Égrégore (2)

Gurdjieff l'avait évoqué. La plus dangereuse mécanisation consiste à être soi-même une machine.
 

Au Japon, le drame humain lié au tsunami et à la radio activité est inimaginable, certains quartiers de Tokyo sont plus irradiés que Tchernobyl... Le traumatisme est effroyable, mais je ne parviens pas à comprendre comment l'humain peut en arriver là... Il me semble que cette cassure entre l'humain et la nature est absolue, qu'il existe désormais une négation complète de l'univers du vivant et je ne vois pas la nature comme responsable de quoi que ce soit.

C'est la mécanisation de l'existence qui porte en elle les causes de ce désastre. Une certaine forme de folie, d'aveuglement qui consiste à penser que l'homme est au-dessus de tout, qu'il possède le pouvoir, jusqu'à en oublier les lois naturelles. Construire des villes dans des fonds de vallée, en bord de mer, dans un pays sujet aux pires séismes, pour développer des industries, nucléaires ou autres, accroître les richesses, pousser les individus dans une voie unique de profits, sans garder à l'esprit que tout peut disparaître en quelques instants, c'est mener les hommes à la mort.

Le Japon s'est construit dans cette voie. Les individus sont mécanisés, extraits de leur lien avec la nature, ignorant des réalités, envoûtés par une idée de croissance agissant comme un aimant. Tout miser sur l'énergie nucléaire dans un pays sujet aux séismes...C'est consternant. Développer des villes côtières sans aucune protection contre les tsunamis, c'est hallucinant. Non seulement, la nature est ignorée mais la vie humaine elle-même est bafouée. Rien ne compte en dehors de cette course à la croissance.

On joue avec des allumettes parce qu'on a construit des camions de pompiers. On est dans l'absurde.
 

Tout aussi absurde d'ailleurs de ne plus parler du Japon aujourd'hui, comme si tout cela devait être effacé des mémoires, que seuls les Japonais étaient concernés. 
 

Les humains sont donc de véritables machines travaillant seulement sous la pression d'influences extérieures.

Les gouvernants, eux-mêmes, sont des machines. Ils ne sont pas des conducteurs de machines. Ils vivent eux aussi sous les influences d'égrégores qui les dépassent.
 

Un égrégore est, dans l'ésotérisme, un concept désignant un esprit de groupe, une entité psychique autonome ou une force produite et influencée par les désirs et émotions de plusieurs individus unis dans un but commun. Cette force vivante fonctionnerait alors comme une entité autonome. Le terme, apparu dans la tradition hermétiste, a été repris par les surréalistes, qui l'ont chargé d'un fort potentiel subversif.
 

Autant cet égrégore peut avoir un effet positif lorsqu'il est associé à une élévation spirituelle, autant il peut devenir la source d'un conditionnement lorsque des intentions perverses le sous-tendent...
 

Les connaissances qui sont développées depuis la révolution industrielle ne sont pas attachées à une voie spirituelle mais à une mécanisation des individus. La croissance est l'intention première.

La médecine, par exemple, est de la mécanique. L'aspect holistique de l'homme est ignoré.

La psychologie qui ne fonctionnerait pas en systémique est de la mécanique. Et encore doit-elle prendre en considération le sous-développement spirituel de l'individu.

L'environnement est d'ailleurs un mot très révélateur dans l'usage qu'on en fait actuellement. On considère à travers ce terme que la nature nous environne, ce qui revient à dire que nous n'en faisons pas partie, que nous nous en sommes extraits, que nous sommes des entités à part. L'environnement est ce qui est extérieur à nous. Consternant. Nous sommes l'environnement étant donné que nous sommes autour de nous-mêmes et non à l'intérieur...

On voit ce que cette "philosophie" donne avec l'exemple de la catastrophe au Japon. Et il est évident que nous allons entendre des "machines" accuser la nature d'être cruelle. C'est logique dans ce fonctionnement. Il faut un coupable. Et c'est la nature. Puisqu'elle est la seule vivante et que nous sommes des machines malmenées par sa violence. Effrayant.

Combien de fois j'ai entendu des journalistes dire : "La montagne a tué" lorsque des alpinistes ou des skieurs sont emportés. Comme si la montagne avait eu une intention...Comme si ce tsunami était responsable de ces milliers de morts...On regarde la situation à l'envers.

C'est un drame humain qui concerne des machines. C'est ça la première catastrophe. C'est ce que l'homme est devenu le plus dramatique.

Nous sommes notre propre environnement parce que nous vivons dans une agitation mécaniste qui nous a privé de notre propre centre. Nous ignorons jusqu'à l'existence du noyau.
Là où l'expression écologiste est encore plus absurde, c'est lorsque nous prenons en considération le fait que chacun de nos actes a une influence sur nous-mêmes en portant atteinte à l'environnement. Nous sommes impliqués dans cet environnement que nous voyons comme extérieur. Il n'y a pas d'extérieur. Il n'y a qu'une bulle existentielle dans laquelle chaque individu est relié, chaque être vivant, chaque phénomène nourri par le flux vital. Lorsque nous comprendrons que la disparition des orangs-outans est une atteinte à nous-mêmes, nous comprendrons qu'il n'y a pas d'environnement mais une unité absolue.

 

Les scientifiques dénoncent l'acidité de plus en plus forte des océans et des dangers immenses que cela fait courir à toute la chaîne alimentaire. Comment est-il possible que les humains en viennent à ignorer la source de toute la vie ? L'Océan... La Source de vie.

Sommes-nous donc condamnés à être des assassins jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien ?

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