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  • Une lettre d'amour...

    Cette lettre d'une femme à la nouvelle épouse de son ex-mari est en train de faire le tour du web... Et c'est facile de comprendre pourquoi !

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    Une femme prénommée Candice Curry a écrit une lettre à la nouvelle femme de son ex-mari, Ashley Parish, et l’histoire est en train de faire le tour du web, vous allez bientôt comprendre pourquoi.

     

    Voici la lettre dans son intégralité, telle qu’elle a été publiée pour la première fois sur le blog de Candice, et traduite en Français par nos soins. Jugez-en par vous-mêmes :

     


    A toi, la belle-mère de ma fille,

     

    Je n’ai jamais voulu de toi ici. Tu n’as jamais fait partie de mes plans pour l’avenir. Dans les rêves que je faisais de ma future famille, tu ne devais pas être là. Je ne voulais pas de l’aide d’une autre femme pour éduquer mes enfants. Le plan, c’était que ma famille soit composée de moi, de papa, et de nos enfants, pas de toi.

    Je doute aussi que tu aies un jour voulu de moi dans ta vie. Je ne pense pas que tu avais un jour prévu de te retrouver avec un enfant auquel tu n’as pas donné naissance. Et je suis prête à parier que pour toi aussi, le plan de ta vie future  était composé de toi, de papa et de tes enfants, pas de moi ni de ma fille. J’imagine aussi que quand tu t’imaginais mère, tu pensais que ce serait le jour où tu donnerais naissance à un enfant, pas le jour où tu épouserais ton mari.

    Je crois bien que toi non plus, tu n’as jamais voulu de moi dans ta vie.

     

    Mais parfois, la vie nous réserve bien des surprises et les choses sont parfois différentes de ce que nous prévoyons. Quand ma petite famille a éclaté en deux, je savais qu’un jour, tu viendrais.

     

    Dans mes pensées, tu aurais été une bête terrible, une femme méchante, une marâtre que ma petite fille n’aurait jamais voulu avoir sous son toit ! En fait, j’espérais que tu sois très laide, et je priais pour que jamais ma fille ne te prenne pour exemple. Son papa aurait alors compris — trop tard —qu’il avait fait une énorme erreur.

    L’aigreur et la méchanceté rampaient en moi, parce que je ne pouvais tout simplement pas admettre le fait qu’une autre femme éduque mon enfant, la chair de ma chair, en mon absence.

     

    Et puis, tu es arrivée.

     

    Quand je t’ai rencontrée pour la première fois, j’ai bien dû admettre que tu ne correspondais pas vraiment à ce que j’avais en tête, et un spasme de jalousie a parcouru tout mon corps. Tu étais pourtant censée être hideuse, pas vrai ? Mais non, tu ne l’étais pas, tu étais d’une beauté à couper le souffle. Tu étais pourtant supposée être une vieille marâtre ignoble, n’est-ce pas ? Mais tu ne l’étais pas, tu étais une jeune femme pleine de douceur.

     

    Tous mes plans tombaient à l’eau.

     

    Et, j’ai réalisé en croisant ton regard que le fait de me rencontrer t’était tout aussi difficile que cela ne l’était pour moi. Mon cœur, malgré moi, s’est adouci. Oh, maudit soit ton sourire si doux et si bienveillant ! J’avais prévu de te haïr. Pourquoi fallait-il que tu viennes tout gâcher ?

     

    Je voulais t’en vouloir, mais tu m’as rendu la tâche impossible et à la place, j’étais en train d’éprouver… de la gratitude pour toi.

     

    Tu avais accepté ma petite fille dès le tout début et tu éprouvais un amour inconditionnel aussi bien pour elle que pour son papa, et cela était une véritable bénédiction, pour tout le monde. Cette petite fille, tu l’as intégrée à tout ce que tu fais dans la vie de tous les jours et tu l’as faite se sentir aimée et acceptée. Tu places sa relation avec son papa au-dessus de la tienne et seule une femme dotée d’un courage des plus exceptionnels saurait faire cela avec autant de grâce.

     

    Quand son papa et moi avons décidé de divorcer et de vivre dans des maisons séparées, je savais qu’il y aurait des moments dans lesquels elle aurait besoin de moi, sa maman, et que je ne serais pas là. Alors, permets-moi d’éprouver de la gratitude pour le fait que tu sois là quand je serais absente. Merci de lui avoir pardonné ses années d’adolescence, de ne l’avoir jamais rejetée. Elle a besoin d’une maman dans ta maison, et tu as fait un travail formidable pour remplir ce rôle.

     

    Tu as respecté ma position en tant que maman, depuis le tout début. J’apprécie énormément le fait que tu me contacte régulièrement pour me demander si je pense que tu prends les bonnes décisions au sujet de ma fille. Je sais aussi que notre situation est plutôt rare. Ce n’est pas souvent qu’une mère et une belle-mère s’envoient des messages pour se dire à quel point elles s’aiment et se respectent, malgré tout. Tu es une véritable bénédiction dans ma vie.

     

    Grâce à toi et à ton courage, en prenant soin de notre fille comme tu le fais, elle sera une femme forte et une bonne personne. Elle grandira avec plus d’amour que tout ce que j’aurais pu imaginer. Ce n’était pas son choix d’avoir des parents divorcés et même si c’est une chose que je ne souhaiterais à aucun enfant sur terre, je remercie la vie pour le fait qu’elle a désormais 4 parents qui l’aiment et la respecte, et qui s’aiment et se respectent les uns les autres.

    Elle fait preuve de nombreuses qualités comme la compassion, grâce à cela, et elle comprend qu’un échec peut se transformer en une chose extrêmement positive si on y met du sien.

     

    Je ne te vois pas comme une remplaçante, un bouche-trou pour quand je ne suis pas là. Tu es toi aussi comme sa mère lorsqu’elle est avec toi, et quand elle est avec moi également. Elle est impatiente de t’appeler et de te raconter ses journées quand elle est chez moi, et ça, ça fait bondir mon cœur dans ma poitrine de joie. Quand nous nous voyons, nous nous serrons dans les bras, et je suis fière de cela.

     

    Je suis bien consciente de ce que c’est qu’une mère qui ne peut pas accepter émotionnellement la belle-mère de ses enfants au sein de sa vie. C’est pourquoi je suis reconnaissante  que nous puissions aller au-delà de cela et faire ce qu’il y a de mieux à faire pour nos familles et pour cet enfant. Merci d’être co-maman.

     

    Je promets de toujours te respecter, moi aussi. Je promets de ne jamais te rabaisser dans la position que tu tiens dans la vie de ma fille, ni te dire que tu n’es pas sa mère. Je promets de l’éduquer et de lui faire voir à quel point elle est chanceuse d’avoir deux femmes fortes et courageuses dans sa vie.

