Articles de la-haut
En congés forcés
Là, ça en devient véritablement pitoyable...C'est étrange tout de même cette profession qui n'attire plus grand-monde alors que c'est une situation "privilégiée" de fonctionnaires planqués toujours en vacances...
"C'est totalement absurde" : quand des professeurs sont en vacances forcées parce qu'on ne finalise pas leur mutation
Par Anne Lamotte – Radio France
Mis à jour le – publié le
Le samedi 21 octobre marque le premier jour des vacances de la Toussaint. Les 861 000 professeurs et enseignants français sont donc en congés. Si pour la plupart cette situation est temporaire puisque ces vacances durent deux semaines, pour d'autres, ce sont des vacances forcées depuis la rentrée. En effet, l'Éducation nationale refuse de finaliser la mutation de certains professeurs, ce qui engendre souvent des situations absurdes, à l'image de ce que vit Chloé, une institutrice de 38 ans.
Grenoble dit oui à sa mutation, Paris refuse
Institutrice depuis plus de 10 ans, Chloé est aujourd'hui complètement désabusée : "C'est totalement absurde", déplore la jeune femme. En début d'année, son mari et elle prennent une décision : ils vont quitter Paris avec leurs deux enfants pour la Haute-Savoie. Dans la foulée, avant l'été, l'institutrice fait une demande d'ineat et d'exeat, c'est-à-dire qu'elle requiert à l'académie de Grenoble de l'accepter dans ses rangs et réclame à l'académie de Paris de la laisser partir.
Le reportage d'Anne Lamotte
C'est d'abord l'académie de Grenoble qui lui écrit, en juin dernier. Une réponse positive. L'académie manque d'instituteurs et accepte que Chloé vienne travailler chez elle. Logiquement, la jeune femme pense alors que sa mutation est validée. "Je me dis que si on m'a acceptée dans l'académie de Grenoble où je veux aller travailler, c'est sûr que Paris va me lâcher puisque, de toute manière, à Grenoble ils ont besoin de moi."
Une situation "tristement banale"
Problème : une semaine plus tard, Chloé reçoit, cette fois-ci, la réponse de Paris. Elle est négative. Faute d'effectifs suffisants, l'académie refuse de céder Chloé. L'institutrice, qui a pu tout de même suivre sa famille jusqu'en Haute-Savoie, n'exerce donc plus. "Je n'ai rien à faire", résume-t-elle. Elle s'énerve : "Je trouve ça complètement absurde, étant donné que j'arrive dans une académie où ils ont besoin de profs." Les opportunités ne manquent pas en Haute-Savoie, selon elle.
Je sais que je pourrais travailler. Il y a des postes qui attendent, ils ont besoin de moi.
Chloé, institutrice de 38 ansà franceinfo
La situation de Chloé est "tristement banale", selon Véronique Maury, secrétaire générale du syndicat Snudi-FO. L'année dernière, environ 600 professeurs des écoles ont demandé à quitter l'académie de Paris. Un peu moins de 200 ont obtenu satisfaction. Le manque de professeurs dans la capitale n'est pas le seul problème. "C'est partout pareil. Ce ne sont pas des témoignages d'un département vers un autre département, ce sont des témoignages qui sont généralisés."D'après elle, cette situation est de plus en plus inquiétante au fil des années. "Il y a dix ans, il y avait environ 40% des collègues qui étaient mutés. Là, on est passé à un peu plus de 20%." La solution, d'après les syndicats, passe notamment par le recrutement.
Indisponibilité émotionnelle
Je confirme...A un an et demi de la retraite, je ne pensais pas assister sur ma carrière à une telle "dévastation" sur le plan émotionnel. Pour résumer en quelques mots, je dirais que "les enfants ne sont pas là." Ils sont partout ailleurs, dans une instabilité chronique et rédhibitoire pour l'enseignement. La perte de temps pour réussir à les "capter", EFFICACEMENT, durant quelques minutes, c'est juste affolant.
Pourquoi les enfants d’aujourd’hui sont devenus émotionnellement indisponibles pour apprendre à l’école
Article publié dans Développement personnel le par Esprit Science Metaphysiques
Selon Victoria Prooday, ergothérapeute, les enfants d’aujourd’hui viennent à l’école émotionnellement indisponibles pour apprendre. Il existe de nombreux facteurs dans notre mode de vie moderne qui contribuent à cela.
Comme nous le savons, le cerveau est malléable. Grâce à l’environnement, nous pouvons rendre le cerveau «plus fort» ou le rendre «plus faible». Malgré toutes nos bonnes intentions, nous entraînons malheureusement le cerveau de nos enfants dans la mauvaise direction. Voici pourquoi.
Pourquoi les enfants d’aujourd’hui sont devenus émotionnellement indisponibles pour apprendre à l’école :
1. LA TECHNOLOGIE

L’utilisation de la technologie en tant que « service de garde gratuit pour enfants » n’est, en fait, pas gratuite. Le paiement vous attend juste au coin de la rue. Nous payons avec le système nerveux de nos enfants, avec leur attention, et avec leur capacité de gratification différée. Par rapport à la réalité virtuelle, la vie quotidienne est ennuyeuse.
Lorsque les enfants viennent en salle de classe, ils sont exposés à des voix humaines et à une stimulation visuelle adéquate, contrairement au bombardement des explosions graphiques et des effets spéciaux qu’ils ont l’habitude de voir sur les écrans.
Après des heures de réalité virtuelle, le traitement de l’information dans une classe devient de plus en plus difficile pour nos enfants, car leur cerveau s’habitue aux niveaux élevés de stimulation que fournissent les jeux vidéo.
L’incapacité de traiter des niveaux inférieurs de stimulation laisse les enfants vulnérables aux défis scolaires. La disponibilité émotionnelle des parents est le principal nutriment pour le cerveau de l’enfant. Malheureusement, nous privons progressivement nos enfants de ce nutriment.
2. LES ENFANTS OBTIENNENT TOUT AU MOMENT OÙ ILS LE VEULENT
« J’ai faim ! » «Je m’arrête au prochain drive promis » « J’ai soif! » « Il y un distributeur automatique. » « Je m’ennuie! » « Prends mon téléphone!» La capacité de retarder la gratification est l’un des facteurs clés pour la réussite future. Nous avons les meilleures intentions, nous voulons rendre nos enfants heureux.
Mais malheureusement, nous les rendons heureux sur le moment mais malheureux sur le long terme.
Être capable de retarder la gratification signifie être capable de fonctionner sous stress. Nos enfants deviennent de moins en moins équipés pour faire face même à un stress mineur, ce qui finit par devenir un gros obstacle à leur réussite dans la vie.
3. LES ENFANTS DIRIGENT LE MONDE
« Mon fils n’aime pas les légumes. » « Elle n’aime pas aller au lit tôt. » « Il n’aime pas prendre son petit déjeuner. » «Il ne veut pas s’habiller seul. » « Elle est trop paresseuse pour manger seule ». C’est ce que les parents disent tout le temps. Depuis quand les enfants nous dictent comment les élever?
À quoi servons-nous en leur donnant ce qu’ils veulent quand on sait que ce n’est pas bon pour eux?
Sans une nutrition adéquate et une bonne nuit de sommeil, nos enfants arrivent à l’école irritables, anxieux et inattentifs. De plus, nous leur envoyons le mauvais message. Ils apprennent qu’ils peuvent faire ce qu’ils veulent et ne pas faire ce qu’ils ne veulent pas.
Malheureusement, pour atteindre nos objectifs dans la vie, nous devons faire ce qui est nécessaire, ce qui peut ne pas être toujours ce que nous voulons faire. Nos enfants savent très bien ce qu’ils veulent, mais ont beaucoup de mal à faire ce qui est nécessaire pour atteindre leurs objectifs. Cela entraîne des objectifs inaccessibles et les enfants finissent déçus.
4. L’AMUSEMENT SANS FIN
Nous avons créé un monde amusant artificiel pour nos enfants. Il n’y a pas de moments ennuyeux. Dès que l’environnement devient calme, nous nous efforçons de les divertir à nouveau, car sinon, nous estimons que nous ne faisons pas notre devoir de parent. Nous vivons dans deux mondes distincts. Ils ont leur monde « amusant », et nous avons notre monde de « travail ».
Pourquoi les enfants ne nous aident-ils pas à la cuisine ou à la lessive? Pourquoi ne pas leur faire nettoyer leurs jouets? Il s’agit d’un travail monotone basique qui entraîne le cerveau à travailler et à fonctionner sous «ennui», qui est le même «muscle» qui doit finalement apprendre à l’école.
Quand ils viennent à l’école et qu’il est temps d’écrire à la main, leur réponse est « Je ne peux pas. C’est trop dur. Trop ennuyeux. » Pourquoi? Parce que le «muscle» ne reçoit pas d’entraînement à cause d’un plaisir sans fin. Il s’entraine en travaillant.
5. LES INTERACTIONS SOCIALES LIMITÉES
Nous sommes tous occupés, alors nous donnons des gadgets numériques à nos enfants et les rendons « occupés » aussi. Avant, les enfants jouaient à l’extérieur, où, dans des environnements naturels non structurés, ils apprenaient et développaient leurs compétences sociales.

Malheureusement, la technologie a remplacé le temps passé à l’extérieur. En outre, la technologie a rendu les parents moins accessibles pour interagir socialement avec leurs enfants. De toute évidence, nos enfants sont en retard … le gadget pour garder les enfants n’est pas équipé pour aider les enfants à développer leurs compétences sociales.
Le cerveau ressemble à un muscle qui s’entraine constamment. Si vous voulez que votre enfant sache faire du vélo, vous devez lui apprendre des compétences en vélo. Si vous voulez que votre enfant sache attendre, vous devez lui apprendre la patience.
Si vous voulez que votre enfant puisse socialiser, vous devez lui apprendre des compétences sociales. Il en va de même pour toutes les autres compétences.
ENTRAÎNEZ LE CERVEAU
Vous pouvez faire une différence dans la vie de votre enfant en formant son cerveau afin que votre enfant réussisse sur les plans social, émotionnel et académique. Voici comment:
1. Limitez la technologie et reconnectez-vous avec vos enfants de façon émotionnelle
Surprenez-les avec des fleurs, partagez un sourire, chatouillez-les, mettez un mot d’amour dans leur sac à dos ou sous leur oreiller, surprenez-les en mangeant avec eux un midi un jour d’école, dansez ensemble, rampez ensemble, faites des batailles d’oreillers.

Faites des dîners de famille, des soirées de jeux de société, faites du vélo, faites des promenades en plein air avec une lampe torche la nuit.
2. Apprenez-leur la gratification différée
Faites-les attendre !!! Il est bon d’avoir le temps de s’ennuyer, c’est la première étape pour la créativité. Augmentez progressivement le temps d’attente entre «Je veux» et «Je reçois».
Évitez l’utilisation de la technologie dans les voitures et les restaurants, et apprenez-leur à attendre en parlant et en jouant à des jeux. Limitez le grignotage constant.
3. N’ayez pas peur de définir les limites. Les enfants ont besoin de limites pour devenir heureux et en bonne santé!
Définissez un horaire pour les repas, les heures de sommeil, un temps limité pour la technologie.
Pensez à ce qui est bon pour eux, pas à ce qu’ils veulent / ne veulent pas. Ils vous remercieront plus tard dans la vie.
L’éducation parentale est un travail difficile. Vous devez être créatif pour leur faire faire ce qui est bon pour eux parce que, la plupart du temps, c’est exactement le contraire de ce qu’ils veulent.
Les enfants ont besoin de petit-déjeuner et d’une alimentation riche en nutriments. Ils doivent passer du temps à l’extérieur et aller au lit à un horaire raisonnable pour pouvoir être attentifs à l’école le lendemain.
Transformez les choses qu’ils n’aiment pas faire / essayer en jeux amusants et émotionnellement stimulants.
4. Apprenez à votre enfant à faire un travail monotone dès les premières années, car c’est la base du travail
Laver, plier, nettoyer les jouets, accrocher les vêtements, déballer les courses, mettre la table, faire le déjeuner, faire le lit.
Soyez créatif. Il faut que ce soit stimulant et amusant afin que leur cerveau l’associe à quelque chose de positif.
5. Enseignez-leur les compétences sociales
Apprenez-leur à prendre, à partager, à perdre, à gagner, à faire des compromis, à féliciter les autres, à utiliser « s’il vous plaît et merci ».
Aidez vos enfants à réussir dans la vie en entraînant et en renforçant leur cerveau le plus tôt possible.
Source : Pourquoi les enfants d’aujourd’hui sont devenus émotionnellement indisponibles pour apprendre à l’école est écrit par Claire C. pour ESM & deeprootsathome.com
La vie silencieuse
"Le monde des hommes a oublié les joies du silence et la paix de la solitude qui sont, dans une certaine mesure, nécessaires à la plénitude de la vie. Si tous les hommes ne sont pas appelés à devenir ermites, tous ont besoin d’assez de silence et de solitude pour permettre à la voix intérieure secrète de leur être véritable de se faire entendre, au moins de temps en temps. Et lorsque cette voix n’est pas entendue, lorsque l’homme ne peut arriver à la paix spirituelle qui vient d’une union totale avec son être vrai, sa vie est toujours malheureuse et épuisante.
Car il ne peut vivre longtemps heureux s’il n’est en contact avec les sources de vie spirituelle cachées au fond de son âme. S’il est constamment exilé de chez lui, dans l’impossibilité de retrouver sa propre solitude spirituelle, il cesse d’être une personne. Il ne vit plus en être humain. Ce n’est même plus un animal sain. Il devient une sorte d’automate, fonctionnant sans joie parce qu’il a perdu toute spontanéité. Il n’est plus mû de l’intérieur, mais seulement de l’extérieur de lui-même. Ce n’est plus lui, ce sont les autres qui décident pour lui. Au lieu que ce soit lui qui agisse sur le monde extérieur, c’est le monde extérieur qui agit sur lui. Il avance dans la vie par une suite de collisions avec les forces du dehors. Sa vie n’est plus celle d’un être humain, mais celle d’une boule de billard sensible, d’un être sans but et sans aucune réponse vraiment valide à la réalité."
Thomas Merton « La vie silencieuse » p 174, 175. Ed du Seuil, la vigne du carmel

