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Les enseignants qui prennent des cours...

Par Le 18/06/2010

On n’arrête plus la privatisation des études. Longtemps réservée aux lycéens et étudiants, le « cours de soutien payant » s’adresse désormais aux…enseignants eux-mêmes ! La logique est la même : surfer sur la crise du système éducatif public en « offrant » de pallier à ses manques. Puisqu’il est de notoriété publique que les Instituts Universitaires de Formation des Maîtres (IUFM) ne préparent pas les futurs profs à la réalité de leur métier, il n’est pas étonnant que des établissements privés se soient engouffrés dans la brèche.

Selon un sondage CSA publié cette semaine, seuls 16% des enseignants débutants estiment que l’IUFM leur a fourni des outils et des méthodes directement applicables en classe. Les autres, ces milliers de jeunes profs parachutés en ZEP qui éclatent en sanglots en plein cours deux jours après la rentrée, seront autant de clients potentiels : on imagine déjà les bénéfices que ces écoles pourront tirer de leurs cessions « gestion de votre première classe »…

Car ces leçons sont loin d’être gratuites. Chez Forprof, comptez 600 euros pour 30 heures de cours répartis sur une semaine avant la rentrée. C’est moins cher chez Prépa-Public, qui demande 275 euros pour 25 heures. Les deux organismes se défendent de profiter d’un système en déshérence, quand ils n’affirment pas agir par pur altruisme. « Moi aussi, je préférerais que le public joue son rôle et forme correctement les futurs enseignants !, s’insurge Carol Huron, directrice de Prépa-Public. Mais ce n’est pas le cas. Alors qu’est-ce qu’on fait ? On ferme les yeux et on laisse nos enfants face à des profs mal formés, sacrifiant ainsi plusieurs générations d’entre eux, en attendant que l’Etat se réveille ? »

Les établissements privés accompagnant les aspirants profs dans la préparation du concours existent depuis très longtemps. Certains proposaient déjà des stages pour les lauréats s’estimant mal préparés à la tenue d’une classe, mais ils ne rencontraient que peu de succès. La récente réforme de la formation des enseignants, la fameuse « masterisation », leur a permis d’augmenter leurs effectifs. Concrètement, l’année d’alternance, partagée entre stages sur le terrain et cours théorique, a été supprimée : dès septembre, les jeunes profs seront envoyés devant des élèves… sans bénéficier de séances de débriefing. C’est là que les établissements privés interviennent : « refus de l’autorité, violence physique et verbale, relations avec les collègues et les parents d’élèves, tous les problèmes qui se posent à un jeune professeur seront abordés à travers des cas concrets et avec l’intervention d’une psychologue, d’enseignants en exercice et professeurs de l’IUFM », explique Carol Huron. Qui ajoute : « les jeunes enseignants savent ce que le concours réformé leur fait perdre. Du coup, on a beaucoup de retours positifs pour le stage d’août prochain ».

En supprimant l'alternance, le gouvernement a sans doute réalisé de belles et bonnes économies. Mais il a du même coup, ouvert la voie à un marché de formation privée, créneau immédiatement occupé. Seuls perdants : les jeunes profs qui devront désormais payer pour être correctement formés, ou du moins se sentir un peu plus armés pour gérer nos adorables enfants

Source: Marianne2.fr

Les dérives de l'argent.

Par Le 09/06/2010

 

Il n'y a pas que BP qui soient coupables. C'est tout le sytème.

 

Des erreurs sur les noms d'experts en vie marine, des espèces menacées qui ne sont pas présentes dans la région, une sous-estimation des risques... Les plans anti-marée noire de BP pour le golfe du Mexique, validés par les autorités américaines l'an dernier, sont truffés d'omissions et d'erreurs flagrantes, montre une analyse de l'Associated Press.

Le plan régional de 582 pages et un autre de 52 pages qui porte spécifiquement sur la plate-forme Deepwater Horizon, dont l'explosion le 20 avril est à l'origine de la marée noire, minimisent fortement les dangers d'une fuite incontrôlée de pétrole tout en exagérant la capacité de la compagnie pétrolière britannique à gérer une telle situation.

Dans les scénarios de marée noire échafaudés par BP, les poissons, mammifères marins et oiseaux ne sont pas sérieusement touchés, les plages restent immaculées et la qualité de l'eau n'est qu'un problème temporaire. Et ce, pour une fuite environ dix fois plus importante que celle de Deepwater Horizon...

Loin de ces projections optimistes, Billy Nungesser, président du district de Plaquemines, en Louisiane, souligne les dégâts déjà causés par la marée noire dans sa région: "la vie telle que nous la connaissons a disparu de 1.200 hectares de marais et nous continuons à perdre de précieuses zones humides tous les jours".

Les plans de BP comportent des postulats foncièrement erronés. La méthode retenue pour calculer le volume de la marée noire est ainsi peu crédible. Elle diffère de la méthode "classique" acceptée internationalement, qui aurait donné des estimations 100 fois supérieures...

Il y a aussi des oublis fâcheux. Le courant marin qui devrait envoyer à terme une partie du pétrole vers la Floride et le long de la côte atlantique n'est par exemple mentionné nulle part.

Les plages souillées étaient censées être à l'abri de toute pollution selon les plans, BP promettant de réunir assez de bateaux pour ramasser le pétrole avant qu'il n'atteigne les côtes. Un engagement qui semble rétrospectivement absurde.

Le groupe affirmait que les moyens mobilisés permettrait de récupérer 75 millions de litres de pétrole par jour dans l'eau, soit en gros la quantité qui s'est déversée dans le golfe depuis six semaines. Pourtant, la nappe s'étend aujourd'hui sur quelque 8.500km carrés, selon Hans Graber, de l'université de Miami, et seule une fraction du pétrole a pu être récupérée. En outre, une partie de la nappe -on ignore précisément quelle quantité- a sombré au fond de la mer ou se trouve quelque part entre deux eaux.

Le plan régional de BP estime, sur la base de modèles informatiques, à 21% le risque que du pétrole atteigne les côtes de Louisiane moins d'un mois après une marée noire. Dans les faits, une traînée de pétrole a rejoint le delta du Mississippi seulement neuf jours après l'explosion de Deepwater Horizon, bientôt suivies par des boulettes de brut. D'autres zones souillées par le pétrole étaient présentées par BP comme ne courant aucun risque.

Pour les oiseaux, les tortues et mammifères marins en voie de disparition, BP s'est montré beaucoup trop optimiste, affirmant qu'il n'y aurait "aucun impact négatif" en cas de fuite de Deepwater Horizon.

Pourtant, on note déjà les effets dévastateurs de la marée noire sur la faune locale. Plus de 400 oiseaux mazoutés ont été traités et des dizaines d'autres retrouvés morts, couverts de pétrole. Plus de 200 tortues et plusieurs dauphins victimes de la pollution se sont échoués sur le rivage, ainsi que d'innombrables poissons.

Selon BP, l'éloignement de la plate-forme, située à 80km des côtes de Louisiane, devait éviter les problèmes de pollution du littoral. Encore un jugement erroné.

Une des erreurs les plus frappantes de BP est d'avoir cité le professeur Peter Lutz dans le plan régional comme étant l'un des experts à contacter en cas de marée noire. Il est présenté comme un spécialiste de la faune de l'université de Miami. Problème: cet expert en tortues marines a quitté Miami il y a près de 20 ans pour une autre ville de Floride, Boca Raton, mais surtout, il est décédé quatre ans avant la publication du plan. Dans la même veine, les noms et numéros de téléphone de plusieurs experts de l'université A&M du Texas sont erronés.

Autre énormité: un chapitre consacré aux "ressources biologiques sensibles" dresse une liste des mammifères marins comme les morses, les lions de mer, les loutres de mer et les phoques. Pourtant aucun de ces animaux ne vit dans la région du golfe du Mexique.

Les plans de BP n'ont pas anticipé les problèmes les plus évidents et en ont réfuté certains qui se sont pourtant avérés prépondérants depuis le début de la catastrophe. En réponse à une série de questions de l'AP, des responsables de BP et du ministère de l'Intérieur, qui supervise l'autorité de régulation des forages pétroliers (Minerals Management Service, MMS), ont reconnu que les plans du groupe pétrolier posaient problème.

"Nombre des questions que vous soulevez sont exactement celles qui seront examinées par la commission présidentielle et d'autres enquêtes sur la marée noire", a assuré Kendra Barkoff, porte-parole du ministre de l'Intérieur Ken Salazar. AP

Se couper du monde.

Par Le 08/06/2010

Je sens bien depuis quelques temps à quel point cette humanité me pèse, en tout cas la part visible, celle qui nous est montrée par les médias parce que ce sont des thèmes vendeurs, parce que l'audimat flambe dès qu'on utilise le mot "guerre", "terrorisme", "crise," "banlieue", "islam, "Iran","Corée" etc...etc...J'ai cherché à rester informé, j'ai surfé pendant des heures pour trouver des infos parallèles, des sources épurées, indépendantes, pas les canaux gouvernementaux ou leurs vassaux.

Le dégoût. Il ne m'en reste que du dégoût.

J'enseigne à mes élèves l'Histoire de cette Humanité et rien n'a changé, aucune évolution. Je ne parle pas de la technologie, de la médecine, du confort et de ce qui fait notre quotidien dans les pays "développés", technologiquement développés, mais de la spiritualité. De la connaissance de Soi, de cette capacité à rester dans une observation constante, dans une analyse fine de ce qui constitue la part profonde de notre existence. Sur ce versant là, nous continuons à errer du même côté de la montagne...Le sommet est très loin. Alors, nous ne parvenons même pas à imaginer ce qui peut se trouver de l'autre côté.

 

Cette semaine, en classe, nous avons travaillé sur "le cas de conscience". J'ai proposé à mes élèves plusieurs situations. Nous avons par exemple regardé le film "Effroyables jardins", le documentaire "Apocalypse" puis "D day".

Nous avons longuement discuté de ces cas de conscience que ces hommes et ces femmes ont dû assumer...

 

Et je leur ai demandé aujourd'hui de réfléchir sur un cas qui les concerne : " Que feriez-vous si quelques personnes de qualité, des gens objectifs, parvenaient à prouver que notre façon de vivre condamnait le phénomène du Vivant ? Arriveriez-vous à changer vos objectifs de vie, à vous détacher du modèle proposé par la société dans laquelle vous vivez ? Comment vous y prendriez-vous ?"

 

La semaine prochaine, une réalisatrice qui a entendu parler de ma façon de travailler avec des enfants d'école primaire va venir filmer les enfants sur un débat dont le thème est : la responsabilité. C'est un cas de conscience essentiel.

Une expérience enrichissante.

Un peu de soleil intérieur.

 

Il m'est difficile en fait de me couper de ce monde extérieur qui me pèse et de rester actif dans la bulle spirituelle qui me concerne justement parce que je vis constamment avec ces enfants. Je ne peux pas leur mentir. Ce monde, ils devront l'éprouver, le supporter et si possible le changer plutôt que de se contenter de le subir et de s'y adapter au mieux. c'est sans doute notre "lâcheté" et notre désir immodéré de profiter du modernisme qui a condamné cette génération montante à oeuvrer pour une autre Humanité. Je n'ai pas le choix. Je dois rester là.

 

  

Fascinante Nature. (Nature)

Par Le 02/06/2010

Phénomènes inusités de la nature


Les pierres mobiles

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Ces mystérieuses pierres mobiles qui se déplacent dans la boue du désert de la Vallée de la Mort ont fait l’objet d’une polémique scientifique pendant des décennies.
Des roches pesant jusqu'à des centaines de livres parcourent des milles à la fois.
Quelques scientifiques ont suggéré que la combinaison de vents violents à la surface glacée expliquerait ces déplacements.
Cependant, cette théorie n'explique pas que différentes roches commencent à se déplacer côte à côte, pour ensuite aller à des vitesses et dans des directions différentes.
De plus, les calculs en physique ne corroborent pas vraiment cette théorie car il faudrait des vents de plusieurs centaines de miles à l’heure pour déplacer certaines de ces pierres.


Basalte columnaire

 

 

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Quand une coulée de lave épaisse se refroidit, elle se contracte verticalement mais fend perpendiculairement à son écoulement directionnel avec une régularité géométrique remarquable - dans la plupart des cas formant une grille régulière d’extrusions hexagonales qui semblent presque faites de main d'homme.
Un des plus célèbres exemples est le Giant's Causeway sur la côte de l'Irlande (montré ci-dessus), bien que le plus grand et le plus connu soit le Devil's Tower au Wyoming.
Le basalte peut également former des motifs différents, mais tout aussi fascinants, quand des éruptions sont exposées à l’air ou à l’eau.


Les trous bleus

 

 

 

 

 

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Les trous bleus sont formés par des baisses massives et soudaines du terrain sous-marin; leur nom vient de la tonalité bleu foncé et sinistre qu'ils prennent quand on les voit d’en haut - comparés aux eaux environnantes.
Ils peuvent être à des centaines de pieds de profondeur, et tandis que les plongeurs peuvent explorer certains d'entre eux, la plupart sont exempts de l'oxygène nécessaire et ne supportent la vie marine en raison de la pauvre circulation d'eau – c’est pourquoi ils sont vides.
Quelques trous de bleus contiennent d’anciens fossiles qui ont été découverts et préservés dans leurs profondeurs.


 

 

 

 

 

 

Les marées rouges

 

 

 

 

 

 

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Les marées rouges sont également connues en tant que floraisons d'algues – des afflux soudains d'algues unicellulaires colorées en quantité massive peuvent colorer des secteurs entiers d'un océan ou d'une plage en rouge sang.
Tandis que certaines soient relativement inoffensives, d'autres peuvent être porteuses de toxines mortelles causant la mort de poissons, d’oiseaux et de mammifères marins.
Dans certains cas, même des humains ont été incommodés par des marées rouges bien que l’exposition humaine ne soit reconnue comme mortelle.
S'ils peuvent être mortels, les phytoplanctons constitutifs des marées ne sont pas nocifs en petit nombre.

 

 

 

 

Les cercles de glace

Tandis que plusieurs considèrent ces cercles de glace apparemment parfaits comme dignes de la théorie de conspiration, les scientifiques suggèrent plutôt qu'ils sont formés par les remous de l'eau qui déplace un important morceau de glace dans un mouvement circulaire. En raison de cette rotation, d'autres morceaux de glace et de débris s’agglutinent lentement jusqu'à façonner un cercle presque parfait.
On a vu des cercles de glace de plus de 500 pieds de diamètre, et parfois on peut trouver des cercles regroupés de différentes tailles, comme ci-dessus.

 

 

 

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Les nuages mammatus

 

 

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Fidèles à leur aspect sinistre, les nuages mammatus annoncent souvent un orage violent ou un quelconque système météorologique extrême.
Principalement composés de glace, ils peuvent s’étirer sur des centaines de milles dans chaque direction et des formations différentes peuvent rester statiques et visibles pendant dix à quinze minutes.
Même s’ils ont l’air sinistres, ils annoncent simplement – avant ou même après – des températures extrêmes.


 

 

 

 

 

 

 

 

Les arcs-en-ciel de feu

 

 

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Un arc-en-ciel de feu circulaire et horizontal se forme lorsque le soleil et certains nuages se rencontrent accidentellement au bon moment et au bon endroit.
Les cristaux à l’intérieur des nuages réfléchissent la lumière des diverses vagues visibles du spectre, mais seulement si elles sont correctement alignées par rapport à la terre.
Comme il est rare que toutes ces conditions soient réunies simultanément, il y a très peu de photos de ce phénomène remarquable.


 

 

 

 

 

 

 

Les effondrements

 

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Les effondrements comptent parmi les phénomènes naturels les plus effrayants.
Avec le temps, l'eau érode le sol sous la surface de la planète jusqu'à ce que, dans certains cas, plutôt soudainement, la terre cède et s'effondre.
Beaucoup d'effondrements se produisent naturellement tandis que d'autres sont le résultat de l'intervention humaine.
Le déplacement des eaux souterraines peut ouvrir des cavités, et les ruptures de conduites d’eau peuvent aussi éroder les sédiments souterrains qui autrement demeuraient stables.
Les effondrements urbains, allant jusqu'à des centaines de pieds de profondeur, ont formé et sectionné des blocs urbains, des trottoirs et même des bâtiments entiers.


Les Pénitents

 

 

 

 

 

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Nommés ainsi par analogie aux moines à capuchons du Nouveau Mexique, (coin inférieur droit ci-dessus), les Pénitents brillent naturellement de par leurs lames de glace très pointues qui s’élèvent vers le soleil.
On en voit rarement sauf en très haute altitude, elles peuvent être plus hautes qu'un humain et former de grandes étendues. 
Quand la glace fond en motifs particuliers, des « vallées » formées par les fontes précédentes laissent des « montagnes » dans leur sillage.
Étrangement, ces formations ralentissent finalement le processus de fonte car les crêtes en projetant des ombres sur les surfaces en contrebas permettent aux  vents de souffler et de refroidir ainsi les crêtes.



Les nuages lenticulaires

 

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OVNI?
Évités par les pilotes traditionnels mais aimés des pilotes de planeurs, les nuages lenticulaires sont des masses  nuageuses ayant une forte propulsion interne qui peut soulever un planeur à de hautes altitudes.
Ces nuages ont la réputation d’être de mystérieux objets volants non identifiés ou leurs camouflages.
Généralement les nuages lenticulaires se forment quand le vent accélère tandis qu’ils sont en train de se déplacer autour d’un large objet comme une montagne.

 

 

 

 





Les colonnes de lumière

 

 

 

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Les colonnes de lumière apparaissent comme des piliers lumineux verticaux qui s’élèvent dans le ciel, comme des cylindres dans l’espace, apparemment sans origine connue.
Elles sont visibles quand la lumière reflète les cristaux de glace provenant soit du soleil soit de sources artificielles au sol telles que des lumières de rues ou de parcs.
En dépit de leur apparence quasi solide, l'effet est entièrement créé par la relativité de notre propre point de vue.

Les faux-soleils ou parhélies

Comme les colonnes de lumière, les parhélies résultent du passage de la lumière à travers des cristaux.
La forme et l'orientation particulières des cristaux peuvent avoir un impact visuel dramatique sur le spectateur, car ils produisent une plus longue trainée dont la gamme de couleurs change.
La hauteur du soleil dans le ciel modifie la distance relatives des faux-soleils de chaque côté.
Les conditions climatiques variables sur d'autres planètes de notre système solaire produisent des halos lumineux créant jusqu'à quatre faux-soleils selon la perspective de ces planètes.
On a étudié les parhélies depuis l’antiquité, et certains écrits décrivant les divers attributs de notre soleil remontent aux Égyptiens et aux Grecs.

 

 

 

 

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les vents d'incendies

 

 

 

 

 

 

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Les vents d’incendies (aussi appelés démons ou tornades de feu) sont courants d'air ascensionnels à grande vitesse, et par conséquent à grande puissance, qui accompagnent parfois les feux de grande violence et dont les manifestations mécaniques s'exercent sur la végétation ou les constructions avoisinantes.
Les tourbillons de feu peuvent être engendrés par d'autres incidents naturels comme les tremblements de terre et les orages, et peuvent être incroyablement dangereux; dans certains cas ils tourbillonnent bien au-delà de la zone de feu elle-même et peuvent causer la dévastation et la mort dans un rayon que la chaleur ou la flamme n’atteint même pas.
Les vents d’incendies peuvent atteindre presque un mille de hauteur, des vitesses de plus de 100 miles à l’heure et durer 20 minutes et plus.

Les lunes orange

 

 

 

 

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Ce dernier phénomène est quelque chose que la plupart des gens ont déjà vu – une superbe lune orange suspendue très bas dans le ciel.
Mais quelle est la cause ce phénomène – et en passant, la lune a-t-elle une couleur?
Quand la lune semble très basse à l'horizon, les rayons de lumière qui s’y réfléchissent doivent traverser beaucoup plus d’obstacles de notre champ atmosphérique, éliminant graduellement tout sauf les jaunes, les orangers et les rouges.
La dernière image révèle les vraies tonalités de la lune, mais avec des couleurs plus intenses qui illustrent la topographie et la minéralogie mixtes de la surface de la lune.
En observant les couleurs combinées aux cratères, on peut commencer à retracer l'histoire des impacts et des mouvements matériels qui ont marqué le visage de notre mystérieuse lune.

&

 

j'espère que vous trouverez du plaisir

à ce voyage avec "DAME NATURE"

 

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Le progrès...

