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  • Naissance

    Je voyais le bébé que j’étais. Dans le ventre de ma mère.

    Ondes Alpha. Relaxation profonde. Connecté avec l’intérieur…L’inconscient, la mémoire cellulaire.

    Inutile de se dire que ça n’est pas possible.

    J’ai vu pendant trois jours des femmes revivre pleinement cette naissance, dans leur corps. Des "retrouvailles" d'une puissance émotionnelle incommensurable, dans leur corps, leur esprit, leur mémoire cellulaire...

    Je n’imaginais pas un seul instant ce que j’allais éprouver à mon tour…

     

    Un sentiment de bien-être absolu et en même temps une impatience joyeuse à quitter ce cocon. Je me voyais sourire et bouger. Je « savais » que j’étais attendu. Aucune peur, aucune énergie limitante, juste ce bonheur de la découverte du monde.

    Et puis, j’ai senti dans mon périnée une boule de chaleur qui grandissait et l’impression que mes cuisses s’écartaient, que cette boule incandescente éprouvait le besoin de s’extraire…Simultanément à cette sensation de « présence », j’étais envahi par des vagues de frissons, des cascades de chaleurs qui ruisselaient en moi de la tête aux pieds, dans un flux et reflux incessant, l’impression que ma colonne vertébrale était devenue un canal d’énergie, et que serpentait le long de sa structure un flux constant de vibrations inconnues. Mon périnée vibrait et j’étais submergé d’émotions, au point que je n’arrivais plus à exprimer quoi que ce soit au Thérapeute qui menait la séance...

    Et puis, j’ai « reconnu » cette sensation…C’était orgasmique…

    Une re-naissance orgasmique…Non pas génitale mais totale, entière, sans aucun contrôle, l’énergie comme un diffuseur, et toujours cette « présence », cette boule bleue incandescente entre mes cuisses…Ce n’était pas moi, il n’y avait plus de bébé, il n’y avait pas d’individu, juste cette boule de vie…

    « Je » n’étais pas né. La Vie était née. Et elle fusait en moi, dans ma colonne, dans toutes mes fibres, comme un torrent lumineux.

    Dépersonnalisation bénéfique.

    Comme lorsque j’ai la sensation de faire l’amour à l’Amour. Et que les corps deviennent des passerelles vers une union extatique, énergétique, comme des retrouvailles avec le flux vital…La boule bleue entre mes cuisses.   

     

    J’aurais aimé resté ainsi. Plus longtemps.

    J’ai ouvert les yeux.

    La suite de la journée s’est déroulée mais les flux et reflux ont continué leur sarabande. Des vagues incessantes de frissons…De la tête aux pieds, avec des picotements au bout des doigts, une chaleur crânienne très étrange…

    Jusqu’au soir…

     

    Ce matin, il n’y a plus rien.

    Et pourtant, je sais très bien que tout est là…

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  • "Ceci est mon corps" (spiritualité)

     

    A écouter sans modération puis à consommer avec délectation, tendresse, attention, application, osmose, cohésion, partage, élévation, élévation, là-haut, là-haut...

  • Pourquoi ?

     

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    Je fais le quatrième module de ma formation en sophrologie analysante en ce moment et ce que je lis sur les forums de cette Réforme des rythmes scolaires me conforte, malheureusement pour les enfants, dans mes choix. Plus rien ne m'étonne et rien ne s'arrangera, c'est fini.

    Quand je vois le travail sur soi que cette formation en sophrologie analysante apporte, tout ce qui est révélé, mis à jour et "guéri", toute cette analyse nécessaire pour pouvoir aller ensuite vers des patients, je me dis cent fois par jour qu'il est absolument inconcevable que ce que j'apprends là ne soit pas obligatoirement fait par les futurs enseignants et ensuite tout au long de leur vie...

    Mettre face à des enfants, en mission d'enseignement, d'éducation, d'accompagnement, des adultes qui n'ont pas réglé en eux les traumatismes de leur vie, et nous en avons tous, qui n'ont pas acquis les connaissances pour comprendre les enfants, dans une dimension existentielle et non uniquement cognitive, c'est inévitablement un désastre...