KUNDALINI : Evolution de l'écriture
J'ai toujours rêvé d'une écriture qui ne s'adresserait pas qu'à l'intellect et je me souviens d'une lectrice de "Noirceur des cimes" qui me disait avoir attrapé froid en le lisant. J'en avais été très touché.
Ne serait-ce pas l'assurance d'une écriture totale ?
Atteindre les corps et les âmes et que le mental qui permet de lire ne soit plus qu'un système informatique incapable d'interférer sur la qualité de réception du texte, sans interprétation erronée, sans jugement ni limite.
Que l'émotion et même la sensation nourrissent la réflexion.
Sans émotion, la réflexion s'épuise bien souvent. Sans réflexion, l'émotion n'est qu'un emportement insoumis et fugace.
Je me souviens avoir véritablement souffert, physiquement, en lisant le récit du drame de la Face nord de l'Eiger. La mort de Toni Kurz...Suspendu à sa corde, épuisé, les mains gelées, à quelques mètres des sauveteurs qui ne parviendront jamais à l'atteindre.
J'avais eu mal au ventre...Un noeud brûlant.
J'avais seize ans.
J'ai cherché à comprendre alors les raisons de cette passion ultime de la haute montagne et je ne pouvais me libérer de ces interrogations étant donné la puissance des émotions éprouvées. Elles agissaient comme des braises inépuisables. Il fallait que je comprenne.
J'ai passé trente-neuf ans de ma vie à chercher cette capacité à diffuser l'émotion comme terreau de l'intellect.
"Vertiges, "Noirceur des cimes", Là-Haut", "À coeur ouvert", "Jusqu'au bout", "Les héros sont tous morts", "Les Égarés", "Jarwal le lutin"...
"Kundalini"
Et maintenant "Tous, sauf elle"... Avant d'écrire "Le désert des Barbares"...
Tous mes écrits oeuvrent à la même quête.
Toucher les corps pour atteindre les âmes.
Alors, je ne sais pas ce que ça donnera chez des lecteurs et lectrices mais, pour ma part, je pense avoir atteint ce que j'envisageais.
Et j'en suis très heureux.
Étrange aussi la puissance de cette intention, la détermination constante de parvenir à exprimer l'indicible, à vivre l'inconnu pour pouvoir le transcrire.
Dans 'Kundalini", puisque les deux protagonistes vivent une expérience de danse nue sous le ciel étoilé, j'ai voulu apprendre à laisser mon corps suivre les musiques que j'aime. J'ai dansé nu dehors. Les yeux ouverts à l'intérieur et les paupières closes. J'ai parcouru les fibres sur le tempo du sang, sans jamais me sentir ridicule alors qu'inévitablement, ma chorégraphie devait relever davantage du balourd empoté que de la grâce d'une libellule. Je m'en suis moqué, j'ai ri et j'ai demandé au monde de m'aider. Je n'ai pensé qu'à l'air autour de moi, qu'à la musique dans mon corps, qu'à la nature silencieuse comme un spectateur respectueux.
J'ai dansé sous la lune des arabesques intuitives et les mots des émotions, ensuite, dansaient en moi.
Je ne cherche pas à les contenir intellectuellement ou à leur imposer un ordre. Je ne veux pas d'un intellect réducteur.
Je veux écrire avec mon corps et que ma tête le suive.
KUNDALINI
Extrait :
"Le contact de l’air agité sur sa peau, entre ses cuisses, sur ses seins, dans son cou, sur ses mains, sur ses fesses, ce bonheur si doux du câlin, elle tournoya et fit jouer ses cheveux, les bras ouverts comme pour l’accueil d’un être aimé, un sourire à cœur déployé, paupières éteintes, les yeux retournés sur les espaces intérieurs, le pétillement de ses cellules, comme des bulles de limonade, le souffle affairé, respirations intensifiées, la musique dans sa tête, sous sa peau, dans ses fibres, un flux électrique qui l’irradiait et gonflait son énergie et le désir de tourner, de se cambrer, de se déhancher, de jouer avec son corps, de sentir poindre des chaleurs sensuelles, comme si l’air frissonnait contre sa peau, comme un amant invisible qui caresserait les territoires les plus secrets, elle s’efforça de se concentrer visuellement sur différentes zones, tous les sens affinés et en laissant le reste du corps s’étendre librement, mouvements d’épaules, flottements du bassin, les oscillations des fesses, les bascules latérales, rotations sur les chevilles, fléchissements des genoux, glissements des pieds sur la terre, des impulsions jaillissant de leurs antres, c’était comme une autopsie vivante, une capsule d’observation lancée dans les vaisseaux sanguins, une caméra mouvante reliée à son cerveau puis, peu à peu, elle se sentit réellement enlacée, enveloppée, comme insérée dans une matrice, enserrée dans les chaleurs, intégralement choyée, chaque fibre, la moindre parcelle de peau, caressée, effleurée, épanouie, ouverte, absorbant les tendresses sur son corps comme un air de jouvence, elle dansa à ne plus savoir qu’elle dansait, à ne plus être là sans jamais disparaître, et c’était comme une évaporation joyeuse dans un nuage stellaire, une dispersion moléculaire, la légèreté des rêves, une aura lumineuse qui vibrait sous les cieux, comme un parfum ondoyant, des volutes encensées de bonheur.
L’impression soudaine d’être un membre érigé dans un cocon féminin, de pénétrer l’air comme une verge dans un vagin, de caresser l’atmosphère comme une montagne en mouvance. L’image la stupéfia et elle l’accueillit comme un nectar, elle l’engloba sous ses paupières, l’ancra dans la mémoire de ses cellules, partout où elle devinait des points de contact, la douceur des parois utérines, la chaleur humide, le délice des frottements, elle effleurait l’air comme un pénis aimant.
Elle entendit dans l’obscurité de ses yeux fermés une accélération cardiaque, des percussions accompagnant la montée des violons, un synthétiseur s’amplifiant comme une érection sublime, une vague de plaisirs qui entraîna son corps dans des arabesques libres, l’impression d’une corolle ouverte buvant des lumières et les larmes coulèrent, les larmes chaudes des amours qui bouleversent, juste l’amour de tout, de là, de maintenant, de l’instant, l’amour des étoiles, l’amour de la Terre."

Sur la chasse (6)
Cerf tué dans un jardin à Lacroix-Saint-Ouen : le chasseur lynché sur les réseaux sociaux
© Anymal / Facebook
PARTAGES
Alain Drach, maître d’équipage ayant achevé un cerf sur une propriété privée samedi dernier, attire les foudres sur les réseaux sociaux.
Par Célia Mascre
Les faits se sont déroulés avec l'aide des gendarmes qui ont mis en place un périmètre de sécurité et contacté les propriétaires qui auraient indiqué vouloir que "la traque prenne fin". Pourtant, les voisins restent profondément choqués, tout comme le maire de la commune, qui rappelle qu'un arrêté municipal interdit la chasse à courre dans les rues de Lacroix-Saint-Ouen.
Une pétition en ligne contre Alain Drach et destinée au maire de la ville a déjà reçu 18 658 signatures, et le chiffre est en évolution constante. Même l'activiste de la cause animale Rémi Gaillard a réagi sur son compte Twitter :
Le chasseur a annoncé au Courrier Picard ce matin qu'il comptait porter plainte car il aurait reçu 150 menaces de mort. "J’ai reçu 500 messages sur Messenger, 50 SMS, 150 mails… J’ai déposé une lettre recommandée pour exiger que soient retirés les propos diffamatoires tenus à mon encontre", explique-t-il.
La Société de vénerie se dit "embarrassée par cet incident rarrissime" et a ouvert une enquête pour en comprendre les circonstances de cet événement.
Sécheresse en 2017

« Le problème du changement climatique est en train de s’accélérer. Il est dommage que l’on n’en ait pas pris la mesure il y a dix ou quinze ans. »
Déficits pluviométriques majeurs et températures élevées : la sécheresse que connaît le sud-est de la France est la plus importante jamais mesurée. De plus, sous l’effet du réchauffement climatique, ce phénomène deviendra la norme d’ici à 2050, selon les climatologues. Il est urgent de s’adapter.
Les fourrages ? « La production a chuté de 80 %, les éleveurs doivent en acheter. » La vigne ?« Les fruits sont beaux, mais il y en a 30 à 40 % de moins que prévu. » Les châtaignes ? « Les fruits sont tombés avant d’être mûrs. Ils sont très petits et secs. » Les agrumes ? « Il y a une perte de volume, et ce malgré l’irrigation. » Sébastien Cabot, animateur de la Via Campagnola — branche corse de la Confédération paysanne —, fait les comptes. Sur l’île de Beauté, « il n’a quasiment pas plu depuis le mois de mars », raconte le salarié syndical. « L’an dernier était déjà une année marquée par la sécheresse et un réchauffement des températures… Cette année, ça a commencé encore plus tôt ! Les hivers et les printemps sont secs. Les précipitations se concentrent sur l’automne, elles sont brutales et provoquent d’autres calamités ».
Même scénario sur le continent, en Provence-Alpes-Côte-d’Azur. « Depuis fin avril, on n’a pas dû avoir plus de 10 millimètres de pluie, gémit Jean-Pierre Grosso, agriculteur à Puyricard, dans les Bouches-du-Rhône. On a aussi eu des températures hautes, surtout en août, et du vent qui dessèche les cultures. Dans les vignes, la sève n’arrivait pas à monter jusqu’aux feuilles ! » Cet adhérent de la FRSEA (Fédération régionale des syndicats d’exploitants agricoles) rapporte une baisse de production allant de 30 à 60 % selon les cépages. Sur les oliviers, « on ne ramassera pas grand-chose pour ceux qui ne sont pas irrigués », poursuit-il. Concernant les grandes cultures, « en ce moment, on doit planter le colza. On n’y arrive pas, la terre est trop dure ! »
« Ces records de chaleur pourraient désormais se produire tous les 10 à 15 ans »
Depuis plusieurs mois, en particulier dans le sud-est de la France, les agriculteurs ont beau scruter le ciel à la recherche de la moindre goutte de pluie, elle ne vient pas. « Les déficits pluviométriques ont été absolument exceptionnels », constate Frédéric Nathant, prévisionniste à Météo France. Le météorologue égrène les derniers chiffres :
- Nîmes (Gard) : 281 mm de pluie entre le 1er janvier et le 24 octobre, soit 52 % de moins que la valeur de référence ; le record de la sécheresse de 1952 est battu ;
- Carpentras (Vaucluse) : 59 % de pluie de moins sur la même période ; là, c’est le record de 1989 qui est dépassé ;
- Calvi (Haute-Corse) : 62 % de déficit ; même en 1960, précédent record, ce n’était pas autant.

Ajoutez à cela des températures élevées — en moyenne 1°C de plus ces six derniers mois sur la région sud-est d’après Météo France, la situation devient critique. « Au 1er octobre 2017, les indices de sécheresse des sols (...) sur le Gard, l’Hérault, le Var, le Vaucluse, les Bouches-du-Rhône, les Alpes-Maritimes, les Alpes-de-Haute-Provence et la Haute-Corse sont à un niveau record pour cette période de l’année. Il s’agit de la sécheresse la plus importante jamais mesurée à cette date en au moins 60 années de mesures », note encore sobrement Météo France.

Ailleurs en France, la situation est moins critique. Mais les restrictions d’usage de l’eau continuent de sévir dans de nombreux départements. Reporterre vous l’avait déjà rapporté au printemps : la Bretagne et la côte ouest étaient notamment concernés. C’est encore le cas en cette fin octobre.

« On a eu un été très sec en Gironde, confirme Claire Laval. Cela suit un printemps, un hiver, et un automne secs… Cela fait un an que nous sommes en déficit hydrique. Pour l’instant, les vignes n’ont pas trop souffert de la sécheresse, mais on n’a pas de réserves d’eau, c’est inquiétant pour l’an prochain, raconte la vigneronne, porte-parole de la Confédération paysanne dans le département. On est pourtant en Aquitaine, donc, d’après son nom, le pays de l’eau ! »
Cette situation inhabituelle n’a pas manqué d’attirer l’attention des climatologues. D’autant que le phénomène ne s’est pas limité à la France. « Sur l’ensemble de l’été 2017, les températures maximales en Méditerranée ont atteint des records, note Robert Vautard, climatologue au Laboratoire des sciences, du climat et de l’environnement (LSCE). Sur le sud de la France, l’Espagne, l’Italie, et le nord de l’Afrique. On a donc voulu voir si le changement climatique favorisait l’apparition de telles températures. »
Climate Central, une ONG centrée sur la recherche et la communication sur le climat, a ainsi réuni plusieurs chercheurs afin de déterminer si cet épisode de chaleur n’était dû qu’à la variabilité naturelle du climat, ou si la probabilité qu’un tel événement se reproduise avait augmenté en raison du changement climatique. Le rapport, publié fin septembre, est formel : « La probabilité qu’une vague de chaleur similaire se reproduise est aujourd’hui dix fois plus importante que s’il n’y avait pas de changement climatique, indique Robert Vautard. On estime que ces records de chaleur pourraient désormais se produire tous les 10 à 15 ans. »
« Cela aura un impact sur la ressource en eau, l’agriculture, la santé, le risque incendie »
Les scientifiques ont utilisé et comparé plusieurs modèles de simulation climatique pour arriver à ce résultat. Ils ont aussi projeté l’impact d’ici 2050. « Des températures telles que celles de cet été ou supérieures se produiront une année sur deux. Au milieu du siècle, ce sera donc un été normal, dans la moyenne, pour le sud de la France », explique-t-il.
L’été 2017 ne serait donc qu’un avant-goût de ce qui nous attend d’ici peu… Côté température, même dans un scénario global de 2°C de réchauffement sur la planète (très probable), le sud de l’Europe connaîtrait lui une augmentation des températures allant jusqu’à 3 à 4°C l’été. Le futur des précipitations est plus difficile à prévoir, la France étant sur la ligne de séparation des climats nord et sud, que l’on ne sait pas exactement situer. « Pour le sud de la France, il pourrait y avoir moins de pluies en été. Et même s’il continue de pleuvoir autant, avec des températures plus élevées les sécheresses seront plus fortes », poursuit le climatologue.
Il faut donc penser à s’adapter dès maintenant : « Cela aura un impact sur la ressource en eau, l’agriculture, la santé, le risque incendie », avertit-il. Les paysans s’en rendent bien compte. « Météo France est venu nous faire une présentation. À Ajaccio, en 2050, on aura le climat de Tunis », indique Sébastien Cabot.

