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  • A la Source

    A la source de l'Amour a jailli l'émotion. De l'émotion sont apparues les sensations. L'émotion et les sensations unifiées conduiront aux sentiments. L'émotion, les sensations et les sentiments fusionnés permettront de remonter à la Source.

    Les âmes ne parlent pas quand elles s'enlacent. Elles vibrent et les corps prennent la parole.

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    Si les sensations sont à la source d'un sentiment amoureux, c'est que l'émotion était absente. Les sensations s'étioleront, les sentiments s'éteindront et l'émotion restera fossilisée dans chaque âme. Personne alors n'aura l'énergie de remonter à la Source et le courant du Temps sera le plus puissant.

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  • Sophrologie analysante

    UN ARTICLE DE CHARLINE.

    Camarade de promotion :)

    Un descriptif très bien écrit. Merci à elle. 

    La Sophrologie soigne, tandis que la Sophrologie-Analysante guérie. Imaginez que vous souffrez de maux de tête, ou de ventre. L’une des solutions qui s’offrent à vous est de vous soigner : vous pouvez prendre un cachet, boire une tisane, vous faire couler un bain chaud… De cette manière, vous soignez les douleurs. Soignez, c’est apaiser, diminuer la souffrance, voire l’arrêter. Une autre solution est de vous guérir, c’est-à-dire de jouer à l’archéologue avec cette douleur, de fouiller à l’intérieur pour comprendre son sens. Guérir, c’est entendre pourquoi (pour quoi) cette douleur existe, là.

     

    « Soigner » (effet de la Sophrologie) est une solution très utile car rapide, efficace dans l’urgence. C’est nécessaire lorsque nous avons des angoisses (notamment en crise), du stress, phobies, etc., pour se détendre rapidement et faire face. On va modifier notre état, mais le rétablissement ne se fait qu’en surface.          

    « Guérir » (effet de la Sophrologie-Analysante) sollicite un peu plus de temps selon les maux (physiques ou relationnels) et demande d’oser faire ressortir et transformer(différent de modifier) toutes les souffrances accumulées jusque-là, de la conception à aujourd’hui, en passant par les liens qui nous relie à notre généalogie, pour pouvoir se libérer.

     

    Cette libération peut aller encore plus loin, car on peut autoriser nos parents et grands-parents (voire plus haut dans la généalogie) à prendre conscience de leurs limites, qui sont les éléments de leurs personnalités, de leurs relations, de leurs histoires de vie qui ne les rendent pas heureux, et de s’en délier, et surtout de leur pardonner. De plus, et cela me semble le plus important dans la Sophrologie-Analysante, on propose à nos enfants, nés dans le présent ou le futur, à ne pas prendre nos limites, à ne pas entrer dans les schémas de loyauté en répétant les mêmes traumatismes (exemple : subir un viol) ou maladies que leur parents, grands-parents, etc. La guérison se fait alors en profondeur, libère éventuellement notre généalogie et rayonne sur nos enfants.

     

               Nous pouvons expliquer cette différence avec la confection du pain. La farine (la Sophrologie) est essentielle pour obtenir  le résultat souhaité,  elle constitue une base. En effet, sans les techniques de relaxation que nous apporte la Sophrologie, nous n’aurions pas accès à l’Inconscient pour pouvoir travailler et réparer en profondeur. Ce que l’on appelle ancrage (également propre à la Sophrologie-Analysante), qui consiste à associer un état de calme à un geste, un lieu, un animal, une couleur etc., pourrait être rapproché des mesures des ingrédients nécessaires. Effectivement, les mesures (ancrages) permettent d’avoir un repère, un appui, tout au long de la fabrication du pain (et donc la thérapie Sophro-Analysante). Les autres ingrédients, comme la levure, l’eau, le sel, etc., (d’autres outils, comme laPNLl’Analyse transactionnelle, la visualisation, l’Energie, etc.) sont également indispensables. La Sophrologie-Analysante peut être comparée à l’ensemble de ces ingrédients. De plus, pour donner plus de goût, on peut rajouter des épices, des céréales etc., ce qui pourrait être comparé à l’ensemble des méthodes qui peuvent contribuer à la thérapie (énergie des pierres, élixirs…), selon les besoins du patient et les connaissances du thérapeute. Le thérapeute et son patient mélangent ensemble les ingrédients, mais pour ce qui est de la cuisson, c’est le patient qui en est responsable. A lui de d’allumer le four ou non ! Et enfin, le patient partagera le résultat avec ses enfants et petits-enfants, qui eux, s’ils le souhaitent, n’auront plus qu’à se régaler. 

    Le Triangle maudit

    Imaginez une pièce de théâtre, un conte, un film… Dans la plupart de ces histoires, trois personnages se démarquent clairement : une Victime, un Bourreau, un Sauveur. Pourtant, ces rôles ne s’interprètent pas qu’au théâtre.

     

    Dans la vraie vie, nous jouons l’un de ces rôles lorsque nous sommes en interaction conflictuelle avec autrui et que nous manquons d’empathie, que ce soit dans le couple, avec des amis ou la famille et au travail. En effet, si l’on se sent mal dans une relation, il est fort probable que l’on soit  englué dans l’un de ces rôles. Et ces trois rôles sont étroitement liés, dépendant les uns des autres. Car pour jouer, nous cherchons sans cesse un partenaire de jeu, qui jouera à la perfection le rôle que nous lui avons incité à jouer (et inversement, on sera sollicité par notre environnement à entrer dans ce triangle). De ce fait, rares sont les personnes qui parviennent à ne pas « jouer ».

     

    Ensemble ils forment une triade infernale. Nous avons tous une prédilection pour l’un de ces trois rôles, tout en passant de l’un à l’autre, parfois durant une même conversation. Pourtant, aucun n’est meilleur ou pire que l’autre, puisque ce jeu génère malaise et souffrance. Lorsque nous jouons l’un de ces trois rôles, plutôt que d’exprimer nos émotions et nos idées, la communication est perturbée. Et lorsque nous les jouons, nous empêchons la relation d’évoluer.  Au contraire, ces rôles créent beaucoup de stress et étouffent notre énergie, nous épuisent par leur jeu répétitif.

     

    • Exemple de discussion d’un couple qui « joue » :

     

    -          C’est à cette heure-là que tu rentres ?! (Bourreau)

    -          Oh ça va, j’ai bossé toute la journée, moi. (Victime). Pendant que madame reste à la maison ! (Bourreau)

    -          Tu crois que ce n’est pas un travail de m’occuper de repasser tes chemises ?(Victime)

    -          Commence pas à m’énerver, j’ai mal au crâne. (Victime)

    -          Oh mon chéri, je vais vite te chercher un médicament (Sauveur) … Mais qui est-ce qui a encore mis le bazar dans la boite à médicament ?! (Bourreau)

     

    • Le rôle de Victime …

    … ou la pauvre Cendrillon, subissant la cruauté de sa belle-mère et de ses belles-sœurs. 

     

    Le rôle de Victime est le plus fréquemment joué (ainsi que celui du Sauveur) car l’éducation nous apprend à nous soumettre l’autorité, à faire plaisir et à rendre service. Il est également  au centre de cette triade car :

    -        Il a besoin des deux autres (Bourreau et Sauveur) pour exister

    -        Il attire et appelle le Sauveur qui veut la sauver et le Bourreau qui va le persécuter.

    C’est donc un rôle de prédilection si l’on souhaite attirer l’attention sur soi-même.

