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    CONSCIENCE

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    http://www.inrees.com/articles/Notre-conscience-cosmique/

    Notre conscience est-elle cosmique ?

    Dans ce texte inédit, le philosophe Ervin László se penche sur la conscience. En postulant l’existence d’un champ de mémoire dans la nature, au-delà de l’espace et du temps, il nous montre comment celle-ci est reliée au cosmos.

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    Qu’est-ce que la conscience ? Estelle produite par le cerveau ? S’y limite-t-elle ? Jusqu’à récemment, seul quelqu’un de profondément spirituel ou religieux aurait osé fournir une définition alternative. Aujourd’hui cependant, nombreux sont ceux pour qui une nouvelle approche est nécessaire ; et, parmi les scientifiques d’avantgarde, les penseurs et toutes les personnes à l’écoute de leur intuition, une idée se fait jour : la conscience pourrait se situer au-delà du non local et s’avérer cosmique...

    Qu’est-ce que la conscience ? Est-elle produite par le cerveau ? S’y limite-t-elle ? Jusqu’à récemment, seul quelqu’un de profondément spirituel ou religieux aurait osé fournir une définition alternative. Aujourd’hui cependant, nombreux sont ceux pour qui une nouvelle approche est nécessaire ; et, parmi les scientifiques d’avantgarde, les penseurs et toutes les personnes à l’écoute de leur intuition, une idée se fait jour : la conscience pourrait se situer au-delà du non local et s’avérer cosmique. 

     

    La conscience, produit du cerveau


    En Occident, la conception la plus répandue veut que le flot d’expériences que nous appelons « conscience » soit produit par un cerveau vivant, à la manière dont une turbine en marche produit un courant d’électrons. Tant que la turbine fonctionne, elle produit un flux d’électrons : l’électricité. Tant que le cerveau fonctionne, il produit une profusion de sensations : la conscience. Quand ils s’arrêtent, leurs flots disparaissent : il n’y a pas plus de conscience dans un cerveau mort que de charge électrique dans une turbine à l’arrêt. 

    L’image de la turbine fournit une métaphore valable car elle fait référence à un objet tangible produisant quelque chose d’intangible. Nous ne voyons ni n’entendons l’électricité ; nous savons seulement qu’elle existe par les effets qu’elle produit. C’est tout à fait proche de ce qui se passe avec la conscience. Nous faisons l’expérience d’une multitude de sensations, de sentiments, d’actes de volonté et d’intuitions que nous appelons conscience, mais nous ne percevons pas la conscience en elle-même. Aucun examen minutieux du cerveau ni de son fonctionnement ne pourra isoler ce que nous pourrions désigner comme un élément de la conscience : tout ce que nous observons, c’est de la matière grise et des réseaux de neurones s’agençant de façon complexe. Autant de processus qui régissent l’organisme vivant, coordonnant d’innombrables réactions lui permettant de se maintenir en vie. En produisant cela, le cerveau engendre aussi une onde de sensations, de sentiments, d’intuitions et d’actes de volonté. Quand ses fonctions de coordination et de régulation diminuent, le flot se réduit ou s’altère. Quand le cerveau arrête de fonctionner, le flux cesse. La présence de la conscience chez l’homme n’a donc rien de mystérieux : ce flot que nous appelons conscience est une conséquence indirecte de notre fonctionnement cérébral. 

    Cette conception rencontre un épineux problème : comment quelque chose d’aussi tangible qu’un ensemble de neurones peut-il produire des choses aussi intangibles que des émotions, des sensations, des intuitions et des actes de volonté ? Ce problème peut cependant être dépassé en supposant que les phénomènes dans l’espace et le temps ont un double aspect : l’un physique et l’autre psychique. Le dernier n’est pas produit par le premier : il s’agit d’une caractéristique de l’univers tout aussi fondamentale. Un principe similaire apparaît dans le nouveau paradigme du concept de conscience selon lequel la conscience appartient à la dimension profonde du cosmos, à la différence du cerveau qui appartient, lui, à la dimension visible. La conscience ne se limite cependant pas au cerveau humain. Car si je ne peux faire que l’expérience directe de ma propre conscience, je n’ai aucune raison de nier que d’autres cerveaux peuvent en faire autant. Les hommes produisent des formes humaines de conscience tandis que d’autres espèces peuvent générer, en fonction de leur niveau d’évolution, des formes mineures. De simples organismes en font peut-être aussi l’expérience : celle d’une « sensation » rudimentaire du monde qui les entoure. Ceci découle logiquement d’une vision du monde dans laquelle des « systèmes » – à savoir des groupes d’éléments contenus dans des ensembles qui s’auto-entretiennent et évoluent – émergent dans l’espace et le temps. 

    La thèse selon laquelle la conscience est produite dans la nature à tous les niveaux d’échelle et de complexité est décisive d’un point de vue logique. Il n’existe ainsi aucun point d’arrêt qui puisse me faire dire : au-delà de ce stade, il y a de la conscience et en deçà, il n’y en a pas. Cependant, indépendamment du caractère universel du phénomène de la conscience, si l’on s’en tient à l’image de la turbine, il s’agit toujours d’un phénomène local. La conscience survient dans les systèmes qui la génèrent, et s’y confine. 

     

    Une fausse piste…


    L’exemple de la turbine est pertinent tant que les faits correspondent aux présupposés. L’instant où le cerveau arrête de fonctionner et où la conscience se volatilise – de même que lorsqu’une turbine ne marche plus, le courant électrique disparaît –, est à ce titre crucial. A première vue, cela relève de l’évidence : lorsque les fonctions cérébrales stoppent, la conscience cesse. Impossible à observer directement, soit, mais nous pouvons raisonnablement tirer cette conclusion en observant des personnes victimes de mort cérébrale ou bel et bien mortes : elles ne se comportent pas comme celles dont la conscience fonctionne. 

    Cette vérité ne devrait pas souffrir d’exception : nous ne pouvons pas constater la présence d’une conscience dans un cerveau mort tout comme il est impossible d’observer la présence d’une charge électrique dans une turbine à l’arrêt. La preuve du contraire remettrait en cause les affirmations de la science moderne. Mais c’est exactement ce qui s’est produit récemment, et ce dans un cadre clinique contrôlé où un protocole rigoureux a été suivi. On sait aujourd’hui que, dans certains cas, le dysfonctionnement du cerveau ne met pas fin à l’expérience consciente. 

    Les preuves en ont été fournies grâce à l’étude de personnes ayant atteint le seuil de la mort mais qui en sont revenues. Placés sous contrôle clinique, certains individus affichaient, l’espace d’un instant, des fonctions cérébrales : ils souffraient de mort cérébrale. Cependant, ils pouvaient se rappeler, après coup, avoir connu des épisodes conscients durant cette phase critique. C’est ce que l’on appelle une EMI : une expérience de mort imminente. Si ceux qui ont effleuré la mort n’ont pas tous vécu d’EMI, cette dernière se manifeste dans un nombre de cas suffisant (autour de 25 %) pour considérer ce phénomène comme significatif. 

    L’EMI apporte un démenti cinglant au concept basé sur l’image de la turbine qui considère la conscience comme la manifestation locale d’un phénomène local ne pouvant se produire sans le cerveau qui la génère. A ce stade, il est légitime de s’interroger : ces témoignages d’EMI se basent-ils sur d’authentiques souvenirs ou s’agit-il de simples chimères ? Nous penchons pour la première hypothèse. L’EMI provoque des questionnements qui vont bien au-delà de la remise en cause de la conception de la turbine. Car des signes indiquent que l’expérience consciente peut se poursuivre, sous certaines formes, non seulement quand les fonctions cérébrales stoppent mais aussi en leur totale absence, lorsque la personne est irréversiblement morte. 

    Prenons le cas des médiums : ils semblent capables de communiquer avec des défunts qui leur rapportent leurs expériences post mortem. Ces messages ont fait l’objet de nombreuses critiques : on a dit que les médiums pouvaient les inventer ou les collecter auprès de personnes vivantes grâce à leurs facultés psi. Dans plusieurs cas cependant, ces objections ont été clairement écartées. Les messages transmis par les médiums semblaient émaner d’entités détenant des informations que ni ces premiers, ni des personnes qui auraient pu les contacter, ne possédaient. 

    Les informations transmises par les médiums ne sont pas les seules preuves de la présence d’une forme de conscience après la mort. Des messages émanant de personnes décédées ont également été interceptés par voie musicale, par le biais de voix inattendues, parfois d’images, via des magnétophones, des radios, des postes de télévision et même des téléphones classiques. Citons également ces expériences de transcommunication instrumentale qui ont été menées, dont beaucoup dans des conditions rigoureusement contrôlées. 

    De telles informations contredisent la théorie de la turbine. Et si cette dernière fait partie intégrante de la conception que la science se fait du monde, il convient alors d’interroger celle-ci. 

     

    La conscience, version « non locale »


    La conscience persistant indépendamment du cerveau qui l’a générée coïncide avec une expérience que beaucoup d’entre nous font au quotidien : celle d’entrer des informations dans un ordinateur fonctionnant en réseau. 

    Si l’on applique l’image de l’ordinateur à la conscience, alors chaque acte conscient constitue un élément d’information. Si l’on entre cet élément dans un vieil ordinateur dépourvu de mémoire intégrée et sans lien à d’autres machines, nous revenons au mode de fonctionnement de la turbine : les données entrées restent locales. Elles sont contenues dans le seul ordinateur et, quand celui-ci s’éteint, elles sont perdues. Mais nous pouvons tout à fait nous servir d’une machine dotée d’une mémoire et reliée à d’autres ordinateurs ou systèmes d’information. Ce que nous entrons dans notre ordinateur peut alors être « sauvegardé ». Notre machine peut être endommagée, voire même détruite, l’information demeure. Et bien qu’il ne soit pas possible de retrouver cette information sur notre ordinateur, nous pouvons le faire grâce à n’importe quel autre machine en état de marche pour peu que nous ayons le code ayant permis de sauvegarder ledit renseignement. 

    L’ordinateur programmé pour sauvegarder de manière automatique tout ce qui entre dans le système de stockage de sa mémoire constitue une métaphore adéquate pour une conception non locale de la conscience. L’information entrée est ici présente dans un système de données accessible universellement, comme c’est le cas sur Internet pour lecloud par exemple. Le système range et intègre tous les éléments d’information, quelle que soit leur origine, et peut les retrouver. Ce type de fonction mémorielle intégrale est aussi à l’œuvre dans la pratique des psychiatres transpersonnels. En plongeant leurs patients dans des états modifiés de conscience, les psychiatres ont pu constater que la conscience de certains d’entre eux pouvait s’étendre dans l’espace et le temps. On peut remarquer la même chose chez des personnes ayant des liens de parenté directs ou des relations très fortes entre elles : mères, jumeaux, amoureux semblent ainsi « branchés » sur la conscience de l’autre. Les médiums possèdent la même capacité. 

    La conscience ne serait donc pas un phénomène individuel et local mais bien plutôt transpersonnel et non local. Cette théorie suppose que les traces de conscience présentes dans le cerveau le soient également indépendamment de lui. Elle ne conteste pas le fait que la conscience soit générée par le cerveau mais le fait qu’elle soit limitée à celui qui la produit. 

     

    Vers l’existence d’un champ akashique


    La théorie de l’ordinateur en réseau suppose l’existence d’un champ de mémoire dans la nature. Ce dernier fait référence à l’idée bien connue du « champ akashique » : une mémoire naturelle universelle qui conserve la trace de toutes les choses qui se produisent dans l’espace et le temps. Une telle conception constitue une véritable avancée pour la théorie de la conscience mais elle n’épuise cependant pas l’étendue des récentes découvertes. Car certains éléments conscients qui persistent indépendamment du cerveau ne sont pas de simples traces ni des copies d’éléments surgissant dans le champ de la conscience normale : ils apparaissent comme autant de consciences vivantes. C’est le cas lorsque quelqu’un ne se souvient pas seulement d’un défunt mais entre en communication avec lui. Ce dernier point constitue une sérieuse objection pour la théorie de l’ordinateur en réseau. 

