jpg

    IMG-20210101-115531-613.jpg

    OLYMPUS-DIGITAL-CAMERA.jpg

    OLYMPUS-DIGITAL-CAMERA.jpg

    OLYMPUS-DIGITAL-CAMERA.jpg

    OLYMPUS-DIGITAL-CAMERA.jpg

    IMG-20201206-121038-034.jpg

     

    IMG-20201230-114623-255.jpg

    IMG-20201230-115448-541.jpg

    IMG-20201226-115058-218.jpg

    IMG-20201226-110854-911.jpg

     

    IMG-20201226-110003-552.jpg

  • Finir l'année sur une note sereine

     

    http://www.martinbeaupre.com/

     
     

     

     

    Martin Beaupre.. | Golbis

     

    Martin Beaupre.. | Golbis

     

    Martin Beaupre. (With images) | Art, Canvas painting, Beaupre

     

     

    147 best Martin Beaupré images on Pinterest | Martin o ...

     

    Martin Beaupre.. | Golbis

     

    Martin Beaupré : Capsule #26 - YouTube

     

    Close up, painting by Martin Beaupre. Zen inspired, large ...

     

    Artwalk This Thursday November 7 - Lu Martin Galleries

  • Edgar Morin : une alerte de plus

    Une alerte lancée par un écrivain, un philosophe, un sociologue ! Mais enfin, un peu de sérieux, ça n'a aucune valeur et ça n'aura aucune écoute. 

    Si encore il avait été dans la politique ou s'il avait été milliardaire, passe encore mais là, c'est qui ce "vieux bonhomme" ? En plus, c'est quoi ce charabia de fumeur de pétard ? Il n'a pas pris ses cachets ou quoi ? 

    Bon, allez, demain soir, c'est la fiesta, faut que j'aille faire des courses. Foie gras, huîtres, une dinde, une bûche, de l'alcool, plein d'alcool. Pour oublier ce bazar.

     

    « Il nous manque un vrai droit et une vraie éthique mondiale. Il nous manque des instances capables de réguler les fléaux qui empêchent cette société-monde de naître et peuvent nous détruire : une instance capable d’éradiquer l’arme atomique qui devrait être détruite partout, une instance capable de régler le grave problème de la biosphère, une instance régulant l’économie autrement que le Fonds monétaire international, dans l’équité...

    Une confédération capable de prendre des décisions vitales pour l’avenir de la planète. Un nouveau modèle, une troisième voie est donc à trouver. Il y a une citoyenneté mondiale à établir qui ne va pas nier les autres citoyennetés.

    J’ai peur qu’il faille des catastrophes plus grandes encore pour susciter des réactions salutaires en ce sens. Castoriadis parlait de la montée de l’insignifiance : il est vrai que nous devons sortir de cette invasion de la futilité qui touche l’ensemble de la société occidentale, alors que nous sommes devant des défis extraordinaires, incommensurables qu’il nous faut relever.

    Autre point : nous avons été éduqués dans une forme d’esprit qui apprend à séparer les problèmes mais qui rend aveugle au contexte, au global. C’est pour cela que tant qu’il n’y a pas une réforme de la pensée et de l’éducation rien ne se passera de façon durable. Une vraie réforme de l’esprit, cet esprit humain qui a des possibilités extraordinaires et que l’on maintient dans une forme de sous-développement qui nous rend obnubilés par nos petites obsessions et hagards face à la réalité globale. » Edgar Morin.