La France, grâce à une opacité bien organisée, est un pays de petite vertu, lorsqu’il s’agit de corruption. En Europe, elle se place dans le peloton de tête des pays où la corruption prospère le mieux.
La corruption des élus politiques français bénéficie d’un contexte structurel profondément immoral qui n’est pas fait pour lutter contre cette faiblesse bien humaine, mais pour protéger les copains et les coquins, cacher les petites combines juteuses, entretenir les privilèges des uns, au détriment des payeurs qui souvent se saignent, voilà ce qui ressort du dernier rapport de Transparency international « agir contre la corruption ».
Premier constat douloureux : pour cacher la corruption, la France « n’a pas créé la base de données publique essentielle qui recense les condamnations pour corruption » déplore le rapport, et permettre à chaque contribuable de recevoir l’information à laquelle il a droit. Cela, dans une hypocrisie ambiante de débauche de « solidarité citoyenne. » Solidarité oui, mais pas touche aux élus.
Second constat : « Il est donc très difficile d’avoir, en France, une vision précise des formes que prend la corruption », au point que Transparency France a dû faire appel à des bénévoles pour dresser la carte de la corruption, et que l’ONG lance un appel au public : « Aidez-nous à enrichir la base de données en nous adressant les décisions de justice dont vous avez connaissance » car « nous avons besoin de vous pour connaître les condamnations qui n’apparaissent pas encore sur notre carte, » expliquent-ils.
Les mairies savent trouver de l’argent pour des projets électoralistes et acheter les voix des uns avec l’argent des autres, mais pour financer la lutte contre la corruption, il n’y a plus personne…
Une culture de l’impunité dans laquelle la corruption prospère
Troisième constat : une justice complaisante, voire complice.
« Ce qui a le plus frappé nos bénévoles? La durée des procédures: 45 affaires ont un délai > 15 ans entre les faits et la condamnation » constate l’ONG.
15 ans entre les faits et la condamnation, la justice est généreuse avec les ripoux : elle leur laisse tout le temps pour s’organiser, accumuler un petit pactole sur le dos des contribuables, étouffer les affaires et enfouir leurs détails, perdre quelques dossiers, et pourquoi pas, jouer sur la mort naturelle de quelques témoins ou acteurs gênants, sans compter sur l’immense bénéfice que le temps offre à l’effacement des mémoires. C’est dans cette culture de l’impunité que la corruption prospère.
« Avoir accès à ce type de données est pourtant essentiel pour savoir quels sont les domaines, régions et catégories de personnes les plus vulnérables et, ainsi, éclairer l’action des acteurs de la lutte contre la corruption (pouvoirs publics, citoyens, ONG, médias) ».
Pots de vin, prises illégales d’intérêts, les maires épinglés
Quatrième constat : En France, on déteste les patrons, mais les vrais ripoux, ce sont les maires
Europe 1, qui a étudié en détail le rapport, note que « les maires sont les personnes les plus condamnées, surtout pour des affaires relatives à l’attribution de marchés publics », « deux fois plus que les patrons », précise la radio.
Le scandale Kader Arif, l’arbre qui cache la forêt
Pour autant, le contrat du ministère de la défense qui a fait tomber Kader Arif, l’ancien ministre des anciens combattants, est une paille dans une botte de foin. « Les chiffres ne portent … que sur les affaires dont nous avons eu connaissance », nuance Transparency France qui laisse entendre que la réalité est par essence difficile à cerner, puisque précisément il s’agit d’affaires illégales, secrètes et bien cachées.
Conclusion
Transparency France fait un travail indispensable et qu’il convient de saluer. Mais l’ONG pourrait elle-même faire preuve d’un peu plus de transparence.
Il est regrettable que la base de donnée ne permette pas d’afficher un tableau avec les noms des ripoux en clair, et les villes où ils exercent leur vice. Il faut, pour les trouver, faire une recherche extrêmement longue département par département, et une suite de copiés collés impossibles.
