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Le centre

Par Le 19/04/2010

Il existerait à l'intérieur de nous "un point central." Pour les scientifiques modernes, il s'agirait du cerveau. Dans l'Egypte antique et plus tard la Grèce puis Rome, il s'agissait du coeur ou du foie. Ailleurs on le situe à la base de la colonne vertébrale, tantôt au niveau du nombril, la glande pituitaire (Angleterre du XIX è siècle), l'hypothalamus (pour les Indiens). L'hypothalamus est un organe du cerveau. Dans certaines religions orientales on le considère comme le siège de l'âme. Il se trouve là où beaucoup d'anciens situaient "le troisième oeil". Il contrôle les émotions, les perceptions et de nombreuses fonctions mentales. Il est responsable des symptômes du stress mais c'est lui aussi qui inverse le processus. Il fait baisser le rythme cardiaque et la pression sanguine, régule la température et contrôle le métabolisme. Il nous tient en état de conscience et de veille, il contrôle les influences psychosomatiques sur la santé.

Tout ça relève de la science. Je ne le nie pas mais ça m'importe peu en fait. Et d'ailleurs, ça ne reste que des études scientifiques, on sait combien elles restent soumises au passé...Quand on travaille sur des acquis antérieurs on avance dans la voie de ces acquis...

 

Lorsque je suis dans le calme, lorsque je suis assis au sommet d'une montagne, que je sens dans mon corps le flux sanguin qui s'apaise, le ryhtme cardiaque qui se cale sur le silence de la Terre, lorsque mes yeux s'amusent des chevelures de poudre sur le fil tranchant d'une arête, ça n'est pas mon hypothalamus qui vibre mais mon amour de la vie. Il n'y a pas de centre de réception mais un abîme intérieur dans lequel tombent en cascade les émerveillements, les bénédictions, les hommages pour cette Terre.

Le coeur, l'hypothalamus, le foie, le nombril, la colonne vertébrale, le troisième oeil où mes oreilles, mes yeux, mon cerveau, mes entrailles, les picotements dans mes jambes harassées de pentes raides, la peau de mes joues piquetées de froid, que m'importe de savoir s'il y dans tout ça un centre, un organe récepteur, un processeur ultra performant et qui gère l'ensemble...

Que serait ce centre sans les montagnes, la neige, le ciel, les nuages, ma sueur, les paysages, le froid, le vent, le soleil, la soif, la fatigue, le désir d'altitude, le goût de l'effort, le bonheur de suivre mes deux garçons, de marcher désormais dans leurs traces, de surprendre parfois leurs regards attentifs sur "le père" ?

Que serait cet organe sans ces nourritures ?

Un ordinateur sans flux électrique.

L'amour de la vie comme connexion. Du haut débit.   

Ski

Par Le 17/04/2010

Etonnant l'importance que cette activité a prise.

Trois sorties de ski ces jours ci. Toujours cet émerveillement devant ces paysages magnifiés par la neige. Le silence, la solitude, même si nous skions en famille, nous ne sommes que quelques petits points dans les immensités. La lumière, le flamboiement de la neige, les ombres sur les piliers, les corniches,les nuages. Les regards sans cesse happés par un détail ou l'ensemble, un jeu permanent dans la découverte.

Et puis ce jeu physique avec les skis, choisir sa trace, maintenir l'équilibre, déclencher les virages au bon endroit, deviner les pièges, un trou, un rocher, une barre, un talus, une pente instable, slalomer entre les sapins, résister à la brûlure dans les cuisses, respirer, souffler, limiter les coulées d'acide lactique, maîtriser la peur, rester dans l'instant.

L'essentiel.

L'instant. C'est ça que j'aime le plus finalement. La Nature comme le terrain idéal à la disparition des pensées inutiles, des errances psychologiques, temporelles, comme si le jeu et l'intensité qu'il génère ne laissait aucune place à la dispersion, à cette incapacité à vivre immédiatement, totalement, sans aucune perte de soi. C'est là, dans cette simplicité de l'action que nous sommes entiers, nullement fragmentés intérieurement, un potentiel intégralement exploité, aucune échappée insoumise, aucune pensée intrusive, déclencher le virage, planter les bâtons, souple sur les cuisses, le balancement des épaules, la vitesse, un genou en avant et puis l'autre, des gestes simples qu'il faut répéter jusqu'à ce qu'ils deviennent automatiques, jusqu'à ce qu'ils soient intégrés, au plus profond des fibres, que tout devienne simple, instinctif.

 

Dans une neige croûtée particulièrement dure à skier, mon gars m'a dit en me voyant suer à grosses gouttes et râler contre mes difficultés : "Et voilà, t'as encore décidé que tu étais nul et du coup tu ne sais plus skier."

Et vlan. Il avait parfaitement raison. Je savais ce qu'il fallait faire mais le mental, la peur, l'appréhension, les contractions, tout cet emballement intérieur me privait de ce potentiel, de cet instinct du geste exact. Alors j'ai décidé de ne plus penser, de couper les parasites, de n'être qu'un corps en action, des fibres qui vont chercher dans une mémoire corporelle le geste à accomplir, ne pas être un mental qui skie mais juste un corps en action.

Ca n'a pas été immédiat, il y a eu encore quelques intrusions, des doutes, des peurs érigées, et j'ai fini par trouver la solution définitive pour que tout ça se taise pour de bon.

La joie, le bonheur, le jeu, le rire. Etre un enfant. Aucune performance à accomplir, aucun objectif à atteindre, juste passer cette bosse, tourner sur cette crête, plonger dans la pente, rire, frissonner de plaisir, bénir la neige et les montagnes, être là, juste là, une tête vide et un corps qui vit. 

L'effort

Par Le 16/04/2010

Essayer de comprendre comment on obtient l’illumination est totalement vain. C’est l’effort de recherche lui-même qui fait obstacle à la vision de cela qui est déjà. Rien de ce que j'ai vécu n'est venu par une volonté ou un travail quelconque. "Ca" m'a été donné. Peut-être parce que j'étais dans un état favorable à le recevoir, ça c'est effectivement possible. Mais ce n'était pas un état volontaire, conscient. C'était dû à mes conditions de vie. A la douleur physique, à la souffrance psychologique, au fait que tout ce à quoi j'étais identifié avait volé en éclat et que la mort me paraissait parfois plus attirante que l'heure à venir.

 

Depuis que je suis sorti de cette dimension de fragmentation, j'ai parfois souffert du fait que les états "d'illumination" que j'ai connus, ces moments intemporels, ces plongées dans un espace inconnu, que tout ça ait disparu, que je ne sois plus "visité" de la sorte.

Je me suis même mis à chercher, à réfléchir, à tenter de trouver une porte d'entrée. Sans comprendre que tout était là, sans sentir que je n'avais plus à chercher. En fait, j'ai fini par comprendre que même si mes conditions de vie étaient redevenues "normales", que mon statut social était réinitialisé, je ne serais plus jamais "l'autre." J'étais le "je" et non plus le "moi". Mais ma vie "extérieure" n'ayant pas changé dans ses fondements, je continuais à avoir peur de tout reperdre. C'était absurde.

Encore une fois, comme à chaque évolution majeure dans ma vie, c'est la Nature qui m'a montré la voie.

J'ai longtemps couru en montagne après la performance. Une reconnaissance. La démonstration de mes qualités physiques. J'avais besoin de ça pour exister. Puisque j'étais le "moi". Et puis un jour, au pied d'un sommet que je m'apprêtais à rejoindre, j'ai senti que l'effort n'avait aucun intérêt en soi. Ou n'en avait plus en tout cas pour moi. Encore une fois, ce fut fulgurant, rien ne l'annonçait, aucun signe précurseur, aucune fatigue ou lassitude, j'avais toujours envie de monter en altitude mais je me suis vu m'attacher à chaque pas et non à la pente devant moi. Je me suis arrêté beaucoup plus souvent, j'ai observé,écouté, ressenti alors que je ne le faisais habituellement qu'une fois assis au sommet.

L'effort n'avait plus aucune importance. Comme un élastique rompu qui ne me tirait plus vers le haut. Je me souviens avoir ri. Tout seul.

 

Je sais aujourd'hui qu'il en est de même avec la quête spirituelle. Elle n'est pas un sommet à atteindre, un effort à accomplir. Au risque de ne même pas voir les paysages traversés, de se priver de tout ce qui est à vivre, tendu par cette volonté, crispé par l'intention, contrarié par la distance à parcourir.

