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Jean-Marc GANCILLE : "Carnage"

Par Le 10/05/2026

Nous sommes en situation de guerre totale envers le Vivant. Nous sommes une espèce invasive, sans aucune limite, un virus dévastateur. Coupables et complices. 

Carnage : Pour en finir avec l'anthropocentrisme  par Gancille
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4,14★

22 notes


Paul Watson (Autre)

9782374252421
208 pages
17/09/2020

Rue de l'échiquier / DIAGONALES  

Résumé :

« L'espèce humaine tue consciemment, volontairement, chaque minute dans le monde, plus de 2 millions d'animaux. Autrement dit, elle massacre en une semaine 50 fois plus d'animaux que l'ensemble des victimes humaines de toutes les guerres de l'histoire de l'humanité. »
Dans ce nouvel essai, Jean-Marc Gancille expose un tableau sans concession de la relation que l'être humain a nouée avec le monde animal, fondée sur la domination et l'exploitation, et ce dès avant la naissance de l'agriculture.
Sacrifices religieux, collections et commerce d'animaux sauvages, domestication, utilisation des animaux à des fins militaires ou pour des expériences de laboratoires, captivité forcée dans les zoos et aquariums, chasse et pêche récréatives, élevage intensif ou surpêche… On n'en finit pas d'établir la liste des formes qu'adopte l'anthropocentrisme.
L'auteur n'en reste pas à ce triste bilan. Il démontre que ce carnage n'est pas seulement un éternel enfer pour les animaux mais aussi une tragédie pour l'espèce humaine en raison de la destruction des écosystèmes, une négation immorale de la sensibilité des animaux et une supercherie de l'industrie agroalimentaire, qui entretient auprès du public l'idée selon laquelle il serait nécessaire de consommer des protéines animales. Enfin, il dessine une voie d'action pour « en finir avec l'anthropocentrisme » sur le plan juridique, alimentaire, agricole… et décrit les méthodes pour mener cette lutte.

gouelan

gouelan

02 mars 2021

Il est petit, sa peau est fragile, il n'est pas très fort, pas très rapide.
Il a des fusils, des filets, des buldozers.
Il a une forme d'intelligence.
Il invente, fabrique, achète, jette.
Il communique sur la toile, jusqu'aux étoiles.
Il ne sait plus qui il est, à quoi il sert. Il s'illusionne.
Il se propage, presque aussi vite qu'un virus.
Il tue, brûle, pollue, fore, écrase, gaspille.
Il mange, devient obèse, anorexique, déprimé, puéril.
Il affame, assoiffe, fait l'autruche.
Il est poète, philosophe, tractoriste, actionnaire, rêveur, briseur.
Il rit, il pleure. Il oublie. Recommence.
Il parque les lions, les girafes. Pour leur survie. Il paie pour les abattre entre les barbelés, se sent puissant, fait une photo le sourire en gâchette.
Il admire les dauphins, les requins, les méduses, dans leurs prisons de verre.Trop étroites, un goût de béton, aucun horizon aquatique. Il les soigne, les protège de l'océan ratissé jusqu'au corail par les grands chalutiers. Il est humain.
Il apprend aux enfants comment vivent ses cousins les chimpanzés, et aussi les éléphants, les tigres..., toute la belle faune sauvage, si loin de chez elle. Il singe la réalité. Il la soigne, la protège des chasseurs de trophées, de la sécheresse, de la déforestation.
Il multiplie cochons, moutons, veaux, poules. Et même les visons, juste pour la douceur de leur fourrure. Les abattoirs, c'est pas comme les aquariums, ils n'ont pas de vitres.
Plus de 7 milliards d'êtres humains à nourrir. Ils vont pas brouter de l'herbe, c'est pas des moutons. "La viande et le poisson c'est bon, quand-même ?"

On pourrait penser autrement la vie, notre rapport à ce qui nous entoure, tous les êtres, les plantes, les fleuves, la terre. On pourrait manger autrement, partager, préserver. On pourrait.