Par Le 02/06/2010

Un ou deux exemples...

 

http://www.lesechos.fr/info/analyses/020573005941-mourir-pour-l-ipad.htm

 

Onze personnes se sont jetées des mêmes toits ces derniers mois. C'est ce que reconnaissent les autorités chinoises. Rien n'exclut que la réalité soit pire, d'autant que les tentatives de suicide ne semblent pas recensées par l'entreprise. A Shenzhen, cette usine de Foxconn, du groupe taïwanais Hon Hai Precision Industry, travaille pour Nokia, Sony, Dell, Apple… Elle assemble « smartphones », PC et surtout, à marche forcée, la nouvelle tablette magique d'Apple. Depuis cinq jours, l'iPad est en vente en Europe et tous les journaux annoncent des lendemains qui chantent.

A quel prix ? Les morts de Foxconn exigent qu'on sache réellement le coût, en vies et en chair, de nos jouets encore neufs. Tout est lisse, sur les écrans tactiles - images fluides, changements instantanés. De quoi oublier très vite la face cachée : pour livrer ces bijoux, des humains triment dans les soutes et les arrière-mondes. Toujours pauvres, presque toujours jeunes, rivés à des tâches mécaniques, soumis à des pressions écrasantes, des horaires harassants, des solitudes absolues, ils ne connaissent du monde qu'opacité et aspérité. Au point d'en finir avec l'existence.

Ce serait une grave méprise de croire qu'ils ont véritablement choisi de mourir. Car il n'a rien d'un choix, le suicide par désespoir, par effroi devant l'épuisement, l'absurde, l'arbitraire et la misère. Dans ce cas, au contraire, comme l'a bien vu Schopenhauer en 1819, « l'individu suicidaire veut la vie […], il veut l'affirmation du corps et la libre existence de celui-ci, mais le tissu embrouillé des circonstances ne le permettant pas, il est affligé d'une grande souffrance ». L'annulationde soi-même sous le poids des contraintes extérieures est aux antipodes des suicides de sages.

Socrate, condamné à mort, en toute légalité mais en toute injustice, aurait pu s'évader. Il boit la ciguë, lucidement, pour exécuter la sentence par fidélité aux lois. Sénèque se taille les veines sur l'ordre de Néron, montrant qu'il sait quitter la vie sans rien regretter. Ceux-là meurent en maîtres : ils consolent leurs proches, dictent leur testament et s'absentent souverainement du banquet de l'existence. Quantité de récits, et plus encore de tableaux classiques, ont célébré ces héros qui ne tremblent pas.

Les victimes du travail infernal et du management despotique se trouvent dans une situation exac-tement inverse. Ecrasées, et non souveraines. Esclaves, et non libres. Poussées au suicide parce que chaque jour leur est devenu invi-vable, et non pas, comme les sages, quittant le présent parce que la mort leur est devenue indifférente. Enfin, Socrate ou Sénèque n'ont besoin de personne : nulle aide ne leur est nécessaire, nul soutien indispensable. Il n'en va pas de même avec les suicidés du management. Ceux qui pourraient encore mourir ont besoin de nous. Or les opinions ont un poids. Les médias, des devoirs. Les compagnies clientes, des pouvoirs.

Car les consommateurs semblent aujourd'hui moins aveugles, moins indifférents. Ils pourraient bien juger préférable de ne pas acheter des produits sortant d'usines où l'on veut faire signer aux employés… un engagement de ne pas mettre fin à leurs jours. Le grotesque, là, le dispute à l'odieux. Demain, le suicide passible d'amende, ou de prison ? Dans cet univers ubuesque, osera-t-on proclamer que tout suicidé risque la peine de mort ? Va-t-on faire porter la menace sur les proches, la famille, les survivants ?

Pour tenter d'agir sur cette déraison inhumaine, on peut rêver que se constituent des mouvements citoyens, qu'ils exigent un label, un signe garantissant que des normes sont respectées. On peut rêver que les compagnies et les marques se décident alors à faire pression sur ceux qui sous-traitent et surmènent. On peut imaginer que se mettent en oeuvre toutes sortes d'actions concrètes pour garantir contre ce vice de fabrication qui fait qu'aujourd'hui, en ouvrant les boîtes, on discerne, sur les écrans neufs, du sang et des larmes.


 

Des milliards en une journée. Pourquoi s'intéresseraient -ils à des oiseaux dont ils ignorent l'existence ?

http://www.lesechos.fr/info/energie/020576088390-maree-noire-bp-s-effondre-en-bourse-apres-son-echec-dans-le-golfe-du-mexique.htm

 

British Petroleum paie chèrement son échec dans le golfe du Mexique. Le pétrolier a dégringolé de 13,1 % hier à la Bourse de Londres, à 430 pence, après l'abandon ce week-end d'une tentative de colmatage de la fuite résultant de l'explosion de la plate-forme pétrolière Deepwater Horizon le 20 avril dernier. Les dirigeants de BP attribuaient de 60 % à 70 % de chances de succès à cette initiative basée sur une injection de boue et de débris dans ce puits situé sous 1.500 mètres d'eau. Fermés lundi en raison de jours fériés, les marchés boursiers anglo-saxons ont violemment réagi à ce nouvel échec, qui ne laisse plus augurer de solution définitive avant le mois d'août. BP a perdu près de 18 milliards de dollars de capitalisation en l'espace d'une séance. Depuis le début de l'accident, voilà six semaines, le pétrolier britannique a vu sa valorisation s'effondrer de plus de 60 milliards de dollars pour tomber aux environ de 116 milliards aujourd'hui. «  Pour les grands fonds d'investissement, la légitimité du titre peut devenir de plus en plus difficile à justifier car les premiers éléments de l'enquête laissent entendre que BP n'aurait pas respecté l'ensemble de ses procédures de sécurité  », explique un analyste parisien. «  Les incertitudes sur l'ampleur des coûts et des dommages vont rester considérables jusqu'à ce que la fuite soit arrêtée  », ajoute Peter Hitchens, analyste chez Panmure Gordon & Co., cité par Bloomberg. D'ici là, le titre risque fort de continuer à chuter.

Les moyens de payer

La saison des ouragans, qui a officiellement débuté hier dans le golfe du Mexique, va probablement pousser le pétrole encore plus loin à l'intérieur des marais de Louisiane et endommager un peu plus l'écosystème local. Pour certains, le titre va pâtir d'un effet d'image qui ne pourra pas se résorber avant plusieurs années. D'autres observateurs, comme la banque d'investissement Arbuthnot Securities, jugent même la survie du groupe en jeu et n'hésitent plus à évoquer la possibilité d'une OPA. Une hypothèse qui soulève beaucoup de scepticisme chez les professionnels du secteur, compte tenu des incertitudes liées à l'ampleur des coûts de la marée noire dans les années à venir.

Pour la plupart des analystes, BP continue d'avoir les moyens de surmonter l'accident. Depuis l'explosion de la plate-forme, le pétrolier a dépensé près de 1 milliard de dollars pour tenter de boucher la fuite et endiguer l'arrivée de la marée noire sur les côtes. Les coûts liés au dédommagement des professionnels de la pêche, du tourisme et aux actions en justice sont plus difficiles à évaluer. La semaine dernière, Credit Suisse estimait la facture finale à 17,6 milliards de dollars. ING juge de son côté qu'elle pourrait atteindre 22 milliards de dollars dans le pire des cas. Aussi élevée soit-elle, cette facture reste néanmoins absorbable pour un groupe qui investit chaque année 20 milliards de dollars et qui a dégagé près de 17 milliards de dollars de profit l'an dernier. «  Les marchés veulent du sang et sur-réagissent clairement à cette suite de mauvaises nouvelles  », estime Jason Kenny, analyste chez ING. Tombé à 430 pence, le titre continue d'offrir un retour sur investissement intéressant en dessous de 600 pence, juge même ING. Une analyse à froid qui peine manifestement à convaincre les marchés.

EMMANUEL GRASLAND, Les Echos

 


 

 

Océans | le 28 mai 2010

Toujours pas de thon rouge à l’horizon… Auraient-ils déjà tous disparu ?

http://oceans.greenpeace.fr/toujours-pas-de-thon-rouge-a-lhorizon-auraient-ils-deja-tous-disparu

Avec une taille pouvant dépasser les trois mètres, le thon rouge fait figure de géant des océans. Aussi grand qu’une petite voiture de sport, ses capacités d’accélération sont supérieures à celles des bolides. Sa morphologie hydrodynamique approche la perfection, si bien que certains chercheurs tentent de s’en inspirer pour concevoir des torpilles et des sous-marins. En réalité, seuls les orques et les grands requins représentent une menace pour le thon rouge, qui règne pratiquement en maître sur les océans et peut vivre jusqu’à 30 ans.



Mais aujourd’hui, les stocks s’effondrent et le thon rouge de Méditerranée est en voie d’extinction. Pourtant, on sait que ce poisson est pêché depuis plus de 7 000 ans. Pendant l’Antiquité, les Romains le ramenaient déjà dans leurs filets pour nourrir leurs soldats. Jusqu’aux années 1960, la pêche au thon rouge était pratiquée à petite échelle : le thon rouge était capturé en Méditerranée par les madragues, des filets fixes sur les côtes.

Les problèmes ont commencé quand certains ont eu l’ingénieuse idée de tirer parti des mœurs de reproduction – certes un peu particulières – des thonidés : pour se reproduire, ils se regroupent tous les ans à la même époque (de fin mai à fin juin) et au même endroit, en Méditerranée… ce qui, bien entendu, facilite leur capture.

Ainsi, à partir des années 70, la pêche artisanale a cédé la place à une pêche industrielle qui a connu un véritable essor, et le développement des thoniers senneurs a signé l’arrêt de mort de l’espèce, tout comme celui de la pêche artisanale. La pêche à la senne s’apparente en fait davantage à une véritable chasse, avec ses « rabatteurs » (les avions de repérage) et ses « tireurs » (les senneurs). La senne utilisée pour le thon rouge est un filet long de plus de deux kilomètres, qui ne laisse aucune chance aux bancs de poissons.

Dans un premier temps, les sennes étaient donc pleines. Et pour écouler l’offre abondante, il a fallu booster la demande. Le thon rouge est vite devenu un aliment phare de la cuisine japonaise, notamment des fameux sushi. Pourtant, contrairement à une idée largement répandue, le thon rouge ne faisait pas partie à la base des ingrédients traditionnels de la cuisine nippone. Mais la recherche du profit à tout prix a poussé les pêcheries à s’industrialiser toujours plus, à une échelle démesurée et insoutenable…. Ainsi, une poignée de thoniers senneurs remplissent leurs filets et leurs poches, tandis que nos responsables politiques assistent les bras croisés à la disparition d’une espèce emblématique de nos océans…

Tous les acteurs présents, mais pas de pêche possible !
Le Rainbow Warrior, le navire amiral de Greenpeace, n’a pas démissionné : il est en Méditerranée depuis l’ouverture de la saison de pêche. Les bateaux de pêche sont là eux aussi, avec leurs remorqueurs et leurs cages, tout comme les navires militaires de contrôle. En revanche, les thons rouges brillent par leur absence…

Il se peut que les thonidés s’en soient allés vers des eaux plus chaudes, qu’ils aient pris un peu de retard à cause d’une température de l’eau trop froide, ou que nous ne regardions pas au bon endroit. Ou alors, le pire des scénarios est peut-être en train de se réaliser : les thons rouges ont disparu.

Cela fait des années que Greenpeace et les associations de protection de l’environnement tirent le signal d’alarme. On a beau nous accuser de jouer les Cassandre, le bon sens veut que si l’on continue de traquer une espèce menacée d’extinction, au bout d’un moment, elle cesse d’exister.

Mais la patience est le maître mot des militants embarqués à bord du Rainbow Warrior. « Dépêchez-vous et attendez » est devenu la devise officielle de nombreuses actions menées par Greenpeace. Ce qui est sûr, c’est que les pêcheurs sont prêts, et le temps joue contre eux : la saison de pêche se termine le 15 juin. Ces dernières années, la saison de pêche a été considérablement écourtée : trop de bateaux, trop peu de ressources halieutiques. Espérons que quelqu’un a tuyauté les thons rouges pour qu’ils n’arrivent pas en Méditerranée avant le 16 juin !

Auparavant, les thoniers pouvaient pêcher 11 mois sur 12, contre un seul aujourd’hui… Malheureusement, ces mesures s’avèrent insuffisantes pour permettre une reconstitution des stocks. Si l’on veut vraiment mettre un terme au déclin des populations de thonidés, il faudrait s’assurer qu’ils puissent se reproduire dans des conditions optimales, et à cet effet, commencer par protéger les zones où ils se reproduisent.

La solution : des réserves marines
Le thon rouge est un poisson migratoire qui, par conséquent, peut difficilement se reproduire en captivité. Il faut donc préserver les espaces dans lesquels ils évoluent naturellement, notamment les mers entourant les îles Baléares. Si, pour la plupart d’entre nous, ces îles riment avec soleil et vacances, elles sont synonymes de survie pour le thon rouge qui vient s’y reproduire.

Ainsi, pour protéger le thon rouge, il faut protéger les Baléares (et le sud de la Sicile, et le Golfe du Mexique, pour commencer !), et empêcher les thoniers senneurs de capturer une espèce en danger qui vient justement dans ces eaux pour se reproduire. La science est formelle, la logique implacable. Le raisonnement n’est pas difficile à comprendre, que vous vouliez sauvez le thon rouge en tant qu’espèce ou préserver le futur de la pêche.

Entre autres mesures, il faudrait notamment créer des réserves marines dans les zones de reproduction du thon rouge en Méditerranée. Depuis des années, Greenpeace et d’autres ONG réclament l’établissement d’un sanctuaire pour le thon rouge dans les eaux des Baléares. Toutefois, le gouvernement espagnol, qui n’a jamais été le meilleur ami du thon rouge, s’oppose à cette mesure.

En bref, nous nageons dans un océan de scandales. Pourquoi les thoniers-senneurs ont-ils le droit de guetter et d’épingler une espèce en voie de disparition qui vient en Méditerranée pour se reproduire ? Pourquoi nos gouvernements défendent-ils les intérêts des pêcheurs, et non ceux du thon rouge ? Il semblerait que le thon rouge soit devenu le symbole d’une gestion catastrophique de la pêche et des ressources naturelles.

Notre fiche thématique sur le thon rouge

Notre fiche thématique sur les réserves marines

François et Isabelle, en direct de la mer Méditerranée.

 

L'argent des armes.

Par Le 02/06/2010

 

Quelle évolution spirituelle ? Il n'y en a pas en dehors de quelques individus. Mais quelle influence ont-ils ? Aucune. Sinon sur leur propre existence. Doit-on l'accepter ? Est-ce que c'est irrémédiable ? Les millions de blog à travers la planète ont-ils un sens ? Favorisent-ils une prise de conscience ? Est-ce que les idées et les actes ont un impact sur les dirigeants ? Non. Tout cela ne sert à rien à l'échelle de l'humanité. La main mise de l'argent et de ceux qui vivent dans son adoration reste l'élément moteur. Il n'y a aucun espoir à notre niveau. Nous ne serons toujours que des pions. La seule chose à faire est de respecter la case sur laquelle on se trouve. Ne pas participer à ce massacre.

 

Ce dégoût en moi. J'aimerais avant de mourir voir l'humanité se dresser sur un autre piédestal que le profit.

 

 

Malgré la crise financière mondiale, les dépenses militaires sur la planète ont presque doublé en dix ans pour atteindre 1.530 milliards de dollars (1.240 milliards d'euros) en 2009, a annoncé mercredi l'Institut international de recherche pour la paix de Stockholm (SIPRI).

Dans son rapport 2010, l'organisation non gouvernementale suédoise estime également que ces dépenses se sont accrues de 5,9% entre 2008 et 2009. Les Etats-Unis, N°1 mondial des dépenses militaires, représentent à eux seuls 54% de cette hausse. La Chine, devenue le N°2 mondial en 2008, a conservé ce rang l'an dernier. La France occupe la troisième place. Selon le SIPRI, c'est en Asie et en Océanie que les dépenses militaires augmentent le plus vite.

La crise financière mondiale a eu peu d'effets sur les dépenses militaires des gouvernements, même dans des pays dont les économies ont été particulièrement touchées, souligne Sam Perlo-Freeman, porte-parole du SIPRI.

"Même si les dépenses militaires n'ont pas constitué habituellement une partie importante des plans de relance économique, elles n'ont pas été réduites non plus", explique M. Perlo-Freeman. "Pour les puissances intermédiaires ou majeures comme les Etats-Unis, la Chine, la Russie, l'Inde et le Brésil, elles représentent un choix stratégique sur le long terme que ces pays sont prêts à faire même lorsque les temps sont durs pour l'économie."

Depuis que les Etats-Unis ont doublé leurs effectifs militaires en Afghanistan, ils dépensent davantage dans ce pays qu'en Irak, note le rapport.

Le SIPRI estime par ailleurs que 8.100 têtes nucléaires sont opérationnelles aux Etats-Unis, en Russie, Chine, Grande-Bretagne, France, Inde, au Pakistan et en Israël. Même si c'est 300 de moins qu'il y a un an, environ 2.000 de ces ogives sont toujours prêtes à être tirées en quelques minutes, précise le rapport. AP

lma/v437

Sur le Net:

 

 

Ecole (suite)

Par Le 01/06/2010

Je me demande combien de temps il faudra attendre, à quel point désastreux il faudra arriver, pour que ça soit les PARENTS qui se révoltent et pas les enseignants ?...Comme si ça ne les concernait pas, comme si l'avenir de leurs enfants étaient insignifiants. Je ne sais pas ce qui me révolte le plus en fait. Le gouvernement ou les parents ...

 

Les propositions de Luc Chatel pour économiser les postes d'enseignants hérissent l'opposition. Brigitte Gonthier-Morin, sénatrice communiste des Hauts-de-Seine s'insurge contre un "nouveau plan d'austérité".

 

AFP/PHILIPPE HUGUEN

Luc Chatel a mis au point un "schéma d'emploi 2011-2013" pour réaliser des économies de postes d'enseignants.

Pourquoi dénoncez-vous "le schéma d'emplois 2011-2013" du ministre de l'Education Luc Chatel?

C'est une véritable catastrophe pour l'avenir de l'école de notre pays. Les réformes qui prévoient 16 000 suppressions de postes à la rentrée 2010 et la masterisation des concours des enseignants, ne sont pas encore effectives mais Luc Chatel annonce déjà 17 000 postes en moins pour 2011. Sans oublier que celles-ci s'ajoutent aux 40 000 suppressions d'emplois déjà réalisées ces dernières années. Nous assistons à une saignée de l'éducation. Du service public dans un premier temps, qui sera plus tard suivi par le privé.

Après la révélation des pistes de Luc Chatel pour économiser des postes, le Parti socialiste a qualifié de "cynique et brutale" l'attitude du gouvernement.

Avec ce plan, ce sont les conditions d'égalité d'accès à l'enseignement partout sur le territoire qui sont visées.

Mais l'annonce du ministre de l'Education n'est pas surprenante, elle s'inscrit dans la logique appliquée par les ministères de Nicolas Sarkozy: aller de réforme en réforme sans concertation et sans se préoccuper de la méthode. Le gouvernement reste marqué par l'obsession des dépenses publiques. Ce qui est scandaleux, c'est qu'on demande aux académies et aux rectorats de choisir quel membre on va leur couper en leur demandant de choisir les postes à supprimer.

Parmi les propositions envisagées, que vous inspire l'augmentation du nombre d'élèves par classe?

Ce n'est pas une solution. L'apprentissage nécessite qu'on passe du temps avec les enfants et qu'on puisse leur apporter une réponse adaptée à chacun. Or mettre plus d'élèves dans des classe est un obstacle au bon apprentissage des élèves mais aussi aux conditions de travail des enseignants.

Et sur le possible regroupement des petites écoles?

Ce sont les structures situées dans des territoires déshérités qui risquent de pâtir de ces fusions et fermetures d'écoles. Or la proximité dans le milieu rural est importante. Cela va poser des problèmes concrets: un enfant va devoir se déplacer plus longtemps et les classes vont être surchargées.

Luc Chatel a déclaré ce mardi que les problèmes de l'Education nationale n'étaient pas une "question de moyens"...

