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Les revirements politiciens. (politique)

Par Le 11/01/2016

Quand François Hollande critiquait vivement la déchéance de nationalité

par Sonya Vardikula 
samedi 9 janvier 2016

http://www.agoravox.tv/actualites/politique/article/quand-francois-hollande-critiquait-52025

Favoris

C'est à la fois énorme et absolument pas étonnant : un aveu que Hollande soutient désormais la déchéance de nationalité, en sachant pertinemment qu'elle porte atteinte à la tradition républicaine (c'est lui qui le dit) et qu'elle ne sert strictement à rien pour assurer la protection des citoyens (c'est encore lui qui le dit). 

 

 

François Hollande dans "C à dire", le 31 août 2010 : 

 

« Sur la déchéance de nationalité, est-ce que ça va améliorer de quoi que ce soit la protection et la sécurité de nos concitoyens ? C'est ça finalement la première question. Est-ce que en faisant une déchéance pour tel individu, en nombre limité, on va permettre à ceux qui sont exposés aux agressions tous les jours d'être davantage protégés ? NON ! 

 

Est-ce conforme à notre histoire, à nos traditions, à notre constitution, quand on sait que depuis 1889 la nationalité française elle s'exerce par la naissance, et elle s'acquiert quand il y a mariage, au bout de quelques années après un contrôle ? Pourquoi remettrait-on en cause ces principes essentiels ? C'est finalement attentatoire à ce qu'est, finalement, la tradition républicaine et c'est en aucune façon protecteur pour les citoyens !  »

 

 

Dire aujourd’hui exactement l’inverse de ce qu’on affirmait hier, sans être gêné le moins du monde... une spécialité qui colle à la peau des politiques choisis par une élite ploutocratique pour soi-disant représenter le peuple... 

 

 

Valls en 2015 : 

 

Loi renseignement : quand Valls se félicitait de l’encadrement des écoutes par la justice

 

Mais ça c'était avant, en 2013, quand Manuel Valls (ministre de l'Intérieur) expliquait qu'il était normal que dans une Démocratie le Renseignement soit encadré par la Justice.
 
En 2015, Manuel Valls (premier ministre) trouve normal que le Renseignement ne soit pas encadré par la Justice...

 

 

 

Hollande (encore) en 2015 : 

 

Quand Hollande dénonçait le recours à l'article 49.3

 

Confronté à une majorité fragile, François Hollande a autorisé, le gouvernement à recourir à l’article 49.3 pour faire adopter la loi Macron. Un épisode qui en rappelle un autre, il y a une dizaine d’années…
 
Le 9 février 2006, le premier secrétaire du PS, un certain François Hollande réagissait vivement lorsque le gouvernement Villepin décidait alors de passer en force et faisait adopter le CPE à l’Assemblée, en recourant à l’article 49-3 de la Constitution, qui permet l’adoption d’un texte sans vote du Parlement. 

 

 

 

Sarkozy en 2015 :

 

"Elections régionales, conséquences régionales" : en 2010, le président Sarkozy relativisait le message des urnes. En 2015, il demande à François de faire l’inverse. La preuve en images.

 

 

 

 

Ne riez pas ! Ces personnes sont (ou ont été) à la tête de la France...

Les ondes de Chladni. (Nature)

Par Le 11/01/2016

 

Figure de Chladni

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Figure_de_Chladni

 

Plusieurs figures de Chladni sur des plaques en laiton, de formes variées.

Lorsqu'on place une poudre1 sur une plaque en vibration, on observe l'apparition de motifs géométriques, ceux-ci évoluant avec la fréquence de vibration de la plaque. La matérialisation de ces lignes forme les figures dites de Chladni, au nom du savant allemand Ernst Chladni.

Ces motifs dévoilent l'emplacement de lignes nodales, c'est-à-dire de lignes formées des nœuds de vibration, là où les ondes sont destructives et l'amplitude nulle. Ces dernières sont caractéristiques du mode propre excité.

Fonctionnement

Une plaque horizontale est fixée de manière rigide sur un support central. Elle peut être de taille, de forme et d'épaisseur variée. Historiquement, les plaques utilisées par Chladni étaient en métal, mais de nombreux matériaux2 permettent la formation de motifs nets et nombreux.

Apparition d'une figure de Chladni avec un archet.

Une fois la plaque fixée au support, on dispose du sable sur celle-ci puis on la met en vibration, par exemple grâce à un archet que l'on frotte verticalement sur le bord de la plaque. Sous l'excitation de l'archet, la plaque vibre, et le sable se déplace depuis les zones de forte vibration vers les zones où elle est moins forte, voire nulle (respectivement ventres et nœuds de vibration de l'onde stationnaire), formant ainsi des figures de Chladni. La pratique actuelle est de mettre les plaques en vibration par un vibreur de Melde3.

Apparition d'une figure de Chladni avec un vibreur de Melde.

Dans le cas du vibreur de Melde, le point central possède une condition sur son mouvement4, tandis que la périphérie de ces plaques n'est pas assujettie au support. Elle est donc libre de vibrer5.

En étudiant une même plaque, la modification de la fréquence d'excitation fait apparaitre des figures différentes, de plus en plus complexes, qui correspondent aux modes vibratoires de cette plaque. On peut atténuer la vibration à certains endroits en y posant un doigt, ce qui va rompre en partie le motif. Des nouvelles figures apparaissent lorsqu'on modifie les paramètres de la plaque (forme, taille, épaisseur, etc.).

Il existe une très grande variété de motifs (une infinité) selon les caractéristiques de la plaque et la manière dont on la fait vibrer. Cependant en pratique, on n'observe que 4 à 15 motifs par plaque, car au-dessus d'une certaine fréquence, la plaque vibre trop peu en amplitude pour permettre le déplacement des grains, et alors aucune figure n'apparaît.

Histoire

Le phénomène d'apparition de motifs sur une plaque en vibration est repéré dès 1638 par Galilée6. Une quarantaine d'années plus tard, en 1680, des expériences plus poussées sont réalisées par Robert Hooke, qui met en vibration de la farine sur des plaques de verre.

Pourtant, si ces figures portent le nom d'Ernst Chladni, c'est par la publication par ce dernier en 1787 du traité Entdeckungen über die Theorie des Klanges7, qui popularise le phénomène dans la communauté scientifique en Europe. Chladni utilisait des plaques de métal, sur lesquelles il faisait vibrer du sable avec un archet.

En 1808, Chladni se rend à l'académie de Paris. Il reproduit le phénomène devant les plus grands scientifiques français de l'époque, mais également devant l'empereur Napoléon Ier. Ce dernier, impressionné, organise alors un concours pour établir une modélisation mathématique du phénomène. Elle sera apportée, au bout de trois essais entre 1811 et 1816, à la suite des rejets de l'académie, par Sophie Germain.

Recherches sur la théorie des surfaces élastiques, par Sophie Germain en 1821.

Les figures de Chladni ont aussi été étudiées par Poisson, Legendre, et par de nombreux physiciens et mathématiciens modernes ou plus anciens.

Utilisations

Les figures de Chladni peuvent être utilisées en facture instrumentale pour contrôler la qualité ou l'acoustique d'un instrument.

Figures de Chladni sur le dos d'une guitare.

Cette méthode, tout de même assez rare, est surtout utilisée par des luthiers traditionnels. En mettant en vibration la pièce avant assemblage, la rupture de symétrie des motifs sur le dos de l'instrument indique les zones d'inhomogénéité. C'est une méthode qualitative ; elle peut indiquer une différence d'épaisseur à certains endroits ou une différence de masse volumique de la plaque.

Phénomène physique

Les figures de Chladni sont une visualisation directe d'ondes stationnaires dans un milieu en deux dimensions (la largeur de la plaque est négligée). Le phénomène est analogue à l'expérience de la corde de Melde.

Les ondes sont envoyées depuis un point de la plaque (archet ou vibreur de Melde) ou sur chaque point de la plaque (haut-parleur), puis vont parcourir la plaque de nombreuses fois avant de s'éteindre. Certaines zones vont plus ou moins être soumises aux vibrations ; la poudre va s'intercaler dans les zones où les vibrations sont les moins fortes, c'est-à-dire les lignes nodales (formées par les nœuds de vibration).

Le sable s'intercale au niveau des points rouges, là où l'amplitude des ondes stationnaires est minimale.

Cependant, comme pour la corde de Melde, ces figures ne sont pas toujours présentes ; elles n'apparaissent qu'à certaines fréquences : ce sont les modes propres de vibration.

Table de motifs ; on y repère différents modes propres de vibration ; deux plaques différentes amènent à deux tables différentes.

Les figures de Chladni sont l'expression physique de fonctions d'onde, solutions de l'équation des ondes en dimension trois ; plus précisément elles sont une tranche de solution, comme si la solution en 3D était sectionnée par un plan ; c'est la plaque qui joue le rôle du plan.

En physique quantique, ces ondes sont analogues aux solutions de l'équation de Schrödinger pour un atome à un électron. Schrödinger s'est d'ailleurs inspiré des équations décrivant mathématiquement les figures de Chladni pour la compréhension des orbitales atomiques8.

Les figures de Chladni sont aussi liées au phénomène d'instabilité de Faraday.

Exemples de motifs

Figure de Chladni

Chladni plate 24.jpg Chladni plate 23.jpg Chladni plate 16.jpg Chladni plate 25.jpg

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JARWAL LE LUTIN : A l'origine

Par Le 11/01/2016

 

 

L'histoire de "Jarwal le lutin" est assez étrange en fait. 

Tout a commencé le jour où nous sommes allés en famille sur le sommet de "la Belle Étoile".

J'ai raconté à nos trois enfants (6, 8 et 9 ans, à l'époque), qu'un lutin était entré en contact avec moi et qu'il me racontait sa vie pour que j'apprenne aux enfants la vie des êtres invisibles.

Et de ce jour, à chaque fois que nous allions en montagne en famille, je racontais pendant des heures une nouvelle histoire.

J'ai continué pendant plusieurs années. 

Je n'y pensais pas pendant les jours de travail. 

Il suffisait qu'on ferme les portes de la voiture et qu'on commence à marcher pour qu'une nouvelle histoire survienne...

J'en ai été surpris, plus d'une fois...

Comme si je n'inventais rien et que tout était déjà là, comme si j'écoutais réellement Jarwal me raconter sa vie et celle des êtres invisibles, des plantes, des arbres, des rivières, des nuages, de la Terre et de l'Univers.

Combien de fois, j'ai imaginé Jarwal sur mon épaule, me chuchotant ses histoires.

Je m'en suis amusé bien souvent.

Et puis, parfois, je pensais que finalement....

Il était peut-être bien quelque part.

Lui et tous ses compagnons...

 

 

https://www.francoisbreton.com/2014/09/11/la-relation-au-monde-des-esprits-de-la-nature/

 

 

La relation au monde des esprits de la nature

 

Nous pouvons appeler « esprit de la nature » tous les êtres, les présences et consciences qui participent à l'élaboration et au développement de la nature dans sa globalité.

Pourrions-nous dire alors, que l'être humain est aussi un esprit de la nature ?

Dans une certaine mesure, nous pourrions répondre que oui... tout dépend de quel point de vue nous acceptons de nous placer. L'être humain participe aussi, certes à sa manière, à l'élaboration de la conscience et de l'évolution de la nature.

Mais nous sommes plus habitués à parler des esprits de la nature quand nous citons les présences féériques aux pouvoirs magiques qui ont peuplé notre imagination quand nous étions jeunes, celles que l'on nomme par des noms que nous connaissons tous et que l'on retrouve dans nos contes et nos vieilles histoires traditionnelles.

Des noms que nous connaissons sous les termes : gnome, farfadet, nain, lutin, sylphe, ondine, sirène, vouivre, triton, salamandre, elfe, fée, nymphe ...

Et si ces consciences existaient vraiment ?

Peut-être pas de la manière dont nous l’imaginons, mais d'une manière qui nous permettrait de rentrer en contact avec eux et voyager dans leur monde et ainsi apprendre de multiples secrets des profondeurs de la terre ?

Mon expérience me prouve que cela est possible et qu'une amitié ainsi qu'une collaboration est même possible à un niveau qu’au début de mes premières rencontres je n'aurais pu imaginer....

Avec le temps, j'ai appris à réaliser que la relation que nous avions avec l'extérieur n'était que le reflet de la relation que nous avions avec nous-mêmes.

Par exemple, nous ne pouvons donner aux autres véritablement ce que nous n'avons pas, ou cela finit toujours par générer un certain déséquilibre.

Quand nous ne supportons pas certains décalages ou manies en nous, nous ne les supportons pas non plus chez les autres.

Quand nous sommes exigeant envers nous-même, nous le sommes vis-à-vis des autres.

Quand nous apprenons à nous aimer et à nous accepter tel que nous sommes, nous finissons par lâcher-prise, aimer et apprécier les autres sans nullement chercher à les changer.

La vie nous offre un miroir vivant de nous-même grâce à la relation et à l'interaction avec les autres. Mais cela ne s’arrête pas simplement aux êtres humains et concerne aussi le rapport avec nos amis les animaux, les plantes et la terre sous toutes ses formes.

Le monde dans lequel nous vivons est à notre image et cela pas simplement de façon symbolique comme parfois nous aimerions à le penser, mais de façon tout à fait concrète et concernant autant les sphères matérielles que subtiles.

C'est dans la relation que nous apprenons à grandir et aussi à évoluer.

C'est grâce aux « frictions » que nous propose la vie avec « l'autre » que nous apprenons aussi à nous découvrir. Ce peut être parfois dans la mise en lumière de nos petitesses ou certains aspects de nous que nous aimerions ne pas connaître, mais aussi dans nos plus belles qualités avec l'évidente promesse, dans nos instants de bonheur, de leur croissance future.

Le monde des esprits de la nature n'est qu'un autre nom pour dire le mot « nature » et pouvoir décrire sous un autre jour les beautés qu'elle recèle et nous partage chaque jour.

Simplement ce nom dévoile-t-il le terme de « coulisses » et accepte de nous donner un autre regard sous ce qui se cache sous la « croûte » de ce que la conscience ordinaire ne perçoit aujourd'hui que comme un support presque inerte ou tout nous est dû, et ou nous semblons avoir perdu le simple respect d'y reconnaître la source de notre subsistance sous toutes ses formes.

Quand nous acceptons d'être en relation avec notre monde intérieur et à l'écoute de cette nature dite « extérieure », peut apparaître alors une interaction qui peut prendre des formes adaptées à notre niveau de conscience.

Ce monde est aussi notre propre corps et les esprits de la nature sont aussi une partie de nous-même. Rentrer en contact avec ces êtres est simplement une autre manière de rentrer en contact avec soi-même.

Nous pourrions, parfois, bordés par ce qu'il reste de légende de ces mondes et entretenant une vision à la fois enfantine ou symbolique, imaginer dans la forêt des petits êtres tapis et se cachant ou vivant derrière des rochers ou dans de profondes forêts primaires.

Ceci n'est pas à exclure, dans une certaine mesure, dans l'expérience et à un certain niveau d'interprétation. Mais le monde des esprits de la nature est avant tout le support de la vie pris dans son aspect vital *(plan astral).

C'est à dire que dans chaque corps vivant, chaque brin d'herbe, chaque plante, aussi infime soit telle, autant dans les plus grands espaces naturels que dans la simplicité des géraniums de balcon, des êtres et des consciences sont à l’œuvre et maintiennent cette dynamique de vie.

Les phénomènes de la conscience et de la sphère émotionnelle ne se soustraient pas à cette réalité, elles font aussi partie intégrante de ce monde que la vie aujourd'hui nous invite à découvrir et à percevoir comme une continuité naturelle de nous-même.

