Articles de la-haut
Peter Russel :Sur la conscience de l'unité (conscience)
Peter Russel – Dans les méandres de la conscience…
‘Comment quelque chose d’aussi inconscient que la matière de notre cerveau puisse donner naissance à quelque chose d’aussi immatériel que l’expérience ‘, se demande Peter Russel dans cette vidéo où il explore la science, l’esprit et le mystère de la conscience.
Peter commence par aborder « le gros problème » qu’est la conscience. Pourquoi avons-nous un monde intérieur d’expériences ? En nous faisant plonger dans la réalité telle qu’elle est perçue par ses propres yeux et son propre esprit, il nous fait entrer dans un monde surréaliste dans lequel nous découvrons que tout ce que nous pensons connaître de façon directe n’est fait en réalité que d’images qui apparaissent dans notre esprit. Mais, se demande Peter Russel, d’où vient la conscience elle-même ? Se peut-il que la science conventionnelle se trompe ?
Peter Russel – Dans les méandres de la conscience par TEEDAA_876
A propos de Peter Russel Peter Russel est membre de l’Institut des sciences noétiques et de la Fondation Findhorn. Il est également membre honoraire du Club de Budapest. Après avoir étudié les mathématiques et la physique théorique à l’université de Cambridge au Royaume-Uni, sa fascination grandissante pour les mystères de l’esprit humain l’a poussé à changer d’orientation et à se consacrer à la psychologie expérimentale. D’où son voyage en Inde où il est resté plusieurs années à étudier la méditation et la philosophie orientale. Il est l’auteur de 10 livres (ceux-ci n’existent qu’en langue anglaise pour le moment) dont le dernier s’appelle From Science to God (De la science à Dieu). Il a également produit 3 films sur la conscience et l’éveil spirituel et leur rôle dans le développement futur de l’humanité.
Source :
http://www.connaissancessansfrontieres.net/Peter_Russel/Peter_Russel_Video1.html
Les Guignols en 2005 (géopolitique)
[C'étaient les Guignols] LA PEUR (“Nos attentats, c’est votre sécurité”)
- Mots-clefs :
Les Guignols, Libertés publiques, Terrorisme
43 commentaires- Imprimer
Très fine analyse prémonitoire des Guignols en 2005… RIP.
Ben Laden explique la manipulation du terrorisme
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Monsieur Sylvestre : Messieurs, bonjour. Davos, c’est bientôt, et je vous apprendrai rien en vous disant que notre situation est fragile. Ça patoche depuis 10 ans, marché saturé, concurrence sauvage des chintoks qui fabriquent mieux et 40 fois moins cher… (depuis les gradins, les représentants du gouvernement chinois le saluent d’un signe de la main)
Monsieur Sylvestre : Ouaih bonjour. Les matières premières qui s’épuisent… (les représentants arabes saluent également)
Monsieur Sylvestre: Salut, ouaih ouaih… Je parle même pas de la pollution et des catastrophes naturelles. Bref, c’est la merde.
Alain Madelin: Pas de panique, les Américains y vont nous sauver !
Monsieur Sylvestre: Ouaih justement, mange-boule, faut plus trop compter sur nous…
Bernadette Chirac, se signant : Jésus-Marie-Benoît !
Bertrand Meheut en aparté (Canal +) : Mon Dieu mais… À qui va-t-on acheter des séries ?
Patrick Le Lay (TF1) : Tu veux un vieux Navarro ?
Monsieur Sylvestre : Eh oh ! C’est grave ce que je dis, là ! On crée de la misère partout, les peuples n’ont plus d’espoir, on est aux limites de notre système. Alors comment faire pour éviter la révolution et garder le pouvoir ? Parce que c’est quand même ce qui nous va le mieux, hein !
Nicolas Sarkozy: Il faut libéraliser les énergies, flexibilité, baisser les impôts…
Monsieur Sylvestre : Eh, Arnold et Willy ! T’as pas entendu ? Ça fait cent ans qu’on fait du libéralisme plein-pot chez nous. Résultat on est à 65 millions de pauvres. On est mal, là !
Ernest-Antoine Seillière (Medef) : Mais, vous êtes loin de la révolution, que diantre ! Pas de grève chez vous !
Monsieur Sylvestre : Justement, t’as mis le doigt dessus : comment garder un pays calme avec des pauvres qui crèvent dedans ?
Bertrand Meheut : Le foot ?
Patrick Le Lay : Star-Academy !
Monsieur Sylvestre : Ouaih, ça joue deux minutes. Non, il faut trouver des partenariats privilégiés. Et notre partenaire privilégié du moment, c’est notre invité de ce soir. Applaudissements s’il-vous-plaît pour Oussama Ben-Laden ! (ce dernier monte sur scène, murmures dans les gradins)
Oussama Ben-Laden : Salam Aleikoum ! Je sais, ça peut choquer. Mais mettons nos émotions de côté et regardons les choses de façon pragmatique.
Bernadette Chirac : Jésus-Marie-Benoît !
Oussama Ben-Laden : Notre implantation aux États-Unis il y a quatre ans a permis de renforcer les pouvoirs de monsieur Bush.
Georges W. Bush : C’est moi !!!
Oussama Ben-Laden : Oui, Georges, merci, oui. Et grâce à nous, grâce à la peur : développements des crédits militaires sans précédent, contrôle des citoyens, Patriot Act…
Monsieur Sylvestre : Guantanamo…
Oussama Ben-Laden : Exactement ! Le pays est tenu. Espagne : nous renversons le cours d’une élection à deux jours du vote. France : vidéo-surveillance en extension, arrestations de terroristes supposés, peur générale comme thème de campagne…
Nicolas Sarkozy : Chut ! Ah non non, faut pas le dire !
Monsieur Sylvestre : Excuse, Arnold et Willy mais je te jure, ça se voit.
Oussama Ben-Laden : Bref, d’une manière ou d’une autre, nous sommes partenaires, mais hélas si fragile… Notre recrutement devient de plus en plus difficile chez vous. Je sais. Pour que notre partenariat fonctionne encore longtemps, je vous demande souplesse et flexibilité.
Nicolas Sarkozy en aparté à Fabius : Ah tu vois, c’est ce qu’on disait !
Laurent Fabius : Non non non, je suis de gauche maintenant.
Nicolas Sarkozy : Sans déconner ?!
Oussama Ben-Laden : Je suis ici pour vous demander : un, d’accentuer l’amalgame entre musulman et terroriste ; deux, de développer la misère ; trois, communiquer sur les actions d’Al-Qaïda. En échange, je vous offre… la peur ! Nos attentats, c’est votre sécurité ! Merci de votre attention. (murmures dans le public, seul Georges W. Bush applaudit quand Oussama Ben-Laden quitte la scène)
Georges W. Bush: Bravo !
Alain Madelin: Pourquoi vous ne l’arrêtez pas ? Il s’en va !
Monsieur Sylvestre : Mange-boule, t’as encore rien compris ! Tu sors ! Les autres, on passe à notre deuxième partie : comment faire entrer Al-Qaïda en bourse sans que ça se voit trop…
43 réponses à [C'étaient les Guignols] LA PEUR (“Nos attentats, c’est votre sécurité”)
Commentaires recommandés
Hervé Juvin (géopolitique)
"L'homme nouveau est avant tout un produit du marché. "
Une analyse très pertinente et une vision prémonitoire sur laquelle il est temps de réfléchir.
Manue Guimard : illustratrice (Nature et Art)
Des dessins magnifiques, une artiste de grand talent et amoureuse de la Nature.
http://manueguimard.wix.com/artiste
MANUE GUIMARD
DESSINATRICE - ILLUSTRATRICE
MANUE GUIMARD / DESSINATRICE - ILLUSTRATRICE
© 2016 par MANUE GUIMARD. Créé avec Wix.com
J'ai toujours dessiné........
C'est comme une drogue, je ne peux m'en passer.
J'ai toujours un crayon à la main.
J'ouvre ma boite de crayons et j'hume cette délicieuse odeur du bois et des pigments....hum je m'enivre.....et l'envie de crayonner me prend.
Dessiner fait partie de moi.
Comme cette passion pour la nature qui, comme je le dis toujours, est ma 2ème maison.
Quand aux animaux pour qui j'ai un amour inconditionnel… je les dessine naturellement : j'ai commencé par les griffonner au crayon de papier, mis ensuite de la couleur, peinture à l'huile puis acryliques, pastels gras suivis de pastels secs, avec des crayons de couleur et pour finir : crayons de couleurs aquarellables !
AH !!!! J'avais trouvé la technique !
De nombreuses années me furent nécessaires pour trouver MA technique.
Je dirais 25 ans, ou peut être plus : on ne compte plus… ne compte pas, la passion me guidait....
C'était comme un jeu, une thérapie : un moyen de mieux me connaitre, d'oser, de me dépasser, de me faire confiance, de me tromper puis de recommencer mais j'apprenais, j'avançais......chaque pas de plus était un enseignement.
Par mes propres moyens, toujours, je suis restée fidèle à moi-même. J'ai suivi mes propres intuitions, créez mes propres cours, l'école de la vie !
Mais jamais je n'ai renoncé. Le dessin m'a toujours accompagnée dans les bons et les mauvais moments, comme mon double.
Toujours plus facile pour moi de m'exprimer en dessinant alors je dessinais, et dessinais, et dessinais encore ; le dessin pouvait prendre la forme d'un exutoire, ou bien d'une méditation ou encore d'un miroir.......il était le reflet du moment présent et de mon coeur.
Aujourd'hui, à travers mes dessins je laisse parler les animaux qui ont tant de choses à dire aux humains ; je les laisse, s'exprimer, revendiquer, se montrer tels qu'ils sont.
Sous mon crayon, ils prennent vie, je le sens, je le vois, ils s'animent, ils frétillent, ils sont impatients de livrer leur message....toujours je commence par les yeux, le miroir de l'âme.
C'est eux qui me guident, je pose les couleurs, je dessine le sous poil, le poil, le duvet ou les plumes comme si je les peignais avec délicatesse. Je prends soin de leur pelage comme le ferait une mère. Je mets une couche, puis une autre, je mouille, je remets une couche et encore et encore, voilà, ils sont parés de leurs plus beaux atours pour se présenter devant vous, comme à une cérémonie officielle où ils enfileraient leur joli costume 3 pièces, leur plus belle robe et leurs bijoux.
Il faut qu'on les remarque, c'est un tête à tête.......le message doit être transmis, délivré, enfin !
Je me dois de les préparer, de les bichonner, de les chouchouter, pour que tout soit parfait, pour que l'humain soit touché au plus profond de son coeur afin qu’il reconnaisse que les animaux ont une extrême sensibilité, une âme, un amour et qu'on se doit de les respecter, leur redonner la place qui est la leur !
Surtout ne vous inquiétez pas je ne m’endors pas sur mes lauriers, mon envie de découvrir, de m'améliorer, d'avancer est toujours là et ne me quittera pas… c’est mon vœu en cet aujourd’hui.
Manue Guimard

Le potier et l'argile
"Nous ne sommes pas des êtres humains vivant une expérience spirituelle, nous sommes des êtres spirituels vivant une expérience humaine. "
Teilhard de Chardin
"Que pense la vie de moi ?"
Je fais une différence fondamentale entre mon existence et la vie. La première est insignifiante au regard de la seconde. Il est donc essentiel que la première s'accorde à l'intention de la seconde.
Lorsque je poste un article, j’ai une intention. Celle de transmettre un message. Pour cela, il faut qu’il y ait une réflexion. S’il y a une réflexion, c’est qu’il y a une intelligence. Il ne peut donc pas y avoir d’intention spontanée, issue de rien. S’il y a intention, il y a intelligence.
Il y a une intention "messagère" après une réflexion et cette réflexion vient d’une intelligence.
Par conséquent, si je considère que l’incommensurable complexité du phénomène vivant porte en lui une intention, c’est qu’il y a une intelligence.
Ou alors, il faut considérer cette intention, comme spontanée et dans ce cas-là, il ne s’agit plus d’une intention mais d’un hasard dont on peut juste analyser les effets en sachant bien que le moindre changement dans les situations déclencheront de nouveaux effets.
Dans le hasard, il n’y aurait absolument aucune certitude, ni aucune reproductivité. Tout changerait constamment.
Hors, il est à mon sens inconcevable d’observer le vivant dans l’optique du hasard. Ou alors, on pourrait lancer cinq cent mille lettres de scrabble du haut de la tour Eiffel et elles tomberont au sol en écrivant tous les mots existant dans le dictionnaire. Je n’y crois pas un seul instant, même après quatre millions d’années de tentative.
Maintenant, si je considère qu’il existe une intelligence et que cette intelligence a une intention, elle ne peut pas être extérieure au phénomène vivant lui-même ou alors il faudrait considérer que nous ne portons pas d’intelligence mais qu’elle vient en nous. Et qu’en dehors de ces instants de « connexion », nous n’avons aucune intelligence.
Je considère que je porte une intelligence mais je n’en suis pas la source, je n’en suis pas le créateur. Elle fait partie de moi et je peux juste t’enter de m’en servir au mieux.
Par conséquent, le « vivant » porte en lui une intelligence délivrée par la source elle-même de la création. Il ne s’agit pas d’une intelligence ponctuelle mais bien constante. Je vois cette intelligence comme étant « énergétique » et les créations comme « matérielles ».
Si je considère que cette intelligence vient d’une source autre que la vie et que la vie est l’effet matérialisé de cette intelligence, alors je suis Croyant.
Et je ne le suis pas dans l’optique d’un Dieu monothéiste.
C’est Spinoza qui répond à ma vision des choses. « Deus sive natura ». (Dieu, c'est-à-dire la Nature).
La nature est Dieu, c'est-à-dire le principe immanent d’engendrement de toutes choses.
Il n’y a pas d’un côté Dieu et son intention de création mais la Nature elle-même agissant comme le Dieu anthropomorphe des humains.
Dès lors, je considère que la vie pense en moi au regard de l’intention créatrice qu’elle insuffle. Rien ne vient spontanément. Et c’est en cela que les Peuples premiers ou les philosophies panthéistes disent que Dieu est en chacun et que la notion de Tout prend forme.
La question : « Que pense la vie de moi ? » n’implique nullement la peur d’être jugé. Ou alors il faudrait croire qu’une pensée est nécessairement un jugement. Cette question est une forme de positionnement au regard d’un phénomène qui me dépasse totalement.
Puisque la vie est intelligente et annihile toute option de hasard, elle porte en elle une intention. Toute intelligence œuvre dans une intention. Je réfléchis et j’écris avec l’intention de me servir de l’intelligence que la nature a insérée en moi. Si je me montre indifférent à cette intelligence, alors je suis indifférent à l’intention créatrice et dès lors, je nie cette intention…car je ne peux pas admettre l’idée que l’intelligence de la nature est de me laisser vivre dans un état léthargique.
De même que l’intention insérée au cœur de l’arbre est d‘aller vers la lumière et de grandir. Pas de s’étendre au ras du sol. Certains souffrent de circonstances douloureuses et n’y parviendront pas. Mais ça n’est pas un choix. C’est une épreuve.
« Que pense la vie de moi ? » est par conséquent un hommage en forme d'interrogation.
Je suis donc un être de nature nourri par une intention issue d’une intelligence. Ma nature est donc de comprendre l’intention et de m’interroger sur la satisfaction ou la déception de la vie au regard de mes actes.
La vie en moi est identique à la vie énergétique. Je suis l'argile. Elle est le potier. Et le potier a toujours la possibilité d'intervenir sur l'argile, même après que la matière soit formée. Il est donc de mon ressort de parvenir à "communiquer" avec l'énergie, à la reconnaître et à l'aimer. Et c'est lorsque j'entre dans cette dimension "amoureuse" que l'énergie me guide.
Pourquoi l'énergie s'est-elle faite potier ?
Pour aimer l'argile.
Mais si l'argile n'aime pas le portier, rien n'est possible.
Comment identifier le potier ?
"L'homme qui connaît le Tao ne parle pas.
Celui qui en parle ne le connaît pas." Tao te King......
1) Je n'ai pas les capacités intellectuelles pour répondre à la question de l'origine de tout.
2) Si malgré tout, je m'obstinais à vouloir y répondre, j'entrerais dans la dimension de l'obsession. Et l'obsession de par le rétrécissement du champ de vie qu'elle implique est à l'encontre de l'amour même de la vie. Donc, je me contente d'aimer ce qui m'est accessible. Et si un jour, à force d'aimer, une porte s'ouvre, j'irai voir de l'autre côté.
La réponse ne se rendra de toute façon pas accessible. C'est aux hommes d'aller vers elle, telle qu'elle est. Ou de décliner l'offre.
Un alpiniste qui veut aller au sommet de l'Everest n'attend pas qu'il devienne plus accessible. L'ascension elle-même ne contiendrait plus aucun intérêt.
C'est d'ailleurs là que l'amour réel prend forme. Les choses sont ce qu'elles sont. Et je n'ai aucunement le droit de vouloir les changer pour qu'elles me deviennent accessibles. Je n'ai pas accès à la compréhension de l'origine de la vie mais il m'est par contre possible d'aimer cette vie et de l'honorer en cherchant à user au mieux de ce qu'elle a inséré en moi.
L'amour est le seul moyen d'ouvrir la porte. Bien au-delà même de la connaissance, de tous les livres, de toutes les philosophies, de toutes les théories.
Stephen Hawking a dit d'ailleurs que sans l'amour de la vie, il n'aurait rien découvert. Et quand on connaît un peu le calvaire physique et moral de cet homme, on ne peut même pas imaginer à quel point il aime la vie....Et si cet amour a pu contribuer à l'étendue extraordinaire de ses découvertes, je veux bien apprendre à aimer jusqu'à mon dernier souffle.

Mort provisoire (spiritualité/mort)
Certains chercheurs comme le Docteur Charbonier ne parlent plus d'expérience de "mort approchée" mais bien de "mort provisoire".
En voici des témoignages.
Elle est morte d’un cancer de stade 4 et est revenue avec un message incroyable
Par Sandra Véringa | 20 janvier 2016
Elle est morte d’un cancer
Elle est morte d’un cancer de stade 4 et est revenue avec un message incroyable
Les médecins n’avaient donné plus que quelques heures à vivre à Anita Moorjani lorsqu’elle est arrivée dans le coma, à l’hôpital dans la matinée du 2 février 2006. Alors que ses organes étaient défaillants, elle s’est sentie sortir de son corps et entrer dans une autre dimension, où elle a fait l’expérience d’une clarté exceptionnelle et la compréhension de sa vie et son but ici sur terre. Ce qu’elle a découvert dans cette dimension a donné un sens à sa vie, ce qui selon elle est la cause de sa guérison miraculeuse.
C’est de loin mon cas préféré d’expérience de mort imminente. Le message avec lequel elle est revenue m’a époustouflé et j’espère qu’il vous aidera à renouer avec la vérité autant que cela m’a aidé !
Appréciez ces fabuleuses vidéos qui décrivent son histoire.
45 secondes d’éternité – l’EMI de Nicole Dron
Elle est morte d’un cancer de stade 4: Le cancer d’Anita Moorjani par thierry-delattre
Sandra Véringa
- See more at: http://www.espritsciencemetaphysiques.com/morte-d-un-cancer-de-stade-4.html#sthash.HwPf6h3Y.dpuf
Pour les abeilles (Nature)
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POUR UN MORATOIRE SUR LES PESTICIDES NEONICOTINOIDES
A l’attention du gouvernement et des parlementaires dans le cadre de la loi biodiversité
En transportant le pollen de fleurs en fleurs les insectes pollinisateurs assurent la reproduction des plantes dont les fruits et les légumes. Ils sont donc essentiels à notre alimentation. Pour la biodiversité comme pour notre propre survie, leur disparition serait dramatique. Or les pollinisateurs subissent de plein fouet l’utilisation massive des pesticides par l’agriculture. Dans certaines régions françaises ce sont trois colonies d’abeilles sur quatre qui disparaissent. Deux études publiées cette année confirment que les néonicotinoÏdes, peut-être la famille de pesticides la plus toxique, attaquent directement le système nerveux des pollinisateurs. Plus grave encore, une analyse scientifique mondiale de 2014 montre que ces insecticides, parmi les plus vendus, toucheraient un grand nombre d’espèces animales jusqu’à l’être humain. Des impacts sanitaires, notamment sur le cerveau en développement des enfants, sont suspectés par ces publications.
Il est donc urgent d’agir pour sauvegarder les abeilles et autres pollinisateurs, assurer notre sécurité alimentaire et préserver la santé humaine sur le long terme.
Par ma signature, J’APPELLE, en urgence, à un moratoire sur les pesticides néonicotinoïdes, mesure indispensable pour tenter de sauver les abeilles et autres pollinisateurs de leur disparition programmée.
Ce moratoire doit ensuite permettre au gouvernement français de continuer à porter cette cause sanitaire et environnementale majeure à l’échelle européenne, une fois les résultats des évaluations connus il pourra décider de l’avenir de ces substances.
Vous aussi vous pouvez changer la donne et arrêter ce scandale sanitaire. Signez et faites signer cette pétition.
Conformément à la loi « informatique et libertés » du 6 janvier 1978, vous bénéficiez d'un droit d'accès, de rectification, d'opposition et de suppression des données qui vous concernent.
Pour l'exercer cliquez ici ou adressez-vous à la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l'Homme - 6 rue de l'Est - 92100 Boulogne-Billancourt.
Pour nous contacter cliquez ici
© CC0
La Fronde gronde (école)
APPEL NATIONAL POUR SAUVER L'ECOLE DE LA RÉPUBLIQUE
Comprenez bien !
La colère et l'exaspération grondent parmi les professeurs, sur les réseaux sociaux mais aussi dans les établissements scolaires.
Elle gronde aussi chez les parents d'élèves. Elle gronde chez les universitaires et les intellectuels.
En témoigne l'appel national pour sauver l'école de la République, adressé à Monsieur le Président Hollande. Porté par deux cents cinquante signataires initiaux, parents d'élèves, professeurs du secondaire, universitaires, elle a recueilli plus de 3300 signatures en deux jours et demi. Son succès ne se dément pas...
La ministre de l'Éducation nationale ose en effet proclamer que sa réforme est destinée à lutter contre les inégalités et renforcer l'apprentissage des langues. La réalité est tout autre :
- Suppression des classes européennes, sauf pour les familles aisées qui pourront payer pour aller dans le privé.
- Suppression des classes bilangues (sauf pour les parisiens !) et donc quasi disparition de l'enseignement de l'allemand.
- Diminution des heures de LV2 en 4eme et 3ème
- Quasi disparition de l'enseignement des langues anciennes.
- Baisse des horaires d'enseignement notamment en français et en mathématiques.