Juste après cet essai, j'ai lu le roman de Jørn Riel : le jour avant le lendemain.
Le peuple des Inuits savait vivre en harmonie avec les autres espèces. On ne pourrait plus vivre comme le faisaient ces tribus indigènes, ou comme le font encore quelques tribus isolées, notre culture est trop éloignée de la leur. Mais on peut réapprendre à écouter le monde, à ne plus piétiner, asphyxier, essorer la planète jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de vers de terre, d'abeilles, de krill. Peut-être bien qu'on vivrait plus heureux. Qui sait ?

Je remercie Les Éditions Rue de l'Échiquier et Babelio pour cet essai percutant. Un portrait sans concession de l'homme, ce sauvage qui ravage tout sur son passage. Un vrai carnage.

Des cimes de noirceurs

Par Le 09/05/2026

 

J'écris les noirceurs que ce monde humain insère en moi. C'est un exutoire mais qui ne se vide jamais, un entonnoir dans lequel, jour après jour, les hommes déversent des immondices et c'est mon âme qui se remplit. Je plonge dans l'abîme et l'abîme plonge en moi.

"Noirceur des cimes" racontait la survie en haute altitude.

Des cimes de noirceurs, voilà l'image qui me vient quand je pense au monde à venir, celui des générations qui se demanderont comment nous avons pu laisser faire ça. 

 

TERRE SANS HOMMES

"Ils avaient laissé la journée s’écouler, sans aucune activité, ils avaient dormi, dans le canapé, l’un contre l’autre, Théo avait cuisiné et le soir, ils s’étaient couchés en sachant que le sommeil risquait de les chercher longtemps.

Milieu de nuit. Ils ne dormaient pas. Laure s’était réveillée la première et elle était venue chercher le réconfort de Théo, son corps, sa chaleur, son odeur. Elle avait posé une main sur son dos et elle s’était approchée jusqu’à se coller contre lui.

« Théo, j’ai besoin de toi », avait-elle murmuré.

La voix lui était parvenue comme infiltrée jusque dans ses rêves, il avait vu Laure pleurer, au sommet d’un immense amas de pierres, si haut et si large qu’il en voilait l’horizon et Laure s’obstinait à monter encore et encore de nouvelles pierres. Elle s’était retournée vers lui et il avait entendu.

« Théo, j’ai besoin de toi. »

Il avait ouvert les yeux en sursaut. 

Il l’avait enlacée, nuit noire et pourtant il devinait ses yeux, grands ouverts.

« Je suis là, mon amour, je te protégerai, toujours, personne ne te fera de mal, plus jamais. Je veillerai sur toi.

-Je le sais,Théo, je sais aussi que je ne voudrais pas vivre sans toi, que je préférerais mourir la première.Toi, tu pourras me survivre, moi, je n’y arriverai pas. »

Il ne répondit rien. Conscient que cette idée serait effectivement la moins douloureuse, pour elle, comme pour lui car s’il venait à mourir en premier, il ne serait plus là pour la protéger et que, même mort, il ne le supporterait pas.

« J’ai repensé à ce que tu m’as raconté tout à l’heure et une idée m’est venue. »

Il s’en voulut d’avoir inséré en elle des images affreuses, des violences insoutenables.

« Théo… 

Il devinait la douleur, comme si les mots eux-mêmes refusaient de se dire.

-Théo…

-Oui, mon amour, parle-moi, laisse aller, je suis là, je t’écoute, je t’écouterai toujours.

- Si des hommes, des mâles, sont capables de tuer des femmes et même des enfants, -une voix si triste qu’il eut peur qu’elle s’effondre, -alors ils sont capables de tuer la Terre, de la martyriser sans jamais éprouver le moindre état d’âme. La planète est une entité féminine, Gaïa, notre mère à tous, celle qui donne la vie. On ne peut rien espérer pour la Terre tant que des femmes succomberont sous les coups des hommes, des mâles, du mal. »

Silence.

« Je n’en peux plus de toutes ces noirceurs qui sont en moi. »

Aristophane : Lysistrata

Par Le 07/05/2026

 

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Lysistrata est l’héroïne d’une pièce de théâtre écrite par Aristophane vers 411 avant J.-C.

La Grèce est en guerre (Athènes contre Sparte.)

