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Keith Jarret : The Köln concert
- Par Thierry LEDRU
- Le 05/08/2016
Il est de ces musiques qui jaillissent parfois d'une mémoire si profonde qu'on pourrait la croire perdue à tout jamais. Et il suffit de quelques notes, ranimées sans qu'on ne sache pourquoi, pour que chaque image, chaque sensation, chaque pensée se dresse comme une forêt vierge...
LES ÉVEILLÉS
27 août. Le jour de son anniversaire, dans la chambre d’hôpital, au chevet de son frère.
Ses parents lui avaient donné de quoi acheter un disque. Keith Jarret. The Köln Concert. Il en rêvait depuis longtemps.
« Vas-y mon chéri, prends ton temps, promène-toi, écoute des disques, ça fait si longtemps que tu es là. »
Cette voix adorée.
« Merci Maman. »
Il avait glissé le billet dans sa poche. Il avait embrassé ses parents.
« À tout à l’heure Christian, avait-il dit en se tournant vers son frère. Je vais chercher Keith Jarret. »
Il espérait qu’intérieurement l’évocation du piano cristallin le réjouisse, que la pureté des notes l’investisse, adoucisse ses luttes.
« T’inquiète, je te le prêterai ! »
Deux mois qu’il n’avait pas quitté son frère, deux mois qu’il n’était quasiment pas sorti de l’hôpital. Il avait veillé son frère comme on surveille une bougie et il avait fait de son amour pour lui une réserve de cire, l’interdiction de l’usure des forces, l’interdiction de l’affaiblissement de la flamme. Il ne savait pas si cela avait contribué au maintien de la lumière dans l’âme de Christian mais il percevait dans son propre espace intérieur l’émergence d’une force qui le bouleversait, une révélation dont il ne pouvait encore mesurer l’importance.
En quittant le couloir des urgences, il avait réalisé qu’il allait sortir de l’enceinte de l’hôpital.
Il s’était arrêté, le cœur battant.
Une autre vie. Un autre monde.
Des gens heureux, affairés, perturbés, inquiets, amoureux, insouciants, des voitures, des vitrines, le bruit de la ville, les couleurs, des odeurs.
Plus de murs aux peintures délavées, les effluves écœurants des désinfectants, les blouses des infirmières, les visages abattus des visiteurs, les voix mesurées ou les pleurs, le roulement des chariots, les appels dans les chambres, les sonneries sur le panneau lumineux des salles de veille, les émanations rebutantes des nourritures industrielles, les fenêtres closes, les horizons limités, le silence interminable des nuits, l’ombre invisible de la mort.
Il avait traversé le parc puis l’immense parking. Son trouble avait enflé conjointement à la rumeur des rues, à cette approche délicate, il avait pensé au prisonnier qu’on lâche dans la ville après des années d’enfermement.
Premier trottoir. Il s’était dirigé vers le centre-ville.
Un autre monde.
Il ne pouvait s’empêcher de dévisager les passants. Tous ces gens pressés qui ne savaient rien de l’hôpital, qui ne voulaient sûrement pas en entendre parler, qui géraient leurs existences agitées comme si tout devait durer.
Un groupe de jeunes croisés sur un passage piétons. Ils riaient. Il suffisait pourtant d’un chauffard pour que certaines vies s’arrêtent, que d’autres soient projetées dans un monde de douleurs, d’opérations, de rééducations, de médicaments, de dépendance, de dépressions. Ils ne savaient rien de la vie. Parce qu’ils ignoraient que la mort les guettait. Et pire que la mort encore, la souffrance. Il avait senti avec une force immense qu’il n’appartenait plus à ces groupes humains, à cette frivolité juvénile, qu’il ne pouvait plus supporter cet aveuglement entretenu, il avait eu envie de crier, de leur dire de se taire, de penser à tous les corps brisés qui luttaient jours et nuits sans connaître l’issue du combat, qui s’accrochaient désespérément au goutte à goutte suspendu au-dessus du lit, l’attente d’une opération de la dernière chance, le corps qui se morcelle, la lucidité de l’esprit qui enregistre chaque dégradation, chaque symptôme, la moindre douleur autopsiée, les médecins qui défilent avec leurs contingents d’adorateurs, leurs dossiers et leur suffisance, leur inhumanité diplômée.
Il avait baissé les yeux, il n’était plus de ce monde.
Ils mourraient tous un jour, demain ou dans vingt ans, quelle importance, la mort était déjà dans leurs cellules, elle les dévorait, insidieusement, nous n’étions jamais seul, la mort était une compagne fidèle.
Lui, il savait.
Centre-ville, rue de Siam. Il descendait vers le port militaire. Des parfums iodés. Le cri d’un goéland par-dessus les toits.
C’est là qu’il l’avait vue.
Elle marchait vers lui. Une tenue, une grâce, une fluidité qui l’avait bouleversé. Un choc inattendu, inespéré, comme si elle évoluait au cœur du monde sans en être aucunement atteinte, comme si le monde n’avait aucune emprise sur elle. Toutes les pensées avaient jailli comme un éclair, une fulgurance qui avait effacé en lui deux mois de cauchemar.
Une longue robe blanche, une chemisette bleu ciel, froissée comme du papier crépon, elle marchait les yeux baissés, de longs cheveux blonds flottant sur ses épaules, le balancement mélodieux de ses bras, la rondeur de ses seins sous le tissu, nus pieds dans des sandales à lanières qui remontaient sur ses chevilles, dix mètres, il allait la croiser, il s’était arrêté pour retarder l’échéance, le souffle coupé, plus de bruits, plus de mouvements, la ville avait disparu, il ne restait qu’une bulle protectrice, un espace protégé, elle avait levé le visage, elle l’avait regardé, la profondeur d’océan de ses yeux, immenses, bleus, lumineux, il n’avait plus bougé, catalepsie contemplative, elle avait souri, un soleil sur la peau lisse de ses joues, une fleur épanouie, le galbe rosé de ses lèvres, toute la beauté du monde, une envie immense de pleurer, de tomber dans ses bras et de pleurer, de vider toute cette horreur accumulée auprès de son frère, là, sur l’épaule de cette jeune fille, sans bouger, respirer le parfum de sa peau, s’enivrer de douceur, laisser couler les douleurs et s’abandonner à la quiétude, aucun désir, juste la paix, tout oublier.
« Bonjour. »
Elle était passée en l’enlaçant de sa voix.
Le miel de ses notes avait ruisselé en lui et s’était lové au creux de sa mémoire.
Il pourrait la retrouver aujourd’hui au milieu d’une foule, juste sa voix, deux notes comme une mélodie soyeuse, une caresse indicible, au-delà des choses connues.
Il s’était adossé à une vitrine, les jambes tremblantes, il ne savait même pas s’il avait répondu, il l’avait regardée s’éloigner, elle flottait au milieu des arabesques de sa robe, suspendue par la grâce, intouchable, intemporelle, une fée.
Un cadeau d’ange.
Retour.
Il avait acheté le disque tant désiré. Il avait demandé à en écouter les premières notes dans le magasin.
Dom… dom… dom, dom, dom…
Cristallin.
