Blog

  • Les épiceries et l'UE...

    En fait, les épiceries représentent les régions et les hypermarchés représentent l'UE...

    Les hypermarchés sont des concentrations dans lesquelles plus personne n'a la possibilité d'identifier tous les réseaux de production, de distribution, de marge, il n'y a plus aucun lien entre les clients et les producteurs, entre le consommateur et le haut de la pyramide. Tout le monde est anonyme. Tout le monde subit ce que personne n'avoue.

    ‎"La plus grande partie de nos concitoyens est aujourd'hui réduite par l'indigence au seul souci de survivre; asservie à ce point, elle est incapable de réfléchir aux causes de sa misère et aux droits que la Nature lui a donnés. "Robespierre.


    Les épiceries représentent la résistance. Les hypermarchés collaborent. Les clients, frappés par la dureté des conditions de vie, perdent peu à peu toute lucidité.

    Toute forme d'expansion mercantile avilit les populations. L'UE en est un exemple particulièrement violent.

    Juste un exemple :

    http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/peugeot-peut-donc-peu-120718

    Peugeot peut donc peu ?

    Au moment ou 8000 travailleurs de l’entreprise Peugeot sont menacés de perdre leur emploi, il est intéressant de comparer cette situation aux bénéfices engrangés au cours des années par l’entreprise.

    L’affaire Peugeot n’est pas anecdotique : l’entreprise emploie 200 000 personnes dans le monde, dont 100 000 en France, et avec ses 4,4 milliards d’euros (voire peut-être le double), la famille Peugeot est la première fortune française, ce qui ne l’empêche pas de résider en Suisse (lien) même si le clan Peugeot affirme que seul Eric s’y trouve. lien

    Les salaires des responsables du groupe ne sont pas non plus anecdotiques : avec 3 253 700 € de rémunération en 2010, le PDG est clairement à l’abri du besoin.

    Le directeur des marques, Jean Marc Gales, n’a pas à rougir non plus des 1 266 000 € de rémunérations qu’il a perçues en 2010 (lien) tout comme Frédéric Saint Geours, lui aussi de la direction des Marques, ainsi que Guillaume Fauri, directeur recherche et développement, puisque tous les trois ont été rémunérés en 2010 à hauteur de 1 266 000 €.

    Grégoire Olivier, « directeur Asie » a empoché pour sa part en 2010, 1 362 820 €, prouvant ainsi la bonne santé du groupe. lien

    L’année 2010 est donc une très belle année pour les dirigeants de l’entreprise puisqu’elle a vu leurs rémunérations doubler, voire tripler. lien

    En 2011 la Banque PSA Finance, qui représente 40% du résultat opérationnel du groupe PSA en 2011 a dégagé un chiffre d’affaire de 1,8 milliards d’euros, permettant un résultat final de 507 millions d’euros, ce qui représente un joli progrès puisque le chiffre d’affaire de 1995 était de 103 308 906 €. lien

    Et quid des sous filiales d’assurance (PSA Service Ltd, PSA Insurance Ltd, et PSA Life Insurance Ltd) installées discrètement dans un paradis fiscal à Malte  ?

    Quid aussi de l’émission obligataire à taux fixe d’un montant de 600 millions d’euros, réalisée le 20 juin 2012, dont le PDG de Peugeot, Philippe Varin se félicitait en déclarant : « cette deuxième émission en euros vient de confirmer la capacité de « Banque PSA finance » à saisir les opportunités offertes par le marché obligataire… »

    D’ailleurs, en février 2012, le même Philippe Varin s’auto-congratulait encore en déclarant : « nous mettons en place un programme soutenu de management du cash : les mesures d’économie de 800 millions d’euros annoncées en octobre dernier sont complétées pour atteindre 1 milliard d’euros. Par ailleurs, un programme de cessions d’actifs, d’un montant de 1,5 milliards d’euros environ, incluant Citer, est lancé… »

    La synthèse des résultats financiers 2011 est limpide : « Banque PSA finance dispose d’une structure financière solide grâce à un ratio de solvabilité Bâle II supérieur à 14% et d’une sécurité financière via des lignes de crédit non tirées et une réserve de liquidité, permettant d’assurer en permanence plus de 6 mois d’activité sans recours à des financements complémentaires  ». lien

    Il ne faut pas non plus oublier les filiales du groupe, comme Faurecia, dont le chiffre d’affaire à augmenté de 4 milliards en 4 ans, ou Gefco dont le chiffre d’affaire de 3 milliards a permis de dégager 223 millions de bénéfice en 2011. lien

    Déjà en 1988, le groupe PSA en plein conflit avec ses employés, déclarait qu’il n’y avait « rien à négocier  » malgré les 8,8 milliards de bénéfices engrangés, refusant la prime de 1500 FR demandée, alors que le PDG avait augmenté sa rémunération de 45,9% en 2 ans. lien

    Voila qui tranche avec la description très noire faite par Philippe Varin de la situation actuelle de l’entreprise Peugeot, ce qui lui permet de supprimer 1400 emplois dans le secteur « recherche et développement » et de 4400 dans le secteur « production ».

    En fait, dès février 2012, Peugeot avait annoncé la couleur : économiser 3,7 milliards en supprimant 6000 emplois, et continuer les délocalisations.

