Le soleil tomba dans la gorge comme une averse. La température monta aussitôt, comme si la porte d’un four immense venait de s’ouvrir. Les parois se tapissèrent de lumière et révélèrent totalement leurs formes. Des dalles, des ressauts, des piliers, des bosquets de végétation affamée de chaleur.
« On va à la cascade, Maud ? »
Son prénom. Était-ce la première fois qu’il le prononçait ? L’impact, en tout cas, avait un effet étourdissant. Elle s’amusa intérieurement de cet émoi juvénile et pensa aussitôt à l’incongruité de cette pensée… Juvénile… Cette joie adolescente était-elle donc toujours là, toujours présente, toujours vivace ? Enfouie sous les gravats des adultes.
Cette idée qu’elle devait briser toutes les enceintes à la joie, que la vie ranimait en elle des émotions étouffées, qu’elle se devait d’en accueillir pleinement l’hommage.
« Oui, Sat, un bon bain revigorant avant de profiter du soleil. Je vous suis. »
Ils s’approchèrent du bassin de réception des eaux en longeant la rive rocheuse. Elle descendit lentement dans les ondes agitées, les remous cristallins des bulles. Sat avait plongé sans retenue et il nageait vers la chute d’eau. Il disparut en riant sous le flot vertical.
Elle nagea jusqu’à lui. Il s’était glissé jusqu’à la paroi et avait trouvé refuge sur une vire moussue. Il lui tendit la main et l’aida à se rétablir.
Côte à côte derrière le rideau liquide.
Accroupie, les genoux contre la poitrine, les bras croisés, elle regarda la gorge à travers les voiles translucides, des images mouvantes et flouées, les yeux à demi fermés, la bouche ouverte. Impressionnée et reconnaissante.
Laurent n’aurait jamais initié cette expérience. Il n’aimait que ce qu’il connaissait. Elle aimait ce qu’il proposait. Une vie planifiée. Comme s’il s’était appliqué à installer des repères immuables pour la rassurer. Et vivre une autre existence, secrète, inavouée, flamboyante sans doute.
Sat avait raison. Elle pouvait remercier Laurent d’avoir eu la force et l’honnêteté de briser ce carcan qui les emprisonnait tous les deux. Il n’avait pas seulement repris sa liberté. Il lui avait donné l’opportunité de découvrir la sienne.
Elle avait erré pendant une année comme une condamnée en fin de peine.
Et la peine l’avait emplie de marées de larmes.
Elle les sentit couler et se mêler aux gouttelettes qui parsemaient son visage.
Comme une cascade libérée.
Sa vision du monde. Juste le rideau tendu par les êtres autour d’elle mais ils n’en étaient pas responsables. C’est elle qui avait décidé de passer derrière le voile, d’accepter cette geôle. Cette colère contre Laurent. C’était absurde. Il lui suffisait de traverser le rideau tendu pour accéder à sa propre lumière, à cette vision pure du Réel.
« J’ai un peu froid, Sat. »
Il sauta à l’eau et tendit les bras.
« Venez. »
Ils nagèrent vigoureusement jusqu’à la berge et retrouvèrent le sac de Sat. Il en sortit deux serviettes et un flacon.
Elle se sécha partiellement et étala sa serviette.
Il s’approcha avant qu’elle ne s’allonge.
« Je vais vous passer de l’huile sur le dos, Maud. Ici, entre les parois, le soleil a une puissance décuplée. »
Elle le regarda sans répondre. Comme si venait de couler en elle, dans la totalité de ses fibres, un ciment émotionnel, une paralysie délicieuse, l’arrêt de tout.
Il prit au sol la bouteille d’huile, en versa dans sa main et passa dans son dos.
Elle ne put s’empêcher de se crisper lorsque ses doigts se posèrent sur sa peau, un sursaut infime mais qui ne pouvait lui échapper, elle le savait, il percevait davantage de phénomènes qu’elle n’en avait conscience elle-même.
Elle s’appliqua à respirer calmement, les yeux fermés.
Les mains de Sat.
Elle suivait minutieusement leur parcours, captant chaque sensation, chaque point de contact, chaque pression.
Les mains de Sat. Elles glissaient sur les épaules, descendaient doucement en suivant la colonne, dessinaient une courbe au niveau des reins puis reprenaient leur ascension. Elle aurait voulu que ça ne s’arrête jamais. Elle sentit des picotements étranges au bout des doigts, comme des grésillements qui devinrent des ondes et remontèrent vers la nuque.
Les yeux fermés. Elle voyait en elle des auras orange. Là, où les mains passaient.
Une vague l’engloutit, comme une averse soudaine, des frissons infinis qui emplirent son crâne, comme s’ils venaient de l’extérieur, comme s’ils l’enveloppaient avant de se glisser en elle et de ruisseler jusqu’à la terre.
Les frissons la pénétraient par tous les pores, comme des milliards de filtres abandonnés au délice. Elle se vit traversée, irradiée, elle se vit crépiter.
Les mains de Sat.
Combien de temps cela dura ?
Elle ouvrit les yeux lorsque le contact fut rompu.
J'enfile les rendez-vous avec les personnels de l'institution.
Je suis confronté à l'incompétence et la malhonnêteté.
Je rencontre aussi des gens remarquables, à l'écoute, bienveillants, sans jugement, sans aucune intention de me culpabiliser ou de me juger.
Je suis confronté à des intérêts financiers, à des enceintes juridiques, à toutes les limitations impersonnelles de l'administration.
Je rencontre aussi des gens attachés à lutter contre cette dépersonnalisation de l'institution, des gens qui écoutent réellement, qui comprennent le mal-être, des gens qui ont décidé de passer outre les injonctions de la hiérarchie lorsqu'ils considèrent que cette hiérarchie oublie qu'elle s'adresse à des individus et non à des fonctionnaires.
Je ne suis pas ce que je fais. Je ne suis pas ma fonction.
Je suis essentiellement un être humain.
Je côtoie depuis un an toutes les limites humaines de l'organisation administrative, des textes de lois, des décrets, des objectifs inavoués.
L'Etat donne pour directives de ne pas piocher dans le "budget" et ce budget a davantage de réalité pour la hiérarchie que les humains qui sont concernés.
Il y a des personnes qui estiment que cette attitude est justifiée.
D'autres estiment que c'est contraire à leurs idéaux et que ces idéaux sont prioritaires.
J'alterne par conséquent les entretiens dans lesquels je ne suis qu'un fonctionnaire reçu par un autre fonctionnaire et d'autres dans lesquels, je suis un être humain qui en rencontre un autre.
Je ne reprendrai pas mon poste. J'ai même décidé de le "libérer" au regard de l'Institution. Je ne suis plus attaché à aucune école. Je suis aux yeux de l'institution un fonctionnaire sans poste.
Rien n'est réglé durablement d'un point de vue administratif.
Commissions médicales, analyse psychiatrique, lecture de mon dossier par des gens qui ne m'ont jamais rencontré.
Mais je ne reviendrai pas en arrière.
La vie se sert des éléments morts pour nourrir ceux à venir. L'instituteur en moi est "mort" et je me sers aujourd'hui de sa putréfaction bénéfique pour nourrir celui que je veux continuer à être.
