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Qu'un humain sur la Terre
- Par Thierry LEDRU
- Le 26/10/2016

Au-dessus des montagnes, j’ai vu gonfler dans les nues des vaisseaux de pluie qui rêvaient d’océan,
J’ai entendu dans le murmure des pierres l’étreinte des continents,
Le parfum des cieux vibrait de la lumière des étoiles
J’ai nagé dans les airs froids comme un vaisseau sous ses voiles
J’ai tant bu le soleil que mes os brûlaient d’allégresse
J’ai léché la sueur sur mes lèvres comme un assoiffé en détresse
Les gouttes salées dans mes yeux amplifiaient l’incendie
J’ai traversé les horizons comme des comètes au ralenti
Les étoiles filantes de la nuit me lançaient des clins d’œil
L’écume des vagues tombées des pluies perlaient le vert des feuilles
Des oiseaux voltigeurs encourageaient mes envols
Je devinais dans mes muscles leurs arabesques folles
J’ai senti sous ma peau les frissons des écorces au lever du jour
J’ai salué les grands arbres qui balisaient mon parcours
La sève qui montait de la terre nourrissait mon tronc
Mes alvéoles pulmonaires gobaient l’air au plus profond
J’ai dansé sous les cieux jusqu’au tourbillon du bonheur
Quand le carrousel de la vie déploie ses couleurs
Des mélodies inconnues embaumaient mes regards
Des murmures de lave, des chants de papillons, la course des lézards
Tous les quantiques de l’Univers comme un Dieu rieur
Quand il s’amuse de son pouvoir créateur
J’ai béni cette vie euphorique comme on accueille un nouveau-né
Je l’ai serrée si fort que mon cœur s’est emporté
Les fleuves de sang dans mes veines sont sortis des grands fonds
Inondant les terres asséchées et déposant des limons
Toute fatigue oubliée il ne restait nulle plainte
Et les cellules irradiées bandaient sous l’étreinte
Je me suis assis au sommet des montagnes
Et j’ai ri dans mon âme
Ma respiration emplissait l’Univers
Dans le silence du monde j’entendais tourner la Terre
Alors j’ai crié mon amour et le ciel a vibré
J’ai crié mon amour si longtemps que la Terre s’est figée.
Dans un battement de paupières je me suis vu rêver
J’ai ouvert les yeux sur le ciel, j’étais allongé.
Je me suis redressé et j’ai aperçu dans les vallées lointaines les fumées des usines
Les moteurs des avions déchiraient les cieux comme des lames assassines
La rumeur des humains montait dans un cri sans fin
Et l’Univers lui-même semblait menacé
Comme un flot de pensées attaquant le divin
Des armées de barbares enfourchant des fusées
J’ai pleuré ma détresse et mon ventre s’est noué.
J’ai eu froid soudainement comme un hiver intérieur
Je devais redescendre, je n’étais qu’un humain
J’ai absorbé les lieux dans une grande bouffée d’air
Je tenterai de survivre sans tout consumer

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Les jeunes créatifs
- Par Thierry LEDRU
- Le 23/10/2016
Arnaud est un ancien élève et passionné de musique électro. Il va en faire son métier, assurément. Il ajoute, avec Noé un ami, le goût des vidéos et il m'a envoyé ça. Franchement, je suis scotché....Ces jeunes-là ont un sacré talent et ça fait rudement du bien de les voir passionnés et créateurs. Je sais pour en avoir discuté maintes fois avec Arnaud que la musique occupe ses pensées, ses joies, ses désirs, son imaginaire, je sais à quel point il éprouve aujourd'hui le bonheur de la création et ça me réjouit grandement.
Alors, j'ai décidé de publier sa dernière vidéo ici et qu'elle soit vue et partagée au plus grand nombre serait une belle reconnaissance pour ces deux jeunes.
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Le mépris
- Par Thierry LEDRU
- Le 22/10/2016
Le 30 août, j'ai demandé un rendez-vous aux services sociaux de l'EN.
J'ai été reçu le 7 octobre...
Auparavant, j'ai dû remplir un "questionnaire" justifiant ma demande. J'ai donc expliqué pour quelles raisons je n'enseignais plus depuis février 2014...J'avais pourtant déjà répondu à un certain nombre de convocations, j'avais déjà expliqué en détail le pourquoi du comment mais il faut croire que les vacances d'été avaient suffi pour que toutes ces données écrites soient perdues.
J'ai donc rencontré la personne en charge des personnels enseignants qui n'enseignent plus et elle m'a expliqué qu'il n'y avait aucune reconversion possible hors le PACD qui consiste à s'engager dans une formation professionnelle pour quitter l'éducation nationale et que mon niveau d'étude ne me donnait droit à aucun poste autre que celui d'enseignant malgré mes trente-deux ans de carrière. Il y avait par contre le PALD qui pourrait éventuellement m'être attribué pour un poste d'enseignant correcteur dans le giron du CNED (centre national d'enseignement à distance) mais qu'il y avait très peu de postes pour un nombre toujours plus important de demandes.
J'ai donc détaillé mon dossier médical et elle m'a répondu que ça ne la concernait pas et qu'il fallait que je vois le médecin de l'IA. Et que je recommence par conséquent tout l'historique étant donné qu'il n'y a aucune réunion de synthèse entre les différents personnels des services sociaux.
J'ai appris également que je risquais une mise d'office en disponibilité et par conséquent la perte totale de mon salaire, à moins que je reprenne un poste d'enseignant bien entendu.
L'IA considère donc que je suis apte à enseigner à une trentaine d'enfants alors que je reçois de la part de l'institution une injonction à suivre une thérapie auprès d'une psychiatre dans le privé depuis un an et que ce médecin exclut totalement mon retour dans une classe. Paradoxe que les parents d'élèves seraient sûrement "heureux" d'apprendre.
Je vais donc être de nouveau convoqué en hôpital psychiatrique devant un médecin qui va me demander comment je me sens...Et qui décidera de mon maintien en congé longue maladie. Ou pas.
J'ai déjà énuméré ici toutes les pathologies qui sont apparues depuis deux ans et demi. Certaines sont irrémédiables désormais.
La décision de pratiquer le jeûne est un moyen de détoxiquer mon organisme. La perte de poids était déjà effective (14 kilos en deux ans). Je pèse désormais 56,8 kgs pour 1m75 ce qui au regard de l'IMC me place dans la zone de maigreur. Le jeûne n'y est pour rien et a bien au contraire été salutaire au regard de mes douleurs intestinales chroniques. Elles sont toujours présentes mais je parviens désormais à les atténuer. Ma vésicule biliaire, quant à elle, ne fonctionnera plus jamais et l'excroissance sur deux vertèbres lombaires ne disparaîtra pas.
Mon médecin généraliste qui me connaît depuis une dizaine d'années sait à quel point les réactions de mon organisme n'entrent pas systématiquement dans le cadre connu de la médecine.
Qu'en sera-t-il par conséquent dans les mois qui viennent ?
Je n'en ai aucune idée.
Et nous sommes aujourd'hui des milliers dans ce cas...
Le mépris.
http://mobile.agoravox.fr/tribune-libre/article/crise-sanitaire-mepris-des-185742
Crise sanitaire. Mépris des enseignants
La réforme du collège (2016) met les enseignants au bord du gouffre

Crise sanitaire. Mépris des enseignants
Lisant ou entendant, de toutes parts, des témoignages émouvants de collègues jeunes mais aussi souvent très expérimentés soudain pris d'un malaise physique irrépressible face à la réforme du collège à tel point qu'il ne peuvent littéralement plus enseigner, je me demande si l'administration -et notamment la médecine du travail, si tant est qu'il y en ait véritablement une pour nous- a réellement pris la mesure de ce qui risque de se passer.
Je pense que beaucoup de collègues ne vont simplement plus pouvoir car ils ne veulent plus s'adapterou faire semblant.
S'adapter, dans certains cas où le "milieu" est mortifère, quand l'absurde et l'inutile sont la règle, quand le sens est perdu et l'humain avec, n'est pas un signe de santé psychique, bien au contraire. Ceux qui sentent la dépression les guetter, qui voient un gouffre s'ouvrir sous eux, sont peut-être les meilleurs d'entre nous : tout en eux se cabre contre l'insupportable. Je les comprends.
On peut résister et se révolter si le corps suit, si la santé est bonne, si le sommeil (tellement fondamental dans notre métier) est réparateur, si l'on parvient à ne pas ruminer la catastrophe.
Or il n'y a pas que les littéraires qui soient écœurés ou les latinistes, subitement dépossédés de leur enseignement, mais simplement tout ceux qui prennent à cœur leur métier et à qui le seul mot de "compétence" donne la nausée.
Je trouve qu'il n'y a pas assez d'articles de journaux qui fassent état de ce désespoir, relayent cet abattement, très inquiétant dans un contexte où la crise du recrutement s'annonce carabinée. "La misère du monde" de Bourdieu collectait des témoignages de travailleurs en souffrance. Il faudrait aussi compiler nos témoignages. Le vécu professionnel de l'enseignant concerne de près la République.
La "gestion des ressources humaines" dans l'E.N. est proprement CALAMITEUSE et irresponsable. Je pense qu'on a affaire à un processus sans sujet, sans contrôle global réel, tant il est clair que l'on va dans le mur. Le management par le harcèlement a montré, dans l'entreprise privée-et parfois publique-, comment il menait cette dernière à sa perte en détruisant ...ceux qui la font tourner.
CLD (congé longue durée) CLM (congé longue maladie) disponibilité, retraite anticipée, temps partiels pour raisons thérapeutiques, absences intermittentes, on peut prévoir que les médecins des rectorats vont être très sollicités par des enseignants à bout.
On aimerait connaître d'ailleurs les chiffres (car ils doivent parler) pour que les syndicats les répercutent. Aucun des dispositifs de reconversion promis naguère n'ont été véritablement mis en place. La cessation progressive d'activité qui existait il n'y a pas si longtemps n'existe plus : elle permettait à partir de 55 ans si l'on s'engageait à s’arrêter à 60 de travailler à 50 % en étant payé 80% de son salaire. Ce n'était pas un luxe mais une nécessité pour beaucoup.
Personne ne semble désormais plus concevoir la spécificité de notre travail. Une heure face aux "nouveaux publics", même livrés à eux-même selon la recette pédagogiste inepte (on me dirait que mon "face à" trahit un adepte du "cours frontal") nécessite une très haute implication physique et psychique. Une heure de cours, quand bien même on ferait abstraction des préparations et des corrections, représente bien plus en terme d'investissement intellectuel, émotionnel, physique, qu'une heure de bureau.
Il y a des vérités qu'il ne faut pas se contenter de faire comprendre mais qu'il faut surtout faire sentir : il faudrait que les politiques reviennent enseigner dix-huit heures on verrait s'ils tiennent une semaine...
Les experts fous qui font les réformes n'ont toujours pas compris que la santé physique et psychique de l'enseignant était AUSSI importante que celle des élèves, que l'humeur ou le moral du professeur était un ingrédient absolument essentiel pour préserver la qualité de l'enseignement et du rapport professeur élèves.
Comme en montagne, il y a une corde qui relie l'élève au professeur. Le sort des uns est lié à celui des autres. Je suis persuadé qu'un professeur malheureux, mal dans son métier, ne pourra jamais obtenir des élèves qu'ils apprennent et peut-être bien qu'une part de son malheur ou de son mal être se communiquera.
Sans plaisir à enseigner, il n'y aura plus d'enseignement. Que le réformateur et le politique notent ceci en gros au dessus de leur cheminée.
Sans plaisir et désir, l'élève ne va pas loin : c'est la même chose pour son enseignant.
S'en prendre au bonheur d'enseigner, alors que 80 % de la profession rejette #college2016 est, à mots pesés, criminel et stupide.
Mettre "l'élève au centre" ne peut que vouloir dire mettre l'humain au centre.
Il faut en urgence absolue rapatrier dans ce centre le professeur. Rien ne se fera sans lui. Autant que l'élève l'enseignant a besoin de respect et de considération de sa hiérarchie au lieu de mépris et de piétinement.
Mépriser l'enseignant c'est mépriser son élève.
Les conditions matérielles et morales d'exercice du métier ne cessent de se dégrader depuis trente ans, tuant les vocations, décourageant ceux qui sont déjà engagés dans la carrière.
Alors que des soins et des égards, mais oui, devraient être dispensés aux enseignants (une éthique du "care" devrait concerner prioritairement tous les acteurs de terrain, avant que tout le monde n'abandonne ce terrain...) on assiste, au contraire, à des agressions permanentes de l'institution et un refus total du dialogue avec la seule expertise qui vaille : celle du terrain.
Non seulement il se pourrait qu'on aille vers une véritable crise sanitaire propre à l'E.N (Selon l'OMS, la santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité), non seulement la crise du recrutement va s'aggraver, mais les élèves, rejetés de facto avec leurs professeurs bien loin du fameux "centre", feront lourdement les frais de ce "management" délirant.
Antoine Desjardins, enseignant, Comité Orwell, collectif Condorcet, contributeur à Figarovox et Causeur -
Mes lectures (2)
- Par Thierry LEDRU
- Le 18/10/2016
Éditeur : GALLIMARD (2001)
Note moyenne : 3.85/5 (sur 13 notes)Résumé :
"Je voudrais faire seulement ceci : de la musique avec les mots." Et Le Clézio s'envole dans "ce pays où le langage n'existe pas". Il en ramène d'innombrables trophées : cristaux, racines, feuilles, minéraux, fruits, calices, insectes. Il capture dans ses "mots-boîtes" un peu de vent, de lumière, d'odeurs, de mystère, detout ce qui l'enchante... Et tout l'enchante : les montagnes, la mer, les déserts, les villes, les jardins, les bus, les routes, les marchés, les enfants, l'aube, les étoiles... Ce livre est la consigne de tous les moments heureux d'une existence éveillée. Celle par exemple de cet "Inconnu surla terre" qui pourrait être un enfant ou un "petit prince" scrutant le monde de son regard immaculé.Le rêve de Le Clézio est ambitieux : créer un langage sans mots, un langage-son ou lumière qui ne ferait qu'éclairer, illuminer, révéler, dans le silence de la beauté. Si l'on accepte toutefois de se laisser emporter dans ce réel-merveilleux, alors le voyage se convertit en une immense ode àla vie et aux éléments. Un livre qui a profondément inspiré le Philippe Delerm deLa Première Gorgée de bière.--Laure Anciel

