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  • Soins palliatifs

     

    Il y a trois ou quatre ans, j'ai déjà écrit ici que je donnais un maximim de dix ans à l'école publique avant de disparaître. Le nom existera peut-être encore mais il ne s'agira évidemment pas de l'école publique que les gens de ma génération ont connu, ni celle que j'ai connue dans les vingt premières années de ma carrière. Je sais également, pour l'avoir entendu de la bouche de mes anciens "collègues" que c'est une vision extrémiste et que je n'étais pas objectif.

    Les gouvernements à venir, à la suite de leurs prédécesseurs, continueront à argumenter sur leur volonté, leur attachement, leur engagement envers les écoliers et étudiants mais il ne s'agira toujours que d'accompagner une mourante dans les service des soins palliatifs.

    Rendez-vous dans dix ans.

    https://www.lavoixdunord.fr/901735/article/2020-12-02/essonne-des-eleves-de-cm2-prives-d-ecole-jusqu-en-fevrier-faute-d-enseignant

    Déjà bousculés par des mois sans classe en présentiel au printemps dernier, des élèves d’une classe de CM2 risquent de se retrouver à nouveau sans classe pendant trois mois. La faute au rectorat qui a demandé à l’enseignante, qui remplaçait déjà la titulaire en arrêt maladie, d’aller effectuer un remplacement dans une autre école.

    À Mennecy, les parents de ces futurs collégiens ne décolèrent pas. « On est outrés. Ce qui nous choque, c’est qu’on peut laisser des élèves de cours élémentaire livrés à eux-mêmes, en année de CM2, en préparation au collège, c’est incompréhensible pour nous », dénonce une maman. « On est scandalisé. On ne pensait pas imaginable ce type de proposition émanant de l’inspection de l’Académie qui du jour au lendemain retire une remplaçante qui est tout à sa place, dans un établissement qu’elle connaît, avec des élèves qu’elle connaît, elle-même ayant formulé le désir de rester dans cette classe », explique une autre maman.

    « Variable d’ajustement »

    Selon franceinfo qui rapporte ces faits, l’Éducation nationale a proposé deux solutions aux familles : l’école à la maison ou une intégration dans d’autres classes.

    Le maire de Mennecy a également partagé sa colère sur Twitter. « C’est quelque chose qui n’est pas acceptable, expliquer à des parents que leur enfant, pendant trois mois, n’aura pas accès à l’école, au pays de Jules Ferry, c’est fou », a-t-il écrit au ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer. Les enfants n’ont pas à être « la variable d’ajustement des problèmes de RH de l’éducation nationale », a-t-il ajouté.

  • Une serre six pieds sous terre

    Construisez une serre walipini pour cultiver toute l’année

     

    Le jardinage est une science qui se confronte régulièrement aux contraintes climatiques. S’il est possible de chauffer une serre pour produire tout au long de l’année, c’est tout de même contreproductif d’un point de vue environnemental. La serre walipini, ou ‘serre enterrée’, est une réponse technique aussi écologique qu’efficace pour cultiver toute l’année!

    Rédigé par Annabelle Kiéma, le 24 May 2020, à 14 h 40 min

    Construisez une serre walipini pour cultiver toute l'année

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    Walipini est un mot aymara – langue parlée en Bolivie, au Pérou, en Argentine et au Chili – qui signifie « lieu chaleureux ». C’est ainsi qu’a été baptisé ce concept de serre souterraine mis en oeuvre depuis plusieurs décennies dans les régions froides et montagneuses d’Amérique du Sud, et plus particulièrement en Bolivie.

    Walipini ou serre souterraine, pour jardiner toute l’année

    On trouve des serres Walipini très variées dans leurs dimensions et leurs formes, mais toutes ont un point commun : elles sont systématiquement sous le niveau du sol. C’est le fondement même de la technique !

    walpini

    L’intérieur d’une serre Walipini : Le volume peut être utilisé de nombreuses manières – © CanopTerre

    Une serre Walipini ressemble à une cave avec un toit transparent en film plastique, en plaque alvéolaire ou encore en verre.

    Lire aussi : Au potager, cultiver sous serre châssis pour profiter de la saison froide

    Principes de fonctionnement d’une serre Walipini

    La serre Walipini est donc une serre souterraine. Son principe est d’utiliser la chaleur constante du sol d’une part et d’emmagasiner la chaleur de la journée pour la restituer la nuit durant, d’autre part. On conserve ainsi une température constante de jour comme de nuit.
    Protégée des intempéries (pluie, vent et froid), une serre Walipini permet de cultiver des fruits et légumes tout au long de l’année avec des variétés qui ne pourraient pas l’être normalement en hiver.

    Pour la mettre en oeuvre, il faut créer un trou rectangulaire de 2 m de profondeur dans l’idéal et que l’on recouvre d’une bâche en plastique, ou de tout autre matériau qui peut faire office de serre

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    © Institut Benson

    © Institut Benson

    À ce niveau, l’inertie thermique permet de conserver une température relativement constante, entre 10 et 15°C, évitant de soumettre les plants à des écarts de température trop importants. On arrive à recréer de cette manière un effet de serre.

    Bien entendu, pour construire une serre Walipini, il ne suffit pas de juste creuser un trou ! Il faut veiller à plusieurs points cruciaux comme l’orientation par rapport au soleil, l’angle du toit, disposer d’un terrain dégagé, prévoir le système de ventilation, envisager de récupérer l’eau de pluie, se renseigner sur le niveau de la nappe phréatique pour éviter de se retrouver les pieds dans l’eau.

    walipini

    Et pourquoi pas un petit panneau solaire pour faire bonne mesure ? – © CanopTerre

    Attention : Une fois la serre construite dans les règles, il est à noter qu’il faudra travailler le sol pour qu’il s’active, qu’il devienne vivant et donc productif. En effet, un sol à deux mètres de profondeur n’est pas un sol de surface sans quoi les techniques de labourage seraient effectivement constructives ce qui n’est absolument pas le cas.
    De nombreuses techniques permacoles vous aideront à reconstituer un sol de culture digne de ce nom.

    Vidéo décrivant ce principe simple et pourtant tellement ingénieux

    Grâce à cette méthode alternative, on peut maintenir un potager productif toute l’année sur des légumes que l’on ne pouvait pas cultiver avant en hiver, même dans les climats les plus rudes, en n’utilisant que des énergies renouvelables, et pour un budget plus que raisonnable : 280 euros environ !

     

     

    http://www.puresweethome.com/les-serres-walipini-caracteristiques-avantages-et-entretien%E2%80%89/

    Concept issu d’un mot indien qui signifie « lieu de chaleur », la serre Walipini est une technique très appréciée dans l’univers du jardinage. Une invention astucieuse des agriculteurs des régions montagneuses de la Bolivie, l’origine de cette méthode de culture remonte aux années 90. Si cette technique est largement prisée dans les zones où les températures deviennent glaciales en hiver, les possibilités sont nombreuses. Bien réalisée, la serre Walipini permet de disposer d’un potager productif toute l’année. Mais, de quoi s’agit-il réellement ? Quel est le principe de cette technique ? Quelles sont ses particularités ? Comment fonctionne-t-elle ? Quels sont ses avantages ? Comment l’entretenir ? Retrouvez ci-dessous la réponse à toutes ces questions et bien d’autres.

    Sommaire [Masquer]

    1 La serre Walipini : de quoi s’agit-il ?

    1.1 Quel est le principe des serres Walipini

    2 Quels sont les éléments d’une serre Walipini ?

    3 Comment fonctionnent les serres Walipini ?

    4 Quelles sont les caractéristiques des serres Walipini ?

    5 Quels sont les avantages des serres Walipini ?

    6 Comment entretenir une serre Walipini selon les saisons ?            

    6.1 Bon à savoir sur l’entretien annuel d’une serre Walipini

    La serre Walipini : de quoi s’agit-il ?

    La serre Walipini est une technique de culture permettant de remédier à la non-productivité des potagers lorsque les températures deviennent basses. Avec cette astuce, vous pouvez parfaitement prolonger la saison de croissance et donner un véritable coup de pouce à vos plantes. Il s’agit en effet d’une serre souterraine qui s’appuie sur des éléments simples comme les ressources naturelles, un air chaud et un lieu bien éclairé. Très souvent, ce sont des serres auxquelles nous sommes habitués. Elles sont généralement coûteuses et les versions vitrées peuvent demander un budget plus conséquent.

