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  • Littérature morbide

     

    "Morbide".
    C'est le terme employé par un lecteur d'un de mes romans.
    • Qui relève de la maladie, la caractérise ou en résulte : État morbide.
    • Qui a un caractère malsain, anormal : Curiosité morbide. Une littérature morbide.
    Évidemment, ça m'interpelle...
    Cela signifierait que la compréhension de la mort, de la douleur, de la souffrance, relèverait d'une pathologie. Je serais donc un malade se complaisant dans une littérature morbide, malsaine, anormale. Cette quête, cette recherche de la source des épreuves serait par conséquent un détournement de la vie. Il conviendrait plutôt de jouir sans penser, de batifoler follement dans la dérision, le cynisme, le détachement, l'insignifiance, la futilité, et se laisser ballotter par les flots. Juste un individu décérébré souffrant sans rien y comprendre et s'attachant à tous les hallucinogènes susceptibles de le libérer provisoirement de sa condition de mortel. Ou de se contenter de saisir le peu qui reste, comme un dérivatif qu'il s'agit juste d'avaler sans en connaître la posologie. Toxicomanes de l'absence.

    Je connais la source de mon bonheur tout autant que de mes épreuves. Et c'est justement cette connaissance exacte, à travers un cheminement littéraire, qui donne à ce bonheur sa solidité, sa constance, sa durée. Il n'y a rien de superficiel, ni de provisoire. Je sais d'où je viens parce que j'y suis retourné, nourri par l'amour de l'autopsie littéraire. Non par goût du sordide ou par masochisme mais parce que c'était la seule solution pour ne pas reprendre un tour de manège. On n'a pas cinq hernies discales sans raison.

    À mes yeux, il est bien plus morbide de vivre dans la fuite. La vie ne peut être saisie qu'au regard de tout ce qui la constitue. Il ne s'agit sinon que d'un cheminement partiel, une incomplétude qui est une offense au cadeau proposé. S'interdire de remonter à la source conduit inévitablement à la dispersion dans la masse océanique, le flot chaotique des ego modélisés.

    Serait-ce alors chez certains humains, une peur effroyable de ce qui reste à découvrir, une interdiction de pousser la porte, de contempler les horizons inconnus ? Peut-on parler de maturité existentielle dès lors ? J'ai connu des enfants qui avaient un regard bien plus lucide sur la mort et sur la vie que les adultes censés les aider à grandir. Serait-ce donc que l'environnement adulte, que la cacophonie des existences modernes contribuerait à cette déliquescence philosophique ?
    Quand on pense tous la même chose, c'est qu'on ne pense plus. Finalement, si certains lecteurs jugent que mes textes sont trop ésotériques, spirituels, philosophiques voire peut-être morbides, c'est peut-être un signe que je suis en bonne santé ?

    Il existe dans la mort une étonnante contradiction : on sait tous ce que cela signifie quand on apprend que quelqu'un est mort et pourtant, il nous est impossible en même temps d'affirmer quoique ce soit sur l'inconnu que cela propose. On sait que l'individu n'est plus là, matériellement mais sans pouvoir présager de ce qu'il en est de l'âme ou de l'esprit ou de l'énergie vitale qui s'en est allée.
    Ce qui est évident par contre, incontestable, c'est que la mort en nous est déjà programmée. Le moment où elle surviendra reste totalement insaisissable mais sa survenue est indéniable. Un jour, nous serons morts. C'est déjà inscrit. Il ne s'agit pas d'un phénomène qui survient soudainement et nous arrache mais d'un très long phénomène qui vit sa construction, jour après jour. 
    Je suis aujourd'hui, biologiquement parlant, plus mort qu'hier. 
    La mort suit son chemin. Et puis, l'échéance atteint son apogée et le fil se rompt. 
    La mort est inscrite. Elle n'est responsable de rien. Ce sont les accidents imprévisibles, des circonstances douloureuses, des idées d'injustice et toutes les formes prises par cette mort qui lui donnent parfois cet air horrible et injuste. Mais la mort n'a rien décidé. Elle a juste été sollicitée de façon prématurée par la vie elle-même et toutes les situations qui s'y greffent. 
    C'est à se demander même si cette mort a une existence réelle. Les hommes ont donné ce nom à l'effacement de la vie. L'effacement matériel. L'enveloppe n'est plus animée. C'est la Vie qui est partie. Et c'est cet état qui se nomme la mort. On aurait pu dire tout simplement la non-vie. 
    Et c'est encore un terme qui ne contient peut-être qu'une vision partielle. Parce que nous ne savons rien de cette non-vie. En dehors de l'immobilité cadavérique.

    J'ai entendu dans les noirceurs des nuits des auras bleutées qui me parlaient. Cloué au fond de mon lit, réduit à une peau de douleur, elles s'insinuaient en moi et me susurraient des paroles inconnues :
    "Laisse la vie te vivre, elle sait où elle va. "
    "Tu n'es pas au fil des âges un amalgame de verbes d'actions conjugués à tous les temps humains mais simplement le verbe être nourri par la vie divine de l'instant présent. "
    Répétés sans fin comme dans un écho de montagnes, des lumières circulaires qui dansaient lentement devant mes yeux fermés.
    Des âmes anciennes qui veillaient sur moi. Je ne sais pour quelles raisons. Peut-être simplement parce que j'avais perdu jusqu'à la force d'espérer.

    La mort ?... Juste un autre espace habité. La rigidité cadavérique n'est qu'une enveloppe déchirée dont le message s'est envolé. Il faut ouvrir le pli pour lire le message. Le parcours terrestre est une approche minutieuse pendant lequel il convient simplement de ne pas alourdir le porteur du pli.