C'est un discours récurrent de la part du ministre. On ne nie pas la nécessité de réformer mais aucune réflexion n'est menée pour améliorer l'offre pédagogique. On a préféré désosser le "mammouth" plutôt que de prendre le temps d'un véritable diagnostic partagé avec le personnel de l'Education, les parents d'élèves et les syndicats, pour ensuite avancer ensemble sur des pistes de réflexion.

Par ailleurs, Luc Chatel annonce un déploiement de mesures sans lien visible alors que, sans le dire, le gouvernement réfléchit à une réorganisation totale des cycles scolaires. Par exemple, la fin de la scolarisation des 2 ans est pensée pour mieux s'attaquer à la scolarisation des 3 ans.

Seriez-vous solidaires des syndicats en cas d'appel à la mobilisation?

Parfaitement. Ce que dénoncent les syndicats de l'Education relève du bon sens. Ils ont envie d'être associés aux réformes. Surtout, ils veulent qu'on leur enlève l'épée de Damoclès au dessus de leur tête qu'est celle des suppressions de postes.

Pour améliorer l'offre pédagogique, il faut revenir sur les suppressions de postes des enseignants et suspendre la réforme de l'IUFM. Avec la masterisation, les futurs enseignants seront davantage désarmés dans des classes plus difficiles qu'avant. Il s'agit de restaurer un climat de confiance pour le corps enseignant plutôt que d'entretenir le malaise actuel.

Ce n'est pas en diminuant le personnel, les infirmiers, les psychologues, les enseignants, ni en postant des policiers dans les établissements qu'on résoudra les problèmes actuels de l'école comme l'échec scolaire ou la violence scolaire. Ce sont des fausses réponses.

Brigitte Gonthier-Morin est sénatrice des Hauts-de-Seine membre du groupe Communiste, Républicain, Citoyen et des Sénateurs du Parti de Gauche. Elle est membre de la commission de la culture, de l'éducation et de la communication du Sénat.

Le formatage de l'école

Par Le 30/05/2010

Je me bats depuis très longtemps avec le fonctionnement qui fait qu'un enfant ne va travailler qu'en fonction de la note qu'il va obtenir, de la peur de la sanction, de la peur du redoublement, de la peur du regard des autres, du jugement des parents...J'ai dit aux enfants cette semaine q'ils allaient écrire eux-mêmes leur dernier bulletin, celui qui va être lu par les profs à l'entrée en sixième, je leur ai demandé d'écrire une appréciation sur l'ensemble de leur travail pendant leur annnée de CM2. La première chose qui ressort, c'est leur moyenne générale, c'est la première chose à laquelle ils pensent. Et pourtant, pendant un an, j'essaie de leur faire comprendre que ça n'est pas l'essentiel, que leur évolution personnelle est bien plus importante mais cette pression sociale, ce fonctionnement chiffré, cette obligation de résultats visibles, présentables, restent pour eux la seule norme importante. Il y a heureusement des cas à part...Une petite a écrit qu'elle avait beaucoup aimé discuter et qu'elle voyait bien qu'elle arrivait mieux maintenant à exprimer des pensées profondes, qu'elle n'avait jamais autant parlé de l'amour, de la mort, de la vie, de l'Univers, de la beauté de la Nature, du bonheur de sentir son corps, de l'importance d'avoir une amie (elle dit de son amie que c'est son soleil)...
Les enfants subissent une pression énorme pour "apprendre un métier", pour "gagner sa vie", réussir ses études pour avoir de l'argent, pouvoir consommer, acheter la dernière audi, le nouvel i pad, ou un i phone (ils connaissent très bien ces engins à la mode), ils sont déjà dans la peur du chômage, la peur de l'avenir, la peur de la vie. Ils vivent dans une peur constante dès l'école maternelle. Il faut "réussir"...Avoir de l'argent...Cet embrigadement est une abomination, un formatage dont la puissance est sans fin, l'idée aussi que la compétition est une loi humaine, qu'il faut être le meilleur, même dans le sport la notion de jeu passe au second plan, le foot est un modèle surpuissant, gagner des fortunes en tapant dans un ballon, et se payer des call girls, une ferrari, une maison avec piscine, leurs modèles n'est pas le sportif mais l'homme riche, quand je parle des aventuriers qui ne gagnent pas un centime, n'ont pas de sponsors, ils s'en détournent, c'est un combat constant pour essayer de leur faire voir une autre vie, d'autres valeurs, un homme et non une réussite sociale...Toutes ces années de soumission passive construisent des citoyens, pas des hommes libres.
Ca fait longtemps que je me demande ce que je fais là-dedans...Est-ce que ça sert à quelque chose ? Est-ce que je m'illusionne pas en espérant apporter une observation lucide ? Quelques pistes de vie pour qu'un équilibre se fasse.
Mais quand j'entends des enfants en fin d'année scolaire me demander si l'exercice que je leur donne va être noté, je vois bien que rien n'est fait...Est-ce que j'aurai un bon salaire ? On en est toujours là...

A la prochaine rentrée je vais entrer en guerre totale contre mon inspecteur et les profs du collège. Ils veulent des notes chiffrées, un bulletin scolaire avec une moyenne générale.
Ils n'en auront plus. J'irai jusqu'au blâme administratif si nécessaire. Je suis assez soutenu par quelques parents pour obtenir des témoignages devant l'inspecteur d'académie si je suis convoqué. Puisque j'apprends aux enfants à ne pas être soumis, autant que je donne l'exemple jusqu'au bout.
 
Après 27 ans d'enseignement, je peux dire qu'il était beaucoup plus intéressant de travailler il y a dix ans en arrière. Même si l'esprit de compétition existait, il n'y avait pas tout ce qui s'est greffé depuis. Désormais, la reconnaissance passe bien davantage par le "crétinisme" que la performance, le désir d'apprendre, cette envie de se projeter en avant. Le leader est un "négationniste"...C'est effroyable. "NTM" est bien plus reconnu que "Rimbaud". Les poètes engagés brûlent des bagnoles et cassent du flic, ils violent des filles dans les caves et se shootent à la colle, font des bras d'honneur et n'ont aucun honneur. Ce monde part en vrille. Je le vois tous les jours en entrant dans ma classe. Et je m'y épuise au-delà du raisonnable.
 
On a eu cette semaine une nouvelle qui nous a assommés...
Le nouvel instit en charge d'une classe de 29 CM1 à la rentrée n'a jamais mis les pieds dans une classe, n'a reçu aucune formation mais il a un master en biologie...La belle affaire...Un enseignant de l'école va être nommé d'office par l'inspecteur pour servir de "formateur"...Ils n'ont pas parlé de rétribution bien entendu. L'objectif pour moi est clair. L'état va casser l'école laïque pour qu'un maximum de parents se tournent vers l'école privée. On va fermer les IUFM (déjà fait à Chambéry). Des économies gigantesques pour l'état.
Je connais des enseignants qui sont partis. Et il était grand temps pour eux. Ils se détruisaient. Pas d'autre solution.

En septembre j'aurai 30 élèves de CM2...Pour 2000 euros par mois. 27 ans de carrière. Plus de mille enfants. Il me reste 15 ans à faire.

"...un potentiel de vente insuffisant..."

Par Le 29/05/2010

au regard des thèmes développés...

 

"Plénitude de l'unité"

 

Extrait.

 

Il est incapable de dormir, l’idée même de s’allonger dans le lit froid l’indispose. Il enfile sa veste et sort.

 

Le ciel étoilé est un plafond lumineux. La lune ronde comme un miroir immobile et soumis réfléchit avec une ardeur rare les rayons du soleil qu’elle vénère. Inutile de prendre la lampe frontale. Des rideaux de clarté douce parcourent l’atmosphère comme des haleines célestes chargées de particules solaires. Des soleils si lointains qu’ils n’ont pas de noms sinon celui de la Vie qui bat dans leurs pulsations. Il part sur la route du col de Claran. Le goudron et les herbes et les bourgeons luisent tous comme des courants chauds dans un océan sombre, des sillages agités de reflets translucides dans le corps éthéré de l’atmosphère. Il croit voir s’ouvrir des myriades de bouches affamées, petits évents fébriles, cherchant à capter des souffles gorgés de cellules voyageuses. La Terre, sous ses yeux amoureux, se nourrit, saisit goulûment la Vie qui coule de l’Univers et ruisselle en silence. Il sent combien nous sommes tous enlacés par plus grand que nous, toujours câlinés par cette atmosphère ignorée. Il s’étonne d’ailleurs de l’extraordinaire ingéniosité de cette couverture gazeuse qui a su filtrer les rayonnements solaires bénéfiques et repousser vaillamment ceux que la Vie ne pouvait recevoir.

Mais a-t-elle « su » le faire, nécessitant pour cela une conscience réelle ou tout au moins un Architecte habile capable de maîtriser les lois de la physique ou a-t-elle simplement par un mécanisme chanceux fini par se constituer laborieusement, autorisant dès lors l’apparition de la Vie?

En lui, Dieu surgit une nouvelle fois. Il le voit cette fois comme le porteur d’une question essentielle, le point d’interrogation dressé devant les hommes. La complexité  fabuleusement merveilleuse du Vivant le pousse à croire en l’existence de l’Architecte mais le Mal s’obstine à jeter un voile sombre sur la Clarté qu’il distingue.

Encore une fois, il veut y penser et tenter d’avancer dans le mystère qui le hante.

Une brise légère, parfumée à la sève des grands pins, l’effleure un court instant, lançant par ses effluves des désirs de sous-bois.

Il entre sous le couvert des arbres. Le plafond étoilé apparaît, impassible, dans les trouées des frondaisons. L’air, comme assoupi, respire lentement. Il s’arrête et tente de ralentir les battements de son cœur, de sentir la maîtrise de l’organe qui se soumet à son esprit. Il aimerait adapter ses souffles à ceux du monde. La force de son amour se révèlerait alors. Mais il est prisonnier de mouvements internes qu’il ne contrôlera jamais. Une faiblesse qui le désole. Les animaux sont certainement plus habiles que nous à cet égard, il en est certain. Les biologistes qui expliquent les bonds étonnants des baleines hors de l’eau par des soucis de se nettoyer des coquillages qui infestent leurs corps ou par des volontés de communications avec leurs semblables n’ont jamais admis qu’ils ne pouvaient s’agir tout simplement que d’un moyen fabuleux d’exprimer leur joie et leur amour de la Vie. Que sommes-nous capables de réaliser pour témoigner à notre tour de notre reconnaissance envers cette Force qui nous anime ? Nous la combattons. Voilà tout ce que nous avons réussi à établir comme contact. Pour lui, la troisième guerre mondiale a déjà commencé. D’un côté l’armée des hommes et de l’autre celle d’une Nature sans réelle défense. Effrayant l’aveuglement de cette humanité, qui en réduisant la Vie sur la planète, ne s’aperçoit même pas qu’elle se condamne. Impossible déjà de comptabiliser le nombre d’espèces animales et végétales que la présence de l’homme a réduit à néant comme il est sans doute impossible, tant l’expansion du mal est effroyable, d’imaginer ce qui restera de vivant sur cette Terre dans mille ans. La seule chance pour que la complexité de ce vivant ne se réduise pas à quelques espèces nécessairement utiles à l’homme c’est que l’homme lui-même vienne à disparaître ou tout au moins à perdre son hégémonie sur la planète. Tout est prêt : la folie, l’esprit guerrier, les armes. Il ne reste qu’à trouver le déclencheur. Hitler a montré la voie. Les terroristes l’ont remplacé. Leur imagination est sans limite et leur morale inexistante. Il en sait quelque chose. Une deuxième solution viendra peut-être de l’intérieur. Le cancer frappait-il les hommes préhistoriques ? Il n’a pas de réponse. Il demandera à Isabelle si elle connaît un livre pouvant l’éclairer sur le sujet. Le sida est venu renforcer l’armée des destructeurs. On ne connaît pas encore la prochaine version que nous proposera l’ennemi. Quelqu’un, un jour, a écrit : «  Les hommes sont comme les pommes, quand on les entasse, ils pourrissent. » L’image est parfaite. Six milliards et quelques d’humains. Ca commence sérieusement à puer. D’autant plus que le dépôt où sont rangés les fruits est dégradé par la récolte elle-même.

Il est de plus en plus persuadé que la disparition de Dieu ou son détournement par des esprits religieux et souillés est la raison principale de ce massacre. Il pense aujourd’hui que Dieu en nous donnant la Vie nous enferme mais en autorisant le Mal à nous poursuivre et à nous « Mal-traiter », il nous offre également les conditions de notre délivrance. Toute mère en donnant la vie connaît « la délivrance » mais pour celui qui par cet acte libérateur entame son existence, c’est le début au contraire de son emprisonnement. La Tâche suprême, dès lors, sera de trouver les clés permettant d’ouvrir la porte de la cellule et de parvenir, en pleine possession de sa conscience, à la quête de l’Esprit. Les obstacles et les multiples occasions de sombrer dans la dispersion ne sont peut-être que le moyen que Dieu a trouvé de n’offrir cette Voie Lumineuse qu’à ceux qui par leur obstination, montreront qu’ils méritent pleinement de connaître la Clarté. Seul celui qui cherche a une chance de trouver. L’évidence semble ridicule et pourtant l’humanité ne devrait jamais cesser de se la répéter. La Mort est sans doute, dans la logique de cette vision, la récompense ultime offerte à tous de quitter cet enfermement. Il fallait bien que Dieu nous laisse une issue. Il ne pouvait, humainement parlant, maintenir ainsi pour l’Eternité une sanction aussi lourde. Quant à ceux qui atteignent l’Eveil avant de parvenir à la dernière seconde fatidique de leur existence terrestre, Dieu les récompense de leur travail par l’accession à la Conscience supérieure. Les rescapés de la Mort, explorateurs des dernières frontières, ont déjà goûté à cette Illumination. Leur esprit s’est déjà dressé au seuil de la porte. Ils en sont revenus avec un goût immodéré pour la Vie. La mort n’est qu’une étape, pas une fin. Leur vie terrestre est donc libérée de toute nécessité de réalisation, de tout objectif matérialiste à atteindre, de toute inquiétude futile devant le Temps qui passe. Le Temps est leur allié, la vieillesse est leur guide. Ils savent qu’il est impossible de se perdre, que le chemin les ramènera immanquablement vers la Porte. Délivrés de toutes contraintes, ils fusionnent dès lors avec la Vie qui les enlace, entrent en communion absolue avec l’Univers, leurs semblables ou la chenille qui patiente dans son cocon de soie et rêve déjà de ses futurs envols.

Pour ces chercheurs, la vie sur Terre n’est que le tissage de leur cocon et l’Amour qui les anime constitue la trame du fil dans lequel ils s’enroulent pour se libérer un jour.

Le dauphin était son cocon. C’est à lui qu’il pense en cet instant. Il aimerait savoir s’il parviendra à s’extirper du corps du mammifère et à s’ébattre librement. Il espère qu’une nuit le rêve reviendra.

L’impression inattendue, et l’idée l’affole, qu’il ne peut plus mourir, qu’il n’en est plus à ce stade. Qu’il est au-delà de cette vision du Mal. Puisque la Vie ne peut pas disparaître et que seuls les supports dont elle se sert sont provisoires, il sait que si son image s’efface, la Vie, elle, ne s’en trouvera pas menacée. C’est à travers cette Vie qu’il continuera son chemin. Il ignore simplement sous quelle forme. Il place cela en dehors de toute idée de réincarnation. Plutôt une transcendance, un champ d’énergie sans frontière spatiale ni limite temporelle. Tout est flou encore mais s’installe peu à peu, aux hasards des sensations délivrées par le monde. Mais si le Mal ne l’atteint plus il ne sait toujours que faire de la souffrance des enfants cancéreux. La répétition lancinante de cette question le taraude et réduit ses élans mystiques à des reptations méprisables, des hallucinations forcées, juste des comptines puériles pour repousser les cauchemars. Que penser des enfants cancéreux ?

Fallait-il que Dieu aille jusque dans cette extrémité pour placer les hommes sur la Voie de la Compréhension ? Ne pouvait-il pas s’en tenir aux douleurs de l’âme ? Un effroyable doute.

Et si ce doute participait lui aussi à l’Epreuve ? L’idée lui plaît… N’est-il pas l’ultime barrière à gravir pour accéder à la Porte ? Ne s’agit-il pas pour Dieu d’un ultime défi pour tester notre Foi ? « Que celui qui ne croît plus en Moi, parce que le destin que Je lui ai choisi lui pèse, connaisse la défaite et la fin. »

Dieu est-il capable d’un tel acharnement ?

 

Il ne sait pas lui-même si, dans le cas où Isabelle, un jour béni, venait à « se délivrer » de leur premier enfant, il accepterait les cris de douleur du petit être fragile et l’incompréhension au fond de ses yeux envers une maladie qui le rongerait. Inacceptable qu’un être puisse accéder à la Compréhension en veillant celui qui meurt.

Ne perdrait-il pas la Foi ? Ne refuserait-il pas l’Epreuve ? Ne maudirait-il pas le Responsable ?

Dans ce cas là, Dieu n’a-t-il pas présumé des forces morales de l’homme ? Mais s’il n’a pas su prévoir que la douleur serait trop épouvantable pour pouvoir être pleinement assumée par les parents qui soutiennent dans leurs bras impuissants leur petit enfant qui meurt, comment pourrait-on lui donner le nom de Dieu ? Puisqu’il s’est trompé. 

De nouveau, parce que le doute ne le quitte jamais, il s’efforce d’établir la situation inverse.

Si Dieu n’est rien d’autre qu’une illusion inventée par les hommes, les enfants cancéreux et tous ceux qui portent en eux des maladies incompréhensibles ne sont-ils pas tout simplement, et horriblement, les porteurs des stigmates d’une Nature créatrice qui se cherche encore ? Si Dieu n’y est pour rien, si la question même de son existence n’a pas de raison d’être et qu’on s’en tient à une Nature créée lentement par un hasard facétieux, les enfants malades et condamnés ne sont-ils pas l’ultime combat que doit livrer une humanité qui se veut libre et détachée de la Nature originelle ? L’Epreuve nous est proposée par cette Nature elle-même et nous n’avons dès lors rien d’autre à tenter que de la comprendre pour mieux la maîtriser.

Il n’a toujours pas de réponse. Rien de définitif n’apparaît. Il se dit d’ailleurs que la réponse est peut-être là et que le doute en stimulant les recherches est à la source des progrès. Les scientifiques et les religieux, persuadés de détenir la vérité, ne doutent peut-être plus assez pour continuer à trouver. Ils se contentent d’apporter de nouvelles interprétations sur des concepts déjà éclairés refusant par là même de s’aventurer dans les zones d’ombres.

Lui ne sait rien, c’est la seule chose dont il soit sûr.

Avec Isabelle, il pourrait peut-être établir quelques certitudes.

Il fait demi-tour. Il va lui téléphoner. Sa décision est prise. Il doit lui parler, se dévoiler totalement pour que l’amour soit possible. La colère de n’y être pas parvenu tout à l’heure. Dans la voiture, sous la lumière crémeuse du lampadaire, il devinait dans ses yeux un désir réel, une attente à peine contenue. Corriger l’erreur, rétablir le contact. Il est déterminé et force son pas.

Sans s’en apercevoir, il a remonté la piste sur trois bons kilomètres. Il est une heure et demie lorsqu’il parvient au chalet. Une pelote de limaille dans la gorge. Réfréner ses élans et ses désirs de paroles jusqu’au lever du jour. Tout ce qu’il aurait pu prononcer tout à l’heure déboule dans son esprit tourmenté, toutes les explications sont claires, les mots d’amour frissonnent au bord des lèvres. La force de son désir réduit l’image de la prothèse à un détail secondaire. C’est la fusion qui l’appelle et le transcende. Il marche dans le salon, incapable de se calmer. La peur que ses idées sombrent dans l’épaisseur du sommeil et qu’au réveil, les angoisses récurrentes soient de nouveau les plus fortes. La peur de ses faiblesses quand il sent que dans l’instant présent il les domine. Il sent combien l’ascension est délicate, périlleuse, terriblement fragile. Son progrès personnel est à l’image de celui du monde. Il est sur la voie la plus audacieuse et la plus incertaine. C’est à l’élévation de son esprit que tous ses efforts s’attellent. Et dans ce domaine rien n’est jamais assuré et rien n’est jamais acquis. Il est bien plus facile et tentant d’abandonner. L’humanité n’a cessé de le faire. De nouveau, il voit le Progrès comme une route infiniment large empruntée elle-même par des progrès multiples. Les progrès de la médecine et de la technologie représentent les constituants les plus en vue, une bonne partie de l’humanité s’efforçant à tout prix de se voir attribuer les bienfaits de la première pour profiter des dernières trouvailles de la deuxième, réduisant les existences à de frénétiques possessions et rejetant la quête spirituelle dans les tréfonds de l’ésotérisme ou pire encore dans les mains des églises et des sectes. Il aimerait savoir ce que serait devenue la connaissance spirituelle si les hommes avaient employé autant d’énergie dans ce domaine que dans les deux progrès précédents. Serions-nous capables, par exemple, d’annihiler la douleur ou tout du moins de la dominer par la seule force de notre esprit ? Aurions-nous trouvé Dieu ? Le Dieu réel, pas l’entité ridiculement rétrécie à l’image de l’homme que les religions vénèrent. Pensant cela, une chaleur étrange parcourt son corps, des frissons jamais perçus vibrent dans son crâne.  

