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  • L'enfer

    Isolement en prison : "On ne peut pas en sortir sans sentir la merde"

    Philippe Boulet-Gercourt

    Aux Etats-Unis, des dizaines de milliers de détenus sont placés à l'isolement total pendant 5, 10, 25 ans. Ils ne voient personne, la solitude les rend fous. Enquête sur cette "version propre de l'enfer".

    La première Super-maximum Security Prison a été celle de Marion, dans l'Illinois. (AP Photo/The Southern, Steve Jahnke)La première Super-maximum Security Prison a été celle de Marion, dans l'Illinois. (AP Photo/The Southern, Steve Jahnke)

    Ne pas devenir dingue. Ne pas te laisser happer. Résister aux hallucinations - les bourdonnements, le bruit d'une fête imaginaire au coin de la rue, les "Joe ! Joe !" qui t'appellent de nulle part. L'enfant chauve que tu découvres un beau matin dans ta cellule avant de comprendre, un jour de terreur plus tard, qu'il s'agit d'un souvenir d'enfance, un gamin du quartier qui avait chopé une leucémie fatale quelques mois avant la mort de ta mère. Lutter. Ecrire, pour survivre. Remuscler ta pensée.

    Fixer un point du mur en essayant de discipliner les yeux, de ne pas les bouger. C'est presque impossible, ton regard ne veut pas rester en place. Tu finis par y arriver cinq minutes, dix minutes... Une heure. Le point que tu fixes commence à bouger, à danser. Le cerveau tente de mettre de l'ordre dans ces formes en mouvement. Tu te fais ton film, un cheval au galop, un gosse qui shoote dans un ballon... Des trucs, aussi, que tu ne veux pas voir, des gens que tu as bousillés. Tout est affaire de perception. Et, soudain, tu vis le moment le plus terrible de ton existence : tu te rends compte que tu n'es plus capable de distinguer la réalité du fantasme. Les petites images dansent sur le mur, et toi, tu ne sais plus où tu habites...

    Seul, 23 heures sur 24

    Tout se bouscule dans la tête de Joe Loya. Les flics l'avaient surnommé "le bandit de Beyrouth", la faute aux guichetiers qui l'imaginaient libanais, indien ou pakistanais, tout, sauf un Mexicain-Américain d'East Los Angeles. Joe le malin, Joe le charmeur, Joe le braqueur, une quarantaine de banques dévalisées sans qu'il ait jamais eu besoin de pointer son flingue sur quiconque. Début 1989, il finit par se faire pincer, mais son intelligence et son humour font craquer l'agent du FBI qui l'a traqué. Il est relâché... et s'empresse d'attaquer cinq nouvelles banques.

    Condamné à sept ans de prison, Joe se fait remarquer. Il est maniaco-dépressif, s'énerve pour un rien. Un détenu, qui a revendu son "Playboy" sans lui en demander l'autorisation, se retrouve avec un bout d'oreille en moins. Un jour, son ancien compagnon de cellule est retrouvé mort. Joe est soupçonné. A tort. Pour le faire craquer, on le place à l'isolement. Deux années de solitude, vingt-trois heures sur vingt-quatre.

    Les bruits imaginaires, les semaines passées sans dire un mot. L'enfant chauve. La peur panique de voir quelqu'un forcer la porte de votre cellule et vous trucider. Dans l'histoire de Joe, il y a un happy end : à sa sortie de prison, au milieu des années 1990, il devient journaliste et tire de l'histoire de sa vie un one-man-show puis une autobiographie remarquée. Il a une copine, et une fille de 7 ans. Mais aussi un passé qui ne le lâche pas.

    Hallucinations

    En 2003, ses hallucinations lui valent huit jours d'hospitalisation. Ses oreilles bourdonnent toujours, près de vingt ans après sa libération. Et il a mis plus de dix ans à dompter ses cauchemars. "J'ai toujours les cicatrices, dit-il. Je suis un homme blessé."

    "Une version propre de l'enfer", a dit un jour un gardien de prison en parlant du "solitary confinement", cet isolement carcéral qui devrait être limité à quelques jours mais dure souvent des années. Aucun chiffre précis n'existe, mais on estime qu'ils sont près de 80 000 à croupir dans la solitude de leur minuscule cellule, 6,50 mètres carrés pour certaines prisons de sécurité maximale (Supermax).

    Faites l'expérience : marchez trois pas dans le sens de la longueur, deux dans celui de la largeur. C'est la taille de votre univers. Imaginez les murs. La table soudée à une paroi, le tabouret, le lit, le lavabo, la cuvette des WC. 

    Certaines cellules ont une fenêtre minuscule qui donne sur une cour avec un haut mur de l'autre côté, détaille Raphael Sperry, un architecte qui se bat pour que le code d'éthique de sa profession interdise de concevoir de telles prisons. Tout ce que vous pouvez voir est un sol nu, un mur, et le ciel. Vous ne verrez jamais une personne dehors, jamais un animal. Et si vous avez une fenêtre, vous écopez d'un bloc, sans le moindre jour."

    L'autre option est une porte percée de petits trous laissant passer la lumière du couloir, souvent artificielle - en criant, on peut parler à d'autres détenus. Mais dans ce cas, adieu la fenêtre.

    Sans contact avec son espèce, l'homme devient fou

    L'homme est un animal social. Sans contact avec son espèce, il s'étiole rapidement ou devient fou. Aux Etats-Unis, cela n'est pas toujours bien perçu ni facilement accepté. "On vit toujours avec ce mythe de l'homme qui n'a besoin de personne, du cow-boy à midi dans la grand-rue, pétard en main, du héros solitaire. La compagnie des autres, c'est pour les gonzesses", remarque Joe Loya, qui peut vous parler de saint Paul ou de méditation transcendantale avec la même aisance que de son passé.

    De 2006 à 2010, la chaîne Fox Reality a diffusé un show baptisé "Solitary", où les concurrents s'affrontaient au "jeu" de l'isolement en prison. "Escape 3D : The Jail", un jeu vidéo, propose un enfermement virtuel. Mais la réalité vraie, elle, n'a rien de ludique. Dans les Supermax, elle a même l'allure d'un cauchemar de science-fiction dans lequel les portes s'ouvrent et se ferment automatiquement sans que les prisonniers aient le moindre contact avec les gardiens.

    Voici comment la Cour suprême des Etats-Unis décrit un pénitencier Supermax de l'Ohio, dans une décision de 2005 : 

    Les cellules ont des portes pleines en métal, avec des bandes de métal sur le côté et en bas, qui empêchent la conversation ou la communication avec d'autres détenus. Tous les repas sont pris dans la cellule du détenu, plutôt que dans un réfectoire. Les occasions de visite sont rares et toutes se font avec des vitres de séparation. Il est juste d'affirmer que les prisonniers du pénitencier d'Etat de l'Ohio sont pratiquement privés de toutes les stimulations que peuvent fournir les sens ou l'environnement dans lequel on se trouve, et de tout contact humain."