John Steinbeck
Maurice Edgar Coindreau (Traducteur)ISBN : 2070360377
Éditeur : GALLIMARD (1972)
Note moyenne : 4.13/5 (sur 5422 notes)Résumé :
George Milton et Lennie Small, deux amis, errent sur les routes de Californie. George protège et canalise Lennie, une âme d’enfant dans un corps de géant. Lennie est en effet un colosse tiraillé entre sa passion - caresser les choses douces – et sa force incontrôlable. Animés par le rêve de posséder leur propre exploitation, ils travaillent comme journaliers, de ranch en ranch.
L’amitié qui les lie est pure et solide, mais ne suffit pas à les protéger de la maladresse de Lennie. Une maladresse presque poétique, qui les conduit à changer sans cesse de travail, et qui laisse poindre à l’horizon un drame sans égal.

Jack Kerouac
Jacques Houbart (Autre)Michel Mohrt (Autre)ISBN : 2070367665
Éditeur : GALLIMARD (1976)
Note moyenne : 3.75/5 (sur 1788 notes)Résumé :
"Sur la route" est centré sur le personnage obscur et fascinant de Dean Moriarty, alors considéré comme le chef de file de la Beat generation.
En révolte contre l'hypocrisie morale de l'Amérique bien-pensante, Jack Kerouac parcourt les Etats-Unis à la recherche d'un nouveau mode de vie.____________________________________________________________________________________________________

ISBN : 2253039861
Éditeur : LE LIVRE DE POCHE (1986)
Existe en édition audio
Note moyenne : 3.98/5 (sur 1360 notes)Résumé :
Vendu à plus de six millions d'exemplaires aux États-Unis, traduit en une vingtaine de langues, interprété à l'écran par Charlton Heston, "L'Appel de la Forêt" n'est pas seulement un classique de la littérature d'aventures, la vision que le chien Buck porte sur le monde et les hommes de la Ruée vers l'Or fournit à Jack London l'occasion d'une parabole. À travers l'épopée d'un chien humilié puis triomphant, l'auteur du "Talon de Fer" condamne l'individualisme, l'oppression du plus faible par le plus fort, l'inégalité, le vol, l'injustice. Il exalte l'énergie, la solidarité, l'effort physique, la fraternité. La douloureuse initiation de Buck illustre les idées de Darwin sur l'adaptation au milieu ; tandis que son retour à la vie sauvage démontre, à rebours, la vérité de l'évolutionnisme.
En prologue à "L'appel de la forêt", plus de quatorze Histoires du pays de l"or, inédites en français, traduites par Louis Postif.

ISBN : 2253141437
Éditeur : LE LIVRE DE POCHE (1997)
Existe en édition audio
Note moyenne : 3.9/5 (sur 2093 notes)Résumé :
Lee Anderson, vingt-six ans, a quitté sa ville natale pour échouer à Buckton où il devient gérant de librairie. Il sympathise dans un bar avec quelques jeunes du coin. Grand, bien bâti, payant volontiers à boire, Lee, qui sait aussi chanter le blues en s'accompagnant à la guitare, réussit à séduire la plupart des adolescentes. Un jour il rencontre Dexter, le rejeton d'une riche famille qui l'invite à une soirée et lui présente les soeurs Asquith, Jean et Lou (17 et 15 ans), deux jeunes bourgeoises avec "une ligne à réveiller un membre du Congrès". Lee décide de les faire boire pour mieux les séduire... et poursuivre son sinistre dessein.
Écrit à la suite d'un pari, cet excellent pastiche de roman noir fut publié en 1946 sous le pseudonyme de Vernon Sullivan, un prétendu auteur américain. Récit d'une vengeance, dénonciation du racisme et de l'intolérance, ce best-seller fut jugé à l'époque immoral et pornographique, ce qui amena son interdiction en 1949 et la condamnation de son auteur pour outrage aux bonnes mœurs. Claude Mesplède

Alain-Fournier
Daniel Leuwers (Éditeur scientifique)ISBN : 2253005274
Éditeur : LE LIVRE DE POCHE (2006)
Existe en édition audio
Note moyenne : 3.64/5 (sur 3765 notes)Résumé :
Lire Le Grand Meaulnes c'est aller à la découverte d'aventures qui exigent d'incessants retours en arrière, comme si l'aiguillon du bonheur devait toujours se refléter dans le miroir troublant et tremblant de l'enfance scruté par le regard fiévreux de l'adolescence.
Le merveilleux de ce roman réside dans un secret mouvement de balancier où le temps courtise son abolition, tandis que s'élève la rumeur d'une fête étrange dont la hantise se fait d'autant plus forte que l'existence s'en éloigne irrévocablement.

Terry Pratchett
Patrick Marcel (Traducteur)ISBN : 2290046698
Éditeur : J'AI LU (1999)
Note moyenne : 3.59/5 (sur 171 notes)Résumé :
Sur tout le Tapis règne la paix de l'empire dumii. Aux marges de la civilisation, la tribus des Munrungues coule sous les poils un existence paisible. Mais, un jour, un terrible cataclysme frappe à proximité du village munrungue. Une ville dumii est broyée par l'ancien monstres des légendes : le Grand Découdre est de retour !
Dans son sillage, des créatures féroces montées sur des fauves parachèvent son oeuvre de destruction. Cernés, les Munrungues s'engagent dans un grand périple à travers les poils, sous la conduite des frères Orkson.
Un voyage qui les conduira à la découverte des merveilles de leur monde, et qui changera pour toujours l'existence de tous les Fils de la poussière.

ISBN : 2253137170
Éditeur : LE LIVRE DE POCHE (1995)
Note moyenne : 3.78/5 (sur 101 notes)Résumé :
Rester sur les toits de Los Angeles, défendre son territoire, ne jamais redescendre sur les trottoirs de la déchéance. C'est le credo de gangs vertigineux pour qui les rues sont des canyons à franchir au saut à la perche. Deux clochards, David, un écrivain floué par son éditrice, et Ziggy, un surfer inquiétant, se font accepter dans une de ces bandes rebelles qui ont juré de vaincre le 1224, Horton Street, le plus dangereux des buildings. Celui dont le concierge Dogstone, le Chien de minuit, est le pire ennemi des "escaladeurs" : il les pousse dans le vide ! Pour l'avoir sous-estimé, le leader d'un gang rival y a déjà laissé la peau... Ce thriller efficace est aussi une violente parabole de la vie des grandes cités américaines, écrit par l'un des plus productifs auteurs de ce siècle : Serge Brussolo est l'auteur de plus d'une centaine de romans en science-fiction, policier et récit historique. Ce titre a obtenu le prix du roman d'aventures en 1994. --Bruno Ménard

ISBN : 2253076805
Éditeur : LE LIVRE DE POCHE (1996)
Note moyenne : 3.93/5 (sur 71 notes)Résumé :
Pour pirater la surveillance électronique de la banque où travaille son mari Adam Smart, Dorana a besoin de deux choses : sa voix et sa main. Cela peut s'arranger, surtout lorsque, à la clef, il y a quelques millions de dollars... Mais elle doit, ainsi que ses complices, affronter le compagnon favori d'Adam Smart : Dust, le chien policier recueilli par le banquier. Une bête d'une intelligence redoutable, dressée à flairer et à tuer, réformée pour agressivité pathologique, «une saloperie vivante», avaient averti les flics. Et c'est dans un véritable cauchemar que l'auteur du Chien de minuit, Prix du roman d'aventures 1994, précipite ses personnages. Un suspense d'autant plus angoissant que la férocité de l'animal ne fait, après tout, que refléter celle des hommes...

George C. Chesbro
Jean Esch (Traducteur)ISBN : 2869306806
Éditeur : PAYOT ET RIVAGES (1993)
Note moyenne : 3.87/5 (sur 117 notes)Résumé :
Bone fait partie des milliers de sans abri qui hantent les rues de New York. Des employés de l'administration des ressources humaines essayent comme ils peuvent de les aider. Un mystérieux tueur a trouvé une solution plus radicale: il décapite la nuit quelques-uns de ces malheureux. Découvert près de Central Park, un fémur humain à la main, Bone a perdu la mémoire et l'usage de la parole. Qui est-il ? D'où vient-il ? Des traces de sang maculent ses vêtements. Ne serait-il pas le maniaque recherché par la police ? George Chesbro - connu pour une excellente série ayant pour héros le nain détective Mongo le Magnifique - signe ici un thriller sans faille qui mêle à la fois mystère, action et document social. Les pérégrinations de Bone l'amnésique le conduisent à côtoyer un monde marginal terrifiant avec comme point d'orgue une véritable descente aux enfers dans les entrailles de la ville où survivent alcooliques et désespérés rejetés par la société. --Claude Mesplède

ISBN : 2743636459
Éditeur : PAYOT ET RIVAGES (2016)
Note moyenne : 3.46/5 (sur 26 notes)Résumé :
Qui est le Docteur Frederickson, surnommé Mongo Le Magnifique ? Ex-acrobate de cirque, docteur en criminologie, ceinture noire, Mongo est le détective privé le plus célèbre de New York. C’est aussi un nain, ce qui lui permet d’avoir un regard différent sur les êtres et les choses. Regard dont il a bien besoin lorsqu’il se retrouve confronté à une série de meurtres plus étranges les uns que les autres avec, pour suspects, une bande de mediums, prophètes et autres sorciers. "Une intrigue magnifique... L’œuvre d’un maître." (Peter Straub) "Quand Raymond Chandler rencontre Stephen King." (Playboy)

George C. Chesbro
Gérard de Chergé (Traducteur)ISBN : 2869306245
Éditeur : PAYOT ET RIVAGES (1993)
Note moyenne : 3.61/5 (sur 23 notes)Résumé :
Victor Rafferty était un génie et le plus grand architecte américain. Il est mort depuis cinq ans. Mais on vient de construire un musée qui porte indiscutablement sa marque. Sa veuve croit qu'il est "revenu". Mongo le magnifique est charge de retrouver la trace de ce mort qui semble vivant. Elle le mène au siège des nations unies, la ou les intérêts mondiaux sont en jeu.
Nain, acrobate de cirque, docteur en philosophie, détective prive, Mongo le magnifique, le héros d'une affaire de sorciers, se trouve ici confronte a un mystère qui inclut les perceptions extrasensorielles et la vie après la mort.

