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Thierry LEDRU
Le 19/08/2022
Quand on s'intéresse aux métaux et particulièrement aux métaux rares, on ne peut pas contourner le problème des voitures électriques.
Le matraquage médiatique est considérable et il ne faut pas se tromper : il ne s'agit nullement d'écologie mais d'économie...
Voiture électrique : une simple exportation de notre pollution?
1 décembre 2020 53 commentairessur Voiture électrique : une simple exportation de notre pollution? Publié enLobbying, Politique, Société
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« Aujourd’hui, il y a un consensus qui dit qu’une voiture électrique émet au moment de sa production deux fois plus de gaz à effet de serre qu’un véhicule thermique, notamment à cause de la production des manières minérales » explique Aurore Stéphant, ingénieure géologue et militante dans « Complément d’enquête » du 19 novembre 2020 sur France 2.
Elle parle bien sûr des cellules des batteries qui contiennent des minéraux issus des quatre coins de la planète, des métaux qui n’étaient pas utilisés pour les voitures thermiques ou alors dans des proportions bien plus faibles. Ainsi, pour une batterie de Renault Zoe, il faut compter 7 kilos de lithium, 11 kilos de manganèse, 11 kilos de cobalt et 34 kilos de nickel. Au total, pas moins de 63 kilos de métaux… rien que pour la batterie. « Et le surpoids de la voiture zéro émission est loin de s’arrêter là. Puisqu’elle est électrique, certains métaux sont nécessaires en quantité bien plus importantes que dans la voiture thermique : « Le cuivre, qui permet l’électrification, toute la connectique, toutes les connexions qui vont se faire entre les différents appareils, le moteur, la batterie, l’appareillage électronique…
Un véhicule électrique contient 80 à 90 kilos de cuivre » résume Aurore Stéphant. Pour compenser ce surplus de poids, les constructeurs procèdent à un allègement des aciers composant la structure du véhicule, en mettant encore plus d’aluminimum (+40%) dans le chassis et dans les pièces.
Une voiture électrique, ce sont donc des centaines de kilos de métaux qu’il faut extraire du sous-sol, des opérations qui coûtent très cher en CO2 : « Il ne faut pas s’imaginer qu’on a de grandes plaques métalliques qui sont disponibles dans le sous-sol, c’est vraiment des toutes petites paillettes. Il va falloir dépenser énormément d’énergie pour pouvoir extraire ces particules très fines disséminées dans le sous-sol et exploiter de très grandes quantités. A chaque étape, on a des émissions de CO2 qui vont s’accumuler par le traitement et par le transport » détaille encore Aurore Stéphant.
Voilà comment, à l’issue de sa fabrication, et sans avoir parcouru le moindre kilomètre, la voiture électrique a généré deux fois plus de CO2 que la voiture thermique. Un paradoxe tout de même pour la voiture zéro émission !
La théorie des défenseurs de l’électrique est la suivante : au fur et à mesure de l’utilisation du véhicule, il récupère son retard sur le thermique et bénéficie donc à l’environnement. Mais au bout de combien de kilomètres ? « Cela dépend beaucoup du mix électrique utilisé, il y a une zone d’incertitude assez grande » selon Maxime Pasquier, ingénieur Transports et Mobilités à l’ADEME, l’agence de la transition écologique.
Peu d’études abordent la question de la dette carbonne et elles donnent une fourchette large : de 17 000 à 310 000 km, tout dépend de la façon dont les pays fabriquent l’électricité, la norme mondiale actuelle étant… le charbon.
En France, pays des centrales nucléaires, il faudrait parcourir 50 000 km pour compenser le handicap de départ. Un chiffre relativement modeste, appelé à fortement croître si les écolos parviennent, comme en Allemagne, à faire fermer les centrales françaises.
« Complément d’enquête » continue : « Il y a aussi des polluants rejetés dans l’air et ces milliards de litres d’eau pompés pour extraire les métaux dont l’indispensable lithium. Sa production a triplé entre 2015 et 2018, boosté par la progression de la voiture électrique » puis nous parle de l’épuisement des ressources en eau des populations locales, des rivières asséchées et des cultures en danger en Bolivie, comme cella du quinoa, à cause de l’extraction du lithium.
« Pour rouler propre chez nous, l’environnement est impacté à l’autre bout du monde » résume l’émission qui nous propose ensuite une rencontre avec des éleveurs portugais du nord du pays où toute une montagne doit être dynamitée par une société minière qui compte traiter chimiquement le lithium sur place, avec des risques importants de pollution des cours d’eau environnant… utilisés par les habitants, les bêtes et les touristes l’été. 500 000 batteries de voitures électriques pourraient être fabriqués chaque année grâce à cette mine. C’est à la fois beaucoup et très peu pour remplacer le parc automobile mondial, alors que plusieurs pays ont décidé d’interdire les véhicules thermiques à partir de 2040.
L’ingénieur transport Laurent Castaignède est formel : « Aujourd’hui sur la planète, il faut être clair, il n’y a pas les métaux disponibles, les mines, pour, sous vingt ou trente ans, tous rouler en véhicule électrique. Il y a 1 100 000 000 de voitures dans le monde qui roulent, à peu près 500 millions de deux roues, vous imaginez la quantité de métaux que cela mobiliserait sous vingt ans pour substituer tout ce parc, c’est physiquement impossible. »
Autant dire que la voiture électrique est loin d’être la panacée qu’on nous vend dans les médias en général, et que nos dirigeants favorisent à coup de milliards d’euros de subventions chaque année. Le tout sans avoir jamais consulté les Français. Si nos compatriotes avaient les idées un peu plus claires sur l’électrique, il n’est pas dit qu’ils accepteraient cette utilisation de l’argent public, de leur argent.
Aurore Stephant : fin des métaux rares.
Par
Thierry LEDRU
Le 19/08/2022
Depuis un bon moment, j'écoute ses interventions. Personne n'oserait dire qu'elle n'y connaît rien, que c'est juste une illuminée. Personnellement, je la trouve justement lumineuse : claire, argumentée, passionnée et pédagogique. Le genre de personnes qui devraient passer sur toutes les chaînes de télévision et de radios, toutes les semaines, jusqu'à ce que ça rentre dans les têtes de tout le monde.
J'utilise un ordinateur portable qui a neuf ans, il est certainement moins rapide et performant qu'un modèle récent mais il fonctionne, donc je n'ai pas BESOIN d'autre chose. Dans cette hyper consommation, on en revient toujours au même problème : manque, besoin et désir...
En tout cas, je me réjouis de lire les commentaires.
