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  • Cyberattaque

    Je travaille sur la suite de l'histoire "Les héros sont tous morts" et l'actualité est une vraie mine d'inspiration...

     

    https://www.insidesecure.c om/Company/Press-releases/INSIDE-Secure-earns-Cybersecurity-label-for-MatrixSSE

    "Les milliards de caméras, thermostats intelligents et autres téléviseurs reliés au réseau sont autant de bases pour mener des attaques massives contre des sites web ou des serveurs. Des attaques susceptibles de couper l’accès internet à des pays entiers.

    Quoi de plus innocent d’une ampoule Hue de Philips, dont on peut contrôler l’allumage, l’intensité lumineuse et la couleur depuis son smartphone ? Sauf qu’en infectant quelques-unes de ces bêtes ampoules avec un code malveillant, il serait possible de contaminer une ville grande comme Paris par réaction en chaîne, permettant d’allumer ou d’éteindre simultanément toutes les lumières, ont montré des chercheurs américains.
    Faire sauter internet avec des millions d’attaques simultanées

    Pirater une caméra connectée permet certes d’espionner les allers et venues de son voisin. Mais le véritable intérêt des cybercriminels n’est pas là : eux poursuivent un objectif bien plus ambitieux : faire sauter l’internet mondial. Leur tactique : «recruter» des dispositifs IoT pour lancer des attaques massives contre des sites web ou des serveurs, visant à les rendre inopérants. Ce que l’on appelle une attaque par déni de service (DDoS).

    Le 21 octobre 2016, de nombreux sites (Airbnb, Twitter, Reddit…) ont ainsi été inaccessibles durant plusieurs heures. L’attaque, menée par une armada de 500 000 appareils piratés, a visé le service Dyn, servant à associer les noms de domaine aux adresses IP. En septembre, l’hébergeur français OVH a subi la plus grosse attaque DDoS de son histoire, lancée par un botnet constitué de 145 607 caméras connectées hackées. Un botnet surpuissant, capable de générer un trafic atteignant 1,5 To par seconde. De quoi faire tomber n’importe quel site en quelques minutes.

    En 2016, la puissance moyenne des attaques a atteint 800 Gbps (gigabits par seconde), contre 500 Gbps en 2015, d’après l’entreprise de sécurité Arbor Networks. Les hackers auront bientôt la puissance nécessaire pour faire tomber l’intégralité d’internet, s’inquiètent les experts. Avec un débit de 10 Tb/s, celle des câbles sous-marins, on peut ainsi tout simplement couper l’accès internet à un pays entier, comme ce fut le cas du Liberia en octobre dernier. Bruce Schneier, l’un des meilleurs expert sur la cybersécurité, avertit sur son blog qu’un «acteur étatique» mènerait des tests de résistance sur certaines infrastructures fondamentales de l’internet, soupçonnant les Chinois ou les Russes.
    Des botnets de plus en plus puissants et intelligents

    Le botnet le plus connu touchant l’internet des objets (IoT) s’appelle Mirai. Le malware qu’il porte possède dans son code un outil qui scanne automatiquement des milliers d’adresses IP à la recherche d’objets connectés (caméras, imprimantes, routeurs…). Il teste alors une série d’identifiants par défaut et infecte le nouveau dispositif. Aujourd’hui Mirai est sur le déclin, mais d’autres botnets encore plus puissants et intelligents arrivent sur le marché : Persirai, Leek ou encore BrickerBot. Certains peuvent rester «dormants» et se réactiver même lorsqu’on réinstalle l’appareil et qu’on change son mot de passe.

    Avec plus de 30 milliards d’objets connectés à internet en 2022, d’après Ericsson, la menace ne va faire que s’accroître. En 2016, 45% des entreprises et institutions publiques et 21% des data centers ont ainsi connu plus de 10 attaques DDoS par mois, d’après Arbor Networks. Des attaques qui engendrent une perte de 500 dollars pour chaque minute d’interruption du service.
    Des «cyber crash tests» obligatoire pour l’IoT

    Tout cela en raison du manque criant de sécurité de cette flopée d’objets connectés. «Il faut moins de trois minutes à un hacker pour prendre le contrôle d’un nouvel objet mis en réseau», indique Samy Kamkar, un éminent consultant en sécurité informatique. Non seulement les utilisateurs modifient rarement leurs mots de passe par défaut, mais les fabricants sont bien peu soucieux des aspects liés à la sécurité. «Tous ces objets reposent sur des systèmes qui partagent les mêmes vulnérabilités», avance Gérome Billois, expert en cybersécurité au cabinet Wavestone. «Aujourd’hui, c’est comme si on vendait des voitures sans faire de crash test. Il faudrait rendre obligatoire des tests de cyberrésistance pour mettre en vente un objet connecté». Il en va de l’avenir même de la Toile.

  • La ville résiliente

    1 – Nourrir Paris

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    «Il y a quatre grandes questions : d’où venons-nous? qui sommes-nous? où allons-nous? et qu’est qu’on va manger ce soir?» Woody Allen, Hannah et ses sœurs, 1986

    Vulnérabilité

    En cas de blocus (routier ou autre), la ville ne possède que 3 jours de réserves. Les parisiens sont d’autant plus vulnérables que les produits viennent souvent de très loin et passent quasi systématiquement par la case Rungis et accumulent les food miles (kilomètres alimentaires). Ce sont souvent plusieurs milliers de kilomètres (3500 pour un pot de yogourt) qui sont parcourus par les aliments, sans compter le déplacement du consommateur au supermarché, bien souvent en voiture. Au final le produit consomme plus d’énergie pour son déplacement, qu’il n’en apporte à son consommateur. Et cela a des conséquences sur les déchets : en europe, 160 kg de déchets d’emballage dont les 2/3 sont d’origine alimentaire. Approximativement, un tiers des impacts environnementaux d’un ménage sont liés à la consommation de nourriture et de boisson.

    Relocalisation

    La relocalisation de la production, les circuits courts sont un des fondements d’une ville résiliente.

    L’agriculture urbaine est pratiquée par plus de 800 millions d’habitants, 200 millions réalisent de la production de marché, 150 milions la pratiquent à plein temps (revue vertigo, janv 2011). ce qui représente 15 % de la production mondiale de nourriture.

    Paris Intra muros, par sa densité n’offre que peu de place pour une autosuffisance alimentaire, les jardins partagés ont plus pour objectif de créer de la convivialité, que d’assurer sa subsistance, la solution est à trouver au delà, à l’échelon régional, par une coopération étroite entre consommateurs locaux et producteurs. C’est bien à cette échelle (la biorégion) que devra être considérée l’autosuffisance locale des parisiens, en créant des liens supra locaux, où l’échelle pourra varier en fonction des produits ou services considérés.

    Le développement des AMAP en est la préfiguration. Leur nombre augmente, mais peine à répondre à la demande, faute de producteurs et de terrains disponibles. Il y a actuellement plus de 100 AMAP en ile de France. Le nombre de paniers moyens étant de 50, cela représente environ 5000 familles. Ce qui reste marginal.

    D’autant que les espaces agricoles représentent plus de 45 % du territoire d’île de France (CESR) et sont parmi les plus fertiles d’Europe. Ces terres sont cependant principalement tournées vers le conventionnel. 60 000 ha/an de terres agricoles qui disparaissent, En France, une ferme disparait toutes les 15 minutes.

    Le problème est principalement lié au fait que les produits sont souvent destinés à l’export, peu tournés vers le marché local. Le problème du prix des terres agricoles reste un frein à l’installation. Il s’agit alors de réserver l’achat des terres à vocation agricole aux acteurs agricoles biologiques, tournés vers le marché local. Un développement à grande échelle est possible pour des solutions de type Amap comme le montre l’exemple japonais (tekkei) ou 1/3 des aliments consommés proviennent des tekkei. A condition que l’accès à la terre soit rendu possible.

    D’autres solutions devront être menées en parallèle pour assurer l’autosuffisance de Paris. Il s’agit tout d’abord de se poser une question fondamentale : de quelle surface a t-on besoin pour assurer sa propre subsistance (et celle de sa famille?).

    La surface couramment admise pour répondre aux besoins d’une famille de 4 personnes est de 250m2, ou 35 à 40 m2 par personne selon certaines sources, moins si le jardin est en permaculture et bien conçu. C’est bien sur encore moins si parallèlement il s’approvisionne pour certains produits dans une amap, s’il est impliqué dans un jardin partagé dans son quartier, ou s’il s’associe à d’autres jardiniers pour échanger les surplus.

    Un droit à la terre

    Cette surface est globalement peu, mais difficile à offrir aux parisiens. Il est par ailleurs aujourd’hui difficile de concevoir que chaque parisien souhaite mettre ses mains à la terre pour assurer sa subsistance.

    Mais ne serait-il pas normal que chaque habitant de paris, ou plus généralement un immeuble collectif se voit attribuer une parcelle? Dont la surface serait équivalente à la surface minimale de subsistance?. C’est à dire remettre au goût du jours les jardins familiaux.

    L’intérêt serait multiple : limiter l’étalement urbain en contre-carrant les inconvénients liés à l’habitat collectif (l’absence de jardin) et diminuant l’avantage comparatif du pavillon au milieu de sa parcelle (et son jardin qui bien souvent n’est qu’une pelouse).

    Concrètement, attribuer ou donner accès à 50m2 (soyons généreux) à chacun 2.2 milions de parisiens intramuros reviendrait à 11 000 ha, soit quasiment la superficie de paris intramuros (quand même!), 3 fois la superficie de l’aéroport Charles de Gaulle (que la ville post carbon devra récupérer), ou par personne le double d’une place de parking (ratio de 25m2, englobant la voie d’accès à ce parking).

    Cette attribution pourrait être étendue à l’ensemble des franciliens vivant en logement collectif (72% des logements en Ile de France).

    11 000 ha c’est aussi l’équivalent d’une ceinture verte (ou plutôt maraîchère) localisée à environ 10 km de Paris, d’une circonférence de 110 km et d’1km d’épaisseur. Ce pourrait être la limite de l’agglomération.

    Mettre en oeuvre

    L‘acteur clé de cette politique serait la région. La région attribuerait d’office, dés la naissance, jusqu’à la mort un droit à la terre. Une terre qu’elle aura préalablement et progressivement acquise; La région possède déjà les outils les PRIF agricole, mis en place par l’Agence des Espaces Verts, accompagnée de la Safer, 16000 ha ont actuellement été acquis.

    Un acteur existe et peut permettre la mise la mise en oeuvre du projet, en assurant la connexion entre propriétaires et demandeurs (producteurs potentiels) : Terre de Liens.

  • Un Paris vert

    Un vaste et beau pari, effectivement.

     

     

    L’action de Paris en faveur d’une alimentation durable et d’une agriculture urbaine

     

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    3. L’action de Paris en faveur d’une alimentation durable et d’une agriculture urbaine

    Le vendredi 27 janvier 2017, à la Ferme de Paris, Anne Hidalgo a annoncé un ensemble de mesures pour renforcer le soutien de la Ville de Paris aux agriculteurs et à une alimentation durable, avec notamment plus de liens entre la capitale et le monde rural. Une communication a été présentée lors du Conseil de Paris du 29 janvier.

    Anne Hidalgo, Maire de Paris, remettra ce mercredi la médaille Grand Vermeil de la Ville de Paris à Pierre Rabhi, père fondateur de l’agroécologie.

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    • Paris accentue son soutien aux agriculteurs et à une alimentation durable

    Paris incubateur de l’agriculture urbaine 

    La Ville s’est fixée comme objectif la création, d’ici à 2020, de 100 hectares de nouveaux «espaces verts» sur des toits-terrasses ou même des façades, dont un tiers de ces surfaces sera consacré à la production agricole. 

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    Paris développe des mesures incitatives, auprès des propriétaires publics et privés, aussi bien sur le patrimoine existant que sur les constructions neuves, à travers un appui technique à la végétalisation, un plan local d’urbanisme en évolution, la création prochaine d’une plateforme collaborative en ligne, et un «permis de végétaliser» pour les Parisiens afin qu’ils puissent agir au sein de l’espace public.

    Des mesures pour promouvoir l'agriculture urbaine

    Parisculteurs

    L’appel à projets « Parisculteurs »  est le programme phare qui contribue au développement de l'agriculture urbaine, que ce soit sur les équipements publics ou sur les bâtiments privés de tous types : il s’agit d’irriguer l’ensemble du territoire. Son ambition est d’offrir davantage d’espaces et de projets aux agriculteurs urbains au cœur de notre ville, pour rendre Paris plus végétale, créer des îlots de fraîcheur urbains, contribuer à la protection et au développement de la biodiversité, et tisser des liens entre agriculteurs urbains et agriculteurs de petite et grande couronne.

    Un nouvel appel à projets « Parisculteurs 2 » sera lancé en 2017. Il se donnera comme objectifs supplémentaires de réaliser des projets sur des copropriétés, et d’associer davantage les agriculteurs de grande couronne pour contribuer au développement des productions locales et aux échanges urbains – ruraux.

    Création de nouvelles fermes urbaines

    De nouvelles fermes urbaines pédagogiques plus vastes, installées dans de grands espaces verts parisiens intra-muros seront créées en 2017 en complément de la Ferme de Paris qui était jusqu’à ce jour la seule ferme parisienne. 

    Les Parisiens acteurs de la végétalisation dans la capitale

    Depuis 2003, dans le cadre du programme municipal « Main verte », la Ville aménage des jardins partagés et encourage la création de nouveaux jardins.

    Le fort intérêt des Parisiens pour ces jardins s’est confirmé lors du Budget Participatif 2015 avec le vote de 10 nouveaux jardins partagés et avec le projet « Cultiver en ville ». Au total ce sont plus d’une vingtaine de jardins partagés qui seront créés en 2017.

