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  • Position de vie

    C’est quoi une position de vie ?

    http://analysetransactionnelle.fr/les-concepts-de-base/les-positions-de-vie/

    Eric Berne a émis l’hypothèse que le jeune enfant « possède déjà certaines certitudes sur lui-même et le monde qui l’entoure (…), certitudes qu’il va sans doute conserver tout au long de sa vie et que l’on peut résumer comme suit : je suis ok ou je ne suis pas ok, vous êtes ok ou vous n’êtes pas ok »2.

    La position de vie est la valeur que je me donne à moi-même et aux autres, l’idée positive (que l’on nomme ici ok et que l’on symbolise par un +) ou négative (que l’on nomme non ok et que l’on symbolise par un -) que j’ai de moi, des autres et du monde.

    Il y a donc quatre positions de vie :

    • Je suis ok / vous êtes ok (+/+),
    • Je ne suis pas ok / vous êtes ok (-/+)
    • Je suis ok / vous n’êtes pas ok (+/-)
    • Je ne suis pas ok / vous n’êtes pas ok (-/-)

    Concrètement, qu’est-ce que cela signifie ?

    La position +/+ : je me respecte et je vous respecte, je vous accepte tel que vous êtes, j’ai conscience de ma valeur et de la vôtre : nous sommes égaux. Cela implique que je considère ce que vous me dites, que je vous parle d’une manière adulte, que j’envisage notre rapport sous l’angle de la coopération et du partage.

    La position -/+ : c’est une position qui se traduit par une dévalorisation de soi, l’autre ou les autres sont beaucoup mieux que moi, ils y arrivent mieux, ils sont heureux, et je ne le serai jamais… : c’est une position dépressive que Gysa Jaoui3 résume ainsi : « Je ne vaux pas grand-chose, n’importe qui vaut plus que moi« .

    La position +/- : ici je pense que je vaux mieux que toi/les autres, cela se manifeste de deux façons différentes : soit j’envisage l’autre de manière condescendante « Mon pauvre, tu n’es pas capable d’y arriver, laisse je vais le faire« , soit je l’envisage d’une manière hautaine voire agressive « T’es trop nul, t’es un incapable, pousse-toi de là que je le fasse » ou « T’es trop nul, fais comme je te dis et pas autrement« . C’est une position de dévalorisation ou de domination, d’arrogance vis-à-vis de l’autre.

    La position -/- : ou selon Gysa Jaoui, « Je ne vaux rien et vous non plus« , peut être la position adoptée par un enfant dont les parents lui ont fait comprendre qu’il n’était pas le bienvenu, qui a grandi dans un milieu difficile et qui n’attend rien de personne. Il a une image de lui-même et du monde négative. À l’extrême, ce type de position peut amener vers le suicide ou l’asile.

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  • Pour rire...Encore une fois ^^

    Amatrice de dreadlocks, sa mère lui apprend qu’elle ne sera jamais noire 

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    L’adolescence est un passage douloureux pour certains. Pour Pauline, 16 ans et amatrice de dreadlocks, cela va prendre la forme d’une révélation. En effet, Karine, la mère de la jeune fille a décidé d’emmener cette dernière en balade. Une promenade en pleine nature durant laquelle Pauline devra découvrir et faire face à un secret sur elle-même : non, elle ne sera jamais noire. Reportage

    Une perte d’identité

    La mère et la fille marchent main dans la main le long de l’étang de Villeneuve-lès-Maguelone dans l’Hérault où elles habitent. Michel, le mari de Karine et beau-père de Pauline est resté à la maison. Il préfère « laisser les deux filles entre elles » comme il dit.  Elles parlent entre elles rigolent, évoquent le lycée où est scolarisée l’adolescente. Avec espièglerie elles discutent ensuite d’Alexis, le petit copain  de Pauline. Les deux promeneuses sont complices.

    Puis après un moment de flottement, vient cet instant autour duquel Karine a construit toute cette promenade. Elle s’adresse à sa fille : « Ecoute Pauline : tu ne seras jamais noire. Tu ne seras même jamais aussi cool qu’un homme ou une femme noire. Tu es blanche et ça craint. Il va falloir faire avec, assumer ça.» Et la mère bienveillante d’enchaîner : « Car plus qu’être soi-disant branchée grâce à des dreadlocks, ce qui compte Pauline, c’est que tu saches qui tu es vraiment. Et là en l’occurrence c’est d’une petite fille blanche pas très jolie dont je parle. »

    Après ce discours de vérité, la jeune fille encaisse l’information non sans embarras mais semble malgré tout l’intégrer avec calme. C’est un profond traumatisme identitaire qui vient de se dérouler à l’intérieur d’elle. Pour Pauline c’est probablement un long travail sur soi qui commence. Un travail sur l’image qu’elle a d’elle-même, peut-être via une thérapie. Ce chemin difficile, elle ne le fera pas seule comme lui explique sa mère qui tient à lui assurer son soutien : « Tu peux compter sur moi et ton père pour te rappeler à chaque fois que tu en auras besoin qui tu es, te rappeler qu’au grand jamais tu ne seras une rastafari jamaïcaine. »

    D’autres vérités

    Après le choc de la nouvelle, Karine et sa fille rentrent à la maison. Le dîner du soir se déroule dans une légère tension puis Pauline part s’enfermer dans sa chambre comme d’habitude. Mais ce soir, le dernier album de Tryo ne se fait pas entendre à travers la porte de la jeune fille. Sa mère, elle, est partagée entre soulagement et inquiétude : « Je lui ai laissé une tondeuse et des ciseaux sur son lit. J’espère qu’elle comprendra… En tout cas je suis contente qu’elle ait accueilli cette nouvelle avec maturité. Si vraiment elle l’assimile sereinement, alors peut-être dans un futur proche, avec son père, nous pourrons lui parler du fait qu’elle n’était pas vraiment désirée. »    

    Le Gorafi

    Illustration : iStock /  JMWScout

    http://www.legorafi.fr/2013/01/22/amatrice-de-dreadlocks-sa-mere-lui-apprend-quelle-ne-sera-jamais-noire/


    Le CNRS confirme la découverte de plusieurs points positifs dans le mi-mandat de François Hollande 

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    Paris – Alors que de nombreux experts doutaient qu’il existât des points positifs dans l’action de François Hollande, un rapport du CNRS arrive à point nommé. Selon celui-ci, il y aurait plusieurs, voire de nombreux, points positifs ou approchant dans le bilan de ce mi-mandat. Analyse.

