Blog
-
Période glaciaire affective
- Par Thierry LEDRU
- Le 16/01/2022
La gentillesse. Un état d'esprit, une façon d'être. Être gentil, naturellement, signifie qu'on ne cherche pas à avoir quelque chose en retour. De toute façon si dans "l'être" il y a un désir "d'avoir", alors c'est que l'être se ment et ment aux autres.
Je suis naturellement gentil et je ne compte plus les fois où "l'autre" a considéré que c'était une faiblesse, depuis mon enfance jusqu'à aujourd'hui. Que signifie cette gentillesse, comment cela se traduit-il ? De façon très simple : j'accueille, j'écoute, dans une attitude humble et bienveillante.
Alors, oui, effectivement, dans notre société, dans le système éducatif et notamment scolaire, la gentillesse est considérée comme une faille, une faiblesse dont il est judicieux pour l'autre de profiter.
Je prends un exemple. Je ne suis pas artisan, je ne connais rien à l'électricité, ni à la plomberie, ni à la maçonnerie. Mais je suis capable de chercher les informations dont j'ai besoin. Donc, si un artisan à la suite de nos premiers contacts finit par imaginer que mon écoute, mon attention, le fait que je me présente clairement comme un novice, signifie pour lui qu'il peut me considérer comme un pigeon, le retour de flamme fera voler des plumes. Le "trop bon, trop con", ne fonctionne pas avec moi. Deux personnes ici en ont fait l'expérience. Par contre j'ai rencontré aussi des gens qui apprécient que je ne cherche pas à leur donner des leçons dès lors que je ne suis pas compétent. L'équilibre est instauré. J'ai souvent entendu des artisans se plaindre de "ces profs qui savent tout et veulent vous donner des leçons sur ce que vous faites depuis des années". Oui, entièrement d'accord, le milieu enseignant draine une frange de population quelque peu détestable. On me dira que ça n'est pas gentil comme remarque :) et ça viendra juste valider que la gentillesse n'est pas incompatible avec la lucidité et l'expérience.
Pour ce qui est de l'article lui-même et de cette période affective glaciaire, je la situerai principalement dans les zones urbaines car en milieu rural, dès lors qu'on ne se présente pas en conquérant imbu, l'ouverture des gens est bien réelle. On est arrivé en mars 2021 et je ne compte plus le nombre de gens à qui je peux demander un coup de main, un conseil, et qui m'en demanderait tout autant.
"L'erreur est urbaine", disait le tag sur le mur.
"L'humanité est rurale", ajouterais-je.
L’humanité vit actuellement une « période glaciaire affective »
« Trop bon trop con » est-il devenu un synonyme d’être gentil ?

26 décembre 2021 - La Relève et La Peste
Générations, notre nouveau livre qui marque dans le temps l’esprit d’une génération qui se bat pour préserver notre monde
- Thème : Changements climatiques, répression policière, inégalités, agroécologie, politique, féminisme, nature…
- Format : 290 pages
- Impression : France
L’indiscrétion de vos voisins vous pousse à l’excès ? L’incivilité des automobilistes vous fait jurer ? La promiscuité dans les transports en commun vous rend blasé ? La vie de tous les jours est loin d’être un long fleuve tranquille, surtout lorsqu’il s’agit de vivre en communauté. Il n’est pas rare de s’entendre dire : « l’Enfer, c’est les autres ! ». À l’ombre de tout ce fracas, la gentillesse a perdu ses lettres de noblesse, voire pire, elle est dénigrée au point d’être perçue comme un signe de faiblesse.
« Trop bon trop con » est-il devenu un synonyme d’être gentil ? Bien souvent, nous croyons qu’il vaut mieux être battant, égoïste et sans état d’âme pour sortir son épingle du jeu. Bon sang, sommes-nous condamnés à devoir « jouer des coudes » pour se faire respecter ?
« J’ai peur de cette société axée sur la compétition et la concurrence, cette société qui ose nous dire : vous devez être des gagnants ! Mais qu’est-ce qu’un gagnant sinon un fabricant de perdants ? Je n’ai pas le droit de fabriquer des perdants… » revendique Albert Jacquard.
Dans ce contexte social anxiogène et déséquilibré, la gentillesse est malmenée. Elle est souvent interprétée comme une forme de soumission, et fatalement associée à l’image du perdant. Aujourd’hui, le « gentil » est devenu, malgré lui, le manipulable et le simple d’esprit. « Tu seras bien gentil de faire ceci » est une formule de politesse déguisée derrière un sourire dédaigneux. Dans le liste des qualités requises, « gentil » n’est plus consenti, mais équivaut à confesser : « je n’ai rien trouvé de mieux à son sujet ».
Il est grand temps de redorer le blason de la gentillesse car elle est plus que jamais nécessaire. D’après Piero Ferrucci, psychologue et auteur du livre « Le pouvoir de la gentillesse », l’humanité vit actuellement une « période glaciaire affective ». Pour lui, les raisons sont à la fois simples et multiples : notre société met en avant l’efficacité, l’argent et la recherche du profit. Ajoutons à cela le rythme effréné de nos modes de vie associé à l’abondance des flux de connectivités, et qu’obtient-on ? Autant de possibilités de vivre par procuration.

« Bien sûr, Internet est une révolution, mais plus on est assis devant son ordinateur et moins on fréquente de vraies personnes. Nous avons moins d’occasions de ressentir ce que l’autre ressent. Quand on vit à toute allure, il y a moins de place pour le cœur et pour les sentiments. »
« Nous nous trouvons aujourd’hui au milieu d’un refroidissement généralisé. Les rapports humains sont moins chaleureux, les occasions de se rencontrer moins nombreuses, les contacts plus hâtifs et plus impersonnels. On accorde moins d’importance à la chaleur humaine et à la simple présence » Piero Ferrucci
Pourtant, la gentillesse permet de s’ouvrir aux autres et de tisser un idéal social, celui de la paix. Bien entendu, il n’est pas question de se plier en quatre pour exaucer les désirs du monde entier. « Pour être librement gentil, il faut avoir le choix de ne pas l’être » explique le psychiatre et psychothérapeute Frédéric Fanget. Autrement dit, la gentillesse est un choix comportemental.