     

    Le Bourreau qui « persécute » la Victime peut être une personne, mais également une maladie, un handicap ou une drogue, autrement dit, une béquille qui va lui permettre de ne pas affronter un problème. Pour la Victime, ce qui lui arrive est toujours à cause des autres ou d’une force supérieure, car elle se déclare irréprochable (« Mais Dieu pourquoi c’est toujours moi ? », « Pourquoi ça tombe sur moi ? »). C’est une personne en souffrance depuis longtemps, elle se sent incapable et impuissante. Elle est indécise et se dévalorise. Elle a le sentiment d’être agressé et manipulée. Elle peut se laisser malmener sans rien dire ou se plaindre à d’autres.

    C’est par ses nombreuses plaintes et sa culpabilité que la Victime renforce le triangle maudit, tant que les autres rôles sont joués. Elle a donc une part de responsabilité dans la relation avec son interlocuteur car elle a le choix de se positionner en Victime ou non. La Victime a inlassablement autant besoin que l’on prenne soin d’elle ou qu’on l’attaque pour se sentir exister, même si elle doit en être malheureuse.

     

    Il existe deux profils de Victime :

    -        La Victime soumise, qui se dévalorise, se sent incapable et faible.

    -        La Victime rebelle, qui agresse et se lamente.

    Dans les deux cas, il y a une très forte peur d’être abandonné.

     

    • Le rôle de Bourreau…

    … ou la méchante Sorcière Karaba victime de la douleur d’une épine dans son dos et d’un maléfice.    

     

    Le rôle du Bourreau permet de se libérer de ses pulsions agressives sur quelqu’un d’autre, c'est à dire une Victime potentielle (qui décidera d’adopter ou non ce rôle). Il arrive souvent qu’un Sauveur déçu de ne pas voit son action reconnu devienne Bourreau en décidant d’employer la manière forte, ou bien qu’il fut une Victime qui a décidé de se protéger. Dans les films ou les contes, c’est souvent une Victime blessée qui devient Bourreau. Le Bourreau possède plusieurs outils, comme les insultes, les menaces, le harcèlement ou la colère. Il est dans le contrôle et, selon lui, en son absence tout serait mal fait et les problèmes liés à la situation conflictuelle la faute des autres, en particulier de celui qui se place en Victime. Ainsi, il construit son estime de soi aux dépend des autres.

    Il a besoin de dominer en usant de son autorité. Il est dévalorisant, voire humiliant, afin de mettre son interlocuteur en position d’infériorité. Mais ce besoin de dominer est lié à ses peurs face à son interlocuteur, car le Bourreau est terrorisé par les relations.

     

     

    • Le rôle de Sauveur…

    … ou le prince volant au secours de sa belle endormie et terrassant le dragon.

     

    Voir l’autre en détresse provoque chez le Sauveur un mal être et cela l’incite à intervenir empli de bonnes intentions dans la vie d’autrui. Il est persuadé qu’il doit aider et prendre la position de protecteur, de conseiller ou de justicier. Le Sauveur peut être dans le sacrifice, totalement tourné vers l’autre, perdant beaucoup (argent, dignité, raison) ou aider dans le but d’être aidé à son tour.

     

    A première vue, le rôle de Sauveur semble le moins désagréable et le plus gratifiant à vivre, mais ce n’est pas le cas. Le Sauveur a tendance à se voir dans une position haute et indispensable, il apporte son aide, ses conseils, mais sans que l’on ait formulé une demande, sans tenir compte des besoins de l’autre. Tout comme la Victime, il a besoin des deux autres rôles pour justifier son existence. De plus, il place la Victime potentielle en incapacité et l’infantilise. Celle-ci peut fuir, ce qui décevra le Sauveur qui était en attente de reconnaissance, le conduisant à devenir Bourreau ou Victime. En réalité, il ne souhaite sauver personne puisqu’inconsciemment il cherche à maintenir la Victime dans son rôle.

     

     

    • Pourquoi ?

     

    En psychologie, il a été prouvé que lorsque nous répétons un comportement, c’est que nous y avons trouvé une satisfaction. Alors pourquoi répéter un comportement qui nous rend malheureux ?

    En tant qu’humain, nous avons besoin de stimulations sensorielles pour nous sentir vivant. Si nous en sommes privés, nous devenons fous, nous cherchons à nous tuer ou nous laissons mourir. Pour nous maintenir en vie, il nous faut chercher des preuves de notre existence. Les signes de reconnaissance que nous recherchons, et qui constituent un besoin vital, peuvent être positifs ou négatif. Qu’importe ! Que ce soit des coups ou des caresses, des compliments ou des insultes, cela nous rend visibles et consistants. Un enfant peut préférer être grondé plutôt qu’être ignoré. Alors l’adulte aussi, préfèrera créer une dispute pour ne pas se sentir négligé. Ainsi, le jeu offrira à chacun une identité pour combler le vide, car l’autre nous accorde son attention. En effet, avec nos proches (familles, amis, conjoints ou même collègues), nous avons cette tendance à la pudeur, à craindre de dire à l’autre qu’on les aime, de les complimenter. Les critiques venant avec plus de spontanéité, on va apprendre à se contenter de cette reconnaissance négative.

     

     

    • Comment s’en sortir ?

     

    Nous pouvons nous libérer de ces rôles, nous placer au centre du triangle, mais pour cela il faut les repérer, d’abord chez nous-même, afin de prendre notre vraie place dans la relation et la rendre meilleure, mais aussi chez l’autre pour ne pas rentrer dans leur jeu.

     

    Il faut se rappeler que dans une relation nous sommes au moins deux, et que chacun à sa part de responsabilité. Il ne faut donc pas attendre que l’autre change, nous ne pouvons agir que sur nous même ! Développer son estime de soi et la communication assertive sont des moyens utiles, ainsi que de répondre à l’autre sans être sur la défensive. Car face à des réponses non défensives, l’interlocuteur s’épuisera. En prenant la réalité de l’autre en compte, en l’écoutant, nous restons nous même tout en lui accordant l’attention qu’il réclame.

     

    Avec les enfants, nous pouvons leur expliquer les deux rôles Victime et Bourreau en les comparant aux comportements des animaux :

    -          la Victime serait le « toutou », qui correspond au comportement passif : il respecte les droits des autres mais ne fait pas respecter ses droits

    -          le Bourreau serait le « loup », qui correspond au comportement agressif: Il fait respecter ses droits mais pas ceux des autres

    -          et le comportement assertif sera associé au « koala » (il ne fait de mal à personne, mais sa nourriture principale étant l’eucalyptus, celui qui le mangera sera empoisonné), qui fait respecter ses droits tout en respectant droit des autres. C’est le rôle au centre du triangle.

     

    Pour se sortir du rôle de Sauveur, il est important de se rappeler qu’une demande doit être clairement verbalisée et que le plus important est d’aider l’autre à devenir autonome et non dépendant (mieux vaut lui apprendre à pêcher que lui donner du poisson).

     

    Enfin, puisque nous parlons de « jeux » comme au théâtre, il est important de se rappeler que lorsque nous sommes acteurs, nous vivons une Tragédie, alors que si nous sommes spectateurs, nous vivons une Comédie !

     

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  • Mémoire...cellulaire...(12)

    Belanger1

    Une semaine s’était écoulée lorsque Tanguy se représenta.

    Yoann l’invita à entrer en observation avec lui-même, à entrer dans cet espace intérieur, non pas comme en territoire ennemi mais avec bienveillance.

    Tanguy n’aimait pas son corps et il n’attachait aucun intérêt à son bien-être physique. Comme s’il se punissait. Aucune activité sportive, une alimentation déséquilibrée, tabac et alcool, somnifères puis vitamines…

    Le bilan était sombre et le travail à mener considérable.

