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La folie
- Par Thierry LEDRU
- Le 24/02/2015
Un jour, j'écrirai un roman sur la folie.
J'écouterai cette musique en boucle.
Je regarderai dix fois par jour cette vidéo.
(remarquable performance de la jeune fille)
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Corps et Esprit. (spiritualité)
- Par Thierry LEDRU
- Le 24/02/2015
Votre esprit et votre corps ne sont pas séparables…
http://www.espritsciencemetaphysiques.com/esprit-corps-pas-separables-ce-tableau-explique.html
Combien de fois affronte-t-on nos journées en se demandant ce qui se passe vraiment dans notre corps en essayant de résoudre le problème mais sans jamais trouver de réponses? On pourrait aller voir un médecin et expliquer ce qui se passe. Il ne fait aucun doute que parfois ces choses peuvent réellement être le résultat de quelque chose que nous avons fait physiquement ou quelque chose que l’on aurait mangé etc, mais il y a beaucoup à dire sur notre état d’esprit et nos émotions et la façon dont cela se traduit dans notre physique.
L’être humain est à la frontière entre la matière et l’énergie, ce n’est pas un concept spirituel du nouvel âge. Notre corps a de l’électricité qui le traverse et ça circule grâce à des passages clairement définis. C’est le principe des points méridiens ou points d’acupuncture, populaires grâce à la médecine Chinoise. Donc si nous sommes composés d’énergie et que nous avons besoin de notre énergie pour bien circuler dans notre corps pour rester en bonne santé, est-il possible pour nous d’avoir des blocages ? Est-ce que les expériences que nous avons peuvent créer une énergie en sommeil ou coincée dans notre corps ?
L’illustration ci-dessous de la relation corps esprit est une représentation générale de la façon dont l’énergie, les expériences, les émotions ou des croyances que nous avons peuvent se stocker énergiquement dans le corps. Pour certains d’entre nous c’est comme être « actif », c’est vraiment un concept simple quand vous commencez à comprendre le fait que nos pensées, notre corps, nos émotions et nos sentiments sont tous liés à l’énergie. Et oui, permettez-moi d’être le premier à dire que chaque maladie ou mal va être directement lié à une certaine détresse émotionnelle, mais c’est toujours une chance ou une expérience pour nous de jeter un œil à ce qui pourrait se jouer.
Après tout, où est le mal à vouloir découvrir ses émotions et aller au plus profond de ses sentiments?
Tableau relation de Votre esprit et votre corps :

Conservez une réflexion simple, vous pouvez vous poser vos propres questions sur ce que vous pourriez ressentir dans cette zone. La première étape consiste à se débarrasser du doute que vous pourriez avoir derrière ce sentiment et la prochaine étape importante est de s’ouvrir et d’être honnête avec soi-même.
Votre esprit et votre corps suite
Vous pouvez aussi prendre quelqu’un comme caisse de résonance si c’est plus facile comme ça. Encore une fois, il est important d’être ouvert et honnête avec cela. Quand vous commencerez à comprendre ce que vous pouvez ressentir dans ces zones, demandez-vous comment c’est arrivé là, pourquoi vous pouvez le sentir de cette façon et enfin l’accepter pour ce qu’il est. Après avoir accepté ce sentiment, sachez que tout cela a été une expérience et maintenant il y a une chance pour que vous passiez au-delà.
Une fois que vous saurez comment vous vous sentez, vous aurez déjà fait un grand pas. Le problème ne sera pas d’avoir la même énergie et vous pourrez choisir comment vous vous sentez sur ce qui a créé le blocage. A la fin de la journée, le corps peut être un excellent outil pour vous montrer à quoi vous pourriez vous accrocher émotionnellement, énergétiquement et spirituellement. Avec un esprit ouvert, l’honnêteté et la réflexion, vous avez les outils pour aller au fond de votre problème et le mettre derrière vous pour de bon.
Par : Joe Martino
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KUNDALINI (5)
- Par Thierry LEDRU
- Le 24/02/2015

Les yeux fermés. Laisser passer les pensées comme des grosses mouches noires, ne pas chercher à les faire sortir au risque qu’elles bourdonnent encore plus fort. Aucune importance. Elles s’épuiseront devant l’indifférence neutre, l’acceptation…
Les yeux fermés et la lumière du soleil derrière les paupières, un soleil de plus en plus lointain, diffus, longues respirations, profondes, lentement, sans forcer, sans contrôle, juste un regard aimant sur le flux qui se diffuse dans son corps.
Les yeux fermés.
Le corps évanescent…
Elle aurait pu s’enfuir, elle le sait. Elle est allongée sur une sorte d’autel mais il n’y a pas de liens. Elle pourrait se lever et partir mais elle n’en a pas envie. Un mélange d’inquiétude et de désir, de curiosité et de confiance, comme un rituel nécessaire.
Elle est nue. Le corps entièrement huilé. La lumière n’est pas constante, une alternance de sursauts flamboyants et de pénombre.
Elle a vu son visage. Un homme aux muscles saillants, la peau tannée, les longs cheveux noirs tombant sur ses épaules. Le corps sec et vigoureux, des fibres tendues comme des cordes d’arc, des stries sur son torse, des cuisses massives, des bras noueux. Un regard d’aigle, jaune, deux fentes étroites.
Un Indien. Elle en est certaine.
Il est nu. Elle devine dans les flashs de clarté son sexe érigé.
Elle sent ses larges mains parcourir son corps, étaler lentement, minutieusement une huile tiède et parfumée.
Un Indien. Elle ne comprend pas.
Elle devine les parois d’une habitation troglodyte, son regard parcourt les lieux et s’échappe quelques instants. Elle plane comme un rapace au-dessus d’un massif montagneux. L’entrée d’une grotte au milieu d’une falaise. Des murs de pierres sèches, aucune végétation. Comment a-t-elle pu arriver jusque-là ? Comment est-ce possible de se déplacer ainsi dans les airs ? Elle se voit dans la pénombre et elle surplombe les horizons. Une double vue.
Les mains de l’Indien glissent entre ses cuisses, massent son bas-ventre, remontent vers ses seins, enveloppent son visage, ses doigts comme des pattes d’insectes parcourent son crâne et elle sent des flux d’énergie la remplir, son corps vibre comme une étoile, rayonne, se dissipe dans un champ lumineux qui l’enveloppe, elle rayonne, elle rayonne.
Abandonnée. Aimante. Lascive.
Elle ne comprend pas mais le désir est immense. Elle attend.
