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Sur l'orgasme féminin (2) (sexualité sacrée)

Par Le 22/01/2016

 

Les deux articles postés aujourd'hui sur l'orgasme féminin font suite à une discussion avec Léo, notre garçon. Un prof de sciences de la FAC leur a soumis la question suivante : "L'orgasme féminin a-t-il une fonction au regard de l'évolution ?"

Ce qui revient à chercher à comprendre la "raison" originelle de cet orgasme au regard du maintien de l'espèce. 

Et c'est effarant de constater que très peu d'éudes ont été menées dans le domaine......  

 


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http://www.scienceshumaines.com/de-l-orgasme-feminin_fr_26134.html
Consultez le sommaire du magazine L'autonomie, nouvelle utopie ?

 

Une enquête auprès des femmes et des recherches médicales récentes permettent de mieux cerner les secrets du plaisir féminin, resté longtemps discrédité ou objet de méfiance…

En publiant ses rapports explosifs sur la sexualité des êtres humains (en 1948 pour les hommes, 1953 pour les femmes), le docteur Kinsey perdit sa légitimité scientifique et se vit retirer tout financement pour ses recherches. D’autres précurseurs ont payé de leur carrière le fait de vouloir comprendre la sexualité, et particulièrement celle des femmes. S’il est bien un sujet difficile à aborder, même depuis la révolution des mœurs des années 1970, c’est celui de l’orgasme féminin. Longtemps réprimé, il reste encore aujourd’hui souvent un phénomène obscur, peu abordé et entaché de toutes les strates d’idées reçues qui sont venues s’accumuler au fil des temps.

C’est pourquoi Le Secret des femmes. Voyage au cœur du plaisir et de la jouissance, paru chez Odile Jacob en septembre 2010, est un livre qui fera date.

Élisa Brune, journaliste scientifique, et Yves Ferroul, sexologue, ne font pas qu’y retracer l’histoire malmenée de l’orgasme féminin. L’ouvrage réunit aussi les connaissances scientifiques les plus récentes sur la question et, dans une seconde partie, livre une vaste enquête, réalisée viaInternet (média autorisant une nouvelle liberté de parole) sur « ce que les femmes en disent »… Et elles en disent beaucoup (encadré ci-dessous) !

Petit rappel historique d’abord. On a longtemps pensé que l’orgasme féminin avait une fonction biologique utile dans l’évolution : incitation de la femme aux rapports sexuels et donc à produire une descendance, sélection des hommes et stabilisation du couple, aspiration du sperme par les contractions du vagin favorisant la conception… Malgré les injonctions religieuses qui condamnaient les plaisirs de la chair, la jouissance féminine restait donc encouragée par les médecins.

 

Hystérie et frigidité

Or tout cela est aujourd’hui invalidé par les analyses scientifiques. S’il stimule les centres du plaisir dans le cerveau (ce que démontre l’imagerie cérébrale) en produisant de l’ocytocine, une hormone dont on ne cesse actuellement de découvrir les potentialités, l’orgasme féminin n’aurait « d’autre but que lui-même ».

Au XIXe siècle, lorsque la science établit clairement que l’ovulation est un processus systématique déconnecté de toute activité sexuelle, la jouissance féminine se voit dépouillée de toute nécessité. Dans ce siècle imprégné de puritanisme bourgeois, les femmes respectables ont intérêt à réprimer toute manifestation de désir ou d’érotisme, si elles ne veulent pas être taxées d’hystériques ! On apprend d’ailleurs dans ce livre que le « massage des parties génitales » (autrement dit la masturbation) était pratiqué par de nombreux médecins depuis l’Antiquité pour soigner les désordres physiologiques féminins. Sigmund Freud, quant à lui, ne manquera pas de mettre l’hystérie au cœur de sa théorie psychanalytique, en lui attribuant des traumatismes de l’enfance, une idée qui fait encore florès… Une « véritable OPA » sur la sexualité féminine, disent les auteurs : alors que les pannes sexuelles masculines ont trouvé des parades techniques efficaces (comme le Viagra), « l’orgasme féminin requiert toujours quinze ans de psychanalyse »…

Une autre pathologie vient entraver le plaisir féminin dans les années 1950. Envers de l’hystérie, la frigidité concernerait 80 à 90 % des femmes, affirment des médecins américains. C’est que, derrière ces supputations, se cache un secret, soigneusement verrouillé par les sociétés androcentrées, selon lequel le plaisir des femmes ne pourrait venir que de celui des hommes. Dans les années 1970, le rapport d’une sexologue américaine, Shere Hite, fait scandale, en affirmant que l’orgasme féminin provient essentiellement de l’excitation clitoridienne.

Orgasme vaginal, orgasme clitoridien, ce distinguo, s’il perdure toujours dans les représentations, est – très récemment – devenu scientifiquement obsolète. Depuis les années 2000, les observations par scanner ou par sonographie montrent que le clitoris est un organe aussi important qu’un pénis, dont la plus grande partie est située à l’intérieur du corps et enserre le vagin. Le petit bouton que certaines sociétés décident d’exciser n’est que la partie émergée – pleine cependant de ramifications nerveuses – d’un iceberg qui ferait plutôt fonction de volcan !

 

Clitoris et cerveau

En réalité, si l’orgasme féminin est bien d’origine clitoridienne, il se manifeste à travers de multiples chorégraphies, issues de la conjonction d’un flux nerveux et d’un état mental : rapports sexuels, masturbations (aujourd’hui, l’usage des vibromasseurs ou des sex toysles plus divers connaît un succès grandissant), mais aussi excitations venues du cerveau, comme dans le cas de certains rêves ou de fantasmes éveillés qui peuvent le déclencher…

Et celles qui n’ont jamais connu l’orgasme ne constitueraient que 5 % des femmes, sans que ce handicap au plaisir soit jamais définitif. Car l’ouvrage de nos deux compères dévoile aussi toutes les arcanes du phénomène : s’il s’éprouve dès 3 ans, certaines ne le découvrent que beaucoup plus tard, sachant qu’il n’existe pas de limite d’âge pour la jouissance. Mais plus tôt on s’y sera livré, plus fortes et nombreuses seront les « expériences orgasmiques » tout au long de la vie. « Le sexe est un instrument de musique dont il faut apprendre à se servir. »Et sur ce point, l’enquête adjointe à ces analyses donne de l’orgasme féminin une diversité vertigineuse !

Ce qu'elles en disent...

• « Un coup de tonnerre, une vague qui vous submerge, un tremblement de terre, l’envol d’un oiseau, une ivresse, une chute, une ascension, un tourbillon, un shoot… » . C’est un « foisonnement de vécus orgasmiques » que décrivent les femmes qui ont répondu à l’enquête d’Élisa Brune. « Établissez votre CV orgasmique », a proposé celle-ci sur son site Internet en 2009-2010. Plus de 300 Françaises et Belges se sont prêtées au jeu et ont répondu à une cinquantaine de questions. 65 % avaient entre 30 et 50 ans, 18 % de 18 à 29 ans et 17 % de plus de 50 ans. Extraits de leurs propos :

• « La première fois » : l’expression a deux significations, celle où l’on a fait l’amour, celle où l’on a joui. 40 % des femmes ont connu l’orgasme avant leur premier rapport sexuel (14 % avant 12 ans).

• La fréquence : 44 % jouissent « souvent ou toujours » durant un rapport avec leur compagnon, 31 % régulièrement, 25 % rarement ou jamais. Ce sont les plus expérimentées (qui ont découvert l’orgasme entre 12 et 15 ans), qui disent jouir le plus souvent. Celles qui ne jouissent pas systématiquement n’en apprécient pas moins l’acte sexuel, pour les caresses, l’excitation, la tendresse…

• La simulation : si 40 % déclarent n’avoir « jamais » simulé, il reste donc 60 % de simulatrices ! Mais plus souvent avec un partenaire de passage qu’avec le partenaire régulier. Les raisons avancées ? Lassitude (« pour en finir »), sollicitude dans d’autres cas, ou bonne volonté (« je suis bonne joueuse », déclare l’une d’entre elles).

• Un ou plusieurs orgasmes ? La plupart des femmes déclarent connaître plusieurs voies d’accès à l’orgasme : clitoris, vagin, seins, peau, fantasme ou visionnage d’un film porno… Beaucoup disent éprouver des jouissances différentes, « superficielles » ou « cosmiques », selon les circonstances.

• La masturbation : 95 % de l’échantillon s’y adonne, avec une fréquence variable, presque tous les jours pour les plus gros appétits (« je suis une inassouvie sexuelle »), de temps en temps (« pour exciter mon mari »)…

Flora Yacine

Sur l'orgasme féminin (1) (sexualité sacrée)

Par Le 22/01/2016

A quoi sert l’orgasme féminin ?

http://controverses.sciences-po.fr/archive/werehouse/orgasmefeminin/domaines.html

La sous-controverse scientifique est la plus fondamentale, car c’est en grande partie elle qui engendre à la base la controverse générale et nourrit les autres sous-controverses. Elle crée le débat initial sur la question de l’explication de la conservation de l’orgasme féminin dans l’évolution. Comme on l’a présenté dans l’introduction, le point de départ est l’observation de l’occurrence du phénomène orgasmique, d’abord chez l’animal, puis chez l’homme. La constatation d’une anorgasmie chez la grande majorité des femelles animales (sauf quelques espèces de singes), et le fait que de nombreuses femmes ne parviennent que rarement ou jamais à l’atteindre a stimulé des interrogations dans la sphère des scientifiques s’intéressant à la sexualité en lien avec l’évolution et l’anthropologie : les animaux n’ont pas d’orgasmes (dans l’ensemble), mais les femmes si ; certaines femmes ont des orgasmes, d’autres pas, pourquoi ? Les évolutionnistes se sont saisis les premiers de cette question. Leur réponse est basée sur la théorie néo-darwiniste de l’évolution : l’orgasme existe chez certaines femmes, il s’agit donc d’un trait particulier qui a été acquis et conservé chez ces femmes là au cours de l’évolution. Ce caractère est apparu et a perduré, ce qui d’un point de vue évolutionniste signifie que ce trait possède une fonction particulière, qu’il confère a celui qui le détient un avantage adaptatif.

Comment l’orgasme favorise-t-il la reproduction ?

Une première phase de la controverse s’ouvre alors, basée sur une première affirmation : celle que l’orgasme procurerait un avantage adaptatif en favorisant la reproduction. En effet, l’orgasme étant impliqué dans l’acte sexuel, c’est-à-dire d’un point de vue évolutionniste dans la reproduction, le postulat avancé consiste à dire que celui-ci augmenterait les chances de la femme d’avoir une descendance de quantité et/ou de qualité. Plusieurs chercheurs, majoritairement biologistes, zoologues ou anthropologues, opposent ainsi diverses théories, proposant chacun une version différente de la cause de la conservation évolutive de l’orgasme comme avantage pour la reproduction. On retrouve ici deux courants principaux : ceux conférant à l’orgasme des propriétés physiologiques particulières qui accroîtraient, lors de l’acte sexuel, les probabilités de fécondation. Desmond Morris a été parmi les premiers biologistes à proposer dans les années 1960 la théorie que l’on a pu surnommer par la suite « théorie de l’anti-gravité », ou « poleaxe theory » ; en 1993, c’est Baker et Bellis qui avancent la « sperm up-suck theory ». La théorie initiale de Morris est finalement écartée par la majorité des chercheurs du sujet, tandis que, les travaux de Baker et Bellis sur la sexualité liée à la reproduction et à la sélection des gamètes gagnant en popularité, leur vision se popularise.

Le débat s’enrichit ensuite avec l’intervention de chercheurs s’intéressant à une étude plus anthropologique. Leur idée commune est de chercher à expliquer l’avantage adaptatif de l’orgasme avec des arguments reposant sur la psychologie évolutive humaine et sur les mécanismes de l’écologie. Dans l’ensemble, ils s’inspirent de deux principes : le premier consiste à supposer que l’orgasme pourrait être une adaptation ayant trait à l’évolution spécifique de la race humaine, en particulier dans le domaine de la sexualité. En effet, l’homme a au cours du temps, et ceci justement en commun avec les quelques rares espèces présentant un orgasme féminin, développé un comportement sexuel non reproductif, basé sur la jouissance liée à l’acte sexuel et à l’érotisme et non plus à la reproduction de l’espèce. Le plaisir devient donc une notion fondamentale pour comprendre certains traits du comportement humain, et ceci particulièrement chez la femme, qui ne ressent pas automatiquement de (fort) plaisir lors du coït, au contraire de l’homme. C’est là qu’intervient le second principe, celui de la récompense : la femme va ainsi rechercher l’acte sexuel, non pas forcément pour des raisons reproductives, mais plutôt dans un but de plaisir. Or l’orgasme, c’est précisément le stade ultime de ce plaisir sexuel, et c’est ainsi que la femme va chercher, par l’acte sexuel, à ressentir un orgasme. Celui-ci devient la récompense que celle-ci tire de l’acte reproducteur, qui n’est plus le but en soi. L’idée de cette étude anthropologique est de supposer justement que cette recherche féminine du plaisir sexuel aurait pu être sélectionnée au travers de l’orgasme, conservé pour son intérêt pour la reproduction (puisqu’il incite à l’acte sexuel). Parmi les théories émises, certaines proposent par exemple de considérer que l’orgasme permettrait de sélectionner les partenaires sexuels, ou de favoriser la création d’un lien affectif entre la femme et l’homme, etc.


Remise en cause : l’orgasme a-t-il tout simplement une fonction ?

La controverse va alors franchir un nouveau cap, qui va largement bouleverser le débat et la position des acteurs : en 2005, Elizabeth Lloyd réactualise dans son ouvrage The Case of Female Orgasm une théorie émise pour la première fois par Donald Symons vingt-six ans plus tôt, mais à cette époque largement rejetée par l’opinion scientifique : elle soutient que l’orgasme féminin n’a pas de fonction adaptative d’aucune sorte. Elle critique une par une toutes les théories publiées précédemment plaidant pour un orgasme favorisant la reproduction, et affirme que ce caractère n’existe chez la femme qu’en tant que reliquat de l’orgasme masculin. Le retentissement de l’œuvre de Lloyd est double : il ravive le débat dans la sphère scientifique, où les scientifiques attaqués et leurs soutiens vont venir défendre leurs théories face à Lloyd et ses alliés, et dans le même temps, il contribue notablement à ouvrir la controverse à la sphère publique au travers de ses répercussions médiatiques. La question primordiale n’est plus désormais de trouver la fonction de l’orgasme féminin, mais, grâce ou à cause de Lloyd, de savoir s’il en a une.

Ce qui entretient la controverse

Le débat autour et au sein de cette sous-controverse est largement alimentée par la faiblesse des informations objectives. Toute controverse nait de l’incertitude, de l’absence de connaissance ou de possibilité de réponse objective et impartiale à la question ; et dans la controverse sur l’orgasme féminin… c’est de l’orgasme même que nait l’incertitude. En effet, la définition même du phénomène physiologique que constitue l’orgasme, la compréhension précise de son mécanisme, en soi sa définition donne elle-même lieu à une sous-controverse, sur laquelle il nous a fallu également nous pencher. Faute de définition claire, la réflexion est biaisée car chaque acteur interprète l’orgasme et ses composantes dans son intérêt. D’autre part, même si les études scientifiques sur la sexualité sont nombreuses et riches, celles portant précisément sur l’orgasme féminin et ses caractéristiques évolutives ne sont pas légions. Elles sont très minoritaires en France, et même à l’étranger, où le sujet retient plus l’attention des scientifiques (notamment aux Etats-Unis), les laboratoires étudiant le sujet ne sont pas très nombreux. La recherche sur la question est évidemment influencée par de nombreux facteurs (que nous étudions également dans la suite), mais aussi victime de la difficulté de récolter des informations sur un sujet tel que l’orgasme féminin, à la fois intime et fantasmé, personnel et fortement sociétal. Quoi qu’il en soit, la conséquence en est une absence de données chiffrées de référence, d’études sur de larges séries. Les sondages sont dans ce domaine un outil privilégié, mais l’on sait leurs limites et leurs faiblesses, surtout sur de telles questions. Les expérimentations de laboratoires quant à elles, réalisées sur des femmes interrogées ou testées, sont limitées par la taille de leurs échantillons et influencées par l’orientation des chercheurs les réalisant. Ainsi la faiblesse des informations disponibles alimente le débat scientifique, en mettant à la disposition des acteurs une vaste sélection d’arguments envisageables, leur permettant de diversifier leur position, ce qui participe évidemment à la richesse particulière de cette controverse.

Comment la femme atteint-elle l’orgasme ?

Ou autrement dit, par quels moyens et mécanismes la femme atteint-elle l’orgasme ? Ou bien, peut-on expliquer l’anorgasmie en décelant un mécanisme qui ferait défaut ? Ou encore, n’y a-t-il qu’une seule façon d’atteindre l’orgasme ?

Toutes ces questions sont en fait dérivées de la première. On observe que des femmes (pas toute) ont des orgasmes. L’existence de l’orgasme n’est pas à prouver. Toutefois, sa définition et son processus (comment d’un sentiment d’excitation, la femme atteint le sentiment de jouissance – l’orgasme ?) sont des domaines controversés. Or, il peut arriver qu’un conflit entre deux acteurs ne soit qu’un conflit de définition. Par exemple, la sexologie (ou sexothérapie) différentie dans l’orgasme deux composantes qui sont intimement liées : la composante physiologique et la composante psychologique. Or, il arrive souvent que les études menées par des biologistes évolutionnistes ne s’intéressent qu’à la partie physiologique (que les sexologues appellent « orgaste ») et non à la partie psychologique (c’est le cas par exemple de la théorie du « sperm suck-up » ou de l’ « anti gravité »). Il est donc primordiale pour notre controverse de revenir sur la question des mécanismes menant à l’orgasme et donc in fine de sa définition.

Finalement, nous nous posons trois questions :

Premièrement, devant la controverse autour du point G et entre l’orgasme vaginal et clitoridien, nous nous demandons s’il y a plusieurs types d’orgasmes et si oui quels sont-ils ? Deuxièmement, nous nous demandons de quoi dépend l’orgasme ? Quels sont les paramètres de l’orgasme, qu’est ce qui influence l’apparition ou non de l’orgasme ? Enfin nous nous demandons comment l’orgasme se manifeste. Les types d’orgasmes :
Ce sont l’orgasme clitoridien (qui provient de la stimulation du clitoris) et l’orgasme vaginal (qui provient de la stimulation du vagin). L’existence du point G rentre aussi dans cette partie de la controverse, car un point G situé dans la partie antérieure du vagin (comme certains le prétendent) corroboreraient la thèse de l’orgasme vaginal plus que clitoridien.

Les paramètres de l’orgasme :
Cette sous partie regroupe les deux dernières questions. Elle rassemble en fait toutes les conditions nécessaires pour que les femmes atteignent l’orgasme, mais aussi toutes les conditions non nécessaires qui pourraient cependant favoriser un orgasme. On trouve donc les facteurs physiologiques (comme la lubrification du vagin) aussi bien que les facteurs psychologiques (le sentiment de confiance envers le partenaire). C’est aussi tous les remèdes « miracles » que certains laboratoires essayent de commercialiser pour résoudre l’anorgasmie. Enfin, cette catégorie regroupe aussi les manifestations de l’orgasme : comment l’orgasme agit sur la femme (dans quel état se trouve-t-elle après avoir « orgasmer » ?)

Le lien avec la question du pourquoi :
Savoir comment fonctionne l’orgasme est intimement lié avec la question de la fonction de l’orgasme. D’une part, mieux connaitre l’orgasme est un prélude nécessaire avant de se poser la question de son utilité. En effet, mieux vaut savoir de quoi l’on parle. D’autre part, étudier les conditions dans lesquels se déroulent l’orgasme donne des informations cruciales pour résoudre la question de la fonction orgasmique. Ainsi, si l’on considère que l’orgasme est uniquement clitoridien, alors il ne peut avoir une fonction « reproductive » car une femme peut ressentir l’orgasme sans pénétration (et donc sans fécondation). De même, étudier les manifestations de l’orgasme donne des résultats intéressant : c’est en observant que les femmes ayant un orgasme auraient plus tendance à rester allonger que lorsqu’elles n’en ont pas (ce qui reste contestable), que Desmond Morris a élaboré sa théorie de l’anti-gravité.


 

Domaine sociétal

Le biais dans la science et de la science

Un pan de notre controverse concerne aussi un aspect sociétal important.
Il est surprenant de constater que la première IRM (imagerie par résonnance médicale) du clitoris a été faite en 2005 alors que celle du pénis plus de dix ans avant. Ce regain d’intérêt relance heureusement le débat. En effet, alors qu’en France, les hommes ont depuis dix ans déjà leurs plaquettes de Viagra, une gynécologue-obstétricienne, Odile Buisson, parvient, avec le soutien du chirurgien reconstructeur Pierre Foldès, à contourner les tabous pour pousser un peu plus loin la connaissance de cet organe du plaisir féminin. Dont on ne sait alors presque rien.
La France est particulièrement pudibonde sur le sujet, bien plus encore que la catholique Italie ou la puritaine Amérique. Ce retard fait tache dans un pays développé, dans lequel les femmes revendiquent une place grandissante depuis quarante ans, qui se targue d’avoir fait la révolution sexuelle et met le mot « plaisir » à toutes les sauces. Ainsi, les scientifiques qui s’interrogent à la question, doivent faire face à des blocages pour mener à bien leurs recherches. Blocages culturels – « Cela relève de l’intime » –, « querelles de chapelles – « Le plaisir, c’est dans la tête avant tout » – et réflexes d’hommes aux commandes des hôpitaux universitaires et des laboratoires de recherche. Ces trop rares chercheurs doivent essuyer les railleries de leurs confrères qui estiment que de telles études sont inutiles. On sait pourtant aujourd’hui que les conséquences d’une sexualité insatisfaisante peuvent être désastreuses. D’ailleurs, dès 1972, L’OMS estimait que la santé sexuelle était indispensable à l’épanouissement de l’individu. Mais en France, aucun hôpital ne possède de véritable service de médecine sexuelle féminine qui rassemblerait les spécialistes adéquats pour traiter des dysfonctionnements féminins. Elisabeth Lloyd a, elle également, dû faire face à ce genre de constats lors de ses recherches sur le rôle de l’orgasme féminin en 2005. Elle souligne que certaines hypothèses sont volontairement négligées pour diverses raisons. D’abord, elles remettraient en question trop de théories faisant autorité dans le monde scientifique et ensuite car elles pourraient bien modifier le regard de la science et de la société à l’égard de la sexualité féminine et plus loin concernant la place de la femme dans la société. Le fait que ce champ de recherche était dans l’impasse depuis une dizaine d’années au moment où Lloyd s’y intéresse peut s’expliquer par plusieurs biais. Soit cela renvoie à un biais « adaptationniste », tout trait biologique étant considéré comme une adaptation augmentant le succès reproducteur ; soit cela est dû à un biais androcentriste, considérant que les réponses sexuelles sont les mêmes chez l’homme et la femme ; soit cela renvoie à un biais hétérosexiste et à une tendance à considérer l’être humain comme quelque chose d’unique dans le règne animal, en omettant les connaissances sur l’orgasme féminin chez certaines espèces de singes et notamment lors de relations homosexuelles. Ces constatations ne sont pas sans conséquences, puisque dire à des experts qu’ils sont biaisés n’est pas anodin. La sexualité féminine, contrairement à celle de l’homme, est l’exemple parfait de l’existence de certains tabous de la science qui décide alors de bloquer des avancées scientifiques pourtant nécessaires au niveau social.

Au delà du biais dans la science, notre controverse met aussi en exergue le fait qu’une interprétation scientifique peut être paramétrée, acceptée ou refusée par la société. Par exemple, si un scientifique s’intéressant au cas de l’orgasme féminin et qui, après de nombreuses recherches, déduit qu’il ne sert qu’à favoriser la reproduction, il devrait y réfléchir à deux fois avant de le rendre officiel sans craindre les contestations des féministes. Inversement, si un scientifique explique l’orgasme féminin comme un simple moyen de plaisir alors il sera vite taxé de féministe, et donc très peu pris au sérieux.

Il est ainsi plus aisé de comprendre que la controverse de l’orgasme féminin, à la base scientifique, soit influencée et entretenue par des facteurs extérieurs d’ordre sociétal.

La place de la femme en société

Il est évident qu’une controverse scientifique concernant la sexualité féminine, et la sexualité en générale, ne se limite pas au domaine scientifique pour autant. Il est quasiment possible de lire l’histoire récente des femmes au travers des grands débats d’idées qui nous agitent depuis près de deux siècles sur la nature de leur jouissance, vaginale ou clitoridienne. A la domination de l’orgasme vaginal de la fin du XIXème siècle et du début du suivant, a succédé la dictature du clitoris des combats féministes, marquant l’émancipation sociale et sexuelle des femmes de la seconde moitié du XXème siècle.

Pour comprendre l’enjeu de cette controverse on peut faire une brève analogie avec l’IVG, interruption volontaire de grossesse. Dans les années 1970, une controverse à la fois scientifique, philosophie, éthique et juridique se développe autour de cette technique. La loi Veil de 1975, en légalisant l’IVG, met en quelque sorte fin à la controverse, et libère le corps de la femme de sa fonction de reproduction. Même si le débat n’est pas totalement clos, cette loi a eu des conséquences indiscutables sur le statut de la femme en société. On pourrait alors conceptualiser cette controverse autour de l’orgasme féminin comme l’IVG de notre temps, une sorte d’IVA, l’interruption volontaire d’accouplement. Quel débat cela engage-t-il? 

Il est possible, à partir de conclusions scientifiques sur l’orgasme féminin, de concevoir une femme émancipée, autonome jusque dans sa vie sexuelle, lui permettant d’être indépendante et active en société, mais aussi une femme toujours dominée, limitée à une simple fonction de reproduction, limitée aussi à la fonction maternelle qui la prive de vie professionnelle et restreint ses rapports sociaux. Alors, femme sexuellement indépendante, puissante en société, ou femme instrument indispensable de reproduction et d’éducation? Bien sûr, on prend ici le risque de caricaturer en se limitant à deux extrêmes, la femme modèle d’indépendance et la femme, être dominée. En réalité, il s’agit, de montrer brièvement qu’un orgasme comme adaptation évolutive et un orgasme comme preuve du plaisir sexuel pour la femme sont des perceptions du phénomène de l’orgasme féminin qui vont percuter la représentations symboliques de la société avec des intentions diamétralement opposées.

Alors, la controverse pénètre le rapport homme femme, cadre privilégié du développement de la personnalité féminine en société, car définir le statut de la femme, en ce qu’il est dominé ou non, suppose une définition par rapport à quelque chose d’extérieur. En outre, la controverse se réveille au moment où le sexisme, les inégalités homme femme au regard des conditions sociales sont de plus en plus dénoncés. Que ce soit dans le cadre de la santé, de la hiérarchie, de la famille, la perception du plaisir féminin peut directement toucher les perceptions et les mentalités et influencer la condition féminine.

En cela, l’orgasme est un phénomène politique. Si la femme obtient une contrepartie identique à ce qui est traditionnellement du fait de l’homme, c’est-à-dire la puissance de jouir, alors la donne sociale est bouleversée.


 

Domaine économique


La controverse sur l’orgasme féminin investit également le champ économique.

Son premier point d’attache est celui du financement de la recherche. Aujourd’hui, la recherche coûte cher, et la politique de financement pour l’orgasme féminin est un enjeu de la controverse. Faut-il entreprendre ces recherches? Y a-t-il des objets de recherches plus importants, et alors comment évalue-t-on la nécessité plus ou moins grande de rechercher sur un sujet? Si la controverse n’est encore qu’au stade du commencement, c’est justement car les recherches ne sont pas nombreuses comparées à des objets de recherche qui concentrent plus l’attention des scientifiques et donc de financements. Même si la recherche américaine, avec notamment Elisabeth Lloyd, ou dans le nord de l’Europe, comme au Pays-Bas avec Holsteg, semblent s’approfondir depuis une dizaine d’années, la recherche française est au point mort. Une de nos interlocuteurs, la gynécologue obstétricienne Odile Buisson, a pu mener ces dernières années des recherches indépendantes, et l’intérêt, la polémique qu’a suscité son ouvrage présentant ses conclusion, Qui a peur du point G, ne lui permettent pourtant pas aujourd’hui de les continuer. Cela avait pourtant eu le mérite de dynamiser la controverse. Dans cette optique, le biais scientifique que nous avons évoqué plus haut a des conséquences, mais quoiqu’il arrive, la sexualité d’un individu, d’une femme en l’occurrence, est un enjeu de sa santé physique, et surtout mentale.

