Articles de la-haut
2011, 0h30.
LA STRATEGIE DU CHOC"
de NAOMI KLEIN
"Il faudra descendre dans la rue et les obliger à le faire."
http://www.megavideo.com/?v=DH5XQ8U4
http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Strat%C3%A9gie_du_choc
Thèse du livre[modifier]
Après une préface où elle expose les différents points de son argumentation, le premier chapitre porte sur la torture et plus particulièrement sur les expériences de lavage de cerveau effectuées par Donald Ewen Cameron, financées par la CIA. Ces recherches avaient pour objectif de détruire la personnalité du sujet, en lui administrant des chocs divers (substances chimiques, électrochocs), dans le but d'obtenir une « page blanche » sur laquelle on pourrait écrire une nouvelle personnalité.
S'appuyant sur d'importantes recherches documentaires[1], Naomi Klein soutient que de la même manière, des désastres (catastrophes naturelles, changements de régimes), qui conduisent à des chocs psychologiques, permettent aux chantres du capitalisme d'appliquer la doctrine de l'école de Chicago dont Milton Friedman est l'un des représentants les plus connus. Ils imposeraient à l'occasion des désastres des réformes économiques que Naomi Klein qualifie d'ultra-libérales telles que la privatisation de l'énergie ou de la sécurité sociale. De telles réformes n’étant pas possibles sans crise.
Naomi Klein utilise comme exemples de sa thèse les dictatures de Pinochet au Chili, de Soeharto en Indonésie et d’autres dictatures d’Amérique du Sud en général avec le lot de tortures qui les accompagnent. Le cas de la Bolivie, où les réformes ont été conduites en déportant temporairement les responsables de gauche, est aussi décrit. L'auteur évoque aussi les libéralisations qui ont suivi la chute du bloc de l'Est en Pologne et en Russie au début des années 1990, le gouvernement de Margaret Thatcher au Royaume-Uni, la fin de l'apartheid en Afrique du Sud. Les politiques qui ont été pratiquées aux États-Unis depuis 1990, mais plus particulièrement sous l'administration Bush, sont particulièrement visées, notamment la privatisation progressive de la sécurité aux États-Unis. Cela la conduit à s'intéresser à la gestion de la guerre en Irak[2]. Pour elle, on assiste depuis 2001 à l'émergence d'une industrie de la sécurité intérieure, les attentats du 11 septembre ayant été utilisés comme un choc « utile ».
L'auteur cite en particulier à l'appui de sa thèse les réformes suivantes :
- celles qui ont suivi la crise asiatique de 1997, volontairement aggravée par le FMI : ce cas illustre sa thèse, puisque le choc subi par la société a provoqué un doublement du taux de suicides, taux qui est resté à un niveau élevé depuis ;
- les mesures prises après l’ouragan Katrina ;
- et celles après le tsunami de 2004.
Elle estime que dans différents endroits du monde, l’application des théories de Milton Friedman conduit à la division des villes en deux zones, comme à Bagdad, La Nouvelle-Orléans ou Beyrouth[3] :
- une Zone verte, riche et protégée des dangers ;
- une ou plusieurs zones rouges, dangereuses et misérables.
Naomi Klein soutient également deux contradictions importantes dans les théories de l’école de Chicago, telles qu’elles furent appliquées dans ces pays :
- selon ses promoteurs, le néo-libéralisme garantit une plus grande richesse d’une économie et, par percolation, un accroissement de la prospérité individuelle. Selon elle, et dans les exemples étudiés, ce n’est jamais le cas tant qu'une politique de redistribution, contraire à la théorie de Friedman, n’est pas menée ;
- toujours selon certains de ses promoteurs, démocratie et néo-libéralisme se soutiennent l'un l'autre[4]. Or, selon Naomi Klein, l’imposition de politiques néo-libérales ne s’est jamais produite sans coup d’État, élimination temporaire ou définitive (exécutions) de l’opposition, ou l’imposition d’un état d’urgence, ou de politique vaudou (application par une nouvelle majorité d’une politique strictement contraire aux promesses de campagne).
Naomi Klein préfère parler de « corporatisme » pour désigner la nouvelle forme de capitalisme qu’elle décrit. Les politiques dites « néo-libérales » ne sont pas si libérales que cela, puisqu'elles nécessitent une intervention étatique importante afin d'assurer « la concurrence libre et non faussée » contre la tendance des entreprises à former des oligopoles et le respect de la propriété privée des grandes entreprises malgré leur impopularité. À la page 26 de l'édition française, N. Klein écrit : « Le mot qui convient le mieux pour désigner un système qui gomme les frontières entre le Gouvernement avec un G majuscule et l'Entreprise avec un E majuscule n'est ni "libéral", ni "conservateur", ni "capitaliste". Ce serait plutôt "corporatiste". »
Réception[modifier]
L'ouvrage a été considéré comme un des meilleurs livres de 2007 par The Village Voice, Publishers Weekly, The Observer, et The Seattle Times.
En revanche, selon Jonathan Chait pour le magazine américain The New Republic « l'amalgame permanent de Naomi Klein entre tous ses adversaires idéologiques au service d'une théorie monocausale du monde rend ultimement son analyse parfaitement absurde ». Naomi Klein verrait derrière les interventions armées américaines à l'étranger la mise en œuvre de la doctrine de Milton Friedman auquel est prêté l'idée qu'il faudrait créer un choc de façon à instituer les politiques économiques voulues. Or, selon Chait, Milton Friedman n'aurait jamais rien prôné de tel. Naomi Klein décrit la guerre en Irak comme l'apothéose de ses idées, avançant que les néoconservateurs sont des partisans engagés de Friedman. Or, si les néoconservateurs sont anticommunistes, ils n'en sont pas pour autant des partisans du libéralisme économique, et ils ont une opinion favorable du New Deal. De plus, selon Chait, Friedman ne se rattache pas aux néoconservateurs, promoteurs interventionnistes des valeurs et de la démocratie américaines, mais aux conservateurs libertariens, hostiles aux aventures à l'étranger et à l'intervention de l'État. Toujours selon Chait, Friedman lui-même s'est opposé à la guerre en Irak, ce que Naomi Klein ne rapporterait pas[5]. Au final, Jonathan Chait considère que Naomi Klein ignore les idées qu'elle critique alors même qu'elle leur attribue un rôle majeur à l'échelle mondiale. L'essayiste libéral Johan Norberg du Cato Institute abonde dans le même sens, reprochant en particulier à Naomi Klein des contresens sur les théories de Friedman et des interprétations volontairement fausses[6].
Naomi Klein a répondu à ces critiques en excipant d'un entretien de Milton Friedman à un magazine allemand pour montrer que celui-ci approuve la guerre en Irak. Ces citations sont : “President Bush only wanted war because anything else would have threatened the freedom and the prosperity of the USA”, et à propos des tensions croissantes entre les Etats-Unis et l'Europe : “the end (mais dans la version allemande, c'est le mot "succès" qui est employé) justifies the means. As soon as we’re rid of Saddam, the political differences will also disappear.” Il a également déclaré au Wall street Journal, à propos de cette guerre : “it seems to me very important that we make a success of it.” Pour Naomi Klein ces citations démontrent que Friedman est un partisan déclaré de la guerre en Irak.[7].
Enfin, pour David Boaz, vice président du Cato Institute, si Naomi Klein a raison de faire un lien entre « chocs » et évolution du rôle de l'État, il ne soutient pas sa définition de la nature de ce lien : pour lui, les crises sont l'occasion d'une augmentation du rôle de l'État et non du marché[8].
Plus nuancé est l'universitaire français Samuel Ferey[9] qui dans un compte rendu pour la revue Mondes en développement souligne que « l’intérêt de l’ouvrage réside d’abord sur les éléments factuels » et que nonobstant « le côté unilatéral de l’ouvrage » et « le caractère trop flou de certains concepts » conclut : « la lecture de La Stratégie du choc reste stimulante et donne incontestablement envie d’en savoir plus[10]. ».
L'universitaire anglais John Gray estime dans une critique publié dans The Guardian que : « Il y a très peu de livres qui nous aident vraiment à comprendre le présent. La stratégie du choc est l'un de ces livres »[11].
Dans La Revue internationale des livres et des idées, Michael Hardt écrit que « d'une certaine manière, le livre prolonge son excellent article publié par Harper’s en 2004, « Baghdad Year Zero », qui est incorporé et développé ici. »[12]
Pour bien commencer cette nouvelle année...
Il s'agit de comprendre pour savoir comment agir.
Dernière pensée de l'année. (spiritualité)
"En travaillant pour les seuls biens matériels nous bâtissons nous-mêmes notre prison. Nous nous enfermons solitaires, avec notre monnaie de cendre qui ne procure rien qui vaille de vivre." Terre des Hommes (1938) SAINT-EXUPERY
Il est vraiment triste que de tels hommes disparaissent et ne soient pas remplacés.
Ce monde est bien vide.
Je voulais vous remercier dans cette dernière journée de votre présence et des commentaires qui sont écrits.
J'ai fini l'écriture de "Jarwal le lutin" hier soir...
Mais j'ai déjà la deuxième histoire en tête :)
On se "revoit" en 2011. Juste une histoire de calendrier. Rien d'important.
"Coeurdialement."
Problèmes de pédagogie...
Juste un résumé de la problématique de l'enseignement.
"Bienheureux les pauvres en esprit car le royaume des cieux leur appartient.
Bienheureux les doux car ils possèderont la terre.
Quand Jésus eut terminé, Pierre demanda :
- Il fallait écrire ou pas ?
Puis Gabriel ajouta :
- Est-ce qu'on doit apprendre tout ça ?
