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L'orgasme dans le tantrisme (sexualité sacrée)

Par Le 07/02/2016

Vajrasatva en yab yum

L’orgasme dans le tantrisme

Si le tantrisme est à la base un courant spirituel tout droit venu d’Inde, c’est aujourd’hui une méthode pour de nombreux couples occidentaux de parvenir au 7e ciel. Chaque jour des séminaires, des ateliers et des formations nous sont d’ailleurs proposées pour parvenir à l’orgasme tantrique… Mais qu’est ce que le tantrisme ? Comment le pratiquer ? Qu’est-ce qui se cache derrière le terme d’orgasme tantrique ? Décryptage.

Le tantrisme, une nouvelle méthode pour parvenir au 7e ciel ? Loin de là… Si depuis quelques années, on entend parler de tantrisme comme d’une pratique sexuelle, il s’agit en réalité d’une philosophie de vie née il y a plus de 1500 ans en Inde. A la base, on appelle tantrisme un ensemble de textes et de rituels dont le but est, à travers l’exploration de ses sens, de parvenir à un état d’éveil total. A l’instar du yoga, le tantrisme utilise la respiration et la méditation comme principaux outils d’éveil. Tous les sens sont sollicités dans la philosophie tantrique, y compris les sens dits « charnels ». D’où l’assimilation du tantrisme à une pratique sexuelle… On parle d’ailleurs d’orgasme tantrique, un état d’extase qui, d’après ceux qui l’ont déjà testé (et approuvé !), serait bien deux à trois fois plus fort qu’un orgasme « classique »…Le tantrisme est-il fait pour moi ?Le tantrisme s’adresse principalement aux couples : l’amour et la confiance sont deux clés essentielles pour parvenir à l’orgasme tantrique. Autre condition sine qua non pour jouer le « jeu tantrique » : ne pas envisager le rapport sexuel uniquement comme un moyen de parvenir à l’orgasme.Dans la philosophie tantrique, c’est le chemin qui mène à l’orgasme qui importe plus que l’orgasme en lui-même. Ainsi, on ne fait pas l’amour pour parvenir au coït mais pour tout le plaisir et la relaxation qui provient de l’union et de la fusion du couple et de l’alchimie qui s’en dégage. Mieux vaut d’ailleurs parler de découverte (charnelle) de nos sens que d’acte sexuel. A contrario du quick sex, le rapport sexuel inspiré du tantrisme tend à repousser le moment de l’orgasme pour profiter au maximum du la fusion du couple.Mais alors, à quels couples peut convenir le tantrisme ? A tous ceux qui souhaitent se « reconnecter », découvrir de nouvelles sensations et aimer leur amant(e) d’une manière différente. En revanche, tester la démarche tantrique ne peut se faire qu’à deux : si l’un des partenaires est réticent, cela entravera l’orgasme tantrique qui nécessite un relâchement total des deux partenaires.L’orgasme tantrique : quelle différence avec un orgasme lambda ?A la différence d’un orgasme « traditionnel », l’orgasme tantrique parcours tout le corps et peut se déclencher sans même qu’il y ait éjaculation ni pénétration. Il s’agit davantage d’une explosion des sens du corps entier que d’un orgasme localisé au niveau du bassin. C’est le principe du tantrisme : on ne parle plus d’acte sexuel mais de découverte des sens à deux. Ainsi, lors d’un rapport sexuel inspiré du tantrisme, fellation, cunnilingus et pénétration ne sont plus des éléments essentiels pour atteindre le 7eciel.Couple tantrique sur fond f'ombreMais alors que fait-on ? On caresse et masse le corps de son partenaire dans son ensemble et on ne mise plus tout sur les zones érogènes… Les mains, les mollets, les pieds, le dos, les épaules et même le visage : c’est l’ensemble du corps qui doit être stimulé et pas juste les seins, les fesses ou le sexe.

Oubliez alors le point G et le clitoris, ils ne sont pas plus importants que le bras ou le cou… En effet, le but du tantrisme (dans le sens sexuel du terme) est l’union et la fusion du couple. Faire l’amour dans une démarche inspirée du tantrisme revient à écouter son corps et celui de son partenaire, tout en ralentissant le moment de l’orgasme. Chacun des partenaires doit se laisser porter par le plaisir, sans chercher à provoquer l’orgasme qu’on a alors même tendance à oublier. L’idée est alors de juste profiter de cette fusion avec son partenaire, de cette montée lente et progressive du désir et du plaisir. L’énergie de l’un se transmet à l’autre et vice versa dans une fusion du couple totale, lente et sans complexe.

Contrairement à un rapport sexuel lambda où l’on cherche à faire monter le plaisir le plus rapidement possible en stimulant les zones érogènes, le mot d’ordre du tantrisme est : prendre son temps !  Oubliez alors l’orgasme provoqué par un « va et vient » ou par la stimulation du clitoris… l’orgasme tantrique fait vibrer l’ensemble du corps, de la tête aux pieds et c’est le corps dans son ensemble qui est transcendé. Un orgasme que l’on peut atteindre sans même qu’il y ait pénétration ou éjaculation.

Tantrisme : comment ralentir l’arrivée de l’orgasme ?

 Le rapport sexuel tantrique se fait sur la longueur : cela peut durer de deux à trois heures pour les couples expérimentés. Si certains couples préfèrent éviter la pénétration pour être sûr de tenir le plus longtemps possible, on peut arriver à l’orgasme tantrique tout en la pratiquant. 

 Mais quand il y a pénétration, ralentir la venue d’un orgasme demande une vraie technique et une grande habitude. Pour cela, il faut parvenir à maitriser les contractions liées à la montée du plaisir, notamment en musclant son périnée et en adoptant une respiration relaxante. Ou bien en réalisant des pauses par moment. La respiration est un élément clé de l’orgasme tantrique : elle doit être lente et profonde et permettre de calmer les contractions provoquées par la montée de l’excitation.

Généralement, on ne parvient pas à l’orgasme tantrique dès la première tentative : il faut du temps et de la pratique pour apprendre à maitriser son plaisir, son excitation. Se mettre à la méditation peut être une solution pour apprendre à entrainer son souffle et à calmer son excitation. Des ateliers et des stages d’initiation au tantrisme peuvent également être une alternative intéressante pour les couples qui souhaitent tenter l’expérience de l’orgasme tantrique.

Par Louise Rodriguez pour Marie-claire

On va sans doute nous reprocher d’aller prendre nos sources dans un magazine féminin à fort tirage  mais il faut reconnaître que pour une fois l’article de Marie-claire évite  les erreurs grossières sur le tantrisme et  son rapport à la sexualité en rappelant que le tantrisme est avant tout une démarche spirituelle de découverte de soi et de l’autre.

Sexualité tantrique (sexualité sacrée)

Par Le 07/02/2016

union tantrique

La sexualité tantrique, une voie vers l’amour inconditionnel.

Les philosophies orientales considèrent la sexualité comme un élément fondamental du développement physique, psychologique, émotionnel et spirituel. Dans ce contexte, la sexualité est considérée comme sacrée, participant à une véritable transformation intérieure capable de mener à l’Éveil. Extrait du livre « L’Eveil de la femme à la sexualité tantrique » de Shakti Malan, qui nous initie au pouvoir sacré de la sexualité féminine.

À quoi le féminin est-il réceptif – à quoi nous ouvrons-nous ? Il y a de nombreuses façons de répondre à cette question. L’une d’elles est de dire que nous nous ouvrons à la source, à l’essence, au divin, à tout ce qui est. Dans le Tantrisme hindou, la force transcendante est représentée par le Shiva lingam. Shiva est le principe mâle transcendant, tout entier dans sa focalisation sur un point. Son pénis est le symbole de l’énergie qui monte à travers les chakras.

Lorsque Shiva pénètre Shakti, le principe féminin, elle ressent sa connexion à la source. Physiquement, dans notre corps, notre connexion à la source, à l’énergie de tout ce qui est, commence dans le périnée ou chakra de base. C’est là le point à partir duquel nous nous relions à la terre, à la grande source d’énergie à laquelle nous pouvons puiser. Lorsque le lingam s’élève dans la yoni de la femme, la kundalini monte depuis le chakra de base à travers tous les autres chakras. La montée d’énergie poursuit son chemin au-delà de l’endroit où s’arrête la pénétration physique. La tâche du masculin est de garder la concentration sur le fait de dresser son lingam. Sans chanceler ni se laisser distraire, il se concentre sur la force de transcendance qui s’élève à travers le corps. Dans la pratique Tantrique, cela veut littéralement dire que l’homme ne lâche pas la concentration portée sur son pénis. Lorsque la femme s’ouvre pour recevoir cette force transcendante, elle permet à sa propre énergie de s’élever à l’infini. En faisant cela, elle amène l’homme avec elle dans cette expérience. (…)

tumblr_muswpfnnPk1sksqofo1_500Lorsque l’énergie sexuelle se déploie dans le corps d’une femme, la kundalini semblable à un serpent s’éveille et commence à se dérouler.Cela ressemble tout à fait à un serpent qui sort de son enroulement – un mouvement en rondeurs, qui part en spirale vers le haut. C’est ce mouvement qui va vous ouvrir à l’inconnu. Un phénomène curieux mais très clair dans la danse céleste est que l’énergie vous demande d’avoir confiance, d’abandonner complètement tout contrôle. Lorsque la kundalini commence à bouger, cela peut donner l’impression d’un courant qui ondule depuis la base du corps et qui monte. Elle peut vraiment bouger comme un serpent qui se déroule. Mais ce serpent, c’est la kundalini, la force universelle de vie. C’est l’ouverture à l’énergie de votre essence.

En bougeant à travers votre corps, elle va mettre en mouvement l’énergie qui est prête à être transformée. Il peut en résulter des sensations physiques, des sentiments et émotions qui vous traversent, parfois fugitivement, parfois sur de plus longues périodes de temps. Si vous voulez permettre à la danseuse céleste de se manifester, tout ce que vous pouvez faire alors est de vous en remettre, dans la confiance et l’ouverture, au flux de votre propre force vitale. Cela peut vous donner l’impression que votre corps bouge avec des façons qui ne vous sont pas familières. Vous pouvez même ressentir des émotions que vous ne savez pas situer. C’est là la nature de la danse céleste. Elle vous amène au-delà du connu, au-delà du sentiment de soi qui vous est familier. C’est là, d’après mon expérience, une qualité essentielle du féminin. Lorsque nous nous ouvrons au féminin, nous accueillons la forêt sombre qui est au cœur de notre être. Nous entrons dans l’inconnu. Nous faisons preuve de notre bonne volonté à ne pas savoir : ne pas savoir où nous allons, ni même savoir que nous sommes là – à un moment donné de ce que nous vivons.

210px-YabyumSoyez même prête à laisser tomber tout attachement à votre apparence. Il m’est souvent arrivé dans la danse céleste avec un partenaire que l’homme ensuite, ou à ce moment-là, dise quelque chose sur le changement total qui se produisait dans mon apparence physique. Prenez-en considération à quel point, en tant que femmes, nous sommes attachées à notre apparence. Nous mettons une grande énergie à contrôler cette dimension de notre être. Nous évaluons et jugeons qui nous pensons être en fonction de ce que nous voyons dans le miroir. Notre identité égotique, notre sentiment de nous-mêmes, prend forme autour de la façon dont nous percevons notre reflet. En réalité, vous et moi ne sommes pas des formes fixes. Nous sommes des vagues d’énergie qui bougent et vibrent en permanence. Nous ne sommes pas ce que nous pensons. Nous avons des corps énergétiques qui vont bien au-delà des limites du corps physique. La danse céleste va vous demander d’être prêtes à abandonner de telles identifications, dans le ciel sans limites.

Lorsque les vagues de l’énergie sexuelle commencent à monter dans le corps de la femme, cela déclenche spontanément dans tous ses muscles une danse de la création. Ses muscles bougent légèrement, sans effort ; ils expriment pleinement la jubilation, l’énergie qui circule à travers eux. À un moment donné, l’énergie arrive au chakra du cœur. La félicité qu’une personne ressent lorsque la kundalini remplit son cœur est difficile à décrire. C’est la pleine et délicieuse force d’amour qui monte en vous pour vous emplir sans fin. Lorsqu’on fait l’expérience de l’amour inconditionnel à ce degré de plénitude, il veut jaillir de nous. Chez une femme, l’énergie va de son propre gré bouger dans ses bras : ils vont commencer à flotter en l’air et s’animer en une danse spontanée de création. La kundalini court réellement dans tout notre corps, elle nous fait lever les bras et transporte tout notre être.

Avez-vous déjà vu des images de déesses hindoues avec leurs nombreux bras déployés dans toutes les directions ? Je suis convaincue que cela doit être une représentation de la déesse dans sa danse céleste, la déesse en train de danser dans la béatitude du ciel de l’amour inconditionnel. Abandonnant passé et futur, elle crée spontanément, à partir de la profonde sagesse de l’âme. Que crée-t-elle avec cette énergie magique ? Spontanément, dans le moment présent, elle crée tout ce qui est à créer là. Elle crée ce qui n’existait pas auparavant. Laissant tomber la réalité partielle de l’ego pour la vérité intemporelle de l’âme, elle manifeste l’amour inconditionnel et l’envoie dans le monde.

Article paru sur INREES.

Le cri de la terre en nous (spiritualité)

Par Le 07/02/2016

 

Ce que j'ai souvent essayé de transcrire dans mes romans...


Entendre le cri de la terre en nous

Eric Tariant

 

Entretien avec Joanna Macy, docteur en philosophie, spécialiste du Bouddhisme, de la théorie Générale des Systèmes et de l’Ecologie profonde, est une fondatrice de l’Eco-philosophie et de l’Eco-psychologie. Elle est également une voix respectée des mouvements pour la paix, la justice sociale et un environnement sain. Elle a créé, il y a plus de quarante ans, un outil puissant pour se reconnecter et se réconcilier avec la terre à une époque où beaucoup d’êtres humains souffrent des graves atteintes portées à la nature. Son approche baptisée Le travail qui relie vise, en reconnaissant notre douleur pour la terre au lieu de la réprimer, à aider chacun d’entre nous à prendre part au changement de cap 

: le passage d’une société de croissance industrielle autodestructrice à une société compatible avec la vie.

Edmond Rostand : « C’est la nuit qu’il est beau de croire à la lumière; il faut forcer l’aurore à naître en y croyant.»

Quand et comment avez-vous découvert l’approche que vous avez baptisé le Travail qui relie ?

Cela a été une sorte de cri du cœur né lors de mes années de lutte contre le nucléaire civil et militaire et contre les risques qu’ils représentent pour la santé publique. Je me suis engagée, dans les années 1970, dans un mouvement citoyen visant à poursuivre la compagnie d’électricité Dominion Virginia Power eu égard à son usage dangereux et insouciant de l’énergie nucléaire. J’ai mené des recherches, que la science a corroboré par la suite, qui ont montré que l’on observait des cas de cancers et de fausses couches plus fréquents aux abords des réacteurs nucléaire et des lieux de stockage d’armes nucléaires. J’ai commencé à dénoncer les risques de santé publique liés à ces techniques et à les révéler au public en pensant que la population locale se lèverait contre le nucléaire. Je me suis retrouvée face à un mur de silence et d’incompréhension. Les gens se fermaient comme des huitres et refusaient de savoir, parce que les dangers que je révélais leurs faisaient peur. Cette expérience a changé ma vie. Cherchant à comprendre ce qui déclenchait une telle apathie alors, qu’au plus profond d’eux même, ces hommes et ces femmes étaient attachés à leur terre, j’ai compris que l’information seule ne pouvait qu’accroître la résistance.