François Breton

 

Une amitié (Nature)

Par Le 11/01/2016

Une amitié incroyable entre un loup et un ours révélée par un photographe

Une amitié incroyable entre un loup et un ours révélée par un photographe

14 août 2015 / Catégories: Articles, Rédaction / Tags: , , , , , , , / Réclamations et signalements

Un photographe professionnel a fait une étonnante rencontre dans la nature sauvage du nord de la Finlande. Une amitié peu commune entre deux espèces capturée sur pellicule (ou carte mémoire…).

 

On doit les images exceptionnelles qui suivent à Lassi Rautiainen, un photographe finlandais qui consacre sa vie à un type de safari artistique qui ne fait aucun mal aux animaux. Depuis 1970, l’homme photographie les espèces sauvages à travers le monde et plus particulièrement à Kuhmo, le long de la frontière finlandaise orientale, région à la faune particulièrement préservée. À l’origine de plus de 20 livres photographiques, Lassi Rautiainen va réaliser, par le fait du hasard, une série de clichés particulièrement surprenante. On peut y observer un phénomène rare : une amitié visiblement forte entre un ours et un loup.

En principe, les ours et les loups cohabitent difficilement car ils convoitent les mêmes dépouilles d’animaux pour se nourrir. Selon le photographe, il aurait découvert et observé une amitié rare entre une louve grise et un ours brun mâle. « Personne ne peut vraiment savoir pourquoi et comment le jeune loup et l’ours sont devenus amis, mais je pense que, peut-être, étaient-ils seuls plus jeunes, sans véritablement savoir comment survivre. Selon moi, ils se sentent plus en sécurité ensemble. » explique Lassi.

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Accompagné de Susan Brookes et Staffan Widstrand, d’autres photographes, Lassi Rautiainen, a capturé quelques scènes de cette apparente et rare amitié entre les deux êtres. Le spécialiste précise un élément qu’il n’est pas possible de voir sur ses clichés. Selon lui, les deux animaux partagent chaque repas, s’apportant l’un à l’autre les proies tuées. On peut également les observer se chamailler, se poursuivre et jouer pendant plusieurs heures.

À 56 ans, pour vivre, Lassi Rautiainen organise toujours des safaris photographiques dans la région. Il est considéré comme un des pionniers du tourisme en immersion au plus près des animaux sauvages, sans interférer avec eux. Son travail l’amène à défendre la faune locale par la photographie et les médias. Il tente également de détruire les mythes et les peurs qui entourent les grands carnivores de la région, ces mêmes mythes qui ont entrainé l’éradication du loup dans certaines régions du monde. Plus d’informations sur son site.

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Source : gallowbob / wildfinland.org / Facebook

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"La vie est belle" (cinéma)

Par Le 11/01/2016

Retour sur La Vie est Belle, le film Humaniste de Frank Capra (1946)

Retour sur La Vie est Belle, le film Humaniste de Frank Capra (1946)

3 janvier 2016 / Catégories: Articles, Rédaction / Tags: , , , , , , , , ,  / Réclamations et signalements

Georges Bailey vit à Bedford Falls dans l’État de New York depuis son enfance. Désireux de vouloir explorer le monde et d’entreprendre des études d’architecture par la suite, il se voit contraint d’abandonner ses rêves en raison de nombreux obstacles sur son chemin. Georges Bailey va donc faire des choix courageux qui impacteront son existence. Retour sur un chef-d’œuvre du septième art… 

 

Peu après la seconde guerre mondiale et voulant s’émanciper d’Hollywood, Frank Capra créa sa propre société de production indépendante nommée Liberty Films, dont La Vie est belle est le premier long métrage. Si cette société ne produisit que deux œuvres au total, l’entreprise ayant été rachetée par la Paramount par la suite, La Vie est Belle est aujourd’hui considéré comme un classique du cinéma américain, malgré son échec financier. Il fait partie de ces films que l’on aime regarder en période des fêtes, mais force est de reconnaître qu’il manque de reconnaissance. Peut être mérite t-il d’être davantage connu, tant son message universel brille d’une beauté rare.

Georges Bailey, un Humaniste au service des autres

La Vie est Belle (It’s a Wonderful Life) nous amène dans les pas de Georges Bailey, un homme généreux au service du bien, qui vit dans la ville de Bedford Falls (État de New York), depuis son enfance. Alors qu’il attend cet évènement depuis des années et qu’il s’apprête à réaliser son rêve d’enfant, faire le tour du monde tel un explorateur puis ensuite entamer des études d’architecture, son père décède et Georges se voit contraint de reprendre l’entreprise familiale. Une association de construction et de prêts qu’il se refuse d’abandonner car elle permet aux foyers les plus modestes de trouver un logement, et de devenir propriétaires. S’il part, il laissera le marché à l’avide banquier M. Potter uniquement motivé par le profit et l’amoncellement de richesses. Dès cet instant, la vie de Georges, déjà grandement tournée vers les autres, va devenir une succession de sacrifices qui se fera malheureusement au détriment de son moral. Son bon caractère, son courage et son altruisme qui s’étaient déjà exprimés lors du sauvetage de son petit frère plus jeune, vont devenir le leitmotiv de son existence.

« Tu n’aimes pas les noix de coco ?! Tu sais d’où elle viennent ? De Tahiti, les Îles Fidji, la mer de Corail. J’ai été nominé pour être membre de la National Geographic Society, je vais partir explorer le monde un jour, tu verras. Attends de voir. »

VB1Georges Bailey jeune. Capture d’écran. Copyright © 1947 Liberty Films / Courtesy Pyxurz

La non réalisation de son rêve d’exploration du monde et le manque d’argent vont entraîner Georges Bailey dans une spirale infernale et destructrice de frustration, de colère et de tristesse. Trois venins qu’il devient difficile d’éradiquer dès lorsqu’ils commencent à se nourrir du cœur et de l’âme d’un être humain déjà fatigué. Un soir aux abords d’un pont, accumulant les ennuis matériels et les insatisfactions, Georges va vouloir en finir avec son existence, et ce malgré une vie de famille plutôt heureuse. C’est à ce moment précis qu’il fera la rencontre d’un curieux personnage l’invitant à regarder sa vie, l’impact considérablement positif de cette dernière, mais surtout la cruciale importance de sa présence sur Terre. Un curieux personnage rencontré au détour d’une dimension fantastique qui va montrer à Georges à quel point ce dernier a changé des vies, sans même en avoir conscience.

« C’est étrange n’est-ce pas ? La vie d’un Homme touche tant d’autres vies. Quand quelqu’un n’est pas là, il laisse un vide immense, n’est-ce pas ? »

Plusieurs lectures possibles 

On peut apprécier La Vie est Belle comme un simple film racontant une jolie histoire aux accents féeriques propre à la « magie » de Noël, mais on peut aussi aller plus loin en y décelant un message fort, profond et puissant contre l’isolement, la pauvreté et l’indifférence. Si Georges Bailey incarne le bien et la générosité, le riche homme d’affaires de la ville M. Potter, incarne quant à lui tout l’opposé. En cela le personnage de Georges Bailey peut être vu comme une incarnation de l’esprit de résistance et de lutte sociale, face à un système financier écrasant tout sur son passage. Georges Bailey veut maintenir un accès au logement pour les familles les plus modestes, et cela même si cela lui en coûte personnellement, alors que M. Potter veut étendre son emprise sur la ville et augmenter ses richesses sur le dos des plus pauvres. Ce système oppressant qu’incarne M. Potter obligera même Georges Bailey à égratigner sa dignité, afin d’éviter un nouveau drame. C’est là tout le symbole du propos, l’anéantissement d’une des choses les plus précieuses, la dignité humaine, au profit de l’avidité.

WL2Georges Bailey (personnage principal). Capture d’écran. Copyright © 1947 Liberty Films / Courtesy Pyxurz

La Vie est belle apparaît comme un antidote à la morosité, une leçon de vie, mais surtout un formidable questionnement sur l’insatisfaction permanente des vies que l’on mène. Le film s’apparente davantage à un conte qui met en valeur le positif, et qui relaye au second plan la négativité qui peut facilement gagner et ronger le cœur des Hommes. La narration extérieure qui rythme le film accentue encore davantage cet esprit universaliste très prégnant. Critiqué par certains à sa sortie et encore aujourd’hui pour son aspect jugé lisse et « Amérique traditionnelle » , il se pourrait bien que le petit bijou de Capra n’ait pas été lu sous tous ses angles possibles, et ne soit pas toujours apprécié à sa juste valeur.

Le long métrage du réalisateur phare permet également la transmission de cette idée si chère au milieu militant et aux idéalistes, que chaque acte compte. Même les plus petits, même ceux qui peuvent nous sembler insignifiants, tous comptent. Une idée qui, semble t-il, ne doit pas être perdue de vue. Métaphoriquement, le film représente le triomphe du bien sur le mal qui s’incarne par le rejet de la précarité et de la solitude au bénéfice de la solidarité et de la justice sociale et humaine. La Vie est Belle c’est aussi la célébration des Hommes ordinaires, des héros du quotidien avec leurs défauts et leurs qualités qui en font des personnages uniques et complexes.

Plus tard, dans son autobiographie, Frank Capra décrira La Vie est belle en ces mots :

« La Vie est belle n’était fait ni pour les critiques blasés, ni pour les intellectuels fatigués. C’était mon type de film pour les gens que j’aime. Un film pour ceux qui se sentent la, abattus et découragés. Un film pour les alcooliques, les drogués et les prostituées, pour ceux qui sont derrière les murs d’une prison ou des rideaux de fer. Un film pour leur dire qu’aucun homme n’est un raté. »

Pour leur dire qu’aucun Homme n’est un raté.

Une Bande Annonce « Hommage » réalisé par un fan 

 

NB : On notera également que le film fut étiqueté  » propagande communiste  » par le FBI, dirigé par John Edgar Hoover à l’époque (source : lefigaro.fr).


Découvrir le film en version originale : LIEN

PS : Nous ne sommes pas responsables du contenu général du site hébergeant la vidéo du long métrage.


Sources : allocine.fr / wikipedia.org

Image / Photographie d’illustration : Copyright © 1947 Liberty Films / Courtesy Pyxurz

"La loi d'attraction"

Par Le 10/01/2016

                        Loi dattraction

 

"Si vous vous focalisez sur la chose que vous voulez et que vous dites OUI à celle-ci, vous êtes en train d'activer la Loi d'Attraction qui va répondre à cette pensée et vous apporter les choses qui lui correspondent.
 

Par contre, si vous vous concentrez sur ce que vous ne voulez pas et que vous criez NON à cette chose, vous n'êtes pas du tout en train de la repousser. 
 

Au contraire, vous activez en pensée ce que vous ne voulez pas ; à cet instant la Loi d’Attraction va se mettre en action et attirer automatiquement cela dans votre vie.

La Loi d'Attraction fonctionne toujours, que vous y croyiez ou non, que vous la compreniez ou non. La manifestation se fait toujours à chaque fois que vous avez une pensée ou une manière de penser prolongée.
 

Donc si vous vous plaignez de ce qui ne va pas, vous êtes simplement en train de créer encore plus de ce qui ne va pas.
 

D’une façon générale, si nous sommes très positifs dans notre attitude et nos pensées, nous attirons des gens positifs, des événements et des circonstances positifs. Mais si nous sommes négatifs dans notre être, ou très en colère, nous allons attirer des personnes négatives, et des circonstances négatives voire violentes."
 

Docteur Joe Vitale

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Juste un exemple (politique)

Par Le 10/01/2016

Si je décide d'aller lire quelques informations sur ce qui se passe en France, je finis toujours au bout de quelques minutes par tomber sur un article qui me donne furieusement envie, soit de partir très loin, soit de .... et bien, rien en fait...puisque ce pays est construit sur la volonté des Puissants et que mon avis, ma colère, mon dégôut n'ont aucune incidence sur leurs volontés.

Quant à me répondre que je n'ai qu'à aller voter...eh bien, comment dire....Combien touche le Maire sur la construction du parking ? Ou pour sa prochaine campagne électorale ? Quand je dis que je conteste le système électoral en France, c'est également celui des Maires. D'autant plus qu'il est tout à fait possible de remplacer un conseil municipal par un "Comité de citoyens", une liste de volontaires sur laquelle les "représentants" sont tirés au sort. C'est déjà fait et ça fonctionne. 

 

Colombes : la justice valide le parking à la place des salades

Adeline Daboval |  | MAJ : RÉAGIR

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Colombes, rue Michelet. Saisi en référé par la mairie (LR) de Colombes, le tribunal administratif de Cergy ordonne à l’association AAA de libérer le terrain de l’Agrocité.
Colombes, rue Michelet. Saisi en référé par la mairie (LR) de Colombes, le tribunal administratif de Cergy ordonne à l’association AAA de libérer le terrain de l’Agrocité. (LP/Adeline Daboval.)

 

Au pied des tours de logements sociaux, des parcelles de jardins partagés, du maraîchage, des bacs à compost, des ruches, des ateliers de récupération, une Amap… Mais bientôt plus un brin d’herbe ! La justice vient de donner raison à la ville de Colombes (LR) qui veut utiliser les terrains occupés rue Michelet par l’Agrocité pour y installer un parking temporaire. «Il nous fallait la libération des lieux au plus tard pour le mois d’avril afin de ne pas prendre de retard sur le calendrier des travaux de rénovation urbaine des Fossés-Jean. Le tribunal en a reconnu l’urgence», se réjouit la municipalité.

A la place de la ferme urbaine expérimentale, la mairie veut aménager 182 places de stationnement provisoires le temps de démolir la rampe d’accès au parking de la résidence 11, rue Michelet et d’aménager une nouvelle place publique et un pôle d’équipements publics. Dans son recours, l’avocat de la mairie s’appuie sur le fait que les deux conventions d’occupation et de subventions signées par la précédente municipalité (PS-EELV) et l’association AAA (l’Atelier d’architecture autogérée), responsable des lieux, ont respectivement expiré en septembre 2014 et en septembre 2015. Elle fait également valoir que la réhabilitation de ce quartier sensible, coincé en bordure de l’autoroute A86, est repoussée depuis plus de dix ans et doit désormais être achevée en 2020.

 

Smaïl, un habitant du quartier devenu jardinier à la ferme urbaine. (LP/Adeline Daboval)

 

L’association a deux mois pour plier bagage

Le jugement ordonne à l’association AAA de libérer le terrain et de «démonter les constructions provisoires édifiées sur ce terrain dans un délai de deux mois à compter de la notification de la présente ordonnance sous astreinte de 50 euros par jour de retard. La commune de Colombes est autorisée à requérir le concours de la force publique pour faire procéder à l’évacuation du terrain et à procéder à l’enlèvement d’office des matériels, objets éventuellement laissés par l’association.»

Ces trois derniers mois, en pleine campagne aux régionales, les adhérents de l’association, les clients de l’Amap ou les élèves de l’école du compost ont multiplié les actions pour tenter de sauver cette ferme, tête de proue d’un projet d’écologie urbaine baptisé R-Urban soutenu par l’Union européenne. Selon eux, le parking temporaire pouvait se faire à bien d’autres endroits...

«C’est 1,2 millions d’euros d’argent public qui va partir en fumée !»

Constantin Petcou, responsable de la ferme urbaine, fulmine contre le jugement. (LP/A.D.)

Déboutée par la justice, l’association AAA ne compte pas baisser les bras pour autant. «On ne va pas se décourager pour ça, affirme Constantin Petcou, le responsable de la structure. Je crois que les magistrats n’ont pas bien compris qu’il ne s’agissait pas seulement de jardins potagers. Sur le terrain, il y a un bâtiment muni de panneaux solaires, d’un système de récupération des eaux de pluie... Tout démonter et trouver un nouveau terrain d’accueil, c’est impossible en deux mois !» Dans son mémoire, l’avocat de l’association avait d’ailleurs demandé un délai de 18 mois pour le déménagement.

