Blog
-
Omicron, variant faiblissant
- Par Thierry LEDRU
- Le 12/01/2022
Je précise pour suivre les articles de France info quotidiennement que la ligne éditoriale est sans constestation possible pro vaccin. Ligne éditoriale gouvernementale. La dernière phrase de l'article est clairement révélatrice :)
Il n'en reste pas moins qu'il faut tout lire parce que sinon, on tombe dans la religion.
Variants du Covid-19 : quels sont les principaux symptômes liés à Omicron ?
Plus contagieux que le variant Delta, le variant Omicron semble provoquer des symptômes moins forts, qui s'apparentent à ceux de la grippe.
Article rédigé par

France Télévisions
Publié le 12/01/2022 18:53
Temps de lecture : 5 min.

Le variant Omicron est devenu majoritaire en France. Parmi ses principaux symptômes, celui d'une fatigue anormale, l'asthénie. (JUSTIN PAGET / DIGITAL VISION / GETTYIMAGES)
Fatigue, fièvre et toux. Ce sont les trois symptômes les plus fréquents chez les personnes contaminées par le variant Omicron, qui est devenu majoritaire en France. Depuis deux semaines, ce variant contribue à l'envol du nombre de contaminations avec environ 300 000 nouveaux cas chaque jour, selon les chiffres des autorités sanitaires. Beaucoup plus contagieux que son homologue Delta, il a été repéré dans "74% des tests criblés", rapporte Santé publique France (SFP) dans son dernier bulletin épidémiologique du 6 janvier.
Si la majorité des cas positifs au variant Omicron sont symptomatiques, ils le sont de façon bénigne, relève l'organisme, qui a étudié 338 cas et tend à reconnaître une "moindre sévérité" de l’infection par Omicron. Cependant, la communauté médicale se garde bien de tirer des conclusions hâtives sur les symptômes causés par Omicron, en l'absence de publications scientifiques sur le sujet. Franceinfo fait le point sur les éléments connus à ce jour.
Fatigue, toux et fièvre pour la plupart des malades
Un trio de symptômes arrive en tête avec en premier l'asthénie, soit une fatigue anormale, pour 43% des 338 personnes sondées par Santé publique France, le 4 janvier. Ce symptôme est suivi de près par la toux (40%) et la fièvre (35%). Des signes qui s'apparentent de plus en plus à ceux de la grippe et seraient moins sévères que ceux provoqués par le variant Delta : ainsi, Omicron toucherait davantage les voies respiratoires supérieures, comme les bronches, et moins les poumons. Mais Santé publique France précise que la majorité des malades sondés par l'organisme ont en moyenne 32 ans et une faible proportion d'entre eux présentait des facteurs de risque.
Cette palette est également décrite par certains patients anglais dans le cadre de l'étude Zoe Covid qui s'emploie, via des données recueillies dans l'application homonyme, à définir les symptômes des malades. Des travaux menés sous l'égide de Tim Spector, professeur d'épidémiologie génétique au King's College de Londres. "Pour la plupart des gens, un cas Omicron positif ressemblera beaucoup plus à un rhume, à commencer par un mal de gorge, un écoulement nasal et un mal de tête", a-t-il détaillé sur le site Zoe Covid (article en anglais).
Pour la plupart des patients, l'ensemble de ces symptômes (toux, fatigue, maux de gorge et de tête, et écoulement nasal) semble durer entre deux et quatre jours, selon une étude menée en Norvège sur 111 patients, et publiée sur le site de la revue médicale eurosurveillance.org, qui édite notamment des articles sur l'épidémiologie (article en anglais). Le délai d'incubation du virus est aussi plus court, passant d'une semaine avec les précédents variants à trois jours en moyenne, comme le précise cet avis du Conseil scientifique du 26 décembre.
Des sueurs nocturnes, mais moins de perte de goût ou d'odorat
Contrairement à ses prédécesseurs, le variant Omicron occasionnerait moins souvent une perte de goût et d'odorat, un des symptômes typiques du Covid-19 jusque-là. Seulement 6% des patients sondés par Santé publique France ont ainsi remarqué une anosmie ou une agueusie, voire les deux simultanément.
En revanche, des équipes médicales ont relevé d'autres symptômes, plutôt rares jusqu'à présent, parmi lesquels des sueurs nocturnes. Lors d’une conférence de presse organisée par le ministère de la Santé d’Afrique du Sud, fin décembre, le médecin Unben Pillay a ainsi expliqué que le variant Omicron pouvait occasionner des suées et réveiller le patient en pleine nuit. Ce symptôme permettrait de le distinguer des autres variants.
Au Royaume-Uni, un symptôme cutané a aussi été remarqué chez certains enfants alors qu'il n'apparaît chez aucun adulte. C'est en tout cas la conclusion des observations d'un médecin généraliste interrogé sur la chaîne Skynews (en anglais) : chez environ 15% des enfants contaminés au variant Omicron, il a été constaté une apparition soudaine de petits boutons et de plaques rouges sur la peau. Néanmoins, à ce jour, aucune étude scientifique publiée ne corrobore ce symptôme cutané pédiatrique.
Une infection comportant moins de risque d'hospitalisation
D'après les premières observations menées en Afrique du Sud, et selon une étude de l’université de Hong Kong (article en anglais) qui n'est pas encore évaluée par des pairs, la souche Omicron infecterait davantage, et plus rapidement, les bronches, laissant de côté les poumons. Une autre étude, réalisée sur des souris à Liverpool (Royaume-Uni), va dans le même sens et suggère qu’Omicron infecterait moins les poumons que les précédents variants, générant donc moins de formes graves du Covid-19, rapporte Libération.
L'agence sanitaire britannique (UKHSA) a d'ailleurs conclu, avec prudence, que le risque de développer une forme grave avec Omicron était trois fois moins important qu'avec le variant Delta. Quant aux hospitalisations, elles sont moins longues, avec une baisse de 40 à 45% du risque de séjourner à l'hôpital une nuit ou plus. Les patients ont généralement besoin de moins d'oxygène.
En France, le taux d’hospitalisation après un passage aux urgences pour suspicion de Covid-19 est passé de 50% à 36% les deux dernières semaines de décembre, au moment où Omicron est devenu majoritaire. Santé publique France rappelle toutefois que ces données sont à interpréter avec précaution. En effet, les cas d’infections au variant Omicron sont encore majoritairement observés chez une population jeune, donc moins à risque.
Des symptômes plus bénins pour les vaccinés
Un autre fait important entre en ligne de compte dans l'appréciation de la graduation des symptômes causés par Omicron : ce dernier rencontre de plus en plus de personnes vaccinées. Et plus les patients sont avancés dans leur schéma vaccinal, moins les symptômes semblent forts.
Ainsi, pour les personnes ayant reçu leur dose de rappel, une infection à Omicron peut s'apparenter à un rhume. Chez eux, "Omicron a tendance à produire des infections plus bénignes", a déclaré le Dr William Schaffner, expert en maladies infectieuses au Vanderbilt University Medical Center de Nashville (Etats-Unis) sur NBC News (article en anglais). Reste qu'à l'heure actuelle, les études sur le sujet manquent. "Ce que nous n'avons pas encore vu, c'est un ensemble substantiel d'informations sur ce que l'Omicron fera chez les personnes non vaccinées", précise-t-il.
