Là-Haut

Articles de la-haut

Nature et fonction

Par Le 29/09/2017

D'être retourné en classe après trois ans d'arrêt m'a ramené immanquablement aussi vers tout ce que j'ai écrit sur ce métier et je suis donc retombé sur un texte qui se devait d'être revu et complété.

 

Apprentissage de l'absence

 

Je pense que cet état des lieux écrit en mars 2012 est toujours d'actualité mais s'aggrave année après année. 

Les gouvernements successifs ne voient toujours dans l'école que l'antichambre des futurs salariés, des futurs consommateurs, des futurs rouages de l'économie. Il n'est pas question, fondamentalement, de privilégier l'individu mais juste le rôle que cet individu pourra tenir dans le système.

Il ne s'agit pas d'oeuvrer à la liberté philosophique et spirituelle des esprits mais à leur adhésion à la machinerie matérialiste. Jusqu'à en faire des machines elles-mêmes, comme le disait Gurdjieff.

Cette vision pessimiste de l'enseignement et de ses dérives, elle me désole au plus haut point. Que l'école publique soit devenue un rouage essentiel de cette "machinerie" me révulse. Que les écoles privées en tirent profit ne me console nullement. Combien de privilégiés nés dans le bon berceau pour combien d'enfants progressivement modelés par une école publique au service de l'Etat ? Je sais que tout cela peut paraître exagéré et bien sombre mais quand on essaie d'établir les liens entre les différents organismes étatiques que les enfants traversent jusqu'à entrer dans la vie professionnelle, il n'est pas difficile de cerner le cadre dans lequel tout est fait pour qu'ils deviennent des citoyens productifs et adaptés...

Mais qui là-dedans est vraiment heureux ? 

Qui au sortir d'un parcours scolaire peut affirmer y avoir trouvé une voie de plénitude et de connaissance de soi ?

Qui tout au long d'une voie professionnelle peut affirmer avoir trouvé dans le système matérialiste une sérénité bienheureuse ? 

Combien sont-ils ? 

Est-il acceptable qu'une humanité, dite moderne et développée, soit devenue en réalité aussi obscure ? 

Est-il honorable et justifiable que nous, adultes, nous obstinions à insérer nos enfants dans cette machinerie, en espérant, au mieux, qu'ils n'en souffriront pas trop ?  

 

L'enseignement tel qu'il est pratiqué est un apprentissage de l'absence dès lors que le retour vers soi est nié. L'intention d'un enseignant est de former l'enseigné à une réponse mais sans que le fonctionnement inhérent à cette réponse soit analysé.

Il s'agit bel et bien d'une forme de violence parce que l'enseigné subit un apprentissage dans lequel il n'existe pas mais qui est destiné à lui donner une certaine existence ; une existence qui correspond à ce que l'enseignant attend.

Il n'est pas question pour l'enseigné de "se" connaître mais juste de connaître. C'est le combat entre l'avoir et l'être.

"J'ai la bonne réponse mais je ne sais pas, en moi, qui connaît la réponse. Je ne suis pas celui qui connaît mais celui que l'enseignant à former à savoir. "

L'enseignement est une camisole de force dès lors qu'il n'est pas initialement porté par le développement existentiel de l'enseigné. Et il ne faut pas s'étonner que les enseignés finissent par se rebeller contre l'autorité qui enseigne.

Si l'enseignement ne conduit pas l'enseigné à oeuvrer à sa propre connaissance mais uniquement à une connaissance technique, de quelque ordre qu'elle soit, il ne s'agit que de la possibilité donnée aux enseignants de se conforter dans l'accomplissement d'une tâche cognitive et les enseignés qui n'y parviennent pas deviennent des résistants qu'il faut forcer à la soumission. 

Cet enseignement est un acte violent à travers lequel l'absence des enseignés est réclamée. Une absence existentielle.

Chaque individu possède une nature. Dans une classe d'école primaire, ces individus sont des enfants.

Leur fonction est d'être élève.

Si la fonction prend le pas sur la nature et finit par s'imposer comme une identification, l'enseignement agit en sorte que l'élève soit présent et l'enfant absent.

Il est indispensable d'établir une distinction extrêmement claire entre ce que l'enfant fait et qui correspond à une fonction provisoire et sa nature d'enfant.

Si cette nature est bafouée parce que la fonction le condamne à porter une étiquette qui peut se révéler dévastatrice au regard de l'enseignant, l'enfant n'est plus.

Cette violence-là est éminemment destructrice.

L'énorme problème posé par les enseignements programmés, c'est justement qu'ils sont programmés. Impossible d'y échapper. Dès lors, il est absolument vital de les accompagner d'une démarche existentielle, philosophique, un regard intérieur, un ancrage sur le réel et non seulement sur cette réalité rapportée.

Le réel est intérieur,(nature) la réalité est extérieure (fonction).

Si cette réalité s'impose, il est évident que se posera un jour ou l'autre la question de savoir qui est "réellement" là.

L'enfant ou l'élève ? 

S'il ne reste que l'élève et que l'enfant n'a fait que subir et se conforter aux apprentissages, c'est une perdition de soi qui s'est jouée pendant des années.

Que reste-t-il de nos enfants quand ils quittent le système scolaire ? Ont-il perdu en cours de route l'être réel ? S'est -il métamorphosé en diplômé ? Mais qui est diplômé ? Juste un élève ou un individu éveillé à soi ? Qu'a-t-il appris sur lui ? Juste qu'il a été un bon élève ? Et maintenant que se termine cette perdition de soi, comment va se dérouler la suite ? Eh bien, le désastre continuera mais en étant salarié...

Être payé pour se perdre...

Mais se réjouir de pouvoir enfin consommer et d'apaiser les douleurs...Parce qu'elles sont toujours là les douleurs. Fossilisées. Et elles sont rentables, elles participent à la croissance puisqu'il faut bien les taire.

Consommer, consommer, s'agiter, appréhender la réalité proposée en s'illusionnant de certitudes.

Le conditionnement de l'enfance a fini son oeuvre.

Certains pourront consommer au-delà du nécessaire et d'autres consommeront les restes en s'étourdissant au mieux.

L'adulte-citoyen-consommateur est là.

L'école a parfaitement joué son rôle. Un rôle dévastateur.

Et puis parfois, la bombe des émotions ravalées explose. La réalité n'est plus qu'un cauchemar et l'être réel est mort. Il a tout perdu.

La réalité et le réel. Il n'y a plus rien : Crise économique, crise amoureuse, crise familiale, crise professionnelle...

Toutes les étiquettes se déchirent. Il ne reste que la haine, la violence, la folie, le fanatisme, l'errance. Plus aucune estime de soi puisque la réalité est un cauchemar et que l'individu ne se croyait exister qu'à travers cette réalité. Le mal est fait. Il ne reste qu'à le propager. Plus aucune estime pour les autres. Et c'est alors que faire du mal finit par faire du bien. Plus aucune valeur humaine puisque cet être réel est mort depuis longtemps.

 

Je suis effaré parfois d'imaginer que parmi les enfants que je croise, il y aura peut-être un adulte assassin. Car tous les assassins ont été enfants, élèves, étudiants, diplômés, "cancres", salariés ou chômeurs. Cette réalité qui est imposée à chaque individu est un champ de batailles. On y trouve les armes, on apprend même aux enfants à s'en servir. La compétition, la comparaison, le classement, l'honneur ou l'humiliation. 

Imaginons maintenant que l'enseignement en vienne à contribuer à l'éveil des consciences, à la connaissance de soi, à l'exploration philosophique et spirituelle de la vie. Combien d'individus réaliseraient la folie des existences dans les rouages de la machine économique ? Beaucoup trop pour que la machine puisse continuer à fonctionner ? Il y aurait inévitablement des transformations immenses au sein de la société.

Il est aisé de comprendre pour quelles raisons les gouvernements n'ont jamais envisagé l'enseignement de la philosophie avant la classe de terminale et pour quelles raisons ils ont fait de cette "matière" un cauchemar pour les étudiants. Il n'est pas bon pour la machine économique que les esprits sentent le parfum de la liberté individuelle. Il n'est pas bon d'insérer dans les esprits d'autres objectifs que l'échelle sociale. La machine économique a besoin d'ouvriers et de chefs d'entreprise, d'ingénieurs et de manutentionnaires. Pas d'esprits philosophiques, pas de consciences éveillées.

Tout cela doit être préparé dans les écoles. 

Les jeunes esprits sont malléables et l'école doit les modeler avant que l'envie de s'émanciper ne les taraude.

Il me reste deux ans à vivre avec les enfants.

J'aurai fait mon possible pour qu'ils aient le désir d'être eux-mêmes. Que leur nature ne s'efface pas au profit de leur fonction.

 

 

Réunion de parents

Par Le 28/09/2017

J'avais ce soir la réunion de parents d'élèves à l'école.

Trois ans que ça n'était pas arrivé. Je n'avais aucune inquiétude. Je sais ce que je fais avec les enfants et je sais pourquoi.

J'ai donc expliqué le contenu des textes mis en application par l'Etat depuis plusieurs années.

J'ai expliqué le projet de démantèlement de l'école publique, l'inculture volontaire, l'absence de développement personnel, les mensonges sur le "bien être", l'importance du contenu quand le contenant est ignoré, la désacralisation de l'école, la futilité et l'inutilité de la formation professionnelle, l'incompétence des personnels enseignants recrutés dans des filières en crise, la disparition des "vocations", l'absence de réflexions sur le sens de l'enseignement, la difficulté énorme au regard de la notion d'effort chez les enfants, la disparition du désir d'apprendre chez un grand nombre, l'anxiété générée par l'école elle-même, la souffrance des enfants, les conditions pitoyables d'enseignement, les intérêts essentiellement financiers des décideurs, l'importance considérable de la philosophie et les raisons pour lesquelles j'étudie avec les enfants des textes de Socrate ou autres penseurs, le pourquoi de tout ce que je dis, de tout ce que j'explique, en dehors des enseignements cognitifs, la connaissance, l'observation de soi...

J'ai expliqué mon parcours de ces trois dernières sannées, ma révolte, mes convictions, mon dégôut des injonctions ministérielles, mes convocations en hôpital psychiatrique, l'obligation de suivre une thérapie parce que j'étais "malade", ma volonté de ne plus être enseignant et les raisons pour lesquelles j'étais de nouveau dans une classe.

Je n'ai rien à cacher.

 

"Vérifie toujours, à chaque instant, que tes pensées, tes décisions et tes actes sont à l'image de la personne que tu veux être."

Hors de ça, rien n'est possible.

 

 

 

 

OCDE, Cahier 13 : un plan de destruction massive

 

Aucun texte alternatif disponible.

Aucun texte alternatif disponible.

 

 

jeudi 8 janvier 2015

Pourquoi les gouvernements successifs s’acharnent-ils à laminer les services publics ?

Les documents de l’OCDE apportent une réponse assez précise. L’Organisation de Coopération et de Développement Économique (OCDE), regroupe 34 pays et gère un budget de 354 millions d’euros (en 2013). Elle siège à Paris et « sa mission est de promouvoir les politiques qui amélioreront le bien-être économique et social partout dans le monde » [1]. Le Cahier n°13 de l’OCDE, [2] dont il sera question ici, décrit les mesures d’ajustement, qui peuvent se résumer par la « privatisation et libéralisation des marchés » (p.7) [3], ce qui implique licenciements abusifs, exploitation, bas salaires, mutations forcées, baisse de qualité de service, casse des grèves, répression… Depuis 20 ans, nos gouvernants suivent ces conseils à la lettre. Tout ce qui arrive était écrit ici, dans ce rapport.

Tout d’abord, il faut savoir que l’OCDE développe ces stratégies à l’échelle internationale :« L’expérience de nombreux ajustements a montré que le succès politique de l’ajustement repose sur une suite de compromis et sur le pragmatisme. La mise au point d’un programme est déjà la résultante d’une série de compromis entre les gouvernements et les organisations internationales puis, au sein de l’exécutif, entre les différents ministres » (p.36).

Ensuite, à l’échelle nationale, le gouvernement se doit d’être préparé : « Si un gouvernement arrive au pouvoir au moment où les déséquilibres macro-économiques se développent, il bénéficie d’une courte période d’ouverture (quatre à six mois), pendant laquelle l’opinion publique le soutient et il peut rejeter sur ses prédécesseurs l’impopularité de l’ajustement. (…) Cela suppose une bonne stratégie de communication, cette stratégie étant une arme importante dans le combat politique. Il faut dès l’arrivée au pouvoir insister, voire en exagérant, sur la gravité des déséquilibres » (p.24). Autrement dit, il s’agit de créer une forte inquiétude et une grande insécurité. Ce Cahier n°13 se penche donc surtout sur les moyens de faire avaler la pilule au peuple.

Mais au fait, c’est quoi cet « ajustement » ? Dans le vocabulaire de l’OCDE, la stabilisation est une baisse subite des dépenses de l’État, et l’ajustement structurel est une réorganisation de l’économie du pays pour diminuer les dépenses de l’État. Par exemple : « Une politique monétaire restrictive, des coupures brutales de l’investissement public ou une réduction des dépenses de fonctionnement ne font prendre aucun risque à un gouvernement. Cela ne signifie pas que ces mesures n’ont pas des conséquences économiques ou sociales négatives : la chute des investissements publics ralentit la croissance pour les années à venir et met sur-le-champ des milliers d’ouvriers du bâtiment au chômage, sans allocation. Mais nous raisonnons ici en fonction d’un seul critère : minimiser les risques de troubles. » (p.16). Quant aux fonctionnaires : « Les salaires nominaux peuvent être bloqués (...) ; on peut ne pas remplacer une partie des salariés qui partent en retraite ; ou bien l’on peut supprimer des primes dans certaines administrations, en suivant une politique discriminatoire pour éviter un front commun de tous les fonctionnaires. Évidemment, il est déconseillé de supprimer les primes versées aux forces de l’ordre dans une conjoncture politique difficile où l’on peut en avoir besoin. (...) L’essentiel est d’éviter un mouvement de grève générale dans le secteur public qui remettrait en question un objectif essentiel du programme de stabilisation : la réduction du déficit budgétaire » (p.30). Ajustement, stabilisation, dans tous les cas, une privatisation au moins partielle du secteur public est imposée, et ce en évitant les troubles politiques et sociaux que constituent la grève générale, les émeutes ou les blocages économiques.

« Si l’on diminue les dépenses de fonctionnement, il faut veiller à ne pas diminuer la quantité de service, quitte à ce que la qualité baisse. On peut réduire, par exemple, les crédits de fonctionnement aux écoles ou aux universités, mais il serait dangereux de restreindre le nombre d’élèves ou d’étudiants. Les familles réagiront violemment à un refus d’inscription de leurs enfants, mais non à une baisse graduelle de la qualité de l’enseignement et l’école peut progressivement et ponctuellement obtenir une contribution des familles, ou supprimer telle activité. Cela se fait au coup par coup, dans une école mais non dans l’établissement voisin, de telle sorte que l’on évite un mécontentement général de la population » (p.30). Or, sans les moyens matériels et financiers, tout dysfonctionne. On ne le constate que trop bien actuellement dans le secteur de l’éducation notamment.
Mais les stratégies sont variées : « Cette politique peut prendre diverses formes : garantie d’un service minimum, formation d’un personnel qualifié complémentaire, privatisation ou division en plusieurs entreprises concurrentes, lorsque cela est possible » (p.23).

Service minimum, emploi de précaires en force d’appoint, limitation du droit de grève, privatisation, ça ne vous rappelle rien ?

La preuve est donc là, noir sur blanc, et démontre à celles-ceux qui en doutaient encore que nos dirigeants ont un plan progressif, qualifié de « programme de stabilisation politiquement optimal qui, pour un même résultat économique, minimise les coûts politiques » (p.3). La destruction au moins partielle des services publics, entre autres, est bel et bien voulue. Les réformes des gouvernements, de droite comme de gauche, ne tombent pas au hasard. Nous sommes en face de politiciens stratèges et cyniques qui ne sont absolument pas là pour arranger les choses. Leur vision politique est à long terme, et pour s’en convaincre il suffit d’observer, par exemple, la logique des réformes successives depuis 20 ans sur la question des retraites : elle est l’application parfaite des stratégies décrites ici. Toute dynamique positive est étrangère à nos gouvernants, si ce n’est dans l’intérêt des classes dirigeantes. La méthode, diviser pour mieux régner, n’est pas nouvelle, mais a fait ses preuves : « Un gouvernement peut difficilement stabiliser contre la volonté de l’opinion publique dans son ensemble. Il doit se ménager le soutien d’une partie de l’opinion, au besoin en pénalisant davantage certains groupes » (p.17). À cet égard le Cahier n°13 est un exemple de cynisme, de communication et de stratégie pour dirigeant prétendument démocrate. « Si le gouvernement, par crainte de l’opposition, attend la crise financière pour ajuster, il aura beaucoup moins de marge de manœuvre, en cas de crise politique. A la limite, il ne peut plus faire, en principe, de concession dès lors qu’il a pris des engagements envers le FMI pour bénéficier de son concours. D’ailleurs, une telle décision peut rendre service à un gouvernement car celui-ci peut ensuite répondre aux opposants que l’accord réalisé avec le FMI s’impose à lui, qu’il le veuille ou non » (p.22). Et encore : « Enfin, pour éviter les troubles, il est souhaitable que le gouvernement fasse un effort exceptionnel d’information (...) Ces interventions peuvent paraître plus spectaculaires qu’efficaces, mais en l’occurrence, seule importe l’image que donne le gouvernement et non la portée réelle de ses interventions » (p.28). Ce Cahier n°13 est un exemple, non que la politique décrite ici sorte de l’ordinaire, mais bien plutôt par le fait que nous, travailleuses et travailleurs, puissions la constater noir sur blanc sans risquer d’être taxé-es de paranoïa.

