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  • Juste pour rappel... (politique)

    Il existe des "plages" où les enfants et autre population civile meurent....Mais sous les bombes....

    Plus personne n'en parle....


     

     

    Jamais coupable : Israël clôt le dossier sur la mort de quatre enfants sur une plage de Gaza

     

     

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    L’armée israélienne a annoncé jeudi qu’elle abandonnait les poursuites dans l’enquête sur la mort de quatre enfants de 9 à 11 ans sur une plage de Gaza en plein conflit l’été dernier, et que le dossier était clos sans que personne ne soit condamné.

    "Le dossier a été clos après une enquête criminelle complète", selon un communiqué militaire, qui ajoute que deux autres cas portant sur la mort de Palestiniens dans des combats avaient aussi été clos. Une enquête criminelle sur une attaque contre un café dans laquelle 9 personnes avaient perdu la vie a en revanche été ouverte.

    Fin avril, la justice militaire israélienne avait inculpé trois soldats pour pillage, les premiers à être poursuivis pour des agissements de l’armée lors de la dernière guerre de Gaza, qui a fait rage à l’été 2014 dans l’enclave palestiniennes.

    Le conflit a tué environ 2 200 Palestiniens, dont 1 500 civils selon l’ONU, et détruit de larges pans du territoire. Côté israélien, 73 personnes ont trouvé la mort, dont 67 soldats. La conduite de cette guerre par Israël fait l’objet de différentes enquêtes internationales, qu’Israël juge partiales, assurant être capable de rendre la justice lui-même.

    Les dirigeants palestiniens eux veulent faire juger les dirigeants israéliens par la justice internationale pour crimes de guerre.

  • Morts à la plage

    Quand j'étais petit, ça me mettait en colère de voir tous les déchets qui arrivaient sur les plages à chaque tempête ou grosse marée. Des bouteilles, du plastique, des bidons....

     

    Je ne suis jamais tombé sur un enfant mort.

    Ni aucun noyé.

    Voilà les plages du monde "moderne"....

     

    Il n'est plus temps de critiquer les gouvernements occidentaux qui ont contribué volontairement au chaos du Moyen Orient.

    Il est juste temps de sauver ces gens...Ces femmes, ces enfants, ces anciens...Il est juste temps d'essayer de réaliser qu'ils préfèrent prendre le risque de mourir noyés que de rester dans leur pays. Ce qui donne une idée de la situation quotidienne de ceux et celles qui tentent d'y survivre...

    Mourir sous les bombes ou mourir noyés....Et peut-être survivre...De l'autre côté....

    Essayons d'imaginer un de nos enfants découvrir un jour sur une plage le corps sans vie d'un enfant de son âge. Mort noyé. 

    Essayons d'imaginer nos enfants, morts noyés sur une plage...

    Certains sont morts cet été, en se baignant, tout simplement....Et c'est déjà effroyable. 

     

    Triste à pleurer des journées entières....


    Réfugiés : une photo pour ouvrir les yeux

    LE MONDE |  • Mis à jour le  |Par Jérôme Fenoglio

     

     

     

    EditoriaI du « Monde ». Il s’appelle Aylan Kurdi, il est âgé de 3 ou 4 ans. Un petit corps sans vie échoué sur une plage turque. C’est un enfant syrien qui fuyait la guerre, avec sa famille. Ils voulaient gagner l’Europe, en l’espèce la Grèce, par la Turquie. Leur embarcation comptait au moins onze personnes à bord. Elle a sombré quelque part au large de l’île de Kos. Le mer a rejeté certains des corps sur une plage turque. Et, un peu à part, tout seul, celui de ce petit bonhomme en tee-shirt rouge et pantalon de survêtement bleu, qui restera comme l’emblème de cet afflux migratoire sans précédent que nous ne voulons pas voir. Ou pas assez.

    Lire : Le choc de la mort d'un enfant migrant à la "une" de la presse européenne

    Le Monde a déjà publié des photos d’enfants morts, notamment lors de l’attaque chimique d’un quartier de Damas par la soldatesque de Bachar Al-Assad (Le Monde du 23 août 2013). Nul voyeurisme, nul sensationnalisme, ici. Mais la seule volonté de capter une part de la réalité du moment.

    Cette photo, celle de l’enfant, témoigne très exactement de qui se passe. Une partie du Proche-Orient s’effondre à nos portes. Des Etats qui étaient des piliers de la région se décomposent – la Syrie et l’Irak, notamment. Les pays voisins immédiats croulent sous une masse de réfugiés qui représentent souvent près du quart de leur population – en Jordanie et au Liban. Ces Etats-là, si l’on n’y prend garde, vont commencer à vaciller à leur tour.

    Lire aussi : Réfugiés syriens : la Turquie, le Liban et la Jordanie en première ligne

    L’exode ne fait que commencer

    Par dizaines de milliers, chaque mois, chaque semaine, Syriens, Irakiens, mais aussi des Afghans et d’autres, fuient. Nos querelles juridiques sur l’exacte nature de ces migrants ont quelque chose de ubuesque. Aux termes de conventions datant de l’immédiat après-guerre, il y aurait les migrants économiques et les migrants politiques : les premiers fuient la misère, les autres les persécutions politique et la guerre. Ils n’ont pas les mêmes droits.

    Lire aussi : « Migrant » ou « réfugié » : quelles différences ?

    Mais l’enfant, lui, l’enfant de la plage, le petit Aylan, où faut-il le ranger ? La vérité est que ce ne sont plus seulement des hommes jeunes en quête d’emploi et d’un avenir meilleur qui forment le flux migratoire de l’heure ; ce sont des familles entières, femmes et enfants compris, qui fuient et la misère et les combats. Il faudra encore des années avant que le mélange de guerres civiles, religieuses et régionales nourrissant le chaos proche-oriental ne s’apaise. L’exode ne fait que commencer, il ne s’arrêtera pas de sitôt. Et l’Union européenne est sa destination naturelle.

    Lire aussi : Guy Sorman : « Les réfugiés d’aujourd’hui me rappellent mon père fuyant le nazisme »

    Ni angélisme ni leçon de morale

    Peut-être faudra-t-il cette photo pour que l’Europe ouvre les yeux. Et comprenne un peu ce qui arrive. Pas d’angélisme : on ne fait pas de bonne politique sur de l’émotion. Pas de leçon de morale : nos Etats-providence, encore malmenés par la crise de 2008, lourdement endettés, faisant souvent face à un chômage massif, en proie, pour certains, à un malaise identitaire sérieux, sont désemparés face à l’afflux des migrants. Nos démocraties sont naturellement perméables aux mouvances protestataires les plus démagogiques – championnes du « y a qu’à » et autres solutions toutes faites.

