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  • Entre miracle et aveuglement

    « Au lieu de réduire nos consommations, nous préférons croire au miracle »

    • PROPOS RECUEILLIS PAR AURORE LALUCQ

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    Pour prendre le virage d'une économie économe en ressources, nous misons tout sur les progrès techniques. A tort, selon le philosophe Dominique Bourg, professeur à l'université de Lausanne.

    Quels sont les objectifs à respecter en termes de réduction de nos consommations de ressources ?

    Il y a deux limites à notre consommation de ressources. La première découle de la quantité d’une ressource donnée accessible à un coût énergétique acceptable. La seconde procède des effets indirects de l’exploitation de ces mêmes ressources : par exemple, l’exploitation des énergies fossiles, parce que provoquant le changement de la composition chimique de l’atmosphère, est en passe de faire basculer le système Terre vers un état inédit, hostile à l’habitat humain, l’anthropocène.

    Les limites en matière de ressources ne sont pas absolues mais relatives, ce qui les rend plus difficilement identifiables. Nous n’exploiterons jamais par exemple, contrairement aux dires de Max Weber, la dernière goutte de pétrole. Il nous faudrait en effet probablement plusieurs barils pour l’extraire de quelque recoin des profondeurs de la Terre. C’est aujourd’hui 10 % de l’énergie primaire au monde qui sont consacrés aux activités extractives et le coût énergétique de ces extractions croît de façon exponentielle, tant nous devons nous enfoncer dans les profondeurs des sous-sols, parfois jusqu’à plus de 600 mètres pour certains métaux. Et aller chercher sur la Lune des métaux semi-précieux n’améliorerait pas le coût énergétique global de nos activités extractives.

    Les secondes limites, celles relatives à l’état actuel du système Terre - en matière de climat, de biodiversité, d’acidification des océans, d’usage des sols, de l’eau, de cycles de l’azote et du phosphore, etc. - sont beaucoup plus dangereuses encore pour nous. Rien ne nous empêche en effet de les franchir, ce à quoi nous nous employons d’ailleurs avec une vigueur étonnante. Le problème est que les conséquences du franchissement de ces limites n’apparaissent que longtemps après que nous les ayons franchies. Il faut par exemple attendre plusieurs décennies avant qu’un degré de concentration des gaz à effet de serre déploie ses premiers effets, et au moins un siècle pour qu’il les développe en grande partie. En d’autres termes, ceux qui franchissent ne sont pas ceux qui passent à la caisse.

    "Créer, partager et stimuler", tels sont les principes de Kelle Fabrik, Fab Lab dijonnais fondé en 2012 où sont mis à la disposition de tous, à condition d’adhérer à la structure (25 euros), des outils allant du simple marteau à l’imprimante 3D. Après le do it yourself (fabrique-le toi-même), la tendance du do it with others (fabrique avec les autres) s’enracine en France via ce type de structures.

    A Kelle Fabrik, chacun peut fabriquer ou réparer ce qu’il veut grâce à des outils mutualisés. Ce qui permet de lutter contre l’obsolescence programmée, de valoriser ce qui autrement partirait à la poubelle... Ce laboratoire de fabrication stimule la créativité des particuliers, des élèves ou des entreprises souhaitant venir y travailler. Il facilite l’accès du plus grand nombre aux travaux manuels, contribue à diffuser un savoir technique et à transmettre des connaissances aux bricoleurs présents.

    De quoi également permettre à des entrepreneurs locaux d’accéder à des outils onéreux et réconcilier esprit d’entreprise et lien social. L’initiative séduit aussi des entreprises de taille conséquente : Kelle Fabrik collabore ainsi avec la SNCF sur le challenge trainDroïd, un programme de prototypage dédié aux collaborations "homme-machine".

    Notons que l’affaire climatique commence à prendre un tour tragique. Les choses se déroulent plus vite et/ou plus mal qu’on ne s’y attendait. Le relatif plateau des années 2000-2010 a été une surprise, explicable par le réchauffement en profondeur des océans. L’actuelle accélération du réchauffement depuis 2014, et plus encore depuis 2016, est tout aussi surprenante. Août aura été le 16e mois d’affilée le plus chaud jamais enregistré et nous avons atteint une température moyenne de près de 1,3 °C supérieure aux valeurs préindustrielles. Si elles devaient être confirmées, différentes études concernant le rôle des nuages ou encore des données paléoclimatiques pourraient nous amener à rehausser la sensibilité du système climatique à nos émissions. La fonte des masses glaciaires est plus rapide que prévu et pourrait s’avérer irréversible.

    Si la nécessité de limiter notre consommation de ressources fait aujourd’hui consensus (à de rares exceptions près), les moyens d’y parvenir diffèrent. Pourquoi, par exemple, ne partagez-vous pas l’optimisme technophile de Philippe Aghion, qui estime que "c’est du changement technologique que viendra la lutte contre le changement climatique"? Et comment expliquez-vous cet engouement pour les solutions techniques ?

    L’heure est à la croyance au miracle. Certains annoncent qu’il n’y aura bientôt plus assez de carbone dans l’atmosphère, grâce probablement au pompage des Shadocks ! Elon Musk (fondateur de SpaceX et cofondateur de Tesla Motors) nous annonce qu’il va "terraformer" Mars pour y établir une colonie humaine. Mais une telle "terraformation", si tant est qu’elle soit possible, pourrait durer des centaines de milliers d’années ! Ce n’est pas le même défi que produire 350 000 batteries au lithium, qui le met d’ailleurs déjà à la peine !

    Pour tout dire, j’ai du mal à comprendre ce qui fonde cet hyperoptimisme relatif à l’issue de la guerre que nous conduisons contre la nature. Tous les indicateurs environnementaux passent les uns après les autres au rouge et les nuages s’accumulent à l’horizon climatique : la production céréalière, contrée par les aléas du climat, croît moins vite que la démographie mondiale, des insectes hyperrésistants apparaissent aux Etats-Unis, les océans se remplissent de méduses, etc. Et tout cela est bien le résultat de la saga des progrès technologiques antérieurs. Un récent rapport de l’Organisation des Nations unies ("Global Material Flows and Resource Productivity") montre que la consommation de ressources augmente même plus vite que le produit intérieur brut (PIB) depuis 2000 ! Non seulement nous ne sommes pas parvenus en quarante ans de progrès techniques à découpler la croissance du PIB des flux sous-jacents, mais c’est l’inverse qui s’est produit.

    Compte tenu d’un tel démenti par les faits, je n’ai pas d’autre explication à ces assertions que celle d’un phénomène religieux, au sens d’une croyance vous permettant d’attendre du monde plus qu’il ne pourra jamais vous donner. Toutes les religions ont des miracles à faire valoir sans qu’elles ne soient jamais parvenues à changer à l’avantage de tous, et de façon patente, l’état du monde. La religion techno-économique peut faire valoir aussi des réussites éclatantes - la méthode Crispr cas91 pour le découpage du génome, les cellules souches pluripotentes et induites (IPS), la loi de Moore2 ou les progrès vertigineux de l’intelligence artificielle, etc. -, mais celles-ci ne semblent pas en mesure de remédier à la masse des difficultés qui nous accablent, sans compter celles qu’elles ajouteront immanquablement.