«Il existe un terrain communal disponible à 250 mètres, reprend Constantin Petcou. On peut y faire le parking ou y mettre l’Agrocité.Une centaine d’habitants utilisent ce lieu, des personnes ont été embauchées, nous étions présents à la Cop 21... Tout le monde s’intéresse à ce projet. Sauf la mairie de Colombes. C’est un scandale. C’est 1,2 million d’euros d’argent public qui va partir en fumée à cause d’un parking temporaire !»

 

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.Cette anthropologie (moderne) n'offre pas non plus de contrepoids à l'économisme, qui n'était pas en germe chez les auteurs du 17e siècle, mais qui s'est imposé après la Révolution industrielle (..). Celle-ci est devenue le lieu d'expression de soi, d'un moi de plus en plus rivé à la consommation, occupé à produire, à se distraire, à remplir un vide que le système capitaliste entretient car la surproduction, l'obsolescence programmée des objets, le gaspillage et l'exploitation des autres hommes, des ressources et des animaux ne peuvent fonctionner que dans une société où les êtres tournent sans repos sur eux-mêmes, comme disait Tocqueville, sont isolés, désolés, divisés, mais obsédés par le regard d'autrui. (..) animés de désirs artificiels. Ces derniers sont créés de manière totalement factices par le marketing, mais ils s'appuient sur des ressorts psychologiques qui expliquent que le capitalisme, pourtant fondé sur une anthropologie fausse et fragile, survit et est même très efficace."

Corine Pelluchon


 Dans le monde occidentalisé et matérialiste, l'humain est au service du "capital" ce qui revient à dire que son existence est "capitalisée" de façon à péréniser un système qui apparaît désormais, de plus en plus clairement, comme totalement néfaste. Il ne reste plus qu'à accélérer son obsolescence en brisant les ancrages.

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"Nous devons passer d’une démocratie concurrentielle à une démocratie délibérative" (Corine Pelluchon)

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Pour Corine Pelluchon, "l’argumentation est au cœur de la démocratie délibérative. Elle désigne une communication non coercitive et s’adresse à l’intelligence d’autrui. C’est aussi ce que désirent la plupart des individus : que l’on sollicite leur bon sens."

Pour Corine Pelluchon, "l’argumentation est au cœur de la démocratie délibérative. Elle désigne une communication non coercitive et s’adresse à l’intelligence d’autrui. C’est aussi ce que désirent la plupart des individus : que l’on sollicite leur bon sens." (Crédits : DR)
GRAND ENTRETIEN. Professeure de philosophie à l'université de Franche‐Comté, Corine Pelluchon est l'auteure de plusieurs livres dont le dernier « Les Nourritures. Philosophie du corps politique » (éditions du Seuil) illustre son ambition qui est de proposer une philosophie du sujet comportant un volet anthropologique, qui suppose de penser autrement l'homme et son rapport à lui et aux autres vivants, et un volet politique, qui donne lieu à un nouveau contrat social et à une réflexion sur les conditions d'une reconstruction de la démocratie. Pour elle, l'un des problèmes majeurs à résoudre dans les prochaines trente années concerne la crise écologique, qui est également une crise de la subjectivité. La réponse ne pourra donc pas être seulement technique, mais elle devra être aussi éthique et politique.

* Une version réduite de cet entretien a été publiée dans le numéro spécial des "30 ans de la Tribune".

Quels sont les problèmes majeurs que nous allons devoir affronter ? Et en quoi la philosophie peut contribuer concrètement, sinon à les résoudre, du moins à les éclairer ?

La crise écologique, qui ne se réduit pas à une dégradation de l'environnement ou à une raréfaction des ressources remettant en cause nos styles de vie, mais interroge aussi notre rapport à la nature et à nous-mêmes, est un des problèmes majeurs. Nous habitons la Terre en nous comportant comme des prédateurs et en oubliant que nous la partageons avec les autres espèces. Pensez aux souffrances inouïes que l'on fait endurer quotidiennement à des milliards d'animaux pour pouvoir consommer leur chair ou acheter leur fourrure. L'homme a tendance à considérer que ses projets et ses possessions constituent le sens de sa vie et que la seule limite à sa liberté est l'autre homme actuel. Or, si nous prenons au sérieux la matérialité de notre existence et notre corporéité, nous voyons que notre vie est intimement mêlée à celle des autres êtres, passés, présents et futurs, humains et non‐humains. Bien plus, la crise écologique devrait nous amener à ne plus fonder l'humanisme sur l'individu pensé de manière atomiste, coupé des autres et défini par la seule liberté. Cette conception relationnelle du sujet à laquelle conduit une réflexion qui articule l'écologie à l'existence devrait donc nous permettre de rénover l'humanisme, en contestant l'anthropocentrisme despotique qui l'a longtemps caractérisé, en insistant au moins autant sur la réceptivité et sur la vulnérabilité que sur le projet et la maîtrise de soi et en nous rendant moins enclins à la domination. Il s'agit aussi de revoir la place de l'économie, qui est aujourd'hui un économisme, où la recherche du profit détermine tout.

J'élabore une philosophie du sujet relationnel et forge les outils éthiques et politiques qui s'ensuivent de cette réflexion sur le sujet pensé dans sa corporéité. Actuellement, je m'interroge sur les capacités et dispositions morales qui pourraient nous permettre d'avoir plus de respect envers la nature et les autres vivants, d'être plus sobres, de savoir apprécier la beauté des paysages, etc. Il s'agit d'une éthique des vertus qui inclut une réflexion sur les émotions et les affects et souligne le lien entre l'éthique et l'esthétique. Pour changer ses styles de vie, les principes et les règles ne suffisent pas. Il ne faut pas se focaliser seulement sur les normes, mais il importe de se tourner vers les agents moraux, vers ce qui pousse les individus à agir. L'éthique implique une transformation de soi et, pour sentir que le respect de soi est inséparable du respect des autres vivants et de la nature, des dispositions morales qui expliquent aussi qu'on change ses habitudes de consommation en y trouvant une forme d'accomplissement de soi.

Vous n'évoquez pas les risques liés aux progrès technologiques générés par les NTIC, les biotechnologies, les nanotechnologies... Ne menacent-ils par la liberté de l'homme ?

Je parlerai des biotechnologies, que je connais le mieux, des modifications génétiques, par exemple, qui nous obligent à nous interroger sur le sens de la vie. En elles‐mêmes, ces techniques ne sont ni bonnes ni mauvaises ; tout dépend de l'usage que nous en faisons. Qu'est‐ce qui pourrait en limiter les applications ? Le fait qu'elles ne seront pas généralisables, qu'elles auront un coût trop important ? Dans L'autonomie brisée. Bioéthique et philosophie (PUF, 2009/2014), j'avais essayé de montrer que l'important était surtout d'examiner leur impact sur les individus, sur les institutions et sur les dispositions qui les soutiennent et rendent effective la démocratie, comme l'égalité morale des individus ou la tolérance, par exemple. Il s'agit de voir au cas par cas si ces techniques induisent des effets qui sont contraires à ce que nous continuons de chérir. Ainsi, les thérapies géniques germinales, qui pourraient permettre de « designer » son enfant à venir en fonction de ce que l'on pense être une vie réussie, s'opposent au sens de la parentalité conçue comme l'accueil de ce qu'on n'attendait pas. Les biotechnologies interrogent notre rapport à l'imprévisibilité, à l'inconnu, à l'autre, et à la finitude. En ce sens, elles sont les alliées de l'idéal de maîtrise de soi et de performance constitutif de ce que j'ai appelé il y a quelques années une « éthique de l'autonomie ». Celle-ci désigne une sorte d'idéologie liée à un double mouvement de valorisation de l'autonomie, devenue une norme, et de transformation de cette notion qui s'est vidée progressivement de tout contenu pour s'identifier à l'indépendance. Cette dernière, qui va de pair avec un idéal de contrôle, est toutefois paradoxale, parce que le sujet qui veut être lui-même se plie aux impératifs du marché, si bien que son autonomie est exactement ce que Kant appelait l'hétéronomie. De plus, l'être en proie à cette éthique de l'autonomie refuse de prendre le moindre risque, parce que ce qui échappe à son contrôle et au contrôle, à la prévision, lui fait peur. Il exprime une demande de liberté surveillée, qui est très loin du désir d'aventure et du goût du risque prônés dans les années soixante et soixante-dix. Cette conception, qui n'aide pas à bien vivre le vieillissement, par exemple, explique certaines demandes sociétales et un certain usage des techniques médicales et des biotechnologies. Cette éthique de l'autonomie trahit également une méprise sur le vivant, sur sa corporéité, qui témoigne de notre passivité. Elle va de pair avec des représentations élitistes qui désignent comme insignifiants ou inférieurs les êtres qui n'ont pas la capacité d'imposer aux autres leur volonté ou qui la communiquent autrement que nous. Elle conduit à ne voir chez les personnes en situation de handicap ou de démence que les déficits et est solidaire d'un mépris des vivants. Les animaux sont des subjectivités non représentationnelles ; il y a quelqu'un derrière la fourrure et sa vie est aussi importante pour lui que la vôtre l'est pour vous. Les animaux sont individués et ils ont une intelligence et un accès au réel qui nous échappent totalement quand nous pensons que le réel est seulement celui que nous découpons avec nos catégories et nos concepts.

Cette éthique de l'autonomie, qui ne nous aide pas à bien vivre, est l'enfant tardif d'une anthropologie qui a été fondée sur un sujet atomiste, défini par le droit à user de ce qui est bon pour sa conservation. Cette fiction d'un individu pensé abstraction faite de ses appartenances était nécessaire pour établir la philosophie des droits de l'homme et penser que le fondement et la finalité de l'Etat étaient la liberté des individus. Il fallait forger cette abstraction pour penser un Etat laïc et affirmer que tout être humain, quels que soient sa fonction, son ethnie, sa religion ou son genre, avait les mêmes droits que les autres et donc pour reconnaître une égale dignité aux humains. Cependant, tout se passe comme si nous avions, au fil du temps, oublié ce caractère relationnel de nos vies et perdu le sens de ce qui nous relie aux générations passées, présentes et futures, à la Terre et aux autres vivants. C'est ainsi que la fondation individualiste du sujet sur laquelle reposent le libéralisme politique et la philosophie des droits de l'homme a donné lieu à une anthropologie pauvre, qui ne donne aucun relief à l'existence humaine, en dehors de la conquête de sa liberté et de la possession de biens matériels.

Cette anthropologie n'offre pas non plus de contrepoids à l'économisme, qui n'était pas en germe chez les auteurs du 17e siècle, mais qui s'est imposé après la Révolution industrielle et dans une société où la division du travail, la spécialisation des tâches et la professionnalisation de la vie politique installaient en chacun une division entre la sphère publique, gérée par des représentants, et la sphère privée. Celle-ci est devenue le lieu d'expression de soi, d'un moi de plus en plus rivé à la consommation, occupé à produire, à se distraire, à remplir un vide que le système capitaliste entretient car la surproduction, l'obsolescence programmée des objets, le gaspillage et l'exploitation des autres hommes, des ressources et des animaux ne peuvent fonctionner que dans une société où les êtres tournent sans repos sur eux-mêmes, comme disait Tocqueville, sont isolés, désolés, divisés, mais obsédés par le regard d'autrui. Ayant surtout des rapports de compétition et aucun horizon d'espérance en dehors de celui que procure la reconnaissance, ils cherchent à posséder ce que les autres ne possèdent pas et sont animés de désirs artificiels. Ces derniers sont créés de manière totalement factices par le marketing, mais ils s'appuient sur des ressorts psychologiques qui expliquent que le capitalisme, pourtant fondé sur une anthropologie fausse et fragile, survit et est même très efficace.

A cette éthique de l'autonomie j'ai opposé une philosophie de la corporéité qui met au jour le caractère relationnel du sujet et conduit à rafraîchir le sens que l'on accorde à son existence. Elle a d'abord donné lieu à une « éthique de la vulnérabilité », centrée sur la passivité du vivant, sur sa fragilité, mais aussi son ouverture aux autres, sa responsabilité. Parler de corporéité, c'est dire que la conscience n'est pas le point zéro de mon expérience, que le réel n'est pas seulement ni essentiellement relatif à ce que j'en vois ou en sais, à ce que je fais de lui, mais qu'il y a quelque chose avant la conscience. Cela conduit à s'intéresser aux phénomènes qui échappent à ma maîtrise et mettent en échec ma volonté. Cependant, une phénoménologie attentive aux phénomènes que ma conscience ne constitue pas ou qui échappent à mon intentionnalité ne s'intéressera pas seulement à la maladie, à la mort, à la douleur, à la démence, mais elle décrira aussi le revirement du constitué en condition de mon existence qui, dans la manière dont nous habitons la Terre et goûtons aux choses, révèle aussi l'importance du plaisir.

La deuxième étape de cette philosophie est donc la philosophie des nourritures développée dans le dernier livre. Les nourritures désignent tout ce dont je vis et qui « nourrit » ma vie, c'est-à-dire que les choses naturelles et culturelles dont je vis répondent à mes besoins, qu'il s'agisse de l'alimentation, de l'eau, de l'air, du travail, etc. Cependant, les besoins ne sont pas pensés à la lumière de la privation, comme s'ils étaient des vides à remplir. Le besoin vire en plaisir, qui est recherché pour lui-même, sauf quand cet accès au plaisir n'est pas possible en raison des privations extrêmes, comme la faim, le froid, l'épuisement. Cette complaisance dans le monde sensible que nous éprouvons nous enseigne que l'amour de la vie est originaire, et que la déréliction ou le sentiment d'être jeté dans un monde absurde est seconde et lié aux conditions sociales, économiques et matérielles. Nos sensations, qui font ressortir la texture des aliments, et traduisent la vérité de notre rapport au monde, qui est un être-avec-le-monde, suggèrent aussi que les choses ne sont pas réductibles à leur fonctionnalité, qu'il y a un excédent, une générosité dans ce monde qui n'est pas entièrement thématisable. C'est cette essence généreuse du monde, son excédent, que l'on entend dans le pluriel des nourritures et qui souligne aussi la centralité du goût.

Bien plus, je mange pour calmer ma faim et reprendre des forces et travaille pour gagner mon pain, mais l'activité même de manger, de travailler, me réjouit - ou pas - et donne un sens et une saveur à mon existence. Quand l'acte de se nourrir ou le travail n'ont pas de sens, j'en souffre. Ce qui fait la grâce de la vie et son sens va au-delà des nécessités et le projet ne saurait définir notre existence, qui est plutôt conçue ici à la lumière de la réceptivité qui exprime le contact entre moi et le monde. Ainsi, je ne vis pas pour faire ceci ou cela, comme si l'existence était à comprendre essentiellement à la lumière du projet, mais parce que je prends du plaisir à vivre, qu'il y a une gratuité dans le fait d'exister. Je vis pour vivre ; vivre, comme disaitEmmanuel Levinas, est une sincérité. Vivre, c'est vivre de, et vivre de, c'est jouir.

En même temps, je ne vis pas seulement pour moi, parce que - et cela nous éloigne de Levinas -mon usage des nourritures et, au premier chef, ma manière de m'alimenter me relient, que je le veuille ou non, aux autres êtres humains, passés, présents et futurs, et aux autres vivants, en particulier aux animaux. Bien plus, ma vie est, dès ma naissance, de par ma naissance, débordée par celle des autres et, en naissant, c'est un monde commun aux générations passées, présentes et futures, et aux animaux, un monde constitué par le patrimoine naturel et culturel de l'humanité et incluant la biodiversité, qui m'accueille. Ce monde survivra à ma mort, mais il est l'une des dimensions de mon existence, qui n'est donc pas seulement individuelle, contrairement à ce que nous avons tendance à croire, surtout en Occident. Vivre, ce n'est pas seulement vivre pour soi. Bien sûr, mon existence a du sens pour moi et pour mes proches, mais le monde commun lui confère aussi une épaisseur. Le sens de mon existence n'est pas constitué seulement par ce que j'accumule et fais pour moi, mais il est lié à ce que je transmets et la valeur de mes actes dépend de leur impact sur le monde commun. Au contraire, le projet transhumaniste est celui d'un individu tout‐puissant et qui ne vit que pour lui.

