Là-Haut

Articles de la-haut

L'espoir, le désespoir.

Par Le 29/11/2010

"Quand tu auras désappris à espérer, je t'apprendrai à vouloir."

Sénèque.

 

Cette phrase m'est revenue à l'esprit la nuit dernière. J'avais fait un exposé sur la passion quand j'étais au lycée, en terminale philo et l'espoir est une notion fréquemment rencontrée dans ce domaine. Il s'agissait bien entendu pour ma part d'une réflexion sur les alpinistes et cette force qui les pousse vers les plus hauts sommets.

Walter Bonatti, dans son livre "A mes montagnes", parlait de l'espoir et disait qu'il était un ennemi redoutable qui le privait de sa lucidité, de l'exploitation de son potentiel physique parce que cet espoir le projetait dans une illusion qui ne le nourrissait que de pensées et non d'actes. Il escaladait un pilier par une nouvelle voie dans Les Drus, en solo...Il revenait d'une expédition sur le K2, une expérience destructrice d'un point de vue humain, une trahison qui avait failli lui coûter la vie. Chaque jour, sur ce pilier, engagé dans une ascension extrêmement périlleuse, il avait abandonné toute forme d'espoir et avait découvert alors que ses forces morales et physiques redoublaient, que rien ne l'arrêtait parce qu'il n'avait aucune autre intention que le franchissement du passage dans lequel il se trouvait. Rien d'autre, l'exploitation pleine et entière de sa volonté, libérée de tout espoir. Cette énergie intime se retrouvait dès lors totalement accessible, sans aucune interférence.   

Il avait désappris l'espoir et avait découvert la puissance de la volonté.

"Un état de grâce."

http://www.dailymotion.com/video/x7e664_walter-bonatti-au-pilier-des-drus-c_sport

On peut s'interroger également sur la finalité de l'espoir chez les individus qui s'en servent. Ou se soumettent à lui. Puisque l'espoir est à l'antipode de la volonté et non pas à son service, comme les conditonnements nous l'assènent continuellement, il est raisonnable de conclure que cet espoir est une certaine forme de résignation, un abandon dans l'illusion, le refus de la réalité et le refuge auprès du "doudou" du petit enfant.

Il n'y a aucune action dans l'espoir et même si celui-ci génère finalement un acte quelconque, celui-ci sera perturbé par la pensée inhérente à cet espoir. Un filtre qui retient les énergies disponibles, un canal de dérivation. Celui qui affirme "vivre d'espoir" court le risque de ne pas vivre sitôt que l'espoir s'affaiblit.

Sa situation en devient dès lors désespérée alors qu'il cherchait dans l'espoir un renfort aux conditions d'existence. Espoir-désespoir, sont les deux plateaux d'une même balance.

"Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir."

Même cette expression courue contient une contradiction phénoménale. Dans la vie, il doit y avoir une volonté.

L'espoir, quant à lui, n'est pas adossé à la vie, il est projeté en dehors de la vie, dans un temps à venir qui n'a aucune existence, un futur qui n'est qu'une extrapolation cérébrale, notre malheureuse capacité à nous extraire de l'instant présent, ce cadeau empoisonné, ce don divinatoire que nous ne maîtrisons pas, qui nous illusionne quand nous voudrions qu'il soit la réalité à venir.     

Tant qu'il y a de la vie, il y a une volonté. Celle de la vie qui est toujours là. S'abandonner à l'espoir revient à nier la vie, à lui jeter à la figure notre mécontentement, notre colère, notre dégoût, notre rejet.

L'espoir signifie, "je vais aller voir plus loin, ça ira mieux là-bas" mais la vie, elle, est toujours là et rien de cet espoir ne la guérit de ses rudesses. La volonté peut y parvenir quand il s'agit d'une action à mener et qui est à notre mesure.

"Ils ne savaient pas que c'était impossible, c'est pour ça qu'ils l'ont fait."

Mark Twain.

Même là, il ne s'agissait pas d'espoir. Mais d'une lutte constante. Dans l'instant réel de la vie immédiate. Peut-être même qu'en étant dans l'ignorance, il a été impossible de concevoir un espoir, par manque de repères, aucune donnée, il ne restait que le saisissement de l'instant, l'action elle-même.  

Le désespoir n'est que le prolongement destructeur d'un esprit qui ne vit pas mais qui a le projet de vivre. Le contre-coup de l'égarement prolongé dans les miasmes hallucinogènes de l'espoir. Il est aisé d'imaginer à quel point tous ceux qui, aujourd'hui, espèrent une amélioration de la situation plantétaire, dans la dimension écologique, tomberont dans des affres redoutables le jour où le désespoir les frappera. Car il n'est rien à attendre de bon dans ce domaine. Nous allons inévitablement vers des temps très rudes. Inutile d'espérer y échapper.

Espérer une solution politique est juste risible tout autant que nos actes individuels n'y changeront rien. Nous sommes entrés dans des lois physiques qui n'ont que faire de nos agitations humaines. On peut juste dire que si les premières alertes lancées dans les années 1970 avaient été écoutées et si des décisions radicales avaient été prises, ces lois physiques n'en seraient pas là. L'image, peut-être la plus parlante, est celle qui concerne l'inertie d'un pétrolier lancé à pleine vitesse. Même si le commandant donne l'ordre d'inverser le sens de l'hélice en demandant une marche-arrière de toute urgence, le navire continuera à avancer encore un certain temps.

Les lois physiques sont lancées à pleine vitesse dans une direction néfaste et nos agitations, aussi radicales soient-elles (ce qui n'arrivera pas d'ailleurs, pas volontairement en tout cas), n'auraient d'effets que dans un temps lointain, très lointain. Nous avons mis beaucoup trop longtemps à réagir. Si tant est qu'on puisse considérer que les mesurettes prises soient de vraies réactions... Lol, comme disent les d'jeuns.

Il ne nous reste qu'à agir, individuellement, pour notre propre dignité.

Je garde à l'esprit une question qui me paraît essentielle : Que pense la vie de mes actes ? Et je m'ajuste au moins pire car je sais que mon existence aura de toute façon un impact. 

L'espoir.

Par Le 28/11/2010

Un mot si exploité, tant de gens qui s'y perdent.

Je sais quel est le danger. Lorsque j'étais cloué au lit, j'espérais que ça allait s'arrêter, que ça allait finir par me lâcher, que j'allais m'en sortir, je vivais dans cette projection incessante d'un avenir meilleur, un espoir aussi puissant que la douleur qui me dévorait.

Ça ne servait à rien.

C'était un piège étant donné que ces pensées se tournaient vers une illusion temporelle et me coupait de la réalité. Bien sûr que cette réalité était une véritable torture mais en quoi cette fuite en avant pouvait-elle m'aider ? C'était absurde tout comme est absurde l'espoir lui-même.

Dans mon cas, l'espoir occupait une place immense, occasionnait une dépense d'énergie constante. Rien n'en survenait étant donné qu'il ne s'agissait que de pensées infantiles. C'est comme attendre l'arrivée du Père Noël ou un miracle ou même l'intervention d'une puissance divine.

Ce temps écoulé ne reviendrait plus, il avait tout bonnement été gaspillé.

L'espoir est un gaspillage monumental de temps et d'énergie. Si encore il permettait d'y trouver un certain apaisement mais c'est loin d'être le cas.

Imaginons que cet espoir fasse monter l'individu sur une pente, plus l'espoir est intense, plus la pente s'allonge, c'est un sommet inaccessible étant donné qu'il est fabriqué par la pensée. C'est Sisyphe qui pousse son rocher et qui espère atteindre le sommet perdu dans ses pensées. Il viendra immanquablement un moment où les pensées s'épuiseront, c'est un phénomène naturel, d'autres priorités prendront la place, l'espoir s'essoufflera et Sisyphe lâchera son effort sur le rocher. La masse libérée l'entraînera dans une chute proportionnelle à l'altitude que l'espoir lui aura fait atteindre...Il vaut bien mieux dès lors lâcher pied le plus rapidement possible. Il ne faut surtout pas s'entêter par orgueil dans son espoir. C'est encore une fois un problème éducatif, un formatage, un conditionnement de société : famille, école, travail, couple, enfants, les situations s'enchaînent et nous projettent dans la tentation de l'espoir.

"J'espère qu'il fera beau demain."

Un phénomène sur lequel nous n’avons strictement aucune influence.

"J'espère qu’il viendra au rendez-vous."

Ce qui importe dans la réalité, c’est que moi j’y sois étant donné que c’est une réalité qui me concerne, sur laquelle j’ai une réelle emprise.

"J'espère que j'aurai une bonne note."

Ce qui importe, c’est d’avoir fait ce qu’il fallait pour l’obtenir. Le reste dépend de la subjectivité du correcteur…

"J'espère que j'aurai une prime."

Même chose sauf que c’est un patron…

"J'espère que j'aurai les numéros gagnants du loto." Totalement absurde.

« J’espère que mes efforts seront récompensés. »

Dans ce cas là, on peut au moins reconnaître qu’il y a eu un travail, une emprise sur le réel. Mais le danger vient du fait que cette projection liée à l’espoir est encore une fois une dépense d’énergie inutile, une déviation des pensées qui ne seront pas au service du travail mais perdues dans l’irréalité. On en revient donc bien toujours à cette notion de gaspillage. L’essentiel, dans un projet, n’est pas l’espoir mais le saisissement complet de l’énergie et de l’instant. Il s’agit de rester conscient, lucide, vigilant, opiniâtre, déterminé. L’espoir n’a rien à faire là. C’est comme une aimantation qui a pour effet d’extraire de l’individu l’énergie dont il dispose, un champ magnétique qui pertube les forces disponibles. Il faut imaginer des paillettes d'énergie qui sont volées par l'espoir, qui vont se coller contre cet aimant puissant qui les attire.

Lorsque j’espérais retrouver mon intégrité physique, je me perdais dans un espace chaotique, les pensées fébriles de celui qui souffre et voudrait qu’une bonne fée passe par là et d’un coup de baguette magique règle le problème. Toutes ces pensées sont des ferments de la douleur étant donné qu’elles n’aboutissent à rien de positif et finissent par s’effacer d’un coup, accentuant encore les effets destructeurs de la souffrance. C’est comme un paravent derrière lequel s’entasseraient des marées de douleurs. Il y aura forcément une déchirure à un moment et le flot libéré emportera tout sur son passage. Ça n’est pas la douleur qui est responsable de cet effet paroxystique mais bien l’espoir qui a fabriqué artificiellement ce condensé de violence.

Dans le phénomène des pensées, l’espoir est un traître infatigable et à l'imagination débordante. Il suffit qu’une fois dans l’existence de l’individu, un projet aboutisse et qu’il ait été accompagné durant sa réalisation par un espoir flamboyant pour que le conditionnement s’installe. La lucidité a été balayée par cette « réussite » et l’individu s’imagine que cette euphorie durable qui l’a nourri au fil de ses pensées est une nécessité à reproduire systématiquement.