« Mais on ne sait déjà pas comment on va faire aujourd’hui, reprend-il. Autant l’État que les collectivités territoriales n’ont pas réussi à faire face à l’urgence. On a organisé une action de solidarité syndicale pour pouvoir acheter du fourrage. On est loin de pouvoir se préparer à ce qui risque d’arriver demain… »
« Le problème du changement climatique est en train de s’accélérer. Il est dommage que l’on n’en ait pas pris la mesure il y a dix ou quinze ans », regrette de son côté la vigneronne Claire Laval.
Chacun pour soi.
Hier, en rentrant de notre séjour en Lozère avec le camion, on entre sur l'autoroute vers Grenoble et j'aperçois à quelques centaines de mètres une voiture qui semblait arrêtée au milieu de la chaussée. Je ralentis et effectivement, on réalise qu'un véhicule est immobilisé sur la voie, en plein milieu et que les voitures et les camions slaloment pour l'éviter.
Consternation.
PERSONNE ne s'arrête pour aider l'automobiliste.
Je me range sur la bande d'arrêt d'urgence, warning enclenché et je descends immédiatement. Je cours sur le bas-côté et à hauteur du véhicule, je regarde les usagers qui passent de chaque côté de la voiture. Pas un seul ne s'arrête...
Nathalie est sortie et agite le gilet jaune de sécurité en se tenant sur le bord de la chaussée.
Je rejoins le véhicule arrêté et je dis aussitôt au conducteur de sortir pour venir m'aider à pousser son véhicule sur la bande d'arrêt d'urgence.
Le conducteur, crâne rasé, blouson de cuir fermé jusqu'en haut (il fait pourtant bien chaud) et le passager, cagoule de survêtement sur la tête (il ne tourne même pas son visage vers moi). Une troisième personne sur la banquette arrière. Pas eu le temps de l'observer.
Le conducteur me parle en Polonais ou en Moldo slovaque de Transylvanie des Carpates en s'obstinant à redémarrer.
Le pare-brise est entièrement étoilé et l'avant droit de la Laguna est enfoncé. Aucun éclat de verre ou de tôle au sol.
Incompréhension. Qu'est-ce que c'est que ces baltringues ?
Enfin, le moteur repart, je me dégage de la chaussée. Il y a une bonne vingtaine de véhicules arrêtés par Nathalie.
Les "Polonais" rangent leur épave sur la bande d'arrêt d'urgence et la circulation reprend.
On repart également.
Conclusion...
Nathalie et moi, on est sidéré de l'individualisme des gens. Cette symbolique des esprits enfermés dans leur habitacle est d'une puissance morbide.
"Tout le monde peut bien crever tant que moi, j'arrive à passer et à m'éloigner..."
Combien de véhicules sont passées pendant ces quelques minutes ? Vingt, trente ?...
Lorsque j'étais sur la chaussée et que Nathalie avait réussi à arrêter les véhicules, pourquoi personne n'est venu proposer son aide ?
Pourquoi ?
Il n'y avait pas de danger. Et même s'il y en avait eu un, doit-on pour autant ignorer la situation et s'enfuir ?
Mais alors, tous ces gens qui se sont enfuis, qu'attendent-ils des autres, si un jour cette situation leur arrive ?
De l'aide ? ... Vraiment ?...
Poussons la réflexion un peu plus loin ?... Que se passerait-il dans la population française si une situation chaotique de grande ampleur survenait ?
La réponse, on l'a eue sous les yeux pendant quelques minutes...
Chacun pour soi.
Assurer sa "sécurité", ignorer, détourner les yeux, prôner l'indifférence, se convaincre que quelqu'un d'autre prendra les choses en main, continuer sa route, ne pas perdre de temps, maintenir sa moyenne horaire, ne pas rater l'heure du repas devant les actualités de TF1...
Il y a des jours où ce genre humain me révulse.
Le pire d'ailleurs, c'est que même l'expression "chacun pour soi" ne représente plus la réalité ; il faudrait dire "chacun pour moi" étant donné que ces gens pensent que si cela leur arrivait, d'autres viendraient les aider. Le Moi est d'une bêtise incommensurable.
Dans la collapsologie ou survivalisme, l'attitude de "la victime" esr clairement analysée. Le Moi est une victime qui doit être protégée par des instances supérieures, les institutions du Pouvoir. Dès lors, cette "victime", dans une situation inhabituelle et anxiogène par rapport à ses conditionnements victimaires, n'aura aucune capacité d'initiative : elle attendra que les instances concernées interviennent et si elle, en tant qu'individu n'est pas directement impliquée, elle s'en détournera.
Je n'ose imaginer le chaos si les instances gouvernementales ne tenaient plus les rênes.
C'est étonnant d'ailleurs à quel point, la vie m'envoie tout ce dont j'ai besoin pour l'écriture du roman en cours...
Musique
Il y a comme ça des moments "magiques" qui font que vous tombez sur la musique que vous imaginiez.
Comme ça, au hasard...
Mais je ne crois pas au hasard.
Je pense que cette musique que j'imaginais m'a guidé vers ce morceau.
"Ecoute, il est là, cet air que tu as en tête, ce crescendo qui t'emporte..."
Oui, c'est ça que j'attendais. Merci.
Enseignante giflée
Il est bien évidemment et tristement connue que ce sont les femmes qui souffrent de cette déliquescence de l'autorité et de la reconnaissance. Le "prof" n'est plus qu'un ennemi qui ne doit pas s'opposer à la toute puissance de l'individu roi.
Là aussi, il s'agit d'un "viol" physique et moral. Il n'y a pas que dans le milieu du showbiz et dans celui de la politique que la violence a pris le pas.
Il faudra attendre combien de temps pour voir dans la presse le récit d'une femme enseignante violée dans sa classe par une bande de déglingués qui n'avaient rien à faire dans une école.
Je hais ces pédagos politiciens financiers qui ont plongé ce monde humain dans la désolation des âmes noires.
Professeur de lycée giflée ou la décomposition française
- Par Barbara Lefebvre
- Publié
FIGAROVOX/TRIBUNE - Une enseignante a été giflée par un élève dans un lycée professionnel de Gagny, mardi 10 octobre. La scène, filmée par un élève, a été diffusée sur les réseaux sociaux. Barbara Lefebvre, qui a enseigné en banlieue, revient sur cette agression.

Barbara Lefebvre est enseignante et co-auteur de les territoires perdus de la République (Pluriel, 2002-2015) et Une France soumise (Albin Michel, 2017)
Il y a quelques jours, dans un lycée professionnel de Gagny, une enseignante était molestée par un élève qui, l'ayant acculée contre le tableau, lui avait asséné une gifle, pendant qu'un autre filmait et que des rires gras résonnaient dans la classe, constituant la désolante bande-son de cette courte vidéo.
Cet événement aurait dû rester inconnu de tous, comme tant d'autres violences physiques et psychologiques déployées dans nos établissements de l'école élémentaire au lycée.
Les experts en violences scolaires expliqueront qu'il s'agit d'un fait marginal, que les médias focalisent sur ces actes isolés à des fins idéologiques indignes de la noble mission de l'Ecole.
Bien sûr, des experts en violences scolaires expliqueront qu'il s'agit d'un fait marginal, que les médias - et les néo réacs qui gangrènent la société - focalisent sur ces actes isolés à des fins idéologiques indignes de la noble mission de l'école de la République.
Ces experts sont formels: il ne faut surtout pas répondre à la violence scolaire par un «discours sécuritaire». Tout est pédagogie, médiation, travail sur soi… Il paraît en effet que l'immense majorité des élèves sont heureux d'aller à l'école. Circulez.
Quant à ces vieux barbons de profs qui témoignent quasi unanimement, dans les enquêtes de ces mêmes experts , d'un climat scolaire de plus en plus dégradé, il faut leur faire admettre que tout cela ne relève en rien de la crise de l'éducation dont Hannah Arendt avait analysée les contours dès 1954.
Encore et toujours, c'est la «violence institutionnelle» qui est tenue pour responsable de la crise de l'éducation, c'est la structure bureaucratique et pyramidale de notre Ecole qui génère ces dysfonctionnements créateurs de violences... Les élèves, l'éducation familiale n'y sont pour rien, ce sont des victimes du système, eux aussi. Circulez.
Les transformations culturelles subies par l'Homo democraticus postmoderne atomisé par la mondialisation et la métropolisation n'ont rien à voir là-dedans non plus.
Le lycéen qui se croit autorisé à frapper son enseignante (l'aurait-il fait s'il s'était agi d'un enseignant …) révèle
Le lycéen qui se croit autorisé à frapper son enseignante révèle l'état de déréliction du corps social où toutes formes d'autorité et de hiérarchie ont été déconstruites par le gauchisme de salon.
l'état de déréliction du corps social où toutes formes d'autorité légitime et de hiérarchie ont été déconstruites avec minutie et délectation par le gauchisme de salon depuis cinquante ans.
On ne dira jamais à quel point l'acculturation qui sévit dans notre société a été l'arme de destruction massive de nos civilités et de notre morale civique. Sur ce désert culturel ont poussé des plantes toxiques. Cette acculturation s'est traduite depuis presque trois décennies par une montée ininterrompue des violences dans l'école (et logiquement au-delà).
Violences entre élèves, violences envers les adultes. Certaines de ces violences trouvent leur origine et leur expression dès la petite enfance. Mais le déni continue. Le réel est réduit à rien ou presque rien, il est donc le signe du Rien.
Les enseignants démissionnent en plus grand nombre chaque année, la plupart d'entre eux n'iront plus au bout de leur carrière et se réorientent au bout de dix ou vingt ans, alors qu'ils devaient tenir presque quarante ans ; on baisse le niveau des concours pour recruter. Mais tout va bien! C'est pourtant le déracinement de tout ce qui bâtit une culture commune qui a lentement mais sûrement conduit à une dégradation généralisée du climat scolaire dans nos écoles.
Sans la littérature française d'abord, la rigueur d'une syntaxe et d'une grammaire appuyée sur l'enseignement des lettres classiques ensuite, sans l'histoire enfin, il n'y a pas d'identité commune sur quoi fonder une cohésion sociétale a minima.
Les quartiers de l'éducation prioritaire sont loin d'être les seuls concernés par les ravages de l'acculturation et des violences induites. Presque partout, on cherche à y échapper.
Les quartiers de l'éducation prioritaire sont loin d'être les seuls concernés par les ravages de l'acculturation et des violences induites. Presque partout, on cherche à y échapper en évitant telle école, tel collège, tel lycée. A Paris même, à quelques rues d'écart, une école peut être désertée au profit d'une autre.
Les stratégies parentales sont toujours plus complexes. Ces stratégies d'évitement ne sont pas la cause du problème, comme l'ancienne ministre de l'Education le faisait croire en culpabilisant les familles, elles sont la conséquence de la dégradation de notre école publique.
Combien ai-je entendu de parents d'élèves regretter devoir inscrire leur enfant dans le privé, ou le faire domicilier à dix kilomètres du domicile familial s'obligeant chaque jour à d'épuisants trajets. Ils estimaient que l'Education nationale n'était plus en mesure d'assurer la sécurité de leur enfant ou proposer un niveau d'instruction suffisant.
Ce déracinement culturel a commencé sous la présidence Giscard d'Estaing, le président jeune et moderne, passionné d'Europe et d'ultralibéralisme. Avec lui, ce fut le collège unique: une massification scolaire qui ne rima jamais avec la véritable démocratisation promise. Sous Giscard, les idéologues du pédagogisme furent promus «experts de l'éducation», ils ont ainsi occupé tous les postes clés, de la formation enseignante à la rédaction des programmes et aux instructions qui les accompagnaient.
Les décennies mitterrandienne puis chiraquienne auront été leur âge d'or, culminant avec le tunnel des ministères Jospin-Lang-Allègre-Bayrou de 1988 à 2002. La droite ne fut pas plus au rendez-vous: hier comme aujourd'hui, l'éducation est un non sujet pour elle. C'est sans doute pourquoi Xavier Darcos a dû souffrir rue de Grenelle, car pour lui c'était «le» sujet.
La droite ne connaît qu'une solution aux problèmes de l'école: donner aveuglément toujours plus d'autonomie aux établissements, encourager l'Ecole privée, réduire les effectifs (sauf pour les ZEP qui continuent de bénéficier d'une politique de discrimination positive ruineuse pour les contribuables et sans efficacité pour les publics concernés).
Le ministère a été contraint de s'exprimer sur l'affaire de Gagny. Cela a été fait sobrement, inutile de faire de grands discours. L'Education nationale a dû réagir depuis le sommet de la hiérarchie uniquement parce que le cas a été révélé par la mise en ligne de cette vidéo sordide sur Snapshat et Twitter, véritables poubelles de la sociabilité postmoderne.
Mais hélas cet événement n'a rien de surprenant. Ce lycée «qu'il ne faut pas stigmatiser» comme l'institution s'évertue à le clamer, avait déjà défrayé la chronique en 2009 quand une vingtaine d'inconnus cagoulés, armés de barres de fer et de couteaux avaient fait intrusion dans l'établissement. Une douzaine d'élèves avaient été blessés lors de la rixe et une enseignante avait été légèrement blessée avec une arme blanche.
On avait lu, déjà, que ce lycée était formidable, sans histoire, que personne ne comprenait ce qui s'était passé. Des enseignants insultés, physiquement menacés, ce n'est ni rare, ni méconnu de l'institution scolaire. Des élèves harcelés, qui vont en cours la peur au ventre car leurs agresseurs sont dans l'impunité totale, depuis longtemps voire toujours, ce n'est ni rare, ni méconnu.
Quand un enseignant a « des problèmes pour gérer sa classe » comme on dit pudiquement, il trouve rarement du soutien auprès du chef d'établissement : «pas de vague».
Combien d'élèves dissimulent à leur entourage qu'ils vivent un cauchemar entre ces murs? Jusqu'au matin où ils ne peuvent plus se lever, écrasés par des douleurs psychosomatiques ou des crises de panique.
Combien d'enseignants gardent pour eux ces violences intra-muros? Certains de nos collègues, par discrétion, par honte, par peur du jugement de leurs pairs, ont décidé que les murs de leur classe serviraient aussi à enfermer leur secret.
Quand un enseignant a «des problèmes pour gérer sa classe» comme on dit pudiquement, il trouve rarement du soutien auprès du chef d'établissement qui a, en général, reçu pour consigne (implicite ou non) du rectorat ou de l'inspection académique le fameux «pas de vague».
Le soutien est plus fréquent auprès des collègues, mais il en est toujours pour accabler l'enseignant en difficulté en lui reprochant d'en faire trop, de vouloir trop bien faire...
Ainsi, cette enseignante qui avait confisqué le téléphone portable (raison pour laquelle le lycéen lui aurait asséné la violente gifle) a fait preuve d'autorité, elle voulait incarner le respect de la règle commune. Certains enseignants penseront qu'elle aurait dû fermer les yeux, laisser l'élève envoyer ses texto tranquillement ou supporter la sonnerie intempestive de cet objet qui devrait être interdit dans tous les établissements.
Il y a encore une décennie, des millions d'élèves allaient à l'école sans posséder de téléphone. Des millions de parents pouvaient supporter l'idée que leur enfant ne serait pas traçable pendant les sept ou huit heures où ils l'avaient confié à l'institution scolaire! Cet objet est devenu une obligation sociale, une addiction généralisée qui invente des sociabilités, permet les délations, encourage tout à la fois le voyeurisme et le flicage.
Le smartphone n'a pourtant rien à faire dans l'espace scolaire. Et cette enseignante a eu raison de le confisquer à l'élève.
En cherchant à faire respecter la règle, cette enseignante a osé faire ce que tant d'autres ne font plus, soit qu'ils sont accablés par la tâche, soit qu'ils sont devenus les complices des élèves.
C'est aussi par cet objet que son agression fut connue. Peut-être a-t-elle vécu cette publicité comme une humiliation? Mais en cherchant à faire respecter la règle et aussi une forme de common decency, elle a osé faire ce que tant d'autres ne font plus, soit qu'ils sont accablés par la tâche, soit qu'ils sont devenus les complices des élèves qu'ils considèrent comme leurs égaux.
Pour ces enseignants-là, l'acte d'éduquer ne relève plus d'aucune forme de verticalité, ne répond plus à aucun ordre hiérarchique.
Cette horizontalité pédagogique qu'on a cherché à imposer depuis plusieurs décennies ce n'est pas le calme plat, la paix perpétuelle de l'illusion égalitaire. C'est au contraire la mise en équivalence de toutes les passions, de toutes les impulsivités, de toutes les revendications individuelles au nom d'un «droit à» auquel personne ne veut déroger au profit du bien commun.
La passion de l'égalité en oubliant la transmission d'une culture exigeante pour tous aura décidément conduit l'Ecole de la République dans l'impasse.
Dérives sexuelles programmées
7 raisons pour lesquelles tant d’hommes ne comprennent pas le consentement sexuel