Je veux donc continuer à être aussi exigeant envers moi-même, envers mes convictions, coûte que coûte, non pas par entêtement, non pas par esprit de contestation ou de rébellion mais juste parce que je veux continuer à pouvoir vivre avec moi-même.
Le jeudi 26 mars, la télévision nationale danoise (TV2) a diffusé un documentaire sur les vaccins contre le HPV intitulé : « Les filles vaccinées – Des malades trahies ». Le documentaire traite principalement du cas de 3 jeunes filles qui souffrent de graves problèmes de santé après avoir été vaccinées avec le Gardasil. La seule chose que ces jeunes-filles ont en commun avec des milliers d’autres filles à travers le monde est le fait qu’elles étaient en parfaite santé avant de recevoir le vaccin, et que maintenant, elles sont gravement malades.
Ces trois jeunes filles ont été examinées de la tête aux pieds sans pouvoir obtenir un diagnostic concluant, et sans pouvoir obtenir une aide qui aurait pu soulager leurs symptômes, comme c’est aussi souvent le cas dans d’autres pays où les vaccins contre le HPV sont administrés.
Au cours du documentaire, deux médecins de l’hôpital Frederiksberg déclarent qu’ils n’ont jamais rien vu de semblable tout au long de leur carrière. Ces deux médecins déclarent avoir, l’an passé et, à quatre reprises, fait parvenir un courrier aux autorités médicales danoises, pour les avertir des effets indésirables possibles après l’injection des vaccins contre le HPV.
Le Dr Louise Brinth de l’hôpital Frederiksberg a personnellement examiné 80 jeunes-filles qu’elle soupçonne de souffrir des effets secondaires de la vaccination contre le HPV. Elle déclare : « elles ont toutes des vertiges, elles s’évanouissent et la plupart d’entre elles souffrent de graves maux de tête qui sont souvent chroniques. Elles se plaignent aussi de douleurs abdominales et de nausées. Elles présentent des mouvements musculaires bizarres qu’elles ne peuvent contrôler, et elles sont très fatiguées. »
Le directeur de la Santé, le Dr Henrik G. Jenson, est d’accord avec ce qui est dit, mais il tient à préciser : « oui, on observe bien des tendances, mais dire qu’il y a un rapport (avec le vaccin) ce n’est pas la même chose. Quand nous observons ces tendances présentées par les rapports, nous réalisons qu’il doit y avoir une base qui permettrait davantage d’explications pour pouvoir approfondir le problème. Maintenant, il y a le fait que ces vaccins ont été approuvés par l’Agence Européenne des Médicaments (EMA). Ce sont eux qui réalisent l’évaluation de la sécurité des vaccins. »
Avant la diffusion du documentaire,TV2 a demandé aux autorités de Santé danoises de fournir la divulgation complète de tous les documents relatifs au programme de vaccination contre le HPV au Danemark. Malheureusement, le Directeur Henrik G. Jenson et son personnel ont « oublié » de fournir à l’équipe de télévision toutes les informations ayant trait aux quatre avertissements qui avaient été adressés aux autorités de Santé par des professionnels de santé du pays.
Ce documentaire sur la vaccination HPV au Danemark a eu un énorme impact
Une page de Facebook qui a été fermée avait été créée pour les victimes présumées du Gardasil au Danemark. Ce groupe précisait avoir 398 membres avant que le documentaire soit diffusé. A peine deux semaines plus tard, le nombre des membres atteignait 938. Parce que chaque personne qui demande une adhésion est personnellement contactée par les administrateurs du groupe pour vérification, il y a aujourd’hui encore 40 autres personnes qui sont en attente de pouvoir adhérer au mouvement.
Tout à l’honneur des autorités danoises de Santé, il faut reconnaitre que ces dernières font un maximum d’efforts pour répondre de manière appropriée à la crise à laquelle elles sont confrontées au sujet du programme de vaccination contre le HPV.
Sur le plan de la Santé, le Danemark est divisé en cinq régions. Dans chacune de ces régions, les autorités ont établi des points de contacts pour pourvoir examiner le cas des personnes soupçonnées d’avoir réagi négativement au Gardasil. Jusqu’ici, il n’existe pas de protocole officiel pour examiner et traiter les personnes qui se présentent.
Les autorités sanitaires danoises se rendent compte que les effets secondaires sont extrêmement graves et veulent approfondir les recherches. Malheureusement, il faudra des mois, si pas des années de recherche pour découvrir ce qui s’est exactement passé chez ces jeunes-filles et on risque de ne pas trouver très vite des protocoles de traitement sans une coopération à l’échelle mondiale. Que vont entretemps devenir les survivantes ?
Le programme de vaccination contre le HPV ne devrait-il pas être interrompu jusqu’à ce que ces recherches aboutissent ?
Est-ce que les responsables de la Santé au Danemark vont vouloir risquer 2.500 effets secondaires graves pour 100.000 vaccinés, comme il est précisé dans les notices de Merck pour tenter d’éviter 12,1 cas de cancer du col utérin pour 100.000 ?
Les femmes danoises sont-elles prêtes à accepter pareils risques ? Est-ce que les danoises pensent qu’il est raisonnable de mettre en balance 2.500 cas de problèmes de santé potentiellement dévastateurs pour sauver 12 personnes sur 100.000 d’un diagnostic de cancer pourtant traitable ?
Le Gardasil a été introduit au Danemark en 2009. En 2008, la plus jeune femme qui est décédée d’un cancer du col de l’utérus au Danemark était âgée de 30 ans. Trois ans après l’introduction du Gardasil (2012), la plus jeune femme qui devait mourir du cancer du col avait seulement 20 ans. Comment cela se fait-il ?
Portons notre attention sur le graphique suivant (situation au Danemark)
Pourquoi les cas de décès dus au cancer du col utérin ont-ils augmenté si rapidement après l’introduction du Gardasil ? N’est-ce pas là, sur le plan de la sécurité, un signal qui devrait pousser à entreprendre une enquête sérieuse ?
Une des études que Merck avait présentées à la FDA préalablement à l’approbation et à la commercialisation du vaccin avait montré que les personnes qui, avant la vaccination, avaient été exposées aux types de HPV repris dans le vaccin pouvaient avoir 44,6% plus de risques de recevoir un diagnostic de lésions précancéreuses. Est-ce que l’augmentation du taux de décès par cancer du col utérin ne pourrait pas être une indication que cette étude était tout à fait correcte ?
Les autorités sanitaires et politiques danoises doivent comprendre que ce qui s’est passé dans leur pays avec le Gardasil n’est pas du tout propre à leur seul pays. Tous les pays dans lesquels les vaccins contre le HPV sont utilisés connaissent des situations similaires. Il s’agit en fait d’un problème mondial.
Les vaccins constituent des interventions médicales sur des populations saines. Le principe de précaution doit absolument s’appliquer. Suspendre temporairement les programmes de vaccination contre le HPV jusqu’à ce que tous les problèmes de sécurité et d’efficacité soient résolus, ne peut relever que du bon sens le plus élémentaire.