    Ce fut long avant que Tanguy n’entre en contact avec cet être intérieur qu’il avait toujours tenu à ignorer.

    Sa première méditation achevée le fit pleurer...

     

    Induction hypnotique, Canal de lumière, le fil du temps, la rencontre avec l’Enfant Intérieur.

    Yoann savait que ça ne suffirait pas. Il fallait remonter à la source.

     

    « On va faire une séance « conception » Tanguy.

    -Et ça consiste en quoi ?

    -À ce que tu revives ta conception. Toi en tant que cellule. »

     

    Il se laissa guider.

    « Tu vois se présenter devant toi un écran de cinéma. Le film projeté, c’est ta conception, les premiers instants de la vie en toi.

    Le film commence. C’est une ovule que tu vois. Une ovule, et non pas un ovule, car elle est issue de ta mère et que c’est le Féminin sacré qui va chercher à s’unifier. Observe-la. Telle qu’elle t’apparaît. Comme dans un livre de biologie ou sous une forme symbolique. Laisse l’image prendre forme.

    Comment est-elle ? J’aimerais que tu me la décrives.

    -Elle est rouge, avec des excroissances à sa surface. Rouge transparent et je vois dedans comme des courants électriques.

    -Quelle est sa taille ?

    -Elle est très grande, on dirait une étoile. C’est chaud.

    -Bien, et comment se comporte-t-elle ? Est-elle agitée ou calme ?

    -Elle est impatiente, elle bouge dans tous les sens, elle tourbillonne sur elle-même.

    -Très bien, c’est très bien. Elle semble animée par un fort désir de vivre, c’est ça ?

    -Oui, c’est ça, elle attend avec curiosité, mais…

    -Oui, quoi ?

    -Il y a de l’inquiétude aussi. Parfois, je vois des tâches sombres, j’ai l’impression que c’est comme des tâches de peur. »

    Yoann savait de quoi il s’agissait. Ce silence d’Emma, ce secret d’une conception non partagée.

    « Tanguy, maintenant, j’aimerais que tu visualises les spermatozoïdes de ton père. Il y en a un particulièrement qui va apparaître, un particulièrement intéressé, attiré, déterminé. Cherche-le, il est là.

    -Oui, je vois comme un petit têtard, avec une grosse tête, il est agité, il tape sa tête contre l’ovule et les autres sont plus loin. 

    -Est-ce que l’ovule a envie de l’accueillir ?

    -Oui, j’ai l’impression mais il y a toujours ces tâches noires à certains endroits.

    -Tanguy, ça n’est peut-être pas le bon moment. Il ne faut pas chercher à tout prix à valider cet épisode. Si la fusion ne se fait pas cette fois, il y aura d’autres cycles.

    -Si, je sens bien que le spermatozoïde a envie de le faire.

    -J’aimerais que tu cherches une lettre sur sa tête, un X ou un Y, l’identité sexuelle que tu porteras.

    -C’est un Y. Je vois un Y.

    -Bien, très bien. C’est le garçon que tu t’apprêtes à devenir.

    -C’est fait, le spermatozoïde est entré. Il a disparu à l’intérieur de l’ovule.

    -Très bien, alors maintenant qu’ils ont fusionné, que cette pulsion de vie partagée s’est unifiée, laisse ce film se dérouler, les cellules se multiplier, par deux, par quatre, par huit, c’est toi qui prends forme, c’est la vie en toi qui se matérialise, c’est le premier jour de ta vie intra-utérine. »

     

    Ils discutèrent lorsque la séance fut terminée. Tanguy voulait comprendre la présence de ces tâches noires.

    « On peut penser que ta mère était inquiète et peut-être qu’elle culpabilisait aussi de n’avoir pas prévenu ton père.

    -Et moi, j’ai ramassé cette culpabilité ? Pourquoi est-ce que je me sens toujours coupable de tout rater ?

    -Il y a un élément essentiel dans tout ça Tanguy. Quelles que soient les conditions de ta conception et les tourments de tes parents, la pulsion de vie qui t’a permis d’être là s’est montrée la plus forte. C’est cette force de vie que tu peux honorer aujourd’hui. »

     

    Yoann était convaincu lorsque Tanguy le quitta qu’il y aurait d’autres protocoles à venir.

    Fin de semaine. Deux rendez-vous hebdomadaire. Il fallait enchaîner….

     

    « Bonjour Tanguy, entre. Comment vas-tu ?

    -Je ne suis pas allé en cours depuis deux jours. J’ai l’impression d’étouffer.

    -Comment ça étouffer ? Tu as du mal à respirer ?

    -Non, je me sens juste comprimé, comme enfermé. Je ne supporte même plus de rester dans ma chambre d’étudiant, je suis rentré chez ma mère.

    -Comme si tu manquais de place autour de toi ? Comme si tout ce qui t’entoure t’écrasait ?

    -Oui, c’est un peu ça.

    -Et bien, le protocole que je pensais faire aujourd’hui devrait t’être bénéfique.

    -C’est quoi ?

    -La vie intra-utérine et la place dans le ventre.

    -La place dans le ventre de ma mère ?

    -Oui, c’est ça. »

     

    Yoann dessina un schéma et l’expliqua à Tanguy.

    « Tu vois Tanguy, pour un bébé, les émotions de la mère représentent un courant très puissant dont le bébé ne peut se protéger lorsque c’est nécessaire. C’est comme un flux électrique dont il va se charger, il n’y peut rien. Imagine une entité cellulaire en cours d’élaboration, comme un espace à remplir. Tout ce que la mère porte en elle va venir occuper une partie de cet espace, une sorte de vase communicant. Le plein se déverse dans le vide. C’est inéluctable et inconscient la plupart du temps. Il s’agit donc pour toi d’explorer ces fardeaux. Et de les déposer si tu les considères comme limitants. Il n’est pas question de rompre l’attachement à ta mère mais de faire en sorte que cet attachement soit clairement identifié et qu’il devienne juste, bon et utile. »

    Induction, Canal de lumière, le fil du temps et des souvenirs, même les plus archaïques, les plus enfouis, au tréfonds des cellules.

     

    L’écran de cinéma.

    « Ce fœtus que tu vois, c’est toi, Tanguy. Prends le temps de te connecter à lui, de le redécouvrir, de sentir ce qui vibre en lui.

    Comment est-il ? Quel âge lui donnes-tu ? Quelle forme, quelle activité ?

    -Il est déjà grand, je vois ses mains et ses pieds, il a une grosse tête…Ses yeux sont fermés. Mais il ne bouge pas. Il a l’air triste.

    -Comment est-il placé ?

    -Il est en travers, il appuie sur les parois du ventre. Il n’a pas assez de place, c’est trop serré.

    -C’est trop serré parce qu’il est en travers ?

    -Oui, il est en travers mais parce qu’il n’y a pas assez de place dans l’autre sens.

    -Comment ça ?

    -Plus il a grandi et moins il y avait de place avec sa tête en bas alors il s’est mis en travers. »

    Physiologiquement, c’était bien évidemment contradictoire mais Yoann gardait à l’esprit cette tension croissante d’Emma et sa prise de conscience au regard de son mari…Cette évidence pour elle qu’elle s’était trompée mais que le bébé était là et qu’il grandissait… Peut-être des regrets inavoués, peut-être des pensées d’avortement…Cette place qu’elle-même avait cherché à trouver dans sa vie s’avérait néfaste, une pression quotidienne. L’écrasement existentiel généré par son choix créait en elle une limitation de l’espace intérieur.