Tout est là. Constamment. Dans chaque pas, chaque battement de paupières, chaque battement de coeur. L'effort n'est qu'une identification, un rôle qu'on se joue et qu'on aimerait voir reconnu. Un "moi" qui se glorifie du "je" qu'il cherche.

Le seul effort à produire, c'est celui du marcheur qui regarde où il pose ses pieds.

Archive

Par Le 16/04/2010

Musique.

Groupe "Archive"

Bullets

http://www.youtube.com/watch?v=qw0wHvGZO08

 

J'écoute en boucle tous leurs albums.

Les médias

Par Le 15/04/2010

Je n'aime pas les médias et le "commerce" qu'ils font de la violence en général. Une semaine devant les informations, les émissions du soir et on a une vue sordide de l'humanité. Agressions en ville à Grenoble, un jeune qui se fait tabasser par une bande alcoolisée, un viol, une séquestration, un attentat, une guerre, on augmente sans cesse dans le sensationnel le plus horrible. De la rue en bas de chez nous, du trottoir en ville, à la dimension d'un pays. Toujours ce regard malsain sur la partie sombre de l'homme.

Mais quel intérêt ?

Est-ce que ça va mettre un frein à tout ça ? Si ça avait été le cas, ça fait longtemps que l'humanité irait mieux...Tous ces exemples de violence ne servent pas à la faire disparaître. Ils deviennent par contre des exemples de vie, comme si tout ça était banal, normal, inévitable.

Je vois régulièrement dans la tête des enfants les dégâts que ça cause : la peur. Et dès lors toutes les déviances qui s'en suivent :la violence, l'irrespect, l'indifférence. Chacun se terre dans sa peur.

 

J'ai entendu un jour les Guignols de l'info se moquer de Jean-Pierre Pernaud et de son JT de midi sur TF1. "Bienvenue chez les Bisounours" qu'ils disaient. Alors je suis allé voir.

Et bien, je ne suis pas du tout d'accord avec Canal. Ce JT de Mr Pernaud refuse de mettre en avant ce monde violent comme s'il était nécessaire pour l'information des masses que la noirceur soit mise sous les projecteurs. Au contraire, on voit des reportages sur des artisans au fin fond des Cévennes, des actions solidaires pour sauver une exploitation agricole, des artistes, des jeunes qui montent des projets humanitaires, du commerce équitable, la rénovation d'une chapelle, le nettoyage d'une rivière par l'association des pêcheurs...

Insignifiant ? Non, absolument pas pour moi. C'est une vie réelle, une vie apaisée, réfléchie, une vie de rencontres, d'amitiés, de liens sociaux. Ca existe aussi, il y a des millions et des millions de cas identiques sur la planète, à chaque instant, en France, dans notre ville, dans notre quartier. Pourquoi est-ce que ça n'est pas mis sous les projecteurs ? Ca n'est pas assez sensationnel, ça n'est pas "rentable", ça ne fait pas monter l'audimat ?

Je pense pourtant que ces gens mériteraient bien davantage d'être connus. Et non, les casseurs, les violeurs, les banksters, les gangsters, les curés pédophiles, les sérial killer, les Bush et consorts.

Il ne s'agirait pas de se voiler la face mais de montrer que ce monde n'est pas qu'un ramassis d'ordures.

Est-ce que ça ferait de nos enfants des "bisounours" ? Ou des individus auxquels les adultes auraient su présenter deux voies bien distinctes. La possibilité d'un choix. Et non l'obligation de lutter dans un monde violent. Comme s'il n'y avait que cette possibilité.

On ne lutte pas contre le mal en exploitant les images qu'il génère.

On lui oppose le bien. Le mal, on sait tous qu'il existe. Impossible de l'oublier. Mais quand une société, un peuple, une humanité finit par oublier que le bien existe en l'homme, on ne peut pas demander à nos enfants d'entrer dans la vie adulte avec confiance et sérénité...    

Retour vers ...

Par Le 15/04/2010

Agée de 13 ans, Sandra Ralic venait tout juste de commencer à étudier l'allemand à l'école. Depuis sa sortie du coma, elle est incapable de parler croate.

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Médecins tentant de réanimer une patiente (photo d'illustration) (AFP) Médecins tentant de réanimer une patiente (photo d'illustration) (AFP)

Une jeune Croate de 13 ans, restée vingt heures dans le coma, s'est réveillée en parlant couramment l'Allemand, et uniquement l'Allemand, apprend-on, mercredi 14 avril, sur le site du Daily Telegraph.

Sandra Ralic venait tout juste de commencer à étudier l'Allemand à l'école. Ses parents ont expliqué qu'elle lisait des livres en allemand et regardait la télévision germanophone afin de progresser, mais qu'elle était loin de parler couramment la langue.

 

Un comportement inhabituel selon les médecins

Interloqués, les médecins de l'hôpital de Knin, dans le sud de la Croatie, ont déclaré que ce comportement était inhabituel et ont examiné la jeune fille afin de comprendre ce qui avait provoqué ce changement.

"On ne peut jamais savoir exactement comment le cerveau réagira à la sortie d'un coma," a déclaré le directeur de l'hôpital, cité par le Daily Telegraph. "Evidemment, nous avons des théories, mais pour l'heure, nous préférons respecter l'intimité du patient."

"Auparavant, nous aurions tout simplement décrété qu'il s'agit d'un miracle", a indiqué au journal britannique le Dr. Mijo Milas, expert psychiatrique. "Aujourd'hui, nous préférons penser qu'il y a une explication logique à cela, mais nous ne l'avons pas encore trouvé".

"Il y a eu, par le passé, des cas de patients qui se sont réveillés d'un coma en étant capables de parler d'autres langues, parfois même des langues bibliques tel que l'ancien égyptien, mais pour l'instant, les spéculations à ce sujet sont ce qu'elles sont - des spéculations – et il est préférable de continuer à faire des analyses avant de nous prononcer sur la question", a conclu le psychiatre.

(Jordan Grevet, Nouvelobs.com)

 

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/monde/20100414.OBS2435/une-adolescente-croate-sort-d-un-coma-en-parlant-allemand.html

 

Je me souviens avoir lu il y a longtemps déjà le cas d'une femme américaine, scolarité très courte, mère au foyer, qui est happée par une voiture en traversant la route. Coma profond prolongé. Quand elle s'est réveillée, elle ne parlait que l'Allemand du Haut Moyen Age. Il a fallu trouver un chercheur en Histoire pour comprendre ce qu'elle disait. Elle ne parlait plus américain, ne reconnaissait plus ni son mari, ni ses trois enfants...

Je n'ai jamais retrouvé de traces de cette histoire.  

Le silence

Par Le 12/04/2010

L’image contient peut-être : ciel, montagne, nature et plein air

 

Je sais ce que j'aime dans l'hiver en plus de ses paysages enneigés, de ses forêts figées, des chevelures de poudreuse sur les crêtes. C'est le silence.

Maintenant que le printemps se réveille, dès que je sors, je me heurte aux moteurs des motos, des tronçonneuses, des tondeuses, des voix éparpillées dans les jardins environnants, les cris des enfants, la rumeur de la ville deux kilomètres en contrebas.

Rien à dire, pas de plainte, tout ça est normal, la vie extérieure reprend ses droits.

Mais je regrette tout de même ce silence parce que j'ai conscience aujourd'hui du bien être qu'il m'apporte.

J'ai la chance de vivre avec une femme qui aime ce silence tout autant que moi. Ne rien dire n'est pas une offense, pas de télévision, pas de radio, pas de musique. La chaîne hifi n'a pas fonctionné depuis des années. Le MP3 suffit à nos envies occasionnelles de musique. 

 

Mais ce silence du monde m 'est tout aussi important que le silence de la maison. Comme si désormais, le bruit extérieur ne pouvait plus s'adjoindre au silence intérieur dans lequel j'aime évoluer.

Les bruits de mes pensées, je tiens à les choisir. Et quand je sors, j'ai du mal à m'accoutumer à ces vagues incessantes. Elles sont trop dissonnantes. Je peux vivre sereinement devant l'Océan, sa houle est une mélodie contemplative et nullement agressante, j'aime le vent des montagnes, le bruissement des arbres, la furie des torrents, le babillage des ruisseaux. Mais les moteurs, les cris, les voix, ce sont des interruptions brutales dans le silence intérieur.