Cette réforme est un désastre : elle signe la fin de l'école de Condorcet et de l'universalisme républicain. Elle accélère la baisse de l'offre publique d'instruction. Sur quatre ans un élève perdra 400 h de cours disciplinaires... Baisse des dotations horaires, suppression de postes d'enseignants.
Toute cette misère est camouflée par des dispositifs pédagogiques ronflants et l'abus, jusqu'à la nausée, d'un langage pédagogiste inspiré du management. De l'enfumage.
Cette réforme va accentuer les inégalités par l'autonomie accrue des établissements et créer des inégalités territoriales. Elle se traduira par une évasion toujours plus importante des classes favorisées vers le privé.
Antoine Desjardins, professeur de lettres modernes, cosignataire
Pour signer et lire l'appel :
Appel national pour sauver l'école de la République
https://www.change.org/p/monsieur-le-president-de-la-republique-appel-national-pour-sauver-l-%C3%A9cole-de-la-r%C3%A9publique?recruiter=37064256&utm_source=share_petition&utm_medium=copylink

Monsieur le Président de la République,
l’Ecole républicaine, héritière de Condorcet, de Guizot et de Ferry est le bien commun de tous les Français ; nous savons votre attachement à l’Education Nationale, vous qui en fîtes une question essentielle de votre campagne présidentielle de 2012. Nous nous permettons pourtant, enseignantes et enseignants, parents d’élèves de vous interpeller sur la réforme du collège. La réforme décrétée et impulsée par Madame la Ministre de l’Education Nationale entend lutter contre l’échec scolaire au collège, permettre une plus juste égalité des chances dans un souci d’émancipation individuelle et collective des élèves, susciter le goût d’apprendre chez ces derniers. S’il ne revient à personne ici de contester de telles légitimes ambitions qui font consensus pour l’ensemble des acteurs, la réforme 2016 ne produira pas hélas les effets attendus. Derrière ces grands principes fédérateurs se cache une réalité très différente. L’autonomie, pilier de la réforme, induit un système éducatif éclaté, le centre de gravité décisionnel devient l’établissement tant pour définir des programmes enseignés, rebaptisés curricula, que pour les modalités de l’évaluation voire la déclinaison horaire des enseignements.
La réforme entraîne la diminution des horaires disciplinaires pour permettre la mise en place des enseignements complémentaires sous deux formes : l’accompagnement personnalisé ou AP et les enseignements interdisciplinaires ou EPI. Les élèves de sixième n’auront que l’AP prélevé sur les horaires disciplinaires à raison de trois heures hebdomadaires, les élèves à partir de la cinquième conserveront une heure d’AP et feront deux heures d’EPI retranchés sur les horaires d’enseignement de ces mêmes disciplines. En outre, des options et des dispositifs disparaissent comme les classes européennes qui permettent à 10% des élèves d’avoir deux heures de langues en plus en 4° et en 3° et la découverte professionnelle destinée à préparer l’avenir professionnel durant trois heures hebdomadaires. Les options soit langues anciennes, soit langues régionales deviennent des enseignements de complément qu’il ne sera pas possible de proposer partout, d’autant que les horaires hebdomadaires diminuent passant de trois heures à deux heures. Les classes bilangues notamment en allemand, cas particulier, sont parfois maintenues mais dans un cadre horaire contraint et dans des conditions draconiennes qui augurent mal de leur avenir. Par ailleurs, la réforme s’appliquera sur les quatre niveaux du collège et posera des problèmes de continuité aux élèves en cours de scolarité, dont les programmes seront caducs à la rentrée 2016. Cette réforme entraîne une baisse de l’offre de formation et la suppression d’un cadre national.
Vous aviez voulu, Monsieur le Président, privilégier le dialogue social pour promouvoir les réformes, force est de constater qu’il n’existe pas au sein de notre institution. Depuis des mois, la Ministre reste sourde à la contestation, refusant de rencontrer les représentants des principales organisations syndicales opposées à la réforme. Sachez que des tensions inédites naissent au sein des établissements entre enseignants eux-mêmes, enseignants et personnels de direction d’autre part. Nous oscillons entre colère, désarroi et abattement, car nous avons le sentiment d’avoir été injustement désignés comme responsables de l'augmentation des inégalités sociales et culturelles dans une société fracturée et fragilisée. Le temps pédagogique n’est pas le temps politique ! Sachez qu’à la rentrée prochaine un enseignant de collège devra s’approprier la réforme des organisations du collège, la refonte complète de tous les programmes pour tous les niveaux, assimiler leurs logiques curriculaires, concevoir dans le même temps des enseignements aussi complexes que l’AP et l’EPI, intégrer dans sa pratique les nouvelles modalités de l’évaluation. Personne rue de Grenelle ne semble prendre conscience de la charge de travail qui sera exigée des enseignants désormais taillables et corvéables à merci sans revalorisation des salaires ! Cette mise en œuvre hâtive, bâclée, impulsée autoritairement voue la réforme à l’échec !
Pourtant en 2012, vous aviez souhaité que votre quinquennat scelle la réconciliation de tous les Français ; c’est donc vers vous que nous nous tournons au risque pour nous signataires d’encourir les sanctions de notre hiérarchie rectorale qui multiplie intimidations et sanctions disciplinaires contre les opposants à la réforme. Si votre élection suscita en 2012 espoir et confiance, en 2016 la salle des professeurs chavire entre désespoir et vif mécontentement. Il est encore temps de renouer le fil du dialogue qui menace de se rompre définitivement.
Monsieur le Président, on reconnaît le grand homme d’Etat à ses audaces, alors élevez-vous au-dessus de nous tous, vous l’arbitre national ! Abrogez ce décret et reconstruisons ensemble une autre réforme pour le collège.
Comptant sur la justesse de votre jugement, veuillez recevoir, Monsieur le Président de la République, l'expression de nos salutations respectueuses, républicaines et laïques.
Signataires :
Christophe GAUTHIER, professeur d'histoire et de géographie, académie de Bordeaux
Audrey ADHEMAR, professeur de lettres classiques, Arelacler, académie de Clermont-Ferrand Marie Thérèse ALONSO, professeur d'espagnol, académie de Bordeaux
Nadine ALVARO Y FUENTES, professeur des écoles, académie de Caen
Nathalie ANDREU, parent d'élèves, académie d'Orléans-Tours
Vera ANTOLINI, guide-conférencier, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI
Catherine ARQUILLIERE, professeur de lettres modernes, académie de Clermont-Ferrand
Association Les Immortels : défense et promotion des langues et des cultures de l'Antiquité
Frédéric AURIA, professeur d'allemand, académie de Lyon
Sarah AUSSEIL, professeur de lettres modernes, académie de Montpellier
Quentin BAMMEY, normalien à l'ENS Lyon, académie de Lyon
Alain BARNAUD, directeur d'école à la retraite, académie de La Réunion
Sylvain BARON, Secrétaire national des Décrocheurs, académie de Nice
Juliette BARRIAL, professeur de SVT, académie d'Amiens
Sonia BARTHELEMY, parent d'élèves, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI
Leïla BENHAMED, maman, académie de Grenoble
Astrid BERNAL, professeur d'histoire et de géographie, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI
Sandra BERTACCA, parent d'élèves, académie d'Aix-Marseille
Emmanuelle BERTHAUD, parent d'élèves, doctorante en philosophie du droit, académie de Clermont-Ferrand
Chantal BOCQUILLON, professeur de lettres classiques, académie de Nice
Christine BOMPARD, professeur d'anglais, Tunis
Loys BONOD, professeur de lettres classiques, académie de Paris
Marie BOSREDON, professeur des écoles et parent d'élèves, académie de Bordeaux
David BOUDON, parent d'élèves, académie de Clermont-Ferrand
Chantal BOUNIOL, parent d'élèves, académie de Nice
Xavier BOUSSANT, parent d'élève, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI
Hélène BOUVIER, professeur de lettres classiques, académie Nancy-Metz
Sandrine BOUYGUES, Conseillère principale d'éducation, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI
Karine BROSSAIS, professeur d'anglais, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI
Martine BUISSON, professeur d'allemand, académie de Clermont Ferrand
Frédéric BUISSONIERE, professeur de lettres classiques
Jean-François BUSSIERE, professeur d'histoire et de géographie, académie de Bordeaux
Véronique BUTREAU, professeur de lettres classiques, académie de Créteil
Isabelle CAMPION, professeur d'allemand, académie de Paris
Marie CAPBERN, professeur de lettres modernes, académie de Bordeaux
Sandra CARLADOUS, parent d'élèves, académie dAix-Marseille
Stéphanie CARNAZZA, professeur d'EPS, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI
Eric CHARAIX, professeur d'EPS, académie de Bordeaux
Yasmine CHARBONNIER, professeur des écoles, académie d'Amiens
Elsa CHASTANG, parent d'élèves, académie de Polynésie française, collectif L'EPI
Odile CHAUMETON, professeur retraité, grand-mère d'élève, académie de Nice
Stéphane CHECKOURI, enseignant du Premier degré, académie de La Réunion
Cécile CHEVILLOT, parent d'élèves, académie de Grenoble
Rolande CHIES, institutrice retraitée, La Réunion
Joëlle CHOUZY LEMUS, parent d'élèves, académie de Créteil
Edouard CISLO, chef d'établissement à la retraite, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI
Sylviane CISLO, agent administratif, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI
Estelle CLEMENT LORNE, professeur d'histoire et de géographie, académie de Grenoble
Geneviève CLEVIDY, parent d'élèves, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI
Sylvie CONGE, parent d'élèves, académie de Versailles
Nathalie CULLET, professeur de lettres classiques, collectif des Hauts Cantons contre la Réforme du collège, académie de Montpellier
Sandrine DAL MOLIN, parent d'élèves, académie de Dijon
Marie DAMOND, professeur de lettres classiques, académie d'Orléans-Tours
Didier DEBALS, professeur des écoles, parent d'élèves, académie de la Réunion
Karine DEBARGE, professeur d'anglais, académie d'Aix-Marseille
Katherine DEBERNE, parent d'élèves, académie d'Orléans-Tours
Colette DEBROISE, grand-parent d'élèves, académie d'Aix-Marseille
Anne DELORME, professeur de lettres classiques, académie de Lyon
Antoine DESJARDINS, professeur de lettres , académie de Versailles
Sandrine DE SOUSA, parent d'élèves, académie de Créteil
Cécile DIENER, professeur de lettres classiques, académie de Bordeaux
Valérie D'HONDT, professeur d'espagnol, académie de Lille
Isabelle DIGNOCOURT, professeur de lettres classiques, académie de Lille
Anne-Sophie DUCATILLON, professeur de lettres classiques et parent d'élèves, académie de Lille
Chrystele DUCHATELET, parent d'élèves, académie de Reims
Cécile DULON, parent d'élève, académie de Bordeaux
Raphaël DUMAS, pharmacien, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI
Tatiana DUMAS, professeur de Lettres Modernes, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI
Françoise DUNOGUE, professeur d'histoire et de géographie, académie de La Réunion
Florence DURAND, étudiante en lettres classiques, académie de Lyon
A. DUROURE, professeur d'allemand, académie de Clermont-Ferrand
Philippe DUTARDE, professeur de mathématiques, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI
Sophie ESCORIZA, professeur d'espagnol, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI
Céline FABRE, professeur des écoles, académie de Nice
Didier FELTRIN, ancien professeur d'économie-gestion, académie de Toulouse
Myriam FERNANDEZ, parent d'élèves, académie de Montpellier
Clara FOREST, professeur de lettres classiques, académie de Versailles
Gael FRANK, professeur d'allemand, académie de Versailles
Thomas FRANTZ, étudiant en master de lettres classiques, académie d'Aix-Marseille
Emilia FRAPPAT-SANCHEZ, professeur d'espagnol, académie de Montpellier
Bernard EMONIN, professeur d'EPS, académie de Bordeaux
Alexandre FIEBIG, professeur de physique-chimie, académie de Créteil
Christelle FORLAY, professeur de lettres classiques, académie de Clermont-Ferrand
Catherine FOURGOUX, professeur et parent d'élèves, académie de Créteil
Xavier FOURNET, professeur de SVT, académie de Versailles
Juliette FOURNIER, étudiante, académie de Toulouse
Claudine FOURY, professeur de Lettres modernes, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI
Catherine FREART, professeur d'allemand, académie de Versailles
Dominique GAILLARD, parent d'élève, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI
Anne Sophie GALLAND, professeur de lettres classiques, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI
Yann GARAVEL, professeur de lettres modernes, académie de Grenoble
Adeline GARLENQ, professeur de lettres classiques et maman, académie de Clermont-Ferrand
Catherine GAUTHIER, professeur de mathématiques, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI
Isabelle GAUTHIER, professeur d'allemand, académie de Bordeaux
François GERARD-DESPREZ, parent d'élèves, académie de Bordeaux
Sophie GILLET, professeur d'espagnol, académie de Montpellier
Céline GIRARD, parent d'élèves, académie de Créteil
Jean-Pierre GIRAUD, directeur hors classe honoraire, ancien conseiller pédagogique, académie de Grenoble
Cathy GLEIZE, parent d'élève, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI
Laurent GOLETTO, parent d'élèves, académie de Nice
Sandrine GOLETTO, maman, académie de Nice
Lionel GOSSE, professeur de technologie, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI
Laurence GRIT, professeur de lettres classiques, académie d'Orléans-Tours
Céline GUERIN, assistante maternelle, parent d'élèves, académie de Reims
Elise GUERRERI, professeur de lettres classiques, académie de Bordeaux
Françoise GUICHARD, retraitée, ex-professeur de lettres classiques en CPGE, académie d'Aix-Marseille
Martine GUILHOT, professeur d'allemand et parent d'élèves, académie de Toulouse
Christian HAMONEAU, professeur d'arts plastiques, académie de Bordeaux
Hélène HENRIOUD, professeur de SVT, académie de Besançon
Béatrice HERMESDORF, parent d'élèves, académie d'Aix-Marseille
Isabelle HIDDEN, parent d'élèves, académie de Lille
Catherine HUBY, professeur des écoles retraitée, académie de Grenoble
Véronique HULLAERT, professeur de lettres classiques, académie de Lille
Catherine ISEBE PHILIPPAT, parent d'élèves, académie de Grenoble
Bénédicte JANICKI, parent d'élèves, académie d'Amiens
Nicolas JERÔME, professeur de mathématiques, académie d'Aix-Marseille
Véronique JULLIARD, parent d'élève, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI
Anne Enora KERBOUC'H, parent d'élèves, académie de Rennes
Christine KERHOAS-KRIEGER, parent d'élèves, académie de Versailles
Sylvie KHALIFA, professeur d'arts plastiques, académie de Créteil
Mona-Lisa KHOURI, professeur d'anglais, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI
Anne KREMMER, professeur d'allemand , académie de Versailles
Emmanuelle LACHAUME, professeur de lettres classiques, présidente Arelacler, académie de Clermont-Ferrand
Muriel LAFOND, professeur de lettres classiques, académie d'Orléans-Tours
Amaury LANGLAIS, parent d'élève, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI
Laurence LANGLOIS HERBELIN, parent d'élèves inquiète, académie de Rouen
Laurence LEBRAT, professeur des écoles, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI
Elise LECUYER, professeur d'allemand, académie de Caen
Anne LEFEBVRE, parent d'élève, académie de Paris
Benoît LEFEBVRE, professeur d'histoire géographie, académie de Créteil
Valérie LE MARTELOT, parent d'élèves, académie d'Aix-Marseille
Isabelle LENTZNER, professeur d'allemand, académie de Paris
Patrick LE RIGOLLEUR, professeur d'allemand, académie de La Réunion
David LETURCQ, étudiant, académie de Paris
Hélène LETURCQ, professeur des écoles, future maman d'élève, académie de Versailles
Catherine LEVEQUE, professeur des écoles, Midi-Pyrénées
Stanley LEVEQUE, parent d'élèves, académie des Antilles
Gaëlle LYAMOURI, professeur de lettres modernes, parent d'élèves, académie de Lille
Saïd LYAMOURI, parent d'élève, académie de Lille
Véronique MACHRIS, parent d'élèves, académie de Strasbourg
Thierry MARCHI, professeur de physique, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI
Françoise MARTIN, citoyenne préoccupée de l'avenir de l'Education Nationale
Isabelle MARTIN, parent d'élèves, académie de Strasbourg
Céline MARTINET, professeur de lettres modernes, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI
Mélanie MARTINEZ, professeur des écoles et parent d'élèves, académie de Versailles
Michel MARY, professeur de sciences physiques, ancien chef des travaux, académie de Lille
Romain MASSIE, professeur d'allemand, académie de Grenoble
Marie Vo MASURE ANDRIEUX, professeur de sciences physiques, académie de Lille
Karine MATORELL, professeur d'EPS, académie de Bordeaux
Anissa MERBAH, parent d'élèves, académie de Nice
Ghislaine MICHEL, parent d'élèves, académie de Grenoble
Anne MOIROUD, élue des parents d'élèves de l'école primaire nationale de Beaucaire, académie de Montpellier
Jeanne MORENS, professeur de lettres classiques, académie de Bordeaux
Franck MOULS, professeur de sciences physiques, académie de Créteil
Paul MÜLLER, élève ingénieur à Centrale Supélec, académie de Versailles
Audrey de NADAÏ, parent d'élèves, académie de Créteil
Régine NOVARINO, professeur de lettres classiques, académie de Toulouse
Marie OCANA, professeur d'anglais, académie de Créteil
Serge OLLA, professeur des écoles, académie de Montpellier
Alex PANETTA, étudiant, académie de Paris
Audrey PATRIARCA, parent d'élèves, académie de Créteil
Fabienne PENELOUX, professeur d'histoire géographie, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI
Christelle PERONNET, ATSEM, académie de Nice
Catherine PERRIN, enseignante
Caroline PEYRAS, parent d'élèves, académie de Bordeaux
Virginie PFEIFER, professeur de lettres classiques, académie de la Réunion
Isabelle PHILIPPON, parent d'élève, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI
Valérie PRADIER, enseignante ARES, académie de Bordeaux
Sylvain PUCCINI, professeur d'histoire et de géographie, académie de Clermont-Ferrand
Elodie QUINARD, parent d'élèves, académie d'Aix-Marseille
Agnès RABEYRIN, professeur de lettres classiques, académie de Clermont-Ferrand
Nathalie RAMEL, parent d'élèves, académie de Versailles
Aurélie REBOISSON, professeur d'histoire géographie, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI
Nathalie REGNAULT, parent d'élèves, académie de Nantes
Mickaël RENOUF, professeur de technologie, académie de Bordeaux
Claire REPITON, parent d'élèves, académie de Grenoble
Emmanuelle de RIBEROLLES, professeur de lettres modernes, académie d'Amiens
Sophie RICHER, professeur de Lettres modernes, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI
Julien RICHIR, parent d'élèves, académie de Lille
Audrey RIZZO, élue de parents d'élèves, académie de Nice
Gladys ROBERT, parent d'élèves, La Réunion
Sylvie ROCHE, Professeur documentaliste, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI
Daniel RUZE, professeur de physique, académie de Nancy-Metz
Audrey SABARDEIL, enseignante, académie d'Aix-Marseille
Céline SANCHEZ, parent d'élèves, académie de Montpellier
Isabel SANCHEZ, professeur d'espagnol, académie de Montpellier
Anne SAVOIE, parent de 3 enfants encore en Primaire inquiète pour leur avenir et hostile à la réforme des écoles, académie de Grenoble
Karen SCHNEIDER, Professeur des écoles Association Autonome des Parents d'Elèves, académie de Créteil
Marion SENAFFE, professeur des écoles, académie de Lyon
Christophe SIBILLE, professeur musique et théâtre, ESPE CVL, site de Châteauroux
Angélique SICARD, professeur des écoles, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI
Laure SICARD, professeur de mathématiques, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI
Patricia SIMON, professeur de mathématiques , académie de Bordeaux
Cécilia SLACK-BERTRAND, professeur d'arts plastiques, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI
Catherine SORIN, professeur de lettres classiques, académie de Nantes
Céline SOTTOU HERVELIN, professeur de lettres classiques, académie de Bordeaux
Donate STINNER, professeur et parent d'élèves, académie de Strasbourg
Laurent TCHOBANIAN, parent d'élèves, académie d'Aix-Marseille
Sandra TEYSSON, professeur de lettres classiques, académie de Montpellier
Catherine de THEZY, parent d'élèves, académie de Versailles
Mylène THIVEL, parent d'élève, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI
Henry TILLY, Kinésithérapeute, académie de Clermont-Ferrand
Marlène TONDOUX, professeur de lettres modernes, collectif des Hauts Cantons contre la Réforme du collège, académie de Montpellier
Rachel TOURANCHE, professeur de lettres modernes, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI
Karine TUALLION, professeur des écoles et parent d'élèves, académie de Besançon
Marion VAILLANT, parent d'élèves, académie d'Amiens
Alain VALBERT, professeur d'EPS à la retraite, académie de Clermont-Ferrand, collectif L'EPI
Caroline VALETTE, parent d'élèves, académie de Dijon
Agnès VENET, parent d'élèves, académie de Grenoble
Menno VERHEIJ, parent d'élèves, académie de Lille
Claire VERNISSE, professeur d'allemand, académie de Montpellier
Elodie VINCENT, parent d'élèves, académie de Lille
Sabine WILLEM, professeur de lettres classiques en classes préparatoires, académie de Paris
Virginie ZAMORA, professeur des écoles, académie d'Aix-Marseille
Yaël ZANA, professeur spécialisé en ULIS, académie de Lyon
ADRESSÉE À
Monsieur le President de la Republique
Appel national pour sauver l'école de la République
Le Graal (sexualité sacrée)
Bon, ça doit bien faire une vingtaine d'études ou d'articles que j'ai lus sur le "pourquoi" de l'orgasme féminin et donc, personne n'a de réponse définitivement validée.
Mais là, c'est dans le domaine "scientifique" et ce qui est flagrant dans absolument toutes les études que j'ai lues, c'est qu'il n'y a aucune trace de toute forme de "spiritualité".
On pourra dire que c'est logique étant donné qu'il s'agit de scientifiques.
Sauf que pour beaucoup de Peuples Racines, (de ceux que je connais par les livres en tout cas), il est absolument absurde d'ignorer la dimension spirituelle dans l'étude de la vie. Alors dans la sexualité d'autant plus.
.........
Et donc, on retrouve ici, dans la recherche scientifique, cet épouvantable scission entre l'intellect et l'esprit.
..........
Finalement, ça m'arrange, égoïstement.
Je vais pouvoir développer ce que j'en pense dans le roman en cours.
...........