    Encore appelée serre géoclimatique ou serre bioclimatique, une serre Walipini ne craint ni chaleur ni gel. En effet, plus vous descendez sous terre, plus la température est invariable. C’est un principe très connu en géothermie. La température étant constante, il suffit d’une petite quantité de chaleur pour réchauffer la serre et assurer la croissance des cultures. Il convient toutefois de préciser qu’il faut s’informer sur les principes du bioclimatisme pour mieux orienter la serre afin de favoriser les apports solaires.

    Quel est le principe des serres Walipini

    Dans les régions au climat plus ou moins froid, la serre Walipini est une technique prisée pour cultiver sans jardin. Si vous manquez d’espace dans votre jardin, vous pouvez recourir à cette méthode pour aménager le potager de votre rêve. De manière générale, le sol est creusé en profondeur pour être mis hors gel. Dans cet état, la chaleur du sol permet de réchauffer facilement les cultures. Retenez toutefois que l’inclinaison du toit d’une serre Walipini est toujours orientée vers le sud. Au cours de la saison hivernale, le rayonnement solaire permet de réchauffer l’air ambiant de la serre pendant la journée. De leur côté, les murs accumulent de la chaleur qu’ils restituent la nuit. Lors des journées les plus froides, il est préférable d’utiliser une couverture de neige pour créer des puits de lumière afin de favoriser la croissance des plantes.

    Quels sont les éléments d’une serre Walipini ?

    Pour garantir le bon fonctionnement de votre serre, il est important de veiller à certains éléments lors de la mise en place. De manière générale, il faut intégrer :

    Un système de ventilation : c’est un élément très utile pour la saison estivale. Présent, ce système jouera un rôle important dans le processus de régulation de la température ambiante. Ajouté à la capacité naturelle des murs à absorber la chaleur, ce dispositif assure l’efficacité de votre serre. Il s’agira par exemple de placer deux portes aux extrémités de la serre pour favoriser la ventilation. Si vous voulez, vous pouvez mettre une trappe sur le faitage ou aménager une cheminée chapeautée pour empêcher la pluie de pénétrer dans la serre ;

    Un toit transparent isolant : il s’agit de poser deux couches de bâches en plastique transparent pour favoriser l’isolation de la serre. Veillez toutefois à laisser un espace épais d’environ 10 cm entre les deux bâches ;

    Un système de drainage : en posant le sol de votre serre Walipini sur une couche drainante, vous facilitez l’évacuation des eaux de pluie. Précisons que cette couche doit être composée de graviers et de pierres pour bien jouer son rôle ;

    Une étanchéité à toutes les épreuves : en installant votre serre Walipini, gardez à l’esprit que l’eau ne doit pas s’infiltrer par les murs. Pour cette raison, il est conseillé de choisir un toit étanche et de veiller à créer une pente pour le remblai du mur nord. Dans ce cas, l’eau de la pluie sera évacuée le plus loin possible.

    Pour favoriser une bonne pénétration de la lumière, certains jardiniers adoptent le modèle de base de la serre Walipini. Ce choix leur permet de vitrer le haut du mur sud non enterré pour pouvoir capter facilement les premiers rayons rasants du soleil en période hivernale.

    Comment fonctionnent les serres Walipini ?

    En principe, la serre Walipini est une technique qui fonctionne dans les régions au climat froid. Cependant, elle peut également être utile dans d’autres conditions climatiques et géographiques. Dans son fonctionnement, la technique emploie diverses ressources propices à la culture en continu toute l’année. Veillez toutefois à bien localiser la zone de culture pour capturer facilement les rayons du soleil. De manière basique, une serre Walipini est un trou rectangulaire que l’on recouvre de bâches en plastique. Sa construction est très simple et les résultats sont garantis lorsque la serre est bien positionnée. Le toit en lui-même est composé de deux couches de bâches distancées de quelques centimètres à l’aide de tuteurs en bois. Ce dispositif sert d’isolant complémentaire et favorise le stockage de la chaleur.

    GRÂCE À CETTE TECHNIQUE, L’INERTIE THERMIQUE PERMET DE MAINTENIR LA TEMPÉRATURE À UN NIVEAU APPRÉCIABLE.

    Le soleil pénètre en effet par le toit de la serre pour renforcer la qualité des accotements. Vous recréez ainsi un mini effet serre qui permettra de limiter les pertes de chaleur durant les nuits. À noter que la chaleur emmagasinée en journée se diffuse la nuit.

    Pour une serre Walipini réussie, le sol doit être constitué d’une couche de graviers que vous recouvrez avec une couche de terre qui servira à la plantation. Pour la bâche, vous avez le choix entre plusieurs matières. Mais, il est recommandé d’opter pour le plastique qui filtre moins les rayons du soleil, favorisant ainsi une meilleure pénétration de la lumière dans la serre. Peu importe la localisation géographique de la serre souterraine, il est important de l’aménager de manière à stocker un maximum de chaleur en hiver. Plus la matière du toit est dense, plus elle emmagasinera de chaleur. L’eau placée dans le sol aura alors plus de facilité à stocker de la chaleur qui sera ensuite diffusée dans la pièce pour la croissance des plantes.

    Quelles sont les caractéristiques des serres Walipini ?

    Pour construire une serre Walipini conforme aux normes, vous avez besoin de quelques astuces. Pour commencer, vous devez creuser un trou situé à environ 2,5 m sous terre. C’est la profondeur généralement recommandée. Lorsqu’elle est hors sol, la serre est collée à une masse thermique. En plus d’être économique, elle représente la solution idéale pour cultiver des plantes, quelle que soit la saison. Précisons cependant qu’il faut veiller particulièrement à la capture et au stockage des rayons du soleil pour une serre fonctionnelle. L’autre précaution à prendre est de couvrir le tout avec une bâche soigneusement choisie. N’oubliez pas non plus de créer un espace isolant pour favoriser la croissance de vos plantes.

    Pour l’autorisation, la mise en place d’une serre Walipini ne pose aucun problème. Même si l’on utilise parfois des blocs de béton antibruit pour stabiliser les parois de la serre souterraine, elle n’est pas une construction. Elle ne nécessite donc pas de fondation et vous n’avez pas à mener des démarches administratives pour obtenir un permis de construire. Toutefois, il est recommandé de contacter le service d’urbanisme de votre région pour en savoir davantage sur les limites légales de votre projet.

    En ce qui concerne l’orientation, il est intéressant de préciser qu’une serre Walipini doit respecter un certain nombre de principes. D’ailleurs, il est recommandé de mener une étude de faisabilité avant de se lancer dans la réalisation du projet. Il s’agira de chercher à savoir si :

    la nature de votre sous-sol permet d’y creuser une cavité sans heurter des roches ;

    le jardin est souvent gorgé d’eau ;

    la serre est bien exposée au soleil lorsque le soleil est au plus bas.

    etc.

    Selon les résultats de l’étude, pouvez commencer par creuser le trou, sachant que la profondeur varie selon le type de sol. Retenez également que la hauteur intérieure d’une serre Walipini doit vous permettre de vous tenir debout sans heurter la charpente du toit. N’oubliez pas non d’accorder une attention particulière à l’étanchéité, la ventilation et le drainage de votre serre.

    En été, le soleil est généralement plus haut dans le ciel. C’est ce qui fait que l’inclinaison des rayons du soleil change souvent. Cette situation limite la pénétration du soleil et empêche les plantes de grandir normalement. Pour une serre Walipinie réussie, l’inclinaison du toit est obtenue par une hauteur du mur exposé au nord qui doit être supérieure à celle du mur exposé au sud. Ainsi construite, une partie du mur nord de votre serre est aérienne. Elle doit être renforcée avec un remblai pour optimiser son inertie thermique. Si la luminosité d’une serre Walipini est moins importante que pour une serre classique, il convient de préciser que l’efficacité thermique de cette technique permet de compenser le manque.

    Quels sont les avantages des serres Walipini ?

    Si la serre Walipini est de plus en plus prisée, c’est parce qu’elle offre des avantages non négligeables. Outre son prix abordable, elle est simple à mettre en place. Peu importe le cas, l’énergie nécessaire suffira pour cette technique. La terre possède une grande capacité d’absorption et de stockage de la chaleur qu’elle reçoit des rayonnements du soleil. Elle restitue cette chaleur lorsque l’air ambiant devient plus froid. Il s’agit de l’inertie thermique.

