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Les étoiles du plateau de Millevaches
Par
Thierry LEDRU
Le 30/08/2022
Corrèze : le plateau de Millevaches devient une réserve de ciel étoilé
Publié le 30/08/2022 16:15

Article rédigé par
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M.Lassaga, F.Guinle, F.Fort Images drone : l’Atelier Duho - France 2
France Télévisions
Le plateau de Millevaches, situé en Corrèze, est préservé de la pollution lumineuse. Grâce à une qualité de ciel exceptionnelle, il est classé réserve de ciel étoilé, un label rare.
En Corrèze, le plateau de Millevaches est idéal pour des touristes qui cherchent la tranquillité.
(Cette phrase contient une énorme contradiction : le tourisme tue la tranquillité et si je mets cet article malgré ce que je pense du tourisme, c'est pour montrer justement à quel point les medias ont un impact néfaste sur des lieux préservés. Q'ils se contentent de faire de la pub pour Paris et les Center parcs, ça sera très bien.)
L'étendue préservée est située loin des lumières de la ville, ce qui permet d'observer les étoiles dans le ciel. Le plateau de Millevaches est classé comme réserve de ciel étoilé, il fait partie des 19 sites labellisés dans le monde. "Pour être réserve de ciel étoilé, il faut être exempt de pollution lumineuse, ce qui est quasiment notre cas ici", décrit Violette Janet-Wioland, chargée de mission au Parc naturel régional du plateau de Millevaches (Corrèze).
Une biodiversité préservée grâce à la nuit noire
Les communes du plateau ont investi dans des LED et dès 22 heures, les lumières s'éteignent dans les rues. "Nous avons juste conservé quelques points lumineux, qui sont dits sécuritaires, à des carrefours notamment", détaille Philippe Brugère, maire de Meymac (Corrèze). Sur le plateau, la nuit noire aide à préserver la biodiversité. Le rythme biologique de la faune et de la flore n'est pas impacté par une barrière lumineuse. (Voilà la deuxième raison de la mise en ligne de l'article sur mon blog : l'éclairage des rues n'est aucunement une nécessité et son abandon est accepté par les populations locales qui regardent un peu plus loin que la "tradition" ou l'habitude. Effectivement, sur le plateau, les locaux ont bien compris que le bien-être des chauve-souris, par exemple, est plus important que le fait d'éclairer des rues.)
Par
Thierry LEDRU
Le 28/08/2022


Un mouvement qui va prendre de l'ampleur. Les raisons sont multiples. L'avenir du monde paysan et de l'autonomie alimentaire, une alimentation de qualité cette fois, du pays passera par là ou ne se fera pas.
VENDANGES SAUVAGES CHEZ BERNARD ARNAULT
– « La terre au paysans » : une action contre l'accaparement des terres –
Ce dimanche 28 aout, des vendanges particulières ont eu lieu dans le Var. Particulières parce qu'elles ont lieu sur une parcelle de vignes rachetés par le milliardaire Bernard Arnault et son empire du luxe LVMH. Sur le terrain du château d’Esclans, il y produit du vin baptisé « Whispering Angel », l'un des rosés les plus chers du monde.
Particulières aussi parce qu'il s’agit de vendanges sauvages.300 personnes se sont rendues au milieu des vignes à l'appel de la Confédération Paysanne et des Soulèvements de la Terre, pour protester contre l'accaparement des terres agricoles par une minorité de privilégiés.
En effet, c'est une concentration silencieuse qui a lieu à l'écart des villes. D’ici 10 ans, la moitié des terres agricoles vont changer d’exploitant·e car les agriculteurs partent en retraite. C'est donc un sujet crucial : dans quelles mains iront ces terres ? Seront-elles redistribuées à des petits paysans ou à de gros propriétaires fonciers qui y pratiqueront une agriculture productiviste et polluante ?