    Lire aussi : Les migrants ? Une chance pour l’économie européenne

    Tout cela est vrai, comme il est exact que l’accueil de populations étrangères pose effectivement nombre de difficultés, qu’il est irresponsable de nier. Mais, enfin, l’Europe est déjà passée par là. La seule France a su, dans les années 1920, alors qu’elle comptait 37 millions d’habitants, recevoir quelque 140 000 Arméniens. On trouvera d’autres exemples. Tellement décriée, ici et là, notre Union européenne nous a tout de même appris à gérer ensemble des politiques complexes et difficiles. Nos Etats-providence savent faire face à des situations d’urgence. Nos sociétés civiles sont tissées de liens associatifs qui ont fait leur preuve, dès lors que l’opinion était convaincue de la justesse de telle ou telle cause.

    Lire : En Europe, une politique d'asile en ordre dispersé

    Il ne faut pas se tromper. Dans quelques années, les historiens jugeront les Européens sur la façon dont ils ont accueilli ceux qui fuyaient la mort sous les bombes, l’esclavage sexuel, les persécutions religieuses, les barils de TNT sur leurs quartiers, l’épuration ethnique. Dans les livres d’histoire, le chapitre consacré à ce moment-là s’ouvrira sur une photo : celle du corps d’un petit Syrien, Aylan Kurdi, noyé, rejeté par la mer, un sinistre matin de septembre 2015.

    Retrouvez l'intégralité de nos contenus sur la crise migratoire en Europe

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  • Pour la Vanoise

    Merci d'avoir signé ma pétition: Appel pour la Vanoise

    Chaque personne qui signe renforce notre mobilisation. Merci de prendre une minute pour partager ce lien avec tous vos contacts

    https://secure.avaaz.org/fr/petition/Appel_pour_la_Vanoise/?tyrqSbb

    Ensemble, provoquons le changement,
    Olivier

    --- 
    Voici la pétition à envoyer à vos amis: 

    Appel pour la Vanoise 
    Yves Paccalet
    Philosophe, écologiste, conseiller régional Rhône-Alpes :

    La Vanoise, sa centaine de sommets de plus de 3 000 mètres, ses glaciers bleus sublimes (même s’ils régressent), sa flore de l’extrême, sa faune étonnante (bouquetins et chamois, lagopèdes et gypaètes, aigles et papillons apollons)… La Vanoise des merveilles ! La montagne de mes ancêtres, de mes balades et de mes rêves d’enfant ! Le « jardin vertical » (disait Samivel) des amoureux de la nature…

    La Vanoise est à nouveau menacée…

    Une loi nous demande de rédiger une Charte qui fixe les objectifs et les règles de l’aire protégée, composée désormais d’un « cœur de parc » (l’ancienne « zone centrale ») et d’une « zone optimale d’adhésion » (l’ex-« zone périphérique »). À cette Charte, nous devons joindre une carte des vocations des territoires dans la zone d’adhésion. Nous avons travaillé deux ans à la réalisation de ce document. Nous sommes parvenus à un compromis entre les divers groupes ou personnalités concernés.

     

    Chacun des organismes concernés doit d’abord donner son « avis ». Nombre de structures (la Région, etc.) ont répondu : « favorable ». Le Conseil général de la Savoie, présidé par Hervé Gaymard, a pondu un texte particulièrement ambigu et inquiétant.

    Tout dérape avec les conseils municipaux.

    Ces « responsables » si peu responsables rêvent de « développement économique », mais confondent « bétonnage » et « progrès », « projets immobiliers » et « tourisme durable ». Ils représentent les habitants de la montagne, mais ils n’aiment pas la montagne. Certains d’entre eux (les maires de Val d’Isère et de Bonneval-sur-Arc, par exemple) réclament encore et toujours qu’on ampute une partie du cœur du parc pour y construire des remontées mécaniques.

     

    Amis (vrais amis !) du parc de la Vanoise, anciens ou nouveaux écolos, randonneurs, alpinistes, naturalistes, paysans, défenseurs du patrimoine, bergers des alpages, amoureux de la splendeur des hautes terres et de l’intégrité d’un territoire béni par la géologie et l’évolution, nous devons une fois encore nous mobiliser ! Le parc de la Vanoise a besoin de nos énergies. L’enquête d’utilité publique sera bientôt ouverte. Chacun devra prendre ses responsabilités.

    Nous sommes nombreux à penser que la Vanoise appartient à ceux qui y vivent, comme moi-même ; mais pas uniquement ! Elle fait partie du patrimoine commun des Alpins, des Français, des Européens, des citoyens du monde, notamment de ceux qui sont encore à naître.

    Nous exigeons que la Vanoise reste à jamais un symbole de la grandeur de l’Alpe, de la générosité de la vie, de la variété des espèces, de la musique du vent, de la poésie des cimes.



    Pour en savoir plus: www.yves-paccalet.fr


    https://secure.avaaz.org/fr/petition/Appel_pour_la_Vanoise/?tyrqSbb

    Envoyé par Avaaz à partir de la pétition de Olivier

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  • L'énergie sexuelle dans le Tao (sexualité sacrée)

    Les organes sexuels sont des centres d’énergie puissants

     

    PORTÉ À VOTRE CONSCIENCE PAR ARCTURIUS,
    LE 29 JUIN 2015

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    Certaines façons de faire l’amour aideraient non seulement à accroître notre force vitale, mais aussi à conserver jeunesse et santé. Les explications du maître taoïste Mantak Chia.

    Initié dès l’âge de 6 ans aux pratiques de méditation des moines bouddhistes, il a étudié le tai-chi-chuan, l’aïkido et le kundalini yoga, avant de recevoir du maître Yi Eng l’enseignement taoïste qu’il transmet aujourd’hui. Il a créé le Tao Garden, centre d’enseignement du tao universel, à Chang Maï, en Thaïlande (www.tao-garden.com).

     Il y a plus de deux mille ans, dans la Chine antique, un groupe de chercheurs – parmi lesquels un certain Lao Tseu – se mit à chercher la vérité sur l’ordre de l’univers. Rassemblé dans le fameux “Tao Te King”, le livre sacré de la voie et de la vertu, leur savoir mi-médical, mi-spirituel a donné lieu à un ensemble de pratiques dont l’Occident découvre depuis peu les mérites (le tai-chi, le qi gong ou encore le feng shui). Ces pratiques reposent sur la croyance en un principe vital fondateur, le « qi » (prononcer « tchi »), terme qui en chinois désigne aussi la vapeur.

     En Occident, ceux qui en reconnaissent l’existence parlent de « force bio-électro-magnétique ». Quoi qu’il en soit, selon le tao, le qi circule dans le corps mais aussi dans la nature et dans l’univers. Il est le souffle qui permet de se relier aux forces cosmiques. Selon la médecine chinoise, la maladie surgit lorsque le qi vient à manquer dans un organe. De longue date, elle préconise un puissant remède qui ne lasse pas de surprendre les esprits les plus cartésiens : faire l’amour. Les explications d’un maître taoïste, Mantak Chia.