    Comme en plus, maintenant, l'Etat fait entrer dans l'enceinte de l'école de nouveaux "adultes" pour les TAP et que la multiplicité des intervenants est là aussi inévitablement déstructurante et anxiogène, on amplifie le désastre, on l'accélère, on renforce le processus...

    Pourquoi ? Voilà la question qui me taraude...Et la réponse que je vois prendre forme me révulse au plus haut point...

    Pourquoi également, l'État ne cherche-t-il pas à dispenser aux futurs enseignants une réelle formation en développement personnel ?

    La réponse est très simple : il est facile de manipuler des individus qui n'ont pas été sollicités dans leur développement personnel et qui ne sont donc toujours pas "adultes" mais "enfants adaptés soumis" à une Autorité légale qui les nourrit, les entretient, les protège...

    Pourquoi est-ce à de tels enseignants que sont confiés une part éducative de plus en plus importante ?

    La réponse est  très simple : ils seront plus à même de faire en sorte que leurs élèves leur ressemblent puisqu'ils représenteront le modèle normatif créé par le Parent étatique. 

    La boucle est fermée. 

    Et si certains se rebellent et deviennent délinquants, l'État pourra montrer une autre facette de son rôle de Parent Normatif : il assurera la sécurité des Citoyens. Et ces Citoyens, reconnaissants à l'État de les avoir protégés d'un danger créé pourtant par l'État lui-même, ces Citoyens valideront l'existence même de la famille politique en continuant à les élire.

    L'école, aujourd'hui, sert un Projet de société dans lequel l'individu ne doit pas exister. 

     

  • Télévision et enfants



    Image tirée du livre "TV Lobotomie" de Michel Desmurget, directeur de recherche à l’INSERM en neurosciences cognitives.

    Television et enfants

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  • Le sensationnel contre l'existentiel

    La connaissance détachée du connaissant est une accumulation de données temporelles. Toutes les connaissances viennent du passé et sont transmises à l'individu. Mais sans l'exploration du connaissant, dans l'instant, toute accumulation de connaissances n'est qu'un fardeau dont on se charge. Bien entendu, l'agrégé de philosophie considérera qu'il a un très haut niveau de connaissances et c'est exact pour ce qui est de son domaine. Mais s'il s'identifie à cette connaissance, il ne sait plus rien de lui...

    C'est bien là que se situe le problème de notre enseignement en France. Nous amenons les enfants à croire que leurs connaissances leur donnent forme.

    C'est terrifiant d'imaginer l'ampleur de ce mensonge...

     

     Le problème majeur vient du fait que ceux qui pensent à ce que l'enfant devrait être n'ont pas nécessairement cherché à comprendre ce qu'ils sont eux-mêmes. C'est juste le mimétisme qui les guide. Un mimétisme social, éducatif, une mondialisation normative dans laquelle ils sont insérés.

    Est-ce qu'ils ont cherché à identifier clairement ce qu'ils sont et leurs propres fonctionnements ? Comment peut-on considérer que la répétition des conditionnements suffit à être dans le Vrai ?

    Un enseignant, digne de ce nom, devrait œuvrer à la révélation des êtres et non à leur intégration dans un mouvement de masse. Cette intégration se fera si l'individu lui-même, lorsqu'il en aura la capacité et la lucidité, décide que c'est la voie qui lui convient.

    J'en ai connu tellement des enfants qui une fois adolescents, erraient dans les méandres des études supérieures sans savoir où ils allaient. Et d'autres qui étaient sortis de ce système parce que le système avait tout fait pour qu'ils s'en aillent...

    Peut-on considérer dans ces cas-là, et ils sont innombrables, que l'enseignement a joué son rôle ?

    Quel est ce rôle?

    Qui est responsable ? La question essentielle.

    Responsable et responsabilité, deux notions complémentaires.

    Est responsable celui qui identifie les responsabilités qui lui incombent.

    Je peux être responsable de mes actes et responsable de moi-même. Il ne s'agit pas de s'arrêter uniquement sur une responsabilité au regard d'une situation mais de joindre à cette observation l'enseignement que l'individu doit en retirer. Pourquoi est-ce que j'étais dans cette situation, comment y suis-je arrivé, quelles ont été les émotions qui m'ont fait perdre pied, pour quelles raisons est-ce que je me suis emballé, pour quelles raisons est-ce que j'ai perdu confiance ? La liste des observations à tenir est longue. 