En attendant d'en savoir plus, l'épidémiologiste Antoine Flahault, également directeur de l’Institut de santé globale à la faculté de médecine de l'université de Genève, assure que la vaccination reste importante "pour éviter les formes graves" liées à Omicron.
-
"Omicron est une chance"
- Par Thierry LEDRU
- Le 12/01/2022
Plusieurs scientifiques développent l'idée que ce variant pourrait représenter une opportunité au regard de sa très grande contagion associée à une dangerosité bien moins importante que celle du variant delta.
Israël, qui a toujours été cité comme exemplaire dans la gestion de la crise sanitaire, a suspendu la campagne de vaccination de la quatrième dose, optant pour le choix d'une possible immunité collective.
Publié le 30/12/2021 à 10:18
Alors que le pays avait annoncé le lancement d'une campagne de 4e dose de vaccin contre le Covid, destiné aux plus fragiles, pour faire face au variant Omicron, le gouvernement choisit finalement de suspendre cette décision.
La quatrième dose attendra. C'est du moins ce qu'a décidé pour l'heure Israël, qui fait machine arrière après avoir annoncé l'ouverture d'un nouveau rappel vaccinal destiné aux personnes de plus de 60 ans, rapporte ce jeudi 30 décembre les Echos.
En effet, les responsables préféreraient prendre plutôt un peu de temps en raison des critiques de plusieurs scientifiques sur le choix de proposer déjà une quatrième dose. Si le gouvernement israélien avait d'abord fait ce choix, c'est parce qu'il a été prouvé que l'efficacité de la troisième dose diminuait avec le temps, au même titre que la troisième dose se justifiait par la diminution de l'efficacité de la seconde.
Attendre des éléments de réponses
Mais après l'annonce du lancement de la campagne de rappel avec une 4e dose, le directeur général du ministère de la Santé, qui dit valider le lancement du processus, a préféré attendre "d'avoir plus d'éléments de réponse sur la gravité des infections à Omicron et sur la quatrième dose", indiquent Les Echos.
Sous quinze jours sont attendus les premiers résultats lancés pour déterminer la nécessité d'une quatrième vaccination pour l'ensemble de la population. D'autres études tendent à montrer également qu'une vaccination suivie d'une contamination au Covid permet d'augmenter significativement le taux d'anticorps d'une personne et donc aiderait à se protéger contre les différents variants de la maladie.
Dans ce contexte, Omicron pourrait donner un coup de pouce à la population en permettant notamment d'augmenter "considérablement le niveau d'immunité de l'ensemble de la population".
Covid-19 : pourquoi le variant Omicron pourrait être une "bonne nouvelle" pour l'épidémie ?
Modifié le 5 janvier 2022 à 11:31
Par Elodie Descamps le 28 décembre 2021 à 16:44
Si le variant Omicron inquiète partout où il se développe, cette énième mutation du virus pourrait se révéler... bénéfique pour l'épidémie.
Pause
Unmute
Current Time 0:26
Loaded: 83.31%
Duration 1:41
Fullscreen
Contagieux, s'il n'y avait qu'un seul mot pour définir le variant Omicron du Covid-19, ce serait bien celui-là. Et pourtant, aussi transmissible soit-il, il pourrait être une "bonne nouvelle" selon certains scientifiques.
Omicron : plus contagieux, moins dangereux
Plus d'un mois après avoir été à l'origine de l'explosion des cas de contamination en Afrique du Sud, le variant Omicron poursuit sa progression en France, comme dans de nombreux pays. Toutefois, s'il est réputé, (à juste titre), comme étant "extrêmement contagieux", ses symptômes, (maux de tête, nez qui coule, sueurs froides), sont d'une moindre gravité en comparaison au variant Delta.
En effet selon une étude anglaise, un malade infecté par Omicron a près de 2 fois moins de risques de développer des formes graves, et ainsi de terminer à l'hôpital. Les autorités sanitaires britanniques affirment même que le risque d'hospitalisation baisserait de 50 à 70% après avoir contracté ce variant.
Vers une possible fin de l'épidémie ?
C'est ce constat observé dans différentes régions du monde, Afrique du Sud et Danemark en tête, qui fait dire au virologue Yves Van Laethem interrogé par le quotidien belge La DH : "Ce variant pourrait être une bonne nouvelle".
Des suppositions partagées par la présidente de l'Association des médecins sud-africains qui avait déjà déclaré quelque temps plus tôt à son sujet : "Si on peut renverser le Deltade la sorte, ce serait un cadeau inespéré dans le sens où un variant moins virulent remplacerait l'autre et permettrait aux non-vaccinés de s'immuniser de manière bénigne". De fait, "unrhume de 37,7°C de fièvre est moins problématique", précise la chercheuse.
>> À lire aussi : Pourquoi l'immunité collective n'est toujours pas atteinte malgré la vaccination ?
Des exemples similaires dans l'histoire ?
Alors existe-t-il des cas similaires de fin d'épidémie dans l'histoire qui permettent aux chercheurs d'affirmer cette hypothèse. "Les virus ne disparaissent pas", avertit Patrick Zylberman, professeur émérite d’histoire de la santé à l’École des hautes études en santé publique au journal Ouest France.
Toutefois, cela ne signifie pas pour autant que les épidémies n'ont pas de fin. C'est même plutôt le contraire, insiste-t-il en s'appuyant sur l'exemple le plus célèbre de l'histoire pandémique mondiale. "Quand cette pandémie [de grippe espagnole] s’est progressivement éteinte, le virus responsable, que l’on a identifié plus tard comme étant un H1N1, est devenu saisonnier. Jusqu’à aujourd’hui, les virus grippaux qui circulent sont des recombinants de ce H1N1 ancestral", indiquait déjà le professeur Patrick Berche au Monde, en juin 2020.
Réagissant, aux nombreuses mutations du virus, et notamment à la dernière au travers du variant Omicron, de nombreux scientifiques n'excluent pas un dénouement similaire pour le Covid-19. Mais si cette hypothèse suscite de l'espoir, à l'heure où on a l'impression que l'on ne sortira jamais de cette épidémie, il est encore trop tôt pour la confirmer aujourd'hui. Il faudra, comme le rappellent nos confrères de France Info voir comment ce virus va évaluer à l'avenir et comment vont cohabiter les différentts variants à venir. Un concept qui est également partagé par des politiques isréaliens, qui ont récemment stopper la campagne de la quatrième dose de vaccin.
Il est clair, malgré cette idée réjouissante, que les choses ne sont pas aussi simples. Il faut différencier l'immunité stérilisante de l'immunité collective.
Pourquoi l'immunité collective ne fera pas disparaître Omicron
Faire tomber à rien la transmission du coronavirus est une gageure. On pourrait pourtant se diriger vers une forme de résistance à la maladie.

