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  • Se nourrir en pleine conscience

     

    Quand on part en montagne, alors qu'on sait qu'on va marcher plusieurs heures, on ne prend quasiment rien à manger : un biscuit montagne, fait maison par Nathalie et une pomme. C'est en fait largement suffisant. L'organisme possède bien assez de réserves énergétiques. On part avec 1 litre d'eau chacun ou du thé en hiver. 

    Maintenant, qu'en est-il lorsqu'on mange au sommet d'une montagne après avoir marché pendant des heures, et que dans un état contemplatif lié aux paysages et au repos du corps, l'esprit se retrouve dans un calme profond ? 

    C'est là que j'ai appris,vraiment, à manger en pleine conscience. Pendant une bonne partie de ma vie, j'ai mangé pour me remplir, juste pour le plaisir de la satiété.

    "Ah, j'ai bien mangé" est une expression qui désigne fortement le fait d'être "calé" et non d'avoir "bien" mangé.

    Bien manger peut donc signifier :

    Qu'on a le ventre plein.

    Ou alors que la nourriture et les plats étaient de grande qualité.

    Ou alors, enfin, que l'individu a mangé en pleine conscience.

    De quoi s'agit-il ? 

    De réaliser, totalement, que cette nourriture est à bénir, que la terre nous donne ce dont nous avons besoin, que la chair de cette pomme est emplie de soleil et des sucs de la terre, qu'il faut en délecter le cadeau, le mâcher et le mâcher encore, sans le quitter des yeux, intérieurement, en sentir les parfums et les goûts, la densité de la matière, faire en sorte que chaque bouchée soit considérée comme la dernière, l'ultime repas avant la mort, et honorer la vie qui est là.

    Lorsque j'étais jeune, je mangeais comme un aspirateur et je pesais 65 kilos à 14 ans. J'en pèse 55 aujourd'hui et je vais avoir 55 ans. Chose étrange, j'ai découvert cette conscience de manger après être devenu végétarien comme si le fait de ne plus manger d'animaux morts, je ne me sentais plus obligé de me dépêcher de les avaler. Même si rien n'était conscient. 

    Mais ça l'est aujourd'hui.

    Alors, je suis debout sur un rocher et je contemple le paysage avec un regard évanescent, poreux, voyageur et je me délecte de cette pomme que je sens ruisseler en moi. 

    Et je remercie la terre du présent. 

     

     

  • Haut potentiel et enseignement.

    Je ne comprends pas comment des professeurs ont pu déconseiller à ce jeune homme de continuer les études qui lui plaisaient après un tel parcours. Je ne comprends pas comment des "professionnels de l'enseignement" puissent ne pas percevoir le potentiel d'un individu et se tromper à ce point.

    La seule explication que je trouve prend sa source dans les conditions de travail imposées aux enseignants. C'est certain qu'avec des classes de plus de trente élèves, il est très difficile de les connaître tous. Mais, là, tout de même, avec ce jeune Brésilien, on entre dans le domaine du haut potentiel. Comment est-il possible que des enseignants n'en prennent pas conscience ?...

    Personnellement, je trouve ça gravissime parce que si on étend cette incapacité à reconnaître les aptitudes exceptionnelles, on peut se demander si leurs fonctionnements ne sont pas principalement délétères sur une bonne partie des élèves. Pour aller vers le meilleur de soi, il faut être bien accompagné. Le temps de devenir adulte. 


    Felipe Levtchenko, un Brésilien de 20 ans, a décroché son bac scientifique à Perpignan (Pyrénées-Orientales) avec une moyenne de 19,26/20, rapporte L'Indépendant vendredi 7 juillet. Une performance d'autant plus remarquable que le jeune homme est arrivé dans l'Hexagone en janvier 2015 sans parler le moindre mot de français.

    "Tout est parti d’un échange linguistique, raconte Felipe Levtchenko au quotidien régional. Je voulais découvrir l’Hexagone car mon grand-père est né à Toulouse." Après avoir fait appel à une association pour l'aider à trouver une famille d'accueil en France, il arrive à Perpignan en provenance de São Paulo alors qu'il est tout juste majeur.

    Ses débuts au lycée sont délicats en raison de la barrière de la langue. En fin de première S, son niveau en français n'est pas jugé assez bon pour se risquer à tenter les épreuves de français. Mais plutôt que d'abandonner, Felipe Levtchenko préfère redoubler, en passant en filière économique et sociale (ES).

    De São Paulo à Sciences Po

    Le pari est largement remporté, puisque le Brésilien décroche finalement la note de 20/20 à l'oral de français. Il insiste alors pour retrouver la filière S. "Beaucoup de profs me l’ont déconseillé, mais les mathématiques m’ont trop manqué", explique l'intéressé. 

    Avec 19,26 de moyenne au bac, ce choix était visiblement le bon. A la rentrée, le prodige brésilien intégrera Sciences Po à Paris, tout en étant inscrit en licence à la Sorbonne "pour ne pas abandonner les maths".

  • Sécurité informatique et IoT.

    Je travaille à l'écriture de la suite de l'histoire "Les héros sont tous morts" et l'actualité du monde moderne est une source inépuisable d'idées de scénario...

    C'est effrayant d'imaginer l'accumulation de risques générée par le "progrès" et c'est de tous temps que l'homme s'est appliqué à corriger ses erreurs une fois qu'elles étaient mises en lumière...

