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Etrange

Par Le 13/03/2010

Il m'arrive parfois de "décrocher" complètement de toutes réflexions, d'évoluer dans une sorte d'absence intellectuelle ou spirituelle et simultanément je perçois par moments une sorte de félicité, de béatitude, comme si une épuration intérieure s'était faite sans que je n'intervienne, sans que je cherche par un cheminement précis et maîtrisé à atteindre ce "silence"...

Je suis là. Depuis quelques jours. Rien. Et pourtant un tel bonheur, des bouffées de joie soudaine, sans aucune raison précise, juste un flamboiement qui ne m'appartient pas, qui tombe en moi de je ne sais où ou qui jaillit d'un antre inconnu. Ca ne m'appartient pas, je n'y peux rien. Tout comme la Vie en moi d'ailleurs. Peut-être est-ce tout simplement ça la sensation de la Vie? Quelque chose qui ne peut pas être identifié, qui n'a pas de nom, qui ne peut pas être saisi au vol, ni étouffé lorsque "ça" surgit. Un flot de frissons, un regard qui se perd, le corps qui s'arrête, les pensées qui s'envolent. Rien et pourtant tellement.

Je coupais du bois ce matin. La tronçonneuse plein les oreilles. Les muscles tendus, concentration, je n'aime pas cet engin, je sais les dégâts qu'il peut faire. Mais quatre stères à la scie ou à la hache, non merci :)

Et puis, là, soudain, sans que rien ne le laisse prévoir, un courant chaud qui se déverse en moi, dans les fibres, une cascade ardente, des frissons, une chaleur étrange derrière les yeux. C'est toujours là, rien que de l'écrire, mais c'est la mémoire qui le réactive et ça n'a pas la même puissance. C'est juste un rappel émotionnel. Ce matin, c'était comme un premier amour, quelque chose que je n'aurais jamais éprouvé encore, une explosion. Etrangement, lorsque ça survient, c'est à chaque fois différent. Dans les circonstances, dans les effets, la durée, les ressentis. Mais l'émotion est toujours aussi vive. C'est beau à pleurer. Les émotions premières sont les plus belles. Celles qui suivent ne sont que des résidus mémorisés. On ne va pas s'en priver pour autant mais ils n'auront jamais l'incandescence des incendies originels.

J'ai coupé la tronçonneuse, je me suis assis sur un tronc.

J'ai laissé ruisseler.

Et puis ça s'est arrêté.

Les premières fois, c'était il y a cinq ans. Je sortais "miraculeusement" de mes trois hernies discales. J'aurais pu ne plus jamais marcher. Alors je marchais, la nuit parfois, pendant des heures. On n'imagine pas ce que ça représente de lancer un pied devant l'autre quand on est passé tout près du fauteuil roulant. C'est bien dommage d'ailleurs. Cette incapacité à saisir au plus profond le bonheur de tout ça. Uniquement après avoir failli tout perdre.

D'où vient cette méconnaissance de la Vie, d'où vient cette distance inconcevable, méprisante, cette futilité de nos actes, non pas nécessairement dans leurs nécessités mais dans la conscience de ce qui s'y trouve ? Chacun de mes gestes, chaque instant,chaque seconde, chaque battement de paupières, ce mystère du coeur qui bat, ce flux sanguin, l'incommensurable complexité de ce corps, ce fonctionnement qui m'échappe, pas tous les "comment", mais intrinsèquement le "pourquoi", ce hasard ou ce destin tracé, cette chance ou cette volonté, ce miracle ou ce choix, rien ne m'appartient dans cet état de conscience insipide dans lequel j'évolue la plupart du temps.

Qu'est-ce qui se passe en moi lorsque l'incandescence jaillit ? Est-ce enfin l'apparition de la Conscience, un état de pureté et de réception enfin libéré, par-delà les pensées, par-delà la raison, un lien qui se créé avec le Vivant en moi, autour de moi, comme une connexion retrouvée. N'est-ce pas ça la nostalgie, ne prend-elle pas sa source dans ce calice égaré, cette nostalgie sans raison, cettre tristesse sans cause, comme si quelque part en nous pleurait un Etre qui souffre et se plaint ?

Le bonheur ne serait-il pas tout simplement d'être ce que nous portons ?

Au lieu de vouloir être ce que nous pensons devoir être.

Nous sommes déjà nous.

Il n'y a rien d'autre que cette Conscience d'être là. Pas l'individu, pas le citoyen, le mari, le père, le sportif, l'écrivaillon, l'instituteur. Mais la Vie en moi.

Un grand bonheur.

Par Le 07/03/2010

Un message reçu d'un ancien élève.



"Bonjour !

Je suis à la fois très surpris et surtout très content que l'on se soit retrouvé sur Facebook.

Je parlais justement de vous, il y a peu de temps, avec Sonia ..., qui était dans votre classe en même temps que moi et qui m'a retrouvé par hasard sur Internet, fin 2009.

J'ai lu votre biographie et votre bibliographie sur plusieurs sites littéraires ces derniers mois : c'est épatant ! Et dans vos interviews, j'ai parfaitement retrouvé l'instituteur que j'avais gardé en mémoire.

Cela peut paraître bête, mais ces mois passés dans votre classe m'ont beaucoup marqué. En partie parce que j'ai un mauvais souvenir de mon institutrice suivante ... mais surtout parce que vous aviez une manière différente de voir les choses et de nous les enseigner.

Après coup, je trouve que cela a beaucoup influencé mon parcours. Vous avez conforté mon envie de créer, renforcé mon imaginaire. J'ai passé toutes les années qui suivirent à écrire de petits récits, à inventer des histoires, même si depuis je suis retombé dans des choses plus rationnelles et carrées : la presse écrite et la politique.

En tout cas, près de 13 ans après, je vous remercie du fond du coeur.

M..."



Une grande bouffée de bonheur.
Merci.

A new born child.

Par Le 07/03/2010

Sinnead o Connor

Chanson du film " Le premier cri".

http://www.youtube.com/watch?v=ngVHtE-iZSQ

 

Just as two breathes
become one breath

As to wispers
become a cry

Miracle before us lives
the glory of A New Born Child

these aves closed eyes
already seeing
looking without looking within
a taste of mental truth
before her eyes
the glory of A New Born Child

In this place
where life's long path begins
if they'll be
princess, queens or kings

 


let our place, there at mother's side
the glory of A New Born Child

L'amour du silence.

Par Le 06/03/2010

 

"L'homme n'est qu'un roseau, le plus faible de la nature, mais c'est un roseau pensant...Quand l'univers l'écraserait, l'homme serait encore plus noble que ce qui le tue parce qu'il sait qu'il meurt et l'avantage que l'univers a sur lui, l'univers n'en sait rien. Toute notre dignité consiste donc en la pensée." Blaise Pascal.

 

 

 

 

Il vaut toujours mieux être un roseau pensant qu’un bouleau obtus. Pascal n’irait pas contredire La Fontaine.

 

La pensée est à la source de tous nos actes même ceux qui sont inconscients. Il ne s’agit que d’une pensée inconsciente…Quand à l’instinct, il a bien fallu que les actes qui en découlent soient un jour pensés par un de nos nombreux ancêtres pour prendre place dans notre cerveau reptilien…

 

On dit parfois qu’on doit avoir un comportement digne. Mais ce comportement n’est que la résultante de nos pensées. Dès lors que nous entrons dans le phénomène de la pensée, nous sortons simultanément du calice. Nous considérons que la vision macroscopique, ce regard intelligent et intelligible, cette transmission de notre analyse ou le monologue intérieur sont des saisies indéniables de la vie.

 

Nulle critique envers ce travail. Il est indispensable. Sans cette pensée, nous ne serions que des outres vides. Des enveloppes ayant délaissé le contenant possible.

C’est inconcevable. D’autant plus que non seulement nous ne cessons de penser mais bien souvent nous pensons à « l’insu de notre plein gré »…

Et c’est là que surgit le problème.

 

Peut-on parler comme Pascal de « dignité » lorsque nous constatons à maintes reprises, avec un minimum de vigilance, que ce phénomène de la pensée nous échappe et s’établit parfois sans que nous parvenions à le maîtriser ?

Combien de fois n’avons-nous pas souffert de ce sommeil insaisissable sous le feu ardent des pensées volages ?

 

Nous devrions être digne de ne pas être maîtres de nous-mêmes ?

 

Bien entendu que Pascal parlait de la portée inestimable de ses pensées, de la force et la profondeur de ses raisonnements. Mais nous ne sommes pas des Blaise Pascal…

Nous ne sommes pas ces maîtres spirituels qui usent avec une justesse inégalable de leur capacité à penser ou bien à s’extraire dans la méditation du maelström inépuisable des neurones tourbillonnants.

Mais nous, à notre humble niveau, nous ne pouvons pas honnêtement être dignes de cette faiblesse chronique qui nous ronge et nous perturbe.

 

 

Qu’en est-il du silence ?

Le silence porte en lui la conscience de la vie. Pas son commentaire intellectuel, philosophique  ou spirituel mais sa réception totale, immédiate, épurée. Les pensées peuvent commenter la vie mais dès lors elles l’observent avec une certaine prétention, avec cette satisfaction du chercheur…Mais celui-là n’est pas au cœur de la vie. Il n’est plus qu’un chirurgien qui autopsie.

Nous devons apprendre le silence, nous devons apprendre à nous taire. Intérieurement.

On n’entend rien dans ce tohu-bohu. Nous vivons comme dans un poste radio où les ondes s’interfèrent. Chaque émission veut prendre la place, chaque musique s’impose, chaque parole se répète, c’est une cacophonie indescriptible.

 

Il faut que ça cesse. C’est à partir du silence que nous pourrons apprendre à parler. Comme s’il restait à chaque fois que nous lançons en nous un cheminement intellectuel, une grotte, un antre ou un calice, un refuge à rejoindre comme un ressourcement possible. Il faut s’aventurer avec parcimonie, ne pas aller trop loin, ne pas se lancer sur plusieurs routes, éviter les croisements pour viser sans détour l’horizon. Et revenir à chaque fois dans le cocon originel du silence.  

 

C’est un retour à la Nature qui se propose. Nos vies modernes sont saturées de bruits et d’attirances. Nos rencontres, nos proches, nos voisins, la rumeur de la ville, la télé, la radio, les MP3, nos téléphones, les avions, les voitures, cet environnement carcéral qui ceint nos oreilles et déverse en nous une boue tonitruante de bruits incessants.

Qui donc peut se targuer de vivre dans le silence ?

Où peut-on le retrouver ?

N’y a t- il pas en nous une habitude perverse de cette houle d’océan comme une dépendance, une angoisse même, si jamais  l’étendue venait à se taire ? N’entretenons-nous pas inconsciemment ce ressac indocile, ces vagues grondantes comme des poisons renouvelés ?

 

J’en ai vu bien souvent des randonneurs qui avançaient dans des paysages paisibles comme en terrain hostile et lançaient en flux constant des verbiages futiles, comme pour combler ce silence assommant.

 

Je n’y ai perçu aucune dignité…

Ça pensait à tue-tête et c’est ma tête qu’ils tuaient.

 

Nous apprendrons à penser quand nous aurons appris le silence.

 

Je pense (et, oui, là, pour l’instant, je n’ai pas le choix…) à ce petit enfant, ce petit d’homme à qui tous les adultes qui l’entourent et l’accompagnent s’efforcent de le remplir de connaissances, de le plonger dans les expériences de la vie. Rien à redire. C’est l’adulte qui se construit. Mais il y manque trop souvent l’amour du silence. Le silence en soi, quand la paix retombe, avant même que le sommeil l’enveloppe, cet abandon délicieux dans le calice, là où se tient tapie la conscience muette de l’amour de la vie.     

Bienheureux l’enfant qui un jour s’assoit seul au sommet d’une colline et dans le silence intérieur perçoit la rotation de la Terre.

Celui-là peut être digne.

L'élastique

Par Le 06/03/2010

Le lien qui unit un enfant à ses parents pourrait prendre laforme d'un élastique.
C'est l'enfant qui est en avant, les parents le suivent.
C'est lui qui trace son chemin, influencé certainement par les commentaires des parents.
Les parents se doivent d'accompagner l'enfant, faire en sorte que l'élastique ne soit pas inconsidéremment tendu.
Des parents qui resteraient figés dans leur peur et chercheraient à retenir l'enfant génèreraient une tension qui irait immanquablement en s'amplifiant.
L'enfant, l'ado, le jeune adulte ne peut pas rester sur place, il faut qu'il avance. Nécessairement il s'éloignera.
Soit les parents l'accompagnent, le soutiennent, le conseillent, gèrent eux-mêmes leurs craintes sans les transmettre, et dès lors ils font en sorte que le lien ne soit pas une tension mais un contact, soit ils refusent cette évolution, il s'ancrent dans leurs certitudes, ils se nourrissent de leurs peurs et les transmettent. L'élastique va se tendre, se tendre irrémédiablement. Aucune avancée ne peut être stoppée sinon par la mort. L'enfant devra lutter pour s'éloigner, pour répondre à l'appel des horizons, sa route sera chaotique car il devra sans cesse lutter contre la tension qui le retient.
Les ressentiments, les conflits, les incompréhensions, les colères, finiront par s'achever dans la rupture.

L'élastique sera brisé.
Personne ne s'en remettra jamais.
 