A partir de ce moment-là, on peut envisager l’orgasme féminin comme un un phénomène sujet aux soins. Alors que 33% des femmes se disent ne jamais ou très rarement connaître l’orgasme, l’industrie pharmaceutique se trouve propulsée au centre de la controverse. En effet, aujourd’hui, alors que les soins existent pour l’homme, l’anorgasmie, ou les difficultés à atteindre ce type de plaisir, ne suscite pas de recherche en faveur d’un traitement au féminin. Pourtant, de tels médicaments recouvreraient des profits conséquents pour l’industrie pharmaceutique, au vue de l’importance de régler ses dysfonctionnements sexuels pour un individu, et du nombre d’individus concernés. Encore une fois, il faudra comprendre le rôle du financement, cette fois-ci privé, au sein de la recherche en pharmacie, pour comprendre la seconde facette des enjeux économiques que recouvrent la controverse. 

Enfin, face à ce peu de recherches et de conclusions scientifique sérieuses, un dernier aspect de marché se dégage. Si les médicaments n’existent pas, si les mystères de l’orgasme féminin ne sont pas percés, alors il est toujours possible de jouer dessus. En effet, l’industrie du sexe, en particulier celle des sextoys, fait office de véritable boule de cristal. Si prédire l’avenir aujourd’hui n’est plus une pratique sérieuse, ce qu’elle a pu être auparavant, en témoigne la célèbre figure de «Madame Irma», traiter de l’autre facteur psychologique qu’est la sexualité est beaucoup plus d’actualité. Ainsi la médicalisation du sexe, terme emprunté à la sexologue Leonore Tiefer, c’est-à-dire le fait de le prendre en charge au sein d’une médecine sans fondement, mais simplement construite sur des fantasmes, symboles et pratiques, constitue également une potentialité de profits importante pour un marché. La croissance de celui des sextoys depuis quelques années est un témoin de cette tendance.

Ainsi, la sexualité féminine est tantôt prise en charge par la recherche, tantôt par une sorte de médicalisation, et non véritable médecine, en restant dans les deux cas un enjeu économique. Elle est un fait de l’être humain en ce qu’elle est naturelle mais aussi culturelle, et par conséquent n’échappe pas aux logiques économiques.

Le Tantra selon Osho (sexualité sacrée)

Par Le 22/01/2016

Le Tantra n’est pas une Religion

« Le Tantra n’est pas une religion, parce que la signification essentielle d’une religion est : pour le divin, contre l’animal. Chaque religion fait donc partie du conflit. Le Tantra n’est pas une technique de combat, elle est une technique de  transcendance. Il ne s’agit pas de lutter contre l’animal, ni d’être pour le divin. Le Tantra est contre toute dualité. En fait, il n’est ni pour ni contre. Le Tantra crée tout simplement une troisième force en toi, un troisième centre d’existence, où tu n’es ni animal, ni divin. Ce troisième endroit est pour le Tantra l’advaïta, ce troisième endroit est la non-dualité.

Le Tantra dit que tu n’arriveras pas à l’un en t’attaquant à la dualité. Tu n’arriveras pas dans l’espace de non-dualité si tu choisis un sujet pour lutter contre la dualité. Choisir ne t’amènera pas à l’un – tu n’arriveras que par l’état de témoin-sans-choix.

Pour le Tantra, ceci est fondamental. Et à cause de cela, le Tantra n’a jamais été vraiment compris. Pendant longtemps, très longtemps, le Tantra a souffert à cause de malentendus. Car lorsque le Tantra ne se dit pas contre l’animal, tu commence à sentir que le Tantra est pour l’animal. Et lorsque le Tantra ne se dit pas contre le divin, tu commence à penser que le Tantra est contre le divin.

En effet, le Tantra est pour l’état de témoin-sans-choix. Ne sois pas pour l’animal, ne sois pas pour le divin, et ne crée pas de  conflit. Retire-toi, éloigne-toi, crée juste un écart entre toi et la dualité, deviens la troisième force, un témoin, d’où tu observeras l’animal et le divin. 

 

Le Tantra traite des problèmes dont tu ne voudrais pas traiter, car ils sont "dégoûtants". Qui veut parler de sexe ? Tout le monde croit tout savoir. Tu crois tout savoir à cause de ta capacité de reproduction…

Personne ne veut parler du sexe. Le sexe pourtant est le problème de chacun. Personne ne veut parler de l’amour, parce que tout le monde s’imagine être déjà un grand amant. Mais regarde ta vie ! Elle n’est que haine, rien d’autre. Et ce que tu appelles amour n’est rien qu’un relâchement, un petit relâchement, de la haine. Regarde autour de toi, alors tu sauras ce que tu sais sur l’amour. 

 

Les traditions qui sont contre le sexe seront aussi contre le corps. Les traditions qui ne sont pas contre le sexe n’auront qu’une attitude amicale envers le corps. Le Tantra est absolument amical et dit que le corps est sacré, saint. C’est un sacrilège pour le Tantra de condamner le corps. Et c’est absurde pour le Tantra de dire que le corps est impur, ou que le corps est un péché. C’est un enseignement toxique. Le Tantra accepte le corps. Non seulement il l’accepte, mais il dit aussi que le corps est saint, pur et innocent. Tu peux t’en servir, en faire un véhicule, un moyen pour aller au-delà ! Justement, il t’aide à aller au-delà.

Mais tu te perds si tu commences à lutter contre le corps. Si tu commences à lutter contre lui, tu tomberas de plus en plus malade. Et si tu continues ta lutte, tu rateras une opportunité. Lutter est négatif : le Tantra est une transformation positive. Ne lutte pas – ce n’est pas nécessaire. C’est comme si tu te trouves dans une voiture et tu commences à lutter contre elle. Alors, tu ne pourras plus évoluer, parce que tu luttes contre le véhicule – tu dois t’en servir au lieu d’être en conflit avec lui. Par la lutte, tu détruiras le véhicule, et alors il sera de plus en plus difficile de te déplacer.

Le corps est un beau véhicule – très mystérieux, très complexe. Utilise-le, ne lutte pas contre lui. Aide-le. A partir du moment où tu t’opposes à lui, tu t’opposes à toi-même. C’est comme ci quelqu’un veut arriver quelque part, lutte contre ses propres jambes et commence à les amputer. Le Tantra dit : connais le corps et connais ses secrets. Connais ses énergies et connais comment ces énergies se laissent transformer – comment elles peuvent être déplacées et dirigées vers d’autres dimensions.

Prends par exemple le sexe, qui est l’énergie de base dans le corps. Normalement, l’énergie sexuelle n’est utilisée que pour la reproduction. Un corps en crée un autre, et cela se poursuit ainsi. L’utilité biologique de l’énergie sexuelle n’est que pour la reproduction. Mais cette utilisation n’est qu’une de plusieurs possibilités et se trouve encore au niveau le plus bas. Nul besoin de le condamner, mais il s’agit quand même du niveau le plus bas. Mais cette même énergie peut aussi développer d’autres actes créatifs. La reproduction est un acte de base créatif :tu crées quelque chose. C’est pour cela qu’une femme sent un bien-être subtil lorsqu’elle devient mère : elle vient de créer quelque chose…

Le Tantra ne condamne pas. Il ne connaît que des techniques secrètes pour transformer. C’est pour cela que le Tantra mentionne si souvent le corps : c’est une nécessité. On doit assimiler le corps, et tu ne peux commencer que par ta situation actuelle. »

Osho, The Book of Secrets

 

Le Tantra Accepte Tout

« Le Tantra accepte le tout. Tout ce qui est est accepté de tout cœur. C’est pour cela que le Tantra peut accepter le sexe totalement. Parmi toutes les traditions, seul le Tantra depuis cinq mille ans a accepté le sexe totalement – la seule tradition dans le monde entier. Et pourquoi ? Parce que le sexe est l’endroit où tu te trouves, et chaque déplacement commencera à partir de cet endroit.

Tu te trouves au centre du sexe, ton énergie se trouve au centre du sexe. À partir de cet endroit, il doit évoluer vers le haut, et bien au-delà. Si tu rejettes le centre-même, tu continueras à nourrir l’illusion que tu évolues, mais au fond tu n’évolueras pas. Et tu auras rejeté le seul endroit à partir duquel une évolution est possible. Le Tantra accepte donc le corps, accepte le sexe, accepte le tout. Et le Tantra dit : la sagesse accepte le tout et le transforme ; il n’y a que l’ignorance qui rejette. Il n’y a que l’ignorance qui rejette : la sagesse accepte le tout. Ce n’est que par la sagesse que même le poison se transforme en médicament.

Le corps peut devenir un véhicule pour ce qui est au-delà du corps. Et l’énergie sexuelle peut devenir une force spirituelle.

Osho, The Book of Secrets

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Sexualité essentielle ( sexualité sacrée)

Par Le 21/01/2016

Sexualité essentielle et sexualité sacrée

La sexualité est une manifestation naturelle, saine et joyeuse de notre force de vie

Alain Boudet

Dr en Sciences Physiques, Thérapeute psycho-corporel, Enseignant

Résumé: La sexualité est une manifestation naturelle, saine et joyeuse de notre force de vie. Or bien souvent son expression est entravée ou détournée par des sentiments ou des idées reçues tels que honte, culpabilité, interdiction du plaisir, vide affectif, ressentiments et préjugés vis-à-vis du sexe opposé. Nous pouvons évoluer vers une sexualité épanouie en prenant conscience que ces sentiments sont issus de notre passé et peuvent être remplacés par le lâcher-prise, l'humour, l'attention aux sensations présentes, la légèreté et la joie. Vivre une sexualité connectée à notre moi véritable, c'est savourer la pratique sexuelle avec naturel, simplicité, innocence et émerveillement. Des indications pratiques sur les préliminaires, la maitrise de l'éjaculation, la respiration, sont suggérées. Dans une relation durable dans l'amour et la confiance, des phénomènes énergétiques subtils se déclenchent au moment de l'orgasme, favorables à la santé physique et mentale des deux partenaires. Au delà du plaisir réciproque, l'acte sexuel est un chemin d'accès à l'éveil spirituel qui a été reconnu et enseigné chez de nombreux peuples anciens, puis occulté et diabolisé. Nous sommes en train de le redécouvrir.

Contenu de l'article

Annexes


La sexualité est omniprésente dans les médias et sur internet et une abondante documentation en livres, journaux et articles est disponible à son sujet. Alors pourquoi vous proposer un article de plus sur la sexualité?

canovaJe vous répondrai: Pourquoi êtes-vous en train de lire cet article sur la sexualité? Pourquoi en avez-vous eu l'envie ou la curiosité, alors qu'il en existe déjà une pléthore? Vous seul le savez, mais je peux supposer que vous aspirez à découvrir de nouvelles facettes de la sexualité, car elle fascine et reste encore mystérieuse. Peut-être n'êtes-vous pas complètement en paix avec elle, nous sommes tellement imprégnés d'interdits, de honte, d'excès, d'abus, de manipulations, de confusion. L'abondance d'informations parfois contradictoires sur ce sujet le rend encore plus confus et ne satisfait pas forcément votre questionnement profond. Il se peut donc que vous éprouviez le besoin de faire le point. Où vous situez-vous dans cette masse de pratiques, de conseils, d'enquêtes et de théories?

Je n'aurais jamais pris le temps de rédiger cette étude approfondie si j'avais eu comme seule intention de répéter ce qui est dit ailleurs sur Internet. J'ai éprouvé le besoin de faire une synthèse critique de tous les aspects fragmentaires sous lesquels on nous présente la sexualité: assouvissement de besoins physiologiques, méthodes pour accéder au plaisir, décalages fréquents des points de vue des hommes et des femmes, et d'autres aspects moins connus sur l'expansion spirituelle pendant l'union sexuelle.

Cette synthèse à vocation éducative ne se limite pas à vous guider pour vivre votre sexualité de façon agréable et satisfaisante. Ce serait déjà excellent, mais nous irons plus loin. Nous toucherons la nature même de notre être. Nous nous interrogerons: Quelle est la place, la fonction de la sexualité pour nous réaliser dans notre aspect le plus magnifique? Comment participe-t-elle au déploiement de tous nos potentiels? Comment nous relie-t-elle à nos profondeurs et à l'univers?

Par ce questionnement, cette étude rejoint mes autres études sur la réalisation de soi, telles que L'enfant intérieur, La spiritualité ou Le pouvoir des émotions. De même que dans ces dernières, j'ai reformulé le langage habituellement employé, réadapté les informations, je les ai synthétisées, parfois ré-interprétées, pour qu'elles deviennent des pistes de réflexion suffisamment compréhensibles par le plus grand nombre. Je les ai voulues consistantes et ancrées dans la vie pour qu'elles ne restent pas des pensées mortes encombrant le mental, mais ouvrent des perspectives exaltantes pour l'épanouissement de toutes et de tous dans un monde que nous réinventons.

"Sexualité", "sexe", qu'est-ce que ces mots vous évoquent?

Pour nous engager dans cette exploration, je vous propose de porter un moment votre attention sur ce qui se passe en vous lorsque nous évoquons lasexualité et le sexe. Observez comment votre tête, votre corps, réagissent. Observez sans aucun jugement, sans chercher à savoir si c'est bien ou si ça devrait être autrement. Observez honnêtement, avec bienveillance envers vous-même. Vos réactions vous indiqueront où vous en êtes, par exemple si vous êtes à l'aise ou non. Il est primordial que vous vous acceptiez tel que vous êtes avec ces réactions, tout en sachant que vous pouvez décider d'évoluer vers une sexualité plus épanouie, si vous le souhaitez bien sûr, en vous laissant guider par ce que nous développons dans ce texte.

Pour vous aider à percevoir vos réactions, voici quelques questions et suggestions:

  • A la pensée du sexe et de l'activité sexuelle, éprouvez-vous de la curiosité, de l'envie, de l'excitation, de la joie, de l'indifférence, de la répulsion, du mépris, de la répugnance, de la peur, de l'angoisse? Il est possible que cela vous évoque des expériences malheureuses, honteuses, humiliantes ou traumatisantes.
  • Si l'on vous demande de parler de votre sexualité, de vos désirs, d'exprimer votre opinion à ce propos, éprouvez-vous de la gène? Vous réagissez peut-être par le silence, par un rire nerveux ou par une blague qui vous permet d'esquiver.
  • Vous sentez-vous serein ou sereine vis à vis de votre sexualité? Ou bien, vous êtes peut-être dans l'un des cas suivants.
  • Vous connaissez bien le sujet, vous avez suffisamment lu, mais vous n'êtes pas à l'aise. Il ne suffit pas de savoir, il y a certaines choses à creuser en vous sur votre personnalité et cet article vous donnera des pistes.
  • Il y a des aspects de la sexualité que vous connaissez mal et que vous aimeriez explorer.
  • Vous estimez que vous avez déjà beaucoup de connaissances intellectuelles et théoriques, mais il vous est difficile de faire le lien entre ces connaissances et votre vécu personnel. Dans ce cas, il serait indiqué que vous puissiez avoir des explications pratiques et vivantes supplémentaires. Cet article vous parle de vous, de ce que vous êtes, non de théorie.
  • Vous êtes attiré(e) par la sexualité, mais en même temps, vous avez des difficultés avec le plaisir, quelque chose en vous le repousse.
  • Vous avez des difficultés sexuelles avec votre ou vos partenaires et vous vous demandez pourquoi. Cet article vous proposera des pistes de réflexion approfondies et parfois originales.

couple enlacé

  • Vous avez une pratique sexuelle satisfaisante, mais elle ne correspond pas à ce qu'on voit couramment dans les films. Cela vous rend perplexe, et peut-être même frustré(e). Nous verrons que les films exposent une version déformée de la sexualité, ce sont des clichés.
  • Vous craignez que votre comportement sexuel spontané ne convienne pas à votre partenaire, ou ne conviendrait pas à un(e) futur(e) partenaire quel qu'il ou elle soit. Pour être aimé(e) et apprécié(e), vous croyez que vous devrez vous comporter d'une autre façon, selon des modèles qui ne vous plaisent pas forcément, mais qui vous semblent nécessaires: les filles sont comme ceci et réagissent comme ceci, et les garçons comme cela. Nous verrons qu'avoir des idées préconçues sur les uns et les autres et sur la sexualité n'est pas une bonne façon de procéder. Le dialogue entre partenaires est bien plus profitable.
  • Vous pressentez que la sexualité est bien plus que l'obtention d'un plaisir à deux, mais vous permet de toucher d'autres aspects profonds et inconnus de votre être et vous aimeriez explorer cette réalité. Nous le ferons.

Dans cet article, nous examinerons la place du plaisir dans la relation sexuelle, ce qui l'entrave et ce qui le favorise. L'acte sexuel est avant tout un acte relationnel et à ce titre, il est porteur de toutes les difficultés et de toutes les joies que l'on rencontre dans tous les domaines relationnels. Nous montrerons qu'au delà du plaisir, l'acte sexuel est un chemin d'accès à l'éveil spirituel.

Les représentations sociales de la sexualité nous laissent désorientés

Notre comportement sexuel est fortement influencé par ce qui nous a été inconsciemment suggéré par notre environnement depuis notre enfance: parents, frères et s?urs, copains, copines, enseignants, journaux, films, télé, radio, images publicitaires, et plus récemment internet. Même si l'attitude de nos parents a été de ne pas vouloir aborder le sujet, ils nous ont de toute façon transmis une attitude vis-à-vis du sexe par leur positionnement.

femme publicitaireNous sommes globalement conditionnés à adopter des comportements conventionnels par les représentations sexuelles que notre société véhicule: images de la femme, de l'homme, de la séduction et de la sexualité. Malgré des variantes personnelles, nous sommes imprégnés de ces valeurs et de ces clichés. Hélas, ils ne nous mènent pas souvent vers le meilleur de nous-mêmes. Ils sont essentiellement orientés vers la création de besoins artificiels qui nous incitent à acheter et à consommer, à moins qu'ils n'aient comme but de nous distraire superficiellement, de nous détourner de nous-mêmes pour nous empêcher de découvrir qui nous sommes vraiment.

Avant les années 60, la sexualité était tabou. Il était malvenu d'en parler librement autour de soi ou dans les médias. Depuis la situation a changé. Certains et certaines ont osé parler librement, revendiquer leur droit au plaisir. Les femmes ont rejeté la contrainte de "devoir conjugal" qu'on leur imposait, ont exprimé leurs sensations, leurs désirs et leur plaisir sexuel dans leur spécificité féminine. On a découvert que les carcans religieux et patriarcaux auxquels on s'efforçait d'obéir avec peine, drame et souffrance, bridaient l'épanouissement sexuel et étaient fondés sur un pouvoir abusif. Les m?urs se sont décomplexées et les gens se sont détendus. Il y a eu une évolution positive vers lareconnaissance du fait que la sexualité est partie intégrante, essentielle et épanouissante de nous-mêmes.

Mais comme le balancier était allé trop loin du côté de l'interdit, il est revenu en force du côté de la licence. Compte tenu de la répression antérieure, c'était inévitable. La licence s'est alors manifestée comme un défoulement excessif, au point que la sexualité est devenue une nouvelle obsession. Attention, je ne suis pas en train de suggérer une morale à suivre, loin de là. Chacun se cherche selon sa propre voie. J'incite simplement à découvrir la voie d'une sexualité qui nous procure un sentiment d'enrichissement et de plénitude, ce qui n'est généralement pas le cas de la sexualité obsessionnelle et défoulante.

La rencontre sexuelle ne bénéficie pas de références saines

Dans cette recherche, nous sommes peu aidés par les modèles de comportement représentés dans les médias.

On aurait pu croire que la "libération" de la sexualité irait de pair avec la créativité [dans la pratique sexuelle]. Or ce dont se plaignent les gens - et plus particulièrement les femmes - c'est de la standardisation des comportements sexuels. La raison en est que les pratiquants agissent "comme dans les films"; ils appliquent ce qu'ils ont vu sur les écrans... Il faut dire que le X constitue le seul "enseignement "dispensé; il n'existe en effet aucun film d'érotisme, c'est-à-dire une ?uvre où la sexualité aurait un sens et une esthétique, qui porterait à élever les consciences. (Dr. Leleu, Sexualité, la voie sacrée)

Bien que la sexualité soit omniprésente dans l'industrie du divertissement (télé, cinéma, spectacles, internet), on y montre principalement des attitudes qui ne fonctionnent pas dans la vie réelle: par exemple la femme dit oui tout de suite, comme si elle n'attendait que ça et elle jouit immédiatement. Le phénomène internet a multiplié et facilité l'accès à d'innombrables scènes pornographiques dans lesquelles les personnes sont représentées comme avides de sexe en tout genre. Les femmes y sont traitées de salopes et de chiennes comme si elles aimaient être insultées. C'est dramatique pour les adolescents dont ce canal constitue l'entrée en matière de sexualité. Ils n'ont pas de références saines, c'est-à-dire respectueuses des personnes. C'est ainsi qu'à l'extrême (comme nous l'a montré une actualité récente), ils arrivent à croire qu'organiser une "tournante" est chose normale (une fille subit le viol de plusieurs garçons successivement).

Couples nus sur internet

Des milliers de pages exposant des vidéos amateurs de scènes érotiques sont accessibles gratuitement sur internet.

Une surprenante caractéristique des m?urs sexuelles est un retour au machisme ou son exacerbation. Mépris et domination de la femme se traduisent par des propos et des attitudes dégradants, agressifs et violents envers elle; le comble de l'avilissement étant les "tournantes". Cette dégradation des relations entre la femme et l'homme peut être mise sur le compte du modèle d'information sexuelle dont disposent les jeunes: des films pornographiques où la femme est présentée comme une poupée jouissante soumise à l'homme ou comme "une chienne qui ne pense qu'à ça". Ce qui renforce la peur qu'ont les hommes de l'émancipation de la femme et, par contrecoup, leur désir de la soumettre... (Dr. Leleu, Sexualité, la voie sacrée)

Toutefois, au fond d'eux, les gens sentent bien que quelque chose ne va pas et que cela ne correspond pas à leur nature, mais ils ne savent pas pourquoi et comment. Ils sont donc désorientés face au sexe, tout spécialement les adolescents.

[Les adolescents] ne savent plus ce qui est à faire ou à ne pas faire. Ils ont perdu la hiérarchie des désirs et des demandes... Ils ne savent pas ce qui est ou non compatible avec la dignité humaine. (Dr Leleu, Sexualité, la voie sacrée)

L'éducation sexuelle

Il est donc urgent qu'une véritable éducation sexuelle soit mise à la disposition de tous, en commençant par l'école. Les quelques cours scolaires sur ce sujet n'abordent que la physiologie et la biologie. Ils ne sont pas un apprentissage sur soi-même et sur l'autre. L'école faillit lamentablement à dispenser une véritable éducation qui inclurait la connaissance et la maitrise de nos émotions et des relations avec les autres. Elle préfère, à quelques nuances près, bourrer notre crâne de savoirs intellectuels que l'on devra apprendre par c?ur et ressortir le jour de l'examen (rien ne change malgré de nombreux rapports et expériences positives à ce sujet depuis les années 50 - voir le dossier Éducation).

Nos enfants, nos adolescents, et par conséquent nous-mêmes qui l'avons été, nous manquons terriblement d'un apprentissage sur l'épanouissement de l'être et de sa sexualité. Il n'existe pas d'enseignement sexuel orienté vers la réalisation de soi et la plénitude (voir des développements dans l'article L'éducation sexuelle).

Notons toutefois que des exceptions peuvent être trouvées dans des initiatives privées, telles que le site web Éducation sexuelle, ou encore la publication de très bons livres éducatifs (certains sont indiqués en fin d'article). Ils ont l'immense mérite d'inciter au respect et à l'amour de l'autre. Ils mettent l'accent sur l'écoute de soi et de son partenaire, la fantaisie, l'agrément, le détachement du souci de la performance. Cependant ils restent peu diffusés, particulièrement chez les adolescents qui préfèrent l'internet et la radio.

De plus, il est rare de les voir aborder le sujet du sens de l'acte sexuel: car l'acte sexuel est bien plus que se donner du plaisir réciproque, c'est réunifier en soi ses énergies masculines et féminines, c'est se découvrir dans toutes ses dimensions en connexion avec sa nature profonde.

La sexualité comme défoulement émotionnel

Larry Clark

Les adolescents représentés dans la série de photographies de Larry Clark ne semblent pas heureux et cherchent des échappatoires dans la sexualité et la drogue.

Pour certains d'entre nous, la vie semble n'avoir aucun sens. Le monde environnant est froid, dur et impitoyable. Nous avons été conditionnés à l'idée qu'il faut lutter pour obtenir de la considération et de quoi subsister. Chacun se trouve donc seul face à lui-même. Ceux qui abordent le monde avec ce regard sont tentés de s'engouffrer dans la sexualité comme dans un refuge contre la solitude et le désarroi, dans l'espoir d'y trouver une niche de chaleur humaine.

D'autres vivent leur quotidien coincés par des charges et des devoirs plus ou moins stressants, plus ou moins désagréables ou épuisants. Ils voient le temps défiler sans profiter de la vie. L'orgasme constitue une exception, une parenthèse: ils sentent un courant de vie intense couler dans leur corps. C'est comme un rappel que la vie existe.

D'autres encore se sentent seul(e)s et en manque affectif. La rencontre sexuelle occasionnelle leur donne l'impression fugitive plus ou moins consciente de combler leur vide affectif. Ces moments ne sont que des bouffées d'air qui permettent de supporter le reste. Ils ne règlent rien sur le fond.

En prêtant attention à notre ressenti après l'acte sexuel, il est facile de nous rendre compte si la rencontre sexuelle n'est qu'une compensation, un pis-aller, une illusion destinée à occulter un besoin plus profond ou si elle résulte d'une attirance amoureuse et d'un échange authentique. L'acte sexuel accompli dans le cadre d'une relation d'amour véritable crée un sentiment d'assouvissement, de plénitude, de sérénité et de bonheur. On en ressort grandi et dilaté.

Au contraire, dans le cas d'une compensation illusoire, une fois l'orgasme passé on est à nouveau seul face à soi-même, et face à l'autre qui n'a été qu'un complice passager. L'acte n'a pas étanché la soif de vivre. Il en reste un sentiment de manque, de tristesse, de nostalgie, de vide. Alors, on en redemande pour retrouver cette brève sensation de vie. La sexualité est utilisée comme une drogue pour fuir son malaise (voir Drogues et développement spirituel). Elle se transforme peu à peu en une addiction et une obsession.

ATTENTION: Pour éviter les fausses interprétations et bien faire comprendre l'intention de cet article, il est important de préciser que je ne décris pas une sexualité que je taxerais d'inadéquate ou même mauvaise, pour la remplacer par une bonne sexualité qui serait considérée comme un modèle à atteindre. Ici, il ne s'agit ni de modèle, ni de morale. Mon intention est d'attirer l'attention sur notre état d'âme, de vérifier si nos actions sont en accord avec nous-mêmes ou si elles obéissent à des codes de conduite qu'on se croit obligé de suivre. J'invite à faire connaissance avec les ressources dont nous disposons pour se sentir mieux.Je suggère que chacun trouve lui-même ce qui lui convient et choisisse ce qui est le meilleur pour son épanouissement.