    Dans un champ normal d’information, l’élément rappelé devrait posséder la même forme que l’original : le champ conserve et transmet l’information mais ne l’élabore pas. Dans certains cas cependant, un sujet humain peut communiquer avec « quelque chose » qui ressemble à une conscience vivante sans pour autant être la conscience d’une personne vivante. C’est ainsi le cas dans la « communication après la mort ». Ici, dans un état de conscience légèrement modifié, le sujet entre en communication avec des personnes proches décédées. Celles-ci se comportent comme des êtres vivants doués d’intelligence, capables de répondre aux questions et de fournir des informations. Ces expériences n’ont rien d’exceptionnel : Raymond Moody, spécialisé dans la recherche sur l’après-vie, a ainsi signalé des milliers de cas de contacts se produisant spontanément après la disparition d’individus ; le thérapeute Allan Botkin a affirmé, pour sa part, avoir provoqué des milliers de fois des communications après la mort. Dans leurs transes, certains médiums expérimentent de tels échanges au cours d’un « channeling ». Des consciences désincarnées semblent donc pouvoir se remémorer ce qui leur est arrivé juste avant et après leur disparition. 

    Nous avons affaire ici à des intelligences actives fonctionnant sans être reliées à un quelconque cerveau. Elles font preuve d’une conscience d’elles-mêmes et possèdent des souvenirs d’une existence physique. Dans certains cas, elles indiquent clairement vouloir entrer en communication avec des personnes existantes. Cette « transcommunication » dépasse de loin tout ce que l’on peut envisager comme propriétés d’un champ de mémoire dans la nature. 

     

    La conscience cosmique, l’image de la matrice


    Rendre compte des expériences de transcommunication nécessite une théorie qui admette la possibilité que la conscience demeure active indépendamment de l’organisme auquel elle a été associée. Une telle théorie exige une vision totalement inédite de la nature du monde. 

    Dans la conception de la turbine, la conscience est générée au sein d’organismes vivants et de systèmes qui s’auto-alimentent et se développent dans l’espace et le temps. Dans le concept du champ akashique, les traces d’une conscience vivante sont conservées au sein d’un champ d’information universel. Les récentes découvertes évoquées ici indiquent cependant que la conscience est non seulement conservée indépendamment du cerveau mais qu’elle existe comme une intelligence dynamique et créative en soi. La conscience, dans cet état désincarné, ne peut être expliquée ni par la théorie de la turbine ni par celle du champ d’information. Elle réclame une vision du monde dans laquelle elle n’est pas un phénomène temporaire mais bien une caractéristique permanente. 

    La vision du cosmos s’actualisant à partir d’une dimension profonde et invisible permet d’élaborer un tel concept de la conscience. Cette dernière n’est plus ici un phénomène local limité à un organisme vivant ; elle n’est pas non plus un phénomène non local provoqué par la conservation et l’intégration des consciences produites par les organismes vivants. La conscience dont nous faisons l’expérience – ce flot de sensations, de sentiments, d’intuitions et d’actes de volonté – fait partie intégrante de la conscience qui se propage dans tout le cosmos. Il n’y a qu’une seule conscience dans l’univers et celle qui apparaît en nous en fait partie intégrante. 

    Erwin Schrödinger déclarait : « Le nombre total des esprits se ramène à un… En vérité, il n’y a qu’un seul esprit. » La conscience n’existe pas au pluriel. Dans ses dernières années, Carl Gustav Jung parvint à la même conclusion : la psyché n’est pas un produit du cerveau et n’est pas localisée dans la boîte crânienne. Elle fait partie intégrante du principe générateur et créatif du cosmos, l’unus mundus

    La conscience individualisée que nous connaissons est un élément de la conscience présente de façon continue au sein de la dimension profonde du monde. Il s’agit d’une conscience qui reçoit, élabore et retransmet un système traitant de l’information. Et cette information qu’elle traite n’est rien d’autre que la conscience qui imprègne le cosmos. 

    La conscience indépendante du cerveau n’est donc ni une anomalie, ni un phénomène inexplicable et inexpliqué : il s’agit bien d’une manifestation de la présence de la conscience dans le cosmos. Une présence que la mort du cerveau auquel elle a été associée ne dissout pas.

     

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    CONSCIENCE

     

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    Quand la conscience nous transforme

    Des individus, toujours plus nombreux, vivent de profonds changements et expérimentent de nouveaux ressentis. Ces sauts de conscience témoigneraient-ils d’un phénomène planétaire ?

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    Nous sommes de plus en plus nombreux à percevoir l’existence de l’invisible, à ressentir l’énergie sous-jacente à toute chose, à voir grandir notre intuition, notre connexion aux plans supérieurs et parfois même nos perceptions extrasensorielles. Une énergie puissante semble actuellement nous pousser au-delà de nos peurs et de nos limites pour oser être plus vrais et plus entiers, et accèder à une dimension plus vaste de l’existence. Qu’en est-il vraiment ?

     

    Passer de la dualité à l’unité


    Selon Liliane Van der Velde, fondatrice de l’Approche chamanique de la thérapie (ACT), « l’univers est actuellement en expansion et nous sommes poussés à grandir en même temps que lui. Les expériences vécues depuis la nuit des temps ont enrichi la matrice de toutes les mémoires. De plus en plus d’informations circulent sur le plan vibratoire, nous permettant d’accéder à la connaissance universelle et à un élargissement de conscience. »
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    Nous sommes de plus en plus nombreux à percevoir l’existence de l’invisible, à ressentir l’énergie sous-jacente à toute chose, à voir grandir notre intuition, notre connexion aux plans supérieurs et parfois même nos perceptions extrasensorielles. Une énergie puissante semble actuellement nous pousser au-delà de nos peurs et de nos limites pour oser être plus vrais et plus entiers, et accèder à une dimension plus vaste de l’existence. Qu’en est-il vraiment ?

     

    Passer de la dualité à l’unité


    Selon Liliane Van der Velde, fondatrice de l’Approche chamanique de la thérapie (ACT), « l’univers est actuellement en expansion et nous sommes poussés à grandir en même temps que lui. Les expériences vécues depuis la nuit des temps ont enrichi la matrice de toutes les mémoires. De plus en plus d’informations circulent sur le plan vibratoire, nous permettant d’accéder à la connaissance universelle et à un élargissement de conscience. »
    Les astrologues quant à eux expliquent le phénomène d’éveil actuel par la tension entre Uranus et Pluton débutée en 2010 et toujours à l’oeuvre aujourd’hui. « Pluton en Capricorne nous exhorte à guérir le passé et à transformer nos structures intérieures et extérieures. Il joue le rôle de nettoyeur et fait remonter de notre inconscient notre part d’ombre. Ce qui est inédit aujourd’hui, c’est que, grâce à Uranus le visionnaire, nous pouvons en prendre conscience, les transmuter, créer notre nouvelle réalité et nous propulser vers une nouvelle ère », explique Michel Tabet, docteur en psychologie et astrologue. Parallèlement, l’entrée en 2012 de Neptune dans le signe du Poisson, là où il est « en maîtrise », annoncerait une ouverture aux plans spirituels les plus élevés. « Nous sommes actuellement entre 2 mondes. L’ère du Verseau nous demande de passer de la dualité à l’unité, de vivre non plus seulement en tant qu’individus mais en tant qu’âmes reliées entre elles, en phase avec l’intelligence de la vie » poursuit le professeur, également fondateur et formateur au rêve d’éveil.

     

    Gérer l’afflux d’énergie


    Si l’époque est inédite et l’expérience palpitante, elles n’en demeurent pas moins inconfortables et parfois chaotiques. « Notre société moderne s’est bâtie sur une vision matérielle et fragmentaire de la réalité. Il y a eu une telle rupture de lien avec le monde invisible et l’intelligence universelle que quand ils se présentent à nous avec vigueur, nous n’avons pas forcément les moyens de les comprendre ni de les gérer », poursuit Liliane Van der Velde. D’après son expérience, les effets induits par cette expansion de conscience sont très variables d’une personne à l’autre, en fonction du terrain sur lequel se manifeste cette ouverture. « Il s’agit de la rencontre entre 2 champs, le flux de conscience universelle et le propre champ énergétique de la personne, et cela crée une réaction chaque fois différente. » Pour certains d’entre nous, notamment ceux qui ont déjà amorcé un cheminement spirituel tout en étant bien ancrés, l’ouverture peut se faire graduellement et se révéler être une grande source d’inspiration créative. 

    Mais pour d’autres personnes plus vulnérables, le cap à passer peut être douloureux, entraînant selon les cas divers troubles physiques et émotionnels, une alternance entre des sensations d’exaltation et de grand vide, un sommeil perturbé, des maux de tête, de l’épuisement, une déminéralisation, ainsi qu’une perte de repères et d’identité. Alors que la médecine conventionnelle est démunie pour gérer ces symptômes de plus en plus fréquents et volontiers relégués au rang de pathologies, ils sont perçus au contraire par divers thérapeutes holistiques comme des poussées d’évolution. « Il y a vraiment besoin de venir en aide à un certain nombre de personnes qui ne peuvent être comprises ni par la psychologie classique ni par les classifications habituelles de la psychiatrie, explique le psychiatre Olivier Chambon. Ces personnes font l’expérience d’une ouverture ou expansion de la conscience, qui les met en contact avec “plus grand qu’elles”, au-delà de l’identification aux barrières étroites de l’ego et de la personnalité. » Le cas d’Aude, 33 ans, ancienne chef de produit pour une grande multinationale, est éloquent. Priant pour son père dans le coma, elle se connecte pour la première fois à une force qui la dépasse. Emplie d’une énergie démesurée lorsqu’il revient à la vie, elle tire sur ses ressources et finit par faire un burn-out. « J’avais l’impression d’être à côté de moi-même, comme sortie de mon corps. Je me sentais faible et désaxée et j’avais très mal à la tête. Je perdais la mémoire immédiate, j’avais beaucoup de mal à me concentrer et entendais en moi les discussions lointaines et les bavardages mentaux des gens qui m’entouraient. C’était invivable ! On m’a prescrit 2 semaines d’arrêt et des antidépresseurs. J’ai eu réellement peur de devenir folle. J’ai partagé mon expérience avec quelques proches et n’aurais peutêtre pas dû. L’existence de l’invisible était trop dérangeante à concevoir pour eux et une amie m’a d’emblée conseillé de reprendre des médicaments. »

    Pour Liliane Van der Velde, si cette expansion de conscience peut être si difficile à intégrer, c’est qu’elle met en lumière les parties subtiles de notre être et notre relation au « Grand Tout », oubliées depuis des générations de par notre éducation et notre formatage. « Si cette énergie monte brutalement sans être transformée et assimilée au fur et à mesure, cela crée une surchauffe qui peut donner l’impression de “disjoncter”. C’est effectivement comme si l’on recevait directement l’énergie d’une centrale nucléaire sans pouvoir la filtrer ! Et plus nos filtres sont abîmés, plus cette défaillance va apparaître avec l’expansion de conscience. »L’afflux d’énergie va ainsi réveiller les failles et faire sauter ce qui ne peut plus tenir. Il n’est pas rare que des burn-out, accidents, ruptures et chocs émotionnels de toutes sortes viennent secouer la personne comme des appels de l’âme à être entendue, et que ce soit sur ce terrain fragilisé que l’ouverture spirituelle apparaisse ou ressurgisse. Telle fut l’expérience de Françoise, chargée de communication âgée de 30 ans. Après une enfance difficile, elle développe un terrain stressé et un tempérament très à l’écoute des autres mais peu de ses propres besoins et émotions. À plusieurs accidents de la route et une situation de harcèlement professionnel succède une période d’hypersensibilité et d’angoisse qui la pousse à chercher de l’aide. « Je voyais des entités dans ma maison et vivais dans un grand inconfort avec des douleurs au dos, des névralgies, des migraines... Ma sensibilité était telle que je me sentais comme une éponge et ne captais malheureusement que des souffrances. J’avais peur d’être happée dans un trou noir et je traversais régulièrement des crises de panique pendant la nuit. »

     

    Transformer notre part d’ombre


    Selon Michel Tabet, l’élévation de conscience et l’entrée dans une nouvelle ère ne peuvent s’accomplir sans avoir d’abord rangé en nous-mêmes les fardeaux de notre passé. Loin des courants New Age qui prônaient uniquement la pensée positive, nous aurions aujourd’hui la possibilité et le devoir d’accueillir notre part d’ombre et de les transmuter avec amour. « Le centre du coeur est vraiment le pont entre les 2 mondes, là où tous les conflits, les maladies, les mémoires karmiques, les vieux schémas cloisonnants et les visions erronées peuvent se transformer. Le rêve d’éveil est l’un des outils qui permet de faire, dans un état modifié de conscience, ce travail d’accueil et de transmutation. Ce qui est magnifique, c’est que toute part d’ombre accueillie comme une partie de soi en demande d’attention finit par devenir une grande force. »
    Il semblerait que l’intelligence universelle nous pousse actuellement à ce travail de nettoyage et de guérison. Chez de nombreuses personnes, le voile de l’inconscient se soulève et permet aux traumatismes passés de ressurgir pour mieux guérir. Sophie, 51 ans, cadre dans l’Administration, témoigne ainsi : « Il y a 8 ans, mes perceptions se sont exacerbées. Je ressentais des énergies obscures me tirer vers le bas dans le bus, dans la rue ou au bureau. C’était si intense que je ne pouvais même plus aller au restaurant ou dans d’autres lieux collectifs. J’ai commencé un travail sur moi et ai ramené à ma conscience le souvenir de l’inceste. L’an dernier, mon mal-être s’est accentué. J’avais beaucoup de nausées et le simple fait de mettre mes mains sur mon corps réveillait des souvenirs des abus passés. »