Les données du recensement agricole sont sans appel : en 2000, la surface moyenne des exploitations était de 42 hectares. 10 ans plus tard, elle était de 55 hectares. En 2020, elle est de 69 hectares. Un quasi doublement en 20 ans. Ces 10 dernières années, le nombre de fermes a reculé de 21%. Cela veut dire que les terres sont moins bien réparties : elles appartiennent à un nombre plus petit de gros exploitants. C'est de la concentration foncière, au profit de gros acteurs comme LVMH. En 10 ans, le nombres d’emplois agricoles a reculé de 11%, soit une perte de 81000 emplois. Le monde paysan déjà affaibli disparaît au profit d'accapareurs et d'agro-industriels.
« On reprend la terre et ses fruits ! » répond le collectif Les Soulèvements de la Terre, après la récolte de ce matin. Les vendangeurs et vendangeurs sont allé presser le raisin fraichement cueilli, pour en faire une cuvée spéciale ! Elle servira à soutenir la lutte pour protéger les têtes agricoles, empêcher leur accaparement et pour une viticulture paysanne.
Selon les premiers avis, cette cuvée s'annonce déjà « très réussie ». Santé !
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Solidaire
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Thierry LEDRU
Le 28/08/2022
J'adore l'acteur et je suis admiratif de l'homme engagé.
« Moi, je suis décroissant parce qu’il y a une équation qu’on ne peut pas résoudre avec la croissance. On le sait ! On a dépassé les pics d’exploitation de tous les minerais. On a tout épuisé. C’est pas qu’il faut mettre le frein à main, c’est qu’il faut faire marche arrière ! »
Bouli Lanners : l’acteur écolo sort du bois

Le comédien et réalisateur belge, habitué des seconds rôles de films indépendants, est à l’affiche de la nouvelle saison d’Hippocrate, diffusé sur Canal + depuis le 5 avril. Il a reçu Reporterre chez lui, tout en malice et militantisme.
Liège (Belgique), reportage
Devant le portail, un pickup noir et beaucoup d’autocollants à l’arrière. L’un d’eux attire particulièrement le regard. Dans un cercle jaune, une tête de mort noire rappelle le symbole de la radioactivité. Au-dessus, trois lettres, « RAN », pour « Réveil antinucléaire ».
« Montez, c’est en haut des marches. » Bouli Lanners nous ouvre les portes de sa maison, sur une colline qui surplombe la gare de Liège, en Belgique. « Bouli », parce qu’il est hors de question qu’on le vouvoie, nous a-t-il fait comprendre au téléphone avant que nous prenions la route. Le comédien francophone nous attend les mains dans les poches, chemise épaisse à carreaux bleu sombre et rouge, bonnet noir, l’air rieur.

Bouli sur sa colline qui surplombe le centre-ville de Liège.
« On va se poser dehors, ça ne vous embête pas ? » Il fait 7 °C… Le comédien — alias Olivier Brun dans la saison 2 d’Hippocrate (sortie le 5 avril dernier), médecin en chef des urgences et gestionnaire de crise hors-pair — est hypocondriaque. « J’ai pas peur de me couper un bras, mais les virus, j’aime pas trop. Pour moi, c’était très très dur cette année. »
Il pose trois énormes plaids sur la table en teck, allume le poêle à bois « pour chauffer les petits pieds » et file préparer une tisane. À ses trousses, Gibus et Texas, ses deux « gosses », deux border terriers, dont le jeu préféré consiste à se disputer les « cucuches », des petits cochons en plastiques tout mordillés, disséminés partout dans le jardin. « J’ai fait un transfert. Si j’avais des gosses, je serais super casse-couilles, j’ai trop peur, je suis inquiet tout le temps. »

Texas, sa petite border terrier, s’est aventurée dans le bois qui lui est normalement interdit : « Mes chiens ont tendance à vouloir courser les renards. »
Bouli et Élise, sa femme, ont acheté cette maison il y a dix ans. Avant ça, ils ont habité vingt ans à bord d’une péniche sur les bords du canal de l’Ourthe (à Liège aussi). Sur les berges, avec leurs voisins, ils ont planté des arbres et se sont installés comme dans un village, mais illégalement : les chemins de halage sont publics. Le couple a ensuite recherché un environnement plus durable et vert.