Par contre, il faut que je prévienne le Roi Arthur que le Graal n'est ni un vase, ni une pierre incandescente, ni un clou rouillé....
Sur l'orgasme féminin (3) (sexualité sacrée)
Par Peggy Sastre
sexe, science et al.
LE PLUS. "Tout sur l'orgasme", "trucs et astuces pour atteindre le septième ciel"... c'est sûr, cet été, les magazines féminins ne vont pas vous lâcher. Loin de ces pseudo-conseils, un débat se joue dans la communauté scientifique : l'orgasme féminin a-t-il ou non été sélectionné par l'évolution et si c'est le cas, dans quel but ? Peggy Sastre, auteur de "No Sex" et "Ex utero" (La Musardine) fait le point pour Le Plus.
Édité par Amandine Schmitt Auteur parrainé par Mélissa Bounoua

Orgasme (jayne vidheecharoen/CC/Flickr.com).
Chez les spécialistes de l'évolution de la sexualité humaine, la question de l'orgasme féminin est peut-être la plus problématique. Si, du côté masculin, l'équation orgasme = éjaculation = reproduction est on ne peut plus évidente, chez les femmes, les scientifiques s'écharpent gentiment depuis plusieurs dizaines d'années.
L'orgasme féminin a-t-il été sélectionné par l'évolution ?
À ma droite (cette classification est arbitraire et n'a rien à voir avec de putatives convictions politiques, je vous assure), vous avez les partisans de l'orgasme féminin comme "sous-produit" évolutif. Dans le vocabulaire évolutionnaire, un sous-produit (parfois appelé écoinçon ou trompe chez les amoureux des métaphores architecturales) est un trait phénotypique qui n'est pas un produit direct de la sélection naturelle, mais tient plutôt d'une conséquence secondaire d'une autre adaptation.
Ici, l'orgasme féminin n'aurait donc aucune fonction évolutive en lui-même, mais existerait simplement parce que les femmes partagent certains stades précoces de leur ontogenèse avec les hommes, chez qui l'orgasme correspond à une réelle adaptation. En d'autres termes, vu que le clitoris et le pénis sont formés des mêmes tissus lors du développement embryonnaire, la sélection aurait pu agir "en premier" sur la jouissance pénienne et faire hériter aux femmes de cette capacité d’excitabilité des tissus sexuels comme d'un bonus "vestigial".
À ma gauche, d'autres chercheurs estiment par contre que l'orgasme féminin a bien été forgé par l'évolution pour un but précis et propre (dans le sens de "qui lui appartient exclusivement ou en particulier", là encore, je vous garantis qu'il n'y a aucune considération hygiénique dans mes propos), à savoir : répondre aux besoins de la "sélection de partenaire".
Dans ce cas, la capacité orgasmique des femmes leur permettrait de choisir entre différents mâles et de sélectionner le "bon", soit dans une logique à long-terme (hypothèse dite du "lien conjugal", la femme va rechercher le meilleur père possible pour sa progéniture, ie. celui qui lui garantit le meilleurinvestissement parental), soit tout simplement le meilleur géniteur possible, en se focalisant sur des paramètres plus "terre à terre" comme la santé, la force physique, etc. (qu'importe si monsieur est encore dans les parages neuf mois plus tard, il aura transmis suffisamment de bon gènes à sa progéniture pour lui donner une chance de survivre et de se reproduire à son tour).
Et si l'orgasme était évolutivement superflu ?
Il y a encore une petite dizaine d'années, peu ou prou, c'était cette seconde interprétation qui prévalait dans la communauté scientifique. On mettait par exemple en avant le fait que les contractions de l'utérus et des trompes provoquées par un orgasme pouvaient favoriser la fécondation en faisant office de véritable aspirateur à sperme.
En effet, en inversant la pression utérine de l'extérieur vers l'intérieur, l'orgasme éviterait aux spermatozoïdes d'être expulsés du vagin et les aiderait ainsi a terminer tranquillou leur course vers l'ovule. De même, certaines études ont aussi montré que les sécrétions de prolactine déclenchées par l'orgasme peuvent "doper" les gamètes masculins, et que les femmes jouissent davantage pendant leur période fertile, soit là où le risque de fécondation est le plus élevé.
Mais en 2005, toutes ces belles certitudes (ou du moins, ces belles hypothèses vérifiées par de belles données factuelles) se sont effondrées avec la publication de "The case of the female orgasm: Bias in the science of evolution", une petite bombe rédigée par Elisabeth Lloyd.
Patiemment, scrupuleusement et surtout honnêtement, Lloyd y fourbissait les armes des partisans du "sous-produit" en montrant comment de nombreuses études attestant du caractère adaptatif "direct" de l'orgasme féminin ne tenaient pas la route, mais aussi comment d'autres recherches pouvaient soutenir l'idée d'un orgasme évolutivement inutile ou superflu. En particulier, ces études attestent de l'extrême variabilité de la capacité orgasmique féminine et montrent que l'anorgasmie, anciennement "frigidité", toucherait entre une femme sur trois et une femme sur quatre – des chiffres qui coïncident a priori assez mal avec un intérêt évolutif direct de l'orgasme féminin.
Une base génétique à la frigidité
Par exemple, une équipe dirigée par Kate Dunn de l’Unité d’épidémiologie génétique et de recherche sur les jumeaux de l’Hôpital Saint-Thomas, à Londres, avait recruté environ 4000 femmes, dont 683 paires de jumelles monozygotes et 714 paires de jumelles dizygotes. Chacune d’elles devait remplir un questionnaire sur leurs orgasmes et un tiers des femmes ainsi interrogées avait révélé ne jamais ressentir de plaisir. En comparant les réponses des vraies jumelles (qui partagent 100 % de leurs gènes) aux fausses (qui n’en partagent que 50 %) et au reste de la population, Kate Dunn avait conclu à l’existence d’une base génétique à cette frigidité : environ 34 % des différences entre les femmes dans l’anorgasmie pendant l’acte sexuel s’expliquant par les gènes, avec un chiffre grimpant même à 45 % pour l’anorgasmie clitoridienne.
Comme le relevait Kate Dunn :
"nos données suggèrent que les différences de capacité des femmes à avoir un orgasme possèdent une base biologique, et donc une possible base évolutive. Les variations de cette fonction sexuelle ne peuvent s’expliquer uniquement par des facteurs culturels, même si ceux-ci semblent jouer également un rôle important".
Mais si on considérait comme acquise l'hypothèse de l'adaptivité directe de l'orgasme féminin, ces observations n'avait aucun sens. Pour qu’un gène se reproduise dans une population, il est censé apporter un avantage sélectif à son porteur : quel peut-il être dans le cas de l’absence d’orgasme ? Par contre, si on estime que l’orgasme féminin n'est pas la véritable cible de la sélection et de l’adaptation, les gènes de l’anorgasmie ne relèvent plus du mystère.
L'orgasme comme élément du choix sexuel féminin ?
Il y a quelques semaines, le débat est reparti de plus belle avec la publication, là encore, d'une honnête, scrupuleuse et patiente synthèsede nos connaissances actuelles en matière d'orgasme féminin, et de ses liens directs ou indirects avec la sélection naturelle. En passant en revue les forces en présence, un anthropologue (David Puts) et deux psychologues (Khytam Dawood et Lisa Welling) de l'Université de Penn State, estiment que l'hypothèse du sous-produit n'a pas forcément gagné – entre autres, parce que plus de 50 articles sur le sujet sont parus depuis la remise à plat de Lloyd, et qu'ils ont tous, c'est ça aussi les merveilles de la méthode scientifique, bien intégré ses remarques et autres reproches méthodiques.
En effet, si on fait aujourd'hui le compte des prédictions correspondantes aux deux hypothèses et des données factuelles les supportant, l'adaptativité directe de l'orgasme féminin a une jolie longueur d'avance. Elle se voit, entre autres, dans les observations d'espèces animales non-humaines, où les femelles manifestent des orgasmes très semblables aux nôtres – c'est le cas des macaques rhésus ou des macaques à face rouge – et qui semblent se moduler en fonction des mâles en présence : ce qui conforme l'hypothèse de l'orgasme comme élément du choix sexuel féminin. Chez les macaques japonais ou les babouins de guinée, les femelles jouissent par exemple davantage quand elle s'accouplent avec des mâles d'un rang social plus élevé ou qui sont déjà grimpés sur de nombreuses femelles (selon la logique : si mes copines se sont laissé faire, c'est bien que tu dois avoir un intérêt quelconque), ou encore quand elles sont en pleine phase fertile.
"L'orgasme féminin", concluent les chercheurs "semble complexe et fonctionnel, mais n'est pas vestigial comme le prédit l'hypothèse du sous-produit. De plus, les variations dans les capacités orgasmiques masculine et féminine résultent visiblement de la variation de différents ensembles de gènes, ce qui contredit aussi apparemment l'hypothèse du sous-produit".
Adieu "l'énigme" de l'orgasme féminin
Pour asseoir encore un peu plus l'idée que l'orgasme féminin a été sélectionné par l'évolution parce qu'il permet aux femmes de mieux s'accoupler, quelques paramètres restent encore à étudier : quels variables peuvent prédire l’occurrence de l'orgasme féminin ? Une femme a-t-elle plus de chances de jouir quand son partenaire manifeste de bons indices génétiques, ou lorsqu'il laisse entendre qu'il sera un bon père ? L'orgasme incite-t-il les femmes à tomber amoureuses de ceux qui les leur "procurent" ou d'être davantage attirées sexuellement par eux ? Ou, tout "simplement" : existe-t-il plusieurs types d'orgasmes, avec différentes fonctions ?
C'est sur toutes ces questions, et sur d'autres encore, que les scientifiques de l'avenir devront se pencher, collecter un maximum de données mesurables et réplicables, parfaire encore et encore leurs méthodes, élargir et diversifier le plus possible leurs cohortes, etc. s'ils veulent, un jour, arriver à tuer enfin "l'énigme" de l'orgasme féminin, ce bon vieux cliché qui ne profite à personne, si ce n'est à quelques charlatans.
Sur l'orgasme féminin (2) (sexualité sacrée)
Les deux articles postés aujourd'hui sur l'orgasme féminin font suite à une discussion avec Léo, notre garçon. Un prof de sciences de la FAC leur a soumis la question suivante : "L'orgasme féminin a-t-il une fonction au regard de l'évolution ?"
Ce qui revient à chercher à comprendre la "raison" originelle de cet orgasme au regard du maintien de l'espèce.
Et c'est effarant de constater que très peu d'éudes ont été menées dans le domaine......
http://www.scienceshumaines.com/de-l-orgasme-feminin_fr_26134.html

Une enquête auprès des femmes et des recherches médicales récentes permettent de mieux cerner les secrets du plaisir féminin, resté longtemps discrédité ou objet de méfiance…
En publiant ses rapports explosifs sur la sexualité des êtres humains (en 1948 pour les hommes, 1953 pour les femmes), le docteur Kinsey perdit sa légitimité scientifique et se vit retirer tout financement pour ses recherches. D’autres précurseurs ont payé de leur carrière le fait de vouloir comprendre la sexualité, et particulièrement celle des femmes. S’il est bien un sujet difficile à aborder, même depuis la révolution des mœurs des années 1970, c’est celui de l’orgasme féminin. Longtemps réprimé, il reste encore aujourd’hui souvent un phénomène obscur, peu abordé et entaché de toutes les strates d’idées reçues qui sont venues s’accumuler au fil des temps.
C’est pourquoi Le Secret des femmes. Voyage au cœur du plaisir et de la jouissance, paru chez Odile Jacob en septembre 2010, est un livre qui fera date.
Élisa Brune, journaliste scientifique, et Yves Ferroul, sexologue, ne font pas qu’y retracer l’histoire malmenée de l’orgasme féminin. L’ouvrage réunit aussi les connaissances scientifiques les plus récentes sur la question et, dans une seconde partie, livre une vaste enquête, réalisée viaInternet (média autorisant une nouvelle liberté de parole) sur « ce que les femmes en disent »… Et elles en disent beaucoup (encadré ci-dessous) !
Petit rappel historique d’abord. On a longtemps pensé que l’orgasme féminin avait une fonction biologique utile dans l’évolution : incitation de la femme aux rapports sexuels et donc à produire une descendance, sélection des hommes et stabilisation du couple, aspiration du sperme par les contractions du vagin favorisant la conception… Malgré les injonctions religieuses qui condamnaient les plaisirs de la chair, la jouissance féminine restait donc encouragée par les médecins.
Hystérie et frigidité
Or tout cela est aujourd’hui invalidé par les analyses scientifiques. S’il stimule les centres du plaisir dans le cerveau (ce que démontre l’imagerie cérébrale) en produisant de l’ocytocine, une hormone dont on ne cesse actuellement de découvrir les potentialités, l’orgasme féminin n’aurait « d’autre but que lui-même ».
Au XIXe siècle, lorsque la science établit clairement que l’ovulation est un processus systématique déconnecté de toute activité sexuelle, la jouissance féminine se voit dépouillée de toute nécessité. Dans ce siècle imprégné de puritanisme bourgeois, les femmes respectables ont intérêt à réprimer toute manifestation de désir ou d’érotisme, si elles ne veulent pas être taxées d’hystériques ! On apprend d’ailleurs dans ce livre que le « massage des parties génitales » (autrement dit la masturbation) était pratiqué par de nombreux médecins depuis l’Antiquité pour soigner les désordres physiologiques féminins. Sigmund Freud, quant à lui, ne manquera pas de mettre l’hystérie au cœur de sa théorie psychanalytique, en lui attribuant des traumatismes de l’enfance, une idée qui fait encore florès… Une « véritable OPA » sur la sexualité féminine, disent les auteurs : alors que les pannes sexuelles masculines ont trouvé des parades techniques efficaces (comme le Viagra), « l’orgasme féminin requiert toujours quinze ans de psychanalyse »…
Une autre pathologie vient entraver le plaisir féminin dans les années 1950. Envers de l’hystérie, la frigidité concernerait 80 à 90 % des femmes, affirment des médecins américains. C’est que, derrière ces supputations, se cache un secret, soigneusement verrouillé par les sociétés androcentrées, selon lequel le plaisir des femmes ne pourrait venir que de celui des hommes. Dans les années 1970, le rapport d’une sexologue américaine, Shere Hite, fait scandale, en affirmant que l’orgasme féminin provient essentiellement de l’excitation clitoridienne.
Orgasme vaginal, orgasme clitoridien, ce distinguo, s’il perdure toujours dans les représentations, est – très récemment – devenu scientifiquement obsolète. Depuis les années 2000, les observations par scanner ou par sonographie montrent que le clitoris est un organe aussi important qu’un pénis, dont la plus grande partie est située à l’intérieur du corps et enserre le vagin. Le petit bouton que certaines sociétés décident d’exciser n’est que la partie émergée – pleine cependant de ramifications nerveuses – d’un iceberg qui ferait plutôt fonction de volcan !
Clitoris et cerveau
En réalité, si l’orgasme féminin est bien d’origine clitoridienne, il se manifeste à travers de multiples chorégraphies, issues de la conjonction d’un flux nerveux et d’un état mental : rapports sexuels, masturbations (aujourd’hui, l’usage des vibromasseurs ou des sex toysles plus divers connaît un succès grandissant), mais aussi excitations venues du cerveau, comme dans le cas de certains rêves ou de fantasmes éveillés qui peuvent le déclencher…
Et celles qui n’ont jamais connu l’orgasme ne constitueraient que 5 % des femmes, sans que ce handicap au plaisir soit jamais définitif. Car l’ouvrage de nos deux compères dévoile aussi toutes les arcanes du phénomène : s’il s’éprouve dès 3 ans, certaines ne le découvrent que beaucoup plus tard, sachant qu’il n’existe pas de limite d’âge pour la jouissance. Mais plus tôt on s’y sera livré, plus fortes et nombreuses seront les « expériences orgasmiques » tout au long de la vie. « Le sexe est un instrument de musique dont il faut apprendre à se servir. »Et sur ce point, l’enquête adjointe à ces analyses donne de l’orgasme féminin une diversité vertigineuse !
Ce qu'elles en disent...
• « Un coup de tonnerre, une vague qui vous submerge, un tremblement de terre, l’envol d’un oiseau, une ivresse, une chute, une ascension, un tourbillon, un shoot… » . C’est un « foisonnement de vécus orgasmiques » que décrivent les femmes qui ont répondu à l’enquête d’Élisa Brune. « Établissez votre CV orgasmique », a proposé celle-ci sur son site Internet en 2009-2010. Plus de 300 Françaises et Belges se sont prêtées au jeu et ont répondu à une cinquantaine de questions. 65 % avaient entre 30 et 50 ans, 18 % de 18 à 29 ans et 17 % de plus de 50 ans. Extraits de leurs propos :
• « La première fois » : l’expression a deux significations, celle où l’on a fait l’amour, celle où l’on a joui. 40 % des femmes ont connu l’orgasme avant leur premier rapport sexuel (14 % avant 12 ans).
• La fréquence : 44 % jouissent « souvent ou toujours » durant un rapport avec leur compagnon, 31 % régulièrement, 25 % rarement ou jamais. Ce sont les plus expérimentées (qui ont découvert l’orgasme entre 12 et 15 ans), qui disent jouir le plus souvent. Celles qui ne jouissent pas systématiquement n’en apprécient pas moins l’acte sexuel, pour les caresses, l’excitation, la tendresse…
• La simulation : si 40 % déclarent n’avoir « jamais » simulé, il reste donc 60 % de simulatrices ! Mais plus souvent avec un partenaire de passage qu’avec le partenaire régulier. Les raisons avancées ? Lassitude (« pour en finir »), sollicitude dans d’autres cas, ou bonne volonté (« je suis bonne joueuse », déclare l’une d’entre elles).
• Un ou plusieurs orgasmes ? La plupart des femmes déclarent connaître plusieurs voies d’accès à l’orgasme : clitoris, vagin, seins, peau, fantasme ou visionnage d’un film porno… Beaucoup disent éprouver des jouissances différentes, « superficielles » ou « cosmiques », selon les circonstances.
• La masturbation : 95 % de l’échantillon s’y adonne, avec une fréquence variable, presque tous les jours pour les plus gros appétits (« je suis une inassouvie sexuelle »), de temps en temps (« pour exciter mon mari »)…
Flora Yacine
Sur l'orgasme féminin (1) (sexualité sacrée)
A quoi sert l’orgasme féminin ?
http://controverses.sciences-po.fr/archive/werehouse/orgasmefeminin/domaines.html
La sous-controverse scientifique est la plus fondamentale, car c’est en grande partie elle qui engendre à la base la controverse générale et nourrit les autres sous-controverses. Elle crée le débat initial sur la question de l’explication de la conservation de l’orgasme féminin dans l’évolution. Comme on l’a présenté dans l’introduction, le point de départ est l’observation de l’occurrence du phénomène orgasmique, d’abord chez l’animal, puis chez l’homme. La constatation d’une anorgasmie chez la grande majorité des femelles animales (sauf quelques espèces de singes), et le fait que de nombreuses femmes ne parviennent que rarement ou jamais à l’atteindre a stimulé des interrogations dans la sphère des scientifiques s’intéressant à la sexualité en lien avec l’évolution et l’anthropologie : les animaux n’ont pas d’orgasmes (dans l’ensemble), mais les femmes si ; certaines femmes ont des orgasmes, d’autres pas, pourquoi ? Les évolutionnistes se sont saisis les premiers de cette question. Leur réponse est basée sur la théorie néo-darwiniste de l’évolution : l’orgasme existe chez certaines femmes, il s’agit donc d’un trait particulier qui a été acquis et conservé chez ces femmes là au cours de l’évolution. Ce caractère est apparu et a perduré, ce qui d’un point de vue évolutionniste signifie que ce trait possède une fonction particulière, qu’il confère a celui qui le détient un avantage adaptatif.
Comment l’orgasme favorise-t-il la reproduction ?
Une première phase de la controverse s’ouvre alors, basée sur une première affirmation : celle que l’orgasme procurerait un avantage adaptatif en favorisant la reproduction. En effet, l’orgasme étant impliqué dans l’acte sexuel, c’est-à-dire d’un point de vue évolutionniste dans la reproduction, le postulat avancé consiste à dire que celui-ci augmenterait les chances de la femme d’avoir une descendance de quantité et/ou de qualité. Plusieurs chercheurs, majoritairement biologistes, zoologues ou anthropologues, opposent ainsi diverses théories, proposant chacun une version différente de la cause de la conservation évolutive de l’orgasme comme avantage pour la reproduction. On retrouve ici deux courants principaux : ceux conférant à l’orgasme des propriétés physiologiques particulières qui accroîtraient, lors de l’acte sexuel, les probabilités de fécondation. Desmond Morris a été parmi les premiers biologistes à proposer dans les années 1960 la théorie que l’on a pu surnommer par la suite « théorie de l’anti-gravité », ou « poleaxe theory » ; en 1993, c’est Baker et Bellis qui avancent la « sperm up-suck theory ». La théorie initiale de Morris est finalement écartée par la majorité des chercheurs du sujet, tandis que, les travaux de Baker et Bellis sur la sexualité liée à la reproduction et à la sélection des gamètes gagnant en popularité, leur vision se popularise.
Le débat s’enrichit ensuite avec l’intervention de chercheurs s’intéressant à une étude plus anthropologique. Leur idée commune est de chercher à expliquer l’avantage adaptatif de l’orgasme avec des arguments reposant sur la psychologie évolutive humaine et sur les mécanismes de l’écologie. Dans l’ensemble, ils s’inspirent de deux principes : le premier consiste à supposer que l’orgasme pourrait être une adaptation ayant trait à l’évolution spécifique de la race humaine, en particulier dans le domaine de la sexualité. En effet, l’homme a au cours du temps, et ceci justement en commun avec les quelques rares espèces présentant un orgasme féminin, développé un comportement sexuel non reproductif, basé sur la jouissance liée à l’acte sexuel et à l’érotisme et non plus à la reproduction de l’espèce. Le plaisir devient donc une notion fondamentale pour comprendre certains traits du comportement humain, et ceci particulièrement chez la femme, qui ne ressent pas automatiquement de (fort) plaisir lors du coït, au contraire de l’homme. C’est là qu’intervient le second principe, celui de la récompense : la femme va ainsi rechercher l’acte sexuel, non pas forcément pour des raisons reproductives, mais plutôt dans un but de plaisir. Or l’orgasme, c’est précisément le stade ultime de ce plaisir sexuel, et c’est ainsi que la femme va chercher, par l’acte sexuel, à ressentir un orgasme. Celui-ci devient la récompense que celle-ci tire de l’acte reproducteur, qui n’est plus le but en soi. L’idée de cette étude anthropologique est de supposer justement que cette recherche féminine du plaisir sexuel aurait pu être sélectionnée au travers de l’orgasme, conservé pour son intérêt pour la reproduction (puisqu’il incite à l’acte sexuel). Parmi les théories émises, certaines proposent par exemple de considérer que l’orgasme permettrait de sélectionner les partenaires sexuels, ou de favoriser la création d’un lien affectif entre la femme et l’homme, etc.