Satisfaire le besoin de sexe

Certaines rencontres sexuelles, habituellement de la part des hommes, n'ont d'autre but que de trouver une partenaire pour satisfaire leurs pulsions. Dans ce cas, la femme est considérée comme un objet dont il faut tirer le maximum de jouissance, sans qu'il soit nécessaire d'éprouver un sentiment envers elle. Ce vide affectif est déploré par les femmes, y compris les adolescentes. "Les garçons ne pensent qu'à baiser!" déplore l'une d'entre elles; une autre s'indigne: "A notre premier rendez-vous, il ne m'a même pas embrassée, il a voulu qu'on le fasse par derrière tout de suite."(Dr Leleu, Sexualité, la voie sacrée)

Les hommes justifient parfois ces comportements par des prétextes erronés. Ils croient que le sexe fonctionne de cette manière, car ils l'ont vu dans les films. Ils se font leur cinéma intérieur et se disent que si la femme dit non, c'est qu'elle veut dire oui, parce qu'elle aime qu'on aille la chercher de force (la femme peut parfois être confuse à ce sujet, à cause d'un fort besoin d'être aimée). Ce sont des idées toutes faites et sans fondement sur ce que l'autre aime et pense. On peut remarquer qu'une telle attitude néglige l'écoute de l'autre, le dialogue, la communication vraie.

Il n'est pas dans mon intention de juger de tels comportements, mais de vous inviter à vous demander s'ils vous satisfont. Vous laissent-ils un sentiment de frustration et de tristesse, ou de contentement et de plénitude? Si les deux partenaires y trouvent contentement et plaisir, alors cela indique qu'ils vivent ce qui est juste pour eux d'expérimenter.

Évacuer les tensions

Les hommes mettent souvent leurs envies impérieuses de sexualité sur le compte de leur instinct sexuel et de leurs besoins physiologiques. C'est une réponse trop facile et trop superficielle qui fait l'impasse de leur ressenti profond. S'ils y prêtent attention, sans écarter l'influence de l'instinct, ils pourront détecter d'autres influences dominantes issues de leur personnalité. Il s'agit souvent du besoin de défouler des tensions vives, autrement dit de se lâcher. Leur corps est tendu par le contrôle de soi (voir Psychologie biodynamique). On les a éduqués à être toujours à la hauteur, être forts, ne pas faillir. En conséquence, ils ont appris à se contrôler, à ne pas exprimer leurs émotions et leurs doutes. Leur corps en porte l'empreinte.

Le trop-plein de tensions peut être évacué par différents moyens, mais les hommes ont peu d'occasions de se relâcher. Ils le font au travers des conflits et des accès de colère, ou dans les sports où ils dépassent leurs limites. Dans les sports de l'extrême, ils vont au bout de leurs tensions pour lâcher et sentir enfin de fortes pulsions de vie. Un autre moyen de les ressentir est l'orgasme.

L'orgasme est pratiquement le seul moment de leur vie quotidienne où ils font l'expérience du lâcher-prise complet. Ils s'y abandonnent un bref instant avec délice, sans que cela aille à l'encontre de leur image de mâle. Ils peuvent alors sentir les forces de vie couler dans leur corps comme la sève de l'arbre.

Honte et estime de soi

À l'inverse du sexe débridé, de nombreuses personnes sont réticentes à vivre leur sexualité. Certaines personnes ne sont pas du tout attirées par la sexualité et trouvent un équilibre sans sexualité. Pour celles-là, tout va bien. Mais pour les autres, il s'agit de blocages dus à une éducation enfermante ou à des troubles et abus vécus dans le passé. Leurs pulsions de vie leur attirent vers la sexualité, mais elle est repoussée parce qu'elle leur fait peur. Elles s'aventurent toutefois dans la sexualité pour "faire comme tout le monde". Mais elles la vivent avec retenue, habitées par leurs doutes, leurs réserves et leurs appréhensions.

À beaucoup, on a inculqué l'idée que la sexualité est défavorable à notre épanouissement, qu'elle est dégradante et risque de nous entrainer dans une spirale descendante; que se livrer à la sexualité, c'est entrer dans le vice, ressembler à une prostituée, donner de soi une image honteuse et une mauvaise réputation.

Cette honte a été inculquée par des siècles de diabolisation de la sexualité par les institutions religieuses, associée à la diabolisation du corps, des sensations de plaisir, de la femme et des énergies féminines. Même si par la pensée nous comprenons que la sexualité est l'expression normale de l'énergie de vie comme la nature nous en offre l'exemple, il reste au fond de nous une sorte de crispation, un réflexe de quelque chose de mal, de honteux, de coupable qui nous conduit à la destruction et la perdition. Le corps conserve inscrit en lui ces injonctions. Une observation honnête et rigoureuse de ces résurgences, associée à une bienveillance tendre envers soi aidera à les dissoudre (voir L'enfant intérieur).

D'autres ont honte de l'image de leur corps intégralement nu. Se montrer dans son intimité la plus complète n'est pas forcément facile. Il se peut que vous craignez de ne pas correspondre à l'image que vous aimeriez donner, par peur de ne pas être suffisamment attirant(e). Vous doutez de vous, de vos proportions, de vos rondeurs, de vos seins, de l'aspect de vos parties génitales. On vous a peut-être inculqué la pensée que les organes génitaux sont quelque chose d'inférieur, de laid. Voir vos parties génitales et celles de l'autre en détail peut susciter de la gène, du dégout, ou une curiosité que vous jugez malsaine. En clair, vous ne vous aimez pas tel(le) que vous êtes et vous avez peur du jugement de l'autre (voir Se mettre à nu). Comment pourriez-vous vous adonner à la rencontre sexuelle dans la joie et la confiance si vous ne vous aimez pas vous-même?

D'autres formes de honte nous encombrent. C'est par exemple la comparaison avec les autres. Je n'ai pas envie de sexualité alors que tout le monde autour de moi ne parle que de ça et semble l'apprécier au plus haut point. Je suis anormal(e). Je ne correspond pas à ce que décrivent les films et les copains. A mon âge, je suis encore vierge, et j'en conçois une mauvaise estime de moi, une honte de moi. Non, vous n'êtes pas anormal(e) ni déméritant(e). Bien au contraire, vous pouvez vous féliciter de suivre votre chemin personnel, vous osez être fidèle à vous, vous avez le courage d'écouter et suivre votre voix intérieure plutôt que les sirènes extérieures. Soyez-en fier(e).

Une autre source de honte et de sous-estime de soi est l'absence de plaisir: J'ai fait l'amour pour faire comme tout le monde, mais je n'en ai pas éprouvé de plaisir. Cela fait déjà des années que je fais l'amour et je n'ai pas encore connu le plaisir. Puisque tout le monde a du plaisir, c'est que je suis nulle. Bien entendu ce type de raisonnement est faux. Le plaisir n'a rien à voir avec vos performances ou vos mérites. Il découle du type de relation que vous avez, c'est une alchimie à deux. Il est très influencé aussi par l'idée qu'on s'en fait. Peut-être même ne le ressentez-vous pas parce que vous l'attendez sous une autre forme, par exemple explosive alors que le vôtre est doux et léger.

J'ai discuté avec un nombre incalculable de femmes qui pensaient ne jamais pouvoir jouir, alors qu'elles connaissaient régulièrement et facilement l'orgasme. D'autres ont appris à connaitre leur corps et ce qu'il aime, ce qui implique de respecter son rythme. Avoir un orgasme peut devenir très simple: il suffit d'apprivoiser son corps, de se détendre, de découvrir ce qui vous excite, et comment. Si vous souffrez de problèmes personnels ou émotionnels qui semblent interférer avec le plaisir sexuel, alors il serait bon d'y travailler en parallèle. (L. L. Paget, L'orgasme sans tabou)

Le manque de plaisir peut résulter d'une interdiction inconsciente. J'ai du plaisir, mais je n'ai pas le droit, c'est indécent et inconvenant. Dans ce cas le plaisir est stoppé dès qu'il pointe son nez. Là encore, ces injonctions sont issues d'une éducation de la peur qui se transmet de génération en génération.

D'autres sont à l'aise avec la sexualité, éprouvent du plaisir, l'apprécient, mais refusent certaines pratiques courantes parce qu'elles les dégoutent. Par exemple, le sexe oral. Moi, une femme convenable, vais-je m'abaisser à lécher le sexe d'un homme, être léchée par lui? De même pour le plaisir en solitaire. On vous a dit que la masturbation était non seulement répréhensible, mais nocive à la santé physique et mentale. Tout cela est le résultat de la diabolisation de la sexualité.

La honte et la sous-estime de soi sont des poisons qui sabotent votre vitalité et vous détournent de la joie de vivre. Une façon de vous en libérer est d'abord de reconnaitre qu'ils sont actifs en vous. Il est bon que vous puissiez en parler, si possible avec votre partenaire. Échangez librement chacun à votre tour sans interrompre l'autre sauf peut-être pour lui demander des précisions. C'est une excellente pratique pour approfondir votre relation et intensifier votre amour. Parler de vos difficultés, de vos peurs, de vos désirs.

Respectez-vous. Accueillez-vous tel que vous êtes: avec vos désirs, vos peurs, vos limites, vos résistances. Ne vous forcez jamais à pratiquer quelque chose qui vous déplait, même si vous pensez que vous devriez dépasser votre résistance. Ne vous jugez pas.

Les ombres de la personnalité embrouillent notre sexualité

L'exemple précédent de la honte nous a familiarisés avec le fait que certains traits négatifs inscrits dans notre inconscient viennent s'interposer de façon inattendue et intempestive dans notre vision et notre pratique de la sexualité. La relation sexuelle peut mettre à jour des accumulations émotionnelles et des préjugés qui l'empêchent de se développer librement, obscurcissant sa fonction originelle. Par exemple on peut rencontrer: perte de sens, incapacité à s'abandonner, culpabilité, interdiction du plaisir, peur de déplaire, jugements négatifs sur le corps et la sexualité, et d'autres que nous décrivons ici.

La peur d'être soumis à la femme

fleur épineuseMerci à Laetitia Tixier

La plupart des hommes portent les stigmates de leur relation avec leur mère. S'ils ont eu la chance d'avoir une mère qui leur a accordé toute sa confiance, si elle a reconnu en eux une graine de vie qu'elle a arrosée et laissé croitre selon sa nature, ils ont été magnifiquement préparé à une vie et une sexualité épanouies. Mais si le garçon a été soigneusement surveillé et contenu dans un espace étroit de liberté au nom de sa sécurité, si sa mère désirait le garder pour elle et lui demandait constamment des marques d'attention, ou si elle le modelait selon la vision qu'elle avait d'un homme, alors la mère est devenue une menace pour le garçon qui, devenu adulte, aura probablement des craintes inconscientes de s'abandonner vraiment à une femme dans la relation sexuelle.

S'abandonner à la femme résonne pour lui comme se soumettre au féminin. Il ne peut le faire que jusqu'à un certain degré et conserve une vigilance et un réflexe de contrôle. Mais il a toujours le pouvoir d'en prendre conscience et de décider de le transformer, avec l'aide de sa partenaire.

Beaucoup d'hommes ont peur d'être engloutis par la puissance de la femme. C'est une peur ancestrale, qui est transmise à l'homme depuis des siècles dans la société occidentale. C'est cette peur qui a entrainé les hommes à reléguer la femme au second rang, à la minimiser, voire l'humilier et la détruire. De ce fait, le féminin qui à l'origine s'offre généreusement, s'est recroquevillé en quelque chose de protégé, de secret, de mystérieux, qu'on ne peut plus voir en face, en toute transparence. Ce côté sombre et inconnu lui donne un aspect encore plus menaçant et ne fait que renforcer la peur.

L'aspect sombre et mystérieux du féminin qui se protège a généré certains fantasmes angoissants pour l'homme qui se représente la femme comme une castratrice, une mangeuse d'hommes. Il révèle ainsi qu'au fond de lui, il reconnait qu'elle peut exercer un pouvoir sur lui et le soumettre à ses désirs, même s'il affiche le contraire extérieurement. Sur le plan du fantasme sexuel, le vagin avale le pénis et le maintient sous son pouvoir. Il existe une imagerie dans laquelle le vagin est pourvu de dents. Le Vagina dentata apparait dans les mythes de presque toutes les cultures quelle que soit la religion dominante. Encore récemment (2008), le filmTeeth de Mitchell Lichtenstein met en scène un jeune fille qui découvre que son vagin mord quiconque souhaite en abuser.

Le ressentiment envers l'homme

La femme peut avoir de nombreuses raisons d'en vouloir à l'homme. Elle porte les stigmates de la relation avec son père, qui peut lui avoir manqué d'amour (froideur, absence, autoritarisme, séduction, humiliation, violence, ou à l'inverse héros ou sauveur irremplaçable...). Elle est aussi marquée par des siècles dedomination masculine où elle a été rabaissée et violentée.

Nombreuses sont les femmes qui ont subi des abus sexuels sous une forme ou une autre, parfois seulement en intention, mais nettement ressentie comme une intrusion. Les cas les plus fréquents se produisent avec des proches de la famille ou des connaissances, mêlés à des sentiments ambigus et coupables si une certaine amitié ou estime a pu se développer antérieurement avec l'abuseur. Un grand nombre de ces femmes se sentent salies et éprouvent de la honte. Ces épisodes sont inscrits en elles comme une terreur de l'homme, ou une trahison, avec parfois un désir de vengeance inconsciente. Très souvent, la femme oublie cet épisode d'abus, car il était trop douloureux de le supporter. Son esprit s'en est protégé en l'oubliant.

A l'occasion de l'union sexuelle, ces sentiments négatifs peuvent ressurgir sous une forme détournée. Par exemple par le manque de désir ou par des dérèglements organiques comme la vaginite.

Le manque de désir résulte parfois de mécontentements dans la vie de couple. Un exemple: la femme est déçue par son conjoint parce qu'il est souvent absent de la maison. Le manque de désir est sa punition inconsciente envers l'homme.

Les jeux de manipulation et de séduction

Une femme peut accepter de faire l'amour avec son partenaire, même si elle n'en pas envie, par peur de ne plus être aimée si elle refuse. Elle espère donc qu'en échange son partenaire lui sera reconnaissant et lui procurera sécurité et amour. Si, malgré son peu d'enthousiasme, elle accepte en riant, sur un mode ludique et aimant, cela ne crée aucune gène. Où la difficulté nait, c'est si elle accepte contre son gré, avec amertume. Quant à l'homme, il joue un jeu comparable s'il réagit avec colère ou amertume au refus de sa partenaire. L'amertume va ronger le couple.

Généralement, nous sommes conditionnés depuis l'enfance à ne recevoir des gratifications et de l'attention de la part de nos parents que si nous satisfaisons à leurs exigences. Par exemple, si nous leur sourions, si nous sommes sages, silencieux et immobiles, si nous avons de bonnes notes scolaires. Cela s'appelle de l'amour conditionnel, parce qu'on reçoit l'amour sous condition, ce qui à vrai dire n'a rien de l'amour. C'est un marché, un commerce: tu me donnes ton attention, même si tu n'en as pas envie, et alors je te gratifie aussi de mon attention ou d'un cadeau.

Adultes, nous fonctionnons encore beaucoup à notre insu selon ce marchandage, par conditionnement. Nous acceptons de faire des choses parce que nous pensons que nous en serons gratifiés par de l'argent, de la considération ou par l'estime des autres. Il se peut que la relation sexuelle intervienne aussi dans ces transactions. En acceptant de nous comporter en désaccord avec notre nature profonde ou notre être intérieur, nous ne sommes plus vrais, nous nous trahissons nous-mêmes et nous trompons l'autre. C'est au fond une manipulation subtile et inaperçue.

Manipuler, c'est man?uvrer pour amener l'autre à agir selon notre souhait, par exemple par la séduction, en le "prenant par les sentiments", par la menace (de ne pas accéder aux désirs de l'autre, etc.). Nous le faisons presque instinctivement sans nous en rendre compte, par conditionnement.

Il n'y a pas lieu de nous culpabiliser si nous découvrons que nous avons employé une dose de manipulation. Il suffit juste de repérer le jeu, de le reconnaitre, d'en parler à l'autre et d'en rire.

Hommes et Femmes (spiritualité)

Par Le 21/01/2016

Hommes - femmes 

Le bonheur de s'écouter et se comprendre

Réaliser l'union du féminin et du masculin en soi

Alain Boudet

Dr en Sciences Physiques, Thérapeute psycho-corporel, Enseignant

Résumé: Les relations de couple sont souvent dénaturées par des conflits, des difficultés de communication et des différences d'opinion. Ces comportements sont-ils génétiquement programmés? Non. Ils sont le résultat d'une éducation enfermante et d'une ignorance de notre nature profonde. Une observation authentique et honnête de soi nous révèle que chaque homme et chaque femme possède aussi bien les qualités masculines que féminines, qui demandent à être reconnues, acceptées et développées. C'est en faisant la paix intérieure entre notre masculin et notre féminin que nous pouvons établir des relations harmonieuses, d'abord avec soi-même et ensuite avec les autres. C'est alors que la vie de couple, et la Vie elle-même, nous offrent le meilleur.

Contenu de l'article


Daniel assume de grandes responsabilités dans une entreprise de haut niveau technologique et anime une équipe d'une dizaine de personnes. Il se sent responsable du succès commercial des projets et consacre beaucoup de temps à ce travail qui le passionne. En conséquence, il rentre tard le soir à la maison où l'accueille son épouse Marina. Mais, fatigué, il ne peut répondre à sa demande d'attention et préfère se délasser devant un match à la télé. Marina, frustrée de ce manque d'attention, est souvent furieuse et le critique vertement de son égoïsme. Alors, il se sent incompris et se referme dans son mutisme. Marina se sent délaissée et abandonnée. Elle craque.

Ce genre de scène est fréquent. Il illustre la difficulté fréquente dans les couples à se comprendre et à trouver son équilibre individuel à deux. Peut-on changer cet état conflictuel? Est-ce au prix d'un renoncement ou d'un sacrifice? Par exemple Daniel doit-il renoncer au bonheur que lui procure son travail, ou Marina faire une croix définitive sur l'espoir de voir son mari plus longtemps?

Dans cet article, je montre qu'il est effectivement possible de changer la situation, non par sacrifice, mais au contraire en donnant l'occasion à chacun de s'épanouir dans ce qu'il est vraiment. La démarche consiste à prendre conscience de la nature des incompréhensions qui génèrent ces conflits, àapprendre à s'écouter mutuellement et à communiquer réellement. La clé essentielle de cette communication est d'exprimer ses émotions et ses pensées de façon authentique et sans culpabilité. On peut alors bâtir un couple sur de nouvelles valeurs.

Le couple ordinaire: occupe-toi de moi

Qu'est-ce qui pousse un homme et une femme à vivre ensemble? Il y a souvent le besoin de se conformer à un modèle de vie, celui que la famille ou le clan attendent de nous, et dont nous sentons la pression du jugement. Ou bien il y a une véritable attirance. Mais quelle est vraiment la nature de cette attirance? Avez-vous vraimentréfléchi à cela?

L'attirance sexuelle "physiologique" est une réponse toute faite et trop facile qui évite de s'observer réellement. Elle explique peut-être pourquoi on a envie de se rencontrer ponctuellement pour faire l'amour, comme les animaux, mais pas pourquoi on vit à 2. On peut aussi avancer d'autres explications immédiates: partager mes émotions, donner mon amour, me sentir protégé, avoir quelqu'un sur qui compter, recevoir l'attention, être écouté et encouragé, etc. Mais que recouvrent vraiment ces mots?

La plupart de ces motifs expriment un besoin qui doit être comblé par l'autre: besoin d'attention, de compréhension, de reconnaissance, de sécurité, de soutien. Le couple humain ordinaire est l'association de deux personnes qui espèrent trouver des avantages à cette communauté en pensant que l'autre va répondre à ses demandes conscientes ou inconscientes. Nous sommes attirés par l'autre parce que nous pressentons qu'il pourrait nous apporter ce qui nous manque, et soulager notre manque. Ainsi, dans la scène précédente, Marina et Daniel transpirent leur besoin d'être mutuellement soutenus, écoutés, valorisés, mais ils ne l'ont ni reconnu ni exprimé.

Or l'expérience montre qu'un couple ne peut pas fonctionner durablement sur la base du besoin mutuel. Non seulement nous attendons que l'autre réponde à nos demandes, mais nous nous soumettons aussi pour satisfaire les demandes de l'autre même si cela ne nous convient pas. Au bout d'un certain temps, nous nous sentons frustrés et déçus car notre attente n'est pas satisfaite. Alors, il se peut qu'en nous s'installent progressivement le ressentiment et la souffrance, et peut-être la haine. La frustration et la culpabilité sont inéluctables, car notre partenaire ne peut pas répondre à toutes nos attentes et tous nos désirs, de même que nous ne pouvons pas répondre aux siens. C'est impossible.

Par exemple, une femme peut accepter de faire l'amour avec son mari pour lui faire plaisir, même si elle n'en a pas du tout envie. Dans ce cas, elle considère que faire l'amour est le prix à payer pour recevoir l'attention de son mari. Sa raison profonde est sa peur de ne pas recevoir l'attention et la tendresse dont elle a besoin, si elle n'accepte pas. Mais cela lui laisse un gout amer. Elle sent qu'elle n'a pas été honnête avec elle-même. Elle a accepté d'être ce qu'elle n'était pas. Prendre conscience, pour l'homme et pour la femme, de ces jeux de commerce sentimental et énergétique, va leur ouvrir des portes vers un autre type de relation.

N'en tirons pas pour autant la conclusion qu'il faut refuser catégoriquement de répondre aux demandes, évidemment. Ce serait opter pour une règle de conduite rigide qui n'est pas appropriée. Changer de type de relation, ce n'est pas adopter l'attitude opposée. C'est sortir du jeu, c'est prendre le temps d'observer ces demandes mutuelles afin de s'en dégager. C'est observer avec précision et rigueur toutes les peurs et les croyances qui les sous-tendent: peur de manquer, d'être abandonné, etc.

L'alternative à des relations basées sur le besoin et la demande à l'autre est-elle de devenir affectivement indépendant? Une croyance fréquente est d'imaginer que si j'arrive à ne plus être dans le besoin affectif et le manque vis-à-vis de l'autre, je ne vais plus l'aimer et je risque de me retrouver seul et sans amour. Ou inversement: si l'autre n'a plus un besoin addictif que je réponde à ses demandes, il va s'en aller. A cause de cette croyance, je tâche de me rendre indispensable pour qu'il m'aime. Cette vision revient à considérer l'amour comme un attachement, une dépendance.

Il est vrai que nous ne pouvons pas être indépendant de l'amour. Nous avons besoin de soleil, de lumière, de nourriture et d'amour. Alors, la question est:
Si je cesse de demander de l'amour à l'autre, comment puis-je le recevoir?
Ceci est un grand mystère, mais c'est la clé du bonheur et c'est ce qui va nous permettre de construire le couple harmonieux et aimant. Paradoxalement, c'est lorsque nous cessons de vouloir obtenir que nous recevons le plus. Ce n'est pas en réclamant à l'autre et en me plaignant que j'obtiendrai son amour. C'est lorsque j'abandonne mes exigences et que je donne de l'amour.

Mais pour donner aux autres, il faut au préalable que je donne à moi-même. Si je manque d'amour, c'est d'abord parce que je ne m'accorde pas assez d'amour. Comme je n'en reçois pas de moi-même, je le demande à l'autre. Autrement dit, il ne s'agit pas de se résigner à ne plus recevoir de l'amour, mais à en donner en commençant par nous-même. Nous serons surpris d'y découvrir une source importante de réconfort et d'énergie.

Se donner de l'amour, c'est d'abord s'accorder une attention bienveillante mais vraie (non complaisante). Par exemple, examiner vraiment nos besoins profonds, les accepter comme tels, et constater ce qui nous rend heureux ou malheureux. (voir les articles Le langage des émotions et Ma vie reflet de ma pensée)

Une communication verbale difficile

Les besoins et demandes mutuelles se manifestent particulièrement dans la communication verbale entre hommes et femmes. Pourquoi les échanges de paroles ne sont-ils pas aisés et fluides? Qu'est-ce qui les entrave? C'est le fait que la communication ne repose pas sur les mêmes désirs ou besoins.

Pour les femmes, les conversations sont intéressantes lorsqu'elles transmettent de l'émotion, telle que complicité, amusement, indignation, émerveillement, compassion. L'information pure est moins recherchée. Les hommes ont tendance à parler de choses, de faits, tels qu'une astuce technique, un moyen pour se procurer un objet, une façon d'améliorer un logiciel; ou bien de prouesses et de résultats, en sport par exemple!

Dans les courriels qui me parviennent en réaction aux articles de ce site, dont certains sont rapportés dans le livre d'or, les commentaires sont très caractéristiques. Les femmes transmettent d'abord leur réaction émotionnelle: combien elles ont apprécié tel aspect, combien elles se sont senties soulagées ou enthousiasmées en lisant tel article, etc. Les hommes, le plus souvent (mais pas toujours, rien n'est systématique) ne mentionnent pas leurs sentiments sauf de façon très brève et pudique, et passent immédiatement à leur véritable demande: un complément d'information. une explication, ou un savoir-faire.

Toutefois, nous sommes amenés à vivre ensemble, en famille, en couple, dans le travail, dans les loisirs, etc. et cette différence d'approche crée des problèmes de compréhension. Dans le couple en particulier, quand une difficulté se présente, elle est surtout d'ordre émotionnel: frustration, déception ou colère envers l'autre. Pour dépasser ces difficultés, il est nécessaire de pouvoir communiquer ses ressentis à l'autre. Ce n'est qu'en exposant une réalité qu'on peut la traiter et la transformer. Mais alors que les femmes exposent volontiers leurs émotions liées au conflit, les hommes y sont réticents. Personne n'est plus fautif que l'autre, car chacun est le produit de son éducation, comme on le verra plus loin, et c'est à deux que l'on peut améliorer cette situation.

Dans son ouvrage L'intelligence émotionnelle, Daniel Goleman rapporte les résultats d'enquêtes psychologiques faites auprès de quelques couples états-uniens.

Alors que les femmes s'efforcent de mettre sur le tapis et de résoudre les problèmes émotionnels, les maris répugnent à s'engager dans des discussions qui promettent d'être vives... En butte aux critiques et au mépris de son épouse, le mari commence à entrer dans le rôle de la victime ou à éprouver de l'indignation. Pour ne pas se laisser submerger, il adopte une attitude toujours plus défensive ou se replie entièrement sur lui-même. Mais souvenons-nous que ce comportement déclenche le processus de submersion chez la femme. C'est l'impasse.

Remarque importante si vous ne vous retrouvez pas dans la description des hommes et des femmes décrits ici:Lorsque je donne un exemple de comportement typique d'homme ou de femme dans cet article, je n'en fais pas une règle générale. Ce ne sont que des exemples de cas que l'on rencontre fréquemment dans notre culture occidentale actuelle. Ces comportements ne sont pas inhérents à la nature même de la femme ou de l'homme, mais résultent de leur éducation. Si vous ne vous retrouvez pas dans la description des hommes et des femmes tels qu'ils sont décrits dans ces exemples, c'est tout-à-fait logique, car les rôles et les comportements attribués aux hommes et aux femmes varient grandement en fonction de notre éducation, âge, milieu social, race, religion, nationalité, etc. Il se peut que des hommes se retrouvent mieux dans ce qui est décrit comme plus typique des femmes et inversement. Les comportement féminins et masculins n'ont rien de biologiquement déterminés et ne sont pas figés dans des stéréotypes. Vous décrire certains de ces comportements typiques vous donne des points de repère, des sources de réflexion, par rapport auxquels vous pouvez décrire votre propre positionnement et rechercher quels sont les ressorts de vos comportements en communication.

C'est en comprenant nos différences et nos ressemblances honnêtement et courageusement, que nous contribuerons à mieux vivre ensemble et à profiter pleinement de la joie de communiquer.

Les femmes et l'émotion

Les femmes sont généralement plus en contact avec leurs sensations et leurs émotions que les hommes. Elles ont souvent la capacité de percevoir et d'exprimer leurs émotions, et de dévoiler leurs sentiments de façon plus spontanée. Les hommes sont plus régis par leur mental, leurs pensées et leurs raisonnements, et ils cherchent à être maitres d'eux-mêmes en se contrôlant.

