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  • L'espoir et le sens.

    « L'espoir ce n'est pas de croire que tout ira bien, mais de croire que les choses auront un sens ... » ~ Vaclav Havel


    Personnellement, je préfère ne pas attendre que les choses aient un sens mais à m'attacher principalement aux choses auxquelles je peux donner un sens.

    Celles sur lesquelles je ne peux avoir aucune action n'ont donc à mes yeux aucun sens. 

    Mais les pensées sont-elles une action ? Lorsque je pense à un sujet précis, s'agit-il d'une action ?

    Oui, si cette réflexion a un sens.

    Mais alors, s'il survient des pensées insoumises, récurrentes, incontrôlables, des obsessions ou des angoisses, des espoirs infantiles, s'agit-il d'une action puisque ça n'a aucune direction intentionnelle, ni même aucun raison d'être et par conséquent aucun sens ?

    Il existerait donc des états de conscience si faibles qu'ils réduiraient l'existence à un non-sens...

    Comment est-ce possible ?  

    Et plus intriguant encore...Pourquoi ? 

    Pourquoi est-ce qu'un être doté de vie et d'un cerveau plus performant que tout ce qui est connu peut-il se contenter d'espoir ou de croyances ?  

    C'est possible quand l'humain ne donne pas de sens aux choses et "croit" que "quelqu'un" leur en donnera.

    C'est la question de la responsabilité de soi. 

    "Quel est le sens que je donne à ma vie ?

    La formulation a son importance. C'est dans cet engagement que l'espoir ou les croyances deviennent inutiles. 

    "L'avenir n'est pas ce qui va arriver mais ce que nous allons en faire."
    Henri Bergson

     

  • "L'entraide, un facteur de l'évolution" de Kropotkine

    L'entraide : Un facteur de l'évolution

    INFOSCRITIQUES (4)CITATIONS (18)

     

     

    L'entraide : Un facteur de l'évolution par Kropotkine
    AJOUTER À MES LIVRES


    Pablo Servigne (Préfacier, etc.)L. Bréal (Traducteur)

    ISBN : 293040261X 
    Éditeur : ADEN EDITIONS (2009)


    Note moyenne : 4.24/5 (sur 21 notes)

    Résumé :

    Pierre Kropotkine (1842-1921) proposait ici, exemples à l'appui, une conception du progrès dans la nature et la société fondée sur l'entraide et la sociabilité. Homme de son temps, il faisait certes preuve du même scientisme naïf que les savants qu'il pourfendait, mais il a le mérite d'avoir mis en lumière des comportements animaux fascinants et des réalités historiques et culturelles trop souvent oubliées.

     

                                        

    CRITIQUES, ANALYSES & AVIS (4)AJOUTER UNE CRITIQUE

    Luniver
    Luniver07 novembre 2012
    • Livres 5.00/5

    Kropotkine a écrit cet essai environ 40 ans après « l'origine des espèces » de Darwin. Depuis lors, beaucoup de théories économiques, sociales et politiques se sont emparés de sa théorie de la sélection naturelle, ou du moins de son vocabulaire, pour mettre en avant la loi du plus fort.
    Kropotkine prend ici le contre-pied de ce courant : les espèces et les individus ne sont pas en guerre perpétuelle les uns contre les autres, mais au contraire, seule la capacité d'entraide et de solidarité permet à une espèce de résister aux attaques extérieures.
    La première partie est centrée sur les animaux : l'auteur donne de nombreux exemples d'animaux qui se vivent ensembles pour protéger les mères pendant la période des naissances, pour chasser en groupe, pour se défendre contre des adversaires plus forts en un contre un mais totalement impuissants face à un groupe soudé.
    Dans les sociétés humaines, l'entraide a toujours été de mise également : que le groupe soit la tribu, la famille, le village ou la guilde, il a toujours cherché à limiter les conflits, protéger ses membres de la misère et de la faim. Dans cette seconde partie, 
    Kropotkine nous fournit toujours autant d'exemples : chartes de guilde, lois, serments, … L'ensemble donne une image bien plus civilisée de l'antiquité et du moyen-âge que celle qu'on s'en fait encore aujourd'hui.
    Au final, l'être humain est altruiste, non pas pour respecter des règles divines, ou la loi, ou parce qu'il a une vertu supérieure à la moyenne, mais parce qu'il ne peut finalement pas faire autrement : l'entraide est "inscrite dans ses gènes" depuis des millions d'années.
    Seuls les exemples de solidarité ont été étudiés dans cet essai, les comportements égoïstes ont été laissés de côté, ce qui peut donner une impression d'optimisme naïf au texte. 
    Kropotkine en est parfaitement conscient, et explique qu'ils ont été très (ou trop) traités, et qu'il est nécessaire de rétablir la balance.
    Si vous êtes sujet aux crises de misanthropie, conservez cet ouvrage sous le coude, il vous fera le plus grand bien.

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    tonny
    tonny01 février 2016
    • Livres 3.00/5

    extrait de l'introduction de Isabelle Pivert dans l'édition de 2010 aux éditions Sextant :
    "Souvent mal lue, la théorie de Darwin, appliquée aux sociétés humaines sous le nom de darwinisme social, validerait les crises capitalistes et leurs vagues d'exclusions, voire d'éliminations, comme une évolution nécessaire et saine pour la société. Contre ce camouflage d'une sélection impitoyable de l'homme par l'homme, les écrits du géographe 
    Kropotkinepuisent dans les exemples de la vie quotidienne : selon lui, les sociétés humaines, de tout temps, ont pratiqué l'entraide, sous diverses formes. Et c'est justement cette pratique, cette disposition, alliée sûrement à une prise de conscience, qui a permis aux êtres humains de surmonter les périodes difficiles, de refuser la soumission aux pouvoirs coercitifs, de prendre en main leur destin et tenter de vivre libres et dignes. Aujourd'hui encore, certains croient ou veulent faire croire que la lutte pour les moyens d'existence, la compétition pour tout et entre tous, permet de sélectionner les aptes, ceux qui savent s'adapter, et d'éliminer les autres, et que rien ne pourrait ni ne devrait s'opposer à cette prétendue sélection naturelle."
    sinon le reste du livre rappelle que l'on devrait surveiller les hommes qui sont contre les sauveteurs de terrain de toutes sortes qu'il soit, sous peine de laisser des civilisations entières s'anéantir.

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    enkidu_
    enkidu_03 juillet 2014
    • Livres 5.00/5

    L'un des pères de l'anarchisme nous livre là un livre presque "spirituel" : en s'opposant aux ambassadeurs du "darwinisme social", c'est-à-dire ceux qui posent comme prémisse que la lutte est l'équation perpétuelle des individus, Kropotkine, en se basant sur Darwin aussi bien que des preuves empiriques dans le monde de la faune et celui des hommes, prouve que, au contraire, c'est l'entre-aide qui est la récurrence dans nos rapports à l'Autre ; les hommes, qu'ils aient été en famille, clan, communauté rurale, guilde urbaine, ... n'ont jamais arrêté de s'aider les uns les autres, de fructifier un esprit de solidarité aux dépends des fluctuations économiques ambiantes. 
    Cet ouvrage est, réellement, une démonstration de "écologie humaniste" qui a émaillé les relations des animaux et hommes entre eux, depuis la nuit des temps, et nie la "métaphysique" belliqueuse de ceux qui voudraient que la violence ait été le monocle exclusif par lequel l'humanité a observé le "différent".

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    lerital31
    lerital3119 septembre 2013
    • Livres 3.00/5

    Dans notre vie quotidienne, à travers nos rencontres, les événements qui nous entourent de plus ou moins loin, nous sommes tellement conditionné à vivre avec une vision permanente de "la guerre de tous contre tous" (vision malheureusement défendable) que la lecture de ce livre m'a fait tout simplement du bien. Je n'irai pas jusqu'à dire que l'entraide surpasse l'adaptation individuelle dans les critères d'évolution des espèces mais cette notion est trop souvent balayée.