     

    Femme splendide, tu es pour moi un joyau rare et précieux.

    Je t’aime.

     

    Des millions de personnes ont lu la lettre, puis la belle-mère a répondu :

     

    « Candice,

    Je ne sais pas vraiment quoi dire. Je ne suis pas très forte avec les mots, je ne sais pas m’exprimer aussi bien que toi. Tout ce que je peux te dire, c’est que je suis en larmes, des larmes de bonheur… Tu me fais me sentir si spéciale…

    Merci pour cette lettre. Elle a illuminé ma journée et je la garderai toujours près de mon cœur.

    Je t’aime. »

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  • Liberté d'expression (1) (politique)

    Je lis tout ce que je trouve : textes de lois, débats, articles, forums......

    Vaste question....

    Je ne dirai pas ce que j'en pense. Pas maintenant. 


     

    Accueil du portail  Ressources  Légamedia  Liberté d’expression et ses limites

    Liberté d’expression et ses limites

    La liberté d’expression est consacrée dans la plupart des environnements juridiques. En France, elle est consacrée par l’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. En revanche, la liberté d’expression n’est pas un absolu et elle se trouve affectée de nombreuses limites que les internautes ne doivent pas ignorer.

    Présentation

    Il n’est donc pas ici question de brider la liberté d’expression de quiconque : enseignant, personnel non enseignant, chef d’établissement, élève ou parent, mais d’effectuer un rappel des limites fixées par la loi. 

    Quelle est la source de cette liberté d’expression et quelles en sont ses limites ? 

    La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 énonce que :

    « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme, tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi. »

    Le principe est ainsi posé mais encore faut-il connaître les limites. Celles-ci sont relativement nombreuses du fait du nombre d’exceptions spécifiques touchant au statut particulier des personnes (devoir de réserve, par exemple) ou à la nature des informations concernées (secret médical, secret défense). On peut néanmoins citer quelques règles d’ordre général : 

    • Limite 1 - Ne pas porter atteinte à la vie privée et au droit à l’image d’autrui (pour des précisons complémentaires voir les fiches Vie privée et internet et Image et vidéo).
    • Limite 2 - Ne pas tenir certains propos interdits par la loi : l’incitation à la haine raciale, ethnique ou religieuse, l’apologie de crimes de guerre, les propos discriminatoires à raison d'orientations sexuelles ou d'un handicap, l’incitation à l'usage de produits stupéfiants, le négationnisme.
    • Limite 3 - Ne pas tenir de propos diffamatoires : la diffamation se définit par toute allégation ou imputation d’un fait qui porte atteinte à l’honneur ou à la considération d’une personne[1]. Il est possible pour se défendre d’une accusation de diffamation d’invoquer l’exception de vérité[2], c’est-à-dire de rapporter la preuve de la vérité de ses propos.
    • Limite 4 - Ne pas tenir de propos injurieux : l’injure se définit comme toute expression outrageante, termes de mépris ou invective qui ne renferme l’imputation d’aucun fait.
    • Limite 5 - Il existe également des limites spécifiques telles que le secret professionnel, le secret des affaires et le secret défense.
    • Limite 6 - Certaines personnes, en raison de la fonction qu’elles occupent, sont tenues à un « devoir de réserve ». C’est le cas des fonctionnaires qui doivent exprimer leurs opinions de façon prudente et mesurée, de manière à ce que l’extériorisation de leurs opinions, notamment politiques, soit conforme aux intérêts du service public et à la dignité des fonctions occupées. Plus le niveau hiérarchique du fonctionnaire est élevé, plus son obligation de réserve est sévère.

    Le sentiment d'anonymat et d’impunité sur internet est trompeur, les auteurs de propos répréhensibles peuvent être identifiés par une levée de l’anonymat (pour des précisions complémentaires, voir la fiche Obtenir une levée d’anonymat).

    Enfin, il existe sur internet un droit spécifique : le droit de réponse[3]. Ce droit peut être demandé lorsqu’il n’est pas possible de répondre directement sur le site internet (par exemple sur les forums, il est possible de répondre directement). Ce droit peut être exercé lorsque l’on est directement nommé dans le contenu auquel on souhaite répondre. La demande doit être adressée par lettre recommandée au gestionnaire du site dans le délai de trois mois à partir de la date de publication du contenu.

    Illustration

    Un tribunal a condamné l’auteur d’un blog qui avait publié les termes suivants « misérable imbécile », « triste individu », « aussi laid que lui », « énergumène » et « aussi inepte que l’individu lui-même », en considérant que ces termes étaient injurieux envers la personne auquel ces propos étaient destinés. L’auteur a été condamné à la somme de 1 200 euros à titre de dommages et intérêts[3].

    Un salarié a voulu se venger de son ancien directeur, le jugeant responsable de son licenciement. De façon anonyme, il lui a créé une fausse fiche Viadeo sur laquelle il a tenu des propos attentatoires à la réputation et à l’honneur de son ancien chef. Pour connaître son identité, des investigations ont été menées auprès de Viadeo et de Free et elles ont permis d’identifier l’adresse IP, à l’origine de la mise en ligne, et l’abonné du fournisseur d’accès. L’auteur de la fausse fiche a été condamné pour propos diffamatoires[4].

    Un autre internaute a fait l'objet d'une condamnation pour avoir insulté sur son « mur » les gendarmes qui venaient de le contrôler. De ce fait, il a été jugé et condamné à 3 mois de prison ferme ainsi qu'à 1 200 euros d'amende pour outrage à personne dépositaire de l'autorité publique. Le profil de la personne était public et n'importe qui, y compris les membres des forces de l'ordre, pouvait y avoir accès[5].

  • Répéter inlassablement (politique)

     

     

    Robert Badinter, ancien ministre socialiste de la Justice, réagit à l’attaque contre«Charlie Hebdo».

    «Devant un tel crime, préparé et exécuté de sang-froid, c’est d’abord aux victimes que pense chacun d’entre nous. Policiers assumant le risque quotidien auquel les expose leur devoir, journalistes réunis pour accomplir leur mission d’information, sans laquelle la démocratie serait étouffée. Ces journalistes-là sont morts pour nous, pour nos libertés qu’ils ont toujours défendues. Sachons nous en souvenir. L’émotion nous saisit aussi à la pensée de leurs familles, de leurs proches, que le crime frappe au cœur par ricochet et qui vivront désormais comme des invalides, amputés de l’être humain qui était une part d’eux-mêmes.

    «Au-delà du chagrin et de la pitié s’inscrit le devoir de justice. Nous sommes assurés que les pouvoirs publics mettront tout en œuvre pour identifier et arrêter les auteurs de ces crimes. A la justice de décider de leur sort, en toute indépendance et dans le respect de l’Etat de Droit. Ce n’est pas par des lois et des juridictions d’exception qu’on défend la liberté contre ses ennemis. Ce serait là un piège que l’histoire a déjà tendu aux démocraties. Celles qui y ont cédé n’ont rien gagné en efficacité répressive, mais beaucoup perdu en termes de liberté et parfois d’honneur.