    Psychoses aiguës

    Stuart Grassian, un psychiatre de Boston qui a interrogé plus de 200 détenus soumis au régime de l'isolement, a découvert qu'un tiers soufraient de psychoses aiguës accompagnées d'hallucinations. Le pourcentage grimpe même à 45% dans une autre étude menée auprès de prisonniers Supermax de l'Etat de Washington.

    Dès les années 1960, plusieurs études faisant appel aux électroencéphalogrammes avaient déjà montré qu'après seulement une semaine de solitude forcée l'activité cérébrale ralentissait. Au bout de plusieurs mois, les électroencéphalogrammes de 57 prisonniers d'un camp de l'ex-Yougoslavie ont fait apparaître des déformations cérébrales. Ces dégâts sont marqués chez l'adulte, ils le sont plus encore chez l'adolescent. Oui, l'adolescent : un tiers des 100.000 mineurs en prison passent au moins quelque temps à l'isolement.

    La prison de Thomson, dans l'Illinois, a été achetée par l'Etat fédéral qui veut en faire une prison Supermax (Kevin E. Schmidt/MAXPPP)

    La pratique, aux Etats-Unis, remonte à une expérience tentée par les quakers avec l'ouverture, en 1829, du pénitencier de l'est de la Pennsylvanie - "pénitencier", car les quakers imaginaient que de la pénitence de six mois de solitude viendrait la rédemption. L'échec est évident. En 1842, Charles Dickens visite la prison et en ressort effaré. Le châtiment est "cruel et injuste", écrit-il. 

    A mon avis, cette altération lente et quotidienne des mystères du cerveau est incomparablement pire que n'importe quelle forme de torture physique".

    Tocqueville, après s'être rendu dans une prison new-yorkaise, n'est pas moins sévère : l'isolement "dévore ses victimes sans relâche et sans pitié, accuse-t-il. Cette solitude absolue, si rien ne vient l'interrompre, est au-delà de ce qu'un homme peut endurer [ ...]. Elle ne réforme pas, elle tue." En 1890, la Cour suprême est à deux doigts de déclarer la pratique anticonstitutionnelle, et celle-ci disparaît peu à peu.

    Une prison dernier cri

    Jusqu'en octobre 1983. Dans la même journée, deux gardiens de la prison de Marion, dans l'Illinois, sont assassinés. En réaction, la prison confine les détenus à un isolement strict, 23 ou 24 heures sur 24. La première Supermax est née. Six ans plus tard, le gouverneur républicain de Californie inaugure la Supermax de Pelican Bay, une "prison dernier cri qui servira de modèle à toute la nation". C'est l'époque où tout un pays commence à tourner le dos à l'idée même de réhabilitation derrière les barreaux, et parle des détenus comme d'animaux enragés qu'il faut contrôler. Où les hommes politiques en campagne promettent de coffrer les bad guys et de "jeter la clé" de leur cellule.

    Officiellement, il s'agit de mettre les "pires des pires" criminels hors d'état de nuire. Cette mesure extrême "doit être seulement utilisée quand elle est absolument nécessaire [ ...], elle ne devrait jamais donner l'impression qu'il s'agit d'une mesure de rétorsion contre des individus ", affirmait encore, en février dernier, Charles Samuels, directeur du Bureau fédéral des Prisons.

    Belles paroles, aux antipodes de la réalité. Le châtiment "est de plus en plus souvent infligé à des prisonniers qui ne représentent pas une menace pour le personnel mais sont placés à l'isolement pour des violations mineures, perturbantes mais non violentes, comme le fait de répondre (insolence) [ ...] ou de refuser de changer d'unité ou de cellule", note Nicholas Turner, président du Vera Institute of Justice, une ONG new-yorkaise fondée par le philanthrope Louis Schweitzer.

    Abus généralisé

    A en croire une étude de cet institut, qui porte sur l'Illinois, 85% des prisonniers placés en isolement disciplinaire l'ont été à la suite d'une infraction mineure aux règles de la prison. Cet abus généralisé a des conséquences épouvantables : dans un Etat comme la Californie, un détenu placé à l'isolement y passe sept ans, en moyenne. Il n'est pas limité aux Supermax, qui sont aujourd'hui plus de soixante, mais concerne aussi les unités spéciales de prisons d'Etat. Et même les petites prisons de comté !

    Richard Ausmus, 48 ans, détenu dans l'Illinois a été condamné, en 1989, à 75 ans de prison pour viol. Il sera placé en liberté conditionnelle, au mieux, le 2 novembre 2024, à la moitié de sa peine (il est incarcéré depuis 1987). Richard, que nous avons interviewé par correspondance, est tout le contraire d'un détenu dangereux.

    Après des années difficiles, dans un univers où la guerre des gangs faisait rage et où "l'administration refusait de mettre en place le moindre programme positif ", Richard a progressivement changé. 

    "Je fais partie de ceux qui ont utilisé leur temps disponible en prison pour lire, étudier et s'éduquer, raconte-t-il. Ce faisant, ma vision du monde et mon attitude ont commencé à évoluer. En 2006, on m'a finalement offert la possibilité d'être transféré dans un établissement de sécurité moyenne. J'ai vite réalisé tout le parti que je pouvais en tirer. Au bout de quelques mois, j'étais inscrit à des cours par correspondance à l'université. J'ai aussi suivi des programmes pour contrôler ma colère, et des études chrétiennes et bibliques." Dans ses lettres, page après page, Richard exprime un remords profond pour ce crime en réunion qu'il n'aurait "jamais pu imaginer commettre".

    En 2012, il est à deux mois de recevoir son diplôme universitaire quand il se retrouve soudainement transféré et placé à l'isolement dans la prison de Menard, dans le sud de l'Illinois. L'administration le soupçonne d'être toujours lié à un gang et d'avoir encouragé la tenue d'une protestation pacifique dans la prison. L'accusation est absurde, elle sera d'ailleurs rapidement retirée et effacée de son dossier. Mais Richard, plus d'un an après, est toujours seul dans sa cellule, soumis non à une sanction mais à un régime de "détention administrative".