Les femmes partagent leurs impressions, c'est-à-dire leur réaction émotionnelle du moment. Il est intéressant de s'arrêter sur le sens de impression:Impression vient de imprimer, presser dans, de même que empreinte. Si je presse sur un tube de dentifrice, il réagit par une déformation. De même, si nous sommes sensibles à un stimulus ou un événement, notre corps et notre esprit en subissent une empreinte immédiate que nous pouvons ressentir sous forme d'impression. Nous pouvons être traversé par un grand enthousiasme et éventuellement l'exprimer par des gestes et des mots. Puis, le lendemain, l'impression est passée, et nous sommes indifférent à l'événement de la veille. Exprimer une impression ou une sensation est le jaillissement du moment. C'est bien différent de l'énoncé d'un avis ou d'une opinion fondés sur des données et sur un raisonnement logique, qui restent valables le lendemain.

Sara: Je me suis souvent faite railler à cause de ma spontanéité et j'ai même parfois l'impression de faire peur.

Le piège fréquent pour les hommes face à une femme dans ce cas, c'est de prendre le langage d'un élan émotionnel du moment pour une information mentale pure. Mais avec un peu d'attention, ces hommes peuvent facilement apprendre à comprendre ce langage de l'émotion, et à ne pas enregistrer les mots à la lettre à la façon d'un huissier. Ils peuvent aussi découvrir qu'eux-aussi présentent cette disposition à sentir l'impression du moment et qu'ils peuvent en bénéficier. Elle est seulement parfois bien étouffée.

Émotion et vulnérabilité

Les femmes se plaignent souvent du silence que les hommes conservent à propos de leurs sentiments. Nombreux sont les couples qui n'échangent pas véritablement ce qu'ils pensent et sentent, et souvent mari et femme se sentent seuls tout en habitant ensemble. Cette situation n'est jamais due à un seul des membres du couple, mais il apparait évident que beaucoup d'hommes refusent, volontairement ou non, de communiquer verbalement ou de laisser paraitre leurs sentiments. Ils affichent un visage sérieux et impassible, comme on peut le constater déjà chez beaucoup d'adolescents. Cela leur demande un contrôle permanent de leur visage et de leur corps, mais c'est un réflexe automatique dont ils ne sont plus conscients.

Or avec un minimum d'observation, ces hommes peuvent tout à fait prendre conscience du contrôle automatique qu'ils s'imposent. Un petit exercice consiste à imaginer ce que cela provoquerait en eux de renoncer à ce contrôle. Ils découvriront que pour l'homme, laisser paraitre ses émotions, c'est montrer au grand jour sa faiblesse et sa vulnérabilité. Or c'est contraire à l'éducation qu'on lui a inculquée sur ce que doit être le comportement viril. Une femme peut se permettre de montrer sa détresse et son besoin d'être "sauvée par son prince". Le "prince" se doit d'être à la hauteur en toute circonstance. S'il montre ses émotions, il dévoile son jeu, il révèle qu'il n'est pas aussi performant qu'il devrait être selon les normes de la virilité. Il se retranche donc derrière un masque qui le protège des débordements émotionnels. Il dénie son besoin d'attention et sa dépendance qu'il considère comme des défauts majeur.

Le rôle dévolu au sexe masculin valorise la compétence, l'indépendance, la maitrise de soi et l'impassibilité. On a de bonnes raisons de croire qu'assumer ce rôle augmente le risque de dépression. Ce qui envenime les choses, c'est que l'homme "supercompétent" considère son abattement comme un signe d'échec; masquant ses émotions, il refuse qu'on l'aide à sortir de sa dépression, dont il n'ose même pas prononcer le nom.... En fait les hommes peuvent être tout aussi troublés que les femmes par le mur du silence... Généralement, la culture a modelé le mâle américain pour qu'il dirige ses émotions dans des canaux étroits et bien définis qui réfrènent toute démonstration de compassion et de sensibilité. (K. Rosenberg)

Le silence d'un homme à propos de ses sentiments ne signifie pas forcément qu'il ne veut pas volontairement les communiquer. Les femmes dont l'expression émotionnelle est évidente et spontanée n'imaginent pas forcément les difficultés de certains hommes à percevoir leurs sensations et leurs sentimentsà force d'entrainement à les réprimer. Elles peuvent avoir tendance à les attribuer à leur mauvaise volonté.

Les hommes et la compétence

Les hommes se sentent généralement bien en tant qu'hommes lorsqu'ils peuvent assumer des rôles où ils sont compétents. Ils construisent leur identité (perçue comme leur virilité) avec des savoir-faire et des performances. De plus ils veulent montrer qu'ils sont capables d'un contrôle sur eux-mêmes, en particulier un contrôle sur l'expression de leurs émotions. Ils considèrent que la sensibilité affaiblit leur virilité.

Par exemple, dans la pratique musicale, les hommes se trouvent plus à l'aise avec des instruments qu'avec leur voix, aussi bien dans les orchestres classiques que jazz ou rock. Ils y sont souvent en majorité, même si le nombre de femmes a beaucoup augmenté. L'instrument leur permet d'exprimer leur puissance, et aussi leur sensibilité sans se révéler directement et ouvertement. De plus, ils peuvent y développer une technicité et un savoir-faire, voire une virtuosité. Au contraire, le chant oblige à se dévoiler plus intimement, sans intermédiaire et dans les chorales on trouve une majorité de femmes.

Ce besoin de se sentir compétent se transforme dans certains milieux ou certaines cultures en besoin de mettre en scène des prouesses. En se fondant sur l'étude de plusieurs sociétés traditionnelles, y compris des sociétés tribales indigènes, et sur les écrits d'autres chercheurs tels que M. Mead ou K. Read, le sociologue italien La Cecla déclare que l'anatomie et la biologie ne suffisent pas à l'homme pour se sentir homme, il lui faut aussi être toujours plus performant, mais surtout le faire voir, il faut prouver qu'on est un homme. D'après K. Read (Nama Kult, 1954) qui a étudié les populations de Papouasie - Nouvelle Guinée, l'idée que les hommes ont d'eux-mêmes se fonde plus sur ce qu'ils font que sur ce qu'ils ont de naissance.

Les enfants des bergers crétois deviennent des hommes quand ils acquièrent la prouesse individuelle... La masculinité doit être "représentée" pour qu'on puisse la prouver. C'est la façon de faire les choses qui en détermine le caractère masculin.. qu'il s'agisse de danse, de maitrise de la parole ou du vol lui-même... Plus le risque encouru est grand, plus est grande la "simasia" qu'on en retire: une qualité qui tient du courage, de l'habileté, de l'insubordination. (La Cecla, Ce qui fait un homme, éd. Liana Lévi, 2002)

La nécessité pour les hommes de prouver leur virilité s'accompagne aussi de l'angoisse de la perdre puisqu'elle doit être prouvée en permanence. Et aussi de l'angoisse de perdre l'estime des autres et d'eux-mêmes s'il ne réussissent pas.

Dans le couple, le besoin pour l'homme de prouver peut se traduire par la nécessité d'avoir une fonction, d'exercer des tâches où sa compétence est reconnue, sinon indispensable. C'est peut-être à cause de cela que certains hommes ont tendance à vouloir avoir raison vis-à-vis de leur femme pour réaliser une tâche. C'est leur façon de se rassurer sur leur identité. Dans la société moderne, ce besoin prend aussi la forme de l'obligation de réussite professionnelle. En cas d'échec, si son talent n'est pas reconnu, l'homme a l'impression de perdre son identité d'homme et de ne plus exister... du moins tant qu'il s'identifie à cette représentation de la virilité. Or ce n'est là qu'une représentation inculquée par l'éducation et la culture, un jeu de l'égo et de la personnalité qui peut être dépassé et transformé.

Rien ne prouve que les hommes aient besoin de surclasser les femmes dans un domaine particulier; mais ils ont besoin de réalisations pour se rassurer et c'est pourquoi ces réalisations sont souvent présentées indirectement non comme un domaine où les hommes excellent, mais comme un domaine inaccessible aux femmes... Le problème permanent de la civilisation est de définir le rôle de l'homme de façon satisfaisante - qu'il s'agisse de cultiver des jardins ou d'élever du bétail, de tuer du gibier ou des ennemis, de construire des ponts ou de manipuler des valeurs en banque - afin qu'il puisse, au cours de sa vie, parvenir au sentiment stable d'un accomplissement irréversible. (M. Mead, L'un et l'autre sexe, Gallimard, 1960)

Le souci de la performance s'immisce également dans la façon de faire l'amour, qui pourrait pourtant être le moment où on laisse ce souci de côté pour s'abandonner à la fusion et à l'échange. Ici, la performance est souvent imaginée, du moins actuellement dans la société occidentale, comme la capacité à maintenir longtemps une érection, à conduire la partenaire à l'orgasme, ou à lui faire vivre des choses extraordinaires qu'elle n'a jamais connues (voir articleSexualité essentielle).

Je m'accorde la douceur

En choisissant l'impassibilité et la rudesse, l'homme renonce à la douceur pour lui-même. Pour y parvenir, le petit garçon doit nier sa sensibilité et sa générosité et prouver son masculin au prix de souffrances et d'initiations qui peuvent aller jusqu'à exiger de tuer des ennemis dans certaines populations. Or la douceur fait aussi partie de la nature de l'homme et il en a besoin.

Si je renie cette douceur, j'ai du ressentiment parce que je n'en reçois pas suffisamment, à la fois contre ceux ou celles qui ne m'en donnent pas et contre ceux ou celles qui ont l'audace de s'en donner. Je les trouve ridicules ou impudiques. Au lieu de voir mon manque, je reporte la faute sur eux et je les jugent. En même temps je demande aux autres, à ma compagne, de combler mon manque. Double langage: je veux et je refuse. Je suis rude pour moi et rude pour les autres. Pour en sortir, je dois prendre du recul et reconnaitre que mon comportement intolérant exprime mon manque. Lorsque nous demandons à l'autre de la douceur ou toute autre qualité (avec ressentiment quand elle n'y répond pas), cela révèle généralement que nous ne nous en accordons pas assez à nous-même.

La recherche de performance et la démonstration de virilité n'apportent à l'homme ni l'harmonie, ni la sérénité. Tout au plus un soulagement éphémère. Il s'efforce de jouer un personnage qu'il n'est pas forcément et il nie certaines facettes de lui. C'est une attitude contraignante, mutilante et anxiogène qui n'est absolument pas inscrite dans la constitution fondamentale du masculin. Elle n'est qu'obéissance à la loi du clan, de la famille ou de la société dans le but de recevoir l'estime et la reconnaissance des autres. Même si cette conception tire indéniablement sa source dans certains traits masculins profonds, authentiques et magnifiques, elle s'en est détournée en ignorant le féminin qui lui associe compassion, humilité et conscience de soi.

Pour gagner l'estime, l'homme s'est détourné de sa vraie nature, de son essence profonde. En retrouvant cette essence, en acceptant toutes ses facettes tant masculines que féminines, ses vraies richesses intérieures lui sont révélées. Il se sent réconcilié avec lui-même, et il y gagne une communication plus simple et plus authentique avec les femmes et avec les hommes. Il en reçoit la paix et la liberté intérieure.

Technique et sensorialité

Beaucoup de personnes, en majorité des femmes, se sentent dépassées lorsqu'il s'agit de mettre en �uvre des compétences techniques, en particulier en face d'un ordinateur. Bien entendu, ce n'est là qu'une tendance qui n'est pas inscrite de façon définitive dans la constitution féminine. Examinons quelles en sont les causes et comment y remédier.

Portons notre attention sur le sentiment qui nait en nous quand nous sommes en face de la machine ou de l'ordinateur. Nous reconnaitrons souvent une sensation d'impuissance devant une multitude de commandes dont nous ne connaissons pas l'usage, et nous ne savons pas comment les aborder. Comme avec une personne inconnue, nous ne savons pas comment engager la conversation avec cette machine, nous ne savons pas quel langage elle utilise. Pour y remédier, nous avons besoin que quelqu'un nous introduise à cette machine, nous fasse faire connaissance avec elle et nous explique comment l'aborder. Certes, de telles présentations existent parfois, soit sous forme d'un document écrit, soit sous forme des explications généreuses d'un technicien averti. Malheureusement, elles sont rarement exprimées dans un langage adapté aux interlocuteurs non-connaisseurs, et en particulier à la sensibilité féminine. Cela est dû à leur langage très abstrait et spécialisé, employé par des techniciens pour leurs besoins internes, mais non transposés ensuite par les services commerciaux à des usages publics. Les personnes qui n'ont pas la culture technique correspondante ne trouvent pas de repères dans ce langage.

Avoir des repères, c'est trouver des références à ce que l'on connait déjà, à ce que l'on a vécu concrètement, sensoriellement. Dans la communication efficace, nous devons être attentifs à employer un langage qui comporte des repères pour l'autre. Les personnes qui ont des difficultés avec le langage technique ont besoin d'une présentation qui fait appel à des sensations qu'elles connaissent. Par exemple l'apprentissage de l'usage d'un ordinateur peut être grandement facilité par des analogies avec des actes physiques réellement vécus, comme ouvrir une armoire, prendre un document, prendre un stylo, décrocher un téléphone, etc.

Les hommes s'y trouvent plus souvent à leur aise parce qu'ils ont déjà acquis des repères techniques et perçoivent plus vite la structure des commandes de la machine. Beaucoup d'hommes, souvent dès leur jeune âge, (de même que certaines femmes) aiment saisir les principes de fonctionnement technique des objets et machines lorsqu'ils les découvrent. Par exemple, lorsque ces personnes de type fonctionnel apprennent à tourner le volant d'une voiture, elles se représentent les articulations qui existent entre le volant et les roues - la tige de transmission, le cardan - et comment la commande se transmet aux roues. Par contraste, les personnes de type sensoriel constatent qu'en tournant le volant, ça fait tourner la voiture et cela les satisfait. Elles cherchent la meilleure façon de tirer parti des choses en les manipulant. Lorsqu'une porte fonctionne mal, elles découvrent qu'elles peuvent s'en accommoder en soulevant un peu la porte, et tout va bien, tandis que les personnes fonctionnelles recherchent la cause pour lui apporter remède, en revissant les gonds par exemple.

Dans la perspective d'un développement de soi, il est intéressant de pouvoir jouer à la fois sur ces deux aspects, sensoriel et compréhension des principes. Car les deux ont leurs avantages et sont complémentaires. Ainsi, il peut être fastidieux ou impossible de remédier aux causes fonctionnelles dans certaines circonstances.

Les différences de comportement sont imprimées par l'éducation

Les différences dans le comportement des hommes et des femmes que nous avons relevées sont-elles inscrites dans les gènes en tant que déterminisme biologique, auquel cas rien ne pourra les changer? Absolument pas. Elles sont dans une large mesure imprimées par l'éducation. La preuve en est que les rôles et comportements attribués aux hommes et aux femmes varient beaucoup selon les cultures, les milieux sociaux et les sociétés. C'est en nous imprégnant et imitant les hommes et les femmes autour de nous dans notre enfance que nous avons façonné notre idéal d'homme ou de femme.

Nous sommes constamment encouragés dès l'enfance à adopter certaines attitudes qui nous procurent l'approbation des parents ou des camarades, et à réprimer d'autres attitudes naturelles qui nous attirent désapprobation, raillerie ou même violence. Pour recevoir l'attention et l'amour, l'enfant se conforme peu à peu à ces schémas de virilité et de féminité. Ce faisant il s'éloigne de sa nature innée (voir article L'enfant intérieur). Les parents font des différences dans l'éducation des filles et garçons sans même s'en apercevoir, car ils ont eux-mêmes été conditionnés.

Lorsque les parents racontent des histoires à leurs enfants quand ils sont tout petits, ils expliquent davantage les émotions aux filles qu'aux garçons; ils font plus souvent appel à des mots à forte charge affective quand ils parlent à leur fille. (D. Goleman)

Les attitudes et façons de s'exprimer des garçons sont induites par leurs pères, mais pas seulement. Les mères aussi participent à l'élaboration d'une image de la virilité. Lorsque les mères jouent avec leur bébé, elles expriment des émotions plus variées si ce sont des filles, et plus tard discutent plus en détail avec elles de leur état affectif qu'elles ne le font avec les garçons (D. Goleman). Lorsque nous élevons un enfant, nous cherchons à favoriser sa croissance et nous l'encourageons à développer ses qualités. Mais il est difficile d'éviter d'y mêler nos attentes inconscientes. Par exemple, beaucoup de mères, et pas seulement les pères, désirent ardemment que leur fils devienne un "vrai" homme, avec toutes les idées reçues que cela comporte. Il est fréquent qu'elles y incluent ce qu'elles auraient aimé trouver chez leur père ou époux et qui leur a fait défaut, entrainant déception et frustration. C'est pourquoi on ne peut rechercher de fautif, ni chez la femme, ni chez l'homme. Chacun est le produit de l'éducation de son milieu. Mais chacun a le pouvoir de se transformer et de devenir responsable de ce qu'il est.

Au cours des fréquentations scolaires, les filles apprennent à exprimer entre elles leurs ressentis et leurs sentiments et à employer le langage affectif. Elles s'habituent à lire les signaux psychologiques dans l'attitude de leurs interlocuteurs, tandis que les garçons apprennent à réprimer leurs sentiments, en particulier leur chagrin, la tristesse, la culpabilité et aussi la tendresse.

La différence est visible par exemple, lorsqu'un jeu s'interrompt parce que l'un des participants s'est fait mal. Si c'est un garçon, ses camarades attendent de lui qu'il quitte le terrain et cesse de pleurer afin que la partie puisse continuer. Quand la même chose se produit chez les filles, le jeu s'arrête et toutes les filles se rassemblent pour venir en aide à celle qui pleure... Les garçons sont fiers de leur indépendance et de leur côté dur à cuire, tandis que les filles considèrent qu'elles appartiennent à un jeu de relation. Les garçons se sentent menacés par tout ce qui risque de mettre en péril leurindépendance, tandis que les filles craignent davantage une rupture de leurs liens. (D. Goleman)

Chez les garçons adolescents, le comportement d'impassibilité est renforcé par leurs camarades.

C'est parmi les adolescents qu'être "cool" (avec tout ce que ce mot implique d'absence d'expression passionnée) devient capital. Une attitude impassible se trouve souvent socialement renforcée à l'intérieur du groupe de pairs. Les expressions occasionnelles de tendresse et de vulnérabilité qui n'ont peut-être pas été remarquées chez le garçon pourraient bien entièrement disparaitre, car celui-ci doit désormais devenir un "vrai homme". (K. Rosenberg)

C'est ainsi qu'à l'âge adulte, les femmes sont préparées à gérer leurs émotions, et côtoient des hommes qui n'en voient pas (ou qui refusent d'en voir) l'intérêt.

Masculin et féminin

Bien que les comportements masculins et féminins soient fortement marqués par l'éducation, certains traits de caractère semblent pourtant plus spécifiques aux hommes et d'autres plus spécifiques aux femmes. Observons donc quels sont ces traits. Nous pouvons par exemple recueillir des indications intéressantes en portant notre attention sur ce que nous apprécions chez l'autre sexe. En tant que femme, quelles caractéristiques appréciez-vous chez l'homme, qui concourent à ce que vous le sentiez homme? En tant qu'homme, quelles caractéristiques appréciez-vous chez la femme qui concourent à ce que vous la sentiez femme?

On reconnait comme masculines les qualités qui permettent d'aller vers un but déterminé, à la manière d'une flèche qui se dirige vers sa cible. On reconnait comme féminines les qualités qui permettent d'accueillir ce qui est et ce qui vient, à la manière d'une coupe largement ouverte sur l'univers.

Notez bien que ces traits ne sont pas exclusifs à un sexe, mais seulement prédominants. Aucun trait n'est réservé à un genre. Non seulement nous trouvons les traits masculins et féminins aussi bien chez la femme que chez l'homme, mais il est souhaitable que chacun, homme ou femme, puisse les reconnaitre, les accueillir en soi, les intégrer et les développer pour son épanouissement personnel et celui du couple.

Décision, pouvoir et action

Aller vers un but nécessite d'abord de choisir le but, puis de mettre en oeuvre sa réalisation par l'action. Le masculin se manifeste par le pouvoir de décider et d'agir. Il est peut-être bon de redonner au mot pouvoir son sens le meilleur, son sens d'origine; le pouvoir, c'est la capacité à mettre en oeuvre. C'est laforce, pas forcément la force physique, mais la force de la confiance sure. L'autre facette du pouvoir, celui qui critique, juge, impose sa volonté et bafoue sans souci de l'autre, n'est pas un véritable pouvoir mais un simulacre, une façade qui ne fait que masquer la faiblesse intérieure. A l'inverse, la force du "guerrier" n'est pas agressive, elle est nourrie par la volonté, le courage, la détermination et la persévérance.

Le pouvoir est la faculté d'agir avec vigueur et force; c'est vivre votre propre vérité avec autorité et authenticité, et verbaliser cette vérité avec vaillance et intégrité. Cela signifie être responsables de vos actions et user de votre influence pour le plus grand bien de tous, toujours... Cela sous-entend aussi d'accepter avec gratitude ce que les autres ont à offrir lorsque leurs capacités ou leur pouvoir dépassent les vôtres, les renforcent ou les complètent. Il ne s'agit pas de se concurrencer afin de découvrir qui est le plus puissant, ou qui peut contrôler l'autre. C'est une occasion pour vous d'intégrer et d'utiliser un don, .. le pouvoir universel de la Volonté divine. (Ronna Hermann, Sur les ailes de la transformation)

L'être qui s'engage sur le chemin de la découverte de Soi fait appel à ces qualités pour aller rencontrer sa propre vérité. Les légendes représentent cette quête de soi par la figure du héros qui se met en route pour trouver le trésor. Il s'agit de l'image allégorique du trésor intérieur. Le héros est confronté à des épreuves. L'une d'elles est l'oubli du but premier lorsqu'il se laisse détourner, enivrer, par le confort et la sensualité. Cela met en scène un aspect du féminin, sous la forme des sirènes ou de la femme fatale par exemple, un féminin coupé du masculin, ou plus exactement, qui étouffe ou castre le masculin.

Un autre détournement est la soif du pouvoir personnel sous l'effet de l'égo, un masculin coupé du féminin. Le masculin sans le féminin est rigide et suit sa route sans compassion. Il ne voit que le point d'arrivée et oublie le chemin. Seul compte le résultat: être au sommet. Il s'en donne les moyens, quitte à repousser tout ce qui l'en détourne, quelquefois de façon violente et intransigeante.

Choisir un but, une destination, c'est également savoir renoncer aux autres destinations. Cela signifie que l'on se sépare de toutes les autres destinations possibles à ce moment. Si je choisis de gravir le Mont Canigou dans les Pyrénées, je renonce à mon envie de me baigner sur une plage de l'océan atlantique. Si je choisis de vivre avec Laure, je renonce à Marie. Lorsque je décide, je tranche entre ce qui est bon pour mon but et ce qui m'en détourne. Je trace leslimites, les contours, je dessine les formes, j'élabore la structure.

Accueil, compassion et générosité

Le féminin accueille ce qui est, sans jugement. La mère saine accueille son enfant et l'aime tel qu'il est. Lorsque l'enfant est blotti contre sa mère, il s'abandonne en toute confiance, il ne sent plus son être, il est hors du temps et de l'espace, il est fusionné à elle. Elle le nourrit par son lait sans attendre de récompense, gratuitement, généreusement. Les seins sont les attributs de cette générosité. Contrairement aux bras qui peuvent à volonté être ouverts ou fermés, les seins sont ce qu'ils sont, offerts sans ostentation. Les qualités du féminin sont amour, union, fusion, générosité, tendresse, compassion.

Le féminin est aussi l'énergie de vie. Lorsqu'une femme est enceinte, elle accueille la nouvelle vie en elle, elle s'offre à cette vie qui se développe par elle-même selon sa propre loi, sans que le volonté de la femme n'intervienne. Elle n'a rien d'autre à faire qu'accepter, prendre soin, favoriser. C'est une expérience du lâcher prise, de l'abandon au courant de vie. Or contrairement au pouvoir masculin qui choisit et contrôle la destination, par notre féminin nous nous laissons entrainer là où le courant nous mène. La destination est inconnue, le chemin se découvre d'instant en instant et cela peut nous mettre en insécurité. L'alternative masculine n'est pas plus sure, la certitude d'un futur élaboré par nos choix et notre volonté n'est qu'une illusion, l'incertitude est le fondement de la vie.

Est-ce à dire que nous serons forcément dans la crainte du futur? Non. Lâcher-prise, c'est ne rien attendre, c'est se laisser surprendre et aimer par la vie. Alors, nous retrouvons la sécurité dans la confiance en la vie, comme l'enfant est confiant avec sa mère. Notre figure maternelle est le courant de vie lui-même, c'est notre Shakti, notre Mère Divine. (voir L'enfant intérieur)

Pour abandonner totalement notre corps dans un fauteuil ou dans les bras de quelqu'un, nous devons sentir que l'appui ou le support est bien solide. De même, le féminin (et la femme) a besoin de l'appui du masculin pour s'exprimer pleinement. Sans le masculin, le féminin a tendance à se retenir ou au contraire à se répandre excessivement, surtout s'il est renforcé par d'autres féminins. Il peut perdre ses limites, devenir foisonnant et étouffant, ou se perdre dans l'immensité. L'enfant qui au départ est bien en sécurité dans le giron de sa mère, doit trouver son identité, son Moi, en se différenciant de cette union maternelle. Il ne peut se développer qu'avec l'apport d'une énergie paternelle. Elle l'aide à se distinguer, se séparer, puis à laisser libre cours à son envie d'explorer le monde extérieur inconnu, et à faire ses propres expériences.

Le féminin est la matière, la substance et l'énergie, mais il a besoin d'une charpente, d'une structure pour lui donner les formes et l'orientation. Réciproquement le masculin donne le principe, le but, la structure, mais il a besoin de l'énergie du féminin pour se revêtir de chair, de concret. Le héros des légendes va combattre des monstres effroyables, mais non sans avoir vu sa belle au foyer et s'être abandonné dans ses bras.

Notre monde a donné une grande importance au masculin qui agit sur la matière, et en a abusé. L'énergie masculine coupée du féminin s'est révélée autoritaire, brutale, conflictuelle et destructrice. A l'heure actuelle, l'énergie féminine retrouve sa place et s'intensifie rapidement dans l'univers, apportant ses attributs de compassion et de regard intérieur (voir article Le retour de la femme libre). En accueillant le féminin, le masculin s'en trouve affiné et retrouve sa noblesse.

Les hommes et le développement personnel

Homme ou femme, nous ne serons un être complet et épanoui qu'à la condition d'harmoniser les aspects masculin et féminin en nous et de réaliser notre couple intérieur. Cela implique d'aller à la rencontre de Soi, de notre vérité profonde, de nous observer honnêtement dans nos comportements, et d'y déceler nos sentiments et nos croyances. Cela nécessite quelques qualités de courage et d'audace.

Ainsi l'homme peut-il utiliser ces qualités pour explorer ses ombres et dépasser ses conditionnements vis-à-vis de la virilité. Sa résistance inconsciente se manifeste par exemple lorsqu'il se moque des femmes ou même les humilie pour leurs façons d'être. C'est le signe que la féminité le dérange, et qu'il n'accepte pas la partie féminine en lui: la facilité à exprim

Des singes et des hommes (humanisme)

Par Le 21/01/2016

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Des chercheurs ont placé 5 singes dans une cage. Au milieu de la cage, ils ont placé une échelle avec une banane au sommet.

Chaque fois qu’un singe montait sur l’échelle, les chercheurs arrosaient les 4 autres singes avec de l’eau très froide…

Après un petit moment, chaque fois qu’un singe essayait de monter sur l’échelle, les 4 autres l’en empêchaient et le battaient.

Après un bout de temps, aucun des 5 singes ne tentait de monter sur l’échelle pour aller manger la banane.