    «Enfin, pensons aussi en cette heure d’épreuve au piège politique que nous tendent les terroristes. Ceux qui crient "allahou akbar" au moment de tuer d’autres hommes, ceux-là trahissent par fanatisme l’idéal religieux dont ils se réclament. Ils espèrent aussi que la colère et l’indignation qui emportent la nation trouvera chez certains son expression dans un rejet et une hostilité à l’égard de tous les musulmans de France. Ainsi se creuserait le fossé qu’ils rêvent d’ouvrir entre les musulmans et les autres citoyens. Allumer la haine entre les Français, susciter par le crime la violence intercommunautaire, voilà leur dessein, au-delà de la pulsion de mort qui entraîne ces fanatiques qui tuent en invoquant Dieu. Refusons ce qui serait leur victoire. Et gardons-nous des amalgames injustes et des passions fratricides.»

    Laure BRETTON
     

    L’imam de Bordeaux et théologien Tareq Oubrou a exprimé vendredi la «colère» des musulmans dont la religion est «confisquée par des fous», des «incultes» religieux, des «déséquilibrés», en marge d’une marche interreligieuse à Bordeaux, où le maire UMP Alain Juppé a appelé à «aider» l’islam face aux pressions radicales.

    «Cela fait un moment que nous sommes en colère, depuis les années 1980, nous voyons notre religion dans les main des fous», a lancé M. Oubrou à des journalistes. «Aucune culture, aucun art de vivre. Ils ne sont pas dans la civilisation, ils ne sont pas dans le monde.»

    L’islam, «religion de paix de spiritualité, de transcendance, d’un rapport à Dieu pour mieux vivre avec les hommes, est aujourd’hui confisqué par des déséquilibrés à la marge du monde», a ajouté M. Oubrou, l’un des imams les plus influents de France, théoricien depuis des années d’un islam d’intégration.

    Plus d’un millier de personnes, emmenées par des représentants des confessions musulmane, chrétienne, juive, dont le grand rabbin de France, ont défilé côte à côte vendredi en une marche oecuménique inédite en France ces derniers jours, faisant le voeu d’un «combat quotidien» contre toutes formes d’extrémisme.

    Alain Juppé a pour sa part appelé à aider l’islam modéré. «Il faut que la communauté musulmane exprime fortement son désaccord total avec ce travestissement de l’Islam, cette idéologie qui n’a rien voir avec l’Islam», a déclaré le maire de Bordeaux. Mais «il faut que nous les aidions. Ils sont confrontés eux mêmes à l’intérieur de leur communauté à une forme de pression de prosélytisme, de radicalisme auxquels ils ont du mal à résister», a-t-il ajouté.

    S’en prenant aux auteurs présumés des tueries des derniers jours, Tareq Oubrou a dénoncé des «incultes» d’un point de vue religieux. «Ils n’ont aucune culture, ni universelle, ni religieuse, ni théologique, ni biographique du prophète», a-t-il expliqué, rappelant que Mahomet lui-même, loin de se «venger», «pardonna à ses adversaires lorsqu’il parvint au pouvoir».

    «Ce sont des gens qui, malheureusement, ne se reconnaissent plus dans la société et veulent se venger d’elle en trouvant un alibi, l’islam», a-t-il ajouté. «Au lieu de trouver un sens pour leur vie, ils trouvent un sens pour leur mort». En commentant d’ailleurs une «aberration théologique monumentale, car on ne cherche pas le martyre, on le subit», a insisté l’imam.

    AFP
     

  • Un parcours Sacré (spiritualité)

    Grossesse 2 semaine
     
     
     
    http://www.inrees.com/articles/Grossesse-naissance-parcours-sacre/
     

    De la grossesse à la naissance, 
    un parcours sacré

    La grossesse est vue par de nombreuses cultures comme une attente essentielle, un parcours initiatique avec comme apothéose l’accouchement... Comment vivre cette aventure unique dans toute sa dimension spirituelle ?
    Cet article est accessible dans son intégralité uniquement aux abonnés INREES

    © Oleg Gekman/shutterstock
    Dans certaines tribus d’Afrique, quand une femme décide d’avoir un enfant, elle s’installe et se repose sous un arbre, afin d’écouter la nature jusqu’à ce qu’elle parvienne à entendre la chanson de l’enfant qui va naître. Puis elle l’enseigne à l’homme qui sera le père, et quand ils font l’amour, ils entonnent ce chant afin d’inviter le nouvel arrivant. Partout dans le monde, les futurs parents appellent sans doute leur futur bébé de leurs vœux. Quelle que soit la manière, c’est bien ce qui se joue autour de la conception, consciemment ou non, qui interpelle aujourd’hui les experts. 

     

    Reconsidérer la conception


    L’importance de la vie intra-utérine et de la naissance est aujourd’hui au cœur de nombreux débats. Pour le Dr Jean-Philippe Marcoux, diplômé du CMCC (Canadian Memorial Chiropractic College), « il est primordial de retrouver le sens de l’acte de conception ». Le médecin insiste sur la qualité du contexte autour du désir d’enfant, « qu’il soit émotionnel, personnel ou relationnel au sein du couple ». Par exemple, une conception qui repose sur le besoin de cimenter son couple ou de réparer les manques de sa propre enfance laisse une empreinte particulière. 

    Alors, qu’est-ce qu’une conception en conscience ? « C’est tout d’abord l’appel d’une âme, que la mère informe de son désir de l’accueillir, tout en étant très connectée à son utérus, qui va la recevoir », répond Lise Bartoli, spécialiste en périnatalité et hypnothérapeute. Ce à quoi s’ajoute la dimension psychologique, à savoir la mise au jour des enjeux inconscients autour de l’arrivée de cet enfant. Posez-vous honnêtement ces questions : pourquoi fais-je ce bébé ? Qu’est-ce que j’ai envie de lui apporter, de lui transmettre ? « C’est également le moment de mener son enquête sur sa propre histoire de naissance », ajoute notre expert. La dimension transgénérationnelle entre en ligne de compte. Sans le savoir, nous répétons également la mémoire autour des naissances de notre lignée, de nos ancêtres. Les mamans mortes en couches, les « enfants illégitimes », les filles-mères, sont autant de transmissions qui peuvent agir comme de véritables poisons. S’en libérer est essentiel pour faire une véritable place à l’enfant. 

