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Bernard Werber : "Troisième humanité"
Par
Thierry LEDRU
Le 16/10/2026
On lit beaucoup, tous les soirs, (après avoir écrit pour ma part) et après un an et demi ici, la petite bibliothèque du village ne répondait plus à nos attentes et donc on a pris un abonnement dans un autre village il y a quelques mois et on s'est rendu compte que là aussi, le choix ne suffisait plus et par dépit, la semaine dernière, j'ai pris ce roman de Bernard Werber...Avec quelques doutes au regard de ma lecture précédente, au point que j'en ai oublié le titre. J'avais trouvé ça d'une platitude absolue.
Rebelotte.
Je suis allé jusqu'au chapitre 5, péniblement. Un livre publié chez Albin Michel...J'ai lu des romans publiés à compte d'auteur qui valait mille fois ce pavé indigeste, voire ridicule. Tout est construit sur des faits pseudo scientifiques mêlés de spritualité sauce Mc Do, avec des analyses des personnages similaires aux épisodes des pires séries télé de TF1.
Je ne comprends pas.
On me dirait que c'est écrit par une IA débutante que ça ne me surprendrait pas. L'impression d'assister à un brain storming d'une équipe chargée de pondre un oeuf.
"J'ai une idée -ah, oui, c'est bien et puis ça pourrait coller avec celle d'hier- oui, ça permettrait de lier les deux situations- mais ça ne serait pas un peu tiré par les cheveux ? -mais, non, c'est dans le style, ça plaît bien- il ne faut pas déstabiliser notre lectorat, restons simple".
Oui, c'est ça , restons simple...
La psychologie des personnages...La quoi ? L'introspection...De quoi ?
On a quand même la planète Terre qui se plaint que les hommes sont vilains...Non, mais allo quoi ?
Un commentaire sur Babelio :
"Quelle déception !
Depuis "les Fourmis" et en passant par "L'ultime secret" et autres joyeusetés, j'ai toujours beaucoup apprécié les ouvrages de Bernard Weber. Une prose simple, des intrigues originales et ces braconnages réguliers sur le terrain scientifique m'ont toujours semblé de bon ton. Sauf cette fois-ci.
Cela ne fonctionne pas. Les personnages ne paraissent guère crédibles, l'intrigue plutôt absurde... Pour tout dire, on n'y croit pas un instant.
Cette histoire d'humanité géante en marche vers la miniaturisation ne me semble guère palpitante, cette invention d'un micro-peuple espion féminin censé représenter l'avenir de l'espèce n'est pas plus convaincante. Et tout cela est enrobé par tout un bric-à-brac scientifique tournant autour de la notion de l'évolution qui s'avère au final plutôt indigeste (et je passerais sur la personnification de la Terre qui m'a semblé plutôt risible).
Mis à part quelques épisodes sympathiques, dont celui de la grande grippe mondiale, on n'est guère tenu en haleine par le rythme de l'intrigue. Ouvrir le roman ou le laisser fermé, au final peu importe. Un livre d'une effrayante simplicité. Une écriture des plus plates, un scénario à moitié pompé sur La Nuit des temps de Barjavel, le degré zéro de la réflexion, bref, à éviter lorsqu'on a un niveau d'exigence minimum.
En effet, l'on peut être séduit par les scénarii de Werber, mais dans ce livre, la mise en scène de l'histoire vient tout briser. Que de clichés ! Que d'autoréférences satisfaites ! Un livre simpliste qui tourne sur lui-même et ne fait que se répéter : cf. la scène dans le bureau du Président de la République.
Bref, je ne comprends pas. Des écrivains, hommes et femmes de talent, il y en a beaucoup et ils ne vendent pas le dixième des ventes de Werber. Est-ce donc que les lecteurs et lectrices ont acepté d'être tirés par le bas, le très bas, les abysses ? Et que vont donc faire des éditeurs de renom à cautionner des bouses pareilles ? Faut-il donc admettre que la peapolisation de la littérature suffit à créer des best-sellers ? Il faut donc admettre dans ce cas que la qualité du livre n'y est pour rien mais que les méthodes de promotion sont fabuleusement performantes.