    Psychologies : Certaines disciplines chinoises, comme l’acupuncture, visent à favoriser la circulation du qi dans l’organisme. Vous enseignez plus spécifiquement comment utiliser l’énergie sexuelle pour augmenter la vitalité. Pourquoi ?

    Mantak Chia : La zone génitale est le centre d’énergie le plus puissant du corps humain. Dans le tao, on distingue trois principaux centres d’énergie (ou « tan tien ») : le cerveau, le cœur et les organes sexuels. Chacun de ces tan tien canalise l’énergie et la redistribue à l’ensemble de l’organisme. Mais ils n’ont pas tous la même capacité de production et de stockage. Le cerveau, par exemple, ne fait circuler le qi que lorsqu’il est sollicité – lorsqu’il s’instruit ou se divertit. Le reste du temps, il en produit très peu. Or la plupart des gens apprennent à faire fonctionner leur cerveau en négligeant leur cœur ou leur sexualité.

    Pourtant, le cœur génère une énergie plus durable. Lorsqu’il éprouve de la joie, de la compassion ou de l’amour, il démultiplie l’énergie qu’il reçoit et l’envoie à toutes les cellules du corps. Etre heureux ou amoureux accroît ainsi nettement la vitalité. Quant à l’énergie sexuelle, elle est si puissante et bénéfique que la médecine chinoise recommande depuis des millénaires, pour guérir telle affection, de faire l’amour dans telle position et pendant tant de temps, afin de guider la force vitale vers l’organe défaillant.

    Pour être en bonne santé, il faudrait prendre soin à la fois de sa vie intellectuelle, de sa vie affective et de sa sexualité ?

    Exactement. Quand le cœur est heureux, les pensées sont plus gaies. A l’inverse – l’Occident est en train de le découvrir avec la maladie d’Alzheimer –, l’appauvrissement de l’énergie sexuelle, avec la ménopause par exemple, entraîne des dysfonctionnements cérébraux. Donc les tan tien s’alimentent mutuellement. Mais leurs énergies, même si elles sont de même nature, ne procurent pas les mêmes effets. Le cœur génère de l’amour tandis que les organes sexuels produisent de l’excitation et des orgasmes.

    Quand ces forces se combinent, quand on éprouve l’amour et l’orgasme à la fois, l’énergie vitale est à son comble. C’est ce processus qui permet le mieux aux cellules de se diviser pour en créer de nouvelles.

    Quelles sont les principales clés du tao sexuel ?

    Pour l’homme, la règle majeure est de retenir son éjaculation. Le tao considère en effet que le sperme véhicule de l’énergie sexuelle. Le gros souci, c’est que cette énergie ne demande qu’à s’échapper par les organes génitaux. Pour les hommes jeunes, cela n’est pas trop préoccupant, dans la mesure où ils produisent suffisamment de sperme pour se permettre d’en dépenser une partie. Mais passé un certain âge, cette déperdition devient plus problématique. L’éjaculation laisse l’homme épuisé. Il a du mal à reconstituer ses forces entre deux rapports et manque de vitalité. C’est pourquoi un homme de 20 ans ne devrait éjaculer qu’une fois tous les quatre jours, un homme de 40 ans tous les dix jours, et plus du tout à partir de 60 ans. Il existe différentes techniques pour retenir l’émission de sperme et rediriger l’énergie sexuelle (ou « kundalini ») via le coccyx, le sacrum et la colonne vertébrale vers le cerveau ou un organe en particulier, afin de stimuler son fonctionnement.

    Qu’en est-il du plaisir dans cette approche plutôt hygiéniste ?

    Il n’est pas absent, car ces pratiques reposent sur la dissociation de l’éjaculation et de l’orgasme. En Occident, les hommes n’apprennent pas à retenir leur plaisir. Les relations sexuelles s’arrêtent bien souvent à la première éjaculation, quand les femmes ont à peine eu le temps de sentir l’excitation monter. Dans le tao, non seulement il est vivement recommandé de faire l’amour pour garder sa jeunesse, mais en plus il s’agit de multiplier les orgasmes au cours d’un même rapport pour augmenter l’énergie sexuelle. A chaque fois que l’on s’approche de l’orgasme, il faut le faire remonter vers le cerveau, et ce quatre, cinq, voire dix fois au cours de l’échange. La jouissance est chaque fois plus intense, tandis que l’organisme est régénéré en profondeur. On peut alors enfin éjaculer ou conserver l’énergie accumulée jusqu’au prochain rapport.

    L’énergie sexuelle de la femme est-elle de même nature que celle de l’homme ?

    Non. Nous croyons que l’énergie de l’homme est yang tandis que celle de la femme est yin. Ces deux énergies primordiales, masculine et féminine, régissent l’univers dans son ensemble. Elles sont toutes deux présentes chez l’homme et chez la femme, mais l’homme a davantage de yang et la femme, davantage de yin. Faire l’amour permet de faire circuler les deux énergies entre l’homme et la femme, pour parvenir à un meilleur équilibre du yin et du yang chez chacun. Dans le tao, le plaisir des deux partenaires a autant d’importance, et la multiorgasmie leur permet d’atteindre un niveau d’intimité de plus en plus élevé. Mais les techniques qui permettent d’augmenter son énergie sexuelle diffèrent pour chacun. Par exemple, alors que l’homme doit conserver son sperme, la femme doit au contraire éjaculer plusieurs fois pour augmenter son yin qui, dans la médecine énergétique chinoise, est une énergie d’eau. On le voit bien quand les femmes éprouvent de l’excitation : elles transpirent davantage que les hommes. En Occident, très peu de gens savent que la femme peut éjaculer. Mais dans le tao, on préconise de stimuler son clitoris et son point G (1), et de ne pas la pénétrer avant qu’elle ait émis de l’eau par trois fois.

     1- Nommé d’après l’initiale patronymique du médecin Ernest Grafenberg qui l’a décrit dans les années 1950, le point G se trouverait environ à quatre centimètres à l’intérieur du vagin, sur la paroi antérieure, juste derrière l’os pubien.

    Les organes sexuels sont des centres d’énergie puissants dans TAO et sexualité The_Death_of_HyacinthosL’énergie sexuelle est-elle disponible en dehors des relations sexuelles ?

    Absolument. Et elle se révèle très utile lorsque l’on doit, par exemple, gérer un surcroît de travail. Pour convoquer l’excitation sexuelle, c’est très simple : il suffit de contempler une belle femme ou un homme séduisant, dans la réalité ou dans un magazine, ou encore de se perdre dans ses fantasmes. Ensuite, on calme son esprit et on s’attache à contenir l’excitation pour la renvoyer au cerveau et doper son activité. Beaucoup d’entreprises se plaignent que leurs salariés consultent des sites de charme sur Internet. Elles ont tort. Ce qui passe d’abord pour une perte de temps et d’argent augmente en réalité la capacité de travail. L’Occident s’est longtemps offusqué de l’intérêt porté par le tao à la sexualité. Il a concentré ses efforts sur les productions de l’esprit et nous avons beaucoup profité de ses inventions technologiques. Peu à peu, il prend conscience de la valeur de notre savoir, qui est plus ésotérique. Je crois que l’on se porte mieux lorsque l’on peut profiter des deux.

