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  • Mise en quarantaine

    "Mise en quarantaine". L'expression est à la mode. Je m'éloigne quelques temps. Volontairement. Un temps indéterminé.

    J'ai besoin de couper avec ce monde humain. De ne plus m'occuper de rien, de ne plus commenter, de ne plus suivre les faits et gestes de cette communauté humaine. Elle occupe trop de place en moi et je sais que de commenter son agitation ne sert finalement à rien.

    Il m'importe en ce moment de retourner vers des contrées intérieures.

    Il y a quelques années, j'ai écrit un roman très important pour moi, "Les Éveillés".

    Il n'est pas publié pour la simple raison que je n'ai jamais décidé de sa publication et que je ne l'ai donc pas présenté aux éditeurs. Mais il y a deux nuits, j'ai rêvé de ces Éveillés...Un rêve extrêmement clair, aucunement chaotique comme le sont souvent les rêves. Il y avait un appel. Un appel à l'introspection. Je me suis réveillé avec le mot "intuition" à l'esprit. Et je n'ai plus beaucoup dormi ensuite.

    Je suis allé relire ce que j'avais écrit ici sur l'intuition. Je sais combien ce "phénomène" a une importance considérable dans ma vie. Certaines décisions qui n'avaient, a priori, aucun sens et qui se sont imposées. 

    « Il y a pour les Éveillés un monde unique et commun mais chacun des endormis se détourne dans un monde particulier. » Héraclite.

    Les Éveillés, ce sont ceux qui ont assimilé à la fois l’ordre de la pensée et l’ordre de la Nature.

     

    L’intuition est une pensée directe sans le passage par le raisonnement. Ne serait-ce pas la plus grande sagesse que d’y parvenir en toutes circonstances ? De parvenir à rester ancré dans la compréhension du réel en joignant la raison à cette perception directe, spontanée, immédiate, fulgurante…

    L’intuition est la captation directe du réel par la conscience alors que la raison explore longuement ce réel jusqu’à commettre l'effroyable erreur d'en faire « sa » réalité…

    Mais il est délicat de s’en tenir à cette intuition dès lors que s’y adjoint ainsi une raison non domptée, un catalogue de conditionnements jamais analysés. Car cette intuition peut n’être dès lors qu’une extension de cette raison falsifiée, une sorte d’enluminures, une hallucination. Cette raison est même capable d'anéantir l'intuition, de la brider, de la falsifier, de culpabiliser l'individu, de se moquer de lui, de le torturer jusqu'à ce qu'il abandonne, épuisé et honteux, toute tentative de captation, plus aucune fulgurance, plus aucun ressenti qui ne soit raisonné, plus aucune flamboyance, plus jamais ce rayonnement foudroyant... Etre raisonnable jusqu'à tuer en soi toute vie...

    Je le refuse. Je veux comprendre, je veux aimer l'intégralité de ce qui m'est proposé.

    C'est la Vie que j'aime.

    Il me semble indispensable pour atteindre une quelconque sagesse d’établir au préalable un état de conscience absolument libre. Non pas qu’il soit possible de se défaire intégralement des données éducatives, des concepts issus de la société, de la morale, de l’autre…Mais il est possible d’en établir la liste, d’en identifier chaque paramètre, comme un archéologue.

    Je ne crois pas que l’intuition puisse être libre si la raison ne l’est pas.

    Connaître les errances intérieures permet d’œuvrer à la lucidité. C’est là que l’intuition peut naître.

    Je ne crois pas à un état de béatitude absolu, pas à mon niveau, je n’en ai pas les capacités. Mais je peux me lancer sur la route. Raisonnablement et intuitivement, les deux entités associées dans un cheminement commun, une osmose constante.

    Qu’en est-il donc de cette intuition ?

    Elle contient à mon sens la nature de la Nature.

    « Quelle est la nature de ce problème ? »

    L’expression s’intéresse non pas au problème lui-même mais à sa source.

    Je voudrais comprendre la nature de la Nature…

    Quelle est sa source ?

    A-t-elle une intention ?

    La question de l’intelligence de la Nature ne se pose plus pour moi. C’est une évidence. Mais je n’en ai aucune preuve. Je n’ai pas un niveau de connaissances suffisant. C’est juste une intuition…Justement.

    Est-ce que la Nature elle-même éveille cette intuition en moi ou est-ce juste une imagination débridée, un désir qui prendrait forme, qui se persuaderait lui-même d’avoir raison. La raison… Dans ce simple exemple, on voit bien à quel point, il est déraisonnable de se croire maître de la raison.

    Les hommes peuvent toujours trouver de multiples raisons aux errements de notre raison. La science, par exemple, s'évertue encore, dans ses retranchements les plus conservateurs, de nier l'impensable.

    Mais je suis une énigme pour la science. Trois hernies discales en trente ans, jambe gauche paralysée à chaque crise. Inopérable. Un cauchemar, un calvaire dans l'antichambre de la mort. Et puis la rencontre avec une médium magnétiseuse. Quatre heures entre ses mains, entre ses mots. Je suis sorti en marchant, j’aurais pu rentrer chez moi à pied.

     

    LES ÉVEILLÉS : Au-delà du réel

     

    Je portais l’âme de mon frère et mon dos n’en pouvait plus. Mon âme mortifiée coulait son mal-être dans ma colonne, la pièce qui tient debout…Dans quelle dimension étais-je parti ? Qui est intervenu ? Qui a libéré en moi l’âme de mon frère ? Comment cette entité a-t-elle fait entrer la délivrance dans mes disques vertébraux ? Médicalement parlant, c’est impossible…

    La Nature a une intention, une capacité d’intervention. Comment pourrait-il en être autrement d’ailleurs ? De quel droit pourrions-nous considérer que l’entité créatrice n’a pas de pouvoir d’intervention ?

    La source de Tout n’aurait aucun pouvoir sur elle-même ?

    C’est absurde.

    Je ne crois pas que nous soyons lancés dans la vie sans intention. Il y a quelque chose à comprendre. La nature de la Nature. Quel est son projet ?