C'est triste à pleurer. Sur ce, je retourne écrire des romans qui ne seront pas lus mais dans lesquels, jamais, jamais, jamais, je ne me serais avisé de considérer les lecteurs et lectrices comme de gentils abrutis.
Par
Thierry LEDRU
Le 14/10/2026
C'est quoi t'est-ce ? ^^
Bon, tous les gens qui ont un jardin et bien plus encore ceux qui ont un potager-verger ont vu leur terrain souffrir considérablement de la sécheresse et des canicules.
Avoir une source ou un puits, c'est comme le saint Graal. Sauf que son approvisionnement peut finir par s'affaiblir et qu'il convient de laisser passer quelques jours pour que ça se recharge en eau.
Par conséquent, il est indispensable de préparer le terrain à subir des périodes de sécheresse et pour ça, il faut capter l'eau et la garder donc avoir des citernes (c'est fait) mais aussi favoriser l'hydratation du sol pendant les périodes de pluie, une hydratation non pas juste en surface mais en profondeur et pour que l'eau aille directement en profondeur, rien de mieux que de creuser un fossé, donc de dégager toutes les herbes et les pierres. C'est le principe de la baissière.
Il ne s'agit pas d'un fossé avec une pente régulière destiné à évacuer l'eau du terrain et à l'envoyer dans des collecteurs gérés par la DDE mais bien de la garder sur le terrain. Donc, de creuser en laissant des "reliefs", des creux et des bosses à des endroits stratégiques. Pour ma part, les creux sont perpendiculaires à l'emplacement des jeunes arbres.
Une baissière se creuse donc en suivant une courbe de niveau, en amont du terrain. L'infiltration se fait naturellement. Je mets en place quelques "barrages" de pierres pour contenir l'eau à des endroits précis.Il y a deux évacuations par des drains à chaque extrémité. Comme le terrain est très drainant, je ne pense pas avoir à gérer des débordements, même en cas de déluge et si même ça arrivait, vu le nombre d'arbres qu'on a plantés, il n'y a pas de risques que la couche superficielle de terre soit entrainée.
J'ai commencé il y a une semaine, sur cent cinquante mètres de long, entre vingt et trente centimètres de profondeur et cinquante centimètres de large et comme je tamise la terre avec un tamis très fin pour la garder pour des boutures et que j'utilise les gravats pour tracer des chemins dans une autre prairie en vue de gros travaux de plantations à venir, c'est long et bien "cassant". la pioche, la pelle, le tamisage, les brouettes, les roches, cailloux et gravats, de 9 h le matin à 17 h le soir, disons que ma séance de musculation est faite. ^^
La vidéo parle des arbres fixateurs d'azote et ils sont déjà en place pour certains. D'autres à venir pendant l'autome (si jamais il finit par arriver...) Aujourd'hui, on travaillait en tee-shirt et on ruisselait...On continue à arroser les plantes...Une sécheresse sans fin.
Par
Thierry LEDRU
Le 13/10/2026
L'alimentation en local, c'est la clé de la résilience alimentaire. C'est la première ressource.
La deuxième ressource, c'est la capacité à gérer des réserves en quantité.
La troisième, c'est de ne rien en dire autour de soi et d'être capable, malgré tout, de les protéger.
Nos sociétés ultra connectées sont des Titanic gigantesques.
Piratage en supermarchés: "Pas besoin de chars pour faire la guerre", dit un expert
information fournie par AFP •13/10/2026 à 19:14

Des rayons frais vides le 12 octobre 2026 dans un Intermarché de Névez, dans le Finistère après une cyberattaque ( AFP / Fred TANNEAU )
En entraînant indirectement la destruction de produits frais, la cyberattaque inédite qui a visé lundi les installations frigorifiques de nombreux supermarchés met en lumière la "vulnérabilité" de l'approvisionnement alimentaire en France, indissociable de la "sécurité collective", estime auprès de l'AFP Stéphane Linou, expert associé au laboratoire sécurité défense du Conservatoire national des arts et métiers (Cnam).
QUESTION: En 2019, vous avez publié un livre-enquête, "Résilience alimentaire et sécurité nationale", sur les conséquences qu'aurait une cyberattaque paralysant tous les acteurs de l'approvisionnement alimentaire dans le pays. Quel est votre constat ?