    Hommes : l’orgasme sans éjaculation

    Le « kung-fu » sexuel (littéralement, la « pratique » sexuelle) enseigne comment entretenir sa santé en devenant multiorgasmique. Pour les hommes, il s’agit de réprimer l’éjaculation pour diffuser la sensation de plaisir de la zone génitale vers le cerveau puis vers l’organe fragilisé. La réalisation nécessite un peu d’entraînement…

    L’homme doit renforcer son muscle pubo-coccygien (PC), en le contractant plusieurs fois par jour ou en essayant de soulever une serviette de toilette posée sur son pénis. Lors de la relation sexuelle, la contraction de ce muscle lui permettra d’empêcher l’éjaculation. Il s’attachera alors à faire remonter l’énergie sexuelle ainsi conservée vers le coccyx puis le sacrum, jusqu’à la base et le sommet du crâne.

    Comment ? Mentalement, en visualisant le flux d’énergie le long de la colonne vertébrale, jusqu’à ressentir des picotements. Lorsque le canal arrière sera maîtrisé, il pourra tenter de faire redescendre l’énergie par le canal avant, entre les sourcils, le long du nez et de la gorge, vers le plexus solaire et l’organe défaillant.

    Femmes : le plaisir démultiplié

    Dans la Chine taoïste, on appelait « Tigresse blanche » la femme initiée aux pratiques sexuelles qui lui permettraient d’atteindre l’immortalité. Mantak Chia recommande aux femmes d’aujourd’hui de rechercher leur plaisir. Point fort : la (re)découverte de leur « carte digitale orgastique », c’est-à-dire de leurs points sensibles, variables de l’une à l’autre.

    Lors de la relation sexuelle, il leur conseille d’encourager leur partenaire à stimuler leur clitoris (le pénis ne l’atteignant pas dans la pénétration) et de préférer les positions dans lesquelles le pénis entre en contact avec leur point G (allongée sur le ventre ou assise sur l’homme). Afin d’augmenter la fréquence et l’intensité des orgasmes et aspirer leur énergie sexuelle du clitoris vers le coccyx, la colonne, le cerveau puis le reste du corps, elles entraîneront leur muscle pubo-coccygien (PC).

    Elles apprendront à produire des mouvements de contraction autour du sexe de leur partenaire en introduisant un œuf de jade dans leur vagin et en le faisant monter et redescendre. L’exercice ultime consiste en une « grande aspiration » à deux, homme et femme enlacés face à face, contractant ensemble leur muscle PC pour échanger leur énergie sexuelle.

    A lire

    De Mantak Chia, trois ouvrages parus chez Guy Trédaniel Editeur

    • L’Homme multiorgasmique avec Douglas A. Arava.
    Les secrets taoïstes, exercices et graphiques à l’appui, pour atteindre, grâce à l’orgasme, jeunesse éternelle et paix intérieure (1997).

    • Dynamique interne du tai-chi avec Juan Li.
    Un manuel du tai-chi tel qu’enseigné par le maître taoïste, dans la tradition yang (1997).

    • Eveillez l’énergie curative du taoavec Maneewan Chia.
    Comment se soigner en faisant circuler le qi, selon les principes du tao curatif (1994).

    http://livreblogdujeudutao.unblog.fr/

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    Henry D. Thoreau et les transcendantalistes

     

    1850: Henry David Thoreau, alors en visite dans la ville de Québec, cherche désespérément un restaurant servant des mets végétariens, car il a besoin de  « surveiller sa sauvagerie par son alimentation ». A cette époque, un tel endroit semble rare et il demande à un aubergiste : « Avez-vous des tartes ou des poudings? » – « Non, monsieur nous avons de bonnes côtelettes de mouton, du boeuf rôti et du steak de boeuf». Un client attablé, la bouche pleine de viande, lui fait remarquer  « qu’il ne trouvera ni tartes ni poudings à Québec, ils n’en font nul part.» Affamé mais résigné, Thoreau finira par s’acheter au marché, des pommes, des pêches, des cerises et du sucre d’érable avec des tranches de gâteau.

    Celui qui deviendra célèbre suite à ses expériences décrites dans  Walden, ou la vie dans les bois  fait partie d’un groupe d’intellectuels de la Nouvelle-Angleterre – philosophes, mystiques, poètes, enseignants, féministes – ayant formé le Transcendantalisme. Ce mouvement, dont le nom provient d’un ouvrage de l’allemand Emmanuel Kant (1724-1804), révolutionna la philosophie et la littérature américaines. En quête de vérité, idéalistes, optimistes, les Transcendantalistes rejettent la soumission à l’autorité et à la hiérarchie. Ils croient en la supériorité de l’intuition sur la raison et militent pour la liberté de penser, d’être et d’agir. Lisant, étudiant les textes nouvellement traduits du bouddhisme,  de l’hindouisme, du taoisme, de Pythagore et des néo-platoniciens, les Transcendantalistes y puiseront leurs inspirations tout comme le feront dans les années 50 la Beat generation ou dans les années 60 le mouvement hippie. (Les milieux de la contre-culture seront  d’avides lecteurs de Thoreau).

    Emerson

    Pour Ralph Waldo Emerson (1803-1882), le Transcendantalisme est lié aux plus  «anciennes vérités comme le bouddhisme « et  Thoreau fera de la Bhagavad Gita son livre de chevet. Les Transcendentalistes deviendront avant tout des rebelles, des insoumis à l’ordre établi, à la recherche de leur propre vérité, célébrant les beautés de la Nature et de la vie.

    Pour le poète Emerson, considéré par plusieurs comme le noyau central du mouvement – et qui aidera financièrement nombre de Transcendantalistes -l’intuition prend une grande place dans notre expérience directe avec le monde car elle permet d’ignorer toutes autorités ou dépendances extérieures, qu’elles soient scientifiques, religieuses ou politiques. Il faut écouter nos voix intérieures, suivre ce que notre conscience nous dicte. Pour entrer en communion avec notre propre vérité, nul besoin d’intermédiaires, d’Eglises. En chaman de l’esprit, notre ouverture vers d’autres niveaux de la réalité se fait par une connexion mystique avec la Nature, véritable réservoir mystérieux de symboles et de signes. Les expériences d’éveil spirituel peuvent venir d’un grain de sable, du regard d’un loup ou de l’étoile scintillante. Dans notre perception d’une cohérence derrière le chaos et l’illusion matérielle, l’interdépendance de toutes les formes d’existences et de vies apparaît. «Une feuille, une goutte, un cristal, un moment dans le temps est relié au Tout et fait partie de la perfection du Tout», soutient Emerson.