Et Isaac :
- Il faut le savoir par cœur ?
David se plaignit :
- C'est trop dur.
Ethan dit :
- J'ai pas de feuille !
- Moi, j'ai plus d'encre dans mon stylo !
- Y aura interro ?
Et Marc s'inquiéta :
- Comment ça s'écrit "bienheureux" ?
Mathieu leva la main :
- Je peux aller aux toilettes ?
Simon lança, soulagé :
- Ça va sonner.
Et Judas dit enfin :
- Vous avez dit quoi après pauvres ?
Alors, un Grand Prêtre du Temple s'approcha de Jésus et dit :
- Quelle était ta problématique de départ ?
- Quels étaient tes objectifs transversaux ?
- À quelle compétence faisais-tu appel ?
- Pourquoi ne pas avoir mis les apôtres en activité de groupe ?
- Pourquoi cette pédagogie frontale t'est-elle la plus appropriée ?
Alors, Jésus s'assit et pleura.
Le désir de l'école.
"Mais moi, l'école, ça ne me manque pas du tout. Et je ne la désire pas."
Inutile de préciser que cette phrase lancée par un élève me tourneboule depuis deux jours.
S'il n'y a pas de manque, il ne peut y avoir de désir. Mais pourquoi ce manque ne s'éveille-t-il pas ?
Je ne garde que la conclusion d'un long échange avec les enfants. Une idée principale qui est ressortie de façon générale.
Le plus difficile avec l'école, c'est de n'être jamais autorisé à profiter du présent...
Dès qu'un apprentissage est fini, un autre commence.
Dès qu'une leçon est apprise, une autre arrive.
Dès qu'un contrôle est passé, un autre se prépare.
Dès qu'une année est finie, une autre se présente.
Il n'y a pas de présent dans cette course en avant, ce qui revient à priver l'enfant de la satisfaction. D'autant plus qu'il n'y avait pas en lui de manque ni par conséquent de désir. L'école n'est qu'un labeur constant qui n'autorise que subrepticement le contentement. La pression revient immanquablement à la charge.
On voit dès lors l'importance du Maître. Il est le seul à pouvoir déclencher ce manque essentiel. Qu'un désir s'éveille, que le labeur devienne plaisir, que l'énergie ne soit pas constamment projetée vers l'avenir mais dans la jouissance de l'instant, dans le bonheur d'apprendre, sans qu'aucune sanction ne vienne salir ce bonheur.
On voit dès lors l'incongruité du systéme. Des notes, des contrôles, des bulletins, des appréciations, des sanctions arbitraires, des jugements subjectifs, tous les "Peut mieux faire" qui rappellent que la vie est à venir, que le futur est un présent insaisissable, qu'il faut travailler encore et encore pour s'approcher de ce fameux seuil de réussite cher au système.
"Tu seras un Homme mon fils," disait Kipling.
-Est-ce que ça donne le droit au système de m'arracher à ma vie d'enfant ?"
L'enfant est là. Et pas dans cet avenir d'adulte.
Ce sytème révèle avant tout l'incapacité des adultes à générer en l'enfant la conscience d'un manque de connaissances, un désir d'apprendre, une énergie à utiliser pour être celui qui sait et en profite et non, uniquement, celui qui doit savoir, le regard fixé vers l'horizon à atteindre.
On en revient à cet épouvantable espoir que l'on martèle dans des esprits malléables. Cette idée que la vie est à venir, qu'il faut gagner sa vie, qu'il faut préparer sa retraite, qu'il faut réserver son caveau. Jusqu'à en oublier d'être là.
L'école en devient finalement un apprentissage de toutes les dérives spirituelles de l'individu.
Ca me mine au plus profond.
Pour ma part, je pense que le mal est fait à l'école primaire, qu'il est renforcé par le collège et trouve son aboutissement au lycée. C'est une oeuvre de désintégration de l'individu.
Comment des parents pourraient-ils s'investir dans le respect de l'école quand ils ont eux-mêmes été démolis par cette école, qu'ils le sont encore par le jugement inique des enseignants? Il faut arrêter de dire que les parents n'éduquent pas leurs enfants. Aucun parent n'est satisfait de la révolte et de l'échec scolaire de leurs enfants. Eux aussi, ils en souffrent. Et de toute façon, mettre les parents au pilori ne les incitera jamais à soutenir les professeurs.
Celui qui est condamné ne sera jamais le soutien de ses juges. Que l'école reconnaisse ses erreurs serait déjà un pas immense, qu'elle reconnaisse qu'elle n'est plus un sanctuaire mais un tribunal, qu'elle admette qu'elle doit revoir à la base même son fonctionnement, que les enseignants apprennent à vivre avec les jeunes et non "contre" les jeunes.
C'est la motivation le moteur et non la peur de la sanction. Il n'y a aucune sanction à donner quand on travaille en osmose. C'est un accompagnement et non un rapport de force.
Il ne s'agit plus de changer de techniques d'apprentissage, de calendrier scolaire, de formation des professeurs mais bien d'établir QUI mérite d'entrer dans cette fonction ? C'est au départ que ça se joue. Mais pour établir quels sont les critères de sélection des futurs enseignants, encore faut-il que le projet éducatif soit entièrement reconstruit. Et ça, personne ne le veut.
C'est la formation de "l'individu-enseignant" qu'il faut entièrement reprendre, le contenant et pas le contenu.
Débat-philo : Le désir puis le manque.
Nous avons repris la réflexion en classe aujourd'hui. Le désir, le manque, le besoin.
Une élève avait une chaufferette et la montrait à ses amis. Tout le monde voulait la prendre et sentir la chaleur.
"Est-ce que tu avais besoin de cette chaufferette Alexia ?
- Ben oui, pour avoir chaud aux mains.
-Mais tu as des gants non ?
-Oui mais ça c'est bien aussi.
-Ah, je ne dis pas le contraire mais est-ce que ça te manquait étant donné que tu avais des gants ?
-Ben, non, ça ne me manquait pas et je ne savais même pas que ça existait. C'est ma mère qui me l'a achetée.
-Et si maintenant, tu l'as perdais, est-ce que ça te manquerait ?
-Ah, oui, c'est sûr, c'est trop bien !
-Donc, tu désirerais en avoir une autre?
-Oui, c'est sûr !
-Et pourtant, avant que tu connaisses cette chaufferette, elle ne te manquait pas.
-Ben, non, j'avais des gants.
-Par conséquent on peut dire que tu ne désirais pas en avoir une mais maintenant que tu sais que ça existe, si tu la perdais, elle te manquerait.
-Oui, c'est ça.
-Ce désir que tu aurais viendrait d'un manque qui n'existait pas mais qui existerait maintenant.
-Oui. Parce que je sais que ça existe.
-Et tu ne pourrais plus t'en passer ?
-Oh, ben si, je mettrais mes gants mais ça c'est mieux !
-Prenons un autre exemple si tu veux bien. Un bébé qui a faim manque de nourriture, il a mal au ventre et désire le sein de sa mère. Il sait que ça existe et que ça lui fait du bien. C'est un manque qui est naturel et son désir l'est tout autant. Il désire combler ce manque. Mais c'est le manque qui est apparu en premier. Son désir n'a fait que suivre. Est-ce que c'est pareil pour la chaufferette ?
-Euh...Non, parce que ça ne me manquait pas, je ne savais même pas que ça existait.
-C'est donc un désir qui est apparu alors qu'il n'y avait pas de manque.
-Mais, là, je ne la désire plus puisque je l'aie.
-Oui, c'est vrai mais si elle venait à disparaître le désir réapparaîtrait aussitôt. Alors qu'il n'avait aucune raison d'exister."
Intervention d'une autre élève.
"Et moi aussi maintenant je désire en avoir une !
-Alors que ça ne te manquait pas jusque là ?
-Oui, mais maintenant, je sais que ça existe alors ça me manque.
-Ce qui te manque, ça n'est pas l'objet mais le plaisir que tu aurais à en posséder une. Il n'y a aucune raison valable d'avoir cette chaufferette mais ça te ferait plaisir d'en avoir une. Ce qui te manque, c'est la satisfaction d'en avoir une.
-...
-Ce désir a été créé artificiellement parce qu'en réalité, il n'y avait pas de manque. Ce qui fait plaisir, c'est de posséder quelque chose que les autres n'ont pas. Et ce qui te fait désirer cet objet, c'est une certaine jalousie. Sans aucune méchanceté bien entendu mais n'empêche que l'envie de posséder cet objet devient très fort. Il peut très bien être remplacé par une paire de gants mais ça n'a pas le même impact, ça n'a pas la même force, ça n'est pas aussi chouette à montrer aux autres. Vous finissez donc par exister quelque peu parce que vous possédez cet objet qui ne vous manquait pas mais qui vous donne un certain pouvoir sur les autres. Le bébé manque du sein de sa mère et c'est vital pour lui. Son désir est justifié et c'est pour ça qu'il crie aussi fort :))
La chaufferette n'a rien de vital. Mais elle vous donne du pouvoir sur les autres, elle agit comme un aimant et attire tout le monde, vous vous sentez puissant parce que la chaufferette est puissante. Vous dépendez donc d'elle et si elle venait à disparaître, ce qui vous manquerait, c'est ce pouvoir sur les autres, cette fascination, cet intérêt pour cet objet que vous possédiez. Le désir de retrouver cette puissance vous manquerait et vous feriez tout votre possible pour combler ce manque. Même s'il est toujours totalement artificiel et n'a aucune raison réelle d'exister. Il ne vous fait pas vivre comme du lait maternel mais il vous donne l'impression de vivre mieux. Chez les adultes, c'est pareil. Mais eux, il leur faut une voiture, un écran plat, une nouvelle salle à manger, une belle montre, un téléphone portable ultra sophisitiqué, la denrière technologie à la mode, une nouvelle veste, une veste de marque c'est encore mieux, parce que ça attire encore plus les regards, ça donne encore plus de puissance. Mais ces manques n'ont jamais de fin. Les marchands font en sorte qu'il y ait toujours un nouveau désir qui apparaisse jusqu'à ce qu'il devienne un manque. Alors, on abandonne le dernier objet acheté pour en prendre un plus puissant, un plus brillant, un plus moderne, un plus visible, un objet qui va créer encore plus de fascination et d'attirance. Ca n'est pas la personne qui existe mais les objets qui la font exister. Ce sont les objets qui la possèdent et pas l'inverse. Parce que le désir est passé avant le besoin et que la personne se laisse entraîner dans un phénomène sans fin.