Et c’est là que l’idée prend forme. Ne sommes-nous pas tous constitués de Dieu ? Ne s’est-il pas fragmenté pour concevoir la Vie et élaborer toutes les formes qui l’honorent ? Il sait bien qu’il n’est pas Dieu mais Dieu est peut-être en lui comme il est peut-être en Isabelle. Et la prothèse, dans ce cas, n’est jamais qu’une mécanique astucieuse permettant que la Vie de Dieu en lui fusionne avec la Vie de Dieu en Isabelle. N’est-ce pas cela l’extase amoureuse ? La réunification des fragments de Dieu dans un couple. Mais ne peut-on pas connaître cette extase avec toutes les formes de Vie que Dieu a lancées de par le Monde ? La tête lui tourne en imaginant l’intensité du bonheur que produirait cette communion ineffable quand il pense déjà à la force de l’extase déclenchée par l’amour humain. N’est-ce pas là que se trouve le Paradis Perdu ? Ou peut-être même le sens de toute une vie ? Dans cette capacité à reconstituer le corps de Dieu en aimant la totalité des fragments dans lesquels Il se cache. De la fourmi à la baleine bleue sans oublier les végétaux et peut-être même, mais la tâche lui paraît immense, tous les êtres humains.

Mais dans cette vision du Bonheur ultime, qu’en est-il encore une fois des enfants cancéreux ? Et de tous ceux qui portent en eux des maladies incurables ? Se peut-il que Dieu ne soit pas parvenu à les investir pleinement et que dès lors, la Vie se dérègle ? Dieu est-il parfois dépassé par l’ampleur de sa tâche ? Et si c’est le cas, n’avons-nous pas comme devoir absolu de l’aider à rectifier le travail en le soutenant par notre Foi ? N’ont-ils pas guéri, parfois, ceux qui sont parvenus à trouver Dieu en eux, à le reconstruire peut-être, à terminer le travail, aidés certainement par les maîtres du progrès médical ? Mais Hitler ou Staline, et tous les adeptes du génocide, que font-ils là ? Comment est-il possible qu’ils soient parvenus à enfouir Dieu en eux aussi profondément ? La folie peut-elle les excuser ? Mais cette folie, pourquoi aurait-elle échappée au contrôle de Dieu ? Est-ce encore l’ampleur de la tâche qui peut justifier cela ?

Les interrogations comme des bourrasques. Un tourbillon qui refuse de s’apaiser. Il se dit que le seul livre qu’il pourrait écrire sur Dieu serait un livre de questions ne comportant aucune réponse.

Plutôt que de demander pardon à Dieu pour nos incroyances passagères, ne devrions-nous pas pardonner à Dieu pour son incomplétude coupable ? Et si nos propres faiblesses n’étaient dès lors que le reflet de celles de Dieu ? S’il nous a fait à son image, ne portons-nous pas les traces enfouies de ses erreurs, ne réussissent-elles pas quelquefois à remonter à la surface, attirées peut-être par des fissures dans la carapace. Et si nous cessions de voir en Dieu un Etre parfait et que nous acceptions de le regarder comme un artisan sublime connaissant malheureusement quelques fatigues bien normales.

Pour ceux qui souffrent des conséquences des épuisements ponctuels de Dieu, l’ensemble des êtres humains ne devraient-ils pas faire preuve d’humanité pour pallier les déficiences de la divinité ? Dans cette attitude solidaire, affectueuse, attentive, certains hommes et certaines femmes dévoués au-delà du commun n’ont-ils pas déjà trouvé un aboutissement extraordinaire à leur existence ? Et certains malades ne sont-ils pas revenus de ce séjour dans les tourments de Dieu avec une sérénité et une lucidité exemplaires ? Ne devrions-nous pas apprendre à être malades ? N’y aurait-il pas dans cette attitude profondément réfléchie et sensible une voie d’accès à Dieu ?

Le Mal sur Terre et le combat des hommes contre les forces multiples qu’il déploie ne sont-ils pas simplement, et terriblement, la confession à nos oreilles des péchés d’orgueil de Dieu, de ses insuffisances, de ses égarements ? A-t-il cru pouvoir s’en sortir seul malgré le gigantisme de sa Création ? Ou bien s’agit-il de sa part d’une manœuvre volontaire ? A-t-il voulu, en plaçant quelques brèches dans la perfection de son œuvre, obliger les hommes à se lancer toujours plus en avant, vers une maîtrise totale de leurs existences ? A-t-il voulu par là nous montrer la voie de la délivrance ? Que serions-nous devenus si nous avions été affublés d’une éternité pesante et d’une félicité béate ? Nous n’aurions sans doute jamais cherché Dieu puisque nous nous serions crû son égal. C’est notre fragilité qui nous pousse à grandir et c’est  pour cela que nous devrions en premier lieu remercier Dieu.

Brutalement, il s’aperçoit qu’il ne parvient pas, pour la première fois, à établir la réflexion inverse et que l’idée d’un Dieu inexistant ne trouve pas sa place dans sa tête. Car si Dieu n’existe pas, qu’en est-il de lui-même ?

Est-ce Dieu l’illusion ou nous-mêmes ? Sommes-nous simplement des formes agitées sur l’écran noir de l’Univers, créatures vides qu’un laborantin génial manipule ? Ces milliards d’êtres humains et ces milliards de milliards de moustiques et ces milliards de milliards de milliards de brins d’herbe ne sont-ils que les porteurs de Vie que Dieu imagine, des illusions d’optiques remarquablement constituées et pourquoi pas tout simplement les multiples versions d’un rêve divin ? Et si le Créateur venait à disparaître, le tour de magie disparaîtrait-il avec lui ? Et si le Créateur venait à être réveillé, inquiété par la tournure prise par ses propres rêves, dans quel Inconscient pharamineux serions-nous engloutis ?

Il lui est désormais effroyable de croire qu’il est né d’un hasard et que toute la Vie qui l’entoure n’est qu’un assemblage laborieux qui a connu durant des milliards d’années des ratages monstrueux. Il lui semble plus doux d’imaginer que dans son être, éphémère et dérisoire pour l’Univers, un Etre supérieur se cache, qu’une volonté puissante a conçu cette image, lui a insufflé un élan, l’a jeté en avant.

Et que maintenant, Il l’observe.

Car si la totalité de son être fonctionne, bien qu’une partie lui ait été enlevée, et qu’il comprenne plus ou moins bien les mécanismes qui maintiennent la cohésion de l’ensemble, il ne parvient pas à comprendre comment chaque cellule sait pertinemment à quoi elle doit servir. A aucun moment de son existence, il n’existe par sa volonté. Tout se fait sans qu’il intervienne. Il peut tenter de maintenir le ciment, de ne pas perturber l’ordre établi mais il n’est en rien responsable des battements de son cœur, des milliards de pensées de son cerveau et de l’extraordinaire complexité de son corps. L’organisation de tout cela dépasse l’entendement humain car encore une fois les « comment » déjà expliqués ne suffisent pas à éclairer l’essentiel. Comment tout cela est-il possible ? Non pas le fonctionnement mais l’idée elle-même ? Est-ce qu’il est acceptable et suffisant pour calmer l’inquiétude d’affirmer que le Hasard est le maître, la sélection naturelle une évidence, l’évolution des espèces une règle intangible ?

Lui n’est toujours sûr de rien.

Il se sert un verre d’eau fraîche.

Un désagréable sentiment de prétention égocentrique. L’impression d’un abandon narcissique. Il tente de faire machine arrière et de déceler l’instant où sa réflexion lui a échappé. Il en est persuadé en cet instant, les images étaient trop belles, elles le valorisaient, faisaient de lui une création planifiée, une intention parfaite. Il a basculé dans une mystique aveugle. Tout du moins, il le craint.

Il en vient finalement à douter de tout ce qui s’est dit dans sa tête et l’expression correspond pleinement aux sensations étranges, presque désagréables, qui lui restent.

« Tout » s’est dit.

Et cela l’effraie. Quel est donc ce « Tout » qui s’est imposé avec une telle efficacité ? Les délicieuses bouffées de chaleur qui suintaient de tous ces pores et l’enivraient. Une parfaite sensation de la paix extraordinaire qu’il a connue, un bref instant, quelques secondes. Tout est là. Juste une illusion ? Tourbillon.

Ne sommes-nous pas tous constitués de Dieu ? C’est à cette question que tout s’est produit, que cette paix indescriptible l’a saisi, que les angoisses sont toutes tombées dans le néant, que la délivrance a pris forme. La délivrance… Il s’est déjà approché de cette paix. Il était dans le ventre du dauphin. Il baignait dans un océan d’amour. Mais son incapacité à comprendre l’avait condamné à ne pas naître, à ne pas goûter à la délivrance.

Les larmes. 

Qui est là ?

Qui frappe ainsi à la porte fermée de notre conscience ?

Comment l’appeler ? Le Grand Architecte, l’Esprit, l’Un, le Tout ?

Dieu ?

Si ce nom doit être gardé, il faut faire l’effort, immense et constant, d’oublier toutes les distorsions millénaires instaurées par quelques hommes pour soumettre les autres, d’effacer toutes les paroles mensongères, de détruire les églises, les crucifix, les autels et toutes les croix immondes qui ne sont que des murailles où les âmes aveugles viennent buter leur front soumis et désespéré et non des chemins qui élèvent. Le travail est titanesque, si énorme qu’on pourrait le croire réservé à un Dieu. Comprendre. La soif qui le brûle doit être étanchée, les horizons qu’il aperçoit doivent être parcourus, il ne peut plus en être autrement, une mission essentielle, une démarche aussi nécessaire que sa propre respiration.

Il s’agit de naître. Il n’y a pas de tâche plus vitale.

 

"...des réflexions trop exigentes..."

Par Le 29/05/2010

Pour reprendre la raison principale du refus des éditeurs...

"Plénitude de l'unité"

Extraits :

"L’idée jaillit à la sortie d’un sous-bois. La Nature est le temple offert à l’homme pour se lancer dans la Voie. Mais l’homme, sans aucune reconnaissance, gonflé par ses prétentions, s’est extirpé de cette Nature impassible. La science affirme sans cesse qu’en expliquant les « comment », elle maîtrise les « pourquoi. » Ce n’est qu’une illusion. L’accumulation et la complexité des « comment » déjà identifiés par l’humanité ne lui a pas permis d’élaborer clairement la moindre explication originelle à tout cela. Nous sommes capables de comprendre les structures les plus diverses mais nous ne sommes pas pour autant capables d’expliquer, fondamentalement, l’existence de cette structure. Nous connaissons l’architecture du temple, ses contours, ses piliers, ses sculptures les plus abouties mais nous ne pouvons rien dire sur l’âme de l’architecte. En cherchant à expliquer cette architecture, nous avons oublié de l’aimer, en voulant imposer notre esprit nous avons délaissé l’Esprit. Notre égocentrisme a étouffé notre compassion et la nécessité absolue de contemplation. Seuls, les peuples appelés « primitifs » continuent d’adorer cet Esprit. C’est une des raisons profondes de notre volonté à les faire disparaître. Ils sont trop en opposition avec notre soif de puissance pour leur laisser la liberté de vivre différemment. Ils représentent tout ce que nous avons perdu et les éliminer favorisera la disparition de toute mémoire, l’anéantissement de la nostalgie. Il s’agit avant tout d’un problème spirituel, une certaine forme insidieuse de la mondialisation.

 

Dieu. Il a toujours autant de mal à se dégager des images imposées par la religion. Il ne pense pas à ce Dieu là. Celui qu’il ressent, il n’en a aucune représentation. Il s’agit bel et bien d’un Esprit et de rien d’autre. Et il n’a aucunement besoin d’un Jésus ni de ses apôtres, ni de toutes ces pratiques dogmatiques et étroites.

La Vie est son prophète.

La Terre est son église.

Les deux sont unis par l’Esprit.

Il ne comprendrait pas qu’un scientifique puisse exécuter son travail sans être frappé par la Foi. La Foi en la Vie. Non une Foi religieuse mais une Foi tournée vers l’Univers. Quel est donc le secret caché ? Et comment comprendre l’Architecte ? Qu’il soit  pur Esprit ou inconnaissable Energie ou les deux à la fois, quel que soit le nom qu’on lui donne, comment pourrait-on étudier tout cela sans succomber à l’Amour.

Il s’efforce sitôt achevée cette projection verticale d’en instaurer l’opposé.

Si l’Univers n’avait finalement aucun objectif, qu’il n’était qu’une succession anarchique d’informations ayant extraordinairement, et non « miraculeusement », aboutie à une organisation viable, si tout n’était qu’un formidable hasard, si toute l’évolution n’était   qu’un sursis à chaque instant maintenu, fragile équilibre, qu’une information malencontreusement insérée dans l’ensemble pourrait dérégler, alors nous ne serions également qu’un amalgame judicieusement assemblé à travers des millénaires de hasards, sous la menace permanente d’un grain de sable qui perturberait l’ensemble et entraînerait une évolution gigantesque ou peut-être notre disparition totale, ce qui à l’échelle de l’Univers, ne serait d’ailleurs qu’un infime changement. Ajouté à ce hasard dans lequel Dieu n’a aucune place, la Vie, si elle est considérée sous l’angle de la chair, n’est qu’une effroyable boucherie et cette abomination rejette avec encore plus de forces l’idée même d’un Créateur. Tuer pour vivre, telle est la règle. Tout, absolument tout, se transforme et évolue à partir d’autre chose. Tout est nourriture. Celui qui dévore sera un jour dévoré et chaque jour qui passe sur cette Terre voit se dérouler un épouvantable massacre dont il vaut mieux sans doute ne pas prendre conscience. L’incommensurable multitude de proies saisies à chaque seconde, ces chairs dépecées, ces ventres déchiquetés, ces herbes tendres broyées par des molaires d’herbivores et mâchées et remâchées dans l’ignorance du cri des herbes, ces êtres animés qui sitôt sortis du ventre maternel ou de l’œuf, pétrifiés par l’accession brutale à ce monde inconnu, vont périr déchirés par les dents acérées des prédateurs affamés qui veulent « naturellement » calmer les douleurs de leur ventre. La vie dans les océans est un condensé de ce monumental carnage. Les nuages d’œufs pondus, ces masses incroyables de vies larvaires, ces milliards d’alevins frétillants ne sont que les proies d’animaux plus grands et seuls quelques individus chanceux ou plus vifs survivront, permettant à chaque fois à l’espèce concernée de se sauver et de se reproduire, déclenchant aussitôt une nouvelle curée. Et tous les prédateurs qui se sont nourris de ces embryons et de ces diverses victimes n’ayant goûté à la vie qu’une poignée d’heures, seront à leur tour, alors qu’ils n’ont pas encore digéré leur festin, la proie d’autres animaux affamés, qui à peine rassasiés, serviront de pâture aux suivants, tout aussi voraces, impitoyables, indifférents. Tout se résume ainsi à un infiniment petit englouti par un infiniment moyen englouti par un infiniment énorme et tout cela massacré dans le même instant par l’homme, l’infiniment tueur. Car cet étripage constant mais naturel n’est sans doute qu’une fioriture si on le compare à ce que l’homme a commis, commet et commettra. Les millions de tonnes de poissons entassés et étouffés dans les filets dérivants et toutes les espèces « inutiles » rejetées aussitôt par-dessus bord sont avant tout des êtres frétillants de vie, et les monceaux de viande dépecés dans des abattoirs ruisselants de coulées sanglantes, ces agneaux, ces poulets, ces porcins hurlants sont des êtres vivants qui vomissent leur terreur.

Que dire des régiments d’enfants décimés dans les guerres, parfois en premières lignes, poussés par leurs pères, leurs viscères coulants dans leurs mains impuissantes, leurs jambes arrachées sur des mines anti-personnelles, leurs yeux crevés par des éclats d’obus, et les mères enceintes violées par des armées de monstres avant d’être éventrées et les bébés vivants cuits dans des marmites d’eaux bouillantes, les sexes coupés qu’on enfonce dans les bouches des prisonniers avant la dernière balle, les pendus qu’on lacère pour accompagner leurs derniers instants des rires ignobles des bourreaux qui se déchaînent, les blessés imbibés d’essence et autour desquels les tueurs dansent au rythme des flammes et des hurlements de ceux qui brûlent, il sait tout cela, il en a lu tout ce qu’il est possible de supporter. Le reste n’a jamais été écrit. Les lecteurs vomiraient sur les pages.

Si, sur cette Terre ensanglantée, chaque être vivant qui meurt poussait un cri puissant à l’instant où il succombe, qu’il soit animal, végétal ou humain, ce monde ne serait qu’un atroce hurlement indéfiniment prolongé et nous mutilerions certainement nos oreilles, préférant être sourds. Ce monde, sous l’angle de la chair, n’est que souffrance et notre naissance est le symbole même de ce piédestal sur lequel tout se bâtit car c’est notre mère qui souffre, parfois pendant des heures, pour nous donner vie.

 

Il s’arrête et sort le thermos de thé. Un gobelet. Les yeux fixés sur les mondes intérieurs.

 

Un hasard pourrait expliquer une évolution aussi monstrueuse mais un Dieu ? Se peut-il qu’un Etre créateur instaure volontairement une telle forme de Vie ? Et peut-on dès lors la qualifier de supérieure ? La supériorité par la mort. Voilà donc apparue la putain du Maître. Toujours prête à se donner, à s’ouvrir, indécente, à tout ce qui passe à sa portée. Faire mourir pour vivre, il n’y pas d’autre issue. Et la douleur, comme un soldat fidèle et attentif aux ordres de son Maître, insensible aux cris de pitié, viendrait ajouter à ce goût du massacre l’insupportable plongée dans les délires de l’âme humaine lorsque plus rien ne la maintient à flot et qu’elle s’abandonne à la répugnante délectation du sang. Et Dieu se cacherait là-dedans ? Difficile à admettre.

 

Le sac sur les épaules, reprendre les bâtons, relancer la mécanique des pas.

 

Il reste une dernière solution à laquelle la main mise inconsciente des religions lui avait interdit de penser. Se pourrait-il que Dieu soit un être fondamentalement mauvais qui s’amuse à nos dépends ? Se pourrait-il que cette nature que nous adorons ne soit qu’un terrain de jeu pour un Esprit pervers ? Que la beauté du décor ne soit destinée qu’à apaiser les douleurs que le Maître du jeu s’amuse à infliger à la troupe d’acteurs ? Se pourrait-il que la complexité de l’être humain, son évolution lente et obstinée ne soit pas un progrès mais une déchéance, l’éloignement sans fin du point d’équilibre ? Croyant courir après le bonheur, l’humanité, engagée dans une fausse direction, ne serait-elle pas finalement en train de le perdre de vue, de laisser disparaître dans les horizons lointains, dans une Histoire antédiluvienne, la Vie simple et belle, immuable, sans désirs de conquêtes, juste installée dans la contemplation du lever du soleil ? Dieu n’aurait-il pas choisi de laisser en paix les créatures les plus simples, de l’amibe au ver de terre en passant par la baleine bleue et de condamner l’espèce humaine à l’angoisse du néant, l’obligeant à s’épuiser dans une quête matérialiste totalement stupide mais qui l’amuse au plus haut point ?

 

Ne serions-nous pas ses victimes préférées ?

 

Il débouche au sommet de la pente de neige qu’il avait aperçue la fois précédente. Le col au pied de l’arête des Grands Moulins se dessine devant lui à une heure de marche.