     

    9 mois d’attente sacrée


    « Lors de séances d’hypnose ericksonienne, j’ai pu constater que de nombreux patients retournaient spontanément au moment de leur vie intra-utérine », observe Sophie Guedj-Metthey. Peurs, manque de reconnaissance, solitude… La majorité des traumatismes subis depuis notre naissance seraient la répétition de ceux vécus dans le ventre de notre mère. 

    Comment l’expliquer ? « Il semblerait que le fœtus enregistre le vécu et les émotions de ses parents comme une bande magnétique et qu’il ressente ce qui l’entoure de manière intense et émotionnelle, sans avoir la possibilité de le mettre en perspective », explique le Dr Claude Imbert. Pour l’éthologue Marie-Claire Busnel, directrice du Laboratoire de psychobiologie du développement de Paris, « le fœtus a déjà une certaine perception du milieu intérieur au travers des goûts, des odeurs, des contacts tactiles et des sons ». Autrement dit, il perçoit les mouvements, les caresses et les changements physiologiques qui reflètent les états émotionnels maternels. Ainsi, « le bébé baigne dans l’inconscient de la maman », ajoute Lise Bartoli. On sait aujourd’hui combien le fœtus est sensible, une découverte dont il faut tenir compte. 

    À notre époque, nombre de femmes débordées vivent leur grossesse en se soumettant principalement aux exigences médicales. Il semblerait que cela ne suffise pas. Pour Martine Texier, spécialiste de la préparation à la naissance par le yoga, « il est fondamental d’établir le contact avec son bébé, tous les jours. Sentir sa présence, plus que ses mouvements ».

    Comment ? En lui parlant, en touchant son ventre, en se relaxant, en lui envoyant de l’amour. Lise Bartoli propose la visualisation, qui consiste à projeter des images sur son écran mental : « Vous pouvez le visualiser dans votre ventre, heureux, baignant dans une eau cristalline, en train de dormir ou de sourire. »Ses conseils : prendre du temps et descendre à l’intérieur de soi, en mettant ses mains sur son ventre, pour s’aider. Effectué avec douceur, dans l’intention de transmettre notre attention au bébé, le toucher lui apporte un important sentiment de sécurité. « Grâce aux échographies, on a pu vérifier que le fœtus déplace son corps vers l’endroit où est posé la main. Le toucher est en quelque sorte notre premier langage avec lui », précise Sophie Guedj. À ce titre, l’haptonomie périnatale, qui repose sur un dialogue à travers le contact des mains sur le ventre de la maman, permet d’établir une communication affective entre le père, la mère et le bébé. Il n’y a pas une technique meilleure qu’une autre. Pour Jean-Pierre Relier, ancien chef de service de néonatologie à la maternité de Port-Royal, « tout l’intérêt de ces approches réside dans la prise de conscience par la mère de son rôle essentiel dans la croissance harmonieuse du bébé »

     

    Le passage initiatique de la naissance


    La vie est ponctuée de passages, la naissance en est un, sans doute le plus déterminant, tout comme la mort. « Si la mort est peut-être le passage d’un corps de chair vers la lumière, on pourrait envisager que la naissance soit ce mouvement de l’infini, de la vastitude, vers les limites du corps physique », expose Martine Texier. La dimension initiatique de ce passage touche également la mère. « Pour mettre au monde, la maman ne peut que s’ouvrir au grand mystère de la vie, de toute la profondeur de son être, confiante dans la ressource de son corps, et de sa sagesse intérieure », explique Martine Texier. 

    Plus besoin de penser, mais de sentir. L’idéal serait d’accueillir son enfant dans un lâcher-prise total, et de se laisser traverser par les contractions en essayant de résister le moins possible. Ce qu’aujourd’hui la médecine moderne tend à gommer serait en réalité le cœur de l’initiation : quand le travail commence, la femme vit une transformation intérieure progressive, au rythme des contractions. Juste avant l’expulsion, elle peut ressentir un fort découragement. Si elle peut lâcher prise, elle atteint un nouvel état de conscience : en perdant celui ordinaire de ses limites corporelles, elle s’ouvre à une autre dimension de vastitude et laisse passer le bébé ! La question qui se pose aujourd’hui est l’accompagnement de ce parcours initiatique, dans sa vraie dimension humaine et spirituelle, pas seulement technique, qui réclame davantage une qualité « d’être » que « de faire ».

     

    Des initiatives inédites


    Pourtant, l’hypermédicalisation de la naissance demeure ; les alternatives pour une naissance « autrement » sont encore très anecdotiques. Historiquement, certains établissements ont ouvert la brèche comme la maternité des Bluets (Paris), qui prône l’accouchement sans douleur basé sur la participation des femmes et la maîtrise de leur corps. Aujourd’hui, de nouvelles initiatives émergent, comme la création d’un espace physiologique, avec baignoire de relaxation (maternité d’Angers) ou l’accouchement sous hypnose (hôpital Robert-Debré à Paris). Parmi les avancées dans ce domaine, on peut aussi noter le Projet de naissance (en place au centre hospitalier d’Aurillac). Il y a aussi Birth Plan, mis au point par les Anglais : un contrat de confiance entre l’équipe médicale et les parents, stipulant par exemple de ne pas provoquer l’accouchement ni de faire d’épisiotomie systématique, tout en tenant compte des urgences pour la vie du bébé et de sa maman. L’accouchement à domicile constitue également une alternative, même si en France seules 1 % des femmes font ce choix, alors qu’elles sont 30 % en Hollande. 

    Si accoucher autrement reste difficile, il semblerait que l’accompagnement à la naissance se développe. Pour preuve, le mouvement des doulas, qui gagne la France, l’Angleterre, l’Espagne, et qui a pour mission de créer un environnement rassurant et encourageant pour la mère, en accompagnement du travail des sages femmes. Ces initiatives sont autant d’espoirs d’offrir aux générations à venir la conscience de la dimension sacrée de leur incarnation et de la vie.

  • "Lettre ouverte au Monde musulman"

    Lettre ouverte au monde musulman

    Lundi 13 Octobre 2014 à 05:00 | Lu 103113 fois I 74 commentaire(s)
    http://www.marianne.net/Lettre-ouverte-au-monde-musulman_a241765.html

    ABDENNOUR BIDAR*
    Abdennour Bidar est philosophe, auteur de Self islam, histoire d'un islam personnel (Seuil, 2006), L'Islam sans soumission : pour un existentialisme musulman (Albin Michel, 2008), et d' Histoire de l'humanisme en Occident (Armand Colin, 2014).

    Pour le philosophe Abdennour Bidar, les croyants ne peuvent pas se contenter de dénoncer la barbarie terroriste pour éluder l'origine des dérives djihadistes. Face aux dogmes et à l'instrumentalisation politique dont ils sont l'objet, le monde musulman doit faire son autocritique et œuvrer à sa propre réforme.