Les bâtiments de l’hôpital. Si grands.
Il s’était arrêté dans la traversée du parking. Il avait levé les yeux.
Combien d’âmes en souffrance, combien de corps brisés, de vies sur le départ ? Certains en sortaient, aussitôt remplacés, certains y restaient, on les descendait à la morgue, la famille venait chercher le corps, une camionnette noire, le cimetière, des fleurs, des prières, le trou dans la terre, les proches qui pleurent.
Évaluer le nombre de fenêtres. Le nombre de patients. Deux par chambre, le plus souvent.
Combien allait mourir avant la fin de la journée ?
Il avait repris son avancée vers la ligne de front, le couloir d’entrée des urgences puis l’escalier vers le service de neurochirurgie.
Les cris, les pleurs, les drames, les horreurs, tout était contenu dans les murs blancs, il le sentait, rien ne disparaîtrait jamais, il faudrait raser et brûler chaque pierre, tout réduire en poussière puis tout disperser dans l’océan.
La jeune fille flottait dans son âme.
Elle dansait sur les notes de piano.
La grâce d'un ange.
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Apprentissage de la norme
- Par Thierry LEDRU
- Le 05/08/2016
Brain Games : Une expérience sociale folle sur l'influence du groupe
Comment naît une norme sociale ? Sommes-nous si influençables ? Une caméra cachée folle et géniale de Brain Games refait surface et nous interroge.
Par Harold Paris -
Voici une vidéo particulièrement étonnante qui est en train de refaire surface sur Facebook. Celle-ci présente une expérience sociale réalisée en caméra cachée dans le cadre de l’émission Brain Games sur le National Geographic Channel.
Pour cette expérience, un groupe de complices est installé dans une salle d’attente. À chaque retentissement d’un « bip », le groupe se lève et se rassoit. Rapidement, ils sont rejoints par une femme qui s’apprête à être piégée.
Tout d’abord perplexe, la jeune femme va rapidement se conformer aux actions du groupe… et ce n’est pas tout. Regardez (la vidéo est en anglais, les explications sont juste en dessous).
Au bout de 3 sonneries, alors qu’elle ne sait absolument pas pourquoi elle le fait, la jeune femme se met à se lever avec le reste du groupe. Cela ne vous arriverait sans doute jamais, non ? Et pourtant…
La vidéo prend alors une tournure encore plus hallucinante. Au fur et à mesure, les complices sont appelés un par un et quittent la salle. Ceux qui restent continuent leur manège… jusqu’à ce que la femme se retrouve seule (vers 1:00), toujours filmée. Une nouvelle sonnerie retentit et la femme continue de se lever et se rasseoir !
Crédit photo : Joe Gabriel / Vimeo -
Le dilemme du prisonnier
- Par Thierry LEDRU
- Le 05/08/2016
Deux suspects sont arrêtés par la police. Ils sont coupables mais les agents n'ont pas assez de preuves pour les inculper.Ils les interrogent séparément et leur font à chacun la même proposition.
«Si tu dénonces ton complice et qu'il ne te dénonce pas, tu seras remis en liberté et l'autre écopera de 8 ans de prison.Si tu le dénonces et qu’il en fait autant, vous écoperez tous les deux de 5 ans de prison.
Si personne ne se dénonce, vous aurez chacun 1 an de prison. »
Les prisonniers, ne pouvant communiquer entre eux, réfléchissent chacun de leur côté.
« Dans le cas où il me dénonce et que de mon côté je me tais, je prends 8 ans de prison.S’il me dénonce et que j’en fais autant, je ne ferai plus que 5 ans.
Dans le cas où il ne me dénonce pas et que je me tais, je prends 1 an de prison mais si c’est moi qui le dénonce, je serai libre.
« Quel que soit son choix, j'ai donc intérêt à le dénoncer. »
Si chacun des complices fait ce raisonnement, les deux vont probablement choisir de se dénoncer mutuellement, ce choix étant le plus rationnel, c'est-à-dire excluant au mieux les incertitudes.
Conformément à l'énoncé, ils écoperont dès lors de 5 ans de prison chacun.
Or, s'ils étaient tous deux restés silencieux, ils n'auraient écopé que de 1 an chacun.
Ainsi, lorsque chacun poursuit son intérêt individuel, le résultat obtenu n'est pas optimal.
C'est même dans ce cas le plus mauvais résultat collectif (obtenu en additionnant les années de prison des deux prisonniers.)
Cette histoire illustre bien ce que peut être l'enfermement dans le mental.Isolé et ne disposant que de son raisonnement pour tenter de minimiser sa peine, chaque prisonnier se condamne au plus mauvais choix.
Pour véritablement minimiser sa peine, il lui manque quelque chose qui n'est pas du domaine du raisonnement, mais de l'ordre de la confiance en son complice.
Bien entendu, au cinéma, si le rôle d’un des malfaiteurs est joué par Robert de Niro, il ne dira rien et prendra huit ans étant donné que son complice le « balancera. » :)
Qu’en est-il maintenant si au lieu de prendre en exemple des malfaiteurs qui tentent de s’en sortir au mieux, on extrapole cette problématique du dilemme à l’individu au sein de la société humaine d’un côté et du phénomène vivant à l’échelle de la Terre.
Personne n’est « coupable » d’actes répréhensibles au regard de la loi humaine mais chacun est plus ou moins responsable des effets délétères sur le vivant.
La « réflexion » de base est que chacun profitant du système, il n’y a pas de raison que je n’en fasse pas autant.
Pourquoi est-ce que je me priverai de ce qui est proposé à la masse ?
Cette attitude n’est possible qu’au regard de l’absence de prise en considération de la vie elle-même.
Ces derniers jours, la chaleur ambiante amenait un grand nombre d’automobilistes à rouler avec les vitres fermées et la climatisation en marche. Climatisation dont on connaît les effets néfastes sur l’atmosphère et le réchauffement climatique.
Chacun est donc « prisonnier de la chaleur » et choisit la voie technologique dont la masse dispose pour se « libérer » même si cela condamne tous les autres. L’important pour chacun étant de ne pas souffrir dans l’instant même si cela renforce la gravité de la peine à long terme.
L’absence de culpabilité ou de conflit moral vient de ce que chacun profite simplement de ce qui lui est proposé, sans en être « l’instigateur » et du fait que tout le monde agit de la même façon. (Ce qui est faux bien entendu mais juste déculpabilisant.)
Autre exemple : l’alimentation et la situation de l’animal.
Le régime omnivore étant considéré comme la « norme », (la norme représentant l’enceinte carcérale…), chacun se libère de la culpabilité de la souffrance animale en arguant le fait que cette norme, si elle existe, est fondamentalement justifiée et incontournable. Fin de la réflexion.
L’exploitation animale à des fins alimentaires est un des facteurs les plus aggravants de l’équilibre de la planète.
C’est une réalité, un fait éprouvé.
Oui, mais « tout le monde fait comme ça depuis toujours donc il n’y a pas de raison que je n’en profite pas. »
On est donc ici dans le cas des prisonniers qui nient les actes répréhensibles de leurs "complices" pour pouvoir continuer à profiter eux-mêmes du système.