Si par contre, le projet n’aboutit pas, l’individu refusera d’étudier en profondeur le mécanisme des pensées et mettra cette issue défavorable sur le compte de la malchance. La déception renforcée par l’illusion détruite sera bien plus puissante mais le refus de l’analyse entretiendra le dispositif. La prochaine fois, l’espoir redeviendra l’étendard dressé. 

Lorsqu’un enfant s’entend dire qu’il est assez grand pour laisser son « doudou » et qu’il voit ses parents nourrir l’espoir qu’il soit un bon élève, qu’il apprenne un métier, qu’il s’installe dans la vie sociale, qu’il fasse un beau mariage, qu’il réussisse sa carrière, il pourrait demander à ses parents de laisser tomber leur propre « doudou » mais il entre au contraire dans ce fonctionnement pervers…Il se construit sur l’espoir transmis par ses tuteurs….Vaste supercherie. Le conditionnement est installé. C’est une pression dont il se retrouve encombré, alourdi, une mission à tenir. La déception éventuelle des parents sera à la mesure de leur espoir et la rupture viendra dès lors d’une incapacité à rester dans le réel. Tout le monde en souffrira. Comme une trahison alors que rien dans la réalité n’imposait cela. C’est le phénomène insoumis des pensées qui est le seul responsable. Si pour l’aîné, l’issue correspond aux espoirs infantiles des parents, c’est le deuxième enfant qui aura à subir une pression supplémentaire.

« Regarde ton frère comme il a réussi ! Il a comblé tous nos espoirs ! Tu pourrais en faire autant tout de même… »

L’espoir qui devient une arme de destruction massive. La masse spirituelle de l’individu brisé.

Lorsque j’étais cloué dans mon lit, j’ai toujours gardé espoir. Et j’ai entretenu jusqu’au bout l’illusion d’une issue favorable. Ces pensées m’ont maintenu enfermé dans un cloaque carcéral, des sables mouvants qui m’étouffaient. Aucune analyse réelle, aucune conscience de ce qui m’avait conduit là, c’était juste une malchance effroyable et ça ne pouvait pas durer. La médecine allait me sauver, il y avait forcément quelqu’un d’extérieur à mon histoire qui pouvait comprendre…Effroyable présence du « doudou » qu’on refuse de lâcher tout au long de notre vie. Pour certains, ce « doudou » s’appelle Dieu et il est serré férocement et reçoit en alternance les prières ou les reproches.

Combien de couples qui se déchirent dès lors que l’un des partenaires ne parvient plus à nourrir le « doudou » de l’espoir…

Il a fallu que je sombre totalement dans la douleur physique, dans le délabrement moral pour que le mécanisme vole en éclat. Il a fallu que le goût de la mort devienne l’ultime espoir pour que je prenne conscience du mécanisme. 

L’énergie vitale n’a pas besoin d’espoir. Pour elle, c’est un poison. C’est comme si l’individu vénérait une illusion alors que la vie est là.  On peut même imaginer que la vie en soit déçue, effroyablement déçue. Au point de se retirer puisque l’illusion a plus d’importance que la vie elle-même. Pourquoi rester là ? Il y a sûrement mieux à faire ailleurs…

L’étape la plus difficile, la plus délicate, le travail de sape le plus redoutable à effectuer est de cesser de penser. Il s’agit de vibrer intérieurement alors que la pensée est une projection extérieure. Nous avons appris à penser jusqu’à finir par nous « dé-penser. » Nous sommes sortis de nous-mêmes en nous projetant dans un flot d’abstractions et nos pensées sont devenues des dépenses énergétiques, des dispersions multipliées à l’infini.

Je dois aussi à l’effort long en montagne ou à vélo d’avoir découvert cet espace « dé-pensé », cette plénitude de la vie étreinte dans le creuset de l’énergie originelle. Lorsqu’il n’y a rien d‘autre que le saisissement du silence intérieur, le ronflement infime de l’univers qui s’étend.

Je mourrai totalement désespéré et je remercie la vie de ce cadeau inestimable.  

Pour le "fun" :)

Par Le 27/11/2010

DU VTT, pour commencer.

 

http://vimeo.com/15528810

 

DU SKI pour continuer.

 

http://vimeo.com/15528810

 

C'est ça la magie de la montagne, on ne s'arrête jamais :))

Une découverte qui me réjouit.

Par Le 26/11/2010

Un blog passionnant.

 

http://www.everyoneweb.fr/gdevecchi/

 

Je viens de découvrir d'ailleurs qu'il existe un projet de philosophie au lycée dès la seconde...Je vais enfin pouvoir dire quelque chose de positif...Sauf qu'il risque de se passer un sacré bout de temps, si ça se concrétise, pour que ça passe au collège puis à la primaire puis à la maternelle...Je serai sûrement déjà mort. C'est dommage.

Un permis pour passer au collège...

Par Le 26/11/2010

Je suis désolé d'utiliser encore une fois le site du Figaro mais il semblerait qu'il n'y ait que lui qui s'intéresse aux projets du gouvernement sur l'enseignement...

 

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2010/10/25/01016-20101025ARTFIG00680-cope-je-propose-un-examen-en-fin-de-cm2.php

 

Le président du groupe UMP à l'Assemblée voudrait instaurer un examen

d'entrée en sixième. 

Il présente les propositions de son club Génération France sur l'école primaire. Le député avait lancé l'an ­dernier une réflexion sur le collège, proposant notamment des collèges dédiés aux niveaux sixième et cinquième, et d'autres aux niveaux quatrième et troisième. Ce mardi soir, Jean-François Copé décryptera, en présence de Luc Chatel et d'autres invités, les propositions de son club pour l'école primaire. 

LE FIGARO. -Pourquoi vous intéresser à l'école primaire?

Jean-François COPÉ. -Génération France est une entité qui a vocation à creuser les sujets plutôt qu'à organiser un grand rendez-vous sans lendemain. Nous avions ouvert notre réflexion sur le collège, car il me semblait alors qu'il était réellement le «maillon faible» du système scolaire. Il était donc logique que nous poursuivions notre démarche en traitant ce qui se passe en amont, à l'école primaire. Et nous nous tournerons ensuite vers la question de l'enseignement professionnel et de l'apprentissage. Le plus important est d'analyser en profondeur chaque point, et d'arriver sans idée préconçue.

La réforme Darcos sur le primaire a donc besoin d'être amendée?

Cette réforme recentre les programmes de l'école primaire sur les savoirs fondamentaux. Le fait qu'ils soient en partie fondés sur des exercices répétitifs et le par cœur ne me choque pas, surtout si on y ajoute un suivi personnalisé pour les élèves en difficulté. Au-delà de la définition des programmes, il y a plusieurs axes d'amélioration possibles. Dans la suite logique de nos travaux sur le collège, nous voulons agir essentiellement sur trois leviers primordiaux : l'organisation des établissements, l'impact personnel de l'enseignant et les méthodes d'apprentissage.

Dans quel sens doit aller une refondation de l'école primaire?

Apprendre à lire, écrire, compter: c'est la mission prioritaire de l'école. L'objectif est de ne pas envoyer au collège un seul enfant qui ne maîtrise pas les fondamentaux. Or, actuellement, 40% des écoliers ont de graves lacunes à l'entrée en sixième. C'est pourquoi je propose un examen en fin de CM2 qui évaluerait les connaissances des enfants. Ni un baccalauréat ni un certificat d'études, il est absurde de comparer avec une époque où la majorité des enfants sortait du système en fin de primaire. Il s'agirait d'une «validation des savoirs fondamentaux». Le but n'est pas d'exclure qui que ce soit mais que 100% des enfants réussissent cet examen. Son existence même engendrerait une réorganisation de l'ensemble du primaire pour parvenir à cet objectif.

On va vous accuser de favoriser le «bachotage»…

Il est établi par tous les spécialistes que si les fondamentaux ne sont pas acquis à l'entrée en sixième, l'enfant est condamné à l'échec scolaire. Voilà la seule considération qui importe.

Vous êtes donc contre la proposition du récent rapport du Haut Conseil de l'éducation d'une école commune du CP à la troisième?

Oui, quand on considère les transformations que connaît un enfant dans son évolution à ces âges-là, marquer une différence vers 11 ans paraît légitime.

En quoi cet examen modifierait-il la structure de l'école primaire?

Tout doit être repensé pour parvenir à 100% de réussite. Tout d'abord, le directeur doit devenir un vrai «patron» qui recrute et évalue annuellement ses enseignants au regard du projet pédagogique défini en commun. En retour, les enseignants évaluent le chef d'établissement, qui est responsable de ses résultats. L'équipe s'organise localement, par exemple, en créant des groupes de niveau… Étant entendu qu'il appartient à l'État de définir les contenus et les diplômes.

De plus, il est indispensable de mettre à disposition des enseignants les méthodes qui ont fait leurs preuves et de faire en sorte qu'ils les utilisent. La liberté pédagogique est fondamentale, mais elle doit être encadrée par l'évaluation des résultats de l'établissement, ce qui relève des inspecteurs de l'Éducation nationale. Enfin, il faut allonger l'année scolaire. Pourquoi ne pas imaginer un système de zonage pour les grandes vacances?

Vous évoquez la structure de l'école. Les débats actuels sur les contenus et les notes vous semblent inutiles?

Pour ce qui est des notes, je pense qu'elles sont un repère bien utile pour permettre aux élèves et à leurs parents de se situer. Quant aux contenus, je suis évidemment favorable à ce que l'on enseigne des notions d'anglais et d'histoire, mais vu par le prisme des fondamentaux, lire, écrire, compter.

 

 

_______________________________________________________________________________________________________________________________________

 

Je n'ai même pas envie de commenter tellement ça me dégoûte. Ca m'embêterait de vomir sur mon clavier.

 

______________________________________________________________________________________________________________________

Le numérique pour les enfants. (école)

Par Le 26/11/2010

http://www.journaldunet.com/solutions/acteurs/le-numerique-dans-les-ecoles-1110.shtml

 

Un patron qui est content, un chouette contrat pour lui...

http://www.journaldunet.com/solutions/systemes-reseaux/eric-corrius-prosodie-et-cloud-computing.shtml

 

Voilà  donc "le progrès"...Une aubaine pour les vendeurs de type Apple ou Samsung, peut-être même le Français Archos...Mais il ne s'agit évidemment pas des enfants. Le gouvernement trouve de l'argent pour soutenir le marché du numérique mais suprime les postes d'enseignants à tour de bras, emploie des "Assistantes de vie scolaire" qui pour certaines sont davantage en détresse que les enfants dont ils ont la charge et réclament plus de gestion que les enfants eux-mêmes, élimine les uns après les autres les postes de psychologue scolaire, "maître G", "maître E", rééducateur, éducateur sportif...Donc, pour Luc Chatel la solution réside dans le tout numérique. Ceci n'est qu'une étape. L'objectif est de remplacer les enseignants eux-mêmes. Vous me direz que pour certains, ça ne serait pas plus mal...Un ordinateur n'insulte pas les enfants, ne les humilie pas, ne les juge pas, il est neutre, "déshumanisé" de la même façon que ces enseignants mais sans les travers que ça génère. De ce côté là, on peut juger effectivement qu'il s'agit d'un progrès.