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    CITATIONS & EXTRAITS (18) Voir plusAJOUTER UNE CITATION

    Luniver Luniver07 novembre 2012

    L’absorption de toutes les fonctions par l’État favorisa nécessairement le développement d’un individualisme effréné, et borné à la fois dans ses vues. A mesure que le nombre des obligations envers l’État allait croissant, les citoyens se sentaient dispensés de leurs obligations les uns envers les autres. Dans la guilde — et, au moyen âge, chacun appartenait à quelque guilde ou fraternité — deux « frères » étaient obligés de veiller chacun à leur tour un frère qui était tombé malade ; aujourd’hui on considère comme suffisant de donner à son voisin l’adresse de l’hôpital public le plus proche. Dans la société barbare, le seul fait d’assister à un combat entre deux hommes, survenu à la suite d’une querelle, et de ne pas empêcher qu’il ait une issue fatale, exposait à des poursuites comme meurtrier ; mais avec la théorie de l’État protecteur de tous, le spectateur n’a pas besoin de s’en mêler : c’est à l’agent de police d’intervenir, ou non. Et tandis qu’en pays sauvage, chez les Hottentots par exemple, il serait scandaleux de manger sans avoir appelé à haute voix trois fois pour demander s’il n’y a personne qui désire partager votre nourriture, tout ce qu’un citoyen respectable doit faire aujourd’hui est de payer l’impôt et de laisser les affamés s’arranger comme ils peuvent. Aussi la théorie, selon laquelle les hommes peuvent et doivent chercher leur propre bonheur dans le mépris des besoins des autres, triomphe-t-elle aujourd’hui sur toute la ligne — en droit, en science, en religion.

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    Adraste Adraste10 janvier 2015

    Quant soudain progrès industriel qui s'est produit pendant notre siècle, et que l'on attribue généralement au triomphe de l'individualisme et de la concurrence, il a une origine beaucoup plus profonde. Les grandes découvertes du XVe siècle, particulièrement celle de la pression atmosphérique, ainsi qu'une série d'autres, ainsi qu'une série d'autres découvertes en physique et en astronomie, furent faites sous le régime de la cité du Moyen Âge. Mais une fois ces découvertes faites, l'invention du moteur à vapeur et toute la révolution qu'impliquait la conquête de cette nouvelle force motrice devaient suivre nécessairement. Si les cités du Moyen Âge avaient duré pour mener leurs découvertes jusqu'à ce point, les conséquences éthiques de la révolution effectué par la vapeur auraient pu être différentes ; mais la même révolution dans l'industrie et dans les sciences auraient eu lieu inévitablement. On peut même se demander si la décadences générale des industries, qui suivit la ruine des cités libres et qui fut si frappante dans la première partie du XVIIIe siècle, ne retarda pas considérablement l'apparition de la machine à vapeur, ainsi que la révolution industrielle qui en fut la conséquence. Lorsque nous considérons la rapidité étonnante du progrès industriel du XIIIe au XVe siècle dans le tissage des étoffes ; le travail des métaux, l'architecture et la navigation – et que nous songeons aux découvertes scientifiques auxquelles mena ce progrès industriel à la fin du XVe siècle, nous sommes amenés à nous demander si l'humanité ne fut pas retardée dans la possession de tous les avantages de ces conquêtes par la dépression générale des arts et des industries en Europe qui suivit la décadence des cités médiévales. La disparition de l'ouvrier artiste, la ruine des grandes cités et la cessation de leurs relations ne pouvaient certainement pas favoriser la révolution industrielle. Nous savons, en effet, que James Watt perdit vingt ans ou plus de sa vie à rendre son invention utilisable, parce qu'il ne pouvait trouver au XVIIIe siècle ce qu'il aurait trouvé si facilement dans la Florence ou la Bruges du Moyen Âge – des artisans capables de comprendre ses indications, de les exécuter en métal et de leur donner le fini artistique et la précision que demande la machine à vapeur. 
    Attribuer le progrès industriel de notre siècle à cette lutte de chacun contre tous qu'il a proclamée, c'est raisonner comme un homme qui, ne sachant pas les causes de la pluie, l'attribue à la victime qu'il a immolée devant son idole d’argile. Pour le progrès industriel comme pour toute autre conquête sur la nature, l'entraide et les bons rapports entre les hommes sont certainement, comme ils l'ont toujours été, beaucoup plus avantageux que la lutte réciproque.

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    Luniver Luniver30 octobre 2012

    Lorsque nos savants occidentaux se trouvent en présence de ces faits, ils ne peuvent les comprendre. Cela leur paraît inconciliable avec un haut développement de la moralité dans la tribu, et ils préfèrent jeter un doute sur l’exactitude d’observations dignes de foi, au lieu d’essayer d’expliquer l’existence parallèle de deux séries de faits : à savoir une haute moralité dans la tribu, en même temps que l’abandon des parents et l’infanticide. Mais si ces mêmes Européens avaient à dire à un sauvage que des gens, extrêmement aimables, aimant tendrement leurs enfants, et si impressionnables qu’ils pleurent lorsqu’ils voient une infortune simulée sur la scène, vivent en Europe à quelques pas de taudis où des enfants meurent littéralement de faim, le sauvage à son tour ne les comprendrait pas.

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    Luniver Luniver07 novembre 2012

    Il y a plus encore ; non seulement beaucoup des aspirations de nos radicaux modernes étaient déjà réalisées au moyen âge, mais des idées que l’on traite maintenant d’utopies étaient acceptées alors comme d’indiscutables réalités. Ainsi, on rit de nous lorsque nous disons que le travail doit être agréable, mais « chacun doit se plaire à son travail », dit une ordonnance de Kuttenberg au moyen âge, « et personne ne pourra, tout en ne faisant rien, s’approprier ce que les autres ont produit par leur application et leur travail, puisque les lois doivent protéger l’application et le travail ». En présence des discussions actuelles sur la journée de huit heures, il sera bon aussi de rappeler une ordonnance de Ferdinand Ier relative aux mines impériales de charbon, qui réglait la journée du mineur à huit heures, « comme c’était la coutume autrefois », et il était défendu de travailler l’après-midi du samedi.

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    Luniver Luniver25 octobre 2012

    Quand nos récoltes sont rentrées et qu’il reste peu à butiner dans nos prairies et nos champs, les abeilles voleuses se rencontrent plus fréquemment ; d’autre part, autour des plantations de cannes à sucre des Indes occidentales et des raffineries d’Europe le vol, la paresse et très souvent l’ivrognerie deviennent tout à fait habituels chez les abeilles. Nous voyons ainsi que les instincts anti-sociaux existent parmi les mellifères ; mais la sélection naturelle doit constamment les éliminer, car à la longue la pratique de la solidarité se montre bien plus avantageuse pour l’espèce que le développement des individus doués d’instincts de pillage. « Les plus rusés et les plus malins » sont éliminés en faveur de ceux qui comprennent les avantages de la vie sociale et du soutien mutuel.

  • Le jeûne et l'hormèse

     

     

     

     

    Est-ce que le jeûne est sûr et EFFICACE ? 

    http://devenez-sportif.com/est-ce-que-le-jeune-est-sur-et-efficace/

    Billet publié dans Nutrition le  par 


    Le jeûne intermittent est une pratique de plus en plus en vogue.

    Faisons le point sur ce qu’il peut vous apporter.

    Voyons ensemble point par point pourquoi jeûner, comment le faire et si le jeûne s’adresse aussi à vous.

    Le jeûne intermittent expliqué à votre grand-mère ?

    Rassurez-vous immédiatement, le jeûne intermittent est un mode d’alimentation particulièrement physiologique. Il n’est pas synonyme de frustration ni de privations pour les personnes qui le pratiquent régulièrement bien au contraire. En quoi cela consiste ? Avec un jeûne intermittent, il s’agit que vous alterniez des phases de prise alimentaire avec des moments de récupération du système digestif.