C'est assez représentatif de la vie moderne d'ailleurs. Ce bruit comme une présence constante, comme un compagnon hyper actif...Jamais en repos. Qu'y a-t-il à entendre de soi quand il n'y a pas de silence autour de soi ? C'est comme une dispersion, une fragmentation, des pièces de puzzle. Est-ce que c'est volontaire, est-ce qu'il s'agit d'un remplissage, du comblement d'un vide insupportable, d'une habitude irréfléchie, inconsciente, éducative ?

 

Quand je vais en montagne, je suis toujours surpris de rencontrer ces groupes de marcheurs volubiles. On les entend venir de loin...La même attitude que dans leur environnement quotidien. Comme si le silence partagé était une offense :"Tu fais la gueule ?" On la connaît bien cette question et elle fait tellement peur qu'on préfère meubler...C'est là qu'elle se trouve l'offense : c'est de penser que l'autre est capable de supporter n'importe quelle discussion, aussi insignifiante soit-elle...Quand on n'a rien à dire, il ne faut rien dire et il faudrait apprendre aux enfants à se taire et à aimer le silence. Ca laisse au moins l'opportunité de découvrir quelque chose d'intéressant qui vaudra la peine d'être partagé.    

 

"Nous ne nous connaissons pas encore car nous n'avons pas encore osé nous taire ensemble."

Albert Camus.

Rugby

Par Le 10/04/2010

Oui, oui "rugby" !

J'ai regardé un match cet après-midi et Fabien Galtié, ancien joueur et commentateur passionné et passionnant a eu une phrase que j'ai trouvée admirable alors qu'un joueur venait de manquer une pénalité cruciale.

"Il faut être dans l'instant présent et pas dans les conséquences possibles du geste."

 

Bien entendu que cette phrase s'appliquait au joueur, au sport en général d'ailleurs. Une balle de match au tennis...Combien de fois a-t-on vu un joueur sur le point de gagner une finale et ne plus être capable de marquer ce fameux point. Parce qu'il est submergé de pensées, parce que l'émotion a pris le pouvoir, qu'il n'est plus dans l'instant mais dans la remise de la coupe, dans le palmarès du tournoi, dans tous les rêves d'enfant qu'il a eus alors qu'il commençait vraiment à bien jouer, dans la reconnaissance, dans l'égo. Pas un égo négatif et destructeur, il est tout à fait normal d'être heureux dans un instant pareil, mais un égo qui va au-delà de l'instant, qui vit hors du présent et du coup vient pertuber les qualités du joueur.

 

C'est assez effrayant tout de même...Quand on y pense sérieusement, en essayant d'analyser les éléments en présence. Tout est pourtant la propriété de l'individu. L'adversaire, en face, n'est pour rien dans cette "sortie de route". Alors que rien n'est plus important pour ce sportif que cette victoire, il va de lui-même créer des phénomènes internes si puissants que cette victoire risque de lui échapper. Comme si quelque chose en lui n'en voulait pas...Ca n'est évidemment pas le cas. Il s'agit simplement d'une incapacité à rester dans l'instant, tout simplement, à rester ancré dans la vie réelle et pas dans une vie imaginée, cette vie qui n'a aucune existence puisque d'ailleurs elle risque bien de ne jamais survenir...

 

Alors cette phrase de Fabien Galtié, elle m'est restée à l'esprit et j'ai essayé de l'étendre aux autres circonstances de la vie.

Une rencontre par exemple : Dès lors qu'un individu se laisse emporter par la possibilité d'une histoire amoureuse, il entre dans "les conséquences du geste." On peut facilement déduire que tout comme un joueur de tennis avant une balle de match, il ne sera plus maître de lui-même, que les émotions le submergeront au point qu'il ne sera plus lui-même mais une tentative de lui-même, celui qu'il aimerait devenir. Peut-être d'ailleurs que son trouble sera émouvant et touchera l'autre personne. Mais on entre dès lors dans le domaine de l'éventualité et pas de la réalité. Peut-être aussi, après quelques temps, lorsque l'émotion aura été consommée et que la plénitude sera de nouveau installée, que le retour au grand jour de l'individu réel amènera une désillusion chez le partenaire, comme si l'image émouvante avait rendu l'âme et que l'âme apparue n'était pas aussi belle. La réalité n'est pas toujours reluisante. C'est encore pire lorsqu'elle a été camouflée. Que ce soit conscient ou pas.

Alors, chaque partenaire ira chercher une "autre finale", une autre émotion exacerbée, une autre réalité travestie, sans réaliser que le retour de flamme sera nécessairement le même. On ne peut pas tricher indéfiniment avec la réalité.

 

Alors, maintenant, il conviendrait d'autopsier en profondeur nos fonctionnements pour déterminer le nombre de fois et les situations répétées dans lesquelles nous ne sommes pas dans la réalité parce que nous nous projetons dans "les conséquences possibles du geste." 

Merci Fabien Galtié.

Un site à suivre de près.

Par Le 06/04/2010

Une mine.

http://blog.syti.net/

 

Incontournable.

L'écriture

Par Le 04/04/2010

"Lorsqu'on est pénétré de quelque grande vérité et qu'on la sent vivement, il ne faut pas craindre de la dire, quoique d'autres l'aient déjà dite. Toute pensée est neuve, quand l'auteur l'exprime d'une manière qui est à lui."

Vauvenargues.

 

Je viens de retrouver cette citation alors que je l'avais lue la première fois au lycée, en classe de Terminale. J'aimais écrire, j'en avais besoin. Mais j'étais toujours insatisfait, comme si justement je ne faisais que resservir avec une misérable cuillère une soupe cuite et recuite, collée au fond du plat et que je devais râcler furieusement pour essayer d'y apporter une infime saveur...Dans une perpétuelle désillusion.

Je sais aujourd'hui que ce que j'écrivais, je ne l'éprouvais pas, je ne vivais rien mais je me croyais vivre à travers ces mots jetés comme autant de signes de reconnaissance. Je n'écrivais pas pour me comprendre mais pour exister aux yeux du monde, un besoin d'identification.

L'art comme un diplôme scolaire, un joli papier à encadrer et que je porterais comme un étendard. Toujours ce fameux embrigadement existentiel en fait. Nous sommes élevés dans cette quête constante et effrénée de reconnaissance. Il n'y a rien d'intime dans cette démarche, dans cette soumission à l'autre, aucun amour pour soi mais une recherche de l'amour de l'autre. Et dès lors, il n'y a rien qu'un vide rempli de salissures, jusqu'à aimer davantage l'amour reçu d'autrui que l'amour réel de soi.

L'amour comme un palliatif à notre incomplétude et l'écriture comme un bouquet de fleurs, un cadeau enrubanné de paroles mensongères.

Dès lors qu'on écrit pour transmettre, il y a une intention, une pensée autre que cette vérité que l'on se doit d'explorer et de vivre. Et l'intention prend une telle importance, elle devient si obsessionnelle que le message lui-même s'y perd. C'est tout le problème des religions d'ailleurs. Les rituels sont devenus plus puissants et envahissants que la vie qu'elles honoraient à l'origine. L'art est une religion perdue dès lors qu'il a une intention si forte que le créateur s'y soumet.

Il ne s'agit pas de savoir si l'idée a déjà été malaxée mais de savoir s'il est possible qu'elle nous nourrisse, qu'elle ne soit pas les résidus d'un plat que l'on souhaiterait faire goûter...Nous ne serions sinon que des oisillons réclamant la becquée.

 

Un jour j'ai cessé de vouloir écrire. Et dès lors j'ai découvert ce que je portais. Et les mets que je transportais et que je n'avais jamais goûtés puisque je pensais que les nourritures des autres étaient infiniment plus délicates...Peut-être que ces saveurs sont agrémentées des lectures, des pensées, des réflexions, des cheminements des dizaines et dizaines d'auteurs que j'ai dévorés mais la différence essentielle entre aujourd'hui et cette époque révolue, c'est qu'aujourd'hui, j'écris pour moi, pour être ce que je dois devenir.

Je bénis la vie qui m'a brisé, je bénis les épreuves qui m'ont arraché aux illusions intellectuelles, égotiques, aux errances durant lesquelles j'adorais mes oeillères.

 

"Ça écrit en moi."