    C'est cela que l'enseignement doit proposer aux jeunes enfants. Tout ce qui est de l'ordre cognitif n'est pas une finalité mais un chemin et sur ce chemin se présentent les opportunités pour apprendre à se connaître.

    Il s'agit fondamentalement de se connaître en usant de ce qu'il y a à connaître.

    Alors, le buzz actuel sur les notes ou les zones éducatives prioritaires ou les rythmes scolaires et leurs innombrables inégalités et déficiences, tout ça reste du domaine du paravent. Il s'agit de focaliser le milieu enseignant et les familles sur des données qui coupent court à toutes réflexions de fond. Une main mise du sensationnel sur l'existentiel. Juste du bruit pour couvrir le vacarme intérieur des souffrances ignorées. 

    Un des psychiatres que j'ai dû rencontrer s'étonnait du fait que je continue à souffrir de la situation des enfants alors que je n'ai pas de classe...C'est là tout le problème. Comme s'il était possible que j'arrête mes réflexions à mon vécu. Comme s'il était possible que j'efface de mes pensées tous les enfants uniquement parce que je n'en ai plus la charge. 

    C'est très révélateur d'un système de pensées individualistes et c'est terrifiant qu'un psychiatre puisse me sortir une abomination pareille. 

    Il faudrait donc que je reste indifférent au sort des milliers d'espèces animales et végétales en voie de disparition juste parce qu'elles ne font pas partie de ma vie quotidienne. Il faut que je m'occupe simplement de mon chien et des plantes de mon jardin. Il faudrait donc que la situation des peuples premiers me soit indifférent juste parce qu'ils ne font pas partie de ma famille ou de mes connaissances. Il faut que je m'occupe uniquement de mes proches. Il faudrait donc que je reste uniquement focalisé sur mon existence sans autres formes d'engagement que ceux pour lesquels mon statut de citoyen me destine. Un citoyen egotique, normalisé, identifié, statufié même...Mais surtout pas un individu empathique. 

    Et si moi, dans ma position de reclus, je continue à éprouver un épouvantable sentiment de gâchis au regard des millions d'enfants concernés par cette "école"...Suis-je dans un état de confusion mentale ? Dois-je de toute urgence avaler des pilules roses ? 

    Sans doute que ce psychiatre disait cela pour me soulager, pour mon "bien", pour que je parvienne à m'extraire de ces pensées récurrentes. Il ne comprend pas que c'est tout bonnement impossible. Il ne comprend pas qu'il est intolérable pour moi qu'un État puisse agir de la sorte, il ne comprend pas que je ne raisonne pas comme un enseignant en arrêt de travail mais comme un Humain qui a consacré trente ans de sa vie aux "Petits d'Hommes." Et je ne peux pas aller contre ce que j'ai été, je ne peux pas le renier, je ne peux pas bafouer quotidiennement les valeurs que j'ai toujours cherché à développer. 

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  • Droits de l'Homme

     DÉCLARATION DES DROITS DE L'HOMME


    Article 33 de la DDHC : – La résistance à l’oppression est la conséquence des autres Droits de l’homme.

    Article 34 de la DDHC : – Il y a oppression contre le corps social lorsqu’un seul de ses membres est opprimé. Il y a oppression contre chaque membre lorsque le corps social est opprimé.

    Article 35 de la DDHC : – Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs.


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  • Sagesse Masaï

    5 leçons de sagesse massaï

    http://r-eveillez-vous.fr/5-lecons-sagesse-massai/

    Chercher et trouver sa cohérence intérieure, rester relié aux autres et à l’univers, c’est ce à quoi nous invite le peuple massaï. L’anthropologue Xavier Péron nous fait découvrir ce mode de vie dans son dernier livre, également manuel de développement personnel.

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    D’eux, on ne connaît que leur longue silhouette au port altier drapée de rouge. Les Massaïs, un peuple d’éleveurs et de guerriers, figurants photogéniques dans Out of Africa (film de Sidney Pollack, 1986) ou des documentaires sur le Kenya. Ce que l’on ignorait, jusqu’au travail de l’anthropologue Xavier Péron, c’est qu’ils se transmettent de génération en génération une spiritualité riche, vécue au quotidien, d’une portée universelle et qui conçoit l’homme comme le cocréateur de l’univers.