Remise en cause : l’orgasme a-t-il tout simplement une fonction ?
La controverse va alors franchir un nouveau cap, qui va largement bouleverser le débat et la position des acteurs : en 2005, Elizabeth Lloyd réactualise dans son ouvrage The Case of Female Orgasm une théorie émise pour la première fois par Donald Symons vingt-six ans plus tôt, mais à cette époque largement rejetée par l’opinion scientifique : elle soutient que l’orgasme féminin n’a pas de fonction adaptative d’aucune sorte. Elle critique une par une toutes les théories publiées précédemment plaidant pour un orgasme favorisant la reproduction, et affirme que ce caractère n’existe chez la femme qu’en tant que reliquat de l’orgasme masculin. Le retentissement de l’œuvre de Lloyd est double : il ravive le débat dans la sphère scientifique, où les scientifiques attaqués et leurs soutiens vont venir défendre leurs théories face à Lloyd et ses alliés, et dans le même temps, il contribue notablement à ouvrir la controverse à la sphère publique au travers de ses répercussions médiatiques. La question primordiale n’est plus désormais de trouver la fonction de l’orgasme féminin, mais, grâce ou à cause de Lloyd, de savoir s’il en a une.
Ce qui entretient la controverse
Le débat autour et au sein de cette sous-controverse est largement alimentée par la faiblesse des informations objectives. Toute controverse nait de l’incertitude, de l’absence de connaissance ou de possibilité de réponse objective et impartiale à la question ; et dans la controverse sur l’orgasme féminin… c’est de l’orgasme même que nait l’incertitude. En effet, la définition même du phénomène physiologique que constitue l’orgasme, la compréhension précise de son mécanisme, en soi sa définition donne elle-même lieu à une sous-controverse, sur laquelle il nous a fallu également nous pencher. Faute de définition claire, la réflexion est biaisée car chaque acteur interprète l’orgasme et ses composantes dans son intérêt. D’autre part, même si les études scientifiques sur la sexualité sont nombreuses et riches, celles portant précisément sur l’orgasme féminin et ses caractéristiques évolutives ne sont pas légions. Elles sont très minoritaires en France, et même à l’étranger, où le sujet retient plus l’attention des scientifiques (notamment aux Etats-Unis), les laboratoires étudiant le sujet ne sont pas très nombreux. La recherche sur la question est évidemment influencée par de nombreux facteurs (que nous étudions également dans la suite), mais aussi victime de la difficulté de récolter des informations sur un sujet tel que l’orgasme féminin, à la fois intime et fantasmé, personnel et fortement sociétal. Quoi qu’il en soit, la conséquence en est une absence de données chiffrées de référence, d’études sur de larges séries. Les sondages sont dans ce domaine un outil privilégié, mais l’on sait leurs limites et leurs faiblesses, surtout sur de telles questions. Les expérimentations de laboratoires quant à elles, réalisées sur des femmes interrogées ou testées, sont limitées par la taille de leurs échantillons et influencées par l’orientation des chercheurs les réalisant. Ainsi la faiblesse des informations disponibles alimente le débat scientifique, en mettant à la disposition des acteurs une vaste sélection d’arguments envisageables, leur permettant de diversifier leur position, ce qui participe évidemment à la richesse particulière de cette controverse.
Comment la femme atteint-elle l’orgasme ?
Ou autrement dit, par quels moyens et mécanismes la femme atteint-elle l’orgasme ? Ou bien, peut-on expliquer l’anorgasmie en décelant un mécanisme qui ferait défaut ? Ou encore, n’y a-t-il qu’une seule façon d’atteindre l’orgasme ?
Toutes ces questions sont en fait dérivées de la première. On observe que des femmes (pas toute) ont des orgasmes. L’existence de l’orgasme n’est pas à prouver. Toutefois, sa définition et son processus (comment d’un sentiment d’excitation, la femme atteint le sentiment de jouissance – l’orgasme ?) sont des domaines controversés. Or, il peut arriver qu’un conflit entre deux acteurs ne soit qu’un conflit de définition. Par exemple, la sexologie (ou sexothérapie) différentie dans l’orgasme deux composantes qui sont intimement liées : la composante physiologique et la composante psychologique. Or, il arrive souvent que les études menées par des biologistes évolutionnistes ne s’intéressent qu’à la partie physiologique (que les sexologues appellent « orgaste ») et non à la partie psychologique (c’est le cas par exemple de la théorie du « sperm suck-up » ou de l’ « anti gravité »). Il est donc primordiale pour notre controverse de revenir sur la question des mécanismes menant à l’orgasme et donc in fine de sa définition.
Finalement, nous nous posons trois questions :
Premièrement, devant la controverse autour du point G et entre l’orgasme vaginal et clitoridien, nous nous demandons s’il y a plusieurs types d’orgasmes et si oui quels sont-ils ? Deuxièmement, nous nous demandons de quoi dépend l’orgasme ? Quels sont les paramètres de l’orgasme, qu’est ce qui influence l’apparition ou non de l’orgasme ? Enfin nous nous demandons comment l’orgasme se manifeste. Les types d’orgasmes :
Ce sont l’orgasme clitoridien (qui provient de la stimulation du clitoris) et l’orgasme vaginal (qui provient de la stimulation du vagin). L’existence du point G rentre aussi dans cette partie de la controverse, car un point G situé dans la partie antérieure du vagin (comme certains le prétendent) corroboreraient la thèse de l’orgasme vaginal plus que clitoridien.
Les paramètres de l’orgasme :
Cette sous partie regroupe les deux dernières questions. Elle rassemble en fait toutes les conditions nécessaires pour que les femmes atteignent l’orgasme, mais aussi toutes les conditions non nécessaires qui pourraient cependant favoriser un orgasme. On trouve donc les facteurs physiologiques (comme la lubrification du vagin) aussi bien que les facteurs psychologiques (le sentiment de confiance envers le partenaire). C’est aussi tous les remèdes « miracles » que certains laboratoires essayent de commercialiser pour résoudre l’anorgasmie. Enfin, cette catégorie regroupe aussi les manifestations de l’orgasme : comment l’orgasme agit sur la femme (dans quel état se trouve-t-elle après avoir « orgasmer » ?)
Le lien avec la question du pourquoi :
Savoir comment fonctionne l’orgasme est intimement lié avec la question de la fonction de l’orgasme. D’une part, mieux connaitre l’orgasme est un prélude nécessaire avant de se poser la question de son utilité. En effet, mieux vaut savoir de quoi l’on parle. D’autre part, étudier les conditions dans lesquels se déroulent l’orgasme donne des informations cruciales pour résoudre la question de la fonction orgasmique. Ainsi, si l’on considère que l’orgasme est uniquement clitoridien, alors il ne peut avoir une fonction « reproductive » car une femme peut ressentir l’orgasme sans pénétration (et donc sans fécondation). De même, étudier les manifestations de l’orgasme donne des résultats intéressant : c’est en observant que les femmes ayant un orgasme auraient plus tendance à rester allonger que lorsqu’elles n’en ont pas (ce qui reste contestable), que Desmond Morris a élaboré sa théorie de l’anti-gravité.
Domaine sociétal
Le biais dans la science et de la science
Un pan de notre controverse concerne aussi un aspect sociétal important.
Il est surprenant de constater que la première IRM (imagerie par résonnance médicale) du clitoris a été faite en 2005 alors que celle du pénis plus de dix ans avant. Ce regain d’intérêt relance heureusement le débat. En effet, alors qu’en France, les hommes ont depuis dix ans déjà leurs plaquettes de Viagra, une gynécologue-obstétricienne, Odile Buisson, parvient, avec le soutien du chirurgien reconstructeur Pierre Foldès, à contourner les tabous pour pousser un peu plus loin la connaissance de cet organe du plaisir féminin. Dont on ne sait alors presque rien. La France est particulièrement pudibonde sur le sujet, bien plus encore que la catholique Italie ou la puritaine Amérique. Ce retard fait tache dans un pays développé, dans lequel les femmes revendiquent une place grandissante depuis quarante ans, qui se targue d’avoir fait la révolution sexuelle et met le mot « plaisir » à toutes les sauces. Ainsi, les scientifiques qui s’interrogent à la question, doivent faire face à des blocages pour mener à bien leurs recherches. Blocages culturels – « Cela relève de l’intime » –, « querelles de chapelles – « Le plaisir, c’est dans la tête avant tout » – et réflexes d’hommes aux commandes des hôpitaux universitaires et des laboratoires de recherche. Ces trop rares chercheurs doivent essuyer les railleries de leurs confrères qui estiment que de telles études sont inutiles. On sait pourtant aujourd’hui que les conséquences d’une sexualité insatisfaisante peuvent être désastreuses. D’ailleurs, dès 1972, L’OMS estimait que la santé sexuelle était indispensable à l’épanouissement de l’individu. Mais en France, aucun hôpital ne possède de véritable service de médecine sexuelle féminine qui rassemblerait les spécialistes adéquats pour traiter des dysfonctionnements féminins. Elisabeth Lloyd a, elle également, dû faire face à ce genre de constats lors de ses recherches sur le rôle de l’orgasme féminin en 2005. Elle souligne que certaines hypothèses sont volontairement négligées pour diverses raisons. D’abord, elles remettraient en question trop de théories faisant autorité dans le monde scientifique et ensuite car elles pourraient bien modifier le regard de la science et de la société à l’égard de la sexualité féminine et plus loin concernant la place de la femme dans la société. Le fait que ce champ de recherche était dans l’impasse depuis une dizaine d’années au moment où Lloyd s’y intéresse peut s’expliquer par plusieurs biais. Soit cela renvoie à un biais « adaptationniste », tout trait biologique étant considéré comme une adaptation augmentant le succès reproducteur ; soit cela est dû à un biais androcentriste, considérant que les réponses sexuelles sont les mêmes chez l’homme et la femme ; soit cela renvoie à un biais hétérosexiste et à une tendance à considérer l’être humain comme quelque chose d’unique dans le règne animal, en omettant les connaissances sur l’orgasme féminin chez certaines espèces de singes et notamment lors de relations homosexuelles. Ces constatations ne sont pas sans conséquences, puisque dire à des experts qu’ils sont biaisés n’est pas anodin. La sexualité féminine, contrairement à celle de l’homme, est l’exemple parfait de l’existence de certains tabous de la science qui décide alors de bloquer des avancées scientifiques pourtant nécessaires au niveau social.
Au delà du biais dans la science, notre controverse met aussi en exergue le fait qu’une interprétation scientifique peut être paramétrée, acceptée ou refusée par la société. Par exemple, si un scientifique s’intéressant au cas de l’orgasme féminin et qui, après de nombreuses recherches, déduit qu’il ne sert qu’à favoriser la reproduction, il devrait y réfléchir à deux fois avant de le rendre officiel sans craindre les contestations des féministes. Inversement, si un scientifique explique l’orgasme féminin comme un simple moyen de plaisir alors il sera vite taxé de féministe, et donc très peu pris au sérieux.
Il est ainsi plus aisé de comprendre que la controverse de l’orgasme féminin, à la base scientifique, soit influencée et entretenue par des facteurs extérieurs d’ordre sociétal.
La place de la femme en société
Il est évident qu’une controverse scientifique concernant la sexualité féminine, et la sexualité en générale, ne se limite pas au domaine scientifique pour autant. Il est quasiment possible de lire l’histoire récente des femmes au travers des grands débats d’idées qui nous agitent depuis près de deux siècles sur la nature de leur jouissance, vaginale ou clitoridienne. A la domination de l’orgasme vaginal de la fin du XIXème siècle et du début du suivant, a succédé la dictature du clitoris des combats féministes, marquant l’émancipation sociale et sexuelle des femmes de la seconde moitié du XXème siècle.
Pour comprendre l’enjeu de cette controverse on peut faire une brève analogie avec l’IVG, interruption volontaire de grossesse. Dans les années 1970, une controverse à la fois scientifique, philosophie, éthique et juridique se développe autour de cette technique. La loi Veil de 1975, en légalisant l’IVG, met en quelque sorte fin à la controverse, et libère le corps de la femme de sa fonction de reproduction. Même si le débat n’est pas totalement clos, cette loi a eu des conséquences indiscutables sur le statut de la femme en société. On pourrait alors conceptualiser cette controverse autour de l’orgasme féminin comme l’IVG de notre temps, une sorte d’IVA, l’interruption volontaire d’accouplement. Quel débat cela engage-t-il?
Il est possible, à partir de conclusions scientifiques sur l’orgasme féminin, de concevoir une femme émancipée, autonome jusque dans sa vie sexuelle, lui permettant d’être indépendante et active en société, mais aussi une femme toujours dominée, limitée à une simple fonction de reproduction, limitée aussi à la fonction maternelle qui la prive de vie professionnelle et restreint ses rapports sociaux. Alors, femme sexuellement indépendante, puissante en société, ou femme instrument indispensable de reproduction et d’éducation? Bien sûr, on prend ici le risque de caricaturer en se limitant à deux extrêmes, la femme modèle d’indépendance et la femme, être dominée. En réalité, il s’agit, de montrer brièvement qu’un orgasme comme adaptation évolutive et un orgasme comme preuve du plaisir sexuel pour la femme sont des perceptions du phénomène de l’orgasme féminin qui vont percuter la représentations symboliques de la société avec des intentions diamétralement opposées.
Alors, la controverse pénètre le rapport homme femme, cadre privilégié du développement de la personnalité féminine en société, car définir le statut de la femme, en ce qu’il est dominé ou non, suppose une définition par rapport à quelque chose d’extérieur. En outre, la controverse se réveille au moment où le sexisme, les inégalités homme femme au regard des conditions sociales sont de plus en plus dénoncés. Que ce soit dans le cadre de la santé, de la hiérarchie, de la famille, la perception du plaisir féminin peut directement toucher les perceptions et les mentalités et influencer la condition féminine.
En cela, l’orgasme est un phénomène politique. Si la femme obtient une contrepartie identique à ce qui est traditionnellement du fait de l’homme, c’est-à-dire la puissance de jouir, alors la donne sociale est bouleversée.
Domaine économique
La controverse sur l’orgasme féminin investit également le champ économique.
Son premier point d’attache est celui du financement de la recherche. Aujourd’hui, la recherche coûte cher, et la politique de financement pour l’orgasme féminin est un enjeu de la controverse. Faut-il entreprendre ces recherches? Y a-t-il des objets de recherches plus importants, et alors comment évalue-t-on la nécessité plus ou moins grande de rechercher sur un sujet? Si la controverse n’est encore qu’au stade du commencement, c’est justement car les recherches ne sont pas nombreuses comparées à des objets de recherche qui concentrent plus l’attention des scientifiques et donc de financements. Même si la recherche américaine, avec notamment Elisabeth Lloyd, ou dans le nord de l’Europe, comme au Pays-Bas avec Holsteg, semblent s’approfondir depuis une dizaine d’années, la recherche française est au point mort. Une de nos interlocuteurs, la gynécologue obstétricienne Odile Buisson, a pu mener ces dernières années des recherches indépendantes, et l’intérêt, la polémique qu’a suscité son ouvrage présentant ses conclusion, Qui a peur du point G, ne lui permettent pourtant pas aujourd’hui de les continuer. Cela avait pourtant eu le mérite de dynamiser la controverse. Dans cette optique, le biais scientifique que nous avons évoqué plus haut a des conséquences, mais quoiqu’il arrive, la sexualité d’un individu, d’une femme en l’occurrence, est un enjeu de sa santé physique, et surtout mentale.
A partir de ce moment-là, on peut envisager l’orgasme féminin comme un un phénomène sujet aux soins. Alors que 33% des femmes se disent ne jamais ou très rarement connaître l’orgasme, l’industrie pharmaceutique se trouve propulsée au centre de la controverse. En effet, aujourd’hui, alors que les soins existent pour l’homme, l’anorgasmie, ou les difficultés à atteindre ce type de plaisir, ne suscite pas de recherche en faveur d’un traitement au féminin. Pourtant, de tels médicaments recouvreraient des profits conséquents pour l’industrie pharmaceutique, au vue de l’importance de régler ses dysfonctionnements sexuels pour un individu, et du nombre d’individus concernés. Encore une fois, il faudra comprendre le rôle du financement, cette fois-ci privé, au sein de la recherche en pharmacie, pour comprendre la seconde facette des enjeux économiques que recouvrent la controverse.
Enfin, face à ce peu de recherches et de conclusions scientifique sérieuses, un dernier aspect de marché se dégage. Si les médicaments n’existent pas, si les mystères de l’orgasme féminin ne sont pas percés, alors il est toujours possible de jouer dessus. En effet, l’industrie du sexe, en particulier celle des sextoys, fait office de véritable boule de cristal. Si prédire l’avenir aujourd’hui n’est plus une pratique sérieuse, ce qu’elle a pu être auparavant, en témoigne la célèbre figure de «Madame Irma», traiter de l’autre facteur psychologique qu’est la sexualité est beaucoup plus d’actualité. Ainsi la médicalisation du sexe, terme emprunté à la sexologue Leonore Tiefer, c’est-à-dire le fait de le prendre en charge au sein d’une médecine sans fondement, mais simplement construite sur des fantasmes, symboles et pratiques, constitue également une potentialité de profits importante pour un marché. La croissance de celui des sextoys depuis quelques années est un témoin de cette tendance.
Ainsi, la sexualité féminine est tantôt prise en charge par la recherche, tantôt par une sorte de médicalisation, et non véritable médecine, en restant dans les deux cas un enjeu économique. Elle est un fait de l’être humain en ce qu’elle est naturelle mais aussi culturelle, et par conséquent n’échappe pas aux logiques économiques.
Le Tantra selon Osho (sexualité sacrée)
Le Tantra n’est pas une Religion
« Le Tantra n’est pas une religion, parce que la signification essentielle d’une religion est : pour le divin, contre l’animal. Chaque religion fait donc partie du conflit. Le Tantra n’est pas une technique de combat, elle est une technique de transcendance. Il ne s’agit pas de lutter contre l’animal, ni d’être pour le divin. Le Tantra est contre toute dualité. En fait, il n’est ni pour ni contre. Le Tantra crée tout simplement une troisième force en toi, un troisième centre d’existence, où tu n’es ni animal, ni divin. Ce troisième endroit est pour le Tantra l’advaïta, ce troisième endroit est la non-dualité.
Le Tantra dit que tu n’arriveras pas à l’un en t’attaquant à la dualité. Tu n’arriveras pas dans l’espace de non-dualité si tu choisis un sujet pour lutter contre la dualité. Choisir ne t’amènera pas à l’un – tu n’arriveras que par l’état de témoin-sans-choix.
Pour le Tantra, ceci est fondamental. Et à cause de cela, le Tantra n’a jamais été vraiment compris. Pendant longtemps, très longtemps, le Tantra a souffert à cause de malentendus. Car lorsque le Tantra ne se dit pas contre l’animal, tu commence à sentir que le Tantra est pour l’animal. Et lorsque le Tantra ne se dit pas contre le divin, tu commence à penser que le Tantra est contre le divin.
En effet, le Tantra est pour l’état de témoin-sans-choix. Ne sois pas pour l’animal, ne sois pas pour le divin, et ne crée pas de conflit. Retire-toi, éloigne-toi, crée juste un écart entre toi et la dualité, deviens la troisième force, un témoin, d’où tu observeras l’animal et le divin.
Le Tantra traite des problèmes dont tu ne voudrais pas traiter, car ils sont "dégoûtants". Qui veut parler de sexe ? Tout le monde croit tout savoir. Tu crois tout savoir à cause de ta capacité de reproduction…
Personne ne veut parler du sexe. Le sexe pourtant est le problème de chacun. Personne ne veut parler de l’amour, parce que tout le monde s’imagine être déjà un grand amant. Mais regarde ta vie ! Elle n’est que haine, rien d’autre. Et ce que tu appelles amour n’est rien qu’un relâchement, un petit relâchement, de la haine. Regarde autour de toi, alors tu sauras ce que tu sais sur l’amour.
Les traditions qui sont contre le sexe seront aussi contre le corps. Les traditions qui ne sont pas contre le sexe n’auront qu’une attitude amicale envers le corps. Le Tantra est absolument amical et dit que le corps est sacré, saint. C’est un sacrilège pour le Tantra de condamner le corps. Et c’est absurde pour le Tantra de dire que le corps est impur, ou que le corps est un péché. C’est un enseignement toxique. Le Tantra accepte le corps. Non seulement il l’accepte, mais il dit aussi que le corps est saint, pur et innocent. Tu peux t’en servir, en faire un véhicule, un moyen pour aller au-delà ! Justement, il t’aide à aller au-delà.
Mais tu te perds si tu commences à lutter contre le corps. Si tu commences à lutter contre lui, tu tomberas de plus en plus malade. Et si tu continues ta lutte, tu rateras une opportunité. Lutter est négatif : le Tantra est une transformation positive. Ne lutte pas – ce n’est pas nécessaire. C’est comme si tu te trouves dans une voiture et tu commences à lutter contre elle. Alors, tu ne pourras plus évoluer, parce que tu luttes contre le véhicule – tu dois t’en servir au lieu d’être en conflit avec lui. Par la lutte, tu détruiras le véhicule, et alors il sera de plus en plus difficile de te déplacer.
Le corps est un beau véhicule – très mystérieux, très complexe. Utilise-le, ne lutte pas contre lui. Aide-le. A partir du moment où tu t’opposes à lui, tu t’opposes à toi-même. C’est comme ci quelqu’un veut arriver quelque part, lutte contre ses propres jambes et commence à les amputer. Le Tantra dit : connais le corps et connais ses secrets. Connais ses énergies et connais comment ces énergies se laissent transformer – comment elles peuvent être déplacées et dirigées vers d’autres dimensions.
