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  • Instruction à la maison

    Si nous étions jeunes parents aujourd'hui, c'est ce que nous ferions.

    Instruction à la maison : les familles entrent en résistance

     

    https://lareleveetlapeste.fr/instruction-a-la-maison-les-familles-entrent-en-resistance/?

    “Il n'est pas tolérable qu'un gouvernement ait, de jure ou de facto, un contrôle complet sur l'éducation des gens. Posséder ce contrôle et surtout l'exercer est le propre d'un comportement despotique.” John Stuart Mill, Principes d'économie politique, (1848, livre V, ch XI)

    8 octobre 2020 - La Relève et La Peste

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    Suite au discours d’Emmanuel Macron, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a publié mardi le texte du projet de loi contre le “séparatisme”, renommé « projet de loi renforçant la laïcité et les principes républicains » dans un bel exercice de novlangue. Parmi ses cinq axes principaux se trouve la fin de la scolarisation à domicile pour tous les enfants. L’occasion de questionner qui est légitime pour les instruire, et comment sont définis et incarnés ces fameux principes républicains. 

    La Relève et La Peste a donc invité Lénie Cherino, maman d’une “non-sco”, une enfant non-scolarisée, Thierry Pardo, chercheur indépendant associé au Centre de recherche en éducation et formation relatives à l’environnement et à l’écocitoyenneté de l’Université du Québec à Montréal et auteur du livre “Une éducation sans école” ainsi que l’association UNIE, spécialisée dans l’Instruction En Famille, pour mieux expliquer cet enjeu de société primordial.

    Une annonce liberticide

    Le discours d’Emmanuel Macron a frappé comme un coup de tonnerre pour les nombreuses familles et les 50 000 enfants qui ont choisi l’instruction en famille (IEF). Si l’association UNIE avait bien conscience par expérience que le dispositif, et notamment les familles non déclarées, étaient dans le viseur du gouvernement, la décision d’interdire purement et simplement l’IEF est vécu comme une véritable mesure liberticide.

    Pour Lénie Cherino :

    Ce n’est pas l’école qui est obligatoire mais l’instruction ! La majorité des familles françaises n’avaient pas conscience de cette nuance et  ignoraient ce droit… jusqu’à ce que le président Emmanuel Macron décide de changer la donne. 

    Ce que je vois derrière cette annonce, au-delà du coup de massue que cela représente pour la maman « non sco » que je suis, c’est une des libertés les plus élémentaires, de TOUT.ES les français.e, se faire piétiner.

    Aujourd’hui, pour les familles dont les enfants sont en souffrance à l’école, il est possible de choisir l’IEF… déscolariser son enfant et opter pour l’instruction à domicile est un droit légal pour TOUT.ES. Un droit menacé. Un de plus. 

    Opter pour l’éducation à la maison serait ainsi l’une des plus belles façons d’incarner le principe républicain de la Liberté, ainsi que le rappelle Thierry Pardo :

    L’éducation sans école est principalement un projet libertaire. Bien sûr, en se penchant à bâbord ou à tribord on peut trouver d’autres motivations que de saines aspirations à des horizons à perte de vue.

    Mais pour l’essentiel, les pratiquants d’une éducation libre aspirent à découvrir le monde, rencontrer, se frotter aux quatre vents et apprendre tous les jours un peu plus de la diversité des paysages humains et naturels.

    C’est pour cela qu’on ne trouve que très peu de soutien dans le monde politique, dans les institutions, l’école bien évidemment, mais aussi la justice. Nos alliés ne sont pas parmi ceux dont la mise en boîte est la fonction. À l’heure où notre mode de vie, nos choix éducatifs, la liberté de nos enfants sont menacés, qui, parmi ceux qui détiennent la règle et le bâton, le programme et le contrôle, ou parmi ceux qui aspirent à les détenir, nous soutiendra? Qui se lèvera pour dire qu’un enfant ne s’appartient qu’à lui-même?

    Être libertaire dans le monde d’aujourd’hui ce n’est pas poser des bombes, ce n’est pas refuser toute forme d’État et beaucoup d’entre nous sont bien heureux de pouvoir compter sur les services publics, les musées, les routes et les transports comme moyens de parcourir la vie en famille. 

    Mais que cette jouissance de l’espace public soit inféodée à une pensée unique, une vision étatique pour l’éducation de nos enfants, nous ne pouvons l’accepter. Que le gouvernement nous intime la « bonne » philosophie éducative, celle que tous les enfants devraient connaître, sous peine de nous faire passer pour des séparatistes de la République, cela revient à reconnaître que la République est un mot d’ordre et non plus le résultat de la convivialité d’un peuple.

    Crédit : Ben White

    Un amalgame raciste

    Pour Lénie Cherino :

    Cette allocution d’Emmanuel Macron, pétrie d’incohérences, ouvre la voie à des amalgames douteux. Elle aura provoqué de vives réactions chez certaines familles IEF et, peut-être,  l’air de rien, encouragé un racisme d’une fourbe discrétion. Ce racisme contesté mais en vérité, toléré par de trop nombreux citoyens français encore aujourd’hui. 

    Ce racisme systémique qui imprègne encore et toujours la moelle de nos institutions républicaines. Ce racisme qui s’impose discrètement telle une ombre derrière une phrase du genre : « C’est  dégueulasse, nous on n’est pas musulmans et on se retrouve pénalisés ». 

    Je n’accuse personne d’être raciste, je m’interroge sur les intentions de Mr Macron qui invite malencontreusement des pensées islamophobes dans des foyers qui n’en avaient peut-être pas auparavant. Qui au prétexte d’unir, divise… Pour mieux régner. 

    Au sein des réseaux d’IEF, il y a beaucoup de parents laïques, catho, musulmans, bref ! Français, qui ont choisi l’instruction en famille précisément au nom des valeurs républicaines « Liberté, égalité, fraternité », pour ne citer que celles-ci. Des valeurs dont ils estiment qu’elles sont mal, voire pas du tout, respectées à l’école de la République.

    Crédit : Andrew Ebrahim

    De fait, les associations ou les regroupements de famille ayant opté pour l’instruction à la maison sont souvent un bel ensemble éclectique de personnes d’horizons et d’opinions variés, comme en témoigne Armelle, l’une des co-fondatrices de l’association UNIE :

    Je pense que la seule fois où l’on a pu noter une vague plus marquée de nouveaux arrivants, c’est suite aux attentats terroristes où de trop nombreuses familles ont été victimes de racisme à l’école… Chez UNIE, nous avons depuis notre création des familles de tous bords, de toutes religions, de tous partis politiques. 

    Des familles dont tous les enfants font l’instruction chez eux, tandis que d’autres sont mixtes avec certains enfants scolarisés et d’autres pas. Chacun fait comme cela lui convient ! Je n’arrive pas à comprendre la notion de séparatisme qui est un terme flou et vague, dans le séparatisme j’entends plutôt une divergence d’opinions avec l’Etat…

    Or, on sait très bien qu’une majorité de personnes est en désaccord avec la politique menée par le gouvernement, ça ne fait pas d’eux des terroristes en puissance ! Notre association se définit comme apolitique dans le sens où notre but est que les droits de la famille soient respectés peu importe son obédience religieuse et son parti politique. 

    Le fait qu’on soit pluriels et multiples est extrêmement intéressant car cela permet aux idées d’être échangées et débattues paisiblement. Avec leurs différences, nos adhérents travaillent ensemble sous la même bannière autour d’un but commun : l’éducation et le bien-être des enfants.

    Crédit : Danielle Rice

    Les valeurs républicaines hors de l’école

    Pour Lénie Cherino :

    Pour certains parents, il est difficile d’entrevoir la liberté dans un système qui contraint les enfants à rester assis à la même place parmi 30 autres, 6 heures par jour. 

    Difficile aussi de reconnaître l’égalité quand l’âge est un motif d’injonction à se taire et à poser des questions à l’adulte uniquement quand celui-ci les y autorise. 

    Difficile de reconnaître la fraternité quand le regroupement par tranche d’âge et le système de notation incite à la comparaison et à la compétition. Quand échanger lors d’un temps de travail est perçu comme un acte de tricherie plutôt que comme un acte d’entraide.

    Tout le monde est d’accord pour reconnaître que les conditions d’enseignement, et donc d’apprentissage dans les écoles publiques des cycles primaire et secondaire sont de plus en plus affligeantes. Le système scolaire français comporte bien des incohérences, dues pour une grande part à la négligence du gouvernement et de l’Etat. 

    Je me sens profondément solidaire du personnel enseignant qui réclame plus de moyens et plus de considération. Notre famille n’a pas choisi l’IEF contre l’école mais pour vivre une autre aventure ! 

    Je souhaite de tout mon cœur cultiver un lien de qualité avec l’école de ma fille. Je souhaite profondément que les écoles et les familles en IEF se côtoient et échangent. Ce serait incroyablement enrichissant pour tous le monde. 