    "A ce jour, écrit-il, je n'ai reçu ni notification écrite ni comparution, ni explication d'aucune sorte à propos de cette décision. J'ai protesté à plusieurs reprises, mais la seule réponse qu'on me donne est qu'il s'agit d'une détention administrative et non d'une action disciplinaire, et qu'elle ne peut faire l'objet d'aucun recours." La pratique est arbitraire, la façon dont elle est appliquée l'est tout autant. Un exemple ? "La prison pense que vous faites partie d'un gang et hop ! elle supprime pendant cinq ans le 'privilège' de pouvoir passer des coups de fil, dit Joe Loya. Au bout de cinq ans, hop ! elle reconduit la sanction sans un mot d'explication."

    29 ans à l'isolement

    Punir, châtier sans pitié. Comment expliquer autrement la construction en 2006, en Louisiane, d'un bâtiment en béton sans isolation, réservé aux condamnés à mort ? Dans le cagnard de la Louisiane ! Il aura fallu un procès pour qu'un juge fédéral estime anormal que la température ait excédé 52 °C pendant 85 jours dans la prison, avec une pointe à ... 90 °C, en prenant en compte l'humidité. Et comment expliquer, dans la même prison d'Angola, qu'un homme comme Robert King ait pu passer 29 années (!) à l'isolement ?

    King, que l'on a rencontré lors d'un passage à Harlem, est le plus célèbre des "Trois d'Angola", trois détenus membres des Black Panthers et persécutés comme tels .

    Comment avez-vous fait pour ne pas devenir dingue ?" demande -t-on à cet homme qu'on compare parfois à Mandela. "Je n'ai jamais affirmé que je n'étais pas dingue, répond-il. Il est impossible d'être plongé dans une telle merde et ne pas en ressortir sans sentir la merde."

    L'arbitraire, Brian Nelson connaît. Condamné au début des années 1980 pour un vol à main armée et pour sa participation à un meurtre, il venait d'être transféré, début 1998, dans une prison de sécurité minimale du Nouveau-Mexique, avec un job de tailleur. Trois mois plus tard, sans explication, on l'expédie à la prison Supermax de Tamms, dans l'Illinois, qualifiée de "monstrueuse" par un psychiatre. Grève de la faim, tentatives de suicide... Pour meubler sa solitude et ne pas devenir fou, Brian copie la Bible mot à mot.

    Devenu juriste en autodidacte, il poursuit l'administration en justice. Début 2013, la fermeture de Tamms, quinze ans seulement après l'inauguration d'une aile Supermax, sera un peu sa victoire. Mais, depuis sa libération en 2010, il se bat pour ne pas sombrer. "Je vois les meilleurs médecins, personne ne sait trop quoi faire", dit-il. Sa bouée de sauvetage est son job à l'Uptown People's Law Center de Chicago, qui accompagne les détenus dans leur galère.

    En retard à un rendez-vous téléphonique, il s'excuse : "J'ai récupéré un type hier, il a 76 ans et vient de passer 51 ans en prison. Ils l'ont relâché comme cela, je me suis occupé de lui trouver des vêtements, de la nourriture, de l'inscrire à la Sécu pour sa retraite..." Cela lui a rappelé sa propre fin de détention. 

    "Vingt-huit jours avant ma libération, j'ai été transféré de la prison de Tamms à celle de Menard. A mon arrivée, j'ai été placé dans une aile où j'étais totalement seul, encore plus isolé qu'à Tamms. On m'a refusé le moindre objet personnel, et je n'ai pas pu prendre de douche pendant 28 jours. Finalement, j'ai été libéré sans aucun médicament ni la moindre ordonnance. Je n'ai reçu aucune thérapie pour m'aider à m'adapter à la vie en liberté." 

    Vol au-dessus d'un nid de coucou

    Au moins Brian était-il encore sain d'esprit quand il a été incarcéré à Tamms. Pour beaucoup d'autres, se retrouver seul entre quatre murs ressemble à "Vol au-dessus d'un nid de coucou".

    Jerry Williams a un QI de 76, il a commencé à entendre des voix à l'âge de 17-18 ans et a été diagnostiqué schizophrène à 21 ans. Il arrive en prison en 1990, pour un simple cambriolage. A partir de là, son parcours est un cercle vicieux, une spirale infernale : il devient agité, est puni, récidive, est à nouveau puni... A l'isolement depuis huit ans, "il a été battu à maintes reprises, témoigne son avocate, Elizabeth Simpson. Une fois, la porte de sa cellule s'est retrouvée bloquée, les gardiens n'arrivaient pas à l'ouvrir. Ils voulaient qu'il coopère et il refusait, alors ils se sont mis à asperger la cellule de gaz poivré, encore et encore". Tabassé à l'écart des caméras de surveillance, il s'en tirera avec plusieurs doigts fracturés.

    Michael Williams, lui, avait cru pouvoir échapper à un tel sort. Fragile mentalement, on lui prescrit un jour du lithium, et sa vie change du tout au tout : il décroche l'équivalent d'un bac et un diplôme d'assistant juridique. Sa métamorphose est telle qu'en 2008 il adresse une demande de grâce au gouverneur de l'Illinois (elle sera rejetée). Transféré à la prison de Menard après la fermeture de la Supermax de Tamms, début 2013, il se voit soudain privé de tout traitement psychiatrique. C'est la rechute, sous l'oeil cruel des gardiens : "Certains plaisantent et disent que je suis un vieux chien enragé, nous écrit-il dans une lettre poignante. Je ne trouve pas cela très drôle."

    "Les prisons sont devenues des asiles"

    "Les prisons sont devenues des asiles de dernier recours, accuse David Fathi, directeur du "Prison Project" de l'Aclu (American Civil Liberties Union) : dans les années 1960 et 1970, nous avons fermé les hôpitaux psychiatriques, mais nous ne les avons pas remplacés par un dispositif de traitement des gens affligés de troubles mentaux. Un grand nombre d'entre eux se retrouvent livrés à eux-mêmes et échouent tout naturellement en prison. Ils sont encore plus nombreux à l'isolement. C'est logique : instables en prison, ils jouent les perturbateurs, violent les règles et se retrouvent séparés des autres détenus, ce qui n'arrange pas leur état. Dans une Supermax de l'Indiana, les gardiens ont reconnu que plus de la moitié des prisonniers étaient des malades mentaux."

    La prison ne traite pas ces malades ou les bourre de médicaments, quelquefois adéquats comme le lithium pour Michael Williams, plus souvent inefficaces et abrutissants. "Dans leur esprit, les gardiens sont là pour nous punir, dit Joe Loya. Ils sont totalement ignorants du fardeau mental de l'isolement." Souvent, la réaction de l'administration est brutale.

    Janvier 2011 : Kevin DeMott, un jeune détenu du Michigan qui soufre de troubles profonds de la personnalité, ne cesse de se taper la tête contre le mur. Que fait l'administration ? Elle lui met un casque sur la tête et l'enchaîne à son lit. Huit mois plus tard, Kevin tente de se pendre en déchirant une couverture. Il écope d'une amende de 145 dollars pour rembourser la couverture détruite, et de douze jours de privilèges supprimés. Car recevoir un livre ou passer un coup de fil sont des "privilèges"...