    Se simplifier de tout pour être prêt. Prêt non pas à mourir mais prêt à vivre, à chaque lever du soleil, à chaque lever de lune, dans la ronde linéaire des jours, là, maintenant, immédiatement, intégralement. Le reste n’a strictement aucun intérêt et plus important encore n’a absolument aucune réalité.

    L’amour conscient de la vie n’a aucun habit, aucune enveloppe, aucune parure, aucun dogme, aucune appartenance, il est nu et libre, il naît à chaque battement du cœur, il irradie dans les bonheurs de l'âme.

  • Les Maîtres et les asservis

    En juillet, j'ai résilié l'abonnement internet avec un opérateur et j'en ai pris un autre.

    Si les problèmes de connexion se sont réglés, il n'en a pas été de même avec le dossier dans sa dimension financière et commerciale.

    Plusieurs heures au téléphone avec l'ancien opérateur, trois passages en ville chez les deux opérateurs concernés (l'ancien et le nouveau, 70 km à chaque fois) et aujourd'hui un quatrième aller-retour à Chambéry. 

    Jusqu'ici, j'avais suivi les recommandations des personnes que je rencontrais ou que j'avais au téléphone mais cette fois, j'étais déterminé à changer de méthode.

    Je ne voulais plus passer des heures au téléphone, baladé de service en service, sans que jamais aucune décision finale ne soit prise.Je ne voulais plus d'une autre descente en ville. Je hais la ville. 

    Un appel téléphonique, c'est de l'argent qui tombe dans LEURS escarcelles et lorsqu'en plus, personne n'est jamais responsable de rien, les prélèvements automatiques perdurent.

    Il a fallu que j'apprenne ce matin par courrier que je devais payer des frais de résiliation de ligne (49 euros) pour que j'enfile le costume de chevalier à la hache tournoyante...

    J'ai bien compris que l'intérêt financier des deux opérateurs (comme de tous les autres), c'est de ne pas clore les dossiers et de laisser traîner en longueur puisque financièrement, ils sont gagnants. De là, même, à penser que ces méthodes sont mises au point conjointement, entre opérateurs, je n'en serais guère surpris.

    Je suis donc passé à la première boutique et après avoir expliqué le problème une nouvelle fois, j'ai posé mes conditions.

    "Cette fois, c'est vous qui allez téléphoner, là, maintenant, devant moi, vous allez expliquer ce que je viens de vous dire, vous allez mettre le haut-parleur et j'écouterai la réponse."

    Il s'agissait de savoir si la box que j'avais retournée avait bien été réceptionnée puisque je venais de recevoir un courrier m'annonçant de prochaines pénalités en cas de non-retour du matériel.

    J'avais bien précisé à mon interlocuteur (un jeune homme bien gominé sous tous rapports), que je n'avais rien contre lui, personnellement, que je n'avais nullement l'intention de m'énerver et que mes propos visaient essentiellement la société pour laquelle il travaillait.

    J'ai obtenu ma réponse en cinq minutes. Il a dû sentir que la hache frémissait au bout de ma main.

    Je l'ai remercié et j'ai pris la route de la boutique de l'autre opérateur.

    Une heure d'attente après l'enregistrement de ma demande à l'accueil...

    Je vais faire un tour et lorsque je reviens, il y a une file conséquente jusqu'à l'extérieur du magasin.

    J'attends dix minutes puis je décide de monter au front. Je passe devant tout le monde et je m'adresse aux premières personnes.

    "Excusez-moi Messieurs-Dames mais je suis déjà enregistré et je voudrais juste savoir si mon tour approche."

    La dame de l'accueil me demande mon nom, regarde sur son écran et me dit que je ne suis pas enregistré. Je lui dis que je suis passé il y a exactement quarante-deux minutes. Elle me répond qu'elle a un M Larue enregistré mais pas de Ledru...

    -Eh bien, disons alors que je m'appelle M Larue, ça n'a pas d'importance, mon problème reste le même."

    Je m'excuse de nouveau aux personnes qui attendaient leur enregistrement et je vois des sourires qui m'invitent à engager le combat avec la dame.

    J 'explique donc que le vendeur auquel j'avais eu affaire m'avait affirmé qu'en ouvrant un compte chez eux, il se chargerait de clôturer mon compte chez le concurrent et que les retraits automatiques seraient annulés. Je lui explique que non seulement il n'en est rien, ce qui fait que je paye deux abonnements, mais qu'en plus j'avais maintenant des frais de résiliation et qu'une opératrice de la société concurrente m'avait expliqué au téléphone que c'était à eux maintenant de les prendre en charge, en signe de bienvenue....

    La dame de l'accueil me répond alors que c'est impossible et que ça ne se passe jamais comme ça. Sur un ton quelque peu désobligeant. J'ai la main sur la hache et ça picote...

    "Vous voulez donc me dire Madame que le vendeur qui s'est occupé d'ouvrir mon compte chez vous est soit incompétent, soit menteur ? 

    -Non, pas du tout, je vous dis juste que ça ne se passe jamais comme ça. 

    -Alors, c'est que vous pensez que je vous raconte n'importe quoi ?

    -Non, pas du tout.

    -Mais alors, qu'est-ce que vous essayez de me dire ? Qu'il n'y a aucune solution à mon problème, que personne n'est responsable, que personne ne comprend ?"

    Pas de réponse, juste un air hagard, perdu...

    "Madame, c'était une question de ma part et logiquement ça doit être suivi par une réponse."

    Elle part alors dans une diatribe acerbe envers le concurrent qui ne fait jamais son travail correctement et patati et patata...Je la laisse déverser son fiel et je reprends.