    S’agissant d’une serre souterraine, votre serre walipini est protégée du froid extérieur et du vent. Dans cette condition, elle emmagasine une grande quantité de chaleur la journée et l’été pour la restituer la nuit et l’hiver. Grâce à l’inertie des parois, votre serre profitera d’une température constante de nuit comme de jour. En outre, vous évitez les risques de surchauffe en été et de refroidissement en hiver. La serre Walipini est donc une solution efficace pour manger local, quelle que soit la période de l’année.

    Comment entretenir une serre Walipini selon les saisons ?            

    Pour profiter longtemps de votre serre Walipini, vous devez apprendre à bien l’entretenir. Au printemps, essayez de ranger l’intérieur de la serre et de libérer de la place pour les premiers semis. Pensez également à supprimer les mauvaises herbes et à ratisser le sable des tables. En été, il est important d’arroser le sol de la serre tous les jours pour maintenir une humidité permanente. Si vous voulez, vous pouvez placer des bacs remplis d’eau à des endroits stratégiques pour l’arrosage. Dans tous les cas, retenez que l’évaporation de l’eau dans votre serre Walipini est un moyen simple et efficace pour faire chuter la température. Parfois, il sera nécessaire d’ouvrir la serre quelques heures par jour pour limiter les risques d’apparition de pourriture sur certaines plantes. À noter que la fin de matinée est le meilleur moment pour effectuer ce travail d’entretien. Évitez toutefois que les rayons solaires touchent directement les barquettes de semis.

    En automne, il est conseillé de vérifier les joints se trouvant autour des vitrages. S’il le faut, tirez un film plastique à bulles sur les parois situées à l’intérieur de la serre. Si vous utilisez une serre vitrée, pensez à nettoyer les vitres pour maximiser la pénétration de la lumière. N’oubliez pas de débarrasser la serre de toutes les mauvaises herbes. Elles sont généralement des cachots pour les parasites. Juste avant l’hiver, essayez d’ouvrir grandement les portes de votre serre. Vous favorisez ainsi le renouvellement de l’air confiné qui pourrait causer des maladies. Une fois les protections retirées, la serre reçoit une quantité importante de lumière pour la photosynthèse des plantes. Elles pourront donc croitre plus rapidement.

    Bon à savoir sur l’entretien annuel d’une serre Walipini

    Avec le temps, il peut arriver que vous constatiez un dépôt verdâtre sur les parois de votre serre. En effet, lorsqu’elles respirent, les plantes produisent des déchets qui deviennent visibles au fil des mois. Il vous revient alors de procéder régulièrement à un grand nettoyage une ou deux fois par an pour éviter ce problème. Préférez le début de l’automne ou la fin de l’été pour l’entretien annuel de votre serre.

    Dans un premier temps, votre travail sera de nettoyer les parois de la serre. Pour ce faire, vous aurez besoin d’un pulvérisateur rempli d’eau chaude et de vinaigre d’alcool. Prévoyez aussi une grosse éponge. Commencez par vaporiser le mélange sur les parois intérieures de la serre. Laissez agir quelques secondes et frottez avec l’éponge, puis rincez avec de l’eau propre.

    Ensuite, vous devez vérifier l’ossature de la serre pour voir si l’ensemble est bien solide. Contrôlez les arceaux métalliques ainsi que les portes-arceaux et assurez-vous que le revêtement est complet. Pour finir, balayez les feuilles au sol et enlevez toutes les mauvaises herbes. Si vous utilisez des tablettes, des étagères ou des plans de travail lors de l’entretien, pensez à les nettoyer avec de l’eau chaude savonneuse et à les rincer avant de les ranger.

    En résumé, une serre Walipini est une solution efficace pour cultiver son potager en tout temps. En suivant les recommandations de cet article, vous parviendrez à installer un jardin de rêve.

  • La dialectique du pire

    Il m'arrive bien souvent de lire sur les réseaux sociaux des commentaires de personnes exprimant l'idée que c'est pire ailleurs et qu'il faut arrêter de se plaindre de ce qui advient.

    L'exemple de droits de l'homme en Chine revient souvent sur le devant de la scène dès lors qu'on critique les mesures prises par le gouvernement français.

    Ou que la pollution de la nature est bien pire dans de nombreux pays au regard de ce que nous connaissons en France.

    Ou que le comportement incivique d'individus n'est rien comparé à ce qui se passe ailleurs.

    Il y a toujours pire ailleurs. C'est une certitude.

    Ce que je trouve inconvenant, c'est de considérer qu'il est dès lors "normal" d'accepter ce qui se produit sous nos yeux, comme si ce "pire ailleurs" autorisait  "le mauvais ici."

    Je pense que lorsque des individus en arrivent là, c'est qu'ils ont déjà accepté ce "mauvais ici" et qu'ils s'en contentent en se réjouissant de n'être pas "dans le pire ailleurs".

    Est-ce que cette attitude contribue à une amélioration de la situation présente ? Non, aucunement.

    C'est comme une tour datant du Moyen-Age dont le toit a disparu et où les pierres sommitales sont à la merci des intempéries. Les joints finissent immanquablement par s'effriter et les premières pierres à tomber. Un observateur pourrait se dire que ça n'est pas grave puisqu'il en reste encore dessous. C'est absurde et on imagine très bien l'issue finale. Des ruines.

    S'accommoder du "mauvais ici" parce qu'il existe un "pire ailleurs", c'est participer à l'effritement de la tour. 

    La seule attitude positive à adopter, c'est de se tourner vers un "meilleur ailleurs" et de se servir de cet exemple. Et si ce "meilleur ailleurs" n'existe pas, il s'agit de le construire.

     

     

     

     

  • Sauvetage en mer

    Lors du Vendée Globe 2008-2009, au large du cap Horn, le monocoque de Jean Le Cam a chaviré. Enfermé dans son bateau, alors que nul ne sait s'il est vivant, il sera finalement sauvé par Vincent Riou, autre concurrent du tour du monde en solitaire, venu secourir son ami.

     

    Cette fois, c'est Jean Le Cam qui sauve Kevin Escoffier. 

     

    « Un truc de barjot », raconte Kevin Escoffier (PRB) à propos de son avarie sur le Vendée Globe

    Quelques heures après avoir été secouru par Jean Le Cam à un millier de kilomètres du Cap de Bonne-Espérance, alors qu'il avait abandonné son monocoque PRB, Kevin Escoffier a pris un court moment pour raconter son aventure.

     

    mis à jour le 1 décembre 2020 à 10h54

     

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    Kevin Escoffier revient de loin. Le skipper de PRB a été récupéré dans la nuit de lundi à mardi par son concurrent Jean Le Cam, qui avait été dérouté lundi après-midi par la direction du Vendée Globe pour lui porter secours.

    Quelques heures après le sauvetage, la direction de la course a mis en ligne une vidéo dans laquelle Escoffier raconte son aventure à Jean-Jacques Laurent, président de son sponsor PRB. Après lui avoir dit qu'il était « désolé pour le bateau » et avoir été rassuré par le dirigeant ( « C'est que du matériel, c'est rien de grave Kevin »), le skipper explique : « J'ai zéro regret, j'ai renforcé le bateau tout ce que j'ai pu... Franchement j'ai zéro regret, j'ai mis 200 kilos de carbone, j'ai tout renforcé partout », commence-t-il.

    lire aussiCes marins récupérés par un concurrent sur le Vendée Globe

    « En quatre secondes, le bateau il a planté »

    « Vous voyez les films sur les naufrages ?, poursuit-il, pour suggérer la violence et la soudaineté de ce qui lui est tombé dessus. C'était pareil en pire. En quatre secondes, le bateau il a planté, l'étrave elle s'est pliée à 90 (degrés), j'ai mis la tête dans le cockpit, y'a eu une vague, j'ai eu le temps d'envoyer un texto, la vague après elle a tout fait shunter l'électronique et tout... Non mais c'est un truc de barjot, plier un bateau en deux. »

    Tout sourire, tout de même, Kevin Escoffier semble aller bien. Et raconte également son échange avec Jean Le Cam à son arrivée à bord du bateau du doyen de l'épreuve : « Comme je disais à Jean, "tu fais une course de barjot, je suis désolé de te n... ton truc". Il m'a dit "écoute, la dernière fois c'était l'inverse, c'est PRB qui m'avait récupéré." »

    En janvier 2009, Vincent Riou, alors skipper de PRB, avait secouru Jean Le Cam dont le bateau s'était retourné et partiellement rempli d'eau, au large du Cap Horn. Cette année, Le Cam réalise une très belle course et faisait mieux, jusqu'alors, que certains foilers.

    lire aussiLe classement

    Le marin a donné davantage de détails un peu plus tard, dans un communiqué transmis par son équipe :

    « C'est surréaliste ce qui s'est passé. Le bateau s'est replié sur lui-même dans une vague à 27 noeuds. J'ai entendu un crac mais honnêtement, il n'y avait pas besoin du bruit pour comprendre. J'ai regardé l'étrave, elle était à 90°. En quelques secondes, il y avait de l'eau partout. L'arrière du bateau était sous l'eau et l'étrave pointait vers le ciel. Le bateau s'est cassé en deux en avant de la cloison de mât. Il s'est comme replié. Je vous assure, je n'exagère rien... il y avait un angle de 90° entre l'arrière et l'avant du bateau.