REPONSE: "Que le plus vieux sujet du monde, le lien entre alimentation et sécurité collective - et je ne parle pas que des aspects sanitaires - n'est ni pensé ni traité, ni dans le monde de la production alimentaire, ni dans celui de la sécurité, ni dans celui de la gouvernance, et qu'un tel scénario entraînerait des troubles à l'ordre à public.
Tous les maillons de notre continuum de sécurité défense, du sous-marin au vigile de supermarché, seraient saturés. On l'a vu les premiers jours du confinement en 2020. Lorsqu'il y avait une incertitude sur le maintien des transports, c'est là qu'il y a eu des bagarres, des tensions dans les supermarchés.
Il n'y a pas besoin de chars pour faire la guerre, il suffit de bloquer les chaînes d'approvisionnement.
Q: Ces chaînes sont-elles si fragiles ?
R: La vulnérabilité essentielle, c'est les flux, et on a perdu la main sur l'essentiel. 98 % de ce qui remplit nos assiettes arrive par les camions venant d'autres régions et d'autres nations, et 97 % de ce que nous produisons dans nos territoires est envoyé par camions vers d'autres régions et d'autres nations. Et tout ça, c'est interconnecté avec l'informatique.
On se fournit en grandes surfaces pour 70% de notre alimentation et la production dans les territoires n'est pas assez variée.
A cela s'ajoute une impréparation des populations devenues intolérantes à la frustration, le fait qu'on a perdu les savoir-faire de base comme cuisiner, qu'il n'y a pas de stock chez les gens, ni dans les collectivités locales, ni au niveau stratégique d'État.
Q: Que faudrait-il pour renforcer notre sécurité alimentaire ?
R: Il faudrait déjà permettre aux collectivités locales d'écrire "je veux du local" dans leurs appels d'offres, ce qui est pour l'instant interdit par une directive européenne. En éloignant l'assiette du producteur, on met des maillons intermédiaires, et plus il y a de maillons, plus il y a de portes d'entrée pour des virus ou autre. (...) Lorsqu'on cuisine des produits locaux, correctement payés à nos producteurs, on fabrique de la sécurité dans le territoire, parce que cela permet de maintenir en vie des infrastructures nourricières de proximité.
Il faut aussi financer les projets alimentaires territoriaux et les mettre en haut des priorités dans les collectivités.
Ce serait bien d'ajouter un deuxième A à la future PAC, pour en faire une politique agricole et alimentaire commune, et qu'il y ait des fonds dédiés à la reterritorialisation de la production et de la consommation alimentaires.
Q: En septembre, la Cour des comptes, qui avait pointé en 2022 des "faiblesses structurelles" sur la sécurité des approvisionnements alimentaires, a appelé à prendre en compte la grande distribution dans les diagnostics de vulnérabilité. Que préconisez-vous pour ce maillon particulier ?
R: Quelles que soient les mesures de protection, on ne sera jamais à l'abri. Jamais. On est en train de quitter un monde d'abondance et on est déjà rentrés dans un monde instable où les pénuries diverses seront toujours récurrentes.
Il faut arrêter de mettre tous ses oeufs dans le même panier. Il faut que les gens constituent des stocks tampons, réapprennent à cuisiner et ne délèguent pas leur alimentation aux grandes surfaces et à leur fragilité.
Je ne dis pas que les grandes surfaces sont inutiles mais tout miser sur elles, ce n'est pas responsable.
Et au milieu coulait une rivière
Par
Thierry LEDRU
Le 12/10/2026
On aime bien randonner en mode "exploration", hors chemin, hors balisage, avec une carte au 25/000 ème. Ces gorges-là, on les a remontées, descendues, quittées par des vires ruiniformes, on y est descendu par des pentes raides, accrochés aux arbres, on peut dire qu'on les connaît bien et que certains secteurs ne doivent pas voir passer grand-monde, voire personne.
Mais, là, vraiment, on n'aurait jamais imaginé ça.
La rivière a disparu.