    La plateforme numérique « Végétalisons Paris », qui sera lancée au printemps, fédérera toutes ces démarches. Elle s’adressera aux Parisiennes et Parisiens (particuliers, associatifs, entreprises, bailleurs, copropriétés, syndics…). 

    Plus de formation et d'apprentissage en agriculture urbaine

    L'accent sera mis sur la formation et l'apprentissage en agriculture urbaine. 

    L' Ecole Du Breuil, en coordination avec la Ferme de Paris, souhaite mettre en place une offre de formation en permaculture. Cette école développera des actions de formation en agriculture urbaine dans le cadre de son nouveau projet pédagogique.

    Un plan d’actions en faveur des métiers du développement durable va être lancé dans lequel figurera l’agriculture urbaine sur le modèle de « Paris code ».

     

    Développement de partenariats avec les acteurs du monde agricole de la petite et grande couronne

    L’agriculture urbaine parisienne a vocation à se développer en partenariat avec les agriculteurs de petite et grande couronne pour partager les savoir-faire, offrir un débouché économique aux producteurs de pleine terre, et aider les projets d’agriculture urbaine à trouver un équilibre économique.

    Des partenariats vont être développés en 2017 avec la Chambre interdépartementale d’agriculture d’Ile-de-France, les acteurs du Pôle Abiosol (Champs des possibles, GAB Ile-de-France…) et l'Association Française d’agriculture urbaine professionnelle (AFAUP).

    Le projet Solidarité Paris-Campagne qui sera initié au cours du premier trimestre 2017 participe à cette volonté forte de tisser des liens entre la ville et la campagne.

    Mise en place d'une stratégie alimentaire territoriale

    36% des émissions de gaz à effet de serre sont issues de l’alimentation en France. Améliorer l’empreinte environnementale de l’alimentation parisienne permet donc de contribuer de manière significative à la transition écologique du territoire. 

    Dans cet objectif, la Ville engage un travail d’élaboration d’une stratégie alimentaire territoriale en concertation avec les acteurs du territoire parisien agissant au sein du système alimentaire de la production agricole à la valorisation des déchets : 

    • des représentants des agriculteurs (Chambres d’agriculture, Groupement des agriculteurs bio…),
    • des transformateurs (Association régionale des industries agro-alimentaires…), 
    • des distributeurs (marchés parisiens, artisans-commerçants…),
    • des consommateurs, logisticiens, collectivités, institutionnels…

    Eau de Paris partenaire des agriculteurs

    Eau de Paris les accompagne vers des systèmes agricoles favorables à l’environnement. Cette entreprise publique en charge de la production et de la distribution de l’eau dans Paris acquiert des terrains avec la mise en place de baux ruraux environnementaux et aide à la structuration des filières d’agriculture biologique via des aides financières.

    Une stratégie zéro déchet

    Un plan compost 2016-2020 sera lancé en février 2017. Il repose sur quatre axes complémentaires :

    • l’amplification du compostage collectif en pieds d’immeubles (objectif : multiplier par trois le nombre de sites)
    • le maillage du territoire en composteurs de quartier (objectif : 20 sites en 2020)
    • la recherche de matière sèche et d’exutoires pour le compost produit en excès
    • le soutien au lombricompostage individuel. 

    Paris soutient également le projet multi-partenarial de création d’une usine de méthanisation avec retour à la terre, porté notamment par GrDF et la Chambre d’agriculture à Gennevilliers (Hauts-de-Seine).

     

    D'autres projets pour dynamiser l'agriculture urbaine à Paris

    • La culture de l’orge et du houblon dans le Bois de Vincennes en vue de produire et de brasser une bière de Paris.
    • La protection de l’appellation « Miel de Paris » auprès de l’Institut national de la Propriété industrielle.
    • création des Trophées de l’agriculture urbaine en 2017
    • Organisation de l’événement « les 48 heures de l'agriculture urbaine » qui se déroulera les 18 et 19 mars 2017. 
    • Lancement du projet Solidarité Paris-Campagne  au cours du premier trimestre 2017 pour créer des partenariats type jumelages entre Paris et des villes de zones rurales ou péri-urbaines,
    • Première édition de « BiodiversiTerre », véritable salon de l’agriculture urbaine du 5 au 7 juin 2017 avenue Foch.
    • La signature de partenariats avec des acteurs clés du financement participatif - les plateformes de crowdfounding MiiMOSA et ULULE - afin de dynamiser le financement de projets dédié aux acteurs de l’agriculture et de l’alimentation.
    • La signature d’un partenariat avec la Garde républicaine pour développer des projets d’agriculture urbaine et valoriser la masse de fumier retirée chaque année (6.000 tonnes) et qui ne fait pas l’objet à ce jour d’une valorisation.
    • La signature d’un accord cadre de partenariats sera signé avec AgroParisTech en 2017

    Liens

    Donner à tous l’accès à une alimentation de qualité 

    L’accès de tous les Parisiens à une alimentation saine et de qualité est au cœur de l’action de la Ville. Cette action repose sur l'installation de commerces alimentaires de proximité, le soutien aux marchés alimentaires, à la consommation responsable, à la lutte contre le gaspillage alimentaire, à l’achat public de produits issus d’une agriculture durable. 

     

    Les actions en faveur d'une alimentation saine et durable

    Pour soutenir les commerce et la distribution de proximité , la Ville encourage l’innovation, l’émergence de nouveaux modes de consommation et le développement d’une logistique durable. 

    Un plan alimentation durable pour protéger la santé et l'environnement

    Paris est le premier acheteur public de produits Bio en France. Avec le « Plan alimentation durable 2015-2020 » initié par l’Exécutif parisien et adopté à l’unanimité le 1er juillet 2015, la Ville de Paris s’est fixée pour objectif d’atteindre 50% minimum d’alimentation biologique, durable et labellisée dans sa restauration collective et de faciliter l’accès à l’offre locale d’ici 2020.

    Soutien aux commerces et à la distribution de proximité

    La Ville de Paris est la première en France à mettre en œuvre un contrat Paris'Commerces qui vise à soutenir l’installation des artisans et commerces de proximité proposant une alimentation saine, durable et de qualité (Circuits courts, bio, AMAP, vente directe…)..

    Avec 71 marchés alimentaires découverts et les 11 marchés alimentaires couverts, ces marchés sont au cœur de la stratégie municipale en matière d'alimentation durable. Des producteurs locaux  vont s'installer sur les marchés (un par arrondissement). Trois nouveaux marchés biologiques s’ajouteront par ailleurs bientôt aux trois existants : marché Raspail (6e), marché Batignolles (17e) et marché Brancusi (14e). 
    À cela s’ajoute la création de nouvelles halles alimentaires (10e et 14e) et enfin un « Quai fermier », marché réservé aux producteurs locaux, sera créé dans la continuité de la reconquête des rives de la Seine.

    La Ville soutient le développement d’une nouvelle économie collaborative et coopérative de l’alimentation, qui contribue activement à promouvoir les produits de l’agriculture francilienne à un prix accessible.

    Emergence de nouveaux modes de consommation

    En janvier 2016 la Ville a lancé la plateforme d'innovation Smart Food Paris qui vise à développer de nouveaux usages de production et de consommation de notre alimentation.

    la Ville de Paris va lancer un nouvel appel à projets portant sur la création de nouveaux emplacements pour les Food trucks, en plus des treize emplacements déjà existants.

    La capitale s’engage avec l’Agence nationale des solidarités actives pour fédérer et développer les initiatives de lutte contre le gaspillage alimentaire. Objectif : devenir un leader mondial de la société du durable.

    Développement d'une logistique durable

    L’hôtel logistique multimodal de Chapelle International constituera l’une des premières portes d’entrée des marchandises dans Paris. Acheminées par voie ferroviaire, les marchandises seront chargées sur des véhicules respectueux de l’environnement pour être livrées au cœur des quartiers.

    Paris a modifié son Plan local d’urbanisme pour changer la Ville. Cette modification permet d'encourager la végétalisation et l’agriculture urbaine et développer la logistique urbaine .

    Liens

    Dernière mise à jour le jeudi 6 avril 2017

    Crédit photo : © François Grunberg / Mairie de Paris

  • EDF et l'EPR

     

    Selon l’agence Reuters, l’Autorité de sûreté nucléaire s’apprête à donner son feu vert pour l’utilisation de la cuve du nouveau réacteur nucléaire de Flamanville. Cet avis est capital pour permettre un démarrage en 2018.

    Les réacteurs 1, 2 et 3 de Flamanville, le 16 novembre 2016.

    ZOOM 

    Les réacteurs 1, 2 et 3 de Flamanville, le 16 novembre 2016. / CHARLY TRIBALLEAU/AFP

    La cuve du réacteur nucléaire qu’EDF construit à Flamanville, dans la Manche, est apte à être utilisée, estime un rapport de l’Institut national de radioprotection est de sûreté nucléaire (IRSN). Malgré la présence de concentrations excessives de carbone pouvant affaiblir l’acier de la cuve du réacteur, celui-ci peut être exploité en toute sécurité, même s’il devra être surveillé pendant toute sa durée de vie, dit le rapport.

    L’agence Reuters en a obtenu une copie et en publie des extraits : « Le rapporteur considère que l’anomalie ne remet pas en cause l’aptitude au service du fond de la cuve sous réserve que les contrôles prévus par EDF soient adaptés de manière à pouvoir détecter l’ensemble des défauts », dit le texte.

    L’IRSN demande en outre que ces contrôles qu’elle réclame soient effectués de manière anticipée par rapport à la première visite normalement prévue au bout de 10 ans : « L’utilisation du couvercle actuel de la cuve du réacteur EPR de Flamanville ne saurait être envisagée au-delà de quelques années de fonctionnement sans que les contrôles nécessaires n’aient été mis en œuvre », y est-il écrit. (J'aurais aimé savoir ce qui sera envisagé quand il faudra changer ce couvercle ou même la cuve entière...)

    Décision officielle en juillet

    L’IRSN, est le service technique de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Il a été consulté pour donner un avis sur les travaux de construction du réacteur nucléaire de nouvelle génération, de type EPR (réacteur à eau pressurisée), à Flamanville.

    Fin 2014, Areva a en effet détecté une concentration excessive en carbone dans l’acier du fond et du couvercle de la cuve, une pièce essentielle pour la sécurité. La cuve sert de barrière contre la radioactivité.

    Des tests ont été conduits pour vérifier que, malgré cette anomalie, la cuve présentera toutes les garanties de sûreté lors du fonctionnement. Un groupe d’experts indépendants doit maintenant débattre de ce rapport, les 26 et 27 juin, pour formuler une opinion. Puis l’ASN, s’appuyant sur ces différents avis, doit rendre une décision au début du mois de juillet.

    À LIRE : Les inquiétantes « anomalies » découvertes dans l’usine d’Areva au Creusot

    Réorganisation de la filière nucléaire

    Un avis négatif sur la possibilité d’utiliser la cuve aurait obligé à de lourds travaux. C’était donc des milliards d’euros supplémentaires et plusieurs années de retard pour ce chantier qui a déjà connu un allongement des délais et une envolée des coûts.

    L’EPR de Flamanville est en voie d’achèvement. Il doit en principe démarrer à la fin de 2018. Cet avis était donc très attendu, d’autant plus qu’il est également essentiel pour permettre la remise en ordre de la filière nucléaire française. Il est en effet une condition sine qua non pour que la Commission européenne donne son accord au rachat de l’activité réacteurs d’Areva, qui a conçu l’EPR, par EDF, prévu à la fin de 2017.

    Ce rachat a été acté alors qu’Areva a subi de lourdes pertes, ces dernières années. L’État, son principal actionnaire, a donc décidé à la fois une recapitalisation et la cession de certaines activités à EDF, à la fois partenaire historique et concurrent.

    (Peut-on considérer qu'aucun élément financier entre EDF, Areva et l'Etat n'est venu contrecarrer l'indispensable certitude de cette "sécurité" ?)

  • Le survivalisme (6)

    Il y a dans cet article quelques éléments très révélateurs de la problématique alimentaire.

     






    Les stocks de nourriture mondiaux au plus bas : la pénurie alimentaire menace-t-elle la planète ?

    A l'occasion de la journée mondiale de l'alimentation, l'ONU a proposé une discussion autour de la pénurie alimentaire dans le monde, alors que certaines réserves de denrées s'amenuisent.

    Alerte

    Publié le 

    image: http://www.atlantico.fr/sites/atlantico.fr/files/styles/une/public/images/2014/04/rtx126ax_2.jpg

    Les stocks de nourriture mondiaux au plus bas : la pénurie alimentaire menace-t-elle la planète ?

    L'ONU met en garde contre le risque de pénurie. Crédit Reuters

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    Atlantico: A l’occasion de la journée mondiale de l’alimentation, le 16 octobre, des discussions ont été menées au siège des Nations unies afin de dresser un bilan sur la pénurie alimentaire et le rôle du système alimentaire mondial dans sa progression. L’année dernière, l’organisation prévoyait un abaissement critique des stocks de grains en 2013. Qu’en est-il aujourd’hui ? Le risque de pénurie alimentaire est-il bien réel à l’heure actuelle ?

    Jean-Marc Boussard : Je ne pense pas que le risque de pénurie alimentaire soit plus grand en 2014 qu’en 2013, mais je ne pense pas non plus qu’il soit plus faible. En fait, les pénuries alimentaires dans le monde actuel sont imprévisibles, et c’est bien là le problème.

     

     

    En revanche, ce risque est bien plus grand pour les années 2010-2020 qu’il n’était en 1980-2000, en particulier pour la raison que vous évoquez, la baisse des stocks publics. 