    A travers le monde, beaucoup de personnes jeûnent régulièrement. Instinctivement les enfants et les animaux jeûnent lorsqu’ils sont malades. Il n’y a que les parents lobotomisés par les messages publicitaires et la peur ambiante pour les forcer à aller à l’encontre de leur instinct et de manger pour soi-disant prendre des forces !

    La forme la plus populaire du jeûne intermittent est le 16/8. En pratique, vous mangez toutes les 16 heures dans un intervalle de 8 heures pendant lequel vous consommez ce que vous voulez. C’est certainement une des formes les plus simples à mettre en pratique pour les débutants.

    Beaucoup de gens admettent se sentir plus léger, avoir plus d’énergie, les idées plus claires et évidemment plus de temps libre en jeûnant.

    Une précision tout de même indispensable : bien entendu, aucun aliment est autorisé pendant le jeûne si ce n’est l’eau (éventuellement le thé vert ou le café)

    Pourquoi jeûner ?

    A l’instar des enfants et des animaux, les humains ont jeûné depuis plusieurs milliers d’années. Pour trois raisons principales. Pour des convictions religieuses, en cas de maladie ou simplement en absence de nourriture. Si votre corps fait des réserves de graisses, c’est pour les utiliser.

    Le confort de nos vies ne nous amène jamais dans des situations où nous devons justement dépenser ces stocks d’énergie supplémentaire.

    Dans le monde dans lequel vous vivez jeûner est une pratique sur laquelle vous ne devriez pas faire l’impasse. Pourquoi ? En jeûnant avec une intensité adaptée vous intervenez au niveau de 3 processus.

    • Le principe de l’ hormèse. 
    • Que dit ce principe ? Lorsqu’un organisme est soumis à un stress adapté à sa capacité de réaction, il améliore son fonctionnement. Pratiquement, vous améliorez les processus cellulaires au niveau de la mitochondrie. L’organisme humain répond particulièrement bien à deux types de stress (le stress positif) en s’adaptant : le jeûne et l’exercice à haute intensité (crosstraining, paleofit, crossfit, circuit métaboliques, interval training, etc…
    • )
    • La détoxination en libérant de l’énergie nerveuse. Lors du jeûne les produits toxiques stockés dans vos graisses sont éliminés par les principaux émonctoires de votre corps (peau, foie, poumon, intestin et reins). C’est pourquoi il est particulièrement intéressant de stimuler leur fonctionnement par des pratiques hygiénistesnaturopathiques et de l’exercice physique.
    • Les processus physiologique
      • Hormone de croissance humaine : les niveaux de l’hormone de croissance montent en flèche en jeûne ce qui est particulièrement intéressant pour gagner de la masse maigre et perdre de la masse grasse et booster la synthèse protéique.
      • Insuline : les niveaux d’insuline baissent de façon spectaculaire et la sensibilité à l’insuline est améliorée pendant le jeûne. Vous bénéficiez aussi d’une plus grande difficulté à stocker les graisses et un accès plus simple à la graisse corporelle. L’insuline est nettement impliquée dans les processus de stockage des graisses. Cela n’est plus à démontrer.
      • Inflammation : plusieurs études montrent la réduction des marqueurs de l’inflammation, un facteur clé de nombreuses maladies chroniques, du cancer et impliqué dans la prise de poids par la dérégulation du fonctionnement de l’hormone leptine.
      • L’expression des gènes : il y a des changements dans la fonction des gènes liés à la longévité et à la protection contre la maladie. A ce jour, l’unique facteur non génétique capable d’agir sur l’espérance de vie est le jeûne.
      • Réparation cellulaire : Lorsque vous jeûnez, vos cellules déclenchent des processus de réparation cellulaire. Cela comprend l’autophagie, où les cellules digèrent et éliminent les protéines dysfonctionnelles et anciennes.
      • Certaines recherches suggèrent également que le jeûne peut aider à protéger contre les maladies, y compris les maladies cardiaques, le diabète de type 2, le cancer, la maladie d’Alzheimer et d’autres
      • Santé cardiaque : Le jeûne intermittent peut réduire le cholestérol LDL, les triglycérides sanguins et les marqueurs inflammatoires
      • La santé du cerveau : le jeûne intermittent augmente une hormone du cerveau appelée BDNF, et peut contribuer à la croissance de nouvelles cellules nerveuses Les neurones ont la capacité d’être produits par le corps en jeûne. C’est un mythe que votre nombre de neurones est limité.
      • Anti-vieillissement : Le jeûne intermittent peut prolonger la durée de vie chez les rats. Des études ont montré que des rats à jeun vivent jusqu’à 36-83% plus longtemps

    Contrairement à ce qu’en dit la sagesse populaire, manger régulièrement et se restreindre en calorie ralentit le métabolisme donc augmente la prise de graisse. En période de jeune le métabolisme augmente à contrario.

    D’un point de vue physiologique il faut compter environ entre 12 et 24h selon les individus pour commencer à utiliser réellement le glycogène musculaire comme source de carburant une fois que le sucre dans le sang a été épuisé.

    Au-delà de deux jours, le corps commence à utiliser les graisses de stockage pour produire des corps cétoniques qui serviront d’énergie. En ce qui me concerne, je n’ai pas assez pratiqué le jeûne au-delà de 3 jours pour m’exprimer pratiquement sur les phénomènes qui ont lieu à ce moment dont la formation des corps cétoniques notamment.

    Bien entendu, le jeûne intermittent est un excellent hack pour rendre votre vie plus simple. Et ne plus vous prendre la tête en cuisinant sainement plusieurs fois par jour pour le petit-déjeuner, le midi, les collations et le repas du soir.

    Imaginez aussi le nombre d’heures que vous libérez à l’échelle d’une semaine, d’un mois et d’une année en supprimant au moins les repas de la matinée et du midi. Cela vous laisse le temps de faire tellement d’autres choses.


    Les jeûnes intermittents les plus populaires

    • Un repas par jour : Avec le 16/8, cette méthode d’un repas par jour est celle que je pratique au quotidien pour tous les bénéfices qu’elle m’apporte. Il s’agit de consommer un repas par jour selon un intervalle de 24 heures.

    Exemple : manger tous les jours entre 19 et 21 heures par exemple jusqu’au lendemain.

    Une fois que vous maitrisez un repas par jour, vous pouvez éventuellement manger une fois tous les deux jours

    • La méthode 16/8 : Cette stratégie est la plus populaire non pas parce qu’elle est la meilleure mais parce qu’elle est la plus accessible sans grands efforts. Je la pratique de temps en temps en ne mangeant qu’entre 16 et théoriquement minuit (bien que je m’arrête de manger souvent avant minuit). Ensuite, il s’agit de jeûner pour au moins 16 heures jusqu’au lendemain 16 heures.
    • La warriot diet : popularisé par l’expert du fitness israélien Ori Hofmekler, la warrior diet est très accesible. Elle consiste à manger de petites quantités de fruits et légumes pendant la journée et un grand repas le soir. L’alimentation que préconise Ori est de type ancestral (paléo). Pour moi il ne s’agit pas d’un jeûne, je l’ai pratiqué plusieurs mois. Mais je suis naturellement retourné à mes habitudes d’un repas par jour tant je trouvais cela contraignant de préparer des collations dont je pouvais facilement me passer. Cela ne concerne que mon expérience subjective bien sûr. La Warrior Diet est je trouve une excellente façon de débuter pour la plupart des gens parce qu’elle est encore plus accessible que le 16/8. Faites le test.


    Le jeûne pour Qui ?

    Vous me direz que si vous ne mangez pas vous allez vous affaiblir, n’est-ce pas ? C’est une idée.

    En réalité, en période de jeûne la production d’adrénaline est boostée et votre corps est en éveil, votre système nerveux sympathique fonctionne mieux.