Elle voit bouger les lèvres de l’Indien mais aucun mot ne lui parvient. Elle sait pourtant qu’il lui explique quelque chose d’important, quelque chose qu’elle doit comprendre, qu’elle doit saisir.
Corps et Esprit…
Comme un mantra infiniment répété en elle, comme si les mots du vieil homme glissaient en elle sans qu’elle ne les entende.
Corps et Esprit…
Elle ne comprend pas.
Les mains sur son corps l’électrisent, l’impression d’être enveloppée dans un cocon d’huile tiède, les pointes de ses seins sont comme des bourgeons gorgés de sève. La chaleur ruisselle entre ses cuisses.
Il a posé son sexe contre les lèvres de sa vulve. Elle devine des pressions infimes, des va-et-vient très lents, sa verge glisse de haut en bas, le long de la vallée humide. Un canyon qui s’ouvre. Elle veut l’accueillir.
Il glisse en elle. Très lentement.
Elle voit son corps s’illuminer, son ventre est zébré d’éclairs orangés, elle sent les parois de son sexe qui s’ouvrent et enveloppent la verge.
L’impression qu’elle va l’absorber, intégralement, qu’elle n’a jamais été aussi ouverte, l’impression que ce voyage n’est pas pour elle, que les territoires vont l’engloutir, la lumière est trop forte…C’est comme une explosion concentrée, une énergie qui va la pulvériser.
Elle ouvre les yeux en sursaut. Éblouissement. Elle se redresse vivement. La tête qui tourne. Elle a les mains posées entre les cuisses. Elle regarde autour d’elle.
Personne.
Un vertige qui l'oblige à fermer les yeux. Longues respirations.
Elle se lève lentement et entre dans le salon par la baie vitrée. Elle se sert un verre d’eau et s’assoit.
Toujours ce rêve… Depuis combien de temps déjà ?
Elle avait mis ça sur le compte de son manque. Aucune relation sexuelle depuis un an. Une libido qui s’amuse.
Mais jamais ce rêve n’avait été aussi précis, jamais en pleine journée, dans le temps suspendu d’une simple sieste.
Comme si enfin, le scénario complet se dévoilait.
Où était-elle ? Qui était cet Indien ? Elle n’avait jamais eu de fantasmes de cet ordre. Laurent n’aimait pas les massages. Il n’avait pas assez de patience pour ça. Pas avec elle en tout cas…Peut-être pas assez d’amour pour elle finalement. Juste assez pour des relations sexuelles habituelles.
Elle se leva rageusement. Elle ne voulait plus de ces pensées rebelles qui venaient salir leur vie commune. C’était trop facile finalement. Elle n’avait qu’à le lui dire si elle avait eu d’autres désirs.
Mais elle n’en avait pas justement.
Ce qui rendait ce rêve encore plus incompréhensible.
La puissance de cette présence, la précision des sensations, son sexe en elle, ce rayonnement intérieur.
Elle se dirigea dans la chambre et se posta devant le miroir oblong.
Un regard scrutateur sur son corps. Que vivait-il dans le secret des songes ? Qui retrouvait-il ? Elle passa ses mains sur son ventre, sur ses seins. Les yeux fermés. Une présence. Il était toujours là. Elle le sentait encore...
Elle se regardait comme à travers les yeux de son initiateur. Il la trouvait très belle. Il aimait le galbe tendu de ses seins, la douceur et la fermeté de sa peau, les muscles présents, il aimait jouer avec ses cheveux bouclés, il les caressait et les étalait délicatement sur ses épaules. Elle sentait son odeur, comme le parfum de la terre après la pluie. Il tenait son visage entre ses mains. Et c’était comme s’il lisait en elle.
Et ce qu’il lisait était bien plus beau que son corps. Mais elle ne savait pas ce qu’il voyait, comme si cette lumière trop puissante qui l’avait sortie de son rêve, établissait un voile entre elle et cette compréhension à saisir…
Elle sortit de ses pensées en agitant la tête.
« Tu devrais faire tes exercices et couper tout ça. »
Elle retourna dans le salon.
Elle déplia un rectangle de mousse et l’étala au sol. Elle vérifia que l’amplitude de ses gestes ne l’amènerait pas à heurter un meuble puis elle s’allongea.
Elle aimait avant même la salutation au soleil s’accorder un moment d’immobilité.
Les yeux fermés, respiration visuelle, suivre le flux d’air dans son corps, imaginer les particules d’oxygène se mêler au sang. Observer la vie en soi.
Deux heures d’exercices.
…
Fin de journée. Elle était retournée au soleil avec un livre. Un an qu’elle n’avait pas ouvert un roman. Elle aimait les histoires policières, les thrillers tendus et rapides, un panel de personnages qu’elle s’amusait à visualiser avec des acteurs connus, comme un réalisateur de cinéma.
Le soleil bascula de l’autre côté de la crête des montagnes.
Elle prit une longue douche et se prépara une salade composée.
Elle sortit le carnet que Sophie lui avait confié. Les randonnées du secteur.
Elle lut quelques descriptifs, regarda les photographies, étudia la carte puis elle décida de commencer par une sortie aquatique.
« Remonter une gorge sur deux kilomètres, passages obligés dans l’eau à quelques endroits, quelques blocs à escalader (cotation III), atteindre une première grande vasque. Pour les plus courageux, franchir un verrou rocheux par la droite (cotation III+) puis en ½ h, atteindre un très large bassin surplombé de magnifiques rochers (profondeur suffisante pour les plongeons.) »
Elle se dit qu’il ne devrait pas y avoir foule au vu du descriptif assez sportif.
Elle enfila une longue tunique, mit des sandales à lanières de cuir et sortit du camp au coucher du soleil. Elle salua quelques résidents, entendit quelques baigneurs dans la piscine, des joueurs de pétanque, une partie de cartes sous le patio commun…Des rires, des discussions, des jeux. Tout le monde était nu. Elle vit passer deux enfants qui se poursuivaient en criant.
Elle croisa un jeune couple. Mains enlacées. Le bonheur les illuminait.
Elle leur sourit avec un pincement au cœur.
Elle s’engagea sur un chemin de terre en direction de l’extrémité du plateau. Elle s’arrêta sur un monticule et observa les horizons. Elle réalisa que dans le chaos de ses pensées, pendant la route, elle n’avait pas réellement pris conscience de la beauté des lieux.