    La Vie, dans cette expérience, a ouvert une brèche en moi. Une déchirure dans le voile qui couvrait ma conscience. Pourquoi ?   

    J’ai l’intuition qu’il s’agissait de m’apprendre à user de ma raison, à en user pleinement, non pas dans les schémas archaïques des transmissions mais dans un cheminement individuel, épuré.

    Il est temps que je retourne sur ce chemin et l'agitation de la communauté humaine est un obstacle.

    Depuis deux ans, une très grande partie du monde humain est accaparée par la pandémie et ses conséquences. Et moi aussi.

    Crise sanitaire, crise économique, crise sociale, crise climatique, crise écologique. Les archives des sites d'informations et des réseaux sociaux tournent autour de ça. C'était inévitable. 

    Mais qu'ai-je appris de moi, profondément, réellement, dans la captation que j'ai laissée s'installer, dans le commentaire constant de l'état du monde ? Rien de fondamental sinon le fait que tout cela génère une absorption de soi.  Une forme d'effacement, un éloignement, un arrachement, une couverture. On dit d'ailleurs parfois dans le milieu policier que tel individu a une activité sous un faux rôle, une "couverture".

    "Dans les domaines de la police et du renseignement, une couverture est une activité destinée à masquer les fonctions réelles d'un officier traitant."

    Notre façon de vivre, connectée au monde humain, à son agitation, n'est-elle pas une sorte de couverture au regard de ce que nous sommes réellement ? Ne menons-nous pas un double jeu ? Un double jeu qui nous priverait de l'exploration profonde de l'être réel, comme si cette fameuse "couverture" avait fini par endosser le rôle principal. Et si c'est bien le cas, ne s'agit-il pas d'une trahison personnelle ? 

    J’ai rêvé des Éveillés. J'ai l'intuition que je dois comprendre le sens de cette visite.

    Je me retire.

    Prenez soin de la Vie en vous. 

  • Nature sauvage

     

     

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    " Un jour viendra où l'on jugera notre société non à la manière dont elle a dominé la nature, mais à la part de sauvage qu'elle aura été capable de sauvegarder ".

    Robert Hainard.

  • Deux scientifiques chez Taddeï

    Frédéric Taddeï reçoit :

    -Jean-Michel Claverie : virologue, et spécialiste de génomique, professeur d'université et praticien hospitalier émérite.

    -Antoine Flahault : directeur de l'Institut de santé globale à la Faculté de médecine de l’Université de Genève

     

     

  • Le mensonge des énergies vertes

    Non, je n'ai aucune autre solution que celle de la décroissance.

    L'énergie verte, c'est juste un infâme mensonge.

    Il faut réécouter ou lire René Dumont qui, en 1976, annonçait que sans une limitation drastique de la démographie, l'humanité courait à sa perte.

    C'est peut-être ça le "message" de la Covid. Nous sommes montrueusement trop nombreux et ce nombre est monstrueusement trop dévoreur de la Terre.

    Quant à croire que les "efforts" des pays occidentaux envers une "croissance verte" relèvent d'une intention louable, c'est juste se mettre des œillères pour ne pas voir ce que cela engendre ailleurs. 

     

     

    https://au-dela-du-climat.org/2018/02/21/philippe-bihouix-le-mensonge-de-la-croissance-verte/#content

    Au-delà du climat

     

    Crise écologique, crise sociale, effondrement, la solution : la permaculture

     

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    21 FÉVRIER 2018THOMAÏE

    Philippe Bihouix : « le mensonge de la croissance verte »

    Pourquoi les éoliennes, les panneaux photovoltaïques ou les voitures électriques n’ont rien d’écologique? Pourquoi les solutions high-tech amplifient les désastres environnementaux? Pourquoi la croissance verte que s’applique à mettre en place notre ministère de l’écologie et notre président n’a rien de soutenable ni de réalisable? Comment mettre en place un modèle plus soutenable basé sur l’humain et non pas sur les ressources et les technologies?

    Pour répondre à ces questions, je résume ici l’interview de Philippe Bihouix dans le ThinkerView, groupe indépendant qui réalise des interviews percutantes sur internet sur des sujets insuffisamment médiatisés à fort enjeu pour notre futur (rupture énergétique avec Jean-Marc Jancovici, effondrement avec Vincent Mignerot et maintenant croissance verte avec Philippe Bihouix).

    Philippe Bihouix est ingénieur centralien. Il est l’auteur du livre « L’âge des low-tech, vers une civilisation techniquement soutenable » (2014) dans lequel il revient notamment sur l’impossibilité de mettre en place une transition énergétique basée sur les high-technologies et évoque des pistes pour mettre en place une décroissance confortable.

    Philippe Bihouix aborde beaucoup de sujets allant des limites des nouvelles technologies aux low-tech en passant par le mythe de la croissance verte. Vous retrouvez l’interview complète ici.

    Les limites quantitatives et qualitatives des métaux qui composent les nouvelles technologies

    Toutes les nouvelles technologies modernes (vélos et voitures électriques, nouvelles énergies, smartphone et objets connectés, équipements domotique, téléviseurs…) sont composés d’une grande diversité de métaux, notamment pour tout ce qui est électronique. La quantité disponible de ces métaux diminue. Cela résulte simplement du fait que ces métaux ne sont pas illimités sur Terre. Mais plus concrètement, le fait est que les entreprises d’extraction extraient en priorité les mines riches en métaux, les plus facilement exploitables, les plus rentables financièrement. Quand ces mines sont épuisées, il faut en exploiter des nouvelles qui seront donc logiquement moins riches en métaux, moins facilement exploitables, et moins rentables. Il faut de plus en plus d’énergie pour aller chercher des métaux qui se raréfient. Problème : la croissance verte pour fonctionner a besoin de plus en plus de métaux (batteries, technologies diverses d’énergie renouvelable ou d’efficacité énergétique…).