    Et si vous aviez faim le matin en vous réveillant ?

    Vous vous sentez agitez, faible ou épuisé après quelques heures sans manger ?

    Ce ne sont que les symptômes d’une addiction à la nourriture.

    Si c’est l’appétit qui vous guide, vous pourriez attendre quelques heures avant de vous réalimenter sans risquer pour votre santé.

    Si vous avez le besoin de manger immédiatement, c’est le symptôme clair de l’addiction, la crise de manque comme l’explique Herbet Shelton dans le jeûne.

    J’espère que cet article vous inspirera à essayer de combiner le jeûne intermittent avec votre alimentation ancestrale pour potentialiser les résultats des deux approches et profiter de tous leurs bénéfices. Une contre-indication tout de même.

    Ne jeûnez pas si vous avez peur ! Vous ne devez en aucun être forcé à jeûner mais accueillir ce formidable cadeau de la nature.

    Et comme toujours allez-y progressivement les amis.

    N’hésitez pas à me poser en commentaire toutes les questions qui vous viennent en tête par rapport au jeûne. Je vous répondrai aussitôt que possible.

    –Les meilleures de toutes les médecines sont le jeûne et le repos – Benjamin Franklin

  • Changer de regard sur la vie.

     

    Quand je regarde cette vidéo, qu'est-ce que mes émotions me disent ? 

    Changer le regard sur le cancer, changer le regard sur la mort en quelque sorte.

    Pas une mort rapide, un accident, on est là et puis hop, on ne l'est plus…Non, la mort qui dure, qui fait mal, qui laisse des périodes de rémission, des bouffées d'espoir et puis qui revient à la charge.

    Changer le regard sur la mort.

    Oui, c'est nécessaire.

    Pour tous ceux qui s'en approchent et qui ont besoin des autres, de ceux qui les aiment encore.



    Et puis, on pourrait aussi changer le regard sur la vie.

    La jeune fille qui a un cancer a peur de la réaction de l'homme qu'elle aime et qui l'aime. Et elle finit par avouer sa maladie :
    "J'ai un cancer".

    Changeons le scénario.

    Elle n'est pas malade.

    Et elle finit par lui avouer :"Je suis en vie."

    Ça pourrait paraître absurde mais ça ne l'est pas pour moi.

    "Je suis en vie. Tu es en vie. Vous êtes en vie. Nous sommes en vie."

    Est-ce que vous avez déjà dit ça à quelqu'un ? Est-ce que vous vous êtes déjà dit ça à vous-mêmes ?

    Je ne parle pas des mots mais de tout ce qu'ils contiennent.

    Si vous lisez ce texte, c'est que vous êtes en vie. Si je l'écris, c'est que je suis en vie.

    Changer le regard. Pas seulement sur la mort, le cancer, la douleur, la maladie, mais sur la vie. 

    Je ne parle pas du travail, de la famille, des impôts, de la crise, des prochaines élections. Je parle de la vie. Je ne parle même pas de l'amour entre les gens. Ni du bonheur de voir grandir ses enfants. Je parle juste de la vie. Celle qui est en chacun de nous. Celle qui vibre sans qu'on sache pourquoi.

    Il faut changer ce regard et peut-être même le porter pour la première fois. Ouvrir les yeux vers l'intérieur.

    Nous pleurerons peut-être le jour où nous mourrons, si la mort nous en laisse le temps.

    Avons-nous déjà pleuré en ressentant la vie ? Pas un bonheur évènementiel, pas pour une joie immense qu'un jour vient nous offrir, non, juste pour cette vie en nous, celle qu'on finit par ne même plus percevoir parce que ces évènements quotidiens finissent par nous faire croire que la vie est là...

    On devrait apprendre aux enfants à pleurer d'amour pour la vie. Et qu'aucun adulte ne l'oublie jamais.

  • Jarwal et les Kogis : la réalité et le Réel

    Jarwall le gardien du livre

     

    Chapitre 9

    Jarwal s’arrêta de lire, laissa le silence s’étendre puis il referma délicatement le Livre et leva les yeux.

    Les trois enfants le regardaient, fascinés, les visages tendus comme des bourgeons prêts à éclore, enivrés de sèves nourricières, toutes les idées qui ruisselaient, les images qui coulaient en torrents bondissants, des flots inépuisables de révélations à poursuivre.

    Jarwal sortit de sa musette une pierre étrangement percée en son centre. Elle était lisse et blanche, un morceau de calcaire sculpté par des siècles d’eau.

    « Vous voyez les enfants, ce trou peut être décrit par rapport à la couleur de la roche, sa forme, sa dimension, l’usure, la régularité du contour mais il ne s'agit réellement jamais du trou lui-même, c'est à dire du vide qui le constitue, de la qualité de l'air qui s'y trouve, en fait de tout ce qui se trouve dans l'espace même de ce trou et non de ce qui l'entoure. Les qualités du trou sont trop abstraites pour être clairement définies et surtout nous avons pris l'habitude de porter notre attention vers l'environnement plutôt que vers le sujet lui-même. Il en est de même avec notre moi. La construction de notre identité personnelle s’établit lentement à travers toutes les expériences vécues dans cet environnement. Et nous finissons par penser que cet individu est réel alors que ce sont les évènements qu’il a traversés qui le sont. Mais la réalité de l’individu ne se trouve pas dans ces évènements tout comme la réalité de ce trou n’existe pas en fonction de la roche. Les deux sont pourtant indissociables car s’il n’y avait pas la roche, il n’y aurait pas non plus de trou. Ce qui ne veut pas dire que le trou n’existe essentiellement que par rapport à la roche.

    -Ouhlala, Jarwal, je suis perdu, annonça Léo.

    -Moi aussi, ajouta Rémi.

    -Tu veux dire, Jarwal, que lorsque tu as perdu la mémoire, tu avais perdu une partie de ton environnement, une partie de ce qui t’avait servi à fabriquer l’image que tu avais de toi-même. Et que tu as eu peur du vide alors qu’il était le plus important.

    -Exactement Marine, ce vide me désespérait et je pleurais l’histoire de moi-même que j’avais perdue. En pensant qu’elle était plus essentielle que ce vide qui m’angoissait.

    -Parce que tu ne regardais pas le vide comme il faut ?

    -Et comment doit-on le regarder alors, chère enfant ?

    -C’est lui le point de départ. La matière s’est condensée à partir du vide. L’espace du vide est le lieu d’existence de la matière.»

    Jarwal regarda intensément Marine.

    «Un grand bonheur que tu me fais Marine.

    -Tu veux dire Jarwal que quand tu as perdu la mémoire, c’était une chance parce que tu retrouvais le vide à l’intérieur duquel la Vie s’est condensée.

    -Parfaitement Rémi, tu vois bien que tu comprends bien plus que ce que tu penses. Arrête de penser simplement et écoute avec ton âme. Elle en sait bien plus que ton mental.

    -Et donc, moi, quand je suis en haut d’un arbre et que je regarde au loin et que je sens que c’est tout vide dans ma tête et même que parfois ça me rend triste, c’est parce que mon âme se souvient de ce vide ?

    -Oui, Léo, c’est ça la nostalgie. Le souvenir de ce dont on ne se souvient plus mais qui reste pourtant au fond de nous. Dans ce coin secret qui ne se dévoile que quand il n’y a plus rien qui nous occupe. Et qu’on est enfin en paix.

    -Et c’est pour ça qu’on aime venir s’asseoir en montagne après avoir couru pendant des heures ?

    -Oui, Rémi, certainement. Et c’est ce qui manque le plus aux enfants de ce monde moderne. Le vide en Soi, au cœur des immensités de la Nature. Les villes modernes sont à mes yeux des pièges qui condensent les pensées des hommes autour de la possession matérielle, jusqu’à en oublier le vide originel alors qu’il contient la paix des âmes et que les possessions matérielles attisent les conflits.