Les chercheurs ont ensuite essayé de substituer l'un des singes avec un nouveau singe. La première chose que le nouveau singe a tenté de faire, vous l'aurez deviné, c'est d’escalader l’échelle pour manger la banane. Les 4 autres singes l'ont alors attrapé et battu pour l'en empêcher…

Après quelques essais (et raclées) plus tard, le nouveau membre ne tentait plus de monter sur l’échelle, même s’il ne comprenait pas trop pourquoi.

Les chercheurs ont ensuite substitué un deuxième singe. La même chose s’est produite. Le premier singe a également participé et a aidé ses compagnons à frapper le deuxième singe lorsqu’il tentait de monter sur l’échelle.

Une fois de plus, les chercheurs ont substitué un troisième singe. Ils ont pu observer le même résultat.

Et puis, ils ont substitué un quatrième singe, avec toujours le même résultat.

Finalement, ils ont substitué le cinquième singe… Ce qui voulait dire que dans le nouveau groupe, aucun des singes n’avait reçu une douche froide. Malgré cela, les agressions étaient répétées si le cinquième singe tentait de monter sur l’échelle…

Il était impossible de communiquer avec ces singes pour leur demander pourquoi ils répétaient ce comportement, mais leur réponse aurait très bien pu ressembler à ceci : « Je ne sais pas, c’est la façon dont les choses fonctionnent ici ! »

Est-ce que cela vous semble familier ? Ne manquez pas l’opportunité de partager cette leçon avec vos amis qui se demandent peut-être pourquoi ils doivent continuer à reproduire des comportements acquis…

Ferrari contre Valls (politique)

Par Le 21/01/2016

Merci à lui. 



« Je vais prendre la parole, vous en faites ce que vous voulez, je vous demande juste de ne pas me couper. Moi je me suis retenu de ne pas vous couper durant 2h30… », a d’abord lancé Jérémy Ferrari au Premier ministre avant de lui dire :

« Je ne suis pas politologue, historien… Vous avez dit que la mort de ces jeunes qui préfèrent mourir que vivre. Vous avez dit qu’on était en guerre. Non, non, non ! Vous, votre gouvernement est en guerre, nous on n’est pas en guerre. Nous, on se fait tirer dessus quand on va voir des concerts. […] Vous êtes en guerre, le gouvernement est en guerre, pas nous. Moi je ne suis pas en guerre contre les musulmans. […] Il y a des choses absurdes, comme la présence d’Ali Bongo au défilé. Comment vous expliquez qu’Ali Bongo se retrouve en tête d’une marche pour la liberté d’expression ? »

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Etat des lieux de l'école dénationalisée (école)

Par Le 21/01/2016

« Je nous accuse » – une enseignante dénonce la dégradation de l’école

Invités de Marsactu

2 décembre 2015 12


Charlotte Magri est enseignante dans une école primaire des quartiers Nord. Elle vit le quotidien des professeurs des écoles où les enfants ont des doudounes à l'intérieur. Nous avons choisi de reprendre sa lettre ouverte en forme de tribune.

Matin d'hiver. "Une photographie d’élève (floutée) prise dans l’une de mes précédentes écoles d’affectation, également dans les Quartiers Nord de Marseille." Photo : Charlotte Magri

 

Elle s’appelle Charlotte Magri et signe son texte de son nom de citoyenne. Un « j’accuse » pris dans une torsion de la conjugaison en « Je nous accuse » qui place dans la même responsabilité cette enseignante de l’école primaire et la ministre de l’éducation nationale à qui elle adresse cette lettre ouverte. « Son cabinet a accusé réception de ma lettre mais je ne sais pas qui l’a lue », dit la professeure des écoles. Elle ne veut pas nommer l’endroit où elle enseigne, parce qu’elle ne veut pas stigmatiser son établissement, parce que la situation qu’elle y vit existe dans bien d’autres écoles primaires de ce territoire qu’on appelle les quartiers Nord et qui commence dès les abords du centre-ville.

Ces écoles où il fait froid en hiver, où les travaux ne sont pas faits, où l’enseignement qu’on dispense ne met pas, dit-elle, les citoyens sur le même pied d’égalité. C’est la première fois que Marsactu publie un texte de ce type. Notre volonté est d’ouvrir notre journal aux contributions extérieures, de créer du débat, de faire émerger de nouvelles voix. Celles de citoyens qui souhaitent porter à la connaissance du plus grand nombre des questions d’intérêt général. L’école en est une cruciale, centrale, urgente.

Les photos qui accompagnent ce texte ont été réalisées par Charlotte Magri. Elles illustrent sa lettre ouverte à Najat Vallaud-Belkacem.

Madame la Ministre,

 

Je vous écris cette lettre parce que ma colère d’enseignante m’empêche de vivre, et pire encore, de travailler.

La crise de l’Éducation nationale en France n’est plus un mystère pour personne. Si l’école est au bord du gouffre aujourd’hui c’est que s’y télescopent plusieurs crises profondes que notre société et notre monde traversent depuis quelques décennies déjà. Crises économique, sociale, politique, morale, identitaire… dont l’école devient la caisse de résonance, il serait vain et bien trop facile d’incriminer un coupable. Nous en sommes tous responsables, chacun à notre niveau.

Je ne remets en question ni votre engagement personnel ni votre éthique professionnelle.

Mais vous êtes ministre, vous détenez donc l’autorité politique à ce jour en matière d’Éducation nationale en France, et vous en êtes responsable devant le parlement et face aux citoyens.

Je me demande si vous connaissez la réalité de l’enseignement en France aujourd’hui. J’aimerais tant vous inviter à venir dans l’école où je travaille, mais sans caméra ni micro, sans discours ni compte-rendu sur les réseaux sociaux.

"Le rebord d’une des fenêtres et l’équerre pour le tableau, telles que découverts à la dernière rentrée de septembre à ma prise de poste". Charlotte Magri
« Le rebord d’une des fenêtres et l’équerre pour le tableau, telles que découverts à la dernière rentrée de septembre à ma prise de poste ». Photo Charlotte Magri

Au petit matin nous pourrions déplacer ensemble la grosse pierre qui ferme la porte d’entrée de l’école depuis que la serrure a été forcée une fois de trop. Nous pourrions passer ensemble une délicieuse matinée dans notre classe à la douillette température de 13°. Nous ferions bien attention de ne pas nous prendre les pieds dans les trous tout à fait ludiques qui égayent le revêtement au sol et qui nous rappellent que sous les dalles se trouve l’amiante. Avant de descendre à la récréation, nous aiderions les élèves à mettre écharpes et manteaux en veillant à ce que les lourds porte-manteaux déjà bien abîmés par le temps ne leur tombent pas sur la tête. Dans les escaliers, nous serions également là toutes les deux pour retenir l’une des grosses planches pointues qui menacent de choir lamentablement sur les enfants, comme cela est déjà arrivé par deux fois. A 11h30, après nous être mouchées pour rester présentables, nous pourrions aller nous réchauffer ensemble dans la minuscule salle des maîtres. La vie étant bien faite, la panne définitive de notre frigo est compensée par le froid régnant dans nos locaux, et nous pourrions manger de la nourriture non avariée. Comme nous sommes des humains comme les autres, nous irions faire la queue devant l’unique toilette pour adulte de l’école, et ce sera très amusant puisqu’il n’y a pas de lumière à l’intérieur. À 13h20, nous repartirions pour une autre demi-journée, plus pimentée encore après la tumultueuse pause méridienne. La pause cantine vous promet en effet de nombreux conflits à régler quotidiennement sur votre temps de classe, puisque le taux d’encadrement municipal y est si bas qu’il permet aux enfants de défier les règles de l’école, souvent avec violence, malgré l’implication du personnel. À l’issue d’une si belle journée, nous serions reconnaissantes qu’aucun incident susceptible de déclencher un feu ne se soit produit dans cette école de construction Pailleron, qui brûle intégralement en sept minutes et dont l’alarme incendie dysfonctionne.

Vous l’avez peut-être deviné, je travaille dans une de ces zones dites prioritaires. Pardon, Prioritaires, avec un grand P.

Vue du sol. Photo Charlotte Magri.
Vue du sol. Photo Charlotte Magri.

Marseille, quartiers Nord. Une de ces écoles en décrépitude où les enseignants, assez souvent en état de survie psychique, ont pris l’habitude de trouver normales les conditions que nous imposons à nos élèves, même s’ils les trouveraient insupportables pour leurs propres enfants. Travailler à 38° les après-midi de juin et de septembre, à moins de 15° les matins de novembre, décembre, janvier et février. Avoir des fenêtres qui ne ferment pas, ou qui ne s’ouvrent pas, suivant la manière dont les années ont choisi d’imposer leurs marques. Savoir que l’expertise concernant la présence fort probable d’amiante dans nos locaux ne préoccupe personne, même si les faux-plafonds baillent et que les sols sont troués. Sentir le vent sur notre nuque, toutes fenêtres fermées. Ne pas pouvoir utiliser le gymnase, fermé pour vétusté avérée depuis des années. Devoir recouvrir nos murs lépreux, griffonnés par d’anciens élèves qui doivent aujourd’hui avoir notre âge, de grandes feuilles de couleur pour cacher la misère. Ne pas avoir assez de tables et de chaises dans sa classe pour pouvoir accueillir tous ses élèves, et donc bricoler en récupérant à gauche à droite, du mobilier dépareillé et plus ou moins fonctionnel.

Voir défiler au casse-pipe les collègues débutants.

Les collègues envoyés en remplacement pour les fameuses journées REP+ imposées par notre administration pour que nous puissions nous réunir en équipe vivent souvent l’enfer. Nos classes, élèves et matériel compris, explosent en plein vol. À tel point que les brigades de notre secteur ont envoyé un courrier à notre inspectrice pour préciser qu’ils refuseraient de venir travailler dans notre école. Les collègues débutants envoyés pour des remplacements plus longs ou titulaires à l’année dans nos écoles doivent eux aussi souffrir de s’entendre dire qu’il doivent dans un premier temps « faire le deuil du pédagogique », puisque l’urgence est d’abord de rétablir un semblant de cadre, d’ordre, et pourquoi pas de sérénité. Ils ne sont pourtant ni incompétents, ni lâches, ni avares de leur temps et de leur énergie. Ils sont juste balancés sans expérience ni formation adaptées dans les endroits où le métier d’enseignant est particulièrement difficile. Ceux qui s’en sortent, généralement au prix du deuil de leur vie privée, de leur sommeil, et bien souvent aussi de leur santé, sont rares et forcent l’admiration.

"Ce qu’il reste du système d’ouverture, aujourd’hui vétuste, d’une des fenêtres de ma classe". Photo : Charlotte Magri.
« Ce qu’il reste du système d’ouverture, aujourd’hui vétuste, d’une des fenêtres de ma classe ». Photo : Charlotte Magri.

Arrêtons les effets d’annonces inutiles et les péroraisons sur les dernières controverses pédagogiques. Beaucoup de pistes doivent être réfléchies et débattues, mais arrêtons l’hypocrisie et assumons que sur deux points essentiels au moins nous faisons fausse route en toute connaissance de cause. Il y a deux manquements essentiels sur lesquels nos œillères sont injustifiables :

1/ Nous devons proposer à chaque élève une école salubre et correctement équipée. Vous me direz que c’est l’affaire des mairies, et je vous répondrai qu’alors si nous nous en arrêtons là nous devons être honnête et accepter que notre Éducation n’est plus nationale. Depuis l’indigence si vétuste qu’elle vous insulte, jusqu’au confort esthétique confinant à la débauche technologique, nous autres enseignants savons bien à quel point d’une école à l’autre vous changez de monde. Et la triste réalité, forcément amère pour ceux qui veulent croire encore à l’école républicaine, c’est que le quotidien scolaire de nos élèves est dépendant des montants perçus et alloués par les services municipaux de leur quartier. En d’autres termes, dépendante du niveau de vie de leurs parents. Tu es pauvre, tu as une école de m…, tu es riche, tu as une belle école. En tant que citoyenne et en tant qu’enseignante, j’ai honte.

2/ Nous devons mettre en poste dans les écoles les plus difficiles de vraies équipes, des équipes stables formées autour d’enseignants expérimentés et volontaires. Tant que nous feindrons de considérer le contraire comme normal, nous continuerons de sacrifier des générations d’enfants, augmentant l’échec scolaire et fabriquant des délinquants, en même temps que nous épuiserons et dégoûterons encore plus les collègues qui entrent dans le métier. Évidemment, tous les collègues débutants ne sont pas dépassés, tous ne rêvent pas de changer de quartier, et certains parviennent à trouver leur posture et leurs outils même dans un tel contexte. Mais il est clair que dans l’ensemble, débuter en tant qu’enseignant aujourd’hui est souvent synonyme de zone dite sensible, et de souffrance. Souffrance dont pâtissent les élèves, les collègues et leur vocation.

Dans les quartiers reconnus comme prioritaires en terme de besoins éducatifs, il est injustifiable d’imposer aux élèves des locaux insalubres, sous-dotés, et des équipes flottantes où souvent les enseignants débutants, dépassés, se sentent seuls et subissent leur affectation en attendant mieux.

Je nous accuse d’aggraver les inégalités sociales. Je nous accuse de produire sciemment de l’échec scolaire et des délinquants. Je nous accuse de jouer avec la santé des enfants des classes sociales les moins favorisées.

Je respecte trop mes élèves et leurs parents pour trouver cela normal.

Je sais que ces deux axes font partie des priorités affichées de votre politique. Mais depuis le terrain, les discours et les tweets ne nous apportent rien, et les mesures prises ou annoncées ne sont que des cautères sur une jambe de bois, quand elles n’aggravent pas une situation déjà dramatique.

Je terminerai en vous citant. Vous avez clos votre discours sur la grande pauvreté (séminaire de formation en vue de la mise en œuvre des recommandations du rapport de J.P. Delahaye Grande pauvreté et réussite scolaire, le mercredi 14 octobre 2015) par la question suivante :

« Ce que je fais, cela permettra-t-il à chacun de nos élèves de devenir des citoyens à part entière de la République Française ? »

Clairement, aujourd’hui, la réponse est non.

Dans une société déjà malade et en crise, une éducation injuste et défaillante nous promet des lendemains difficiles. Nous nourrissons la menace d’une explosion violente et dramatique de la cohésion sociale et du sens même de la citoyenneté dans notre pays.

Je vous prie de croire en l’assurance de mes sentiments respectueux.

Charlotte Magri, enseignante, Marseille Nord.

Sur la littérature (société)

Par Le 20/01/2016

16 janvier 2016 | 3 commentaires

La littérature va-t-elle disparaître ?

 

 

En me promenant sur Internet, je suis tombé sur cette interview de Philip Roth, datant de 2013. La phrase suivante m’a particulièrement interpellé :

Je peux vous prédire que dans trente ans, sinon avant, il y aura en Amérique autant de lecteurs de vraie littérature qu’il y a aujourd’hui de lecteurs de poésie en latin.

Philip Roth

Philip Roth, écrivain américain né en 1933

Il va même plus loin sur la lecture en général :

La lecture, sérieuse ou frivole, n’a pas l’ombre d’une chance en face des écrans : d’abord l’écran de cinéma, puis l’écran de télévision, et aujourd’hui l’écran d’ordinateur, qui prolifère : un dans la poche, un sur le bureau, un dans la main […] La lecture sérieuse n’a jamais connu d’âge d’or en Amérique, mais personnellement, je ne me souviens pas d’avoir connu d’époque aussi lamentable pour les livres.

Interpellé par de tels propos, j’ai d’abord pensé : « Philip Roth exagère, il est trop pessimiste ». Puis cela a été : « Même s’il exagère et qu’il cherche à provoquer, il est vrai que les gens lisent moins, que les écrans sont partout… Mais la littérature ne peut pas mourir ».

Pourtant, plus j’y songeais, plus je m’apercevais que Philip Roth avait sans doute raison et que peut-être, sa prédiction était déjà réalisée. 

La fin d’une époque

Je pense en effet que la lecture et la littérature subissent un déclin structurel et irréversible. Le temps où nos sociétés étaient basées sur le livre (c’est-à-dire, en simplifiant, du XVième siècle avec l’invention de l’imprimerie jusqu’au XXième siècle avec le livre de poche) est révolu.

Le livre et la lecture n’attirent plus autant qu’auparavant. Songeons que des personnes ne lisent jamais (1 Français sur 3 en moyenne) et que le nombre de lecteurs réguliers ne cesse de diminuer. Fréquemment, un article de presse est publié pour faire état de la diminution du nombre de lecteurs et du temps réduit consacré à la lecture (le dernier en date : En 25 ans, deux fois plus de livres publiés mais de moins en moins lus). Lire requiert un investissement personnel important et exige deux choses : de la concentration et du temps. Or, de nos jours, à l’heure des sollicitations multiples et abondantes et des rythmes journaliers effrénés, la concentration et le temps libre sont rares et précieux. La télévision, Internet et les jeux vidéos balayent les velléités de lecture.

Children reading on the roof

Photo de Raul Liberwirth (CC-BY-NC-ND)

Les autres loisirs ont le vent en poupe et si l’on parle de chiffres, on entre dans une autre dimension. Songeons que lorsqu’un film fait un « flop », il enregistre malgré tout quelques dizaines de milliers d’entrées voire une ou deux centaines de milliers. De tels chiffres feraient rêver tout auteur ou éditeur (on considère qu’un livre est un best-seller dès qu’il se vend à plus de dix mille exemplaires). Je ne parle même pas des audiences des émissions de télévision, des visionnages des vidéos Youtube, des téléchargements des jeux sur l’AppStore… Les gens regardent la télévision et des séries télé, ils jouent aux jeux vidéos, surfent sur Internet mais ils ne lisent pas.

La vraie littérature : c’était mieux avant ?

Et la vraie littérature ? Notons avant tout chose que Philip Roth parle de « vraie littérature », c’est-à-dire les livres des Proust, Joyce, Fitzgerald… Il la distingue de la littérature « frivole », celle de l’entertainment (Musso, J.K Rowling etc.) même si son constat sur la lecture est valable pour tout type de littérature.

Qui lit encore de nos jours des auteurs classiques : Hugo, Proust, Stendha ?

La langue employée dans les livres de « vraie littérature » (contemporaine et ancienne) est souvent complexe, belle et riche. Il faut également disposer d’un bagage culturel important pour se lancer dans la lecture d’un ouvrage de « vraie littérature » surtout si l’on lit des classiques écrits il y a des décennies voire des siècles. Qui lit encore de nos jours des auteurs classiques : Hugo, Proust, Stendhal ? Quelques érudits, des étudiants (pour la plupart contraints et forcés) et des passionnés mais combien sont-ils ? Et lisent-ils beaucoup ? Combien d’heures par jour ? Qui aujourd’hui se lance dans la lecture d’un énorme pavé de Zola ou Tolstoï ? Une poignée de lecteurs. Et même parmi eux, un certain nombre le trouverait ennuyeux et ne prendrait pas de plaisir à le lire. Faites le test autour de vous : demandez qui a lu Guerre et Paix de Tolstoï.

Était-ce mieux avant ? Rien n’est moins sûr. Certes, auparavant les gens lisaient plus, c’est indéniable. La lecture était une distraction qui n’avait pas de concurrente. Mais les gens lisaient-ils plus de « vraie littérature » ? Peut-être mais je ne suis pas certain que les lecteurs de Proust et de Zola étaient sensiblement plus nombreux hier qu’aujourd’hui. Les classiques et la vraie littérature s’adressent aux passionnés, aux curieux et aux personnes ayant un niveau éducatif élevé, bref, à peu de personnes au final.

En revanche, la lecture, même si elle décline, n’est pas vouée à disparaître car la lecture « frivole », comme dirait Roth, résiste plutôt bien. Il suffit de songer aux best-sellers du typeCinquante nuances de Grey, Game of Thrones, Harry Potter, les Marc Levy et Guillaume Musso, auxquels s’ajoutent tous les textes disponibles sur Internet et notamment sur les sites tels que Wattpad.

Old Bible

Photo d’Olga Caprotti (CC-BY-NC)

Mutation et disparition

La lecture et la littérature semblent être en mutation. La lecture est maintenant morcelée : on lit un roman vingt minutes le matin dans le métro puis durant la pause déjeuner, on consacre quinze minutes à la lecture d’un blog, d’articles de presse (relayés pour beaucoup via Facebook ou Twitter), de textes sur Wattpad… On se remet à lire son roman le soir dans le métro et avant de se coucher… Il est même maintenant possible de faire tout cela sur son smartphone.

Les chefs-d’œuvre de demain ne ressembleront en rien à ceux d’hier.

La lecture se transforme et s’adapte aux mutations technologiques et aux nouveaux usages. Il est très probable que les prochains chefs-d’œuvre de la littérature ne seront pas des pavés écrits en police taille 10. Si l’on regarde les derniers Goncourt et autres livres de « vraie littérature », on s’aperçoit que ceux-ci sont plutôt courts. Les chefs-d’œuvre de demain ne ressembleront en rien à ceux d’hier.

La vraie littérature, sous sa forme traditionnelle, connaîtra l’avenir que lui prédit Roth. Pour survivre elle devra s’adapter aux transformations actuelles. Mais se transformer, n’est-ce pas déjà disparaître ?

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Végétarisme (santé / humanisme)

Par Le 19/01/2016

Faut-il encore manger de la viande ?

 

Thomas Lepeltier

Mis à jour le 18/03/2013

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Pour que chaque année des milliards d’animaux ne soient plus élevés et tués dans des conditions abominables, il est nécessaire de diminuer fortement notre consommation de viande. Faut-il pour autant devenir végétarien ?

Demandez à vos amis s’ils accepteraient que l’on fasse souffrir des animaux pour leur plaisir. Très probablement, offusqués par la question, ils vous répondront « bien sûr que non ». Pourtant, s’ils mangent régulièrement de la viande pour se faire plaisir, ils savent bien qu’ils entretiennent une industrie qui inflige chaque année des souffrances effroyables à des milliards d’animaux.


Prenez les vaches. Avant d’en faire des steaks bien saignants, il a fallu les dépecer. Ce n’est pas une tâche facile. Dans un abattoir, les vaches ne sont pas tuées sans douleur. Elles doivent d’abord être étourdies, c’est-à-dire rendues inconscientes par perforation du crâne. L’intention est bonne. Mais les bêtes ne sont pas dociles. Elles bougent et se débattent. Quant aux personnes en charge de l’opération, elles ne sont pas toujours à la hauteur de la tâche. En plus, elles n’ont pas le temps de faire soigneusement leur travail. Rentabilité oblige, les cadences sont très élevées. Résultat : de nombreuses bêtes, simplement sonnées, restent conscientes. Or voilà que commence l’opération de dépeçage. On suspend donc à un crochet ces vaches toujours conscientes par une patte de derrière et on leur tranche la gorge. Pas pour les tuer ; juste pour qu’elles se vident de leur sang. C’est au cours de ce processus qu’elles sont censées mourir tranquillement. Mais, dans l’industrie, on ne peut pas se permettre d’attendre longtemps. Alors, quand de nombreuses bêtes sont encore conscientes, on se met à les dépecer, en commençant par couper les pattes de devant. Les vaches, toujours suspendues par une patte arrière, se débattent tant qu’elles peuvent. Mais leur destin est scellé. Le couteau de boucher continue son œuvre. Après plusieurs minutes d’horribles souffrances, la mort est enfin au rendez-vous. Quelques jours plus tard, les steaks sont dans les assiettes.





La vie rêvée des cochons d’élevage


Selon la réglementation imposée à l’industrie, ces scènes, dignes de films d’horreur, ne devraient pas se produire. Mais elles sont très courantes comme le révèlent nombre d’enquêtes (1). C’est logique : la mise à mort des animaux de rente se fait avec la même cruauté que celle qui préside à leur élevage. Prenez les cochons, par exemple. Ce sont des mammifères sensibles, très sociables et intelligents. Or la vie des cochons d’élevage est une abomination. Peu après leur naissance, leurs queues sont coupées, leurs dents sont meulées, et les mâles sont castrés, le tout sans anesthésie. Sevrés précocement, ils sont ensuite enfermés dans des enclos bondés, où ils peuvent difficilement se déplacer. L’air y est presque irrespirable et ils ne voient jamais la lumière du jour. Quand elles sont en âge d’être inséminées, les truies sont parquées individuellement 24 heures sur 24 dans une cage minuscule où elles ne peuvent pas se retourner. Les conditions sont telles que beaucoup de mâles et femelles meurent avant d’atteindre l’âge de l’abattoir. Quand ce moment est venu, les cochons qui ont eu la malchance de survivre sont entassés dans des camions, où pendant un voyage qui peut durer deux jours, sans alimentation et sans eau, ils doivent faire face à la violence de leurs congénères paniqués. À l’abattoir, saisis de peur, ils refusent d’avancer. Mais, sans pitié, à coups de bâton, les employés ont raison de leur résistance. Avec plus ou moins de succès, ces bonnes âmes tentent ensuite de les étourdir en les électrocutant. L’opération de dépeçage peut ensuite commencer, que les cochons soient conscients ou pas.

Encore peuvent-ils s’estimer heureux : les conditions d’élevage des volailles sont pires (2). Face à cette cruauté, le prix Nobel de littérature Isaac Bashevis Singer avait comparé la condition des animaux d’élevage à celle des Juifs dans les camps d’extermination nazis, avec cette différence que pour les animaux l’horreur n’a jamais de fin. Aussi avait-il parlé d’un « éternel Treblinka » pour caractériser leur situation (3).


Devant une telle abomination, il y a en gros trois attitudes. La première consiste à fermer les yeux sur la souffrance animale. C’est l’attitude la plus communément adoptée. La deuxième consiste à prôner l’élevage traditionnel, plus respectueux du bien-être des bêtes. La troisième attitude consiste tout simplement à refuser que des animaux soient tués pour être mangés. C’est le végétarisme. Quelle attitude adopter (4) ?





Une industrie jugée indéfendable


En dehors peut-être de quelques sadiques, personne ne défend en soi le martyre des animaux. Dans ces conditions, comment expliquer la pérennité de l’industrie de la viande ? Deux arguments lui servent souvent de justification. D’abord, tout en regrettant les souffrances des animaux, certains prétendent que l’alimentation carnée est une nécessité pour l’être humain et que, par conséquent, l’industrialisation de ce secteur alimentaire est indispensable pour nourrir une population croissante. Ensuite, des responsables politiques, des chefs d’entreprises et des employés de cette industrie avancent que son maintien est nécessaire pour faire vivre une population qui en dépend économiquement. En somme, à travers ces deux arguments, domine l’idée que la souffrance des animaux est dommage, mais nécessaire pour éviter celle des êtres humains. Est-ce crédible ?


Le premier argument est tout simplement infondé. Manger de la viande n’est pas une nécessité pour être en bonne santé. Certes, une alimentation carnée est source de protéines nécessaires à l’organisme. Mais celles-ci se trouvent également dans d’autres aliments (5). Pour l’anecdote, il faut savoir que l’athlète Carl Lewis, neuf fois médaillé aux Jeux olympiques, était végétalien au temps de sa plus grande splendeur (6).


La justification économique semble au premier abord plus sensée. Imaginons qu’un boycott généralisé de l’industrie de la viande soit un succès. Des millions de travailleurs dans le monde se retrouveraient au chômage. Cette dégradation temporaire de leur niveau de vie serait à prendre en compte. Mais, premièrement, que pèse-t-elle face aux souffrances sans commune mesure et sans fin des animaux si une telle industrie perdure ? Deuxièmement, comment ne pas se rendre compte que la fin de l’industrie de la viande serait créatrice d’emplois dans le reste de l’industrie alimentaire ?


Bref, les souffrances effroyables que l’industrie de la viande inflige chaque année à des milliards d’animaux ne semblent pas avoir d’autre justification que d’enrichir ceux qui sont à sa tête et de procurer du plaisir aux mangeurs quotidiens de jambon, de steaks ou de poulet. À notre époque, où les animaux apparaissent de moins en moins privés des qualités que les êtres humains possèdent (capacité à souffrir, à avoir des émotions, à raisonner, à élaborer une culture, etc.), il semble toutefois qu’un nombre croissant d’individus en vient à penser que cette industrie est indéfendable, et cela sans que ces individus aient besoin de prendre en compte les ravages écologiques que par ailleurs elle provoque (encadré p. 27).