     Aux yeux d’ Emerson, cette perception individuelle de l’Univers fait  «qu’il n’y a rien de plus sacré que l’intégrité de votre esprit » et afin d’incarner cette vision personnelle de la réalité », tout en recommandant de «créer notre propre monde ».  

    Plusieurs Transcendantalistes répondront à cet appel d ‘incarner leur propre utopie en militant pour la cause des Noirs, des femmes, des pauvres,  en fondant des communautés végétaliennes ou en s’isolant dans une cabane dans le fond des bois comme le fit Thoreau.

    « Simplifiez, simplifiez » (H.D.T – 1817-1862)

    Pour Thoreau, son utopie de vivre intensément connecté à la Nature se fera dans la solitude d’une forêt de pins, près d’un étang – Walden Pond – situé à proximité de la petite ville Concord , non loin de Boston et de ses universités. En 1845, sur cette parcelle de terre donnée par son ami Emerson, Thoreau s’y construit une cabane. Ses journées se passent à cultiver ses fèves, lire, écrire , marcher dans les bois, observer les plantes et les animaux.

    Philosophe, poète, professeur, herboriste et objecteur de conscience, Thoreau l’écolo croit que l’humain fait partie entièrement de la Nature et qu’il est plus en harmonie avec la communauté entière des êtres vivants lorsque conscient de ce fait:  «Vivez dans chaque saison qui passe, respirez l’air, goûtez au breuvage, mordez le fruit, soumettez-vous aux influences de chaque chose. Que les saisons soient votre fortifiant et vos remèdes. En août, nourrissez-vous de baies et non de viandes sèches et de pemmican . Laissez-vous porter par tous les ventsOuvrez bien tous vos pores et baignez-vous dans toutes les marées de la Nature, ses cours d’eau, ses océans, en toutes saisons. Buvez le vin que la Nature a tiré pour vous et non celui que vous avez mis en bouteille; buvez ce vin qui n’a pas séjourné dans des outres en peau de bouc ou de porc, mais sous la peau de myriades de beaux fruits (…) Puissé-je avoir des expériences intérieures telles que la Nature devienne un symbole pour moi

    Pour un temps, il abandonne l’alimentation carnivore qui est pour lui « un procédé cruel et horrible de tuer et de nettoyer des carcasses. » Il écrit dans son Journa, devenu célèbre bien des années après sa mort  «qu’ il sera considéré comme un bienfaiteur de sa race celui qui enseignera à l’homme une alimentation plus innocente et plus saine. Je n’ai aucun doute que c’est la destinée des humains de s’améliorer graduellement jusqu’à ne plus manger d’animaux de la même façon que les tribus sauvages ont cessé de se manger les unes les autres lorsqu’elles ont rencontré des êtres plus civilisés

    A un fermier qui lui déclare «on ne peut pas vivre uniquement de végétaux, car ce n’est pas cela qui vous fait des os»,Thoreau s’étonne : « Le voici qui religieusement consacre une partie de sa journée à soutenir sa thèse avec la matière première des os; marchant tout le temps qu’il parle, derrière ses boeufs, qui grâce à des os faits de végétaux, vont le cahotant, lui et sa lourde charrue, à travers tous les obstacles.»

    Malgré son adhésion intellectuelle aux méfaits de l’alimentation carnée et à l’idée «qu’aucun être vivant n’assassinera une créature qui détient sa vie de la même source que lui. Toutes les créatures sont meilleures vivantes que mortes – hommes, élans, pins – et celui qui comprend s’acharnera à préserver la vie et non à la détruire », Thoreau ne sera végétarien que pendant certaines périodes de sa vie .

    «Marcher au son d’un tambour différent.»(Thoreau)

    En juillet 1846, alors qu’il est venu de Walden à Concord pour chercher des chaussures en réparation, Thoreau est arrêté pour refus de payer ses impôts. Fidèle à ses idées, il ne donnera pas son argent à un gouvernement injuste qui tolère l’esclavage au Sud et soutient une guerre contre le Mexique. Il se retrouve en prison. Emerson vient le voir et lui demande  «Henry , pourquoi êtes-vous en prison? » ce à quoi Thoreau rétorque «Mais pourquoi , n’y êtes-vous pas? »

    Ne restant qu’une nuit en cellule, cette expérience lui inspira Résistance au gouvernement civil (1849) réédité sous le titre désormais plus connu de la Désobéissance civile. Thoreau s’interroge sur le fait d’agir en désaccord avec sa conscience et sur l’obéissance, «la seule obligation que j’aie le droit d’accepter c’est de faire à chaque instant ce que je crois juste. Agir justement est plus honorable qu’obéir à la loi. »

    «Que votre vie soit une friction contraire qui arrête la machine.»(Thoreau)

    Cette Désobéissance civile de Thoreau va devenir au fil des années une référence pour les combattants non-violents et les révolutionnaires pacifistes. En 1907, la féministe et anarchiste Emma Goldman est arrêtée pour l’avoir lu en public tout comme le romancier Upton Sinclair, en 1930. Pendant la guerre du Vietnam, des américains expédiaient à l’Etat une copie du texte à la place de leur rapport d’impôt. Le message de Thoreau touche aussi le Mahatma Gandhi. On raconte qu’il ne se séparait jamais de l’ouvrage dont il connaissait par coeur certains passages sur lesquels il méditait lors de ses séjours en prison.

    Thoreau exercera de plus une influence sur Lanza de Vasto, Leon Tolstoi qui appelait Gandhi  «son gourou » ou Martin Luther King pour qui  «le livre de la désobéissance civile fut le premier contact intellectuel avec le thème de la non-violence.» 

    Désobéissance civile en ligne : http://www.livres-et-ebooks.fr/ebooks/La_D%C3%A9sob%C3%A9issance_civile-4298/

    Thoreau ne sera pas qu’un rêveur solitaire. Pour protester contre son gouvernement il s’abstient de voter car pour lui «votre existence au quotidien ne dépend pas du type de bulletin que vous glissez dans l’urne tous les cinq ans, mais du type d’individu que vous glissez chaque matin hors de chez vous.»

    Il plonge dans l’action directe – «si je ne suis pas moi, qui le sera? »- et prend une part active dans l’Underground Railroad (Chemin de fer souterrain) , une organisation clandestine convoyant en train les esclaves noirs en fuite du sud des Etats-Unis vers le Canada où ils peuvent vivre libres.

     

    "Si tu n'es pas toi-même, qui pourrait l'être à ta place."

     

     

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  • Etre au clair.