    Une telle barbarie a un coût. Coût humain : au moins la moitié des détenus qui se suicident en prison sont des "isolés". Coût économique : un détenu à l'isolement, dans une prison fédérale, coûte 78.000 dollars par an, près du triple d'un détenu "normal". Et, surtout, inefficacité : au bout du compte, 95% des prisonniers américains finissent par être libérés, même si c'est après des décennies. Et ceux qui étaient à l'isolement sont souvent lâchés dans la nature du jour au lendemain. En 2011, par exemple, le Texas a libéré plus de 1.300 prisonniers qui étaient à l'isolement. Pour eux, le choc est violent. Une étude a montré que leur taux de récidive est deux fois plus élevé que celui des détenus qui bénéficient d'une période de transition avant leur libération.

    Pas que des bad guys

    Pour toutes ces raisons, les choses bougent enfin aux Etats-Unis. Car il n'y a pas que des bad guys, dans cette histoire. Au Colorado, dans le Maine et quelques autres Etats, de courageux directeurs d'administration pénitentiaire ont pris le problème à bras-le-corps et réduit drastiquement la pratique de l'isolement. Avec des résultats probants : dans le Maine, par exemple, la réduction des deux tiers du nombre de placements à l'isolement a conduit à "une substantielle diminution de la violence, de l'usage de la force [ ...], et du nombre de détenus s'automutilant", a constaté Joseph Ponte, le directeur de l'administration pénitentiaire qui a mis en place le programme. Il s'attaque aujourd'hui aux prisons de New York et notamment à celle de Rikers Island.

    Nous avons accompli d'énormes progrès ces dernières années, se félicite David Fathi, de l'Aclu. Mais il reste encore beaucoup à faire, l'Amérique est toujours, et de loin, la capitale mondiale de l'isolement carcéral." 

    Pour Robert King, l'un des "Trois d'Angola", la lutte est loin d'être finie. Atteint d'un cancer du foie en phase terminale, Herman Wallace a été libéré le 1er octobre 2013, trois jours avant sa mort. Reste Albert Woodfox, toujours emprisonné. Il a passé plus de quarante ans à l'isolement. King se bat pour sa libération, il se bat, aussi, pour que la Cour suprême déclare enfin l'évidence : l'isolement carcéral prolongé, châtiment "cruel et inhumain", est une violation abjecte de la Constitution.

    Philippe Boulet-Gercourt - Le Nouvel Observateur

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  • Football

    Brésil : l'expulsion des populations des quartiers pauvres se poursuit, ces dernières étant jugées indésirables par les autorités en vue de la Coupe du Monde de football...

    Le business prime avant toute chose. Non seulement rien n'est fait pour en finir avec la misère mais en plus il s'agit de la cacher, de nier son existence.

    Michel Platini, fin tacticien réactionnaire semble s'en émouvoir, mais pas du point de vue que l'on pourrait imaginer, lui, c'est aux 11 milliards engagés dans l'évènement auxquels il pense :

    "Il faut dire aux Brésiliens qu’ils ont la Coupe du monde et qu’ils sont là pour montrer la beauté de leur pays et leur passion pour leur football. S’ils peuvent attendre au moins un mois avant de faire des éclats sociaux, ça serait bien pour l’ensemble du Brésil et la planète football"

    "Rendez hommage à cette belle Coupe du monde, a conseillé Michel Platini. On a été au Brésil pour leur faire plaisir."

    RAPPEL: Les grandes manifestations sportives sont les entreprises capitalistes les plus abouties.

    Le Brésil « se débarrasse » de ses sans-abri avant le Mondial 2014

    A un an de la Coupe du monde de football, des associations s’inquiètent d’un « nettoyage social » dont seraient victimes les SDF dans les villes qui accueilleront l’événement sportif. 195 démunis auraient été assassinés en quinze mois.
    A Sao Paulo, on compte 15 000 sans abri. Des cibles potentielles avant le Mondial 2014 ?

    Le Brésil veut donner une image propre et lisse de son pays, à trois mois des Journées mondiales de la jeunesse, et surtout à un an du Mondial de foot. Pour cela, tous les moyens sont bons : donner des cours d’anglais aux prostitués et « nettoyer » les rues pour plaire aux millions de touristes qui vont débarquer dans le pays. Problème, il ne s’agit pas du classique nettoyage urbain des services de propreté mais bien d’un « nettoyage » social qui ciblerait la population vivant dans la rue. Le Centre national de la défense des droits de l’Homme, soutenu par la Conférence épiscopale du Brésil, a lancé un cri d’alarme dans ce sens en interpellant le gouvernement.
    195 vagabonds auraient été brûlés par des anonymes selon l’organisation, dans l’indifférence la plus totale. El Pais relate dans ses colonnes le cas de ce sans-abri de 49 ans, Jorge Alfonso, dont le corps sans vie a été découvert à Jacupiranga, une ville située à 280 km de São Paulo.

    Les autorités s’en lavent les mains

    Pour le sociologue Mauricio Botrel, du Centro Nacional de Derechos Humanos, cette « chasse » aux SDF est difficile à endiguer, l’entreprise ayant lieu le plus souvent la nuit. Surtout, ce « nettoyage » arrangerait certaines autorités locales qui préfèreraient fermer les yeux.
    A l’échelle nationale, il n’est pas sûr que l’on bouge non plus le petit doigt. En 2009 un programme de « politique nationale » a été lancé par le président Lula à destination des sans abris mais rien de concret n’a été fait sur le terrain et aujourd’hui la triste réalité ne semble pas inquiéter les instances gouvernementales.

    Si rien n’est fait, il est à craindre que les morts de sans abri se multiplient dans un pays qui compte plus d’1.8 millions de SDF. Moins d’un quart des villes du Brésil ont mis en place des politiques pour leur venir en aide. A l’approche du Mondial, les autorités semblent avoir des affaires plus urgentes à régler.

    http://blogs.lexpress.fr/chica-de-paris/2013/05/03/au-bresil-on-se-debarrasse-des-sans-abri-avant-le-mondial-2014/
    Photo : RAPPEL: Les grandes manifestations sportives sont les entreprises capitalistes les plus abouties.

Le Brésil « se débarrasse » de ses sans-abri avant le Mondial 2014

A un an de la Coupe du monde de football, des associations s’inquiètent d’un « nettoyage social » dont seraient victimes les SDF dans les villes qui accueilleront l’événement sportif. 195 démunis auraient été assassinés en quinze mois.
A Sao Paulo, on compte 15 000 sans abri. Des cibles potentielles avant le Mondial 2014 ?