Un immense plateau herbeux, parsemé de roches et de bois de résineux. Un ruisseau qui serpentait et disparaissait dans la pente qui s’inclinait à l’Ouest. Elle devinait une faille, une rupture de l’étendue, comme un effondrement gigantesque. Elle se remémora les détails de la carte de randonnée pour tenter de s’orienter dans le fouillis minéral. Des sommets, des pentes, des alpages, des vallons, des gorges, des torrents, des forêts immenses, des chaos de roches, des prés couverts de fleurs d’altitude, quelques nuages isolés sur le tissu rougi du ciel.
Et le silence.
Elle remercia intérieurement Sophie.
Elle marcha encore quelques temps, passant d’une pensée à une autre, et elle voulut se réjouir de n’avoir pas eu de pensées tristes. Ce qui l’attrista immédiatement.
Elle s’assit sur un rocher solitaire. Elle posa ses mains sur la pierre et sentit la chaleur emmagasinée.
« Ne pas vouloir penser à quelque chose et y penser aussitôt. Comme si la volonté n’avait aucune emprise sur la pensée elle-même. C’est effrayant. »
Elle se surprenait elle-même de ces réflexions étranges qui survenaient depuis quelques temps.
Tout autant que ce rêve.
Cette impression indéfinissable d'être quelqu'un d'autre et le déni immédiat d'une pensée aussi absurde.
"Tu as juste besoin de te changer les idées, cocotte. Un an à tourner en rond dans ta tête, évidemment, ça donne des vertiges. De longues balades en montagne et au bord des torrents et tout rentrera dans l'ordre."
...
Elle contempla une dernière fois les couleurs pastel du jour qui s'éteint et elle rentra.
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KUNDALINI.(4)
- Par Thierry LEDRU
- Le 22/02/2015
"Il fallait dorénavant que se lèvent les brises tièdes des bonheurs simples. Qu’elle se réchauffe paisiblement au cœur des montagnes et de leurs trésors.
Une route sans issue. Étroite et sinueuse. Un vieux goudron craquelé. Où donc allait-elle arriver ? Comme coin perdu, effectivement, il devait être difficile de trouver mieux. Un espace ouvert au fond d’une vallée, de longues pentes herbeuses parsemées de forêts de mélèzes. Des crêtes dentelées dans les cieux, la pureté de la lumière…
Elle gara son véhicule sur le parking des visiteurs et elle sortit.
Un bain de silence.
Une haute palissade en bois clôturait les lieux.
Elle se présenta à l’accueil.
« Bonjour, je suis Madeleine Leauvinair. J’ai réservé le bungalow de l’allée des pierres.
-Oui, bonjour Madame Leauvinair. Vous avez fait bonne route ? Pas eu trop de mal à nous trouver ? »
Une belle femme d’une cinquantaine d’années. Une longue chevelure, un visage lumineux, une peau hâlée, des seins lourds et fermes. Nue.
« Non, aucun problème, ma sœur m’avait tracé un itinéraire parfait. Vous êtes dans une région magnifique.
-C’est la première fois que vous venez par ici ?
-Non, je connais un peu, j’étais déjà venue il y a quelques années. »
Avec Laurent.
Elle n’en dit rien.
« Je vais vous montrer votre emplacement et je vous laisserai vous installer. Vous pouvez garer votre véhicule juste à côté. Je vous donne le planning des activités si cela peut vous intéresser. Nous organisons des rando nues, des journées escalade, des rando aquatiques, des visites de villages traditionnels ou de hameaux, des chapelles, des musées de la vie paysanne, des rencontres avec des artisans de la région. Nous sommes en lien avec plusieurs moniteurs diplômés dans les activités sportives. Vous aurez aussi toutes les activités à l’intérieur du centre, piscine, tir à l’arc, fitness, des concours sportifs, des repas communs en soirée. Mais vous avez bien évidemment tout loisir d’organiser vos journées à votre guise. Il suffit juste de ne pas oublier de s’inscrire lorsque les activités sont présentées, tous les lundis matins pour la semaine. On tient compte bien entendu des conditions météorologiques mais en juillet, nous sommes habituellement gâtés par le soleil.
-Et bien, je vous remercie pour toutes ces précisions. Je vais déjà me reposer quelques jours et j’aviserai.
-Vous verrez, vous êtes dans sur un emplacement très calme, un peu à l’écart et vous n’avez aucun voisin immédiat. Pour le repos, c’est idéal. »
Un emplacement gravillonné pour garer son véhicule.
Un bungalow largement assez grand pour elle. Une belle terrasse dominée par une pergola et un store repliable.
Elle avait rapidement plié ses quelques vêtements dans la commode et la penderie, garni le réfrigérateur, rangé divers aliments dans les placards de la cuisine.
Un aménagement en bois clair, un simple confort, beaucoup de lumière et des stores pour garder la fraîcheur si nécessaire.
Elle était heureuse de retrouver un espace de vie limité, comme si les dimensions de sa maison l’étouffaient. Elle avait besoin d’un cocon plus étroit, elle avait besoin de ne plus sentir autour d’elle cet espace vide de son homme…
Des sursauts de tristesse qui jaillissaient comme des diables persécuteurs.
Elle rejeta l’image de ce néant affectif et sortit sur la terrasse.
Elle se dévêtit, étala une serviette éponge sur le bain de soleil, huila son corps et s’allongea.
Fermer les yeux. Ne plus penser. Entrer dans le silence.
Respiration, visualisation.
Méditation.
Elle s’obligea à penser quelques minutes aux exercices à effectuer. Pas question de s’abandonner pendant trois semaines. De toute façon, la détente physique lui était indispensable. Elle visualisa une série de postures, imaginant les torsions de son corps, la profondeur des respirations, le calme en elle.
Puis elle s’abandonna à l’absence.
Elle écouta distraitement le chant d’un oiseau, puis les murmures du vent dans les frondaisons.
L’impression soudaine qu’elle ne s’était jamais arrêtée de penser depuis un an. Même dans ses séances de yoga. Pas celles du centre où elle devait rester attentive aux autres mais celles qu’elle pratiquait pour son bien-être. Comme une machine mentale mue par un mouvement perpétuel. Elle reconnut encore une fois qu’elle aurait dû s’intéresser davantage aux pratiques spirituelles associées au yoga. Elle s’était toujours contentée des exercices physiques et de quelques expériences méditatives. Sans jamais vraiment approfondir cette dimension.
Il lui avait toujours suffi d’être en paix avec son corps, de le préserver, de l’assouplir et de l’endurcir, de l’éprouver jusque dans les moindres fibres.
Le manque était là. Une certitude aujourd’hui. Elle ne connaissait pas grand-chose de son esprit. Ce sentiment désagréable d’avoir œuvré une bonne partie de sa vie à entretenir les murs d’une citadelle sans jamais regarder à l’intérieur de l’enceinte."