CHESNOT VIA GETTY IMAGES
Un centre de vaccination à Saint-Quentin-en-Yvelines, le 22 décembre 2021
CORONAVIRUS - “Une forme d’immunité collective”: sur France Inter lundi 3 janvier, le ministre de la Santé Olivier Véran ressuscitait un terme un peu tombé en désuétude ces derniers mois. À la lumière des chiffres quotidiens records de contaminations, poussés par l’arrivée en France du variant Omicron, la formule refait pourtant surface.
Du côté d’Israël, un pays en pointe dans la lutte contre le Covid-19 et qui fait face au même défi d’une nouvelle vague épidémique, le ministère de la Santé a utilisé les mêmes mots, expliquant que l’immunité collective pourrait arriver, mais que “le coût en sera un très grand nombre d’infections”. Un mal pour un bien, en somme. Mais la réalité est bien plus complexe, et dans le cas français au moins, bien différente: l’immunité collective dans sa définition stricte est une illusion qui n’en finit pas de se dissiper.
Objectif transmission zéro pour le Covid
Mais de quoi s’agit-il, au fait? Derrière ces mots se cache une courte formule mathématique, l’obsession des épidémiologistes: “P>1-1/R0″, la lettre P étant ici le taux de protection immunitaire nécessaire pour bloquer tout démarrage d’épidémie, R0 le taux de reproduction de base du virus. En bon français, cela signifie que l’agent pathogène ne trouve plus assez d’individus à infecter pour que ces derniers contaminent à leur tour une population plus importante, et ainsi de suite.
Prenons l’exemple du variant Delta, dont le R0 est d’environ 6. Une personne infectée en contamine en moyenne, et sans mesures barrières, 6 autres. Estimer le taux de protection immunitaire revient à calculer P = 1-1/6, soit P = 0,83 ou 83%.
Il aurait donc fallu donc que plus de 83% de la population soit totalement immunisée face au variant Delta pour bloquer un démarrage d’épidémie si ce variant venait d’apparaître.
Cela ne signifie pas seulement qu’on ne tombe pas malade du Covid, au sens où l’on n’en présente pas les symptômes. Cela veut dire aussi que l’on n’est pas porteur de cette maladie, y compris sous forme asymptomatique, preuve que le virus ne trouve aucun terrain pour se multiplier. En clair, le virus disparaît. Pour résumer, comme l’explique l’épidémiologiste Antoine Flahault au HuffPost, “l’immunité collective, c’est quand on est protégé par un taux de transmission tombé à zéro”. Bien loin de ce qu’il est aujourd’hui.
Une “forme d’immunité collective” quand même
Qu’a donc voulu dire Olivier Véran en évoquant une “forme d’immunité collective”? Il faut pour le comprendre se tourner vers l’un des membres du Conseil scientifique, le virologue Bruno Lina, qui différencie immunité collective et immunité stérilisante, c’est-à-dire qui empêche totalement d’être porteur du virus. “Avec le coronavirus, l’immunité collective ne peut pas être stérilisante, précise-t-il au HuffPost, parce qu’une personne déjà infectée peut le redevenir”.
Avec cette définition, Bruno Lina estime que l’on peut parler d’immunité collective à partir du moment où une large partie de la population est vaccinée, comme en France. Avec deux conséquences: au niveau individuel, une protection forte contre les formes graves de Covid-19, et au niveau collectif, une circulation du virus à la baisse, car les vaccinés sont moins contagieux que s’ils ne l’étaient pas.
D’ailleurs, si la circulation du virus est fortement ralentie, les conditions d’une immunité collective stérilisante peuvent tout de même être réunies, en ajoutant les personnes guéries du virus, donc également protégées et moins susceptibles d’être infectées. Mais gare à l’excès d’enthousiasme, car c’est là que les calculs désagréables commencent.
“Le problème, c’est la robustesse de l’immunité”
En France, le taux de vaccination pour l’ensemble de la population atteint 77%, et au moins 7% des Français ont été infectés puis guéris du Covid depuis le début de la pandémie. On pourrait donc penser qu’avec une proportion aussi importante de personnes vaccinées ou guéries, l’immunité tant recherchée est à portée de main.
“Le problème, c’est la robustesse de l’immunité”, tempère Samuel Alizon, directeur de recherche au CNRS. Étant donné que le variant Omicron est extrêmement contaminant (le fameux R), il faut une protection quasi totale de la population pour en empêcher la diffusion. “L’immunité collective pourrait nécessiter 90% de la population parfaitement immunisée!” s’exclame ainsi l’épidémiologiste.
Un chiffre tout simplement inaccessible, même si les efforts de protection étaient redoublés, car l’efficacité du vaccin chute dans le temps, tout particulièrement contre la transmission. De même chez les personnes ayant contracté une forme modérée de Covid, l’immunité dite humorale baisse au bout de deux mois environ. Or c’est elle qui empêche l’infection au niveau des muqueuses, donc la transmission du virus. Le vaccin seul, même avec un nouveau rappel, ne crée donc pas les conditions de l’immunité collective.
Et si la contagiosité du virus était elle-même la solution? Les chiffres étourdissants des contaminations de ces dernières semaines (plus de 270.000 nouveaux cas enregistrés le 4 janvier) pourraient donner l’impression que cette vague sera la “bonne”: suffisamment rapide pour infecter, donc protéger, une population suffisante pour empêcher cette transmission avant que l’immunité ne soit en baisse.
Mais les modélisations de Samuel Alizon démontrent qu’il n’en est rien. On ne sait guère combien de Français ont exactement été infectés ces dernières semaines, mais en s’appuyant sur les cas graves, il est clair que “trop peu” de Français sont tombés malades. “Si on avait atteint une immunité collective contre Omicron, on l’aurait encore plus senti passer dans les services hospitaliers”, résume-t-il.
Vivre avec le virus
Alors, la faute à Omicron? Pas sûr. Dès l’été dernier, des épidémiologistes tiraient le rideau sur la possibilité d’une immunité collective face à SARS-CoV-2. À l’époque, le variant Delta, plus contagieux que son prédécesseur, l’avait remplacé. “Est-ce que la vaccination seule permettra de faire régresser et contrôler l’épidémie? C’est non” résumait pour l’AFP le chercheur au CNRS Mircea Sofonea. Une manière, déjà, de sonner le glas de l’immunité collective. Mais aussi d’appeler à l’application d’un maximum de mesures ralentissant la transmission.
“C’est un peu pénible” de ne pas pouvoir se reposer sur la seule vaccination, reconnaît Antoine Flahault, mais l’immunité partielle qu’elle permet joue tout de même un rôle de frein puissant, comme d’ailleurs d’autres facteurs comme l’arrivée de l’été, ou encore le port du masque...FFP2 de préférence. Pour se rendre compte de l’impact de tous ces facteurs, reportons-nous au fameux R0, le taux de reproduction du virus. Celui d’Omicron est en débat, mais Samuel Alizon l’estime supérieur à 8. Sans mesure de protection ou d’impact saisonnier, chaque personne infectée en contaminerait en moyenne huit autres, contre 1,8 aujourd’hui.
