En 2005, il lançait le mouvement des Villes en transition, qui a depuis lors pris une envergure mondiale.
Le Britannique Rob Hopkins était de passage en Belgique il y a quelques jours. Une rencontre vivifiante.
Entretien: Valentine Van Vyve
Rob Hopkins rêve que l'imagination prenne le pouvoir et qu'elle anime son "mouvement de communautés" vers la "reconstruction du monde". Ainsi définit-il la philosophie de la Transition. Une dynamique des petits pas qui a pour objectif de nous amener à embrasser un autre modèle de société.
Ce mouvement est "ambitieux, audacieux" mais aussi "expérimental, entrepreneurial et tourné vers la recherche de solutions", explique-t-il. Tout citoyen est poussé à se lancer, à essayer, et même à se tromper.
Et ça tombe bien puisque "nous sommes capables de réaliser des choses que ne peuvent faire nos gouvernements parce que nous pouvons prendre des risques sans que cela ne pose problème".
Depuis 2006, plus de 1500 groupes ont rejoint le Réseau Transition dans une cinquantaine de pays. Vous attendiez-vous à un tel succès ?
Et encore, il existe quantité de groupes non inscrits qui appliquent les principes de la Transition. Nous ne pensions pas que cela allait grandir de la sorte, pas même dans notre propre communauté, à Totnes. Mais les gens se sont montrés intéressés et l’idée s’est étendue d’une manière incontrôlable.
Comment expliquez-vous cet élan ?
On a été chanceux d’arriver au bon moment. Devant les nombreux défis qui se posent à nous, nous avons besoin d’une réponse compatissante. A ce moment-là, l'offre se limitait à l’image du « survival ». L’idée de se rassembler pour imaginer ensemble le futur ne faisait pas partie du paysage malgré le fait que beaucoup de gens se sentaient concernés. La Transition s’est glissée dans cet espace, en proposant un modèle que l’on ne maîtrise pas totalement mais qui incite les gens à essayer.
Par ailleurs, certains aiment l’idée d’avoir de l’influence, en particulier lorsqu’ils constatent que le monde ne tourne pas si rond, que les personnes au pouvoir ne savent pas ce qu’elles font et qu’ils font face à un isolement croissant. La Transition a cet avantage qu’elle ne commence pas par une longue liste d’exigences auxquelles il faut se plier pour être impliqué dans le mouvement. Au contraire, il y a énormément de portes d’entrée. Les projets peuvent se faire dans des domaines différents: économie, business, écologie, éducation… Chacun peut venir avec sa passion et trouver d’autres personnes pour l'accompagner dans son projet.
« Si vous avez une idée, lancez-vous ! On vous offre le matériel et l’accès au réseau. Le seul engagement de votre part, c’est de raconter votre histoire : tant vos succès que vos échecs. »
Cela fonctionne parce que le mouvement est animé par la confiance, la générosité et la croyance que les gens en feront quelque chose de bien. Ca a été pensé pour être mu par un esprit d’auto-organisation et devenir un réseau mondial de personnes partageant leurs manières de faire, sans que l'on ait toutes les réponses.
La Transition fonctionne par essai et erreur ?
Oui. Dans quels domaines se permet-on encore se tromper ? Où encourage-t-on encore la prise de risque ? Certaines initiatives ne fonctionneront pas. Mais celles qui fonctionneront seront fantastiques parce qu’elles seront imaginatives et inattendues.
Vous parlez d'un "mouvement de communautés". Quelle est l’importance du niveau local ?
Devant les grands défis auxquels nous sommes confrontés, du changement climatique à l’épidémie de solitude, on se dit qu’on ne peut rien y faire, parce qu'on les entrevoit dans leur globalité… La perspective change quand on essaie d’agir à l'échelle de nos quartiers. Ce niveau est aussi important parce que chaque localité a ses spécificités. Les initiatives qui y seront prises seront le reflet des personnalités, des cultures, des réalités locales…
Il est très excitant d’envisager un système économique différent. Prenez la gestion de la pluie par les forêts : tout circule en un rythme lent. Ce que l’on essaie de faire avec l’argent suit la même logique : trouver des moyens de le faire circuler localement afin de diversifier nos économies et de les rendre plus résilientes et complexes. Le niveau local est le niveau où l’on commence : on se demande "où vais-je dépenser mon argent?" plutôt que de demander à l’Union européenne d’investir des millions d’euros dans nos villes.
La Transition est un mouvement résolument citoyen…
L’exemple de ce qui se passe a Liège est intéressant : le projet d’une ceinture alimentaire autour de la ville a été mis en place par Liège en Transition. Ensuite, les autorités de la ville ont intégré ce projet dans leur programme. A un certain point, il peut être intéressant que le pouvoir politique s’empare de projets mis sur pied et conduits par les citoyens. Le contraire peut être vrai aussi : à Grenoble, c’est le maire, enthousiasmé par le mouvement, qui a demandé comment créer un groupe de Transition.
Toutefois, le propre du mouvement, c’est qu’on n’a pas besoin de permission pour se lancer. Il ne faut pas attendre l’accord des dirigeants politiques.
Qu’est-ce qui distingue la Transition de l’écologie ou du développement durable ?
C’est un mouvement que je juge plus profond. Aujourd’hui, la durabilité est un concept un peu fourre-tout, que tout le monde s’est approprié et qui ne signifie plus grand-chose.