Il serait bon, également, puisque l’étude fait une distinction entre la situation des pays émergents et celle des pays industrialisés, que les tableaux reprennent cette distinction. C’est cette lecture qui m’a révélé que la France avant d’être 26e sur la liste, est surtout parmi les pays d’Europe les plus corrompus.
Où sont les chiffres ? Pour mesurer l’ampleur de la corruption, il faut ses chiffres. L’indispensable classement par le nombre de condamnation ne permet pas de visualiser l’ampleur des dégâts. Un procès pour une corruption de 3 000 euros, ce n’est pas la même chose qu’un autre pour 300 000.
A la tête du Théâtre National de Strasbourg, le gendre de Jack Lang vient de remplacer la nièce de Martine Aubry. Aucun contribuable n’a été dépouillé, aucun logement (encore que) destiné aux défavorisés n’a été détourné, et pourtant, nous sommes en plein cœur d’un système oligarchique, d’un népotisme qui représente une forme de corruption jamais sanctionnée – sauf lorsqu’il s’agit de dénoncer Nicolas Sarkozy bien entendu (il a du renoncer à installer son fils Jean à la tête de l’EPAD lorsque les médias en ont fait à juste raison tout un fromage. Cela n’a pas empêché le gouvernement socialiste de choisir Amin Khiari, fils de la vice-présidente PS du Sénat pour diriger le même EPAD, en comptant sur la complicité des médias, qui pour une fois n’ont pas cédé.)
Il convient de faire la distinction entre le sentiment de responsabilité et le poids de la culpabilité.
Il ne s'agit pas de culpabiliser les populations à mon sens car la culpabilité génère un retrait, une fuite, un abandon...Pour se protéger et ne pas souffrir davantage. Il convient plutôt à mon sens d'alerter, d'informer, de lancer un questionnement moral en chacun, une observation des comportements. C'est là que pourra s'ouvrir la conscience d'une opportunité de transformation. je n'étais pas conscient de tout ça il y a quelques mois encore....Et j'en tire les conclusions...Afin de passer aux actes.
Je ne veux pas utliser le terme de "complice" dans cette situation désastreuse...Je préfère l'expression : "victime de mon ignorance". Mais je suis responsable de cette ignorance et donc il ne tient qu'à moi de l'effacer. Là, j'entre dans une dynamique de transformation alors que le "complice" serait juste condamné à la vindicte populaire et en voudra à tout le monde....
Là où je parle d'ignorance, ça n'est justement pas dans la connaissance de ces situations effrayantes mais dans les CAUSES. Tout le monde a déjà vu et lu des informations sur la famine à travers le monde.
Nous faisons partie de ces causes, nous en portons une part au regard de nos modes de vie. C'est là qu'il y a une conscience à développer.
C'est cette ignorance là qu'il faut réduire, réduire encore non pas en "matraquant" les personnes qui pourraient ne pas être au courant de ces situations mais en les amenant à observer leurs comportements et à expliquer en quoi ces comportements ont des effets sur la faim dans le monde. Il suffit de demander aux gens s'ils sont conscients que le régime carné est responsable de la déforestation, elle-même responsable de la famine dans le monde...Et voir les réactions....Quand vous achetez une tranche de viande chez le boucher, vous contribuez au développement de cette activité et à ses effets néfastes sur la planète...Cet achat multiplié par 10 millions de personnes en France, par jour, par 200 millions de personnes par jour en Europe, par 1 ou 2 ou 3 milliards par jour dans le Monde... Quand les actes de chacun sont à l'image de tous et que cette unité est néfaste, il faut rompre la chaîne. Maillon par maillon...
Il y a un manque énorme d'informations....Mais si les réseaux sociaux deviennent un tribunal de justice au lieu de s'en tenir à un support d'informations réelles, on perd une chance éventuelle d'amener des individus à réfléchir...Il s'agit donc pour moi d'agir selon ma conscience et mon niveau d'informations. Et de le partager, non pas comme un exemple, mais comme une ouverture.
Juste une main tendue. Et pas un poing fermé.