    Crédit : Ben White

    Pour Thierry Pardo : 

    Le monde de l’éducation est un domaine de pensées, de recherches, de pratiques dont nul ne peut prétendre détenir des réponses définitives. Quand des parents sont concentrés sur les besoins de leurs enfants, les connaissent par cœur, les devinent, il n’est quand même pas aisé d’intervenir de façon toujours appropriée et nombre d’entre nous allons nous coucher le soir avec le regret de ne pas avoir été assez patient ou attentif. 

    Nous naviguons au plus juste de notre réalité familiale, des possibilités de l’environnement, nous avons confiance en notre boussole de parent. 

    Ironie du sort, l’association UNIE a vu son nombre d’adhérents triplé suite au discours d’Emmanuel Macron. Avec une adhésion en prix libre et facultative, les familles et nombreux soutiens ont voulu montrer leur solidarité dans l’adversité. Et les familles pensent déjà à la suite, comme l’explique Armelle :

    De nombreuses familles sont en pleurs et complètement désemparées. Nous avons désormais deux options si cette loi passe vraiment : ceux qui vont partir car ils ont les moyens de le faire, et ceux qui vont opter pour la désobéissance civile.

    Également inquiètes, les écoles “hors contrat” comme les écoles Montessori et toutes les écoles alternatives redoutent de voir un durcissement des règles freiner leur développement. Mais la résistance s’organise déjà pour toutes celles et ceux qui sont convaincus du bien-fondé de la démarche.

    Pour Thierry Pardo : 

    Qu’un gouvernement décide qu’aucun parent sur le territoire national ne pourra plus éduquer son enfant sans école revient à entériner « l’incompétence parentale pour tous ».

    L’État considère désormais qu’un parent n’est pas apte à véhiculer les « bonnes » valeurs, les « bonnes » dispositions pour la vie collective et partagée de la nation. À quand le diplôme de parent préalable à la naissance ?

    Le libertaire et son drapeau noir a toujours été le paria de la mise en conformité des cités, des cadastres, des clepsydres, des boutiquiers. Il est le poil à gratter de tous ceux qui ne voit la gouvernance que comme une mise au pas, en conformité, en rang et en silence.

    « Ne cherchez plus comment éduquer vos enfants, nous avons trouvé! Nous voulons votre liberté, et nous l’aurons » semblent chanter en chœur tous ceux, à droite comme à gauche, qui ne trouvent rien à redire à l’école obligatoire. 

    Encore une fois, le libertaire devra reprendre la mer, hisser le pavillon noir et assumer sa condition de pirate. Ce n’est pas lui qui refuse la cité, c’est le monde des institutions, des instituteurs en chef qui criant au feu, au loup ou à la peste, profite du moment de panique qu’il a su créer pour fermer les portes de la ville et tourner ses canons vers la rue. 

    Le projet de loi doit être examiné en Conseil des ministres le 9 décembre. A suivre.

    8 octobre 2020 - La Relève et La Peste

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    "Le plus souvent, les gens renoncent à leur pouvoir car ils pensent qu'il n'en ont pas"

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  • Le covid à l'école

    J'ai fêté ma première année de retraite en septembre et Dieu sait combien je suis considérablement soulagé d'être sorti de cette nasse.

    Je suis convaincu que dans dix ans au plus, l'état ne trouvera plus assez de candidats pour devenir enseignant et que l'enseignement sera de plus en plus organisé autour de l'enseignement à distance par ordinateurs. Et il ne s'agit pas que du problème lié au covid. Le mal est bien plus profond que ça. D'ailleurs, les marchands se frotteront les mains. Et le sieur Macron pourra vanter la couverture du pays par la 5G... Quand à ceux des campagnes, les enfants continueront peut-être à aller dans des écoles de village. Ce seront les ploucs, les arriérés, les Amish de l'école. L'école des villes et l'école des champs. La Fontaine nous aurait écrit une bien belle fable. 
     

     

    Covid, direction d’école, salaires : le ministère se fiche des enseignants

    @ Loic VENANCE / AFP

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    Un peu plus d’un mois après la rentrée, le moral des enseignants n’est pas franchement au beau fixe. Entre la situation sanitaire et les principaux dossiers en cours, les profs ont comme l’impression qu’on se fiche pas mal d’eux, rue de Grenelle.

    Covid : l’entourloupe statistique

    « On est prêt », nous assurait-on. Comme on nous avait déjà fait le coup lors du confinement, on était méfiant, et on n'avait pas tort : il a fallu à peine une semaine au scénario officiel pour voler en éclats.

    Le 1er septembre le protocole sanitaire était clair en cas d’élève covid+ : classe fermée, tous les élèves et l’enseignant testés et en quatorzaine. Une semaine plus tard, il y avait tant d’élèves positifs dans certaines régions (à Marseille, à Paris, notamment) que la consigne, off, a commencé à circuler : « On ne ferme plus de classe ». Le problème ? Quand on ferme une classe pour 1 cas positif, ce sont 30 enfants à garder à la maison, et 30 parents qui ne peuvent pas aller travailler.

    Et puis les cas ont continué à proliférer, au point qu’il a fallu changer le protocole : désormais, on ne ferme une classe qu’à partir de trois cas positifs. Des milliers d'élèves sont positifs, mais rarement trois dans la même classe, aussi le ministère obtient ce qu’il voulait, il n’y a quasiment plus de fermetures. Le ministre Blanquer peut parader dans les médias pour dire que la situation est sous contrôle à l’école.

    La manipulation est énorme, les ficelles se voient comme des câbles haute-tension, on dirait Kevin quand il me montre son dernier tour de magie dans la cour de récréation et que je fais semblant de ne pas voir les cartes dans sa manche. Mais ça passe.

    Les enseignants, qui aimeraient bien savoir définitivement si les enfants sont moins contaminants que les adultes (c’est bien possible, vu qu’ils sont largement asymptomatiques) ont franchement le sentiment que le ministère se fiche du monde, avec sa communication nord-coréenne qui n'a qu'un objectif : minimiser les chiffres.

    La vérité, qui justifie cette entourloupe statistique, c’est que les écoles doivent rester ouvertes, non seulement parce que les élèves ont besoin de leur enseignant à leurs côtés pour progresser, mais surtout parce que leurs parents ont besoin d’aller travailler. Personnellement, c’est quelque chose que je comprends parfaitement, il est clair que la santé économique du pays est un enjeu considérable, et je n’ai aucune envie d’assister au grand collapse. Mais alors, pourquoi ne nous dit-on pas « vous avez un rôle majeur à jouer dans cette continuité économique, en plus de préparer la nation de demain vous permettez à celle d’aujourd’hui d’exister, c’est parce que vous jouez votre rôle que les autres travailleurs peuvent jouer le leur, et la patrie vous en est infiniment reconnaissante » ?

    Au lieu de quoi les profs assistent atterrés aux prises de parole de leur ministre sur l’air de « Madame la marquise », en totale contradiction avec la réalité du terrain, leur réalité.

    En guise de cerise sur cet indigeste gâteau, il y a eu l’affaire des masques slips DIM fournis par le ministère aux enseignants, un véritable scandale sanitaire, puisque ledit masque faisait de l’enseignant un cas contact en cas de covid+ dans la classe, contrairement au masque chirurgical. Autant dire que les profs ont doublement eu le sentiment qu’on se foutait d’eux puisqu’il a suffi, là encore, qu’on modifie le protocole pour régler le problème : dans les faits rien n’a changé, mais la définition du cas contact a simplement été modifiée.

    Direction d’école : rien n’a changé

    Cette semaine on a commémoré le suicide de Christine Renon, il y a un an tout juste. On se souvient de cette directrice d’école de Pantin, suicidée sur son lieu de travail en laissant une lettre qui avait fait grand bruit, dans laquelle elle pointait clairement les responsabilités de l’institution dans le surmenage de nombre de ses collègues et leur solitude dans la gestion quotidienne des problèmes de l’école. Il avait fallu l’émoi de toute une profession pour que le sujet émerge et que les médias s’en emparent, relayant le ras-le-bol des directeurs et obligeant le ministère à communiquer sur le sujet et à promettre des changements.

    Il fut d’abord question d’aide à la direction avec la mise à disposition de services civiques, mais les rares SC qui ont été aperçus étaient déjà prévus, et puis il fallait les former, ils ne pouvaient pas faire grand-chose, bref, un sparadrap sur une plaie béante.