Il est question de résilience car celle-ci permet de s’adapter aux chocs. C’est une énorme opportunité. Imaginez que pendant trois jours, les camions de marchandises ne puissent plus entrer dans Bruxelles. La ville connaîtrait une pénurie de nourriture. Elle n’a plus de connexion avec les terres de sa périphérie et est donc très vulnérable. Imaginez maintenant que l'on produise de la nourriture en ville et aux alentours, cela nous rendrait plus résistants aux chocs, mais cela présente aussi un extraordinaire potentiel de renaissance économique, culturelle et sociale.
« La Transition, ce n’est pas seulement des panneaux solaires et des carottes, c’est comment on fonctionne ensemble et construisons notre propre résilience.»
Nous avons besoin de construire une nouvelle économie et pour cela, il faut aussi pouvoir sortir d’un fonctionnement exclusivement bénévole. Nous devons créer dubusiness et du travail. Et c’est un point avec lequel les mouvements écologistes se sentent un peu mal à l’aise. On se distingue d'une pure initiative écologique de gauche. Le mouvement de la Transition ne s’inscrit pas dans le spectre politique: il attire les progressistes comme les conservateurs autour de la manière de faire de ce monde un lieu prospère, de diversifier nos économies.
Pensez-vous que cela mènera à un changement radical de système ?
La seule chose qui peut garantir la survie humaine sur cette planète, c’est, précisément, un changement radical. Nous sommes sûrs d’une chose : le statu quo n’est pas une option. On doit stabiliser la hausse de la température moyenne mondiale à 1,5C°. Nous en sommes pourtant loin. Nous avons donc besoin de réflexions radicales et pas seulement de solutions « intelligentes » que les grandes compagnies nous proposent, comme les voitures électriques.
A Liège, par exemple, on propose un modèle complètement différent qui changerait la manière dont fonctionne l’économie.
Quels choix avons-nous aujourd’hui face aux défis climatique, sociaux et économiques ? Certains craignent l’effondrement, jusqu’à la paralysie. D’autres sont encore optimistes…
L’effondrement est une possibilité. Et c’est déjà une réalité dans certaines parties du monde. Mais si on déclare que tout va s’effondrer et que ce sera terrible, les gens se découragent alors que c’est précisément à ce moment-là qu’on a besoin d’imagination et de capacité d’adaptation. C’est ça qui nous permettra d’en sortir. Comment peut-on aider les personnes autour de nous à faire preuve de résilience, d'adaptabilité, de créativité, c’est ça, la question. Le pessimisme est un luxe qu’on ne peut pas se permettre. On peut juste se permettre de se retrousser les manches.
« Les générations qui nous suivent regarderont certainement en arrière en se disant que nous avons vécu la plus grande faillite de l’imagination de l’histoire de l’humanité. »
Il y avait, dès le départ, une solution au problème du changement climatique… Mais cela nécessitait un changement d’histoire et de narratif sur l’idée qu’on se faisait du futur : une société qui aurait été capable d’assurer que le business serve l’humain et la nature et non l’inverse. Le fait d’avoir laissé le business devenir si puissant nous a poussés au bord de l’éradication de notre propre espèce. Juste parce qu’on n'avait pas la capacité d’imaginer autre chose.
Avez-vous entendu dire du mouvement qu'il est « un retour en arrière » ?
Tout le temps ! Il vient de personnes qui passent spectaculairement à côté du message et de l'objectif. Au contraire, continuer à faire ce que nous faisons est un retour en arrière. C’est ce que l’on voit à Porto Rico : à cause des tempêtes, il n’y a plus d’électricité, plus d’eau, nulle part où vivre. Il est important de trouver une manière d’avancer qui corresponde aux défis de notre époque et qui donne de la perspective, un but vers lequel tendre.
En Alsace, ils ont remplacé le bus scolaire par un cheval et une carriole. Un homme trouvait ça un peu « too much », ça lui donnait un sentiment de retour en arrière. Pourtant, les enfants vivaient un moment magique. Pourquoi lie-t-on une société dépourvue de carbone à un retour en arrière ?
En Belgique, on a parfois le sentiment que les choses sont figées. Qu’avez-vous pu y observer ?
En Belgique, le nombre de groupes en Transition a triplé en deux ans et les initiatives qu'ils prennent sont ambitieuses, que ce soit des potagers et des jardins en pleine ville ou la ceinture alimentaire de Liège. Le groupe Liège en Transition a ainsi recréé le lien avec les exploitations agricoles qui entourent la ville. De nouvelles fermes ont par la même occasion vu le jour, au même titre que des magasins dans la ville, on a construit une brasserie, etc... Certaines localités proposent de leur côté d'expérimenter des monnaies alternatives. Le groupe qui supporte la Transition (le « hub ») est par ailleurs très efficace. La Belgique est un des pays où le mouvement de la Transition est le plus excitant.
Quels conseils donneriez-vous à celui ou celle qui souhaiterait se lancer ?
Rendez-vous sur le site internet de Transition Belgique. Si un groupe existe près de chez vous, allez-y ! Regardez comment vous pouvez aider. Sinon, il existe un guide gratuit en ligne pour initier la Transition. Le Hub belge organise une formation de deux jours très complète. Essayez petit, quelque chose que vous vous sentez capable de faire. On a besoin de pas progressifs. Donc, faites le premier pas !
bienvenus dans cet espace. Je vous propose les créations qui sont issues de mon propre cheminement interne et des différentes initiations que j'ai pu recevoir.
certains articles sont le fruit d'un travail prémédité et minutieux, d'autres sont l'expression de ce qui me traverse à un moment donné. Tous sont conçus et réalisés en conscience et en reliance. Je suis ravie de pouvoir partager cela avec vous et que ces articles puissent prendre une nouvelle dimension dans ce que allez créer avec eux.
enjoy!