Lysistrata réunit les femmes des différentes cités. Elle leur propose une idée radicale : refuser toute relation sexuelle avec leurs maris tant que la guerre continue. Les femmes prêtent serment… et tiennent bon. Les hommes, frustrés et à bout, finissent par négocier la paix. Ce texte est une critique de la guerre dans lequel sont mises en exergue l'intelligence politique féminine et l'inversion des rapports de pouvoir. C'est une “grève du sexe”.

Il y a dans ce texte une idée presque intemporelle : ramener l’homme à ce qui le rend humain pour l’éloigner de ce qui le rend destructeur.

Ce qu’on appelle aujourd’hui une “grève du sexe” (ou Lysistratic action) existe vraiment : c’est une forme de protestation où l’on refuse toute relation intime pour faire pression politique. Des situations similaires ont eu lieu : au Libéria, au Kenya, en Colombie, au Togo, pour celles que je connais.

Qu’est-ce qui pourrait réellement arrêter les hommes quand ils veulent la guerre ? Est-ce qu'aujourd'hui, on pourrait concevoir un tel mouvement ?

Pour moi, la réponse est négative, assurément.

Il suffit de prendre en compte le nombre effrayant de féminicides en France et d'y ajouter les plaintes pour violences sexuelles, physiques, psychologiques et d'y ajouter toutes les femmes qui ne peuvent prendre le risque d'aller se plaindre et d'ajouter le fait que les gendarmes ne sont pas toujours dans une écoute sincère et bienveillante... La double peine...

Le mâle ou le Mal a les pleins pouvoirs. Et il ne faut pas espérer voir une logique de domination basculer dans une logique du respect du vivant. Ni envers les femmes, ni mêmes envers les enfants, ( 21 000 enfants tués à Gaza... Arrondir ce chiffre terrifiant est une abomination...) ni envers les humains en général, ni envers la nature. Car c'est bien là que je veux en venir : le rapport de l'humanité à la nature est la continuité de ce mal ancré chez les mâles.

Les femmes et les enfants sont des êtres de nature et dès lors que les mâles s'autorisent à les maltraiter, jusqu'à les tuer, que peut-on attendre d'eux au regard de la nature ? On pourra me rétorquer que les femmes aussi ne sont pas toujours respectueuses de la nature. Oui, c'est un fait. Et ça me désole. Mais il n'en reste pas moins que les guerres sont majoritairement déclenchées par des hommes et que cette violence en eux reste une caractéristique qui remonte à la préhistoire.

Cet après-midi, un homme, alcoolisé, a défénestré sa compagne. Elle est morte. Hier, un jeune homme de 21 ans a poignardé à mort une jeune fille de 14 ans. Je peux continuer comme ça pendant des milliers de lignes. Peut-être que ça semblera incomprénhensible mais je suis convaincu que cette violence masculine ne laisse aucun espoir à la planète.

Il y a en nous, les mâles, une part de violence. La Terre, dans son imagerie maternelle et donc féminine, est victime de cette violence. Soit volontaire, soit par indifférence.

Aujourd'hui, si une femme charismatique, une "personnalité médiatique" avait dans l'idée de lancer une "grève du sexe", je n'ose imaginer la réaction des mâles.

Juste un rappel, celui des propos de Michel Onfray sur l'intervention à la COP 21 de Greta Thunberg et son engagement pour la protection du vivant : « Cette jeune fille arbore un visage de cyborg qui ignore l’émotion – ni sourire ni rire, ni étonnement ni stupéfaction, ni peine ni joie. Elle a le visage, l’âge, le sexe et le corps d’un cyborg du troisième millénaire. »

Je vous laisse imaginer si Greta thunberg avait fait référence à Lysistrata.

"Tant que des hommes, mâles, saccageront la planète, nous, femmes, refuserons toutes relations sexuelles avec eux."

