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Thierry LEDRU
Le 24/04/2022
Il me pose beaucoup de problèmes ce pouvoir d'achat...
Personnellement, d'abord, sur un plan strictement individuel. Il est clair et indiscutable que mon pouvoir d'achat a diminué au fil du temps. Le pouvoir d'achat de Nathalie est encore plus modéré que le mien. Malgré son master 2 (psychologue clinicienne) et sa carrière professionnelle (institurice puis psychologue scolaire).
Sa pension la place sous le seuil de pauvreté. Moi, je suis 500 euros au-dessus, quelle chance...A nous deux, on s'en sort mais tout est calculé et il est heureux que le potager nous nourrisse en grande partie.
Je sais bien qu'il y a des individus qui sont dans une situation bien plus critique que la nôtre. Mais je l'ai déjà expliqué, la "dialectique du pire", c'est un piège, une abomination.
Aujourd'hui, j'ai eu deux visites. J'avais mis en vente sur le bon coin des fenêtres que nous avons remplacées. Les deux couples qui sont venus, un le matin, l'autre l'après-midi, ont raconté la même situation. Ils sont venus vivre dans la Creuse parce que c'était un département, quasiment le seul, où ils pouvaient acheter une petite maison. (environ 35 000 euros) Ils sont donc, eux aussi, en pleine rénovation mais dans l'impossibilité d'acheter des matériaux neufs. Tout est acheté en occasion et remonté par eux-mêmes. Ils sont pourtant tous salariés... Il existe indiscutablement de très nombreuses personnes qui peinent à joindre les deux bouts.
Quelles sont les conséquences au-delà des individus ? Peut-on demander à cette frange de population de prendre fait et cause pour l'environnement, de s'engager dans une voie de décroissance alors que les médias donnent de celle-ci une image catastrophique, un désastre économique, une perte encore plus grande du pouvoir d'achat?
En vélo, on dit que quand on roule vent de face, il faut être con pour lever la tête. Voilà, on en est là, la tête dans le guidon et on n'a pas la possibilité de regarder plus loin que la roue avant. On rentre les épaules, on fait le dos rond, on tente de survivre. Alors, il ne faut pas demander en plus de penser aux miilions de kilomètres que l'humanité a encore devant elle. Il ne reste que l'individu engagé dans sa lutte. Et il serait abject d'aller parler d'égoïsme. La frange de population dont le sujet prioritaire, c'est la perte réelle de pouvoir d'achat, n'est pas en état pour se préoccuper de l'état de la planète, de la biodiversité, de la souffrance animale, des risques environnementaux et de la possibilité de plus en plus grande d'un effondrement de nos systèmes.
Les gens que j'ai vus aujourd'hui sont en équilibre, sur le fil du rasoir, inquiets pour leurs enfants et se sentent démunis, fatigués, aux aguets. Ils se sentent déjà en danger alors un danger lointain qui concerne la planète entière, ça ne peut pas entrer dans leur espace intérieur. Sinon, ils explosent. Et je les comprends parfaitement.
Cette idée que la pauvreté sert les puissants, qu'un pouvoir d'achat réduit à sa portion congrue, c'est un moyen idéal pour maintenir le système en état. Il y a bien longtemps que je suis persuadé que tout ça est volontaire, calculé. "L'Etat-providence", c'est une supercherie. C'est sa providence qu'il cherche à maintenir et pour cela, il faut qu'il y ait des inégalités, des seuils de pauvreté et des seuils de richesse, des injustices et des passe-droits, des malversations et quelques condamnés pour l'exemple. Tout ça est une vaste machinerie et je parle volontairement de machinerie dans le sens où il n'y a plus de réflexions au-delà des rouages ancestraux des classes sociales. Il y aura toujours des pauvres, de plus en plus, et toujours des riches, de plus en plus riches. Et les uns comme les autres entretiennent la machine, les premiers en tentant d'améliorer leur sort en acceptant les règles de la machine et les seconds en oeuvrant à préserver leurs privilèges. Tous engagés dans le même sens. Au jour le jour.
La toute puissance du pouvoir d'achat restera le fil conducteur des existences.
Alors, effectivement, et on le voit encore ce soir, rien ne change et les électeurs espèrent que leur sort va s'améliorer ou tout du moins ne pas s'aggraver davantage. Tout le monde la tête dans le guidon, avec le vent de face. Les contestations, les manifestations, les grèves, les rassemblements, rien ne viendra réellement transformer le système. Chacun ira de sa proposition pour améliorer la situation de chacun mais en fonction de son appartenance à un groupe précis. La notion d'humanité est inexistante.
C'est comme si chacun vivait sur sa planète.
Qu'arrivera-t-il le jour ou les Puissants prendront conscience que ce système les condamne eux aussi au vu de la dégradation constante de l'état de la planète ? Décideront-ils de supprimer les pauvres pour réduire l'impact d'une humanité dévastatrice ? C'est ce que je tente d'écrire depuis deux ans. Et il arrive, parfois, où je finis par avoir peur de ce que j'écris.
L'énergie encore et toujours et de plus en plus.
Par
Thierry LEDRU
Le 23/04/2022
Ce qui se passe en Allemagne présage des problèmes que nous allons rencontrer.
L'Allemagne a décidé de se passer de l'énergie nucléaire à la suite de Fukushima pour investir dans le charbon jusqu'en 2030, c'est à dire le temps nécessaire pour produire suffisamment d'énergies "renouvelables". Le problème est simple : avec une croissance exponentielle, il est illusoire de croire que l'énergie solaire et éolienne parviendront un jour à assurer l'autonomie énergétique. C'est le rêve d'une "croissance verte" et on sait que c'est un mensonge. Le problème ne vient pas des "écolos" comme on peut le lire dans divers commentaires mais de l'idée d'un monde en croissance dans une planète aux ressources limitées.
Dans le roman "Jusqu'au bout", j'utilisais l'image du grimpeur. En escalade, la prioroité n'est pas de renforcer la masse musculaire mais d'apprendre à utiliser avec économie celle déjà disponible. Augmenter la masse musculaire revient également à augmenter la masse corporelle et donc le poids et par conséquent à devoir user davantage d'énergie.
On est dans la même problématique sur le plan énergétique. Si on cherche à préserver la hausse de la croissance, il faudra sans cesse augmenter la production d'énergie alors qu'on sait très bien que le pétrole, le gaz et le charbon coûteront de plus en plus cher. Il arrivera un moment où ces sources d'énergie ne seront plus accessibles à la population de base. C'est d'ailleurs déjà le cas. Un ami pompier a eu à intervenir chez une dame âgée, vivant seule dans une maison très ancienne. C'était pendant le coup de froid du mois de mars. Il faisait douze degrés dans la pièce principale. Elle a expliqué qu'elle n'avait pas les moyens pour se chauffer.