Dee Brown
Nathalie Cunnington (Traducteur)ISBN : 2226192204
Éditeur : ALBIN MICHEL (2009)
Note moyenne : 4.35/5 (sur 83 notes)Résumé :
"Plus de deux cents cultures indiennes ont été virtuellement détruites, entre le Massachussetts et la Californie, au cours de l'histoire des Etats-Unis. Il nous faut nous souvenir de ce qui s'est passé à Sand Creek ou à Wounded Knee." Jim Harrisson.
"Nous sommes tout à la fois les conquérants et les conquis, dans un même corps, et c'est cela que Dee Brown nous invite à reconnaître. Son influence sur le monde persiste à travers ce récit minutieux de l'histoire d'un peuple fier." Joseph Boyden.
Largement fondé sur des documents inédits - archives militaires et gouvernementales, procès verbaux des traités, récits de première main... -, ce livre exceptionnel retrace, de 1860 à 1890, les étapes qui ont déterminé "La Conquête de l'Ouest". De la Longue Marche des Navajos au massacre de Wounded Knee, il se fait ici la chronique de la dépossession des Indiens de leurs terres, de leur liberté au nom de l'expansion américaine. Si l'histoire à souvent été écrite du point de vue des vainqueurs Dee Brown donne la parole aux vaincus, de Cochise à Crazy Horse, de Sitting Bull à Geronimo, et compose un chant tragique et inoubliable.

ISBN : 2857043465
Éditeur : PYGMALION-GÉRARD WATELET (1997)
Note moyenne : 4.26/5 (sur 43 notes)Résumé :
En 1902, un officier du tsar, Vladimir Arséniev, explore aux confins de la Sibérie et de la Chine des régions restées encore impénétrables aux Européens. Une nuit, au coeur de la taïga sibérienne, il rencontre un vieux chasseur gold, Dersou Ouzala, qui devient son guide et son ami.
De connivence avec l'herbe et les étoiles, Dersou déchiffre avec une sagacité et une intuition prodigieuses tous les secrets de la nature. Il comprend, connaît et aime toutes les formes et manifestations de la vie. Il parle aux tigres et à la forêt, aux nuages et au soleil, au feu et à la nuit.
Au fil de passionnantes aventures et face à de multiples périls, au milieu d'une nature tour à tour splendide et terrifiante, se forge entre Dersou et l'officier, jusqu'à la mort, la plus bouleversante, la plus virile, la plus exaltante des amitiés.

Joseph Conrad
André Gide (Traducteur)ISBN : 207036416X
Éditeur : GALLIMARD (1973)
Existe en édition audio
Note moyenne : 3.89/5 (sur 218 notes)Résumé :
Le vapeur Nan-Shan vogue sur la mer de Chine avec sa cargaison de coolies. Le capitaine MacWhirr, esprit héroïque et borné, son jeune second Jukes, homme de bonne volonté mais encore friable, et l'excellent chef mécanicien Salomon Rout, exercent à son bord les principales fonctions. Ils vont affronter la terrifiante épreuve d'un typhon. Ils y survivront, de même que le navire, l'équipage et les coolies ; mais tous auront été transformés par de surhumaines difficultés. Un chef-d'œuvre en miniature.

ISBN : 2070373738
Éditeur : GALLIMARD (1982)
Note moyenne : 4.41/5 (sur 300 notes)Résumé :
LES CAVALIERS
En Afghanistan, pays grandiose que Joseph Kessel rend aussi vivant qu'un être humain, se situe l'action d'une des aventures romanesques les plus belles et les plus féroces qui aient été contées. Les personnages atteignent une dimen-
sion épique : Ouroz et sa longue marche au bout de l'enfer... Le
grand Toursène fidèle à sa légende de tchopendoz toujours victorieux... Mokkhi, le bon sais, au destin inversé par la haine et la découverte de la femme... Zéré qui dans l'humiliation efface les souillures d'une misère qui date de l'origine des temps... Et puis l'inoubliable Guardi Guedj, le
conteur centenaire à qui son peuple a donné le plus beau des noms : « Aïeul de tout le monde»... Enfin, Jehol « le Cheval Fou», dont la présence tutélaire et « humaine » plane sur cette chanson de geste... Ils sont de chair les héros des Cavaliers, avec leurs sentiments abrupts et primitifs. Et pourtant le souffle de la fable et du mythe les anime, et nourrit le roman. C'est le merveilleux complot de la tendresse et de la dignité.
En même temps, l'aventure, la grande aventure court et chevauche d'un bout à l'autre du roman.
Elle ne s'essouffle jamais. A partir du jeu extraordinaire des steppes — le bouzkachi — tout un univers violent, puissant, impitoyable et magnifique, — avec ses méchants et ses justes, ses faibles et ses forts, ses bazars, ses foules, ses grandes routes et ses prodigieuses solitudes — imprègne chaque page d'un livre dont on ne peut se dessaisir jusqu'à la dernière image.

ISBN : 2070365034
Éditeur : GALLIMARD (1973)
Note moyenne : 3.68/5 (sur 75 notes)Résumé :
Il fouilla dans l'épaisseur des loques qui entouraient sa taille tordue, retira un sac de crin noir bordé de fil d'argent, et en secoua sur la table la tête desséchée et flétrie de Daniel Davrot ! Le soleil matinal, car depuis longtemps les lampes avaient pâli, frappa la barbe rouge, les yeux aveugles dans les orbites creuses, de même que le lourd cercle d'or incrusté de turquoises brutes que Carnehan plaça tendrement sur les tempes blêmies.
- Vous contemplez maintenant l'empereur en son appareil ordinaire, comme il vivait - le roi du Kafiristan avec la couronne en tête. Pauvre vieux Daniel qui fut monarque une fois !

ISBN : 2501109910
Éditeur : MARABOUT (2016)
Existe en édition audio
Note moyenne : 4.11/5 (sur 995 notes)Résumé :
Il est des hommes " qui ont la vérité en eux mais ne l'expriment pas en paroles ". Dans Le Prophète, Khalil Gibran parle de l'exil, de l'amour, des enfants, du manger et du boire, du travail, de la douleur, de l'amitié, de la beauté, de la mort. Mais l'essentiel, il ne peut le dire. C'est en creux qu'il fait sentir la vérité muette de son âme. Et l'invisible évoqué par le prophète libanais parle directement à l'invisible qui est en nous.

ISBN : 2070366790
Éditeur : GALLIMARD (1975)
Note moyenne : 3.6/5 (sur 335 notes)Résumé :
"Mais au-delà coulait une rivière." Cette rivière, fascinante, d'une infinie richesse est le centre même de cette oeuvre, comme elle est le centre de l'univers de Pascalet, le héros de ce très beau livre. Le petit garçon va sentir en lui l'appel irrésistible de ce cours d'eau fabuleux qui le fait rêver, nuit et jour, à l'image de Bargabot, l'étrange braconnier qui en connaît chaque méandre et vient parfois lui rendre visite. Bravant un jour l'interdiction de sa famille, il succombe à la tentation et rejoint la rivière. Mais la barque qui le mène part soudain à la dérive, l'entraînant sur une île sauvage. Il y fait alors la rencontre d'inquiétants bohémiens qui retiennent prisonnier un jeune garçon, Gatzo. Après avoir délivré le jeune otage, tous deux s'enfuient. Les deux garçons, se cachant des bohémiens, ne pourront alors plus compter que sur leur seule débrouillardise dans une nature magnifiquement sauvage. Très bel ouvrage où le mystère se mêle à la réalité quotidienne, où l'on peut sentir à chaque page le parfum si particulier de la Provence, cette oeuvre est envoûtante par la magie qui se dégage de chaque description, d'une richesse incroyable. Le vocabulaire très fourni, lié au champ thématique de la rivière, donnera l'occasion d'une véritable leçon de choses, et l'on se plaira à suivre les aventures du jeune Pascalet et de Gatzo dans cette si belle nature. --Xavier Marciniak

ISBN : 2070368084
Éditeur : GALLIMARD (1972)
Note moyenne : 3.85/5 (sur 1476 notes)Résumé :
"King lécha le visage de Patricia et me tendit son mufle que je grattai entre les yeux. Le plus étroit, le plus effilé me sembla, plus que jamais, cligner amicalement. Puis le lion s'étendit sur un flanc et souleva une de ses pattes de devant afin que la petite fille prît contre lui sa place accoutumée."
L'histoire d'un amour fou entre une petite fille et un lion.

ISBN : 2070330303
Éditeur : GALLIMARD (1977)
Note moyenne : 3.58/5 (sur 1137 notes)Résumé :
Robinson, parti faire fortune en Amérique du Sud échoue, au gré d'un naufrage, sur une île déserte, que nulle carte ne signale. Il s'aperçoit alors très vite qu'il ne doit s'en remettre qu'à lui-même et à son ingéniosité pour survivre, dans une nature pas toujours très accueillante. Comment parviendra-t-il à supporter sa solitude ?
Arrivera-t-il à imposer ses règles d'homme civilisé à cette nature sauvage et à la domestiquer ou bien est-ce elle, finalement, qui aura le dernier mot ? Michel Tournier avait déjà repris la célèbre aventure de A. Selkirk, le Robinson Crusoé du roman de Defoe, dans Vendredi ou les limbes du Pacifique, en y ajoutant une forte dimension philosophique. Vendredi ou la vie sauvage garde cette dimension, même s'il s'agit d'une adaptation pour les enfants. Il faut sans doute l'éclairage d'un adulte pour en tirer toute la richesse.
Mais c'est aussi un livre d'apprentissage plus pratique : comment construire un arc et tailler des flèches, comment parler grâce au langage des mains, ou comment construire des règles de vie, nécessaires à toute communauté. Enfin, avec l'apparition de Vendredi dans l'univers de Robinson, les enfants pourront saisir toute la complexité des relations humaines et combien la présence d'autrui nous est nécessaire et même indispensable. --Xavier Marcinia

Michael Morpurgo
François Place (Illustrateur)Diane Ménard (Traducteur)ISBN : 2070541835
Éditeur : GALLIMARD JEUNESSE (2000)
Note moyenne : 4.18/5 (sur 351 notes)Résumé :
Le 10 septembre 1987, Michael embarque avec ses parents et leur chienne, Stella, sur un voilier pour faire le tour du monde. Ils s'arrêtent, parfois, pour de fabuleuses escales, Afrique, Amérique, Australie, jusqu'au jour où survient un terrible accident. Le jeune homme se retrouve échoué, avec sa chienne, sur une île déserte perdue au milieu du Pacifique. Va-t-il pouvoir survivre, affamé, menacé par toutes sortes de dangers? Reverra-t-il jamais ses parents?
Un matin, alors que l'épuisement le gagne, Michael trouve auprès de lui un peu de nourriture et d'eau douce. Il n'est pas seul...
Le récit bouleversant d'une aventure hors du commun et d'une amitié inoubliable.
Le Royaume de Kensuké a obtenu en Grande-Bretagne la Children's Book Award 2000, récompense décernée par un jury international de vingt mille enfants.