    Pour les Massaïs, comme dans la spiritualité amérindienne ou le taoïsme, l’humain est avant tout un être relié. Aux autres, à son environnement et à une force intelligence qui le dépasse et qu’eux-mêmes nomment Enk’Aï, « la déesse-mère, source de toute vie, explique Xavier Péron. Elle prend différents aspects, multiplie ses manifestations, et chacun est en relation collective et individuelle avec elle, par les prières, les danses, les pensées comme par les actes. Enk’Aï envoie par exemple la pluie qui nourrit les bêtes et les hommes, mais aussi les épreuves qui leur permettent de grandir spirituellement ». 

    L’anthropologue a vécu pendant des années parmi eux, a été initié à leurs rites et, depuis trente ans, poursuit une relation spirituelle intense avec Kenny, son ami et guide massaï. « Chez eux, remarque-t-il, il n’existe ni philosophie ni dogme religieux ; ils vivent la réalité en faisant corps avec elle, tout en ayant conscience de ce qu’ils doivent apporter en tant qu’individus et membres d’une collectivité pour maintenir l’équilibre et l’harmonie dans la grande chaîne de la vie. »

    Selon lui, leur spiritualité peut se traduire par ces lignes de force : vaincre ses peurs, rester relié, ne pas créer de division en soi et autour de soi, tirer parti des épreuves, faire l’expérience de ce qui est.

    « C’est ce que je m’efforce de pratiquer au quotidien et qui a changé ma vie, et c’est pour cela que je me sens leur passeur en Occident. Pour les hommes séparés, dispersés, agités que nous sommes devenus, il me semble important de diffuser leur message d’appel à l’unité intérieure, à l’ouverture de la conscience, deux ferments essentiels d’un vivre-ensemble plus juste et plus humain. » C’est cette voix que nous avons eu envie de faire entendre. Non pas pour idéaliser une culture ou un mode de vie, mais plutôt pour nous nourrir et nous inspirer. En découvrant les cinq piliers de la spiritualité massaï.

    Ilmao : accepter la dualité

    Le terme « massaï » provient du mot ilmao (« les jumeaux »), qui exprime la croyance selon laquelle toutes les choses sont reliées à d’autres pour former des paires d’éléments complémentaires. Comme dans le tao et sa figure du yin et du yang, les contraires existent, mais ils ne sont pas antagonistes. La dualité règne à l’extérieur, comme le jour et la nuit, la pluie et la sécheresse ; et à l’intérieur de soi, où s’entrechoquent les élans altruistes et les désirs égoïstes, la peur et le courage… La refuser est, pour les Massaïs, le meilleur moyen de souffrir et d’être en conflit avec les autres. D’où la nécessaire acceptation de la dualité du monde et des êtres. Une posture qui favorise la patience et la bienveillance.

    LA PRATIQUE

    Identifiez vos jumeaux intérieurs. Dressez la liste de vos qualités et corrélez chacune d’entre elles à un défaut et à des comportements qui ont pu vous conduire à des échecs ou à des conflits. Exemple : « généreux » peut aller de pair avec « inconséquent », la générosité peut aussi devenir attente de réciprocité et être source de désaccord lorsqu’elle reste à sens unique. Le but est de poser sur soi et sur les autres un regard nuancé et indulgent.

    Mettez en adéquation vos mots et vos actes pour éviter les dissonances et les antagonismes, sources de déséquilibre personnel et relationnel. Actes et mots doivent être jumeaux. Aucune différence entre le dire et le faire chez les Massaïs, qui savent par expérience que cette cohérence est la garantie de relations saines et durables.

    Encipaï : être dans la joie

    Pour les Massaïs, la joie n’est pas un but mais un point de départ. Elle est la manifestation du lien vivant qui les unit à la déesse-mère, source de toute vie. La gratitude nourrit la joie, qui, à son tour, renforce le sentiment de gratitude. Gratitude d’être en vie, de pouvoir se nourrir, de pouvoir partager les épreuves et les réjouissances… Partager et se réjouir ensemble, mettre en lumière ce qui va bien, faire preuve d’humour sont autant de pratiques qui entretiennent chaque jour la joie de vivre. Être dans la joie est également une forme de politesse que l’on doit aux autres, elle génère un confort relationnel dont chacun profite. D’ailleurs, les Massaïs ont l’habitude d’annoncer une mauvaise nouvelle en la « coinçant » entre deux bonnes. Cette formulation met du baume au coeur de celui qui la reçoit et allège le fardeau de celui qui la transmet.