    Pour Ingrid, psychosomatothérapeute de 44 ans, l’ouverture s’est manifestée par le biais d’une paralysie soudaine, somatisation de la souffrance d’une vie antérieure. « Dès l’enfance, je pouvais voir dans l’invisible des formes, des ondes, des lumières, etc., auxquelles mon entourage n’avait pas accès. Après avoir mis ces perceptions de côté en grandissant, j’ai eu une vie mouvementée avec de nombreux chocs, dont une maladie auto-immune et un cancer, suivis d’une paralysie faciale apparue soudainement l’an dernier. J’ai été complètement bloquée pendant des mois, et les médecins n’y comprenaient rien. Parallèlement, beaucoup de perceptions subtiles revenaient en moi, des messages, des visions. Un beau jour, j’ai rencontré lors d’un congrès une guérisseuse russe. Elle a posé 5 minutes ses mains sur ma joue et m’a appris que j’avais été chamane dans une autre vie dans laquelle j’avais reçu un coup au visage. À peine avais-je passé la porte que je ne ressentais plus aucun blocage ! J’ai ensuite poursuivi ce travail de guérison avec Liliane Van der Velde. Depuis, je n’ai plus de douleur ni de malaise physique. J’ai décidé de laisser vivre mes perceptions du monde invisible, d’apprendre à collaborer avec elles. J’ai compris que le fait de les avoir réprimées m’avait rendue malade. »

     

    Ancrer la transformation dans la matière


    L’un des risques inhérents à l’ouverture rapide de conscience est celui d’une réelle « cassure » sur le chemin de vie de la personne. Il se peut que sa soif de spiritualité, non étanchée depuis si longtemps, se réveille si fortement qu’elle balaie tout le reste sur son passage. Certains peuvent alors décider de changer intégralement leur vie, oublier l’importance de garder les pieds sur terre et se retrouver davantage déstabilisés, sans aucune structure stable, ni intérieure ni extérieure, sur laquelle s’appuyer. Pour Liliane Van der Velde, le « bon changement » serait davantage une progression permettant d’alchimiser le passé pour en faire quelque chose de plus vrai, de mieux aligné avec notre être profond. « Certains recherchent des sensations ou des connexions toujours plus fortes avec l’invisible. La tendance consumériste de notre société moderne s’est ainsi déplacée vers le monde spirituel. Il n’est pourtant pas nécessaire d’avoir affaire à du spectaculaire ou du sensationnel pour nous rapprocher de nos véritables dimensions. »

    Enfin, certaines personnes tombent dans le délire mystique ou le piège égotique, se sentant « élues » ou « supérieures ». Or, « l’énergie universelle n’est pas élitiste », précise Liliane Van der Velde. Tous les spécialistes interrogés s’accordent donc sur la nécessité de l’ancrage. Le défi actuel serait alors celui de parvenir à nous élever tout en ayant de meilleures racines. « Nous sommes appelés à renforcer notre connexion à notre âme sans nous désincarner », précise Michel Tabet. Pour y parvenir, certaines pratiques corporelles peuvent être de très bons outils. « Le yoga et le dahara m’aident à conserver mon axe, mon centre, mon filtre entre moi et les autres, explique Aude. Au fil du temps, j’habite davantage mon corps et j’ai appris à faire circuler l’énergie en lui quand je sens que mes sensations et perceptions pourraient me submerger. » Sophie, quant à elle, après avoir été aidée par divers thérapeutes qui lui ont permis de récupérer ses forces et le « pouvoir qui [lui] avait été volé » dans son enfance, a introduit le qi gong et la méditation dans son quotidien. « Ils m’aident à me réapproprier mon corps, à reconstruire mes limites, mon amour-propre et ma confiance. »

     

    Aller vers une réunification de notre être


    Devant la nouveauté et l’intensité des expériences qui se présentent à nous en cette période de grande transition, une aide extérieure est parfois nécessaire. Comme le dit Olivier Chambon, « au départ, l’état psychique de ces personnes est, dans la grande majorité des cas, tout à fait sain, mais l’émergence de cet éveil spirituel les oblige à réviser complètement leur vision du monde. Au-delà de l’apparition d’émotions intenses, voire des symptômes physiques, un déséquilibre psychique secondaire temporaire pourrait perdurer sans un accompagnement qualifié par un psychothérapeute transpersonnel compétent. Celui-ci devra avoir lui-même vécu l’expérience d’états modifiés de conscience et de phénomènes spirituels, et posséder les outils conceptuels et pratiques pour aider à transformer l’émergence spirituelle en un véritable épanouissement intégré de la personnalité. » 

    Se réunifier, retrouver son axe, tout en établissant un lien harmonieux entre soi et le Tout, serait donc le cadeau qui nous est aujourd’hui proposé par l’univers. Pour cela, toute notre discipline de vie méritera dans certains cas d’être revisitée. Une nourriture de qualité, une médecine naturelle, de l’activité physique, un environnement sain, un rythme quotidien à l’écoute de nos besoins et ressentis, etc., seront certainement nécessaires. La connexion à la nature sera également une aide précieuse. « Je ne pouvais plus supporter les vibrations de la ville et de la foule et suis allée trouver refuge quelque temps à la campagne, ajoute Aude. La rivière, les arbres, les pierres, le soleil, m’ont profondément ressourcée. Aujourd’hui encore, je veille à aller régulièrement en pleine nature où je peux m’emplir d’énergie en toute confiance. »

    Finalement, c’est un gain de sens et de sérénité qui est acquis au fil du chemin, la joie de nous sentir à notre juste place, bien ancrés en nous-mêmes et profondément reliés à l’intelligence universelle. « Que nous soyons tous connectés à une puissante source d’énergie, c’est certain, nous dit Ingrid. Mais l’important est de savoir ce que l’on va en faire concrètement dans notre vie, en quoi elle peut améliorer notre bien-être et notre impact sur le monde. » Aude conclut : « Que mes actions aient un sens est devenu fondamental. J’ai quitté mon poste pour m’installer en indépendante et créer ma vie en accord avec ce que je suis. Je parviens bien plus qu’avant à être, tout simplement. »

     

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  • Ton reflet dans le miroir

    Je ne suis que ton reflet dans le miroir

    Il y avait une fois un jeune prince qui trouvait les gens autour de lui méchants et égoïstes. Il en parla un jour à son précepteur qui était un homme sage et avisé et qui confia une bague au prince.

    - « Cette bague est magique. Si tu la tournes trois fois sur elle-même, un génie t’apparaîtra. Toi seul le verras. Chaque fois que tu seras insatisfait des gens, appelle-le. Il te conseillera. Mais fais attention : ce génie ne dit la vérité que si on ne le croit pas. Il cherchera sans cesse à te tromper. »

    Un jour, le prince entra dans une violente colère contre un dignitaire de la cour qui avait agi contre ses intérêts. Il fit tourner trois fois la bague. Aussitôt, le génie apparut :

    - « Donne-moi ton avis sur les agissements de cet homme » dit le prince.

    - « S’il a fait quelque chose contre toi, il est indigne de te servir. Tu dois l’écarter ou le soumettre. » À ce moment, le prince se souvint des paroles étranges de son précepteur.

    - « Je doute que tu me dises la vérité », dit le prince.

    - « Tu as raison », dit le génie, « je cherchais à te tromper. Tu peux bien sûr asservir cet homme, mais tu peux aussi profiter de ce désaccord pour apprendre à négocier, à traiter avec lui et trouver des solutions qui vous satisfassent tous deux. »

    Parcourant un jour la ville avec quelques compagnons, le prince vit une immense foule entourer un prédicateur populaire. Il écouta un instant le prêche de cet homme et fut profondément choqué par des paroles qui contrastaient violemment avec ses propres convictions. Il appela le génie.

    - « Que dois-je faire ? »

    - « Fais-le taire ou rends-le inoffensif », dit le génie. « Cet homme défend des idées subversives. Il est dangereux pour toi et pour tes sujets. » Cela me paraît juste, pensa le prince. Mais il mit néanmoins en doute ce que le génie avait dit.

    -« Tu as raison", dit le génie, « je mentais. Tu peux neutraliser cet homme. Mais tu peux aussi examiner ses croyances, remettre en cause tes propres certitudes et t’enrichir de vos différences. »

    Pour l’anniversaire du prince, le roi fit donner un grand bal où furent conviés rois, reines, princes et princesses. Le prince s’éprit d’une belle princesse qu’il ne quitta plus des yeux et qu’il invita maintes fois à danser sans jamais oser lui déclarer sa flamme. Un autre prince invita à son tour la princesse. Notre prince sentit monter en lui une jalousie profonde. Il appela alors son génie.

    - « Que dois-je faire, selon toi ? »

    - « C’est une crapule », répondit le génie. « Il veut te la prendre. Provoque-le en duel et tue-le. » Sachant que son génie le trompait toujours, le prince ne le crut pas.

    - « Tu as raison », dit le génie, « je cherchais à te tromper. Ce n’est pas cet homme que tu ne supportes pas, ce sont les démons de tes propres peurs qui se sont éveillés quand tu as vu ce prince danser avec la princesse. Tu as peur d’être délaissé, abandonné, rejeté. Tu as peur de ne pas être à la hauteur. Ce qui se réveille en toi dans ces moments pénibles te révèle quelque chose sur toi-même. »

    À l’occasion de la réunion du grand conseil du royaume, un jeune noble téméraire critiqua à plusieurs reprises le prince et lui reprocha sa façon de gérer certaines affaires du royaume. Le prince resta cloué sur place face à de telles attaques et ne sut que répondre. L’autre continua de plus belle et à nouveau le prince se tut, la rage au cœur. Il fit venir le génie et l’interrogea.

    - « Ôte-lui ses titres de noblesse et dépouille-le de ses terres », répondit le génie. « Cet homme cherche à te rabaisser devant les conseillers royaux. »

    - « Tu as raison », dit le prince. Mais il se ravisa et se souvint que le génie mentait.

    - « Dis-moi la vérité » continua le prince.

    - « Je vais te la dire », rétorqua le génie. « Même si cela ne te plaît pas. Ce ne sont pas les attaques de cet homme qui t’ont déplu, mais l’impuissance dans laquelle tu t’es retrouvé et ton incapacité à te défendre. »

    Un jour, dans une auberge, le prince vit un homme se mettre dans une colère terrible et briser tables et chaises. Il voulut punir cet homme. Mais il demanda d’abord conseil au génie.

    - « Punis-le », dit le génie. « Cet homme est violent et dangereux. »

    - « Tu me trompes encore », dit le prince.

    - « C’est vrai. Cet homme a mal agi. Mais si tu ne supportes pas sa colère, c’est avant tout parce que tu es toi-même colérique et que tu n’aimes pas te mettre dans cet état. Cet homme est ton miroir. »

    Une autre fois, le prince vit un marchand qui voulait fouetter un jeune garçon qui lui avait volé un fruit. Le prince avait vu filer le vrai voleur. Il arracha le fouet des mains du marchand et était sur le point de le battre lorsqu’il se ravisa.

    - « Que m’arrive-t-il ? », dit-il au génie. « Pourquoi cette scène m’a-t-elle mis dans cet état ? »

    - « Cet homme mérite le fouet pour ce qu’il a fait », répondit le génie.

    - « Me dis-tu la vérité ? »

    - « Non », dit le génie. « Tu as réagi si fortement parce que l’injustice subie par ce garçon t’a rappelé une injustice semblable subie autrefois. Cela a réveillé en toi une vieille blessure. »

    Alors le prince réfléchit à tout ce que le génie lui avait dit.

    - « Si j’ai bien compris », dit-il au génie, « personne ne peut m’énerver, me blesser ou me déstabiliser. »

    - « Tu as bien compris », dit le génie. « Ce ne sont pas les paroles ou les actes des autres qui te dérangent ou que tu n’aimes pas, mais les vieux démons qui se réveillent en toi à cette occasion : tes peurs, tes souffrances, tes failles, tes frustrations.