    "Je vous ai bien entendu mais cela ne résoud en rien mon problème. Pour ma part, je vous demande en premier lieu de vous occuper de la suspension définitive de mes prélèvements chez votre concurrent, comme cela me l'avait été expliqué puis de la prise en charge intégrale des frais de résiliation, comme cela me l'avait également été explique. C'est tout et je ne partirai pas d'ici tant que ça ne sera pas fait."

    A ce moment, une femme dans mon dos lance fortement : "Moi, j'ai le même problème mais à l'envers. J'ai quitté cet opérateur et il continue à me retirer les mensualités."

    Je remercie cette gente dame pour son intervention énergique et je reprends l'échange avec la dame de l'accueil qui commence à se décomposer.

    "Il est possible aussi en attendant qu’un de vos collaborateurs s'occupe de moi que j'aille interpeler les gens qui attendent pour leur expliquer mon problème. C’est bien pour l’animation et pourquoi pas une pétition en direct ?"

    La dame quitte son poste et s’éloigne. Je la vois discuter avec un homme et me désigner.

    Je remercie les gens qui continuent à patienter et je rejoins le duo.

    « Bonjour M Larue, asseyez-vous, je vous en prie, ma collègue m’a expliqué votre problème, c’est regrettable, je vais m’en occuper. »

    Je m’installe et lui ouvre ma pochette avec les documents.

    Je lui réexplique ma demande au cas où la dame aurait omis un détail important.

    « Je comprends bien, M Larue mais le plus simple serait que vous preniez contact avec le service que je vais vous indiquer.

    -Ah, non, ça ne va pas être possible et je ne suis pas venu pour ça. Je repartirai d’ici quand le problème sera réglé ou plus précisément quand vous, vous aurez réglé le problème. »

    Il tente de reprendre la parole et je sors de la pochette la feuille avec mon numéro de dossier.

    « Laissez-moi vous dire comment je vois les choses. »

    Ma voix ne lui laisse pas le choix. J’ai changé de ton.

    « Imaginez que vous ayez un problème avec votre voiture, vous allez chez votre garagiste, vous lui expliquez les symptômes, il vous dit que c’est la pièce X qui est défectueuse. Est-ce qu’il va vous donner le numéro de téléphone d’un fournisseur pour que vous commandiez cette pièce, que vous vous occupiez de la faire livrer pour qu’ensuite, il se contente de faire le remplacement ? »

    Pas de réponse.

    « C’est une question que je vous ai posée, Monsieur. J’attends une réponse et si vous ne la donnez pas, c’est bien parce que vous avez conscience de l’incongruité de la chose. C’est pourtant ce que vous me demandez de faire et c’est ce que je me suis appliqué à faire depuis un mois. Sans succès. Donc, maintenant, on va changer de méthode. C’est vous qui allez appeler le service concerné ou si vous préférez, vous utilisez votre ordinateur. On n’est pas chez pizza hut ici, n’est-ce pas, vous travaillez bien pour un opérateur téléphonique ? Alors, pour quelles raisons, c’est moi qui devrais payer une communication sans fin et de surcroit inutile jusqu’ici. Alors, voilà mon numéro de dossier, vous allez dans la rubrique « remboursement de frais de résiliation » et je partirai d’ici quand le problème sera réglé. »

    Je le sens décontenancé.

    « D’autre part, je continue pendant que vous réfléchissez, je trouve très triste, voire même consternant, que vous teniez d’appliquer systématiquement à tous les gens qui viennent ici ce que les managers de cette société vous ont appris, sachant que vous et moi, nous faisons partie de la même frange de population. Celle des asservis. Alors, au lieu d’obéir aux ordres de vos Maîtres, essayez de réaliser ce que ça donnerait si vous vous mettiez au service de la population à laquelle vous appartenez. Je ne vous demande pas de mettre votre place en péril mais juste de contourner discrètement et intelligemment ce que j’appelle des méthodes de truands. Vous savez très bien que des millions d’appels comme le mien représentent une somme considérable, que des milliers de prélèvements automatiques non remboursés augmentent encore le jackpot, que la lassitude des abonnés conduit les gens à laisser tomber et à aller voir le concurrent qui aura d’ailleurs les mêmes méthodes, que les recours auprès de médiateurs prennent des mois et nécessitent de remplir des formulaires sans fin, avec des preuves à fournir, des factures, des communications, tous les papiers qu’on n’arrive jamais à obtenir ou qu'on n'a pas eu la bonne idée de garder, vous savez très bien tout ça, c’est juste un jeu entre les Maîtres pour se refiler les asservis et les essorer autant que possible. Mais Monsieur, vous êtes aussi asservis que moi. Par d’autres Maîtres. Votre place ici vous donne l’illusion d’un pouvoir mais vous n’êtes rien d’autre qu’un asservi, comme moi et tous les gens qui sont ici. Alors, vous allez rentrer les numéros de mon dossier et vous allez contourner la procédure parce que je suis persuadé que c’est possible de le faire. Il y a toujours une procédure qui permet d’en contourner une autre. »

    Il prend ma feuille et la lit. Il rentre les données et réalise que je ne m’appelle pas M Larue. Il s’excuse de son erreur.

    « C’est sans importance, Monsieur. Les asservis de nos jours ont surtout des numéros de dossiers, comme des matricules de forçats. Le nom, c’est juste pour faire joli. »

    Tout a été réglé en dix minutes.

    J’ai vu sur l’écran s’afficher la phrase : « Remboursement de frais de résiliation effectué »

    J’ai récupéré mes feuilles avec mes numéros de dossier, j’ai salué mon interlocuteur. Je suis passé remercier la dame de l’accueil pour son aide précieuse et spontanée et je suis sorti.

    Avec mon matricule sous le bras, rangé dans sa pochette.

     


     

  • Yoga

     

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    LE YOGA et la réalisation du Soi.