    LA PRATIQUE

    Cultivez la gratitude au quotidien, en commençant par prendre conscience des dons, aussi minuscules soient-ils, que vous recevez. La porte que l’on vous tient, le sourire que l’on vous adresse, le repas que vous partagez… Donnez à votre tour, en conscience, du temps, des compliments, des conseils, toutes ces petites choses qui adoucissent et embellissent les journées de ceux qui vous entourent.

    Positivez en « enserrant » une pensée ou un fait négatif entre deux pensées ou faits positifs, comme le font les Massaïs.

    Reconnectez-vous à l’énergie de la nature. C’est elle qui nous fait nous sentir maillons de la grande chaîne du vivant. Rien de tel que de s’adosser à un arbre et de perdre son regard dans sa frondaison jusqu’à se sentir un avec lui pour retrouver sérénité et force intérieure. Deux éléments constitutifs du bonheur d’être.

    Osina kishon : accueillir la « souffrance-don »

    Sans souffrance, pas d’éveil. C’est la conviction profonde des Massaïs, qui voient, dans les épreuves envoyées par Enk’Aï, l’opportunité de grandir. Un de leurs proverbes sacrés en témoigne : « La chair qui n’est pas douloureuse ne ressent rien. » Dans cette perspective, ils remercient la déesse-mère de placer l’épreuve-opportunité sur leur chemin. Leur rituel collectif consiste alors à « nouer son coeur » en faisant huit noeuds (représentant l’épreuve) sur une corde (le coeur), qu’ils vont dénouer (symbole de la résolution), montrant ainsi que, encore une fois, tout est duel et que l’on ne peut délier un problème qu’en le reconnaissant comme sien puis en affrontant la difficulté pour la résoudre.

    LA PRATIQUE

    Procédez comme les Massaïs, qui visualisent leurs émotions (peur, tristesse, colère, abattement, désir de vengeance…) après le rituel collectif de la corde, et les transportent vers leur coeur pour les brûler et les transformer en vive énergie, à la manière de l’alchimiste qui, dans son athanor, transforme le plomb en or.

    Interrogez ensuite votre épreuve comme le Massaï qui parle à l’épreuve en ami. Que veux-tu me dire ? Quelle est ma responsabilité ? Dois-je attendre ou agir ? Quelle direction dois-je prendre ?

    Notez toutes les réponses qui vous viennent spontanément sans les censurer ni les juger.

    Eunoto : devenir un planteur

    À la posture du constructeur, les Massaïs préfèrent celle du planteur. Alors que le premier se concentre uniquement sur la réalisation de l’objectif qu’il s’est fixé, la construction, le second plante son arbre, le soigne, mais accepte de faire avec ce qui lui échappe (le rythme de croissance, les aléas de la météo…). Concrètement, être planteur, c’est se mettre en phase avec le moment présent, s’adapter et se maintenir dans un état entre vigilance et confiance, volonté et humilité. Cette souplesse est facteur de sérénité, de patience et met à l’abri de la colère et de la déception.

    LA PRATIQUE

    Ancrez-vous, comme l’arbre, dans le moment présent. Les Massaïs disent : « Le passé est un pays où je n’habite plus. » Ici et maintenant, que ressentez-vous ? Comment pouvez-vous composer au mieux avec la situation et les personnes présentes ? Que charriez-vous d’inutile et de pesant du passé ? Quelles projections anxieuses vous empêchent de goûter à la saveur du présent ?

    Aingoru enkitoo : rechercher le bon ordre

    Être dans la justesse – dans ses mots, dans ses actions –, cela signifie pour les Massaïs être reliés à Enk’Aï. Une posture qu’exprime l’expression « avoir le regard clair et la démarche alerte ». La clarté du regard signifiant que la cohérence intérieure se voit de l’extérieur, et la démarche alerte témoignant d’un sentiment de légèreté et de sécurité dû à la certitude de marcher sur son bon chemin. Troubles, conflits, agitation sont, en revanche, les signes que l’on s’est décentré et que l’on s’est éloigné de sa « mission ». Car, pour les Massaïs, être en quête du bon ordre, c’est aussi chercher ce que l’on est venu faire sur terre.