    « Est-ce que Emma savait ce que tu vivais ?

    -Je ne sais pas.

    -Est-ce que tu le lui as dit ?

    -Non, évidemment.

    -Pourquoi ne l’as-tu pas dit ?

    -Je suis trop petit, je ne peux pas lui parler.

    -Et si elle avait su qu’est-ce qu’elle aurait dit ou fait ?

    -Elle m’aurait dit de ne pas m’inquiéter et que je pouvais prendre plus de place, que je pouvais bouger.

    -Et qu’est-ce que tu aurais fait alors ?

    -Je me serais mis dans le bon sens.

    -Et bien, fais-le maintenant. Dis à Emma que tu as besoin de bouger, que tu as besoin de davantage de place. Regarde l’espace autour de toi, étends tes bras et tes jambes, ressens ce cocon non pas comme une limite mais comme l’espace où ta vie prend forme, détache-toi des tourments de ta mère, elle ne souhaite pas que tu t’en charges et laisse la vie se diffuser en toi, sans peur, sans inquiétude, ça n’est pas toi qui pose problème à Emma, son amour pour toi est immense, ce sont juste des peurs liées à sa vie de femme qui limite ton espace mais elle n’a aucune mauvaise intention à ton égard, son regard de mère est empli de tendresse et d’amour, elle espère pour toi une vie belle et heureuse, ressens cet amour pour toi…Comment ça se passe pour toi ?

    -J’essaie de bouger mais c’est difficile, je sens les parois qui résistent.

    -Est-ce que tu distingues quelque chose qui t’empêche de le faire, pas seulement les parois de l’utérus mais un élément rapporté, une forme, une couleur, une masse, un objet ou un mot. Regarde autour de toi.

    -Il y a une boule noire au-dessus de moi, en haut de l’utérus, là où je devrais mettre mes pieds.

    -Est-ce qu’il y a quelque chose dans cette boule noire ou à sa surface ?

    -Je vois de la peur et de la honte.

    -C’est comment ?

    -Comme des piquants sur la boule noire.

    -Comment sais-tu que c’est de la peur et de la honte ?

    -Je vois les mots inscrits sur la boule. Elle tourne lentement sur elle-même et je vois les mots qui apparaissent.

    -Est-ce que ta mère sait que cette boule est là ?

    -Je ne sais pas.

    -Alors, dis-lui que cette boule te gêne, qu’elle ne t’appartient pas mais qu’elle prend trop de place.

    Comment ça se passe pour toi ?

    -Elle m’écoute.

    -Est-ce qu’elle te dit quelque chose ?

    -Que ça n’est pas à moi.

    -Très bien, alors maintenant, essaie de nouveau de bouger, de prendre la place de cette boule noire, elle n’existe que dans l’inconscient de ta mère, elle n’est qu’une chimère, tu n’as pas à la prendre, Emma ne le veut pas, elle ne souhaite que le meilleur pour toi.

    -Oui, c’est mieux, je sens que je peux bouger. 

    -Continue ce travail, avec amour, laisse la vie te remplir de sa force, elle s’est installée en toi, elle te nourrit, elle ne peut pas se tromper, ce don qu’elle t’accorde est une bénédiction, accueille cette vie avec bonheur et reconnaissance, au-delà des contraintes de l’existence. 

    -C’est difficile encore.

    -La boule noire te gêne encore ?

    -Non, ça n’est pas, il n’y a rien dedans qui me bloque maintenant. Mais…

    -Oui ?

    -J’ai l’impression que je ne dois pas la déranger, que je dois rester caché, que le monde dehors n’est pas pour moi. Que personne ne m’attend, qu’ils sont même dangereux, qu’il y aura toujours quelqu’un pour venir m’arracher au bonheur.»

     

     

    Ils discutèrent longuement après la séance.

    Les ressources que Tanguy avait pu retirer de cette vie intra-utérine, cette capacité à exister malgré les pesanteurs héritées, malgré les peurs acquises. Les larmes du jeune homme. Un désespoir qui semblait inguérissable. Cette certitude  qu’il n’était plus qu’un fardeau. Cette incapacité à extraire de son chemin de vie la moindre marque d’estime.

    « …m’arracher au bonheur… »

    Le symbolisme était évident.

    Yoann savait ce qu’il devait encore faire.

    Garder confiance, rester patient et déterminé. Laisser l’Inconscient épurer les strates figées de l’histoire personnelle, explorer les traumatismes irrésolus, les immobilismes emplis de peurs.

    Le travail de toute une vie.

    Il fallait continuer.

     

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  • Vers l'Horizon...

    Fin de ma formation en sophrologie analysante. Certification obtenue.

    Une belle expérience, très, très enrichissante sur un plan personnel, intellectuel, spirituel, émotionnel, relationnel.

    Il n'était pas simple pour moi qui vis dans un isolement volontaire de me "dénuder" ainsi, spirituellement, devant quatorze femmes. Puisque j'étais le seul homme de la formation. 

    Une telle formation engage considérablement la personne. Il faut accepter d'aller chercher en soi les failles, les traumatismes, les souvenirs enkystés, de les analyser, de les éplucher comme un oignon et de pousser l'exploration jusqu'au coeur de l'âme....

    Là, où justement, il est si difficile d'aller...

    Il me fallait être pleinement en confiance. 

    Et ce fut bien au-delà de ça. 

    Un sentiment d'empathie, de bienveillance et d'amour, l'acceptation de l'autre dans toutes ses détresses parce que les siennes sont accueillies avec amour et bienveillance.

    Quand on a épluché jusqu'au coeur de l'âme, on pleure. 

    Et parce qu'on a pleuré, les sourires ensuite sont plus beaux, plus profonds, plus lumineux.

     

    J'avais peur en m'engageant de retomber sur un fonctionnement "scolaire" de compétition. Ce système que j'ai combattu toute ma carrière.

    Rien de tout cela. Une absence de compétition et de comparaison, l'autre devient un partenaire, un accompagnant que l'on accompagnera également. Chacun chemine à sa vitesse en sachant que personne ne le condamnera parce qu'il a besoin de davantage de temps ou d'explication ou de soutien. Chacun sait, qu'intérieurement, il porte des failles toutes aussi profondes...

    C'est une formation à l'humilité.

    Une formation à l'empathie.

    Une formation à l'amour de soi et donc de l'autre. 

    Je ne sais pas encore ce que je pourrai en faire sur un plan professionnel, au vu de la situation bloquée avec le Ministère de l'éducation territoriale...

    Mais je sais infiniment bien tout ce que spirituellement j'en ai appris. Et j'ai une petite idée de tout ce qui reste à explorer........

    L'impression d'un navigateur qui va vers l'horizon en sachant très bien que l'horizon recule mais qui se réjouit infiniment des horizons déjà parcourus et qui reste comme un enfant, les yeux tendus vers la lumière qui brille là-bas....

    Comme elle a l'air belle.... il faut que j'aille voir. Mais je n'oublie rien. Ce sont les lumières ingérées qui me portent vers les lumières à venir. 

    C'est le souffle de mon âme qui gonfles les voiles.

    ................

    Merci aux femmes de ce groupe. Merci à cette Humanité féminine. 

     Mille mercis à toutes les "copines" pour tout ce qu'elles sont.  

    Mille mercis à Audrey Steinmetz pour tout ce qu'elle est. Bienveillance, soutien, patience, détermination, passion et surtout un potentiel d'amour infini...