Reste cependant un point important, et non des moindres : si celui qui génère le moins de troubles est le programme d’ajustement idéal, tout ce qui s’apparente à l’émeute, à la grève générale, au blocage économique, tout cela fait peur à l’OCDE et aux gouvernements. « La grève des enseignants n’est pas, en tant que telle, une gêne pour le gouvernement mais elle est indirectement dangereuse, comme on l’a noté, puisqu’elle libère la jeunesse pour manifester. Ces grèves peuvent donc devenir des épreuves de force difficiles à gérer » (p.29). On est donc loin d’avoir tout perdu, même si leur programme a déjà, partiellement mais largement, détruit les services publics. Notre capacité de lutte, de résistance, est ce qui les effraie le plus. « Les grèves comportent un inconvénient sérieux, celui de favoriser les manifestations. Par définition les grévistes ont le temps de manifester » (p.26).

Si certain-es ont perdu espoir et croient la lutte inutile, en face, nos dirigeants savent que le pouvoir est entre nos mains et qu’ensemble nous pouvons les renverser pour changer l’ordre des choses. D’ailleurs, « l’organisation d’une répression dure et permanente (...) n’est pas possible pour plusieurs raisons : le coût de l’appareil répressif, la dépendance du gouvernement à l’égard de l’armée et de la police et surtout l’incidence extérieure » (p.12). D’où la nécessité, pour les gouvernants, de développer toutes ces stratégies. D’où la nécessité, pour nous, de nous mobiliser et de lutter pour une autre école, pour une autre société, débarrassée du capitalisme, une société solidaire, égalitaire et démocratique.

 

[1] http://www.oecd.org/fr/apropos/

[2] Cahier daté de 1996 et téléchargeable ici : http://www.oecd.org/fr/dev/1919068.pdf

[3] Toutes les citations en italiques sont issues de : OCDE, Cahier n°13, la faisabilité politique de l’ajustement

Un ancien élève

Par Le 27/09/2017

Arnaud est un ancien élève, un de ceux qui laissent des souvenirs heureux et je me réjouis aujourd'hui de le voir travailler assidûment sa passion de la musique électro. Il participe à un concours et les "like" ont une importance capitale. Donc, à votre bon cœur Messieurs Dames :) Même si ce genre musical n'est pas le vôtre, Arnaud vous en sera très reconnaissant et dans le genre, son morceau est vraiment bon. :)

(suivre le lien en rouge en bas de page)

L’image contient peut-être : 1 personne, texte

 

Mettre en pause

DJ Arnaud Ferreira

 

DJ candidat pour le WARM UP Underground Stage - Scène 2

Lien du mix du candidat : 
https://soundcloud.com/arnaud-ferreira-2/mix-concour-inter-bde-grenoble



Fin du concours : lundi 09/10 à minuit

PLACE AU JEU CONCOURS, A VOS PARTAGES, A VOS VOTES & ECOUTES !

 

  • 31 écoutes31

DJ Arnaud Ferreira

Signaler

Suivez DJ Arnaud Ferreira et d'autres personnes sur SoundCloud.

 

"Yo ! Voici mon mix House pour le concours Inter BDE de Grenoble !"

 

Facebook : www.facebook.com/DJ-Arnaud-Ferrei…924430724240372/

Twitter : twitter.com/MrDjtraks

Booking/Promo/Info/Question : DJArnaudFerreira@hotmail.com

Youtube : www.youtube.com/channel/UCYvgAEqzjkCUBSmNKFMm4Mg

Snap : ferreiraarnaud

CONC0URHouse

Afficher plus

 

Cerveau, émotions, maturité...

Par Le 27/09/2017

Neurosciences Vidéo 

Émotions : le cerveau est immature jusqu’à 25 ans

  Adozen  Aucun commentaire 

Près de 15% de la population admet rencontrer des difficultés à verbaliser et comprendre ses émotions. Les technologies d’imageries permettent aujourd’hui d’observer comment notre cerveau s’active pour ressentir. L’affectif découle d’un dialogue entre les parties profondes et corticales. Or chez les enfants, la partie corticale associée à la raison et la prise de recul n’est pas encore mature. Ils n’ont donc pas atteint leur maturité émotionnelle. Ce qui explique entre autre leur comportement très émotif mais aussi la fragilité des adolescents face aux drogues.

 

Est-il possible d’accélérer la maturation des structures corticales ?

Dès l’enfance, la bienveillance éducative et l’empathie favorisent la maturation du cortex préfrontal. Cette bienveillance s’exprime notamment par un accueil des émotions par les parents et enseignants et une aide à la verbalisation.

La verbalisation est en effet un processus issu du cortex préfrontal.

Catherine Gueguen l’explique brillamment dans cette vidéo : 

À l’âge adulte, il est possible de développer la capacité des structures supérieures du cerveau en pratiquant par exemple la méditation de pleine conscience, en tenant un journal des émotions et en prenant l’habitude de nommer les ressentis : « maintenant je me sens… ».

 

Pour tester : voici des exemples de méditations et de pleine conscience des émotions pour les enfants, les adolescents et les adultes.

Enfants :

Adolescents :

Pour les adultes :

 

Sur la chasse (suite 3)

Par Le 26/09/2017

Chasseurs de tous pays, même constat...Quand on autorise des individus à sortir avec des armes à feu, on ne peut plus aller en montagne chercher des champignons ou se balader, ni même faire du vélo... Dimanche dernier, j'en ai croisé deux qui marchaient, fusils armés en main, sur le bord de la route... Un panneau indiquait quelques mètres avant :"Attention chasse en cours"... Ce qui voudrait signifier que c'est à nous de faire attention. Je sens que je vais finir par me fâcher...

 

Juste un rappel : De 600 à 634 morts (selon les sources) en 20 saisons de chasse en France : 30 à 32 morts par an en moyenne.

 

 

Un chasseur tire sur la championne d'Autriche, qu'il confond avec... un lièvre

SAUVEGARDER

 

Par: rédaction 
16/10/14 - 16h25  Source: APA, L'Arena© Dr..

Christine Koschier, triple championne d'Autriche de cyclisme sur route, a connu une mésaventure pour le moins rarissime. En plein échauffement avant une épreuve de contre-la-montre à Colloreda, en Italie, l'athlète de 40 ans a été la cible d'un chasseur local, qui l'aurait confondue avec... un lièvre (selon ses déclarations faites à la police).

"Dans un premier temps, j'ai cru à une crevaison, mais dans la foulée, j'ai ressenti une douleur vive et j'ai chuté", raconte-t-elle. Touchée à la jambe, au bras et à la hanche, la sportive autrichienne l'a échappé belle. J'ai eu de la chance. Pour le même prix, j'aurais pu être heurtée à la tête ou dans le cou", prolonge-t-elle.

Lorsque le chasseur s'est rendu compte de son erreur, il est directement venu au secours de la victime, allongée sur le sol. 

En 1987, l'Américain Greg Lemond fut également victime d'un terrible accident de chasse, ce qui l'a écarté du cyclisme pour deux ans. Cela ne l'a pas empêché de revenir et de remporter le Tour de France en 1989.

Sur la chasse (suite 2)

Par Le 26/09/2017

A l'allure où les informations arrivent quand on cherche un peu, il est clair que je pourrais écrire un ou même plusieurs articles par jour... Je n'invente rien...Les faits, juste les faits...

https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/temoignage-une-balle-de-chasse-de-calibre-12-traverse-sa-portiere-alors-qu-elle-rentre-en-chartreuse-1506191559

 

Témoignage : une balle de chasse de calibre 12 traverse sa portière alors qu'elle est en voiture en Chartreuse

Par Nathalie Grynszpan, France Bleu Isère, France Bleu Pays de Savoie et France BleuSamedi 23 septembre 2017 à 20:33 Mis à jour le dimanche 24 septembre 2017 à 11:46

Panneau de passage de faune sauvage
Panneau de passage de faune sauvage © Maxppp - -

Stéphanie en est encore choquée. Mercredi à 11h du matin, elle rentrait chez elle avec sa belle-soeur, sur une route menant à Entremont-le-Vieux (Savoie), quand une balle de calibre 12 a traversé la portière et s'est fichée dans le siège à huit cm de la passagère.

C'est une route fréquentée qui relie Chambéry au col du Granier par la D6 et les carrières de Montagnole. Mercredi dernier, Stéphanie l'a empruntée pour rentrer chez elle à Entremont-le-Vieux (Savoie), quand une déflagration se produit. Elle s'arrête à hauteur de la carrière et découvre qu'elle vient de recevoir une balle perdue de calibre 12.

"Ils n'ont parlé que de leur balle et de leur gibier qu'ils avaient loupé".

La balle a traversé la portière de sa voiture et s'est fichée dans le siège passager à huit cm du bassin de sa belle-soeur. Les chasseurs arrivent. Stéphanie raconte : "ils ont été exécrables. Il n'y en a pas un qui nous a demandé si ça allait. Ils n'ont parlé que de leur balle et de leur gibier qu'ils avaient loupé".

Témoignage de Stéphanie, habitante d'Entremont-le-Vieux

Stéphanie a déposé plainte à la gendarmerie de Chambéry pour "mise en danger d'autrui et risque immédiat de mort ou d'infirmité par violation délibérée d'une obligation de sécurité ou de prudence".

Sur la chasse (suite)

Par Le 25/09/2017

Dans la série "je suis un chasseur et je fais ce que je veux", voici un nouvel épisode

 

"Les accidents provoqués par les chasseurs sont nombreux et le désir de randonnées est bien souvent gâché par les risques de rencontrer une balle perdue... Il y a aussi les chasseurs qui ne maîtrisent pas leurs chiens... la plupart n'ayant guère eu le loisirs de s'ébrouer pendant de longs mois avant cette période. Nous sommes tristes et en colère car hier des chiens sont rentrés dans le parc de nos chèvres et brebis aux Granges de Joigny, semant la zizanie blessant une chèvre et en tuant une autre que nous avons retrouvée dans un état pitoyable. Là c'est la goutte qui fait déborder le vase. Souvent pendant cette période, les chasseurs rentrent dans les parcs qu'ils ne referment pas ensuite il nous faut parfois plusieurs jours pour retrouver notre troupeau. Ils roulent dans les prés avec leurs 4x4. Il y a maintenant plusieurs années, c'est un bélier qui a été tué à bout portant par un chasseur d'Entremont le vieux. On nous a souvent dit qu'il fallait être conciliant pour avoir la paix avec les chasseurs. Pour ne pas attirer leur foudre il ne fallait pas faire "trop de vagues". Merde alors! J'aimerais en rencontrer un, le moins bête de préférence afin de lui faire comprendre la situation.

Le loup serait-il moins dangereux pour notre troupeau qu'une bande de chasseurs en manque d'adrénaline ?"

https://www.facebook.com/profile.php?id=100009672450837&fref=mentions

Ferme de l'hébergerie.


 

La chasse chez les Suisses

Par Le 24/09/2017

Plus précisément dans le canton de Genève.

A tous ceux qui pensent encore qu'il faut "réguler" la population des animaux... Il faudrait plutôt réguler la population des chasseurs français...

 

Joyeux anniversaire les Suisses : 40 ans sans chasse, et tout va bien !

13/05/2014

geneve110Le 14 mai 1974, l’interdiction de la chasse dans le canton de Genève était approuvée par 72 % de la population. Malgré les affirmations alarmistes des chasseurs d’alors, tout se passe très bien ! Un exemple salué par l’ASPAS, mais qui contrarie un lobby toujours paniqué par la vie sauvage…

canton-geneve-webAujourd’hui, la faune du canton de Genève est devenue exceptionnellement riche, et les promeneurs apprécient la quiétude des lieux. Depuis l’arrêt de la chasse, les seuls problèmes notables n’ont été que politiques ou psychologiques, mais certainement pas écologiques. Pourtant, en 1974, le petit monde des chasseurs s’était affolé, maudissant les écologistes et prédisant d’épouvantables pullulations. Même phénomène en France en 1972, lorsque la chasse des rapaces a été interdite. Les chasseurs paniqués multipliaient les prévisions alarmistes. Aujourd’hui, on observe couramment des faucons jusqu’au cœur des villes, et aucun excès n’a été signalé…

Dans les 282 kilomètres carrés du canton de Genève, c’est donc la sérénité. Quelques sangliers commettent bien des dégâts à l’agriculture, mais ces problèmes ponctuels sont réglés par des gardes professionnels, ce qui satisfait les habitants. Ces sangliers, d’ailleurs, viennent souvent de France, où ils prolifèrent, car leur chasse y est très rentable. De plus, l’absence de grands carnivores favorise l’expansion de ces proies potentielles. En revanche, la présence de petits carnivores (renards, fouines, hermines, etc.), considérés par les chasseurs français comme des « nuisibles » qu’il faudrait à tout prix « réguler », ne pose ici pas de souci.

Lapin-garenne-F.CahezIl est toujours curieux de constater que des hommes adultes et armés, les chasseurs, sont aussi ceux qui ont le plus peur des animaux. Ce sont encore des chasseurs paniqués par la rencontre qui ont tiré sur nos ours Claude, Melba ou Cannelle, alors que les promeneurs n’ont jamais eu de problème. Responsables de l’appauvrissement de la nature, les chasseurs n’ont donc pas de leçon à donner sur leur prétendument nécessaire « gestion de la faune ». L’ASPAS, qui met en place des Réserves de Vie Sauvage® où la chasse est totalement interdite, tient à les rassurer : ils ne se feront pas attaquer par les lapins…

 

Sur la chasse.

Par Le 24/09/2017

Personnellement, je suis totalement contre cette pratique. 

Elle n'a aucune raison d'être et génère bien plus de dégâts qu'autre chose. 

Et je ne parle pas des victimes humaines qui s'ajoutent chaque année. 

Personnellement, désormais, comme à chaque saison, on marche en montagne avec une cloche accrochée au sac et des habits fluo. 

Ici, j'apprends que les agriculteurs sont indemnisés pour les dégâts des "cochonsgliers" dans les champs. Indemnisations payées par l'argent public et non avec l'argent des permis de chasse.

On sait bien que l'aspect financier et électoral passe avant tout.

En 2015, un jeune de vingt ans a été abattu, à quelques kilomètres de laison. Il faisait juste une balade en forêt avec son amoureuse. 

 

Faits divers

 

 

Un jeune homme a été tué accidentellement par un chasseur samedi matin alors qu'il se promenait sur un sentier de la commune de Revel, près du lac de Freydières, en Isère.

Vers 9h15, ce promeneur, âgé de 20 ans et originaire du Gard, a reçu une balle de chevrotine provenant d'une carabine de chasse dans le thorax ainsi que dans le bras gauche dans le massif de Belledonne, très fréquenté à l'automne par les promeneurs, chasseurs et cueilleurs de champignons. En arrêt respiratoire, il est décédé peu après malgré les tentatives pour le secourir. 

Le chasseur, accompagné de plusieurs autres, aurait tiré en contre-bas d'un chemin forestier, atteignant accidentellement le randonneur qui évoluait avec un ami ou une amie. Il l'aurait pris pour un chevreuil, selon France 3 Alpes. Choqué, le chasseur n'avait pas été entendu en fin de matinée, non plus que l'accompagnateur de la victime, qui a dû être hospitalisé. Le parquet de Grenoble a ouvert une enquête en flagrance pour homicide involontaire.

 

  leparisien.fr


 

Des paysans éreintés par le « sanglochons » ou « cochongliers »…élevés par les chasseurs !

activités, c'est tous les jours, Etat, justice, vie locale, voyous

27 août 2017

Par Médias Citoyens Diois

Cela fait bien 40 ans que les chasseurs élèvent, croisent, lâchent, nourrissent des sangliers.  Cet élevage en plein-air de  « sanglochons » ou « cochongliers » détruit les cultures, vendange les vignes, laboure les jardins.  Les paysans éreintés et exaspérés sont obligés de clore leurs parcelles ou d’abandonner leurs cultures. Une catastrophe, cent fois pire que le loup, mais qui ne fait pas la « Une » des journaux, ni du tapage chez les chasseurs-éleveurs.  Cet élevage permet d’en tuer beaucoup, favorisant une chasse florissante, et désolant un peu plus un monde rural exsangue…P.B.

Les sangliers montrent une préférence pour les champs en agriculture biologique.  Photo Le DL/A.N.
Les sangliers montrent une préférence pour les champs en agriculture biologique.

Baptiste Vialet est agriculteur biologique depuis une dizaine d’années. Quand il arrive à Saint-Julien-en-Beauchêne, le propriétaire du terrain le met en garde contre les cerfs. « La chance qu’on a, c’est qu’il n’y a pas trop de sangliers », avait-il ajouté. Mais la chance a tourné. Baptiste déplore aujourd’hui entre 30 % et 50 % de pertes dues aux sangliers.

Dans ses champs, des céréales ont été couchées par le passage des bêtes. « Ce serait plus cher de moissonner ça que de le laisser perdre », déplore Baptiste, montrant un chemin tracé par les animaux. Guyhem Brizard et son associé sont eux aussi en agriculture biologique. Ils estiment leur perte annuelle à environ 15 % des récoltes. « Les premiers dégâts sont visibles fin mai, explique-t-il. Et ça s’accentue ensuite jusqu’à juillet. »

Amateurs de champs bios

Depuis 2014, la population de sangliers semble s’être renforcée. Selon Max Mercurio, président de la Fédération de chasse des Hautes-Alpes (FDC05), cela s’explique par une forte capacité d’adaptation. « C’est un grand opportuniste », ajoute-t-il. L’animal survit ainsi aux changements de son environnement, allant jusqu’à s’approcher des habitations.