    Je n'ai rien eu le temps de faire. J'ai juste pu envoyer un message à mon équipe ''Je coule. Ce n'est pas une blague. MAYDAY.''.

    Entre le moment où j'étais sur le pont en train de régler les voiles et le moment où je me suis retrouvé en TPS (combinaison qui permet de lutter contre l'hypothermie, ndlr), il s'est passé même pas deux minutes. Ça a été d'une rapidité extrême.

    Je suis sorti du bateau, j'ai enfilé comme j'ai pu la TPS. J'ai vu de la fumée, l'électronique qui cramait. Tout s'éteignait. Le seul reflexe que j'ai eu a été d'attraper le téléphone pour envoyer ce message et prendre la TPS que je ne matosse (déplace, ndlr) jamais. J'ai voulu prendre le grab bag (sac de survie) mais je n'ai pas réussi car l'eau montait.

    J'ai pris le bib (radeau de survie) à l'arrière. Le bib avant n'était pas accessible, il était déjà trois mètres en dessous de l'eau. L'eau était dans le cockpit jusqu'à la porte.

    J'aurais voulu rester un peu plus longtemps à bord mais je voyais bien que tout allait très vite et puis je me suis pris une déferlante et suis parti à l'eau avec le radeau.

    A ce moment-là, je n'étais pas du tout rassuré... Tu es dans un radeau avec 35 noeuds de vent. Non, ce n'est pas rassurant. J'ai seulement été rassuré quand j'ai vu Jean. Mais le problème, c'était de savoir comment faire pour monter à bord avec lui.

    On s'est dit deux-trois mots. C'était Verdun sur l'eau. Il a été contraint de s'éloigner un peu puis après, j'ai vu qu'il restait sur zone. Je suis resté dans le radeau jusqu'au petit matin.

    Je ne savais pas si la météo allait mollir suffisamment pour permettre une manoeuvre. Il était à deux mètres de moi, il m'a envoyé la frite avec un lien mais c'était dur d'arrêter le bateau. Finalement, j'ai réussi à attraper un tube, une barre pour monter à bord. Il y avait encore de la mer, environ 3,5 m. C'est une épreuve dans ces conditions de monter à bord d'un 60', d'autant plus quand tu es contraint dans tes mouvements par la TPS. Sincèrement, heureusement que je suis en forme physique car je vous assure que ce n'est pas simple.

    Quand je me suis retrouvé à bord avec Jean, nous sommes tombés dans les bras l'un de l'autre (...) Pour l'instant, je n'ai aucune idée pour la suite. On va voir avec la direction de course. Là, j'ai bien dormi 2 heures, me suis reposé, j'ai mangé. J'ai fait tout ce que j'ai pu pour le bateau. Je l'avais renforcé, j'ai tout fait, je n'ai pas de regret par rapport à ce que j'ai fait. »

  • Business is business

     

    Business est un anglicisme qui signifie "affaires, activités commerciales et financières dans le but de générer le maximum de profits."

     

     

    "Nicolas Chéron
    @ncheron_bourse Il y a 4 mois
    hothothothothot

    0.7% de la population mondiale détient 45.9% des richesses (source Forbes) et la crise du Covid a encore renforcé les écarts. Les plus riches sont sauvés par les banques centrales alors que les populations héritent de dettes pharaoniques. C’est le plus grand casse du siècle."

     

     

     

    Covid-19 : comment Gilead a vendu son remdésivir à l’Europe

     

    Un contrat a été passé avec la Commission, alors même que le laboratoire Gilead connaissait les résultats négatifs d’un essai clinique de l’OMS. La France est le seul pays majeur à ne pas avoir passé commande.

    Par Lise Barnéoud Publié le 27 novembre 2020 à 06h30 - Mis à jour le 28 novembre 2020 à 08h26

    https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/11/27/covid-19-comment-gilead-a-vendu-son-remdesivir-a-l-europe_6061300_3244.html

    Une ampoule d’antiviral remdésivir du laboratoire américain Gilead, lors d’une conférence de presse, le 8 avril à Hambourg (Allemagne).

    Une ampoule d’antiviral remdésivir du laboratoire américain Gilead, lors d’une conférence de presse, le 8 avril à Hambourg (Allemagne). ULRICH PERREY / POOL via REUTERS

    Comment en est-on arrivé à acheter partout sur la planète, à prix d’or, un médicament contre le Covid-19 dont l’efficacité n’est pas avérée ? C’est l’histoire du remdésivir, une molécule mise au point par le laboratoire américain Gilead, d’abord présentée comme un traitement miracle capable de perturber la réplication du virus, et finalement discréditée par un vaste essai clinique piloté par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans trente pays, dont la France.

    Baptisée Solidarity, cette étude, lancée en février, devait évaluer l’efficacité du remdésivir contre le SARS-CoV-2, et la comparer avec celle de trois autres molécules, dont l’hydroxychloroquine. Les résultats publiés le 15 octobre montrent que l’antiviral n’a aucun effet sur les malades. Le 20 novembre, l’OMS finit même par en déconseiller l’utilisation, soulignant « la possibilité d’importants effets secondaires », notamment sur les reins, son coût important et ses implications logistiques (il doit être administré par intraveineuse).

    Les faits : Traitements du Covid-19 : résultats négatifs pour l’essai Solidarity, confirmant l’inefficacité du Remdesivir et de l’hydroxychloroquine

    Mais l’avertissement arrive trop tard : des dizaines de pays − notamment européens − ont déjà passé commande. La France fait figure d’exception, seul grand pays à ne pas avoir acheté de doses dans le cadre d’un vaste contrat européen.

    Comment Gilead, qui a réalisé plus de 22 milliards de dollars (18,5 milliards d’euros) de chiffres d’affaires en 2019 grâce à ses médicaments contre le VIH et l’hépatite C, a-t-il réussi un tel tour de passe-passe ? Retour sur une stratégie scientifique et commerciale parfaitement orchestrée, qui a déjà permis au laboratoire américain d’empocher près de 900 millions de dollars à travers le monde.

    « De nombreux manques »

    Testé sans grand succès contre Ebola, le remdésivir a été opportunément repositionné au début de l’épidémie de Covid-19, sur la base d’études antérieures avec d’autres coronavirus (SARS-CoV-1 et MERS-CoV). Gilead n’a pas grand-chose à perdre : il ne sait que faire des doses qu’il n’a pas utilisées lors des essais cliniques menés en Afrique.

    Le 6 février, un petit essai est lancé avec 237 patients recrutés dans les hôpitaux de Wuhan, foyer chinois de l’épidémie. L’espoir est immense, alors que la ville est déjà confinée depuis deux semaines, mais les résultats sont loin d’être à la hauteur : publiés en avril dans la prestigieuse revue scientifique The Lancet, ils ne montrent aucune efficacité sur la mortalité.

    Le cours de Gilead perd quelques points sur les indices boursiers, mais le laboratoire américain ne se décourage pas. Un essai de plus grande ampleur − un millier de patients − a été lancé en février aux Etats-Unis : Gilead compte dessus pour convaincre la FDA, l’agence américaine du médicament. Un peu ébranlé par les résultats chinois, le laboratoire modifie cependant son critère d’efficacité principal : ce ne sera plus la mortalité, mais la « durée de récupération ».