    « On a découvert des choses intéressantes. Je ne choisirai pas le mot positif, mais disons plutôt pas trop mauvais en fait » commente une des chercheurs. Le nombre exact de points positifs était toujours inconnu mais les chercheurs affirment en posséder plusieurs. « On en a, oui je peux vous l’assurer. On a des dates, et même des lieux. On a aussi des témoins qui ont réussi à nous confirmer cela » ajoute-t-elle, précisant que certains avaient refusé de témoigner à visage découvert. « Ils ont peur pour leur vie, on peut les comprendre. Pouvoir dire que François Hollande a fait quelque chose de bien, un jour, quelque part, c’est très dur à porter ».

    Le CNRS lance aussi un appel aux témoignages anonymes. Des témoignages qui viendraient corroborer leurs recherches et prouver que François Hollande a effectivement fait des choses positives, un jour, durant son mandat. « Si vous avez été témoin de quelque chose de positif de la part de François Hollande, de son Premier ministre ou d’un membre du gouvernement, ne restez pas seul, parlez-en autour de vous et appelez-nous » ajoute un responsable. Un numéro vert devrait ouvrir permettant de récolter ces témoignages cruciaux.

    Dans l’immédiat, les chercheurs font preuve de prudence et ont choisi de rester vague. À la fois en attendant de vérifier les résultats de leurs travaux et le temps aussi de mettre à l’abri les familles des témoins. Car plusieurs députés UMP ont demandé de leur côté une expertise d’un laboratoire indépendant et mettent en doute ces témoignages. « Des personnes désespérées, tristes et en manque de publicité, prêtes à tout pour attirer l’attention ».

    La Rédaction


    À 13 ans, il crée une fission nucléaire dans son école – 12 000 morts. 

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    Angleterre  – Encouragé par une première fusion nucléaire dans une école réalisée par un jeune de 13 ans, un autre jeune anglais a tenté de devenir le plus jeune scientifique à réussir une fission nucléaire dans le cadre de travaux organisés par son école.

    L’expérience semble avoir été un succès, l’énergie dégagée par la fission des noyaux atomiques lourds a en effet aussitôt créé un panache de fumée imposant en forme de champignon au-dessus de la ville de Bradford (Yorkshire de l’Ouest). Au même moment, tous les moyens de communication avec la partie de la ville où se déroulait l’expérience ont hélas été coupés, rendant difficile le compte rendu des témoins encore vivants sur place. La police a noté aussi une centaine de départs de feux simultanés dans le quartier et une disparition totale des bâtiments et habitations dans un rayon de cinq cent mètres autour de l’école, désormais occupée par un cratère de plusieurs mètres de profondeur. « La présence de ce nuage caractéristique indique clairement que le jeune homme a probablement réussi son expérience » annonçait pour sa part un comité d’experts, même s’il temporise cependant. « Bien sûr, il va falloir attendre quelques semaines que la radioactivité baisse dans l’épicentre pour faire des mesures et valider tout cela ». La précocité et l’intelligence du jeune homme ont été soulignées par la presse anglaise affirmant qu’il avait sans doute vu ses atomes vaporisés et éparpillés dès les premiers instants de l’explosion atomique.

    La Rédaction


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  • Développement im-personnel

    "La notion de développement personnel a des significations différentes selon qu'elle est utilisée par des psychanalystes, des promoteurs de techniques New Age, certains courants du coaching, les éducateurs et spécialistes du travail, telle que l'Organisation internationale du travail (OIT), qui l'incluent dans les buts de l'enseignement supérieur et du travail décent1. Les objectifs du développement personnel peuvent ainsi renvoyer à la connaissance de soi, à la valorisation des talents et potentiels3, à l'amélioration de la qualité de vie, à la réalisation de ses aspirations et de ses rêves, etc. Ainsi, pour la revue Sciences humaines, "les techniques de développement personnel visent à la transformation de soi: soit pour se défaire de certains aspects pathologiques (phobie, anxiété, déprime, timidité), soit pour améliorer ses performances (mieux communiquer, gérer son temps, s'affirmer)."

    Wiki

     

    Maslow

     

     

    Développement personnel...

    C'est une expression étrange finalement.

    Que l'on conçoive que le développement de l'individu soit une nécessité, je l'admets aisément mais que l'expression le limite à une dimension personnelle me gêne.

    Si je pense aux Indiens Kogis de Colombie, je n'imagine pas chez eux l'idée d'un développement UNIQUEMENT personnel mais bien davantage et de façon prioritaire l'établissement et le développement d'une osmose collective.

    Je ne suis pas persuadé en fait que cette idée soit véritablement présente dans la notion de développement personnel dans les sociétés occidentales.

    De quoi s'agit-il finalement?

    Je suis allé lire divers blogs sur le thème et je trouve principalement des articles parlant de conscience de Soi, d'ego, de l'instant présent, de la réussite, souvent de coaching d'ailleurs..., des relations amoureuses dans le couple, le bien-être dans le travail, la gestion des conflits relationnels, professionnels, le moyen de s'en protéger, toujours cette idée que tout développement personnel est destiné à se recentrer, à se maintenir en état dans une bulle protectrice...ou dans le cadre de relations limitées (familiale et professionnelle)

    Qu'en est-il de la plénitude et de la conscience de l'Univers du Vivant, de la conscience de la Vie, du partage de notre existence avec nos semblables, humains, animaux, plantes, l'ensemble de la Nature.

    Ce développement personnel n'a-t-il pour seul horizon que cette dimension individualiste, ce bien-être rassemblé sur Soi...Mais s'agit-il dès lors du Soi ou d'un Moi qui cache son jeu ?

    Je me demande si ce travail intérieur a une réelle incidence sur le monde, si cette évolution spirituelle qu'on ne peut nier chez les gens qui s'y astreignent, a des conséquences positives sur leur environnement.

    Je n'aime pas ce mot "environnement" d'ailleurs. Je ne considère pas le monde comme un environnement et je perçois ce terme comme une véritable rupture. Si je vois le monde comme un environnement, cela signifie que j'en suis séparé, que j'existe indépendamment de lui, que je suis une entité ne répondant pas à sa réalité intrinsèque et que je possède un pouvoir particulier qui me confère le droit de considérer le monde comme m'entourant...On n'est pas loin de la notion archaïque de la religion voyant la Terre au centre de l'Univers jusqu'à ce que Galilée s'élève...