Le Brésil veut donner une image propre et lisse de son pays, à trois mois des Journées mondiales de la jeunesse, et surtout à un an du Mondial de foot. Pour cela, tous les moyens sont bons : donner des cours d’anglais aux prostitués et « nettoyer » les rues pour plaire aux millions de touristes qui vont débarquer dans le pays. Problème, il ne s’agit pas du classique nettoyage urbain des services de propreté mais bien d’un « nettoyage » social qui ciblerait la population vivant dans la rue. Le Centre national de la défense des droits de l’Homme, soutenu par la Conférence épiscopale du Brésil, a lancé un cri d’alarme dans ce sens en interpellant le gouvernement.
195 vagabonds auraient été brûlés par des anonymes selon l’organisation, dans l’indifférence la plus totale. El Pais relate dans ses colonnes le cas de ce sans-abri de 49 ans, Jorge Alfonso, dont le corps sans vie a été découvert à Jacupiranga, une ville située à 280 km de São Paulo.

Les autorités s’en lavent les mains

Pour le sociologue Mauricio Botrel, du Centro Nacional de Derechos Humanos, cette « chasse » aux SDF est difficile à endiguer, l’entreprise ayant lieu le plus souvent la nuit. Surtout, ce « nettoyage » arrangerait certaines autorités locales qui préfèreraient fermer les yeux.
A l’échelle nationale, il n’est pas sûr que l’on bouge non plus le petit doigt. En 2009 un programme de « politique nationale » a été lancé par le président Lula à destination des sans abris mais rien de concret n’a été fait sur le terrain et aujourd’hui la triste réalité ne semble pas inquiéter les instances gouvernementales.

Si rien n’est fait, il est à craindre que les morts de sans abri se multiplient dans un pays qui compte plus d’1.8 millions de SDF. Moins d’un quart des villes du Brésil ont mis en place des politiques pour leur venir en aide. A l’approche du Mondial, les autorités semblent avoir des affaires plus urgentes à régler.

http://blogs.lexpress.fr/chica-de-paris/2013/05/03/au-bresil-on-se-debarrasse-des-sans-abri-avant-le-mondial-2014/

    Qu'il sorte de son hôtel de luxe, qu'il aille dans les favellas et qu'il se taise à tout jamais.

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  • Un si beau métier...

    875 postes non pourvus au concours exceptionnel PE 
    29 avril 2014



    Les résultats du concours exceptionnel de recrutement des professeurs des écoles sont maintenant connus et montrent une situation sans précédent : 875 postes sont non pourvus à l’issue des épreuves d’admission, soit 10 % des postes ouverts au concours. Seules huit académies sur trente font le plein.

    La session 2013 avait déjà été marquée par une perte de 343 postes, essentiellement dans les académies de la région parisienne. Aujourd’hui, le phénomène s’amplifie. Dans l’académie de Versailles ce sont donc 252 postes non pourvus, à Créteil 142, à Lille 64 postes, à Toulouse 47, à Amiens 45, et encore 38 à Grenoble.

    À la rentrée, le risque est grand de voir des classes sans enseignants ou des académies recourir à des vacataires contractuels, sans formation.

    Le SNUipp-FSU s’adresse au ministre de l’Éducation nationale pour qu’il prenne les mesures nécessaires afin qu’aucun poste ouvert à ce concours ne soit perdu. Ces postes non pourvus doivent être reportés sur le concours rénové 2014 *.

    Ce phénomène doit conduire le ministère à interroger les conditions de recrutement, de formation et l’attractivité du métier d’enseignant des écoles, qui souffre notamment de salaires sans rapport avec le niveau de qualification.

    Le SNUipp-FSU continue d’exiger une réforme ambitieuse de la formation des enseignants, levier indispensable à la transformation de l’école et à la réussite de tous les élèves.

    Dans le cadre de cette nouvelle année transitoire de la réforme de la formation, deux sessions de concours ont été organisées : la première, dite exceptionnelle, concernait des étudiants en master 2 (épreuves en septembre 2013 et avril 2014) ; la seconde, dite du concours rénové, est ouverte aux étudiants en master 1 qui passeront leurs épreuves en juin prochain.

    Paris, le 29 avril 2014

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  • Tourisme et école

    (Crédit AFP)

    Cette semaine, les professionnels du tourisme ont obtenu gain de cause. Ils s’étaient insurgés contre le calendrier prévisionnel pour l’année scolaire 2016-2017, coupable selon eux de mettre en danger les activités de sports d’hiver. Souvent soupçonné d’être très influent, trop écouté dans les ministères, le lobby du tourisme a parfaitement su trouver des alliés parmi les Parlementaires (une soixantaine, dit-on…). Mercredi, lors des questions au gouvernement à l’Assemblée, la députée UMP Sophie Dion a interpellé Vincent Peillon sur la question : « Vous le savez bien, fixer les vacances de printemps en glissant sur les mois de mai menace les emplois, menace l’économie locale, menace l’équilibre des territoires de montagne, sans rien apporter aux enfants ». On découvre, au passage, que l’UMP possède en son sein des spécialistes de l’économie qui sont aussi spécialistes de l’éducation et des rythmes de l’enfant.

    Réponse du ministre : « Le Conseil Supérieur de l’Education se réunira demain matin et je modifierai donc les deux semaines de vacances de Noël, en particulier du calendrier 2016 – 2017, lequel prévoyait également d’aller jusqu’à la mi-mai ».

    Le calendrier de la discorde

    Concrètement, le calendrier de l’année 2016 – 2017 proposait initialement de commencer les vacances de Noël le mercredi 21 décembre pour les terminer le jeudi 5 janvier. De quoi mécontenter les professionnels du tourisme hivernal, où les réservations se font souvent du samedi au samedi. Moralité, les vacances auront lieu du samedi 17 décembre au mardi 3 janvier. Par ailleurs, les vacances de Pâques n’iront pas au-delà du 9 mai, alors que le projet prévoyait de les échelonner jusqu’au 15 mai, une date trop tardive pour les sports d’hiver.