J'utilise parfois une métaphore pour montrer aux enfants le chemin qu'ils parcourent dans les apprentissages cognitifs. Il s'agit des lampadaires. Sur le chemin de la connaissance, ils vont rencontrer un lampadaire qu'il s'agit d'allumer. C'est le travail qu'ils vont fournir qui va alimenter en énergie la colonne jusqu'à atteindre l'ampoule d'où jaillira la lumière. Cette lumière va éclairer le chemin qui se présente devant eux et ils devineront dans l'obscurité la silhouette du lampadaire suivant. Il faudra qu'ils s'aventurent sur le chemin en profitant de la lumière du lampadaire qu'ils viennent d'allumer, ils devront accepter de progresser dans une semi-obscurité, des zones d'ombres qui les inquièteront quelque peu, ils devront éviter les pièges sur le chemin, des trous, des ornières, les fossés du bas-côté.
Si l'exploration se révèle trop pénible, ils pourront toujours venir se ressourcer à la lumière du lampadaire allumé. Il n'y a aucun échec dans ce repos nécessaire, juste une accumulation des nourritures indispensables pour se projeter de nouveau sur la route. Avancer en terrain inconnu dans un état de stress, de peur, de tension, n'est nullement favorable. Les émotions génèrent des obstacles illusoires, comme des fardeaux qui viennent compliquer davantage la tâche.
On peut utiliser également la progression des alpinistes sur une montagne himalayenne. Ils vont se charger de tout le matériel nécessaire pour aller installer le premier camp. Ils vont monter lentement pour que leur organisme s'habitue à la pression de l'environnement. Quand ils atteindront un replat favorable à l'installation du camp 2, ils s'accorderont un repos prolongé afin que leur organisme récupère des efforts produits et accumulent les forces nécessaires pour la suite. Ils repartiront lorsque le cheminement aura été minutieusement observé aux jumelles, discuté, préparé, que chacun connaîtra sa tâche, que le matériel indispensable aura été réparti dans les sacs. Il est possible que la montée vers le camp 3 n'aboutisse pas au premier essai. Trop difficile. Ils poseront le matériel et redescendront au camp 2 reprendre des forces. Aucun échec dans cette décision mais l'acceptation des délais, la reconnaissance en eux de leurs faiblesses. Ils doivent s'accorder ce repos, peut-être même redescendre jusqu'au camp 1 pour que ce repos soit encore plus bénéfique.
Cette validation des connaissances, ce repli vers des territoires connus, ce repos nécessaire avant une nouvelle exploration, une nouvelle avancée en terrain inconnu, les enfants le vivent continuellement. Il est indispensable de leur faire comprendre qu'il n'y a aucun échec dès lors que l'individu reste engagé dans le cheminement à venir. Avancer coûte que coûte est un risque inutile et dangereux. C'est soit une prétention exacerbée, soit une inconscience. Nullement une sagesse. La répétition des efforts génère l'expérience. Et l'expérience est nécessaire pour ne pas tomber dans les pièges de la route.
Qu'en est-il au regard de l'apprentissage existentiel, de la connaissance de soi ? La différence essentielle, à mes yeux, se trouve sur l'absence de balisage. Dans l'aprentissage cognitif, chaque étape à venir est connue, répertoriée, cadrée, préparée. L'enfant avance dans un terrain qui lui est inconnu mais l'enseignant en connaît chaque étape. Il est, dans le sens profond de sa mission, un accompagnant rassurant.
Dans les apprentissages cognitifs, les routes sont partagées par des millions de voyageurs. Seul, le temps nécessaire à chacun variera. Quelles que soient les routes choisies, elles ont déjà été parcourues et les balisages installés.
Dans l'apprentissage existentiel ou spirituel, chaque individu avance dans un territoire qui a certainement été parcouru par d'autres explorateurs mais leur expérience ne peut pas l'aider. Il n'y a pas de chemin commun. Je ne pense pas que les routes empruntées par les prédécesseurs puissent permettre une avancée certaine. Il ne s'agirait que d'une illusion. Le fait de connaître un peu les écrits de Krishnamurti ne me fait pas progresser sur le chemin que cet homme a emprunté. Je reste immanquablement sur un chemin personnel. Sans doute que les réflexions qui me sont proposées participent à l'accumulation de l'énergie interne indispensable à l'éclairage de mes lampadaires mais ça ne sera jamais que les lumières des autres explorateurs si je ne fais pas mienne cette énergie, si je ne l'explore pas au regard de mon existence. Il n'est de progrès spirituel que dans la connaissance de soi. Pas à travers la connaissance du cheminement des autres. Il existe des gens très cultivés qui sont totalement ignares d'eux-mêmes.
Le marcheur spirituel est seul sur son chemin. C'est peut-être cette solitude qui rebute tant les humains.
L'accumulation des savoirs cognitifs proposé par l'école développe insidieusement les comparaisons entre individus, la compétition et la hiérarchie. Tout ce qui contribue à l'élaboration envahissante de l'ego. L'enfant se construit non pas dans l'estime de soi au regard des savoirs acquis et plus encore de sa propre connaissance mais au regard de son positionnement par rapport aux autres. Au lieu donc de se réjouir de l'avancée, chacun est confronté à la déception de ne pas être le premier, de ne pas être aussi performant que les autres. Parfois et c'est encore pire, l'individu souffre principalement de la peur d'être relégué à la place humilante de "l'élève en difficultés". Et cette imagination paralysante finit par occuper toute la place, empêchant les apprentissages et menant effectivement l'enfant à "l'échec scolaire"....