« On a 10 000 m² de terrain en ville qui ne seront jamais construits ! »
Le barbu sort le bras de son plaid et montre le sommet de la colline : « Après la maison, j’ai acheté le bois puis les terrains autour pour pouvoir préserver un maximum de surface. Et mon voisin, sur la colline en face, a fait la même chose. Donc, on a 10 000 m² de terrain en ville qui ne seront jamais construits, j’ai mis tout mon argent dedans ! »

Bouli à l’entrée de son bois.
Pourquoi autant de surface ? Pour « rien » ! Il articule fort. Ce « rien », c’est la biodiversité, les pipistrelles (chauve-souris) qui nichent en bas de son jardin, les arbres, et, surtout, le regard des promoteurs immobiliers : « Ils ne comprennent pas. Je le vois dans leurs yeux. Ils me regardent et me demandent :
— Mais, vous allez en faire quoi ?
— Rien !
Et là, je vois le vide, et j’adore ce moment. Il vaut toutes les thunes que j’ai mises dans ce terrain ! »
« Au moins je peux acheter les bouts de terrain autour de chez moi et appliquer à 56 balais des choses qui me hantent depuis que je suis tout petit. » À cet âge, Bouli l’avoue, il était très sensible, presque maladif face à l’artificialisation des terres. Il lançait déjà des débats avec ses parents et personne ne le comprenait. Alors le petit Philippe — Bouli est un surnom — se réfugiait dans la forêt. Le village où il a grandi, La Calamine (Kelmis en allemand), dans la région germanophone, se situe aux confins de la Belgique, de l’Allemagne et des Pays-Bas. « Mon père était douanier, ma mère faisait les ménages et était ouvrière saisonnière en Allemagne. Elle passait tous les jours la frontière en voyant mon père au poste et moi pour aller à l’école, je passais par les bois, la Hollande et l’Allemagne. »

Portrait de l’acteur et détail sur ses mains tatouées : « J’en ai sur tout le corps, je dois finir le dos, mais ça fait un mal de chien. »
Son premier voyage à vélo à treize ans a signé le début de la liberté : deux semaines à sillonner les Ardennes, seul avec sa gourde et ses premières cigarettes. Aujourd’hui avec Élise, ils parcourent la Belgique et la France à pied, munis de cartes IGN, avec une certaine attirance pour les chemins privés. « Tu fais une rando, t’as un chemin tracé puis là, tu tombes sur une pancarte, “propriété privée”, mais c’est par là que la nature voudrait que je continue mon chemin ! Le gibier passe bien, lui. » Et d’ajouter, le regard joueur : « Moi, je conseille à tout le monde : allez dans les propriétés privées ! Sauf en période de chasse ! »
L’acteur a galéré pendant des années avant de pouvoir vivre du cinéma. « Ça fait dix ans que ça marche bien, mais avant ça, y’a eu des années noires. » Il a survolé la période des trente ans, quand tous les copains se marient, font des enfants et que « toi t’as rien », la vie dans une « cabane en plein centre de Liège » : « Je sais ce que ça veut dire d’être pauvre ! »

Peintre contrarié après s’être fait renvoyer des Beaux-Arts, il a repris intensément le pinceau pendant le confinement. Un galeriste lui a déjà proposé une exposition, mais on ne lui fait pas : « Je sais très bien que c’est parce que je suis Monsieur Bouli Lanners, de toute façon je refuse de vendre mes tableaux. »
À ce moment-là de la discussion, il neige à gros flocons sur la terrasse. Notre hôte, imperturbable, a déployé le parasol. « Moi, je suis décroissant parce qu’il y a une équation qu’on ne peut pas résoudre avec la croissance. On le sait ! On a dépassé les pics d’exploitation de tous les minerais. On a tout épuisé. C’est pas qu’il faut mettre le frein à main, c’est qu’il faut faire marche arrière ! »
« C’est plus facile d’intégrer la fin du monde que d’intégrer la fin du capitalisme »
À ce moment-là, Bouli parle vite. Son ton rappelle celui de ses coups de gueule vidéo Instagram contre la consultation populaire décidée en pleine pandémie sur l’avenir des déchets nucléaires ou en soutien au personnel soignant. Le « mec du XXᵉ siècle, pas du XXIᵉ » méprise le mythe des nouvelles technologies providentielles censées nous sauver de l’effondrement, cette vieille idée de la modernité. « Mais aujourd’hui, c’est plus facile d’intégrer la fin du monde que d’intégrer la fin du capitalisme. »

Bisous avec Texas.