La réponse n’était pas de dire aux gens la vérité mais de libérer leur voix intérieure. Nous savons tous, au plus profond de nous même, que le monde traverse une situation de crise grave, mais nous ne supportons pas ce constat. Il faut se parler à soi-même et digérer cette information affectivement afin de débloquer les émotions refoulées, clarifier l’esprit et libérer nos énergies. C’est pour cela que l’on nous avons baptisé ce travail, le Travail qui relie.

Pourriez-vous nous donner un aperçu des méthodes et du processus du Travail qui relie ?

Il s’agit de donner la possibilité aux gens de ressentir et de partager avec les autres leurs sentiments les plus profonds concernant les dangers qui menacent notre planète. Il faut dire la vérité sur les dangers d’holocauste nucléaire et les menaces liées à la détérioration de notre environnement. Loin de nous détruire, seul ce ressenti permet d’élaborer les réponses nécessaires pour prévenir ces périls. La finalité du Travail qui relie est d’aider les individus à découvrir et à faire l’expérience de leurs connexions innées, entre eux et avec les forces d’autoguérison systémiques de la toile de la vie. Nous fournissons aux gens des méthodes qui leurs permettent de faire l’expérience de cette interdépendance et de leur responsabilité vis-à-vis des générations passées et avenir et des autres formes de vie. Depuis quelque temps, je mets particulièrement l’accent sur le travail avec le temps. Quand nous nous ouvrons à l’existence du futur et du passé, la connexion profonde avec nos ancêtres et avec les générations futures est source de puissance. Notre véritable nature est beaucoup plus ancienne et plus inclusive que notre personne isolée. Nous sommes intrinsèques à notre monde vivant comme les arbres et les rivières, tissés des mêmes flux complexes de matière-énergie et d’esprit. Ce travail témoigne du fait que l’on peut souffrir avec notre monde. « Souffrir avec » étant la traduction de la compassion. Il permet de nous libérer de la croyance erronée de la séparation et de s’identifier au Soi écologique selon le vocabulaire de l’écologie profonde. Il génère de la créativité, libère notre force intérieure et crée de la solidarité entre les hommes pour travailler au Changement de cap.

Qu’est ce que ce Changement de cap que vous évoquez ? S’agit-il d’une transition écologique ?

Le Changement de cap est le nom que nous avons donné pour évoquer la transition d’une société de croissance industrielle autodestructrice vers une société qui soutient la vie. Il s’agit d’un moment crucial. Alors que la révolution agricole, survenue il y a 10 000 ans, s’est déroulée sur plusieurs siècles, et que la Révolution industrielle s’est réalisée sur plusieurs générations, cette révolution écologique doit advenir en l’espace de quelques années. Nous vivons en ce moment cette troisième révolution qui sera plus radicale que les précédentes car elle ne concerne pas seulement la politique économique, mais aussi les habitudes et les valeurs qui la soutiennent. Quelque chose de tout à fait significatif pour notre avenir est en train de se passer. Cette révolution survient au moment où est en train de se produire une destruction progressive de la vie sur notre planète -ce que j’appelle le grand effilochage- qui se produit lentement sans que l’on y prête attention.

Cette transition est elle déjà bien avancée à vos yeux ?

Oui. Mais, elle n’est pas perçue par l’homme de la rue parce que les medias contrôlés par les grandes entreprises n’en rendent pas compte. Elle se traduit par l’émergence de nouvelles façons de penser, de faire et de se relier aux autres et au monde.

Pensez-vous que nous allons atteindre prochainement la masse critique qui enclenchera ce basculement vers ce nouveau paradigme ?

Oui, je le pense. Il peut arriver très prochainement, mais l’effondrement de notre civilisation prendra, elle, du temps du temps. Il faut bien prendre conscience, en même temps, qu’en cumulant les problèmes du changement climatique et de la perte massive de la biodiversité, nous pouvons arriver à un point de non retour, ce que les scientifiques essayent de nous dire sans trop de succès.

Qu’est-ce que le Soi écologique que vous évoquiez précédemment?

Ce concept, inventé par le philosophe norvégien Arne Naess, signifie que nous sommes une partie vivante d’un grand corps vivant qui est la terre. Cette prise de conscience permet de repousser les frontières étroites de notre propre intérêt personnel et d’augmenter notre bonheur. Avec le Soi écologique, le désir de protéger et de défendre dépasse le stade de l’égo étroit et du soi social pour embrasser tout le monde vivant, les arbres, les forêts, la mer et le plancton qui sont nos poumons extérieurs. Le Soi écologique nous donne un pouvoir incroyable, et un immense sentiment de bien être.

Vous avez publié, au printemps dernier, un livre intitulé « Espérance active ». Qu’entendez-vous par espérance active ? En quoi l’espérance active se distingue-t-elle de l’espoir ?

L’espérance active ne se réfère pas à quelque chose que vous possédez, mais à quelque chose que vous réalisez, que vous construisez. Il est tout à fait possible de prendre part au changement de cap même quand on n’a plus d’espoir et que l’on broie du noir. La culture américaine, qui est la mienne, donne beaucoup d’importance à l’optimisme vue comme un signe de bonne santé mentale et comme une recette de succès. L’espoir et le désespoir ne sont que des sentiments. Nous ne devons pas les laisser nous tyranniser et nous empêcher d’agir. On peut parfaitement agir pour la survie de la vie, même quand l’on éprouve un sentiment de désespoir ou un grand pessimisme. Nous sommes des êtres vivants sur une terre vivante. Nous sommes nourris par la vie, par ce système vivant qui est notre corps plus vaste. Aussi déprimante que peut apparaître la réalité, on ne s’enferme véritablement dans la dépression que si l’on refuse d’agir, si l’on se ligote soi-même.

Vous évoquez, dans votre livre, la nécessité de la contemplation et de l’émerveillement. En quoi sont-ils si importants pour agir pour le maintien de la vie ?

Il s’agit de transformer le désespoir en « empowerment » selon le mot anglais, ou en « empuissancement » en Québécois. Le parcours que nous proposons s’effectue en quatre étapes : de l’émerveillement, à la reconnaissance de la souffrance qui permet de changer de regard puis de s’engager.

La reconnaissance et l’émerveillement constituent un processus essentiel commun à toutes les religions et traditions de sagesse. Les anthropologues ont pointé du doigt que le premier mouvement de l’esprit humain est celui de l’interrogation et de l’émerveillement. Nous pouvons voir grâce à nos yeux et entendre grâce à notre ouïe. Malheureusement, dans le système capitaliste actuel, ces sens se trouvent atrophiés. Le moteur du capitalisme est l’insatisfaction. Celui-ci ne fonctionne qu’autant que les hommes se sentent insatisfaits et incomplets. Et pour compenser cette insatisfaction, ils ne cessent d’acheter. Tout l’édifice repose sur la publicité qui nous fait croire que nous n’avons jamais assez, qu’il nous faut toujours plus pour exister. L’émerveillement est un acte réellement révolutionnaire et politiquement subversif. Il nous permet de nous éveiller à l’essentiel et de veiller à l’essentiel. Pour que nous ne perdions jamais le contact avec l’indicible.

S’agit-il de laisser le monde agir à travers nous ?

Quand dans la seconde phase du Travail qui relie, nous reconnaissons la peine et l’angoisse que nous éprouvons face à la dégradation de notre environnement, si nous choisissons de ne pas réprimer celle ci mais de pactiser avec elle en la regardant en face, ce sentiment devient distinct de l’ego. Avec cette sensibilité nouvelle, ayant retrouvé notre pouvoir personnel, nous sommes prêts pour l’action juste qui demande à être réalisée ici et maintenant. L’engagement permet de vivre la sensation que quelque chose agit à travers nous. Et plus nous nous mettons au service de la Terre et de l’humanité plus nous devenons nous même. Interrogé sur ce que serait notre plus grande urgence aujourd’hui, le moine zen Thich Nhât Han a répondu : « Entendre le cri de la Terre en nous. » La crise écologique naît en nous.

Il faudrait, selon vous, entendre et honorer la douleur que nous ressentons pour la Terre pour rompre le cercle vicieux dubusiness as usual qui agit à la manière d’un envoûtement.

Débloquer la souffrance que nous éprouvons à l’égard de la destruction de la terre permet de nous relier à la toile de la vie. Quand nous considérons que nous sommes à l’origine de cette souffrance, le cœur et l’esprit s’ouvrent et nos voix sont libérées. Nous pouvons commencer à prendre la parole haut et fort avec courage.

Comme tout parcours humain, le Travail qui relie ne peut faire l’impasse de l’expérience de l’échec, de la frustration…

C’est inévitable. Nous vivons dans une civilisation qui est peu à peu en train de se défaire. Il n’y a donc aucun moyen d’échapper à ces sentiments. Ceux-ci ne nous entravent pas pour autant parce que nous savons que sommes soutenus par les forces énormes de l’évolution de la vie. Nous ne devons pas avoir peur de la souffrance.

Que dites vous aux personnes qui suivent vos ateliers pour maintenir leur flamme dans le contexte actuel ?

Je les invite à prendre conscience du fait qu’elles vivent une heure révolutionnaire, où la terre et la beauté de ce monde peuvent encore être préservées. Chacun à un rôle à jouer dans ce processus. Il nous faut reconnaitre avec émerveillement que nous avons le futur entre nos mains et que nous avons la chance de pouvoir être l’artisan de ce travail.

Pour illustrer les défis que nous devons affronter au cours du changement de cap, vous évoquez la prophétie de Shambhala ? De quoi s’agit il ?

Le Vénérable Dru-gu Choegyal Rinpoche de la Communauté de Tashi Jong dans le Nord de l’Inde en donne une belle interprétation. De grandes puissances barbares ont surgi qui dépensent leurs ressources en préparatifs destinés à s’anéantir mutuellement. Lorsque l’avenir de toute vie sensible est suspendu au plus frêle des fils, le royaume de Shambhala émerge. Celui ci n’existe que dans le cœur et l’esprit des guerriers du Shambhala. Un grand courage moral et physique est requis de ces guerriers qui vont devoir se rendre au cœur même de la puissance barbare, dans les recoins des citadelles où les armes sont fabriquées et gardées afin de les démanteler. Les guerriers en ont le courage car ils savent que ces armes ne sont que des créations mentales. Fabriquées par l’esprit humain, elles peuvent être défaites par l’esprit humain. Ils savent que les dangers qui nous menacent ne viennent que de nos propres décisions, de notre style de vie, et de nos relations avec les autres. Pour se préparer à l’action, les guerriers s’entrainent en utilisant deux armes : la compassion et la prise de conscience. Les deux sont indispensables et doivent être conjuguées insiste le Rinpoche. La compassion donne l’énergie, la puissance et la passion nécessaires pour avancer. Mais, elle ne peut être utilisée seule, il faut lui adjoindre la prise de conscience de l’interdépendance radicale de tous les phénomènes. Grâce à la perception de cette interdépendance, nous savons que les actions entreprises dans une intention pure se répercutent sur l’ensemble de la toile de la vie.

Propos recueillis par Eric Tariant

Lire :

« Ecopsychologie pratique et rituels pour la terre. Retrouver un lien vivant avec la nature ». Editions Le Souffle d’or, 2008. De Joanna Macy et Molly Young Brown.

« Active Hope. How to face the mess we’re in without going crazy”. De Joanna Macy et Chris Johnstone (New World library 2012).

Consulter:

Le site de l’association Roseaux dansants qui « a pour mission la recherche et le développement dans les pays francophones du Travail qui Relie de Joanna Macy, ainsi que des approches sœurs telles que l’Ecopsychologie, la Conscience du corps, la Nature primordiale et leMouvement de Transition »

www.roseaux-dansants.org

L'image de soi (humanisme)

Par Le 06/02/2016

Une jeune photographe capture ce qui se produit quand on dit à une personne qu'elle est belle. Le résultat est magnifique et étonnant !

Par Nathan Weber il y a 1 mois

 

Comment réagit-on lorsque quelqu'un nous dit que l'on est beau, ou belle ?

Une très jeune photographe de 18 ans, Shea Glover, a mené une expérience sociale doublée d'un travail photographique au sein de son Lycée de Chicago. Elle a demandé à des gens de poser devant son appareil et elle leur a dit, pour leur expliquer son projet, ces simples mots : "Je prends des photos de choses que je trouve belles".


Les réponses et les réactions sont extrêmement touchantes. Surtout, on voit que la véritable beauté vient dans ce regard qui s'illumine soudain, dans ce visage qui s'anime, dans le sourire qui vient dans un moment comme celui-la. "Je veux clarifier une chose", explique Shea sur son compte Youtube : "Mon intention n'est pas d'obtenir une réaction spécifique de ces gens. J'ai simplement voulu filmer la beauté... Et voici le résultat."

Shea Glover

Shea Glover

Shea Glover

Shea Glover

Shea Glover

Shea Glover

Shea Glover

Shea Glover


 

Et voici la vidéo !

La dialectique des technocrates (école)

Par Le 06/02/2016

Pris sur le net.

La dialectique des technocrates de l'Education nationale :


Un "outil scriptutaire" c'est un stylo, un "référentiel bondissant" c'est un ballon, et un "bloc mucilagineux à effet soustractif" c'est une gomme.


Les rédactions sont des «productions écrites», les sorties scolaires des «sorties de cohésion».

.
Donc, demain l’élève n’apprendra plus à écrire mais à «
maîtriser le geste graphomoteur et automatiser progressivement le tracé normé des lettres».

Il n’y aura plus de dictée mais une «vigilance orthographique».

Quand un élève a un problème on tente une «remédiation».
 

Voyons pour l’EPS (Education physique et sportive)., le sport en quelque sorte...


Courir c’est «créer de la vitesse»,

Nager en piscine c’est «se déplacer dans un milieu aquatique profond standardisé et traverser l’eau en équilibre horizontal par immersion prolongée de la tête», et le badminton est une «activité duelle médiée par un volant». 

Les précieuses ridicules de Molière, à côté, c’est de l’urine de jeune félidé (je n’ose pas dire du pipi de minet).
 

Alors, les amis, ne perdons pas ce merveilleux sens du burlesque et inventons une nouvelle catégorie : la «personne en cessation d’intelligence» autrement dit, le con.
Signé Martina Chyba, parent d’élève.
Ah non, re-pardon…
Martina Chyba, «génitrice d’apprenant».

 


 

Je rajoute de mon côté que le travail manuel comme on disait avant devrait désormais s'intituler: "Utilisation cognitive d'éléments corporels à visées créatrices dans le champ d'expérience de l'imaginaire raisonné". (Je vais envoyer un courrier pour soumettre cette idée...)

 

Bienvenue chez les technocrates.

Le pire dans tout ca, c'est d'imaginer qu'ils sont fiers de leur travail et qu'ils gagneront deux fois le salaire des profs qui devront déchiffrer puis connaître et utiliser dans leurs "préparations de classe", ce charabia digne d'une "régurgitation de fiel intellectuel" .

 


 

La Brigade des Mères (politique)

Par Le 06/02/2016

ISLAMISME

«La victimisation, ça suffit!»

Nadia Remadna, fondatrice de la Brigade des mères, dénonce l’inaction des élus français quant à l’islamisme

13 janvier 2016 | Christian Rioux Correspondant à Paris | Europe

Nadia Remadna intervient en banlieue parisienne pour tenter de régler des conflits.
Photo: Lionel Bonaventure Agence France-PresseNadia Remadna intervient en banlieue parisienne pour tenter de régler des conflits.

« Un jour, ton fils de 13 ans, il arrive à la maison et il te dit : “ Maman, tu n’es pas une bonne musulmane parce que tu ne fais pas ce qui est écrit dans le Coran !  » Voilà le genre de situations que rencontre régulièrement Nadia Remadna. Dans les banlieues de Seine-Saint-Denis où elle travaille, cette mère qui a élevé seule ses quatre enfants se retrouve de plus en plus devant des mères désemparées qui ne savent plus quoi faire de leur fils. Avant, elles avaient peur qu’ils deviennent délinquants, aujourd’hui, elles ont peur qu’ils deviennent terroristes, dit-elle.