On va vers un monde scindé entre les "privilégiés" et les autres. Le problème écologique va se heurter à la réalité quotidienne et c'est insoluble dans une économie de marché. Je lis parfois que dans une économie en décroissance, les services de base ne pourront plus être financés. Santé et éducation, par exemple. Mais ils ne sont déjà plus financés à hauteur de l'importance de leur mission... L'économie de marché, le néo-libéralisme, le capitalisme les ont déjà laissés tomber. Quant à l'argent existant, il existe. C'est juste qu'il n'est pas partagé. Le concept du "ruissellement" cher à tous les politiciens et à tous les financiers est une utopie, un mensonge de plus. Mais quel gouvernement osera mettre en avant et appliquer la nécessaire décroissance alors que "le pouvoir d'achat" est de plus en faible ? Nous sommes enchaînés et la seule solution, c'est de viser la plus grande autonomie personnelle possible. Aucune solution ne viendra des puissants, ni même de la population dans sa grande majorité. Il n'est qu'à voir les candidats restants pour l'élection de demain...
Allemagne : des milliers de manifestants rassemblés dans un village menacé de disparaître en raison de l'extension d'une mine de charbon
Le village de Lützerath est, comme d'autres, condamné à disparaître pour permettre à une mine de charbon de s'étendre, malgré l'abandon de cette énergie, très émettrice en gaz à effet de serre, programmé par l'Allemagne à horizon 2030.
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France Télévisions
Publié le 23/04/2022 16:30Mis à jour le 23/04/2022 16:38

Des manifestants protestent contre la disparition d'un village en raison de l'extension d'une mine de charbon, à Lützerath (Allemagne), le 23 avril 2022. (BERND LAUTER / AFP)
Des milliers de manifestants se sont rassemblés samedi 23 avril dans un village voué à disparaître en raison de l'extension d'une mine de charbon. Selon les organisateurs, quelque 3 500 personnes ont manifesté à Lützerath, dans le bassin minier rhénan, à quelques centaines de mètres seulement de la gigantesque mine à ciel ouvert de Gazrweiler, une des plus grandes du monde, régulièrement cible de militants écologistes. La police n'a, elle, pas communiqué le nombre de participants.
Une centaine de militants ont décidé d'aller protester au bord de la mine, ce qui peut s'avérer "extrêmement dangereux", a estimé dans un tweet la police de la région Rhénanie-du-Nord-Westphalie, demandant aux organisateurs de faire passer le message parmi les protestataires.
Ce village est, comme d'autres, condamné de longue date à disparaître pour permettre à la mine de charbon de s'étendre encore, malgré l'abandon de cette énergie très émettrice en gaz à effet de serre programmé par l'Allemagne à horizon 2030. Depuis l'invasion russe de l'Ukraine, le débat sur le charbon est toutefois relancé dans le pays, très dépendant du gaz russe qui représente quelque 55% de ses importations. Afin d'assurer la production d'électricité tout en réduisant sa dépendance, le gouvernement allemand s'est donné fin mars la possibilité de "suspendre" la fermeture de certaines centrales à charbon pour remplacer le gaz russe, tout en assurant que l'objectif d'une sortie du charbon d'ici à 2030 reste inchangé.
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"Les immensités secrètes" : voyage à vélo
Par
Thierry LEDRU
Le 21/04/2022
A lire
Se déplacer sans essence, sans électricité, par la force des mollets...
[LIVRE] Les Immensités secrètes - Un voyage à vélo jusqu'au pays où le soleil ne se couche jamais
Quelques années après À la poursuite de l'horizon, je me suis lancé dans un nouveau voyage à vélo. Je vous propose de découvrir le récit de cette aventure. Les Immensités secrètes est paru aux éditions BoD. Il est théoriquement disponible sur commande dans toutes les librairies.
EXTRAIT :
"Alors que les grues commencent à se perdre dans les nuages, l'ennui, telle une marée montante, engloutit peu à peu les quais déserts du port. Plongées dans la bruine, balayées par les vents, les trois rues d'Hirtshals semblent tout aussi abandonnées. Soufflant dans le creux de mes mains engourdies, j'entre dans un petit magasin pour y dépenser mes dernières couronnes danoises. Rien de très alléchant, mais au fond, tout ce qui compte, c'est de faire le plein de calories. N'osant pas abuser du confort de ce Rema 1000 (seul lieu chauffé accessible aux vagabonds), je m'assois dehors près des caddies. En mangeant une énorme brioche à la crème industrielle, je débute mon étude de la carte du monde d'en face, perdu au loin dans les brumes. Et je me souviens de ce moment où, quelques minutes avant de changer d'année, fatigué par le bruit (et songeant déjà à dérouler mon duvet sous un bel épicéa), je m'éclipsai discrètement dans la Nature. Plutôt que d'affronter les effusions de joie, les danses traditionnelles et toutes ces choses, je préférai partir rêvasser dans les immensités glacées. Seul, les pieds dans la neige, sous une lune naissante, bleutée, contemplant le grand ciel étoilé sur lequel se dessinait la belle silhouette du mont Charvet, je me promis, sans trop y croire, de reprendre mon vieux vélo pour m'enfuir jusqu'au soleil de minuit..."
158 pages. 8,95 euros. À noter : le livre ne contient aucune photo.
Lire les 2 premiers chapitres.
CRITIQUES (plus de détails en bas de page) :
"Une belle philosophie de vie, un récit superbement écrit et poétique, un cadeau offert par un simple humain amoureux de la Nature qui aimerait croire que ses semblables ne la détruiront pas trop vite." Jean-Yves Mounier, Biblio-cycles, novembre 2020. "Sur son vieux vélo, avec sa tente et ses sacoches, Matthieu Stelvio raconte avec talent son périple [jusqu'au] cap Nord. [...] Il voulait affronter la nature sauvage, il n'a pas été déçu, nous non plus." Magazine Outdoor Go (n°21, février-mars 2021, p°15). "Heureusement, [Matthieu] a le moral et le plaisir l’emporte toujours. Et pour nous aussi, tout au long de la lecture à travers laquelle il nous communique son euphorie, et sait nous faire ressentir ce qu’il y a d’exceptionnel à pouvoir se déplacer en douceur dans un environnement préservé. Un livre pour rêver [...]." B. Désormeaux, Carnets d'Aventures, mars 2021. "La manière de conter est réellement plaisante et l'auteur sait ne pas se mettre en avant au profit des paysages, des rencontres, des émotions. Quatre étoiles." La librairie du Voyage, septembre 2020. Top 5 des récits de voyage à bicyclette 2020 : Les Immensités secrètes est un "récit superbement bien écrit, empli de poésie". Revue Le Randonneur, janvier 2021. Livre conseillé par le magazine 200 (n°27, janvier-mars 2021, p°121).