Une heure que l’on est dehors, l’eau s’amoncelle sur le parasol et les gouttes nous tombent dans le dos. Bouli se lève et nous propose de rejoindre son antre. Au bout du couloir trône son bureau, un meuble imposant en bois massif. Dans un coin de la pièce, les affiches de ses longs métrages, ceux qu’il a réalisés : Eldorado (2008), Les Géants (2011) et Les Premiers, les Derniers (2016). « C’est un temps pour un whisky, vous en voulez un ? J’ai trois cents bouteilles, on a le choix. » Il est 15 heures, on accepte.
C’est dans cette pièce qu’il a passé la soirée de lancement d’Hippocrate 2, seul, début avril. En temps normal, il aurait partagé un scotch avec toute l’équipe de tournage et couru les plateaux télé. Mais là, rien. Il a répondu aux interviews à distance. « Vous êtes les premiers que je vois. » Personne ne parle de la série en Belgique, elle n’y est toujours pas sortie. Mais lors de notre entretien, posé sur le canapé capitonné, le portable n’arrête pas de sonner. « Des textos, des messages Facebook, Instagram… Ça touche un public qui ne me connaissait pas. Donc le premier jour où j’étais là, tout seul avec ma bouteille de whisky, c’est loin. Maintenant, je suis avec ma bouteille de whisky et toute la France ! »

La Couverture Chauffante, c’est le nom qu’il a donné à son atelier de peinture, qu’il compte aussi convertir en bar pour ses copains. À la carte ? Son propre whisky, qu’il va bientôt récupérer après dix ans de fermentation ou son Vermouth dont il ramène une bouteille à sa femme pour le cocktail du soir.
Son personnage, Olivier Brun, est central dans la saison 2. Le service des urgences en proie à de violentes inondations dès les premières secondes du premier épisode, doit déménager et squatter le service de médecine interne. Les allées de l’hôpital débordent, c’est la panique tout le temps. Le tournage a eu lieu à l’hôpital Robert-Ballanger d’Aulnay-sous-Bois. « Jamais vécu dans un aussi petit décor avec autant de bienveillance de la part de tout le monde, dans une période où tu es censé te méfier de l’autre. »
Le tournage de la série a commencé en janvier 2020, puis l’équipe a fait une pause, comme tout le monde, pendant le premier confinement. Thomas Lilti, le réalisateur de la série, initialement médecin, a remis sa blouse blanche et rejoint un service Covid. Bouli, lui, a perdu trois de ses amis à cause de la pandémie. « Une année de merde. Et en même temps, la période de confinement, avec ce printemps exceptionnel, fait que j’ai pu terminer tout ce que je voulais faire depuis très longtemps dans mon jardin. » Des terrasses pour son potager sur la colline, apprendre à conserver ses légumes pour l’hiver et se remettre à la peinture pour la première fois depuis 27 ans, quand il était aux Beaux-Arts.

Son potager pour lequel il fait des terrasses, car rien n’est plat sur la petite colline de son jardin.
Alors qu’aujourd’hui tout décolle, l’acteur a envie de calmer le jeu. Et de se concentrer sur l’essentiel. Bouli Lanners a lui aussi chopé le virus de l’oisiveté en mars 2020. « Je suis un privilégié, ma maison est payée, je n’ai pas de dette, du coup, avec ce rythme beaucoup moins soutenu, je me suis dit, c’est terminé, je ne travaille plus que six mois dans l’année. »
Le zozo et les abeilles
Ses projets ? Le potager, les abeilles et les poules, qui arrivent bientôt. Pour le cinéma, deux tournages l’été prochain, dont un avec l’équipe de Groland, puis des cours à l’Insas, l’école de cinéma de Bruxelles, Hippocrate 3 — « si c’est Lilti aux manettes » — et l’adaptation de Nature humaine, un roman de Serge Joncour. « J’ai accepté cette proposition parce que, pour la première fois, ça touche à quelque chose de plus politique pour moi. » C’est l’histoire d’un paysan amoureux de la nature dans le Lot entre 1976 et 1999. Dans la ferme familiale, il va suivre tout ce que la société lui impose : l’élevage toujours plus intensif, les contrats avec les industriels. « Tout le monde le prend pour un zozo, comme moi quand j’étais petit. Je me dis que j’aurais dû être plus actif avant. »

Le chemin qui mène à son atelier.