 

« On dit que les jeunes se radicalisent sur Internet, mais ça peut arriver n’importe où : à l’école, à la mosquée ou dans une activité sportive, dit-elle. Dans nos banlieues, on voit de plus en plus de jeunes filles qui arrêtent l’école pour se voiler et s’enfermer à la maison. On voit des jeunes qui ne veulent plus dire “ je t’adore ” parce que, disent-ils, ce mot est réservé à Dieu. On est où, là ? »

 

C’est parce que de telles scènes sont devenues quotidiennes qu’en juin 2014, Nadia Remadna a fondé la Brigade des mères. Oui, « brigade », comme dans « brigade des stupéfiants » ou « brigade antiterroriste ». Avec une vingtaine de ses semblables, elle intervient en banlieue parisienne pour tenter de régler les conflits scolaires, les problèmes de délinquance ou de violence familiale.

 

Née en France de parents algériens, Nadia Remadna sait de quoi elle parle. À 13 ans, son père l’obligea de force à quitter son collège à Champigny-sur-Marne, près de Paris, pour aller s’enterrer avec lui à Bougaa, une petite ville près de Sétif, en Algérie. Il s’écoulera une bonne décennie avant que Nadia trouve le courage de se sauver pour retrouver la France et la liberté.

 

Aujourd’hui, lorsqu’elle voit la grande noirceur qui opprime tant de femmes algériennes gangrener son propre pays, elle ne le supporte pas. C’est pourquoi elle a écrit un livre en forme de coup de poing (Comment j’ai sauvé mes enfants, Calman-Lévy) dans lequel elle dénonce l’inconscience des dirigeants politiques français qui s’accommodent des islamistes et ne cessent de victimiser les jeunes des banlieues françaises.

 

À l’époque, dit-elle, « il n’y avait pas la ghettoïsation ethnique et religieuse qu’on voit maintenant. On était peut-être pauvres, mais il y avait un mélange. Il y avait les Italiens avec les Algériens et les Portugais. Aujourd’hui, les enfants sont enfermés dans la culture de leurs parents alors même qu’ils ne connaissent ni le pays de leurs parents ni leur propre pays, la France. Même que souvent, ils ont la haine de la France, une haine qu’on a soigneusement cultivée chez eux en leur disant sans cesse que les Français étaient racistes et méchants. Avec le temps, ils se sont enfermés dans cette haine. Moi, j’en veux aux politiques qui ont fait de nos enfants des gens qui sont toujours en train de revendiquer au lieu de se sentir français. J’en veux à ces politiques qui ont victimisé nos jeunes. »

 

La laïcité compromise

 

Tout au long du témoignage qu’elle publie avec un journaliste de l’hebdomadaireMarianne, Nadia Remadna raconte les nombreuses compromissions des élus de gauche de sa ville avec les islamistes pour acheter la paix. Elle montre comment ceux-ci se résignent souvent à ne pas appliquer les lois, à reculer sur la laïcité et comment, dès qu’arrive un drame, ils font appel aux leaders religieux pour rétablir la paix.

 

Résultat, aujourd’hui, les islamistes harcèlent les filles qui ne portent pas le voile et insultent ceux qui ne respectent pas le ramadan. Bref, ils font de plus en plus la loi.« Les élus participent à cette ségrégation, dit Nadia. Ils nous enferment dans notre culture, dans notre tradition, dans notre religion. On est comme dans des prisons à ciel ouvert au lieu de se sentir français. »

 

Nadia Remadna en veut aussi à l’école qui ne s’intéresse qu’aux « médiocres », écrit-elle, au lieu d’encourager les meilleurs et de récompenser l’excellence. Mais surtout, elle ne pardonne pas à cette école d’avoir « cédé sur la laïcité ».

 

À partir des années 1990, de nombreux élus des banlieues difficiles ont encouragé ce qu’on appelait alors les « Grands Frères » ou les « médiateurs ». Il s’agissait, à l’aide de subventions à l’emploi, d’engager des jeunes issus des quartiers périphériques pour maintenir l’ordre dans les transports en commun ou dans les cités. Comme si l’État pouvait déléguer ses missions régaliennes à des organisations communautaristes.

 

« Le mouvement des Grands Frères, ça a bousillé pas mal de choses, dit Nadia Remadna. Aujourd’hui, quand ils interviennent dans les quartiers, ils interviennent avec le Coran. » Avec les conséquences que l’on imagine pour les femmes.

 

Le machisme intégriste

 

« Dans les banlieues, de plus en plus, ce sont les hommes qui ont pris le pouvoir, dit-elle. Il y a un machisme intégriste qui s’est installé. Les femmes, elles, elles n’existent plus. Elles sont de plus en plus effacées. Il n’y a plus cette mixité qu’il y avait auparavant. Même dans les ateliers, les femmes font leurs activités de leur côté et les hommes du leur. Ce n’est pas ça, la France ! »

 

Avec d’autres mères, Nadia Remadna a décidé d’organiser des rencontres afin d’« apprendre à ces femmes l’histoire de leur pays. On s’est rendu compte qu’elles ne connaissaient pas l’histoire de France, même si elles vivaient en France depuis 40 ans. On veut leur permettre de penser autrement en leur donnant des notions de droit ».

 

Elle veut aussi faire reculer ce qu’elle nomme « le mal-islam », qui dit-elle s’est infiltré partout, et permettre aux familles de se réapproprier l’éducation de leurs enfants, en particulier l’éducation religieuse. Afin d’éviter que cette religion soit enseignée de l’extérieur et de permettre aux parents de demeurer libres de la transmettre ou pas.

 

« Ça fait deux décennies que les politiques ne cessent de victimiser les jeunes, de leur faire croire qu’ils sont toujours discriminés, qu’ils sont partout l’objet de racisme et que si tu t’appelles Mohamed et habites Sevran personne ne lira ton curriculum vitae. C’est faux ! Le résultat, c’est que quand il ne reste plus rien, qu’on est au bout du rouleau, et bien, il reste la religion. Aujourd’hui, on en est là. Le point de départ pour s’en sortir, c’est d’appliquer la loi et d’arrêter de flirter avec les religieux. Mais pour cela, il faut un peu de courage. Juste un peu. »

Mourir au front (école)

Par Le 06/02/2016

De la misère en milieu enseignant

 

TÉMOIGNAGE. Suite au suicide d'un de leurs collègues stagiaires, des enseignants du collège Hubertine Auclert de Toulouse ont écrit une « lettre ouverte » glaçante.

Mercredi 27 janvier, Vincent, jeune enseignant stagiaire en mathématiques, décide de mettre fin à ses jours. Choquée, l'équipe pédagogique réagit aujourd'hui aux différentes réactions lues et entendues, notamment celle du secrétaire général adjoint de l'académie, niant les conditions de travail auxquelles les professeurs doivent faire face au quotidien.

Lettre ouverte

Notre jeune collègue de mathématiques a mis fin à ses jours mercredi 27 janvier 2016. Il avait 27 ans et commençait tout juste dans le métier. Vincent était professeur stagiaire en mathématiques, tout comme Anne-Marie, comme Alice en français, ou Ana et Georges en anglais. L'équipe enseignante avait pourtant demandé au Rectorat, en juin dernier, de ne plus affecter de stagiaires dans notre collège. Personne ne peut ignorer les conditions difficiles dans lesquelles nous exerçons notre métier: insultes, incivilités, coups portés sur les adultes, dégradations des locaux, déclenchements incessants de l'alarme incendie, violence dans la cour, en classe ou devant le collège, harcèlements conduisant certains élèves à des absences répétées voire à des départs de notre établissement. Il se tient dans le collège plus de 15 conseils de discipline par an, et tout autant ne sont pas tenus pour faire baisser les chiffres... Il faut regarder les choses en face.

En quatre ans nous avons obtenu la création d'un poste supplémentaire de CPE. Or depuis notre dernière audience au rectorat en 2014, la situation, déjà préoccupante à l'époque, s'est fortement aggravée. L'Équipe Mobile de Sécurité a fait acte de présence de temps à autre, en simple observateur dont nous n'avons jamais lu les conclusions. Rien de plus. Aucun label ZEP, REP, Eclair ou autre, qui permettrait d'alléger les effectifs en classe, d'apporter des réponses à la violence et aux difficultés des élèves. On nous dit que le label fait peur, qu'il risque de pousser certains élèves vers le privé, de faire disparaître pour de bon la mixité sociale. Dans les faits, de nombreux élèves de CM2 évitent notre collège et partent dans le privé. D'autres le quittent en cours d'année, excédés, effrayés par le comportement des camarades et l'absence, de la part de l'institution, de réponse rassurante et de nature proprement éducative. Les professeurs stagiaires, l'an dernier, ont démissionné: celui de mathématiques en décembre 2014 puis celle de français en janvier 2015. Personne ne s'en est ému.

En septembre dernier, ils étaient cinq stagiaires, emplis d'espoir et d'appréhension à la fois, mais la foi a vite cédé la place au désenchantement et à l'angoisse la plus profonde. La réalité du terrain est cruelle: confrontation permanente au bruit et à l'indiscipline, difficulté voire impossibilité de faire cours, furie des élèves dans les couloirs, dans la cour de récréation ou au réfectoire, violence verbale et physique à l'encontre des adultes ou des élèves eux-mêmes, mépris affiché de l'autorité. Les rapports s'amoncellent, symptôme de l'impasse dans laquelle l'institution se trouve. Au final, quelle solitude pour chacun lorsqu'il se retrouve seul dans sa salle de classe! Quelle absence de reconnaissance de la part de notre hiérarchie, nous renvoyant sans cesse à notre responsabilité individuelle, remettant en cause nos compétences, nous rappelant que nous sommes « des professionnels et non des personnes » alors même qu'on nous somme d'incarner « la bienveillance » en toute situation! On nous punit même comme des enfants! On nous interdit même, dans une telle situation, l'exercice de notre droit de retrait!

Le soutien apporté par le collège n'aura pas suffi à aider Vincent. Aujourd'hui nous crions notre colère et notre désespoir. Quelle réponse nous est faite? Le secrétaire général adjoint de l'académie, M. Jean-Jacques Vial, a témoigné dans la presse locale, il considère que lier ce suicide à nos conditions de travail relève d'un«raccourci un peu grossier». L'article qualifie le collège Hubertine Auclert (affublé d'une belle faute d'orthographe) d'«établissement pas connu pour être compliqué». Quel mépris pour notre métier et le travail accompli! Quelle méconnaissance de la situation de notre établissement, alors même que le Rectorat est en possession de l'état des lieux déplorable dressé en 2014! Par ailleurs on nous propose un soutien psychologique individuel, là où nous dénonçons un dysfonctionnement institutionnel.

Le jour de ses obsèques, nous avons appris que Vincent était malade: son dossier médical n'était pas un secret pour l'institution. En toute connaissance de cause, il n'aurait jamais dû être envoyé dans notre collège. Le métier d'enseignant requiert une solidité certaine. Mais à l'heure où il faut absolument mettre des adultes dans les classes, on fait peu de cas de la santé mentale de chacun. Professeurs stagiaires, contractuels ou titulaires sont placés çà et là, qu'ils connaissent, ou pas, la réalité du terrain, qu'ils soient préparés, ou pas, à vivre les situations les plus déstabilisantes, qu'ils aient les épaules, ou pas, pour esquiver les coups. Une fois la porte de la classe fermée, les souffrances sont étouffées: on nous demande coûte que coûte de garder tous les élèves en classe, y compris ceux qui nous insultent et qui empêchent le cours de se dérouler. Et même si les souffrances parviennent jusqu'en salle des professeurs, muselées, elles ne passent pas la porte de l'établissement. Les enseignants souffrent en silence. Nos ministres nous imposent sans cesse de nouvelles réformes, comme des réponses à tous les maux. Nos pratiques pédagogiques ne sont jamais les bonnes, nous sommes, dit-on, responsables de ce qui nous arrive...

En tout cas, nous nous sentons collectivement responsables du décès de notre collègue. Personne n'a su préserver son intégrité physique et morale; personne, surtout pas le grand appareil de l'État.

Combien de Vincent faudra-t-il pour qu'on entende enfin la douleur des enseignants?

Un collectif de professeurs du collège Hubertine Auclert de Toulouse, le 1er février 2016

 

Cash Investigation ; Pesticides (2) (Nature, santé)

Par Le 04/02/2016

Que faire après les révélations de « Cash Investigation » sur l’agriculture qui tue ?

 

 

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Image tirée du documentaire de Cash Investigation sur les produits chimiques

Si vous faites partie des téléspectateurs du documentaire de "Cash Investigation" diffusé mardi 2 février sur France 2, vous devez sans doute vous demander comment limiter la quantité d'intrants chimiques dans votre alimentation et votre environnement. Voilà quelques solutions...

 

Se renseigner

L'enquête de Cash Investigation, fort percutante, vous a peut-être ouvert les yeux sur un phénomène dont on ne mesure pas encore l'ampleur exacte. Plusieurs enquêtes ont déjà été menées sur le sujet, et je ne peux que vous recommander d'approfondir ce que vous avez découvert avec d'autres ouvrages.

Historiquement, c'est à l'américaine Rachel Carson que nous devons la première dénonciation des effets des pesticides sur notre environnement, dans un ouvrage facile d'accès publié en... 1962, Un printemps silencieux. Ses craintes se révèlent justifiées aujourd'hui, malheureusement...

Capture d'écran 2016-02-02 22.24.57Viennent ensuite les écrits d'un grand spécialiste du sujet, qu'on voit d'ailleurs dans le documentaire, François Veillerette, président duMouvement pour le Droit et le Respect des Générations Futures. L'un de ses premiers ouvrages, paru chez Terre Vivante en 2002, s'intitule "Pesticides, le piège se referme". Le plus médiatisé fut celui qu'il a co-écrit avec Fabrice Nicolino, chez Fayard (Pesticides, révélations sur un scandale français). Et vous pouvez aussi embarquer au passage celui qu'il vient de co-écrire avec la journaliste Marine Jobert, chez Buchet Chastel, au sujet de la menace invisible que constituent les perturbateurs endocriniens.

Notre poison quotidien, de Marie Monique Robin, diffusé sur Arte en 2013(extrait ci-dessous) et accompagné d'un ouvrage aux éditions la Découverte, constitue aussi une enquête remarquable sur la question.

A voir également : Nos enfants nous accuseront, de Jean-Paul Jaud ou bien encore Solutions locales pour un désordre global, de Coline Serreau.

A lire aussi : les ouvrages de l'agronome Jacques Caplat, parus chez Acte Sud, sur l'agroécologie et les modèles agricoles de demain.

Si vous souhaitez vous renseigner de manière plus sommaire, allez sur le sitePesticides non merci et surtout sur Générations Futures ou sur le site de Greenpeace.

Vous pouvez également participer fin mars à la semaine sans pesticides.

S'alimenter autrement

Label Agriculture Chimique - EcoSapiens

Manger bio, local et de saison... tel est l'un des meilleurs conseils à donner. Lorsque cela est local vous pouvez vous assurer de la provenance du produit, de son mode de production : dans une logique de circuit-court, on peut facilement interroger un paysan et lui demander comment il cultive sa terre et traite ses bêtes ! Lorsque cela est de saison cela vient logiquement de moins loin, pollue moins, offre plus de garantie en termes de circuit alimentaire. Et bien sûr, lorsque cela est d'origine biologique et certifié comme tel, cela vous offre la meilleure garantie qui soit d'être en présence d'un produit bon, propre et juste, issu d'un mode de production naturel.