L'apprentissage devient par conséquent une accumulation de déceptions ou de pressions sans cesse renouvelées pour préserver le niveau atteint par rapport aux autres. Le bonheur du savoir est souillé.
Même les élèves performants en souffrent puisque l'idée de compétition reste inscrite en eux. Compétition envers les autres et envers eux-mêmes, inquiétude quant au maintien de la reconnaissance positive, des félicitations des parents ou de l'enseignant. Il n'y a pas d'apprentissage cognitif heureux tant que l'enfant souffre d'une pression extérieure, sans aucune observation de lui-même, sans cette conscience indispensable de sa progression sur un plan existentiel.
Ce que je trouve effrayant, c'est de voir des enfants de dix ans intégralement inscrits dans cette compétition sociale et tous les affres qui en découlent. L'agitation étant la première conséquence.
Il reste heureusement quelques esprits lumineux, des esprits affamés de connaissances mais plus encore attentifs aux discours qui les renvoient à eux-mêmes, ces échanges pendant lesquels je leur parle d'eux. Eux, comme enfants, des individus en croissance, ceux qui visent encore l'altitude et ne se satisfont pas de la plaine...
J'aime croiser leurs regards, sentir l'absorption bienheureuse d'une énergie qui les éclaire. Intérieurement.
En classe, avec mes CM2. Le bilan d'une séance de conjugaison.
"Si vous avez du mal à retenir une leçon de conjugaison, l'orthographe d'un mot, des tables de multiplication ou des dates historiques ou n'importe quoi d'autre, c'est qu'au moment où vous devez l'apprendre, vous n'êtes pas vraiment là, dans l'instant, dans l'absence d'autres pensées.
Imaginez que vous renversiez de l'eau sur la table, vous allez vous munir d'une éponge pour nettoyer. Mais avant de vous en servir, vous allez l'essorer. Pourquoi ?
-Pour qu'elle puisse absorber l'eau.
-Très bien et maintenant imaginiez que vous vouliez mettre de l'eau dans une carafe déjà pleine.
-C'est bête, ça va déborder.
-Exactement. Vous avez là deux exemples du fonctionnement de votre cerveau. Vous cherchez à y verser quelque chose alors qu'il est déjà empli et que vous ne l'avez pas vidé ou essoré. Il ne s'agit pas de le vider de vos connaissances mais de le vider de toutes les pensées qui n'ont aucune utilité à ce moment-là. Et c'est pour ça que je dis que vous n'êtes pas vraiment là. C'est à dire que vous n'avez aucune observation volontaire de votre état intérieur et vous n'en avez donc aucune maîtrise."
Silence
"Si des pensées s'agitent et que vous les laissez vous distraire, rien ne pourra véritablement être absorbé par votre cerveau. Les informations vont couler dessus et il ne restera que le souvenir de leur passage. Ce qui inévitablement nécessitera de revoir cette leçon. Ce qui ne servira toujours quasiment à rien si votre état d'agitation intérieure n'est toujours pas contrôlé. Vous avez là l'explication du fait qu'après trois ans de conjugaison, vous deviez recommencer encore et encore. "
Silence.
"Je vous donne un exemple de ma façon de procéder lorsque je travaille à l'écriture de mon roman en cours. Il n'y a rien d'autre dans mon esprit que la présence des personnages et les situations qu'ils vivent. Jusqu'à devenir moi-même chacun de ces personnages. Il n'y a aucune autre pensée dans mon esprit. Et si, à un moment, je décide de sortir de l'histoire pour aller chercher un verre d'eau ou une pomme, je peux décider également de laisser les pensées revenir en moi, toutes les pensées, comme si je les libérais et que je leur accordais le droit de s'exprimer. Ce qui importe, c'est que c'est moi qui l'ai décidé. Pas les pensées elles-mêmes.
-C'est ça la pleine conscience ?
-Oui, c'est ça.
-La pleine conscience, c'est être capable de décider de ses pensées. Ou de leur absence. Et ensuite, d'agir dans un état favorable à la situation puisque rien d'autre ne viendra s'y ajouter. Si vous faites de la conjugaison, ne faites que ça. Si vous faites des mathématiques, ne faites que ça. Si vous décidez de laisser les pensées s'exprimer librement, dans un chaos que vous ne cherchez pas à contrôler, alors ne faites que ça, soyez pleinement dans ce cafouillis intérieur. Mais surtout, pensez-y, c'est à dire, observez-vous pendant que vous vous accordez ce droit à penser n'importe comment. Soyez conscient que c'est votre décision et que la décision de revenir à un état absolu de concentration, c'est aussi de votre responsabilité. Soyez donc intégralement responsable de vos pensées et de vos actes. Le sage est celui qui vit en lui, qui se connaît pleinement, celui qui s'observe et ne vit jamais comme un véhicule sans conducteur. Quand un adulte vous dit d'être sage, il n'a bien souvent pas conscience de l'immense travail que cela représente. Là, il vous demande juste de rester tranquille mais il ne vous a pas dit comment y parvenir... Mais est-ce qu'il le sait lui-même ? Vous ne serez sage, réellement sage, que le jour où vous aurez appris à être là, maintenant, dans l'instant, à l'intérieur, dans la maîtrise intégrale de vos pensées, de vos émotions, de vos actes. C'est ça en priorité que j'aimerais que vous appreniez. Le reste viendra ensuite.
