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Jean de Florette

Par Le 18/06/2026

 

Deux fois par semaine, pendant que Nathalie s'occupe du potager, c'est à dire toutes les plantes, le paillage et l'arrosage, je prends mes arrosoirs et je fais le tour du terrain pour les arbres qu'on a plantés depuis un an et demi. Des arbres qui n'avaient aucune chance de pouvoir grandir parce qu'ils avaient germé au bord d'une route où ils auraient été coupés par les personnels de la DDE, au bord d'une piste forestière où ils auraient été écrasés par les grutiers, des arbres au milieu des sentiers de randonnée où ils auraient été piétinés etc...

Aujourd'hui, pour voir ce que ça donne, j'ai mis en marche l'application STRAVA qu'on utilise quand on marche en montagne ou quand on fait du vélo. On a le kilométrage, la durée, le dénivelée. 

Aujourd'hui, avec mes deux arrosoirs pour chaque trajet, j'ai fait 7 km 600 sur un hectare de terrain. Désherbage, paillage, arrosage, "transpirage." On ne fait pas beaucoup de marche en montagne à cette période de l'année. On marche pour le potager et les arbres. On a discuté avec un maraîcher bio du secteur. C'est dur, très dur...Il n'est pas certain de pouvoir continuer. Le travail est énorme, la rentabilité très faible, les aléas très, très nombreux. Un orage de grêle peut anéantir le travail de plusieurs mois en quelques minutes. Il en a fait l'expérience. Nous aussi pour notre petit potager nourricier.

Si on n'avait pas une source sur le terrain, tout serait déjà en train de mourir. Certains arbres, d'ailleurs, malgré les arrosages et l'ombrage que j'ai installé avec des voiles sont en train de dépérir, les résineux principalement.

Il fait trop chaud, le vent du sud  brûle les feuillages en surface et le manque hydrique finit le travail. Et on est à 500 mètres d'altitude, dans "l'Ardèche verte", celle du nord du département.

Il faudrait un arrosage journalier. Et je ne suis même pas sûr que ça suffirait. On est en juin et c'est la deuxième canicule après celle du mois de mai. L'été risque de finir en hécatombe. Et c'est une réelle souffrance pour Nathalie et moi.

Mais qu'en sera-t-il dans deux, trois, cinq, dix ans ? On est engagé dans une course contre la montre. Il faut qu'on arrive à faire pousser des feuillus, beaucoup de feuillus pour que l'ombre des feuillages protège le potager, que les feuilles mortes nourrissent le terrain. J'ai construit une pergola sur toute la surface du potager, on y met des paillasses en attendant que toutes les plantes grimpantes, chevrefeuilles, akabias, vignes et autres lianes prennent la relève.

Les robiniers faux-acacias se montrent les plus résistants et les plus vigoureux avec les érables et les frênes. Les hêtres sont tous morts, quelques châtaigners tiennent, d'autres pas. Les chênes poussent mais très lentement, c'est connu, on le savait. Les noisetiers et les charmes ont démarré mais c'est encore incertain.

Une fois que des feuillus seront suffisamment grands, on pourra tenter de nouveau de planter des résineux. Il suffit de regarder les forêts naturelles. Les buissons, les ronces, les fougères et les arbustes protègent les jeunes arbres. Les résineux poussent à l'ombre. L'idéal, pour eux, est de démarrer leur existence sous une forêt de feuillus. On a été imprudents ou présomptueux. J'ai vu mourir certains sapins en quelques jours. S'il s'agissait d'étés "normaux", on y arriverait. On l'a fait dans notre terrain en Savoie, puis en Creuse. Mais depuis ce temps-là, l'été s'est mis à frapper dès le moi de mai et jusqu'en septembre-octobre.

Les terrains en pelouse ne sont pas favorables à la plantation des arbres. Ils sont trop vulnérables et le terrain qu'on a acheté était quasiment occupé par de la pelouse, juste de la pelouse. Il a fallu tout reprendre à zéro et un an et demi après notre arrivée, le deuxième été qui s'annonce risque d'être très rude...Et le prochain ?

Tous les jours, je pense aux gens qui travaillent dehors, deux de nos enfants par exemple. Nous, on démarre à 8 h et on arrête à 13. On reprend parfois en fin de journée. Mais ça n'est pas un travail de force et on n'a pas d'autre pression que celle qu'on se met. 