Il ne faut pas tendre l'élastique, il faut suivre le mouvement. C'est nous qui suivons les enfants et pas l'inverse. Comme le dit Khalil Gibran, "la vie ne va pas en arrière".
Si l'élastique à force d'être tendu se rompt, tout le monde en souffre.
Les parents diront :
"Avec tout ce qu'on a fait pour toi, on t'a protégé de tout..."...
Et l'enfant répondra :
"Avec tout ce que m'avez empêché de faire, vous m'avez privé de tout ce que je devais découvrir."

Les parents souffriront de cette absence de reconnaissance, l'enfant souffrira de ce qu'il est devenu et de la souffrance qu'il fait subir à ses parents. Double peine...

Lisa Gerrard

Par Le 05/03/2010

Musique : Lisa Gerrard

Vidéo : Gregory Colbert

 

http://www.youtube.com/watch?v=ZfCHIzBFY6o

 

http://www.youtube.com/watch?v=DGv_8ns6FDI&feature=related

 

http://www.youtube.com/watch?v=CcrmJdgizq4&feature=related

 

http://www.youtube.com/watch?v=lHAUH8fF_2Q&feature=related

 

Et puis en direct avec Peter Bourke.

http://www.youtube.com/watch?v=BoXsxYf2UMA

 

Et dans le film "Gladiator" avec Hans Zimmer

http://www.youtube.com/watch?v=eBszRs0zZlc&feature=related

 

Un film magnifique, une musique inoubliable.

"Force et honneur."

La mort.

Par Le 04/03/2010

La mort...

Le fait que nous ayons l'opportunité de parler de la mort prouve que nous sommes en vie.

Est-ce que quand je serai mort je parlerai de la vie ? Ça serait tout aussi absurde dès lors que je passerai mon temps à parler de quelque chose qui n'est pas. Je suis en vie et donc pas mort ou je suis mort et donc pas en vie. Alors je dois m'atteler à parler de ce que je suis.


Pour ce qui est de la mort en elle-même, je ne la vois pas comme ayant une "existence" propre. Ça n'est pas la mort qui survient, c'est la vie qui s'en va, ça n'est pas un phénomène qui survient mais un phénomène qui nous quitte. On appelle ça la mort mais elle n'est rien en elle-même. On devrait plutôt dire une "non vie".

On me dira que ça ne change rien mais pour moi ça change beaucoup. Il n'y a pas cet "ennemi" effrayant qui peut nous tomber dessus à tout instant. Il n'y a qu'une vie qui peut s'échapper. C'est la vie envolée qui nous fait mort. Et si cette vie que nous adorons (ou pas) contient en elle-même la non vie, je me dois de l'aimer de la même façon. Je ne peux pas aimer un aspect de la vie et en refuser un autre. C'est tout ou rien. À moins d'être un bel hypocrite.

De quoi devrions-nous nous plaindre d'ailleurs ?

Ce qui nous effraie le plus, fait en sorte que lorsqu’elle sera là, nous n’y serons plus.

Fantastique création.

Imaginons un instant que nous découvrions la mort tout en restant vivant. Là, on pourrait se plaindre. Ca serait par exemple la putréfaction de notre corps mais sans que nous ayons été privés de notre conscience. Là, effectivement, on aurait de quoi gémir. Mourir de son vivant. Plus aucun mouvement, aucun battement cardiaque, rien, le sang figé, la peau glacée, rigidité du cadavre.

Mais en totale conscience. Durant un temps infini.

 

La création s’est arrangée pour nous épargner ça. Et nous parvenons encore à lui reprocher la sentence finale. Incroyable mésestime.

 

Nous sommes là. Puis nous n’y sommes plus. L’espace et la durée entre les deux peuvent bien entendu être diversement éprouvés. C’est là que se trouvent les difficultés. Pas dans le basculement lui-même.

 

D’ailleurs, étrangement, nous ne sommes pas angoissés de ce que nous étions avant notre naissance. Quel était mon visage avant la naissance de mes parents ?

Absurde ? En quoi serait-ce plus absurde que cette angoisse du « néant » que nous imaginons après la mort ? Est-ce qu’avant ma naissance j’étais mort ? Où étais-je ? Nulle part ? Il n’y avait rien de moi ? Des éléments séparés dans les corps de mes parents ? Rien d’autre ? Vraiment ? Qui en est certain ? Les mêmes qui disent qu’après la mort il n’y a rien ? Ou un Paradis ? Ou une réincarnation ? Ou  un enfer ? Des chromosomes, uniquement ça ? D’où vient l’énergie qui les anime ?

 

Rien, il n’y a rien d’autre que le néant de notre « inconnaissance. »

Et à chaque réponse, à chaque avancée, s’agrandit proportionnellement la distance à parcourir.

De quoi devrions-nous nous plaindre ? Il reste tellement de chemin à faire. Rien n’est plus déstabilisant, voire déprimant, qu’un voyage achevé. Celui-là, nous n’en connaissons pas la fin. Nous savons uniquement qu’à un moment il se passe quelque chose de totalement nouveau. 

 

Quelque soit la direction que prend notre imagination, ça n’est toujours qu’une excroissance de notre mental et de tous les a priori, les conditionnements, les cultures, les histoires, les religions, les éducations que nous transportons.

Il n’y a rien de réel. Ni, pour avant ma naissance, ni, pour après ma mort.

 

Et là, maintenant, qu’y a-t-il de réel ? Tiens, c’est vrai que la question peut paraître absurde elle aussi.

Moi. Je suis réel. C’est indéniable. D’ailleurs si je mourais je ne serais plus là, c’est donc que je suis réel. Ah, mais non, ça ne tient pas ça étant donné que je ne sais pas ce que je serai après la mort. Je ne peux donc pas me convaincre d’être réel en usant de l’image que j’ai de la mort.

Imaginons qu’après la mort je sois dans un état de conscience beaucoup plus profond que celui de mon « vivant ». J’aurais l’air malin d’avoir affirmé que j’étais réel en étant vivant…Ça n’est peut-être ici qu’une antichambre de la conscience, une certaine forme d’hallucination collective dont la mort est la sortie. C’est ensuite que s’ouvre le monde réel.

Oui, mais tout ça n’est encore une fois qu’un amalgame d’hypothèses, un jeu intellectuel, une rhétorique.

 

Puisque je ne connais pas la réalité de la mort, je ne peux pas en user pour me convaincre que je suis vivant. Ni encore moins réel.

Je ne peux pas me faire une idée du blanc sans avoir éprouvé le noir de la nuit mais que pourrais-je bien saisir du noir de la nuit sans avoir au préalable pu goûter à la clarté du jour. Rien n'existe hors du tout. 

 

Cet espace et ce temps de vie ne pourraient-ils donc n’être qu’une "irréalité partagée" et la mort l’apparition de la réalité dans un espace d’éternité ?

 

Et voilà, c’est reparti… Des questions, des questions…  

 

Mais puisque je m’interroge, il faut bien qu’il y ait en moi une réalité capable d’éprouver cette éventuelle irréalité. Est-il possible que je sois suffisamment manipulateur envers moi-même pour aller me prouver que j’existe réellement en m’interrogeant sur ma propre réalité ?

Conscience auto réfléchie. Ah, oui, la fameuse théorie de Descartes.

"Je pense donc je suis."

Je panse et je m’essuie.

Au fil de mes souffrances, de mes blessures, de mes traumatismes. Le sang coule et les idées sombrent. Tout ça est bien réel. Je ne peux pas en douter.

Ah, mais si justement, Descartes a dit que je dois douter de tout. C’est la preuve que je pense et donc que je suis. Mais si j’en viens à douter que je pense…Que se passe-t-il ? Cela signifie-t-il que je ne suis pas puisque je ne sais pas qui pense malgré que je doute ? Mais qu’en est-il du doute ? Il s’agit bien d’une pensée pourtant. Tout ça est bien réel.

Sauf que je ne sais toujours pas si cette vie est bien réelle étant donné que je ne peux pas la comparer à sa finitude à travers l’idée de la mort. Tout ça n’est donc pas plus réel que la mort. Il n’y a rien de réel, sinon les certitudes que je me fabrique. Certitudes sur la mort et par balancier certitudes sur la vie.

Juste le jeu infini des pensées pour me prouver que j’existe.

Trop fort le gars !

De quoi éclater de rire.

Quelle mascarade !

Tiens, c’est peut-être ça la réalité.

L’éclat de rire.

J'ai une certitude malgré tout. C'est que je peux jouir, là, maintenant de ce miracle de pouvoir écrire sur ce jeu des pensées, jouir du spectacle merveilleux du monde, jouir de mon existence, ressentir et jouir intégralement, sans aucune distorsion, sans aucune retenue, sans aucune pudeur, rire encore ou pleurer de bonheur, courir, marcher, nager, être dans l'amour avec mon aimée, sentir les parfums des fleurs, siffler avec un oiseau, frissonner dans le vent glacial de l'hiver, me réchauffer dans les coulées lumineuses du soleil, jouir de l'absence provisoire des pensées quand je contemple le ciel.

Il n'y a de noirceurs que si je choisis d'ignorer la lumière.

 

 

Avatar.

Par Le 03/03/2010

En espérant que la fortune amassée par Cameron servira à une cause essentielle...

 

http://www.allocine.fr/article/fichearticle_gen_carticle=18592018.html

 

Quand la réalité rejoint la fiction.

La réalité signifiante et le réel.

Par Le 28/02/2010

Réalité matérielle.

Réalité signifiante.

Réel.

L'ordinateur sur lequel je travaille existe. Je ne peux pas le nier, il est là, dans sa matérialité. Il disparaîtra d'ailleurs quand il ne fonctionnera plus, c'est à dire lorsque ce que pour quoi il a été créé ne lui concèdera plus ce statut de "réalité matérielle".

Cette réalité matérielle est générée par nos besoins. Certains sont vraiment essentiels, d'autres très superficiels. Cette réalité matérielle a une telle incidence sur notre vie quotidienne qu'elle finit même par influer sur les phénomènes liés à la "réalité signifiante".

Notre conscience dispose de deux manières pour se représenter le monde. L'une correspond à la représentation exacte d'une réalité connue, la réalité matérielle, l'autre symbolise la perception intérieure de quelque chose d'impossible à voir.

Cet ordinateur n'aurait aucune réalité signifiante pour un Inuit ou un Aborigène. Il faudrait qu'ils changent leur représentation intérieure pour que cette réalité matérielle devienne tangible et prenne du sens. De la même façon, dans la jungle de Bornéo, nous serions confrontés à une réalité matérielle (environnementale) tellement déstabilisante que nous n'y trouverions qu'une durée de vie très limitée.

La réalité du monde n'est pas la même pour tous.

La réalité signifiante a tendance à unifier les individus les uns aux autres. Il s'agit du monde des significations construites par la pensée, par l'intermédiaire du langage, de l'imaginaire social institué, de l'imaginaire religieux ou de l'inconscient collectif, cette fabuleuse "matrice" qui agit sur nous comme un virus indécelable. 

Ce monde est un espace signifiant et limité par des cadres très précis.   

Dans la réalité signifiante, nous fonctionnons par accumulation de savoirs et par l'analyse rationnelle des phénomènes. C'est un monde conceptuel indispensable pour créer du sens. Les hommes y trouvent bien entendu toutes les marques d'appartenance qui leur sont si chères...Chacun se reconnaît et s'identifie à diverses catégories de sens. Les castes, les groupes, les peuples y prennent forme, nourris par les religions, les philososophies, les comportements sociaux, les idéaux, les fanatismes...

La réalité matérielle a une influence considérable sur cette réalité signifiante. Il est reconnu par les Occidentaux par exemple que la BMW apporte une image sociale ou mieux encore la Rollex...Le matériel permet d'entrer dans une catégorie et d'être reconnu. Le signifiant que l'homme a donné à cette réalité matérielle qui n'en avait pas à priori a fini par apporter à cette réalité matérielle un pouvoir d'influence sur la réalité signifiante...Etrange échange de "bons" procédés qui s'entretiennent et sont renforcés à tous prix (très cher le prix bien entendu...). Les "maîtres" de la réalité signifiante savent user de la dialectique, des médias, de la "people attitude" pour abreuver la réalité matérielle et manipuler les masses.

"J'existe parce que je possède une belle maison, que je roule en BMW et que je donne l'heure avec une Rollex. J'aime cette réalité signifiante et j'y adhère corps et âme. Et tant pis pour ceux qui doivent se contenter d'un HLM, d'une 4L et de la pendule de la cuisine. Nous ne sommes pas du même monde, nous n'avons pas les mêmes valeurs."

La mondialisation est une oeuvre de déliquescence intellectuelle. Elle consiste à construire une réalité signifiante planétaire. L'imagination doit être restreinte afin de répondre aux lois du marché. L'inconscient collectif se doit d'être régulé à des fins bien précises.

La création artistique elle-même entre dans des cadres de reconnaissance très précis. La rentabilité est son tuteur. À moins de créer pour soi et de ne pas chercher à diffuser aux autres étant donné que ça nécessite des structures financières, économiques, concurrentielles.

Soit on l'accepte, soit on créé pour son propre bonheur. Ultime liberté ?

Cette création solitaire favorise l'émergence d'une autre conscience. En s'extirpant des modèles et des phénomènes générés par la réalité signifiante, l'individu peut accéder à une dimension spirituelle qui n'est pas gangrénée par la pensée commune.  

C'est là qu'apparaît le réel. Il a toujours été là d'ailleurs. Mais on ne le voyait plus.