Le monde riche fonctionne sur ce principe. Comme les manques vitaux, sont assouvis, que la plupart des gens ont ce qu'il faut pour survivre, pas tous malheureusement, la nourriture, un abri, de quoi se soigner, avoir une famille, ce sont les désirs qui vont fabriquer de nouveaux manques. Des désirs que la société de consommation va s'efforcer de mulitplier sans cesse. Comme cette chaufferette qui vient remplacer des gants dont tout le monde trouvait jusqu'ici que c'était une chouette invention.
-Comment il faut faire alors quand on désire quelque chose ?
-Comme vous avez envie, tant que vous savez pourquoi vous avez envie. Il n'y a pas de bonne méthode, de bonne façon de vivre si ça n'est pas celle que vous avez choisie en toute conscience. Avoir conscience de ce qu'on pense, de ce qu'on fait et décider si c'est la voie qui nous convient. C'est tout. En fait, il s'agit d'amour. Pour l'instant, vous devez vous demander pourquoi vous aimez cette chaufferette, un jour vous vous demanderez pourquoi vous aimez cette région, cette maison, vos amis, ce chien, cette voiture, ce pays, ce métier, cet homme ou cette femme. Tous les évènements importants de votre vie se nourriront d'amour. Il faut comprendre ce qu'on aime quand on aime. Tout ce que cet amour cache, tout ce qu'il contient, tout ce qu'il dévoile, tout ce qu'il peut faire pour qu'on continue à évoluer, à apprendre sur nous-mêmes."
Laura Mare.
Et bien voilà, c'est fait. Laura a gagné :)
Alors, je tenais à remercier chaleureusement tous ceux et celles qui en passant par ici ont décidé de soutenir Laura et sa maison d'édition.
Maintenant que ce vote est fini la suite peut commencer.
Le manque et le désir.
Tout homme veut être heureux. Y compris celui qui va se pendre, comme l'écrivait Pascal. S'il se pend, c'est pour échapper au malheur et donc rejoindre ce qu'il entrevoit comme un bonheur par la disparition de ce qui le détruit : le malheur en lui. Une auto destruction favorable à ses yeux. Aussi effroyable soit-elle pour le reste du monde.
Heureusement, toutes les situations de malheur ne conduisent pas à de telles extrémités. Il s'agit donc de rester lucide pour ne pas finir par se pendre à cette détresse de vivre.
Socrate annonce "que le désir est un manque" et que nous avançons dans l'existence les yeux fixés sur ce manque. Sur ces manques d'ailleurs. Car ls sont nombreux et ont une facilité à se reproduire absolument stupéfiante. Nous sommes des jardiniers performants et nous plantons des graines "de manque" sans relâche.
Sartre disait que "l'être est fondamentalement désir d'être et le désir est manque."
C'est ce qui nous condamne au "Néant" (Sartre) ou à la "Caverne" (Platon).
Nous ne sommes pas heureux parce que nous manquons précisément de ce que nous désirons. On peut craindre en plus qu'une bonne partie de ces désirs et donc de ces manques soient issus de l'imagination et non de la raison, ce qui rend leur aboutissement encore plus inaccessible.
Les Platoniciens commes les Existentialistes ont décrit cette course au désir comme un épuisement de l'individu. Dès qu'un désir est satisfait, il n'y a plus de manque, donc plus de désir. L'individu ne supporte plus ce vide du désir satisfait et cherchera frénétiquement un manque capable de nourrir un nouveau désir, une soif absolument délicieuse qu'il faudra assouvir... L'homme ne vit que dans la projection de son être dans l'assouvissement du désir, fabriqué, artificiellement parfois, par un manque.
"Ce que je n'ai pas me manque, je le désire. Ce que j'ai ne me manque plus et ne contient aucun désir. Il m'en faut par conséquent un autre pour que la vie soit remplie de ce désir."
La société de consommation et les dirigeants des multinationales sont des philosophes redoutables. Ils connaissent très bien les Classiques, c'est une erreur de les sous-estimer, ils maîtrisent parfaitement les rouages de l'humain et s'en servent avec une maestria éblouissante, aveuglante même, destructrice...Nous sommes des papillons de nuit attirés immanquablement par les manques fabriqués et les désirs entretenus. Qu'un lampion s'éteigne et inévitablement un autre s'allumera un peu plus loin.
Pas question pour les marchands de laisser les consommateurs se retourner vers les lumières intérieures...Pas question de leur laisser le temps de se réjouir de l'instant présent. Il faut des désirs, encore plus de désirs, il faut des manques, toujours plus de manques. Noël sera passé qu'on pensera déjà aux oeufs de Pâques. L'hiver sera encore là qu'on trouvera déjà des maillots de bain dans les magasins. Les grandes vacances seront arrivées qu'il faudra déjà acheter le cartable de la prochaine rentrée. L'idéal est de créer même des désirs totalement absurdes afin qu'ils soient rapidement assouvis et que la frénésie du manque s'entretienne plus facilement. Créer des désirs fallacieux est plus rentable car l'individu qui parvient à l'assouvir ne risque pas de chercher à en jouir bien longtemps. La platitude de ce désir assouvi instaurera très rapidement la nécessité d'un nouveau manque et d'un nouveau désir. C'est le monde de l'insastifaction chronique. Quasiment le Monde entier marche dans cette voie.
Même en "amour", certains individus fonctionnent ainsi. C'est le manque qui les réjouit et pas la jouissance du désir assouvi. Amour kleenex qui fait pleurer celui ou celle qui est jeté.
Même les religions ont compris le système, sauf qu'elles l'ont poussé encore plus loin. Le bonheur sur Terre est impossible, ce désir ne sera jamais assouvi, ce manque sera toujours aussi redoutable jusqu'à la fin mais par contre, le Paradis offrira aux bons paroissiens l'assouvissement ultime de ce manque. Croyez en moi et je vous donnerai à votre mort le bonheur qui vous manque. La Foi peut devenir une espérance morbide.
L'espérance. Voilà le mot. Non pas l'espoir qui pousse parfois aux actes, un saisissement de l'instant plus puissant que le mirage temporel, mais l'espérance qui conduit à l'abandon, au fatalisme, à la décrépitude spirituelle. L'espérance est une fuite en avant, d'espérance en espérance, de manque en manque, de désir en désir. L'individu se complait dans l'espérance car le désir de ce qui lui manque lui donne le sentiment d'une vie remplie. L'espérance de l'argent, de l'amour, du confort, de la possession, du pouvoir...C'est une addiction redoutable qui mène certains individus à renier toutes les valeurs humaines les plus belles. Pas de partage, pas de compassion, pas d'attention, pas de tendresse, l'objectif est le moteur, le désir assouvi nourrira un désir encore plus fort, le milieu de la politique est le symbole majeur de ce fonctionnement. L'ambition devient le ferment de l'espérance. Même l'école insère les enfants dans cette perdition des âmes à travers la compétition. L'espérance d'être le "meilleur", d'obtenir le meilleur classement, la promotion désirée, le salaire mirobolant. Mais ça ne s'arrêtera jamais. Les imbrications sociales, les comparaisons, les jalousies, créeront inévitablement un manque supplémentaire. Un poste plus "élevé" même si pour cela il faut ramper. L'espérance de devenir un jour celui fait ramper les autres est une ambition incommensurable, inépuisable. Le conditionnement est si puissant que l'individu a perdu toutes retenues, toute lucidité. La réussite sociale de ces monstres de puissance, aussi destructrice soit-elle, devient la référence. Combien rêve d'être milliardaire ? Combien accepterait de prendre la place d'un Dassault, vendeur d'armes ? Une fortune dont on n'a pas idée...Un nombre de morts incalculables sous les bombes.
Bien, mais alors, que faire ?
Certains choisissent de s'étourdir pour ne plus souffrir de ce qui leur manque. Ne pas penser, ne pas réfléchir, foncer tête baissée dans la meute affolée et se réjouir immédiatement de la folie générale. Acheter, s'amuser, accumuler les divertissements, en abandonner un sitôt essayé, en trouver un autre. Espérer juste que le prochain week-end sera aussi déjanté que celui qui vient de se finir. Passer la semaine le moins douloureusement possible en multipliant les petites trouvailles dérisoires mais indispensables pour tenir six jours. Si en plus, il y a des soldes, alors là, ça va être génial...
C'est toujours de l'espérance mais seconde par seconde...Ceux-là sont faussement dans l'instant et se réjouissent d'une vie frénétique. Grand bien leur fasse.
Bon, laissons tomber, c'est mort.
Allons jouer au Loto alors et si on perd on se réjouira pendant quelques jours que le prochain tirage sera le bon.
Bon, laissons tomber, c'est mort là aussi.
Allons à l'Eglise alors et attendons la mort pour nous réjouir enfin.