    Déjà implantée en Argentine, au Brésil, et en Chine, l’entreprise vise pour bientôt les Indes (lien) alors qu’elle se défend de délocaliser tout en se séparant de ses ouvriers français. lien

    Le PDG Philippe Varin est même allé plus loin en se disant « choqué par le procès fait à l’entreprise » (lien) assurant «  il n’y aura pas de plan social mais un programme interne de reconversion et de formation  », maniant ainsi superbement une belle langue de bois. lien

    Mais qui est dupe ?

    A l’évidence, tout en engrangeant des bénéfices conséquents, Peugeot s’est d’abord transportée en Slovaquie pour produire la 207, voiture fabriquée auparavant à Mulhouse, s’étant précédemment délocalisée à Madrid. lien

    En 2007, il y avait des signes avant coureurs, puisque l’entreprise, prétextant une baisse des appels, avait délocalisé son centre d’appel vers le Portugal et la Tunisie, mettant sur la paille, ou presque, près de 120 salariés du sous traitant Teleperformance.

    Puis en 2010, Peugeot s’est délocalisé en Chine pour y fabriquer la C6, suivant la stratégie de Renault qui lui s’était transporté en Corée. lien

    Mais Thierry Peugeot, drapé dans une dignité offusquée, déclarant « mal vivre les attaques », et « se sentir visé », exprimant un « sentiment d’injustice », touché par les qualificatifs de « mensonge, dissimulation » affirme au sujet de son entreprise : « nous avons des valeurs d’humanisme et de respect  ». lien

    Que va faire le gouvernement français ?

    On se souvient de la phrase prononcée par un ancien premier ministre socialiste « l’Etat ne peut pas tout  » (lien), et même si François Hollande affirme que le plan de restructuration de Peugeot est « en l’état inacceptable et devait être renégocié  », on n’a pas pour l’instant une vision très claire de ce qu’il veut faire. lien

    La prime à la casse instituée par Sarközy a couté 2 milliards d’euros aux contribuables français, et Peugeot a reçu 4 milliards d’euros d’aides de l’Etat, ce qui correspond quasi au montant de la fortune de la famille Peugeot. lien

    Dans le camp des travailleurs, Jean Pierre Mercier de la CGT annonce la couleur : il veut mettre en place un vrai rapport de force, afin de réussir à « faire peur aux dirigeants de Peugeot  », et déclare « on a du boulot jusqu’en 2016, il n’est pas question d’arrêter avant ». lien

    Au-delà de la langue de bois des dirigeants de l’entreprise et de ceux qui pensent « qu’on ne peut rien faire », comment admettre que les grandes fortunes du pays, pour engranger toujours plus de bénéfices, puisse mettre à la porte leurs employés, justifiant qu’il s’agit de « sauver l’entreprise », délocalisant aussi leur fortune dans les paradis fiscaux, quitte à payer très cher cette pratique peu citoyenne.

    Ils n’ignorent pourtant pas qu’en mettant leur argent dans ces banques peu scrupuleuses, ils se rendent complice d’actes condamnables.

    Comme l’a démontré récemment une commission d’enquête du Sénat américain, la banque HSBC finance aussi bien les activités criminelles de la mafia, le blanchiment d’argent, le trafic de drogue et d’armes au Mexique, au Soudan, ou en Iran, et à des liens avec le terrorisme en Arabie Saoudite.

    Comme l’indique Médiapart dans un article récent, « près de 60 000 comptes liés à la filiale mexicaine ont trouvé l’hospitalité dans les îles Caïman. Sur 41% de ces comptes, la banque n’avait quasiment aucune information, ne faisait aucun contrôle, en dépit des mises en gardes de plusieurs responsables insistant sur les risques immenses de blanchiment d’argent de la drogue. Prise la main dans le sac, la direction de HSBC s’est déclarée « profondément bouleversée », à présenté ses excuses à ses salariés et à ses clients… ».

    Diverses organisations internationales, comme le FMI, la Banque mondiale, la Banque des règlements internationaux, estiment que les capitaux planqués dans les paradis fiscaux représentent 17 000 milliards d’euros, et James S.Henry, de Tax Justice Network, à publié le 22 juillet une étude qui va beaucoup plus loin, estimant que 25 500 milliards sont aujourd’hui à l’abri dans ces paradis.

    En attendant, AVAAZ lance une pétition intitulée « mettez les banquiers derrière les barreaux » que l’on peu signer sur ce lien.

    Le gouvernement pourrait donc agir autant contre ces paradis fiscaux, dont Peugeot est l’un des utilisateurs, et évoquer les subventions que l’Etat a donné à cette entreprise, faisant valoir les bénéfices qu’elle a encaissé, afin de sortir par le haut de cette crise, mais le fera-t-il ?

    En tout cas, de l’autre coté de l’Atlantique, Obama agit, et le département du Trésor vient de « renforcer les sanctions déjà prises contre les institutions financières qui ont permis à des banques iraniennes d’effectuer des transactions financières ».

    La banque chinoise Kunlun et l’irakienne Elaf Islamic Bank sont accusées d’avoir facilité des transactions de plusieurs millions de dollars concernant les activités de prolifération nucléaires illicites de l’Iran. lien

    En France, le gouvernement part en vacances et nous ne serons fixés qu’en septembre.

    Comme dit mon vieil ami africain : « d’abord ils vous ignorent, ensuite ils se moquent de vous, puis ils vous combattent et enfin, vous gagnez »

    L’image illustrant l’article provient de « alternativelibertaire.org »

    Merci aux internautes de leur aide précieuse.