Sous la double peine d’un virus très contagieux et d’un vaccin qui freine trop peu le taux de reproduction, le rêve de l’immunité collective stérilisante est donc à enterrer pour bon. Faudra-t-il alors “vivre avec le virus”, en se consolant grâce à la baisse du nombre de cas graves?
En finir malgré tout avec la pandémie
“On va immanquablement vivre avec le virus” prévient Bruno Lina, mais pour lui, c’est une bonne nouvelle. Cela signifie que le SARS-CoV-2 va continuer d’évoluer dans le sens d’une plus grande contagiosité mais d’une moindre virulence, pour devenir un coronavirus commun, à l’image du rhume que nous attrapons sans y penser. Pour lui, cela signifiera que l’on a atteint une forme d’immunité collective, une immunité contre les formes graves de la maladie.
Un point de vue partagé par d’autres spécialistes, mais qui ne fait pas l’unanimité dans le monde dans la santé. Pour Antoine Flahault, l’omniprésence du virus, c’est aussi l’épée de Damoclès d’un nouveau variant plus dangereux. Pour échapper à ce danger, il propose une autre piste. “On a pour l’instant failli à une possibilité qui nous est proposée de lutter contre la transmission avec la ventilation”, s’insurge le chercheur. “Si on rendait l’air intérieur aussi sûr que la rue, on diminuerait de 99% les contaminations, et on ne s’y est pas attelé”. Appliquée avec succès, cette politique permettrait selon lui et de nombreux autres professionnels non pas d’arriver à l’immunité collective... mais d’en finir avec la pandémie.
Voilà donc un point de vue mais il y en a un autre que je continue à écouter malgré tout ce qui se dit sur lui : le professeur Raoult. Il s'est quelque peu avancé, à diverses reprises, on peut même considérer qu'il s'est montré présomptueux. Mais on ne peut pas lui reprocher d'être opiniâtre. Il répète d'ailleurs bien souvent que la science et la connaissance sont des domaines qui évoluent constamment et qu'il est nécessaire de se remettre en question au risque de tomber dans le domaine de la religion. C'est ce qu'il développe ici, entre autres choses.
En tout cas, ce qu'il pense de la vaccination de masse et de ses effets mérite d'être entendu. Je rappelle qu'on n'a pas affaire ici à un journaliste ou à un scientifique sorti de l'oeuf mais à un éminent spécialiste reconnu dans le monde entier (sauf en France)
-
Un pass-citoyen covid
- Par Thierry LEDRU
- Le 12/01/2022
A l'allure où ça va, je m'imagine bien qu'au cas où mr Macron soit réélu, nous voyons apparaître l'idée d'un "pass citoyen".
Le pass citoyen existe déjà mais ne concerne qu'une partie de la population, des jeunes et uniquement dans certains zones du territoire.
On peut en trouver des exemples de ci de là:
"Pour une heure d’engagement citoyen, le jeune participant obtiendra un point. En cumulant les heures d’engagement, il pourra atteindre son objectif et échanger ses points contre un lot."
Imaginons donc un système quelque peu similaire au regard de la vaccination de masse. Etant donné qu'il continue à y avoir des personnes réfractaires et que Mr macron a dit qu'il les "embêterait" jusqu'au bout, il est clair qu'en cas de réélection, on peut s'attendre à tout.
"Toute personne n'ayant pas un pass vaccinal complet verra réduire selon les cas : allocations chômage, allocations familiales, pension de retraite, prise en charge des frais médicaux."
Pour ceux qui trouveraient cela irréaliste ou exagéré, je les invite à s'informer sur ce qui est en train de se mettre en place au Québec, par exemple, ou dans d'autres pays plus "exotiques". (Indonésie, Tadjikistan, Turkménistan, Vatican (très exotique :), Équateur...)
L'Autriche est devenu le premier pays européen à imposer une obligation vaccinale absolue, à partir de février prochain (après avoir envisagé un confinement des non-vaccinés). Les amendes pourront monter jusqu'à 7200 €.
Le pire n'est jamais certain, il reste toujours de la marge.
-
"Influence et manipulation" : Robert Cialdini
- Par Thierry LEDRU
- Le 08/01/2022
Une lecture passionnante, très instructive, effrayante également dans la puissance du conditionnement qu'elle analyse.
L'auteur étudie les méthodes de manipulation et de conditionnement.
Tout au long de la lecture, je me suis retrouvé à passer au crible les différentes situations que nous connaissons à travers la crise sanitaire et l'appel forcené à la vaccination. On pourra me dire qu'il y a une énorme différence entre les objectifs mercantiles d'une entreprise et les objectifs sanitaires d'un gouvernement. A première vue, effectivement. Mais si on cherche plus loin que la première vue, qu'en est-il réellement ?
J'ai trouvé une page qui résume quelque peu les grands axes du livre. Ce que Cialdini a appelé "la preuve sociale" est un élément clé.
Chacun se fera son opinion.
Qu’est-ce que la preuve sociale et comment l’utiliser ?
par axessoweb | Juil 15, 2021 |
Lorsqu’un internaute visite le site ou les réseaux sociaux d’une entreprise qu’il ne connaît pas, il aura tendance à être méfiant. Il va alors tenter de se renseigner au maximum sur celle-ci afin de savoir si elle est digne de confiance. Par exemple, si l’entreprise compte de nombreux avis positifs ou des milliers d’abonnés, le consommateur sera plus enclin à passer à l’action. Sa décision d’achat est donc impactée par le comportement des clients déjà existants. Pour cela, il est nécessaire que l’entreprise mette en place un levier non négligeable du marketing : la preuve sociale.
« La preuve sociale est un processus psychologique et social. Utilisé pour influer sur le comportement des consommateurs en communiquant une perception positive d’un produit, d’un service ou d’une entreprise. C’est l’un des plus vieux concepts marketing qui s’appuie sur la satisfaction des précédents acheteurs pour rassurer les consommateurs suivants, en créant une relation de confiance. »
• Comment utiliser la preuve sociale pour son entreprise ?
Au début du cycle d’achat, un consommateur a tendance à enquêter sur le produit qu’il souhaite acquérir. Le service proposé ou la marque dans sa globalité. Il est donc à la recherche de preuve pour accorder sa confiance à l’entreprise. En effet, il est estimé que 87 % des décisions d’achat commencent par des recherches sur internet.
Un individu est naturellement influencé par la décision de ses semblables. C’est le phénomène qui conduit davantage de personnes vers les restaurants déjà pleins que vers ceux qui sont vides. Il est donc plus qu’essentiel pour une entreprise de lui démontrer des preuves sociales. Ainsi, s’il constate que d’autres utilisateurs sont satisfaits des produits ou des services de l’entreprise, il doutera moins de la fiabilité de celle-ci.
À noter que 88 % des internautes font autant confiance aux recommandations des autres utilisateurs que celles d’un proche. Utiliser la preuve sociale permet donc de gagner la confiance des nouveaux visiteurs et d’accroître la crédibilité perçue de l’entreprise. Ce qui va ensuite générer des interactions et des conversions auprès du public. La preuve sociale peut se manifester de diverses façons.