« Les hivers étant moins sévères, le taux de survie des bêtes augmente », ajoute Thierry Chevrier, directeur de la FDC05. Mais le sanglier, et a fortiori le « cochonglier », est surtout une espèce très prolifique. « Les laies peuvent avoir des petits de plus en plus jeunes », note Max Mercurio.

Des solutions insuffisantes

Face aux sangliers, les agriculteurs ont différentes solutions, subventionnées par la Fédération de chasseurs. Mais leurs limites se dessinent. Ainsi, à Saint-Julien-en-Beauchêne, des chasseurs ont accepté de faire des tirs à l’affût. Autorisés depuis le 1er juin, ils sont soumis à une réglementation stricte. « Les tirs font fuir, mais chez le voisin, expose Baptiste Vialet. Ce n’est donc pas une solution durable. »

Dans les Hautes-Alpes, l’agrainage linéaire de dissuasion est une autre solution. Le but ? Fournir de la nourriture loin des cultures. « Nous officions sous autorisation préfectorale sur des tracés localisés », détaille Max Mercurio. Mais là aussi, des doutes subsistent. « Ils ne vont plus dans les champs pour manger mais pour s’amuser », raconte Guyhem Brizard. Pour les restreindre, justement, des clôtures électrifiées peuvent être installées. « Il faut la poser quand on fait le semis », explique le président de la FDC05. Toutefois, il faut pouvoir les entretenir et les veiller. « Ce qui n’est pas gérable, avec plusieurs parcelles dispatchées », témoigne un agriculteur.

Finalement, en cas de dégât, l’agriculteur peut être indemnisé. Une fois la déclaration remplie, un estimateur vient constater les pertes. « L’indemnisation se calcule en fonction de la superficie, du rendement et du coût au kilo de ce qui a été touché », explique Max Mercurio. Mais ce système ne contente pas les agriculteurs bios. En effet, le barème d’indexation des coûts est calculé en fonction des récoltes en agriculture conventionnelle. Qui n’ont donc ni les mêmes rendements ni les mêmes contraintes que leurs équivalents biologiques. Des exploitants bios dénoncent ainsi une méconnaissance de leur travail. Selon Guyhem Brizard, la solution serait une nouvelle table ronde. « Avec tous les acteurs du secteur, pour qu’on réagisse vite. »

Un trafic de sangliers démantelé en Haute-Loire

Au terme d’une longue enquête, le 10 juillet, les gendarmes de Haute-Loire ont mis fin à un trafic de sangliers. Un élevage clandestin qui aurait alimenté des chasseurs. / © P. LACHENAUD / AFP
Au terme d’une longue enquête, le 10 juillet, les gendarmes de Haute-Loire ont mis fin à un trafic de sangliers. Un élevage clandestin qui aurait alimenté des chasseurs.

Depuis plusieurs mois, près de Monistrol-sur-Loire, les agriculteurs constataient une surpopulation anormale de sangliers. Au terme d’une longue enquête, le 10 juillet, les gendarmes de Haute-Loire ont mis fin à un trafic de sangliers. Un élevage clandestin qui aurait alimenté des chasseurs.

C’est grâce à un hélicoptère équipé d’une caméra infrarouge que les gendarmes de la Haute-Loire ont réussi à localiser un élevage illégal de sangliers à Bas-en-Basset, près de Monistrol-sur-Loire. Cela faisait plusieurs mois que la sous-préfecture d’Yssingeaux essayait de comprendre l’origine de cette surpopulation de sangliers dans le secteur.

Une prolifération aux conséquences fâcheuses sur les cultures des agriculteurs. Au point que les tensions entre eux et les chasseurs n’avaient jamais été aussi vives.

Plusieurs services de l’Etat avaient été mobilisés pour tenter d’enrayer cette surpopulation dont l’origine n’avait rien de naturel. Sous autorité du parquet, une opération de contrôle a permis aux gendarmes de mettre au jour un élevage clandestin de sangliers.

Dans un enclos de 60 hectares, 64 sangliers ont été ainsi comptabilisés même « si on pense qu’il y en a probablement au moins 150 » explique Christine Hacques, sous-préfète de Haute-Loire.

Un trafic de sangliers démantelé en Haute-Loire

Les sangliers seront abattus
Du matériel de transport et des cages ont été saisis, ce qui laisse à penser qu’il s’agit là d’un élevage « quasi industriel » précise la représentante de l’Etat. L’enquête et les auditions en cours devraient permettre de savoir si, comme le pensent les enquêteurs, ces sangliers étaient vendus à des chasseurs peu scrupuleux

.

 

Un plan d’abattage de ces sangliers a été décidé. Ce sont les services de l’Etat qui s’en chargeront. Les animaux sauvages dont l’élevage est illégal finiront à l’équarrissage. En attendant, ce sont les instigateurs présumés de ce trafic de sangliers qui auront en charge de garder les animaux.

Paul Breynat

 

Illustration

CHASSE

Illustration PHOTO/AFP JEAN-FRANCOIS MONIER
  •  par Lindep.fr avec AFP
  •  
  • Le 17 septembre à 20h56 | Mis à jour le 18 septembre
  •  
  • 24378
  •  
  • 26

    

Chasse : un ado de 13 ans décédé, un enfant de 11 ans très grièvement blessé

 

MISE A JOUR LUNDI 10h

 

Deux terribles accidents sont survenus ce dimanche au cours ou en marge de parties de chasse. Le premier, en Vendée, a coûté la vie à un adolescent de 13 ans atteint d'une balle en pleine tête alors qu'il accompagnait une battue. Le second, dans le Var, a vu un enfant de 11 ans atteint à l'estomac et au poumon par un projectile tiré par un chasseur. Son pronostic vital est engagé. Son père a également été blessé. 

Un garçon de treize ans est mort d'un coup de fusil en pleine tête, tiré par son grand-père, dimanche matin au cours d'un accident de chasse près de Luçon (Vendée),

En arrêt cardio-respiratoire, l'adolescent a été transporté par hélicoptère au CHU de Nantes, ont indiqué les pompiers et les gendarmes. Il est mort des suites de ses blessures.

La victime accompagnait les chasseurs au moment de l'accident, qui s'est déroulé vers 11H30 sur la commune de Triaize, au premier jour de l'ouverture de la chasse dans le département de la Vendée. Il a été victime d'un tir alors qu'il ramassait un volatile.

Le parquet de La Roche-sur-Yon a ouvert une enquête pour déterminer les circonstances de l'accident, a-t-il indiqué à un correspondant de l'AFP, sans plus de précision.

Par ailleurs, un enfant a été "très grièvement blessé", son père plus légèrement, ce dimanche matin par un projectile alors que des chasseurs faisaient une battue à Collobrières (Var).

Alors que dans un premier temps, le pronostic vital de l'enfant, âgé de 11 ans, "très grièvement blessé à l'estomac et au poumon", était engagé, on apprenait ce lundi que ses jours n'étaient plus en danger.

Le père, 49 ans, blessé aux jambes mais dont le pronostic vital n'est pas engagé, a été transporté dans un hôpital de Toulon.

Selon les premiers éléments de l'enquête, le père et le fils ont reçu "un projectile unique tiré par le chef de traque".

 


FAITS DIVERS – JUSTICE

Savoie : quatre ânes tués par un chasseur à Arith dans les Bauges

Par Nelly Assénat et Anabelle Gallotti, France Bleu Pays de Savoie et France BleuLundi 18 septembre 2017 à 12:50

Sandrine a découvert ses ânes morts dans le champ
Sandrine a découvert ses ânes morts dans le champ © Radio France - Anabelle Gallotti

Quatre ânes ont été tués par un chasseur suisse dimanche à Arith dans les Bauges (Savoie). L'homme leur aurait tiré dessus à la sortie d'un sous-bois. La Fédération de chasse de Savoie condamne ses tirs et refuse de parler "d'accident de chasse".

C'est dimanche dernier, dans l'après-midi, que Sandrine, la propriétaire des ânes a appris la nouvelle par téléphone. Quasiment tout le cheptel de Arpi'ânes cette jeune entreprise de location d'ânes à Arith, dans les Bauges (Savoie) a été décimé par un chasseur.

Deux animaux sont morts sur le coup, les deux autres ont agonisé plusieurs heures et ont dû être euthanasiés.

Les ânes ont reçu plusieurs balles chacun

Le chasseur a tiré sur tous les ânes, probablement alors qu'ils sortaient d'un sous bois. Ils ont reçu plusieurs balles chacun, notamment au niveau des pattes. Fanfan, Ulule, Moustique et Mistral sont morts. Il ne plus reste qu'un cinquième âne, Safran, le survivant. Le tireur est un chasseur suisse, qui avait pris une carte à l'Association de chasse Arith / Lescheraines avec son frère. La propriétaire des ânes ne veut pas polémiquer sur la chasse ou les chasseurs. Elle parle des faits et seulement des faits.

"C'est avec une douleur indescriptible que j'ai la tristesse de vous annoncer l’assassinat de presque l'intégralité de notre troupeau d'ânes : Fanfan, Ulule, Moustique, Mistral ont été massacrés par un chasseur suisse." — Sandrine, la propriétaire des ânes abattus

La propriétaire des ânes parle d'un "assassinat" sur sa page facebook, où elle a posté une vidéo de ses animaux. D'après elle, le chasseur suisse était officiellement venu dans les Bauges pour chasser les biches, chevreuils et autre sangliers. Le frère du chasseur s'est présenté auprès de la propriétaire des animaux, pour s'excuser, mais sans expliquer les raisons du geste du tireur. Les ânes vivaient dans des champs à Arith, loués par leur propriétaire qui n'habite pas sur place.

"Donc dans les Bauges, au 21e siècle, on tire sur des animaux qui sortent du bois sans prendre la peine de vérifier ce qu'on tire et on envoie, on enchaîne les balles, on ne tire pas qu'un seul coup !" — Sandrine, la propriétaire des ânes abattus

Les bêtes ont notamment été visées aux pattes - Radio France
Les bêtes ont notamment été visées aux pattes © Radio France - Anabelle Gallotti

« C'est un âne qui a tiré sur des ânes »

C’est ce qu’affirme un habitant du secteur. Il ne comprend pas ce geste, « comment quelqu’un peut tirer à plusieurs reprises sur des ânes, sans se rendre compte que ce ne sont pas des biches ou des chevreuils ? ».

"on ne peut pas confondre les oreilles d'un âne avec un autre animal"

La Fédération de chasse de Savoie condamne cet acte

« Ce n’est pas un accident de chasse tellement ce geste est hors norme ». Voilà ce qu’affirme le directeur de la Fédération de Chasse de Savoie, Pierre Sicard. « C’est un geste totalement incompréhensible, c’est très grave pour l’image de la chasse en Savoie. Les 8000 chasseurs du département ne peuvent pas être considérés comme ce chasseur suisse ». Le directeur de la Fédération est allé personnellement rencontrer la propriétaire des ânes. Il lui a apporté tout son soutien et assuré qu’il communiquerait avec elle en toute transparence.

 


 

Un chasseur croit tirer sur un loup, mais tue le chien d’un couple de vacanciers
L'homme avait cru voir un loup... 

CC PIXABAY

L’animal portait pourtant un collier orange bien visible selon ses maîtres, qui ont décidé de porter plainte. 

Cette triste scène a eu lieu jeudi à Saint-Auban, dans les Alpes-Maritimes. Un chasseur, qui participait à une battue, a tué le chien d’un couple de randonneursen vacances, rapporte Nice-Matin. L’homme avait cru voir un loup.

 Suivre

Nice-Matin ✔@Nice_Matin

Un chasseur croit tirer sur un loup et tue la chienne d'un couple de randonneurshttp://www.nicematin.com/a/166446 

Informations sur les Publicités Twitter et confidentialité

La chienne, Geisha, un malinois de 6 ans, déambulait devant ses maîtres lorsqu’elle a été atteinte par une balle. L’animal portait pourtant un collier orange et ses maîtres des couleurs vives, indique le journal régional.

Le couple de vacanciers, très affecté par le drame, a décidé de porter plainte contre le chasseur.

 


 

RISTRETTO CAFÉ

Par Le 23/09/2017

C'est plutôt rare ici que je fasse de la promotion pour un article alimentaire mais là, vraiment, c'est inévitable. 

Nous achetons notre café chez Jocelyn (RISTRETTO CAFE) et je dois dire que la différence avec les cafés standards du commerce est indéniable. Un vrai régal.

Même si vous n'êtes pas sur la région, vous pouvez être livrés à domicile. 

Un bel article et le lien direct vers le site.

"Ensemble, luttons contre l'amertume" :)


 

Un torréfacteur de café en Cœur de Savoie !

economiecoeurdesavoie

logo-01Installé à La Chapelle Blanche depuis 2006, LE RISTRETTO torréfie et commercialise une large gamme de cafés, thés, tisanes via différents canaux de distribution :

  • Les marchés en Savoie à Chambéry, La Rochette et Albertville,
  • La vente en ligne avec le site internet ristretto-cafe.com,
  • La vente aux professionnels (commerce, restauration et au sein des entreprises).

Les cafés sont sélectionnés et achetés à un comptoir du Havre avec toujours la recherche d’une gamme de qualité d’origines diverses. Sur les 25 cafés proposés 19 pays sont ainsi représentés des plus communs aux plus rares : l’Ethiopie, la Colombie, le Brésil, le Mexique, la Tanzanie, le Viêtnam, l’Australie, le Congo…

Jocelyn Glorieux gère l’activité à plein temps avec l’appui de son épouse Françoise. «  En 10 ans, le marché a évolué avec la moitié des clients qui demandent maintenant du café en grains, alors que 80% du café était moulu en 2006 ! Nous vendons donc aussi des machines à café de la marque SCOTT (très bon rapport qualité prix) et des modèles premium de la marque suisse JURA.P1020694 Aujourd’hui, nous souhaitons développer notre activité à destination des professionnels de la restauration gastronomique et proposer une offre complète avec une formation clef en main. Nous sommes persuadés qu’il y a de la place pour un torréfacteur artisanal de proximité ! Reste à séduire les chefs, les étoilés comme les autres ! Le café est encore méconnu et il y a beaucoup de préjugés sur le produit ».

La devise du RISTRETTO : « Ensemble luttons contre l’amertume ».

Plus d’information sur LE RISTRETTO

0
  •  

logo-ristretto-artisan-torrefacteur-savoie

Ristretto Café

Ensemble luttons contre l'amertume

Ristretto Café, Artisan torréfacteur en Savoie

« Ristretto » nom commun donné au café de comptoir en Italie, appelé plus couramment espresso en France.
Au Ristretto, le café est torréfié « blond », artisanalement, nous respectons les 20 minutes à 200°C max et le temps de repos avant consommation.

Café

Cafés Origines, Cafés Mélangés, Cafés Organiques, Cafés Déca, Capsul’in

Découvrez nos cafés

Thé

Thés Noirs, Thés Verts, Nature, Aromatisés, Blancs, Bio, Rooibos, Mate

Découvrez nos thés

Tisane

Minceur, Digestion, Relaxation

Decouvrez nos tisanes

Eaux de fruits

Classique ou boisson froide

Découvrez nos Eaux

Accessoire

Pinces, Filtres, Chaussettes

Découvrez nos accessoires

Retrait gratuit

Sur les marchés en Savoie

Frais de port offerts

à partir de 70€ de commande

Paiement sécurisé

Chèque, Paypal ou carte banquaire

Professionnels

Commerçants, restaurateurs, distributeurs…
Vous souhaitez vous différencier avec un café artisanal?

Enrichissez votre culture café !

mai 22, 2017

Passeggiata a Milano!*

mai 22, 2017

Ford transit Custom Ristretto!!!

mai 22, 2017

Qu’est ce qu’un client?

Venez nous rencontrer

Mercredi :
Marché de La Rochette

Jeudi :
Marché d’Albertville

Samedi :
Marché de Chambéry (devant la Phramacie Tercinet

Contactez-nous

Ristretto café

06 86 88 38 95
ristretto2006@gmail.com

Mercredi :
Marché de La Rochette

Jeudi:
Marché d’Albertville

Samedi:
Marché de Chambéry (devant la Phramacie Tercinet)

Les Kogis de Colombie

Par Le 22/09/2017

Je ne sais plus quand, ni dans quelles circonstances, j'ai découvert l'existence de ce peuple mais je leur porte une grande affection. Ils sont ce que l'humanité n'aurait dû jamais cesser d'être.

Dans la série de "Jarwal le lutin", ils sont là.

Dans "Les héros sont tous morts", également.

Dans "Tous, sauf elle", ils apparaissent encore.

Et à chaque fois, que je viens relire des documents sur leur existence ou que je découvre de nouveaux articles, je suis toujours aussi fasciné et ému.

Peut-être qu'un jour, j'irai là-bas.

Il me plaît d'y croire.


http://cocomagnanville.over-blog.com/2017/01/colombie-les-kogis.html

Colombie : Les Kogis

Publié le 17 Janvier 2017

By The original uploader was Thomasdhl at German Wikipedia - Transferred from de.wikipedia to Commons., CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=1648450

By The original uploader was Thomasdhl at German Wikipedia - Transferred from de.wikipedia to Commons., CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=1648450

Sierra Nevada

Ils sont dans la Sierra Nevada.
Ils sont monothéistes, et Dieu est Femme.
D'abord il y avait la mer. Tout était obscur.
Il n'y avait ni soleil ni lune ni gens ni animaux ni
plantes.
Seule la mer était en tous lieux.
La mer était la Mère. (...)