Enfin, la philosophie du sujet relationnel que je propose vise à compléter les droits de l'homme, qui ne peuvent plus être fondés simplement sur un sujet individuel coupé des autres êtres humains et non‐humains. Elle a donc d'emblée une portée politique et juridique. Parce que la biosphère est la condition de mon existence, que la beauté de la nature nourrit ma vie, que les générations passées et futures font partie de moi et que nous cohabitons avec les animaux, qui sont mêlés à nos vies et dont les intérêts doivent aussi entrer dans la définition du bien commun, les finalités du politique ne seront plus  seulement la sécurité ou la conciliation des libertés individuelles et la réduction des inégalités. La protection de la biosphère, le souci pour les générations futures, l'amélioration de la condition animale deviennent de nouveaux devoirs de l'Etat.

Nous traversons une crise du politique, le citoyen ne se sent plus représenté. A quoi est-ce dû ?
A l'économisme, à la règle du profit qui fait plier le politique et a envahi toutes les sphères de la vie. Les hommes ont perdu le sens du monde commun et de ce qui les relie aux autres. Ils ne se vivent plus que comme des forces de production et des forces de consommation. C'est ce que Hannah Arendt appelait la désolation, qui rend les individus des démocraties de masse vulnérables aux solutions totalitaires.

Il s'agit aujourd'hui de reconstruire de la démocratie en revoyant la philosophie du sujet qui sert encore de base au contractualisme actuel et qui ne permet pas de lutter contre l'économisme. Il s'agit aussi de rénover ses institutions afin d'intégrer le long terme et de traiter des enjeux globaux associés à l'environnement. Ils sont parfois invisibles, comme les perturbations endocriniennes et la pollution. On a également besoin de médiations scientifiques pour éclairer les décisions, mais aussi d'organes de veille et de vigilance ‐ pouvant prendre la forme d'une troisième chambre disposant d'un droit de veto ‐ afin que les propositions de loi ne contredisent pas la protection de la biosphère et l'amélioration de la condition animale qui sont des devoirs de l'Etat. Ces mesures nous éviteraient d'avoir des politiques atomistes et souvent incohérentes. Les questions de justice intergénérationnelle, l'écologie et la question animale doivent être traitées de manière transversale. Les politiques en matière d'économie, de transport, d'agriculture, d'éducation affectent l'écologie, la justice intergénérationnelle et les animaux. Inversement, on ne peut protéger l'environnement, prendre en compte les générations futures et améliorer la condition animale si l'on en fait des domaines à part et que l'on se satisfait de meures qui seront contredites par ailleurs. Enfin, il s'agit de penser les conditions de la délibération sur des sujets complexes qui supposent que la justice ne se réduit pas à l'accord extérieur des libertés mais implique une certaine conception du bien commun. C'est le cas de la plupart des questions dites de bioéthique qui soulèvent des enjeux moraux qui vont au-delà des problèmes de mœurs et c'est le cas dès qu'on aborde des techniques ou des pratiques qui ont un impact non seulement sur la société, mais aussi sur les écosystèmes, les autres espèces et les générations futures. Le défi est de penser ou plutôt d'instituer le bien commun, qui n'existe pas dans le ciel des idées et qui est a posteriori, sans fonder la décision collective ou les lois sur la vision moralisatrice d'un groupe et donc en respectant le pluralisme qui va de pair, dans une démocratie, avec la reconnaissance de l'égalité morale des individus, le refus des gourous éthiques ou du paternalisme, si vous préférez.

Bref, l'objectif est de forger des outils et de concevoir une méthodologie nous permettant de parvenir à des législations adaptées aux différents acteurs et à l'historicité des lois, au contexte, en trouvant des accords sur fond de désaccords. C'est ce que j'ai essayé de faire, notamment en politisant le difficile problème de l'aide active à mourir. Il est également important de passer d'une démocratie concurrentielle, où l'on use d'une rhétorique plébiscitaire, reposant sur le marchandage, les promesses et les récompenses, et sur la peur, à une démocratie délibérative, où l'on pèse le pour et le contre avant de prendre des décisions politiques, où l'on explicite les arguments des différents camps et où chacun se demande ce qui a un sens pour la collectivité, et pas seulement pour lui. L'argumentation est au cœur de la démocratie délibérative. Elle désigne une communication non coercitive et s'adresse à l'intelligence d'autrui. C'est aussi ce que désirent la plupart des individus : que l'on sollicite leur bon sens.

Mais nous pouvons déjà agir, dans nos démocraties, en tant que citoyens...

Le cœur de la démocratie, c'est la vigilance critique dans l'espace public. Par exemple, quand ils mangent, les individus ont un impact sur la production et la distribution. Ils ont un rôle politique. Le sentiment d'impuissance ne peut être un alibi, car les consommateurs ont un pouvoir considérable sur l'économie et sur la politique. Nous pouvons réorienter l'industrie agroalimentaire en cessant d'acheter des produits que cette industrie présente comme des produits de luxe (le foie gras), des produits indispensables à la santé (la viande). Nous pouvons leur signifier, si nous sommes assez nombreux, qu'il y a de l'argent à gagner avec des produits végétaux. La demande peut créer l'offre, surtout dans l'alimentation parce que nous mangeons tous trois fois par jour. Enfin, pour que les citoyens puissent exercer leur esprit critique, il faut non seulement que certaines scientifiques soient disponibles, mais aussi que gouvernants et gouvernés soient formés sur des problèmes concrets et sur la manière d'argumenter. Je rêve, par exemple, que l'on remplace, dans les programmes de philosophie de la classe de terminale, l'étude de notions souvent trop abstraites pour des jeunes gens de 18 ans par l'éthique animale et environnementale, la bioéthique, etc. Il faudrait certainement moderniser un peu le contenu des programmes scolaires, donner une meilleure formation scientifique aux jeunes, enseigner la rhétorique. De manière générale, il serait intéressant de former nos politiques afin qu'ils enrichissent les programmes politiques et soient davantage dans l'analyse et l'argumentation, au lieu d'être dans l'invective constante. Pourquoi ne pas créer une sorte de Sciences Po pour les adultes ? Il existe des forums et des gens comme moi qui pourraient passer leur vie à aller donner des conférences par ci par là - gratuitement, en ce qui me concerne. Mais, indépendamment du fait que c'est épuisant pour les conférenciers, qui ont souvent une lourde charge de travail par ailleurs, la formation suppose un temps long, des efforts et de la rigueur, et un lieu soustrait au vacarme du monde et aux médias. Informer c'est bien, former c'est mieux. Les deux ne sont pas antithétiques, même si, à notre époque, où tout le monde veut aller vite, parler de tout sans prendre le temps d'apprendre, on fait plus d'efforts et de bruit pour informer que pour former les individus.

Dans votre dernier ouvrage, « Les Nourritures. Philosophie du corps politique », vous accordez à l'acte de se nourrir une place centrale. C'est pour le moins étonnant dans le domaine de la philosophie ?

« Au commencement était la faim », écrivait Emmanuel Lévinas dans ses Carnets de Captivité. Avant de penser, le sujet a faim. La faim est une privation extrême. Rappelons qu'aujourd'hui même, près de 3 milliards de personnes dans le monde souffrent de faim ou de malnutrition.

J'insiste sur le fait qu'au delà du besoin archaïque et originaire qu'est la faim, le besoin de manger se transforme en plaisir. C'est ce que j'appelais le cogito gourmand en insistant sur le caractère à la fois biologique et social, sensuel et spirituel du goût et sur le fait qu'il réfute tous les dualismes corps/esprit, nature/culture, intérieur/extérieur. De plus, les multiples dimensions de l'alimentation, qui est une incorporation, sa dimension nutritive, affective, sociale, symbolique, éthique, économique et politique, suggèrent que l'on a affaire à un phénomène qui exprime le vécu dans sa globalité. C'est cela l'oralité.

L'emblème de la philosophie du sentir que je développe dansLes Nourritures est moins le ventre que la bouche. L'oralité, c'est à la fois ce qui passe par ma bouche et la parole. C'est un rapport intime à soi et à l'autre. Manger est un dire. Quand je mange, je dis la place que j'accorde au sein de mon existence aux êtres humains passés, présents et futurs et à aux animaux, mais j'exprime aussi mon vécu dans sa globalité. Ma manière de manger traduit aussi le respect de moi, ce que j'accepte d'incorporer, comment je l'incorpore. Il y a aussi toute une mémoire de l'alimentation qui est liée aux plats que nous préparaient nos parents et nos grands-parents, à l'histoire familiale, aux premiers moments de notre vie, quand nous avons été nourris et qu'en même temps que le sein ou le biberon, nous avons reçu de l'attention et de l'amour - ou pas.

L'alimentation rend impossible le maintien des dualismes. C'est pourquoi, sur le plan phénoménologique, elle est si intéressante. Dans ce livre, je pars de la description phénoménologique de l'existant dans la matérialité de son existence : l'alimentation en particulier, mais aussi le fait d'être né, d'être posé à terre, d'habiter quelque part. On pourrait ajouter le fait de respirer et, pour les humains, le fait de se vêtir.

En partant de la description de ces actes quotidiens, qui concernent tout le monde, je fais surgir des structures de l'existence qui ont une dimension universalisante et éclairent la condition humaine de manière nouvelle. J'ai ainsi approfondi la philosophie de la corporéité que j'avais commencé à élaborer dans mes précédents ouvrages, mais en travaillant cette fois-ci non plus sur des phénomènes négatifs, comme la douleur, la souffrance, la fatigue, la maladie, la démence, la mort, mais sur le plaisir, sur la naissance et notre habitation de la Terre.

Dans le passé, l'hôpital et les cas cliniques étaient l'inspiration principale. C'est ainsi, par exemple, qu'en visitant des établissements prenant en charge des personnes souffrant de la maladie d'Alzheimer, j'ai essayé de penser ou de repenser l'identité. Qu'est-ce que l'identité d'une personne qui a perdu le sens fonctionnel des objets et la mémoire ? Qu'est-ce que cela dit de la manière dont nous concevons le sujet? Peut-on penser l'autonomie d'une personne en situation de dépendance et aller au-delà de la définition, à la fois juridique et médicale, de la compétence ? Ce travail sur la vulnérabilité qui était centré sur la catégorie de passivité et qui suppose une articulation très serrée entre les notions d'autonomie, de vulnérabilité et de responsabilité était une première étape. La deuxième porte sur le « vivre de ».

C'est cela que j'appelle les « nourritures ». Cela inclut les aliments, mais ne s'y réduit pas et c'est une manière d'éviter le mot de « ressources » qui réduit le monde à sa dimension instrumentale Or il s'offre à nous comme ce qui nous plaît ou non, comme ayant une ambiance, un rythme. Quand on visite une ville, on sent un rythme, on se sent bien ou mal, etc. Encore une fois, c'est la réceptivité, l'être-avec-les-choses qui m'intéresse.

Des philosophes aussi différents que Michel Foucault, avec son « souci de soi », ou Michel Onfray et son « corps hédoniste » célèbrent aussi l'importance du corps. Qu'est-ce qui vous différencie d'eux?

Je m'inscris plutôt dans la tradition d'une phénoménologie de la non-constitution représentée par Henri Maldiney, un philosophe important mais peu connu du grand public. De plus, je suis philosophe politique. Michel Onfray défend un hédonisme qui est un peu un hédonisme de défi, car il exprime l'idée selon laquelle il faut profiter de la vie en laissant à Thanatos un corps qui aura brûlé. Il est également favorable, me semble-t-il, au transhumanisme, alors que je défends une pensée de la finitude et conçois les limites de notre vie, y compris la mort, de manière positive. Mon travail relève davantage de l'eudémonisme car ma question fondamentale est celle de la vie bonne. Il peut y avoir une vie bonne, où l'on peut parler de bonheur et de joie et réaliser cette alliance entre l'éthique comme transformation de soi et l'accomplissement de soi, même quand la satisfaction ou le bonheur personnel au sens ordinaire du terme est compromis. Pour connaître la joie, selon moi, il faut savoir pourquoi l'on vit et vivre une vie bonne, qui n'est jamais, d'après ce que j'ai dit plus haut, une vie seulement pour soi, mais, pour se sentir heureux, il faut de la chance, un contexte politique, social et affectif. C'est pourquoi il est question du daimon. Toutefois, le malheur, les privations n'empêchent pas d'avoir une vie accomplie. Pensez aux résistants qui sont morts et même aux dernières paroles deWittgenstein. Philippa Foot, dans Le Bien naturel, en parle.

Quant à Michel Foucault, c'est une pensée archéologique. Je pense ici surtout à ses cours au Collège de France, notamment à ceux qui sont publiés dans L'herméneutique du sujet. Je préfère d'ailleurs le dernier Foucault, celui qui relit les Stoïciens, ces athlètes de l'événement, en parlant d'un souci de soi qui n'est pas seulement lié au corps et qui pense l'éthique comme pratique de soi. C'est magistral et cela a une portée politique, très différente cependant de ce qui se joue dans sa théorie du biopouvoir. Cela dit, mon travail est différent. Mon éthique se fonde sur une phénoménologie de la non-constitution, contrairement à celle d'Edmund Husserl qui considère la conscience comme donatrice de sens. Je suis en cela les phénoménologues comme Levinas, Maldiney ou Michel Henryqui attirent notre attention sur des phénomènes que la conscience ne constitue pas, mais qui, au contraire, la constituent. Cette phénoménologie de la non-constitution permet de dégager un certain nombre de structures de l'existence qui éclairent le sens de mon rapport au monde et font surgir un sujet relationnel. J'en tire ensuite les conséquences politiques, comme nous l'avons vu plus haut.

Enfin, s'agissant de l'éthique et de la définition de la vie bonne, je me sens plus proche du Platon des Lois qui parle, au livre V, d'honorer son âme que des philosophes qui pensent le souci de soi. On honore son âme en aimant la vérité et le juste, au lieu de penser à acquérir les richesses ou les honneurs. Pour moi, le souci doit être tourné vers autre chose que soi, vers la Cité et ce qui la transcende, pour parler comme Leo Strauss.

La question animale structure une large partie de votre œuvre. Pourquoi?

Parce que c'est une question fondamentale en philosophie, stratégique, puisque se dessinent à partir de la manière dont on a pensé les animaux beaucoup d'autres notions comme le propre de l'homme, l'autonomie, etc. - autant de catégories qui, aujourd'hui, bougent en même temps que la conscience que nous avons de la richesse des existences animales. Cette question, qui est aussi celle des conditions de vie et de mort que nous infligeons aux animaux, est aussi importante en elle-même parce que les animaux comptent et que ce que nous leur faisons subir est un cauchemar. Pour moi, elle est centrale. Il y a peut-être aussi une raison biographique. Fille de viticulteurs, je suis née à la campagne. Auparavant, les vaches avaient un prénom et vivaient en moyenne 11 ans, contre 4 ans aujourd'hui. Même si je mangeais de la viande, j'ai été concernée par cette question très jeune. Depuis maintenant 15 ans, je ne consomme ni viande ni poisson et suis en train d'adopter un régime végétalien - en attendant aussi de devenir végane.

Cette question est par ailleurs abordée selon différentes approches en philosophie...