Personnellement, je pense que le retrait est la meilleure des solutions (non, je ne parle pas de contraception ^^)

« Quand tu regardes longtemps dans un abîme, l’abîme regarde aussi en toi. » Nietzsche

Cette phrase est pour moi essentielle. Elle ne l'était pas quand j'étais jeune. Plogoff, des cailloux contre les grenades lacrymogènes et les matraques, le tribunal de Quimper et le combat contre les CRS, les manifestations d'enseignants (j'ai quand même pulvérisé la vitre arrière de la voiture de madame Alliot-Marie et après j'ai couru très vite ^^). Oui, j'ai connu la révolte (voir le roman JUSQU'AU BOUT)

Je n'en suis plus là. J'ai vieilli et je suis désabusé. On pourra me dire que ça ne risque pas de servir  toutes les causes qui ont besoin de soutien. Oui, c'est exact, je plaide coupable. Je me protège et j'agis à ma mesure. Je plante des arbres.  

La violence ne tient que parce qu’on la nourrit, les uns contre les autres. Et donc  la vraie rupture n’est pas dans l’affrontement mais dans le retrait. Ne pas disperser son énergie dans une lutte perdue d'avance mais s'en servir pour construire un système qui répond à ses propres valeurs. Oui, ça ne sera jamais une réussite totale. Mais d'un point de vue moral, d'un point de vue de la conscience, d'un point de vue de l'estime de soi, je suis heureux de voir grandir les arbres que j'ai sauvés d'une mort certaine. Qu'est-ce que je peux faire contre la folie des hommes de guerre ? Rien. Qu'est-ce que peux faire contre les féminicides ? Rien. Contre les infanticides ? Rien. Contre les coupes-rases partout en France ? Rien. Contre l'extermination de milliers d'espèces animales à travers le monde ? Rien. Contre la mort des coraux ? Rien. Mais je peux planter des arbres alors, je plante, je cherche tous ceux qui sont condamnés parce qu'ils poussent au bord des routes et que la DDE va les couper, sur les pistes forestières où les camions de bois vont les écraser, sur des murs de pierres, les murs des anciens où ils sont à l'étroit, tous ceux qui sont partis sur un mauvais karma, je les déterre et je les installe sur notre terrain, je les arrose, je les bichonne, je leur parle, je les aime.

Je me suis retiré et il faudrait que je le fasse encore plus parce que ce monde des mâles me fait un mal de chien. 

 

JUSQU'AU BOUT

 

Pierre, le personnage central, a rencontré deux jeunes Hollandaises sur une plage naturiste. 

"Tu cherches, tu cherches, c’est difficile et pourtant un jour, ça y est tout arrive et tout devient clair. Et si tu comprends bien, les gens avec toi ils vont comprendre mieux aussi. Des choses différentes mais ça sera mieux pour eux. Tu vas leur faire du bien.

- C’est ce que vous faites avec moi. Vous ne pouvez pas imaginer tout ce que je comprends depuis que je vous ai rencontrées. Et parfois ce sont des choses dont on n’a pas parlé mais qui se sont quand même révélées. Ca aussi c’est étrange. C’est comme si tout mon esprit s’ouvrait parce que vous avez poussé une porte. »

Elles se regardèrent en souriant.

« Ça nous fait très plaisir ça, tu sais, c’est très important pour nous. On veut essayer aussi d’aider le monde. C’est notre participation à cet univers qui est en nous, à cette lumière de tout le monde.

- Mais qu’est-ce que c’est que cette lumière ? Qu’est-ce que c’est exactement ?