    LA PRATIQUE

    Écoutez les messages de votre corps lorsque vous avez fait un choix, pris une décision. S’ils sont justes, sous les émotions superficielles (appréhension, excitation), vous devez ressentir une vague de calme, une sensation de paix intérieure, qui peut se traduire en mots par « ce n’est pas facile, mais c’est juste ». En revanche, interrogez-vous si vous ressentez des tiraillements, de l’inconfort, de l’agitation mentale et physique, et que ces sensations durent ou se manifestent chaque fois que vous pensez à votre choix ou à votre décision.

    Plantez un arbre, prenez soin d’une plante. Cela vous incitera à mettre momentanément les « je veux » sur la touche et vous aidera à faire simplement avec ce qui est.

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  • "Cet enfant"

    Chers parents :
    Je sais. Vous êtes inquiets. Chaque jour, votre enfant rentre à la maison et vous parle de CET enfant. Celui qui est toujours occupé à frapper, pincer, griffer et même parfois mordre les autres enfants. Celui à qui je dois toujours tenir la main dans le couloir. Celui qui a son coin spécial sur le tapis de jeu et préfère s’asseoir sur une chaise plutôt que par terre. Celui qui a du quitter la classe parce qu’on ne jette pas les jouets. Celui qui a grimpé la grille de la cour alors que je lui disais d’arrêter. Celui qui a aspergé le sol avec le lait de son voisin parce qu’il était en colère. Exprès. Alors que je le regardais. Et quand je lui ai demandé de nettoyer, il a vidé le rouleau de sopalin. Exprès. Alors que je le regardais. Celui qui a prononcé le mot en M en cours de gym.
    Vous êtes inquiet que CET enfant n’empêche le votre d’apprendre. Vous avez peur qu’il me prenne trop de temps et d’énergie pour que le votre ait sa part d’attention. Vous avez peur qu’il ne blesse quelqu’un un jour. Vous avez peur que ce “quelqu’un” soit votre enfant. Vous avez peur que votre enfant ne devienne agressif pour obtenir ce qu’il veut. Vous avez peur que votre enfant ne devienne un cancre parce que je n’aurais pas remarqué qu’il a du mal à écrire. Je sais.
    Votre enfant, à son âge et dans cette classe, n’est pas CET enfant. Votre enfant n’est pas parfait, mais en général, il obéit. Il partage ses jouets sans problème. Il ne jette pas son matériel. Il lève la main pour parler. Il travaille quand c’est l’heure de travailler, et joue quand c’est l’heure de jouer. On peut le laisser aller seul aux toilettes et en revenir sans craindre une mauvaise blague. Il pense que le mot en P est “purée” et que le mot en M est “mercredi”. Je sais.
    Je sais, et je m’en inquiète aussi.
    Vous savez, je m’inquiète tout le temps. Pour TOUS les enfants. Je m’inquiète de l’écriture de votre enfant, de la prononciation d’un autre, de la timidité de celui-ci ou de tel autre qui ne mange pas le midi. J’ai peur que le manteau de Gavin ne soit pas assez chaud et que le père de Talitha ne la gronde parce qu’elle écrit les B à l’envers. Tous mes trajets en voiture et toutes mes douches, je les passe à m’inquiéter.
    Mais je le sais, vous voulez parler de CET enfant. Parce que les B à l’envers de Talitha ne causeront pas un oeil au beurre noir à votre enfant.
    Moi aussi je veux parler de CET enfant, mais il y a tellement de choses que je n’aurais pas le droit de vous dire.
    Je ne ne pourrais pas vous dire qu’il a été adopté dans un orphelinat quand il avait 18 mois.
    Je ne pourrais pas vous dire qu’il suit un régime spécial à cause de ses allergies alimentaires et qu’il a faim TOUT. LE. TEMPS.
    Je ne pourrais pas vous dire que ses parents sont en plein divorce et qu’il habite chez sa grand-mère.
    Je ne pourrais pas vous dire que j’ai peur que sa grand-mère ne commence à boire…
    Je ne pourrais pas vous dire que son traitement contre l’asthme le rend agité.