    Non, nous ne sommes pas des entités particulières entourées chacune par le monde. Nous faisons partie de ce monde et nous sommes constitués tout comme lui par une énergie créatrice. Dès lors que nous considérons le monde comme un "environnement", nous cherchons à renforcer cette identification qui nous rassure, qui nous nourrit depuis que nos imbrications familiales nous ont amenés à prononcer ce fameux "moi" qui nous sert essentiellement de tuteur...

    Est-ce que le développement personnel auquel je m'astreins ne devient pas dès lors une entrave à cette ouverture et cette conscience ultime de ce Tout, à cette dés-identification nécessaire ? N'y a-t-il pas un risque d'enfermement dans une rupture intellectuelle ? Est-ce que ce blog suffit à m'absoudre ? 

     J'ai la chance immense de pouvoir encore user de mon potentiel physique pour plonger au coeur des montagnes. Elles ne sont pas un environnement naturel, elles sont l'image de la puissance créatrice, l'image qui me bouleverse, celle qui contient une partie immense de ma vie. Et lorsque je plonge en altitude, lorsque des heures de marche sont passées, ça n'est pas "moi" qui marche mais une vie insérée dans une enveloppe éphémère, au contact de toutes les vies similaires qui vibrent sur des tempos particuliers. C'est la seule différence. Le tempo de la vie insérée. L'herbe, un arbre, une fleur, un aigle, une sauterelle, une marmotte, une vie insérée dans un tempo particulier. Nous sommes des vies reliées par des musiques qu'il faut écouter dans le silence des montagnes. 

    Le développement im-personnel me semble contenir une voie spirituelle qui permet de s'extraire de ce Moi, "aussi développé" soit-il, de s'extraire des techniques et des identifications ("je  suis thérapeute...")

    Non, Je suis. Ce qui signifie à mes yeux que ce "Je" porte en lui une Vie qui le relie au Vivant. Ce "Je" n'est pas vivant pour lui-même mais pour la totalité du Vivant. Dès lors, s'astreindre à entrer en Soi par diverses méthodes ne reste qu'un enfermement si ce cheminement ne reste pas ouvert... Ouvert sur la contemplation du ciel.

    Le développement personnel est un regard tourné vers l'intérieur.

    Le développement im-personnel est un cheminement ouvert sur les horizons naturels; dans l'humilité de notre création parmi des milliards d'autres...

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    Je me demande si la meilleure méthode thérapeutique n'est pas simplement d'aller marcher, pendant des jours, des mois, des années, sans aucun but...Entrer dans l'absence au coeur du Monde pour être en Présence avec Soi. 

     

     

     

  • Rencontre avec la "Limite"

    Au tout début de la séance, demander au patient quelle est la limite qu’il ressent en lui, quelle croyance, quel comportement répétitif, quelle image de lui ou de son vécu, quelle peur le freine, le bloque, le limite…(peur, tristesse, culpabilité, angoisse, colère, désespoir, rancœur…)

     

    SOPHRONISATION

    Training autogène, tension-détente, respiration, scanner visuel intérieur…

     

    CANAL DU TEMPS

    Remonter vers la source inconsciente.

     

    LA LIMITE

    Inviter le patient à penser à « sa » limite.

    Appeler cette limite à l’intérieur de soi.

    La localiser.

    La représenter : poids, forme, matière, texture, chaleur…

    Enfin, extraire, si possible, cette « matière » et la poser devant soi.

     

    L’extraire et la visualiser devant lui, va permettre au patient de travailler en « dissocié. » La limite est hors de lui, il peut l’observer, la personnifier et donc intervenir sur elle.

     

    DIALOGUE

    -Demandez à cette limite depuis combien de temps elle existe ?

    Suite à quel évènement ?

    Avec qui ?

    Est-ce que cela a été transmis ?

    Par qui ?

    Demandez-lui quelle était son intention positive au départ ?

    Savez-vous obtenir cela par un autre moyen aujourd’hui ?

    Si non, pouvez-vous imaginer une autre manière de faire ? (3 façons différentes)

    Avez-vous encore besoin de cette limite ?

    Êtes-vous d’accord pour vous en séparer ? »

     

    VISUALISATION

    La « matière » limitante est déposée.

    La remercier de s’être dévoilée. (Ni rancœur, ni colère, juste de la bienveillance)

    Mettre la « matière » limitante dans un courant aérien ou liquide, une rivière par exemple, et la regarder s’éloigner.

    Remplacer cet espace en soi par une forme nouvelle.

     

     « Une porte s’est ouverte qui ne se refermera jamais. Cette libération se diffuse jour après jour, respiration après respiration, dans chaque cellule de votre corps pour le reste de votre vie. »

     

    DÉSOPHRONISATION

    Longues inspirations, mouvements des doigts, contractures musculaires volontaires…

    Ouvrir les yeux.

     

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  • Israël

    Le médecin norvégien, Mads Gilbert, interdit à vie de se rendre à Gaza par Israël


    Le médecin norvégien, Mads Gilbert, interdit à vie de se rendre à Gaza par Israël

    Mads Gilbert, le médecin norvégien qui avait passé l’été à l’hôpital de Gaza pour soigner des blessés vient d’être désigné comme Persona non grata par les autorités israéliennes et interdit d’entrée dans la bande de Gaza à vie.

    Interdit à vie à Gaza pour "des raisons de sécurité"

    Mads Gilbert, l’urgentiste norvégien de 67 ans, considéré comme un héros dans son pays et par un grand nombre de Palestiniens, ne pourra plus jamais se rendre à Gaza pour sauver des vies, comme il l'a fait cet été durant plus de 50 jours à l'hôpital d'Al-Shifa

    Le médecin Gilbert a été empêché de s'y rendre le 1er octobre dernier, alors qu'il rejoignait l'équipe médicale de l'hôpital pour apporter de nouveau son aide, comme il le rapporte sur le site norvégien The Local :

    Quand nous sommes arrivés à la gare frontière d’Erez, des soldats israéliens m’ont dit que je ne pouvais pas rejoindre la bande de Gaza

    L'urgentiste possédait pourtant des permis d'entrées et de sorties multiples, invité par le Ministre palestinien de la santé, et sur recommandation de son hôpital norvégien. 