Ce roman n'est plus publié. La maison d'éditions a déposé le bilan deux ou trois mois après la sortie du livre...C'est fragile un "petit" éditeur quand les lecteurs et lectrices restent convaincus que s'il est "petit", c'est qu'il ne publie rien de bon...
Je n'ai jamais essayé depuis de lui trouver une autre "maison". Il est juste resté en moi et je lui ai écrit trois tomes supplémentaires.
Demain, je vais distribuer à chaque enfant de ma classe un exemplaire photocopié et on va le lire ensemble. Ce sera pour moi l'occasion de juger en direct de l'intérêt ou pas de cette histoire pour des enfants.
J'ai ressorti des tiroirs du net un commentaire qui m'avait considérablement réjoui. Mille mercis à Marie-Christine Dehove.
Jarwal le lutin. tome 1
ROMAN JEUNESSE de Thierry Ledru.
"Il suffisait d’écouter les discussions des arbres pour connaître les moindres
détails de la vie de la grande forêt. Le bruissement des feuillages,
emplissait l’air de confidences. Ce matin-là, il cueillait des myrtilles sous le
sommet du Chapotet quand un murmure gonfla au cœur des arbustes.
Le lutin Jarwall mit ses pensées de côté, tendit l’oreille et peu à peu le
message s’éclaircit.
Les grands hêtres et les châtaigniers près du torrent racontaient que trois
enfants, Marine, Rémi et Léo, voulaient atteindre le sommet de la montagne."
Dès que vous ouvrez ce livre, un bol d’air frais et vivifiant vous envahit, vous respirez mieux, votre rythme cardiaque s’apaise comme si vous caressiez votre chat, vos pensées sont imprimées des fleurs sauvages des montagnes, vos souvenirs de promeneurs remontent à la surface et vous avez envie d’y entrer à pieds nus…
«Gwendoline, l’amour de sa vie, elle était si inventive, elle chantonnait à longueur de journées, avec le vent dans les arbres, avec le silence des sous-bois, les mélodies des insectes, elle bourdonnait avec les abeilles, récitait des poésies aux fleurs, parlait aux nuages, écoutait leurs histoires dans la pluie qui tombe, leurs voyages autour de la terre, les grandes traversées au-dessus des océans, par-delà les montagnes, elle traduisait les chants des torrents, elle apprenait l’histoire du monde dans les murmures des fossiles, cueillait les plantes en les remerciant pour les tisanes et les soins qu’elle prodiguait, elle caressait les écorces et posait son oreille sur les troncs, partageant avec eux les mémoires de sève, et toujours ce rire dans ses yeux, cet éblouissement infatigable pour les beautés du monde, cet amour de la vie… »
Thierry Ledru dans son premier tome « Jarwal le Lutin » propose aux enfants, un parcours initiatique, un chemin de vie, sentier de montagne à travers une trouée de verdure gorgée de soleil.
Il fait découvrir aux enfants le sens caché des choses et des mots, en utilisant l’observation de phénomènes naturels simples.
Thierry Ledru, nous présente les mots comme des êtres à comprendre.
Le sens de la lumière, rayons du soleil indispensables « la vie végétale sous toutes ses formes tendait ses fibres affamées vers l’astre pour montrer aux humains la voie à suivre » mais aussi « la lumière ( /la vérité) peut aussi être un danger, quand on ne sait pas la recevoir, certains se sont crû prêts et sont devenus fous. »
Une lumière trop forte nous aveugle, certains croient que le progrès est une lumière favorable, ils n’ont pas su apprendre l’essentiel. "Ils ont détourné la lumière et ils ont fini par penser qu’elle venait d’eux ! " .
Il leur fait comprendre que nos pieds nous rattachent à la terre ( attraction de la terre) mais que la tête est attirée par le ciel et que cette attirance devenant désir de curiosités intelligentes est le départ d’une évolution spirituelle.
Les commentaires des enfants sont des signes audibles de leur compréhension.
Léo : "Pourquoi ne pas parler à tout le monde ?" Marine : " Parce que nous serions pourchassés, Léo .Regarde les peuples minoritaires qui peuplent encore cette planète, ceux qui sont encore en contact avec la Nature, ceux qui l’aiment et la respectent. Ils sont parqués, humiliés, exterminés parfois, beaucoup ont même déjà totalement disparu" p 37
Rémi : « les pommes que l’on mange en montagne après l’effort sont meilleures que celles que l’on mange à la maison.. » p31 En s’investissant dans le moment présent, on ne vit pas de l’attente d’une chose que l’on espère...Restez dans l’attente c’est perdre son temps dans la fuite en avant.
Thierry Ledru explique aux enfants que nos pensées construisent la réalité.
Marine : " Beaucoup de choses sont possibles, sauf celles qu’on juge impossibles".
Dans son livre, les enfants sont considérés comme des personnes à part entière, ils ne sont pas ‘trop petits’ pour comprendre et on ne leur dit pas : « on t’expliquera plus tard quand tu seras grand…»
Non avec Jarwal, le lutin, tous ces moments d’étonnements magiques, sont des énergies fondatrices. Un silence interrogatif, des réflexions secrètes au cœur de chacun…
En lisant Jarwal vous avez là une double lecture, à la fois vous lisez le livre de Thierry Ledru, mais aussi le Livre dont Jarwal est le gardien.