    Aussi, qu’entend on par « pénurie » ? Je suppose que vous envisagez une baisse un peu significative de la production mondiale de denrées de bases, les céréales, le sucre, les pommes de terre. Une pénurie dans ce domaine peut ricocher sur les productions de viande, de lait, d’œufs et de fromages, puisque, pour avoir ces produits, il faut nourrir les animaux avec des denrées de base. (J'ajouterais que la surface agricole destinée à l'alimentation des bovins couvre les trois quarts des surfaces exploitées en France... C'est consternant quand on connaît les dégâts et conjointement l'impossibilité de produire davantage de végétaux pour l'alimentation humaine...)

    Les risques climatiques pourraient-ils avoir un réel impact sur le risque de pénurie alimentaire, notamment si les stocks d’alimentation ne sont pas suffisants ?

    Je ne crois pas, dans le monde actuel, que le mauvais temps, ou aucun autre accident naturel puisse provoquer une pénurie mondiale. Certes, de tels phénomènes peuvent faire très mal à un agriculteur donné, ou même à une région assez vaste. Mais cela ne s’étend pas au niveau mondial, car, quand le temps est plus mauvais que la normale à un endroit, il est meilleur dans un autre, et cela se compense. (Là, il se pose bien entendu le problème du réchauffement climatique au niveau planétaire et par conséquent, l'annulation de cet "équilibre" entre les zones agricoles de la planète : voir article suivant.)

    Dès lors que l’on peut transporter les marchandises dans de gros camions ou d’énormes bateaux, il n’y a plus de problème.

    (Là se pose le problème de l'approvisionnement en carburant et l'hypothèse plus que probable du pic pétrolier et de ses conséquences sur le coût. L'usage du "flux tendu" va inévitablement être impacté par les coûts de ces transports. Il faut donc envisager une hausse exponentielle des prix.)

    D'ailleurs, c’est ce raisonnement qui a en grande partie justifié le mouvement de libéralisation de l’agriculture que nous connaissons depuis vingt ans, et tout spécialement l’abandon des politiques de stockage : pourquoi stocker à grand frais puisqu’il est si facile de transporter à moindre coût ? Pourquoi compter sur l’État, puisque c’est l’intérêt des commerçants d’effectuer les transports nécessaires ?

    Qu’est-ce qui explique cette situation ? Comment expliquer qu’au XXIe siècle le risque de pénurie existe toujours Avons-nous oublié l’importance de la notion de stock ?  

    Les variations de production et les variations de prix qu’elles entraînent ne sont pas dues au temps qu’il fait, mais à l’imperfection des marchés. Dans la plupart des secteurs économiques, lorsque les prix deviennent un peu élevés à cause d’une production trop faible, il y a bientôt des gens pour s’en apercevoir. Ceux-là augmentent la production, et tout rentre dans l’ordre. Mais ce n’est pas le cas en agriculture, parce que les délais de production sont très longs (un an pour la plupart des plantes, plusieurs années pour les cultures arbustives), alors que les besoins sont impératifs et immédiats (on ne peut pas remettre son dîner à l’année prochaine). Les consommateurs ont donc largement le temps de mourir de faim avant que les « signaux du marché » aient produit leurs effets en incitant les producteurs à augmenter leurs livraisons.

    Pire encore : après une légère pénurie qui a fait monter les prix, il arrive très souvent que la production qui arrive sur les marchés soit pléthorique, parce que les producteurs ont « sur réagi » , et augmenté leur production plus qu’il n’était nécessaire. Les prix, alors, s’effondrent, ruinant les producteurs. Et comme, alors, ces derniers ne peuvent plus produire, c’est la production qui s’effondre à nouveau... Cela peut durer ainsi avec des « hauts » et des « bas » pendant longtemps. C’est pour cela que l’on dit que les prix agricoles libres sont « volatils ».

    (Imaginons dès lors une production de plus en plus aléatoire en raison du climat. Non seulement, les coûts de production vont augmenter mais ils s'ajouteront aux coûts de transports...) Il va devenir très honéreux de se nourrir...

    Aujourd’hui, quel est le rôle du système alimentaire mondial dans la résolution de la crise alimentaire ? Comment éviter une pénurie ? 

    Bien sûr, le système alimentaire mondial a pour vocation d’éviter les pénuries et d’assurer à tous une alimentation saine à prix raisonnable. Mais la question est de savoir comment. Le marché, s’il fonctionne correctement, est évidemment la réponse. Mais fonctionne-t-il dans l’agriculture ?

    Après la seconde guerre mondiale, les économistes, qui se souvenaient de la grande crise de 1929, répondaient à cette question par la négative. Pour éviter les alternances de pléthores et de pénuries dont je viens de parler, ils avaient élaboré des mesures comme les prix garantis, les stocks publics, et d’autres dispositifs analogues. Ces politiques coûtaient un peu cher, mais elles étaient efficaces ; jamais les risques de famines locales n’ont été aussi faibles, ni les prix alimentaires aussi bas que dans les années 60-90, et cela, dans le monde entier. 

    Ces leçons de la grande crise ont été oubliées à partir des années 80. Les économistes influents de l’époque ont obtenu la suppression de tous ces dispositifs jugés coûteux et inutiles. (J'ajouterais juste que ces "économistes" étaient avant tout au service des systèmes financiers...)

    Les mêmes causes dans les mêmes conditions produisant les mêmes effets, on se retrouve maintenant avec la volatilité qui prévalait à la fin du 19e siècle, et qui a causé tant de malheurs sous forme de famines et de guerres.

    Quelles sont les zones géographiques menacées par la pénurie ? 

    Dans un monde mondialisé, le risque est mondial. Dans les pays riches, en particulier ceux qui produisent une part importante de leur alimentation, les populations souffriront de hausses des prix alimentaires finaux qui seront fâcheuses, mais supportables. Ce sont les populations pauvres des pays pauvres qui souffriront réellement. Et le vrai risque, alors, est double : d’abord, l’explosion révolutionnaire du mécontentement social – par exemple, la généralisation des « printemps arabes ». Ensuite, l’apparition d’épidémies qui se développeront sur les corps malnutris, et qui, lorsque les bactéries se seront réveillées, se transmettront au monde entier sans distinction de richesse.

    L’Europe, de ce point de vue est plutôt à classer dans le lot des pays riches, même s’il y a des pauvres en Europe. Ce qui est le plus préoccupant, dans notre cas, c’est le fait que l’Europe est très loin d’être autosuffisante en produits alimentaires, et doit par conséquent compter sur des importations en particulier d’aliments du bétail. (D'où l'intérêt majeur, au niveau planétaire, du régime végétarien...)En cas de pénurie mondiale, il ne suffirait pas de prohiber les exportations pour échapper aux hausses de prix, qui nous toucheraient de plein fouet...


    Read more at http://www.atlantico.fr/decryptage/stocks-nourriture-mondiaux-au-plus-bas-penurie-alimentaire-menace-t-elle-planete-jean-marc-boussard-874854.html#z17KwUJRTl3ylCTl.99

     





    L'humanité ne pourra échapper à une réflexion PLANETAIRE de son alimentation. Et très vite. 

     

     

    En 2100, les trois quarts de l'humanité risquent de mourir de chaud

    Le 20.06.2017 à 15h55

     

    Un tiers de l'humanité est actuellement exposé à des vagues de chaleur potentiellement mortelles, révèle une étude. Et si rien ne change, d'ici la fin du siècle, la situation sera bien pire...

    En 2100, les trois quarts de l'humanité risquent de mourir de chaud

    En 2000, le seuil fatidique de température et d’humidité a été franchi pendant au moins vingt jours, sur 13 % de la surface du globe.

    © HALEY/SIPA

    C'est une étude qui a de quoi faire effrayer, après la décision de Donald Trump, début juin 2017, de quitter l'accord de Paris : si les émissions de carbone continuent d'augmenter au rythme actuel, 74 % de la population mondiale sera exposée à des vagues de chaleur potentiellement mortelles d'ici 2100 ! Un véritable "coup de massue" annoncé par des chercheurs de l'Université d'Hawaii, à Manoa, dans la revue Nature Climate Change"Et même si les émissions de gaz à effet de serre se réduisaient de manière drastique d'ici la fin du siècle, 48 % la population humaine mondiale serait tout de même touchée", ajoutent les chercheurs dans un communiqué. Actuellement, c'est déjà un individu sur trois qui risque de "mourir de chaud"... 

    Une chaleur potentiellement mortelle pendant 20 jours

    Pour parvenir à ce constat terrible, l'équipe de chercheurs a examiné la littérature scientifique pour repérer les cas de mortalité supplémentaire associés à 783 épisodes de chaleur, entre 1980 et 2014 : par exemple, la canicule de 2003, qui a provoqué une surmortalité de 70.000 personnes en Europe (15.000 rien qu'en France), celle de Moscou en 2010 (touchant 10.000 personnes), celle de Chicago en 1995 (700 personnes)... Au total, les vagues de chaleur recensées dans l'étude incluent 164 villes localisées dans 36 pays. 

    Les chercheurs ont croisé ces données avec les différents paramètres météorologiques enregistrées lors de ces épisodes de canicule : la température de l'air, le taux d'humidité, la vitesse du vent... Ils en ont déduit que le couple température-humidité était le facteur déterminant à rendre une vague de chaleur "potentiellement mortelle". Au-delà d'un certain seuil, la capacité de thermorégulation de l'organisme (maintenant une température autour de 37°C) est altérée, au risque de provoquer chez l'individu un état d'hyperthermie. En 2000, le seuil fatidique de température et d'humidité a été franchi pendant au moins vingt jours sur 13 % environ de la surface du globe, où vit 30 % de la population mondiale.

    Et dans le futur ? Tout dépendra de l'évolution des émissions de gaz à effet de serre. Dans le scénario le plus optimiste du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), ces rejets carbonés auront été réduits de manière drastique au point de limiter le réchauffement à 1°C à la fin du siècle. Dans ces conditions, la zone à risque s'étendrait sur 27 % du globe et concernerait 48 % des 11 milliards de Terriens. Si, au contraire, l'on se base sur le scénario le plus pessimiste, dans lequel les gaz à effets de serre continuent d'augmenter au rythme actuel, le réchauffement moyen monte à 3,7 °C en 2100, 47 % du territoire sera touché, soit 74 % des individus. La vidéo ci-dessous illustre le scénario le plus pessimiste.
     

     

    © Camilo Mora / Nature Climate Change

    "Il ne nous reste plus qu'à choisir entre le mauvais et le terrible"

    Comme l'illustre la vidéo ci-dessus, toutes les régions du monde ne sont pas concernées de manière égale. Bien que les modèles des climatologues prévoient des hausses de température plus marquées dans les hautes latitudes, "les régions tropicales sont exposées toute l'année à des températures et une humidité élevées, alors que pour les latitudes plus au nord, le risque d'un épisode de chaleur potentiellement mortel se limite à l'été", précisent les chercheurs. En revanche, partout dans le monde, le vieillissement de la population aggrave la menace, de plus que la concentration croissante des individus dans les zones urbaines, sujettes aux phénomènes d'îlots de chaleur (concentrations de chaleur liées à l'absence de nature). Les chercheurs ont rendu leurs données disponibles sur un site web qui permet de connaître, ville par ville, le nombre de jours dans une année où le couple température-humidité est au-delà seuil critique. Dans le pire scénario du GIEC, ce pallier sera dépassé pendant six jours en France métropolitaine, 53 jours à New York, et... tous les jours à Cayenne !

    Bien entendu, beaucoup d'incertitudes demeurent quand à l'évolution démographique et urbanistique du monde jusqu'en 2100, ainsi que sur l'adoption de politiques de lutte contre le réchauffement climatique. Mais les chercheurs espèrent que leurs travaux permettent de voir émerger une prise de conscience sur l'urgence pour les régions tropicales, alors qu'actuellement, "c'est le réchauffement des pôles qui demeure le changement climatique le plus emblématique", note Iain Caldwell, co-auteur de ces travaux. "En ce qui concerne les vagues de chaleur, nous sommes à court d'options pour l'avenir, il ne nous reste plus qu'à choisir entre le mauvais et le terrible, alerte Camilo Mora, autre co-auteur de l'étude. Beaucoup de personnes paient déjà le "prix ultime", et la situation pourrait être bien pire si les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas considérablement réduites."

  • Le survivalisme (5)

    On a ici une vision assez parlante des réactions de la population en cas de "craintes, de rumeurs ou d'éléments tangibles" laissant à croire qu'une pénurie majeure pourrait survenir. 

    Les zones urbaines sont bien évidemment les premières concernées étant donné que la popuulation n'a pas de capacité à se nourrir de façon autonome.

    On peut dès lors imaginer aisément ce qui adviendrait en cas de crise réelle...

    A chacun de voir s'il est justifié de l'envisager ou si ça relève d'une pathologie apocalyptique...

     



    Les grandes surfaces prises d'assaut

     

    Peu après l'invasion du Koweït par les forces irakiennes, l'ambassadeur d'Irak en Grèce avait affirmé, au cours d'une conférence de presse, que son pays utiliserait des armes chimiques en cas d'attaque : "Nous avons en notre possession des armes chimiques très puissantes et nous les utiliserons si l'on nous attaque." De ce fait, les médias du monde entier ont présenté la guerre du Golfe comme un conflit généralisé, où le terrorisme, les pénuries d'essence ou d'aliments de base et les attaques nucléaires, bactériologiques ou chimiques allaient être inévitables. 
    Les Français, qui ont connu les pénuries et les tickets de rationnement pendant plus de 6 ans, suite à l'occupation allemande de leur pays de 1940 à 1945, prennent peur, et s'imaginent vivre la Troisième Guerre Mondiale. De ce fait, dès la fin du mois de décembre 1990, les Français stockent certaines denrées, qui avaient disparues des étalages dans les années 1940 : le sucre, l'huile et les pâtes, qui sont désormais pratiquement introuvables en rayons en ce début d’année 1991...