Un thé chaud. En effectuant un tour d’horizon, il devine le col de Claran sous la montagne opposée. Il se retourne et inspecte la pointe du Rognier qui pourrait servir de prochain objectif. Entre les deux sommets, en contrebas, un vaste plateau à l’architecture complexe, coule en pente douce vers les forêts. Il prend la carte et étudie les différents sentiers. Au milieu du plateau, un petit point indique la présence d’un lac. Le lac vert.

La jeune fille. Comme il serait bon, au printemps, de monter avec elle vers les eaux claires.

Elle est là, en lui, et il aimerait tant qu’elle soit également à ses côtés.

 

Il range la gourde et s’empresse de reprendre sa progression.

Retrouver le fil des pensées.

 

La science et la théologie n’auraient jamais dû se dissocier. Même s’il semble qu’il existe un abîme entre la démarche scientifique, fondée sur des expériences rigoureusement prouvées, et la démarche théologique, construite sur une hypothèse injustifiable, elles contenaient peut-être, l’une et l’autre solidaires, respectueuses et attentives, les réponses essentielles. Séparées, elles n’ont aucune chance de parvenir, à travers les millénaires, qu’à l’accroissement de leur égarement respectif, qu’elles continueront fièrement, chacune, à nommer progrès. De multiples progrès, c’est certain. Pour la médecine notamment. Mais pour la compréhension de l’Esprit, il n’en sera rien.

Et l’ensemble de la masse, abandonnée par les chercheurs et les mystiques, qui auraient pu faire office de guides spirituels, continuera à errer dans les affres de cette angoisse existentielle, toujours fiévreusement étouffée, et avec une imagination fertile, sous les artifices de la modernité.

Une pénible nausée. Un tel gâchis.

L’échéance de sa réintégration dans le monde humain l’effraie de plus en plus. Comment réussira-t-il à préserver l’incandescence de ses pensées dans le marasme des jours quotidiens ? Jamais, auparavant, il n’était parvenu aussi loin. Il ne sait si toutes ces idées ont un sens réel mais elles correspondent à la réalité que, lui, il cherche.

Se disant cela, il comprend combien il est facile de basculer dans l’élaboration d’une religion. Il ne sait si ses théories ont une logique scientifique ou si la foi, uniquement, les guide mais il serait prêt à les considérer définitivement acceptables et même peut-être transmissibles. Concevant cela, il s’aperçoit de son orgueil et donc de son appartenance à l’humanité et à ses travers. L’idée lui déplaît fortement mais étrangement elle le convainc qu’il n’a aucune raison de devoir lutter contre les sentiments amoureux. Il s’agit sans doute du même ordre de choses, d’une autre faiblesse. Il n’est qu’un humain.

Et c’est bien peu.

Dieu ne lui est pas accessible. Le Hasard non plus. L’Architecte, quel qu’il soit, n’est pas identifiable. Ni même la Vérité. Pas pour l’espèce humaine, en tout cas.

Il se demande si les animaux n’éprouvent pas davantage la réalité de la Vie que nous. N’ont-ils pas su préserver le Contact ?

L’ultime Compréhension.

Mais alors pourquoi pas nous ? De quoi avons-nous été punis ? Et s’agit-il d’ailleurs d’une punition ou d’une mission à accomplir ? Dieu nous aurait-il envoyé une épreuve afin de juger de l’intérêt de cette espèce particulière ? Si c’est bien le cas, le Créateur doit être effroyablement déçu. Dès lors, cette désillusion consommée, se peut-il qu’il soit parti voir ailleurs, désespéré et n’ayant plus aucune attente ? 

Si Dieu est parti, nous errons dans le Temps à la merci de notre folie qui est sans borne ou du Hasard qui a repris la place laissée vacante.

Et si Dieu est toujours présent et que la mission qu’il nous a envoyée est bien réelle, la tâche à accomplir est d’autant plus immense que nous avons perdu l’objectif de vue, que dans la cacophonie de nos agitations frénétiques, nous n’entendons plus rien. Il n’est dès lors  pas certain que l’humanité soit engagée dans la bonne direction et le progrès qu’elle vénère n’est peut-être en réalité que l’approche de la fange. Si dès lors nous nous éloignons de l’objectif que Dieu nous avait assigné, combien de temps nous faudra-t-il pour nous en apercevoir, expliquer, convaincre la masse non pensante et enfin changer de cap ?

Peut-être s’agit-il d’ailleurs d’une lutte impossible, que le mal est déjà trop ancré dans chacune des cellules qui animent chacun des individus. Que nous tombons en refusant de le comprendre entraînés par la masse colossale de l’humanité. Nous nous sommes arrachés du corps de la nature et nous dégringolons emportés par notre orgueil et notre obstination à ne rien voir.

Les églises, quels que soient leurs noms, ne peuvent plus aider les hommes. Elles ont perdu l’essence même de la Vérité. Elles ne sont plus des temples où Dieu se présente mais des maisons closes où elles ont souillé Dieu, répandant sur la Beauté du mystère leur fiel prétentieux comme une semence assassine. Toutes les règles religieuses sont essentiellement destinées à créer un ciment, à établir une morale commune et donc à contenir les libertés individuelles, à les soumettre, à les anéantir. Les églises ne favorisent en rien la quête de Dieu. Elles l’ont limitée, lui donnant une direction unique, toujours imposée aux incroyants. On connaît les massacres, passés, présents et certainement futurs, perpétrés au nom de Dieu. Il déteste les églises. Dieu, s’il existe, ne peut pas être en dehors de sa Création. Il est dans le brin d’herbe et l’eau des ruisseaux, le vol agité du papillon et les yeux verts de la jeune fille de ses pensées. Que viennent faire les églises dans ce monde sinon le salir et retirer l’homme du temple divin de la Nature ?

 

Il marche, en lui, sur des pentes inconnues qu’il avait toujours côtoyées sans jamais les parcourir.

Il aimerait mêler à cette avancée étrange la jeune fille de la bibliothèque. Son bonheur alors serait entier.

 

Il est au pied de l’arête terminale des Grands Moulins. La ligne d’ascension n’est pas clairement visible. C’est un enchevêtrement de piliers ruiniformes et de couloirs enneigés, de blocs instables et de pentes lisses sur lesquelles la neige, pour l’instant, s’accroche. Deux ou trois heures, selon les détours nécessaires, lui semblent indispensables pour atteindre le sommet.

Ne pas monter seul. Une emboîture qui lâche et c’est la catastrophe. Personne ne sait où il est. Des heures de descente. Il sort du sac la paire de jumelles. Il inspecte minutieusement chaque zone et dessine une ligne possible dans les successions chaotiques d’arêtes brisées. La neige est un allié indéniable. Elle maintient les pierres instables et permet de remonter sans risque les zones terreuses qu’elle tapisse. Il ne doit pas attendre la fonte de printemps. La boue sous les pieds est un danger permanent. L’objectif devant lui est à la mesure de ses progrès et de ses élans. C’est là qu’il doit éprouver ses forces revenues, la maîtrise de ses pas.

Il fait demi-tour. C’est la guerre qu’il veut gagner et non seulement une bataille. Il n’est pas en situation de monter au front.

 

La jeune fille de la bibliothèque. Il a suffi qu’il redescende vers la vallée pour qu’elle s’invite dans ses pensées.

Il retrouve la voiture sans avoir cessé de penser à elle. Il saisit combien la lumière qu’elle diffuse dans son âme peut entraver ses recherches, que l’intensité de l’éclat peut l’aveugler et estomper tout le reste. Pour l’instant, il imagine la jeune fille face à lui mais dès lors ce n’est pas de l’amour, juste un éblouissement. Tant qu’il ne lui déclarera pas sa flamme, il ne verra rien d’autre que le feu de ses prunelles et ne parviendra pas à marcher à ses côtés. Pour avancer dans une direction commune, il faut fusionner et cesser de s’éclairer l’un l’autre. Il voudrait le lui dire, là, immédiatement. Il imagine la blancheur devant eux, l’extrême limpidité des horizons s’ils parvenaient, ensemble, à progresser vers le haut.

Il roule et ne peut arrêter le flot d’idées qui dévale.

Ces deux âmes confondues dans la même brillance, il les voit comme la communion parfaite, celle que l’être humain et la Terre ont autrefois connue. L’être humain et l’Univers, se corrige-t-il. L’amour entre individus, lorsqu’il est à l’échelle de la fusion des âmes, est une empreinte du paradis perdu. Tout le bonheur est là, toute la paix s’y cache. Rien n’est plus profond et plus révélateur que cet amour sublime. Le chant de l’oiseau parlait de cet amour. Et de communion avec le lever du jour. Le mode de conscience dualiste, aussi longtemps qu’il dominera le monde, maintiendra le gaspillage des ressources, l’emploi irraisonné des techniques, la destruction des environnements, l’intoxication des âmes. Chaque nouvelle loi, chaque direction économique, sera toujours prisonnière de ce champ de pensées étroit et néfaste, totalement opposé à l’idée que l’individu est une partie intégrante de la Nature, qu’il ne peut porter atteinte à un élément de la Vie, aussi infime soit-il, sans se détruire lui-même. Il sait que s’il portait atteinte à la jeune fille de la bibliothèque, il anéantirait l’amour, et lui-même, et sans doute un peu l’Univers.

Scott Peck, (blog "Chez Tom")

Par Le 18/05/2010

Le chemin le moins fréquenté

Livre de Scott PECK - Genre : Psychologie

http://www.cheztom.com/rencontres-le-chemin-le-moins-frequente-scott-peck-article66.html

C’est dans ce livre que j’ai puisé ma définition de l’amour, je vous le recommande donc mais avec du recul pour la dernière partie de l’ouvrage. sentier

L’auteur est psy et alimente son essai de nombreux exemples qui rendent la lecture très vivante. Je suis plutôt d’accord avec lui sur ce que doit être une relation entre un psychothérapeute et son patient, sur le degré d’implication que suppose une telle thérapie. Il témoigne également du nombre de patients qui préfèrent reculer devant les remises en causes familiales, matérielles, affectives... que supposent un vrai questionnement.

A toute personne qui souhaiterait engager une thérapie, je propose ces deux citations :

 

"Ce que tu ne peux pas donner te possèdes"

 

 

"Il faut du courage pour être heureux"

 

Je vous soumets enfin, avec son aimable autorisation, la synthèse du livre réalisée par le Docteur Patrice EON :

 

L’ouvrage de Scott Peck a été écrit en 1978, l’auteur est un psychiatre américain à orientation analytique qui ne fait aucune distinction entre le spirituel et le mental donc aucune distinction entre évoluer spirituellement et évoluer mentalement, pour lui c’est la même chose. Il pense que l’évolution personnelle implique un travail complexe et ardu qui dure toute la vie et considère que la psychothérapie peut être une aide substantielle mais qu’elle n’est pas fondamentale. Il se situe hors tout courant dogmatique, ne se déclare ni Freudien, ni Jungien, ni Adlérien et défend la pluralité des voix vers l’évolution spirituelle.

 

La première partie de son ouvrage est consacrée à la discipline.
Il considère celle-ci comme un outil de base dont nous disposons pour apprendre à affronter les problèmes et à les résoudre avec succès pour s’enrichir et évoluer. C’est grâce à la discipline que l’homme peut se confronter à ses problèmes et à leurs résolutions et grâce aux difficultés de la vie que nous évoluons mentalement et spirituellement. Les gens sages savent, non seulement, ne pas avoir peur de leurs problèmes, mais les acceptent de bon cœur avec la souffrance qu’ils impliquent.

Pour lui, la plupart des hommes ont tendances à contourner les difficultés de la vie plutôt qu’à faire face ; il considère avec Jung que la névrose est toujours un succédané d’une souffrance légitime.

L’objectif de Scott Peck est donc d’élaborer une façon d’aborder la douleur de manière constructive. Il fait pour cela appel à quatre techniques de discipline : retarder la satisfaction, accepter la responsabilité, se consacrer à la vérité, et trouver l’équilibre. Nous reviendrons sur chacun de ces points pour les développer.

Il considère que la plupart des gens sont incapables de retarder une satisfaction, en quelque sorte, ils veulent tout et tout de suite ; seul, une minorité est capable de différer la satisfaction d’un désir ce qui serait le témoignage d’une certaine maturité. Il en fait le commencement d’une autodiscipline. Pour que les enfants puissent développer cette capacité à retarder la satisfaction, il est nécessaire qu’ils aient des modèles d’autodiscipline : un sens de leur propre valeur, une confiance en la sécurité de leur existence. Ces trésors sont acquis grâce à l’amour authentique profond et discipliné offerts par les parents ; Scott Peck pense également que la plupart les hommes ont tendance à différer l’approche de leurs problèmes dans l’espoir que ceux-ci disparaissent d’eux-mêmes ; hors bien évidemment, les problèmes ne disparaissent pas, on doit les affronter sinon ils demeurent, restent toujours une barrière pour l’évolution et le développement de l’esprit. Il nous invite donc à choisir de souffrir maintenant en espérant que la satisfaction viendra plus tard, plutôt que de continuer à profiter de la satisfaction présente en espérant que la souffrance future ne sera pas nécessaire.

La deuxième technique, concernant la maîtrise de la souffrance, consiste à accepter la responsabilité. IL faut en effet accepter d’endosser la responsabilité d’un problème avant de pouvoir le résoudre. Pour Scott Peck, beaucoup essaie d’éviter la douleur en en projetant la cause sur leur entourage, se débarrassant de la responsabilité de la résolution de celui-ci sur les autres. Il considère que les névrosés assument trop de responsabilité alors que les gens qui souffrent de troubles du caractère n’en assument pas suffisamment ; Il insiste sur le fait qu’il est plus facile de travailler en psychothérapie avec des névrosés qui s’estiment coupables qu’avec des personnes souffrant de troubles du caractère qui ne se sentent pas responsables de leur situation.

La troisième technique de discipline, c’est le culte de la vérité. Pour lui, la vérité c’est la réalité et notre façon d’appréhender la réalité est subjective ; notre vision du monde est comme une carte sur laquelle nous pouvons déterminer les territoires de notre vie. Nous ne naissons pas avec une carte, il nous faut la dessiner ; ce n’est pas une chose facile et plus nous persistons dans nos efforts pour percevoir la réalité, plus notre carte devient étendue et précise. Scott Peck insiste ensuite sur la nécessité de redessiner cette carte en fonction des circonstances de la vie. Lorsque l’on s’est longuement, courageusement évertué à dessiner une carte adéquate qui paraît utilisable et qu’on est confronté à de nouvelles informations qui l’invalide, on s’aperçoit alors qu’il faut la recommencer. L’effort est douloureux, il peut être accablant et effrayant. Nous dépensons donc souvent beaucoup plus d’énergie à défendre une carte périmée qu’il ne nous en aurait fallu pour la réviser. Il fait ensuite un parallèle entre la situation de transfert et l’image d’une carte périmée. Pour lui, le transfert est un ensemble de perception, une approche du Monde et un comportement développé pendant l ’enfance qui est transféré dans l’âge adulte où il n’est plus utilisable. Il insiste sur le fait qu’il est très difficile de se défaire d’un comportement qui a été efficace. Il pense en effet qu’un trouble névrotique est bien souvent un anachronisme. C’est la reproduction dans le présent de comportements infantiles qui étaient adéquats lorsqu’ils ont été mis en place pour la première fois, qui se sont répétés de façon itérative tout au long de la vie sans jamais être remis en question. Ainsi donc, consacrer sa vie à la vérité consiste en une remise en question permanente et rigoureuse. Consacrer sa vie à la vérité, c’est accepter de la remettre en question ; la seule manière d’être certain que notre carte de la réalité est bonne est de l’exposer à la critique et au défit des autres cartographes. L’entreprise de la psychothérapie est une remise en question délibérée de ses vérités de l’enfance. Scott Peck considère que les patients en thérapie sont, contrairement à l’image stéréotypée, des gens plus forts et plus sains que la moyenne dans la mesure justement où ils acceptent de remettre en question leurs vérités infantiles. Scott Peck considère la psychothérapie comme un raccourci légitime et souvent négligé vers l’évolution spirituelle.

L’équilibre est la quatrième technique de discipline.

L’équilibre est la discipline qui nous donne la souplesse ; une part importante du travail en psychothérapie consiste à aider les patients à rendre leur système de réponse plus souple c’est à dire à trouver le délicat équilibre entre les courants conflictuels tels que les besoins, les buts, les devoirs, les responsabilités, les ordres, etc.... et l’essence de cette discipline d’équilibre est le renoncement. Pour qu’une thérapie soit réussie, il faut pouvoir abandonner une partie de son ancien moi. Pour Scott Peck, la dépression est le sentiment qui est associé au processus de renoncement à quelque chose à aimer. Pour lui, les humains, mentalement sains, doivent évoluer. L’abandon de l’ancien moi fait partie intégrante de l’évolution spirituelle et mentale. La dépression est un phénomène normal et fondamentalement simple. La dépression indique dans ce cas de figure, l’imminence de changement majeur obligatoire pour une adaptation réussie et évolutive. C’est en renonçant à leur moi que les humains peuvent trouver dans la vie la joie la plus durable, la plus solide, et la plus extatique ; c’est la mort qui donne à la vie tout son sens. Le processus de renoncement au moi est pour la plupart une progression dans laquelle on s ’achemine par étape.

Scott Peck pose ensuite la question de savoir s’il n’est jamais possible dans cette vie de se libérer de la douleur émotionnelle. Il répond de façon nuancée, oui parce qu’une fois la souffrance complètement acceptée, elle cesse en quelque sorte d’être douloureuse, oui parce qu’une pratique sans cesse augmentée de la discipline amène à la connaissance approfondie qu’une personne spirituellement évoluée domine la situation dans le sens qu’un adulte domine un enfant. Mais il répond également, non parce qu’il y a un grand manque d’efficacité dans le monde, un vide qui doit être combler. Scott Peck pense qu’une façon, peut être la meilleure, de mesurer la grandeur de quelqu’un c’est de mesurer sa capacité à souffrir et il nous prévient que si notre but est d’éviter la douleur et d’échapper à la souffrance, il ne nous ne conseille pas de chercher à nous élever dans la conscience et à évoluer spirituellement.

J’insisterai sur le point suivant, Scott Peck nous dit qu’il faut déjà avoir quelque chose pour pouvoir y renoncer. Vous ne pouvez pas abandonner quelque chose que vous n’avez pas. Il faut donc se forger une identité avant d’y renoncer. Ceci reprend l’idée que j’avais développée dans mon texte sur la Psychanalyse et la Spiritualité : avant d’entreprendre une démarche spirituelle, il faut avoir construit son identité de façon solide en ayant fait si nécessaire une démarche psychothérapique pour pouvoir ensuite aborder le domaine de la Spiritualité.

Pour l’auteur, les techniques de bases, ci-dessus mentionnées, pratiquées sans cesse et profondément, sont à elles seules suffisantes pour permettre au praticien de la discipline ou disciple d’évoluer spirituellement vers les plus hauts sommets.

La deuxième partie de l’ouvrage de Scott Peck est consacrée à l’amour.
Il considère que l’amour est ce qui motive et dynamise la discipline indispensable à l’évolution spirituelle. Il définit l’amour comme la volonté de se dépasser dans le but de nourrir sa propre évolution spirituelle ou celle de quelqu’un d’autre. Il considère qu’il est impossible de faire évoluer autrui sans évoluer spirituellement soi-même. Le sens du mot volonté dans sa définition de l’amour est celui d’un désir d’une intensité suffisante pour être transformer en action.

Pour l’auteur " tomber amoureux " est une expérience spécifiquement érotique, c’est aussi une expérience inévitablement temporaire car tôt au tard la passion s’éteint ; ce qui ne signifie pas que nous cessions d’aimer mais simplement que le sentiment d’amour extatique finit toujours par s’estomper. Tomber amoureux permet temporairement d’échapper à la souffrance de la solitude et l’effondrement temporaire des frontières du moi vécu par la plupart d’entre nous comme une expérience extatique, nous-même et l’être aimé ne faisons qu’un, la solitude n’existe plus. Mais tôt ou tard en réponse aux problèmes de la vie quotidienne, l’individu va se réaffirmer ; alors chacun de son côté, dans l’intimité de son cœur prend amèrement conscience qu’il ne fait pas un avec l’être aimé.