On est parti d'un pont submersible sur une toute petite route, tout en bas de la vallée. Le pont ne risque pas d'être submergé de sitôt, il n'y a plus d'eau, rien, pas une goutte. On a donc commencé à marcher dans le "lit" de la rivière, sur les galets. Des arbres ont déjà commencé à pousser. Ils ont eu tout l'été pour ça. Les robiniers faux-acacias sont des rudes, ils poussent entre les pierres, ont des filaments racinaires qui peuvent être très longs. On en a vu des dizaines et on est donc retourné en chercher pour les mettre sur notre terrain. Ceux-là auront une chance d'obtenir une vie tranquille et protégée.
Plus on descend et plus les gorges se resserrent et on pensait qu'on retrouverait au moins un filet d'eau mais non, rien. On a vu quelques mares aux eaux croupies, noires. Aucun poisson visible, juste des gerris et une grenouille. Sur les parois, on voit très bien les marques qui indiquent le niveau d'eau habituel et c'est effarant d'essayer d'imaginer les quantités de pluies qui seront nécessaires pour retrouver un débit "normal".
Mais est-ce que ça sera possible ou est-ce qu'on assiste à la disparition d'une rivière ? On sait qu'elle peut être passée en mode "souterrain", on a déjà vu ça dans les gorges de la Jonte par exemple, ou dans le canyon d'Oppédette. Mais ici, les anciens disent qu'ils n'ont jamais vu ça. Autrefois, c'était une rivière à truites, l'eau coulait toute l'année et puis dans les cinq dernières années, le débit s'est affaiblie mais jamais, ils n'ont vu la rivière disparaître intégralement. Il faut bien penser que toutes les photos prises le sont depuis le lit de la rivière, nomrlament donc, dans l'eau...
On verra au printemps...
il y a 2 jours
2 j ·
[Sécheresse] "Sur les derniers chiffres, la sécheresse de 2026 PULVERISE littéralement tous les antécédents connus en France (et même 1976 et 2022). Le fameux "on a déjà vécu ça en 1976" n'est plus qu'un vague mythe.
En 50 ans, la sévérité des sécheresses a été multipliée par 3 en France principalement à cause des déficits de pluies estivaux et de la hausse de l'évapotranspiration due à la hausse de la température.
Et c’est particulièrement préoccupant, car ce phénomène s’auto-amplifie : un sol plus sec se réchauffe davantage sous l’effet du rayonnement solaire. La diminution de l’évaporation réduit le refroidissement naturel du sol, favorisant ainsi une hausse des températures de surface et un transfert accru de chaleur vers l’atmosphère. Cet échauffement accentue la demande évaporative de l’air, accélère l’assèchement de la végétation et des sols encore humides, et aggrave ainsi la sécheresse.
Je le répète : cette boucle de rétroaction positive entre chaleur et sécheresse est extrêmement préoccupante. La revégétalisation de nos paysages, la préservation de nos forêts, la gestion des écoulements de l'eau et la protection de nos sols par l'évolution des pratiques agricoles sont des urgences absolues. Elles constituent des leviers essentiels pour atténuer cette rétroaction, préserver l'humidité des sols et limiter l'aridification progressive de nos territoires"






Par
Thierry LEDRU
Le 10/10/2026
Voilà le résumé de notre été.
On peut considérer avec le retour timide mais bienfaiteur de la pluie et la baisse des températures que cet interminable été est terminé.
Il n'en reste pas moins que la sécheresse des sols n'est pas encore effacée et qu'il faudra des jours et des jours de belles journées pluvieuses pour que la nature se rétablisse et qu'elle se prépare à l'été prochain qui pourrait de nouveau démarrer au mois de mai et se finir début octobre.
On a donc alterné entre les montagnes et le terrain, le potager et les jeunes arbres à maintenir en vie. Le fourgon offre une liberté dont nous ne pourrions pas nous passer. Voilà trente-trois ans qu'on se déplace en fourgon à chaque escapade. Avec les cartes IGN au 25/000 ème, on déniche les lieux isolés où dormir. Seuls, le silence, des paysages ouverts ou au milieu des forêts. Debout à 6 heures, on commence à marcher à 7 h, on est de retour à 15, 16, parfois 17 heures. Il y a encore des massifs peu fréquentés. Parce qu'ils sont rudes, raides avec des sentiers parfois techniques. Cet été, on est encore passé dans des endroits où il ne faut pas tomber. On commence à réaliser que certains sommets atteints ne nous seront bientôt plus accessibles. Et puis, on rentre et on retourne sur le terrain.