Bon, là, c'est sûr, on sera vraiment mort.
Et si nous décidions de ne plus avoir d'espérance ?...Et si nous décidions que nos manques ne sont bien souvent que des inventions ? Et si nous décidions que le plaisir n'est pas à venir mais qu'il est déjà là ? Et si nous décidions que ce plaisir constant d'être là est la source réelle du bonheur ?
Bien sûr que d'espérer avoir un peu d'argent, ça aide...A moins d'aller vivre dans la forêt amazonienne ou chez les Inuits. Tout dépend aussi de ce que nous mettons derrière ce désir d'avoir un peu d'argent d'avance, une réserve permettant de ne plus être dans une survie quotidienne. Saurons-nous en avoir un usage "utile", constructif pour l'individu ? Est-ce que ça répondra à un projet destiné à entretenir une évolution de l'individu ou sa participation erratique à la société de consommation ?
Bien sûr que nous pouvons espérer trouver l'amour, le grand amour. Mais qu'en ferons-nous ? Un accompagnement fidèle et attentif de l'être aimé dans une voie personnelle ou une dépendance à l'autre, à moins que ça soit une soumission de l'autre...Les dérives sont nombreuses.
Bien sûr que nous pouvons espérer avoir un travail passionnant. Encore faut-il qu'il ne nous oblige pas à renier ce que nous sommes. Le travail, s'il n'est pas un tremplin vers un accomplissement intime de l'individu, n'est qu'un labeur. On est en droit d'espérer de l'existence autre chose qu'une vie de labeur.
Et c'est là justement qu'intervient le questionnement de la préparation de ces paramètres essentiels de l'existence. Si nous décidons de rester vivre dans le monde "occidental", nous ne pouvons échapper à la nécessité de la construction de l'existence. C'est vers l'enfant qu'il s'agit de se tourner. Le développement personnel en quelque sorte avant le développement du futur salarié...Ca n'est pas le chemin actuel de l'Education Nationale. La raison en est très simple : l'individu éveillé n'est pas un consommateur effréné : une horreur pour le PIB et les chefs d'entreprise. Pas le petit artisan du coin mais le patron des multinationales. Le gouvernement n'oeuvre pas pour les consciences mais pour le rendement, la croissance, les marges, les chiffres d'affaires. Les gouvernements sont dans l'espérance continuelle de croissance économique et les citoyens sont les outils de leur espérance. Les enfants quant à eux sont des proies si dociles.
Revenons à nos chers philosophes...Schopenhauer disait que "la vie oscille comme un pendule de droite à gauche, de la souffrance à l'ennui."
La souffrance chez lui est associée au désir de ce qui nous manque. Une frustration qui mène au malheur. Quand le manque finit tout de même par être satisfait, c'est l'ennui qui surgit. Puisqu'il n'y a plus de manque, je n'ai plus de désir et la vie devient morne, triste, effroyablement ennuyeuse.
Je n'aurais pas aimé être à la place de ce Monsieur...Il me semble qu'il délaisse un aspect essentiel de la vie.
Le plaisir. Le plaisir dans la pleine conscience de l'instant et de la vie en soi.
Je perçois chez lui une hantise chronique de la jouissance...Ce qu'il pensait des femmes en général me conforte d'ailleurs dans cette idée...
Voilà la vidéo de la sortie de ski d'hier.
Quelle jouissance fabuleuse, quel bonheur du corps et de l'esprit, quelle joie !! That's life !!!
C'est là, maintenant, sans aucune espérance, sans aucun objectif lointain, juste glisser dans la poudreuse, jouir de mon corps, de mon âme ré-jouie, de la lumière, du froid sur la peau, des cristaux qui scintillent, des rires de mon garçon, juste cette joie immense du saisissement de l'instant dans le creuset de mon être, tirer du plus profond tout ce dont je dispose, mes forces, mon endurance, ma résistance, mes réflexes, et nourrir mon corps du scintillement incandescent de mon esprit.
Quelque chose de très simple finalement.
Vivre.
"That's life."
Philosopher...
Délicat en fait de présenter cette activité à des enfants de CM2...Quel est l'objet d'étude ? Autant ils sont capables d'identifier de la géographie ou des mathématiques, autant, même après plusieurs débats en classe et des "mini réflexions" communes en cours de journée depuis le début de l'année, il est difficile pour eux de cerner la réalité de cette "matière"...Une petite fille a même dit qu'après en avoir parlé avec ses parents, ceux-ci étaient incapables de dire ce qu'était la philosophie, ils n'en avaient jamais fait à l'école et n'avaient jamais rien lu dans ce domaine...J'ai répondu que tout le monde faisait de la philosophie tout au long de sa vie, à divers niveaux, étant donné que la philosophie a pour objectif comme le dit Sénèque " de nous procurer la vie heureuse" et que par conséquent tout le monde, un jour ou l'autre, faisait preuve de philosophie...Ce qui différenciait les individus, c'était la profondeur des réflexions, leur durabilité, leur multiplicité, l'exigence aussi quant à ne pas se voiler la vérité.
J'ai donc décidé de prolonger ce débat et de tenter de cerner clairement avec eux ce que signifie "philosopher". André Comte -Sponville en fait une présentation à laquelle j'adhère totalement dans "le bonheur désespérément." J'ai essayé d'en reprendre les grandes lignes.
"La philosophie est une pratique discursive (discours et raisonnements) qui a la vie pour objet, la raison pour moyen et le bonheur pour but. Il s'agit de penser mieux pour vivre mieux."
Le bonheur est le but de la philosophie et la sagesse en est le moyen. La sagesse se reconnaît au bonheur mais un "certain" bonheur. Il ne s'agit pas d'un bonheur nourri d'illusions mais d'une analyse approfondie de la vérité. Le philosophe s'attachera avec rigueur à une vraie tristesse plutôt qu'à une fausse joie, il ne se détournera pas de la lucidité pour se perdre dans des dérives hallucinogènes, quitte à devoir abandonner un "bonheur" fabriqué. Mieux vaut une saine vérité qu'un mensonge camouflé. Quelqu'en soit la rudesse. Les bonheurs illusoires sont les ferments des détresses à venir. On en revient à ces fameux espoirs comme autant de falots qui s'éteignent à la moindre brise. Le philosophe s'attelle à rester impliqué dans l'instant, à le décortiquer sans pour autant s'épuiser jusqu'à la déraison. Il n'évolue pas dans un espace clos mais au coeur de la vie quotidienne sans pour autant que cette vie quotidienne ne devienne un espace clos. Sa raison est au seuil, alternant les engagements réels dans une vie sociale et les retraits dans le silence de ses pensées. Il ne s'agit pas pour lui d'être coupé de la "Cité" mais de s'y fondre sans jamais s'y perdre.
Saint-Augustin parlait de " la joie qui naît de la vérité." Spinoza parlera de "béatitude" par opposition aux bonheurs factices, ponctuels, éphémères de la vie frénétique de la Cité. Les bonheurs illusoires ont besoin d'être constamment alimentés par de nouveaux subterfuges, ils s'épuisent rapidement et conduisent immanquablement à une addiction pathogène. La société de consommation entretient le stock des toxicomanes.
Philosopher revient par conséquent à tenter d'être heureux à travers la vérité. Le bonheur n'est pas sa norme dans le sens où il n'est pas un objectfif autorisant les déviances. Le philosophe acceptera les conclusions les plus redoutables. Le bonheur s'il n'est que le maintien des oeillères lui est insupportable...Cette norme du bonheur à tous prix n'est pas de son domaine. La pensée "positive" n'entre pas dans son champ d'investigations dès lors que ces pensées sont détournées de la vérité. Il ne s'agit pas de penser ce qui nous rend heureux mais de penser ce qui nous paraît vrai. Cette vérité sera la source du bonheur. Et cette vérité est bien plus difficile à saisir que des bonheurs illusoires. Si le bonheur est le but, il n'en devient pas pour autant un alibi de la dérive.
Il n'est qu'à regarder ce faux ami qu'est l'espoir, cet aimant auquel nous succombons si facilement et qui contient caché en lui-même des désillusions implacables, pour comprendre ce qu'est la vérité du philosophe. Il reste ensuite ensuite à choisir sa propre voie.
L'espoir, le désespoir.
"Quand tu auras désappris à espérer, je t'apprendrai à vouloir."
Sénèque.
Cette phrase m'est revenue à l'esprit la nuit dernière. J'avais fait un exposé sur la passion quand j'étais au lycée, en terminale philo et l'espoir est une notion fréquemment rencontrée dans ce domaine. Il s'agissait bien entendu pour ma part d'une réflexion sur les alpinistes et cette force qui les pousse vers les plus hauts sommets.
Walter Bonatti, dans son livre "A mes montagnes", parlait de l'espoir et disait qu'il était un ennemi redoutable qui le privait de sa lucidité, de l'exploitation de son potentiel physique parce que cet espoir le projetait dans une illusion qui ne le nourrissait que de pensées et non d'actes. Il escaladait un pilier par une nouvelle voie dans Les Drus, en solo...Il revenait d'une expédition sur le K2, une expérience destructrice d'un point de vue humain, une trahison qui avait failli lui coûter la vie. Chaque jour, sur ce pilier, engagé dans une ascension extrêmement périlleuse, il avait abandonné toute forme d'espoir et avait découvert alors que ses forces morales et physiques redoublaient, que rien ne l'arrêtait parce qu'il n'avait aucune autre intention que le franchissement du passage dans lequel il se trouvait. Rien d'autre, l'exploitation pleine et entière de sa volonté, libérée de tout espoir. Cette énergie intime se retrouvait dès lors totalement accessible, sans aucune interférence.