    Il a fallu attendre la fin de l’année scolaire pour voir la suite, sous la forme de la « loi Rilhac » (du nom de la députée LREM) sur les directeurs d’école votée en juin dernier. Dans les faits, la loi, vidée de sa substance par les députés… LREM, a enterré l’emploi fonctionnel de directeur d’école, maintenu le rôle du directeur dans le flou, lui accordant un maigre droit de véto au sein du conseil d’école, mais surtout pas les jours de décharges tant demandés par les directeurs : l’article 2 qui prévoyait des décharges de direction pour les écoles de 8 classes a été purement et simplement abandonné (pas de budget pour ça). Côté rémunération, pas d’augmentation puisque pas « d’emploi fonctionnel », mais un simple avancement accéléré en forme d’os à ronger.

    Bref, comme l’a parfaitement résumé un député de l’opposition : « A partir de maintenant tout sera comme avant ».

    … Entretemps, les directeurs d’école ont eu à gérer la crise covid de plein fouet, ce furent notamment les seuls interlocuteurs de parents déboussolés et énervés, lors du déconfinement, par les contradictions entre la réalité du terrain et ce que vendait abusivement la parole ministérielle et gouvernementale ; à nouveau depuis la rentrée, avec la multiplication des cas d’enfants et d’enseignants positifs au covid, les directeurs d’école se retrouvent en surmenage, à devoir jouer (en plus d’enseigner, pour nombre d’entre eux, et en plus de gérer les habituels problèmes administratifs), le rôle de rustine, de piston, de courroie de transmission, bref, à se démultiplier dans tous les sens pour que l’école fonctionne. Le ministère a promis une prime covid pour les directeurs d’ici la fin de l’année, mais en attendant, leur situation est sans doute pire qu’il y a un an, lorsque Christine Renon s’est donné la mort.

    Salaires : roupie de sansonnet

    On se souvient, c’était il y a un peu moins d’un an (décidément, que de promesses faites, fin 2019…), le ministre et le gouvernement avaient garanti aux profs une revalorisation sans précédent, on parlait de 10 milliards par an de budget supplémentaire de l’EN consacrés aux salaires des profs, on allait voir ce qu’on allait voir, ceux qui osaient douter se faisaient reprendre de volée, si si, on vous assure, cette fois-ci c’est pour de bon, imaginez un peu, des centaines d’euros mensuels pour tous les profs, à terme, on allait enfin rattraper le retard de salaire par rapport aux collègues étrangers, enrayer la vertigineuse baisse du pouvoir d’achat.

    Un an plus tard, on ne voit toujours rien venir. Les quelques euros en plus sur la fiche de paie début 2020 étaient dus aux accords PPCR passés sous le précédent gouvernement et que le présent avait confisqués une année durant en repoussant leur mise en place. Et puis, rien d’autre, si ce n’est qu’au printemps la baudruche avait commencé à se dégonfler, il n’était plus question d’augmentation jusqu’à 2037 (non mais, quelqu’un y a-t-il vraiment cru, ailleurs qu’au Figaro ?) mais d’un simple plan quinquennal sous la forme d’une loi de programmation portant sur la période 2022-2026 suscitant juste quelques rictus désabusés chez les profs.

    Cette semaine, le budget de l’EN pour 2021 a été annoncé, l’enveloppe allouée aux augmentations de salaire se résume à 400 millions d’euros, et non plus 500 millions d’euros comme prévu initialement. De l’extérieur cela peut sembler une coquette somme, mais dans les faits on ne peut tellement rien faire avec qu’il faut faire des choix et celui du ministère consiste à favoriser les profs débutants, qui auront droit l'année prochaine à quelques dizaines d'euros de plus sur leur fiche de paie chaque mois. Tant mieux pour eux, sincèrement, mais on n’est pas dupes de la manœuvre : le ministère cherche à relancer l’attractivité du métier en proposant des salaires d’entrée un peu moins repoussoirs, mais les jeunes profs doivent comprendre qu’en contrepartie leur salaire va stagner plus longtemps avant de rejoindre celui des autres profs, qui eux, verront une nouvelle leur pouvoir d'achat baisser en 2021, comme depuis des années.

    Quant aux profs qui auraient l'idée de dire « ah mais comment, on sort des centaines de milliards d’euros pour relancer le pays, et il n’y a rien pour les profs qui s’appauvrissent depuis deux décennies ? », ma foi ils auront une idée de l’estime que leur porte le président avec ces propos, tenus au ministre Blanquer qui avait demandé, une fois n’est pas coutume, la création de 3 000 postes de profs : « C’est le genre de créations d’emplois qui vont aggraver le déficit et qui ne servent pas à redresser le pays ».

    Pour boucler cette bien belle semaine, on a découvert le calendrier du bac 2021… dans les journaux (le Figaro). Les syndicats eux-mêmes n’étaient pas au courant : comme d’habitude le ministère s’est débrouillé de son côté, sans consulter, et son calendrier semble aberrant et totalement hors-sol, les épreuves commencent en mars, c’est intenable. C’est ce qui arrive quand on ne demande pas leur avis aux gens qui bossent sur le terrain : on fait un peu n’importe quoi.

    Voilà, sinon le sujet de la semaine n’a été aucun de ceux-là, il était bien plus urgent, visiblement, de parler de la manière de s’habiller des collégiennes, du retour de l’uniforme (on le répète, il n’y a jamais eu d’uniforme en France dans le public, tout au plus des blouses) et de faire des sondages sur le degré d’acceptabilité des décolletés de ces demoiselles.

    Suivez l’instit’humeurs sur Facebook et sur Twitter @LucienMarboeuf.

  • la 5G et ceux des campagnes.

    On ne pourra pas dire qu'il n'y a pas de problème. Un sérieux problème...Il y aurait donc pour les fournisseurs, des marchés juteux et puis les autres. Il n'y aurait donc pas de "services aux communications" mais la néceéssité de développer un nouveau réseau plus rentable. Il faut bien voir que ces zones non couvertes constituent des dangers pour les services médicaux et non seulement une "gêne" quotidienne. Il nous est arrivé de ne pas pouvoir communiquer avec nos garçons partis en montagne, sans savoir où ils étaient, même une fois redescendus dans la vallée d'où ils étaient partis. Il faut donc imaginer ce que ça donnerait pour un simple randonneur accidenté et seul dans une zone non couverte. pas besoin d'être sur des sommets des Alpes. Juste dans une forêt en Corrèze par exemple. On l'a vécu il y a quelques jours. Zéro réseau. A 700 mètres d'altitude. Quand on se balade et qu'on aimerait avoir sa position sur le GPS, c'est juste un peu embêtant mais ça n'a rien de grave. Ca peut le devenir en cas d'urgence. Une femme enceinte qui ne parvient pas à joindre les secours avec un incident à la maison, une personne âgée qui est tombée chez elle, un bûcheron qui s'est entaillée la jambe avec la tronçonneuse...Et tout le monde ne connaît pas le numéro 112. Quant à la catastrophe dans la vallée de la Vésubie, on voit bien l'importance considérable d'un réseau simplement de qualité. 

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    Accessible même en cas de panne de réseau

    Le 112 est un numéro d’appel destiné aux situations d’urgence. Il est gratuit et accessible même en cas de panne de réseau ou de forfait épuisé. Il permet de contacter tout type de services d’urgence comme le SAMU, les pompiers ou la police. Il peut être composé sur un fixe comme sur un téléphone portable, vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept."

     

     

    Les débats sur la 5G sonnent dans le vide pour les habitants des zones blanches : "Chez moi, j'ai toujours zéro barre !"

     

    Alors que l'arrivée de la 5G fait polémique, de nombreuses communes restent privées de réseau mobile fonctionnel. Reportage dans plusieurs villages du Morvan où, avant de parler de cafetières connectées et de voitures autonomes, on aimerait déjà pouvoir... téléphoner.

    Mathias Dolidon, habitant de Brassy (Nièvre), a pris l\'habitude de s\'asseoir sur le muret de son jardin pour capter le réseau mobile.
    Mathias Dolidon, habitant de Brassy (Nièvre), a pris l'habitude de s'asseoir sur le muret de son jardin pour capter le réseau mobile. (PIERRE-LOUIS CARON / FRANCEINFO)

    De l'avis général, la saison touristique a été "très satisfaisante" pour le village de Brassy, dans la Nièvre. Blottie dans le parc naturel du Morvan, à environ une heure et demie de Dijon, la commune attire les visiteurs grâce à son lac endormi et ses épaisses forêts, sur lesquelles l'automne peint désormais ses premières couleurs. Mais si les voyageurs sont conquis par les charmes de ce village de 600 habitants, ils le sont un peu moins par son réseau mobile à la traîne. "On voit souvent des touristes belges ou hollandais qui crient dans leur téléphone, près de l'église, grimace une habitante installée sur l'une des terrasses du bourg. Car ici, on n'entend presque rien au bout du fil."