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KUNDALINI (3)
- Par Thierry LEDRU
- Le 22/02/2015

Gap… Barcelonnette… L’Ubaye… Allos...Colmars… Elle regarda encore une fois l’itinéraire que Sophie lui avait dessiné. Une vingtaine de kilomètres et elle serait arrivée. Une route sinueuse bordée de mélèzes, accrochée aux flancs de la montagne. Elle apercevait en contrebas un cours d’eau cristallin.
Elle se réjouissait de retrouver les paysages lumineux, les grands espaces, le parfum des forêts de résineux, l’harmonie chaotique des montagnes, les torrents et les vasques d’eau pure.
Sophie lui avait donné plusieurs pistes de randonnées, dans des coins perdus.
Le soleil. Nue, au bord d’un ruisseau. Se baigner dans des bassins naturels, s’allonger sur les dalles chaudes et fermer les yeux.
Elle avait besoin de cette paix du monde pour retrouver la paix en elle. Cesser enfin de se torturer comme s’il fallait immanquablement trouver des explications au désastre. Des responsables, la liste trop longue de toutes les erreurs, de tout ce qu’il aurait fallu accomplir pour que ça n’arrive pas.
Mais qu’aurait-elle pu faire de plus ?
Elle l’avait aimé. Elle l’aimait encore. Malgré tout. Et ce sentiment étrange la troublait considérablement. Comme si rien ne pouvait effacer le chemin parcouru. Elle avait cherché des signes tangibles d’une souffrance chez Laurent et elle n’en trouvait pas. Elle avait éprouvé de la colère, de l’incompréhension, du déni, des regrets, elle aurait aimé tenter de le retrouver, de l’écouter, de partager sa vision de l’existence, de l’amour, de la sexualité… Il avait préféré disparaître.
Tout s’était fait dans l’urgence, comme s’il ne lui était soudainement plus possible d’en supporter davantage et elle avait ressenti devant cette attitude déterminée un sentiment de trahison.
Puis un soulagement.
Finalement.
Est-ce qu’il aurait été préférable qu’ils continuent à vivre ainsi, l’un à côté de l’autre, alors qu’il aurait rêvé d’une autre vie, est-ce qu’il aurait été plus doux qu’elle ne sache rien ? Peut-être, un jour, devant le poids de l’âge et la puissance destructrice du remords, peut-être lui aurait-il révélé la vérité. Et elle aurait senti tomber sur elle la masse froide et torturée d’une vie perdue.
Elle l’imagina murmurer sur son lit de mort d’une voix affaiblie qu’il aurait préféré vivre avec un homme.
La violence infinie d’une vie gâchée.
Elle l’aimait pour avoir su sortir de ce carcan assassin.
Et la délivrer elle aussi.
Non, elle n’avait plus de colère. Même pas contre elle-même. Elle ne pouvait rien se reprocher. Elle avait toujours écouté ce qu’il avait à dire mais il n’en avait rien dit. Quels reproches pourraient-elles s’attribuer ?
La sexualité… Elle n’avait jamais ressenti chez Laurent la moindre déception. Ils avaient su entretenir la flamme.
Elle se souvenait malgré tout de quelques ressentis inconnus en elle. Comme si l’orée lumineuse d’un territoire immense s’était parfois laissé entrevoir, des orgasmes comme des clés sans qu’elle en trouve la serrure.
Avait-il éprouvé la même chose ? Avait-il basculé pour explorer ce territoire, comme un aventurier qui n’en peut plus de parcourir inlassablement des espaces défrichés ?
Elle n’avait pas gardé de ces instants fugaces le sentiment que la découverte possible dépendait d’un amour physique, d’un attachement à une personne, d’une pratique sexuelle, d’une complicité de couple.
Il s’agissait d’autre chose mais elle ne savait l’identifier.
Comme un éclat blafard dans le brouillard des jours. Comme si les lumières qui éclairaient son chemin de vie n’étaient finalement que des chimères ou des falots insuffisants.
Elle s’en voulait un peu de ternir ainsi les souvenirs les plus beaux.
Douloureux constat d’une intimité trompée. Et pourtant cet indispensable pardon puisqu’il s’agissait d’une délivrance commune.
Elle ne supportait pas cette projection dans un avenir lointain, cette révélation toujours repoussée qui aurait fatalement été mise à jour. Il avait eu le cran de le dire. Même s’il s’était enfui. Comme si le regard des gens connus lui était insupportable, comme si cette homosexualité mise à jour le condamnait à la réclusion.
Elle en éprouvait désormais une tristesse insoumise.
Ce chaos des sentiments l’avait épuisée, ces sempiternelles pensées qui l’assaillaient, ce leitmotiv des questions sans réponses.
Elle avait infiniment besoin de retrouver la paix.
Méditer, nue, au soleil. Dans le silence.
Ils avaient vécu de nombreuses échappées inoubliables. Des voyages dans les îles, des plages désertes, des montagnes où la pureté des cieux glissait en eux. Elle se souvenait d’étreintes enflammées dans les herbes hautes ou sur des dalles de calcaire, près des ruisseaux ou des torrents, des bains revigorants sous des cascades glacées, allongés dans l’ombre douce des forêts sur des tapis de mousses épaisses. Ils s’étaient aimés dans les bras accueillants de la Nature.
Elle aimait tant cette osmose au sein de la Terre.
C’est là, et uniquement là, dans le cadre ouvert des espaces qu’elle avait éprouvé des orgasmes inconnus, toujours suspendus, comme s’il lui manquait la connaissance nécessaire pour franchir le seuil.
Elle ne lui en avait jamais parlé.
Sans se l’expliquer. Une pudeur qu’elle se reprochait désormais.
Peut-être avait-elle gâché le plus beau des voyages, peut-être qu’en se dévoilant, intégralement et non seulement son corps, elle aurait pu éveiller en lui l’euphorie d’un voyage intérieur à vivre.
C’est peut-être ça qu’il avait décidé de vivre de son côté.
Mais pourquoi n’en avait-il rien dit ?
Aucun reproche puisqu’elle n’avait su le faire.
La distance pernicieuse des silences qui s’imposent.
Tout ce qu’elle avait découvert d’elle-même depuis qu’elle n’existait plus pour lui.
Cet amour partagé n’était-il donc qu’une accumulation de silences ? Jusqu’à ce jour fatal du trop-plein qui déborde. Comme des mots barbares qui prennent le pouvoir et lancent leurs armées rebelles sur des terres ravagées.