    Les chiffres datent de la première quinzaine de janvier 1991

    Les autorités françaises
    « Il n’y a aucun risque de pénurie alimentaire ou de rupture d’approvisionnement à craindre en France. Il n’y a donc pas lieu de constituer des stocks personnels de produits ». Véronique Neiertz, secrétaire chargée de la Consommation, a beau essayer de rappeler les Français à la raison, le raz de marée sur les produits de première nécessité se poursuit. Selon les principales enseignes, on fait plus de provisions dans le Midi que dans le Nord de la France.

     

    Les pénuries
    Le magasin Auchan de Nice, par exemple, a été littéralement dévalisé, tandis que les hypermarchés situés dans la moitié nord du pays connaissaient une fréquentation à peine supérieure à la moyenne. La société Casino confirme le phénomène et tente une explication : «  Les régions du Sud ont une population plus âgée. Or ce sont précisément les personnes d’un certain âge, ayant connu les privations de la dernière guerre mondiale, qui font des stocks. Dans le Midi, les populations immigrées d’Afrique du Nord, se sentant probablement menacées, remplissent les Caddies plus que de coutume. » En moyenne, les ventes des produits de grande consommation ont augmenté de 10 à 15 % chez Auchande 20 à 30 % chez Ed, de 30 % chez Euromarché, de 65 % chez Continent. Au hit parade des produits pris d’assaut : le sucre, l’huile, la farine, les pâtes.

    Ainsi, dans un magasin Ed du XIIème arrondissement de Paris, les clients ont acheté en moyenne 6 boîtes de conserve au lieu d’une seule habituellement, et 15 paquets de riz à la place des 4 traditionnels. La liste des denrées les plus convoitées est d’autant plus surprenante que tous ces produits sont fabriqués à partir de matières premières de France, d’Europe ou de coins du globe très indirectement  concernés par la guerre du Golfe.

    Selon un spécialiste, il faudrait que les transports soient bloqués plusieurs mois pour que nous venions à manquer. « Dans le cas du sucre, la panique ne rime vraiment à rien dans la mesure où nous savons maintenant fabriquer des produits de substitution – comme l’Aspartam – entièrement en laboratoire » explique-t-on chez Casino.

     

    De nouvelles catégories de produits commencent à attirer les clients affolés : les surgelés. « L’augmentation des ventes de produits frais et, notamment de surgelés, tourne autour de 40 % contre 65 % à l’épicerie » s’étonne un responsable des magasins Continent. Tout se passe comme si les français remplissaient leurs congélateurs dans la perspective de difficultés d’approvisionnement ou de hausse des prix due aux événements du Golfe. Mais la moindre coupure d’électricité, provoquée ou non par la situation, endommagerait toutes leurs provisions…

    Toujours selon Continent, les Français se mettent à stocker également les carburants : le 15 janvier 1991, la distribution d’essence à grimpé de 40 %. On a même vu des automobilistes remplir des bouteilles de plastique. Un comportement extrêmement dangereux, que la société a rapidement interdit.

     

    La "fièvre acheteuse"
    Traditionnellement, le mois de janvier est un mois creux pour les commerçants. Normal, les lendemains de fêtes et les impôts ralentissent considérablement la consommation. Mais en ce début d'année 1991, crise du Golfe oblige, certaines denrées alimentaires de base se vendent comme des petits pains.
     « C'est dingue, je n'avais jamais vu ça, explique Robert Le Brun, responsable des relations avec la clientèle du Monoprix du boulevard Haussmann, à Paris. Samedi matin, le rayon des eaux minérales a été littéralement dévalisé. Peu importait la marque. Les clients se sont rués sur Evian, Vittel ou Badoit, délaissant au besoin leur eau habituelle. »
    Une fidèle cliente du magasin confirme : « Vers 10h30, les rayons étaient pratiquement vides. Heureusement, il n'a pas fallu attendre longtemps pour qu'ils soient à nouveau approvisionnés. » Robert Le Brun n'est pas inquiet et ne prévoit aucune mesure particulière pour faire face à l'accroissement des demandes. « Même en cas de conflit, nous ne changerons rien à nos commandes, précise-t-il, dans la mesure où nos produits sont fabriqués en France. De toute façon, il nous serait matériellement impossible de stocker davantage de marchandises. »

    Comme pour justifier leur "fièvre acheteuse", les clients "assoiffés" expliquent, sérieusement, qu'ils craignent un empoisonnement de l'eau de Paris par des terroristes irakiens. Mais le lait, les pâtes, la farine, l'huile, les conserves et surtout le sucre courraient-ils le même danger? En tout cas, les caissières des grandes surfaces voient, dès le samedi 12 janvier, défiler des Caddies entiers chargés de produits de première nécessité. Bien au-delà des courses hebdomadaires traditionnelles. "Les gens n'hésitent pas à emporter jusqu'à 60 packs de lait!" note un vendeur d'un hypermarché du XVème arrondissement de Paris.
    Les fourmis, essentiellement les personnes âgées qui ont connu l'Occupation, donnent aux jeunes cigales des conseils de prudence. "Je n'aurais pas pensé toute seule à faire des provisions, explique une jeune femme en poussant un chariot plein à ras bord, si ma mère ne me l'avait pas soufflé. Pour le moment, je n'achète pas grand chose : 5 paquets de pâtes, 3 de vermicelles, autant de riz et de farine." Sans oublier quelques petits pots pour bébé, des litres d'huile et des pains de Végétaline, parce que "ça se conserve plus longtemps".
    La "razzia" concerne essentiellement les grands magasins (les boutiques de quartier étant épargnées), l'alimentation et les produits d'entretien. Aucun vent de panique ne souffle sur les vêtements ou les autres rayons. A l'étage de la literie des Galeries Lafayette, par exemple, on "ne remarque aucun changement par rapport aux mois de janvier précédents".

    Pourtant, la pénurie alimentaire ne peut avoir lieu puisque les ruptures de stock ne gardent qu’un caractère temporaire, car la plupart des grandes surfaces avaient légèrement anticipé la demande. Toutes se veulent rassurantes : elles comptent sur la limitation des moyens financiers et des capacités de stockage des consommateurs. En effet, ni les budgets ni les appartements, en particulier à Paris, ne sont extensibles à l’infini. Les consommateurs n’ont aucun intérêt à ces comportements excessifs, car les professionnels pourraient bien en profiter de manière intempestive. Pour cela, Véronique Neiertz conseille à tous les consommateurs de consulter le Minitel 36-14 code Consom.

    Autres signes du malaise ambiant
    Mais la crainte suscitée par les derniers épisodes de la crise du Golfe ne s'exprime pas uniquement à travers les achats démesurés. Pour sa promotion sur le miel, Monoprix avait disposé un mannequin déguisé en apiculteur (visage masqué, gants, outils étranges...) à l'entrée du magasin. Gênés par la ressemblance de la tenue d'apiculteur avec les combinaisons distribuées en cas de guerre chimique, des clients ont gentiment réclamé qu'il soit retiré. L'inquiétante silhouette a été mise de côté.
    L’augmentation des ventes d’armes à feu provoque également l’inquiétude des autorités.  Ainsi, les villes de Nice, Grasse, les départements de l'Hérault et du Vaucluse font face à un  raz-de-marée sur les ventes d’armes à feu. Les responsables des magasins Auchan
     et Euromarché d'Avignon ont, de leur propre initiative, fermé momentanément leur rayon d'armurerie. Pour stopper l'hémorragie, le ministère de l'Intérieur a envoyé en catastrophe aux préfets une circulaire interdisant le renouvellement ou la délivrance de ports d'armes de première et quatrième catégories (tir sportif et défense).
    Autre symptôme d'inquiétude : en une seule journée, un cabinet de voyance parisien a recensé plusieurs demandes concernant l'évolution de la crise du Golfe. "Une femme de militaire et un homme d'affaires travaillant dans l'or m'ont notamment consulté sur la suite des événements dans le Golfe Persique" confesse un extralucide. Sans pour autant préciser quelle réponse il leur a apportée...

  • Le survivalisme (4)

    Voilà un autre thème particulièrement d'actualité... Le terrorisme biologique. 

    Nous vivons dans un monde éminemment dangereux et il serait illusoire, encore une fois, de penser que cela ira mieux dans quelques temps...

    La question qui se pose est donc la suivante : "Qu'est-ce que je devrais faire si cela arrivait ? "

    Et l'erreur monumentale serait de penser que ça ne peut pas arriver...


     

    http://www.academie-medecine.fr/publication100035704/


     


     


    Académie nationale de médecine

    Accueil › La réponse sanitaire au risque biologique terroriste

    Bull. Acad. Natle Méd., 2007, 191, no 6, 993-1003, séance du 12 juin 2007

    SÉANCE THÉMATIQUE SUR « LA RÉPONSE SANITAIRE AU DÉFI DU TERRORISME HORS CONFLIT ARMÉ »

    La réponse sanitaire au risque biologique terroriste

    Mots-clés : anthrax.organismes genetiquement modifiés. surveillance environnement.. terrorisme biologique. variole

    Healthcare response to bioterrorism

    Keywords (Index medicus) : bioterrorism. carbuncle. environmental monitoring.. organisms, genetically modified. smallpox

    Jean-Étienne Touze, François Bricaire, Daniel Garin

    Résumé

    Le risque biologique agressif fait appel à des agents pathogènes hautement virulents, susceptibles d’induire au sein des populations un état de panique et une désorganisation socio-économique. Si certains agents historiques (charbon, peste, toxine botulinique…) sont faciles à produire, il n’en est pas de même pour d’autres agents pathogènes (virus des fièvres hémorragiques par ex) dont la culture nécessite une infrastructure sophistiquée et un support étatique. Le bioterrorisme pourrait évoluer demain vers l’utilisation de nouveaux pathogènes génétiquement modifiés dont l’obtention pourrait être facilitée par l’essor et la diffusion des nouvelles technologies. Dans ce contexte, il convient de compléter notre capacité de réaction en optimisant notre dispositif d’alerte et notre capacité diagnostique. La surveillance épidémiologique en temps réel et la création d’un réseau de laboratoires de haute sécurité couvrant tout le territoire national permettront d’avoir une réponse adaptée face à toute nouvelle maladie infectieuse qu’elle soit émergente ou provoquée. Le regroupement des compétences cliniques et de recherche au sein d’infectiopôles apporteront à la microbiologie une nouvelle dynamique
     

     

    INTRODUCTION

    Le risque biologique qu’il soit émergent ou provoqué, est devenu une préoccupation majeure car il fait référence à des agents d’une grande virulence, hautement pathogènes et dont certains ont dans un passé récent, déclenché des épidémies sévères.

    Surtout, ce type de menace réveille dans notre inconscient collectif des peurs ancestrales. Il génère au sein des populations un état de panique et peut être la cause d’une désorganisation socio-économique de grande ampleur. Le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), l’épidémie de grippe H5N1 et les attentats à l’anthrax qui ont touché les Etats unis en octobre 2001, en sont des exemples démonstratifs.

    Face à cette menace, les pouvoirs publics sont désormais confrontés à plusieurs interrogations. Quel est le risque réel du bioterrorisme et quelle importance lui accorder par rapport aux autres périls collectifs ? Quelle est notre capacité de réaction vis-à-vis de ces agents pathogènes et à ceux du futur ? Quelles recommandations peut-on proposer dans la réponse sanitaire au risque biologique intentionnel ?

    LES AGENTS BIOLOGIQUES HISTORIQUES.

    Les données de l’histoire et des dernières décennies ont permis d’établir une liste des agents pathogènes vivants ou non, issus du monde animal, végétal ou microbien auxquels s’associent des substances toxiques chimiques, potentiellement utilisables à des fins militaires ou terroristes.

    L’emploi et l’efficacité de ces moyens agressifs impliquent un certain nombre de critères. Si la virulence et la toxicité sont déterminantes, il faut aussi prendre en compte les contraintes techniques (fabrication, vectorisation, dispersion), le concept d’emploi, la réponse de l’hôte, le pouvoir épidémiogène et de nombreux facteurs environnementaux [1, 2].

     

    Le Center Disease Control (CDC) a ainsi retenu une liste de deux classes d’agents :

    — classe A : Bacillus anthracis agent du charbon , Yersinia pestis agent de la peste, les orthopoxvirus ( variola major , Monkey Pox , Camel Pox , la toxine botulinique, les virus des fièvres hémorragiques (virus Lassa, Ebola, Marburg, Rift Valley, Crimée-Congo) ;

    — classe B : Francisella tularensis responsable de la tularémie, Burkholderia mallei agent de la mélioidose,

    Coxiella burnetii responsable de la fièvre Q, les rickettsioses (

    Rickettsia prowaseki, conorii …), la brucellose, Vibrio cholerae et la ricine.

     

    Dans cette liste, de nombreux agents peuvent être acquis avec une technologie rudimentaire. C’est le cas en particulier de Bacillus anthracis, Yersinia pestis, la toxine botulinique , les rikettsies ( R. prowaseki, R. conorii, R. ricketsii ) et Coxiella burnetti . Ces derniers peuvent être facilement cultivés et produits en grande quantité par un laboratoire modestement équipé. Leurs spores sont peu altérées par la chaleur, la dessiccation et les rayons UV. Ils ont une résistance prolongée dans le milieu extérieur et peuvent être utilisés à des fins terroristes. Il n’en est pas de même pour d’autres (virus des fièvres hémorragiques, Burkholderia ,…) qui nécessitent des chercheurs de haut niveau et des laboratoires de technologie avancée inaccessibles à des groupes isolés et dépourvus de support étatique [3].