    Pour justifier cette interdiction d'entrer dans la bande de Gaza, les autorités israéliennes invoquent des "raisons de sécurité". C'est du moins ce que rapporte un email de l'ambassade de Norvège à Tel-Aviv, qui s'était chargé de se renseigner sur l'affaire, après le blocage du médecin en octobre. 

    Par la voix de son Secrétaire d'Etat, Bård Glad Pedersen, la Norvège conteste cette interdiction et demande à l'Etat Hébreu de revoir sa décision : 

    Nous avons demandé à Israël de changer sa décision. La situation humanitaire à Gaza est toujours difficile et nécessite la venue de personnels de santé

    Dans une interview à la BBC, le médecin affirme qu'il n'a pourtant jamais violé les lois israéliennes durant ses séjours sur place, mais estime que cette décision est liée aux critiques qu'il a formulées à l'encontre d'Israël. 

    Mads Gilbert n'est pas résolu à accepter la décision de l'Etat Hébreu ; il a déclaré ce vendredi à The Middle East Eye qu'il n'était "pas question qu'il ne retourne pas à Gaza pour effectuer son travail médical de solidarité". 

    Un "héros militant" qui dérange ? 

    This is not about me. It's about the Palestinian population now being punished for my political views

    Qui est Mads Gilbert pour être interdit de fouler le sol palestinien à vie ? 

    Le Docteur Mads Gilbert est chef du département de médecine d’urgence du centre hospitalier universitaire North Norway (UNN), Professeur de médecine d’urgence à l’Université de Tromso, ainsi qu'urgentiste bénévole à Gaza.

    Lors de l’opération Plomb Durci(2008-2009), Mads Gilbert et son collègue Erik Fosse étaient les deux seuls européens autorisés à travailler dans la bande de Gaza pour secourir les blessés. Ils avaient à l’époque dénoncé l’usage de la bombe DIME par les autorités israéliennes :

    A l'hôpital Al-Chifa, de Gaza, nous n'avons pas vu de brûlures au phosphore, ni de blessés par bombes à sous-munitions. Mais nous avons vu des victimes de ce que nous avons toutes les raisons de penser être le nouveau type d'armes, expérimenté par les militaires américains, connu sous l'acronyme DIME – pour Dense Inert Metal Explosive

    Plus récemment, durant la dernière opération israélienne dans la bande de Gaza "Bordure protectrice", l'anesthésiste s'est vivement indigné des pratiques de l'armée israélienne, alors qu'il gagnait en notoriété dans le monde entier pour ses services à l'hôpital d'Al-Shifa. 

    En juillet, il co-signait une lettre controversée publiée dans le journal médical Lancet, qui accusait Israël de viser délibérément les femmes et les enfants palestiniens dans ses tirs et de commettre un massacre à l’encontre du peuple palestinien, ainsi qu'une pétition qui récolta plus de 20.000 signatures. 

    De sa lettre ouverte qu'il rédigeait comme un cri du coeur le 20 juillet dernier en plein chaos de l'opération "Bordure de protection", ces quelques mots adressés directement à Barack Obama ont connu un échos retentissant, notamment sur les réseaux sociaux : 

     

    M. Obama, avez-vous un cœur ?

    Je vous invite, passez donc une nuit, juste une, avec nous à Shifa. Déguisé en nettoyeur peut-être.

    J’en suis convaincu à 100 % : cela changerait l’Histoire.

    Mads Gilbert n'est donc pas seulement un médecin norvégien. Il est également un témoin de première zone, un militant qui s'assume et qui critique très ouvertement l'Etat hébreu. 

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  • "Feu sur l'école"

    JE VIENS DE LE COMMANDER...Impossible de me détacher du sujet en fait...


    Une nouvelle livraison de « Manière de voir »

    Entre émancipation et formatage

    par François Brune, octobre 2013

    Feu sur l’école, et plus précisément double feu, puisque l’école républicaine doit simultanément faire face à deux dangers : le premier est de reproduire les inégalités qu’elle a pour ambition de réduire ; le second consiste en une privatisation rampante dénaturant sa mission de service public. L’impressionnant dossier que livre ici Manière de voir (1) pourrait d’ailleurs avoir pour titre « Feu(x) sur l’école », puisqu’il s’agit d’éclairer de lumières vives les menaces qui pèsent sur notre système éducatif, pour en réaffirmer la vocation émancipatrice. Non sans relativiser la situation française à l’aide de reportages dans d’autres pays (Etats-Unis, Finlande, Egypte, Japon...).

    D’emblée sont récusées deux approches courantes. L’une fait de l’école en tant que telle « le » problème (comme si la situation scolaire ne provenait pas des multiples failles sociales qu’elle reflète) ; l’autre voit en elle « la » solution (on ne saurait résoudre par le système éducatif les contradictions qui sont d’abord celles du système socio-économique).

    Il importe alors de revenir au constat établi dès 1970 par Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron : en dépit de l’« illusion méritocratique » (l’école serait une institution autonome où règnerait l’égalité des chances), le système éducatif demeure un lieu de reproduction des inégalités. Le dispositif des filières, la question de la carte scolaire et de ses contournements suffisent à montrer comment la sélection des meilleurs établissements par certaines familles s’accompagne d’une « ségrégation » dont pâtissent les autres. Méconnaître l’inégale répartition du capital économique, culturel et social du public scolaire serait en légitimer l’injustice. Les chiffres confirment cette inégalité citoyenne : 55 % des enfants d’ouvriers ou employés sont bacheliers, contre 84 % des enfants de parents aisés. On notera toutefois que l’écart s’est sensiblement réduit, ces pourcentages étant de 8 % et 59 % il y a quarante ans. Il faut le souligner afin de ne pas désespérer la collectivité enseignante qui croit en son métier.

    On pourrait débattre des limites de ces statistiques. Les échecs trop commodément imputés à l’école ne sont-ils pas aussi liés au rouleau compresseur médiatico-publicitaire qui traque sans fin, pour le décerveler, le « cerveau disponible » des enfants ? La consommation béate érigée en bonheur suprême, les modèles d’existence axés sur l’argent facile (stars, sportifs, traders), et autres formes d’opium médiatique dont on ne mesure jamais l’effet délétère, contrecarrent la lente structuration des esprits dont est chargé le système éducatif. De sorte qu’à décrier les mérites de l’école publique, on peut prêter le flanc aux adeptes de la privatisation : « Peu à peu, la critique de l’école se mue en critique des principes mêmes de l’école, de sa finalité, de ses moyens », lit-on dans ce numéro.