Toutes les personnes qui sont les plus sensibles au risque d’événements indésirables graves doivent être identifiées, examinées et éliminées des programmes de vaccination contre le HPV. Les survivants actuels des dommages causés par le vaccin HPV doivent être identifiés, reconnus et doivent pouvoir bénéficier d’un traitement médical approprié.
Il faut que l’on arrête de sacrifier des enfants sur l’autel du « Plus Grand Bien ». Les profits ne doivent jamais prendre le pas sur la santé des enfants !
Rapports d’effets secondaires des vaccins contre le HPV
Mise à jour des chiffres au mois de MARS 2015
VAERS : Organisme officiel américain de vaccinovigilance qui recueille les rapports d’effets secondaires possibles des vaccins aux Etats-Unis. Il est contrôlé par le CDC et la FDA.
P.S. Seuls 1 à 10% des effets secondaires seraient généralement rapportés
Voir ci-dessous le documentaire danois avec sous-titrage anglais
En 1965, Merck rachète Charles E. Frosst & Cie (fondée en 1899) et crée Merck-Frosst Canada, Inc., comme filiale canadienne et Centre de recherche pharmaceutique. Merck ferme le Centre de recherche pharmaceutique en juillet 20102 et la compagnie est renommée Merck Canada en 2011.
Histoire récente
En 2005, à la suite de poursuites intentées relativement à son produit vedette Vioxx, elle supprime 7 000 emplois, surtout aux États-Unis3. Malgré plusieurs victoires dans différents procès, devant jury, intentés par des consommateurs de son médicament Vioxx, elle a décidé de verser 4,85 milliards USD pour mettre un terme aux poursuites judiciaires4. En novembre 2005, Merck employait environ 63 000 personnes3.
Le 10 mars 2009, elle annonce officiellement sa fusion avec les laboratoires Schering-Plough, pour un montant de 41,5 milliards USD, qui va donner naissance au deuxième groupe pharmaceutique au monde, baptisé Merck5,6.
En février 2014, Merck & Co vend pour 1,7 milliards d'euros une partie de sa branche cancerologie à Ablynx, une entreprise pharmaceutique belge7.
En mai 2014, Merck vend ses activités dans l'ophtalmologie en Europe et en Asie à l'entreprise japonaise de Santen Pharmaceutical pour 600 millions de dollars8.
En juin 2014, Merck annonce l'acquisition d'Idenix, spécialisée dans les traitements pour l'hépatite C, pour 3,85 milliards de dollars, dans le but de combiner le traitement contre cette maladie des deux entreprises, dans le but de concurrencer Gilead Sciences9. Novartis possédant 22% d'Idenix, aurait droit à royalties sur ses ventes futures10.
En décembre 2014, Merck acquiert Cubist Pharmaceuticals, une entreprise américaine spécialisée dans les antibiotiques, pour 8,4 milliards de dollars11. En mars 2015, Meck annonce un programme de rachat d'action de 10 milliards de dollars12.
Principaux produits
Gardasil, un vaccin contre les HPV 6, 11, 16 et 18.
Vioxx, prescrit dans le traitement de l'arthrose, retiré du marché en septembre 2004 sur décision volontaire et responsable du laboratoire. Cela après que la Food and Drug Administration estime que le Vioxx a contribué 27 785 décès et problèmes cardiaques entre 1999 et 200313.
En 2009, le chiffre d'affaires était de 27,43 milliards de dollars pour 12,90 milliards de bénéfices. À la suite de la fusion avec Schering Plough, le groupe Merck & Co. a presque doublé son chiffre d'affaires à 40,1 milliards de dollars en 2011.
Dans l'école où je travaillais, certains collègues se plaignaient que j'utilise le terme "méditation". Ils auraient préféré "relaxation".....Preuve s'il en était besoin qu'ils n'y connaissent rien....
La méditation comme outil pédagogique
M le magazine du Monde | • Mis à jour le |Par Manon Rescan
Au Canada, de nombreux établissements ont fait entrer la « pleine conscience » à l'école. Cette technique permettrait d'améliorer le bien-être et les performances scolaires des élèves.
Une journée dans la classe de Christopher Lee ne commence jamais sans un exercice de « respiration ». La tête posée sur leurs bras croisés sur le bureau, à côté des livres de maths, des élèves de septième année (l'équivalent du CM2) de l'école Renfrew de Vancouver (Canada) apprennent à respirer. Ou plutôt à s'écouter respirer, en silence ou, comme ce matin, sur l'Ave Maria chanté par Andrea Bocelli. L'exercice de relaxation est tiré du programme éducatif MindUp, pratiqué par plus d'un millier d'enseignants de la ville de l'Ouest canadien.
Appliquée depuis près de dix ans dans les écoles de Vancouver, cette pratique pédagogique s'inspire de la très tendance technique de « pleine conscience » (mindfulness), qui aide à combattre le stress ou la dépression en se recentrant sur l'instant présent. MindUp y ajoute des leçons d'empathie, de contrôle des émotions ou encore d'optimisme. Un cocktail de positivité appelé « apprentissages émotionnels et sociaux », qui a pour but d'améliorer le bien-être des élèves et, in fine, leur réussite scolaire.
LES INCIVILITÉS EN CLASSE DIMINUENT
Cette méthode vient d'acquérir ses lettres de noblesse avec la publication, fin janvier, d'une étude scientifique reconnaissant ses bienfaits. Pendant quatre mois, les équipes de Kimberly Schonert-Reichl, chercheuse en psychologie qui a contribué au développement du programme MindUp, ont comparé les résultats de deux échantillons d'élèves, l'un suivant ce programme et l'autre non. La conclusion est sans appel : avec ces exercices, les incivilités en classe diminuent, la sensation de bien-être des écoliers va croissant tout comme leurs résultats en maths.
Patricia Morris, vingt-cinq ans d'enseignement dans le cartable, dont cinq avec ces outils pédagogiques, est une adepte. « Aujourd'hui, certains déclics dans l'apprentissage ont lieu beaucoup plus tôt dans l'année », constate-t-elle dans sa classe de maternelle, encore émue de « l'incroyable gentillesse » de ses jeunes élèves. « Soit les techniques de relaxation permettent de mieux se concentrer, soit c'est la bonne ambiance dans la classe qui crée un meilleur climat d'apprentissage », ajoute Kimberly Schonert-Reichl. Hugh Blackman, principal de l'école Renfrew, a son explication : « Lorsque les enfants arrivent le matin, ils ne sont pas “en mode école”. Ils ont encore la tête dans leurs écrans, leurs jeux vidéo, impossible pour eux de se concentrer. »
« ÇA A UN EFFET D'ÉGALISATEUR SOCIAL »
Outre ces exercices de relaxation, l'établissement propose une séance de tai-chi qui, en dix minutes d'un ballet de légers mouvements sur fond de musique asiatique, fait taire les piaillements matinaux au moment de regagner les classes. « ça a un effet d'égalisateur social », observe également Brian Wong, instigateur du projet : « Les enfants issus de milieux favorisés ont tendance à être déjà calmes, mais pas ceux des familles en difficulté, qui arrivent à l'école imprégnés du stress de la maison. » La tête rentrée dans les épaules, Callidora, 9 ans, chuchote à notre oreille combien le tai-chi lui fait du bien, elle qui arrive « toujours la dernière à l'école » le matin.