    Avec d’autres communes alentours, Brassy se trouve en effet dans ce que l'on appelle encore une zone blanche, l’une des plus vastes de France d'après la carte de l’Arcep, le régulateur des télécoms. Alors que l'Etat vient de vendre aux enchères les fréquences du réseau 5G, et avec elles la promesse de débits ultra-rapides, des centaines de communes de l'Hexagone restent trop loin des antennes existantes. Un problème évoqué par les partis d'opposition, La France insoumise notamment, lors des débats sur la 5G, alors que le gouvernement promet de prendre le problème à bras-le-corps. Car en zone blanche, la qualité des appels est souvent médiocre, avec des coupures fréquentes. Sans parler d'internet depuis un téléphone : pour y accéder, il faut s'armer de patience et parfois même partir en balade, en quête d'une hypothétique connexion.  

    "Qu'on nous mette d'abord la 1G !"

    Dans ce coin du Morvan, la question de la 5G fait sourire, au mieux. "Ce n'est pas fait pour nous", tranche Denise, 58 ans, qui habite le hameau de Plainefas (commune de Saint-Martin-du-Puy) depuis trois ans. "Mon mari doit sortir pour consulter ses e-mails, ce n'est pas sérieux, souffle-t-elle, qu'on nous mette d'abord la 1G, ce serait bien !" Avec "deux barres, en moyenne", la situation n'est guère meilleure chez Anne-Marie, une voisine retraitée. "Même pour des choses simples comme les appels, ça va, ça vient", raconte-t-elle. Il y a bien le téléphone fixe et la box ADSL comme solution de repli, mais leur fonctionnement reste aléatoire. "Les intempéries peuvent nous couper du monde, et pour un dépannage, il ne faut pas être pressé", déplore Denise, qui s'est retrouvée sans internet pendant quatre semaines l'été dernier. 

    En arrivant au hameau de Plainefas (Nièvre), le réseau mobile ne permet plus d\'accéder à internet.
    En arrivant au hameau de Plainefas (Nièvre), le réseau mobile ne permet plus d'accéder à internet. (PIERRE-LOUIS CARON / FRANCEINFO)

    Deux cents mètres plus bas, la route sinueuse amène au hameau de l'Huis-Rabeux, qui regroupe quelques maisons de campagne. Alain, la cinquantaine, s'affaire dans l'écurie de sa résidence secondaire, où il aimerait vivre toute l'année. "Ici, je rate beaucoup d'appels et de SMS", raconte-t-il, planté dans ses bottes, une casquette couleur crème vissée sur la tête. Pour remédier à cet isolement, il a développé une technique. "Je monte en voiture quelques kilomètres plus haut et là, je ramasse tous les messages", explique-t-il, pas plus gêné que ça.

    Même s'il se sent "peu concerné" par la 5G, Alain a suivi les nombreux débats autour du déploiement de cette technologie et reste mitigé sur ses bienfaits supposés. "Si on veut nous l'installer, je ne serais pas contre. On ne se plaint pas quand la mariée est trop belle, sourit-il. Mais je ne suis pas pour le progrès à tout prix." Parmi ses craintes, le quinquagénaire évoque les effets des ondes sur l'environnement. Il redoute aussi que la France ne devienne trop dépendante des Etats-Unis et de la Chine, deux pays à la pointe de la recherche sur la 5G. "Autant de débit, c'est quand même un caprice. Tout le monde n'a pas besoin de jouer aux jeux vidéo en ligne avec des Australiens.

    La maraîchère Valentine Cuillier, sur le marché de Brassy (Nièvre), le 30 septembre 2020.
    La maraîchère Valentine Cuillier, sur le marché de Brassy (Nièvre), le 30 septembre 2020. (PIERRE-LOUIS CARON / FRANCEINFO)

    Quinze minutes de départementale séparent le hameau de Plainefas et la commune de Brassy. Dix quand on est habitué aux virages serrés. Sur la place de l'église, "l'endroit où ça capte", c'est jour de marché, comme tous les mercredis, à Brassy. Depuis son stand, Valentine Cuillier, maraîchère de 35 ans, confirme qu'elle a bien du réseau ce matin-là. "Mais c'est loin d'être toujours le cas, tient-elle à rappeler. Alors on n'imagine pas la 5G ici." Pour l'agricultrice, ce nouveau bond technologique répond surtout à la logique du "toujours plus", à laquelle elle entend s'opposer. "Je n'ai pas de smartphone par choix, et je n'ai pas envie d'avoir un frigo ultra-connecté non plus", assume-t-elle. Ce qui ne l'empêche pas de réclamer, à l'instar de la plupart des villageois, un réseau plus stable. 

    "Quand on m'appelle sur l'exploitation, je décroche mon portable mais je dois très souvent remonter et rappeler depuis le fixe", détaille-t-elle. Outre les démarches en ligne et son activité d'hébergement en gîte, ce sont ses proches qui sont parfois affectés. "Cet été, mon beau-frère avait besoin de recevoir des codes importants par texto, se souvient-elle. Il a dû monter en haut de la colline pour réussir à les obtenir, puis redescendre en vitesse avant qu'ils n'expirent."

    Le hameau des Blancs, sur la commune de Saint-Agnan (Nièvre), fait partie de la zone très mal desservie par les opérateurs mobiles.
    Le hameau des Blancs, sur la commune de Saint-Agnan (Nièvre), fait partie de la zone très mal desservie par les opérateurs mobiles. (PIERRE-LOUIS CARON / FRANCEINFO)

    Dans les zones blanches plus qu'ailleurs, le confinement face à l'épidémie de Covid-19 a souligné le besoin d'avoir une connexion digne de ce nom et un téléphone fonctionnel. A Plainefas, les enfants de Denise ont réussi tant bien que mal à télétravailler depuis la maison familiale. "C'était tout justeOn parle beaucoup des citadins qui voudraient s'installer ici, mais ils ne tiendraient pas plus d'une saison avec ce réseau, on ne peut pas compter dessus."

    "Obligé de placer mon portable sur la cheminée"

    Même constat à Quarré-les-Tombes (Yonne), à une vingtaine de minutes en voiture à travers les plateaux boisés. "Les Parisiens veulent du vert, mais avec internet, résume Sébastien, accoudé au comptoir de sa brasserie. On a besoin d'être connectés pour redynamiser le village." Debout à ses côtés, Dario, son jeune apprenti, ne peut qu'acquiescer : "Ça a été très dur pour les cours, je n'ai pas l'ADSL dans mon logement et je suis obligé de placer mon portable sur la cheminée, pour l'utiliser comme modem", explique-t-il. Une solution branlante à plus d'un titre. "Parfois quand je rentre, ça ne veut pas marcher, souffle le jeune homme, et puis mon portable s'est cassé plusieurs fois en tombant."

    Assis sur un muret, Mathias Dolidon cherche à capter le réseau mobile à Brassy (Nièvre).
    Assis sur un muret, Mathias Dolidon cherche à capter le réseau mobile à Brassy (Nièvre). (PIERRE-LOUIS CARON / FRANCEINFO)

    Travailler à distance depuis une zone blanche, Mathias Dolidon en connaît la difficulté. Voilà deux ans que ce développeur informatique de 37 ans s'est installé à Brassy, notamment pour élever sa fille "tranquillement". En découvrant le réseau mobile capricieux, il a procédé à quelques ajustements. "Les mauvais jours, c'est mort partout, chez moi j'ai zéro barre, s'amuse-t-il, il faut aller dans le coin derrière pour capter, ou alors dans le jardin." Pour ses coups de fil importants, Mathias Dolidon a ses habitudes : s'asseoir sur le muret en pierre au bout de l'allée. Il privilégie aussi les messageries en ligne comme WhatsApp plutôt que les SMS, car elles limitent davantage les pertes. "Je rate des appels, mais je peux compter sur mon réseau fixe pour la visioconférence", tempère-t-il.

    On connaît les communes qui ont un bon réseau. En cas de besoin, on y va.Mathias Dolidonà franceinfo

    Quand on lui parle des débits faramineux de la 5G, le développeur se frotte la barbe sans trop y penser. "Je n'arrive pas à me sentir concerné, confie-t-il. C'est un truc de citadin pour regarder des séries dans le métro, ce sont des choix sociaux en fin de compte." Avec sa connexion ADSL relativement stable, il se sent déjà "privilégié" par rapport aux habitants des hameaux qui n'y ont pas du tout accès. "Pour les touristes, c'est pittoresque, mais pour les professionnels, c'est quand même pénible", lâche-t-il avec une mine plus sombre. "C'est comme pour les routes avec la neige ou en cas de chute d'arbre. On est habitués à être aidés en dernier", conclut-il. 

    "On attend de voir le 'New Deal mobile'"

    La situation devrait toutefois s'améliorer à Brassy, avec l'installation d'une antenne-relais "très prochainement", assure Jean-Sébastien Halliez, maire (PS) de la commune depuis 2008. Le dernier round d'un long combat mené par l'édile. "On en a signé, des pétitions..." sourit-il. Paiements en ligne, livraisons, terminaux de carte bancaire, régulation à distance du système d'eau : la liste des activités dépendantes d'un réseau stable est longue.