Une à une, petit à petit ou brutalement, les frontières du moi se remettent en place ; la passion s’éteint. A nouveau, les amoureux sont des individus séparés et c’est à ce moment là qu’ils vont soit dissoudre les liens qui les unissaient, soit commencer le travail du véritable amour. En affirmant que c’est lorsque la passion disparaît que les partenaires peuvent commencer à s’aimer vraiment, l’auteur affirme que le véritable amour ne trouve pas ses racines dans le sentiment d’être amoureux. Tomber amoureux n’est pas un acte de volonté. Ceci n’implique pas le dépassement de ses propres limites ou de ses frontières, c’est simplement leur effondrement partiel et temporaire. L’amour véritable est pour l’auteur une expérience d’enrichissement durable contrairement à la passion.

Tomber amoureux suppose donc l’effondrement des frontières du moi et c’est une réponse stéréotypée des humains à un ensemble de pulsions internes et stimuli externes qui sont sexuels et qui servent à accroître la probabilité de l’accouplement afin d’assurer la survie de l’espèce.

Le mythe de l’amour romantique apparaît à l’auteur comme un affreux mensonge. La véritable acceptation de l’individualité de chacun, en l’occurrence de la sienne propre et de celle de l’autre est la seule base sur laquelle un mariage mûr peut être construit et le véritable amour peut se développer.

L’auteur considère la passion comme très proche du véritable amour qui implique le dépassement des limites des frontières du moi. Il appelle cathexis le processus d’attirance d’investissement et d’engagement qui pousse le futur amoureux hors de ses frontières personnelles. Ceci aboutit à une extension progressive de notre moi à une incorporation du monde extérieur et à un développement, à un attirement et à amincissement des frontières du moi. Lorsque au lieu de nous être unis temporairement et de manière irréelle avec un seul objet aimé, nous nous sommes fondus réellement et plus durablement avec une grande partie du Monde alors une union mystique avec ce dernier peut alors être établie.

C’est la différence entre l’expérience des sommets, lorsqu’on tombe amoureux, et ce que Abraham Maslow appelle l’expérience du plateau. La cime n’est pas aperçue furtivement, puis perdue de vue, elle est atteinte pour toujours. Il fait de l’orgasme une expérience d’effondrement temporaire des frontières du moi, qui est alors perdu dans le temps dans l’espace, hors de soi, transporté ne faisant qu’un avec l’univers mais seulement pendant quelques secondes.

L’auteur décrit l’unité durable avec l’univers comme étant associé à l’amour véritable et il la compare à l’unité momentanée ressentie au moment de l’orgasme à l’état amoureux. Il définit le mysticisme comme une croyance en la réalité qui est un tout, une unité. La réalité ne peut être connue que par l’expérience de l’unité, vécue au prix d’un renoncement aux frontières du moi.

Les Indous et les Bouddhistes considèrent que l’enfant, avant le développement des frontières du moi, connaît la réalité tandis que l’adulte ne la connaît pas. Ils précisent toutefois que les frontières du moi doivent être durcies avant d’être assouplies. Une identité doit être établie avant d’être transcendée. On doit se trouver soi-même avant de pouvoir se perdre.

Le Nirvana ou la véritable évolution spirituelle ne peuvent être atteints que par la pratique continuelle de l’amour véritable. Deux personnes ne s’aiment vraiment que lorsqu’elles sont capables de vivre l’une sans l’autre et choisissent de vivre ensemble. L’auteur considère que si notre but dans la vie est de nous faire aimer, nous échouerons. La seule façon de s’assurer l’amour c’est d’être digne d’amour. Et ce but ne peut pas être atteint lorsque l’objectif de notre existence est d’être aimé passivement. Suit, une longue description des couples passifs-dépendant vivant par étayage réciproque et qui ne peuvent développer un véritable amour.

Il considère que la dépendance passive prend sa source dans le manque d’amour, en particulier au niveau de l’enfance. Les passifs dépendants ont une mentalité de drogués et ils pompent l’énergie de leur interlocuteur. Cette dépendance qui peut apparaître comme de l’amour, est en fait une forme d’anti-amour qui prend sa source dans manque d’amour parental et perpétue celui-ci. L’amour implique un changement de l’individu mais le sens d’un dépassement plutôt que celui d’un sacrifice. L’amour élargit le moi et le remplit plutôt qu’il ne le vide.

L’amour est en même temps égoïste et généreux. Dans le cas de l’amour véritable, le but est le but est toujours l’évolution spirituelle. Pour l’auteur, l’amour n’est pas un sentiment c’est une action. Lorsque nous affirmons que l’amour est un sentiment, nous confondons cathexis et amour ; un individu dépendant redoute en général l’évolution spirituelle de l’époux cathecté. L’amour véritable en revanche implique l’engagement et la sagesse lorsque nous nous soucions de l’évolution spirituelle de l’être aimé, nous sommes conscients que notre engagement vis à vis de lui est nécessaire pour lui témoigner activement notre intérêt et que son absence peut être néfaste.

L’amour est donc une forme de travail ou bien une forme de courage. C’est le courage ou le travail ayant pour but l’évolution spirituelle. Si une action n’est ni du travail ni du courage, ce n’est pas un acte d’amour. L’un des principaux aspects que peut prendre l’acte d’amour est l’attention. L’amour est un phénomène à double sens par lequel le receveur donne et le donneur reçoit ; être attentif à l’autre à son écoute est une façon d’aimer l’autre, il faut pour cela mettre entre parenthèses de façon temporaire ses préjugés, ses références, ses désirs pour comprendre de l’intérieur le monde de son interlocuteur ; puisque la véritable écoute est un acte d’amour, elle ne peut être plus appropriée que dans la vie à deux. L’auteur met sur le compte de l’écoute l’amélioration considérable qui peut se manifester en début de thérapie sur le compte de l’écoute, les patients étant le plus souvent véritablement écoutés pour la première fois. La qualité de l’attention est proportionnelle à l’intensité de la concentration pendant ce laps de temps. L’acte d’amour demande de réagir contre la paresse par le travail ou contre la peur par le courage ; le courage n’est pas l’absence de peur mais l’action malgré la peur la réaction contre la résistance qu’engendre la peur de l’inconnu. Pour l’auteur, la plupart des patients en psychothérapie ont des difficultés à affronter carrément et librement la réalité de la mort. La mort peut devenir, comme pour Don Juan de Carlos Castaneda, notre alliée toujours redoutable mais source intarissable de sages conseils. Lorsque nous refusons la mort c’est la nature changeante des choses que nous refusons et nous nous détournons alors inévitablement de la vie.

C’est seulement à partir du moment où on a franchi le fossé vers l’inconnu de l’authenticité du moi de l’indépendance psychologique et de l’individualité que l’on est libre d’avancer vers les chemins plus élevés de l’évolution spirituelle, libre de manifester son amour au plus haut niveau. Les formes les plus élevées de l’amour sont inévitablement de libres choix et nos des actes de conformisme. C’est notre sens de responsabilité qui après le mariage nous permet de réussir la transition entre l’amour fou et l’amour véritable. Les enfants ne peuvent évoluer vers une maturité psychologique dans une atmosphère où l’imprévisible domine et où ils sont hantés par la peur d’être abandonnés. Les couples ne peuvent pas résoudre sainement les problèmes universels du mariage sans avoir la sécurité de savoir que l’affrontement de ces problèmes ne les détruira pas. L’auteur parle ensuite de la nécessité pour le psychothérapeute de s’engager de façon durable et stable dans la relation thérapeutique et il fait du moment où le patient commence à manifester son engagement dans la thérapie comme le tournant de celle-ci.

L’auteur parle ensuite des confrontations incontournables dans les couples. Il définit deux façons de se confronter à un être humain, la première est celle de l’arrogance : j’ai raison et tu as tort, la deuxième est celle de l’humilité. Des époux qui s’aiment doivent pouvoir s’affronter pour l’évolution spirituelle des deux partenaires. La confrontation provoquée avec amour fait partie intégrante de toutes les relations humaines réussies et importantes. Exercer son pouvoir avec amour demande un énorme travail. Par quelle autorité supérieure suis-je habilité à décider ce qui est mieux pour mon enfant, mon époux, mon pays ? Qui suis-je pour oser me prendre pour le bon Dieu ? L’auteur affirme que lorsque nous exerçons notre pouvoir, nous jouons à être Dieu. C’est seulement avec l’humilité de l’amour que les humains peuvent oser l’être ; toutes relations d’amour véritable doivent être disciplinées et parmi les sentiments qu’il faut discipliner, il y a tout d’abord la cathexis, ce sentiment apporte une énergie créatrice mais s’il veut devenir le maître le résultat ne sera pas l’amour véritable mais la confusion et l’improductivité. L’auteur pense qu’il faut choisir qui on veut aimer véritablement, la capacité du récepteur potentiel de cet amour à répondre par l’évolution spirituelle est un élément de ce choix. L’une des caractéristiques principales du véritable amour consiste à maintenir et encourager la distinction entre nous-même et l’autre. Les grandes unions ne peuvent être construites entre des êtres terrifiés par la solitude et qui cherchent à se fondre dans le mariage. L’évolution personnelle et l’évolution de la société sont interdépendantes mais elles sont toujours et inévitablement liées aux efforts évolutifs individuels. L’auteur fait de l’amour un des principaux ingrédients nécessaires à la réussite psychothérapique. C’est l’engagement humain et la lutte, c’est la volonté qu’a le thérapeute de se dépasser dans le but d’alimenter l’évolution spirituelle de son patient. La littérature psychiatrique fait la différence entre les thérapeutes qui réussissent et ceux qui ne réussissent pas. La qualité de ceux qui réussissent est la chaleur humaine et leur capacité à communiquer. Si un psychiatre ou un psychanalyste ne peuvent pas aimer véritablement leur patient, la guérison profonde n’aura pas lieue. L’auteur précise que c’est par amour pour leur patient que les thérapeutes ne s’autorisent pas à tomber amoureux d’eux. Pour l’auteur, toute relation de véritable amour est une relation de psychothérapie mutuelle.

Docteur Patrice EON

Avancée spirituelle/ avancée technologique.

Par Le 16/05/2010

Si je vais naviguer sur le net, je m'aperçois que les thèmes reviennent en boucle et si je prends des ouvrages, parfois très anciens, je retrouve les mêmes interrogations, les mêmes cheminements. La non-dualité par exemple...Depuis combien de temps est-ce un sujet ressassé ?  Et j'essaie à mon tour de m'y retrouver et d'autres esprits dans leur coin. Bon, c'est très bien, je ne vais pas m'en plaindre mais là où je m'interroge, c'est au regard de ce temps passé et de cette relative fixité et parallèlement de l'évolution exponentielle de la technologie.

Il faut bien pourtant que l'homme use de son intelligence dans les deux domaines : une intelligence scientifique, mathématique, technique, informatique etc... et une intelligence philosophique, une capacité à raisonner. La spiritualité a besoin d'une approche, d'une méthode, d'un travail philosophique pour progresser et ne pas sombrer dans certains travers du "new age."  

Bon, alors, d'où vient cet écart, d'où vient cette stagnation, ces infinies répétitions, ces messages qui tournent en boucle ?

Pourquoi est-ce que la technologie n'est pas confrontée à cet immobilisme et profite au contraire d'un phénoménal élan ?

 

Les échanges tout simplement.

L'argent ensuite.

La technologie se vend, elle représente un moteur économique extrêmement puissant, elle a donc une valeur marchande qu'aucun état ne peut délaisser.

La spiritualité n'apporte rien économiquement parlant. Elle ne profite pas dès lors de l'enthousiasme, de la recherche, de la curiosité, de l'expérimentation, du partage des connaissances (ou de son pillage...)

La spiritualité n'a aucun avenir marchand.

J'ai beau tourner le problème dans tous les sens, j'en reviens toujours à cette valeur commerciale. Et c'est effroyable.

 

L'évolution spirituelle de cette humanité est figée parce qu'il n'y a pas assez d'échanges, de recherches, de développements communs, de passerelles. Rien ne se vend sufisamment cher.

C'est triste à pleurer.  

 

Etienne de la Boétie.

Par Le 16/05/2010

"Discours de la servitude volontaire"

http://fr.wikipedia.org/wiki/Discours_de_la_servitude_volontaire

Pauvres gens misérables, peuples insensés, nations opiniâtres à votre mal et aveugles à votre bien ! Vous vous laissez enlever sous vos yeux le plus beau et le plus clair de votre revenu, vous laissez piller vos champs, voler et dépouiller vos maisons des vieux meubles de vos ancêtres ! Vous vivez de telle sorte que rien n’est plus à vous. Il semble que vous regardiez désormais comme un grand bonheur qu’on vous laissât seulement la moitié de vos biens, de vos familles, de vos vies. Et tous ces dégâts, ces malheurs, cette ruine, ne vous viennent pas des ennemis, mais certes bien de l’ennemi, de celui-là même que vous avez fait ce qu’il est, de celui pour qui vous allez si courageusement à la guerre, et pour la grandeur duquel vous ne refusez pas de vous offrir vous-mêmes à la mort. Ce maître n’a pourtant que deux yeux, deux mains, un corps, et rien de plus que n’a le dernier des habitants du nombre infini de nos villes. Ce qu’il a de plus, ce sont les moyens que vous lui fournissez pour vous détruire. D’où tire-t-il tous ces yeux qui vous épient, si ce n’est de vous ? Comment a-t-il tant de mains pour vous frapper, s’il ne vous les emprunte ? Les pieds dont il foule vos cités ne sont-ils pas aussi les vôtres ? A-t-il pouvoir sur vous, qui ne soit de vous-mêmes ? Comment oserait-il vous assaillir, s’il n’était d’intelligence avec vous ? Quel mal pourrait-il vous faire, si vous n’étiez les receleurs du larron qui vous pille, les complices du meurtrier qui vous tue et les traîtres de vous-mêmes ? Vous semez vos champs pour qu’il les dévaste, vous meublez et remplissez vos maisons pour fournir ses pilleries, vous élevez vos filles afin qu’il puisse assouvir sa luxure, vous nourrissez vos enfants pour qu’il en fasse des soldats dans le meilleur des cas, pour qu’il les mène à la guerre, à la boucherie, qu’il les rende ministres de ses convoitises et exécuteurs de ses vengeances. Vous vous usez à la peine afin qu’il puisse se mignarder dans ses délices et se vautrer dans ses sales plaisirs. Vous vous affaiblissez afin qu’il soit plus fort, et qu’il vous tienne plus rudement la bride plus courte. Et de tant d’indignités que les bêtes elles-mêmes ne supporteraient pas si elles les sentaient, vous pourriez vous délivrer si vous essayiez, même pas de vous délivrer, seulement de le vouloir.

Soyez résolus à ne plus servir, et vous voilà libres. Je ne vous demande pas de le pousser, de l’ébranler, mais seulement de ne plus le soutenir, et vous le verrez, tel un grand colosse dont on a brisé la base, fondre sous son poids et se rompre."

Il avait 18 ans.



La valeur n'attend pas le nombre des années, par contre les années passent et la valeur de certains hommes reste lettre morte.



Télé réalité

Par Le 16/05/2010

"Ce n’est pas un hasard si les émissions de télé-réalité passionnent des millions de spectateurs dans toute l’Europe ! Que nous apprennent-elles ? Que chacun est toujours seul face à tous, que la société est un jeu pour les durs. Ce qui est mis en scène, c’est la jetabilité, l’interchangeabilité et l’exclusion. Il est inutile de s’allier pour vaincre, puisque tout autre, au bout du compte, ne peut être qu’un adversaire à éliminer. Les participants sont mis dans un jeu à sommes nulles, le vainqueur gagne ce que les autres perdent. Quelle métaphore de la société ! Et elle fonctionne sur une structure de casino, de jeux de hasard : il est implicite qu’on recommence toujours à zéro, qu’il n’y a pas de leçons à tirer du passé, que toute l’expérience acquise ne sert à rien. " le sociologue Zygmunt Bauman -

La télé réalité n'est que le reflet de la réalité que les hommes ont choisie.

Tecumseh

Par Le 14/05/2010

"Quand tu te lèves le matin,

remercie pour la lumière du jour,

pour ta vie et ta force

remercie pour la nourriture

et le bonheur de vivre.

 

Si tu ne vois pas de raison de remercier, la faute repose en toi-même."

Tecumseh, chef Shawnee 1768-1813.

Croyance et foi.

Par Le 14/05/2010

Suite à un échange sur "forum métaphysique" (voir liens).

Merci à "Gereve" et "Jo", intervenants des plus précieux.

 

Croyance et foi

« Le savoir diffère de la croyance en ce qu’il est ouvert, la réponse à une question fait surgir mille autres questions. La croyance est fermée, le croyant interdit qu’on mette le dogme en questions et à la limite, c’est lui qui vous soumet à la question (allez voir sous l’inquisition). S’il accepte, parce qu’il est bon bougre, il a réponse à tout. Poussé dans ses retranchements, il invoque le mystère.
Le croyant est psychologiquement fragile, il a besoin d’être conforté dans sa croyance en faisant des adeptes. Il est fermé à l’épreuve du réel et l’interprète à sa façon. Il a peur et en quelque sorte il est ligoté par sa peur. A l’opposé, le non croyant est ouvert à l’épreuve du réel, mais de ce fait c’est aussi un croyant : il croît au réel. Lui aussi a peur, longtemps il s’est accroché à l’idée que les atomes sont les particules ultimes de la matière. Ça rassure de croire que quelque chose de solide existe de toute éternité. On sait ce qu’il en est de cette solidité. Maintenant on s’accroche à la notion de réalité. Mais même dans les milieux scientifiques cette notion de réel est très controversée. Bernard d’Espagnat a écrit un livre intitulé “à la recherche du réel. » La seule chose que je sache, c’est qu’il existe entre mes perceptions, des relations pourvues d’une certaine cohérence et d’une certaine durée. De là, j’infère qu’une réalité les sous-tend, mais ce n’est en aucune façon une certitude, c’est un credo. Et ce credo me rassure, il répond à un besoin psychologique. Je n’ai en aucune façon une nécessité logique. Je crois au réel parce que j’ai peur d’être seul. En ce sens, la croyance diffère de la foi.
La croyance est le refuge de ceux qui n’ont pas la foi.

La foi est en effet pour moi, affaire de confiance, profonde, totale en la vie. La croyance a toujours un objet, la foi n’en a pas, elle vient de l’intérieur. Vous me direz que la croyance aussi vient de l’intérieur. Oui, mais elle a un objet qui vient de l’inconscient. Dieu, par exemple, est le substitut du père, c’est une réponse à l’angoisse de la solitude, du vide laissé par le père disparu (réellement ou symboliquement). La croyance vient pour combler un vide, un attachement à l’enfance. La foi par contre accepte la solitude, mais elle émane d’une grande puissance de vie et elle emplit la solitude. C’est en quelque sorte, le plein dans le vide. Là où il y a foi, il y a absence de peur.

Le réel est ce qui reste quand on a laissé derrière soi toute croyance.
La croyance et la foi diffèrent, l’une est une réponse à la peur, l’autre une curiosité insatiable, un appétit de vivre. Mais paradoxalement, elles diffèrent et pourtant elles sont de même nature. La foi est aussi une croyance mais une croyance à l’état pur, une croyance sans objet. La croyance serait en quelque sorte un point qui se déplace entre la superstition et la foi. La croyance et la foi diffèrent en ce qu’elles sont séparées comme deux points, qui sont de même nature, mais qui diffèrent parce qu’ils sont distants l’un de l’autre. Comme un point sur une droite, la foi serait une croyance à l’infini c’est-à-dire une croyance en rien ou une croyance en tout, comme on voudra, selon qu’on est pessimiste ou optimiste.

Pour prendre une autre image, les croyances sont comme des îles. Je suis libre de passer d’une île à une autre encore faut-il que je sache nager et que je sois assez résistant pour tenir la distance. Si c’est le cas, je concrétiserai ma liberté, sinon je resterai sur l’île. Nous sommes le plus souvent plusieurs sur une île. Un jour l’un d’entre nous s’exclame: “et s’il y avait d’autres îles par-delà l’horizon?” Beaucoup répondront “mais non, il n’y a qu’une île, la notre!” parce qu’ils sont peureux ou paresseux. D’autres diront “peut-être” et partiront. Ceux qui sont partis, à force d’aller d’île en île, prendront des forces, de la technique, de la confiance et un jour, ils n’auront plus envie d’une île, ils prendront leur plaisir à nager, ils seront libres, comme des dauphins. Ceci dit, ceux qui restent sur l’île peuvent l’embellir, (les cathédrales, les livres, les symphonies, les peintures d’inspiration religieuse) et peut-être sans le vouloir, en inciter d’autres à chercher de nouvelles îles. »

Gereve.