Cette semaine, j'ai creusé une baissière de cent cinquante mètres de long, sur le haut du terrain afin de collecter l'eau de pluie et qu'elle s'infiltre en profondeur. La pioche, la pelle, la brouette, tamiser la terre pour garder celle qui servira pour les boutures, répandre les gravats dans la prairie des chevaux (le nom qu'on a donné à cette vaste prairie pentue où vivaient les trois chavaux des anciens propriétaires) pour faciliter mon passage avec la débroussailleuse et la plantation d'arbres, encore et encore. On prépare les trous en attendant novembre. On considère que cet été, on a perdu 10 % des jeunes arbes ce qui est peu finalement. La source nous a sauvés. L'ombrage aussi avec les tipis qu'on a installés au-dessus des arbres. Il ne suffit plus d'arroser, il faut protéger de la brûlure du soleil. Encore deux étés et on pourra penser que ces arbres-là seront assez résistants pour grandir sans être menacés de disparaître. Peut-être...Tout dépendra de l'ampleur des canicules. En tout cas, les deux congélateurs sont bien remplis, légumes pour tout l'hiver. Dans quatre, cinq ans, on aura nos pommes, poires, abricots, pêches. Mais qui peut dire où on en sera dans quatre, cinq ans...





Par
Thierry LEDRU
Le 07/10/2026
Au pays des Droits de l'homme

https://fr.wikipedia.org/wiki/Grenade_de_d%C3%A9sencerclement
Une grenade de désencerclement (appelée sting-ball grenade en anglais) est une grenade à main utilisée par les forces de l'ordre dans certains pays pour repousser les manifestants. Leur utilisation est généralement régie par des règles précises car elles peuvent blesser très gravement.
Description
Un plot montrant son picot de fixation sur la grenade.
Ces grenades, aussi nommées « Hornet's Nest » (nid de frelon) dans les pays anglophones, sont basées sur le fonctionnement des grenades à fragmentation. Cependant, au lieu de contenir une coque de métal destinée à exploser en shrapnel, elles sont formées de trois rangées de six plots de caoutchouc dur, en plus du bouchon allumeur qui est lui aussi gainé de caoutchouc. À l'explosion, elles projettent leur plots de caoutchouc de façon circulaire et incontrôlée. Certaines d'entre elles peuvent également contenir une charge de gaz CS ou de gaz poivre.
En France
En France, la grenade de désencerclement est officiellement nommée « grenade à main de désencerclement » (GMD)[1], mais aussi « dispositif balistique de désencerclement » (DBD)[1] ou « dispositif manuel de protection » (DMP)[1]. Elle est définie comme « arme de force intermédiaire » (AFI), au même titre que le « pistolet à impulsions électriques » (PIE), et le « lanceur de balles de défense » (LBD), qui permet « dans le respect des lois et des règlements, une réponse graduée et proportionnée à une situation de danger lorsque l’emploi légitime de la force s’avère nécessaire »[2], avant utilisation de l’arme individuelle (pistolet 9 mm)[1]. La grenade de désencerclement est classée au « 6° de la catégorie A2 »[1],[3],[4], soit comme « matériel de guerre », rubrique 2.
En Europe, seules les forces de police françaises l'utilisent[5]. La grenade offensive OF F1, plus utilisée depuis 2017, et la grenade lacrymogène instantanée GLI-F4, produites par Alsetex, ne sont pas des grenades de désencerclement.