COMMANDES :
Commandez le livre (8€95) sur : AMAZON (EN STOCK) / la Librairie du Voyage (EN STOCK - ENVOI RAPIDE - frais de port = 3,80 €) / la FNAC (sur commande) / La Galerne (sur commande) / CULTURA (en stock) / DECITRE (sur commande) / ARTHAUD (sur commande).
Pour commander le livre (8€95) sur le site de l'éditeur (EN STOCK, frais de port = 2,99 €), cliquez ici. Pour commander le livre en librairie, vous pouvez utiliser son numéro ISBN : 978-2-3222-3633-6. Vous pouvez aussi passer une commande en me contactant (par ce formulaire de contact ou en laissant un commentaire).
À noter : le livre ne contient aucune photo (ajouter des photos aurait doublé le prix de l'ouvrage).
Marre de cette société grise et étriquée ! Mon rêve est esquissé. C'est décidé : loin de l'air pollué des cités bétonnées, je partirai. Sur mon vieux vélo, avec ma tente et mes sacoches, je traverserai la France, l'Allemagne, puis le Danemark. Je franchirai ensuite un petit bout de mer. Commencera alors l'aventure du Grand Nord. Au fil des fjords de Norvège, je découvrirai mes immensités rêvées, et j'irai si loin que les jours n'auront plus de fin.
Les CRITIQUES détaillées :
« De son voyage à vélo entre Grenoble et le Cap Nord, et retour, Matthieu tire la substantifique moelle et nous raconte avec talent et poésie la partie scandinave du périple, plus particulièrement le long de la côte norvégienne et de ses incroyables fjords.
Celui qui veut ressentir la pureté des éléments, exister de toutes [ses] forces, vivre en grand, se sent de plus en plus mal à l'aise avec la vie standardisée qui lui est promise, veut se confronter aux éléments, vent, pluie, froid, il veut se perdre dans les vastes forêts nordiques, se frotter aux animaux sauvages, rennes, élans et autres oiseaux. Il recherche moins la compagnie humaine, qu'il ne néglige cependant pas quand il a l'occasion de croiser de beaux yeux clairs ou un congénère pédalant, que la Nature, toujours majuscule chez lui. Il veut retrouver la beauté des choses simples, il refuse la civilisation du toujours plus, il aspire à se sentir vivant à travers l'épreuve physique que représente un tel voyage dans ces immensités sauvages et secrètes...
Une belle philosophie de vie, un récit superbement écrit et poétique, un cadeau offert par un simple humain amoureux de la Nature qui aimerait croire que ses semblables ne la détruiront pas trop vite. (Jean-Yves Mounier) Livre hautement apprécié par le comité de lecture. » Biblio-cycles de Philippe Orgebin, Hervé Le Cahain et Jean-Yves Mounier, novembre 2020.
« Un parcours conté jour après jour mais qui évite le côté laborieux du genre. La manière de conter est réellement plaisante et l'auteur sait ne pas se mettre en avant au profit des paysages, des rencontres, des émotions. Quatre étoiles. » La librairie du Voyage, septembre 2020.
Top 5 des récits de voyage à bicyclette 2020 : Les Immensités secrètes est un "récit superbement bien écrit, empli de poésie". Revue Le Randonneur, janvier 2021.
« Sur son vieux vélo, avec sa tente et ses sacoches, Matthieu Stelvio raconte avec talent son périple de Grenoble à Grenoble... en passant par le cap Nord. C'est l'aventure du Grand Nord le long de la côte norvégienne, de ses incroyables fjords, puis les forêts immenses et secrètes de Finlande. Matthieu voulait affronter la nature sauvage, il n'a pas été déçu, nous non plus. » Magazine Outdoor Go (n°21, février-mars 2021, p°15).
«Allez, un petit tour à vélo pour changer. Une promenade jusqu’au cap Nord, si, si, c’est juste par là, plein nord en sortant de Grenoble. Bon, on vous passe les banlieues – Allemagne, Danemark, tout ça –, et on attaque direct par le plat (à peu près, voire pas du tout…) de résistance : la Norvège, par la côte – pas trop le choix – vous aurez même droit à un petit détour Lofoten (cf. CA 53). Le tout est joliment empaqueté et Matthieu ne nous épargne pas les moments pénibles de son périple, mais heureusement, il a le moral et le plaisir l’emporte toujours. Et pour nous aussi, tout au long de la lecture à travers laquelle il nous communique son euphorie, et sait nous faire ressentir ce qu’il y a d’exceptionnel à pouvoir se déplacer en douceur dans un environnement préservé. À lire pour rêver un peu et commencer à préparer la prochaine virée.» Bruno Désormeaux, Carnets d'Aventures, mars 2021.
Livre conseillé par le magazine 200 (n°27, janvier-mars 2021, p°121).
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Thierry LEDRU
Le 21/04/2022
On sait bien que c'est inéluctable mais, très clairement, pour moi, c'est un très grand homme qui s'en est allé.
Il restera tous ses rôles et je sais à quel point, ils m'ont marqué. Tout comme les films de Pierre Schoendoerffer avec lequel il a travaillé. Et bien évidemment tous les documentaires, remarquables, qu'il a produits.
Toute une période de ma vie. D'immenses souvenirs, de profondes émotions.
L'acteur, réalisateur et producteur Jacques Perrin est mort à l'âge de 80 ans
Connu pour ses rôles dans "Les Demoiselles de Rochefort", "Peau d'âne", "Le Crabe-tambour" ou plus récemment "Les Choristes", il avait aussi réalisé de nombreux documentaires comme "Le Peuple migrateur" et "Océans".
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France Télévisions
Publié le 21/04/2022 18:39Mis à jour il y a 8 minutes
Temps de lecture : 1 min.

L'acteur, réalisateur et producteur Jacques Perrin à Paris, le 7 juin 2019. (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)
L'acteur, cinéaste et producteur Jacques Perrin, qui avait notamment joué dans Peau d'âne ou Le Crabe-tambour et réalisé le documentaire Le Peuple migrateur, est mort jeudi 21 avril à Paris à l'âge de 80 ans, a annoncé sa famille à l'AFP. "La famille a l'immense tristesse de vous informer de la disparition du cinéaste Jacques Perrin, mort le jeudi 21 avril à Paris. Il s'est éteint paisiblement à l'âge de 80 ans", a annoncé sa famille dans une déclaration transmise à l'AFP par son fils, Mathieu Simonet. Il était tout récemment apparu dans le film Goliath de Frédéric Tellier, avec Pierre Niney, Gilles Lellouche et Emmanuelle Bercot.