Pour ne plus entretenir cette industrie cruelle, les carnivores pourraient décider de se tourner exclusivement vers l’élevage traditionnel. Enquêtes de terrain à l’appui, une chercheuse comme Jocelyne Porcher a montré que, dans ce type d’élevage, un animal n’est pas une chose que l’on exploite sans scrupule pour obtenir de la viande (7). Au contraire, un éleveur traditionnel veille au bien-être de ses bêtes, il établit des liens affectifs avec elles et il se prend souvent à les aimer. Il assure même la perpétuation de ces animaux de rente puisque, si le végétarisme se généralisait, il n’y aurait pratiquement plus de vaches, de cochons, de poules, etc., sur la surface de la Terre. Ce don de la vie a toutefois un prix. En retour, il faut que l’animal donne sa viande. Au moins, il a bien vécu.





La tentation de l’élevage traditionnel


Dans son essai Faut-il manger les animaux ? (L’Olivier, 2010), le romancier Jonathan Safran Foer avoue être touché par cette bonté des éleveurs traditionnels et se sent prêt à leur donner raison quant à la légitimité qu’il y aurait à manger leurs animaux. Il s’arrête toutefois au seuil de cette reconnaissance, pour une raison toute simple. De nos jours, la quasi-totalité des abattoirs relève de l’industrie de la viande. La vache, le cochon et la poule qui ont été élevés dans des conditions « champêtres » vont donc quand même subir, comme les animaux d’élevage industriel, une fin de vie horrible. Sans une réforme radicale des abattoirs, l’élevage traditionnel ne résout donc pas l’un des problèmes les plus criants de l’industrie de la viande.


Sachant que, en France, plus de 90 % de la viande consommée provient des élevages industriels, il faudrait également que les carnivores diminuent drastiquement leur consommation s’ils ne veulent plus entretenir cette industrie. Par sa nature artisanale, l’élevage traditionnel ne pourra en effet jamais répondre à un désir quotidien de manger de la viande. Tant qu’un quasi-végétarisme (un repas de viande par semaine environ) n’est pas instauré et que les abattoirs ne sont pas réformés, les consommateurs de viande seront donc toujours complices d’une industrie qui inflige des souffrances effroyables aux animaux.





La question du végétarisme


Reste la question de la mise à mort. Si une vache a passé de belles années dans un pré, pourquoi n’aurait-on pas le droit de la tuer de manière relativement douce pour s’en nourrir ? On pourrait avancer que manger de la viande est naturel, au sens où l’être humain l’a toujours fait et où les autres animaux le font aussi. Que l’on soit ou non végétarien, il est toutefois facile de comprendre que cette justification ne tient pas la route. D’abord, l’ancienneté d’une pratique ne lui apporte aucune légitimité. Par exemple, l’esclavage a duré des millénaires ; ce n’est pas pour autant qu’il faut le perpétuer. Ensuite, si les lions mangent bien les gazelles, les mâles peuvent aussi tuer les lionceaux qui ne sont pas les leurs. Quel carnivore trouverait légitime de prendre modèle sur cette pratique ? Peu, on imagine. Alors ? Comment justifier que l’on puisse tuer des animaux pour les manger ?


Les végétariens éthiques, c’est-à-dire ceux qui ne le sont pas pour des raisons diététiques ou religieuses, partent du principe qu’il ne faut pas faire souffrir les animaux quand ce n’est pas nécessaire (8). Or tuer des bêtes, même s’il était possible de recourir à des procédés indolores, reviendrait à leur faire du mal sans nécessité. Ce n’est pas la mise à mort en tant que telle qui pose problème aux végétariens éthiques. Tuer en douceur une vache en fin de vie serait envisageable, suggèrent-ils, si cela permettait d’abréger ses souffrances, par exemple. Mais envoyer à l’abattoir, comme le font même les éleveurs traditionnels, des animaux alors qu’ils sont encore très jeunes, c’est les priver sans nécessité d’une vie dont, en tant qu’individus, ils auraient pu jouir pleinement.





Le mangeur de viande peut-il être éthique ?


Dans son livre Apologie du carnivore (Fayard, 2011), Dominique Lestel s’en prend à cette volonté des végétariens éthiques de ne pas faire souffrir sans nécessité. Ce philosophe commence par reconnaître « que les justifications habituellement données du régime carnivore sont (…) plutôt inconsistantes ». Mais il pense pouvoir enfin justifier un tel régime en affirmant qu’un « homme qui n’infligerait plus aucune souffrance à un autre être vivant ne serait tout simplement plus un homme, ni même un animal, car un principe fondamental de l’animalité est précisément de souffrir et de faire souffrir ». Très en verve sur ce sujet, il écrit aussi que « la vie repose sur une forme de cruauté qu’il n’est ni possible ni souhaitable d’éradiquer ». Il en conclut qu’il faut assumer sans honte d’être un carnivore.


Aux yeux de D. Lestel, cette cruauté assumée n’implique pas qu’il faille manger de la viande n’importe comment. Il faut au contraire devenir un « carnivore éthique ». Cela veut dire au moins deux choses. Premièrement, il faut que la mise à mort entraîne chez l’animal le minimum de souffrance possible. D’où une condamnation sans appel de l’industrie de la viande de la part de D. Lestel. Deuxièmement, manger de la viande doit être vécu comme une dépendance vis-à-vis des animaux. Il faudrait d’ailleurs les remercier par une sorte de rituel. Le carnivore éthique serait ainsi ce mangeur de viande qui considère qu’il ne dispose pas d’un statut d’exception dans la sphère de l’animalité et qu’il a une dette vis-à-vis des animaux. Du coup, il devrait même accepter un jour de se faire manger.


Si l’on en juge par la critique cinglante que lui a adressée le végétarien Pierre Sigler, cette rare défense du régime carné apparaît problématique (9). Exemples de quelques mises au point. D. Lestel accuse les végétariens d’avoir le désir absurde de supprimer la souffrance dans le monde. C’est faux, rétorque P. Sigler, les végétariens veulent simplement ne pas faire souffrir sans nécessité les animaux. D. Lestel affirme que la seule façon de reconnaître son animalité est de manger de la viande. C’est stupide, répond P. Sigler, on peut faire l’amour. D. Lestel considère que manger de la viande marque notre dépendance vis-à-vis des animaux. C’est une escroquerie, s’indigne P. Sigler, il n’y a aucune dépendance puisque tout être humain qui a accès a des protéines végétales peut se passer de viande. Enfin, D. Lestel se dit prêt à donner son corps à manger, mais bien sûr uniquement quand il sera mort. Exaspéré, P. Sigler rappelle que les animaux n’ont pas cette chance d’avoir une vie pleine avant de se faire occire.





La question du spécisme


S’il y a une telle incompréhension entre les carnivores et les végétariens éthiques, c’est que, à la différence des seconds, les premiers estiment que l’on peut tuer les animaux parce que ce ne sont que des animaux. Cette justification relève de ce qu’on appelle le « spécisme ». Ce mot est formé par analogie avec « racisme » et « sexisme », qui désignent une discrimination injustifiée selon la race ou le sexe. Est raciste, par exemple, celui qui estime que l’on peut mettre les Noirs en esclavage pour la simple raison qu’ils sont Noirs. De la même manière, être spéciste, c’est assigner différentes valeurs ou droits à des êtres sur la seule base de leur appartenance à une espèce, et non pas en fonction de leurs intérêts propres. Par exemple, vous êtes spéciste si vous vous offusquez que l’on mange du chat, mais pas du cochon. En revanche, vous êtes antispéciste si vous prenez en compte l’intérêt des animaux indépendamment de l’espèce à laquelle ils appartiennent.


La très grande majorité des végétariens éthiques sont antispécistes. Ils récusent l’idée d’accorder des considérations morales de façon arbitraire à telle espèce et pas à telle autre. Or le statut moral des animaux se pose parce que, à la différence des légumes ou des pierres, ce sont des êtres sensibles capables de souffrir. Du coup, contrairement à ce dont on l’accuse parfois, cet antispécisme n’incite pas à accorder aux animaux les mêmes droits qu’aux êtres humains. Qui voudrait en effet donner aux vaches le droit à l’éducation ? Mais il incite à prendre en compte cette capacité des animaux (êtres humains compris) à souffrir, notamment en agissant, dans la mesure du possible, de façon à ce qu’ils ne souffrent pas sans nécessité. Les antispécistes soulignent d’ailleurs que tout le monde trouvera monstrueux, par exemple, que l’on crève l’œil d’un chat juste pour s’amuser. Pourquoi alors, se demandent-ils, ne pas aussi condamner les souffrances infligées aux animaux que l’on mange ? Sur ce point, ils n’attendent pas une condamnation partielle qui s’accommoderait d’améliorations des conditions dans lesquelles vivent ces animaux. Ce serait, à leurs yeux, comme si on cherchait à améliorer les conditions des esclaves sans remettre en cause l’esclavage. Selon eux, la seule position cohérente est d’arrêter de tuer les animaux pour les manger.





Le carnivore comme le violeur ?


Bien sûr, les carnivores résistent à une telle argumentation. Ils disent que la souffrance infligée aux animaux n’est pas inutile. Elle sert à leur apporter, à eux les carnivores, du plaisir. D. Lestel reproche ainsi aux végétariens éthiques de prétendre lutter contre la souffrance et pourtant de vouloir faire souffrir les carnivores en les privant de viande. Dans sa critique de D. Lestel, P. Sigler cherche à montrer l’absurdité de ce raisonnement en le transposant au cas du viol. Voici ce que cela donne : il existe une loi qui punit le viol parce qu’un tel acte fait souffrir celles et ceux qui en sont victimes ; mais ce faisant, cette loi impose aux violeurs potentiels d’immenses frustrations ; par conséquent, en voulant éviter que des personnes souffrent en étant violées, cette loi en fait souffrir d’autres ; ce qui montre bien qu’il n’est pas juste de vouloir interdire le viol pour diminuer la souffrance de ses victimes !


À leur décharge, il faut reconnaître que les carnivores qui acceptent que des animaux soient tués pour leur plaisir ne font qu’adopter la position schizophrène de notre société, comme le souligne parfaitement la juriste Marcela Iacub dans ses Confessions d’une mangeuse de viande (Fayard, 2011). Dans ce livre, elle raconte comment, après avoir été très carnivore, elle a été conduite au végétarisme à la suite de trois « révélations ». Grâce à l’acquisition d’une chienne, elle s’est rendu compte que les animaux sont des individus sensibles, ayant des désirs et des intentions. Grâce à un texte de Plutarque, elle comprit qu’ils veulent vivre et nous supplient de ne pas les tuer. Enfin, grâce à une décision de justice, elle prit conscience de la complète incohérence de notre relation aux bêtes. Il se trouve en effet que, en 2007, un individu a été condamné pour avoir sodomisé son âne. Vu les spécificités anatomiques des ânes et des hommes, cet acte ne semble pas avoir causé de souffrance chez l’animal. La justice a néanmoins considéré que, en l’absence de consentement, c’était un viol qu’il fallait punir. Or cette même justice autorise cet individu, qui est le propriétaire de l’âne, à le faire écorcher pour le manger. M. Iacub n’avait jamais été frappée à ce point par l’absurdité qu’il y a, d’un côté, à accorder à juste titre des droits aux animaux puisque ce sont des êtres sensibles, et, d’un autre côté, à leur dénier le droit le plus élémentaire, celui de vivre. Ne pouvant plus accepter cette incohérence, elle ne vit pas d’autre option que de devenir végétarienne. Ce qui montre finalement qu’à travers la question du végétarisme se pose celle de notre cohérence. À méditer avant de passer à table…

L'industrie de la viande détruit la planète

Consommer autant de viande qu’on le fait dans les pays développés est une catastrophe d’un point de vue écologique. Il n’y a pas un mois qui passe sans qu’une nouvelle étude montre à quel point l’industrie de la viande est l’une des principales causes de la déforestation dans le monde, du réchauffement climatique, de la pollution et même de la détérioration de la santé des êtres humains. Il faut bien comprendre que l’obtention de protéines animales à partir de protéines végétales a un rendement très faible.
Ce qui implique que, pour satisfaire les désirs des consommateurs de viande dans les pays développés, la majorité des terres agricoles dans le monde est de nos jours destinée à nourrir du bétail, alors même qu’une petite portion de ces terres serait largement suffisante pour nourrir directement toute la population mondiale. En plus, comme cette consommation ne cesse de croître, les forêts tropicales (au Brésil, en Argentine et ailleurs) se réduisent actuellement comme peau de chagrin. Ensuite, l’intense activité des fermes d’élevage génère des milliards de tonnes de déchets qui polluent, plus que les autres industries, les sols et les rivières. Il faut également mentionner les grandes quantités de gaz que cette industrie rejette dans l’atmosphère et qui contribuent fortement à la fois aux pluies acides et au réchauffement climatique. Enfin, alors que la grande consommation d’antibiotiques est une bombe à retardement pour la santé humaine, puisqu’elle rend les bactéries résistantes, et que les pouvoirs publics tentent
de la juguler, l’industrie de la viande continue quant à elle tranquillement à bourrer d’antibiotiques les bêtes qu’elle massacre.
Le plus étonnant est que, à l’heure du repas, presque personne ne semble se préoccuper de cette situation ubuesque…

 

Bidoche. L’industrie de la viande menace le monde

Fabrice Nicolino, Les Liens qui libèrent, 2009.

Thomas Lepeltier

KUNDALINI : réflexions. (4)

Par Le 19/01/2016

 

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« L’excitation. Il en connaissait la perdition. Elle n’était qu’inconscience et ne générait aucune fusion. Chacun en se nourrissant de l’excitation de l’autre absorbait une partie de son inconscience. Deux inconsciences qui s’ajoutaient. Deux individus qui s’imaginaient être dans l’amour. C’était impossible. Il ne pouvait y avoir d’amour dans l'inconscience. »

Kundalini

KUNDALINI : réflexions. (1)

KUNDALINI : réflexions. (2)

KUNDALINI : réflexions. (3)

Je pense qu’il est primordial d’observer attentivement l’excitation sexuelle. Est-elle favorable à une sexualité sacrée qui, elle, fait appel à la conscience ?

L’individu qui se laisse emporter par son excitation n’est pas dans la gestion émotionnelle. Il est dans le chaos. Un chaos délicieux pour beaucoup mais un chaos tout de même.

Personnellement, je considère que l’excitation sexuelle est à mettre sur le même plan que la peur ou la panique. Une émotion débridée, incompatible avec des actes construits et portant un projet.

Quel est le projet associé à la sexualité ? C’est à cette question qu’il faut répondre pour décider si l’excitation est à garder ou s’il convient de la conscientiser.

La réponse permettra de différencier la sexualité génitale de la sexualité sacrée.

Il est consternant de penser que la sexualité est considérée comme un savoir inné.

La sexualité génitale est innée parce qu’elle répond au maintien de l’espèce.

Je me souviens de Barjavel qui décrivait Roméo comme un flot de sperme montant à l’échelle vers les ovaires de Juliette. Au moins, c’est clair.

Quand on prend conscience de ça, réellement, on se dit que la sexualité ne peut pas être limitée à la puissance du flot d’hormones… Et que cela nécessite par conséquent un réel travail sur soi.

Je pense donc que l’excitation n’est qu’une excroissance naturelle de la sexualité génitale, un outil qui consiste à créer chez l’individu un appel irrépressible vers l’autre et un désir immodéré de s’unir.

Je ne juge en rien, qui que ce soit. C’est juste une observation des phénomènes et de leurs causes. Il est important d’ailleurs de se souvenir que bien souvent un enfant s’entend dire par les adultes : « Arrête de t’exciter comme ça, tu vas encore faire une bêtise. »

L’excitation considérée comme un danger.

Ou les forces de l’ordre qui disent avoir arrêté un automobiliste qui s’est montré très excité, voire incontrôlable.

Je me souviens également d’une interview de Djokovic qui disait qu’il y a quelques années, il ne savait pas gérer son excitation et notamment en fin de match et qu’il lui avait fallu passer par la sophrologie pour progresser dans sa propre maîtrise.

Dans le même sport, après sa victoire sur Serena Williams, Alizée Cornet a dit : « J’éprouvais beaucoup de plaisir sans être jamais débordée par l’excitation »…. Quand on connaît le parcours de cette joueuse et les immenses difficultés qu’elle éprouvait à gérer ses émotions, on peut juger du chemin parcouru. Et c’est un travail de conscience. Tout autant que physique.

Le trac des acteurs est considéré également comme un conflit entre une excitation due à l’impatience et la peur de ne pas être à la hauteur. L’envie d’y aller et en même temps de ne pas y être. Le conflit interne est redoutable.

On pourrait trouver bien d’autres exemples.

 

Alors comment pourrait-on considérer que l’excitation sexuelle soit un tremplin vers une sexualité épanouie ? C’est absolument impossible.

Il est évident que seule la conscience peut y contribuer.

Il ne s’agit pas de rejeter l’excitation et d’adopter la posture du Moine mais de l’observer consciemment pour puiser son énergie et la mettre à contribution par des actes réfléchis et maîtrisés.

Le massage tantrique qui comporte le massage des zones érogènes comme du reste du corps est à ce sens un exercice particulièrement efficace pour apprendre à conscientiser l’excitation et l’énergie qu’elle génère.  Pour les deux partenaires.

 

D’autre part si l’excitation de l’autre est un moteur à son propre désir, il est inévitable que les deux partenaires explorent l’excitation conscientisée simultanément afin de ne pas troubler le fonctionnement « inné » de celui qui n’adhèrerait pas. La sexualité sacrée est un cheminement commun. Il ne s’agit nullement de briser des schémas anciens mais d’en construire d’autres. Ensemble.

Bien évidemment et comme pour toute dimension inconnue, il paraît dommageable à beaucoup de personnes de vouloir se libérer de l’excitation mais il y a dans ce cas-là, une erreur d’interprétation. Il ne s’agit pas de la brider ou de l’exclure mais bien au contraire de se servir d’elle. Et tout passe inéluctablement par la conscience.   

Il s'agit de "chevaucher la monture et non de se faire piétiner."

Un exercice très simple à effectuer pour soi :

Je vais me coucher, j’ai l’intention de dormir, les lumières sont éteintes et je ne peux pas m’empêcher de bouger et de penser. Demain est un jour crucial, un événement que j’attendais depuis longtemps. Peu importe lequel. Je suis excité, intellectuellement, émotionnellement, physiquement.

Voilà l’occasion rêvée d’observer ce qui se passe.

On pourrait dire que la situation n’est pas la même puisque l’excitation dans ce cas empêche de trouver le sommeil. Eh bien, l’excitation sexuelle empêche également de trouver tout ce qui vibre au cœur de la sexualité, l’espace immense qu’elle représente, « le territoire de l’amour ».

L’excitation est un abandon néfaste, une perdition et pas un chemin. On peut espérer malgré tout que les partenaires y trouveront leur bonheur. Au XV ème siècle, les explorateurs qui partaient sur les Océans n’avaient aucune idée de ce qui existait au-delà de l’horizon. C’est la même chose dans l’exploration de la sexualité sacrée. Il est impossible de présager du trésor qui s’y cache. C’est la raison pour laquelle tant d’individus ne prennent jamais la mer…  

 

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KUNDALINI (20)

Par Le 17/01/2016

 

 

"Il se pencha vers elle et posa ses lèvres sur sa bouche. Elle accueillit sa langue avec délice, les mains caressant son corps. Elle sentit le membre érigé frotter la corolle de son sexe.

Les yeux au fond des siens, elle se concentra sur le souffle.

Sat avait pris appui sur un bras et caressait son ventre et ses seins de sa main libre.

« Depuis bien trop longtemps, Maud, la femme a été amenée à penser que son rôle était de satisfaire la sexualité de l’homme. La vérité est à l’opposé de cette habitude ancestrale. L’expression la plus noble de l’amour est que l’homme participe à l’extase divine de la femme, qu’il en soit l’ouvrier patient et appliqué. C’est dans cette dimension amoureuse que je parviens à être dans le nous. Oublie-moi, n’attache pas ton plaisir à mon image mais uniquement à l’amour de la vie en toi. C’est elle qui vibre et c’est elle qu’il convient d’honorer. Et la puissance de ton hommage pour elle nourrira mon plaisir. Abandonne-toi à cet amour et je te rejoindrai. Tu es notre guide.»

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Le pouvoir d'auto-guérison (santé)

Par Le 17/01/2016

Comment activer notre pouvoir d’auto-guérison qui est en chacun de nous !!!

29 décembre 2015 dans Dossiers, Santé / Nutrition, Solutions 24 commentaires

 

 

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Le circuit nerveux de la douleur

Nous sommes dans les années 50, Mr Wright est atteint d’un cancer en phase terminale des ganglions lymphatiques (lymphosarcome). D’énormes masses tumorales  l’envahissent et résistent aux traitements prolongés. Hospitalisé en unité de soins intensifs, Mr Wright subit des ponctions et se voit administrer de puissants sédatifs pour le soulager. Ses différents organes et son système respiratoire souffrent de la maladie et des traitements qu’ils subissent. Son médecin n’a que peu d’espoirs de le voir guérir et lui donne un maximum de deux semaines à vivre. Pourtant Mr Wright ne désespère pas, un nouveau médicament, le Krébiozène est en phase expérimentale et les articles de presse spécialisés laissent entendre que ce médicament sera particulièrement efficace pour le traitement du cancer. Le malade, avec insistance, fait tout ce qu’il peut pour convaincre son médecin de lui administrer ce médicament lorsqu’il sera livré pour les phases de test dans la clinique où il se trouve. Le vendredi, Mr Wright reçoit une première injection, le lundi il se ballade dans les couloirs de la clinique et propose ses encouragements à qui veut bien les entendre. Au grand étonnement du médecin, une semaine seulement après les premières injections, les masses tumorales se résorbent et une dizaine de jours plus tard, M. Wright quitte l’hôpital. Quelques jours avant la première injection ce malade était fiévreux et mourant et alors que le traitement n’a aucun effet sur les autres cancéreux, voici que Mr Wright rentre chez lui tout revigoré ! C’est ainsi que durant plus de deux mois il retrouve peu à peu la santé, le cancer est en rémission et le médecin bien que très étonné est particulièrement confiant, les masses tumorales pourtant de la taille d’une orange disparaissent. Mais voilà que les résultats de l’étude en cours sont publiés révélant au monde que le Krébiozène n’est pas à proprement dit efficace. Mr Wright est alors très affecté par la nouvelle et devant l’insistance des médias, finit par perdre confiance et espoir, en peu de temps  tous les symptômes de son cancer se développent à nouveau avec encore plus de virulence.

Le médecin tente alors le tout pour le tout et décide de réanimer l’optimisme dont jadis son patient avait fait preuve. Il travestit la vérité et lui explique que les précédents produits n’avaient pas été correctement conditionnés et en avoir commandé de nouveaux bien plus puissant. Il précise également que contrairement à ce que disent les journalistes le médicament est très prometteur et que la rémission dont il avait profité ces deux derniers mois était bien le résultat de ces premières injections. Mr Wright voit renaitre de l’espoir et accepte, le médecin prépare lui même l’injection (une eau pure sans aucun principe actif) et l’administre à son patient tout heureux de se voir bientôt guérit.

De façon encore plus spectaculaire après quelques injections d’eau (seul le corps médical était au courant) le patient voit les masses tumorales fondre comme neige au soleil,  M. Wright est à nouveau sur pieds en quelques jours. Encore une fois, deux mois passent permettant à cet homme de s’auto-guérir sans en avoir jamais conscience. Le cancer est en rémission et Mr Wright se porte de mieux en mieux chaque jour un peu plus. Malheureusement, les médias s’en mêlent à nouveau et annoncent que les tests conduits dans l’ensemble du pays démontrent que le médicament n’a décidément aucun effet dans le traitement du cancer. Quelques jours après cette annonce, M. Wright est hospitalisé dans un état désespéré. Cette fois , il n’y croit plus et meurt en moins de 2 jours.

Cette histoire illustre parfaitement, le pouvoir de notre esprit et notre capacité d’auto-guérison plus connu sous le terme d’effet placébo.

Placébo ?

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effet placebo

Placébo signifie « Je plairai » en latin, cette traduction est intéressante car nous comprenons alors la notion de flatterie et le raccourcis qui mène parfois un peu vite au charlatanisme, terme lui même associé souvent à tort à l’escroquerie.  Comme le souligne Michel Le Van Quyen chercheur à l’INSERM (dirigeant d’un groupe de recherche à l’institut du cerveau et la moelle épinière à l’hôpital de la Pitié-Salpétrière) dans son livre Les pouvoirs de l’esprit, « L’effet placébo est souvent connoté négativement. Cela s’explique sans doute par le fait que les médecins tendent à douter de la réalité de l’effet placebo, car admettre son importance met en danger leur image et leur pouvoir » . La première définition officielle remonte selon l’auteur Patrick Lemoine à 1811 dans un dictionnaire médical anglais. L’effet placebo ou, pourrait on dire, « la réponse placebo » est une réaction physiologique à une cause psychologique (pensée, croyance, auto suggestion, suggestion…). En 1955 une étude de l’anesthésiste Henry K Beecher de l’université de Havard faisait savoir que 35% des patients souffrant de douleur étaient soulagés par la simple prise d’un comprimé de sucreou d’une injection de sérum physiologique. Des études plus récentes révèlent que l’effet placébo est plus important encore car on parle de 70 à 100% et on sait aujourd’hui que le placebo est équivalent à une dose de 5mg de morphine intraveineuse pour traiter la douleur. Le futur professeur Henry K Beecher, avait été directement concerné par l’effet placebo lors de la seconde guerre mondiale dans son hôpital de campagne, il devait soigner les atroces souffrances de soldats pris sous le feu allemand. A court de morphine il entreprit d’injecter à ces malheureux une simple dose de solution saline en leur disant que la douleur allait très vite s’en aller… et ce fût le cas. Nous savons que l’effet placebo est constaté chez 30% des patients toutes pathologies confondues ceci étant, en fonction du trouble dont souffre la personne il peut y avoir de fortes variations allant de 10 à 70% et même 90% pour l’arthrite. Mais alors qu’est-ce qui fait qu’il puisse y avoir de nombreuses variation lors de la prise d’un placebo ?

Ce qui fait le placebo

Il est intéressant de noter que l’efficacité du placebo est multi factorielle. Ainsi les études montrent que la méthode d’administration, la posologie, le cadre dans lequel il est administré et même l’intention du praticien qui prescrit jouent un rôle déterminant. Nous savons que la réputation du thérapeute ou du médecin, sa capacité d’écoute, d’empathie et sa bienveillance  vont avoir une incidence non négligeable sur l’efficacité du traitement donc de la guérison. Nous savons également que deux cachets (même sans principe actif) seront plus efficaces qu’un seul, que la couleur, la taille et le mode d’administration ont aussi une importance déterminante.  Enfin comme le raconte l’histoire de M Wright la croyance du patient en l’efficacité de son traitement sera déterminante également. Par exemple l’effet du placebo est quasi nul dans les cas de cancers car il se heurte à une croyance très forte, celle que cette maladie est mortelle et il y a fort à parier que si cette croyance était défaite les cas de guérisons du cancer seraient beaucoup plus nombreux. Dans son livre, Le pouvoir de l’esprit, Michel le Van Quyen nous explique à son tour  :

L’injection est plus efficace que la gélule, qui est plus efficace que la pilule, qui fonctionne mieux qu’une simple potion, etc. De plus la couleur blanche du médicament fonctionne mieux pour la douleur, le rouge fonctionne comme un stimulant, le bleu comme un bon remède apaisant…. Mieux encore, un placebo qui coûte cher est plus efficace qu’un placebo bon marché.