    Si tu jettes une mèche allumée dans une jarre d’huile, celle-ci s’enflammera. Mais si la jarre est vide ou qu’elle contient de l’eau, la mèche s’éteindra d’elle-même.

    Ton agacement face aux autres est comme un feu qui s’allume en toi et qui peut te brûler, te consumer, te détruire. Mais il peut aussi t’illuminer, te forger, te façonner et faire de l’autre un allié sur le chemin de ta transformation. Toute rencontre difficile devient alors une confrontation avec toi-même, une épreuve, une initiation. »

    - « J’ai besoin de savoir encore une chose », dit le prince. « Qui es-tu ? »

    - « Je suis, moi aussi, ton reflet dans le miroir. »

    Charles Brulhart

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  • L'altruisme enseigné à l'école

    Plaidoyer pour l'altruisme : l'interview de Matthieu Ricard

    Publication: Mis à jour: 

    MATTHIEU RICARD ALTRUISME

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    ALTRUISME - Oubliez tout ce qu'on vous a appris, c'est à une nouvelle manière de penser l'homme que Matthieu Ricard appelle. Moine, bouddhiste et disciple du dalaï lama, il est l'auteur de ce Plaidoyer pour l'altruisme, en librairie depuis le 19 septembre. Un ouvrage à l'ambition encyclopédique, mais aussi laïque, qui déborde de pertinence en période de crise.

    Les preuves sont là. Non, nous sommes pas des êtres égoïstes mus par le seul désir de maximiser notre intérêt. Non, la société n'est pas plus violente aujourd'hui qu'hier. Oui nous pouvons changer notre manière d'être et donc coopérer davantage, pas seulement à un niveau individuel mais aussi à un niveau collectif.

    Qu'il s'agisse de l'économie, de l'environnement, de notre bien-être et de nos relations aux autres, nous gagnerions tous à reconnaître et à cultiver l'altruisme.

    Ce n'est pas uniquement le moine qui le dit, c'est surtout la science. De l'évolutionnisme à la neurologie en passant par la psychologie, mais aussi l'analyse de données concernant les conflits, tout concourt à montrer que l'altruisme est non seulement inné chez l'homme, mais qu'il peut aussi être créé. Devenir meilleur est littéralement à portée de main, à condition d'accepter ces évidences que nous avons oubliées.

    Le HuffPost: La science le montre, l'altruisme est partout, inné chez les enfants, présents chez les animaux... Alors pourquoi avoir écrit ce livre?

    MR: Parce que tout le monde ne pense pas comme ça. Il y a souvent cette idée que nous sommes tous des égoïstes. Quand j'ai travaillé sur le sujet je pensais que l'altruisme existait, que ce n'était pas la peine de le prouver, mais je ne m'attendais pas à ces courants de pensée très forts, les philosophes à partir du XVIIè siècle comme Hobbes, des psychologues du début du XXè siècle et les économistes néoclassiques pour lesquels l'altruisme est inconnu au bataillon. L'altruisme, ils n'y croient tout simplement pas. En résumé, ils disent: "gratter à la surface d'un altruiste et c'est l'égoïste qui va saigner". Autrement dit, si on est bien malin et perspicace, on trouvera toujours une motivation égoïste à un acte altruiste.

    Et vous contestez cette idée...

    Cette théorie de l'égoïsme universelle, c'est vraiment un a priori. Il n'y a aucune étude scientifique qui donne la moindre crédibilité à cette idée. Mais comme cette idée demeurait dans l'ère du temps, il y a des scientifiques qui se sont dit : il faut montrer que l'altruisme existe grâce à des expériences. Quelqu'un comme Daniel Batson, un grand psychologue américain, a travaillé là-dessus pendant 25 ans avec tout son labo. Il a mis au point une trentaine de stratagèmes pour distinguer les comportements égoïstes des autres, et notamment de la détresse empathique, l'idée qu'on ne supporte pas voir souffrir les autres et qu'on leur vient en aide pour soulager notre détresse. Finalement, ils se sont rendus compte que certaines personnes se comportaient de manière authentiquement altruiste quelles que soient les circonstances. Rien ne confirmait la thèse que dans tous les cas, on était égoïste. Pour moi, ça revient à enfoncer des portes ouvertes, mais avec l'appui de la science cette fois-ci.

    Qu'est-ce qui nous empêche d'être altruiste?

    Il y a plusieurs choses. D'abord l'idée que nous sommes tous égoïstes, que ce n'est pas la peine d'essayer. Or, si vous analysez les actes des individus tout au long de la journée on remarque qu'en moyenne 70% de ceux-ci sont des actes qu'on pourrait qualifier d'entraide comme tenir la porte ouverte à quelqu'un, des petits gestes. La banalité du bien est beaucoup plus présente dans notre existence qu'on le croit, donc déjà c'est encourageant. Deuxièmement, il faut se dire voilà, je sais qu'il faut faire un minimum d'efforts pour apprendre à lire, à écrire, à jouer aux échecs, donc comment se pourrait-il que d'autres aspects de nos existences comme l'attention ou l'altruisme seraient déjà à leur optimum dès le départ? Ca n'a pas de sens. Toutes nos capacités ont été entraînées jusqu'à un certain point. Donc cultiver l'altruisme, c'est l'idée qu'être exposé régulièrement à une idée ou à une manière de penser va changer votre cerveau.

    Et pour cultiver l'altruisme, vous dites qu'il y a une technique de plus en plus populaire, c'est la méditation...

    La méditation c'est un terme un peu mystique, exotique, mais la signification du mot méditation c'est cultiver, se familiariser avec une nouvelle manière d'être et cultiver ces qualités. Donc prenons l'altruisme. Il est évident que dans notre vie on connaît des moments d'amour inconditionnel vis à vis d'un enfant, vis-à-vis de quelqu'un, d'un animal que sais-je, et on n'a pas besoin de faire d'effort pour être altruistes à leur égard, souhaiter qu'ils soient en bonne santé, s'épanouissent dans l'existence. Le problème, c'est que ça ne dure pas. Cultiver, cela veut donc dire essayer de passer un peu plus de temps, par exemple dix minutes par jour, à emplir notre paysage mental d'amour altruiste, et si on est distrait d'y revenir, s'il s'évanouit de le raviver, c'est ça la méditation.

    En quoi méditer peut-il nous faire changer?

    L'expérience montre que sur le plan personnel on voit une différence. C'est prouvé scientifiquement, validé par nos connaissances sur la neuroplasticité. Le cerveau change lorsqu'il est soumis à un entraînement quelconque, qu'il s'agisse de jongler ou de méditer. C'est le cas chez des méditants qui totalisent 50.000 heures de méditation, mais aussi chez des personnes qui en ont fait 20 minutes par jour pendant un mois. Après quatre semaines de méditation quotidienne, on a observé des modifications fonctionnelles du cerveau, des modifications dans le comportement – plus de coopération, de comportements prosociaux, d'entraide – et même structurelles. On a par exemple remarqué que des zones du cerveau qui ont à voir avec l'empathie, avec l'amour maternel, avec des émotions positives étaient déjà légèrement plus volumineuse, donc il y a quelque chose qui s'est vraiment passé.

    Est-ce que ça veut dire qu'il faudrait enseigner la méditation à l'école, au collège, au lycée ou à l'université?

    Il faudrait enseigner la méditation, sous un autre nom, dès la maternelle et de manière totalement laïque et enlever totalement le label bouddhiste. La méditation, c'est vraiment une technique. Depuis 30 ans, le médecin John Kabat Zinn enseigne la réduction du stress grâce à la méditation de pleine conscience dans 300 hôpitaux aux États-Unis. C'est venu du bouddhisme, c'est maintenant totalement laïc. Autre exemple, celui de Richard Davidson à l'Université du Wisconsin et de son programme d'entraînement à la compassion et aux comportements pro-sociaux chez des enfants âgés de 4 et 5 ans. En dix semaines, grâce à trois séances de 30 minutes de méditation par semaine, on a réussi à stimuler les comportements pro-sociaux et altruistes chez les enfants. Les résultats sont incroyables.

    Vous montrez d'ailleurs que les comportements altruistes existent déjà chez les animaux

    Le fait qu'on ait mis en évidence des comportements comme celui de jeunes chimpanzés qui aident une vieille mère de leur espèce à s'hydrater parce qu'elle a du mal à se déplacer prouve que l'altruisme existe chez les animaux aussi, n'est-ce pas ? Si les bonobos sont capables d'avoir ce genre de comportements, pourquoi pas nous ? Il y a des centaines d'exemples de ce type impliquant des animaux, aussi bien dans la nature qu'à travers des expériences réalisées en laboratoire. Darwin lui même parlait de l'évolution des émotions et les reconnaissait tout à fait chez les animaux.

    Reconsidérer notre relation aux animaux serait d'ailleurs une porte vers l'altruisme...

    L'humain souffre d'une sorte de schizophrénie : nous sommes capables de manifester une certaine dose d'empathie et d'altruisme avec nos enfants, nos proches ou vis à vis d'autres êtres humains au travers de l'action humanitaire. Cependant, dès qu'il s'agit des animaux, l'être humain a une réticence à penser que ce sont des êtres sensibles à part entière. Bien sûr qu'ils ne vont pas aller manifester contre leur exploitation, ils n'ont pas une capacité d'engagement politique comparable à la notre... Mais ce serait absurde que les émotions, l'altruisme, l'empathie soient tombées du ciel uniquement pour et envers l'espèce humaine sans qu'il n'y ait eu des millions d'années qui ont préparé cela. Il n'y a aucune césure entre les différentes étapes de l'évolution.

    Que faut-il faire dans ce cas?

    Il faut revoir notre copie. Aujourd'hui nous éloignons tous les abattoirs hors de notre vue : loin des yeux, loin du coeur. En réalité, on ne veut pas voir qu'un milliard et demi d'animaux terrestres sont tués par an pour notre consommation. Or, ces animaux ne sont pas des machines. C'est aberrant d'en faire des objets, ça n'a pas de sens. Gandhi disait que l'on peut mesurer le degré de civilisation à la façon dont les hommes traitent les animaux. Évidemment ils n'ont pas de plans à long terme, mais le manque d'empathie à leur égard menace le monde d'une psychopathie collective. Kafka disait "La guerre est un prodigieux manque d'imagination". Il est devenu végétarien d'ailleurs, un jour en regardant un aquarium, il a dit "maintenant, je peux vous regarder en paix, je ne vous mange plus." (rires)

    Mais en quoi être végétarien peut-il avoir un impact altruiste qui dépasserait le cadre de notre alimentation personnelle?

    Je suis végétarien par choix car c'est beaucoup mieux pour les animaux mais aussi pour la santé et l'environnement. 775 millions de tonnes de maïs et de soja sont cultivées dans les pays en voie de développement afin d'être envoyés dans les pays développés nourrir les élevages industriels. Le rendement est nul! Il faut 10 kilos de protéines végétales pour produire 1 kilo de protéine animale. C'est le monde à l'envers...

    Ensuite il y a un coût humain, parce que ces légumes sont enlevées aux populations qui ont besoin de nourriture, mais il y a également un coût environnemental puisque les excréments des grands élevages bovins sécrètent du méthane, une des premières causes du réchauffement climatique.

    Enfin, il y a une question éthique vis à vis des animaux, une question vis à vis de la santé humaine, une question vis à vis de la pauvreté et une autre vis à vis de l'environnement. Selon les Nations Unies, manger beaucoup moins de viande serait une des meilleures façons de réduire les inégalités et les problèmes environnementaux... Il ne s'agit pas de devenir des végétariens fanatiques, mais de se réguler pour arrêter ce massacre permanent.

    Il y a aussi l'économie tournée vers les profits, en quoi une pensée comme l'altruisme peut-elle être compatible avec elle?

    La théorie de l'homo economicus est que l'homme est raisonnable et cherche à maximiser ses intérêts. C'est une caricature réductionniste de l'être humain. Nombre d'économistes savent désormais que l'être humain ne se résume pas à ça, mais c'est vrai on a construit beaucoup de modèles économiques sur cette base. Néanmoins, il y a beaucoup d'économistes comme Amartya Sen, Joseph Stiglitz ou Dennis Snower qui mettent en avant le problème des biens communs: la qualité de l'air, les réserves d'eau douce, la démocratie et ça, ça concerne tout le monde.