Ernesto Cardenal (Hommage aux indiens d'Amérique)

Par Taggen — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=18954722

Par Taggen — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=18954722

Au nord de la Colombie se situe la Sierra Nevada de Santa Marta qui est la plus haute montagne côtière du monde avec une altitude de 5800 mètres.

Elle borde la mer des caraïbes et se trouve à une quarantaine de kilomètres des terres.

La Sierra Nevada est aussi escarpée que le versant sud de l’Himalaya et les indiens savent habilement utiliser les différences d’altitude pour obtenir des récoltes à différentes époques de l’année.

Le climat est tropical , chaud et humide et de grandes variations climatiques peuvent se produire dans la même journée.

Au sein des 4 tribus qui vivent dans cette partie du monde, vivent les indiens Kogis.

Ils sont au nombre de 9911 personnes

Ils partagent les mêmes coutumes que les autres groupes indigènes qui sont les Arhuacos, les Arsarios et les Kankuamos.

 

Sommets d'Abya Yala - 5774 mètres Pic Simón Bolivar et la Sierra Nevada de Santa Marta - coco Magnanville

Sommets d'Abya Yala - 5774 mètres Pic Simón Bolivar et la Sierra Nevada de Santa Marta - coco Magnanville

Par Jenni Contreras from Colombia - Picos nevados, CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=4074096 C'est le second plus haut sommet de Colombie situé dans la sierra nevada de ...

http://cocomagnanville.over-blog.com/2016/05/sommets-d-abya-yala-5774-metres-pic-simon-bolivar-et-la-sierra-nevada-de-santa-marta.html

Colombie : Les indiens de la Sierra Nevada de Santa Marta (kogis, arhuacos et arsarios) - coco Magnanville

Colombie : Les indiens de la Sierra Nevada de Santa Marta (kogis, arhuacos et arsarios) - coco Magnanville

COLOMBIE : indiens de la Sierra Nevada de Santa Marta image Situation géographique image ....... La montagne Au nord de la Colombie se situe la Sierra Nevada de Santa Marta qui est la plus haute ...

http://cocomagnanville.over-blog.com/article-colombie-les-indiens-de-la-sierra-nevada-117361625.html

Les ancêtres des indiens actuels, les Tayronas étaient des maîtres orfèvres moulant des figurines d’esprits, d’humains et d’animaux à l’aide de l’ancienne technique de la « cire perdue ». L’’or , extrait du sable des rivières, fondu et versé dans le moule prenait la forme de la cire. Les figurines étaient utilisées dans les rituels, placées dans les tombes ou enterrées en paiements à la « terre ». Pour les indiens ( comme pour nous d’ailleurs) l’or est un métal sacré et d’une grande importance rituelle. Les envahisseurs ont vite flairé ce « filon » et pillèrent tout ce qu’ils purent piller, affectant terriblement les indiens, héritiers de toutes ses pièces de leur passé et les affectant d’autant plus que les pilleurs n’avaient aucun respect pour le métal sacré.

Colombie : Les Tayronas - coco Magnanville

Colombie : Les Tayronas - coco Magnanville

Civilisation dite " dorée " qui s'est développée entre 1200 et 1510 de notre ère dans la partie la plus septentrionale de la Colombie, la Sierra Nevada de Santa Marta. Une civilisation qui avai...

http://cocomagnanville.over-blog.com/2016/02/colombie-les-tayronas.html

Quand les indiens Kogis nous parlent de la Terre

Quand les indiens Kogis nous parlent de la Terre

L'INREES a rencontré deux représentants de la communauté des Indiens kogis, peuple autochtone de Colombie, venus en France à l'occasion d'une tournée de conférences intitulée " Regards Crois...

https://www.youtube.com/watch?v=CU8eJMCGWVg

Un Kogi ou Grand frère regarde les touristes, les petits frères - Par Luis Perez — http://www.flickr.com/photos/pe5pe/5344338290/sizes/o/in/photostream/, CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=19697150

 

LA LIGNE NOIRE

 

 

Elle délimite le territoire ancestral et est stipulée dans la résolution numéro 00002 de 1973 et modifiée par la résolution numéro 837 du ministère de l’intérieur. La ligne noire passe par les sites sacrés remis par la Terre mère comme héritage.

La Sierra Nevada est considérée comme la ville spirituelle, les indiens en sont les gardiens ainsi que de celui du monde.

Leur raison d’être est de prendre soin de la vie, les montagnes de la Sierra Nevada sont des Mamos ( chamans), ce sont les géniteurs de toute vie. Les indiens leur adressent leurs offrandes afin que la vie soit préservée.

HERMANOS MAYORES ( les frères aînés) : est le nom qu’ils se donnent.

Les autres peuples ( nous en l’occurrence) sont dénommés «  HERMANOS MENORES, les frères cadets, les petits frères.

 

Ils pensent que leur message doit être diffusé aussi largement que possible, ils savent qu’ils ont beaucoup d’alliés dans le monde et que de plus en plus d’individus défendent comme eux les valeurs humaines au détriment des valeurs économiques.

Par Uhkabu — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=32173257

 

Les Mamos, prêtres, ou savants ou encore chamanes soutiennent le monde, ils conservent les forces en équilibre.

Ils chantent et dansent, célèbrent les cérémonies et font les « paiements » à la terre. Ils guérissent les maladies, gardent les objets sacrés, les bâtons, les masques, les pierres sacrées.

 

Ecoutons-les :

 

« Les blancs nous maltraitent et ne sont d’accord avec nous que lorsqu’ils veulent obtenir de nous quelque chose, comme nos votes pour leurs politiciens qui promettent beaucoup et ne donnent rien.

Ils nous ont enseigné des besoins nouveaux qui nous séparent peu à peu de nos traditions et de nos méthodes anciennes pour produire tout ce dont nous avons besoin.

Ils ont apporté leur propre façon de penser dans notre communauté. Mais leurs idées sont mauvaises et rendent certains d’entre nous honteux d’être indiens, ce qui devrait pourtant être notre plus grande fierté.

 

« Etre indien, c’est comme être à la racine des choses « 

Colombie : Les Kogis

Chez les Kogis Colombie #drawing #dessin #traveldiary #carnetdevoyage #colombia #colombie #stephan - steph.ledoux

Chez les Kogis Colombie #drawing #dessin #traveldiary #carnetdevoyage #colombia #colombie #stephan - steph.ledoux

Chez les Kogis Colombie #drawing #dessin #traveldiary #carnetdevoyage #colombia #colombie #stephanieledoux #kogi

http://www.imgrum.net/media/1254047071621989399_237372416

image

LA COCA

 

C'est une importante plante rituelle cultivée par de nombreux peuples indiens des Andes et de l’Amazonie. Ses feuilles contiennent des alcaloïdes ( au nombre de 14) dont la cocaïne.

Pour extraire l’alcalin actif de la feuille, les indiens de la Sierra réduisent des coquillages marins en fine poudre de chaux qu’ils mettent dans une gourde fermée par un bâtonnet. Chaque homme porte sa gourde ou « poporo » avec son sac de feuilles de coca et lorsqu’ils se rencontrent ils en échangent une poignée.

Ils mâchent une poignée de feuilles qui forme une chique, retirent de leur poporo le bâtonnet enduit de poudre de coquillage et le roulent précautionneusement dans la chique. Une partie de la poudre se mélange avec les feuilles mâchées et la réaction chimique peut commencer en libérant les alcaloïdes.

Avec le temps , l’orifice du poporo se couvre d’une fine couche de calcium durcie par le frottement répété du bâtonnet.

Les Arhuacos pensent que consommer la feuille de coca les rend plus vifs et lucides, plus résistants à la fatigue et à la faim.

Il y a un symbolisme sexuel dans ce rituel utilisé principalement par les hommes : l’usage du bâton ( mâle) et du poporo ( femelle).

La feuille de coca, victime de tabous - coco Magnanville

La feuille de coca, victime de tabous - coco Magnanville

Un peu de botanique La coca, de son nom latin erythroxylum coca lam est une plante de la famille des erythroxylacées. C'est un arbuste de 1.50 m à 4 m qui pousse à l'état sauvage dans la Cordil...

http://cocomagnanville.over-blog.com/article-22897538.html

LES KOGIS

Se prononce kogui.

Autres noms kággaba = les gens de la terre

Coqui- Kogi- Yoghi.

Coté nord de la Sierra Nevada, dans les départements de La Guajira, Cesar et Magdalena.

Langue : kogi de la familles des langues chibchanes.


 

 

image

 

Des jardiniers qui n’ignorent rien de la permaculture

Les Kogis sont des agriculteurs ou plutôt des jardiniers, toutes les formes vivantes qui se déploient dans leur environnement sont travaillées avec une idée d’alliance avec la nature . Les produits de la terre-mère sont un élément essentiel de cette dernière et doivent composer l’univers des Kogis. Chaque élément est essentiel, une composante à ne pas négliger et qui permet d’enrichir naturellement par exemple la terre pour l’enrichir comme avec les coquillages ou qui permet d’obtenir une ombre diffuse avec le placement précis d’un jardin ou la plantation d’un arbre plus haut.

Il y a 2 saisons sèches dans l’année de décembre à mars et de juillet à septembre qui s’alternent avec 2 saisons des pluies comprenant des précipitations assez violentes et importantes.

En décembre et janvier les jardins sont nettoyés.

En février commencent les brûlis de bois auparavant abattus.

Les jardiniers cultivent de nombreuses espèces, ils sont persuadés que consommer des protéines animales est dangereux pour la santé du moins lors des rituels et pour cela leur agriculture comprend une grande variété de cycles végétaux qui sont répartis sur les différents étages de leur territoire.

Cela leur permet d’obtenir de quoi survivre toute l’année.

Certains pensent que la permaculture est une invention de la société occidentale et civilisée mais c’est bien les peuples premiers qui en sont les véritables détenteurs

Chaque famille dispose de lieux de vies sur les différents étages de la sierra . Ils se déplacent avec le peu qu’ils possèdent, leurs enfants et leurs animaux par un réseau de chemins ou bungula sillonnant la sierra et en parallèle des cours d’eau.

L’espace cultivé a été laissé auparavant en jachère, il est retravaillé et planté tout d’abord de tubercules.

Puis sont semées les céréales dont le maïs et des légumineuses.

Les tiges de maïs servent de support aux légumineuses comme c’est le cas dans le système de la milpa des Mayas.

Ils répartissent les plus grandes plantes comme les plants de banane plantain et les arbres fruitiers à des endroits demandant une ombre diffuse tout en protégeant les cultures du vent.

Chacun vient puiser dans ce grand garde-manger à ciel ouvert ce dont il a besoin.

La ressource principale est la banane plantain qui est un fruit salé consommé comme un légume toute l’année.

Ensuite vient la banane, les haricots, la pomme de terre (un produit qui est venu avec la colonisation), la canne à sucre, les oranges, les mangues, le manioc, le maïs ; la batata et le name.

Certains produits sont emportés à d’autres étages, ils sont échangés contre des produits agricoles.

Le stockage est peu répandu car il y a peu de matières à conserver et parce qu’ils pensent qu’il n’est pas nécessaire de produire plus que nécessaire.

 

Aluna

Aluna c'est la pensée ou l'énergie créatrice.

En toute chose est aluna, elle a sa place dans tout ce qui est vie, c'est un principe de vie

L'amour c'est aussi aluna, vivre c'est être en aluna (penser et aimer)

Aluna est le message des Kogis et des peuples de la Sierra Nevada de Santa Marta.

(...) La pensée ils l'appellent aluna
(et c'est aussi esprit, souvenir, âme, vie).
Aluna c'est l'esprit ou l'idée des choses.
Avant la création du monde la Mère Universelle
a existé en aluna
"elle n'était ni quelqu'un ni rien ni quoi
que ce soit
elle était aluna" (...)

Ernesto Cardenal - Hommage aux indiens d'Amérique

colibri coruscans- Par http://www.birdphotos.com — Travail personnel, CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=4242900

 

Les animaux

Pour les Kogis ils sont considérés presque comme des personnes. Le colibri représente le paradoxe entre la beauté et le côté solaire de son plumage et la paresse ou l’instabilité. Cet oiseau est important dans les rituels, les danses, les cérémonies car il symbolise les voyages chamaniques d’un monde à l’autre.

La grenouille, la chauve-souris, le jaguar font également partie du bestiaire des Kogis.

image

La musique

 

La musique tient une place importante dans le travail spirituel.

Les instruments utilisés sont la flûte ou quizi, les tortues ou kuiiguba, le tambour ou kaja.

La flûte est masculine, c’est alors kuizi sigi ou macho ou féminine, elle est alors kuizo bunzi ou embra. Les flûtes doivent parler ensemble, les mélodies des hommes, répétitives et simples se trouvent comme enroulées par les mélodies des femmes qui se développent de façon plus mélodieuse.

Chaque mamu a ses propres danses et chants qui sont utilisés lors ses mariages, des baptêmes et de la mort.

D’autres instruments sont utilisés comme sonnailles ou clochettes ou trompes fixées aux chevilles : maracas, petits tambours, coquillages, calebasses.

La mochila

Le tissage des mochilas ou tutu, ces petits sacs que portent les hommes en bandoulière et qui leur sert bien souvent à transporter des feuilles de coca est effectué par les femmes. Les femmes filent le coton que vont tisser ensuite les hommes sur le métier à tisser. Homme et femme tissent en relation avec la mère. La mochila est aussi la représentation de l’utérus féminin dans lequel nous avons tous grandi. Un homme porte toujours 2 ou 3 mochilas croisées sur sa poitrine, dans l’une il y met ses objets spirituels, dans une autre des objets courants et dans une autre le poporo.

 

Le tissage

 

Le tissage est une activité essentielle.

 

Le tissage est une activité masculine et personnelle. Les hommes ont toujours leur métier à tisser appuyé contre un mur devant chez eux.

La pensée nécessaire à la cosmovision Kogi s’exprime au sein d’un immense métier à tisser vivant et le territoire lui-même est un grand métier à tisser. C’est pourquoi pour les Kogis vivre c’est tisser et tisser c’est penser, se relier a aluna.

Le métier à tisser qui est le territoire exprime le symbolisme porteur des principes éthiques et les mamu au fil de leurs actes de méditation déplacent avec finesse les fils (ou relations) qui se régulent sur le territoire des Kogis.

Le métier à tisser en lui-même est de forme rustique composé d’un cadre carré en bois maintenu par 2 autres morceaux de bois croisés en diagonale tenant l’ensemble, il est appuyé contre le mur de la maison.

 

Dans le livre de Kathy Dauthuille on apprend à tisser les relations complexes de la cosmovision Kogi tout comme le fil navigue d’un motif à l’autre, suivant parfois des zigzags imprévus pour réaliser à la fin une œuvre complète ou chaque élément est à sa place.

Tisserand du soleil de Kathy Dauthuille

 

(..) Se déroule alors tout au long de ce poème aux trente-six mélopées, un collier de perles rares et lumineuses, tissage des quatre éléments qui se multiplient en restant toujours neuf. (…)

Par Thomas Dahlberg, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=18476413

Par Thomas Dahlberg, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=18476413

La  maison ou juzhui

La maison sert surtout à protéger lors des intempéries car la Sierra Nevada est considérée comme une grande maison. Regroupées par 2, une pour les hommes et une pour les femmes. Le toit est en palmes (représentation des arbres de la sierra), la pointe du toit c’est le cœur de la Sierra. La porte et le bois utilisés dans la maison représentent les sommets, les vallées. Chaque maison a un nom et une pensée.
La kankurua est la hutte sacrée, une reproduction de l’univers qui représente la porte d’accès à différentes dimensions (aluna l’énergie, yuluka l’équilibre, seiwa l’alliance, selda le contraire) et aux clés du savoir des Kogis.

Don et contre-don

 

En contrepartie de ce que donne la nature chacun doit réaliser un remerciement ou faire des dons. Ceci est au cœur du système social Kogi

« Tu m’aides et je t’aide sans contrepartie rémunérée » est le système régissant les relations entre frères, beaux frères et voisins. Un très puissant système de valeurs qui existe à travers le don et le contre-don et qui apporte l’harmonie, l’équilibre, la solidarité, l’engagement, la responsabilité, le respect et l’écoute.

image

 

Le poporo

 

Le poporo est une calebasse surmontée d'une boule jaune qui est remise au jeune garçon qui a réussi le rite de passage pour devenir adulte et peut alors se marier.

Il est rempli de chaux extraite de coquillages calcinés et pilés qui, mélangée en bouche avec les feuilles de coco permet de libérer l'alcaloïde de la coca sur les muqueuses.

Il faut un morceau de bois fin de 20 à 30 cm pour sortir la chaux du poporo.

La calebasse et le morceau de bois représentent la dimension féminine et la dimension masculine de l'existence.

image

Les cartes tressées ou tissées

Ce sont des cartes mais pour eux elles représentent également des calendriers, des supports de toute sorte qui nous amènent à avoir une lecture mentale spirituelle et matérielle de leur cosmovision.

Ces cartes physico-symboliques représentent le monde tel qu'ils le voit. Elles sont aussi le coeur du monde, reliées à la pensé fondamentale des Kogis et qui règle chaque chose de leur vie : Vivre c'est tisser la vie.

Cet article de Tchendukua apporte toutes les précisions essentielles sur le mode de vie des Kogis, c'est un documentaire d'une grande richesse.

Sous forme d'abécédaire tout y recensé avec savoir-faire et vous aurez toutes les explications nécessaires à votre intérêt pour ce peuple.

Les données apportées en grande partie dans la réalisation de cet article proviennent de ce document qui m'a servi de source.