- Impossible de répondre. Il y a beaucoup trop de réponses. Chaque peuple a sa réponse. C’est Dieu peut-être. Pour moi Dieu, c’est une sensation pour tous les êtres vivants, une espèce… de complicité ! Tu as dit ça aussi. Le dauphin il saute, l’oiseau il chante, l’enfant il rit, c’est Dieu aussi en eux, tu vois une sorte de bonheur, c’est tout le monde vivant il sent ça parfois. Nous, c’est devant un beau paysage, une jolie personne, une belle musique. C’est la lumière de Dieu, elle brille en nous et elle nous réunit avec toutes les espèces vivantes. Mais les hommes, ils appellent ça Dieu, c’est dommage, ça fait trop penser à une personne humaine. C’est pas une personne bien sûr, c’est pas une forme, c’est juste une sensation, un bonheur sans nom, c’est trop important pour lui donner un nom, il faut laisser la liberté à chacun. C’est le nom tu veux lui donner le bon. C’est tout. Mais Dieu, c’est la rencontre dans toi de toutes les lumières qui sont dehors, alors c’est le grand bonheur. Ta lumière brille plus fort et tu es heureux. Très fort. Ta lumière, elle rencontre les autres lumières de l’océan, du vent, du soleil, des étoiles, de la pluie, de la neige, d’un animal, d’une plante, d’un être humain, d’une musique, d’un paysage, d’un grain de sable. La main d’un enfant dans la tienne, c’est les deux lumières ensemble, alors elles brillent plus fortes. Elles s’ajoutent l’une à l’autre et pourtant elles restent à l’intérieur des deux. C’est formidable. Mais c’est la joie pour faire briller les lumières, pas le malheur. C’est pour ça, on dit toujours le malheur c’est noir. C’est les gens sans la lumière intérieure. C’est pas juste une image, c’est la réalité. Et c’est la vie elle cache la lumière aux gens. Alors, il faut faire un effort pour la retrouver. C’est grave pour les enfants s’ils entendent jamais ça. Nos parents avec le naturisme, c’était aussi pour nous aider à trouver. Souvent, ils nous ont parlé de ça. C’est pour ça les parents, c’est important. C’est pour envoyer les enfants sur le chemin de la lumière. Si tu passes du temps à lutter contre le mal, tu t’occupes du mal et tu lui sacrifies ton énergie. Mais ça ne fait pas remonter la quantité de bien. Il restera pareil. Tu peux même finir par tomber du côté du mal. Mais si tu t’occupes du bien, tu le développes, tu élèves un mur de plus en plus important devant le mal. Et un jour c’est le mal qui se retrouve en position inférieure. Avec les enfants, c’est pareil. Il faut les mettre toujours sur le chemin de la lumière. C’est ça ils cherchent dans leurs vies. Ici beaucoup d’hommes cherchent à obtenir tout le contraire de la lumière. La honte d’avoir gâché la vie les envoie vers le mal. Il faudra beaucoup de gens illuminés pour renverser cette direction. »

Il comprit enfin le dégoût qu’il avait si souvent éprouvé. Lutter contre le mal et devenir le mal…Il s’était laissé piéger."

J'écris ce que je suis

Par Le 06/05/2026

J'écris ce que je suis ou l'inverse.

Ce que je suis nourrit mes écrits.

De "Vertiges" à la quadrilogie, je sais que j'ai changé et mes écrits m'accompagnent.

"Là-Haut" et à "A coeur ouvert", c'est l'amour de la vie.

"Jusqu'au bout", c'est la révolte mais la nature apaise et l'amour réjouit.

"Kundalini", c'est l'amour dans son entièreté. Physique, existentiel, émotionnel, intellectuel et au-delà de la raison.

"Les héros sont tous morts", c'est la violence des hommes. 

Et maintenant, les trois tomes qui suivent, c'est la violence de l'humanité toute entière. Et l'histoire des quelques individus qui résistent à cette folie.

Je sais que mes lectures ou les vidéos que je visionne contribuent à renforcer cette conscience que nous tous, humains, sommes devenus des prédateurs, fondamentalement des prédateurs. D'exister suffit à porter atteinte à la vie, à divers degrés bien entendu, mais c'est inévitable.

Je n'aime pas l'humanité, non pas a priori mais par vieillesse. Ce qui exlique pourquoi je vois aussi peu de monde. Je ne veux pas venir nourrir ce désamour par des rencontres néfastes.

« Quand tu regardes longtemps dans un abîme, l’abîme regarde aussi en toi. » Nietzsche.

La profondeur de cet abîme, on ne l'imagine pas en fait. On s'y habitue, au fil des ans et puis, un jour, on réalise que cette impression était fausse. C'était du dégoût qu'on ne voulait pas laisser remonter.

Et donc, j'écris le tome 4, tout s'est effondré, l'humanité est en lambeaux et la nature embellit jour après jour. 