    L’emprise croissante du privé fait l’objet du deuxième éclairage de cette livraison. Depuis plus de dix ans, l’idéologie entrepreneuriale pénètre de ses mots le discours de l’éducation nationale. Les « objectifs » scolaires, les « compétences » à acquérir, les « autonomies » supposées libératrices ne visent qu’à fortifier l’employabilité, la compétitivité, le « capital humain » (ô Socrate !) de futurs travailleurs d’autant plus dociles à l’ordre néolibéral qu’ils s’y vivront eux-mêmes comme des produits devant se vendre, ou de microentreprises ayant vocation à s’autoexploiter…

    Ainsi dûment formés, les super-employés de demain (heureux rescapés du chômage) auront pour loisir la liberté de s’éclater dans l’hyperconsommation. Les marques les y préparent en pénétrant elles aussi l’école, au noble motif d’aider les futurs citoyens à bien conduire, bien manger, bien gérer, bien penser… De sorte qu’il n’est plus nécessaire de supprimer le « service public » nommé éducation nationale. Il suffit de le vider des fonctions essentielles de l’école émancipatrice, à savoir : socialiser l’enfant, l’ouvrir à tout ce qui diffère de son milieu originel, le faire grandir dans la maîtrise de ses pulsions, exercer sa capacité de pensée critique, l’initier à la véritable culture, qui est à la fois compréhension du monde actuel et accès à ce passé vivant nommé civilisation.

    Ces voies de l’émancipation sont largement explorées dans la dernière partie de cette livraison, qu’illuminent — entre autres articles — l’exemple du modèle égalitaire finlandais et l’inspiration de Paulo Freire, pour qui émancipation et enseignement sont liés.

    François Brune

    www.editionsdebeaugies.org

     

    Feu sur l’école

    « Manière de voir » n° 131 — Octobre-novembre 2013

    Sait-on encore ce qu’on attend de l’école ? Qu’elle résolve les maux de la société, face auxquels les dirigeants politiques se disent impuissants ? Qu’elle fournisse aux entreprises des salariés « compétents » ? Ou, plus simplement, qu’elle se concentre sur sa mission initiale : former des citoyens critiques ?

    Numéro coordonné par Renaud Lambert et Allan Popelard

    Lire le compte rendu de ce numéro, paru dans Le Monde diplomatiqued’octobre 2013, par François Brune.

    Ni le problème ni la solution
    Renaud Lambert et Allan Popelard

    Glossaire

    I. La reproduction des inégalités

    I

    Aux yeux de l’éditorialiste américain Nicholas Kristof, cela ne fait aucun doute : la mesure qui, aux Etats-Unis comme ailleurs, contribuerait le plus à réduire les inégalités sociales serait d’« améliorer l’éducation ». Parmi les dirigeants politiques, les intellectuels en vue, les « experts » en tout genre qui peuplent les plateaux de télévision, l’analyse est largement partagée : les connaissances acquises sur les bancs de l’école offriraient le plus solide remblai pour combler le fossé séparant dominants et dominés.

    Et si c’était tout le contraire ? Et si, plutôt que de les atténuer, le système d’enseignement contribuait à consolider les hiérarchies qui structurent la société ?

    « Les idées dominantes d’une époque n’ont jamais été que les idées de la classe dominante. » L’observation de Karl Marx et Friedrich Engels pourrait s’appliquer à l’école, tant la méritocratie sur laquelle repose le système scolaire épouse les caractéristiques de la culture bourgeoise. Indépendamment des efforts et des convictions du personnel enseignant, cette institution masque les déterminants de la réussite : l’inégale répartition du capital économique, culturel et social. Et, au prétexte de promouvoir les « méritants », légitime une injustice. Car ce sont les fils et filles de bonne famille qui obtiennent les diplômes les mieux valorisés et qui accèdent aux positions de pouvoir.

    Tout commence par le code postal 
    Jean-Christophe François et Franck Poupeau

    Apprendre à lire, toute une histoire... 
    Jean-Pierre Terrail

    Des menottes pour les élèves new-yorkais
    Chase Madar

    En Egypte, des classes en quête de révolution. 
    Warda Mohamed

    Le sexe des sciences 
    Ingrid Carlander

    Un tableau noir dans les salons américains 
    Julien Brygo

    « Tu seras Pelé, Zidane, Maradona » ou... rien
    Johann Harscoët

    II. Sous l’emprise du privé

    II

    « Autonomie », « projets », « objectifs », « compétences »… En matière d’éducation, le vocabulaire utilisé par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) sonne étrangement. Emprunté aux pédagogues du début du XXe siècle les plus opposés à la transformation capitaliste de l’école, il sert aujourd’hui à justifier la libéralisation des systèmes éducatifs et à édifier cette « nouvelle école » que l’obsession du privé semble le mieux caractériser.

    Accélérant le rythme de cette métamorphose, les politiques d’austérité pourraient fournir l’occasion de réaliser le projet dont tant de conservateurs rêvent encore : privatisation, marchandisation et conversion de l’école en « annexe » de recrutement des entreprises. En mettant les salariés en concurrence, la société libérale incite parents et élèves à adapter leur conduite — parfois au prix d’un lourd endettement — en portant leur choix sur les établissements et les filières débouchant sur les titres scolaires les plus facilement monnayables sur le marché du travail.

    Privé des moyens de remplir sa mission, le service public de l’éducation se trouve dégradé, délégitimé, tandis que croît la souffrance d’enseignants désireux d’œuvrer à l’émancipation collective et que prospèrent les entrepreneurs scolaires…

    Devant une telle offensive, les appels à la « sanctuarisation » font figure de vœu pieux : comment l’école pourrait-elle se constituer en îlot de coopération au beau milieu d’un océan de compétition ?

    Comme si l’école était une entreprise...
    Christian Laval et Louis Weber

    Décentraliser l’éducation pour mieux la privatiser. — 
    F. P.

    D’où viennent les manuels scolaires ?
    Paolo Bianchini

    Le lycée japonais découvre la gratuité
    Emilie Guyonnet

    Dans les télécollèges mexicains
    Anne Vigna

    Vers une pédagogie de marques
    Isabelle Brokman

    Les sirènes du multimédia
    Philippe Rivière

    Des enseignants mis au pas
    Gilles Balbastre

    Scène ordinaire d’un tribunal scolaire
    G. B.