La norme les déresponsabilise intégralement.
C’est le même phénomène qui poussent des millions de consommateurs à se ruer dans les magasins à l’ouverture des soldes jusqu’à se battre si nécessaire pour obtenir leurs biens. Ils sont prisonniers d’un système qui les conduit à la folie mais il leur serait plus insupportable encore de savoir que d’autres prisonniers en profitent et pas eux.
La pokémania actuelle agit sur le même principe. Le phénomène de masse n’existe pas a priori. Il sera généré par les tenants du marketing et une fois lancé, il s’entretiendra de lui-même en rameutant toujours plus de prisonniers.
Le jeu n’existerait pas si l’idée de compétition n’était pas considérée comme la norme… Le système scolaire et tout le système économique sont évidemment passés par là pour asseoir la norme dans l’esprit des individus.
On me dira qu’il n’y a pas d’impact sur le vivant et je répondrai alors que l’extraction des « terres rares » pour la fabrication des microprocesseurs a un impact redoutablement destructeur sur la planète. (Mon ordinateur portable en contient aussi…)
On ne connaît pas réellement les effets des ondes à long terme.
On peut juger par contre très facilement des effets sur les liens humains à travers ce jeu…
Sans parler bien entendu des effets abrutissants sur la sphère intellectuelle…Mais existe-t-elle encore ?
On pourrait trouver des milliers d’exemples dans lesquels le dilemme du prisonnier prend forme. Mais il est une conclusion qui s’impose dans de nombreux cas : La sphère égotique l’emportera dans la majorité des cas avec, de surcroit, une bénédiction du système économique qui se nourrit bien évidemment de cette absence de considération de la sphère commune.
Chaque prisonnier cherchera le meilleur pour lui.
C’est la norme.
Une norme qui mène la plus grande partie de l’humanité à la dévastation du phénomène vivant, du plancton à l’atmosphère. Dévastation planétaire qui est le reflet de la dévastation intérieure de l’humain.
Alors maintenant se pose la question de l’avenir de l’Humain.
Pour avancer lucidement dans la voie de l’éveil des consciences, il faut avant tout prendre en considération le fait que le groupe humain ne peut pas évoluer en se posant comme juge et partie, c'est-à-dire sans octroyer à la Terre ce statut d’être vivant nécessaire à la mise en place d’une « table ronde » (et non d’un « tribunal »)
Ma réflexion n’a aucun intérêt en soi tant qu’elle n’est reçue que comme une forme d’opposition à la norme car l’humain qui se sent visé entrera dans une posture défensive qui ne résoudra rien.
Il faut donc qu’une autre entité intervienne pour passer de deux points symétriques qui s’opposent à la formation d’un triangle afin de briser dans l’œuf les habitudes d’opposition des deux parties.
Le phénomène vivant, à l’échelle de la Terre, est à mes yeux, le sommet du triangle. Tant que cette entité ne sera pas conscientisée dans l’esprit de chacun, l’humanité continuera à vivre au-delà de ses moyens, dans la folie individuelle de la norme.
Nous sommes "prisonniers" d'une norme destructrice.
Ceux qui l'acceptent veulent juste continuer à en bénéficier, c'est à dire à rendre la "peine" la plus douce possible.
Ceux qui la dénoncent sont déconsidérés par ceux qui se sentent jugés et on peut s'interroger sur les effets positifs de ces "conflits d'idées " sur l'ensemble de l'Humanité.
Il manque donc à mes yeux un intervenant supplémentaire qui viendrait apaiser les tensions par sa présence : la Terre.
Celle que les Peuples Premiers appellent notre Mère.
Celle que les esprits religieux ont nommé Dieu.
Une entité vivante sur laquelle nous évoluons. Non pas juste un territoire à exploiter mais un partenaire d'existence.
Si la réflexion de chaque "prisonnier" s'établit dans cette dimension spirituelle, on peut imaginer que les décisions de chacun évolueront de façon à ce que la Vie perdure.
De toute façon, il s'agira à un moment donné d'un choix délibéré ou d'une obligation vitale selon le temps que ça prendra.
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Respiration de cohérence cardiaque
- Par Thierry LEDRU
- Le 01/08/2016
NETTOYAGE DES MÉMOIRES PSYCHOSOMATIQUES
Méditation : Vers la cohérence cardiaque.
L’exercice dit de COHÉRENCE CARDIAQUE expliqué
Par Dacheng le vendredi 22 avril 2016, 22:00 - Nettoyage des mémoires psychosomatiques- Lien permanent
Celui-ci consiste à respirer « profondément » environ 18 fois, 18 cycles inspire/expire (5 secondes/5 secondes) durant 3 minutes. Cela donne le rythme de base de la respiration profonde. On peut le faire en conduisant et dans toute activité de la vie quotidienne. L’idéal serait de pratiquer pendant 20 minutes par jour.Cela va favoriser un équilibre des systèmes sympathique et parasympathique (yin/yang, le "sourire intérieur" de la médecine chinoise) Le résultat est une harmonisation cœur/cerveau c’est la cohérence cardiaque, la régularisation des différentes fonctions corporelles tels que les systèmes nerveux, immunitaire, cardiaque, respiratoire, digestif ainsi que la tension artérielle et mentale.
C'est l'explication des bienfaits des méthodes et exercices de méditation, relaxation, du qi gong, des postures de santé, etc. C’est une prévention contre les maladies et un ralentissement du vieillissement C'est se soigner gratuitement sans médicaments, de façon autonome
C'est cela la respiration consciente C'est cela être ici et maintenant C’est cela s’aimer soi-même
Au bout de quelques minutes de pratique, avec la sensation de bien-être, le sourire apparaît sur notre visage naturellement...
Les nerfs des systèmes nerveux sympathique et parasympathique constituent le système nerveux végétatif (ou autonome) qui est responsable des fonctions automatiques de l'organisme (par exemples digestion et transpiration). Par leurs actions opposées, les systèmes sympathique et parasympathique contrôlent l'activité de plusieurs organes et fonctions. Leurs cellules nerveuses (neurones) innervent les cellules des muscles lisses (présents dans la paroi de nombreux organes), du muscle cardiaque, des glandes et des cellules du système immunitaire.
Le système nerveux sympathique
L'activation du système nerveux sympathique prépare l'organisme à l'activité. Devant un stress important, il orchestre la réponse de fuite ou de lutte. Il dilate les bronches, accélère l'activité cardiaque et respiratoire, augmente la tension artérielle, dilate les pupilles et augmente la transpiration. Il diminue l'activité digestive. Ce système est associé à l'activité de deux neurotransmetteurs: la noradrénaline et l'adrénaline.
Le système nerveux parasympathique
L'activation du système nerveux parasympathique amène un ralentissement général des fonctions de l'organisme. Le rythme cardiaque et l'activité respiratoire sont ralentis et la tension artérielle diminuée. La fonction digestive et l'appétit sexuel sont favorisés. Ce système est associé au neurotransmetteur acétylcholine.