    -Les Kogis ne pourraient pas survivre dans nos villes aujourd’hui.

    -Certainement pas, Rémi et les hommes de ces villes ne pourraient pas vivre chez les Kogis.

    -L’agitation de ce monde moderne n’est donc que la volonté d’étouffer l’angoisse du vide alors qu’il est à la base de tout ? C’est effrayant.

    -Effectivement Marine, c’est effrayant. Les hommes se sont fourvoyés dans une impasse et ils poussent sur le mur de toutes leurs forces en s’interdisant de penser qu’ils s’épuisent.

    -Mais pourquoi ?

    -Par imitation Léo. Parce qu’ils dorment tous ensemble et veulent continuer à croire en leurs rêves. Même si ces rêves ne sont que des cauchemars au regard de la Vie.

    -J’ai peur parfois de ce que tu nous racontes Jarwal, avoua Marine. Peur de ce monde que tu nous décris, parce que tu en as une expérience immense et que rien dans tes récits ne témoigne du moindre progrès. Tous les mouvements de masse dont tu nous parles sont néfastes. Il ne reste que des peuples retranchés dans les montagnes. Et nous, qu’est-ce qu’on va devenir ? Comment on va faire pour vivre là-dedans ? »

    Les regards tendus des trois enfants.

    « Cette réalité n’est pas inéluctable les enfants. Les humains portent aussi en eux un potentiel d'amour dont ils n'ont pas idée. Il est vrai que les zones d’ombres sont gigantesques et qu’elles ont un pouvoir démesuré, celui de cacher la lumière. Je pense même que les dirigeants de ce monde moderne usent de ces désastres continus pour propager la peur dans l’esprit des hommes parce que la peur permet de manipuler les masses. Quand on a peur et qu’on se laisse entraîner par elle, on perd sa lucidité et un homme qui n’a plus de lucidité ou de conscience est un homme qu’il est aisé de diriger. Homme libre, toujours tu chériras la Conscience, aurait pu écrire Baudelaire.

    -Ah oui, je connais ça, je l’ai appris à l’école, lança Rémi. Mais c’était pour la mer !

    -Oui, Rémi, c’est un très beau poème. J’aime beaucoup la poésie. Pour reprendre ta remarque Marine, je pense que la connaissance de l’Histoire de l’Humanité est indispensable pour parvenir à établir une voie différente. Il est indiscutable que cette Histoire est désespérante à bien des égards mais faites l’effort de vous concentrer aussi sur les aspects positifs de mes histoires, sur tout ce que mes voyages contiennent, pas uniquement les éléments destructeurs mais également les attitudes respectueuses de la Vie. Elles existent et il ne faut surtout pas les négliger.

    -Pourquoi est-ce que l’Humanité n’est pas tournée vers ces exemples bénéfiques ? Pourquoi est-ce que les hommes restent fascinés par les destructions ? Pourquoi la Vie a-t-elle placé dans le cœur des hommes des désirs de puissance et de pouvoir ? Pourquoi est-ce que depuis le début de l’Humanité, les hommes ne sont pas devenus des êtres humains ? »

    Un sourire ému dans les yeux du lutin.

    « J’ai encore beaucoup d’histoires à vous raconter Marine. Quelques réponses s’y trouvent. »

    Ils savaient tous les trois qu’il y aurait d’autres rencontres, ils savaient qu’ils ne pourraient les refuser malgré les troubles en eux, malgré les peurs que ce monde humain propageait.

    « Cette histoire, les enfants, montre que toute mon expérience est centrée sur moi-même. Je suis celui par lequel tout ce qui vient à moi est reçu, analysé, commenté, rejeté, détesté, adoré. Ce moi qui perçoit est au centre. Tout du moins, c'est l'impression qu'il donne. J’ai compris en ayant perdu provisoirement la mémoire que ce moi est ce qui m'appartient le moins, c’est une entité constituée de multiples fragments, parfois éparpillés au vent des conditions de vie. Lorsque je sais que quelqu'un pense du mal de moi, comme Jackmor par exemple, je suis en quelque sorte relié à cette personne, je me laisse emporter par les pensées générées par cette crise. De la même façon lorsqu'il s'agit de quelqu'un qui m'aime. C'est à partir du moi que j'entre en relation avec le monde. Je vais donc m'appliquer à confirmer l'existence de ce moi en accumulant des fragments à partir desquels je pourrais sculpter l'identification dont ce moi a besoin pour se prolonger. On devine le piège. Quelle est la réalité de ce moi sitôt qu'il prend forme à travers des pièces éparpillées ? Juste un amalgame hétéroclite. C’est cela que j’ai compris. J’essayais d’exister alors que je n’avais aucune idée de l’image initiale.

    -Ça me fait penser à un puzzle que je voudrais reconstituer alors que je n’aurais même pas eu l’image finie en modèle, expliqua Marine.

    -Qu’est-ce que c’est ce puzzle ? demanda Jarwal.

    -C’est un jeu de patience, on a des petites pièces avec un morceau d’image et quand on les assemble, ça donne une grande image complète.

    -Je comprends, c’est important d’apprendre la patience et effectivement, c’est un très bon exemple pour expliquer la façon dont nous voyons la Vie. On croit que parce que nous avons dans les mains quelques petites images, on a saisi l’ensemble. On essaie de construire quelque chose dont on ne possède même pas la vue générale.

    -On dirait un ouvrier qui voudrait construire une maison alors qu’il n’a même pas idée de ce que ça va donner à la fin, ajouta Rémi.

    -Oui, c’est exactement ça, s’enthousiasma le lutin. Vous voyez, vous comprenez très bien de quoi je parle. L'énergie dispensée pour élaborer cette image est pourtant phénoménale. Je vais accumuler et protéger mes objets, mes relations, mes connaissances, mes passions, mes projets...Tout cela crée un attachement grâce auquel je pense pouvoir donner de la valeur à mon existence. J'appartiens à mes attachements et je m'en glorifie... Il va falloir en plus que je protège mon territoire, toutes ces possessions. Je vais devoir lutter contre ceux qui s'opposent à mes droits. Je chercherai sans doute à intégrer un groupe qui me ressemble et qui pourra me défendre. J’abandonnerai certainement une partie de mes convictions pour être bien vu, bien accueilli et pouvoir bénéficier de la force de ce groupe.

    -Ah, oui, on voit ça à l’école. Tous ces enfants qui veulent absolument suivre un chef et faire comme lui ou qui s’habillent comme leurs idoles de télévision. Ça m’énerve ! lança Rémi.

    -Ils ont peur Rémi, tout simplement. C'est inévitable. Beaucoup de gens fonctionnent de cette façon. La peur qu'on me vole mon identification ou qu'on ne la reconnaisse pas, que je sois rejeté ou incompris, que mes choix de vie soient bafoués. J'entre en confrontation avec ceux qui ne me reconnaissent pas ou qui défendent leur image. La colère se nourrit de ma peur. Attachement, aversion, colère, peur, réjouissance, reconnaissance, insatisfaction, désillusion, amour, joie, peine. C’est un chaos immense. Il se peut qu'un jour, pour une raison connue ou pas, je prendrai conscience de ces tourments répétés. Une illumination, un choc, une révélation, quelque chose d'incompréhensible pour la raison mais qui me bouleversera au-delà du connu. J'entrerai peut-être dans une nouvelle dimension, ça sera long évidemment, douloureux sans doute mais je sentirai pourtant que c'est mon chemin.

    -C’est ce qui t’est arrivé chez les Kogis ?

    -Oui Léo. Mais il y a un autre risque. Si j’attribue cette révélation à moi-même sans comprendre qu’elle vient de la Vie elle-même, j'aurai l'impression d'être supérieur aux autres, d’être plus puissant qu’eux. Je détournerai la révélation pour m’en glorifier.

    -Et le moi sera toujours le Maître.