    Sophrologie

    orchidee sophrologie therapie analyse 73 chambery

    La Sophrologie permet la gestion des émotions, de l’angoisse, du stress… et a pour objectif d’amener la détente, le calme en soi…

    Des outils concrets sont apportés au patient pour lui apprendre à gérer ses états internes limitants : stress, angoisse, agressivité… exercices de respiration et exercices de visualisation

.

    La Sophrologie permet à tous de réactiver des ressources personnelles, d’améliorer la confiance, l’estime de soi. C’est un outil efficace pour préparer un examen, une compétition sportive, une opération,…

    Kundalini 4 2


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  • Mémoire...cellulaire...(11)

     

     Belanger1

    Vingt ans… Il s’était écoulé vingt ans quand Yoann reçut cet appel.

    « Bonjour M Pignon, je m’appelle Tanguy, je suis le fils de Paul Langevin. Mon père m’a parlé de vous. J’ai besoin de votre aide. »

    Un choc. Comme une évidence qui  éclatait au grand jour. L’héritage avait joué son rôle néfaste.

    Ils avaient discuté quelques minutes. Yoann était en séance. Ils avaient décidé d’un rendez-vous.

    Une certaine impatience à rencontrer ce jeune homme. Comment avait-il vécu son enfance, puis son adolescence, quels chemins de vie ses parents avaient-ils eus ? Yoann n’avait plus reçu de nouvelles de Paul. Sans doute une honte tenace, une culpabilité de ne pas être parvenu à prolonger le travail. Que vivait-il désormais ? Et Emma ? Elle ne l’avait jamais contacté, elle n’avait jamais cherché à savoir ce que Paul avait vécu en thérapie. Connaissait-elle vraiment sa démarche d’ailleurs ? Tellement de non-dits et de secrets…

     

    Yoann avait gardé un arrière-goût désagréable de son travail avec Paul, comme une tâche inaboutie, une culpabilité qu’il avait tenté d’atténuer avec le temps...

    Il était de toute façon impossible de changer celui qui le refuse. Il héritait maintenant du désordre intérieur du garçon. Transmission néfaste qu’il avait du mal à comprendre. Cette impression nauséeuse que des millions d’enfants naissaient empoisonnés par les résidus fossilisés des tourments de leurs géniteurs. Mais de quel droit les parents pouvaient-ils nier de la sorte cette intoxication originelle ? Comment considérer qu’un enfant puisse agir comme un antidote, comment était-il possible de le prendre ainsi en otage ? Cette inconscience dans l’euphorie de la conception ou ce déni aveugle au regard des tourments archaïques…

    Il n’avait jamais pu écarter cette colère. Il n’avait jamais réussi à se contenter de poser un diagnostic et à entamer un accompagnement.

    Il lui restait inévitablement un sentiment de gâchis.

    Il lui restait à apprendre le détachement.

    Le thérapeute qui apprend de ses patients que l’humilité est indispensable.

     

    Vingt ans après… Vingt ans de tourments, comme une évolution inversée. Et que pourrait-il bien faire ? Le silence de Paul était éloquent et criait à tue-tête l’inefficacité des protocoles. Il lui était toujours douloureux de sentir cette responsabilité au regard de ses patients. Toutes les paroles qui consistaient à répéter que leurs chemins de vie leur appartenaient et qu’il n’était qu’un lampadaire sur la route, une petite lumière fragile, toutes ses justifications et ses mots apaisants, ils ne parvenaient à effacer la pesanteur de ce ressenti. Il reconnaissait bien parfois l’empreinte d’une certaine prétention, une mission à mener à bien, comme l’ultime Sauveur… C’est là qu’il devait travailler sur lui. Admettre qu’il n’était rien sans la volonté de son patient.

    Rien du tout.

    Et que de vouloir libérer les individus de leurs fers entravait les individus eux-mêmes puisque cet espoir venait inscrire une pression sur le patient lui-même. Les émotions, les pensées, les intonations, les gestes, les regards… Tout pouvait être interprété… Le thérapeute pouvait participer lui-même à l’enfermement du patient en cherchant une voie de libération.

    Le thérapeute n’avait rien à chercher. Il devait juste être celui qui ouvre une fenêtre, celui qui invite le patient à regarder l’horizon. Jusqu’au moment où il sentira en lui la force d’avancer.

     

     

    « Entrez Tanguy, bienvenu. »

    Une main molle. Un jeune homme timoré, mal dans sa peau, une démarche dégingandée, comme un corps sans squelette. Une énergie sombre. Comme un entonnoir à malheurs. Vingt ans d’errance existentielle matérialisés dans des yeux inquiets.

    Quelques paroles de présentation.

    « Je suis à la FAC de psycho à Lyon. Je voulais devenir psychologue pour enfants mais je n’arrive plus à suivre et mes résultats sont désastreux. En fait, j’ai une capacité de concentration trop faible, j’ai toujours des pensées qui m’assaillent.

    -Quel genre de pensées ?

    -Que je suis en danger, que je ne suis pas à ma place, que ce monde n’est pas pour moi, que les autres me méprisent… »

    Paul. Tanguy. Un éternel recommencement.

    « Mon père a été licencié il y a dix ans et il a réussi à passer un concours dans l’administration. Il travaille à la mairie de Pont-en-Royans. Il a un petit appartement. Il vit tout seul. Sa mère est morte il y a plusieurs années déjà. Ma mère s’est remariée avec un anesthésiste. Celui qui était là le jour de ma naissance.

    -Pourquoi un anesthésiste ?

    -C’était une césarienne. Une grossesse qui s’est mal finie et une arrivée désastreuse. Je ne voulais pas sortir apparemment. Ma mère en a été très marquée.

    -Et vous expliquez ça comment ?

    -Parents séparés, père absent pendant la grossesse, même pas là le jour de ma naissance, une mère angoissée, perdue, toute seule, j’en avais des raisons de ne pas vouloir sortir mais ça, c’est ce que j’imagine aujourd’hui.

    -Mais, c’est tout à fait envisageable que ça soit ça.

    -J’ai voulu en parler une fois avec mon beau-père et il s’est moqué de moi. Tout ce qui touche à la psychologie, ça le fait rire et évidemment ma mère dit comme lui. Elle n’a jamais accepté d’ailleurs que mon père vienne vous voir et elle ne sait pas que je suis là. »

    Des non-dits, des moqueries, des secrets, des dénis, des rancœurs, des colères. Et il aurait fallu construire une vie sereine là-dessus. Vaste défi…

    Il raconta son enfance. Une grand-mère qui palliait exagérément aux déficiences affectives d’un père dépressif. Une mère totalement soumise à un beau-père rationnel et autoritaire, le milieu médical dans toute sa rigueur cartésienne, pas d’autres enfants dans le couple, la césarienne d’Emma avait brisé à tout jamais le désir d’un autre enfant, une scolarité moyenne, peu de camarades, encore moins aujourd’hui… Il n’avait jamais eu de petite amie.

    Des peurs comme compagnes de vie, des hontes, des culpabilités inexpliquées, comme un individu hanté, un héritage trop lourd.

    « Est-ce que vous avez déjà consulté un thérapeute ?

    -Jamais. J’ai vu un psychologue scolaire quand j’étais à l’école primaire parce que je n’arrivais pas à lire, j’ai redoublé mon CP.

    -Et qu’est-ce que ça a donné ?

    -Je n’ai pas les détails et je ne me souviens pas de tout mais ça s’est mal passé avec mon beau-père. Il disait que c’était n’importe quoi, que c’était la maîtresse qui était nulle. Et ma mère ne disait rien. Je me souviens juste l’avoir vue pleurer.

    -Et ensuite ?