Depuis un an, et la crise du Covid-19, le citoyen Bouli réalise que la Belgique ne tourne pas rond. Sa structure politique est « si complexe qu’en cas de crise majeure, ça ne marche pas. La première semaine de la crise, le débat ne reposait pas sur comment régler le problème, mais sur qui était compétent pour le régler ! On peut gérer des affaires courantes mais pas un accident exceptionnel. Alors, qu’est-ce qui se passerait en cas d’accident nucléaire ? » C’est dans ce combat aussi que Bouli met beaucoup d’énergie depuis quelques années. Le réalisateur a passé une semaine à Bure, dans la Meuse, près des opposants au projet Cigéo de « poubelle nucléaire » et observé la répression sur place. Il admire le courage de celles et ceux « qui ont tout abandonné pour cette lutte et vivent dans les bois depuis deux ans ». Il a été témoin de la pression quotidienne des forces de l’ordre, des charges aussi : « C’est la plaine, tu arrives au-dessus d’une colline, et là, toute une rangée de mecs habillés en noir. Les flics. J’ai vu vraiment des images comme dans Braveheart. Des combats comme dans les films de chevaliers. Il y a eu des ratonnades sévères. »
Depuis cinq ans, avec d’autres copains, il a créé le RAN. RAN pour « Réveil antinucléaire ». La tête de mort en autocollant à l’arrière du pick-up. « On est dans le côté dark du truc. On est moins autorisés que d’autres associations. » Bouli dégaine deux casquettes de sa réserve — le même crane noir et jaune pour effigie — et lance avec malice : « Tenez, vous allez repartir avec. »

Dans son atelier il ne voit pas le temps passer. Parfois Élise l’appelle pour lui rappeler que ça fait plus de dix heures qu’il n’a pas mangé. Sur d’immenses toiles carrées, il peint les horizons et la lumière du nord. Elles rappellent les grands espaces de ses films, les lignes et la perspective d’« Eldorado » ou « Des Premiers les Derniers » avec Albert Dupontel.
Filmographie :
Hippocrate saison 2 (2021)
Effacer l’historique (2020)
Petit Paysan (2017)
Les premiers, les derniers (2016)
9 mois ferme (2012)
De rouille et d’os (2012)
Le grand soir (2011)
Louise-Michel (2008)
Par
Thierry LEDRU
Le 27/08/2022
Oui, bon, le titre est ironique. Mais franchement le tout électrique quand on connaît un peu les restrictions à venir au regard du changement climatique, il y a de quoi rire. Il n'y aura pas assez de terres rares, il n'y aura pas assez de composants électroniques, il n'y aura pas assez de bornes de recharge et mieux que tout, il n'y aura pas assez d'électricité disponible.
En Chine, la canicule met KO les stations de recharge Tesla
Dans Ecologie / Electrique / Véhicules électriques
Olivier Cottrel Le 26/08/2022 à 16:30
Marqué par plusieurs épisodes de canicule en France, l’été a été particulièrement chaud pour toute la planète. Conséquence de cette vague de chaleur inédite, en Chine, plusieurs infrastructures de recharge pour véhicules électriques ont été contraintes de stopper leur activité.

Certaines stations de recharge Tesla sont à l'arrêt pour rationner l'énergie disponible.
Il a fait très chaud un peu partout dans le monde tout l’été. Marquée par cette vague de chaleur et de sécheresse, la Chine a connu des températures inédites, dépassant parfois 45 °C par endroits.