Il y a eu évidemment « Libération animale » de Peter Singer, paru en 1975, qui m'a bouleversée. Mais il n'est pas le seul. Je distinguerais trois vagues de la question animale, en se cantonnant à la période récente, disons depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, qui marque l'extension de l'exploitation industrielle des animaux. La première vague, anglo-saxonne, est représentée par Singer, mais aussi par Tom Regan. Ils reprennent le concept d'antispécisme qui est né en 1970. Ce concept dénonce la discrimination fondée sur l'espèce en la comparant au sexisme et au racisme et il implique l'égale prise en considération des intérêts des animaux - ce qui n'implique pas l'égalité de traitements, comme ne cesse de le dire Singer. Leur travail est très différent, puisque Singer est utilitariste et Regan partisan d'une approche déontologique des droits des animaux, mais ils ont en commun de se focaliser sur le statut (moral, voire juridique, pour Regan) de l'animal pour dénoncer l'exploitation que l'homme fait subir à l'animal. La deuxième vague, française, est représentée parJacques Derrida et Elisabeth de Fontenay, qui se saisissent de la question animale comme d'un levier pour déconstruire l'histoire de la philosophie en montrant comment les philosophes se sont donné le mot pour penser les animaux de manière privative, comme des êtres privés de logos et seulement capables de réagir. Encore une fois, ce sont ces représentations qui gomment l'extraordinaire hétérogénéité des animaux qui justifient les abus dont ils sont victimes. Jacques Derrida dans son livre « L'animal que je suis » va souligner le caractère violent de cet humanisme-là.

La troisième vague politise la question animale en se situant (c'est mon cas) sur le versant positif de la déconstruction. Il ne s'agit plus de dénoncer la violence de l'humanisme ni de distribuer des mauvais points aux philosophes qui ont pensé les animaux de manière privative, mais de se demander ce que seraient une éthique et une politique prenant au sérieux l'appel des animaux.

Dans une démocratie, il ne s'agit pas d'imposer le végétarisme à tout le monde, même si, personnellement, je rêve d'une telle société où il n'y aurait plus de mise à mort provoquée d'un animal. Le défi est de penser comment les intérêts des animaux peuvent entrer dans la définition du bien commun et comment faire de la question animale l'une des finalités du politique, alors que les animaux ne votent pas et que le pluralisme politique implique de trouver des accords sur fond de désaccord. Comment concilier le respect de la souveraineté du sujet, son droit à choisir son style de vie, tout en améliorant de manière substantielle la condition animale ? C'est ma question.

La question de la justice envers les animaux dépasse en l'intégrant la question de savoir quels droits ils ont, car elle suppose que la communauté morale et politique est élargie aux animaux, qui font partie de nos vies. Les violences que nous leur faisons subir ne soulèvent pas seulement des problèmes moraux, relatifs à la cruauté des hommes, mais elles mettent au jour l'injustice de notre justice et conduisent à remettre en question les fondements du droit et la plupart des habitudes des hommes. C'est cette problématique-là qui caractérise mon travail depuis « Eléments pour une éthique de la vulnérabilité. Les hommes, les animaux, la nature » ( Le Cerf, 2011).

Le travail de Sue Donaldson et Will Kymlicka dans « Zoopolis. A political Theory of Animal Rights » s'inscrit aussi dans cette troisième vague. Ce livre nous permet de comprendre ce que pourraient être les obligations concrètes des hommes à l'égard des animaux. J'ai convaincu les éditions Alma de le faire traduire car il est aussi important que l'a été « Libération animale » de Singer. Il paraîtra en novembre 2016, avec une postface que je vais rédiger.

Mon travail se distingue de celui de Kymlicka, bien que nous soyons tous les deux des libéraux (dissidents) qui cherchent à compléter le libéralisme pour qu'il tienne compte des minorités (c'est de là que vient Kymlicka) et pour le modifier à sa base et dans ses institutions, afin de substituer une autre philosophie du sujet à la conception de l'homme et de son rapport à l'autre que lui sur laquelle il repose et qui ne permet pas de faire entrer l'écologie et la question animale dans notre vie et dans la politique (c'est le fil directeur de mes livres). La théorie de la justice comme partage des nourritures comporte neuf principes, dont l'amélioration de la condition animale et la suppression de l'élevage intensif. Ces principes peuvent être déclinés de façon à laisser des marges de négociations aux différents Etats, mais ils sont plus substantiels que les deux principes de La Théorie de la justice comme équité de Rawls. L'amélioration de la condition animale relève des devoirs de l'Etat. C'est pour cela que la politique est une zoopolitique. Pour autant, il ne s'agit pas de créer une « démocratie animale ». Il y a une asymétrie colossale entre les animaux et nous et nous ne pouvons pas les représenter au sens strict du terme, parce qu'ils n'ont pas le pouvoir de nous congédier en cessant de voter pour nous. Il faut donc inventer une façon de porter leurs intérêts et de les faire entrer dans la définition du bien commun, ce qui passe par de multiples propositions se situant sur le plan institutionnel, constitutionnel et éducatif.

Le point commun à ces trois vagues est que le critère pour avoir droit à la considération morale n'est plus le logos, le langage articulé. A partir du moment où les animaux sont des existants à part entière, individualisés, il est immoral et injuste de les traiter comme ils sont traités.

En un mot, tout mon travail consiste à élaborer une théorie politique susceptible de modifier au niveau des institutions, mais aussi dans son esprit la philosophie du sujet qui fonde la politique actuelle. On pourrait penser que cette tentative pour compléter la démocratie libérale renvoie à Leo Strauss qui pensait que l'horizon du « bien vivre » et du bien commun ne peut pas disparaître en politique sans dégrader les institutions et le type de société démocratiques. Cependant, on ne peut fonder la politique sur des valeurs qui sont des subjectivations, des visions du monde qui ne sont pas généralisables et qui, si elles devenaient les piliers du politique, aboutiraient à une forme de violence politique.

Au contraire, l'alimentation, le fait d'être né, de marcher, de respirer... ne sont pas des valeurs, mais des structures de l'existence qui, décrits phénoménologiquement, enseignent que le sujet n'est jamais seul, que sa vie est débordée par celle des autres, humains et non humains, etc. Ce sont ces structures de l'existence qui expliquent les principes de la théorie de la justice et le contrat social qui correspondent à la partie normative de cette théorie politique. Je parle de contrat social, donc d'artifice, alors que la description phénoménologique de l'alimentation, par exemple, montre que les animaux sont mêlés à notre vie, que les générations passées et futures aussi, etc. Ce recours au cadre artificiel du contrat est lié au fait que l'homme, contrairement aux fourmis, ne voit pas immédiatement le bien commun et qu'il y a, comme le dit Hobbes, une division entre les êtres et à l'intérieur de chacun d'entre nous, puisque nous ne sommes pas sûrs de vouloir demain ce que nous voulons aujourd'hui. Que le sujet soit relationnel et que cela soit une vérité phénoménologique n'implique pas que les individus soient psychologiquement disposés à vivre de telle sorte qu'ils respectent les animaux et se soucient des générations futures.

De plus, je parle d'améliorer la condition animale, non d'abolir toute exploitation animale, car, en démocratie, il faut trouver des accords sur fond de désaccords. Enfin, quand je disais qu'à propos des technologies et des pratiques médicales, le travail du philosophe ne consistait pas (essentiellement) à dire si une technique était bonne ou mauvaise en soi, mais à voir si elle était compatible ou pas avec les dispositions nécessaires pour vivre en société, je suggérais aussi que la démocratie ne se réduit pas aux seules institutions. Elle dépend aussi d'un type d'individu qui va les faire vivre ou les détruire. Platon disait déjà (La République, livre VIII) que chaque régime est détruit de l'intérieur par un type d'homme qui préfère, par exemple, honorer l'argent que le sens du bien et de la vérité.

L'inquiétude à l'égard de cette fragilité constitutive de la démocratie me rattache à Leo Strauss. Les risques liés à l'utilisation des biotechnologies ou de la bombe atomique sont bien plus compliqués que ceux des techniques de Descartes quand il disait qu'elles nous rendraient « comme maîtres et possesseurs de la nature » ! Il voulait dire que les conditions de vie, grâce aux techniques et à la médecine, serait meilleures. Ce n'était pas du transhumanisme avant la lettre ! Même si certaines choses, en devenant les valeurs que l'on honore, changent l'homme et la société, la nature humaine change peu et il sera impossible d'éradiquer le mal. Ce qui, par contre, modifie la donne, est la technique. Les hommes d'aujourd'hui sont incroyablement plus armés que nos ancêtres et c'est aussi la raison pour laquelle notre monde est si dangereux. Plus la technique se développe, plus il faut de la réflexion - je n'ose parfois plus employer le mot d'éthique tant il est galvaudé !

Leo Strauss joue un rôle central dans votre travail. Pourquoi?

N'ayant pas eu de maître pendant mes études, j'ai dû me débrouiller seule. Après mon agrégation, je voulais travailler surle « Traité théologico-politique » de Spinoza. Un jour d'ennui, j'étais rentrée dans une librairie d'une ville du nord de la France, où j'étais professeure de lycée. Je suis tombée sur l'autobiographie intellectuelle de Leo Strauss, qui sert de préface à l'édition américaine de « La Critique de la religion chez Spinoza ». Je fus éblouie par la façon dont il restituait son rapport à Spinoza, mesurant ce qu'on avait perdu et ce qu'on avait gagné avec les Lumières modernes, avec la critique spinoziste de la religion de la révélation. Il examinait l'héritage de Spinoza à un moment où la tradition était en crise, où cette crise était une crise de la transmission. J'ai donc lu les textes juifs de Strauss, en ai traduits certains de l'allemand. J'ai tout de suite senti que cette pensée était très profonde, qu'il ne s'agissait pas d'un simple commentateur des textes anciens et médiévaux. Son fil rouge était la critique des Lumières mais portée par une inquiétude liée notamment à l'effondrement de la république de Weimar.

J'ai trouvé cela à la fois actuel et inactuel, génial. Sans oublier le talent de Strauss pour nous faire comprendre les auteurs comme ils se comprenaient eux-mêmes et déceler leurs stratégies d'écriture et leurs motivations. Son interrogation sur le rapport entre raison et révélation questionne l'autonomie de la raison et nous interroge sur le type de rationalisme qui est le nôtre et même sur la rationalité philosophique qui, chez moi en tout cas, se met au service de quelque chose qui l'embarrasse et qu'elle ne peut totalement saisir, comme c'est le cas quand on travaille en éthique appliquée, notamment sur la maladie, la mort, le meurtre, etc. J'ai gardé de Strauss l'idée d'une critique constructive de la démocratie, le sentiment de la fragilité de la démocratie et l'idée selon laquelle on ne règle pas des problèmes politiques avec des outils seulement politiques. La philosophie politique n'est pas seulement une discussion sur les institutions, mais elle implique aussi une interrogation sur l'homme et sur la vie bonne. C'est le statut et le sens que la philosophie politique a chez Strauss que je conserve. Même si je n'adhère pas aux « solutions » straussiennes, à la tension entre Jérusalem et Athènes et à l'éloge de la vie philosophique ou de l'idéal contemplatif considéré comme l'équivalent de la vie bonne, je donne à la philosophie politique une épaisseur qui implique l'articulation de la réflexion politique et de l'ontologie.



→ Pour aller plus loin, le site de Corine Pelluchon.

La liberté d'expression selon M. Valls. (politique)

Par Le 09/01/2016

Avignon : un maître de conférences poursuivi après avoir ironisé sur Manuel Valls

 

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Faits divers

Le Premier ministre français Manuel Valls à l'Assemblée nationale - DOMINIQUE FAGET - AFP/Archives

Le Premier ministre français Manuel Valls à l'Assemblée nationale DOMINIQUE FAGET  /  AFP/Archives

Ironiser sur l’exécutif peut coûter cher. Bernard Mezzadri, maître de conférences à l’université d'Avignon et des Pays de Vaucluse (UAPV), est convoqué devant le tribunal correctionnel le 27 janvier pour avoir ironisé sur des déclarations de Manuel Valls concernant les « blancos » d’Evry. La citation à comparaître porte sur une provocation à la haine ou à la violence à l'égard d'une personne ou d'un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance à une ethnie, une nation, une race. Dans les faits, le professeur est accusé d’avoir ironisé dans un échange de mails internes évoquant la venue de Manuel Valls dans son établissement : « J’espère qu’en cette grande occasion la délégation de l’université comptera suffisamment de "blancos" (et pas trop de basanés) ». Il avait ensuite traité le Premier ministre de « chasseur de Roms ». Pour rappel, en 2009, alors qu’il était député maire de la ville d’Evry, Manuel Valls, pendant une visite sur le marché, demandait à ses équipes de rajouter des « white » et des « blancos » dans le décor. La scène avait été filmée et avait été reprochée à l’actuel Premier ministre qui avait dû s’en expliquer sur le journal de 20h de France 2.

Un soutien massif de ses collègues

Suite à ce mail, Mezzadri avait été signalé par l’ancienne équipe de direction de l’UAPV a rapporté le Snesup-FSU de l’établissement. Le syndicat a par ailleurs ajouté : « Il est manifeste que notre collègue entendait dénoncer des propos et une politique qu'il estimait xénophobes et que, par conséquent, il ne saurait être lui-même suspecté de xénophobie ». Outre ce soutien, le maître de conférences a fait l’objet d’une pétition qui a obtenu 3 300 signatures dont celles de personnalités et de nombreux autres professeurs d’université. Tous ont tendance à demander la relaxe du professeur et se tournent vers Manuel Valls pour condamner ses propos.

Un enseignant-chercheur poursuivi pour avoir cité M. Valls

Pétition de soutien à Bernard Mezzadri


Le mercredi 27 janvier 2016, à 14h, Bernard Mezzadri, maître de conférences à l’université d’Avignon et des Pays de Vaucluse (UAPV), comparaîtra devant le tribunal correctionnel d’Avignon (Palais de justice, 2 boulevard Limbert) au motif qu'il aurait « provoqué à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée ».

Cette citation à comparaître fait suite à un message diffusé en mai 2015 par Bernard Mezzadri sur une liste de discussion interne réservée aux enseignants-chercheurs et personnels de son établissement (« debat-uapv »), où, à l’occasion de la rencontre d’une délégation de l’université avec le premier ministre, il rappelait ironiquement les propos de M. Valls sur le marché d’Évry – dont alors il était le maire –, dans les termes suivants : « J'espère qu'en cette grande occasion la délégation de l'UAPV comptera suffisamment de "blancos" (et pas trop de basanés), afin de ne pas donner une trop mauvaise image de notre établissement. »

Celui qui était alors président de l'UAPV, Emmanuel Éthis, et son service juridique ont cru de leur devoir de « signaler » au procureur de la république cette contribution, dont l’intention évidente était de dénoncer sarcastiquement les propos xénophobes de M. Valls. 
Du reste, M. Valls a lui-même fait l'objet de deux plaintes pour provocation à la discrimination raciale, en raison de ses propos concernant les Roms en 2013, quand il était ministre de l'intérieur.


Les signataires de cette pétition dénoncent :
* le comportement des autorités de l’université d’Avignon et de son président d'alors, qui, au lieu de se poser en garants de la liberté de pensée et d’expression au sein de leur établissement, entendaient la museler par une sordide tentative d'intimidation ;
* la décision du procureur de répondre à cette sollicitation indigne ;
* le choix du chef d’inculpation, délibérément infamant, puisqu’il attribue calomnieusement au prévenu des idées et intentions contraires à ce qu’il a toujours défendu, jusques et y compris dans le message incriminé.


Les signataires de cette pétition :
* condamnent les propos de M. Valls auxquels Bernard Mezzadri faisait ironiquement référence ;
* demandent la relaxe pure et simple de Bernard Mezzadri.