William Golding
Lola Tranec-Dubled (Autre)ISBN : 2070374807
Éditeur : GALLIMARD (1983)
Note moyenne : 3.81/5 (sur 1350 notes)Résumé :
Soit un groupe d'enfants, de six à treize ans, que l'on isole sur une île déserte. Qu'advient-il d'eux après quelques mois? William Golding tente l'expérience. Après les excitantes excursions et parties de baignade, il faut s'organiser pour survivre. C'est au moins la réflexion de Ralph, celui qui fut élu chef au temps heureux des commencements, et du fidèle Piggy. Mais c'est ce que refusent de comprendre Jack, le second aspirant au "trône", et les siens. Cette première division clanique n'est pas loin de reproduire un schéma social ancestral. S'ensuivent des comportements qui boudent peu à peu la civilisation et à travers lesquels les rituels immémoriaux le disputent à une sauvagerie d'une violence sans limite.
Dès "Sa Majesté des Mouches" (1954), porté à l'écran par Peter Brook (1963), apparaît l'obsession de William Golding: l'homme est foncièrement mauvais. Le monde est porteur d'une cruauté sans faille dans laquelle chacun se fourvoie et finit par périr, comme il l'illustre plus tard dans "Les Héritiers" ou "Parade sauvage". L'écrivain reçut le prix Nobel de littérature en 1983. "--Laure Anciel--

Académie Française - Grand prix du roman - 1967
Michel Tournier
Gilles Deleuze (Autre)ISBN : 2070369595
Éditeur : GALLIMARD (1972)
Note moyenne : 3.87/5 (sur 849 notes)Résumé :
Tous ceux qui m'ont connu, tous sans exception, me croient mort. Ma propre conviction que j'existe a contre elle l'unanimité. Quoi que je fasse, je n'empêcherai pas que, dans l'esprit de la totalité des hommes, il y a l'image du cadavre de Robinson. Cela suffit - non certes à me tuer - mais à me repousser aux confins de la vie, dans un lieu suspendu entre ciel et enfers, dans les limbes en somme... Plus près de la mort qu'aucun autre homme, je suis du même coup plus près des sources mêmes de la sexualité.

ISBN : 2253001457
Éditeur : LE LIVRE DE POCHE (1972)
Note moyenne : 3.69/5 (sur 3316 notes)Résumé :
« Vipère au poing » est le premier roman d'Hervé Bazin ; et celui qui l'a rendu immédiatement célèbre. Publié en 1948, c’est le premier volet d'une trilogie (« Vipère au poing », « La mort du petit cheval », « Le cri de la chouette ») qui raconte successivement l'enfance de Jean Rezeau (dit Brasse-Bouillon), sa vie de jeune adulte puis celle d'homme d'âge mûr, jusqu'à la mort de sa mère, Paule Pluvinec, dite Folcoche.
Ce premier roman, très largement autobiographique, est l'histoire d’une famille de la petite bourgeoisie provinciale, les Rezeau : 3 fils, un père effacé et rêveur et une mère autoritaire et méchante. Mais c'est surtout l'histoire de la haine qui lie le narrateur, benjamin des fils à sa mère...

ISBN : 2266131192
Éditeur : POCKET (2002)
Note moyenne : 4.02/5 (sur 188 notes)Résumé :
Psychologue et thérapeute, Torey Hayden est professeur-éducatrice dans une classe d'enfant souffrant de troubles du comportement.
Un lien très fort l'unit à Jade, une petite fille de huit ans qui se tient courbée et ne parle pas. Chaque soir, Jade rejoint Torey dans une salle de cours et, après avoir fermé la porte pour que personne d'autre ne l'entende, elle se met à parler.
Ce qu'elle raconte est effrayant, incroyable. Des choses horribles ayant trait au sexe, à la violence, à la mort.
La psychologue s'interroge. Réalité ? Mensonges ? Délires d'enfants perturbés ? A force de patience, elle finit par découvrir la vérité.
Une vérité qui dépasse l'entendement...

ISBN : 2253030074
Éditeur : LE LIVRE DE POCHE
Note moyenne : 3.65/5 (sur 313 notes)Résumé :
A treize ans, Valérie Valère a été internée au pavillon des enfants fous d'un grand hôpital parisien. A quinze ans, elle écrit le récit de ce séjour.
Son livre n'est pas seulement une vision du monde hospitalier, des traitements pour les malades mentaux, le cri pathétique d'une adolescente de treize ans qui, un jour, a refusé toute nourriture : elle prend conscience des raisons profondes qui l'ont amenée au comportement suicidaire qu'est l'anorexie.

Cormac McCarthy
François Hirsch (Traducteur)ISBN : 2879295912
Éditeur : EDITIONS DE L'OLIVIER
Existe en édition audio
Note moyenne : 4.01/5 (sur 2732 notes)Résumé :
L’apocalypse a eu lieu. Le monde est dévasté, couvert de cendres. On ne sait rien des causes de ce cataclysme. Un père et son fils errent sur une route, poussant un caddie rempli d’objets hétéroclites et de vieilles couvertures. Ils sont sur leurs gardes car le danger peut surgir à tout moment. Ils affrontent la pluie, la neige, le froid. Et ce qui reste d’une humanité retournée à la barbarie.
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Mes lectures (1)
- Par Thierry LEDRU
- Le 14/10/2016
La médiathèque où j'ai l'habitude d'aller propose aux adhérents de constituer des listes de livres à commander et à partager et j'ai donc commencé ce soir.
Je cherche à retrouver les livres qui m'ont marqué, ceux qui sont restés dans ma mémoire, pour la force de leurs écrits, la beauté de l'écriture, les enseignements, les leçons de vie.
Je les compile sur un dossier word et deux heures après avoir commencé, j'arrive à une centaine de pages... Je suis fasciné par tout ce qui me revient en mémoire, par tous les auteurs, les titres, les couvertures, les mots, les histoires, les personnages, les drames et les bonheurs, les paroles de sagesse, les découvertes, les révélations, tout ce que ces livres m'ont apporté.
Chose étrange également, il suffit qu'un livre surgisse pour qu'un autre le suive, puis un autre...Comme si tout était enregistré dans une mémoire qui rejaillit, de façon apparemment chaotique, par des liens inconscients, des passerelles qui m'échappent, des lignes de vie attachées à mon histoire, des périodes durant lesquelles je m'attachais à un thème, à une quête précise...
Sur le site "Babélio", je retrouve leurs traces...

ISBN : 2081348284
Éditeur : FLAMMARION (2015)
Note moyenne : 3.95/5 (sur 938 notes)Résumé :
Depuis toujours, Jonathan Livingston s'afflige de n'être ni albatros ni pélican, en bref, de n'être doué ni pour le looping ni pour le vol plané. A la consternation de ses parents, il s'entraîne jour et nuit pour améliorer sa vitesse et sa qualité de vol. Le Grand Conseil finit par se réunir et par exclure ce drôle d'oiseau qui ne respecte pas les limites de sa race ! Jonathan en effet ne considère pas le vol comme un vulgaire moyen de déplacement, mais comme la chance d'accéder à la perfection et de donner un sens plus noble à la vie. Sa pénitence se transforme en paradis lorsqu'il rencontre Chiang l'Ancien et les autres exclus assoiffés d'infini. Chiang lui apprend l'absolu, mais aussi la responsabilité, la confiance, l'amour, la liberté. Tel un Saint-Exupéry américain, Richard Bach est écrivain-aviateur. Cet ancien pilote de l'armée de l'air américaine a pour seule religion le vol qui confère à son regard une perspective salutaire. Jonathan Livingston le goéland - qui rappelle parfois le Petit Prince - lui valut la célébrité dès 1970. Il est aussi l'auteur du Messie récalcitrant, et d'Un pont sur l'infini. --Laure Anciel
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ISBN : 2070408507
Éditeur : GALLIMARD (1999)
Note moyenne : 4.28/5 (sur 10563 notes)Résumé :
J'ai ainsi vécu seul, sans personne avec qui parler véritablement, jusqu'à une panne dans le désert du Sahara, il y a six ans. Quelque chose s'était cassé dans mon moteur.
Et comme je n'avais avec moi ni mécanicien, ni passagers, je me préparai à essayer de réussir, tout seul, une réparation difficile. C'était pour moi une question de vie ou de mort. J'avais à peine de l'eau à boire pour huit jours.
Le premier soir je me suis donc endormi sur le sable à mille milles de toute terre habitée. J'étais bien plus isolé qu'un naufragé sur un radeau au milieu de l'océan.
Alors vous imaginez ma surprise, au lever du jour, quand une drôle de petite voix m'a réveillé. Elle disait : ... «S'il vous plaît... dessine-moi un mouton ! - Hein ! - Dessine-moi un mouton...»
J'ai sauté sur mes pieds comme si j'avais été frappé par la foudre. J'ai bien frotté mes yeux. J'ai bien regardé. Et j'ai vu un petit bonhomme tout à fait extraordinaire qui me considérait gravement.
....Regardez attentivement ce paysage afin d'être sûr de le reconnaître, si vous voyagez un jour en Afrique, dans le désert. Et, s'il vous arrive de passer par là, je vous supplie, ne vous pressez pas, attendez un peu juste sous l'étoile !
Si alors un enfant vient à vous, s'il rit, s'il a les cheveux d'or, s'il ne répond pas quand on l'interroge, vous devinerez bien qui il est. Alors soyez gentils ! Ne me laissez pas tellement triste: écrivez-moi vite qu'il est revenu..______________________________________________________________________________

J.M.G Le Clézio
Georges Lemoine (Illustrateur)ISBN : 2070332322
Éditeur : GALLIMARD (2000)
Note moyenne : 3.46/5 (sur 28 notes)Résumé :
Daniel ne parle presque pas et n'a pas d'amis. On dirait qu'il dort les yeux ouverts. Il a l'air de venir d'ailleurs. Il aurait pu s'appeler Sindbad le Marin, dont il a lu les aventures, le seul livre qu'il connaisse par cœur : son regard ne s'anime que lorsqu'on lui parle de mer et de voyages. Mais la mer, il ne l'a jamais vue. Alors, un jour de novembre, sans rien dire à personne, il s'en va pour ne plus jamais revenir..._____________________________________________________________________________

J.M.G Le Clézio
Georges Lemoine (Illustrateur)ISBN : 2070612589
Éditeur : GALLIMARD JEUNESSE (2007)
Note moyenne : 3.67/5 (sur 125 notes)Résumé :
Un matin du mois d’octobre, Lullaby décide de ne plus aller en cours. Elle écrit à son père, glisse dans un sac quelques objets et, empruntant le chemin des contrebandiers, part en direction de la plage. Un petit garçon qui revient de la pêche, une jolie maison grecque, mais surtout le soleil et la mer remplissent ses journées d’ivresse et de liberté. Un jour, pourtant, il faut revenir à l’école. Qui donc voudra croire à son étrange voyage ? Une rêverie adolescente lumineuse et poétique, une héroïne en quête de liberté. Retrouvez l’immense talent d’écrivain de J.M.G. Le Clézio, auteur contemporain majeur.

ISBN : 2070366197
Éditeur : GALLIMARD (1975)
Note moyenne : 4.24/5 (sur 120 notes)Résumé :
- Comment, vous ne savez pas? Asseyez-vous... Ce n'était pas encore l'heure du thé. Nous étions seuls dans la boutique. Et tout en me faisant goûter des bouchées au chocolat, grignoter des petits fours et déguster un verre de xérès, la nouvelle confiseuse, qui était veuve de guerre, me raconta avec beaucoup, beaucoup de détails qui avaient tous trait à sa propre situation, comment Claire s'était pendue dans son fournil le jour où un message officiel d'Angleterre lui avait appris la mort atroce de son frère...

ISBN : 9782940430147
Éditeur : AMBRE (2010)
Note moyenne : 4.02/5 (sur 46 notes)Résumé :
Plus de 3 millions d'exemplaires vendus dans le monde. Il y a fort longtemps, un vaillant chevalier combattait les méchants, tuait des dragons et sauvait les demoiselles en détresse. Il se croyait bon, gentil et plein d'amour. Il était très fier de sa magnifique armure qui brillait de mille feux, et ne la quittait jamais, même pour dormir. Seulement, un beau jour, en voulant l'enlever, il se retrouva coincé... Ainsi commença pour lui une quête initiatique, à la recherche de sa véritable identité, au gré de rencontres insolites et d'épreuves riches d'enseignement. En parvenant au "Sommet de la Vérité", il deviendra alors ce qu'il n'avait jamais cessé d'être, un homme au coeur pur, libre de toute illusion et de peur. Cette nouvelle quête du Graal, d'un humour délicieux, fait partie de ces "grands petits livres" comme Le Petit Prince et Jonathan Livingston le goéland. La limpidité, la profondeur du Chevalier à l'armure rouillée, qui parle au coeur et à l'âme, en font un conte d'une portée universelle.