Cette idée, une nuit, alors que les mots s'alignaient, j'écrivais "JUSQU'AU BOUT", vingt-sept pages d'une traite, les heures avaient défilé, la fenêtre ouverte, assis tout nu sur mon fauteuil, j'avais chaud, si chaud, les mots comme des noyaux en fusion, dégorgeant des magmas insoumis, les doigts pianotant des mélopées enflammées, impossible de suspendre cet élan, ça écrivait en moi parce que j'étais en moi et non pas enfermé dans des réflexions intellectualisées, des citations tronquées, des vomis ravalés, j'étais là, pleinement, infiniment là, et les mots jaillissaient comme des connexions d'âmes, un haut débit jamais atteint, inespéré, et puis enfin cette certitude que la vie n'avait jamais été aussi réelle, que je n'avais jamais plongé aussi profondément en moi, que je n'avais jamais été capable d'aller chercher ainsi dans les strates les plus enfouies, les plus fossilisées, les vérités perdues.

 

Alors, oui, effectivement, peu m'importait la qualité des paroles, leurs enluminures, leurs intonations. Tout était là, pour moi, selon ma vérité intérieure.

Un autre regard.

Par Le 03/04/2010

 

Mais alors, si ces épreuves que j'ai endurées, je les ai reçues à l'époque comme des drames répétés et qu'ils portaient en eux l'opportunité des révélations, de l'évolution, de l'éveil, c'est donc que je ne savais pas les accueillir, que je ne les observais que d'un angle précis de la pièce, emmûré dans des fonctionnements archaïques.

Il existerait un autre regard, une autre vision. La durée et l'intensité des épreuves ne seraient que proportionnelles à l'effort nécessaire pour arracher les oeillères. Ou étendre ses regards à une dimension d'univers.

Carl Gustav Jung, Aurobindo, Krishnamurti. Juste ces trois esprits. Ils ont connu un moment de rupture, un drame, une épreuve, chacun dans leurs parcours respectifs. Bien entendu qu'ils avaient déjà oeuvré intérieurement à l'émergence de ce regard mais ils n'ont pourtant pas échappé à "l'épreuve"...

Il existe pourtant des "éveils spontanés".

D'où vient dès lors cette accession brutale, soudaine, inattendue, nullement préparée parfois ?

Eckhart Tolle, Virgil, Ciussi. Juste ces trois esprits. Etrange ouverture comme un arrachement explosif, le basculement dans un autre monde, comme une frontière franchie alors même que le voyage n'était pas entamé. Pas de réponse. Un cadeau peut-être, juste pour prouver que c'est possible, qu'il y a un autre état à connaître, une dimension à explorer.

Il existe aussi des voyages inaboutis. Des épreuves qui n'ont rien donné de durable. Juste un horizon qui se dégage durant quelques jours, semaines, mois, années, une vie entière parfois. Et pourtant cet attachement forcené aux anciennes connaissances, aux idées adorées. Ce moi qui ne veut pas lâcher prise, qui ne veut rien entendre, qui maintient ses certitudes, ce regard limité. Comme un marcheur sur les crêtes éthérées et qui ne lèverait jamais les yeux de ses chaussures...De peur de faire un faux pas...

"Tout être en quelque sorte est la semence de l'être qui doit sortir de lui."

Marc Aurèle.

Mais il y a la peur.

La peur de l'inconnu. Nous sommes élevés dans un cadre précis, des objectifs que la vie sociale nous assigne : scolarité, vie professionnelle, vie amoureuse, vie familiale, une voie déjà tracée sur laquelle nous tentons chacun d'établir quelques parcelles de choix, de liberté. Nous cherchons dans diverses possessions à prendre forme, quelques identifications qui marquent nos horizons immédiats de notre empreinte. Est-ce que la semence doit vraiment donner vie à cet individu formaté ? Est-ce que nos "libertés" sont réelles ? Je suis indubitablement plus "libre" que les Birmans dans l'horizon social. Qu'en est-il dans la dimension spirituelle ? Et quelle est cette dimension ? En quoi consiste-t-elle ? Est ce là que Marc Aurèle parle de l'être à venir ?  

Il est possible en tout cas que les épreuves ne soient que l'opportunité de grandir. Comme une graine germée qui devrait percer la carapace durcie d'une terre asséchée. Tendre vers les lumières célestes et dépasser les jungles moites, s'extraire des foules, des mouvements de masse, ne pas les haïr, aucune colère, mais la lucidité à acquérir pour que cette liberté s'élève, que l'être prenne forme non pas dans la dimension sociale mais dans un espace unique.

Et découvrir alors, qu'il existe, étrangement, des liaisons inexpliquées avec toutes ces âmes libérées, que des passerelles sont tendues, qu'elles n'ont pas de nom, que la science ne les a pas identifiées, qu'elles ne le seront peut-être jamais.

Juste de l'Amour peut-être. Un amour sans espace, sans temps, sans limites, sans frontières, ni cadres. Sans règles, ni intentions, sans objectifs, ni attentes. Juste le bonheur de savoir qu'un autre existe, qu'il aime s'asseoir au sommet d'une montagne, au bord de l'Océan, marcher sous le couvert des arbres, traverser des déserts, écouter la croissance des herbes, dessiner des peuples d'anges avec les nuages. 

Ski.

Par Le 01/04/2010

Candide Thovex.

 

En dire quoi.

 

http://www.skipass.com/news/48839-candide-camera-2.html

 

Ca serait nécessairement insuffisant.

Si beau.

Souffrir de soi.

Par Le 01/04/2010

 

 

 

J'aurais pu rester paralysé d'une jambe, de deux, boîter pour le reste de mes jours. Et je marche en montagne, je skie, je tronçonne des stères de bois, je ne sens rien, aucune douleur, j'ai connu des rêves étranges, des auras bleutées qui venaient me parler, "laisse la vie te vivre", des impressions soudaines et inconnues, comme quelqu'un qui poserait son coeur dans le mien, comme un ange en moi, une présence bienveillante et confiante, et cet apaisement des larmes chaudes, celle qui coulent parce qu'il y a trop de bonheur et que ça déborde, qu'on ne sait plus où le mettre, qu'on manque d'expérience.

J'ai vu des matins aux couleurs naissantes qui ruisselaient en moi comme des sèves nourrissantes, je ne les avais jamais reçues, je ne voyais dans ces cieux lactescents que des jeux de lumière, aucun lien, aucune communion, juste un éblouissement passager, oh, comme c'est beau, insignifiant regard humain aveuglé de suffisance, des oeillères rigides commes des accoutumances, je restais en moi au lieu de naître cette fois, délivré de cette enveloppe carcérale, il a fallu que la vie rougeoit en moi comme des tisons qui fourragent, que la douleur jusqu'au bout de mes résistances me conduisent à l'outrage d'une mort espérée, il a fallu que je perde toutes les images de cet individu formaté, lacéré de décharges électriques, liquéfié par le magma des fibres enflammées, nuits et jours, jours et nuits, jusqu'à la disparition du temps, jusqu'à la disparition de tous les repères, plus aucune résistance, plus aucun espoir, plus aucune attente puisque le temps n'existait plus, puisque je n'existais plus, puisque le mental avait lâché prise.

Et j'ai vu l'inconnu un matin, j'ai vécu, j'ai plongé au coeur du monde, pas moi, mais cette vie en moi qui fusionnait, j'ai vu ces particules, ce monde que j'ignorais, cette énergie originelle, j'ai pleuré quand elle a plongé en moi, j'ai pleuré quand je me suis éparpillé en elle. Comme une éjaculation d'atomes, un orgasme primitif.

Et puis, je suis revenu au monde des hommes. Peu à peu. Comme s'il était impossible de rester tendu ainsi dans une érection d'univers.

"Laisse la vie te vivre."

J'ai souffert de moi-même,comme un prisonnier réintégrant sa cellule. J'ai frappé les murs, cherché une fissure, ça n'était pas possible, pourquoi ?

"Laisse la vie te vivre."

J'ai prié pour que ça revienne, c'était injuste, tout ça et plus rien, pourquoi ?

Et puis il a bien fallu que je m'habitue. Ca n'était plus là. Mais la souffrance qui m'accompagnait, je l'entretenais, comme une pénitence, dans le secret des silences mensongers, je me disais bien que cette souffrance "on" viendrait m'en délivrer, encore une fois, sinon à quoi bon tout ce chemin, à quoi bon ces révélations ?

Mais quelles révélations finalement? Je n'y comprenais rien. Ni les médecins. Alors j'ai cherché dans les livres. Il devait bien y avoir des compagnons quelque part. Des voyageurs de l'étrange, de ce qui n'est pas identifié, qui n'a jamais été ausculté, radiographié, de cet insaisissable qui s'était évanoui. J'ai lu, j'ai écrit, j'ai lu, j'ai écrit, j'ai lu, j'ai écrit...Et je n'ai jamais rien compris. Parce que l'intellect n'a rien à faire dans cette dimension d'univers fusionné.