Malgré tout son bien-fondé, nous avons parfois du mal à dévoiler notre gentillesse. « Malheureusement, dans une société individualiste, de compétition, où dominent les rapports de force et les affrontements communautaires, elle ne semble pas l’équipement de survie le plus approprié » constate le philosophe Michel Lacroix. Au contraire, la gentillesse est indispensable à l’harmonie sociale et nous pouvons compter sur elle pour préserver notre écosystème relationnel. Nous le savons, notre bonheur est inextricablement lié à celui des autres. La gentillesse produit de la bonne humeur, du lien social et c’est ainsi qu’à travers un simple sourire elle peut rendre la vie plus douce.

Peu coûteuse en temps et en énergie, la gentillesse est une vertu efficace qui se cultive et qui se transmet facilement. « Sans faire de nous des Jésus ou des superhéros, la gentillesse a le pouvoir de nous élever un peu, de nous anoblir en un minimum d’efforts » observe Emmanuel Jaffelin. Il suffit en effet d’en bénéficier pour booster son « estime de soi ». En cela, ne négligeons pas le pouvoir des compliments. Mark Twain les assimilait à une nourriture affective : « Avec un bon compliment, je peux vivre deux mois ». Dans ce cas, sachons les donner aussi bien que les recevoir.
« Les gens me demandent souvent quelle est la technique la plus efficace pour améliorer sa vie. Il est un peu embarrassant qu’après des années de recherche et d’expérimentation je dois conclure que la meilleure réponse à cette question est : Soyez juste un peu plus gentil. » Aldous Huxley
26 décembre 2021 - La Relève et La Peste
-
Pisser dans les champs
- Par Thierry LEDRU
- Le 14/01/2022
Depuis plusieurs années déjà, Nathalie me demande de garder mon urine (c'est évidemment plus facile pour moi que pour elle). Donc, je pisse quasiment tout le temps dans des bidons de cinq litres que j'entrepose dans le garage. Nathalie la dilue et s'en sert pour le jardin. C'est une méthode ancestrale qui a fait ses preuves. Scientifiquement reconnue aujourd'hui.
J'en profite pour ceux dont les potagers sont envahis de rats taupiers pour leur conseiller de dégager les galeries et d'y verser de l'urine pure. Il faut être assidu et obstiné mais ça finit par payer. Les rats taupiers ou campagnols s'en vont ailleurs. Pisser dehors, sous les étoiles, en visant un trou de rongeurs, c'est poétique :)

Planète Bleu, le blog Evan AdelinetFrance Bleu
Jeudi 6 janvier 2022 à 6:20
Azote, phospore et potassium sont les éléments chimiques de nombreux engrais industriels. On les retrouve aussi dans l'urine humaine.

L'urine humaine utilisée comme engrais © Getty - YOSHIHIRO TAKADA/a.collectionRF
Pourquoi fabriquer des engrais industriellement alors que notre corps fabrique exactement les même composants chimiques grâce à nos reins ? Oui, l'urine humaine est composée, entre autres, d'azote, de phospore et de potassium. Ces éléments chimiques sont fabriqués artificiellement par pour les engrais industriels. Organiser la récolte de l’urine humaine, la traiter et y développer des bactéries spécifiques pour ensuite l’utiliser sur les terres agricoles est l’objectif de Toopi Organics ! Pour se faire, il faut un peu de logistique. La startup Toopi Organics propose des toilettes spéciales pour faciliter cette récolte écologique.
En comptant toutes les chasses d'eau tirées, passer à la récolte de l’urine humaine permettrait d’économiser 6000 milliards de litres d’eau par an, en France !
-
Ecole, covid, ministère
- Par Thierry LEDRU
- Le 13/01/2022
Il y a bien longtemps que je ne suis pas revenu sur le sujet. Disons que j'en ai tellement parlé qu'il fallait que je passe à autre chose. La plaie était à vif, il fallait que ça cicatrise.
Aujourd'hui, je me surprends parfois à ne plus rien ressentir de ce désastre. Il faut même que je fasse un effort pour que les souvenirs reviennent. Comme si s'était déjà écoulée une décennie.
Je me réjouis tous les jours d'avoir quitté ce navire, il y a trois ans.
Et je plains tous les jours, les collègues qui se trouvent encore à bord.
ÉDUCATION NATIONALE
https://basta.media/Greve13Janvier-Blanquer-Education-nationale-le-quotidien-des-directrices-d-ecoles-protocoles-sanitaires?
13 janvier 2022 par Lucie Tourette
LIRE PLUS TARDENREGISTRERS’ABONNER AU RSS
PARTAGER SUR
MAIL
Tous les syndicats de l’éducation nationale appellent à faire grève ce 13 janvier. Les directeurs et directrices d’école y participent massivement, poussés à bout par une charge de travail grandissante et des injonctions contradictoires.
Le téléphone sonne souvent dans le vide à l’école maternelle Halphen de Ville-d’Avray dans les Hauts-de-Seine. Il n’y a plus de gardienne depuis 2018, plus d’aide administrative depuis 2017. Alors « quand ça sonne et que toutes les enseignantes et les ATSEM [1] sont en classe, il n’y a parfois personne pour répondre », commente Marie Viennot, la directrice.
Dans le Vaucluse, à Cavaillon, le téléphone de l’école maternelle Jean Moulin sonne lui aussi dans le vide trois jours par semaine. Les lundis, mardis et vendredis, la directrice Lauranne Giovanelli est dans sa classe avec ses élèves et refuse de prendre le téléphone sous peine de devoir s’interrompre en permanence. C’est seulement le jeudi qu’elle décroche car elle est dans son bureau pour effectuer son « jour de décharge » hebdomadaire. Directrice depuis huit ans, elle dispose d’un jour par semaine pour effectuer le travail lié à sa fonction de directrice.