• Les nombres
La force des nombres est une autre manière d’utiliser la preuve sociale. Cela consiste à afficher le nombre d’utilisateurs, d’évaluations, d’abonnés (réseaux sociaux ou newsletters) ou encore de partages d’articles. La mise en avant de ces chiffres prouve aux potentiels acheteurs que le produit ou le service fonctionne et qu’il est apprécié par d’autres personnes. C’est un effet de masse qui a tendance à susciter directement l’attention et déclencher le mécanisme de confiance.
Cette méthode est très répandue dans les entreprises B2B. Mais attention, si les nombres sont trop faibles, il est préférable de ne pas les utiliser, car cela crée une preuve sociale négative et donc l’effet inverse.
• Les réseaux sociaux
Un des premiers réflexes d’un consommateur qui ne connaît pas une entreprise est de vérifier la présence et la popularité de cette dernière sur les réseaux sociaux.
En effet, les acheteurs potentiels jugent la notoriété et la crédibilité d’une entreprise en fonction du nombre d’abonnés, de likes, de commentaires, de partages. C’est un terrain à ne surtout pas négliger, car la recherche d’appartenance à un groupe est très forte sur les réseaux sociaux.
Pour cela, la preuve sociale s’utilise de différentes manières : les avis partagés (en stories ou publications) ou avec le contenu généré par les utilisateurs.
Tout d’abord, un bon moyen d’engager la confiance est de relayer les témoignages clients récoltés, en stories ou en publications. Mais il est aussi possible d’inciter les clients à laisser un témoignage (dans la partie « avis » pour une page Facebook ou en commentaire sous une publication pour Instagram).
Par ailleurs, il est possible de générer du contenu grâce aux clients existants. Il s’agit, ici, de republier un contenu avec une mise en avant du produit de l’entreprise, posté par les utilisateurs.
Sur Instagram, de nombreuses marques ont recours à ce processus. Par exemple, elles choisissent des photos publiées par leur communauté valorisant leurs produits et les postent en mentionnant l’utilisateur. Cela crée naturellement des relations et de la proximité avec l’audience et améliore la fidélité.
• Les parutions médias
La preuve sociale passe également par l’apparition dans les médias. Que ce soit dans la presse papier, digitale ou audiovisuelle. C’est une forte preuve d’autorité, car cela renforce la crédibilité et la légitimité de l’entreprise auprès des nouveaux clients potentiels.
Pour cela, l’entreprise peut ajouter la parution ou le logo du média sur son site web ainsi que la partager sur ses réseaux sociaux.
• L’approbation des influenceurs ou ambassadeurs de marque
Le marketing d’influence stimule la preuve sociale et crée des opportunités à ne surtout pas manquer pour une entreprise.
Lorsqu’un influenceur fait la promotion d’un produit ou d’une marque auprès de sa communauté, les conversions augmentent. En effet, 80 % des consommateurs à l’échelle mondiale, ont déjà effectué un achat suite à la recommandation d’un influenceur via un lien direct.
Selon les moyens de l’entreprise, celle-ci peut faire appel à un influenceur avec une notoriété plus ou moins importante, pour promouvoir ses produits ou ses services. Il peut aussi être pertinent de faire appel à un micro-influenceur, qui sera plus abordable.
• Les noms prestigieux
Afficher la référence de clients prestigieux sur un site web est un gage de crédibilité et de notoriété.
Si de grandes marques font appel à l’entreprise en question, c’est qu’elle fait preuve de professionnalisme et démontre une certaine expertise. Cette preuve sociale vaut principalement pour les entreprises B2B.
• Les témoignages clients
C’est la forme la plus connue de preuve sociale. Elle consiste à récolter les témoignages des clients, soit par un envoi de formulaire de satisfaction ou en leur demandant de laisser un commentaire.
L’entreprise peut exploiter ces témoignages de manière écrite, mais aussi par vidéo. Dans les deux cas, ils peuvent être relatés sous différentes formes : des avis rédigés avec le souci du storytelling, des témoignages plutôt centrés sur les résultats obtenus ou encore des avis d’experts.
De manière générale, les témoignages jouent à la fois sur les émotions et sur le gain de résultats pour convaincre au mieux les clients potentiels.
Ils peuvent être insérés à divers endroits dans le site web d’une entreprise. L’important est qu’ils soient facilement visibles par l’internaute. Pour ce faire, il est recommandé de les ajouter sur la page d’accueil, la page à propos, les pages de vente, les pages de destinations ou encore en dessous d’un CTA.
Par ailleurs, les réseaux sociaux sont également un excellent moyen de relai de témoignages en plus du site web de l’entreprise.
• Les cas clients
Très efficaces, les études de cas permettent aux consommateurs d’avoir un avis concret sur les résultats générés par le produit ou le service d’une entreprise.
En effet, celles-ci reprennent la problématique de départ, les actions mises en place et les résultats atteints.
De manière générale, les consommateurs font plus confiance aux cas clients qu’aux simples témoignages. Et pourtant, c’est une méthode de preuve sociale encore peu utilisée par les entreprises.
Source: Hubspot
-
"Don't look up"
- Par Thierry LEDRU
- Le 08/01/2022
Est-ce que ce film va changer les choses, est-ce qu'il va permettre aux scientifiques d'être davantage entendus, est-ce qu'il va convaincre les spectateurs qu'ils ont eux-mêmes un rôle à jouer, est-ce que les institutions politiques, économiques, financières vont prendre conscience que leur fonctionnement est mortifère ?
Publié le 08/01/2022 07:00Mis à jour il y a 22 minutes
Temps de lecture : 7 min.

Jennifer Lawrence, Leonardo DiCaprio et Rob Morgan jouent dans "Don't look up", le film d'Adam McKay disponible sur Netflix depuis le 24 décembre 2021. (NIKO TAVERNISE / NETFLIX)
Le long-métrage d'Adam McKay fonctionne-t-il comme une métaphore de l'inaction climatique ? Franceinfo fait le tour de plusieurs aspects avec des chercheurs.
Attention, cet article dévoile des éléments clés sur la fin du film... et la fin du siècle.
Une fiction qui rappelle malheureusement la réalité ? Le film Don't look up : déni cosmique est disponible depuis le 24 décembre sur Netflix. Il raconte la découverte, par deux scientifiques (interprétés par Leonardo DiCaprio et Jennifer Lawrence) d'une comète fonçant droit sur notre planète et dont la collision causera l'extinction de la vie. Il décrit ensuite l'inaction des politiques et de la société face à cette alerte. Un constat scientifique étayé, une menace globale, des stratégies de lutte tardant à se mettre en place... Tout ceci n'a pas tardé à faire écho à la crise climatique. Le réalisateur lui-même a relevé ce rapprochement évident : "Souvenez-vous, après avoir regardé Don't look up, que nous avons la science pour résoudre la crise climatique", s'est exclamé Adam McKay sur Twitter (en anglais). Alors, le film fonctionne-t-il comme une métaphore de l'inaction climatique ? Franceinfo fait le tour de plusieurs sujets abordés dans le long-métrage avec des spécialistes.