Un défenseur engagé de la nature
Comme acteur, Jacques Perrin, né à Paris le 13 juillet 1941, a tourné dans plus de 70 films à partir des années 1950. Sa voix douce et sa chevelure grise devenue blanche étaient familières au grand public, qui l'a notamment vu chez Pierre Schoendoerffer (Le Crabe-tambour en 1977, L'Honneur d'un capitaine en 1982) et Jacques Demy (Les Demoiselles de Rochefort en 1967, Peau d'âne en 1970). Jacques Perrin a aussi été le coproducteur d'une quinzaine de films depuis la fin des années 1960, parmi lesquels Z de Costa-Gavras (1968) ou Les Choristes (2004) de son neveu Christophe Barratier, dans lequel il jouait également (8,6 millions d'entrées). Au début des années 2000, il avait également fait une apparition dans le rôle du narrateur dans Le Pacte des loups, de Christophe Gans.
Défenseur engagé de la nature, il a coproduit plusieurs documentaires sur ce thème, dont Le Peuple singe (1989), Microcosmos : le peuple de l'herbe (1996) ou Himalaya : l'enfance d'un chef (1999). Par la suite, il a lui-même coréalisé des documentaires remarqués, dont Le Peuple migrateur, consacré aux oiseaux (2001, 2,8 millions de spectateurs en France), puis Océans (2010, 2,9 millions de spectateurs), récompensé par le César du meilleur documentaire en 2011.
Bruno Cremer, Jean Rochefort, Claude Rich, Jacques Dufilho... Tous ceux qui sont partis et qui sont toujours là.
Par
Thierry LEDRU
Le 19/04/2022
Le trilemme de Rodrick
Wikipedia
« La démocratie, la souveraineté nationale et une intégration économique poussée sont mutuellement incompatibles : il est possible de combiner deux des trois possibilités, mais il n’est jamais possible d’avoir les trois simultanément et entièrement. »5
La thèse peut donc se résumer donc de la manière suivante : une société ne peut pas avoir à la fois un régime démocratique, accepter une large ouverture à la mondialisation et conserver sa souveraineté nationale. Il est nécessaire de choisir entre ces trois pôles et une communauté politique doit choisir deux pôles parmi ces trois dimensions6.
Une fois ces trois alternatives définies Dani Rodrik en déduit nécessairement trois régimes institutionnels possibles :
L’option du « fédéralisme global » : ce régime combine institutions démocratiques et ouverture internationale de l’économie mais renonce alors à l’indépendance vis-à-vis du reste du monde. Un exemple donné par Rodrik lui-même est l’Union européenne.
Une deuxième option est appelée « camisole dorée » par Rodrik (golden straightjacket en anglais) en référence à la thèse, controversée, du journaliste Thomas Friedman selon lequel un pays devrait accepter de sacrifier sa souveraineté démocratique au bénéfice d’institutions internationales pour parvenir à la prospérité économique7. Ce paradigme peut être incarnée par la Chine contemporaine, ouverte économiquement et intégré à la mondialisation avec un État développé et souverain au prix de l’absence d’institutions démocratiques.
Enfin la troisième option est celle du « compromis de Bretton Woods ». Elle renvoie à l’idée qu’avant l’ère de libéralisation qui succède à la fin de l’étalon or les pays étaient relativement moins intégrés économiquement.
"On ne change pas un système en place en s’y opposant’’, disait Einstein, ‘’mais en créant un nouveau système qui rende le précédent obsolète’’.
Bon, tout le problème est là en fait. Nous n'avons pas la possibilité de changer le système politique, nous le subissons mais il est par contre possible de s'extraire, au mieux, de ce système et c'est là qu'entre en scène la simplicité volontaire, le retrait, la décroissance choisie puisque tout cela revient à ne pas alimenter, en tout cas le moins possible, le système économique qui maintient en place le système politique.
C’est le moment de faire votre choix… Je vous écoute…
Le serveur attend que l’homme visiblement mal à l’aise se décide.
Il tourne les pages d’un menu qui ne semble pas lui convenir, se gratte la tête...
- C’est tout ce que vous avez dans votre menu ?’
- Si je puis me permettre, je vous conseille la tête de veau. Elle est appréciée…
- Oui j’ai vu, mais, non, ça ne va pas le faire…
- Alors prenez les pieds de porc
- Ça ne sera pas possible non plus
L’homme est mal à l’aise
- Vous n’avez vraiment que ces deux plats dans votre carte ?
- On peut vous préparer un magret de canard dans son jus, une entrecôte paysanne et même des cuisses de grenouille si vous préférez
- C’est que je suis végétarien…
- Ah ! et bien, prenez le poulet aux épinards Vous mangez bien du poulet ?
- Non, je suis végétarien, je ne mange pas d’animaux
Le visage du serveur se crispe
- Orientez-vous sur un poisson, Une sole meunière, une truite aux amandes… Non ? Vous ne mangez pas non plus de poisson ?
- Pas d’animaux, non…
- Des moules, des bulots ?
- Non, ni crevettes, ni coquillages, animal à plume, à poil, à coquille, à sabot !
- Alors vous êtes végétalien… Pas végétarien précise le serveur satisfait
- Oui, si vous préférez… Je ne mange pas d’animaux quoi…
Le silence devient pesant…
C’est l’heure du choix
Soudain le regard du client s’éclaire !
- Ah j’ai trouvé ! l’assiette vegan ! Je n’avais pas vu
Émincé de carottes sur son lit de riz sauvage, brocolis et cake aux olives... Avec une soupe au butternet, c’est parfait ça !
Pourquoi ne me l’avez-vous pas proposé ?
- Nous l’avons arrêté dimanche dernier… Les clients n’en voulaient pas… Bon… Vous choisissez quoi ? J’ai bien entendu que vous êtes végétarien. Mais qu’est-ce que je vous sers ? Tête de veau ou pieds de cochon ?
Un classique de la manipulation est de nous faire croire que nous avons le choix à un endroit où nous ne l’avons pas.
Mais nous nous manipulons nous-même en perdant de vue notre propre pouvoir et en oubliant la force de notre véritable souveraineté.
La démocratie ne se manifeste pas qu’un jour tous les cinq ans. C’est un processus qui se gagne jour après jour. Quant à la liberté, C’est un sentiment qui s’acquiert de l’intérieur. C’est une force, une conscience. Elle disparaît d’elle-même lorsque nous perdons le goût de ce qui vraiment nous anime sur cette terre.