    Le sommet d'une mosquée à Islamabad au Pakistan - Anjum Naveed/AP/SIPA
    Le sommet d'une mosquée à Islamabad au Pakistan - Anjum Naveed/AP/SIPA

    Lettre ouverte au monde musulman
    >>> Tribune parue dans Marianne daté du 3 octobre 

    Cher monde musulman, je suis un de tes fils éloignés qui te regarde du dehors et de loin - de ce pays de France où tant de tes enfants vivent aujourd'hui. Je te regarde avec mes yeux sévères de philosophe nourri depuis son enfance par le 
    taçawwuf (soufisme) et par la pensée occidentale. Je te regarde donc à partir de ma position de barzakh, d'isthme entre les deux mers de l'Orient et de l'Occident !

    Et qu'est-ce que je vois ? Qu'est-ce que je vois mieux que d'autres, sans doute parce que justement je te regarde de loin, avec le recul de la distance ? Je te vois, toi, dans un état de misère et de souffrance qui me rend infiniment triste, mais qui rend encore plus sévère mon jugement de philosophe ! Car je te vois en train d'enfanter un monstre qui prétend se nommer Etat islamique et auquel certains préfèrent donner un nom de démon : Daesh. Mais le pire est que je te vois te perdre - perdre ton temps et ton honneur - dans le refus de reconnaître que ce monstre est né de toi, de tes errances, de tes contradictions, de ton écartèlement entre passé et présent, de ton incapacité trop durable à trouver ta place dans la civilisation humaine.

    Que dis-tu en effet face à ce monstre ? Tu cries : « Ce n'est pas moi ! »« Ce n'est pas l'islam ! » Tu refuses que les crimes de ce monstre soient commis en ton nom (#NotInMyName). Tu t'insurges que le monstre usurpe ton identité, et bien sûr tu as raison de le faire. Il est indispensable qu'à la face du monde tu proclames ainsi, haut et fort, que l'islam dénonce la barbarie. Mais c'est tout à fait insuffisant ! Car tu te réfugies dans le réflexe de l'autodéfense sans assumer aussi et surtout la responsabilité de l'autocritique. Tu te contentes de t'indigner alors que ce moment aurait été une occasion historique de te remettre en question ! Et tu accuses au lieu de prendre ta propre responsabilité : « Arrêtez, vous, les Occidentaux, et vous, tous les ennemis de l'islam, de nous associer à ce monstre ! Le terrorisme, ce n'est pas l'islam, le vrai islam, le bon islam qui ne veut pas dire la guerre mais la paix ! »

    J'entends ce cri de révolte qui monte en toi, ô mon cher monde musulman, et je le comprends. Oui, tu as raison, comme chacune des autres grandes inspirations sacrées du monde, l'islam a créé tout au long de son histoire de la beauté, de la justice, du sens, du bien, et il a puissamment éclairé l'être humain sur le chemin du mystère de l'existence... Je me bats ici, en Occident, dans chacun de mes livres, pour que cette sagesse de l'islam et de toutes les religions ne soit pas oubliée ni méprisée ! Mais de ma position lointaine je vois aussi autre chose que tu ne sais pas voir... Et cela m'inspire une question - « la » grande question : pourquoi ce monstre t'a-t-il volé ton visage ? Pourquoi ce monstre ignoble a-t-il choisi ton visage et pas un autre ? C'est qu'en réalité derrière ce monstre se cache un immense problème, que tu ne sembles pas prêt à regarder en face. Il faudra bien pourtant que tu finisses par en avoir le courage.

    Ce problème est celui des racines du mal. D'où viennent les crimes de ce soi-disant « Etat islamique » ? Je vais te le dire, mon ami. Et cela ne va pas te faire plaisir, mais c'est mon devoir de philosophe. Les racines de ce mal qui te vole aujourd'hui ton visage sont en toi-même, le monstre est sorti de ton propre ventre - et il en surgira autant d'autres monstres pires encore que celui-ci que tu tarderas à admettre ta maladie, pour attaquer enfin cette racine du mal !

    Même les intellectuels occidentaux ont de la difficulté à le voir : pour la plupart, ils ont tellement oublié ce qu'est la puissance de la religion - en bien et en mal, sur la vie et sur la mort - qu'ils me disent : « Non, le problème du monde musulman n'est pas l'islam, pas la religion, mais la politique, l'histoire, l'économie, etc. » Ils ne se souviennent plus du tout que la religion peut être le cœur de réacteur d'une civilisation humaine ! Et que l'avenir de l'humanité passera demain non pas seulement par la résolution de la crise financière, mais de façon bien plus essentielle par la résolution de la crise spirituelle sans précédent que traverse notre humanité tout entière ! Saurons-nous tous nous rassembler, à l'échelle de la planète, pour affronter ce défi fondamental ? La nature spirituelle de l'homme a horreur du vide, et si elle ne trouve rien de nouveau pour le remplir elle le fera demain avec des religions toujours plus inadaptées au présent - et qui comme l'islam actuellement se mettront alors à produire des monstres.

    Je vois en toi, ô monde musulman, des forces immenses prêtes à se lever pour contribuer à cet effort mondial de trouver une vie spirituelle pour le XXIe siècle ! Malgré la gravité de ta maladie, il y a en toi une multitude extraordinaire de femmes et d'hommes qui sont prêts à réformer l'islam, à réinventer son génie au-delà de ses formes historiques et à participer ainsi au renouvellement complet du rapport que l'humanité entretenait jusque-là avec ses dieux ! C'est à tous ceux-là, musulmans et non-musulmans, qui rêvent ensemble de révolution spirituelle, que je me suis adressé dans mes ouvrages ! Pour leur donner, avec mes mots de philosophe, confiance en ce qu'entrevoit leur espérance !

    Mais ces musulmanes et ces musulmans qui regardent vers l'avenir ne sont pas encore assez nombreux, ni leur parole, assez puissante. Tous ceux-là, dont je salue la lucidité et le courage, ont parfaitement vu que c'est l'état général de maladie profonde du monde musulman qui explique la naissance des monstres terroristes aux noms d'Al-Qaïda, Jabhat Al-Nosra, Aqmi ou « Etat islamique ». Ils ont bien compris que ce ne sont là que les symptômes les plus visibles sur un immense corps malade, dont les maladies chroniques sont les suivantes : impuissance à instituer des démocraties durables dans lesquelles est reconnue comme droit moral et politique la liberté de conscience vis-à-vis des dogmes de la religion ; difficultés chroniques à améliorer la condition des femmes dans le sens de l'égalité, de la responsabilité et de la liberté ; impuissance à séparer suffisamment le pouvoir politique de son contrôle par l'autorité de la religion ; incapacité à instituer un respect, une tolérance et une véritable reconnaissance du pluralisme religieux et des minorités religieuses.