    Joëlle Macrez-Maurel.

    « Dans l’imaginaire social actuel, le yoga est une technique permettant d’être moins stressé. Il est triste de réduire le yoga à cela et faux de penser que c’est une méthode commode et facile pour se détendre. Le yoga est une philosophie de la vie qui s’est interrogée depuis des millénaires sur les questions existentielles de l’homme telles que « Qu’est-ce que la vie ?, Qu’est-ce que la mort ? Qu’est-ce qui anime la vie ? Quel est son sens ? »

    Le mot yoga vient de la racine sanscrite « yug » signifiant « joug », c'est-à-dire ce qui joint, ce qui relie. Ainsi, le mot yoga vient dans son sens premier, signifie l’union de l’âme individuelle et de la conscience universelle.

    Dans la symbolique profonde du yoga, l’homme est placé au centre du monde : entre le ciel et la terre, c’est entre le monde invisible et immatériel de l’esprit et le monde visible de la matière.

    L’homme, au centre de ces deux mondes, en est le lien et il doit trouver l’équilibre entre le ciel et la terre, le non rationnel et le rationnel, l’invisible et le visible, pour atteindre l’harmonie. 

    Il est considéré comme la représentation de ce macrocosme et doit, en lui-même, trouver le chemin de cet équilibre et de cette union.

     

    À l’intérieur de l’homme qui est à l’image du monde, c’est l’âme qui doit trouver l’équilibre entre l’esprit (le ciel) et le corps physique (la terre). La philosophie du yoga présuppose qu’il existe à l’état latent dans la psyché humaine, des possibilités qui, si elles sont développées, permettent à l’homme de faire l’expérience de la transcendance.

    Pour parvenir à cet éveil de la conscience, le yoga rassemble, dans sa pratique, les méthodes permettant de parvenir à des états modifiés de la conscience au travers desquels l’homme peut procéder à l’expérience sur lui-même afin de découvrir sa propre nature.

    Ce qui nous intéresse ici, c’est d’essayer de comprendre comment s’effectue le cheminement intérieur de l’adepte vers la transcendance. Les avis divergent suivant les écoles de pensées : certaines préconisent des exercices intellectuels consistant à séparer le réel de la réalité construite, d’autres s’attachent à l’accomplissement de tâches quotidiennes, à l’austérité et à la méditation ou à une conduite juste accompagnée du contrôle des sens, d’autres accordent de l’importance à la récitation de mantras…

    Les écoles et les méthodes divergent mais les grands sages ayant parcouru le chemin s’accordent sur le fait qu’il est nécessaire de se défaire des mauvaises conduites, de s’attacher à une attitude juste et au détachement des illusions de ce monde.

    Le but véritable du yoga concerne l’élévation et l’élargissement de la conscience humaine et cela passe par un long travail de connaissance de soi menant à la libération des chaînes de l’ego, des désirs inassouvis et de la peur de la mort.

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    Ce but est identique dans toutes les démarches spirituelles authentiques et est universel. Seules sont différentes les cultures dans lesquelles nous évoluons et la configuration psychologique des individus.

    En occident, il y a trois manières d’aborder le yoga, correspondant à la fragmentation de l’être global en trois plans séparés :

    *Dans la première approche, le yoga s’intéresse uniquement au corps physique, il est considéré comme une gymnastique stimulant les diverses fonctions de l’organisme.

    *Dans la seconde approche, le yoga est considéré comme une technique psychosomatique d’équilibration de la personne. Il est alors question de stimuler les facultés mentales et d’acquérir la sérénité, la paix intérieure. Il peut alors être présenté comme une démarche proche de la psychothérapie occidentale et a pour but d’opérer certains changements dans notre façon de ressentir notre propre existence dans nos relations avec la société humaine et avec l’environnement.

    *La troisième manière d’aborder le yoga est la voie philosophique. Cette approche est souvent faite par des érudits qui possèdent une connaissance très approfondie de la culture orientale mais qui ne pratiquent pas forcément le yoga comme discipline personnelle. Ici, le yoga considéré dans son enseignement philosophique est surtout un sujet d’étude menant à la sagesse.

     

    Ces trois approches sont parfois plus ou moins confondues chez certains adeptes occidentaux qui ont compris que le yoga est un tout et qu’on ne peut le réduire à son aspect physique, psychologique ou spirituel.

    Une définition juste du yoga doit rendre compte de son approche globale de l’homme et suggérer l’unité des trois plans de l’être : corps, âme, esprit.

    Ces trois plans, physique, psychologique et spirituel, correspondent aux diverses manifestations vibratoires d’une seul et unique réalité : l’énergie.

    De même, on ne peut pas séparer l’homme en tant que tout unique et limité du grand Tout universel et infini (macrocosme) duquel il émane, auquel il appartient et dont il est le fidèle reflet (microcosme).

    Le yoga consiste en l’unification des trois niveaux de l’être individuel, puis de l’union de celui-ci avec l’Être cosmique. Comment réaliser cette harmonisation individuelle et cette fusion avec l’universel ? Cela passe par une maîtrise du corps et du mental permettant ensuite le dévoilement de l’être spirituel latent dans chaque être humain.

    Dans la vision du monde fondant le yoga, la conscience de « l’homme ordinaire » est contractée. Cette contraction l’enchaîne à un organisme minuscule et périssable et à la conscience du Moi que l’on nomme aussi l’ego.

    La pratique du yoga permet une expansion de la conscience ayant pour effet de percevoir son identité avec le cosmos et d’atteindre la connaissance de la vérité procurant la félicité d’être.