    -Il n’y a rien eu d’autre. Personne. J’ai continué comme je pouvais, j’ai eu mon bac, je suis rentré à la FAC. Mais maintenant, je n’y arrive plus et je me sens tellement différent que je me replie de plus en plus. Je ne vois plus personne. J’ai toujours peur de prendre ma place dans un groupe. Je ne sais même pas s’il y a une place pour moi d’ailleurs. Alors, si c’est juste une seule personne, j’ai toujours l’impression qu’elle cherche mes défauts ou qu’elle attend que je dise une bêtise.

    -Avec les filles aussi ?

    -Encore plus. Là, c’est une catastrophe. »

    Il avait baissé les yeux, fixant le sol.

     

     

     

    C’était bien ça. Un bébé électrochoc, une césarienne, des autorités opposées et des vides affectifs, l’incapacité à prendre sa place, un individu privé de lui-même, une culpabilité inconsciente liée à la césarienne pratiquée sur sa mère…

    Yoann expliqua plusieurs protocoles, ils établirent un planning et ils se quittèrent.

    Il repensa longuement à tout ce que Tanguy lui avait raconté. Sa mère lui avait parlé une seule fois de sa naissance. « Un très mauvais souvenir, » avait-elle dit.

    Tanguy était en siège. La césarienne était inévitable. Souffrance fœtale, souffrance maternelle, culpabilité parentale… Tellement de fardeaux. Tout ce qui avait été transmis au fœtus, tout ce dont il s’était chargé… Une grossesse entachée de peurs, de colères, de remords, de détresse. Des émotions maternelles qui s’étaient ancrées.

    Tanguy n’avait pas réussi à naître « normalement, » comme il le disait.

    « Un mauvais départ qui augurait de la suite. Je suis comme un véhicule sorti de la chaîne de fabrication, envoyé sur une voie de garage.»

    Comme s’il ne pouvait plus se défaire du rôle du mauvais, de l’incapable, de celui qui fait du mal et fait tout mal.

    Une image de la vie comme une condamnation à perpétuité.

    Un désastre. 

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  • Comment ruiner l'école publique...

    UN ARTICLE DE 2008...

    http://www.mezetulle.net/article-19661102.html

    Comment ruiner l'école publique ?
    par Marie Perret (1)

    En ligne le 18 mai 2008


    La ruine de l'école publique n'est pas le résultat d'un hasard, mais d'une politique délibérée poursuivie par le néo-libéralisme. Cela n'a rien d'étonnant, au fond. Mais ce qui l'est davantage, c'est que cette politique reçoit le soutien de quelques "idiots utiles" depuis bientôt 30 ans. Non seulement la gauche n'a pas résisté à cette destruction, mais elle a apporté un soutien inespéré au programme de la marchandisation de l’école. Le discours « pédagogiste » auquel une grande partie de la gauche a adhéré a eu pour principal effet de précipiter l’affaiblissement de l’institution scolaire ainsi que la baisse générale du niveau. Comment résister ?

    Cet article a été publié le 3 mai 2008 dans UFAL Ecole, que Mezetulle remercie pour cette autorisation de reprise.


    Quatre constats inquiétants

       1. Plus de 150 000 élèves sortent chaque année du système scolaire sans diplôme.
       2. Le recours à des officines de soutien privé est de plus en plus systématique. Il faut savoir qu’Acadomia, entreprise spécialisée dans les cours à domicile, est désormais cotée en bourse. Il y a, de fait, une privatisation rampante de l’enseignement.
       3. L’école, depuis 30 ans, ne joue plus son rôle d’« ascenseur social ». Un exemple : il n’y a jamais eu aussi peu d’enfants d’ouvriers dans des grandes écoles comme Polytechnique ou Centrale qu’aujourd’hui.
       4. Le niveau baisse. Il y a quelques années encore, il était de bon ton de railler les professeurs élitistes et grincheux, toujours prompts à « seriner l’antienne du niveau qui baisse ». Aujourd’hui, le constat est pour ainsi dire unanime. On tire la sonnette d’alarme à tous les niveaux, et dans toutes les matières. Instituteurs, professeurs de collège et de lycée, mais également professeurs d’université : tous déplorent le peu de culture des élèves et des étudiants, leur manque de repères historiques, leur difficulté à maîtriser la langue française, à organiser leur pensée de façon rigoureuse, à exprimer leurs idées de façon fine. Les raisons de ces difficultés ne sont pas seulement exogènes et sociologiques. Si le niveau baisse, ce n’est pas seulement à cause de l’hégémonie de la société du spectacle ou de l’attitude « consommatrice » des jeunes : c’est aussi parce que l’école est de moins en moins exigeante. Bien sûr, le régime n’est pas le même partout : dans les grands lycées de centre ville, où sont généralement scolarisés les enfants de la bourgeoisie, les exigences sont restées à peu près les mêmes. Dans les quartiers populaires, en revanche, les professeurs, débordés, gèrent tant bien que mal la violence liée à l’indiscipline en occupant les élèves, à défaut de les instruire. Les parents cherchent par tous les moyens à dé-sectoriser leurs enfants ou à les inscrire, quand ils sont assez riches, dans le privé. Le contraste entre les établissements est désormais tellement marqué qu’il n’est pas excessif de parler d’une « école à deux vitesses ».

    Ces quatre faits ne sont évidemment pas indépendants les uns des autres. Le quatrième constat, qui est le plus déterminant, éclaire les trois autres : c’est parce que le niveau baisse que les familles bourgeoises enrichissent les officines de soutien privé tandis que les enfants des milieux populaires vont grossir les rangs de ceux qui sortent du système scolaire sans diplôme. On ne s’étonnera donc pas que l’école joue aujourd’hui moins que jamais son rôle d’« ascenseur social ».


    A qui profite le crime ?

    La question qu’il faut poser est la suivante : qui a intérêt à ruiner l’école publique ? A qui profite le crime ?

    En 1996, le centre de développement de l’OCDE a publié un intéressant rapport. Le titre est sibyllin (« La faisabilité politique de l’ajustement »), le style, technocratique, l’enjeu effrayant : sous couvert d’apprendre aux gouvernements comment réduire les déficits budgétaires, son auteur, Christian Morrisson, montre comment libéraliser tous les secteurs des activités humaines en « réduisant les risques » – entendez : en évitant la révolte sociale. Soit le problème suivant : étant donné qu’il n’y a pas de libéralisation possible sans destruction des services publics, étant donné que les peuples sont généralement attachés aux services publics, trouver le moyen de supprimer les services publics tout en évitant de mettre les gens dans la rue. La solution est simple, mais il fallait l’inventer : Christian Morrisson préconise la méthode douce qui consiste à diminuer la qualité des services publics. Dans l’extrait ci-dessous, l’auteur prend l’exemple de l’école. Goûtons ce morceau d’anthologie du cynisme néo-libéral :

    Les mesures de stabilisations peu dangereuses :
    Si l’on diminue les dépenses de fonctionnement, il faut veiller à ne pas diminuer la quantité de service, quitte à ce que la qualité baisse. On peut réduire, par exemple, les crédits de fonctionnement aux écoles ou aux universités, mais il serait dangereux de restreindre le nombre d’élèves ou d’étudiants. Les familles réagiront violemment à un refus d’inscription de leurs enfants, mais non à une baisse graduelle de la qualité de l’enseignement et l’école peut progressivement et ponctuellement obtenir une contribution des familles, ou supprimer telle activité. Cela se fait au coup par coup, dans une école mais non dans l’établissement voisin, de telle sorte que l’on évite un mécontentement général de la population.  (2)


    Il n’y a qu’à diminuer progressivement la qualité de l’enseignement : les citoyens n’y verront que du feu. Personne ne descendra dans la rue, les gouvernants ne seront pas inquiétés, le secteur privé tirera tout le bénéfice, car les familles fuiront les établissements publics. Tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles.
    Christian Morrisson décrit sans fard la réalité de l’école publique. La qualité de l’enseignement, depuis 30 ans, baisse à un point tel que les citoyens n’ont plus confiance dans leur école. Résultat : la marchandisation de l’enseignement est en marche (après celle de l’eau, après celle des énergies, après celle de la santé, etc.). L’école publique se délite progressivement. On grogne bien ici ou là, on réclame davantage de moyens, mais force est de constater que la recette Morrisson marche bien : le « risque politique » que constitue le « mécontentement général de la population » est évité.