ISBN : 2920987461
Éditeur : ARIANE (2000)
Note moyenne : 4.14/5 (sur 290 notes)Résumé :
Ce livre nous présente plusieurs défis : si nous réussissons à être totalement présent et à faire un pas à la fois dans le moment présent, si nous réussissons aussi à vraiment appréhender les réalités que sont notre corps énergétique, le lâcher-prise, le pardon et le non-manifeste, c'est que nous saurons nous ouvrir au pouvoir transformateur de l'instant présent.

ISBN : 2896678859
Éditeur : ADA ÉDITIONS (2012)
Note moyenne : 4.53/5 (sur 51 notes)Résumé :
Fort du fantastique succès de son ouvrage Le pouvoir du moment présent, Eckhart Tollé propose aux lecteurs un nouveau livre dans lequel il jette un regard honnête sur l'état actuel de l'humanité.

Khalil Gibran
Pascale Haas (Traducteur)ISBN : 2290354600
Éditeur : LIBRIO (2006)
Note moyenne : 3.56/5 (sur 18 notes)Résumé :
" Je suis venu dire une parole, et je la dirai aujourd'hui. Mais si la mort m'en empêche, ellesera dite Demain, car Demain ne laisse jamais aucun secret dans le livre de l'Éternité. " La voix de l'éternelle sagesse est un recueil d'aphorismes poétiques sur des thèmes existentiels : l'amour, l'amitié, le mariage, les enfants. Un texte pur dans lequel la philosophie s'allie harmonieusement avec la poésie.

Jiddu Krishnamurti
Mary Lutyens (Éditeur scientifique)Carlo Suarès (Traducteur)ISBN : 2253138207
Éditeur : LE LIVRE DE POCHE (1995)
Note moyenne : 4.24/5 (sur 132 notes)Résumé :
Voici le traité de la seule révolution qui vaille : la libération intérieure. L'homme en cage, prisonnier des dogmatismes et des conformismes de pensée, est une ombre illusoire.
De l'exigence spirituelle présente de façon plus ou moins confuse dans chaque être humain, jusqu'à cette authentique libération, nous sommes conviés ici à parcourir toutes les étapes : se connaître soi-même, surmonter la peur, découvrir peu à peu le silence et la plénitude.
Jiddu Krishnamurti
Colette Joyeux (Traducteur)ISBN : 2757801171
Éditeur : EDITIONS DU SEUIL (2007)
Note moyenne : 4.21/5 (sur 82 notes)Résumé :
L'enseignement de Krishnamurti repose sur la conviction que les transformations de la société ne peuvent se faire qu'au terme d'une transformation des individus.
Critique vis-à-vis des religions et des sectes, Krishnamurti n'aura de cesse de répéter que le bonheur passe par le refus de tout type d'autorité.
Michel Piquemal
Michel Piquemal (Éditeur scientifique)Edward Sheriff Curtis (Illustrateur)ISBN : 2226062548
Éditeur : ALBIN MICHEL (1993)
Note moyenne : 4.08/5 (sur 36 notes)Résumé :
(...)
Pourtant, ces peuples ont parlé avant d'être définitivement vaincus. Et nous restons confondus devant ces bribes de voix et ce qu'elles laissent présager de leur spiritualité.
Ces hommes (qui ne bâtissaient ni pyramides ni cathédrales) avaient trouvé leur juste place dans le cosmos, au sein d'une nature qu'ils respectaient et adoraient

ISBN : 2226142924
Éditeur : ALBIN MICHEL (2003)
Note moyenne : 4/5 (sur 4 notes)Résumé :
L'Univers du Zen illustre merveilleusement la capacité de Jacques Brosse à embrasser à la fois la synthèse et le détail d'un sujet aussi foisonnant que le Zen, touchant à la fois à l'histoire et à la spiritualité. L'iconographie exceptionnelle comporte plus de deux cents illustrations dont une plus grande partie est inconnue en France, et dont certaines sont quasi inédités au Japon.

ISBN : 2253041920
Éditeur : LE LIVRE DE POCHE (1987)
Note moyenne : 3.98/5 (sur 55 notes)Résumé :
De la mort, nous avons tout oublié, tout ce que notre culture avait érigé en sagesse. Même la science est devenue ignorante. Tellement que des savants tirent la sonnette d'alarme. Il faut, disent-ils, réhabiliter l'agonie, écouter les mourants, étudier ce passage aussi capital que la naissance. Psychiatres, cardiologues, chirurgiens, biologistes et physiciens, dans les laboratoires les plus sophistiqués des Etats-Unis, d'Europe, mais encore en Inde

ISBN : 2253138231
Éditeur : LE LIVRE DE POCHE
Note moyenne : 4.08/5 (sur 12 notes)Résumé :
L'homme a-t-il une mémoire qu'il tiendrait de ses lointaines origines animales ? Comment va-t-il évoluer ? Que peuvent nous apprendre nos cousins cétacés, et en particulier les dauphins, qu'une légende cherokee place, dans l'ordre naturel, juste avant l'homme ? C'est à ces questions que tente de répondre Patrice Van Eersel. Il a rencontré d'étranges musiciens qui ne composent que pour les baleines, des spécialistes des bactéries, des zoopsychiatres, des accoucheurs...

Elisabeth Kübler-Ross
Loïc Cohen (Traducteur)ISBN : 2266085182
Éditeur : POCKET (1999)
Note moyenne : 4.14/5 (sur 22 notes)Résumé :
Un itinéraire intellectuel et spirituel, une destinée hors du commun : Elisabelth Kübler-Ross, docteur en médecine, est cette femme, cette thérapeute célèbre dans le monde entier, qui a transformé notre perception de la mort. Fruit de son accompagnement d'enfants, de vieillards, de cancéreux et de sidéens en phase terminale, son étude révolutionnaire et désormais classique : "Les Derniers Instants de la Vie" a apporté la paix à des millions d'êtres confrontés à leur fin ou à celle de leurs proches.

ISBN : 2226249583
Éditeur : ALBIN MICHEL (2013)
Note moyenne : 3.92/5 (sur 12 notes)Résumé :
Des religions antiques à l'enseignement bouddhiste, de la naissance de l'islam au monachisme chrétien, des mystiques hindous aux penseurs indépendants comme Boulgakov, Gurdjieff et Simone Weil, Jacques Brosse présente ici la grande fresque de l'aventure spirituelle de l'humanité à travers ses maîtres et ses écoles. L'auteur, dont l'œuvre a été couronnée par le Grand Prix de l'Académie française en 1987, est à la fois philosophe, maître zen, naturaliste et spécialiste des traditions spirituelles d'Orient et d'Occident.

ISBN : 2266157558
Éditeur : POCKET (2006)
Note moyenne : 3.85/5 (sur 40 notes)Résumé :
Rédigés entre 1968 et 1972 à partir de notes prises par l'auteur auprès de son guide, Swâmi Prajnanpad (l891-1974), les trois tomes des Chemins de la Sagesse, aujourd'hui en un seul volume, restituent sous la forme d'un exposé rigoureux les découvertes d'un disciple à la recherche du Soi. Alors réalisateur à la Télévision française, Arnaud Desjardins y expose l'enseignement qu'il s'appliquait lui-même à mettre en pratique jour après jour. Source indispensable aux lecteurs désireux d'aborder ou de cerner dans son essence la démarche qu'il propose, cet ouvrage ouvre une voie concrète et nous rend accessibles, ici et maintenant, les vérités centrales de la métaphysique hindoue.

ISBN : 2290071978
Éditeur : J'AI LU (2013)
Note moyenne : 3.98/5 (sur 83 notes)Résumé :
Jade est une petite fille irrésistible par sa fraîcheur inventive et son esprit d’émerveillement. Dans la lignée du " Petit Prince " et de " Jonathan le Goéland ", elle nous amène à une connaissance de l'essentiel et à une redécouverte du sens de la vie, dans un esprit poétique et enthousiaste.
Sur un ton toujours très spirituel (au sens à la fois mystique et humoristique du mot), ce livre qui regorge de saveur, de joie et d'humour a séduit des lecteurs de tous âges, ainsi que des artistes de renom comme Yves Duteil.
Régulièrement réédité depuis sa parution en 1991, et traduit dans de nombreuses langues, cet ouvrage à la spiritualité ensoleillée continue de faire l'objet d'un phénomène de bouche à oreille d'une singulière ampleur. Dans le cœur d'innombrables lecteurs, Jade est inoubliable.