La Colombie-Britannique, qui forme les enseignants volontaires au programme MindUp, a fait du développement personnel et social l'un des fondamentaux à acquérir au même titre que le lire-écrire-compter cher à l'éducation nationale en France. « Auparavant, les recruteurs recherchaient des têtes bien pleines ; aujourd'hui, ils veulent aussi des compétences humaines de contrôle de soi et de travail en équipe », observe Kimberly Schonert-Reichl. Et, dans une ville aussi multiculturelle que Vancouver, où l'anglais est une deuxième langue pour 25 % des élèves, l'enjeu est aussi de bâtir en classe les conditions d'un vivre-ensemble qui dépasse les murs de l'école.
Le programme MindUp promu par la fondation de l'actrice américaine Goldie Hawn (en anglais)
Beit Hanoun, Bande de Gaza, le 5 aout 2014. L'ONG Breaking the silence a recueilli les témoignages de soldats sur les terribles destructions infligées au territoire.
Reuters/Suhaib Salem
L'ONG israélienne Breaking the silence vient de publier les témoignages accablants d'une soixantaine de soldats ayant participé à l'opération "Bordure protectrice", l'été dernier.
"Je me souviens. Tous les tanks étaient alignés. Je demande personnellement à mon chef: 'Sur quoi on tire ?' Il m'a dit: 'choisissez, là où vous avez envie'. Puis, plus tard, au cours de discussions avec les autres gars - chacun avait choisi sa propre cible, le commandant a dit, via notre radio : 'Bonjour al-Bureij'".
Les soldats étaient soit en cours de service militaire, soit réservistes, attachés à divers corps de service (armée de terre, marine, armée de l'air). Un quart de ces témoins sont des officiers, précise l'ONG pacifiste. L'objectif du rapport est de "combler les lacunes béantes entre ce que l'armée israélienne et le porte-parole du gouvernement ont déclaré au public israélien sur la manière dont les combats se sont déroulés, et la réalité décrite par les soldats qui ont participé à l'opération." Extraits.
Destructions systématiques des habitations palestiniennes
Plusieurs soldats décrivent la destruction systématique des maisons après leur passage: "Au bout d'un moment, nous avons compris que ça marchait comme ça. Vous quittez une maison et c'en est fini de cette maison. Le D9 (un bulldozer) arrive et l'écrase (...) on a commencé comme ça dans un quartier, du nord vers le sud (...) après notre départ, le quartier était un champ de ruines..."
"A ce stade, nous sommes retournés dans un secteur où nous avions stationné auparavant. On ne reconnaissait pas le quartier parce que la moitié des maisons avait tout simplement disparu. Tout ressemblait à un film de science-fiction, des vaches errant dans les rues (...) un degré de destruction que nous n'avions pas vu lors de l'opération Plomb durci."
La question des civils
Les témoignages laissent transparaître que pour l'Etat-major, les civils n'avaient pas à se trouver en zone de guerre. Et ce alors que la bande de Gaza et une minuscule bande de terre surpeuplée dont la population est encerclée, sans possibilité de quitter le territoire. A la question "Vous a-t-on dit quoi faire si vous vous retrouviez face à des civils?", un sergent répond "Personne ne nous a parlé de ça. Selon eux, il ne devait y avoir personne".
Un autre soldat est interrogé sur les maisons détruites après des tirs préventifs utilisés pour prévenir les habitants avant que leur maison ne soit la cible d'une frappe aérienne. "Etiez-vous tenu de vous assurer qu'aucun civil n'était présent dans une structure avant de la bombarder", interroge l'ONG. "Ce n'est pas obligatoire. La cible était le commandant adjoint d'un bataillon [du Hamas] à Shuja'iyya. Une attaque devait être lancée si le nombre de civils n'était pas trop élevé. Par trop élevé, je veux dire un nombre à deux chiffres."
"J'avais vraiment envie de lui tirer dans les genoux "
"Il y avait cette fille, visiblement une handicapée mentale; les tirs à proximité de ses pieds la faisaient rire -le soldat a auparavant expliqué qu'il s'agissait d'une pratique pour tenir la population à distance des soldats. Elle continuait de s'approcher de nous. Personne ne lui tirait dessus. (...) J'imagine qu'elle s'était échappée de chez ses parents. Je ne crois pas qu'ils l'avaient envoyée ici exprès... Mais c'était peut-être une feinte. J'admets que j'avais vraiment envie de lui tirer dans les genoux parce que j'étais convaincu que c'en était une."
Plus que les dérapages de tel ou tel individu sur le terrain, l'ONG dénonce une politique délibérée: "le principe du 'minimum de risques pour nos forces, au risque de causer la mort de civils innocents ', indique-t-elle dans l'introduction du rapport est à l'origine d'un préjudice massif et sans précédent pour la population et les infrastructures civiles dans la bande de Gaza."
"Vous devez tirer sans hésitation"
Après l'échec d'un cessez-le feu, les officiers disent à leurs troupes qu'il s ne sont pas supposés rencontrer des civils dans le secteur dans lequel ils se trouvaient. Ce qui signifiait que toute personne qui s'y trouverait serait considérée comme "terroriste". Face aux doutes des soldats, la "réponse typique d'un officier était "C'est une situation complexe. Je réalise que dans certains cas, des innocents peuvent être tués, mais vous ne devez prendre aucun risque, ni ne faire prendre aucun risque à vos camarades. Vous devez tirer sans hésitation. Les instructions étaient de tirer tout de suite. Quelle que soit la personne repérée, armée ou désarmée, peu importe. Les instructions étaient très claires. Toute personne qui entre dans le secteur, que vous voyez de vos yeux, tirez pour tuer. C'est une consigne explicite."
Au total, 2220 Palestiniens dont au moins 1500 civils ont été tués au cours de l'opération "Bordure protectrice", selon l'ONU. Côté israélien, 73 personnes ont été tuées, dont 67 soldats.
Read more at http://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-moyen-orient/guerre-a-gaza-des-temoignages-accablants-de-soldats-israeliens_1677096.html#aEAPuGyCWr2kMoap.99
Il a vraiment fallu que je me fasse violence, c'était très diffiicle, comme une espèce de trahison envers moi-même, mais je savais en même temps que c'était nécessaire, que c'était un bon moyen pour contrer les mensonges, m'en informer et les combattre, qu'il fallait que je dépasse mon dégoût, que j'aille humer les pestilences qui émanaient de l'endroit...Le geste était dérisoire, juste un petit "clic"......
Et c'était pour moi comme d'appuyer sur un bouton nucléaire avec le risque d'être irradié, contaminé, dévoré de l'intérieur.....Je l'ai fait pourtant et il faudra que je surveille les effets secondaires.....
Je l'ai fait.......
J'ai cliqué sur le mot "j'aime".....La page facebook de Dame Najat Vallaud Belkacem.............