Quelques sites et liens que je vous recommande en rapport avec les Kogis :

Association Tchendukua Ici et ailleurs

Créée en 1997 par Eric Julien, sous le parrainage de Pierre Richard, Edgar Morin et Jean-Marie Pelt, l'association Tchendukua réunit celles et ceux qui souhaitent préserver un mode d'existence basé sur le respect de la nature, des autres et la recherche de l'équilibre.

Passons aux choses sérieuses : L'association TCHENDUKUA créée par Eric Julien, spécialiste des indiens kogis propose de racheter des terres pour les indiens :

Acheter une terre

C'est un des objectifs principaux de notre association : restituer leurs territoires aux Indiens Kogis... En s'y mettant à plusieurs, nous pouvons racheter des terres dans la Sierra Nevada de Santa Marta, suffisamment grandes pour accueillir des familles, voire tout un village.

Un « carré vert », c’est un terrain d’environ 600 m2 dans la Sierra Nevada de Santa Marta. Cet espace permettra aux Kogis, repoussés vers le sommet du massif, de retrouver des terres chaudes, et donc de conserver la diversité des cultures qui leur permet de vivre.

Acheter ce petit bout de terre par l’intermédiaire de Tchendukua contribue donc à rendre un territoire à une communauté, et lui permettre de conserver son identité. Pour nous, c’est l’occasion de s’enrichir de nos différences.

Opération « carré vert »

(numérotés de 1 à 1000) seront vendus afin de pouvoir racheter de nouvelles terres pour les Kogis et de planter des arbres pour « une forêt à venir ».

Acheter un carré vert

*****

Tisserand du soleil ouvrage poétique de Kathy Dauthuille

Extrait :

 

"Il tissait le fil, tissait la vie, croisait ses pensées dans le cœur oublié du monde.
C'est dans le silence et avec lenteur, qu'il exprimait ce lien intense aux choses. Et c'est par cette alchimie primordiale que le tissu deviendrait sagesse, mémoire et vérité.
Comme tant d'autres de sa tribu, il filait à son tour le temps, sa destinée. Maintes fois il passa par la porte solaire pour reprendre le fluide, le courant, l'énergie.

 

Randonnée en Chartreuse

Par Le 20/09/2017

L'arche de la tour percée.

On y était déjà allé il y a plusieurs années mais par un autre passage. Cette fois, on voulait faire une boucle en venant par le bas et en sortant sur le plateau, tout en haut.

La mer de nuages a compliqué les choses :) Il n'y a pas de topo détaillé parce que les connaisseurs souhaitent préserver l'aspect "aventureux" de la balade...

Du coup, il faut chercher, essayer de repérer les traces de passages dans les herbes ou les cailloux, de trouver les bonnes vires pour franchir les ressauts rocheux. On a sorti la corde pour un passage en escalade sans trop savoir si c'était le bon itinéraire. On pensait même qu'on ne trouverait pas l'arche, un peu paumés dans la brume et puis tout d'un coup, au sortir d'une barre rocheuse, on est tombé pile dessus :) :) 

Et là, coup de chance numéro 2, après avoir remonté un couloir rocheux, terreux, herbeux, boueux, on est sorti au soleil, au-dessus des nuages ! :) Que du bonheur.

L’image contient peut-être : montagne, ciel, plein air et nature

L’image contient peut-être : plein air et nature

L’image contient peut-être : ciel, plein air et nature

L’image contient peut-être : montagne, ciel, plein air et nature

L’image contient peut-être : une personne ou plus, montagne, ciel, plein air et nature

L’image contient peut-être : arbre, plein air et nature

L’image contient peut-être : montagne, ciel, plein air et nature

L’image contient peut-être : montagne, ciel, nuage, plein air et nature

L’image contient peut-être : ciel, montagne, plein air et nature

L’image contient peut-être : montagne, plein air et nature

L’image contient peut-être : ciel, montagne, plein air et nature

L’image contient peut-être : arbre, ciel, plein air et nature

L’image contient peut-être : plein air

L’image contient peut-être : plein air

L’image contient peut-être : montagne, nuage, arbre, plein air et nature

L’image contient peut-être : ciel et plein air

L’image contient peut-être : une personne ou plus, personnes debout, plein air, nature et eau

L’image contient peut-être : ciel, nuage, arbre, plein air et nature

L’image contient peut-être : une personne ou plus, personnes debout, ciel, montagne, nuage, plein air et nature

Pour l'éducation à la non-violence

Par Le 17/09/2017

L’apprentissage du respect

 

Pour plus de détails sur les compétences psychosociales du Programme Éduquer à la non-violence et à la paix cliquez ici.

 

 


 

Fiche 1. Un contrat de respect mutuel au collège

 

  • Cycles : 
  • Objectifs :
    • Décrire une action coopérative amenant élèves et adultes à s’interroger sur leurs propres comportements en élaborant un Contrat de Respect Mutuel par le dialogue et le consensus et en le faisant vivre pour donner sens au « vivre ensemble » dans un collège. « Le respect n’est pas une discipline qu’on enseigne. C’est une démarche qui se met en œuvre dans l’action et par l’action. ».
  • Mots-clés : respect – projet d’école – contrat de respect mutuel
  • Type de fiche : Outil
  • Source : Document de présentation du contrat de respect mutuel mis en œuvre au Collège le Haut Mesnil à Montrouge (Hauts de Seine). Intervention d’Aline Peignault , alors Principale du collège Le Haut Mesnil à Montrouge, au premier Forum « la non-violence à l’école » le 15 octobre 2004 et dont les actes sont disponibles sur le site de la Coordination : www.education-nvp.org ; article d’Aline Peignault dans le livre collectif École : changer de cap, éd. Chronique Sociale, 2007 ; article de Jamila Krebis, Conseillère Principale d’Education au collège, dans Non-Violence Actualité n°275 de juillet-août 2004.

 

Fiche 2. Réaliser une charte du respect

 

  • Cycles : 
  • Objectifs :
    • Développer chez les élèves les attitudes de respect de l’environnement, des autres et de soi-même.
    • Développer l’esprit de coopération par la réalisation d’une œuvre commune ; Développer l’esprit de coopération par la réalisation d’une œuvre commune.
    • Développer la conscience citoyenne à l’intérieur de l’école ; Développer la conscience citoyenne à l’intérieur de l’école.
  • Mots-clés : respect – coopération – règles – projet d’école – charte du respect
  • Type de fiche : Outil
  • Durée : 50 minutes
  • Nombre de séances : plusieurs
  • Matériel : copie de la charte de Montargis. Elle peut servir d’exemple de ce qu’il est possible de réaliser.
  • Source : Cette fiche a été réalisée par Vincent Roussel, membre de la Coordination française pour la Décennie de la non-violence et de la paix, après enquête auprès des acteurs de l’action. Sous l’impulsion de l’adjoint au maire de Montargis chargé des affaires scolaires, les sept écoles primaires de Montargis ont travaillé sur la notion du respect pendant deux années consécutives. Durant l’année scolaire 1999-2000 les enfants ont travaillé sur le respect de l’environnement, rassemblant les résultats de leur travail sous différentes formes (affiches, cahiers, dessins, petites expositions, etc.) Au cours le l’année, deux réunions de mise en commun ont rassemblé plusieurs délégués de chaque école, des enseignantes et des représentants de la municipalité. Les enfants ont présenté leurs travaux et ont demandé à la municipalité d’installer dans les cours d’école des poubelles « ludiques » (Flipper le dauphin ou Kermit la grenouille) pour qu’ils puissent développer une campagne de propreté de l’école avec le slogan : « Donnez leur à manger ». La deuxième année (2000-2001) le travail s’est poursuivi pour aboutir à la mise au point d’une « Charte des enfants des écoles de Montargis pour un meilleur cadre de vie et de respect des autres ». La mairie a accepté d’imprimer la charte sous forme d’une affiche disponible pour toutes les classes de toutes les écoles. Le maire s’est déplacé dans deux écoles pour rencontrer les enfants, les encourager et leur remettre ces affiches.

 

Fiche 3. Bonjour, merci, s'il-vous-plait, pardon, au revoir

 

  • Cycles : 
  • Objectifs :
    • Développer les habitudes de civilités de base qui s’expriment par les mots : bonjour, merci, s’il vous plait, pardon, au revoir.
  • Mots-clés : respect – éducation civique – français – conte
  • Type de fiche : Activité
  • Durée : 45 minutes
  • Nombre de séances : une ou deux séances : il est possible de choisir d’animer deux séances sur ce thème, autour de chacun des deux contes
  • Source : Vincent Roussel.

 

Fiche 4. Apprendre le respect

 

  • Cycles : 
  • Objectifs :
    • Développer chez les enfants des attitudes de respect de l’environnement, de soi et des autres.
  • Mots-clés : respect – éducation civique – mathématiques – parole libre – cercle de parole – activité manuelle
  • Type de fiche : Activité
  • Durée : 45 minutes
  • Matériel : L’affiche Face à la violence, le respect (éditée par NVA BP 241, 45202 Montargis cedex ou www.nonviolence-actualité.org) ; feuilles de papier de couleur (au moins trois couleurs) et des paires de ciseaux pour fabriquer des polyèdres en origami.
  • Source : Vincent Roussel.

 

Fiche 5. Le respect et le vêtement

 

  • Cycles : 
  • Objectifs :
    • Permettre une réflexion sur le respect et le choix des vêtements.
  • Mots-clés : respect – français – texte libre – parole libre – conte
  • Type de fiche : Activité
  • Durée : de 30 à 45 minutes
  • Source : Marie-Odile Mergnac, Mille Proverbes et Dictons de tous les temps, éd. Archives Culture, 2003 ; 101 histoires de Djeha-Hodja Nasreddin ; et Champions du monde de la politesse, de Stéphane Frattini et Stéphanie Ledu, illustrations par Jacques Azam, éd. Milan jeunesse. Ce livre permet de réfléchir et de choisir un comportement adapté dans les situations courantes, en famille, à l’école, en ville. Les enfants et les adolescents y trouveront toute sorte de conseils pour apprendre à juger des avantages et des inconvénients de leurs choix en matière de vêtements, de manière de parler, d’hygiène et d’attitudes, etc.

 

Fiche 6. Le souffre-douleur

 

  • Cycles : 
  • Objectifs :
    • Faire comprendre aux enfants le phénomène de souffre-douleur pour ne pas banaliser.
    • Comprendre les responsabilités de chacun témoin, auteur et victime ; Comprendre les responsabilités de chacun témoin, auteur et victime.
    • Inciter les enfants à réagir, à ne pas laisser faire ; Inciter les enfants à réagir, à ne pas laisser faire.
    • Aider des enfants potentiellement victimes à sortir de ce statut ; Aider des enfants potentiellement victimes à sortir de ce statut.
  • Mots-clés : responsabiliser – faire réagir – aider
  • Type de fiche : Atelier
  • Durée : de 15 à 45 minutes
  • Nombre de séances : régulier
  • Matériel : Photocopie de la planche pour chaque élève.
  • Source : Fiche présentée par Claire Chéné, directrice de l’association « Graine de citoyen » . Présentation de 3 activités sur ce thème.

 

Fiche 7. Rintintin bouc-émissaire

 

  • Cycles : 
  • Objectifs :
    • Former les élèves à la médiation/gestion de conflits.
    • Comprendre les différentes façons de ressentir chaque action ou parole (vision, imagination, sentiment…).
    • Faire réagir les élèves sur chaque mot qu’ils emploient et qui pourraient blesser l’autre.
    • Prendre conscience à la classe du phénomène du bouc émissaire et ses conséquences.
  • Mots-clés : avoir conscience – ressentir – bouc émissaire – médiation
  • Type de fiche : Activité
  • Durée : 30 minutes
  • Nombre de séances : régulier
  • Matériel : Photocopie de la planche Le bouc émissaire pour chaque élève.
  • Source : La BD Il en faut peu pour être amis a été éditée en 1994 par l’association belge Asbl Humania. Elle a été distribuée gratuitement, avec l’aide d’une fondation, aux enseignants des écoles primaires ayant reçu préalablement une formation à la médiation/gestion des conflits. L’association a été dissoute en 2006. En nous donnant l’autorisation d’utiliser cette page de l’album, Paula Peters qui a assuré la coordination du travail de conception et de réalisation de la bande dessinée, nous précisait : « Chez nous, elle a été appréciée en son temps ». Le déroulé pédagogique de cette fiche est proposé par Génération Médiateurs et par Vincent Roussel de Non-Violence Actualité.

 

Fiche 8. Programme d'Elmer contre l'intimidation à l'école

 

  • Cycles : 
  • Objectifs :
    • Aider à régler le problème de l’intimidation à l’école.
    • Conseiller les enfants à prévenir ou éradiquer ce genre de comportement dans leur vie à l’école et en-dehors de l’école ; Conseiller les enfants à prévenir ou éradiquer ce genre de comportement dans leur vie à l’école et en-dehors de l’école.
  • Mots-clés : intimidation – confiance – aide – prévenir – endroits surs – solidarité
  • Type de fiche : Outil
  • Source : Le Conseil canadien de sécurité dispense un grand nombre de conseils de sécurité à destination des enfants dans tous les domaines de leur vie : la sécurité routière, dans les autobus scolaire, sécurité-incendie, sécurité dans les trains, cyber-sécurité. Il utilise pour cela une mascotte, Elmer l’Éléphant prudent. Celui-ci a pour rôle d’enseigner aux jeunes enfants l’importance de la sécurité. Dès sa première apparition, il y a plus de 50 ans, Elmer est devenu la vedette des enfants. Son image a été modifiée au fil des ans pour qu’il ait toujours une incidence positive sur les enfants. Le personnage et son message restent actuels (et fort utiles). Vous trouverez une mine d’outils pédagogique concernant l’apprentissage de la sécurité sur le site www.pomverte.com/Secuimp.htm. Nous reproduisons ici la fiche n°34, qui concerne les conseils d’Elmer face à l’intimidation à l’école.

 

Fiche 9. Fiche définitions

 

  • Cycles : 
  • Objectifs :
    • Connaître les différents mots ou expressions pouvant être à la base du harcèlement.
    • Appréhender leurs différentes définitions et nuances.
    • Responsabiliser les élèves et enfants face à ce phénomène.
  • Mots-clés : bouc émissaire – souffre-douleur – mouton noir – tête de turc – définitions – nuances – respect
  • Type de fiche : Outil
  • Source : Ces différentes définitions ont été prises dans diverses sources telles que le Petit Larousse illustré 2005, Wikitionnaire ou encore, Wikipédia.

17

 Posted by  on 3 janvier 2013
 

Life in a day

Par Le 17/09/2017

Léo, notre garçon, passionné par le trail m'a envoyé cette vidéo.

Même si je ne comprends pas l'intégralité, je suis subjugué par cette ambiance et l'intensité des témoignages, des images, de la musique.

Cette puissance des corps, cette énergie, cette capacité à aller vers les limites les plus éloignées, cette exploration de l'âme, ce silence intérieur qui s'installe, cette conscience ultime de chaque muscle, de chaque sensation, l'euphorie de la vie dans la brûlure bienheureuse de l'effort long, c'est un "voyage" qui est à mes yeux absolument nécessaire, comme une voie incontournable.

Ce matin, je suis allé courir et les images m'accompagnaient, la musique dans les oreilles. 

Des musiques qui m'emportent, coulent comme de la sève, me nourrissent...

Je sais d'où je viens, je sais que je ne devrais même pas pouvoir marcher normalement, je sais que le couperet n'est pas passé loin alors chaque foulée, je la vis comme un miracle, un cadeau inestimable...

Chaque jour qui se lève et que je découvre en ouvrant les yeux, c'est une naissance, chaque jour est une vie. 

En mode "survie"

Par Le 16/09/2017

Avant de commencer le roman en cours, j'ai lu moult documents, récits, analyses de situations de crises majeures : l'ouragan Katrina à la Nouvelle orléans, le tsunami de l'Asie du sud-est, le tsunami au Japon, le tremblement de terre de Kobé etc etc... Toujours les mêmes défis, les mêmes comportements, entre solidarité commune et violences individuelles, entre humanité et instinct primaire...

 

Une épave de voiture dans une rue de Baie Nettlé, le 10 septembre 2017, après le passage de l\'ouragan Irma sur l\'île de Saint-Martin.

RECIT. "On s’est mis en mode survie" : des sinistrés de l’ouragan Irma racontent la semaine d’après à Saint-Martin

 

Ils se prénomment Emilie, Arnaud, Frantzcia et Benjamin. Dans la nuit du mardi 5 au mercredi 6 septembre, l’ouragan Irma a uni leurs destins, en s’abattant sur la petite île antillaise de Saint-Martin, dévastant tout sur son passage, avec ses trombes d’eau et ses vents à plus de 300 km/h. Habitante, pompier, commerçante, entrepreneur, ils racontent à franceinfo la semaine qui a suivi le cataclysme : le chaos, la survie, l’arrivée des secours et le début du retour à la vie.

Deux hommes fouillent les ruines d\'un restaurant de la Baie-Orientakle, le 10 septembre 2017, après le passage de l\'ouragan Irma sur l\'île de Saint-Martin.
Deux hommes fouillent les ruines d'un restaurant de la Baie-Orientakle, le 10 septembre 2017, après le passage de l'ouragan Irma sur l'île de Saint-Martin. (MARTIN BUREAU / AFP)

"LE PLUS DANGEREUX, CE N’EST PAS L’OURAGAN, C’EST APRÈS"

Depuis la terrasse de son appartement dévasté sur les hauteurs de Grand-Case, Emilie a une vue imprenable sur l’aéroport français. Chaque jour, la même scène se joue désormais sous les yeux de cette trentenaire. Un ballet incessant d’avions et d’hélicoptères, civils et militaires, achemine les secours et l’aide humanitaire dont l’île a tant besoin. Sur la route, des centaines de sinistrés attendent en plein soleil des heures durant qu’un soldat les autorise à embarquer à bord de l’avion qui leur permettra d’échapper à leur enfer. Emilie elle aussi rêve de s’envoler.