La discussion continue ailleurs
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"Casques Bleus spirituels"
- Par Thierry LEDRU
- Le 01/08/2016

Dans cet ouvrage, "Aux origines de la vie", Marcel Locquin retrace chronologiquement toutes les étapes de l'évolution depuis "l'océan d'énergie indifférencié" jusqu'à "l'homme pensant".
L'ontogenèse récapitule la phylogenèse.
"Notre intelligence biologique régresse car elle a perdu ses racines du fait de l'urbanisation qui a coupé l'homme des réalités naturelles de son environnement. Il doit dont réfléchir au fait qu'un individu, où qu'il vive, récapitule au cours de ses développements toutes les étapes parcourues par ses ancêtres mais en accéléré."
De la préhistoire du nouveau-né à l'époque contemporaine de l'âge adulte.
Mais il arrive par conséquent, comme dans toutes périodes évolutives, un point ultime que la vie peut dépasser.
Si je considère que l'âge contemporain qui a vu l'évolution d'une grande partie de l'Humanité prend sa source avec la "révolution industrielle", je peux voir les individus constituant cette Humanité comme les extensions de ce progrès technologique qui contribue désormais à la destruction planétaire de la vie au regard de l'exploitation éffrénée des ressources. Les dégâts collatéraux concerne désormais l'ensemble de la chaîne du Vivant, du plancton à l'atmosphère.
Mais simultanément, ce progrès technologique a créé une extension de la communication qui elle aussi est devenue planétaire. Les réseaux sociaux représentent donc aujourd'hui la possibilité de l'émergence d'une conscience unifiée sur un plan informatif.
L'évolution de cette conscience prend une forme de plus en plus spirituelle à travers l'importance prise par l'observation interne de chaque individu et le partage grandissant de cette observation existentielle.
Il apparaît donc que les individus détiennent l'énergie permettant de franchir un nouveau palier s'ils prennent conscience de l'importance et de l'urgence de cette évolution spirituelle.
Il ne s'agit pas uniquement d'évoluer favorablement dans sa propre existence mais d'en référer à l'ensemble des individus susceptibles de participer à ce mouvement. Non pas dans une intention égotique de servir de modèle ou de référence mais par un simple et spontané amour envers cette Humanité.
Je n'aime pas ce que font la plupart des hommes ou femmes politiques, la plupart des financiers, la plupart des industriels, la plupart des chimistes, des techniciens etc etc mais je ne peux pas condamner l'intégralité de ces diverses sphères économiques ou technologiques dans un mouvement de colère qui ne ferait que générer un état dépressif alors que je profite, moi aussi, de tout ce qui a été créé par ces hommes et ces femmes. Il existe des milliers d'exemples positifs dans l'évolution de l'Humanité.
Il convient donc d'en extraire, non seulement ce qui se révèle destructeur mais également ce qui contribue à une évolution favorable à l'émergence d'une nouvelle ère.
Il ne s'agit pas pour chaque individu d'attendre qu'une évolution se fasse mais de déclencher en soi cette évolution et de la partager.
L'ensemble ne transforme pas l'entité unique ; c'est l'inverse qui se produit.
Chaque entité unique engagée dans un mouvement commun génère une évolution. Il n'y a pas d'évolution spontanée jaillie de nulle part.
Un ciel bleu ne se couvre pas en un instant de nuages jaillis du néant ; c'est l'accumulation d'entités nuageuses individuelles qui finit par emplir le ciel. Il aura fallu au préalable que s'enclenche le cycle de l'eau pour que la bénédiction de la pluie participe à la vie.
L'évolution spirituelle de l'Humanité est une accumulation de nuages nourriciers. Leur multiplication contribuera à ce dispersement prolifique des idées comme des pluies salvatrices.
On pourrait imaginer dans un registre similaire des champs de fleurs qui dispersent leurs pollens.
Qu'en est-il dès lors de ce partage ? Quel doit être son contenu? Quelle forme doit-il prendre ?
Il est évident que l’information doit être entière et non sélectionnée en fonction d’une intention qui deviendrait parcellaire et limitante…
Informer sur l’état de la planète, l’épouvantable maltraitance animale, la dévastation des forêts primaires, l’extinction effroyable des espèces, les drames humains et tout le contingent quotidien de souffrances est une nécessité.
S’arrêter là serait une erreur terrible puisque cela insérerait dans la conscience des individus une idée très sombre de l’évolution et on ne peut que craindre les effets de cette noirceur planétaire sur le Vivant.
Quelle évolution pourrions-nous attendre en sombrant continuellement dans le désespoir ?
Les réseaux sociaux doivent donc proposer des alternatives, non pas pour critiquer uniquement une société perverse mais pour bâtir un autre processus.
"On ne change jamais les choses en combattant la réalité existante. Pour changer quelque chose, construisez un nouveau modèle qui rendra inutile l'ancien." Buckminster Fuller
La multiplication des sites, blogs, forums et autres supports explorant la dimension spirituelle, réflexive et agissante, est une nécessité qu'il faut développer, encore et encore.
C'est là que prend forme la clé permettant d'ouvrir la porte d'un nouvel horizon.
Les individus, qui par le mimétisme de l'insignifiance matérialiste, se contentent de succomber béatement aux mirages d'un monde moderne qui se pense éternel ne doivent pas être combattus comme des adversaires car cela contribuerait à l'épuisement de l'énergie spirituelle réflexive et agissante. Et il est fort probable que ceux-là ne changent en rien leurs comportements mais qu'au contraire ce "conflit" les renforce dans leurs errances.
Le guerrier qui lutte n'a aucune disponibilité pour bâtir un monde meilleur. Il obéit aux ordres et s'efforce de survivre.
Ceux qui ont eu la chance ou la force de se tenir à distance des champs de bataille peuvent de leur côté construire cette alternative qui à travers l'extension des partages contribue à agrandir "l'armée" des constructeurs d'un autre monde.
Comme des "casques bleus spirituels."
Regarder loin devant, chacun pour soi et se retrouver tous ensemble dans un horizon unifié.

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Douleurs fantômes : INREES
- Par Thierry LEDRU
- Le 31/07/2016
Magazine » Enquêtes
Douleurs fantômes
Des amputés se plaignent d’avoir mal aux membres qu’ils n’ont plus.
Et si ces douleurs fantômes s’expliquaient par l’existence de corps subtils résiduels ?Vous bénéficiez de cet article car vous êtes abonné à « INREES Family »
A la suite d’un accident, Ursula Lemarchand, comédienne, est amputée des 2 bras. Comme 80 % des personnes ayant perdu un membre, elle se retrouve avec des sensations étranges et parfois douloureuses jusque dans les doigts qui pourtant n’existent plus. « Je ressens mes bras comme s’ils étaient encore là. Au début, j’avais même l’impression de pouvoir bouger mes doigts. Déjà, c’est déroutant en soi mais le problème c’est surtout les douleurs fantômes. Cela fait comme des décharges électriques.» Comment est-il possible de ressentir une partie anatomique physiquement absente ? Surtout, comment soigner quelque chose d’impalpable ?