Sur la comète comme métaphore du changement climatique
Dans le film, la comète découverte représente une menace pour l'humanité. Tout comme le changement climatique qui, d'après le dernier rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec), cause un "changement dans des extrêmes comme les vagues de chaleur, les fortes précipitations, les sécheresses et les cyclones tropicaux", et ce dans toutes les régions du monde, comme le montre son atlas des conséquences du phénomène. "Cette métaphore nous enseigne que la fin du monde, ce n'est pas à cause de la météorite. On aurait pu s'en débarrasser ! La fin du monde est causée par le dysfonctionnement de nos institutions", note Jean-Paul Vanderlinden, professeur en étude de l'environnement à l'université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines. Et le rapport du Giec daté du mois d'août l'a bien souligné : l'influence humaine sur le changement climatique, à travers les émissions de gaz à effet de serre, est "sans équivoque". "Là, la métaphore fonctionne presque", ajoute le chercheur.
"Presque", car il ajoute des limites. "Une métaphore qui ne se libère pas du contexte qu'elle traverse perd de sa force, car le propre d'une métaphore est son universalité", note-t-il, citant pour exemple la présidente américaine (interprétée par Meryl Streep) et ses partisans, référence claire au "trumpisme". "Le spectateur va poser son regard sur beaucoup de choses et son jugement sur cette situation inacceptable va être défléchi vers des microsituations", regrette-t-il. Il ajoute qu'une comète qui frappe la Terre et fait disparaître l'humanité constitue une menace différente.
"Pour la première, on efface brutalement, le niveau de souffrance est assez faible. Dans le film, les gens nient puis souffrent quelques jours ou quelques heures. Mais le changement climatique va imposer énormément de douleur pendant longtemps. Des gens vont perdre leurs récoltes, vont devoir se déplacer... C'est une autre forme de risque existentiel."
Jean-Paul Vanderlinden, professeur en étude de l'environnement
à franceinfo
La responsabilité à l'origine du phénomène est également simplifiée : si personne n'est responsable de l'arrivée d'une comète, "le changement climatique, lui, est dû à l'influence humaine, mais avec une responsabilité historique différente selon les pays", note Valérie Masson-Delmotte, coprésidente du Giec.
Sur le traitement médiatique de la crise
Une émission de télévision qui débute par l'actualité people plutôt que par une menace pour l'humanité, un traitement qui se veut "fun et léger", un dénigrement des personnalités scientifiques... Dans le film, les médias évoquent l'alerte, pourtant étayée de preuves, de manière superficielle. "Ça me rappelle il y a plus de dix ans, quand un célèbre journaliste m'a dit que le problème avec le changement climatique, c'était que ce n'était pas assez drôle et divertissant", a noté sur Twitter (en anglais) Naomi Oreskes, historienne des sciences et autrice de Les Marchands de doute. La climatologue Valérie Masson-Delmotte déplore également que "lors de débats à la télévision, on ne recherche pas toujours le temps de l'explication, mais la petite phrase qui fera réagir".
Le traitement médiatique n'est toutefois pas si caricatural, nuance Jean-Baptiste Comby, chercheur en sciences de l'information et de la communication à l'université Paris 2, qui a travaillé sur le traitement médiatique de la question climatique. "La parole scientifique reste, dans une grande majorité des médias, une parole d'autorité, considérée. Les alertes diverses occupent une place non-négligeable", estime-t-il. On est donc loin du "fun et léger". Il précise toutefois que le rapport avec les scientifiques n'est pas le même "entre presse écrite, radio et télévision" et que "les logiques médiatiques mises en scène dans le film correspondent plus à celles des Etats-Unis qu'à celles de la France, qui sont sensiblement différentes".
Sur les réactions de la classe politique
Les références à la réalité sont évidentes. "La relation mère-fils parodie la relation père-fille de Donald Trump", remarque Jean-Paul Vanderlinden. Valérie Masson-Delmotte souligne un autre aspect visible dans Don't look up : la méconnaissance du sujet par les décideurs. "J'ai été frappée de voir le peu de dirigeants qui avaient lu le dernier rapport du Giec", expose-t-elle.
Les "gains politiques" qui peuvent motiver l'action de l'exécutif sont également bien représentés. Alors qu'elle ne souhaite pas régler le problème, la présidente américaine s'y intéresse soudainement quand cela présente un intérêt pour sa cote de popularité. Hors fiction aussi, "l'action dépend souvent des opportunités du calendrier politique et sert quand il faut gagner des points", estime Lola Vallejo, directrice du programme climat de l'Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri). "La lutte contre le changement climatique suit des mouvements de va-et-vient : la France a été mise en avant sur la scène internationale quand Donald Trump était en retrait. Et là, pendant cette campagne présidentielle, le sujet est très peu abordé." Reste que le film parle essentiellement de la classe politique américaine.
"Il n'y a pas une seule scène sur des négociations internationales. L'ONU est transparente, le continent européen invisible. On ne voit aucun pays en développement."
Lola Vallejo, directrice du programme climat à l'Iddri
à franceinfo
Dans Don't Look up, il n'est pas non plus fait mention des chambres du Parlement, d'une opposition ou des milieux militants... "Tout ce qui permet d'agir dans la réalité est absent", regrette Valérie Masson-Delmotte. "Ça donne très peu à voir la vie démocratique. Comment une stratégie d'action est-elle débattue ? Discuter ensemble est pourtant central sur le climat..."
Sur la technologie proposée comme solution
Dans le film, la stratégie mise en place pour dévier la trajectoire de la comète est réduite à néant par la cupidité d'un milliardaire (Mark Rylance). Il conçoit un deuxième plan, sur la base d'une technologie non démontrée, mais dont il tirerait les bénéfices. "Cela entraîne des tergiversations et un échec. C'est une parabole d'un des discours de l'inaction aujourd'hui : l'optimisme technologique", décrit Valérie Masson-Delmotte.
Géo-ingénierie, avions "verts", capture de carbone... Autant de technologies parfois présentées comme des solutions miracles, tout comme les robots de la multinationale Bash dans le film. Le long-métrage "vise juste" avec ce personnage technophile qui a l'oreille des élites politiques, estime Lola Vallejo. "On est confrontés tous les jours à ce discours sur les opportunités, sur ces sources pour de la croissance économique avant même de parler des risques", ajoute la spécialiste des négociations climatiques. Elle cite l'exemple de Bill Gates, qui "prône des solutions liées aux technologies alors qu'on devrait plutôt questionner notre modèle de production, de consommation".
Sur le vécu des scientifiques
Depuis sa diffusion, plusieurs climatologues ont applaudi le film. "En tant que climatologue faisant tout ce que je peux pour éveiller les consciences et éviter la destruction de la planète, c'est le film le plus juste que j'ai vu sur l'absence de réponse de la société devant la dégradation du climat", a commenté auprès du Guardian (en anglais) le climatologue américain Peter Kalmus. "Ce film est incontestablement une métaphore puissante de la crise climatique en cours", a commenté auprès du Monde un autre scientifique d'outre-Atlantique, Michael E. Mann.