« C’est vraiment problématique que les parents ne puissent pas joindre l’école », déplore-t-elle. Ici aussi, il n’y a plus d’aide administrative qui réponde au téléphone et aux mails, ouvre la porte, fasse les photocopies, etc. C’est le cas dans de nombreuses écoles depuis que le gouvernement a pris la décision de réduire le nombre de contrats aidés en 2017. La charge de travail d’une direction d’école s’en est trouvée considérablement alourdie.
Apprendre les annonces de Blanquer sur BFM
« Alors qu’on est déjà dans une espèce d’urgence, on est submergés d’informations contradictoires, avec une hiérarchie qui découvre la veille pour le lendemain les annonces du ministre sur BFM », pointe Sabine Duran, directrice d’école élémentaire classée REP+, à Pantin.
© Anne Paq
Ils sont aujourd’hui 45 500 enseignants à exercer la fonction de directeur d’école. Dotés d’un minimum de deux ans d’ancienneté, ils sont nommés par leur hiérarchie. En plus de leur salaire, ils touchent une indemnité qui augmente proportionnellement au nombre de classes de l’école. Ainsi, selon les calculs du Sgen-CFDT, un professeur des écoles directeur d’une école de deux à trois classes, touchera une indemnité de 299,6 euros par mois. Dans une école d’au moins dix classes, son indemnité sera de 444,39 euros par mois. Suivant la taille de l’établissement, le directeur continue ou non d’enseigner. Il est chargé de la coordination de l’équipe enseignante sans pour autant être le supérieur hiérarchique de ses collègues. Les femmes sont largement majoritaires dans le premier degré où elles représentent environ les trois quarts des personnels de direction, tandis qu’en collèges et lycées elles ne sont plus que la moitié.
Je lis, j’aime, je soutiens
Basta est en accès libre.
En novembre 2019 le ministère de l’Éducation nationale avait organisé une consultation auprès de 29 007 directeurs d’école suite au suicide de l’une d’entre eux. L’administratif arrivait déjà en tête des tâches qui leur prenaient le plus de temps (75 %) et étaient les plus pénibles (62 %), avec la sécurisation de l’école (66 %) [2].
« Je passe ma journée à ouvrir la porte, trier la paperasse, répondre à des mails et au téléphone, remplir des enquêtes »
En quoi consistent ces tâches chronophages ? Chargé de la bonne marche de leur école, le directeur doit répertorier chaque jour les élèves absents, ceux qui restent à la cantine, seront présents pendant le temps périscolaire. En début d’année, il organise les élections des représentants de parents d’élèves, saisit les fiches de renseignements remplies manuellement par les parents, vérifie et archive les attestations d’assurance scolaire. En fin d’année, il centralise les commandes de matériel de ses collègues pour la rentrée suivante, constitue les futures classes. Il répond aux courriers papier, lit puis trie ses mails, apporte une réponse à ceux qui le nécessitent, ou les transfère à ses collègues. Il fournit des certificats de scolarité aux parents qui en font la demande. Sa hiérarchie lui demande régulièrement de remplir des enquêtes sur son école. Elles peuvent porter sur des sujets aussi variés que le nombre d’enfants arrivés en France dans l’année, les effectifs prévus, les effectifs réels, les enfants autistes, etc. Responsable de la sécurité, il doit aussi mettre à jour le « Plan particulier de mise en sûreté ». En cas de catastrophe naturelle ou d’attentat, le ministère indique que ce plan doit prévoir « la mise en œuvre des mesures de sauvegarde des élèves et des personnels en attendant l’arrivée des secours ou le retour à une situation normale ».
« Parfois personne pour répondre »
À l’école maternelle Halphen de Ville-d’Avray (Hauts-de-Seine), il n’y a plus de gardienne depuis 2018, plus d’aide administrative depuis 2017. Alors « quand ça sonne et que toutes les enseignantes et les ATSEM sont en classe, il n’y a parfois personne pour répondre », commente Marie Viennot, la directrice .
© Anne Paq
Désormais, « mon jour de décharge est consacré à la paperasse, explique Lauranne Giovanelli. En tant que directrice, j’ai l’impression d’être une secrétaire administrative. Je passe ma journée à ouvrir la porte, trier la paperasse, répondre à des mails et au téléphone, remplir des enquêtes. Ça ne me fait pas rêver... Mon boulot c’est d’être instit. »
Repère :
Une loi qui risque encore d’aggraver les choses
Lire l’encadré
Depuis la consultation du ministère en 2019, la crise sanitaire est venue accroître encore la charge de travail. Les directeurs d’école sont chargés de la mise en place des mesures de sécurité édictées par le ministère de l’Éducation nationale. Sabine Duran, directrice de l’école élémentaire Joséphine Baker à Pantin (Seine-Saint-Denis) constate ainsi : « Ce qui pèse aussi sur la fonction, ce sont toutes ces informations qui doivent être mises en place du jour pour le lendemain. Alors qu’on est déjà dans une espèce d’urgence, on est submergés d’informations contradictoires, avec une hiérarchie qui découvre la veille pour le lendemain les annonces du ministre sur BFM ou dans la Foire aux questions du site du ministère. » Les directeurs doivent désormais rédiger des « plans de continuité pédagogique » expliquant comment l’école s’organisera pour maintenir le lien entre l’élève qui devrait s’absenter et son enseignant. « On considère que parce que c’est écrit, ça va être effectif et que l’école met les moyens pour que ça le soit. Alors qu’on sait que ça ne va servir à rien », déplore Sabine Duran.
Dépendantes du bon vouloir des mairies
La mairie de Cavaillon (Vaucluse) « nous donne moins de 30 euros par an et par enfant et nous n’avons pas le droit d’utiliser les transports collectifs. Malgré des programmes nationaux, les disparités de territoires se répercutent sur le vécu scolaire des enfants », déplore Lauranne Giovanelli, directrice d’école maternelle.