Prends par exemple le sexe, qui est l’énergie de base dans le corps. Normalement, l’énergie sexuelle n’est utilisée que pour la reproduction. Un corps en crée un autre, et cela se poursuit ainsi. L’utilité biologique de l’énergie sexuelle n’est que pour la reproduction. Mais cette utilisation n’est qu’une de plusieurs possibilités et se trouve encore au niveau le plus bas. Nul besoin de le condamner, mais il s’agit quand même du niveau le plus bas. Mais cette même énergie peut aussi développer d’autres actes créatifs. La reproduction est un acte de base créatif :tu crées quelque chose. C’est pour cela qu’une femme sent un bien-être subtil lorsqu’elle devient mère : elle vient de créer quelque chose…
Le Tantra ne condamne pas. Il ne connaît que des techniques secrètes pour transformer. C’est pour cela que le Tantra mentionne si souvent le corps : c’est une nécessité. On doit assimiler le corps, et tu ne peux commencer que par ta situation actuelle. »
Osho, The Book of Secrets
Le Tantra Accepte Tout
« Le Tantra accepte le tout. Tout ce qui est est accepté de tout cœur. C’est pour cela que le Tantra peut accepter le sexe totalement. Parmi toutes les traditions, seul le Tantra depuis cinq mille ans a accepté le sexe totalement – la seule tradition dans le monde entier. Et pourquoi ? Parce que le sexe est l’endroit où tu te trouves, et chaque déplacement commencera à partir de cet endroit.
Tu te trouves au centre du sexe, ton énergie se trouve au centre du sexe. À partir de cet endroit, il doit évoluer vers le haut, et bien au-delà. Si tu rejettes le centre-même, tu continueras à nourrir l’illusion que tu évolues, mais au fond tu n’évolueras pas. Et tu auras rejeté le seul endroit à partir duquel une évolution est possible. Le Tantra accepte donc le corps, accepte le sexe, accepte le tout. Et le Tantra dit : la sagesse accepte le tout et le transforme ; il n’y a que l’ignorance qui rejette. Il n’y a que l’ignorance qui rejette : la sagesse accepte le tout. Ce n’est que par la sagesse que même le poison se transforme en médicament.
Le corps peut devenir un véhicule pour ce qui est au-delà du corps. Et l’énergie sexuelle peut devenir une force spirituelle.
Osho, The Book of Secrets

Sexualité essentielle ( sexualité sacrée)
Sexualité essentielle et sexualité sacrée
La sexualité est une manifestation naturelle, saine et joyeuse de notre force de vie
Alain Boudet
Dr en Sciences Physiques, Thérapeute psycho-corporel, Enseignant
Résumé: La sexualité est une manifestation naturelle, saine et joyeuse de notre force de vie. Or bien souvent son expression est entravée ou détournée par des sentiments ou des idées reçues tels que honte, culpabilité, interdiction du plaisir, vide affectif, ressentiments et préjugés vis-à-vis du sexe opposé. Nous pouvons évoluer vers une sexualité épanouie en prenant conscience que ces sentiments sont issus de notre passé et peuvent être remplacés par le lâcher-prise, l'humour, l'attention aux sensations présentes, la légèreté et la joie. Vivre une sexualité connectée à notre moi véritable, c'est savourer la pratique sexuelle avec naturel, simplicité, innocence et émerveillement. Des indications pratiques sur les préliminaires, la maitrise de l'éjaculation, la respiration, sont suggérées. Dans une relation durable dans l'amour et la confiance, des phénomènes énergétiques subtils se déclenchent au moment de l'orgasme, favorables à la santé physique et mentale des deux partenaires. Au delà du plaisir réciproque, l'acte sexuel est un chemin d'accès à l'éveil spirituel qui a été reconnu et enseigné chez de nombreux peuples anciens, puis occulté et diabolisé. Nous sommes en train de le redécouvrir.
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Annexes |
La sexualité est omniprésente dans les médias et sur internet et une abondante documentation en livres, journaux et articles est disponible à son sujet. Alors pourquoi vous proposer un article de plus sur la sexualité?
Je vous répondrai: Pourquoi êtes-vous en train de lire cet article sur la sexualité? Pourquoi en avez-vous eu l'envie ou la curiosité, alors qu'il en existe déjà une pléthore? Vous seul le savez, mais je peux supposer que vous aspirez à découvrir de nouvelles facettes de la sexualité, car elle fascine et reste encore mystérieuse. Peut-être n'êtes-vous pas complètement en paix avec elle, nous sommes tellement imprégnés d'interdits, de honte, d'excès, d'abus, de manipulations, de confusion. L'abondance d'informations parfois contradictoires sur ce sujet le rend encore plus confus et ne satisfait pas forcément votre questionnement profond. Il se peut donc que vous éprouviez le besoin de faire le point. Où vous situez-vous dans cette masse de pratiques, de conseils, d'enquêtes et de théories?
Je n'aurais jamais pris le temps de rédiger cette étude approfondie si j'avais eu comme seule intention de répéter ce qui est dit ailleurs sur Internet. J'ai éprouvé le besoin de faire une synthèse critique de tous les aspects fragmentaires sous lesquels on nous présente la sexualité: assouvissement de besoins physiologiques, méthodes pour accéder au plaisir, décalages fréquents des points de vue des hommes et des femmes, et d'autres aspects moins connus sur l'expansion spirituelle pendant l'union sexuelle.
Cette synthèse à vocation éducative ne se limite pas à vous guider pour vivre votre sexualité de façon agréable et satisfaisante. Ce serait déjà excellent, mais nous irons plus loin. Nous toucherons la nature même de notre être. Nous nous interrogerons: Quelle est la place, la fonction de la sexualité pour nous réaliser dans notre aspect le plus magnifique? Comment participe-t-elle au déploiement de tous nos potentiels? Comment nous relie-t-elle à nos profondeurs et à l'univers?
Par ce questionnement, cette étude rejoint mes autres études sur la réalisation de soi, telles que L'enfant intérieur, La spiritualité ou Le pouvoir des émotions. De même que dans ces dernières, j'ai reformulé le langage habituellement employé, réadapté les informations, je les ai synthétisées, parfois ré-interprétées, pour qu'elles deviennent des pistes de réflexion suffisamment compréhensibles par le plus grand nombre. Je les ai voulues consistantes et ancrées dans la vie pour qu'elles ne restent pas des pensées mortes encombrant le mental, mais ouvrent des perspectives exaltantes pour l'épanouissement de toutes et de tous dans un monde que nous réinventons.
"Sexualité", "sexe", qu'est-ce que ces mots vous évoquent?
Pour nous engager dans cette exploration, je vous propose de porter un moment votre attention sur ce qui se passe en vous lorsque nous évoquons lasexualité et le sexe. Observez comment votre tête, votre corps, réagissent. Observez sans aucun jugement, sans chercher à savoir si c'est bien ou si ça devrait être autrement. Observez honnêtement, avec bienveillance envers vous-même. Vos réactions vous indiqueront où vous en êtes, par exemple si vous êtes à l'aise ou non. Il est primordial que vous vous acceptiez tel que vous êtes avec ces réactions, tout en sachant que vous pouvez décider d'évoluer vers une sexualité plus épanouie, si vous le souhaitez bien sûr, en vous laissant guider par ce que nous développons dans ce texte.
Pour vous aider à percevoir vos réactions, voici quelques questions et suggestions:
- A la pensée du sexe et de l'activité sexuelle, éprouvez-vous de la curiosité, de l'envie, de l'excitation, de la joie, de l'indifférence, de la répulsion, du mépris, de la répugnance, de la peur, de l'angoisse? Il est possible que cela vous évoque des expériences malheureuses, honteuses, humiliantes ou traumatisantes.
- Si l'on vous demande de parler de votre sexualité, de vos désirs, d'exprimer votre opinion à ce propos, éprouvez-vous de la gène? Vous réagissez peut-être par le silence, par un rire nerveux ou par une blague qui vous permet d'esquiver.
- Vous sentez-vous serein ou sereine vis à vis de votre sexualité? Ou bien, vous êtes peut-être dans l'un des cas suivants.
- Vous connaissez bien le sujet, vous avez suffisamment lu, mais vous n'êtes pas à l'aise. Il ne suffit pas de savoir, il y a certaines choses à creuser en vous sur votre personnalité et cet article vous donnera des pistes.
- Il y a des aspects de la sexualité que vous connaissez mal et que vous aimeriez explorer.
- Vous estimez que vous avez déjà beaucoup de connaissances intellectuelles et théoriques, mais il vous est difficile de faire le lien entre ces connaissances et votre vécu personnel. Dans ce cas, il serait indiqué que vous puissiez avoir des explications pratiques et vivantes supplémentaires. Cet article vous parle de vous, de ce que vous êtes, non de théorie.
- Vous êtes attiré(e) par la sexualité, mais en même temps, vous avez des difficultés avec le plaisir, quelque chose en vous le repousse.
- Vous avez des difficultés sexuelles avec votre ou vos partenaires et vous vous demandez pourquoi. Cet article vous proposera des pistes de réflexion approfondies et parfois originales.

- Vous avez une pratique sexuelle satisfaisante, mais elle ne correspond pas à ce qu'on voit couramment dans les films. Cela vous rend perplexe, et peut-être même frustré(e). Nous verrons que les films exposent une version déformée de la sexualité, ce sont des clichés.
- Vous craignez que votre comportement sexuel spontané ne convienne pas à votre partenaire, ou ne conviendrait pas à un(e) futur(e) partenaire quel qu'il ou elle soit. Pour être aimé(e) et apprécié(e), vous croyez que vous devrez vous comporter d'une autre façon, selon des modèles qui ne vous plaisent pas forcément, mais qui vous semblent nécessaires: les filles sont comme ceci et réagissent comme ceci, et les garçons comme cela. Nous verrons qu'avoir des idées préconçues sur les uns et les autres et sur la sexualité n'est pas une bonne façon de procéder. Le dialogue entre partenaires est bien plus profitable.
- Vous pressentez que la sexualité est bien plus que l'obtention d'un plaisir à deux, mais vous permet de toucher d'autres aspects profonds et inconnus de votre être et vous aimeriez explorer cette réalité. Nous le ferons.
Dans cet article, nous examinerons la place du plaisir dans la relation sexuelle, ce qui l'entrave et ce qui le favorise. L'acte sexuel est avant tout un acte relationnel et à ce titre, il est porteur de toutes les difficultés et de toutes les joies que l'on rencontre dans tous les domaines relationnels. Nous montrerons qu'au delà du plaisir, l'acte sexuel est un chemin d'accès à l'éveil spirituel.
Les représentations sociales de la sexualité nous laissent désorientés
Notre comportement sexuel est fortement influencé par ce qui nous a été inconsciemment suggéré par notre environnement depuis notre enfance: parents, frères et s?urs, copains, copines, enseignants, journaux, films, télé, radio, images publicitaires, et plus récemment internet. Même si l'attitude de nos parents a été de ne pas vouloir aborder le sujet, ils nous ont de toute façon transmis une attitude vis-à-vis du sexe par leur positionnement.
Nous sommes globalement conditionnés à adopter des comportements conventionnels par les représentations sexuelles que notre société véhicule: images de la femme, de l'homme, de la séduction et de la sexualité. Malgré des variantes personnelles, nous sommes imprégnés de ces valeurs et de ces clichés. Hélas, ils ne nous mènent pas souvent vers le meilleur de nous-mêmes. Ils sont essentiellement orientés vers la création de besoins artificiels qui nous incitent à acheter et à consommer, à moins qu'ils n'aient comme but de nous distraire superficiellement, de nous détourner de nous-mêmes pour nous empêcher de découvrir qui nous sommes vraiment.
Avant les années 60, la sexualité était tabou. Il était malvenu d'en parler librement autour de soi ou dans les médias. Depuis la situation a changé. Certains et certaines ont osé parler librement, revendiquer leur droit au plaisir. Les femmes ont rejeté la contrainte de "devoir conjugal" qu'on leur imposait, ont exprimé leurs sensations, leurs désirs et leur plaisir sexuel dans leur spécificité féminine. On a découvert que les carcans religieux et patriarcaux auxquels on s'efforçait d'obéir avec peine, drame et souffrance, bridaient l'épanouissement sexuel et étaient fondés sur un pouvoir abusif. Les m?urs se sont décomplexées et les gens se sont détendus. Il y a eu une évolution positive vers lareconnaissance du fait que la sexualité est partie intégrante, essentielle et épanouissante de nous-mêmes.
Mais comme le balancier était allé trop loin du côté de l'interdit, il est revenu en force du côté de la licence. Compte tenu de la répression antérieure, c'était inévitable. La licence s'est alors manifestée comme un défoulement excessif, au point que la sexualité est devenue une nouvelle obsession. Attention, je ne suis pas en train de suggérer une morale à suivre, loin de là. Chacun se cherche selon sa propre voie. J'incite simplement à découvrir la voie d'une sexualité qui nous procure un sentiment d'enrichissement et de plénitude, ce qui n'est généralement pas le cas de la sexualité obsessionnelle et défoulante.
La rencontre sexuelle ne bénéficie pas de références saines
Dans cette recherche, nous sommes peu aidés par les modèles de comportement représentés dans les médias.
On aurait pu croire que la "libération" de la sexualité irait de pair avec la créativité [dans la pratique sexuelle]. Or ce dont se plaignent les gens - et plus particulièrement les femmes - c'est de la standardisation des comportements sexuels. La raison en est que les pratiquants agissent "comme dans les films"; ils appliquent ce qu'ils ont vu sur les écrans... Il faut dire que le X constitue le seul "enseignement "dispensé; il n'existe en effet aucun film d'érotisme, c'est-à-dire une ?uvre où la sexualité aurait un sens et une esthétique, qui porterait à élever les consciences. (Dr. Leleu, Sexualité, la voie sacrée)
Bien que la sexualité soit omniprésente dans l'industrie du divertissement (télé, cinéma, spectacles, internet), on y montre principalement des attitudes qui ne fonctionnent pas dans la vie réelle: par exemple la femme dit oui tout de suite, comme si elle n'attendait que ça et elle jouit immédiatement. Le phénomène internet a multiplié et facilité l'accès à d'innombrables scènes pornographiques dans lesquelles les personnes sont représentées comme avides de sexe en tout genre. Les femmes y sont traitées de salopes et de chiennes comme si elles aimaient être insultées. C'est dramatique pour les adolescents dont ce canal constitue l'entrée en matière de sexualité. Ils n'ont pas de références saines, c'est-à-dire respectueuses des personnes. C'est ainsi qu'à l'extrême (comme nous l'a montré une actualité récente), ils arrivent à croire qu'organiser une "tournante" est chose normale (une fille subit le viol de plusieurs garçons successivement).

Des milliers de pages exposant des vidéos amateurs de scènes érotiques sont accessibles gratuitement sur internet.
Une surprenante caractéristique des m?urs sexuelles est un retour au machisme ou son exacerbation. Mépris et domination de la femme se traduisent par des propos et des attitudes dégradants, agressifs et violents envers elle; le comble de l'avilissement étant les "tournantes". Cette dégradation des relations entre la femme et l'homme peut être mise sur le compte du modèle d'information sexuelle dont disposent les jeunes: des films pornographiques où la femme est présentée comme une poupée jouissante soumise à l'homme ou comme "une chienne qui ne pense qu'à ça". Ce qui renforce la peur qu'ont les hommes de l'émancipation de la femme et, par contrecoup, leur désir de la soumettre... (Dr. Leleu, Sexualité, la voie sacrée)
Toutefois, au fond d'eux, les gens sentent bien que quelque chose ne va pas et que cela ne correspond pas à leur nature, mais ils ne savent pas pourquoi et comment. Ils sont donc désorientés face au sexe, tout spécialement les adolescents.
[Les adolescents] ne savent plus ce qui est à faire ou à ne pas faire. Ils ont perdu la hiérarchie des désirs et des demandes... Ils ne savent pas ce qui est ou non compatible avec la dignité humaine. (Dr Leleu, Sexualité, la voie sacrée)
L'éducation sexuelle
Il est donc urgent qu'une véritable éducation sexuelle soit mise à la disposition de tous, en commençant par l'école. Les quelques cours scolaires sur ce sujet n'abordent que la physiologie et la biologie. Ils ne sont pas un apprentissage sur soi-même et sur l'autre. L'école faillit lamentablement à dispenser une véritable éducation qui inclurait la connaissance et la maitrise de nos émotions et des relations avec les autres. Elle préfère, à quelques nuances près, bourrer notre crâne de savoirs intellectuels que l'on devra apprendre par c?ur et ressortir le jour de l'examen (rien ne change malgré de nombreux rapports et expériences positives à ce sujet depuis les années 50 - voir le dossier Éducation).
Nos enfants, nos adolescents, et par conséquent nous-mêmes qui l'avons été, nous manquons terriblement d'un apprentissage sur l'épanouissement de l'être et de sa sexualité. Il n'existe pas d'enseignement sexuel orienté vers la réalisation de soi et la plénitude (voir des développements dans l'article L'éducation sexuelle).
Notons toutefois que des exceptions peuvent être trouvées dans des initiatives privées, telles que le site web Éducation sexuelle, ou encore la publication de très bons livres éducatifs (certains sont indiqués en fin d'article). Ils ont l'immense mérite d'inciter au respect et à l'amour de l'autre. Ils mettent l'accent sur l'écoute de soi et de son partenaire, la fantaisie, l'agrément, le détachement du souci de la performance. Cependant ils restent peu diffusés, particulièrement chez les adolescents qui préfèrent l'internet et la radio.
De plus, il est rare de les voir aborder le sujet du sens de l'acte sexuel: car l'acte sexuel est bien plus que se donner du plaisir réciproque, c'est réunifier en soi ses énergies masculines et féminines, c'est se découvrir dans toutes ses dimensions en connexion avec sa nature profonde.
La sexualité comme défoulement émotionnel

Les adolescents représentés dans la série de photographies de Larry Clark ne semblent pas heureux et cherchent des échappatoires dans la sexualité et la drogue.
Pour certains d'entre nous, la vie semble n'avoir aucun sens. Le monde environnant est froid, dur et impitoyable. Nous avons été conditionnés à l'idée qu'il faut lutter pour obtenir de la considération et de quoi subsister. Chacun se trouve donc seul face à lui-même. Ceux qui abordent le monde avec ce regard sont tentés de s'engouffrer dans la sexualité comme dans un refuge contre la solitude et le désarroi, dans l'espoir d'y trouver une niche de chaleur humaine.
D'autres vivent leur quotidien coincés par des charges et des devoirs plus ou moins stressants, plus ou moins désagréables ou épuisants. Ils voient le temps défiler sans profiter de la vie. L'orgasme constitue une exception, une parenthèse: ils sentent un courant de vie intense couler dans leur corps. C'est comme un rappel que la vie existe.
D'autres encore se sentent seul(e)s et en manque affectif. La rencontre sexuelle occasionnelle leur donne l'impression fugitive plus ou moins consciente de combler leur vide affectif. Ces moments ne sont que des bouffées d'air qui permettent de supporter le reste. Ils ne règlent rien sur le fond.
En prêtant attention à notre ressenti après l'acte sexuel, il est facile de nous rendre compte si la rencontre sexuelle n'est qu'une compensation, un pis-aller, une illusion destinée à occulter un besoin plus profond ou si elle résulte d'une attirance amoureuse et d'un échange authentique. L'acte sexuel accompli dans le cadre d'une relation d'amour véritable crée un sentiment d'assouvissement, de plénitude, de sérénité et de bonheur. On en ressort grandi et dilaté.
Au contraire, dans le cas d'une compensation illusoire, une fois l'orgasme passé on est à nouveau seul face à soi-même, et face à l'autre qui n'a été qu'un complice passager. L'acte n'a pas étanché la soif de vivre. Il en reste un sentiment de manque, de tristesse, de nostalgie, de vide. Alors, on en redemande pour retrouver cette brève sensation de vie. La sexualité est utilisée comme une drogue pour fuir son malaise (voir Drogues et développement spirituel). Elle se transforme peu à peu en une addiction et une obsession.
ATTENTION: Pour éviter les fausses interprétations et bien faire comprendre l'intention de cet article, il est important de préciser que je ne décris pas une sexualité que je taxerais d'inadéquate ou même mauvaise, pour la remplacer par une bonne sexualité qui serait considérée comme un modèle à atteindre. Ici, il ne s'agit ni de modèle, ni de morale. Mon intention est d'attirer l'attention sur notre état d'âme, de vérifier si nos actions sont en accord avec nous-mêmes ou si elles obéissent à des codes de conduite qu'on se croit obligé de suivre. J'invite à faire connaissance avec les ressources dont nous disposons pour se sentir mieux.Je suggère que chacun trouve lui-même ce qui lui convient et choisisse ce qui est le meilleur pour son épanouissement.
Satisfaire le besoin de sexe
Certaines rencontres sexuelles, habituellement de la part des hommes, n'ont d'autre but que de trouver une partenaire pour satisfaire leurs pulsions. Dans ce cas, la femme est considérée comme un objet dont il faut tirer le maximum de jouissance, sans qu'il soit nécessaire d'éprouver un sentiment envers elle. Ce vide affectif est déploré par les femmes, y compris les adolescentes. "Les garçons ne pensent qu'à baiser!" déplore l'une d'entre elles; une autre s'indigne: "A notre premier rendez-vous, il ne m'a même pas embrassée, il a voulu qu'on le fasse par derrière tout de suite."(Dr Leleu, Sexualité, la voie sacrée)
Les hommes justifient parfois ces comportements par des prétextes erronés. Ils croient que le sexe fonctionne de cette manière, car ils l'ont vu dans les films. Ils se font leur cinéma intérieur et se disent que si la femme dit non, c'est qu'elle veut dire oui, parce qu'elle aime qu'on aille la chercher de force (la femme peut parfois être confuse à ce sujet, à cause d'un fort besoin d'être aimée). Ce sont des idées toutes faites et sans fondement sur ce que l'autre aime et pense. On peut remarquer qu'une telle attitude néglige l'écoute de l'autre, le dialogue, la communication vraie.
Il n'est pas dans mon intention de juger de tels comportements, mais de vous inviter à vous demander s'ils vous satisfont. Vous laissent-ils un sentiment de frustration et de tristesse, ou de contentement et de plénitude? Si les deux partenaires y trouvent contentement et plaisir, alors cela indique qu'ils vivent ce qui est juste pour eux d'expérimenter.
Évacuer les tensions
Les hommes mettent souvent leurs envies impérieuses de sexualité sur le compte de leur instinct sexuel et de leurs besoins physiologiques. C'est une réponse trop facile et trop superficielle qui fait l'impasse de leur ressenti profond. S'ils y prêtent attention, sans écarter l'influence de l'instinct, ils pourront détecter d'autres influences dominantes issues de leur personnalité. Il s'agit souvent du besoin de défouler des tensions vives, autrement dit de se lâcher. Leur corps est tendu par le contrôle de soi (voir Psychologie biodynamique). On les a éduqués à être toujours à la hauteur, être forts, ne pas faillir. En conséquence, ils ont appris à se contrôler, à ne pas exprimer leurs émotions et leurs doutes. Leur corps en porte l'empreinte.