Curieusement, des pistes prometteuses pourraient se trouver du côté des corps subtils. À l’IRMA (l’Institut Robert Merle d’Aubigné), le plus grand centre européen de rééducation pour amputés, la méthode Surrender produit des résultats étonnants dans le traitement des douleurs fantômes. Cette approche d’inspiration ostéopathique, fondée par l’ancien comédien Seymour Brussel et le Dr Rodolphe Meyer, vise à stimuler nos capacités de régulation jusque dans nos champs énergétiques, immatériels.
De mystérieuses douleurs
Décrites dans la littérature médicale dès le XVIe siècle par Ambroise Paré, les douleurs neuropathiques dites fantômes, sont un casse-tête. La science explique que puisque la zone du cerveau correspondant au membre perdu, elle, ne disparaît pas, le système nerveux agit comme si le membre était encore là. Le corps médical propose alors soit une forte sédation médicamenteuse, soit parfois une « thérapie par le miroir ». Cette dernière consiste à leurrer le cerveau en faisant se refléter par un système de miroirs le membre existant à la place du membre manquant. Le système nerveux central pense que la partie amputée existe encore et cela le calmerait. Cette approche procure un soulagement pour beaucoup. Cependant, elle ne peut par exemple pas s’appliquer à Ursula qui a perdu ses 2 bras. Il faudrait qu’elle en ait encore au moins un pour pouvoir créer un reflet à la place de l’autre.
L’explication purement neuronale des douleurs fantômes est-elle suffisante ? Pas sûr. Déjà, les découvertes récentes en neurosciences ne valident pas entièrement la correspondance des parties du corps avec une zone précise du cerveau. Son fonctionnement serait beaucoup plus complexe et plastique que cela. Par ailleurs, des facteurs plus subjectifs, comme les circonstances extérieures et les états émotionnels du patient, semblent largement moduler ces sensations.Il y a une vraie composante psychologique dans les douleurs fantômes.
« Il y a une vraie composante psychologique dans les douleurs fantômes. Quand les gens sont stressés, angoissés, la douleur augmente », souligne le Dr Christophe Pham, médecin rééducateur, ancien chef de l’unité d’appareillage à l’IRMA. Ainsi, le phénomène ne serait pas seulement créé dans le cerveau. Si celui-ci reste le support activé selon les circonstances, la source des stimuli pourrait se trouver ailleurs.
Des corps énergétiques ?
« Rien ne se produit dans la nature sans échange énergétique et il n’y a aucune exception à cette règle. Cela n’a rien de mystique, c’est maintenant largement démontré par la science », informe le Dr James Oschman, auteur de Energy Medicine, The Scientific Basis. Nous le savons maintenant : le cerveau communique notamment via son champ électromagnétique, qui dépasse largement la boîte crânienne. Par ailleurs, l’institut HeartMath aux États-Unis a aussi mesuré le champ électromagnétique du coeur : il s’étend sur un rayon de plus de 3 mètres, donc bien au-delà du corps physique. Sommes-nous entourés d’« enveloppes énergétiques » réellement effectives ? La notion de corps immatériel a été envisagée par de nombreuses cultures depuis des milliers d’années. Les textes védiques notamment font état de structures auriques de plus en plus subtiles autour du corps physique. Ces enveloppes communiqueraient constamment avec notre biologie. Plus récemment, la photographie Kirlian, technique découverte en 1939, puis la caméra GDV (pour gas discharge visualization) du Dr Konstantin Korotkov, ont produit des clichés qui semblent révéler au moins une partie de cette énergie maintenant mesurée par la science.
Incidemment, ces dispositifs montrent que lorsque nous enlevons une feuille sur une plante, un champ énergétique de la forme de la feuille persiste pendant un certain temps. Une trace énergétique semble se maintenir bien que la manifestation physique ne soit plus présente. Les êtres humains seraient-ils sujets au même phénomène résiduel ? « Au vu de notre pratique clinique, c’est une évidence », affirme Seymour Brussel. « Il y a une énergie qui est toujours là, c’est sûr, je le sens. Mes prothèses sont en plastique, elles ne me donnent aucune sensation tactile. Pourtant, lorsque quelqu’un me prend la main, je le ressens vraiment », atteste Ursula Lemarchand. Au début, ses amis s’amusaient même à lui toucher les doigts sans qu’elle ne les voie, mais la jeune actrice réagissait bien souvent. Autre phénomène étrange, Ursula raconte qu’après son accident, elle s’est sentie comme « décalée » de son corps physique, « au point que, quand j’étais allongée au centre de la table de soin, j’avais l’impression que j’étais au bord et que j’allais tomber », détaille-t-elle. Pour Seymour Brussel, le phénomène n’est pas rare enJe vois souvent des gens qui sont désaxés énergétiquement après des traumatismes.
cas de choc. « Je vois souvent des gens qui sont désaxés énergétiquement après des traumatismes. On pourrait dire que leur corps énergétique est à côté de leurs baskets », sourit l’ancien comédien.
Rééquilibrer le subtil
Ainsi ces champs résiduels pourraient être une des causes des douleurs fantômes. « Tout porte à penser que le champ énergétique est encore perturbé par l’absence du membre », suggère Seymour Brussel. En travaillant sur les fluides et l’énergie du corps, la méthode Surrender vise alors par effet de ricochet à stimuler les capacités d’autoguérison chez ses patients, à tous les niveaux de l’être jusqu’aux plans les plus immatériels. « Le thérapeute va intentionnellement dynamiser le champ du patient. Cela va déclencher des réactions naturelles d’harmonisation énergétique, y compris à l’endroit impalpable de l’amputation. Petit à petit, un rééquilibrage se fait et la douleur disparaît », détaille Seymour Brussel.
S’il est difficile d’objectiver une telle hypothèse, les résultats eux, sont bel et bien là. La méthode est saluée par les professionnels et les patients. « Avec la thérapie par le miroir, la sensation du membre va rétrécir jusqu’à ce que les orteils ou les doigts soient ressentis au niveau du moignon puis disparaissent. Avec la méthode Surrender, c’est plutôt comme si les gens ressentaient pleinement le champ de leur membre, mais sans la douleur », rapporte le Dr Pham. Un avantage ? Les prothèses nouvelle génération se branchent maintenant sur les nerfs de la personne de manière à ce qu’elle puisse les actionner directement. « Si les gens arrivent à pleinement sentir le champ de leur membre, ils bougeront mieux leur prothèse », souligne le médecin. Que penser alors des greffes d’organes ? Seymour Brussel avance qu’une harmonisation entre le corps du patient et la greffe pourrait éviter de nombreux rejets. « Surtout que dans ce cas-là, l’organe possède lui aussi son propre champ et donc la mémoire de l’ancien corps. Il est judicieux de faire en sorte que tout le monde s’entende », soutient le médecin. De son côté, Ursula Lemarchand a su rebondir. La Princesse sans bras, spectacle qu’elle a écrit en centre de rééducation, rencontre un grand succès. La morale de l’histoire ? « Peu importe les difficultés que nous pouvons rencontrer dans la vie, nous pouvons tous être heureux », conclut-elle.
Amputée des bras, Ursula Lemarchand, princesse de l'espoir
Publié le jeudi 17 mars 2016 à 19:02 par Texte : Julien SOYER. .