Lorsque nous abandonnons notre souveraineté en termes d’écologie, d’alimentation, d’éducation, de culture, de lieu de vie, d’activité professionnelle, lorsque nous laissons d’autres choisir pour nous ce que nous devons manger, comment nous devons nous soigner, pour qui nous devons voter, nos systèmes s’épuisent et naissent des simulacres de démocratie. Les lobbys, les personnalités politiques, les centres de pouvoir parallèles se réjouissent de cette souveraineté oubliée.
Le fait que les candidats au premier tour, mais aussi les chanteurs, les joueurs de foot, ou autres célébrités nous transmettent leurs consignes de vote en dit long sur ce que nous avons perdu au fil du temps en termes de démocratie, de souveraineté et de liberté.
Au moment de faire un choix, nous sommes généralement animés par deux élans :
L’amour, et la peur
Plus notre cœur est ouvert, moins nous avons peur. Notre choix est assumé, lumineux, inspirant.
Plus nous sommes dans la peur, plus notre cœur se ferme.
Le choix de l’amour est un choix souverain, nous adoptons un modèle de vie, une façon de décider, de nous soigner, de consommer, à partir de nos valeurs. Le choix de la peur est un choix perdant. Nous choisissons par dépit un plat, un lieu de vie, des études, un candidat aux élections.
Lorsque nous choisissons par la peur, nous perdons progressivement notre souveraineté, mais aussi notre foi, notre enthousiasme et notre propre raison de vivre.
On peut faire un choix la trouille au ventre, parce que son horizon nous fait rêver. Le sportif qui se lance dans un nouveau défi, l’entrepreneur qui décide de se mettre à son compte ont souvent peur d’échouer. Mais ils assument leur choix car celui-ci correspond à leur vocation et à leur philosophie.
Lorsque nous assumons pleinement nos choix, notre vie est plus sereine. Il n’y a plus de ‘’on doit’’ ‘’il faut’’ Il n’y a plus de ‘’corvées’’ de ‘’tâches’’ qu’il ‘’faut faire’’. Les choix sont naturels et sans effort. Nous comprenons la loi de causalité, chaque cause produit un effet et chaque effet vient d’une cause. Si nous souhaitons vivre dans une maison bien rangée, nous comprenons le sens de faire le ménage le matin. Si nous voulons nous maintenir en bonne santé, nous trouverons la motivation de soigner notre alimentation, de faire de l’exercice... Nous savons pourquoi nous avons choisi. Nous sortons alors de la posture de victime. C’est l’œuvre d’une vie.
La période sanitaire nous a interrogé sur le moteur de nos choix, plus qu’aucune autre période de ces dernières décennies.
Qu’est ce qui a animé tant d’entre nous à se faire vacciner ? Un véritable choix souverain, un petit arrangement, ou la peur, de perdre son travail, de ne plus pouvoir sortir. Lorsque ces choix - qui n’en sont pas - sont trop nombreux, nous perdons notre lumière. Lorsque nous générons de vrais choix vertueux, ils nous pacifient. Lorsque nous choisissons par dépit un choix qui n'en est pas un, nous ne gagnons pas en sérénité. Nous attendons que l'autre fasse les mêmes choix que nous, nous nous agaçons qu'il ne sache pas choisir, qu'il hésite. Ce processus de choix par dépit entretient tant de conflits dans les cercles familiaux et professionnels.
Sommes-nous conscients, que notre choix est souverain, lorsque nous commandons un livre chez le libraire du coin plutôt que chez Amazon ? Sommes-nous conscient que nous votons avec notre carte bleue toute l'année ? Sommes-nous conscients que chaque acte aussi anodin soit il a des répercussions sur l’économie, sur l’écologie, sur notre environnement ?
Certains choix sont des dilemmes, (deux options incompatibles – Je ne veux pas me faire vacciner, mais j’ai besoin de mon pass pour voyager) d’autres sont des trilemmes. Nous n’avons pas deux options, mais trois, dont l’une est incompatible avec les deux autres.
Beaucoup ressentent ce trilemme à l’approche des élections.
- Je ne veux pas repartir cinq ans avec ce président sortant
- Je ne veux pas voter pour cette candidate
- Je ne veux pas ignorer mon droit de vote durement acquis
Un trilemme est une impasse qui met en avant la fragilité de tout un système qui montre son incohérence. Ce n’est pas alors choisir le moins pire qui est tant important pour sortir ce ce trilemme, que la prise de conscience de ce qui l’a généré.
L’économiste Dani Rodrik s’est illustré en mettant en avant le trilemme qui porte désormais son nom, le Trilemme de Rodrik. Selon lui, la mondialisation nécessaire à l’évolution de l’économie, la souveraineté nationale et la démocratie forment un trilemme et sont donc incompatibles.
Il faut alors sacrifier l’un des piliers du triangle : la mondialisation, la souveraineté nationale, ou la démocratie.
Ces dernières années, l’Europe a privilégié une économie fédératrice. Une monnaie unique, des lois votées à Bruxelles pour réglementer nos quotas hexagonaux. Elle a, du coup, fragilisé notre souveraineté nationale et notre démocratie.
La Chine a résolu à sa façon son trilemme de Rodrik en privilégiant une mondialisation sans complexe et une gouvernance supranationale. Elle a pour cela clairement éradiqué la démocratie en imposant le crédit social. C’est ce qu’on appelle la camisole dorée.
Résoudre un trilemme, ce n’est pas tirer à la courte paille laquelle des options nous allons finalement choisir, celle qui serait la moins pire. Car en agissant ainsi, un autre trilemme plus insoluble encore se représentera. Nous avons besoin de méditer en profondeur sur le système qui a généré ce trilemme. Un système obsolète, pervers et décadent. Nous avons besoin de retrouver la congruence de chacun de nos actes.
‘’On ne change pas un système en place en s’y opposant’’, disait Einstein, ‘’mais en créant un nouveau système qui rende le précédent obsolète’’. C’est donc jour après jour, que nous pouvons restaurer un système vertueux dans lequel chacun soit souverain, libre, conscient et solidaire. Un système qui intègre l’écologie, grande absente de ce scrutin, mais aussi l’écologie relationnelle, la conscience du tout et de chaque partie du tout.
Puisse cette période chaotique nous rappeler chacun à notre souveraineté et vocation, celle d’être un véritable gardien d’une humanité tellement fragilisée par des siècles d’égoïsme, d’ignorance et de violence.