    L’ego constitue ce qui limite l’homme et est la source de toute souffrance, de toute dysharmonie, de toute injustice. L’ego, qui est alimenté par l’histoire personnelle de chacun et qui est enraciné dans ses conditionnements, doit s’effacer pour laisser la place à une conscience plus haute libérant l’être spirituel. Cette libération n’implique pas la destruction du Moi individuel mais sa transformation. »

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  • Le Wu-Wei du Tao.

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    « Ne pas s’opposer au courant mais couler avec lui

    Ne pas croire que c’est nous qui agissons alors que « Cela » agit en nous. »

     

    C’est ainsi que les Taoïstes conçoivent le Wu-Wei.

    C’est la « non-action. »

    « Agir dans le non-agir. »

    Il ne s’agit pas d’un abandon laxiste et niais, une fainéantise portée aux nues, une béatitude lâche mais bien d’une conscience ultime de l’instant et du Réel, du souffle divin, de la « Présence » en soi.

    Le Wu-Wei, c’est ne rien faire avec son mental qui laisse entendre qu’il serait l’architecte de nos vies.

    Ne pas intervenir avec des pensées insoumises, l’imagination, les peurs, les ancrages du passé et les projections temporelles, les espoirs, les attentes, les identifications, les regrets, les colères, les désirs…

    C’est aimer ce qui est et non pas aimer ou ne pas aimer ce que le mental décrète.

    C’est être « juste » envers tous les aspects de l’existence, c'est-à-dire ne pas porter de jugements, d’interprétations soi-disant rationnelles quand elles ne sont que des errances mentalisées.

     

    Les effets produits par les actes seront de qualité si la qualité de conscience dans les actes est effective.

     

    L'exemple du tennis est très révélateur :

    Si je viens de manquer une balle et que je continue à y penser, il est quasiment certain que je manquerai la balle suivante...

    Même constat si je cherche à reproduire un coup gagnant lorsqu'une autre balle se présente.

    Rien n'est jamais identique et c'est la gestion totale de l'instant et donc la conscience de l'acte qui seule peut contribuer à l'effet positif de l'action. De la même façon, si je décide de monter au filet et que je pense au coup à venir une fois que je serai arrivé, je vais manquer la balle que je dois d'abord maîtriser avant d'être au filet.

    Si je m'observe à cet instant, je vois que mon regard se porte en partie vers le filet parce que ma pensée s'y projette alors que je dois absolument me concentrer sur le coup à faire et donc uniquement sur la balle. Et le fait que mon regard se porte vers l'avant ( et donc l'avenir), je perds la maîtrise de l'instant présent en ne regardant pas vraiment la balle....

    Et si je m'en veux ensuite d'avoir manqué ce coup, je manquerai encore le coup suivant...

    Il apparaît dans ces situations précises que les flux de pensées temporelles ( se projeter vers l'avenir ou regretter le passé) sont des perurbateurs très puissants et que le mental semble ne pas pouvoir les occulter.

    Chaque instant est unique et ne doit souffrir d'aucune intrusion temporelle. C'est pour ça d'ailleurs qu'il est nécessaire de répéter encore et encore chaque geste pour qu'il soit parfaitement inscrit dans le mental (pensées, mémoire, émotions, maîtrise corporelle) afin qu'ensuite, je sois libéré de cette pression et que je puisse me concentrer intégralement sur l'instant.

    C'est le but des entraînements à la technique mais en situation de compétition, la conscience de l'instant redevient primordiale.

    On peut bien évidemment user de cette attention dans tous les domaines de la vie : de la cuisine au ménage, du bricolage à la méditation, de la sexualité au massage, du yoga à la lecture, de l'écriture à la marche en montagne... Chaque activité humaine devrait s'ériger sous ce regard conscient.

     

     

    En escalade, il est pourtant indispensable d'anticiper sur la suite de la voie et l'enchaînement des mouvements mais si l'attention se porte uniquement sur les deux, ou trois mètres suivants, le grimpeur court le risque de tomber là où il se trouve. L'anticipation, même si elle est nécessaire, ne doit pas devenir prioritaire, elle ne doit pas s'extraire de l'instant mais se projeter immédiatement une fois le geste accompli. Pas avant.

    Lorsque j'ai passé mon permis moto (500 cm3), j'ai pu observer la justesse du phénomène...Et une moto de ce poids, quand elle s'échappe, c'est sans appel...

    Lorsque je descends un chemin dans une forêt, en VTT, à toute vitesse, si mon attention se porte sur la suite du chemin jusqu'à en oublier le geste que je dois accomplir, là où je suis, je tomberai.

    La conscience immédiate, cette "présence", cette intensité démentalisée, c'est là que l'individu s'élève dans la maîtrise et la connaissance de soi, c'est là qu'il chemine vers l'éveil intérieur.

    On peut donc analyser le phénomène dans tout ce qu'on fait.

    "Agir dans le non-agir", c'est apprendre à être là tout en étant capable de gérer la suite.

    Le "non agir" n'est donc pas une absence de maîtrise mais la capacité à s'extraire de tous les troubles inhérents au mental et aux pensées insoumises qui viendraient interférer sur la qualité de l'acte présent.

    La gestion émotionnelle relève intégralement de cette dimension du Wu-Wei. Toutes émotions exacerbées par une pensée insoumise est une entrave à la qualité de l'acte lui-même.

    "L'émotion de la victoire", bien connue des sportifs, relève de cette problématique. Celui qui n'a plus qu'un point à mettre pour remporter un match de tennis ne pourra le réussir s'il ne parvient pas à l'oublier.

    Si je prends l'exemple du massage, il ne peut être bénéfique qu'à partir du moment où chaque geste prodigué est libéré de l'intention qui peut s'y cacher. C'est la qualité de conscience qui produira la qualité du massage. Il s'agit donc de s'extraire de toutes formes de pensées intentionnelles et de s'appliquer à libérer de soi l'énergie aimante afin qu'elle se diffuse. Non pas en y pensant mais juste en le vivant, corporellement. L'énergie bienfaisante se libérera d'elle-même, non pas sous le joug de la volonté mais sous l'intensité de l'amour.