Mon engagement n'est exemplaire que pour moi dès lors qu'il répond à mes convictions.
Je sais bien, tout comme cela se passait dans ma classe, qu'on n'apprend rien à ceux qui se sentent "attaqués". On ne leur apprend que l'opposition. Et tout est perdu.
Il est délicat d'informer. Cela doit rester dépourvu de toute intention autre que la connaissance. Toute intrusion dans le comportement d'autrui est la négation immédiate de son implication volontaire et bienheureuse.
Il ne s'agit donc pas de "forcer" les gens à changer de comportements en les culpabilisant, en les plongeant dans la honte, en les humiliant...
Il s'agit juste d'informer. Rien d'autre.
À chaque individu de s'en servir. Ou pas. Nous ne sommes pas égaux au regard des conditionnements que nous avons subis. Il sera très long pour certains de s'en défaire. Nous ne démarrons pas tous au même niveau. Et il est d'autant plus admirable à celui qui doit tout désapprendre de s'engager dans cette voie. Faire appel à la responsabilité de chacun n'est en aucune mesure une volonté de leçon de morale ou de culpabilisiation. Se perdre dans une telle dérive nous rendrait responsable de l'échec de toute ouverture de conscience...
Thich Nhat Hanh n'est pas un donneur de leçon. C'est un homme qui applique à lui-même les leçons qui le concerne et qui les partage. Un homme de coeur.
" Frères humains, devenez végétariens ! " Il suffirait de renoncer à la viande pour soulager la pénurie de céréales tout en préservant l'environnement et notre santé. "L'élite intellectuelle dans les pays développés trouve parfaitement normal de s'inquiéter de la surpopulation dans le monde, mais elle oublie toujours un fait. La vraie surpopulation, c'est celle du bétail."
L'auteur de ces phrases n'est pas un vachophobe excentrique ou un végétarien fanatique mais l'économiste américain Jeremy Rifkin, auteur, entre deux essais sur le travail ou les nouvelles technologies, du passionnant "Beyond Beef", un essai sur l'impact dévastateur de l'industrie de l'élevage.
Surpopulation ? Avec 1,4 milliard de vaches, notre planète croule en effet sous le bétail : le poids cumulé de tous ces ruminants est supérieur à celui de toute la population humaine avec ses 6 milliards d'habitants ! Et c'est de pire en pire. La production de viande a été multipliée par cinq depuis les années 1950, pour passer à 265 millions de tonnes, et devrait encore doubler pendant les 20 années à venir. De quoi affoler les experts en alimentation, qui se demandent bien comment la terre pourra nourrir les 3 milliards d'humains supplémentaires de ces prochaines décennies.
La concurrence entre les animaux d'élevage et les hommes s'annonce très rude. • 80% de l'alimentation animale proviennent de cultures qui conviendraient également à la consommation humaine : maïs, soja.
• A l'ère de l'élevage industriel, nos bêtes accaparent à elles toutes seules 60% de la production mondiale de céréales, soit 670 millions de tonnes ! Un volume qui suffirait amplement à nourrir les 923 millions d'êtres humains souffrant de malnutrition. En fait, d'un point de vue malthusien, la viande n'est pas «rentable». • On estime qu'un végétarien consomme en moyenne 180 kilos de céréales par an alors qu'un consommateur de viande en gaspille 930 kilos par an.
Pour comparer le rendement de diverses spécialités agricoles, les agronomes calculent un taux de conversion alimentaire qui correspond au rapport entre le nombre de protéines consommées et produites.
• Pour obtenir 1 calorie de poulet, il faut ainsi environ 4 calories de nourriture végétale. Idem pour le porc ou les oeufs. Pour le lait, on grimpe à 8. Et pour le boeuf, à 17, voire bien plus ! En comparaison, la pomme de terre est bien moins gourmande, son taux de conversion n'étant que de 0,46. Et encore, on ne compte pas les besoins en eau : • Pour produire 100 grammes de boeuf, il faut 25 000 litres d'eau.