    On pourrait penser que cela n’est pas grave puisqu’on pourrait recycler ces métaux présents dans ces nouvelles technologies. Malheureusement, ces derniers présentent des taux de recyclages extrêmement faibles, souvent inférieur à 1%. Cela est dû notamment à l’usage dispersif de ces métaux (impossibilité d’aller récupérer les métaux présents dans les cosmétiques, dans les peintures, dans les feux d’artifice, dans les tissus, les cuirs, etc. ou encore ceux perdus dans l’usage des pièces comme les caténaires). De plus, la complexité de nos produits fait que nous n’utilisons que rarement les métaux dans leur forme pure, au contraire nous réalisons des alliages qui contiennent plusieurs dizaines de métaux en petite quantité (et donc c’est très difficile d’aller les dissocier pour les récupérer, quand bien même l’objet en fin de vie est récupéré). Par exemple, un objet high-tech comme un smartphone contient quelques milligrammes de plusieurs dizaines de métaux différents.

    Les métaux existant sont donc disponibles en quantité décroissante, et ne se recycle pas de manière efficace. Les défenseurs des high-technologies s’activent donc pour rechercher de nouveaux gisements de métaux.

    La folie des nouvelles exploitations de métaux

    Nous entendons de plus en plus parler de nouvelles possibilités d’exploitation de métaux, notamment les nodules polymétalliques. Ceux-ci se récupèrent à l’aide d’un énorme aspirateur que l’on balade au fond de l’eau, à partir d’un bateau d’exploitation, et qui aspire tout sur son passage. Cela pose un problème environnemental puisqu’on n’a aucune idée de ce qu’il se passe à plusieurs milliers de mètres de profondeurs, et qu’on aspire des grandes quantités de fond marins pour ne récupérer que d’infimes quantités de métaux. Cela pose également un problème économique puisqu’on n’a aucune idée de la rentabilité de ces procédés, comparé à leur investissement. Enfin, d’un point de vue énergétique, il est hypothétique de penser que l’énergie que l’on produira grâce à ces métaux sera supérieure à celle investit pour aller les chercher.

    Nicolas Casaux, dans cet article, dénonce la folie de notre boulimie extractiviste, à travers cet exemple de l’exploitation des nodules polymétalliques qui représente un désastre pour la santé du plancher océanique et donc de notre planète : « Vous comprenez bien qu’entre, d’un côté, le climat des 100 000 prochaines années et l’oxygène des 2 millions d’années à venir, et, de l’autre, des smartphones, des ordinateurs et des télévisions, le choix n’est pas aisé. On ne peut raisonnablement pas renoncer aux smartphones, aux ordinateurs et aux télévisions. C’est pourquoi jusqu’ici, les smartphones, les ordinateurs et les télévisions l’ont emporté et l’emportent sur la santé de la biosphère ».

    On voit bien à travers cet exemple que nous nous entêtons à vouloir conserver notre mode de vie consumériste coûte que coûte, quand bien même celui-ci nous emmène vers  une accélération dangereuse de la destruction de l’environnement. C’est donc cela la logique de la croissance verte.

    La croissance verte : fantasme naïf, greenwashing ou réalité ?

    Pour Philippe Bihouix, dire que valoriser la mise en place des ENR (énergies renouvelables)  représente du greenwashing (le fait de se donner une image écologique et responsable quand on est une structure polluante et destructrice) est un peu exagéré car « parmi toutes les personnes qui fantasment sur un monde 100% ENR avec des voitures électriques, autonomes, il y a des gens qui sont juste naïfs avec une bonne intention, et d’autres qui sont un peu plus conscients, ou qui ne s’intéressent pas au point de vue systémique« . Il rappelle que l’énergie verte n’est que pur mensonge puisque aucune énergie n’est jamais verte, jamais propre, jamais zéro carbone. De même qu’une voiture n’est jamais propre non plus. Il y a toujours un impact.

    Parmi toutes les énergies renouvelables, certaines sont plus ou moins consommatrices de ressources, ou plus ou moins impactantes pour l’environnement (« difficile à juger entre une éolienne qui tue des chauve-souris ou un barrage qui créé du méthane » et qui tue des poissons d’ailleurs!). Ce qui est dramatique avec les ENR, c’est que ça alimente le fantasme que nous allons pouvoir conserver notre manière de vivre (insoutenable) avec un mix d’énergie renouvelable [c’est toujours intéressant de se rappeler la part anecdotique des ENR dans le mix énergétique mondial : voire graphique ci-dessous issu d’un article de Jean-Marc Jancovici]. Il y a différents scénarios qui proposent un monde 100% ENR et 100% durable, mais ils se heurtent forcément à la question des ressources, à leur partage à l’échelle mondiale, au fait que tous les 30 ans il faut renouveler le parc et tous les équipements associés car, comme nous l’avons vu précédemment, on ne peut pas tout recycler. La mise en place de ce monde 100% ENR, toutes les extractions, fabrications, transport de matières associés, le renouvellement du parc, le recyclage éventuel de ce qui peut l’être, demanderait énormément d’énergie.

    graphique Janco.jpgEvolution de la consommation d’énergie par personne, en moyenne mondiale, depuis 1860, bois inclus, la partie rose correspond à l’énergie produite par les éoliennes et le solaire photovoltaïque.

    Plus on enrichit technologiquement nos modes de vie (smartphone, appareils intelligents, objets connectés, etc. qui contiennent des nanogrammes de différents métaux), plus on accélère les usages dispersifs et plus on complexifie le recyclage (quand on ne les jette pas dans les déchetteries d’Afrique, du Pakistan ou de Chine). Attention donc aux high-tech qui nous emmènent droit dans le mur !