    Surtout, je crois que nous avons une fâcheuse tendance à confondre techniques et sciences. Les techniques nous font croire au miracle et cela fait des décennies qu’elles sont présentées et vendues ainsi, comme autant de promesses folles mais jamais totalement tenues. En revanche, le discours scientifique ouvre de tout autres perspectives. Considérons le système Terre. Il agit lui-même sur ses éléments, intensifiant ou réprimant leur expression. Les mêmes causes ne sont pas ainsi systématiquement suivies des mêmes effets. Le devenir du système est donc difficilement prévisible ; il recèle même divers points de basculement dont il est impossible de connaître les seuils à l’avance. Dans ces conditions, l’idée d’une maîtrise globale n’a aucun sens. Et il n’y a pas à proprement parler de géo-ingénierie, mais au mieux des leviers partiels d’action, pour ne pas dire des bouts de ficelle, dont on ne saurait vraiment connaître à l’avance la totalité des conséquences. Certes, nous exerçons désormais une influence massive sur le système Terre, en réalité involontaire et nullement pilotée, mais elle est en passe de susciter elle-même des réactions tout aussi massives, que nous ne saurions ni totalement prévoir, ni encore moins maîtriser.

    Que faudrait-il mettre en oeuvre pour jeter les bases d’une économie économe en ressources ?

    Ce qu’il faudrait faire, c’est ce qu’on ne fera pas : chercher à contrôler et à réduire progressivement, par des instruments et des incitations divers, nos consommations. Ce serait violer le fondement consumériste de notre civilisation. Nous préférons croire au miracle et nous le ferons jusqu’à un éventuel effondrement. Cela est d’autant plus dommage que nous aurions de bonnes raisons de ne pas continuer sur notre lancée. Pourquoi, en effet, poursuivre la sacrée croissance alors qu’elle ne délivre plus ses fruits et ruine nos conditions physiques d’existence ? La croissance du PIB ne débouche en effet plus sur une amélioration du bien-être, ni sur une création nette d’emplois, ni sur une réduction des inégalités.

    Juratri procède d’une alchimie rare entre le projet militant, la performance industrielle et la qualité sociale. En vingt-trois ans, cette Scop basée à Lons-le-Saunier (Jura) a su devenir un des principaux acteurs industriels du traitement des déchets de la région, tout en conservant son objectif initial : l’insertion par l’activité économique de personnes éloignées du marché du travail.

    Juratri est ainsi parvenu à anticiper les évolutions du marché et à se positionner comme un acteur de premier rang du recyclage, tout en nouant des partenariats avec les grandes entreprises du secteur. Le statut coopératif a permis un développement largement fondé sur l’autofinancement, avec des investissements dans des locaux modernes et des outils nécessaires à la diversification de l’activité, comme en témoigne l’ouverture en 2012 de Trivolution, une plate-forme mécanisée de tri des déchets d’équipements électriques et électroniques.

    Depuis 2000, 455 personnes ont été accompagnées dans cette entreprise qui fut la première à obtenir la certification Afaq EI-ETTI, qui atteste de la qualité des pratiques sociales. En parallèle, la Scop investit 150 000 euros par an dans la formation professionnelle de ses salariés en insertion, afin qu’ils soient à même de trouver un emploi à la fin de leur contrat. Juratri est également à l’origine, en 2004, du Clus’Ter Jura, pôle territorial de coopération économique dont l’objectif est de créer localement de l’emploi durable. Ses domaines d’exploration vont de l’économie circulaire (collecte des bio-déchets, méthanisation, écologie industrielle, consigne des bouteilles de verre) à la rénovation énergétique ou encore à la mobilité pour tous.

    En revanche, des progrès techniques associés à une réduction des consommations permettraient d’étendre progressivement au plus grand nombre certaines formes de confort matériel d’existence. Changement technique et changement des modes de vie pourraient être autrement combinés. Tel serait le projet d’une économie perma-circulaire, visant à ramener l’empreinte écologique de l’humanité à une planète.

    Cet article a été initialement publié dans Les Dossiers d'Alternatives Économiques de janvier 2017.

  • Collapsologie : désastre, mode d'emploi

     

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    Collapsologie : désastre mode d'emploi

    Changement climatique, épuisement des ressources, des chercheurs compilent des données montrant que notre civilisation est déjà en train de s'effondrer.

     

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    Modifié le  - Publié le  | Le Point.fr

    À Houston, le 27 août 2017, après le passage de la tempête tropicale Harvey.

    À Houston, le 27 août 2017, après le passage de la tempête tropicale Harvey. © THOMAS B. SHEA / AFP

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    Il s'appelle Pablo Servigne, il sourit et, en très gros plan face caméra, il explique : « Un collapsologue, c'est quelqu'un qui s'intéresse à l'effondrement de notre civilisation et qui rassemble des preuves, des chiffres, des faits, des hypothèses, des scénarios. » La voix est claire, elle ne tremble pas. Le propos, lui, est terrifiant.

    Dans Comment tout peut s'effondrer. Petit manuel de collapsologie à l'usage des générations présentes, publié au Seuil en 2015, Pablo Servigne et Raphaël Stevens expliquaient ce que de plus en plus de chercheurs, dans différentes spécialités, sont en train de documenter : nous ne sommes pas à l'aube d'une « crise » écologique. Elle a déjà eu lieu. Notre civilisation industrielle, basée sur une énergie abondante, abordable et une croissance continue, n'est pas soutenable. Elle fonce dans le mur et il est trop tard pour éviter l'impact. Bouleversement climatique, crise économique, crise migratoire, les secousses ont déjà commencé et les deux auteurs créent alors cette nouvelle spécialité scientifique : la collapsologie, l'étude du désastre.

     

    L'idée n'est pas nouvelle. En 1972, le rapport Meadows, rédigé par le MIT pour le Club de Rome, prévoyait cet effondrement aux alentours de 2030. En 2009, Nature publiait une étude définissant neuf seuils critiques au-delà desquels la vie ne pourrait se maintenir sur la planète. Quatre d'entre eux étaient déjà dépassés. En 2012, une équipe de 18 chercheurs remet le couvert, toujours dans Nature. L'effondrement est imminent et irréversible. « En un mot, les hommes n'ont rien fait réellement d'important pour éviter le pire, car les structures sociales existantes ne sont juste pas les bonnes », expliquait Arne Mooers, professeur de biodiversité à la Simon Fraser University à Vancouver. « Mes collègues qui étudient les changements climatiques [...] sont plus qu'inquiets. En fait, ils sont terrifiés. »

    Comment partager ce que nul n'a envie d'entendre ?

    C'est cette terreur que voulait apprivoiser Clément Montfort, le réalisateur de Next, une série documentaire sur le Web. Il la connaît bien. Il enquête sur les questions environnementales depuis six ans, est l'auteur de Soigneurs de terre, diffusé sur France 2 en 2016, et de La Guerre des graines. Découvrant le livre de Servigne et Stevens, il décide de se lancer dans un projet ambitieux. Et s'effondre lui-même. Enquêter sur la fin de notre monde, collecter ces faits qui s'accumulent l'ont mené au burn-out.