Je me suis accroché au bureau quand la page s'est ouverte, comme si je risquais de disparaître, emporté par la vague des vérités fabriquées, des mensonges édulcorés.....J'ai lu un message, puis un autre et un troisième et là, je suis allé vomir....Puis j'ai repris ma lecture.....Comme ce fut douloureux.....Mais je sais désormais que les forces du mal n'ont aucune retenue, que leurs moyens sont gigantesques, que leur morale se nourrit des retombées médiatiques, financières, corporatistes.
J'ai trouvé très curieux que chaque message soit décoré par des dizaines de "j'aime" mais qu'il n'y ait comme message écrit que des critiques....Comme si des robots programmés cliquaient à l'emporte pièce sur des "j'aime" décoratifs mais que des humains dérobotisés venaient systématiquement rétablir l'équilibre des armées en présence....J'ai trouvé dans cette lutte la force de continuer mes lectures....
J'ai vu des hordes de Rebelles porter fièrement leurs convictions et de l'autre côté du champ de bataille des technocrates cravatés dans des costumes aussi gris que leurs rêves. Ceux-là répétaient à l'infini les mêmes diatribes contre les "complotistes". Ils ressemblaient à des zombies décérébrés gueulant des évangiles étatiques.
Les Rebelles, de leur côté, échangeaient dans des débats solidaires et respectueux, établissaient des diagnostics, fomentaient des actions ciblées, alertaient les populations intriguées.....J'ai vu des failles se dessiner dans les enceintes carcérales, des rayons de lumière se glisser entre les brèches....Et comme des souris opiniâtres, chaque Rebelle impliqué rongeait inlassablement le ciment craquelé des geôles ministérielles.... Comme des tumeurs salvatrices dispensant dans les réseaux d'informations des bugs existentiels.
Peu importe si des Rebelles tombent en route. Meurent les hommes mais pas leurs idées....
J'étais au lycée, en 1ère. M Ollier, mon professeur de français aimait ce que j'écrivais. Il me prêtait des livres de sa bibliothèque...
"Lisez ça, Ledru, ça vous fera du bien."
Je me souviens parfaitement bien de son visage et même de sa voix. Il était toujours très soigné, habillé avec classe. Un homme affable, patient et passionné. C'est lui, le premier, qui m'a dit un jour :
"Ledru, un jour, vous serez édité."
Je lui avais rendu un texte dirigé dont le thème était : "Racontez un moment de rupture dans la vie d'un personnage, un évènement capital qui va opérer un bouleversement total."
J'avais raconté la vie d'un employé de bureau dans la région parisienne. Il est mûté du jour au lendemain. Il doit quitter ses parents, ses amis. J'avais essayé de raconter ça dans un registre kafkaïen, l'absurdité de l'existence quand plus rien n'est compris.... Sur la route, il passe devant une falaise. Il s'arrête pour se restaurer. Le coin est perdu. Plein soleil, un ruisseau, les couleurs des arbres, le chant des oiseaux....Alors qu'il n'a jamais pratiqué le moindre sport, il se sent irrémédiablement attiré par cette falaise...Il s'approche, il touche la roche...Et, il commence........
Bon, il faudrait que je la réécrive cette histoire....Elle est toujours là....Une trentaine de pages de classeur....J'écrivais déjà beaucoup à l'époque.
M Ollier l'avait lue dans toutes les classes de français du lycée. Il n'avait pas voulu mettre de notes.
"On ne note pas ça. On l'apprécie et c'est tout."
Je n'ai jamais oublié cette appréciation.
Un jour, M Ollier m'a tendu un livre en me disant que ça serait important que je le lise : "Les nourritures terrestres."
C'était inévitable. André Gide.
Je n'ai jamais oublié la musique de ce texte. Je n'ai jamais oublié la flamboyance sensorielle, l'exploration proposée...
J'étais adolescent et enflammé.
Et puis, ensuite, il y a eu Mme Sotirakis, professeure de Philosophie. J'aimais sa "tenue", non pas sa façon de s'habiller mais sa façon d'être. Elle nous regardait avec bienveillance, elle cherchait à réveiller notre capacité à réfléchir, patiemment, avec un calme digne de Socrate, une passion contenue, sans émotion, juste l'amour du savoir, d'un partage serein. J'avais l'impression d'être "nourri". C'était comme si en moi chaque séance de philosophie venait déposer une pierre et je sentais grandir à l'intérieur une citadelle.
"Citadelle" de Saint-Exupéry...Je le lisais sans cesse, j'en connaissais des passages par coeur.
J'avais écrit un exposé de 70 pages sur la passion en cherchant à démonter les propos de Descartes.
"La passion, Madame, c'est ce qui me fait vivre.
-Quelques philosophes diraient que vous ne vous appartenez plus, Thierry. "
J'ai expliqué encore et encore la quête passionnée, la flamboyance, l'énergie, le dépassement de l'individu, l'exploration des limites. Elle m'a écouté et c'était un cadeau immense d'être écouté par un professeur que j'aimais.
Il a bien fallu que j'explore tout cela. Il est de ces mots qui s'enterrent en vous comme des graines...Laissez leur du temps, aimez-les, soignez-les, aussi fastidieux et long que ça puisse être...
Tout ce que j'ai écrit et tout ce que j'écrirai sera toujours nourri par les quelques heures que j'ai vécues auprès de ces deux personnes, de tout ce qu'elles ont éveillé en moi.
Parfois, j'avais vraiment l'impression d'être tout seul avec eux, dans la classe...Il m'est arrivé d'être ému jusqu'aux larmes en pensant à eux, des années plus tard...Je n'ai jamais osé reprendre contact quand je suis devenu instituteur. Et je le regrette.
Un jour, après un travail sur "Le bateau ivre", interprété par Léo Ferré, je suis sorti et au lieu d'aller en cours de math, je suis allé lire à la bibliothèque...Dans un état second, comme ailleurs, dans une bulle...
"Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-rouges criards les avaient pris pour cibles,
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.
J'étais insoucieux de tous les équipages,
Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.
Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,
Les Fleuves m'ont laissé descendre où je voulais.
Dans les clapotements furieux des marées,
Moi, l'autre hiver, plus sourd que les cerveaux d'enfants,
Je courus ! Et les Péninsules démarrées
N'ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.
La tempête a béni mes éveils maritimes.
Plus léger qu'un bouchon j'ai dansé sur les flots
Qu'on appelle rouleurs éternels de victimes,
Dix nuits, sans regretter l'œil niais des falots !"
....Je ne comprenais rien au texte mais les mots associés me bouleversaient, comme s'ils irradiaient en moi des compréhensions à venir....
Des mots comme des graines....
Deux professeurs, quelques phrases, des regards, des sourires, des voix, de la bienveillance et de la rigueur et quelques écrivains : Gide, Sartre, Camus, Saint-Exupéry, puis un jour, Krishnamurti...
Me reviennent les mélodies des Nourritures, cette beauté des sens, l'amour de la vie....
Et je sais au plus profond ce qui me bouleversait.
Ces écrivains qui disaient ce qui vibrait en moi, qui l'exprimaient avec une telle beauté que je pouvais relire cent fois le même passage, entendre encore et encore cette musique en moi...