    Fin avril, des résultats intermédiaires sont rendus publics : l’essai ne montre aucune différence sur la mortalité, mais les patients avec une maladie sévère récupèrent en moyenne en dix jours avec du remdésivir, contre quinze dans le groupe placebo. C’est ce résultat qui pousse la FDA à délivrer une autorisation d’urgence de mise sur le marché du remdésivir, commercialisé sous la marque Veklury, le 1er mai. Deux jours plus tard, Daniel O’Day, le PDG de Gilead, annonce « donner » la totalité de son stock aux patients américains, soit 1,5 million de doses à l’époque.

    L’EMA, l’agence européenne des médicaments, lui emboîte le pas et donne son feu vert pour commercialiser l’antiviral le 25 juin : il s’agit d’une autorisation de mise sur le marché « conditionnelle », avec une indication limitée aux patients avec pneumonie nécessitant une oxygénothérapie. « Même conditionnelle, avec réévaluation dans un an, cette autorisation supprime l’incitation principale de la firme à mieux évaluer ce médicament sur les critères majeurs que sont les gestes de réanimation et la mortalité », critique la revue médicale indépendante Prescrire, qui pointe « de nombreux manques dans les données fournies par la firme ».

    « Maximiser son profit »

    Une fois ces deux sésames décrochés, Gilead, connu comme l’un des négociateurs les plus intraitables de l’industrie, annonce fin juin son prix : 390 dollars la dose, soit 2 340 dollars (1 970 euros) le traitement, recommandé en six doses. « Une sortie plus rapide de l’hôpital permettrait de faire une économie d’environ 12 000 dollars par patient, calcule la firme, en s’appuyant sur les données américaines. Nous avons décidé de fixer le prix du remdésivir bien en dessous de ce montant. »

    En 2014, le laboratoire avait réalisé un calcul économique similaire pour lancer son traitement contre l’hépatite C, le sofosbuvir (sous le nom commercial Sovaldi), au prix de 84 000 dollars. Un rapport du Sénat américain avait dénoncé la stratégie marketing de Gilead, seulement destinée à « maximiser son profit ».

    D’après les calculs d’une équipe de chercheurs anglais, américains et australiens, le coût total de fabrication du remdésivir se situe aux alentours de 0,93 dollar par dose, soit 5,58 dollars pour un traitement en six doses. Autrement dit, 420 fois moins cher que le prix fixé par Gilead. Par ailleurs, le développement du remdésivir a déjà bénéficié d’investissements publics, pour environ 70 millions de dollars, d’après les calculs du cercle de réflexion américain Public Citizen. Selon l’Institute for Clinical and Economic Review, une organisation américaine qui évalue la valeur des médicaments, le prix de Gilead n’est « raisonnablement rentable » que si un bénéfice existe sur la mortalité des patients. Ce qu’aucun essai clinique ne parviendra à mettre en évidence.

    Qu’importe, le coup d’envoi est donné. Le 15 juillet, la France accorde une autorisation temporaire d’utilisation (ATU) au remdésivir. Dans la foulée, Gilead demande à la commission de la transparence de la Haute Autorité de santé (HAS) l’évaluation de son médicament en vue d’un remboursement.

    Mais c’est là que les choses se corsent. « La commission a considéré que le service médical rendu était faible, explique Jean-Pierre Thierry, conseiller médical de France Assos Santé (qui regroupe les associations de patients) et membre de la commission de la transparence de la HAS. Le laboratoire a alors abandonné sa demande de remboursement. En négociant directement avec la Commission européenne, il a pu imposer le prix de référence américain, qui n’aurait sans doute pas été accepté en France. »

    Les faits : Covid : Gilead retire sa demande de prise en charge du remdesivir en France

    Un total de trente-sept pays

    Et de fait, fin juillet, un premier accord est trouvé, pour 30 000 traitements (soit environ 180 000 doses). Coût de l’opération : 63 millions d’euros, soit 2 100 euros par traitement. « Dans l’urgence, ils ont accepté le prix de l’industriel. C’est la première fois dans l’histoire que nous payons un médicament au même prix que les Etats-Unis », constate Jean-Pierre Thierry. Ce montant est directement financé par l’instrument d’aide d’urgence (ESI) de la Commission européenne.

    En août et en septembre, la Commission assure deux livraisons aux Etats qui en font la demande, dont la France. Mais ce n’est pas assez. Bientôt, des alertes de pénurie parviennent de différents pays : les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Pologne, l’Italie, l’Espagne. En France, la molécule est peu utilisée : à peine 700 patients ont reçu ce traitement depuis le début de l’épidémie, nous indique Gilead France, soit dans le cadre de l’essai Solidarity, soit dans le cadre de l’ATU (qui a pris fin le 23 octobre).

    « Gilead avait énormément de demandes et ne voulait pas signer vingt-sept contrats différents en Europe, raconte, sous couvert d’anonymat, un des responsables des négociations de la Commission européenne. Si nous avions laissé les choses se faire, seuls les gros Etats auraient obtenu des contrats, les autres n’auraient rien eu. »

    D’où une nouvelle approche en préparation dès l’été : un contrat-cadre, qui donne accès à un volume donné, à prix fixe. Mais, cette fois, l’argent ne provient pas de la Commission, mais directement des Etats qui achètent ou pas la quantité souhaitée, dans la limite de ce qui peut leur être attribué. Ce contrat commun va au-delà des vingt-sept pays membres, puisqu’il en inclut au total trente-sept, parmi lesquels l’Albanie, la Macédoine du Nord, le Kosovo, la Serbie ou encore la Bosnie-Herzégovine.

    Lire aussi  Nos 36 réponses à vos questions sur la pandémie de Covid-19

    C’est lors de la négociation de ce contrat que Gilead reçoit le manuscrit de l’essai clinique Solidarity, durant la deuxième quinzaine de septembre. « L’OMS avait une obligation contractuelle de leur envoyer le manuscrit avant publication, puisque l’essai Solidarity testait leur molécule. Comme c’est généralement le cas, la société avait un temps défini pour faire des retours avant que l’article ne soit soumis pour publication », explique Marie-Paule Kieny, directrice de recherche à l’Inserm et membre du comité exécutif de l’essai Solidarity. Problème : cet essai, durant lequel 2 750 personnes ont pris du remdésivir, ne trouve aucun effet de la molécule, ni sur la mortalité des malades, ni sur leur durée d’hospitalisation.

    Coïncidence ? Les quinze jours de révision du manuscrit par Gilead s’achèvent juste après la signature du contrat avec la Commission européenne. Le 7 octobre, la Commission commande ainsi 500 000 traitements (soit trois millions de doses), sans avoir connaissance de ces nouvelles données. « Il y a un problème de transparence si la société Gilead − qui connaissait les résultats − n’a pas signalé à la Commission européenne leur existence », juge Marie-Paule Kieny, qui n’avait pas connaissance des négociations en cours. « Il est aussi regrettable que la Commission n’ait pas pris des renseignements auprès de l’OMS sur l’avancée du plus gros essai clinique mené avec le remdésivir », poursuit la chercheuse française.

    « Une énorme pression »

    La Commission concède ne pas avoir discuté de ces résultats « avant la publication des essais préliminaires de Solidarity de l’OMS », officiellement accessible le 15 octobre sur la revue en ligne MedRxiv. Quant à Gilead, sa défense consiste en deux points : d’une part, l’essai clinique américain serait « mieux adapté pour évaluer rigoureusement le délai de récupération » que l’essai Solidarity. Et, d’autre part, le contrat « n’oblige ni la Commission européenne ni aucun pays participant à acheter du remdésivir. L’accord permet d’acheter jusqu’à 500 000 traitements, mais les pays contrôlent les quantités qu’ils choisissent d’acheter ».

    De fait, le contrat européen n’est assorti d’aucune obligation d’achat. Mais la crainte d’une pénurie a parfaitement fonctionné. Dans certains hôpitaux, « des pharmaciens restaient jusqu’à 3 ou 4 heures du matin pour obtenir une fiole de remdésivir, raconte un haut responsable de santé publique européen. Lorsque, le 8 octobre, Gilead a annoncé que le médicament était largement disponible, les autorités compétentes ont immédiatement passé leur commande. Il y avait une énorme pression pour qu’ils signent ».