Aurore Stephant : les ressources minières (un ancien article)
15:25 / 15:28
Fin des métaux rares : c'est l'heure du choix (avec Aurore Stéphant)
161 858 vues 7 juil. 2022 Demain, un monde plein d'écrans, de smartphones et de tablettes est inenvisageable.
L'ingénieure Aurore Stéphant étudie depuis plus de dix ans les industries minières : bientôt, la ressource sera épuisée ou inaccessible. Mais comment faire alors que le métal est partout, même dans nos shampoings antipelliculaires ? Une interview passionnante et déconcertante, tournée lors de l'édition 2022 de l'USI.
00:00 Introduction
00:17 Pourquoi faut-il réduire notre utilisation de métaux ?
01:13 Est-ce qu'on extrait plus de métaux qu'il y a 50 ans ?
02:50 Sommes-nous dépendants des métaux ?
06:48 Comment sont extraits les métaux ?
08:55 Est-ce que les métaux rares sont vraiment « rares » ?
10:59 On va atteindre les limites de l'extraction minière... Que faire ?
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Commentaires
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Une colère saine et contagieuse sur un sujet qui représente le plus grand enjeu moderne, dans l’indifférence générale
Par
Thierry LEDRU
Le 16/08/2022
On boit un café le matin, on ne mange pas à midi mais on boit un deuxième café.
A chaque cafetière, on garde le marc et on le met au potager. Ca ne fait pas de grandes quantités mais les plantes s'en réjouissent.
"A toute chose, malheur est bon." L'Albanie est un exemple de résilience à travers les crises infinies qu'elle connaît. Cuba en est un autre. Loin de moi, l'idée de les envier. Sinon, j'irais vivre là-bas. Et je n'en ai nullement envie. Je constate simplement, encore une fois, que les situations de crise sont des opportunités de transformation. La population française n'est absolument pas prête à ça. Mais ça viendra. Inévitablement. De gré ou de force.
L'engrais flambe mais un paysan albanais voit son avenir dans le marc de café

L'agriculteur Alban Cakalli fertilise avec du marc de café les fruits exotiques de sa ferme à Mamurras, en Albanie, le 2 août 2022
afp.com - Gent SHKULLAKU
13 AOÛ 2022
Mise à jour 13.08.2022 à 12:00
Par Briseida MEMA
© 2022 AFP
Chaque jour, Alban Cakalli, petit paysan albanais, fait la tournée des bars pour récolter le marc de café. Face à la flambée des coûts des engrais, il est revenu aux méthodes traditionnelles pour fertiliser ses terres.
L'agriculteur de 38 ans ne possède qu'un demi hectare à Mamurras dans le nord-ouest du pays des Balkans mais il ne peut plus enrichir ses cultures de légumes et de fruits exotiques avec les engrais chimiques utilisés jusque ici.
Sous l'effet de la pandémie du coronavirus et de la guerre en Ukraine, les marchés alimentaires se sont tendus, les prix des carburants se sont envolés tout comme ceux des engrais azotés fabriqués à partir du gaz, dont Moscou est un grand producteur.
L'agriculteur a donc recours au marc, excellent fertilisant naturel selon lui et qu'on trouve en abondance dans un pays où le café est une boisson reine. Il en récolte quotidiennement 40 kilogrammes.
"Les Albanais sont des passionnés du café, parmi les premiers en Europe pour la quantité consommée", dit Alban Cakalli.
Le processus est chronophage car il faut faire la tournée des grands ducs avant de mélanger le marc avec des herbes et le composter trois mois. Mais ces résidus sont "riches en azote, magnésium et potassium et remplacent très bien les engrais chimiques" en plus d'être "répulsifs pour les insectes", souligne-t-il.
Il est difficile d'obtenir des chiffres dans le pays pauvre où sur 350.000 fermiers, 280.000 sont des petits paysans indépendants. Mais beaucoup sont revenus comme Alban aux méthodes traditionnelles, selon plusieurs témoignages.
- Parfum envoûtant -
D'après les spécialistes, les intrants, engrais et carburants, représentent plus de 45% des coûts de la production agricole. L'Albanie importe la totalité de ses engrais en raison de la destruction de ses usines après la chute du communisme au début des années 1990.
"Le marc du café me fait économiser entre 1.500 euros et 2.000 euros par an", souligne Alban Cakalli, dont l'épouse attend leur troisième enfant.
Face à la mévente des concombres et tomates devenus plus chers, l'agriculteur s'est diversifié. Il s'est tourné vers des productions exotiques -- fruits de la passion, baies de goji--, l'un des rares effets heureux du Covid-19 qui a interrompu les importations d'Amérique du Sud au moment même où la demande augmentait.
"Pendant la pandémie, ces fruits ont été très recherchés car ils sont réputés contribuer au renforcement du système immunitaire et pour leurs vertus antioxydantes", explique son épouse Juli Cakalli, une infirmière de 34 ans.
Cette année, Alban Cakalli a récolté une demi-tonne de fruits de la passion dont le parfum envoûtant se mêle à celui du café. Ils sont vendus 15 euros le kilo, somme non négligeable en Albanie où le salaire moyen est de 460 euros.
"Les gens les aiment beaucoup, leur parfum est fantastique, meilleur même que ceux des pays d’origine car tout est frais", se félicite-t-il, estimant que l'exotique est une piste de survie pour l'agriculture albanaise.
"A toute chose malheur est bon", constate lui aussi Alban Zusi, un entrepreneur qui produit depuis un an des engrais organiques à partir de déchets animaux à Lezha, dans le nord du pays.
"Malgré les difficultés, les opportunités ne manquent pas", renchérit Fatmir Ndoji, chef de cuisine d'une ferme-restaurant d'agrotourisme renommée de la région. "Pour créer du bonheur en bouche, ce qui compte c'est la qualité".
Par
Thierry LEDRU
Le 16/08/2022
J'ai fini d'installer mes dix citernes de mille litres chacune.
Deux pour la serre avec récupération de l'eau de pluie sur toute la surface.
Deux dans le potager alimentées par le puits.
Cinq sous le toit de la grange, toutes reliées entre elles. Le récupérateur d'eau remplit la première puis les suivantes.
Une dernière sous le toit de l'appentis du bois de chauffage.
Aujourd'hui, je suis redescendu dans le puits pour le purger des sédiments. Etant donné qu'on tire beaucoup d'eau, le flux est très actif et donc, il draîne des "déchets" qui s'accumulent. Il est essentiel de le nettoyer une fois par an.