Réglementation et sécurité
Le droit français permet de l'utiliser en cas de danger, lorsque les forces de l'ordre sont encerclées et menacées ; une circulaire de la police nationale précise :
« lorsque les forces de l’ordre se trouvent prises à partie par des groupes violents ou armés […]. Après usage, il convient de s’assurer aussitôt de l’état de santé de la personne et de la garder sous surveillance ; au besoin, un examen médical doit être effectué dans les meilleurs délais. »
— Renaud Lecadre, Un manifestant dans le coma : de nouvelles images à charge contre les policiers[6]
Elles peuvent être lancées jusqu'à trente mètres et doivent l'être au ras du sol.[réf. nécessaire]
Cette arme peut toutefois blesser gravement, si elle est tirée en direction de la tête, comme l'a prouvé le cas Romain Dussaux (voir plus bas). En outre, son potentiel de létalité n'a jamais été pleinement évalué, comme l'a révélé un témoignage : « aucune évaluation pour des tirs en zone crânio-faciale n’a été effectuée[7]. » La formation des policiers n'est donc pas adaptée à cette létalité potentielle : « on nous a parlé d’une arme non létale, de galets qui montent jusque maximum la hauteur de la taille[7]. »
Mise en œuvre
Les policiers utilisent ce dispositif lorsqu'ils se sentent en insécurité[réf. nécessaire].
Par exemple, cet outil a été utilisé en 2020 par des policiers intervenant dans le cadre d'un tapage nocturne. Après avoir été attaqués, les policiers auraient fait usage de grenades de désencerclement pour pouvoir quitter la fête dans le département du Val-de-Marne[8].
Incidents notables
Le 25 juin 2013, une femme a perdu un œil à la suite de l'utilisation soit d'un lanceur de balle de défense soit d'une grenade de désencerclement à Villemomble (Seine-Saint-Denis)[9].
À Rennes, en avril 2016, un CRS se blesse à la main, et un autre est atteint de surdité, lorsque la grenade lui explose dans la main[10].
Le 26 mai 2016, à Paris, un journaliste indépendant du nom de Romain Dussaux est gravement blessé à la tête — « fracture temporale avec enfoncement de la boîte crânienne » — par l'explosion d'une grenade de désencerclement lancée en marge d'une manifestation[11]. Il sort du coma le lundi 4 juin 2016, soit 9 jours après l’événement[12]. Le lanceur n'a manifestement pas respecté les règles d'utilisation de l'engin[6] ; en particulier, la gravité de l'état serait due au lancement d'une grenade lacrymogène à proximité du blessé[13]. En outre, selon Le Monde, « les premiers éléments d’enquête […] font apparaître de fortes contradictions entre le récit des policiers et l’exploitation des vidéos filmées par des témoins[7] » : les policiers auraient en effet exagéré l'hostilité de la foule.
Le 15 septembre 2016, Laurent Theron, un syndicaliste de SUD est lourdement touché à l'œil par une grenade de désencerclement place de la République à Paris, il y perd la vue[14],[15].
Le 26 novembre 2017, à Nantes, un syndicaliste CGT reçoit un éclat de grenade de désencerclement et subit une « triple fracture au pied droit avec un mois d’arrêt de travail »[16].
En mai 2018, à Toulouse, lors d'une opération d'évacuation de l'université Jean Jaurès en grève, une grenade de désencerclement explose dans la poche d'un policier, blessant légèrement deux policiers et plus grièvement un étudiant, dont un poumon est gravement touché. Il est reconnu comme ayant des « lésions pulmonaires entraînant une incapacité totale de travail de 15 jours »[17],[18].
En février 2019, à Paris, lors de l'acte XIII des Gilets Jaunes, un manifestant, présent devant l’Assemblée nationale, a eu la main arrachée après avoir ramassé une grenade qui a explosé. Selon un témoin, il s’agit d’une « grenade de désencerclement » lancée par les forces de l’ordre[19].
D'après des avocats, depuis le début du mouvement des Gilets jaunes en France et jusqu'à fin janvier 2019, 17 personnes ont perdu un œil, au moins trois ont perdu une main et d'autres ont eu leur visage ou des membres de leur corps mutilés par des lanceurs de balle de défense et des grenades de désencerclement[5].
Le 25 mars 2023, lors des manifestations contre le projet de megabassine à Sainte Soline, des gendarmes ont utilisé abusivement les GENL contre des manifestants, comme l'a révélé Libération et Mediapart[20],[21].