On pourrait par contre engager une réflexion profonde sur le rapport humain, sur le projet existentiel lié à l'enseignement, un travail sur les valeurs humaines et non technlogiques, économiques, citoyennes (c'est à dire conditionné)...Faire entrer dans l'école des formateurs philosophiques, relationnels, pédagogues, psychologues, des gens capables d'oeuvrer au développement de l'individu et non à son formatage, des professionnels associés à des démarches existentielles comme Steiner, Montessori, Freinet, Salomé, et tous les chercheurs dont le travail est fondé sur l'individu et non le citoyen. Dès lors que l'enseignement inculque l'idée qu'il n'y a qu'une seule voie, que le cadre scolaire est obligatoire et qu'il est le seul pourvoyeur de progrès, qu'il est la seule référence, que l'obtention de diplômes est le sésame absolu qu'il faut décrocher, que le statut de salarié est la voie royale, que l'individu doit s'effacer devant ces paramètres, que la compétition est une motivation naturelle, que l'écrasement et la hiérarchie contiennent des valeurs humaines honorables, tant que tout cela sera le fondement de l'enseignement, on continuera à voir fleurir les idées ubuesques similaires à celle de Luc Chatel. Un désastre.

 

Demain, les enfants se retrouveront impliqués dans une "relation" informatique. Fi des échanges humains. On demandera aux enseignants d'être des techniciens du numérique. On pourra même les remplacer par des informaticiens performants alors que les enseignants sont réticnetspour certains à avancer dans cette voie. Quelques résistants dont on se débarassera. 

 

Le métier d'enseignant, tel que je l'ai vécu, tel que je l'aime, celui pour lequel je suis entré dans ce sacerdoce, ce métier est en voie d'extinction.

Je sais bien que ces propos peuvent paraître exagérés. On ne croit jamais au pire. On se dit toujours que ça n'est pas possible. Et on oublie que les objectifs économiques ont une force incommensurable et que l'humain n'est rien, absolument rien, juste une marchandise destinée à acheter d'autres marchandises.

 

Je hais ce monde proportionnellement à l'amour que je porte aux enfants. C'est dire la force de la violence contenue que je porte.

 

Je me demande souvent ce qui fait se taire les parents devant ce massacre. Je sais bien que la peur de l'avenir les paralyse, que l'amour qu'ils ont pour leurs enfants leur fait craindre le pire, qu'ils espèrent tous une issue plus favorable que la leur, une situation moins lourde ou un parcours aussi délectable. On a toujours peur quand on aime. Les politiciens le savent et en jouent jusqu'à l'extrême. La peur étouffe toutes les révoltes, toutes les interrogations trop fortes, on se tait non pas pour soi mais pour ceux qu'on aime.

Le monde changera lorsque la peur ne contiendra plus les révoltes.

345 visiteurs, 2700 pages lues.

Par Le 26/11/2010

A quelque chose près. Dans la journée d'hier.

Et 1 commentaire...Je m'interroge tout de même sur cet intérêt et la quasi absence de réactions de la part de tous ces visiteurs...Si quelqu'un pouvait me donner une explication...

Mais bonne lecture tout de même :))

Développement personnel à l'école.

Par Le 24/11/2010

Une conférence pédagogique ce matin. Sujet : la rédaction au cycle 3.

Quelques techniques et jeux intéressants, c'est déjà pas mal.

Mais aucune réflexion sur le fond du travail. Pourquoi demander à des enfants d'écrire ? Quel est l'objectif et quels sont les moyens à mettre en place ?

Personnellement, je ne vois la grammaire, la conjugaison, le vocabulaire, l'orthographe aucunement comme des finalités. Ils ne sont que des outils. On peut comparer le fonctionnement d'une partie des enseignants à des techniciens du vélo qui viendraient présenter les pièces et le fonctionnement de l'engin mais sans aucune intention d'apprendre aux enfants à faire du vélo. On s'en tient donc à la technique mais pas à son usage, c'est à dire à l'expérience rendue possible par l'existence de ce vélo. Les voyages, les balades, les découvertes de paysages, le goût de l'effort, l'exploration de son potentiel physique, de sa résistance, l'effacement des pensées dans la mécanique hypnotique des jambes, le saisissement de l'énergie intime, cette force incommensurable qui vibre en chacun, le bonheur immense d'aller plus loin, encore plus loin, de viser les horizons inconnus. Le vélo n'est pas qu'un engin de transport, il est surtout la possibilité d'un voyage intérieur.  

Il en est de même avec l'écriture. A mon sens, elle doit prioritairement se tourner vers le développement personnel, un engin de transport vers les horizons intérieurs, la connaissance de soi, l'exploration des pensées, des ressentis, des émotions, des sentiments, de la conscience ineffable de la vie dans ce qu'elle a de plus merveilleux. L'écriture n'est pas un exercice technique mais une activité existentielle. Bien sûr qu'on peut jouer avec les mots, bien entendu qu'on peut se réjouir de leur magie, qu'on doit montrer aux enfants l'espace illimité qu'ils proposent. Mais ça ne doit pas être une finalité. Ni encore moins être évalué de façon technique. On en reste sinon qu'aux balbutiements. La maîtrise de la langue n'est pas le but, elle n'est qu'un moyen. Et si l'objectif n'est pas clairement explicité aux enfants, on court inévitablement le risque de perdre en cours de route ceux qui n'auront pas l'abnégation gratuite de se soumettre à ces exercices techniques et à ces évaluations réductrices.

Alors que faut-il viser ? A quel objectif cette maîtrise de la langue doit-elle être assujettie ?

Le développement personnel, la connaissance de soi, des autres, du monde, de la vie, de l'esprit, une certaine flamboyance qui dépasse l'individu pour le projeter hors de son moi, hors de ses contingences ou des conditions d'existence, hors des formatages et des bassesses de l'ego qui se meut aveuglément comme une larve ayant oublié le projet de la chrysalide. Il s'agit d'amener l'enfant vers la métamorphose. Ne surtout pas le gaver de choses mortes affublées de valeurs sociales, des notes, des évaluations, des diplômes, des plans de carrière...Non, pas l'écriture, on ne peut pas la rabaisser à ça, c'est épouvantable. Elle doit rester associée au bien naître, afin d'être.

Tout enseignant digne de ce nom devrait être engagé dans cette démarche. C'est la valeur humaine qui devrait servir de critère de sélection, le reste n'est qu'un bagage technique transportant des choses mortes. Ils existent ces enseignants mais ils subissent une pression énorme: hiérarchique, sociale, économique.

"Il faut faire de nos enfants de bons citoyens" mais la citoyenneté actuelle n'a plus rien à voir avec celle des Grecs antiques. Elle n'est que le reflet de cet embrigadement planifié afin que les citoyens servent non pas la Cité mais ceux qui la dirigent et s'y enrichissent. La plèbe ne doit pas être éveillée, l'école ne doit pas servir l'émancipation des individus, elle doit être au service d'un projet qui n'est pas celui du développement personnel. L'économie et l'intégration au flot des consommateurs est une priorité nationale.

L'école est une arme de destruction massive quand elle adhère, valide et applique ces critères de sélection.

C'est un génocide spirituel qu'elle soutient.     

Si l'écriture n'existe dans l'école que comme critère d'évaluation et n'est pas nourrie par un projet existentiel, elle est détournée et les enseignants qui y collaborent sont des destructeurs d'âmes. Il ne s'agit aucunement de promouvoir un rejet de la société mais juste la capacité en chacun d'observer à quelle place il se trouve, quels sont les rôles qu'il est amené à tenir sans pour autant que l'être réel ne disparaisse. S'intégrer socialement ne signifie pas être désintégré intérieurement. C'est absolument indispensable de préserver l'intégrité de l'individu. L'écriture peut concourir à promouvoir cette connaissance de soi, cette lucidité, cette vigilance.

La maîtrise de la langue devient par conséquent une arme de construction massive : celle d'une humanité.

 

 

 

Anniversaire.

Par Le 22/11/2010

Création de ce blog, le 22 novembre 2009.

Un an aujourd'hui.

Un parcours important pour moi parce qu'il m'a vu affiner ce que je vis dans une démarche auto-réflexive que j'ai cherché à ne pas perdre sous les mots. Difficile équilibre à trouver dans cette mise en forme et la complète acceptation des phénomènes intérieurs. Comme j'aime les mots et leur usage, je me suis astreint à ne pas me laisser emporter par la "loggorhée" dont me parlait mon prof de français au lycée :) Un homme que j'ai profondément aimé et respecté.

Cela explique aussi mes périodes de retrait et de silence. Vaut mieux ne rien dire que de le dire mal ou dire ce qui n'existe pas. Il n'est pas question ici pour moi de remplissage et j'espère que je n'ai jamais donné cette impression de fausseté intellectualisée.

Je ne sais trop d'ailleurs quel est l'accueil réservé à toutes ces réflexions étant donné que les 13 000 visiteurs et les 30 000 pages lues ne laissent finalement que peu de commentaires. Je ne cherche pas d'explications à cette discrétion. J'imagine simplement qu'il est peut-être délicat pour la plupart de se dévoiler en témoignant d'une émotion à ces diverses lectures. Le plus important est à mes yeux ce que ça peut éventuellement générer en chacun et chacune. Une façon de communiquer en quelque sorte. J'ai supprimé mon premier blog par absence de commentaires en me disant que ça ne servait à rien. Et puis, ici, cette fois, j'ai trouvé une autre voie : c'est à moi avant tout que j'écris. Une façon d'éclairer ce que je porte. La formulation écrite nécessite une exploration profonde. C'est ce voyage qui m'importe. Ensuite, si quelqu'un y trouve un écho personnel, ça ne me regarde pas finalement. Je continue pour moi en pensant parfois à ceux et celles qui viennent y chercher un certain "partage".

 

Alors merci à vous pour votre présence.

Laura Mare éditions.

Par Le 22/11/2010

Un service que je demande aux lecteurs de ce blog. C'est de voter sur la page jointe pour mon éditrice Laura Mare pour un concours qui peut se révéler TRES important pour cette maison d'édition.