Encore plus fort, la croyance de l’efficacité d’un traitement par les personnes qui l’administrent va avoir un impact conséquent, ainsi la conviction du thérapeute est un élément essentiel pour l’obtention d’un bon résultat. Une revue de pharmacologie « The pharmacology of placebo » Wolf Stewart (1959) rapporte de façon très claire cette influence :

Le docteur Stewart traitait depuis de nombreuses années un patient asthmatique en proie à des crises quasi permanentes. Il demanda à un laboratoire pharmaceutique de lui livrer un nouveau médicament réputé très efficace. Il le fit prendre à son patient , dont l’état s’améliora rapidement; suspectant un effet purement psychologique le médecin commanda un placebo de ce médicament bientôt donné au patient à son insu : Rechute immédiate. Aussi répéta-t-il plusieurs fois l’expérience : chaque fois que le patient prenait le médicament, il s’en trouvait fort mieux pour rechuter à chaque nouvelle prise du placebo. Wolf finit alors par être convaincu de l’efficacité du médicament et en informa le laboratoire. Cependant à sa grande stupeur, il comprit que, dès le début, son patient n’avait reçu que du placebo ! D’une certaine façon le docteur avait influencé l’état du malade par sa propre conviction vis-à-vis de l’efficacité de son traitement.

Les auteurs précédemment cités remarquent également que l’effet placebo est comme une sorte de cailloux dans la chaussure. Pour les chercheurs, les laboratoires et les médecins, il peut être perçu comme un empêcheur de tourner en rond. Selon lui, cela peut être du à la culture de performance. Pour Thierry Janssen dans son excellent ouvrage, la solution Intérieure, « le médecin doit faire preuve de ses compétences et les rôles seraient donc attribués : Le patient subit, le médecin soigne et guérit » et de rajouter : « Une participation active du malade au processus de guérison remettrait en cause l’efficacité et l’utilité du soignant ». Il en serait alors de même de l’industrie pharmaceutique qui pour des raisons évidentes de profit aurait tout intérêt de minimiser autant que possible l’effet placebo. « L’effet placebo constitue une véritable blessure narcissique pour le médecin » nous dit également les auteurs du livre, Guérisons remarquables. Pour beaucoup malgré le fait que l’effet placebo joue un rôle essentiel dans le processus de guérison il est très souvent réduit à un phénomène « psychologique » autrement dit sans vrai consistance, il n’existerait que dans la tête des patients… En réalité on ne croit pas si bien dire.

C’est dans la tête !

 

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placebo

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Il est prouvé que les placebos ont d’incontestables propriétés neurologiques. En effet, selon les différentes études menées sur la douleur, l’hypothèse est faite en 1978 que la prise d’un placebo déclenche une sécrétion d’endorphines produites par le cerveau  (hypothalamus et hypophyse), il en résulte un effet analgésique. L’endorphine est une hormone naturelle qui peut être comparée à la morphine, elle apporte un sentiment de bien être, on dit qu’elle est l’hormone du bonheur et elle est bien connue des sportifs. Lors de cette étude, et pour confirmer son observation le chercheur Jon Levine, administre à ses patients souffrants de douleurs dentaires de la « nolaxone », il s’agit d’un produit qui bloque l’action des endorphines. Il observe alors que la douleur revient immédiatement cela valide ainsi son hypothèse. Ces observations sont confirmées des années plus tard par l’imagerie cérébrale fonctionnelle et vont même plus loin. En effet, Dans les années 1990, le chercheur Martin Igvar (Institut Korolinska à Stockholm) démontre que les zones cérébrales qui s’activent lors de la prise d’un placebo sont exactement les mêmes que celle qui s’activent lors de la prise de morphine. Nous savons également que la douleur a une dimension sensorielle et émotionnelle (la douleur peut être amplifiée par la dimension émotionnelle) et il a été constaté que l’action du placebo se fait essentiellement sur le cortex cingulaire antérieur qui gère la dimension émotionnelle de la douleur. Nous comprenons alors qu’à la simple idée d’avoir un médicament efficace – donc d’être bientôt soulagé – le sujet de façon inconsciente va réduire la douleur par l’activité du cortex cingulaire antérieur grâce au neurotransmetteur du plaisir et de la récompense que l’on appelle dopamine. Ceci démontre que l‘effet placebo est associé à l’attente ou à la croyance d’un soulagement par celui qui le reçoit. Certaines études ont même montré que les personnes souffrants de la maladie de Parkinson, résultant d’une dégénérescence de neurones cérébraux producteurs de dopamine, pouvaient bénéficier d’une réduction de leurs symptômes moteur grâce au placebo lui même générant par son effet de la dopamine. Voici à nouveau ce que rapporte Michel Le Van Quyen dans son livre « le pouvoir de l’esprit » :

Des chercheurs de l’université du Colorado ont traité 39 patients volontaires par des greffes de neurones dopaminergiques. L’objectif était ici de remplacer des neurones perdus chez le malade par la transplantation de nouveaux tissus, dans le but de restaurer durablement les mouvements normaux chez les patients. Comme dans tout essai thérapeutique, les patients savaient que seuls certains d’entre eux seraient réellement opérés, tandis que les autres subiraient une opération factice, donc placebo. Un total de 19 malades se sont vus implanter de nouveaux neurones dans leur cerveau, tandis que les 20 autres patients ont également été emmenés au bloc opératoire et préparés, mais les médecins ont seulement fait semblant de les opérer, aucune transplantation de tissus n’étant réellement effectuée…. Quelques mois plus tard, les chercheurs ont évalués la qualité de vie de tous les participants à l’étude, parmi d’autres paramètres cliniques. résultat ? Une amélioration comparable de la qualité de vie a été constatée chez les deux groupes…. Lorsque les patients s’attendent à bénéficier d’un traitement, ils libèrent de la dopamine, le neurotransmetteur qui fait précisément défaut dans la maladie de Parkinson

De nombreuses études comme celle-ci ont été menées et démontrent l’incroyable pouvoir de la pensée, l’une d’elle, menée par une neurologue de Toronto nous apprend que le placebo a eu sur les patients autant d’effet que la prise de Prozac ! Autrement dit, le placebo avait agit de la même manière que l’antidépresseur dans les même zones du cerveau. On comprend mieux que les laboratoires ne soient pas emballés lorsque l’on parle de placebo ;). A plus large échelle (3000 patients) toujours concernant les antidépresseurs, des psychologues ont conclu que 75% des bénéfices thérapeutiques venaient de l’effet placebo  contre 25 % attribué à l’action du médicament ! Quand on connait les effets secondaires de ce genre de médicaments ne faudrait il pas se poser les bonnes questions ? surtout si l’on joint à cela le fait que la plupart des prescriptions d’antidépresseurs sont faites pour des « déprimes » passagères et les « sentiments de mal être » comme nous l’expliquent les psychiatres dans l’émission « mort sur ordonnance » diffusée sur France 5. Si le pouvoir de la pensée, de la croyance, de la suggestion sont si puissants et peuvent soulager des patients, qu’en est il de la pensée ou de la croyance négative ? Il m’arrive assez souvent d’évoquer le fait que nous faisons souvent de l’auto-hypnose négative et que cela fonctionne très bien, voilà qui nous mène à nous intéresser au revers de la médaille.

 

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NoceboQuand le placebo devient nocebo

Norman Cousins est un journaliste américain atteint d’une maladie grave qui le condamne à d’atroces souffrances. Remarquant que le fait de rire le soulage, il décide avec l’accord de son médecin de sortir de l’hôpital et son environnement anxiogène pour s’enfermer dans une chambre d’hôtel et y faire une cure de films comiques et de vitamine C pendant 6 mois. A la grande surprise des médecins, Norman Cousins se voit guérir d’une maladie qui le condamnait à rester cloué au lit. M. Cousins a écrit un livre intitulé « La Volonté de Guérir »dans lequel il relate toute son expérience avec toutes les données scientifiques qui y sont attachées. Son livre a marqué le point de départ de recherches à grande échelle sur les endorphines, substances libérées par le cerveau sous l’effet du rire.

A la suite de sa guérison, il se passionna pour l’étude des relations psycho-neuro-immunologique et finit par influencer le monde scientifique. Il enseigna à l’Ecole de médecine de l’UCLA, l’Université de Californie à Los Angeles (University of California Los Angeles). C’est en faisant une étude sur le placebo que Norman Cousins rapporte que 411 personnes traitées par chimiothérapie avaient été informées qu’elles allaient perdre leurs cheveux en cours de traitement. 30% de ces personnes ont reçu sans en être informées un placebo à la place de la chimiothérapie. Surprise, toutes les personnes de l’étude ont perdu leurs cheveux même ceux qui n’avaient pris qu’un placebo. Autrement dit, une fois de plus, le pouvoir de la croyance avait été démontré, mais aussi que celui-ci pouvait aussi avoir des effets négatif pour les personnes c’est alors un « nocebo ». En hypnose et PNL nous apprenons que chaque mot à son importance, nous apprenons que les suggestions que nous allons faire si elles sont remplies de bonne intentions, si elles sont dirigées vers l’objectif du client/patient et si elles sont écologiques pour la personne peuvent donner des résultats, ainsi tout au long d’une séance nous devons être très prudents avec les paroles que nous prononçons mais aussi à notre communication non verbale et para verbale. Les personnes en souffrances sont aux aguets et observent le moindre mouvement qui pourrait les rassurer ou pire les inquiéter surtout chez ceux qui portent la blouse blanche. Avoir conscience du pouvoir de la suggestion est donc particulièrement essentiel. Les praticiens en hypnose (entre autre) savent aussi qu’il est possible d’amplifier une situation que l’on voudrait voir s’apaiser (douleur, peur…). En disant tout l’inverse de ce qu’il faudrait dire, par exemple : Un enfant tombe par terre et s’écorche le genoux,  « Ce n’est pas grave, ça va passer », « n’aie pas peur, c’est rien ». En réalité ces phrases outre le fait qu’elles ne tiennent pas compte de l’émotion de la personne ont un effet inverse. D’une certaine façon l’esprit ou l’inconscient (nommez le comme vous voulez) ne connait pas la négation. Dans la phrase « ce n’est pas grave » c’est le mot « grave » qui raisonne le plus fort et  donc peut augmenter la douleur ou la détresse. Des études ont montré que l’utilisation de mots encourageants a un effet positif bien plus probant. Dans son livre « The anatomy of hope » Groopman.J rapporte que des études montrent également qu’à la simple vue d’une blouse blanche le patient peut provoquer de l’hyper tension ou de l’hyperglycémie. Enfin imaginez l’impact que peuvent avoir les médias sur notre bonne santé ! Thierry Janssen raconte dans son livre – La solution intérieur –

L’un de mes confrères m’a raconté que dans les années 1980 à San Francisco une aggravation de l’état de santé de jeunes patients séropositifs survenait de façon systématique un nombre précis de semaines après le diagnostic de la contamination. un point commun reliait ces patients : Ils avaient tous lu un article publié dans un magasine gay selon lequel la maladie évoluait de manière fatale après ce délais. Le démenti de cette information erronée permit de lever le sort jeté à ces patients.

Robert Hahn antropologue et épidiémiologiste s’inquiète d’ailleurs de l’influence des médias sur la santé et explique dans un rapport publié en 1997 l’influence d’un effet nocebo sur un certain nombre de maladies à travers le monde provoquées par la diffusion d’informations précises. Selon lui, tant que l’influence de l’effet nocebo n’est pas mieux connue il serait sage d’encourager les médias à plus de prudence dans la diffusion d’informations sur les risques et les causes des maladies et inciter à plus d’optimisme dans les messages adressés au public. Il est facile d’imaginer l’impact que peuvent avoir les nouvelles sur notre condition tant les informations sont violentes ! En effet une fois de plus de nombreuses études confirment que l’optimisme réduit le nombre de jours de maladie et améliore l’immunité, favorise la guérison en renforçant le système immunitaire… Une approche plus positive de la vie évite à l’effet nocebo de prendre de la place. Les pessimistes quand à eux ne seront plus surpris de voir leurs craintes et leurs prédictions se réaliser !

En conclusion

Le pouvoir d’autoguérison, bien qu’il ne fasse pas l’affaire de tous n’en demeure pas moins réel et parfois très impressionnant. N’aurions nous pas tous à y gagner si dans l’accompagnement des maladies qu’elles soient physiques ou psychologiques l’effet placebo était utilisé au maximum ? Les soignants quelles que soient leurs formations ne seraient ils pas bien inspirés de réaliser à quel point les suggestions qu’ils font à leurs patients vont avoir une incidence positive (placebo) ou négative (nocebo) ? Il est également important de se souvenir que le patient doit croire à l’efficacité du traitement, hors donner un placebo en précisant que c’est un placebo n’a pas de sens, pourtant il semble que cela fasse débat au nom de l’Hétique (on se pose moins de question pour nous polluer). Je reçois énormément de personnes qui après avoir consulté médecins, chirurgiens ou autres thérapeutes ont acquis la croyance qu’ils ne guériront jamais, qu’ils ne retrouveront pas le sommeil, qu’ils vont re grossir, qu’il y a un risque de récidives… Il semble qu’il y a une telle peur de vendre du rêve et de passer pour un charlatan que nous en oublions parfois le pouvoir de notre propre conviction. Certaines études montrent qu’un placebo est autant efficace qu’un antidépresseur, cela pose questions. Chamanes, et autres guérisseurs savent mettre en scène et optimiser cet effet placebo en plus des autres effets prodigués par leurs soins. Nous pouvons toujours espérer que dans un avenir pas si lointain, l’effet placebo soit utilisé au maximum et que l’on rende à chacun son propre pouvoir de guérison limitant ainsi une médication qui, bien qu’elle soit parfois indispensable, peut aussi s’avérer être inutile et non sans effets secondaires. Enfin, n’oublions pas que les suggestions autos réalisantes, les croyances négatives et délétères ne sont pas réservées aux seuls accompagnants, nous sommes tous concernés et nous avons tous un incroyable pouvoir pour créer notre réalité, il sera utile également de se préserver des médias qui polluent notre pensée et donc notre santé. Soyons vigilant à ce que nous regardons et écoutons à la télé et gardons toujours le choix de refuser une parole qui pourrait être un poison, autrement dit comme le disent les Toltèques que notre parole soit impeccable.

Steves Doupeux
Relaxologue

Source : Philosovie


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J'ai peur quand tu m'aimes.

Par Le 17/01/2016

 

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"Tu dis que tu aimes les fleurs, tu les coupes.
Tu dis que tu aimes les bêtes, tu les manges.
Tu dis que tu aimes les oiseaux, tu les mets en cage.
Quand tu dis que tu m’aimes, j’ai peur !"


- Jacques Prévert -

 

Il est important de se projeter au-delà de la poésie et d'en regarder l'horizon. N'y a-t-il pas dans notre vision de l'amour, une certaine forme de destruction, de possession, d'usage...?

Si cet amour est si présent, comment est-il possible qu'il ne s'étende pas à tout ce qui est ?

Quel est donc cet "amour" qui se veut disparate et qui n'accorde pas le même respect à ce qu'il dit "aimer" ? 

Et dès lors, puisque cet "amour" peut se révéler sélectif jusqu'à l'outrage, qu'en est-il réellement de l'amour que nous disons porter à l'autre ? 

Est-ce un amour possessif comme on possède une fleur après l'avoir coupée ?

Est-ce un amour cannibale qui engloutit l'autre comme une nourriture existentielle ? 

Est-ce un amour qui enferme dans des étreintes égotiques au coeur d'une cage dorée ?

Ne jamais croire que la poésie n'est qu'une récréation musicale...


 

Une femme qui marche vers moi sur un chemin. Elle tient un bouquet de fleurs de montagnes. Je l'arrête.

"Bonjour, vous semblez aimer les fleurs ?

-Oui, elles sont très belles.

-Alors, pourquoi les avez-vous tuées ?"

Elle me regarde, intriguée.

"Il y en a encore beaucoup d'autres, je ne les ai pas toutes coupées. -

-Bien, alors, il y a plus de sept milliards d'humains sur cette Terre donc si vous veniez à mourir, ça ne serait pas grave, il y en aura encore plein d'autres. "

 

......Il ne s'agit pas d'une hiérarchie ou d'une importance, ni d'une suprématie, du nombre ou de l'espèce concernée. C'est juste une question d'amour......

 

Pensées et émotions conscientes

Par Le 17/01/2016

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Accueil du site > LES LIVRES > Les 7 Clefs de la S.T.E. M.M.L. > Clef 6 : PENSÉES-PAROLES-ACTIONS CONSTRUCTIVES

Clef 6 : PENSÉES-PAROLES-ACTIONS CONSTRUCTIVES

Extrait tiré du livre "En Chemin vers Soi , les 7 Clefs"

En début de protocole, certains consultants me disent parfois : « dès que je me relaxe j’ai plein de pensées parasites ». Ce à quoi je réponds : « ces pensées, vous ne les avez pas dès que vous vous relaxez, vous les avez tout au long de vos journées, mais là vous en prenez conscience ».

Notre mental est en effervescence permanente. Nous ne cessons d’émettre des pensées. Heureusement d’ailleurs ! La pensée crée, la pensée est à l’origine de la vie, par conséquent, sans pensées, il n’y aurait plus de vie. Mais à nous de savoir ce que nous voulons vivre, donc, à nous de savoir ce que nous devons penser. Nous pouvons parfois avoir l’impression d’avoir « la tête vide », mais le seul fait de prendre conscience qu’il n’y a plus de pensées est une pensée ! Il ne faut pas confondre « pensées apaisées » et « pensées absentes ». Quand nous sommes présents à 100% à ce que fait le corps, il y a encore pensée : « je pense à observer mon corps. Mon mental (pensée) est à ce que fait mon corps (action) ». Mais là, c’est la pensée dans l’harmonie totale corps et mental ; on pourrait appeler cela vivre pleinement l’Ici et Maintenant. Il y a aussi la pensée unique. Ce n’est plus le mental qui observe le corps, mais c’est la conscience qui s’ouvre à la Conscience. C’est l’osmose entre le corps de matière et le corps spirituel pour vivre la connexion au Tout, l’Etre, l’Unité. C’est l’état ultime recherché. Certains le rencontrent parfois, mais combien de minutes vécues ainsi dans une journée, dans une vie ? Cela laisse, croyez-moi, un espace suffisamment large pour toutes les pensées indisciplinées ! Et que sont ces pensées indisciplinées ?

Il y a déjà toutes celles que nous ne retenons pas car elles passent si vite que seul notre inconscient va pouvoir les enregistrer (et malgré cela elles sont aussi pourvoyeuses d’énergie-action ; tant mieux pour nous si elles sont positives, et…dommage pour nous dans le cas contraire). C’est le principe des messages subliminaux ; des images ou des sons sont envoyés à des vitesses si rapides que le cerveau n’a pas le temps de les restituer à la vue ou à l’ouïe, mais, si ces messages sont envoyés de façon récurrente, il les emmagasine et s’en sert comme référence. Il y a aussi toutes les pensées que nous « entendons » (j’emploie ce mot à bon escient car elles sont souvent accompagnées de paroles) et que nous ne remarquons même plus tant elles font parties de notre quotidien (à vous de les définir comme positives, négatives, ou neutres. Sont-elles plutôt « je suis nul(le) » ou « je suis merveilleux(se) », « pourvu qu’il ne pleuve pas » ou « il va faire un temps superbe », « encore une journée à tirer », ou « bonjour la vie ») ?

Et puis il y a les pensées que nous allons retenir car elles font partie d’un événement qui nous préoccupe particulièrement - un achat important, un licenciement, un nouvel emploi, un nouvel amour, etc... En principe, là, nous savons dire si nous avons une vision plutôt « ouverte » ou plutôt « fermée », et je refuse (non-application volontaire de la troisième clef !...) d’entendre des gens pessimistes dire « je suis réaliste », car notre réalité est ce que nous en faisons.

Voici pourquoi (petite révision…) :

Tout étant vibrations, nos pensées sont donc aussi des vibrations. Elles n’échappent pas à cette Loi. En tant que vibrations, elles vont rejoindre les vibrations-longueur d’ondes qui leurs correspondent. A force d’être enrichi, ce « corps mental » se densifiera pour devenir « corps matière », tout comme cela s’est produit pour nous. Nous sommes le résultat, la densification, d’une énergie-pensée de notre âme. Ce corps matière de nos pensées peut revêtir l’aspect réel d’un objet (matérialisation subite) - cela a déjà été réalisé et prouvé - mais le plus souvent cela revêt l’aspect d’un événement - d’une expérience – qui arrivera à plus ou moins long terme (maladie, accident, licenciement, rencontre amoureuse, rentrée d’argent, etc…) ; événement que nous avons programmé par nos pensées, nos paroles et nos actions.

Chaque pensée est une émission.

Notre cerveau ne peut cesser d’émettre et toute émission sera captée par un récepteur, à plus ou moins brève échéance, et le récepteur c’est nous.

Toutes nos pensées nous reviennent matérialisées telles que nous les avons émises, que nous les ayons émises à notre intention ou à l’intention d’un tiers.

- ( la petite voix ) : "Si j’estime que mon voisin est un imbécile avéré, je ne vois pas en quoi ça remet en cause mon intelligence."

Nous sommes tous l’imbécile de quelqu’un et le génie d’un autre. Selon ce que l’on préfère s’entendre dire mieux vaut émettre l’énergie qui correspond à cela. Nos pensées, nos paroles et nos actes sont des boomerangs. Par les vibrations que nous émettons, nous nous calons sur la longueur d’onde adéquate pour envoyer et recevoir le même type d’énergie. Mais il ne suffit pas de penser une fois à une chose pour qu’elle se réalise. Heureusement pour nous ! Malheureusement aussi quand on souhaite lancer un projet car si, avec nos pensées positives, nous véhiculons des doutes, ceux-ci viendront saboter cette pensée positive, lui vampiriser son énergie créatrice. 1% de doute suffit à faire un croche-pied à une pensée positive ; « tu es confiant(e) ? » - « Oui, bien sûr, mais... »

Le « oui, mais... » est assassin de projet.

Il renferme tout un héritage de peurs, de méfiance, d’incertitude. 1% de doute, c’est 100% de passé craintif. Il faudra donc d’abord se « déprogrammer » ; nous verrons plus loin comment.

Je tiens quand même à préciser qu’il existe malgré tout des personnes qui vont se lancer dans un projet en doutant fortement de sa réussite, et cependant ce projet aboutit. Cela est dû au fait qu’une force intérieure permet à ces personnes de poser les actes justes car ce projet est nécessaire à leur évolution, elles ne peuvent pas passer à côté. Mais il n’empêche que les doutes qu’elles déposent dans leur champ d’action les ralentissent et qu’elles ne donnent le meilleur d’elles-mêmes que dans les instants où elles oublient de douter.

Sachez maintenant que Pensées, Paroles et Actions sont intimement liées.

Tout ce que nous pensons, disons et faisons est un message envoyé dans l’Univers.

Plus nous aurons de pensées, de paroles et d’actions dans le même sens, plus nous aurons de chance (ou de malchance selon les orientations) de voir aboutir le fruit de nos pensées, paroles et actions.

- ( la petite voix ) : "Je connais des personnes qui ont répété leur succès mille fois dans leur tête et qui sont allées à l’échec."

La pensée, ce ne sont pas simplement des mots dits dans la tête. La pensée c’est un état d’esprit. Répéter 500 fois par jour la même phrase positive pour voir se réaliser un souhait ne sert à rien si on entretient un sentiment de peur et d’échec. J’ai connu une pe

rsonne qui voulait « à tout prix » avoir son permis de conduire, qui aimait conduire, qui se voyait conduire dans ses rêves et qui, dans la journée, entretenait la construction mentale de sa vie sans permis pour le cas où elle ne l’aurait pas. Je ne sais ce qu’elle est devenue, mais si elle a obtenu son permis, nul doute qu’elle a du y mettre « le prix » et le temps. Une autre personne apprenait à ses enfants à toujours prévoir le pire pour ne jamais être déçus ! Cette même personne souffrait de douleurs à l’estomac mais n’a jamais accepté le lien de cause à effet.

Pour saboter un projet, il y a aussi les expressions du genre : « Je n’en demande pas tant ! »

Encore une phrase assassine ! Mais elle correspond au fait que, au fond de soi, chacun à ses limites..

Michel Dogna : Végétarisme (Santé)

Par Le 17/01/2016

TOUS VEGETARIENS, UNE URGENTE MUTATIO

http://www.micheldogna.fr/page-article-4-11-71.html

J’ai une amie médecin baroudeuse qui effectue (entre autres) un merveilleux travail de terrain pour la défense des orangs-outangs dans les zones reculées de la forêt vierge de Sumatra. Son guide nommé Tarzan est marié avec une jeune femme un peu… anthropophage, quand une occasion se présente. Elle est au demeurant assez jolie et gentille, fume des cigarettes américaines, bref, parait aussi moderne que vous et moi. Alors pourquoi ce penchant en outre dépourvu de toute culpabilité? Traditions ancestrales ? Religion ? Croyances ? Pas du tout ! Tenez-vous bien, c’est par simple GOURMANDISE ! Son morceau préféré, les pieds! (analogie avec les pieds de cochon).

Si j’évoque cela, c’est pour faire un parallèle avec le comportement actuel de la plupart d’entre nous. L’on a beau expliquer qu’avec 6,7 milliards d’humains sur la planète nous ne pouvons plus nous offrir le luxe de manger des animaux, que chaque année plus de 50 millions d’enfants et d’adultes meurent de malnutrition ou de famine dans les pays pauvres, simplement parce que leurs terres leur ont été confisquées pour cultiver des céréales (OGM) devant nourrir les vaches à l’usage des carnivores occidentaux, qu’à cause des carnivores 25 hectares de forêt tombe chaque minute, que la consommation de viande utilise 60% des réserves d’eau mondiales, etc. L’on a beau expliquer que les légumineuses sont bien plus riches en protéines que n’importe quelle viande, qu’il y a en Europe 25 millions de végétariens qui se portent mieux que les autres, et qui ont 10 fois moins de cancers. L’on a beau dénoncer les conditions atroces de l’élevage en batterie, la pollution chimique de la viande, etc..., rien n’y fait ! Ceux qui osent encore démontrer que consommer des animaux est indispensable à la santé, essayent seulement de dédouaner une GOURMANDISE rétrograde qui se veut aveugle de tous les malheurs planétaires qu’elle engendre.

Tu dis que tu aimes les fleurs, tu les coupes.
Tu dis que tu aimes les bêtes, tu les manges.
Tu dis que tu aimes les oiseaux, tu les mets en cage.
Quand tu dis que tu m’aimes, j’ai peur !

- Jacques Prévert -

 

NON BB, TU N'ES PAS SEULE !!!

Le jeudi 26 août, Brigitte Bardot était reçue en matinée dans les studios d’Europe 1 présentée par Aymeric Caron. Comme à son habitude, BB n'a pas employé la langue de bois notamment sur son combat pour la protection des animaux.
- « Sur tout ce que j'ai demandé au gouvernement, rien ne m'a été accordé! … Depuis trois ans Nicolas Sarkozy m'a fait des promesses qu'il n'a pas tenues! Qu'est-ce que foutent les ministres à part nous vendre des piqûres contre la grippe H 1N1 qui fait chier le monde? » asséna t-elle. -  « 80 % des abattoirs français ne pratiquent plus l'étourdissement avant la saignée" déclarant avoir la preuve de ses propos. J'ai le courage de mes opinions et je suis bien la seule dans ce putain de pays ! » a encore ajouté BB.

Commentaire de Michel Dogna

Moi aussi, je suis atterré  de cette cruauté ordinaire qui s'installe insidieusement mais sûrement dans notre pays sous l'égide de fanatismes religieux rétrogrades qui ne concernent pas les français, qu'ils soient chrétiens ou non religieux. Face à cette  barbarie en cours de s'imposer officiellement dans la presque indifférence du peuple moyen à la conscience anesthésiée, il n'est nul besoin de lutter, et il n'y a rien à attendre du gouvernement dont le niveau de conscience morale rappelle hélas celui de l'empire  romain - la preuve si monsieur Sarkozy, selon BB, en est encore à aimer la corrida.