    Dans le cadre de l'intelligence artificielle, de l'internet des objets, des réseaux sociaux, de l'extrème dépendance des marchés au bon fonctionnement des ordinateurs et des connexions, il est clair que les épées de Damoclès se multiplient... Les maisons connectées, les appareils médicaux individuels connectés, les vêtements, les montres, les voitures, toute la high tech et tout ce qui n'a pas encore été imaginé, tout cela représente déjà pour des "hackers" un espace considérablement important et fragile... 

     


     

    Plus de 50 milliards d'appareils devraient être utilisés par les consommateurs d'ici 2020, selon les analystes de l'industrie et les entreprises de haute technologie. Cependant, ce boom prévu dans l'Internet des choses (IOT) nécessitera la mise en œuvre de mesures de sécurité pour protéger l'ensemble de l'écosystème IoT.

    L'année dernière, le Département américain de la sécurité intérieure a publié un rapport intitulé «Principes stratégiques pour la sécurité de l'Internet des choses», qui dit que l'écosystème IoT introduit des risques qui incluent des acteurs malveillants manipulant le flux d'informations vers et à partir d'appareils connectés au réseau ou de falsification Avec les périphériques eux-mêmes, ce qui peut entraîner le vol de données sensibles et la perte de confidentialité des consommateurs, l'interruption des opérations commerciales, le ralentissement de la fonctionnalité Internet grâce à des attaques distribuées à grande échelle de déni de service et des perturbations potentielles aux infrastructures critiques.

    "Le temps d'adresser la sécurité IoT est maintenant. Beaucoup de vulnérabilités dans IoT pourraient être atténuées grâce à des pratiques de sécurité reconnues, mais trop de produits aujourd'hui n'incluent pas même des mesures de sécurité de base. Il y a un manque d'incitations pour les développeurs à sécuriser adéquatement les produits, car ils ne supportent pas nécessairement les coûts de ne pas le faire. Bien que les avantages de l'IOT soient indéniables, la réalité est que la sécurité ne fait pas obstacle à l'innovation », indique le rapport.

    Le rapport du gouvernement a également établi un certain nombre de recommandations pour sécuriser l'IoT, y compris:

    - Incorporer la sécurité à la phase de conception

    - Mise à jour de sécurité et gestion des vulnérabilités

    - S'appuyer sur des pratiques de sécurité éprouvées

    - Prioriser les mesures de sécurité en fonction de l'impact potentiel

    - Promouvoir la transparence à travers IoT, et

    - Connectez-vous soigneusement et délibérément

    Ces principes sont conçus pour améliorer la sécurité d'IoT dans toute la gamme des activités de conception, de fabrication et de déploiement. L'adoption généralisée de ces principes stratégiques et des pratiques suggérées associées améliorerait considérablement la position de sécurité d'IOT. Il n'existe cependant aucune solution unique pour atténuer les risques de sécurité liés à l'IOT », a ajouté le rapport.

    "L'Internet émergent des choses a un énorme potentiel, mais aussi d'énormes dangers. Comme nous l'avons vu avec le ver Internet infectant les premiers ordinateurs en réseau en 1988, Nimda en 2001 et les attaques par injection SQL depuis la fin des années 2000, de nouvelles applications et logiciels présentent d'énormes menaces pour la sécurité ", a déclaré l'Université de Stanford dans un livre blanc. "Les nouveaux systèmes et protocoles, développés rapidement et grâce à des efforts de base, ne prévoient pas ces menaces, de sorte qu'il faut des décennies pour réagir et sécuriser ces systèmes. Pour l'Internet des choses, ce danger est encore plus grave en raison de l'échelle et de l'interaction avec le monde physique. Les menaces Internet aujourd'hui volent des cartes de crédit. Les menaces sur Internet demain vont désactiver les systèmes de sécurité à domicile, les champs d'inondation et perturber les hôpitaux. "

    Le livre blanc a également déclaré que les approches existantes pour les systèmes informatiques sécurisés sont insuffisantes pour ces nouvelles applications cyber-physiques, car elles possèdent des modèles de confiance et des architectures réseau très différents, des réseaux de zones locales omniprésentes, des périphériques personnels mobiles, des serveurs et des sites Web applications.

    "Les applications IoT auront besoin de nouveaux protocoles cryptographiques capables de fonctionner sur de minuscules appareils à faible puissance, mais aussi d'augmenter les stocks énormes dans le cloud", a ajouté le livre blanc.

    Une attaque de sécurité récente a révélé la nécessité d'aborder la sécurité IoT. Dyn, une société qui surveille et achemine le trafic Internet, a subi une grave attaque de déni de service distribué en octobre 2016 qui a inondé ses serveurs avec tant de fausses demandes d'informations qu'elles ne pouvaient pas répondre à celles-ci, provoquant la panne des serveurs. Les pirates inconnus ont retiré le réseau de routage de l'entreprise, ce qui leur a permis de frapper de nombreux sites Web populaires tels que Amazon.com, Twitter et Netflix hors ligne.

    En piratant des périphériques IoT non sécurisés, principalement des caméras de surveillance domestiques, les pirates informatiques ont pris le contrôle de ces dispositifs pour attaquer d'autres appareils sur le réseau, qui ont servi de passerelle pour supprimer les routeurs de l'entreprise et attaquer toute l'infrastructure de l'entreprise, y compris les sites Web populaires.