© Anne Paq
Les directrices font l’interface avec la mairie, les parents, les collègues, la hiérarchie…
Cette surenchère de travail administratif arrive dans un contexte où les directeurs d’école se trouvaient déjà « au centre d’une configuration d’une pluralité d’acteurs qui ont tous des enjeux de pouvoir différents », comme l’observe dans son livre La direction d’école à l’heure du management la chercheuse Cécile Rouaux, qui a exercé comme directrice d’école pendant 14 ans.
Les directeurs se doivent d’être disponibles et de répondre à toutes les demandes. Cécile Rouaux parle d’un rôle « d’agent toutes mains », à qui est délégué le « sale boulot ». Elle souligne « la fragmentation et la brièveté des activités où l’imprévu, voire l’urgence, ponctue les tâches courantes. » Sabine Duran parle elle de toutes ces « petites choses qui constituent la charge mentale », chaque action entreprise étant susceptible d’être interrompue par une nouvelle demande.
Qu’il y ait besoin de changer une ampoule, de réparer une fuite d’eau ou le chauffage tombé en panne, de repeindre une salle de classe ou de colmater une fissure conséquente, le directeur s’adresse à la mairie, responsable de l’entretien des locaux. Entre la demande de travaux et sa réalisation, il peut se passer beaucoup de temps, notamment lorsque la mairie doit faire appel à un prestataire extérieur. Face au bureau de directrice de Marie Viennot, une liste de différents travaux sont notés sur un grand tableau blanc. Un trait vert indique les « demandes faites ». Certains sont écrits depuis deux ans, comme le mot « Stores », qu’elle n’arrive même plus à effacer.
Des demandes en souffrance depuis des années
Face au bureau de directrice de Marie Viennot (Ville-d’Avray, Hauts-de-Seine) une liste de différents travaux sont notés sur un grand tableau blanc. Un trait vert indique les « demandes faites ». Certains sont écrits depuis deux ans, comme le mot « Stores », qu’elle n’arrive même plus à effacer. C’est leur lot quotidien face à de nombreuses mairies, de droite comme de gauche...
© Anne Paq
De la mairie dépendent aussi certains professionnels qui travaillent au sein de l’école. Avant l’heure du début de la classe, pendant la pause méridienne et après la fin de la classe, les animateurs qui s’occupent des enfants sont salariés de la mairie. C’est aussi le cas des ATSEM qui aident les enseignants au bon déroulement de la classe en maternelle. Certaines mairies décident ainsi que les classes de grande section de maternelle ont besoin d’ATSEM, d’autres non.
Une partie du budget de l’école dépend également de la mairie. Lauranne Giovanelli pointe ainsi : « la mairie de Cavaillon [à majorité LR, ndlr] nous donne moins de 30 euros par an et par enfant et nous n’avons pas le droit d’utiliser les transports collectifs. Dans le village d’en face, le budget est de 44 euros par enfant, un bus reste à la disposition des écoles et la mairie offre une place à tous les élèves lorsque le cinéma passe un film pour les enfants. Ils ont accès à la médiathèque de leur ville autant qu’ils veulent. Nous, nous y avons droit une fois dans l’année. Malgré des programmes nationaux, les disparités de territoires se répercutent sur le vécu scolaire des enfants. Selon la mairie dont on dépend, on ne fait pas le même travail. »
Scolariser les enfants en situation de handicap : un an d’attente
« La question du handicap prend beaucoup de temps. C’est particulièrement difficile, en premier lieu pour les enfants et leurs familles, quand on sait qu’un enfant a besoin de soins. Il y a un an d’attente », explique Sabine Duran, directrice d’école élémentaire classée REP+, à Pantin (Seine-Saint-Denis).
© Anne Paq
Les écoles qui connaissent les plus grandes concentrations de difficultés sociales, comme celle de Sabine Duran à Pantin, sont classées REP+ (Réseaux d’éducation prioritaire renforcée). À ce titre, elles bénéficient de plus de moyens que les autres. Les enseignants touchent une prime, la directrice aussi. Elle est de 426 euros brut par mois pour Sabine Duran. Les enfants sont moins nombreux par classe, les enseignants ont des temps de formation.
Pour autant, certains élèves ont aussi besoin d’une aide extérieure à l’école. Dans ce cas, le directeur s’occupe des relations avec les partenaires extérieurs comme les psychologues et orthophonistes sollicités. Il doit arriver à faire concorder des agendas qui n’ont pas les mêmes impératifs.« La question du handicap prend beaucoup de temps. On peut faire beaucoup de réunions pour un élève, parfois simplement pour dire qu’il n’y a toujours pas de place en CMPP [3]. C’est particulièrement difficile, en premier lieu pour les enfants et leurs familles, quand on sait qu’un enfant a besoin de soins. Il y a un an d’attente. Parfois une famille qu’on a eu du mal à convaincre va finir par lâcher l’affaire tellement l’attente est longue », observe Sabine Duran. La pénurie de moyens entraîne là aussi une surcharge de travail.
TOUT BASTA DANS VOTRE BOÎTE EMAIL AVEC LA NEWSLETTER :
Votre email :
À Cavaillon, l’école de Lauranne Giovannelli n’est plus classée REP car ses élèves ne vont pas ensuite dans un collège classé REP. Pourtant, « l’école située à 600 mètres est classée REP. Ce sont les mêmes enfants dans les deux écoles mais on ne fait plus du tout le même métier que nos collègues. Chez nous les enfants sont 29 par classe, chez eux 12 ou 15. Les enseignants ont une prime de 300 euros par mois. Pas nous. »
SUR LE MÊME SUJET
Sursollicités depuis un an, les enseignants français sont parmi les moins payés d’Europe
Les directrices d’école n’ont pas le temps de faire tout ce qu’elles devraient faire. Alors elles arbitrent en fonction de la situation et du sens qu’elles donnent à leur travail. « Je priorise tout ce qui concerne la situation des élèves en difficultés plutôt que la mise en place de modalités de circulation pour éviter que les élèves se croisent. Je reçois une famille qui a besoin de trouver des soins pour ses enfants avant de remplir une enquête administrative », explique Sabine Duran. À Ville-d’Avray, Marie Viennot reçoit chaque famille dont l’enfant va entrer à l’école. Elle y tient beaucoup : « L’entretien dure au moins une demi-heure mais je gagne du temps pour trois ans : les parents me connaissent et s’ils sont perdus ils savent vers qui aller. » Certains de ses collègues ont renoncé à ces entretiens. Au final, ceux qui ont choisi de se tourner vers cette fonction de directeur pour impulser des projets et animer une équipe ne peuvent plus y consacrer autant de temps qu’ils le souhaiteraient. La multiplication des protocoles sanitaires et des récentes inconséquences ministérielles ne constituent que « la goutte d’eau qui fait déborder le vase ».