Le réel serait donc ce qui reste lorsque la réalité matérielle aurait retrouvé sa place originale, qu'elle ne servirait plus à constituer une réalité signifiante dissimulant des objectifs innommés... Je devrais par conséquent jeter cet ordinateur portable qui n'a aucune nécessité autre que celle que je lui ai donnée, cette réalité qui me permet d'entrer en contact avec quelques uns de mes semblables et de leur proposer cette réflexion qui me valorise...Hum, hum... La réalité signifiante de cet appareil est donc de me permettre d'exister dans une réalité que j'ai créée à des fins peu louables... Je me suis fait piéger... J'aurais mieux fait d'aller voir mes voisins immédiats, d'allumer un feu de camp, de les inviter à discuter sous les étoiles. Pas d'ordinateur, pas d'électricité, pas d'abonnement téléphonique et la fibre...Ah, la fibre , mais comment j'ai pu vivre sans ça pendant aussi longtemps ?... Autrefois ils faisaient une veillée auprès de la cheminée. Les Anciens racontaient des histoires, les enfants grandissaient dans la réalité signifiante de leurs aînés. Une réalité signifiante aussi simple que la réalité matérielle... D'ailleurs, nous aussi on aime ces vieux refuges de montagne avec leur vieux poêle à bois. 

Mais on ne resterait pas y vivre.

Qu'est-ce qui s'est passé ?

Pourquoi a-t-on laissé le réel disparaître ? Pourquoi la réalité matérielle a-t-elle pris une place si importante que la réalité signifiante s'en nourrit et simultanément l'entretient ?

C'est la perte du silence.

"Nous ne nous connaissons pas encore parce que nous n'avons pas encore commencé à nous taire ensemble." Albert Camus.

Aujourd'hui, des gens partent dans des retraites bouddhistes ou autres pour entrer dans le silence, dans la méditation, dans la quête spirituelle... Je commence à craindre dans tout ce mouvement l'apparition d'une réalité signifiante peu glorieuse, une recherche identitaire pour combler un vide bien compréhensible. "Tu sais quoi, maintenant je suis Bouddhiste, tu sais, tu devrais t'y mettre, c'est vraiment chouette..."

Les lois du marché ne sont jamais loin de ce genre de "quête"... Robe rouge, tonsure, sandales et moulins à prières, stages et séminaires, conférences, livres et DVD...Bon, j'exagère...Un peu...Il y a bien entendu des gens honnêtes...Un peu...

 Alors, où il est ce réel ? Comment je dois m'y prendre pour rétablir l'équilibre entre une réalité matérielle qui doit être à mon service et non l'inverse, comment je dois m'y prendre pour me nettoyer des réalités signifiantes (et souvent insignifiantes...) qui me servent de balises ou de projecteurs ?

Le silence.

Le silence du monde, de la nature, des espaces vides d'hommes ou tout du moins de tout ce qui aujourd'hui représente l'homme.

Pas de séminaires bouddhistes, taoistes, zen, zazen, pas d'églises catholiques, protestantes, musulmanes, scientologistes, survivalistes, et autres dérives en tous genres.

Le silence du désert, le silence des montagnes, de l'Océan, des forêts profondes.

Un feu de camp sous la lune et les étoiles. Peut-être un autre voyageur qui viendra attiré par les flammes, la chaleur, la communion d'âmes. Ils parleront d'autres territoires, des baies qu'il a trouvées sur la piste, du poisson qu'il a pris, de la cabane qu'il va construire, des villes qu'il a aperçues au loin, sous le brouillard...

Nous vivons dans la cacophonie de nos cerveaux rentabilisés par des réalités signifiantes. Et dedans, ça cause en permanence.

L'humanité s'est perdue en perdant le silence. Et chaque individu devrait apprendre à se taire. Pour enfin découvrir qui est à l'intérieur.       

Passion. (spiritualité)

Par Le 28/02/2010

http://www.youtube.com/watch?v=wDOVTtPZm3U

Ce que j'aime là, c'est la simplicité de la passion. Une planche et le monde pour terrain de jeu. Un jeu formateur, la maîtrise et la fluidité comme objectif. Quelque soit l'environnement, le regard est porté sur l'opportunité à saisir : un banc, un trottoir, une rampe, un parking, une poubelle renversée. La passion transforme l'espace. Elle donne à la vie une énergie fantastique.
Le monde n'existe qu'à travers le regard qu'on lui porte.
Entre le groupe de jeunes le cul posé sur le banc de l'abri bus et qui moisit en se plaignant de l'inanité de la vie et les jeunes engagés dans une passion, le regard n'est évidemment pas le même...Il y a ceux qui vieillissent déjà et ceux qui naissent un peu plus chaque jour.
Choisis ton camp camarade.

Amérindiens

Par Le 26/02/2010

Un site incroyablement riche.

 

http://amerindien.e-monsite.com/rubrique,sagesse-amerindienne,1015476.html

 

Des heures de lecture et d'enrichissement.

"Pieds nus sur la terre sacrée." (spiritualité)

Par Le 26/02/2010

Un livre de Teri C. McLuhan

Un recueil de paroles et de discours provenant d'indiens de diverses tribus et de diverses époques. En préambule, chaque texte est expliqué par les circonstances qui l'ont provoqué.
 

 

http://www.syti.net/MessageIndiens.html

 

"Enfant, je savais donner. J'ai perdu cette grâce en devenant civilisé. Je menais une existence naturelle, alors qu'aujourd'hui je vis de l'artificiel. Le moindre joli caillou avait de la valeur à mes yeux. Chaque arbre était un objet de respect. Aujourd'hui, j'admire avec l'homme blanc un paysage peint dont la valeur est exprimée en dollars !"

Chiyesa, écrivain indien contemporain

http://www.amazon.fr/Pieds-nus-sur-terre-sacr%C3%A9e/sim/2207220028/2

 

D'autres sites importants.

http://terresacree.org/parole3.htm

 

Tellement de beaux textes, tellement de sagesse.

"Le Lakota était empli de compassion et d'amour pour la nature, et son attachement grandissait avec l'âge. (...) C'est pourquoi les vieux Indiens se tenaient à même le sol plutôt que de rester séparés des forces de vie. S'asseoir ou s'allonger ainsi leur permettait de penser plus profondément, de sentir plus vivement. Ils contemplaient alors avec une plus grande clarté les mystères de la vie et se sentaient plus proches de toutes les forces vivantes qui les entouraient.

Le vieux Lakota était un sage. Il savait que le coeur de l'homme éloigné de la nature devient dur. Il savait que l'oubli du respect dû à tout ce qui pousse et à ce qui vit amène également à ne plus respecter l'homme. Aussi maintenait-il les jeunes sous la douce influence de la nature."

Standing Bear, chef Lakota (Sioux)

Bouddhisme et Zen

Par Le 23/02/2010

Présentation

Le bouddhisme, l'une des principales religions du monde, apparut au nord de l'Inde et fut fondée sur les enseignements de Bouddha.

Il y aurait 361 985 000 bouddhistes (56% mahayana, 38% theravada et 6% lamaïstes) à travers le monde (« Britannica Book of the year 2001).
Le bouddhisme compterait 300.000 à 400.000 fidèles en France (2006).

Vie du Bouddha

Les premières informations disponibles sur la vie du Bouddha (v. 563 -v. 483 av. J.-C.) ne sont que des comptes rendus.

Le Bouddha (de son vrai nom Siddhârta Gautama, prince des Sakya), dit Shakyamuni (« sage des Sakya »), serait né, sous un figuier, à Lumbini (Rupendehi) au Népal. Son père, Suddhodana, aurait gouverné le petit royaume de Kosala.

La légende dit qu'à sa naissance des maîtres de renom le reconnurent comme un être exceptionnel, né, sans coopération d'aucun homme, de la reine Mayadévi à l’extraordinaire beauté [d’où son surnom de « Maya » (illusion)] qui possède les 32 espèces de qualité (« aucune autre femme n’est capable de porter ce premier des hommes »).

L'enfant se serait mis aussitôt debout, aurait « pris possession » de l'Univers en se tournant vers les points cardinaux, puis aurait fait 7 pas vers le nord.

Le jeune prince fut élevé dans le luxe jusqu'à l'âge de 29 ans.

Puis il réalisa combien sa vie avait été vide et partit en quête de la paix et de l’Eveil, cherchant à s'affranchir du cycle des renaissances.

Pendant quelques années, il pratiqua le yoga et se soumit à de rigoureuses pratiques ascétiques.

Après 7 années d'efforts, il abandonna cette approche qui ne le satisfaisait pas et suivit une voie à mi-chemin entre une vie d'acceptation du monde et une vie de total renoncement.

Il s'asseyait sous un figuier pippal (connu depuis comme l'arbre de la Sagesse), méditait, expérimentait des états de conscience de plus en plus subtils ; il était « bodhisattva », c'est-à-dire candidat à la dignité de Bouddha.

Au cours d'une nuit, assis sous son figuier, il reçut l’Eveil et devint le Bouddha (« l’Eveillé »).

Il se mit à prêcher, allant de village en village, et, rassemblant un groupe de disciples, il forma une communauté de moines mendiants.

Il consacra le reste de sa vie à un enseignement purement oral (ce n'est qu'après sa mort que sa doctrine fut retranscrite par ses disciples).

Il mourut, âgé de 80 ans, dans une forêt, à Kusinagara (aujourd’hui Kasia, à 175 km au nord-ouest de Patna) où il avait fait halte au cours d’un long voyage à pied.

Une légende chinoise, réfutée par les hindous, identifie le Bouddha à Lao-Tseu.

La doctrine

Le bouddhisme fut à l'origine un mouvement monastique au sein de la tradition brahmanique.

Il prit rapidement une orientation bien différente puisque le Bouddha rejeta les aspects fondamentaux de la philosophie hindoue, récusa l'autorité sacerdotale, ne reconnut pas la validité des Ecritures védiques et renia le culte des divinités sur lequel elles étaient fondées.

De plus, la Voie qu'il prêchait était ouverte aux hommes et aux femmes de toutes castes car il refusait d'admettre que la valeur spirituelle d'une personne dépende de sa naissance.

Dans sa doctrine, le bouddhisme regarde le Bouddha comme un sage ayant montré le chemin du « nirvana » (l’extinction de tout désir et de toute peur), la libération de la roue (dharmaçakra) des incarnations (karma) appelée roue de la loi (dharmaçakrapravartana), l’abandon de la matière (sangsara) et la sérénité absolue.

 

Selon la pensée tibétaine, l'univers expérimentable de la conscience est constitué de 6 grands royaumes dans lesquels se répartissent les âmes suivant leur attachement aux illusions du monde.
Ces royaumes sont représentés, dans la branche tibétaine du bouddhisme, par la Roue de la Vie à 6 rayons, tenue par le dieu Yama, personnification de la mort et juge des âmes.
Lorsque le dernier souffle s'évade du corps du mourant, il fait tourner cette Roue de Vie à laquelle il communique son énergie, faite des expériences positives et négatives qu'il vient de vivre.

Pour le bouddhisme, toute mort donnée est un sacrilège et le respect dû à la vie s'étend à toute existence animale, ce qui entraîne l'obligation d'une nourriture végétarienne.

Le fait qu'il n'exige pas de culte à un dieu ne signifie pas qu'il soit athée mais simplement que dieu et les divinités étant les maîtres ordonnateurs du monde, il n'est pas nécessaire de leur rendre un culte.

Les 4 vérités

L'enseignement du bouddhisme peut se présenter par ces 4 grandes vérités fondamentales :

- La Première Vérité énonce que tout est éphémère ; les joies momentanées que nous éprouvons ont nécessairement une fin, ce qui occasionne de nouvelles douleurs. Le moi n'est que temporaire et subit naissance et mort, tandis que la conscience est seule soumise aux enchaînements karmiques qui occasionnent les réincarnations.

- La Seconde Vérité précise que le malheur des êtres provient de leurs désirs des choses de la vie et de leur volonté de vivre toujours.

- La Troisième Vérité est le résultat de l'acquisition des deux premières. Si l'on parvient à supprimer les désirs, les frustrations et souffrances qui en découlent disparaîtront.

- La Quatrième Vérité enseigne comment réaliser sa libération de l'enchaînement karmique, comment parvenir à la méditation pure, comme celle qui permit à Siddhârta de devenir Bouddha.

Petit Véhicule et Grand Véhicule

Le bouddhisme est scindé en deux grandes tendances :
- la doctrine primitive ou Theravada, dite encore Hinayana ou « Petit Véhicule »
- le Mahayana ou « Grand Véhicule » qui se développa dès le Ier siècle.

Le philosophe de l'Inde du Sud, Nagarjuna (fin du IIème s. apr. J. C.), le plus grand théoricien de la doctrine madhyamika (la voie du milieu), donna au bouddhisme du Mahayana une orientation décisive.
Nagarjuna exposa huit préceptes proches du jainisme : "S'abstenir de tuer, de voler, de commettre l'acte sexuel, de mentir, d'ingérer de l'alcool, de manger à des heures indues, de s'asseoir avec plaisir sur des sièges élevés, de chanter, de danser et d'arborer des ornements" (D. Hiilsman / M.-A Malfray, op. cit).

Le bouddhisme mahayana admet un paradis, un enfer et un juge souverain : Ksitigarbha.