    Ainsi, dès les jours qui suivent la signature du contrat avec la Commission, de nombreux pays passent commande. Parmi eux, les pays des Balkans, à revenus intermédiaires, qui achètent un médicament dont le prix a été fixé pour… les Etats-Unis. L’accès aux génériques ne leur a pas été autorisé par Gilead, qui a fixé, en mai, une liste de 127 pays qui peuvent en bénéficier. Un peu plus à l’est, l’Ukraine a pu, de son côté, négocier 28 200 doses à un génériqueur pakistanais, fin septembre, au prix de 24,25 dollars la dose (20,45 euros).

    Dans cette frénésie, un pays fait exception : la France. Contrairement aux accusations de Didier Raoult, qui parle de « fanatisme pro-Gilead », l’Hexagone est l’un des seuls pays à ne pas avoir passé commande dans le cadre du contrat du 7 octobre (avec le Liechtenstein, qui ne possède pas d’unité de soins intensifs sur son sol, et le Luxembourg, qui a signé mais n’a pas encore passé commande). Néanmoins, plusieurs milliers de doses de remdésivir, allouées précédemment à la France par Gilead et par la Commission européenne dans le cadre de son premier contrat de juillet, seraient encore disponibles pour les hôpitaux qui en feraient la demande auprès de la direction générale de la santé (DGS). Cette dernière n’a jamais répondu à nos sollicitations.

    L’avis de la Haute Autorité de santé a sans doute joué dans l’abstention française. Par ailleurs, « l’essai Discovery, qui testait aussi le remdésivir et est rattaché à Solidarity, a d’abord été un essai français avant son extension à l’Europe, rappelle Marie-Paule Kieny. Donc il y a sûrement eu plus d’attention à la prise en compte des résultats scientifiques qu’ailleurs ».

    Mais pour les trente-cinq autres pays qui ont déjà signé avec Gilead, il est désormais impossible de renoncer à leur commande, ni de renégocier le prix durant les six prochains mois. D’après notre enquête, au moins 640 000 doses ont déjà été achetées, qui rapportent déjà plus de 220 millions d’euros à Gilead. Des doses qui n’apporteront, en revanche, pas grand-chose aux citoyens.

    Cette enquête fait partie du projet européen #BehindthePledge, financé par Journalismfund et IJ4EU. Ludovica Jona (Italie), Hristio Boytchev (Allemagne), Lucien Hordijk (Pays-Bas), Priti Patnaik (Suisse) et Staffan Dahllöf (Danemark) ont également contribué à l’enquête.

  • Et même BFMTV

    Si même des journalistes de cette chaîne signent cette tribune, c'est que vraiment, ce gouvernement est capable de rameuter contre lui ses plus fidèles serviteurs.

    Le premier du gouvernement en place qui s'en va critiquer la Chine pour les droits de l'homme va vraiment passer pour un guignol. Et le premier qui me répond qu'on est encore loin de ce qui se passe en Chine comprenne bien qu'il faut un début à tout avant qu'un pays démocratique devienne autre chose...

     

    "En exigeant une validation de nos reportages, les pouvoirs publics veulent s’octroyer un droit à la censure"

     

    Plusieurs directeurs et directrices de l'information, rédacteurs et rédactrices en chefs, présentateurs et présentatrices des magazines d'information télévisés français, dont ceux de franceinfo, demandent aux institutions de renoncer à des conventions qui portent atteinte au droit de la presse.

    Article rédigé par

    franceinfo

    France Télévisions

    Publié le 28/11/2020 14:49Mis à jour le 28/11/2020 15:24

     Temps de lecture : 5 min.

    Une pancarte dans une vitrine pour protester contre le projet de loi sur la "sécurité globale", à Paris, le 18 novembre 2020.  (XOSE BOUZAS / HANS LUCAS / AFP)

    Une pancarte dans une vitrine pour protester contre le projet de loi sur la "sécurité globale", à Paris, le 18 novembre 2020.  (XOSE BOUZAS / HANS LUCAS / AFP)

    Les journalistes de l’audiovisuel, réalisateurs de documentaires, rédacteurs en chef, directeurs de l’information, producteurs de magazines d’actualité tiennent par ce texte commun à dénoncer de nouvelles entraves à la liberté d’informer. Les tentatives de contrôle de nos tournages par les pouvoirs publics (police, justice, administration pénitentiaire, gendarmerie notamment) n’ont jamais été aussi pressantes.

    TRIBUNE. "Nous n'accréditerons pas nos journalistes pour couvrir les manifestations"

    Un exemple illustre cette dérive : avant d’autoriser à filmer des policiers dans l’exercice de leur fonction, le service de communication de la police nationale exige désormais un droit de validation du reportage avant diffusion.

    Il demande aux sociétés productrices de reportages la signature d’une convention stipulant qu’il "visionnera l’émission dans sa version définitive avant première diffusion dans un délai permettant une éventuelle modification (...) sera le seul habilité à valider définitivement le contenu produit sur les plans juridiques, éthiques et déontologiques en accord avec la société (...) Les enregistrements ne doivent pas porter atteinte à l’image de marque de la police nationale, ni comporter de scènes pouvant être considérées comme 'choquantes' (...) Aucun extrait ne pourra être diffusé sans l’accord express du représentant de la police nationale."

    Un exemple de moins en moins isolé, toutes institutions confondues. Les conventions de tournage, établies à l’origine pour protéger la sécurité de personnes ou d’institutions dans des cas très spécifiques sont détournées de leur esprit initial.

    De nouveaux alinéas fleurissent sous des formes diverses qui deviennent une claire entrave à nos prérogatives éditoriales et au droit du public à l’information. La presse est déjà soumise au contrôle du législateur. La loi de 1881 sur la liberté de la presse, qui détaille le délit de diffamation et le droit à l’image sont nos garde-fous. S’y ajoutent nos chartes déontologiques sans cesse améliorées depuis le texte initial de 1918.

    Les directions de l’information et des magazines, les rédacteurs en chef et leurs équipes ont la responsabilité de veiller au respect de ces obligations légales et éthiques. Tout reportage est soumis à l’examen de nos propres services juridiques avant diffusion. Le traitement d’affaires particulièrement sensibles, ayant trait notamment au terrorisme ou à la sécurité nationale, nécessite des précautions particulières et nous en tenons compte en responsabilité.

    Mais en exigeant une validation de nos reportages et documentaires, les pouvoirs publics veulent s’octroyer un droit à la censure. Aucun journaliste ayant pour vocation d’informer librement le public ne peut l’accepter. Il est impensable que la cohérence globale d’un reportage sur le plan juridique, éthique et déontologique soit supervisée par des ministères.

    Ces demandes de conventions arrivent par ailleurs dans un contexte où l’article 24 de la loi sur la sécurité globale inquiète de très nombreuses rédactions et agences de presse. Nous demandons donc aux institutions concernées de renoncer à ces conventions qui portent atteinte au droit de la presse. Pas plus que nous, le public ne saurait comprendre la persistance de cette obstruction à la liberté d’informer.

    Les signataires

    Laurent Guimier, directeur de l’information de France Télévisions

    Thierry Thuillier, directeur général adjoint Groupe TF1, en charge de l’information TF1-LCI

    Marco Nassivera, directeur de l’information d’Arte

    Marc-Olivier Fogiel, directeur général de BFMTV

    Hervé Béroud, directeur général délégué d’Altice Média

    Vincent Régnier, directeur général de C Production, groupe M6

    Catherine Alvaresse, directrice de l’unité documentaires de France Télévisions

    Fabrice Puchault, directeur de l’unité documentaire société et culture d’Arte

    Harry Roselmack, présentateur et rédacteur en chef de Sept à Huit (TF1)

    Elise Lucet, présentatrice et rédactrice en chef d’Envoyé Spécial et de Cash Investigation (France 2)

    Laurent Delahousse, présentateur et rédacteur en chef des magazines 13h15 et 20h30 (France 2), producteur La Bambola

    Yann Barthès, présentateur de Quotidien (TMC) et producteur, Bangumi

    Marie Drucker, présentatrice d’Infrarouge (France 2), réalisatrice et productrice, No School Productions

    Jacques Cardoze, présentateur et rédacteur en chef de Complément d’Enquête (France 2)

    Karim Rissouli, présentateur de C politique (France 5)