Je vous propose aujourd’hui la traduction d’un article écrit par David Wong le 3 novembre 2016 sur Cracked.com. L’article original est ici. Il détaille des mécanismes qui incitent les hommes à ne pas prendre en compte le consentement des femmes en matière de sexualité (ce qu’on appelle la culture du viol). Je le trouve clair et bien illustré par des exemples de culture populaire très connus.
Comme toujours, n’hésitez pas à commenter si vous avez des remarques à faire sur le fond ou la forme (la traduction, la grammaire et l’orthographe…).
La phrase suivante est vraie quel que soit le moment où vous la lirez : « Un homme célèbre a récemment été accusé de faire des choses sexuelles à une (ou plusieurs) femme(s) sans leur consentement. » Lors de l’écriture de ces lignes, c’était le scandale du « tripotage » par un politicien, mais la prochaine fois ce seront des photos de bite non désirées qu’un homme de pouvoir aura envoyées à une stagiaire, ou la diffusion de photos volées d’une actrice, ou la mise en cause d’un athlète célèbre par une femme dont les accusations seront restées lettre morte auprès de la police. D’ailleurs, je parie qu’il n’y a pas une seule femme lisant ces lignes qui n’a pas été victime de ce genre d’agissements.
Eh bien, il y a une chose que vous devez savoir : depuis ma naissance, on m’apprend que c’est exactement ce comportement que les femmes désirent.
Nous continuons à enseigner cela aux garçons, tous les jours. Voilà à quoi ressemble la table des matières de cette leçon :
7 — « Imposer son désir aux femmes les fait tomber amoureuses »

Vous vous souvenez à quel point tout le monde trouvait génial qu’ils aient choisi une femme pour le premier rôle dans The Force Awakens, parce que c’est une bonne chose que les petites filles aient des modèles ?

Donc nous sommes bien d’accord que les héros de culture pop influencent les jeunes, n’est-ce pas ? C’est pour cela que la diversité dans les castings est aussi importante, n’est-ce pas?
Très bien, voici la première leçon que j’ai reçue sur le consentement sexuel. J’avais 6 ans. Mon héros et modèle pour la vie, Han Solo, s’approche d’une femme qui lui a dit à chaque occasion possible qu’elle n’était pas intéressée. Han arrive par derrière et colle son corps contre le sien. C’est une femme forte, une combattante, donc elle le repousse physiquement…

Pas le moins découragé du monde, Han s’approche à nouveau, prend ses mains, et commence à les carresser. Elle dit « Arrêtez ça », l’air stressée. Alors qu’il continue, elle le dit clairement une seconde fois. Il ne s’arrête toujours pas. Une musique romantique démarre…

Cet échange suit :
Han: De quoi avez-vous peur ?
Leia: Peur ?
Han: Vous tremblez.
Leia: Je ne tremble pas.
Han: Vous m’aimez parce que je suis un vaurien. Il n’y a pas assez de vauriens dans votre vie.
Leia: Il se trouve que j’aime les hommes gentils.
Han: Je suis un homme gentil.
Leia: Pas du tout, vous…
Et il l’embrasse. Note : la tête de Leia est coincée contre un mur métallique…

…et tout cela arrive dans un vaisseau étanche naviguant dans le vide glacial de l’espace. Même si elle voulait partir, elle ne pourrait pas (à cause des implications). La conséquence de cette interaction est qu’elle tombe amoureuse de cet homme et qu’ils passent le reste de leur vie ensemble.
Bonjour, je suis David Wong, et j’ai réalisé une expérience de 40 ans sur les attitudes toxiques des hommes envers les femmes, simplement en vivant ma vie avec un bon nombre de ces attitudes à l’interieur de mon crâne.
À cause de mon âge canonique, la référence cinématographique ci-dessus date de l’époque ancestrale des années 80. La société a bien progressé depuis. Hé, ai-je précisé que lorsque j’ai trouvé ce clip sur Youtube, la publicité en-dessous était pour le « Costume d’esclave sexy de Princesse Leia » ?

Sexy.
Esclave.
Tout le monde a compris, non ? Le fantasme ne vient pas du fait qu’elle est dénudée, le fantasme vient du fait qu’elle n’a pas choisi de porter ça. C’est une princesse, de sang royal, c’est une noble guerrière… et maintenant nous allons nous masturber en pensant à elle portant un costume très léger et humiliant qu’on l’a forcée à porter, probablement sous la menace de mort par Rancor.
Mais revenons à cette histoire de tripotage. J’estime à environ 95% le nombre de héros cools de films d’action de mon enfance qui ont agressé des femmes au moins une fois pour qu’elles les aiment. James Bond le fait dans… tous ses films, je crois. Dans Goldfinger (1964), il viole Pussy Galoredans une étable, ce qui la fait abandonner sa vie criminelle et se rallier à son camp. Dans Le masque de Zorro (1998), une femme essaye de tuer Antonio Banderas, et il se défend en déchirant ses vêtements avec son épée et en l’embrassant de force. Conséquence : ils tombent amoureux.
En fait, plutôt que de faire l’inventaire des milliers d’exemples de la technique de séduction « Agresse-les jusqu’à ce qu’elles tombent amoureuses », je vais prouver à quel point ce truc est répandu en faisant une liste d’exemples uniquement à partir de la filmographie d’Harrison Ford:
Dans Blade Runner (1982), il pousse une femme (ou une répliquante) contre un mur après sa tentative de quitter la pièce, et ensuite la force à dire « embrasse-moi ». Elle a l’air terrifiée jusqu’à ce qu’ils commencent un rapport sexuel.
Dans Indiana Jones et le temple maudit (1984), Ford attrappe une femme qui fuyait avec son fouet et l’attire à lui. Ils tombent amoureux.
Dans Indiana Jones et la dernière croisade (1989), il embrasse de force, la femme le repousse en disant « Comment ose-tu m’embrasser ? », puis l’embrasse à nouveau, passionnément.
Longtemps avant que j’ai l’âge de sortir avec des filles ou même que j’aie des amies, les choses ont été rendues très claires : dans toutes les relations, les hommes sont des prédateurs et les femmes sont des proies. Leurs expressions de peur et de rejet — y compris les attaques physiques de défense — sont un jeu de dupes qu’il faut vaincre, comme un fermoir difficile sur un soutien-gorge.
6 — « Demander la permission est un signe de faiblesse »

Si vous vous posez la question, non, je n’ai jamais de ma vie tripoté une femme qui ne m’avait pas tripoté avant. Ce n’est pas parce que j’étais un gentleman qui faisait attention au consentement. Si vous m’aviez coincé au lycée et que vous m’aviez demandé pourquoi je n’avais pas tout simplement choppé une fille dans une soirée et fait en sorte qu’elle m’embrasse, j’aurais répondu que c’était parce que je n’étais pas assez cool, ou assez beau mec. « Il faudrait que je perde du poids et que j’entre dans l’équipe de foot pour faire un truc comme ça ! » On m’a dit, voyez-vous, que ceux qui attendent d’avoir la permission sont les mauviettes, les peureux, les nazes.
Ça m’a été dit à la fois par les personnes dans ma vie et par les nombreux films et séries que je regardais à ce moment-là. Voilà une copie d’écran d’une série de l’époque où une fille dit « Il n’y a rien de moins sexy qu’un mec qui demande si il peut t’embrasser ».

Et quand je disais que cette série passait « à l’époque », bien sûr je parle de la putain d’année 2012. C’est extrait d’un épisode de New Girl. Pour chaque message public d’information disant « Non c’est non », j’ai vu, allez, environ 10 000 messages disant ou impliquant qu’il n’y a rien de plus sexy qu’un mec qui n’attend pas le consentement.
Bien sûr, je comprends ce que les actrices jouant les mots de certains auteurs masculins tentaient de dire ici : que les filles aiment les mecs qui sont suffisamment attentifs pour savoir ce qu’elles veulent avant qu’elles ne le disent. Elle ne devrait pas avoir besoin de lui dire pourquoi elle lui fait la tête, ou ce qu’elle veut pour son anniversaire, ou si elle est prête pour la prochaine étape. L’intelligence émotionnelle est sexy et il n’y a rien de plus sexy qu’un mec qui tient suffisamment à elle pour faire attention aux subtils détails.
Vous savez, comme Han Solo qui savait que Leia voulait secrètement qu’il la bloque dans un coin et l’embrasse de force. Comme sa capacité à détecter que tous ses rejets préalables et sa froideur étaient en fait un test pour vérifier qu’il pouvait voir à travers la façade.
Pas vrai ?
5 — « Les femmes aiment être conquises, et font donc toujours semblant d’être inaccessibles »

Si vous reveniez dans le temps et me retrouviez à l’âge où je me suis rendu compte que je ne savais absolument rien (20 ans) et m’aviez demandé d’expliquer les rôles genrés, voici ce que je vous aurais répondu :
Dans ce monde moderne, la qualité de vie d’une femme est immensément dépendante du type d’homme qu’elle peut attirer : une femme mariée à un homme compétent va tout simplement avoir un confort de vie supérieur, point. Sa valeur personnelle est donc largement fondée sur son attractivité pour les hommes, et sur le nombre d’hommes cherchant à la conquérir à chaque moment. Le besoin d’avoir plus de prétendants est dû à la loi de l’offre et de la demande. C’est dans son intérêt de créer de la compétition en attirant autant d’hommes que possible, puis en rendant difficile l’accès à son attention pour chacun d’entre eux.
Les femmes gagnent donc en puissance par le rejet des hommes, et ces rejets n’ont rien à voir avec ce qu’elles ressentent vraiment.
Tout ça, j’aurais dit, est aussi la raison pour laquelle la plupart du « slut-shaming » (NdT: culpabiliser les femmes pour leur désirs ou activité sexuelle) vient d’autres femmes. Si une femme saute dans le lit de n’importe quel homme, ça fait baisser la valeur de l’attention et de la disponibilité sexuelle féminine pour toutes les femmes. Le prix de l’essence baisserait plutôt vite si un fournisseur commençait à le donner gratuitement. Donc, comme l’OPEP, les femmes s’accordent culturellement pour garder élevé le prix des relations sexuelles et sentimentales en les rendant artificiellement difficiles à acquérir. C’est pour ça que les proches riches et nobles de la princesse Leia désapprouveraient qu’elle écarte les cuisses pour un « vaurien ».
Han Solo est un héros précisément parce qu’il voit à travers cette mascarade, et sait exactement comment dépasser ces barrières. Les facteurs principaux d’attractivité chez les hommes sont la force physique et l’agressivité, et il sait que la résistance feinte de Leia est un test de ces attributs. Vous pouvez voir la même suite dans chacun des clips en lien ci-dessus : la femme se bat, l’homme montre sa supériorité physique, la femme reconnaît sa valeur en tant que partenaire et abandonne volontairement. « Tu as prouvé que tu es assez fort pour m’avoir ».
Et bordel, c’est exactement comme ça que ça marchait au bon vieux temps, quand les hommes étaient des hommes et les femmes étaient des femmes ! Comme dans cette célèbre photo de la Libération, dans laquelle le combattant héroïque fête la fin de la guerre en embrassant la première belle jeune femme qu’il voit !
Attendez, vous saviez qu’ils ne se connaissaient pas, non ? Maintenant regardez cette photo prise une fraction de seconde avant. Vous voyez comme elle fait bien semblant de ne pas vouloir ? Wow, quelle bonne actrice !