Premiers signataires

  1. Étienne BALIBAR, Professeur émérite en Philosophie morale et politique, université Paris Ouest Nanterre;
  2. Michel BARTHELEMY, Sociologue, CNRS;
  3. Maïté BOUYSSY, Maître de conférences honoraire, Centre d'histoire du XIXe siècle, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne;
  4. Claude CALAME, historien, anthropologue, Directeur d'études, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales;
  5. Thomas COUTROT, Économiste;
  6. Christophe DEJOURS, Professeur, Conservatoire national des arts et métiers;
  7. Marianne DENICOURT, Comédienne;
  8. Keith DIXON, Professeur honoraire de Civilisation britannique;
  9. Jean-Pierre DUBOIS, Professeur de Droit public, université Paris Sud, Président d'honneur de la Ligue des Droits de l'Homme;
  10. Pascale DUBUS, Maître de conférences en Histoire de l'art, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne;
  11. Éric FASSIN, Professeur de Sociologie, université Paris 8;
  12. Susan GEORGE, Essayiste;
  13. François GÈZE, Éditeur;
  14. Laurence GIAVARINI, Maître de conférences en Littérature française, université de Bourgogne;
  15. Gisèle GRAMMARE, Professeure émérite en Arts plastiques, Paris 1 Panthéon-Sorbonne;
  16. André GRIMALDI, Professeur émérite de Diabétologie à la Pitié Salpêtrière; 
  17. Nacira GUENIF-SOUILAMAS, Professeure, université Paris 8;
  18. Sarah HATCHUEL, Professeure de littérature et cinéma anglophones, université du Havre;
  19. François JOUVE, Professeur en Mathématiques, université Paris Diderot;
  20. Thomas LACOSTE, Cinéaste;
  21. Olivier LONG, Peintre et Maître de conférences en Arts plastiques, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne;
  22. Armelle MABON, Maître de conférences en Histoire contemporaine, université Bretagne Sud;
  23. Pascal MAILLARD, Professeur agrégé, université de Strasbourg;
  24. Christophe MILESCHI, Professeur en Études italiennes, université Paris Ouest Nanterre;
  25. Michel MOREL, Professeur formateur agrégé d’italien retraité;
  26. Toni NEGRI, Essayiste;
  27. Frédéric NEYRAT, Sociologue, université de Limoges;
  28. Bertrand OGILVIE, Professeur de Philosophie, université Paris 8;
  29. Marie-Domitille PORCHERON, Maître de conférences en Histoire de l’art, Directrice adj. du CRAE-EA 4291, univ. de Picardie J. Verne;
  30. Manuel REBUSCHI, Maître de conférences en Philosophie, université de Lorraine;
  31. Oreste SACCHELLI, Professeur émérite, Études italiennes, université de Lorraine;
  32. Nicholas SOWELS, Maître de conférences en Langues et littératures anglaises et anglo-saxonnes, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne;
  33. Julien THERY-ASTRUC, Professeur en Histoire, archéologie, littératures des mondes chrétiens et musulmans médiévaux, univ. Lyon 2;
  34. Éric VALENTIN, Maître de conférences en Esthétique, université de Picardie Jules Verne;
  35. Jérôme VALLUY, Maître de conférences en Science politique, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne;
  36. Laurence VANOFLEN, Maître de conférences, université Paris Ouest Nanterre;
  37. Sophie WAHNICH, Directrice de recherche au CNRS Paris, Citoyenne;
  38. Caroline ZEKRI, Maître de conférences en Littérature et civilisation italiennes, université Paris-Est Créteil.

NOTA BENE

Vous pouvez apporter un soutien finanicer, même modeste, à Bernard Mezzadri, qui doit supporter des frais d"avocat d'un montant d'environ 4000 euros. Il vous suffit de suivre ce lien (la procédure est sécurisée).

https://www.leetchi.com/c/solidarite-de-bernard-mezzadri

Si vous souhaitez indiquer vos qualités, titres fonctions, ou autres, il faut ajouter cette précision à la suite de votre patronyme, ou dans la case réservée à l'indication du lieu, le site qui nous héberge ne prévoyant pas de rubrique spécifique.

Christophe MILESCHI    Contacter l'auteur de la pétition

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"Ueli Steck ou l'accomplissement absolu

Par Le 09/01/2016

ON NE MARCHE QU’UNE FOIS SUR LA LUNE

  De Fred Vionnet-Grimpisme | 8 janvier 2016 - 19:45 | , 

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La cordée Yannick Graziani/Stéphane Benoist et Ueli Steck reviennent sur leurs ascensions de la face sud de l’Annapurna en octobre 2013, et leurs fortunes diverses. Ce film de Bertrand Delapierre et Christophe Raylat (© Editions Guérin) est désormais disponible en streaming gratuit, après avoir reçu plusieurs récompenses dans divers festivals.
Les propos de Ueli sur les émotions ressenties durant l’ascension et les mois qui suivent sont d’une lucidité incroyable, à la fois effrayants et émouvants, un grand monsieur s’exprime.

Yuka...Noël 2015

Par Le 08/01/2016

 

Yuka court, nage, joue, marche...Il est plein de vie et de forces...Plusieurs sorties en montagne dont une de cinq heures avec un bon dénivelée. 

À peine rentrés à la maison, Yuka demande à jouer avec la balle... Plus de problèmes sérieux d'incontinence...Quelques tentatives infructueuses le matin avant que le premier jet ne se déclenche mais il n'a plus besoin de nous pour faire pression sur sa vessie.

Il a repris du poids, même s'il doit se contenter de croquettes médicalisées (anti inflammatoires)

Je le masse de nouveau tous les jours et il se laisse faire, il me lèche les mains parfois, avec ce regard empli d'amour, ces yeux qui parlent.

 

C'est l'intervention de Françoise, une médium magnétiseuse qui s'est révélée déterminante dans les derniers mois. Une femme qui n'a jamais vu Yuka mais qui peut travailler à distance, en réseau, avec d'autres magnétiseurs...Ses soins ont accéléré la récupération de Yuka et ont rétabli le contrôle quasi complet de la vessie et des sphincters.  

Je savais bien que le magnétisme fonctionnait puisque je l'ai vécu, personnellement. De la paralysie de la jambe gauche (3 hernies discales) à la marche en montagne, au vélo, au tennis, à l'escalade, au ski. Dans l'incompréhension totale du milieu médical.

 

Yuka avait le bassin fracturé, en de multiples endroits. On nous avait dit que l'euthanasie était qausiment inévitable. De multiples opérations dont aucune ne pouvait présager de la récupération de Yuka.

J'ai déjà parlé de l'hôpital de Saint Martin de Bellevue, près d'Annecy. Marine et moi, on sait ce qu'on leur doit. Reconnaissance à tout jamais. Pour les chirurgiens et l'ensemble du personnel. Pour leur totale compétence et leur profonde humanité. 

On sait aussi tout ce qu'on a fait pour Yuka. Il le sait aussi. 

Évidemment que les animaux ont une conscience, évidemment qu'ils ont une âme, évidemment qu'ils ressentent l'amour qu'on leur porte, évidemment qu'ils sont prêts à nous aimer au-delà de l'imaginable.

Un ostéopathe pour animaux est intervenu également, une belle rencontre à Grenoble. Tout devait être tenté, on le savait, on le voulait, Yuka acceptait tous les soins, en totale confiance.

À chaque progrès, Yuka vivait notre bonheur et nous communiquait sa joie de vivre.

Yuka et Marine. Des âmes soeurs.

Je suis heureux et je remercie la Vie, je la bénis, je l'honore...Tous les matins en me levant, tous les soirs en me couchant, toutes les nuits dans mes rêves.

Je remercie Yuka aussi. De m'avoir sauvé...

Et je suis profondément fier et heureux de la force morale de ma Fille adorée. 

 

Juste parce que c'est beau (musique)

Par Le 07/01/2016

J'aime parce que c'est simple, naturel et surtout empli d'amour.

 

De beaux artistes.

 

"La nuit noire de l'âme" (spiritualité)

Par Le 07/01/2016

J'aurais aimé avoir lu ce texte avant que ça ne m'arrive...Alors, je me dis qu'en le partageant, ça aidera peut-être quelqu'un à comprendre.

 

Magazine


© Yuriy Zhuravov / Ian Arneson


PUBLIÉ LE 14/12/2015
  • Aurélie Aimé
    Auteur

 

 

Magazine » Enquêtes

SPIRITUALITÉS

La nuit noire de l'âme

Quelle est cette étrange expérience méconnue, 
qui semble pourtant toucher beaucoup d'entre nous ?

La « nuit noire de l’âme » est une expérience peu connue, et qui serait pourtant très répandue, en témoignent les nombreux récits sur le sujet. Elle se caractérise par une perte profonde de sens, sur notre vie et nos croyances ; une sorte de « dépression » de l’âme, qui plonge au cœur de nos peurs les plus profondes, et prépare à une véritable transformation intérieure. L’égo se meurt, le « vrai soi » s’éveille…

Ce sentiment de désolation spirituelle a été largement relaté à travers les siècles. Dans les écoles des mystères de l’Égypte antique, on essayait de le créer artificiellement, pour tenter d’atteindre un éveil « en accéléré ». Enfermé dans un sarcophage, l’expérimentateur était confronté à ses peurs intimes: l’obscurité, la solitude, la mort. Après quelques jours, le sarcophage était ouvert. Les survivants avaient réussi l’initiation. Dans la mythologie, on retrouve d’autres récits similaires, parfois appelés « voyage au bout de la nuit » ou encore « descente aux enfers ». 

Le premier à avoir utilisé l’expression est le mystique Jean de la Croix, au XVIème siècle, dans son livre « La nuit obscure ». Les récits de nuit noire ont de nombreux dénominateurs communs. Elle touche très souvent des personnes qui cheminent, par le biais du développement personnel ou de la spiritualité, et qui pensent avoir trouvé une forme de vérité, de sérénité. Selon Jean de la Croix: « Plus les choses divines sont en soi claires et manifestes, plus elles sont naturellement obscures et cachées à l'âme. Il en est ici comme de la lumière naturelle : plus elle est claire, plus elle éblouit et obscurcit la pupille du hibou ; plus on veut fixer le soleil en face, et plus on éblouit la puissance visuelle et on la prive de lumière (…). De même quand cette divine lumière de la contemplation investit l'âme qui n'est pas encore complètement éclairée, elle produit en elle des ténèbres spirituelles. » 
 

J'avais le sentiment d’avoir atteint l’éveil...

Ainsi, à l’image des premiers rayons de soleil qui viennent réchauffer la terre et chassent la pénombre, la nuit noire de l’âme crée une dynamique, un mouvement de vie, elle génère un changement en profondeur. Pour Fanny, une consultante en webmarketing âgée de 28 ans, « ça a commencé après un épisode extrêmement fort, ou j’avais le sentiment d’avoir atteint l’éveil, et d’avoir trouvé ma place. Puis ce sentiment s’est évanoui. Et toutes mes peurs sont ressorties. J’ai pensé que je serais comme ça toute ma vie, dans une tristesse, une colère omniprésente. Je me suis désintéressée de mon cheminement spirituel. J’ai eu l’impression que tout ce que j’avais appris était « n’importe quoi ». 

Lors de la nuit noire, les personnes se rendent compte, et ressentent dans leur corps que tout ce qu’elles pensaient savoir, et qui était fabriqué par le mental, est erroné. Sans préambule, tout s’écroule. La paix apparente laisse alors place à une déprime profonde, un sentiment de vide qu’aucune activité ne trompe, qu’aucune lecture ou séance chez le psy ne semblent soulager. Selon Eckhart Tolle, qui raconte son expérience de nuit noire sur son site, ce sentiment a un sens précis, le retour « à un état d’ignorance où les choses perdent la signification que vous leur aviez donnée et qui était seulement conditionnelle, culturelle, etc. Vous pouvez alors regarder le monde sans imposer un cadre de signification fabriqué par le mental (…). C’est pourquoi c’est si angoissant quand cela vous arrive effectivement plutôt que de l’adopter vraiment consciemment. »

Thierry Pasquier, un docteur en pharmacie, a vécu cette traversée durant 23 ans. Dans sa 33ème année, alors patron d’un restaurant végétarien, créateur d’un éco village et professeur de Kundalini Yoga, son monde s’effondre. Sa voiture rend l’âme, ses deux chats meurent, sa femme le quitte avec l’un de ses enfants, sa maison est réduite en cendres par un incendie. Il comprend un peu plus tard qu’il traverse une nuit sombre de l’âme. Selon lui, elle serait le résultat « d’une déchirure que nous faisons entre nos vieilles habitudes cellulaires et un autre état d’âme lumineux dont nous n’acceptons pas encore l’intensité ».

Dans le cas de la nuit noire, l’obscurité peut se révéler de l’intérieur, sans forcément de cause extérieure connue, comme dans le cas de Thierry. Nous sommes confrontés brutalement aux racines de nos vieux fardeaux émotionnels, à nos peurs les plus profondes, dont certaines que nous n’avions même pas identifiés. Tant que nous n’avons pas vu nos peurs en face, le mental tourne en rond, l’égo est renforcé, un concept intellectuel en chasse un autre, mais aucun n’est réellement intégré par l’expérience du corps. 
 

Heureusement, cette période initiatique ne dure qu’un temps.

Les peurs auxquelles nous sommes confrontées, très intimes, sont souvent bien supérieures à tout ce que nous avions connu, à la limite du soutenable. Tant que nous nous identifions à elles, le jeu de l’égo est entretenu, et elles sont alimentées. Thierry Pasquier raconte comment il a déjoué ce cercle pernicieux : « la meilleure chose à faire pour moi était de lâcher-prise sur la souffrance, sur ce qui était là. Juste observer la souffrance, sans mettre un couvercle dessus, ni la faire bouillir en mettant sous la marmite le feu du mental: « comme je suis nul, je tourne en rond, je n'arriverai à rien, j'ai gâché ma vie, je ne change pas malgré mes efforts, etc. » Simplement laisser pleurer le corps, le temps que ça dure, une heure, une journée, une semaine. » Ainsi, on se désidentifie de notre souffrance, on voit émerger notre « vrai » nous, notre « âme ». On reprendre le pouvoir que l’on a donné à notre peur. Tout comme dans le processus de deuil- celui de notre égo négatif -, le déni puis la dépression laissent place à l’acceptation. 

Heureusement, cette période initiatique ne dure qu’un temps. Fanny raconte : « J’ai commencé à m’en sortir le jour ou j’ai touché le fond. C’était de mon anniversaire, j’ai passé la journée sur le canapé, les yeux dans le vide. Après plus de deux années dans cet état, je n’en pouvais plus. J’ai compris qu’il fallait que je m’abandonne, que je ne pouvais rien faire d’autre. Et le lendemain j’allais beaucoup mieux. »

D’après les récits, la manière dont une nuit obscure de l’âme se termine est souvent la même. On vit dans sa chair ce qui est souvent relaté dans les enseignements spirituels, ou les récits d’éveil : lorsque nous lâchons prise, nous nous rendons compte de l’impermanence des pensées et des émotions. Eckart Tolle explique: « (les personnes) s’éveillent à quelque chose de plus profond qui n’est plus basé sur des concepts dans leur tête : un sentiment plus profond de but ou de connexion avec une vie plus grande qui ne dépend plus des explications, ni de rien de conceptuel. » 

Alors que des peurs profondes s’évanouissent et que les jeux du mental s’apaisent, on éprouve une énorme gratitude, un sentiment de libération très puissant. 

Par la suite, même si des pans entiers de croyances sont tombés, l’apprentissage n’est pas terminé. Mais notre regard sur les jeux de l’égo a changé, et les leçons de vie semblent plus directes, plus rapides à intégrer. On se laisse moins happer par les vagues. Un espace de sérénité s’est ouvert et l’on peut continuer de le nourrir en soi.

Dans le territoire de l'amour (spiritualité)

Par Le 06/01/2016

Les gens qui disent que "l'amour fait mal" parlent de leurs difficultés à être dans le territoire de l'amour.

C'est comme les journalistes qui parlent des accidents d'avalanche en disant "la montagne a tué"...

Non, elle n'a rien fait d'autre que ce qu'elle fait souvent : des avalanches, des chutes de pierres, des crevasses, etc etc...

C'est l'homme qui a décidé d'être en montagne, pas la montagne qui est allée le chercher chez lui.

Pour l'amour, c'est pareil. Si on entre dans le territoire de l'amour, on respecte le lieu et on ne lui reproche pas les difficultés à y évoluer...Ce sont nos difficultés et non celles de la volonté du territoire.