    La variole constitue un cas particulier. Cette maladie qui a été dans le passé un des pires fléaux qu’ait connu l’humanité, a été éradiquée en 1978, grâce à la large campagne vaccinale menée par l’OMS. Toutefois, des quantités importantes de souches virales ont été conservées aux Etats Unis et en Russie et la découverte de programmes russes secrets, d’emploi militaire, ont fait craindre leur possible utilisation par des états « proliférants » ou par des groupes terroristes. La mortalité induite par ce virus est dans des populations non immunisées, de 20 à 50 %. En revanche, ses effets seraient limités dans des populations plus âgées, ayant été vaccinées au moins une fois dans leur vie [4, 5]. Face à ce risque hypothétique, la France s’est préparée dès 2002, en reconstituant un stock vaccinal à partir des premiers vaccins historiques, produits jusqu’au début des années 80 auxquels ont été associés des vaccins de deuxième génération utilisant les mêmes souches (souche Lister, NYCBH). L’emploi d’aiguilles bifurquées et les nouvelles présentations (150 à 500 doses) ont permis à l’Etat de disposer de plus de 70 millions de doses. Cette démarche capacitaire a été complétée par la création en 2003, d’une équipe vaccinale spécifique, capable en présence d’une variole confirmée sur le territoire national, d’immuniser en moins de 14 jours, toute la population. Cette disposition est actuellement écartée en l’absence de menace identifiée, en raison des risques vaccinaux prévisibles et d’inévitables complications pouvant survenir chez des personnes allergiques ou immunodéprimées (estimés à plus de 2 millions). Les vaccins de troisième génération obtenus par synthèse génétique ou par passages cellulaires répétés devraient être théoriquement dénués d’effets indésirables mais les données obtenues avec la seule souche disponible MVA (Modified Vaccinia Ankara) très atténuée et non réplicative restent encore limitées [6].

     

    LES MODALITÉS D’EMPLOI.

    Les conséquences sanitaires de l’utilisation d’une arme biologique dépendent largement de son concept d’emploi et de la vulnérabilité des populations concernées. En effet, pour qu’une maladie infectieuse touche le maximum d’individus ou ait toutes les chances de déclencher une épidémie, il faut une population vierge et réceptive.

    Pour y parvenir, l’agresseur éventuel se heurtera inévitablement à deux écueils. Le premier est qu’il lui sera impossible d’avoir une connaissance préalable du niveau immunitaire des habitants du pays ciblé avec pour corollaire, l’imprévisibilité de la réaction de l’hôte vis à vis des agents pathogènes. Le second est que si l’on souhaite un plein succès à la diffusion d’une épidémie, il faut tenir compte de l’écologie de la zone, des conditions climatiques (humidité, vents, hygrométrie, chaleur, rayons UV …), de la présence pour certains germes d’animaux réservoirs et ou de vecteurs.

    Tous ces facteurs qui conditionnent la survie et la diffusion des agents dans l’environnement sont difficiles à prévoir dans une démarche terroriste.

    Il est malgré tout possible pour l’agresseur, de s’affranchir des modèles épidémiologiques en dispersant artificiellement par aérosols des agents biologiques. De nombreux scénarios d’attaque sont régulièrement évoqués : contaminations de la chaîne alimentaire, des systèmes de confinement ou de ventilation de lieux publics, épandage d’aérosols infectieux. Dans ces hypothèses, on individualise des germes qui associent des conditions de production facile et une grande résistance ( bacillus anthracis, coxiella burnetii, Rickettsia prowaseki …) et d’autres plus fragiles comme yersinia pestis . Pour ces agents pathogènes, la dissémination par voie aérienne (aérosols, épandage) est le plus souvent évoquée mais sa réalisation est complexe.

    L’hypothèse la plus plausible est la contamination des systèmes d’aération de lieux publics (métro par ex) mais pour y parvenir de grandes quantités devront être introduites en raison de la vitesse de dilution de l’agent dans des courants d’air importants. Il faudrait aussi que les particules pathogènes soient suffisamment fines (1 à 5 microns) et d’un faible pouvoir électrostatique pour qu’elles pénètrent le poumon profond. Même si ces conditions étaient réunies, le nombre de victimes serait probablement limité, mais la répercussion médiatique et la panique de la population occasionneraient de lourdes perturbations [3]. Ce fût le cas en 2001, lorsque les Etats Unis furent touchés par une vague d’attentats utilisant des lettres et colis piégés avec de la poudre d’anthrax. Le produit utilisé avait été efficace (plusieurs cas de charbon pulmonaire) parce que les contraintes de l’aérosolisation avaient été franchies par un laboratoire américain de haute technologie. Les dégâts causés par cette attaque, faibles en terme de morbi-mortalité (22 cas de charbon, 5 décès), furent considérables par les répercussions socio-économiques : désorganisation du travail parlementaire et du tri postal, plusieurs dizaines de millions de dollars dévolus à la décontamination et à l’antibiothérapie préventive de la population.

    A côté des agents microbiens, certaines toxines et composés chimiques peuvent être adaptés à des fins terroristes. Dans ce domaine, la ricine et la toxine botulinique (surtout A, B ou E) sont le plus souvent citées. La première a déjà été utilisée ponctuellement comme arme biologique antipersonnelle (on se souvient de l’assassinat en 1978 de Gregory Markov, journaliste bulgare avec un parapluie contenant à son extrémité une seringue de ricine). La seconde est l’un des plus puissants poisons actuellement connus. Nous n’avons pour le combattre aucun antidote spécifique et peu de stocks d’anatoxines disponibles. La toxine botulinique pourrait être dispersée par aérosol mais cette éventualité suppose une technique de dissémination n’altérant pas son activité. Son introduction dans les circuits d’eau potable ou dans la chaîne alimentaire (grande distribution, restauration collective) souvent évoquée, provoquerait des toxi-infections redoutables. Toutefois, il convient de tempérer la dangerosité de tels scénarios en rappelant que la toxine botulinique est sensible à la chaleur, aux oxydants et à la chloration de l’eau, significativement augmentée dans les réseaux d’adduction depuis 2002.

    LES NOUVELLES RÉALITÉS DU RISQUE BIOLOGIQUE Les organismes génétiquement modifiés

    En portant un regard sur l’avenir, il est possible d’imaginer les futures menaces terroristes. Les progrès spectaculaires réalisés dans le domaine du génie génétique sont d’indéniables avancées bénéfiques pour l’humanité mais peuvent aussi être détournées à des fins agressives. A très long terme, la progression et la généralisation incontrôlée de ces nouvelles biotechnologies pourraient déboucher sur une palette de menaces potentielles. Il est ainsi facile d’introduire des plasmides de résistance dans des souches bactériennes ou d’amplifier la virulence d’un agent pathogène en modifiant son génome. Cela a déjà été réalisé en 2001, lorsqu’une équipe australienne a intégré accidentellement le génome de l’interleukine-4 dans une souche de poxvirus, la rendant particulièrement virulente, résistante aux anti-viraux et capable de tuer toutes les souris infectées, même celles préalablement immunisées [7]. Les perspectives ouvertes par cette expérimentation sont inquiétantes par leurs applications à des fins belliqueuses. Une telle hypothèse est a priori, purement théorique car elle ne peut être envisagée sans une structure de haut niveau technique, difficilement accessible à un groupe terroriste isolé. De plus, il est possible que ces organismes génétiquement modifiés, soumis à une concurrence microbienne ne puissent survivre dans le milieu extérieur.

    L’agroterrorisme est un autre sujet de préoccupation envisagé par de nombreux

    Etats. L’épidémie de fièvre aphteuse survenue en 2001 au Royaume Uni et celle récente de grippe aviaire, bien qu’elles n’aient pas été intentionnellement provoquées, ont montré toutes les répercussions d’une maladie infectieuse sur le monde animal et sur la chaîne alimentaire et qu’il pouvait être plus facile de s’attaquer à la filière animale qu’aux personnes. L’histoire nous rapporte de possibles contaminations délibérées de l’agriculture ou du bétail. Les USA furent ainsi accusés par la Chine et la Corée d’avoir introduit des plantes toxiques sur leurs territoires. On leur attribue aussi l’épidémie de peste porcine qui décima le cheptel porcin de Cuba en 1971. De leur côté, les USA accusèrent l’URSS d’avoir utilisé entre 1978 et 1980 des toxines (aflatoxines, mycotoxines ?) contre les tribus Mong du Laos. Toutes ces allégations n’ont jamais été confirmées mais dans ces exemples les conséquences sociétales et économiques ont été chaque fois désastreuses [1]. Un tel risque ne peut être aujourd’hui exclu, mais son impact serait pour nos sociétés probablement limité par les mesures drastiques de sécurité et de contrôle de la chaîne alimentaire.

    QUELLE EST NOTRE CAPACITÉ DE RÉACTION ?

    Face à la menace bioterroriste, les pouvoirs publics ont pris trois grandes dispositions : la création d’un ensemble de mesures médicales, le renforcement du système d’alerte et la création d’un réseau de laboratoires capable d’assurer en permanence, sur tout le territoire, une chaîne diagnostique. Toutes ces actions s’intègrent dans le plan de réponse gouvernemental BIOTOX.

    Les mesures médicales

    Dès 2001 et jusqu’en 2005, un effort budgétaire significatif a été consacré à la constitution de stocks d’antibiotiques (cyclines, quinolones de 3eme génération) et de vaccin antivariolique. Elles ont été récemment complétées par des stocks importants d’oseltamivir et de masques de protection pour faire face à une éventuelle pandémie grippale. Ce changement de priorités est habituel en santé publique car l’Etat doit répondre dès la survenue d’un événement, pour rassurer rapidement la population apeurée par la presse, avant d’être amené à réagir quelques mois plus tard, devant d’autres circonstances. Une telle approche peut être dangereuse car elle aboutit à une banalisation des risques et pour la population, à une perte des postures de sécurité [8]. Le principal point positif est que ces nouvelles maladies émergentes, qui ont occupé l’actualité ces dernières années, ont permis d’établir des plans nationaux de lutte contre la variole, le SRAS et la grippe aviaire qui complètent le dispositif BIOTOX. Ils prennent en compte : les nouveaux niveaux d’alerte définis par l’OMS, les rôles de chaque intervenant aux échelons ministériel, zonal et départemental, la formalisation des principes d’information et de communication en direction du public et des professionnels. Ces dispositions ont surtout l’avantage d’être évolutives et adaptables à toute menace liée à un nouvel agent infectieux.

    Le réseau d’alerte épidémiologique

    Le système de surveillance épidémiologique actuellement opérationnel en France, repose sur le signalement sans délai à l’autorité sanitaire, des maladies à déclaration obligatoire. Leur liste a été complétée par les infections pouvant être liées à une attaque biologique. L’Institut de veille sanitaire a complété son système d’alerte par la mise en place au sein des cellules interrégionales d’épidémiologie (CIRE), de postes spécialisés sur le bioterrorisme. Par ailleurs nos réseaux de veille épidémiologique sont en relation permanente avec les grands organismes internationaux de surveillance de l’OMS, du CDC d’Atlanta et du système « Bichat » (Biochemical and Chemical Attack Threat) mis en place par l’union Européenne à Luxembourg.

    Cette organisation permet un échange permanent des données et le déclenchement à tout moment, des alertes spécifiques.

    Le réseau de laboratoires

    A la suite des attaques avec du bacille du charbon survenus aux États-Unis en octobre 2001, la France et le Royaume Uni ont été concernés par une vague d’alerte utilisant des enveloppes et des colis contenant des poudres suspectes de contenir du Bacillus anthracis . Plusieurs milliers de prélèvements ont du être analysés dans des laboratoires de haute sécurité, paralysant pendant plusieurs mois, l’activité de plusieurs centres de recherche militaires et civils. Le nombre et la diversité de ces alertes a mis en évidence de nombreuses failles dans la chaîne d’identification :

    surcharge majeure des circuits de laboratoires, absence de procédure de tri et de suivi des envois suspects. C’est pour cette raison que le Secrétariat Général pour la Défense Nationale (SGDN) a mis en place en décembre 2004, une coordination scientifique du réseau des laboratoires experts. Sa mission est de répondre à plusieurs objectifs :

    — établir une cartographie des compétences dans le domaine du risque biologique agressif ;

    — améliorer et compléter le maillage territorial en laboratoires, les uns de haute sécurité (niveaux 2 et 3) et les autres spécialisés dans l’étude des toxines et des agents pathogènes orphelins (ricine, burkholderia ). L’objectif est aussi de disposer d’un laboratoire de référence par zone de défense et de ne laisser aucune grande agglomération en dehors du réseau d’alerte biologique ;

    — standardiser les procédures techniques et les protocoles de prise en charge, obtenir une accréditation et une certification des laboratoires experts par un contrôle des bonnes pratiques et de la qualité ;

    — valider de nouveaux outils d’identification des agents pathogènes (techniques PCR quantitative ou en temps réel, biopuces avec sondes ADN ou ARN, typage moléculaire…) ;

    — organiser des formations de techniciens et des exercices d’alerte ;

    — exprimer les besoins en recherche-développement qui pourraient conduire à l’amélioration des techniques.

    L’architecture instaurée assure une couverture nationale du diagnostic des prélèvements provenant de l’environnement, des réseaux d’adduction d’eau et de la chaîne alimentaire ainsi que des échantillons biologiques prélevés chez des malades ou des personnes potentiellement exposées à un danger identifié. L’organisation mise en place est décentralisée sur les laboratoires de référence des sept zones de défense avec comme maillon ultime d’identification, le laboratoire P4 (INSERM-Mérieux) de Lyon. La coordination du réseau est assurée par le SGDN. Ce nouveau dispositif actuellement opérationnel, est d’une conception très proche de ceux qui existent dans d’autres pays en particulier en Grande Bretagne et aux USA.

    LES LIMITES DE LA RÉPONSE AU BIOTERRORISME L’alerte épidémiologique.