    Pour continuer à avancer, il a repensé son projet : il va les filmer, ces collapsologues solitaires, qu'on prend pour des fous, des prophètes de malheur, qu'on fait taire dans les dîners en ville et autour de la machine à café. Comment font-ils, eux, pour poursuivre leur travail ? Pourquoi ont-ils des enfants ? Comment partager ce que nul n'a envie d'entendre ?

     

    Dans le 4e épisode de Next, nos collapsologues sont invités à Bercy, au sein d'un conseil d'experts chargés de rédiger des rapports pour les ministères. Et ce sont deux collapsologues heureux, ou presque, qui se félicitent d'avoir pu échanger avec ces hommes et ces femmes, spécialistes du risque et de la sécurité, de la gestion des ressources, du secteur public, et capables peut-être d'influer sur la décision politique… La conversation se poursuit, ils en arrivent pourtant à soupirer : l'action de l'État, ils n'y croient guère. Trop d'enjeux contraires, trop de complexité.

     

    [Next] Web Série Doc @NextWebSerieDoc

    "Bercy invite les collapsologues" 
    TEASER de L'Episode 4 de NEXT - Web Série Doc 
    @_Bercy_

     

     

    Entraide

    De l'espoir ? En collapsologie, il est mince et a pour nom « résilience ». Certaines initiatives sont déjà mises en œuvre au niveau local. Elles montrent, par exemple, que si l'on change les pratiques agricoles, les écosystèmes peuvent se régénérer. Elles nous obligeront à réfléchir à ce qui nous est essentiel, à revoir nos besoins à la baisse et à coopérer. Car Pablo Servigne et Raphaël Stevens en sont sûrs, études à l'appui : dans une catastrophe, les humains ne se transforment pas en monstres, ils ont tendance au contraire à s'entraider.

    Cette résilience, c'est aussi la démarche de Clément Montfort, qui a autoproduit les trois premiers épisodes de sa série, et cherche désormais un financement participatif. Les épisodes suivants donneront, c'est promis, des raisons d'espérer, exploreront « les nouveaux modèles agricoles, l'utilisation de low-tech, la réorganisation des villes ». Ce n'est pas la fin du monde, insiste Clément Montfort, c'est la fin du nôtre. Il faut juste en inventer un autre…

    L'épisode 4 de «  Next  » sera diffusé en avant-première le 8 novembre à partir de 20 heuresdans les studios de La Télé libre (1, rue Maurice-Bouchor, 75014 Paris - Métro Porte de Vanves).

     

  • Du mimétisme à la spécularité

    Pour ce qui est du mimétisme, nul besoin de développer l'analyse. C'est d'une telle évidence...

    La notion de spécularité va plus loin en considérant que la volonté seule inhérente à chaque individu ne suffit pas à rompre les barrières d'un système archaïque.

    Si on applique cette notion à la dimension politique, il n'y a rien à attendre de l'ensemble des dirigeants.

    Il s'agit donc pour chaque élément du peuple à avoir le courage de s'extraire du cadre.

    On peut espérer qu'il existera un jour une sorte de "nombre déclencheur", une masse d'individus libérés, non seulement du mimétisme mais bien du jugement d'autrui.

    La route est encore longue et le temps disponible de plus en plus réduit.

    Tout cela, dans la dimension spirituelle, s'accorde avec la notion d'égrégore. Il est utile de ne pas le perdre de vue. Et il est de notre responsabilité d'épurer en nous les égrégores néfastes...

    Egrégore (1)

    Égrégore (2)

    Les égrégores (INREES)

     

    "Les modèles du monde que possède un individu, notamment son modèle de lui-même, sont issus des modèles du monde possédés par autrui, notamment du modèle qu'autrui a de lui. Le philosophe Jean-Louis Vullierme appelle cette interaction cognitive la "spécularité". Ce qui détermine les comportements d'un individu est donc le système des modèles que possède cet individu. Selon cette hypothèse, la volonté n'est donc pas une réalité première, mais une réalité dérivée de l'interaction spéculaire. 

    L'individu averti de l'effondrement du système dans lequel il évolue ne se demande pas s'il veut changer sa vie, mais seulement s'il le ferait au cas où un certain nombre d'autres le feraient aussi. Chacun étant placé dans la même situation que les autres, l'effondrement sera réduit non pas en fonction de la volonté de tous mais de leurs représentations croisées, c'est à dire en fonction des anticipations que chacun effectuera sur la capacité effective de ceux qui l'entourent à changer leurs vies.

    Qu'en est-il du déni de l'effondrement à l'échelon des décideurs ? La dynamique spéculaire s'exerce encore inexorablement. La propagation des croyances en l'imminence de l'effondrement ne peut être que lente au sein d'un monde politique obsédé par la rivalité à tel point que même si tous les dirigeants du monde, comme sous l'effet d'une révélation, étaient soudain habités par cette appréciation d'un écroulement proche, ils commenceraient par se demander si leurs amis ou rivaux politiques partagent ou non cette croyance. Chacun saurait l'imminence de la catastrophe mais il ne saurait pas que les autres le savent. Guettant chacun le faux pas des autres, c'est à dire la divulgation publique de la force de leur croyance, aucun ne dévoilerait finalement celle-ci.

    Connue de chacun, cette croyance ne serait cependant pas une connaissance commune puisqu'il s'agirait alors de bouleverser les politiques publiques en modifiant radicalement les modes de production et de consommation des sociétés industrialisées, ce qui supposerait que les citoyens eux-mêmes possèdent ce modèle du monde, la croyance d'un effondrement imminent, et en acceptant les conséquences en terme de modification radicale de leur mode de vie.

    Le déni de l'effondrement n'est donc pas dans la tête de chacun en tant qu'il serait un être déraisonnable ou insuffisamment informé, c'est un effet de système qui émerge de la combinatoire spéculaire. Ainsi, faute d'essor rapide de multiples communautés de transitionneurs et d'objecteurs de conscience, l'effondrement en devient inévitable. Non parce que la connaissance scientifique de son advenue serait trop incertaine mais parce que la psychologie qui habite les humains ne leur permettra pas de prendre les bonnes décisions au bon moment. "

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  • Conscience et intelligence animale

    Matthieu Ricard : «Plus une espèce animale est exploitée, moins on lui reconnaît la capacité de penser»

     

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    Par Aurélie Delmas — 

     

     

    Il est temps, alerte le moine bouddhiste tibétain Matthieu Ricard, de repenser notre concitoyenneté avec les animaux que nous exploitons et massacrons sans raison morale valable. Un travail qui commence par la reconnaissance de leur individualité.

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       Matthieu Ricard : «Plus une espèce animale est exploitée, moins on lui reconnaît la capacité de penser»

    Docteur en génétique cellulaire et moine bouddhiste tibétain, Matthieu Ricard vient de publier Un demi-siècle dans l’Himalaya (La Martinière) et s’intéresse depuis longtemps à la condition animale.

    Vous avez écrit un Plaidoyer pour les animaux. Comment et pourquoi vous êtes-vous penché sur cette question ?