    Tout cela serait-il donc la faute de l'Occident ? Combien de temps précieux vas-tu perdre encore, ô cher monde musulman, avec cette accusation stupide à laquelle toi-même tu ne crois plus, et derrière laquelle tu te caches pour continuer à te mentir à toi-même ?

    Depuis le XVIIIe siècle en particulier, il est temps de te l'avouer, tu as été incapable de répondre au défi de l'Occident. Soit tu t'es réfugié de façon infantile et mortifère dans le passé, avec la régression obscurantiste du wahhabisme qui continue de faire des ravages presque partout à l'intérieur de tes frontières - un wahhabisme que tu répands à partir de tes Lieux saints de l'Arabie saoudite comme un cancer qui partirait de ton cœur lui-même ! Soit tu as suivi le pire de cet Occident, en produisant comme lui des nationalismes et un modernisme qui est une caricature de modernité - je veux parler notamment de ce développement technologique sans cohérence avec leur archaïsme religieux qui fait de tes « élites » richissimes du Golfe seulement des victimes consentantes de la maladie mondiale qu'est le culte du dieu Argent.

    Qu'as-tu d'admirable aujourd'hui, mon ami ? Qu'est-ce qui en toi reste digne de susciter le respect des autres peuples et civilisations de la Terre ? Où sont tes sages, et as-tu encore une sagesse à proposer au monde ? Où sont tes grands hommes ? Qui sont tes Mandela, qui sont tes Gandhi, qui sont tes Aung San Suu Kyi ? Où sont tes grands penseurs dont les livres devraient être lus dans le monde entier comme au temps où les mathématiciens et les philosophes arabes ou persans faisaient référence de l'Inde à l'Espagne ? En réalité, tu es devenu si faible derrière la certitude que tu affiches toujours au sujet de toi-même... Tu ne sais plus du tout qui tu es, ni où tu veux aller, et cela te rend aussi malheureux qu'agressif... Tu t'obstines à ne pas écouter ceux qui t'appellent à changer en te libérant enfin de la domination que tu as offerte à la religion sur la vie tout entière.

    Tu as choisi de considérer que Mohammed était prophète et roi. Tu as choisi de définir l'islam comme religion politique, sociale, morale, devant régner comme un tyran aussi bien sur l'Etat que sur la vie civile, aussi bien dans la rue et dans la maison qu'à l'intérieur même de chaque conscience. Tu as choisi de croire et d'imposer que l'islam veut dire soumission alors que le Coran lui-même proclame qu'« il n'y a pas de contrainte en religion » (La ikraha fi Dîn). Tu as fait de son appel à la liberté l'empire de la contrainte ! Comment une civilisation peut-elle trahir à ce point son propre texte sacré ? Je dis qu'il est l'heure, dans la civilisation de l'islam, d'instituer cette liberté spirituelle - la plus sublime et difficile de toutes - à la place de toutes les lois inventées par des générations de théologiens !

    De nombreuses voix que tu ne veux pas entendre s'élèvent aujourd'hui dans la Oumma pour dénoncer ce tabou d'une religion autoritaire et indiscutable... Au point que trop de croyants ont tellement intériorisé une culture de la soumission à la tradition et aux « maîtres de religion » (imams, muftis, chouyoukhs, etc.) qu'ils ne comprennent même pas qu'on leur parle de liberté spirituelle, ni qu'on leur parle de choix personnel vis-à-vis des « piliers » de l'islam. Tout cela constitue pour eux une « ligne rouge » si sacrée qu'ils n'osent pas donner à leur propre conscience le droit de la remettre en question ! Et il y a tant de familles où cette confusion entre spiritualité et servitude est incrustée dans les esprits dès le plus jeune âge et où l'éducation spirituelle est d'une telle pauvreté que tout ce qui concerne la religion reste quelque chose qui ne se discute pas !

    Or, cela, de toute évidence, n'est pas imposé par le terrorisme de quelques troupes de fous fanatiques embarqués par l'« Etat islamique ». Non, ce problème-là est infiniment plus profond ! Mais qui veut l'entendre ? Silence là-dessus dans le monde musulman, et dans les médias occidentaux on n'écoute plus que tous ces spécialistes du terrorisme qui aggravent jour après jour la myopie générale ! Il ne faut donc pas que tu t'illusionnes, ô mon ami, en faisant croire que, quand on en aura fini avec le terrorisme islamiste, l'islam aura réglé ses problèmes ! Car tout ce que je viens d'évoquer - une religion tyrannique, dogmatique, littéraliste, formaliste, machiste, conservatrice, régressive - est trop souvent l'islam ordinaire, l'islam quotidien, qui souffre et fait souffrir trop de consciences, l'islam du passé dépassé, l'islam déformé par tous ceux qui l'instrumentalisent politiquement, l'islam qui finit encore et toujours par étouffer les Printemps arabes et la voix de toutes ses jeunesses qui demandent autre chose. Quand donc vas-tu faire enfin cette révolution qui dans les sociétés et les consciences fera rimer définitivement spiritualité et liberté ?

    Bien sûr, dans ton immense territoire il y a des îlots de liberté spirituelle : des familles qui transmettent un islam de tolérance, de choix personnel, d'approfondissement spirituel ; des lieux où l'islam donne encore le meilleur de lui-même, une culture du partage, de l'honneur, de la recherche du savoir, et une spiritualité en quête de ce lieu sacré où l'être humain et la réalité ultime qu'on appelle Allâh se rencontrent. Il y a en terre d'Islam, et partout dans les communautés musulmanes du monde, des consciences fortes et libres. Mais elles restent condamnées à vivre leur liberté sans reconnaissance d'un véritable droit, à leurs risques et périls face au contrôle communautaire ou même parfois face à la police religieuse. Jamais pour l'instant le droit de dire « Je choisis mon islam »« J'ai mon propre rapport à l'islam » n'a été reconnu par l'« islam officiel » des dignitaires. Ceux-là, au contraire, s'acharnent à imposer que « la doctrine de l'islam est unique » et que « l'obéissance aux piliers de l'islam est la seule voie droite » (sirâtou-l-moustaqîm).

    Ce refus du droit à la liberté vis-à-vis de la religion est l'une de ces racines du mal dont tu souffres, ô mon cher monde musulman, l'un de ces ventres obscurs où grandissent les monstres que tu fais bondir depuis quelques années au visage effrayé du monde entier. Car cette religion de fer impose à tes sociétés tout entières une violence insoutenable. Elle enferme toujours trop de tes filles et tous tes fils dans la cage d'un bien et d'un mal, d'un licite (halâl) et d'un illicite (harâm) que personne ne choisit mais que tout le monde subit. Elle emprisonne les volontés, elle conditionne les esprits, elle empêche ou entrave tout choix de vie personnel. Dans trop de tes contrées, tu associes encore la religion et la violence - contre les femmes, les « mauvais croyants », les minorités chrétiennes ou autres, les penseurs et les esprits libres, les rebelles - de sorte que cette religion et cette violence finissent par se confondre, chez les plus déséquilibrés et les plus fragiles de tes fils, dans la monstruosité du djihad !