    Enfin, une autre limite du fantasme de la croissance verte, c’est l’effet rebond ! En effet, lorsque nous améliorons des technologies, les rendant énergétiquement plus efficaces, cela a pour conséquence d’augmenter la consommation d’énergie globale. C’est le cas de l’impact environnemental d’Internet par exemple : nous améliorons l’efficacité énergétique des Data-centers, hélas leur stockage est tellement plus grand qu’avant, que la consommation d’énergie d’Internet explose. L’auto-partage, qui permet de mettre 3 personnes dans une voiture plutôt qu’une, rend finalement le voyage économiquement intéressant pour les 3 personnes, donc finalement le voyage a lieu alors qu’il n’aurait peut-être pas été effectué sinon. Les exemples les plus connus étant les ampoules, dont l’efficacité ne cesse d’augmenter, tout comme leur consommation d’énergie globale, ou des voitures qui consomment de moins en moins mais dont les émissions globales ne cessent d’augmenter.

    L’impasse dans laquelle nous emmène la croissance verte ne nous laisse pas d’autres choix que de penser un modèle alternatif beaucoup plus soutenable et beaucoup moins impactant pour la planète.

    L’âge des low-tech, comment le mettre en place ?

    Les low-tech sont des technologies qui se veulent simples, conviviales et facilement appropriables par l’usager. C’est une démarche qui consiste à se demander à chaque fois que l’on produit un objet : « Est-ce que j’en ai vraiment besoin ? Qu’est-ce que je produis? Comment je le produis? » Cette démarche amène vers une sobriété qui peut être contrainte (limitation de vitesse) ou volontaire (AMAP, zéro déchet).

    L’échelle idéale pour les mettre en place serait l’échelle mondiale par le biais d’une organisation mondiale de l’environnement, mais les instances mondiales (COP21) où régionales (Europe) ne donnent aucun résultat. Il ne faut pas forcément abandonner ces échelles, mais être conscient que ça n’ira pas assez vite quoiqu’il arrive. De toute manière, ces instances internationales font les choses à l’envers pour le moment puisqu’elles se concentrent sur les énergies vertes qui ne résolvent rien (« j’émet à gauche pour faire semblant d’émettre un peu moins à droite »). L’échelle personnelle ou familiale (compostage, alimentation, consommation d’énergie et de ressources, moyens de déplacement…) est importante mais a des limites puisque c’est aujourd’hui très difficile de vivre de manière moins insoutenable dans un système qui ne le permet que très peu (la plupart des aliments possèdent de l’huile de palme, les restaurants sont rarement vegan, la plupart des objets type ordinateur ou smartphone sont des désastres écologiques…). [Et que de toute façon la part des citoyens dans les désastres en cours est très infime comparé à celle du système industriel, voir l’article « oubliez les douches courtes » de Derrick Jensen]

    Pour lutter contre cette inertie face aux menaces réelles qui nous entourent, il faudrait selon Philippe Bihouix, un mélange de poussée culturelle, d’expérimentations locales et d’un accompagnement réglementaire normatif d’exemplarité. Il faut donner envie aux gens de faire des efforts et ne pas les décourager en permettant à d’autres de les anéantir [si on se serre la ceinture, tout le monde le fait, le premier ministre ne prend pas un Jet privé à 250 000€, oups j’ai dit ça moi?].

    La mise en place d’un mode de vie plus soutenable commence par la compréhension des limites du système en place et notamment par la sortie du paradigme de la croissance économique.

    Croissance économique, chômage, productivité : l’incohérence de nos politiques

    Toutes les entreprises recherchent la productivité, et doivent donc baisser leur coût du travail. Ça c’est fait avec la mécanisation qui remplaçait les travailleurs, puis par l’automation, le numérique, et maintenant de plus en plus grâce à l’intelligence artificielle. On remplace en fait du travail humain par de la consommation d’énergie et des ressources (à travers la fabrication et l’utilisation de machines), et ça s’accélère. Philippe Bihouix signale qu’il y a deux moyens de détruire de l’emploi : délocaliser et augmenter la productivité. Dans notre modèle, pour créer de l’emploi, il faut de la croissance (qu’on appellera « verte » pour faire plaisir à tout le monde). Il rappelle qu’on ne reviendra jamais à un taux de croissance similaire à celui des 30 glorieuses, et que ça ne serait absolument pas souhaitable d’un point de vu environnementale car on ne sait pas « découpler la consommation d’énergie, de ressources, de gaz à effet de serre, et le PIB ». On peut donc penser qu’en restant dans ce paradigme de la croissance économique, on consommera de plus en plus des ressources restantes (et donc on détruira de plus en plus la planète) pour rechercher une croissance qui ne reviendra pas, en augmentant le chômage.

    Dans un paradigme de post-croissance (ou de décroissance), il faut accepter que des emplois disparaissent quand ils correspondent à des activités néfastes ou inutiles. Il faut à tout prix arrêter de produire et vendre dans le seul but de créer des emplois [et faire du profit]. Pour stopper cela, Philippe Bihouix rappelle que l’Etat ou l’Europe ont encore un pouvoir normatif et prescriptif (ils pourraient prendre la décision de « réduire le poids des voitures progressivement jusqu’aux vélos », ou encore favoriser fortement l’artisanat local dans tous les achats publics). L’Etat a également un pouvoir d’emprunt et de soutien à l’innovation, mais aujourd’hui il décide de favoriser une start-up qui propose une innovation technologique plutôt que quelqu’un qui veut ouvrir un atelier de réparation de vélo. L’Etat fait également, aujourd’hui, le choix de porter sur le travail humain le coût de la sécurité sociale, le coût du chômage, le coût des retraites, etc. Donc le travail humain est plus cher que les ressources. Et donc les entreprises, les administrations et les consommateurs vont vers des produits qui ont favorisé la consommation de ressources et pas vers ceux qui ont favorisé le travail humain (car les produits issus du travail humain sont plus cher). C’est également pour cela qu’il est aujourd’hui plus cher de réparer que d’acheter neuf.