J'ai lu des commentaires sur divers sites de permaculture de personnes disant que la récupération d'eau de pluie détourne l'eau des nappes phréatiques. L'argument est irrecevable puisque cette eau est destinée au potager et retournera donc dans la terre. Et même, bien au contraire, en captant une partie des intempéries, on participe à une distribution plus échelonnée de l'eau. Tout le monde sait qu'aujourd'hui, les phénomènes pluvieux prennent de plus en plus souvent des tournures violentes. Les phénomènes cévenols s'étendent...Capter l'eau dans des citernes, c'est toujours ça qui ne part pas dans les fossés et contribuerait à leurs débordements.
Cette eau sera utilisée lorsque la terre en aura besoin. Plus tard.
On a acheté un filtre Berkey qui nous permettra d'avoir toujours de l'eau potable disponible.
Anticiper, anticiper...

D'anciens textes : manque, besoin, désir
Par
Thierry LEDRU
Le 16/08/2022
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Finalement, on en est toujours au même point. Les questions sont toujours présentes et les réponses toujours aussi absentes. Il faudra bien pourtant qu'arrive ce moment où les réponses prendront forme, non pas dans une démarche urgentiste mais dans une réflexion sur le long terme. Et c'est bien cette projection qui manque cruellement à l'humanité, tout au moins dans les sociétés matérialistes. Le long terme implique des décisions immédiates mais le système politique qui veut que les gouvernants restent en poste ne peut pas s'engager dans des décisions immédiates qui impactent le présent pour préserver l'avenir car c'est LEUR présent qui serait condamné. Il n'est qu'à voir la façon dont réagissent les individus lorsqu'un gouvernement parle de restrictions. C'est un tollé général parce que personne ne veut admettre que sans ces restrictions immédiates, restrictions partielles et ciblées, ce sont des restrictions bien plus vastes qui finiront par s'imposer d'elles-mêmes.
L'eau par exemple. Ne pas laver sa voiture, ne pas arroser sa pelouse et ses parterres de fleurs, avec le réseau d'eau potable, ne pas changer l'eau de la piscine toutes les semaines, ne pas prendre de douche deux fois par jour, ne pas laisser couler l'eau du robinet pendant le brossage des dents...On pourrait penser que c'est acceptable, que ça ne relève pas d'un manque majeur. Et pourtant, combien le font ? Combien d'individus réalisent qu'un jour prochain, l'eau ne coulera plus du tout de leur robinet ? Se priver d'un peu pour ne pas tout perdre...
J'ai entendu aujourd'hui le "président des producteurs de légumes de France" dire que si les agriculteurs ne peuvent pas arroser comme ils l'entendent, la France n'atteindra jamais son autonomie alimentaire. Mais bon sang, quand donc vont-ils changer leurs méthodes ? Le besoin d'arrosage est uniquement la conséquence de ces méthodes de culture. Des méthodes archaïques issues de l'industrie pétrolière. Cet immobilisme est désespérant.
Quand je reprends mes archives et que je tape le mot "besoin" dans le moteur de recherche, je tombe sur des articles qui ont dix ans. Dix ans...Et rien n'a changé sur un plan étatique. Quelques individus changent, la masse continue sur sa lancée...
Besoins matériels.
Par Thierry LEDRU
Le 17/03/2012
Cette impression de "voir" une balance à plateaux. D'un côté les biens matériels et de l'autre les "nourritures spirituelles".
Cette crise économique a un intérêt. C'est de créer une impossibilité financière de courir après l'accumulation de biens matériels. Elle est par contre dramatique lorsqu'elle touche les biens vitaux.
Elle peut générer une rupture dans le paradigme éducatif. N'étant plus "guidé" par les besoins d'un être dérivé, nous éliminons les produits et services dont nous n'avons pas réellement besoin.
Phénomène surprenant, la "masse" de biens matériels pesant dans la balance s'allégeant continuellement, cette "énergie" qui n'est plus dépensée de façon frénétique se trouve disponible et se transfère "naturellement" dans le plateau des biens spirituels. Comme si la "qûete" devait se faire, comme si la Vie portait en elle-même une direction établie, un besoin irrépressible d'activer le potentiel intérieur.
Les sociétés matérialistes ont bâti leur expansion sur ce besoin vital d'explorer les potentiels. Les progrès technologiques sont les effets de cette énergie dépensée. J'ai lu il y a quelques jours qu'une petite fille avait été sauvée par des chirurgiens après avoir été opérée in vitro. Fabuleux progrès qui sauve une vie. Jamais, je ne critiquerai ce progrès, il est réel et nécessaire.
Quand je vois par contre, les files d'attente devant les magasins apple pour la sortie de l'ipad4, j'ai envie dy mettre le feu et de hurler sur ces gens.
Mais il y a aussi cette multitude de blogs, forums, livres, conférences sur l'exploration spirituelle. Un mouvement qu'il est impossible d'ignorer et de balayer d'un revers de main méprisant. Une certitude que cette population a consommé cette rupture matérialiste et cherche désormais à combler le vide sur le plateau de la balance.
Les désirs de biens matériels s'épuisent. Les nourritures spirituelles croissent.
Besoins physiques et psychologiques.
Par Thierry LEDRU
Le 21/08/2012
Depuis l'apparition de l'homme, les besoins physiques ont été une priorité vitale : se nourrir, se protéger, se réchauffer, se reproduire. Lorsque l'homme est enfin parvenu à maintenir la préservation de ces besoins essentiels, il a pu s'adonner à l'amélioration progressive de ces paramètres. Il n'était plus dans l'urgence mais dans la réflexion. L'objectif restait le même mais la cohésion, les échanges, les progrès des outils, le développement de l'intelligence, de l'observation, du partage, ont permis une évolution lente et pérenne.
Comme l'a démontré Abraham Maslow, nos besoins sont hiérarchisés. Lorsque les besoins qui se trouvent au bas de l'échelle sont assouvis, nous sommes libres de progresser vers des besoins plus élevés. C'est là qu'apparaissent les besoins psychologiques : l'identification, l'ego, la reconnaissance sociale, l'estiime de soi, le pouvoir, la sécurité matérielle, le contrôle de l'avenir etc...
Ces besoins psychologiques, dans des sociétés matériellement développées, sont devenus prioritaires. Les besoins primaires sont assurés. ( Pas pour tous...)
Il me semble que les besoins psychologiques se sont développés dans un registre similaire à ceux des besoins physiques. Une compétition pour survivre.
Tout s'est axé sur la possession matérielle.
"Pour être, j'ai besoin d'avoir..."
Mais on sait que "l'avoir" est à la source de la perte de "l'être." Etant donné que la possession matérielle peut être perdue ou qu'elle peut être dépassée par celle des congénères, il s'installe immanquablement la peur. Cette peur primale de l'homme qui tentait de survivre se perpétue finalement à travers les besoins psychologiques. Monumentale erreur.