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    Des statistiques IoT stupéfiantes et pourtant inconnues

    Renaud 14 avril 2015 BusinessMonde Ecrire un commentaire

    L’IoT connecte déjà des millions d’objets à internet, permettant de suivre et d’analyser les données comme jamais auparavant. Mais d’après Acquity Group, 87% des personnes qui lisent cet article ne savent pas ce que le terme « internet des objets » représente.
    Pour mieux comprendre ce que l’IoT peut offrir, regardons quelques statistiques pour en avoir une vue d’ensemble.

    iot internet des objets internet of things

    1) En 2008 déjà, il y avait plus d’objets connectés à internet que de personnes et la progression n’est pas terminée. En effet selon Cisco Systems, d’ici 2020, 50 milliards d’objets seront connectés à internet, accompagnés de 19 billions de dollars de profits et d’économies durant la prochaine décennie.

    2)  Aujourd’hui, un américain sur deux ne sait pas que des thermostats et des réfrigérateurs intelligents sont déjà sur le marché.

    3) Avec le dernier protocole d’adresses internet (IPv6), il y a assez d’adresses internet pour chaque atome du globe terrestre, d’après Cisco. Autrement dit, les entreprises peuvent construire en masse des petits appareils qui se connectent à internet sans jamais être à court d’adresse IP.

    4) Les maisons connectées représenteront une grande partie de l’IoT. D’ici 2019, les compagnies vont investir 1,9 milliard de dollars dans les appareils de maison connectée, rapportant près de 490 milliards de dollars de recettes. Google et Samsung se sont déjà lancés. Google a acheté le fabricant de thermostats connectés, Nest Labs, l’année dernière pour 3,2 milliards de dollars, et Samsung a mis la main sur l’entreprise de maison connectée, SmartThings, pour 200 millions de dollars.

    connected house home maison connectée

    5) Les consommateurs américains sont sensibles à la technologie portable (ou wearable). Actuellement, seulement 7% des consommateurs possèdent un appareil de technologie portable, mais nous en compterons 28% d’ici la fin de l’année prochaine.

    6) Dans cinq ans, plus de 20% des consommateurs américain possèderont leur réfrigérateur et leur montre connectés. Un chiffre important qu’il est tout de même nécessaire de prendre avec des pincettes.

    7) Les vêtements connectés sont plus proches qu’on ne le croit. D’ici 2020, 14% des consommateurs pensent en acheter.

    8) Les gens s’inquiètent déjà de la sécurité IoT. C’est pourquoi 69% des consommateurs américains pensent qu’ils devraient posséder toutes les données personnelles de tous leurs appareils connectés.

    9) L’IoT ne concerne pas que les appareils high-tech. Une entreprise allemande utilise des capteurs connectés sur le bétail pour prévenir les fermiers lorsque leurs animaux sont malades ou en gestation. Chaque vache envoie près de 200 Mo de données par an.

    smart farm ferme connectée

    10) 60% des Américains souhaitent partager leurs données depuis leur voiture avec le constructeur automobile s’ils gagnent une révision gratuite en retour. Mais les constructeurs ne sont pas les seuls intéressés par les données de votre voiture, les publicitaires cherchent déjà à les obtenir.

    11) Gartner, une entreprise de conseil et de recherche, prévoit qu’un véhicule sur cinq sur la route sera connecté à internet d’ici 2020. Une prévision réaliste puisque la marque Mercedes-Benz est d’ores et déjà partenaire de Nest qui permet aux voitures d’ajuster le thermostat à la température lorsque le conducteur rentre ou part de chez lui. C’est une bonne chose pour Sierra Wireless qui compte déjà Ford, BMW, Tesla, Volvo et Toyota parmi ses clients.

    12) Les véhicules autonomes sont une part importante de l’IoT. Le mois dernier une Audi A7 a parcouru plus de 850 kilomètres (de San Francisco à Las Vegas) presque entièrement par ses propres moyens. La voiture utilise des processeurs NVIDIA en tant que composants du « cerveau derrière le système ».

    Audi A7 connectée autonome

    13) General Electric pense qu’avoir recourt à l’internet industriel (terme employé par les entreprises pour parler de l’IoT) pour augmenter d’un seul pour cent l’efficacité d’exploration et de développement pétrolier et gazier permettrait d’économiser 90 milliards de dollars.

    14) En 2008, une entreprise du nom de Proteus Digital Health a obtenu un brevet américain pour une pilule que l’on peut avaler, comportant un minuscule capteur. Le capteur transmet des données concernant la prise de médicaments du patient, et fonctionne avec un dispositif portable pour informer la famille de l’individu s’il ne prend pas ses médicaments au bon moment.

    15) Les États-Unis ne dominent pas le marché de l’internet des objets. D’après un rapport publié par GSMA en été dernier, 27% des connexions M2M s’effectuent en Chine, 29% dans toute l’Europe, et 19% aux États-Unis. La Chine a prévu d’investir 603 milliards de dollars dans les connexions M2M, entre 2010 et 2020.