    Il y a donc un changement d’idéologie politique à mettre en place, qui consiste à remplacer l’énergie et les ressources (qui sont rares aujourd’hui, et coûteuses environnementalement) par du travail humain (qui déborde, puisqu’il y a du chômage, du temps partiel subi, etc.). Cela consiste à revaloriser le travail local qui a disparu. Peut-être à remettre des barrières douanières pour éviter de recevoir des produits empoisonnés de l’autre bout du monde et favoriser les producteurs locaux eco-responsables. De plus, conserver ce modèle « ultra-mondialisé » est une aberration puisqu’il réduit à néant notre résilience et nous rend très vulnérable face à toute perturbation.

    Conclusion : Ne surtout pas continuer sur la voie que nous sommes en train de prendre, sous peine d’une chute brutale

    Philippe Bihouix revient sur beaucoup de sujet dans cet interview, certains n’ont pas pu être traité ici comme le coût écologique d’Internet, le bitcoin, le salaire universel, le nucléaire ou le lien entre la guerre et la croissance. Il nous invite à comprendre les limites de notre système (croissance économique destructrice, mensonge de la croissance verte, mondialisation…) et nous amène à réfléchir très sérieusement à un modèle post-croissance qui serait le meilleur moyen d’amortir l’effondrement probable de notre civilisation thermo-industrielle (causé par le pic pétrolier, les dérèglements climatiques, l’effondrement de la biodiversité, l’hyper-connexion de nos structures…) et également de réduire les destructions du monde naturel et les inégalités insoutenables. Il revient notamment longuement sur le fantasme de la croissance verte, ce qui doit nous réveiller et nous éveiller quant à l’impossibilité de sa mise en oeuvre et l’incohérence environnementale de ce mouvement « écologiste » qui accentuerait la destruction du vivant.

    Finalement, n’a t-on pas tous à gagner dans la mise en place d’un monde plus soutenable, où la pub et les lobbys disparaissent au profit d’un sens de la réflexion retrouvé, où les technologies ne prennent plus les décisions à notre place, où l’artisanat local reprend la main sur la grande distribution, où notre alimentation n’est plus synonyme d’empoisonnement, où l’on se déconnecte des technologies pour se reconnecter avec la nature et l’humain, où le but de la vie n’est plus de consommer mais de vivre? En tout cas c’est notre meilleur chance de survie!

    * Il est cruciale désormais de s’intéresser à la solution : la permaculture.

     

  • Enquête de pharmacovigilance pour le vaccin Pfizer

    Non, non, ça n'est pas un document complotiste. C'est issu d'une enquête menée dans les CRPV de Bordeaux, CRPV de Marseille, CRPV de Toulouse, CRPV de Strasbourg .

    C'est un PDF. Il faut donc copier le lien pour l'ouvrir. Je ne peux pas le coller ici. Il y a 76 pages. 

    Bonne lecture...

     

    https://ansm.sante.fr/uploads/2021/09/24/20210923-covid-19-vaccins-cominarty-pfizer-rapport-18.pdf

    Enquête de pharmacovigilance du vaccin Pfizer

    Rapport n°18 : période du 2 juillet 2021 au 26 aout 2021

    "Ce rapport est le 18ème réalisé dans le cadre de l’enquête de pharmacovigilance du vaccin Pfizer‐BioNTech Comirnaty. Il concerne l’ensemble des cas d’effets/événements indésirables potentiels déclarés au Réseau Français des Centres de Pharmacovigilance pour la période du 27/12/2020 au 26/08/2021 inclus.

    Description générale des cas graves et non graves Au total, sur les 46 817 cas rapportés, 33 844 (72,3 %) correspondaient à des cas non graves et 12 973 (27,7 %) à des cas graves au regard des définitions réglementaires internationales de pharmacovigilance. Depuis le précédent rapport, 15 430 nouveaux cas ont été transmis, dont 4 283 graves (27,8 %)."  

    https://ansm.sante.fr/uploads/2021/09/24/20210923-covid-19-vaccins-cominarty-pfizer-rapport-18.pdf

  • Conflits d'intérêts ou pas ?

     

    Personnellement, je trouve totalement incroyable ce mélange des genres...

    Je rappelle pour ceux à qui ça aurait échappé que la présidente de la Commission européenne verrait d'un très bon oeil une "discussion" sur le fait de rendre la vaccination obligatoire.

    Il est donc intéressant d'aller chercher des informations sur la société de biotechnologie présidée par son mari. Et là, c'est sidérant. C'est clair qu'une vaccination rendue obligatoire serait pour le développement de cette société "un sacré coup de chance". Quand on sait ce que coûte le développement de médicaments, il faut imaginer comme il serait aisé de trouver des financements. Et le financement, c'est le nerf de "leur guerre".

    Alors, conflits d'intérêts ou pas ?

     

    Heiko Echter von der Leyen (né le 2 juin 1955) est un médecin allemand et membre de famille von der Leyen.

    Il est l'époux de la présidente de la Commission européenneUrsula von der Leyen.

    Depuis décembre 2020, il est directeur médical de la société de biotechnologie américaine Orgenesis spécialisée dans les thérapies cellulaires et géniques

     

    ORGENESIS

    WIKIPEDIA

    Vaccin

    "Le 13 mai 2020, la société annonce le lancement de sa nouvelle plate-forme vaccinale (vaccins cellulaires) ciblant le virus SARS-CoV-2 ainsi que d'autres maladies virales.

    Le principal programme de développement clinique de Koligo concernait le KT-PC-301, une thérapie cellulaire autologue à l'étude pour le traitement du syndrome respiratoire aigu (SDRA) lié au COVID-19. KT-PC-301 est composé de cellules de fractions stromales et vasculaires ("SVF" pour stromal and vascular fraction) autologues obtenues du tissu adipeux (graisse) de chaque patient."

     

    "Orgenesis annonce une plateforme de vaccins cellulaires ciblant le COVID-19 et d’autres maladies virales existantes et émergentes.

    Lancement d’un nouveau programme ciblant le virus et les cellules infectées par le virus, en utilisant des vaccins à base de cellules entières.