    Olivier Cabanel

    Article anciens


    ARGENT SALE - ARGENT BLANCHI.......

     

    L'argent sale prospère dans les paradis fiscaux

    Panneau de Bienvenue à Vaduz, à l'entrée du Liechtenstein (Photo  Coffrini/AFP)

     



    L'argent de la fraude fiscale, Des caisses noires Des multinationales, de la corruption ou du crime organisé utilise les mêmes circuits et montages juridiques

    anneau de Bienvenue à Vaduz, à l'entrée du Liechtenstein (Photo  Coffrini/AFP)
    Il y a trois mois, fin février, éclatait l’affaire du Liechtenstein. Un CD-Rom, acheté par les services secrets allemands, divulguait Une liste de 1 400 fraudeurs présumés du fisc (don't 600 Allemands, 400 Italiens, 200 Français, 100 Américains, etc.), ayant confié, en 2002, plus de 4 milliards d’euros à la banque liechtensteinoise LGT, propriété de la famille princière de cet État de 35 000 habitants, situé entre la Suisse et l’Autriche.

    On sait moins que le fichier comporterait aussi Des comptes de la famille royale saoudienne, de l’ex-dictateur indonésien Suharto, de narco-trafiquants italiens ou encore d’obscures grandes fortunes russes et balkaniques.

    Paris espère faire rentrer un milliard d’euros dans Ses caisses

    Berlin a déjà récupéré 500 millions d’euros auprès de 200 fraudeurs. Et Paris espère faire rentrer un milliard d’euros dans Ses caisses. En réaction à cette affaire, les deux pays Ont dénoncé l’opacité Des paradis fiscaux et Ont promis l’étude de mesures de rétorsion au niveau international.

    Après l’appel de Genève initié en 1996 par Sept magistrats européens, comme au lendemain Des attentats du 11 septembre 2001, ces petits États avaient déjà été pris pour cible. Leur fiscalité basse et leur manque de transparence étaient supposés attirer l’argent du crime organisé et du terrorisme international.

    Que s’est-Il passé depuis ? Il en existe toujours autant (plus de 70, contre 25 au début Des années 1970). Et plus de la moitié du commerce mondial utilise leurs services, Selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

    Les démocraties Ont pris conscience du manque à gagner que représente la fraude fiscale. Cette perte de recettes équivaut à 2 à 2,5 % du PIB européen. En 2006, le Snui, le syndicat Des impôts, évaluait le coût de l’évasion (légale) et de la fraude fiscale (illégale) à Une Somme oscillant entre 42 à 51 milliards d’euros, soit environ le déficit de la France.

    Une perte de recette fiscale mondiale de 165 milliards d’euros

    Au niveau international, l’ONG Tax Justice network, qui œuvre pour la justice fiscale, a calculé que 11 500 milliards de dollars (7 500 milliards d’euros) étaient placés dans les paradis fiscaux ou centres offshore par Des personnes fortunées. Ce qui représente Une perte de recette fiscale mondiale de 255 milliards de dollars (165 milliards d’euros) chaque année.

    Les paradis fiscaux sont empruntés par les sociétés multinationales pour payer moins d’impôt sur les bénéfices. La pratique utilisée pour faire passer les profits d’une filiale à l’autre, en fonction Des taux d’imposition dans les différents pays, Est celle des prix de transfert. Une autre technique consiste à falsifier les prix sur les exportations et importations des marchandises ou services.

    L’économiste américain Simon J. Pack cite l’exemple d’ampoules de flash exportées de la France vers les États-Unis pour 300 dollars (au lieu de 70 cents) et de mitrailleuses importées dans l’autre sens pour 364 dollars pièce (au lieu de 2 000 dollars).

    Des centres offshore pour cacher les dettes

    Mais les multinationales se servent aussi des centres offshore pour cacher leurs dettes afin de faire apparaître un meilleur bilan, voire, plus grave, pour truquer les comptes, à l’image du courtier Enron, qui avait créé jusqu’à 800 sociétés écrans dans différents paradis fiscaux . D’autres y dissimulent les rentes que leur procurent leurs brevets.

    En 2005, le Wall Street Journal avait dévoilé que la quasi-totalité des revenus des brevets de Microsoft étaient gérés par une filiale en Irlande (où la fiscalité est attractive pour les multinationales), ce qui faisait perdre 500 millions de dollars (325 millions d’euros) de recettes fiscales par an aux États-Unis.

    Dans Le talon d’Achille du capitalisme, Raymond Baker, ancien négociant international aujourd’hui à la tête de l’ONG Global Witness qui milite pour la transparence financière, inclut la falsification des prix par les entreprises dans son calcul du montant de l’argent sale , qui a été repris par la Banque mondiale et l’Office des Nations unies sur les drogues et la criminalité (UNODC).

    L’argent volé, détourné et évadé, représenterait ainsi 2 % à 5 % du PIB mondial, soit 1 000 à 1 600 milliards de dollars (650 à 1 000 milliards d’euros) par an et 8 % à 12 % des échanges mondiaux.

    Sur ce total, 60 à 65 % seraient imputables aux actes commerciaux illégaux, 3 % à la corruption, et 30 à 35 % à la criminalité (drogue, trafics, piratage, etc.).