Glouton, notre cheptel est aussi expansionniste. • Au total, l'élevage et la production des aliments pour le bétail squattent 78% des terres agricoles mondiales, soit 30% de toute la surface du globe, trois fois plus qu'en 1960.
«Sur un hectare de terrain, un agriculteur peut nourrir une trentaine de personnes s'il le consacre à la culture de légumes ou de fruits. S'il produit des oeufs ou de la viande, le ratio passe à cinq personnes. Et à beaucoup, beaucoup, moins, s'il ne s'agit que de viande rouge», dit ainsi Bruno Parmentier, auteur de «Nourrir l'humanité» et directeur de l'Ecole supérieure d'Agriculture d'Angers.
Des périls verts à quatre pattes :
• Le plus insensé ? C'est que toute cette bidoche est en priorité destinée à 0,1% de la population de la planète, l'infime petite minorité des riches de ce monde. Notre consommation de viande est passée de 30 kilos par personne et par an en 1919 à plus de 100 kilos aujourd'hui. C'est trois fois plus que la quantité préconisée par les organismes de santé. Non seulement notre régime carnivore affame la planète, mais il nous tue aussi par la recrudescence des maladies de "biens nourris" : accidents cardiovasculaires, diabète, obésité...
• Et pour ne rien arranger, il contribue au réchauffement climatique. Selon un rapport publié en 2006 par la FAO de l’ONU,l'élevage est responsable de 18% des émissions des gaz à effet de serre. Soit plus que le secteur des transports ! Avec leurs flatulences chargées de méthane [72 fois plus puissant que le CO2 sur 20 ans], leurs tonnes de fumier gorgé de gaz hilarant, le fameux NO2 également des plus nocifs [300 fois plus puissant que le CO2], sans compter les émissions d'ammoniac synonymes de pluies acides et leurs déjections qui polluent les nappes phréatiques, nos charmants bovins sont des périls verts à quatre pattes.
• L'extension de leurs pâturages fait des ravages. En Amérique centrale, 20% des zones sylvestres ont déjà été ratiboisées. Et c'est encore pire au Brésil, où 38% de l'Amazonie ont été sacrifiés pour les bovins. Une déforestation qui s'accélère avec les immenses plantations de soja destinées à nourrir nos vaches, toujours elles. Mon royaume pour une entrecôte. Doan Bui, Le Nouvel Observateur
Dans ce numéro spécial, le magazine Kaizen et le Mouvement Colibris présentent 100 "Oasis", 100 lieux de vie construits aux quatre coins de la Francepar des femmes et des hommes qui ont décidé de placer l’autonomie, le partage et la convivialité au cœur de leur mode de vie.
Écohameaux, écoquartiers, habitats groupés... Autant de formes différentes d’habitats qui se sont fondés, pour la plupart, autour de cinq piliers : mutualisation d’espaces et de services ; gouvernance collective ; sobriété énergétique ; recours à l’agriculture locale et potagers biologiques ; transmission et partage des savoirs. Ces lieux, à leur échelle, sont la maquette de la société plus écologique et plus humaine que nous avons à construire.
Pour inviter les lecteurs à "passer à l’acte", les informations clefs nécessaires à la création d’oasis sont regroupées par thématique : juridique, gouvernance, succession, financement...
Après 46 jours 8 heures et 7 minutes d’efforts intensifs, l’ultra-marathonien Scott Jurekvient d’établir un nouveau record sur l’Appalachian Trail1 .
Cet exploit est d’autant plus impressionnant pour le commun des mortels que Scott Jurek est végétalien de longue date, c’est-à-dire qu’il ne consomme jamais de produits d’origine animale (comme le lait, le beurre, le miel, les œufs, la viande, ou le poisson) mais il consomme tout le reste, à savoir la grande variété de végétaux, d’algues, et de champignons.