     

    Un masseur ayant acquis une très bonne base technique et une grande connaissance des protocoles peut n'être qu'un technicien...Il ne deviendra un bon masseur qu'à partir du moment où il parviendra à nourrir son mental cognitif de la conscience. Rien d'autre n'est possible à mon avis.

    Les effets produits par les actes seront de qualité si la qualité de conscience dans les actes est effective.
    C'est incontournable.

     

    C'est là d'ailleurs que se révèle "l'intuition".

    L'intuition se libère lorsque le mental se tait.

    J'ai pris parfois, dans des situations critiques, des décisions qui ne relevaient pas du mental mais qui était générée par cet état de conscience en soi, non pas une analyse rationnelle mais une évidence spontanée qui semble jaillie de nulle part.

    Jung parlait de "Maître intérieur"...Celui qu'il faut trouver...

    Certains magnétiseurs, par exemple, ressentent dans leurs mains ce que leur mental ne pourrait déceler, c'est ce qu'on appelle la "clairvoyance" et le terme est très bien choisi.

    C'est "clair et il le voit" parce que le mental n'est pas le Maître mais l'ouvrier de la conscience.

    Clairvoyance : Faculté de voir avec clarté, sagacité, pénétration, lucidité : Analyser une situation avec clairvoyance.
    Forme de perception extrasensorielle d'objets ou d'événements.

    Intuition : Connaissance directe, immédiate de la vérité, sans recours au raisonnement, à l'expérience.
    Sentiment irraisonné, non vérifiable qu'un événement va se produire, que quelque chose existe : Avoir l'intuition d'un danger.

     

    Ce qui signifie pour moi que la clairvoyance est la condition sine qua non de l'intuition.

    C'est parce qu'un individu a atteint un état constant de clairvoyance que l'intuition peut s'éveiller en lui.

    Cette intuition et la capacité à la recevoir sans aucun filtre limitant, c'est l'émergence ultime de "Cela", son jailissement, au-delà de la force occultante du mental. 

    L'intuition n'a aucun ancrage au Temps. Elle peut se développer par la multiplication d'expériences mais lorsqu'elle jaillit, elle est libre de toutes pensées et par conséquent de la dimension temporelle. 

    Walter Bonatti, alpiniste de renom ayant considérablement marqué son époque, a parfois évoqué cette intuition salvatrice. Il parlait effectivement de sa connaissance de la montagne et des nombreuses expériences ultimes qu'il avait connues mais il n'attribuait pourtant pas la justesse de la décision qui s'imposait à ce passé tumultueux.

    C'est "Cela" qui agit en nous.

    Une conscience fulgurante d'un potentiel infini, inconnu, au-delà du vécu.

    Ce qui est en nous.

    L'Amour, la Nature, la méditation, la contemplation, le silence, l'effort physique.

    Des éléments, à mes yeux, incontournables pour que ce trésor enfoui émerge du chaos des vies matérielles.

     

  • L'âme de fond

    Vague

     

    L’âme de fond
    Dans l'antre secret des cellules
    Par-delà les temps humains
    Je suis l'entité tapie en chacun, l'ignorée sereine qui ne connaît pas de fin
    Je suis celle qui remonte des lumières intérieures
    L'énergie créatrice qui brise la surface opaque de l'ego tourmenté, ce conglomérat néfaste érigé en vainqueur
    Quand il n’est que la défaite d'une conscience oubliée
    Je suis la respiration qui enlace le corps comme une matrice utérine
    Et accouche de la vie dans la puissance de l’effort
    Je suis l'émotion qui n'a pas de raison, le feu qui n'a pas besoin de matière, la flamme qui n'a pas d'incendiaire
    Je suis la vague qui unit les courants fondateurs et se déverse dans les gouffres insondés
    Celle qui dilue les traumatismes de l’individu morcelé dans le brasier liquide de la conscience révélée
    Je suis le souffle de vie et la respiration mon destrier
    Et ce corps qui monte vers l’altitude épurée est un être naissant qui abandonne son rocher
    Sisyphe est libre de respirer et son mental un geôlier
    La chape bétonnée des pensées est une citadelle de papier
    qui se consume 
    Je suis l’âme de fond qui aspire l’atmosphère et le silence et la lumière
    Celle qui entend l'Univers dans les marées de nuages, les chants d'amour de la sève, la dilution du soleil dans les peuples d'herbes
    Je suis la palpitation des coeurs et le courant des fleuves de sang, 
    Je suis l’embrasement
    Et l’océan des noirceurs de surface n’est plus qu’une illusion qui sombre
    Et s’efface
    Je suis l’âme de fond.

  • La transe chamanique : Corine Sombrun

    biographie

    Photo de Corine Sombrun

    Corine Sombrun passe son enfance en Afrique à Ouagadougou (Burkina Faso). De retour en France elle se consacre à des études de Musicologie, piano et composition. Lauréate de concours nationaux et internationaux, elle obtient une bourse de l’Office Franco Québécois pour la Jeunesse et part à Montréal, étudier auprès de performers multimédia et de compositeurs.

    En 1999 elle s’installe à Londres, où elle travaille comme pianiste et compositrice : Sacred Voice Festival of London (Création d’une pièce pour piano préparé et percussions iraniennes avec Bijan Chemirani) , Drome London Bridge theater («The Warp», pièce-performance de 24h mise en scène par Ken Campbell), BBC World ServiceTurner PriceOctober Gallery291 GalleryPrice Water House Cooper Atrium Gallery… Puis fait des reportages pour BBC World Service, dans le cadre d’un programme sur les religions.