Comment le mental pourrait-il comprendre ce qu'il ne peut nommer ? C'est comme vouloir écouter une musique qui n'a pas été écrite ? Que pourrait-on jouer ? Mais pourtant la musique existe puisque dans le silence elle résonne en moi. D'où vient-il cet écho infini ? Y a-t-il en nous le bruit de fond de l'univers qui vibre ? Est-ce cela cette musique qui m'éparpille et me reconstruit? Rien à comprendre. Ca n'est pas accessible. Il s'agit juste de le vivre. Téter avidement, goulûment comme un bébé au sein de sa mère. Il n'a pas besoin de comprendre intellectuellement ce qu'il fait.

Je plonge mes yeux dans les yeux de la Terre.

 

Lego ce coco qui vous veut du bien

TU N'ES PAS JE.

Qui es-Tu toi qui m'étouffe sous tes certitudes 

entassées comme autant de fêlures 

Tu as établi ta souveraineté au royaume des altitudes 

miasmes enluminés d'infinies convenances, 

soumissions passives, perverses accoutumances, 

qui es-Tu pour vouloir ainsi me perdre alors que Je t'héberge 

Tu as voulu te nourrir des amitiés soudoyées, 

honorer les vénérations, les reconnaissances 

te gaver sans répit des amours galvaudés, 

Tu as cru prendre forme, pâte malléable 

abandonnée langoureusement aux caresses versatiles 

Tu réclamais ta pitance le cœur éteint 

et l'ego malhabile, prêt à t'humilier pour calmer ta faim, 

l'euphorie anarchique te servait de remède et 

Tu refusais d'écouter en ton sein 

vibrer une âme éteinte qui tendait vers sa fin 

mais la Vie a trouvé la faille et t'a mené vers le tombeau 

nulle crainte pour elle tu n'étais qu'un vaisseau 

tu pouvais bien sombrer dans les abysses lointaines 

elle était l'Océan, Tu te croyais capitaine 

au creux des montagnes mouvantes Tu as eu peur enfin 

tes pensées se sont tues et Je suis revenu 

de ton corps paralytique ont jailli des lumières 

des étreintes amoureuses ruisselant de semence 

palpitations d'univers comme autant de naissances 

j'ai compris tes douleurs car Tu n'étais plus là 

dressé à la barre d'un navire perdu Tu n'avais pas le choix 

ta solitude morbide t'emplissait de morve 

il fallait que tu craches toutes tes nuisances 

pour échapper enfin aux avides noirceurs 

Je ne t'en veux pas Tu sais, 

Tu as fait ce que Tu croyais juste 

le courant était bien trop fort pour toi 

Je te tends la main désormais 

cette main que tu as toujours donnée aux autres 

en ignorant qu'elle était ton bien 

il n'y a plus rien à fuir, ni peur à nourrir 

Tu as rejoint ton âme et Tu t'y sens bien 

laisse -toi porter la Vie sait ce dont elle a besoin 

l'Océan n'existe que là où Je me trouve 

cesse de regarder les horizons éteints 

ils ne sont que chimères et Tu t'épuises pour rien 

Je suis là maintenant et Tu peux t'abandonner.

Tu es mort pour ton bien.

 

L'autre moitié... (mental/conscience)

Par Le 01/04/2010

"Pour se compléter, pour devenir sage et fort, c'est simple, il suffit de s'ouvrir, de laisser venir ce qui manque, l'autre moitié essentielle de soi-même.

Cette recherche de la complétude demande de l'attention et de la persévérance, elle se situe hors de tout volontarisme bloquant parce qu'il n'est que mental.

Apprendre à céder est notre problème, un problème d'attention, de décontraction et d'Amour."

 

Gîta Mallaz.

 

La difficulté essentielle pour ma part est de faire la distinction entre la persévérance et le volontarisme. L'attention réclame de la vigilance, la vigilance nécessite de la lucidité, la lucidité impose une certaine forme de volonté...Et c'est là que se produit le basculement dans le volontarisme...La frontière est insignifiante, aussi fine que celle qui sépare le mental de l'esprit. Le mental est un tourbillon de pensées, de mémoire, d'ancrages.

L'esprit, pour sa part, évolue dans une saisie constante de l'instant, sans aucune interférence.

Mais le mental est un roublard et il lui est facile de se déguiser pour se faire passer pour cet esprit contre lequel il lutte. Il n'aime pas l'instant présent car il le prive de ses ancrages et le dissout. Alors il va s'imposer par le volontarisme, cette dimension temporelle qui inclut une projection vers un avenir espéré. Le volontarisme est intentionnel, il a un objectif qui se situe hors de l'instant. Mais pour passer inaperçu le mental se sert de cette quête de l'éveil, de ce goût étrange pour la spiritualité, l'intellect se dresse et se pare de citations, de connaissances livresques, de références...

C'est toujours la mémoire en fait et le mental qui reprend les commandes. Etre dans la connaissance intellectuelle, c'est se soumettre de nouveau à ce mental qui se nourrit de ses acquis, qui se lance vers la re-connaissance, juste des nourritures digérées mais nullement vécues. D'ailleurs, elles disparaissent comme autant d'excréments avec le temps et le mental retourne se gaver goulûment dès que l'occasion se présente.

Le nouvel essai d'un grand Maître, une conférence immanquable, un symposium, un séjour, un stage, un voyage organisé...

Re-connaissance. A double effet : retrouver celui que l'on connaît, que l'on a déjà rencontré, ce Moi adoré et puis bien sûr une reconnaissance sociale, un partage, une adhésion à un groupe parce que s'y trouve une valorisation entretenue conjointement...Le mental est un roublard...

Et j'ai moi-même commencé ce texte par une citation.

Et j'entretiens ce blog sur lequel j'ai du plaisir à voir passer du monde.

Tout ça n'est qu'un mental qui s'amuse.

Mais si ce travail me permet d'en prendre conscience, n'est-ce pas là que se situe ce que l'on pourrait nommer le détachement. Une certaine observation des tours et détours utilisés par ce mental insoumis et persévérant. La conscience d'un esprit en nous ne prend-elle pas forme uniquement à travers l'observation de notre mental ? Des subterfuges infiniment renouvelés. L'esprit ne serait dès lors non pas un maître à penser mais davantage un chirurgien, un maître du scalpel. Et à force de trancher dans les chairs il parviendrait au coeur. Au coeur de l'instant. Là,où il n'y a plus rien à observer puisqu'il n'y a aucune action, aucune intention, aucun ancrage. Rien.

L'esprit est là où il n'y a plus rien.

 

Alors cette autre moitié ne serait pas une part accolée comme un contrepoids mais un espace vide, un néant dans lequel la Vie prendrait forme, rejoindrait la source, l'origine, le tohu bohu primitif, sans aucune rancoeur pour ce mental manipulateur mais un Amour inconditonnel pour cette moitié agitée qui créé en fait l'opportunité de plonger au coeur de l'instant.

C'est parce que je suis le jouet de mon mental et que j'en ai conscience que je découvre les règles du jeu. Et au lieu de subir des règles qui m'échappent je deviens le concepteur d'un jeu plus subtil : celui qui consiste à observer le joueur en train de s'agiter au lieu d'être un simple pion sur le damier de mon inconscience.

 

Le procès de l'ego.

Par Le 27/03/2010

Quelque chose qui me gêne dans cette démarche spirituelle qui consiste à chercher à identifier nos fonctionnements internes, inconscients ou pas, conditionnements, formatages éducatifs, inconscient collectif...

Pas dans la recherche de vérité interne mais dans le désamour qui est sous-entendu. Je ne veux pas voir en moi un "ennemi" contre lequel je dois lutter mais bien davantage un individu égaré que je dois avant tout aimer. Dans cette quête de lucidité, je ne veux pas renier ce que je suis mais accueillir chaleureusement celui qui s'est perdu. La colère, le déni, le procès, sans observation consciente du phénomène, représentent, à mon sens, de véritables perditions intérieures.

Il me semble impossible de scinder en moi une part que je n'ai pas su maîtriser d'une part qui serait l'antre de la vigilance. Les deux sont imbriquées et s'influencent. Il ne s'agit pas d'une prédominance de l'une sur l'autre mais plutôt d'un passage occasionnel, une démarche qui consisterait à opter pour une voie, comme deux chemins parallèles accolés, n'ayant qu'une infime frontière.