Le territoire de leur amour perdu était couvert de cendres.
Il fallait dorénavant que se lèvent les brises tièdes des bonheurs simples. Qu’elle se réchauffe paisiblement au cœur des montagnes et de leurs trésors.
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Libérer les Mémoires cellulaires
- Par Thierry LEDRU
- Le 22/02/2015
1. La libération des mémoires cellulaires
http://guerisonintuitive.com/1-la-liberation-des-memoires-cellulaires
Qu’est-ce que les mémoires cellulaires ?
Dès notre conception, nous enregistrons dans notre corps des émotions liées à des événements vécus qui nous ont blessés, voire traumatisés. Le plus souvent, par un mécanisme de protection, ces événements ont étés refoulés, nous laissant inconscients des conséquences qu’ils génèrent aujourd’hui dans nos vies. Pourtant, bien ancrées dans nos cellules, ces mémoires sont responsables de biens des maux et nous empêchent de nous épanouir librement.
Elles sont à l’origine de la plupart de nos maladies, mais aussi de nos comportements négatifs et de nos schémas répétitifs de vie. Même ce que nous caractérisons comme nos traits de caractère sont imprégnés de ces mémoires que nous portons malgré nous et qui ne demandent qu’à être conscientisées et libérées.
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Quelles sont les conséquences de nos mémoires cellulaires ?
Lorsque des évènements ont été malheureux et que la charge émotionnelle qu’ils ont générée a été trop forte pour être libérée, alors une empreinte restera gravée dans notre mémoire corporelle nous perturbant chacune à sa manière. Nos mémoires ont donc des conséquences aussi diverses que nombreuses dans notre vie. Toutefois, la plupart d’entre elles peuvent se regrouper en 3 catégories :
- Elles peuvent se matérialiser dans notre corps physique en donnant naissance à des douleurs et des maladiesqu’on qualifie alors de « psychosomatiques ».
- Elles peuvent être responsables de nos comportements et même de ce que nous appelons plus communément nosdéfauts.
- Elles peuvent provoquer certains événements et certains schémas répétitifs de vie.
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1. L’impact des mémoires sur les maladies… « C’est psychosomatique ! »
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Tout d’abord, je veux préciser ce que sont les maladies « psychosomatiques», car trop souvent encore on associe ce terme au fait que la maladie n’existe pas et qu’elle est juste imaginaire. Or, les maladies psychosomatiques ne sous entendent pas ça, elles ne signifient pas que cela se passe « dans notre tête ». La maladie ou la douleur existent bel et bien, mais elles ont une origine psychique, psychologique et/ou émotionnelle plutôt que physique.
De manière plus scientifique, nous remarquons que sous l’effet du stress, l’organisme produit des hormones corticoïdes qui abaissent les défenses immunitaires, ce qui expose immanquablement l’individu aux affections.
D’ailleurs, des études récentes semblent indiquer que les maladies psychosomatiques seraient à l’origine de 40 à 50 % des visites chez le médecin et quelques praticiens vont encore plus loin en considérant que quasiment toutes les maladies sont psychosomatiques.
Qu’est- ce que la somatisation ?
De façon assez simple on peut expliquer la somatisation comme la traduction physique d’un conflit ou d’une souffrance psychique. D’une certaine manière, le corps reflète à l’extérieur ce qui se passe à l’intérieur. Bref, ce qui ne s’exprime pas s’imprime.
Quels sont les principaux symptômes ?
La liste n’est pas exhaustive, mais d’une manière générale, voici les plus courants :
- La plupart des troubles gastro-intestinaux constituent les maladies psychosomatiques les plus fréquentes : le foie, les intestins, le côlon, …
- Les maladies de la peau auraient, elles aussi, souvent une origine psychique. Le psoriasis, les verrues, l’herpès, la transpiration excessive, la couperose, les dartres et les aphtes apparaissent lors de contrariétés et d’émotivité.
- Chez les nourrissons et les enfants aussi, la somatisation va prendre place : l’eczéma, l’insomnie, le dérèglement du sommeil, les vomissements, l’asthme, les retards de croissance…
- Même l’évolution de certains cancers serait, d’après certains scientifiques, attribuables aux dérèglements psychiques. Le savant américain Lawrence Le Shan a déterminé qu’une solitude brutale, un choc émotif violent ou un état psychologique désespéré pouvaient intervenir sur la morbidité cancéreuse.
- Les déséquilibres de l’alimentation comme la boulimie et l’anorexie ou encore l’alcoolisme, l’obésité et les maladies cardio-vasculaires liées à une consommation excessive de certains aliments gras ou sucrés… sont également souvent la conséquence d’émotions très fortes.
- L’hypertension artérielle et les migraines se retrouvent également au nombre des symptômes présentés lors de dérèglements émotifs..
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2. L’impact des mémoires sur notre comportement et notre personnalité
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Lorsque nous vivons une émotion dans le présent qui résonne avec une émotion passée, celle-ci va enclencher un processus de reconnaissance. Notre corps va retrouver dans sa base de données l’expérience similaire et l’émotion y étant liée pour ainsi se réactiver. De ce fait, elle peut accentuer, amplifier voire complètement exagérer l’émotion du présent. C’est à cause de ce fonctionnement que certains se mettent en colère pour une bêtise, que d’autres dépriment pour un simple incident et que d’autres encore se retrouvent dans des états de terreur et de panique. C’est ainsi que les personnes phobiques ou dépressives se font, malgré elles, rattraper par leurs émotions d’origine, sans qu’il ne leur soit possible de les contrôler.
Symptômes les plus courants
- Phobies, dépressions, angoisses, insomnies, nervosité, …
- Agressivité, colère, comportement destructeur, …
- Timidité, manque de confiance, échecs, sentiment d’insécurité, …
- Laxisme, indécision, irritabilité, tristesse, honte, culpabilité, …
- Difficulté à lâcher prise : peur de ne pas contrôler
- Difficultés relationnelles, difficultés à communiquer
- Peur de l’inconnu et du changement
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Exemples
- Une phobie de l’eau peut simplement venir d’une mémoire contractée durant l’enfance si vous avez failli vous noyer. Dans ce cas, la vue de l’eau réactive chez vous l’émotion de ce fameux événement. Par contre, cette phobie peut aussi être une mémoire que vous héritez, elle peut vous avoir été transmise par votre grand-mère qui a perdu son fils lors d’une noyade.