    16) Les consommateurs ne sont pas les seuls à s’inquiéter de la quantité de données que produira l’IoT. Lors d’un discours en janvier dernier, la Présidente de la FTC (agence fédérale américaine du commerce), Edith Ramirez a souligné trois points au sujet de l’IoT qui inquiètent le gouvernement américain : la récolte de données omniprésente, l’utilisation de données fortuites, et (bien sûr) la sécurité.

    connexions M2M monde

    17) Malwarebytes Labs prédit que cette année nous serons témoins de la première attaque majeure sur les appareils IoT. « Les médias ainsi que la population entendront parler de la première attaque majeure de piratage des appareils connectés à internet (parmi ceux qui ne l’étaient pas auparavant). » déclare l’entreprise dans un article de blog. Comme c’est rassurant.

    Bien sûr, il est possible que ces prévisions ne soient pas le miroir strict de la vérité. Mais dans tous les cas un constat s’impose : l’IoT va changer nos vies.

  • Réussir sa vie

     

     

    "Laisser derrière soi quelque chose de bon."

    On pourrait penser que c'est une évidence et que les situations qui répondent à cette exigence sont facilement identifiables mais elles sont en fait très partagées selon la conscience de l'individu et ses valeurs. 

    Prenons le cas d'un chimiste travaillant pour Monsanto. S'il parvient à mettre au point une molécule répondant au cahier des charges de l'entreprise, il sera considéré comme un très bon élément, il sera reconnu, gagnera un bon salaire, il pourra subvenir largement à ses besoins et à ceux de ses proches, il ne manquera de rien, il aura une image très forte dans la société, la réussite professionnelle, un haut niveau de vie... On peut élargir cet exemple à beaucoup, beaucoup d'autres secteurs professionnels. 

    Si je reprends les termes de M macron :" Il y a ceux qui réussissent et ceux qui ne sont rien", il est impossible d'établir objectivement ce que signifie la "réussite sociale" car les formatages, conditionnements et valeurs qui y sont représentées ne sont pas nécessairement des "choses justes"...

    L'individu qui a imaginé les mines antipersonnelles et a participé à leur mise au point... Il est considéré par son entreprise comme un "bon" élément.

    L'exploitant agricole qui enferme des milliers de vaches dans des usines est considéré comme un "bon" exploitant au regard des prix qu'il pratique et les consommateurs s'en réjouissent et par leurs achats irréfléchis contribuent à son maintien et même à son développement.

    L'ingénieur qui a travaillé sur l'élaboration de l'EPR chez Areva est considéré comme un "bon" élément et il est très bien rémunéré. Son niveau social est élevé et sa reconnaissance ne souffre d'aucune critique. 

    Le député qui s'accoquine avec les lobbies alimentaires ou pharmaceutiques le fait sans aucun problème moral étant donné qu'il a été élu. Il se considère comme la voix du peuple. Il est au "service de la nation" et ses actes se dédouanent par là-même. C'est stupéfiant mais un bon nombre de ses individus a une capacité étonnante à justifier l'innomable.

    Je pourrais continuer ainsi fort longtemps. Les exemples qui concernent cette fameuse "bonté" sont beaucoup trop sujets à des dérives néfastes pour être validés. 

    Si je cherche deux exemples très représentatifs du problème, je choisirais l'individu qui touche le RSA et n'a pas d'emploi durable mais uniquement des emplois précaires, mal payés, incertains et déconsidérés par la société civile. De l'autre côté, je choisis le financier qui conseille des individus riches et n'ayant aucune difficulté à survivre. 

    Le premier est souvent considéré comme un "profiteur, une sangsue, un assisté."

    Le deuxième, alors qu'il contribue à des fuites de capitaux absolument gigantesques, est apprécié de ses clients, son train de vie est digne d'un TGV, sa reconnaissance indéniable, il n'est poursuivi par aucun organisme d'état, les administrations ne lui réclament pas trois fois les mêmes papiers, il n'a lui-même aucun problème de conscience étant donné qu'il ne fait qu'obéir aux demandes de ses clients, il n'est pas responsable de l'incurie volontaire de l'état et des intérêts personnels des députés qui votent les lois censées empêcher les fuites de capitaux et par conséquent l'appauvrissement du pays avec toutes les conséquences sur les populations et notamment celles qui sont le plus dans le besoin matériel. 

    Lorsqu'un état capitaliste manque d'argent, il considère que les populations riches doivent être préservées étant donné qu'elles contribuent fortement au PIB du pays alors que les couches sociales défavorisées ne sont que des taches de crépis sur la citadelle des nantis. 

    Lorsqu'un état, par son président lui-même, considère qu'une personne qui réussit sa vie est avant tout un consommateur et un créateur de richesses, cet état n'a que faire de ceux qui ne sont rien, sauf à les convaincre en périodes électorales, que tout sera fait pour améliorer leurs situations...

    Il y a des allocataires du RSA qui ont déjà réussi leur vie parce que leur niveau de réflexion sur le fonctionnement de la société les a amenés à réaliser qu'il leur était impossible de se dissoudre existentiellement dans le mécanisme d'exploitation du travailleur et de la hiérarchie sociale, que les valeurs humaines de respect de la vie et de l'attention portée aux actes quotidiens avaient davantage d'importance que la taille de leur maison, de leur voiture, du prix de leurs vêtements, de leurs dépenses hebdomadaires en futilités à la mode.

    Il y a des allocataires du RSA qui pourraient pourtant vivre un peu moins difficilement, financièrement, si l'état décidait que la perte de milliards dans les paradis fiscaux sont une plaie ouverte qui saigne le pays. Non pas qu'il s'agirait simplement d'augmenter les allocations mais surtout de créer des emplois... Il est trop facile d'accuser l'allocataire du RSA de ne "rien" faire. C'est un raccourci digne de l'Inquisition.