Et pleurer de bonheur.
Les Nourritures terrestres
Citations « Les Nourritures terrestres » sur Wikiquote, le recueil de citations libre
Les Nourritures terrestres, parfois appelé plus simplement Les Nourritures, sont une œuvre littéraire d'André Gide (1897), sur le désir et l'éveil des sens.
Que mon livre t'enseigne à t'intéresser plus à toi qu'à lui-même, - puis à tout plus qu'à toi.
Tandis que d'autres publient ou travaillent, j'ai passé trois années de voyage à oublier au contraire tout ce que j'avais appris par la tête. Cette désinstruction fut lente et difficile ; elle me fut plus utile que toutes les instructions imposées par les hommes, et vraiment le commencement d'une éducation.
Tu ne sauras jamais les efforts qu'il nous a fallu faire pour nous intéresser à la vie ; mais maintenant qu'elle nous intéresse, ce sera comme toute chose — passionnément.
J'ai peur que tout désir, toute énergie que je n'aurais pas satisfaits durant ma vie, pour leur survie ne me tourmentent. J'espère, après avoir exprimé sur cette terre tout ce qui attendait en moi, satisfait, mourir complètement désespéré.
Et si notre âme a valu quelque chose, c'est qu'elle a brûlé plus ardemment que quelques autres.
Je vous ai vus, grands champs baignés de la blancheur de l'aube ; lacs bleus, je me suis baigné dans vos flots - et que chaque caresse de l'air riant m'a fait sourire, voilà ce que je ne me lasserai pas de te redire, Nathanaël. Je t'enseignerai la ferveur.
Il ne me suffit pas de lire que les sables des plages sont doux ; je veux que mes pieds nus le sentent... Toute connaissance que n'a pas précédée une sensation m'est inutile.
Le rêve de demain est une joie, mais la joie de demain en est une autre, et rien heureusement ne ressemble au rêve qu'on s'en était fait ; car c'est différemment que vaut chaque chose.
Nathanaël, je te parlerai des instants. As-tu compris de quelle force est leur présence ? Une pas assez constante pensée de la mort n'a donné pas assez de prix au plus petit instant de ta vie. Et ne comprends-tu pas que chaque instant ne prendrait pas cet éclat admirable, sinon détaché pour ainsi dire sur le fond très obscur de la mort ?
Je sais des jours où me répéter que deux et deux faisaient encore quatre suffisait à m'emplir d'une certaine béatitude - et la seule vue de mon poing sur la table...
et d'autres jours où cela m'était complètement égal.
[...] sortiras-tu dans le jardin désert ? descendras-tu vers la plage, t'y laver ? iras-tu cueillir des oranges, qui semblent grises sous la lune ? d'un caresse, consoleras-tu le chien ? (Tant de fois j'ai senti la nature réclamer de moi un geste, et je n'ai pas su lequel lui donner.)
Départs horribles dans la demi-clarté d'avant l'aube. Grelottement de l'âme et de la chair. Vertige. On cherche ce qu'on pourrait bien emporter encore. — Qu'aimes-tu tant dans les départs, Ménalque ? Il répondit : — L'avant-goût de la mort.
Non certes ce n'est pas tant voir autre chose que me séparer de tout ce qui ne m'est pas indispensable. Ah ! de combien de choses, Nathanaël on aurait encore pu se passer ! Âmes jamais suffisamment dénuées pour être enfin suffisamment emplies d'amour — d'amour, d'attente et d'espérance, qui sont nos seules vraies possessions.
Nathanaël, il y a d'admirables préparatifs au sommeil ; il y a d'admirables réveils ; mais il n'y a pas d'admirables sommeils, et je n'aime le rêve que tant que je le crois réalité. Car le plus beau sommeil ne vaut pas
le moment où l'on se réveille.
Ce que l'on appelle : se recueillir, m'est une contrainte impossible ; je ne comprends plus le mot : solitude ; être seul en moi, c'est n'être plus personne ; je suis peuplé. — D'ailleurs je ne suis chez moi que partout ; et toujours le désir m'en chasse. Le plus beau souvenir ne m'apparaît que comme une épave du bonheur. La moindre goutte d'eau, fût-ce une larme, dès qu'elle mouille ma main, me devient une plus précieuse réalité.
Nathanaël, à présent, jette mon livre. Emancipe-t'en. Quitte-moi ; maintenant tu m'importunes ; tu me retiens ; l'amour que je me suis surfait pour toi m'occupe trop. Je suis las de feindre d'éduquer quelqu'un. Quand ai-je dit que je te voulais pareil à moi ? — C'est parce que tu diffères de moi que je t'aime ; je n'aime en toi que ce qui diffère de moi. Éduquer ! — Qui donc éduquerais-je, que moi-même ? Nathanaël, te le dirai-je ? je me suis interminablement éduqué. Je continue. Je ne m'estime jamais que dans ce que je pourrais faire.
2015 Comment tout peut s’effondrer de Pablo Servigne & Raphaël Stevens
(Petit manuel de collapsologie à l’usage des générations présentes)
Edition du Seuil, collection Anthropocène, 304 pages, 19 euros
Ce livre de Pablo Servigne & Raphaël Stevens est significatif de l’inquiétude qui commence à se diffuser dans la population. A la question « l’humanité a-t-elle un avenir vivable et viable ? », les réponses sont plutôt pessimistes et les scientifiques ne disent pas le contraire. « Comment tout peut s’effondrer » présente cette hypothèse de façon claire et détaillée. Les auteurs demandent une réflexion collaposologique pour que la catastrophe en marche soit limitée… dans la mesure du possible. Ils sont les dignes successeurs de Jean-Pierre Dupuy (pour un catastrophisme éclairé) et Hans Jonas (le principe responsabilité). Voici quelques extraits :
1/6) Collapsologie : catastrophe et non catastrophisme
Nous disposons aujourd’hui d’un immense faisceau de preuves et d’indices qui suggèrent que nous faisons face à des instabilités systémiques croissantes qui menacent sérieusement la capacité de certaines populations humaines - voire des humains dans leur ensemble - à se maintenir dans un environnement viable. C’est ce que le prince Charles appelle un « acte de suicide à grande échelle ». Mais a-t-on vu un réel débat, par exemple sur le climat, en termes de changement social ? Non, bien sûr. Trop catastrophiste. D’une part on subit des discours apocalyptiques, survivalistes ou pseudo-mayas, et d’autre part on endure les dénégations « progressistes » des Luc Ferry, Claude Allègre et autres Pascal Bruckner. Les deux postures, toutes deux frénétiques et crispées autour d’un mythe (celui de l’apocalypse vs celui du progrès), se nourrissent mutuellement par un effet « épouvantail » et ont en commun la phobie du débat posé et respectueux, ce qui a pour effet de renforcer l’attitude de déni collectif qui caractérise si bien notre époque.