     

    L’identification des maladies émergentes et des groupements épidémiques est souvent faite a posteriori, sur la base des déclarations des systèmes d’alerte et de surveillance épidémiologique, utilisés par la plupart des pays. Or, l’absence fré- quente de spécificité de la phase initiale des maladies infectieuses peut dans le cas d’une attaque bioterroriste, être à l’origine d’un retard diagnostique lourd de conséquences. C’est dire tout l’intérêt d’une déclaration par syndromes qui complé- terait efficacement le dispositif de surveillance [9,10]. Ce procédé a permis la détection précoce de l’épidémie de West Nile qui a touché l’état du Maryland entre 1999 et 2001. Dans cette approche, le recours à la surveillance épidémiologique en temps réel permet d’identifier et de résoudre très précocement tout événement inopiné susceptible d’avoir un impact sur la collectivité. Ces nouveaux outils de surveillance épidémiologique utilisent la transmission satellitaire et le suivi temporo-spatial. Les données recueillies sont confrontées à des paramètres environnementaux (pluviométrie, température, hygrométrie, importance et direction des vents…) et aux flux migratoires humains, animaux et vectoriels. Il est alors possible grâce à des modèles bio-mathématiques de prévoir la dynamique d’une maladie transmissible et d’intervenir très précocement. Cette surveillance automatisée et en temps réel a été récemment instaurée par l’Institut de Veille Sanitaire (InVS) au sein des hôpitaux de Paris. Son principe est de recueillir et d’analyser les syndromes qui correspondent aux phases prodromiques des principaux agents du bioterrorisme (syndromes digestifs, respiratoires, cutanés, neurologiques). Ce dispositif a vocation à terme d’être généralisé à l’ensemble du territoire.

    Des compétences dispersées

    Toutes les actions concernant le bioterrorisme comme celles en cours de développement, ont trait aux relations entre l’homme et les agents pathogènes. Dans la prévention de ce danger, il convient de garder en mémoire plusieurs notions. La première, est qu’il n’existe aucune frontière entre le risque biologique naturel et intentionnel. La seconde, est que les maladies émergentes sont pour la plupart issues du monde animal et inévitablement appelées à se développer. La dernière, est l’absence, en dépit des dispositions prises par le SGDN, de synergies dans le domaine de la recherche, qu’il s’agisse des structures étatiques (INSERM, CNRS, Université) ou du partenariat privé- public. Les secteurs vétérinaires et l’INRA sont peu sollicités pour l’expertise microbiologique alors que les moyens dont ils disposent (nombreux experts, laboratoires de haute sécurité, animaleries) compléteraient utilement le dispositif mis en place pour la veille et la recherche sur les maladies infectieuses. C’est dire tout l’intérêt d’établir une étroite synergie entre la pathologie humaine, vétérinaire et le monde agricole. La création de véritables « infectiopoles » regroupant toutes les compétences permettrait de corriger cette lacune et d’apporter à la recherche en microbiologie, une nouvelle dynamique [11].

    L’absence de posture de défense

    Il n’existe en France aucune politique préventive efficace dans la lutte contre les agents du terrorisme. La posture nationale de défense doit concerner tous les citoyens. Si le plan Vigipirate est bien connu, la culture de prévention est insuffisamment instaurée. Elle doit concerner tous les agents du risque qu’ils soient biologiques, chimiques ou radionucléaires. Dans la suite des attaques terroristes de 2001, des efforts ont été faits avec la réalisation d’exercices de défense et de sécurité, en France et en Europe, ayant pour objectifs de valider les circuits de commandement, de tester le fonctionnement de la chaîne opérationnelle et les équipements, de préparer une politique de communication face à une menace identifiée. Ce sont les exercice variole (mai 2004), pandémie grippale (juin 2005) et à propos des autres formes d’agression, les exercices METROTOX 2003, 2004, 2005 et EURATOX 2002.

    Ces expériences qui ont impliqué les acteurs de premier secours, n’ont malheureusement pas été suffisamment portées à la connaissance de la population. Celle-ci ne pourra avoir de réaction adaptée que si elle est suffisamment préparée. Les citoyens doivent bénéficier eux aussi d’exercices, d’une pédagogie du risque et d’un apprentissage des postures de sécurité. Le rôle de l’école et des enseignants est sur ce point, essentiel. En sensibilisant les élèves aux dangers et aux mesures de prudence qu’il convient d’adopter face à une menace non identifiée, la réaction de panique, objectif prioritaire de tout acte terroriste, pourrait être limitée. Des formations ont déjà été initiées par l’Education nationale et sont dans certains départements, renforcées par les actions des trinômes académiques (IHEDN-Défense-Education nationale).

    Elles devront être généralisées et institutionnalisées. Dans le prolongement de ces démarches, les médias doivent être aussi impliquées. Ils ne doivent pas se limiter à la recherche du « scoop », mais doivent aussi délivrer des messages pédagogiques et scientifiquement validés. Il convient enfin de rappeler que la vigilance doit être permanente et régulièrement entretenue par les pouvoirs publics surtout pendant les périodes de répit comme c’est actuellement le cas. Force est de constater que depuis trois ans, le risque hypothétique de pandémie grippale H5N1 a éloigné de nos esprits, la crainte du bioterrorisme.

    *

    * *

    Toutes les dispositions développées ci-dessus (veille épidémiologique, réseau de laboratoires, contre mesures médicales, collaboration internationale) nous permettent de mieux réagir à une éventuelle menace biologique quelle que soit sa nature.

    Il serait toutefois imprudent d’affirmer que nous sommes prêt à faire face à une attaque bioterroriste. En effet, notre capacité médicamenteuse est limitée aux stocks nationaux de cyclines et de vaccins antivarioliques. répartis et troNous ne disposons à ce jour, ni d’antitoxines botuliniques, ni de molécules antivirales efficaces en raison du peu d’efforts que leur consacre la recherche industrielle. D’un point de vue épidémiologique, le système d’alerte est dans l’incapacité de détecter très précocement tout phénomène anormal pouvant avoir un impact en santé publique. Enfin, la recherche est éclatée, les moyens qui lui sont consacrés inégalement p souvent focalisés sur les soucis du moment.

    Le SRAS, les épidémies de grippe aviaire H5N1 et de Chikungunya à la Réunion nous ont bien montré que la réponse sanitaire était à chaque fois retardée et disproportionnée. En revanche, les plans nationaux qui ont été mis en place ces dernières années nous ont permis de réorganiser nos moyens de lutte et d’avoir une réponse adaptée lorsque nous serons demain confrontés à une nouvelle menace biologique émergente ou provoquée. En définitive, il convient de garder à l’esprit que la menace bioterroriste est toujours présente même si elle a été reléguée au second plan par l’émergence de nouveaux agents infectieux.






     

    Alors ? Le survivalisme ? Une abberation ou une prise de conscience de la situation ? 






     

    On peut envisager également, en dehors du risque terroriste, un "accident" .... On en trouve des traces sur le Net... On dirait vraiment un scénario pour le cinéma... Et c'est pourtant réel...

     

    La mystérieuse disparition de 2 349 tubes contenant du virus SRAS

    Le risque infectieux de ces éprouvettes issues d'un laboratoire de l'Institut Pasteur est « nul », selon un comité d'experts réuni à la demande du ministère de la santé.

    LE MONDE |  • Mis à jour le  | Par Elise Godeau

     

    image: http://s2.lemde.fr/image/2014/04/15/534x267/4401271_3_da4f_deux-mille-trois-cent-quarante-neuf-tubes_88e2fdf996a898d968e0b67624b218ac.jpg

    Deux mille trois cent quarante-neuf tubes contenant des fragments du virus SRAS ont disparu d'un laboratoire de l'Institut Pasteur.
    Deux mille trois cent quarante-neuf tubes contenant des fragments du virus SRAS ont disparu d'un laboratoire de l'Institut Pasteur. AFP/PHILIPPE LOPEZ

    Comment 2 349 tubes contenant des fragments du virus du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) ont-ils pu disparaître d'un laboratoire de l'Institut Pasteur ? Et le coronavirus SRAS, potentiellement perdu dans la nature, pourrait-il faire de nouvelles victimes, onze ans après la pandémie qui avait infecté 8 000 personnes et causé la mort de plus de 800 malades ?

    La réponse à la seconde question est claire : d'après le comité d'experts réuni à la demande du ministère de la santé, le risque infectieux est « nul » car les éprouvettes égarées ne contenaient qu'une partie du virus. Incomplet, celui-ci est inoffensif, y compris en cas de contact, de transmission aérienne ou d'ingestion.

    Passée la question de la dangerosité, celle de savoir comment l'institution a pu perdre plusieurs milliers de tubes de SRAS demeure. Plus de deux mois après l'inquiétante découverte – et quelques jours après en avoir fait l'annonce officielle par communiqué de presse –, l'Institut Pasteur n'est toujours pas en mesure d'expliquer avec certitude ce qui a pu se produire.

    « UNE SITUATION INACCEPTABLE ET INCROYABLE »

    Fin janvier, des membres du personnel effectuent l'inventaire annuel quand ils remarquent une anomalie. Dans le congélateur d'un laboratoire P3 – un type de laboratoire très sécurisé où sont manipulés des virus pouvant entraîner des pathologies graves – à l'endroit où auraient du se trouver 2 349 petits tubes de quelques centimètres de hauteur, il n'y a rien. Les échantillons inscrits dans la base de données sont introuvables.

    Deux mois plus tard, Christian Bréchot, le directeur général de l'Institut Pasteur, reste sidéré : « C'est une situation inacceptable et incroyable ! » Aussitôt après la constatation de l'absence des tubes, l'institut lance une enquête.

    Pendant plusieurs semaines, le matériel, les personnes et les procédures sont passés en revue. « On a cherché ces boîtes [les échantillons étaient disposés dans 29 boîtes] partout. On a repris les listes de toutes les personnes qui avaient travaillé ici depuis un an et demi, y compris les stagiaires. On a analysé les profils pour vérifier qu'il n'y ait pas eu de conflit », détaille le directeur général.

    Cependant, l'hypothèse d'un acte malveillant est « hautement improbable » d'après Christian Bréchot. D'abord parce que la réglementation en matière de micro-organismes et toxines hautement pathogènes (MOT) – famille à laquelle appartient le SRAS – est très contraignante.

    « ON DOIT TOUT ENVISAGER »

    Comme l'explique un chercheur qui souhaite garder l'anonymat, « quand on travaille sur les MOT, l'étiquetage des tubes est fait de telle manière qu'une personne étrangère au laboratoire, qui n'a pas accès à la base de données, ne peut pas savoir ce que les éprouvettes contiennent ».

    Autre point qui discrédite la thèse d'une manipulation malveillante : on ne peut sortir d'un laboratoire classé P3 qu'en passant par un sas de désinfection. Le virus n'y aurait pas survécu. Et puis, plus simplement, il y a la question de l'accès. Sur les 2 500 personnes qui travaillent au sein de l'Institut Pasteur, seules 150 travaillent sur les MOT et ont accès aux différents laboratoires P3. Pour y entrer, il faut passer par le service personnel.

    Malgré tous ces éléments, la piste d'un acte malveillant n'est pas complètement écartée à ce stade. L'institut a d'ailleurs déposé une plainte contre X. « On doit tout envisager », indique Christian Bréchot, même si d'après lui, l'hypothèse la plus probable est celle d'une erreur survenue lors d'un transfert entre deux congélateurs. Pour comprendre, il faut remonter à la fin de l'année 2012. A ce moment là, les 2 349 tubes de SRAS ont été changés de congélateur à cause d'un problème de décongélation.

    « LES ÉCHANTILLONS ONT PU ÊTRE DÉTRUITS PAR INADVERTANCE »

    L'institut a bien la trace des éprouvettes après le trajet aller, mais la faille pourrait se trouver au niveau du trajet retour : « Nous pensons qu'une erreur a pu se produire en mars 2013, lorsque les tubes ont réintégré le congélateur d'origine, explique le directeur. Les échantillons ont pu être détruits par inadvertance. Nous cherchons à savoir quand a eu lieu ce deuxième trajet.» Il s'agirait donc d'une erreur humaine, d'une personne qui aurait oublié de mentionner dans le cahier prévu à cet effet qu'elle avait jeté quelque chose.

    Comme le prévoit la procédure, après l'enquête interne, l'Institut Pasteur a informé l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Celle-ci a ouvert à son tour une enquête la semaine dernière. Dans ce cadre, des scientifiques de l'institut ont été auditionnés. Les investigations de l'ANSM devraient permettre de pointer les dysfonctionnements en matière de traçabilité et de proposer des mesures correctives pour éviter que cette situation sans précédent ne se reproduise.


    En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/societe/article/2014/04/15/la-mysterieuse-disparition-de-2-349-tubes-contenant-du-virus-sras_4401244_3224.html#GRBeXbgJxfmTMxED.99

  • Le survivalisme (3)

    Voilà un exemple parmi beaucoup d'autres qui met en avant la nécessaire préparation à un accident majeur. L'accident nucléaire.

    Les Suisses disposent d'un très grand nombre d'abris nucléaires, civils ou gouvernemantaux. Des informations sont données aux habitants et chacun est invité à réfléchir à la situation, à se tenir informé, à anticiper... Est-ce que les Suisses sont un peuple de paranoïaques ?... C'est en cela que je pense que la population française vit dans une illusoire sécurité en accordant aux instances dirigeantes, la responsabilité de la sécurité dans le cas de "risques majeurs".

     

    Je suis allé lire plusieurs documents gouvernementaux de France sur les "risques majeurs" et le plan ORSEC

    A la page 16 (la dernière...), il est écrit :

    Connaissez-vous les risques auxquels vous pouvez être confrontés ?