Lucie Tourette
Photos : ©Anne Paq
En une : Marie Viennot, directrice d’une école maternelle à Ville-d’Avray (Hauts-de-Seine). ©Anne Paq -
La Nature est notre avenir
- Par Thierry LEDRU
- Le 13/01/2022
C'est ridicule comme titre et pourtant des millions de personnes n'ont aucune conscience de ça.
Une très grande partie de l'humanité vit "hors sol".
Le changement climatique est une réalité qui est ignorée ou niée par ces individus.
Une très grande partie des gouvernements en sont là aussi d'ailleurs. Ils peuvent toujours se gausser de leurs mesurettes, rien ne changera fondamentalement. Pour une seule raison : la sacro-sainte croissance. Cette idée est tellement ancrée dans le fonctionnement de la majeure partie des pays, gouvernements et populations, que rien de salvateur n'est possible.
Il ne reste aujourd'hui comme objectif envisageable, non pas de stopper le changement climatique, mais d'en atténuer les effets. Il reste également, et l'urgence est tout aussi importante, de s'y préparer.
Gilles Boeuf est un scientifique de renom. Il convient donc de prendre le temps de l'écouter.
Un exemple de ce qui se produit déjà. On me dira que c'est en Amérique du Sud, c'est loin...Bon, là, devant des réponses de la sorte, je tourne le dos et je m'en vais m'occuper de mon potager, du verger, des arbres qu'on plante et des réserves d'eau de pluie qu'on est en train d'installer.
Argentine : une vague de chaleur hors-norme a privé d’électricité plus de 700 000 habitants
Il est illusoire de continuer à croire que la technologie va forcément nous préserver du changement climatique. Les conséquences directes des vagues de chaleur sur les systèmes électriques des pays normalement tempérés en sont une brutale illustration. Et ces vagues de chaleur sont tout aussi éprouvantes pour le corps humain.

13 janvier 2022 - Laurie Debove
L’Argentine est frappée par une vague de chaleur historique, les températures dépassant 40°C dans la majeure partie du pays, et montant jusqu’à plus de 50°C à certains endroits, faisant du territoire l’endroit le plus chaud de la planète pendant un bref moment. Cette vague de chaleur a provoqué de nombreuses coupures de courant à Buenos Aires, privant au moins 700 000 habitants d’électricité, en plus d’avoir des conséquences délétères sur les humains, les cultures et les animaux dans tout le pays.
Une fournaise sans électricité
En plein été sud-américain, où le temps sec et chaud entraîné par le régime climatique de La Nina fragilise déjà les cultures, une vague de chaleur historique frappe cette semaine l’Amérique du sud et particulièrement l’Argentine. Hier, il faisait 45,0 ºC à Rivadavia et mardi, la température a atteint 41,1 degrés à Buenos Aires, la capitale du pays.
Selon le Servicio Meteorológico Nacional (SMN), l’homologue argentin de Météo France, c’est la première fois en 65 ans qu’il fait aussi chaud dans la ville, pourtant située au bord de l’Atlantique. La dernière fois, c’était en janvier 1957, lorsque les 43,3°C avaient été atteints, le record depuis le début des relevés en 1906.
Cette vague de chaleur hors-norme a fait exploser la demande en électricité pour faire fonctionner les climatiseurs et autres équipements réfrigérants. Couplée à des incendies, cette augmentation soudaine de la consommation électrique a provoqué de nombreuses coupures de courant, les infrastructures électriques n’étant pas adaptées à cette situation.
Lire aussi : Emballement climatique : les frigoristes subissent la hausse record des températures
Plus de 700 000 foyers d’électricité ont ainsi été privés d’électricité dans cette ville de plus de 14 millions d’habitants. Le service en ligne de l’ENRE, le gestionnaire du réseau, a lui-même cessé de fonctionner. 28 000 foyers étaient toujours privés d’électricité hier.
« Le service a été interrompu après que la demande d’électricité a dépassé 27.000 mégawatts et alors qu’elle était sur le point de battre un nouveau record de consommation, deux semaines seulement après le précédent pic de 27.088 mégawatts », a détaillé le quotidien La Nación.. « En seulement 20 minutes, la consommation a chuté à 24 450 MW, ce qui témoigne de la coupure massive du service, selon les données en temps réel publiées par Cammesa, la société chargée des répartitions de l’électricité. »
Ces coupures électriques ont mis la métropole à rude épreuve : la plupart des commerces étaient à l’arrêt, les feux de circulation ont cessé de fonctionner, les climatiseurs, ventilateurs et les frigos inutiles, détruisant bon nombre de denrées essentielles. Même le système d’épuration d’AySA, qui fournit de l’eau potable à Buenos Aires, a été touché.
La population a dû économiser sa consommation d’eau en pleine canicule, un cauchemar.
« Même tôt le matin, il faisait très chaud, environ 31 degrés », a déclaré Gustavo Barrios, 34 ans, alors qu’il était assis à l’ombre de quelques arbres, pour Reuters. « Je n’ai pas de climatisation à la maison et nous étions avec juste le ventilateur qui soufflait de l’air chaud. C’était intenable. »
Face à cette situation extrême, l’une des premières mesures du gouvernement argentin a été de réactiver les importations d’électricité en provenance du Brésil, en demandant aux distributeurs d’énergie de renforcer leurs équipes et en partant à la recherche d’énergies fossiles pour produire de l’électricité.
Les autorités ont également recommandé aux habitants de rester à l’abri du soleil, porter des vêtements légers, et rester hydratés le plus possible.