 

 

« Foi et confiance ont la même racine, je crois. Voilà: pour moi, la foi c'est la confiance. On renonce à raisonner et même à comprendre : on "se fie".
Dans la croyance, on est persuadé d'avoir compris et trouvé LA vérité. »

Jo.

 

 

Je pense Gereve et Jo que l'intellect entretient les croyances, qu'elles soient religieuses, scientifiques, philosophiques. Ce sont des idées auxquelles on tient, sur lesquelles on cherche à avancer, elles nourrissent notre égo, sans que ça soit péjoratif ou négatif, ce sont des signes d'appartenance, de reconnaissance, d'union. A mon sens, elles restent dans la dimension des "croyances", même si nous leur trouvons d'indéniables justifications parce qu'elles sont justement de l'ordre de l'intellect...Il suffit pour s'en convaincre de juger des changements de ces "croyances", des discussions infinies sur les religions elles-mêmes... Elles sont fluctuantes parce qu'elles n'existent que par notre intellect. Il est normal qu'elles évoluent dans cet espace mentalisé, sinon il s'agirait de fanatisme...Mais elles ne peuvent dès lors permettre à l'individu de nager en eaux libres, elles n'offriront que des traversées incessantes comme tu l'as très bien écrit.
La foi n'est pas dans cet espace parce qu'elle ne trouve pas sa source dans l'intellect. Elle est de l'ordre du ressenti, mais un ressenti qui n'est pas identifié, maîtrisable, reproductible. Les cinq sens eux-mêmes s'y affolent et dès lors qu'une tentative de contrôle est envisagée tout se perd. L'abandon du moi est à la source du Soi. La foi est son combustible. Rien à faire. Peut-être même que seul l'abandon de l'intellect, momentané, involontaire ou pas, reste le point de départ. Ne pas chercher revient à découvrir que c'est déjà là, comme si l'effort était un paravent au lieu du cheminement qu'on imagine. Les voies de l'intellect sont impénétrables...La foi, elle, n'est même pas une voie puisque cela laisse entendre qu'il y a un horizon à conquérir. Ce n'est pas une voie sur la montagne, c'est la montagne. La croyance est une voie.

 

Dans mon cheminement, je dirais que la foi est la certitude que je n'ai pas à chercher une réponse. Alors que la croyance m'inviterait à absorber celles qui me seraient proposées. Il me serait facile de « croire » après avoir été envahi d'auras bleues qui me parlaient, d'avoir recommencé à marcher, d'être devenu une "énigme" médicale...Les Eglises m'invitaient. Mais je n'ai pas de croyance. J'ai une certitude. Celle qu'il est inutile et présomptueux de vouloir obtenir une réponse autre que celle de la Vie en moi. Il n'est pas question pourtant de laxisme ou de lâcheté ou de fatalisme. Juste une bénédiction totale et constante devant cette certitude qu'il existe ce que je ne peux pas saisir mais qui pourtant vibre en moi. Mon cerveau est un organe inerte dans le courant de ce flux, un obstacle qui me prive du bonheur de l'eau qui tourbillonne. Il me suffit de m'asseoir et de laisser monter les larmes. La foi en moi, ce sont ces frissons qui m'enflamment. Dieu ? L'Energie, l'Architecte ? Quelle importance ? La croyance voudrait le nommer, le reconnaître, l'identifier, lui donner une histoire, un projet, nous transmettre des Textes, la croyance voudrait souder les âmes perdues, leur donner une direction...Ca ne m'intéresse pas. Le chemin est en moi. C'est ma foi. Une certitude.

Thierry.

 

 

Etre libre.

Par Le 10/05/2010

Être Libre par Krishnamurti

 

Revue 3ème Millénaire

http://www.revue3emillenaire.com/blog/?p=3476

07/05/2010

Cet article, préparé et traduit de l’anglais par Robert Linssen, constitue une synthèse de conférences de Krishnamurti entre 1928 et 1935. A cette époque, on pouvait encore entendre  Krishnamurti dire des choses comme « il y a une Réalité éternelle et vivante, appelez-la Dieu, immortalité, éternité… » ;  par la suite il continua à affiner son langage pour le restant de sa longue vie, s’éloignant de plus en plus des affirmations qui pour nombreux de ses auditeurs n’étaient que croyances…

(Revue Être Libre. No 1. Janvier 1936)

Je ne désire pas ajouter aux nombreux systèmes existants de nouvelles théories, de nouvelles formules, ou de savantes explications.

Toutes les formules « toutes faites », les « explications », les « théories » ne sont que des moyens habiles pour vous évader de vos propres conflits.

La plupart des esprits désirent imiter, suivre, copier parce qu’ils ne savent plus penser fondamentalement par eux-mêmes.

Pour la plupart la douleur, le conflit est si intense, qu’ils préfèrent plutôt s’évader dans les religions, les systèmes, les théories, ces cristallisations de la pensée humaine.

Pour moi, la solution réelle de vos problèmes, se trouve dans la profondeur de votre Intelligence, qui doit fonctionner simplement, librement, spontanément.

Par cette Intelligence, je n’entends pas la capacité de spéculations ni de ruses intellectuelles.

L’Intelligence Véritable n’est pas non plus la connaissance livresque.

Vous pouvez avoir beaucoup étudié, et encore restes stupide.

Vous pouvez lire de nombreuses philosophies, et ne pas connaître encore l’Extase, la béatitude de la pensée créatrice, qui ne peuvent exister seulement que lorsque l’esprit et le cœur, se libèrent eux-mêmes à travers le conflit, par une constante lucidité, de toutes les stupidités du passé.

L’expression de l’Intelligence véritable dans l’Action est l’Immortalité, c’est l’apothéose du bonheur, la béatitude de vivre complètement dans l’Éternel Présent.

Vous avez d’innombrables idées concernant la plénitude de la Vie, et l’immortalité.

Mais pour moi, cette Immortalité, cette grande richesse de la Vie, ne peut être comprise et vécue, que lorsque l’esprit est pleinement libéré de toutes ses limitations, des stupidités du passé, du milieu actuel, des anomalies acquises ou héritées. Dans cette flamme d’intense lucidité, surgira l’extase de la Vie, dans cette conscience suprême est la Vérité.

Je vous en prie, tout ceci n’est pas une nouvelle théorie, je ne suis pas un théoricien. Je ne m’impose à personne, je n’essaye de convaincre personne de mon message, mais parce que les hommes sont enfermés dans la prison de la misère, dans les cages de la souffrance, je voudrais éveiller en eux, le désir de détruire eux-mêmes ces cages.

Je veux créer en chaque être, une attitude nouvelle d’esprit. Je ne désire pas de disciples, parce que la signification totale de ce que je dis est contraire à toutes ces choses.

Ce n’est que lorsque l’esprit est dépouillé de toutes les illusions de l’ignorance, et de toutes disciplines intérieures ou extérieures, qu’il est capable de discerner le Présent Infini.

La Plénitude de la Vie est en toutes choses, il ne faut rien acquérir, tout est là, ELLE EST.

Mais si vous voulez comprendre ce que j’ai à dire, ne me traduisez pas je vous en prie en termes de parti, de secte, de groupe, de disciple, de partisan de religion.

L’Éternel Présent est une chose que l’on ne peut pas expliquer. Vous ne pouvez pas raisonner un tel sujet. Cela doit être expérimenté, Cela doit être vécu. Cela requiert une grande persistance et un éveil constant.

Mais nos vies sont si superficielles, avec les inanités de la « civilisation » moderne, nos vies sont si chaotiques, déraisonnables, pleines de souffrances, et les hommes ne sont plus que des machines à imiter.

Je dis que lorsqu’il y a discernement véritable, point n’est besoin de disciplines intérieures ou extérieures. Vous êtes la plupart emprisonnés dans l’habitude de la discipline.

Tout d’abord vous conservez une image mentale de ce qui est bien, de ce qui est vrai, et de ce que votre caractère devrait être. Vous essayez de faire concorder vos actions avec cette image mentale.

Vous agissez simplement en vous conformant à une image mentale que vous possédez. Tant que vous avez une idée préconçue de ce qui est vrai vous agirez conformément à cette idée. La plupart d’entre vous êtes inconscients du fait que vous agissez conformément à un modèle.

Mais lorsque vous devenez conscients du fait que vous agissez d’une telle façon, vous n’essayez plus de copier ou d’imiter, mais c’est votre propre action qui vous révèle ce qui est vrai.

Notre entraînement physique, notre éducation morale et religieuse tendent à nous mouler conformément à un modèle.

Être libéré de la discipline est extrêmement difficile, du fait que dès l’enfance nous avons été l’esclave de la discipline et de la domination.

Depuis l’enfance, la plupart d’entre nous, avons été entraînés à nous adapter à un modèle social, religieux ou économique, et la plupart de nous sommes inconscients de ce fait.

La discipline est devenue une habitude, et vous êtes inconscients de cette habitude.

Lorsque vous verrez que vous êtes en train de vous discipliner conformément à un modèle, votre action sera engendrée par le discernement.

Si en agissant ainsi vous êtes conscients de l’imitation, votre action sera spontanée.

J’aimerais donc vous expliquer que la Vérité, la plénitude et la richesse de la Vie, ne peut être réalisée par personne au moyen de l’imitation, ou d’une forme quelconque de l’autorité.

La plupart d’entre nous sentons occasionnellement qu’il existe une vraie vie, un Éternel quelque chose, mais les moments où nous sentons cela sont si rares, que cet Éternel quelque chose recule de plus en plus vers l’arrière-plan, et nous apparaît de moins en moins réel.

Or pour moi, il y a une Réalité éternelle et vivante, appelez-la Dieu, immortalité, éternité ou autrement si vous le voulez.

Je tiens qu’il y a une Vie éternelle qui est la Source et le But, le commencement et la fin, encore qu’elle n’ait ni commencement ni fin, ni But, ni Apogée.

Cette Vie éternelle ne cherche pas dans son expression un résultat, un accomplissement. Elle n’a ni apogée ni but, car Elle est éternellement en Mouvement.

La Vérité réside dans le processus, et non dans la réalisation.

Il y a quelque chose d’intensément vivant, de créateur qui ne peut être décrit, parce que la Réalité échappe à toutes descriptions.

Vous ne pouvez pas connaître l’Amour Véritable par la description d’un autre, pour connaître l’Amour Réel, il faut que vous l’ayez éprouvé vous-même.

L’Amour a perdu son extase créatrice.

Il ne devient plus qu’une série de conflits qui visent la possession.

La grande tendresse de l’Amour, sa grande profondeur, sa qualité d’Éternité, sa sublimité, son extase immense et profonde sont détruites par le désir de posséder, d’obtenir.

Sans cet Amour, l’homme ressemble à un désert de sable sec, à une rivière en été, lorsqu’elle n’a plus d’eau pour abreuver ses rives.

Et pourtant peu savent aimer véritablement, car pour aimer réellement, vous devez être au-dessus de la corruption de l’Amour.

Mais nul ne peut vous décrire la Plénitude, méfiez-vous de l’homme qui essaye de décrire cette Réalité vivante.

Cette réalisation de la Vérité, de l’Éternel, n’est pas dans le mouvement du temps, lequel n’est qu’une habitude de l’esprit.

Mais si l’esprit comprend cette Plénitude de la Vie, et s’il est libre de la division du temps en passé, présent et futur, alors survient la réalisation de cette Réalité Vivante, Éternellement Présente.

Et encore, parce que nous avons divisé l’action en passé, présent et futur, parce que pour nous l’Action n’est pas complète en elle-même, mais est plutôt quelque chose qui est mis en mouvement par des mobiles, par la peur, par des guides, par la récompense et la punition, nos esprits sont incapables de comprendre la totalité dans sa continuité.

Ainsi on s’évade continuellement de l’Éternel Présent.

Ce n’est que lorsque l’esprit et le cœur sont libres de la division du Temps que l’Action véritable peut surgir.

Quand l’Action est engendrée par la Plénitude et non par la division du temps, elle est harmonieuse et est libérée des entraves de la société, des classes, des races, des religions et du désir d’acquérir.

Pour exposer la chose différemment, l’Action doit devenir vraiment individuelle.

Par action individuelle, j’entends l’action qui est engendrée par la compréhension complète, par la compréhension de l’individu, et non pas celle qui est imposée par d’autres.

L’Immortalité ne peut être comprise que dans la plénitude de notre Action individuelle, et non comme fragment d’une structure, non comme partie d’une machine sociale, politique et religieuse.

Vous devez donc éprouver l’individualité véritable avant de pouvoir comprendre Ce qui est vrai.

Tant que vous n’agissez pas de cette Source Éternelle, il doit y avoir conflit, il doit y avoir divisions et des luttes continuelles.

Chacun de nous connaît la lutte, la douleur, le conflit et le manque d’harmonie.

Ce sont là des éléments qui en grande partie constituent notre vie, et consciemment ou inconsciemment, nous essayons de leur échapper.

Peu de personnes sont conscientes de la cause profonde de leur souffrance, alors elles éprouvent le désir de fuir cette souffrance, et ce désir de fuite a créé et vitalisé nos systèmes moraux, sociaux et religieux.

Parce que nous ne sommes pas « véritablement » responsables de nos propres actes, nous créons des systèmes et des autorités pour qu’ils nous donnent des réconforts et des abris.

Cette incapacité d’affronter l’expérience dans sa plénitude crée le conflit et le désir que l’on a de s’évader.

DE LA SÉCURITÉ

Si vous considérez intelligemment vos pensées et les actes qui en découlent, vous verrez que là où se trouve le désir de fuite, il doit y avoir la recherche de la sécurité; et toutes vos actions soft basées sur le désir de sécurité.

Graduellement, cette demande de la sécurité détruit l’Intelligence véritable.

L’esprit à travers l’expérience accumule diverses sortes de systèmes d’autoprotections du « Je », de sécurités de « Je », et ces choses sont de nature à empêcher totalement l’esprit dans son processus de réajustement constant à l’Éternel Mouvement de la Vie.

L’ardent désir de sécurité, se manifeste entre autres, par la volonté d’avoir un compte substantiel en banque, une bonne position, par le désir d’être considéré comme « quelqu’un » dans la ville que l’on habite, par la lutte que l’on affronte pour obtenir des titres, des grades, et tant d’autres stupidités qui n’ont aucun sens Réel.

Ensuite, quelques-uns d’entre vous, ne sont plus satisfaits par la sécurité physique, et cherchent une sécurité d’une forme plus subtile.

C’est encore de la sécurité, mais simplement un peu moins évidente, et vous l’appelez spiritualité.

Mais je ne vois pas de différence entre les deux.

Lorsque vous êtes rassasiés de sécurité physique, ou lorsque vous ne pouvez pas l’obtenir, vous vous tournez vers la sécurité spirituelle.

Et lorsque vous vous tournez vers cette sécurité, vous vitalisez ces choses que vous appelez « religions » et « croyances spirituelles » organisées.

Parce que vous cherchez la sécurité, née de votre propre insuffisance, de votre propre vide, vous établissez une forme de religion, un système de pensée philosophique dans lequel vous êtes pris, et dont vous devenez l’esclave.

Notre inertie, notre manque de compréhension nous remettent désarmés dans les mains de « spécialistes » et de « profiteurs ».

Notre désir de sécurité, notre désir de perpétuation, d’immortalité personnelle, nous incite à rechercher des autorités qui puissent nous « promettre » cette « immortalité », et ainsi ont surgi les structures religieuse, les croyances organisées, les dogmes, le sacerdoce.

Ainsi les prêtres à travers le monde, se sont transformés peu à peu en exploiteurs.

Je dis que lorsqu’un homme est « emprisonné » dans une croyance quelconque, il ne peut connaître la Plénitude de la Vie.

Un homme qui vit pleinement, agit de cette Source dans laquelle il n’y a pas de réactions, mais seulement l’Action ; mais l’homme qui est à la recherche de la sécurité, de l’évasion, doit s’accrocher à une croyance parce que c’est d’elle, qu’il tirera son support continuel et l’encouragement à son manque de compréhension.

Mais vous n’aborderez jamais la Vie, tant que vous serez retenus dans un moule.

La Vie passera à côté de vous parce que vous avez déjà limité votre esprit par votre propre choix.

Ce n’est que lorsque vous aborderez les expériences sans barrières, que vous trouverez une joie continuelle.

Si vous avez l’Intelligence véritable, et l’intensité qu’il faut pour détruire les barrières qui vous enchaînent, vous connaîtrez par vous-même l’accomplissement de la Vie.

Mais la plupart des individus essayent de s’enfuir, ils se sont transformés en machines à habitudes.

Afin d’éviter le conflit vous créez des croyances religieuses, vous adorez une image d’une imitation que vous appelez Dieu, ou vous essayez d’oublier votre inaptitude à affronter la lutte en vous perdant vous-mêmes dans le travail, ou dans les marais d’une activité superficielle.

De cette pauvreté intérieure surgit le désir de sécurité, et pour avoir la sécurité, il doit exister une personne, une idée, une croyance, une tradition pour vous donner l’assurance de la sécurité.

Ainsi dans notre tentative de trouver la sécurité, nous érigeons une autorité…

DE L’AUTORITÉ…

Nous sommes esclaves de l’autorité que nous avons nous-mêmes créés.

Nous cherchons la sécurité au moyen de guides spirituels ou de prêtres, ou encore, nous cherchons l’autorité dans la puissance de la tradition sociale, économique ou politique.

C’est nous-mêmes, individuellement, qui avons établi ces autorités, elles n’ont pas surgi à la Vie spontanément.

Pendant des siècles, nous n’avons cessé de les établir, et nos esprits ont été mutilés, pervertis par leur influence.

Ce culte de l’autorité est pour moi la racine suprême de l’exploitation.

L’esprit est tenu en esclavage par le milieu qu’il a lui-même créé par son insatiable désir, il en résulte une peur incessante.

Partout où existe cette peur, on trouve la discipline, la contrainte exercée par des hommes sur d’autres hommes, la domination et la recherche du pouvoir que l’esprit glorifie comme une vertu divine.

Si vous réfléchissez réellement à tout cela, vous verrez que là où il y a Intelligence Véritable, il ne peut y avoir poursuite du pouvoir.

Toute vie est modelée par une peur incessante, inconsciente et par des conflits, donc par la coercition, par l’imposition de décrets et de liens que certains considèrent comme vertueux et précieux, et d’autres nocifs et funestes.

Ce sont là les freins que vous avez institués dans votre désir de vous perpétuer ; vous avez créé des autorités, et votre vie est modelée, par des obligations, de formes et de degrés divers.

L’individu qui est perpétuellement conditionné par le milieu, modelé par des règles, des lois, des principes de morale, devient de moins en moins intelligent au plus on l’écrase.

Ces freins imposés à l’individu, et qu’il appelle son milieu environnant ont pour promoteurs les charlatans et les exploiteurs de la religion, de la morale publique, de la vie politique et économique.

L’exploiteur est l’individu qui, consciemment ou inconsciemment, se sert de vous, et vous lui cédez, consciemment ou non, parce que vous ne comprenez pas vous devenez l’exploité économiquement, socialement, politiquement, religieusement — et il devient votre exploiteur.

De cette manière la vie devient une école, un cadre, un moule en acier dans lequel l’individu est battu jusqu’à en épouser la forme.

L’individu devient une simple machine, un rouage sans pensée, rigidement limité.

La vie devient une lutte, une série .de combats continuels.

Aussi a-t-on inventé cette idée fausse que la Vie est une série de leçons à apprendre, d’expériences à acquérir pour se prémunir, à l’effet de mieux pouvoir aborder la vie du lendemain — mais, avec des idées préconçues.

La vie devient une simple école, et non quelque chose dont on doit jouir, et que l’on doit vivre extatiquement, pleinement, sans peur.

Le milieu extérieur étreint l’individu, le broie dans un cadre d’objets en série, d’idées religieuses, et comme il se sent écrasé par l’extérieur il cherche à s’échapper dans un monde qu’il appelle le monde intérieur.

Naturellement quand l’esprit est dévié, perverti, moulé par le milieu extérieur, et qu’il se livre au dehors à des luttes incessantes, il espère en une tranquillité, en un bonheur, en un monde différent, et il se construit alors un romantique havre d’évasion dans lequel il cherche une compensation aux échecs et aux souffrances de l’extérieur.

Si vous devenez réellement conscient de tout ce qui précède, vous commencerez à comprendre la vraie signification du monde extérieur et du monde intérieur.

A ce moment-là existe une perception immédiate, spontanée, la Vie se trouve libérée, et l’esprit devient Intelligence véritable, il peut fonctionner d’une façon créatrice, naturelle, sans cette constante bataille.