Ha, son petit poing fermé est tellement mignon ! Et regardez tous les sourires approbateurs de la foule derrière eux : hommes et femmes, tous bien d’accord qu’ils passent un bon moment.
4 — « Tout ce que fait une femme a pour but d’allumer la faim masculine »

Voici le premier magazine porno que j’ai possédé :
Il n’y avait pas Internet dans les années 80, et c’était trop risqué de posséder du vrai porno quand on était un gamin du Midwest. Voilà le génie de l’édition spéciale « Maillots de bain » de Sports Illustrated : ça donnait à l’Amérique moyenne un truc sur lequel se masturber sous couvert de lire un sujet sportif. Tout le monde savait ce qui se tramait, évidemment. Dans bon nombre de photos, au moins une partie du maillot de bain était manquant, la femme couvrant ses seins nus avec ses mains, mimant un baiser faussement timide à l’objectif. Peut-être un pouce glissé dans le côté de la culotte du bikini, comme si elle s’apprêtait à l’enlever.
De la même façon, quand des femmes en bikini apparaissaient à l’écran, elles n’existaient que comme objet masturbatoire pour les garçons adolescents de l’assistance. Littéralement toutes les images d’une femme en bikini que j’ai pu voir en dehors du catalogue de maillots de bain étaient présentées ainsi, comme un truc sur lequel baver.
Un truc qu’on ne pouvait pas avoir.
Allumant notre appétit, faisant la publicité d’un produit.
Et maintenant, vous savez de quel produit on parle, n’est-ce pas ?
Donc après avoir vécu ma vie entière dans l’idée claire que c’est une tenue que les femmes portent pour que les hommes aient envie d’éjaculer, à votre avis quelles sont les pensées qui ont traversé mon jeune esprit stupide quand j’ai été à la plage et que j’ai vu de vraies femmes porter la même chose ? Est-ce que vous pensez que j’ai pu les voir en tant qu’être humains plutôt qu’en tant que manipulatrices sournoises ?
La réaction complètement rationnelle de n’importe quelle femme sur la plage serait « Je ne le porte pas pour toi, pervers, je le porte parce que je me baigne, et c’est un maillot de bain ! Tu voudrais que je porte quoi, une tenue de ski ? »
Il n’y a pas de bonne réponse. Tout le monde devrait pouvoir porter ce qu’il veut, mais ne pas comprendre les pensées lubriques qui traversent l’esprit des hommes avoisinants, c’est ignorer le contexte culturel dans lequel ils ont grandi. Elle donne à sa tenue a un sens précis, pendant qu’à peu près 100% des posters, magazines, films, séries, chansons, clips, panneaux publicitaires, jeux vidéos, poèmes, romans, etc en donnent un autre.
Bien sûr que les hommes peuvent contrôler la façon dont ils agissent à la vue de la tenue, mais il ne peuvent pas contrôler ce qu’ils ressentent : ça a été programmé comme une réaction physique involontaire, comme un déclencheur hormonal. Grâce à une vie entière d’entraînement culturel, le bikini est la cloche qui fait saliver le chien.
Maintenant, reliez ça à la croyance répandue selon laquelle les femmes cherchent à nous attirer en faisant semblant qu’elles ne veulent pas de nous. La réponse « Je ne porte ce maillot que pour me baigner » est-elle autre chose qu’un élément stratégique de ce faux-semblant ?
Cela dit, rendez-vous bien compte qu’il n’y a pas que les bikinis qu’on a fétichisé. Il y a un « subreddit » (NdT: forum de discussion spécialisé) porno entier qui ne contient rien d’autre que des filles en leggings. En voilà un sur les filles avec des lunettes. Allez faire une recherche sur Google Image avec la phrase « écolière », vous tomberez sur tout un tas de photos fétichisées, et de temps en temps, de vraies photos d’enfants.
C’est pour cela qu’aucune statistique sur la quantité d’agressions sexuelles ne pourra me surprendre. Et notez que j’utilise une définition du terme qui inclus les mains aux fesses (ou aux seins). Mais quand j’ai grandi, on m’a dit…
3 — « Aggression sexuelle = mec dans une ruelle sombre avec un couteau »

Soyons clairs : pendant mes jeunes années, on m’a bien appris et répété que le viol c’est mal. Mais la définition du « viol », c’était un homme avec une cagoule dans une ruelle sombre qui abuse d’une inconnue sous la menace de violences. Le « viol de rendez-vous » ( « date rape » ) était bien un terme que j’avais déjà entendu, mais c’était soit quand un mec droguait une femme soit quand il la violentait physiquement : le genre de situations dont elle sortait avec une lèvre ensanglantée et des habits déchirés. Si vous m’aviez demandé de définir le « viol de rendez-vous » à l’époque, j’aurais dit : « c’est comme ce que James Bond fait à Pussy Galore, enfin si c’est pas un beau mec ».
Si quelqu’un avait dit à mon moi adolescent que « tripoter » une femme ou embrasser de force était une forme d’agression sexuelle, j’aurais été perdu. « Vous venez d’accuser la plupart des héros de films d’action de mon enfance d’être des violeurs en série ! Et si ça la fait tomber amoureuse de lui ? »
Jamais, de toutes les années où j’étais à l’école, on ne m’a appris qu’il fallait attendre le consentement verbal avant de toucher une femme. J’ai vu le quarterback (NdT: poste au football américain) de l’équipe de football mettre des claques sur les fesses des filles, j’ai vu des mecs passer leurs bras autour du corps des filles par derrière et attraper leur seins pour faire des blagues, j’ai vu du gui accroché au dessus des portes et on m’a dit que si j’étais en dessous avec une fille, elle était obligée de m’embrasser. Une fois quand on jouait au volley-ball sur la plage, un beau gosse a détaché le haut du bikini d’une fille par surprise.
Encore une fois, moi je n’ai jamais rien fait de tout cela. Pas parce que c’était mal, mais parce que j’avais trop peur.
Je me détestais à cause de ça.
Est-ce que je l’ai déjà mentionné ? À quel point j’avais honte à l’époque de ne pas être un « vrai mec » ?
2 — « Tout rapport sexuel en dehors du mariage (hétérosexuel) est mal »

SUITE DE L'ARTICLE ici :
https://abompard.wordpress.com/2017/02/13/7-raisons-pour-lesquelles-tant-dhommes-ne-comprennent-pas-le-consentement-sexuel/
Une épouvantable réalité cachée.
Lettre d'un employé de fourrière
Je crois que notre société a besoin qu'on attire son attention là-dessus. En tant que responsable d'une fourrière, je vais partager quelque chose avec vous... un regard de l'intérieur, si vous me le permettez.
Tout d'abord, tous les vendeurs/éleveurs d'animaux devraient travailler au moins UN JOUR dans une fourrière.
Peut-être qu'en voyant ces regards tristes, perdus... les yeux troublés, vous changeriez d'avis sur l'élevage et la vente à des personnes que vous ne connaissez même pas.
Ce chiot que vous venez de vendre finira probablement dans ma fourrière quand il ne sera plus une jolie boule de poils.
Alors... comment vous sentiriez-vous si vous saviez qu'il y a 90% de chances que ce chien ne sorte jamais de la fourrière s'il y arrive seulement ? Qu'il soit de race ou non. 50% des chiens qui entrent dans mon centre, abandonnés ou venant de la rue, sont de race pure...
Les excuses les plus fréquentes que j'entend sont :
-“Nous déménageons et nous ne pouvons pas emmener notre chat/chien”.
Vraiment ? Où déménagez vous pour ne pas pouvoir prendre d'animal et pourquoi avoir choisi cet endroit et pas un autre où vous pourriez le garder ?
-“Le chien est devenu plus grand qu'on pensait”. Et quelle taille croyiez-vous qu'un Berger allemand avait ?!
-“Je n'ai pas de temps pour m'en occuper” - C'est vrai ? Je travaille 10 ou 12 heures par jour et j'arrive quand même à trouver du temps pour mes 6 chiens.
-“Il nous abîme toute la cour” - Pourquoi ne le prenez vous pas à l'intérieur avec vous ?
On me dit toujours “Pas la peine d'insister pour lui trouver un foyer, nous savons qu'il sera adopté, c'est un bon chien”
Ce qui est triste c'est que votre animal ne sera PAS adopté.... et savez-vous combien une fourrière est stressante ?
Laissez-moi vous raconter :
L'animal a 72 heures pour trouver une nouvelle famille à partir du moment où vous la laissez. Parfois un peu plus si la fourrière n'est pas pleine et arrive à se débrouiller pour le garder en parfaite santé.
S'il prend froid, il meurt.
Il sera confiné dans une petite cage, entourré des aboiements et des pleurs de 25 autres.
Il devra se débrouiller seul pour manger et dormir.
Il sera déprimé et pleurera constamment sur la famille qui l'a abandonné.
S'il a de la chance, et si j'ai assez de bénévoles, il pourra être sorti de temps en temps.
Sinon, il ne recevra aucune attention, sauf une assiette de nourriture glissée sous la porte de la cage et quelques giclées d'eau.
Si le chien est grand, noir ou d'une race "bull" (pitbull, mastin…), vous l'avez conduit à la mort du moment qu'il a passé la porte. Ces chiens ne sont généralement pas adoptés. Peu importe qu'il soit "doux" ou "dressé"...
Si le chien n'est pas adopté dans les 72 heures suivant son entrée et que le refuge est plein, il sera sacrifié.
Si le refuge n'est pas plein et que le chien est suffisamment gentil et d'une race attractive, il est possible que son exécution soit repoussée, mais pas pour longtemps.
La plupart des chiens sont mis en cages de protection et sont sacrifiés s'ils montrent la moindre agressivité.
Même le chien le plus calme est capable de changer dans un tel environnement.
Si votre chien est contaminé par la toux du chenil (traquéobronchite infectieuse canine) ou toute autre infection respiratoire, il sera sacrifié immédiatement, simplement parce que les fourrières n'ont pas les moyens de payer des traitements à 150 euros.
Et voici quelque chose sur l'euthanasie pour ceux qui n'ont jamais été témoins de comment un animal parfaitement sain sera sacrifié :
En premier lieu, il sera sorti de sa cage en laisse.
Les chiens pensent toujours qu'ils vont se promener, ils sortent heureux, remuant la queue... jusqu'à ce qu'ils arrivent à la "chambre", là ils freinent tous des 4 pattes.
Ils doivent sentir ou capter la mort ou sentir les âmes tristes qui ont été laissées là. C'est bizarre mais ça arrive avec tous sans exception. Le chien ou chat sera tenu par 1 ou 2 techniciens vétérinaires, en fonction de sa taille et de sa nervosité. Ensuite, un spécialiste de l'euthanasie ou un vétérinaire entamera le processus de trouver une veine dans sa patte avant et il lui injectera la dose de “substance rose”. Espérons que l'animal ne prenne pas peur en se sentant immobilisé. J'en ai vu se griffer eux-mêmes et finir couverts de leur propre sang, rendus sourds par les aboiements et les cris. Tous ne “dorment” pas immédiatement. Parfois ils sont pris de spasmes pendant un instant et se souillent. Une fois terminé, le cadavre de votre animal sera empilé comme un bout de bois, dans un grand congélateur, avec tous les autres animaux en attendant qu'on vienne les chercher comme des déchets. Qu'arrive-t-il ensuite ? Il sera incinéré ? Ils le conduisent à la décharge ? Ils le transforment en nourriture pour animaux? Vous ne le saurez jamais et vous ne vous poserez probablement jamais la question.
Ce n'était qu'un animal et vous pouvez toujours en acheter un autre, non ?
J'espère que si vous avez lu jusqu'ici, vous avez eu les yeux troublés et que vous ne pouvez pas vous sortir de la tête les images qui occupent mon esprit tous les jours quand je rentre chez moi après le travail. Je déteste mon travail, je déteste qu'il existe et je déteste savoir qu'il existera toujours à moins que vous changiez et vous rendiez compte des vies que vous gâchez, bien plus nombreuses que juste celle que vous laissez à la fourrière. Entre 9 et 11 millions d'animaux meurent quotidiennement dans les fourrières et vous êtes les seuls à pouvoir arrêter cela. Je fais tout mon possible pour sauver les vies que je peux mais les refuges (fourrières) sont toujours pleins et chaque jour il y a plus d'animaux qui
entrent que ceux qui sortent.
Je veux juste insister sur ce point : NE FAITES PAS D'ELEVAGE OU N'ACHETEZ PAS D'ANIMAUX TANT QU'IL Y EN A QUI MEURENT DANS LES FOURRIERES.
Détestez-moi si vous voulez. La vérité est douloureuse et la réalité est ce qu'elle est. J'espère juste qu'avec ce texte au moins une personne aura changé d'avis sur l'élevage et l'abandon de son animal dans une fourrière ou sur l'achat d'un chien. Espérons qu'un jour quelqu'un vienne à mon travail et me dise "j'ai lu cela et je veux adopter". Ca vaudrait la peine. Si vous voulez que la situation change, renvoyez ce texte à tous vos contacts.
Pierre Rabhi : la quête du féminin
Pierre Rabhi : la quête du féminin
La quête du féminin m’a toujours accompagné. Je ne parle pas seulement du désir charnel, mais du besoin de l’amitié, de l’affection des femmes.
Je crois à la nécessité d’en finir avec cette exaltation du masculin, entendu comme la volonté de puissance, l’agressivité, la domination. Je me sens profondément blessé par la subordination universelle de la femme. Combien d’hommes sont capables de s’assumer sans celles qu’ils jugent inférieures? Combien de filles n’ont pas accès à l’éducation? Combien d’épouses sont encore opprimées ou battues? Je suis déconcerté que tant de vies puissent naître de cette rencontre violente entre le masculin et le féminin. Les familles, les sociétés qui en résultent, ne peuvent que connaître un profond déséquilibre. Dans la nature, les deux sexes sont indispensables à la création. Le féminin l’est peut-être même davantage.
Lorsque j’étais éleveur, il y avait dans mon troupeau un bouc pour trente bêtes. Une fois qu’il avait fait son office, il pouvait disparaître sans que cela affecte nullement la vie des petits qui, en revanche, n’auraient pas survécu sans leur mère. J’ai toujours été un peu jaloux de cet état de fait. Comment, devant le miracle de la procréation, ne pas se sentir… un peu surnuméraire ? J’aurais tellement aimé vivre cette expérience fantastique de porter un enfant. C’est sans doute cette jalousie fondamentale qui engendre la violence chez tant d’hommes. Leur peur, fantasmée, de ne pas être indispensables. Même dans les pays les plus égalitaires, il nous faut corriger l’injustice et l’arbitraire, rééquilibrer le désir de conquête par l’instinct de protection de la vie. Je ne dis pas que l’un est masculin et l’autre féminin. Je crois à la présence de ces deux forces en chacun de nous. Je suis tout aussi révolté par ces discours qui mutilent les hommes en leur interdisant de pleurer, que par ceux qui prétendent réduire la féminité à la seule maternité. Il nous faut retrouver le sens de notre complémentarité. Entre nous, et en chacun de nous.
— Pierre Rabhi, article extrait du magazine Happinez
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Un livre pour les Kogis
ETINCELLES - LE LIVRE
Un livre d'art au profit des Indiens Kogis
À propos du projet