Tout comme les héros du film, "nous n'étions pas écoutés au début", abonde le climatologue Jean Jouzel. "En France, nous avons beaucoup souffert du climato-scepticisme d'une partie de la communauté scientifique elle-même, comme Claude Allègre, qui a tout fait pour nier la réalité du réchauffement climatique et la responsabilité humaine dans ce phénomène", expose-t-il auprès du HuffPost. Pour Valérie Masson-Delmotte, Don't look up a fait écho à sa propre expérience : "J'ai ressenti quelques-unes des difficultés que vivent les scientifiques du film. S'exprimer dans la communauté scientifique ne prépare pas à s'exprimer de manière claire dans les médias ou devant des cercles de pouvoir", rapporte-t-elle. Un témoignage qui rappelle les leçons de communication (le media training) évoquées dans Don't Look up.
-
"Echapper à l'ère des pandémies"
- Par Thierry LEDRU
- Le 06/01/2022
J'ai déjà parlé ici des zoonoses et notamment de la plastisphère.
Zoonoses et dérèglement climatique
Les éléments favorables à l'émergence de nouvelles pandémies sont les conséquences de l'action de l'humanité sur la nature.
Les vaccinations de masse n'y changeront rien. Elles ne seront jamais rien d'autre que des pansements sur des plaies que nous créons nous-mêmes. Les sommes colossales qui sont dépensées pour l'application de ces "pansements" devraient être utilisées à éviter l'apparition et le développement des plaies. Nous n'en prenons toujours pas le chemin et c'est ce qui est le plus effroyable dans le constat de ces deux dernières années. La tâche des gouvernements devrait être d'éviter l'émergence des situations d'urgence au lieu de s'agiter pour tenter de les résoudre une fois qu'elles sont en place.
29 OCT 2020 COMMUNIQUÉ DE PRESSE NATURE ACTION
Échapper à l’« ère des pandémies » : Les experts mettent en garde contre de pires crises à venir
Bonn, le 29 octobre 2020 -
Des pandémies futures vont apparaître plus souvent, se propageront plus rapidement, causeront plus de dommages à l'économie mondiale et tueront plus de personnes que la COVID-19, à moins que l'approche globale de la lutte contre les maladies infectieuses ne soit modifiée, avertit un nouveau rapport clé sur la biodiversité et les pandémies (en anglais) rédigé par 22 experts de premier plan du monde entier.
Au terme d’un atelier virtuel organisé par la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques ((IPBES) de son acronyme anglais) sur les liens entre la dégradation de la nature et l'augmentation des risques de pandémie, les experts conviennent qu'il est possible d'échapper à l'ère des pandémies, mais que cela nécessite un profond changement d'approche pour passer de la réaction à la prévention.
La pandémie de COVID-19 est au moins la sixième pandémie mondiale depuis la pandémie grippale de 1918, et bien qu'elle trouve son origine dans des microbes portés par des animaux, comme toutes les pandémies, son émergence a été entièrement déterminée par les activités humaines, indique le rapport publié ce jeudi.
On estime à 1,7 million le nombre de virus « non découverts » actuellement présents dans les mammifères et les oiseaux, dont 850 000 pourraient avoir la capacité d'infecter les êtres humains. « Il n'y a pas de grand mystère sur la cause de la pandémie de COVID-19, ou de toute autre pandémie moderne », a déclaré le Dr. Peter Daszak, président de EcoHealth Alliance et de l'atelier d’IPBES. « Ce sont les mêmes activités humaines qui sont à l'origine du changement climatique, de la perte de biodiversité et, de par leurs impacts sur notre environnement, du risque de pandémie. Les changements dans la manière dont nous utilisons les terres, l'expansion et l'intensification de l'agriculture, ainsi que le commerce, la production et la consommation non durables perturbent la nature et augmentent les contacts entre la faune sauvage, le bétail, les agents pathogènes et les êtres humains.
C'est un chemin qui conduit droit aux pandémies. » Le risque de pandémie peut être considérablement réduit en diminuant les activités humaines entraînant la perte de biodiversité, par une plus grande conservation des zones protégées et par des mesures réduisant l'exploitation non durable dans les régions riches en biodiversité. Cela permettra de réduire les contacts entre les animaux sauvages, le bétail et les êtres humains, et aidera à prévenir la propagation de nouvelles maladies, indique le rapport.
« Les preuves scientifiques conduisent à une conclusion encourageante », a déclaré le Dr. Daszak. « Nous avons la capacité croissante de prévenir les pandémies, mais la manière dont nous les abordons actuellement ignore largement cette capacité. Notre approche actuelle des pandémies stagne et consiste encore à essayer de contenir et de contrôler les maladies après qu’elles sont apparues, par le biais de vaccins et de thérapies. Pour nous échapper de l'ère des pandémies, nous devons, en plus de la réaction, nous concentrer sur la prévention. »
« Le fait que l'activité humaine ait pu modifier aussi fondamentalement notre environnement naturel ne doit pas nécessairement être vu comme négatif, mais prouve, au contraire, notre capacité à opérer les changements nécessaires pour réduire le risque de futures pandémies, tout en protégeant la nature et en réduisant les changements climatiques. » Selon le rapport, réagir aux maladies exclusivement après leur apparition, par des mesures de santé publique et des solutions technologiques, et en particulier par la conception et la distribution rapides de nouveaux vaccins et de nouvelles thérapies, constitue « un chemin lent et incertain », jalonné de souffrances humaines et coûtant des dizaines de milliards de dollars chaque année.
Le coût de la COVID-19 au niveau mondial a été estimé entre 8,000 et 16,000 milliards de dollars jusqu’à juillet 2020 seulement, et les coûts aux États-Unis seulement pourraient atteindre 16,000 milliards de dollars d'ici le quatrième trimestre de 2021. Les experts estiment que le coût de la prévention et de la réduction des risques de pandémies est 100 fois moins élevé que le coût de la réponse à de telles pandémies, ce qui « fournit des arguments économiques forts en faveur d’un changement transformateur ».
Le rapport propose également un certain nombre d'options politiques qui permettraient de faire face et de réduire le risque de pandémie. En voici quelques-unes :
Un Conseil intergouvernemental de haut niveau sur la prévention des pandémies pourrait être créé afin de fournir aux décideurs les meilleures données scientifiques sur les maladies émergentes ; de prévoir les zones à haut risque ; et d’évaluer l'impact économique des pandémies potentielles et de mettre en évidence les lacunes en matière de recherche. Un tel conseil pourrait également coordonner la conception d'un cadre mondial de suivi.
Les pays pourraient se fixer des objectifs dans le cadre d'un accord ou d'une entente internationale, avec des avantages évidents pour les êtres humains, les animaux et l'environnement.
L'approche « Un monde, une santé » pourrait être institutionalisée par les Gouvernements nationaux afin de renforcer la préparation aux pandémies, d'améliorer les programmes de prévention des pandémies et d'enquêter sur les épidémies et de les contrôler dans tous les secteurs.
Des évaluations de l'impact sur la santé des risques de pandémies et de maladies émergentes pourraient être développées et intégrées dans les grands projets de développement et d'aménagement du territoire, tout en réformant l'aide financière à l'aménagement du territoire afin que les avantages et les risques pour la biodiversité et la santé soient reconnus et explicitement ciblés.