Le bouddhisme s'est répandu en Inde, au Sri Lanka, en Thaïlande, au Cambodge, en Birmanie et au Laos, où la forme dominante a été le Theravada ; le Mahayana a surtout été représenté en Chine, au Japon, à Taïwan, au Tibet, au Népal, en Mongolie, en Corée, au Viêt-Nam, ainsi qu'en Inde.

Le zen

Le zen, une des formes les plus tardives du bouddhisme, est l'école de la méditation « dhyâna » apportée de Chine au Japon par des moines qui reçoivent les laïcs dans leurs monastères.

Le zen consiste à rechercher la sagesse et la maîtrise de soi par la méditation, une vie simple et naturelle, une discipline rigoureuse et la pratique de toutes sortes de travaux physiques (le zen considère les travaux manuels comme un support à la méditation).

Le but du zen est de parvenir à l'illumination « satori » sans que soit exigé un travail intellectuel ni une recherche spirituelle ou philosophique.

Il suffit de découvrir intuitivement la nature de Bouddha comme le dévoilent les « koans », sorte de problèmes insolubles qui démontrent que le raisonnement et l'intelligence ne sont pas nécessaires pour que s'éveille la « prajna » (sagesse) qui sommeille dans tout être humain.

L'intuition est jugée supérieure au raisonnement intellectuel, car le zen n'a pour objectif que le développement de l'être et la connaissance de soi selon l'aphorisme : « Regarde en toi, tu es le Bouddha ».

Historique

68 : l'empereur Mingdi (58-75) fait construire le premier temple bouddhiste de Chine : le monastère du Cheval Blanc à Luoyang (Hénan).

Vers 127/147. Sous le règne de Kanishka Ier [127(1)-147], le « concile » bouddhique de Kundalavana (Cachemire), définit les fondements du bouddhisme du « Grand Véhicule » : il est à l’origine de la division entre Grand et Petit Véhicule

277 : le lundi 26 février, Mani (ou Manès), fondateur du manichéisme, autoproclamé dernier prophète de la lignée des Zoroastre (ou Zarathoustra), Bouddha et Jésus, est mis à mort par le roi de Perse.

Vers 350 : apparition du bouddhisme zen au Japon.

448 : en Chine, le bouddhisme devient religion d’état.

502-549 : l’empereur de Chine, Liang Wudi, fervent bouddhiste, proscrit le taoïsme.

552 : année traditionnelle de l’introduction du bouddhisme au Japon.

607 : au Japon, le shintoïsme est détrôné par le bouddhisme.

641 : le prince tibétain Srong-btsan Sgam-po succède au roi Nam-ri (empoisonné) ; il épouse 2 princesses bouddhistes (l’une chinoise, l’autre népalaise) ; il fonde Lhassa et fait construire la forteresse (le Potala) et des monastères (religion Bôn).

Le 5 mai 685, le bouddhisme devient religion d'État au Japon.

731 : 16 juillet, sur ordre de l’empereur de Chine, Xuanzong, un « évêque » manichéen compose le « Catéchisme de la religion du Buddha de Lumière, Mani » (Moni guangfo jiao fa yi liüe) : ce texte, adroit mélange de taoïsme, de bouddhisme et de manichéisme et présentant Laozi et Sakya-muni comme des précurseurs ou des avatars antérieurs de Mani, est destiné à renseigner les autorités sur les dogmes, les Écritures, la discipline de la secte afin de la faire agréer officiellement. En 732, un édit accorda la liberté de culte à la « doctrine de Mo-mo-ni » (Mar Mani).

792 : au Tibet, le bouddhisme devient la religion officielle.

845 : en Chine, l’empereur Wuzong étant favorable au taoïsme, toutes les religions étrangères sont interdites et plus particulièrement le bouddhisme (sécularisation des moines, monastères détruits).

847 : l’empereur de Chine rouvre des couvents bouddhistes.

850 : disparition du bouddhisme dans le Nord de l’Inde ; l’hindouisme et le jaïnisme le remplacent.

1192 : en Inde, Mohammed de Ghor commence l’élimination des moines bouddhistes.

1197 : à Nâlandâ (Inde), le centre d’études bouddhiques est détruit par les musulmans.

1281 : en Chine, le taoïsme est proscrit par l’empereur Kubilay Khan au profit du bouddhisme.

1863 : en avril, en Perse, Mirza Husayn-Ali (+1892), dit « Baha Allah » (la Gloire de Dieu) d’où « Foi Baha’ie » ou « bahaïsme », déclare être la manifestation divine annoncée par le Bab. Les bahaïs croient qu’il est le dernier d’une série après Zoroastre, Bouddha, Jésus et Mahomet ; leur communauté religieuse est reconnue par les Nations Unies.

1950 : le 7 octobre, Mao Zedong donne l’ordre à l’armée de la République populaire de Chine d’envahir le Tibet considéré comme une province chinoise. Dès cette occupation, la région souffre de la violente politique d’assimilation chinoise : persécution des nombreux adeptes du bouddhisme lamaïque (le dalaï-lama part en exil en 1959), répression sanglante de toute velléité d’indépendance ou d’opposition au régime communiste, imposition du mandarin comme langue officielle, sinisation forcée.

1955. En octobre, proclamation de la République du Vietnam du Sud ; les catholiques s’opposent aux bouddhistes.

2009. Le 17 mai, des reliques du Bouddha (trouvées en Inde au XIXème siècle, lors de l'écroulement d'un stupa) sont installées à la Grande Pagode de Vincennes, un des pavillons construits pour l'Exposition coloniale de 1931, qui devient ainsi le haut-lieu spirituel du bouddhisme en Occident. L'Union bouddhiste de France (UBF) assure que l'installation en France de ces reliques a fait l'objet d'une prédiction et qu'elle symbolise un passage de relais du bouddhisme entre l'Orient et l'Occident. Il existe plusieurs reliques du Bouddha : pour remercier l'ONU d'avoir décrété jour férié la fête du Vesak, la Thaïlande, le Sri Lanka, ainsi que le Myanmar ont transféré douze de ses ossements au siège des Nations unies, à New York.

Citations

J'ai peine à croire qu'on puisse faire un Français d'un bouddhiste. (Xavier Saintine)
L'humanité a été tour à tour, fétichiste, idolâtre, chrétienne et bouddhiste, juive et mahométane, déiste et panthéiste. (Proudhon)
Si le bouddhisme est prôné de nos jours avec tant de faveur dans certains milieux européens, c’est que tous les esprits qui veulent tirer de l’humanitarisme une morale de bonté pour un monde sans Dieu sont déjà virtuellement bouddhistes (Jacques Maritain, Eléments de philosophie)

Note

(1) La découverte d'une inscription dans les années 1990 a permis de situer avec certitude l'an 1 de Kanishka en 127.

Auteur : Jean-Paul Coudeyrette.

 

http://pagesperso-orange.fr/compilhistoire/bouddhisme.htm

Intérieur, extérieur.

Par Le 23/02/2010

Intérieur et extérieur.

N’y a-t-il pas dans ces deux termes qu’une simple croyance ? Une dialectique qui nous éloigne de la réalité. La souffrance offre peut-être une réponse. J’ai longtemps été confronté à cette souffrance morale et à la douleur physique. La médecine identifiait les causes matérielles des douleurs mais ne pouvait pas m’aider à cerner la problématique…

En insistant sur l’aspect mécanique elle me maintenait involontairement dans l’incompréhension spirituelle. Je devais remonter à la source au lieu de me laisser emporter par le courant et de saisir les bouées artificielles qu’on me proposait.

Chercher le début de la souffrance au lieu d’espérer sa fin. On ne peut comprendre la fin d’une histoire qu’en ayant d’abord analysé son début. Je travaillais à l’envers parce que la médecine fonctionne sur une projection temporelle vers un avenir meilleur. On ne peut pas lui en vouloir. C’est à nous de faire l’essentiel du travail.

Pourquoi la souffrance a-t-elle commencé ? Pour qu’il y ait une souffrance, il doit y avoir une personne qui souffre. Un individu égaré, un être tourmenté. En restant tourné uniquement vers la fin de la souffrance, l’individu entretient la personne en souffrance. Le mal n’est pas la cause mais juste le résultat. C’est parce que « je suis » mal que « j’ai » mal. Et non l’inverse.

 

L’environnement extérieur par l’envahissement qu’il génère étouffe l’intérieur. La médecine a comme principe d’apporter une solution extérieure vers l’intérieur alors que le dysfonctionnement vient de l’intérieur et se matérialise dans les conditions de vie extérieures. Parce que j’étais « déstructuré » intérieurement, ma vie extérieure s’effondrait.

C’est en cela qu’il faut remonter à la source.

 

Le piège, immense et redoutable, serait de croire que le « je » est à la source. C'est-à-dire que l’individu lui-même porte la totalité des responsabilités, qu’il est une entité à part entière et qu’il possède dès lors le processus de guérison, comme une méthode thérapeutique. En initiant une démarche intérieure, on pourrait croire que l’extérieur en sera positivement influencé. Encore faut-il que cette démarche ne soit pas une errance égotique… Il existe un nombre infini de personnes portant en elles une raison valable de développer un dysfonctionnement mécanique et pourtant elles parviennent à maintenir leur intégrité physique. D’autres par contre succombent. Il me semble probable que les tourments intérieurs portent une part conséquente de responsabilités…La source elle-même peut produire des toxines…On ne peut espérer dès lors se contenter de filtrer le flux.

Il faut remonter plus loin.

Mais où ?

Le sentiment « Je suis » contient en lui-même l’éventualité d’une souffrance car n'importe quel moment d'inattention peut provoquer une faille dans la carapace. Il en est de même avec n’importe quel aspect identitaire. Ce qui est à moi j’ai peur de le perdre, ce qui me constitue j’ai peur qu’il s’altère, ce qui me permet d’être reconnu pourrait se dissiper, etc…

Dès lors que j’entre dans une dualité « extérieur/intérieur », je construis les raisons de mon égarement et la probabilité d’une défaillance dans le système.

Ce n’est pas la souffrance qui m’assaille mais l’illusion d’une personne qui permet à la souffrance de prendre forme.

Le seul problème, c’est qu'il y existe un nombre conséquents de concepts. Cette conceptualisation cache la vérité. Le raisonnement intellectuel porte en lui-même l’égarement qu’il cherche à combattre.

La douleur devient dès lors l’opportunité de briser les raisonnements, de fracturer les battants intérieurs qui maintiennent enfermés le tout puissant égo.

La douleur apporte la guérison.

Et c’est d’ailleurs parce que l’intellect est annihilé par cette douleur qu’il est si délicat de parler de ce processus. Les mots n’ont plus de sens, ils ne correspondent à rien de connu. On voudrait parler d’unité et on ne sait même pas user de nos sens pour entamer le début de l’esquisse d’une description…


Le Soi et rien que le Soi. Mais de quoi s’agit-il ?

La sensation d'être séparé, d'exister comme un soi séparé, est absolument anéantie. Ni intérieur, ni extérieur. Ni forme, ni appartenance. Mais une certitude. Celle d’être bien autre chose que ce qu’on imaginait. Et ça n’est pas imaginable puisque c’est là. Cette fois. Le Soi ne serait donc pas une conquête mais une déliquescence de ce qui le couvre. Il ne s’agit pas de construire mais de détruire jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien de rapporté… Etrange phénomène qui s’oppose totalement à nos habitudes accumulatives. Nos connaissances seraient donc des paravents ou des fardeaux. Il s’agit de s’alléger et la douleur a ce pouvoir.

En Chinois, le mot « crise » se dit « wei chi ». « Wei » signifie « attention danger », et « chi » signifie « opportunité de transformation ».

 

 

La transformation ne consiste pas à créer de nouvelles appartenances mais à s’en libérer. La façon de penser qui entraîne des dégâts collatéraux ne peut pas résoudre elle-même les conséquences de ces errances. Il faut nécessairement passer à un autre fonctionnement.

Celui qui n’en est pas un, celui qui ne nous appartient pas mais que l’on porte dans un antre oublié. Un espace qui n’est ni intérieur, ni extérieur. Un espace qui n’est pas du domaine de notre pensée, de notre raison, de nos perceptions, de nos ressentis.

 

Si la douleur a cette force, c’est sans doute qu’elle implique un désespoir absolu, une disparition de tout dans un néant inconnu. Il faut avoir connu la désintégration progressive de toute forme d’espoir pour basculer dans cette conscience de la Source. Je ne suis pas une goutte d’eau mais le courant lui-même, l’énergie du courant, le flux vital, pas une particule identifiée, pas même une molécule insérée dans la masse mais plus intrinsèquement encore, l’énergie elle-même. Aucune identité, aucune forme, aucun objectif, aucune projection. Une énergie incommensurable qui n’est ni extérieure, ni intérieure, ni temporelle. Elle est le Tout. Et rien n’est à moi.

 

La dualité que j’imaginais n’était qu’une excroissance verbale, une dialectique pompeuse qui créait en moi le sentiment valorisant d’être autre chose que rien. C’est insupportable ce rien, il faut le remplir…De connaissances, de formes, d’identités, d’appartenances, de conditionnements. C’est comme ça que je pourrai exister…Effroyables fardeaux que j’accumule amoureusement tout au long de « ma » vie… Insignifiant parcours. Plus je possède et plus je m’appauvris, plus j’amasse et plus la masse me pèse. L’idée de cet extérieur que je dois maîtriser pour combler le vide intérieur qui m’angoisse. Même l’amour finit par succomber à cette peur du vide. Il faut combler tous les espaces. La présence de l’autre remplit le silence.