    -Tout à fait Marine. Alors je chercherai à préserver cette plénitude, à l'accroître même, et dès lors se mettra en place une nouvelle identification. D'autres empilements. Juste d'autres perceptions, d'autres sensations, d'autres pensées, d'autres réflexions narcissiques. Je me prendrai pour un Sage ou un grand Maître. J'aurai juste changé ma façon de regarder les pièces du puzzle éparpillées.

    -En ayant été incapable de voir l’image originale.

    -Oui Marine. Cette quête n'aura été qu'une illusion, une machination du moi qui se sera finalement révélé le plus malin... Il sera toujours le maître des lieux.

    -Mais quelle est cette image originale Jarwal ?

    -Il faut comprendre avant tout qu’il n’y a rien à chercher. Tout est déjà là mais en le cherchant, je m'en éloigne. Tout le problème vient de ce remplissage inconsidéré de l’existence. On ne voit plus rien quand on a entassé des gravats.
    Le Soi, c’est la fusion de ce moi, du je et de la conscience de la Vie.

    -Je ne comprends plus rien, avoua Léo.  

    -Tu ne comprends pas les mots Léo mais ton âme sait de quoi je parle parce que tu es déjà dans cette vie intérieure. Sinon, tu ne serais pas là à m’écouter.

    -Il ne s’agit pas de constituer l’image originelle parce qu’elle est nécessairement déjà là mais de parvenir à enlever tout ce qui la couvre. C’est ça Jarwal ?

    -Oui Marine.

    -Et cette image originelle, c’est la conscience de la Vie qui la détient. C’est lorsque nous avons abandonné notre appartenance à ce chaos humain.

    -Pas exactement Rémi. Il ne s’agit pas de l’abandonner parce que sinon il faudrait aller vivre sur une île déserte. Il s’agit de ne pas lui appartenir. De faire la distinction entre la participation lucide et la disparition dans le flot. Imagine une molécule d’eau de l’Océan. Elle n’est pas dans l’Océan puisqu’elle fait partie de l’Océan. Je dis par conséquent qu’elle est de l’Océan. Sans toutes ces molécules d’eau, l’Océan n’existe pas. Mais sans l’unité de l'Océan, les molécules ne seraient que des individualités esseulées. La fusion des molécules crée l’Océan. Il y a plusieurs menaces ensuite. Soit certaines molécules regroupées considèrent qu’elles ont un pouvoir plus grand que celui de l’Océan et elles finissent par l’oublier, le contester, le combattre même, soit certaines molécules refusent de se voir assemblées dans un Tout et considèrent qu’elles doivent préserver une liberté de décisions, une autonomie qui leur paraît plus importante que le Tout. Dans les deux cas, ces molécules sont dans l’erreur. Celles qui s’imaginent obtenir un pouvoir parce qu’elles pensent avoir une ressemblance, une particularité, des idées communes, des intentions autres que la participation à l’Océan, celles-là participent au désordre. Elles fabriquent une rupture dans la cohésion des molécules. D’autres molécules vont prendre peur et vont vouloir assembler leurs peurs pour fonder d’autres groupes contre les premières. La confrontation prend une ampleur inéluctable et incontrôlable. De leur côté, celles qui pensent bénéficier d’une autonomie vont s’efforcer de s’isoler ou de lutter individuellement contre ces groupes. Elles ne participent pas pour autant à la cohésion perdue mais elles l’entretiennent en réagissant contre un désordre qu’elles condamnent. Elles utilisent le même fonctionnement que les groupes qu’elles critiquent. Des entités rebelles entêtées dans une distinction qu’elles vénèrent ne participent aucunement à la réhabilitation de l’Unité. Elles se voient comme plus importantes que l’Océan lui-même et succombent à la peur de disparaître. C’est toujours la peur qui crée le chaos. Cette incapacité à dépasser la vision restrictive de l’individu est une condamnation de l’Unité.

    -Mais comment doit-on se comporter alors Jarwal ?

    -C’est là qu’intervient cet apprentissage de l'observation consciente. Il ne s’agit pas de se nier en tant qu’individu ni de rejeter l’appartenance à l’Océan mais de parvenir à observer les deux phénomènes. Juste les observer, sans leur apporter la moindre émotion. C’est ce qu’on appelle « agir dans le non-agir ». Je suis une molécule animée par l’Océan. J’agis dans le champ de mes expériences mais sans jamais être dissocié d’une dimension bien plus grande. L’Amour est à la source de cette paix intérieure. Laisse la vie te vivre, elle sait où elle va. Cette phrase est essentielle pour moi. On pourrait penser que c’est une invitation à l’abandon et à la lâcheté, comme un bâton qui flotte sur l’Océan. Mais nous ne sommes justement pas des bâtons. Nous sommes animés par la Vie et c’est en son cœur que nous devons apprendre à agir. Non pas agir contre elle en nous dressant fièrement devant elle mais agir dans la dimension qu’elle nous propose. C’est un équilibre extraordinaire à trouver. »

    Le silence.

    L’écho de tous les mots, la nécessité d’aller au plus profond de la compréhension. Chacun animé par la volonté d’explorer les horizons proposés, au regard de son propre potentiel, sans se soucier de l’avancée des compagnons, juste dans l’acceptation de ses limites et de l’énergie disponible.

    « Il faut que vous rentriez les enfants. Vous avez une longue descente et le jour va tomber. »

    Cette difficulté à quitter les espaces intérieurs. Comme si les mouvements de l’Océan participaient au bonheur des voyages.

    « Tu sais Jarwal, c’est très à la mode depuis quelques temps de parler de l’environnement. La pollution, les destructions de la planète et tout ça. Mais j’ai un peu l’impression que cette façon de voir cet environnement est totalement fausse et en plus je me dis que notre façon de nous voir est également fausse. Ce que nous voyons de nous n’est qu’un environnement mais c’est au cœur de cet environnement que se trouve la réalité. Enfin, j’ai du mal à l’expliquer. Tu vois, c’est comme si nous, les humains, on voyait la Terre comme quelque chose de séparée de nous mais en fait, c’est pareil pour nous. Nous sommes séparés de nous-mêmes parce que nous ne percevons que ce qui est visible ou identifiable, tout ce sur quoi on sait mettre un nom. Ah, ça m’énerve, je ne sais pas comment l’expliquer !

    -J’ai parfaitement compris ce que tu veux dire Marine. Notre identité, tout ce que sur quoi nous avons-nous-mêmes apportés une reconnaissance que nous transmettons aux autres, toute cette fabrication est artificielle. Elle n’est qu’un environnement. Mais ce qui importe et qui est réel est caché en nous-mêmes. Nous portons un trésor et nous nous occupons follement du coffre qui le contient. De la même façon que les hommes s’inquiètent de l’environnement ou y sont totalement indifférents sans comprendre qu’ils ne s’intéressent qu’à des formes matérielles en ignorant le flux vital qui les anime. Mais il n’en reste pas moins que je préfère les voir s’inquiéter de la préservation de cet environnement plutôt que de le délaisser. Il existe au moins la possibilité qu’un jour ils parviennent à établir un vrai regard et qu’ils cessent de jouer des rôles de sauveur, juste pour leur gloire personnelle.

    -Tout ça, c’est de l’espoir Jarwal et cet espoir est une illusion. Tu l’as dit toi-même.

    -C’est vrai Rémi. C’est pour cela qu’il faut juste agir dans le non-agir, faire ce qui te semble juste sans te préoccuper des résultats éventuels. Faire ce que tu es sans vouloir que les choses soient ce que tu aimerais. Puisque les choses ne peuvent pas être ce que tu n’es pas.

    -Tu veux dire que les choses sont ce que je suis ?

    -Oui Rémi. Tu crées la réalité qui te correspond. Tu vis ce que tu es et tes actes influent sur la réalité de ton environnement mais ils ne changent rien à la réalité de la Vie que tu portes. La Vie que tu portes, je l’appelle le réel. L’environnement n’est que la réalité. Mais il faut arrêter nos discussions les enfants, vous allez vous mettre en retard et je m’en voudrais que vos parents s’inquiètent. Filez vite. Nous nous reverrons.