Ainsi, l’Intelligence reconnaît les obstacles, il n’y a pas d’adaptation, seule surgit la compréhension spontanée, qui est un mode de vie naturel, simple, extatique.

L’Intelligence Véritable ne dépend ni de l’extérieur, ni de l’intérieur.

Dans cette lucidité, il n’y a pas de désir, mais la perception claire, simple, spontanée de Ce qui est vrai.

Alors surgit la Plénitude, cette richesse infinie, cette réalisation de l’Éternité qui est Dieu.

C’est une réalité, une Vérité immense et vivante, et pour la comprendre il faut une complète simplicité, une grande clarté de pensée.

Ce qui est simple est infiniment subtil. Ce qui est simple est extrêmement délicat.

Il y a une grande subtilité, une délicatesse infinie, un équilibre délicat qui n’est ni le contentement de soi, ni cet incessant effort engendré par le désir de réussir, d’accomplir.

Dans cet équilibre délicat réside la simplicité, qui n’est pas une simplicité qui consiste à n’avoir que peu de vêtements ou de possessions.

Ce n’est pas de cette simplicité là que je parle — qui n’est qu’un aspect grossier de la Vraie Simplicité — mais de celle qui est engendrée par cette délicatesse de pensée dans laquelle n’existe ni satisfaction, ni stagnation, mais simplement l’extase suprême de vivre pleinement le Présent Infini.

Dans cette extase se trouve le mouvement vivant de la vérité, qui est une Vie sans cesse créatrice.

J. KRISHNAMURTI

L'existentialisme

Par Le 10/05/2010

"L'homme existe d'abord, c'est à dire que l'homme est d'abord ce qui se jette vers un avenir et ce qui est conscient de se projetter dans l'avenir. Rien n'est au ciel intelligible et l'homme sera d'abord ce qu'il a projeté d'être. L'existence précède l'essence. Ainsi la première démarche de l'existentialisme est de mettre tout homme en possession de ce qu'il est et de faire reposer sur lui la responsabilité totale de son existence. L'angoisse est l'absence totale de justification en même temps que la responsabilité à l'égard de tous. Avant que vous ne viviez, la vie, elle n'est rien, mais c'est à vous de lui donner un sens et la valeur n'est pas autre chose que ce sens que vous choisissez. La vie n'a pas de sens à priori."

Jean-Paul Sartre.

 

Lorsque j'étais au lycée, en terminale philo, j'avais découvert ce texte avec un enthousisame débordant. Tout ça me semblait contenir une vérité indéniable. Je devais donner un sens à mon existence, j'en étais le seul responsable, quelques soient les obstacles, il ne tenait qu'à moi de les surmonter...La vie n'était rien d'autre que ce que j'allais en faire. En elle même, elle n'avait pas de réalité, c'était à moi de lui donner une "forme", un projet, une mission. Mes actes devaient donner à cette vie inerte une raison d'être.

Bien sûr que j'ai décidé d'écrire, bien sûr que c'est moi qui tapote sur le clavier et tente à travers ma raison de mettre en forme une éventuelle évolution spirituelle. Je pourrais aussi bien éteindre cet ordinateur et cesser de chercher en moi les réponses. Non, en fait, j'en suis incapable...Ca ne m'appartient pas. Il y a en moi une force qui me pousse à continuer. Les périodes de "sommeil" ont toujours été suivi de réveils flamboyants. Cinq livres, des milliers de pages, ce blog. Je n'y peux rien, ça n'est pas un choix, je ne peux pas lutter contre ça, j'appartiens à ce chemin, c'est un courant qui me pousse. Je n'ai aucune angoisse devant l'absence de justification. Je ne sais pas pourquoi j'écris. Je sais par contre ce que ça m'apporte mais le point de départ ne m'appartient pas. Il m'arrive même de ne pas savoir "comment" j'écris, ces périodes d'écriture "spontanée", comme une possession sublime. Ca n'est pas moi mais bien autre chose. Une énergie. La Vie en moi qui parle à travers les frissons qui m'enflamment, les larmes de bonheur, les envolées émotionnelles, comme des naissances, des accessions subites à une lumière indéfinissable, des flashs tonitruants.

J'ai cessé de penser que cette capacité d'écriture m'appartient. Les progrès dans la maîtrise de la langue sont de mon ressort mais la source des mots, je ne la connais pas, je ne peux pas y remonter, je descends dans le courant mais je ne suis pas un saumon...Et je n'en souffre aucunement. J'aime cette énergie et je la laisse m'emporter, je la bénis, je l'honore, je ne me soumets pas niaisement comme un dévôt mais je m'en nourris. Dans le courant, je trouve tout ce qui m'est nécessaire. Peu m'importe de savoir si au ciel il y a quelque chose d'intelligible, je n'ai pas accès à cette dimension, je ne sais pas si quelque chose est écrit, si j'ai un karma à éprouver, à purifier, tout cela reste du domaine de l'hypothèse et je n'ai pas envie de m'y perdre en me questionnant sempiternellement en espérant atteindre l'illumination. Si la Vie considère que je suis apte à recevoir un jour cette révélation, si je suis susceptible de comprendre ce qui ne m'est pas accessible aujourd'hui, je laisse l'énergie en décider, la Vie en moi sait où elle va.

Je reste donc dans l'instant en usant de ce que je possède réellement, les mots, la langue, l'écrit, un espace dans lequel je peux avancer, sans prétention, sans objectif. L'énergie apporte à ces mots la sève nourricière. Sans ce flux constant, les mots n'auraient aucun sens. Ils ne seraient qu'un jeu, un travail littéraire, une logorrhée narcissique.

Le sens de ma vie, c'est de laisser cette vie me porter, de la recevoir, de l'aimer, de m'en nourrir. Je n'existe pas d'abord. La vie en moi existe et si je la reçois avec tout le respect que je lui dois, je m'offre l'opportunité d'une existence.

LES ÉGARÉS . (roman) 4

Par Le 08/05/2010

 

 

 

"Assis au bord d’un petit lac d’altitude, il étudie la carte et l’idée survient qu’il ne possède pas en lui de tracé constitué. Il avance sur un chemin inconnu, une terre vierge, un espace englouti par un inconscient vorace. L’impression de devoir progresser à coups de machette dans la jungle sombre de ses émotions enchevêtrées l’indispose. Il devine une menace mais l’attraction le domine. Comme si l’abandon forcé de ses rôles identitaires créait inéluctablement en lui ce désir irrépressible d’explorer les reliefs chaotiques de ses recouvrements érigés. Les montagnes sont intérieures. La profondeur des vallées sombres n’est qu’une promesse de sommets lumineux. Sa vie sociale lui apparaît soudainement comme une vaste plaine morne et encombrée de gravats, un désert parsemé de mirages adorés, une terre ravagée par des conflits internes, des relations invalidantes, des contraintes inventées comme autant d’expédients hallucinogènes.

La peur qui l’étreint n’est qu’une résistance, un rappel effréné du mental vers des soumissions apprises, des abdications acquises. Il est effrayé à l’idée que le prisonnier finit par adorer l’épaisseur de sa geôle quand la projection vers une liberté possible implique l’abandon des repères, la disparition des balisages, l’avancée aléatoire dans les marais spongieux de l’inconscient envasé.

Ces dix-neuf ans de vie commune, cet amour proclamé et cette fusion irraisonnée sont devenues peu à peu des enceintes vénérées, des murailles décorées par des images fabriquées, des paroles trompeuses, des étreintes cannibales. Cette incapacité à révéler l’être réel a institué insidieusement des comportements névrotiques.

Ne trouvant pas en lui les nourritures intimes, il s’imagine dévorant Leslie. Le dégoût de sa violence l’oblige à se lever.

Il repart et force son pas.

Il a honte de ses intentions inavouées. Lui-même n’avait jamais voulu en prendre conscience. Son amour n’était qu’un besoin et l’attention offerte pansait ses propres blessures. De cet amour donné il cherchait à établir l’amour de lui-même, une admiration renvoyée, un narcissisme égoïste, une identification mentalisée. « Je suis celui qui l’aime et par cet amour je prends forme. » Il ne s’agissait pas d’amour. Il a tout sali.

 

 

Il connaît la source de cette attitude … Mais la remontée des douleurs anciennes doit être progressive. Une confrontation trop brutale le pousserait à rétablir les murailles. Il sent des résistances acharnées. Il reconnaît le besoin d’indulgence, la nécessité d’un regard compatissant, une empathie indispensable. Il a déjà tellement souffert. Il ne veut plus succomber aux douleurs et constituer de ce ciment infâme des citadelles hautaines. Se livrer à la démesure des accusations outrancières reviendrait à endosser encore une fois le rôle de la victime. Il survit dans ce costume immonde depuis trop longtemps. Il ne veut pas le raccommoder mais s’en défaire, le jeter, le brûler. Se dénuder. La patience est de rigueur. De la même façon qu’il avance sur ce chemin de randonnée au rythme de son cœur, il doit respecter le tempo de son âme, ne pas l’asphyxier par des efforts abusifs. Cette lente exploration de la fosse commune encombrée de ses émotions putréfiées ne doit pas être un saccage mais une célébration lucide, des retrouvailles respectueuses, une décantation progressive.

 

La deuxième hernie discale. Comme un sursis annulé, une condamnation confirmée, le retour à la réalité intime.

Il avait trente-neuf ans. Une sciatique foudroyante, l’impression d’une plaie ardente courant sur sa jambe, il aurait voulu écarter les chairs et arracher le cordon brûlant, un couteau édenté planté dans le dos, des crampes comme des décharges électriques, les orteils tordus, recroquevillés, il ne contrôlait plus rien, il ne pouvait plus se lever, il rampait jusqu’aux toilettes, des jours et des nuits de pleurs, les regards impuissants de Leslie et des enfants ruisselaient en lui comme du plomb fondu, leur détresse, cette panique contenue, il se retenait de hurler, en surdose de morphine, hallucinations, des armées de scorpions couraient sur son ventre, déchiraient la plaie fermée de son nombril et s’enfonçaient dans les chairs, il cuisait dans des bouillons de magma où flottaient des résidus de corps, des entrailles blanchies, des femmes éventrées, des crânes de bébés déchiquetés flottaient autour de lui, les yeux exorbités le fixaient horriblement, les veinules éclatées comme des lacis de barbelés, des glaires sanguinolentes coulaient dans ses poumons, il voulait cracher mais n’en avait pas la force, il suffoquait, des scarabées voraces dévoraient son anus, dévastaient ses intestins, rejoignaient les armées de blattes qui grouillaient dans son dos et rongeaient les fibres, des tentacules de méduses enserraient son visage, il sentait parfaitement les ventouses urticantes, il étouffait, il étouffait, sans pouvoir s’enfuir, tout était dans son crâne,dans son corps violenté, la folie, la folie le gagnait, il le savait.

 

Il n’a rien oublié.

 

Il allait mourir. Aucun répit. Plus de sommeil, juste quelques plongées cauchemardesques et des réveils paniqués, le souffle haletant, les yeux exorbités devant l’horreur qui le rongeait de l’intérieur, le membre torturé se rigidifiait inexorablement, une courbure répugnante s’installait, une arabesque figée comme une malformation dégénérative. Il ne contrôlait plus rien. Il fallait le piquer à la morphine pour que sa vessie se libère. Les reins étaient menacés.

Aucun chirurgien n’osait l’opérer. Les dégâts de la première opération. Une vraie boucherie. Le nerf sciatique était englobé dans la fibrose. On lui parlait de paralysie. Quand Leslie partait au travail et les enfants à l’école, qu’il se retrouvait seul dans la maison silencieuse, il songeait au suicide. Avaler toute les boîtes de morphine. Sombrer dans le coma et partir. Libérer les êtres aimés. La douleur du cimetière s’atténuerait. Finir dans un fauteuil roulant condamnait Leslie et les enfants à un calvaire.

Il ne sait pas ce qui a retenu son geste.

Il devinait parfois des regards attendris, des mots susurrés dans le caveau morbide de sa détresse, une voix apaisante qui lui parlait de patience, de confiance, d’un cheminement obligatoire. Ses ressentis étranges validaient en lui l’avancée insatiable de la folie, il n’en parlait à personne. Parfois pourtant, lorsque le fil ténu de sa résistance cédait, il s’y abandonnait, acceptait l’offrande et puisait quelques forces, juste assez pour tenir, quitter quelques instants le champ de ruines où il agonisait.

Il imaginait des bénédictions d’anges gardiens. Comment aurait-il pu en parler ?

 

Il s’arrête. Les larmes coulent. Comme un trop plein qui jaillit, un barrage qui s’écroule.

Tant de douleurs. La détresse de Leslie. Elle avait dû tenir, tout gérer, ne pas sombrer, elle s’était montrée indestructible, sans faille, d’une solidité granitique. Elle n’avait jamais pleuré devant lui. Elle avait pourtant dû le faire. Ca n’était pas possible de résister aussi longtemps sans s’accorder une pause.

 

Tout ce qu’il lui doit. Et tout ce qu’elle porte.

 

Ce fardeau abject, cette dégradation avilissante, cet envasement dans la boue brûlante des souffrances, ce temps perdu, anéanti, sali, il imagine la tumeur vivace qui entretient les souvenirs comme des ferments éternels, une excroissance glaireuse dans les tréfonds de la mémoire, une bête répugnante, ses mandibules plantées dans les tissus infectés par les salives corrosives, une plaie suintante, un pus entretenu.

 

Son médecin généraliste l’avait envoyé en urgence dans une clinique. Un chirurgien l’avait reçu. Le spécialiste de la région. Des colonnes vertébrales à la chaîne.

Il était allongé sur une civière, les ambulanciers étaient passés le prendre, Leslie l’accompagnait, elle avait parlé à sa place, il pleurait, incapable de prononcer autre chose qu’un gémissement épuisé, les sanglots étranglés de ses suppliques. Qu’on en finisse. Il voulait qu’on l’opère. S’il se réveillait paralysé, il sauterait par la fenêtre, il y arriverait, les gestes étaient en lui, il en aurait la force, ça serait fini, rien d’autre à faire, il ne voulait pas cloisonner Leslie dans la geôle sordide d’un avenir limité. Elle apprendrait à vivre sans lui et son amour de la vie la sauverait. Il en était persuadé. Il voulait qu’on l’opère. Il avait fini par le crier, par implorer l’homme en blanc, ça n’était plus possible, il allait imploser, il n’était que douleur.

 

Dernière nuit avant le bloc. Il est seul dans la chambre. Une perfusion diffuse dans ses veines un antalgique visqueux. Il flotte dans le bain gluant de l’absence, son corps est un néant gigantesque, un cosmos sans étoiles, il glisse une main sur son sexe flasque, il le caresse, il voudrait sentir le membre érigé, le flux sanguin gonfler les corps caverneux, il pense à Leslie, à la douceur de sa peau, au parfum délicat entre ses cuisses, à la chaleur moite de ses lèvres ouvertes, au moelleux accueillant de ses petits seins, le tissu exalté de ses tétons rosés, sa langue gourmande, ses mains affamées, les gémissements langoureux de l’orgasme qui monte, cette énergie qui l’inonde … Rien … Le membre est mou, désespérément mou. Il pleure. Les douleurs accumulées ont ravagé le champ du plaisir, il imagine une terre brûlée, les cendres épaisses, un silence de mort. La peur ajoute à ce désastre le poids des menaces, la force du mental affolé. Il regarde la fenêtre. Deux mètres à faire, ramper, se tirer sur les bras, saisir le rebord, glisser le battant, hisser le corps et basculer.

Demain peut-être.

 

Il laisse tomber son sac. Il ne voit plus le chemin. Les marées de larmes s’entretiennent, il n’a plus de forces. Il n’a jamais rien raconté à Leslie. Il a cloisonné  les émotions dans l’antre infini de ses refoulements. Toujours cette maîtrise … Il faudra bien qu’il l’observe un jour, qu’il la comprenne, il sait qu’il ne peut plus échapper à cette dissection. Il doit dépecer cette nécrose, plonger au cœur du mal, lacérer les tissus, enfoncer sa conscience dans la bourbe durcie de ses renoncements, la fange pestilentielle de ses enfermements.

 

Il ne peut plus avancer."  

 

 

 

Egrégore (1)

Par Le 08/05/2010

 

ÉGRÉGORE OU FORME PENSÉE PROGRAMMÉE

Tout dans l'univers, se manifeste sous forme vibratoire ou énergétique. Ils sont synonymes. Tout est conscience, c'est à dire information et de l'information c'est de la force, de l'énergie, de la puissance.

Nous vivons dans un monde régi par des forces énergétiques. L'une d'elles nous concerne particulièrement tout au long de notre existence, celle des égrégores. Dès qu'un groupe se constitue, une forme pensée se crée. Elle est la somme des énergies psychiques émise par chacune des personnes du groupe. L'ensemble de ces mouvements vibratoires exerce en retour une puissante influence sur ses membres.

Un égrégore est une forme pensée ou idée-force de qualité neutre qui se colore, pour le meilleur ou pour le pire, des intentions du groupe. Selon la qualité vibratoire des membres, l'égrégore enchaînera ces derniers à leurs croyances limitatives, ou dynamisera leur potentiel créateur et les déliera de toutes influences extérieures.

 

DÉFINITION DE L'ÉGRÉGORE

Un égrégore peut-être perçu comme la résonance vibratoire émise par la psyché d'un groupe de personnes vibrant sur une note déterminée. Les actes, les émotions, les pensées et les idéaux de chaque entité constituant ce groupe, fusionnent pour édifier un tout cohérent, une forme avec ses composants énergétique.

Un égrégore n'est ni bon ni mauvais, il est l'énergie de pensée, et cette énergie est nourricière.

L'inconscient inférieur qui représente le passé de la personne, ses attachements, ses croyances, ses pulsions et ses angoisses, le désir et l'impulsivité, sont des égrégores car ces entités psychologiques sont issues de formes de pensées communes.

 

 

ÉGRÉGORE OU FORME PENSÉE PROGRAMMÉE

Tout dans l'univers, se manifeste sous forme vibratoire ou énergétique. Ils sont synonymes. Tout est conscience c'est à dire information et de l'information c'est de la force, de l'énergie, de la puissance.

Nous vivons dans un monde régi par des forces énergétiques. L'une d'elles nous concerne particulièrement tout au long de notre existence, celles des égrégores. Dès qu'un groupe se constitue, une forme pensée se crée. Elle est la somme des énergies psychiques émise par chacun des personnes du groupe. L'ensemble de ces mouvements vibratoires exerce en retour une puissante influence sur ses membres.

Un égrégore est une forme pensée ou idée-force de qualité neutre qui se colore, pour le meilleur ou pour le pire, des intentions du groupe. Selon la qualité vibratoire des membres, l'égrégore enchaînera ces derniers à leurs croyances limitatives, ou dynamisera leur potentiel créateur et les déliera de toutes influences extérieures.

 

DÉFINITION DE L'ÉGRÉGORE

Un égrégore peut-être perçu comme la résonance vibratoire émise par la psyché d'un groupe de personne vibrant sur une note déterminée. Les actes, les émotions, les pensées et les idéaux de chaque entité constituant ce groupe, fusionnent pour édifier un tout cohérent, une forme avec ses composants énergétique.

Un égrégore n'est ni bon ni mauvais, il est l'énergie de pensée, et cette énergie est nourricière.

L'inconscient inférieur qui représente le passé de la personne, ses attachements, ses croyances, ses pulsions et ses angoisses, le désir et l'impulsivité, sont des égrégores.

 

Si l'égrégore en lui-même n'est ni bon, ni mauvais, puisqu'il n'est qu'un phénomène issu des hommes, les hommes peuvent en faire par contre un instrument à double tranchant...Les concepteurs portent en eux la direction et l'évolution de l'égrégore.

 

http://www.final-age.net/Les-egregores-presentation.html

 

On voit bien entendu le rapprochement à faire avec l'inconscient collectif.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Inconscient_collectif

Puis par conséquence avec les champs morphiques de Ruppert Sheldrake.

http://www.unisson06.org/dossiers/science/sheldrake_champs-morphiques.htm

On peut ensuite s'intéresser à des groupes d'influence comme Bilderberg et autres entités secrètes, politiques, financières, philosophiques...Les égrégores y prennent une tournure négative mais effroyablement puissante.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Groupe_Bilderberg

Bon, il n'y a plus qu'à approfondir tout ça...

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