L’impact du changement climatique
Selon le météorologue Lucas Berengua, cette vague de chaleur hors-norme pourrait établir de nouveaux records de température dans le pays.
« Il s’agit d’une vague de chaleur aux caractéristiques extraordinaires, avec des valeurs de températures extrêmes qui seront analysées lorsqu’elle prendra fin. Elle pourrait générer des records historiques pour les températures et la persistance de la chaleur en Argentine », a-t-il déclaré.
Aujourd’hui, la température mondiale a augmenté d’environ 1,1° par rapport à l’ère préindustrielle à cause des activités humaines. Si les vagues de chaleur ont toujours existé, le réchauffement climatique accélère leur fréquence et leur intensité
L’Organisation météorologique mondiale rappelle que les vagues de chaleur sont de loin les événements météorologiques extrêmes les plus meurtriers dans la plupart des régions du monde. La crise climatique multiplie par 600 le risque de voir de telles vagues de chaleur se reproduire !
L’Argentine subit de plein fouet les conséquences néfastes du changement climatique. Ces dernières années, l’Argentine a connu des quantités inhabituelles d’incendies de forêt autour du delta principal du Parana, causés par les pratiques de l’agrobusiness et un climat plus chaud, et le niveau du fleuve a dramatiquement baissé.
Lire aussi : Incendies en Argentine: un drame, symbole de notre modèle de civilisation
« Je suis toujours née ici dans un climat tempéré et j’ai vu comment la température changeait au fil des ans, et ce n’est pas ce à quoi nous sommes habitués », a témoigné Marta Lorusso, 59 ans, architecte, pour Reuters. « Cela avec l’humidité ambiante me tue vraiment, je ne peux pas le supporter. Je bois des litres d’eau et je fais ce que je peux. Et en plus, je n’ai plus d’électricité. Je ne sais pas quoi faire. »
Il est illusoire de continuer à croire que la technologie va forcément nous préserver du changement climatique. Les conséquences directes des vagues de chaleur sur les systèmes électriques des pays normalement tempérés en sont une brutale illustration. Et ces vagues de chaleur sont tout aussi éprouvantes pour le corps humain.
Lire aussi : En 2100, 3 personnes sur 4 pourraient mourir à cause de la chaleur
Comme le décrit Marta Lorusso, ce n’est pas un « chaud sec » qui est le plus dangereux pour l’organisme, mais bien un « chaud humide ». Les scientifiques nomment cette combinaison la « température humide » ou « température du thermomètre mouillé ». Combinant la température et le taux d’humidité dans l’air, elle est notée Tw, le « w » correspondant au mot anglais wet, signifiant « humide ».
Quand les 35 degrés Tw sont atteints, l’air est si chaud et humide que le corps humain ne peut plus assurer sa thermorégulation grâce à la transpiration. En effet, pour que la sueur joue son rôle de régulateur, il faut que l’air à la surface de la peau soit plus humide que l’air ambiant.
Les argentins ne sont pas au bout de leur peine. Les températures élevées devraient se poursuivre tout au long de la semaine avec des pics dépassant souvent les 40 °C, selon le Service météorologique national (SMN).
Lire aussi : Dôme de chaleur en Amérique du Nord : les prémisses d’événements météo extrêmes dus au réchauffement climatique
L’impact sur les cultures et la faune
Évidemment, les humains ne sont les seuls à être menacés par cette vague de chaleur. Des alertes ont déjà été lancées sur son impact sur les cultures et les végétaux, et les associations de protection de l’environnement sont extrêmement inquiètes de son impact sur les animaux et écosystèmes du pays.
En 2019, des températures extrêmes avaient provoqué la mort de 354 manchots de Magellan, une espèce menacée, sur le site de Punta Tombo. Cet épisode avait provoqué l’inquiétude majeure des scientifiques qui étudient ce site de reproduction majeur de l’espèce.

La position dans laquelle ont été retrouvés de nombreux manchots de Magellan suggère qu’ils sont décédés en haletant, à la recherche de fraîcheur… Crédit : Katie Holt, Université de Washington
L’Argentine est aussi le deuxième exportateur mondial de maïs après les Etats-Unis, et le principal fournisseur mondial d’huile et de farine de soja. Cette vague de chaleur intense et prolongée va affecter la majeure partie de la zone agricole, avec des pertes énormes aggravées par l’absence de précipitations, a rapporté la Bourse des céréales de Buenos Aires dans son rapport agroclimatique hebdomadaire.
Quant à l’impact sur la faune locale, pour l’heure l’impact le plus visible et le plus impressionnant est l’arrivée de millions de scarabées à la recherche de fraîcheur, dans plusieurs villes de la province de La Pampa. Attirés par la lumière, ils trouvent refuge partout : maisons, parcs, jardins, terrasses, immeubles, toits, canalisations, égouts…
Les argentins les ramassent par seaux entiers. S’ils sont inoffensifs pour l’humain, leur nombre est si grand que le poids de ces millions de scarabées a endommagé certains bâtiments, menaçant notamment de faire s’écrouler des plafonds, et bouché des canalisations. Pour éviter des collisions avec ces insectes imprévisibles, les habitants doivent se couvrir les yeux et le visage à leur passage.
Ce jeudi, la vague de chaleur entre dans sa phase la plus extrême en Amérique du Sud centrale, avec l’attente de nouveaux maximums records en Argentine et en Uruguay. Le Paraguay est également touché par ce phénomène.
Plus il fait chaud, plus il y aura des problèmes d’approvisionnement en eau et en électricité. La technologie ne pourra pas tout régler car elle a ses limites dans un environnement extrême, à l’image de ce qu’observent les frigoristes et les ingénieurs dans les centrales nucléaires en France. Face aux aléas climatiques, la sobriété énergétique semble la piste la plus pérenne pour adapter le fonctionnement de nos sociétés et limiter les dégâts que nous vivons déjà.