Pour aller plus loin sur ces sujets avec des conseils et des sites pratiques, rendez-vous sur les liens suivants :

Concernant la qualité de l'eau du robinet, consultez cette carte. Et si vous avez encore des doutes, il existe des filtres à installer directement sur le robinet, très pratiques.

Pour faire pression sur les décideurs, signez donc la pétition d'Agir pour l'environnement pour obtenir l'intégration d'une alimentation de proximité issue de l’agriculture biologique en restauration collective.

Et n'hésitez pas à soutenir voire financer des projets qui participent à la création d'une autre agriculture, tels Fermes d'Avenir ou Blue Bees.

Envisager les choses plus largement

Cash Investigation insiste sur la pollution de l'air par les pesticides, qui n'est pas réglementée encore. Il existe des associations qui militent sur ce sujet de la pollution de l'air, n'hésitez pas à les solliciter et/ou les soutenir.

Pensez aussi aux autres produits de votre quotidien : cosmétiques, plastiques, etc. Ils contiennent nombre de produits chimiques. Pour aller plus loin :

Si vous avez la chance d'avoir un jardin, changez vos pratiques !

Pour vous rassurer, sachez que changer ses habitudes est souvent moins difficile qu'on ne se l'imagine... et quand on parle d'imaginaire, allons donc voir le film Demain au cinéma. Je vous en avais parlé ici lors du lancement de sa campagne de crowdfunding, et ce documentaire positif est en train de devenir un phénomène de société !

Cet article n'étant pas exhaustif, si vous avez d'autres suggestions n'hésitez pas à les partager en commentaires !

Anne-Sophie Novel / @SoAnn sur twitter

Les éditions Les Arènes/France2 ont publié un ouvrage qui retrace l'enquête du documentaire. Ce "Cash Investigation" est aussi disponible en Replay, et la carte issue des chiffres qu'ils ont obtenus en exclusivité disponible en suivant ce lien.

 

Révélations de « Cash Investigation » sur l’agriculture qui tue

LE MONDE |  • Mis à jour le  | Par Martine Valo

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image: http://s2.lemde.fr/image/2016/02/02/534x0/4857649_6_6cac_un-drone-le-rmax-helicoptere-sans-pilote_b5cd48bd7b10e357810d432445ee5646.jpg

Un drône (le RMAX), hélicoptère sans pilote, démontre sa capacité à répandre sur un vignoble d'Oakville, en Californie, de l'eau mais aussi des pesticides et autres fertilisants. Le 15 octobre 2014.
Un drône (le RMAX), hélicoptère sans pilote, démontre sa capacité à répandre sur un vignoble d'Oakville, en Californie, de l'eau mais aussi des pesticides et autres fertilisants. Le 15 octobre 2014. RICH PEDRONCELLI/AP

MAGAZINE SUR FRANCE 2 À 20 H 45


CASH INVESTIGATION (extrait: Elise Lucet s’invite chez Bayer)

Les pesticides, nous en mangeons, nous en buvons et nous en respirons. Ils font la fortune de quelques géants de l’agrochimie – six, exactement – et ont des conséquences graves sur la santé publique. Le postulat de départ de l’équipe de «  Cash investigation  », sur France 2, est remarquablement illustré par ce documentaire percutant. Leur démonstration a des chances de secouer le public, encore loin de mesurer l’ampleur du problème.

D’autant que les journalistes ont choisi de concentrer leur enquête sur les victimes les plus vulnérables des épandages incontrôlés dans les champs, les vergers et les vignes : les enfants, et plus encore les fœtus exposés dans le ventre de leur mère. Tumeurs cérébrales, cancers, autisme, malformations congénitales, retards de développement : le nombre de cas augmente à grande vitesse. Les scientifiques multiplient les recherches qui établissent un lien entre ces courbes alarmantes et celles des pesticides, des médecins tentent de sonner l’alarme. En vain.

image: http://s1.lemde.fr/image/2016/02/02/534x0/4857650_6_7e45_une-sulfateuse-a-usage-agricole_69b73ccd3af65bf5bf3e140c8fb9307a.jpg

Une sulfateuse à usage agricole.

« SUR HUIT FEMMES ENCEINTES, SIX QUI TRAVAILLAIENT DANS LES CHAMPS AVEC MOIONT EU UN ENFANT AUTISTE, COMME MON FILS », TÉMOIGNE UNE MÈRE.

On ne peut plus dire que l’on ignore le danger. Mais tout se passe comme si la santé publique ne pesait rien face aux millions de tonnes de « produits de protection des plantes »,comme les désignent les industriels, autrement dit face aux rendements agricoles. Et comme certains insecticides, herbicides, fongicides sont très persistants, même une fois interdits, ils contaminent encore pendant des années, voire des siècles, l’air, la terre, l’eau, jusque dans les nappes phréatiques. L’émission alterne les rencontres avec les riverains et les dirigeants des firmes de l’agrochimie. On est frappé par l’impuissance des premiers et le cynisme des seconds.

Lire aussi : Quel est le coût des pollutions agricoles ?

Dans la campagne californienne, au milieu des citronniers, les ouvriers agricoles mexicains et leurs familles respirent quotidiennement du chlorpyrifos, un insecticide interdit en France. « Sur huit femmes enceintes, six qui travaillaient dans les champs avec moi ont eu un enfant autiste, comme mon fils », témoigne une mère.

Cheveux des enfants

Elise Lucet et Martin Boudot sont aussi allés à la sortie d’écoles de Gironde encerclées par les vignobles. Ils ont proposé à des parents de faire analyser une mèche de cheveux de leurs enfants. Les conclusions du laboratoire sont édifiantes, comptabilisant jusqu’à 44 pesticides, autorisés ou non. Nombre des informations livrées dans ce documentaire étaient connues, au moins des spécialistes. Une fois rassemblées et incarnées par des visages de parents inquiets et d’enfants au regard perdu, elles prennent un nouveau relief.

Lire encore : Monsanto condamné pour l’intoxication d’un agriculteur français

Alors, forcément, le téléspectateur citoyen jubile de retrouver la patte des journalistes de « Cash investigation », cette façon bien à eux de passer un pied dans la porte de l’assemblée des actionnaires de Bayer à Cologne, de s’immiscer dans undîner chic de sénateurs français organisé par le groupe suisse Syngenta, ou de passer au grill un des porte-parole du lobby des pesticides à Bruxelles.

Lire par ailleurs : Pour les experts européens, le glyphosate est sans danger

Un traitement spécial est réservé à Stéphane Le Foll. Le ministre de l’agriculture est reçu dans une pièce au sol recouvert d’une vaste carte de France des départements les plus consommateurs de pesticides, établie à partir des statistiques inédites de vente que l’équipe a réussi à se procurer. M. Le Foll se laisse aller à une contre-vérité : « Tout le monde peut avoir accès à ces informations », prétend-il, alors que ces chiffres sont plus protégés qu’un secret d’Etat. Puis il lâche : « Je suis parfaitement conscient que c’est une bombe à retardement, un danger pour la santé, pour l’environnement et même pour l’économie. » On ne peut pas mieux dire.

Magazine présenté par Elise Lucet. Une enquête de Martin Boudot (France, 2016, 135 min). Le mardi 2 février à 20 h 55 sur France 2.


CASH INVESTIGATION / Produits chimiques : les cheveux des enfants parlent


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/televisions-radio/article/2016/02/02/cette-agriculture-qui-tue_4857651_1655027.html#3mL6vYYdA7Y7417Q.99

 

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Cash Investigation sur les pesticides (Nature)

Par Le 03/02/2016

Augmentation constante des cancers chez les enfants. Peut-être que ce genre de données déclenchera un début de changement.....Chez les consommateurs... Pour que les industriels réalisent que leurs poisons, on n'en veut plus...

 

 

Cash Investigation : "20% des pesticides concentrés sur 3% de la surface agricole"

Edouard Lamort

A+A-

François Veillerette, porte-parole de Générations Futures, nous explique pourquoi certains départements sont plus touchés que d'autres par ces produits dangereux.

20% des pesticides utilisés en France sont concentrés dans les exploitations viticoles. (PHOTOMONTAGE/LECARPENTIER/SIPA/CASHINVESTIGATION)20% des pesticides utilisés en France sont concentrés dans les exploitations viticoles. (PHOTOMONTAGE/LECARPENTIER/SIPA/CASHINVESTIGATION)

L'affaire fait grand bruit. Au cours de l'émission "Cash Investigation" diffusée mardi 2 février sur France 2, une carte de France représentant, dans le détail et par département, les ventes de pesticides classés dangereux ou potentiellement dangereux pour l'homme a été dévoilée. Le porte-parole de l'association Générations Futures François Veillerette, qui a conseillé les journalistes auteurs de l'enquête, revient pour "l'Obs" sur ce véritable "travail de titans".

 

 

Pourquoi les départements de la Marne, de la Gironde et de la Loire-Atlantique sont-ils les plus touchés par les pesticides ?

- La raison est simple. Elle s'explique par la nature des cultures dominantes de ces territoires. La Gironde possède une importante surface viticole. Il en va de même pour la Marne et plus largement de la Champagne ainsi que la Loire-Atlantique, d'où provient notamment le Muscadet.

En France, les cultures de vignes représentent 20% des pesticides utilisés alors qu'elles n'occupent que 3 % de la surface agricole française. Si les grandes cultures [exploitation des céréales, des plantes oléagineuses ou protéagineuses, NDLR] utilisent 70% des pesticides répandus sur le territoire national, elles sont beaucoup plus nombreuses et surtout beaucoup plus grandes. La densité de pesticides relevée y est donc moins importante que sur les exploitations de vignobles. Il faut bien avoir à l'esprit que les deux secteurs "demandeurs" de pesticides sont la viticulture et les grandes cultures. Enfin, il ne faut pas non plus sous-estimer l'arboriculture fruitière.

La France semble coupée en deux. Pourquoi y a-t-il moins de phytosanitaires dans l'est du pays ?

- Les régions claires recensées sur cette carte n'utilisent pas beaucoup de pesticides car elles ont peu de cultures favorisant le recours à ces produits. L'exemple le plus simple est celui du sud de la France. Cette région se concentre majoritairement sur l’élevage et bénéficie de nombreuses forêts. Mécaniquement ces territoires ont moins de place pour des exploitations de grandes cultures. L'existence de reliefs montagneux comme les Alpes explique également en partie que l'est de la France soit moins foncé. Enfin, statistiquement, l'élevage fait baisser de manière générale l’utilisation de pesticides dans une région.

Pour quelles raisons l'ouest de la France fait-il partie des zones les plus consommatrices en pesticides ?

- Ces régions profitent d'un climat océanique. Elles sont donc plus humides. Ce critère joue peut-être un rôle important dans l’utilisation de certains pesticides. Avec davantage d'humidité, il y a automatiquement un développement plus important d'indésirables comme les champignons, les limaces ou les pucerons. L'ouest abrite également un relief de plaine idéal pour les grandes cultures. Par conséquent, les pesticides sont plus utilisés. La Somme répond par exemple à ces critères.

Quelles filières agricoles sont les plus gourmandes en pesticides ?

- Les chiffres peuvent varier selon les produits cultivés. Selon le ministère de l’Agriculture, la pomme peut subir en moyenne 36 traitements de pesticides en un an. Dans le Limousin, la culture des pommes Golden, plus sensible aux maladies, peut faire l'objet de 40 traitements sur la même période. Plus basse mais toute de même considérée comme importante, la consommation de pesticides pour les betteraves et les pommes de terre est en moyenne de 16 à 18 applications de produits chimiques en France.

Le blé nécessite quant à lui peu de pesticides. Entre 5 et 6 traitements sont nécessaires, soit plus de trois fois moins que les variétés précédemment citées. Le nombre d'épandages de ces insecticides et autres fongicides dépend beaucoup des régions. Ainsi, on traite artificiellement plus souvent une pomme sensible à l'humidité en Normandie qu'en Ardèche où le climat est plus sec.

Quelles sont les solutions permettant de limiter l'utilisation des pesticides ?

- Le bon choix des variétés cultivées par les agriculteurs serait une bonne piste. Il est nécessaire de faire plus attention aux saisons et de ne plus produire certains produits toute l'année. La répartition des cultures doit également être moins serrée. En agissant ainsi, on réduit la prolifération des maladies et de facto l'utilisation de pesticides.

De nouvelles techniques agronomiques sont également mises en place qui permettent de produire avec un rendement profitable. Ce dernier serait légèrement inférieur, mais les agriculteurs gagneraient plus grâce à la diminution de leurs frais en phytosanitaires.

Enfin, il faut entretenir les abords des champs. Ne pas raser les haies et forêts afin de perpétuer la faune et la flore nécessaires à une production plus naturelle. L'espace cultivé ne doit pas être entouré d'un désert végétal et animal.

Propos recueillis le 3 février 2016 par Edouard Lamort

Sur le web : Cash Investigation sur les pesticides: "Nous sommes les plus gros consommateurs d'Europe"

 

Propos recueillis le 3 février 2016 par Edouard Lamort

Sur le web : Cash Investigation sur les pesticides: "Nous sommes les plus gros consommateurs d'Europe"

 

 

Mindfullness (école)

Par Le 03/02/2016

 
C'est bien aussi pour les adultes :)

Une enquête

Par Le 03/02/2016

Une amie étudiante en psychologie a besoin de participants à une enquête. Si votre âge correspond. Sinon, vous pouvez transférer le lien à d'autres personnes. Merci.

 

Personnalité et Addiction à Facebook

Madame, Monsieur,

Nous vous proposons de participer à une étude de recherche clinique. Cette lettre d'information a pour but de vous expliquer brièvement en quoi consiste cette étude.

Nous vous demandons de prendre le temps de lire et de comprendre ces informations ainsi que de réfléchir à votre participation. N'hésitez pas à vous tourner vers le responsable de l'étude dans le cas où vous auriez de plus amples interrogations.

Objectif de l'étude:

L'objectif de cette recherche est de mieux comprendre l'utilisation de Facebook chez les jeunes âgés de 18 à 28 ans, d'étudier et de décrire le profil de personnalité qui est rattaché à une utilisation excessive de ce réseau social.

Déroulement de l'étude:

Pour cette étude, il vous sera proposer de compléter une fiche socio-biographique et 6 questionnaires, afin d'évaluer votre personnalité, l'acceptation inconditionnelle que vous avez de vous même, si vous êtes sujet aux ruminations mentales, à la dépression et la manière dont vous utilisez Internet et, plus spécifiquement, Facebook.

La durée de passation est estimée à environ 15 minutes.

Bénéfices attendus:

Les informations que nous allons obtenir, d'après cette étude, nous aideront à mieux comprendre l'usage excessif de Facebook.

Les données recueillies passeront au traitement informatique. Elles seront traitées globalement et ne seront en aucun cas utilisées nominativement.

Votre participation est basée sur le volontariat, aucune rétribution financière ne vous sera accordée.

Législation sur la confidentialité.

Toute information vous concernant et recueillie pendant cette étude sera traitée de façon confidentielle. Seuls les responsables de l'étude pourront avoir accès à ces données. La publication des résultats de l'étude ne comportera aucun résultat individuel.

Si vous avez des questions pendant votre participation à cette étude, vous pourrez contacter la psychologue responsable de l'étude, le Dr. Anne Denis, par téléphone (04.79.75.84.63) ou par email (anne.denis@univ-smb.fr).

Vous êtes libre d'accepter ou de refuser de participer à cette étude. Vous pouvez également décider en cours d'étude d'arrêter votre participation sans avoir à vous justifier.