    J’ai souhaité mettre en évidence les raisons scientifiques et l’impératif moral qui justifient d’étendre l’altruisme à tous les êtres sensibles. Nul doute qu’il y a tant de souffrances parmi les êtres humains que l’on pourrait passer une vie entière à n’en soulager qu’une partie infime. Toutefois, se préoccuper du sort des quelque 8 millions d’autres espèces qui sont nos concitoyens sur cette planète n’est ni irréaliste ni déplacé puisque, dans la vaste majorité des cas, il n’est pas nécessaire de choisir entre le bien-être des humains et celui des animaux. Il ne s’agit donc pas de ne se préoccuper que des animaux, mais aussi des animaux, et de les inclure dans le cercle de notre bienveillance. Cette extension est davantage une question d’attitude responsable que d’allocation des ressources limitées dont nous disposons pour agir sur le monde.

    En dépit de notre émerveillement devant le monde animal, nous y perpétrons un massacre à une échelle colossale : 60 milliards d’animaux terrestres et 1 000 milliards d’animaux marins sont tués tous les ans pour notre consommation. Deux millions d’animaux par minute. Autant de morts par semaine que le nombre d’êtres humains tués dans toutes les guerres de l’histoire de l’humanité.

    Nous avons fait d’immenses progrès de civilisation - abolition de l’esclavage et de la torture, Déclaration universelle des droits de l’homme - mais il nous reste au moins encore un grand pas à faire pour corriger une incohérence morale majeure et respecter le désir commun à tous les êtres sensibles d’échapper à la souffrance et de rester en vie, ce qui inclut les animaux. Qui plus est, ces tueries de masse et leur corollaire, la surconsommation de viande dans les pays riches, entretiennent la faim dans le monde, accroissent les déséquilibres écologiques et sont nocives pour la santé humaine. L’impact de notre style de vie sur la biosphère nous mène, au rythme actuel de disparition des espèces, vers la sixième extinction majeure des espèces depuis l’apparition de la vie sur Terre : 30 % de toutes les espèces animales auront disparu de la planète d’ici à 2050 et cela ne s’arrêtera pas là.

    Quel rapport les sociétés occidentales entretiennent-elles avec les animaux en général et «leurs» animaux dits domestiques ?

    Parfois, nous prenons soin de nos animaux de compagnie comme s’ils étaient nos propres enfants ; parfois, nous chassons d’autres animaux et les tuons pour notre plaisir ; parfois encore, nous portons leur fourrure avec coquetterie. Souffrant de dissonance cognitive, nous passons d’une attitude à l’autre comme si de rien n’était, comme s’il s’agissait de choix anodins, alors que pour les animaux eux-mêmes, il s’agit d’une question de vie ou de mort. Nous entretenons ainsi une forme de schizophrénie morale qui nous fait prendre grand soin de nos chiens et nos chats tout en plantant nos fourchettes dans des porcs alors qu’ils ne sont pas moins conscients, sensibles à la douleur et intelligents. D’aucuns ont déclaré qu’en renonçant à manger les animaux et à les faire souffrir, nous renierions notre «humanité» ou, selon d’autres, «la part d’animalité en nous». La barbarie ne commencerait que lorsque l’on ajoute gratuitement des souffrances aux animaux que l’on fait déjà souffrir de manière insondable dans les abattoirs et autres lieux où on les exploite. La logique et le bon sens semblent avoir subi le même sort que les 50 millions de poussins mâles passés au broyeur chaque année en France.

    Que nous apprennent les recherches récentes sur l’intelligence et l’état de conscience des espèces «non humaines» ?

    La science a clairement mis en lumière la richesse des capacités intellectuelles et émotionnelles dont sont dotées une grande partie des espèces animales. Elle a également mis en évidence le continuum qui relie l’ensemble des espèces animales et permet de retracer l’histoire évolutive des espèces qui peuplent la planète. Etablir des frontières infranchissables entre les différentes espèces animales relève de la mauvaise biologie. Les chauves-souris naviguent au sonar, les oiseaux migrateurs sur les étoiles, et nous autres, êtres humains, sommes capables de raisonnements moraux complexes. Chaque espèce utilise au mieux les facultés qui lui sont propres. Pour être clair, l’espèce humaine excelle par son intelligence et l’étendue de sa culture et de ses facultés morales. Mais cette excellence ne lui confère en aucune façon le droit d’instrumentaliser les autres espèces à son profit, au prix de souffrances incalculables.

    Est-il juste et moral d’infliger des souffrances non nécessaires à d’autres êtres sensibles ? A moins d’avoir perdu la raison, on répondra négativement à cette question. Or, de nos jours, seule une infime partie de l’humanité dépend pour sa survie, sans alternative acceptable, de la tuerie des animaux. Ce massacre de masse n’est absolument pas nécessaire : il est donc injuste et immoral. La raison principale pour laquelle nombre d’entre nous nous accrochons avec ténacité à l’idée d’une frontière infranchissable entre les hommes et les animaux est que si nous reconnaissions que les animaux ne sont pas fondamentalement différents de nous, nous ne pourrions plus les traiter comme des instruments au service de notre bon plaisir.

    L’éthologue Donald Griffin a forgé le terme «mentaphobie» pour désigner l’obsession que manifestent certains philosophes et scientifiques (de plus en plus rare chez ces derniers) à dénier toute forme de conscience aux animaux, de peur d’avoir à reconsidérer la façon dont les hommes les traitent et de se sentir eux-mêmes coupables de violences éhontées. Il est intéressant de noter que des études ont relevé que plus une espèce animale est exploitée, moins on lui reconnaît la capacité de penser (1).

    La prise en compte de l’intelligence animale progresse lentement. Cela mènera-t-il à des bouleversements profonds de la façon dont on les traite ?

    Il semble impossible de fournir une raison valable, fondée sur l’éthique, la justice, la bienveillance ou la nécessité - et non sur la gourmandise, les habitudes, les dogmes, les idéologies, le conformisme, le profit ou l’ignorance -, qui justifie le fait de se nourrir, de se vêtir ou de se divertir au prix de la souffrance et de la mort d’autres êtres sensibles. Qu’on le souhaite ou non, il est clair que les abattoirs ne fermeront pas leurs portes du jour au lendemain. Il ne s’agit donc pas de licencier des centaines de milliers de travailleurs et de libérer dans les rues des centaines de millions de poules, de veaux et de porcs utilisés dans les exploitations industrielles. Cette transition impliquera des réajustements mais offrira également de nouvelles opportunités. De plus, elle est devenue nécessaire. Si, par exemple, tous les habitants de l’Amérique du Nord s’abstenaient de manger de la viande pendant une seule journée, cela permettrait, indirectement, de nourrir 25 millions de pauvres tous les jours pendant une année entière !

    L’engouement des pays développés pour la consommation de viande ne pourra pas être soutenable à mesure que la population humaine approchera les 9 milliards, autour de 2050. Selon le rapport de 2014 du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat aux Nations unies (Giec), des changements de régime alimentaire - moins de viande et de produits laitiers - sont cruciaux pour avoir une chance de maintenir le réchauffement global sous les 2° C.