    Pour l'heure, le lieu d'implantation de la future antenne reste secret. "Tout le monde ou presque veut l'antenne, mais personne ne veut l'avoir plantée derrière chez soi", souligne le maire. Cette nouvelle installation ne bénéficiera pas non plus à tous, car la commune compte une trentaine de hameaux répartis sur 54 kilomètres carrés, "une zone aussi grande que la moitié de Paris"

    Dans le Morvan, les antennes-relais sont un équipement convoité. Ici, une installation sur la commune de Saint-Agnan (Nièvre).
    Dans le Morvan, les antennes-relais sont un équipement convoité. Ici, une installation sur la commune de Saint-Agnan (Nièvre). (PIERRE-LOUIS CARON / FRANCEINFO)

    La faible densité de population et le relief accidenté de la région "expliquent en grande partie la réticence des opérateurs à y installer des antennes", détaille à franceinfo Pierre Bareille, directeur de Nièvre numérique, une structure publique qui épaule les collectivités du département sur ces dossiers. "Une antenne coûte au minimum 100 000 euros, sans parler des travaux de raccordement", ajoute-t-il.

    Le réseau mobile est un service, certes, mais pas un service public.Pierre Bareilleà franceinfo

    Dans ce département, les autorités recensent une quarantaine de "poches de 20 à 100 logements" à équiper d'urgence. L'Etat, lui, ajoute fréquemment des communes à sa liste de sites prioritaires. Ces dernières années, plusieurs grands plans gouvernementaux ont été lancés pour en finir avec les zones blanches. Mais les opérateurs sont loin de se bousculer pour couvrir ces régions. "Avant de parler de la 5G, on attend de voir le 'New Deal mobile', comme il a été baptisé [par le gouvernement en 2018], explique Pierre Bareille, en espérant que les promesses soient tenues d'ici 2022."

    De la patience, les habitants en ont ici à revendre. Certains, comme Valentine Cuillier à Brassy, se préparent même à ce que la 4G n'arrive jamais. "Les touristes viennent surtout ici pour chercher du calme, le mauvais réseau pourrait alors devenir un avantage, avance-t-elle. Pourquoi ne pas jouer cette carte ?" Pas sûr que tous ses voisins soient sur la même longueur d'onde.

  • Le prix de l'eau

    Main basse sur l’eau : la nouvelle guerre a déjà commencé

     

    https://lareleveetlapeste.fr/main-basse-sur-leau-la-nouvelle-guerre-a-deja-commence/?

    « Il faut faire payer aux gens le véritable prix de l’eau pour qu’ils réalisent que chaque fois qu’ils en boivent une gorgée, il y a un coût. Il faut qu’ils le sentent au niveau du portefeuille. Comment les convaincre de réduire leur consommation si vous leur donnez gratuitement ? »

    22 janvier 2020 - Sarah Roubato

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    Envie d’une vraie déconnexion ? Évadez-vous avec notre nouvelle bande dessinée !

    Thème : effondrement de la société, abordé de manière douce et positive
    Format : 130 pages
    Impression : France

     

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    C’était le miracle de la vie : un étang où prédateurs et proies viennent s’abreuver, un puits où se retrouvent les habitants d’un village. Une source du voisin où on vient se fournir quand la sienne était à sec. Aujourd’hui, elle est un bien financier retenu par des vannes qui s’ouvrent dès qu’on a acheté sur une application de téléphone portable. L’eau est la ressource la plus convoitée de la planète. 70% de l’eau mondiale est utilisée pour nourrir les hommes. Sans eau, plus de vêtements, plus de voiture, plus de portable, plus de maison et plus de nourriture. Le reportage de Jérôme Fritel nous plonge dans une guerre qui a déjà commencé, et qui sera le grand enjeu de demain.

    L’eau, un produit financier comme un autre ?

    C’est ce que soutiennent nombre de financiers qui décident d’augmenter le prix de l’eau pour créer un marché comme celui du pétrole. Nous sommes au début de la révolution financière de l’eau. Une guerre a déjà commencé, entre la mainmise des marchés financiers et les mobilisations citoyennes. 

    C’est au cœur de la City londonienne que l’eau est devenue une denrée financière. En 1989, Margaret Thatcher, devant la Chambre des Communes, déclare : « La privatisation de l’eau sera un succès ». L’année suivante, le nombre de personnes se voyant coupés l’eau faute d’avoir pu payer leur facture tripla. Dix ans plus tard, une loi interdira cette pratique.

    Crédit photo : Robert Bye

    Au début des années 2000, Les Fonds de Capital Investissement sont créés. Aussi appelés Fonds Vautours, ils sont créés pour dix ans et cherchent la rentabilité à court terme. McQuarie, un fond australien, en est un symbole. Conscients que la population mondiale augmente, la nouvelle génération d’investisseurs a compris que la consommation d’eau devient un investissement idéal. Dès lors, les factures d’eau augmentent, les dividendes reversés aux investisseurs aussi, et l’évasion fiscale tourne à plein régime.

    Ce serait 3 milliards d’euros qui auraient été ainsi ponctionnés chaque année. Et au bout de dix ans, 50 milliards de dettes, que seuls les consommateurs auront à payer. 

    L’Australie est le pays le plus chaud de la planète. C’est là que se joue le scénario de ce que deviendra le rapport à l’eau dans le monde. Chaque année, l’État des quotas aux éleveurs, aux industriels et aux villes. Les éleveurs qui le peuvent doivent acheter l’eau sur des marchés privés, s’endettant et risquant de tout perdre si les températures augmentent, ce qui est déjà le cas. L’eau est enfermée dans des vannes qui s’ouvrent automatiquement quand l’éleveur a payé.

    Waterfind est la première bourse mondiale de l’eau. Le prix actuel est environ de 350 euros le mégalitre (un million de litres). Tom Rooney, PDG de Waterfind, défend l’argument en vogue dans ces milieux :

    « N’est-ce pas bien de donner une valeur à l’eau ? En lui fixant un prix, on apprendra à mieux la respecter. »

    1 500 litres d’eau pour faire un steak.

    Mais le schéma ne se résume pas à des consommateurs d’eau à la merci d’exploitants avides. Nous, consommateurs, les nourrissons dans un savant cercle vertueux pour la finance : car le marché de l’eau dépend de l’agriculture intensive, en particulier de l’élevage. 1 500 litres d’eau pour faire un steak. Toute forme d’agriculture intensive consomme énormément d’eau. En Australie toujours, les amandes exportées dans le monde entier offrent un excellent rapport quantité d’eau-bénéfices. L’entreprise Webster Company, productrice d’amandes, détient un stock d’eau d’une valeur de 200 millions d’euros. Brendan Barry est le gestionnaire de l’eau. On le voit discuter avec un trader de deux bonnes nouvelles : la sécheresse fait augmenter le prix de l’eau, et les éleveurs ruinés offrent un bon potentiel d’acquisition de terres à bon marché. 

    Crédit photo : LilitGray

    Mike Young, économiste australien mondialement reconnu, conseiller de l’ONU, a théorisé le marché de l’eau, et annonce : « Les pénuries de l’eau ont déjà commencé. D’ici 2050, la moitié de l’humanité vivra avec des ressources limitées. L’eau doit être gérée d’une manière très précieuse, et utilisée le mieux possible pour gagner de l’argent et nous nourrir. » Partisan de la création de comptes d’eau gérés comme des comptes en banque, il affirmait en 2017 :

    « L’Australie a l’un des meilleurs systèmes de répartition de l’accès à l’eau au monde, notamment grâce aux réformes réalisées ces vingt dernières années qui ont permis de redéfinir nos droits à l’eau sous forme de parts ».

    Avec le système qu’il a inventé, la météo devient la variable d’ajustement des marchés : plus il fait sec, plus les affaires sont bonnes« Quand l’eau se fait rare, certains doivent arrêter d’en consommer. Les marchés sont là pour découvrir et désigner ceux qui doivent sortir de l’agriculture. » À ses élèves, il dit : « Mon cours vous permettra de faire du monde un meilleur endroit où vivre »

    Un éleveur vend sa ferme. Ses machines qui devaient lui apporter la prospérité, ses bâtiments qui faisaient sa fierté, ses vaches dont il a connu les mères, les grand-mères, les arrière-grand-mères, la terre que son père lui a confiée et d’où pour la première fois il devra partir. Cet éleveur n’est pas seulement une victime d’un système : il en est le partenaire consentant et perdant. À son échelle aussi, il a voulu produire toujours plus et créer de la richesse, dans un système dont il ne maîtrisait pas les variables.