Texte : Arnaud RIOU
Par
Thierry LEDRU
Le 18/04/2022
Dans le cas d'un monde en chaos, (les raisons pour cela sont nombreuses), se pose la question de la capacité et même de la volonté de survivre. Il ne s'agit pas d'une catastrophe localisée comme l'humanité en a déjà connue mais d'un désastre planétaire. Voir s'effondrer la totalité du monde connu, l'ensemble de ses repères, l'idée même d'une amélioration à venir, cela relève d'un défi monumental. L'humanité, depuis les temps les plus anciens, s'est construite à travers un combat quotidien, "the struggle for life", et chaque génération a vu croître sa sécurité, son confort, son espérance de vie. Il a fallu beaucoup, beaucoup, beaucoup de temps et cela n'est pas vrai partout sur la planète. Les différences sont considérables et parfois même effroyables. Il n'en reste pas moins que le développement des sociétés modernes a atteint un niveau critique au regard des lourdes menaces qui pèsent sur la planète. Et il est fou de penser que nous ne sommes pas concernés. Cette inconscience s'explique justement par le niveau de vie des sociétés modernes. Nous vivons hors sol. Dépendants sur le plan alimentaire, au niveau de l'eau, au niveau énergétique, entassés dans des zones urbaines où la nuit elle-même n'existe plus. Pétrole et électricité. Nous avons bâti notre monde moderne là-dessus.
Qu'en sera-t-il si cette humanité toute entière bascule dans une dévastation totale, dans un laps de temps très court ? Qui sera susceptible de s'en sortir ? Qui en aura envie ?
"Entre la civilisation et la barbarie, il y a cinq repas." Winston Churchill.
LE DESERT DES BARBARES
"Théo et Laure avaient présenté le désert des Barbares à Yves et Lisette. Tous les deux impressionnés par les installations. Ils finirent d’aménager l’extension pour qu’ils se sentent au mieux, dans leur intimité. Personne ne savait combien de temps cette cohabitation durerait. Théo avait insisté pour que Yves et Lisette se sentent libres d’arranger l’intérieur à leur idée.
C’est le soir même que Théo reçut un message d’Alec.
Message général. Éruption solaire majeure. Perturbations totales de l’ensemble du réseau électrique. Fin des communications dans quelques heures. Sans aucune possibilité d’estimer une date de reprise. Vous allez pouvoir juger de la qualité de votre préparation. Je vous l’ai déjà dit. Maintenant, nous avons tous une certitude : il ne restera que les meilleurs. Ceux qui avaient prévu tout ce qui était prévisible et qui sont prêts à affronter ce qui ne l’était pas. Le Hum s’étend à une vitesse effroyable. L’épidémie de choléra tout autant. Des guerres civiles et des conflits frontaliers partout sur la planète, des zones entières dont nous n’avons plus aucune nouvelle, deux centrales nucléaires ont connu des destructions majeures aux États-Unis, Tchernobyl en plus puissant. Dernier évènement la nuit dernière, l’explosion gigantesque d’un volcan Islandais, avec un séisme destructeur, les projections de cendres peuvent avoir un effet provisoire sur la météo, les incendies en cours depuis plusieurs jours à New York sont passés hors de contrôle, des millions d’Américains fuient les villes, l’armée chinoise a envahi Taïwan et Hong Kong, Israël a bombardé Téhéran, l’armée russe est entrée en Pologne. Les pays les plus belliqueux trouvent encore le moyen de balancer des bombes. La folie humaine n’a jamais eu de limites. Prenez soin de vous et, si nécessaire, tuez les autres. »
Fin du message.
La dernière phrase. Jamais Alec n’avait parlé en ces termes.
Lisette se mit à pleurer.
« Je ne veux pas vivre dans ce cauchemar. Yves, je ne veux pas vivre ça !
- Calme-toi, Lisette, oublie tout ça. Nous sommes à l’abri ici. Le reste du monde ne nous trouvera pas.
- Mais c’est pas ça le problème ! cria Lisette en se tenant la tête des deux mains. Tu ne comprends pas. C’est insupportable pour moi. C’est quoi cette volonté de survivre ? Être le plus fort, le plus malin, le plus résistant ? Mais on parle de milliards de morts, des milliards, est-ce que vous avez conscience de ça ? Ce monde va devenir un gigantesque charnier et vous, tout ce que vous voulez, c’est rester en vie. Mais moi, ça ne m’intéresse pas, je n’ai pas envie d’assister à ce cauchemar, je ne veux pas y être mêlée, je ne veux même pas en entendre parler, je ne veux plus y penser. Je ne veux plus rien savoir. Je ne veux pas que des hommes soient tués pour que je sois sauvée. Je préfère être morte. C’est moins douloureux. »
Yves enlaça sa femme qui éclata en sanglots.
« Comment tu vois la suite, Théo, demanda Laure lorsqu’ils eurent rejoint leur chambre.
- Sur le plan organisationnel, ça devrait aller. On est autonome en électricité et en eau potable. On a de la bouffe pour des mois. Il faudra chasser pour compléter. On a des armes, mon 4X4 et du carburant. Par contre, on ne saura plus rien de ce qui se passe dans le monde. Aucune idée de la propagation du choléra et du Hum. Donc, à partir d’aujourd’hui, plus personne ne doit entrer sur notre territoire. Tirs à vue. Pas de discussions. Qui que ce soit.
- Et les Balthuzar ?
- Demain, j’irai les voir mais je pense que la réponse sera toujours la même. L’électricité, ils s’en cognent. Ils ont un poêle à bois et des bougies. Des vrais paysans, de ceux qui vivent à l’ancienne et ils ont l’eau du puits. Ils ne partiront pas.
- Mais il y a autre chose qui t’inquiète.
- Je ne peux rien te cacher, divine sorcière chamanique, répondit Théo en posant un baiser sur le front de Laure. C’est Lisette. Je ne suis pas certain qu’elle tienne.
- C’est l’état du monde qui la ronge.
- Oui. Elle fait partie des gens qui ne peuvent pas accepter un tel bouleversement. Ils n’ont plus de repères. Soit ils en deviennent fous et dangereux pour les autres, soit ils en deviennent dangereux pour eux-mêmes.
- Je m’occuperai d’elle. Elle aime le jardinage, ça lui fera du bien. Il y a de quoi faire tous les jours.
- Oui, ça l’aidera peut-être. »
Silence. Théo pensait. Beaucoup, énormément, constamment. Laure le sentait. Elle entendait en elle le vacarme des pensées. Elle en devinait les raisons. Il avait préparé le chaos en pensant à ce dont il aurait besoin. Désormais, ils étaient quatre. Et l’anxiété de Lisette menaçait la sérénité nécessaire, la cohésion et la lucidité du groupe. Comment Yves allait-il pouvoir gérer l’état de sa femme ?
Ils se couchèrent et s’enlacèrent.