    Je ne pourrais pas vous dire que sa mère est seule, et que cet enfant est à la garderie à la seconde où elle ouvre jusqu’à la seconde où elle ferme le soir. Il a ensuite 40 minutes de trajet pour rentrer chez lui, et dors donc moins que la plupart des adultes.
    Je ne pourrais pas vous dire qu’il a assisté à des violences domestiques.
    Vous comprenez. Vous savez que je ne peux pas divulguer d’informations personnelles. Vous voulez juste savoir ce que je FAIS à propos du comportement de CET enfant.
    J’aimerais vous le dire. Mais je ne peux pas.
    Je ne peux pas vous die qu’il reçoit des cours d’orthophonie, qu’un examen a révélé retard de langage, et qu’un thérapeute a lié son agressivité à ses difficultés à communiquer.
    Je ne peux pas vous dire que je rencontre ses parents TOUTES les semaines, et que le plus souvent, ils crient pendant ces rencontres.
    Je ne peux pas vous dire que cet enfant et moi avons un signal secret avec nos mains quand il veut s’asseoir tout seul dans son coin.
    Je ne peux pas vous dire qu’il passe le temps de la sieste blotti sur mes genoux parce que sentir mon coeur battre “le fait se sentir bien”.
    Je ne peux pas vous dire que depuis trois mois, je note chacun de ses accès de colère et que leur nombre a baissé de 5 par jour à 5 par semaine.
    Je ne peux pas vous dire que le secrétaire de l’école à accepté que je l’envoie dans son bureau quand il a besoin de prendre l’air.
    Je ne peux pas vous dire qu’à une réunion de professeurs, les larmes aux yeux, j’ai supplié mes collègues de le surveiller de près, de lui prêter attention, même quand ils sont en colère parce qu’il a encore frappé quelqu’un JUSTE DEVANT EUX.
    Le truc c’est qu’il y a TELLEMENT DE CHOSES que je ne pas dire à propos de cet enfant. Même les bonnes choses je ne peux pas vous les dire.
    Je ne peux pas vous dire que son travail dans la classe est d’arroser les plantes, et que quand l’une d’elle est morte pendant l’hiver, il a pleuré toutes les larmes de son corps.
    Je ne peux pas vous dire qu’il embrasse sa petite soeur tous les matins pour lui dire au revoir, et lui murmure “Tu est mon soleil” avant que sa mère n’emporte la poussette.
    Je ne peux pas vous dire qu’il en sait plus à propos des orages que bien des mététorologues.
    Je ne peux pas vous dire qu’il me propose souvent d’aider à tailler les crayons pendant les récréations.
    Je ne peux pas vous dire qu’il coiffe les cheveux de sa meilleure amie pendant la sieste.
    Je ne peux pas vous dire que lorsqu’un de ses camarades pleure, il se précipite pour lui lire une de ses histoires préférées.
    Le truc, chers parents, c’est que je ne peux vous parler que de VOTRE enfant. Alors je peux vous dire ceci :
    Si jamais un jour VOTRE enfant devient CET enfant…
    Je ne partagerai pas vos histoires de famille avec d’autres parents.
    Je communiquerai avec vous régulièrement, clairement, et gentiment.
    Je m’assurerai qu’il y a des mouchoirs sur mon bureau pendant nos rencontres, je vous tiendrai la main si vous pleurez.
    Je me battrai pour que vous receviez les services des meilleurs spécialistes, et je coopérerai avec eux pour obtenir les meilleurs résultats.
    Je m’assurerai que votre enfant reçoive le surplus d’amour et d’attention dont il a besoin.
    Je porterai sa voix auprès du personnel de l’école.
    Quoiqu’il arrive, je continuerai à chercher tous ses bons côtés, toutes ses qualités et tout ce qui le rend exceptionnel.
    Je lui rappellerai ces choses, ainsi qu’à vous, encore et encore.
    Et quand un parent viendra se plaindre de VOTRE enfant…
    Je lui répèterai tout ça,encore et encore.
    Avec tout mon amour;
    La maîtresse.

    “Chers parents : à propos de CET enfant…”, par Amy Murray.

    Source: Bridoz

    http://brefbuzz.com/lettre-d-un-professeur-au-sujet-de-cet…/

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