    « Une menace pour le système capitaliste »

    Selon lui, l’argent sale est devenu « une menace pour le système capitaliste », qu’il appelle à rendre « propre » et à se séparer de sa « philosophie utilitariste qui justifie la transgression de la loi, la pauvreté et les inégalités ».

    La première raison de réagir, écrit-il, est « la peur », car la drogue, la criminalité et le terrorisme ont connu une croissance vertigineuse. « Les mafias profitent aussi de la libéralisation pour nouer des partenariats de circonstance avec d’autres mafias, voire des groupes terroristes », surenchérit Jacques de Saint Victor, auteur de Mafias, l’industrie de la peur.

    De plus, la financiarisation de l’économie favorise, selon lui, la formation d’une « bourgeoisie mafieuse », se mêlant plus aisément aux élites traditionnelles, notamment dans le monde politique, sportif et financier.

    Selon Callum McCarthy, chef de la Financial Services Authority, l’agence de régulation financière britannique, des groupes issus du crime organisé placeraient des hommes à eux à la City pour améliorer leur connaissance des mécanismes de contrôle interne afin de les contourner.

    « En 2010, le monde assistera peut-être à l’émergence d’États criminels », affirmait un rapport confidentiel, présenté en 2000 à l’ex-président américain Bill Clinton. « En 1996, Bill Clinton avait voulu faire passer son programme mais constaté que les caisses étaient vides, les riches comme les grandes entreprises s’arrangeant pour ne plus payer d’impôts.

    Des mesures de rétorsion sont à l’étude

    Il avait alors obtenu que le G7 demande à l’OCDE de mettre fin aux pratiques fiscales dommageables pour les États », note Pascal Saint-Amans, en charge de la coopération internationale et de la compétition fiscale à l’OCDE.

    Une liste noire des paradis fiscaux fut établie. La coopération avec les autorités fiscales fut encouragée. Des mesures de rétorsion sont à l’étude. « Il n’existe pas d’outils du droit international pour interdire l’activité des paradis fiscaux, pointe l’économiste Bruno Gurtner. Le plus efficace est de renforcer l’information et la transparence par des standards globalisés, afin que ces petits États ne puissent plus fonctionner de la même façon. L’élection d’un nouveau président aux États-Unis pourrait augurer d’un possible changement. »

    Aude CARASCO

    Trois sources :

    Plusieurs associations (Secours catholique, CCFD, Attac, Survie, etc.) ont créé la « plate-forme contre les paradis fiscaux et judiciaires ». Dossier très complet sur www.paradisfj.info/

    Le Talon d’Achille du capitalisme de Raymond W. Baker, Éd. AlTerre, 420 p.

    Mafias : l’industrie de la peur de Jacques de Saint-Victor, Éd. Plon, 456 p. 19,90 €.

    ****

    Cette image et les citations ci-dessous proviennent d'un Blog qui ne manque pas d'intérêt!!!!!!!
    Cliquer sur l'image pour en savoir plus!

    Malgré ce que soutiennent les riches, l'argent suffit à faire le bonheur des pauvres ; malgré ce que s'imaginent les pauvres, l'argent ne suffit pas à faire le bonheur des riches.

    Jean D'ORMESSON

    Un banquier ne vous prête de l'argent que dans la mesure où vous n'en avez pas besoin. Si vous avez vraiment besoin d'argent, c'est que vous êtes dans une situation désespérée. Et dans une situation désespérée, vous n'intéressez pas un banquier.Paul-Loup Sulitzer

    Il en est de l'argent comme du hérisson, plus facile à saisir qu'à retenir. Archiloque


    L'argent ne fait pas le bonheur de ceux qui n'en ont pas. Boris Vian

    Si plaie d'argent n'est pas mortelle, elle ne se ferme jamais. Jules Renard

     


    QUI A DIT QU IL N Y AVAIT PAS D ARGENT ???


    Lire la suite

  • Tout le monde est un génie.

    Albert Einstein a dit :

    " Tout le monde est un génie mais si vous jugez un poisson sur ses capacités à grimper à un arbre, il passera sa vie à croire qu'il est stupide. "

    Il est aisé de voir le rapport avec l'école française. Et en général avec toutes les formes d'enseignement lorsque celles-ci ne prennent en considération que l'acquisition de données.

    Ce ne sont pas les connaissances qui importent mais la compréhension de soi que chaque individu retire des apprentissages. Encore faut-il être capable d'amener les individus à cette observation de soi et non seulement à l'observation et à la mémorisation (éphémère) de connaissances;

    C'est tout le problème entre la connaissance et la compréhension. La compréhension concerne la connaissance de soi à travers l'apprentissage des connaissances cognitives. C'est justement ce qui n'est pas fait à l'école. Et c'est là que se trouve la source de tous les problèmes. Si la connaissance génère une perte de soi, il est sain de s'opposer aux connaissances...

    Lire la suite

  • La télévision

    Une vidéo "raccourci" sur le travail mené par Michel Desmurget.

    Je n'apprécie guère les tentatives """""d'humour"""" de ce chercheur mais ce qu'il dit sur le fond est très intéressant.

    A écouter et à partager...Pour le bien de tous et surtout celui des enfants.

    Lire la suite

  • Les épiceries

    Dans notre raid à vélo, on a le plus souvent traversé des petits villages ou petites villes, parfois des hameaux et aucun supermarché ne s'y trouvait, juste des épiceries. Des produits régionaux y étaient vendus, légumes, fruits, charcuteries, confitures, yaourts, pâtisseries...Des boulangeries proposant des "sandwichs maison", des gâteaux secs (les Croquants de Besse, hummm !!)