Une alimentation optimale
L’alimentation végétale permet à Scott Jurek d’éviter à son corps de subir des inflammations dues aux aliments d’origine animale comme le lait ou la viande. De plus comme l’explique le triathlète Brendan Brazier, l’alimentation végétalienne permet d’optimiser la digestion des aliments car ils sont peu transformés et facilement digestibles contrairement à la viande et aux autres produits d’origine animale.
14 États traversés, et 156km de montée/descente !
Au total Scott Jurek a couru près de 80km par jour, a traversé 14 Etats Américains, et amonté et descendu plus de 156 000 mètres de dénivelé ! Un exploit extraordinaire et sans souffrance animale, si ce n’est la souffrance consentante de Scott Jurek lui-même.
Scott Jurek termine donc en beauté sa carrière, car il avait confessé au deuxième jour de sa course que cela serait la dernière. A 41 ans, notre coureur préféré va désormais prendre du temps pour s’occuper de lui-même et de sa famille.
Vegan et marathonien, je suis passionné par le sport en général et surtout par le triathlon. Professionnellement je suis diplômé d'une licence en web-marketing et actuellement étudiant en géograph
Ce n’est ni un roman, ni de la poésie, juste un partage de ma passion de l’humain et de l’animal à travers mon action de médiation animale en milieu carcéral. Des photos prises pendant notre travail, des moments « volés », un zoom sur ce lien entre deux êtres vivants, presque invisible à première vue mais bien réel.
Je voudrais donner une autre image de la prison et de ses occupants, mettre la lumière sur un milieu qui fait peur, que l’on ne connaît que par « extraits de films », un univers totalement déshumanisé, que l’on veut oublier, cacher… L’animal permet d’y entrer de manière douce, naturelle et permet de croire en l’humanité qu’il y a en chacun de nous. Il est important pour moi également de partager ma collaboration avec mon partenaire depuis 11 ans, un golden retriever, nommé Sunny. C’est lui qui prend la parole et raconte notre parcours, nos rencontres, notre histoire…
« Je m’appelle Sunny, je suis un golden retriever de 11ans, fidèle compagnon de ma maîtresse Patricia. Voilà 6 ans que je la suis à la prison de Strasbourg, jour après jour, saison après saison. J’arpente avec elle les longs couloirs froids, les innombrables escaliers de cet univers métallique et presque inhumain. »
« Ma seule présence suffit-elle à rendre plus humain cet enfer ? »
« L’homme aux tatouages s’avance vers moi, une balle de tennis à la main. Il me parle, me chuchote à l’oreille des confidences que je suis le seul à entendre. Il est marqué, meurtri, mais sa voix est douce. J’ai conscience de l’importance de ce moment, c’est un échange privilégié, je lui fais sentir que je suis là pour lui, que je le comprends. Je suis le lien vers l’extérieur, vers la vie, celle qu’il retrouvera d’ici quelque temps. Il me dit avoir attendu et compté les jours jusqu’à ma visite, il espérait que je viendrais et cela lui donnait un but. »
Intervenante en Médiation Animale formée à l'Institut de zoothérapie du Québec.
A partir d'aujourd'hui dans le journal l'Alsace en collaboration avec Europe 1, je refais partie des finalistes pour le prix "Fémina" . 7000 Euros à la clef pour mon association Evi'dence !!! Cela n'est vraiment pas négligeable vu la charge de travail actuelle !! Alors n'hésitez pas à prendre vos téléphones ou vos ordinateurs pour voter si vous voulez soutenir mon action en place depuis maintenant 7ans à la maison d'arrêt de Strasbourg.
Vous pouvez appeler dès aujourd'hui et jusqu' au 13 octobre 2015 au 0 897 043 753 ou par SMS envoyer PRIX au 73916 ou connectez vous sur fémina.fr et europe1.fr rubrique "Prix Solidarité Version Fémina- Europe 1. Mon code sera le : 0801
L'info est à partager sur vos réseaux et connaissances sans modération bien entendu! Merci pour votre soutien précieux!