Les besoins psychologiques auraient dû être assouvis à travers la démarche spirituelle, la connaissance de l'être et non la connaissance de l'avoir. Mais cette quête n'est pas intéressante d'un point de vue matériel étant donné qu'elle conduit les individus à une auto-satisfaction très simple, dénuée de toute recherche de possession. Je ne peux que me posséder moi-même...Et pour y parvenir, une vie entière me sera nécessaire.
Financièrement, c'était un désastre.
Je cherche donc à identifier "l'instant T" qui a vu l'homme basculer dans cette dimension matérialiste et si possible les instigateurs du désastre.
Car enfin, comment peut-on concevoir que l'espèce la plus évoluée d'un point de vue cérébral (encore faudrait-il savoir clairement quel est le degré de "connaissances" des dauphins, orques et autres mamifères marins...) puisse contribuer à la dégradation de la planète qui l'accueille ? Comment expliquer qu'une espèce aussi "évoluée", biologiquement, puisse être aussi immature, spirituellement ? De quand date cette rupture, ce virus interne, ce plantage dans l'évolution réelle ?
Toute forme de satisfaction psychologique est instable, éphémère, chaotique dès lors qu'elle est issue d'un fonctionnement qui n'a pas su se séparer clairement de l'assouvissement des besoins physiques. Vouloir atteindre la plénitude en amassant des données extérieures à soi est un leurre. L'impermanence génère la peur et aboutit irrémédiablement au renforcement des besoins psychologiques et donc aux besoins matériels. L'humanité est même parvenue à y perdre son "bon sens"...
Les besoins physiques, avec le temps, sont devenus des désirs. "Toujours plus " disait François de Closets.
Les besoins psychologiques ont bien entendu suivi la même voie. C'était inévitable puisqu'ils n'ont jamais été dissociés comme cela aurait dû être fait. Mais les Maîtres du marché ne s'en sont jamais plaints. La voie matérielle était bien plus accessible au grand nombre. Il n'était pas nécessaire d'y consacrer une vie entière. La masse y a vu le clinquant avant d'en percevoir les noirceurs...
Le conditionnement éducatif a engendré les armées de fidèles. Il leur restait à s'engager à leur tour dans ce "progrès".
"Je suis commercial, riche, marié, père, amant, supporter de foot, j'ai une villa sur la Côte d'Azur, j'ai même une Rollex et je n'ai pas encore cinquante ans : bref, j'ai réussi ma vie."
Une toute petite caricature...
J'ai une montre qui coûte vingt euros et elle donne l'heure, elle sonne et elle s'éclaire la nuit. Comme une Rollex.
Si on faisait la liste de tout ce qui a été inventé par l'homme et qui ne sert absolument à rien d'autre qu'à assouvir les besoins psychologiques matérialistes, une vie n'y suffirait pas, là aussi... Où est donc cette fameuse intelligence ? Epuisement des ressources naturelles pour assouvir des besoins pervers...Je n'y vois pas la marque d'une espèce évoluée.
Le manque, le besoin, le désir.
Par Thierry LEDRU
Le 11/12/2015
2 commentaires
Le manque crée un besoin et le désir de l'assouvir.
Je ne vois pas les besoins comme étant à la source de nos actes. Il n’y a pas de « besoin spontané » mais à priori la conscience d’un manque qui va générer un besoin et donc un désir.
« Je manque de sommeil et j’ai donc besoin d’aller dormir, je désire être au calme. »
« Je manque de contacts humains et j’ai donc besoin de voir du monde. Je désire aller là où je trouverai de la compagnie. »
« Je manque d’affection et j’ai donc besoin de tendresse. Je désire rencontrer un partenaire. »
« Je manque de reconnaissance et j’ai donc besoin d’être vue, entendue, écoutée, aimée…Je ne pourrai m’aimer que si je suis aimé et je désire donc prendre une place qui me fera exister aux yeux des autres et m’apportera la satisfaction personnelle d’être reconnue. »
Etc etc etc
On pourrait penser que le besoin précède le manque mais à mon avis, je ne peux pas prendre conscience d'un besoin de façon spontanée. Si je décide de mettre des chaussettes plus chaudes, c'est parce que mes pieds manquent de chaleur. Il n'y a rien sinon qui me pousserait vers ce désir de trouver des chaussettes plus épaisses. Il n'y a pas de besoins à priori. Ils sont nécessairement issus d'un manque.
Il me semble qu’une bonne partie de nos actes sont déterminés par ces états de manque et parfois même de souffrances. Il est donc indispensable d’établir en soi une hiérarchie immuable quant aux manques fondamentaux et aux besoins et désirs qu’ils éveillent. C’est dans cette autopsie spirituelle que peut s’instaurer une forme d’autonomie existentielle. L’individu qui a une parfaite connaissance de ses fonctionnements internes peut se libérer des attachements secondaires. Il arrive un moment où les désirs disparaissent, où les besoins sont tous rassasiés et où les manques sont comblés. Le seul désir qui soit alimenté, c’est de maintenir la plénitude atteinte et par conséquent de rester parfaitement appliqué à user de l’instant. Aucun regret, aucun espoir. Juste être là. Lucide, conscient, stable, observateur. Jusqu'à ce ce que disparaisse le désir de la plénitude lui-même puisque ce désir entrave la conscience de l'instant.
Quand on ne manque plus de rien, il n'y a plus de besoin, sinon celui que ça dure. Les désirs répondent par conséquent à des données essentielles.
Il convient donc d'établir la liste des manques fondamentaux et de vérifier si les besoins qui leur sont associés sont assouvis. C'est là que la Paix intérieure s'installe. Dans "la simplicité volontaire" et ça n'est pas simple à réaliser...
Si on repense aux travaux de Maslow, « le besoin de s’accomplir » représente le sommet de l’aspiration humaine. Mais ce « sommet » est devenu avec la société marchande une course à la puissance, à la possession et par conséquent à la consommation. Dans l’esprit de nombreux individus, il s’agit de « s’accomplir » dans l’échelle sociale et non dans la dimension spirituelle.
Pour faire un point personnel, il suffit de se poser cette question : « Quelle est mon idée du bonheur ? » Les réponses détermineront l’engagement dans la société marchande.
Tout le problème actuel et qui est à la source des problèmes de la planète entière, c’est que l’état de plénitude est incompatible avec la consommation et le maintien de la "croissance matérielle".