La jeune femme de 35 ans, directrice d’un magasin dans un hôtel de luxe, est installée à Saint-Martin depuis six ans avec son fiancé, Geoffrey. "On avait l’expérience des cyclones, on avait déjà vécu Gonzalo [en 2014], se remémore-t-elle. On avait protégé beaucoup de choses, on avait essayé de tout sécuriser, mais ça n’a pas suffi. On ne s’attendait pas à avoir un cyclone d’une telle violence. Ça a été incroyable."

Pendant l’ouragan, Emilie et Geoffrey se réfugient dans leur salle de bain avec leurs chiens et leurs chats et une valise de vêtements. Ils y restent cloîtrés deux heures et demi, en attendant l’accalmie. Une fois Irma passé, le couple émerge de son refuge. "L’appartement a perdu une partie de son toit. A l’intérieur, tout est détruit. On a pratiquement tout perdu. On n’a plus que les habits qu’on a mis dans la valise à se mettre sur le dos."

On s’est mis en mode survie. On a fait les choses les plus élémentaires.

Emilie, habitante de Saint-Martin

"On avait fait des réserves, mais pas assez", raconte-t-elle encore. Eau, vivres, essence… Ils commencent à se rationner et mettent en commun avec leurs voisins le peu qu’il leur reste pour un barbecue improvisé sur des parpaings. "Il y a une énorme entraide. Un des habitants de la résidence est ébéniste. Il a passé deux jours à calfeutrer les fenêtres qui avaient été soufflées avec des planches de bois."

La vie d’Emilie se résume à l’essentiel. "On essaie de récolter l’eau de pluie et de la filtrer pour se laver, faire la vaisselle et la mettre dans les toilettes. On fait surtout très attention à l’hygiène, à nous, à ne pas se blesser. Le plus dangereux, ce n’est pas l’ouragan, c’est après." Pour trouver de quoi manger, Emilie se résout à se servir dans un supermarché. "On a constitué une équipe avec les voisins pour aller visiter un dépôt alimentaire et essayer de trouver de quoi manger. C’était plein de boue, mais on a quand même trouvé des biscuits et du jus. On a vu que l’antenne téléphonique avait tenu. On a trouvé un peu de réseau et on a pu donner des nouvelles à nos proches sur l’île et à la métropole."

Moralement, c’est épuisant. Ce ne sont pas nos propres pertes matérielles qui minent le moral, c’est l’ampleur des dégâts. Il y en a partout. On ne sait plus où regarder. On est témoin de tellement de violence.

Emilie, habitante de Saint-Martin

Dès le lendemain de l’ouragan, Emilie a vu les premiers militaires atterrir. Les premières évacuations aussi. Des femmes, des enfants, des blessés. Des touristes également. Emilie souhaite aussi partir, mais elle n'est pas prioritaire. Au bout d’une semaine, elle croit pouvoir s’échapper par la mer, avec un bateau venu de Guadeloupe, mais la traversée est annulée au dernier moment.

Désespérés, Emilie et Geoffrey tentent leur chance à l’autre aéroport, du côté néerlandais de l’île. Après des heures d’attente sous un soleil de plomb avec des centaines d’autres sinistrés, ils embarquent enfin à bord d’un avion cargo militaire français, avec leurs animaux et leurs maigres bagages. Direction Pointe-à-Pitre, puis la métropole.

"C'est très dur. Tout laisser derrière soi et ne pas savoir de quoi demain sera fait. Mettre six ans de sa vie antillaise dans un sac à dos. Tout perdre du jour au lendemain. On est si peu de choses au final." Emilie a retrouvé ses parents. "Je n'ai toujours pas pris de douche. Je profite de ma famille. Entre profiter ou puer, il faut choisir. Je ne veux pas manquer la moindre minute avec eux." Mais elle l’assure : "Je vais revenir à Saint-Martin."

Des pompiers à bord d\'un bateau faisant la traversée entre Pointe-à-Pitre en Guadeloupe et l\'île de Saint-Martin, le 8 septembre 2017, après le passage de l\'ouragan Irma.
Des pompiers à bord d'un bateau faisant la traversée entre Pointe-à-Pitre en Guadeloupe et l'île de Saint-Martin, le 8 septembre 2017, après le passage de l'ouragan Irma. (MARTIN BUREAU / AFP)

"ON A DU MAL À CROIRE QU’ON EST EN FRANCE"

Au lendemain de l’ouragan, à près de 7 000 km de Saint-Martin, dans une caserne de Saint-Etienne, le sergent-chef Arnaud prépare en urgence son équipe. La cellule de crise de l’ONG Pompiers Humanitaires Français est activée. Il ne lui faut que 24 heures pour arriver en Guadeloupe avec son matériel de sauvetage et de déblaiement, mais un obstacle de taille leur barre la route : l’ouragan José menace à son tour de s’abattre sur l’île dévastée.

Par chance, le cyclone change de cap et évite Saint-Martin. Le pont aérien et maritime peut reprendre. "La traversée en barge depuis Pointe-à-Pitre a duré 20 heures", se souvient le sapeur-pompier, qui a l’habitude de ce genre de terrain. Il était aux Philippines en 2004 après le tsunami, en Haïti en 2010 et au Népal en 2015 après les séismes. Mais aussitôt débarqué, une impression le saisit.

C’est le chaos complet. Le paysage est apocalyptique. Tout est à terre.

Arnaud, sapeur-pompier

Cinq jours après le passage d’Irma, les sauveteurs commencent leur mission. Une intervention dans le quartier Saint-James au Marigot, une autre à la pointe ouest de l’île aux Terres-Basses, une autre au nord-ouest à La Savane. "Quand ils nous voient arriver, les habitants ont le sourire. On donne ce qu’on peut, on n’est pas une grosse structure, mais rien qu’au niveau psychologique, c’est énorme pour ces gens qui ont tout perdu et qui sont complètement abattus", raconte le sapeur-pompier.

Du lever du jour à la tombée de la nuit, les six hommes multiplient les interventions. Ils sécurisent des maisons, déblaient les décombres, recherchent d’éventuelles victimes, réparent les toitures quand elles peuvent l’être, installent des bâches là où les tôles ont été arrachées… Dans l’équipe, chacun a sa spécialité : il y a les infirmiers urgentistes avec leur matériel de premiers secours, les experts des interventions en milieu aquatique et les spécialistes de la grimpe. Le soir venu, le sergent-chef Arnaud et ses hommes sont hébergés par des habitants ou dorment dans une maison abandonnée. Ils sont confrontés à une réalité à laquelle ils n’étaient pas préparés.

Des habitants ont créé des milices privées dans certains quartiers pour se protéger des pillages. Le premier soir, des gens sont venus nous voir pour nous dire de ne pas nous inquiéter. On se dit que ce n’est pas possible. On a du mal à croire qu’on est en France.

Arnaud, sapeur-pompier

"Ce qui m’a le plus étonné, c’est que sept jours après l’ouragan, certains quartiers n’aient toujours pas été visités par les secours. Normalement, quatre jours après une catastrophe, tout le monde a vu les pompiers. C’est incompréhensible", lâche le sergent-chef. Et d'ajouter : "Il y a sûrement eu des soucis d’acheminement, à cause des aéroports endommagés et de l’ouragan José qui a retardé les opérations de secours."

Mais une semaine après le cataclysme, "ça commence à prendre forme", tempère le secouriste. "Beaucoup de moyens ont été mis en place très vite. Et tout le monde met la main à la pâte." La mission durera dix jours en totale autonomie. Et une autre équipe est prête à prendre la relève.

Des habitants du Marigot attablé à la terrasse improvisée d\'un bar, le 14 septembre 2017, après le passage de l\'ouragan Irma sur l\'île de Saint-Martin.
Des habitants du Marigot attablé à la terrasse improvisée d'un bar, le 14 septembre 2017, après le passage de l'ouragan Irma sur l'île de Saint-Martin. (HELENE VALENZUELA / AFP)

"DIEU M’A PROTÉGÉE"

Frantzcia a le sourire et des journées bien remplies. Son restaurant de cuisine française et créole, ouvert il y a quatre mois dans le quartier de Bellevue à Marigot, a été miraculeusement épargné par l’ouragan. "Dieu m’a protégée", croit la jeune femme de 28 ans, débarquée d’Haïti alors qu’elle était encore bébé. Avant l’arrivée de l’ouragan, elle a décidé au dernier moment d’affronter Irma dans son commerce plutôt que sa maison. Bien lui en a pris. Son domicile est désormais inhabitable. "Toutes les baies vitrées sont cassées." Le vent et la pluie se sont engouffrés, saccageant tout. "Dans mon restaurant, je n’ai rien. Pas de casse." Juste une vitre brisée, remplacée par une planche de bois.

A peine le cyclone passé, Frantzcia s’est remise aux fourneaux. Sans électricité. "Heureusement, je cuisine au gaz", précise-t-elle. "J’ai cuit toute la viande que j’avais au freezer pour ne pas qu’elle se gâte et j’ai donné à manger gratuitement aux voisins." La restauratrice a été prévoyante. "Avant l’ouragan, j’avais fait le plein de bouteilles d’eau pour faire des glaçons et garder les aliments au frais le plus longtemps possible. Après, ça nous a fait de l’eau fraîche."

On commence à y voir un peu plus clair. Avec les voisins, on a nettoyé un peu partout dans le quartier. C’est déjà plus propre. Ça va aller.

Frantzcia, restauratrice

Frantzcia et son établissement ont aussi échappé aux pillages. "Tout a été pillé partout autour, on est les seuls à ne pas avoir été touchés. Mais on est là en permanence. On habite juste au-dessus, maintenant. Et dans le quartier on se connaît tous." L’électricité est revenue au bout de six jours de pénurie. Frantzcia a pu remettre en route son réfrigérateur. Le supermarché aussi a rouvert. "J’ai pu aller faire des courses. Il n’y avait pas de surgelés, mais j’ai trouvé de la viande fraîche."

"Il faut que je vous laisse. Je suis en train de préparer le repas de midi", s’excuse-t-elle. Au menu du "gou-T", il y aura de la soupe de cabri, du riz créole, des haricots rouges et du poulet à la crème avec des spaghettis. La nouvelle de la réouverture de son restaurant a circulé et depuis, il ne désemplit pas. Frantzcia est même obligée de prendre des réservations.

Les décombres de maisons détruites à Grand-Case, le 11 septembre 2017, après le passage de l\'ouragan Irma sur l\'île de Saint-Martin.
Les décombres de maisons détruites à Grand-Case, le 11 septembre 2017, après le passage de l'ouragan Irma sur l'île de Saint-Martin. (MARTIN BUREAU / AFP)

"MÈRE NATURE NOUS A MIS UN GROS COUP DANS LA GUEULE, MAIS ON VA SE REDRESSER"

Benjamin est arrivé à Saint-Martin à 18 ans. Il en aura bientôt 50. En trois décennies, il s’est bâti une existence prospère sur l’île, à la tête notamment d’un bistrot gastronomique, d’une cafétéria et d’un magasin de vins et spiritueux. Une vie qu’il espère ne pas perdre.

"Dès que le cyclone a baissé en intensité, j’ai pris ma voiture", raconte-t-il."Au bout de deux heures de route, je suis arrivé devant mon restaurant. Il avait tenu. J’ai passé la nuit dans ma voiture à monter la garde. Je n’ai pas dormi. Je suis rentré chez moi au petit matin pour rassurer ma femme. Quand je suis revenu, les pillards étaient passés." La porte de son entrepôt de vins et de spiritueux, elle, a été forcée à coup de transpalettes. Les voleurs lui ont dérobé des grands crus sous ses yeux.

La violence des hommes a été plus forte que celle de Mère Nature. J’ai vu des horreurs : des gens qui venaient voler avec des coupes-coupes et des clubs de golf. Et ils ont fait ça en famille. Le papa, la maman, les enfants…

Benjamin, entrepreneur

"La zone d’activité, le poumon économique de l’île, a été balayée non pas par l’ouragan mais par les pillards. Ça a été l’enfer", assure Benjamin. "C’était du pillage gratuit. Ils repartaient avec des machines à laver. Ils ne piquaient pas pour bouffer. Ce n’était pas pour la survie. C’était effroyable. C’étaient des bandes organisées, du grand banditisme." "Au niveau sécuritaire, ça commence à s’arranger", concède-t-il. "Beaucoup de moyens ont été déployés – légèrement trop tard, malgré ce que disent les autorités."Benjamin a mis sa cafétéria, où la climatisation marche encore, à disposition des secours. De quoi permettre à 250 hommes de se reposer.

Désormais, Benjamin n’a qu’une idée en tête : relancer au plus vite son activité et faire repartir l’économie de son île. "Je vais faire ce qu’il y a à faire : établir un bilan des stocks et du matériel qui me reste. J’ai déjà contacté mon avocat et mon comptable pour savoir si je peux mettre mes employés au chômage technique. Je ne veux pas avoir à les licencier. Ma structure fait vivre pas loin de 200 personnes. J’ai pratiquement réussi à avoir des nouvelles de tout le monde. J’ai des employés qui ont passé tout le cyclone avec de l’eau jusqu’au cou ou enfermés dans leur salle de bain, en tenant la porte pour qu’elle ne s’ouvre pas." Son maître d’hôtel est parti avec sa famille. "Ils portaient leur dernier tee-shirt sec et ils n’avaient qu’une toute petite valise", relate-t-il.

Mère Nature nous a mis un gros coup dans la gueule, mais on va se redresser, on n’a pas le choix. De toute façon, quitter le navire quand il coule, ce n’est pas dans mon tempérament.

Benjamin, entrepreneur

L’entrepreneur espère surtout que l’Etat tiendra ses promesses faites aux sinistrés et tirera les leçons de cette catastrophe. "On va tout reconstruire, je n’en doute pas. Mais il va falloir travailler avec les autorités locales et nationales pour remettre l’île sur pied. Et surtout, trouver une solution pour que ça ne recommence pas. J’ai vécu le même scénario il y a 22 ans avec l’ouragan Luis. La conclusion a été vite vue : l’entreprise dans laquelle je travaillais avait mis la clé sous la porte. Ça passera sûrement par un plan Orsec de meilleure qualité, par un plus grand respect des normes de construction. Parce qu’on n’est pas à l’abri qu’un cyclone revienne dans un an. Nos élus, nos dirigeants ont du pain sur la planche. On ne reconstruit pas avec de belles paroles. Il faut de gros moyens financiers."

"C’est comme une plaie, il faut qu’elle se referme et qu’elle cicatrise. Ça va prendre un an, un an et demi. C'est bien, je vais être occupé", sourit-il. "On est des fadas, mais il faut être fou pour vouloir continuer après ce qu’on a vécu. Cette île a quelque chose de magique : c’est ce qui nous sauvera."

 

 

 

 

Vertus de la méditation (15)

Par Le 15/09/2017

SAMEDI 23, sur ARTE

Les étonnantes vertus de la méditation

Sciences - Médecine et santé - 51 Min.

   
   
   
 
   
   

COMMENT (RE)VOIR CE PROGRAMME

La méditation est devenue un nouveau champ de recherche pour les scientifiques. Un documentaire éclairant sur ses bienfaits pour notre santé. Il présente également un panorama des nouvelles applications médicales que la pratique de la méditation pourrait ouvrir dans un avenir proche.

Psychiatres, neurologues et biologistes moléculaires s'intéressent de plus en plus aux effets bénéfiques de la méditation sur le fonctionnement de notre cerveau et de notre organisme. Leurs découvertes récentes ont permis de faire entrer des techniques de méditation dans les hôpitaux, aux États-Unis et en Europe, où elles sont utilisées, en accompagnement thérapeutique, pour réduire, notamment, les douleurs chroniques et le stress lié à de nombreuses pathologies.

Des liens complexes

Véritable gymnastique cérébrale, la méditation réduirait les effets toxiques engendrés par les hormones du stress et aurait ainsi une action bénéfique sur les inflammations chroniques, les défenses immunitaires ou la dégradation de nos cellules. Sa pratique aurait également le pouvoir de modifier l'anatomie du cerveau, qui reste plastique tout au long de la vie, et contribuerait à freiner le vieillissement cérébral. Suivant plusieurs expériences en cours, ce passionnant documentaire décrypte les liens physiologiques complexes entre le "cerveau méditant" et l'organisme. Il présente également un panorama des nouvelles applications médicales que la pratique de la méditation pourrait ouvrir dans un avenir proche.

GÉNÉRIQUE
  • Réalisation :Benoît Laborde
  • Pays :France
  • Année :2017
  • Origine :ARTE F

Commentaires (0)

 

BONUS ET EXTRAIT

Des nanotechnologies à la yourte

Par Le 15/09/2017

« Fainéant, cynique, extrême » : il abandonne les nanotechnologies pour vivre dans une yourte

11 septembre 2017 / Lorène Lavocat (Reporterre) 
 

 

«<small class="fine"> </small>Fainéant, cynique, extrême<small class="fine"> </small>» : il abandonne les nanotechnologies pour vivre dans une yourte

Harassé par sa lutte contre l’aveuglement scientifique face aux nanotechnologies, Benjamin Caillard a démissionné de l’enseignement supérieur pour se régénérer au cœur de la forêt landaise. Reporterre l’a rencontré sous sa yourte, d’où il poursuit son engagement. Autrement.