Nous vous remercions d'avoir pris le temps de lire cette lettre d'information.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Nourrir l'Humanité entière (Nature)

Par Le 03/02/2016

La bio peut-elle vraiment nourrir le monde ?

Par Jacques Caplat dans le 29 Novembre 2014 à 22:11

 

Il est temps de développer ici un thème qui est au cœur de mes deux derniers ouvrages : l'agriculture biologique est-elle vraiment une solution à grande échelle, capable de répondre autant aux enjeux alimentaires qu'environnementaux ?

 

Les bénéfices environnementaux de l'agriculture biologique ne font pas de doute. Mais ils sont souvent opposés à ses supposés moindres rendements. C'est là un total contresens, puisque la bio est également l'agriculture la plus performante sur le plan agronomique et sur le plan social – or, la dimension sociale est centrale dans la question alimentaire mondiale.

 

Diverses cultures (et générations) au Bangladesh - Photo J. Caplat

 

L'agriculture conventionnelle provoque la faim

 

Il faut d'abord rappeler que la planète n'est pas en situation de sous-production agricole, bien au contraire. La production mondiale est actuellement de plus de 300 kg d'équivalent-céréales par humain et par an, alors que 200 kg suffisent. Exception faite de situations politiques et géo-climatiques ponctuelles et totalement indépendantes de l'agriculture (guerres civiles, séismes, cyclones), la faim dans le monde est un problème de pauvreté. Les 800 millions d'humains qui souffrent de la faim chaque année sont tout simplement ceux qui n'ont pas les moyens de s'acheter à manger.

 

Or, pourquoi 800 millions d'humains sont-ils dans cette situation ? La majorité d'entre eux sont de petits paysans enfermés par leurs gouvernements (et souvent l'histoire coloniale) dans la pratique de cultures d'exportation. Comme le cours mondial est, par définition et depuis l'antiquité, un cours de surplus donc un cours « à perte », l'obligation faite par l'OMC depuis vingt ans d'aligner les cours intérieurs sur le cours mondial conduit ces fermes à produire en dessous de leur seuil de rentabilité. La spéculation particulièrement importante sur les productions tropicales exportées affaiblit encore plus le revenu de ces petites fermes. En conséquence, une fois leur récolte vendue (à perte), ces paysans n'ont tout simplement pas suffisamment de revenu pour s'acheter de quoi manger à leur faim ! Le système agricole mondial, basé sur des cours spéculatifs, est ici directement responsable.

 

Une autre partie des affamés sont la conséquence directe de nos choix agronomiques. Les élevages hors-sol européens et nord-américains ne peuvent exister que parce qu'ils importent massivement du soja d'Amérique du Sud pour nourrir leurs animaux. Or, ce soja est cultivé dans d'immenses domaines hérités de l'époque coloniale, qui employaient autrefois énormément de main-d'œuvre. Cette dernière a été remplacée depuis 30 ans par des machines et de la chimie... et s'est retrouvée obligée de s'exiler dans les bidonvilles. Ainsi, la quasi-totalité des habitants des favelas du Brésil sont d'anciens salariés agricoles (et leurs enfants), réduits à la misère par la généralisation de l'agriculture conventionnelle dans leur pays. Nos choix techniques (élevage hors-sol) et la généralisation de l'agriculture conventionnelle (qui remplace les humains par la sur-mécanisation et la chimie) sont la première cause de la misère mondiale, et de la faim qui en découle.

 

Seule l'agriculture biologique s'adapte aux milieux

 

L'affirmation qui prétend que les variétés dites « améliorées » et l'agriculture conventionnelle auraient augmenté les rendements dans les pays du Sud est une imposture. Les agronomes qui arguent que leriz amélioré permet d'obtenir 10 tonnes par hectare et par an en Inde se basent sur des travaux expérimentaux et sur les « meilleures années ». Prétendre que ces chiffres correspondent à la réalité concrète est soit de l'inconscience soit de la malhonnêteté. La réalité est simple : toutes les études qui mesurent les rendements réels dans les champs réels sur le long terme (et non pas seulement les « meilleures années ») constatent que les rendements moyens du riz conventionnel en Inde varient entre 2 et 4 tonnes par hectare et par an. C'est tout simplement moins que le riz biologique.

 

La raison en est relativement simple. Les variétés dites « améliorées » nécessitent que l'on puisse adapter le milieu aux conditions artificielles de leur sélection : leurs hauts rendements ne sont assurés qu'à ce prix. Or, si les milieux tempérés (Europe et Amérique du Nord) se prêtent assez bien à cette artificialisation et à ce lissage des conditions de cultures, à coup d'engrais, de pesticides et d'irrigation, les milieux non-tempérés ne s'y prêtent absolument pas et ne pourront jamais s'y prêter ! La variabilité des climats non-tempérés implique que les « conditions idéales de la sélection » ne sont réunies qu'une année sur trois voire une année sur quatre. Le reste du temps, les rendements sont dérisoires, car ces variétés fonctionnent sur le mode du tout ou rien. L'agriculture conventionnelle a fait illusion au début de sa généralisation sous le nom de révolution verte, car elle bénéficiait de la fertilité accumulée préalablement dans le sol et car elle était développée dans des sociétés agraires déstructurées et ruinées par la colonisation puis la décolonisation. Aujourd'hui où le capital-sol a été épuisé et où d'autres agricultures performantes ont pu être élaborées ou retrouvées, le modèle conventionnel montre ses limites et devient proprement aberrant.

 

Pire, cette agriculture conventionnelle basée sur des cultures pures conduit à rendre les sols particulièrement vulnérables car souvent nus ou demi-nus, et provoque peu à peu une érosion (par les vents, par l'impact des pluies tropicales très violentes, etc.) qui risque de transformer une partie du monde en désert.

 

À l'inverse, l'agriculture biologique est basée sur la protection des milieux et la reconstitution des écosystèmes. Grâce aux cultures associées (et en particulier aux arbres et arbustes), la bio permet de stabiliser les sols et de les protéger contre les vents et les pluies. Grâce aux cultures associées et à la suppression de la chimie de synthèse, la bio reconstitue et enrichit la fertilité biologique des sols. Grâce aux cultures associées, la bio optimise l'utilisation de la photosynthèse et augmente naturellement et durablement les rendements (voir une note antérieure sur l'importance agronomique des cultures associées). D'un autre côté, l'agriculture biologique s'appuie sur des variétés végétales et des races animales adaptées aux milieux et évolutives. Cela permet non seulement d'obtenir des rendements beaucoup plus réguliers et sécurisants que les variétés standardisées, mais en outre de voir les plantes s'adapter progressivement et insensiblement aux évolutions climatiques en cours. Dans le contexte inexorable des dérèglements climatiques, seules des agricultures utilisant des plantes adaptées, adaptables et évolutives pourront fonctionner à moyen terme.

 

L'agriculture biologique permet une alimentation accessible et diversifiée

 

Produire ne suffit pas. Pour qu'une population se nourrisse, encore faut-il qu'elle ait un travail donc un revenu, et que les aliments disponibles permettent de disposer d'une alimentation équilibrée. C'est justement l'une des grandes vertus de l'agriculture biologique. Comme elle permet de maintenir une main-d'œuvre agricole nombreuse et de la nourrir directement, la bio évite l'exode rural. Or, dans les pays du Sud, l'exode rural n'est pas synonyme de développement comme certaines agences internationales semblent étonnamment encore le croire, mais de misère : 90 % des ruraux qui arrivent en ville se retrouvent à mourir de faim dans des bidonvilles. Maintenir une vie rurale active permet d'éviter cette paupérisation. En outre, les techniques bio imposent une diversité de cultures (cultures associées, rotations complexes), et par conséquent conduisent à une alimentation beaucoup plus riche et équilibrée que l'agriculture conventionnelle.

 

Cultures associées au Nord-Bénin - Photo J. Caplat

 

L'agriculture biologique nourrira bien mieux l'humanité que l'agriculture conventionnelle

 

Le résultat est indiscutable. Toutes les études internationales qui ont étudié les rendements réels dans les fermes réelles sur des millions d'hectares (et non pas des rendements expérimentaux d'agronomes réductionnistes) parviennent à la même conclusion, sans aucune exception, sans controverse possible. Dans les pays non-tempérés, correspondant aux trois-quarts de la planète et à la quasi-totalité de l'humanité, les rendements de l'agriculture biologique sont aujourd'hui supérieurs à ceux de l'agriculture conventionnelle.

 

Les seules régions du monde où les rendements bio sont inférieurs à ceux de l'agriculture conventionnelle sont le Canada et l'Europe. Comment s'en étonner ? En Europe et en Amérique du Nord, les paysans ne peuvent pas disposer de variétés adaptées aux milieux (les règlements sur les semences les en empêchent), ne disposent pas de savoirs sur les cultures associés et l'agroforesterie (certains pionniers les inventent actuellement, mais beaucoup reste à faire), ne peuvent pas développer de systèmes riches en main-d'œuvre (car toute la fiscalité a été bâtie pour défavoriser l'emploi et favoriser la mécanisation, créant une terrible distorsion de concurrence à l'encontre des agricultures riches en emploi, cf. une note antérieure).

 

Il faut donc sortir de notre habituel ethnocentrisme. Certes, pour des raisons politiques et historiques, l'agriculture biologique ne peut pas encore parvenir à obtenir de meilleurs rendements que l'agriculture conventionnelle en Europe et au Canada (ils sont cependant déjà équivalents aux États-Unis). Mais d'une part c'est là une conséquence de politiques agricoles qui écrasent la bio et l'empêchent d'être performante, et d'autre part c'est une paille à l'échelle mondiale ! Nos petits pays ne sont pas représentatifs du monde. À l'échelle mondiale, l'agriculture biologique est globalement plus performante que l'agriculture conventionnelle, elle est la seule capable de s'adapter aux changements climatiques, elle permet en outre de redonner un revenu aux populations paupérisées et elle est donc, de loin, la solution technique la plus efficace pour nourrir l'humanité.

 

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Pour aller plus loin, vous pouvez lire le rapport d'Olivier De Schutter (ancien rapporteur spécial des Nations-Unies pour le droit à l'alimentation) ou la synthèse de l'université d'Essex (qui a comparé 37 millions d'hectares dans les pays non-tempérés ; étude en anglais). NB : pour des raisons diplomatiques ou personnelles, ces études parlent d'agroécologie ou d'agriculture préservant les ressources – mais 99 % des cas qu'elles appellent ainsi relèvent de l'agriculture biologique au sens d'IFOAM et de ses fondateurs, comme le révèle la lecture détaillée des exemples cités. Enfin, une autre étude ciblée sur l'Afrique montre un doublement des rendements en bio, celle du Programme des Nations-Unies pour l'environnement (en anglais).

 

 

Pour approfondir le sujet : Les rendements de l'agriculture biologique, un quiproquo tenace

 

Le bio seul contre tous. (Nature)

Par Le 03/02/2016

Il n'y a pas d'autre solution, à notre niveau, que de considérablement limiter nos achats en les tournant exclusivement vers les productions bio. L'excuse qui consiste à dire que ça n'est pas possible parce qu'il n'y a pas assez de produits bio est fausse. Quant à dire que c'est trop cher, je ne sais pas à combien on peut évaluer la vie de nos descendants....Il faudrait pouvoir leur demander.....

 

 

 

La tragique fin de Kishantos, la ferme bio modèle de l’Europe

9 décembre 2014 / Elisabeth Schneiter (Reporterre) 
 


 

La tragique fin de Kishantos, la ferme bio modèle de l'Europe

Depuis vingt ans, en Hongrie, Kishantos est un modèle de ferme biologique rentable doublée d’un centre de formation florissant sur l’agriculture raisonnée. Mais il y a deux ans, l’État a dépecé ces terres et les a vendues à des exploitants utilisant engrais et pesticides. Un gâchis épouvantable qu’essaient d’empêcher associations et membres de Kishantos.


- Kishantos, reportage

15 novembre 2014. Des champs à perte de vue. La terre est noire, élastique et friable à la fois, riche et belle, elle en deviendrait presque appétissante. Au ras des mottes, on voit de très légers insectes minuscules qui tourbillonnent. Au loin, un tracteur vert trace une longue ligne droite sur l’immense champ de 87 hectares. Il traîne un large outil qui broie les pousses vertes.

Une femme marche à grands pas dans le champ, face au tracteur qui avance sur elle comme si le conducteur ne la voyait pas. Celui-ci passe sans dévier de sa ligne et lui fait un geste menaçant.« Il n’a aucun droit d’être ici, sur cette terre », s’exclame Eva Acs, agronome et directrice du Centre de développement rural de Kishantos. « Je suis allée ce matin même vérifier au cadastre le nom du titulaire légal de cette parcelle. Personne ! Le gouvernement n’a pas encore attribué ce bail. »


- Eva Acs face au tracteur vert. -

Une agression violente contre une ferme bio rentable

Géré par une association, le Centre de développement rural de Kishantos, à environ soixante kilomètres au sud de Budapest, cultivait depuis vingt ans, en bio, 452 hectares loués au Fonds national foncier, propriété de l’État hongrois. En plus de ses activités agricoles, le Centre investissait ses bénéfices dans un centre de formation.

En 2012, le bail de la ferme arrivant à échéance, le Fonds, au lieu de renouveler le bail comme il aurait dû, découpe les terres en dix parcelles et lance un appel d’offres pour trouver de nouveaux locataires, sans même mentionner la qualité « bio » des terres qui ont pourtant reçu les plus exigeantes des certifications, suisses entre autres.

Contrairement aux obligations légales, les terres ont été attribuées à des exploitants qui ne remplissent pas les conditions nécessaires et l’association Kishantos n’obtient, elle, aucun des lots.« L’État doit pourtant louer en priorité aux exploitants bio et aux centres éducatifs, et nous sommes l’un et l’autre ! », dit Eva Acs, qui attaque alors en justice le Fonds, avec le soutien de Greenpeace.

« Kishantos a le soutien de 150 organisations et de 8 000 personnes », dit Katalin Rodics, directrice régionale des campagnes Greenpeace. Une douzaine de procès sont en cours et, en novembre 2013, dans l’attente d’une décision de justice, Eva Acs a refusé de rendre les terres, d’autant que le gouvernement hongrois ne veut verser aucune compensation, ni dommages et intérêts.


- La terre noire de Kishantos -

Accaparement des terres et pesticides

Les militants de Greenpeace se sont relayés pendant cinq mois pour empêcher les nouveaux locataires de prendre possession des terres attribuées. Ils ont finalement dû céder à la force des milices privées envoyées par les propriétaires pour forcer le passage, en avril 2014.

Qui donc envoie maintenant le tracteur vert labourer un lot encore non attribué ? Eva Acs appelle la police pour tenter de le découvrir. Les deux policiers qui viendront ne feront que noter l’identité du conducteur, sans l’obliger à rien dire, ni à cesser son travail illégal. Effondrée, Eva suit le tracteur des yeux, symbole pour elle du régime hongrois actuel : avidité et illégalité.

La semaine dernière, elle a vu deux tracteurs pulvériser des pesticides chimiques sur une autre partie des terres, qui perdent ainsi leur certification bio. « C’est la deuxième fois ! », dit-elle, les larmes aux yeux. « C’est un acte barbare ! »


- Eva Acs -

Depuis 2004, année de l’entrée de la Hongrie dans l’Europe, l’agriculture se transforme à pas de géant avec l’arrivée des subventions et des lobbies d’intrants. « En dix ans, dit Balasz Tömöri, de Greenpeace, il y a déjà 60 % d’oiseaux en moins. » Et les différences de prix avec l’Europe accentue un accaparement des terres agricoles qui bat son plein en Hongrie.

En avril dernier, un grand nombre d’organisations internationales réunies à Budapest lors d’une réunion organisée par les Amis de la terre International (FOE International) sur un Programme de souveraineté alimentaire, ont signé une déclaration contre le landgrabbing (accaparement des terres) en Hongrie.