    Effectivement, si vous calculez uniquement votre intérêt personnel, vous n'avez aucune raison de vous en occuper. Donc avec la voix de la raison, la seule valable pour les économistes, il faut la voie du care, un terme peut-être encore meilleur que l'altruisme ou la compassion parce que si des gens disent I don't care, je m'en fiche, ça la fout mal. Le care c'est donc la sollicitude, le fait d'être concerné par autrui. Et ça de plus en plus d'économistes y croient et essayent d'imaginer un système qui ne soit pas fondé uniquement sur la maximisation des intérêts égoïstes. La société fonctionnerait beaucoup mieux et ça correspondrait davantage à la réalité parce que les gens ne sont pas tous des égoïstes forcenés!

    L'altruisme, ce serait donc la pensée du XXIe siècle?

    Absolument! C'est le fil d'Ariane qui relie le court terme de l'économie, le moyen terme de la qualité de vie et le long terme de l'environnement. Sans l'altruisme, il n'y a aucun système intellectuel capable de prendre en compte les trois. Un économiste pur et dur vit au jour le jour, sans penser à l'avenir. Mais s'il a une considération pour autrui, il fera en sorte d'améliorer la qualité de vie des autres. S'il y a davantage de considération pour autrui, détruire la planète est inenvisageable.

    Pourtant, il y a toujours des conflits, de la violence...

    Il y a des causes aux violences. C'est la déshumanisation de l'autre. On dit que c'est des vermines, des pestes, des rats, on en fait des animaux. Il faut comprendre ces causes pour mieux lutter contre. Mais il y a aussi des forces qui créent une fausse idée de la réalité. Il suffit de regarder les actualités, il y a de la violence partout, la Syrie, le Soudan, les kalachnikovs à Marseille... Or c'est complètement faux.

    Si vous regardez l'évolution de la violence au cours des siècle, la violence n'a cessé de diminuer au cours de l'Histoire. En Angleterre au XIVè siècle, il y avait 100 homicides par an pour 100.000 habitants, maintenant c'est 0,7. En Europe, le taux a baissé de 100 à 50 fois par rapport à il y a trois siècles. Le nombre moyen de victimes par conflit dans le monde était de 30.000 en 1950. Il est de 900 aujourd'hui. Alors bien sûr qu'il y a encore des conflits, mais si vous prenez l'ensemble global ça a diminué. La violence contre les enfants a diminué, la violence contre les femmes a diminué. Certes, il y a encore beaucoup à faire, mais beaucoup a déjà été fait.

    On peut encourager la diminution de la violence...

    On sait qu'il y a des facteurs de réduction de la violence et qu'on peut les encourager. Le statut des femmes, la démocratie... Prenons l'exemple de l'Europe. Au XIVè siècle il y avait 5000 entités politiques en Europe, à l'époque de Napoléon environ 250, et aujourd'hui une cinquantaine, qui sont démocrates, qui font du commerce les uns avec les autres... Il n'y a aucune chance que la Belgique entre en guerre avec l'Italie, zéro. Les pays qui entrent en guerre ont une démocratie dysfonctionnelle. Il y a donc un progrès indubitable, il faut le reconnaître car c'est encourageant.

    Qu'est-ce qui vous semble le plus encourageant dans la société contemporaine ?

    Ce qui fait le plus espérer, c'est de constater cette évolution dans l'humanité. La bonté est bien plus présente dans nos vies que ce que nous imaginons. On peut la cultiver au niveau individuel, mais aussi au niveau sociétal... Victor Hugo disait "Rien n'est plus puissant qu'une idée dont le temps est venu", je crois que l'âge de l'altruisme est venu.

    plaidoyer pour l altruisme

     

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  • Terrorisme d'Etat.

    Éducation : gare à ceux qui osent critiquer la réforme !

    Le président d'une association de professeurs qui s'est indigné publiquement contre la réforme du latin a été menacé par sa hiérarchie. Hallucinant !

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    Publié le  | Le Point.fr

    Le président de l'Association des professeurs de lettres s'est vu reprocher  la « violence outrancière » de ses propos par le directeur académique des services de l’Éducation nationale en charge des collèges au rectorat de Paris.

    Le président de l'Association des professeurs de lettres s'est vu reprocher  la « violence outrancière » de ses propos par le directeur académique des services de l’Éducation nationale en charge des collèges au rectorat de Paris.Maxppp©Xavier de Torres

     

    Le dimanche 22 mars 2015, Romain Vignest, président de l'Association des professeurs de lettres (APL), publie une déclaration cinglante contre la réforme des langues anciennes défendue par Najat Vallaud-Belkacem. Son texte commence ainsi : « En décembre 2012, à Tombouctou, perle du désert, des barbares détruisaient les mausolées des saints du soufisme. En février 2015, à Mossoul enIrak, d'autres barbares ont saccagé les statues assyriennes du musée archéologique. À Paris, en mars 2015, d'autres barbares encore suppriment l'enseignement du latin et du grec des collèges de France. Pour être d'aspect plus policé, les barbares n'en sont pas moins aveugles, leur oeuvre n'en est pas moins ténébreuse. »

    Puis il déroule ses arguments : « La ministre de l'Éducation nationale a répété que la maîtrise de la langue était une priorité absolue ; ignore-t-elle que le latin est la matrice, non seulement originelle, mais continue et ininterrompue des mots du français, du sens de ce qui jusqu'à aujourd'hui s'est écrit en français ? » Enfin, il conclut ainsi : « L'Association des professeurs de lettres met solennellement en garde la ministre de l'Éducation nationale, le gouvernement et le président de la République contre ce qui apparaîtra à nos successeurs comme une aberration politique, un suicide national, un crime contre l'esprit. »

    Le soir même, le directeur académique des services de l'Éducation nationale en charge des collèges au rectorat de Paris tient à l'auteur de ce texte, par courriel, des propos pour le moins étonnants. Il s'indigne de « la violence outrancière des propos qui sont tenus à l'égard d'une politique issue de la représentation nationale », et retire le soutien du rectorat à une conférence littéraire sur Voltaire organisée par l'APL qui doit se tenir – et qui se tiendra malgré tout – au lycée Henri-IV. Censurer Voltaire, il fallait y penser !

    Amalgame

    Mais surtout, ce haut fonctionnaire, l'un des principaux représentants de la ministre pour l'académie de Paris, s'en prend sans aucun motif aux qualités professionnelles de Romain Vignest, dont il est par ailleurs le supérieur hiérarchique : « Je suis inquiet pour les élèves que vous formez si vous vous situez dans le registre de l'outrance en usant de termes qui sont implicitement vecteurs de violence. »  Il confond ainsi le représentant d'une association et le professeur dans un amalgame inédit.

    Dans un second courriel, il déplore enfin que la déclaration hostile à la suppression du latin et du grec comme disciplines à part entière à partir de la rentrée 2016 ait pu être tenue… un jour d'élection. Ce dimanche 22 mars avait lieu le premier tour des élections départementales. Où est passée la neutralité de la fonction publique ?

    L'usage républicain veut que l'administration fasse la différence entre un militant associatif et un fonctionnaire, et qu'elle ne prenne pas ombrage des activités du premier pour s'en prendre au second. Dans ce cas précis, concernant la controverse sur les langues anciennes, cet usage n'a pas été respecté. C'est une grande première dans l'histoire des relations entre les associations de professeurs et le ministère de l'Éducation nationale. Il reste à espérer qu'il s'agit d'un dérapage isolé.

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  • KUNDALINI (16)

     

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    Elle ferma les yeux et se concentra quelques secondes sur son équilibre. Stabilité du bassin, abdominaux légèrement serrés, elle visualisa l’alternance de sa respiration, les mouvements de sa poitrine, le trajet de l’air dans son nez.

    « Je vais me placer derrière vous, Maud et je vais utiliser ma voix, juste ma voix mais sur des notes bien précises. Aucune parole, juste des sons particuliers. Recevez-les, laissez-les vous envahir, sans chercher à comprendre le but. Laissez-vous emporter, souvenez-vous, n’ayez pas peur des vagues. »

     

    Elle imagina en elle un océan agité, des houles écumeuses dansant sous les cieux et elle eut envie de sourire.

    La première note la surprit. Dans son dos, au niveau des chevilles. Un son guttural, très long, régulier, une espèce de rauquement de bête, un souffle qui n’avait rien d’inquiétant mais dont la sonorité résonnait comme un tonnerre très lointain, un grondement sombre et prolongé de cieux enflammés. 

    Elle pensa soudainement à ces chants tibétains qu’elle avait entendus dans un documentaire télévisé. Ce « Om » si reconnaissable. Oui, c’était cela, un chant tibétain, une mélopée très simple, un balancement hypnotique nourri de variations infimes.

    Puis, elle observa la respiration en elle pour couper le fil de ces pensées intrusives dont elle ne voulait pas.

    Elle s’habitua rapidement à ce chant étrange et ne le trouva plus aussi animal. Il émanait de ces notes une gravité délicieuse, envahissante, totalement inattendue…

    Qu’avait-il dit ? De se laisser aller, de ne pas chercher à comprendre le but, à identifier le protocole ou quelque chose de connu… Se laisser aller…

    La voix remontait le long de sa jambe. L’impression que les vibrations pénétraient sous sa peau, qu’elles agissaient comme des mains sur son corps, comme un massage sonore.

     

    Il avait placé ses mains en porte-voix et il s’appliquait à moduler les notes en maintenant le flux. De longues inspirations et des mélopées régulières, des changements modérés, des courants d’énergie remontés des entrailles. Contractions abdominales, le ventre rentré, comme une bouée dégonflée puis une nouvelle goulée d’air, un remplissage complet des alvéoles pulmonaires, l’extension ultime de sa capacité respiratoire.

    Il remontait le long de sa jambe gauche, les yeux fixés sur la zone visée, toute son attention concentrée sur la portée de sa voix. Il dépassa le creux du genou et explora les tissus tendus de sa cuisse. Il devinait la musculature. Le grain bruni de la peau.

    Une vision qui le troublait…

    Maud…

    Il percevait en elle une tendresse étrange, comme une reconnaissance qu’il fallait valider, des retrouvailles inespérées. Une incompréhension qui le perturba.

    Il s’arrêta à l’orée des fesses, juste sous le pli qui marquait le haut de la cuisse. Il suspendit la mélopée et redescendit au niveau de la cheville droite. Il reprit aussitôt le même cheminement.

    Avec un trouble identique. Des crépitements dans le creux de ses mains, comme si les vibrations de sa voix revenaient en écho et se diluaient en lui.

    Une intensité qu’il n’avait jamais éprouvée auparavant. Avec aucune femme. 

     

    Le galbe rond de ses fesses.

    À quelques centimètres de sa bouche...

    Maintenir le protocole lui devenait presque douloureux. Une envie irrépressible de caresser l’offrande.

    Maud…

    C’est elle qu’il avait senti approcher quand il méditait, avant même qu’il ne la voit, c’est son aura qui l’avait contactée, attirée, aimantée, électrisée.

    Il avait bien dû reconnaître que l’apparition de Maud l’avait ému, troublé, réjoui même… Au-delà du prévisible.

    Il n’en connaissait pas les raisons mais il en possédait désormais la confirmation physique, émotionnelle, énergétique, vibratoire.

    Il émanait de cette femme quelque chose qui le pénétrait.

    Il s’appliqua à poser sa voix entre les deux demies lunes hâlées et il vit les muscles se relâcher, la gêne s’évanouir, la frontière entre les deux territoires se détendre, légèrement, comme enchantée et conquise, curieuse et rassurée, un frissonnement infime, délicieux tremblement qui le réjouit. Et il en fut surpris.

    Il n’avait jamais senti un tel égarement en lui, une telle difficulté à préserver l’attention nécessaire.

    Un désir puissant qui irradia dans sa verge, son ventre, son périnée…

    Il dût se forcer à retourner son regard, à observer en lui l’intention bénéfique qu’il souhaitait diffuser, à oublier ce tourment impromptu. Des années de travail qui l’abandonnaient subitement, follement, comme s’il n’était plus qu’un mâle séduit, qu’un flux sexuel déluré et immature.

    Inconcevable. Il ne voulait pas de cette insignifiance.

    Pas lui. Il ne pouvait se trahir de la sorte.

     

    Il remonta le long de la colonne vertébrale, inondant chaque palier des sons prolongés.

    L’aura. Il l’avait ressentie bien avant que Maud ne lui soit visible. Il avait aimé cette couleur orange dominante, pure, pétillante, primordiale. Il en connaissait la signification. Vitalité, courage, créativité, dynamisme, endurance…

    Une palpitation presque imperceptible, des ondes circulaires qui enveloppaient le corps. Une auréole éthérée au-dessus du chakra couronne. Violette.