Une situation critique, particulièrement dans la région du Sichuan, qui oblige les autorités chinoises à rationner l’électricité. Des mesures qui touchent notamment le fabricant de batteries CATL, qui alimente les constructeurs automobiles Toyota et Volkswagen, et dont le site de production a été mis à l’arrêt quelques jours.
Autre conséquence du rationnement de l’électricité, le gouvernement du Sichuan a ordonné à plusieurs opérateurs de bornes électriques d’interrompre leurs services. Une demande expresse qui concerne une quinzaine de stations de recharge Tesla, et plusieurs stations de l’opérateur Nio. Seuls deux superchargers Tesla ont eu l’autorisation de poursuivre leur activité, et encore, seulement la nuit.
La région chinoise du Sichuan, dont 80 % de l’électricité est produite par des barrages hydrauliques, connaît une fin d’été particulièrement critique, marquée par une sécheresse sans précédent qui affecte toute l’industrie et l’économie de la Chine.
Une situation inédite qui risque de se renouveler dans le futur, alors même que les gouvernements poussent à la généralisation de la mobilité électrique.
Par
Thierry LEDRU
Le 25/08/2022
Les marchands appellent ça des "planches vintage".
Et les gens les achètent pour faire des meubles.
Je fais la même chose avec des palettes que je ponce. Et que je récupère gratuitement dans une entreprise de matériel de construction. Ils ont toujours des palettes qui ne sont pas consignées.
Mais le problème ici, ça n'est pas seulement que des marchands aient eu cette idée ; ils ne font que répondre à la demande des clients. Jusqu'à utiliser la vieille ficelle de chanvre pour faire "cosy".
Je veux bien imaginer que des gens habitant en appartement n'aient pas la possibilité d'y monter des palettes, de les déclouer et de les poncer mais de toute façon, en appartement, je n'imagine pas les individus scier, clouer, visser des planches. Ceux-là achètent des meubles en kit. Les acheteurs de ces planches ont une maison, un bout de terrain, un garage ou un appentis, ils peuvent bricoler. Et pourtant, ils achètent cinq planches à 45 euros (avec la ficelle...)
On pourrait juste en rire si ça n'était aussi représentatif de ce fameux "marché" qui consiste à présenter aux clients qui ont commis l'erreur fatale d'entrer dans un magasin tout ce dont ils n'ont pas pensé, dont ils n'ont pas besoin, tout ce qu'ils n'avaient aucunement prévu d'acheter mais qui va leur faire envie. L'envie, le désir, le "coup de coeur"...
Il faut faciliter le travail aussi, que tout soit disponible, sans effort, sans recherche personnelle.
Et à côtés de ces planches, il y a certainement les vis et la visseuse sans fil et la scie sauteuse et les équerres et les tasseaux et le vernis et les pinceaux etc etc...
Et celui qui était venu acheter de la tapisserie pour la chambre du bébé repart avec cinq lots de cinq planches au cas où il y aurait une rupture de stock et qu'il en ait besoin...Parce que ça aussi, c'est une méthode qui fonctionne : la rupture de stock, ou le stock limité ou la super promo de la semaine du genre quatre lots, le cinquième offert...
Et au final, avec la quincaillerie, la note est magnifique. Pour le magasin.
Et dans les entreprises de construction, les employés continueront à jeter à la benne des dizaines de palettes...
Aurore Stephant : état des lieux.
Par
Thierry LEDRU
Le 19/08/2022
Voilà la dernière vidéo mise en ligne à ma connaissance.
Pour ma part, c'est bon pour ce soir, j'arrête.
Je vais aller boire. Je n'ai aucunement envie de durer longtemps.
176 390 vues 12 juil. 2022
Informations et inscription sur http://www.usievents.com
Le monde fait face à une demande croissante en ressources minérales dans tous les secteurs, en particulier ceux de la construction, du transport, de la défense, de l’approvisionnement en énergie ou encore des technologies de l’information et de la communication.
Si la mine a servi toutes les révolutions industrielles, il est désormais attendu qu’elle soit plus que jamais sollicitée pour l’avènement de la Révolution 4.0, celle de la "dématérialisation", des énergies "propres" et des technologies "vertes".
Jusqu'où toutes ces limites seront-elles repoussées pour répondre à une consommation de métaux démesurée ?