UN LIVRE D'ART AVEC UN COLLECTIF BÉNÉVOLE DE 40 PHOTOGRAPHES, DONT YANN ARTHUS-BERTRAND ET REZA, EN SOUTIEN AUX INDIENS KOGIS.
AVEC POUR OBJECTIF DE RACHETER 100 HECTARES DE TERRES SACRÉES KOGIS DANS LA SIERRA NEVADA DE COLOMBIE, A TRAVERS L'ASSOCIATION TCHENDUKUA.
UN PROJET ÉCOLOGIQUE, HUMANISTE, PARTICIPATIF ET ARTISTIQUE.
UN BEAU LIVRE ORIGINAL NUMEROTÉ COLLECTOR DE 260 PAGES ET 200 PHOTOS, TIRÉ A 2.000 EXEMPLAIRES, EN PRÉ-COMMANDE ICI. UN CADEAU INSPIRANT A SE FAIRE...
1 LIVRE ACHETÉ = 500M2 DE TERRES KOGIS PRÉSERVÉES !
PLUS D'INFOS SUR LE PROJET SUR WWW.ETINCELLES-LELIVRE.ORG
L'OBJECTIF DU PROJET "ETINCELLES" EST DE PERMETTRE LA VENTE DES 2.000 LIVRES AFIN DE POUVOIR RACHETER 100 HECTARES DE TERRES KOGIS. UN GRAND MERCI A VOUS POUR VOS CONTRIBUTIONS ! CETTE SOUSCRIPTION ETANT TERMINÉE, LES PRÉ-COMMANDES SONT MAINTENANT POSSIBLES SUR...
WWW.TCHENDUKUA.COM/?P=3922 (version papier)
WWW.TCHENDUKUA.COM/?P=3964 (version numérique)

Un beau livre artistique original collector (260 pages, 200 photos, impression écologique) réalisé bénévolement par un auteur, Christophe Chenebault, accompagné d'un collectif de 40 photographes - dont YANN ARTHUS-BERTRAND et REZA - sous la direction artistique de Cécile Bourdais, et tiré à 2.000 exemplaires numérotés, au profit intégral du peuple premier les Indiens KOGIS et de l'association TCHENDUKUA (www.tchendukua.com) afin de contribuer à racheter 100 HECTARES de terres sacrées dans la Sierra Nevada de Colombie.
Car rendre la Terre à ses gardiens, c'est réveiller nos Etincelles…

POUR L'AVENIR DE LA PLANETE ET DE L'HUMANITE, ET PARCE QU'EN FINAL LA CAUSE DES INDIENS KOGIS EST NOTRE CAUSE... CONTRIBUONS ENSEMBLE AVEC CE LIVRE A SAUVER LE "COEUR DU MONDE" !

Pour les derniers 12.000 Kogis, repliés dans les hautes vallées de la Sierra Nevada de Santa Marta, en Colombie, perdre leur terre, c'est perdre leur culture. Pour nous, c'est la mort d'une mémoire et d'un savoir irremplaçable.
"La Sierra Nevada est un lieu sacré, c'est le Coeur du monde. De sa protection dépend le destin de la planète. Si le coeur devait mourir, la vie serait condamnée à disparaître." Marcello Nolavita (mamu Kogi)

"Lorsque vous nous rendez de la terre, vous ne nous rendez pas seulement des terres pour que nous puissions cultiver, vous nous rendez aussi des lieux sacrés, les sites de nos ancêtres où l’on peut faire notre travail traditionnel pour protéger les choses." Message des Kogis

Plus sur les Kogis : www.tchendukua.com/les-kogis/

Cette chance unique, jamais encore réalisée : “rendre une vallée” à leurs propriétaires d’origine, par les “peuples développés” qui ont toujours fait l’inverse.
Cette vallée, terre ancestrale des Indiens Kogis, contient une multitude de sites sacrés. Sa biodiversité remarquable (dont 500 hectares de forêt tropicale) comporte 35 % des espèces d’oiseaux nationaux et 7 % des “espèces vivantes” sur la planète. Sa position lui confère le rôle de château d’eau pour tous les habitants de la région. Malheureusement la déforestation atteint maintenant 72 % de sa surface.
Le rachat de cette vallée de 600 hectares constitue l’opportunité de sécuriser l’avenir du peuple Kogi, en le protégeant notamment face au développement du tourisme, en lui redonnant accès aux sources d’eau et aux ressources naturelles et en permettant la reforestation et régénération naturelle des sols.
Plus sur : www.tchendukua.com/nos-actions/mendihuaca/

"Au fil de mes trente ans de reportage sur les routes du monde, je suis devenu correspondant de paix et ai cherché à témoigner de la petite lueur dans le regard des survivants. J'ai croisé nombre de femmes, d'hommes et d'enfants, dont la guerre ou les catastrophes naturelles avaient détruit les terres, première richesse qui devait nourrir leurs familles. Jour après jour, ils effectuaient en silence le labeur quotidien pour restaurer le cycle des saisons et de la vie. Ces destins croisés m'ont amené à comprendre que quelle que soit la culture, l'histoire ou la région, la terre est intimement liée à l'âme des peuples. Je suis persuadé qu'en accompagnant les indiens Kogis à acquérir des terres, l'association Tchendukua panse les blessures de leurs âmes et participe à cultiver la dignité silencieuse que mes photographies tentent de montrer." Reza - Plus sur www.rezaphotography.org

Un collectif de 40 artistes-photographes qui soutiennent le projet ETINCELLES en mettant gracieusement à disposition du livre une ou plusieurs photos. Merci à eux pour cette contribution et pour leurs talents !
Sandrine ALOUF, Clara ANTONELLI, Yann ARTHUS-BERTRAND, Jean-Jacques BERNARD, Jean-Michel BERTS, Cyril BLANCHARD, Vincent BONNEFOND, Thierry BOURIAT, Athena CAREY,Benjamin CHEVALLIER, Claudine DE FAY, Julie DE WAROQUIER, Julien DEFONTENAY, Florent DEMARCHEZ, Didier DEMARET, Marie DOCHER, Thomas DORLEANS, Catherine DRESSAYRE,Dominique DUBIED, Benoit FERON, Harald GOTTSCHALK, Pascal GREBOVAL, Dan HAYON,Jean-Michel HEQUET, Nicolas HERON, Benoit JANSEN-REYNAUD, Fani KANAWATI, Jérôme KRUMENACKER, Patrick LAZIC, Philippe MANGUIN, Bruno MAZODIER, Pascale MILLER, Jurgen OSTARHILD, Jean-Claude PATTACINI, REZA, Philippe SAINTE-LAUDY, Frédéric THOMAS, Philip TINEL, Dimitri TOLSTOI, Franck VOGEL.

Egrenant les pages de ce livre, des "étincelles de vie" portent par les mots et les pensées une énergie mystérieuse et tissent dans l'air du temps une toile de sens, de beauté, de poésie, de nature, de sérénité, ou encore de vérité :
"Un sourire est un paradis", "Ecoute la nature, elle te parle", " Pour mieux voir, fermons les yeux", "Le droit chemin est le chemin de traverse", "Nos rêves sont nos vérités", "Accepter l’inconnu, c’est trouver son monde", "Les humeurs hument les heures", "Etre sage, c'est regarder la Terre d'en haut", "Ayez le gêne heureux !", "Qui s'aime, sème...", "Le silence éveille les sens", "Etre ou Pare-Etre ?"...
Et ces phrases, écrites par Christophe Chenebault et donc issues d'une vision inspirée de notre culture occidentale, se prennent à dialoguer - à danser parfois - avec la pensée traditionnelle des Indiens Kogis, comme pour nous rappeler que l'humanité est universelle dans sa diversité.

La force de l’image, quant à elle, nous transporte sans crier gare vers notre imaginaire le plus intime, captée par l’œil du photographe, cette magie des temps actuels.
Le tout nous proposant un voyage vers soi, vers l'autre, vers notre propre nature, vers d'autres cultures. Une aventure silencieuse et intérieure dans l'instant présent.