    En Europe, le retour du livret ouvrier
    Nico Hirtt

    Les Eglises contre la laïcité
    Eddy Khaldi

    III. Les voies de l’émancipation

    III

    « Les éducateurs du peuple ne feront une œuvre pleinement efficace que lorsqu’une philosophie politique et sociale réglera et animera leur effort d’éducation », proclamait Jean Jaurès au début du siècle dernier. Adossée à un projet politique suffisamment puissant, l’école ne se limiterait donc pas à sa fonction de reproduction des inégalités. Elle retrouverait son rôle premier : produire du savoir.

    Les penseurs et les militants progressistes ne s’y sont pas trompés. Conscients qu’il n’existe pas de force intrinsèque des idées vraies, ceux-ci ont de tout temps misé sur l’éducation pour former leurs militants, aiguillonner les consciences et mettre en mouvement les foules. Des bancs de l’école aux partis politiques, en passant par les discussions informelles sur le lieu de travail, les ateliers de formation syndicale, les conférences prononcées dans le cadre des activités d’une multitude d’associations d’éducation populaire, l’édification des forces sociales susceptibles de bousculer le statu quo constitue un travail de tous les instants.

    Et sans certitude d’accumulation. Car il se heurte à une autre forme de pédagogie : celle de la soumission, élaborée à longueur d’antenne, page après page, par les éditorialistes et commentateurs attitrés des médias dominants. Pour ceux-là, une seule urgence : engendrer l’apathie et la « non-participation » que la très conservatrice Commission trilatérale identifiait, dès 1975, comme essentielles au « fonctionnement efficace d’un système démocratique »

    Le rêve égalitaire de la société finlandaise
    Philippe Descamps

    L’enseignement professionnel, cul-de-sac ou ligne de front ?
    Gilles Moreau

    L’ardent défi des maîtres sénégalais
    Maurice Lemoine

    Pour une « école commune »
    J.-P. T.

    Former les citoyens ou les cultiver ?
    Franck Lepage

    Pour ne plus avoir peur de perdre
    Valter Pomar

    Iconographie

    Les reportages de ce numéro sont l’oeuvre de trois photographes des agences Vu et Magnum. Chaque reportage correspond à un chapitre du numéro :

    I. La reproduction des inégalités. Michael Zumstein a photographié le lycée Evariste-Gallois, à Nanterre, en 2010. Situé dans une zone de fort chômage et de faible mixité sociale, le « collège où l’on se parle » a fait des échanges entre élèves, enseignants et personnel de surveillance un outil pédagogique essentiel à la bonne marche de l’établissement.

    II. Sous l’emprise du privé. Le reportage de Peter Marlow se déroule au sein de l’Eton College de Windsor, au Royaume-Uni. Après un premier reportage réalisé en noir et blanc au début des années 1990, Peter Marlow revient à Eton en 2006 pour rendre compte, en couleurs cette fois, de l’Eton Wall Game. Ce mélange rugueux de football et de rugby met aux prises, chaque année depuis 1766, deux équipes locales le jour de l’Ascension.

    III. Les voies de l’émancipation. C’est en Afghanistan que Thomas Dworzak, photographe de guerre, a mené l’enquête. Un pays qu’il connaît intimement. En 2001-2002, il a séjourné dans le village de Dashti Kola, dans le nord-est du pays, où les filles pouvaient, comme les garçons, avoir accès à l’éducation.

    Cartographie

    Cécile Marin

    Injustices françaises

    Lointaine économie de la connaissance

    Accaparement des méninges

    Portraits

    Allan Popelard

    Socrate, Comenius, Jean Itard, Paulo Freire

    Robert Owen, Nadejda Kroupskaïa, Georges Politzer, José Antonio Abreu

    Francisco Ferrer i Guàrdia, Maria Montessori et Hélène Parkhurst, Alexander Sutherland Neill, Pol Cèbe

    Textes de référence

    Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron 
    Autonomie du monde enseignant, une illusion

    Lutte de classe(s)

    Louis-Michel Lepeletier, marquis de Saint-Fargeau 
    Eduquer le peuple, armer la Révolution

    Paulo Freire
    Apprendre à dire « pourquoi ? »

    Extraits littéraires

    Jules Vallès, « L’Enfant »

    Didier Eribon, « Retour à Reims »

    Sándor Márai, « Les Confessions d’un bourgeois »

    Pierre Belleville, « Laminage continu »

    Karl Kraus, « Les Derniers Jours de l’humanité »

    Secrétariat de rédaction et documentation

    Olivier Pironet

    Essais et sites

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  • Le Monde diplomatique

    http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2014-10-14-op-correa

    Une réelle information...


    « Opération Correa »

    Informer, disaient-ils

    jeudi 16 octobre 2014

    Lorsque, en juillet 2013, l’avion du président bolivien Evo Morales fut séquestré par les autorités européennes au prétexte de s’assurer qu’il n’emportait pas Edward Snowden comme passager clandestin, cette transgression des règles diplomatiques les plus élémentaires scandalisa les peuples d’Amérique latine. Ils y virent une marque de mépris et d’arrogance néocoloniale. En France, on évoqua à peine cette affaire. A quelques exceptions près (lire « “Moi, président de la Bolivie, séquestré en Europe” »).

    Quatre mois plus tard, en novembre 2013, un autre président latino américain de gauche, Rafael Correa, se rendit en visite officielle à Paris. Cette fois-ci, il ne subit aucune avanie. Il prononça même une conférence à la Sorbonne. Il y expliqua comment son pays avait allégé le poids de sa dette extérieure, ignoré les recommandations du Fonds monétaire international et tourné le dos aux politiques d’austérité qui, au moment précis où il s’exprimait, précipitaient l’Europe dans le marasme économique. On aurait pu, là encore, imaginer que l’événement bénéficierait d’un accompagnement médiatique important, d’autant que le président équatorien, économiste de formation, parle parfaitement français. Mais les invitations à s’exprimer dans les médias furent rares, et le silence de la presse quasiment assourdissant. A quelques exceptions près (lire « “L’Europe endettée reproduit nos erreurs” »).