Ne pensez-vous pas qu’il y a un vide à combler, un trait d’union à faire entre les grandes et rigoureuses déclarations scientifiques et la vie de tous les jours, qui se perd dans les détails et la chaleur des émotions ? C’est précisément ce vide que tente de combler ce livre*. Faire le lien entre l’Anthropocène et votre estomac. Nous proposons les bases de ce que nous nommons, avec une certaine autodérision, la collaposologie, du latin collapsus, « qui est tombé en un seul bloc ». Prendre un tel chemin ne laisse pas indemne. Le sujet de l’effondrement de la civilisation est un sujet toxique qui vous atteint au plus profond de votre être. Nous avons même fait l’expérience de voir la colère d’un proche se projeter sur nous. C’est un énorme choc qui dézingue les rêves. Commencer à croire en l’effondrement, au sens d’Yves Cochet « processus à l’issue duquel les besoins de base (eau, alimentation, logement, habillement, énergie, etc.) ne sont plus fournis à une majorité de la population par des services encadrés par la loi », revient à renoncer à l’avenir que nous nous étions imaginé.
Au fil des ans, nous nous sommes personnellement éloignés de la doxa, c’est-à-dire de l’opinion générale qui donne un sens commun aux nouvelles du monde. Faites l’expérience : écoutez les informations avec la perspective d’un collapsus, et vous verrez, cela n’a rien à voir ! C’est une sensation étrange que de faire partie de ce monde, mais d’être coupé de l’image dominante que les autres s’en font.
2/6) Collapsologie : la fin de l’énergie facile
Une voiture est à l’image de notre civilisation thermo-industrielle. Nous sommes embarqués dedans, GPS programmé. Assis confortablement dans l’habitacle, nous oublions la vitesse, l’énergie pharamineuse qui est dépensée et la quantité de gaz à effet de serre que nous laissons derrière nous. Une fois sur l’autoroute, seules comptent l’heure d’arrivée, la température de la clim et la qualité de l’émission de radio. Mais sans énergie, il n’y a pas de mouvement. Sans énergies fossiles, c’en est fini de la mondialisation, de l’industrie et de l’activité économique telles que nous les connaissons. Les énergies renouvelables n’ont pas assez de puissance pour compenser le déclin des énergies fossiles, et il n’y a pas assez d’énergies fossiles (et de minerais) pour développer massivement les énergies renouvelables de façon à compenser le déclin annoncé des énergies fossiles. L’éolien et le solaire photovoltaïque font autant partie de notre système basé sur les énergies fossiles que n’importe quelle autre source d’électricité.
Aujourd’hui le TRE (taux de retour énergétique) minimal pour fournir l’ensemble des services offerts à la population a été évalué dans une fourchette comprise entre 12:1 et 13:1. En dessous de ce seuil, il faudra décider des biens et services à conserver ou non. Au début du XXe siècle, le pétrole étasunien avait un fantastique TRE de 100:1 (pour une unité d’énergie investie, on en récupérait 100). Aujourd’hui il est d’environ 11 :1. Les TRE des sables bitumineux est compris entre 2:1 et 4:1. Celui des agrocarburants entre 1:1 et 1,6:1. Tous ces TRE sont non seulement en déclin, mais un déclin qui s’accélère car il faut de plus en plus d’énergie pour extraire des ressources qui se raréfient.
Mais le facteur limitant pour l’avenir de la production pétrolière n’est pas tellement le TRE, mais le temps que notre système économique interconnecté peut encore tenir. Sans un système financier qui fonctionne, il n’y a plus d’énergie facilement accessible. Et sans énergie facilement accessible, c’est la fin de l’économie telle que nous la connaissons : les transports rapides, les chaînes d’approvisionnement longues et fluides, l’agriculture industrielle, le chauffage, le traitement des eaux usées, Internet, etc.
3/6) Collapsologie : le basculement du climat
Avec + 2°C, la production agricole indienne diminuerait de 25 %, provoquant une famine jamais vue. Mais ce n’est rien par rapport au sort du Bangladesh, dont le tiers sud – où vivent 60 millions de personnes – serai littéralement noyé sous les flots à la suite de l’élévation du niveau de la mer. Même les pays les plus riches devront décider qui est-ce qui peut être sauvé de l’engloutissement par un environnement incontrôlable. Le risque est celui des inégalités croissantes. Et plus les pénuries alimentaires dues au réchauffement global se feront sentir, plus il sera difficile de conclure des accords internationaux, quels qu’ils soient.
L’équipe du climatologue James Hansen a calculé que brûler un tiers des réserves prouvées nous mènerait à une température moyenne globale de + 16 °C, c’est-à-dire + 30 °C aux pôles et + 20 °C sur les continents. Selon James Lovelock, si le taux de CO2 atteint 500 ppm ou plus (nous avons atteint 400 ppm le 9 mai 2013), la grande masse de la surface terrestre se transformera en désert et en brousse, laissant un reste de civilisation à quelques millions de personnes dans le bassin arctique du Groenland.
En 2001 naissait une nouvelle discipline : la science des changements catastrophiques (M.Scheffet et alii). Nous savons désormais que chaque année qui passe ne produit pas des effets proportionnels prévisibles, mais augmente plus que proportionnellement les risques de catastrophes soudaines, imprévisibles et irréversibles.
4/6) Collapsologie : la complexité fait la vulnérabilité
Savourez ce paradoxe. A cause du verrouillage des alternatives par le système technique dominant, il est difficile d’envisager une contraction contrôlée du système économique. La puissance et l’omniprésence de ces verrouillages sociotechniques ont rendu les personnes qui en dépendent extrêmement hétéronomes, c’est-à-dire dépourvues des capacités de retrouver quelques îlots d’autonomie. Nous avons créé des systèmes gigantesques et monstrueux qui sont devenus indispensable au maintien des conditions de vie de milliards de personnes. Or plus les systèmes sont complexes, plus chaque organe devient vital pour l’ensemble de l’organisme. Ceux qui comprennent cela vivent avec une angoisse : plus la fuite en avant continuera, plus la chute sera douloureuse.
En augmentant la connectivité de ses chaînes d’approvisionnement, et en réduisant les stocks à néant, le système économique mondial a gagné en efficacité ce qu’il a perdu en résilience. Les derniers stocks vitaux de pétrole et de nourriture que possèdent encore les Etats suffisent pour tenir quelques jours, voire quelques semaines. En 2000, suite à l’augmentation des prix du diesel, 150 camionneurs en grève ont bloqué les grands dépôts de carburant de Grande-Bretagne. Quatre jours seulement après le début de la grève, la plupart des raffineries du pays avaient stoppé leurs activités. Le jour suivant les gens se ruèrent dans les supermarchés pour stocker la nourriture. Des écoles fermèrent leurs portes. Le gouvernement fit appel à l’armée pour escorter les convois de biens vitaux.
La leçon est simple : plus le niveau d’interdépendance des infrastructures est élevé, plus de petites perturbations peuvent avoir des conséquences importantes sur l’ensemble d’un pays. Dans nos sociétés, très peu de gens savent aujourd’hui survivre sans supermarché, sans carte de crédit et sans station-service. Lorsqu’une société devient hors-sol, c’est-à-dire lorsqu’une majorité de ses habitants n’a plus de contact direct avec le système-Terre, la population devient entièrement dépendante de la structure artificielle qui la maintient dans cet état. Si cette structure s’écroule, c’est la survie de la population qui pourrait ne plus être assurée.