    -C’est difficile de te laisser Jarwal. J’aimerais tellement ne plus te quitter, avoua Marine en baissant les yeux. La vie quotidienne ne sera jamais aussi belle qu’avec toi.

    -Ta vie quotidienne sera ce que tu es Marine. Ne l’accuse pas d’être d’une quelconque responsabilité.

    -Tu as raison Jarwal. Je m’en souviendrai. Allez les garçons, on y va. »

    Ils s’enlacèrent tous les quatre, comme unifiés par leur amour commun de la Vie puis Jarwal prit son bâton de marche, ajusta sa besace, remit son chapeau et regarda intensément les trois enfants.

    « Je vous aime de toute mon âme. »

  • Jarwal et les Kogis

     

     

    Nasta parla longuement.

    Kalén expliqua.

    « La Vie est une pensée qui a ensemencé la Terre. C'est la pensée originelle. Les êtres humains imaginent que leurs pensées leur appartiennent, qu’ils en disposent librement. Ils ont oublié la première pensée, ils ne savent plus la ressentir. Toutes les pensées qui parcourent l’espace sont les enfants de la pensée créatrice. Ici, nous pouvons remonter à la source. 

    -Nasta veut-il dire que la Vie est une pensée ?

    -Oui, c’est bien cela Jarwal. Cette pensée s’est matérialisée sous des formes innombrables. Les Kogis écoutent les pensées des arbres, des nuages, des montagnes, de toutes les formes créées par la Vie. Les hommes imaginent qu’ils existent parce qu’ils pensent alors que c’est la pensée de la Vie qui vibre en eux et leur donne vie. Les hommes ont oublié l’humilité.

    -Kalén, pour qu’il y ait une pensée, il faut un émetteur. Qui est à la source de la pensée de la Vie ?

    -La Vie elle-même. Les Conquistadors qui nous ont maltraités disaient qu’ils étaient en mission, qu’un Dieu tout puissant les guidait. Aucun Dieu n’existe. Pas les Dieux des hommes. Ces Dieux-là ne sont que des mensonges.

    -La Vie est divine, c’est cela ?

    -Exactement Jarwal. Et le reste n’est qu’invention des esprits manipulateurs. La Vie est la pensée de la Vie qui se pense et toutes les formes de vies créées sont à l'image de l'infinité de ses pensées.

    -Et alors les hommes qui se sont coupé des pensées diffusées par la Nature ne seront plus jamais des êtres humains ?

    -Cela dépendra d’eux, Jarwal. Les Kogis sont des êtres humains mais les Conquistadors sont des hommes. Ils vivent pour les biens matériels, la puissance, le pouvoir, l’exploitation, l’asservissement. Nasta dit que l’avenir de ces hommes est très sombre. Et qu’ils jetteront sur la Vie toute entière un voile d’ombre. Leur intelligence est au service du Mal parce qu’ils ignorent la pensée de la Vie. Ils sont soumis à des pensées d’hommes.

    -Quel est l’avenir de ce monde d’hommes Kalén ?

    -Il n’a pas plus d’avenir que l’homme qui s’est coupé de la source. Il ne vit que dans le fardeau du passé et des erreurs commises sans pour autant prendre conscience qu’il répète à l’infini les mêmes erreurs en les habillant simplement de nouveaux apparats. Ce monde-là continuera à vouloir construire l’avenir qui correspond à son errance. Il est empoisonné par le poids de son histoire. Le voile d’ombre finira par s’étendre jusqu’à cacher la lumière du Monde et de la Vie. »

     

    Ils parlèrent longuement.

    Gwendoline s’était retirée dans un coin de la hutte.

    Des larmes qui auraient aimé s’épandre. Une telle détresse aux paroles de Kalén.

    Comme si la Vie elle-même pleurait dans son âme. Cette peur immense de ce monde à venir, cette dégénérescence inéluctable, cet oubli de la source, comment était-ce possible ? Pourquoi la Vie laissait-elle s’étendre ce désastre, pourquoi la Vie offrait-elle aux hommes cette pensée insoumise qui les menait à la destruction d’eux-mêmes ?

    Elle ne comprenait pas.

     

    « C’est le défi qu’ils doivent relever, murmura tendrement Léontine à son oreille. Apprendre à s’élever au-dessus de leurs pensées sombres.

    -Et crois-tu qu’ils en seront capables un jour ?

    -Il ne me servirait à rien de me torturer avec de telles interrogations. Étant donné que je n’y peux rien.

    -C’est de l’abandon.

    -Non, Gwendoline, c’est de la lucidité. Apprends à te consacrer aux choses sur lesquelles tu as une incidence possible. Le sage n’est pas celui qui donne des leçons aux autres mais celui qui écoute la voix de la Vie. Si tu écoutes les tourments des hommes, tu ne peux plus entendre la Vie et si tu ne l’entends plus, tu ne peux rien apprendre et si tu n'apprends plus tu n'as rien à montrer. Tu dois être ce que tu portes et ne pas t’alourdir. 

    -En quoi cela peut-il améliorer les situations néfastes ?

    -Tu n’agis pas pour améliorer les situations néfastes mais pour appliquer éventuellement à ces situations ce qui te semble juste. Si tu as une intention, tu fabriques toi-même la possibilité d’une désillusion et tu n'es plus dans l'instant. Tu essaies d'aller plus loin, là où il n'y a rien encore. Contentes-toi de faire ce que tu penses être juste. Et quand tu décides de le faire, ne fais que ça. Le reste ne t’appartient pas.

    -Tu veux dire qu’en venant ici, la seule chose importante était de tenter d’aider les Kogis mais qu’il n’y a rien d’autre à vouloir ou à espérer.

    -Exactement. À quoi cela servirait-il que tu t’inquiètes pour l’avenir de ce monde humain ou de celui des Kogis ? As-tu une solution à apporter ?

    -Non et c’est ce qui me ronge.

    -C’est toi alors qui as choisi d’être rongé, ça n’est pas l’état de ce monde qui agit sur toi mais l’émotion que tu entretiens. Et non seulement, elle ne sert à rien mais elle te prive de l’énergie dont tu pourrais user pour être ce que tu portes. Et par conséquent, tu prives ceux qui pourraient te voir vivre dans ce qui est juste. Tu te condamnes deux fois : une fois par la détresse que tu génères toi-même et ensuite par la détresse de ceux qui vivent près de toi et qui souffrent de te voir dans cet état. Est-ce que c’est ainsi que tu penses agir de façon juste ? »

     

    Un trouble immense, une leçon impitoyable.

    « Tu es redoutable, chère petite fée.

    -C’est le rôle des vraies amies. »


     

  • KUNDALINI (21)

     

    Kundalini

    "Il y a dans le domaine du développement personnel une théorie qui dit que nos pensées influencent la réalité. Il est évident de toute façon qu’une personne déprimée éprouvera de grandes difficultés dans tout ce qu’elle entreprend. Il ne s’agit pas d’une condamnation irrémédiable mais simplement d’un enchaînement d’effets qui viennent renforcer le sentiment dépressif de la personne. Chaque difficulté vient s’ajouter au désœuvrement intérieur et ce désœuvrement contribue à provoquer de nouvelles épreuves pénibles. C’est comme avec une mauvaise alimentation. La personne se sent mal, fatiguée, excitée, irritée, lunatique et ses pensées s’assombrissent. L’alimentation a un impact sur l’ensemble de notre organisme et pas seulement sur le corps. Les pensées agissent de la même façon. Il ne s’agit pas pour autant de vouloir transformer la réalité dans une attitude niaise et béate mais juste de garder à l’esprit que des pensées néfastes induiront des effets néfastes. Et que rien de bon ne peut en sortir.