  • Saint-Magne (Gironde)

La petite route mal goudronnée qui mène au bout de l’allée du Roumegous s’achève en cul-de-sac, au milieu de la pinède landaise. Un garçon sort d’une maisonnette en briques roses et me salue ; je cherche un certain Benjamin Caillard, lui dis-je. Il hausse les épaules : aucune idée, plusieurs personnes passent et vivent ici. Je scrute les alentours. Une prairie, quelques voitures vides, et la forêt, touffue.

Je sors le courriel que Benjamin nous a envoyé en mars dernier, et relis ses vers : « L’eau, l’air et la terre en nous ne forment qu’un, nous sommes le grand chêne, nous sommes le saule, le cèdre, nous sommes le hêtre face au néant. » J’y suis donc. Je jette un regard à la signature, intrigante, qui m’a poussée jusqu’au fond des Landes : « Un ancien maître de conférence en micro et nanotechnologies, qui a démissionné l’an dernier. »

L’écolieu Potabilis.

Quelques instants plus tard, un homme d’une quarantaine d’années, cheveux en bataille et short déchiré, s’approche à grandes enjambées. D’un sourire, il se présente — « Benjamin Caillard » —, et m’invite à le suivre sur un chemin de terre. Plus loin dans la forêt, au détour d’un poulailler, une yourte apparaît dans une clairière, entourée de fougères roussies par le soleil. Toilettes sèches, panneaux solaires, poêle à bois. C’est là que Benjamin vit depuis plus d’un an, en autonomie. Il s’excuse du bazar, nous sert une tasse de café noir, se roule une cigarette, puis commence son récit. Les mots fusent, l’histoire s’écoule en gros bouillons, parfois dispersés. Car, derrière son sourire doux, cet ermite des temps modernes cache un tempérament de fonceur et une vie tumultueuse. Une fois la touche Play enclenchée, plus moyen de l’arrêter.

« Que de révolutions à venir pour le progrès de l’humanité ! » 

De son enfance entre Paris et la Nouvelle-Calédonie, il garde le souvenir des baignades dans les rivières océaniennes, des démonstrations politiques de son père, indépendantiste caldoche, mais surtout de sa passion pour les sciences. « J’étais hyper scientiste : j’avais une confiance totale, une croyance, dans des innovations technologiques, qui allaient apporter plus de bien-être à l’humanité. » Ado, il dévore chaque nouveau numéro de Sciences et Avenir, s’intéresse à tout ce qui touche au progrès technique : mécanique, chimie, optique, biologie… C’est ainsi qu’il se retrouve tout naturellement dans une prépa scientifique puis dans une école d’ingénieurs en électronique. Après une thèse sur la fiabilité des systèmes microélectroniques, il s’envole pour le Japon, au sein d’un laboratoire de recherche tokyoïte.

L’airial, typique des habitations des Landes de Gascogne, de l’écolieu Potabilis.

Baigné dans l’océan des nouvelles technologies, il découvre avec un mélange de curiosité et de prudence les nanotechnologies, ces techniques fondées sur la maîtrise de l’infiniment petit. « Du tricotage d’atomes », résume-t-il. « J’étais émerveillé par les possibilités offertes par ces particules : des écrans solaires super efficaces au dioxyde de titane, des molécules de médicament parfaitement dosées transportées dans la cellule exacte grâce à une nano… que de révolutions à venir pour le progrès de l’humanité ! »

Mais, très vite, le doute s’immisce. Depuis tout jeune, Benjamin cultive en effet un esprit rebelle. Il aime poser les questions qui dérangent, ébranler les certitudes. Jeune adulte, il s’initie au cannabis, et « développe une empathie et une connexion profonde avec la nature », assure-t-il. En bon scientifique, il se passionne alors pour le climat et l’étude des écosystèmes. Peu à peu, sa conscience écologiste s’affirme, et son cœur rompu au cartésianisme se gonfle de révolte.

« Je suis devenu radical dans mon mode de vie — que du bio et du vélo, raconte-t-il. Mais je continuais à travailler dans la microélectronique, persuadé que je pourrais faire bouger les choses dans le bon sens. » Entretemps, Benjamin s’est établi en Gironde, où il a décroché un poste de maître de conférence en micro et nanotechnologies au sein de l’université d’excellence de Bordeaux. « J’avais conclu une sorte de contrat moral avec moi-même : faire mon métier de la manière la plus intransigeante et éthique possible. »

« Mais, vous savez, les gens n’ont pas envie de savoir » 

Face à la « fascination béate » de ses collègues envers les « nanos », il creuse les zones d’ombre, épluche les rapports sur les risques sanitaires et environnementaux. Car ces particules de taille atomique — la différence de taille entre une nanoparticule et une orange est la même qu’entre une orange et la Terre — peuvent pénétrer le derme et les cellules, avec des effets toxiques avérés, quoique mal étudiés. Malgré les dangers, près de 2.000 produits contiendraient des nanoparticules : aliments, cosmétiques, emballages en tout genre. Or, nos stations d’épuration et autres centres de gestion des déchets ne savent pas traiter des substances aussi infimes. Toutes ces nanos toxiques se retrouvent donc dans les écosystèmes… et advienne que pourra ! Comme nous vous l’avions raconté dans notre dossier sur ces technologies, Benjamin Caillard acquiert très vite une certitude : « On est en train de nous refaire l’amiante. »

Les oies de Potabilis.

Benjamin se lève, se ressert un café. Autant les anecdotes affluent vite, autant il rythme ses explications scientifiques de silences pensifs. « Une seule nanoparticule peut tuer une cellule, à partir du moment où elle est suffisamment petite pour traverser la peau, insiste-t-il. On appelle cela l’effet de taille. Et n’importe quel procédé industriel, même parfaitement calibré, présente le risque de produire des nanos trop petites. Cela sera peut-être mille particules sur des milliards, mais cela suffit pour être nocif. » Or, moins de 10 % des recherches sur les nanos concernent l’étude des risques.

Il tente alors d’alerter ses collègues. En vain. Lors du débat national sur les nanotechnologies, en 2009, il interpelle plusieurs éminences grises. « À ma question sur le manque de débats concernant l’éthique et l’environnement, on m’a répondu clairement : mais, vous savez, les gens n’ont pas envie de savoir. » Pour lui, c’est le déclic, l’étincelle qui allume la mèche et le mènera, sept ans plus tard, à la démission. « Dès ce moment, je n’ai cessé de pointer les risques et dénoncer l’omerta, et je n’ai cessé de me prendre des murs. »

Dans la yourte de Benjamin Caillard.

« La classe sociale des chercheurs se plaît dans cette activité intellectuelle stimulante, reconnue, bien payée, elle n’a pas du tout envie qu’on remette en cause ses objets de recherche ou ses méthodes, avance-t-il. Nous sommes censés être l’élite, mais être BAC +8 n’amène pas à plus de conscience politique. » Avec d’autres moutons noirs, il monte des projets de recherche sur l’éthique des nanos et sur les low techs : tous sont retoqués. Puis il bataille au côté de syndicalistes pour le remplacement des hottes aspirantes, déclarées défectueuses alors qu’elles permettent — quand elles sont en bon état — de limiter les inhalations de nanoparticules par les chercheurs.

La yourte, un petit cocon d’une vingtaine de mètres carrés 

En parallèle, il monte une conférence gesticulée avec l’aide de la Scop Le Pavé, sur les nanos et la recherche scientifique. À la fin du spectacle, sorti en 2012, il assure : « Je ne vais pas démissionner, car il est important, voire essentiel, de changer le système de l’intérieur. » Mais peu à peu, il s’épuise. Le « taureau », comme certains l’appellent, se met dans le rouge. Jusqu’au point de non-retour : en 2016, il démissionne. « Je reste persuadé que pour changer un système, il faut lutter avec — donc en étant dedans —, sans — en autonomie — et contre — par des actions directes, insiste-t-il. Seulement, je n’avais plus l’énergie de me battre depuis l’intérieur. » Il dit avoir manqué de subtilité et de persévérance. Mais comment faire quand les portes se claquent et que les fenêtres se ferment ?

Dans la yourte de Benjamin Caillard.

Au cœur de la forêt, une bruine fine s’est mise à couler. Benjamin entre dans la yourte, son petit cocon d’une vingtaine de mètres carrés. Deux lits mezzanines — un pour lui, un pour sa fille — entourent une petite table à manger et un poêle, installés sous un puits de lumière. Au milieu, le sol est plus bas d’un mètre, afin d’apporter un peu de fraîcheur les jours de canicule. La douche se trouve à l’orée du bois, entre les chênes. Quant aux toilettes, elles sont installées au milieu des fougères. « Je me sens bien ici, c’est moins confortable qu’un appartement, mais je suis plus en cohérence avec moi-même. »

Il participe aux travaux collectifs de Potabilis, l’association qui gère l’écolieu sur lequel il a posé bagages et yourte. Potager, four à pain, construction en palettes. Ils sont cinq à vivre en permanence sur les 37 ha appartenant à Béa, à l’origine du projet : « Depuis 2009, nous cherchons à faire revivre ce lieu, en accueillant des personnes, de manière temporaire ou plus pérenne,m’explique cette ancienne employée de Total, revenue vivre dans le berceau familial, situé à trois quarts d’heure de Bordeaux. Chacun vit de manière indépendante, mais nous essayons de créer une oasis, dans l’esprit des Colibris. »

« Il faut trouver une navigation entre cœur et cerveau, une harmonie entre intelligence, ressenti, action » 

Benjamin n’a pas pour autant renoncé à toute forme d’interaction avec notre société : il s’est formé à l’accompagnement organisationnel de collectifs. Éducation populaire, pédagogie active, dynamiques de groupe, communication non violente. « Mes années de militantisme et d’enseignement, mon travail de conférencier gesticulant m’ont donné envie de transmettre mon expérience, de poursuivre le combat que je menais, mais sous une forme différente. »

Un tipi de Potabilis.

À l’instar d’Alexandre Grothendieck, ce prestigieux mathématicien devenu ermite, il cherche à recréer du lien entre émotions et raison. « Lui disait que la recherche lui avait volé ses émotions,cite-t-il. Je pense aussi qu’il faut trouver une navigation entre cœur et cerveau, une harmonie entre intelligence, ressenti, action. » C’est ce qu’il appelle l’écologie mentale, essentielle à ses yeux, tout comme l’écologie sociale (la justice et l’harmonie entre êtres humains) et environnementale (la préservation des écosystèmes). « Ici, je vis à mon rythme et à celui de la nature : je me lève au chant des oiseaux, me lave sous le regard des chevreuils, travaille dans l’odeur des pins. Je suis parfois seul, peut-être trop, mais me sentir connecté, à moi, à ce et à ceux qui m’entourent, me rend profondément heureux. »

19 h, le soleil décline à travers les arbres. Nous parlons depuis plus de neuf heures, sans interruption. Avant de reprendre ma route vers la « civilisation », Benjamin me demande : « Comment as-tu compris toute mon histoire ? » Selon moi, son cheminement recoupe celui de celles et ceux qui se heurtent à un système destructeur, s’épuisent en tentant seul de le faire bouger, puis reviennent à l’essentiel, puiser leur renaissance : dans la forêt.


  • Complément d’info : Vendredi 8 septembre 2017, Emmanuel Macron a déclaré qu’il ne « cèderait rien aux fainéants, aux cyniques, aux extrêmes ».

L'école et l'échelle sociale

Par Le 15/09/2017

Du collège aux filières d’excellence, la disparition des enfants d’ouvriers

 Imprimer

cadresouvriersfilieres

Au fil de la scolarité, la part des enfants d’ouvriers se réduit alors que celle des cadres s’accroît. La quasi-totalité des enfants suivent la filière générale du collège, quelle que soit leur origine sociale. On y compte un peu plus d’un quart d’enfants d’ouvriers et un peu moins de 20 % d’enfants de cadres supérieurs (données 2016 du ministère de l’Éducation nationale). Ceux, déjà en difficulté qui ne suivent pas la filière générale (moins de 3 % du total), sont orientés en Section générale d’enseignement adapté (Segpa) : parmi eux, on trouve plus de 40 % d’enfants d’ouvriers et 2 % d’enfants de cadres. Les inégalités sociales se forment pour partie dans l’enseignement primaire.

Les enfants d’ouvriers sont sur-représentés dans les filières professionnelles et techniques. Ils regroupent 38 % des élèves de CAP, 36 % des bacs pros. En première et terminale technologique, leur part est équivalente à celle de la population des parents en sixième 26 %. Plus on s’élève dans le cursus, moins ils sont présents : ils ne forment que 16 % des filières générales des lycées, 12 % des étudiants à l’université, 7 % en classes préparatoires et moins de 3 % des élèves des écoles normales supérieures. Inversement, la part des enfants de cadres augmente : 29 % en filière générale du lycée, le double dans les écoles normales supérieures.

Ces données illustrent la force des inégalités sociales à l’école. Pour les analyser correctement, il faut se garder de toute caricature. Le fait que les écarts entre milieux sociaux s’accroissent au fil des scolarités ne signifie pas que l’école augmente les inégalités. Le fait, par exemple, de retrouver quasiment autant d’enfants d’ouvriers en BTS qu’au collège montre bien comment l’école tire vers la haut les élèves et assure aussi la promotion sociale des catégories populaires. Sans le service public d’éducation, les écarts auraient une toute autre ampleur. En revanche, l’ampleur des écarts montre que notre système est loin de faire ce qu’il devrait pour assurer l’égalité des chances scolaires. L’introduction précoce de la lecture et d’autres apprentissages académiques à un âge où les inégalités entre enfants sont fortes se répercute tout au long de la scolarité. Dans l’ensemble de la scolarité, l’école n’explicite pas ses attentes mais favorise les « initiés » qui disposent des clés de réussite fournies non par l’école mais par leur milieu social (méthodes de travail, vocabulaire, orientation, etc.).




 

Ecole des compétences ... économiques

Par Le 15/09/2017

Ecole des compétences ? Non ! Fabrication du cortex

  • Par  Antoine Desjardins 
  •  
  • Publié 
 

FIGAROVOX/TRIBUNE - L'école, le collège et le lycée doivent-ils former des salariés employables et préparer la croissance économique de demain ? Pour Antoine Desjardins, l'instruction sert à développer, avec la culture, les cerveaux d'homo sapiens sapiens.

 


Antoine Desjardins est professeur de Lettres, coauteur du livre Sauver les lettres: des professeurs accusent (éd. Textuel). Membre du Comité Orwell, présidé par Natacha Polony, et cofondateur du collectif Condorcet, il milite pour l'abrogation de la réforme du collège et soutient l'appel pour le rétablissement des horaires de français.


«Apprendre comment on construit un pont au lieu d'apprendre à construire une phrase.» Avec de tels slogans on enfièvre un public, et on bouleverse les programmes. On s'aperçoit ensuite que les constructeurs de phrases sont les meilleurs constructeurs de ponts: les élèves de Polytechnique ont presque tous fait du latin. Les plus aptes à penser un pont savaient d'abord penser une phrase. En plus et non pas à la place. Le temps qu'ils y ont «perdu» était du temps gagné. On voit par là que la culture de l'esprit est favorable à l'intelligence.»
Alexandre Vialatte, La Porte de Bath-Rabbin, 1986.

«Maître cerveau sur un homme perché tenait dans ses plis son mystère.» 
Paul Valéry

Comme on demandait lors d'une interview au très grand historien de l'Antiquité (et ancien résistant..) Jean-Pierre Vernant à quoi pouvait bien servir d'enseigner les mythes et la langue grecque, il répondit laconiquement: «à fabriquer de la culture, du cerveau».

Sans doute n'avait-il pas eu vent (mauvais) de la stratégie dite de Lisbonne ni des conseils pressants et anciens de l'OCDE, bref de la politique éducative européenne

«L'esprit d'entreprise» dans le sillage des recommandations de l'OCDE est devenu la clé de voûte de toute pédagogie. On est très loin de la culture et du cerveau.

La «réactivité» des établissements scolaires aux demandes de «l'environnement» (entreprises, collectivités locales, familles) via la décentralisation et la réorganisation managériale dont ils sont l'objet, voilà l'objectif! Le partenariat avec les entreprises pour la définition des contenus et des pédagogies est présenté aujourd'hui comme incontournable...

Pauvre Vernant!

Loin d'être innocente, une novlangue s'est abattue sur le monde de l'éducation.

Loin d'être innocente, une novlangue s'est abattue sur le monde de l'éducation qui détermine et commande, parfois à notre insu, la seule bonne façon de concevoir désormais l'école, cependant qu'ont été balayés les mots anciens constituant un crime contre la pensée: «culture», «instruction», sont des mots tabous et relèvent d'une nostalgie misérable. Quant à l'«encyclopédisme», honni, il faisait peser une bien grande menace, on en conviendra, sur nos élèves: il fut pris en chasse naguère. (commission Périssol, 2005)

Nous voilà désormais dans un nouveau paysage de mots, un peu sinistré à vrai dire, qui commandent nos représentations, déterminent notre monde et nous enjoignent de marcher dans leurs traces. Ses promoteurs ne veulent plus que vous parliez de l'École autrement que par eux.

Capital humain? Stock de compétences? Employabilité? Économie de la connaissance? Pilotage de la performance? Qu'est-ce à dire?

Quand je fais étudier un poème de Sappho, de Louise Labé ou de Ronsard, je tiens pourtant à signaler aux économistes éminents de l'OCDE et de l'ERT (Table ronde des industriels européens) que je ne raisonne pas en termes de capital humain, d'économie de la connaissance, de gain de productivité, de compétences, ou que sais-je. Ni même d'augmentation du niveau de vie des populations. Encore moins d'employabilité.