    Crédit photo : Jong Marshes

    Au pays du business de l’eau, il n’y a pas les bons d’un côté et les méchants de l’autre. Il y a tout un système qui change et auquel chacun doit s’adapter. C’est ainsi que les écologistes font des deals avec les rois de l’eau, en négociant des zones sanctuaires où l’eau ne sera pas marchandée, contre le vote d’une Réforme de l’Eau favorable aux traders. Les associations écologistes elles-mêmes ont dû acheter de l’eau pour la restituer à la nature. « Si nous voulons être sûrs que la rivière reste vivante, nous devons créer des marchés pour acheter et vendre l’eau », affirme Sarah Hanson-Young, sénatrice du parti écologiste. 

    Si l’Australie est un laboratoire de la gestion de l’eau, ailleurs déjà la question se travaille. Willem Buiter, conseiller économique de la banque Citigroup, décrit lui-même les terribles sécheresses qui ravagent deux lieux emblématiques de l’agriculture intensive : la Californie et le sud de l’Espagne. Sa conclusion :

    « Il faut faire payer aux gens le véritable prix de l’eau pour qu’ils réalisent que chaque fois qu’ils en boivent une gorgées, il y a un coût. Il faut qu’ils le sentent au niveau du portefeuille. Comment les convaincre de réduire leur consommation si vous leur donnez gratuitement ? » 

    Il serait confortable de se dire « Ces gens sont fous ». Ils sont en réalité la rationalité même du système dans lequel nous vivons. Le conseiller demande au réalisateur pourquoi il serait immoral de commercialiser l’eau. Celui-ci répond « Parce que l’eau c’est la vie. » La réponse du conseiller est implacable de réalisme : « Vous payez bien votre assurance santé. » En effet, comment nous offusquer de la privatisation de l’eau alors qu’elle est l’aboutissement logique de tout un système qui régit nos vies et que nous acceptons bout par bout ?  Quand le conseiller affirme « Ce n’est pas parce que l’eau c’est la vie qu’elle ne doit pas avoir de prix », est-il en train d’énoncer une aberration, à l’heure où derrière nos vêtements pas chers ou nos téléphones, se cachent l’esclavage et les vies brisées de millions d’enfants ? Soyons donc horrifiés, mais devant notre propre miroir collectif. 

    22 janvier 2020 - Sarah Roubato

  • Les Amish

    Sur ce qui est dit du modèle agricole des Amish, je suis parfaitement d'accord et c'est consternant que le sieur Macron puisse les dénigrer de la sorte. 

     

    16 septembre 2020 - La Relève et La Peste

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    https://lareleveetlapeste.fr/oui-les-amish-sont-des-modeles-pour-lautonomie-alimentaire/?

    Défendant la 5G pour rassurer le panel d’entrepreneurs de la FrenchTech qu’il avait devant lui, Emmanuel Macron a prononcé lundi la phrase suivante : « Je ne crois pas que le modèle amish permette de régler les défis de l’écologie contemporaine. » Largement relayée et raillée sur les réseaux sociaux, Pierre1911, un géo-trouvetout français de l’autonomie alimentaire et énergétique vient apporter ici sa contribution au débat. Cette phrase qui se voulait piquante vise en fait dans le mille : les Amish sont bien des modèles de la souveraineté alimentaire. Explications.

    Notre modèle va droit dans le mur

    Le gouvernement startup nation fait la promotion d’un modèle de société qu’il sait non soutenable et dangereux pour l’humanité. Un gouvernement qui ne change pas de logiciel malgré les toutes dernières alertes.

    La crise du COVID19 et ses conséquences ont révélé l’extrême fragilité du monde dans lequel nous sommes et la folie de son organisation. En premier lieu sur la question de la souveraineté alimentaire. 

    D’ailleurs, ce sont des thèmes que les dirigeants ont été obligés d’aborder face à une menace réelle et fondée. Dans son discours du 12 mars 2020 le président MACRON disait, je cite :

    « Déléguer notre alimentation, notre protection, notre capacité à soigner notre cadre de vie au fond à d’autres est une folie. »

    Au début du mois d’avril 2020, l’ONU et l’OMC mettaient en garde l’humanité contre un risque de crise alimentaire mondiale liée au coronavirus.

    « Les incertitudes liées à la disponibilité de nourriture peuvent déclencher une vague de restrictions à l’exportation, provoquant elle-même une pénurie sur le marché mondial. », sont des phrases tirées d’un communiqué commun du président Qu Dongyu, de la FAO, de Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur-général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de Roberto Azevedo, dirigeant de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

    Le président Français veut déployer un réseau superfétatoire, au coût énergétique et financier abyssale alors que des questions vitales ne sont toujours pas résolues.

    Celle bien évidement du climat, mais aussi, celle de notre souveraineté alimentaire. Pendant la promotion de la 5G :

    – nous sommes toujours à moyenne de 1,5 suicide par jour chez les agriculteurs.
    – les maraichers gagnent en moyenne 300 euros par mois
    – la très grande majorité des agriculteurs n’a pas un modèle économique viable sans subvention de type PAC.
    – les denrées alimentaires sont totalement dépendantes du pétrole pour sa production comme pour son transport.
    – le gouvernement n’a mis aucune action en place pour garantir notre sécurité alimentaire.

    Photo du potager de Pierre
    La récolte

    Nous sommes majoritairement dépendants de l’extérieur pour nous nourrir. Pas seulement pour les fruits et légumes importés, mais aussi pour les intrants comme par exemple le blé que nous exportons contre du phosphore. Ce minerai est absolument nécessaire à la fabrication d’engrais chimiques, engrais dont il est impossible de se passer dans l’agriculture conventionnelle (voir les écrits de Stéphane LINOU à ce sujet).

    Dans son discours le président MACRON prétend que la non installation de la 5G serait un retour à la lampe à huile.

    Le propos comme l’idée sont purement malhonnêtes. Si la 5G n’était pas déployée le réseau actuel ne serait pas démantelé. Le réseau de communication en place n’est pas composé de sémaphores, la 3G et la 4G sont opérationnels. 

    Je suis de ceux qui pensent que cela est suffisant voir déjà trop. 

    Et pour information, je suis obligé d’aller dans les bois pour accrocher péniblement la 3G. Pour autant, même si cela pourrait avoir un impact bénéfique direct sur ma petite personne, je ne souhaite pas voir un relais supplémentaire s’installer ici ou ailleurs.

    En 100 jours, Pierre et Caroline ont atteint une autonomie alimentaire en légumes pour 6 à 8 personnes – Source

    Les amish, un modèle de souveraineté alimentaire

    Mais le propos le plus scandaleux est la mention au modèle Amish. Les Amish sont une référence agricole mondiale inégalée à grande échelle. Et nous parlons bien SEULEMENT du modèle agricole. Les autres questions comme par exemple la religion ne sont PAS des modèles. 

    Ils sont une référence mondiale sur au moins trois points :

    – Une capacité pour l’intégralité de leur communauté à s’autosuffire avec une agriculture sans énergie fossile, respectueuse des sols et à haut rendement y compris sur les céréales.

    – la préservation génétique des variétés végétales anciennes, adaptées à leur territoire et plus résilientes face à la crise climatique

    – la préservation génétique des chevaux de trait lourds aptes aux travail 

    Pierre utilise aussi la traction animale

    Résultat : le modèle Amish sur le plan agricole et organisation agricole est l’alternative qui peut sauver immédiatement des centaines de milliers voir des millions de personnes du risque alimentaire. Le modèle agricole tel qu’il est organisé actuellement est une pure folie, ce sont les mots du président Macron dans une de ses allocutions durant la crise du COVID. A méditer.

    16 septembre 2020 - La Relève et La Peste

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  • Changements climatiques et épisodes méditerranéens

    Oui, c'est effroyable. Les images sont terrifiantes. La vallée de la Vésubie ravagée par les eaux. Des victimes, des maisons emportées, des traumatismes qui ne disparaîtront pas. 

    De l'importance d'ailleurs des hélicoptères. J'en parlais hier. C'est à mes yeux un appareil extraordinaire au regard de toutes les vies sauvées, en montagne, en mer, n'importe où... La vallée de la Vésubie est aujourd'hui ravitaillée grâce à leurs pilotes.

    J'entends aussi des habitants de la vallée dire qu'ils n'ont jamais vu ça, même les Anciens.

    Oui, et rien ne dit qu'il n'y en aura pas de plus violents encore.

    Là encore, les scientifiques alertent sur ces risques depuis de nombreuses années et à chaque catastrophe de ce type, les météorologistes le disent encore et encore.

    Qu'en est-il dès lors de l'anticipation ? Est-il même possible de faire quelque chose en dehors de raser les maisons trop proches et de reloger leurs habitants ? Elargir le périmètres des zones inondables, c'est une évidence. 

    Le défi est gigantesque...