La conférence USI découvre et rend accessible les spécialistes de renommée internationale en sciences, en technologie, et en philosophie pour contribuer au progrès des organisations. USI accompagne les entreprises du CAC 40 et SBF 120 à faire face aux enjeux de transformation stratégiques, technologiques et de management dans un monde en constante évolution. C’est également un espace d’inspiration, de rencontres et d’échanges avec un line-up inédit en Europe.
Par
Thierry LEDRU
Le 19/08/2022
Quand on s'intéresse aux métaux et particulièrement aux métaux rares, on ne peut pas contourner le problème des voitures électriques.
Le matraquage médiatique est considérable et il ne faut pas se tromper : il ne s'agit nullement d'écologie mais d'économie...
Voiture électrique : une simple exportation de notre pollution?
1 décembre 2020 53 commentairessur Voiture électrique : une simple exportation de notre pollution? Publié enLobbying, Politique, Société
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« Aujourd’hui, il y a un consensus qui dit qu’une voiture électrique émet au moment de sa production deux fois plus de gaz à effet de serre qu’un véhicule thermique, notamment à cause de la production des manières minérales » explique Aurore Stéphant, ingénieure géologue et militante dans « Complément d’enquête » du 19 novembre 2020 sur France 2.
Elle parle bien sûr des cellules des batteries qui contiennent des minéraux issus des quatre coins de la planète, des métaux qui n’étaient pas utilisés pour les voitures thermiques ou alors dans des proportions bien plus faibles. Ainsi, pour une batterie de Renault Zoe, il faut compter 7 kilos de lithium, 11 kilos de manganèse, 11 kilos de cobalt et 34 kilos de nickel. Au total, pas moins de 63 kilos de métaux… rien que pour la batterie. « Et le surpoids de la voiture zéro émission est loin de s’arrêter là. Puisqu’elle est électrique, certains métaux sont nécessaires en quantité bien plus importantes que dans la voiture thermique : « Le cuivre, qui permet l’électrification, toute la connectique, toutes les connexions qui vont se faire entre les différents appareils, le moteur, la batterie, l’appareillage électronique…
Un véhicule électrique contient 80 à 90 kilos de cuivre » résume Aurore Stéphant. Pour compenser ce surplus de poids, les constructeurs procèdent à un allègement des aciers composant la structure du véhicule, en mettant encore plus d’aluminimum (+40%) dans le chassis et dans les pièces.
Une voiture électrique, ce sont donc des centaines de kilos de métaux qu’il faut extraire du sous-sol, des opérations qui coûtent très cher en CO2 : « Il ne faut pas s’imaginer qu’on a de grandes plaques métalliques qui sont disponibles dans le sous-sol, c’est vraiment des toutes petites paillettes. Il va falloir dépenser énormément d’énergie pour pouvoir extraire ces particules très fines disséminées dans le sous-sol et exploiter de très grandes quantités. A chaque étape, on a des émissions de CO2 qui vont s’accumuler par le traitement et par le transport » détaille encore Aurore Stéphant.
Voilà comment, à l’issue de sa fabrication, et sans avoir parcouru le moindre kilomètre, la voiture électrique a généré deux fois plus de CO2 que la voiture thermique. Un paradoxe tout de même pour la voiture zéro émission !
La théorie des défenseurs de l’électrique est la suivante : au fur et à mesure de l’utilisation du véhicule, il récupère son retard sur le thermique et bénéficie donc à l’environnement. Mais au bout de combien de kilomètres ? « Cela dépend beaucoup du mix électrique utilisé, il y a une zone d’incertitude assez grande » selon Maxime Pasquier, ingénieur Transports et Mobilités à l’ADEME, l’agence de la transition écologique.
Peu d’études abordent la question de la dette carbonne et elles donnent une fourchette large : de 17 000 à 310 000 km, tout dépend de la façon dont les pays fabriquent l’électricité, la norme mondiale actuelle étant… le charbon.
En France, pays des centrales nucléaires, il faudrait parcourir 50 000 km pour compenser le handicap de départ. Un chiffre relativement modeste, appelé à fortement croître si les écolos parviennent, comme en Allemagne, à faire fermer les centrales françaises.