Dans le roman de Thierry on apprend que Jarwall cherche des êtres qui sont prêts à changer de vie et qui respectent la nature et à ne pas oublier le Petit Peuple.
Au moment où Jarwal ouvre son propre Livre, remède universel et voie de Sagesse, les enfants deviendront des portes-paroles qui raconteront les Histoires ( de Jarwal) et seront un relais contre l’oubli et l’effacement du Livre.
Dans ce roman il n’y pas que l’auteur qui écrit, chaque enfant qui participe en mettant ses pas dans ceux de Jarwal, est l’auteur de sa propre histoire parce qu’il a eu la liberté de choisir sa voie.
Par cette idée remarquable, Thierry Ledru, comble le fossé entre le passé et le futur, il rapproche invisiblement les générations les unes des autres. Car nous aussi lecteurs, nous faisons partis du relais et nous devenons aussi des portes-paroles, conscience remuée par les questionnements du progrès, de l’humanité lancée dans une course folle, nous sommes comme les diffuseurs d’huiles essentielles, huile de la sensibilité du Vrai Regard.
Asseyez-vous sur une grosse pierre plate à côté des enfants… des galettes de châtaignes et un mélange de fruits des bois dans un petit pot en terre, précieusement fermée par un chapeau de feuilles séchées, et lisez Jarwal racontant son histoire….cliquez sur la couverture du livre ci-dessous !
Après votre lecture, chacun profitera de l’intermède pour changer de position et glisser un vêtement sous ses fesses, buvez une gorgée d’eau fraîche et grignotez un biscuit tout en cliquant sur le livre de Jarwal… Avez-vous bien lu, les enfants ?
Dans un appel publié par la revue Bioscience et relayé en français par Le Monde, 15.000 scientifiques de 184 pays soulignent l'état alarmant des indicateurs de l'état de la planète et appellent à agir concrètement contre «une souffrance généralisée et une perte catastrophique de biodiversité».
Nous avons un «impératif moral» à agir sans tarder contre le «péril» qui menace l'avenir de notre planète sur le plan écologique. Ce constat alarmiste est celui de 15.000 scientifiques indépendants, signataires d'un «Avertissement à l'humanité»publié lundi dans la revue scientifique Bioscence.
Les scientifiques, originaires de 184 pays différents, entendent interpeller spécialistes, décideurs et grand public. Il s'inscrivent pour cela dans la lignée d'un premier appel, publié en 1992 et signé par plus de 1700 scientifiques. Ces personnalités reconnues alertaient alors sur le «changement profond dans notre gestion de la Terre» qu'il était «indispensable d'opérer» pour la préserver.
Vingt-cinq ans plus tard, les 15.000 signataires de ce nouvel état des lieux, publié en français dans Le Monde, jugent qu'il est temps de «se remémorer» les mises en garde de leurs aînés et «d'évaluer les réponses que l'humanité a apportées» à cet appel. Depuis 1992, «non seulement l'humanité a échoué à accomplir des progrès suffisants pour résoudre ces défis environnementaux annoncés, mais il est très inquiétant de constater que la plupart d'entre eux se sont considérablement aggravés», regrettent les scientifiques, parmi lesquels figurent des biologistes, physiciens, chimistes ou encore spécialistes du climat. Ils s'appuient, pour ce constat, sur les indicateurs utilisés en 1992 -ressources en eau, déforestation, hausse des températures...- et mis à jour avec les données récentes.
Pointant les conséquences de l'augmentation du volume des gaz à effet de serre, de la déforestation et de la production agricole, les signataires soulignent par ailleurs qu'un «phénomène d'extinction de masse» est en cours, qui pourrait déboucher sur la disparition de plusieurs formes de vie. «L'humanité se voit aujourd'hui adresser une seconde mise en garde», résume le texte. «Nous mettons en péril notre avenir» en ne prenant pas conscience de certaines problématiques, à commencer par «notre consommation matérielle intense» et la croissance démographique mondiale «rapide et continue», ou encore l'échec à enrayer la pollution et à protéger les habitats naturels. «L'humanité omet de prendre les mesures urgentes indispensables pour préserver notre biosphère en danger», résume le texte.
Mêler les actions individuelles à une pression sur les pouvoirs politiques
«Les responsables politiques étant sensibles aux pressions, les scientifiques, les personnalités médiatiques et les citoyens ordinaires doivent exiger de leurs gouvernements qu'ils prennent des mesures immédiates», affirment les signataires, invitant à mettre en place «une pression de la société civile» et des campagnes rôdées fondée sur «des preuves, un leadership politique et une solide compréhension des instruments politiques, des marchés et d'autres facteurs».
Outre la nécessaire action des politiques, «il est également temps de réexaminer nos comportements individuels», que ce soit «en limitant notre propre reproduction» ou «en diminuant drastiquement notre consommation par tête de combustibles fossiles, de viande et d'autres ressources». Pour les scientifiques, «il s'agit là d'un impératif moral vis-à-vis des générations actuelles et futures des êtres humains et des autres formes de vie.»
Des preuves existantes d'une action possible
Pour les scientifiques, plusieurs éléments montrent que «nous sommes capables d'opérer des changements positifs quand nous agissons avec détermination». La diminution rapide des substances néfastes pour la couche d'ozone, la lutte contre la famine et l'extrême pauvreté, ainsi que la baisse du taux de fécondité dan plusieurs zones ou du rythme de la déforestation, sont autant de signes que «nous avons beaucoup appris».