A quoi va servir le financement ?
APRES 1 AN DE PRÉPARATION, L'OBJECTIF DE CETTE SOUSCRIPTION EST DE PERMETTRE DE FINANCER L'IMPRESSION ET DE PRÉ-VENDRE AUTANT DE LIVRES QUE POSSIBLE, AINSI LA VENTE DES 2.000 LIVRES PERMETTRA LE RACHAT DE 100 HECTARES DE TERRES KOGIS !
Le livre en format papier vous sera envoyé début septembre 2014 (le format numérique en juin 2014), de quoi vous faire un beau cadeau inspirant et préparer les futurs cadeaux de Noël de vos proches.
Le prix du livre papier est de 50 euros, dont 10 euros de frais d'impression-fabrication et 8 euros de frais de port (France), le reste des bénéfices (40 euros) est destiné au rachat de terres par l’association Tchendukua puis leurs restitutions aux indiens kogis.
Après la souscription ULULE, le livre sera disponible en vente directe sur www.tchendukua.com mais les cadeaux offerts avec le livre ne sont disponibles qu'avec la souscription ULULE, alors réservez-le dès maintenant !
Tchendukua éditions - Langue : français - ISBN 978-2-9545694-0-6 - 260 pages quadri - Format à l'italienne : 29,1 cm x 18 cm - Impression écologique avec encres végétales et papier labellisé FSC.
Un livre disponible en 2.000 exemplaires numérotés en format papier et en format numérique(pdf).
Généreux souscripteurs, chefs d'entreprise ou autres grands comptes, il vous est également possible d'acheter des lots de livres en achat groupé. Merci de nous écrire à contact@etincelles-lelivre.orgpour plus d'informations.
Merci aux équipes de SHAMENGO (www.shamengo.com) pour la réalisation gracieuse de la vidéo de ce projet.
Plus sur www.etincelles-lelivre.org
À propos du porteur de projet
L'association TCHENDUKUA, ici et ailleurs
Elle réunit depuis 1997 celles et ceux qui souhaitent préserver un mode d’existence basé sur le respect de la nature, des autres et la recherche de l’équilibre. Elle a été fondée en France par Eric Julien, lequel s'est engagé pour les indiens Kogis après avoir été recueilli et soigné par ce peuple qui lui sauve alors la vie. Un des objectifs principaux de l’association est de restituer leurs territoires aux Indiens Kogis et d'en préserver l'environnement naturel. Déjà 18 terres en zone chaude, pour une surface totale d'environ 1500 hectares ont été restituées. Ainsi, la communauté peut se réinstaller sur des terres cultivables, re-créer des villages, poursuivre ses traditions, veiller à l'équilibre de la biodiversité. L'objectif étant de permettre aux Indiens Kogis de rester sur des terres Kogis. Plus sur : www.tchendukua.com
CHRISTOPHE CHENEBAULT
Après avoir contribué à démocratiser la culture à travers EVENE.fr, 1er site culturel français, dont il a été le fondateur, Christophe Chenebault se consacre désormais à des projets qui valorisent l’humain et la planète. Il est l'auteur du livre IMPLIQUEZ-VOUS (préfacé par Pierre Rabhi), il donne des conférences, est chroniqueur sur LEXPRESS.fr et accompagne des entrepreneurs écologiques et solidaires. Par ailleurs co-fondateur des RENCONTRES CHANGER LE MONDE, ainsi que du PRINTEMPS DE L'EDUCATION (www.printemps-education.org) pour un renouveau de l'éducation, sa conviction est que chacun peut faire la différence et qu'une nouvelle société humaniste et écologique est à co-créer ensemble. Plus sur www.impliquez-vous.com
Délabrement des centrales nucléaires
Oui, je sais, le titre est volontairement exagéré mais on est en droit de se demander si la notion même de "mauvais état" est acceptable dans le domaine nucléaire, si des tuyaux rouillés ou des installations de secours défaillantes sont des choses "normales" ... J'aimerais être certain que les gens qui gèrent tout ça ont les compétences et les moyens pour que rien de gravissime ne survienne.
J'ai un doute.
Sécurité des centrales nucléaires : le rapport accablant d'experts mandatés par Greenpeace
Face à une possible attaque terroriste, les centrales nucléaires sont très mal protégées, soulignent les experts mandatés par l'ONG qui n'ont rendu publique qu'une version "light" de leurs travaux.
La sécurité des centrales nucléaires est une préoccupation permanente. Le sujet revient régulièrement dans l'actualité, mais pour la première fois, des experts mandatés par l'ONG Greenpeace - experts en terrorisme et chercheurs, docteurs en physique, ingénieurs - se sont penchés pendant un an et demi sur la question et ont établi un rapport que le Parisien a pu se procurer. Leur objectif était d'identifier les failles pour alerter EDF et les pouvoirs publics. Et la conclusion se révèle accablante.
"Des parois de trente centimètres". La situation est telle que les sept experts ont choisi de ne rendre publique qu'une version allégée de ce rapport pour ne pas donner, disent-ils, "des idées à des personnes mal intentionnées". Ces experts expliquent ainsi que les piscines utilisées pour refroidir le combustible sont très peu protégées, moins que les réacteurs, avec des parois très fines de seulement trente centimètres d'épaisseur, dont deux centimètres de tôle métallique. "Les piscines de refroidissement tiennent plus du hangar agricole que de l'édifice nucléaire", résume Greenpeace.
Graves rejets radioactifs. Par ailleurs, à La Hague, près de Cherbourg, dans la Manche, on trouve par exemple plus de 9.000 tonnes de combustible usé entreposées dans les piscines, soit autant que dans l'ensemble des réacteurs nucléaires. Ce combustible usé est toujours hautement radioactif et il n'y a pas de dispositif de sécurité particulier, disent les experts. Le rapport précise que si le bâtiment était endommagé par une attaque, il y aurait en quelques heures de graves rejets radioactifs. A Fukushima, explique l'un des experts français à titre de comparaison, si les piscines avaient été touchées, 14 millions d'habitants de la ville de Tokyo située à 200 kilomètres de la centrale auraient dû être évacués.
"Sortir du nucléaire" porte plainte contre la centrale de Belleville-sur-Loire
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Le réseau d'associations a déposé vendredi une plainte contre EDF pour "exploitation du centre nucléaire de production d’électricité en violation du code de l’environnement, de la réglementation relative aux installations nucléaires de base et du code du travail".
Le réseau "Sortir du nucléaire" l'avait promis, il l'a fait. Une plainte a été déposée au tribunal de grande instance de Bourges, vendredi, contre EDF, exploitant de la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire. L'association Sortir du nucléaire Berry-Giennois-Puisaye accuse le groupe d'"exploitation du centre nucléaire de production d’électricité en violation du code de l’environnement, de la réglementation relative aux installations nucléaires de base et du code du travail".
Une centrale sous "surveillance renforcée". La décision de porter plainte avait été prise après le placement de la centrale "sous surveillance renforcée", mi-septembre. À l'époque, le chef de la division d'Orléans de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), Pierre Boquel, avait justifié cette décision par l'observation de "problèmes dans l'organisation et dans l'entretien courant de l'installation". En revanche, il réfutait tout "état dégradé" de la centrale et estimait qu'elle ne présentait "pas de risque imminent en matière de sûreté".
Nombreux dysfonctionnements. Pas de quoi convaincre "Sortir du nucléaire", d'autant que la même ASN avait alerté, lundi dernier, sur des problèmes de rouillesur les tuyaux du système de pompage. Cette corrosion, observée sur les canalisations de 29 réacteurs français, notamment les deux de la centrale de Belleville-sur-Loire, pourrait entraîner des problèmes de refroidissement en cas d'incidents plus larges, comme un séisme. Par ailleurs, Le Parisien s'est procuré l'intégralité du rapport de l'ASN sur la centrale berrichonne, qui laisse entendre de plus amples dysfonctionnements. Ce rapport mentionne les "dégradations significatives" de pièces comme les générateurs de vapeur, mais aussi des diesels de secours. Certains plans de la centrale auraient par ailleurs été égarés, tandis que l'utilisation de la sous-traitance laisse à désirer.
L'art de la caresse
UNE CARESSE DE LA PERSONNE AIMÉE A LE POUVOIR DE RÉINITIALISER NOTRE ÂME.
https://www.conscience-et-eveil-spirituel.com/caresse-personne-aimee-reinitialiser-ame.html
Une caresse de la personne aimée a le pouvoir de réinitialiser notre âme.
C’est comme la rumeur douce d’un océan ondoyant d’agréables sensations dans notre corps, éteignant les peurs, creusant dans les recoins de l’incertitude pour fusionner les frontières entre ce qui est mien et ce qui est tien.
Car les caresses qui guérissent et les mains sages qui caressent la peau atteignent toujours l’âme.
L’art de caresser demande, avant tout, d’être de bons artisans du monde émotionnel. Car que nous le croyons ou non, cette musique des sens et des plaisirs mène la danse dans le cerveau.
C’est elle qui nous signale quelle personne a le droit de nous caresser et celle qui nous apporte le plus grand bien-être.
Les caresses, les câlins et les regards des êtres que nous aimons sont aussi nécessaires dans la vie que les racines d’un arbre. Sans elles, nous fanerions petit à petit.
Il faut savoir que dans notre ADN apparaît codifié ce besoin de contact physique, nécessaire pour survivre en tant qu’espèce.
Un nouveau né, par exemple, ne peut pas grandir sainement s’il n’est pas caressé, pris dans les bras, bercé. Et même lorsqu’on arrive à l’âge adulte, nous avons besoin de ces gestes d’affection pour renforcer le lien avec les êtres aimés.
Caresser n’est pas seulement un art destiné au plaisir physique. C’est un acte de réaffirmation et d’appartenance, un lien qui s’établit par les sens pour donner de la sécurité à notre cerveau. Nous vous invitons ici à réfléchir à cela.
La caresse quotidienne que réclame votre cerveau
Dans un article intéressant et complet, publié dans la revue Psychology Today, on définit l’amour d’une manière très précise : c’est la recherche d’une connexion sûre et enrichissante avec un autre être.
À travers ce lien, les personnes sont unies émotionnellement pour se nourrir, pour calmer les peurs et pour se protéger les uns des autres.
Tous, depuis que nous naissons, avons ce besoin de construire des relations sûres, où les démonstrations d’affection sont l’expression inéquivoque de ces sentiments.
Une caresse est donc toujours un type de langage avec un fort pouvoir capable de transcender les mots pour accéder à la peau et aux sentiments.
De cette manière, le lien se renforce et le cerveau nous gratifie d’une bonne dose d’endorphines.
Qu’arrive-t-il dans ce contexte neuronal lorsqu’il y a une carence de caresses ou une absence de contact physique avec la personne aimée ? Nous pouvons le résumer en deux idées très claires.
- Quand il n’y a pas d’expressivité émotionnelle, quand un membre du couple ne reçoit pas de démonstrations d’affection, de câlins ou de caresses, une «déconnexion» se produit alors et le cerveau entre en panique.
- Ce manque d’affection exprimé à travers le contact physique et les mots émotionnels provoque de la solitude et une situation complexe de stress que l’esprit comprend tout d’abord comme une menace.
Le manque de caresses est un manque de réaffirmation de l’amour. C’est un vide profond dans l’âme que le cerveau traduit sous forme de stress.
L’art de savoir caresser
À présent, nous savons que la sentinelle qui guide, éclaire le plaisir d’une caresse et la réclame comme un aliment du quotidien est bien le cerveau.
Il ne suffit pas de «toucher», il est nécessaire de savoir séduire et de réaffirmer le lien, car le contact physique qui génère du bien-être, du plaisir et de la sécurité doit être offert par quelqu’un de significatif qui, de son côté, est un bon artisan du monde émotionnel.
Parfois, quand nous caressons une peau, nous cherchons aussi à caresser le désir qui réveille notre propre désir pour l’autre personne.
La peau est un champ miné de cinq millions de terminaisons nerveuses et c’est quelque chose de fascinant car elle nous ouvre toute une carte à découvrir, à écouter et à activer.
C’est pour cela que nous sommes sûrs que vous aimerez découvrir quels sont les mécanismes capables de générer les caresses les plus agréables, celles qui réinitialisent notre âme.
La carte fascinante de notre peau se connecte à nos émotions
Le cerveau réagit d’une manière incroyable au toucher.
C’est quelque chose de si pur, d’instinctif et de presque magique qui nous fait comprendre dès l’enfance qu’un visage qui pleure peut se calmer grâce aux câlins. Que les inquiétudes s’atténuent avec les caresses et qu’une accolade sur l’épaule ou le dos nous apporte de la proximité et du souffle.
Selon un article publié dans le «Journal of Neuroscience», une caresse est comme une partition pour notre cerveau, et selon qui nous l’offre et dans quel contexte, s’en suivra une émotion, quelle qu’elle soit.
- Les caresses les plus agréables offertes dans un couple, ont celles qui parcourent 1, 3 ou 10 centimètres par seconde. Un rythme subtil et parfait qui active les fameux «mécanorécepteurs», qui envoient au cerveau un message catégorique : le message du plaisir.
- Le cerveau nous permet de nous «connecter» aux personnes à travers le toucher. Une caresse est aussi un détecteur émotionnel de la peur, du désir ou de la tristesse. La raison est le cortex insulaire, une région profonde du cerveau, clé dans l’univers émotionnel.
Un sujet fascinant qui nous rappelle l’importance de cette science au quotidien, dans laquelle il n’existe aucun diplômé. Le Master en caresses est quelque chose qui est à portée de main de nous tous.
Source de l’article : nospensees.fr
Ortie rose : à propos des insectes
Ce blog est tenue par une amie et j'aime beaucoup ses propos. Une très grande connaissance de la biodiversité et de son maintien.
Favori
sujet d'actu:disparition des insectes
Posté par Marie-Noelle Vandooren le dans Le bon sens
Le sujet du jour :
EN 30 ANS PRES DE 80% DES INSECTES AURAIENT DISPARU EN EUROPE !
Un titre du Monde , repris par tous les journaux , qui repose sur une parution de PLOS one , une revue scientifique tout à fait sérieuse .
Je me souviens que nous avions abordé le sujet lors de la visite des marais du Val d'Ocre , l'étude allemande avait déjà été mentionnée et l'alarme sonnée .
Ce sujet là me tient particulièrement à coeur:durant les 18 années que j'ai passé à St Sulpice , dans le parc protégé des "Grands murs" , j'avais pu observer le retour d'insectes que l'on n'observait plus depuis longtemps , et par conséquent , d'oiseaux et de chauves souris . La raison toute simple était que je respectais la diversité des végétaux , en toute saison .
Je vais dans un premier temps vous proposer quelques articles déjà publiés :
PAPILLONS ( cliquer pour voir l'article)
à La Batie Montgascon en Isère , j'avais croisé le cuivré des marais .
En complément , quelques photos des plantes qui sont nécessaires à la survie des chenilles , et malheureusement , c'est là que le bât blesse , car ce sont les plantes que NOUS n'aimons pas , vous savez :"les mauvaises herbes" !
POUR LES CHENILLES QUI DEVIENDRONT PAPILLONS
DES FLEURS DES POLLINISATEURS DES GRAINES L'AVENIR
C'est mon credo:la synergie , l'ensemble ...
Comment peut on imaginer être en droit de choisir ce qu'on garde et ce qu'on jette : tout est lié !
L'an dernier , j'avais publié FAUCHAGE TARDIF , des photos prises le long de la route menant au hameau .
Même sujet , abordé différemment . Parfois , sur le bord des routes , le fauchage tardif permet aux insectes de se nourrir , tout en pollinisant les plantes .
Je dis parfois , car cette année par exemple , l'été indien permettait aux insectes de butiner à tout va , mais la date des tailles fauchages broyages est passée , donc ils ont fait place nette . 
Dans l'article , l'accent est mis sur les pratiques de l'agriculture intensive , et sur l'utilisation des pesticides , c'est bien évidemment l'une des raisons , et pas la moindre de ce déclin .
N'empêche que nous , pékins Lambda pouvons changer nos pratiques , sans attendre l'injonction des gouvernants ou leurs incitations .
Exemple tout simple : j'ai fait une vidéo et un article au printemps sur la vie dans mon pied de rhubarbe ,
Souvent , sous prétexte de sauvegarde du pied les jardiniers coupent les hampes florales , et bien tout ce petit monde n'est pas accueilli .
Je viens d'aller photographier mon pied de rhubarbe :
encore d'attaque!
et toujours habité !
Nous pouvons accueillir des mellifères
par exemple , la menthe des montagnes comme on peut le voir sur cette vidéo , elle est appréciée de nombreux insectes .
La voici aujourd'hui : pas coupée , pas taillée , car elle peut servir de refuge pour l'hiver .
Pour finir , une petite série de photos du jour , 19 10 2017 , prises autour de la maison .
Ce que je veux illustrer , c'est le non-agir :ne pas tout nettoyer , garder des hampes des fruits des fleurs , car les insectes sont entrain de faire leurs réserves pour l'hiver , car ils auront besoin de se trouver des refuges , car les oiseaux auront besoin de se nourrir ...
Car la vie continue , et même si son apparence nous plaît moins , il faut en préserver la continuité .
D"abord , une vue d'ensemble du jardin mal rasé , des hampes , mais aussi de l'herbe coupée
Ainsi nous avons des gendarmes ,
un amateur d'origan
un amateur de raisin .