    Il y a quelques semaines, on a visité une maison qui dominait une rivière. C'est magnifique quand il fait beau, que l'eau est cristalline. Le jardin dominait le lit de sept ou huit mètres. On pourrait imaginer que c'est suffisant. Non, ça ne l'est pas et ça le sera de moins en moins. 

    http://www.meteofrance.fr/climat-passe-et-futur/impacts-du-changement-climatique-sur-les-phenomenes-hydrometeorologiques/changement-climatique-et-episodes-mediterraneens

    Changement climatique et épisodes méditerranéens

    Changement climatique et épisodes méditerranéensLa Méditerranée figure parmi les « hot-spots » mondiaux du changement climatique. La diminution des précipitations moyennes et l'augmentation importante des températures en particulier en été conduiront à une diminution des ressources en eau et à une augmentation de la sévérité des sécheresses et des canicules.

    Rappel : les épisodes méditerranéens en vidéo

     
    Tout ce qu'il faut savoir sur les épisodes méditerranéens en une vidéo !

    Des conditions climatiques particulières

    La présence d'une mer fermée bordée de reliefs, à l'est d'un vaste océan et au nord d'un des plus grands déserts du monde, confère au bassin méditerranéen un climat très particulier. Transition entre climats océanique, continental et désertique, le climat méditerranéen est aussi caractérisé par de fréquents épisodes extrêmes (vents violents, pluies intenses, sécheresses, canicules, etc.).

    Parmi eux, les épisodes méditerranéens sont les plus destructeurs : ces pluies intenses provoquent des inondations souvent rapides (crues éclairs). Les phénomènes orageux à leur origine se produisent la plupart du temps en automne, quand l'atmosphère commence à se refroidir alors que la mer est encore chaude.

    Une intensification des fortes pluies sur les régions méditerranéennes ces dernières décennies 

    L'analyse des événements pluvieux extrêmes méditerranéens au cours des dernières décennies permet de dégager les tendances suivantes pour les régions françaises :

    •  intensification des fortes précipitations dans les régions méditerranéennes entre 1961 et 2015 : +22 % sur les maxima annuels de cumuls quotidiens, avec une variabilité interannuelle très forte, qui explique la forte incertitude (de +7 à +39 %) sur l'ampleur de cette intensification. 
    •  augmentation de la fréquence des épisodes méditerranéens les plus forts, en particulier ceux dépassant le seuil de 200 mm en 24 h.

    Intensité des pluies extrêmes en région méditerranéenne de 1961 à 2017

    Vers des épisodes méditerranéens plus intenses à la fin du XXIe siècle

    L'étude des précipitations intenses et de leur évolution future reste un défi majeur pour les modélisateurs du climat. Ces phénomènes sont en effet relativement mal représentés dans les modèles de climat standard.  Au cours de ces dernières années, le programme international CORDEX* a permis de réaliser et de mettre à disposition des ensembles de simulations climatiques régionales à des résolutions spatiales (~10 km) permettant une meilleure représentation des évènements méditerranéens et donc une meilleure confiance dans leurs projections futures.

    Les analyses d'extrêmes appliquées aux modèles CORDEX indiquent une augmentation de l'intensité des précipitations intenses sur la partie nord du bassin méditerranéen. Sur la région méditerranéenne française, l'intensification des précipitations extrêmes devrait être de l'ordre de quelques % sur les cumuls quotidiens par °C de réchauffement.

    Même si une augmentation de leur intensité se dessine, l'évolution future des précipitations extrêmes en Méditerranée reste aujourd'hui assez incertaine quantitativement. Les travaux de recherche en cours devraient permettre de progresser sur ce sujet d'une part en combinant mieux les ensembles de simulations globales et régionales de climat et d'autre part en utilisant des modèles climatiques de nouvelle génération pouvant atteindre les échelles kilométriques et représentant mieux la convection atmosphérique. Ces nouveaux modèles devraient également permettre d'étudier l'évolution possible des cumuls de précipitations horaires. 


    Changement relatif moyen en 2100 pour la valeur des précipitations quotidiennes d'une durée de retour 20 ans pour 102 bassins versants méditerranéens pour les scénarios RCP4.5 et RCP8.5

    Changement relatif moyen en 2100 pour la valeur des précipitations quotidiennes d'une durée de retour 20 ans pour 102 bassins versants méditerranéens pour les scénarios RCP4.5 et RCP8.5

    Le programme HyMeX

    D'importants efforts de recherche sont fournis pour améliorer les outils de prévision de ces épisodes. Météo-France participe ainsi au programme international HyMeX**, lancé en 2010 pour une durée de 10 ans. HyMeX vise à améliorer les prévisions des épisodes méditerranéens et à étudier leur évolution dans un contexte de changement climatique. 

    Initié par Météo-France et le CNRS, ce programme s'intéresse au cycle de l'eau en Méditerranée et aux extrêmes associés. Rythmé par différentes campagnes de mesures s'étalant entre 2010 et 2020, il permet déjà aux chercheurs de travailler sur des modèles climatiques de nouvelle génération.

    * Coordinated Regional Climate Downscaling Experiment
    ** Hydrological cycle in Mediterranean Experiment

     

     

  • Vol en hélicoptère

    Un jour, en se baladant dans le secteur, on a rencontré Flavien, un technicien qui travaillait sur une centrale hydroélectrique.

    On a discuté un bon moment d'écologie, de biodiversité, de consommation, de mode de vie. Des échanges très intéressants et enthousiasmants. Au fil de la discussion, il nous a dit qu'il était également pilote d'hélicoptère et qu'il proposait des vols au-dessus des montagnes du secteur (Isère, Savoie ...).

    Comme on sait qu'on va quitter la région sous peu, on s'est promis de s'offrir un vol, un jour prochain, pour voir d'en haut ce qu'on a parcouru ici bas. 

    Je vous mets ici les tarifs proposés par Flavien. Vous pouvez le retrouver sur sa page Facebook : Flav Vercors.

    C'est 10 euros la minute, soit : 300€/30min

                                                  : 450/ 45min où 600€/h etc... il

    Il y a 3 places passager dans l'hélicoptère.

    Voilà quelques photographies prises par Flavien. 

     

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  • Libéralisme contre écocide

     

    https://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/convention-citoyenne-sur-le-climat/climat-sept-propositions-de-la-convention-citoyenne-ecartees-par-le-gouvernement-malgre-la-promesse-d-emmanuel-macron_4123179.html

    L'ancienne ministre de la Justice, Nicole Belloubet, avait balayé en juin cette mesure.(l'écocide) 

    "Pour que notre vie commune puisse fonctionner, il faut concilier droits et libertés. Si vous dites qu’au-dessus de cette conciliation, il y a un principe supérieur, qui est la protection de l’environnement, cette conciliation devient viciée", avait-elle déclaré sur France Inter.


     

    Bon, voilà, c'est clair là au moins.

    Une loi qui consisterait à mettre un frein à la dégradation de l'environnement pour permettre à chacun de vivre, humains, animaux, plantes, ça serait contraire à la liberté.

    Que nous soyons condamnés à voir se réduire la biodiversité et par là même en souffrir n'entre pas dans les considérations du libéralisme. Il s'agit de préserver la "liberté" d'entreprendre, de préserver la liberté de concurrence, la liberté de croître, de faire des bénéfices, de développer les richesses.

    C'est effroyable dans les faits mais ça l'est encore plus sur le fond. Car cela signifie que nous ne possédons plus aucun droit envers ceux qui prônent essentiellement la croissance, ça signifie que leur liberté de se développer est prioritaire sur notre liberté de vivre sur une planète préservée et non pillée. 

    Plus rien ne les arrêtera sinon, peut-être, un jour les limites naturelles. 

    Quand je pense à tous ces individus qui se moquent ouvertement des "survivalistes" qui ont décidé de sortir au mieux de ce système consumériste, personnellement, ça me désole. L'anticipation de ce monde libéraliste ne dépasse pas le niveau des prochaines élections, des prochaines assemblées d'actionnaires, des prochains résultats financiers, des prochaines OPA, des prochains marchés à saisir, des prochaines technologies à développer, même si elles ne répondent à aucun besoin fondamental. Cette anticipation ne dépasse pas la durée d'une vie professionnelle et c'est dérisoire. 

    On a ici un exemple concret de ce libéralisme qui s'habille d'oripeaux écologiques quand il ne s'agit que de business.

    https://lareleveetlapeste.fr/la-resistance-samplifie-contre-decathlon-qui-veut-betonner-17ha-de-terres-agricoles-vers-montpellier/?fbclid=IwAR0_q8_fuODUxTLndRkOOXeUd_Eji10IkoVcP5ZrTXVoDWdHAq6iOmudX6c

    En réponse au groupe Mulliez, la Confédération Paysanne de l’Hérault et le collectif Oxygène défendent un projet agricole alternatif qui permettrait d’employer sur le long terme une trentaine de personnes. Il regrouperait des activités de maraîchage, un petit élevage « type poules pondeuses », de l’arboriculture, de transformation et distribution en circuit court vers la métropole montpelliéraine.