 

http://concours.mompreneurs.fr/index.php/vote/detail/38

 

Vous avez le droit de voter une fois par jour pour Laura. Jusqu'à aujourd'hui Laura était en tête mais une "concurrente" s'est vue attribuer 300 votes d'un coup...Etrange mais problématique puisque Laura n'est plus en tête. Je m'efforce de trouver des soutiens pour Laura, elle en a besoin pour ce qui pourrait être une publicité sans égale pour sa maison. Laura le vaut largement pour son engagement et l'énergie qu'elle dépense pour ses auteurs.

Merci à vous.

De l'école.

Par Le 20/11/2010

Un excellent blog.

http://www.everyoneweb.fr/gdevecchi/

 

Gérard De Vecchi.

De remarquables réflexions, unr profonde connaissance du milieu enseignant.

 

EXTRAIT

« Evaluer »… un mot à la mode ! Une orientation actuelle de la pédagogie tend à donner à l’évaluation une place prépondérante : « il faut tout évaluer » (dans le sens contrôler). D’ailleurs, de plus en plus, les élèves ne travaillent plus pour apprendre… mais pour avoir des notes qui leur permettent de ne pas être trop remis en cause par leurs professeurs et leurs parents. L’évaluation est devenue un "but en soi" alors qu’elle ne devrait être qu’un moyen ! Et pour nos dirigeants, la culture de l’évaluation constitue une véritable religion : on doit évaluer pour comparer, pour récompenser ou sanctionner, pour mettre en compétition les élèves, les enseignants et les établissements scolaires… Peu importe ce qui est important pour les futurs adultes, il faut que la France fasse meilleure figure dans les tests comparatifs internationaux… pour montrer que les réformes entreprises étaient les bonnes (!!!) Et les types de connaissances enseignées, pour se construire en tant que personne ou pour avoir de meilleures notes à une somme d’exercices, sont très différents ! Répondre à des tests demande l’appropriation de "trucs", de recettes à savoir souvent "par cœur", sans forcément en comprendre le sens. Apprendre pour soi sert à connaître le monde environnant et permet d’agir sur lui. C’est bien différent ! Pour faire simple, on peut dire qu’évaluer constitue une activité essentielle… pour apprendre. Mais cela ne se résume pas en un certain nombre d’interrogations, écrites ou orales, de devoirs notés et autres bacs ou brevets blancs… Evaluer est un travail de tous les instants. Un enseignant digne de ce nom (pas celui qui récite son cours assis à son bureau, en se gargarisant de belles formules et en faisant des effets de manche !) analyse continuellement la progression de son travail, à travers les réactions de ses élèves qu’il observe sans cesse (donc qu’il "évalue" !). Cela lui permet d’affiner son parcours, de revenir sur un point qui n’a pas suffisamment été intégré, de remédier par un autre chemin à un obstacle non encore renversé par tous… Voilà ce qu’est une "évaluation" véritablement efficace (dite évaluation formative), qu’il ne faut pas confondre avec les "contrôles" sommatifs en fin de parcours… qui le plus souvent ne font que constater sans rectifier réellement ! L’évaluation ne doit donc pas rechercher la faute mais l’erreur… sans oublier tout ce qui est réussi : une erreur est un constat qui signale un obstacle une faute est un jugement négatif sur l’erreur. Pourquoi certains élèves en difficulté réussissent particulièrement bien à apprendre sur ordinateur : parce que celui-ci signale les erreurs (sans jugement), permet de les rectifier… et ne sanctionne pas les échecs ! Il est fondamental d’évaluer sans dévaluer, si on ne veut pas détruire la confiance qu’un enfant peut avoir en lui-même, confiance qui est le moteur principal des apprentissages !

Les enseignants et les notes

Par Le 19/11/2010

Une pétition à signer.

 

http://suppressiondesnoteselementaire.org/

 

Je ne pense pas du tout que cette "accoutumance aux notes dans le système scolaire soit du fait des parents d'élèves.

Tous les ans, je fais une réunion de classe avec mes parents d'élèves et ils sont tout à fait à l'écoute quant à un autre système "d'évaluations". Ils savent ce que représente la douleur d'un enfant face à une notation bien souvent arbitraire.

Il faut comprendre ce que ce système représente dans la tête des enseignants. Il s'agit avant tout d'un pouvoir, d'un rapport de force, d'un jugement. Il ne s'agit pas de donner des "repères" comme le dit Luc Chatel, lui qui ne cherche qu'à maintenir un système qui lui permet d'avoir des statistiques, des graphiques, des barêmes, des pourcentages et par là même un moyen de pression sur les enseignants. On manipule plus facilement une coorporation qui se retrouve elle-même en échec, face à l'échec de leurs élèves...Le serpent qui se mord la queue. L'humain n'a jamais été la priorité des ministres de l'éducation nationale et ne le sera jamais. La plupart des enseignants adhèrent à ce système parce qu'ils y trouvent  la justification à leur entêtement à imposer des notes. Ce qui est effrayant, c'est qu'ils ne voient pas dès lors qu'ils scient eux-mêmes la branche sur laquelle ils végètent en piaillant contre les élèves alors que c'est la hiérarchie qui les condamne au prolongement sans fin des conflits avec les enfants et les parents. Il faut croire que la caste enseignante n'arrive pas à faire appel à la lucidité qu'ils réclament chez leurs élèves.

La notation des élèves n'est que le reflet de l'incapacité de la plupart des enseignants à entrer dans un rapport humain, existentiel, philosophique, culturel, de développement personnel...J'imagine très bien la tête d'un enseignant lisant cela. "Mais qu'est-ce qu'il croit celui-là ? C'est totalement irréaliste comme projet. On ne peut rien leur faire comprendre, il n'y a que les notes et le redoublement qui peut les motiver...etc...etc..."

Evidemment, puisqu'eux-mêmes subissent le même fonctionnement féodal avec le suzerain inspecteur qui surveille l'obéissance de ses vassaux du haut de sa toute puissance hiérarchique. Alors, ils reproduisent la même pression, jusqu'au traumatisme ou la révolte. Parce que dans la jeunesse, il reste encore et heureusement un instinct de survie qui peut conduire au rejet. Et les enseignants concernés diront qu'il s'agit d'une crise identitaire, de l'adolescence...Vaste connerie qui m'énerve au plus haut point. L'adolescence est le reflet du monde adulte. Qu'il soit agressif et il ne pourra s'attendre qu'à de l'agressivité.

Quand je vois que le système par évaluations chiffrées rentre désormais à l'école maternelle, je me dis qu'on va droit la tête dans le mur. Et qu'on continuera à guillotiner allégremment la joie des enfants à être élève.

Le "Grand" Bernard Henri Lévy disait hier du haut de sa prétention et de ses certitudes sur une radio nationale que la philosophie à l'école est une utopie. On est dans le même sytème de pensées. il faut préserver les hiérarchies, pas question de mettre les individus sur un pied d'égalité, il doit y avoir des maîtres et des enseignés, et les enseignés ne peuvent espérer atteindre le niveau d'intelligence des maîtres, ni s'attendre à une relation humaine réellement formatrice, jusqu'à ce que le maître devienne l'enseigné en apprenant à comprendre chaque individu auquel il a affaire...

Les conditionnements sont les piliers des castes. Et mêmes certains intellectuels considérés comme des grands penseurs ne sont que des princes infatués apeurés par la plèbe puante et ignare qui voudrait accéder à la liberté de pensée. Quelle ignominie, quel irrespect !! Qu'on les enferme dans des écoles dogmatiques tous ces rebelles, ça les dressera. J'appelle ça des "nobles penseurs", mais dans le sens de la Noblesse monarchique. BHL en est un exemple parfait. L'intellectuel dans toute son horreur.  

 

Les notes, les bilans scolaires, les évaluations nationales sont des étiquettes qu'il faut coller au front des individus. D'ailleurs, ceux-ci n'en sont pas encore pour la plupart des enseignants, ce ne sont que des esquisses qu'il s'agit de formater...Si on pouvait entrer dans la tête de ces enseignants là, les livres de Stephen King seraient des histoires dignes de Walt Disney. Alors, il est inutile d'aller leur parler de philosophie, de développement personnel, de regard sur soi, de conscience de soi, de conscience de l'autre, de conscience de la vie. C'est déjà assez compliqué pour eux d'enseigner le COD, l'attribut du sujet ou l'Union européenne...Ce sont des sujets si essentiels...

 

Je les hais. Une haine totale. Je n'espère même pas les voir évoluer un jour. Steiner disait "qu'il ne faut pas essayer de changer la vieille école; il faut attendre qu'elle meure."

Personnellement, je voudrais la tuer de mes mains.

  

Débat philo.

Par Le 16/11/2010

Une séance passionnante aujourd'hui avec mes élèves de CM2.

J'en fais un résumé succinct. La séance a duré 1h00.

DÉBAT

 

Ils sont assis, aucune affaire sur la table, même pas la trousse.

Je désigne un enfant et lui dit juste :

"Neige..."

Il me regarde, perplexe.

"Neige...

-Ski ?

Un signe d'acquiescement.

Un autre enfant.

"Océan...

-Bateau."

Un autre enfant.

"Vacances...

-Plage.

-Arbre

-Fruits."

Et ainsi de suite en passant d'enfant en enfant.

 

Puis une explication de ma part.

"Ce travail s'appelle, l'association d'idée. Je vous donne un mot et aussitôt un autre vous vient à l'esprit. Je n'ai même pas eu besoin de vous dire ce que vous deviez faire au début, vous avez fini par trouver tout seul, votre intuition était la bonne.

Puis une question.

"A quelle partie de votre cerveau faites-vous appel pour trouver le mot que vous me donnez ?"

-La mémoire.

-Oui, c'est tout à fait ça. Vous avez en vous, dans votre mémoire des associations de mots. D'où viennent ces associations ?

-De ce qu'on a lu.

-De ce qu'on a vécu.

-De nos expériences.

-De nos discussions.

-De l'école.

-Des vacances.

-Il s'agit donc d'expériences passées qui se sont inscrites dans notre mémoire. C'est une partie essentielle de notre cerveau."

Je me tourne de nouveau vers un enfant et je lui dis:

"Quark...

-..."

Vers un autre:

"Quark...

-Un animal ?

-Et les autres, vous en pensez quoi ?

-Un extraterrestre ! (rires)

-Le dernier film de Walt Dysney (rires)

-Bon, est-ce que vous faites appel à votre mémoire pour me répondre ?

-Ah ben non, on ne sait pas ce que c'est !

-Pourtant vous avez répondu !

-On a imaginé !

-Voilà, c'est ça, vous avez imaginé. Il y a donc en nous une mémoire et une imagination. Les deux ne se contruisent pas sur les mêmes informations et ne fonctionnent pas pour les mêmes objectifs.