La seule solution immédiate efficace à 100% est celle que je préconise depuis toujours : fermer le robinet de la consommation.... de la viande halal, casher ou pas. Cela remettra les pendules à l'heure au moment où il devient impossible de savoir dans un restaurant si vous participez ou non à cette pratique de la honte, laquelle Dieu (toujours lui) a bon dos de conseiller....Au moins, en ce qui concerne la viande casher, on avait jusqu’ici le bon goût de rester discret dans les club fermés d'Israël, mais là, il y a viol des consciences, et de plus chez nous en France!!!

De toutes façons, à manger de la viande, il n'y a que du mal à prendre (cholestérol, résidus d'antibiotiques, d'hormones de croissance, d'engrais chimiques, milliers de poisons phytosanitaires tous plus cancérigènes les uns que les autres. Et n'écoutez pas ceux qui essayent de justifier leur gourmandise et leur paresse à se remettre en question en affirmant que la viande est indispensable à la santé. Personnellement je suis végétarien depuis plus de 30 ans, ce qui veut dire que je mange de TOUT sauf des animaux, et si à 70 ans j'étais carencé , je le saurais, d'autant plus que mes performances avec minimum 12 heures de travail par jour ne faiblissent pas.
Alors chers amis lecteurs, profitez de l'occasion pour faire le pas de rejoindre les 23 millions de végétariens actuels en Europe et d'effectuer du même coup le plus magistral acte civique au niveau planétaire pour faire avancer les choses. Il n'y a là aucune violence, aucune revendication, aucune autorisation, mais la simple libération d'une addiction qui vous maintient dans les basses fréquences de la vie, et donc vous fragilise.

Défendre la condition animale, c’est d’abord arrêter d’en manger

Pour en revenir à notre chère Brigitte, je dis chapeau pour son charisme, son engagement, et son travail extraordinaire au service du peule animal.
Je regrette seulement qu'en tant qu'hypersensible écorchée vive, elle en ait perdu l'élégance du langage, ce qui politiquement et médiatiquement la dessert face à ses détracteurs et entraîne une perte d'impact de ses messages.  Dommage! Mais qu'on la pardonne SVP, elle est une grande âme qui hurle sa souffrance…

La grandeur d’une nation et de ses progrès moraux peuvent être jugés
à la manière dont elle traite les animaux.
(Mahatma Gandhi)

 

UNE ANTIBIOTHERAPIE CULINAIRE DE CHOIX :
MANGEZ DU LAPIN

On sait hélas que les animaux d’élevage sont gavés d’antibiotiques afin de « booster » leur croissance. A la lecture du rapport 2007 de l’AFFSA (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments), on reste pantois face aux chiffres affichés : les animaux d’élevage ont avalé pour la France 1.300 tonnes d’antibiotiques, soit 87 tonnes de plus que l’année précédente (Nous ne disposons pas des chiffres de 2008). Curieux, puisque cette consommation aurait dû baisser depuis 2006, les éleveurs n’ayant plus droit légalement qu’aux antibiotiques destinées aux soins vétérinaires. Faut-il en déduire que les  pauvres bêtes sont de plus en plus malades ?

Par exemple en 2007, les cochons ont englouti 8% d’antibiotiques en plus que 2006, alors que leur nombre n’a augmenté que de 0,7%.
Mais le record en la matière revient aux lapins : à eux seuls, ils ingurgitent plus de 10% de l’ensemble des antibiotiques destinés à l’élevage industriel de tous les animaux. Pourtant, on ne peut pas dire que le lapin soit au hit parade de la consommation des viandards. En clair, pour produire 1 kilo de lapin, il faut 7 fois plus d’antibiotiques que pour faire 1 kilo de porc, et 32 fois plus que pour 1 kilo de poulet… Il faut préciser que les lapins sont entassés jusqu’à 20 par mètre carré dans des clapiers, et sont passés des herbes folles et des carottes aux granulés industriels (« soleil vert » spécial pour rongeurs), lesquels détraquent complètement leur flore intestinale. Bref, des lapins qui, pour ne pas trépasser avant terme, sont transformés en pharmacies  à quatre pattes.

Conseil ducon futé (selon une recette du Canard enchaîné) : Si vous contractez une maladie infectieuse, plutôt que d’aller chez le pharmacien, faites-vous un civet de lapin aux sulfamides, servi avec une sauce tétracycline sur fond de fluoro-quinolone. Mhhhh ! C’est tellement bon… et çà soigne ! (joignez l’utile à l’agréable) Ah !... j’oubliais : n’hésitez pas à communiquer cette recette à votre "médecin-traiteur".

 

UNE APOLOGIE PUBLICITAIRE DE LA CRUAUTE A LA TELE

C’est la nuit dans la forêt, les images sont très belles en noir et blanc, trois loups magnifiques arrivent et viennent s’asseoir sur un rocher, l’un deux se met à hurler sous le clair de lune, en écho revient un court bêlement de mouton, les loups se regardent d’un air entendu, et une voix grave macho dit alors : « Chacun a droit à sa part carnivore ! GRRRRR ! » - et l’on voit des traces de griffes qui se dessinent sur le rocher avant d’afficher « CHARRAL ».
Il y a là un message porteur des plus bas instincts primaires dans une ambiance de Nosfératu le vampire, qui donne froid dans le dos. Ceci passe sur la plupart des chaines et l’on peut même se demander s’il n’y a pas du subliminal derrière. Symboliquement, c’est une claire apologie du crime et la banalisation du fort qui utilise le  faible comme une simple marchandise – un vrai formatage psychologique qui a pour cible principale les jeunes. Pendant ce temps, l’on s’étonne de la montée de la violence (organisée), et le gouvernement qui promotionne cette scandaleuse publicité, met en place de lourdes mesures anti terroristes pour faire admettre une dictature soi disant sécuritaire.
Pour ceux qui se disent chrétiens, je signale que l’Évangile Secret de Saint-Jean affirme qu’il existe deux tables :
- La table du Démon qui est couverte d’animaux massacrés : poulets, cochons, bœufs, moutons et gibiers de toutes sortes.
  Le sang ruisselle des mâchoires des carnivores et ils communient avec les Forces inférieures et rétrogrades de l’Univers.
- La table de Dieu qui croule, au contraire, sous les fruits, les céréales et les légumes. Elle est aérée et baignée par les rayons du Soleil.
  C’est là que viennent s’attabler "les enfants de Dieu" qui aspirent à la véritable Liberté.

Comment peut-on oser demander au ciel la paix, le bonheur et la santé lorsque l’on introduit quotidiennement dans son corps des lambeaux d’animaux massacrés voire torturés pour notre seul plaisir gustatif ?
Nous sommes 250 millions de végétariens dans le monde à prouver que manger de la viande ne sert à rien.

 

NOUS, DES PETITS DIEUX QUI S’IGNORENT

Il y a trente ans, j’avais énoncé dans mon premier ouvrage les 4 règles fondamentales de la bonne santé selon la naturopathie :

Bien MANGER – Bien RESPIRER – Bien BOUGER – Bien PENSER.

Depuis, il est devenu pour beaucoup d’entre nous de plus en plus problématique de répondre à ces nécessités, car tout est fait pour faire de nous des malades rentables. Et puis, au fil du temps, j’ai pu voir des végétariens se faire un cancer, des gens qui vivent au grand air perclus de rhumatismes, des sportifs se faire un infarctus, des gens ayant une vie monastique mourir prématurément. Pendant ce temps, j’ai vu aussi des gens qui mangent n’importe quoi – et bien arrosé… et qui enterrent tout le monde, d’autres qui n’ont jamais bougé de leur vie et qui entretiennent néanmoins une magnifique santé.

Alors, les écoles de santé peuvent aller se rhabiller si elles n’ont à proposer que des régimes alimentaires. Le temps m’a appris que le facteur numéro un de la santé, c’est d’abord notre programme  mental qui est en liaison directe avec notre motivation dans la vie et notre joie de vivre. De fait, les personnes qui ont des postes avec des impératifs absolus ou qui vivent des passions ne leur permettant pas de s’arrêter, ne tombent pas malades … elles mourront en bonne santé ! N’avez –vous jamais entendu parler du célèbre film documentaire américain « The Secret » ? Je l’ai nommé dans mon livret pocket "La puissance de la loi d’attraction - Comment cesser de programmer l’échec".

Nous fonctionnons exactement tels des ordinateurs puisque nous sommes en vérité des super ordinateurs qui se programment par imagerie mentale et se valident par l’émotion. Tous les « miracles » nous sont accessibles (presque !). Les adeptes de la méthode en font quotidiennement la brillante démonstration. Pourquoi pas vous ? Mais attention à deux virus issus de la pensée unique nommés DOUTE et PEUR. S’ils apparaissent sur l’écran de votre conscience, annulez immédiatement : ils sont là pour détruire instantanément tous vos jolis programmes.

 

LA NOUVELLE GUERRE AUX DENTS DEVITALISEES

D’une façon récurrente, je vois passer des « études » alertant tout le monde sur la toxicité des dents dévitalisées. L’hypothèse est qu’une dent dévitalisée est une dent morte donc sans défenses ; sa porosité en fait un nid bactérien de choix, et comme les dents sont considérées comme un véritable clavier réflexe de tous les organes et fonctions du corps, cela est censé créer des dégâts au long court, l’origine restant la plupart du temps insoupçonnée. Ceci paraît logique, et peut être vrai pour diverses pathologies (douleurs et inflammations à distance, acouphènes, etc.), mais reste simpliste par rapport à la réalité. Selon les allégations assénées par certains protagonistes, après suppression de toutes les dents dévitalisées il ne peut subsister aucune maladie. Mais il existe aussi des dents apparemment saines et néanmoins dites pathogènes, qui ne peuvent être repérées que par des dentistes énergéticiens ; on conseille aussi de les enlever.

Pourtant si j’ai assisté à de véritables miracles, j’ai aussi connu autour de moi un certain nombre de personnes qui n’avaient plus aucune dent, et qui ont continué à souffrir de leurs misères, ou même sont mortes de maladies lourdes (cancers, SEP…).
En fait, en réfléchissant bien, un dentiste gagne bien mieux sa vie avec des prothèses qu’avec des obturations, donc, soyons clair, il a plus intérêt à vous arracher les dents qu’à les réparer.
Reste le problème des implants qui ne sont réservés qu’aux riches vu leur prix, et dont les pivots métalliques sont de véritables antennes risquant de capter toutes sortes de fréquences dans lesquelles nous évoluons (radios, TV, GSM, GPS, ELF, etc.) – seuls les pivots en fibre de ver étant sécurisés pour cela. Soit dit en passant qu’il s’agit vraiment d’interventions chirurgicales longues et à risque infectieux.
Bon, vous faites ce que vous voulez, quant à moi, je reste rétro avec toutes mes dents dévitalisés et mes prothèses classiques, car finalement je ne me porte pas si mal que cela à mon âge.

 

LA PARTIE SE JOUE MAINTENANT

J’ai beaucoup aimé le film : « Le jour où la terre s’arrêta », dans lequel une civilisation très avancée envahit notre planète pour la sauver avant qu’il ne soit trop tard. Depuis des années, ils avaient placé des observateurs dans des corps humains pour faire le point sur l’évolution de l’humanité. Leur conclusion était sans appel :
1 - L’humain est un être profondément guerrier et destructeur, le plus dangereux parasite de la planète qui ira sans état d’âme jusqu’à sa destruction totale.
2 – Il n’y a aucune chance d’évolution de cette humanité en dépit des multiples tentatives, et en raison des verrouillages psychologiques entretenus par les religions, les traditions, les corruptions politiques.
3 – La seule solution raisonnable est la destruction totale de l’humanité, d’autant plus qu’ils considéraient  que la mort n’est qu’un simple transfert de conscience sur un autre plan.
Alors que le  « nettoyage » commence avec des invincibles robots géants, un haut responsable E .T. rencontre un équivalent d’Einstein qui lui dit : « Ce n’est qu’au bord du précipice que l’humain se décide à changer –s’il vous plait, laissez nous une chance ! »(Je ne dévoile pas la suite….)

Je trouve que ce film résume bien la situation mondiale actuelle qui concerne de près chacun de nous. Jusqu’où faudra t-il aller dans la descente aux enfers pour que les gens aient un sursaut de lucidité et de volonté pour remettre en question leurs habitudes dévastatrices et suicidaires, en dépit des séductions permanente de la facilité? Je vais reprendre le fameux slogan d’Obama « YES WE CAN » en faisant appel à une analogie concernant le monde microbien. Il existe trois grandes familles de micro-organismes dans les terres arables :

1 - les micro-organismes à fermentations qui sont générateurs de vie (créateurs)
2 - les micro-organismes à putréfaction qui sont générateurs de mort (destructeurs)
3 - les micro-organismes opportunistes (moutons) qui représentent 80% de cette population, et qui se rangent du côté des plus forts.

Ceci ne vous fait-il pas penser à la société humaine ? Réfléchissez, quand l’une des deux premières familles de M.O. passe la barre des 10% (20% : 2), les 80% de la famille n° 3 se rallient immédiatement à elle. Eh bien oui, il y a 80% de gens indécrottables sur la planète et c’est consternant, mais c’est parce que la famille lumineuse est encore au dessous de la barre des 10%. Alors courage, il n’y a plus que quelques points à gagner pour que tout change. Rappelez-vous que ce sont toujours des minorités qui ont fait l’histoire !

Compostage contre engrais chimiques (Nature)

Par Le 17/01/2016

 

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On ne mange que des "végétaux" et quand je vois la taille du compost dans le jardin, compost qui servira à faire pousser d'autres végétaux (magnifique cycle naturel), je me dis qu'une ville qui organiserait la récupération des déchets organiques pourrait produire des tonnes de compost naturel qui seraient ensuite distribués aux agriculteurs locaux. Pas de produits chimiques, récupération locale, recyclage, lien social, très peu de dépenses de transport...Ça ne paraît pas bien compliqué à mettre en oeuvre ça.... Alors pourquoi ? Ah, oui, c'est vrai...Les multinationales, la loi du marché, le capitalisme libéral.... 

Il reste une action à notre portée. Boycotter tous les produits d'origine chimique. Oui, je sais, il ne reste plus grand-chose à manger. Mais c'est suffisant. 


 

Compostage de proximité

Compostage collectif de déchets verts à la ferme sur le Sommiérois

Ce projet a été initié en 2001 par un groupe d’agriculteurs du CIVAM du Vidourle et repris aujourd'hui par le groupe CIVAM Humus du Vidourle. Ce mode de valorisation des déchets en circuit court, en partenariat avec les collectivités locales doit permettre d’optimiser le coût de gestion pour ces dernières tout en participant à la protection de l’environnement. 

Des agriculteurs du CIVAM Humus et la Communauté de communes du Pays de Sommières travaillent ensemble à la valorisation des déchets verts produits localement.
Depuis 2007, la communauté de communes assure le broyage et la livraison chez chacun des dix agriculteurs, organisés au sein de l’association Humus du Vidourle depuis 2011. Le compost obtenu est utilisable en agriculture biologique (AB) et chaque agriculteur peut le composer à sa façon. Le compost produit est ensuite directement utilisé par les agriculteurs du groupe, sur un total de 120 ha. La collectivité prend en charge une grande partie des frais de compostage et finance également des actions de sensibilisation au compostage individuel auprès du grand public et des actions éducatives auprès des scolaires. En 2012, ce sont 2 500 t de déchets verts qui ont été compostées. 


Sensibilisation de la population
La FD CIVAM du Gard et la Communauté de communes du Pays de Sommières mène des actions de sensibilisation auprès de la population avec notamment :
- la création et l'installation de panneaux de sensibilisation apposés dans les déchetteries de la communauté de communes
- l'organisation d'une première journée de distribution de compost.

Contact : Aurélie Gibert - 04 66 77 47 84 

http://www.civamgard.fr/civam-gard-actions.php?act_id=10


 

Voilà ce que ça donne un potager nourri au compost végétal. 

La vie autour d'un point d'eau (Nature)

Par Le 17/01/2016

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http://positivr.fr/26-heures-pour-une-photo-animaux-serengeti-stephen-wilkes/

Voici LA photo qui fait sensation en ce début d’année 2016. Il a fallu à son auteur plus de 26 heures de patience pour la réaliser. 26 heures au cours desquelles son appareil s’est déclenché 2 200 fois ! Et le résultat est tout simplement magnifique !

Ce photographe s’appelle Stephen Wilkes. Il a posé son appareil photo au bord d’une mare du parc national du Serengeti en Tanzanie et n’a pas bougé pendant 26 heures. Le temps de voir passer les zèbres, les gnous, les hyènes, les éléphants, les mangoustes et les hippopotames.

Au total, il a réalisé 2 200 images, toujours sous le même angle, sans bouger. Une fois cette première phase de son projet terminé, il a ensuite sélectionné 50 photos… afin de n’en composer qu’une seule !

 

Cette photo nous montre toute la vie qui peut animer un si petit endroit de la savane en à peine plus de 24 heures. On dirait un tableau tellement c’est beau et fascinant.

Stephen Wilkes :

« Si vous regardez de près dans l’eau à la gauche de l’image, vous pouvez voir le dos bulbeux d’un hippopotame.Quand nous sommes arrivés, ces hippopotames ont commencé à se parler les uns les autres tout autour de nous, et nous nous sommes sentis en danger. Même si je savais que les hippopotames étaient dangereux, je ne savais pas à quel point. Ce n’est que plus tard que j’ai appris qu’environ 90 pour cent des gens chassés par un hippo finissaient morts. »

"Antisémite !! " (humanisme)

Par Le 17/01/2016

Juste une question : Pourquoi accepte-t-on cette ingérence constante ?

Parce que c'est le peuple élu ? Elu par quoi, quand, où, comment ? Personnellement, je n'ai pas voté et d'ailleurs leur programme politique, je le conspue.

Parce que c'est un Peuple qui a souffert ? Et les Africains, et les Indiens, et tous les peuples Premiers ?

Vingt millions de morts chez les Amérindiens.

 

Le business de la Shoah.

Leur victimisation, elle me dégoûte et quand je dis ça, je pense à ceux et celles qui sont morts dans les "camps" parce que je suis convaincu qu'ils n'auraient jamais espéré cela. J'ai lu des dizaines de livres sur le génocide juif. Qu'on ne vienne pas me dire que je suis sans coeur ou raciste ou autre raccourci du même genre. J'ai vu "Nuits et brouillards". Je sais autant que possible l'abomination qui a eu lieu.

Mais aujourd'hui, je suis juste dégoûté par ce gouvernement sioniste et par cette population israélienne qui ne se fait pas assez entendre en dehors des frontières de ce pays (vu qu'à l'intérieur, tout le monde est muselé...)

Qu'ils ne s'étonnent pas ensuite de ce fameux "antisémisme" ambient. 

Et je lisais déjà ce genre d'articles quand j'étais adolescent... La guerre en Palestine, elle était déjà là quand je suis né et elle le sera encore à ma mort. 

 


 

Artcurial censure une œuvre sous la pression d’Israël dans une vente au profit de RSF

Le Monde.fr |  • Mis à jour le  | Par Emmanuelle Jardonnet

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La vente aux enchères d’« Artistes à la une », prévue le 27 janvier chez Artcurial au profit de l’association Reporters sans frontières (RSF), avait pour but de défendre la liberté d’expression dans le monde. C’est ironiquement un acte de censure qui l’aura fait annuler. Cet ensemble de près de quarante « unes » du quotidien Libération revisitées par des artistes français et étrangers (Jacques Villeglé, Laurent Grasso, Tania Mouraud, Robert Combas, Jean-Michel Alberola, Jean-Michel Othoniel, Invader, Zevs, Nils-Udo ou encore Joana Hadjithomas & Khalil Joreige) avait été exposé en amont, gratuitement et sans présenter le moindre incident, les 12 et 13 décembre au Palais de Tokyo, à Paris.

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La « une » du quotidien « Libération » mise en cause par l'ambassade d'Israël, et retirée de la vente par Artcurial.
La « une » du quotidien « Libération » mise en cause par l'ambassade d'Israël, et retirée de la vente par Artcurial. LIBÉRATION/ERNEST PIGNON-ERNEST

« Ce portrait met aux enchères un projet terroriste »

Fin décembre, la maison de vente Artcurial recevait un courrier de l’ambassade d’Israël en France signalant une œuvre jugée offensante : celle imaginée par Ernest Pignon-Ernest. Sur la « une » de Libération traitant de l’après-Yasser Arafat, publiée le jour de son enterrement, en 2004, cette figure de l’art urbain a dessiné le portrait de l’homme politique et chef militaire palestinien Marwan Barghouti, accompagné de quelques mots : « En 1980, quand j’ai dessiné Mandela, on m’a dit que c’était un terroriste. »

« Ce portrait met aux enchères un projet terroriste là où l’on cherche à faire croire qu’il s’agirait d’un homme de paix [en] le comparant à une grande figure internationalement reconnue : Nelson Mandela », s’est indignée l’ambassade dans son courrier (que Le Monde a pu consulter).

Figure laïque emblématique de la lutte pour le retrait complet d’Israël des territoires occupés en 1967, Marwan Barghouti, 56 ans, ex-chef du Tanzim, la branche armée du Fatah, est incarcéré depuis 2002 dans une prison de haute-sécurité israélienne, condamné à cinq peines de prison à perpétuité. « [Il] est emprisonné à vie en Israël pour avoir été le cerveau de la seconde Intifada (2000-2005) et de ce fait, responsable de la mort de centaines de personnes, juives et non-juives », poursuivait l’ambassade, qui demandait à Artcurial « de bien vouloir retirer de la vente ce lot qui risque fort de semer la confusion et de porter préjudice à [sa] réputation ». Requête à laquelle le président délégué de la maison de ventes, François Tajan, a accepté d’accéder en retirant ce lot de la vente, « au motif des attentats récents, de la prorogation de l’état d’urgence et des potentiels troubles à l’ordre public », cite Libération. Sur la page dédiée à la vente, le lot 27, qui correspondait à l’œuvre d’Ernest Pignon-Ernest, disparaît alors.

« J’ai vu la violence faite au peuple palestinien »

« Je n’ai pas cherché la provocation avec cette “une”, se défend Ernest Pignon-Ernest. Je ne fais jamais d’œuvre aussi politique, mais il se trouve que le contexte s’y prêtait, puisqu’on demandait à des artistes de s’exprimer sur la “une” d’un journal, donc sur l’actualité. Or, je pense qu’on ne parle pas assez de la misère et du désespoir du peuple palestinien. Je suis allé à Ramallah, et la vie sur place m’a fait penser au régime de l’apartheid. J’ai vu la violence faite au peuple palestinien. Les centaines de résolutions de l’ONU qui condamnent l’attitude d’Israël ne sont pas appliquées. »

« Ce que j’ai écrit à côté de mon portrait de Barghouti est vrai : quand j’ai fait le portrait de Mandela, en plein apartheid, alors qu’il était en prison à perpétuité après avoir dirigé la branche armée de l’ANC [le Congrès national africain], on m’a reproché de dessiner un terroriste, assure encore l’artiste. Or, à l’image de Mandela, il n’est pas exclu que Marwan Barghouti soit un jour élu président de la Palestine », affirme-i-il. Il n’est pas le seul à établir un parallèle entre les deux hommes, comme en témoigne le site du quotidien de gauche israélien Haaretz.

Ernest Pignon-Ernest s’étonne par ailleurs de l’effet contre-productif de cette censure. « Peu de gens connaissent Barghouti finalement, et si l’ambassade d’Israël n’avait rien dit ni obtenu gain de cause, ce dessin serait passé inaperçu… »

« Le respect de la liberté des créateurs »

Libération avait, ces derniers jours, exprimé son désaccord avec le choix d’Artcurial. « Nous souhaitons vivement que l’œuvre d’Ernest Pignon-Ernest soit maintenue au catalogue de la vente (...), sachant, qui plus est, que cette vente a pour but de soutenir… la liberté d’expression dans le monde. Ce serait encourir une juste réprobation que d’agir autrement, et laisser croire que nous agissons sous l’influence d’une ambassade étrangère, si respectable soit-elle », a ainsi écrit Laurent Joffrin, le directeur de la publication et de la rédaction du journal dans un courrier à la maison de vente. Une position « fondée sur le respect de la liberté des créateurs, même quand ils produisent des œuvres au contenu controversé », écrit encore le journaliste, qui dit néanmoins « comprend[re] les arguments de l’ambassade d’Israël » et « [se] garde d’entamer un débat sur le fond ».

Alors que du côté des artistes, un début de fronde s’organisait – un premier artiste, C215 (Christian Guémy), ayant annoncé qu’il souhaitait retirer son œuvre par solidarité –, RSF et Libération ont finalement tranché, mardi 12 janvier dans l’après-midi, en renonçant à leur partenariat avec Artcurial. « Cette œuvre n’est en aucune façon une apologie du terrorisme, et elle appartient légitimement au projet d’“Artistes à la une”. Nous avons donc pris la décision de faire la vente ailleurs afin derester fidèles à nos principes », a annoncé au Monde Christophe Deloire, le secrétaire général de RSF. Egalement contacté, Artcurial n’a pas souhaité réagir sur le sujet. La maison de vente a en revanche acté l’annulation dans un communiqué diffusé sur Twitter vendredi midi.

Une autre manifestation a récemment reçu une pression similaire de la part de l’ambassade d’Israël : La Maison des métallos (Paris 11e), qui propose actuellement une exposition organisée en partenariat avec Médecins sans frontières sur les conditions de vie des Palestiniens en Israël, « Palestiniens entre deux guerres ». Le centre d’art, qui n’a pas annulé la tenue de l’exposition, ne tient pas à s’exprimer sur la teneur de ces échanges.

Quant à l’ambassade d’Israël, elle a souhaité réitérer sa position avec fermeté : « Nous sommes très contents car cet article permet de réaffirmer le fait que Barghouti est un terroriste », a déclaré au Monde sa porte-parole vendredi matin.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/arts/article/2016/01/15/une-uvre-d-ernest-pignon-ernest-retiree-d-une-vente-aux-encheres_4847704_1655012.html#Cj8xf1fYk1ZWvBKY.99

Une histoire belge (école)

Par Le 17/01/2016

On est en droit de se demander sur quels critères les Ministres sont choisis...Que ce soit en France comme en Belgique. Consternant. 

 

© photo news.

La Ministre de l'Enseignement s'est ridiculisée devant des élèves. Et elle l'a visiblement très mal pris. A lire dans les éditions Sudpresse.

© belga.
© belga.

La scène se passe dans le cadre du tournage de l'émission "Au Tableau", présentée par Ophélie Fontana et diffusée en février prochain sur la RTBF. Le concept: ce sont des enfants, de 8 à 13 ans, qui interviewent une personnalité politique belge. L'objectif ici n'est pas du tout de piéger l'invitée mais plutôt de la mettre en valeur et créer une osmose avec les élèves.

"Le dauphin est un... poisson"
Soumise à un QCM sur les chiffres de l'enseignement, Joëlle Milquet est complètement passée à côté de son sujet. Au lieu d'accepter la critique et de se montrer fair-play, elle s'est braquée, a contesté les réponses et a demandé des vérifications. Le tout devant des enfants médusés...

Mais ce n'est pas tout. L'équipe de la RTBF avait préparé un questionnaire sur un écran interactif. L'énoncé de la question? Classez ces espèces d'animaux dans leur famille respective. A ce petit jeu, la Ministre s'est quelque peu ridiculisée en rangeant le dauphin dans la classe des... poissons au lieu des mammifères marins. 

"Si j'avais su, je ne serais pas venue"
Déjà énervée, Milquet aurait carrément piqué une crise de nerfs, s'en prenant même à son attaché de presse, responsable selon elle de ne pas l'avoir briefée avant. "Si j'avais su, je ne serais pas venue", a lâché la Ministre cdH, provoquant un gros malaise sur le plateau.

Après une vive discussion en coulisses avec les journalistes de la RTBF, la Ministre s'est calmée et a quand même terminé le tournage. Reste à voir désormais si la séquence sera diffusée telle quelle ou modifiée voire coupée. Quoi qu'il en soit, après le "cours de rien", l'image de Milquet risque à nouveau d'en prendre un sacré coup...

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