    En juillet 1846, alors qu’il est venu de Walden à Concord pour chercher des chaussures en réparation, Henry David Thoreau est arrêté pour refus de payer ses impôts. Fidèle à ses idées, il ne donnera pas son argent à un gouvernement injuste qui tolère l’esclavage au Sud et soutient une guerre contre le Mexique. Il se retrouve en prison. Emerson vient le voir et lui demande «Henry , pourquoi êtes-vous en prison? » ce à quoi Thoreau rétorque «Mais pourquoi , n’y êtes-vous pas? »

    Ne restant qu’une nuit en cellule, cette expérience lui inspira "Résistance au gouvernement civil" (1849) réédité sous le titre désormais plus connu de la "Désobéissance civile". Thoreau s’interroge sur le fait d’agir en désaccord avec sa conscience et sur l’obéissance, «la seule obligation que j’aie le droit d’accepter c’est de faire à chaque instant ce que je crois juste. Agir justement est plus honorable qu’obéir à la loi. »

    Aux enseignants qui se demandent pourquoi je ne suis pas dans une classe, je leur réponds simplement : "Comment se fait-il que vous y soyez encore ? "
    S'ils parviennent à éclairer leur positionnement, de façon irréfutable et qu'ils me démontrent que leurs actes ont un effet bénéfique, alors je leur dirai qu'ils font le bon choix. C'est ce que je souhaite au plus haut point parce que l'inverse signifierait qu'ils ne sont là que pour leur sécurité personnelle. A chacun et chacune de s'interroger. En pleine conscience. Je ne porte aucun jugement. Il est évident que la sécurité personnelle est incontournable dans bien des cas. Il faut juste que chaque individu soit au clair avec ses propres justifications. C'est tout. Je sais ce que je fais et je sais pourquoi. Je ne sais pas si mon choix est le bon mais c'est celui qui répond à mes convictions.

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  • Céline Alvarez

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    • Rentrée scolaire : la pédagogue qui voulait révolutionner le système éducatif (...)

    EDUCATION

    Rentrée scolaire : la pédagogue qui voulait révolutionner le système éducatif français

    PAR SIMON GOUIN

    Des enfants épanouis et solidaires, qui commencent à lire, multiplier ou diviser dès la maternelle. Ce sont les résultats étonnants d’une expérimentation menée entre 2011 et 2014 dans une classe de Gennevilliers, en banlieue parisienne, en zone prioritaire d’enseignement. Pendant trois ans, Céline Alvarez a tenté de mettre en pratique dans une école publique les principes de la pédagogue Maria Montessori, enrichis avec les neurosciences et la linguistique française. Un bouleversement des pratiques traditionnelles des enseignants, pour repenser l’école sur la base de la confiance. Malheureusement, le ministère de l’Education nationale ne lui a pas permis de poursuivre cette expérimentation. Entretien et vidéos.

    Basta ! : Quelles compétences ont été développées par les enfants de votre classe de Maternelles, à Gennevilliers, entre 2011 et 2014 ?

    Céline Alvarez [1] : Dès la première année, tous les enfants, suivis par le CNRS, ont progressé plus vite que la norme, sauf un qui était l’enfant le plus absent. Ils sont entrés très facilement dans la lecture, ont fait des mathématiques, des divisions, des soustractions. Dans certains domaines, en conscience phonologique, c’est-à-dire la capacité d’entendre les sons dans les mots, en mémoire de travail [notre capacité à retenir sur du court terme], ils étaient très au dessus de la norme. Une petite fille, à quatre ans, avait 28 mois de retard par rapport à la norme en mémoire de travail. En six mois, elle a non seulement rattrapé ces 28 mois de retard, mais elle a eu 8 mois d’avance !

    Un développement social s’est aussi mis en place. Les enfants étaient capables d’avoir des relations sociales plus harmonieuses. Ils ont fait preuve d’une grande capacité de résolution de conflits et développé plus d’empathie. Ils contrôlaient mieux leurs émotions. D’après les témoignages des parents, ces enfants étaient heureux, épanouis, généreux, enthousiastes, solidaires.

    Ces résultats ne sont pas là parce que je suis une enseignante merveilleuse ou parce que les enfants sont extraordinaires ou à haut potentiels. Non, on a testé leur QI : ils n’étaient pas plus élevés que la normale. Ce sont simplement des êtres humains qui ont été replacés dans un contexte favorable où on marchait dans le sens des lois de la vie, plutôt que dans un contexte où l’on lutte contre.

    En vidéo : du côté des enfants

    Comment a démarré cette expérience d’enseignement ?

    Je n’ai jamais souhaité être enseignante. Ma démarche était de mettre un coup de pied dans la fourmilière et de dire : avec 40% d’échec scolaire chaque année à la sortie du CM2, on s’est trompés, ça suffit ! J’étais profondément indignée par le système scolaire français. Ses mauvais résultats s’expliquaient parce qu’il n’a jamais été fondé sur la connaissance des mécanismes d’apprentissage et d’épanouissement de l’être humain. Et si nous repensions la classe en fonction de ces mécanismes, que se passerait-il ? On verrait les enfants épanouir des compétences cognitives et non cognitives extraordinaires ! C’était le postulat deMaria Montessori. J’ai naturellement repris ses travaux que j’ai enrichis avec les neurosciences et la linguistique française.

    J’ai souhaité mener ce travail de recherche au sein de l’éducation nationale. J’ai donc passé le concours de l’éducation nationale. C’était simplement pour moi la meilleure façon d’infiltrer le système. Une fois le concours en poche, je suis allée taper aux portes des ministères pour leur demander de me laisser une carte blanche pédagogique. En 2011, le conseiller éducation de Nicolas Sarkozy puis le cabinet de Luc Chatel et la Direction générale de l’enseignement scolaire (DGESCO), à l’époque, ont été très attentifs à ma posture : la seule voie pour l’éducation de demain, c’est la voie scientifique, c’est comprendre quels sont les besoins de l’être humain. Il faut qu’on construise l’environnement scolaire autour de ça. La classe s’est ouverte en quelques mois.

    Sur quels grands principes repose votre enseignement ?

    J’ai repris les travaux de Maria Montessori, ses grands principes et je les ai traduits et enrichis à la lumière des neurosciences cognitives, affectives et sociales. Le premier de ces grands principes, c’est la plasticité cérébrale. Entre 0 et 5 ans, l’être humain possède une capacité cérébrale extraordinaire. Cela ne signifie absolument pas qu’il faille trop stimuler les enfants. Mais plutôt que leur environnement doit être riche, avec de grandes opportunités d’interactions langagières, soutenues et d’une grande variété. Ainsi, dans une même classe, il ne faut pas qu’un enseignant parle à 30 enfants du même âge. Mais plutôt des enfants d’âges différents, plus âgés, qui vont pouvoir parler à d’autres enfants. A la verticalité, il faut préférer l’horizontalité. Les enfants sont autonomes et peuvent parler ensemble toute la journée. Ce qui permet aux petits de développer beaucoup plus rapidement leur langage. Mais c’est aussi leur offrir une grande diversité culturelle : de la géographie, de la géométrie, des mathématiques, des occasions d’apprendre à lire et à écrire. Mais tout ça en suivant le moment où ils ont décidé de le faire et en le faisant de façon sensorielle.