- Une difficulté à s’engager dans une relation durable, peut venir d’une volonté d’éviter à tout prix une éventuelle séparation que vous auriez vécue dans votre enfance et d’ainsi ne pas revivre une telle souffrance. Elle peut aussi venir d’une blessure d’abandon face à une personne que votre maman aimait et qui est partie. Elle vous a alors transmis cette peur de revivre cette même souffrance.
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3. L’impact des mémoires sur les événements et les schémas répétitifs de notre vie
« Tout ce qui ne vient pas à la Conscience se retrouve sous forme de destin »
Carl Gustav Jung
La psychogénéalogie ou ces ancêtres qui nous lèguent leurs vécus.
Lorsque l’on dit que notre caractère ressemble à celui d’un de nos parents, de nos oncles ou de notre grand-père, c’est simplement parce que l’on est porteur des mêmes bagages émotionnels, des mêmes mémoires. Et de la même façon, ils nous lèguent aussi leurs histoires et leurs vécus. Le plus impressionnant quand on fait un travail en psychogénéalogie, c’est lorsque l’on s’intéresse aux événements de chacun des membres de notre famille et surtout à ceux de nos aïeux. Quand on commence à s’attarder sur les dates autant que les faits on peut trouver d’étranges similitudes dans les échecs, les décès, les trahisons, les ruptures, le nombre d’enfants, d’avortements ou de fausses couches ; mais aussi dans les rapports qu’ils avaient entre eux, les disputes, les abandons ou les rejets qui ont étés vécus. C’est là qu’on identifie clairement les cycles de répétition de notre ligné familiale.
Toutefois, au-delà de celles-ci, existent aussi nos propres cycles et nos propres schémas répétitifs de vie que nous aussi nous lèguerons à nos enfants et à toute notre descendance. Pour nous-même comme pour eux, il est de notre devoir de couper ces liens qui nous maintiennent dans ces spirales infernales.
Symptômes à répétition
- Stérilité, fausses couches, complications des grossesses, …
- Séparations, humiliations, abandons, rejets, trahisons, …
- Échecs professionnels, relationnels, amoureux, …
- Maltraitances, incestes, abus de pouvoir, violences, …
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Exemples de cas
- Une stérilité pourra être la conséquence d’une de nos ancêtres morte lors d’un accouchement, ainsi pour éviter ce danger de mort, le corps ne permettra pas de naissance.
- Quelqu’un qui sera régulièrement trahit dans ses relations amoureuses peut transporter dans sa mémoire la croyance de sa grand-mère qui était que tous les hommes trahissent.
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Comment prendre conscience de ses mémoires cellulaires ?
C’est dans notre histoire, dans notre passé que nous pouvons trouver la source de nos problèmes et les réponses à nos questions. Malheureusement, tenter de percer les secrets de notre inconscient ne s’avère pas toujours aussi simple quand on décide de faire cavalier seul. Lorsque nous allons mal, nous avons tendance à garder le nez dans nos problèmes, or il faut commencer par pouvoir prendre du recul et regarder sa propre vie sous un autre angle. Ensuite, cela implique également de sortir de son mental, de laisser de côté les jugements et les analyses pour simplement être à l’écoute de nous-même, de nos émotions, de nos ressentis et de notre intuition, car c’est dans notre inconscient que sont allées se cacher nos blessures et nos mémoires de souffrances. Par instinct de survie, le corps nous protège de cette souffrance et lorsque celle-ci est jugée trop douloureuse, il se charge de l’engloutir et de l’oublier. Toutefois, bien qu’oubliées ces blessures et ses souffrances sont toujours à l’intérieur de nous. Elles subsistent dans notre subconscient et sont souvent somatisées.
C’est par la reconnexion à notre enfant intérieur que nous pourrons prendre conscience des souffrances, des croyances et des peurs qui nous maintiennent dans nos schémas négatifs. C’est en en se reconnectant à l’enfant blessé en nous que nous pourrons enfin faire remonter à la surface la cause même de notre problème pour nous en libérer. Nous pourrons alors « ressentir » en conscience cette blessure originelle, car ressentir, ce n’est rien d’autre que « sentir à nouveau ». Lorsque nous ressentons quelque chose nous ne faisons que laisser émerger en nous les mémoires de ce que nous avons sentis la toute première fois. C’est d’ailleurs très clairement le cas des phobies. Lorsqu’un enfant qui s’est fait mordre par un chien, garde une fois adulte, une peur panique envers les chiens, son corps ne fait que lui remémorer sa première peur. Les phobies sont des cas assez extrêmes et supposent presque toujours un choc voire un traumatisme déclencheur, mais dans une moindre mesure, il en va de même pour toutes nos mémoires, le fonctionnement psychique est identique.
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Comment se libérer de ses mémoires cellulaires ?
Lorsque nous avons trouvés et pris conscience de l’origine de notre mal, le plus gros du travail est fait. En effet, reprendre contact avec les émotions qui ont été refoulées et réprimées, les laisser s’exprimer et couler librement dans notre corps est ce qui nous libère vraiment.
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Trucs et astuces pour se libérer de ses mémoires cellulaires
Il n’est pas toujours simple de prendre conscience des mémoires que notre corps porte en lui, nous sommes souvent coincés dans nos schémas et nous avons de la difficulté à sortir de notre personnalité émotionnelle et mentale pour prendre le recul nécessaire de l’observateur. L’aide d’un thérapeute est donc parfois nécessaire, car il apporte souvent un nouveau regard sur votre histoire, votre maladie ou votre mal être. Le thérapeute lui-même doit d’ailleurs parfois s’en remettre à un de ses collègues pour prendre conscience de ce qui se passe en lui, c’est tout à fait normal de se faire aider à certains moments de sa vie.