    Orgenesis est une société de biotechnologie mondiale pionnière engagée à accélérer la commercialisation et à transformer la fourniture de thérapies cellulaires et géniques (CGT) tout en réduisant les coûts, annonce aujourd’hui le lancement de sa nouvelle plateforme de vaccins cellulaires ciblant le syndrome respiratoire aigu coronavirus 2 (SARS-CoV-2), le virus qui cause le COVID-19, ainsi que d’autres maladies virales telles que le Zika, le virus du Nil occidental, la fièvre jaune, la dengue, le MERS, le VHC et l’infection à cytomégalovirus (CMV).

    La Société a travaillé de manière agressive ces derniers mois pour réutiliser sa plate-forme de vaccins cellulaires ciblant les tumeurs solides pour une utilisation contre les maladies virales. La plateforme de vaccins cellulaires utilise des cellules permissives irradiées (humaines ou non humaines, infectées par un virus à titre élevé ou transfectées avec des antigènes viraux), qui activent ensuite les cellules dendritiques endogènes. À leur tour, ces cellules activent les cellules CD4+T et les cellules cytotoxiques CD8+T. Les cellules CD4+ activent la réponse immunitaire humorale via les cellules B, qui génèrent des anticorps neutralisants, tandis que les cellules CD8+ montent une réponse immunitaire cytotoxique contre les cellules infectées par le virus.

    Cette plateforme de vaccins cellulaires représente l’aboutissement d’une vaste recherche et développement déjà entrepris qui tire parti de l’expertise de la Société en matière de développement et de fabrication dans le secteur de la thérapie cellulaire et génique. Orgenesis pense que cette nouvelle plate-forme de vaccins offre une approche unique de la vaccination cellulaire qui est prometteuse pour un vaccin abordable et reproductible à la fois contre le COVID-19 et d’autres maladies virales. La Société va de l’avant avec les tests sur les animaux prévus pour sa plate-forme de vaccins cellulaires dans COVID-19 et a hâte de fournir un calendrier plus détaillé des activités, y compris des plans pour les tests humains initiaux, en supposant l’autorisation de la FDA et/ou d’autres pays non américains. organismes de réglementation de le faire. Orgenesis n’a pas encore soumis de tels plans ou données à la FDA ou à tout autre organisme de réglementation.

    "ORGENESIS prépare déjà autre chose qui viendra sans doute après les vaccins : la Ranpirnase.

    L’article est tout récent et a été publié le 6 juillet 2021 (Extrait de l’article – Traduction Google)
    SARS-CoV-2 – Collaboration avec Leidos
    Orgenesis et Leidos, Inc., dans le cadre de la collaboration précédemment annoncée, préparent des documents supplémentaires menant à une soumission IND pour un essai clinique de Ranpirnase pour le traitement systémique des patients infectés par le coronavirus 2 (SARS-CoV-2), le virus qui cause le COVID-19. Les sociétés évalueront soigneusement le besoin clinique de ce programme avant de commencer cet essai clinique, étant donné la nature dynamique de la pandémie de COVID-19. Orgenesis et Leidos prévoient également de tester Ranpirnase contre d’autres infections cibles potentielles qui figurent en bonne place sur la liste des maladies infectieuses/agents pathogènes émergents de l’Institut national américain des allergies et des maladies infectieuses (NIAID), notamment Ebola et le virus de l’encéphalite équine de l’Est."

  • "Ce sont des criminels"

    Oui, on peut le dire. Et avec préméditation de surcroit. Car qui oserait dire que la situation actuelle n'était pas prévisible ? La seule différence avec un criminel de droit commun, et elle est de taille, c'est que sur le plan judiciaire, les gouvernants ne risquent rien. Aux prochaines élections, ceux en place passeront le témoin et sortiront des radars. Ils ne quitteront pas la scène politique pour autant mais ils pourront toujours arguer qu'ils n'y sont pour rien. Ça fait des décennies que ça dure. Qui a déjà été condamné pour ces crimes ? Personne puisque la "Justice" ne les reconnaît pas. C'est très bien ficelé et ça fonctionnera encore longtemps. 

     

    "Ce sont des criminels" : dans le cortège des manifestants pour l'hôpital public, les soignants mettent en cause les gouvernants

     

    Les soignants étaient appelés à manifester samedi pour alerter sur les difficultés de l'hôpital public. Dans le cortège parisien, les professionnels racontent un quotidien fait de manque de moyens, aux conséquences désastreuses.

    Article rédigé par

    franceinfo - Anne-Laure Dagnet

    Radio France

    Publié le 04/12/2021 18:30Mis à jour il y a 16 minutes

     Temps de lecture : 3 min.

    Des soignants lors de la manifestation pour l'hôpital public, le samedi 4 décembre 2021 à Paris. (ANNE-LAURE DAGNET / RADIO FRANCE)

    Des soignants lors de la manifestation pour l'hôpital public, le samedi 4 décembre 2021 à Paris. (ANNE-LAURE DAGNET / RADIO FRANCE)

    "Olivier Variant !", scandent les manifestants dans le cortège. Samedi 4 décembre, à l'appel de dizaines de collectifs, syndicats et organisations, des membres du personnel de l'hôpital public ont manifesté dans toute la France, notamment à Paris, pour "défendre le système de santé". Tous ont dénoncé le manque de personnel, les problèmes de rémunération et des conditions de travail dégradées. Ils ont lancé un cri d'alerte car ces problèmes ont été accentués par la crise du Covid-19, poussant l'hôpital public à un point de rupture.

    Des conséquences dramatiques pour les patients

    Bien qu'ils viennent de toute la France, le constat est le même pour les personnels : l'hôpital public est à l'os. Ils décrivent une situation qui devient dramatique. "Aujourd'hui, en France, il y a des morts parce qu'il n'y a plus de Smur", les structures mobiles d'urgence et de réanimation, s'écrie Christelle, infirmière-anesthésiste à l'hôpital du Bailleul (Sarthe).

    "Je suis dans un endroit où il n'y a plus de Smur la nuit, depuis deux ans. C'est à pleurer !"