Actualités / France /

Après son terrible accident de métro et sa dépression, Ursula pétille à nouveau de vie. © Marc ROGER.
Amputée des deux bras en décembre 2013 après un accident sur une voie de métro, Ursula Lemarchand, 25 ans reprend aujourd'hui le Cours Florent. Une évidence pour cette comédienne angevine qui a retrouvé le goût de la vie grâce au théâtre. Cette passion lui permet de véhiculer des messages forts et de susciter l'espoir.
Elle rayonne, Ursula. Est-ce le soleil de cette mi-mars qui inonde sa maison, au Marillais (Maine-et-Loire), entre Ancenis et Angers ? Ou ce rire qui illumine son doux visage, enveloppé dans une longue et délicate chevelure blonde ? La jeune femme de 25 ans est heureuse : ce mercredi, elle repart à Paris. Direction le Cours Florent, cette célèbre école de théâtre d'où sont issus Isabelle Adjani, Emmanuelle Devos, Daniel Auteuil ou encore Vincent Elbaz.
Il ne lui reste qu'un petit pas à franchir : le dernier module de sa formation consacré à la mise en scène. « Je ne ressens aucune pression car je sais que je peux vivre de mon métier. Mais ça me paraît indispensable d'être diplômée. » Et puis, le thème sur lequel elle doit plancher - « l'espoir » - lui parle particulièrement.
Ursula Lemarchand est une rescapée. À l'âge de 4 ans, elle a manqué de se noyer. En décembre 2013, c'est un métro qui a failli mettre fin à ses jours. « Heureusement, le chauffeur, que j'ai revu il y a peu de temps, a eu le réflexe de couper l'électricité avant que je ne tombe sur la voie. Il m'a sauvé la vie », sourit-elle, sans s'étendre sur les circonstances du drame.
Ce petit bout de femme coquette et dynamique doit être amputé des deux bras. Il lui faut plusieurs jours pour encaisser la nouvelle - « Je croyais être dans un cauchemar» - et environ un mois pour parler d'avenir. « Heureusement, j'avais la famille idéale pour surmonter cette épreuve. Ma mère et Berthille, ma jeune soeur, esthéticiennes, ont su soigner mon apparence pour me prouver que je restais belle. Mon père et Anaïs, ma soeur aînée, à qui j'ai quand même demandé de m'aider à mettre fin à mes jours, m'ont, eux, convaincue, que j'avais encore plein de belles choses à vivre. »
Tout est à réapprendre : manger, marcher et muscler le haut du corps pour supporter les prothèses de trois kilos chacune. Un travail facilité par son passé de danseuse classique et son goût pour la course à pied. Mais « son handicap n'a en rien altéré son jeu et sa prestance sur scène, estime Laëtitia, son ancienne colocataire, comédienne aussi. Elle conserve un large et beau répertoire. »
Elle écrit avec ses doigts de pied
« Depuis toute petite, elle s'illumine sur scène », raconte son père, Bruno. Cette passion la guide depuis la classe de seconde. Fan de Molière, elle est également fascinée par Salomé d'Oscar Wilde et Penthésilée de Heinrich von Kleist. Mais la scolarité est difficile. « Le déclic est arrivé lorsqu'un lycée, à Bressuire (Deux-Sèvres), a accepté malgré un bulletin peu valorisant, de la prendre en 1re L, option théâtre, raconte son père. Elle a alors éclos. » Jusqu'à intégrer le prestigieux Cours Florent.
Impossible pour Ursula, surnommée Vénus, de ne pas remonter sur les planches, malgré le handicap. La reconstruction passe par le rire. « On a très vite essayé de dédramatiser par l'humour, se rappelle François, un autre copain de promo. Via des expressions concernant les bras et les mains. Elle adorait aussi secouer ses deux pieds pour nous dire à demain. » Ses doigts de pieds avec lesquels elle écrit, sur son lit d'hôpital, un conte pour enfants intitulé La Princesse sans bras, dont elle sera l'héroïne.
L'histoire : née sans bras, une princesse rejetée par sa mère décide de quitter le château familial pour trouver la fée qui exaucera son voeu le plus cher : retrouver ses membres manquants. Un voyage initiatique au cours duquel la princesse multiplie les rencontres. Toutes sont inspirées par des personnes qu'Ursula a croisées durant son hospitalisation et son long séjour au centre de rééducation de Valenton, dans le Val-de-Marne.
« Ce projet a occupé 100 % de son temps. Elle l'a écrit, l'a mis en scène et a cherché les costumes, admire son père. Un moteur lui permettant d'oublier son handicap et de tourner la page. » Sans doute un peu trop vite. « Ursula a la particularité de mettre toute son énergie pour atteindre ses objectifs, reprend son père. C'est une force... Mais aussi une faiblesse car elle peut en oublier les limites de son corps. »
Épuisée par le rythme effréné pour tenir les dates de la pièce jouée une quinzaine de fois dans des salles accueillant jusqu'à 1 200 spectateurs, la jeune femme subit une dépression post-traumatique violente entre septembre 2015 et janvier 2016. Une rechute qui permet, enfin, d'intégrer son handicap. « Elle reste une bosseuse acharnée très pro, mais je la trouve plus lucide », juge François.
Idéal pour aborder sereinement ses projets futurs : nouvelle pièce, peinture, préparation d'un semi-marathon... Ursula entend continuer à croquer la vie à pleines dents.
Julien SOYER
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JUSQU'AU BOUT : La force en soi
- Par Thierry LEDRU
- Le 31/07/2016

"JUSQU'AU BOUT"
Il sortit et reçut la lumière du soleil comme un don.
Il quitta son sous-pull. Son torse devait se nourrir des ondes divines. Il aurait aimé courir nu mais les esprits pervers n’auraient pas compris.
Il partit sur la route.