Le trop-plein de tensions peut être évacué par différents moyens, mais les hommes ont peu d'occasions de se relâcher. Ils le font au travers des conflits et des accès de colère, ou dans les sports où ils dépassent leurs limites. Dans les sports de l'extrême, ils vont au bout de leurs tensions pour lâcher et sentir enfin de fortes pulsions de vie. Un autre moyen de les ressentir est l'orgasme.
L'orgasme est pratiquement le seul moment de leur vie quotidienne où ils font l'expérience du lâcher-prise complet. Ils s'y abandonnent un bref instant avec délice, sans que cela aille à l'encontre de leur image de mâle. Ils peuvent alors sentir les forces de vie couler dans leur corps comme la sève de l'arbre.
Honte et estime de soi
À l'inverse du sexe débridé, de nombreuses personnes sont réticentes à vivre leur sexualité. Certaines personnes ne sont pas du tout attirées par la sexualité et trouvent un équilibre sans sexualité. Pour celles-là, tout va bien. Mais pour les autres, il s'agit de blocages dus à une éducation enfermante ou à des troubles et abus vécus dans le passé. Leurs pulsions de vie leur attirent vers la sexualité, mais elle est repoussée parce qu'elle leur fait peur. Elles s'aventurent toutefois dans la sexualité pour "faire comme tout le monde". Mais elles la vivent avec retenue, habitées par leurs doutes, leurs réserves et leurs appréhensions.
À beaucoup, on a inculqué l'idée que la sexualité est défavorable à notre épanouissement, qu'elle est dégradante et risque de nous entrainer dans une spirale descendante; que se livrer à la sexualité, c'est entrer dans le vice, ressembler à une prostituée, donner de soi une image honteuse et une mauvaise réputation.
Cette honte a été inculquée par des siècles de diabolisation de la sexualité par les institutions religieuses, associée à la diabolisation du corps, des sensations de plaisir, de la femme et des énergies féminines. Même si par la pensée nous comprenons que la sexualité est l'expression normale de l'énergie de vie comme la nature nous en offre l'exemple, il reste au fond de nous une sorte de crispation, un réflexe de quelque chose de mal, de honteux, de coupable qui nous conduit à la destruction et la perdition. Le corps conserve inscrit en lui ces injonctions. Une observation honnête et rigoureuse de ces résurgences, associée à une bienveillance tendre envers soi aidera à les dissoudre (voir L'enfant intérieur).
D'autres ont honte de l'image de leur corps intégralement nu. Se montrer dans son intimité la plus complète n'est pas forcément facile. Il se peut que vous craignez de ne pas correspondre à l'image que vous aimeriez donner, par peur de ne pas être suffisamment attirant(e). Vous doutez de vous, de vos proportions, de vos rondeurs, de vos seins, de l'aspect de vos parties génitales. On vous a peut-être inculqué la pensée que les organes génitaux sont quelque chose d'inférieur, de laid. Voir vos parties génitales et celles de l'autre en détail peut susciter de la gène, du dégout, ou une curiosité que vous jugez malsaine. En clair, vous ne vous aimez pas tel(le) que vous êtes et vous avez peur du jugement de l'autre (voir Se mettre à nu). Comment pourriez-vous vous adonner à la rencontre sexuelle dans la joie et la confiance si vous ne vous aimez pas vous-même?
D'autres formes de honte nous encombrent. C'est par exemple la comparaison avec les autres. Je n'ai pas envie de sexualité alors que tout le monde autour de moi ne parle que de ça et semble l'apprécier au plus haut point. Je suis anormal(e). Je ne correspond pas à ce que décrivent les films et les copains. A mon âge, je suis encore vierge, et j'en conçois une mauvaise estime de moi, une honte de moi. Non, vous n'êtes pas anormal(e) ni déméritant(e). Bien au contraire, vous pouvez vous féliciter de suivre votre chemin personnel, vous osez être fidèle à vous, vous avez le courage d'écouter et suivre votre voix intérieure plutôt que les sirènes extérieures. Soyez-en fier(e).
Une autre source de honte et de sous-estime de soi est l'absence de plaisir: J'ai fait l'amour pour faire comme tout le monde, mais je n'en ai pas éprouvé de plaisir. Cela fait déjà des années que je fais l'amour et je n'ai pas encore connu le plaisir. Puisque tout le monde a du plaisir, c'est que je suis nulle. Bien entendu ce type de raisonnement est faux. Le plaisir n'a rien à voir avec vos performances ou vos mérites. Il découle du type de relation que vous avez, c'est une alchimie à deux. Il est très influencé aussi par l'idée qu'on s'en fait. Peut-être même ne le ressentez-vous pas parce que vous l'attendez sous une autre forme, par exemple explosive alors que le vôtre est doux et léger.
J'ai discuté avec un nombre incalculable de femmes qui pensaient ne jamais pouvoir jouir, alors qu'elles connaissaient régulièrement et facilement l'orgasme. D'autres ont appris à connaitre leur corps et ce qu'il aime, ce qui implique de respecter son rythme. Avoir un orgasme peut devenir très simple: il suffit d'apprivoiser son corps, de se détendre, de découvrir ce qui vous excite, et comment. Si vous souffrez de problèmes personnels ou émotionnels qui semblent interférer avec le plaisir sexuel, alors il serait bon d'y travailler en parallèle. (L. L. Paget, L'orgasme sans tabou)
Le manque de plaisir peut résulter d'une interdiction inconsciente. J'ai du plaisir, mais je n'ai pas le droit, c'est indécent et inconvenant. Dans ce cas le plaisir est stoppé dès qu'il pointe son nez. Là encore, ces injonctions sont issues d'une éducation de la peur qui se transmet de génération en génération.
D'autres sont à l'aise avec la sexualité, éprouvent du plaisir, l'apprécient, mais refusent certaines pratiques courantes parce qu'elles les dégoutent. Par exemple, le sexe oral. Moi, une femme convenable, vais-je m'abaisser à lécher le sexe d'un homme, être léchée par lui? De même pour le plaisir en solitaire. On vous a dit que la masturbation était non seulement répréhensible, mais nocive à la santé physique et mentale. Tout cela est le résultat de la diabolisation de la sexualité.
La honte et la sous-estime de soi sont des poisons qui sabotent votre vitalité et vous détournent de la joie de vivre. Une façon de vous en libérer est d'abord de reconnaitre qu'ils sont actifs en vous. Il est bon que vous puissiez en parler, si possible avec votre partenaire. Échangez librement chacun à votre tour sans interrompre l'autre sauf peut-être pour lui demander des précisions. C'est une excellente pratique pour approfondir votre relation et intensifier votre amour. Parler de vos difficultés, de vos peurs, de vos désirs.
Respectez-vous. Accueillez-vous tel que vous êtes: avec vos désirs, vos peurs, vos limites, vos résistances. Ne vous forcez jamais à pratiquer quelque chose qui vous déplait, même si vous pensez que vous devriez dépasser votre résistance. Ne vous jugez pas.
Les ombres de la personnalité embrouillent notre sexualité
L'exemple précédent de la honte nous a familiarisés avec le fait que certains traits négatifs inscrits dans notre inconscient viennent s'interposer de façon inattendue et intempestive dans notre vision et notre pratique de la sexualité. La relation sexuelle peut mettre à jour des accumulations émotionnelles et des préjugés qui l'empêchent de se développer librement, obscurcissant sa fonction originelle. Par exemple on peut rencontrer: perte de sens, incapacité à s'abandonner, culpabilité, interdiction du plaisir, peur de déplaire, jugements négatifs sur le corps et la sexualité, et d'autres que nous décrivons ici.
La peur d'être soumis à la femme
Merci à Laetitia Tixier
La plupart des hommes portent les stigmates de leur relation avec leur mère. S'ils ont eu la chance d'avoir une mère qui leur a accordé toute sa confiance, si elle a reconnu en eux une graine de vie qu'elle a arrosée et laissé croitre selon sa nature, ils ont été magnifiquement préparé à une vie et une sexualité épanouies. Mais si le garçon a été soigneusement surveillé et contenu dans un espace étroit de liberté au nom de sa sécurité, si sa mère désirait le garder pour elle et lui demandait constamment des marques d'attention, ou si elle le modelait selon la vision qu'elle avait d'un homme, alors la mère est devenue une menace pour le garçon qui, devenu adulte, aura probablement des craintes inconscientes de s'abandonner vraiment à une femme dans la relation sexuelle.
S'abandonner à la femme résonne pour lui comme se soumettre au féminin. Il ne peut le faire que jusqu'à un certain degré et conserve une vigilance et un réflexe de contrôle. Mais il a toujours le pouvoir d'en prendre conscience et de décider de le transformer, avec l'aide de sa partenaire.
Beaucoup d'hommes ont peur d'être engloutis par la puissance de la femme. C'est une peur ancestrale, qui est transmise à l'homme depuis des siècles dans la société occidentale. C'est cette peur qui a entrainé les hommes à reléguer la femme au second rang, à la minimiser, voire l'humilier et la détruire. De ce fait, le féminin qui à l'origine s'offre généreusement, s'est recroquevillé en quelque chose de protégé, de secret, de mystérieux, qu'on ne peut plus voir en face, en toute transparence. Ce côté sombre et inconnu lui donne un aspect encore plus menaçant et ne fait que renforcer la peur.
L'aspect sombre et mystérieux du féminin qui se protège a généré certains fantasmes angoissants pour l'homme qui se représente la femme comme une castratrice, une mangeuse d'hommes. Il révèle ainsi qu'au fond de lui, il reconnait qu'elle peut exercer un pouvoir sur lui et le soumettre à ses désirs, même s'il affiche le contraire extérieurement. Sur le plan du fantasme sexuel, le vagin avale le pénis et le maintient sous son pouvoir. Il existe une imagerie dans laquelle le vagin est pourvu de dents. Le Vagina dentata apparait dans les mythes de presque toutes les cultures quelle que soit la religion dominante. Encore récemment (2008), le filmTeeth de Mitchell Lichtenstein met en scène un jeune fille qui découvre que son vagin mord quiconque souhaite en abuser.
Le ressentiment envers l'homme
La femme peut avoir de nombreuses raisons d'en vouloir à l'homme. Elle porte les stigmates de la relation avec son père, qui peut lui avoir manqué d'amour (froideur, absence, autoritarisme, séduction, humiliation, violence, ou à l'inverse héros ou sauveur irremplaçable...). Elle est aussi marquée par des siècles dedomination masculine où elle a été rabaissée et violentée.
Nombreuses sont les femmes qui ont subi des abus sexuels sous une forme ou une autre, parfois seulement en intention, mais nettement ressentie comme une intrusion. Les cas les plus fréquents se produisent avec des proches de la famille ou des connaissances, mêlés à des sentiments ambigus et coupables si une certaine amitié ou estime a pu se développer antérieurement avec l'abuseur. Un grand nombre de ces femmes se sentent salies et éprouvent de la honte. Ces épisodes sont inscrits en elles comme une terreur de l'homme, ou une trahison, avec parfois un désir de vengeance inconsciente. Très souvent, la femme oublie cet épisode d'abus, car il était trop douloureux de le supporter. Son esprit s'en est protégé en l'oubliant.
A l'occasion de l'union sexuelle, ces sentiments négatifs peuvent ressurgir sous une forme détournée. Par exemple par le manque de désir ou par des dérèglements organiques comme la vaginite.
Le manque de désir résulte parfois de mécontentements dans la vie de couple. Un exemple: la femme est déçue par son conjoint parce qu'il est souvent absent de la maison. Le manque de désir est sa punition inconsciente envers l'homme.
Les jeux de manipulation et de séduction
Une femme peut accepter de faire l'amour avec son partenaire, même si elle n'en pas envie, par peur de ne plus être aimée si elle refuse. Elle espère donc qu'en échange son partenaire lui sera reconnaissant et lui procurera sécurité et amour. Si, malgré son peu d'enthousiasme, elle accepte en riant, sur un mode ludique et aimant, cela ne crée aucune gène. Où la difficulté nait, c'est si elle accepte contre son gré, avec amertume. Quant à l'homme, il joue un jeu comparable s'il réagit avec colère ou amertume au refus de sa partenaire. L'amertume va ronger le couple.
Généralement, nous sommes conditionnés depuis l'enfance à ne recevoir des gratifications et de l'attention de la part de nos parents que si nous satisfaisons à leurs exigences. Par exemple, si nous leur sourions, si nous sommes sages, silencieux et immobiles, si nous avons de bonnes notes scolaires. Cela s'appelle de l'amour conditionnel, parce qu'on reçoit l'amour sous condition, ce qui à vrai dire n'a rien de l'amour. C'est un marché, un commerce: tu me donnes ton attention, même si tu n'en as pas envie, et alors je te gratifie aussi de mon attention ou d'un cadeau.
Adultes, nous fonctionnons encore beaucoup à notre insu selon ce marchandage, par conditionnement. Nous acceptons de faire des choses parce que nous pensons que nous en serons gratifiés par de l'argent, de la considération ou par l'estime des autres. Il se peut que la relation sexuelle intervienne aussi dans ces transactions. En acceptant de nous comporter en désaccord avec notre nature profonde ou notre être intérieur, nous ne sommes plus vrais, nous nous trahissons nous-mêmes et nous trompons l'autre. C'est au fond une manipulation subtile et inaperçue.
Manipuler, c'est man?uvrer pour amener l'autre à agir selon notre souhait, par exemple par la séduction, en le "prenant par les sentiments", par la menace (de ne pas accéder aux désirs de l'autre, etc.). Nous le faisons presque instinctivement sans nous en rendre compte, par conditionnement.
Il n'y a pas lieu de nous culpabiliser si nous découvrons que nous avons employé une dose de manipulation. Il suffit juste de repérer le jeu, de le reconnaitre, d'en parler à l'autre et d'en rire.
Hommes et Femmes (spiritualité)
Hommes - femmes
Le bonheur de s'écouter et se comprendre
Réaliser l'union du féminin et du masculin en soi
Alain Boudet
Dr en Sciences Physiques, Thérapeute psycho-corporel, Enseignant
Résumé: Les relations de couple sont souvent dénaturées par des conflits, des difficultés de communication et des différences d'opinion. Ces comportements sont-ils génétiquement programmés? Non. Ils sont le résultat d'une éducation enfermante et d'une ignorance de notre nature profonde. Une observation authentique et honnête de soi nous révèle que chaque homme et chaque femme possède aussi bien les qualités masculines que féminines, qui demandent à être reconnues, acceptées et développées. C'est en faisant la paix intérieure entre notre masculin et notre féminin que nous pouvons établir des relations harmonieuses, d'abord avec soi-même et ensuite avec les autres. C'est alors que la vie de couple, et la Vie elle-même, nous offrent le meilleur.
Contenu de l'article
- Le couple ordinaire: occupe-toi de moi
- Une communication difficile
- Les femmes et l'émotion
- Émotion et vulnérabilité
- Les hommes et la compétence
- Technique et sensorialité
- Les différences de comportement sont imprimées par l'éducation
- Masculin et féminin
- Les hommes et le développement personnel
- La femme et la gentillesse
- Le champ énergétique de la femme
- Unifier le masculin et le féminin en soi
- Communication et authenticité
- Le couple essentiel
- En savoir plus
Daniel assume de grandes responsabilités dans une entreprise de haut niveau technologique et anime une équipe d'une dizaine de personnes. Il se sent responsable du succès commercial des projets et consacre beaucoup de temps à ce travail qui le passionne. En conséquence, il rentre tard le soir à la maison où l'accueille son épouse Marina. Mais, fatigué, il ne peut répondre à sa demande d'attention et préfère se délasser devant un match à la télé. Marina, frustrée de ce manque d'attention, est souvent furieuse et le critique vertement de son égoïsme. Alors, il se sent incompris et se referme dans son mutisme. Marina se sent délaissée et abandonnée. Elle craque.
Ce genre de scène est fréquent. Il illustre la difficulté fréquente dans les couples à se comprendre et à trouver son équilibre individuel à deux. Peut-on changer cet état conflictuel? Est-ce au prix d'un renoncement ou d'un sacrifice? Par exemple Daniel doit-il renoncer au bonheur que lui procure son travail, ou Marina faire une croix définitive sur l'espoir de voir son mari plus longtemps?
Dans cet article, je montre qu'il est effectivement possible de changer la situation, non par sacrifice, mais au contraire en donnant l'occasion à chacun de s'épanouir dans ce qu'il est vraiment. La démarche consiste à prendre conscience de la nature des incompréhensions qui génèrent ces conflits, àapprendre à s'écouter mutuellement et à communiquer réellement. La clé essentielle de cette communication est d'exprimer ses émotions et ses pensées de façon authentique et sans culpabilité. On peut alors bâtir un couple sur de nouvelles valeurs.
Le couple ordinaire: occupe-toi de moi
Qu'est-ce qui pousse un homme et une femme à vivre ensemble? Il y a souvent le besoin de se conformer à un modèle de vie, celui que la famille ou le clan attendent de nous, et dont nous sentons la pression du jugement. Ou bien il y a une véritable attirance. Mais quelle est vraiment la nature de cette attirance? Avez-vous vraimentréfléchi à cela?
L'attirance sexuelle "physiologique" est une réponse toute faite et trop facile qui évite de s'observer réellement. Elle explique peut-être pourquoi on a envie de se rencontrer ponctuellement pour faire l'amour, comme les animaux, mais pas pourquoi on vit à 2. On peut aussi avancer d'autres explications immédiates: partager mes émotions, donner mon amour, me sentir protégé, avoir quelqu'un sur qui compter, recevoir l'attention, être écouté et encouragé, etc. Mais que recouvrent vraiment ces mots?
La plupart de ces motifs expriment un besoin qui doit être comblé par l'autre: besoin d'attention, de compréhension, de reconnaissance, de sécurité, de soutien. Le couple humain ordinaire est l'association de deux personnes qui espèrent trouver des avantages à cette communauté en pensant que l'autre va répondre à ses demandes conscientes ou inconscientes. Nous sommes attirés par l'autre parce que nous pressentons qu'il pourrait nous apporter ce qui nous manque, et soulager notre manque. Ainsi, dans la scène précédente, Marina et Daniel transpirent leur besoin d'être mutuellement soutenus, écoutés, valorisés, mais ils ne l'ont ni reconnu ni exprimé.
Or l'expérience montre qu'un couple ne peut pas fonctionner durablement sur la base du besoin mutuel. Non seulement nous attendons que l'autre réponde à nos demandes, mais nous nous soumettons aussi pour satisfaire les demandes de l'autre même si cela ne nous convient pas. Au bout d'un certain temps, nous nous sentons frustrés et déçus car notre attente n'est pas satisfaite. Alors, il se peut qu'en nous s'installent progressivement le ressentiment et la souffrance, et peut-être la haine. La frustration et la culpabilité sont inéluctables, car notre partenaire ne peut pas répondre à toutes nos attentes et tous nos désirs, de même que nous ne pouvons pas répondre aux siens. C'est impossible.
Par exemple, une femme peut accepter de faire l'amour avec son mari pour lui faire plaisir, même si elle n'en a pas du tout envie. Dans ce cas, elle considère que faire l'amour est le prix à payer pour recevoir l'attention de son mari. Sa raison profonde est sa peur de ne pas recevoir l'attention et la tendresse dont elle a besoin, si elle n'accepte pas. Mais cela lui laisse un gout amer. Elle sent qu'elle n'a pas été honnête avec elle-même. Elle a accepté d'être ce qu'elle n'était pas. Prendre conscience, pour l'homme et pour la femme, de ces jeux de commerce sentimental et énergétique, va leur ouvrir des portes vers un autre type de relation.
N'en tirons pas pour autant la conclusion qu'il faut refuser catégoriquement de répondre aux demandes, évidemment. Ce serait opter pour une règle de conduite rigide qui n'est pas appropriée. Changer de type de relation, ce n'est pas adopter l'attitude opposée. C'est sortir du jeu, c'est prendre le temps d'observer ces demandes mutuelles afin de s'en dégager. C'est observer avec précision et rigueur toutes les peurs et les croyances qui les sous-tendent: peur de manquer, d'être abandonné, etc.
L'alternative à des relations basées sur le besoin et la demande à l'autre est-elle de devenir affectivement indépendant? Une croyance fréquente est d'imaginer que si j'arrive à ne plus être dans le besoin affectif et le manque vis-à-vis de l'autre, je ne vais plus l'aimer et je risque de me retrouver seul et sans amour. Ou inversement: si l'autre n'a plus un besoin addictif que je réponde à ses demandes, il va s'en aller. A cause de cette croyance, je tâche de me rendre indispensable pour qu'il m'aime. Cette vision revient à considérer l'amour comme un attachement, une dépendance.
Il est vrai que nous ne pouvons pas être indépendant de l'amour. Nous avons besoin de soleil, de lumière, de nourriture et d'amour. Alors, la question est:
Si je cesse de demander de l'amour à l'autre, comment puis-je le recevoir?
Ceci est un grand mystère, mais c'est la clé du bonheur et c'est ce qui va nous permettre de construire le couple harmonieux et aimant. Paradoxalement, c'est lorsque nous cessons de vouloir obtenir que nous recevons le plus. Ce n'est pas en réclamant à l'autre et en me plaignant que j'obtiendrai son amour. C'est lorsque j'abandonne mes exigences et que je donne de l'amour.
Mais pour donner aux autres, il faut au préalable que je donne à moi-même. Si je manque d'amour, c'est d'abord parce que je ne m'accorde pas assez d'amour. Comme je n'en reçois pas de moi-même, je le demande à l'autre. Autrement dit, il ne s'agit pas de se résigner à ne plus recevoir de l'amour, mais à en donner en commençant par nous-même. Nous serons surpris d'y découvrir une source importante de réconfort et d'énergie.
Se donner de l'amour, c'est d'abord s'accorder une attention bienveillante mais vraie (non complaisante). Par exemple, examiner vraiment nos besoins profonds, les accepter comme tels, et constater ce qui nous rend heureux ou malheureux. (voir les articles Le langage des émotions et Ma vie reflet de ma pensée)
Une communication verbale difficile
Les besoins et demandes mutuelles se manifestent particulièrement dans la communication verbale entre hommes et femmes. Pourquoi les échanges de paroles ne sont-ils pas aisés et fluides? Qu'est-ce qui les entrave? C'est le fait que la communication ne repose pas sur les mêmes désirs ou besoins.
Pour les femmes, les conversations sont intéressantes lorsqu'elles transmettent de l'émotion, telle que complicité, amusement, indignation, émerveillement, compassion. L'information pure est moins recherchée. Les hommes ont tendance à parler de choses, de faits, tels qu'une astuce technique, un moyen pour se procurer un objet, une façon d'améliorer un logiciel; ou bien de prouesses et de résultats, en sport par exemple!