Comment les animaux tiennent-ils le coup ? Je ne sais pas. Quel est l'impact sur leur survie ? 

Cette souffrance de la nature, elle me noue le ventre.

Il y a un scientifique que j'écoute grandement : Christophe CASSOU.

Tenir le coup.

Par Le 15/06/2026

Court, instructif, un texte de qualité. Un résumé de ce qui aurait pu nous faire disparaître, tous. Mais certains et certaines ont tenu le coup. Ils sont dans notre ADN.

 

Les cloportes

Par Le 15/06/2026

J'adore les observer.

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"Le cloporte sous ton pot de fleurs n'est pas un insecte. C'est un crustacé terrestre — un cousin direct des crabes et des crevettes. Sa lignée remonte à plus de 300 millions d'années et c'est le seul crustacé à s'être pleinement adapté à la vie sur terre.

Ce qu'il fait là-dessous : il mâche les feuilles mortes, le bois en décomposition et les débris organiques et les convertit en nutriments directement assimilables par les racines. Une colonie active traite la matière organique plus vite que bien des systèmes de compostage de jardin.


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"Faut qu'je marche"

Par Le 10/06/2026

Voilà, c'est ça, faut que je marche ou que je pédale ou que je remplisse les arrosoirs à mes citernes et que j'arrose mes arbres éparpillés sur un hectare, jouer à Jean de Florette et ne me préoccuper que de la bonne santé de tous ces jeunots qui vont passer leur deuxième été pour certains, le premier pour les autres, qui doivent s'enraciner, plonger profond, profond, se gorger de forces avant cette traversée éventuellement caniculaire et que je prie pour qu'il pleuve et que mes citernes se remplissent.

Il faut que j'occupe mes pensées avec des choses emplies de beauté.

Parce que le soir, quand j'ouvre l'ordinateur, je sais qu'en quelques clics, en quelques pages, la paix peut voler en éclats. Non, rien ne m'oblige à m'infliger cette douleur mais j'écris une dystopie dans laquelle les trois-quarts de l'humanité disparaissent alors je me dois d'être crédible et l'humanité m'offre à chaque jour les raisons de la voir s'effondrer. Et elle m'offre tout autant les raisons de décrire le cheminement des survivants, ceux pour qui l'amour reste le maître.

"Faire preuve d'humanité"

En voilà une expression qui mériterait d'être remaniée...

Cimetière de baleines

Par Le 10/06/2026

 

"Les tissus mous et les lipides contenus dans cette masse de carcasses représentent "à peu près 6,7 millions de tonnes de CO2 piégé", explique Xiaotong Peng."

Cette phrase m'interpelle.

Pourquoi ramener la vie de ces animaux merveilleux à un problème de CO2 créé de toutes pièces par l'activité humaine ?

Et si tant est que ça soit pertinent, alors, il faudrait calculer la quantité de CO2 qui n'a pas été prise en compte par le massacre des baleines perpétrés par les hommes depuis des siècles et mettre en avant que toute atteinte au vivant représente une augmentation de notre impact sur la planète. 

Cette propension à ne pas aller au bout d'une réflexion est vraiment pitoyable. 

 

Au fond de l'océan Indien, un stupéfiant cimetière de baleines

 

information fournie par AFP •10/06/2026 à 17:50

Photo prise par "Global TREnD, IDSSE" et diffusée le 10 juin 2026 montrant le plus grand cimetière de baleines connu au monde, découvert par le submersible chinois Fendouzhe, à sept kilomètres de profondeur dans l'océan Indien  ( Global TREnD, IDSSE / Handout )

Photo prise par "Global TREnD, IDSSE" et diffusée le 10 juin 2026 montrant le plus grand cimetière de baleines connu au monde, découvert par le submersible chinois Fendouzhe, à sept kilomètres de profondeur dans l'océan Indien ( Global TREnD, IDSSE / Handout )

Près de 500 squelettes, dont certains vieux de 5,3 millions d'années, gisant à 7.000 mètres au fond de l'océan Indien: des scientifiques ont découvert le plus grand cimetière de baleines au monde et il regorge de vie.

Répartis sur un corridor long de 1.200 kilomètres à l'Ouest de l'Australie, ces carcasses de cétacés soutiennent tout un écosystème, dont de nombreux organismes seraient inconnus de la science, selon une étude publiée mercredi dans Nature.