    C’est pourquoi, selon Rajendra Kumar Pachauri, prix Nobel de la paix au nom du Giec dont il a été le président, une tendance mondiale vers un régime végétalien est essentielle pour combattre la faim dans le monde ainsi que la pénurie d’énergie et les pires impacts du changement climatique : «En termes d’action immédiate et de faisabilité pour obtenir des réductions dans un court laps de temps, c’est clairement l’option la plus attirante.» (2)

    Quel regard les générations futures porteront-elles sur notre façon de traiter les autres espèces, selon vous ?

    Il est inconcevable de se contenter de «ficher la paix» aux animaux, comme s’ils vivaient dans un monde détaché du nôtre. La biosphère est fondamentalement interdépendante et notre vie est étroitement liée à celles des animaux du simple fait que nous sommes tous des membres actifs du monde dans lequel nous vivons et que nous modifions sans cesse par nos activités. Les animaux sont le plus souvent nos proies, mais il nous arrive également d’être les leurs. Parfois, ils sont nos compagnons ; parfois, ils nous aident, comme les chiens d’aveugles ; parfois, ils nous envahissent, comme les sauterelles, les termites. Même lorsque nous nous sommes longtemps ignorés - animaux des grands fonds sous-marins ou des forêts impénétrables -, l’impact global que nous avons sur notre environnement est tel qu’aucune forme de vie n’est étrangère à nos activités. Il importe donc de repenser de manière plus cohérente et équitable nos rapports avec les animaux en termes de concitoyenneté.

    C’est ce qu’ont fait de manière brillante Sue Donaldson et Will Kymlicka dans Zoopolis, une théorie politique des droits des animaux (3). Ils envisagent trois principaux types de droits pour les animaux, selon leur mode de vie. Concernant les animaux sauvages, ils proposent de les traiter comme des communautés souveraines, disposant de leur propre territoire. Les animaux sauvages sont compétents pour se nourrir, se déplacer, éviter les dangers, gérer les risques qu’ils prennent, jouer, choisir un partenaire sexuel et élever une famille. Pour la plupart, ils ne recherchent pas le contact avec les humains. Il est donc désirable de préserver leur mode de vie, de protéger leur territoire, de respecter leur faculté de s’autogouverner et d’éviter les activités qui leur nuisent directement (chasse, destruction des biotopes) ou indirectement (pollution, dégradations générales de l’environnement dues aux activités humaines). De plus, il n’y a pas lieu d’intervenir pour empêcher la prédation entre animaux sauvages, de sauver la gazelle des crocs du lion.

    En ce qui concerne les animaux domestiques, qui vivent avec nous et dépendent de nous, il s’agirait d’en faire des citoyens de nos communautés politiques. Tout comme les jeunes enfants et les handicapés mentaux, qui ont le droit d’être représentés lorsqu’on prend des décisions qui les concernent, les animaux domestiques pourraient être représentés par des personnes de confiance, qui les perçoivent comme des individus dotés de préférences. Abolir l’exploitation outrancière des animaux domestiques n’exige pas nécessairement de mettre fin à des siècles de vie commune. Seule la disparition des monstres créés par la zootechnie serait bienvenue : les dindes dont le corps a été déformé (pour développer la partie pectorale, qui est un mets de prédilection) au point qu’elles ne parviennent plus à s’accoupler naturellement, ou ces truies gigantesques qui mettent bas 28 porcelets qu’elles ne sont pas en mesure de nourrir, pour ne citer que quelques exemples. Les humains pourraient tirer intelligemment profit des activités que les animaux exercent de leur plein gré, en vivant dans un environnement conforme à leurs goûts et leurs besoins. On peut, par exemple, recueillir les excréments d’autres animaux pour s’en servir comme engrais, ou confier à des moutons le soin de maintenir l’herbe rase dans de grands parcs publics. Des chèvres peuvent débroussailler des sous-bois et ainsi prévenir les risques d’incendie. Le flair des chiens peut sauver des vies et être un outil précieux en bien des circonstances. En échange de nourriture et de soins, il est aussi possible d’envisager des formes de travail animal, qui tiennent compte de la personnalité de chacun, sous réserve que les animaux s’y prêtent volontiers, que le travail ne devienne pas envahissant au point de les empêcher de se livrer aux autres activités et relations qui leur importent.

    Quant à la troisième catégorie, les animaux, ni domestiques ni sauvages, qui vivent sur des territoires habités ou cultivés par les humains, tout en menant une existence autonome - pigeons, moineaux, goélands, corvidés, souris et chauve-souris, écureuils, ratons laveurs, etc. -, leurs moyens d’existence sont plus étroitement liés aux activités humaines. Ils pourraient être traités comme des «résidents permanents». Ils ont le droit d’être là, mais nous n’avons pas de devoirs positifs à leur endroit, comme de les protéger des prédateurs ou de leur fournir des soins de santé.

    Pour ce qui est du regard que porteront sur nous les générations futures : «Un jour viendra où l’idée que, pour se nourrir, les hommes du passé élevaient et massacraient des êtres vivants, et exposaient complaisamment leur chair en lambeaux dans les vitrines, inspirera sans doute la même répulsion qu’aux voyageurs du XVIIe et du XVIIIesiècles les repas cannibales des sauvages américains, océaniens ou africains.» (4)

    Notre civilisation n’ayant cessé de progresser sur le plan éthique, on peut raisonnablement penser que cette prédiction de Claude Lévi-Strauss finira par s’accomplir.

    (1) Voir Contre la mentaphobie de David Chauvet, éditions L’Age d’homme, 2014.

    (2) Interview dans The Telegraph, 7 septembre 2008.

    (3)Oxford University Press, 2011.

  • Irlande : fin des cirques avec animaux.

    L'Irlande interdit aux cirques de travailler avec des animaux sauvages

     

     

    INFOGRAPHIE - Le texte qui entrera en vigueur le 1er janvier 2018 prévoit que les cirques ne pourront plus faire appel à des animaux «qui ne sont habituellement pas domestiqués». Toute infraction sera sanctionnée d'une peine d'emprisonnement de 5 ans et d'une amende de 250.000 euros.

    L'Irlande va interdire l'usage d'animaux sauvages dans les spectacles de cirque à partir du 1er janvier 2018, actant ainsi un large mouvement contre la pratique, à la grande satisfaction de l'association PETA qui a salué ce vendredi la décision. Le ministre irlandais de l'Agriculture Michael Creed a signé jeudi un texte qui interdit désormais de recourir aux animaux «qui ne sont habituellement pas domestiqués dans le pays», renforçant la législation sur la santé et le bien-être animal de 2013.

    » LIRE AUSSI - La colère des patrons de cirques avec animaux

    La loi instaurait 5 grands principes, dont le droit pour les bêtes à ne subir aucune blessure ou maladie ou encore à n'être soumises ni au stress ni à la peur. «C'est un choix progressiste, qui démontre notre engagement envers le bien-être animal», a commenté le ministre dans un communiqué, estimant qu'«il s'agit d'un avis partagé par le grand public que je suis heureux d'appuyer». Toute infraction à cette nouvelle disposition est punissable d'une peine pouvant aller jusqu'à 250.000 euros d'amende et 5 ans d'emprisonnement.