Un individu en paix ne consomme que l'essentiel et n'éprouve aucun manque. Il est donc indispensable pour les Maîtres financiers d'organiser la société de façon à ce que les individus éprouvent continuellement un manque, même si les données vitales sont déjà contentées. Sur ces manques, les Marchands induiront des besoins qui génèreront des désirs. Les Médias se chargeront de propager la façon d'assouvir ces désirs. Il suffit d’ouvrir un magazine « people »dans une salle d’attente ou de s’asseoir une journée entière devant la télévision ou d’allumer la radio et d’aller sur une chaîne « commerciale » La matraquage est constant…
Le monde occidental n'est qu'une machine à consommer, un système adorant la "croissance matérielle" et maudissant la "croissance spirituelle". Rien de bon n'est à attendre du sommet de cette Pyramide. C'est à chaque individu de choisir à quelle croissance il souhaite s'attacher...
Ce fonctionnement changera le jour où les adultes n'induiront plus ce schéma de pensées aux enfants...Donc, il faut que le nombre d'adultes "conscients" augmente et augmente encore et il arrivera un jour où le "nombre déclencheur" sera atteint et où le paradigme spirituel deviendra la norme...
De toute façon, c'est la seule solution pour que l'humanité survive. Car c'est dans la croissance spirituelle que se fera la décroissance matérielle. La COP21 et autres grandes messes des Papes de la finance ne sert qu'à imposer des restrictions dérisoires et bien souvent éphémères mais ces rencontres n'ont aucun impact philosophique. Les dirigeants iraient même jusqu’à dire que la croissance spirituelle est une atteinte à la liberté de consommer…
C'est là justement qu'il fallait laisser parler les "terroristes écologiques" qui sont dispersés à coups de lacrymogènes et de matraques. Ils ne viennent pas que pour dénoncer les malversations mais aussi pour présenter un autre fonctionnement.
Être capable d'anticiper, ça paraît fou mais les politiciens en sont incapables au-delà de la durée de leur mandat. La pression des Financiers qui contribuent à leurs élections est trop forte pour que leur ego carriériste s’y oppose. C’est le rêve de leur vie qui leur tend les bras. Le pouvoir….
Les indiens Kogis, de leur côté, ne prennent une décision collégiale qu'à partir du moment où ils sont certains que ça n'impactera pas négativement l'existence des deux prochaines générations...
Dans les pays "modernes", on se projette sur les prochaines élections mais pas plus loin. Il faut préserver la « croissance ».
Sur l'impact aux enfants, il n'est qu'à regarder la période de Noël....Il suffirait d'aller voir débarquer les porte containers venus d'Asie avec les millions de jouets en plastique...Plastique, pétrole, usines, pollutions, déchets....La consommation matérielle...Le formatage au "bonheur matérialiste"...
Une fois adultes, les jouets en plastique deviendront des voitures, la piscine dans le jardin ou des écrans plats, super plats, super plats arrondis, super arrondis dans les coins plats, super plats dans les angles arrondis, avec un son super dolby mega bass sound heavy clear et une télécommande reliée également au robot ménager qui va chercher la bière au frigo avec écran incorporé où apparaît la liste des victuailles disponibles etc etc etc etc...
Les Marchands trouvent toujours une dernière astuce « absolument indispensable », le "progrès" qui va changer leur vie….
Il n’y a évidemment aucun manque fondamental, ni par conséquent aucun besoin réel mais tout sera mis en place pour instiller malgré tout les désirs d’avoir…
On ne s'intéressera évidemment pas à la quête de "l'être"...
Les fêtes marchandes continuelles. Si vous calculez le temps de télévision quotidienne attaché à l’idée de consommation, c’est effrayant.
Il suffit de penser aux millions de sapins tronçonnés et qui finiront dans une benne à Noël. Acheter un sapin en pot avec racines et aller le replanter dans la forêt serait déjà un acte hautement symbolique....
Et les lendemains de fêtes aux repas pantagruéliques qui seront suivis de "régimes alimentaires". Sans parler des millions d'animaux abattus pour remplir les assiettes.
Et cette humanité se croit évoluée ? C'est consternant, pitoyable et infiniment destructeur.
Ils existent pourtant ces adultes conscients. C'est juste que la masse n'en entend pas beaucoup parler....Les Medias s'abstiennent de les présenter étant donné que ces médias travaillent prioritairement à la diffusion des désirs....Financiers, Politiciens, Marchands, Médias....Et face à ce gang, il reste les individus isolés qui se regroupent de plus en plus....Il y a beaucoup de monde chez les Colibiris....Un joli vol d'oiseaux qui ne bat pas des ailes pour aller aux Soldes....
Quand je vois par exemple, les restrictions « légales » qui se multiplient contre les individus « rebelles » qui décident de vivre dans un camion, dans une yourte mobile, un container aménagé ou une cabane au fond des bois, il faut comprendre qu’il s’agit essentiellement pour les Gouvernants financiers de casser ce mouvement de « dé-consommation » contraire à la « croissance ». Ces gens sont des dangers pour la société marchande. Il faut donc limiter leur extension.
Les « éco-villages » représentent une autre mise en forme de cette vie « dé-consommatrice ». C’est l’autonomie qui est visée par la communauté et bien entendu, c’est encore une fois incompatible avec les objectifs de la société marchande et les règles et les lois que les Gouvernants instaurent. C’est un défi gigantesque de développer une communauté de ce type, un travail colossal…
Et c’est bien pourtant vers là qu’il faudra se tourner.
Identifier les manques fondamentaux.
Analyser les besoins.
Autopsier les désirs.
Une fois ce travail achevé, chercher une existence compatible et s’y engager.
Par
Thierry LEDRU
Le 14/08/2022
Dominique Bourg : "La sobriété, ce n'est pas vivre plus mal, c'est apprendre à vivre mieux"
Vendredi 12 août 2022
ÉCOUTER (24 MIN)
Image d'illustration ©AFP - CAMILLO BALOSSINI / ROBERT HARDING

Provenant du podcastL'invité de 8h20 : le grand entretien
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Résumé
Dominique Bourg, philosophe franco-suisse, professeur honoraire à l'Université de Lausanne et spécialiste des questions environnementales et Olivier Sidler, membre fondateur et porte-parole de l'association négaWatt, qui prône la sobriété énergétique, sont les invités de France Inter.
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"On se comporte comme si la Terre n'existait pas. Comme s'il n'y avait pas d'équilibres sur cette planète, et comme si on pouvait, par nos techniques, tout transgresser", commence le philosophe Dominique Bourg, spécialiste de l'écologie. Il donne une définition de la sobriété : "Ce n'est pas de vivre plus mal, c'est d'apprendre à vivre mieux, avec une empreinte écologique beaucoup plus petite". Or, dit-il, "quand vous parlez de sobriété, si chacun doit faire moins, ça rend les écarts de richesse beaucoup plus insupportables. Qu'un Jeff Bezos fasse du tourisme planétaire et émette en carbone ce que des centaines de personnes ne feront même pas dans leur vie, ça n'est plus tolérable", analyse-t-il.