Anthony De Mello
Paule Pierre (Traducteur)ISBN : 2226116672
Éditeur : ALBIN MICHEL (2002)
Note moyenne : 4.32/5 (sur 34 notes)Résumé :
Toute l'œuvre d'Anthony de Mello (1931-1987), prêtre jésuite indien, qui fit également profession de psychologue et psychothérapeute, est consacrée à la libération intérieure. Quand la conscience s'éveille se présente comme un recueil d'histoires courtes, de fables ou de paraboles qui, influencées par les spiritualités bouddhiste ou taoïste, tracent les voies d'une sagesse originale et efficace. S'appuyant sur son expérience d'animateur de retraites spirituelles, Anthony de Mello s'adresse ici directement à son lecteur, dans un style vif et familier. Il aborde les thèmes essentiels qui pourraient l'éclairer sur l'éveil à soi, condition d'harmonie intérieure et de bonheur. Il le poursuit jusque dans ses derniers retranchements psychologiques avec une perspicacité teintée d'ironie et de tendresse. Ce livre sera un compagnon de route précieux pour qui veut cheminer vers la connaissance de soi.
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Raid à skis en Norvège
- Par Thierry LEDRU
- Le 14/10/2016
C'était l'hiver dernier, nos deux garçons sont montés en Norvège pour du ski de rando sur des sommets perdus au-delà du cercle polaire. Que du bonheur.
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Le yoga qui guérit
- Par Thierry LEDRU
- Le 12/10/2016
Le yoga qui guérit...A l'hôpital, en prison, à l'école, aux Etats-Unis, en Inde, en Afrique, en France.. Magnifique...
J'aurais aimé connaître la pratique du yoga lorsque j'ai eu mes hernies discales.
Le milieu médical s'est contenté de m'opérer et de me relâcher en pensant avoir réglé le problème. J'avais confiance la première fois. J'avais 25 ans et j'étais totalement naîf et immature. Et puis la deuxième fois, je n'avais pas le choix et pas les connaissances du lien entre l'esprit et le corps... Et à 44 ans , j'ai refusé l'opération. Trois hernies, paralysie de la jambe gauche. Shooté à la morphine. C'est une médium qui m'a sauvé. Il fallait que j'entre en moi, que je relie mon esprit et mon corps, que je comprenne le fardeau que mon corps portait et qui me détruisait, que je crée enfin ce lien entre la matière et l'énergie.
Aujourd'hui, je marche en montagne des sorties de dix heures, je cours, je joue au tennis, je fais du vélo, je tronçonne et je fends le bois de chauffage pour la maison.
Et je fais du yoga.
Il m'aura fallu beaucoup de temps pour grandir.
"On a tous quelque chose à affronter."
"La méditation de l'arbre" et les huit fondamentaux du yoga :
*Les racines qui représentent l'attitude vis à vis des autres.
*Le tronc, l'attitude vis à vis de soi-même.
*Les branches, les postures physiques.
*Les feuilles, les techniques de respiration.
*L'écorce, le retrait des sens.
*La sève, la concentration.
*Les fleurs, la méditation.
*Les fruits qui représentent l'éveil.
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Liberté et intuition
- Par Thierry LEDRU
- Le 07/10/2016
Liberté et intuition
« Les hommes se croient libres par cela seul qu’ils sont conscients de leurs actions mais qu’ils ignorent les causes qui les déterminent. » SpinozaSi on s'applique à analyser l'existence sans aucun détour, on réalise à quel point l'ignorance de ces causes relève quasiment de la déficience mentale et c'est effrayant. D'autant plus lorsque, après avoir enfin identifié une cause, on réalise que cette cause n'est pas née de rien mais d'une cause qui la précède...Et que dès lors, il est absurde et même prétentieux de se croire parvenu quelque part alors qu'il se tient dans les strates fossilisées des causes archaïques sur lesquelles repose tout l'édifice.
Quel est le degré de liberté que les hommes peuvent atteindre ?
Je ne parle pas ici de la liberté matérielle, professionnelle, familiale, sociétale mais de la liberté intérieure, existentielle, de la liberté spirituelle.
Pour ce qui est des situations précédentes, toutes celles qui relèvent de la vie extérieure, je ne crois pas un seul instant à une quelconque liberté. Tout est l'effet des causes initiales.
Spinoza utilise volontairement le verbe « croire ». Il est essentiel de le noter.
Si je regarde les enchaînements de mon existence, je finis toujours par trouver une cause première. Mes choix n'ont été que des réactions et non des actions. Je sais pourquoi je suis devenu instituteur, je sais pourquoi j'aime la montagne, je sais pourquoi j'aime la solitude, pourquoi j'écris... Rien ne s'est fait "librement" mais parce qu'il y avait initialement un événement qui m'amenait à réagir. Je pourrais convenir pour me rassurer qu'il y a tout de même une décision prise de ma part et qu'il y en avait sans doute une autre d'envisageable. Mais la source reste la même. Rien ne vient de rien.
Je pourrais choisir d'arrêter d'écrire cet article et de fermer l'ordinateur pour me prouver que j'ai un pouvoir décisionnel. Je regretterai certainement dans peu de temps ce caprice prétentieux et je reviendrai m'asseoir en me maudissant d'avoir perdu ce que j'avais déjà écrit. Je "dois" écrire ce que je porte. Je sais pourquoi je dois l'écrire.
Cette illusion du choix s'établit dans les contingences de la vie quotidienne. C'est certain mais c'est si insignifiant que ça n'a aucun intérêt. Je vais choisir une nouvelle tapisserie. Ouah, formidable...Ou acheter un smartphone, ouah, trop bien ! Ah, non, finalement, là je ne l'ai pas choisi, je n'en avais pas besoin, je n'ai fait que succomber à une pression médiatique et encore une fois prétentieuse. Mais je vais m’efforcer de croire que j’ai fait un choix en excluant toutes les pressions environnementales qui m’ont « conduit » à cet achat.
Ah, et puis, je pourrais changer de voiture aussi, là, il y a du choix. C'est important le choix d'une voiture ! Elles ont bien toutes quatre roues, un moteur et une caisse mais quand même il y en a qui sont mieux que d'autres et je serais tellement heureux de rouler dans une voiture qui me plaît. Oui, bon, ok , c'est ridicule, je sais...
Je pourrais même choisir de changer de femme. Celle-là est vraiment trop commune. Et d'ailleurs, je ne sais même pas pourquoi j'en suis arrivé à l'aimer et à avoir des enfants avec elle. Des femmes, il y en a tellement, c'est comme les voitures, il y a du choix...Quand je vois ce qui existe dans les revues que je lis...Non, pas les revues de bagnole, les revues avec de belles femmes ! Celle du cinéma par exemple, c'est extraordinaire comme elles sont belles au cinéma. Ah, oui, là c'est vrai, je me fais un film et j'en finis même par ne plus voir la réalité magnifique de ma femme et le miracle de notre rencontre...
Les pressions extérieures, lorsqu’elles sont devenues addictives, les comparaisons, les hiérarchies, les « valeurs marchandes » produisent des effets, parfois dévastateurs… Jusque dans la sphère intime.Liberté du choix...Quelle fumisterie. Il faudrait déjà exister intérieurement pour pouvoir prétendre faire un choix. Car enfin, qui choisit ? Qui est là pour choisir ? Un individu lucide, conscient, éveillé ou une machine qui se remplit de carburant pour croire qu'elle avance par elle-même ? Qui lui donne ce carburant ? Les autres ? Des individus endormis qui fonctionnent avec le même carburant ? Ah, non, ceux-là, les pourvoyeurs, sont propriétaires des pompes à carburant. Ils sont tout aussi endormis. C'est juste qu'ils ont appris à en profiter davantage et à se servir de ceux qui restent juste attachés à ce désir immodéré de remettre sans cesse du carburant. Hiérarchie sociale dans le sommeil et dans les addictions. Il y a les patrons des pompes et les utilisateurs qui rêvent de prendre la place du patron pour dormir encore mais dans de la soie.
Le choix de se croire libre est par conséquent une auto mutilation. Je coupe en moi le lien qui me rattachait à mon âme et je "décide" de me soumettre à mon mental. Ça n'est évidemment pas une décision réfléchie mais juste un abandon par conditionnements. C'est pour cela qu'il faut bénir les drames. Ils sont la plupart du temps les seuls évènements susceptibles de réveiller les individus. Il y aura toujours ceux qui regretteront infiniment le temps du grand sommeil et de la multiplicité des pompes à carburant. Bon, tant pis.
Et puis, il y a ceux ou celles qui ne peuvent plus dormir. Parfois même réellement. Ils vont aller marcher pendant des jours et des nuits. Mus par une énergie inconnue qui les brûle intérieurement.
Et alors, qu'en est-il de cette liberté existentielle ?
On a donc les endormis qui se gavent de carburant. Liberté existentielle : néant.
On a aussi les victimes qui adorent leur statut de victimes. Liberté existentielle : néant.
On a aussi les traumatisés qui ne cherchent pas à se plaindre parce qu'ils ont basculé dans un espace qu'ils ne connaissaient pas et qui se révèlent absolument fabuleux. Liberté existentielle : en cours d'apprentissage.
Ces derniers possèdent-ils un libre arbitre ? Non, bien entendu étant donné que leur évolution est dictée par un évènement indépendant de leur volonté. Mais il y a une différence essentielle. ILS LE SAVENT.
Dès lors, il y a une observation lucide qui s'installe, celle que j'appelle "le juste milieu".
À mon sens, « le cul entre deux chaises » est l'état d'une personne n'ayant pas réussi à faire un choix. Elle reste donc torturée par son indécision, hésitant constamment à prendre une direction définie et souffrant de son incapacité à le faire. À peine partie dans un sens, elle regrette déjà son élan et s'arrête, souffrant aussitôt d'être revenue au point de départ, là où pour elle il n'y a que le chaudron bouillant dans lequel elle cuit sans comprendre que les flammes sont attisées par sa propre errance.
Le juste milieu représente à mon sens, non pas la capacité à rester au centre du carrefour sans prendre de décision mais la capacité à ne pas s'identifier à la décision qui a été prise. Le juste milieu est l'endroit duquel l'individu peut observer ses actes sans être lui-même les actes. C'est un état d'observation qui fait que l'on peut entretenir la lucidité nécessaire à l'analyse de ce qui est entrepris. Je ne suis pas ce que je fais. Je ne suis pas ce que j'ai décidé de faire. Je le gère mais sans être emporté dans le flot d'émotions, de ressentis, que cela génère.Pour ne pas couler au milieu de l'océan, il ne sert à rien de nager, il faut faire la planche et observer, saisir chaque instant en se libérant de l'activité. Au milieu de l'océan, le nageur aura systématiquement le cul entre deux chaises en décidant de prendre une direction puisqu'il ne sait pas vers où il va. Il va dépenser une énergie considérable à nager et dès lors il ne peut pas s'observer.
Le "planchiste" se laisse porter en mesurant ses efforts et en restant réceptif à tout ce qui l'entoure. Les courants l'entraînent mais ça n'a aucune importance étant donné qu'il ne sait pas vers où il faut aller. Il est donc inutile d'y penser. Agir dans le non-agir revient donc à être inscrit dans le juste milieu.Il ne s'agit nullement de rester inerte au carrefour d'une décision à prendre. Le juste milieu consiste à ne pas devenir la décision...Chaque fois qu'une préoccupation trop vive nous saisit et que celle-ci implique une décision à prendre nous restons bien nous-mêmes évidemment mais nous ne sommes plus avec nous-mêmes. Nous nous perdons de vue dans les évènements extérieurs. Comme si les actes nous engloutissaient. Ça peut devenir de la colère, des regrets, de la rancœur, de la jalousie ou du bonheur mais quelques soient les effets, si nous nous perdons de vue, il n'y a plus d'observateur, nous sommes devenus ce que nous faisons.
Le juste milieu consiste à ne pas nous identifier à cette décision. Il s'agit donc de continuer à analyser les évènements, avec lucidité et si une autre direction s'impose, il n'y a aucun regret à avoir, il serait inutile de continuer à se fourvoyer, par prétention ou entêtement. Le juste milieu est à la source de la lucidité. Il ne s'agit pas de rester indécis et de refuser l'engagement. Il faut s'engager. Mais celui qui s'engage dans une voie ne devient pas la voie. Il reste une entité homogène.
La décision d'être volontairement engagé donne à l'acte lui-même la conscience de l'être uniquement lorsque la volonté est consciente des causes qui la nourrissent.
Le juste milieu est une observation de ce que nous faisons. Comme si nous prenions de la hauteur en fait, que nous installions une vision macroscopique de nos actes au lieu de nous étourdir de ces actes eux-mêmes.
Le libre arbitre existe dans la dimension du juste milieu. Non pas qu'il y ait pour autant une liberté totale et inconditionnelle des choix mais il existe une conscience réelle de la raison de ces choix et ensuite une absence d'identification à ces choix. L'individu reste dans un état d'observation. Il ne dort plus et l'énergie intérieure est son seul carburant.
Qu’en est-il du libre-arbitre ?
Dans le déroulement de vie d’une personne, on peut considérer que l’éducation favorise l’émergence de trois paramètres : la culture s’impose en premier lieu, elle se renforcera dans certains domaines pour devenir une réelle connaissance à travers diverses expériences, puis, dans certains cas et pour certaines personnes, viendront prendre place les convictions.Un petit enfant africain, un petit enfant européen ou un petit enfant asiatique n’aura pas le même bagage culturel. Ses connaissances et ses convictions seront donc influencées par cet environnement culturel.