    "Tu n'es pas un bon consommateur au regard de notre Dieu "Croissance" et tu seras puni pour ta paresse, mécréant. "

    Il ne dépense rien inutilement pourtant, son train de vie ne le lui permet pas, il ne consomme pas à tout-va, au rythme des modes et de l'abandon général aux valeurs marchandes, il ne prend pas l'avion pour aller signer des contrats mirobolants sans imaginer un seul instant le niveau de pollution généré par un avion de ligne, il ne contribue pas à la destruction de l'état par la perte annuelle de 60 milliards de détournements légaux dans les paradis financiers, il ne fabrique rien qui puisse porter atteinte à la vie pour des enrichissements personnels, il exploite parfois un petit potager et se réjouit de ce que la terre lui donne, ses relations sociales sont nourries par des valeurs solidaires et empathiques... Il y a une erreur gravissime sur la cible...

    Bien sûr qu'on peut trouver des individus antipathiques parmi les allocataires du RSA, des gens n'ayant aucunement réfléchi à leurs choix de vie, des individus errant dans des existences figées, des individus ne cherchant qu'à prolonger une existence remplie d'envies et de frustrations, bien sûr qu'il y a là, tout comme dans les populations aisées, des individus capables de vivre dans une totale observation de soi...

    Mais de toute façon, cela ne change en rien que l'expression "réussir sa vie" comporte des interprétations faussées par des éducations formatées au service des valeurs marchandes, que le monde occidental n'est absolument pas une référence dans l'échelle du bonheur des populations et que la course à la croissance, qu'elle soit étatique ou individuelle, est un pis-aller insignifiant au regard de la réussite existentielle.

    Entre l'avoir et l'être, la marge est gigantesque, tellement vaste que beaucoup décident, par faiblesse, de travailler à "l'avoir". Le chemin est tout tracé.

    Pour ce qui est de "l'être", le chemin doit être construit par chacun et la tâche est bien plus exigeante. 

    Là, il sera possible de "réussir sa vie."

  • Sol en danger

    Je ne suis pas agriculteur mais je suis consommateur et par mes choix écologiques, je peux intervenir sur ce désastre. Le régime végétarien contribue à l'entretien des sols alors que le régime carné encourage l'agriculture intensive et l'appauvrissement des sols. Il n'y a que le lobby pétrolier et chimique (engrais) qui soit gagnant. Il n'est qu'à regarder la situation financière d'une bonne partie des exploitants agricoles : ils ont perdu leur qualité de vie, le sens de leur travail, leur rôle dans la société, leur image et leur reconnaissance et jusqu'à leur respect de la terre qui permet de vivre...La mécanisation outrancière et l'usage des intrants n'ont même pas allégé la charge de travail et elle a en plus ajouté un stress constant et l'impression très claire d'être piégé par un système tout puissant. Aujourd'hui, je plains sincèrement tous ceux qui souhaitent s'extraire de ce système et entrer dans un mode de vie et de travail différent. Les barrières financières pour franchir le pas sont redoutables... Les financiers fabriquent le monde et nous n'en sommes que les victimes. Il s'agit donc d'établir des choix et de s'y tenir, coûte que coûte. 

     

     

     

    Il est urgent de sauver les sols agricoles

    6 juillet 2017 / Konrad Schreiber et Alain Canet 
     

      

       
     

    Il est urgent de sauver les sols agricoles

    L’agriculture conventionnelle et mécanisée a un effet délétère sur les sols en appauvrissant durablement leur taux de matière organique et en abîmant leur stabilité structurale, expliquent les auteurs de cette tribune. Qui défendent, a contrario, les pratiques vertueuses de l’agriculture de conservation et de l’agroforesterie.

    Alain Canet est directeur d’Arbre & Paysage 32 et président de l’Association française d’agroforesterie (Afaf) ; Konrad Schreiber est agronome, spécialisé dans la technique du semis direct et les couverts végétaux.


    À la suite de la publication d’une tribune sur la crise du sol sur le site de Reporterre, certains scientifiques se sont insurgés de l’assertion selon laquelle 95 % des sols perdaient de la matière organique, en particulier en grandes cultures. Il est vrai qu’aucun article scientifique ne mentionne ce chiffre ni ne propose une analyse des conséquences des pratiques agricoles mises en place dans l’après-guerre jusqu’à aujourd’hui sur les stocks de matières organiques des sols. Et pourtant, force est de constater que, bien qu’approximatives, ces valeurs approchent sans doute la réalité observée sur le terrain : il suffit d’enquêter chez les paysans.

    N’en déplaise à certains, la crise agricole est bien une crise du sol. Il semble de plus en plus clair que les fuites d’intrants vers les nappes et l’érosion des sols vers les rivières signalent une forte baisse de la stabilité structurale des sols, corrélée à une importante diminution des taux de matière organique. Charge à la science d’établir des chiffres fiables et une chronologie historique en lien avec les pratiques agricoles concernant le travail du sol. Au-delà des polémiques, il est aujourd’hui certain que les pratiques agricoles conventionnelles actuelles développées depuis plus de 50 ans posent d’énormes problèmes économiques et environnementaux. Compte tenu du parfait recouvrement des cartes « érosion » et « nitrates » établies par l’Institut national de la recherche agronomique (Inra), il est évident que la perte de matière organique constitue le plus gros problème environnemental de l’agriculture. 