« Complément d’enquête » continue : « Il y a aussi des polluants rejetés dans l’air et ces milliards de litres d’eau pompés pour extraire les métaux dont l’indispensable lithium. Sa production a triplé entre 2015 et 2018, boosté par la progression de la voiture électrique » puis nous parle de l’épuisement des ressources en eau des populations locales, des rivières asséchées et des cultures en danger en Bolivie, comme cella du quinoa, à cause de l’extraction du lithium.
« Pour rouler propre chez nous, l’environnement est impacté à l’autre bout du monde » résume l’émission qui nous propose ensuite une rencontre avec des éleveurs portugais du nord du pays où toute une montagne doit être dynamitée par une société minière qui compte traiter chimiquement le lithium sur place, avec des risques importants de pollution des cours d’eau environnant… utilisés par les habitants, les bêtes et les touristes l’été. 500 000 batteries de voitures électriques pourraient être fabriqués chaque année grâce à cette mine. C’est à la fois beaucoup et très peu pour remplacer le parc automobile mondial, alors que plusieurs pays ont décidé d’interdire les véhicules thermiques à partir de 2040.
L’ingénieur transport Laurent Castaignède est formel : « Aujourd’hui sur la planète, il faut être clair, il n’y a pas les métaux disponibles, les mines, pour, sous vingt ou trente ans, tous rouler en véhicule électrique. Il y a 1 100 000 000 de voitures dans le monde qui roulent, à peu près 500 millions de deux roues, vous imaginez la quantité de métaux que cela mobiliserait sous vingt ans pour substituer tout ce parc, c’est physiquement impossible. »
Autant dire que la voiture électrique est loin d’être la panacée qu’on nous vend dans les médias en général, et que nos dirigeants favorisent à coup de milliards d’euros de subventions chaque année. Le tout sans avoir jamais consulté les Français. Si nos compatriotes avaient les idées un peu plus claires sur l’électrique, il n’est pas dit qu’ils accepteraient cette utilisation de l’argent public, de leur argent.
Aurore Stephant : fin des métaux rares.
Par
Thierry LEDRU
Le 19/08/2022
Depuis un bon moment, j'écoute ses interventions. Personne n'oserait dire qu'elle n'y connaît rien, que c'est juste une illuminée. Personnellement, je la trouve justement lumineuse : claire, argumentée, passionnée et pédagogique. Le genre de personnes qui devraient passer sur toutes les chaînes de télévision et de radios, toutes les semaines, jusqu'à ce que ça rentre dans les têtes de tout le monde.
J'utilise un ordinateur portable qui a neuf ans, il est certainement moins rapide et performant qu'un modèle récent mais il fonctionne, donc je n'ai pas BESOIN d'autre chose. Dans cette hyper consommation, on en revient toujours au même problème : manque, besoin et désir...
En tout cas, je me réjouis de lire les commentaires.
Aurore Stephant : les ressources minières (un ancien article)
15:25 / 15:28
Fin des métaux rares : c'est l'heure du choix (avec Aurore Stéphant)
161 858 vues 7 juil. 2022 Demain, un monde plein d'écrans, de smartphones et de tablettes est inenvisageable.
L'ingénieure Aurore Stéphant étudie depuis plus de dix ans les industries minières : bientôt, la ressource sera épuisée ou inaccessible. Mais comment faire alors que le métal est partout, même dans nos shampoings antipelliculaires ? Une interview passionnante et déconcertante, tournée lors de l'édition 2022 de l'USI.
00:00 Introduction
00:17 Pourquoi faut-il réduire notre utilisation de métaux ?
01:13 Est-ce qu'on extrait plus de métaux qu'il y a 50 ans ?
02:50 Sommes-nous dépendants des métaux ?
06:48 Comment sont extraits les métaux ?
08:55 Est-ce que les métaux rares sont vraiment « rares » ?
10:59 On va atteindre les limites de l'extraction minière... Que faire ?
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Commentaires
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Une colère saine et contagieuse sur un sujet qui représente le plus grand enjeu moderne, dans l’indifférence générale