    2 octobre 2020 - Laurie Debove

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    A Saint-Clément-de-Rivièrele groupe Mulliez prévoit de construire un énorme centre commercial « sport et bien-être » à moins de dix kilomètres de Montpellier, déjà bien pourvu en complexes de ce genre. Sur 24 hectares, le groupe veut en bétonner 17 agricoles pour développer quatre hyper surfaces : Decathlon, Truffaut, O’Terra et une enseigne encore inconnue. Afin de sauver ces terres nourricières et la forêt, un collectif de citoyen.ne.s et paysan.ne.s se bat depuis plus de six ans contre ce projet.

    Préserver les terres nourricières

    Vendredi 25 septembre, 200 personnes ont semé à la volée de l’orge sur 2 hectares et planté une dizaine d’arbres fruitiers sur le site pour rappeler ce fait essentiel : les terres qui doivent être bétonnées ont beau avoir été déclassées pour devenir constructibles, elles restent des terres nourricières. Un bien commun à préserver absolument pour bâtir l’autonomie alimentaire d’une métropole de 457 839 habitants.

    « Il faut savoir qu’ici, les terres ne sont plus classées comme des terres agricoles mais sont toujours exploitées par des agriculteurs. Parce qu’elles sont fertiles ! » explique Jean-Michel Hélary, membre du collectif Oxygène, pour La Relève et La Peste

    Semis d’orge à la volée – Crédit : Confédération Paysanne de l’Hérault

    Preuve en est, sur les 24 hectares prévus pour le méga-complexe « bien-être et sport » de la famille Mulliez (propriétaire des Auchan, Decathlon, Leroy-Merlin etc. au chiffre d’affaires annuel de 85 milliards d’euros), environ 3 hectares seront tout de même gardés pour des activités agricoles.

    Au total, 6 à 7 hectares seront laissés à peu près intacts, dont un bois dans lequel sera construit un parc accrobranche, alors qu’il en existe déjà un à seulement quelques kilomètres.

    Le reste des terres est destiné à être bétonné pour accueillir parkings, entrepôts et locaux des immenses surfaces commerciales, dont Décathlon (5 250m2), Truffaut (7 924m2) et O’Terra (903m2) ainsi qu’une enseigne culture-loisir qui n’est pas encore définie.

    Egalement prévus : des bassins de rétention d’eau pour prévenir les risques d’inondations et « une grande surface de circuits courts » qui inquiète les paysans locaux par la forte concurrence qu’elle risque d’engendrer.

    Le groupe Mulliez a beau présenter le projet comme « un futur lieu de vie autour du sport, des activités de plein air, de la culture et des loisirs, de la santé, du bien-être et du bien manger », le collectif Oxygène dénonce une opération de greenwashing et défend la vocation agricole du terrain des Fontanelles.

    Plantation d’arbres fruitiers lors du 25 septembre – Crédit : Confédération Paysanne de l’Hérault

    Un combat écologique, agricole et social

    Formé fin 2014, lorsqu’ils ont découvert les panneaux indiquant la présence du futur projet commercial, les militants du collectif Oxygène se battent depuis six ans pour empêcher le projet de voir le jour : pétition, actions sur le terrain, réunions d’information et de sensibilisation, et recours en justice.

    « Au départ, c’était un cri du cœur : ne pas laisser détruire un si beau vallon avec un bois au milieu. Puis on a très vite réalisé l’ampleur des enjeux : l’extermination d’espèces protégées dont des chauve-souris, batraciens et oiseaux, la perte des terres agricoles, la menace sur les nappes phréatiques, les risques d’inondations, et tous les véhicules avec leurs nuisances que va attirer ce type de complexe ! On estime qu’il pourrait y avoir 8000 à 9000 véhicules par jour pendant le weekend ! » énumère Jean-Michel Hélary, membre du collectif Oxygène, pour La Relève et La Peste

    La mobilisation citoyenne a tout de suite été accompagnée par la Confédération Paysanne de l’Hérault, à l’origine de la journée d’action du 25 septembre. Face au grignotage des terres agricoles qui se fait dans la Région, le syndicat agricole de l’Hérault veillait depuis longtemps sur ces terres dont le devenir est particulièrement emblématique des enjeux du XXIème siècle : une lutte à la fois écologique, agricole et sociale.

    « Il s’agit de démystifier la création d’emplois et de richesses promis par ce type de projet commercial. Ils sont tellement concurrentiels qu’ils entraînent même la suppression des emplois d’un centre commercial à l’autre ! Sans parler de leur impact sur les petits commerçants… » explique Etienne Le Merre, paysan et membre de la Confédération de l’Herault, pour La Relève et La Peste

    Crédit : Collectif Oxygène

    Le combat a très rapidement pris de l’ampleur avec le soutien d’organisations écologiques et sociales comme Attac, Greenpeace, la CGT, Sud-Solidaires, les Amis de la Terre regroupées avec la Confédération paysanne au sein du collectif Plus jamais ça, dont les propositions pour un avenir désirable ont été lancées pendant la crise du coronavirus.

    « On se rend compte que l’arbitrage judiciaire du projet se base sur des normes environnementales dont certaines datent d’il y a 15 ans ! Aujourd’hui, ce projet n’a plus de sens, même les élus commencent à s’en méfier peu à peu. » raconte Etienne Le Merre, paysan et membre de la Confédération de l’Herault, pour La Relève et La Peste

    Effectivement, le nouveau président de la métropole montpelliéraine, Michaël Delafosse, s’est publiquement déclaré hostile au projet. De la même façon, la nouvelle Maire de Saint-Clément-de-Rivière, Laurence Cristol, est plus nuancée que son prédécesseur sur son bien-fondé. Un changement de posture qui peut s’expliquer par le fait que la liste d’opposition aux dernières municipales a recueilli 35% des voix en faisant campagne presque exclusivement sur ce dossier. Un soutien de taille pour les militants.

    Terres céréalières – Crédit : Collectif Oxygène

    Deux visions de la société

    En réponse au groupe Mulliez, la Confédération Paysanne de l’Hérault et le collectif Oxygène défendent un projet agricole alternatif qui permettrait d’employer sur le long terme une trentaine de personnes. Il regrouperait des activités de maraîchage, un petit élevage « type poules pondeuses », de l’arboriculture, de transformation et distribution en circuit court vers la métropole montpelliéraine.

    « Et pourquoi pas un paysan boulanger sur les terres à vocation céréalière. » sourit Etienne Le Merre

    Decathlon a fait savoir au collectif que le groupe ne passerait pas en force tant que l’affaire n’aura pas été jugée sur le fond, courant 2021. En attendant, les militants comptent bien faire monter la pression pour que le juge se range de leur côté.

    Crédit : Collectif Oxygène

    A convaincre également : la soixantaine de propriétaires terriens qui ont signé un compromis de vente en 2012 et espèrent toujours que le projet se réalise pour gagner une plus-value sur leurs terrains.

    « On a essayé d’ouvrir le dialogue avec les propriétaires au début de l’été, à quel point ils vivaient eux les problématiques sociales et environnementales actuelles. Malheureusement, ils sont complètement fermés car ils ont l’impression d’avoir attendu longtemps. C’est un rapport très problématique à la propriété privée qu’on a laissé s’installer dans l’esprit des gens. Pourtant, les intérêts privés ne devraient pas passer avant ceux de l’intérêt général, qui sont devenus criants au moment de la crise covid. » argumente Etienne Le Merre, paysan et membre de la Confédération de l’Herault, pour La Relève et La Peste

    Leur réticence est encore vivace. Certains propriétaires ont ainsi invité un huissier lors de la manifestation du 25 septembre, et l’un d’entre eux a carrément déterré les arbres fruitiers qui avaient été plantés sur sa parcelle. Pas de quoi décourager les militants pour autant.

    « On fait partie de la fédération « Des Terres, Pas d’Hypers » qui regroupe une grande partie des luttes analogues à la nôtre. Quand on voit qu’Europa City a finalement été abandonné, que Val Tolosa est en très mauvaise posture, ça donne espoir ! »

    Si le collectif n’attend pas grand chose du moratoire sur les zones commerciales que le gouvernement rechigne à mettre en place malgré sa promesse à la Convention Citoyenne pour le Climat, il reste prêt à défendre coûte que coûte cette zone agricole du bassin montpelliérain.

    « La partie n’est pas gagnée, les adversaires sont redoutables mais on a plus d’espoir qu’au début grâce aux soutiens de plus en plus nombreux. On ne va rien lâcher. » conclut Jean-Michel Hélary pour La Relève et La Peste

    2 octobre 2020 - Laurie Debove