Faut-il qu'absolument je dise ce que je fabrique, ou gît la valeur ajoutée de mon enseignement? Quel est mon objectif? Qu'on se rassure, pour les moins idéalistes d'entre vous, il n'est pas aussi immatériel qu'on pourrait le croire: je fabrique du cerveau que je noue avec de la culture. Celui-là se complexifie, se ramifie, se développe, par l'effet de celle-ci.

Je donne au cerveau d'Homo sapiens sapiens les aliments et les excitants qui lui font augmenter sa capacité à comprendre qui il est et d'où il vient.

A l'intersection de la biologie et de la culture, je fais croître des circonvolutions. Plasticité cérébrale, croissance des connexions synaptiques, arborisation dendritique... Le grand arbre du génie humain lance ses branches vers le ciel de l'esprit et plonge ses racines dans les profondeurs de cet organe qui nous fait unique dans le règne animal. Ce noeud du monde dont parlait Shopenhaueur, cette machine cognitive à cent milliards de neurones.

Je donne au cerveau d'Homo sapiens sapiens les aliments et les excitants qui lui font augmenter sa capacité à comprendre qui il est et d'où il vient: mémoire, logique, imagination, rêves, mythes. Par la computation et la cogitation, à un âge où la machine physico-chimique est éminemment malléable, je lui donne le moyen de travailler sur soi. Comme dit Edgar Morin, l'homme est intelligent mais son cerveau défie son intelligence. Le labyrinthe du Minotaure n'est rien, rapporté à celui, mouvant et arborescent, des synapses.

Messieurs les économistes, je fabrique du néocortex de Sapiens. Le Sapiens de l'art pariétal de Lascaux qui mettait sa main sur les parois de sa grotte et dessinait des bisons.

Je ne travaillerai jamais, Messieurs les industriels européens, à vous fabriquer des «employés» et Sapiens continuera sa route et son aventure, dans la consommation des siècles, bien après que l'ERT, L'OCDE, et autres organismes économiques philanthropiques auront disparu totalement.

M'objectera t-on, comme toujours, qu'il ne faut pas opposer l'École au monde de l'entreprise?

Je ne travaillerai jamais, Messieurs les industriels européens, à vous fabriquer des «employés» et Sapiens continuera sa route et son aventure.

Mais je n'oppose ce projet de rendre intelligent et cultivé à celui de fabriquer de l'employabilité (mot affreux) que pour faire ressortir l'obscénité de ceux qui veulent inverser l'ordre vital des priorités!

L'école et singulièrement le collège (une réforme en cours affecte, dans tous les sens du terme, ce niveau d'enseignement) ne doit pas d'abord songer à lutter contre le chômage, fabriquer des employés et satisfaire aux demandes de l'économie. Je soutiens que conformément à l'idée originelle elle doit premièrement instruire, ouvrir le compas des esprits pour qu'il puisse embrasser davantage, exercer les intelligences, sans le souci, parfois sordide, d'une application ou d'une utilisation immédiate, sans l'obsession de l'objectif ou de la compétence.

On fabrique, oui, du cerveau humain et l'on n'est pas ici sur une chaîne de production de boites de petits pois.

Les mathématiques, serviront l'ingénieur? tant mieux! La physique aussi? C'est bien. Pour autant la plupart des équations ne serviront pas vraiment, elles n'auront eu le mérite, pour la plupart d'entre nous, que de nous avoir appris à nous servir de notre intelligence. Elles nous auront ouvert la porte sur l'imaginaire des mathématiques et pas seulement sa rigueur. On ne se sera donc pas contenté d'apprendre à calculer pour rendre la monnaie ou devenir comptable.

S'agissant de la langue française, de la littérature, du latin, on se doute bien que l'argument utilitariste mis en avant aurait tôt fait de rendre caducs ces enseignements. Même chose pour la musique, l'histoire, sans parler de tous les arts.

Je n'ai rien contre les entreprises mais je ne voudrais pas que l'école prenne sa feuille de route chez eux.

Mais enfin à quoi tout cela sert-il? Est-ce bon ou pas pour faire baisser le chômage en Europe?

Je crains que l'enseignement du grec ou du latin, de l'histoire, ne trouvent pas grâce, in fine, aux yeux des industriels de l'ERT. On nous dit bien que l'entreprise aime les littéraires: je doute que cela soit suffisant... Exeunt Sappho, Ronsard, Baudelaire et tous les autres.

Les compétences comprendre un poème de Baudelaire ou découvrir la condition des paysans normands au XIX ème siècle grâce à Maupassant ou analyser une phrase complexe de Proust, syntaxe et sémantique, je doute fort qu'elles soient de quelque utilité évidente pour nos entreprises «qui créent de la croissance».

Je n'ai rien contre les entreprises mais je ne voudrais pas que l'école prenne sa feuille de route chez eux. Pourtant leur lobbying est redoutable. Il ne faut pas perdre de vue que la réforme du college 2016 avant d'être celle de Madame le Ministre, de Florence Robine, Terra nova, et les autres est voulue et indirectement fomentée par un consortium qui rassemble, depuis plus de trente ans, près de cinquante des plus grandes entreprises européennes. Les belles brochures de l'OCDE sur l'économie de la connaissance sont imprégnées des magnifiques idées désintéressées de l'ERT. On se doute que nos syndicats, nos associations, nos ministres, notre État, même, sont de peu de poids face à une association qui regroupe... cinquante des plus grandes entreprises.

C'est cela surtout l'Europe aujourd'hui.

Il est pour moi essentiel, de faire lire Maupassant, de faire étudier des poèmes, de faire apprendre l'histoire, de faire résoudre des intégrales doubles ou triples quand bien même il s'avérerait que cela n'est pas immédiatement utile ...à la croissance. Que cela ne va pas aider à résorber le chômage.

S'il me semble que les gens intelligents et cultivés, ouverts d'esprit, ont finalement plus de chance de trouver un emploi et de rapidement s'adapter (l'intelligence étant la faculté d'adaptation) que quelqu'un à qui on aurait strictement fourni les compétences étroites nécessaires à cet emploi, je ne veux pas me retrouver dans la position où l'on me dirait que ce n'est plus le cas et que voilà une bonne raison, donc, de supprimer, définitivement cette fois, le latin.

Il est pour moi essentiel, de faire lire Maupassant, de faire étudier des poèmes, de faire apprendre l'histoire quand bien même il s'avérerait que cela n'est pas immédiatement utile à la croissance.

A vrai dire je pense que nos entreprises se fichent un peu, en vrac, de Ronsard, Sappho, Rimbaud, Maupassant. Je crois qu'elles se moquent aussi qu'on ait eu vent de la Révolution, de la Commune de Paris, de la grande guerre de 14-18. Il pourrait se trouver qu'on préférât qu'un employé ignore tout cela: du point de vue de l'entreprise, je le comprends. Cela ne peut mettre que de la confusion dans la tête d'un manutentionnaire et brouiller l'esprit opérationnel des ingénieurs...

En réalité nous sommes véritablement à la croisée des chemins. L'école de l'employabilité et des compétences *(cf. Nico Hirtt) n'a que peu de rapport avec l'école de l'instruction, celle dont je dis qu'elle fabrique du cerveau humain.

Opposer l'école de l'instruction à celle de l'employabilité ne relève pas d'une simplification idiote, d'une opposition caricaturale mais d'un enjeu de civilisation: cette opposition il faut la faire voir, la faire jouer conceptuellement, car l'offensive menée contre la culture, la transmission au nom de l'utilitarisme et du principe de réalité économique n'a jamais été aussi forte et frontale.

Nous sommes à la croisée des chemins.

Un collègue a pu écrire justement que «le crétin formaté par les contempteurs de l'orthographe n'aura plus même les moyens d'écrire aux prud'hommes pour protester contre son licenciement.» Nous y arrivons.

L'École est en train, sous nos yeux, de changer de paradigme (comme disent les cuistres mais c'est bien de cela qu'il s'agit). Après avoir massifié, ce qui à beaucoup d'égards était louable, on veut à présent faire cesser l'exigence intellectuelle. Non seulement il faudrait adapter l'École à des élèves considérés comme insuffisamment dotés en ressources culturelles ou intellectuelles car issus d'un milieu populaire (mépris total des pédagogistes pour ces élèves) mais il faudrait surtout faire en sorte de satisfaire le marché de l'emploi et les demandes de l'économie: avec beaucoup d'autres, je m'oppose à cette vision étriquée et anti-humaniste."

Education et intelligence émotionnelle

Par Le 14/09/2017

Plaidoyer pour une éducation basée sur l’intelligence émotionnelle

Auteur

 

DevonshireMedia/Flickr, CC BY-NC-ND

Un enfant anxieux et constamment embourbé dans ses propres peurs, peut complètement passer à côté de sa scolarité, échouant aux examens et, plus tard, dans sa vie professionnelle et personnelle. Mais heureusement pour lui, nous avons découvert un antidote à ce mal qui ronge petit à petit sa tête et son corps.

L’intelligence émotionnelle, une capacité mentale abrégé en QE (la première pour quotient, la deuxième pour émotionnel), permet de réguler efficacement nos émotions pour mieux appréhender certaines situations stressantes, voire paralysantes.

De nombreux résultats de recherche académiques montrent en effet qu’il est primordial, pour l’équilibre émotionnel des enfants et leur rapport a leurs peurs, de développer leur QE chez eux à la maison (principalement à travers la relation que leurs parents entretiennent avec eux), mais aussi à l’école, l’endroit où ils passent la plus grande partie de leur temps et où ils expérimentent l’essence même des relations sociales et des émotions qui vont avec.

À mon sens, c’est là où la malléabilité cérébrale de l’enfant est à son apogée (de la maternelle au lycée), que nous devons agir et réfléchir à la mise ne place de programmes de développement des compétences émotionnelles.

Chez 22 000 lycées américains, 75 % ont des ressentis négatifs

Ces programmes doivent permettre à l’individu en construction de lutter efficacement contre ses peurs et ses angoisses infondées. C’est sur ce socle psychiquement solide que prendra appui l’enfant pour se dresser, grandir et se transformer en adulte « bien dans ses pompes ».

Comme souvent, les États-Unis montrent la voie. Ainsi y a-t-il eu l’« appel » du 24 octobre 2015 dans le Connecticut. Un événement réunissant jeunes élèves, parents, professeurs, éducateurs, chefs d’établissements publics et privés, et chercheurs sur le QE s’est tenu ce jour-là dans un auditorium de la prestigieuse université de Yale.

Ce sommet avait pour nom « Emotion Revolution » et avait pour objectif de réveiller les consciences sur le rôle primordial que jouent les émotions dans l’éducation de nos enfants.

Une élève de la East Hartford High School, relatant son expérience du programme Emotion Revolution. CT Senate Democrats/Flickr, CC BY-NC-ND

Une étude menée sur 22 000 lycéens américains fut notamment présentée. Interrogés sur la manière dont ils se sentent à l’école, 75 % d’entre eux répondent qu’ils ont des ressentis négatifs. Les trois premiers mots qui leur viennent en tête sont : fatigue (39 %), stress (29 %) et ennui (26 %).

Ceux qui ont affaire à des enseignants peu émotionnels, peu aidants et plutôt cassants ressentent de la peur, du désespoir et de la solitude, ce qui peut impacter négativement leur parcours scolaire, leur santé et, à terme, leur entrée dans la vie active.

Quand on leur demande comment ils voudraient idéalement se sentir au lycée, sortent de leurs bouches les mots : joie, excitation et l’idée d’être « réénergisés » par leurs professeurs, comme des batteries à plat qu’on rebranche au secteur.

Ceux qui se trouvent face à des profs engagés, émotionnellement positifs, délivrant des cours jugés utiles et pertinents, expérimentent en effet beaucoup plus d’émotions positives que la moyenne (intérêt, respect, joie) ; ce qui améliore grandement leur apprentissage et les maintient dans une bonne condition mentale et physique.

Pour une refondation éducative

Au moment de baisser le rideau, les organisateurs de cette journée ont donc appelé les chefs d’établissement à une refondation éducative, en les invitant à mettre en place des programmes pédagogiques innovants pour mener à bien cette « révolution émotion » dans la tête et le corps des enfants et adolescents.

Le programme d’apprentissage SEL (Social and Emotional Learning) a été cité à de nombreuses reprises. Il vise à éduquer émotionnellement les enfants de la pré-maternelle au lycée et est en plein développement dans les écoles américaines. Plus de la moitié d’entre elles l’ont déjà adopté.

L’apprentissage de l’intelligence émotionnelle bénéficierait à tous, élèves comme professeurs.NWABR/Flickr, CC BY

Il serait souhaitable que ce type de programme puisse pénétrer les murs opaques et rationnels de la sacro-sainte Éducation nationale française, qui concentre surtout son enseignement sur le développement intellectuel de l’enfant (connaissances). Le développement physique et artistique n’étant que peu développé, et le développement social et émotionnel encore moins.

Pourtant, mettre en place un apprentissage autour du QE ferait le plus grand bien à tous, enseignants comme élèves. En maternelle, il est certes important que votre enfant connaisse quelques lettres et chiffres, qu’il soit propre et poli, qu’il sache s’habiller seul, mais aussi qu’il maîtrise des habiletés sociales et émotionnelles.

Apparu à la fin des années 1990, le SEL plonge les jeunes dans un environnement d’apprentissage qui favorise l’interaction sociale. L’objectif étant de les encourager à créer et à tisser des liens avec autrui, à être collaboratifs, à exprimer leurs émotions, à communiquer efficacement leurs besoins et leurs intentions tout en étant attentifs aux besoins d’autrui, à chercher le consensus, à gérer le conflit et à affronter leurs peurs. Rien de tel pour parfaire sa connaissance de soi et des autres !

Des enfants qui vont mieux et ont de meilleurs résultats

Pour ce faire, plusieurs méthodes sont mises en place, comme des jeux de rôle, des activités artistiques, des stimulations sensorielles, ou encore des jeux dramatiques. Avec, en filigrane, l’utilisation récurrente d’outils numériques et des nouvelles technologies.

Des chercheurs se sont intéressés aux bienfaits concrets de ce programme. Ils ont compilépas moins de 213 études scientifiques sur le sujet (75 % d’entre elles ont été publiées au cours des vingt dernières années), impliquant 270 034 enfants (57 % d’enfants en maternelle et primaire, 31 % de collégiens, et 13 % de lycéens).

Leur conclusion est sans appel : les enfants ayant suivi un programme SEL ont développé significativement leurs compétences émotionnelles. Il apparaît notamment qu’ils sont capables, bien plus que ceux ayant suivi un cursus scolaire standard, de réguler leurs émotions, de savoir attendre leur tour, de gérer leur anxiété, leur stress, et de résoudre les conflits en négociant plus subtilement et habilement.

Des élèves qui vivent mieux… heureux, tout simplement. OakleyOriginals/Flickr, CC BY

Ils sont plus empathiques, détectent plus facilement les émotions chez eux et chez autrui, sont de manière générale plus positifs et plus respectueux. Ils sont aussi moins sujets à la dépression, moins agressifs et violents. Ils commettent moins d’actes de délinquance. Ils ont plus confiance en eux, affirment leur « leadership », prennent plus facilement des décisions « responsables » sans peur de l’échec, développent un goût prononcé pour la justice sociale et, comme dirait Jean-Pierre Bacri, un certain goût des autres.

Ils ont en outre de meilleurs résultats scolaires que la moyenne. Les chercheurs ont même pu chiffrer leur progression académique : un enfant ayant suivi un programme SEL augmente de 11 % ses notes en maths et en lecture. Une étude complémentaire menée sur 667 lycéens révèle que ceux au QE élevé obtiennent des meilleurs scores de GPA – qui compte pour accéder aux universités les plus prestigieuses aux États-Unis.

Notez que tous ces effets bénéfiques – que l’enfant ait suivi le programme SEL quelques mois seulement ou un an ou plus – durent dans le temps. D’ailleurs, une étude a révélé que des programmes semblables au SEL, mis en place dans 13 classes « tests » pendant six semaines, ont permis d’augmenter significativement le QE des élèves, améliorant de fait leur capacité à gérer leur anxiété et à se montrer adaptables à leur environnement.

Développer l’émotionnel reviendrait à diminuer les coûts de santé

Pour mettre en place de tels programmes, pas besoin de faire appel à une équipe de choc. Les chercheurs montrent en effet que dans les écoles, l’équipe en place est tout à fait capable, à condition d’être formée en amont.

D’ailleurs, lorsque le programme est porté par le personnel existant, celui-ci est encore plus efficace que si l’école avait mandaté des prestataires extérieurs. Les chercheurs ont également démontré qu’il est aussi efficace dans les écoles en ville, en banlieue et en province : pas d’élitisme donc à adopter ce type de pédagogie !

Ce type de formation apporte également des bénéfices sur le long terme. Une étude récentemenée en Belgique a démontré qu’inclure une formation visant à développer les compétences émotionnelles dans les écoles permet d’augmenter de 10 % le score de QE des élèves et reviendrait à diminuer, à terme, les coûts en soins de santé de 10 % !

Rendez-vous compte : éduquer émotionnellement nos enfants pourrait contribuer à réduire le déficit de la Sécurité sociale, largement creusé par les troubles anxieux que rencontrent beaucoup d’entre nous (et leurs effets secondaires, notamment somatiques) !

Qu’attendons-nous pour promouvoir cette intelligence si utile au XXIe siècle et qui ne requiert pas la mise en place de dispositifs lourds et coûteux ?


Certains passages, parfois modifiés, sont extraits du dernier livre de Christophe Haag : « Contre nos peurs, changeons d’intelligence ! » (Albin Michel, 2017). Également disponible, l’audio-MOOC « Le manager émotionnellement intelligent » de Christophe Haag sur le site d’EM Lyon.

  • 125
  • 126
  • 127
  • 128
  • 129
  • 130
  • 131
  • 132