    Christelle, infirmière-anesthésiste à l'hôpital du Bailleul (Sarthe) 

    à franceinfo

    Julie, médecin en soins intensif à Voiron (Isère), liste, elle aussi, de nombreux exemples des dysfonctionnements de l'hôpital public. "Un greffon rénal a été jeté à Grenoble par manque d'accès au bloc opératoire, des gens ne sont pas opérés dans les temps... C'est notre quotidien", déplore-t-elle. Elle estime que la situation est catastrophique : "Il y a déjà beaucoup de retards et de pertes de chances."

    Manque de personnel et restrictions budgétaires

    Mathieu, médecin à l'hôpital Antoine-Béclère de Clamart (Hauts-de-Seine), est confronté tous les jours au manque de moyens. Il estime que 20% des lits sont fermés au sein de son établissement. "Il y a 25 patients dans le couloir, tous les jours, aux urgences." Il impute principalement ces difficultés aux problèmes de recrutement. "Il nous manque du personnel soignant et nous sommes dans une politique de restrictions budgétaires majeures. Cela fait qu'on cherche des personnes en intérim la veille pour le lendemain, après avoir harcelé le personnel qui est épuisé", déplore ce professionnel. 

    A l'hôpital de Mayenne, Florence, infirmière, subit les mêmes conséquences. "On travaille dans une usine. On ne peut pratiquement plus prendre nos pauses et on revient sur nos jours de repos pour remplacer les collègues parce qu'on est à flux tendu", décrit cette professionnelle de santé. Elle estime qu'il manque 22 infirmières dans son hôpital : "On voit que le métier n'attire plus parce qu'on n'a pas de moyens. On a été là pendant la crise du Covid-19, on est encore là aujourd'hui mais on est usés. On n'en peut plus."

    Donner "des perspectives" à l'hôpital

    Pour beaucoup de manifestants, la crise du Covid-19 a accéléré les départs des soignants, faisant exploser une organisation qui craquait déjà. "Le système, qui est tenu à bout de bras par ceux qui sont encore là, est en train de s'écrouler", alerte Julie. Les soignants quittent l'hôpital par vague : "Le système s'écroule parce qu'il tenait jusqu'ici sur des vocations quasi christiques et sacrificielles", analyse Emmanuelle Seris, médecin à Sarreguemines (Moselle) et porte-parole de l'Association des médecins urgentistes de France (Amuf).

    Au-delà de leurs dirigeants directs, ces soignants en veulent aux gouvernements successifs qui n'ont rien fait d'après eux pour remettre sur pied l'hôpital public.  Christelle appelle notamment les directions d'hôpitaux et des agences régionales de santé à s'expliquer. "Qu'elles prennent leurs responsabilités de dire, devant nous, pourquoi les lits sont fermés, pourquoi les urgences ferment, pourquoi les Smur ferment. Ce sont des criminels !"

    Seule solution, pour Emmanuelle Seris : prendre le problème à bras le corps. "Si maintenant on nous dit qu'on va augmenter les lits, les effectifs et les étudiants en médecine, on aura effectivement des perspectives. Tant que ce n'est pas le cas, les gens quittent le système de santé pour se réorienter parce que ce n'est plus possible de soigner correctement."

    Les soignants ont manifesté à Paris, samedi 4 décembre. Un reportage d'Anne-Laure Dagnet

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    Hôpital public : "Nous sommes des chefs de service qui essayons de gérer la misère", alerte la cheffe du service pédiatrie de l'hôpital Necker à Paris

     

    "Le Covid n'y est pour rien."

     

    De nombreux syndicats et collectifs de professionnels hospitaliers et libéraux appellent à se mobiliser samedi pour dénoncer leurs conditions de travail et l'état inquiétant des hôpitaux publics.

    Article rédigé par

    franceinfo

    Radio France

    Publié le 04/12/2021 09:55

     Temps de lecture : 3 min.

    Isabelle Desguerre, cheffe du service neuropédiatrie à l'hôpital Necker de Paris. (AURELIE LADET / MAXPPP)

    Isabelle Desguerre, cheffe du service neuropédiatrie à l'hôpital Necker de Paris. (AURELIE LADET / MAXPPP)

    "On risque d'avoir une vague de désertion des soignants qui va encore s'aggraver", alerte sur franceinfo samedi 4 décembre Isabelle Desguerre, la cheffe du service pédiatrie de l'hôpital Necker à Paris, et membre du collectif Inter-Hôpitaux qui appelle à manifester à Paris. "Nous sommes dans l'impasse, nous sommes des chefs de service qui essayons de gérer la misère", a déploré la médecin, qui explique que la pandémie de Covid-19 a été le "révélateur" du manque de moyens dans les hôpitaux publics.

    franceinfo : Vous aviez participé à un mouvement de "démission collective" des chefs de service il y a deux ans. Que s'est-il passé ?

    Isabelle Desguerre : Il ne s'est clairement rien passé, si ce n'est que ça s'est aggravé en termes de tension, nous avions alerté sur la situation critique pour soigner dans de bonnes conditions les patients. Avec le risque que les soignants désertent l'hôpital : nous le percevions clairement à ce moment-là. Les propositions faites au Ségur n'ont rien réglé du tout, c'est-à-dire que les propositions ont été des propositions salariales et vraiment à minima. Et elles n'ont absolument pas abordé les sujets importants qui sont la réorganisation de l'hôpital public, la tarification à l'acte qui est un vrai problème. Donc, à l'heure actuelle, nous sommes dans l'impasse. Nous sommes des chefs de service qui essayons de gérer la misère.

    Dans votre hôpital, Isabelle Deguerre, quelle est la situation ?