    Tout ce qui constitue les éléments essentiels. Aucun superflu. Les magasins étaient remarquablement bien organisés, chaque espace dédié et parfaitement exploité, des commerçants qui savaient exactement ce qu'ils proposaient et toujours avenants, chaleureux, curieux même parfois de nos tenues de cyclistes et désireux de discuter un moment. Certains nous remplissaient nos bidons ! Que du bonheur. On apprenait que les producteurs amenaient eux-mêmes leurs marchandises ou que le propriétaire du magasin allait se fournir directement à l'exploitation. Pas d'intermédiaire, pas de hausse de prix...La rumeur disant que ces épiceries ont des prix prohibitifs est absolument injustifiée. D'ailleurs, en ne proposant que l'essentiel, le client n'est pas amené à acheter tout et n'importe quoi comme il le ferait dans un supermarché...Au final, les dépenses sont bien moins importantes dans une épicerie. Sans parler bien entendu de la qualité des produits ! Et ces rencontres avec les gens du pays ! Ces discussions, cette humanité, cette chaleur ! Allez donc trouver l'équivalent chez Carrouf...

    Le problème est de taille...Au nom de la diversité, de l'offre, du choix, de pléthore de produits, les supermarchés ont effacé du paysage français un nombre considérable d'épiceries. Sauf dans ces régions qui subissent une désertification et dans lesquelles s'accrochent les amoureux de la terre. 

    En passant à Florac, on était au bout de nos réserves alimentaires et il a bien fallu qu'on s'arrête refaire le stock. Un supermarché...J'ai regardé les provenances des produits : des gâteaux néerlandais, des yaourts espagnols, des pommes de Nouvelle Zélande !! Pour la charcuterie, impossible de connaître la provenance, mieux vaut ne pas en acheter...Florac est entourée de terres cultivées, de fermes laitières, de vergers, d'agriculteurs, de bergers... Ce système commercial est une aberration. Il tue les producteurs régionaux et il propose des aliments dont il est impossible de connaître les qualités nutritives, sans parler de la toxicité...On peut évidemment rajouter à la liste des griefs une pollution gigantesque au regard des distances parcourues par ces produits...Des pommes de Nouvelle Zélande, c'est n'importe quoi !! La France est un pays qui produit des pommes que je sache ! Je ne veux manger que ce qui est produit ici. Et qui n'a pas été trimballé dans des camions ou des bateaux frigorifiques. 

    On me répondra que ce sont les exploitants de grandes surfaces qui suivent les attentes des consommateurs...Eternel dilemme dans la recherche des causes et des responsabilités.

    Aux consommateurs par conséquent de boycotter et d'effecteur un tri extrêmement minutieux. C'est la seule solution.

    Je conseille l'épicerie du village de Camprieu au pied du Mont Aigoual ! Un grand bonheur ! ^^

    Lire la suite

  • 11) La GTMC, la fin du parcours...

    On se lève à 7 h et on prend la route. On file à 25 km/h...Une super caisse.

    La Méditerranée est derrière la ligne d'horizon...

    En haut d'une montée, un cyclo nous rattrape et nous passe dans la descente. Il prend deux cents mètres et je décide de le prendre en chasse, pour le fun ^^ . Je le reprends dans la montée. Il en remet une couche quand il s'aperçoit que je suis derrière lui, je descends deux dents et je le passe en lui demandant s'il connaît la route pour la gare de Montpellier. On discute un peu et il me donne un itinéraire pour éviter une côte de cinq kilomètres avec un passage à 14% dix kilomètres plus loin ! Coup de bol ^^

    On rejoint Juvignac et on trouve la gare de tramway. Les vélos sont acceptés ^^Le retour dans la circulation et le parcours dans le centre ville de Montpellier sont évités ! Youpi !! On arrive à la gare. Il y a un monde de fous, tout le monde court dans tous les sens, tout le monde cherche son quai, une queue de trois kilomètres aux guichets...Dur...Impossible de prendre un TGV, les vélos ne sont pas acceptés. Bravo la SNCF...On opte donc pour des TER. 4h30 de trajet, trois changements. Quand on sait qu'il n'y a pas de rampes pour les vélos, on sait ce qui nous attend dans les escaliers pour courir jusqu'aux quais. Dix minutes d'arrêt pour les correspondances, faudra pas se louper...En attendant le premier train, on rejoint un parc pour aller manger un peu. Dix minutes qu'on est assis quand un premier gamin vient nous taper la manche. C'est en fait tout un groupe d'enfants et d'adolescents qui tournent en rond dans le parc...Quand j'attendais Nathalie qui faisait la queue au guichet, un adulte était déjà venu me demander du liquide pour payer son train pour Marseille parce qu'il avait perdu sa carte bancaire... Une SDF vient fouiller une poubelle à côté de nous. Elle a un manteau d'hiver sur le dos et elle porte une flopée de sacs...Le bruit de la ville est hallucinant. Des moteurs qui pétaradent, un marteau piqueur et une disqueuse à cent mètres, des klaxons, des gens qui passent en parlant fort, des groupes qui sont seuls au monde. Tout le monde est seul au monde ici d'ailleurs...La saleté est partout. Des papiers au sol, l'air chargé de vapeurs d'essence, je n'ai même pas envie de m'asseoir sur un banc. Quand je pense que des gens trouvent que d'être en raid et de ne pas pouvoir se doucher, c'est vraiment sale...je n'ai jamais eu les mains aussi sales de tout le périple. 