Dans le raisin nous avons les polistes , elles ont déserté leur nid , mais je les rencontre encore deci delà .
On croise encore d'innombrables abeilles ,
dans les asters bien sûr , mais aussi dans les fleurs jaunes
j'ai remarqué qu'elles appréciaient les fleurs de cette couleurs , donc je veille à en laisser un peu partout dans le jardin .
Qui dit abeille , dit bourdon , qui dit bourdon dit trèfle :
Etes-vous de ceux qui éradiquent le trèfle de peur de marcher sur un bourdon ?
Moi non ! J'apprends aux enfants à regarder où ils mettent les pieds , et juste autour de l'entrée de la maison , je rase un peu plus .
C'est juste des compromis à faire .
Des opportunités d'observation
!
Pour finir une jolie petite mouche ,
à l'honneur !
La disparition des insectes est préoccupante ...
Je crois qu'en instiguant des démarches respectueuses sur nos pas de porte , en éduquant nos enfants au respect de toute vie , en apprenant à changer notre regard, sur ce qui est Beau ou Valable ou Utile nous avons le pouvoir de créer un réel changement .C'est ce que j'ai expérimenté dans le "jardin sauvage" qui était mon lieu de travail.
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Mots clés:insectes jardin sauvage Le bon sens Ortie Rose respect
Sexualité sacrée (INREES)
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Destins Croisés
« J’ai trouvé l’extase » Extrait offert de Destins Croisés S2E2
Le destin d’une praticienne tantra rencontre celui d’une psychanalyste et d’un musicien…
Description
Yves Carra reçoit Margot Anand, fondatrice de la méthode Skydancing Tantra. Elle nous présentera son livre « À la rencontre de l’orgasme divin ».
Nous évoquerons ensuite l’alchimie du couple avec Lilianne Holstein, psychanalyste et auteure du livre « La magie du couple ».
Enfin avec Hubert Thébaud, musicien, philosophe et auteur, nous partirons à la recherche du divin, de l’extase, par la musique.
"Et tout le monde s'en fout..."
Rien à ajouter. C'est parfait.
D'hier à aujourd'hui.
J'ai écrit ce texte il y a quatre ans. Aujourd'hui, le constat est encore plus sombre.
"Un bon enseignant doit être capable de montrer que ses ailes ont bien été rognées par l'instruction qu'il a reçue afin d'être autorisé à rogner désormais les ailes de ses élèves."
L'éducation nationale est le plus grand budget de l'état.
Il faut de gros moyens pour rogner des ailes de millions d'individus. Il faut une grosse puisssance de feu.
Sortir du cursus scolaire en ayant réussi à ne pas se perdre en cours de route relève donc de l'exploit.
C'est sans doute parce que mes ailes ont repoussé avec les années que je n'arrive plus à rogner convenablement. J'ai toujours voulu regarder mon travail comme celui du ver dans la pomme. J'étais payé par l'Etat et je m'opposais à son pouvoir, au formatage qu'il me demandait de réaliser. J'ai longtemps cru que ça avait des effets positifs et que je me servais de l'Etat à "l'insu de son plein gré"...
C'est terrifiant la prétention en fait...Terrifiant comme on peut se bercer d'illusions.
Comme si moi, petit instituteur, je pouvais en un an, dans ma classe, permettre à de jeunes esprits de prendre conscience de leur statut d'être humain. De la nécessité d'être en quête de vérité, d'être engagé dans une voie spirituelle, d'être sur la défensive par rapport au monde marchand, par rapport au système, comme si ces enfants pouvaient avoir une vision claire de ce système alors que je cherche encore moi-même à en identifier tous les rouages.
Je sais bien pourquoi ma cornée est trouée, pourquoi mon champ visuel s'est réduit, pourquoi ma vésicule biliaire ne fonctionne plus, pourquoi j'ai toutes ces somatisations qui s'empilent les unes sur les autres, indéfiniment...
Tout ce travail ne sert à rien et je ne supporte plus de voir cette réalité devant moi."
Oui, j'en suis là, de nouveau, après trois ans d'arrêt et de contestation inutile puisque je suis de nouveau dans une classe. A quoi cela a-t-il servi que je m'oppose aux directions gouvernementales ? Sur la réforme, elle-même, ça n'a eu aucun effet et je n'avais pas cette prétention. Par contre, je sais que si je ne l'avais pas fait, je serais bien plus "abîmé" encore. La honte, c'est comme une peste, ça ronge. Je préfère la colère, finalement.
Alors qu'en est-il aujourd'hui après cet intermède ?
Je suis effaré premièrement par "l'instabilité" des enfants. Pour la plupart, ils sont mûs par une agitation perpétuelle. Avoir un objet dans la main semble être une nécessité absolue et s'ils n'étaient pas "invités" à rester assis et silencieux, ils seraient debout en permanence et parleraient sans discontinuer.
Certains ne sont sans doute pas ,naturellement, prédisposés à ce genre d'attitude mais l'importance du groupe a un effet dévastateur...Comment rester calme et intériorisé quand le monde entier, autour de soi, est agité et bruyant ?...
J'ai l'impression, parfois, que ma classe, n'est qu'une antichambre préfabriquée du monde adulte.
Comment comprendre, par exemple, que les enfants sont dans leur grande majorité, incapables de maintenir le silence en eux au-delà de cinq minutes (expérience faite en classe) et que le premier "coupeur de silence" sera immédiatement suivi par une dizaine d'autres qui paraissaient en fait attendre l'occasion pour laisser couler cette agitation qu'ils ne pouvaient plus contenir ?
J'ai l'impression parfois d'avoir en face de moi des individus en danger, en alerte constante, à l'affût du moindre bruit... On dirait des lièvres aux abois dans un champ clos. Et ça me désole profondément.
Comment comprendre que les notions " de travail et d'effort, d'abnégation et de patience, de détermination et de conscience de soi," relèvent pour eux d'un total mystère, d'une incompréhension profonde alors que toute forme d'enseignement, aussi pointue soit-elle, ne peut être validée que par l'entière conscience du travail dans l'esprit de l'enseigné ?
Je pense que nous avons tout faux sur les premières années d'enseignement de nos élèves. Il ne sert à rien de vouloir insérer dans de jeunes esprits l'apprentissage de la lecture et du calcul, de l'écriture et des mathématiques, alors qu'ils n'ont quasiment aucune conscience d'eux-mêmes, ni certainement aucune conscience de l'importance considérable d'être un humain en éveil ?
Je récupère dans une classe de 29 CM2 des enfants qui, pour un tiers, connaissent des difficultés et ne voient plus l'école que comme une menace, une majorité qui suit mais sans aucune ardeur réelle et quelques-uns et unes qui éprouvent toujours un embrasement constant dans leur existence, des esprits en éveil, des regards flamboyants.
J'ai connu dans mes premières années des pourcentages inverses. Et je n'ai vu au fil des ans qu'une dégradation.
J'ai passé alors des milliers d'heures à tenter de comprendre le pourquoi du comment, à analyser ma pratique, à essayer de les enthousiasmer à travers le travail, à faire bouillir en eux ce magma de l'intellect et du corps et simultanément à culpabiliser devant le manque de passion et de sérieux, de réflexion et de calme, à culpabiliser de ne pas pouvoir repousser la vague folle du monde extérieur d'entre les murs de ma classe.
J'ai la "chance" au vu de tout ce qui est parti en vrille, physiquement et psychologiquement, d'avoir obtenu un poste à mi-temps thérapeutique à plein salaire. (reconductible ou pas tous les trois mois après avis d'une commission médicale). Je sais aujourd'hui, arrivé aux premières vacances scolaires, et en observant le délabrement de mes collègues après deux mois de classe, que ce travail n'est plus pour moi.
Ni sur un plan physique et psychologique, ni encore moins sur un plan spirituel. Il est évident que la partie est finie.
Les parents qui continueront à penser que l'école publique a les moyens d'oeuvrer au développement bienheureux, rigoureux et aimant de leurs enfants, sont entrés dans le champ de l'utopie.
Nous n'avons plus, enseignants, ni les conditions favorables (sur-effectif), ni les moyens (j'ai fait moi-même des meubles de ma classe, budget des communes en berne), ni les dirigeants intelligents, ni la formation professionnelle, ni le soutien de la société civile elle-même. Peu importe les raisons, c'est un fait, un constat et c'est justement le fait que ça soit possible qui est consternant.
Le problème fondamental, c'est que l'institution scolaire fonctionne comme la société civile et que justement et inévitablement, le développement spirituel des individus en est renié. Qu'on ne vienne pas me dire que le travail salarié, tel qu'il est vécu, par des millions d'individus, contribue à leur développement spirituel... L'école est-elle donc devenue une simple succursale du monde salarié ? Doit-on extraire tout bonheur de ces lieux ? Doit-on juste astreindre les masses étudiantes à ingurgiter des nourritures "matérielles" ?
"Tu auras un meilleur métier que moi, mon fils."
Les enfants, et c'est bien évidemment, le plus douloureux, sont considérablement contaminés par ce monde extérieur et je n'ai pas le pouvoir, ni encore moins l'énergie, pour lutter contre de telles forces.
Je peux me dire qu'il restera peut-être un petit coin lumineux dans leur tête, dans quelques années, un lieu secret où il leur plaira de venir se reposer et se réjouir. Leur année de CM2.
C'est la dernière chose qui me tient "debout" quand j'ouvre la porte et que je les regarde entrer.
"Pourvu qu'il en reste quelque chose de bien de toutes ces heures à vivre..."
Il m'est venu parfois l'idée, au fil de ma carrière, que tout ce chemin professionnel n'avait aucun sens, n'avait aucun effet bénéfique sur personne et je sentais aussitôt les larmes monter. C'était une réelle douleur. Des dizaines de visages qui. s'affichaient en fond d'écran sur ma mémoire.
Aujourd'hui, je ne ressens plus rien d'aussi intense.
J'ai d'ailleurs oublié la majorité des visages d'enfants de mes cinq dernières années alors que je me souviens parfaitement bien des enfants de mes premières classes.
Est-ce une lassitude, un détachement qu'on ne veut pas s'avouer, un épuisement de la mémoire, un affaiblissement de la passion, une extinction de la foi ?
Je vais tenter d'aller jusqu'au bout, en me réjouissant des sourires et des yeux brillants, des visages captivés, du bonheur de la connaissance, de la joie d'apprendre.
J'ai appris, avec les années qui passent, à ne plus manquer un seul de ces instants.
Il le faut pour tenir.
Biodiversité et monde agricole
Disparition des insectes en Europe : "C'est l'ensemble de la biodiversité qui est en déclin"
Selon Vincent Bretagnolle, directeur de recherche au CNRS, les insectes ne sont pas les seuls menacés par les pratiques agricoles intensives. D'autres animaux, comme les oiseaux, sont aussi en danger. Et la France est largement concernée.
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Propos recueillis par Juliette CampionfranceinfoFrance Télévisions
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L'étude scientifique publiée mercredi 18 octobre par la revue PLoS One est très inquiétante : en trente ans, les populations d'insectes auraient chuté de 80%. Cette étude internationale, menée en Allemagne depuis 1989, annonce : "Nos résultats documentent un déclin dramatique des insectes volants, de 76% en moyenne et jusqu’à 82% au milieu de l’été, dans les aires protégées allemandes, en seulement vingt-sept ans". Le facteur principal avancé par les scientifiques : l'intensification des pratiques agricoles avec, en premier lieu, le recours accru aux pesticides.
Ce constat est largement partagé par Vincent Bretagnolle, directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et responsable de la Zone Atelier "Plaine & Val de Sèvre". Sur ce vaste territoire agricole, il constate lui aussi, depuis vingt-cinq ans, le déclin très fort de nombreux insectes mais aussi de mammifères et de certains oiseaux. Franceinfo l'a interrogé pour comprendre l'impact de l'agriculture intensive sur les écosystèmes. Le chercheur avance des pistes de solutions, qui doivent s'accompagner d'une prise de conscience de la part des agriculteurs, des politiques et des citoyens.
Franceinfo : L'étude publiée par la revue PLoS One vous paraît-elle fiable ?
Vincent Bretagnolle : Je l'ai lue en détail et je pense qu'elle est très fiable. En premier lieu, elle est passée par le processus de validation des pairs de la communauté scientifique en étant publiée dans une revue internationale. Elle est donc solide, par la quantité de données disponibles et par les analyses statistiques, qui sont très soigneuses.
Elle repose ensuite sur un travail empirique : cela signifie que ses auteurs se fondent sur des données historiques. Ces résultats ne prouvent pas seuls la causalité des facteurs. Du coup, les scientifiques qui ont mené cette étude ont pris beaucoup de précautions pour définir les facteurs, en écartant les hypothèses alternatives, comme le changement climatique par exemple.
L'étude est d'autant plus impressionnante qu'elle a été réalisée sur trente ans, et sur de multiples territoires en Allemagne. Chacun des 63 sites a été étudié pendant un à deux ans : il a donc fallu agglomérer toutes ces données pour en tirer une tendance temporelle et éviter de faire des erreurs en produisant de mauvaises interprétations. Le facteur majeur qu'elle dégage pour expliquer cette baisse spectaculaire des insectes est donc l'intensification des pratiques agricoles.
En France, constate-t-on aussi une disparition des espèces ?
Oui, et de manière inquiétante. Avec une équipe de chercheurs du CNRS et de l'Institut national de la recherche agronomique (INRA), on suit 450 kilomètres carrés de parcelles agricoles depuis vingt-cinq ans. On parle de 15 000 parcelles cultivées au sud de Niort (Deux-Sèvres). On a donc une description extrêmement complète de l'évolution des paysages agricoles. Depuis toutes ces années, on suit l'ensemble de la chaîne alimentaire animale : les mammifères et les oiseaux, mais aussi les insectes comme les pollinisateurs (abeilles, papillons ...), les criquets, les carabes ou encore les araignées... Pratiquement l'ensemble de cette biodiversité est en déclin, surtout les insectes, pour lesquels ce phénomène est très rapide. Du coup, les oiseaux étant insectivores, ils tendent à disparaître très vite eux aussi. Les populations d'alouettes des champs et de perdrix grises sont en déclin spectaculaire : la première a diminué pratiquement de moitié et la seconde de 95% ! La situation globale est probablement la même dans toutes les plaines d'Europe de l'Ouest, c'est-à-dire la France mais aussi l'Angleterre, la Hollande, l'Allemagne, le Danemark...
Comment expliquer cette situation très inquiétante ?
La taille des parcelles agricoles n'a cessé d'augmenter car il y a de moins en moins d'agriculteurs. Le prix de la terre agricole étant très élevé, ils cherchent à s'agrandir, ce qui est normal. Mais le problème est que le paysage en devient beaucoup plus homogène et bien moins favorable à la biodiversité : puisqu'il y a de moins en moins de prairies, l'élevage diminue. Il en résulte une disparition des haies, des murets, des petites mares. Autant de lieux dans lesquels les insectes et les oiseaux se reproduisent. Ce qui est impossible au milieu des champs. Ensuite, évidemment il y a le rôle très néfaste des pesticides. Entre les herbicides qui enlèvent aux insectes leurs ressources alimentaires et les insecticides qui tuent directement les insectes, je ne suis pas étonné de ces résultats.
Comment susciter une prise de conscience de la part des agriculteurs ?
En leur montrant qu'ils ont tout à gagner à travailler en harmonie avec l'écosystème animal. On essaie de leur montrer que la biodiversité est bénéfique à leur activité. Quand ils perdent des insectes, ils perdent des pollinisateurs et notamment les abeilles : dans nos précédentes études, nous avons démontré que les pollinisateurs augmentaient les rendements de colza et de tournesol de 25%. C'est considérable ! Si ces pollinisateurs se raréfient, les agriculteurs vont perdre de l'argent.
Quand ils perdent des insectes, par exemple des guêpes, qui vont parasiter des pucerons, eux-mêmes ravageurs de cultures, ils sont obligés de remplacer ces guêpes, qui sont un service gratuit, par des insecticides, qui eux ne le sont pas. On essaie de rentrer dans des considérations économiques car le seul argument de la biodiversité ne suffit pas à motiver les agriculteurs. On fait évoluer les mentalités mais sur notre seul territoire, c'est tout petit. On aimerait bien qu'il y ait des relais qui soient pris, soit par les politiques publiques, soit par les instituts techniques.
Que peuvent faire les politiques et les citoyens pour remédier à cette situation ?
Je ne suis pas convaincu que ce ne soit qu'une question de politique publique : par exemple le plan Ecophyto est très bien, mais à lui tout seul il ne suffira pas à faire évoluer les mentalités. Ce qui me rend optimiste, c'est que nous avons identifié des solutions : nous démontrons qu'il est possible de baisser le recours aux intrants. Mais je me pose des questions sur la volonté des politiques pour faire appliquer ces méthodes. Le consommateur a aussi un rôle fondamental à jouer en faisant pression sur les politiques publiques. C'est ce qui se passe en ce moment autour des pesticides ou du prix de l'eau. Les citoyens ont des motifs qui devraient les inciter à relayer un certain nombre de revendications. Chacun a un rôle à jouer !