    En 2001, au cours d’un reportage en Mongolie, le chamane Balgir lui annonce qu’elle est chamane. Dans cette région du monde, les chamanes accèdent en effet à la transe grâce au son d’un tambour spécifique. Un son auquel, lors de cette première expérience, elle réagit violemment, jusqu’à perdre le contrôle de ses mouvements. Pour Balgir, elle a bien les capacités chamaniques et « sa voie » dit-il, sera de suivre leur enseignement pour les développer. Elle va ainsi passer plusieurs mois par an à la frontière de la Sibérie, auprès de Enkhetuya, chamane de l’ethnie des Tsaatans, chargée de lui transmettre cette connaissance. Après huit années d’apprentissage, elle devient la première occidentale à accéder au statut de Udgan, terme mongol désignant les femmes ayant reçu le « don » puis la formation aux traditions chamaniques mongoles.

    En 2002 elle publie chez Albin Michel le premier récit de ses aventures, Journal d’une apprentie chamane (Albin Michel 2002, Pocket 2004), traduit en plusieurs langues.  Suivront, Une parisienne en Mongolie (Albin Michel 2004, Pocket 2006), Dix centimètres loi Carrez (Belfond 2004), Les tribulations d’une chamane à Paris (Albin Michel 2007, Pocket 2009), Sur les pas de Geronimo(Albin Michel 2008, Pocket 2013), traduit en américain,  Les esprits de la steppe (Albin Michel 2012) et Sauver la Planète, le message d’un chef indien d’Amazonie (Albin Michel 2015).

    En 2005 elle part au Nouveau Mexique rencontrerHarlyn Geronimo, medicin-man et arrière petit-fils du célèbre guerrier Apache. Selon une légende Apache en effet, ce peuple serait originaire de Mongolie. Ensemble, ils vont échanger leurs connaissances respectives sur les traditions Apaches et Mongoles et faire un voyage-pèlerinage jusqu’aux sources de la Gila, le lieu de naissance de Geronimo. De ces mois de complicité va naître l’idée du livre  Sur les pas de Geronimo, l’histoire de cette rencontre et l’unique récit de la vie de Geronimo, racontée par l’un de ses descendants directs.

    Parallèlement à ses voyages d’étude, Corine Sombrun est compositrice pour différentes sociétés de production et donne des conférences. Elle ne fait aucune formation ni consultation d’ordre chamaniquepour se consacrer à des recherches scientifiques sur les Etats Modifiés de Conscience.

    Grâce à son expérience dans la pratique de la transe et à sa capacité à l’induire par la seule volonté, elle collabore depuis 2006 avec le Dr Etevenon, Directeur de recherche INSERM honoraire, qui l’a mise en relation avec différents chercheurs dont le but est de découvrir les mécanismes physiologiques liés à cet état de Transe (Etat de conscience volontairement modifié) et son influence sur le fonctionnement des hémisphères cérébraux. Les premiers résultats (obtenus en 2007 par analyses d’EEGs sous la direction du Pr. Flor-Henry / Alberta Hospital – Canada) ont montré que cette transe chamanique, dont les mécanismes d’action sur le cerveau restent inconnus, modifiait effectivement les circuits du fonctionnement cérébral. En repoussant les limites des connaissances actuelles, ces résultats ont ouvert de nouvelles perspectives et sont à l’origine du premier protocole de recherche sur la transe chamanique mongole étudiée par les neurosciences ; Une tentative d’exploration des phénomènes liés aux capacités du cerveau humain et des fondements neuronaux 

    bibliographie

    Photo du livre "Sauver la planète" de Corine Sombrun (Éd. Albin Michel / 2015)

    Sauver la planète
    Le message d'un chef indien d'Amazonie

    Éd. Albin Michel / 2015

    Corine Sombrun se fait la plume d’Almir Narayamoga Surui, afin de raconter l’histoire d’un peuple et le destin d’un homme devenu représentant de la cause des Indiens Suruí et de la sauvegarde des ressources naturelles de la planète.  Né en 1974, cinq ans après la visite du premier homme blanc dans le territoire des Indiens Suruí, au nord-ouest du Brésil,  Almir Surui est considéré comme l’un des plus grands activistes autochtones d’Amérique du Sud.  Prenant part à de nombreuses conférences internationales sur le changement climatique et le développement durable, il travaille également à présenter son projet de compensation carbone, consistant à demander aux plus gros pollueurs d’acheter des crédits- carbone qui pourraient permettre de financer la protection de la forêt amazonienne.
    Récompensé à Genève par le Prix des Droits de l’Homme et classé parmi les cent personnalités les plus importantes du Brésil, son combat contre la déforestation a fait de lui l’ennemi de nombreux exploitants forestiers, qui en 2007 ont placé un premier contrat de 100 000$ sur sa tête. Il a alors été évacué en Californie, où loin de se décourager, il a souhaité rencontrer les dirigeants de Google et leur présenter son projet : utiliser Google Earth pour montrer la détérioration galopante de la forêt amazonienne, ses conséquences pour l’environnement de la planète tout entière et celles, plus immédiates, pour les 400.000 Indiens du Brésil qui y vivent encore.

    Le livre, lettre ouverte d’Almir Suruí à ses enfants, au cas où il serait assassiné, alterne entre son parcours personnel, son combat contre la catastrophe écologique qui menace l’humanité et l’histoire et les traditions de son peuple, les Paiter-Surui, surnommés “Les indiens Hi-tech” par la presse internationale.

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  • Montagne.

    Là-Haut. J'y passe beaucoup de temps et c'est un grand bonheur.

    Aucunement envie d'écrire. Un besoin qui s'est effacé.