-Culture : accumulation de « savoirs. »
-Connaissances : une culture à laquelle s’ajoute une expérience. Savoir et faire. Avoir et être.
-Convictions : idées profondément ancrées.
Dès lors se pose le problème de ce libre-arbitre…
Définition : « La notion de libre arbitre, synonyme de liberté, désigne le pouvoir de choisir de façon absolue, c’est à dire d’être à l’origine de ses actes. »
Mais si nous gardons à l’esprit les influences environnementales, est-ce qu’il est possible d’envisager ce libre-arbitre ? Ne sommes-nous pas plutôt fondamentalement « enfermés » dans des fonctionnements qui nous échappent ? Le libre-arbitre ne nous est-il pas retiré au fur et à mesure de notre avancée, au fil des expériences de vie ? Ne s’agit-il pas davantage d’une liberté à prendre à travers le prisme éclairant de la conscience ?
Un sujet qui se voudrait libre est sensé pouvoir choisir de lui-même ce qu’il choisit, sans être poussé à l’avance d’un côté ou d’un autre par quelque influence ou cause que ce soit. Si l’individu « choisit », c’est qu’il dispose de plusieurs options et surtout qu’il bénéficie d’un complet contrôle de lui-même. Il se doit d’être « vierge » de toutes influences… Mais est-ce que c’est possible ? Ne conviendrait-il pas plutôt d’être capable d’identifier clairement l’ensemble de ces influences afin de s’en détacher et de pouvoir assumer dès lors l’intégralité du choix ? La complexité des conditions de vie, les relations sociales, le poids du passé, l’intégration, le formatage intellectuel, l'éducation et le formatage scolaire ne maintiennent-ils pas insidieusement un détournement de l’esprit, une direction donnée ? Les conditions objectives n’enferment-elles pas l’esprit dans un conditionnement subjectif ?
Sur quoi repose la notion de libre-arbitre ?
N’est-elle pas simplement une certaine forme de prétention, un déni de l’enfermement ?Un exemple :
J’ai décidé de réfléchir sur la notion de libre-arbitre, sur l’idée essentielle de ma liberté. Je tente de cerner les tenants et les aboutissants (en voilà une expression bien « culturelle »…) et aussitôt me viennent à l’esprit les résidus de mes cours de philosophie : Platon, Spinoza, Nietzsche, Schopenhauer, Marx…
La culture est là (enfin, bon, quelques restes de culture…). Jaillissent aussi mes quelques expériences de vie à travers lesquelles je peux constater que beaucoup trop d’éléments m’ont échappé pour que je puisse affirmer que mes choix se sont faits en toute liberté. Intervient dès lors la conviction que ce libre-arbitre n’est qu’une illusion…
Est-ce que cette réflexion porte fondamentalement une liberté totale ou n’est-elle qu’un imbroglio anarchique de multiples données chaotiques…Un immonde fatras en quelque sorte …
Bien sûr que j’ai décidé librement de mener cette réflexion… Tiens, non, d’ailleurs, ça n’est même pas certain…C’est peut-être plus justement une certaine souffrance liée à un désordre intérieur, une inquiétude de voir à quel point tout m’échappe… Ce sont mes conditions de vie qui m’ont amené à réfléchir. Je n’ai fait que réagir à un tourment. Je n’ai pas été libre d’entamer cette quête et je ne peux que tenter de la mener à son terme pour m’en libérer… Mais alors, pour être libre, il faudrait s’être libéré de la volonté de devenir libre… Ça paraît absurde et pourtant il s’agit bien sans doute de cela.
Le libre-arbitre ne serait que l’effort à mener pour être davantage libéré de tout ce que l’on porte.
Plus profondément encore, le libre-arbitre ne serait que la conscience de mon enfermement et l’effort produit pour l’éventuel élargissement de la cellule…Je peux quand même me réjouir de taper librement sur mon clavier, c’est un acte que je maîtrise, que j’ai pensé, que je pense et que j’élabore. GRTDFCVHKKIO…Voilà ce que ça donnerait si je n’avais pas de culture. Chouette, je suis libre par ma culture et la connaissance expérimentale que j’en ai. Tiens, d’ailleurs, je vais aller me faire un café et je reviens. Yeah, je suis libre de me lever et d’aller faire un café. Comme la vie est belle et riche de trésors !
Aucune moquerie là-dedans d’ailleurs. La personne tétraplégique ne connaît pas ou plus ce bonheur immense…J’ai la chance extraordinaire de posséder encore toute mon intégrité physique. Peut-être d’ailleurs devrais-je m’en contenter et arrêter de me prendre la tête. Mais je suis aussi un être tourmenté qui a besoin d’explorer les espaces intérieurs. C’est peut-être culturel, peut-être historique (ma petite histoire personnelle bien évidemment), l’écheveau des traumatismes irrésolus pourrait-on dire.Excellent ce café.
Bon, je suis libre de taper sur mon clavier parce que j’ai enregistré toute la connaissance nécessaire mais je ne suis pas libre des pensées qui m’envahissent et couvrent les pages. Il faut donc que je les saisisse au vol et que je les autopsie. Sacrée boucherie en perspective…
Philosophiquement parlant, si je veux pouvoir autopsier ces pensées, il faut que je me libère des émotions qui les nourrissent sinon, je ne ferai qu’entretenir leur croissance en générant d’autres émotions comme autant d’engrais. Je me dois d’être lucide. D’ailleurs, si je continue à me répéter que mon libre-arbitre est une illusion, je créé en moi une émotion mortifère qui me désole et me ronge et si par contre je décide que je suis libre, je libère un bonheur hallucinogène qui trouble ma lucidité.
Je dois donc être neutre ou pour parler scientifiquement me soumettre à une lobotomie volontaire, une ataraxie libératoire.
Cela fait-il du libre-arbitre et du contrôle qu’il suppose une donnée évidente ? Est-il si évident que nous possédons un contrôle sur nos pensées et nos émotions ? La plupart de nos supposées « actions », ne sont-elles pas en réalité des réactions mécaniques qui répondent à autant de facteurs intérieurs (émotions, préjugés…) et extérieurs (les circonstances) que nous ne contrôlons pas ? Et nos supposées pensées ne sont-elles pas toujours la résultante de pensées antérieures ?
Prenons l’exemple d’un arbre au milieu d’une forêt. Bien sûr qu’il continue à croître et à se dresser vers la lumière mais son environnement influe sur cette croissance. La proximité des autres arbres, le climat, l’intervention humaine, un accident de parcours dans une tempête redoutable. Il n’existe pas de croissance libre.
La multitude des expériences de vie et mon environnement immédiat et même planétaire conditionnent ma croissance. Et l’ensemble de mes pensées n’est qu’un courant agité par cet environnement lui-même.D’ailleurs, si je remonte encore plus loin vers la source ou vers la graine, je n’ai même pas choisi ce que je suis. Je n’ai pas choisi délibérément ma naissance. Est-il envisageable de parler de liberté innée ? Je ne pense pas. Il ne peut s’agir que d’une liberté qui s’acquiert. Ou plutôt de la désintégration progressive de tout ce qui peut porter atteinte à la liberté.
Disons qu’il n’y a aucune liberté. Mais qu’il est éventuellement possible au fil du temps d’en acquérir.
Mais en écrivant cela, j'entre dans le domaine des convictions et j'y perds ma liberté de penser..Est-ce que l'arbitre d’un sport est libre de réguler le jeu ?
Non, bien entendu, il suit des règles qui lui ont été transmises et qu'il a adoptées.
Pourtant, il lui reste la capacité à interpréter les faits et par conséquent à changer le cours des choses : un pénalty pour une faute qu'il est le seul à avoir vue. Il a vu ce qu'il a interprété comme une faute, c'est à dire qu'en lui la faute existait déjà suite à une réflexion, un questionnement, une expérience antérieure et surtout un enseignement.
Cette situation lui a semblé correspondre à cette « connaissance » qu'il avait de la faute, même s'il est le seul, parfois, à la percevoir ainsi. Il a donc appliqué "son" choix. Un autre arbitre n'aurait peut-être pas sifflé. On pourrait dire qu'il dispose donc de son libre-arbitre...Mais il y a la pression du match, une erreur antérieure qu'il aurait dû siffler et qui aurait pu changer la physionomie du match, une altercation passée avec le joueur qui vient de commettre cette faute, etc etc...L'arbitre porte en lui un fardeau qui l'empêche d'évoluer en toute liberté. Et en plus, il ne dispose pas toujours du temps nécessaire à la réflexion. Il agit dans l'urgence ce qui réduit encore plus le champ de cette liberté.Nous agissons très souvent dans l'urgence...
Ne parlons pas d'un arbitre qui appliquerait à la lettre, sans aucun discernement, les règles apprises alors qu'il se doit justement de tenir compte de tous les paramètres afférents à la présence de tous les individus sur le terrain (sans parler du public et des entraîneurs). Celui-là ne dispose d'aucune liberté sinon celle de se retrancher derrière l'obscurantisme des règles. Une règle ne tient pas compte de tous les paramètres de la réalité. Seul, l'humain, impliqué, en est capable. Ou se doit de l'être... Au risque d'être obscur. Il n'y a pas d’arbitre libre de son libre-arbitre, il n'y a qu'un imbroglio gigantesque de situations et de conséquences. Et nous en sommes tous là.
Notre terrain de « jeu » s’étend dans plusieurs dimensions et les règles sont multiples tout autant que l’ensemble des intervenants.La seule liberté du prisonnier est d'avoir conscience de sa situation. C'est évident dans une geôle. Beaucoup moins dans une situation de liberté illusoire. Il ne reste donc que cette conscience pour pouvoir se libérer. Non pas se libérer des règles, c'est impossible, mais se libérer de l'ignorance de cette impossibilité.
L'intuition ne porte-t-elle pas dans le secret de son jaillissement la source même de la liberté ? ...
Il convient à mon sens d'analyser ce que nous entendons par là. Premièrement, il me semble que nous sommes obligatoirement au fil du temps engagés dans des schémas de pensées et que ces schémas constituent des chemins sur lesquels nous aimons avancer. Dès lors, nous risquons de voir dans un phénomène la validation d'une pensée ancienne, sa confirmation. C'est là que la vigilance ou la lucidité jouent un rôle essentiel.
Il est possible par conséquent que le cas surprenant d'une intuition vienne nourrir en moi l'idée de cette âme qui a en charge mon parcours. Ça ne serait donc nullement une preuve mais juste un ressenti qui convient à mon cheminement spirituel.
Mais il est possible également que cette intuition soit en fait nourrie elle-même par l'assemblage gigantesque de mes anciennes expériences de vie et que ce que j'appelle une intuition ne soit en fait qu'une résurgence inconsciente issue de ma mémoire.
Je prends un exemple.
Je fais de l'escalade. Il m'arrive parfois d'arriver dans un passage particulièrement complexe et je ne sais pas si je dois prendre à droite ou à gauche, rien ne me permet d'être certain de la suite. Et pourtant, il pourrait s'avérer redoutable de ne pas partir dans le bon passage. Alors, j'observe, j'essaie de trouver des repères... Et puis, là, soudainement, j'ai l'intuition que je dois partir à droite... Qu'est-ce qui s'est passé ? On pourrait imaginer qu'en fait, dans ma mémoire, il reste quelques traces d'une ancienne voie, ressemblant quelque peu à celle-ci et que la décision que j'avais prise d'aller à droite s'était révélée juste...Peut-être que la couleur du rocher, la lumière, la structure de la roche, la forme d'un pilier ont suffi à créer dans mon inconscient le rappel de cette décision favorable. Je ne m'en souviens pas, de façon rationnelle, mais ce ressenti est là. Et je vais le suivre.
Si cette décision s'avère être la bonne, selon mes schémas de pensées, je vais considérer cette intuition comme un signe intérieur, une écoute intime, une apparition de mon âme, celle qui a en charge mon parcours.
Ou alors, il ne s'agira que d'un pur hasard, un sacré coup de chance... Aucune intention d'âme mais juste une issue favorable, une tournure qui aurait tout aussi bien pu virer au cauchemar...
Prenons maintenant le cas d'une décision défavorable. Après une longue traversée ascendante sur des prises ridicules, je me retrouve au pied d'un pilier surplombant absolument infranchissable. Et cette traversée que je viens d'effectuer m'interdit tout retour...Je suis piégé...Selon mes schémas de pensées, je vais voir dans cette situation une sacrée déveine ou une mauvaise intuition... Mais comment peut-on concevoir une mauvaise intuition si on accepte l'idée qu'elle vient de notre âme ? Ça paraît impossible que notre âme soit à la source d'une galère monumentale ?
"Ah, la vache, pourquoi elle me fait ça ????"
Mais dans le cheminement de l'âme, cette galère est nécessaire. Je ne dois pas la voir avec mon mental. C'est là que prend toute la force de cette conception de la vie. Je suis là, c'est à dire moi en tant qu'individu, parce que mon âme a besoin de cette épreuve pour avancer ou pour que tout s'arrête. Il ne me reste donc qu'à entrer en lutte contre mes faiblesses pour voir où cette intuition d'âme veut m'amener. Ça ne dépend pas essentiellement de moi que je sois là mais ça dépend de moi, pour l'instant, que je mette tout en œuvre pour m'en sortir...Et là, j'aime mon âme dans ce qu'elle me propose de vivre. Et si je tombe et que tout s'arrête, c'est que l'âme jugeait cette fin idéale dans son parcours d'âme.Cette question du "destin" dans les mains de cette âme est un sacré problème.