    Il n’est pourtant pas difficile, en regardant la couleur de nos rivières, de voir que c’est la terre qui s’en va vers la mer 

    Comment expliquer cet état de fait ? Peu couverts et fortement travaillés, les sols cultivés ne cessent de perdre de la matière organique par minéralisation, ce qui contribue à l’émission de gaz à effet de serre et au réchauffement climatique. Mais les effets sur le sol lui-même et sa fertilité ne sont pas moins délétères. C’est la spirale de dégradation.

    La richesse des sols s’échappe vers les rivières, comme ici l’estuaire de l’Adour, à la frontières des Landes et des Pyrénées-Atlantiques.

    Tout d’abord, essayons de comprendre les mécanismes qui sous-tendent ce constat. Si les chiffres exacts restent difficiles à établir, il est aujourd’hui certain que la diminution des stocks de matière organique dans les sols est due à deux facteurs essentiels : 

    • La faiblesse des retours de biomasse au champ. C’est la plante, vivante puis morte, qui alimente les chaînes trophiques du sol et lui apporte du carbone sous forme de sucres issus de la photosynthèse. Une grande partie de ce carbone est utilisé par le métabolisme des organismes ainsi nourris (bactéries, champignons, acariens, insectes…), tandis qu’une autre est stockée, notamment sous forme d’humus (humification). Or, les pratiques agricoles actuelles rapportent de moins en moins de carbone au champ : plantes naines, export des résidus de culture, intercultures de type Cipan (pour « culture intermédiaire piège à nitrates ») avec peu de végétation, retrait des animaux et de la prairie des rotations… Dans les systèmes céréaliers, le sol est nu entre trois mois (rotations blé/orge/colza) et six mois (rotations maïs/maïs ou blé/tournesol) dans l’année. Quel gâchis de la seule énergie renouvelable disponible en agriculture : le soleil.
    • La forte perturbation mécanique du sol par les machines agricoles. Labour, outils animés, déchaumages répétés, mais également binage et hersage : en plus de dégrader l’habitat de nombreux habitants du sol essentiels à son bon fonctionnement, le travail du sol accélère l’oxydation de la matière organique et donc la minéralisation de l’humus, qui se transforme bien vite en CO2 dans l’atmosphère et en nitrates dans les nappes. Enfin, lorsque l’on travaille le sol, cela signifie qu’il n’y a pas dans le champ une plante en train de pousser, de capter l’énergie renouvelable du soleil, de structurer le sol et de nourrir ses habitants : le soleil stérilise les horizons superficiels du sol laissé à nu et les « ingénieurs du sol » ne travaillent plus.

    Nous sommes aujourd’hui arrivés à des taux de matière organique dans les sols tellement bas que nous ne voyons plus d’évolution. Il est devenu très difficile de déstocker le peu qui reste fossilisé, immobilisé entre les feuillets d’argile et inutile aux cultures. Mais cela n’empêche pas certains d’en conclure que les pratiques actuelles n’ont pas d’effet mesurable sur les stocks de carbone organique. Il n’est pourtant pas difficile, en regardant la couleur de nos rivières, de voir que c’est la terre qui s’en va vers la mer et que ce phénomène ne s’observe jamais sur prairie ou dans la forêt. 

    Miser sur le végétal pour produire des humus stables et nourrir la vie du sol toute l’année 

    En conséquence de cet appauvrissement, les sols sont plus sensibles à l’érosion, à la battance, leur réserve utile en eau est plus faible, et leur fertilité se réduit à peau de chagrin. Même certaines prairies ne poussent plus en été. Un fort apport d’intrants devient alors nécessaire pour sustenter les cultures qui se développent sur ces terres devenues pauvres en nutriments, en champignons favorables et en mycorhizes.

    N’en déplaise aux acteurs du développement agricole, pour stocker du carbone en agriculture et produire des sols fertiles, il faut augmenter les entrées de matière organique dans le système et réduire les sorties, notamment par la réduction ou la suppression du travail du sol. C’est le double objectif de l’agriculture de conservation et de l’agroforesterie.

    En agroforesterie, un sol n’est jamais laissé nu. Les semis se font directement sur la végétation de la prairie, qui sera écrasée pour nourrir le sol.

    En couvrant les sols toute l’année et en augmentant la production de photosynthèse in situ, en ne sortant que le grain du champ, ces pratiques misent sur le végétal pour produire des humus stables et nourrir la vie du sol toute l’année. Oui, l’agriculture peut produire autant, voire plus de biomasse que les écosystèmes forestiers (jusqu’à douze tonnes de matière sèche par hectare et par an sous nos latitudes). Plus l’on produit de biomasse dont seul le grain est exporté, plus l’on stocke de carbone tout en augmentant l’activité biologique et la fertilité des sols, mais à la seule condition de développer les bonnes pratiques agricoles. Un moyen de réconcilier production et environnement ? C’est le travail engagé par de très nombreux agriculteurs partout en France. C’est ce que montrent les résultats du programme Agre’eau. Qu’attendons-nous pour développer, transposer et amplifier ?