Pour aller plus loin : Canicule, eau et électricité : seule la sobriété pourra nous sauver
Crédit photo couv : Relevés de température en Argentine – European Union, Copernicus Sentinel-3 imagery
-
"Le monde sans fin"
- Par Thierry LEDRU
- Le 13/01/2022
Stéphane est un youtuber très connu et apprécié. Sa chaîne "la clé des champs" est une mine d'informations pour le potager, le verger et tout ce qui concerne l'autonomie. Ici, il nous parle d'une bande dessinée.
Le Monde sans fin
INFOSCRITIQUES (26)CRITIQUES PRESSE (7)CITATIONS (13)FORUM
Christophe BlainJean-Marc Jancovici
EAN : 9782205088168
168 pages
DARGAUD (01/08/2021)★★★★★
★★★★★
4.46/5 112 NOTES
Résumé :
La rencontre entre un auteur majeur de la bande dessinée et d’un éminent spécialiste des questions énergétiques et de l’impact sur le climat a abouti à ce projet, comme une évidence, une nécessité de témoigner sur des sujets qui nous concernent tous. Intelligent, limpide, non dénué d’humour, cet ouvrage explique sous forme de chapitres les changements profonds que notre planète vit actuellement et quelles conséquences, déjà observées, ces changements parfois radicaux signifient. Jean-Marc Jancovici étaye sa vision remarquablement argumentée en plaçant la question de l’énergie et du changement climatique au cœur de sa réflexion tout en évoquant les enjeux économiques (la course à la croissance à tout prix est-elle un leurre ?), écologiques et sociétaux. Ce témoignage éclairé s’avère précieux, passionnant et invite à la réflexion sur des sujets parfois clivants, notamment celui de la transition énergétique. Christophe Blain, se place dans le rôle du candide, à la façon de son livre "En cuisine avec Alain Passard" et de "Quai d’Orsay" signé avec l’expertise d’un co-auteur : un pavé de 120 pages indispensable pour mieux comprendre notre monde, tout simplement !
-
« La politique du tout-vaccin n’est pas la solution miracle »
- Par Thierry LEDRU
- Le 12/01/2022
Covid-19 : « la politique du tout-vaccin n’est pas la solution miracle »
« Des programmes de rappel sans discernement ont toutes les chances de prolonger la pandémie, plutôt que d'y mettre fin, en détournant les doses disponibles vers les pays qui ont déjà des taux de vaccination élevés, offrant ainsi au virus plus de possibilités de se répandre et de muter », explique ainsi Tedros Adhanom Ghebreyesus, patron de l'Organisation Mondiale de la Santé

12 janvier 2022 - La Relève et La Peste

Générations, notre nouveau livre qui marque dans le temps l’esprit d’une génération qui se bat pour préserver notre monde
- Thème : Changements climatiques, répression policière, inégalités, agroécologie, politique, féminisme, nature…
- Format : 290 pages
- Impression : France
Alors que certains gouvernements misent uniquement sur la vaccination face à l’arrivée du variant Omicron, une tribune publiée le 3 janvier par une centaine d’experts en santé publique vient appuyer les propos du directeur de l’Organisation Mondiale de la Santé tenus mi-décembre. Les doses de rappel ne suffiront pas pour sortir de la pandémie, sans une politique de santé complète et équitable, permettant l’accès au vaccin dans tous les pays du monde.
Efficacité et limite des vaccins
Plus de deux ans après le début de la pandémie, le SRAS-CoV-2 a infecté plus de 278 millions de personnes dans le monde, avec au moins 5,4 millions de décès enregistrés par l’Organisation mondiale de la santé au 26 décembre 2021.
La propagation rapide et la contagiosité du variant Omicron ont entraîné différentes stratégies des gouvernements pour y faire face, dont certains privilégient une approche exclusivement vaccinale en étant « disposés à tolérer des niveaux élevés d’infection à condition que leurs systèmes de santé puissent y faire face ».
Pour cette centaine d’experts en santé publique, la politique du tout-vaccin serait non seulement inefficace, mais risquerait surtout d’être contre-productive à l’échelle planétaire, rejoignant l’avertissement donné par Tedros Adhanom Ghebreyesus, patron de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), lors d’une conférence de presse tenue à Genève mi-décembre.
« Des programmes de rappel sans discernement ont toutes les chances de prolonger la pandémie, plutôt que d’y mettre fin, en détournant les doses disponibles vers les pays qui ont déjà des taux de vaccination élevés, offrant ainsi au virus plus de possibilités de se répandre et de muter », expliquait ainsi Tedros Adhanom Ghebreyesus, patron de l’Organisation Mondiale de la Santé
Selon le comité des experts de l’OMS en matière de politique vaccinale (SAGE), 126 pays veulent lancer l’injection d’une dose de rappel ou d’une vaccination supplémentaire (concernant les enfants par exemple). La grande majorité de ces pays sont des pays riches ou à revenu moyen tandis que la couverture vaccinale reste très faible dans les pays pauvres, en raison d’un manque d’approvisionnement.
Selon un rapport publié le 15 septembre 2021 par le PNUD, l’OMS et l’Université d’Oxford, seuls 3,07 % des populations de pays à revenu faible ou moyen avaient bénéficié d’une première dose de vaccin.
Ainsi, alors que près de 8 milliards de doses ont été administrées dans le monde depuis près d’un an, une très large partie de la population mondiale n’en a, elle, pas bénéficié.
Quant aux complications redoutées par les personnes réticentes à se faire vacciner, d’autres chercheurs encouragent les autorités à conserver leur vigilance sur les effets indésirables rares qui peuvent exister de différentes façons selon les vaccins et des profils à risque spécifiques.

Lancement de la campagne de vaccination contre la COVID-19-54 au Bénin, l’Afrique est un continent qui a su excellemment bien se protéger de la pandémie. Voici quelques raisons.