-C'est sûr, on rigole plus avec l'imagination ! (rires) (on rigole beaucoup dans ma classe!)

Je laisse le silence s'installer et je pousse un grand cri en tapant des mains près d'une élève qui pousse un hurlement en bondissant sur sa chaise.

(RIRES !!!!!!!!!!!!!!!!!)

"Bon, que s'est-il passé cette fois ?

-J'ai eu peur, trop peur !!

-C'est quoi cette peur? C'est la mémoire ou l'imagination ?

-Ah ben non, je n'ai pas eu le temps !

-Pas eu le temps de quoi ?

-Pas eu le temps d'imaginer ou de me souvenir, c'était trop d'un coup !

-Alors, c'est quoi qui t'a fait réagir ?

-L'émotion !

-Oui, c'est ça, l'émotion ! Elle vient d'où ? Comment la reçoit-on ?

-Partout !! J'ai sursauté dans tout mon corps !

-Mais c'est ton corps qui a reçu l'information qui t'a fait peur ?

-Ben oui, c'est mes oreilles !

-Mais tes oreilles font quoi de ce qu'elles reçoivent ?

-Elles envoient tout au cerveau.

-Mais si tes oreilles ont reçu l'information pourquoi c'est tout ton corps qui a sursauté ?

-Ah ben parce que le cerveau a dit que c'était dangereux. Alors il a fichu la panique partout !

-Donc, c'est le cerveau qui déclenche cette émotion mais c'est par le corps qu'elle se transmet ou qu'elle prend forme, c'est ça, vous êtes d'accord ?

-Oui, c'est ça, j'ai eu la trouille mais c'est mon cerveau en fait qui a eu peur et tout mon corps a sauté !

-C'est donc une émotion et elle est très soudaine.

-Ah ben oui !

-Comment ça se passe si c'est de l'amour ?

-Ouah, c'est  un coup de foudre ! C'est trop chouette (rires).

-Et si ça vient doucement, qu'on découvre que l'autre on l'aime bien, puis on l'aime beaucoup puis finalement on l'adore. Est-ce que c'est toujours une émotion ou est-ce qu'on peut appeler ça autrement ?

-C'est un sentiment plutôt.

-Ah, oui, bien ça, vous êtes d'accord les autres ?

-Oui, c'est comme un copain aussi, au début c'est un pote puis c'est un copain puis c'est un ami. Ca se fait doucement.

Bon, alors, vous voyez que ça fait déjà pas mal de choses à l'intérieur : la mémoire, l'imagination, les émotions, les sentiments. Et moi, ce qui m'intéresse, c'est que vous parveniez à identifier tout ça quand ça vous arrive, à mieux comprendre ce qui se passe en vous. C'est toujours cette phrase de Henri david Thoreau :"Si tu n'es pas toi-même, qui pourrait l'être à ta place?" C'est ça aussi que ça veut dire, est-ce que nous sommes vraiment nous-mêmes, intérieurement, c'est à dire, est-ce que nous savons ce qui s'y passe, c'est un peu comme si on vivait à l'intérieur d'une maison dont on ne connaît pas toutes les pièces, ça serait vraiment bizarre. Et pourtant c'est un peu ça le problème."

 

Je laisse les remarques s'épuiser peu à peu et puis je prends mon porte monnaie dans ma poche, je sors un billet de cinquante euros et je le laisse tomber sous la table d'un enfant. Je me lève et je lui tourne le dos pendant quelques secondes.

"Qu'est-ce qui s'est passé dans ta tête ?

-Je voulais pas le prendre, répond-il gêné.

-Je sais bien, ne t'inquiète pas ! Mais qu'est-ce qui t'en a empêché ?

-C'est pas bien, c'est du vol. Et puis je sais bien que tout le monde aurait vu que je le prenais.

-Et si personne ne t'avait vu, est-ce que tu l'aurais pris ?

-Non, parce que je sais que c'est à vous.

-Et si ce billet, tu le trouves par terre et que tu ne sais pas à qui il est, qu'est-ce que tu fais ?

-Ah, ben là je le prends !

-Tu n'essaies pas de trouver son propriétaire ?

-Ben, si peut-être mais je sais pas qui c'est ?

-Mais si tu es certaine de le trouver, que tu as vu le billet tomber de sa poche, qu'est-ce que tu fais si tu ne le connais pas ?

-Ah, ben, je ne sais pas, ça dépend si quelqu'un m'a vu le ramasser aussi.

-Tu ne veux pas qu'on te traite de voleur, c'est ça ?

-Ben oui.

-Mais si personne ne t'a vue le ramasser ?

-Ah, ben alors je le garde et je vais acheter des vêtements ! (rires)

-Et les autres, vous en pensez quoi ?

-Non, c'est pas très chouette de le garder je trouve, c'est beaucoup d'argent quand même.

-Ben oui justement (rires).

-Bien, et dans tout ça, qu'est-ce qui en vous déclenche ces réactions ? Est-ce que c'est votre imagination, votre mémoire, vos émotions, vos sentiments ou autre chose encore ?

-Ben, oui j'imagine les vêtements que je vais acheter ! (rires).

-Donc, tu te laisses entraîner par ton imagination.

-Moi je le prends pas parce que mes parents m'ont appris que c'était pas bien.

-Donc, tu utilises ta mémoire et les valeurs que tes parents t'ont enseignées. On appelle ça la morale.

-Moi je le prends pas parce que ça me fout la trouille de me faire voir.

-Donc, tu réponds à une émotion.

-C'est tout mélangé alors !

-Oui, on peut voir ça comme ça mais il y quand même quelque chose en nous qui intervient. Vous vous souvenez de Pinocchio et de Jimmy Cricket ?

-Ah oui, c'est lui qui dit quand Pinocchio fait une bêtise.

-C'est sa conscience !!

-Bien ! voilà, c'est ça, c'est sa conscience. Comment on pourrait expliquer cette conscience en nous ? Qu'est-ce que c'est ? On vient de voir que ça mélange un peu tout ce qu'on a déjà trouvé.

-C'est nos pensées ?

-Quand tu fais un problème de math, tu n'as pas besoin de cette conscience là mais de la conscience que tu dois bien réfléchir. C'est le raisonnement. Quand tu es en haut d'une piste noire de ski, tu dois avoir conscience que ça va être difficile mais que tu peux le faire si tu restes appliqué. C'est la concentration.

-Ah, ben ça fait plein de conscience alors ?

-Ca n'est pas vraiment plein de consciences mais plutôt diverses utilisations d'un état de conscience. Quand on dort, par exemple, est-ce qu'on peut dire qu'on est conscient ?

-Ah, ben non, sinon on ne dort pas ! (rires)

-Donc, nous sommes conscients lorsque nous sommes réveillés et lorsque nous utilisons tout ce qui est en nous :la mémoire, l'imagination, les émotions, la morale, le raisonnement et certainement encore d'autres notions, d'autres pensées, d'autres états de conscience. mais qu'est-ce qui se passe si nous nous laissons emporter par un de ces états sans réellement le maîtriser, sans avoir clairement identifié ce qui se passe en nous. Je vous donne un exemple : Quand il y a une alerte incendie dans l'école, quand l'alarme retentit, si vous vous laissez emporter par la peur et que vous commencez à crier, vous n'allez pas écouter ce que je dis, vous allez paniquer et vous risquez en plus de déclencher une panique générale, ça arrive souvent des mouvements de foule qui se terminent en catastrophe parce que les gens n'ont pas été conscients de ce qui se passait en eux. C'est comme s'ils n'étaient plus réveillés.

-Et pourtant ils ne dorment pas !

-Non, ils ne dorment pas mais pourtant ils ne sont plus conscients. Ça vous arrive aussi parfois quand vous paniquez parce que je vous donne un contrôle surprise !

-Ah oui, on a la trouille et on ne réfléchit plus !

-Et du coup, cette peur en vous vous fait tout rater. Ça n'est pas parce que vous ne saviez rien mais parce que vous n'arriviez plus à réfléchir ! Vous vous souvenez que je vous avais dit qu'il fallait peindre en jaune fluo la pensée la plus importante et que lorsque vous voyiez arriver une autre pensée qui n'avait pas la bonne couleur, il fallait vous en débarasser.

-Ah oui, c'est ça qu'il faut faire pour réussir mais c'est difficile de contrôler les pensées ! Ca part dans tous les sens souvent !

-Et bien il faut déjà en être conscient pour réussir à se corriger à l'intérieur. Sinon, à l'extérieur, sur votre feuille, ça va être un sacré chantier. Etre conscient de ce qui se passe en nous, c'est absolument essentiel. Mais il faut pouvoir mettre un nom sur ce qui nous arrive. Cette conscience, c'est un des aspects les plus importants de notre vie et vous voyez bien que ça met en action énormément de choses en nous. Savoir ce qui appartient à notre imagination, à notre mémoire, à nos émotions, à notre morale, à notre raisonnement, tout ça il faut le maîtriser au mieux. C'est le seul moyen de pouvoir faire un choix réel. Sinon nous ne sommes pas conscients, nous vivons comme si nous étions en train de dormir."

 

 

JUSQU'AU BOUT : L'énergie

Par Le 12/11/2010

Image 3

extrait.

"Ce que j'aime dans l'escalade, c’est cette obligation d’économiser son énergie, de trouver le geste juste, la tension musculaire qui convient et pas plus, avec les muscles concernés et pas nécessairement l’ensemble. C’est un travail qui m’a toujours passionné. A mes débuts, je me suis souvent aperçu en grimpant en tête, que si je me laissais emporter par la peur, je dépensais toute mon énergie et les tremblements des muscles augmentaient l’énervement et la peur, et donc le gaspillage d’énergie. Alors, j’ai compris que si je gaspillais mes forces, ça ne servait à rien que j’en apporte une quantité supplémentaire. Ca ne mettait pas un terme au gaspillage, c’était juste une quantité d’énergie supplémentaire qui allait être gaspillée. Il fallait d’abord que j’apprenne à rester calme. Stopper le gaspillage et apprendre à utiliser juste la quantité d’énergie nécessaire."


 

 

Une étrange similitude avec l'énergie spirituelle finalement. Dans les phases de calme, il est inutile de chercher une énergie supplémentaire, comme s'il fallait absolument rester dans une certaine intensité. C'est absurde. Il convient davantage d'aller chercher en soi ce qui gêne éventuellement la consommation de l'énergie disponible, les troubles existentiels, les peurs, les attachements au passé, la crainte de l'avenir, les dysfonctionnements multiples. Si finalement, l'énergie disponible est pleinement saisie, si rien ne vient pertuber sa circulation, il convient alors d'en accepter l'affaiblissement, comparée à d'autres périodes euphoriques. L'énergie a besoin de temps de repos. On peut imaginer des saisons similaires à celles de la Nature. Les cycles ne nous sont pas accessibles. Ce sont des phénomènes de marées fluctuantes. Basses eaux, mortes eaux, pleines eaux. Je ne suis qu'un bouchon qui flotte à la surface d'un champ énergétique qui n'est pas de mon ressort. Si je me sens contrarié par des mouvements naturels, je m'oppose à travers mon mental au flux vital et c'est comme un barrage que je bâtis alors que je rêve du retour de la marée. C'est absurde, infiniment absurde.