Les scientifiques pensent que les baleines sont mortes en si grand nombre dans cette zone parce qu'il s'agit d'une aire d'alimentation importante — combiné à une tranchée en forme de V qui canalise les carcasses vers les fonds marins.

C'est une "découverte vraiment unique", salue le paléontologue américain Stephen Godfrey, qui la compare à la première observation de sources hydrothermales regorgeant de vie au fond des océans en 1977.

"Le plus ancien fossile, ainsi que de nombreux crânes plus récents, montrent que les +chutes de baleines+ se sont accumulées sur ce site de façon ininterrompue pendant au moins cinq millions d'années", écrit-il dans un article accompagnant la publication de l'étude dans Nature.

On savait déjà que lorsque les baleines meurent, leurs corps coulent au fond des océans et nourrissent la faune des profondeurs — un phénomène appelé "chute de baleines".

Mais les chercheurs ont été "stupéfaits" quand ils ont pris la mesure de leur découverte, confie à l'AFP Xiaotong Peng, de l'Académie chinoise des sciences et auteur principal de l'étude.

"Découvrir une nécropole d'une telle ampleur était totalement inattendu: l'étendue de la distribution, la profondeur et l'éventail des âges dépassent tout ce que nous avions imaginé", souligne Xiaotong Peng.

"Une expérience vraiment incroyable"

En 2023, les chercheurs chinois ont effectué 32 plongées à bord du petit submersible "Fendouzhe" dans cette zone de l'océan Indien appelée Diamantina.

L'engin pouvait transporter jusqu'à trois personnes et collecter des fragments de fossiles à l'aide de bras robotisés.

Observer le cimetière de ses propres yeux a été "une expérience vraiment incroyable", raconte à l'AFP Peng Zhou, co-auteur de l'étude.

"Les écosystèmes florissants que nous avons vus nous ont offert une perspective complètement différente sur l'environnement par ailleurs sombre et froid qu'est le plancher océanique", détaille-t-il.

Autour des carcasses, s'affairaient des méduses, des ophiures (proches des étoiles de mer), des vers foreurs d'os et des mollusques bivalves.

La plupart de 485 fossiles de cétacés recensés appartiennent à la famille des baleines à becs - dont une espèce jusque-là inconnue et aujourd'hui disparue.

En extrapolant à partir du nombre de fossiles retrouvés, les auteurs estiment que plus de 10 millions de squelettes pourraient reposer au fond de l'océan dans la zone Diamantina.

Les tissus mous et les lipides contenus dans cette masse de carcasses représentent "à peu près 6,7 millions de tonnes de CO2 piégé", explique Xiaotong Peng.

Une immense source de nourriture pour les animaux vivant en eaux profondes, similaire aux sources hydrothermales qui créent leurs propres écosystèmes.

Certains des animaux observés vivent également dans des sources hydrothermales et des suintements froids, ce qui suggère que les carcasses de baleines pourraient relier ces communautés marines profondes.

Bien qu'il s'agisse de loin du plus grand cimetière de baleines jamais découvert, des fossiles trouvés lors de chalutage laissent penser que d'autres pourraient exister, par exemple au large de l'Afrique du Sud ou de la péninsule ibérique, selon l'étude.

C'est "extrêmement enthousiasmant", estime Craig Smith, océanographe à l'Université d'Hawaï (Etats-Unis), qui a découvert la première "chute de baleines" en 1987 et n'a pas participé à l'étude.

"Le nombre considérable de chutes de fossiles de baleine documentées, y compris une nouvelle espèce de baleine à bec, est vraiment remarquable et d'une importance majeure pour comprendre l'évolution des baleines et leur répartition au cours des temps géologiques", souligne-t-il auprès de l'AFP.

Cette "découverte remarquable" apportera "probablement de nombreuses nouvelles connaissances ", notamment sur les espèces vivant dans ces communautés dites "chimiosynthétiques", que l'on pensait fortement réduites par la chasse commerciale à la baleine, abonde Amy Baco-Taylor, spécialiste de ces écosystèmes à l'université d'État de Floride.

Un Dieu malfaisant.

Par Le 09/06/2026

 

Genèse 1
26Puis Dieu dit: Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu'il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre, et sur tous les reptiles qui rampent sur la terre. 27Dieu créa l'homme à son image, il le créa à l'image de Dieu, il créa l'homme et la femme. 28Dieu les bénit, et Dieu leur dit: Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, et l'assujettissez; et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre.…

Alors, permettez-moi de le dire, Dieu est un être malfaisant.