    C’est le deuxième grand principe : l’enfant est dans une période sensorielle. Cela ne sert à rien de lui dire : il faut faire ci, il faut faire ça. Il doit l’expérimenter lui-même. C’est ainsi que son cerveau va pouvoir se câbler. La lecture, les mathématiques, sont exercés par un biais sensoriel. L’enfant doit être actif. La classe lui offre des activités qui engagent leur concentration profonde et une répétition.

    Le troisième principe, c’est que le cerveau humain apprend avec l’autre. L’apprentissage doit être horizontal : les enfants peuvent apprendre les uns des autres. Mais uniquement quand il y a une relation positive et bienveillante, pas dans une situation de stress, de compétition, ou de comparaison. Le climat doit être celui de la coopération, extrêmement bienveillant et aimant, et non jugeant. Il ne s’agit pas de juger positivement les enfants, mais de ne pas les juger tout court. C’est ni bien, ni mal, c’est ce que c’est. L’important est que l’enfant prenne du plaisir. Et l’instituteur doit encourager ce plaisir.

    Concrètement, dans vos classes, comment étaient mis en œuvre ces grands principes ?

    Tout d’abord, il n’y avait pas un seul niveau d’âge, mais deux ans de différence d’âges. C’est ce qui motivait les enfants. Certains « petits » se disaient : « whaou ; moi-aussi je vais être capable de faire ça, apprends moi ». Il va rester près du grand, le grand va être intéressé pour le montrer au petit. Cela crée une émulation sociale autour des apprentissages avec laquelle aucun enseignant ne peut entrer en compétition. Ensuite, les enfants étaient autonomes. De 8h30 à 16h00 le soir, ils choisissaient librement leur travail dans un cadre très structuré où les règles étaient très explicites. Ils pouvaient répéter ces activités autant de fois qu’ils le souhaitaient. Ils prenaient confiance en eux. Un enfant à Gennevilliers pouvait faire 4/5/6 activités. Ou alors une seule ou deux, parce qu’il était passionné par ce qu’il faisait.

    Dans une classe traditionnelle, les enfants ne choisissent pas leur travail. C’est une activité le matin puis ils changent de groupe. Puisque l’activité est imposée, la plupart du temps les enfants ne sont pas motivés. Ils vont faire leur affaire le plus vite possible pour rejoindre le coin bibliothèque, ou le coin construction. A l’inverse, quand ils choisissent ce qu’ils veulent faire, les enfants sont passionnés, ils prennent confiance en eux... Cela leur donne des ailes !

    Un autre paramètre pratique mis en place est l’accompagnement individuel : l’adulte va avoir tout son temps pour les enfants qui vont le demander. Les autres sont actifs. Dans une classe traditionnelle, on ne peut pas individualiser. Les enfants ont besoin de l’adulte en même temps. C’est épuisant ! Une autre chose, c’est la disponibilité, la bienveillance rendue possible par l’enseignant qui est moins dans une posture de stress. Ces conditions lui permettent à lui aussi de prendre plus de plaisir, et de faire réellement son travail d’accompagnement auprès des enfants.

    Vous estimez que dans une classe traditionnelle, le plus souvent, le modèle d’enseignement proposé par l’ institution entrave les potentialités de l’enfant. Pourquoi ?

    Par exemple, le problème de illettrisme est un non sujet. C’est juste que la plupart des outils que l’on donne aux enseignants entravent l’élan spontané d’écriture et de lecture des enfants, les enseignants s’épuisent et les enfants aussi. On ne connait, ni n’utilise les leviers de l’intelligence humaine. Par exemple, il faut permettre à l’enfant de faire ses propres expériences, en confiance, au moment où l’envie surgit, et toujours dans une relation à dimension humaine, plutôt qu’une relation à dimension didactique.

    Pourquoi votre expérience a-t-elle pris fin ?

    En 2012, lorsque le gouvernement est passé à gauche, le ministère de l’Éducation nationale n’était plus favorable à cette démarche. Il avait plutôt tendance à dire que quand on fait des expérimentations, on prend les enfants pour des cobayes. C’est aberrant : actuellement, tous les enfants de France sont des cobayes de méthodes qui n’ont ni été scientifiquement fondées, ni scientifiquement validées. J’ai passé les deux dernières années à me battre contre l’Institution. Les tests que je faisais passer en classe m’ont été interdits. Donc j’ai dû désobéir et les faire passer sur le temps scolaire avec la complicité des parents et d’un psychologue. Ce qui m’a valu de passer à côté de blâmes, de conseils disciplinaires. J’ai reçu de nombreuses des menaces et des humiliations...

    Mais j’ai souhaité tenir pour arriver à la fin d’un cycle complet et pour accumuler de la matière à exploiter ensuite. La 3ème année, on m’a annoncé que mon matériel allait être retiré à la rentrée 2014. On m’a dit que je devais faire comme tout le monde, enseigner de façon traditionnelle si je souhaitais rester. Cela n’avait aucun sens pour moi, j’ai donc démissionné. Dans ma fiche d’inspection, il était écrit qu’il était très clair que les enfants de cette classe étaient en très grande réussite scolaire. « Tout ce qui est attendu de la maternelle est là, voire plus que là ». Mais c’est justement ce qui pose problème pour leur intégration, pour la suite de leur parcours scolaire ! m’a-t-on dit.

    En vidéo : du côté des parents

    Si les méthodes que vous décrivez sont si fructueuses pour le développement et l’épanouissement de l’enfant, pourquoi ne sont-elles pas plus mises en œuvre par le corps enseignant ?

    La première raison tient au fait que les enseignants ne connaissent pas forcément ce genre de démarche qui vise à autonomiser les enfants. La formation initiale est d’une pauvreté affligeante. On devrait pouvoir donner aux enseignants les grands invariants théoriques des mécanismes d’apprentissages humains et leur permettre de trouver des axes pratiques les plus cohérents en fonction de leurs moyens de terrain. L’un de ces invariants est par exemple que l’être humain apprend dans l’amour et la confiance, pas dans le stress. Cela parait simple mais cela remet en cause de nombreux paramètres traditionnels d’enseignement. L’école n’est tout bonnement pas pensée sur la base de la confiance.

    Mais pour mener votre expérience, vous avez bénéficié de matériels Montessori importants. Est-ce que ces moyens ne limitent pas la reproductibilité de votre démarche dans l’ensemble du système éducatif ?