Il avait désappris l'espoir et avait découvert la puissance de la volonté.
"Un état de grâce."
http://www.dailymotion.com/video/x7e664_walter-bonatti-au-pilier-des-drus-c_sport
On peut s'interroger également sur la finalité de l'espoir chez les individus qui s'en servent. Ou se soumettent à lui. Puisque l'espoir est à l'antipode de la volonté et non pas à son service, comme les conditonnements nous l'assènent continuellement, il est raisonnable de conclure que cet espoir est une certaine forme de résignation, un abandon dans l'illusion, le refus de la réalité et le refuge auprès du "doudou" du petit enfant.
Il n'y a aucune action dans l'espoir et même si celui-ci génère finalement un acte quelconque, celui-ci sera perturbé par la pensée inhérente à cet espoir. Un filtre qui retient les énergies disponibles, un canal de dérivation. Celui qui affirme "vivre d'espoir" court le risque de ne pas vivre sitôt que l'espoir s'affaiblit.
Sa situation en devient dès lors désespérée alors qu'il cherchait dans l'espoir un renfort aux conditions d'existence. Espoir-désespoir, sont les deux plateaux d'une même balance.
"Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir."
Même cette expression courue contient une contradiction phénoménale. Dans la vie, il doit y avoir une volonté.
L'espoir, quant à lui, n'est pas adossé à la vie, il est projeté en dehors de la vie, dans un temps à venir qui n'a aucune existence, un futur qui n'est qu'une extrapolation cérébrale, notre malheureuse capacité à nous extraire de l'instant présent, ce cadeau empoisonné, ce don divinatoire que nous ne maîtrisons pas, qui nous illusionne quand nous voudrions qu'il soit la réalité à venir.
Tant qu'il y a de la vie, il y a une volonté. Celle de la vie qui est toujours là. S'abandonner à l'espoir revient à nier la vie, à lui jeter à la figure notre mécontentement, notre colère, notre dégoût, notre rejet.
L'espoir signifie, "je vais aller voir plus loin, ça ira mieux là-bas" mais la vie, elle, est toujours là et rien de cet espoir ne la guérit de ses rudesses. La volonté peut y parvenir quand il s'agit d'une action à mener et qui est à notre mesure.
"Ils ne savaient pas que c'était impossible, c'est pour ça qu'ils l'ont fait."
Mark Twain.
Même là, il ne s'agissait pas d'espoir. Mais d'une lutte constante. Dans l'instant réel de la vie immédiate. Peut-être même qu'en étant dans l'ignorance, il a été impossible de concevoir un espoir, par manque de repères, aucune donnée, il ne restait que le saisissement de l'instant, l'action elle-même.
Le désespoir n'est que le prolongement destructeur d'un esprit qui ne vit pas mais qui a le projet de vivre. Le contre-coup de l'égarement prolongé dans les miasmes hallucinogènes de l'espoir. Il est aisé d'imaginer à quel point tous ceux qui, aujourd'hui, espèrent une amélioration de la situation plantétaire, dans la dimension écologique, tomberont dans des affres redoutables le jour où le désespoir les frappera. Car il n'est rien à attendre de bon dans ce domaine. Nous allons inévitablement vers des temps très rudes. Inutile d'espérer y échapper.
Espérer une solution politique est juste risible tout autant que nos actes individuels n'y changeront rien. Nous sommes entrés dans des lois physiques qui n'ont que faire de nos agitations humaines. On peut juste dire que si les premières alertes lancées dans les années 1970 avaient été écoutées et si des décisions radicales avaient été prises, ces lois physiques n'en seraient pas là. L'image, peut-être la plus parlante, est celle qui concerne l'inertie d'un pétrolier lancé à pleine vitesse. Même si le commandant donne l'ordre d'inverser le sens de l'hélice en demandant une marche-arrière de toute urgence, le navire continuera à avancer encore un certain temps.
Les lois physiques sont lancées à pleine vitesse dans une direction néfaste et nos agitations, aussi radicales soient-elles (ce qui n'arrivera pas d'ailleurs, pas volontairement en tout cas), n'auraient d'effets que dans un temps lointain, très lointain. Nous avons mis beaucoup trop longtemps à réagir. Si tant est qu'on puisse considérer que les mesurettes prises soient de vraies réactions... Lol, comme disent les d'jeuns.
Il ne nous reste qu'à agir, individuellement, pour notre propre dignité.
Je garde à l'esprit une question qui me paraît essentielle : Que pense la vie de mes actes ? Et je m'ajuste au moins pire car je sais que mon existence aura de toute façon un impact.
L'espoir.
Un mot si exploité, tant de gens qui s'y perdent.
Je sais quel est le danger. Lorsque j'étais cloué au lit, j'espérais que ça allait s'arrêter, que ça allait finir par me lâcher, que j'allais m'en sortir, je vivais dans cette projection incessante d'un avenir meilleur, un espoir aussi puissant que la douleur qui me dévorait.
Ça ne servait à rien.
C'était un piège étant donné que ces pensées se tournaient vers une illusion temporelle et me coupait de la réalité. Bien sûr que cette réalité était une véritable torture mais en quoi cette fuite en avant pouvait-elle m'aider ? C'était absurde tout comme est absurde l'espoir lui-même.
Dans mon cas, l'espoir occupait une place immense, occasionnait une dépense d'énergie constante. Rien n'en survenait étant donné qu'il ne s'agissait que de pensées infantiles. C'est comme attendre l'arrivée du Père Noël ou un miracle ou même l'intervention d'une puissance divine.
Ce temps écoulé ne reviendrait plus, il avait tout bonnement été gaspillé.
L'espoir est un gaspillage monumental de temps et d'énergie. Si encore il permettait d'y trouver un certain apaisement mais c'est loin d'être le cas.
Imaginons que cet espoir fasse monter l'individu sur une pente, plus l'espoir est intense, plus la pente s'allonge, c'est un sommet inaccessible étant donné qu'il est fabriqué par la pensée. C'est Sisyphe qui pousse son rocher et qui espère atteindre le sommet perdu dans ses pensées. Il viendra immanquablement un moment où les pensées s'épuiseront, c'est un phénomène naturel, d'autres priorités prendront la place, l'espoir s'essoufflera et Sisyphe lâchera son effort sur le rocher. La masse libérée l'entraînera dans une chute proportionnelle à l'altitude que l'espoir lui aura fait atteindre...Il vaut bien mieux dès lors lâcher pied le plus rapidement possible. Il ne faut surtout pas s'entêter par orgueil dans son espoir. C'est encore une fois un problème éducatif, un formatage, un conditionnement de société : famille, école, travail, couple, enfants, les situations s'enchaînent et nous projettent dans la tentation de l'espoir.
"J'espère qu'il fera beau demain."
Un phénomène sur lequel nous n’avons strictement aucune influence.
"J'espère qu’il viendra au rendez-vous."
Ce qui importe dans la réalité, c’est que moi j’y sois étant donné que c’est une réalité qui me concerne, sur laquelle j’ai une réelle emprise.
"J'espère que j'aurai une bonne note."
Ce qui importe, c’est d’avoir fait ce qu’il fallait pour l’obtenir. Le reste dépend de la subjectivité du correcteur…
"J'espère que j'aurai une prime."
Même chose sauf que c’est un patron…
"J'espère que j'aurai les numéros gagnants du loto." Totalement absurde.
« J’espère que mes efforts seront récompensés. »
Dans ce cas là, on peut au moins reconnaître qu’il y a eu un travail, une emprise sur le réel. Mais le danger vient du fait que cette projection liée à l’espoir est encore une fois une dépense d’énergie inutile, une déviation des pensées qui ne seront pas au service du travail mais perdues dans l’irréalité. On en revient donc bien toujours à cette notion de gaspillage. L’essentiel, dans un projet, n’est pas l’espoir mais le saisissement complet de l’énergie et de l’instant. Il s’agit de rester conscient, lucide, vigilant, opiniâtre, déterminé. L’espoir n’a rien à faire là. C’est comme une aimantation qui a pour effet d’extraire de l’individu l’énergie dont il dispose, un champ magnétique qui pertube les forces disponibles. Il faut imaginer des paillettes d'énergie qui sont volées par l'espoir, qui vont se coller contre cet aimant puissant qui les attire.
Lorsque j’espérais retrouver mon intégrité physique, je me perdais dans un espace chaotique, les pensées fébriles de celui qui souffre et voudrait qu’une bonne fée passe par là et d’un coup de baguette magique règle le problème. Toutes ces pensées sont des ferments de la douleur étant donné qu’elles n’aboutissent à rien de positif et finissent par s’effacer d’un coup, accentuant encore les effets destructeurs de la souffrance. C’est comme un paravent derrière lequel s’entasseraient des marées de douleurs. Il y aura forcément une déchirure à un moment et le flot libéré emportera tout sur son passage. Ça n’est pas la douleur qui est responsable de cet effet paroxystique mais bien l’espoir qui a fabriqué artificiellement ce condensé de violence.
Dans le phénomène des pensées, l’espoir est un traître infatigable et à l'imagination débordante. Il suffit qu’une fois dans l’existence de l’individu, un projet aboutisse et qu’il ait été accompagné durant sa réalisation par un espoir flamboyant pour que le conditionnement s’installe. La lucidité a été balayée par cette « réussite » et l’individu s’imagine que cette euphorie durable qui l’a nourri au fil de ses pensées est une nécessité à reproduire systématiquement.
Si par contre, le projet n’aboutit pas, l’individu refusera d’étudier en profondeur le mécanisme des pensées et mettra cette issue défavorable sur le compte de la malchance. La déception renforcée par l’illusion détruite sera bien plus puissante mais le refus de l’analyse entretiendra le dispositif. La prochaine fois, l’espoir redeviendra l’étendard dressé.