Laisse la vie te vivre, elle sait où elle va.

Le courant reviendra.   

Une autre voie.

Par Le 11/11/2010

"J'entreprends de me laisser porter par la force de toute vie vivante : l'oubli. Il est un âge où l'on enseigne ce que l'on sait, mais il en vient ensuite un autre où l'on enseigne ce que l'on ne sait pas : cela s'appelle chercher. Vient peut-être maintenant l'âge d'une autre expérience : celle de désapprendre, de laisser travailler le remaniement imprévisible que l'oubli impose à la sédimentation des savoirs, des cultures, des croyances que l'on a traversés. Cette expérience a, je crois, un nom illustre et démodé, que j'oserai prendre ici sans complexe, au carrefour même de son étymologie : Sapienta. Nul pouvoir, un peu de savoir, un peu de sagesse et le plus de saveur possible." R.Barthes

 

Etrange dilemme qui me voit étiré entre deux directions. Lire et me confronter aux esprits éveillés qui jalonnent leurs routes de balises, des lumières puissantes contre lesquelles je viens heurter mes inquiétudes comme un papillon de nuit ou m'asseoir sur la terrasse, dehors, lever du jour, 6h30, les yeux posés sur les montagnes environnantes, aucun désir, aucune attente, aucune pensée, un vide intérieur qui se laisse envahir par les arabesques du jour qui courent sur les pentes. L'impression inexplicable d'un échange de données : comme si mes pensées, mes connaissances, mes raisonnements, mes incertitudes, mes questionnements lancinants étaient aspirés par l'espace et qu'en échange, ruisselaient en moi, dans les territoires libérés, des énergies vitales, des vibrations d'univers, des pulsions végétales, une aimantation vers le soleil, vers la lumière du monde, juste des bouffées d'air pur.

 

Juste envie d'aller marcher, poser mes pas dans la neige qui est tombée en altitude.

Une autre réalité.

Par Le 06/11/2010

Plutôt que d'y voir un rêve, j'imagine le parcours d'un insecte.

 

http://www.youtube.com/watch?v=eNcS6H_ZbOw&feature=related

 

Est-ce que "sa" réalité a plus de valeur que celle dont nous sommes si fiers ?

 

Ce blog n'a aucune réalité pour les gens qui l'ignorent. Il n'en a que pour ceux et celles qui y portent un regard similaire. Cette notion de "réalité" est absolument absurde, dénuée de sens. Elle n'est encore une fois que la preuve de notre incompétence à saisir la réalité de la vie. Nous sommes étroitement enfermés, carapaçonnés dans des egos démesurés, jusqu'à promouvoir notre réalité comme "la" réalité. L'effroyable erreur a été de considérer la réalité de l'humain comme celle ayant le plus de valeur. Ce qui fait d'ailleurs que pour un promoteur immobilier ce magnifique marais, visité par cet insecte fureteur, représente dans la réalité du marchand, des immeubles à contruire. La réalité de l'insecte n'a aucune existence pour cet homme là. Multiplions cette attitude à l'échelle humaine, et on voit bien ce que "notre" réalité nous a amenés à commettre. 

Absence.

Par Le 05/11/2010

Pas envie d'écrire. Un vide intersidéral. Rien qu'une profonde absence existentielle, le vide. Je me contente de faire mon travail avec les enfants, je fais de l'escalade avec mes deux garçons, on a fait une sortie de ski de rando, les montagnes étaient magnifiques comme toujours, les questions se sont évanouies sans que les réponses ne soient assurées mais il semble que pour l'instant, l'essentiel n'est pas là. Pas la première fois que ça m'arrive, ça ne m'inquiète pas, il faut croire que parfois la vie intérieure a besoin de se mettre à l'étale. Je n'attends même pas la prochaine marée, ça ne dépend pas de moi, inutile que j'y pense.

J'écris une histoire pour enfants, celle que je racontais à mes trois enfants lorsque nous allions marcher en montagne et qu'ils étaient petits. A chaque sortie, je reprenais le personnage d'un lutin, Jarwal, chargé d'une mission ultime : sauver la mémoire du Petit Peuple. Mes enfants étaient devenus les récepteurs de cette mémoire. Je ne pouvais entendre les histoires qu'en allant marcher en montagne... Incroyable le nombre d'histoires que j'ai inventées, week end après week end, pendant plusieurs années.  On fermait la porte de la voiture, on s'engageait sur le chemin et la question arrivait.

"Ca y est Papa, tu entends Jarwal ?"

Et j'inventais une histoire qui devait durer trois, quatre, cinq, six heures...Jarwal a vécu avec nous pendant longtemps. Maintenant, il faut que je reprenne tout ça. Pour d'autres enfants.

Discours de la servitude volontaire. (suite)

Par Le 01/11/2010

Discours de la servitude volontaire

 

Résumé du texte de La Boëtie (note*)

La première raison pour laquelle les hommes servent volontairement, c'est qu'il naissent serviles et qu'ils sont élevés comme tels. Puis vient l'habitude, et le pouvoir se renforce et peut devenir tyrannique. Par peur ou par faiblesse, tous les hommes obéissent plutôt que de s'opposer à l'autorité. De cela découle que, sous la tyrannie, les gens deviennent lâches, mous et efféminés. Ils revendiquent plus de liberté mais manquent de volonté pour l'exercer. Il est certain qu'en perdant ses libertés, on perd vite la vaillance, l'intrépidité. Les gens soumis n'ont ni ardeur ni pugnacité au combat. Ils y vont tout engourdis, comme s'acquittant avec peine d'une obligation. Alors que l'ardeur de la liberté fait mépriser le péril et donne envie de gagner auprès de ses compagnons, quitte à mourir avec l'honneur et la gloire de n'avoir pas failli à son devoir, ni même faibli [les soldats de Bonaparte avaient retrouvé l'ardeur en se sentant porteurs des idéaux de la Révolution (liberté, égalité, fraternité)]. Les tyrans le savent bien et font tout leur possible pour avachir leurs sujets, et les outils de la tyrannie sont toutes sortes de drogues, de distractions, de récompenses (décorations, médailles), de jeux, tombolas, courses, championnats, et autres exutoires (arènes)... Mais il leur faut un bouc émissaire, et ils désignent l'étranger pour ennemi, et tous vont alors dépenser leur ardeur contre l'ennemi désigné.
Le peuple des villes, abruti de tant de ces choses alléchantes, de ces spectacles qu'ils trouvent beaux, émouvants, ou de ces plaisirs puérils qui les amusent, s'habituent à servir ainsi niaisement leur maître, et à leur obéir servilement [et avec la TV ceux de la campagne dorénavant]. Le tyran fait quelques largesses de temps en temps, mais ce n'est pas le dixième de ce qu'il reçoit ; il vous laisse les miettes du gâteau que vous lui offrez par votre servitude. Le peuple ignorant a toujours été ainsi ; il abandonne tous les pouvoirs au premier qui se présente assez sûr de lui pour les commander. Ces millions de gens sous le joug d'un seul n'y ont pas forcément été contraints par la force, mais parce qu'ils sont fascinés et comme ensorcelés par le seul nom d'un seul, qu'ils craignent, alors qu'ils ne devraient pas le redouter puisqu'il est seul et qu'ils sont des millions.
Telle est pourtant la faiblesse des hommes, contraints à l'obéissance depuis leur enfance, éduqués pour temporiser, qui s'habituent à leur condition d'esclaves et ne se rendent pas compte de la valeur de la liberté qu'ils n'ont jamais connue. Si, contrainte par la force des armes, la nation est soumise au pouvoir d'un seul, il ne faut pas s'étonner qu'elle serve, mais bien le déplorer, ou plutôt, supporter ce malheur avec patience et se préserver pour un avenir meilleur. Il peut aussi arriver qu'un peuple ait de la reconnaissance pour un de ces hommes rares qui lui ait donné des preuves de grande prévoyance pour les sauvegarder, d'une grande hardiesse pour les défendre, d'une grande prudence à les gouverner ; s'il s'habitue à la longue à lui obéir et à se fier à lui jusqu'à lui accorder une certaine suprématie, sait-on alors s'il fera aussi bien là où on le place que ce qu'il a procuré lorsqu'il était à sa place naturelle, d'égal à égal avec d'autres, comme l'on se trouve entre compagnons ou amis ?
Mais quel est ce vice qui atteint la grande majorité des hommes, le petit peuple ignorant, prêt à obéir, à servir, jusqu'à se faire tyranniser, n'ayant plus aucune possibilité de se démettre de celui qui est alors leur maître ? La contrainte ne durerait pas s'il n'y avait pas un accord entre les partis. Ce qui suit est le ressort secret de la domination, le soutien et le fondement de toute tyrannie. Les tyrans s'entourent toujours de quelques gens très dévoués et fidèles (de leur famille ou des commis), car ceux-ci partagent les avantages du tyran et en tirent avantage. Ces dix commandent à cent, lesquels recrutent mille autres, et les mille empêchent le reste du peuple à vivre libre et heureux. La contrainte est acceptée par un grand nombre, lesquels la supportent de par leur nature : ce sont des êtres dépendants, instables, hésitants. C'est là tout le rouage de l'État, et ses fonctionnaires vous obligent à payer le tribut à l'Armée et les diverses taxes qui augmentent sans cesse, sans aucun contrôle.
C'est par manque d'éducation, puis pas l'habitude que s'émousse la volonté ; c'est ainsi que par lâcheté ou faiblesse, vous perdez votre droit à la liberté et vous finissez par vous y accommoder. Les impôts sont de plus en plus lourds, jusqu'à vous priver des moyens de vous associer et de vous organiser pour reprendre votre liberté. Autant vous êtes démunis, autant l'Armée du tyran se renforce, réprime toute rébellion, et alors le poids de la soumission est terrible à supporter. Est-ce là vivre heureux ? Est-ce même vivre ? Apprenons à lutter contre cet état insupportable, je le dis à tous ceux qui veulent faire figure d'homme.

Liberté - Egalité - Fraternité : ça ne veut plus rien dire !