    Alors ne fais plus semblant de t'étonner, je t'en prie, que des démons tels que le soi-disant Etat islamique t'aient pris ton visage ! Les monstres et les démons ne volent que les visages qui sont déjà déformés par trop de grimaces ! Et si tu veux savoir comment ne plus enfanter de tels monstres, je vais te le dire. C'est simple et très difficile à la fois. Il faut que tu commences par réformer toute l'éducation que tu donnes à tes enfants, dans chacune de tes écoles, chacun de tes lieux de savoir et de pouvoir. Que tu les réformes pour les diriger selon des principes universels (même si tu n'es pas le seul à les transgresser ou à persister dans leur ignorance) : la liberté de conscience, la démocratie, la tolérance et le droit de cité pour toute la diversité des visions du monde et des croyances, l'égalité des sexes et l'émancipation des femmes de toute tutelle masculine, la réflexion et la culture critique du religieux dans les universités, la littérature, les médias. Tu ne peux plus reculer, tu ne peux plus faire moins que tout cela ! C'est le seul moyen pour toi de ne plus enfanter de tels monstres, et si tu ne le fais pas, tu seras bientôt dévasté par leur puissance de destruction.

    Cher monde musulman... Je ne suis qu'un philosophe, et comme d'habitude certains diront que le philosophe est un hérétique. Je ne cherche pourtant qu'à faire resplendir à nouveau la lumière - c'est le nom que tu m'as donné qui me le commande, Abdennour, « Serviteur de la Lumière ». Je n'aurais pas été si sévère dans cette lettre si je ne croyais pas en toi. Comme on dit en français, « qui aime bien châtie bien ». Et, au contraire, tous ceux qui aujourd'hui ne sont pas assez sévères avec toi - qui veulent faire de toi une victime -, tous ceux-là en réalité ne te rendent pas service ! Je crois en toi, je crois en ta contribution à faire demain de notre planète un univers à la fois plus humain et plus spirituel ! Salâm, que la paix soit sur toi.

     
    Abdennour Bidar est philosophe, auteur de Self islam, histoire d'un islam personnel (Seuil, 2006), L'Islam sans soumission : pour un existentialisme musulman (Albin Michel, 2008), et d' Histoire de l'humanisme en Occident (Armand Colin, 2014).

    Il faut également que l'Occident observe son comportement actuel. On ne peut pas demander à l'Islam de s'éveiller à une spiritualité libre et bienveillante en considérant que c'est à eux seuls de s'éveiller à un autre monde....Il s'agit avant tout, pour que quelque chose soit possible, que tous les Peuples oeuvrent à cette Paix. 

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  • Charlie

    « Moi ce qui me choque, c’est de faire ça le premier jour des soldes » – Nabilla

    Charlie, je pense, aurait bien aimé cette dérision. 

    Je suis comme tout le monde. Horrifié de ce qui s'est passé chez Charlie. Horrifié pour tous ces morts. Les familles. Le traumatisme. L'effroyable réalité dont on ne se remet pas. Horrifié que des gens qui armaient leurs mains d'un feutre puissent périr sous les balles. Horrifié que les policiers périssent dans l'exercice de leurs fonctions. Aucun mot, aucune parole n'enlèvera des coeurs de leurs proches cette insoutenable réalité de la mort de ceux qu'ils aimaient. Comme un cauchemar.

    Mais........

    Je ne considère pas Charlie Hebdo comme le symbole de la liberté d'expression. Il me suffit de voir leur acharnement contre Dieudonné par exemple (et il y en a d'autres ) ou alors c'est qu'il y a ceux qui peuvent bénéficier de cette liberté d'expression et pas "les autres"......Je ne comprends d'ailleurs pas pourquoi Charlie s'en prenait ainsi à Dieudonné. Et qu'on ne vienne pas me dire que cet humoriste attise les haines. Ca, ce sont les paroles de Valls et de TF1.

    Je ne considère pas leurs caricatures comme de l'humour. Je ne peux pas rire de tout. Parce qu'il y a des gens qui seront blessés. Sans parler des fous qui garniront leurs fusils.

    Alors c'est qu'il faudrait se taire ? 

    -Non, mais agir avec discernement et j'ai toujours trouvé chez Charlie que leur discernement était inexistant et qu'ils aimaient surfer simplement sur la vague de la provocation. Je n'aime pas cet humour, je n'aime pas cette façon d'interpeler parce qu'elle participe à la stigmatisation, aux corporatismes, à la haine.....Et je n'arrive pas à comprendre qu'un journal, même satirique, puisse se résoudre à attiser les brasiers. J'entends dire que l'humour satirique désamorce. J'y vois davantage un camion de pompier déverser de l'essence sur les flammes.

    Pourquoi est-ce que Charlie est bien plus connu que "Le 3ème Millénaire" ou "Nouvelles clés" alors que ces deux seules revues prônent la réconciliation, le respect, l'écoute, le partage, la connaissance de l'autre ?

    La satire ne règle rien. Elle fait rire ceux qui ne sont pas concernés et qui n'ont pas envie de réfléchir davantage.

    Oui, je sais, il y a des fous avec lesquels il n'est pas possible de parler. C'est une évidence. Alors, pourquoi en parler ? Puisqu'il n'y a aucune réponse à attendre. Où est l'intérêt ? 

    Il y a des commentaires sur tous les réseaux. Et certains me hérissent. 

     

    Je n'aimais pas ce que Charlie publiait mais je pleure infiniment la mort des hommes.

    Qu'on ne vienne pas me dire que je n'ai pas de coeur, que c'est une honte et patati et patata. 

    Je pleure comme tout le monde. Mais je pleure aussi pour l'incapacité des hommes à éteindre la violence en eux. Je pleure pour tous ceux qui sont morts aujourd'hui pour les mêmes raisons, partout dans le monde. Juste parce qu'il y avait des hommes qui n'étaient pas d'accord avec eux.

    Je pleure aussi pour les enfants qui regardent ce monde et se demandent peut-être ce qu'ils font là........ 

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  • "TéléProfs" (école)

    Il va bientôt falloir prévenir le WWF de classer l'espèce enseignante en voie de disparition. 

    Ou organiser un téléprof pour récolter des volontaires (mais y'aura pas les fonds pour les payer....)

    Bon, pour les commentaires que j'ai laissés volontairement, ça donne aussi une idée du "désamour" profond de la population envers les enseignants (pas tous, heureusement...).....