Dès les premières minutes, il chercha à se concentrer sur le rythme de ses foulées, la musique de son souffle et de ses pas, le tempo de son cœur, se coupant du monde extérieur, n’acceptant que les rayons solaires et la brise fraîche, sans objectif précis, il s’enfonça dans les forêts, traversa le plateau granitique de la Pierre Levée, suivit un temps le ruisseau du Ninian, rejoignit une route qu’il ne chercha pas à reconnaître, refusant de construire un parcours, limitant le travail de son esprit à la précision de ses gestes et quand il sentit que les muscles des jambes durcissaient, que le ventre et le dos supportaient de plus en plus difficilement les chocs répétés, il s’interdit de penser à un probable retour et, peu à peu, il sentit s’installer en lui la mécanique hypnotique de la course, s’engloutissant à l’intérieur de lui-même, insensible à toutes les sensations extérieures, ne vivant que dans l’infini profondeur de son propre abîme, il ne distingua de son corps que le passage rapide devant ses yeux d’un pied puis d’un autre, le premier disparaissant, immédiatement remplacé par le second et cela sans fin, et il trouva magnifique la mélodie répétitive de ses pas sur le corps de la Terre, comme des étreintes répétées, un don d’énergie partagée, il buvait à la source de vie et s’enivrait de jouissance, cette alternance rapide et saccadée et cette absence de volonté, le corps agissant indépendamment de tout contrôle, sans crainte et donc sans fatigue, le cerveau, submergé de douleurs ayant abandonné l’habitacle, s’évaporant dans un ailleurs sans nom, il la trouva magnifique cette musique en lui, chaque foulée se répercutant dans l’inextricable fouillis de ses fibres musculaires, dans les souffles puissants jaillissant de ses poumons vivants, comme une alarme infinie qui retentit, un appel à la vie, un cri de nouveau-né qui emplirait le ciel et gonflerait les nuages, ses perles de sueur comme des semences inondant la Terre, les râles de sa gorge comme des mots d’amour et il comprit pleinement, par-delà les pensées, que les poumons, le cœur, le sang et les cellules n’existaient que dans ces instants d’extrême exploitation, que les jours calmes étaient des jours morts, des jours sans éveil, des jours d’abandon et de faiblesse, des heures disparues dans le néant de la mort, des pourritures rongeant l’extase, des impuissances de verge éteinte, des mollesses de cadavres agités dans l’attente des vers, c’était inacceptable et il ne l’accepterait plus, sa vie devait être comme cette course, sans cassure, sans déchet, sans seconde évaporée, un cri de vie dans le silence des cimetières, une rage aimante comme un hommage, il plongerait son âme dans le calice du monde jusqu’à noyer les derniers résidus des morales apprises, il couvrirait la Terre de son corps embrasé, il emplirait le vide de son amour enflammé, il sentit les larmes couler, c’était si beau ce moment de vie, enfin la vie.
Il courut si longtemps qu’il ne sut pas quand il rentra."
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Jarwal le lutin : Au-delà des formes
- Par Thierry LEDRU
- Le 28/07/2016

Il semble que ça soit trop compliqué pour de jeunes enfants. Des réflexions qui les dépassent et qui ne font pas partie de leurs préoccupations. C'est curieux mais quand je lis ça, j'entends surtout des adultes qui ont oublié les questions qu'ils se posaient quand ils étaient enfants.....
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JARWAL LE LUTIN, tome 3
« Je sais que tu avais raison Gwendoline. Il faut rejoindre les Kogis et voir ce qu’ils peuvent faire pour moi. Je ne dois pas abandonner et partir. C’est comme si je laissais ce Jarwal sur place et ne rentrait qu’avec un fantôme. Mon histoire est ici et c’est ici que je dois la retrouver. »
Elle l’embrassa sur le front. Juste un baiser plein de tendresse.
Léontine bourdonnait de bonheur autour d’eux.C’est là qu’ils virent certaines fougères bouger étrangement. Comme un roulis, une houle de frissons, un frémissement continu. Ils se levèrent et reculèrent de quelques pas. Les sens aux aguets.
Sous leurs yeux ébahis, des formes s’agitèrent, une myriade de petits êtres couverts de feuillages, des fougères qui n’en étaient pas, une apparition stupéfiante. La troupe se plaça devant eux. Des corps envahis de végétation mais pourtant une forme bien identifiable. Pas plus haut que le chapeau pointu de Jarwal. Des branchages pour membres, des tiges garnis de jeunes pousses, des feuilles, des plantes, des mousses, un amalgame hétéroclite, comme un collage anarchique, mais un visage souriant et des yeux lumineux, parfaitement visibles dans l’imbroglio végétal, des prunelles luisantes comme des soleils.« Ah ! L’amour, on ne peut y résister, annonça en sautillant un des petits êtres.
-C’est vrai, c’est tellement bouleversant, enchaîna un deuxième.
-Le seul phénomène qui puisse nous pousser à nous montrer, renchérit un troisième. »Des bonds qui accompagnaient chaque parole, une frénésie joyeuse, une danse pétillante.
« Qui êtes-vous ? demanda Gwendoline qui ne lâchait pas la main de son lutin hagard.
-Nous sommes la Vie, comme toi ! » lança le plus impétueux.Des éclats de rires dans l’assemblée, des cabrioles et des roulades, des individus qui se trémoussaient en mêlant leur verdure, des galipettes et des embrassades, une agitation paroxystique.
« La Vie, nous sommes la Vie, la Vie, nous sommes la Vie,
répétaient-ils tous, en chœur.Jarwal, Gwendoline et Léontine n’avaient jamais vu de tels êtres. Ils connaissaient pourtant bon nombre d’individus curieux et magiques, elfes et gnomes, farfadets et korrigans mais des êtres végétaux dansant des sarabandes endiablées, ils ne l’auraient même jamais imaginé.
Léontine se posa sur l’épaule de Gwendoline.« Nous vous regardons depuis longtemps, mais l’amour était parti du cœur de celui-ci ! lança l’un d’eux en désignant Jarwal
-Non, pas parti, cher ami, mais submergé de tristesse, reprit un voisin.
-Oui, la tristesse est un étouffoir de l’Amour mais l’Amour n’est jamais triste. C’est juste des feuilles mortes qui le couvrent. Laisse passer l’hiver et tu verras la pourriture des feuilles nourrir la Vie,» enchaîna un troisième.Des éclats de rire encore, cristallins. Des carillons de notes aiguës. Les feuilles agitées de leurs corps sautillants.
« Vous voulez dire que vous ne vouliez pas vous montrer à cause de moi ? demanda Jarwal.
-Pas à cause de toi, répliqua un petit être ébouriffé comme un buisson juvénile. Tu n’es pas ce que tu penses. Ne te trompe pas. Ce que tu penses n’est qu’une dérive de l’Amour de la Vie.
-Nous attendions que la pourriture des feuilles soit consommée, ajouta son compagnon. Et que l’Amour remonte à la surface.
-Vous n’apparaissez qu’aux êtres qui s’aiment alors, c’est ça ? interrogea Gwendoline.
-Tous les êtres sont dans l’Amour. L’Amour, c’est la Vie, mais les pensées de votre tête vous font aimer le désordre de vos pensées. Rien à voir avec l’Amour de votre âme. Vous parvenez même parfois à aimer ce qui vous enferme. Ce sont toujours vos pensées. Et votre tête finit par aimer ce qui la ronge. C’est incroyable ça. L’Amour de la Vie n’est pas un guerrier. Il aime la sérénité. Alors, il se retire et il attend que vous arrêtiez de vous mentir. »Des réflexions secrètes, silencieuses, une analyse minutieuse.
« Et voilà, vous vous remettez à penser ! lança joyeusement une boule de feuilles agitée. Vous êtes tout de même incorrigibles ! Laissez donc rayonner votre Amour de la Vie.
-Nous avons un grave problème, annonça Gwendoline.
-Mais non, il n’y a pas de graves problèmes, il n’y a que ce que ce vous en pensez. Sinon, cela voudrait dire que la Vie est un grave problème et quand vous pensez cela, la Vie se retire dans son coin et vous laisse exister à travers vos pensées. La Vie ne lutte pas, elle aime la sérénité, je vous l’ai dit.
-Et bien, chers amis, intervint Jarwal, je pense que mes pensées sont un grave problème. Je pense sans cesse à ma mémoire qui a disparu.