    -C’est un peu de l’optimisme forcé, non ?

    -Il vaut mieux un optimisme forcé qu’un pessimisme entretenu. Mais il est préférable encore d’être conscient que nos pensées nourrissent nos actes et que d’aborder une tâche avec bienveillance au regard de toutes les problématiques possibles, c’est bien plus productif que d’anticiper anxieusement la prochaine galère puisque cela revient à lui donner l’énergie nécessaire pour se produire. Pour ma part, Maud, je pense sincèrement que ce regard aimant sur la vie contribue à ce que la vie nous aime. La vie, en nous, reproduit, nourrit et entretient ce que nous pensons d’elle. Elle n’a rien programmé de figé et elle nous laisse un choix primordial. La joie ou la colère, la paix ou la guerre. Tout se jouera dans le travail qui sera fait au niveau de l’énergie. Quand je m’engage dans une voie d’escalade en solo, je n’ai jamais à l’esprit que je risque de tomber. Je sais que le risque existe mais il serait handicapant que je m’en charge. Alors, une fois, que je décide de grimper, ce fardeau, je le pose au pied de la voie et donc, je m’allège. Je fais appel à l’énergie positive et la vie m’offre en retour la force et la lucidité dont j’ai besoin.

    -Tu veux dire que tout à l’heure, ce sentiment d’amour que j’éprouvais jusqu’à en ressentir un plaisir physique, c’est la vie en moi ?

    -Je pense que la vie renforce dans la réalité ce que nous percevons d’elle. Et elle t’a offert en retour le plaisir que tu lui offrais en l’aimant.

    -Effectivement, c’est bien au-delà d’un simple optimisme béat.

    -C’est même une tâche très exigeante. Ce regard aimant sur la vie n’est pas une chose aisée. J’ai longtemps vécu ma maladie comme une sanction, une pénitence dont j’ignorais la raison. Et puis, j’ai appris, peu à peu, avec des hauts et des bas, à observer objectivement ce que je découvrais grâce à la maladie. Et il s’agit bien d’un état de grâce d’ailleurs. Je ne pense pas que l’état de grâce suscite du bonheur. C’est l’inverse. Le bonheur éveille en nous l’amour de la vie pour elle-même. C’est ce que j’appelle la Présence. Cette émotion immense qui nous submerge, elle n’est pas de notre ressort. Je pense que la création a multiplié les formes de vie pour prendre conscience d’elle-même et que rien n’est plus beau pour elle que de vibrer amoureusement en nous. Lorsque tu atteins cet état, lorsque la Présence te submerge, la grâce est en toi. »

     

     

  • Pleine Conscience et Massage

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    "La peau est un organe à part entière, un système extraordinairement complexe, une véritable petite ville avec ses routes, ses messagers, ses multiples rôles, ses besoins, ses rejets et détritus, bref tout un écosystème à elle seule. Aussi, lors d’un massage, selon la fermeté de la pression de la main sur la peau, on peut stimuler plus de 600 000 récepteurs différents. Le massage prodigué correctement « réveille » toutes les couches de la peau et déclenche la fabrication d’un nombre incroyable de messages nerveux." 

    V Geoffroy

     

    Il n'est pas vraiment utile d'encenser les vertus physiques du massage, il me semble...

    Existe-t-il un seul individu qui ne les supporterait pas, qui n'y trouverait aucun bien-être ?

    Je n'ose imaginer la perte immense que cela représenterait pour lui.

     

    Il existe par contre un aspect très important, c'est celui de la Pleine Conscience dans le cadre du massage.

    Le bénéficiaire du massage :  Il ou elle aura pour tâche de visualiser assidûment les mouvements des mains et chaque zone parcourue, de s'extraire des tourments ou des simples pensées intrusives. Il s'agira d'établir un lien sensoriel constant entre les perceptions et leur saisissement. Ce "travail", peu à peu, au fil des semaines, des mois, des années...améliore considérablement la conscience de soi, corporellement mais également spirituellement. L'observation maintenue est un excercice qui deviendra un élément fondamental de l'individu, un besoin, une nourriture, une forme de vie entière. C'est bien évidemment également un lien émotionnel très puissant avec le partenaire de par les échanges d'énergies. 

     

    Le dispensateur du massage : Il peut paraître étrange de considérer que le masseur bénéficie lui aussi des bienfaits du massage et c'est pourtant éminemment le cas. Les énergies se "soignent" mutuellement et le masseur, qui a pour intention de prodiguer des bienfaits, se trouve par conséquent dans une "posture émotionnelle amoureuse", dans le sens où il oeuvre au bonheur de l'être aimé. Cette énergie qu'il diffuse, par ses mains, s'installe dans un système commun, une boucle, un circuit interne qui relie les deux individus. 

    Le masseur est massé par lui-même, non pas dans un contact mais par l'entité éthérique créée par le massage conscient.

     


     


     

     

    La notion n'est pas reconnue par la médecine occidentale mais rien n'est perdu...Il sufftit de voir l'impact actuel des données scientifiques sur l'au-delà. Les esprits s'ouvrent...

    Le massage établit donc une rencontre entre les deux entités éthériques des individus et ce qui se passe dans l'un est ressenti par l'autre. Non pas sur un plan corporel de façon identique mais sur un plan énergétique. Les plans éthériques font office de "contacteurs". 

    Après chaque massage de ma femme, je me sens infiniment bien. Il en est de même pour elle. Non pas seulement bien d'un point de vue émotionnel mais bien physiquement et cela va même jusqu'à effacer des points contractés comme si j'avais été massé. 

    Il existe, à mes yeux,  : un effet énergétique par le physique pour le massé.

                                        : un impact physique par l'énergétique pour le masseur.

    C'est en cela que je parle de "boucles du massage". 

    Le massage en Pleine Conscience installe une bulle, un cocon commun, une élévation partagée.

     

    La Pleine Conscience est une lumière constante, installée en chaque humain. Elle n'est pas nécessairement visible parce qu'elle est couverte par des phénomènes multiples d'inconscience constamment entretenus, les soubresauts du mental. 

    Pendant le massage, je me concentre par conséquent sur cette Pleine Conscience et je vois parfois passer des pensées. Elles disparaissent dès lors que la lumière est intense. Elles ne sont plus que des voiles diaphanes qui passent en coup de vent. Si jamais, elles s'obstinent, elles courent le risque de fondre sous le rayonnement. 

     

    Observer pendant un massage ( entre 45 minutes et 1 heure) le nombre de fois où la concentration s'échappe sous l'intrusion inopinée d'une pensée disparate.... C'est assez effrayant quand on commence...

    C'est très enthousiasmant quand, après quelques mois de pratique, on s'aperçoit qu'un massage d'une heure s'accomplit dans une fusion intense, un lien profond, une offrande maintenue, dans une intention réelle que plus rien ne perturbe.

    C'est en cela d'ailleurs que la situation du massage est très révélatrice et sans appel...

    Alors que vous êtes en train de masser l'être que vous aimez, vous vous apercevez qu'en fait, vos mains fonctionnent mais votre esprit ou votre âme (selon les schémas de chacun) n'est pas là...Il s'est effacé sous la puissance indomptable de ce mental qui tient toujours à occuper la place. Ce mental, roublard et prétentieux, sera même capable de se dire qu'il travaille très bien avec ces mains qui s'agitent dans tous les sens...Oui, effectivement, les mains s'agitent mais il n'y a personne à l'intérieur...

    Imaginez dès lors, dans une situation bien moins impliquante, à quel point les phénomènes intérieurs sont variables, instables, chaotiques, dispersés...

     

    C'est dans cette observation que l'accès à la Pleine Conscience s'installe, lentement, séance après séance.

    C'est juste l'accès à la Pleine Conscience et non l'émergence de la Pleine Conscience.

    La Pleine Conscience est toujours là. C'est nous qui ne le sommes pas...