    Connaissez-vous vos interlocuteurs en cas de situation d'urgence ?

    Votre rôle dans le dispositif ORSEC ?

    Avez-vous préparé votre organisation ?

    Informé et formé votre personnel, vos administrés, vos proches ?

    Réalisé des exercices ?

     

    file:///C:/Users/PC/Downloads/plaquette%20ORSEC.pdf

     

    Il est intéressant d'aller lire également le site de l"ASN" (agence de sécurité nucléaire" et on constate que les informations aux populations sont totalement absentes. Elles seront sous la responsabilité du Préfet de région...On invite simplement les gens concernés à prendre des pastilles d'iode et à fermer les fenêtres... 


    La sûreté des centrales nucléaires

    SOMMAIRE

    Le parc français des centrales nucléairesComment est assurée la sûretéEn fonctionnement normalEn cas d’incident ou d’accidentPériodes de maintenanceLes éléments du réacteurAgressions naturellesRadioprotection et protection de l'environnementComment améliorer la sûreté

    La France est l’un des pays dotés du plus grand nombre de centrales nucléaires au monde. Pour s’assurer de leur fonctionnement dans des conditions optimales de sûreté, l’Etat a chargé un organisme public indépendant, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), de contrôler leur sûreté.

    En cas d’incident ou d’accident

    Centre d'urgence de l'ASN lors d'un exercice de crise

    En cas d’incident dans une centrale nucléaire (par exemple en cas de rupture d’une tuyauterie du circuit primaire), il revient à l’exploitant de ramener le réacteur dans un état stable et de l’y maintenir. Bien que tout soit fait pour éviter leur occurrence, un accident grave pourrait conduire à ne plus pouvoir refroidir le combustible nucléaire dans la cuve du réacteur. Cette situation peu probable pourrait conduire à une fusion du combustible et à des rejets dans l’enceinte de confinement puis à l’extérieur, et avoir des conséquences pour la santé du public et pour l’environnement.
     
    Jusqu’à l’accident de Three Mile Island, le 29 mars 1979, aux Etats-Unis, l’exploitant devait mettre en œuvre une approche dite « événementielle » pour corriger les anomalies de fonctionnement. Elle consistait, pour chaque type d’incident ou accident, à réagir en menant à bien une suite d’actions prédéterminées. Mais cette approche ne permet pas de gérer les situations complexes où l’événement à l’origine du problème se complique de défaillances matérielles ou humaines.
     
    Cette approche a donc été remplacée progressivement par une autre : l’approche par état. Elle consiste à appliquer des stratégies de conduite (c’est-à-dire de pilotage) du réacteur en fonction de l’état réel de la chaudière, quels que soient les événements qui ont conduit à cet état. Un diagnostic permanent permet, si l’état se dégrade, d’abandonner la procédure en cours et d’en appliquer une autre, plus adaptée.
     
     
    Contrôler, communiquer, informer 
     
    De son côté, l’ASN participe à la gestion des situations d’urgence. Elle vérifie et s’assure qu’EDF maîtrise l’incident et en limite les conséquences.
     
    L’ASN apporte son concours au gouvernement et communique au préfet son avis sur les mesures à prendre pour assurer la protection de la population. Ainsi le préfet pourra prendre les décisions de protection sanitaire les plus appropriées. Il demandera par exemple aux riverains de rester chez eux, dans une pièce calfeutrée, le temps que la situation se stabilise.
     
    L’ASN informe également les médias et le public sur l’événement en cours, en coordination avec les autres acteurs, comme le préfet ou l’exploitant. Elle fournit tous les renseignements utiles au Gouvernement ainsi qu’aux Autorités de 
    sûreté nucléaire des pays frontaliers.
     
    Un centre d’urgence sécurisé 
     
    Pour mener à bien ses missions, l’ASN dispose de son propre centre d’urgence relié aux installations nucléaires par des lignes dédiées sécurisées. Il lui permet d’alerter rapidement ses agents et d’échanger des informations avec ses interlocuteurs (exploitant, services de l’Etat, Commission européenne, etc.) de la manière la plus fiable.
     
    Le centre d’urgence a été activé en conditions réelles à plusieurs reprises ces dernière années : par exemple en 1999, lorsque la centrale nucléaire du Blayais (Gironde) a été inondée lors d’une des deux « grandes tempêtes » de décembre. Ou encore en 2007, à l’occasion d’une panne électrique survenue dans la centrale nucléaire de Dampierre-en-Burly (Loiret). Plus récemment, le centre d’urgence a été gréé :

    • en 2012 : contamination quai Claude Bernard à Lyon ;
    • en 2013 : entrée de manifestants Greenpeace  du Tricastin) ;
    • en 2014 : entrée de manifestants Greenpeace (centrale nucléaire de Fessenheim) ;
    • en 2015 : ouverture d’une vanne (centrale nucléaire de Cattenom).

    Le centre d’urgence est également utilisé à l’occasion d’exercices plus d’une dizaine de fois par an. Ainsi l’ASN s’assure-t-elle régulièrement que son organisation est adaptée à tous les scénarii de crise.

     

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    On pourrait penser que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes...Des gens compétents sont formés et leurs décisions iront dans le sens de la population.

    Alors, il faut aller chercher les dernières informations sur "l'EPR" de Flamanville et là, on s'aperçoit qu'un élément crucial entre en jeu : l'argent... Et on parle de milliards...

     

    Anomalies sur la cuve de l'EPR de Flamanville : des documents accablent encore EDF et AREVA

     

    211PARTAGES

    Nos confrères de France Inter produisent des échanges de lettres qui confirment qu'EDF et Areva "avaient été alertées dès 2005 des dysfonctionnements" de l'usine du Creusot où a été fabriquée la cuve qui équipe le réacteur de l'EPR de Flamanville. 

    Par Pierre-Marie Puaud

    Depuis le 7 avril 2015, de sérieux doutes pèsent sur l'avenir du pharaonique chantier de Flamanville. Ce jour-là, l'Autorité de Sûreté Nucléaire indique qu'Areva lui a signalé une "anomalie de la composition de l’acier dans certaines zones du couvercle et du fond de la cuve" du réacteur, une anomalie qualifiée de "très sérieuse" par un des responsables du gendarmes nucléaires.

    Quelques semaines plus tard, nos confrères du Canard Enchaîné révèlent que ces anomalies étaient connues "de longue date". L'industriel aurait procédé à des tests sur l'acier destiné à la fabrication du fond et du couvercle de la cuve en 2006. Ces tests auraient révélé une concentration trop importante de carbone dans l'acier, une concentration susceptible d'affecter la résistance de la cuve de l'EPR de Flamanville.

    Voici le récit qu'en faisait Alexandra Huctin le 8 juillet 2015


    Défaut de la cuve de l'EPR: Areva savait depuis 2006 selon le Canard enchaîné

    France Inter accable EDF et Areva

    Dans une enquête dont la version radiophonique sera diffusée ce samedi 1er avril dans l'émission Secrets d'Info, nos confrères de France Inter parlent d'une "incroyable négligeance". Ils publient sur leur site internet des échanges de courriers qui datent de 2005 et 2006. L'ASN avertit déjà EDF des doutes que lui inspire la forge du Creusot

    Et nos confrères de France Inter de s'interroger : "Pourquoi avoir confié la réalisation de la cuve de l'EPR à un site industriel aussi éloigné des standards habituels du nucléaire ?"


    Un responsable de Greenpeace avance cette hypothèse : "Peut-être que l'utilité de construire cet EPR aurait été questionnée à nouveau. On n'était pas en mesure d'avoir un industriel français capable de fournir des pièces, et peut-être que l'intérêt de l'EPR qui visait à avoir un produit français aurait été remis en cause." Des propos qui résonnent étrangement "avec cette explication qu'EDF nous a livrée", souligne France Inter : "le gouvernement français et EDF partageaient en 2006 l’intérêt de garder la filière française opérationnelle en France. Avec le renouveau du nucléaire qui se profilait à ce moment-là, EDF a souhaité renforcer des moyens de production en France pour mieux maîtriser sa capacité de réalisation de projets industriels"


    Sylvain Tronchet, journaliste à France Inter, auteur de l'enquête pour Secrets d'Info :
     


    EPR de Flamanville : les dessous de notre enquête par franceinter

     

    Démarrage du réacteur EPR prévu en 2018... si la cuve est jugée conforme


    Au mois de novembre 2016, à l'occasion d'une visite du chantier à Flamanville, EDF a confirmé une mise en service des installations à la fin de l'année 2018.Un programme d'essais était alors en cours afin de démontrer la résistance du couvercle et du fond de la cuve de l'EPR, dont l'acier présente une concentration excessive en carbone susceptible d'amoindrir sa résistance. "Aujourd'hui, 90% des résultats sont conformes et les 10% restants de toute manière sont dans des zones où la concentration en carbone était beaucoup plus faible, et sont aussi tous conformes", assurait Laurent Thieffry, directeur du projet Flamanville 3.

    L'Autorité de Sûreté Nucléaire
     (qui a publié la liste des anomalies sur son site internet) devrait se prononcer dans le courant de l'année sur la conformité de cette pièce essentielle qui contient le combustible nucléaire. Interrogé sur France Inter, son directeur, Pierre-Franck Chevret ne le cachait pas : "les pressions sont fortes"...






     

    Démarrage du réacteur en 2018...C'est demain...sachant qu'EDF est tellement endettée qu'on se demande encore comment elle a le droit de fonctionner et n'est pas interdit bancaire, il y a de quoi rire...Ou s'inquiéter...EDF n'a plus le choix. Elle doit aller jusqu'au bout. Les Anglais ont acheté ce réacteur. La Finlande et l'Inde également. 

    La France compte 60 réacteurs nucléaires répartis dans 20 centrales en activité, en règle générale un zone d’exclusion se situe dans un rayon de 30 km défini en cas d’accident, cependant d’autres préconisent d’évacuer une zone de 80 km autour de la centrale.

    Résultat de recherche d'images pour "centrales nucléaires france"

     

    "Les consignes spécifiques en cas d’accident

    Dès le début de l’accident la première consigne sera d’absorber des pastilles d’iode et de se confiner, en évitant de faire rentrer des poussières radioactives dans la pièce confinée si on doit en sortir. Essayez de se protéger au maximum, passer par une pièce tampon, se laver les parties apparentes du corps, et changer de vêtements…

    L’évacuation peut être ensuite commandée par les autorités si vous résidez dans une zone sensible. Dans ce cas il convient d’agir conformément aux consignes données par ces mêmes autorités."





     

    Il faut s'intéresser également au démantèlement des centrales les plus anciennes. L'exemple de Brennilis, en Bretagne, est particulièrement révélateur du désastre et de l'importance considérable des coûts et de la durée. On comprend mieux l'acharnement à ne pas mettre fin à la centrale de Fessenheim alors que les caisses d'EDF sont déjà plus que trouées. 

    Cette centrale a fonctionné de 1962 à 1985 et depuis, elle est en phase de démontage...

    Centrale nucléaire de Brennilis : un cadavre encombrant

     

    Des militants anti-nucléaire ont manifesté devant la centrale de Brennilis (Finistère), samedi 23 avril, à l'occasion du 30e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl. Pas pour réclamer sa fermeture : construite en 1962 par le Commissariat à l'énergie atomique, elle a été mise à l'arrêt en 1985. A l'époque, cette décision donne le coup d'envoi du premier chantier de démantèlement jamais réalisé en France. Depuis, la centrale bretonne est en quelque sorte morte-vivante : elle n'a rien produit depuis des lustres, mais nécessite encore une étroite surveillance. 

    Alors que la France ambitionne de réduire de 50% la part du nucléaire d'ici 2025 et projette de fermer en 2018 la doyenne des centrales en activité, à Fessenheim (Haut-Rhin), francetv info s'est penché sur le cas de Brennilis. 

    Défis techniques, débats éthiques, écologiques et politiques : à elle seule, la centrale des Monts d'Arrée représente toute la complexité de l'après-nucléaire dans cette France aux 58 réacteurs — et peut-être, un jour, autant de "cadavres" industriels sur les bras. 

    . (MARIE-ADELAÏDE SCIGACZ / FRANCETV INFO)

    DIX-HUIT ANS D'ACTIVITÉ ET QUARANTE-SEPT POUR DÉMANTELER

    "Regardez autour de vous. C'est pas magnifique ? Cette vue sur le lac Saint-Michel et sur le mont, là, au loin ? Par ce temps !" En cette fin d'après-midi de mars à Brennilis (Finistère), les rayons du soleil dessinent des étoiles à la surface de l'eau. La bise est douce et le ciel découvert. François, un retraité venu pêcher dans ce coin paisible, a raison. C'est magnifique. Pourtant, à quelques centaines de mètres de sa chaise pliante s'élève un bâtiment en béton, au cœur de nombreuses polémiques depuis plus de trente ans : la centrale nucléaire. Ou plutôt ce qu'il en reste, quelques bâtiments et surtout son enceinte de confinement, que l'on aperçoit depuis la route et les villages alentours.

    Au cœur du Finistère, les Monts d'Arrée évoquent l'Irlande et son Connemara. Des anciennes montagnes, de la lande, des tourbières, cent nuances de verts et des lacs. Dans la mythologie celte, c'est au milieu de ces terres désertes que rode l'Ankou, chargé "d'emmener les défunts dans l'au-delà." "La porte de l'Enfer", rappellent toujours les locaux — ici, François — aux journalistes qui écrivent régulièrement sur cette centrale coincée dans les limbes. Car à défaut de produire de l'électricité (l'équivalent de la consommation annuelle de la ville de Paris sur toute sa durée d'exploitation), elle fait couler de l'encre. Mise en exploitation en 1967, cette centrale expérimentale est la seule en France à fonctionner avec un réacteur à eau lourde. Mais le test n'est pas concluant. Pendant dix-huit ans, le site fonctionne par intermittence, avant d'être abandonné au profit d'une technologie jugée plus stable et plus rentable :le réacteur à eau pressurisée.