     


    L'Education nationale lance une campagne télé pour recruter des profs

     
    L'Education nationale lance une campagne télé pour recruter des profs

    Crédit photo © Reuters

    (Boursier.com) — Afin de compenser les départs en retraite et de pourvoir aux créations de postes annoncées par François Hollande, l'Education nationale lance ce mercredi une campagne télévision et web de recrutement des professeurs. La séquence de trente secondes fait apparaître des écoliers dans une cour de récréation puis en classe, interpellant le téléspectateur. "J'ai besoin de vous pour trouver" ma voie professionnelle, dit une collégienne. "Est-ce que tu peux venir m'aider ?", demande un élève de primaire, dans le but notamment de susciter des vocations.

    Des besoins criants

    Il faut dire que dans certaines matières, les besoins sont criants. L'an dernier, le nombre d'admis au Capes de mathématiques s'est élevé à seulement 794 sur 1.592 postes ouverts...! La situation est tout aussi alarmante en lettres classiques, avec 93 admis sur 300 postes à pourvoir. En anglais, le nombre de profs recrutés s'est élevé à 824, alors que l'Education nationale en espérait 1.260... Résultat : de plus en plus de collèges et lycées recrutent des contractuels, de niveau licence, comme en témoignent les offres parues sur le site de Pôle Emploi.

    25.000 recrutements en 2015

    Dans un communiqué, l'Education nationale rappelle qu'elle recrutera 25.000 enseignants cette année. Dans le détail, à la prochaine rentrée, le gouvernement compte renforcer le nombre de professeurs, notamment dans les académies difficiles. A Créteil par exemple, 448 postes doivent voir le jour dans le premier degré et 398 dans le second degré. Les effectifs doivent également être renforcés à Aix-Marseille, Versailles ou encore Grenoble.

     — ©2015, Boursier.com

    11 réactions à cet article : participez à la discussion

    1. la question principale : pourquoi le métier de prof n'attire-t-il plus ?

      Ce matin à 11h36
    2. faudrait faire une émission de télé réalité pour recruter...

      Aujourd'hui à 13h11
    3. Mon fils, maitrise Histoire, écrit Capes seulement, enseignant vacataire puis contractuel pendant 7 ans a été jeté par l'administration Sarko, pour voir le Flamby titulariser au petit bonheur la chance des privilégies en 2013 !!! Il manque de prof de français en technique où il pourrait enseigner mais l'E. Nationale étant à la dérive la gestion se fait entre le rectorat, les recteurs vont toucher une prime exceptionnelle de 10000 €, et les syndicats !!! Et Pantin a la TV ns annonce des réformes

      Aujourd'hui à 13h30
    4. Merci Allègre et merci à tous ceux qui ne se gênent pas pour "cracher" sur les profs, y compris sur ce sîte.
      Les profs sont dénigrés, le niveau de diplôme exigé a beaucoup augmenté, le temps de préparation des cours est toujours plus long avec l'informatisation... mais les salaires ont stagné, le tout avec une dégradation des conditions de travail (nombre d'élèves trop élevé dans les classes, potitique de non redoublement et d'amener tout le monde au BAC, y compris des élèves absolument pas motivés, enfant-roi, parents-démissionnaires)... la liste est longue pour ne pas avoir envie d'être prof!

      Aujourd'hui à 13h33
    5. Hélas.

      Les parents, du reste, ne sont pas que démissionnaires. Les inspecteurs assistent aujourd'hui à des comportements ahurissants, avec des parents qui se présentent sur place pour en découdre avec les enseignants et qui se taguent de pouvoir "faire bien mieux."

      J'ai encore le souvenir d'anciens élèves qui s'arrêtaient dans la rue pour remercier leurs enseignants de leur avoir appris à lire et à calculer.

      On se levait, quelques années avant cela encore, devant le "maître d'école".

      Aujourd'hui à 13h37
    6. Sans vouloir dénigrer de quelque façon que ce soit les profs, la réelle faiblesse des salaires de profs n'est que la contrepartie de 16 semaines de congés et du faible nombre d'heures hebdomadaire...

      On ne peut avoir le beurre et l'argent du beurre. Visiblement en ses temps de vie chère, les jeunes préfèrent la ou est l'argent même s'il doivent se contenter de 5 semaines de congés.

      Peut être pourrons ils prétendre aux niveaux de salaires proposés dans le privé pour un niveau d'études identiques le jour ou ils accepterons aussi d'avoir le même nombre d'heures de travail et le même nombre de jours de congés.

      Aujourd'hui à 13h45
    7. Quand crois-tu qu'un prof peut préparer ses cours?
      C'est avec de telles remarque idiote que l'on dénigre le travail de prof. Mais je suppose que tu as déjà une opinion tranchée d'avance en analysant qu'avec une idée préconçue.

      Aujourd'hui à 13h51
    8. Vous avez raison.... Je dénigre... Comment ai je pu un seul instant imaginer qu'un membre de cette corporation d'élite sous payée et mal considérée soit capable de se remettre en cause et de faire son auto critique ?

      Aujourd'hui à 14h01
    9. Je comprends votre raisonnement, Kicéça. Il est d'ailleurs partagé, de manière bien plus radicale, par la majorité des Français du privé, puisque tout a été fait pour exacerber ce type de raisonnement afin d'obtenir un alibi pour faire accepter certaines coupes.

      Certains professeurs ne demanderaient pas mieux que de pointer et d'effectuer leurs recherches et leurs préparations sur le lieu de travail. Leurs volumes horaires surprendraient alors pas mal de monde.

      Mais on ne leur en laissera pas l'occasion. La vétusté et le dysfonctionnement du matériel de l'éducation nationale rendrait ce type de fonctionnement impossible. Cela aurait en outre pour effet de discréditer la propagande officielle.

      Cela dit, il y a une sécurité de l'emploi que le privé n'offre pas. Je n'en disconviens pas. Il y a aussi, au sein des structures éducatives, un déclin de la conscience professionnelle qui remonte à plus loin que les dégradations des conditions de travail. Ce qui brouille les cartes.

      Mais on ne fera pas avancer la machine. Ce qui est indiscutable, c'est que ce ne sont pas des spots publicitaires qui convaincront qui que ce soit de postuler. L'éducation nationale devra donc continuer à recruter des vacataires via Pôle emploi.

      Les enfants feront donc ce qu'ils peuvent avec ce que l’État aura...

      Aujourd'hui à 14h05
    10. T'as raison. C'est avec de telles idées que ça va faire faire progresser le recrutement de profs!
      Quand il n'y aura plus de gens compétents qui se présenteront, tu feras comment ? Il sera trop tard!!! ........à moins que ce ne soit déjà trop tard.

      Aujourd'hui à 14h11
    11. Si vous le dites.... AMEN

      Aujourd'hui à 14h23