Si effectivement, nous décidons qu'il existe une "ame", une "énergie", un "Soi", etc ...et que cette âme a une Conscience, non pas notre conscience mentalisée (J'ai conscience en ce moment de ce que j'écris) mais une Conscience qui appartient à une dimension éternelle, universelle, qui prend sa source dans le flux vital et ne peut pas le quitter, une âme qui a besoin de parcours matérialisés dans une enveloppe pour affiner son évolution, alors on peut s'attendre de sa part à un choix objectif, elle sait ce dont elle a besoin.
Cette Conscience a conscience de ses manques, de ses errances, des paramètres inachevés, elle va donc chercher une "destinée" qui correspondra à ce qu'elle doit apprendre, on peut imaginer une âme étudiant diverses options humaines et choisissant par exemple l'enveloppe de celui qui va devenir "moi". Cela sous-entend qu'elle a donc accès à une vision future, qu'elle peut "entrevoir" ce qui va se produire dans la vie de ce "moi", tout ce qu'elle va pouvoir développer au coeur de cette enveloppe...
Dès lors, ce "moi", lorsque sa conscience sera suffisamment évoluée, va chercher à comprendre son "destin", son cheminement, les évènements survenus dans sa vie et sur lesquels il n'avait aucune emprise possible, sa naissance, sa famille, son pays, son physique etc...
"Mais pourquoi, pourquoi, pourquoi ?"...
Et là, on entre tous dans un conflit intérieur parfois redoutable. Nous allons nous plaindre, nous lamenter ou nous réjouir d'un destin qui nous brutalise ou nous comble alors que ce regard est issu d'un mental, de l'ego, de nos identifications et pas de cette âme...
Elle, l'âme, elle sait très bien où elle va...Notre vision du Bien ou du Mal doit bien l'amuser d'ailleurs...Même le nouveau-né qui va mourir deux heures après sa naissance a une âme qui savait ce qu'elle voulait.
Si on rejette cette éventualité, alors il faut rejeter tout le concept d'âme.
Il faut à mon sens établir une distinction claire et nette entre l'âme et le mental, et ne pas essayer de comprendre l'âme avec ce mental.
Évidemment, que lorsque je regarde confortablement dans mon salon les effets dévastateurs de l’ouragan à Haïti, je me demande par quelle épouvantable malédiction, ce peuple peut encore être frappé, comment un tel acharnement néfaste peut exister... Une vision mentalisée, par compassion...Même si d'ailleurs, dans mon salon, elle ne sert à rien aux Haïtiens...
Mais, reprenons l'idée de l'âme. Il y aurait donc dans la vie brisée de tous ces gens le choix volontaire d'une âme... Difficile à accepter... Parce qu'il est très douloureux de se dire que cette immense souffrance est intentionnelle et que cette intention nous sera toujours inaccessible... C'est sans doute cela le plus effroyable... Nous ne connaitrons jamais le projet de cette âme. Nous continuerons à errer au gré des évènements exogènes sans jamais savoir ce qui se trame depuis le début au coeur de cette enveloppe fragile.
Si, et seulement si, nous considérons cette hypothèse viable...Car, si ça n'est pas le cas et qu'il faut s'en tenir à un hasard facétieux, ou sordide, alors, il faut accepter cette errance absolue et opter pour l'absurdité définitive de l'existence. Nous n'allons nulle part, ni en tant qu'individu, ni en tant qu'esprit, si jamais il y a autre chose qu'un simple cerveau... Nous nous rapprochons juste des vers qui nous rongeront. Il faut choisir.
Une intention ou le néant.
L'intuition n'est pas une imagination capable de se projeter au-delà de l'instant mais une connaissance inexplicable dans l'immédiat et au-delà de cet instant.
L'imagination est une pensée qui sort de l'espace réel et espère parfois que cette réalité correspondra à ce qui est imaginé.
L'intuition n'est pas une pensée comme les autres étant donné qu'elle surgit dans un laps de temps qui n'offre même pas la possibilité d'observer cette pensée et d'en juger de la qualité, de la pertinence, de la justesse. L'intuition s'impose. Elle est spontanée. Elle survient dans une circonstance précise et n'a pas d'existence propre comme une pensée qui peut très bien se construire et durer sans aucune nécessité.
L'intuition répond à une nécessité. Pas l'imagination.
L'intuition n'est donc pas une pensée basique. Elle n'a pas de temps. Elle est sans passé, sans avenir, et s'écoule dans un battement de paupières. C'est un rappel au niveau conscient d'une connaissance inconsciente, une mise en lumière foudroyante de ce qui était dans l'obscurité. Elle survient comme un éclair. Elle peut durer dans certaines circonstances mais il semble dès lors qu'elle ait été remplacée par une pensée qui se l'attribue et la rationnalise.Ce qui est stupéfiant, c'est de considérer que nous possédons par conséquent une opportunité de choix absolument inexplicable par la raison mais qui contient pourtant une justesse imparable. Il n'est pas question de hasard bien entendu. Celui-là n'est que le résidu édulcoré de notre incapacité à comprendre les phénomènes.
Il y a quelques temps déjà, j'ai été renversé par une voiture alors que j'arrivais en vélo à une priorité à droite, en bas d'une descente. L'automobiliste a forcé le passage, je n'avais aucune possibilité de l'éviter. Par contre, il était préférable que je ne passe pas sur le capot ou pire encore sous les roues. Tout va beaucoup trop vite pour que la pensée puisse entrer en action. J'ai bloqué les freins, dérapé de la roue arrière, braqué le guidon vers l'arrière de la voiture, heurté le coffre, passé par-dessus, pivoté en l'air, emporté par l'élan et je suis retombé sur le dos, tous les muscles bandés pour amortir au mieux le choc. J'avais un casque heureusement...Tout a tapé, le dos, la tête, les bras. Sonné. Pompiers, immobilisation, urgences, radios, minerve...J'ai réalisé trois jours plus tard qu'une molaire ne tenait plus. Elle était cassée au niveau des trois racines. Un vol plané de trois mètres d'après les gendarmes.
Eh bien, je sais que je n'ai pensé à rien. Et j'ai pourtant choisi toutes les bonnes options. C’est en visualisant intérieurement l’accident, a postériori, que j’ai pu penser à ce que j’avais accompli et aux décisions que j’avais prises. Mais, dans l’instant, je n’ai pensé à rien.
Ou alors c'est que certaines pensées ne laissent aucune trace. Est-ce que l'intuition est une autre forme de pensées ? Une pensée sans l'influence de la raison. Une saisie immédiate de la réalité et des actes qui en découlent. Est-ce que cette pensée sans raison pourrait trouver sa source dans le corps lui-même ? Je n'ai pas eu le temps d'organiser intellectuellement une issue à cette situation. Tout s'est fait en moi sans que je n'intervienne par la raison, ni même de façon consciente par la pensée. On pourrait attribuer ces réactions spontanées à l'instinct de survie. Dans ce cas-là, je pense que ça convient effectivement.
L'instinct, tout comme l'intuition, peut survenir dans des situations de danger. Le dictionnaire ne fait habituellement aucune distinction entre les deux.
Mais il arrive aussi que nous ayons des intuitions dans des circonstances dénuées de tout risque. Ma princesse est par exemple très douée pour trouver un endroit précis en ville et pour ma part, c'est la même chose mais dans la nature. Un sentier caché derrière un amas de roches ou le cabinet médical au détour d'un parc d'enfants. Le genre de choses pour lesquelles on pourrait tourner en rond pendant une heure ou même ne jamais les trouver. Eh bien, il y a parfois une intuition...Une étrange impression qui nous fait penser que c'est par là...
On pourrait parler de hasard si ça n'arrivait qu'une fois tous les dix ans. Pas quand ça se répète. Je ne crois pas au hasard.
Est-ce qu'il y a en nous une mémoire très profonde, liée à de multiples expériences de vie, et qui pourrait survenir de façon inconsciente et nous guider ? Ma princesse a longtemps vécu à Lyon et d'autres grandes villes et je cours dans les bois depuis mon enfance...Est-ce qu'il y a une mémoire ayant enregistré un nombre infini de situations similaires et dans lesquelles nous avons établi une connaissance insondable ?
Cela signifierait que les enfants ne disposeraient pas de cette intuition ou qu'elle serait infime. Et là, je sais bien qu'il n'en est rien. Les enfants sont emplis d’intuitions très justes…
Mais alors si cette intuition n'attend pas le nombre d'années pour se révéler, d'où vient-elle ?
Même si la mémoire est indispensable, il se pose le problème de son empreinte sur l'instant présent. Se pose également son emprise sur l'intuition dès lors que cette mémoire consciente dont nous usons continuellement ne permet pas en raison de cette omniprésence d'user de cette perception inconsciente d'une vérité qui est en nous et qui surgit sans que nous ayons eu la volonté de nous en servir.
J'ai l'impression que cette mémoire attachée au phénomène des pensées obéit à l'ego et à cette obligation d'imposer à l'existence son empreinte. La mémoire consciente est au service du mental, elle utilise le réseau des pensées pour exister et entretient cette impression de maîtrise.
La mémoire a un fonctionnement temporel étant donné qu'elle est inscrite dans le passé, c'est en cela d'ailleurs qu'elle répond aux exigences du mental.
L'intuition pour sa part ne prend forme que dans l'instant présent en percevant des éléments qui nous échappent et qui lui permettent d'établir la justesse d'un acte. Un acte qui n'est pas décidé volontairement mais qui s'impose.
L'intuition a ceci de déstabilisant qu'elle ne répond pas à cette "maîtrise" illusoire du mental mais qu'elle existe par elle-même, sans aucune intervention consciente. Il ne s'agit pas d'une mémoire mentalisée se nourrissant d'un effort cognitif ou expérimental mais d'un flux de perceptions détachées de la raison et des pensées. Il est probable que ces perceptions se soient inscrites en nous à travers le champ des expériences mais qu'elles ne soient pas restées inventoriées au niveau de la mémoire et de la pensée. Elles sont "tombées" dans une dimension bien plus profonde jusqu'à intégrer notre inconscient.
Même si l'intuition a une part expérimentale inexpliquée, elle n'est pas d'ordre conscient et la mémoire n'en a gardé aucune trace.
Ce qui me tracasse, c'est la présence de cette intuition extrêmement forte chez les jeunes enfants. Une espèce de connaissance immédiate, irraisonnée, démentalisée. J'en ai plus d'une fois été le témoin à travers mon métier. L'étendue des expériences étant trop faible pour expliquer cette prescience, il faut bien situer cette faculté dans un champ intemporel...La capacité naturelle à être impliqué dans l'instant présent et par conséquent à se libérer de la contrainte de la mémoire et de la pensée est sans doute un élément favorable. Il n'y a qu'un enfant pour pouvoir faire d'un bâton une fusée au milieu d'un cercle agité d'adultes...
Il est détaché de ce fardeau temporel, cognitif, expérimental, historique, sociétal, il est libre, encore pour quelques temps, de ce formatage et de cette raison restrictive qui vont lui être imposés par les adultes qui l'entourent et "l'éduquent"...
Cette intuition ou cet instinct (une dimension encore plus archaïque) existe par conséquent à priori... C'est ça qui me fascine. Ce qui m'effraie par contre, c'est de constater l'effacement progressif de cette intuition au fil du temps. Elle est plus présente chez les femmes, c'est une réalité bien connue. Elle est également chez elles plus durable.
Peut-être que cet ego tentaculaire est moins présent chez les femmes et qu'elles parviennent dès lors à rester en prise avec cet inconscient profond. Les hommes sont éduqués à être plus cartésiens ou obtus... C'est selon...
Les femmes donnent la vie aussi. C'est un avantage indéniable sur les hommes au regard de la perception intime de ce que la vie propose...Tout cela ne me dit pas quelle est la source de cette intuition.
S'il ne s'agit pas de la mémoire consciente, ni du phénomène des pensées, s'il ne s'agit pas d'un raisonnement, il faut trouver un autre émetteur.Je me demandais par rapport à quelques expériences en montagne si cette intuition ne serait pas insérée dans la totalité du corps. Comme une "mémoire" corporelle ajoutée à une mémoire cérébrale. Je ne m'explique pas en effet certains "réflexes" intuitifs que j'ai eus.
Comme si mon corps n'avait absolument pas besoin d'être soutenu par une unique intervention cérébrale mais qu'il était capable d'oeuvrer seul à sa survie. J'ai bien pensé au cerveau reptilien. Mais alors, ce qui est effrayant, c'est de se dire que notre évolution existentielle ne met en oeuvre qu'une partie précise de notre potentiel et nous prive d'un autre. Et que seules, quelques expériences précises, souvent inattendues et parfois même dangereuses, peuvent rétablir cette connexion bridée.
Notre confort quotidien et la sécurité acquise ne sont-ils pas symétriquement au bonheur qu’ils apportent une source de dégénérescence ?
C'est sans doute cette osmose entre le corps et l’esprit que recherchent les alpinistes, escaladeurs, explorateurs, bikers, free riders et autres adeptes de l'adrénaline. Bien plus qu'un simple "shoot" d'endorphines mais des retrouvailles avec ce cerveau englué sous les synapses du néo cortex.
L’intuition contient-elle donc la dimension la plus étendue de la liberté intérieure ?
Le jaillissement de l’individu dans un dépouillement intérieur.
« Là où le raisonnement s’arrête, l’intuition continue. »
Victor HugoOn pourrait ajouter que c’est là que la liberté prend forme.