-Mais non, elle n’a pas disparu. Elle s’est retirée dans un coin. Et comme tu étais en colère, elle avait peur. On ne réconforte pas un petit animal traumatisé avec de la colère ou de la peur.
-Tu veux dire que je peux retrouver ma mémoire ?
-Tu ne vas pas la retrouver, c’est elle qui reviendra. Vous êtes vraiment prétentieux, vous autres, à croire que tout dépend de vos pensées et de votre volonté. C’est comme si vous étiez en Vie parce que vous l’avez voulu ! Ridicule. La Vie n’a pas eu besoin que vous pensiez à elle pour s’installer. Et vous, vous pensez que vous pouvez imposer votre volonté à la Vie. C’est incroyable ça !
-Regardez ces grands arbres ! proposa un petit arbrisseau. Vous croyez que c’est la volonté de la graine qui a donné ce superbe ouvrage ? Et la Vie alors ? Elle se serait installée une fois que la volonté aurait pris forme ? Ridicule. Vous observez tout à l’envers. »Des leçons proclamées par une troupe de joyeux lurons.
Gwendoline les observait avec fascination. Une multitude de visages dans une diversité hétéroclite. Des bouilles rondelettes ou triangulaires, des faces plates comme des assiettes, un mélange inexplicable de feuilles assemblées mais toujours ce pétillement dans leurs prunelles, deux soleils ardents qui irradiaient de bonheur.« Vous voulez dire que nos pensées sont des œillères à la réalité de la Vie ? demanda Jarwal.
-La réalité ? Mais qu’est-ce que c’est cette réalité ? Ce que vous voyez ? Ridicule. »L’ensemble de la troupe, dans un synchronisme parfait, s’évapora. Une multitude d’oiseaux colorés s’égailla au-dessus de leurs têtes, une nuée de piaillements dans des arabesques maîtrisées, des zébrures de corps fuselés, comme des flèches jouant un ballet de plumes. Et toujours ces yeux aussi brillants que des astres naissants, une énergie condensée, une concentration d’univers.
Le ballet cessa d’un coup, les oiseaux disparurent et un champ de pierres inertes s’étendit à leurs pieds. Des roches lisses et immobiles, éparpillées devant les trois amis. Au même instant, sur chaque caillou, des paires d’yeux s’ouvrirent et les observèrent, des prunelles étincelantes d’où jaillissaient des rires de lumières. Des battements de paupières aussi stupéfiants que des naissances d’étoiles.
Puis, avec la même célérité, dans une simultanéité parfaite, un florilège de papillons les entoura, plus de pierres sur le sol mais une farandole radieuse, des élucubrations étourdissantes, des figures imprévisibles, toute la magie délicieuse des vols de colorés. Et sur les corps délicats rayonnaient d’une intensité éblouissante les yeux aussi perçants que des fusions de soleils.Comme un souffle tonitruant balayant tout sur son passage, la nuée de papillons s’évanouit. Rien d’autre n’apparut.
Les trois amis restèrent statufiés.
« Où êtes-vous ? demanda Jarwal.
-Chut, coupa Léontine. Les hommes. »Des bruits dans la forêt, des voix qui portaient par-delà les arbres. La troupe des Portugais avait quitté le camp des Kogis et reprenait sa progression.
Jarwal se coucha sous le parterre de fougères en se demandant s’il ne manquait pas d’écraser un de leurs étranges visiteurs. Gwendoline s’allongea à ses côtés.
« Ils ne peuvent pas nous voir. Ne bouge pas, » murmura-t-il, en posant délicatement une main sur son bras.
Gwendoline frissonna de bonheur à cette parole protectrice, à cette attention inespérée. Jarwal veillait sur elle. Jarwal reprenait vie.Ils n’aperçurent même pas les soldats à travers l’épaisseur végétale. Ils suivirent attentivement l’extinction des voix et se relevèrent prudemment. Ils regardèrent minutieusement autour d’eux. Des plantes, des oiseaux, des papillons, des pierres…Quelles formes avaient-ils pris ? Où pouvaient-ils bien être ?
La réalité n’était pas ce qu’ils voyaient…Au pied d’un tronc colossal, ils virent un tapis de mousse s’agiter, des ondulations de nuages, des formes timides qui tentaient une croissance, puis des pousses opiniâtres qui se dressaient, des silhouettes redessinant l’esquisse des corps et enfin tout un petit peuple de bonhommes moussus, habillés de feuilles disparates. Les yeux flamboyants s’ouvrirent dans un seul mouvement et la troupe reconstituée, s’avança précautionneusement et les rejoignit.
« Bouh, toute cette méchanceté chez ces individus, c’est insupportable. Il nous est impossible de rester visibles dans cette ambiance morbide. Même les plantes en subissent les effets polluants mais moins tout de même que les autres formes vivantes. Chez elles, les pensées sombres s’évaporent rapidement. C’est l’Amour de la lumière qui permet ce nettoyage.
-Vous n’avez donc aucune forme définitive ? interrogea Gwendoline.
-Une forme ? Mais pour quoi faire ? C’est absurde, se moqua un individu hirsute.
-Tout aussi absurde que cette idée que nous devons avoir un nom, enchaîna son voisin. Vous avez vraiment une idée bien curieuse de la réalité. Vous pensez que parce que vous vous êtes identifiés à votre forme et que vous vous reconnaissez à travers votre nom, vous avez fait le tour de la Vie ? Mais c’est consternant tout ça ! Vous avez conscience de l’insignifiance de votre développement ? »Un ton nullement arrogant, juste un total ébahissement.
Les trois amis sentaient que dans les paroles de ces petits êtres, il n’y avait aucune moquerie. Mais une absolue incompréhension.« Un jour, vous allez mourir, vous allez perdre votre nom et votre forme. Vous aurez quitté la Vie mais la Vie, elle, n’aura rien quitté du tout. Elle n’aura pas disparu, vous comprenez ? C’est vous qui partez, c’est vous qui sortez du flux vital. La Vie continuera sa tâche créatrice, votre tour est passé. C’est ridicule dès lors de s’attacher de la sorte à cette image que la Vie vous a procurée. Il serait bien plus judicieux de saisir cette conscience de la Vie et non d’entretenir la conscience de votre forme. Cette forme n’est rien d’autre qu’une enveloppe. C’est comme si vous décidiez de vénérer votre outre et de délaisser l’eau qu’elle contient. C’est absurde.
-Les deux sont indispensables, intervint Jarwal.
-Bien entendu. Une outre vide ne sert à rien et de l’eau sans outre est intransportable. Mais par contre, elle a déjà une existence cette eau, vous n’êtes pas obligés de devoir la transporter, vous pouvez déjà en profiter. L’outre est secondaire si vous décidez de rester là où se trouve l’eau. Dans votre cas, c’est l’enveloppe qui compte avant ce qu’elle contient. Vous observez à l’envers.
-Vous voulez dire que vous pouvez changer de formes parce que vous êtes reliés à la Vie avant de l’être à votre forme ?
-Oui, c’est cela, magnifique, tu apprends vite cher lutin ! »