    C'est insupportable. On décide de retourner à la gare. Ce parc n'a rien à voir avec la nature. Et les gens n'ont rien d'humain. J'ai l'impression d'être entourés de mutants, une certaine angoisse qui s'installe, du dégoût. De la tristesse aussi. Je n'ai rien à faire ici. Si on m'y enfermait, j'y deviendrais fou. 

    Dans le hall de la gare, je vois passer un homme qui parle tout seul, très fort. Des grands gestes des bras. 

    On regarde passer les gens...Et on pense aux bergers, aux paysans, aux habitants des hauts plateaux.

    Cette certitude que l'environnement conditionne les hommes. Et que le conditionnnement une fois installé est prolongé par les hommes eux-mêmes. Je suis conditionné au silence et à la paix. Le reste m'est insupportable.

    J'essaie de me mettre dans ma bulle.  Il faut surveiller les vélos, les sacs, surveiller l'arrivée du train, je ne lâche jamais mon petit sac à dos avec l'argent. Une paranoïa qui ne me quitte pas.

    Le premier train arrive. Premier défi : réussir à monter les vélos alors que tout le monde veut avoir une place assise et se pousse. 

    Tout le monde est seul au monde.

    Et pourtant, des hommes vont aider Nathalie à porter son vélo dans les escaliers, à chaque changement de train, avant même que je revienne l'aider après avoir monté mon vélo. On discutera avec une dame qui voulait savoir d'où on venait, qui connaissait les endroits qu'on avait traversés. Un contrôleur va nous faire un ticket pour le car qui doit nous emmener de Grenoble à Pontcharra et c'est grâce à lui qu'on décidera la conductrice à prendre nos vélos dans la soute...Oui, il y a des humains. Il faut rester vigilant pour ne pas laisser passer l'occasion de les rencontrer, ne pas décevoir cet élan qui les pousse encore vers leurs semblables...

    Mais oh combien c'est difficile...

    Là-haut, tout est si simple.

  • 10) La GTMC, le Larzac

    On descend les gorges de la Dourbies jusqu'à Sauclières où bien évidemment on enchaîne avec une longue montée pour rejoindre le causse du Larzac. On s'arrête à la Couvertoirade, village médiéval, bâti par les Templiers.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Couvertoirade

    Histoire

    Le nom de Cubertoirata apparaît dès le XIe siècle lors de la délimitation des territoires appartenant à l’abbaye de Gellone, à Saint-Guilhem-le-Désert (Hérault) aujourd’hui.

    Depuis le XIIe siècle, les Templiers sont installés sur le Larzac et à La Couvertoirade. Leur implantation est due d’une part à la proximité de routes permettant de descendre vers la côte méditerranéenne pour s’embarquer vers l’Orient et la Terre Sainte, d’autre part à des donations.

    La Couvertoirade constitue dès l’origine pour les Templiers un centre d’exploitation agricole. Sur ces terres, ils font cultiver aux paysans des céréales, élever des chevaux (pour la guerre) et des ovins (pour la viande, les peaux, le lait). Un bourg se développe autour du château, encore visible de nos jours.

    En 1312, l’ordre du Temple est dissous. L’ensemble de leurs biens revient aux Hospitaliers qui deviennent les nouveaux maîtres de La Couvertoirade. La bourgade compte 135 feux en 1328, soit environ 800 personnes.

    Au milieu du XIVe siècle, les « Routiers » (des compagnies de mercenaires vivant en bandes plus ou moins organisées et souvent peu disciplinées) pillent le Larzac. Par crainte de ces bandes armées, les habitants finissent par faire fortifier le bourg de 1439 à 1445. C'est Déodat Alaux, maître maçon de Saint-Beauzély, qui est chargé d'exécuter ces travaux. Malheureusement, ce territoire se sera déjà fortement dépeuplé.

    À ce siècle de fléaux succède un siècle de repeuplement et de reconstruction dont témoignent de nombreuses maisons ayant conservé des éléments de la fin du XVe au début du XVIe siècle.

    En 1562, au début des guerres de religion, les Huguenots tentent de prendre la cité — en vain. En 1702 les habitants s’arment et restaurent les portes par crainte des Camisards, mais le bourg ne sera plus jamais attaqué.

    Malgré les épidémies et les disettes s’instaure une certaine prospérité. En 1768 le bourg est érigé en commanderie indépendante, octroyée au chevalier Riquetti, baron de Mirabeau, déjà commandeur de Sainte-Eulalie. La Révolution confisquera bientôt toutes les possessions hospitalières qui reviendront aux paysans. Au XIXe siècle, la commune est touchée par l’exode rural mais maintient son activité économique agricole. Puis, à partir des dernières décennies du XXe siècle, la commune exploitera aussi son passé templier à des fins touristiques.


    On est quelque peu déçu par l'ambiance "baraque à frites"...Des magasins qui n'ont aucun rapport avec le Larzac, du commercial dans toute sa décadence. Mais une rencontre avec un propriétaire d'une échoppe, très amical et chaleureux, une discussion intéressante sur la vie du village. L'argent récolté par le parking payant sert à l'entretien des bâtiments, les taxes professionnelles aussi. La commune cherche à exploiter au mieux l'attrait touristique...Un défi délicat...