Le travail essentiel à mon avis consiste à oeuvrer envers l'ego pour qu'il reste accompagné par la vigilance de l'esprit et non pas à étouffer l'ego par une domination constante de cet esprit, de cette conscience ou de l'âme. L'esprit, d'ailleurs, n'a pas de volonté de domination. Il est.

Celui qui veut dominer l'ego, c'est l'ego, lui-même...Piège redoutable...

Je suis un être social, inévitablement, un être relationnel même si ces relations sont limitées au strict nécessaire. J'ai une histoire, un panel de traumatismes, une famille, des proches que j'aime, un métier (suspendu...), des passions, des projets, des rêves, des espoirs, des attentes, je suis un être commun, un ego qui se débat. Il serait inconcevable que je nie tout cela, que je cherche à m'en défaire, comme si je devais m'extraire d'une prison. 

Alors que faire ?

Aimer ce que je suis et à travers cet amour et ce regard apaisé, libéré de toutes colères, nourrir mon ego de la vigilance de l'esprit et profiter des fluctuations de mon ego pour affiner la conscience de cet esprit qui l'observe. L'un et l'autre se servent et ne sont nullement adversaires.

Non pas condamner l'ego dans un procès inique mais apporter la douceur dont il a besoin pour déposer les armes. Si je vais vers lui en ennemi, si mon esprit vient au devant de ce mental indocile comme un justicier, il se défendra, il établira de nouvelles murailles, il se perdra, s'égarera, il préfèrera perdre pied en s'illusionnant de maîtrise plutôt que de laisser s'instaurer en lui l'acceptation du jugement. La justice appliquée n'a jamais apaisé. Elle ancre dans les fibres, au plus profond, le goût amer de l'humiliation. Si aucun amour ne vient s'y adjoindre, aucune guérison n'est envisageable. Le condamné restera immanquablement, malgré le temps, un individu en souffrance et la souffrance imposée n'élève pas. Elle fossilise.

Alors que faire ?

Nul jugement, nul déni, nul aveuglement, aucune colère, aucune condamnation, je suis un individu en errance, un ego qui se débat, un esprit qui aime. Être dans l'acceptation, dans l'accueil, le détachement aussi, sûrement de l'humour, beaucoup d'humilité, abandonner l'intellect prétentieux et les savoirs inquisiteurs, il n'y a pas de mode d'emploi, pas de règles, pas de chemin établi, juste une errance qu'il s'agit d'aimer pour qu'elle ne devienne pas une perdition, de l'empathie, de la compassion, pour ce pauvre hère qui erre. 

Juste de l'amour.

Rituels de passage.

Par Le 25/03/2010

Dans les sociétés dites "primitives" il existe des rituels de passage destinés à provoquer un changement d'état de la conscience du jeune initié. Pour cela, il est courant d'user de drogues hallucinogènes, de créer un état de transe en faisant effectuer des gestes répétés ou émettre des sons particuliers, de placer l'initié dans une situation de danger ou d'épreuves auxquelles il doit faire face après y avoir été préparé.

"La plume de l'aigle" chez les Amérindiens. "Le saut" du haut d'une tour avec une liane aux pieds, la tête s'arrêtant à quelques mètres du sol, en Papouasie (il me semble), la chasse à la baleine ou à l'ours polaire chez les Inuits, le lion chez les Masaïs, plusieurs jours d'isolement dans la forêt amazonienne chez les Kayapo..."La forêt d'émeraude"...Un bel exemple d'initiation.

Et ici.

La prise de drogue n'est pas accompagnée par un Chaman et a des conséquences désastreuses. Fatales parfois.

Les accidents de la route témoignent bien souvent de cette tentation du danger.

L'isolement dans une nature vierge est devenu quasiment impossible et n'attire que très peu d'individus. L'humanité "moderne" vit hors sol et ne s'intéresse qu'à une nature artificialisée.

Les rites de passage ne sont plus perçus que comme des actes inconsidérés, inconscients, absurdes, néfastes. Ils le sont effectivement. Ce ne sont pas les jeunes qui en sont responsables mais les adultes qui ont abandonné ce rôle, qui l'ont délégué à la vie en société, une société déstructurée, privée de ses traditions les plus essentielles.

L'école est devenue le cadre normatif de ces rites de passage : la maternelle, le passage en primaire, le passage au collège, le lycée, l'université, certains individus ont été abandonnés en cours de route et cherchent donc d'autres rites à éprouver, c'est ainsi, il faut avancer à travers les épreuves, et si le cadre normatif s'est montré impitoyable il faudra trouver des palliatifs. Ceux-là ont été sacrifiés pour montrer aux élus leur statut de "privilégiés"...

L'égalité ne mettrait pas en valeur les particularités et ne permettrait pas la création de castes. Et les castes sont un moyen fabuleux de créer de la richesse...La boucle est fermée. Et rien ne peut défaire le noeud, il est devenu archaïque, ancré dans l'incosncient collectif. Il s'entretient de lui-même tant sa force est gigantesque.

L'alcool, la drogue, le sexe, l'appartenance aux groupes, les supporters de foot, ces fanatiques qui ne vivent que pour l'épreuve par personnes interposées, les groupes politiques, religieux, médiatiques, toutes les formes d'appartenance et de reconnaissance sont des palliatifs. Le problème, c'est qu'ils n'élèvent pas la plupart du temps mais créent une dépendance... Il n'y a pas de passage d'une rive à une autre mais la nage frénétique dans les miasmes boueux de l'embrigadement. Il faut juste maintenir en état les troupes.

Les jeunesses hitlériennes, les Khmers rouges, les Staliniens en sont des exemples frappants. Et monstrueux. Les organisateurs n'ont pas pour objectif l'élévation spirituelle de l'individu mais son adhésion définitive, un rôle à tenir, valorisant bien sûr mais nullement évolutif dans sa dimension existentielle. A moins que la personne ne devienne à son tour un maître de l'organigramme. Un élu supérieur...

Le service militaire a occupé un temps ce rite de passage mais on connait ses dérives et la force de son embrigadement ou du dégoût qu'il générait. Aucune élévation spirituelle.

Alors que reste-t-il ?

Le sport parfois, non pas lorsqu'il est intégré et dirigé par une structure compétitive, une fédération et tous les égos, les carrières, les ambitions personnelles qui s'y greffent mais le sport "libre", le sport comme une ouverture de l'esprit à cette dimension intérieure que les rites révélaient.

Je sais ce que je dois à la montagne, à la course à pied, au vélo, à ces milliers d'heures passer à pédaler, au-delà de tout objectif, rien d'autre que de passer la "porte", d'entrer dans le "flux", dans la "zone"...

 

"La zone"

Des étapes spirituelles.

 

Je n'appartiens à aucune structure, je n'adhère à aucun groupe politique, religieux, social, je ne suis fan de rien, je n'idolâtre rien ni personne, je vis dans une liberté que je garde farouchement. Mes rites de passage, je les ai choisis. Pas tous. Certains se sont imposés, sans doute parce que j'étais figé, sans doute parce que sans en avoir conscience je m'étais ancré dans les certitudes, j'avais fini par ébrécher les murailles et je laissais couler en moi le fiel du monde.

Les seules personnes auxquelles je tienne sont la femme que j'aime et mes trois enfants. Le reste du monde pourrait disparaître, je m'en remettrais toujours. Peut-être est-ce monstrueux ? Et pourtant j'ai pleuré tout seul en voyant les enfants d'Haïti. La misère humaine m'effondre. Peut-être me suis-je éloigné pour survivre ? Parce que la douleur des autres me tue. Certains rites de passage m'ont marqué au fer rouge. Je ne leur en veux pas, je sais ce que je leur dois et de toute façon, c'était ma voie; il n'y a rien à regretter, il s'agit de comprendre. D'autres rites sans doute seront nécessaires avant d'arriver au bout. J'essaierai de les choisir avant qu'ils ne s'imposent.

Solidarité

Par Le 21/03/2010

Un appel à l'aide

 

http://www.voyageursducoeur.org/spip.php?article214

 

Pour une action réelle.

Merci de diffuser autant que possible.

Conscience globale. (spiritualité/conscience)

Par Le 21/03/2010

 

 

http://www.futurinc.lautre.net/article.php3?id_article=6

Le "Global Consciousness Project" semble à première vue une affaire bien anodine. Des ordinateurs en réseau, répartis à travers la planète et occupés à générer des chiffres au hasard... Mais imaginez un instant que des universitaires bidouilleurs puissent prouver avec ça l'existence d'un inconscient collectif...