 

Intérieur, extérieur. Deux mots comme des barrages dressés contre le flux.

 

 

 

Karl Renz

Par Le 23/02/2010

Tout est exactement tel que c'est parce que l'Etre s'est manifesté de cette manière et pas autrement.

En étant ce que tu es, ou plutôt comme tu es : absolu, antérieur à tout et à rien, tous les concepts sont détruits. Ceci désigne ce qui ne requiert ni cognition ni illumination pour être ce qui est. Et c'est ce que tu es : l'Etre absolu dans une imperturbable harmonie.

Ta vraie nature est éternelle, antérieure à l'apparition du temps et de l'espace et à tout ce qui se manifeste en elle. Eternellement imperturbable, cette conscience pure et absolue se perçoit en elle-même comme elle-même.

Reconnaître que l'ego n'est qu'une ombre éphémère dans le Présent éternel invalide son apparente réalité.

Y a-t-il un seul instant où le Soi ne soit pas réalisé ? Ce que tu penses être ne sera jamais réalisé. Comment une idée ou un objet pourraient-ils être réalisés ? La réalisation signifie que la conscience, identifiée à un objet à un moment donné, devient infinie ; elle prend conscience d'être la conscience.

Le Soi n'est jamais illuminé ni non illuminé. Il est toujours antérieur à toute idée d'illumination ou non illumination ; quoi que tu en dises, ce sera toujours un concept.

La seule chose qui ne soit pas conceptuelle est le Soi. Avec des concepts, tu peux regarder les objets sous des angles infinis et, au cours de ce processus, créer de nouveaux concepts. Pour voir, il n'est besoin d'aucune explication ! Il faut simplement désigner le Cœur même et voir que seul le Soi est la réalité, antérieure à toute idée d'existence ou non-existence. Toute idée qui surgit est une fiction. Ce qui est antérieur à la fiction, aux idées, c'est ce que tu es.

Remplacer un concept par un autre afin de créer un concept « clair » ne présente absolument aucun avantage. Cela ne fait pas partie de la compréhension. Nous parlons de ce que tu es, qui ne requiert aucune compréhension ni connaissance de la manière dont cela fonctionne.

« Personne » n'a jamais rien réalisé, pas même Karl, qui fait partie de la réalisation. Bien que tu sois empli du désir d'améliorer ou de changer, vois qu'en réalité il n'y a et il n'y aura jamais d'échappatoire à ce que tu es. Tu ne peux jamais devenir ce que tu es déjà !

L'éveil n'est pas quelque chose qui se « produit » ; c'est juste un « Ha, ha ! » lorsque tu vois que ce que tu es est ce que tu as toujours été et seras toujours. Ce que tu es est en dehors du temps. Le temps existe à cause de toi ; c'est simplement un reflet partiel de toi-même.

Il n'y a jamais eu d'ego qui ait respiré. Il n'y a pas de « dernière » expiration parce qu'il n'y a pas eu de « première » inspiration. Ne crée pas de processus là où il n'y en a aucun. Vois simplement que ce que tu es est la seule chose réelle, et que cela n'a jamais été affecté par quoi que ce soit de sensoriel. Ce n'est pas nouveau ; c'est ancien et infini. Juste ce «  Ha, ha ! Oh, l'infini ! », Et tout ce qui existe est l'infini et non une expérience ou un événement.

De l'idée d'un « possesseur » découle celle de posséder la conscience. Cela se produit à cause de la sensation de séparation. Il en résulte l'impression d'être une personne séparée, ce qui est également faux. La conscience joue le rôle d'une personne, mais il n'y a pas de personne « possédant » la conscience. Si possession il y a, quelle qu'elle soit, elle est du côté de la conscience qui « possède » la personne, étant donné qu'elle joue le rôle de cette personne.

La seule mort possible est celle de l'ego (l'idée de séparation). Et la question est : « Comment ce qui n'existe pas pourrait-il mourir ? Comment pourrait mourir ce qui est une apparence se présentant dans la perception comme simplement une sensation ? Par quel moyen le mensonge prétendant à l'existence d'un être séparé peut-il disparaître ? Pour quoi ou pour qui le mensonge de la séparation disparaît-il ? »

Il n'y a ni Créateur ni Création. Il n'y a que le seul et unique Soi et son déploiement, qui est infini. Comme il n'y a rien en dehors du Soi, il ne peut pas y avoir de Créateur séparé ni de Création. Par ce déploiement, le « Je » en tant que conscience pure devient la pensée « Je suis » ; de la pensée « Je suis » vient la sensation, « je suis un objet dans le temps ». Et tout cela fait partie intégrante du déploiement du Soi.

Ramana Maharshi a dit que de même que tu utilises une épine pour en déloger une autre, de même tu utilises un concept pour en enlever un autre ; après quoi, les deux sont abandonnés. De la même manière, toute cette investigation t'aide à réaliser que tu n'es rien de conceptuel. Tu vois cette expérience absolue lorsque tu es dans le vide total et qu'il n'y a pas de second.

Lorsqu'il n'y a rien à percevoir, tu demeures tel que tu es. Dans ce vide total, nous ne pouvons pas dire si tu es ou si tu n'es pas. Ainsi, tu existes sans idée ni perception de quoi que ce soit. Tu restes ce que tu es, même lorsque la sensation d'être « toi » n'existe plus.

Lorsque tu vois qu'il ne s'est jamais rien passé, il n'y a plus d'étapes. Tu es ce que tu as toujours été et toujours sera ; le reste est simplement le lila, un jeu théâtral.

Le Soi ne dépend de rien ni n'est le gardien de ce qui se déploie. Le Soi, étant ce qu'il est, est parfait en lui-même. L'absence de toute idée de ce qu'est le Soi ou de ce qu'il n'est pas confère le bonheur parfait et le contentement.

Revient toujours à ce point : soit antérieur à ce qui existe dans le temps. Vois que ce que tu es ne peut être perçu par aucun des sens.

Le Soi se révèle uniquement à lui-même, dans son omniprésence, dans le Présent éternel. Un disciple apparaît en même temps qu'un enseignant comme une question apparaît avec sa réponse. De l'absence de désirs surgit un désir dans le temps, qui se dissout lorsqu'il est comblé, exactement comme chaque question trouve sa délivrance à travers la réponse. C'est la loi karmique de la conscience. Il n'y a ni enseignant ni étudiant, seulement des questions et des réponses.

Le déploiement de l'Absolu est aussi absolu que ce qui se déploie. Même cette image nommée « moi », qui surgit le matin et retombe le soir, n'a aucun besoin de réalisation. Tant que tu crois être cette image et que cette pensée « je » est ta réalité, le Soi reste une idée. C'est la conscience qui cherche le Soi.

Seul le Soi regarde, peu importe comment : dans le temps, en dehors du temps ou antérieurement au temps. Le Soi perçoit, et ce qu'il perçoit est toujours le Soi, puisque le Soi est tout ce qui est.

Tu peux appeler le Soi la source du « Je suis », qui est la source de « je suis Karl », mais tu ne peux vraiment te reposer que lorsque tu vois que tout ce que tu définis ne peut pas être ce que tu es. De même que l'œil ne peut pas se voir lui-même, ainsi ce qui définit absolument ne peut pas définir ce qu'il est. Ce que tu es ne peut pas faire autrement que de se reposer dans « ce qui est » ; il ne peut se reposer nulle part ailleurs, puisque le Soi est tout ce qui est.

Tu ne peux pas t'échapper, car tout ce qui existe est le Soi. Où que tu ailles, tu y es déjà. Que tu restes tranquille ou que tu bouges de-ci de-là, personne ne bouge et personne ne reste tranquille. Vois simplement la totalité de ce que tu es, même dans le monde spatio-temporel. La totalité est tout ce qui existe.
La conscience pure est le premier déploiement ; c'est la sensation d'un soi conscient de l'existence. Ainsi y a-t-il un soi conscient de sa séparation. De cette manière, la conscience pure fait déjà partie de la séparation.

Le temps vient de l'idée d’un « moi ». Toutes ces idées ne sont que des aspects du déploiement de la totalité, le Soi. Même si tu peux percevoir ce qui paraît être le temps limité, qui semble apparaître et disparaître, ça ne veut pas dire que cela existe d'une manière limitée.

Aucun travail ni développement ne sont requis pour être ce que tu es. Tout concept de « voie », qui implique évolution et même cognition, apparaît avec la première pensée « je ». Cette première pensée crée le temps, l'espace et par conséquent l'univers entier.

Tant que cette pensée « je » semble réelle - ce qui signifie séparation, dualité et souffrance -, le désir d'unité apparaît ainsi que celui d'une échappatoire, d'une fin de la souffrance.

Cherche le début de la souffrance. Quand tu pourras le trouver, alors peut-être trouveras-tu également la fin. La souffrance a-t-elle jamais commencé ? Pour que souffrance il y ait, il doit y avoir une personne qui souffre, aussi commence par chercher cette personne. Tant que tu chercheras la « fin » de la souffrance, il y aura une personne en souffrance.

Le sentiment « Je suis » amène avec elle une personne en souffrance – même si elle ne souffre pas -, car n'importe quel moment d'inattention peut la projeter de nouveau dans la souffrance. Lorsque tu éradiques l'idée d'une personne en souffrance, où est la souffrance ?

L'annihilation totale de la personne qui souffre ne se produit que lorsque tu vois réellement ce que tu es - quand tu te perçois sans commencement ni fin. Lorsque tu vois cette manifestation comme le Soi et rien que le Soi, la sensation d'être séparé, d'exister comme un soi séparé, est absolument anéantie.

N'écoute personne, pas même toi-même. Tout ce que tu perçois ne peut pas être ce que tu es. Tout ce que tu as compris, tu peux l'oublier. Ce qui peut disparaître peut assurément réapparaître.

L'ego qui s'en va peut revenir tôt ou tard. D'abord, vois ce qui en fait apparaît, et aussi si cette apparition est réelle. Ensuite, qui se soucie d'une apparence ? C'est la vraie question à poser plutôt que de demander ce qui apparaît et disparaît. Se soucier d'une apparence, quelle stupidité ! L'ignorance du Soi, la croyance en un soi séparé, prend une apparence pour la réalité !

Le plus souvent, la spiritualité revient à « garder le dharma ». Elle garde le dharma vivant ; elle garde le lila vivant.

Reconnais que tout est mensonge, surtout celui qui reconnaît que tout est mensonge.

Les idées « je suis sans forme » ou « je ne suis pas » font encore partie du domaine de la séparation. « Qui » n’a pas de forme et mais a encore besoin d'en avoir une ? Vois simplement que ce qui existe dans la « non forme » existe également dans la forme. Je suis le même avec ou sans forme. Sans la sensation de différence, sans la sensation de séparation, tout est complet.

Tu n'as besoin d'aucune circonstance particulière. Ce que tu es existe dans n'importe quelle circonstance, quelle qu'elle soit. Les circonstances que nous nommons naissance et mort ne peuvent jamais te toucher. Tu es antérieur à la sensation de naissance et de mort. Ce que tu es existait avant que ce corps ne soit né.

Vois que tu es totale compassion, que rien ne t'arrive, que tout ce qui surgit, surgit parce que tu es. Il n'y a pas de différence entre cet œil qui regarde quelque chose ou un autre œil ; tu es l'œil infini qui regarde en ce qu'il est sous des angles infinis. Tu es la perception infinie, qui ne perçoit que des informations du Soi.

L'essentiel est de voir qu'il n'y a pas besoin d'échappatoire. Et dans cette résignation – la réalisation que tu es l'essence ou le substrat de ce qui est -, il n'y a pas d'échappatoire, car tu es la source même de ce qui est. Alors seulement y a-t-il la paix.

Un concept contre un autre, vois-tu ce jeu stérile de ping-pong ? Le seul problème est qu'il y a des concepts. Cette conceptualisation cache la vérité.

Voir le vide des concepts est voir leur essence, qui est la liberté. Et dans cette vision, même celui qui voit disparaît.

Pour aborder la réalité, les mots sont inutiles. Seul le silence profond (l'immobilité) permet à tous les objets du monde (y compris toi et moi) de disparaître dans la conscience pure d'une potentialité totale, dans tout, dans « Je suis celui qui suis ».

Le vide, l'absence de « toi », est comme le poison d'un serpent : s'il est pris correctement, il peut guérir ; sinon, il peut tuer.

L'absence de toute sensation d'un « toi » et d'un « moi » séparés est la médecine ultime. Si cela est compris à travers le filtre du mental qui est le maître de tous les concepts, le monde est empli de souffrance et de mort. Lorsque cela est compris par le Cœur, il n'y a pas de séparation. Tu es « un » avec toutes les souffrances, y compris celle de l'enfant en Ethiopie, mais avec cette différence : l'absence d'une personne en souffrance.
 
Dans l'absence de « toi », il n'y a plus aucun jugement. Ainsi, en venir à aider les « autres » n'est pas entre « tes » mains.

Il n'y a pas de « toi » pour atteindre un objectif, étant donné qu'il ne peut pas y avoir d'individu dans cette Absence. Là où toute action ou non-action est absolue, il n'y a pas la sensation d'être l'auteur de l'action. Tout se produit spontanément et tout à fait naturellement.