L'Amour est un phénomène aimant, c'est une évidence. Il ne peut donc y avoir de souffrances en son sein qui lui soient attribuées. 

J'ai connu des galères mémorables en montagne et je ne lui en ai jamais voulu. J'étais responsable de mon engagement et je devais simplement m'adapter aux règles du lieu.

On ne meurt pas d'amour. On peut mourir par contre de notre souffrance à ne pas parvenir à vivre sereinement dans ce territoire dès lors que nous y introduisons autre chose que l'amour. 

C'est comme si je décidais de gravir le Mont-Blanc en sandales de plage.

Je serai responsable de mes pieds gelés tout comme dans le territoire de l'amour, je serai responsable de mes douleurs. Ou de mes joies. Le territoire, lui, il est toujours le même. Quoique j'y fasse. 

Je pense par conséquent qu'on ne peut pas perdre l'amour quand on le voit comme un espace. Sinon, ça signifierait que je pourrais perdre les montagnes parce que je ne suis plus en état physique d'y aller. Et ça m'est arrivé. Mais les montagnes, elles étaient toujours là, le territoire n'avait pas disparu et lorsque j'ai retrouvé mon intégrité physique, j'ai pu de nouveau entrer dans ce territoire...

On peut perdre la capacité à vivre dans cet espace mais il ne disparaît pas. C'est impossible.

D'ailleurs, Nathalie et moi, on est très solitaires et les rencontres qu'on fait en montagne donnent très souvent de beaux moments. Pour une raison très simple : à ce moment-là, nous sommes tous insérés dans cette dimension de l'amour du lieu et c'est cela qui nous rapproche. Je pense donc que pour rencontrer l'amour, il faut déjà s'inscrire, à chaque instant, dans l'espace de l'amour.

Et il est partout et tout le temps. Si de notre côté, nous sommes dans un espace de colères, de peurs, de regrets, de jalousies, de reproches, de fascinations, de soumissions, d'harcèlements, d'exigences, de compromis, de concessions et tous les tourments que nous portons en nous, il n'est pas juste d'en accuser le territoire de l'Amour. 

Si je vais avec un sac à dos lourd et volumineux en montagne, il serait ridicule que je dise que la montagne est vraiment trop raide...

 

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Sur les poissons (Nature)

Par Le 06/01/2016

Intelligence et vie sociale des poissons

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« C'est déroutant. Certaines personnes vous disent : "je suis végétarien, je mange juste du poisson, pas de viande". J'imagine le poisson vraiment offensé : "Qu'est-ce vous voulez dire ? Je suis aussi fait de chair ! J'ai des muscles, j'ai un coeur, j'ai un cerveau." On a tendance à percevoir les poissons uniquement comme des denrées. »
- Sylvia Earle, biologiste, océanographe et exploratrice.

Les poissons sont très différents de nous et suscitent moins d'empathie que les mammifères. Ils vivent dans l'eau, n'ont pas d'expression faciale ou de cri audible par l'oreille humaine. Ils sont aussi les victimes d'une conception périmée de « l'échelle de l'évolution », selon laquelle ils sont les plus « primitifs » des vertébrés (conception absurde puisque tous les êtres vivants sur Terre ont un arbre généalogique de 3,5 milliards d'années et sont donc tous aussi « évolués »). On les imagine peu ou pas sensibles, dépourvus d'intelligence ou de mémoire, ne réagissant que par instinct. Pourtant, la recherche éthologique, notamment ces 15 dernières années, nous a montré qu'il n'y avait plus lieu de faire une différence nette entre les poissons et les animaux à sang chaud1. En voici un aperçu.

Les poissons sont des êtres sensibles

Comme les autres vertébrés, les poissons possèdent des nerfs sensitifs et perçoivent la douleur. Une expérience désormais classique (et douloureuse) le montre2. Une substance douloureuse dans la lèvre de truites (venin d'abeille ou vinaigre blanc) ou un placebo (liquide physiologique). Par rapport au groupe placebo, les truites ayant reçu la substance douloureuse sont plus agitées, se désintéressent à la nourriture, compressent parfois leur lèvre contre la vitre de l'aquarium. Si, par contre, de la morphine est administrée aux truites, on n'observe plus de différence entre les deux groupes. Les truites sont normalement craintives face à un nouvel objet. Quand, pendant l'injection, une tour en lego est placée dans leur aquarium, les truites endolories, à leur retour, ne cherchent guère à l'éviter, au contraire des truites sous placebo. Cela montre que leur attention portée à leur environnement est perturbée par la douleur. Autrement dit, les truites ressentent consciemment la douleur. Les truites éprouvent diverses émotions. S'il y a une truite dans l'aquarium adjacent au leur, les truites s'approchent de la vitre, car ce sont des animaux sociaux. Si l'on fait circuler devant la vitre un courant électrique suffisamment fort pour être désagréable (sans être franchement douloureux), les truites bravent l'inconfort pour profiter de la compagnie de leur congénère. Les poissons rouges, qui sont moins sociaux, préfèrent dans cette même situation rester dans la partie confortable de leur aquarium3.

Mémoire des poissons

Mémoire à long terme

Contrairement à la légende, les poissons rouges, et les poissons en général, ont une mémoire à long terme. Une carpe blessée par un hameçon s'en souvient encore un an plus tard et l'évite4. Des expériences en aquarium montrent que les poissons arc-en-ciel se souviennent de leurs apprentissages au moins pendant 11 mois5 (l'expérience n'a pas duré plus longtemps). La mémoire des poissons a parfois de quoi étonner. Les saumons, par exemple, retournent pondre dans leur rivière d'origine, fut-elle distante de plusieurs centaines de kilomètres, et ce plusieurs années après l'avoir quittée. Ils se repèrent principalement à l'odeur, car chaque rivière a un goût et un parfum unique6.

Mémoire spatiale

Un exemple frappant de mémoire visuelle est celui des gobies. Ces poissons vivent en zone côtière, dans des petits bassins qui se forment à marée basse dans les rochers. Lorsqu'un oiseau essaye de les manger, les gobies sautent d'une mare à un autre, sans s'écraser contre la roche. Comment font-ils, sachant qu'ils ne peuvent voir les autres mares? En fait, ils mémorisent la topographie des lieux pendant la marée haute, voient où se trouvent les creux et en déduisent la position des flaques à marée basse. Une expérience dans un bassin artificiel a montré qu'il leur suffit d'une seule session à marée haute pour mémoriser la topographie du bassin7. D'autres expériences consistant à déplacer des poissons sauvages montrent qu'ils retrouvent leur chemin sur une distance dépassant les 20 km8, et ce, même après plusieurs mois de captivité9.

Mémoire des événements

S'ils sont nourris à une heure particulière dans un coin particulier de leur aquarium, certains poissons, comme l'omble chevalier10 ou le méné jaune11, s'y rendent à l'heure du repas. Ces constatations sont corroborées par des observations en milieu naturel. Les pomacentridés, des poissons planctonophages, se concentrent sur les zones riches en plancton et ne revisitent pas tout de suite les zones exploitées; ils attendent que le plancton repousse12. Autre exemple, les proies évitent certains endroits à certains moments de la journée, moment où des prédateurs s'y trouvent. Donc ils lient certains souvenirs (rencontre avec tel prédateur) à un lieu particulier et à un moment particulier, et agissent en fonction de ces informations.

Reconnaissance individuelle et liens sociaux

Quasiment tous les poissons étudiés reconnaissent leurs congénères individuellement. Beaucoup sont des animaux sociaux, vivent dans des groupes stables où chacun se connaît, ou s'organisent par couples, tels les parents cichlides, qui s'occupent souvent à deux de leurs petits. Pour se reconnaître, ils utilisent l'odorat, la vue, et l'ouïe (ils reconnaissent la voix de leurs congénères). Les guppies peuvent reconnaître une quarantaine d'individus13. Dans les publications scientifiques, on évalue la familiarité entre poissons par leur propension à nager de concert. Les affinités se forment sur la base du comportement antérieur du congénère, du nombre et de la durée des interactions14. Les poissons préfèrent ainsi les individus les moins agressifs et les plus coopératifs15. En quantifiant les affinités et les interactions, les éthologues sont capables de cartographier les réseaux sociaux au sein d'un banc de poissons16.

Apprentissage social

L'apprentissage social est l'apprentissage auprès des pairs. Les ménés par exemple, s'immobilisent si un congénère leur signale un danger. Si de jeunes gorettes jaunes sont intriduites dans un groupe d'anciens, puis que les anciens sont retirés,17 deux jours plus tard, les jeunes ont acquis les habitudes des anciens. Cet apprentissage peut donner lieu à des traditions. Par exemple les lieux de pontes, de repos ou les circuits de recherche de nourriture sont souvent transmis d'une génération à l'autre. Si, dans un récif corallien, une population de girelles est remplacée par un autre groupe de girelles, la nouvelle population de girelles adopte d'autres lieux de ponte, de repos ou de recherche de nourriture et les transmet à la génération suivante18.

Statut social et inférence transitive

Les poissons vivent souvent dans des groupes hiérarchisés. Mais, comme tout combat entraîne un risque de blessure, il leur faut éviter de se battre dans la mesure du possible. Pour cela, il est essentiel de se représenter la structure sociale du groupe et la force relative des uns et des autres. Et pour cela, il faut être capable de pratiquer l'inférence transitive, c'est-à-dire un raisonnement du type : Si A < B et B < C, alors A < C. Pour vérifier si des poissons pouvaient faire ce raisonnement, des éthologues de l'université de Standford ont réalisé des expériences en aquarium avec des cichlides, car ces poissons défendent farouchement leur territoire durant la saison des pontes et attaquent donc les poissons non familiers qui s'approchent de leur nid. Dans une première phase, un cichlide observe, depuis un aquarium central, des combats où le poisson A l'emporte sur B, où B l'emporte sur C, C sur D et D sur E. Dans une deuxième phase, les chercheurs ont accordé l'aquarium de l'observateur à ceux de deux des combattants (ne s'étant pas affrontés auparavant, comme B et D). Quand il est contraint à la confrontation, l'observateur choisit d'affronter le plus faible des deux19.

La chasse coopérative

Le mérou est un prédateur poursuivant ses proies, alors que la murène (une anguille) chasse plutôt en embuscade (d'où l'expression "y avoir anguille sous roche"). Quand une proie du mérou se réfugie dans corail, elle peut mettre du temps à ressortir et le faire à un autre endroit. Aussi, les mérous vont chercher de l'aide20. Les anguilles, de jour, restent dans des anfractuosités. Le mérou hoche la tête plusieurs fois par seconde pour se signaler. Parfois l'anguille reste indifférente mais souvent elle se lève et suit le mérou, qui la mène à l'endroit où se cache la proie. L'anguille se met à chercher. Parfois le mérou indique à l'anguille par où entrer dans le corail (il pose son nez à l'endroit en question et se met à la verticale). La moitié du temps, l'anguille fait sortir la proie qui tombe dans les griffes du mérou. Dans l'autre moitié des cas, l'anguille capture la proie dans le corail et la mange. La proie n'étant pas divisible, c'est une façon de répartir équitablement le butin. La chasse coopérative entre individus d'espèces différentes est rare dans le monde animal. On ne sait pas comment cette coopération a commencé, mais le résultat est impressionnant et la pratique s'est répandue par transmission culturelle (par observation et imitation).

L'intelligence « machiavélienne »

On observe chez certains poissons des stratégies sociales complexes et pittoresques, comme l'illustre le cas du labre nettoyeur, un poisson des mers chaudes de la taille d'une souris21. L'histoire se passe dans les récifs coralliens de la mer rouge. Les labres nettoyeurs sont des poissons qui proposent aux autres poissons du récif de leur faire la toilette. Ils mangent leurs parasites, leurs peaux mortes ou les morceaux de nourriture coincés entre leurs dents. En un mot, nourriture contre bien-être. Les labres demeurent dans des lieux précis appelés "station de nettoyage". Ils peuvent travailler seuls ou en équipe (souvent, un mâle et 5-7 femelles, les labres vivent fréquemment en harem) et pratiquer jusqu'à 2 000 interactions par jour. Ils proposent également à leurs clients des massages, qu'ils prodiguent avec leurs nageoires pectorales et ventrales, en se plaçant sur le dos de leur client. Des chercheurs ont effectué des prises de sang à des poissons régulièrement massés, et ils ont relevé des taux de cortisol, l'hormone du stress, plus bas. Le machiavélisme de cette histoire vient du fait que les labres ont une forte préférence pour le mucus, le gel insoluble qui enduit la peau des poissons et les rend glissants, diminue les frottements avec l'eau, les rend difficiles à attraper par les prédateurs, protège leur peau des infections, des agressions chimiques et des coups de soleil. Or, si les labres ont envie de manger le mucus, les clients ont évidemment intérêt à ce que le nettoyeur ne le mange pas : le mucus est fort utile et les morsures désagréables. Il y a trois sortes de clients, avec lesquels les labres adoptent des stratégies différentes:

  • Les prédateurs. Eux sont susceptibles de manger le nettoyeur s'ils ne sont pas contents de ses services. C'est pourquoi les labres sont très coopératifs avec eux. Ils ne mangent pas leur mucus et leur prodiguent de nombreux massages.
  • Les résidents. Ces poissons se déplacent peu et donc n'ont à leur disposition qu'une seule station de nettoyage. Leur seul moyen pour obtenir un bon service est de punir le nettoyeur si le service est mauvais. Aussi tancent-ils les mauvais nettoyeurs : ils les poursuivent en leur donnant des coups. À la visite suivante d'un résident les ayant réprimandé, les labres sont généralement aux petits soins : ils ne mangent pas de mucus et leur prodiguent moult massages.
  • Les visiteurs. Ces poissons se déplacent beaucoup et peuvent donc mettre en concurrence plusieurs stations de nettoyage. S'ils ne sont pas contents du service, ils s'en vont simplement et fréquentent une autre station.

Les relations avec les visiteurs sont complexes. En premier lieu, on observe que les labres offrent un meilleur service aux visiteurs familiers qu'aux visiteurs inconnus. Ils choient leurs habitués. À l'inverse, décevoir un client de passage est moins grave, semble-t-il, pour les affaires. Souvent, lorsqu'un labre toilette un poisson, le client suivant est déjà présent et observe le labre travailler. Les observations de terrain et les expériences en aquarium montrent que les clients observateurs sont très attentifs à ce qu'ils voient. Si le service est bon, ils ont tendance à inviter le nettoyeur à interagir, si le service est mauvais ils ont tendance à renoncer à interagir avec le nettoyeur. On peut alors penser que les poissons-nettoyeurs sont sensibles au fait d'être observés; que, sous le regard du client suivant, ils vont donner un bon service pour que le client en question ne parte pas. C'est le cas : le service est meilleur lorsqu'ils sont observés... en général, car il y a des variations selon l'observateur. Si ce dernier est un résident, ils ne font pas d'effort particulier : puisqu'il s'agit d'un client captif, il ne risque pas de partir à la concurrence. En revanche, quand l'observateur est un visiteur, les labres redoublent d'efforts, ne mordent pas, massent le client : ils font en sorte de convaincre les visiteurs de la qualité générale de leur service.

Les aléas de la vie conjugale

Quand un labre mange du mucus, le gain lui revient, mais le coût (perte d'un client) est supporté par toute l'équipe de nettoyeurs. Par conséquent, dans une station de type harem, le mâle est très attentif à ce que ses femelles soient très coopératives, et réprimande les mangeuses de mucus. Cela a donné lieu à une anecdote amusante. C'est une femelle qui mord régulièrement les clients. Après l'avoir réprimandé plusieurs fois, son mâle décide de la chasser. Bannie, elle ouvre une station de nettoyage à quelques mètres de distance seulement, dans laquelle elle traite très bien ses clients, car désormais, c'est à elle seule d'assumer les conséquences d'un mauvais service sur les affaires. Elle n'a, par contre, pas perdu son goût immodéré pour le mucus : elle fait régulièrement des virées dans son ancienne station pour mordre les clients de son ex-mâle. Elle fait donc la différence entre ses clients propres, qu'elle bichonne, et les clients de son ex, qu'elle malmène.