 

Quel point commun entre les célébrations de l'An 2000, un tremblement de terre en Turquie, les funérailles de Lady Di, les JO de Nagano ou les événements du 11 septembre 2001 ? Tous ces événements, violents, tristes, intenses, ont fortement marqué les esprits. Simultanément repris en masse par les médias et présents sur toutes les lèvres. A chaque fois également, des séquences de données ont été discrètement recueillies par le réseau GCP, acronyme du Global Consciousness Project.

Projet Conscience Globale
Première expérience de parapsychologie planétaire, ce projet de recherche étonnant et inspiré, mené sous l'impulsion des professeurs Nelson (père et fils) sous le sceau de l'Institut des Sciences Noétiques, réunit une dizaine de bénévoles. Des personnalités et experts venus de tous les horizons : intelligence artificielle, neuroscience, anthropologie, analyse des données... Ces compétences sont unies au service d'une même question : est-il possible d'établir l'existence d'une conscience globale, à l'échelle de la Terre ?

Une démarche scientifique que leurs auteurs résument ainsi "nous avons l'hypothèse que nos instruments montreront des déviations anormales liées à des Evénements Globaux quand se manifeste une large communauté de participation ou de réaction à l'événement et que nous pouvons en attendre une résonnance et une cohérence à grande échelle."

Rendu public et officiellement en service depuis août 1998, le GPC enregistrerait ainsi en direct continuel toutes les joies et les peines de la planète. Spécificités locales, évènements globaux, pondérations statistiques, mise à disposition des données, présentations graphiques ou sonores... La quantité d'informations fournies sur le site du projet est instructive. Ainsi la mécanique informatique (à base de linux ;-) utilisée pour étudier les corrélations entre données collectées et événements collectifs est éprouvée, nourrie de presque 35 années d'essais en laboratoires et protocoles expérimentaux en tous genres.

Micro-Psychokinèse : mode d'emploi
Le coeur du système repose sur des micro-REG, des dispositifs portables de Random Event Generator, que l'on peut traduire par "générateur numérique aléatoire" ou GNA. Ces appareils statistiques perfectionnés, fondés sur la désintégration imprévisible d'éléments atomiques, servent comme capteurs passifs à mesurer les interactions entre l'esprit et la matière. Qualifiés de micro-psychokinèse, ces effets se présentent ensuite dans les relevés statistiques sous la forme "d'anomalies significatives". C'est à dire des séries cohérentes de chiffres qui apparaissent, s'auto-organisent et s'écartent de la ligne de base du hasard.

Si un individu est capable d'influencer un GNA, pourquoi ne pas imaginer la même chose avec un groupe ? en recalibrant apr exemple le GNA pour enregistrer et suivre les fluctuations liées à des états particuliers de conscience ? Et peut-on reproduire ces résultats à l'extérieur d'un laboratoire, sur des terrains "spéciaux", comme la pyramide de Gizeh ou un stade de football ? Entre 1994 et 1998, des séquences de données récoltées lors de concerts lyriques à Bayreuth, de cérémonies rituelles, ou de méditation collective...) ont présenté des déviations fortes ou très fortes lors de situations "impliquantes". Celles suscitant des investissements émotionnels ou intellectuels. Jamais en cas d'événements ne nécessitant qu'une attention superficielle.
Dès lors, pourquoi ne pas mettre en place des relevés disséminés entre différents lieux, et vérifier si des événements exceptionnels, locaux, peuvent se retrouver dans le global ?
D'hypothèses de recherche en expériences toujours plus vastes, ces étapes ont permis au Pr Nelson d'affiner et perfectionner ses appareils de mesure avant de les répandre à l'échelle de la planète.

EGG a.k.a Electro-Gaia-Gramme
L'émergence avec Internet d'une infrastructure technologique internationale et décentralisée a signé le vrai démarrage du programme GCP et permis les premiers transferts de données. Sécurité, synchronisation des paquets, archivage ou analyse conjointe (dont une part de protocole propriétaire), l'architecture client-serveur REGG-Net 1.5 est constituée d'un serveur principal (situé à Princeton) qui fait fonction de "Panier", et de capteurs Micro-REG dont les messages sont les "Oeufs" en transit. Les données sont ensuite moulinées, agrégées sous formes de "graphes" (analogue à un électro-encéphalogramme mais à l'échelle de Gaia, la planète Terre), de tableaux en bâtons ou de représentations 3D.

Avec aujourd'hui une cinquantaine d'"Oeufs" actifs (disséminés entre l'Europe, les USA, l'Inde, les îles Fidji, la Nouvelle-Zélande, l'Indonésie et le Brésil), le réseau est désormais "suffisamment fiable pour fournir les données nécessaires aux analyses prévues... et continuer à croître naturellement en fonction des nouveaux volontaires."

Etabli à priori, le registre de prédictions - une liste d'hypothèses spécifiques et datées, comme la finale de la Coupe du Monde ou une éclipse de soleil - fixe des événements majeurs éventuels dont les manifestations seront ensuite recherchées au sein des données couvrant cette période (hormis événements ou catastrophes imprévisibles bien entendu). Parfois, les corrélations sont fortes, à d'autres quasiment nulles, mais pour Nelson "les résultats accumulés montrent en moyenne en cas d'événements globaux des fluctuations légèrement différentes d'un pur relevé aléatoire. Les différences sont subtiles et à analyser avec prudence afin d'éviter les erreurs ou l'influence des observateurs".

Des erreurs de jeunesse
Le 11 septembre 2001, les ordinateurs du GCP ont immédiatement retranscrit des nuages de points significatifs. Une tendance aux pics marqués (notamment aux heures de crash des avions et d'effondrement des tours) par de tels écarts statistiques qu'il y avait "une chance sur million que cela soit du au hasard", comme l'a écrit le prof. Nelson dans des publications scientifiques de l'été 2002. Ces résultats paraissaient confirmer les corrélations accumulées durant les quatre années d'existence du projet. Une esquisse de preuve plutôt synonyme de corrections nécessaires.

Depuis, le projet est sur le grill, notamment pour ses travers de méthode. "Des erreurs petites, de calculs ou d'analyse, mais qui s'additionnent" explique Peter Bancel, un expert occupé depuis plusieurs semaines a rédigé un rapport d'évolution et de recommandations au sujet d'un projet "simple dans le concept alors que c'est dans son suivi que réside la réussite". Non détectées, les erreurs s'accumulent. Faussant à terme l'ensemble des résultats.

"Le projet est tout petit, et en même temps, il a une grande ampleur, poursuit cet analyste, donc c'est très difficile de suivre tous les détails". Et pas de place à des calculs approximatifs si l'on veut se plier à une parfaite rigueur scientifique. "Et dans ce type d'études, il faut des résultats étonnants".

D'après Peter Bancel, on ne peut s'avancer pour l'instant à donner des probabilités. Il faut mettre un bémol à ce qui a été dit "mais pas à 100%". Les données brutes sont encore là et l'honnêteté intellectuelle de l'équipe projet jamais mise en doute. Ses contradicteurs saluent d'ailleurs la volonté de transparence affichée et la quantité de données disponibles via le site web. "Pour être solide, préconise-t-il, il faut faire des hypothèses précises et creuser la base de données pour découvrir les anomalies susceptibles de se reproduire, et reposer des hypothèse pour les années à venir."

Vous avez dit Noosphère ?
S'il est juste aujourd'hui d'émettre les plus grandes réserves sur l'interprétation des résultats, les perspectives déjà esquissées restent néanmoins extrêmement troublantes. Pour Erik Pigani, journaliste à Psychologies Magazine et auteur de Psi, Enquête sur les phénomènes paranormaux (Presse du Châtelet), ces résultats "démontrent qu'une sorte d'inconscient collectif se manifeste à travers une cohérence très significative". Et de rappeler d'autres anomalies observables sur les relevés où "il semblerait même qu'il y ait une anticipation de l'événement".

Ces premières années d'activité du projet Global Consciousness Project questionnent la définition admise des limites de la conscience et évoquent bien sûr d'anciennes traditions spirituelles (Grand Esprit, Mère Gaïa) ou des théories plus récentes comme l'inconscient collectif de Jung ou la Noosphère de Teilhard de Chardin, spéculation chère aux techno-shamans et autres cybermanciens.

Pour l'instant, les défricheurs du GCP poursuivent dans l'ombre leurs recherches, consolidant leurs résultats et s'obstinant à mieux comprendre leurs "anomalies signifiantes". Car quelque part, il existe un appareil capable d'enregistrer la "température psychique" du globe.