Lorsque le Cœur est recouvert par le sens de ta propre individualité, le monde est comme un enfer séparé. Lorsque ce sens de séparation a disparu et que le Cœur est découvert, le vide, notre vraie demeure, est comme le paradis. C'est la signification de para (antérieur et postérieur à toute apparence). Ce sera toujours et seulement l'absolu.

Vois, tout simplement ! Le Soi est tout, et tout ce qui se passe se passe dans le Soi et fait partie du Soi.

Lorsque le vide est, il n'y a plus rien à dire.

Traduction : Anasuya

À lire :
Pour en finir avec l'éveil et autres erreurs conceptuelles, éditions les Deux Océans.

Pour en savoir plus :
www.karlrenz.com

Chuck Norris

Par Le 22/02/2010


Une petite page "humour" :)

Neil Armstrong est le premier homme à avoir marché sur la Lune. Mais Chuck Norris y était déjà allé courir.

La maison de Chuck Norris a une alarme : pas pour prévenir Chuck Norris des voleurs, mais pour prévenir les voleurs de Chuck Norris.
Les suisses ne sont pas neutres, ils attendent de savoir de quel coté Chuck Norris se situe.

Chuck Norris a fabriqué de l'eau en poudre.

Chuck Norris a déjà compté jusqu'à l'infini. Deux fois.

Chuck Norris peut trouver du foin dans une aiguille !

Chuck Norris peut encercler ses ennemis. Tout seul.

Chuck Norris peut t'étrangler avec un téléphone sans fil.

Chuck Norris peut claquer une porte fermée...

Chuck Norris peut applaudir d'une seule main.

Chuck Norris a fait loucher un cyclope.

Quand Chuck Norris prend un bain, il ne se mouille pas, c'est l'eau qui se Chucknorrise.

Chuck Norris ne vit pas sur Terre... la Terre vit sous Chuck Norris.


Un jour Chuck Norris a dit "Va voir là-bas si j'y suis" ....et il y était...

Chuck Norris a perdu sa virginité avant son père.

Chuck Norris est né dans une petite cabane qu'il avait construite lui-même.

Chuck Norris a frôlé la mort... elle ne s'en est jamais remise.

La mort se demande souvent ce qu'il y a après Chuck Norris.

Chuck Norris ne croit pas en Dieu, mais Dieu croit en Chuck Norris.

Chuck Norris ne ment pas, c'est la vérité qui se trompe.

Chuck Norris connait un plus court chemin que la ligne droite.

La rumeur comme quoi Chuck Norris est égal à lui même est fausse: il est encore meilleur.

Si Chuck Norris te donne rendez-vous le 30 Février, tu y vas.

Un site à connaître.

Par Le 21/02/2010

Une "autre" information.

 

http://www.mecanopolis.org/

 

Pas une information "épurée" celle-là...

 

Un exemple.

La voie pour sortir de la crise financière et économique est celle de l’État national renforcé

Article placé le 17 fév 2010, par Mecanopolis

A peine un an après avoir sauvé les banques en y consacrant de chaque côté de l’Atlantique des sommes colossales (25 % du PIB, selon la Banque centrale européenne), voici les États endettés attaqués par ces mêmes établissements financiers. Comment sortir de cette impasse ? Depuis Dietlikon (Suisse), Reinhard Koradi nous livre son analyse.

banque

Il se peut que les citoyens doivent être préparés doucement au fait que suite à l’aide rigoureuse de quelques milliards de dollars à des entreprises privées, les caisses de l’Etat sont vides. Après la dilapidation généreuse des biens populaires et d’immenses dettes accumulées, l’argent manque maintenant pour éviter ou atténuer la catastrophe sociale.

Il est extrêmement inquiétant que ces razzias sur l’argent des contribuables des Etats souverains aient été initiées pour la plupart par des organisations transnationales (G7 et G20) et aient servi primairement et uniquement de dopage du libre-échange des capitaux, mais pas de l’économie nationale réelle des pays respectifs. Et comme si ce n’était pas encore assez d’impertinences, les responsables mondiaux – les incendiaires et les profiteurs – de la crise financière devraient encore développer une solution globale pour un nouvel ordre économique et financier qui devrait nous sortir de la crise. Un système vraiment bien élaboré dans lequel les malfaiteurs sont en même temps les sauveurs pour tirer leurs marrons du feu. Dans ce contexte se situe aussi le gouvernement économique annoncé que veulent installer Mme Merkel et M. Sarkozy d’ici 2020 dans l’UE.

Au lieu de soutenir l’économie locale et de venir à bout de la crise en remettant la souveraineté économique dans les mains de l’Etat national, on propage de nouveau la voie globale erronée. Ceci bien que le passé ait montré très clairement que les problèmes ne peuvent être résolus à l’échelle globale, tout au plus être différés dans le temps. Par contre on élabore des mécanismes de contrainte et des systèmes de contrôle pour assurer le libre flux des capitaux en faveur des riches. Plus vite les hommes comprendront qu’en fait la «crise globale» n’existe pas, mais que toute crise est issue d’un développement erroné dont l’origine peut être clairement définie, plus vite des voies effectives pour sortir de la crise pourront être développées.

Etablir des frontières

Pour arriver à contrôler des incendies gigantesques, on creuse des tranchées afin d’empêcher le feu de se propager. L’économie globale présente un risque énorme de concentration qui, en raison d’un échec dû au manque de frontières ou au manque de différenciation, entraîne les économies nationales dans l’abîme. L’effet domino menaçant peut être endigué à l’aide de «distances de sécurité». De telles digues de sécurité comprennent, à part le droit à l’autodétermination sur toutes les affaires de politique de l’Etat, de l’économie, de la fiscalité et de société, aussi une protection adéquate des frontières (souveraineté territoriale).

Celui qui soupçonne tout de suite derrière cette exigence un nationalisme caché, du protectionnisme ou bien une isolation du monde extérieur, se ferme à la réalité des crises actuelles et nie le droit à l’autoprotection.

Chaque cycle représente un système fermé, circonscrit qui, si l’on ne respecte pas les conditions naturelles, peut être percé, détourné ou même rattaché contre nature à un autre système. Sauf si l’on veut provoquer le collapsus intentionnellement. Ce sont avant tout les constitutions différentes des Etats qui sont engagés dans des traités et des alliances qui créent un déséquilibre dangereux avec menace d’effondrement déjà au moindre tremblement. Dans l’intérêt de la stabilité et de la sécurité, chaque convention, chaque traité, chaque adhésion à une organisation transnationale devrait être réglé de telle manière que tous les partenaires ou membres se trouvent à égalité et que ni les règles démocra­tiques ni l’objectif de l’Etat – le maintien du bien commun – ne soient enfreints.

Dans tous les traités et autres créations transnationales, la première exigence devrait être : La souveraineté de l’Etat est indivisible et inaliénable.

La plupart des traités interétatiques sont cependant soumis à l’idéologie néoconserva­trice et nient par conséquent le droit à l’existence d’Etats indépendants. Ils encouragent plutôt le centralisme supranational et enfreignent par conséquent l’intangibilité de la souveraineté de l’Etat de façon considérable; et cela au profit des puissants et au détriment des ­peuples. On ne peut pas contester que la plupart des traités et des organisations transnationales en­freignent le principe de la souveraineté indivisible de l’Etat national. Concernant l’économie nationale sont cités comme exemples l’introduction de la monnaie commune (Euro), les accords de l’OMC (ouverture des frontières, clause de la nation la plus favorisée, suppression du contrôle de la circulation des capitaux et des devises aux frontières) et les conditions du FMI pour les pays débiteurs: Privatisation des entreprises publiques, diminution de subventions (pour les systèmes d’éducation, de santé et pour l’agriculture), les diminutions de salaires dans les services publics, remise en cause des acquis sociaux, augmentation d’impôts, et bien plus encore.

On n’a pas besoin de beaucoup d’imagination pour comprendre que de tels paternalismes affaiblissent l’Etat et coupent l’herbe sous les pieds du peuple. Et suite au Rapport sur l’agriculture mondiale il faudrait encore soumettre les relations entre Etats, les construc­tions transnationales et les alliances à une nouvelle estimation non prévenue. Un revirement rigoureux s’impose. La commercialisation globale de tous les domaines de la vie doit être relayée par le service au bien commun à l’échelle nationale. Cela comprend l’endiguement sévère de l’influence d’Etats tiers, de comités et d’organisations hors Etat sur les destins des Etats nationaux souverains.

Redéfinir la valeur du travail

L’impudence avec laquelle des acteurs privés (FED Federal Reserve System = ­Banque d’émissions américaine) et des organisations internationales (Banque mondiale, OMC, OCDE, FMI) se mêlent des affaires intérieures des Etats, est omniprésente avant tout dans la politique économique, et extrêmement douloureuse pour les pays concernés, et respectivement pour leurs populations (actuellement: la Grèce, la Lettonie et l’Islande). Bien que ces institutions aient imposé leurs «actions de sauvetage» déjà depuis des décennies aux Etats en détresse – en règle générale avec pas mal de pression – on n’a jamais entrevu une lueur à l’horizon promettant de meilleures conditions de vie pour la population de façon crédible et durable.

Les causes de tous ces actes manqués se trouvent dans les objectifs malhonnêtes et dans la différenciation manquante. Chaque économie nationale se trouve en face des propres problèmes spécifiques à son pays, et les «assistances» servent tout d’abord d’enrichissement aux riches et non pas d’avancement du bien commun dans les pays concernés. Cela, parce que les programmes exigent toujours la destruction d’emplois et de biens populaires, ce qui amène l’économie interne dans ou au bord de la ruine. Ce qu’il nous faut à l’avenir, ce sont des mesures adaptées aux conditions locales qui renforcent en premier lieu l’économie interne. Pour cela, les Etats doivent reprendre leur marge de manœuvre pour venir à bout des crises.

Il faut absolument placer au premier plan la création d’emplois. Le plein emploi est de première priorité, car il contribue essentiellement à la paix sociale à l’intérieur d’un pays. Chaque personne capable de travailler doit pouvoir exercer une activité régulière dans le pays où elle vit. On s’est habitué, également dans les pays industrialisés, à des taux de chômage avoisinant deux chiffres. Avec pour arguments de vouloir renforcer la capacité de concurrence des entreprises ou bien de redresser des entreprises échouées, on congédie les travailleurs et on les pousse au bord du gouffre de la pauvreté. Tant que le travail humain reste uniquement un facteur de coûts, sacrifié à la capacité mondiale de concurrence ou à un programme de redressement, soumis à la politique financière, l’économie ne remplit pas son vrai devoir – de porter la responsabilité d’assurer l’existence au sein de la société. La question s’impose: Aux intérêts de qui sert la capacité de concurrence mondiale?

Au lieu d’encourager la compétitivité, il faudrait aujourd’hui utiliser tous ces moyens pour surmonter le chômage. Pour cette raison, l’idée de découvrir l’homme apte au travail comme une ressource très précieuse de l’économie nationale, et de le traiter et l’engager avec beaucoup de soin – suivant la loi de la durabilité – est adaptée au problème et au goût du jour. Il faut simplement une définition plus précise et plus juste du travail humain. La force de travail humaine ne doit pas être réduite à la notion de «facteur de coûts» et il ne faut pas non plus taire le fait que c’est le travail qui crée la plus-value.

Le temps est mûr pour réfléchir à la valeur du travail. Le travail appartient, à part le sol, le capital et le savoir, aux facteurs de production sur lesquels toute économie nationale est construite. Ces quatre facteurs contribuent au rendement total de l’économie nationale – le produit intérieur brut. Si ces ressources (facteurs de production) ne sont pas utilisées de façon optimale est équilibrée, le potentiel de rendement de l’économie nationale n’est pas exploité à fond. Le pays perd son efficacité économique avec les conséquences négatives correspondantes pour toute la population. Aucun pays et aucune économie nationale ne peut se permettre de laisser inutilisé le potentiel de la création de la plus-value qui se trouve dans le capital humain. C’est pourquoi vaincre le chômage dans le cadre d’une politique économique qui veut surmonter la crise, est de première priorité.

Pour cela, les Etats ont besoin d’instruments économiques appropriés. Il n’y a pas longtemps, on enseignait encore dans l’économie nationale le «pentagone magique». Le pentagone magique exige l’équilibre des dates-clés décisives de l’économie nationale. Angle 1: Plein-emploi, angle 2: Stabilité des prix (maintien du pouvoir d’achat de la population), angle 3: Croissance économique adaptée, angle 4: Répartition juste des revenus et des biens, et angle 5: Commerce extérieur équilibré (Equilibre entre importations et exportations).

Cet état idéal, bien que difficilement réalisable, donne le cadre d’orientation pour une politique économique équilibrée. Cette exigence primordiale a disparu des manuels de l’économie sous l’influence des théories de la mondialisation et de la libéralisation. Le pentagone magique, précepte pour essentiel d’une politique économique nationale, est inutilisable dans un contexte de mondialisation. Ce qui parle en faveur de l’économie nationale et contre la pratique économique globalement orientée.

La souveraineté économique en appelle à la renaissance de l’Etat national

A tous ceux qui deviennent nerveux à l’égard de cette affirmation, il faut rappeler que la liberté de pensée ne doit pas être bloquée par des idéologies. Un Etat national fort et capable d’agir ne doit pas être calomnié comme tel avec des notions comme nationalisme ou isolement. Il s’agit tout simplement du droit et du devoir de l’Etat – respectivement du peuple souverain – de régler les relations de politique interne et les relations avec l’étranger sous leur propre responsabilité. Cela n’exclut pas l’aide mutuelle entre Etats non plus.