"L'idée clé de la sobriété, c'est l'autolimitation"
Il revient sur l'origine philosophique de ce concept. Selon Dominique Bourg, l'idée clé de la sobriété, "c'est l'autolimitation et la civilisation qui a le plus excellé dans ce domaine, c'est la Grèce. La Grèce s'est construite sur le rejet de la démesure, de l'hubris", détaille-t-il. Puis il poursuit : "la sobriété, ce n'est pas pour se faire suer. C'est pour trouver une forme d'équilibre, car il n'y a pas de bonheur sans une forme d'équilibre. Dans nos sociétés, où on nous incite à acheter sans cesse, c'est très anxiogène. On crée un manque artificiel". Selon lui, passer à la sobriété, c'est donc changer de "civilisation".
Pour Olivier Sidler, membre fondateur et porte-parole de l'association négaWatt : "La sobriété, c'est tout ce qu'on peut faire à titre individuel et collectif pour changer nos comportements et nos choix afin de réduire la quantité d'énergie nécessaire pour satisfaire nos besoins de base. Si chacun s'astreint à cela, c'est un grand progrès", avance-t-il.
"On peut tous prétendre qu'on est libre, sauf qu'on fait mourir l'espace qui nous fait vivre"
Que répondre à ceux qui prônent plutôt la liberté, et notamment celle de consommer ? "La Terre a ses limites", déclare Olivier Sidler*. "On peut tous prétendre qu'on est libre et qu'on a le droit de faire ce qu'on veut. Sauf qu'on est en train de faire mourir l'espace qui nous fait vivre, qui nous nourrit. Donc c'est suicidaire de faire ça*."
Et donc, cette fameuse liberté individuelle que chacun s'octroie est au final la disparition de la liberté de tous puisque chacun condamne les autres à souffrir et même à mourir. On pourrait donc dire "que j'ai le droit d'être libre de faire ce que je veux, légalement parlant, même si cela impacte la vie de tous. C'est face à ce paradoxe mortifère qu'il est urgent et impératif de légiférer. Mais qui aura le courage de le faire ?
Dominique Bourg revient sur ce concept de liberté : "La liberté a pour limite ce qui ne nuit pas à autrui, or c'est ce qu'on fait. La manière dont nous, Occidentaux, avons répandu une illusion de l'accomplissement de soi par la consommation, ça a pour conséquence de détruire la vie sur Terre. Donc ce n'est pas de la liberté", estime-t-il.
Les "énormes intérêts pour le particulier" de la sobriété
Olivier Sidler, fondateur de négaWatt, liste les "énormes intérêts pour le particulier" de la sobriété : "l'intérêt économique, se sentir mieux dans la maitrise de sa vie, l'amélioration de sa santé, une plus grande résilience, la préservation du bien être animal et de la biodiversité…Ca fait beaucoup de choses qui sont positives lorsqu'on s'engage dans ce concept de sobriété."
Par
Thierry LEDRU
Le 07/08/2022
Je me sens coupable, fautif, irresponsable.
J'ai vécu pendant une grande partie de ma vie dans une ignorance béate, un individualisme immature, comme un enfant gâté. Je n'ai rien lu des alertes lancées par de nombreux scientifiques, je les ai ignorées alors que les premières études datent de 1972, des études partagées à grande échelle. J'aurais pu les trouver si j'avais cherché.
J'ai fait mes études, j'ai appris ce qu'on me demandait d'apprendre, j'ai eu mes diplômes, je me suis engagé dans une voie professionnelle, puis une aventure amoureuse, puis une famille. J'ai suivi une voie toute tracée sans jamais détourner mes regards et mon attention de cette "réussite".
Une "réussite" qui consistait à participer au saccage.
Je n'ai jamais fait de croisière, je n'ai pris l'avion qu'une fois ; lorsque mon frère est mort et qu'un gendarme m'a téléphoné pour me dire que mes parents étaient injoignables, qu'ils étaient partis avec leur camping car et que personne ne savait où. Alors, j'ai pris l'avion pour retrouver mon frère à la morgue. Et pour chercher mes parents. Je ne suis plus jamais monté dans un avion. Je suis revenu en train.
Et je ne veux pas aller voir les sommets de l'Himalaya qui me fascinent tant, ni les volcans d'Islande, ni les grandes parois du Yosémite parce que je refuse que mon plaisir laisse une trace dans l'atmosphère.
Je ne mange plus d'animaux depuis quinze ans mais j'en ai tant mangé que j'ai l'impression d'être un cimetière.
J'ai grimpé au sommet du Mont-Blanc et sur bien d'autres montagnes et glaciers sans jamais m'inquiéter de leur disparition. J'ai profité des merveilles de la nature sans jamais penser que mes comportements contribuaient à leur effacement.
Aujourd'hui, je suis grand-père et je me sens coupable lorsque j'entends les rires de notre petit-fils, que je vois le bonheur dans ses yeux. Le bonheur de celui qui ne sait rien encore du monde que nous lui "offrons".

Le Glacier des Gourgs Blancs (3128m) dans le Luchonnais s’en est allé… et d’autres vont le suivre. 
Mais rien n'arrête le commerce mondial et le tourisme de masse.


« Sans avion vert avant 15 ans, il faut diminuer le trafic dès maintenant ! »

13 septembre 2021 - La Relève et La Peste
Générations, notre nouveau livre qui marque dans le temps l’esprit d’une génération qui se bat pour préserver notre monde
- Thème : Changements climatiques, répression policière, inégalités, agroécologie, politique, féminisme, nature…
- Format : 290 pages
- Impression : France
Selon l’Association du transport aérien international (IATA), la demande en juillet 2021 est restée « bien en-deçà des niveaux d’avant la pandémie », malgré plus de vols à l’intérieur de l’Europe. En juillet 2021, le nombre total de voyages aériens était ainsi en baisse de 53,1% par rapport à juillet 2019. Si le secteur du transport aérien a été cloué au sol par la pandémie, ce n’est pas pour autant qu’il doit redémarrer « comme avant », plaident les auteurs de cette tribune, qui rappellent le rôle de l’aérien dans la crise climatique et le mythe de « l’avion vert ».
» Emmanuel Macron a annoncé le 2 septembre le maintien de l’extension de l’aéroport Marseille-Provence qui doit être achevée d’ici à la fin de l’année 2023, juste avant les Jeux Olympiques. Et ce, malgré les luttes menées par des associations de riverains et des ONG contre les extensions d’aéroport et alors que l’interdiction des extensions d’aéroports était l’une des mesures proposées par la Convention Citoyenne pour le Climat, non reprise par la loi climat, Marseille se situant à moins de quatre heures de Paris en train.