« Est-ce que tu as une interprétation des phénomènes naturels sur la planète ? Le choléra, le Hum, et maintenant l’éruption solaire.
- Tu oublies l’éruption volcanique en Islande, ajouta Théo. Avec un risque sur le climat. Un nuage de cendres, ça peut couvrir une partie de l’Europe. C’est déjà arrivé.
- Oui, les avions n’avaient plus le droit de voler, je m’en souviens. Mais ça n’avait pas duré très longtemps. Ça peut vraiment perturber le climat ?
- Tout dépendra de la durée de l’éruption et de la quantité de cendres projetées dans l’atmosphère. L’éruption du Krakatoa en Indonésie, en 1883, je crois bien, ça a projeté tellement de cendres dans l’atmosphère que la température de la planète entière a diminué et le temps a été déréglé pendant plusieurs années. Il ne faudrait pas que d’autres volcans s’y mettent. Je sais que ça arrive parfois. Mais, cette fois, on n’en saura rien.
- Donc, on pourrait avoir un hiver très froid ?
- Par exemple. Le rayonnement solaire est atténué par les cendres, tu vois, c’est comme un voile.
- Et tu en penses quoi de tous ces phénomènes ?
- Je n’en ai aucune idée. À quoi tu penses, en fait ? Tu te dis que c’est lié aux comportements de l’humanité, un truc comme ça ?
- Oui, c’est ça. Pourquoi est-ce que ça arrive maintenant ?
- Les hommes sont fous et la Terre part en vrille ? C’est ça ton idée ? Pour un esprit cartésien, ça ne tient pas debout. Mais les esprits cartésiens nous ont conduit au désastre alors je me dis que tout est possible et qu’il faudrait peut-être changer notre façon de voir les choses. J’aimerais bien savoir ce qu’il en pense ton Figueras.
- Oui, moi aussi. »
Figueras. Tim.
Les deux hommes qui occupaient les pensées de Laure lorsqu’elle s’endormait.
Figueras, dont elle rêvait parfois.
Tim dont elle avait rêvé la nuit précédente.
Un évènement pour elle.
Elle posa les mains sur son ventre. Deux jours que cette pointe était apparue sur le flanc. Une chaleur mouvante, comme des bulles alternant les plongées et les remontées, une agitation pétillante.
Tim dont elle n’aurait plus de nouvelles mais qu’elle sentait plus proche que jamais. Elle imagina qu’il pensait à elle.
Elle s’appliqua à maintenir les mains sur la zone. Elle devinait des ondes, comme un massage profond.
Elle se remémora les sorties en montagne avec son petit frère. Des souvenirs joyeux. Ils étaient proches à cette époque. Elle prenait soin de lui, elle l’entraînait dans ses aventures en forêt, il apprenait vite, elle en était parfois un peu jalouse et souvent très fière.
Elle se concentra encore et elle guida la lumière.
Par
Thierry LEDRU
Le 17/04/2022
Bon, très franchement, si les cerisiers japonais ne fleurissent plus, personnellement, ça ne me pose pas de problème. Il y en a un dans la propriété qu'on a acheté et l'an prochain, on va le couper à un mètre de la base pour le greffer en couronne avec un cerisier à fruits.
Les arbres d'ornements n'ont pas d'intérêt. Tout comme les jardins d'ornement et les pelouses de terrain de golf. Cette époque-là n'aurait jamais dû exister et si ce genre de jardin disparaît pour être remplacé par des jardins nourriciers, tant mieux.
Les pommiers, les cerisiers, les pêchers, les abricotiers et tous les autres arbres nourriciers, lorsqu'ils sont en fleurs, c'est magnifique et c'est la promesse d'un cadeau inestimable. Le cerisier du Japon qu'on a ici est en fleurs et dans quinze jours, il n'y aura plus rien.
Ce que je trouve consternant dans cet article, c'est la dernière réflexion : les Japonais vont réaliser la gravité du dérèglement climatique le jour où leurs cerisiers ne fleuriront plus. C'est en fait un exemple flagrant de ce que j'avais développé dans l'article contenant le haïku de Kobayashi Issa :
"Nous marchons sur le toit de l'enfer en ce monde et nous regardons les fleurs."
Je sais que mes propos peuvent paraître exagérés, que c'est de l'extrémisme végétal :) Mais comme je l'ai déjà dit, premièrement, ça ne me pose aucun problème d'être considéré comme un extrémiste et deuxièmement, je pense que seul l'extrémisme porte en lui les conditions d'un changement radical de paradigme. J'ajoute, pour ne pas créer de malentendu, que je ne parle pas de l'extrême droite. Celle-là, je la conspue tout autant que l'autre cafard. Je parle d'un extrémisme de décroissance utile, de simplicité volontaire, de retour à la nature, une nature au service de l'homme et l'humanité au service de la nature.
DESCRIPTION
Origine : Les Japonais, qui cultivent le cerisier à fleurs depuis des millénaires ont créé d’innombrables variétés. Ils apprécient sa floraison luxuriante qui annonce l’arrivée du printemps et lui consacrent chaque année depuis l’ère Heian (794-1185) une fête très populaire appelée Hanami. Aucun pays ne possède autant de cerisiers à fleurs que le Japon où ils sont considérés comme une richesse nationale. Aujourd’hui, les sites célèbres sont classés et protégés par la loi japonaise.
Principales caractéristiques : Arbre ornemental à port évasé, très large et très étalé dont les branches, légèrement arquées, au feuillage vert clair, se développent à l’horizontale. Il donne au printemps des bouquets de 2 à 3 fleurs simples ou doubles d’un blanc neige ou rose qui ne donnent pas de fruit comestible mais diffusent un agréable parfum d’amande et d’aubépine.
Période de floraison : Fin mars à mi-avril.
Rusticité : Résistant au froid, cet arbre décoratif s’adapte pratiquement à tous les climats.
Au Japon, les cerisiers en fleurs sont menacés : "Si le réchauffement climatique continue, ils ne fleuriront plus"
Au Japon, les scientifiques s'inquiètent pour l'avenir des "sakura", ces cerisiers dont l'on guette rituellement la floraison au printemps. Entre les phénomènes météo exceptionnels et la hausse des températures, ils fleurissent plus tôt et pourraient bien ne plus fleurir du tout.
Karyn Nishimura - franceinfo
Radio France
Publié le 17/04/2022 17:01
Temps de lecture : 2 min.

Des cerisiers en fleur à Tokyo, au Japon. Image d'illustration. (KAZUHIRO NOGI / AFP)
C'est le trésor naturel et éphémère du Japon. Les sakura, ces cerisiers en fleurs sous lesquels les Japonais font la fête chaque année, pourraient bien finir par ne plus fleurir. Au cause : le changement climatique qui accélère leur floraison et les fait souffrir, alertent les scientifiques. Une situation qui inquiète nombre de Japonais, pour qui l'observation de la floraison, le hanami, se célèbre à chaque printemps.