Car il y a Lyhanna. Et tous les autres enfants, violés et assassinés par des hommes et toutes les femmes violées et assassinées par des hommes et il y a la guerre et tous les enfants et toutes les femmes qui y meurent, toutes les guerres dont on nous parle et celles dont on ne nous parle pas.

Un être malfaisant capable de créer des êtres immensément bons et des êtres monstrueux. Pourrait-on parler de perversité de sa part ? 

Ou alors, c'est qu'il n'existe aucunement et que les hommes sont une malfaçon de la nature. 

 

Félix Radu - J'accuse

 

 

J'accuse le temps d'excès de vitesse
J'accuse la mort de faux et d'usage de faux
J'accuse le silence de refus de coopérer
J'accuse les départs d'abandon et les chagrins de coups et blessures
J'accuse l'amour et les séparations d'association de malfaiteurs
Et l'habitude de violence conjugale
J'accuse la poésie de ne pas exister
Et la beauté pour ses absences répétées
J'accuse les sourires de vol à main armée, et les yeux de voyeurisme pervers
J'accuse mon cœur de tapage nocturne et la mélancolie pour harcèlement
J'accuse mon ombre d'atteinte à la vie privée
J'accuse la tendresse de ne pas figurer dans la loi
J'accuse la bêtise pour injure envers l’humanité
J'accuse la haine puis la colère
J'accuse l'univers pour non-assistance à personne en danger
J'accuse mes parents pour homicide involontaire et plaide coupable
Pour les enfants qu'un jour j'aurais

J'accuse la curiosité de détournement de mineur
J'accuse l'ivresse de pot-de-vin et la mémoire de trahison
J'accuse l'histoire d'aujourd'hui pour plagiat sur celle d'hier
J'accuse l'esprit pour évasion répété et l'art pour l'y aider
J'accuse les hommes d'incohérence
J'accuse les arts de tentative de noyade et la solitude d'isolement forcé
J'accuse la peur d'enlèvement et l'espoir pour cumul des fonctions
J'accuse les poètes de mourir et leurs écrits d'être resté

Euphorie de la violence

Par Le 02/06/2026

 

Victoire du PSG.

Certains et certaines ont vécu leur plus belle soirée de l'année.

C'est dire...

Et dans cette euphorie survient la violence.

Elle est larvée, sous-jacente, n'importe quel événement suffit à la libérer. La masse a une propension bien connue à devenir folle.

Je poste ça parce que si jour, les trois tomes qui suivent "Les héros sont tous morts" sont publiés, si quelqu'un vient me dire que mes écrits sont exagérés, qu'ils dépassent la réalité, je rappellerai qu'un simple match de foot suffit à libérer les casseurs, que ce goût de la destruction, du pillage, de la violence envers tout le monde et n'importe qui, pas uniquement les forces de l'ordre et donc l'Etat, c'est un phénomène connu, déjà vu mille fois. Et qui se reproduira. 

Je laisse à chacun imaginer ce qu'il en serait si, un jour, pour X raisons, et ces raisons s'amplifient inéluctablement, le contrôle venait à échapper à l'Etat et que les masses devenues folles laissaient exploser cette violence. La question essentielle est simple : que deviendront les individus qui ne veulent pas de cette violence en eux ?

La dystopie en cours explore la violence, tout autant que l'amour. 

Les héros sont tous morts

Tous, sauf elle

Le désert des barbares

Terre sans hommes

Ces quatre romans décrivent une trajectoire.

Le premier explore les noirceurs humaines.

Le deuxième désigne ce qui survient quand les noirceurs nourrissent le chaos.

Le troisième montre ce qui apparaît quand les structures s'effondrent et comment s'organisent les survivants.

Le quatrième pose la question ultime : que devient le monde lorsque l'homme n'en est plus le centre ?