    Après sa fermeture, en 1985, des employés sont restés sur le site, notamment pour mettre à l'arrêt le réacteur et évacuer le combustible. La phase 2 du démantèlement a débuté en 1997. Mais au bout de dix ans, le Conseil d'Etat, sollicité par le réseau Sortir du nucléaire, annule le décret qui autorise la procédure de démantèlement. Il pointe un manque de transparence et exige une enquête publique. Le chantier ne redémarre qu'en 2011. Aujourd'hui, EDF estime que le démantèlement complet pourrait être achevé en 2032 — soit quarante-sept ans après sa mise à l'arrêt.

    . (MARIE-ADELAÏDE SCIGACZ / FRANCETV INFO)

    "C'ÉTAIT EXCITANT DE BOSSER SUR UNE TECHNOLOGIE DE POINTE"

    En attendant, la centrale "fait juste partie du paysage", confirme Samuel, 14 ans. "Elle ne dérange pas, elle est là, c'est tout." Les jeunes du coin l'ont toujours connue et se moquent des touristes "qui demandent si le poisson est radioactif". La plupart l'ont déjà visitée — il n'est pas rare, comme ce jour, de voir un bus scolaire quitter l'enceinte — mais n'y travailleront pas, contrairement à beaucoup de leurs aînés. "Mon beau-père aussi a travaillé un peu à la centrale", assure l'adolescent avant de démarrer sa moto. "Il a dit qu'il n'avait jamais vu d'endroit aussi sûr et bien gardé".

    "Ici, il y a une minorité de personnes opposées au nucléaire et beaucoup de gens qui, sans être forcément pour, s'en moquent, tout simplement", déplore Bernadette Lalouhette, militante écologiste, riveraine de la centrale et membre de l'association Vivre dans les Monts d'Arrée. Elle est membre du comité local d'information, créé pour suivre l'évolution du démantèlement. Elle déplore qu'"en France, on a foi en la science et EDF ; il y a une confiance aveugle, irrationnelle". "Et puis, c'était l'employeur du coin, alors on n'y touche pas. La centrale est à l'arrêt, mais il y a beaucoup de sous-traitance, il y a des besoins de gardiennage, de maintenance, etc. Je me souviens de vieux du coin qui disaient que ce n'était pas si grave d'avoir ce bâtiment qui ruine le paysage, tant que ça faisait du boulot et que ça permettait à leurs enfants de ne pas avoir à partir."

    Par exemple, François, le pêcheur amateur, a fait sa carrière comme gardien de la paix en région parisienne. Mais lorsqu'il est rentré "au pays", dans les années 1980, l'octogénaire a ouvert un gîte avec son épouse, où il a reçu "des gens qui venaient de loin pour travailler dans la centrale et qui restaient parfois plusieurs semaines". A l'origine, son implantation est vécue comme "un cadeau" dans cette région que les jeunes fuient, faute d'opportunités. "On était hyper fiers de travailler ici", se souvient Michel Marzin. "C'était la modernité. La ferme de ma grand-mère n'avait pas l'électricité, alors tout ça, c'était un symbole de puissance", assure l'ancien technicien, retraité du Commissariat à l'énergie atomique (CEA) installé à Morlaix. "On était très motivés. C'était excitant de bosser sur une technologie de pointe. Mais rapidement, il y a eu des problèmes. C'était terrible pour nous qui voulions vraiment que ça fonctionne. On a fini par reconnaître que la filière à eau lourde n'était pas bonne et que c'était dangereux — notamment à cause du tritium."

    . (MARIE-ADELAÏDE SCIGACZ / FRANCETV INFO)

    "LA PRÉHISTOIRE DU DÉMANTÈLEMENT"

    "Mon travail, c'était de nourrir la bête", résume Michel Marzin, 78 ans et un profil atypique de retraité du nucléaire farouchement anti-atome. Du temps de l'exploitation, son équipe avait pour tâche de charger le combustible dans le réacteur et de décharger le combustible usé. Pour cette seconde mission, "il fallait utiliser un ordinateur qui commandait une machine de 87 tonnes", se rappelle-t-il, en montrant quelques photos d'époque. "Un humain qui se serait approché serait mort en 24 heures". Aussi, il martèle son obsession et celle de ses collègues pour les procédures de sécurité. "On était bien suivis, contrôlés tout le temps, mais très peu informés", estime-t-il, tapotant du doigt un bilan de santé vieux de quarante ans, conservé dans un dossier.

    Employé par le CEA, il a connu, à Brennilis, ce qu'il appelle aujourd'hui "la préhistoire du démantèlement". Il énumère les incidents et motifs d'inquiétude : "traces de césium sous l'ancienne piscine", "fuite d'eau lourde", "pollution au tritium depuis le réacteur dans la nappe phréatique", etc. Lorsqu'il part à la retraite, dans les années 1990, sa vigilance s'est déjà muée en militantisme. Devenu anti-nucléaire, il observe à la loupe la suite des opérations et s'interroge sur les conséquences de la centrale sur l'environnement et la santé — la sienne autant que celle de ses anciens camarades. "Quand je suis parti à la retraite, des collègues m'ont dit : 'Il y a des gens qui meurent à Huelgoat'", une commune située à quelques kilomètres de là. Avec une liste de noms, héritée de son passé de délégué du personnel, il mène l'enquête, convaincu que les morts précoces frappent davantage les salariés du nucléaire.

    "Le plus jeune, il a été emporté par un cancer du pancréas. Il est parti à la retraite vers 55 ans. A 57, il était mort." Le sujet reste sensible dans les villages. Pour la plupart, les médecins préfèrent ne pas l'aborder, estime Michel Marzin, tandis que les anciens employés et leurs familles "n'abordent pas ce sujet, c'est tabou." Il raconte : "Juste avant de mourir, un ancien de la centrale m'a invité à boire le café chez lui. Jamais il n'a fait allusion à son cancer, ni au fait qu'il puisse être lié à son travail. En fait, il a demandé à voir une vieille photo. Je crois qu'il était fier." 

    . (MARIE-ADELAÏDE SCIGACZ / FRANCETV INFO)

    "UNE CENTRALE SANS CONTAMINATION, ÇA N'EXISTE PAS"

    Michel Marzin tient à distinguer "contamination" et "irradiation". "On parle de contamination lorsque la source radioactive pénètre à l’intérieur du corps des personnes exposées, soit par inhalation, soit par consommation de produits contaminés", selon l'institut de radioprotection et de sûreté du nucléaire. Dans le cas d'une irradiation, "la source radioactive est située à l’extérieur du corps""Comme à Tchernobyl. Plus on s'éloigne du réacteur, moins on risque d'être irradié", résume le retraité. "On n'a peut-être pas été irradiés, mais une centrale sans contamination, ça n'existe pas", poursuit-il, catégorique. Il pointe des "rejets très importants de tritium", un isotope de l'hydrogène, pendant les années d'activité de la centrale. 

    Dans un rapport de 2007, la Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité (Criirad) épingle la centrale de Brennilis : "Il semble que la centrale a effectué des rejets radioactifs pendant plusieurs années sans autorisation formelle des pouvoirs publics et, en tout cas, sans consultation des populations soumises aux rejets." En 1982, la Criirad confirme notamment des rejets de tritium culminant à 161 milliards de bécquerels ("35 fois plus que la centrale de Saint-Alban", en Isère, en 2001, poursuit le rapport). Or, "le tritium tue vingt ans après. C'est de l'hydrogène, il entre dans la constitution du corps et c'est là qu'il peut déclancher des cancers", s'inquiète Michel Marzin. "Il est aussi très difficile à détecter. A la centrale, on ne le détectait que quand la dose maximale autorisée était dépassé dix fois. Là, les alarmes se mettaient en route, on sécurisait et puis… Eh bien, on allait pisser dans un gobelet."

    Depuis que le combustible a été évacué lors de la première phase du démentèlement, achevé en 1997, 99% de la radioactivité du site a disparu, assure EDF. Cependant, Michel Marzin, comme tous les militants engagés ici contre le nucléaire, assure que la centrale présente encore un danger, notamment pour l'environnement. En 2006, Sortir du nucléaire Cornouaille a fait analyser des plantes aquatiques prélevées aux abords de la centrale, dans le chenal de rejet des eaux. Le laboratoire de la Criirad y a trouvé du césium 137 et du cobalt 60. Bien obligée de reconnaître le rôle de la centrale, EDF a depuis assaini le chenal.

    . (MARIE-ADELAÏDE SCIGACZ / FRANCETV INFO)

    "LA SÉCURITÉ EST NOTRE PRIORITÉ ABSOLUE"

    En cette fin mars, la pluie tombée la veille empêche le retraité d'approcher l'endroit où les prélèvements ont été effectués. Le petit chemin, impraticable, n'est plus qu'une flaque de boue. Mais le retraité, qui a grimpé sur un talus, relève toutefois, au loin, "quelque chose de nouveau depuis la dernière fois". Car le site a bien changé — il change constamment, à vrai dire. En ce moment, le démantèlement de la station de traitement des eaux usées est en cours, sous confinement. Quand bien même la centrale est à l'arrêt, elle n'en est pas moins un chantier, qui a employé 21 salariés d'EDF et "environ 80" prestataires en 2015, selon le dernier communiqué de l'entreprise.

    EDF y dresse le bilan de l'année écoulée : trois inspections de l'Agence de sûreté du nucléaire (ASN), 12 exercices de gestions d'incidents… et un incident. Plus précisément : un incendie. En septembre, un feu s'est déclaré dans un atelier de conditionnement des déchets à l’intérieur de l’enceinte du réacteur de la centrale. "C’est un sas en plastique qui serait à l’origine de l’incendie, le toit de ce sas s’est écroulé et les fumées de l’incendie se sont répandues à l’intérieur du dôme", expliquait à la presse le directeur de cabinet du préfet du Finistère. Si "aucun rejet radioactif n’a été mesuré" par l’ASN, quatre personnes ont été légèrement intoxiquées, sans présenter toutefois de contamination externe. Pour Michel Marzin, qui estime que "rien n'est anodin dans une centrale nucléaire", ce type d'incident pose la question de la sécurité des travailleurs.

    Gilles Giron, directeur adjoint pour la Direction projets déconstructions et déchets d'EDF, "à Brennilis comme dans toute installation nucléaire, la sûreté, la sécurité des intervenants et la maîtrise de l’impact sur l’environnement sont nos priorités absolues". EDF y "applique les mêmes règles que sur un site en exploitation", rassure-t-il, rappelant que 4 000 prélèvements ont été effectués en 2015 sur le site et alentours — "que ce soit dans le sol, dans l’air, dans l’herbe, dans la production agricole et notamment dans le lait". Analysés par des laboratoire agréés par l’Agence de sûreté du nucléaire, ils attestent que "les rejets de la centrale se situent très nettement en deçà des normes réglementaires", explique Gilles Giron.

    . (MARIE-ADELAÏDE SCIGACZ / FRANCETV INFO)

    "BRENNILIS EST UNE CENTRALE À PART"

    Al'avenir, EDF entend bien mener au bout ce démantèlement compliqué. Dans les cinq à dix ans, la dernière étape du demantèlement, à savoir le cœur du réacteur, sera lancée. L'entreprise compte déposer, en 2018, un nouveau dossier de démantèlement complet. Il sera alors temps de s'attaquer au réacteur. "Un défi technologique", abonde Gilles Giron. "Brennilis est une centrale à part. C’est un réacteur à eau lourde : une technologie unique en France, rare est complexe, et dont le démantèlement nécessite des études préalables poussées, ainsi que le développement de différents modes d’intervention",détaille-t-il, citant "des travaux télé-opérés, effectués à distance pour garantir la sécurité totale des intervenants". En effet, "Brennilis n’est pas représentative de ce que sera le demantèlement du parc nucléaire actuel, constitué de réacteurs à eau pressurisée", explique le spécialiste. En outre, ailleurs en France, à Chooz A (Ardennes), "nous avons attaqué la phase de démantèlement complet, qui concerne le réacteur à proprement dit".

    Si Brennilis exige du travail "sur-mesure", elle partage un même fardeau avec ses cousines qui tournent, elles, à l'eau pressurisée : la question des déchets. Ce sont eux qui, en 2011, ont privé EDF d'une autorisation de démantèlement complet. Pour Gilles Giron, le dossier de la firme était solide, mais il n’a pas été validé par l’ASN "en raison de l’indisponibilité d’Iceda", le petit nom de ce qui doit être une "installation de conditionnement et d’entreposage des déchets de moyenne et longue activité".

    Autrement dit : l'entreprise pouvait démanteler le réacteur, mais n'était pas en mesure de stocker ces déchets, susceptibles de rester dangereux pendant des milliers d'années. En construction à la centrale du Bugey, dans l'Ain, Iceda doit être opérationnelle l'an prochain. Mais elle est pour le moins controversée. Surtout, elle s'implante sur un site qui fait déjà l'objet d'une plainte, déposée en mars par la ville et le canton de Genève (Suisse) pour "mise en danger délibérée de la vie d’autrui et pollution des eaux".

    Pour le voisinage, les restes de Brennilis, comme tous les déchets radioactifs, ne sont pas les bienvenus. Dans le paysage des monts d'Arrée, ce cadavre est encombrant. Mais son cercueil, en construction à l'autre bout de la France, l'est, semble-t-il, tout autant. 







    La nécessité de réfléchir à cette notion et pratique du survivalisme, personnellement, elle me semble absolument vitale...

    Quand un bateau coule, il est trop tard pour regretter d'être monté à bord. Pour ma part, je tiens à savoir nager...