La souveraineté économique inclut le droit à l’autodétermination des citoyennes et citoyens d’un Etat souverain à la construction de leur économie nationale. Dans un processus de décision démocratique, les objectifs, les stratégies et la réalisation de la politique économique sont fixés.

La souveraineté économique signifie aussi que les Etats disposent des instruments adéquats de l’économie nationale. A part la propre monnaie avec une banque d’émission indépendante, il faut des mécanismes de contrôle et de régulation dans le domaine de la politique monétaire et financière, de la politique de l’emploi, de la circulation des capitaux et des devises, du commerce extérieur (droits de douane, contingents) ainsi que les compétences et la liberté de conclure des traités interétatique avec d’autres Etats – sous réserve mutuelle de préservation des intérêts de politique économique.

Naturellement, aucun pays ne s’isolera sous l’aspect de la souveraineté économique. Déjà rien que le fait que les ressources sont distribuées de façon inégale sur notre planète conduira à des modèles d’économie ouverte. Et les conditions de production différentes (matières premières, le savoir, les capacités de production etc.) conduisent aussi à des activités de commerce extérieur – mais de façon autonome et pas imposée de l’extérieur. Ce sera une ouverture adaptée aux besoins de la propre population et à l’avancement du bien commun, et non pas sous le diktat d’organisations supranationales ou de conglomérats d’intérêts.

Les voies pour sortir de la crise commencent à l’échelle locale et exigent le droit à l’autodétermination sur les mesures à prendre. Les pays doivent recouvrer leur souveraineté économique. Les nations intégrées dans une union monétaire ou trop dépendantes du dollar, ne pourront presque pas faire autrement que de faire revivre leurs propres monnaies locales. Des programmes pour procurer du travail et soulager la misère sociale ont pour condition préalable la capacité d’un pays de développer et de réaliser des mesures de politique économique sous sa propre responsabilité. C’est en abandonnant la tutelle des nations et en mettant à disposition les moyens encore disponibles pour des projets d’auto-assistance, et en libérant ces pays en détresse du poids de leurs dettes, que les institutions transnationales pourront le mieux contribuer à maîtriser la crise.

Reinhard Koradi, pour Horizons et Débats

Décroissance contre "vouloir d'achat".

Par Le 21/02/2010

La décroissance se présente en deux volets :

  1. Comme slogan remettant en cause le consensus pour la croissance (économique entre autres). Il s'agit alors d'un « mot-obus » pour défier, entre autres, l'économisme, c'est-à-dire la croyance que toute économie doit augmenter la valeur de ses échanges et productions pour éviter la crise ou le désastre. Le but est aujourd'hui de lancer un débat de société.
  2. Comme processus concret en direction d'une société soutenable (juste et écologique…).

C'est ce deuxième volet qui est développé ici.

La décroissance est une démarche individuelle et collective fondée sur une réduction :

  • de la consommation directe et indirecte de matières, énergies et espaces (décroissance physique),
  • de la capacité d'acquisition de matières, énergies et espaces (décroissance économique). Il est trop risqué qu'une capacité d'acquisition se transforme en une consommation effective, sous la forme d'un « effet rebond ».

Principes

Cette décroissance doit être:

  • soutenable (supportable). La croissance dans un monde fini nous amène à une décroissance subie composée de crises, voire d'effondrements. L'idée de la décroissance soutenable est de nous épargner cette décroissance « insoutenable », cette « croissance ratée ».
  • équilibrée (en proportions harmonieuses). Pour éviter les crises et pour que personne ne soit exclu, trois processus doivent se combiner simultanément : réduction de la consommation (du « vouloir d'achat »), réduction de la production et partage (du travail notamment).
  • démocratique (pouvoir à tous les humains). La réorganisation à différents niveaux de la société et le partage requièrent davantage de « démocratie » : plus participative et directe.
  • conviviale (prenant en compte l'intérêt d'autrui autant que le sien), écologique (respect des écosystèmes), sociale (respect entre humains), positive, culturelle (…) La décroissance matérielle (physique) et économique doit laisser la place à de nombreuses autres croissances (qualitatives en grande partie) : des relations désintéressées, du temps pour soi et pour les autres, de l'équité, de la santé, de la chaleur humaine, de la nature, de la sécurité, de l'art, de la perception de ce qui nous environne, de la poésie, de l'empathie et ceci dans une grande variété...
  • équitable (du latin oequitas, égalité). Elle s'applique en premier lieu aux 20% favorisés de ce monde vivant principalement dans les pays industrialisés, mais concerne tout le monde lorsqu'il s'agit de « décoloniser l'imaginaire » lié aux modèles consuméristes et productivistes. Il s'agit d'une décroissance différenciée de façon à tendre vers une société plus juste dans les pays industrialisés et mondialement.
  • innovante (introduisant des nouveautés). Il s'agit d'une remise en cause de la situation actuelle (faite notamment d'autoroutes et des centrales nucléaires...), afin de créer un futur fondé sur une moindre consommation de ressources, dans lequel l'innovation a intégré la notion de limite, plutôt que de tenter de s'en soustraire. Certaines innovations feront l'objet de débats démocratiques et seront refusées si elles font fi de limites éthiques ou écologiques (OGM, Nucléaire, Nanotechnologies, etc.).
  • diversifiée. Le but de la décroissance est d'atteindre une société soutenable où chaque mode de vie est unique tout en étant potentiellement généralisable et partageable. L'urgence et la gravité des problèmes éco-sociaux impliquent des démarches à portée et échéance diverses. La diversité se comprend aussi en terme de croyance ou non-croyance idéologique ou spirituelle sans qu'aucune ne soit mise en avant.
  • ciblée et globale. Elle n'implique pas une décroissance à tous les niveaux pris séparément: les alternatives agricoles, énergétiques ou de transport soutenables (etc.) doivent croître, mais en créant une réduction plus importante des portions agricoles, énergétiques ou de transport non-soutenables de l'économie.
  • locale. Elle est fondée sur des économies de proximité ouvertes, mais se mesure à un niveau global. À ce titre une décroissance locale qui entraîne une croissance ailleurs ou dans le futur n'est pas une décroissance.
  • transitoire. Elle doit constituer une étape jusqu'à une société soutenable, juste, durable écologiquement, démocratique, participative, répondant aux besoins humains, localisée, d'une grande diversité culturelle, écologique et ethnique en chaque lieu, globale, ouverte, et dont l'économie est stationnaire. Cette société soutenable constitue une « utopie réalisable sans cesse renouvelée » dont les caractéristiques précises se réajustent au fur et à mesure.

J'ai un peu peur que cette crise financière, économique et sociale ne soit qu'une opportunité manquée...

"Simplicité volontaire"

http://fr.ekopedia.org/Simplicit%C3%A9_volontaire

La simplicité volontaire est une attitude qui existe depuis des millénaires, même si le terme est très récent. Il y a 2500 ans, Socrate vivait une existence très simple et il croyait que celui qui possédait peu était plus près des dieux et de l'univers. Les Philosophes Cyniques, ainsi qu'Épicure prônaient déjà la simplicité dans l'Antiquité. Les communautés monastiques furent les premières organisations de vie à choisir volontairement la frugalité et à pratiquer l'autosuffisance. Saint François d'Assise, "l'unique parfait chrétien depuis Jésus" selon Ernest Renan, est aussi considéré comme un modèle de simplicité volontaire. Plus récemment, on peut trouver la trace de cette posture en Europe dans les écrits de Léon Tolstoï et de John Ruskin (Unto This Last), et en Amérique du Nord dans les écrits de Henry David Thoreau (Walden). La vie de Gandhi est un exemple de simplicité.

Aujourd'hui, ce qui est devenu petit à petit un mouvement est représenté, entre autres, par les Compagnons de Saint François ou encore les Communautés de l’Arche de Lanza del Vasto, inspiré par Gandhi, lui-même inspiré par Thoreau et Ruskin. On le retrouve aussi au Québec, province du Canada, sous l'influence de penseurs comme Serge Mongeau et des éditions Écosociété. On peut enfin ajouter comme une des voix actuelles de cette pensée, Pierre Rabhi, agroécologiste et écrivain, et André Gorz, penseur qui prône l'autolimitation des besoins et des consommations.

Premiers emplois de l'expression

En 1936, l'on trouve pour la première fois l'expression "simplicité volontaire" (simple living) dans un article de Richard Gregg, un disciple de Gandhi, qui reprend les idées principales de celui-ci. Cet article passa inaperçu lors de sa première parution et n'eut d'impact que lors de sa réédition en 1974.

L'expression "simplicité volontaire" est connue depuis le livre du même nom publié en 1981 par Duane Elgin[1]. Ce courant se développe depuis les années 1980 dans plusieurs pays industrialisés.

Serge Mongeau, médecin quelques années, puis écrivain et éditeur est considéré comme le père de la simplicité volontaire au Québec par son volume La simplicité volontaire, publié en 1985.

Principes

L'idée est de chercher la simplification pour améliorer sa qualité de vie. Cette philosophie de vie est née de la constatation que la consommation n'apporte pas le bonheur, mais que seule la spiritualité apporte le bonheur véritable, que nul ne peut nous ôter. Dans la société de consommation, on consacre son temps à gagner toujours plus d'argent pour satisfaire des besoins matériels. Le principe de la simplicité volontaire est de moins consommer, donc d'avoir moins besoin d'argent et moins besoin de travailler. En vivant en dessous de ses moyens, on gagne alors du temps pour ce qui est important pour soi.

La simplicité volontaire n'est pas la pauvreté ni le sacrifice. C'est un choix de vie délibéré. Mais elle peut représenter une aide pour des personnes ayant des difficultés financières.

Arbre

La simplicité volontaire, dans le sens où elle limite la consommation de biens matériels, contribue à ralentir la destruction des ressources naturelles. De la même façon, le refus du gaspillage permet d'économiser l'eau, l'électricité et toutes les formes d'énergie.

La simplicité volontaire peut être critiquée sur le fait qu'il ne s'agit que d'actions individuelles (voire individualistes) qui ne sont pas en mesure de changer la société. Mais la simplicité volontaire n'a pas l'ambition de changer le monde, simplement de favoriser la réflexion pour changer sa façon de vivre. De plus, elle permet d'agir immédiatement sans devoir attendre que les gouvernements cessent de tergiverser. Les actions individuelles peuvent sembler comme une goutte d'eau dans l'océan, mais comme le disait si bien Mère Térèsa, si nous n'agissons pas, cette goutte d'eau ne se rendra pas jusqu'à l'océan. En réalité, c'est la somme de toutes les actions individuelles qui permettra de créer un monde meilleur et la simplicité volontaire représente un chemin privilégié pour arriver à cette fin.

L'un de ces spécialistes, Mark A. Burch, explique que la simplicité volontaire peut s'appliquer également à des domaines moins matériels comme les activités, les relations, les souvenirs. L'idée est de vivre mieux avec moins. Or, il n'y a pas que les objets qui nous encombrent! On peut même penser que c'est en ayant l'esprit désencombré que l'on est alors capable d'appliquer la simplicité volontaire sur les objets qui nous entourent, car nous savons alors ce qui a vraiment de l'importance pour nous.

À l'heure actuelle, la simplicité volontaire constitue un mouvement social assez marginal, mais la "vie simple" présente plusieurs avantages que l'on gagnerait à découvrir. Aussi, elle pourrait être associée à des bienfaits importants pour la santé et la recherche scientifique gagnerait certainement à s'y intéresser dans une perspective de santé publique.

Exemples de remise en cause de ses habitudes

La simplification commence par remettre en cause les habitudes prises parfois sous l'influence de la publicité et de la télévision. Mais a-t-on vraiment besoin de 20 détergents différents (un pour chaque type de surface)? A-t-on besoin de 10 crèmes de beauté différentes (une pour chaque partie du corps)? A-t-on besoin du dernier lecteur DVD sorti sur le marché? La simplicité volontaire est une démarche propre à chacun qui commence par la définition de ses vrais besoins et envies.

C'est aussi alléger sa vie de tout ce qui l'encombre et privilégier l'Être plutôt que l'Avoir. La simplicité volontaire valorise les relations humaines et la solidarité : l'entraide permet en effet de résoudre bien des problèmes. On peut citer l'exemple des systèmes d'échanges locaux (SEL) basés sur le troc.

Pratiquer le désencombrement. Par exemple, ne garder que les papiers vraiment importants et les livres que vous adorez. Vous avez alors besoin de moins de meubles de rangement, de moins d'espace, et donc de moins de produits d'entretien.

Le service public est utile quand on veut se simplifier la vie. Le recours aux transports collectifs, aux piscines ou bibliothèques publiques évite des achats (par exemple l'achat d'une voiture).

La simplicité volontaire implique souvent de chercher l'autosuffisance, c'est-à-dire faire soi-même au lieu d'acheter, par exemple en jardinant, cuisinant, cousant, de même qu'en construisant ou retapant sa maison.

L'idée est aussi de privilégier la valeur d'usage : avoir pour avoir n'a aucun intérêt. N'ayez que des choses que vous utilisez vraiment. Un livre que vous n'avez pas relu depuis dix ans, c'est un livre qui aurait plutôt sa place dans une bibliothèque. Un vêtement que vous n'avez pas porté depuis un an pourrait être déposé dans une association. Vous allez rapidement vous rendre compte qu'en fait vous n'avez pas besoin de grand-chose!