    Comment expliquer que certains pays étrangers servent si volontiers de modèles à la presse française (Allemagne, Royaume-Uni, Irlande) alors que d’autres sont systématiquement ignorés (pays progressistes d’Amérique latine) ? Comment justifier que, dans les revues de presse diffusées par les grandes radios nationales, ce soit toujours les mêmes journaux qui se trouvent mis à l’honneur ? Et les mêmes écartés ? Dans son documentaire, Opération Correa, Pierre Carles (1) pose ces questions, faussement naïves, aux journalistes qui déterminent la hiérarchie de l’information. Parfois désopilantes, leurs réponses sont toujours éclairantes, comme ce cri du cœur d’Ivan Levaï justifiant l’absence de références exigeantes dans sa revue de presse par la paresse supposée des auditeurs : « On ne fait pas boire l’âne qui n’a pas soif »…

    Au-delà des logiques médiatiques hexagonales, le réalisateur s’interroge sur la situation en Equateur. Rafael Correa propose-t-il vraiment des solutions originales à la crise économique, sociale et environnementale ? Qu’en est-il alors de l’accord de libre-échange que son pays a été contraint de négocier avec l’Union européenne ? Et de son opposition à l’avortement ? Pierre Carles et son équipe aimeraient enquêter sur l’existence ou non d’un « miracle équatorien » et mieux comprendre à quoi il ressemble. Car si tout n’est pas parfait à Quito, raison de plus pour aller y voir. Entendre autre chose que des discours formatés à la gloire de l’austérité. Et manifester ainsi ce qui théoriquement devrait caractériser la profession de journaliste : la curiosité intellectuelle et politique.

    Operation Correa met à nu certaines des priorités des grands médias, la « circulation circulaire de l’information ». Et suggère à quoi la presse pourrait servir si elle manifestait davantage de liberté. D’imagination aussi.

    (1) Avec la collaboration de Nina Faure et Aurore Van Opstal. La première partie, Les ânes ont soif, est disponible en intégralité sur le site de C-P Productions.

    DANS « LE MONDE DIPLOMATIQUE » :

    • Notre pari, l’émancipation

      Serge Halimi, octobre 2014
      Si « Le Monde diplomatique » a beaucoup changé depuis soixante ans, ce rationalisme tranquille, cette espérance progressiste, ce refus de hurler avec les loups demeurent son (...)
    • Les dirigeants européens, peu pressés de réagir à l’affaire Snowden, n’ont en revanche pas hésité à immobiliser l’avion du président bolivien Evo Morales, soupçonné de transporter l’informaticien (...)
    • Lors d’une conférence à la Sorbonne le 6 novembre dernier, le président équatorien Rafael Correa a interpellé ses homologues européens sur leur gestion de la crise de la dette. Celle-ci serait (...)
    • La fabrique des débats publics

      Pierre Bourdieu, janvier 2012
      Comment se délimite l’espace des discours officiels, par quel prodige l’opinion d’une minorité se transforme-t-elle en « opinion publique » ? C’est ce qu’explique Pierre Bourdieu dans ce cours sur l’Etat (...)

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  • Tirage au sort (2)

    Yves Sintomer, professeur de sciences politiques : « Le tirage au sort permettrait de recrédibiliser la politique »

    par Martine Kis

    http://www.courrierdesmaires.fr/42341/yves-sintomer-professeur-de-sciences-politiques-le-tirage-au-sort-permettrait-de-recredibiliser-la-politique/

    Yves Sintomer, professeur de sciences politiques© CNRS-C. Frésillon

    Le tirage au sort, vieille pratique politique, tombée en désuétude, retrouve une certaine popularité. Y recourir permettrait à une large fraction de la population qui ne s’exprime pas et qui n’est plus représentée par les élus, de participer au débat démocratique, comme l'explique Yves Sintomer, professeur de sciences politiques à Paris VIII.


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    Cet article fait partie du dossier:

    Les collectivités territoriales et la démocratie participative

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    Courrierdesmaires.fr. Pourquoi serait-il intéressant de parler, aujourd’hui, de recourir au tirage au sort pour la représentation des citoyens ?

    Yves Sintomer(1). Parce que la démocratie est un régime où l’on invente régulièrement. Depuis deux siècles, nous avons eu plusieurs constitutions, la création des partis politiques, un bouleversement des équilibres institutionnels. Et cela va continuer. Il n’y a aucune raison pour que la vie politique du XXIe siècle ressemble à celle du XXe siècle – et le tirage au sort est l’une des pistes possibles de renouvellement.

     

    Quelles critiques peut-on faire au système de l’élection ?

    Y. S. L’élection fonctionnait bien lorsque l’on avait des partis de masse, qui sélectionnaient le personnel politique amené à gouverner et organisaient la société, directement ou à travers des syndicats et des associations. Ces partis constituaient des canaux de communication entre les citoyens et les gouvernants et menaient une réflexion sur l’avenir.

    Aujourd’hui, les partis n’organisent plus la société, les classes populaires ont décroché de la vie politique organisée par eux. Naguère, c’est dans les banlieues rouges que l’on votait le plus. Les classes populaires ne sont presque plus représentées à l’Assemblée nationale, les maires qui en sont issus sont de plus en plus rares. Les canaux de communication entre citoyens et gouvernants ne fonctionnent pas. Quant à la vision de l’avenir, elle ne se trouve plus guère dans les partis.

    Le résultat de tout cela est que les élections tournent à vide. L’abstention, le mécontentement croissant, mais aussi des mouvements comme “Occupy” et des manifestations plus ou moins violentes sont des expressions de distanciation.

     

    Comment donc donner du souffle à la politique ?

    Y. S. Il ne s’agit naturellement pas de supprimer les partis et les élections, mais de les coupler avec d’autres mécanismes. Et l’un de ceux-ci pourrait être le tirage au sort de personnes qui pourraient discuter, opiner, proposer, décider même, dans des domaines d’intérêt public. On aboutirait ainsi à un avis éclairé, qui ne sera peut-être pas celui du peuple consulté par référendum ou par sondage.

    Ce n’est pas une vue de l’esprit, une théorie universitaire. Chaque année des centaines d’expériences sont menées dans le monde. Et le tirage au sort a été largement utilisé au cours de l’histoire.

     

    Quels sont les grands exemples historiques ?

    Y. S. Il a été utilisé dans l’Antiquité par la démocratie athénienne, lors de sa période de plus grande puissance. Il était fondamental pour constituer la “Boulê”, le conseil législatif, pour désigner une grande majorité des charges politiques, les jurys populaires.

    Florence aussi y a eu recours, à l’époque où elle a inventé la Renaissance, la perspective… La Révolution française l’a adoptée pour les jurys d’assises. Aux Etats-Unis, le jury populaire est toujours un pan important de l’organisation de la justice.