    Les « idiots utiles »

    Pour résister à cette entreprise de destruction de l’école publique, il aurait fallu défendre l’idéal d’une institution forte, dévolue à la transmission de savoirs exigeants, sourde aux pressions venant de la société civile. Pour combattre efficacement Morrisson, il aurait fallu se ranger derrière Condorcet. On aurait pu croire que la gauche, fidèle aux principes de l’école républicaine, allait résister à l’offensive. Non seulement elle ne l’a pas fait, mais elle a apporté, à son corps défendant, un soutien inespéré au programme de la marchandisation de l’école. Le discours « pédagogiste » auquel une grande partie de la gauche a adhéré a eu pour principal effet de précipiter l’affaiblissement de l’institution scolaire ainsi que la baisse générale du niveau. Voici quelques exemples de mesures qui ont participé à cette baisse :

        * En valorisant des qualités qui n’ont rien à voir avec les compétences qu’on doit attendre d’un professeur, on a recruté des enseignants qui n’étaient pas toujours qualifiés. On a oublié qu’avant d’être « gentil », « dynamique », d’« aimer les élèves », de « participer activement au projet d’établissement », un professeur doit se distinguer par la maîtrise des savoirs qu’il transmet.
        * En instaurant le passage automatique, on a fait en sorte que tous les élèves, même ceux qui n’ont pas le niveau, puissent passer dans la classe supérieure. Comme le redoublement est un luxe (les gestionnaires de l’éducation nationale savent que cela coûte de l’argent), on a poussé les professeurs au laxisme. Pire : on leur a retiré le droit de s’opposer au passage de tel ou tel élève dans les conseils de classe. Les parents sont généralement contents : ils pensent qu’on fait un cadeau à leurs enfants. Ils se trompent : en fait de cadeau, il ne s’agit que de faire des économies.
        * Sous le prétexte idiot que la discipline ferait violence aux élèves, qu’un cours doit être « vivant », que le cours magistral est « ringard », on a laissé le désordre s’installer dans les classes. Les professeurs constatent amèrement qu’il est de plus en plus difficile de faire la classe dans de bonnes conditions et d’instruire les élèves.
        * En bradant les diplômes qui, de fait, ont de moins en moins de valeur sur le marché du travail, on a poussé tout le monde à faire des études longues. Comme les conditions d’enseignement à l’Université sont souvent difficiles et parfois déplorables, comme les BTS et les IUT sont pleins, les parents qui ont de l’argent inscrivent leurs enfants dans des écoles supérieures privées (qui coûtent très cher). Ceux dont les parents n’ont pas les moyens se retrouvent sur le marché du travail : ils constituent alors une main d’œuvre paupérisée, qui est d’autant plus exploitable par le patronat qu’elle est peu qualifiée.
        * On a délaissé l’enseignement technique et professionnel, éternel parent pauvre de l’éducation nationale, alors qu’il peut assurer une solide formation à des élèves qui s’ennuient dans les filières générales.
        * Au nom des meilleurs sentiments du monde, on a remis en question le principe d’égalité républicaine et condamné les élèves des quartiers populaires : au lieu d’exiger d’eux ce qu’on exige dans les collèges et les lycées parisiens, on a "adapté" l’enseignement (« inutile de leur faire lire Racine, Descartes ou Montaigne : c’est trop compliqué pour eux et puis c’est tellement éloigné de leurs préoccupations »). On enseigne les humanités aux fils et aux filles de la bourgeoisie, tandis qu’on expérimente, sur les enfants des quartiers populaires, les nouvelles "pédagogies".


    Les moyens de résister

    Comment résister à cette entreprise d’affaiblissement de l’école publique ?
    Voici, pour conclure, quelques pistes :

        * En renforçant l’institution scolaire : il faut instaurer de la discipline, élever le niveau des exigences, instruire les élèves (et non les occuper ou les amuser).
        * En recrutant des professeurs compétents : il faut que ceux-ci soient recrutés sur concours nationaux, pour leurs savoirs ainsi que leur capacité à les transmettre le plus clairement et le plus rigoureusement possible.
        * En concentrant les moyens dans les établissements des quartiers populaires : les professeurs les plus puissants, les mieux formés, les plus savants doivent être envoyés dans ces quartiers et exiger des élèves ce qu’ils exigeraient des élèves d’un lycée comme Henri IV.
        * En cessant d’abaisser l’enseignement technique et professionnel : il faut que les élèves puissent en tirer une formation solide grâce à laquelle ils pourront trouver du travail, mais aussi suffisamment généraliste pour qu’ils puissent changer d’entreprise.


    © Marie Perret et UFAL-Ecole,  2008. Lire l'article sur son site d'origine

    1 - Responsable du secteur Ecole de l'UFAL (Union des Familles Laïques).
    2 - Sur ce texte de C. Morrisson, voir l'article
     Les risques calculés du néo-libéralisme sur ce blog.

    Voir le
     commentaire de Tristan Béal et la discussion entre Jean-Michel Muglioni et C. Kintzler 

     

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  • Charte pour la terre et l'Humanisme

    Pierre Rabhi sourire aux lèvres
    Les 8 propositions de Pierre Rabhi pour que le monde tourne rond

    « La planète Terre est à ce jour la seule oasis de vie que nous connaissons au sein d'un immense désert sidéral. En prendre soin, respecter son intégrité physique et biologique, tirer parti de ses ressources avec modération, y instaurer la paix et la solidarité entre les humains, dans le respect de toute forme de vie, est le projet le plus réaliste, le plus magnifique qui soit. »

    Les propositions qui suivent sont extraites de la Charte Internationale pour la Terre et l’Humanisme, écrite par Pierre Rabhi pour le mouvement Colibris, issue de son livre Vers la Sobriété Heureuse, paru en 2010 aux éditions Actes-Sud.

    Plus que de simples idées, ces propositions réinventent un modèle de société pour proposer une alternative au monde d’aujourd’hui. Pour que le temps arrête de n’être que de l’argent, pour que le silence redevienne merveilleux, pour que la logique du profit sans limites cède face à celle du vivant, pour que les battements de nos coeurs ne sonnent pas comme des moteurs à explosion, et enfin pour vivre et prendre soin de la vie.

    #1 : L’agroécologie, pour une agriculture biologique et éthique

    De toutes les activités humaines, l'agriculture est la plus indispensable, car aucun être humain ne peut se passer de nourriture. L’agroécologie que nous préconisons comme éthique de vie et technique agricole permet aux populations de regagner leur autonomie, leur sécurité et leur salubrité alimentaires, tout en régénérant et préservant leurs patrimoines nourriciers.