    Dans le communiqué, le ministre rappelle que les autorités locales ont été de plus en plus nombreuses à refuser que de tels spectacles se produisent sur des terrains publics. Il précise également que le ministère de l'Agriculture est conscient de l'impact que cette décision aura sur l'industrie du cirque, mais souligne que «des dispositions modernes en faveur des animaux amèneront le public à être plus à l'aise avec les spectacles de cirque», alors que le nombre de compagnies itinérantes employant des animaux sauvages a fortement chuté en plus d'une décennie.

    Une décision saluée par les associations

    La décision a été saluée par la Société irlandaise de prévention de la cruauté contre les animaux (ISPCA), qui menait campagne contre l'emploi d'animaux sauvages. Une pétition lancée en février 2016 a récolté près de 28.000 signatures. Son directeur, Andrew Kelly, s'est réjoui de la nouvelle en réaffirmant que «les cirques ambulants ne peuvent et ne pourront jamais fournir l'environnement adéquat pour des animaux tels que les éléphants, les tigres et les lions qui nécessitent un encadrement complexe sur le plan physique et psychologique».

    De son côté, PETA a réagi dans un communiqué «applaudissant» l'Irlande: «Le gouvernement irlandais l'a compris: les mœurs ont changé et le public comprend qu'il est immoral d'enfermer et d'exploiter ces individus sensibles et intelligents».

    L'Irlande s'ajoute aux 41 pays qui ont déjà banni - partiellement ou totalement - l'usage d'animaux sauvages dans les cirques, dont 19 en Europe, notamment l'Autriche, les Pays-Bas et la Belgique. En France, ce sont les communes qui ont le pouvoir d'interdire la venue d'un cirque avec animaux sur leur territoire. Au total, 42 villes françaises ont déjà usé de ce pouvoir comme Ajaccio, Yerres, La Ciotat ou encore Bagnolet. En mai dernier, le cirque Bouglione a été le premier en France à abandonner les spectacles avec animaux.

  • Les éditions du 38

    EDITIONS DU 38

     

    Les Éditions du 38 ont été créées par Anita BERCHENKO et j'ai la chance d'avoir croisé sa route.

    C'est Anita qui a décidé de publier "LÀ-HAUT" en version numérique.

    C'est elle encore qui l'a présenté à Jean-Luc TAFFOREAU pour une publication en version papier.​

    Ils font donc partie des gens qui contribuent à mon bonheur d'écrivain.

    Cette page est destinée à lister les auteurs qui participent avec talent et enthousiasme à l'histoire de cette belle maison.

    Les liens dirigent vers les sites, blogs, page Facebook de chacun et chacune.

    Tous les goûts étant dans la nature littéraire de la maison, les lecteurs et lectrices pourront y trouver leur bonheur : polar, thriller, érotique, fantasy, anticipation, littérature contemporaine, historique, romance.

    Les livres sont principalement publiés en numérique mais le livre papier y trouve sa place également.

    Mille mercis à Bernard AFFLATET pour avoir compilé tous ces liens 

     

    Bernard AFFLATET
    Site Web : 
    http://www.facebook.com/BernardAfflatetAuteur
    Pays : France

     

     

     

     

    En cliquant sur les photos des auteurs, ci-dessous, vous arriverez sur la page de leurs publications aux Editions du 38

     

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    Les auteurs du 38


    Sylvie KAUFHOLD

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    Gilles Milo-Vacéri

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    Serge Le Gall

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    Jean-Baptiste FERRERO

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    Jean-Michel Leboulanger

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    Bernard Afflatet

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    Sophie Moulay

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    Julie Lamiré

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    Joy Maguène

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    Raphaël Rosenbaum

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    Aline Tosca

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    Sara Greem

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    Sandra Mézière

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    Claire Arnot

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    Corinne De Vailly

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    Béatrice Egémar

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    Freddy Woets

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    Caroline Costa

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    Coralie Péguet

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    Bernard COAT

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    Jean-Marc CROQUIN

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    Céline Santran

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    Alex Nicol

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    Nicolas Cluzeau

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    Normand Lester

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    Julie-Anne de Sée

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    Christine Machureau

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    Bernard Grandjean

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    Benedict Taffin

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    Pauline Derussy

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    Noël Matteï

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    Thiébault de Saint-Amand

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    Julie Derussy

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    Yan Kellern

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    Thierry Ledru

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    Thierry Desaules

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    Jocelyne Godard

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    Joëlle Sancéau

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    Chris MALLORY

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    Perturbateurs endocriniens (2)

    Demain, tous crétins ?

    Sciences - Médecine et santé - 56 min.

    COMMENT (RE)VOIR CE PROGRAMME

    Baisse du QI, troubles du comportement et autisme en hausse : cette enquête alarmante démontre que les perturbateurs endocriniens affectent aussi la santé mentale.

    Et si l'humanité était en train de basculer vraiment dans l'imbécillité, comme l'imaginait en 2006 la cruelle fiction de Mike Judge "Idiocracy" ? Depuis vingt ans, les scientifiques constatent avec inquiétude que les capacités intellectuelles ne cessent de diminuer à l'échelle mondiale. Une baisse du QI a été observée dans plusieurs pays occidentaux. À cela s'ajoute une explosion des cas d'autisme et des troubles du comportement. En cause : les perturbateurs endocriniens, ces molécules chimiques qui bouleversent le fonctionnement de la thyroïde, essentielle au développement cérébral du fœtus. Présentes dans les pesticides, les cosmétiques, les mousses de canapé ou encore les plastiques, ces particules ont envahi notre quotidien : nous baignons dans une véritable soupe chimique. Aux États-Unis, chaque bébé naît ainsi avec plus de cent molécules chimiques dans le sang. Mais comment limiter leurs effets ? Quelles solutions peut-on mettre en place pour préserver les cerveaux des générations futures ?

    Épidémie ?

    Huit ans après "Mâles en péril", qui révélait l'impact des perturbateurs endocriniens sur la fertilité, Sylvie Gilman et Thierry de Lestrade tirent à nouveau la sonnette d’alarme en dévoilant l'effet néfaste de ces mêmes polluants sur notre intelligence et notre santé mentale. "Demain, tous crétins ?" relaie la parole de chercheurs engagés, comme la biologiste Barbara Demeneix, spécialiste de la thyroïde, ou la biochimiste américaine Arlene Bloom, qui mène depuis les années 1970 un combat acharné contre l'utilisation des retardateurs de flammes (mélanges chimiques ajoutés à une grande variété de produits industriels comme les plastiques, les textiles et les équipements électriques ou électroniques pour les rendre moins inflammables). Leurs études et d'autres nous alertent sur un problème de santé publique dont les législateurs, sous l'influence des lobbies industriels, n'ont pas encore pris la mesure.

    GÉNÉRIQUE
    • Réalisation :Thierry de Lestrade, Sylvie Gilman
    • Pays :France
    • Année :2017
    • Origine :ARTE F

    Commentaires (14)

  • Impact de l'alimentation carnée sur la planète

     

     

    Il va devenir difficile, voire inconvenant, de refuser l'évidence.


     

    Impact des modes alimentaires sur l'environnement et la disponibilité alimentaire mondiale

     

    http://www.alimentation-responsable.com/impact-des-modes-alimentaires-sur-lenvironnement-et-la-disponibilit%C3%A9-alimentaire-mondiale

    En moyenne, 10kg de protéines végétales sont utilisées pour produire 1kg de protéines animales.