     

    On sait désormais que le tirage au sort permet de sélectionner un échantillon représentant toutes les strates de la population, jeunes, vieux, hommes, femmes, éduqués ou non etc. Ce que l’élection ne fait plus.”

     

    Quelle était l’argumentation pour privilégier le tirage au sort ?

    Y. S. Les Grecs lui reconnaissaient de permettre l’impartialité et de limiter les conflits pour le pouvoir, en désignant des personnes dont la carrière n’était pas en jeu grâce à une rotation rapide. Pour eux, démocratie signifiait aussi être tour à tour gouvernant et gouverné.

    Quand la politique a été réinventée dans les communes, au Moyen-Age en Italie, le tirage au sort a été couplé à l’élection pour parvenir à plus d’impartialité. Chaque année, Florence tirait au sort un millier de personnes parmi environ 12 000 hommes adultes, sur une population totale de 20 000 personnes.

     

    Pourquoi le tirage au sort a-t-il régressé à l’époque moderne ?

    Y. S. Les pères fondateurs des révolutions françaises et américaines ne voulaient pas la démocratie, mais une aristocratie élective. Il s’agissait de permettre au peuple de désigner les meilleurs.

    En outre, le tirage au sort ne paraissait pas possible dans les grands pays. On ne concevait pas que 500 personnes puissent représenter 20 à 30 millions d’habitants.

    Les choses ont changé avec la notion d’échantillon représentatif de la population, que les sondages ont popularisé. On sait désormais que le tirage au sort permet de sélectionner un échantillon représentant toutes les strates de la population, jeunes, vieux, hommes, femmes, éduqués ou non etc. Ce que l’élection ne fait plus.

     

    Quels en sont les exemples récents de mise en œuvre?

    Y. S. En France, nous avons une prolifération d’exemples au niveau local, avec les conseils de quartier, les conférences citoyennes. Au niveau national, il y a des consultations sur des sujets scientifiques, techniques, d’aménagement du territoire.

    En Colombie britannique, au Canada, une assemblée tirée au sort a travaillé pendant un an sur une nouvelle loi électorale, soumise ensuite à référendum. Elle a obtenu la majorité des suffrages, mais pas la majorité qualifiée nécessaire à son adoption.

    Autre grand exemple : l’Islande, après la faillite de son système bancaire. Deux grandes assemblées tirées au sort ont discuté sur la refondation du pays et sur une nouvelle constitution. L’expérience a capoté suite au revers électoral du parti qui la portait. Mais elle pourrait se renouveler.

     

    Le tirage au sort limite les querelles liées à la conservation ou à la recherche du pouvoir.”

     

    Qu’en pensent les partis politiques ?

    Y. S. Aujourd’hui, partis et fondations politiques s’emparent de cette idée. Le Front national propose le tirage au sort pour la désignation des membres du Conseil constitutionnel, parmi plusieurs groupes de hauts fonctionnaires.

    Fondapol, proche de l’UMP, propose de désigner ainsi 10% des conseillers municipaux. L’Institut Montaigne, libéral, a organisé une conférence citoyenne sur la réforme de la santé basée sur le tirage au sort.

    La Fondation Jean Jaurès, socialiste, a publié une note sur les jurys citoyens tirés au sort. La Fondation Nicolas Hulot préconise une 3e chambre tirée au sort. Attac veut remplacer le Sénat par une Chambre des citoyens tirés au sort. Bref, tout l’arc politique s’y intéresse.

     

    Quels sont les thèmes qui se prêtent à ce type de débat ?

    Y. S. Tout d’abord ceux où l’on a besoin d’impartialité, où il faut neutraliser les intérêts particuliers, comme la réforme de la carte territoriale, le changement de mode de scrutin, la modification des périmètres des circonscriptions électorales. Le tirage au sort limite les querelles liées à la conservation ou à la recherche du pouvoir.

    Autre cas : les questions très précises et controversées, comme l’aménagement d’un barrage, l’autorisation ou non des OGM, la municipalisation de la gestion de l’eau, la construction d’une usine d’incinération… Sur ce type de question, les citoyens peuvent se former et prendre une décision pertinente.

    Enfin, au niveau microlocal, on peut mobiliser le savoir d’expertise d’usage des habitants. Par exemple pour l’aménagement d’une place. Les conseils de quartiers ne sont en effet généralement pas représentatifs de la population. C’est pourquoi on y crée parfois un collège tiré au sort.

     

    Le problème n’est-il pas que les élus refusent ce qu’ils voient comme une dépossession de leur pouvoir ?

    Y. S. Ils doivent comprendre que le pouvoir n’est pas un jeu à somme nulle. Ce n’est pas parce qu’ils en donnent une part à d’autres qu’ils en auront moins. Au contraire. On peut avoir un jeu gagnant-gagnant.

    Ces pratiques contribueraient à recrédibiliser la politique, montreraient la complexité de la prise de décision. Il faut mettre fin à une division de travail absurde entre des élus qui auraient le monopole de la défense de l’intérêt général et des citoyens qui ne défendraient que leur bout de gras.

    En outre, il n’est pas question de mettre fin ni aux élections ni aux référendums, mais de le coupler avec les initiatives populaires et le tirage au sort.

    Pour dépasser le stade actuel, il faudrait cependant institutionnaliser ces dispositifs, pour qu’ils ne dépendent pas du libre arbitre des décideurs.

     

    A travers une animation dynamique et équilibrée de la délibération, les différences de diplômes, de culture, de niveau social sont largement neutralisées.”

     

    N’y a-t-il pas finalement un risque de tirer au sort des personnes trop peu qualifiées, inaptes à participer aux débats ?

    Y. S. L’exemple d’Athènes et de Florence montre que le tirage au sort n’empêche pas un rayonnement politique et culturel exceptionnel.

    Plus récemment, l’Institut Montaigne a organisé une conférence citoyenne sur la réforme de la santé avec un jury tiré au sort, comprenant quelques personnes ayant des difficultés d’alphabétisation. A la fin, les experts ont reconnu qu’ils n’avaient jamais vu une telle qualité de discussion.

    A travers une animation dynamique et équilibrée de la délibération, les différences de diplômes, de culture, de niveau social sont largement neutralisées. Et l’on découvre que ce ne sont pas toujours les « forts en gueule » qui s’expriment le plus et le mieux.

    Note 01:

    Professeur de sciences politiques à Paris VIII, Yves Sintomer est membre de l’Institut universitaire de France - Retourner au texte

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