 

Amour et séduction.

Par Le 19/02/2010

L’amour ne peut être qu'illusoire s’il n'est pas établi en toute lucidité.

 

L’amour est un affect, un concept, une idée qui se charge d’émotions mais la cause de cette émotion si elle est teintée d’illusions peut conduire au malheur. Tout le problème est là. Ca n’est pas l’amour en lui-même qui est responsable- il serait ridicule d’accuser une idée ou l’émotion qui s’en dégage- mais le manque de lucidité de la personne.

 

Si je me laisse emporter par l’émotion et que je crée l’amour sur le coup de mon imagination, je ne fais qu’aimer l’illusion. Ce que j’aime, c’est le bonheur de cette émotion. J’attribue à l’autre une valeur qu’il n’a pas mais que je souhaite initier sans avoir conscience de mon erreur.

C’est le désir qui génère cette errance et ce désir est issu du manque qui me pèse. J’entre dans l’amour par la mauvaise porte, celle de mon incomplétude, de mon absence de vigilance.

Pour Platon « le désir est manque » et pour Spinoza « il est puissance. »

Par mon attitude, j’initie l’amour sous le coup de mon manque et je donne à mon illusion sa pleine puissance.

Immanquablement, le retour de flamme va carboniser tout ça et il ne restera que cendres.

 

Bien souvent on peut trouver la séduction à la source de cet égarement.

Dans la séduction, l’initiateur s’accorde un pouvoir sous la forme de charmes édulcorés. C’est lui-même qu’il cherche à aimer à travers son pouvoir. L’autre n’est que « l’objet » dont il a besoin pour mener ou renforcer à terme son identification.

 

Le narcissisme est encore plus dévastateur. Le Narcisse ne s’aime même pas car il ne se connaît pas, il ne reconnaît que son image et c’est elle qu’il aime. Il n’y a même pas d’individu dans le narcissisme mais juste une apparence. La chirurgie esthétique vit très bien grâce à eux. Leur quête est sans fin et elle se dégrade naturellement. Le filon absolu !

 

Le séducteur aime bien entendu son apparence mais il aime tout autant la puissance de son charme. Son charisme, sa verve, son humour, sa culture, son argent, sa position sociale, son histoire personnelle, tout en lui le ravit. On pourrait juger tout cela intéressant si ça n’était construit que sur des fondations mouvantes. Car le séducteur est capable également de s’adapter à l’autre pour parvenir à son auto satisfaction. Un paramètre peut très bien s’effacer au profit d’un autre. Ce qui importe n’est pas de se révéler au grand jour mais de dévoiler ce qui va servir à la conquête. C’est là que le séducteur prive l’amour de tout espoir de germe. Un jour ou l’autre la face cachée passe au soleil. Et là...Ca se complique…

 

Toute forme de séduction est forcément à double tranchant. Si les deux partenaires établissent le même fonctionnement, les dégâts collatéraux peuvent être redoutables car l’amour imaginaire est évidemment un obstacle à l’amour réel mais il crée aussi le terreau favorable à l’auto destruction. La répétition inconsciente de ce fonctionnement finit par entamer l’individu lui-même. Le désamour de soi n’est pas loin.

 

Le bonheur d’aimer existe mais il réclame que l’amour de soi ne « soit » pas fondé sur une auto séduction mais sur une connaissance pleine et entière de ce soi, un être lucide et épuré.

Lorsqu’on s’aime soi-même tel qu’on est, en toute connaissance de cause, ses traumatismes, ses errances, ses conditionnements, son histoire, ses manques, que les fonctionnements inconscients ont été mis à jour et éludés, lorsque la quête de l’amour n’est pas la recherche d’une complétude intérieure mais une simple recherche de partage, on peut aimer les autres sans leur faire courir le risque d’être « séduit. »

 

Il ne s’agit pas d’une image ou d’un individu multiple mais bien d’une entité stable, durable, sans fard ni enluminure. Lorsqu’on est séduit, le charme existe bien mais la joie s’accompagne d’une peur sourde, une inquiétude qu’on ne parvient pas à identifier parce qu’il y a en nous une intuition innomée. Il existera nécessairement, un jour ou l’autre, un évènement révélateur qui brisera le charme.

 

L’amour se doit d’être aimé et dès lors la rencontre ne doit pas être faussée. L’établissement d’une relation a une importance considérable et trop souvent la peur de l’échec pousse l’individu à occulter la part sombre…Alors que l’amour a justement la force de tout transformer.

Il ne s’agit pas nécessairement d’avoir déjà établi en soi une connaissance parfaite ni d’être un « sage » J mais d’oser assumer ce que l’on est. Il ne doit pas y avoir tromperie sur la marchandise.

 

L’idée de conquête ou de séduction est associée à une forme de pouvoir et on sait que c’est une soif qui conduit à boire n’importe quoi…

 

L’amour est une mise à nu avant même de se glisser sous la couette. C’est là l’essentiel. Et lorsque cet amour est réel, il est bien plus émouvant de sentir chez l’autre la confiance indispensable à cette mise à nu que d’être trompé par des costumes de paillettes. 

Longévité.

Par Le 17/02/2010

POURQUOI LES CHINOIS VIVENT VIEUX?


/ Encyclopédie / Société chinoise
Pourquoi vit-on si vieux dans certains endroits de la Chine ?


On compte trois foyers de longévité en Chine : Rugao, province du Jiangsu, Zhongxiang, province du Hubei, et le district de Bama, dans la région autonome zhuang du Guangxi. Ce sont des endroits ayant dépassé la projection démographique de l'ONU de 75 centenaires par million. Rugao abrite la plus grande concentration de centenaires en Chine, alors que le district de Bama s'enorgueillit du plus haut taux de longévité dans le monde. Dans le hameau de Bapan de ce district, il y a sept centenaires parmi les 510 villageois; c'est 200 fois la moyenne mondiale d'un foyer de longévité.

Comment ces gens peuvent-ils vivre si vieux? Quels avantages ont-ils? Ont-ils des secrets particuliers?

Un environnement naturel propice

Ces trois foyers de longévité ont une caractéristique commune : un environnement naturel favorable à la santé.

M. Wang Yungui, directeur de l'Institut de recherche sur la longévité de Zhongxiang, fait valoir que l'eau abonde à Zhongxiang et qu'elle est de bonne qualité. L'eau souterraine contient beaucoup d'oligoéléments comme le strontium, le molybdène et le potassium. Le pourcentage élevé de couverture forestière offre aux gens un bon habitat. Par ailleurs, les réserves de phosphorite se classent au deuxième rang du pays, et dans le cercle de rayonnement de l'exploitation minière de cette phosphorite se trouve justement le secteur densément peuplé en personnes âgées.

Dans le district de Bama du Guangxi, la longévité va de pair avec l'air pur. Une analyse scientifique a permis de découvrir que, dans plusieurs villages renommés pour la longévité de leurs habitants, la quantité d'ions négatifs d'oxygène dépasse 30 000 par cm3, alors qu'elle est communément de 1 000 à 2 000 dans beaucoup de villes.

Les experts ont découvert que, dans les secteurs montagneux de Bama, le sol contient des niveaux élevés de manganèse et de zinc, mais qu'il a une faible teneur en cuivre et en cadmium. Le manganèse contenu dans les cheveux des personnes âgées de Bama est dix fois supérieur à ce que ce l'on retrouve chez les personnes vivant à Guangzhou, Wuhan et Tokyo. Les recherches scientifiques ont montré qu'une structure de sol comportant un contenu élevé en manganèse et un faible contenu en cuivre est directement proportionnelle à un pourcentage élevé de personnes âgées dans la population, et indirectement proportionnelle à la fréquence de maladies cardiovasculaires.

Le district de Bama se trouve dans une région montagneuse où les résidants sont peu affectés par les rayons du soleil; ils souffrent donc rarement de vieillissement prématuré de la peau. Parallèlement, leur type d'habitation est bon pour la santé : façade au sud et structure à étage : pièces habitées à l'étage et entrepôt en bas.

Pour sa part, Rugao, située sur le cours inférieur du fleuve Yangtsé, c'est-à-dire en milieu assez développé, convient bien à divers types de cultures, avec un bon niveau de précipitations, des saisons clairement démarquées et des terres fertiles.

La tradition et la culture du respect envers les aînés

La tradition confucéenne de piété filiale est une autre raison pour laquelle il y a tant de personnes très âgées en certains endroits de la Chine.

Comme le fait remarquer M. Wang Yungui, la longévité qu'on observe à Zhongxiang remonte aux temps anciens, et elle est liée à la tradition du respect envers les gens âgés. Par exemple, une certaine Mme Wang, que tous qualifiaient de bienveillante, juste, polie, sage et fidèle, est décédée à 105 ans sans souffrir de maladie. Afin d'honorer sa mémoire, les villageois se sont cotisés pour construire un pont sur la rivière qui passe devant son logement, et ils l'ont appelé le « pont de la centenaire Wang ».

Le respect des enfants envers les aînés est un élément essentiel à la longévité. Parmi les 71 centenaires de Zhongxiang, 69 vivent avec leur fils ou leur fille et certains de leurs petits-enfants et arrière-petits-enfants de, faisant de la famille un clan de quatre ou cinq générations. Les aînés ont l'esprit ouvert et magnanime et sont bienveillants envers les membres de leur famille; leur attitude forme une atmosphère d'harmonie et de bonheur.

Dans le district de Bama du Guangxi, on admire quelqu'un qui a un centenaire dans sa famille, car une personne âgée peut apporter la chance et le bonheur à ses descendants. À l'heure des repas, la place d'honneur est réservée à la personne âgée; en marchant sur la route, si une personne âgée vient à la rencontre, les jeunes doivent se tenir sur le côté de la route et attendre que celle-ci soit passée.

À Rugao, le respect des aînés fait toujours partie de la morale sociale. Le centenaire Chou Ruxing vit avec sa fille, son beau-fils, sa petite-fille, le mari de celle-ci et son arrière-petit-fils. Chaque jour, les quatre générations se réunissent pour prendre le dîner. Voir cette grande famille réunie autour de la table et apprécier une vie de famille heureuse est source de longévité.

Sobriété et attitude positive

Un sondage montre qu'environ 77 % des centenaires de Rugao sont non-fumeurs; 67 % de ceux qui prennent de l'alcool ne boivent que du vin de riz local; 90 % dorment bien et 65 % d'entre eux font du sport ou des exercices physiques chaque jour.

Pour leur part, les centenaires de Bama font du travail manuel et grimpent dans la montagne chaque jour, ce qu'ils ont d'ailleurs fait toute leur vie. Le même sondage révèle que 80 % des centenaires s'adonnent toujours à des tâches domestiques, et 40 % travaillent même aux champs. La plupart peuvent même prendre bien soin d'eux-mêmes.

La plupart des centenaires sont illettrés, mais ils ont été influencés par le confucianisme, le bouddhisme et le taoïsme; ils sont honnêtes et tolérants et croient à la piété filiale et au destin. Ils travaillent dans un environnement naturel et ils le font dès le lever du jour; ils apprécient leur vie paisible. L'homme et la nature vivent en harmonie parfaite. Des autopsies pratiquées sur des centenaires de Bama ont indiqué qu'au moment de leur décès, aucun ne souffrait d'hypertension, de diabète, de maladies cardiovasculaires ou de cancer.

Les gens de Bama aiment chanter des chansons folkloriques. Ayant étudié le phénomène de la longévité à Bama depuis des années, M. Chen Jinchao, directeur du Centre de recherche sur la longévité de Bama, fait remarquer qu'interpréter des chansons folkloriques est une activité de communication sociale toute particulière;elle rend l'esprit léger et empêche les gens âgés de sombrer dans la tristesse. Ces activités, ajoutées à l'hérédité, l'environnement et le régime alimentaire, constituent les causes principales de la longévité à Bama.

Sur l'aspect de la sexualité et du mariage, à Bunuyao de Bama, les gens ont l'habitude de se marier et d'avoir des enfants assez tard dans leur vie. Les relations prémaritales et extraconjugales sont interdites. Les jeunes y ont la liberté de choisir librement leur conjoint. Le couple marié ne dort pas ensemble tant qu'il ne désire pas avoir un enfant.

Régime alimentaire et produits santé

Quand des invités arrivent, les gens de Bama montrent leur hospitalité en leur offrant un genre de « soupe de longévité »; elle est préparée avec de l'huile des graines du chanvre qui pousse dans les régions montagneuses. Cette huile a une teneur élevée en graisse insaturée, et la seule huile au monde à pouvoir se dissoudre dans l'eau.

M. Chen Jinchao explique : « Cette huile peut faire baisser la tension artérielle et le cholestérol et retarder le vieillissement. »

Tout comme les habitants de Bama, les personnes de Rugao ont leur propre régime alimentaire favorisant la longévité : un porridge au petit déjeuner et au dîner et du riz au déjeuner. Le porridge est principalement fait de riz, de farine de maïs et d'orge, des céréales qui sont bonnes pour la rate et l'estomac, selon la médecine chinoise. Rugao abonde en radis, navets et produits de la même famille, qui aident à avoir une diète équilibrée. Les légumineuses qu'on y cultive offrent suffisamment de protéine pour les personnes âgées. De plus, le vin jaune de Rugao est une boisson incontournable pour la plupart de ses centenaires, car il contient des protéines, des enzymes, des oligoéléments et des bacilles Bifidus.
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