    Il n’avait jamais perçu cette couleur auparavant. De toutes les personnes qu’il avait eu à soigner. Jamais, ce violet ne s’était montré ainsi.

    Qui donc était-elle ?

    Pourquoi son individu social ne reconnaissait-il pas encore l’être spirituel qui vivait caché ? Pourquoi cette distance néfaste en elle ? Il comprenait désormais l’indéfinissable contradiction qu’il avait devinée. Un refus spirituel sous les fardeaux du mental. Est-ce que des épreuves passées, autres que le départ de son mari, pouvaient expliquer cette inertie ?

    Il s’en voulait de se laisser déborder ainsi par une curiosité inadéquate. Il n’avait pas le droit de gâcher ce moment. Pour elle.

    Et pour lui aussi, cette fois. Cette impression inexplicable qu’il était pleinement concerné, que cette femme portait en elle une exploration à vivre, qu’il ne s’agissait pas uniquement d’initier une nouvelle personne à son espace intérieur, de la projeter dans cette dimension délaissée de la spiritualité sacrée, de mener au mieux la mission qu’il s’était forgée… Pas cette fois. Il y avait autre chose. 

    Une incompréhension tenace, des interrogations indociles…

    Haut du crâne. Des sons profonds, à quelques millimètres des cheveux. Il sentait dans ses mains des résistances, des champs vibratoires qui ne se laissaient pas traverser. Comme si l’aura de Maud avait élaboré une citadelle invisible, un territoire fermé, un espace interdit.

    Il ferma les yeux et tenta d’ouvrir l’enceinte.

    Il sentit rapidement en lui un point douloureux entre les deux yeux. Chakra du troisième œil. Une symbolique évidente. Il ne pourrait pas voir ce qui était caché.

    Jamais, il n’avait éprouvé contre son don une telle barrière. Jamais, il ne s’était senti aussi impuissant.

    Il y avait chez cette femme une énergie qui dépassait son savoir, ses connaissances, ses expériences, ses certitudes…

    Respiration perturbée.

    Il avait bien songé que cette rencontre fortuite portait un message. Il ne s’attendait pas à cette découverte.

    Une énergie contre laquelle sa médiumnité ne pouvait rien. Et c’était un constat auquel il ne s’attendait pas.  

    Il dût produire des efforts soutenus pour réactiver la respiration consciente et retrouver la vision intérieure.

    Silence. Il bougea prudemment, en restant au plus près de son corps. Il ne fallait pas rompre le lien.

    Une certaine appréhension lorsqu’il se plaça face à elle.

    Il regarda son visage. Un léger sourire, une esquisse bienheureuse. Les yeux fermés. Totalement abandonnée, réceptive, aimante de l’instant.

     

     

    Il s’accroupit et reprit sa mélopée aux pieds et aux chevilles. Impatient de remonter… Et contrarié par cette impatience.

    Pas lui. Ce désir ne lui ressemblait pas, ne répondait pas à ses exigences envers lui-même. Comme si cette femme avait le pouvoir de l’extraire de lui-même.

    Un mélange de colère et de joie. Une joie physique qu’il n’avait pas partagée avec un être humain depuis bien longtemps… Lison…

    Une douleur si profonde qu’il avait tout fait pour qu’elle ne remonte jamais des abysses où il l’avait immergée. Dans une mémoire fossilisée, une geôle hermétique.

    Et puis, là…

    Maud.

    Incompréhensible. Ce désir de la serrer dans ses bras.

    Il se demanda pendant un battement de paupières s’il parviendrait à la fin du protocole.

    Il avait cru qu’il ne serait jamais perturbé dans la perception des fréquences vibratoires et il découvrait dans le mystère de cette femme une dimension qu’il ne pouvait parcourir, un espace qu’il ne pouvait atteindre.

    Pourquoi elle ?

    Il n’avait rien perçu d’exceptionnel ou de paranormal. Se pourrait-il qu’elle ne soit pas consciente de ce qu’elle porte ? Se pourrait-il qu’il y ait chez cette femme une entité plus puissante que tout ce qu’il avait rencontré jusque-là ? Dix ans maintenant qu’il soignait la population locale et sa réputation s’étendait. Treize ans qu’il étudiait. Treize ans que Lison était partie…

    Il ne voulait pas de ce désir et de ce trouble, il ne voulait pas de cette rupture dans sa maîtrise, il ne voulait pas se perdre. Il ne voulait plus souffrir.

    Maud… Qui était-elle ?

    Cuisse gauche. Il sentit une contracture. Une vieille blessure, un claquage sur le vaste latéral. Il restait une cicatrice. Rien d’invalidant. Il faudra lui dire de toujours bien s’étirer.

    Jambe droite. Des échos permanents, comme dans l’ensemble de son corps. Il visualisait intérieurement des crépitements dorés et ses mains réagissaient avec une vigueur inconnue. L’impression qu’elles réclamaient un contact réel, une étreinte, une caresse qui les libèrerait de cette pression inhabituelle.

    Remonter encore un peu et recentrer la mélopée.

    Le triangle blond de son sexe. Il ne pouvait le contourner. Comme une aimantation. Un besoin impérieux de lui chanter les plus belles notes, de trouver l’harmonie la plus intense.

     

    Elle savait qu’il était là. Juste devant. Là où elle n’aurait jamais imaginé que son visage se trouverait aujourd’hui. Ni moins encore qu’elle n’en serait nullement gênée. Les sons vibraient dans son ventre. L’impression que sa matrice utérine les absorbait, qu’ils la pénétraient dans un rayonnement calorique. Des pétillements de bulles agitées, des cascades cristallines, comme des torrents juvéniles, des brises tièdes dans ses fibres, un délicieux courant qu’elle accueillait avec bonheur. Un simple abandon. Sat le lui avait dit. « N’ayez pas peur des vagues. »

     Les yeux fermés. Un sourire sur son visage. Elle buvait le chant de Sat. Elle s’en imprégnait par tous les pores de sa peau, elle l’accueillait à cœur ouvert et elle devinait l’allégresse de ses fibres, comme un courant de joie dans ses veines, un air épuré dans ses poumons, des pensées apaisées qui contemplaient un bien-être inespéré.

     

    Il avait le visage à quelques centimètres de la toison pubienne. Des chaleurs moites qui crépitaient dans ses mains, des bouffées tièdes qui l’envahissaient. Les plis rosés des lèvres, le liseré fermé comme une gorge secrète, un canyon si étroit qu’il était impossible d’en voir la profondeur…

    Il ferma les yeux. Le trouble était trop fort.

    Les vibrations du chakra racine. Il en ressentait les effluves comme autant de risées énergétiques, des parfums magnétiques…Cette pensée que la fréquence vibratoire de Maud était plus puissante que la sienne, que c’est lui qui était visité, parcouru, cartographié, ému, réjoui, troublé… Ces picotements délicieux dans son bas-ventre. Il ne pouvait les nier.

    Chakra Sacré…remonter encore… Chakra du Plexus solaire…

    L’arrondi de ses seins. Il passait de l’un à l’autre dans une lente contemplation. L’auréole et le téton comme autant d’appels au désir. Il aimait leur tenue et ce léger redressement de la pointe, comme deux êtres conscients de leur beauté, aucune fierté malsaine, juste deux regards curieux dirigés vers le monde, ses tétons comme des sentinelles observant les horizons, le grain satiné de la peau, un voile de soie tendue. Il lui était impossible de ne pas s’attarder et de rejeter cette envie de les prendre dans ses mains, de les soupeser délicatement, de les envelopper, de sentir leurs frissons sous ses caresses.

    Des vibrations ininterrompues. Il sentait bien que l’ascension délivrait des flux de plus en plus puissants, soutenus, profonds, lumineux.

    Jamais, il n’avait éprouvé un tel bien-être pendant ce protocole, jamais il ne s’était senti lui-même envahi par ces ondes qui l’enveloppaient et glissaient en lui. Il se sentait pénétré par des rayonnements bienveillants.

    « Om…… mmmmmm…. »

    Ne jamais abandonner le lien sonore. Il le savait et s’y appliquait autant que possible.

    Les mains à quelques millimètres de la gorge de Maud.

    Ses paumes irradiaient des soleils et il recevait en retour des galaxies étoilées.

    Il ferma les yeux en arrivant devant son visage. C’est là qu’il ne parvint plus soudainement à visualiser son propre corps. Ce fut comme un éclair aveuglant. Il aurait voulu appuyer ses pieds au sol pour calmer son vertige mais il en fut incapable, comme s’il flottait en l’air sans qu’il n’y ait rien de suspendu, comme s’il ne s’agissait que d’une pensée dans l’Univers puis il eut peur que cette pensée ne disparaisse et que l’Univers s’effondre.

    Il ouvrit les yeux.

    Le visage de Maud. Un sourire qu’il ne lui connaissait pas encore, quelque chose d’énigmatique, comme une pièce rapportée, un sourire qui n’était pas à elle.

    Il se trouva ridicule et reprit sa tâche. 

    Chakra couronne.   

    C’est lorsqu’il plaça ses mains à quelques millimètres du front de Maud qu’il sentit cascader dans son corps des fleuves enflammés.

    Il ne put s’empêcher de regarder sa verge. Il aurait été incapable de dire sans cela s’il avait une érection ou pas tant l’embrasement dans la totalité de ses fibres le privait de la moindre perception détaillée.

    Il n’était qu’une érection. Intégralement. Une érection vibratoire.

    Il s’arrêta de chanter. Totalement stupéfait, interloqué, subjugué, fasciné.

    Il passa dans le dos de Maud et posa ses mains sur ses épaules.

    Elle frissonna.

    Il descendit les doigts le long de la colonne vertébrale et il devina les torrents d’énergie qui ruisselaient.

    Des frissons qui l’enflammèrent de la tête aux pieds. Jamais, elle n’avait senti cela, jamais avec cette dimension intégrale, l’impression que ses pores s’ouvraient pour laisser s’échapper un trop plein de chaleur. Et de plaisir. Comme un début d’orgasme, une première vague, une brise chaude… Elle s’étonna de ne rien percevoir de sexuel. Son sexe ne flambait pas et elle n’éprouvait aucun désir de contact. Tout était partout. Et même au-delà de son corps. Sans comprendre l’image qui l’émouvait, elle devinait autour d’elle une enveloppe lumineuse qui crépitait de bonheur. Intégralement.

    Il passa sur les fesses sans suspendre le contact puis il continua jusqu’aux pieds.

     

    Les vagues dans son corps. De la tête aux pieds, jusqu’au bout des ongles, dans les boucles de sa chevelure, dans son palais, sur sa langue, sous ses paupières, dans ses rétines… Elle en percevait l’écume et le parfum iodé. La voix de Sat résonnait toujours en elle comme dans une grotte marine, une houle lente qui venait baigner des parois phosphorescentes et humides, un écho prolongé qui ne veut pas s'éteindre.. Un envahissement bienheureux dans tout son bassin, comme des particules agitées par des vents solaires, des zéphyrs tièdes qui agitaient les senteurs. Elle voyait tomber dans une surface immobile des ricochets de frissons et des risées lumineuses ondulaient follement. Elle eut l’impression de s’écouler, de ruisseler comme une glace fondue, de se répandre comme une marée solaire dans une nuit de lune, son ventre n’était plus qu’un lac volcanique et elle imaginait son sexe comme une cheminée libératrice. C’est là qu’elle s’entendit gémir et le murmure la réjouit. Ne pas avoir peur des vagues. Elle glissait dans un cocon tiède qui pétillait, une eau gazeuse qui l’emplissait et l’emportait vers des altitudes étoilées.

    Elle ne comprenait même pas les images qui surgissaient. L’impression que ces flashs visuels venaient prolonger des émotions inconnues, comme s’il fallait que ces paroles insensées verbalisent des ressentis archaïques, comme si elle devait les penser pour ne pas se croire folle…

    Non, là, maintenant, abandonnée dans la danse des vagues, elle n’était pas folle.

    Mais elle l’avait sans doute été. Pendant très longtemps. Folle de se croire sage, apaisée, folle de se croire lucide, folle de se penser consciente.

    De quoi avait-elle été consciente ?

    Ni de la vie de son mari, ni de sa propre vie.

    Peut-on être plus fou que ça ?

     

    Rupture. Elle n’aurait pas dû se soumettre à toutes ces pensées fugaces. Comme si quelqu’un venait d’appuyer sur un interrupteur et que le courant ne passait plus.