Des centaines de milliers d’hectares ont été alloués à des entreprises ou à de grands propriétaires hongrois via la location de terres domaniales, et un million d’hectares environ aurait déjà été acquis par des investisseurs étrangers par le biais de prête-noms, ou de contrats dits « de poche », c’est-à-dire non datés, et qui restent « dans la poche » jusqu’au jour où l’Europe imposera finalement à la Hongrie d’autoriser les étrangers à devenir propriétaires des terres.

Pourquoi l’état hongrois détruit-il Kishantos ?

Est-ce parce que cette ferme était la preuve vivante de la possibilité d’un développement rural sain, soutenable et démocratique ? Est-ce parce qu’elle produisait des céréales bio et vendait aussi des semences bio de haute qualité ? Est-ce parce qu’elle démontrait le succès d’une agriculture bio à grande échelle ? Parce qu’elle représentait la réussite d’une initiative de la société civile partant du bas vers le haut, et qui travaillait pour le peuple et le bien public ?


- József Angyan -

Créée en 1992, cette ferme est le fruit d’un rêve. Ferenc Bolye, un jeune fermier du coin, a eu la chance de partir au Danemark, étudier dans une école du Mouvement des universités populaires, ouvertes à tous sans examens. À son retour, il obtient l’aide d’experts allemands qui participent à la conception de la ferme qu’il a dirigée avec Eva Acs pendant vingt ans et dont il travaillait lui-même la terre. József Angyan, professeur au lycée agricole de Gödöllö, l’un des meilleurs experts agricoles hongrois, s’était aussi fortement impliqué dès le début.

https://www.youtube.com/watch?v=U6D7pU6En2U 
- En vidéo : Save Kishantos !

En 1995, Kishantos signe un bail pour une nouvelle parcelle de terre sur laquelle ils établissent une école pour enseigner aux jeunes agriculteurs les principes de l’agriculture biologique, avec en plus un Centre de formation populaire sur le modèle danois.

Au cours des vingt dernières années, Kishantos (petit Hantos) a mis en place, avec le village de Hantos, une coopération avec des partenaires danois et européens, et des programmes d’échanges internationaux. Plus de 200 jeunes Hongrois ont suivi pendant trois et cinq mois des cours sur la démocratie et la pratique d’une agriculture durable, à la Vestjyllands Højskole.« Kishantos est le seul projet en Europe où l’agriculture durable et écologique, l’éducation et la démocratie ont fonctionné ensemble en parfaite harmonie et de façon rentable », dit Eva Acs.

Officiels hypocrites

Deux jours avant, le 13 novembre 2014, l’Institut culturel français de Budapest recevait Pierre Rabhi lors d’une Journée consacrée aux Collectivités locales et à l’agroécologie. Il y avait là Zsolt Feldman, Secrétaire d’État hongrois, chargé du développement rural qui a parlé de la nécessité d’une agriculture pérenne, de l’importance des exploitations familiales et de la protection de l’environnement.

Gergely Papp, Directeur général et responsable du Développement rural à la Chambre d’agriculture hongroise, qui a parlé de l’importance de l’alimentation, et David Mezei, chargé des affaires stratégiques en matière de développement rural auprès du Premier ministre, qui a exposé l’intention de l’État d’éliminer les intermédiaires et le gâchis alimentaire.

Tous les trois ont félicité Pierre Rabhi pour ce qu’il représente et exprimé leur admiration pour ses idées. Dans la salle et sur l’estrade se sont succédé aussi nombre de parlementaires hongrois et français, d’activistes et de spécialistes. À la fin, Pierre Rabhi a été longuement acclamé par les participants et par le public qui emplissait la salle. Aucun de ces officiels n’a répondu à une question de la salle sur le sort de Kishantos.


- Viktor Orbàn, Premier ministre hongrois -

Gouvernement devenu ennemi

Avant les élections de 2010 le parti Fidesz avait promis de donner aux fermiers et aux jeunes familles l’accès aux terres domaniales, élément important de sa victoire. L’actuel Premier ministre, Viktor Orbán, qui connaissait personnellement József Angyan, agronome très populaire en Hongrie, lui avait proposé d’entrer dans son parti pour mettre en œuvre ses idées dans une stratégie agricole fondée sur la petite agriculture familiale et bio. Angyan avait accepté de siéger au Parlement sous la bannière du Fidesz.

« La Hongrie a, depuis deux ans, la meilleure stratégie de développement rural au monde, rédigée par József Angyan devenu secrétaire d’État à l’agriculture durable. Le texte, approuvé par le gouvernement, figure toujours sur le site du ministère de l’agriculture », explique Balazs Tömöri.« Simplement, l’État fait tout le contraire. »

József Angyan a donc démissionné fin 2012 pour protester contre les appels d’offres « truqués » et les politiques favorisant l’agro-industrie, les PME et l’État. Il a quitté le parti Fidesz pour devenir député indépendant, et il publie et met régulièrement à jour un rapport fleuve qui atteint aujourd’hui 2000 pages, dénonçant les pratiques de l’administration d’État de l’agriculture hongroise.


- Ivan Gyulai, directeur de Gömörszölös -

Les Hongrois sont sensibles à la défense de leur environnement et le Professeur Angyan est très connu. Les marchés bio et les centres de formation à l’agriculture bio ont beaucoup de succès, comme à Gömörszölös, à la frontière slovaque, où Ivan Gyulai enseigne aussi bien la culture sous paillis de paille que la façon de construire un poêle à bois à foyer économe, l’art des toilettes sèches et des maisons passives, à près de 3000 stagiaires par an.

« Nous avions tous été enthousiasmés par les premières déclarations et intentions de Viktor Orbàn ! », confie Marguerite Kardos, naturopathe qui vit entre la France et la Hongrie, « nous pensions qu’il voulait nous protéger ! »

Les choses ne s’arrangent pas, au contraire. Une voiture surgissant à toute allure sur la route a récemment failli renverser Ferenc Bolye, qui a sauté dans le fossé pour sauver sa vie. Eva Acs conclut : « Au Moyen-Âge, les Turcs venaient et détruisaient nos terres. Maintenant c’est le gouvernement qui est devenu notre ennemi. »


- Pour en savoir plus et aider Kishantos : Save Kishantos.


Source : Elisabeth Schneiter pour Reporterre

Photos : © Elisabeth Schneiter
Sauf :
. Photo József Angyan : Wikimedia ( CC-BY-SA-3.0/Andor Derzsi Elekes)
. Photo Viktor Orbán : Wikipedia (CC BY 2.0/European People’s Party)

Lire aussi : L’accaparement des terres sévit aussi en Hongrie

Street Art

Par Le 01/02/2016

20 images qui vous feront dire : Comment ont-ils pensé à ça?

 

Le street art devient de plus en plus populaire et les artistes de plus en plus créatifs. À la place des vandalismes inutiles, on voit à présent des œuvres impressionnantes. Ces 20 exemples sont particulièrement prodigieux car ils établissent une connexion avec leur environnement, dépassant leurs “canvas”. C’est incroyable de voir ce niveau de créativité.

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Beaucoup d’entre eux nous captivent par leur simplicité enfantine et d’autres par leur complexité imposante. Partagez ces images brillantes.  

"Ton pire ennemi" (spiritualité)

Par Le 31/01/2016

«Tu as besoin de faire face comme homme pour maximiser ton potentiel comme joueur»

Novak Djokovic

Novak Djokovic, y a-t-il une ou deux clés pour expliquer votre réussite ? 
Je ne peux pas choisir une chose en particulier et dire : c’est le secret de ma réussite. Si c’était si simple, beaucoup de gens le feraient. C’est beaucoup d’années de travail, de sacrifices, de dévouement, pas seulement à l’entraînement. C’est aussi dans ta vie pour essayer d’être une meilleure personne et le meilleur joueur possible. Tu ne peux pas séparer ta vie professionnelle et privée, c’est quelque chose que j’ai découvert au fil des années.

Tu es la même personne avec tes émotions, tes problèmes. Tu as besoin de faire face comme homme pour maximiser ton potentiel comme joueur. Dans des matches comme aujourd’hui, quand ça se joue à quelques points, si tu as quelque chose d’enfoui en toi, ça remonte et ça joue contre toi. C’est ton pire ennemi. Je parle de ma propre expérience mais tout le monde est différent. Ce n’est pas une formule du succès, juste quelque chose qui m’a aidé à m’améliorer.

 


 

Les insoumis non tolérés. (politique)

Par Le 30/01/2016

Ajoutée le 26 janv. 2016

L’UE planifie la surveillance des citoyens intolérants. L’ECTR (le Conseil Européen sur la Tolérance et la Réconciliation) a présenté un projet pour combattre l’intolérance.

Sources / Liens :
 

http://www.heise.de/tp/news/Intoleran... 

http://www.europarl.europa.eu/meetdoc...

 

Il n'est pas difficile de comprendre que cette surveillance n'est pas tant destinée à combarttre des comportements intolérants mais bien davantage à resserrer l'étau sur ceux qui n'entreront pas dans le cadre des textes édités par le "Conseil....

C'est effrayant de voir à quel point la dialectique utilisée par les Etats européens est d'une perversité inégalée depuis quelques temps. 

 

Georges Orwell est à mes yeux le plus grand vissionaire de notre siècle. Malheureusement. 

 

Benjamin Franklin avait senti venir le problème également :

 “Ceux qui peuvent renoncer à la liberté essentielle pour obtenir un peu de sécurité temporaire, ne méritent ni la liberté ni la sécurité.”

 Cette citation originale est issue d’une lettre qu’aurait écrite Benjamin Franklin au nom de l’Assemblée de Pennsylvanie à l’attention du gouverneur de cette colonie, en 1755.

 

Microsoft et l'Education nationale (école)

Par Le 30/01/2016

Un recours demande l'annulation du partenariat entre Microsoft et l'Éducation Nationale

Le partenariat très léger signé entre Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation Nationale, et Alain Crozier, président de Microsoft France, est menacé d'annulation suite au recours du collectif EduNathon. (Crédit D.R.)

Le partenariat très léger signé entre Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation Nationale, et Alain Crozier, président de Microsoft France, est menacé d'annulation suite au recours du collectif EduNathon. (Crédit D.R.)

Le collectif EduNathon, qui regroupe le CNLL et les associations La Mouette et Ploss-RA, a déposé un recours gracieux contre une décision de la ministre de l'Éducation Nationale et menace de saisir le tribunal administratif pour annuler un partenariat contesté passé sans aucun appel d'offre avec Microsoft France.

Le partenariat entre Microsoft France et le ministère de l’Éducation Nationale, après un contrat sans appel d’offre du ministère de la Défense forcement suggéré par l’Otan, ne passe toujours pas. Signé en novembre dernier dans le cadre du Plan numérique à l’école, sans avoir donné lieu à un appel d’offre ou à une procédure de marché public, ce partenariat a été immédiatement dénoncé par le Conseil national du logiciel libre. Cette convention préannoncée lors de la visite de Satya Nadella à l’Élysée le 9 novembre 2015 a été finalisée par Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation Nationale, et Alain Crozier, président de Microsoft France. D’une durée de 18 mois, il prévoit notamment des formations avec le concours d’associations, l’apprentissage de code, la mise à disposition d’un réseau social privé mais aussi l’utilisation de la suite Office 365 Education, couplée à l’outil MDM Intune pour gérer les postes de travail, et enfin Azure Active Directory pour l’identification des utilisateurs. Du 100% cloud Microsoft donc hébergé à l’étranger puisque la firme ne possède toujours pas d’infrastructures en France. Le partenariat porte aussi sur l’utilisation de solutions d’analyses pour mieux comprendre les tendances au sein de l’Éducation Nationale.

Faute de réaction - autre qu’un tweet expéditif de la part du ministère de l’Education Nationale - un collectif baptisé EduNathon, qui rassemble le CNLL, les associationsPloss-RA et La Mouette, a décidé de lancer ce jour une procédure avec le concours du cabinet FWPA contre la ministre suite à cet accord présenté comme un partenariat. Un recours gracieux pour commencer avant de saisir le tribunal administratif. Le collectif demande le retrait de cette décision et ajoute « Bien que cet accord soit qualifié de « partenariat », la nature des prestations proposées par Microsoft France au sein de celui-ci conduisent à penser qu’il aurait en réalité du être qualifié de marché public, et qu’il aurait du être conclu à l’issue de la procédure normale relevant du Code des marchés publics. » Le cabinet ajoute encore que « la signature de cette convention paraît donc juridiquement très contestable, que ce soit au regard du droit de la concurrence, des principes de la commande publique ou des dispositions du code des marchés publics. » Gageons que cette fois la réaction du ministère ne se limitera pas à un pauvre tweet.

Article de 

Bruno Giullani : L'école du bonheur (école)

Par Le 30/01/2016

Témoignage d'un prof qui a quitté l'éducation nationale

Par Bruno Giuliani

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Pourquoi certains enfants aiment l'école alors que d'autres la détestent ? Pourquoi certains réussissent bien leur scolarité alors que d'autres sont en difficulté voire en total échec ? Pourquoi notre école est-elle en crise ? Comment l'en faire sortir ?</p> <p>Voici ma réponse, fondée sur plus de trente ans de réflexion et de pratique du système scolaire en tant qu'élève, parent d'élève et professeur : les enfants aiment l'école et réussissent quand elle permet leur épanouissement, ils la détestent et sont en échec quand elle l'entrave. C'est pourquoi je pense qu'il serait bon d'introduire les différentes techniques du développement personnel à l'école, à toutes les étapes du cursus scolaire. Mais pourquoi ne pas repenser complètement le système scolaire pour qu'il permette directement le développement personnel des jeunes ? Si notre école est en crise, ce n'est pas parce que les professeurs ne savent pas enseigner ou parce que les élèves ne veulent pas apprendre, c'est parce qu'elle ne respecte pas assez le désir essentiel des êtres humains, le désir d'être heureux.

Le sens de l'éducation Je l'ai vécu en tant qu'élève tout au long de ma scolarité, je le vois aujourd'hui avec mes quatre enfants âgés de dix à dix neuf ans, je l'ai aussi constaté avec des milliers d'adolescents quand j'étais professeur en lycée : l'école ne réussit que si elle permet à un élève de se sentir progresser dans le sens de son désir. La première motivation des élèves n'est pas la culture ni la formation en vue d'un travail, c'est le mieux-être : devenir plus compétent, plus puissant, plus libre, plus épanoui. Comme tout être humain, un enfant est un être de désir. Il n'accomplit une action que s'il y trouve un intérêt, que s'il se sent motivé dans son être par cette action et le fruit de cette action. Or le désir essentiel de l'homme est d'être heureux, d'acquérir tout ce qui lui permet d'être plus heureux. L'école doit certes transmettre les bases du savoir, mais le but fondamental de l'éducation est selon moi de développer l'aptitude au bonheur. Une école doit être comme une famille : un lieu où les enfants s'épanouissent, où ils se sentent bien, parce qu'ils se sentent progresser sur leur chemin de vie.

 

La finalité de l'école Le but de l'école n'est pas seulement de transmettre des connaissances ou de socialiser les enfants, il est de transformer un être immature en personne autonome, responsable et épanouie, capable de bien vivre avec les autres, conformément à son désir.