    Les conséquences pour l’école et les élèves ? Il suffit de jeter un coup d’œil au projet initial pour comprendre : « Les projets du calendrier sont fondés sur les principes suivants : (…) respecter au mieux le rythme "7/2" en alternant 7 semaines de cours et 2 semaines de vacances ». Sans y parvenir totalement, le projet tentait de s’approcher de cet idéal, partie intégrante du dossier plus vaste des rythmes scolaires. On a beaucoup parlé de la modification de la journée et de la semaine, avec le polémique passage à 4,5 jours, mais moins de la modification nécessaire du calendrier annuel. Or, l’un ne saurait aller sans l’autre, ainsi que le rappelle l’Académie de Médecine : « Seules des mesures coordonnées d’harmonisation des trois temps scolaires (journée, semaine, année) seront capables d’apporter une réponse satisfaisante ». Grâce à l’intervention du lobby du tourisme, les périodes d’école resteront déséquilibrées sur l’année, certaines zones alternant une période d’à peine plus de 4 semaines après Noël et quasiment 11 semaines en fin d’année.

    Et encore, certains professionnels du ski, non contents de dicter le calendrier, estiment que le « problème reste entier » concernant les vacances de Pâques et souhaiteraient des vacances cantonnées au mois d’avril, au risque de déséquilibrer un peu plus l’année scolaire…

    Le Conseil Supérieur de l’Education rejette massivement les modifications

    Comme annoncé à l’Assemblée, le ministre a présenté jeudi 16 un nouveau projet modifié de calendrier pour 2016 – 2017 aux membres du Conseil Supérieur de l’Education (CSE). Ce nouveau calendrier, qui répond donc aux demandes du tourisme, prévoit aussi une rentrée anticipée, fin août. Le CSE a donc voté, de manière extrêmement claire : 41 voix contre les modifications, 19 abstentions, 3 refus de vote et 0 voix pour ! Rappelons que le CSE est composé de personnes représentant toute la communauté éducative : enseignants du 1er et du 2nd degré du public et du privé, chercheurs, chefs d’établissements, inspecteurs, parents d’élèves, universitaires, étudiants, lycéens, associations familiales, représentants des collectivités territoriales (régions, départements, maires), associations périscolaires, employeurs et représentants du patronat...

    Ce n’est pas la première fois que le ministre procède ainsi. On se souvient notamment que lors de la mise en place des nouveaux rythmes et du mercredi travaillé, il y a un an, le CSE, amené à s’exprimer sur le projet de décret par le ministre, avait voté comme ceci : 5 voix pour, 23 voix contre, 30 abstentions et 14 refus de vote. Malgré ce rejet assez net qui témoignait aussi de divergences de vues importantes et qui aurait au moins mérité de nouvelles discussions, Peillon avait validé le décret.

    Certes, le CSE n’a aucun pouvoir de décision, il s’agit d’une instance consultative (il est obligatoirement consulté pour tous les textes et réformes qui régissent l’éducation). N’empêche, à quoi sert de regrouper les différents acteurs de l’éducation, de leur demander leur avis, si c’est pour ne pas en tenir compte ensuite ? On peut se demander à quoi sert le CSE, dans ces conditions…

    Une décision lourde de sens

    En accédant aux desiderata des professionnels du tourisme (quand bien même leurs revendications pourraient être légitimes, s’agissant de dizaines de milliers d’emplois), mais surtout de cette manière, le ministre Peillon a pris une décision lourde de sens et d’implications.

    1. Sa réforme des rythmes est bel et bien vidée de sa substance. Après avoir fait fi des recommandations de l’Académie de Médecine concernant le retour du samedi matin plutôt que l’ajout du mercredi matin (afin d’éviter la désynchronisation liée à un weekend prolongé, « les performances mnésiques étant meilleures après un week-end de un jour et demi comparé à un week-end de deux jours »), voilà que le ministre tire un trait sur un autre pilier de la réforme, le fameux « 7/2 ». Quant au troisième pilier, le raccourcissement des vacances d’été, on sait déjà qu’il n’aura pas lieu avant la fin du quinquennat.

    2. En donnant raison au lobby du tourisme contre l’ensemble de la communauté éducative, le ministre envoi un signe pour le moins négatif à cette dernière. Non seulement il donne du grain à moudre à ceux qui pensent que les forces de l’argent l’emportent contre l’intérêt général, mais il laisse également à penser aux professionnels de l’éducation que leur représentants n’ont que peu de poids, que leur consultation est purement théorique et qu’il  les écoute pour la forme. Voilà qui ne risque pas de faire remonter sa côte auprès des enseignants, globalement déçus voire remontés et peu sensibles aux mesures prises par le ministre en leur faveur (60 000 postes, restauration de la formation initiale, reprise de l’éducation prioritaire, installation de la prime d’ISAE…) car peu perceptibles sur le terrain.

    Surtout, le ministre perd toute crédibilité quant au fameux « intérêt supérieur de l’enfant », pourtant brandi à longueur de déclaration depuis son arrivée rue de Grenelle…

     

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  • Les Enchaînés

    Etant donné que nous savons qu'à la rentrée, l'ouverture des écoles reviendra inévitablement à placer les enfants dans une situation inacceptable, nous devons nous poser la question du bien fondé de l'ouverture des classes. Est-il moralement acceptable que nous venions cautionner par notre obéissance, une réforme qui envoie nos enfants au massacre ?

    La grève est inefficace, nous le savons bien. Elle génère un mouvement populaire qui jette l'opprobre sur tout le corps enseignant et c'est logique. Nous sommes TOUS confrontés à des difficultés croissantes et il est absurde et contradictoire de contester des décisions gouvernementales en posant de nouvelles difficultés au peuple lui-même. La désunion instaurée par la multitude des revendications syndicales fait le jeu des gouvernants car elle crée une image chaotique, des oppositions, des corporatismes. Chacun défend son statut et surtout les retombées financières des adhésions...

    Il s'agit donc de créer un mouvement apolitique et hors de tous syndicats, même ceux qui s'opposent à la réforme au risque d'être récupéré par des idées politiques. Ce mouvement se doit d'être LIBRE. Pas de leader, pas de "Comité de salut public"...Il suffit d'étudier l'Histoire pour comprendre que tous les mouvements meurent dès lors qu'ils ne sont plus ESSENTIELLEMENT populaire. 

    Les Enchaînés seraient ces enseignants qui décideraient d'interdire l'accès aux écoles en se menottant aux grilles des écoles. 

    Etre Indigné ne suffit pas. Il n'y a pas d'action dans l'indignation, c'est un état moral. 

    Etre enchaîné est un acte réel. 

    Interdire l'accès aux écoles, c'est montrer au Peuple que les politiciens ont des objectifs économiques et non existentiels. 

    S'enchaîner, c'est montrer aux parents que nous refusons de mettre leurs enfants dans une situation inacceptable. C'est à nous de porter l'opposition et non aux Municipalités. C'est nous qui sommes les garants du bien être des enfants dans le cadre scolaire.

    Il s'agirait donc de prévenir les médias, d'organiser l'accueil des enfants par les parents eux-mêmes, de les inviter à nous soutenir, d'expliquer clairement la démarche et les raisons.