Ces avancées «loin d'être satisfaisantes» doivent déboucher sur de nouvelles mesures. Le texte liste ainsi plusieurs exemples de «mesures efficaces et diversifiées que l'humanité pourrait prendre». Parmi elles, protéger ou «ré-ensauvager» des régions afin de préserver la diversité des habitats et des espèces et «rétablir des processus écologiques», réduire le gaspillage alimentaire, privilégier une alimentation d'origine végétale, consommer des énergies «vertes» en diminuant la part des combustibles fossiles, développer des technologies vertes, ou encore aborder la question de la taille de la population humaine.
À l'image du constat, la conclusion est sans concession: «Il sera bientôt trop tard pour dévier de notre trajectoire vouée à l'échec, et le temps presse.» Afin d'«éviter une souffrance généralisée et une perte catastrophique de biodiversité», nos pratiques doivent changer, insistent les signataires. Et selon eux, cela passe par une prise de conscience: celle que «la Terre, avec toute la vie qu'elle recèle, est notre seul foyer».
A ce texte, j'ajouterai juste que ce sont aussi les lecteurs et lectrices qui peuvent permettre à un "petit" éditeur de grandir : en s'intéressant aux "petits" auteurs...En passant cinq minutes sur un site pour écrire un commentaire, en parlant à ses connaissances d'une belle découverte, en réclamant le livre dans une librairie pour que le nom de l'écrivain finisse par être enregistré par les professionnels...
Pour cela, bien entendu, il faut aimer partir à l'aventure littéraire et ne pas écouter uniquement les sirènes hurlantes des médias, aussi envahissantes soient-elles.
Nous n’avons que notre endurance et notre esprit pas raisonnable du tout pour tenir debout. Nous sommes aidés par quelques-uns, moqués par certains, parce qu’on n’a pas l’air sérieux, qu’on se plaint. Des collaborateurs essentiels, souvent, ne nous écoutent même pas, il faut imaginer ce que c’est d’être petit, frustré, de se heurter aux murs dressés par ceux qui ont le pouvoir d’anéantir les petits pour tout ramener à eux, fiers, applaudis. Tristes de voir que même ceux qui disent défendre les petits jouent en leur défaveur dans leurs pratiques, leur absence d’écoute, ou leur considération hiérarchisée. C’est malheureux mais c’est comme ça. Certains essaient et gagnent jusqu’au pouvoir de vie ou de mort sur d’autres, celui de juger si celui-là ou un autre peut sortir son épingle du jeu, en l’incluant dans le sien, en le léchant pour lui laisser encore son allure d’avant et voir son reflet de vainqueur dedans, on a de beaux discours, surtout on a les moyens.
Être petit ça correspond à quoi dans la réalité du monde du livre aujourd’hui ? Beaucoup d'inquiétude, des complaintes, de temps en temps, qu’on n’entend pas.
Il y a tous ces gens, ces gens désespérés, qui n’écoutent rien, ne font attention à rien et envoie par dizaine et par jour des textes d’une fadeur d’une fadeur, comme si nous étions le miracle dans la poubelle des histoires.
On n’est pas pris au sérieux, on perd des auteurs, on se perd nous-mêmes dans cet entêtement, certains pensent, ils devraient arrêter Lucquin, il n’arrive à rien, qu’il se fasse une raison, s’il n’y arrive pas, c’est qu’il n’est pas crédible, pas sérieux, « l’édition c’est un métier, vous savez, Christophe vous n’êtes pas fait pour l’édition », sauf que j’aime faire des livres, j’aime découvrir des textes, leur donner vie, les partager, mais sans les moyens, on ne va pas loin, et quand on arrive à mobiliser un peu d’attention sur nous, le reste de suit pas, quand tous les impliqués dans l’histoire ne jouent pas le jeu, c’est l’illusion pour seul espoir, pourtant il y avait tout ou presque, il ne manqua que d’argent pour pousser pousser, transformer l’étincelle du briquet en éclair d'orage d’été bourguignon. Ils n’ont rien, juste l’envie de faire, d’aller plus loin, de montrer qu’ils existent, qu’on les prenne au sérieux, qu’ils ne font pas de la littérature inférieure. En fait, c’est triste d’être éditeur, frustrant, tellement parfois que ça nous ôte l’envie de lire.
On nous a dit récemment que Christophe Lucquin Éditeur, c’était comme un bon parfum, l’intention était bonne, mais on a envie de dire : un parfum si rare alors qu’on n’ose pas l’acheter, on le respire ça sent bon, mais le blanc des livres, cette blancheur à tomber raide sur le marbre on laisse tout cela aux autres, à la littérature.
Être petit éditeur c’est se faire enfoncer des clous dans le coeur.
Plusieurs années maintenant que j'ai commencé à m'intérresser à la collapsologie (même si ce terme est récent). Je sais bien qu'il est possible que mes articles sur cette question soient ignorés et que l'image qui m'est attribuée est celle d'un illuminé, catastrophiste et fan des films de fin du monde...
Tant pis, je continuerai. Le problème n'est pas là.
Bien entendu que je ne souhaite nullement que ce chaos survienne mais je suis convaincu également qu'il est nécessaire et même vital non seulement de s'y préparer mais bien également de tenter par tous les moyens de limiter ses effets.
Les "catastrophistes" ne sont pas des adeptes du chaos mais ceux et celles qui en nient la possibilité puisqu'ils contribuent eux-mêmes à son advenue.