Notes et références
Ministère de l'Intérieur, « BULLETIN OFFICIEL DU MINISTÈRE DE L’INTÉRIEUR, n°2014-10 : Instruction du 2 septembre 2014, annexe IV, pp. 340 à 342 [archive] » [PDF], Délégation à l’information et à la communication du ministère de l’intérieur, 2 septembre 2014 (consulté le 18 novembre 2019)
Ministère de l'Intérieur, « BULLETIN OFFICIEL DU MINISTÈRE DE L’INTÉRIEUR, n°2014-10 : Instruction du 2 septembre 2014, p. 327 [archive] » [PDF], Délégation à l’information et à la communication du ministère de l’intérieur, 2 septembre 2014 (consulté le 18 novembre 2019)
Site officiel de l'administration française (service-public.fr [archive]), « Arme à feu et matériel de guerre de catégorie A [archive] », second onglet : « Matériels de guerre (A2) », « Direction de l'information légale et administrative : (DILA) [archive] » (Premier ministre) (consulté le 18 novembre 2019)
Ministère des Armées & ministère de l'Intérieur, « Arme à feu et matériel de guerre de catégorie A : Matériels de guerre (A2) [archive] », Rubrique 2, 6° – version consolidée au 24 octobre 2019, (Article R311-2 modifié par le « décret n°2018-1195 du 20 décembre 2018 - art. 26 [archive] » ), Journal officiel de la République française sur legifrance.gouv.fr [archive], 24 octobre 2019 (consulté le 18 novembre 2019)
(en-GB) Angelique Chrisafis, « French police weapons under scrutiny after gilets jaunes injuries », The Guardian, 30 janvier 2019 (ISSN 0261-3077, lire en ligne [archive], consulté le 9 février 2019)
Renaud Lecadre, « Un manifestant dans le coma : de nouvelles images à charge contre les policiers », Libération, 5 juin 2016 (lire en ligne [archive])
Julia Pascual, « Manifestant blessé : la version policière contredite par les vidéos », Le Monde.fr, 7 octobre 2016 (ISSN 1950-6244, lire en ligne [archive], consulté le 7 octobre 2016)
France Info, « Val-de-Marne : une fête clandestine de 300 personnes dégénère à Joinville-le-Pont, au moins un des participants [archive] », sur francetvinfo.fr, 14 novembre 2020 (consulté le 13 novembre 2023).
« VIDEO. Villemomble : l'opération de police filmée par un habitant [archive] », sur Le Parisien, 11 juillet 2013
« Rennes : un CRS se blesse avec sa grenade de désencerclement [archive] », sur spi0n.com, 13 avril 2016
Karl Laske, « A Nation, la grenade de trop » [archive], Mediapart, 30 mai 2016.
« Le jeune homme blessé par une grenade "est réveillé" et "a dit quelques mots" [archive] », sur BFMTV, 6 juin 2016
Sylvain Mouillard, « Manifestant blessé à Paris : le témoignage inédit des pompiers », Libération, 8 juin 2016 (lire en ligne [archive])
Ismaël Halissat, « Grenades de désencerclement, dangers collatéraux [archive] », 2 novembre 2017
« Blessure d’un manifestant par un policier : la CEDH ouvre une procédure contre l’Etat français », Le Monde.fr, 4 décembre 2023 (lire en ligne [archive], consulté le 4 décembre 2023)
Stéphanie Lambert, « Manifestation à Nantes. Blessé par une grenade de désencerclement, il témoigne [archive] », sur Ouest France, 24 novembre 2017
« Toulouse : trois blessés légers,dont deux policiers, après l'évacuation de l'Université Jean Jaurès [archive] », sur France3-régions
« Toulouse. Un étudiant blessé par une grenade de désencerclement, une enquête ouverte [archive] », sur Ouest France, 10 mai 2018
« « Gilets jaunes » : 12 100 manifestants à 14 heures, un manifestant grièvement blessé à Paris », Le Monde, 9 février 2019 (lire en ligne [archive], consulté le 9 février 2019)
Thomas Legrand, « Vidéos de Sainte-Soline : les images mais surtout le son montrent que la violence policière est bien structurelle et politique [archive] », sur Libération (consulté le 8 novembre 2025)
Camille Polloni, Laura Wojcik, « « Faut leur tirer dans la gueule ! » : la manifestation de Sainte-Soline vue par les gendarmes [archive] », sur Mediapart, 5 novembre 2025 (consulté le 8 novembre 2025)
Par
Thierry LEDRU
Le 07/10/2026
Pour celles et ceux qui suivent ce blog de près, vous avez peut-être constaté la disparition de certains éléments :
LES HEROS SONT TOUS MORTS n'apparaît plus sur la page d'accueil, couverture supprimée et la page dédiée également.