Dans les courriels qui me parviennent en réaction aux articles de ce site, dont certains sont rapportés dans le livre d'or, les commentaires sont très caractéristiques. Les femmes transmettent d'abord leur réaction émotionnelle: combien elles ont apprécié tel aspect, combien elles se sont senties soulagées ou enthousiasmées en lisant tel article, etc. Les hommes, le plus souvent (mais pas toujours, rien n'est systématique) ne mentionnent pas leurs sentiments sauf de façon très brève et pudique, et passent immédiatement à leur véritable demande: un complément d'information. une explication, ou un savoir-faire.
Toutefois, nous sommes amenés à vivre ensemble, en famille, en couple, dans le travail, dans les loisirs, etc. et cette différence d'approche crée des problèmes de compréhension. Dans le couple en particulier, quand une difficulté se présente, elle est surtout d'ordre émotionnel: frustration, déception ou colère envers l'autre. Pour dépasser ces difficultés, il est nécessaire de pouvoir communiquer ses ressentis à l'autre. Ce n'est qu'en exposant une réalité qu'on peut la traiter et la transformer. Mais alors que les femmes exposent volontiers leurs émotions liées au conflit, les hommes y sont réticents. Personne n'est plus fautif que l'autre, car chacun est le produit de son éducation, comme on le verra plus loin, et c'est à deux que l'on peut améliorer cette situation.

Dans son ouvrage L'intelligence émotionnelle, Daniel Goleman rapporte les résultats d'enquêtes psychologiques faites auprès de quelques couples états-uniens.
Alors que les femmes s'efforcent de mettre sur le tapis et de résoudre les problèmes émotionnels, les maris répugnent à s'engager dans des discussions qui promettent d'être vives... En butte aux critiques et au mépris de son épouse, le mari commence à entrer dans le rôle de la victime ou à éprouver de l'indignation. Pour ne pas se laisser submerger, il adopte une attitude toujours plus défensive ou se replie entièrement sur lui-même. Mais souvenons-nous que ce comportement déclenche le processus de submersion chez la femme. C'est l'impasse.
Remarque importante si vous ne vous retrouvez pas dans la description des hommes et des femmes décrits ici:Lorsque je donne un exemple de comportement typique d'homme ou de femme dans cet article, je n'en fais pas une règle générale. Ce ne sont que des exemples de cas que l'on rencontre fréquemment dans notre culture occidentale actuelle. Ces comportements ne sont pas inhérents à la nature même de la femme ou de l'homme, mais résultent de leur éducation. Si vous ne vous retrouvez pas dans la description des hommes et des femmes tels qu'ils sont décrits dans ces exemples, c'est tout-à-fait logique, car les rôles et les comportements attribués aux hommes et aux femmes varient grandement en fonction de notre éducation, âge, milieu social, race, religion, nationalité, etc. Il se peut que des hommes se retrouvent mieux dans ce qui est décrit comme plus typique des femmes et inversement. Les comportement féminins et masculins n'ont rien de biologiquement déterminés et ne sont pas figés dans des stéréotypes. Vous décrire certains de ces comportements typiques vous donne des points de repère, des sources de réflexion, par rapport auxquels vous pouvez décrire votre propre positionnement et rechercher quels sont les ressorts de vos comportements en communication.
C'est en comprenant nos différences et nos ressemblances honnêtement et courageusement, que nous contribuerons à mieux vivre ensemble et à profiter pleinement de la joie de communiquer.
Les femmes et l'émotion
Les femmes sont généralement plus en contact avec leurs sensations et leurs émotions que les hommes. Elles ont souvent la capacité de percevoir et d'exprimer leurs émotions, et de dévoiler leurs sentiments de façon plus spontanée. Les hommes sont plus régis par leur mental, leurs pensées et leurs raisonnements, et ils cherchent à être maitres d'eux-mêmes en se contrôlant.
Les femmes partagent leurs impressions, c'est-à-dire leur réaction émotionnelle du moment. Il est intéressant de s'arrêter sur le sens de impression:Impression vient de imprimer, presser dans, de même que empreinte. Si je presse sur un tube de dentifrice, il réagit par une déformation. De même, si nous sommes sensibles à un stimulus ou un événement, notre corps et notre esprit en subissent une empreinte immédiate que nous pouvons ressentir sous forme d'impression. Nous pouvons être traversé par un grand enthousiasme et éventuellement l'exprimer par des gestes et des mots. Puis, le lendemain, l'impression est passée, et nous sommes indifférent à l'événement de la veille. Exprimer une impression ou une sensation est le jaillissement du moment. C'est bien différent de l'énoncé d'un avis ou d'une opinion fondés sur des données et sur un raisonnement logique, qui restent valables le lendemain.
Sara: Je me suis souvent faite railler à cause de ma spontanéité et j'ai même parfois l'impression de faire peur.
Le piège fréquent pour les hommes face à une femme dans ce cas, c'est de prendre le langage d'un élan émotionnel du moment pour une information mentale pure. Mais avec un peu d'attention, ces hommes peuvent facilement apprendre à comprendre ce langage de l'émotion, et à ne pas enregistrer les mots à la lettre à la façon d'un huissier. Ils peuvent aussi découvrir qu'eux-aussi présentent cette disposition à sentir l'impression du moment et qu'ils peuvent en bénéficier. Elle est seulement parfois bien étouffée.
Émotion et vulnérabilité

Les femmes se plaignent souvent du silence que les hommes conservent à propos de leurs sentiments. Nombreux sont les couples qui n'échangent pas véritablement ce qu'ils pensent et sentent, et souvent mari et femme se sentent seuls tout en habitant ensemble. Cette situation n'est jamais due à un seul des membres du couple, mais il apparait évident que beaucoup d'hommes refusent, volontairement ou non, de communiquer verbalement ou de laisser paraitre leurs sentiments. Ils affichent un visage sérieux et impassible, comme on peut le constater déjà chez beaucoup d'adolescents. Cela leur demande un contrôle permanent de leur visage et de leur corps, mais c'est un réflexe automatique dont ils ne sont plus conscients.
Or avec un minimum d'observation, ces hommes peuvent tout à fait prendre conscience du contrôle automatique qu'ils s'imposent. Un petit exercice consiste à imaginer ce que cela provoquerait en eux de renoncer à ce contrôle. Ils découvriront que pour l'homme, laisser paraitre ses émotions, c'est montrer au grand jour sa faiblesse et sa vulnérabilité. Or c'est contraire à l'éducation qu'on lui a inculquée sur ce que doit être le comportement viril. Une femme peut se permettre de montrer sa détresse et son besoin d'être "sauvée par son prince". Le "prince" se doit d'être à la hauteur en toute circonstance. S'il montre ses émotions, il dévoile son jeu, il révèle qu'il n'est pas aussi performant qu'il devrait être selon les normes de la virilité. Il se retranche donc derrière un masque qui le protège des débordements émotionnels. Il dénie son besoin d'attention et sa dépendance qu'il considère comme des défauts majeur.
Le rôle dévolu au sexe masculin valorise la compétence, l'indépendance, la maitrise de soi et l'impassibilité. On a de bonnes raisons de croire qu'assumer ce rôle augmente le risque de dépression. Ce qui envenime les choses, c'est que l'homme "supercompétent" considère son abattement comme un signe d'échec; masquant ses émotions, il refuse qu'on l'aide à sortir de sa dépression, dont il n'ose même pas prononcer le nom.... En fait les hommes peuvent être tout aussi troublés que les femmes par le mur du silence... Généralement, la culture a modelé le mâle américain pour qu'il dirige ses émotions dans des canaux étroits et bien définis qui réfrènent toute démonstration de compassion et de sensibilité. (K. Rosenberg)
Le silence d'un homme à propos de ses sentiments ne signifie pas forcément qu'il ne veut pas volontairement les communiquer. Les femmes dont l'expression émotionnelle est évidente et spontanée n'imaginent pas forcément les difficultés de certains hommes à percevoir leurs sensations et leurs sentimentsà force d'entrainement à les réprimer. Elles peuvent avoir tendance à les attribuer à leur mauvaise volonté.
Les hommes et la compétence
Les hommes se sentent généralement bien en tant qu'hommes lorsqu'ils peuvent assumer des rôles où ils sont compétents. Ils construisent leur identité (perçue comme leur virilité) avec des savoir-faire et des performances. De plus ils veulent montrer qu'ils sont capables d'un contrôle sur eux-mêmes, en particulier un contrôle sur l'expression de leurs émotions. Ils considèrent que la sensibilité affaiblit leur virilité.
Par exemple, dans la pratique musicale, les hommes se trouvent plus à l'aise avec des instruments qu'avec leur voix, aussi bien dans les orchestres classiques que jazz ou rock. Ils y sont souvent en majorité, même si le nombre de femmes a beaucoup augmenté. L'instrument leur permet d'exprimer leur puissance, et aussi leur sensibilité sans se révéler directement et ouvertement. De plus, ils peuvent y développer une technicité et un savoir-faire, voire une virtuosité. Au contraire, le chant oblige à se dévoiler plus intimement, sans intermédiaire et dans les chorales on trouve une majorité de femmes.
Ce besoin de se sentir compétent se transforme dans certains milieux ou certaines cultures en besoin de mettre en scène des prouesses. En se fondant sur l'étude de plusieurs sociétés traditionnelles, y compris des sociétés tribales indigènes, et sur les écrits d'autres chercheurs tels que M. Mead ou K. Read, le sociologue italien La Cecla déclare que l'anatomie et la biologie ne suffisent pas à l'homme pour se sentir homme, il lui faut aussi être toujours plus performant, mais surtout le faire voir, il faut prouver qu'on est un homme. D'après K. Read (Nama Kult, 1954) qui a étudié les populations de Papouasie - Nouvelle Guinée, l'idée que les hommes ont d'eux-mêmes se fonde plus sur ce qu'ils font que sur ce qu'ils ont de naissance.
Les enfants des bergers crétois deviennent des hommes quand ils acquièrent la prouesse individuelle... La masculinité doit être "représentée" pour qu'on puisse la prouver. C'est la façon de faire les choses qui en détermine le caractère masculin.. qu'il s'agisse de danse, de maitrise de la parole ou du vol lui-même... Plus le risque encouru est grand, plus est grande la "simasia" qu'on en retire: une qualité qui tient du courage, de l'habileté, de l'insubordination. (La Cecla, Ce qui fait un homme, éd. Liana Lévi, 2002)
La nécessité pour les hommes de prouver leur virilité s'accompagne aussi de l'angoisse de la perdre puisqu'elle doit être prouvée en permanence. Et aussi de l'angoisse de perdre l'estime des autres et d'eux-mêmes s'il ne réussissent pas.
Dans le couple, le besoin pour l'homme de prouver peut se traduire par la nécessité d'avoir une fonction, d'exercer des tâches où sa compétence est reconnue, sinon indispensable. C'est peut-être à cause de cela que certains hommes ont tendance à vouloir avoir raison vis-à-vis de leur femme pour réaliser une tâche. C'est leur façon de se rassurer sur leur identité. Dans la société moderne, ce besoin prend aussi la forme de l'obligation de réussite professionnelle. En cas d'échec, si son talent n'est pas reconnu, l'homme a l'impression de perdre son identité d'homme et de ne plus exister... du moins tant qu'il s'identifie à cette représentation de la virilité. Or ce n'est là qu'une représentation inculquée par l'éducation et la culture, un jeu de l'égo et de la personnalité qui peut être dépassé et transformé.
Rien ne prouve que les hommes aient besoin de surclasser les femmes dans un domaine particulier; mais ils ont besoin de réalisations pour se rassurer et c'est pourquoi ces réalisations sont souvent présentées indirectement non comme un domaine où les hommes excellent, mais comme un domaine inaccessible aux femmes... Le problème permanent de la civilisation est de définir le rôle de l'homme de façon satisfaisante - qu'il s'agisse de cultiver des jardins ou d'élever du bétail, de tuer du gibier ou des ennemis, de construire des ponts ou de manipuler des valeurs en banque - afin qu'il puisse, au cours de sa vie, parvenir au sentiment stable d'un accomplissement irréversible. (M. Mead, L'un et l'autre sexe, Gallimard, 1960)
Le souci de la performance s'immisce également dans la façon de faire l'amour, qui pourrait pourtant être le moment où on laisse ce souci de côté pour s'abandonner à la fusion et à l'échange. Ici, la performance est souvent imaginée, du moins actuellement dans la société occidentale, comme la capacité à maintenir longtemps une érection, à conduire la partenaire à l'orgasme, ou à lui faire vivre des choses extraordinaires qu'elle n'a jamais connues (voir articleSexualité essentielle).
Je m'accorde la douceur
En choisissant l'impassibilité et la rudesse, l'homme renonce à la douceur pour lui-même. Pour y parvenir, le petit garçon doit nier sa sensibilité et sa générosité et prouver son masculin au prix de souffrances et d'initiations qui peuvent aller jusqu'à exiger de tuer des ennemis dans certaines populations. Or la douceur fait aussi partie de la nature de l'homme et il en a besoin.
Si je renie cette douceur, j'ai du ressentiment parce que je n'en reçois pas suffisamment, à la fois contre ceux ou celles qui ne m'en donnent pas et contre ceux ou celles qui ont l'audace de s'en donner. Je les trouve ridicules ou impudiques. Au lieu de voir mon manque, je reporte la faute sur eux et je les jugent. En même temps je demande aux autres, à ma compagne, de combler mon manque. Double langage: je veux et je refuse. Je suis rude pour moi et rude pour les autres. Pour en sortir, je dois prendre du recul et reconnaitre que mon comportement intolérant exprime mon manque. Lorsque nous demandons à l'autre de la douceur ou toute autre qualité (avec ressentiment quand elle n'y répond pas), cela révèle généralement que nous ne nous en accordons pas assez à nous-même.
La recherche de performance et la démonstration de virilité n'apportent à l'homme ni l'harmonie, ni la sérénité. Tout au plus un soulagement éphémère. Il s'efforce de jouer un personnage qu'il n'est pas forcément et il nie certaines facettes de lui. C'est une attitude contraignante, mutilante et anxiogène qui n'est absolument pas inscrite dans la constitution fondamentale du masculin. Elle n'est qu'obéissance à la loi du clan, de la famille ou de la société dans le but de recevoir l'estime et la reconnaissance des autres. Même si cette conception tire indéniablement sa source dans certains traits masculins profonds, authentiques et magnifiques, elle s'en est détournée en ignorant le féminin qui lui associe compassion, humilité et conscience de soi.
Pour gagner l'estime, l'homme s'est détourné de sa vraie nature, de son essence profonde. En retrouvant cette essence, en acceptant toutes ses facettes tant masculines que féminines, ses vraies richesses intérieures lui sont révélées. Il se sent réconcilié avec lui-même, et il y gagne une communication plus simple et plus authentique avec les femmes et avec les hommes. Il en reçoit la paix et la liberté intérieure.
Technique et sensorialité
Beaucoup de personnes, en majorité des femmes, se sentent dépassées lorsqu'il s'agit de mettre en �uvre des compétences techniques, en particulier en face d'un ordinateur. Bien entendu, ce n'est là qu'une tendance qui n'est pas inscrite de façon définitive dans la constitution féminine. Examinons quelles en sont les causes et comment y remédier.
Portons notre attention sur le sentiment qui nait en nous quand nous sommes en face de la machine ou de l'ordinateur. Nous reconnaitrons souvent une sensation d'impuissance devant une multitude de commandes dont nous ne connaissons pas l'usage, et nous ne savons pas comment les aborder. Comme avec une personne inconnue, nous ne savons pas comment engager la conversation avec cette machine, nous ne savons pas quel langage elle utilise. Pour y remédier, nous avons besoin que quelqu'un nous introduise à cette machine, nous fasse faire connaissance avec elle et nous explique comment l'aborder. Certes, de telles présentations existent parfois, soit sous forme d'un document écrit, soit sous forme des explications généreuses d'un technicien averti. Malheureusement, elles sont rarement exprimées dans un langage adapté aux interlocuteurs non-connaisseurs, et en particulier à la sensibilité féminine. Cela est dû à leur langage très abstrait et spécialisé, employé par des techniciens pour leurs besoins internes, mais non transposés ensuite par les services commerciaux à des usages publics. Les personnes qui n'ont pas la culture technique correspondante ne trouvent pas de repères dans ce langage.
Avoir des repères, c'est trouver des références à ce que l'on connait déjà, à ce que l'on a vécu concrètement, sensoriellement. Dans la communication efficace, nous devons être attentifs à employer un langage qui comporte des repères pour l'autre. Les personnes qui ont des difficultés avec le langage technique ont besoin d'une présentation qui fait appel à des sensations qu'elles connaissent. Par exemple l'apprentissage de l'usage d'un ordinateur peut être grandement facilité par des analogies avec des actes physiques réellement vécus, comme ouvrir une armoire, prendre un document, prendre un stylo, décrocher un téléphone, etc.
Les hommes s'y trouvent plus souvent à leur aise parce qu'ils ont déjà acquis des repères techniques et perçoivent plus vite la structure des commandes de la machine. Beaucoup d'hommes, souvent dès leur jeune âge, (de même que certaines femmes) aiment saisir les principes de fonctionnement technique des objets et machines lorsqu'ils les découvrent. Par exemple, lorsque ces personnes de type fonctionnel apprennent à tourner le volant d'une voiture, elles se représentent les articulations qui existent entre le volant et les roues - la tige de transmission, le cardan - et comment la commande se transmet aux roues. Par contraste, les personnes de type sensoriel constatent qu'en tournant le volant, ça fait tourner la voiture et cela les satisfait. Elles cherchent la meilleure façon de tirer parti des choses en les manipulant. Lorsqu'une porte fonctionne mal, elles découvrent qu'elles peuvent s'en accommoder en soulevant un peu la porte, et tout va bien, tandis que les personnes fonctionnelles recherchent la cause pour lui apporter remède, en revissant les gonds par exemple.
Dans la perspective d'un développement de soi, il est intéressant de pouvoir jouer à la fois sur ces deux aspects, sensoriel et compréhension des principes. Car les deux ont leurs avantages et sont complémentaires. Ainsi, il peut être fastidieux ou impossible de remédier aux causes fonctionnelles dans certaines circonstances.
Les différences de comportement sont imprimées par l'éducation
Les différences dans le comportement des hommes et des femmes que nous avons relevées sont-elles inscrites dans les gènes en tant que déterminisme biologique, auquel cas rien ne pourra les changer? Absolument pas. Elles sont dans une large mesure imprimées par l'éducation. La preuve en est que les rôles et comportements attribués aux hommes et aux femmes varient beaucoup selon les cultures, les milieux sociaux et les sociétés. C'est en nous imprégnant et imitant les hommes et les femmes autour de nous dans notre enfance que nous avons façonné notre idéal d'homme ou de femme.
Nous sommes constamment encouragés dès l'enfance à adopter certaines attitudes qui nous procurent l'approbation des parents ou des camarades, et à réprimer d'autres attitudes naturelles qui nous attirent désapprobation, raillerie ou même violence. Pour recevoir l'attention et l'amour, l'enfant se conforme peu à peu à ces schémas de virilité et de féminité. Ce faisant il s'éloigne de sa nature innée (voir article L'enfant intérieur). Les parents font des différences dans l'éducation des filles et garçons sans même s'en apercevoir, car ils ont eux-mêmes été conditionnés.
Lorsque les parents racontent des histoires à leurs enfants quand ils sont tout petits, ils expliquent davantage les émotions aux filles qu'aux garçons; ils font plus souvent appel à des mots à forte charge affective quand ils parlent à leur fille. (D. Goleman)
Les attitudes et façons de s'exprimer des garçons sont induites par leurs pères, mais pas seulement. Les mères aussi participent à l'élaboration d'une image de la virilité. Lorsque les mères jouent avec leur bébé, elles expriment des émotions plus variées si ce sont des filles, et plus tard discutent plus en détail avec elles de leur état affectif qu'elles ne le font avec les garçons (D. Goleman). Lorsque nous élevons un enfant, nous cherchons à favoriser sa croissance et nous l'encourageons à développer ses qualités. Mais il est difficile d'éviter d'y mêler nos attentes inconscientes. Par exemple, beaucoup de mères, et pas seulement les pères, désirent ardemment que leur fils devienne un "vrai" homme, avec toutes les idées reçues que cela comporte. Il est fréquent qu'elles y incluent ce qu'elles auraient aimé trouver chez leur père ou époux et qui leur a fait défaut, entrainant déception et frustration. C'est pourquoi on ne peut rechercher de fautif, ni chez la femme, ni chez l'homme. Chacun est le produit de l'éducation de son milieu. Mais chacun a le pouvoir de se transformer et de devenir responsable de ce qu'il est.
Au cours des fréquentations scolaires, les filles apprennent à exprimer entre elles leurs ressentis et leurs sentiments et à employer le langage affectif. Elles s'habituent à lire les signaux psychologiques dans l'attitude de leurs interlocuteurs, tandis que les garçons apprennent à réprimer leurs sentiments, en particulier leur chagrin, la tristesse, la culpabilité et aussi la tendresse.
La différence est visible par exemple, lorsqu'un jeu s'interrompt parce que l'un des participants s'est fait mal. Si c'est un garçon, ses camarades attendent de lui qu'il quitte le terrain et cesse de pleurer afin que la partie puisse continuer. Quand la même chose se produit chez les filles, le jeu s'arrête et toutes les filles se rassemblent pour venir en aide à celle qui pleure... Les garçons sont fiers de leur indépendance et de leur côté dur à cuire, tandis que les filles considèrent qu'elles appartiennent à un jeu de relation. Les garçons se sentent menacés par tout ce qui risque de mettre en péril leurindépendance, tandis que les filles craignent davantage une rupture de leurs liens. (D. Goleman)
Chez les garçons adolescents, le comportement d'impassibilité est renforcé par leurs camarades.
C'est parmi les adolescents qu'être "cool" (avec tout ce que ce mot implique d'absence d'expression passionnée) devient capital. Une attitude impassible se trouve souvent socialement renforcée à l'intérieur du groupe de pairs. Les expressions occasionnelles de tendresse et de vulnérabilité qui n'ont peut-être pas été remarquées chez le garçon pourraient bien entièrement disparaitre, car celui-ci doit désormais devenir un "vrai homme". (K. Rosenberg)
C'est ainsi qu'à l'âge adulte, les femmes sont préparées à gérer leurs émotions, et côtoient des hommes qui n'en voient pas (ou qui refusent d'en voir) l'intérêt.