Quel est le critère d'une bonne école ? Je n'en connais qu'un, mais il suffit : c'est qu'il y règne la joie d'apprendre. L'expérience montre qu'un apprentissage réussit lorsque les élèves aiment ce qu'ils apprennent et la manière dont ils l'apprennent. Lorsqu'ils comprennent la légitimité et l'intérêt de ce qu'on leur enseigne et qu'ils peuvent en tirer une satisfaction. L'acquisition d'un savoir ne va certes jamais sans effort ni difficulté. Il faut du courage pour étudier une discipline, faire des exercices, suivre un programme, accepter des contraintes. Mais il est impossible de bien apprendre quoi que ce soit sans une forte motivation personnelle. Le drame de l'éducation scolaire, c'est qu'elle ne tient aucun compte du désir des élèves. La plupart ne sont absolument pas intéressés par ce qu'on leur enseigne. Beaucoup ne comprennent même pas pourquoi on leur apprend certaines matières comme les mathématiques, l'histoire ou la philosophie, voire le français, les langues ou la musique. C'est que le système scolaire met au centre le savoir et non l'être humain. Il donne la priorité à ce qui est secondaire, le savoir du maître à transmettre avec son objectivité et sa rigueur, et il néglige l'essentiel, le désir de s'améliorer de l'élève, avec toute sa subjectivité, sa singularité, sa personnalité. Les grands pédagogues le disent depuis Rousseau : Pestalozzi, Montessori, Freinet, Steiner... Tous savent qu'il faut mettre le désir d'évoluer de l'enfant au cœur du processus éducatif. Mais les meilleurs témoins sont les élèves. Ils savent immédiatement reconnaître les « bons profs » des « mauvais profs ». La distinction est certes caricaturale, mais elle n'est pas sans pertinence.

Les bons et les mauvais profs Les bons profs sont ceux qui aiment enseigner et réussissent à transmettre leur savoir « en intéressant leurs élèves », comme ils disent, et cela marche quels que soient le niveau et la matière. Ils savent s'adresser non seulement à l'esprit mais aussi au cœur de leurs élèves, ils n'ont pas peur de s'impliquer dans des relations authentiques, sont attentifs à leurs besoins, font évoluer leurs cours, savent adapter leurs méthodes. Est-ce un hasard si la plupart d'entre eux ont eu une démarche de développement personnel dans leur vie privée ? Les « mauvais profs » sont ceux avec qui les élèves n'aiment pas étudier parce que leurs cours ne sont pas vivants. Ils se contentent de réciter leurs connaissances de manière impersonnelle et sont ennuyeux malgré la meilleure volonté pédagogique du monde. J'ai bien peur qu'ils soient les plus nombreux dans l'éducation nationale. Mais ils font ce qu'on leur demande et ce qu'on leur a appris. Les universités et les IUFM sont centrés sur le savoir et l'efficacité de sa transmission, non sur l'être humain et son épanouissement. Comment pourrait-il en être autrement à l'école?

Une pédagogie du désir

La pédagogie est pourtant une science bien simple. Le principal moteur de l'apprentissage est le même que n'importe quelle action humaine : c'est la recherche de ce qui est bon, c'est l'amour de la vie. « Le désir est l'essence de l'homme », comme le dit Spinoza. C'est parce qu'on néglige cette vérité anthropologique fondamentale que tout va si mal dans le grand navire de l'Education Nationale. Tant de professeurs ne s'intéressent pas au désir de leurs élèves, ne les aiment pas, et souvent, les méprisent... Comment cela ne serait-il pas réciproque ?

Tout se passe mieux lorsqu'un professeur entre en dialogue avec ses élèves, qu'il les valorise et adapte son enseignement de manière à satisfaire leur désir de bonheur. Quand il leur montre l'intérêt de sa matière dans l'optique de la vie. L'enseignement réussit surtout bien lorsqu'il procure à l'élève une joie d'apprendre : joie d'augmenter son savoir et son savoir-faire, d'accroître son autonomie, de devenir meilleur, plus estimable, plus vivant. C'est la leçon qu'on peut tirer de l'extraordinaire expérience pédagogique du petit Arthur relatée dans « mon école buissonnière » : un enfant normal apprend tout très vite quand il travaille dans l'amour et la joie : stimulé par ses parents, Arthur a eu son bac à 11 ans et une licence de math à 13 sans aller à l'école, avec beaucoup d'équilibre et de bonheur.

Une telle réussite demande une tout autre manière d'enseigner que celle à laquelle nous sommes habitués. Je le vois bien avec mes enfants, je l'ai également vu pendant mes dix années passées dans l'éducation nationale, d'abord comme professeur de sciences en collège, puis comme professeur de philosophie en lycée.

Mon expérience d'enseignant

Le scénario se répétait chaque année, avec toutes mes classes. Les élèves arrivaient avec des années de conditionnement éducatif derrière eux. Ils étaient habitués à rester passifs et à travailler sans motivation, par contrainte. Il y avait bien toujours une petite poignée d'élèves sérieux et motivés, mais la grande masse était démotivée, découragée, avec un noyau grandissant de jeunes en échec et dégoûtés par le travail, qui rendaient la classe impossible à gérer. Alors que tous sont si pleins de vie et désireux d'apprendre ! Que fait l'enseignant classique ? Il fait ce qu'on lui demande et ce pour quoi on le paye : il fait son cours en s'adressant de la même manière à tous les élèves. Il sait que seule la petite partie motivée et au niveau peut le suivre, mais il a un programme à respecter... Je ne crois pas exagérer en disant que la majorité des élèves n'écoutent pas les cours de leurs professeurs. C'est ce qui est si décourageant quand on est enseignant : tous ces efforts, pour si peu de résultats...

C'est aussi ce qui se passait dans mes classes au début, quand je faisais mes cours sans m'intéresser aux élèves. Des dizaines d'heures de préparation, toute mon énergie en classe pour les intéresser, mais ils ne se sentaient pas concernés. Ils s'ennuyaient, se mettaient à dessiner, à bavarder entre eux, dormaient ou faisaient leurs devoirs pour les autres matières. Je n'ai été efficace que lorsque j'ai commencé à concevoir mes cours comme des séances de développement personnel : en impliquant les élèves dans leur être, en m'intéressant à tous, individuellement, surtout les plus faibles, en étant attentif à leur demande éducative. J'ai multiplié les initiatives pour rencontrer leur désir, susciter leur motivation, stimuler leur goût de comprendre. Cela supposait surtout que je m'intéresse à eux personnellement, que je sache les impliquer existentiellement, que je leur montre que mon enseignement pouvait les aider à résoudre leurs problèmes de vie. Mes cours marchaient bien quand ils ne se contentaient pas de transmettre un programme de sciences ou de philosophie mais qu'ils leur apportaient un plus dans leur vie. Je suis ainsi devenu le professeur à part, celui qu'on préfère parce qu'on peut dialoguer librement, étudier ce qu'on désire, travailler dans la joie et même, parfois, jouer, rire et se reposer.

Un professeur de bonheur

Avant d'être un professeur face à des élèves, je me sentais un être humain face à d'autres êtres humains. Plus compétent, certes, mais pas nécessairement supérieur. Et je suis devenu peu à peu un professeur heureux, avec des élèves heureux d'étudier la philosophie avec moi comme un moyen d'épanouissement personnel et regrettant de ne pas avoir commencé bien plus tôt.

Ce travail était passionnant, mais épuisant. Les élèves que j'accueillais en terminale étaient trop conditionnés par le système scolaire, et j'entendais beaucoup de critiques de la part des collègues et de l'administration. Après des années d'efforts pour faire mes cours dans l'esprit du développement personnel, j'ai pris congé de l'éducation nationale et j'ai créé ma propre école de philosophie. Une école ouverte à tous, jeunes et moins jeunes, dans laquelle je m'épanouis en enseignant librement la philosophie pratique à tous ceux qui désirent progresser en sagesse et en bonheur.

Le besoin de philosophie pratique Il est bien dommage que l'école de la République ne puisse faire profiter les élèves d'un tel enseignement. Ce n'est pas en terminale, en une année et pendant la période du bachotage que l'on peut profiter pleinement d'un enseignement philosophique. C'est tout au long de la scolarité et dès le plus jeune âge qu'il est essentiel d'apprendre à penser par soi-même, à dialoguer, à comprendre sa vie, à développer son éthique, à réfléchir librement sur l'homme et le monde, la connaissance et la vérité, la pratique et les valeurs... Et même tout au long de la vie.

Les initiatives pour introduire la philosophie à l'école ont toutes été des succès. Pourquoi ne pas les généraliser ? Pourquoi ne pas introduire la philosophie comme matière obligatoire dans toutes les formations d'enseignants et dans toutes les écoles, à tous les niveaux ? Il n'y a qu'un piège à éviter, dans lequel les professeurs de terminale tombent trop souvent : rester trop conceptuel, général et théorique, trop loin de la vie pratique et des préoccupations des jeunes. Philosopher, c'est apprendre à mieux penser pour mieux vivre. La philosophie est avant tout un exercice spirituel destiné à s'améliorer soi-même, comme l'a bien montré Pierre Hadot. C'est en fait la discipline par excellence du développement personnel. Pourquoi ne pas la pratiquer ainsi à l'école ?

Des méthodes non orthodoxes Au lycée, je commençais toujours mes cours par un témoignage personnel. J'invitais un élève à exposer un problème existentiel à ses camarades puis nous cherchions ensemble le problème philosophique en jeu et les solutions possibles : dois-je dire à mes parents que je me drogue ? Comment lutter contre mon racisme ? Est-ce que je crois toujours en Dieu ? Puis-je tromper mon petit ami ? Pour qui voter ? Comment vaincre ma peur de l'avenir ?

Je n'hésitais pas non plus à parler de ma vie personnelle pour montrer comment la réflexion philosophique me permettait de résoudre des difficultés pratiques. Tous les élèves écoutaient alors avec intérêt, sans exception. Quand ils étaient saturés de paroles, de concepts et de théorie, je profitais de la liberté totale qui est laissée aux enseignants pour introduire des exercices pratiques comme on en trouve dans les stages de développement personnel : séances de relaxation, exercices de sophrologie, tests psychologiques, dialogues à deux, séances de massage, scène de théâtre, jeux comiques, écriture de lettres d'amour, rêves lucides, mouvements de Tai Chi, postures de Yoga, jeux divers, méditation, travail avec vidéo, exercices de Biodanza, chansons, séances de blagues et même des parties de football... J'y consacrais quelques séances par trimestre ou quelques dizaines de minutes dans un cours pour dynamiser la classe ou illustrer des parties du programme. L'intimité et la confiance ainsi créée permettait de pratiquer autrement et plus joyeusement la philosophie, sans perdre la rigueur de la pensée et l'exigence de la raison. Ces séances très vivantes et créatrices étaient adorées par les élèves mais mal vues par mes collègues et l'administration lorsqu'elle en avait vent. C'est que je ne me contentais pas de leur enseigner la liberté de penser, je les invitais à la liberté d'agir. Cela supposait parfois des pratiques non orthodoxes : nous abandonnions les livres, enlevions les tables pour nous asseoir en rond, nous sortions parfois de la classe pour rejoindre la salle de documentation ou de gym, trouver un coin de nature ou aller sur le terrain de sport. Le plus souvent, il suffisait d'inviter les élèves à une expérience sans rien modifier à la classe : quelques minutes de relaxation assise avant de commencer le cours, quelques blagues pour détendre l'atmosphère et en tirer une règle de sagesse, ou un exercice pratique pour « vivre » un thème du programme.

De la philosophie en acte L'école traditionnelle privilégie beaucoup trop l'apprentissage théorique, conceptuel et abstrait. Au contraire, le développement personnel propose des voies d'intégration de toutes les potentialités humaines, notamment les plus négligées par notre éducation : la pratique, le corps, l'action. Ses possibilités d'application à l'enseignement sont infinies. Voici trois exemples tirés de ma pratique.

1. Terminale scientifique, cours sur la superstition. Laurent s'enflamme et me dit qu'il est certain que les esprits existent. Je lui demande de sortir pour chercher de la craie et demande à son meilleur copain de se cacher dans une armoire. Il revient et je propose de faire une séance de spiritisme en classe. Il s'enthousiasme et propose de l'organiser. Il demande le silence, fait l'obscurité et interroge : esprit es-tu là ? « L'esprit de l'armoire » se met alors à frapper et à répondre avec pertinence à toutes ses questions. C'est le triomphe : « vous voyez bien que ça existe ! » Il ouvre même l'armoire et ne voit pas son copain qui était pourtant bien visible. Toute la classe s'écroule de rire... Esprit critique, es-tu là ? Il était ensuite facile d'expliquer les mécanismes de l'illusion à l'œuvre dans la superstition et ses dangers. 2. Terminale économique, cours sur le langage. Qu'est-ce qu'un concept ? Les élèves font la moue. Je leur demande alors de venir au tableau un par un pour mimer un concept, du plus simple au plus subtil. Soudain, grand intérêt, climat de joie et beaucoup d'étonnement de voir la difficulté de communiquer sans langage. Stupéfaction parfois devant les gestes absurdes de certains élèves pourtant intelligents, alors que d'autres plus faibles se révèlent très doués pour la communication non verbale. Tous se rendent compte de la nécessité du langage pour exprimer certaines réalités. Je commence alors mon cours, mais un élève me demande de le mimer...

En un quart d'heure de gesticulation des plus comiques, je parviens à leur faire comprendre une phrase complexe : la définition d'un concept. Tous s'en sont souvenus.

3. Terminale technique, cours sur autrui. J'explique l'importance du dialogue authentique pour créer l'amitié. C'est une classe très difficile dont tous les professeurs se plaignent (à part moi). Un élève me dit que tout le monde se déteste dans cette classe depuis un conflit en début d'année et que personne ne parle jamais à personne. Je propose alors à chacun de choisir un camarade avec qui il est en conflit, de se mettre à côté de lui et d'écrire sur une feuille « pourquoi est-ce que tu ne m'aimes pas ? ». Malgré quelques réticences, tous s'exécutent, les feuilles et les réponses s'échangent pendant une demi heure, avec la consigne d'éviter tout reproche, de ne parler que de soi et de terminer sa réponse par une question à l'autre pour faire sa connaissance.

L'atmosphère change : le silence devient intense dans cette classe d'habitude chahuteuse voire violente. Des rires, des larmes, puis lecture à la classe de quelques dialogues. Analyse en commun de la situation : le conflit venait d'une incompréhension, et l'incompréhension, d'une mauvaise communication. Tout est allé mieux ensuite. Le cours d'après, un élève vient me voir pour me dire qu'il a fait faire l'exercice à ses parents qui n'arrêtaient pas de se disputer et que ça avait « incroyablement marché ». Ce n'est qu'un petit échantillon de ce qu'on peut faire pour introduire l'esprit du développement personnel dans l'enseignement. Les résistances au changement sont fortes dans notre système, mais les besoins sont immenses. Plus d'une fois des collègues sont entrés dans ma classe en croyant que je n'étais pas là parce qu'ils entendaient trop de rires ou de cris. Beaucoup n'aimaient pas mes méthodes jugées « fantaisistes ». Mais le fait est là : mes élèves aimaient venir dans mes cours, ils réussissaient aussi bien au bac sinon mieux, et ils avaient avec moi le sentiment de savoir pourquoi ils venaient à l'école. Par chance, mon proviseur était compréhensif. Il m'a seulement demandé une lettre de l'inspecteur d'académie pour légitimer mes méthodes après qu'une parente d'élève lui ai téléphoné pour savoir s'il était normal que le cours de philosophie se déroule sur le terrain de sport. Je n'ai plus ce genre de problèmes depuis que je ne travaille plus en lycée mais je me sens toujours concerné par le devenir de notre école.