    1) En effet, pour obtenir de la viande, il faut d'abord nourrir un animal : par exemple, il faut 13kg de céréales et 30kg de foin pour produire 1kg de viande de boeuf.

    2) En conséquence, la production d'aliments d'origine animale nécessite en moyenne beaucoup plus de ressources que la production d'aliments végétaux. Ce gaspillage de ressources est lourd de conséquences pour la planète et contribue à renforcer l'insécurité alimentaire mondiale.
    Comme le soulignait le World Watch Institute dans son rapport de 20043, l'appétit des humains pour la chair animale menace à présent l'avenir de l'espèce humaine du fait des multiples dommages à l'environnement dont il est responsable : déforestation, érosion, épuisement des ressources d'eau douce, pollution de l'air et de l'eau, réchauffement climatique, réduction de la biodiversité, injustices sociales, développement de maladies.

    Malgré cela, la quantité de viande consommée par habitant a plus que doublé ces cinquante dernières années, alors même que la population mondiale s'est fortement accrue. De fait, la demande mondiale de viande a quintuplé, et cette tendance à la hausse devrait se poursuivre dans les prochaines années, exacerbant la pression exercée sur la disponibilité des aliments pour une part grandissante de l'humanité, mais aussi sur la disponibilité des terres, de l'eau, des énergies fossiles, tout en accentuant le problème du réchauffement climatique, de la pollution et des déchets.

     

    Consommation d'espace, déforestation et dégradation des sols

    En Amérique Centrale, 40% des forêts tropicales humides ont été détruites au cours des 40 dernières années, principalement pour laisser la place à des pâturages destinés au marché d'exportation, souvent à destination des hamburgers américains... La viande est trop chère pour les pauvres de ces pays exportateurs de viande de boeuf, alors que dans certains cas les pâturages ont chassé une agriculture traditionnelle hautement productive.
    —John Revington in World Rainforest Report

     

    Au cours des quatre dernières décennies, les terres agricoles ont gagné presque 500 Mha sur les forêts et les autres surfaces. On estime que seront convertis encore 500 Mha entre 1997 et 2020, principalement en Amérique latine et en Afrique sub-saharienne4. Les besoins en terre pour l'élevage en sont la principale cause. En effet, l’élevage est de très loin l'activité humaine la plus consommatrice de terres : il faut de 6 à 17 fois plus de surface de terre pour produire de la viande que pour produire du soja.

    En conséquence, la production de bétail monopolise 70 % de toutes les terres agricoles et 30 % de la surface émergée de la planète. 70 % des terres auparavant couvertes de forêts en Amazonie sont occupées par des pâturages, et les cultures destinées à l'alimentation du bétail couvrent une large part des terres restantes.

    En outre, le surpâturage provoque de graves problèmes d'érosion des sols, entraînant une baisse de leur fertilité. Le Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE) estime que 20% des terres à pâturage ont été sévèrement dégradées depuis 1945, et que la vitesse de cette destruction s'accroît de façon inquiétante. Les Etats-Unis, l'Amérique centrale et du sud, l'Australie et l'Afrique sub-saharienne sont tout particulièrement touchés par ce phénomène. Il faut 500 ans pour reconstituer 25mm de sol, soit beaucoup plus longtemps que la vitesse à laquelle ce sol est dégradé. En conséquence, la surface de terres arables disponibles est passée de 0,4ha par personne en 1961 à 0,25ha en 19995.

     

    Consommation d'eau

    Le directeur exécutif de l'Institut International de l'Eau à Stockholm a déclaré : « Les animaux nourris avec des céréales, de même que ceux nourris à l'herbe, ont besoin de beaucoup plus d'eau que les productions végétales. Mais dans les pays développés, et dans certains pays en développement, les consommateurs demandent plus de viande [...] Mais il deviendra presque impossible de nourrir les générations futures avec le mode alimentaire actuel des pays d'Europe et d'Amérique du Nord. »

    Il a ajouté que les pays riches auraient les moyens de se payer l'importation d'eau virtuelle, à travers l'importation de viande ou d'aliments destinés au bétail, principalement en provenance de pays qui manquent d'eau. Alex Kirby, "Hungry world must eat less meat", BBC News Online, August 15 2004

     

    L'agriculture, dont principalement l'élevage, est l'activité humaine la plus consommatrice d'eau douce.
    La production de 1kg de protéines animales peut nécessiter jusqu'à cent fois plus d'eau que la production d'1kg de protéines végétales. C'est pourquoi une alimentation basée sur des aliments végétaux requiert en moyenne 1 000 litres d'eau par jour, quand une alimentation à dominante carnée (alimentation occidentale standard) en requiert 15 000.

     

    Consommation d'énergies fossiles et réchauffement climatique

     

    Le réchauffement climatique est causé par la consommation d'énergie, car les principales sources d'énergie utilisées par les humains sont des carburants riches en carbone dont la combustion émet du dioxyde de carbone et d'autres gaz à effet de serre. Il faut en moyenne 25kcalories d'énergie fossile pour produire 1 kcalorie de protéines animales. En comparaison, la production d'1kcalorie végétale ne requiert que 2,2kcalories d'énergie fossile, soit un ratio de 11 pour 12. Convertir des céréales en viande constitue donc une énorme perte énergétique responsable de l'aggravation de l'effet de serre. Mais l'élevage est également responsable d'émissions directes de méthane, un gaz à effet de serre plus redoutable encore que le CO2, produit par les flatulences des ruminants.
    Au final, l'élevage est responsable de 80% des émissions de gaz à effet de serre de l'agriculture, ce qui correspond à 18% de l'ensemble des émissions de gaz à effet de serre des activités humaines (9% du CO2, 37% du méthane, 65% du N2O) 

     

    Déchets et pollution

     

    L’élevage est parmi l'une des plus importantes sources sectorielles de pollution de l’eau et de la terre.

    Les humains pratiquent l'agriculture depuis environ 10 000 ans, mais ce n'est que depuis une cinquantaine d'années que les techniques agricoles reposent sur l'emploi massif de fertilisants chimiques de synthèse et de pesticides. Les récoltes n'absorbent qu'entre un tiers et la moitié de l'azote ainsi utilisé. Le restant infiltre et pollue les sols et l'eau. La plupart de ces substances chimiques sont utilisées pour la monoculture intensive dédiée à l'alimentation animale : d'après la FAO, la moitié des récoltes de céréales et 90% de celles de soja sont destinées à nourrir les animaux d'élevage. Si à la place ces surfaces agricoles étaient consacrées à produire des végétaux destinés à l'alimentation humaine, avec des modes de production soutenables incluant la rotation des cultures, la quantité de substances chimiques polluantes nécessaires serait considérablement réduite.