« Le mot pour qualifier dignement le mercantilisme et tout ce qui est médiocre est, comme on sait, le mot "libéral" ». (Volonté de Puissance, Livre IV, Pourquoi les faibles sont victorieux). Le "libéralisme" est le parti de ceux qui veulent imposer la dictature du Marché, la "libre-concurrence", la puissance par l'argent, en quelque sorte. On connait trop les inconvénients de la libre-concurrence et de la compétition dans le travail : fusions, délocalisations, les ententes de prix illicites qui faussent la concurrence... le harcellement au travail.

le surhumain

La Boëtie, ami de Michel de Montaigne, publia ce Discours en 1576. [Nouvelle traduction en français moderne de Séverine Auffret du texte intégral, Éditions Mille et une Nuits]. Nous avons considérablement résumé son texte admirable.

Tout est donc expliqué par l'éducation. C'est de là que peut venir le changement de paradigme. Rien d'autre n'est possible.

De la servitude moderne.

Par Le 31/10/2010

Ca fait mal.

http://www.dailymotion.com/video/xaze5w_de-la-servitude-moderne-1ere-partie_news

http://www.dailymotion.com/video/xazf3b_de-la-servitude-moderne-2eme-partie_news

http://www.dailymotion.com/video/xazgc4_de-la-servitude-moderne-3eme-partie_news

Mais c'est un mal nécessaire.

Il faut sortir de tout ça.

http://www.delaservitudemoderne.org/francais1.html

"Quelle époque terrible que celle où des idiots dirigent des aveugles."

William Shakespeare


 

"Toute vérité passe par trois stades :
En premier
lieu on la ridiculise;
en deuxième lieu on s'y oppose
violemment;
enfin on l'accepte comme si elle allait
de soi."
"Toute vérité passe par trois stades :
En premier
lieu on la ridiculise;
en deuxième lieu on s'y oppose
violemment;
enfin on l'accepte comme si elle allait
de soi."

Schopenhauer
    De la servitude moderne est un livre et un film documentaire de 52 minutes produits de manière totalement indépendante ; le livre (et le DVD qu’il contient) est distribué gratuitement dans certains lieux alternatifs en France et en Amérique latine. Le texte a été écrit en Jamaïque en octobre 2007 et le documentaire a été achevé en Colombie en mai 2009. Il existe en version française, anglaise et espagnole. Le film est élaboré à partir d’images détournées, essentiellement issues de films de fiction et de documentaires.

    L’objectif central de ce film est de mettre à jour la condition de l’esclave moderne dans le cadre du système totalitaire marchand et de rendre visible les formes de mystification qui occultent cette condition servile. Il a été fait dans le seul but d’attaquer frontalement l’organisation dominante du monde.

    Dans l’immense champ de bataille de la guerre civile mondiale, le langage constitue une arme de choix. Il s’agit d’appeler effectivement les choses par leur nom et de faire découvrir l’essence cachée de ces réalités par la manière dont on les nomme. La démocratie libérale est un mythe en cela que l’organisation dominante du monde n’a rien de démocratique ni même rien de libérale. Il est donc urgent de substituer au mythe de la démocratie libérale sa réalité concrète de système totalitaire marchand et de répandre cette nouvelle expression comme une trainée de poudre prête à incendier les esprits en révélant la nature profonde de la domination présente.

    D’aucuns espéreront trouver ici des solutions ou des réponses toutes faites, genre petit manuel de « Comment faire la révolution ? ». Tel n’est pas le propos de ce film. Il s’agit ici de faire la critique exacte de la société qu’il nous faut combattre. Ce film est avant tout un outil militant qui a pour vocation de faire s’interroger le plus grand nombre et de répandre la critique partout où elle n’a pas accès. Les solutions, les éléments de programme, c’est ensemble qu’il faut les construire. Et c’est avant tout dans la pratique qu’elles éclatent au grand jour. Nous n’avons pas besoin d’un gourou qui vienne nous expliquer comment nous devons agir. La liberté d’action doit être notre caractéristique principale. Ceux qui veulent rester des esclaves attendent l’homme providentiel ou l’œuvre qu’il suffirait de suivre à la lettre pour être plus libre. On en a trop vu de ces œuvres ou de ces hommes dans toute l’histoire du XXº siècle qui se sont proposés de constituer l’avant-garde révolutionnaire et de conduire le prolétariat vers la libération de sa condition. Les résultats cauchemardesques parlent d’eux-mêmes.

    Par ailleurs, nous condamnons toutes les religions en cela qu’elles sont génératrices d’illusions nous permettant d’accepter notre sordide condition de dominés et qu’elles mentent ou déraisonnent sur à peu près tout. Mais nous condamnons également toute stigmatisation d’une religion en particulier. Les adeptes du complot sioniste ou du péril islamiste sont de pauvres têtes mystifiées qui confondent la critique radicale avec la haine et le dédain. Ils ne sont capables de produire que de la boue. Si certains d’entre eux se disent révolutionnaires, c’est davantage en référence aux « révolutions nationales » des années 1930-1940 qu’à la véritable révolution libératrice à laquelle nous aspirons. La recherche d’un bouc émissaire en fonction de son appartenance religieuse ou ethnique est vieille comme la civilisation et elle n’est que le produit des frustrations de ceux qui cherchent des réponses rapides et simples face au véritable mal qui nous accable. Il ne peut y avoir d’ambigüité sur la nature de notre combat. Nous sommes favorables à l’émancipation de l’humanité toute entière, sans aucune forme de discrimination. Tout pour tous est l’essence du programme révolutionnaire auquel nous adhérons.

    Les références qui ont inspiré ce travail et plus généralement ma vie sont explicites dans ce film : Diogène de Sinoppe, Étienne de La Boétie, Karl Marx et Guy Debord. Je ne m’en cache pas et ne prétend pas avoir inventé l’électricité. On me reconnaîtra simplement le mérite d’avoir su m’en servir pour m’éclairer. Quand à ceux qui trouveront à redire sur cette œuvre en tant qu’elle ne serait pas assez révolutionnaire ou bien trop radicale ou encore pessimiste n’ont qu’à proposer leur propre vision du monde dans lequel nous vivons. Plus nous serons nombreux à diffuser ces idées et plus la possibilité d’un changement radical pourra émerger.

    La crise économique, sociale et politique a révélé la faillite patente du système totalitaire marchand. Une brèche est ouverte. Il s’agit maintenant de s’y engouffrer sans peur mais de manière stratégique. Il faut cependant agir vite car le pouvoir, parfaitement informé sur l’état des lieux de la radicalisation de la contestation, prépare une attaque préventive sans commune mesure avec ce que nous avons connu jusqu’à maintenant. L’urgence des temps nous impose donc l’unité plutôt que la division car ce qui nous rassemble est bien plus profond que ce qui nous sépare. Il est toujours très commode de critiquer ce qui se fait du côté des organisations, des individus ou des différents groupes qui se réclament de la révolution sociale. Mais en réalité, ces critiques participent de la volonté d’immobilisme qui tente de nous convaincre que rien n’est possible. Il ne faut pas se tromper d’ennemis. Les vieilles querelles de chapelle du camp révolutionnaire doivent laisser la place à l’unité d’action de toutes nos forces. Il faut douter de tout, même du doute.

    Le texte et le film sont libres de droits, ils peuvent être copiés, diffusés, projetés sans la moindre forme de contrainte. Ils sont par ailleurs totalement gratuits et ne peuvent en aucun cas être vendus ou commercialisés sous quelque forme que ce soit. Il serait en effet pour le moins incohérent de proposer une marchandise qui aurait pour vocation de critiquer l’omniprésence de la marchandise. La lutte contre la propriété privée, intellectuelle ou autre, est notre force de frappe contre la domination présente.

    Ce film qui est diffusé en dehors de tout circuit légal ou commercial ne peut  exister que grâce à l’appui de personnes qui en organisent la diffusion ou la projection. Il ne nous appartient pas, il appartient à ceux qui voudront bien s’en saisir pour le jeter dans le feu des combats.
    
Jean-François Brient et Victor León Fuentes      

Schopenhauer

 

    De la servitude moderne est un livre et un film documentaire de 52 minutes produits de manière totalement indépendante ; le livre (et le DVD qu’il contient) est distribué gratuitement dans certains lieux alternatifs en France et en Amérique latine. Le texte a été écrit en Jamaïque en octobre 2007 et le documentaire a été achevé en Colombie en mai 2009. Il existe en version française, anglaise et espagnole. Le film est élaboré à partir d’images détournées, essentiellement issues de films de fiction et de documentaires.

    L’objectif central de ce film est de mettre à jour la condition de l’esclave moderne dans le cadre du système totalitaire marchand et de rendre visible les formes de mystification qui occultent cette condition servile. Il a été fait dans le seul but d’attaquer frontalement l’organisation dominante du monde.

    Dans l’immense champ de bataille de la guerre civile mondiale, le langage constitue une arme de choix. Il s’agit d’appeler effectivement les choses par leur nom et de faire découvrir l’essence cachée de ces réalités par la manière dont on les nomme. La démocratie libérale est un mythe en cela que l’organisation dominante du monde n’a rien de démocratique ni même rien de libérale. Il est donc urgent de substituer au mythe de la démocratie libérale sa réalité concrète de système totalitaire marchand et de répandre cette nouvelle expression comme une trainée de poudre prête à incendier les esprits en révélant la nature profonde de la domination présente.

    D’aucuns espéreront trouver ici des solutions ou des réponses toutes faites, genre petit manuel de « Comment faire la révolution ? ». Tel n’est pas le propos de ce film. Il s’agit ici de faire la critique exacte de la société qu’il nous faut combattre. Ce film est avant tout un outil militant qui a pour vocation de faire s’interroger le plus grand nombre et de répandre la critique partout où elle n’a pas accès. Les solutions, les éléments de programme, c’est ensemble qu’il faut les construire. Et c’est avant tout dans la pratique qu’elles éclatent au grand jour. Nous n’avons pas besoin d’un gourou qui vienne nous expliquer comment nous devons agir. La liberté d’action doit être notre caractéristique principale. Ceux qui veulent rester des esclaves attendent l’homme providentiel ou l’œuvre qu’il suffirait de suivre à la lettre pour être plus libre. On en a trop vu de ces œuvres ou de ces hommes dans toute l’histoire du XXº siècle qui se sont proposés de constituer l’avant-garde révolutionnaire et de conduire le prolétariat vers la libération de sa condition. Les résultats cauchemardesques parlent d’eux-mêmes.