 

Chercher l'essentiel

Par Le 03/05/2026

 

 

La Nausée est un roman fondateur de l’existentialisme, dans lequel Jean-Paul Sartre met en scène Antoine Roquentin, un homme confronté à l’absurdité de l’existence. À travers son journal intime, Roquentin décrit un malaise profond face au monde qui l’entoure.

"C'est venu à la façon d'une maladie, pas comme une certitude ordinaire, pas comme une évidence. Ça s'est installé sournoiseusement, peu à peu." 

C'est étrange de voir à quel point nos lectures peuvent être le reflet de ce que nous sommes. 

Je ne cesse de tomber sur des phrases qui s'allument comme des panneaux d'affichage, des écrans gigantesques qui ferment tous les horizons, des phrases que je ne peux éviter, qui sont comme des phares sur l'océan, des alertes sur les dangers. 

"L'essentiel est sans cesse menacé par l'insignifiant." René CHAR

Voilà la raison de ma nausée. 

Je n'ai pourtant pas cherché ses phrases, je lisais le livre de Sorj Chalendon " Le livre de Kells".

"Ce n’est pas seulement son récit personnel qu’il retrace ; c’est celui d’une jeunesse en quête d’idéaux, opposée aux injustices, et d’une époque qui pourrait paraître surannée désormais, où l’on rêvait encore de révolution et d’égalité sociale. Et comme ses titres précédents, c’est le genre de livre qui ébranle et qu’on n’oublie pas."

Lire la critique sur le site : LaPresse

Révolution et égalité sociale, des thèmes récurrents dans les années 1970. Est-ce que ces mouvements de contestation, parfois violents, ont abouti ? Non, rien, le néant. Que celui ou celle qui pense qu'aujourd'hui, l'égalité est plus profonde qu'il y a trente, quarante ou cinquante ans vienne m'en donner les raisons. 

Cette révolte, aujourd'hui, quelle forme devrait-elle prendre ? Pour quelle cause ? Celle de la planète, celle du Vivant. Mais les 17 000 jeunes qui se sont regroupés dans le Cher pour une rave party, pour danser, fumer, boire, être dans l'absence, dans la fuite ont-ils une idée de l'absurdité de leurs actes, sont-ils si égarés que la nausée les a totalement submergés et que le nihilisme soit devenu leur ligne de conduite ? 

Ici, dans la commune, pendant le week end, les jeunes passent dans les rues en gueulant dans un mégaphone et en demandant une pièce pour financer leur prochaine soirée, c'est comme ça une fois par an. Ils ne sont pas venus jusque chez moi, trop loin des routes principales, trop isolé. Je savais pourtant bien ce que j'allais leur dire.

Quel est le sens de vos actes ? 

Quelle reconnaissance espérez-vous ? 

Quelle image acceptez-vous de donner de vous-mêmes ? 

"Si vous ne savez pas quoi faire, si vous n'avez aucune idée de ce qui pourrait avoir du sens, je vous emmène dans les gorges de la Daronne pour reconstruire le gué qui a été emporté par les crues de l'automne dernier et qui coupe le chemin de randonnée et oblige les randonneurs à se déchausser pour traverser le cours d'eau. Et puis ensuite, vous venez avec des machettes et on va débroussailler le chemin de Maurins qui disparaît sous la végétation, tronçonner les arbres qui sont tombés en travers, refaire le balisage, rénover les panneaux et puis ensuite on ira désherber le terrain de boules du hameau et poncer et repeindre les tables et les bancs et on organisera un tournoi avec les Anciens et puis ensuite, on ira nettoyer les abords du cimetière où des abrutis ont pris l'habitude de venir jeter leurs déchets et on mettra un panneau pour prévenir les connards que le premier qui nous tombe sous la main, on videra tous les sacs poubelle dans sa bagnole et puis ensuite on organisera une journée parcours d'orientation pour les enfants de l'école primaire et puis ensuite on demandera à la mairie de faire passer le message que si des Anciens ont besoin d'un coup de main pour leur potager ou débroussailler leur terrain, on est volontaires.

Et là, quand vous verrez le regard reconnaissant des gens, vous n'aurez plus la nausée et vous arrêterez de vous perdre dans l'insignifiant."