Masculin et féminin
Bien que les comportements masculins et féminins soient fortement marqués par l'éducation, certains traits de caractère semblent pourtant plus spécifiques aux hommes et d'autres plus spécifiques aux femmes. Observons donc quels sont ces traits. Nous pouvons par exemple recueillir des indications intéressantes en portant notre attention sur ce que nous apprécions chez l'autre sexe. En tant que femme, quelles caractéristiques appréciez-vous chez l'homme, qui concourent à ce que vous le sentiez homme? En tant qu'homme, quelles caractéristiques appréciez-vous chez la femme qui concourent à ce que vous la sentiez femme?
On reconnait comme masculines les qualités qui permettent d'aller vers un but déterminé, à la manière d'une flèche qui se dirige vers sa cible. On reconnait comme féminines les qualités qui permettent d'accueillir ce qui est et ce qui vient, à la manière d'une coupe largement ouverte sur l'univers.
Notez bien que ces traits ne sont pas exclusifs à un sexe, mais seulement prédominants. Aucun trait n'est réservé à un genre. Non seulement nous trouvons les traits masculins et féminins aussi bien chez la femme que chez l'homme, mais il est souhaitable que chacun, homme ou femme, puisse les reconnaitre, les accueillir en soi, les intégrer et les développer pour son épanouissement personnel et celui du couple.
Décision, pouvoir et action
Aller vers un but nécessite d'abord de choisir le but, puis de mettre en oeuvre sa réalisation par l'action. Le masculin se manifeste par le pouvoir de décider et d'agir. Il est peut-être bon de redonner au mot pouvoir son sens le meilleur, son sens d'origine; le pouvoir, c'est la capacité à mettre en oeuvre. C'est laforce, pas forcément la force physique, mais la force de la confiance sure. L'autre facette du pouvoir, celui qui critique, juge, impose sa volonté et bafoue sans souci de l'autre, n'est pas un véritable pouvoir mais un simulacre, une façade qui ne fait que masquer la faiblesse intérieure. A l'inverse, la force du "guerrier" n'est pas agressive, elle est nourrie par la volonté, le courage, la détermination et la persévérance.
Le pouvoir est la faculté d'agir avec vigueur et force; c'est vivre votre propre vérité avec autorité et authenticité, et verbaliser cette vérité avec vaillance et intégrité. Cela signifie être responsables de vos actions et user de votre influence pour le plus grand bien de tous, toujours... Cela sous-entend aussi d'accepter avec gratitude ce que les autres ont à offrir lorsque leurs capacités ou leur pouvoir dépassent les vôtres, les renforcent ou les complètent. Il ne s'agit pas de se concurrencer afin de découvrir qui est le plus puissant, ou qui peut contrôler l'autre. C'est une occasion pour vous d'intégrer et d'utiliser un don, .. le pouvoir universel de la Volonté divine. (Ronna Hermann, Sur les ailes de la transformation)
L'être qui s'engage sur le chemin de la découverte de Soi fait appel à ces qualités pour aller rencontrer sa propre vérité. Les légendes représentent cette quête de soi par la figure du héros qui se met en route pour trouver le trésor. Il s'agit de l'image allégorique du trésor intérieur. Le héros est confronté à des épreuves. L'une d'elles est l'oubli du but premier lorsqu'il se laisse détourner, enivrer, par le confort et la sensualité. Cela met en scène un aspect du féminin, sous la forme des sirènes ou de la femme fatale par exemple, un féminin coupé du masculin, ou plus exactement, qui étouffe ou castre le masculin.
Un autre détournement est la soif du pouvoir personnel sous l'effet de l'égo, un masculin coupé du féminin. Le masculin sans le féminin est rigide et suit sa route sans compassion. Il ne voit que le point d'arrivée et oublie le chemin. Seul compte le résultat: être au sommet. Il s'en donne les moyens, quitte à repousser tout ce qui l'en détourne, quelquefois de façon violente et intransigeante.
Choisir un but, une destination, c'est également savoir renoncer aux autres destinations. Cela signifie que l'on se sépare de toutes les autres destinations possibles à ce moment. Si je choisis de gravir le Mont Canigou dans les Pyrénées, je renonce à mon envie de me baigner sur une plage de l'océan atlantique. Si je choisis de vivre avec Laure, je renonce à Marie. Lorsque je décide, je tranche entre ce qui est bon pour mon but et ce qui m'en détourne. Je trace leslimites, les contours, je dessine les formes, j'élabore la structure.
Accueil, compassion et générosité
Le féminin accueille ce qui est, sans jugement. La mère saine accueille son enfant et l'aime tel qu'il est. Lorsque l'enfant est blotti contre sa mère, il s'abandonne en toute confiance, il ne sent plus son être, il est hors du temps et de l'espace, il est fusionné à elle. Elle le nourrit par son lait sans attendre de récompense, gratuitement, généreusement. Les seins sont les attributs de cette générosité. Contrairement aux bras qui peuvent à volonté être ouverts ou fermés, les seins sont ce qu'ils sont, offerts sans ostentation. Les qualités du féminin sont amour, union, fusion, générosité, tendresse, compassion.
Le féminin est aussi l'énergie de vie. Lorsqu'une femme est enceinte, elle accueille la nouvelle vie en elle, elle s'offre à cette vie qui se développe par elle-même selon sa propre loi, sans que le volonté de la femme n'intervienne. Elle n'a rien d'autre à faire qu'accepter, prendre soin, favoriser. C'est une expérience du lâcher prise, de l'abandon au courant de vie. Or contrairement au pouvoir masculin qui choisit et contrôle la destination, par notre féminin nous nous laissons entrainer là où le courant nous mène. La destination est inconnue, le chemin se découvre d'instant en instant et cela peut nous mettre en insécurité. L'alternative masculine n'est pas plus sure, la certitude d'un futur élaboré par nos choix et notre volonté n'est qu'une illusion, l'incertitude est le fondement de la vie.
Est-ce à dire que nous serons forcément dans la crainte du futur? Non. Lâcher-prise, c'est ne rien attendre, c'est se laisser surprendre et aimer par la vie. Alors, nous retrouvons la sécurité dans la confiance en la vie, comme l'enfant est confiant avec sa mère. Notre figure maternelle est le courant de vie lui-même, c'est notre Shakti, notre Mère Divine. (voir L'enfant intérieur)
Pour abandonner totalement notre corps dans un fauteuil ou dans les bras de quelqu'un, nous devons sentir que l'appui ou le support est bien solide. De même, le féminin (et la femme) a besoin de l'appui du masculin pour s'exprimer pleinement. Sans le masculin, le féminin a tendance à se retenir ou au contraire à se répandre excessivement, surtout s'il est renforcé par d'autres féminins. Il peut perdre ses limites, devenir foisonnant et étouffant, ou se perdre dans l'immensité. L'enfant qui au départ est bien en sécurité dans le giron de sa mère, doit trouver son identité, son Moi, en se différenciant de cette union maternelle. Il ne peut se développer qu'avec l'apport d'une énergie paternelle. Elle l'aide à se distinguer, se séparer, puis à laisser libre cours à son envie d'explorer le monde extérieur inconnu, et à faire ses propres expériences.
Le féminin est la matière, la substance et l'énergie, mais il a besoin d'une charpente, d'une structure pour lui donner les formes et l'orientation. Réciproquement le masculin donne le principe, le but, la structure, mais il a besoin de l'énergie du féminin pour se revêtir de chair, de concret. Le héros des légendes va combattre des monstres effroyables, mais non sans avoir vu sa belle au foyer et s'être abandonné dans ses bras.
Notre monde a donné une grande importance au masculin qui agit sur la matière, et en a abusé. L'énergie masculine coupée du féminin s'est révélée autoritaire, brutale, conflictuelle et destructrice. A l'heure actuelle, l'énergie féminine retrouve sa place et s'intensifie rapidement dans l'univers, apportant ses attributs de compassion et de regard intérieur (voir article Le retour de la femme libre). En accueillant le féminin, le masculin s'en trouve affiné et retrouve sa noblesse.
Les hommes et le développement personnel
Homme ou femme, nous ne serons un être complet et épanoui qu'à la condition d'harmoniser les aspects masculin et féminin en nous et de réaliser notre couple intérieur. Cela implique d'aller à la rencontre de Soi, de notre vérité profonde, de nous observer honnêtement dans nos comportements, et d'y déceler nos sentiments et nos croyances. Cela nécessite quelques qualités de courage et d'audace.
Ainsi l'homme peut-il utiliser ces qualités pour explorer ses ombres et dépasser ses conditionnements vis-à-vis de la virilité. Sa résistance inconsciente se manifeste par exemple lorsqu'il se moque des femmes ou même les humilie pour leurs façons d'être. C'est le signe que la féminité le dérange, et qu'il n'accepte pas la partie féminine en lui: la facilité à exprim
Des singes et des hommes (humanisme)

Des chercheurs ont placé 5 singes dans une cage. Au milieu de la cage, ils ont placé une échelle avec une banane au sommet.
Chaque fois qu’un singe montait sur l’échelle, les chercheurs arrosaient les 4 autres singes avec de l’eau très froide…
Après un petit moment, chaque fois qu’un singe essayait de monter sur l’échelle, les 4 autres l’en empêchaient et le battaient.
Après un bout de temps, aucun des 5 singes ne tentait de monter sur l’échelle pour aller manger la banane.
Les chercheurs ont ensuite essayé de substituer l'un des singes avec un nouveau singe. La première chose que le nouveau singe a tenté de faire, vous l'aurez deviné, c'est d’escalader l’échelle pour manger la banane. Les 4 autres singes l'ont alors attrapé et battu pour l'en empêcher…
Après quelques essais (et raclées) plus tard, le nouveau membre ne tentait plus de monter sur l’échelle, même s’il ne comprenait pas trop pourquoi.
Les chercheurs ont ensuite substitué un deuxième singe. La même chose s’est produite. Le premier singe a également participé et a aidé ses compagnons à frapper le deuxième singe lorsqu’il tentait de monter sur l’échelle.
Une fois de plus, les chercheurs ont substitué un troisième singe. Ils ont pu observer le même résultat.
Et puis, ils ont substitué un quatrième singe, avec toujours le même résultat.
Finalement, ils ont substitué le cinquième singe… Ce qui voulait dire que dans le nouveau groupe, aucun des singes n’avait reçu une douche froide. Malgré cela, les agressions étaient répétées si le cinquième singe tentait de monter sur l’échelle…
Il était impossible de communiquer avec ces singes pour leur demander pourquoi ils répétaient ce comportement, mais leur réponse aurait très bien pu ressembler à ceci : « Je ne sais pas, c’est la façon dont les choses fonctionnent ici ! »
Est-ce que cela vous semble familier ? Ne manquez pas l’opportunité de partager cette leçon avec vos amis qui se demandent peut-être pourquoi ils doivent continuer à reproduire des comportements acquis…
Ferrari contre Valls (politique)
Merci à lui.
« Je vais prendre la parole, vous en faites ce que vous voulez, je vous demande juste de ne pas me couper. Moi je me suis retenu de ne pas vous couper durant 2h30… », a d’abord lancé Jérémy Ferrari au Premier ministre avant de lui dire :
« Je ne suis pas politologue, historien… Vous avez dit que la mort de ces jeunes qui préfèrent mourir que vivre. Vous avez dit qu’on était en guerre. Non, non, non ! Vous, votre gouvernement est en guerre, nous on n’est pas en guerre. Nous, on se fait tirer dessus quand on va voir des concerts. […] Vous êtes en guerre, le gouvernement est en guerre, pas nous. Moi je ne suis pas en guerre contre les musulmans. […] Il y a des choses absurdes, comme la présence d’Ali Bongo au défilé. Comment vous expliquez qu’Ali Bongo se retrouve en tête d’une marche pour la liberté d’expression ? »

Etat des lieux de l'école dénationalisée (école)
« Je nous accuse » – une enseignante dénonce la dégradation de l’école
Invités de Marsactu
2 décembre 2015 12
Charlotte Magri est enseignante dans une école primaire des quartiers Nord. Elle vit le quotidien des professeurs des écoles où les enfants ont des doudounes à l'intérieur. Nous avons choisi de reprendre sa lettre ouverte en forme de tribune.

Matin d'hiver. "Une photographie d’élève (floutée) prise dans l’une de mes précédentes écoles d’affectation, également dans les Quartiers Nord de Marseille." Photo : Charlotte Magri
Elle s’appelle Charlotte Magri et signe son texte de son nom de citoyenne. Un « j’accuse » pris dans une torsion de la conjugaison en « Je nous accuse » qui place dans la même responsabilité cette enseignante de l’école primaire et la ministre de l’éducation nationale à qui elle adresse cette lettre ouverte. « Son cabinet a accusé réception de ma lettre mais je ne sais pas qui l’a lue », dit la professeure des écoles. Elle ne veut pas nommer l’endroit où elle enseigne, parce qu’elle ne veut pas stigmatiser son établissement, parce que la situation qu’elle y vit existe dans bien d’autres écoles primaires de ce territoire qu’on appelle les quartiers Nord et qui commence dès les abords du centre-ville.
Ces écoles où il fait froid en hiver, où les travaux ne sont pas faits, où l’enseignement qu’on dispense ne met pas, dit-elle, les citoyens sur le même pied d’égalité. C’est la première fois que Marsactu publie un texte de ce type. Notre volonté est d’ouvrir notre journal aux contributions extérieures, de créer du débat, de faire émerger de nouvelles voix. Celles de citoyens qui souhaitent porter à la connaissance du plus grand nombre des questions d’intérêt général. L’école en est une cruciale, centrale, urgente.
Les photos qui accompagnent ce texte ont été réalisées par Charlotte Magri. Elles illustrent sa lettre ouverte à Najat Vallaud-Belkacem.
Madame la Ministre,
Je vous écris cette lettre parce que ma colère d’enseignante m’empêche de vivre, et pire encore, de travailler.
La crise de l’Éducation nationale en France n’est plus un mystère pour personne. Si l’école est au bord du gouffre aujourd’hui c’est que s’y télescopent plusieurs crises profondes que notre société et notre monde traversent depuis quelques décennies déjà. Crises économique, sociale, politique, morale, identitaire… dont l’école devient la caisse de résonance, il serait vain et bien trop facile d’incriminer un coupable. Nous en sommes tous responsables, chacun à notre niveau.
Je ne remets en question ni votre engagement personnel ni votre éthique professionnelle.
Mais vous êtes ministre, vous détenez donc l’autorité politique à ce jour en matière d’Éducation nationale en France, et vous en êtes responsable devant le parlement et face aux citoyens.
Je me demande si vous connaissez la réalité de l’enseignement en France aujourd’hui. J’aimerais tant vous inviter à venir dans l’école où je travaille, mais sans caméra ni micro, sans discours ni compte-rendu sur les réseaux sociaux.
Au petit matin nous pourrions déplacer ensemble la grosse pierre qui ferme la porte d’entrée de l’école depuis que la serrure a été forcée une fois de trop. Nous pourrions passer ensemble une délicieuse matinée dans notre classe à la douillette température de 13°. Nous ferions bien attention de ne pas nous prendre les pieds dans les trous tout à fait ludiques qui égayent le revêtement au sol et qui nous rappellent que sous les dalles se trouve l’amiante. Avant de descendre à la récréation, nous aiderions les élèves à mettre écharpes et manteaux en veillant à ce que les lourds porte-manteaux déjà bien abîmés par le temps ne leur tombent pas sur la tête. Dans les escaliers, nous serions également là toutes les deux pour retenir l’une des grosses planches pointues qui menacent de choir lamentablement sur les enfants, comme cela est déjà arrivé par deux fois. A 11h30, après nous être mouchées pour rester présentables, nous pourrions aller nous réchauffer ensemble dans la minuscule salle des maîtres. La vie étant bien faite, la panne définitive de notre frigo est compensée par le froid régnant dans nos locaux, et nous pourrions manger de la nourriture non avariée. Comme nous sommes des humains comme les autres, nous irions faire la queue devant l’unique toilette pour adulte de l’école, et ce sera très amusant puisqu’il n’y a pas de lumière à l’intérieur. À 13h20, nous repartirions pour une autre demi-journée, plus pimentée encore après la tumultueuse pause méridienne. La pause cantine vous promet en effet de nombreux conflits à régler quotidiennement sur votre temps de classe, puisque le taux d’encadrement municipal y est si bas qu’il permet aux enfants de défier les règles de l’école, souvent avec violence, malgré l’implication du personnel. À l’issue d’une si belle journée, nous serions reconnaissantes qu’aucun incident susceptible de déclencher un feu ne se soit produit dans cette école de construction Pailleron, qui brûle intégralement en sept minutes et dont l’alarme incendie dysfonctionne.
Vous l’avez peut-être deviné, je travaille dans une de ces zones dites prioritaires. Pardon, Prioritaires, avec un grand P.
Marseille, quartiers Nord. Une de ces écoles en décrépitude où les enseignants, assez souvent en état de survie psychique, ont pris l’habitude de trouver normales les conditions que nous imposons à nos élèves, même s’ils les trouveraient insupportables pour leurs propres enfants. Travailler à 38° les après-midi de juin et de septembre, à moins de 15° les matins de novembre, décembre, janvier et février. Avoir des fenêtres qui ne ferment pas, ou qui ne s’ouvrent pas, suivant la manière dont les années ont choisi d’imposer leurs marques. Savoir que l’expertise concernant la présence fort probable d’amiante dans nos locaux ne préoccupe personne, même si les faux-plafonds baillent et que les sols sont troués. Sentir le vent sur notre nuque, toutes fenêtres fermées. Ne pas pouvoir utiliser le gymnase, fermé pour vétusté avérée depuis des années. Devoir recouvrir nos murs lépreux, griffonnés par d’anciens élèves qui doivent aujourd’hui avoir notre âge, de grandes feuilles de couleur pour cacher la misère. Ne pas avoir assez de tables et de chaises dans sa classe pour pouvoir accueillir tous ses élèves, et donc bricoler en récupérant à gauche à droite, du mobilier dépareillé et plus ou moins fonctionnel.
Voir défiler au casse-pipe les collègues débutants.
Les collègues envoyés en remplacement pour les fameuses journées REP+ imposées par notre administration pour que nous puissions nous réunir en équipe vivent souvent l’enfer. Nos classes, élèves et matériel compris, explosent en plein vol. À tel point que les brigades de notre secteur ont envoyé un courrier à notre inspectrice pour préciser qu’ils refuseraient de venir travailler dans notre école. Les collègues débutants envoyés pour des remplacements plus longs ou titulaires à l’année dans nos écoles doivent eux aussi souffrir de s’entendre dire qu’il doivent dans un premier temps « faire le deuil du pédagogique », puisque l’urgence est d’abord de rétablir un semblant de cadre, d’ordre, et pourquoi pas de sérénité. Ils ne sont pourtant ni incompétents, ni lâches, ni avares de leur temps et de leur énergie. Ils sont juste balancés sans expérience ni formation adaptées dans les endroits où le métier d’enseignant est particulièrement difficile. Ceux qui s’en sortent, généralement au prix du deuil de leur vie privée, de leur sommeil, et bien souvent aussi de leur santé, sont rares et forcent l’admiration.
Arrêtons les effets d’annonces inutiles et les péroraisons sur les dernières controverses pédagogiques. Beaucoup de pistes doivent être réfléchies et débattues, mais arrêtons l’hypocrisie et assumons que sur deux points essentiels au moins nous faisons fausse route en toute connaissance de cause. Il y a deux manquements essentiels sur lesquels nos œillères sont injustifiables :
1/ Nous devons proposer à chaque élève une école salubre et correctement équipée. Vous me direz que c’est l’affaire des mairies, et je vous répondrai qu’alors si nous nous en arrêtons là nous devons être honnête et accepter que notre Éducation n’est plus nationale. Depuis l’indigence si vétuste qu’elle vous insulte, jusqu’au confort esthétique confinant à la débauche technologique, nous autres enseignants savons bien à quel point d’une école à l’autre vous changez de monde. Et la triste réalité, forcément amère pour ceux qui veulent croire encore à l’école républicaine, c’est que le quotidien scolaire de nos élèves est dépendant des montants perçus et alloués par les services municipaux de leur quartier. En d’autres termes, dépendante du niveau de vie de leurs parents. Tu es pauvre, tu as une école de m…, tu es riche, tu as une belle école. En tant que citoyenne et en tant qu’enseignante, j’ai honte.
2/ Nous devons mettre en poste dans les écoles les plus difficiles de vraies équipes, des équipes stables formées autour d’enseignants expérimentés et volontaires. Tant que nous feindrons de considérer le contraire comme normal, nous continuerons de sacrifier des générations d’enfants, augmentant l’échec scolaire et fabriquant des délinquants, en même temps que nous épuiserons et dégoûterons encore plus les collègues qui entrent dans le métier. Évidemment, tous les collègues débutants ne sont pas dépassés, tous ne rêvent pas de changer de quartier, et certains parviennent à trouver leur posture et leurs outils même dans un tel contexte. Mais il est clair que dans l’ensemble, débuter en tant qu’enseignant aujourd’hui est souvent synonyme de zone dite sensible, et de souffrance. Souffrance dont pâtissent les élèves, les collègues et leur vocation.
Dans les quartiers reconnus comme prioritaires en terme de besoins éducatifs, il est injustifiable d’imposer aux élèves des locaux insalubres, sous-dotés, et des équipes flottantes où souvent les enseignants débutants, dépassés, se sentent seuls et subissent leur affectation en attendant mieux.
Je nous accuse d’aggraver les inégalités sociales. Je nous accuse de produire sciemment de l’échec scolaire et des délinquants. Je nous accuse de jouer avec la santé des enfants des classes sociales les moins favorisées.
Je respecte trop mes élèves et leurs parents pour trouver cela normal.
Je sais que ces deux axes font partie des priorités affichées de votre politique. Mais depuis le terrain, les discours et les tweets ne nous apportent rien, et les mesures prises ou annoncées ne sont que des cautères sur une jambe de bois, quand elles n’aggravent pas une situation déjà dramatique.
Je terminerai en vous citant. Vous avez clos votre discours sur la grande pauvreté (séminaire de formation en vue de la mise en œuvre des recommandations du rapport de J.P. Delahaye Grande pauvreté et réussite scolaire, le mercredi 14 octobre 2015) par la question suivante :
« Ce que je fais, cela permettra-t-il à chacun de nos élèves de devenir des citoyens à part entière de la République Française ? »
Clairement, aujourd’hui, la réponse est non.
Dans une société déjà malade et en crise, une éducation injuste et défaillante nous promet des lendemains difficiles. Nous nourrissons la menace d’une explosion violente et dramatique de la cohésion sociale et du sens même de la citoyenneté dans notre pays.
Je vous prie de croire en l’assurance de mes sentiments respectueux.
Charlotte Magri, enseignante, Marseille Nord.