     

    Sat…

    Cette voix si proche. Elle avait envie d’ouvrir les yeux et de lire dans son regard. Que pourrait-elle y voir ? Du désir, de la concentration, un détachement complet ? Que pensait-il de cette expérience ? Avait-il déjà entraîné d’autres femmes ici ? Leur avait-il proposé le même voyage intérieur ?

     

    Elle se fustigea intérieurement puis s’accorda aussitôt un regard bienveillant. Accepter les errances. Respirer, calmement, respirer calmement. Ne pas laisser les pensées intrusives briser le lien…

    Laisser les émotions s’étendre et les images se délivrer. Juste des images sensorielles, ne rien attendre du mental, ne pas se laisser emporter dans des élucubrations invalidantes.

     

    Sat…

    Elle ne savait plus où il était. Silence. Aucun contact.

    Elle ouvrit les yeux.

    Il était devant elle. À portée de bras…

    « Quand j’ai fini, je laisse toujours les gens décider du moment où ils ouvriront les yeux, » murmura-t-il.

    Elle aurait voulu parler mais les sons ne remontaient pas, comme si l’expérience les avait projetés dans un gouffre immense.

    Elle décida de s’asseoir. En pliant les jambes, elle crut voir des étincelles.

    « Non, je ne suis pas folle, lâcha-t-elle, la voix ténue et éraillée.

    -Non, vous n’êtes pas folle, Maud, je vous assure. Ce que vous découvrez en ce moment relève d’un processus très puissant et vous n’avez aucun savoir, ni même aucune connaissance pour vous repérer dans cette dimension. Mais vous possédez malgré tout, et peut-être malgré vous, un potentiel gigantesque. 

    -Pardon ? Que voulez-vous dire ? »

    Il la regarda intensément et elle en eut peur. Un regard différent. Comme s’il cherchait quelque chose en elle, comme s’il voyait ce qu’elle ne connaissait pas.

    « Qu’y a-t-il Sat. Répondez-moi s’il vous plaît. »

    L’éclat de ses yeux noirs était moins aveuglant que son silence. Le ventre serré.

    « Je ne sais pas, Maud. Je ne sais pas comment vous l’expliquer.

    -Mais c’est quelque chose de grave ? Une maladie ?

    -Non, Maud, absolument pas, n’ayez aucune inquiétude. C’est juste très troublant pour moi.

    -Mais pourquoi ? »

    Il tourna la tête vers la cascade.

    Elle n’aima pas ce mouvement de tête. Comme une dérobade.

     

    « Il y a en vous, Maud, une énergie spirituelle très puissante. Vraiment très puissante. »

    Il la regarda de nouveau et elle en fut soulagée.

    « Une énergie ? Quelle énergie ? C’est vrai que je me sens bien, physiquement. Mais il ne s’agit pas de ça je suppose.

    -Non, Maud, c’est votre chakra couronne qui est très… Intense. Comme une barrière protectrice, un rempart, avec une épaisseur que je n’ai jamais ressentie auparavant.

    -Le chakra couronne ?

    -Vous connaissez le schéma des chakras, Maud ?

    -Disons que j’en ai entendu parler mais je ne m’y suis jamais vraiment intéressée. Ce sont des zones de notre corps et elles symbolisent des énergies particulières. C’est ça ?

    -C’est plus complexe que ça mais c’est effectivement lié à nos énergies. Nous avons sept chakras et ils ont chacun une fonction de régulation du comportement humain et de sa santé. Il faut imaginer un rayonnement magnétique matérialisé par des couleurs différentes et des passerelles de communication entre chaque zone. Votre chakra racine, votre chakra sacré et surtout votre chakra couronne dégagent un magnétisme très puissant mais autant, les deux premiers sont accessibles et lisibles, autant votre chakra couronne est hermétique. En fait, vos six chakras, de la base vers la tête sont très actifs, ils rayonnent considérablement, au point que j’avais l’impression que mes mains recevaient davantage d’énergie qu’elles n’en émettaient mais une fois au niveau de votre chakra couronne, le septième, j’ai ressenti des résistances inconnues, comme si je ne savais pas lire ce qui était inscrit.

    -Expliquez-moi, Sat, les différentes symboliques de ces chakras que je comprenne un peu. C’est un peu perturbant de réaliser que vous lisez en moi des informations dont j’ignore la portée.

    -Oui, je comprends Maud. Mais je vous assure qu’il n’y a rien d’intrusif dans mon intention. Je ne cherche pas à vous voler quoi que ce soit.

    -Je n’en doute pas un seul instant, Sat. Mais j’aimerais tout de même comprendre pourquoi vous avez été aussi troublé. »

     

    Il lui avait proposé de prendre le volant. Elle avait accepté. Nullement envie de se concentrer sur la route. Tellement de phrases qui se percutaient en elle, tellement d’interrogations qui tournaient en boucle. Toutes les paroles de Sat, toutes ses explications, ses développements, cette prise de conscience qu’elle portait en elle un monde dont elle ignorait l’essentiel, cette révélation qu’elle n’était qu’un ectoplasme vide au regard de ce qu’elle découvrait, que tous ses ancrages la clouaient au sol, l’empêchaient de s’envoler.

    Elle l’avait questionné durant des heures. Il avait répondu sans rien rejeter mais elle gardait pourtant en elle l’impression qu’un mystère se tenait, là, à portée de mains, que tout n’avait pas été énoncé. Dans son ventre, entre ses seins, jusqu’au bout des mains, elle sentait vibrer des flux inconnus. Plus étrangement encore autour d’elle, dans une enveloppe qu’elle ne pouvait identifier, elle devinait une présence…

    Il lui semblait que Sat avait déclenché une libération, l’effondrement d’une enceinte mais qu’elle était incapable de visualiser pleinement les horizons découverts, comme si sa vue était flouée, une myopie spirituelle, un manque de discernement, un voile sur sa conscience. Et simultanément, cette incompréhension nourrissait le rétablissement des zones sombres, l’enfoncement réactivé dans la boue épaisse des questions insolubles, des inquiétudes insoumises, un envasement auquel elle s’était toujours abandonnée et qui désormais la révoltait et l’enflammait. Une peur viscérale de cette fange. Depuis le départ de Laurent, elle ne goûtait plus son existence qu’à travers cette nausée des faiblesses acquises, cette habitude douceâtre de l’abandon, de l’incompréhension, de l’errance. Et là, elle découvrait subitement que cette nausée n’était rien qu’un avant-goût, juste un faible mouvement du rideau épais qui couvrait sa conscience, un infime dérangement alors qu’elle avait imaginé un cataclysme... Elle n’avait encore pas dévoilé l’essentiel. C’était intolérable et elle aurait voulu le crier.

    Ce désir impérieux, brûlant, ce besoin vital, viscéral, cette impatience qui occupait toute la place, comme un nouveau-né réclamant son lait maternel, une bouche avide cherchant le téton nourricier.

    Une faim insatiable, l’impression d’être délivrée d’un jeûne spirituel qu’elle n’avait même pas décidé, dont elle ignorait même le point initial. Depuis combien de temps s’était-elle perdue ?

    « Sat, j’ai besoin de vos paroles, j’ai besoin d’apprendre, ça me brûle. Vous comprenez ? C’est comme si vous aviez allumé en moi un brasier qui ne doit plus s’éteindre. »

    Elle avait croisé les bras sur sa poitrine. L’illusion d’un apaisement.

    « Je vous ai dit tout ce que je savais, Maud. Tout ce que j’avais entraperçu du moins.

    -Et bien, ça ne me suffit pas, Sat parce que les interrogations que ça soulève me deviennent insupportables. Vous vous rendez compte que ce que j’ai vécu tout à l’heure est totalement incompréhensible, totalement déraisonnable, comme si j’avais perdu la tête, comme si j’avais été emportée dans un délire.

    -Non, Maud, je vous l’ai déjà dit. Il n’y a rien de fou là-dedans. C’est uniquement une autre dimension, un autre monde, loin de la réalité quotidienne. Ce que j’appelle le Réel, avec un R majuscule.

    -Ce Réel, je veux le connaître, je veux l’explorer ou alors il ne fallait pas m’en donner un aperçu. Je vous rappelle que ce que j’ai ressenti ressemblait à un orgasme. Un orgasme asexué et je n’avais jamais imaginé que ça puisse exister.

    -Bien sûr que ça existe, Maud. Ce qui est particulièrement étonnant dans votre cas, c’est que vous n’avez suivi aucune formation, aucune méthode pour y parvenir. Et ça n’est pas ce que j’ai pratiqué sur vous qui peut déclencher ça. En tout cas, je ne l’avais jamais vu.

    -Rien que ça, c’est insupportable, Sat. Je devrais peut-être me contenter de ce bonheur mais je sens bien que ça serait un pur gâchis. Il faut que je comprenne, que je sache si c’est quelque chose que je possède, qui est en moi et que je peux retrouver ou si c’est quelque chose qui ne reviendra jamais. Vous comprenez, Sat. C’est comme un Croyant qui apercevrait Dieu, dans une vision éphémère, spontanée, fulgurante. Comment voulez-vous que je me contente de cette joie ? Là, maintenant, c’est un bonheur qui me ronge."

  • Les sept chakras

    Les 7 Chakras

    Définition : Chakra signifie roue ou disque en sanskrit langue très ancienne et sacrée de l'inde. 

    http://www.horizon-tantra.com/fr/definition-7-chakras.php

    Kundalini 3

    Les Chakras
    Qu’est-ce qu’un chakra ? 
    C’est un centre énergétique localisé dans le corps, sans que ce soit un organe ou un viscère. Cette zone d’énergie se situe autour d’un plexus nerveux, comme pourrait le faire un champ magnétique autour d’un réseau de fils électriques . Cette notion est présente dans de nombreuses traditions yogiques et spirituelles. Nous avons 7 chakras répartis dans le corps. Pour les traditions ésotériques et quelquefois spirituelles, les chakras dégagent chacun une couleur : rouge pour le premier, orange pour le second, jaune, vert, bleu, indigo et blanc. Chaque chakra a un rôle, une fonction de régulation ou de gestion du comportement humain. Des sentiments et des émotions spécifiques sont également rattachés à chacun d’eux.

    Le Muladhara Chakra : 1er chakra, encore appelé chakra-racine Situé au niveau du périnée, il est protégé par le sacrum et le coccyx. C’est le chakra de base sur lequel s’appuie l’énergie.

    Ce lieu est la zone instinctive, celle de nos pulsions, de nos désirs inexpliqués (qui naissent hors de la raison), de nos élans premiers : l’énergie primale, l’impulsion vitale.

    Accepter de ressentir ce chakra, la zone périnéale, permet d’accepter notre sexualité instinctuelle et ensuite de la canaliser. Chez l’homme, l’instinctuel est vécu souvent comme une gêne. Il ne veut pourtant pas se priver de certaines sensations sexuelles très agréables, par exemple : l’utilisation de sa puissance, de sa force dans la sexualité. Pour la femme, l’animalité est son point faible. Apprendre à ressentir son plaisir dans sa puissance va à l’encontre de la culture patriarcale qui réserve ce style de sexualité aux femmes « de mauvaise vie » mais surtout pas à la mère de leurs enfants.

    L’éveil de cette zone et l’acceptation de cette énergie permettent de commencer la route vers la transcendance, suite du yoga tantrique.

    Le Swadisthana Chakra : 2ème chakra. Il est situé en dessous du nombril. C’est un centre énergétique yin plutôt récepteur. Ce chakra est le lieu de nos peurs, de la vulnérabilité et, parallèlement, de notre force. Le lieu de la vie et de la mort, de la possessivité, de l’avoir et de la sécurité. Les orientaux situent à ce niveau le hara ou le centre de force vitale.

    Etre totalement dans son « Hara », c’est être dans une confiance vis-à-vis de ses capacités face à la vie.

    Les femmes qui manifestent souvent des douleurs aux ovaires devraient se sentir concernées par un travail sur ce chakra. Les peurs s’enfouissent dans cette partie du corps et vont jusqu’à résonner au niveau des reins, du sacrum, de l’anus et du bas du dos. Ces parties sont sacrées. Elles sont représentées comme étant le siège de la Kundalini (nom donné à l’énergie sexuelle, en Inde).

    Travailler sur ce chakra apporte le sentiment de puissance et aide à l’acceptation du séparé, de l’autre qui n’est pas moi.

    Manipura chakra ou plexus solaire : 3ème chakra. Il est le siège du Moi émotionnel, de l’affirmation de Soi. Ce centre énergétique est également celui du choix. 