L'essentiel n'est pas illusoire, il n'est pas insaisissable, il n'est pas réservé à des élites pensantes, il est dans les actes qui ont du sens.

 

 

 

 

Nous voyons ce que nous sommes

Par Le 02/05/2026

 

"Nous ne voyons jamais les choses telles qu'elles sont; nous les voyons telles que nous sommes." Anaïs NIN

Une évidence pour moi.

Les individus qui se désintéressent totalement de l'état de la planète sont-ils fondamentalement des gens insousciants ?

Les individus, comme moi, qui ne s'intéressent quasiment plus qu'à ça sont-ils fondamentalement des gens angoisssés ?

Pour ma part, je répondrais que je n'éprouve aucune angoisse au regard de l'avenir mais essentiellement de la tristesse. La conscience d'un épouvantable gâchis.

Je rappelle juste un fait : 

Comparatif de la biomasse : humains, animaux d’élevage et animaux sauvages

Répartition globale de la biomasse des mammifères terrestres

 

 

Humains32 % : L’être humain représente un tiers de la masse totale des mammifères.

Animaux d’élevage 65 % : Les bovins, chevaux, porcs, poulets, etc. constituent la majorité de la biomasse animale.

Animaux sauvages 3 % : La biomasse des mammifères non domestiques ne représente qu’une petite fraction.

Les humains et les animaux d’élevage combinés représentent 97 % de la biomasse totale des mammifères, tandis que les animaux sauvages ne représentent que 3 %

wildbeimwild.com

.

Tendances historiques (2 derniers siècles)

 

La biomasse du bétail a augmenté de 400 % depuis 1850, reflétant l’expansion de l’élevage industriel.

La biomasse des mammifères sauvages a diminution de 70 % sur la même période, indiquant une perte massive de la faune sauvage.

Cette évolution montre que la domination humaine sur la nature s’est traduite par une augmentation massive de la biomasse domestique au détriment de la biomasse sauvage

weizmann-france.com

.

Implications

 

La supériorité numérique de la biomasse domestique (humains + élevage) sur la biomasse sauvage souligne l’impact profond de l’activité humaine sur les écosystèmes.

La forte croissance de la biomasse du bétail, combinée à la diminution de la biomasse sauvage, accentue les pressions sur les habitats naturels et la biodiversité.

Les chiffres montrent que la plupart de la masse animale sur Terre est désormais liée à l’élevage et à l’activité humaine, tandis que la faune sauvage constitue une fraction marginale.

En résumé, les humains et les animaux d’élevage dominent la biomasse des mammifères terrestres, représentant ensemble 97 % de la masse totale, alors que les animaux sauvages ne représentent que 3 %. La biomasse du bétail a explosé de 400 % tandis que celle des mammifères sauvages a chuté de 70 % au cours des deux derniers siècles.

L'humanité a fait de cette planète un garde-manger.

Ce qui n'empêche pas une partie de la population mondiale de souffrir de faim, ce qui rend le constat encore plus effrayant.

Cette réalité que je constate, j'en prends note parce qu'elle atteint ce que je suis.

Si les individus qui en connaissent la réalité ne changent rien à leur mode de vie et continuent à participer à cet état de fait, sans qu'aucun problème de conscience ne vienne les questionner, c'est que "l'égo encapsulé" a davantage d'importance que tout le reste.

L'ego encapsulé.

L'ego encapsulé (2)

L'ego encapsulé (3)

Quant à ceux ou celles qui viendraient évoquer le fait "qu'ils ne savaient pas que c'était si grave", je dirais juste que c'est désolant.

Quant à ceux et celles qui argumenteraient leur indifférence en arguant que "de toute façon, c'est trop tard", je leur dirais juste de s'imaginer expliquer aux espèces en voie d'extinction, faune et flore, à chaque individu, qu'on ne peut plus rien pour eux.

Personnellement, quand je pense aux vanneaux qui ont disparu, j'ai juste envie de pleurer. Et si je me mets à penser à la liste des espèces intégralement disparues, j'ai juste envie de me saouler. 