    Bien entendu, nous serions en faute professionnelle mais il convient de se poser la question suivante : Est-il préférable d'être en faute professionnelle pour respecter un engagement moral ou doit-on taire nos convictions morales pour préserver notre situation professionnelle?

    Que diront de nous les parents d'élèves quand ils prendront conscience du désastre ?

    L'école devient un lieu "dangereux" pour les enfants. On n'invite pas les enfants à s'égarer dans des lieux dangereux. Il s'agit de porter assistance à personne en danger. 

    D'ailleurs, ne serait-il pas possible pour un collectif de parents de porter plainte contre l'Etat ?

    Ce qui m'effraie au plus haut point, c'est de penser qu'il faudra sans doute attendre un événement grave pour que la prise de conscience devienne générale. Mais il y aura donc un ou plusieurs enfants qui en seront les victimes. A-t-on le droit de prendre ce risque ?

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  • La flamme violette

    Je suis la flamme violette

    Par Saint Germain

    JE SUIS la flamme violette active en moi maintenant

    JE SUIS la flamme violette à laquelle j’obeis

    JE SUIS la flamme violette puissante Force cosmique

    JE SUIS  Lumière de Dieu qui rayonne à toute heure

    JE SUIS la flamme violette ardente comme un soleil

    JE SUIS  le pouvoir de Dieu délivrant tous les etres


     

    JE SUIS la Lumière du coeur

    JE SUIS la Lumière du coeur

    Brillant dans les ténèbres de l’etre

    Et changeant tout

    En un trésor doré de l’Esprit du Christ

    JE SUIS et je projette mon amour

    de par le monde

    Pour effacer toute erreur

    et briser toute barrière.

    JE SUIS  le pouvoir d’Amour infini,

    S’amplifiant

    Jusqu’à sa victoire   Dans le monde sans fin


    "J'appelle humblement la flamme violette
    ainsi que Saint Germain, son gardien
    et leur demande de purifier
    toutes les énergies densifiées, perturbantes
    se trouvant dans mon corps holistique, mon corps physique
    ...
    J'appelle aussi humblement la flamme violette
    et lui demande de rester active
    jusqu'à ce que toutes ces énergies aient retrouvé
    leur pureté originelle
    ...
    Ceci se révèle ici et maintenant
    et je remercie la flamme violette
    ainsi que Saint Germain pour cette action
    Namasté (inclination avec les deux mains jointes)

    Namasté ou namaskar ou namaskaram (नमस्ते ou नमस्कार) est une salutation largement utilisée en Inde ou au NépalNamasté signifie « salutation » et namaskar a une signification plus religieuse (littéralement « Je salue – ou je m'incline – devant votre forme »). L'expression est souvent traduite par « je salue le divin qui est en vous » même si ce n'est pas une traduction littérale. Namasté est communément employé pour dire bonjour et au revoir.

    Selon la tradition, avec les mains jointes à plat au-dessus de la tête, on salue Dieu ; avec les mains devant le visage, on salue le guide spirituel ou Guru, et avec les mains devant la poitrine, on salue nos semblables.


    Méditation du "I AM"

    Celle que je pratique quotidiennement.

    "Am I ? " pendant l'inspiration (voix montante, intérieurement)

    "I Am" pendant l'expiration. (voix descendante intérieurement)

    Inutile de chercher à forcer l'inspir ou l'expir, laisser le rythme se trouver...Mouvements naturels.

    Observer les pensées qui surviennent, ne pas les rejeter comme des adversaires mais comme des possibilités offertes à l'âme d'observer le mental. Il n'y a pas d'adversaire en soi mais des entités qui composent un Tout. Rejeter une entité relèverait de l'amputation.

    Ce que la Vie est en moi ne m'appartient pas. Je lui appartiens et il est de mon ressort de comprendre pleinement ce qu'elle me propose d'expérimenter et de comprendre. 

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    Je suis surpris de ce que j'écris et je sais que j'en aurais été incapable il y a dix ans.
    "Laisse la vie te vivre, elle sait où elle va."
    Tout a commencé par cette phrase, des auras bleutées qui tournaient autour de moi et murmuraient intérieurement.
    J'ai pensé que j'étais fou.
    Mais j'aurais été fou uniquement si j'avais refusé d'écouter...

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  • La Creuse et la RRS.

    Des enfants à la campagne, et oui, ça existe encore mais c'est sûr qu'à Paris, les "bouseux", ça ne compte pas. Le bien-être des enfants qu'ils disent...

    Objectif ? Vider encore plus les zones rurales étant donné que la vie des enfants va devenir très difficile. 

    "Français, Françaises, Moi Président, je viderai les campagnes. Mais c'est pour votre bien."

    Autre objectif : initier un mouvement de concentration des écoles, deux petites en feront une plus grande, partage des frais de transport entre communes...

    Autre objectif : et bien, ça permettra de diminuer progressivement le nombre d'enseignants. 


    Rythmes scolaires: la colère des maires de Creuse (05/02/2014)

    « Les miens (élèves) ont entre 40 minutes et 2 heures de transport par jour pour aller à l'école. Un temps de trajet conséquent et qui augmentera, avec une demi-journée d'école en plus. En outre, le Conseil général maintenant les horaires de transport actuels,la journée de l'enfant restera la même. Et le temps de garderie des élèves sera lui aussi augmenté. Il est pourtant très long déjà : ils sont nombreux à partir 1h30 avant l'ouverture de l'école. Aujourd'hui ils peuvent rester chez eux et dormir le mercredi matin. Un temps de sommeil remis en cause avec les nouveaux rythmes. »

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    Rythmes scolaires: la colère des maires de Creuse
    Dans la Terre cette semaine, dossier sur la réforme des rythmes scolaires dans les zones rurales. En Creuse, la majorité des maires soutient enseignants et parents d’élèves contre la réforme des rythmes scolaires qu’ils jugent inapplicable, en l’état, dans les communes rurales.

    À Magnat-L’Étrange, bourgade d’environ 240 habitants dans le sud de la Creuse, la fronde est unanime contre la réforme Peillon, depuis les parents d’élèves jusqu’à l’enseignant de la classe unique de 14 élèves allant du CP au CM2, en passant par la municipalité. Au conseil d’école de janvier 2013, tous ont refusé la semaine de 4,5 jours à la rentrée 2013. Et ils veulent rester à 4 jours à la rentrée scolaire 2014.