Une nouvelle belle reconnaissance pour l'association Evi'dence lors de la nuit des trophées à Rouen le 24 février 2014... En espérant un jour pouvoir enfin être reconnu par le ministère comme un mode de prise en charge à part entière et de pérenniser l'action à Strasbourg mais aussi de pouvoir l'essaimer... Je crois toujours autant en ce que je fais et aux "pouvoirs des animaux" même si nous n'avons pas la prétention de faire des miracles mais j'espère mettre ma pierre à l'édifice au même titre que les autres professionnels accompagnant..
Des animaux abandonnés trouvent refuge en prison.
En prenant soin d’un animal en souffrance
le détenu apprend la maîtrise de soi et la responsabilité,
il prépare sa réinsertion.
Les animaux, quant à eux, se reconstruisent en retrouvant la confiance en l'humain et une nouvelle joie de vivre...
Comment un homme et un animal réunis dans l’isolement
peuvent s’offrir mutuellement une nouvelle vie.
GÉNÉRIQUE
Réalisation : Inthemood...
Son : Dominique Ciekala, Christophe Motte
Montage : Hugues Landry
Etalonnage : Paul Champart
Production : Inthemood... / The Animal Affinity Club
On connaissait l’effet bénéfique d’une présence animale sur les êtres humains. De là à imaginer nos amis les bêtes faire leur entrée dans les hôpitaux français... Pourtant, depuis près de trois ans, la zoothérapie, testée dans certains établissements, permettrait d’améliorer la santé physique et mentale des patients atteints de troubles cognitifs, de la mémoire ou de psychomotricité.
Un thérapeute pas comme les autres a débarqué, il y a six mois, à l’hôpital gériatrique des Charpennes à Lyon. Réformé de l'école de chiens d'aveugles « parce qu'il avait peur des camions dans la rue », Eliott, un jeune labrador de 3 ans, a été accueilli à bras ouverts par l'Unité neuro-vasculaire de la personne âgée (UNV), pour assister ergothérapeutes et kinésithérapeutes pendant les exercices de rééducation des patients atteints d’Alzheimer ou ayant subi un accident vasculaire-cérébral (AVC). Contrairement au concept de chiens visiteurs, mis en place dans de nombreuses maisons de retraite pour divertir les anciens, cette technique thérapeutique vise à améliorer le langage, la mémoire, l’état dépressif, les problèmes relationnels et/ou la psychomotricité des patients, par la médiation animale. On appelle cela la zoothérapie. « Le plus original et le plus innovant ici, souligne le Professeur Krolak-Salmon, neurologue, médecin-chef et heureux propriétaire du labrador, c'est le travail du chien dans les exercices de rééducation de personnes âgées, après un accident vasculaire cérébral (AVC). ». « Andrée, 79 ans, a été victime d’un AVC fin 2011, explique Philippe Bonnet, kinésithérapeute du service. A raison de deux ateliers par semaine, Eliott a très vite favorisé l’élargissement de son champ de vision. Ne pouvant plus se repérer dans l’espace, la présence du labrador lui permet de ne plus rester fermée sur elle-même, et de relever la tête. Le regard est le premier sens qui permet l'ouverture vers l'extérieur. Au début, elle se concentre sur l’animal pour le suivre puis ce sera sur l'environnement. Le chien lui sert de repérage visuo-spacial. » Ainsi, obéissant aux ordres du thérapeute, Eliott se déplace de gauche à droite pour « ouvrir le champ perceptif visuel » de l'octogénaire qui, appuyée sur sa canne, parvient à mieux se repérer dans l’espace et à faire quelques pas.
Le chien n’est pas le seul animal utilisé en zoothérapie. Le cochon d’Inde, les équidés ou encore les dauphins peuvent eux aussi avoir un rôle de médiateur thérapeutique.