 

LE DESERT DES BARBARES

« Le silence. Tu n’imagines pas à quel point, j’ai rêvé de ce silence. Je l’ai même espéré. Mais je ne pensais pas que ça pourrait arriver en aussi peu de temps. L’humanité est une entité fragile, ça fait longtemps que j’en suis convaincu. Elle est fragile parce qu’elle porte en elle une puissance destructrice qu’elle n’imagine même pas. L’humanité s’est étendue depuis des millénaires avec une réussite totale, elle a tout conquis, elle s’est tout attribué mais il y a un élément qu’elle ne maîtrise pas, c’est sa folie. La folie de chaque humain, elle est en nous, en toi, en moi, n’importe qui. Nous la contenons, individuellement. Non pas juste par respect des lois, par peur des sanctions, par peur des représailles mais parce que l’amour de la vie reste le maître. Lorsque tout va bien. Mais maintenant, que la contamination est lâchée, les premiers fous libèrent les autres. Et la peur de la folie des autres réveille la folie de ceux qui ont peur. Rien ne peut arrêter ça. »

Elle ne trouva rien à répondre parce qu’elle avait connu la folie, il y a longtemps déjà, dans une autre vie, dans un aéroport, puis la folie d’un homme au volant d’une voiture, juste pour un sac de billets, pour le pouvoir de l’argent, jusqu’à décider de tuer ses propres équipiers et une femme qu’il ne connaissait pas, qui ne lui avait rien fait. La folie cachée en chacun et qui parfois prend les rênes. Est-ce qu’elle risquait un jour de basculer ? Est-ce qu’elle pourrait perdre le contrôle ? Est-ce que ce monde de chaos pourrait l’envahir au point de devenir folle à son tour ?

« Théo, il n’y a qu’une solution.

- Oui, Laure, je sais ce que tu vas me dire. Enfin, je pense le savoir. L’amour, c’est ça ?

- Oui, Théo, l’amour. Il faudra beaucoup d’amour.

- Mais je pourrais tuer mille hommes pour te sauver. Est-ce que je serais fou pour autant ? »

Elle se libéra de ses bras et se retourna. Elle devinait dans la clarté céleste l’intensité de ses yeux.

«  Il serait préférable de n’être jamais confronté à cette question.

- Nous le serons, probablement, toi comme moi. Un jour prochain, nous pourrons être obligés de tuer quelqu’un. Alors, je repose ma question. Serons-nous fous de le faire ? Et une autre question s’impose aussi. Est-ce que tu es prête à tuer quelqu’un pour me sauver, c’est à dire sauver l’amour que tu as pour moi ? »

Elle posa la tête contre sa poitrine.

« Oui. »

Il posa les mains sur ses joues et leva son visage.

« Et nous ne serons pas fous lorsque ça arrivera. Parce que c’est l’amour qui nous guidera. »

Un homme en colère

Par Le 26/05/2026

Arthur KELLER

Un homme en colère.

En colère parce que ça fait très longtemps qu'il explique les mêmes choses et que rien ne change, fondamentalement.

Je pourrais ajouter d'ailleurs que rien ne changera volontairement, fondamentalement. C'est fini. Il faut arrêter de croire qu'on va guérir la maladie. Nous sommes la maladie et nous n'avons aucunement l'intention de nous guérir parce que cela voudrait dire que nous sommes prêts à changer, radicalement, de mode de vie. Non, ça n'arrivera, pas, pas volontairement mais ça se fera par nécessité et ça ne sera pas agréable.

C'est tout le fond de l'écriture de ma quadrilogie, le tome 4 en cours. Et je n'écris pas ça par goût, par curiosité malsaine, empli d'une tendance morbide, amusé par les descriptions de l'effondrement des civilisations. Non, vraiment pas. Je n'ai aucun plaisir à décrire une humanité dévastée. Et d'ailleurs, parfois, quand j'écris, me vient à l'esprit le visage de nos trois-petits enfants. Et là, j'arrête d'écrire, j'éteins l'ordinateur et je vais lire Krishnamurti, Prajnanpad, Desjardins, Di Mello, Eckart Tolle ou un album de "Martine à la montagne"

 

 vues 26 mai 2026 #Keller #climat #Systémique

Dans cet extrait issu de l'Université Bretagne Sud, Arthur Keller, spécialiste renommé des vulnérabilités systémiques et des stratégies de résilience, livre un diagnostic implacable sur la crise écologique actuelle. Il démontre avec méthode pourquoi la transition énergétique et l'énergie décarbonée restent dérisoires si l'on refuse de traiter la véritable maladie de notre civilisation, à savoir une machine globale qui convertit la nature en déchets. Un décryptage systémique indispensable pour comprendre les limites des solutions médiatiques et faire la distinction cruciale entre les simples symptômes environnementaux et le dérèglement global de notre biosphère.