Lorsqu’un enfant s’entend dire qu’il est assez grand pour laisser son « doudou » et qu’il voit ses parents nourrir l’espoir qu’il soit un bon élève, qu’il apprenne un métier, qu’il s’installe dans la vie sociale, qu’il fasse un beau mariage, qu’il réussisse sa carrière, il pourrait demander à ses parents de laisser tomber leur propre « doudou » mais il entre au contraire dans ce fonctionnement pervers…Il se construit sur l’espoir transmis par ses tuteurs….Vaste supercherie. Le conditionnement est installé. C’est une pression dont il se retrouve encombré, alourdi, une mission à tenir. La déception éventuelle des parents sera à la mesure de leur espoir et la rupture viendra dès lors d’une incapacité à rester dans le réel. Tout le monde en souffrira. Comme une trahison alors que rien dans la réalité n’imposait cela. C’est le phénomène insoumis des pensées qui est le seul responsable. Si pour l’aîné, l’issue correspond aux espoirs infantiles des parents, c’est le deuxième enfant qui aura à subir une pression supplémentaire.
« Regarde ton frère comme il a réussi ! Il a comblé tous nos espoirs ! Tu pourrais en faire autant tout de même… »
L’espoir qui devient une arme de destruction massive. La masse spirituelle de l’individu brisé.
Lorsque j’étais cloué dans mon lit, j’ai toujours gardé espoir. Et j’ai entretenu jusqu’au bout l’illusion d’une issue favorable. Ces pensées m’ont maintenu enfermé dans un cloaque carcéral, des sables mouvants qui m’étouffaient. Aucune analyse réelle, aucune conscience de ce qui m’avait conduit là, c’était juste une malchance effroyable et ça ne pouvait pas durer. La médecine allait me sauver, il y avait forcément quelqu’un d’extérieur à mon histoire qui pouvait comprendre…Effroyable présence du « doudou » qu’on refuse de lâcher tout au long de notre vie. Pour certains, ce « doudou » s’appelle Dieu et il est serré férocement et reçoit en alternance les prières ou les reproches.
Combien de couples qui se déchirent dès lors que l’un des partenaires ne parvient plus à nourrir le « doudou » de l’espoir…
Il a fallu que je sombre totalement dans la douleur physique, dans le délabrement moral pour que le mécanisme vole en éclat. Il a fallu que le goût de la mort devienne l’ultime espoir pour que je prenne conscience du mécanisme.
L’énergie vitale n’a pas besoin d’espoir. Pour elle, c’est un poison. C’est comme si l’individu vénérait une illusion alors que la vie est là. On peut même imaginer que la vie en soit déçue, effroyablement déçue. Au point de se retirer puisque l’illusion a plus d’importance que la vie elle-même. Pourquoi rester là ? Il y a sûrement mieux à faire ailleurs…
L’étape la plus difficile, la plus délicate, le travail de sape le plus redoutable à effectuer est de cesser de penser. Il s’agit de vibrer intérieurement alors que la pensée est une projection extérieure. Nous avons appris à penser jusqu’à finir par nous « dé-penser. » Nous sommes sortis de nous-mêmes en nous projetant dans un flot d’abstractions et nos pensées sont devenues des dépenses énergétiques, des dispersions multipliées à l’infini.
Je dois aussi à l’effort long en montagne ou à vélo d’avoir découvert cet espace « dé-pensé », cette plénitude de la vie étreinte dans le creuset de l’énergie originelle. Lorsqu’il n’y a rien d‘autre que le saisissement du silence intérieur, le ronflement infime de l’univers qui s’étend.
Je mourrai totalement désespéré et je remercie la vie de ce cadeau inestimable.
Pour le "fun" :)
DU VTT, pour commencer.
DU SKI pour continuer.
C'est ça la magie de la montagne, on ne s'arrête jamais :))
Une découverte qui me réjouit.
Un blog passionnant.
http://www.everyoneweb.fr/gdevecchi/
Je viens de découvrir d'ailleurs qu'il existe un projet de philosophie au lycée dès la seconde...Je vais enfin pouvoir dire quelque chose de positif...Sauf qu'il risque de se passer un sacré bout de temps, si ça se concrétise, pour que ça passe au collège puis à la primaire puis à la maternelle...Je serai sûrement déjà mort. C'est dommage.
Un permis pour passer au collège...
Je suis désolé d'utiliser encore une fois le site du Figaro mais il semblerait qu'il n'y ait que lui qui s'intéresse aux projets du gouvernement sur l'enseignement...
Le président du groupe UMP à l'Assemblée voudrait instaurer un examen
d'entrée en sixième.
Il présente les propositions de son club Génération France sur l'école primaire. Le député avait lancé l'an dernier une réflexion sur le collège, proposant notamment des collèges dédiés aux niveaux sixième et cinquième, et d'autres aux niveaux quatrième et troisième. Ce mardi soir, Jean-François Copé décryptera, en présence de Luc Chatel et d'autres invités, les propositions de son club pour l'école primaire.
LE FIGARO. -Pourquoi vous intéresser à l'école primaire?
Jean-François COPÉ. -Génération France est une entité qui a vocation à creuser les sujets plutôt qu'à organiser un grand rendez-vous sans lendemain. Nous avions ouvert notre réflexion sur le collège, car il me semblait alors qu'il était réellement le «maillon faible» du système scolaire. Il était donc logique que nous poursuivions notre démarche en traitant ce qui se passe en amont, à l'école primaire. Et nous nous tournerons ensuite vers la question de l'enseignement professionnel et de l'apprentissage. Le plus important est d'analyser en profondeur chaque point, et d'arriver sans idée préconçue.
La réforme Darcos sur le primaire a donc besoin d'être amendée?
Cette réforme recentre les programmes de l'école primaire sur les savoirs fondamentaux. Le fait qu'ils soient en partie fondés sur des exercices répétitifs et le par cœur ne me choque pas, surtout si on y ajoute un suivi personnalisé pour les élèves en difficulté. Au-delà de la définition des programmes, il y a plusieurs axes d'amélioration possibles. Dans la suite logique de nos travaux sur le collège, nous voulons agir essentiellement sur trois leviers primordiaux : l'organisation des établissements, l'impact personnel de l'enseignant et les méthodes d'apprentissage.
Dans quel sens doit aller une refondation de l'école primaire?
Apprendre à lire, écrire, compter: c'est la mission prioritaire de l'école. L'objectif est de ne pas envoyer au collège un seul enfant qui ne maîtrise pas les fondamentaux. Or, actuellement, 40% des écoliers ont de graves lacunes à l'entrée en sixième. C'est pourquoi je propose un examen en fin de CM2 qui évaluerait les connaissances des enfants. Ni un baccalauréat ni un certificat d'études, il est absurde de comparer avec une époque où la majorité des enfants sortait du système en fin de primaire. Il s'agirait d'une «validation des savoirs fondamentaux». Le but n'est pas d'exclure qui que ce soit mais que 100% des enfants réussissent cet examen. Son existence même engendrerait une réorganisation de l'ensemble du primaire pour parvenir à cet objectif.
On va vous accuser de favoriser le «bachotage»…
Il est établi par tous les spécialistes que si les fondamentaux ne sont pas acquis à l'entrée en sixième, l'enfant est condamné à l'échec scolaire. Voilà la seule considération qui importe.
Vous êtes donc contre la proposition du récent rapport du Haut Conseil de l'éducation d'une école commune du CP à la troisième?
Oui, quand on considère les transformations que connaît un enfant dans son évolution à ces âges-là, marquer une différence vers 11 ans paraît légitime.
En quoi cet examen modifierait-il la structure de l'école primaire?
Tout doit être repensé pour parvenir à 100% de réussite. Tout d'abord, le directeur doit devenir un vrai «patron» qui recrute et évalue annuellement ses enseignants au regard du projet pédagogique défini en commun. En retour, les enseignants évaluent le chef d'établissement, qui est responsable de ses résultats. L'équipe s'organise localement, par exemple, en créant des groupes de niveau… Étant entendu qu'il appartient à l'État de définir les contenus et les diplômes.
De plus, il est indispensable de mettre à disposition des enseignants les méthodes qui ont fait leurs preuves et de faire en sorte qu'ils les utilisent. La liberté pédagogique est fondamentale, mais elle doit être encadrée par l'évaluation des résultats de l'établissement, ce qui relève des inspecteurs de l'Éducation nationale. Enfin, il faut allonger l'année scolaire. Pourquoi ne pas imaginer un système de zonage pour les grandes vacances?
Vous évoquez la structure de l'école. Les débats actuels sur les contenus et les notes vous semblent inutiles?
Pour ce qui est des notes, je pense qu'elles sont un repère bien utile pour permettre aux élèves et à leurs parents de se situer. Quant aux contenus, je suis évidemment favorable à ce que l'on enseigne des notions d'anglais et d'histoire, mais vu par le prisme des fondamentaux, lire, écrire, compter.
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Je n'ai même pas envie de commenter tellement ça me dégoûte. Ca m'embêterait de vomir sur mon clavier.
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Le numérique pour les enfants. (école)
http://www.journaldunet.com/solutions/acteurs/le-numerique-dans-les-ecoles-1110.shtml
Un patron qui est content, un chouette contrat pour lui...