    Dans les modes d'élevage traditionnels, les déjections animales ont un rôle important et sont utilisées dans le système de rotation des cultures afin de maintenir la qualité des sols. Mais dans le cadre de l'élevage intensif, très majoritaire dans les pays développés, et de plus en plus répandu dans les pays en développement, un trop grand nombre d'animaux sont confinés sur des surfaces réduites. En conséquence, la quantité de déjections produites outrepasse largement la capacité des écosystèmes environnants à les recycler. A titre indicatif, une vache laitère produit autant de déjections, en volume, que 20 à 40 humains...
    Cela engendre d'importantes menaces sanitaires. En effet, 70 à 80% de l'azote et du phosphore contenus dans l'alimentation du bétail et des porcs (60% pour les poulets) sont rejetés dans leurs excréments et leurs urines qui contaminent ensuite les sols et les eaux.

    Fréquemment, dans les régions où est pratiqué l'élevage intensif, l'eau est ainsi rendue impropre à la consommation. Les contaminations bactériennes constituent une autre menace sanitaire liée à l'accumulation des déjections.
    Enfin, l’élevage est responsable de 64 % des émissions d’ammoniaque, substance présente également dans les déjections animales, qui contribue aux pluies acides.

     

    Disponibilité alimentaire mondiale

     

    Un agriculteur peut nourrir jusqu’à 30 personnes pendant un an sur 1 hectare, avec des légumes, des fruits, des céréales et des graisses végétales. Si la même surface sert à la production d’oeufs, de lait ou de viande, le nombre de personnes nourries varie de 5 à 10. 

     

    L'autre question qu'il convient de se poser lorsqu'on compare plusieurs modes alimentaires et leur impact environnemental, c'est celle de leurs conséquences sur la disponibilité alimentaire mondiale. Ou, plus simplement dit : combien d'humains pourraient être nourris avec une alimentation basée sur des végétaux ? Et avec une alimentation riche en produits animaux ?

    Le problème de la sous-alimentation dans les pays pauvres est principalement lié à une difficulté d'accès à la nourriture, plutôt qu'à une production alimentaire insuffisante. La quantité d'aliments produits à l'échelle mondiale serait plus que suffisante pour nourrir l'ensemble de l'humanité. Mais une trop grande partie de ces aliments est utilisée pour nourrir le bétail au lieu de nourrir les humains nécessiteux.

    La quantité de céréales destinée aux animaux d'élevage des Etats-Unis serait à elle seule suffisante pour nourrir environ 840 millions de personnes ayant une alimentation basée sur des végétaux.

    Il faut bien avoir à l'esprit que plus du tiers des céréales produites dans le monde sert à nourir le bétail des pays riches et que les pays du Tiers-Monde fournissent de plus en plus de calories et de protéines pour l'alimentation animale (manioc, soja, arachides...).

    Ce qui est vraiment paradoxal lorsque l'on sait que la famine sévit dans ces pays !

    A titre d'exemple, au plus fort de la sécheresse, le Sahel a exporté plus de protéines qu'il n'en a reçu au titre de l'aide alimentaire ! Changer notre manière de produire et de consommer les protéines est un acte solidaire vis-à-vis des peuples les plus démunis ! - André Méry, Président de l'Association Végétarienne de France

    Pourtant, la demande de viande et de lait ne cesse d'augmenter dans les pays en développement. L'Institut International de Recherche sur les Politiques Alimentaires (IFPRI) et la FAO prévoient que d'ici 2020, la consommation de viande dans les pays en développement augmentera en moyenne de 43% par rapport au niveau de 1993, la consommation de lait augmentant de 30%. La part de la viande produite dans ces pays passera de 36 à 47% de la production mondiale (de 24 à 32% pour le lait).8 Or, comme cela a été vu plus haut, la conversion d'aliments végétaux en aliments animaux constitue un gâchis considérable de calories alimentaires.

    Des organisations comme l'OMS, la FAO et la Banque Mondiale sont de plus en plus préoccupées par cette problématique. Dans un rapport de 2002, l'OMS et la FAO annonçaient déjà : « L'augmentation de la consommation de viande et de produits animaux dans des pays comme le Brésil ou la Chine, bien qu'elle reste nettement inférieure à la consommation des pays industrialisés, a des répercussions environnementales considérables. Le nombre de personnes pouvant être nourries par hectare et par an varie de 22 avec des pommes de terres et 19 avec du riz, à seulement 2 personnes avec de l'agneau et 1 personne avec du boeuf. De même, la satisfaction des besoins en eau vont constituer un enjeu majeur du XIXème siècle. Or les productions animales nécessitent beaucoup plus d'eau que les végétaux n'en ont besoin. »

    Dans les pays en développement, la part des récoltes dédiées à l'alimentation humaine décroit rapidement au profit des récoltes vouées à l'alimentation animale.

    Entre 1983 et 1993, la quantité de céréales utilisées pour l'élevage a augmenté de 4,2% par an. Pendant ce temps, la production de céréales dans ces pays n'a augmenté que le 2,3 % par an, les obligeant à importer des céréales pour satisfaire cette demande. Il est donc évident que détourner les productions intérieures de l'alimentation humaine vers l'alimentation animale ne peut qu'exacerber le problème de la sous-alimentation.


    Dans les pays en développement, beaucoup de populations pauvres mangent correctement en consommant principalement des céréales, des légumineuses, des légumes et des fruits, et très peu voire pas du tout de produits d'origine animale. Cette alimentation couvre pourtant tous leurs besoins nutritionnels. A coût égal, il est possible de nourrir bien plus de personnes avec ce type d'alimentation qu'avec un régime incluant davantage de produits d'origine animale.

    Les pays développés restent à l'heure actuelle les principaux responsables de l'insécurité alimentaire mondiale, étant les plus grands consommateurs de produits animaux. Si l'ensemble des pays riches réduisaient ne serait-ce que de 20% leur consommation de produits animaux, cela permettrait de compenser 4 ans de croissance démographique mondiale. Et les bénéfices pour la santé qui en résulteraient permettraient d'autre part de réduire considérablement les dépenses de santé de ces pays.

     

    Conclusion

    L'ironie du système de production alimentaire est que des millions de consommateurs aisés dans les pays développés meurent de maladies d'opulence (attaques cardiaques, accidents vasculaires cérébraux, diabète, cancers) provoquées par l'excès de viandes provenant d'animaux nourris aux céréales, pendant que les pauvres du Tiers-Monde meurent de maladies de pauvreté dues à l'impossibilité d'accéder aux terres qui leur permettraient de faire pousser des céréales pour nourrir leurs familles.
    —Jeremy Rifkin, Los Angeles Times

     

    Face à la pression démographique actuelle (9 milliards d'humains en 2050 d'après l'ONU), alors que près d'un milliard d'humains souffrent déjà de la faim, opter pour une alimentation basée sur les végétaux permettrait de lutter contre le problème de l'insécurité alimentaire tout en épargnant des dommages irréversibles à l'environnement. Or, l'épuisement des ressources de la planète déclencherait des conflits sans précédent et mettrait en péril le maintien de la vie sur terre.

    Vouloir solutionner les problèmes actuels de santé publique n'a donc pas grand sens si l'on ne s'attache pas, avant tout, à oeuvrer pour faire évoluer des modes alimentaires qui, en plus d'être responsables de l'apparition de maladies pour les uns, ne font que creuser les inégalités d'accès aux ressources alimentaires, et menacent plus généralement la survie de l'espèce humaine à moyen terme.