Le coût économique des pandémies devrait être pris en compte dans la consommation, la production et les politiques et budgets gouvernementaux.
Une réduction des formes de consommation, d'expansion agricole mondialisée et de commerce qui ont conduit à des pandémies devrait être rendue possible, par exemple au travers de taxes ou d’impôts sur la consommation de viande, la production de bétail et d'autres d'activités à haut risque de pandémie.
Les risques de zoonoses dans le commerce international d’animaux sauvages pourraient être réduits grâce à un nouveau partenariat intergouvernemental « santé et commerce » ; les espèces à haut risque de maladie devraient être retirées partiellement ou totalement du commerce des espèces sauvages ; l'application de la loi dans tous les aspects du commerce illégal d’animaux sauvages devrait être renforcée et l'éducation des communautés sur les risques sanitaires du commerce d’animaux sauvages devrait être améliorée, particulièrement dans les zones à haut risque de propagation de maladies.
L'engagement et les connaissances des populations autochtones et des communautés locales dans les programmes de prévention des pandémies devraient être valorisés afin d’atteindre une plus grande sécurité alimentaire et de réduire la consommation d'animaux sauvages.
D’importantes lacunes dans les connaissances seraient à combler au sujet des principaux comportements à risque, de l'importance relative dans le risque de maladie du commerce illégal, non réglementé et légal d’animaux sauvages, et de la relation entre la dégradation et la restauration des écosystèmes, la structure des paysages et le risque d'émergence de maladies.
La secrétaire exécutive de l’IPBES, Dr. Anne Larigauderie, s'exprimant sur ce rapport d’atelier a déclaré : « La pandémie de COVID-19 a mis en évidence l'importance de la science et de l'expertise pour éclairer les politiques et les décisions. Bien que cela ne soit pas un rapport intergouvernemental d'évaluation comme les rapports habituels de l’IPBES, il s'agit d'une publication d'experts remarquable, revue par les pairs, produite dans des délais très courts, basée sur les preuves les plus récentes, et présentant les perspectives de certains des plus grands scientifiques au niveau mondial.
Nous félicitons le Dr. Daszak et les autres auteurs de ce rapport d'atelier et les remercions pour cette contribution essentielle pour mieux comprendre l'émergence des pandémies et les options à notre disposition pour contrôler et prévenir des flambées futures. Ce rapport d’atelier éclairera également certaines des évaluations de l’IPBES déjà en cours, en plus d'offrir dès maintenant aux décideurs de nouvelles perspectives sur la réduction des risques de pandémie et les options de prévention ».
NOTES AUX RÉDACTEURS
Le rapport de l'atelier IPBES constitue une des évaluation les plus solides sur le plan scientifique des preuves et des connaissances concernant les liens entre le risque de pandémie et la nature depuis le début de la pandémie de COVID, grâce à des contributions d'experts de premier plan dans des domaines aussi divers que l'épidémiologie, la zoologie, la santé publique, l'écologie des maladies, la pathologie comparative, la médecine vétérinaire, la pharmacologie, la santé de la faune sauvage, la modélisation mathématique, l'économie, le droit et les politiques publiques.
À propos de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES)
Souvent décrite comme le « GIEC pour la biodiversité », l'IPBES est un organisme intergouvernemental indépendant qui compte plus de 130 gouvernements membres. Créé par les Gouvernements en 2012, l’IPBES fournit aux décideurs politiques des évaluations scientifiques objectives sur l'état des connaissances concernant la biodiversité de la planète, les écosystèmes et les contributions qu'ils apportent aux populations, ainsi que les outils et méthodes pour protéger et utiliser durablement ces actifs naturels vitaux. Pour plus d'informations sur l'IPBES et ses évaluations, consultez le site www.ipbes.net
À propos du Programme des Nations unies pour l'environnement
Le PNUE est le principal porte-parole mondial en matière d'environnement. Il joue un rôle de chef de file et encourage le partenariat dans la protection de l'environnement en inspirant, en informant et en permettant aux nations et aux peuples d'améliorer leur qualité de vie sans compromettre celle des générations futures.
Pour plus d'informations, veuillez contacter
Keisha Rukikaire, responsable de l'information et des médias, Programme des Nations unies pour l'environnement
-
Alice Desbiolles : épidémiologiste
- Par Thierry LEDRU
- Le 06/01/2022
Un mois que je n'ai rien écrit ici. Voilà donc le premier article de l'année 2022. Encore et toujours la pandémie et ses effets.
Oui, je sais, j'ai dit que je ne m'occupais plus de cette situation pandémique, que je n'en parlerai plus, que je ne me perdrai plus dans les méandres de ce capharnaüm.
Oui, mais voilà, le Président de la République a clairement annoncé qu'il m'emmerde, moi et tous les autres non-vaccinés et qu'il considère même que je ne mérite plus, de part mon irresponsabilité, d'être considéré comme un citoyen. C'est sidérant, absolument effarant. C'est le "casse-toi pauvre con de non-vacciné" de l'ère Macron. Les présidents se suivent et se ressemblent. On dit qu'un peuple a le président qu'il mérite. Il faudrait vraiment qu'on y réfléchisse.
Bon, en tout cas, au vu de ses propos et de ma déchéance de nationalité, je considère que je n'ai plus aucun devoir envers lui puisque j'ai été déchu de ma citoyenneté et de mon devoir de réserve.
Je vous laisse donc imaginer ce que je lui réponds.
Il serait intéressant d'ailleurs qu'un juriste lui fasse lire le code pénal :
"
Article 222-33-2-2
Version en vigueur du 06 août 2014 au 06 août 2018
Création LOI n°2014-873 du 4 août 2014 - art. 41
Le fait de harceler une personne par des propos ou comportements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation de ses conditions de vie se traduisant par une altération de sa santé physique ou mentale est puni d'un an d'emprisonnement et de 15 000 € d'amende lorsque ces faits ont causé une incapacité totale de travail inférieure ou égale à huit jours ou n'ont entraîné aucune incapacité de travail.
Les faits mentionnés au premier alinéa sont punis de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 € d'amende :
1° Lorsqu'ils ont causé une incapacité totale de travail supérieure à huit jours ;
2° Lorsqu'ils ont été commis sur un mineur de quinze ans ;
3° Lorsqu'ils ont été commis sur une personne dont la particulière vulnérabilité, due à son âge, à une maladie, à une infirmité, à une déficience physique ou psychique ou à un état de grossesse, est apparente ou connue de leur auteur ;
4° Lorsqu'ils ont été commis par l'utilisation d'un service de communication au public en ligne.
Les faits mentionnés au premier alinéa sont punis de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 € d'amende lorsqu'ils sont commis dans deux des circonstances mentionnées aux 1° à 4°."
Maintenant, il n'en reste pas moins que je continue à écouter des gens qui, eux, ont la capacité à prendre de la hauteur et à analyser la situation avec raison et lucidité.
J'aime beaucoup ce que dit la doctoresse Alice Desbiolles.