Voilà donc "le progrès"...Une aubaine pour les vendeurs de type Apple ou Samsung, peut-être même le Français Archos...Mais il ne s'agit évidemment pas des enfants. Le gouvernement trouve de l'argent pour soutenir le marché du numérique mais suprime les postes d'enseignants à tour de bras, emploie des "Assistantes de vie scolaire" qui pour certaines sont davantage en détresse que les enfants dont ils ont la charge et réclament plus de gestion que les enfants eux-mêmes, élimine les uns après les autres les postes de psychologue scolaire, "maître G", "maître E", rééducateur, éducateur sportif...Donc, pour Luc Chatel la solution réside dans le tout numérique. Ceci n'est qu'une étape. L'objectif est de remplacer les enseignants eux-mêmes. Vous me direz que pour certains, ça ne serait pas plus mal...Un ordinateur n'insulte pas les enfants, ne les humilie pas, ne les juge pas, il est neutre, "déshumanisé" de la même façon que ces enseignants mais sans les travers que ça génère. De ce côté là, on peut juger effectivement qu'il s'agit d'un progrès.
On pourrait par contre engager une réflexion profonde sur le rapport humain, sur le projet existentiel lié à l'enseignement, un travail sur les valeurs humaines et non technlogiques, économiques, citoyennes (c'est à dire conditionné)...Faire entrer dans l'école des formateurs philosophiques, relationnels, pédagogues, psychologues, des gens capables d'oeuvrer au développement de l'individu et non à son formatage, des professionnels associés à des démarches existentielles comme Steiner, Montessori, Freinet, Salomé, et tous les chercheurs dont le travail est fondé sur l'individu et non le citoyen. Dès lors que l'enseignement inculque l'idée qu'il n'y a qu'une seule voie, que le cadre scolaire est obligatoire et qu'il est le seul pourvoyeur de progrès, qu'il est la seule référence, que l'obtention de diplômes est le sésame absolu qu'il faut décrocher, que le statut de salarié est la voie royale, que l'individu doit s'effacer devant ces paramètres, que la compétition est une motivation naturelle, que l'écrasement et la hiérarchie contiennent des valeurs humaines honorables, tant que tout cela sera le fondement de l'enseignement, on continuera à voir fleurir les idées ubuesques similaires à celle de Luc Chatel. Un désastre.
Demain, les enfants se retrouveront impliqués dans une "relation" informatique. Fi des échanges humains. On demandera aux enseignants d'être des techniciens du numérique. On pourra même les remplacer par des informaticiens performants alors que les enseignants sont réticnetspour certains à avancer dans cette voie. Quelques résistants dont on se débarassera.
Le métier d'enseignant, tel que je l'ai vécu, tel que je l'aime, celui pour lequel je suis entré dans ce sacerdoce, ce métier est en voie d'extinction.
Je sais bien que ces propos peuvent paraître exagérés. On ne croit jamais au pire. On se dit toujours que ça n'est pas possible. Et on oublie que les objectifs économiques ont une force incommensurable et que l'humain n'est rien, absolument rien, juste une marchandise destinée à acheter d'autres marchandises.
Je hais ce monde proportionnellement à l'amour que je porte aux enfants. C'est dire la force de la violence contenue que je porte.
Je me demande souvent ce qui fait se taire les parents devant ce massacre. Je sais bien que la peur de l'avenir les paralyse, que l'amour qu'ils ont pour leurs enfants leur fait craindre le pire, qu'ils espèrent tous une issue plus favorable que la leur, une situation moins lourde ou un parcours aussi délectable. On a toujours peur quand on aime. Les politiciens le savent et en jouent jusqu'à l'extrême. La peur étouffe toutes les révoltes, toutes les interrogations trop fortes, on se tait non pas pour soi mais pour ceux qu'on aime.
Le monde changera lorsque la peur ne contiendra plus les révoltes.
345 visiteurs, 2700 pages lues.
A quelque chose près. Dans la journée d'hier.
Et 1 commentaire...Je m'interroge tout de même sur cet intérêt et la quasi absence de réactions de la part de tous ces visiteurs...Si quelqu'un pouvait me donner une explication...
Mais bonne lecture tout de même :))
Développement personnel à l'école.
Une conférence pédagogique ce matin. Sujet : la rédaction au cycle 3.
Quelques techniques et jeux intéressants, c'est déjà pas mal.
Mais aucune réflexion sur le fond du travail. Pourquoi demander à des enfants d'écrire ? Quel est l'objectif et quels sont les moyens à mettre en place ?
Personnellement, je ne vois la grammaire, la conjugaison, le vocabulaire, l'orthographe aucunement comme des finalités. Ils ne sont que des outils. On peut comparer le fonctionnement d'une partie des enseignants à des techniciens du vélo qui viendraient présenter les pièces et le fonctionnement de l'engin mais sans aucune intention d'apprendre aux enfants à faire du vélo. On s'en tient donc à la technique mais pas à son usage, c'est à dire à l'expérience rendue possible par l'existence de ce vélo. Les voyages, les balades, les découvertes de paysages, le goût de l'effort, l'exploration de son potentiel physique, de sa résistance, l'effacement des pensées dans la mécanique hypnotique des jambes, le saisissement de l'énergie intime, cette force incommensurable qui vibre en chacun, le bonheur immense d'aller plus loin, encore plus loin, de viser les horizons inconnus. Le vélo n'est pas qu'un engin de transport, il est surtout la possibilité d'un voyage intérieur.
Il en est de même avec l'écriture. A mon sens, elle doit prioritairement se tourner vers le développement personnel, un engin de transport vers les horizons intérieurs, la connaissance de soi, l'exploration des pensées, des ressentis, des émotions, des sentiments, de la conscience ineffable de la vie dans ce qu'elle a de plus merveilleux. L'écriture n'est pas un exercice technique mais une activité existentielle. Bien sûr qu'on peut jouer avec les mots, bien entendu qu'on peut se réjouir de leur magie, qu'on doit montrer aux enfants l'espace illimité qu'ils proposent. Mais ça ne doit pas être une finalité. Ni encore moins être évalué de façon technique. On en reste sinon qu'aux balbutiements. La maîtrise de la langue n'est pas le but, elle n'est qu'un moyen. Et si l'objectif n'est pas clairement explicité aux enfants, on court inévitablement le risque de perdre en cours de route ceux qui n'auront pas l'abnégation gratuite de se soumettre à ces exercices techniques et à ces évaluations réductrices.
Alors que faut-il viser ? A quel objectif cette maîtrise de la langue doit-elle être assujettie ?
Le développement personnel, la connaissance de soi, des autres, du monde, de la vie, de l'esprit, une certaine flamboyance qui dépasse l'individu pour le projeter hors de son moi, hors de ses contingences ou des conditions d'existence, hors des formatages et des bassesses de l'ego qui se meut aveuglément comme une larve ayant oublié le projet de la chrysalide. Il s'agit d'amener l'enfant vers la métamorphose. Ne surtout pas le gaver de choses mortes affublées de valeurs sociales, des notes, des évaluations, des diplômes, des plans de carrière...Non, pas l'écriture, on ne peut pas la rabaisser à ça, c'est épouvantable. Elle doit rester associée au bien naître, afin d'être.
Tout enseignant digne de ce nom devrait être engagé dans cette démarche. C'est la valeur humaine qui devrait servir de critère de sélection, le reste n'est qu'un bagage technique transportant des choses mortes. Ils existent ces enseignants mais ils subissent une pression énorme: hiérarchique, sociale, économique.
"Il faut faire de nos enfants de bons citoyens" mais la citoyenneté actuelle n'a plus rien à voir avec celle des Grecs antiques. Elle n'est que le reflet de cet embrigadement planifié afin que les citoyens servent non pas la Cité mais ceux qui la dirigent et s'y enrichissent. La plèbe ne doit pas être éveillée, l'école ne doit pas servir l'émancipation des individus, elle doit être au service d'un projet qui n'est pas celui du développement personnel. L'économie et l'intégration au flot des consommateurs est une priorité nationale.
L'école est une arme de destruction massive quand elle adhère, valide et applique ces critères de sélection.
C'est un génocide spirituel qu'elle soutient.
Si l'écriture n'existe dans l'école que comme critère d'évaluation et n'est pas nourrie par un projet existentiel, elle est détournée et les enseignants qui y collaborent sont des destructeurs d'âmes. Il ne s'agit aucunement de promouvoir un rejet de la société mais juste la capacité en chacun d'observer à quelle place il se trouve, quels sont les rôles qu'il est amené à tenir sans pour autant que l'être réel ne disparaisse. S'intégrer socialement ne signifie pas être désintégré intérieurement. C'est absolument indispensable de préserver l'intégrité de l'individu. L'écriture peut concourir à promouvoir cette connaissance de soi, cette lucidité, cette vigilance.
La maîtrise de la langue devient par conséquent une arme de construction massive : celle d'une humanité.
Anniversaire.
Création de ce blog, le 22 novembre 2009.
Un an aujourd'hui.
Un parcours important pour moi parce qu'il m'a vu affiner ce que je vis dans une démarche auto-réflexive que j'ai cherché à ne pas perdre sous les mots. Difficile équilibre à trouver dans cette mise en forme et la complète acceptation des phénomènes intérieurs. Comme j'aime les mots et leur usage, je me suis astreint à ne pas me laisser emporter par la "loggorhée" dont me parlait mon prof de français au lycée :) Un homme que j'ai profondément aimé et respecté.
Cela explique aussi mes périodes de retrait et de silence. Vaut mieux ne rien dire que de le dire mal ou dire ce qui n'existe pas. Il n'est pas question ici pour moi de remplissage et j'espère que je n'ai jamais donné cette impression de fausseté intellectualisée.