Une politique de santé complète
Si les vaccins permettent bien de réduire considérablement les risques de forme grave et de décès liés au covid-19, « la transmission élevée et le degré d’échappement immunitaire des variants delta et omicron signifient qu’une immunité protectrice durable de la population est peu susceptible d’être obtenue avec les vaccins actuels basés sur la souche d’origine. »
Pour ces experts de santé comme pour l’OMS, à l’heure actuelle il n’est donc pas prioritaire de multiplier les rappels de vaccins pour chaque adulte des pays riches, mais de permettre un accès équitable aux vaccins à travers le monde ainsi que de limiter les niveaux de transmission du virus par un meilleur dépistage et un soutien aux patients malades.
En effet, une transmission généralisée du virus décroît les possibilités d’adaptation du Sars-COV-2, et donc les variants plus contagieux (comme Omicron) ou plus dangereux (comme Delta). Plus de malades implique également de plus nombreux décès et la saturation des services hospitaliers.
Surtout, les confinements successifs liés aux différentes vagues du virus ont des répercussions psychologiques et sanitaires durables sur le bien-être des citoyens et notamment des plus jeunes.
En plus d’une coordination internationale sur la campagne de vaccination, les auteurs de l’article rappellent l’importance primordiale d’utiliser des masques FFP2 pour les profils à risque et dans les environnements à haute transmission, d’aérer les espaces clos voire d’installer des purificateurs d’air, le SRAS-CoV-2 étant un agent pathogène aéroporté, et que les gouvernements communiquent mieux sur cet dernier état de fait.
Pour faciliter l’accès au vaccin aux pays qui en ont été privés jusqu’ici, les experts exhortent les gouvernements à suspendre les brevets sur vaccins, supprimer les obstacles au transfert de technologie, et établir des centres de production régionaux pour créer un approvisionnement local abondant de vaccins de haute qualité partout.
« Le déploiement mondial des vaccins devrait inclure efforts pour lutter contre la désinformation afin de garantir que les gens ont accès à des données précises et en temps opportun sur l’efficacité et la protection des vaccins. » rappellent les spécialistes
Enfin, le dernier rapport de l’IPBES rappelle à quel point santé environnementale et santé humaine sont interdépendantes, et comment les activités humaines sont à l’origine de la pandémie actuelle, notamment la déforestation et le commerce des animaux sauvages.
« Le risque de pandémie peut être considérablement réduit en diminuant les activités humaines entraînant la perte de biodiversité, par une plus grande conservation des zones protégées et par des mesures réduisant l’exploitation non durable dans les régions riches en biodiversité. Cela permettra de réduire les contacts entre les animaux sauvages, le bétail et les êtres humains, et aidera à prévenir la propagation de nouvelles maladies. » expliquent les scientifiques
Entre 631.000 et 827.000 virus présents dans la nature pourraient infecter les êtres humains. Pour les chercheurs de l’IPBES, des pandémies plus fréquentes, plus mortelles et plus coûteuses sont donc à prévoir à moins d’un changement de paradigme. L’impact économique actuel des pandémies est 100 fois supérieur au coût estimé de leur prévention.
Face aux maladies, il nous est impossible de nous protéger sans protéger ceux qui nous entourent et notre environnement.
Pour aller plus loin : « One Health » : allier santé humaine, animale et environnementale pour limiter les pandémies
12 janvier 2022 - La Relève et La Pe
-
Le sport, ça Creuse
- Par Thierry LEDRU
- Le 12/01/2022
Oui, bon, c'est un peu léger comme titre mais ça détend l'atmosphère. :)
Le sport, dans la Creuse, c'est pour nous, vélo de route, VTT, randonnée à pied, course à pied, tennis, natation (dans les lacs), canoé, et potager :)
Quelques images.






















-
Actualités diverses
- Par Thierry LEDRU
- Le 12/01/2022
Une coïncidence étrange et amusante.
Enfin, quand je dis "amusante", c'est uniquement au regard de mes romans parce qu'en réalité, les faits n'ont rien d'amusant.
Je m'explique.
" A COEUR OUVERT" a comme sujet de départ la transplantation cardiaque.
"LES HEROS SONT TOUS MORTS " a comme point de départ un chasseur qui découvre par hasard une scène de meurtre.
LES HÉROS SONT TOUS MORTS (roman)
Dans l'actualité de la semaine, les deux situations ont connu une mise en lumière.
Une première transplantation cardiaque avec un coeur de porc.
La réouverture de l'enquête de la tuerie de Chevaline, tuerie qui m'avait "inspiré".
https://www.francetvinfo.fr/faits-divers/meurtres/tuerie-de-chevaline/tuerie-de-chevaline-pres-de-dix-ans-apres-le-quadruple-meurtre-ou-en-est-l-enquete_4913991.html
Tuerie de Chevaline : près de dix ans après le quadruple meurtre, où en est l'enquête ?
Un homme a été placé en garde à vue mercredi dans l'enquête sur le quadruple meurtre survenu en septembre 2012 en Haute-Savoie, jamais élucidé.
https://up-magazine.info/le-vivant/sciences/98166-transplantation-cardiaque-du-porc-a-lhomme-prouesse-espoir-et-prudence/
La première transplantation au monde d’un cœur de porc génétiquement modifié dans un être humain malade est un événement marquant pour la science médicale, ouvre un champ considérable d’espoirs et suscite l’admiration devant la prouesse technique. Mais l’opération, et plus largement l’approche, soulèvent d’importants problèmes de sécurité et d’éthique.
Ce vendredi soir du 7 janvier, des chirurgiens du centre médical de l’université du Maryland ont réalisé une première médicale qui restera dans les annales : ils ont passé huit heures à transplanter le cœur d’un porc à David Bennett, 57 ans, hospitalisé depuis plus d’un mois pour une insuffisance cardiaque terminale. Il s’agissait d’une procédure exceptionnelle, les médecins considérant que leur patient était confronté à une mort quasi certaine et qu’il était trop malade pour bénéficier d’une transplantation cardiaque humaine de routine. En dernier recours, l’équipe médicale a demandé l’autorisation d’urgence à la Food and Drug Administration (FDA) de transplanter un cœur provenant d’un porc génétiquement modifié. « C’est assez hasardeux, mais c’était ma dernière option », aurait résumé le patient à la veille de son opération.