    Par ailleurs, nous condamnons toutes les religions en cela qu’elles sont génératrices d’illusions nous permettant d’accepter notre sordide condition de dominés et qu’elles mentent ou déraisonnent sur à peu près tout. Mais nous condamnons également toute stigmatisation d’une religion en particulier. Les adeptes du complot sioniste ou du péril islamiste sont de pauvres têtes mystifiées qui confondent la critique radicale avec la haine et le dédain. Ils ne sont capables de produire que de la boue. Si certains d’entre eux se disent révolutionnaires, c’est davantage en référence aux « révolutions nationales » des années 1930-1940 qu’à la véritable révolution libératrice à laquelle nous aspirons. La recherche d’un bouc émissaire en fonction de son appartenance religieuse ou ethnique est vieille comme la civilisation et elle n’est que le produit des frustrations de ceux qui cherchent des réponses rapides et simples face au véritable mal qui nous accable. Il ne peut y avoir d’ambigüité sur la nature de notre combat. Nous sommes favorables à l’émancipation de l’humanité toute entière, sans aucune forme de discrimination. Tout pour tous est l’essence du programme révolutionnaire auquel nous adhérons.

    Les références qui ont inspiré ce travail et plus généralement ma vie sont explicites dans ce film : Diogène de Sinoppe, Étienne de La Boétie, Karl Marx et Guy Debord. Je ne m’en cache pas et ne prétend pas avoir inventé l’électricité. On me reconnaîtra simplement le mérite d’avoir su m’en servir pour m’éclairer. Quand à ceux qui trouveront à redire sur cette œuvre en tant qu’elle ne serait pas assez révolutionnaire ou bien trop radicale ou encore pessimiste n’ont qu’à proposer leur propre vision du monde dans lequel nous vivons. Plus nous serons nombreux à diffuser ces idées et plus la possibilité d’un changement radical pourra émerger.

    La crise économique, sociale et politique a révélé la faillite patente du système totalitaire marchand. Une brèche est ouverte. Il s’agit maintenant de s’y engouffrer sans peur mais de manière stratégique. Il faut cependant agir vite car le pouvoir, parfaitement informé sur l’état des lieux de la radicalisation de la contestation, prépare une attaque préventive sans commune mesure avec ce que nous avons connu jusqu’à maintenant. L’urgence des temps nous impose donc l’unité plutôt que la division car ce qui nous rassemble est bien plus profond que ce qui nous sépare. Il est toujours très commode de critiquer ce qui se fait du côté des organisations, des individus ou des différents groupes qui se réclament de la révolution sociale. Mais en réalité, ces critiques participent de la volonté d’immobilisme qui tente de nous convaincre que rien n’est possible. Il ne faut pas se tromper d’ennemis. Les vieilles querelles de chapelle du camp révolutionnaire doivent laisser la place à l’unité d’action de toutes nos forces. Il faut douter de tout, même du doute.

    Le texte et le film sont libres de droits, ils peuvent être copiés, diffusés, projetés sans la moindre forme de contrainte. Ils sont par ailleurs totalement gratuits et ne peuvent en aucun cas être vendus ou commercialisés sous quelque forme que ce soit. Il serait en effet pour le moins incohérent de proposer une marchandise qui aurait pour vocation de critiquer l’omniprésence de la marchandise. La lutte contre la propriété privée, intellectuelle ou autre, est notre force de frappe contre la domination présente.

    Ce film qui est diffusé en dehors de tout circuit légal ou commercial ne peut  exister que grâce à l’appui de personnes qui en organisent la diffusion ou la projection. Il ne nous appartient pas, il appartient à ceux qui voudront bien s’en saisir pour le jeter dans le feu des combats.
    
Jean-François Brient et Victor León Fuentes      
 

Réalisme et réalité

Par Le 30/10/2010

1) "Réalisme" : Disposition à voir les choses comme elles sont et à agir en conséquence.

"Vous avez fait preuve de beaucoup de réalisme sur ce but."

On pourrait remplacer "réalisme" par "lucidité".

2) Tendance littéraire et artistique de la seconde moitié du XIX ème siècle à représenter la nature et la vie telles qu'elles sont.

Le réalisme est un mouvement artistique moderne apparu en Europe dans la seconde moitié du XIXe siècle, notamment en Italie et en Allemagne.

Celui-ci naquit du besoin de réagir contre le sentimentalisme romantique et contre « la sottise, le poncif et le bon sens ».

Il cherche à dépeindre la réalité telle qu'elle est, sans artifice et sans idéalisation, choisissant ses sujets dans les classes moyennes ou populaires, et abordant des thèmes comme le travail salarié, les relations conjugales, ou les affrontements sociaux. Il s'oppose ainsi au romantisme, qui a dominé la première moitié du siècle, et au classicisme. Il s'étendra ensuite à l'ensemble de l'Europe et à l'Amérique, où il survivra jusque dans les années 1950.

Stendhal, Balzac, Zola, Flaubert, Maupassant...

source wikipédia.

Et bien quand je repense à mes lectures de lycée, je ne vois pas dans le réalisme littéraire un saisissement de la réalité mais juste une étude des imbrications sociales au coeur d'une réalité instable. Il ne s'agit toujours pas de cette réalité existentielle dont je parlais précédemment. Loin de moi, l'idée de critiquer ces oeuvres et ces artistes mais je trouve que le terme "réalisme" prête à confusion. Il s'agissait d'une étude sociale libérée des enluminures du romantisme. On ne peut s'en plaindre mais de là à avancer l'idée qu'il s'agit de la réalité des individus, je n'irais pas jusque là.

Cette réalité existentielle est bien ailleurs que dans ces agitations relationnelles.

"Si tu n'es pas toi-même, qui pourrait l'être à ta place ?" demandait Henry David Thoreau. Et bien, tout le monde en fait lorsqu'il s'agit de cette vie sociale dans laquelle nous sommes engagés. L'individu peut chercher à être son idole, c'est très fréquent ou moins gravement à être intégré dans un groupe ethnique, religieux, politique, professionnel...L'individu n'est pas une entité individuelle mais une partie d'un tout. Et sans ce tout, il ne se sent plus rien.

Combien de dépressions à la retraite, combien de désoeuvrés à la mort de Michael Jackson, combien d'inconsolables à la mort d'une mère, d'un leader politique, d'une icône sportive...Inutile de chercher bien longtemps pour déceler de multiples dérives de cette sorte.

L'individu manque de réalisme dans cette réalité instable. Il manque de lucidité parce qu'il n'existe pas en lui-même mais extérieurement à lui-même. Il existe par rapport à une donnée rapportée. Le réalisme littéraire décrivait admirablement bien justement toutes ces imbrications relationnelles, toutes ces implications complexes. Mais il ne parlait pas de la réalité existentielle. Ca n'était sans doute pas son objectif d'ailleurs. Il y avait bien assez à faire comme ça...

Henry David Thoreau voulait sans doute décrire cette dérive de l'identification qui consiste à ne vivre qu'en fonction d'un pair. (d'un "père?") Si je ne suis pas moi mais que je vis par procuration en vénérant un être que je vois comme étant supérieur à moi, qui pourra prendre ma place en moi ? Eh bien cet individu adulé justement. C'est lui qui vit en moi étant donné que je pense comme j'imagine qu'il pense, que je vis comme j'imagine qu'il vit, que je rêve surtout comme j'imagine qu'il rêve. Je suis lui sans que lui ne soit jamais moi. Je resterai immanquablement enfermé dans cette carapace rajoutée. Il ne saura rien de ce que je vis et je ne serai rien de ce qu'il est. Tout n'est que chimère.

Dans cette situation là, il est évidemment impossible de parler de "réalité".

Ni de réalisme.

Et pourtant, combien de fois avons-nous rêvé de ces vies rêvées de nos stars ?...Des vies par procuration. Heureusement, les contingences quotidiennes nous ramènent vite à la réalité instable qui se révèle cette fois infiniment préférable.

Alors qu'en est-il de ce réalisme ?

"Opportuniste, pragmatiste, utilitariste, matérialiste, naturaliste, positiviste, cru, sincère."

Je suis surpris des sens associés. Rien sur la lucidité. Sans doute parce que le terme est généralement employé pour des notions extérieures et non spirituelles, des façons précises d'appréhender la vie et non de l'explorer.  Il suffit d'ailleurs de lire les quelques phrases proposées sur le net employant le terme. C'est effectivement très souvent matérialiste."

"Tu as manqué de réalisme en achetant cette voiture que tu ne peux pas payer."

Que voudrait dire la phrase :

"Je manque de réalisme envers moi-même."

Que je ne suis pas assez opportuniste ? Matérialiste ? Pragmatique ? Sincère ?

Rien à faire, je lui préfère le mot "lucidité".

Mais allons plus loin. Ce mot "réalisme"appartient à la famille de "réalité". Pourrait-on dire que je ne suis pas assez réel envers moi-même ? C'est là que je m'interroge depuis ce matin. Si je ne suis plus mari, père, enseignant, que suis-je ? Sommes-nous toujours ce que nous sommes par rapport aux autres ? Existons-nous nécessairement dans une relation d'altérité ? Même un moine chartreux existe par rapport à Dieu. Pas pour lui-même. Nous sommes condamnés à exister par rapport aux autres. Les écrivains réalistes tels que Zola parlait bien donc parfois d'existentialisme. Y a-til une réalité individuelle libérée du regard des autres ?

Bernard Moitessier dans son tour du monde à la voile en solitaire se sent exister par rapport à la mer, à la nature. Il n'existe pas en lui-même, c'est toujours au coeur d'une relation.

La différence essentielle avec le commun des mortels, c'est l'extrême lucidité qui l'habitait. C'est là que se trouve le réalisme existentiel. Il se savait relié mais sans se perdre dans cette interdépendance. Pas de disparition mais une élévation. Le réalisme consisterait à identifier clairement les liens qui nous unissent, à juger de leur puissance, à s'en détacher lorsque c'est nécessaire, à ne pas en être dépendant. Les relations ne nous donnent pas vie, il ne s'agit pas de soumission mais d'accompagnement. On en vient immanquablement à l'amour. Celui-là n'est pas une addiction mais un tuteur. On ne meurt pas sous son emprise mais il nous grandit. Parce qu'un tuteur a pour fonction de soutenir et non d'enchaîner. Il n'est pas une entrave mais un tremplin. L'amour destructeur n'a aucun réalisme. L'individu qui s'y soumet n'est pas réel. Puisqu'il n'existe pas en dehors de cet amour.

Je pourrais ne pas être mari, ne pas être père, ne pas être enseignant, j'aurais au moins une relation avec le jardin qui me nourrirait, avec la mer qui m'offrirait du poisson, avec les arbres fruitiers, une rivière, avec le soleil, la pluie, le vent, la nature. L'essentiel, tout comme dans n'importe quelle autre existence, serait de vivre tout ça avec lucidité. Ou réalisme.

A être réel.

Nous ne pouvons pas échapper à la réalité instable mais en identifiant tout ce qui la constitue, nous pouvons y devenir réel.

 

 

  • 264
  • 265
  • 266
  • 267
  • 268
  • 269
  • 270
  • 271