Partout en France, les associations et ONG sont confrontées aux mêmes problématiques. Depuis 2020 et la pandémie de Covid-19, la région Occitanie a perdu plus de 8 000 emplois dans le secteur aérospatial. La date et l’ampleur de la reprise sont incertaines. Des investissements très forts sont nécessaires pour faire repartir l’industrie, et redynamiser un territoire déboussolé. Pour autant, faut-il reconstruire sur un modèle pré-Covid-19 ?
L’association Notre Choix et le collectif PAD (Pensons l’Aéronautique pour demain) font partie des acteurs qui se mobilisent depuis le début de la crise sanitaire pour penser et implanter des solutions concrètes en faveur d’une réduction du trafic aérien post-Covid et une sensibilisation des citoyens et citoyennes à leurs modes de consommation sur l’aviation.
Parce qu’ils souhaitent garder les avions dans le ciel, mais de manière plus équilibrée et en accord avec les préconisations du GIEC, Notre Choix et le PAD ont invité 80 spécialistes pour débattre des sujets de l’avenir de l’aviation, des salariés, de la santé des riverains, des actions des ONG, du futur du ferroviaire et de la nécessité d’un tourisme responsable : il s’agit de la première édition des Assises de l’Aviation.
80 experts et experts parmi lesquels des salariés et étudiants du secteur, des ONG (Greenpeace, Non au T4, Alternatiba…), des scientifiques, des sociologues, journalistes et acteurs proposant des méthodes de voyages sans avion. Fédérer ces acteurs est devenu indispensable pour atteindre leur objectif commun : réduire drastiquement les émissions liées à l’aviation et aux voyages.

En effet, l’urgence de la crise environnementale liée au réchauffement climatique et à l’extinction massive de la biodiversité exigent des changements, y compris pour le secteur de l’aérien, dont les gaz à effet de serre sont en croissance annuelle de 5 %.
Pour maintenir le réchauffement climatique à 1,5° C, le GIEC préconise au niveau mondial une baisse des émissions de GES dès 2020, avec a minima -35 % d’émissions en 2030 par rapport à 2010. Or, le secteur aérien, dans ses plans les plus ambitieux présentés par l’IATA, prévoit le maintien des émissions de GES au niveau de celles de 2020 jusqu’en 2035.
Le délai instauré par le secteur de l’aérien pour commencer à baisser ses émissions de GES est explicable : 15 ans sont nécessaires pour monter à maturité le concept « d’avion vert » avant sa mise au marché (avion à hydrogène, SAF (biocarburant)). Pour autant, nous considérons que cette perspective n’est pas acceptable en l’état : chaque secteur industriel doit prendre sa part à l’effort de réduction de GES.
Puisque sur les 15 années à venir il n’y aura pas d’avions verts, le collectif PAD considère qu’il faut baisser le trafic. Ce qui implique une baisse du nombre d’avions en exploitation, soit certainement une baisse du nombre d’avions neufs à construire. Quel impact pour l’emploi dans la région Occitanie, si dépendante de l’industrie aéronautique ? Quelles solutions pour la mobilité de demain ?
La patience n’est plus une vertu mais une complicité avec ceux qui nous précipitent vers des cataclysmes alors venez penser l’après et agir maintenant en participant aux Assises de l’aviation qui auront lieu du 17 au 26 septembre à Toulouse et Paris.«
Pré-inscriptions et programme complet disponibles sur le site des Assises.
Note : L’essentiel du texte proposé est extrait du rapport « moins d’avions / plus d’emplois » publié par le collectif PAD en Août 2021.
13 septembre 2021 - La Relève et La Peste
Par
Thierry LEDRU
Le 06/08/2022
L'écologie radicale n'existera jamais à grande échelle. Il n'est qu'à voir les critiques acerbes et parfois haineuses envers les "écolo-bobo-gaucho". La majeure partie de la population s'opposera toujours à la restriction de leurs "libertés", c'est à dire la possibilité de continuer à détruire la vie de la planète.
« Si nous ne prenons pas soin du sol et des milieux vivants, l’espèce humaine se tire une balle dans le pied »
Je ne suis pas optimiste mais j’aime à croire qu’en agissant collectivement, il y a toujours des espèces à sauver, des terres agricoles à sauvegarder, des dixièmes de degrés de réchauffement à gagner et donc des êtres humains et non-humains à protéger.

20 septembre 2021 - Matthieu Delaunay
Générations, notre nouveau livre qui marque dans le temps l’esprit d’une génération qui se bat pour préserver notre monde
- Thème : Changements climatiques, répression policière, inégalités, agroécologie, politique, féminisme, nature…
- Format : 290 pages
- Impression : France
Avec La Révolution du potager, la militante anarcha-féministe Béné propose une nouvelle façon de cultiver la radicalité écologique par de nouveaux modes d’action. Plutôt que l’écologie de la carte bleue, elle prône l’urgence de rompre avec la dichotomie entre nature et culture, et encourage à remettre les mains dans la terre. Entretien autour de l’engagement et de des joies et des défis du grand dehors.
LR&LP : Sur quoi et pourquoi tentez-vous d’agir en ce moment (sachant que le moment peut avoir duré et durer encore longtemps) ?
Béné : Je fais partie du collectif Stop Carnet qui lutte contre un projet de zone industrielle de 110 ha en bord de Loire et plus globalement je lutte contre toutes formes de violences systémiques (écologiques, racistes, sexistes, spécistes, validistes…) et pour un monde digne et soutenable pour tous et toutes !
Lire aussi : La ZAD du Carnet a été expulsée ce matin pour un « projet au point mort »
LR&LP : Qu’est-ce qui vous a amené aux joies (et aux difficultés) du jardin ?
Mes parents ont toujours beaucoup jardiné et ont eu un potager très tôt, et mes grands-parents étaient paysan.ne.s. Cultiver un potager est donc un héritage familial en plus d’un plaisir et une nécessité écologique pour moi !

Se ressourcer au potager avec Melle Béné
LR&LP : Quelle est la genèse de ce livre ? Était-ce d’abord pour vous un moyen de rejoindre et convaincre de nouvelles personnes ou surtout de poser sur le papier la somme de connaissances que vous avez assimilée depuis plusieurs années ?
J’ai été contactée par la maison d’édition La Plagepour écrire un livre sur le potager au fil des saisons, accompagné de recettes végétariennes aux légumes de saison. Honorée par ce projet, j’ai fait de mon mieux pour donner au potager et à l’alimentation végétale un angle politique.
L’idée était surtout de transmettre ma passion pour l’écologie, le monde animal et végétal et donner des clés de compréhension sur l’écologie systémique et politique.