Les sakura sont tellement ancrés dans la culture et l’imaginaire japonais que même les robots domestiques les célèbrent. Pourtant, à cause de l’humain, la saison des cerisiers en fleurs n’est déjà plus ce qu’elle était il y a cinquante ans. Elle ne suit plus le même calendrier explique Yoshie Nakamura, de l’agence de météo privée Weathernews.
"Le début de la floraison des cerisiers est de plus en plus précoce. Dans les années 1960, elle commençait en moyenne vers le 30 mars. Mais dans les années 2010, c’était vers le 22 mars, plus d’une semaine plus tôt."
Yoshie Nakamura
à franceinfo
Mais ce n’est pas qu’un changement calendaire, c’est pire. Si les hivers froids disparaissent, les fleurs disparaîtront aussi. "Pour que les cerisiers fleurissent, il faut que le bourgeon qui deviendra fleur connaisse une vraie période de basses températures hivernales qui le sorte de son sommeil" explique Yoshie Nakamura, qui ajoute que "si à cause du changement climatique ce critère de froid n’est pas bien rempli, et qu’à l’avenir les températures hivernales augmentent encore, les cerisiers risquent de ne pas fleurir."
Déjà plus de floraison dans certaines régions
Et selon les scientifiques ce n’est qu’un début. "L’absence de floraison ou une floraison partielle pourrait se voir sur l’île de Kyushu, au sud. D’ores et déjà, plus au sud encore, à Okinawa, la variété des cerisiers yoshino ne fleurit pas et nous pensons que la région concernée par ce phénomène risque de s’étendre plus au nord."
À la télévision japonaise, les météorologues commencent à tirer la sonnette d’alarme. On peut par exemple entendre "si le réchauffement climatique continue, les cerisiers ne fleuriront plus complètement ou ne fleuriront plus du tout". Ou encore : "C’est trop triste que le changement climatique ait aussi ce genre de conséquences".
Des effets plus tragiques encore menacent le Japon, mais les sakura sont sacrés dans le pays. D'ailleurs, "la passion des Japonais pour les cerisiers en fleurs est telle que si davantage de personnes comprennent que non seulement ils fleuriront plus tôt mais qu’ils risquent de ne pas fleurir du tout, la prise de conscience des Japonais vis-à-vis du changement climatique pourrait s’accentuer". Et le temps presse.
Par
Thierry LEDRU
Le 16/04/2022
On est en avril et les articles sur le manque d'eau fleurissent.
Mais sinon, tout va bien. L'écologie n'est absolument pas une priorité. On verra ça plus tard...
De notre côté on vient d'installer la cinquième citerne de 1000 litres en récupération d'eau de pluie.
L'épisode suivant, c'est une citerne souple de 10 000 litres.
Une dizaine de départements déjà en alerte pour la sécheresse, "un phénomène de plus en plus fréquent" selon un spécialiste
Une dizaine de département français sont déjà en alerte sécheresse précoce. Un phénomène qui, en raison du changement climatique, va devenir de moins en moins rare.
Article rédigé par
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Radio France
Publié le 16/04/2022 15:36
Temps de lecture : 2 min.

La rivière du Doubs totalement asséchée à Villiers-Le-Lac, en 2020. Image d'illustration. (SEBASTIEN BOZON / AFP)
"Ce type de phénomène apparaît de plus en plus fréquemment", a commenté sur franceinfo Alain Dupuy, professeur d'hydrologie à l'Institut national polytechnique de Bordeaux, alors qu'une dizaine de départements en France se trouve déjà en situation d'alerte pour la sécheresse.
>> Sécheresse : "Je crois qu'on n'a pas compris ce qui arrive devant nous", alerte une hydrologue
"C'est une situation héritée de l'hiver et de l'automne dernier", a-t-il expliqué, alors que les situations sont très diverses sur l'ensemble du territoire français. La région Provence-Alpes-Côte-d'Azur est la plus touchée actuellement par ce phénomène de sécheresse. Les professionnels et les particuliers sont incités à faire des économies d'eau.
franceinfo : Dans les départements touchés, on retrouve la Vienne, l'Ain, la Drôme, les Alpes-Maritimes, mais la région Paca est la plus concernée. Pourquoi ?
Alain Dupuy : C'est la région qui a cumulé deux effets en même temps. D'abord un déficit hydrique marqué en début d'hiver, suite à l'été dernier qui a été très sec et ensuite une période de précipitations bien moindres que d'habitude. Il en résulte donc un déficit hydrique en ce début de printemps qui est très important, car la végétation est en débourrage, elle est en train de démarrer. Autrement dit, même s'il y avait des précipitations actuellement, elles seront captées par la végétation et n'iraient pas dans le sol ou le sous-sol. Ça risque donc d'être compliqué pour la suite, pour l'été et l'automne qui arrive.
On a des déficits jusqu'à plus de 50% par rapport à la normale aujourd'hui ?
Oui, mais la situation est très hétérogène sur le territoire. C'est vraiment ce qu'on appelle les masses d'eau, soit superficielles, soit souterraines. Ce sont des éléments de fonctionnement du système en surface ou en sous-terrain qui sont touchés. Et chaque situation sera différente, on ne peut pas homogénéiser au niveau des régions.
Est-ce que ces périodes de sécheresse précoces vont être de plus en plus fréquentes ?
Malheureusement, cela va devenir de moins en moins rare parce que la tendance du changement climatique nous fait avancer vers des systèmes où on aura une concentration relative des précipitations en hiver et ensuite un arrêt des précipitations tôt dans le printemps. Les premiers signaux qui nous sont remontés sur l'analyse des données montrent qu'on a ce type de phénomène de plus en plus fréquemment. D'autant plus que c'est quelque chose qui se cumule d'une année sur l'autre, notamment pour les nappes de surface dites phréatiques. C'est moins vrai pour les nappes plus profondes, mais si le déficit hydrique continue à s'accumuler, on va vers des gestions territorialisées de crise, il faut le dire.
Est-ce que la situation est rattrapable d'ici l'été ?
Avec le début du débourrage de la végétation, le boom végétal, on estime qu'une fois que la végétation est partie, elle capture la majorité des flux des précipitations, sauf à avoir des événements extrêmes très marqués et très concentrés. Mais malheureusement, la végétation est partie, donc les cultures vont capturer le maximum d'eau. Ensuite, on n'a que les résidus pour le ruissellement et pour la recharge des nappes. Donc ce sera difficilement rattrapable.
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