    On reprend la piste.

    On passe par la Vernède. Première crevaison depuis le départ. Les rochers sont très coupants, il fait une chaleur étouffante, absolument pas d'air.

    On veut atteindre les montagnes qu'on voit au fond, prendre de l'altitude pour passer la nuit au frais.

    gtmc-ete-2012-085.jpg

    On arrivera au Mont St Baudille à 20 h. Juste au-dessus du Col du Vent. Le bien nommé...On ne va quasiment pas dormir de la nuit, l'impression que la tente va être arrachée par moments. Incroyable de telles rafales avec un ciel totalement dégagé...

    Un berger nous a donné de multiples informations pour notre descente sur Montpellier. On appréhende quelque peu ce retour à la ville. On n'a pas réservé de train, on n'a pas de plan de la ville. Le berger nous dit qu'on peut prendre le tramway, même avec les vélos. 

    On verra demain...

  • 9) La GTMC, le Mont Aigoual.

    On monte par la route avec un vent de face très dur. Le Mont Aigoual tient à sa réputation. Paysages grandioses.

    De toute façon, d'un point de vue visuel, ce raid est d'une richesse incroyable. En une journée, on peut passer des gorges à un plateau, d'une forêt à une crête, d'une rivière à un Causse. Des parfums, des couleurs, des lumières. Et des gens aussi. Des habitants d'une infinie gentillesse. A Orcival, le propriétaire d'un bar m'a emmené en voiture à dix kilomètres dans un magasin agricole pour essayer de trouver une tête de réchaud, le nôtre fuyait...Au Gilardès, les propriétaires de chambres d'hôtes nous ont vendu un repas pour le soir alors qu'il n'y avait plus aucune épicerie malgré ce qui était inscrit sur notre guide. Une septuagénaire à Besse qui nous demande d'où on vient et qui se met à nous raconter ses raids à vélo avec son mari :" Un jour, je me suis allongée dans l'herbe et il a monté la tente autour ! Une autre fois, je lui ai dit, à 105 kilomètres, je jette le vélo, et bien il s'est arrêté à 104. Une dame charmante, très distinguée qui nous racontait ses souvenirs sur la place du village. Un berger qui nous donne de l'eau pour le soir et qui nous invite à aller dormir sur son terrain, "un joli coin bien tranquille"...Impossible de tous les citer. Des rencontres qui restent inscrites tout autant que les terres traversées. Des terres si belles que les hommes qui y vivent sont emplis de cette humanité des gens de là-haut, cette humanité que j'aime.

      Le choc avec le retour à Montpellier sera d'autant plus grand...

    On quitte le sommet et on reprend la descente sur Camprieu puis les gorges de Trévézel jusqu'à Trèves. De là, on remonte au Col de la pierre plantée, une sacrée montée, sept kilomètres avec des passages à 12%.

    On rencontre deux cyclos qui sont épatés par notre périple. On continue à monter jusqu'au village de Dourbies où un jeune du pays nous guide jusqu'à un endroit paradisiaque au bord de la rivière.

    On se baigne, on se lave, on lave du linge.

    Les truites se baladent dans les bassins.

    A St Enimie, au bord du Tarn, on a vu un camping où les emplacements tenaient du HLM...Les uns sur les autres...Du bruit, du bruit...

    Et nous, la tente est au bord de l'eau, nous sommes seuls. C'est gratuit. Dans un silence absolu.

    Quels inconvénients nous pousseraient à nous priver d'un tel bonheur ? Manger assis par terre ? Ne pas pouvoir prendre une douche ? Enfiler un cuissard humide le matin ? Quelle importance ? C'est insignifiant au regard de tout ce qui nous est offert, de cette vie simple et belle, de cette fusion avec la nature et avec soi.

    On s'est aperçu au bout de six jours de vélo qu'on avançait de mieux en mieux, qu'on avait un réel plaisir à enfourcher les vélos le matin. Même quand on faisait une longue pause à midi, à l'ombre d'un arbre pour laisser passer les grosses chaleurs, on reprenait la route avec plaisir. C'est pourtant difficile, physiquement de relancer la machine quand on a déjà fait quarante kilomètres. mais l'appel des horizons était le plus fort.

    Que du bonheur.

    S'asseoir sur un rocher et écouter la mélodie de l'eau. Et se taire. Pour découvrir enfin ce qui est en soi.  

    GTMC-t-2012-066.jpg

  • 8) La GTMC, le Causse Méjean

    On est sorti des gorges du Tarn à St Enimie. On a commencé à monter.

    On a pris la route de St Chély sur Tarn, le col de Coperlac puis la montée jusqu'à Mas sur Chély. Seize kilomètres de montée pour commencer l'étape^^ Mais au moins, ça roulait !!

    L'arrivée sur le Causse est un régal.

    GTMC-t-2012-082.jpg

    Il fait chaud mais il y a du vent et c'est plus agréable que la fournaise des gorges.

    On traverse quelques hameaux complètement isolés. Des maisons en grosses pierres, toutes resserées les unes contre les autres, des fenêtres étroites...L'hiver est rude là-haut...

    Une des croix les plus célèbres des Cévennes. Hameau du Cros.

    GTMC-t-2012-080.jpg

    On dit là-haut que les cloches des églises ne donnent pas l'heure mais guident les marcheurs perdus dans les tempêtes...J'aime le sourire de ce Christ.