Des centaines d'études ont été produites, des centaines de scientifiques et de spécialistes dans des domaines aussi variés que l'écologie, la géologie, la finance, la biologie, la climatologie etc se sont attelés à révéler au public les menaces sur notre mode de vie à un point qui dépasse l'imagination.
Et justement, voilà, l'argument préféré des réticents : tout ça est imaginaire.
Je lis parfois sur Facebook des personnes qui nient encore l'impact de l'alimentation carnée sur la planète. Et je trouve ça consternant car même le bon sens suffit à tirer les conclusions nécessaires.
Qu'en est-il donc de l'anticipation ?
Si on pense que dans les écoles, il est obligatoire d'effectuer des exercices de sécurité ,incendie, accident chimique industriel, attentat, intrusion, il est absolument absurde de ne pas anticiper sur un "accident planétaire"... Ou alors, et c'est cela qui me trouble au plus haut point, c'est qu'il existe soit une intention inavouée, soit un déni des instances gouvernementales.
Personnellement, j'opte pour la deuxième solution. C'est là d'ailleurs qu'interviennent les réflexions sur le concept de spécularité.
Il est donc de notre ressort, de notre devoir, de notre responsabilité de nous y atteler, en tant qu'individu de la Terre et non comme citoyen d'un pays, subordonné aux instances gouvernementales. S'y atteler dès maintenant.
Non pas pour nous, les adultes de ma génération puisqu'il est probable que nous serons morts avant les effets les plus dévastateurs mais parce que nous portons une responsabilité immense envers les prochaines générations.
Je trouve donc effarant de tomber sur des articles datés des années 1970, écrits par des scientifiques et alertant les instances politiques d'une évolution mortifère qu'il fallait combattre.
Qu'en est-il aujourd'hui ?
Rien ou pas grand-chose.
Un seul exemple : Il a été développé l'idée fort louable du tri sélectif et la déchetterie que je fréquente est très fortement encombrée de véhicules à chaque jour d'ouverture. C'est très bien.
Qu'en est-il dès lors de l'idée de réduire les déchets et par conséquence la consommation ? Grand Dieu, sûrement pas ! Pas question de toucher à la croissance. Les gouvernements ont donc encouragé et subventionné le tri sélectif. Un bien qui cache un mal bien plus grave.
Freiner la croissance entre dans la dimension de l'interdiction, du tabou mais surtout et avant tout de la condamnation au rejet. Un politicien qui en appelerait à la réduction drastique de la production et de la consommation perdrait son mandat dans l'année. Fin de sa carrière.
On ne verra sans doute jamais une telle prise de position.
Il serait donc totalement illusoire d'attendre des solutions politiques. Bien que je les espère toujours.
Lorsque j'entends le président chinois exorter la population à consommer et à prôner la mondialisation la plus profonde, jusqu'au dernier endroit de la planète et le président américain en faire de même, je suis sidéré.
La prise de conscience ne viendra pas du sommet de la pyramide mais de ceux qui vivent à la base. Il s'agira ensuite de contraindre le sommet à écouter les paroles montant vers eux, à regarder les actes et les engagements de cette population consciente.
Ce que je crains d'ailleurs dans un avenir impossible à situer sur un plan temporel, c'est une césure très profonde dans la population entre les consommateurs effrénés et les déconsommateurs autonomes, les uns et les autres s'accusant de leurs maux jusqu'à se combattre.
Il s'agit d'ailleurs d'un des romans que je dois écrire...
Il existe en tout cas selon moi deux livres anciens qui méritent d'être lus. Personne n'aurait l'outrecuidance d'aller taxer ces deux hommes de délire apocalyptique...
L'espèce humaine provoque des bouleversements irréversibles de son environnement.
Notre avenir est aussi bouché que celui des dinosaures ! Peut-on encore espérer que l'Homo sapiens acquière enfin la sagesse dont il se rengorge, alors que toutes les grandes questions (pollutions, saccages des terres et des mers, climats, nouveaux virus. ) sont négligées ou méprisées ? D'où vient cette folie suicidaire ? De ce que l'homme est un grand singe égoïste. Il obéit à trois pulsions : sexuelle, territoriale et hiérarchique.
Sa soif de domination le pousse à tous les crimes, y compris contre lui-même. Guerre nucléaire, climats en folie, empoisonnement de l'air et de l'eau, nouvelles maladies. Tout cela sera très drôle. Et après ? Rien. La vie créera de nouvelles espèces jusqu'à ce que le Soleil brûle définitivement la planète, dans environ un milliard d'années.
Hubert Reeves, l'homme des émerveillements cosmiques, avait intitulé son premier ouvrage Patience dans l'azur. Dans ce livre, il nous fait part de son impatience quant à l'état de la planète. Au fil d'un dialogue serré et très documenté, il détaille les maux dont souffre notre précieuse planète et les remèdes qui pourraient sauver la plus vulnérable de ses composantes : les êtres humains qui l'habitent. Vulnérables, et responsables des désordres qui menacent leur propre survie. Du réchauffement climatique à l'extinction accélérée des espèces, du gaspillage énergétique des uns à la malnutrition des autres, le diagnostic est sombre. Les raisons d'espérer existent cependant ; au-delà des égoïsmes individuels et des égarements politiques, Hubert Reeves évoque quelques solutions pour sortir d'une crise planétaire sans précédent.
Celui-ci est plus complexe et ardu dans sa lecture mais passionnant sur le fond