    Inégalité d’accès aux activités

    «En Creuse on est à 4 jours depuis 20 ans, en corrélation avec la configuration de ce département rural » indique Fabrice Couégnas, professeur des écoles à Magnat-L'Étrange. « Du fait de la dispersion des écoles sur le territoire, le temps de transport des élèves est élevé » poursuit-il. « Les miens ont entre 40 minutes et 2 heures de transport par jour pour aller à l'école. Un temps de trajet conséquent et qui augmentera, avec une demi-journée d'école en plus. En outre, le Conseil général maintenant les horaires de transport actuels,la journée de l'enfant restera la même. Et le temps de garderie des élèves sera lui aussi augmenté. Il est pourtant très long déjà : ils sont nombreux à partir 1h30 avant l'ouverture de l'école. Aujourd'hui ils peuvent rester chez eux et dormir le mercredi matin. Un temps de sommeil remis en cause avec les nouveaux rythmes. » L'enseignant observe en outre que « pour les communes isolées, cette réforme remet en cause les activités du mercredi, qui ne pourront être pratiquées le soir. Cela rend inégal l'accès aux activités périscolaires sur le territoire.»

    Semaine de quatre jours

    Comme à Magnat-L’Étrange, la majorité des écoles élémentaires de la Creuse s’affiche contre la réforme. Une mobilisation largement soutenue par les élus locaux, qui ont adopté une motion à 161 voix contre 30 pour réclamer la réécriture du décret et le droit de rester à la semaine de 4 jours, pour les communes qui le souhaitent. Parmi elles, 67 sur 111 ont refusé de fournir une organisation du temps scolaire sur 4,5 jours pour la rentrée 2014.

    «En l’état, ce décret est inapplicable en zone rurale car son organisation est inadaptable aux réalités locales » confirme le maire (sans étiquette) de Magnat-L’Étrange, Lucien Mestat, l’un des premiers signataires de la motion. « Les coûts de transports scolaires sont lourds pour les collectivités. Et le maillage associatif est diffus en campagne, plus concentré sur les chefs-lieux de cantons », dit-il. « Les collectivités n’ont ni les moyens financiers ni les moyens humains de mettre en place des activités périéducatives de qualité. On assiste donc à une mise en concurrence des écoles, sur la base de l'offre périscolaire. Au final l'Éducation nationale se décharge de l'éducation et du bien-être de l'enfant».

    Dans une période de réduction sévère des dotations aux collectivités locales, on imagine par avance les effets d’une telle « territorialisation de l’Éducation », dans un des rares départements de France dont moins d’une commune sur deux possède une école.

    EVA SALA
    MERCREDI, 5 FÉVRIER, 2014
    http://www.humanite.fr/rythmes-scolaires-la-colere-des-maires-de-creuse

    Rythmes scolaires: la colère des maires de Creuse  (05/02/2014)

« Les miens (élèves)  ont entre 40 minutes et 2 heures de transport par jour pour aller à l'école. Un temps de trajet conséquent et qui augmentera, avec une demi-journée d'école en plus. En outre, le Conseil général maintenant les horaires de transport actuels,la journée de l'enfant restera la même. Et le temps de garderie des élèves sera lui aussi augmenté. Il est pourtant très long déjà : ils sont nombreux à partir 1h30 avant l'ouverture de l'école. Aujourd'hui ils peuvent rester chez eux et dormir le mercredi matin. Un temps de sommeil remis en cause avec les nouveaux rythmes. » 

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 Rythmes scolaires: la colère des maires de Creuse
Dans la Terre cette semaine, dossier sur la réforme des rythmes scolaires dans les zones rurales. En Creuse, la majorité des maires soutient enseignants et parents d’élèves contre la réforme des rythmes scolaires qu’ils jugent inapplicable, en l’état, dans les communes rurales.

À Magnat-L’Étrange, bourgade d’environ 240 habitants dans le sud de la Creuse, la fronde est unanime contre la réforme Peillon, depuis les parents d’élèves jusqu’à l’enseignant de la classe unique de 14 élèves allant du CP au CM2, en passant par la municipalité. Au conseil d’école de janvier 2013, tous ont refusé la semaine de 4,5 jours à la rentrée 2013. Et ils veulent rester à 4 jours à la rentrée scolaire 2014.

Inégalité d’accès aux activités

«En Creuse on est à 4 jours depuis 20 ans, en corrélation avec la configuration de ce département rural » indique Fabrice Couégnas, professeur des écoles à Magnat-L'Étrange. « Du fait de la dispersion des écoles sur le territoire, le temps de transport des élèves est élevé » poursuit-il. « Les miens ont entre 40 minutes et 2 heures de transport par jour pour aller à l'école. Un temps de trajet conséquent et qui augmentera, avec une demi-journée d'école en plus. En outre, le Conseil général maintenant les horaires de transport actuels,la journée de l'enfant restera la même. Et le temps de garderie des élèves sera lui aussi augmenté. Il est pourtant très long déjà : ils sont nombreux à partir 1h30 avant l'ouverture de l'école. Aujourd'hui ils peuvent rester chez eux et dormir le mercredi matin. Un temps de sommeil remis en cause avec les nouveaux rythmes. » L'enseignant observe en outre que « pour les communes isolées, cette réforme remet en cause les activités du mercredi, qui ne pourront être pratiquées le soir. Cela rend inégal l'accès aux activités périscolaires sur le territoire.»

Semaine de quatre jours

Comme à Magnat-L’Étrange, la majorité des écoles élémentaires de la Creuse s’affiche contre la réforme. Une mobilisation largement soutenue par les élus locaux, qui ont adopté une motion à 161 voix contre 30 pour réclamer la réécriture du décret et le droit de rester à la semaine de 4 jours, pour les communes qui le souhaitent. Parmi elles, 67 sur 111 ont refusé de fournir une organisation du temps scolaire sur 4,5 jours pour la rentrée 2014.

«En l’état, ce décret est inapplicable en zone rurale car son organisation est inadaptable aux réalités locales » confirme le maire (sans étiquette) de Magnat-L’Étrange, Lucien Mestat, l’un des premiers signataires de la motion. « Les coûts de transports scolaires sont lourds pour les collectivités. Et le maillage associatif est diffus en campagne, plus concentré sur les chefs-lieux de cantons », dit-il. « Les collectivités n’ont ni les moyens financiers ni les moyens humains de mettre en place des activités périéducatives de qualité. On assiste donc à une mise en concurrence des écoles, sur la base de l'offre périscolaire. Au final l'Éducation nationale se décharge de l'éducation et du bien-être de l'enfant».

Dans une période de réduction sévère des dotations aux collectivités locales, on imagine par avance les effets d’une telle « territorialisation de l’Éducation », dans un des rares départements de France dont moins d’une commune sur deux possède une école.

EVA SALA
MERCREDI, 5 FÉVRIER, 2014
http://www.humanite.fr/rythmes-scolaires-la-colere-des-maires-de-creuse
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