    Absolument pas. Comme je l’explique sur le blog, il ne s’agit pas d’avoir du matériel spécifique. Un matériel didactique plus spécifique peut entrer progressivement et dans un second temps. Le plus important est le changement de posture de l’adulte vers l’enfant et le réaménagement de l’environnement de la classe pour permettre l’autonomie des enfants. Les enseignants peuvent commencer avec le matériel dont ils disposent déjà. Je viens d’accompagner 220 enseignants de maternelles publiques, certains accompagnés de leur Atsem, pour mettre en place un tel dispositif sans ou avec peu de moyens. Je crois qu’ils sont repartis enthousiastes et motivés. Ils sont décidés à changer leur pratique pour une démarche pédagogique plus "physiologique" et donc plus respectueuse. Ce sont des pionniers, ils vont ouvrir un nouveau chemin pour l’école dès cette rentrée. Je suis certaine qu’ils seront suivis par de nombreux autres à la rentrée suivante.

    Propos recueillis par Simon Gouin

    Photos et vidéos : copyright Céline Alvarez

    Pour aller plus loin :

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  • Une autre école

    En Argentine, l’école La Cecilia forme ses élèves à la liberté et au respect de l’autre

    PAR EDITH WUSTEFELD, JOHAN VERHOEVEN

    Pas de cours obligatoire, pas d’examens, pas de sanctions… Mais un véritable suivi de chaque élève afin qu’il découvre ses potentiels. En Argentine, à 500km au nord de Buenos Aires, l’école de La Cecilia propose depuis 23 ans de « faire l’école » autrement, avec la liberté et le respect de l’autre comme maîtres mots. Reportage vidéo extrait du webdocumentaire « Poder sin poder (pouvoir sans le pouvoir), l’autogestion au quotidien ».

    Quand un parent vient inscrire son enfant à la Cecilia pour qu’il y fasse ses études secondaires, Gines del Castillo, fondateur et directeur officiel de l’école, est clair :« En théorie, votre enfant pourrait rester pendant ces cinq années sous un arbre et quand même ressortir avec son diplôme sous le bras... ». Gines est conscient qu’il n’y a pas grand risque que ce soit le cas. N’empêche que lorsqu’il raconte cela, lors d’un après-midi de cours, il fait grand soleil et presque tous les élèves sont dehors.

    A la Cecilia, dès le secondaire, plus aucun cours n’est obligatoire. Le principe de base, c’est la liberté. « A partir de là, tout le reste se construit, explique Gines. On veut que les jeunes puissent vivre leur vie future en liberté, comme une décision personnelle. Mais pour qu’ils sortent libres de l’école, cela doit se pratiquer à l’école. »

     

    La Cecilia : video principale from Collectif Engrenages on Vimeo.

    Les élèves ne sont pourtant pas livrés à eux-mêmes. Pour Gines, il s’agit de trouver le bon équilibre entre ne pas cloisonner et ne pas les abandonner non plus. Ainsi, les enseignants tiennent des feuilles de présence. Le but n’est pas de contrôler, mais plutôt d’avoir des informations utiles pour pouvoir aider. « Grâce aux présences, nous pouvons voir si un élève ne va à aucune activité et se poser la question : à quoi ne va-t-il pas où il irait peut-être si on lui proposait ? » La dynamique au sein de l’école est donc de sans cesse proposer.

    « Ça ressemblait encore trop à une école »

    Tous les matins, la journée commence par le quart d’heure de silence. Les chaussures restent dehors, tout le monde s’assoit ensemble dans la grande salle et le silence se fait. L’objectif ? S’arrêter quelques minutes, être au diapason chacun dans ses pensées… Jusqu’il y a peu, le silence était obligatoire. L’assemblée des élèves a décidé que ce ne serait plus le cas, mais a maintenu le principe de ce rassemblement. Gian Luca, 16 ans, explique : « Sinon on ne pourrait pas bien fonctionner, certains seraient complètement déconnectés. »

    Au sein de l’école, la parole est très importante. Les conflits se résolvent en discutant, par petits ou grands groupes ; il existe des cours de connaissance de soi, où Gines discute avec un ou plusieurs élèves de différents sujets qui, directement ou indirectement, permettent aux jeunes d’y voir plus clair...

    Ce qui est sûr, c’est que les idées ne manquent pas et que les valeurs – avec au premier rang la liberté et le respect de l’autre – sont le fil rouge de l’école. Ce qui n’empêche pas sa centaine d’élèves de partir de l’école avec un diplôme officiel, reconnu par l’État argentin. Par un heureux hasard ou un petit miracle, la Cecilia est en effet passée un jour entre les gouttes et a pu décrocher la reconnaissance officielle qui était pour les fondateurs une condition indispensable au maintien de l’école, afin qu’une fois dehors les élèves soient réellement libres de faire ce qu’ils veulent.


    « Poder sin poder, l’autogestion au quotidien »

    La présentation de cette initiative est extraite du webdocumentaire « Poder sin poder (pouvoir sans le pouvoir), l’autogestion au quotidien ». Ce webdoc présente douze initiatives qui cherchent à mettre en place un agir radicalement démocratique, un fonctionnement horizontal ou encore qui se revendiquent de l’autogestion, en Espagne, en Argentine et au Venezuela. Réalisé par deux Belges, Johan Verhoeven et Edith Wustefeld, le webdoc se base sur un voyage d’un an en Espagne et en Amérique latine entre 2012 et 2013, à la rencontre de plus d’une vingtaine d’initiatives autogérées. Les lieux présentés sont multiples : entreprises récupérées, coopératives, d’écoles, centres cultures, mouvements sociaux, villages… Mais tous ont en commun de fonctionner sans chefs et sans hiérarchie, en expérimentant d’autres manières de fonctionner ensemble.

    L’idée du voyage est née en 2011, au moment des campements des indignés en Espagne. À la Puerta del Sol à Madrid, l’organisation horizontale des milliers de personnes qui participaient au mouvement du 15M achèvent de les convaincre. L’autogestion peut amener des réponses à certaines limites intrinsèques au système actuel. Les hommes et les femmes peuvent se réapproprier leurs vies, participer aux décisions qui les concernent, s’organiser ensemble pour s’attaquer aux problèmes qui les touchent.

    Au même moment, ils entendent parler de Marinaleda, un petit village espagnol qui « résiste au capitalisme » (lire notre article). Le chemin est vite fait : s’il existe un lieu comme ça, il en existe certainement d’autres ! Sac au dos et caméra en main, ils partent à la découverte d’autres lieux autogérés afin de s’inspirer de leurs fonctionnements différents et montrer que de tels lieux existent et fonctionnent déjà.

    Les facettes de l’autogestion présentées dans le webdocumentaire sont nombreuses. Il n’y a pas une recette, une réponse, mais beaucoup d’inspirations et de potentiel dans ces fonctionnements opposés au système hiérarchique omniprésent. Libre alors au visiteur de suivre le chemin qui l’intéresse dans ce documentaire transmedia organisé en cinq grands thèmes : culture, travail, résistance, éducation et autogestion.

    A découvrir ici.

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