Malgré tout, il nous est possible d’effectuer une grande partie du travail seul et de s’engager dans sa propre déconstruction et déprogrammation de ses mémoires. Pour cela, il nous faudra faire preuve de volonté, de patience et de persévérance, mais comme tout ce que nous entreprenons de nouveau dans notre vie, c’est à force de travail et d’expérience que nous parvenons à la réussite. Pour vous aider, voici donc quelques trucs et exercices qui vous permettront d’entamer cette libération :
- Lorsque des douleurs ou des symptômes apparaissent, notez tout ce qui a pu se passer dans votre vie au même moment ou quelques temps avant. Soyez aussi attentif à ce à quoi vous avez pensé ou à ce qui vous a tracassé voire angoissé, puis n’oubliez pas de prendre également en compte les émotions et les ressentis qui vous ont traversés. Surtout, ne négligez aucun point sous prétexte qu’il soit anodin, car vous seriez surpris de voir à quel point nous pouvons être déconnectés et inconscients de nos propres causes de souffrance.Nous n’avons pas l’habitude de prêter attention à toutes ces choses et nous minimisons souvent l’effet qu’elles peuvent avoir. D’ailleurs, plus qu’une question d’inattention, il s’agit d’une réaction de protection face à la souffrance. Lorsque quelque chose nous touche et nous blesse, instinctivement nous avons tendance à le chasser pour ne pas souffrir. Combien de fois même ne donnons-nous pas ces conseils « n’y pense plus », « chasse toi ça de la tête », « tourne la page », « passe à autre chose », …
- Chaque fois qu’il vous arrive d’être en colère, blessé ou triste, chaque fois qu’une émotion surgit en vous, observez ce qui l’a provoquée. Tentez de rester détaché de l’émotion pour uniquement observer sans jugement le sentiment déclencheur de l’émotion. Interrogez-vous sur la cause réelle de ce qui a fait rejaillir cette émotion. Je conseille parfois aux gens de se poser juste la question « pourquoi ? » et de voir ce qui se cache réellement derrière. Par exemple, si quelqu’un vous fait une remarque sur votre travail, demandez-vous ce qui vous fait vraiment réagir. Est-ce simplement le fait que cette remarque ne soit pas justifiée ou persiste-t-il derrière une émotion liée au manque de reconnaissance qu’à votre supérieur, faisant émerger chez vous le souvenir d’un parent qui ne vous a pas reconnu, qui n’a pas reconnu vos qualités. Reprenez contact avec votre corps et vos émotions, apprenez à ressentir et à définir vos émotions. La méditation et la relaxation sont de très bons outils pour renouer avec son Être. Si vous ne savez pas comment vous y prendre, il existe des tas de méditations guidées sur internet qui vous aideront. Les exercices de respiration consciente sont aussi efficaces et assez simples, ils vous permettront de réintégrer rapidement les sensations de votre corps. S’il est si important de retrouver l’intégralité de ses ressentis dans son corps, c’est parce que pour prendre conscience de nos mémoires il nous faut être à l’écoute de ce qu’elles nous disent et leur langage s’effectue par votre corps, c’est leur moyen d’expression. Pour les voir et les comprendre, il vous faut donc réapprendre à les écouter.
- Prêtez attention à vos rêves, ils sont le langage de votre inconscient. Notez-les, si possible, car en plus d’être un bon moyen pour ne pas les oublier, écrire ses rêves permet de se souvenir plus facilement des prochains. Même si vous ne vous sentez pas capable de les analyser ou de les comprendre vraiment, retenez juste les sensations que vous avez eues durant le rêve. Prenez conscience des émotions qui vous ont traversées, des peurs, des peines, des colères, … et surtout observez les raisons pour lesquelles elles se sont déclenchées. Vous verrez que de cette manière vous en découvrirez déjà beaucoup sur vous-même.
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KUNDALINI (2)
- Par Thierry LEDRU
- Le 19/02/2015

Elle roulait vers la vallée de l’Ubaye. Sophie, sa sœur lui avait parlé d’un centre naturiste qui lui plairait. Elle avait téléphoné pour réserver le bungalow de l’allée des oliviers, celui que sa sœur et son mari prenaient habituellement.
« Tu verras, c’est le plus éloigné, un silence parfait, aucun voisin, le bungalow est dans un angle du terrain, pas de vis-à-vis, la tranquillité comme tu aimes et une terrasse plein sud. »
Elle s’était laissé tenter. Elle avait besoin de cette coupure de l’été. Retrouver le soleil sur sa peau. Quitter la ville. Lyon lui était devenu insupportable. Depuis le départ de Laurent, elle s’était investie au-delà de tout dans sa salle de sport. Elle avait multiplié les cours de yoga, jusqu’à organiser des formations pendant les week-ends. Véronique et Sabine avait bien senti qu’elle avait besoin de s’étourdir…
« Tu sais, Maud, on voit bien que c’est difficile depuis le départ de ton mari. Fais attention à toi. Et tu sais qu’on est toujours là pour toi.»
Elles étaient toutes les deux comme des sœurs. Elle avait passé des dizaines de soirée chez l’une ou l’autre toute cette année. Elles étaient même parties ensemble un week-end à Amsterdam. Sur un coup de tête. Une virée entre copines. Les hommes à la maison.
Sauf le sien.
Sa salle de sport. Véronique et Sabine n’aimaient pas ce terme. Elles disaient : salle de bien-être. Véronique s’occupait du fitness et Sabine des cours de hip hop et autres danses modernes. La réputation du lieu attirait désormais une clientèle nombreuse. Les abonnements à l’année n’avaient jamais atteint ce niveau.
Fermeture trois semaines. Véronique et Sabine partaient avec maris et enfants dans les Landes. Elle n’avait pas eu envie de passer son temps entourée du bonheur des familles.
Elle ne voyait quasiment plus son garçon. Tom avait vingt-cinq ans. Fils unique. Il était resté vivre en Nouvelle-Zélande… Impossible de trouver plus éloigné. Une rencontre pendant un échange universitaire. Une fille sportive, amoureuse de la nature. Comme lui. Il était revenu pendant quinze jours lorsqu’il avait appris la séparation du couple. Ses parents divorcés, son père homosexuel et millionnaire, une vie secrète, sa mère laissée seule l’année de ses cinquante-deux ans…
Elle n’aurait pas dû penser à son âge. Elle eut envie de pleurer. Des picotements dans les yeux. Cinquante-deux ans. Que pouvait-elle bien vivre désormais ? Qui donc pourrait-elle rencontrer ? Difficile de se caser quand on attaque la dernière ligne droite.
Elle secoua la tête nerveusement en se fustigeant intérieurement.
« Tu es trop pessimiste. S’il y a des femmes seules, il doit forcément y avoir également des hommes. Ou alors, c’est que le groupe humain est déséquilibré. Ou que certaines femmes se sont attribuées plusieurs hommes. Difficile à croire. Donc, il y a un homme quelque part pour moi. »
Elle ne se le cachait plus. La solitude lui était devenue très pénible, lourde, invalidante. Hors le travail, elle n’avait plus aucune activité. Ni même aucune envie. Comme s’il lui fallait inévitablement une personne pour la prendre en main. Le constat l’avait énervée.
Elle ne comptait plus les révélations qui lui avaient sauté à la figure depuis qu’elle vivait seule.
Des soirées entières, assise dans le fauteuil du salon. Les yeux dans le vide. Les pensées éteintes, les larmes vidées, épuisée par la colère.