    #2 : Relocaliser l'économie pour lui redonner un sens

    Produire et consommer localement s'impose comme une nécessité absolue pour la sécurité des populations à l'égard de leurs besoins élémentaires et légitimes. Sans se fermer aux échanges complémentaires, les territoires deviendraient alors des berceaux autonomes valorisant et soignant leurs ressources locales. Agriculture à taille humaine, artisanat, petits commerces, etc., devraient être réhabilités afin que le maximum de citoyens puissent redevenir acteurs de l'économie.

    #3 : Le féminin au cœur du changement

    La subordination du féminin à un monde masculin outrancier et violent demeure l'un des grands handicaps à l'évolution positive du genre humain. Les femmes sont plus enclines à protéger la vie qu'à la détruire. Il nous faut rendre hommage aux femmes, gardiennes de la vie, et écouter le féminin qui existe en chacun d'entre nous.

    #4 : La sobriété heureuse contre le “toujours plus”

    Face au "toujours plus" indéfini qui ruine la planète au profit d'une minorité, la sobriété est un choix conscient inspiré par la raison. Elle est un art et une éthique de vie, source de satisfaction et de bien-être profond. Elle représente un positionnement politique et un acte de résistance en faveur de la terre, du partage et de l'équité.

    #5 : Une autre éducation pour apprendre en s'émerveillant

    Nous souhaitons de toute notre raison et de tout notre cœur une éducation qui ne se fonde pas sur l'angoisse de l'échec mais sur l'enthousiasme d'apprendre. Qui abolisse le "chacun pour soi" pour exalter la puissance de la solidarité et de la complémentarité. Qui mette les talents de chacun au service de tous. Une éducation qui équilibre l'ouverture de l'esprit aux connaissances abstraites avec l'intelligence des mains et la créativité concrète. Qui relie l'enfant à la nature, à laquelle il doit et devra toujours sa survie, et qui l'éveille à la beauté, et à sa responsabilité à l'égard de la vie. Car tout cela est essentiel à l'élévation de sa conscience.

    #6 : Incarner l'utopie

    L'utopie n'est pas la chimère mais le "non-lieu" de tous les possibles. Face aux limites et aux impasses de notre modèle d'existence, elle est une pulsion de vie, capable de rendre possible ce que nous considérons comme impossible. C'est dans les utopies d'aujourd'hui que sont les solutions de demain. La première utopie est à incarner en nous-mêmes, car la mutation sociale ne se fera pas sans le changement des humains.

    #7 : La terre et l'humanisme

    Nous reconnaissons en la terre, bien commun de l'humanité, l'unique garante de notre vie et de notre survie. Nous nous engageons en conscience, sous l'inspiration d'un humanisme actif, à contribuer au respect de toute forme de vie et au bien-être et à l'accomplissement de tous les êtres humains. Enfin, nous considérons la beauté, la sobriété, l'équité, la gratitude, la compassion, la solidarité comme des valeurs indispensables à la construction d'un monde viable et vivable pour tous.

    #8 : La logique du vivant comme base de raisonnement

    Nous considérons que le modèle dominant actuel n'est pas aménageable et qu'un changement de paradigme est indispensable. Il est urgent de placer l'humain et la nature au cœur de nos préoccupations et de mettre tous nos moyens et compétences à leur service.

    Crédit image : unifrance.org

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  • Et c'est moi qui suis "fou"...

    J'ai écrit ici il y a un an déjà que j'étais convaincu qu'il était prévu de faire entrer les entreprises dans les écoles et que tout cela ferait partie d'un désengagement de l'Etat vers une privatisation déguisée. 

    Et bien, voilà, voilà.....

    On nous dit dans l'article que les noms des banques ne sont pas cités. Manquerait plus qu'ils ouvrent un livret jeune aux élèves..... mais l'effet psychologique ne peut pas être occulté.

    "Les "gentils" banquiers sont là pour s'occuper de mes sous quand je serai grand."

    "Les "gentils" banquiers connaissent bien tous les problèmes liés à l'argent."

    "Les "gentils" banquiers seront toujours disponibles, compréhensifs et patients pour m'aider."

    C'est certain qu'actuellement, dans l'esprit de la population, les banquiers n'ont pas bonne presse. Il est donc "intéressant" pour eux  d'entamer une démarche de récupération des clients en s'adressant aux enfants.....Il leur a donc suffi de se tourner vers le Ministère. Entre copains, on se comprend.

    Personnellement, avec ma femme, on n'a pas attendu que des banquiers viennent voir nos trois enfants.

    Essayons d'imaginer ce qui restera du domaine parental dans 50 ans ...... La procréation ? Même pas certain....

    Et c'est moi qui suis "fou"..........Paranoïaque, troubles obsessionnels avec provocation.....Confusion mentale....

    J'ai la rage et je ne veux pas de leur vaccin.

    A l'aide d'un jeu de plateau, les enfants sont amenés à se poser des questions sur l'argent. ©Twitter/FBF

    A l'occasion de la semaine européenne de l'argent, des banquiers sont invités dans des classes de CM1/CM2 à donner une éducation financière et budgétaire aux enfants.

    Wall Street s'invite à l'école. A l'occasion de la semaine européenne de l'argent organisée par la Fédération bancaire européenne, lancée du 9 au 13 mars dans 22 pays, «Les clés de la banque» mettent en route l'opération «J'invite un banquier dans ma classe».

    Au programme, un professeur, une classe de CM1/CME, un jeu de plateau et… un banquier. Durant une heure, les enfants vont apprendre à bien gérer leur argent. «L'opération existe depuis cinq ans en Hollande», explique Anne-Catherine Derck, qui pilote le programme d'éducation financière «Les clés de la banque». A l'aide du plateau et de cartes questions-réponses, les écoliers répartis en petit groupe doivent atteindre le magasin de souvenirs avant que le rideau ne se ferme.

    Des cartes achats leur permettent de s'interroger sur des situations du quotidien. Ils devront par exemple répondre à cette proposition: «J'adore le dernier jeu vidéo qui vient de sortir. Il coûte 70€. Dans ma tirelire, j'ai justement 70€. Avant de l'acheter, à quoi dois-je réfléchir?». A chaque question correspond une réponse. «Il n'y a pas de mauvais comportement. On propose les différentes possibilités, précise Anne-Catherine Derck. Il y a un vrai besoin d'éducation financière à l'école. Le projet pilote a été construit avec des professeurs et un ludologue», ajoute la directrice du projet.

    Un quiz pour les enfants, une charte de déontologie pour les banquiers

    A l'origine prévu pour 25 classes, le projet concerne désormais cinquante-cinq. «Pour cette tranche d'âge, c'est un moment clé dans leur rapport avec l'argent, ajoute la directrice du projet. Ils vont commencer

    Le plateau du jeu ©Les clés de la banque

    à acheter au collège donc on veut anticiper». Les banquiers sont volontaires. «Ce cadre exclut toute démarche commerciale», assure le programme. «On ne cite pas le nom de leurs organismes, on ne donne pas de conseils ou de noms de produits. On informe», affirme Anne-Catherine Derck. Les banquiers signent une charte déontologique et n'animent pas la séance. Le professeur mène le jeu et le banquier n'intervient que «pour expliquer des points plus techniques».

    Afin de mesurer «l'acquisition des compétences» des enfants, un quiz est organisé à la fin de chaque séance. A terme, le programme aimerait «étendre l'opération à toute la France pour en faire un dispositif national».

    http://www.lefigaro.fr/argent/2015/03/10/05010-20150310ARTFIG00108-des-banquiers-s-invitent-dans-les-classes-d-ecole.php?utm_source=twitterfeed&utm_medium=twitter

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