Conclusion

Il y a encore très peu d'études sur les mécanismes psychologiques qui sous-tendent ces comportements; par exemple on ne sait pas si les labres se représentent les pensées de leurs clients ou s'ils raisonnent uniquement sur la base de leur comportement observable. Les futures études nous en apprendront encore davantage sur la vie mentale des poissons. Pour ce qui est des capacités mentales et de la sensibilité à la douleur, il n'y a pas lieu de faire de différence entre les poissons et les animaux terrestres. Les poissons ont droit à la même considération morale que les mammifères et les oiseaux, et devraient bénéficier de la même protection.(Article anciennement publié dans le Huffington post : partie 1 et partie 2)

Références

 

  1. Brown, Culum. "Fish Intelligence, Sentience and Ethics." Animal Cognition, June 19, 2014. doi:10.1007/s10071-014-0761-0.
  2. Sneddon, Lynne U. "The Evidence for Pain in Fish: The Use of Morphine as an Analgesic". Applied Animal Behaviour Science 83, no 2 (septembre 2003): 153‐162. doi:10.1016/S0168-1591(03)00113-8. Discuté dans Braithwaite, Victoria. Do Fish Feel Pain? Oxford; New York: Oxford University Press, 2010.
  3. Millsopp, Sarah, and Peter Laming. "Trade-Offs between Feeding and Shock Avoidance in Goldfish (Carassius Auratus)." Applied Animal Behaviour Science 113, no. 1-3 (September 2008): 247-54. doi:10.1016/j.applanim.2007.11.004.
  4. Beukema, J.J. Angling experiments with carp (Cyprinus carpio L.). II. Decreasing catchability through one-trial learning. Netherlands Journal of Zoology, 20, (1970): 81-92.
  5. Brown, Culum. "Familiarity with the Test Environment Improves Escape Responses in the Crimson Spotted Rainbowfish, Melanotaenia Duboulayi." Animal Cognition 4, no. 2 (October 1, 2001): 109-13. doi:10.1007/s100710100105.
  6. Ueda, Hiroshi. "Physiological Mechanism of Homing Migration in Pacific Salmon from Behavioral to Molecular Biological Approaches." General and Comparative Endocrinology 170, no. 2 (January 2011): 222-32. doi:10.1016/j.ygcen.2010.02.003.
  7. Aronson, L.R. Further studies on orientation and jumping behaviour in the gobiid fish, Bathygobius soporator. Annals of the New York Academy of Sciences, 188, (1971): 378-407.
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  9. Green, J.M. High tide movements and homing behaviour of the tidepool sculpin Oligocottus maculosus. Journal of the Fisheries Research Board Canada, 28 (1971):383-389.
  10. Brannas, Eva, Ulf Berglund, and Lars-Ove Eriksson. "Time Learning and Anticipatory Activity in Groups of Arctic Charr." Ethology 111, no. 7 (July 2005): 681-92. doi:10.1111/j.1439-0310.2005.01094.x.
  11. Reebs, Stephan G. "Can a Minority of Informed Leaders Determine the Foraging Movements of a Fish Shoal?" Animal Behaviour 59, no. 2 (February 2000): 403-9. doi:10.1006/anbe.1999.1314.
  12. Noda, Mikio, Kenji Gushima, et Shunpei Kakuda. "Local Prey Search Based on Spatial Memory and Expectation in the Planktivorous Reef Fish, Chromis Chrysurus (Pomacentridae)". Animal Behaviour 47, no 6 (juin 1994:1413‐1422. doi:10.1006/anbe.1994.1188.
  13. Griffiths, S. W., and A. E. Magurran. "Schooling Preferences for Familiar Fish Vary with Group Size in a Wild Guppy Population." Proceedings of the Royal Society B: Biological Sciences 264, no. 1381 (April 22, 1997): 547-51. doi:10.1098/rspb.1997.0078.
  14. Griffiths, S W., and Anne E. Magurran. "Familiarity in Schooling Fish: How Long Does It Take to Acquire ?" Animal Behaviour 53, no. 5 (May 1997): 945-49. doi:10.1006/anbe.1996.0315.
  15. Milinski, M., Pfluger, D., Kulling, D. & Kettler, R., Do sticklebacks cooperate repeatedly in reciprocal pairs ? Behavioral Ecology and Sociobiology, 27 (1990): 17-21
  16. Par exemple: Croft, D.P., James, R., Ward, A.J.W., Botham, M.S., Mawdsley, D. & Krause, J., Assortative interactions and social networks in fish. Oecologia, 143 (2005): 211-219.
  17. Helfman, G.S. & Schultz, E.T., Social tradition of behavioural traditions in a coral reef fish. Animal Behaviour, 32 (1984): 379-384.
  18. Warner, R.R., Traditionality of mating-site preferences in a coral reef fish. Nature, 335 (1988): 719-721.
  19. Grosenick, Logan, Tricia S. Clement, et Russell D. Fernald. "Fish can infer social rank by observation alone". Nature 445, no 7126 (25 janvier 2007): 429‐432. doi:10.1038/nature05511.
  20. Redouan Bshary, Andrea Hohner, Karim Ait-el - Djoudi, et Hans Fricke. "Interspecific Communicative and Coordinated Hunting between Groupers and Giant Moray Eels in the Red Sea". PLoS Biology 4, no 12 (2006): e431. doi:10.1371/journal.pbio.0040431.
  21. Redouan Bshary, "Machiavelian Intelligence" dans: Brown, Culum, Jens Krause, et Kevin N. Laland, éd. Fish cognition and behavior. 2nd ed. Fish and aquatic resources series 15. Chichester, West Sussex, UK; Ames, Iowa: Wiley-Blackwell, 2011.

 

crédits photos
 

  • bandeau : Thomas Photommo / creative commons
  • cichlidés : Glenn Barret / creative commons
  • cichlidés face à face : Tomi Tapio K - Flickr / creative commons
  • girelle et rouget  : Valérie Hukalo - Flickr / creative commons
  • labre nettoyeur : Tomarin / creative commons
  • poisson clown : Tambako The Jaguar - Flickr / creative commons
  • truite : Ano Lobb - Flickr / creative commons

Audrey Vernon et les Milliardaires.(politique)

Par Le 06/01/2016

Audrey Vernon tape fort et juste ==

 

 

Nicolas Clément

4 h · 

Audrey Vernon - Les milliardaires dirigent, pas le peuple

"Quand le pillage devient un moyen d’existence pour un groupe d'hommes qui vivent au sein de la société, ce groupe finit par créer pour lui même tout un système juridique qui autorise le pillage et un code moral qui le glorifie" Frédéric Bastiat
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Elle sait de quoi elle parle...

 

 

 
 
 
 

Anticiper la fin...(politique)

Par Le 06/01/2016

Je viens de lire sur ces derniers jours pas mal de documents économiques sur le pétrole et je me dis qu'en fait, le réchauffement climatique ne sera jamais vraiment combattu parce que la fonte des terres polaires va permettre l'exploitation de gisements énormes, inaccessibles actuellement.

Les multinationales, les financiers et leurs serviteurs politiques choisiront toujours la voie du profit.

Quant à la réduction des réserves de pétrole et le pic de décroissance, le mieux, c'est d'écouter Yves Cochet. Il sait bien de quoi il parle et quand on prend conscience des effets possibles, on réalise qu'on parle de l'avenir de l'humanité...

Voilà un roman à écrire....Un "Mad Max" version "écolo-survival"....ou un "Ravage" sur la fin des énergies fossiles...Tant que c'est de la fiction, ça va....

Une caractéristique de l'anticipation, c'est qu'inévitablement on s'en rapproche et en même temps, elle s'éloigne : si je prends l'instant T, 6 décembre 2015 et que j'écris un roman qui démarre le 6 décembre 2055, à partir de demain, on va se rapprocher de ce moment mais en même temps, si je me place à décembre 2055, je peux anticiper à partir de ce que j'ai écrit les 50 années suivantes, c'est à dire anticiper à partir de l'anticipation...Eh bien, à l'allure où l'humain détruit la planète, on peut anticiper qu'un jour, on ne pourra plus anticiper....Il y aura un point final. 

 

– 24 juillet 2011

yves cochet - pétrole et décroissance

Conférence débat enregistrée en Mai 2008
Durée : 1h45mn

Connu pour être un des seuls hommes politiques français spécialistes des questions liées au pétrole, Yves Cochet est président du groupe d’étude sur les pics pétroliers et gaziers à l’Assemblée Nationale.
Il explique ici le pic de Hubbert, c’est la courbe de production pétrolière qui a atteint / atteindra son maximum entre 2008 et 2015, puis décroîtra inévitablement, nous sommes certain que cela arrivera, la vraie question encore en suspens est quand exactement ?

Yves Cochet a aussi déclaré être pour la « grève du troisième ventre », c’est-à-dire pour la baisse des aides financières au troisième enfant. Pourquoi ? Car la courbe de production pétrolière est intimement liée à la courbe de la population humaine, on peut dire que c’est le pétrole qui a « dopé » la natalité grâce à tous les progrès technologiques qu’il nous a apporté ces 100 dernières années. Quand le pétrole sera moins abondant et donc cher, la population mondiale décroîtra, comment ? Il n’y aura d’après lui que 3 options possibles : Famines, épidémies ou guerres … Nous devons impérativement entrer en phase de décroissance afin d’amortir le choc que la fin du pétrole va provoquer.

Un homme politique au franc parlé rare qu’on aimerait voir plus souvent tant son discours est lucide …

Pic de pétrole et décroissance – Conférence débat d’Yves Cochet – partie 1

 

 

 

 

 

 

 

La décroissance est inévitable...Pas un choix mais une nécessité. Impossible de l'éviter. On ira vers "la simplicité volontaire" ou à la fin de l'humanité.

Conscience animale (Nature)

Par Le 06/01/2016

Déclaration : Les animaux ont conscience d’eux

Par  | 16 février 2015

      

http://www.espritsciencemetaphysiques.com/declaration-animaux-conscience.html

 

animaux

Un groupe international de scientifiques de renom a signé la Déclaration de Cambridge sur la conscience dans laquelle ils déclarent leur soutien à l’idée que les animaux ont autant conscience d’eux que les humains, la liste comprend tous les mammifères, les oiseaux, et même les poulpes. Mais est-ce que cela permettra de faire cesser la cruauté envers ces êtres vivants?

Même si cela paraît être une goutte d’eau dans une océan, le fait que des scientifiques déclarent qu’ils sont nombreux à posséder une conscience, c’est la reconnaissance ouverte qui est la grande nouvelle ici. Les preuves scientifiques montrent de plus en plus que la plupart des animaux sont conscients de la même manière que nous le sommes, et c’est un fait que nous ne pouvons plus ignorer.

Ce qui est aussi très intéressant à propos de la déclaration, c’est que ce groupe reconnaisse qu’il peut y avoir une conscience chez les animaux, qui sont très différents de l’homme, y compris pour ceux qui ont évolué différemment, comme les oiseaux et certains céphalopodes.

«L’absence d’un néocortex ne semble pas empêcher un organisme d’éprouver des états affectifs», écrivent-ils, «Les preuves convergentes indiquent que les animaux non-humains ont des substrats neuroanatomiques, neurochimiques et neurophysiologiques d’états de conscience, ainsi que la capacité à présenter des comportements intentionnels. » Par conséquent, disent les signataires, les preuves scientifiques indiquent davantage que les humains ne sont pas les seuls à posséder des substrats neurologiques qui génèrent à la conscience.

Le groupe est composé de chercheurs en sciences cognitives, neuropharmacologistes, neurophysiologistes, neuroanatomistes et neuroscientifiques – tous étaient présents à laFrancis Crick Memorial Conference on Consciousness in Human and Non-Human Animals. La déclaration a été signée en présence de Stephen Hawking, et comprenait des signataires tels que Christof Koch, David Edelman, Edward Boyden, Philip Low, Irene Pepperberg et de nombreux autres.

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Les observations suivantes ont été faites dans cette déclaration:

• Le domaine de la recherche de la conscience évolue rapidement. De nouvelles techniques et des stratégies abondantes ont été développés pour la recherche des animaux humains et non-humains. Par conséquent, plus en plus de données deviennent plus facilement accessibles, ce qui appelle à une réévaluation périodique des idées précédemment préconçues et détenues dans ce domaine. Les études des animaux non-humains ont démontré que les circuits cérébraux des homologues sont en corrélation avec l’expérience consciente et la perception peut être facilitée sélectivement et être perturbée pour évaluer si oui ou non ils sont en effet nécessaires pour ces expériences. En outre, chez les humains, de nouvelles techniques non invasives sont disponibles pour étudier les corrélats de la conscience.

• Les substrats neuronaux des émotions ne semblent pas se limiter à des structures corticales. En fait, les réseaux des neurones sous-corticaux qui se sont éveillés au cours des états affectifs chez l’homme sont également d’une importance cruciale pour engendrer les comportements émotionnels chez les animaux. L’état d’excitation des mêmes régions du cerveau engendre un comportement qui y correspond et des états affectifs chez les humains et les bêtes. Dans tout le cerveau, on évoque des comportements instinctifs émotionnels chez les animaux non-humains, de nombreux des comportements qui en découlent sont compatibles aux « états ressentis », y compris les états internes qui sont valorisants et dévalorisants. La stimulation cérébrale profonde de ces systèmes chez l’homme peut également engendrer des états affectifs similaires. Les systèmes liés à l’affectation sont concentrés dans les régions sous-corticales où les homologies des neurones abondent. Sans néocortex les jeunes humains et les animaux non humains conservent ces fonctions, cerveau-esprit. En outre, les circuits neuronaux soutiennent les états comportementaux / électrophysiologiques de l’attention, le sommeil et la prise de décision semblent avoir surgi dans l’évolution dès la radiation des invertébrés, étant évidents chez les insectes et les mollusques céphalopodes (par exemple, les poulpes).

• Dans leur comportement, les oiseaux semblent offrir de la neurophysiologie et de la neuroanatomie, un cas frappant de l’évolution parallèle à la conscience. Des preuves du niveau de conscience similaire à celui l’homme ont été observées chez les perroquets gris d’Afrique. Les réseaux émotionnels et les circuits cognitifs miniaturisés chez les mammifères et les aviaires semblent être beaucoup plus homologues qu’on ne le pensait jusqu’ici. En outre, il a été démontré que certaines espèces d’oiseaux ont des habitudes de sommeil neuronal semblable à celui des mammifères, comprenant le sommeil paradoxal, et on l’a également démontré chez les diamants mandarins. On croyait auparavant que les modèles neurophysiologiques exigeaient un néocortex de mammifère. Les pies, les grands singes, les dauphins et les éléphants ont notamment manifesté d’étonnantes similitudes avec les humains dans l’étude du miroir d’auto-reconnaissance.

• Chez l’homme, l’effet de certains hallucinogènes semble être associé à une perturbation d’une action directe dans la couche corticale et dans le processus de retour. Des interventions génétiques ou pharmacologiques chez les animaux non-humains avec des composés connus pour affecter le comportement conscient chez les humains peut également conduire à des perturbations similaires dans le comportement des bêtes. Chez l’homme, il existe des preuves pour indiquer que la conscience est en corrélation avec l’activité corticale, ce qui n’exclut pas d’éventuelles contributions des sous-corticales ou du traitement cortical précoce, comme dans la conscience visuelle. La preuve que les sentiments émotionnels des humains et des animaux non-humains proviennent des réseaux cérébraux sous-corticaux homologues cérébraux, fournit des preuves irréfutables des qualia affectifs primaires des sentiments affectifs primaires partagés sur le plan évolutif.

Sandra Véringa

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