    Bernard de La Villardière, présentateur d’Enquête Exclusive (M6) et producteur-fondateur de Ligne de Front

    Martin Weill, présentateur et grand reporter (TMC)

    Emmanuel Chain, producteur et PDG d’Éléphant

    Philippe Levasseur, directeur général de Capa Presse

    Laurent Bon, producteur, Bangumi

    Renaud Le Van Kim, producteur, Together Media

    Christian Gerin, président du Syndicat des Agences de Presse Audiovisuelles (SATEV)

    Elsa Margout, directrice des magazines de l’Information de France Télévisions

    Philippe Pécoul, directeur de la rédaction de Sept à Huit (TF1)

    Grégoire Marçais, Philippe Visseyrias, Stéphanie Davoigneau, Laurent Briot, Claire Wambergue, rédacteurs de chef de Sept à Huit (TF1)

    Sébastien Vibert et Séverine Lebrun, rédacteurs en chef d’Envoyé Spécial (France 2)

    Hugo Plagnard, Clément Castex et Samuel Humez, rédacteurs en chef de Complément d’Enquête (France 2)

    Emmanuel Gagnier et Sophie Le Gall, rédacteurs en chef de Cash Investigation (France 2)

    Marie de la Chaume et Jean-François Gringoire, rédacteurs en chef de Pièces à conviction (France 3)

    Christophe Brulé, producteur exécutif de Capital (M6)

    Jean-Marie Tricaud, producteur exécutif de Zone Interdite et Enquête Exclusive (M6)

    Maud Brunel, rédactrice en chef de Zone Interdite (M6)

    Hervé Robin, producteur exécutif Ca Peut Vous Arriver (M6)

    Bertrand Deveaud, rédacteur en chef d’Enquête Exclusive (M6)

    Serge Mousson, rédacteur en chef d’Enquête d’Action (W9)

    Myriam Alma, rédactrice en chef de Ligne Rouge (BFMTV)

    La rédaction de Sept à Huit (TF1)

    Les rédactions d’Envoyé Spécial et de Complément d’Enquête (France 2)

    Le service Reportage de France 24

    Les SDJ de France 2, France 3 et France 24

    Frédérick Lacroix, directeur délégué des flux et des documentaires de France.tv Studio

    Luc Hermann, producteur, Premières Lignes

    Stéphanie Lebrun, productrice, Babel Press

    Benoît Thevenet, directeur général délégué de 17 Juin MEDIA

    Laurent Lucas, Guillaume Lacroix, Rémy Buisine, et la rédaction de Brut.

    Tony Comiti, producteur, Tony Comiti Productions

    Patrice Lucchini, directeur de la rédaction, Tony Comiti Productions

    Amandine Chambelland, directrice adjointe de la rédaction de Capa Presse

    Patrice Lorton, directeur adjoint de la rédaction de Capa Presse

    Gaël Leiblang, producteur Elephant Doc

    Jérémie Drieu, rédacteur en chef, Elephant et Cie

    Mathieu Jego, rédacteur en chef aux magazines, BFMTV

    Thierry Tripod et Mikaël Guedj, producteurs, Brainworks

    Frédéric Boisset, rédacteur en chef, Brainworks

    Denis Boutelier et Frédéric Texeraud, producteurs, CAT & Cie

    Stéphane Girard, rédacteur en chef, CAT & Cie

    Eric Colomer, producteur, Dreamway

    Jacques Aragones, producteur, TV Presse

    Jean-Bernard Schmidt, directeur général Spicee Media

    Sébastien Legay, rédacteur en chef à France.tv Studio

    Caroline du Saint,Thomas Zribi et Cyprien D’Haese, rédacteurs en chef à Nova Prod

    Patrick Spica, producteur, Patrick Spica Productions

    Eric Pierrot, producteur, Pallas TV

    Laurent Delhomme, producteur, Yemaya Productions

    Olivier Ponthus, rédacteur en chef, Yemaya Productions

    Gabrielle Gerin, rédactrice en chef, PitchTV

    Marina Ladous, Etienne Huver et Jean-Pierre Canet, Slug News

    Pascal Artaud, producteur, Stp Productions

    Stéphanie Ponsart, Rémi Delescluse et Guillaume Cahour, rédacteurs en chef, Stp Productions

    Stéphane Bentura, président de la commission journalistes de la Guilde des Auteurs et Réalisateurs de Reportages et de Documentaires (GARRD)

    Elizabeth Drévillon, présidente de la Guilde des Auteurs et Réalisateurs de Reportages et de Documentaires (GARRD)

     

  • Terrorisme gouvernemental (suite et sans fin)

    Je viens de lire un article expliquant que des "gilets jaunes" avaient été condamnés à de la prison ferme pour "destruction de biens".

    https://www.francetvinfo.fr/economie/transports/gilets-jaunes/un-gilet-jaune-condamne-a-9-mois-de-prison-ferme-pour-avoir-force-la-porte-d-un-ministere-avec-un-chariot-elevateur_4198055.html

     

    Il est bon de rappeler dès lors ce que les gouvernements successifs font depuis quelques décennies. On pourrait rajouter au système éducatif, le milieu hospitalier, le maillage industriel, l'économie dans son ensemble, la "justice"... La liste est longue de ces secteurs détruits à grands coups de restructions budgétaires et de malversations en tous genres. Je rappelle que le nombre de milliardaires ne cesse d'augmenter. Dans une proportion bien moindre que celui des individus sous le seuil de pauvreté. 

    Où est le terrorisme ? Qui devraient être poursuivis ? 


     

     

    • Le 22/06/2011
    •  

    •  

    On n'en parle plus mais je me souviens très bien de cet article...

     

    http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/12/20/des-primes-variables-pour-les-recteurs-d-academie_1456066_3224.html

     

    Ce qui est certain, c'est qu'ils vont bien la toucher leur prime. Le nombre de suppressions de postes est effarant. Instituteur, professeurs en collèges, au lycée, à la FAC, psychologues scolaires, maîtresses E, rééducateurs (il n'y en a quasiment plus et la formation n'existe plus), conseillers pédagogiques, infirmières, responsables de CDI, surveillants, toute l'Education nationale se vide comme une outre percée.

    Depuis cinq ans, j'ai 30 élèves de CM2 en moyenne. Quand ils sont tous en classe, ils restent très peu de place pour circuler...

    Les petites écoles de montagne ferment les unes après les autres.

     

    Descendons la pyramide hiérarchique pour voir ce que ça donne. Et bien, les Inspecteurs de circonscription subissent une pression énorme. Certains s'en contentent et approuvent et mettent une pression énorme sur les enseignants. D'autres tentent de soutenir les enseignants et connaissent la réalité du terrain.

    Ceux-là ne sont pas bien nombreux.

     

    Les paperasses en tous genres donnent à l'école française une allure d'administration à la Kafka... Projets d'école, statistiques, progressions, enquêtes, graphiques, pourcentages, évaluations nationales, tableaux de présence, programmations, multiplication des enseignements, réunions, réunions, réunions...

    "Il faut rendre ce dossier pour hier au plus tard..."

     

    Pour les élèves, la situation est tout aussi catastrophique. Les dégâts collatéraux sont importants. Difficultés à se concentrer dans des classes surchargées, impossibilité d'établir des échanges oraux, programmes à finir, conflits incessants, difficultés relationnelles, décalage complet de l'école et du monde extérieur, programmes à finir, pression des inspecteurs, conflits relationnels, chahut, stress, conflits, programmes à finir, pas le temps de discuter, pas de psychologue ou alors un secteur gigantesque, des horaires d'usine, programmes à finir, inspection à venir, projets d'école à refaire, quinze enfants en souffrance psychologique, comportements difficiles, pas le temps, programmes à finir, des sanctions qui renforcent les conflits, pas le temps de discuter, programmes à finir...

     

    Des parents qui font au mieux ou au pire. Le Centre médico psychopédagogique a fermé, il faut aller à la ville voisine mais il n'y a pas de place avant trois mois. Pas d'assistante sociale non plus. Pas d'éducateurs de rues. Il y a bien le foyer pour jeunes mais un animateur pour une ville, c'est peu. 