Je ne sais trop d'ailleurs quel est l'accueil réservé à toutes ces réflexions étant donné que les 13 000 visiteurs et les 30 000 pages lues ne laissent finalement que peu de commentaires. Je ne cherche pas d'explications à cette discrétion. J'imagine simplement qu'il est peut-être délicat pour la plupart de se dévoiler en témoignant d'une émotion à ces diverses lectures. Le plus important est à mes yeux ce que ça peut éventuellement générer en chacun et chacune. Une façon de communiquer en quelque sorte. J'ai supprimé mon premier blog par absence de commentaires en me disant que ça ne servait à rien. Et puis, ici, cette fois, j'ai trouvé une autre voie : c'est à moi avant tout que j'écris. Une façon d'éclairer ce que je porte. La formulation écrite nécessite une exploration profonde. C'est ce voyage qui m'importe. Ensuite, si quelqu'un y trouve un écho personnel, ça ne me regarde pas finalement. Je continue pour moi en pensant parfois à ceux et celles qui viennent y chercher un certain "partage".
Alors merci à vous pour votre présence.
Laura Mare éditions.
Un service que je demande aux lecteurs de ce blog. C'est de voter sur la page jointe pour mon éditrice Laura Mare pour un concours qui peut se révéler TRES important pour cette maison d'édition.
http://concours.mompreneurs.fr/index.php/vote/detail/38
Vous avez le droit de voter une fois par jour pour Laura. Jusqu'à aujourd'hui Laura était en tête mais une "concurrente" s'est vue attribuer 300 votes d'un coup...Etrange mais problématique puisque Laura n'est plus en tête. Je m'efforce de trouver des soutiens pour Laura, elle en a besoin pour ce qui pourrait être une publicité sans égale pour sa maison. Laura le vaut largement pour son engagement et l'énergie qu'elle dépense pour ses auteurs.
Merci à vous.
De l'école.
Un excellent blog.
http://www.everyoneweb.fr/gdevecchi/
Gérard De Vecchi.
De remarquables réflexions, unr profonde connaissance du milieu enseignant.
EXTRAIT
« Evaluer »… un mot à la mode ! Une orientation actuelle de la pédagogie tend à donner à l’évaluation une place prépondérante : « il faut tout évaluer » (dans le sens contrôler). D’ailleurs, de plus en plus, les élèves ne travaillent plus pour apprendre… mais pour avoir des notes qui leur permettent de ne pas être trop remis en cause par leurs professeurs et leurs parents. L’évaluation est devenue un "but en soi" alors qu’elle ne devrait être qu’un moyen ! Et pour nos dirigeants, la culture de l’évaluation constitue une véritable religion : on doit évaluer pour comparer, pour récompenser ou sanctionner, pour mettre en compétition les élèves, les enseignants et les établissements scolaires… Peu importe ce qui est important pour les futurs adultes, il faut que la France fasse meilleure figure dans les tests comparatifs internationaux… pour montrer que les réformes entreprises étaient les bonnes (!!!) Et les types de connaissances enseignées, pour se construire en tant que personne ou pour avoir de meilleures notes à une somme d’exercices, sont très différents ! Répondre à des tests demande l’appropriation de "trucs", de recettes à savoir souvent "par cœur", sans forcément en comprendre le sens. Apprendre pour soi sert à connaître le monde environnant et permet d’agir sur lui. C’est bien différent ! Pour faire simple, on peut dire qu’évaluer constitue une activité essentielle… pour apprendre. Mais cela ne se résume pas en un certain nombre d’interrogations, écrites ou orales, de devoirs notés et autres bacs ou brevets blancs… Evaluer est un travail de tous les instants. Un enseignant digne de ce nom (pas celui qui récite son cours assis à son bureau, en se gargarisant de belles formules et en faisant des effets de manche !) analyse continuellement la progression de son travail, à travers les réactions de ses élèves qu’il observe sans cesse (donc qu’il "évalue" !). Cela lui permet d’affiner son parcours, de revenir sur un point qui n’a pas suffisamment été intégré, de remédier par un autre chemin à un obstacle non encore renversé par tous… Voilà ce qu’est une "évaluation" véritablement efficace (dite évaluation formative), qu’il ne faut pas confondre avec les "contrôles" sommatifs en fin de parcours… qui le plus souvent ne font que constater sans rectifier réellement ! L’évaluation ne doit donc pas rechercher la faute mais l’erreur… sans oublier tout ce qui est réussi : une erreur est un constat qui signale un obstacle une faute est un jugement négatif sur l’erreur. Pourquoi certains élèves en difficulté réussissent particulièrement bien à apprendre sur ordinateur : parce que celui-ci signale les erreurs (sans jugement), permet de les rectifier… et ne sanctionne pas les échecs ! Il est fondamental d’évaluer sans dévaluer, si on ne veut pas détruire la confiance qu’un enfant peut avoir en lui-même, confiance qui est le moteur principal des apprentissages !
Les enseignants et les notes
Une pétition à signer.
http://suppressiondesnoteselementaire.org/
Je ne pense pas du tout que cette "accoutumance aux notes dans le système scolaire soit du fait des parents d'élèves.
Tous les ans, je fais une réunion de classe avec mes parents d'élèves et ils sont tout à fait à l'écoute quant à un autre système "d'évaluations". Ils savent ce que représente la douleur d'un enfant face à une notation bien souvent arbitraire.
Il faut comprendre ce que ce système représente dans la tête des enseignants. Il s'agit avant tout d'un pouvoir, d'un rapport de force, d'un jugement. Il ne s'agit pas de donner des "repères" comme le dit Luc Chatel, lui qui ne cherche qu'à maintenir un système qui lui permet d'avoir des statistiques, des graphiques, des barêmes, des pourcentages et par là même un moyen de pression sur les enseignants. On manipule plus facilement une coorporation qui se retrouve elle-même en échec, face à l'échec de leurs élèves...Le serpent qui se mord la queue. L'humain n'a jamais été la priorité des ministres de l'éducation nationale et ne le sera jamais. La plupart des enseignants adhèrent à ce système parce qu'ils y trouvent la justification à leur entêtement à imposer des notes. Ce qui est effrayant, c'est qu'ils ne voient pas dès lors qu'ils scient eux-mêmes la branche sur laquelle ils végètent en piaillant contre les élèves alors que c'est la hiérarchie qui les condamne au prolongement sans fin des conflits avec les enfants et les parents. Il faut croire que la caste enseignante n'arrive pas à faire appel à la lucidité qu'ils réclament chez leurs élèves.
La notation des élèves n'est que le reflet de l'incapacité de la plupart des enseignants à entrer dans un rapport humain, existentiel, philosophique, culturel, de développement personnel...J'imagine très bien la tête d'un enseignant lisant cela. "Mais qu'est-ce qu'il croit celui-là ? C'est totalement irréaliste comme projet. On ne peut rien leur faire comprendre, il n'y a que les notes et le redoublement qui peut les motiver...etc...etc..."
Evidemment, puisqu'eux-mêmes subissent le même fonctionnement féodal avec le suzerain inspecteur qui surveille l'obéissance de ses vassaux du haut de sa toute puissance hiérarchique. Alors, ils reproduisent la même pression, jusqu'au traumatisme ou la révolte. Parce que dans la jeunesse, il reste encore et heureusement un instinct de survie qui peut conduire au rejet. Et les enseignants concernés diront qu'il s'agit d'une crise identitaire, de l'adolescence...Vaste connerie qui m'énerve au plus haut point. L'adolescence est le reflet du monde adulte. Qu'il soit agressif et il ne pourra s'attendre qu'à de l'agressivité.
Quand je vois que le système par évaluations chiffrées rentre désormais à l'école maternelle, je me dis qu'on va droit la tête dans le mur. Et qu'on continuera à guillotiner allégremment la joie des enfants à être élève.
Le "Grand" Bernard Henri Lévy disait hier du haut de sa prétention et de ses certitudes sur une radio nationale que la philosophie à l'école est une utopie. On est dans le même sytème de pensées. il faut préserver les hiérarchies, pas question de mettre les individus sur un pied d'égalité, il doit y avoir des maîtres et des enseignés, et les enseignés ne peuvent espérer atteindre le niveau d'intelligence des maîtres, ni s'attendre à une relation humaine réellement formatrice, jusqu'à ce que le maître devienne l'enseigné en apprenant à comprendre chaque individu auquel il a affaire...
Les conditionnements sont les piliers des castes. Et mêmes certains intellectuels considérés comme des grands penseurs ne sont que des princes infatués apeurés par la plèbe puante et ignare qui voudrait accéder à la liberté de pensée. Quelle ignominie, quel irrespect !! Qu'on les enferme dans des écoles dogmatiques tous ces rebelles, ça les dressera. J'appelle ça des "nobles penseurs", mais dans le sens de la Noblesse monarchique. BHL en est un exemple parfait. L'intellectuel dans toute son horreur.
Les notes, les bilans scolaires, les évaluations nationales sont des étiquettes qu'il faut coller au front des individus. D'ailleurs, ceux-ci n'en sont pas encore pour la plupart des enseignants, ce ne sont que des esquisses qu'il s'agit de formater...Si on pouvait entrer dans la tête de ces enseignants là, les livres de Stephen King seraient des histoires dignes de Walt Disney. Alors, il est inutile d'aller leur parler de philosophie, de développement personnel, de regard sur soi, de conscience de soi, de conscience de l'autre, de conscience de la vie. C'est déjà assez compliqué pour eux d'enseigner le COD, l'attribut du sujet ou l'Union européenne...Ce sont des sujets si essentiels...
Je les hais. Une haine totale. Je n'espère même pas les voir évoluer un jour. Steiner disait "qu'il ne faut pas essayer de changer la vieille école; il faut attendre qu'elle meure."
Personnellement, je voudrais la tuer de mes mains.