  • Bourses au mérite

    Des bacheliers avec mention "très bien" refusent la bourse au mérite promise par Laurent Wauquiez

    Ils ont eu mention "très bien" au bac et devraient donc recevoir de la part de la région Auvergne-Rhône-Alpes une "bourse au mérite" de 500 euros. Ces quatre jeunes diplômés s'engagent à la reverser à des associations pour protester contre la politique de Laurent Wauquiez.

    Des lycéens devant les résultats du bac

    Des lycéens devant les résultats du bac (Sipa)

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    Mardi soir, à la veille des résultats du baccalauréat 2017, Emma, Jules, Lola et Robin publient une tribune sur Médiacités Lyon, site d’enquête et d’investigation local, en annonçant qu'ils refusent la "bourse au mérite" prévue par la Région Auvergne-Rhône-Alpes pour les bacheliers ayant obtenu la mention "très bien". Ils souhaitent reverser le montant de cette bourse, de 500 euros, à des associations, dont les subventions régionales ont été réduites depuis 2016 et l’arrivée à la tête de l’exécutif local de Laurent Wauquiez.

    Lire aussi : Bac : des ministres de Macron dévoilent leurs notes

    Contacté mercredi, Robin annonce que les quatre membres du collectif ont obtenu la mention "très bien", et que des dizaines d'autres bacheliers dans le même cas se joindraient à leur démarche. L'initiative, partie de ces quatre lycéens, a généré de nombreuses réactions et soutiens de la part d'autres bacheliers de la région. Ces jeunes critiquent le "mérite" que prétend récompenser cette bourse, considérant qu’il ne peut se mesurer à partir d'un résultat et d'une mention, qui ne suffisent pas à refléter le "travail, le sérieux et l'investissement d'un élève".

    Ils sont contre le "mérite" vanté par la Région

    C'est un acte politique pour ces lycéens. Ils estiment que cette bourse est injuste et que son coût à la Région Auvergne-Rhône-Alpes, estimé à 3 millions d'euros, pourrait être utilisé autrement afin de venir en aide aux associations locales défendant des "missions d'intérêt général" dont les subventions régionales ont subi d'importantes diminutions depuis l'élection de Laurent Wauquiez à la présidence de la région. L'opposition au sein du conseil régional estime que ces coupes s'évaluent à hauteur de 50 à 75% des subventions initiales et qu'elles auraient donné lieu à près de 580 licenciements au sein du milieu associatif. Parmi les associations concernées par ces baisses de subvention, on trouve le Graine Rhône-Alpes (Réseau régional pour l'éducation à l'environnement), le Transfo (Agence régionale de développement culturel en Auvergne), la MRIE (Maison régionale d'information sur l'exclusion), SOS Racisme, les MJC (Maisons des jeunes et de la culture).

    C'est plus particulièrement à ces MJC que les lycéens entendent reverser leurs bourses, la Fédération des MJC Rhône-Alpes ayant été liquidée en 2016, après la baisse des subventions publiques. Robin, mention "très bien" en poche, entend, avec ses camarades, dénoncer cette "politique préjudiciable" et soutenir les associations qui luttent en faveur de l'environnement, de la culture et de l'inclusion sociale. Il déclare ne pas avoir un "besoin vital" de cette bourse et regrette que, dans sa région, les bourses au "mérite" ne soient pas versées en fonction de critères sociaux. C'est ce qui se fait par exemple dans la Région Ile-de-France, dont la "bourse au mérite" de 900 euros est prévue pour les bacheliers qui obtiennent la mention "très bien",  à condition qu'ils soient boursiers.

    Certains membres du collectif de lycéens ont un contact direct avec les associations régionales concernées par cette baisse des subventions publiques, par des membres de leurs familles notamment. Ils ont été sensibles aux manifestations qui se sont tenues devant le siège du Conseil Régional en avril dernier, à l’initiative du Collectif associatif Vent d’Assos (cité dans la tribune), contestant la politique de son président, Laurent Wauquiez. "Nous n'avons reçu aucune réaction" de ce dernier, souligne Robin, mais cela importe peu pour le collectif de lycéens, dont la démarche a eu un large écho en l'espace de seulement 24 heures. Il s'agit, selon leurs mots, d'agir dans une "optique de renforcement du lien social et de la solidarité par la rencontre et l'insertion sociale". "On a bien conscience que notre contribution ne parviendra pas à venir en aide à toutes les associations concernées, estime Robin, et que les montants versés ne seront pas très conséquents", mais le message de fond porté par ces nouveaux bacheliers est, lui, largement entendu.

    Par Salomé Revault-d'Allonnes

     

  • La force en soi.

    Une longue sortie à vélo aujourd’hui, grosse chaleur et un parcours très cassant, plusieurs bosses, certaines sur quatre kilomètres. Objectif du jour : à fond.

    Et l’observation de soi.

    On pourrait croire que pour faire du vélo, il suffit de pédaler. C’est indispensable bien évidemment mais c’est tout ce qui va s’ajouter à cet effort qui est redoutablement important.

    Dans une bosse, on appuie avec le ventre, abdominaux serrés pour accompagner la poussée des jambes.

    Quand on appuie sur la pédale gauche, on fait l’effort inverse avec la pédale droite. Il s’agit de la remonter et non seulement d’en accompagner le mouvement. La tension de la cuisse qui tire la pédale vers le haut va s’ajouter à l’autre cuisse qui appuie vers le bas. C’est le double pédalage et c’est une technique qui met les jambes en feu.