    C'est très simple. Depuis plus de 6 mois, j'ai 5 lits sur 25 de fermés, ce qui fait 20% faute de soignants, alors qu'on est en pleine épidémie infectieuse de bronchiolite et qu'on a des malades partout, dans tous les couloirs. Les urgences de pédiatrie débordent dans tous les hôpitaux et sur l'hôpital Necker, il y a 12% de lits qui sont fermés, faute de soignants. Donc, on a une situation qui est extrêmement compliquée, qui est épuisante pour les soignants parce qu'on est sur le fil en permanence. Tout le monde a peur de ne pas bien faire. Cela épuise à moyen terme, toutes les équipes. On risque d'avoir une vague de désertion des soignants qui va encore s'aggraver. Et là, pour l'instant, elle a touché surtout des infirmières et des paramédicaux, aides-soignants, kinés et autres. Je pense qu'elle va toucher les médecins aussi, en particulier les jeunes qui vont se tourner en dehors de l'hôpital et qui sont très découragés. Les soignants se posent des questions éthiques sur leur métier de tous les jours. L'argent ne règle pas tout, loin de là, parce qu'il est question d'organisation du soin et de possibilité de soigner dans des conditions correctes, conditions qui ne sont pas respectées à l'heure actuelle. J'ai beaucoup de jeunes qui décident de changer de métier.

    Quelle place a le Covid-19 dans cette crise que vous décrivez ?

    Le Covid a été juste le révélateur d'un dysfonctionnement. Le Covid a même donné l'illusion aux soignants qu'on avait peut-être un moyen de travailler à l'hôpital différent, même si les conditions étaient très difficiles et effroyables. Les gens se sont beaucoup mobilisés, les infirmières ont été dans différents services, les médecins aussi. Tout le monde y a mis du sien, mais ce qui a changé, c'est toute la pesanteur administrative qui a totalement disparu durant cette période-là et surtout la pesanteur financière. Celle qui fait qu'on ne nous parle pas de soigner les gens, on nous parle de ce qu'ils vont rapporter. Le Covid n'y est pour rien."

  • Hôpital en scène

    Il ne faut pas croire que c'est la direction de l'hôpital qui a décidé de cette mise en scène. Il est évident, dans un organisme public, que l'idée vient de bien plus haut. C'est quoi l'idée ? Améliorer le service ou dégoûter le personnel ? Pour ce qui est de la deuxième option, c'est assurément réussi. Le taux de démission dans l'hôpital public, tout comme dans l'éducation nationale, n'a jamais été aussi élevé. Et je ne parle pas des dépressions et des burn-out. 

     

     

    Brive - Des comédiens ont testé le personnel en jouant les faux patients à l'hôpital, "minable" pour la CFDT

     

    Vendredi 3 décembre 2021 à 18:11 - 

    Par France Bleu LimousinFrance Bleu

    Brive-la-Gaillarde

    Grosse colère de la CFDT à l'hôpital de Brive. Le syndicat a appris que la direction avait fait appel à des comédiens pour tester anonymement le personnel. Ils se sont faits passer pour des patients. La direction confirme et assume la méthode : tester l'accueil pour s'améliorer.

    Accueil de l'hôpital de Brive-la-Gaillarde en avril 2016 (photo d'illustration)

    Accueil de l'hôpital de Brive-la-Gaillarde en avril 2016 (photo d'illustration) © Radio France - Nicolas Blanzat

    Une "expérience" récemment menée au centre hospitalier de Brive a beaucoup de mal à passer auprès des syndicats et notamment de la CFDT. La direction a fait appel à deux comédiens pour tester le personnel. Ils se sont faits passer pour des patients dans 6 services de l'établissement. Seuls les médecins chefs de pole et les cadres de service étaient au courant. Une façon de faire que dénonce le syndicat, alerté par le personnel suite à un incident au service psychiatrique. L'un des comédiens a visiblement été beaucoup trop loin.

    C'est regrettable, lamentable, minable d'agir ainsi.

    C'est d'ailleurs lui qui a mis fin au sketch et s'est expliqué, alors qu'il devait jouer le patient égaré mais a surtout semé la zizanie. "Le patient ne jouait pas une personne égarée mais manifestait des troubles psychologiques sérieux pour ne pas dire sévères. Un infirmier a du venir au secours de la secrétaire. Puis un médecin a du abréger sa consultation pour venir en aide à l'infirmier. C'est une perte de temps. C'est regrettable, lamentable, minable d'agir ainsi" fulmine Jean Pierre Salès, secrétaire de la section hôpital de Brive à la CFDT. 

    Une méthode et un timing douteux pour la CFDT

    Un syndicaliste pour qui la méthode n'a pas lieu d'être : "Faire ce genre d'enquête, caché, avec des comédiens, c'est très mal venu. C'est écœurant comme pratique. Que l'on fasse des enquêtes utiles à tous, pourquoi pas ! Mais d'une manière ouverte et officielle. On prévient." Quand au timing, il n'arrange rien à l'affaire aux yeux de Jean-Pierre Salès : "Il y a le Covid qui s'ajoute à ça actuellement. L'hôpital de Brive a déclenché le plan Blanc. Quand une période est compliquée et c'est le cas pour le personnel, on fait tout pour l'améliorer et on évite de rajouter de la tension".

    Un comédien a été trop loin.

    La direction de l'hôpital confirme et assume l'expérience. L'idée étant de "s'améliorer" en testant le personnel de façon "moins technocratique", avec dans le viseur l'obtention en juin prochain de la certification Experts visiteurs. S'il reconnait "qu'un comédien a été trop loin", le directeur adjoint Michel Da Cunha parle de "réaction disproportionnée". Selon lui, "90%" des interactions entre le personnel et les comédiens se sont bien passées. Il en déduit que le personnel a été favorablement réceptif à une démarche qui "ne visait pas à le mettre en difficulté".

    De nouveaux comédiens début 2022 ?

    Pour Jean Pierre Salès de la CFDT, c'est tout le contraire :"Quelqu'un qui pleure devant vous, ça interpelle. Ce n'est pas normal. Les retours négatifs ne sont pas minimes. Ils sont massifs. La majorité des soignants est écœuré. C'est un manque de confiance. La rupture est là. Il faut faire attention", prévient le représentant syndical qui compte bien s'opposer à une expérience du même genre prévue début 2022. La question sera sur la table jeudi lors du prochain Comité Technique d'Etablissement.