Menaces - protection

Vanneau huppé

♂ adulte plum. nuptial

 

Quasi
menacé

 

Le Vanneau huppé a souffert par le passé de l'intensification de la pression humaine sur les espaces sauvages "améliorables" et du drainage des terres humides. Cette pression reste un problème de nos jours, particulièrement le retournement des prairies au profit de la culture, l'élevage étant moins rentable. L'amélioration des prairies restantes par roulage, drainage, application d'engrais inorganiques est un autre problème.

Aurore Stephant : décroissance

Par Le 01/05/2026

Aurore Stephant : les ressources minières

Aurore Stephant, Jean-Marc Jancovici, Arthur Keller, Olivier Hamant et d'autres, ce sont des gens compétents, des pointures, ils savent de quoi ils parlent, tout est argumenté, clair, chiffré, objectif. Tant qu'on n'a pas écouté, lu, écouté, relu, écouté encore, entrecoupé avec d'autres intervenants, d'autres données, on ne peut pas penser connaître ne serait-ce que le début du problème. Quand on y a passé dix, quinze ou vingt ans, on peut s'autoriser à dire qu'on commence à avoir une vue d'ensemble. J'en suis là. Et je sais pourquoi ça me pèse autant alors je n'imagine même pas la douleur que les scientifiques et tous les spécialistes de cet ordre doivent ressentir devant l'accroissement continu du désastre, la négation totale de toutes leurs alertes, de toutes leurs analyses, de tous leurs travaux. Ils savent et rien ne change. Quand j'écoute et que je regarde Aurore Stephant, je ressens cette détresse. Elle est la même chez tous ces confrères.

 

 

Le recyclage est une solution évidente. 

Pour ceux et celles qui aiment le vélo, musculaire ou à assistance électrique, je donne une piste. La société "UPWAY" ( https://upway.fr) reconditionne des vélos, de tous types, à des prix bien plus abordables que le prix du neuf et par conséquent avec une empreinte carbone bien plus acceptable. 

 


 

Le silence intérieur.

Par Le 01/05/2026

Toute la problématique du monde humain : le bruit. Non pas seulement le bruit dans son aspect auditif mais le bruit qu'il génère intérieurement au regard de toutes les folies qui nous assaillent quotidiennement.

J'ai beau vieillir, je n'y parviens pas.

 

A COEUR OUVERT


 

Les jours suivants, Diane confia l’épicerie à Madame Boulard et à son mari.

Elle emmena Paul visiter tous les horizons qu’elle aimait. Toujours cette solitude adorée et ce silence des hauts lieux.

Col de la Chaumoune. Ils avaient laissé la voiture au début de la piste et ils avaient marché deux heures avant d’atteindre la crête.

« Plénitude de l’unité », ton livre, tu en as un exemplaire ?

- Oui, bien sûr et « Le voyage intérieur » aussi mais je ne les mets pas dans ma bibliothèque. Je n’arrive pas à les ranger près de Krishnamurti, Prajnanpad ou Harding. Rien de comparable. Je ne suis qu’une béotienne qui tente d’éclaircir ce qu’elle porte. Ces gens-là éclairent le monde entier.

- De quoi parlent tes deux autres livres ?

- C’est toujours la démarche spirituelle. « Plénitude de l’unité » est une tentative d’identification de tout ce qui nous perturbe et qui pourtant nous appartient, tout ce qui vient entraver le bien être intérieur et qui demanderait une haute vigilance pour s’en libérer. Beaucoup de gens se plaignent de la difficulté de leur existence mais ils oublient d’observer les prisons qu’ils se fabriquent. « Le voyage intérieur » parle de l’exploration du soi lorsque les prisons sont identifiées et que l’individu s’en est extrait, pas nécessairement dans les faits mais au moins par l’entremise de la conscience. Là encore, beaucoup de gens refusent cet état de plénitude parce que ça leur semble totalement vide. Personne ne nous a enseigné à avancer dans ces horizons gigantesques. Ne serait-ce que le silence intérieur, lorsque les pensées se taisent et qu’il reste à découvrir la présence de l’énergie vitale. La clameur matérielle est un étouffoir du silence existentiel. Et ce monde moderne adore le bruit.