    J'avais commencé un nouveau roman et je l'ai mis à la corbeille il y a deux jours. C'est la première fois que ça m'arrive et je n'y reviendrai pas. 

    Il est clair aujourd'hui que ce temps passé à écrire des histoires doit servir à autre chose et ça n'est pas les sujets qui manquent.

     

    Je me suis appliqué depuis plusieurs mois à retrouver mon "physique" et à marcher en montagne. Ce fut long et laborieux mais j'ai la chance d'avoir déjà vécu la perte de mon intégrité. L'expérience n'est utile qu'au moment où elle se répète et que la leçon apprise peut être appliquée. 

    Le bonheur d'un corps affûté qui répond à mes désirs d'efforts intenses est désormais plus puissant que le bonheur de l'écriture.

     

    La montagne est une nécessité à laquelle je ne résiste pas.

    Il y a quelques jours, Léo, le plus jeune de nos "enfants" a réalisé avec un ami la traversée intégrale de la chaîne de Belledonne par les cols et les sommets. Plus de 7000 mètres de dénivelée en 24 heures non stop dans un Massif très, très peu parcouru, hors sentier, avec un engagement intense et un complet isolement. Un périple magnifique et la lumière de ses yeux à l'arrivée témoignait du voyage intérieur.

    Avec Nathalie, on leur a monté un ravitaillement et on les a retrouvés à mi-parcours à 21 heures au pied d'un des nombreux cols. Un très beau moment partagé. Et une descente de nuit avec les lampes frontales sous la lune et les étoiles. 

    Magique.

    Cette vie, physique, émotionnelle, aimante, intense, cette osmose avec la Nature, le silence, la pureté de ces instants, loin du monde chaotique des hommes, c'est là qu'est mon chemin actuel. 

    Pour ce qui est de l'avenir, ça ne m'intéresse pas, il n'a aucune réalité. 

     

     

     

     

  • NOIRCEUR DES CIMES : Commentaire (1)

    Laura est une lectrice fidèle et enthousiaste et je la remercie du temps qu'elle consacre à commenter mes romans d'une si belle façon :) 

     

    « NOIRCEUR DES CIMES » de Thierry LEDRU édité chez ALTAL EDITIONS.

     

     

     http://lerefugedecheyenne.hautetfort.com/

     

    Encore un livre de Thierry LEDRU, le 3ème édité. Je ne m’en lasse pas, bien au contraire.

     

     

    Celui-là a le même sujet de base que « Vertiges », la montagne. Cette fois, c’est le K2. K2 ? Un résultat de maths ? Je vous mets un minimum d’explications si vous êtes comme moi, totalement ignorante sur les montagnes.

    Le K2 fait partie de la chaine de l’Himalaya. 2e plus haut sommet du monde. Sur la frontière entre le Pakistan et la Région autonome du Xinjiang, en Chine. Le '8 000' le plus difficile à gravir. Le sommet est presque aussi dangereux à la descente (40 % des morts) qu'à la montée (60 % des morts).

    Ca donne envie ! 

    Le must pour ces fous d’alpinistes, c’est de gravir les 14 sommets qui sont au-dessus de 8000 m.

    Revenons au livre : 4 amis, Etienne, Axel, Luc et Tanguy vont grimper le K2.

    Au cours du livre, on apprend à connaître chacun d’eux. Le seul qui ait une amie fixe dans sa vie est Luc. Sandra. Elle l’a accompagné jusqu’à un camp de base pour l’attendre et écrire. Les deux ont une opinion très négative sur leur couple et leur avenir ensemble.  

    L’auteur nous fait entendre les pensées de chacun, au fur et à mesure des difficultés pour lui et de l’attente pour elle. Thierry Ledru décrit très bien les états d’âmes. On croit qu’on est spectateur et qu’on le restera mais son écriture ciselée nous invite à réfléchir sur notre propre vie et c’est passionnant.

    Comment une relation évolue, qu’elles en sont les conséquences ?

    De la même manière, les quatre hommes partent avec ce qu’ils croient être leur personnalité et les ingrédients violents de la montagne va nous dévoiler d’autres facettes.

     Chaque place de la cordée a un sens que chacun vit à sa manière, et les changements sont rarement les bienvenus. Quel est le rôle de chacun ? Pourquoi est-on attaché à sa place ?

    La recherche du dépassement de soi. C’est officiellement ce que les alpinistes recherchent en se lançant ces défis de toujours plus haut, toujours plus difficile, toujours plus risqué. Est-ce uniquement masculin ? N’y-a-t-il qu’en montagne que ce défi est possible ? N’avons-nous aucune occasion dans la vie de la vallée ?

    Dépassement de soi, on devrait peut-être plutôt dire, recherche de soi, ou dépassement de notre zone de confort ? Sortir de nos habitudes, casser nos raisonnements, ouvrir notre esprit, loin des pressions sociales et de celles que l’on se met soi-même.

    Vous l’avez compris, impossible de lire un livre de Thierry Ledru sans remuer ses méninges, on réfléchit sur de nombreux sujets, des sujets importants qui nous touchent tous.

    Comme dans « Vertiges », Thierry Ledru nous tient en haleine durant toute cette expédition avec un suspens incroyable, plus solide que dans de nombreux polars.

    Ses livres sont un univers, son écriture nous guide à travers des voies différentes, on en ressort différent, avec des idées nouvelles, des questions.

    Un matin (25/07) j’ai entendu à une émission sur la philosophie sur France-Inter,  l’invité dire« Les textes de Socrate incitent à la réflexion », j’appliquerais cette phrase aux livres de Thierry Ledru.

     

    noirceur-des-cimes-2.jpg

    08:17 Publié dans Le talent des autres | Lien permanent | Commentaires (0)