    Ne jamais crisper la nuque en remontant les épaules, toujours penser à relâcher le haut du dos et à ne pas consommer inutilement de l’énergie.

    Respirer en ouvrant le diaphragme, sentir que la cage thoracique s’écarte intégralement, que le sternum est comme étiré, gonfler le ventre et le rentrer, serrer les abdominaux dès que les bras tirent sur le guidon pour renforcer l’appui des cuisses.

    Et quand tout ça est en place, laisser les yeux fixer le goudron, sans jamais figer l’image, comme une hypnose délicieuse, suspendre les pensées, revenir quelque secondes vers l’observation du corps en action et puis quand la bosse arrive, que la pente s’incline et que le souffle se fait entendre, lorsque l’intégralité du corps est emporté dans une euphorie puissante, que cette force en soi envahit l’âme elle-même et semble répandre dans les muscles, une énergie pétillante, un courant de marée, un vent continu, alors, se choisir une musique, un morceau lent et apaisé et qui gonfle lentement dans un crescendo répétitif, un ensemble complexe porté par un leitmotiv entêtant, comme un souffle qui doit se faire entendre, un mantra de poumons en feu, se gorger à grands bouillons de l’haleine oxygénée des grands arbres et les remercier, plonger ses yeux de nouveau sur le goudron et avaler la route, chaque muscle engagé dans une mission suprême, pousser, tirer, serrer, encore et encore, les yeux dans le flou, la tête baissée, juste lancer quelques regards rapides, ne jamais penser à la pente, ne rien préserver, lâcher toutes les forces dans la lutte, arracher la viande, déchirer les résistances, synchroniser ses souffles sur la batterie qui vient de se lancer dans la montée, se nourrir de sa puissance, rire de cette énergie divine en soi, l’aimer comme au premier jour, en pleurer de bonheur et mêler les larmes à la sueur, jouir de la force, l’enlacer comme une amante, la couvrir de baisers, l’honorer jusqu’à l’explosion finale.

    Et passer le sommet de la bosse dans un cri de bonheur.

  • Rythmes scolaires

    Alors donc, le nouveau ministre de l'éducation nationale a fait publier un décret autorisant les communes à choisir le calendrier scolaire et l'organisation qui leur semble la plus appropriée. 

    Je vois donc des communes qui se plaignent que tous les efforts produits soient sous la menace d'un effaçage brutal et d'autres qui se réjouissent de pouvoir revenir à un système qui leur convenait.

    Je comprends aisément au regard de ce qui a été mis en place dans certains communes, de l'énergie dépensée, des sommes engagées, de la détermination réelle à agir pour le bien des enfants que cette proposition contienne un certain déni du travail, une mise en doute des progrès réalisés depuis le début de cette réforme à ce jour. Il est toujours douloureux, pour qui que ce soit, de voir son engagement balayé d'un revers de mots...

    Je comprends aisément que certaines communes souhaitent et choisissent dès aujourd'hui un retour à l'ancien calendrier au regard des difficultés organisationnelles et des dépenses incompatibles avec leurs budgets, des difficultés à trouver du personnel compétent, des familles qui se plaignent de la fatigue des enfants. 

    Je comprends que certains enseignants se réjouissent à l'idée de ne plus voir dormir les enfants sur les tables en fin de semaine. 

    Je comprends le positionnement de tout le monde en fait. 

    Sauf de ceux qui se fichent de tout bien évidemment. 

    Mais le problème n'est pas là...

    Il y a longtemps que je pense que ce pataquès n'a toujours été qu'un cache-misère, un paravent destiné à concentrer les énergies, qu'elles soient positives ou non, qu'elles soient enthousiastes ou sceptiques.

    L'essentiel :

    les effectifs

    les programmes

    la formation des enseignants

    la réflexion fondamentale sur le sens de l'enseignement

    le contenant avant le contenu

    l'être avant l'avoir

    le savoir être avant le savoir faire

    la solidarité et l'empathie

    la connaissance de soi

    l'observation de la vie commune

    la communication non-violente

    le projet humain à l'échelle de la planète et non uniquement de l'individu

     

    Tout cela est encore une fois contenu, effacé, caché.

    Tout le monde va se "battre" pour faire entendre son opinion sur les "rythmes de l'enfant"...

    Les communes qui vont vouloir conserver le calendrier actuel vont chercher à améliorer encore l'organisation instaurée mais sans se poser la question du point de départ :

    Etait-ce utile de mettre cette Réforme en place ?

    Si la réponse est négative, fondamentalement au regard des autres priorités, est-il justifié de vouloir y dépenser encore davantage de temps et d'énergie ? 

    Le gouvernement ne joue-t-il pas justement sur cette conscience professionnelle de chacun pour maintenir les énergies dans un cadre retreint mais qui par l'opposition des groupes entretient la "guerre des égos" ?.........................................................

    Et les enfants ? Non pas les élèves dans un calendrier mais les enfants dans leur réalité profonde, dans la nécessaire exploration qu'ils doivent mener en eux ? 

    Comment s'y prend-on ? Comment inviter, sans aucune pression néfaste, un enfant à grandir par lui-même à travers la culture, l'enseignement, l'école ?

    Est-ce qu'un calendrier scolaire est à même de proposer une réponse ?

    C'est juste pitoyable...