Un problème de société

J'ai bien peur que les professeurs compétents qui aiment ce métier et réussissent avec leurs élèves ne soient amenés comme moi à se marginaliser dans le système éducatif ou à s'en exclure d'eux-mêmes pour pouvoir enseigner dans de bonnes conditions. Notre ministre philosophe Luc Ferry a absolument raison de vouloir réformer en profondeur le système scolaire, mais il risque de s'y casser les dents comme ses prédécesseurs s'il n'est pas attentif aux véritables désirs des acteurs de l'école. A mon sens, le problème scolaire dépasse largement la question de l'éducation. Il prend sa racine dans l'idéologie diffuse qui règne dans toute notre société. Idéologie du « progrès » et de « l'humanisme », certes, mais bien éloignée des désirs et de la raison. Notre système éducatif ne donne pas la priorité au désir de culture, de sagesse et de bonheur des individus. Il suit la tendance de la société à privilégier des valeurs comme la rentabilité économique, la compétition sociale, la puissance technique, la réussite médiatique ou le progrès scientifique.

Changer le système ?

Si j'étais ministre de l'éducation nationale, je proposerais de faire ce que la grande majorité des élèves, parents et professeurs demande, ou plutôt désire sans oser le demander : totalement changer le système éducatif. J'entends souvent dire que la France a le meilleur système éducatif du monde. C'est peut-être vrai, mais selon quels critères ? Les 80 % de réussite atteint au baccalauréat sont un leurre. J'ai vu des milliers de candidats avoir leur baccalauréat avec un niveau déplorable : aucune culture solide, une intelligence médiocre, une totale immaturité.

La majorité des bacheliers ont moins de sept en philosophie, malgré l'augmentation constante des barèmes de notation. Ils ne savent pas penser par eux-mêmes, ne comprennent pas ce qu'ils disent, ne savent pas maîtriser les concepts de base. Comment pourrait-il réussir ensuite à l'université ? Et que dire de tous ceux qui n'arrivent pas au bac ? La vérité, c'est que notre système éducatif est catastrophique. Il est construit depuis la maternelle pour fabriquer une élite pour les grandes écoles et non pour épanouir la totalité des enfants et en faire des êtres heureux, des hommes intelligents et des citoyens responsables. La plupart des élèves perdent leurs capacités, leur intérêt pour le savoir, leur désir de progresser durant leur scolarité.

La majorité des professeurs se sentent en échec. Mais ce n'est pas une fatalité. L'école peut changer. Ce n'est qu'une question de volonté. Qui sait quel animal merveilleux le Mammouth pourrait devenir si on savait écouter son désir ?

L'école de rêve Il ne s'est pas passé une année sans que je demande à mes élèves de répondre à la question « quelle serait pour vous l'école idéale ? ». Les réponses étaient toujours très originales, pertinentes et réalistes. Tous rêvaient à peu près de la même chose, une école au service de leur épanouissement : moins de travail en quantité mais plus en qualité, de bons profs, de l'écoute, une ouverture sur la vie, et surtout, plus de joie... Quel ennui dans la plupart des classes... Et quelle tristesse... Une mesure très simple (mais scandaleuse) permettrait d'améliorer grandement l'école : laisser les élèves choisir leurs professeurs.

Beaucoup d'enseignants se retrouveraient peut-être sans élèves et n'auraient plus qu'à changer de métier ou à l'apprendre auprès des meilleurs d'entre eux. Mais les élèves y gagneraient. Il est bon en principe de réduire les effectifs par classe et d'augmenter les horaires par matière. Mais il vaut mieux une heure de cours excellente dans un amphi avec cinq cent élèves qu'une heure médiocre donnée par cinquante profs avec des classes de dix.

Et pour nous, quelle serait l'école idéale ? Qu'est-ce qui nous empêche de la créer, de la maternelle à l'université ? Je pense personnellement que presque tout doit être changé : les horaires, les matières, les programmes, les formations des professeurs, les modalités d'examens, les méthodes pédagogiques. Mais l'essentiel n'est pas là. Il est « invisible pour les yeux », comme dit le petit Prince : c'est ce qui se passe dans le cœur de l'élève, et dans la qualité de la relation entre les enseignants et les enseignés.

Du réalisme Un tel projet demande autant de courage que de prudence. Il ne s'agit pas de révolutionner l'école mais de la réformer progressivement en exploitant ses ressources pour qu'elle réponde mieux aux besoins de tous. Nous disposons d'une magnifique invention pour cela : la démocratie. L'État n'a jamais demandé au peuple de se prononcer sur l'école qu'il désire. Pourquoi ne pas lancer une réflexion nationale sur l'école ? Pourquoi ne pas lancer une enquête pour demander à tous les français de se prononcer sur l'école qu'ils désirent, sans oublier les premiers concernés : les enfants ? Nous pouvons nous inspirer des autres systèmes éducatifs dans le monde, des institutions parallèles comme les écoles Steiner ou Krishnamurti, des essais innovants tels que la « méthode Arthur ».

Introduire quelques heures de développement personnel et de philosophie dans les classes serait excellent, comme il serait bon de développer les pratiques artistiques et le sport à l'école, mais cela serait insuffisant pour supprimer le malaise des enseignants, donner aux élèves le goût de travailler et éliminer l'échec scolaire. C'est toute la philosophie de l'éducation qu'il faut changer dans notre pays, toute la manière d'envisager la scolarité, dans l'esprit de tous. Utopie ? Non, si on s'en donne les moyens, et si on sait poser les bonnes questions. Quelle société désirons-nous ? Quelle humanité désirons-nous créer ? Soyons réalistes : c'est ce débat philosophique qu'il faut avoir le courage d'ouvrir si nous voulons vraiment améliorer le système éducatif. « Seul un dieu peut encore nous sauver », disait Holderlïn. Ce dieu, c'est peut-être l'école du bonheur.

À lire :

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Préface de Frédéric Lenoir

Tous les hommes veulent le bonheur ; mais comment l’atteindre ? Et est-ce même possible ? La plupart des gens – et des philosophes – proclament que le bonheur total n’existe pas, qu’il est impossible de vivre dans une totale satisfaction, qu’il ne peut exister que des instants fugitifs de joie dans une vie au mieux agréable. Or les sages de l’humanité, Epicure, Bouddha, Spinoza, Ramana Maharshi par exemple, nous disent le contraire : la félicité est possible car elle est notre état naturel.

Bruno Giuliani affirme ici en s’inspirant de ces grands maîtres que le bonheur absolu est possible et il nous donne les clés pour l’atteindre. Pour cela, il faut cultiver l’ensemble des vertus humaines pour épanouir en nous les cinq sentiments de base du bonheur : la joie qui en est l’essence, l’amour, qui en est la source, la sérénité, qui en est la condition, l’enthousiasme, qui en est le moteur et enfin la félicité qui en est le sommet.

Ce livre est une invitation à progresser sur le chemin de la sagesse en pratiquant la philosophie de la joie. S’appuyant sur la sagesse des grandes traditions philosophiques et spirituelles que l’auteur maîtrise parfaitement, s’appuyant aussi sur son propre vécu d’homme heureux, et sur des dizaines de témoignages issus de sa pratique de coaching de vie et de la joie, Bruno Giuliani nous offre un livre unique capable de transformer notre vie. Profondément.


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L'amour de la sagesse, initiation à la philosophie, Editions du Relié

Ce livre propose une initiation simple, claire et complète à la philosophie. Chacun sait que la philosophie est une réflexion sur le monde qui a pour but la recherche de la vérité. Mais on oublie souvent que la philosophie n'a pas pour but le savoir, mais la sagesse. Sa finalité n'est pas la science, mais le bonheur. Son moteur n'est pas la raison, mais le désir. Son horizon n'est pas la vérité, mais le sens. La philosophie ne prend toute sa valeur que si elle exprime notre amour de la vie, en réalisant notre désir le plus profond: celui d'accomplir notre humanité pour habiter ce monde dans la plénitude du corps et de l'âme.





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Le bonheur avec Spinoza, L'Ethique reformulée pour notre temps, Almora.
Spinoza est peut-être le plus grand philosophe de l'Occident, mais il est si difficile à lire que très peu arrivent à le comprendre. Voici son Ethique rendue enfin accessible à tous dans une version simplifiée et modernisée enrichie de précieuses explications et de nombreux exemples. Reformulant l'Ethique dans le sens des sagesses non-duelles, Bruno Giuliani met en lumière l'intuition la plus révolutionnaire de l'oeuvre, souvent incomprise de ses lecteurs, à savoir que le véritable sens de Dieu - c'est-à-dire la nature - est en réalité la Vie. Accompagnant le lecteur tout au long de l'ascension spirituelle qui va de la souffrance de l'ignorant à la liberté du sage, il montre comment se libérer des illusions de la morale et s'éveiller à la grâce de l'amour par la seule compréhension de la vérité. L'Ethique apparaît alors clairement pour ce qu'elle est : une extraordinaire pédagogie du bonheur dont la méthode est la thérapie de l'affectivité par l'éveil de notre intuition. Plus nous comprenons nos affects comme des expressions nécessaires de la Vie, plus nos passions se transforment en vertus et plus nous devenons libres, aimants et heureux, jusqu'à la plus haute béatitude. Une invitation magistrale à éveiller notre coeur à l'unique source du bonheur - et au sens même de l'existence : la culture de la joie. 

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Vivre Amoureux, L'art d'être heureux en amour, Editions Eden (avec Raul Terren)

Deux hommes se rencontrent pour parler de l’amour…  Pour une nuit ou pour la vie, comment être heureux en amour ? Leur réponse : aimer ne suffit pas. Le secret est d’être amoureux. 
Et pour vivre durablement dans l’enchantement amoureux, hommes et femmes ont besoin de cultiver toutes les dimensions de la joie amoureuse : la jouissance des corps par le culte de l’érotisme.
La réjouissance des âmes par la culture de l’amitié. La jubilation d’être soi par le déploiement de l’autonomie. La tendresse du coeur par le partage de la douceur.  L’extase de l’esprit par la célébration du sacré.  Désirer, prendre soin, vénérer…  C’est le nid dont l’amour a besoin pour s’épanouir dans le couple comme dans toutes nos relations.  Mieux qu’une philosophie de l’amour : une sagesse amoureuse. Plus qu’un art d’aimer : un hymne au bonheur.  


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Liste de conspirationnistes (politique)

Par Le 29/01/2016

Quand j'étudie de près la liste des sites concernés, je suis effaré......J'essaie de comprendre en quoi ces sites peuvent être jugés "dangereux" et c'est toujours la même réponse qui survient : les intérêts financiers. Ca n'est pas tant les "idées" qui sont jugées subversives mais les effets de rejet de consommation qu'elles peuvent générer. "Santé nutrition" ou "Esprit science métaphysique" sont deux exemples parlants. Il y en a beaucoup d'autres dans cette liste que je lis régulièrement d'ailleurs. Tout ce qui concerne la contestation du système politique est évidemment dedans. "Michel Collon", par exemple. Tout ce qui concerne les informations en général et qui ne vont pas dans le sens de la "liberté d'expression" du gouvernement....

 

 

 

 

Conspirations, rumeurs, parodies: l'annuaire des sites "d'infaux"

Par LEXPRESS.fr, publié le 

"C'est quoi ce site?" Certaines "informations" trouvées en ligne peuvent surprendre. L'Express recense les sources à consulter avec précaution, parce qu'elles sont satiriques ou insuffisamment fiables.Cette base de données est collaborative et a vocation à évoluer en fonction de vos retours. Vous vous interrogez sur un site? Vous avez des remarques sur un élément du tableau? Envoyez-nous vos remarques, questions et suggestions à l'adresse cestquoicesite.lexpress@gmail.com. (A ce jour, une trentaine de sites supplémentaires ont été ajoutées à la base grâce à vos retours).

 

Méthodologie:

1. Pourquoi une telle base de données?

"C'est quoi ce site?" Face à la profusion d'informations émanant de sources diverses et souvent inconnues du lecteur, il est utile de donner des repères aux internautes. Nous avons donc choisi de regrouper, dans une même base (mais de manière à ce que chaque catégorie soit clairement identifiée comme telle):

- 1. les sites d'"information alternatifs" et les blogs susceptibles de relayer de fausses informations. (non, juste des informations qui ne vont pas le sens du "Marché")

- 2. les principaux sites satiriques connus (parfois, il est plus difficile de les distinguer des sites "sérieux" qu'on ne pourrait le croire)

2. Comment jugez-vous les sites présentés dans ce tableau?

Ce n'est pas parce qu'un site est référencé dans notre base de données que tout ce qu'il écrit est faux. Pour établir cette liste, nous avons parcouru des centaines de sites. Lorsqu'il nous est apparu qu'il s'agissait d'un site satirique, nous l'avons rangé dans la catégorie correspondante. Ce à quoi s'ajoutent les sites qui, à défaut de ne publier que des informations inexactes, ont à plusieurs reprises des informations fausses, insuffisamment étayées, voire de simples rumeurs.

Nous nous sommes efforcés de donner au maximum, lorsque c'était possible, des éléments de compréhension sur la nature des sites en question pour éclairer ceux qui se posent des questions sur un site donné, à travers de courts textes et des liens vers des sources de références.

3. Cette base de données est évolutive

Nous avons essayé de référencer au mieux les sites qui ont le plus de portée en France. Notre liste a vocation à s'enrichir au cours des prochains mois à travers les observations de la rédaction et des propositions des internautes intéressés. Vous vous interrogez sur un site? Vous avez des remarques sur un élément du tableau? Envoyez-nous vos remarques, questions et suggestions à l'adresse cestquoicesite.lexpress@gmail.com. (A ce jour, une trentaine de sites supplémentaires ont été ajoutées à la base grâce à vos retours).

4. La liste des sites actuellement référencés (par ordre alphabétique):

brujitafr.fr , corruptionssida.canalblog.com , dondevamos.canalblog.com/ , extraterrestre-ovni.blogspot.fr/ , fawkes-news.blogspot.fr , fdesouche.com , http://www.labanlieuesexprime.org/ , http://www.sante-nutrition.org/ , lesalonbeige.fr , leschroniquesderorschach.blogspot.fr/ , resistanceauthentique.wordpress.com , rougenoir76.over-blog.com , rustyjames.canalblog.com/ , voxnr.com , chemtrails-france.com , Chemtrails-Suisse.ch , lacontrerevolution.wordpress.com , 1eclaireur.wordpress.com , 2012un-nouveau-paradigme.com/ , 999spiritus.org , agenceinfolibre.fr , avortement.net , breizh-info.com , cercledesvolontaires.fr , chaos-controle.com , commentaires.ch , contribuables.org , diktacratie.com/ , dreuz.info , egaliteetreconciliation.fr , enquete-debat.fr , fr.novopress.info , fr.sott.net/ , henrymakow.wordpress.com/ , http://24heuresactu.com/ , lapressegalactique.netl, http://www.alterinfo.net/ , http://www.espritsciencemetaphysiques.com/ , http://www.informaction.info/ , ilfattoquotidiano.fr , info.pinterac.net , infocontreinfo.fr , ivg.net , la-dissidence.org , lagauchematuer.fr , Legrandsoir.info , lejournaldusiecle.com , lelibrepenseur.org , lesmoutonsenrages.fr , medias-presse.info , metatv.org , michelcollon.info , mondialisation.ca/ , nouvelordremondial.cc , oumma.com , panamza.com/ , pluxactu.com , quenelplus.com , reopen911.info , stopmensonges.com , theoriedugenre.fr , toutsaufsarkozy.com , tvlibertes.com , voltairenet.org/fr , wikistrike.com , www.medialibre.eu , www.santenatureinnovation.com/ , 24matin.ch , actualites.co , bilboquet-magazine.fr , bravepatrie.com , doubimag.fr , edukactus.wordpress.com , footballfrance.fr , http://www.francefoire.fr , ladechedumidi.com , lechodelaboucle.fr/ , ledailyberet.fr , legorafi.fr , legrosdijon.fr , lepique.com , mediamass.net , nordpresse.be , pooble.fr , radiocockpit.fr ,


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