Le silence la surprenait parfois. Elle était incapable de dire depuis combien de temps la musique ne diffusait plus ses notes. Comme si cette absence d’activité et ce repli sur elle-même l’isolait de tout… Elle se souvenait de ces moments de rappel à soi. Comme une inquiétude soudaine, intraduisible.
Dans quel gouffre silencieux tombait-elle ?
Elle avait eu peur une nuit. Un réveil en sursaut. Des images étranges, un rêve perturbant, un mélange de désir et de peur. Elle se souvenait d’un homme nu, le torse huilé, la pénombre, les flammes d’un feu de cheminée, l’impression qu’il ne s’agissait pas d’une maison.
La peur.
Dans quel gouffre sa solitude désespérée l’entraînait-elle ?
Véronique et Sabine étaient ses confidentes.
Laura, sa sœur, n’avait pas le temps pour ça. Elle était toujours disponible pour rendre un service, mais tout était toujours fait dans l’urgence et parler pendant des heures relevait pour elle d’un défi insurmontable.
Peut-être aussi que cette rupture, que cette vérité inconcevable l’effrayait et qu’elle imaginait que Ludovic, son mari, pourrait bien lui aussi mener une double vie.
Finalement, sa propre histoire était certainement celle de milliers de femmes. Un mari qui s’en va. Sauf qu’elle n’avait pour sa part aucune chance de le reconquérir un jour prochain. Il ne voulait pas d’une femme et se l’était interdit depuis vingt-cinq ans. Ou plus encore. Elle se souvenait des conquêtes de jeunesse, il lui avait raconté trois autres aventures amoureuses. Avec des femmes. Que s’était-il passé ? Était-ce déjà en lui, depuis son adolescence, était-ce apparu quand il avait commencé à vivre à ses côtés ? À la naissance de Tom ? Elle était devenue mère. Y avait-elle perdu sa féminité ? N’avait-il pas accepté le partage ? Elle n’avait pourtant jamais trouvé chez lui la moindre animosité envers Tom. Il s’était occupé de son fils avec attention.
Elle ne comprenait pas.
Elle avait pourtant récupéré son corps très rapidement après la grossesse. C’est Laurent qui n’avait plus voulu d’enfant.
« Il y a bien assez de monde sur cette planète. Pas la peine de la charger exagérément. Tom aura des copains et c’est bien suffisant. »
Il s’était montré convaincant, se servant de son amour pour son travail de professeur de yoga. Il avait su user de l’argument le plus puissant.
Elle avait acquiescé.
La maternité était véritablement incompatible avec son activité professionnelle. Elle ne pouvait se permettre d’abandonner sa salle.
Elle se l’était toujours interdit. Sauf pour Tom.
Son départ en Nouvelle-Zélande lui avait été très douloureux. Comme un rôle qui s’achève.
Elle venait de perdre le deuxième homme de sa vie.
Laurent.
Comment était-ce possible ?
Tellement de questions.
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KUNDALINI (1)
- Par Thierry LEDRU
- Le 17/02/2015

KUNDALINI
Un an déjà. Un an sans lui, sans son corps, sans ses mots.
La dernière fois qu’ils s’étaient aimés.
Il n’avait pas joui.
Elle avait eu peur. Il n’avait pas voulu parler. Un silence buté. Il avait juste dit que ça n’était pas grave. Mais ça l’était pour elle. Elle considérait qu’elle en était responsable, qu’elle n’avait pas su lui donner ce qu’elle avait reçu. Un orgasme très fort pour elle. Très long.
C’est lui qui s’était dégagé. Il l’avait attirée contre elle, sa tête sur sa poitrine et il avait retiré la couette sur leurs corps. Fin des ébats.
Une semaine plus tard. Elle était rentrée après sa journée de travail. Il aurait dû être là. Elle l’avait appelé.
Elle avait juste trouvé la lettre sur la table du salon.
« …Je m’en vais…J’ai quelqu’un d’autre dans ma vie…Il faut que tu prennes un avocat pour le divorce. Je prendrai tous les torts. Je vais vendre mon entreprise, tu pourras garder la maison. Je t’appelle demain. »
Elle en avait eu le souffle coupé. Les jambes qui ploient.
Elle avait pris son portable.
Messagerie immédiate, téléphone éteint. Il ne répondrait pas.
Le ventre révulsé, une contraction insupportable dans son bassin, des spasmes au parfum de bile. Elle s’était précipitée aux toilettes et elle avait vomi.
Un an déjà.
Elle n’avait rien vu, rien deviné, rien pressenti.
Elle n’avait même jamais rien su de l’homme de sa vie.
Et c’était comme si sa vie s’effaçait elle-même, comme si de voir apparaître devant elle une personne désormais inconnue, elle en perdait sa propre existence.
« …J’ai quelqu’un d’autre dans ma vie. »
Elle n’avait pas compris la tournure. Pourquoi n’avait-il pas dit le mot femme ?
Elle n’aurait jamais pu imaginer que l’homme de sa vie aimait les garçons.
Elle n’aurait jamais pu deviner que cela durait depuis des années, qu’il vivait une double vie chez un compagnon, que dans ses séminaires à l’étranger, il ne partait jamais seul.
Elle n’aurait jamais pu imaginer tout le reste.
C’est l’avocat qui avait flairé l’embrouille. L’empressement de Laurent à valider le divorce en se chargeant de tous les torts, sans jamais discuter les termes financiers de l’accord…Il avait demandé un complément d’enquête.
Il avait trouvé un compte en banque et des versements réguliers, puis des investissements en bourse…Elle savait qu’il aimait boursicoter mais elle ne s’était jamais intéressée à ses placements. Elle le laissait faire…
Elle avait bien assez à faire tourner sa salle de sport.
Laurent était devenu millionnaire. Une société médicale qui avait trouvé une molécule miracle. C’est tout ce qu’elle avait retenu des explications de l’avocat. Il avait multiplié son investissement par plus de mille.
Millionnaire et homosexuel.
Elle vivait depuis vingt-cinq ans avec un homme qu’elle ne connaissait pas.
Il avait vendu son entreprise. Il l’avait bradée même. Comme on jette un jouet dont on ne veut plus.
Et il avait quitté la France.
Avec son compagnon. Son rival… Contre une femme, elle aurait su se défendre, elle aurait sans doute pu faire valoir ses arguments. Mais, là, elle s’était sentie totalement démunie.
Comme si cette réalité-là ne pouvait pas exister, comme s’il lui était dès lors impossible de tenter de la changer.
Un an déjà.