TOUS SAUF ELLE
LE DESERT DES BARBARES
TERRE SANS HOMMES
Les quatre pages ont disparu parce que ces romans n'ont pour l'instant aucun avenir étant donné que la maison d'édition ne veut pas donner suite. Il est fort probable que ces quatre romans et le cinquième à venir restent un certain temps, voire indéfiniment des écrits sans suite, sur le plan de l'édition.
J'ai laissé de côté le tome 5 pour reprendre intégralement le tome 1, LES HEROS SONT TOUS MORTS, qui ne s'appellera plus comme ça et qui comportera un nombre important de pages supplémentaires. Je n'avais pas imaginé à la fin de l'écriture de ce roman qu'un jour l'idée d'une suite deviendrait nécessaire et il est donc impératif que j'adapte ce tome 1 aux éléments qui sont apparus dans les trois suites. Et je m'aperçois en le retravaillant combien il était évident qu'une suite devait être écrite. Manque d'expérience, pas assez de recul, pas assez vieux, trop pressé, les raisons sont multiples. Ca ne m'arrivera plus.
Pour le tome 5, un titre m'est venu dernièrement : "CE QUI RESTE NOUS SUFFIT."
Je vais donc travailler, même si beaucoup de gens considèrent que l'écriture d'un roman ne relève pas d'un travail. Ce qui me réjouit, parfois, ce n'est pas l'instant d'écriture mais l'instant où je relis ce que j'ai écrit.
L'instant d'écriture, en lui-même, réclame une grande, grande concentration et en même temps une absence de concentration. C'est un état que je ne sais toujours pas décrire. Mais ce qui est certain, au regard des décennies d'écriture, c'est que lorsque j'atteins cette "zone" où tout s'écrit, dans laquelle je suis concentré et simultanément dans une totale perception de tout ce qui vient, je sais que c'est similaire à ces situations en montagne où je savais que je ne devais pas tomber, que les conséquences seraient désastreuses. J'écris comme si j'escaladais une paroi vierge de toute trace humaine. Concentré sur chaque geste et en même temps dans une totale réception de ce qui relève de l'intuition, de l'instinct, de l'expérience.
Par
Thierry LEDRU
Le 06/10/2026
J'ai 64 ans.
Des manifestations auxquelles j'ai participé, je ne les compte plus. Oui, j'en ai lancé des pavés, tiré des billes de plomb au lance-pierre, couru, hurlé, frappé. J'ai pulvérisé la vitre arrière de la voiture officielle de Alliot-Marie qui était venue filer un chèque monstrueux à l'école privée, en Bretagne quand moi j'entassais depuis trois ans mes 30 élèves de CM2 dans un Algeco "provisoire". J'avais 25 ans.
Vous voyez un changement avec la situation actuelle ? Moi, rien, que dalle, nada.
Donc, je ne manifeste plus. Les gouvernements, de quelque bord qu'ils soient, n'écoutent pas la rue.
Non pas que les manifestations n'ont jamais aucun effet et qu'elles n'aboutissent jamais à rien de tangible mais elles restent des épiphénomènes et les effets tout autant.
Il y a vingt ans que les enseignants dénoncent leurs conditions de travail et celles des élèves, en premier plan sur le nombre d'heures non assurées en cas d'absence. Ici, dans le secteur, il y a un lycée où les élèves n'ont toujours pas de professeur de Français depuis la rentrée avec le bac de Français en fin d'année. Et il semblerait que ça puisse durer encore un certain temps. Le rectorat ne trouve personne. Je pense que si je me déclarais volontaire, il me prendrait, même avec mon diplôme d'instituteur de 1982...
Quant aux gens qui disent que les lycéens interpellés, frappés, mutilés "l'ont bien cherché", j'imagine qu'ils sont issus de famille pétainiste.
J'ai lu un tag sur un mur : "Quand les jeunes montrent du doigt leur avenir, l'idiot regarde la poubelle qu'ils brûlent."