Si la zoothérapie, contrairement aux Etats-Unis, est encore peu répandue en France, les bienfaits thérapeutiques des animaux sur l’homme sont reconnus depuis des siècles. En 1792, en Angleterre, l’homme d’affaires philanthrope William Tuke fonde le York Retreat. A cette époque les malades mentaux, traités très durement, sont enfermés, enchaînés et battus. En leur proposant de s’occuper d’animaux, il va s’apercevoir que ces malades vont se responsabiliser, développer un lien d’attachement, et reconstruire une estime d’eux-mêmes. Après la première guerre mondiale, les infirmières du Pawling Army Air Force Convalescent Hospital de New York utilisaient des chiens comme aide à la thérapie pour les soldats traumatisés. Au 19ème siècle, durant la guerre de Crimée, Florence Nightingale, fondatrice des techniques infirmières modernes, et pionnière dans l’emploi d'animaux à titre thérapeutique, gardera une tortue à l’hôpital après avoir remarqué que ceux-ci avaient le pouvoir de réconforter les gens et de diminuer leur anxiété. En 1953, c’est Boris Levinson, psychiatre américain, qui va véritablement développer les possibilités de l’animal en thérapie après avoir découvert par hasard l’influence positive de son propre chien sur un jeune patient autiste. L’enfant, emmuré dans son mutisme, refusait toute communication avec le monde extérieur. Resté par inadvertance dans le cabinet, son chien s’approcha du garçon, le renifla, le lècha. Et là, comme par miracle, l’enfant, pour la première fois, s’exprimera avec le chien. Il demandera même à revenir pour le revoir. C’est ainsi qu’est née la « Pet Facilitated Psychotherapy » (psychothérapie facilitée par l’animal). D’autres thérapeutes comme Friedmann, Katcher, Lynch ou Thomas vont mettre en évidence les effets de l’animal sur la santé. Par exemple, le simple fait de caresser un animal fait baisser la tension artérielle et permet de diminuer la mortalité chez les sujets cardiaques. Le Dr Serpell de Cambridge a même démontré que l’animal familier permettait aux patients de vivre plus vieux et en meilleure santé avec, chez les personnes âgées, une diminution des fractures du col du fémur. Phénomène assez récent, les animaux font leur entrée dans certains services hospitaliers. Selon François Beiger, fondateur et directeur général de l’Institut Français de Zoothérapie, une trentaine d’hôpitaux en France auraient aujourd’hui adopté cette technique thérapeutique. « Depuis 2009, de plus en plus d’établissement de santé nous envoient des thérapeutes, des infirmiers, des kinés ou encore des psys en formation, explique-t-il. Je suis ravi de cet engouement mais il ne faut pas qu’il soit uniquement induit par un effet de mode ! Je constate que, depuis deux ans, beaucoup de jeunes gens veulent devenir zoothérapeutes et me contactent pour me demander de les former. Mais attention, ce n’est pas un métier ! Seuls les professionnels du milieu médical déjà familiarisés avec ces types de pathologies peuvent y accéder. ».
Objectif 2013 du Professeur Krolak-Salmon et de son Unité neuro-vasculaire de la personne âgée du CHU de Lyon : établir, pour la première fois en France, un programme de travail pour démontrer l’efficacité de la zoothérapie, au moyen d’une étude clinique sur deux groupes de patients ayant la même pathologie - l’un aidé du chien, l’autre non.« Pour l’instant, les résultats restent considérés comme plus ou moins subjectifs et abstraits, concède Philippe Bonnet. Alors même si cette rééducation très spécifique ne doit pas se substituer aux autres, cette étude peut offrir à la science une autre ouverture ».
Suite à un AVC, Marie, 77 ans, avait récupéré une bonne partie de sa motricité. Subsistait une héminégligence à gauche. « Après plusieurs contacts physiques réguliers avec Eliott, elle est parvenue à reprendre conscience de ce côté gauche et à retrouver progressivement l’utilisation de sa main », raconte Philippe Bonnet, qui s’est occupée d’elle. Si cette expérimentation au sein du CHU de Lyon en est encore « aux balbutiements, on a déjà pu constater que la présence de ce chien était une vraie valeur ajoutée dans le travail de rééducation. Et un énorme facteur de motivation pour les soignants comme pour les patients. ».