    Des charges émotionnelles qui gonflent, des bombes à retardement, des jeunes qui vont à l'école avec le nœud au ventre, ou la haine, ou la peur, la rage, violences verbales, violences physiques...On va embaucher au collège des surveillants mal payés. Non, ils n'auront pas le temps de discuter et d'ailleurs, on ne le leur demande pas. Juste des sanctions ou rien. Le règlement, le règlement... On peut même envoyer l'armée, pourquoi pas. Des bérets verts dans les couloirs, mais non , ça n'est pas choquant, c'est l'époque qui veut ça.

    Et puis, on mettra aussi des policiers dans les rues. Y'en a plein les rues aux USA et tout va bien là-bas...

    Ah, j'oubliais les profs qui n'ont plus d'enveloppe budgétaire pour le soutien aux enfants en difficulté. On supprimera des heures à la rentrée mais on dira que le dispositif est toujours en place.

    Non, il est impossible de changer les ordinateurs du collège. Windows 95, ça marche très bien.

    Non, il n'y a pas de budget pour le renouvellement des livres du CDI. On va scotcher les couvertures de La Comtesse de Ségur, ça ira bien.

    Et les profs ont leur programme à finir avec trente élèves dont certains sont des bombes à retardement...

    Et puis, un jour, à la sortie du collège, il y a une bombe qui explose. Ou ailleurs.

     

    Terrorisme gouvernemental. Je travaille pour des terroristes. Mais, moi, je n'ai pas le droit d'allumer une mèche. Devoir de réserve.

    Si ce blog disparaît dans quelques jours, vous saurez pourquoi.

    Les moteurs de recherche trouvent très rapidement le mot "terrorisme". Associé au mot "gouvernemental", on peut appeler ça une mèche courte (Pour ceux et celles qui connaissent la réplique culte de James Cobburn, dans "Il était une fois la Révolution)."

     

    Commentaires (3)

    Thierry
    • 1. Thierry | 24/07/2011
    Bonjour Kallenborn.
    Ca n'est sûrement pas moi qui vais vous jeter la pierre pour vos choix de vie...Je les comprends infiniment. Le problème pour moi, c'est que j'ai toujours voulu être instituteur, depuis mon passage en CM2 et que je suis effroyablement consterné de la tournure prise. J'aime ce métier, j'aime travailler avec les enfants, je sais combien une année de vie pour eux est un chemin immense...Je voudrais continuer à croire que c'est encore possible de mener cette mission à bien...Juste encore quelques illusions qui tiennent par quelques fils usés...Le cordon lâchera un jour. Et je finirai ma carrière sur un immense sentiment de gâchis...Bonne route à vous.
    kallenborn
    • 2. kallenborn | 24/07/2011
    bonjour

    excusez moi mais moi je trouve ce récit trop marrant et tellement vrai, tristement vrai , les bérets verts a l’école mais pourquoi pas ?on moins certains feraient une scolarité militaire, je vais vous choquer mais c'est en partie à cause de tout cela que je refuse d'envoyer mes gosses à l’école, car en cette époque rien n'a plus de sens , plus personne ne trouve sa place , et je trouve qu'ils peuvent apprendre bien mieux à la maison avec un programme adapter, qu'à l’école avec tout les autres, depuis qu'ils y vont plus ils sont bien plus calme poser à l’écoute du monde et curieux de savoir plein de choses, alors qu'avant ils étaient tristes fermer anxieux du lendemain ,ils avaient constamment peur de tout .
    depuis j'ai rencontrer d'autres familles ayant fait ce choix et les enfants sont heureux , alors es ce que l’école n'est pas un lieux fait pour casser l'individu le rendre fou de violence ou au contraire le former dans le moule?en tout cas depuis que nous vivons presque libre nous sommes heureux ...
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  • Einstein : "Comment je vois le monde"

    “N’essayez pas de devenir un homme qui a du succès. Essayez de devenir un homme qui a de la valeur.”

    Un petit extrait du livre « Comment je vois le monde » de Albert Einstein :

    Ma condition humaine me fascine. Je sais mon existence limitée et j’ignore pourquoi je suis sur cette terre, mais parfois je le pressens. Par l’expérience quotidienne, concrète et intuitive, je me découvre vivant pour certains autres, parce que leur sourire et leur bonheur me conditionnent entièrement, mais aussi pour d’autres hommes dont, par hasard, j’ai découvert les émotions semblables aux miennes.

    Et chaque jour, mille fois, je ressens ma vie, corps et âme, intégralement tributaire du travail des vivants et des morts. Je voudrais donner autant que je reçois mais je ne cesse de recevoir. Puis j’éprouve le sentiment satisfait de ma solitude et j’ai presque mauvaise conscience à exiger d’autrui encore quelque chose. Je vois les hommes se différencier par les classes sociales et, je le sais, rien ne les justifie si ce n’est la violence. J’imagine accessible et souhaitable pour tous, en leur corps et en leur esprit, une vie simple et naturelle.

    Je me refuse à croire en la liberté et en ce concept philosophique. Je ne suis pas libre, mais tantôt contraint par des pressions étrangères à moi ou tantôt par des convictions intimes. Jeune, j’ai été frappé par la maxime de Schopenhauer : « L’homme peut certes faire ce qu’il veut, mais il ne peut pas vouloir ce qu’il veut » ; et aujourd’hui face au terrifiant spectacle des injustices humaines, cette morale m’apaise et m’éduque. J’apprends à tolérer ce qui me fait souffrir. Je supporte alors mieux mon sentiment de responsabilité. Je n’en suis plus écrasé et je cesse de prendre moi ou les autres au sérieux. Alors je vois le monde avec humour. Je ne puis me préoccuper du sens ou du but de ma propre existence ou de celle des autres, parce que, d’un point de vue strictement objectif, c’est absurde. Et pourtant, en tant qu’homme, certains idéaux dirigent mes actions et orientent mes jugements. Car je n’ai jamais considéré le plaisir et le bonheur comme une fin en soi et j’abandonne ce type de jouissance aux individus réduits à des instincts de groupe.

    En revanche, des idéaux ont suscité mes efforts et m’ont permis de vivre. Ils s’appellent le bien, le beau, le vrai. Si je ne me ressens pas en sympathie avec d’autres sensibilités semblables à la mienne, et si je ne m’obstine pas inlassablement à poursuivre cet idéal éternellement inaccessible en art et en science, la vie n’a aucun sens pour moi. Or l’humanité se passionne pour des buts dérisoires. Ils s’appellent la richesse, la gloire, le luxe. Déjà jeune je les méprisais.

    J’ai un amour fort pour la justice, pour l’engagement social. Mais je m’intègre très difficilement aux hommes et à leurs communautés. Je n’en éprouve pas le besoin parce que je suis profondément un solitaire. Je me sens lié réellement à l’État, à la patrie, à mes amis, à ma famille au sens complet du terme. Mais mon coeur ressent face à ces liens un curieux sentiment d’étrangeté, d’éloignement et l’âge accentue encore cette distance. Je connais lucidement et sans arrière-pensée les frontières de la communication et de l’harmonie entre moi et les autre hommes. J’ai perdu ainsi de la naïveté ou de l’innocence mais j’ai gagné mon indépendance. Je ne fonde plus une opinion, une habitude ou un jugement sur autrui. J’ai expérimenté l’homme. Il est inconsistant.

    La vertu républicaine correspond à mon idéal politique. Chaque vie incarne la dignité de la personne humaine, et aucun destin ne justifierai une quelconque exaltation de quiconque. Or le hasard s’amuse de moi. Car les hommes me témoignent un invraisemblable et excessive admiration et vénération. Je ne veux ni ne mérite rien. J’imagine la cause profonde mais chimérique de leur passion. Ils veulent comprendre les quelques idées que j’ai découvertes. Mais j’y ai consacré ma vie, toute ma vie d’un effort ininterrompu.

    Albert Einstein – Comment je vois le monde – Edition Flammarion – 1979

    « Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire. »

    “Placez votre main sur un poêle une minute et ça vous semble durer une heure. Asseyez vous auprès d’une jolie fille une heure et ça vous semble durer une minute. C’est ça la relativité.”

    “La vie, c’est comme une bicyclette, il faut avancer pour ne pas perdre l’équilibre.”

    “J’ignore la nature des armes qu’on utilisera pour la prochaine guerre mondiale. Mais pour la quatrième, on se battra à coup de pierres.”

    “Définissez-moi d’abord ce que vous entendez par Dieu et je vous dirai si j’y crois.”