    Nous ressentons souvent ce point noué ou simplement comme un creux à cet endroit lors d’émotions refoulées, bloquées ou mal exprimées. Quelquefois un stress intense et répété peut nouer cette zone de façon chronique. 

    La bonne circulation de l’énergie à ce niveau est nécessaire afin de bien communiquer, de bien digérer, au sens propre comme au sens figuré. Le rayonnement personnel concerne ce chakra. Certains l’investissent à l’excès, cela peut frôler le narcissisme et le fonctionnement égocentrique. A l’inverse, ce chakra négligé provoque dévalorisation et dépréciation de soi.

    Le 3ème chakra demande un juste équilibre entre le yin et le yang, l’introverti et l’extraverti en nous. 

    Travailler le 3ème chakra, c’est oser faire un choix, bon ou moins bon, sans s’accrocher à la réponse, au résultat. Le lâcher-prise et l’abandon de la volonté ou de la maîtrise sont alors perçus. Et un tel lâcher-prise est nécessaire pour relier le 2ème au 4ème chakra.

    Anâhata-chakra ou Chakra du cœur : 4ème chakra celui de l’ouverture, du don gratuit, le chakra de l’amour. On dit traditionnellement que ce chakra est celui de la femme, car pour le féminin, tout est relationnel alors que l’homme a parfois quelques difficultés à accéder librement à l’ouverture du cœur. Le travail sur le chakra du cœur touche la vulnérabilité et le besoin profond d’être aimé. L’homme craint d’être possédé quand il montre sa vulnérabilité. Bien sûr, les enjeux de la relation à la mère sont réactivés. Pourtant, quelle douceur de reconnaître ce besoin et d’accepter de le combler ! C’est libérateur.

    Van Lysbeth dit : « la méditation n’exclut pas le sentiment, bien au contraire. C’est le moteur même de la méditation ». Et nous pensons en effet, qu’un des secrets de la reliance sexe-spiritualité se découvre dans l’ouverture du cœur et l’acceptation pleine et entière de nos sentiments.

    Le chakra de la gorge ou Vishudda Chakra : 5ème chakra On dit habituellement que ce chakra concerne la différenciation et l’expression ; mettre des mots sur le ressenti, l’exprimer par la parole ou par le biais des différentes formes d’expression, jusqu’à la créativité et l’expression artistique.

    Le chakra de la gorge fait le lien entre l’intérieur et l’extérieur. Par exemple, chanter sans se juger, procure une sensation agréable et une meilleure perception de soi. La gorge relie la tête au reste du corps. Le chant ou les exercices sur les sons ouvrent à la plénitude car il est possible de vider tout ce qui nous encombre : tristesse, colère etc. jusqu’à ressentir la paix.

    Nos échanges avec l’environnement impliquent ce chakra : « sortir de soi » (expire, parler, chanter, crier...), mais aussi « rentrer en soi » (inspirer, manger, avaler). Les méditations proposent toujours de se connecter à la respiration, de sentir l’air qui entre par le nez, qui coule dans la gorge et descend plus bas. C’est une manière fabuleuse pour conscientiser le chakra de la gorge. Très naturellement, si on pratique la méditation régulièrement, la bouche, la gorge, le nez, le haut de la poitrine se réveillent et s’ouvrent au subtil. Ceux qui méditent régulièrement sont vigilants à leur nourriture.

    Le bon fonctionnement de ce centre énergétique aide aussi à bien se situer au sein de la société, à dire oui ou non, à parler de soi et poser ses limites, à prendre sa place, à parler avec une voix posée.

    Ajna Chakra : 6ème chakra. On l’appelle encore le 3ème œil. C’est le chakra de la clairvoyance, de la claire-audience, des perceptions justes et aussi de la contemplation, de la conception et de la représentation.

    C’est un chakra très utile pour « aller de l’avant ». Cependant, il est conseillé de toujours relier ce 6ème chakra aux autres chakras. En effet, le risque, quand ce chakra est surinvesti, est de devenir trop cérébral, trop dans sa tête, dans son mental, déconnecté de son corps, de son ressenti, incapable d’accepter l’imprévisible. La spiritualité ne s’appréhende pas exclusivement dans les deux derniers chakras. Ni d’ailleurs dans aucun autre en particulier mais dans la bonne circulation de l’énergie au travers de la chaîne de tous ces centres d’énergie. C’est un état et une intention. 

    Ce chakra concerne notre vision de nous-mêmes, des autres, de la vie, du monde. Il nous aide à devenir conscient de nos parts d’ombre. La lumière intérieure, quand elle est perçue nous permet d’accepter le fait que nous ne changerons jamais radicalement. Mais les yeux grands ouverts « à l’intérieur », sur Soi et sur l’Autre, on découvre les demi-teintes, les clairs-obscurs, toute une gamme de nuances de soi, de l’autre et de la vie qui nous est offerte. 

    Ce qui change, c’est notre regard sur le monde et sur l’autre. Il est possible alors de faire des choix nouveaux en toute humanité.

    Avec le sixième chakra, nous introduisons le sens du sacré. C’est une représentation d’un tiers commun à tous.

    Sahasrara Chakra : 7ème chakra. Il est encore appelé chakra de l’éveil. C’est celui de la réalisation de soi, de la libre pensée, de la libération des croyances. A ce palier, il y a remise en question des fondements de l’éducation, des transmissions. C’est un chakra qui donne accès à notre part divine et créatrice.

    Nous avons la liberté de créer nos existences lorsque nous sommes conscients des liens hérités de nos ancêtres. Alors, il devient possible de rejeter ceux qui nous gênent et de garder ceux que nous jugeons bons. Nos comportements et nos choix deviennent vraiment les nôtres. Nous ne sommes plus agis mais acteurs, créateurs. Dans cette étape, il n’est pas besoin de vraiment pratiquer, mais d’être bien avec soi-même…

    Il est notre enracinement vers le haut, le cosmos, comme l’est le Muladhara Chakra vers le bas, la terre, la matière.

    Nous sommes persuadés aujourd’hui que plus nous sommes enracinés sur cette terre, plus nous sommes dans la matière et plus nous avons accès au divin, à la transcendance.

    La relation est vitale, vivante. C’est elle qui nous rend humain et nous donne accès au divin. Nous sommes inter-reliés, que nous en soyons conscients ou pas. Dans la relation naissent beaucoup de sentiments. Et ce peut être une méditation que d’être à l’écoute de soi en restant relié à l’autre dans la perception tantrique.

     

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  • Enseignement existentiel.

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    Fin de journée d’école. Les parents récupèrent les enfants.

    Bien souvent, la question qui survient est la suivante :

    « Alors, qu’est-ce que tu as appris aujourd’hui ? »

    Ou

    « Alors, qu’est-ce que tu as fait aujourd’hui ? »

    Je vois dans ces deux questions récurrentes la mise en évidence que l’école n’est perçue qu’à travers sa dimension cognitive, intellectuelle. Il s’agit pour les parents d’identifier ce que l’entonnoir de l’école a déversé dans la tête de leurs enfants.

    Cette habitude se transmet de génération en génération.

    Mes parents m’ont posé ces questions. J’en ai fait de même avec mes enfants…

    Et c’est finalement non seulement très réducteur mais également trompeur car si l’école n’est qu’un entonnoir à connaissances, c’est qu’elle a oublié de s’intéresser au contenant… Si l’école ne prend en considération que le contenu qu’elle propose, c’est éminemment insuffisant.

    Lorsque je cherche à transporter de l’eau, je m’intéresse en premier lieu au contenant qui peut servir à ce transport. Je ne prendrai pas une bouteille percée, ni une bouteille cabossée qui risque d’éclater, ni une bouteille trop grande, ni une bouteille trop petite…Je vais me concentrer sur la qualité du contenant avant de verser le contenu…

    L’école, à mes yeux, n’a toujours pas compris qu’elle travaille à l’envers et ces deux sempiternelles questions que les enfants entendent durant leur scolarité en est le reflet.

    Ne rien attendre des instances hiérarchiques. Elles ne comprennent rien à rien. Et c’est normal puisqu’elles fonctionnent toujours avec le paradigme ancien de l’école et qu’elles s’obstinent à le rafistoler, à le détricoter, à le rénover, à le rebâtir, à le renforcer, à le changer en surface, à se battre autour pour imposer les nouvelles Réformes… Depuis le temps que ça dure….

    « Alors, qu’est-ce que tu as appris sur toi aujourd’hui ?

    Ou

    « Alors, qu’est-ce que tu as été aujourd’hui ? »

    Voilà, les deux questions qui ouvriraient la dimension existentielle et c’est totalement différent.

    La priorité n’est pas le contenu mais le contenant.

    Comment le contenant s’est-il analysé, observé, critiqué, aimé, compris, durant le déversement des connaissances par l’entonnoir scolaire ?

    Comment le contenant s’est-il comporté, qu’a-t-il été, humainement parlant ?

    Le fait de renvoyer l’enfant à lui-même par le biais de l’apprentissage cognitif instaure, peu à peu dans son esprit cette priorité essentielle de l’individu et non celle des données intellectuelles.

    Un enfant dans la cour de l’école s’en prend à un autre enfant et lui fait mal.

    Il ne s’agit pas de le réprimander en lui disant :

    « Tu as vu ce que tu as fait ?

    « Pourquoi tu lui as fait ça ?

    Toutes ces questions habituelles sont orientées vers l’acte alors qu’elles devraient principalement être tournées vers l’individu, l’enfant, sa conscience.

    « Tu as vu ce que tu as été ?

    - Pourquoi as-tu été comme ça ?

    - Comment tu te vois, qu'est-ce que tu ressens maintenant ?

    - Qu'est-ce qui s'est passé en toi ?"

    Le nécessaire rappel de l’individu à lui-même, non pas en se focalisant sur les faits mais sur l’être.

    Lorsqu’un enfant me disait :

    « Ma règle s’est cassée »…. je lui répondais que je trouvais étonnant que sa règle ait décidé de se casser.

    Et de là, je l’amenais à reformuler sa phrase jusqu’à ce que l’observation entière de la situation l’amène à exprimer SA responsabilité.

    Dans chaque situation de classe, la priorité, c’est l’être.

    « Qu’est-ce que je suis ?

    Avant

    « Qu’est-ce que je fais ? »

    La conséquence de ce fonctionnement, c’est que l’enfant, jour après jour, année après année, va construire un regard de plus en plus affiné sur son être, non pas dans une dimension intellectuelle mais bien dans la dimension existentielle.

    L’avantage de ce fonctionnement, c’est qu’il apporte à la dimension intellectuelle un énorme intérêt, plus élevé encore que la connaissance elle-même qu’elle contient : « Je m’apprends en apprenant. »

    La finalité, au regard de la dimension cognitive, c’est d’amener l’enfant à éprouver de l’intérêt même pour les matières qu’il n’apprécie pas ou peu, puisque sa propre observation dans l’apprentissage le conduit à s’enseigner lui-même, à se connaître, à se corriger, à se renforcer.

     

    « Pourquoi est-ce que je n’aime pas les mathématiques ?

    -Pourquoi est-ce que j’ai toujours peur de me tromper ?

    -Pourquoi est-ce que je préfère tricher que d’avoir faux ?

    -Pourquoi est-ce que je ne suis pas plus volontaire pour apprendre ma leçon ?

    -Pourquoi est-ce que cette fois, je suis resté calme pendant l'évaluation ? »

    Ces questions sont innombrables et s’adaptent à chaque évènement, du plus simple au plus complexe.

     

    « Alors, qu’est-ce que tu as appris sur toi aujourd’hui ? »

    Lorsque des parents accueilleront leur enfant au retour d’école avec cette question, c’est que la société elle-même, sera en cours de transformation…

    Le contenant avant le contenu….

    « Tu as eu des notes aujourd’hui ? »

    On est toujours dans « l’Avoir »

    « Tu as été content de toi aujourd’hui ?

    L’Être avant l’Avoir.

    L’individu avant les faits.

     

     

    C'est dans le cadre de la méditation que cette observation doit être amenée. Une observation silencieuse et intime.

    "Qu'est-ce que je suis ?" 

    Ne pas avoir peur de poser la question.

    Les inviter à fermer les yeux puis à "se voir".

    Puis, les inviter à s'enlacer. Sans effusion de joie. Calmement, avec tendresse, avec amour.

    Puis leur demander de saisir l'émotion de paix qui est en eux, de l'imaginer comme un refuge, un abri, une source. 

    Les laisser tranquille pendant un moment.

    Le reste leur appartient.