On ne saurait discuter l’effondrement sans aborder la question démographique. Le problème, c’est qu’il n’est pas possible de discuter sereinement de démographie. C’est un sujet absolument tabou et rares sont ceux qui osent aborder la question publiquement* sans craindre de voir immédiatement arriver un point Godwin (un moment où toute discussion devient impossible parce que l’une des personnes traite l’autre de nazi). En démographie, ce seuil est d’une autre nature, mais il est toujours le même : « Vous voulez faire comme en Chine, c’est ça ? » …
Pour l’équipe Meadows, qui a développé au MIT un modèle ancré au système Terre, l’instabilité de notre civilisation industrielle mène à un déclin « irréversible et incontrôlé » de la population humaine à partir de 2030… Pour les malthusiens, la puissance technique et l’inventivité humaine ont des limites, et nous arrivons à un moment où il devient difficile, pour ne pas dire impossible, de continuer la trajectoire de croissance continue que nous avons empruntée depuis le début de la modernité… A chaque poussée démographique, l’étau des limites du milieu se resserre, ce qui stimule l’innovation et permet de repousser artificiellement les premières limites physiques. Mais il arrive un moment où la civilisation se heurte à tant de limites (le climat, les ressources, la complexité et la politique) qu’elle bascule brutalement dans un monde malthusien…
Les pronostics démographiques de certains collapsologues, basés essentiellement sur des calculs à la grosse louche, vont bon train. On croise des chiffres allant de quelques millions à 1 ou 2 milliards d’habitants sur Terre en 2100… Pour Vaclav Smil, chercheur spécialiste des liens entre énergie, environnement et population, sans les engrais qui ont permis à l’agriculture industrielle de produire beaucoup, deux personnes sur cinq ne seraient pas en vie aujourd’hui dans le monde… L’impact d’une population sur son milieu dépend de trois facteurs : sa population P, son niveau de vie A et son niveau technique T. D’où I = PAT. Mais ne compter que sur une diminution des deux derniers termes (réduction du niveau de consommation et amélioration de l’efficacité technique) est loin d’être suffisant pour infléchir sérieusement notre trajectoire exponentielle. Non seulement nous n’y sommes jamais arrivés (entre autres raisons à cause de l’effet rebond et du phénomène de consommation ostentatoire), mais tous ces efforts seraient vains si le premier terme P continue d’augmenter…
Or, si nous ne pouvons aujourd’hui envisager de décider collectivement qui va naître (et combien), pourrons-nous dans quelques années envisager sereinement de décider qui va mourir (et comment) ?
6/6) Collapsologie : comment sortir de la catastrophe ?
Après une catastrophe, la plupart des humains montrent des comportements extraordinairement altruistes, calmes et posés. Les comportements de compétition et d’agressivité sont mis de côté, les « je » deviennent instantanément des « nous ». L’individualisme est un luxe que seule une société richissime en énergie peut se payer.
Il faut créer des pratiques collectives, ces aptitudes à vivre ensemble que notre société matérialiste et individualiste a méthodiquement détricotées au cours de ces dernières décennies. C’est du côté des situations de guerre (donc de pénurie) qu’il faut aller chercher. Le rationnement peut être considéré comme une politique solidaire dans un monde comprimé par des limites. Et il n’est jamais trop tard pour construire despetits systèmes résilients à l’échelle locale qui permettront de mieux endurer les chocs à venir.
Il est cependant possible que nous revenions à une situation bien plus précaire qu’au Moyen Age. Dans ce cas, ce seraient paradoxalement les partisans de la croissance effrénée qui nous auront fait revenir à « l’âge de la pierre ».
Depuis 1972, le rapport du club de Rome a dénoncé la course à la croissance en démontrant les limites de la planète. Depuis 1974 et le premier choc pétrolier, nous savons que notre civilisation dépend du pétrole. Depuis 1990 et le premier rapport du GIEC (groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), nous savons que l’humanité va faire face à un réchauffement climatique. Nous savons aussi de façon scientifique que le choc des hydrocarbures n’est qu’une partie des dégradations écologiques qui menacent nos sociétés. Comment agir efficacement ? L’échec des conférences internationales et les inerties gouvernementales montre que cette voie est trop lente. Pratiquer à l’échelle personnelle la simplicité volontaire semble nécessaire mais insuffisant. Ce qui nous semble le plus pragmatique, c’est d’agir directement au sein de sa communauté d’appartenance pour en restaurer la résilience, la capacité de résister aux chocs.
Ce paradigme ou modèle de référence porte des noms différents :Communautés intentionnelles ou Ecovillages ou Agenda 21 local ouTowns transition ou Plan climat ou Cités jardins ou communautés de résilience … La profusion des termes montre la richesse de cette alternative à l’ère des combustibles fossiles. Il ne s’agit pas d’une nouvelle théorisation, mais d’une pratique applicable au Nord comme au Sud, par les gens de droite comme par les gens de gauche, par les urbains et les paysans, par les chefs d’entreprise et par les travailleurs. Tout le monde est concerné puisqu’il s’agit de rendre notre avenir durable.
1) notre objectif : instaurer un territoire de résilience
- une démarche logique : Les jumeaux hydrocarbures (pic pétrolier et réchauffement climatique) nous imposent une descente énergétique. Il ne s’agit pas de catastrophisme, mais d’une réalité. Le meilleur moyen est de tendre localement à l’autonomie alimentaire et énergétique.
- une démarche non idéologique : il y a un intérêt commun à adopter une telle voie, quelle que soit l’appartenance politique des habitants d’un territoire. Agir ensemble sur son territoire implique décentralisation en acte, mais aussi soutien de l’Etat à ce mouvement.
- une démarche pragmatique : le territoire doit élaborer un plan d’action de descente énergétique (Pade), ce qui peut rejoindre des pratiques locales existantes (plan climat local, AMAP, SEL, MAB, Velocity, point info-énergie, jardins partagés…) pour une dynamique collective.
2) un changement technique : usage de techniques douces
- doux à la nature : application du principe du berceau au berceau, c’est-à-dire un nouveau modèle économique où la notion même de déchets est bannie au profit de cycles fermés. Il faut suivre l’exemple de la nature qui opère selon un métabolisme au sein duquel le déchet n'existe pas.
- doux à la société : utilisation d’une spécialisation limitée et d’appareillages simplifié ; renouveau de la paysannerie et de l’artisanat ; principe de coopération et non de concurrence.
- doux politiquement : il s’agit d’instaurer une démocratie locale, sachant que seul le local est durable. L’avènement d’un territoire de résilience ne peut se faire qu’avec la participation de tous.
3) un changement culturel
- limitation des besoins : les limites de la planète, qui ne se mesurent pas seulement au gaspillage des ressources fossiles, imposent une sobriété joyeuse et l’abandon du culte de la croissance.
- changement de valeurs : pour une éthique de la Terre qui combine respect de la nature (de ses cycles, des différentes formes du vivant…) et défense des intérêts des acteurs absents (générations futures, non-vivants, habitants des autres territoires)
4) les trois principaux ouvrages de référence sur les communautés de résilience