Globalement, je souhaitais faire évoluer l’imaginaire des lecteurs et lectrices sur la radicalité écologique et sur l’écologie individuelle et collective, en leur montrant qu’il y avait de nombreux modes d’actions pour s’emparer de l’écologie, à différentes échelles et en fonction de ses moyens.
LR&LP : Si on retrouve des conseils, des recettes, des façons de faire et de bonnes pratiques pour apprendre à cultiver et entretenir son jardin, ce livre témoigne aussi de vos engagements de militante. Peut-on vous décrire comme une ecoféministe? Quels sont les combats que vous menez et pour quelle raison ?
J’ai toujours eu du mal à me revendiquer éco-feministe. Ce terme est galvaudé particulièrement depuis quelques mois et récupéré politiquement à toutes les sauces. Cela dit, je me revendique de l’éco-féminisme radical, celui des Bombes Atomiques de Bure ou du camp de femmes de Greenham Common.
Je me sens hermétique à l’éco-féminisme spirituel, que je respecte évidemment par ailleurs. Comme la notion est encore floue et récupérée par des partis politiques ou des méthodes avec lesquelles j’ai peu d’affinités, je préfère me voir comme anarcha-féministe ou éco-anarchiste (rires).
Mes sensibilités prioritaires sont l’écologie et le féminisme. Les deux sont fortement liées puisque les femmes font partie des premières victimes du dérèglement climatique et qu’on exploite les femmes comme on exploite “la nature”. Plus globalement, je me bats contre tous les rapports de domination en essayant de prendre part à la construction d’alternatives politiques.

La révolution du potager, Manuel d’écologie individuelle et collective, de Béné
LR&LP : Plutôt que de pratiquer l’écologie de la carte bleue, vous nous proposez de faire la révolution par le potager. Qu’entendez-vous par là et pourquoi continuez-vous d’y croire ?
À travers le potager, je propose en effet que chacune et chacun se saisisse des enjeux liés au dérèglement climatique et à l’effondrement de la biodiversité. Je suis convaincue que comprendre comment fonctionne la culture de fruits et légumes, de quoi notre sol a besoin pour nous nourrir, donner des clés de compréhension des aberrations écologiques de notre monde à travers des focus sur les engrais de synthèse, l’artificialisation des sols, l’élevage intensif, etc., peut donner envie aux personnes de militer concrètement et radicalement pour l’écologie.
Je ne suis pas optimiste mais j’aime à croire qu’en agissant collectivement, il y a toujours des espèces à sauver, des terres agricoles à sauvegarder, des dixièmes de degrés de réchauffement à gagner et donc des êtres humains et non-humains à protéger.

Le sourire de Bene au potager
LR&LP : Qu’est-ce que le potager vous a appris ? Que retirez-vous, en plus d’une excellente nourriture, de cette vie de « grand dehors »?
Que la dichotomie “nature” et “culture” est complètement erronée. Que nous faisons partie de la nature, que si nous ne prenons pas soin du sol et de nos milieux vivants, l’espèce humaine se tire une balle dans le pied. Elle ne pourra plus se nourrir dignement, n’aura plus d’air respirable, plus d’eau potable. C’est d’ailleurs déjà le cas pour des millions de personnes déjà confrontées aux conséquences du dérèglement climatique et de l’effondrement de la biodiversité.
LR&LP : Alors que vous avez les deux mains et les pieds dans la terre, vous menez aussi un travail de fond sur les réseaux sociaux. Pourquoi être sur ces deux terrains ? Comment arrivez-vous à jongler entre ces deux « écosystèmes » et à garder le moral, alors que nous venons de traverser un été particulièrement concentré en drames climatiques de toutes sortes et que les réseaux sociaux exacerbent ?
Je ne garde pas du tout le moral. Je suis très fragilisée par les évènements de cet été, en plus du reste comme la montée du fascisme… Essayer d’informer sur les réseaux pour donner envie de lutter est selon moi nécessaire, pour ne pas laisser la place aux discours haineux ou fascisants anti-écologistes.
Je pense que l’information sur l’écologie loin des discours catastrophistes, qui peuvent résigner plutôt que d’inciter à agir, est vitale.

Extrait du compte Instagram de Melle Bene
LR&LP : La période que nous traversons est très anxiogène et étouffante. À bien y regarder, rien ne peut laisser supposer que l’avenir sera plus encourageant. Avant de pouvoir toutes et tous retrouver la terre et faire pousser nos légumes (si nous le pouvons et le souhaitons), que vous semble-t-il urgent de mettre en place, au niveau individuel mais aussi collectif, pour sortir de l’ornière que la COVID a creusée plus profondément ?
Lutter contre les causes et les conséquences du dérèglement climatique, de l’effondrement de la biodiversité et contre les rapports de domination à échelle individuelle et collective est urgent et nécessaire.
Cela passe par la végétalisation de son alimentation et la lutte contre le modèle agro-industriel. Mais aussi par revoir sa mobilité et réduire drastiquement ses trajets en avion tout en luttant contre le tourisme de masse et les projets d’aéroports.
En bref, remettre en question son mode de vie et sa façon de consommer (si on a le privilège de pouvoir le faire) tout en luttant contre le capitalisme à échelle plus globale.
Il y a une palette d’actions très vaste dont on peut se saisir, tout en privilégiant l’action collective (au sein de collectifs écologistes, féministes, anti-racistes, etc.) pour changer radicalement le système. Cela permet d’agir avec un rapport de force incomparable à l’écologie individuelle et de s’émanciper en même temps.
Lorsqu’on se sent seul.e, que l’on ne sait plus quoi faire pour agir, le collectif est une soupape en plus d’être un moyen d’action dont on doit s’emparer au maximum pour faire la révolution !
LR&LP : Qu’est-ce qui vous fait vous lever le matin et qui continue de vous faire marcher la journée ? Une Musique, un livre, une peinture, un paysage, une personne…
Le chant des oiseaux le matin, les câlins de mes animaux, les bons petits plats, les fêtes entre ami.e.s, danser… Il y a plein de moments de joie dans la vie. C’est d’ailleurs parce que j’aime autant la vie que j’ai envie de la préserver !
Lire aussi : Paroles de Zadistes : « La nature suffoque et c’est à notre génération de faire bouger les lois »
Propos recueillis par Matthieu Delaunay. Journaliste, auteur, voyageur au long cours, Matthieu Delaunay contribue régulièrement à La Relève et La Peste à travers des entretiens passionnants, vous pourrez le retrouver ici.
20 septembre 2021 - Matthieu Delaunay
"Le plus souvent, les gens renoncent à leur pouvoir car ils pensent qu'il n'en ont pas"
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