 

 

Le web du Projet Conscience Globale :
http://noosphere.princeton.edu

Institut des Sciences Noétiques :
http://www.noetic.org

Teilhard de Chardin et la Noosphère :
http://www.trip.com.br/teilhard/francais.htm

 

 

Conscience au-delà de la conscience. (spiritualité/conscience)

Par Le 20/03/2010

 

Extrait : "JUSQU'AU BOUT"

 

« Si notre conscience a la possibilité de grandir à l’intérieur de notre espace clos, c’est sans doute que nous ne l’avions pas développée auparavant et qu’il reste de la place. Mais se pourrait-il aussi que cette conscience soit extérieure à nous-mêmes, comme une conscience commune dans l’univers et qu’il s’agisse simplement de la saisir pour l’inviter à occuper notre espace intérieur ? La plupart des hommes vivrait sans conscience, ce qui pourrait expliquer aussi les déviances de l’humanité. A la place de cette conscience universelle jamais rappelée, l’esprit s’emplirait de valeurs intrinsèquement humaines, totalement détachées de la source commune. Et ces valeurs, nombreuses et variées, incessamment renforcées pour le maintien du mensonge, donneraient l’impression à l’humanité entière qu’elle est sur la bonne voie… La manipulation de la masse par la masse elle-même nous a entraînés sur une fausse route. Nous ne sommes pas sur la voie de l’univers. Nous ne sommes plus en expansion avec lui. Nous sommes perdus. »

 

 

 

Ce qui est en nous, cette conscience auto-réfléchie, n'est sans doute qu'une étape. Et par l'admiration que nous lui portons elle agit comme une cellule, un carcan. L'humanité a scellé son âme dans le piédestal hautain de cette conscience adorée. Nous n'étions que sur le chemin et nous avons cru l'ouvrage achevé.

Cette conscience, de par l'aura que nous lui avons tressée, nous a aveuglés. Comme si le projecteur de notre intérêt et de notre fascination s'était retourné vers nous et nous avait figés comme une bête saisie par une lumière soudaine. 

 

Pour quitter ce carcan, pour retrouver l'apaisement de l'obscurité et l'humilité du cheminement, le pas appliqué et aimant du marcheur, il nous faut abandonner l'amour égotique et plonger dans les noirceurs de l'inconscient primaire, celui qui nous unit à la Terre, à la Vie, à la Source. Nulle crainte à avoir, ce ne sont pas des noirceurs voraces. Juste une Conscience tournée vers la Vie et non plus vers notre Moi. Il faut juste poser un capuchon sur notre conscience d'homo sapiens, comme un étouffoir sur une torche.

Je ne crois pas en la philosophie dès lors qu'elle est privée de sa dimension spirituelle. Elle n'est qu'au service de l'égo tout puissant, à l'intellectualisation de la conscience.

Je ne crois pas en la religion car elle est au service de l'aveuglement. Elle a toujours détourné les hommes de la Vie,de la Terre, de la Source. Elle agit pour les hommes au nom d'un Dieu. Elle n'agit pas pour la Vie.

La spiritualité n'est pas la religion. 

La spiritualité n'a pas de chemin écrit, aucun sillon à suivre, aucun Maître à adorer, aucun Dieu à vénérer. 

 

La Conscience au-delà de la conscience.

Lorsque l'unité sera faite, lorsque les liens seront établis, lorsque l'osmose sera constante, pas uniquement quelques flashs inattendus, pas simplement ces bouleversements qui nous submergent devant un coucher de soleil, les grands navires de pluie, la mélodie des houles dans la cime des arbres, le sourire d'un enfant, ses petits doigts qui viennent saisir notre main pour l'aider à monter sur un rocher, son rire cristallin devant la danse des vagues, le vol blanc d'un oiseau pélagique sur le fond bleu de l'Océan, tous ces instants d'amour qui ruissellent et pleurent en nous des torrents de bonheur.

la Conscience de l'Amour. Au-delà de notre enveloppe.   

 

Il nous faut sortir de nous-mêmes.

 

 

"JUSQU'AU BOUT"

 

Quand il déboucha au sommet des dunes, il fut saisi par la beauté du paysage. Il s’arrêta.

« Bonjour », dit-il à la mer.

Il en était persuadé désormais, elle était vivante comme lui, comme le soleil, comme les nuages, les oiseaux, les arbres, les poissons cachés. Tout rayonnait d’une lumière commune. Il fallait simplement trouver l’osmose, la synergie, la résonance universelle. Comme le bouton d’une radio qu’il suffisait de tourner pour trouver les ondes. Il avait toujours aimé cette image, il la comprenait encore mieux. Il inspira une grande bouffée d’air iodé et essaya de visualiser les particules gazeuses dans son être, l’excitation de ses propres cellules au contact de cette vie puissante. En découvrant le large, il constata que la mer n’avait pas d’ombre. C’était l’être vivant le plus grand et il n’avait pas d’ombre. Il n’y avait jamais pensé car il ne l’avait jamais perçue comme un être vivant. Il n’avait toujours vu qu’une immensité agitée ou calme, posée devant les hommes. Parfois, il lui avait bien attribué des caractéristiques humaines, pour s’amuser, marquer de son empreinte un espace naturel, mais il ne l’avait jamais ressentie réellement comme un être à part entière. Il comprenait maintenant combien sa vision avait été réductrice. Elle était, sur cette planète, l’être vivant possédant la plus grande énergie lumineuse. Voilà pourquoi des foules considérables se ruaient sur son corps, au bord de sa peau bleue et attirante. Tous, ils cherchaient à ressentir cette lumière. Mais ils ne le savaient pas. Il aurait fallu y penser, accepter l’idée, s’y plonger réellement. Ca ne faisait pas partie de ce monde agité, c’était trop d’efforts, et simultanément trop d’humilité et d’écoute de soi. Chacun se chargeait de la lumière intérieure de la mer, du soleil, du vent, des parfums, des oiseaux blancs du large, pensant simplement à être bronzé, reposé, amusé. Mais pas illuminé…Et pourtant, elle continuait à diffuser sa lumière sans rien attendre en retour. Devant elle, personne ne pouvait réellement se sentir seul ou abandonné. Dans les moments de solitude humaine, il restait toujours cette possibilité de rencontrer un être planétaire. Cet individu assis, seul, sur une plage ou un rocher n’était pas réellement seul. S’il acceptait d’écouter la lumière qui rayonne en lui, s’il s’abandonnait et laissait s’établir le lien, le lien unique, immense, le lien avec la mer, avec l’univers, comment aurait-il pu se sentir seul ! C’était impossible. Il fallait le dire aux hommes, aux enfants d’abord. Oui, d’abord aux enfants. Ils écouteraient immédiatement car ils le savaient déjà mais n’osaient pas le dire. Les adultes sont si réducteurs, si raisonnables…Si coupables aussi. Non… Pas de condamnation…Il fallait développer le bien, ne pas les juger mais les aider. Il étouffa sa colère dans les caresses du soleil sur sa peau frissonnante. Il descendit sur la plage, s’éloigna de la zone d’accès et se déshabilla. Alors il sentit pleinement le contact.

Il marcha sur le sable mouillé. C’était incroyable cette surface d’échange, incessamment excitée, ces caresses entre l’eau et la terre, ce contact permanent…Contact… Il sentit soudainement l’importance de ce mot. Il chercha si la terre en possédait un autre plus vaste encore et pensa à l’atmosphère. La planète et son atmosphère. C’était comme cette vague sur cette plage. L’atmosphère se couchait sur le corps de la Terre l’enlaçant totalement, la caressant, la protégeant. Et cette atmosphère, elle-même, baignait dans un environnement plus vaste. Il pensa que nous étions tous protégés par plus grand que nous. Et tous reliés par cette lumière commune, que la plupart des scientifiques, trop présomptueux, trop limités par leurs connaissances, ne parviendraient jamais ni à identifier, ni à situer, ni même à comprendre. L’humilité restait le fondement de l’amour.

Il marcha sur le sable mouillé comme sur un lit défait, le point de rencontre de deux amants suprêmes. Chaque vague étirait son grand corps vers la plage lascive, étendait des nappes mouvantes, écumeuses et pétillantes comme autant de langues curieuses et il sentait émaner du sable mouillé des parfums subtils, des envolées d’essences délicates. Son corps, enveloppé dans ces baumes inconnus, se revigorait et se renforçait. Il suffisait d’être là, ouvert au monde, réceptif. Oublier d’être l’homme pour devenir le complice.

 

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