    La vie est rude pour tous. Ce lézard a été pris par une pie grièche ou un geai. Il est planté sur un barbelé pour un prochain repas.

    GTMC-t-2012-081.jpg

    L'avantage des déplacements en vélo, c'est qu'on voit ce qu'aucun automobiliste ne verra jamais.

    On passe vers les enclos des chevaux de Prezwalski.

    Histoire

    Le cheval de Przewalski serait l'un des précurseurs du cheval domestiqué. L'homme n'a toutefois jamais réussi à le domestiquer.

    Il a été « découvert » tardivement, en 1879, par le colonel N. M. Przewalski. Cet explorateur russe le trouva en Dzoungarie, dans les montagnes qui bordent le désert de Gobi. Avant cet événement, l'espèce était considérée comme éteinte, décimée pour sa viande par les chasseurs mongols.

    Le nom scientifique de l'espèce a été donné, en 1881, par I.S. Poliakov, conservateur du Musée zoologique de l'Académie des sciences de Saint-Pétersbourg.

    Après sa découverte, pour répondre aux demandes de différents zoos, et en raison de son caractère sauvage, les chasseurs en ont abattu des groupes entiers pour s'emparer de quelques chevaux. Cette chasse entraîna sa raréfaction à l'état sauvage, et les derniers individus sauvages ont été aperçus en Mongolie en 1969. À compter de cette date, l'espèce a été considérée comme disparue dans la nature.

    L'espèce fut perpétuée par les spécimens des zoos. Tous les animaux actuels descendent d'un groupe de (selon les sources) 91 ou 122 reproducteurs (parmi les 31 animaux captifs vivants à la fin de la seconde guerre mondiale), eux-mêmes descendants de 13 reproducteurs capturés vers 19003. Il est probable que l'un de ces fondateurs était un hybride de cheval domestique4.

    Vers 1977, il y avait seulement 300 animaux vivant en captivité à travers le monde3. Des programmes d'échanges de reproducteurs et d'expansion de la population ont alors été mis en œuvre par des zoos ou des fondations, et au début du XXIe siècle, l'espèce compte environ 1 800 individus3.

    Réintroduction

    Des projets ayant pour but de ramener l'espèce en Mongolie et de la relâcher dans la nature commencèrent à voir le jour. En 2010, trois opérations ont déjà été menées en Mongolie.

    La « Fondation pour la préservation et la protection du cheval de Przewalski », créée aux Pays-Bas en 1977, amena les premiers animaux en Mongolie, en 1992, dans le parc national de Hustai. Il y en a eu 84 relâchés jusqu'en 20045. Les animaux amenés en Mongolie ont d'abord suivi une assez longue acclimatation, dans de grands enclos, avant d'être définitivement relâchés6. En 2008, cette population comptait « 192 individus dans 24 harems5 ».

    Une seconde introduction a été menée dans le site de Takhin Tal (Gobi B) par l' International Takhi Group (ITG). « Entre 1992 et 2004, 90 chevaux nés en captivité ont été transportés [...] en Mongolie. [...] Trois autres mâles ont été transférés du parc national de Hustai vers Takhin Tal en 2007 [...]. Il y a actuellement [en 2008] 111 chevaux en liberté dans neuf groupes au sein de cette population5 ».

    Le troupeau du Causse Méjean.

    L'association française Takh7 a organisé une troisième opération de réintroduction à partir de sa création, en 19907. Des animaux provenant de divers zoos ont été placés en semi-liberté en Lozère, sur « le Causse Méjean, plateau calcaire traditionnellement tourné vers l'élevage du mouton », formant le « troupeau du Villaret7 », toujours actif. Après dix ans de préparation à la vie sauvage, « 22 fondateurs […] ont été transportés avec succès en 2004 et 20057 » dans le Khomiin Tal, près du parc national de Khar Us Nuur.

    Fruits de ces diverses opérations, il y avait fin 2007 environ 330 chevaux vivant en liberté en Mongolie : 200 dans le parc national de Hustai, 110 dans le Gobi, et plus de 20 à Khomiin Tal (Mongolie occidentale8).

    Toutes ces opérations rencontrent souvent au départ des difficultés importantes, les animaux rendus à la vie sauvage ne maîtrisant pas celle-ci. La difficulté à trouver l'eau, la nourriture, à s'adapter au climat ou à se défendre contre les prédateurs entraînent un assez fort taux de perte chez les animaux nés en captivité. La seconde génération, née en liberté, a des taux de survie beaucoup plus favorables.

    Il existe enfin certains troupeaux vivant en semi-liberté dans des espaces clos, comme ceux de l'association takh sur le Causse Méjean, ou la réserve biologique des Monts d'Azur9 dans les Alpes Maritimes, qui a réintroduit une douzaine d'animaux dans une réserve de 700 hectares.


    De très rudes montées dans des cailloux...

    gtmc-ete-2012-083.jpg

    L'eau des bidons est tiède ^^. On ruisselle de sueur.

    GTMC-t-2012-084.jpg

    On traverse tout le Causse Méjean mais on se trompe à une intersection. Aucun panneau, deux pistes, on a pris la mauvaise. Six kilomètres à remonter avant de grimper le col de Perjuret. Grosse fin d'étape...On s'installe au début de la montée vers le Mont Aigoual.